L'AIR DU TEMPS

L'AIR DU TEMPS

60 - De 1781 (découverte d'Uranus) à 1789

 

 

► 1781 Découverte d'Uranus par William Herschel. Uranus est la septième planète du système solaire, une géante gazeuse et la troisième en taille. Elle fut découverte le 13 mars 1781 par William Herschel. Son nom vient du dieu Uranus, dieu romain du ciel, équivalent du dieu grec Ouranos. William Herschel (15 novembre 1738 - 25 août 1822) est un compositeur et astronome allemand né à Hanovre. Il decouvre la planète Uranus et les rayonnements infrarouges.

 

 

 

 

► 1781 février Publication du "Compte-rendu au roi" (le conte bleu) de Necker dénonçant les dépenses de la cour. Conte Bleu, Ce Compte-rendu au Roi de Necker à Louis XVI, rendu public en février 1781 fait l'état des lieux des dépenses de l'État français en 1781. Dans le contexte délicat de la Guerre d'indépendance des États-Unis d'Amérique, la situation financière française y est tronquée pour l'améliorer. Le fait exceptionnel à propos de ce compte-rendu est pourtant davantage le fait qu'il fut rendu public par Necker, dévoilant ainsi des listes de pensions, avec noms et montants des sommes versées par l'État a certains nobles. La noblesse exige la démission de Necker, qui présente finalement sa démission le 19 mai 1781.

 

 

 

 

► 1781 - 19 mai Démission de Necker, Joly de Fleury (directeur général des finances) le remplace. En février, Necker a publié un Compte rendu au roi sur l'administration des finances. Il ne se contentait pas de vanter sa propre gestion, il révélait le détail des pensions versées aux courtisans. L'opinion en a été scandalisée. Lorsque Necker demande au roi un titre de ministre d'état, Louis XVI le disgracie… Jean-François Joly de Fleury est un homme d'État français né à Paris le 7 juin 1718 et mort à Paris le 12 décembre 1802.

 

 

 

 

► 1781 - 3 septembre Victoire navale française contre les Anglais à Chesapeake. Bataille de la baie de Chesapeake combat maritime entre Thomas Graves et le comte de Grasse : aucun navire coulé, mais le dispositif franco-américain est renforcé, tandis que la flotte britannique ne peut apporter de renfort au général Cornwallis. La Bataille de la baie de Chesapeake, aussi connue sous le nom de Bataille des caps de Virginie, est une bataille cruciale de la Guerre d'indépendance des États-Unis d'Amérique qui eut lieu près de l'embouchure de la Baie de Chesapeake le 5 septembre 1781 entre la flotte du Contre-amiral britannique Thomas Graves et celle du Contre-amiral français de Grasse. La précision du tir français endommage suffisamment six vaisseaux britanniques pour forcer Graves à rompre le combat et à s'esquiver. Elle est la seule défaite majeure de la Royal Navy aux XVIIIe et XIXe siècles.

 

 

 

 

► 1781 - 19 octobre Prise de Yorktown (Virginie) par les troupes franco-américaines. Victoire franco-américaine de Yorktown sur les Britanniques. La petite armée britannique est capturée. La bataille de Yorktown se déroule lors de la guerre d'indépendance des États-Unis d'Amérique du 26 septembre au 19 octobre 1781. Elle confronte les insurgés américains et leurs alliés français du marquis de La Fayette aux Britanniques commandés par Lord Cornwallis.

 

 

 

 

► 1781 - 20 octobre Capitulation des troupes anglaises à Yorktown.

 

 

 

 

► 1781 - 27 mars Naissance du premier fils de louis XVI et de Marie-Antoinette (Louis de France). Louis de France, Louis Joseph Xavier François de France (22 octobre 1781 - 4 juin 1789), fils aîné de Louis XVI et de Marie-Antoinette, deuxième enfant du couple royal, est le premier dauphin avant Louis XVII. Orgueilleux comme sa soeur aînée Madame Royale, enfant très intelligent mais de santé fragile, il meurt à l'âge de sept ans et demi à Meudon, le 4 juin 1789, pendant les États généraux.

 

 

 

 

► 1781 Emmanuel Kant écrit 'Critrique de la raison pure'. Souhaitant rompre avec la métaphysique classique, Kant publie un ouvrage qui va profondément modifier la philosophie : "Critique de la raison pure". Kant souhaite réconcilier la raison et la sensibilité tout en délimitant fermement le domaine de connaissance et en différenciant les facultés de l'homme. Il montre que les existants ne sont pas perçus en soi mais comme des phénomènes, autrement dit, que nous appréhendons les objets via nos facultés et que cela nous interdit de les percevoir tels qu'ils sont en soi. Il donne ainsi naissance à l'idéalisme allemand.

 

 

 

 

► 1782 - 12 avril début des pourparlers de paix entre l'Angleterre, la France et les États-Unis à Paris.

 

 

 

 

► 1782 - 30 novembre Signature de préliminaires de paix entre Américains et Anglais.

 

 

 

 

► 1782 Publication posthume de 'Rêveries du promeneur solitaire' de Jean-Jacques Rousseau.

 

 

 

 

► 1782 Jacques Delille écrit 'Les Jardins'. Jacques Delille (22 juin 1738-2 mai 1813) fut un homme d'église et un poète français. Il a été élu en 1774 à L'Académie française (fauteil 23). 'Les jardins ou l'art d'embellir les paysages', poème en 8 chants, 1782 : Ce poème eut encore plus de succès que la traduction des Géorgiques. Pourtant, si la versification en est tout aussi ingénieuse, sinon davantage, il pèche gravement par l'absence de plan, et même d'idées. C'est une succession de tableaux dont chacun est uniquement un prétexte à faire des vers, lâchement cousus entre eux par de maladroites transitions.

 

 

 

 

► 1782 Panckoucke écrit 'Encyclopédie méthodique' (1782-1832). Charles-Joseph Panckoucke est un écrivain et un éditeur français, né le 26 novembre 1736 à Lille et mort le 19 décembre 1798.

 

 

 

 

► 1782 Choderlos de Laclos écrit 'les Liaisons dangereuses'. Pierre Ambroise Choderlos de Laclos (Amiens, 1741 - Tarente, 1803) est un écrivain et officier militaire français. Il est un cas unique dans la littérature française, et fut longtemps considéré comme un écrivain aussi scandaleux que le marquis de Sade ou Restif de la Bretonne. 'Les Liaisons dangereuses' est un célèbre roman épistolaire, écrit par Pierre Choderlos de Laclos (1782) et narrant le duel pervers et libertin de deux membres de la noblesse française du XVIIIe siècle. Cette oeuvre littéraire majeure du XVIIIe siècle est considérée comme un chef d'oeuvre de la littérature classique française.

 

 

 

 

► 1783 Fondation de l'École des Mines de Paris. L'École nationale supérieure des mines de Paris est une école d'ingénieurs généraliste française. Fondée en 1783 sur ordonnance du roi Louis XVI, dans le but de former des "directeurs des mines intelligents", l'École royale des Mines s'est tout d'abord établie à l'Hôtel de la Monnaie de Paris, avant de s'installer définitivement dans l'Hôtel de Vendôme (longeant le jardin du Luxembourg). Sa vocation première de former des ingénieurs des mines a évolué au cours du temps, des progrès technologiques et des transformations de la société pour devenir aujourd'hui une école dite généraliste à composante transverse et pluridisciplinaire.

 

 

 

 

► 1783 à 1784 - Long et très rigoureux hiver qui crée, en aggravant la misère, de lourdes charges à l'État.

 

 

 

 

► 1783 - 20 janvier Signature de préliminaires de paix entre la France et l'Angleterre.

 

 

 

 

► 1783 - 4 juin Les frères Montgolfier lancent le premier ballon à air chaud (inhabité) à Annonay. Joseph et Étienne Montgolfier ont inventé un ballon à air chaud qu'ils nommeront montgolfière. En ce jour, ils effectuent leur première ascension à Annonay. Le ballon qui s'élève a 11,37 mètres de diamètre, 33,52 mètres de circonférence. Il pèse 154 kilogrammes. Il est lesté encore de 181,5 kilogrammes. Ce premier vol qui s'effectue devant les États du Vivarais assemblés permet de faire quelque 4 kilomètres. Ce n'est pourtant que le 21 novembre 1783 que, pour la première fois dans l'histoire de humanité, des hommes enfin volent : Pilâtre de Rozier et le marquis d'Arlandes quittent le château de la Muette et, vingt-six minutes plus tard, se posent à la Butte aux Cailles. 

 

 

La montgolfière est un moyen de transport aérien, un aéronef plus léger que l'air aussi appelé aérostat. Le concept est simple, on gonfle une enveloppe grâce à de l'air chaud. L'air chaud étant plus léger que l'air environnant, le ballon s'élève donc dans les airs. Les frères Montgolfier, on entend par frères Montgolfier, Joseph-Michel Montgolfier, appelé souvent Joseph, et Jacques-Étienne Montgolfier, appelé souvent Étienne, son cadet de cinq ans, tous deux fils de Pierre Montgolfier, papetier à Viladon-lès-Annonay, (1700-1793), père de seize enfants.

 

 

 

 

► 1783 - 3 septembre Traité franco-anglais de Versailles reconnaissant l'indé-pendance des États-unis. Ce traité met fin à la guerre d'Indépendance des États-Unis, à laquelle la France et l'Espagne ont apporté leur soutien. L'Angleterre est contrainte de reconnaître l'indépendance des treize anciennes colonies britanniques. La France recouvrait, dans l'Inde, les possessions qui lui étaient restées après la chute de la Compagnie (Pondichéry, etc.); les îles de Tabago et Sainte-Lucie; Saint-Pierre et Miquelon et le droit de pêche à Terre-Neuve; Gorée et le Sénégal. A l'Éspagne était rendue Minorque. Le Traité de Paris de 1783, signé le 3 septembre, met un terme à la guerre d'indépendance des États-Unis.

 

 

Il est signé entre les représentants des treize colonies américaines et les représentants anglais. La Grande-Bretagne reconnaît l'indépendance des États-Unis d'Amérique. Le traité de Versailles fut signé en 1783 entre la France, l'Espagne et le Royaume-Uni. La province de Québec perd donc la partie sud des Grands Lacs qu'elle avait obtenu par l'Acte de Québec de 1774. Les marchands de Montréal qui avaient des comptoirs de traite dans cette région, devaient les évacuer dans les deux ans suivant le traité. La question des frontières n'était pas complètement réglée. On s'était entendu pour faire passer la fontière comme on peut la voir aujourd'hui, soit au milieu des Grands Lacs, le lac Michigan étant entièrement en territoire américain.

 

 

Cependant, à l'ouest du Lac Supérieur et entre le Québec, le Nouveau Brunswick et le Maine, la question sera réglée plus tard. Le traité de Versailles de 1783, a été signé par la France, l'Espagne et le Royaume-Uni. Il complète donc le traité de Paris (1783) signé par l'Angleterre et les représentants des treize colonies américaines qui met un terme à la guerre d'indépendance des États-Unis. Lors de ce traité la souveraineté de l'Espagne sur la Floride fut reconnu. La France récupéra certaines colonies comme le Sénégal qu'elle avait perdu lors du traité de Paris de 1763.

 

 

 

 

► 1783 - 19 septembre Premier essai public de la montgolfière. L'aérostat de Montgolfier est amené dans la cour de Versailles devant la famille royale et les Parisiens. Il effectue un vol réussi et gracieux, avec dans sa nacelle un mouton, un canard et un coq.

 

 

 

 

► 1783 - 10 novembre Nomination de Calonne au poste de contrôleur général des finances. Charles Alexandre de Calonne (20 janvier 1734 - 30 octobre 1802) fut un homme politique français. Il semble avoir été un homme de grande capacité d'affaires et le tempérament insouciant, mais au fond sans scrupules dans l'action politique. Dans la crise épouvantable précédant la Révolution française, quand plusieurs ministres ont essayé en vain de remplir de nouveau le trésor royal épuisé, Calonne a été appelé pour prendre le contrôle général. Il est entré en charge le 3 novembre 1783. Il succède à Lefèbvre d'Ormesson grâce à de solides appuis au sein des milieux financiers, avec lesquels il était lié par sa défunte femme et par sa maîtresse.

 

 

A la cour, le clan Polignac, très lié à la reine, le soutient; au sein du gouvernement, il est recommandé au roi par Vergennes; mais il n'est pas aimé du souverain et, selon l'ambassadeur d'Autriche, son image publique était extrêmement mauvaise. Lors de son entrée en fonction il a trouvé des dettes de 600 millions et aucun moyen de paiement. D'abord il a essayé d'obtenir le crédit et soutenir le gouvernement au moyen des prêts afin de maintenir la confiance publique en sa solvabilité. En octobre 1785 il a à nouveau rogné la monnaie d'or et a développé la "caisse d'escompte".

 

 

 

 

► 1783 - 21 novembre : Joseph et Étienne Montgolfier réalisent la première ascension aérienne d'une montgolfière (gonflée à l'air chaud) pilotée par Jean-François Pilâtre de Rozier et François Laurent Marquis d'Arlandes.

 

 

 

 

► 1783 à 1842 - naissance et mort de Henri Beyle, dit Stendhal. Écrivain français. Fils d'une famille de la bourgeoisie aisée, Henri Beyle, dit Stendhal, mena une vie de dilettante, entre ses nombreux amours et ses voyages en Italie. Après des études à l'École Centrale de Grenoble, il s'engage dans l'armée italienne. De retour en France, il devient intendant de l'Empereur et mène une vie mondaine. Avec la chute de Napoléon, sa carrière est brisée.

 

Il rejoint l'Italie où il sera consul avant de mourir d'apoplexie en 1842. Sa passion pour l'Italie est présente dans l'ensemble de son oeuvre, tant dans ses impressions de voyage tel 'Mémoires d'un touriste' que dans ses romans. Il est surtout l'auteur de deux chefs-d'oeuvre du romantisme, 'Le rouge et le noir', et 'La chartreuse de Parme' dont les personnages en quête du bonheur doivent affronter la société que Stendhal juge médiocre, ainsi que leurs propres faiblesses.

 

 

 

 

► 1783 invention du bateau à vapeur par Claude Fr. Jouffroy d'Abbans. Jouffroy d'Abbans est un ingénieur français né à Roches-sur-Rognon (Champagne) en 1751, mort à Paris en 1832. Il fut le réalisateur du premier bateau à vapeur ayant effectivement navigué (1776), dont les essais se sont déroulés sur le Doubs. En 1780, après avoir perfectionné son bateau de 46m de long, il fit une spectaculaire démonstration publique, remontant la Saône.

 

 

 

 

► 1783 mort de de Jean le Rond d'Alembert.

 

 

 

 

► 1784 Necker écrit 'De l'Administration de la France’

 

 

 

 

► 1784 Beaumarchais écrit 'le Mariage de Figaro'. 'Le Mariage de Figaro' ou la 'Folle Journée' est une comédie en cinq actes de Beaumarchais écrite en 1778, dont la première représentation officielle eut lieu le 27 avril 1784, après plusieurs années de censure. Chef d'oeuvre du théâtre français et international, la pièce est considérée, par sa dénonciation des privilèges archaïques de la noblesse, comme l'un des signes avant-coureurs de la Révolution française.

 

 

 

 

► 1784 invention de la batteuse par Andrew Meikle. Le batteur Mécanique Écossais d'Andrew Meikle. Entraînée par les moulins à eaux, les premiers batteurs étaient des fléaux attachés sur un axe, qui tournait à grande vitesse. Le rendement augmenta encore (et le danger aussi). C'est à un Écossais, Andrew Meikle que revient l'honneur d'avoir inventé le batteur moderne. Charpentier de métier, il élabora comme principe que la culture ne doit pas être frappée mais frottée.

 

 

 

 

► 1784 mort de Denis Diderot. Mort du père de l'encyclopédie. Diderot est emporté par le syndrome cardio-rénal vers ce qu'il appelait lui-même les “Champs-Élysées”. Il refuse le prête envoyé au dernier moment en lui disant : “Monsieur le curé, convenez que je ferais un impudent mensonge”.

 

 

 

 

► 1784 Jacques-Louis David peint 'Le serment des Horaces'. 'Le Serment des Horaces' est un tableau de Jacques-Louis David, peint en 1784. Ce tableau est considéré comme un des chefs-d'oeuvre du néoclassicisme tant dans son style que dans sa description austère du devoir. Bien que les études en fussent commencées à Paris sur une commande du roi, David choisit de le peindre à Rome, ce qu'il ne put se permettre que grâce au soutien financier de son beau-père. Il fut aidé en partie par son élève Jean-Germain Drouais. Dans ce tableau, David brise les règles habituelles de composition en décentrant les sujets principaux. Il oublie aussi les principes de l'Académie en traitant ses couleurs et reliefs de manière relativement plate.

 

 

 

 

► 1784 Boullée dessine 'Cénotaphe à Newton'. Étienne-Louis Boullée (12 février 1728 - 4 février 1799) est un architecte français qui a vécu à l'époque de la Révolution française. Il a suivi l'enseignement de Jacques François Blondel. Il a créé des édifices de rêves qui combinent : la philosophie des lumières, son amour pour la géométrie (formes géométriques simples) et une échelle gigantesque (accumulation de masses).

 

 

 

 

► 1785 - 27 mars Naissance du second fils de louis XVI et de Marie-Antoinette (futur Louis XVII). Louis XVII de France est le nom donné par les royalistes à Louis Charles de France (27 mars 1785 - 8 juin 1795, fils de France, duc de Normandie puis dauphin de France. Suivant l'ordre dynastique, il est reconnu comme Roi par toutes les puissances étrangères à la mort de Louis XVI le 21 janvier 1793, et ce jusqu'à ce que la nouvelle de sa mort à la Prison du Temple soit connue. Il était le second fils de Louis XVI et de Marie-Antoinette.

 

 

 

 

► 1785 - 1er août Départ de l'expédition de La Pérouse. A la tête de la 'Boussole', il quitte Brest en direction de la Polynésie. Il s'aventure bientôt vers le Pacifique septentrional où l'attendent, de l'aveu de Fleurieu “les seules parties vraiment neuves dont il ait à faire la reconnaissance”. Expédition de La Pérouse, après le traité de Paris, La Pérouse est choisi par le marquis de Castries, ministre de la Marine et par Louis XVI pour diriger une expédition autour du monde visant à compléter les découvertes de James Cook dans l'océan Pacifique. Le roi Louis XVI lança une des plus grandes expéditions de découverte de son époque.

 

 

Il souhaitait rectifier et achever la cartographie de la planète, établir de nouveaux comptoirs commerciaux, ouvrir de nouvelles routes maritimes autour du monde, enrichir les connaissances et les collections scientifiques. Tous les savants furent invités à faire connaître l'espèce de recherches les plus propres à hâter les progrès des connaissanes humaines ; et plusieurs d'entre eux s'embarquèrent sur les bâtiments de la Pérouse, avec la mission expresse de s'occuper de celles qui avaient été désignées.

 

 

Ainsi, pendant près de trois années, La Boussole, vaisseau commandé par La Pérouse à qui le commandement de l'expédition fut confié, et l'Astrolabe, parcoururent tous les océans du globe (Île de Pâques, Îles Sandwich, Philippines, Japon, Brésil, Chili, Australie...). La Pérouse, Jean François de Galaup, comte de Lapérouse (ou de La Pérouse) (23 août 1741 près d'Albi - 1788) est un officier de marine et explorateur français. L'expédition maritime autour du monde, qu'il commandait, disparut corps et biens à Vanikoro, îles Salomon, en 1788.

 

 

 

 

► 1785 Affaire du collier : arrestation du cardinal de Rohan. - Le cardinal cherchait le moyen de se concilier les bonnes grâces de Marie-Antoinette. Une intrigante, la comtesse de La Motte, lui raconta que la reine désirait posséder un collier estimé 1 600 000 fr. et que le roi, eu égard aux embarras du Trésor, refusait de lui donner. Le cardinal acheta le collier, à crédit, aux joailliers Boehmer et Bossange qui le remirent, chez la comtesse, à un personnage qu'on leur dit être un serviteur de la reine et qui n'était que le complice ou l'amant de la comtesse.

 

 

Le collier ne parvint naturellement pas à destination : le cardinal ne put payer le premier terme de ses engagements et les joailliers ébruitèrent l'affaire. Louis XVI fit enfermer le cardinal à la Bastille. Un procès s'ouvrit devant le Parlement ; la politique fit, de ce qui n'était qu'une escroquerie vulgaire, une affaire d'État : les nombreux ennemis de la reine y ayant vu une bonne occasion de ternir sa réputation de femme et sa respectabilité de souveraine.

 

 

Rohan fut acquitté par le Parlement, mais exilé en Auvergne; la comtesse condamnée à être fouettée, marquée au fer rouge et enfermée à la Salpêtrière; son mari fut lui-même l'objet d'une condamnation: ils avaient volé le collier et vendu les diamants. Les joailliers ne furent qu'en partie payés. Cette affaire, dans laquelle la reine n'avait certainement rien à se reprocher, fut néanmoins le prétexte de vives attaques contre elle, et indirectement, contre la monarchie.

 

 

 

 

► 1785 - 15 août Arrestation du Cardinal de Rohan impliqué dans l'affaire du collier de la reine.

 

 

 

 

► 1785 à 1873 - naissance et mort de Alessandro Manzoni, écrivain italien. Homme de lettres italien qui vécut à Paris à l'apogée de l'Empire et fut l'auteur d'une Ode à Napoléon en 1821.

 

 

 

 

► 1785 invention du métier à tisser mécanique par Edmund Cartwright. Edmond Cartwright (1743 à Marham, Nottinghamshire, Angleterre - 1823) était ingénieur et inventa en 1785 le métier à tisser mécanique.

 

 

 

 

► 1786 Mort de Frédéric II de Prusse.

 

 

 

 

► 1786 Première ascension du Mont-Blanc. La première ascension du sommet connue de l'histoire remonte au 8 août 1786 par Jacques Balmat et le docteur Michel Paccard, sur l'instigation d'Horace-Bénédict de Saussure, lequel offrit une récompense pour sa première ascension. Cet exploit, pour l'époque, a marqué les débuts de l'alpinisme que l'on connaît aujourd'hui.

 

 

 

 

► 1786 - 20 août Calonne propose au roi son "plan d'amélioration des finances".

 

 

 

 

► 1786 - 21 août Louis XVI accepte de soumettre le plan de Calonne à une assemblée de Notables.

 

 

 

 

► 1786 - 26 septembre Traité d'Eden diminuant les droits de douanes entre la France et l'Angleterre. L'Angleterre signe avec la France un traité de commerce et de navigation. C'est Charles de Vergennes, ministre de Louis XVI, qui en a négocié les clauses. Mais ce traité de libre-échange mécontente les industriels français… Le traité Eden-Rayneval est un accord commercial signé entre la France et la Grande-Bretagne en 1786. Les signataires sont William Eden d'Auckland et Mathias Joseph Gérard de Rayneval.

 

 

Il met fin à la guerre économique entre ces deux pays, et instaure un système de réduction progressive des droits de douane. En Grande-Bretagne, il est inspiré par la sécession des États-Unis, et par la publication de la Richesse des nations. Le premier ministre britannique, William Pitt le Jeune, est fortement marqué par les idées d'Adam Smith, et est l'inspirateur majeur du traité. Les britanniques réussissent à négocier très favorablement, et l'abaissement de la protection de certaines industries françaises les frappe rapidement. Le traité fait partie des griefs cités au départ de la Révolution française.

 

 

 

 

► 1786 à 1859 - naissance et mort de Wilhelm Grimm, co-auteur avec son frère Jacob de Blanche Neige et les sept nains et d'Hänsel et Gretel. vec son frère Jacob, Wilhelm Grimm fait ses études à l'université de Marbourg tout en étant critique littéraire. Puis il travaille dans la diplomatie ainsi que dans diverses bibliothèques. En 1830, il est engagé en tant que bibliothécaire à l'Université de Göttingen, qu'il quitte pour des motifs politiques 7 ans plus tard.

 

 

Invité avec son frère par Frédéric-Guillaume IV de Prusse, il s'installe définitivement à Berlin à partir de 1841 où il exerce la fonction de professeur. Il est l'auteur de plusieurs livres sur la littérature et sur les traditions populaires allemandes. En particulier, il réunit une collection de contes populaires à l'aide de son frère dans un recueil baptisé 'Contes de Grimm'. Ils entament aussi la rédaction d'un dictionnaire allemand, qui sera achevé par d'autres érudits après la mort des frères Grimm.

 

 

 

 

► 1786 Wolfgang Amadeus Mozart compose 'les Noces de Figaro', un opéra buffa en 4 actes. Lorenzo da Ponte qui en signe le livret parvient à convaincre l'empereur Joseph II de la laisser jouer. L'oeuvre, tirée de la pièce subversive de Beaumarchais, sera très rapidement retirée de l'affiche. Lorenzo da Ponte (né Emmanuele Conegliano à Ceneda, près de Venise, le 10 mars 1749 et mort à New York, le 17 août 1838) était librettiste à l'Opéra de Vienne. Il a écrit des livrets pour de nombreux compositeurs, mais il est surtout célèbre pour sa collaboration avec Mozart pour trois de ses opéras : Les Noces de Figaro, Così fan tutte et Don Giovanni.

 

 

 

 

► 1787 - 22 février Réunion de l'assemblée des Notables pour approuver les réformes.

 

 

 

 

► 1787 Le ministère propose à l'Assemblée des Notables une répartition plus équitable des charges publiques, qui augmenterait les revenus: cette proposition qui menaçait les biens du clergé est rejetée. Le ministre Calonne se retire; il est remplacé par Loménie de Brienne qui ne fera pas mieux que lui, bien que Louis XVI essaie d'imposer, par des édits, les mesures qu'il préconise. Le Parlement, lui refusait d'enregistrer ces édits, Calonne est exilé à Troyes, et peu après rappelé. - Le Parlement ne s'oppose pas à la création de nouveaux impôts jusqu'à concurrence de 420 millions, non plus qu'à la concession de tous droits civils et politiques aux protestants, que Malesherbes réclamait depuis 1771. - Louis XVI confie à Montmorin le ministère des affaires étrangères. 

 

 

Assemblée des notables. Conseil extraordinaire constitué de membres privilégiés choisis par le roi et réunit dans les moments difficiles. En 1786, une assemblée des notables est convoquée par Louis XVI sur le conseil de Calonne pour conjurer la crise financière traversée par la monarchie. Les 144 notables se réunissent à Versailles le 22 février 1787. Ils sont hostiles aux réformes de la fiscalité proposées par Calonne (suppression des corvées, liberté du commerce des grains, suppression des douanes intérieures…) et obtiennent son renvoi. Une seconde assemblée sera convoquée en 1788, avant les États généraux de 1789. Montmorin, Armand Marc, comte de Montmorin Saint-Hérem est un homme politique français, né à Paris le 13 octobre 1745, et mort à Paris, dans la prison de l'Abbaye, le 2 septembre 1792 lors des Massacres de septembre (1792). Monarchiste, c'est à dire un contre-révolutionnaire très modéré, convaincu qu'il faut accepter un nombre de réformes pour sauver la monarchie.

 

 

Après avoir été ambassadeur de France en Espagne, il fut nommé par Louis XVI de France ministre des Affaires étrangères le 14 février 1787. Renvoyé le 12 juillet 1789, il fut rappelé après la journée du 14 juillet 1789. Sous son ministère avec Honoré Gabriel Riqueti, comte de Mirabeau il mettra sur pied le "fameux atelier de police" dont Georges Jacques Danton sera l'un des agents. Sorti du ministère le 20 novembre 1791, il forma avec Pierre-Victor, baron Malouet, Antoine François Bertrand de Molleville et quelques autres une sorte de conseil privé que Jean-Louis Carra dénonça dans son journal sous le nom de Comité autrichien. Il essaya de se cacher après le 10 août 1792, mais fut découvert, envoyé en prison, et massacré le 2 septembre 1792 lors des Massacres de Septembre 1792.

 

 

 

 

► 1787 31 mars Manifeste de Calonne dénonçant l'opposition des Notables aux réformes.

 

 

 

 

► 1787 - 8 avril Renvoi de Calonne, Bouvard de Fourqueux lui succède. Bouvard de Fourqueux, contrôleur Général des Finances 2 mai 1787.

 

 

 

 

► 1787 - 1er mai Loménie de Brienne nommé chef du Conseil royal des finances. Étienne-Charles de Loménie de Brienne, 9 octobre 1727 à Paris - 19 février 1794 à Paris. Cardinal et homme politique français. Évêque de Condom de 1760 à 1763 puis évêque de Toulouse en 1763, il entreprend de grands travaux publics qui transforment la ville de Toulouse. Abbé du Mont Saint-Michel de 1766 à 1769. En 1770 il est élu à l'académie française.

 

 

Préside l'assemblée des notables en 1787, il y est dans l'opposition et il est appelé pour succéder à Charles Alexandre de Calonne au contrôle général des finances (ministre des Finances) (1787) avec l'appui de Marie-Antoinette. Il est un habile intrigant, et avide d'honneurs. Sa politique d'expédients et ses nombreux démêlés avec les parlements le contraignent en août 1788, de convoquer les États généraux pour le 1er mai 1789. Le 25 août 1788, il se démet de ses fonctions.

 

 

 

 

► 1787 - 21 mai La Fayette membre de l'assemblée des Notables en appelle aux États Généraux.

 

 

 

 

► 1787 - 25 mai Renvoi de l'assemblée des Notables.

 

 

 

 

► 1787 - 22 juin Édit sur la création des assemblées provinciales.

 

 

 

 

► 1787 - 16 juillet Le Parlement de Paris rejette les réformes fiscales et réclame des États Généraux.

 

 

 

 

► 1787 - 6 août Lit de justice de Louis XVI imposant l'enregistrement de l'impôt sur le timbre.

 

 

 

 

► 1787 - 7 août Le Parlement déclare nul et illégal l'enregistrement.

 

 

 

 

► 1787 - 14 août Louis XVI exile le Parlement à Troyes.

 

 

 

 

► 1787 - 15-17 août émeutes à Paris.

 

 

 

 

► 1787 - 4 septembre Rappel du Parlement qui enregistre le rétablissement des vingtièmes.

 

 

 

 

► 1787 - 19 novembre Louis XVI impose au Parlement l'enregistrement par lit de justice d'une série d'emprunts.

 

 

 

 

► 1787 Wolfgang Amadeus Mozart compose 'La petite musique de nuit'. 'La Petite Musique de Nuit' K. 525 en sol majeur (Eine kleine Nachtmusik en allemand) est une sérénade pour quintette à cordes (violon I & II, alto, violoncelle et contrebasse), composée par Wolfgang Amadeus Mozart en 1787. Son premier mouvement comporte l'un des thèmes les plus connus de la musique classique. L'oeuvre est contemporaine de la mort de Leopold Mozart, père du musicien, ainsi que de la création de son opéra Don Giovanni.

 

 

Elle est datée du 10 août 1787 et était à l'origine composée de 5 mouvements, avec un premier menuet, après l'allegro ; celui-ci a manifestement été arraché de la partition initiale et n'a jamais été retrouvé. La partition n'a été éditée qu'en 1827 et le manuscrit autographe n'a été redécouvert qu'en 1943. Même si elle est écrite pour un quintette à cordes, la partition ne comporte en fait que quatre parties, la contrebasse doublant à l'octave inférieure le violoncelle sur l'intégralité de la pièce. Cette sérénade a souvent été reprise, a posteriori, pour orchestre à cordes.

 

 

 

 

► 1787 Jean-François Marmontel écrit 'Éléments de littérature’

 

 

 

 

► 1788 - 4 janvier Remontrances du Parlement à Louis XVI contre les lettres de cachet. Au début de l'année 1788, Louis XVI est en conflit avec le parlement qui a refusé d'enregistrer un nouvel impôt : la subvention territoriale. Dans son arrêté du 4 janvier 1788, le parlement condamne sans appel la procédure des lettres de noblesse permettant au monarque d'emprisonner arbitrairement ses sujets indésirables. Quant à Marie-Antoinette, elle n'est plus la jeune femme assoiffée de plaisir courant les fêtes et les bals, c'est une mère attentive à la santé de son jeune fils de santé fragile. Cependant, le peuple la déteste et l'appelle Madame Déficit, on continue à lui attribuer des penchants saphiques et des conquêtes nombreuses..

 

 

 

 

► 1788 - 19 février Brissot créa la Société des amis des Noirs; mais il ne put obtenir l'abolition de l'esclavage auprès de la Constituante. Jacques Pierre Brissot (1754-1793). Il devient secrétaire de Louis-Philippe d'Orléans (Philippe Égalité). En 1788, il part pour les États-Unis où il passe quatre mois pour une affaire d'achat de terrain. Il passe ensuite en Belgique où il assiste à la Révolution branbançonne. Rentré en France, lors de la réunion des États généraux (1789), il lance un journal le Patriote français, qui connaît un grand succès. Élu à la première municipalité de Paris, il fonde la Société des Amis des Noirs pour abolir l'esclavage.

 

 

Après la fuite de Louis XVI en juin 1791, il demande la proclamation de la République. Élu à l'Assemblée législative en 1791, il s'oppose à Maximilien de Robespierre sur la question de la guerre. Réélu à la Convention (1792) par le département d'Eure et Loire, il devient le chef de file des "Brissotins", bientôt les Girondins. Mis en arrestation avec eux le 2 juin 1793, il peut s'enfuir, mais est arrêté à Moulins, condamné à mort et guillotiné le 31 octobre 1793. La Société des amis des Noirs est une société créée le 19 février 1788 qui avait pour but l'abolition immédiate de l'esclavage. Cette association fut dirigée par Jacques Pierre Brissot et présidée par Étienne Clavière.

 

 

 

 

► 1788 - 1er mai Abolition de la question préalable. Un lit de justice qui se tient à Versailles enregistre, à la demande du roi Louis XVI, un édit qui abolit, en matière pénale, la question préalable, autrement dit les tortures qui étaient infligées aux suspects.

 

 

 

 

► 1788 - 3 mai Le Parlement proclame les "lois fondamentales du royaume".

 

 

 

 

► 1788 - 5 mai Réunion de l'assemblée du clergé (jusqu'au 5 juin).

 

 

 

 

► 1788 - 8 mai Réforme de Lamoignon transférant l'enregistrement des édits à une cour plénière et supprimant la question ordinaire. Le roi enregistre d'autorité les Édits de son garde des Sceaux (Lamoignon) qui ont subi un rejet du parlement. Pour contrer la Fronde parlementaire, le roi décide l'arrestation d'Eprémesnil et Goislard considérés comme les meneurs de la révolte parlementaire.

 

 

Ces deux conseillers réussissent à échapper à la Police et trouvent refuge au Palais de Justice pour se mettre sous la protection des autres parlementaires... Mais la foule parisienne elle-même vient faire rempart autour du Palais pour le protéger d'éventuels assauts... Après une nuit, d'Eprémesnil et Goislard se rendront à l'autorité. Mais la fronde parlementaire s'étend à l'ensemble des provinces où l'on critique les Ministres du Roi. Plénier (ère) se dit d'une assemblée où tous les membres sont convoqués.

 

 

 

 

► 1788 Conflit entre le ministère Loménie de Brienne (premier ministre et Lamoignon, garde des sceaux) et le Parlement, les ministres émettant la prétention de réduire les attributions de celui-ci à la connaissance des affaires privées, et de confier la connaissance des affaires de l'État à une cour plénière recrutée dans les classes privilégiées. - Le conseiller Duval d'Eprémesnil est arrêté pour avoir dénoncé publiquement ce projet; un mouvement populaire en sa faveur fait différer la réunion de la cour plénière projetée : le mécontentement populaire est général et se traduit un peu partout par une vive agitation. - Le roi rend un édit de convocation des États généraux, pour l'ouverture en avoir lieu le 1er mai 1789. - Loménie de Brienne, de plus en plus impopulaire, se retire (25 août) et Necker est rappelé au ministère des finances (27 août).

 

 

Lamoignon se retire à son tour le 1er septembre - La fin de l'année est remplie d'incidents où continue à s'affirmer la tension entre la Cour et la Nation. Chrétien François de Lamoignon de Basville (1735-1789), homme d'État français, membre du mouvement des Lumières. Fils de Nicolas de Lamoignon de Basville, petit-fils de Guillaume de Lamoignon de Basville, conseillers au parlement de Paris, neveu du chancelier de Lamoignon et du ministre Malesherbes, il devient aussi magistrat au parlement de Paris en 1755. Nommé garde des Sceaux le 13 avril 1787, il s'efforce en vain de réformer l'organisation de la justice. Il ne réussit qu'à abolir la torture (question préalable). Par "l'édit de tolérance", il restitue un état civil aux protestants. Jean-Jacques Duval d'Eprémesnil, né en 1746 à Pondichéry, mort en 1794 à Paris. Magistrat français et polémiste pré-révolutionnaire. Avocat au Châtelet de Paris en 1766, il est exilé en 1771 lors de la réforme Maupeou.

 

 

 

 

► 1788 mai Révolte des Parlements, émeutes à Besançon, Toulouse, et Rennes.

 

 

 

 

► 1788 - 20 mai Réunion du Parlement de Grenoble malgré sa mise en vacances.

 

 

 

► 1788 - 7 juin Violentes émeutes à Grenoble; "journée des tuiles". Le 7 juin, le peuple s'associe aux magistrats que les soldats royaux viennent chercher pour avoir critiqué ouvertement la réforme judiciaire. Les troupes royales devront rebrousser chemin. Journée des Tuiles, le 7 juin 1788 des émeutes à Grenoble marquent le début de la Révolution française. Grenoble vit dans une agitation extrême qui a pour origine une récolte qui s'annonce mauvaise en raison de la pluie et qui provoque une hausse du prix du pain.

 

 

Plusieurs familles protestent contre la hausse des prix d'aliments de première nécessité et chargent les membres du parlement du Dauphiné de faire remonter leurs revendications auprès du Roi de France Louis XVI. Mais ces parlementaires progressistes qui acceptent de faire remonter les doléances du peuple se font sévèrement semoncer par les ministres parisiens. Ils sont ainsi forcés de quitter la ville de Grenoble sur ordre d'un chancelier royal. L'agitation du peuple grenoblois ne fait qu'augmenter progressivement jusqu'à atteindre son paroxysme le 7 Juin 1788.

 

 

Ce jour-là, l'agitation est telle que le gouverneur du Dauphiné est obligé d'envoyer sa garnison pour réprimer les débordements. Une partie des émeutiers grenoblois monte sur les toits et c'est une pluie de tuiles qui s'abbat sur les soldats aux abords du collège Jésuite dans l'actuelle rue Raoul Blanchard. La journée des Tuiles sera suivie de l'assemblée de Vizille (près de Grenoble); elle répandra l'idée que le tiers état est un ordre aussi important que le clergé et la noblesse.

 

 

 

► 1788 - 7 juin Réunion du Parlement de Paris.

 

 

 

► 1788 - 11 juin Violentes émeutes à Dijon.

 

 

 

► 1788 - 12-13 juin Exil du Parlement du Dauphiné.

 

 

 

► 1788 - 14 juin "L'assemblée de Grenoble" demande le rappel des magis-trats et la convocation des États de la province et des États généraux.

 

 

 

► 1788 - 15 juin Le Clergé s'associe lui aussi à la révolte à propos du projet de réforme de Loménie de Brienne qui envisage d'estimer les biens écclésiastiques... Traditionnellement c'est l'Église qui décide du montant de "don gratuit" (l'impôt).

 

 

 

► 1788 - 19 juin L'intendant rétablit le Parlement de Pau sous la pression populaire.

 

 

 

► 1788 - 5 juillet Arrêté du Conseil d'État annonçant la convocation des États Généraux.

 

 

 

► 1788 - 6 juillet Plus de vingt mille ouvriers du Faubourg Saint-Antoine sont sans travail et le prix du pain ne cesse d'augmenter... Pour prévenir la révolte, une troupe de 10 000 hommes est aux portes de Paris.

 

 

 

► 1788 - 21 juillet Assemblée de Vizille près de Grenoble reprennant les re-vendications de "l'assemblée de Grenoble".

 

 

 

► 1788 - 8 août Édit prévoyant la convocation des États Généraux pour le 1er mai. L'impossibilité de la monarchie à faire face à la crise financière, amène Louis XVI à convoquer les états généraux. Ceux-ci n'avaient pas été réunis depuis 1614. Sous la pression de l'opinion publique, le roi accepte le doublement des représentants du tiers état. Les 1 150 députés des trois ordres se réuniront à Versailles en mai 1789 et, bien qu'ils n'aient pas les mêmes objectifs, ils parviendront à former la première Assemblée nationale. Le Roi, après moultes hésitations, se décide à la réunion des États Généraux prévue initialement pour 1792. Louis XVI nourrit le secret espoir de briser la fronde parlementaire au cours de ces États généraux mais il espère avant tout redonner confiance aux banquiers afin de financer les Fonds du Trésor en manque de 240 millions de livres.

 

 

 

► 1788 - 16 août Suspension des paiements de l'état pour 6 semaines. L'État suspend ses paiements : la caisse du Trésor est vide. Les remboursements de titres d'emprunts royaux ne sont possibles que pour les petites sommes, les 2/5 èmes de ces sommes sont remboursés et les 3/5 èmes restant sont converties en emprunt obligatoire. Cette manoeuvre permet une économie de 140 millions de Livres pour le Trésor mais ruine définitivement la confiance des financiers...

 

 

 

► 1788 - 24 août Démission de Loménie de Brienne.

 

 

 

► 1788 - 26 août Le Roi rappelle Necker, banquier, financier hors pair, ancien ministre du trésor... Il a conservé l'estime du peuple et des financiers...

 

 

 

► 1788 - 14 septembre Abandon de la réforme Lamoignon.

 

 

 

► 1788 - 21 septembre Rappel du Parlement qui fixe les modalités des États Généraux à celles de 1614. Le parlement obtient gain de cause : le Roi décide d'abandonner les réformes judiciaires de ses ministres dont il se débarasse, il rétablit également les fonctions traditionnelles du Parlement.

 

 

 

► 1788 - 25 septembre Le Parlement exige le vote par ordre pour les États Généraux.

 

 

 

► 1788 - 6 octobre L'assemblée des notables soutient le vote par ordre.

 

 

 

► 1788 - 5 décembre Le Parlement accepte le principe du doublement de la représentation du Tiers État. Le Roi consent à doubler le nombre de représentants aux États généraux, ainsi pour un représentant du clergé et un représentant de la noblesse, il y aura deux représentants du Tiers États. C'est Necker qui est à l'origine de cet arbitrage du Roi: la noblesse s'inquiète...

 

 

 

► 1788 - 27 décembre Le Conseil royal décide de la double représentation du Tiers État. Necker a fini par convaincre Louis XVI. Le tiers état sera doublé lors des prochains États généraux. La noblesse s'inquiète : “Votre Majesté pourrait-elle sacrifier, humilier, sa brave, antique et respectable noblesse ?”.

 

 

 

► 1788 - 29 décembre Réunion des États provinciaux de Bretagne. Dans le temps de la préparation des États généraux convoqués par Louis XVI, à l'ouverture des États de Bretagne, à Rennes, les cinquante-quatre délégués du tiers annoncent qu'ils refusent de délibérer avec les deux ordres que sont la noblesse et le clergé tant que l'on n'aura pas entendu leurs propres revendications. Le tiers état commence à découvrir la force qui peut être la sienne.

 

 

 

► 1788 Bernardin de Saint-Pierre écrit 'Paul et Virginie'. 'Paul et Virginie', est un roman pastoral de Jacques-Henri Bernardin de Saint-Pierre, publié en 1788 dans le quatrième tome de ses Études de la nature (comme illustration romanesque de ce vaste traité de philosophie), puis en volume séparé en 1789, avec des figures de Moreau le Jeune et de Claude Joseph Vernet.

 

 

 

► 1788 Nicolas Restif de la Bretonne écrit 'Les Nuits de Paris’

 

 

 

► 1788 à 1865 - naissance et mort de Christian Jürgensen Thomsen. Arché-ologue danois et premier conservateur (1819) du Oldnordisk Museum précurseur de ce qui allait devenir le musée national du Danemark (Nationalmuseet) à Copenhague. Comme en témoigne le guide du musée publié en 1836, il est le premier à ordonner ses collections archéologiques d'après la théorie des trois âges, soit en classant les artefacts selon la succession chronologique suivante : âge de la pierre, Âge de bronze et Âge de fer. Cette division élémentaire demeure à la base du classement des cultures de la préhistoire.

 

 

 

► 1788 à 1824 - naissance et mort de lord Byron, Poète anglais. Son père ayant dilapidé la fortune familiale, George Gordon Byron passe une enfance taciturne auprès d'une mère blessée. A dix ans, il hérite d'un grand-oncle paternel le titre de lord et le domaine de Newstead Abbey. Il fait ses études à Dulwich, puis à la public school de Harrow. En 1805, il va à l'Université de Cambridge où il côtoie la jeunesse aisée et commence à s'endetter. Son premier recueil, 'Les heures d'oisiveté', est publié avant la fin de ses études. Il traverse l'Europe en pleines guerres napoléoniennes et gagne la Grèce.

 

 

En 1811, il revient en Angleterre, publie les deux premiers chants du 'Chevalier Harold' avec succès et prononce son premier discours remarqué à la Chambre des Lords. Sincère, il ne s'inquiète pas de choquer et aime à être satyrique. Libéral, il ne hait que l'hypocrisie et la tyrannie. Sa vie est rythmée entre l'écriture, les voyages et les femmes. En 1823, il est élu au Comité grec de libération contre la domination turque. Il s'engage pour cette cause avec ardeur et sa santé s'en voit irrémédiablement affectée.

 

 

 

► 1788 à 1860 - naissance et mort de Arthur Schopenhauer. Philosophe allemand. Dès 27 ans, Schopenhauer avait conçu les principes de son système philosophique, qu'il définira dans 'Le monde comme volonté et comme représentation', paru trois ans plus tard dans l'incompréhension générale. Oeuvre d'une vie, dont la pensée pessimiste donne le primat à la volonté, au point de créer une métaphysique du vouloir, livre énigmatique, qui définit le monde comme une volonté active dont les manifestations ne peuvent être comprises par ceux qui sont livrés aux représentations et aux apparences.

 

 

Ainsi l'entreprise de Schopenhauer pouvait difficilement être entendue par un monde qu'il s'acharnait à vouloir ruiner. Pour autant, sa pensée n'est pas que pure négativité, mais doit conduire à l'ascétisme et à la contemplation, principes mystiques qu'il avait découverts dans les upanishad (livre sacré hindou). Malgré une carrière parsemée d'échecs, Schopenhauer connaîtra un succès tardif et la seconde édition allégée du 'Monde comme volonté et comme représentation' le fera connaître à l'Europe entière.

 

 

 

► 1788 mort de Thomas Gainsborough.

 

 

 

► 1789 LA RÉVOLUTION

 

 

 

► 1789 La Révolution française est un ensemble d'événements et de changements qui marque dans l'historiographie française le tournant entre l'"Époque moderne" et l'"Époque contemporaine". C'est aussi la première fois, dans l'histoire de l'Europe depuis l'Antiquité, que le principe du régime monarchique a été renversé, et non simplement le monarque lui-même comme lors de la première révolution anglaise de Cromwell. Son impact est également dû aux guerres de la Révolution et de l'Empire qui ont touché une large partie de l'Europe continentale avec la création de "républiques soeurs" ou la fin du Saint-Empire romain germanique.

 

 

La période révolutionnaire commence en 1789, avec la réunion des États généraux et la prise de la Bastille, et se termine en l'an VIII du calendrier républicain (1799) avec le coup d'État du 18 brumaire an VIII (9 novembre 1799) de Napoléon Bonaparte. On peut distinguer plusieurs causes profondes à la Révolution française : La crise des finances : le budget de l'État est déficitaire à cause des dépenses engendrées par les guerres du XVIIIe siècle et par le train de vie de la cour royale. La contestation de la société d'ordres et des privilèges : les deux premiers ordres de la société française (clergé et noblesse) ne paient pratiquement pas d'impôts.

 

 

L'essentiel de la charge fiscale repose sur le tiers état. Les idées des Lumières, diffusées dans certains groupes sociaux favorisés (noblesse, bourgeoisie), posent les principes de liberté et d'égalité. Elles contestent la monarchie absolue. Le roi cède à l'immobilisme des ordres privilégiés et refuse les réformes nécessaires. Les révolutions anglaises du XVIIe siècle et américaine du XVIIIe siècle donnent des modèles aux élites françaises (La Fayette notamment). Les mauvaises récoltes de 1788 provoquent la hausse des prix et la spéculation qui déclenchent le mécontentement de la population.

 

 

 

► 1789 On a tendance à faire coïncider la situation insurrectionnelle de Paris des 12 et 13 juillet 1789, puis de la prise de la Bastille, le 14, avec le commencement de la Révolution. En fait, quand elle a éclaté, la tempête révolutionnaire se préparait depuis longtemps. Trente ans plus tôt, les idées nouvelles de la philosophie et des sciences, réunies dans 'L'Encyclopédie' sous la direction de Diderot, avaient préparé le terrain de la contestation. Déjà les philosophes, qui avaient pour cible commune l'absolutisme despotique de la monarchie et de l'Église catholique, s'étaient fait des alliés dans toutes les classes de la société. De la bourgeoisie aux plus humbles curés de campagne et maîtres d'école, et jusqu'à la noblesse parlementaire, l'esprit des Lumières avait "contaminé" le pays, d'une façon irréversible.

 

 

Plus proche, la participation de la France à la guerre d'indépendance américaine avait ranimé un vent de liberté. Mais, bien avant les exploits de La Fayette, un Voltaire prémonitoire avait écrit : "Tout ce que je vois jette les semences d'une révolution qui arrivera immanquablement et dont je n'aurai pas le plaisir d'être témoin". Révolution annoncée, donc, et pourtant ignorée. Louis XVI ne mesure pas toute la gravité de "la crise de régime" dont il a héritée à la mort de Louis XV. Le nouveau roi, faible, hésitant et velléitaire, balance entre rénovation et réaction, nomme un temps puis révoque des ministres libéraux (Turgot, Necker) qui auraient pu engager les réformes politiques indispensables.

 

 

Le roi ne discerne pas mieux dans le climat social les espoirs déçus et les tensions qui sont les signes avant-coureurs d'un éclatement. Car la société refuse d'attendre plus longtemps une mutation profonde. Une nation de près de 27 millions d'habitants est sur le point d'exploser, et le roi va à la chasse. Dans son agenda, à la date des 12, 13 et 14 juillet, il note ces simples mots : "rien, rien, rien". Ce n'est pas rien pourtant un Parlement qui brûle de prendre le pouvoir, une bourgeoisie qui prône des principes égalitaires quand ce ne sont pas ceux de la République. Ce n'est pas rien que les neuf dixième de la population, les paysans hier encore victimes silencieuses des droits féodaux, commencent à s'agiter.

 

 

Car le peuple des campagnes n'en peut plus des inégalités, des abus seigneuriaux, de la pression fiscale. Dans les milieux ruraux, la misère est grande, augmentée par des accidents climatiques alternant sécheresse, rigueur exceptionnelle des hivers et inondations. C'est l'hécatombe dans le cheptel, le blé manque, les prix montent en flèche, le pain est rare. Dans le secteur industriel, la situation économique est toutefois sensiblement meilleure, grâce à la modernisation des équipements (les forges du Creusot sont l'exemple d'un remarquable progrès). Mais les conditions de travail du monde ouvrier restent très pénibles, les salaires très faibles et le chômage important (à Paris, il y a au moins 120 000 indigents).

 

 

Plus grave que jamais, le déficit des finances royales écrase de toujours plus d'impôts les classes laborieuses. Tous les facteurs sont réunis pour que se produise l'événement qui va voir un monde s'écrouler et un autre naître : la Révolution française. 1789 en est la date charnière, 1799 en est la fin. Dix années séparent l'ouverture des États généraux du coup d'état du 18 brumaire an VIII (9 novembre 1799). Dix ans pendant lesquels les Français ont vécu la formation de l'Assemblée nationale et l'élaboration d'une Constitution, la Déclaration des Droits de l'Homme et l'abolition des privilèges, la naissance de la République et l'exécution du roi, le culte de l'Être suprême et l'institution de la Terreur, la guerre civile et les expéditions militaires victorieuses, le Directoire et la prise du pouvoir par un général ambitieux, Bonaparte.

 

 

A voir la suite des événements qui ont traversé cette décennie, il est plus juste de parler de plusieurs révolutions dans la Révolution. Cependant, ce qui en fait l'unité c'est sa volonté de détruire l'Ancien Régime, sa foi dans la raison et dans les sciences. C'est le temps où la suprématie des savants est incontestée. Les mathématiciens comme Laplace et Monge, les chimistes comme Lavoisier et Berthollet, les naturalistes comme Lacépède et Cuvier ou le botaniste Parmentier reçoivent tous les honneurs. De ce magnifique épanouissement intellectuel subsiste d'ailleurs le témoignage d'une oeuvre collective : la création du système métrique, adopté par la Convention en août 1793.

 

 

C'est aussi le temps où les gouvernants comme le public suivent avec passion les expéditions des explorateurs, couvrent de lauriers le vieux navigateur Bougainville, tremblent pour La Pérouse et les frégates l'Astrolabe et la Boussole, “portés disparus”. Cette foi en les sciences et en l'homme, qui anime les révolutionnaires, va naturellement les pousser à se montrer méfiants à l'égard de la religion. L'instruction, l'assistance publique, l'état civil sont laïcisés, le divorce admis. La conséquence logique en sera la séparation de l'Église et de l'État, en 1795. Dans le souci permanent de resserrer l'unité de la nation, les assemblées révolutionnaires privilégient l'éducation civique, créent une administration uniforme, suppriment les douanes intérieures, généralisent le système unique des poids et mesures, fondent une armée nationale et, pour que tous ensemble les citoyens s'unissent dans la joie patriotique, inventent la Fête de la Fédération.

 

 

A Paris, 100 000 fédérés venus de toutes les régions de France se pressent à la première cérémonie organisée le 14 juillet 1790, au Champ-de-Mars, dans une fervente fraternité et malgré la pluie. Dans ces rassemblements patriotiques, on entendra plus tard la Marseillaise. A l'origine Chant de guerre pour l'armée du Rhin composé à Strasbourg par le capitaine du génie Rouget de Lisle, ce chant sera repris et entonné tout au long de la route qui mènent les fédérés marseillais jusqu'à Paris, en juillet 1792, avant de devenir l'hymne national en 1795. Mais l'unité du peuple ne serait pas parfaite sans ce lien également fédérateur qu'est une langue commune à tous. Les maîtres d'école ont pour mission de faire pénétrer le français dans les provinces les plus reculées qui, pour la plupart, s'expriment encore en patois.

 

 

L'amour de la Patrie est la règle et les héros de l'Antiquité sont le modèle. Les écrivains comme les artistes s'engagent en répondant à l'enthousiasme du public pour les idées républicaines et en mettant l'art à son service. Le tableau de David, 'Les Licteurs rapportant à Brutus le corps de ses fils' en est la meilleure illustration. A l'exemple des athlètes grecs, les hommes se passionnent pour le sport : course à pied au Champ-de-Mars, natation sur les bords de Seine. Gagnées par la mode de l'art néo-classique, les femmes, nouvelles reines de Paris et égéries des salons, adoptent une longue tunique fluide, resserrée sous la poitrine. On se bouscule chez Madame Roland et chez Madame de Staël, on admire la "tête politique" d'Olympe de Gouges qui propose et rédige les Droits de la Femme.

 

 

Sans prétendre comme Olympe à l'égalité totale entre les sexes, les femmes se sont libérées du carcan où les siècles précédents les avaient enfermées. Elles ne sont pas seulement ces "tricoteuses" bavardes qui perturbent les débats des Assemblées, ou qui commentent haut et fort le comportement des condamnés menés à l'échafaud. Les femmes créent leurs propres clubs où l'on discute politique autour de la lecture du journal Le Moniteur et il n'est plus rare de voir des femmes d'affaires et des femmes chefs d'entreprise. Les plus délurées, les "amazones", dépassent souvent la mesure dans leurs provocations, aussi la "vertu" républicaine tente de les remettre au pas. Car la vertu, comme la morale, est érigée en dogme. Ce qui amène d'ailleurs à des excès, avec leur corollaire de fanatisme.

 

 

Des chefs-d'oeuvre élevés jadis à la gloire des “tyrans” ou de la “superstition” doivent être protégés de la vindicte populaire. De fait, nombre d'entre eux sont mutilés. Des oeuvres d'art, dispersées lors des pillages des châteaux et des églises sont heureusement sauvées par décret de la Convention. Ainsi sont épargnés les portraits que Madame Vigée Le Brun a peint de la reine Marie-Antoinette et de ses enfants. Ainsi le peintre Lenoir réunit en un Musée des monuments français, les restes des sculptures médiévales qu'il a pu trouver. Qu'ils soient freinés pour leur “excès de zèle” dans l'ivresse de la revanche, les citoyens le comprennent plus ou moins bien. Ce qu'ils acceptent plus mal, c'est qu'on leur confisque la parole et qu'on ne réponde pas à leur aspiration de liberté.

 

 

Naïfs ou très élaborés, les “cahiers de doléances” rédigés lors de la réunion des États généraux sont remplis de cet espoir de liberté et de cette soif d'équité. La Révolution ne pourra y répondre totalement, mais elle donne naissance à la 'déclaration des droits de l'homme' du 26 août 1789, qui consacre la majorité de ses dix-sept articles à cet espoir de liberté et d'égalité, en proclamant la liberté individuelle, la liberté d'opinion et la liberté d'expression. Elles s'expriment entre autres dans les mesures très symboliques que sont la suppression des lettres de cachet (qui donnaient au roi le pouvoir d'embastiller qui bon lui semblait), le droit à l'existence pour les protestants, la liberté de la presse (qui voit une extraordinaire prolifération de journaux : 'L'Ami du Peuple', 'Le Père Duchesne', 'La Sentinelle'...).

 

 

Après liberté et fraternité, égalité est le maître mot des temps révolutionnaires. Comme première tâche, l'Assemblée se devait d'abattre la hiérarchie des classes sociales constituée par les trois ordres monarchiques : clergé, noblesse, tiers état. Des deux premiers, le clergé est le plus atteint. Ses biens immenses sont "mis à la disposition de la nation". Le clergé n'a plus de privilèges financiers et juridiques, les ordres religieux sont abolis. Une Constitution civile du clergé oblige les prêtres à lui prêter serment : 300 000 d'entre eux sont bannis de France pour avoir refusé. En 1794, les "assermentés" cessent d'être fonctionnaires et ne reçoivent plus de traitement. Après 1795, l'Église catholique de France n'est plus qu'une association privée, entourée de méfiance et parfois en butte aux persécutions.

 

 

Très durement est également touchée la noblesse : plus de prérogatives honorifiques, plus d'hérédité des charges, plus de droits féodaux ; les titres sont brûlés en présence du Conseil municipal et de tous les citoyens. Les nobles qui n'ont pas émigré conservent leur terre mais sont frappés par les réquisitions en temps de guerre et les emprunts forcés. Ils peuvent remplir des fonctions publiques mais sont soumis à une constante suspicion. Ils ne sont d'ailleurs pas les derniers à monter à l'échafaud. A la suite du roi, de la reine Marie-Antoinette, de Philippe Égalité, et de milliers d'autres "suspects", les têtes nobles tombent nombreuses sous le couperet de la guillotine.

 

 

Quand la lame de la machine à tuer du docteur Guillotin, imaginée pour rendre les exécutions "moins barbares", a épargné le noble, il peut vivre sur son domaine une existence plutôt paisible. Loin de la fièvre de Paris, la vie est plus facile pour le hobereau de province. En bon citoyen, il peut participer aux activités de la commune ou, comme c'est le hobby de la noblesse "éclairée", s'adonner à sa passion des expériences scientifiques : faire voler une montgolfière, concevoir une machine à vapeur. Pour le noble qui est sincèrement acquis aux idées révolutionnaires, il est apprécié qu'il prenne à sa charge l'ouverture d'une école de village. L'instruction reste la question majeure du temps, et les assemblées révolutionnaires se sont passionnées pour le problème de l'enseignement.

 

 

Mirabeau sous la Constituante, Condorcet sous la Législative, l'abbé Grégoire sous la Convention demandent expressément une Instruction Publique. A la tribune, Danton s'écrit : "Après le pain, l'éducation est le premier besoin du peuple". Dans son immense majorité, le peuple ne sait ni lire ni écrire. Qui va l'éduquer ? Les ordres ecclésiastiques qui s'en chargeaient jusque-là ont été dissous. Après de très nombreux travaux la Convention vote une loi en 1795 : il y aura au moins une école primaire par canton, mais elle ne sera gratuite que pour les indigents (pauvres) ; l'enseignement secondaire sera dispensé dans les nouvelles Écoles Centrales de département avec pour disciples, en plus des lettres et des mathématiques, les sciences expérimentales, l'histoire, la géographie, les langues vivantes, le dessin et l'étude des lois des différentes nations.

 

 

L'intérêt plus grand encore que porte la Convention à l'éducation supérieure, l'amène à créer ou à réorganiser les Grandes Écoles : Polytechnique, Mines, Ponts et Chaussées, Arts et Métiers. Dans l'idéal, chaque chef-lieu de département doit avoir sa bibliothèque et un dépôt d'archives. Les Archives Nationales sont fondées, les tableaux du roi réunis au Musée du Louvre. Avec les sciences physiques et mathématiques, les sciences morales et politiques, la littérature et les beaux-arts, le nouvel Institut doit, selon l'expression de Daunou, donner “ l'abrégé du monde savant ”. Tant de culture est encore bien loin d'être à la portée du monde rural et des ouvriers. La Révolution n'a pas négligé le sort des masses populaires.

 

 

Mais parmi les paysans, seuls les plus aisés, les propriétaires terriens, sont réellement favorisés par les mesures révolutionnaires. On en voit même qui se hissent au niveau de la bourgeoisie après avoir fait fortune en achetant des biens nationaux aux enchères. Cependant, l'abolition des impôts indirects de l'Ancien Régime (octrois, traites, gabelles, aides, etc.) et plus encore l'établissement d'un régime fiscal unique et l'application des mêmes lois pour tous, dans toutes les provinces de France, vont dans le sens du principe égalitaire. Mais les lois de ventôse, d'une hardiesse inouïe (égalité des biens, redistribution des terres) ne seront jamais appliquées. Un peu mieux traités, les ouvriers peuvent maintenant choisir leur métier.

 

 

Les plus entreprenants s'établissent à leur compte grâce à la suppression des corps et des communautés à privilèges (corporations, jurandes). Enfin, l'ouverture à tous des emplois anciennement réservés aux nobles (armée, fonctions administratives et judiciaires) profite surtout à la bourgeoisie, riche et instruite. La bourgeoisie, c'est la grande bénéficiaire de la Révolution. Ce sont les “notables” qui légifèrent, sont membres des clubs politiques décisionnaires, gouvernent et administrent la France. Ce sont eux aussi, banquiers et industriels, qui vont permettre la relance de l'économie. Enfin c'est dans les rangs de la bourgeoisie que se présentent les plus gros acheteurs de biens nationaux.

 

 

Qui a quelque ressource profite de l'immense transfert de biens qui est l'un des traits majeurs de l'oeuvre de la Révolution. Parmi les “gens du peuple”, chez les artisans et les marchands, une partie réussit également à s'enrichir notablement par la spéculation (qui s'est partout généralisée) et la vente des fournitures à l'État. Certains roulent en buggy, rachètent des hôtels particuliers ou des terres à quelque petit noble ruiné. Mais ces “nouveaux riches” n'ont quand même pas les moyens de se mesurer à la haute bourgeoisie qui accourt pour acheter les meubles du château de Versailles, mis aux enchères le 25 août 1793. Les créations en bois de rose ou d'acajou des ébénistes Georges Jacob, Jean-Baptiste Sené ou Jean-Henri Riesener sont encore hors de portée de la plupart des intérieurs bourgeois.

 

 

Mais qu'importe, il reste la griserie des plaisirs qui s'est emparée des Parisiens. Ni la Terreur, ni la menace permanente d'être arrêté ou exécuté ne semble pouvoir arrêter ce tourbillon de vie. Haut cravaté, le monocle à la main, portant longue redingote sur culotte collante et bas de soie, on se mêle à la foule qui se presse dans les théâtres pour applaudir Talma à la Comédie-Française. Pour oublier la dépréciation constante des assignats, monnaie-papier remise en service, on s'étourdit de quadrilles dans les bals bourgeois ou on s'encanaille avec les sans-culottes dans les "bastringues d'été" et les bals populaires. Parce que c'est la mode, on se bouscule pour écouter un opéra-comique de Grétry.

 

 

Mais surtout, on flâne sous les portiques de la galerie du Palais-Royal récemment construite. On y fait de folles dépenses dans les boutiques, on s'y rend pour "être vu" ou voir les extravagants costumes des "incroyables", des muscadins aux cheveux longs et poudrés, des "merveilleuses" frissonnant dans leur robe impudemment transparente, ou encore, on se glisse dans les tripots de jeux, la passion des nantis du temps. Rien ne semble pouvoir gâcher ce bonheur. La farandole de liberté qui est la leur ne peut plus être entravée, mais quelques années plus tard, un glorieux général nommé Bonaparte arrête la danse.

 

 

 

1789 - Le 5 mai 1789, le roi Louis XVI et Necker ouvrent solennellement les états généraux. Louis XVI n'a plus d'argent en caisse et il a absolument besoin de l'accord des représentants des trois états pour lever de nouveaux impôts ou réformer ceux qui existent. Les représentants du tiers état dénoncent la division de l'assemblée en trois états qui les met automatiquement en minorité face aux représentants des ordres privilégiés, le clergé et la noblesse, qui ne représentent qu'une toute petite partie de la population française. Le 17 juin, les députés du tiers état et beaucoup de curés qui représentent le clergé aux états généraux se réunissent à part.

 

 

Sur proposition de l'abbé Sieyès, qui constate que ladite assemblée représente les "quatre vingt seize centièmes de la Nation", ils se transforment en Assemblée nationale. Peu à peu, la plupart des autres députés vont les rejoindre. Le 20 juin, dans la salle du Jeu de Paume où elle s'est réunie, près du palais de Versailles, bafouant la volonté du roi, l'Assemblée nationale fait serment de ne pas se séparer. Trois jours plus tard, le marquis de Dreux-Brézé leur demande de cesser leur fronde. Mirabeau l'envoie paître par une magnifique harangue. L'Assemblée désobéit ouvertement au roi. C'est un acte grave. Constatant que les maux du gouvernement appellent davantage qu'une réforme de l'impôt, les députés projettent de remettre à plat les institutions et de définir par écrit, dans une constitution, de nouvelles règles de fonctionnement, selon l'exemple américain.

 

 

Le 9 juillet, l'assemblée se proclame donc Assemblée nationale constituante. Le 11 juillet 1789, Louis XVI, vexé, renvoie son ministre Necker, une fripouille qui n'a fait que creuser le déficit mais est restée pour cela très populaire parmi les petites gens. A Paris, le peuple s'irrite et s'inquiète. On dit en plus que le roi, irrité par la désobéissance des députés, voudrait les renvoyer chez eux. Des rumeurs font craindre une intervention des troupes contre la capitale. Au Palais-Royal, un orateur, Camille Desmoulins, harangue la foule. Le 14 juillet, des badauds s'attroupent, pillent une armurerie et s'en vont prendre d'assaut la Bastille, une vieille forteresse royale datant de Charles V et de la guerre de Cent Ans, qui sert de prison à quelques lascars de mauvaise vie.

 

 

Surplombant de sa masse sombre le quartier populaire de Saint-Antoine, elle n'est gardée que par 82 invalides et 32 gardes suisses. Élie et Hulin, des soldats des gardes françaises, rejoignent les assiégeants en traînant avec eux des canons. Le gouverneur de la Bastille, de Launay, capitule contre la vie sauve. Cette journée mémorable voit les premiers morts de la Révolution. Parmi eux une centaine d'assiégeants ainsi que quelques invalides et le gouverneur de la Bastille, de Launay, dont la tête est promenée au bout d'une pique. Sous l'effet de la surprise, à Versailles, le roi se retient de dissoudre l'Assemblée. Son propre frère, le comte d'Artois, futur Charles X, prend la mesure de l'événement et quitte la France sans attendre.

 

 

Il est suivi dans l'émigration de quelques autres nobles, dont le prince de Condé (Louis V Joseph de Bourbon-Condé) et Madame de Polignac. A Paris, le comité des électeurs désigne un maire, Bailly, et un commandant de la garde nationale, La Fayette, en remplacement de l'administration royale. Les autres villes imitent la capitale. Une "Grande peur" s'étend dans les campagnes. Les paysans craignent que les seigneurs n'augmentent les taxes qui pèsent sur eux. Sans manquer d'afficher leur loyauté à la monarchie, ils pillent les châteaux et brûlent les "terriers", c'est-à-dire les documents qui contiennent les droits seigneuriaux.

 

 

Quelques familles de hobereaux (petits seigneurs) sont battues, voire massacrées. C'est au tour des députés d'avoir peur. Dans la nuit du 4 août, pour calmer les paysans, ils votent l'abolition des droits seigneuriaux. Le 26 août 1789 est votée la 'Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen'. C'est l'acte le plus remarquable de la Révolution. Les députés, inspirés par les philosophes français et anglais du passé (Hobbes, Locke, Montesquieu, Rousseau,...) votent dans l'enthousiasme une Déclaration qui définit les droits de chacun en 17 articles. L'article 1 est très beau : "Tous les Hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits...".

 

 

Le rêve ne dure pas. À Paris, le peuple s'indigne de l'opposition du roi à l'abolition des droits seigneuriaux. Le 5 octobre, une foule de Parisiennes va chercher Louis XVI à Versailles. La Fayette, un général très populaire, convainc le roi de quitter le palais de Versailles pour celui des Tuileries, au coeur de Paris, afin de dissiper une bonne fois pour toutes la méfiance des Parisiens... et des Parisiennes à son égard. Le roi s'exécute. Le lendemain, le 6 octobre, il quitte Versailles pour le palais des Tuileries, au coeur de la capitale. L'assemblée constituante fait de même et s'installe dans la salle du Manège, à côté des Tuileries. Le gouvernement de la France se met désormais à la merci des Parisiens. Il suffira qu'un groupe d'émeutiers envahisse la Chambre des députés pour qu'un gouvernement soit renversé.

 

 

 

► 1789 janvier Sieyès écrit 'Qu'est-ce que le Tiers État ?'. Pour lui, le Tiers État représente tout : 96% de la population, c'est la Nation. L'abbé critique amplement la noblesse sur ses privilèges sans égratigner l'église. Il rêve tout haut d'une monarchie constitutionnelle laissant une part moins belle à la noblesse qu'en Angleterre.

 

 

 

► 1789 - 3 janvier Le roi suspend les États provinciaux de Bretagne suite aux désaccords: noblesse - Tiers État.

 

 

 

► 1789 - 24 janvier Lettre de convocation des États Généraux.

 

 

 

► 1789 - 26 janvier Manifestation à Rennes contre le prix du pain: "journée des Bricoles".

 

 

 

► 1789 - 27 janvier Fusillade entre nobles et étudiants devant le couvent des Cordeliers à Rennes (2†).

 

 

 

► 1789 - 30 janvier Mirabeau défenseur du Tiers État ! 'Est-il juste que les ordres qui ne sont pas la Nation l'emportent sur la nation ?' déclare t-il près d'Aix en provence... le peuple l'acclame.

 

 

 

► 1789 La noblesse exclut Mirabeau de ses rangs sous prétexte qu'il ne possède pas de fief, il leur réplique en lançant un appel à la Nation Provençale !

 

 

 

► 1789 mars Les Français ont pour la première fois la fièvre électorale, à Paris, comme dans tous les villages de France, des réunions se tiennent pour désigner les représentants des États généraux. Des cahiers de doléances s'ouvrent partout. Dans les cahiers de doléances, on trouve les revendications des Français de tout le royaume. Ces revendications s'accordent sur certains points: - la noblesse refuse l'affaiblissement de ses privilèges provinciaux hérités de l'époque médiévale.

 

 

Elle est cependant parfois prête à accepter l'égalité devant l'impôt. - le Clergé : les doléances sont extrêmements différentes entre le haut et le bas clergé, le haut étant nettement plus proche de la noblesse et de la souveraineté royale que le bas... - le Tiers État : l'essentiel des revendications porte sur le régime fiscal et le comportement des fermiers généraux et intendants accusés de corruption. (A l'époque, les collecteurs d'impôts payaient le droit de collecter l'impôt pour le Trésor et les contrôles étaient pour le moins succincts…)

 

 

 

► 1789 - 11-12 mars Émeutes frumentaires à Reims. Frumentaire, relatif au blé ou aux ressources alimentaires.

 

 

 

► 1789 - 23 mars Émeutes frumentaires à Marseille.

 

 

 

► 1789 - 24 mars Émeutes frumentaires à Aix.

 

 

 

► 1789 avril Fondation du club des Jacobins. Le Club des Jacobins (sa raison sociale était en fait Société des amis de la Constitution) est une société politique fondée à Versailles en avril 1789. Ce club est issu du Club Breton qui s'était donné pour but de ne pas se séparer avant d'avoir doté la France d'une constitution. Ayant attiré des députés de bien d'autres horizons géographiques que la Bretagne seule, le club a pris le nom de Société des amis de la Constitution et migre à Paris en octobre 1789 dans le couvent des jacobins de Paris auquel on doit le nom sous lequel on connaît ce club aujourd'hui.

 

 

Le club des Jacobins cependant se divisa après l'arrestation de Louis XVI (21 juin 1793), les plus modérés fondèrent le club des Feuillants (16 juillet 1791), tandis que les autres optaient pour la République. Les Jacobins dominèrent la Convention nationale grâce aux députés montagnards. Après l'éviction des Hébertistes, le pouvoir fut monopolisé par Maximilien Robespierre et ses amis, et le Club devint le principal auxilliaire du Comité de Salut public. Après le 9 thermidor an II (27 juillet 1794) et la chute de Maximilien Robespierre, le Club fut fermé en novembre 1794, puis tenta de se reconstituer sous le Directoire.

 

 

Le mot a servi depuis à désigner en France les républicains partisans d'une démocratie centralisée et d'un pouvoir exécutif fort. Les Jacobins. Révolutionnaires membres de la Société des amis de la Constitution (Club des jacobins) créée en 1789, ils rassemblent au départ des hommes d'opinions diverses, allant des modérés tels que La Fayette ou Sieyès aux intransigeants tels que Robespierre ou Brissot. Après la fuite du roi en 1791, les partisans d'une monarchie constitutionnelle forment le club des Feuillants, tandis que les partisans de la déchéance du roi se réunissent sous la houlette de Robespierre dans le club rebaptisé Société des amis de la Liberté et de l'Égalité. Après les massacres de septembre 1792 et leur éviction de la Convention, les jacobins adoptent des positions révolutionnaires radicales, à l'instar de la Montagne, dont ils deviennent l'organe directeur. Fermé après la chute de Robespierre (1794), le club disparaît définitivement en 1799.

 

 

 

► 1789 - 17 avril La fayette décide de se faire élire aux États généraux dans les rangs de la noblesse mais ses idées ne s'accordent pas au groupe, il est en effet très partisan du vote par tête.

 

 

 

► 1789 - 26 avril Maximilien de Robespierre est élu député du Tiers État d'Artois. Maximilien de Robespierre, né le 6 mai 1758 à Arras (Pas-de-Calais), guillotiné le 10 thermidor an II (28 juillet 1794) à Paris place de la Révolution (aujourd'hui place de la Concorde), était un homme politique français. Chef des Montagnards, il incarna la tendance démocratique de la Révolution française, mais aussi ses méthodes terroristes, "Incorruptible" pour les uns, "dictateur sanguinaire" pour les autres, il reste un personnage très controversé de l'Histoire.

 

 

 

► 1789 - 27-28 avril Émeute des ouvriers de la manufacture royale de papier-peints Réveillon. Quelques jours avant que s'ouvrent les États généraux convoqués par Louis XVI à Versailles, le bruit court que Réveillon, ancien mercier devenu un riche industriel et dont la fabrique de papier peint emploie quelque quatre cents ouvriers, baisserait de 15 sous les salaires. Les ouvriers qui viennent de passer un hiver très dur se révoltent et saccagent la maison, le parc et les ateliers. Les Suisses et les hommes du Royal Cravate viennent à bout de l'émeute en abattant ceux qui font pleuvoir des tuiles sur la troupe depuis les toits. On compte au soir quelque trois cents morts.

 

 

 

► 1789 - 30 avril Première réunion du Club breton à Versailles.

 

 

 

► 1789 - 30 avril La foule s'empare de trois forts à Marseille.

 

 

 

► 1789 - 2 mai Les députés des États généraux sont présentés au roi. Les mille députés des trois ordres sont reçus à Versailles par le Roi.

 

 

 

► 1789 - 4 mai "Procession des États" à Versailles.

 

 

 

► 1789 - 5 mai Ouverture des États Généraux à Versailles. Ce sont 1200 députés venus de toute la France qui sont appelés nominativement du vestibule pour entrer dans la salle des Menus-Plaisirs où vont se tenir ces États généraux devant plus de 2000 spectateurs. Cet appel dure plus de trois heures et c'est une population assez hétéroclite qui fait son entrée. Les 300 représentants du Clergé, les 300 de la Noblesse et les 600 représentants portent une tenue bien différente. Il convient de remarquer que les représentants du Tiers État ne sont en aucun cas issus de milieux pauvres ou indigents, la plupart sont des bourgeois : médecins, commerçants ou industriels.

 

 

Ainsi, sur six cent représentants du Tiers État on ne trouve qu'un seul paysan. Tout commence avec le Discours royal largement applaudi mais qui ne laisse pas supposer une volonté de réforme : Le discours du Roi se veut conciliateur mais délibérément conservateur. Barentin, le Garde des Sceaux prend ensuite la parole mais la foule attend avec impatience Necker qui devrait trancher le problème du vote par tête plutôt que par ordre. En fait, le discours de Necker ne sera qu'un cours magistral de financier qui ennuie tout le monde et le vrai problème du vote par tête est repoussé à plus tard. Le Roi se lève ensuite mettant ainsi un terme à la séance. Aucun des trois ordres n'a pu s'exprimer, sans doute craignait-on l'impertinence du Tiers État.

 

 

Les réunions qui se tiennent le soir même entre représentants des divers ordres conduisent à former trois groupes distincts au sein de l'assemblée. Le premier jour les représentants des divers ordres étaient placés selon les régions et non selon l'ordre représenté. Cette décision a une grande importance puisqu'elle détermine les débats contradictoires qui vont avoir lieu ensuite. Les États généraux de 1789 sont les derniers de l'Ancien Régime français. Le 8 août 1788, le marasme financier amène Louis XVI à convoquer les États généraux du royaume pour le 1er mai 1789. L'élection des représentants a lieu en janvier 1789 et suscite une participation très variable.

 

 

Les représentants du Tiers état sont désignés de façon indirecte. Seuls les hommes de plus de 25 ans et payant l'impôt ont le droit de voter. L'ouverture des États généraux a lieu le 5 mai dans la salle des Menus-Plaisirs à Versailles, rebaptisée pour la circonstance salle des trois ordres. Cette date marque le début de la Révolution française. Sur 1139 députés, 291 appartiennent au clergé et 270 à la noblesse. La première séance, le 5 mai, est présidée par Louis XVI en personne, le clergé s'assied à la droite du trône, la noblesse à gauche, le Tiers État en face. Les orateurs sont le roi, le garde des sceaux, Barentin, et le ministre des finances, Jacques Necker.

 

 

Des dissensions éclatent très rapidement sur la manière de voter. Le clergé et la noblesse souhaitent que le vote ait lieu par ordre, ce qui leur assure la majorité ; le Tiers État réclame le vote par tête, ce qui lui assurerait l'égalité et que les débats aient lieu en commun. Le tiers fait valoir qu'il représente à lui seul la Nation, et refuse ainsi de quitter la place. Le 17 juin, le tiers état invite les députés des deux autres ordres à les rejoindre. Certains d'entre eux, des nobles libéraux (La Fayette) et des clercs proches du peuple, s'unissent au troisième ordre. On assiste ainsi à une révolution à caractère juridique : la suppression des ordres face au roi, auxquels se substitue une représentation nationale en une seule assemblée.

 

 

Le groupe ainsi constitué se proclame donc Assemblée nationale, sur la motion de l'abbé Sieyès. Devant ce premier acte révolutionnaire, Louis XVI, contre l'avis de Necker, fait fermer la salle des États, que préside Bailly. La nouvelle Assemblée nationale trouve un autre lieu de réunion à Versailles, une salle de jeu de paume, sur la proposition du Dr Guillotin. Lors de la séance dite du Serment du Jeu de Paume, le 20 juin 1789, les députés promettent de ne pas se séparer avant d'avoir rédigé une constitution pour le pays : l'Assemblée nationale constituante siègera ainsi jusqu'au 30 septembre 1791 et exerçera en même temps le pouvoir législatif.

 

 

Lors de la séance royale du 23 juin 1789, le roi ordonna la dispersion de l'Assemblée. Le grand maître des cérémonies alla porter l'ordre à Bailly, doyen du Tiers. Mirabeau aurait alors, selon la légende, prononcé cette phrase célèbre : "Nous sommes ici par la volonté du peuple et nous n'en sortirons que par la force des baïonnettes". Des citoyens français appelèrent aussi à la convocation d'un "quatrième ordre : celui des pauvres journaliers, des infirmes, des indigents", etc., ou l'ordre sacré des infortunés, ce qui, à l'époque, était constitué d'un nombre important de personnes. Une révolution bourgeoise et pacifique venait ainsi de s'accomplir, une monarchie constitutionnelle se substituant à l'absolutisme royal de l'Ancien Régime.

 

 

 

17896 mai Les représentants du Tiers État prennent le titre de députés des Communes.

178911 mai Les députés de la noblesse refusent le vote par tête.

178912 mai Bailly est élu député du Tiers État pour Paris. Jean Sylvain Bailly (15 septembre 1736, Paris - 12 novembre 1793, Paris) est homme politique et académicien français. Il fut élu 1er député de Paris le 12 mai 1789, sur le contingent du tiers état, aux États généraux. Le 3 juin suivant, il était élu président du tiers état et, le 17 juin, président de l'Assemblée nationale. Le 20 juin, lors du serment du Jeu de Paume, il fut le premier à prêter serment et, trois jours plus tard, lors de la séance où Louis XVI exigeait la dispersion de l'Assemblée, a refusé d'obtempérer. Le 15 juillet 1789, il fut élu maire de Paris et, à ce titre, remit la cocarde tricolore au roi lors de la visite que celui-ci fit à l'Hôtel de Ville le 17 juillet. Dans sa fonction de maire, il est attaqué comme trop conservateur, par Camille Desmoulins et par Jean-Paul Marat. Après l'évasion manquée des 20 et 21 juin 1791, il voulut contenir l'agitation républicaine qui visait à obtenir la déchéance du roi et, à la demande de l'Assemblée, proclama la loi martiale et ordonna à la Garde nationale de tirer sur la foule des émeutiers le 17 juillet 1791. Sa popularité, jusque-là à peu près intacte, tomba en flèche. Le 12 novembre 1791, il démissionna de toutes ses fonctions politiques, et se retira à Nantes. Il fut mis en état d'arrestation en juillet 1793, alors qu'il se trouvait à Melun, et placé en détention. Appelé à témoigner lors du procès de Marie-Antoinette, il refusa de témoigner à charge et fit une déposition en sa faveur, ce qui le condamnait implicitement. Son procès fut expédié le 11 novembre 1793, et la sentence exécutée le lendemain, la guillotine ayant été symboliquement transportée sur l'esplanade du Champ-de-Mars à l'endroit même où les troupes avaient tiré sur le peuple, le 17 juillet 1791.

1789         19 mai Sieyès est élu député du Tiers État pour Paris. Emmanuel Joseph Sieyès, né le 3 mai 1748 à Fréjus, mort le 20 juin 1836 Il prit une part active à la Révolution française de son début (par la publication de 'Qu'est-ce que le tiers état ?') qui obtient un grand retentissement, à sa fin (par sa participation au coup d'État de Brumaire). En 1789, il est élu député du tiers état aux États généraux et c'est lui qui propose, le 17 juin 1789 la transformation de la Chambre du Tiers état en assemblée nationale. Il rédigea le serment du Jeu de paume et travailla à la rédaction de la Constitution. Élu dans trois départements à la Convention, il vota la mort du roi et se "déprêtisa" selon le rite officiel. En 1795, il refuse le poste de Directeur auquel il est élu. En 1798, il est envoyé comme ambassadeur à Berlin. En 1799 il se résoud à entrer au Directoire, puis prépara le coup d'État du 18 brumaire an VIII (9 novembre 1799) et devint président du Sénat sous l'Empire. De 1815 à 1830, il fut exilé comme régicide à Bruxelles. Il rentre en France en 1830.

1789         22 mai L'assemblée des électeurs du Tiers État rejette la demande d'annulation de l'élection de Sieyès (abbé).

1789         27 mai Le Tiers État appelle les deux autres ordres à le rejoindre.

1789         3 juin Bailly est élu président de l'assemblée des Communes.

1789         4 juin Mort du dauphin (Louis de France, Louis Joseph Xavier François de France, fils aîné de Louis XVI) à Meudon.

1789         juin Les délibérations des États généraux n'ont toujours pas commencé, les trois ordres devaient vérifier chacun de leur côté les mandats de leur députés. Mais le Tiers refuse, les députés du Tiers veulent que cette vérification se fasse en commun. L'objectif est de donner une légitimité à tous les députés vis à vis de toute l'assemblée. Cette légitimité permettrait de revendiquer le vote par tête.

1789         11 juin Adoption de la mention Sieyès demandant la réunion des trois ordres.

1789         13 juin Trois curés du Poitou rejoignent le Tiers État. Déjà trois députés du Clergé se sont joints au Tiers État, Sieyes propose que l'assemblée du Tiers "somme les deux ordres de se réunir à elle pour la vérification des pouvoirs des représentants de la Nation". Et le Tiers commence l'appel sans attendre l'accord des deux autres ordres.

1789         14 juin Le Tiers État rejete la demande d'invalidation de l'élection de Sieyès.

1789         15 juin Assemblée nationale. L'abbé Sieyès propose au tiers état qui vient d'achever la vérification des pouvoirs les mots “Assemblée nationale” pour en finir avec l'appellation États généraux.

1789          17 juin Le Tiers État se proclame assemblée nationale. Sur proposition de Sieyes, le Tiers État décide à 481 voix contre 119 de se proclamer Assemblée nationale. Le Tiers représentant 96 pour cent de la population doit remplir "les voeux de la Nation". L'Assemblée Nationale prend tout de suite des décisions capitales : - refus du droit de légiférer pour les deux autres ordres. - refus du droit de véto au Roi. - l'Assemblée Nationale est seule compétente pour consentir la levée de l'impôt. - l'Assemblée assure la garantie des dettes de l'État. L'Assemblée Nationale a l'aval du Clergé qui vient d'admettre sa réunion au Tiers par 3 cinquièmes des voix. La Noblesse est elle-même sur le point de vaciller et de se joindre au Tiers. Assemblée nationale, les députés du Tiers État constituent la première Assemblée nationale le 17 juin 1789. Louis XVI s'oppose à ses décisions, mais le 9 juillet elle se constitue en Assemblée nationale constituante.

1789         19 juin Le clergé se prononce pour le rattachement au Tiers État.

1789         19 juin Protestation des députés de la noblesse auprès du roi.

1789         20 juin La salle des Menus-Plaisirs est fermée à l'Assemblée Nationale. Ce matin là, les députés du Tiers ont été surpris de trouver la porte de la salle des Menus plaisirs fermée; présumant la volonté du Roi de dissoudre l'Assemblée, les députés se réunissent suite à la proposition de Guillotin à la salle du Jeu de paume. Mounier propose alors de prêter le serment écrit par Target et lu par Bailly: de ne jamais se séparer et de se rassembler partout où les circonstances l'exigeront, jusqu'à ce que la constitution du royaume soit établie et affermie. Tous les représentants du Tiers signent le serment et scellent ainsi l'unité de l'Assemblée Nationale. Serment du jeu de paume: l'Assemblée Nationale se proclame Assemblée Nationale Constituante. Le Serment du Jeu de paume est un engagement d'union prêté le 20 juin 1789 entre les 577 députés du tiers état face aux pressions du roi Louis XVI jusqu'à l'écriture de la Constitution. Sous prétexte de réparations à faire pour la prochaine séance les gardes empêchent aux députés du tiers état l'accès à la salle des Menus-Plaisirs, où se tenaient les États généraux, le 20 juin 1789. Les députés se réunissent alors dans la salle du jeu de paume à Versailles. Cet événement est considéré comme la naissance de la Révolution française. Il est suivi par la séance royale du 23 juin 1789.

1789         22 juin 150 députés du clergé et 2 de la noblesse rejoignent l'Assemblée.

1789         22 juin Réunion extraordinaire du Conseil du Roi : malgré les conseils de Necker, le Roi persiste dans son programme conservateur : - égalité devant l'impôt, - maintien des privilèges de la noblesse, - rétablissement du vote par ordre.

1789          23 juin Nous ne sortirons que par la force des baïonnettes. Au cours d'une séance des États généraux ouverte le 4 mai 1789, le marquis de Dreux-Brézé, grand maître des cérémonies du roi, veut faire sortir le tiers-état de la salle. Le comte de Mirabeau, député du tiers état d'Aix-en-Provence, lui rétorque : "Allez dire au roi que nous sommes ici par la volonté du peuple et que nous n'en sortirons que par la force des baïonnettes". Mirabeau s'impose dès lors comme l'un des principaux orateurs du tiers état, puis de l'Assemblée nationale.

1789         23 juin La séance royale: discours de Louis XVI devant tous les députés déclarant nulles les délibérations du 17 juin. La séance royale du 23 juin 1789 se déroule pendant les États généraux de 1789, dans la salle des Menus-Plaisirs de Versailles, suite au serment du Jeu de paume. Elle marque un tournant dans les préludes de la Révolution française. Les membres du Tiers État refusent de quitter la salle des Menus-Plaisirs. 'Nous ne quitterons nos places que par la force des baionnettes !' lance Mirabeau dans la salle du Jeu de Paume devant la volonté du Roi de dissoudre l'Assemblée et de déclarer nulles ses délibérations.

1789         24 juin La majorité des députés du clergé rejoignent l'Assemblée Nationale.

1789         25 juin 47 députés de la noblesse rejoignent l'Assemblée Nationale.

1789         25 juin Réunion de l'assemblée des électeurs du Tiers État de Paris.

1789         26 juin Louis XVI appelle 20 000 hommes de troupes à Paris et à Versailles.

1789         27 juin Le roi appelle la noblesse et le clergé à se joindre au Tiers État. Capitulation du roi devant le tiers. Le 23 juin, les députés du tiers, sommés de se séparer, ont refusé. En ce 27, le roi cède et se résigne à inviter les députés de la noblesse et du clergé à se joindre au tiers. “La famille est complète”, commente le doyen du tiers, Jean-Sylvain Bailly. L'acceptation par Louis XVI provoque la liesse de la foule qui envahit les cours du château de Versailles. La reine Marie-Antoinette, sur la Terrasse de Midi, lui présente le Dauphin (Louis Charles de France, Louis XVII) qui est acclamé.

1789         2 juillet Le marquis de Sade quitte la Bastille pour Charenton. Enfermé à la Bastille pour ses écrits et ses actes de violence sexuelle, le marquis de Sade parvient à ameuter la foule sur le sort des prisonniers. Il est transféré à Charenton, quelques jours avant la prise de la Bastille.

1789         6 juillet Les Parisiens manquent de pain. Qu'est devenu le délicieux pain de Gonesse ? Il est introuvable… Le pain-ballet, quoique de qualité inférieure, manque aussi. Jusqu'au pain d'alise, pétri avec les restes de pâte, qui manque tout autant. Ce sont les compagnons boulangers et les artisans qui accusent les autorités municipales d'être responsables de cette situation. Les blés de printemps ont gelé. Et l'approvisionnement est irrégulier. La foule gronde devant les boulangeries de Paris qui doivent nourrir 600 000 bouches. Le peuple de Paris, pour lequel le pain est le fondement de la nourriture quotidienne, crie : “Vivre, c'est mordre dans son pain”. On commence de colporter que la reine Marie-Antoinette aurait avec mépris conseillé au peuple de manger de la brioche…

1789         7 juillet Création du comité de constitution (30 membres).

1789         juillet Le Roi entoure Paris de trente mille hommes de troupe en vue de rétablir l'autorité de la monarchie absolue.

1789         9 juillet Une délégation de députés demande au roi le retrait des troupes concentrées autour de Paris.

1789          ASSEMBLÉE CONSTITUANTE (1789-1791)

1789         9 juillet Proclamation de la Constituante. Le rêve des députés du tiers, “donner une Constitution à la France”, prend corps aujourd'hui. C'est Mounier qui présente à l'assemblée le programme du comité de constitution. Celui-ci prévoit la proclamation d'une Déclaration des droits de l'homme et un texte qui définisse les principes d'une monarchie rénovée. Une assemblée constituante est une institution collégiale avec pour tâche la rédaction, ou l'adoption, d'une constitution, c'est-à-dire le texte fondamental d'organisation des pouvoirs publics d'un pays. La première assemblée constituante fut fondée par des députés des états généraux lorsqu'ils s'érigèrent d'eux-mêmes en une "Assemblée nationale constituante" en juin 1789. Cette assemblée devient le 9 juillet 1789 l'Assemblée nationale constituante. Rédigée au profit des citoyens les plus aisés, et prévue pour dix ans, cette Constitution ne survécut pas à l'insurrection du 10 août 1792.

1789         10 juillet L'assemblée des électeurs du Tiers État demande la création d'une milice bourgeoise.

1789         11 juillet Le garde des sceaux répond à l'assemblée que les troupes ne sont là que pour prévenir de nouveaux désordres.

1789         11 juillet Renvoi de Necker, le baron de Breteuil lui succède. Le baron de Necker, directeur général des finances, est limogé par le roi de France qui le juge trop libéral. Il est aussitôt remplacé par Breteuil. La décision royale provoque une insurrection dans la capitale car Necker est fortement apprécié des Français. L'agitation parisienne conduira à la prise de la Bastille le 14 juillet et au rappel de Necker. “Rendez-vous aux cris de la France : rappelez Necker à votre cour !”, a chanté Paris en août 1788. Le roi Louis XVI l'a sans doute oublié, lorsqu'il a signifié à Necker son second renvoi. Le ministre, un des hommes les plus populaires du royaume, écrit au roi avant de partir : “Votre Majesté perd l'homme du monde qui lui était le plus tendrement dévoué”. Ces mots écrits, il est contraint, parce que la cour redoute des émeutes, de partir en secret pour la Belgique. La cour n'a pas eu tort d'avoir peur des réactions du peuple de Paris. Selon Camille Desmoulins, ce renvoi de Necker sonne le “tocsin d'une Saint-Barthélemy des patriotes”. Le baron de Breteuil, Louis Charles Auguste Le Tonnelier, baron de Breteuil, baron de Preuilly, est un diplomate et homme politique français né à Azay-le-Ferron (Indre) le 7 mars 1730 et mort à Paris le 2 novembre 1807. Ayant conservé la confiance du roi, le baron de Breteuil fut consulté par celui-ci sur l'évolution de la situation à la veille de la Révolution française. Il s'opposa à la convocation des états généraux et conseilla à Louis XVI une série de mesures répressives énergiques pour venir à bout de l'agitation de juin et juillet 1789. Lors du renvoi de Jacques Necker et des ministres libéraux le 11 juillet 1789, Louis XVI nomme le baron de Breteuil pour lui succéder comme principal ministre, cent heures à peine avant la prise de la Bastille. Dès le 16 juillet, Louis XVI doit toutefois rappeler Necker et Breteuil émigre le 17 ou 18 juillet 1789 en Allemagne puis en Suisse.

1789         11 juillet Arrestation de M. de la Vauguyon (ministre des affaires étrangères) sur le chemin de l'Angleterre.

1789         12 juillet Manifestions en faveur de Necker à Paris. Apprenant la nouvelle du renvoi de Necker, de la nomination de Breteuil, et de l'opposition du Roi à toute réforme du régime monarchique, le Peuple est en colère. A compter de ce jour, le soulèvement populaire embrase Paris et conduira le peuple à : la prise de la Bastille.

1789         12 juillet Le régiment Royal Allemand charge contre des manifestants dans les jardins des Tuileries. Émeutes du dimanche 12 juillet 1789, Camille Desmoulins, un avocat et journaliste encore peu connu harangue la foule au Palais-Royal et l'appelle aux armes contre le gouvernement royal. Nombreuses manisfestations rue de Paris et dans le jardin des Tuileries, les bustes de Jacques Necker et de Philippe, duc d'Orléans (1747-1793) sont portés en cortège. Le Royal-Allemand, régiment de cavalerie, charge la foule aux Tuileries. Plusieurs blessés, peut-être des tués. Pierre-Victor de Besenval, commandant les troupes massées à Paris, se décide à faire intervenir les régiments suisses cantonnés au Champ-de-Mars.

1789         13 juillet L'assemblée déclare que Necker et ses ministres emportent son estime et ses regrets. Émeutes du lundi 13 juillet 1789, incendie de quarante des cinquante-quatre barrières donnant accès sur Paris : les émeutiers veulent ainsi faire baisser le prix des grains et du pain - qui est à son niveau le plus élevé du siècle -. Pillage du couvent Saint-Lazare où on dit que les grains seraient stockés. Les "électeurs" de Paris (c'est à dire ceux qui, au deuxième degré, ont élu les députés aux États généraux se réunissent à l'Hôtel de Ville de Paris. Ils forment un "comité permanent" et décident de crééer une "milice bourgeoise" de 48 000 hommes. Ils porteront une marque distinctive, une cocarde aux couleurs de la ville de Paris (rouge et bleu). Pour les armer la foule pille le garde-meuble où sont conservées des armes, mais anciennes et de collection. Une délégation des "électeurs" parisiens se rend aux Invalides pour demander les armes de guerre qui y sont stockées. Refus du gouverneur. Le lendemain se déroulera la prise de la Bastille.

1789         13 juillet Création du Comité permanent et de sa milice. Création d'une garde bourgeoise pour assurer l'ordre dans la capitale, avec un effectif de 48 000 hommes. Les officiers sont élus. Dès le lendemain, 14 juillet, elle participe à la prise de la Bastille, et le 15, elle est placée sous le commandement du général de La Fayette et prend le nom de Garde nationale. La garde nationale est le nom donné lors de la Révolution française à la milice de citoyens formée dans chaque ville, à l'instar de la garde nationale créée à Paris. Les désordres et les pillages proliférant dans Paris, le 13 juillet 1789, les électeurs de la capitale se réunissent à l'hôtel de ville et optent pour la création d'une milice composée de bourgeois pour assurer le maintien de l'ordre et la défense des droits constitutionnels. Le 15 juillet 1789, La Fayette est élu par des citoyens actifs au poste de commandant en chef de cette milice qu'il nomma garde nationale.

1789         13 juillet Violentes émeutes à Paris.

1789         14 juillet La veille, 28 000 fusils et 20 canons ont été pris par le peuple de Paris aux Invalides. Il manque de la poudre et des munitions. Certains pensent que l'on peut en trouver à la Bastille, qui est le symbole de l'arbitraire royal : Richelieu a fait de cette forteresse, construite en 1370 par Charles V le Sage, une prison d'État. De Launay, gouverneur de la prison, refuse au peuple l'accès aux magasins. Le combat s'engage. En début d'après-midi, la Bastille tombe aux mains des insurgés. Les prisonniers, un aristocrate fou, un complice du régicide Damiens qui est là depuis trente ans, quatre faussaires et un dernier criminel sont libérés et portés en triomphe. On pille, on détruit les archives. De Launay est assassiné. Sa tête est plantée sur une pique. Le soir, le duc de La Rochefoucauld-Liancourt fait réveiller le roi et lui annonce la prise de la forteresse. “C'est une révolte ?” “Non, Sire, c'est une révolution”. Quelques heures plus tôt, le roi a noté dans son journal à la date du 14 juillet : “Rien”. Prise de la Bastille, 14 juillet 1789. Elle est le symbole du début de la Révolution française. Elle fut prise le 14 juillet 1789 par des révolutionnaires qui y cherchaient de la poudre. Les Parisiens excédés par les restrictions et l'immobilisme du roi Louis XVI, se révoltent. A la recherche d'armes ils envahissent d'abord l'Hôtel des Invalides puis se ruent vers la prison de la Bastille. Le gouverneur de Launay qui détient les clés de la forteresse est sommé de les remettre aux insurgés. Mais certains révolutionnaires réussissent à pénétrer dans l'enceinte et De Launay ordonne d'ouvrir le feu. Plus de 80 Parisiens sont tués. En fin d'après-midi le gouverneur capitule, il est tué une heure plus tard. La prise de la Bastille marque le point de départ du mouvement révolutionnaire français. Le symbole de l'arbitraire royal est tombé, l'Ancien régime touche à sa fin. La Bastille, ou plus spécialement Bastille Saint-Antoine, était une forteresse élevée sur l'actuelle place de la Bastille à Paris. Destinée à défendre la porte Saint-Antoine, elle fut bâtie sous Charles V, de 1370 à 1383, par Hugues Aubriot sur le modèle à 4 tours courant à l'époque.

1789          15 juillet Le Comité permanent devient Commune de Paris dont Bailly est le maire. 1789-1795. Les électeurs de l'hôtel de ville se sont érigés en "commune de Paris", La Fayette et Bailly, en tête de la délégation de l'Assemblée nationale sont accueillis sous les cris de : Vive la nation et vive les députés ! La Fayette est nommé commandant général de la milice bourgeoise baptisée Garde nationale, Bailly est nommé prévôt des marchands. La Commune de Paris, ce nom fut donné au gouvernement révolutionnaire de Paris établi après la prise de la Bastille (14 juillet 1789). Son premier maire fut Jean-Sylvain Bailly et tint ses séances à l'Hôtel de Ville. Devenu commune insurrectionnelle après le 10 août 1792, porte-parole des éléments révolutionnaires du mouvement parisien, elle s'illustra dans les mouvements les plus dramatiques de la Révolution. Par la loi du 21 mai 1790, le gouvernement révolutionnaire devint un organisme régulier. Le Comité général de la Commune de Paris dont les membres étaient élus par les citoyens des 48 sections de la ville de Paris. Après le remplacement de Jean-Sylvain Bailly par Jérôme Pétion (13 novembre 1791). La Commune eût pour maires succesifs Joseph Chambon, Jérôme Pache et Jean-Baptiste Fleuriot-Lescot qui garda sa fonction jusqu'au 9 thermidor an II (27 juillet 1794).

1789         15 juillet La milice devient la Garde Nationale sous le commandement de La Fayette.

1789         15 juillet Louis XVI annonce à la tribune de l'assemblée le retrait des troupes.

1789         16 juillet Le roi rappelle Necker.

1789         16 juillet Les Parisiens démolissent La Bastille, ainsi en a décidé l'assemblée des électeurs de Paris.

1789         16-17 juillet Fuite de membres de la haute-noblesse à l'étranger.

1789         17 juillet Berthier de Sauvigny, intendant de Paris est lynché par la foule. Louis Bénigne François Berthier de Sauvigny 1737-1789, intendant de Paris en 1789. Adjoint à son père, intendant de la généralité de Paris, en 1768, il lui succède en 1776. L'année précédente, il réprime avec sévérité "la guerre des farines". Devenu impopulaire dès le début de la Révolution française, il est arrêté à Compiègne et massacré devant l'Hôtel de Ville de Paris en compagnie de son beau-père Joseph Foullon de Doué, le 22 juillet 1789.

1789         17 juillet Louis XVI reçoit de La Fayette la cocarde tricolore à l'hôtel de ville. Le Roi traverse Paris dans un climat hostile, le peuple est armé, il se rend à la Bastille pour constater la victoire des Parisiens. Arrivé à l'hôtel de ville on lui remet une cocarde qu'il fixe à son chapeau. Ce geste est tout aussi humiliant pour la monarchie que les récents événements. La foule éclate de "Notre Roi, notre père !". Louis XVI effrayé ne saisit pas l'occasion de profiter de cette soudaine manifestation d'affection populaire.

1789         20 juillet Début de la "Grande Peur". Les grands du royaume (Le prince de Condé, Louis V Joseph de Bourbon-Condé et le comte d'Artois, futur Charles X de France) quittent la France : c'est le début de l'émigration et le commencement de la Grande Peur (autour du Mans le 15 juillet, en Franche-Comté le 19, à Nantes et à Estrées le 20, à Ruffec le 28), marquée par des émeutes en Province et la formation de milices bourgeoises par les électeurs qui s'emparent du pouvoir dans les principales villes (Rennes le 16 juillet, Saint-Malo le 17, à Grenoble le 16, à Nîmes le 20, etc.) avant la fin du mois. La Grande peur est un mouvement populaire qui a lieu en France du 20 juillet au 4 août 1789. Il trouve son origine en province en raison des rumeurs de complot aristocratique et de l'émotion provoquée chez les paysans par les nouvelles en provenance de Paris. Le bruit se répandait que des brigands étaient recrutés par l'aristocratie pour parcourir les campagnes afin de couper les blés vert et anéantir la récolte. C'est l'idée du "complot aristocratique". De plus ils pensent que les propriétaires nobles "accaparent" les grains pour les vendre au plus haut prix au moment de la "soudure". La peur des brigands se répandit à peu près simultanément, six paniques éclatent en Franche-Comté, à l'explosion d'une réserve de poudre au château de Quincey, près de Vesoul ; en Champagne, où la poussière soulevée par un troupeau de moutons est prise pour celle d'une troupe de soldats en marche ; dans le Beauvaisis, dans le Maine ; dans la région de Nantes et dans celle de Ruffec où les moines mendiants sont pris pour des bandits. Partout pillages, émeutes, attentats, incendies éclataient : à Marseille, à Lyon, à Grenoble, à Strasbourg, à Rennes, à Saint-Malo, au Havre, à Dijon, mais aussi dans les bourgades et les villages campagnards. Les paysans s'arment et forment des milices pour se défendre contre les brigands, mais aussi pour investir les châteaux et les abbayes, emportant les grains et brûlant les archives. Ainsi la "peur" de Ruffec se répand très vite. Commencée le 28 juillet 1789, elle gagne vers le Nord, Civray et Châtellerault, vers l'Ouest, Saintes, vers l'Est, Confolens et Montluçon, et vers le Sud, Angoulême, Limoges, Cahors, Brive le 30 juillet, Montauban le 31 juillet, Toulouse et Rodez le 1er août, Lombez le 2 août, Pamiers, Saint-Girons, Saint-Gaudens le 3 août, Foix et Tarbes le 5 août. Des régions entières restèrent cependant à l'abri de cette grande peur : la Bretagne, l'Alsace, le Languedoc et le Bordelais. Les paysans une fois armés ne rencontrent pas de "brigands". Ils s'en prennent aux châteaux et réclament, pour les brûler, les vieilles chartes sur lesquelles étaient inscrits les droits féodaux dont ils avaient demandé la suppression dans les cahiers de doléances. Quand on leur résiste, ils vont parfois jusqu'à incendier les vieilles demeures seigneuriales. Les insurgés se font peur mutuellement et font peur aux "aristocrates". Georges Lefebvre en décrit cinq courants dans son livre 'La Grande peur de 1789'. Il semble n'y avoir eu aucune concertation entre ces divers courants qui ne furent animés que par des causes et des buts communs. La Grande peur engendra une révolte armée anti-féodale. En brûlant les châteaux et en détruisant les terriers, les paysans envoyèrent à l'assemblée le symbole de leur souhait : la suppression de la féodalité. C'est pour mettre fin à cette révolte que l'assemblée nationale décréta l'abolition des privilèges le 4 août 1789.

1789         26 juillet Soulèvement populaire à Verdun.

1789         28 juillet L'assemblée ordonne la création des comités des Rapports et des Recherches.

1789         1er août Thouret est élu président de l'Assemblée Nationale. Jacques Guillaume Thouret, avocat au Parlement de Normandie, député du Tiers État de Rouen aux États Généraux de 1789. Il déploya beaucoup de talent, en qualité de rapporteur, lors de la discussion de la Constitution. Adversaire violent du clergé, il fit déclarer l'expropriation immédiate de ses biens, malgré la proposition de Mirabeau de lui en laisser provisoirement l'administration. Son éloquence méthodique, précise, nerveuse, eut beaucoup d'influence sur le changement du système judiciaire (jury) dont il fut un des promoteurs, sur la division de la France en départements qu'il fit décréter (sur une idée de Sieyés ?), le 5ème article de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen (Tout ce qui n'est pas défendu par la loi ne peut être empêché), etc... Dès 1789, Thouret fut élu président de l'Assemblée, honneur qu'il eut 4 fois au cours de sa carrière. Une foule de ses motions, entre autres la suppression des ordres religieux, l'abolition de tous les droits et privilèges ecclésiastiques, etc., devinrent des lois. Il fut de ceux qui contribuèrent le plus à l'affaiblissement de l'autorité royale et qui préparèrent, à leur insu, la république. Après la dissolution de l'Assemblée constituante, il devint juge au tribunal de cassation et le présida. Comme il partageait les principes des Girondins, il fut traduit au tribunal révolutionnaire et périt sur l'échafaud.

1789         3 août Le Chapelier est élu président de l'Assemblée Nationale. Isaac-René-Guy Le Chapelier, né le 12 juin 1754 à Rennes, guillotiné le 22 avril 1794 à Paris Avocat à Rennes, il se fit remarquer en combattant les ordres privilégiés. Élu député du tiers état, il se montra un orateur brillant. Avec Lanjuinais, Defermon et Coroller, il fut un des fondateurs du Club breton, ancêtre du Club des jacobins, où, quelques jours avant l'ouverture des États généraux, les députés de Bretagne se réunirent pour débattre ensemble de leur attitude, avant d'être rejoints par des députés d'autres provinces. Lorsque, après les journées d'octobre 1789, le club se transporta à Paris, s'installant au couvent des Jacobins et prit le nom de Société des Amis de la Constitution, Le Chapelier en devint le premier président. Le Chapelier fut un de ceux qui réclamèrent la transformation des biens du clergé en biens nationaux et se consacra à la préparation des lois les plus importantes. Il fut notamment l'auteur de la loi qui porte son nom (Loi Le Chapelier) du 14 juin 1791, interdisant les corporations, le compagnonnage, les coalitions ouvrières et le droit de grève. Certaines amitiés qu'il contracta au Club des Feuillants le rendirent suspect aux Jacobins, qui l'accusèrent de vouloir rétablir l'autorité royale. Se sentant menacé, il s'enfuit en Angleterre, mais rentra pour empêcher la confiscation de ses biens. Retiré à Forges-les-Eaux, il eut la mauvaise idée de provoquer Robespierre, qui le fit arrêter. Traduit devant le tribunal révolutionnaire, Le Chapelier fut condamné à mort et guillotiné le même jour que Malesherbes.

1789         4 août L'assemblée adopte le principe d'une déclaration préalable à la constitution.

1789         4 août L'assemblée vote l'abolition des privilèges. Les privilèges sont abolis dans l'enthousiasme, l'Ancien Régime n'est plus. Les députés se sont rassemblés sous la présidence de Le Chapelier : l'ordre du jour devait être le rappel à l'ordre de tous les citoyens qui doivent continuer à payer leurs impôts et respecter les règles de propriétés. Le comte de Noailles (Louis de Noailles, membre de la plus haute noblesse française) se lève après le premier discours en ce sens et propose pour assurer la sécurité publique que l'on supprime en plus des privilèges fiscaux les droits féodaux contre le rachat des terres pas les paysans ainsi que toutes les servitudes personnelles. Un autre député se lève : le duc d'Aiguillon (Emmanuel Armand de Vignerot du Plessis), il approuve les propos de Noailles et propose "d'établir cette égalité de droits qui doit exister entre tous les hommes". Les députés l'acclament. La séance devait s'arrêter là : on avait déjà reconnu le principe d'égalité fiscale, le rachat des droits pesant sur les biens et l'abolition de certains droits féodaux. Le vote devait être fait quand le marquis Foucauld Lardimalie fait une autre proposition : supprimer les avantages des courtisans de la cour qui bénéficient de fonctions inutiles et coûteuses pour l'État. L'Assemblée redouble d'applaudissements, puis tout s'emballe, c'est à celui qui renoncera au plus grand privilège : - sacrifice du droit de chasse, - rachat de la dîme et transformation en taxe, - augmentation des revenus du bas Clergé, - égalité des peines, - égalité d'accès aux emplois publics, - extinction des mains mortes. Tous les privilèges de l'Ancien régime y passent, il n'en restera rien le lendemain matin. Cette nuit constitue l'avènement du principe de l'égalité entre tous les Français. Nuit du 4 août, le 3 août 1789 le duc d'Aiguillon lança l'idée au Club Breton d'une abolition des droits seigneuriaux. Le lendemain, en fin de soirée, Le Vicomte de Noailles propose à l'Assemblée Nationale de supprimer les privilèges pour ramener le calme dans les provinces. Le Duc d'Aiguillon proposa l'égalité de tous devant l'impôt et le rachat des droits féodaux. Dans une ambiance indescriptible tour à tour, Le Guen de Kerangal, Le vicomte de Beauharnais, Lubersac, l'évêque de La Fare vont surenchérir en supprimant les banalités, les pensions sans titre, les juridictions seigneuriales, le droit de chasse, l'abolition des privilèges ecclésiastiques. Le duc du Châtelet proposa le rachat de la dîme. Enfin Lally-Tollendal termina la séance en apothéose en proclamant Louis XVI "restaurateur de la liberté française". En une nuit les fondements du système par ordres s'effondrèrent. Les jours suivants le clergé essaya de revenir sur la suppression de la dîme mais le président de l'assemblée Le Chapelier n'ayant accepté que des discussions sur la forme, les décrets du 4 août furent définitivement rédigés le 11.

1789         9 août L'assemblée décide d'un emprunt de 30 millions.

1789         11 août L'assemblée vote l'abolition des droits féodaux.

1789         26 août Adoption de la déclaration des droits de l'Homme et du citoyen. Après six jours de discussion, le texte définitif de "La Déclaration des droits de l'Homme et du citoyen" est voté par Assemblée nationale constituante. L'article 1 proclame : "les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droit". Puis le texte définit les droits naturels et imprescriptibles de l'homme : liberté, propriété, sûreté, résistance à l'oppression. Avec cette Déclaration, la liberté n'a d'autre limite que celle des intérêts d'autrui. "Les hommes naissent libres et égaux en droit". Cet article est le premier des dix-sept que compte la Déclaration des droits de l'homme, votée par l'Assemblée en ce jour. Ces droits définissent la liberté qui "consiste à faire tout ce qui ne nuit pas à autrui”. Elle affirme encore les principes fondamentaux de la démocratie qui distinguent les pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire. Le préambule, rédigé par Mounier et Mirabeau, stipule : “L'ignorance, l'oubli ou le mépris des droits de l'homme sont les seules causes des malheurs publics et de la corruption des gouvernements”. La Déclaration des Droits de l'Homme et du citoyen est un des textes fondateurs de la démocratie et de la liberté en France. Citée dans le préambule de la Constitution du 4 octobre 1958, elle a valeur constitutionnelle dans la Cinquième République. Elle a été proposée à la Assemblée nationale française par le Marquis de La Fayette. Elle a pour fondement, énoncés dès son préambule et avant tout autre article, les quatre droits suivants : la liberté, la propriété, la sûreté, la résistance à l'oppression.

1789         27 août L'assemblée décide d'un second emprunt de 80 millions.

1789         9 septembre Adoption du principe de permanence de l'Assemblée.

1789         10 septembre Adoption du principe de la chambre unique.

1789         11 septembre L'Assemblée décide d'accorder au roi un veto suspensif pendant deux législatures. La mesure a été adoptée par 575 voix contre 325. C'est là une concession importante obtenue notamment sur l'initiative des députés Barnave, Alexandre et Charles de Lameth, et surtout La Fayette. En échange, on espère bien que le roi consentira à sanctionner les décrets du mois d'août consacrant l'abolition des privilèges. Robespierre, refusant toute ingérence du roi dans la législation, qualifie le veto suspensif de "monstre impensable aussi bien moralement que politiquement". L'assemblée, réunie pour délibérer sur le droit de veto accordé au roi Louis XVI, se répartit spontanément de part et d'autre du président. À gauche, les opposants au veto, à droite les partisans du roi. De ce jour date la division politique dans toutes les démocraties parlementaires entre une droite (réputée conservatrice) et une gauche (réputée révolutionnaire ou réformiste).

1789         12 septembre Marat lance le premier numéro de son journal "Publiciste parisien, journal politique, libre et impartial“. C'est surtout sous ce vocable du journal d'"Ami du peuple" que Marat passera à la postérité. Jean-Paul Marat, est un révolutionnaire français né à Boudry (principauté de Neuchâtel), le 24 mai 1743, mort assassiné à Paris, le 13 juillet 1793 par Charlotte Corday. Adulé par les sans-culottes, craint et haï par les modérés, porté aux nues après sa mort, puis voué aux gémonies lors de la réaction thermidorienne, ce polémiste, né le 24 mai 1743 à Boudry (Suisse) d'un père sarde et d'une mère genevoise, étudia la médecine en France et en Grande-Bretagne avant de s'établir à Paris comme médecin des gardes du corps du comte d'Artois (futur Charles X). Il avait déjà publié quelques mémoires sur des sujets scientifiques ainsi que diverses brochures dans lesquelles il développait ses théories favorite sur l'insolence des riches et le despotisme de l'État. La Révolution survenue, il se jeta dans la mêlée et fonda un journal, L''Ami du Peuple', afin de démasquer les fripons et les traîtres. Mais ses attaques contre certaines personnalités, en particulier Necker et La Fayette, lui valurent des poursuites judiciaires ; il dut se cacher et même s'exiler en Angleterre. Inscrit aux Cordeliers, sa passion républicaine se déchaîna après la fuite de Varennes et la fusillade du Champ-de-Mars. Il continua à vaticiner contre les nobles et les prêtres, mais sa pitié pour les déshérités lui attira la reconnaissance populaire. La chute des Tuileries (10 août 1792), à laquelle il avait travaillé, l'exalta. Ses furieuses diatribes contribuèrent alors à créer la climat de haine dans lequel baignait la capitale lors des massacres de Septembre. Élu député de Paris à la Convention, il soutint la Commune et la Montagne contre les girondins. Mais sa violence verbale comme son apparence débraillée déplaisaient même à ceux qui partageaient ses idées. Les grands "Montagnards" le tenaient à l'écart. 'L'Ami du Peuple' avait alors fait place au 'Journal de la République française', qui allait devenir lui-même le 'Publiciste de la République française'. Après la condamnation du roi, la lutte de Marat contre les girondins continua avec plus de violence. A la suite d'un de ses appels à l'insurrection, ses adversaires le firent décréter d'accusation, mais l'immense popularité dont il jouissait à Paris lui permit d'être acquitté par le tribunal révolutionnaire et il fut ramené en triomphe à la Convention. Il s'acharna alors contre ses adversaires. La proscription des girondins incité une de leurs admiratrices, Charlotte Corday (1768-1793), à venir à Paris assassiner celui qu'elle jugeait responsable de toutes les atrocités de la Révolution (13 juillet 1793). Elle fut décapitée.

1789         14 septembre Le roi rappelle sur Paris le régiment de Flandre alors à Douai.

1789         18 septembre Le roi refuse de promulguer les arrêts abolissant les droits féodaux.

1789         22 septembre L'assemblée déclare que le gouvernement est monarchique.

1789         23 septembre Arrivée du régiment de Flandre à Paris.

1789         29 septembre L'assemblée ordonne que l'argenterie des églises qui n'est pas nécessaire pour la décence du culte soit portée aux hôtels des monnaies, au profit de la nation.

1789         1er octobre La cocarde tricolore est piétinée lors d'un banquet. A versailles, lors d'une soirée organisée en l'honneur des gardes du corps du roi, les officiers quelque peu éméchés ont foulé au pied la cocarde. Ces soldats rêvent de voir restaurer l'Ancien Régime. Dans Paris, on soupçonne un complot aristocratique destiné à renverser l'Assemblée nationale.

1789         5 octobre Marche des Parisiennes sur l'hôtel de ville de Paris puis sur Versailles. Devant le risque de disette de l'hiver prochain et les rumeurs de complots aristocratiques, les Parisiennes décident d'aller demander le pain au Roi. Et c'est plusieurs milliers de femmes qui se rendent à Versailles. Arrivées sur les lieux elles envoient une délégation de femmes accompagnées de députés de l'Assemblée chez le Roi. Suite à la réunion où le Roi domine par le prestige qu'il peut imposer à des femmes du peuple, il ne fait que des promesses. Le lendemain matin, c'est une attaque en règle qui est dirigée contre Versailles, les gardes sont massacrés et La Fayette arrive tout juste à calmer l'ardeur de la foule pour sauver le Roi, la Reine et le Dauphin. Ceux-ci sont contraints de se soumettre à la volonté des Parisiennes : quitter versailles (lieu de tous les complots) et loger à Paris. Le Roi part donc pour Paris dans un carosse précédé d'un cortège d'hommes portant des piques sur lesquels sont plantés les têtes des gardes royaux… A son passage, les Français chantent : "Le boulanger, la boulangère et le petit mitron". Dorénavant, le Roi devra loger aux Tuileries.

1789         5 octobre Le roi accepte la constitution et la déclaration des droits de l'Homme.

1789         6 octobre Instauration de la contribution patriotique du quart du revenu.

1789         6 octobre La foule envahit le château de Versailles et massacre les gardes du roi. Depuis la veille, la révolte gronde à Paris, où l'on exige le retour de Louis XVI, réfugié dans son palais de Versailles. En ce jour, un cortège populaire mené par La Fayette ramène de force le roi dans la capitale. Prisonnière aux Tuileries, la famille royale est désormais à la merci des actes de la Constituante.

1789         6 octobre La famille royale est présentée à la foule par La Fayette.

1789         6 octobre Le roi accepte de retourner à Paris.

1789         8 octobre Le titre roi de France et de Navarre est remplacé par roi des Français.

1789         10 octobre Talleyrand, évêque d'Autun propose de mettre les biens du clergé à la disposition de la nation. Talleyrand, Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord, communément appelé Talleyrand, est un homme politique et diplomate français, né le 2 février 1754 à Paris, mort à Paris 17 mai 1838. Le 14 juillet 1789, Talleyrand est nommé membre du comité de constitution de l'Assemblée Nationale où il joue un rôle très important. Il est d'ailleurs signataire de la constitution présentée au roi et acceptée par celui-ci le 14 septembre 1791 ; il est l'auteur de l'article VI de la déclaration des droits de l'Homme qui lui sert de préambule : "La loi est l'expression de la volonté générale. [...] Elle doit être la même pour tous, soit qu'elle protège, soit qu'elle punisse [...]". Le 14 juillet 1790, il célèbre la messe qui a lieu sur le Champ-de-Mars lors de la Fête de la Fédération. Il suggère et participe activement à la confiscation des biens de l'Église par la Révolution en 1790. C'est la principale accusation de trahison qui lui est portée. En 1791, il prête serment à la constitution civile du clergé bien qu'ayant démissionné de son poste d'évêque, le 13 janvier de la même année. Il est chargé de sacrer les deux premiers évêques constitutionnels, aussi appelés "talleyrandistes".

1789         10 octobre Le député Guillotin propose d'humaniser la peine de mort et de mettre fin aux exécutions par la potence, le carcan, la roue et l'écartèlement.

1789         12 octobre L'Assemblée Nationale Constituante s'installe à Paris.

1789         21 octobre La commune de Paris ordonne la création d'un comité des Recherches.

1789         21 octobre La Constituante adopte la loi martiale autorisant le recours à la force.

1789         21 octobre Lynchage du boulanger François par la foule à Paris. Le boulanger François sera pendu haut et court par une foule affamée, excédée de manquer de pain. Quelques années plus tard les boulangers soupçonnés de spéculer sur les blés seront guillotinés.

1789         22 octobre Robespierre défend le suffrage universel devant l'Assemblée Nationale. Le suffrage universel est le principe d'expression de la volonté populaire. Le corps électoral est constitué de tous les citoyens et citoyennes en âge de voter à condition qu'ils ne soient pas privés de leurs droits civiques. La locution suffrage universel est apparue en 1765 pour l'expression et en 1792 pour sa mise en oeuvre. Suffrage universel. Le principe du suffrage universel est le droit de vote pour tous les citoyens, sans distinction de revenu ni de statut social. En France, tous les citoyens masculins obtiennent le droit de vote à l'issue de la révolution de 1848. Les femmes devront attendre le 21 avril 1944 pour avoir le droit de voter.

1789         29 octobre "décret du marc d'argent" exigeant une contribution minimum pour être éligible.

1789         2 novembre Confiscation des biens du clergé. Le domaine foncier de l'Église est estimé à dix milliards de Livres et sa revente permettrait de renflouer les caisses de la Nation. Par 508 voix contre 346, l'assemblée décrète la mise à disposition de la nation des biens ecclésiastiques. L'état prendra en charge les fondations pieuses et les salaires des curés. C'est sur la proposition de l'évêque d'Autun, Talleyrand, que cette loi a été adoptée. L'abbé Maury s'est indigné : “Si nous sommes dépouillés, vous le serez à votre tour”. L'avocat Thouret lui a répliqué que seules les personnes et non les corps constitués ont un droit inaliénable à la propriété.

1789         3 novembre Thouret propose un plan de découpage géométrique de la France en départements.

1789         7 novembre L'Assemblée Nationale décrète qu'aucun député ne peut devenir ministre.

1789         9 novembre Décrets sur la présentation des lois au roi et à leur promulgation.

1789         12 novembre L'Assemblée décide que dans toutes les "communes" de France, il y aurait des conseils municipaux élus.

1789         30 novembre La Corse devient française. A l'Assemblé Constituante, le député corse Antoine-Christophe Salicetti déclare: "La Corse fait partie intégrante de l'empire français". L'île qui était jusqu'alors une province autonome, est rattachée à la France. En 1790, la Corse deviendra un département.

1789         12 décembre Rejet de la proposition de Dubois-Crancé sur la conscription nationale. Edmond Dubois-Crancé, ancien mousquetaire du roi, Dubois-Crancé est élu député aux États Généraux par le tiers état de Vitry-le-François dont il a en grande partie rédigé le cahier de doléances. Il joue un rôle important au Comité des Finances et au Comité militaire.

1789         14 décembre Loi sur l'organisation administrative des communes.

1789         19 décembre Marat rejoint le club des Cordeliers présidé par Danton. Dans son journal l''Ami du peuple', il accuse Necker de "sacrifier le bonheur de la nation aux banquiers". Pour tenter de résoudre le déficit financier, l'État émet des assignats portant un intérêt de 5% et gagés sur les biens de l'Église. L'assignat était une monnaie sous la Révolution française. Quelques mois après la Révolution, les finances de l'État sont catastrophiques. Si rien n'est fait, la France sera en faillite. Pour régler ce problème, le député Talleyrand à l'idée de confisquer les biens du clergé. C'est ainsi que le 2 novembre 1789, l'Assemblée nationale constituante décide que tous les biens du clergé seront "mis à disposition de la nation". Ces biens seront dorénavant des biens nationaux, destinés à être mis aux enchères pour remplir les caisses de l'État. Cet apport de patrimoine, évalué à environ 3 milliards de livres est une grande réserve, qui fera du bien aux finances publiques. La mise en vente est confiée à la Caisse extraordinaire, créée le 19 décembre. Le problème est que la vente de tant de biens prend du temps, au minimum un an. C'est un délai beaucoup trop long, les caisses de l'État sont alors vides et la faillite arrivera bien avant que tout ne soit vendu. C'est ainsi qu'est décidé de créer, le jour même de la création de la Caisse extraordinaire, des billets dont la valeur est assignée, sur les biens du clergé.

1789         22 décembre Loi sur l'organisation administrative des départements.

1789         22 décembre Les "citoyens passifs" sont exclus du droit du vote. Les citoyens "passifs" ne jouissent que de leurs droits civils, les droits politiques étant réservés aux citoyens "actifs". C'est-à-dire à ceux qui acquittent une contribution directe au moins égale à la valeur de trois journées de travail.

1789         24 décembre L'Assemblée reconnaît la citoyenneté aux Protestants.

1789         24 décembre Arrestation du marquis de Favras ayant projeté l'enlèvement du roi. Le marquis de Favras, impliqué dans un complot pour l'enlèvement de Louis XVI et de vouloir assassiner Bailly, Necker et La Fayette, il fut condamné à être pendu.

1789         Marie-Joseph Chénier écrit 'Charles IX'. Marie-Joseph Blaise de Chénier était un homme politique et écrivain français, né à Constantinople le 28 août 1764 et mort à Paris le 10 janvier 1811. Fils de Louis Chénier, diplomate et historien, et frère cadet du poète André Chénier. Il débuta à la Comédie-Française en 1785. Sa tragédie 'Charles IX, ou la Saint-Barthélemy', rebaptisée quelques années plus tard 'Charles IX, ou l'école des rois', mettait en scène, à l'époque des guerres de Religion, le fanatisme aux prises avec l'esprit de liberté.

1789         invention de l'homéopathie par Hahnemann. L'homéopathie ou homoeopathie est une méthode thérapeutique basée sur le "principe de similitude". L'homéopathie trouve ses racines dès Hippocrate (460-377 av. JC), père de la médecine, qui enseignait qu'il y a deux manières de soigner : par les contraires et par les semblables. Il soignait le choléra par de très faibles doses d'hellébore, plante qui, à fortes doses provoque une diarrhée semblable à celle du choléra. Selon ce principe qui date donc de l'antiquité, la détermination des symptômes provoqués chez le sujet sain par une substance quelconque (d'origine végétale, minérale ou animale) permettrait de soigner un sujet malade qui présente un ensemble de symptômes semblable. Samuel Hahnemann (né le 10 avril 1755 à Meissen (Saxe, Allemagne), mort en 1843 à Paris) était un médecin qui lors d'un article, publié en allemand en 1796, inventa l'homéopathie.

1789         Création du 'Journal des Débats'. 'Le Journal des débats' est un journal français qui a paru de 1789 à 1944 avec quelques changements de titre. Créé peu après les premières réunions des États généraux de 1789, il était le procès-verbal officiel mot pour mot des débats de l'Assemblée nationale sous le titre de 'Journal des débats et des décrets'. Le 29 août 1789, Baudoin en fit l'acquisition. Les frères Bertin l'achetèrent en 1799. Sous la forme d'un hebdomadaire, puis d'un quotidien, il fut dirigé pendant près de quarante années par Bertin l'Aîné et a longtemps appartenu à la famille Bertin. Sous l'Empire, il était assez opposé à Napoléon Ier, qui lui imposa un nouveau titre, 'Journal de l'Empire' (1805 à 1814). Au moment de la Première Restauration, le journal prit le titre de 'Journal des débats politiques et littéraires' (1814 à 1864). Sous la Seconde Restauration, 'le Journal des débats' faisait partie des journaux conservateurs mais n'était pas réactionnaire. Devant l'attitude de Charles X et de son entourage ultra-royaliste, 'le Journal des débats' passa, dans les années 1827-1829, vers l'opposition libérale. Pendant la Restauration et le début de la Monarchie de juillet, le 'Journal des débats' resta le plus diffusé, avant de laisser la place à La Presse d'Émile de Girardin puis au 'Petit Journal'. Pendant l'Occupation, le 'Journal des débats' a continué de paraître. C'est ce qui lui a valu d'être supprimé à la Libération en 1944.



01/05/2021
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