L'AIR DU TEMPS

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HISTOIRE - Flash-back


Franceinfo - le samedi 2 février 2019

 

1881, la "gifle" de Tunis : retour sur un épisode qui a durablement marqué les relations franco-italiennes

 

 

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Pierre MagnanRédaction AfriqueFrance Télévisions
 
 

 

"Si aujourd’hui il y a des gens qui (migrent), c’est parce que certains pays européens, la France en tête, n’ont jamais cessé de coloniser des dizaines de pays africains..." La charge contre la France du ministre italien Di Maio est un énième rebondissement de ce que l'histoire Italienne a retenu comme la "gifle de Tunis" au XIXe siècle

 

 

 

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Giuseppe Garibaldi (1807-1882) dans les rues de Naples en 1860. En fuite, le héros de l'unité italienne, habita à Tunis en 1835. La capitale tunisienne a longtemps abrité une importante communauté italienne. (ANN RONAN PICTURE LIBRARY/ AFP)

 

 

 

Un soufflet vécu à la hauteur de la déception de la nation italienne face à la prise de contrôle de la Tunisie par Paris en 1881 (traité du Bardo). Un territoire que Rome se sentait pourtant parfaitement légitime à revendiquer. L'expression de ce ressentiment vis-à-vis de la France coloniale ressort régulièrement dans la presse italienne, récemment encore, lors de l'intervention française en Libye. 

 

 

"La gifle de Tunis (en italien, la "schiaffo di Tunisi")  est restée une blessure qui a eu du mal à guérir", pouvait-on lire en juillet 2017 dans le Corriere della Serra : "Il existe un précédent dans les difficultés entre le président Macron et l'Italie. Ce n'est pas l'intervention en Libye de 2011, décidée par Nicolas Sarkozy sans même faire un appel aux dirigeants italiens, mais un autre épisode, qui rappelle la complexité de l'histoire de l'amitié italo-française. Le 3 mai 1881, le gouvernement de Jules Ferry envoya un contingent de 2000 hommes à Bizerte, en Tunisie. Ce pays de l'Afrique du Nord qui, en fait, était considéré comme 'italien' en raison de l'importance de la présence de travailleurs et des capitaux italiens (dans les vignobles, la pêche et les mines), est soudainement devenu français."

 

 

Le tout nouveau royaume italien n'a alors guère apprécié cette mainmise de Paris sur une Tunisie qui, tant historiquement que géographiquement, était bien plus liée aux Italiens. Alors, quand les Français s'en emparent, Rome s'estime flouée... et découvre sa faiblesse politique sur la scène internationale. D'où l'expression de "gifle" qui est restée dans l'histoire de la péninsule... et qui refait surface en ces temps de résurgence du nationalisme.

 

 

 

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La ville tunisienne de Tabarka et son fort génois du XVIe siècle. (NICOLAS THIBAUT / PHOTONONSTOP /AFP)

 

 

Garibaldi habite Tunis en 1835

En 1881, l'Italie unifiée n'a même pas 20 ans, et moins encore si on considère que Rome, sa capitale, n'est devenue italienne qu'en 1870. Pour autant, le nouvel Etat affiche déjà des ambitions coloniales, à l'instar des autres nations européennes. "Dans l'inévitable mouvement qui pousse l'Europe à civiliser les régions africaines, de même que le Maroc échoit à la péninsule ibérique et l'Algérie à la France, de même Tunis, clé de la Méditerranée centrale reliée au système sardo-sicilien, échoit à l'Italie", affirme Giuseppe Mazzini, l'un des personnages clés de l'unité italienne. Ces paroles traduisent les ambitions africaines de l'Italie. En 1868, le pays se voit reconnaître par Tunis l'autonomie juridique de ses citoyens. En clair, ces derniers ne dépendent pas de la justice du bey, mais de celle des tribunaux italiens.

 

 

Sur place, les investissements italiens se multiplient. Ils obtiennent même la gestion du train de La Goulette (port de Tunis). En 1871, l'Italie menace d'envoyer une escadre outre-Méditerranée à la suite d'un incident. Il faut alors une pression de Londres et de Paris pour calmer les ardeurs italiennes. Les ambitions du royaume de Victor-Emmanuel II sur un territoire situé à quelque 70 km des côtes italiennes les plus proches s'appuient sur une forte et historique présence. Sans remonter aux guerres puniques, les échanges entre les deux parties sont anciens et des populations venues de la péninsule (Génois, Livournais...) se sont installées depuis longtemps de l'autre côté du Canal de Sicile. Cette présence se traduit dans les chiffres démographiques du protectorat constitué par les Français en 1881.

 

 

 

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L'actrice Claudia Cardinale, "la plus belle Italienne de Tunis", présente son livre "Ma Tunisie" en juin 2009 à Tunis. (FETHI BELAID / AFP)

 

 

 

En 1888, le nombre d'Italiens y est estimé à 100 000 personnes contre 700 Français, selon un texte rédigé en 1937. D'autres chiffres font état d'une population italienne qui rassemble 66% des Européens en 1901. L'importance de cette communauté, qui a connu une importante immigration sicilienne, est reconnue par les autorités françaises dès 1896, confirmant une liberté de commerce entre la Tunisie et l’Italie, pleine et entière. La présence italienne est notamment symbolisée par le fait que le leader de l'unité italienne, Garibaldi, a habité à Tunis en 1835 pour fuir les autorités romaines. Elle se retrouve aussi dans des noms de lieux. "A Tunis, il suffit de se promener dans l’ancienne Petite Sicile, sur le flanc oriental de l’avenue de Carthage pour prendre la mesure de cette mémoire", raconte le journaliste Frédéric Bobin dans Le Monde. Le cinéma a, lui, retenu l'image de Claudia Cardinale, "la plus belle Italienne de Tunisie".  

 

 

"Moi, je viens de là où le soleil réchauffe les cœurs et les corps, là où la douceur de vivre n'a d'égal que la perfection des paysages et la chaleur des sourires. Claudia Cardinale n'existait pas encore. J'étais Claude, et j'étais née Tunisienne. J'ai sauté dans le train. Celui de Tunis, qui m'amenait de la Goulette à Carthage", raconte l'actrice dans son autobiographie (Ma Tunisie).

 

 

 

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Bataille de Abba Karima (Adoua en Ethiopie) entre l'Ethiopie et l'Italie, 1896. Chromolithographie de la fin du 19e siècle.   (Bianchetti / Leemage / AFP)

 

 

Le colonialisme italien se rabat sur d'autres terres en Afrique

N'ayant pu mettre la main sur la Tunisie (ce qui provoque la démission du Premier ministre Cairoli et pousse Rome dans la triple alliance avec l'Allemagne et l'Autriche-Hongrie), l'Italie vise d'autres terres. Après l'échec de la conquête de l'Ethiopie (désastre d'Adoua en 1896), elle s'empare de la Somalie dans les années 1889-1890. En 1911, Tripolitaine et Cyrénaïque (Libye) tombent dans son escarcelle au détriment de l'Empire ottoman au terme d'une courte guerre italo-turque. Suite à cette conquête, Rome signe un traité avec Paris, qui valide les possessions des deux pays et les frontières en Afrique du Nord... jusqu'aux ambitions impériales de Mussolini qui voulait faire de la Méditerranée un lac italien...

 

 

La "gifle de Tunis" est ancrée dans la mémoire italienne... Elle a été réveillée par les polémiques récentes sur la Libye, quand le président Macron s'est voulu acteur solitaire sur ce dossier. Le secrétaire d'Etat français aux Affaires étrangères, Jean-Baptiste Lemoyne, s'est d'ailleurs servi de l'histoire coloniale italienne pour répondre à M. Di Maio: "L'Italie a un petit passé colonial du côté de la Somalie et de l'Erythrée" d'où partent des migrants.

 


03/02/2019
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Franceinfo - le vendredi 1er février 2019

 

 

Après 70 ans de silence, des enregistrements secrets font revivre la signature de l'armistice de 1940

 

 

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Marion BothorelFrance Télévisions

 

 

 

Dans le documentaire "1940, les secrets de l'armistice", des enregistrements sonores inédits des négociations entre la France et l'Allemagne témoignent de l'inflexibilité des nazis qui malmènent les représentants Français. Ces documents oubliés ressurgissent mais leur histoire reste mystérieuse

 

 

 

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 Signature de l'armistice entre la France et l'Allemagne, le 22 juin 1940 à Compiègne (Oise), en présence d'Adolf Hitler (assis à gauche) et du général Charles Huntziger (à droite), qui préside la délégation française. (PHOTOSVINTAGES / PHOTOSVINTAGES / AFP)

 

 

 

"Je tiens à vous dire qu'il y a certaines conditions que nous n'accepterons pas quoi qu'il arrive." La voix mal assurée du général Charles Huntziger traduit le malaise de la délégation française, ce 22 juin 1940, dans la clairière de Rethondes, à l'heure de signer le document entérinant la défaite de la France tendu par le représentant du Troisième Reich. Un moment d'histoire gravé dans un enregistrement sonore secret, dont le contenu est révélé pour la première fois dans le deuxième volet du documentaire 1940, les secrets de l'armistice, diffusé dimanche 3 février à 22h40 sur France 5.

 

 

Des disques longtemps restés cachés dans les recoins de l'histoire et à la trajectoire rocambolesque. Réapparaissant soixante-quinze ans après les faits, grâce à l'homme d'affaires et collectionneur français Bruno Ledoux, qui les a retrouvés en 2015 lors d'une vente aux enchères en Allemagne, ces enregistrements comportent encore bien des mystères.

 

 

Face aux six heures d'extraits audios répartis sur 45 disques, l'équipe du documentaire 1940, les secrets de l'armistice a dû couper et faire des choix pour rendre compte de l'atmosphère qui régnait dans le wagon où eurent lieu les deux jours de négociations entre Allemands et Français. Les silences, les hésitations, les requêtes, les menaces, les moindres bruits éclairent les historiens sur l'état d'esprit et les conditions de négociation de la convention d'armistice. "Ça redonne une vie à ce moment terrible pour les Français, où les Allemands tiennent leur victoire", explique le réalisateur, Emmanuel Amara. Ce dernier a reconstitué l'atmosphère tragique du moment où les négociateurs français ont cédé face à Hitler.

 

 

 

Huis clos sur écoute

Il existait déjà des images de cet épisode. Les caméras allemandes ont capturé l'effroi des négociateurs français, forcés d'accepter leur défaite dans la clairière de Rethondes, en pleine forêt de Compiègne, le lieu même où l'armistice de la Première Guerre mondiale a été signé, le 11 novembre 1918. Des caméras avaient bien capté l'événement mais, en 1940, elles n'étaient pas en capacité d'enregistrer du son. Pour disposer du plus grand nombre d'archives, Hitler avait fait cacher, avant l'arrivée des Français, des micros dans le wagon autour de la table où allaient se tenir les négociations.

 

 

Le chancelier allemand est présent lorsque l'enregistrement est lancé. Sans dire un mot, il assiste à la lecture du préambule, qui attribue avec véhémence la responsabilité des deux guerres mondiales aux Anglais et aux Français. Résonne alors un dramatique "La France est vaincue". Lorsque les exemplaires des conventions d'armistice sont remis aux Français, Hitler quitte le wagon, toujours en silence. A ce moment, dans les enregistrements, on entend des militaires allemands jouer l'hymne germanique à l'extérieur.

 

 

 

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Adolf Hitler, le 22 juin 1940, après la lecture des termes de la reddition de la France à Compiègne (Oise). (AP / SIPA / AP)

 

 

 

En face, les membres de la délégation française – les généraux Parisot et Bergeret, le vice-amiral Le Luc, l'ambassadeur Léon Noël et le chef de la délégation, le général Charles Huntziger – sont loin de se douter qu'ils sont enregistrés : "A l'époque, il n'y avait pas de capacité technique, ce sont les premiers enregistrements sur bandes, on ne pouvait pas imaginer que ça puisse se faire", assure à franceinfo Xavier Aiolfi, expert en souvenirs historiques et militaires du XXe siècle. Ces bandes magnétiques et les enregistreurs viennent tout juste d'être mis au point par une société allemande. Dissimulé dans le bois aux alentours de la clairière, le PC technique écoute attentivement toutes les négociations.

 

 

L'armistice est signée le 22 juin à 18h50 par les deux parties. L'administration de Pétain est désormais tenue de "collaborer" pour le maintien de l'ordre, d'"assurer les intérêts de la puissance occupante" et de livrer sur demande les ressortissants allemands réfugiés en France. Plus tard, Hitler fait parvenir une copie de ces enregistrements à Pétain, qui les verse dans ses archives personnelles. A part l'entourage proche du chef du régime de Vichy et celui du dictateur allemand, personne n'a alors connaissance de ces enregistrements. Jusqu'à ce jour.



Contacté par franceinfo juste après avoir pris connaissance de ces documents exceptionnels, l'historien normalien François Delpla, auteur d'Hitler et Pétain, (éditions Lamartine, 2018) analyse l'envoi de cette copie au président du Conseil, comme "une menace voilée" de la part du chancelier allemand qui pourrait s'en servir pour humilier publiquement le régime de Vichy.  L'historien y voit aussi une "pièce fondatrice d'une Europe allemande, avec une France dominée, afin que le chef d'Etat français en soit conscient pour des siècles et des siècles".

 

 

 

Le mystère des "malles Pétain"

De 1940 à 2015, ces enregistrements ont donc mystérieusement disparu sans laisser de traces. Il y a quatre ans, un collectionneur féru d'histoire, Bruno Ledoux, voit passer lors d'une vente aux enchères en Allemagne de gros disques en aluminium placés dans de grandes boîtes métalliques typiques des années 40. Ces boîtes sont frappées des inscriptions "Présidence du Conseil" et "Administration de la radiodiffusion nationale".

 

 

Intrigué, il achète ces disques pour "quelques milliers d'euros". "Les disques n'ont qu'une face gravée, raconte-t-il à franceinfo. Et c'est à ce moment-là que je me rends compte, en appelant des amis, que ce sont des disques caractéristiques de 1940."

 

 

J'ai ramené les disques chez moi, je les ai écoutés et là, j'ai entendu les voix… C'est très très impressionnant puisqu'on entend les voix, puisqu'on entend les négociations dans le wagon.Bruno Ledoux, collectionneur à franceinfo

 

 

Où ces enregistrements ont-ils été stockés pendant 75 ans ? Et par qui ? Personne ne semble en mesure d'apporter ces réponses aujourd'hui. Plusieurs pistes peuvent être avancées, comme le fait le documentaire 1940, les secrets de l'armistice. Quatre ans après l'armistice, alors que les Alliés libèrent progressivement le territoire français et s'approchent de Paris, les Allemands obligent Pétain à fuir à Sigmaringen en Allemagne. "Les autorités de Vichy savaient qu'elles allaient être enlevées", selon Xavier Aiolfi. Elles ont alors procédé en amont à un tri dans les archives du maréchal. Réparties dans plusieurs malles, elles ont été confiées à des personnes "sûres". A part le commandant de la garde personnelle de Pétain, le colonel Barré, et l'ambassadeur de Suisse d'alors, aucun autre destinataire des archives n'a été identifié.

 

 

 

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Philippe Pétain et Adolf Hitler, le 24 octobre 1940 à Montoire-sur-le-Loir (Loir-et-Cher). (ANN RONAN PICTURE LIBRARY / ANN RONAN PICTURE LIBRARY / AFP)

 

 

 

La malle dont disposait le colonel Barré a été rapidement retrouvée dans les caves du château de Bellerive-sur-Allier, près de Vichy, par un gendarme. D'après Louis Noguères, magistrat et président de la Haute Cour de la Libération, c'était "une simple caisse, large d'1m30, haute de 40 centimètres" comme il l'explique dans son livre, La Haute Cour de la Libération, paru en 1965. Les documents et dossiers présents dans cette malle ont été utilisés lors du procès de Philippe Pétain. D'après les experts contactés par franceinfo, les enregistrements faisaient "très probablement" partie d'une autre de ces "malles Pétain", toujours enveloppées d'un épais mystère.

 

 

Il a confié ses affaires personnelles avant son départ pour la Suisse à des personnes de confiance, ce sont les fameuses 'malles Pétain'. Deux ont été retrouvées mais les autres auraient été détruites.Emmanuel Amara, réalisateur du documentaire "1940, les secrets de l'armistice" à franceinfo

 

 

Grâce à sa formation d'historien, le réalisateur a tout de suite compris l'importance de ces documents et a souhaité en faire un documentaire en deux volets. Le documentariste explique la tombée dans l'oubli des enregistrements par le fait que "les personnes [qui les ont détenus] ont pu s'imaginer qu'il s'agissait de chants ou de vieux discours dont on a les retranscriptions".

 

 

 

"Plus qu'un compte-rendu bête et froid"

Ces enregistrements ne révèlent pas de scoop, et ne modifient pas les connaissances déjà établies par les historiens spécialistes de la période. Les mémoires des participants et des comptes-rendus détaillés transmis par les états-majors ont permis de décrire ce moment tragique. Mais le son rend aujourd'hui concret le rapport de force qui règne alors et qui jettera les bases de la collaboration avec le régime de Vichy. Pour Bruno Ledoux, sténographes et dactylographes n'ont pas pu "rendre fidèlement" cette atmosphère : "On connaissait le contenu mais pas la psychologie. Ça peut permettre d'avoir une autre lecture de l'armistice, on voit dans quel état d'esprit il s'est déroulé."

 

 

 

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Le général Charles Huntziger s'éloignant du wagon où il vient de signer l'armistice au nom de la France, le 22 juin 1940 à Compiègne (Oise). (PATRICK KOVACS / X02757 / AFP)

 

 

 

Les inflexions dans la voix, les hésitations, les silences en disent beaucoup sur les conditions de ces négociations et sur les hommes qui y ont participé : le général Huntziger résiste un temps sur la clause obligeant la France à livrer les réfugiés et les opposants au régime nazi, avant de céder. "On s'aperçoit que ça va très très vite, on le savait déjà mais on en a la confirmation : les Allemands sont très durs dans leur manière d'agir et sont très inflexibles. Il n'y a pas beaucoup d'espace de négociation, on perçoit bien tout ce qui va se passer ensuite en France, explique Xavier Aiolfi à franceinfo. C'est quand même autre chose de l'entendre, que de lire un compte-rendu bête et froid."

 

 

 

"On a mis un couvercle sur tout ça"

Pour accentuer cet effet "réaliste", les bandes-sons ont été mises en images dans le documentaire : des comédiens jouent le rôle des négociateurs installés dans un wagon reconstitué. Cette mise en scène permet de comprendre que le moment de la signature est un point de bascule vers "la mise en place du système nazi et de la collaboration qui va suivre" selon le réalisateur. Ça nous fait plonger dans l’histoire et c’est tristement formidable."

 

 

Voulant protéger le secret autour de sa découverte, le collectionneur s'est tourné vers une société spécialisée dans la conservation de ce type de documents. Pour en préserver la qualité sonore, les enregistrements n'ont été lus qu'une seule fois avant d'être sauvegardés sur bandes. Et, après avoir disparu pendant 75 ans, ils seront bientôt libres d'accès. Une fois le documentaire diffusé, le collectionneur Bruno Ledoux envisage de les offrir au gouvernement français afin qu'ils soient versés aux archives nationales.

 

 

La quête de Bruno Ledoux, passionné d'histoire, n'est pas finie pour autant. En 2013, il a acquis les archives personnelles d'Hitler laissées dans son bunker à Berlin et découvertes par des officiers français. Quatre ans plus tard, ces archives ont fait, elles aussi, l'objet d'un documentaire : Les derniers secrets d'Hitler, déjà réalisé par Emmanuel Amara et diffusé sur France 5 en 2017. Aujourd'hui, Bruno Ledoux  espère faire d'autres découvertes : "Après la guerre, cette période était tellement noire que tout était enfermé dans l'abîme, on a mis un couvercle sur tout ça. De temps en temps maintenant, on peut tomber sur des documents extraordinaires comme ces enregistrements."

 


01/02/2019
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Franceinfo - le dimanche 27 janvier 2019 - mis à jour le 28.01.19

 

 

Auschwitz : une lettre écrite en français par un déporté juif chargé de vider les chambres à gaz retrouvée

 

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France 2France Télévisions

 

 

 

Un manuscrit exceptionnel, rédigé en français il y a 74 ans dans les camps de la mort d'Auschwitz, a été retrouvé.

 

 

 

De l'horreur des camps, nous parvient aujourd'hui un témoignage exceptionnel. C'est un document qui n'a encore jamais été exposé au grand public ni aux historiens, écrit à Auschwitz (Pologne) en 1944. "Il n'y a que huit manuscrits écrits par des Sonderkommandos [les juifs sélectionnés par les nazis pour vider les chambres à gaz et débarrasser les corps] qui ont été retrouvés dans les ruines des crématoires. Celui-ci est le seul texte écrit en français", explique Karen Taieb, responsable du service des archives au Mémorial de la Shoah.

 

 

 

Une lettre conservée dans une bouteille en verre

Un document sur lequel on peut aujourd'hui mettre un visage et un nom : son auteur vient d'être identifié. Cette lettre a refait surface 74 ans après avoir été écrite et est pour le moment conservée dans la chambre forte du Mémorial de la Shoah à Paris, là où sont rangés les documents les plus précieux. En 1945, un infirmier polonais retrouve la missive dans une bouteille en verre, dans les ruines des crématoires. Le texte est écrit par un juif déporté de Drancy (Seine-Saint-Denis) le 2 mars 1943. Il explique que dès son arrivée, il est sélectionné pour intégrer les Sonderkommandos. Pendant vingt mois, il fait partie de cette unité composée d'hommes, sélectionnés pour leur condition physique et détenus à l'écart des autres déportés. Les informations contenues dans la lettre sont retranscrites dès 1945, mais l'original disparaît. Sa lettre est bien arrivée à destination dans sa famille, mais sa femme et sa fille en ont longtemps caché l'existence.

 


31/01/2019
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C'était il y a 60 ans

 

 

60 Ans déjà. Certains ont dû le lire mais n'ont pas dû comprendre le sens du message ..............

 

 

 

On a dit : "Les paroles s'envolent, les écrits restent."

 

 

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Et bien, justement, ces phrases écrites par Monsieur Pierre Jean Vaillard, en 1958, on devrait de temps en temps les relire... à l'assemblée !

 

 

Pardon petit fellagha...(écrit en 1958 par Pierre Jean VAILLARD)

Il y avait, à l'époque, des gens qui avaient de l'esprit 

 

 

En 1958 déjà la repentance... pour les crimes contre l'humanité

(écrit en 1958 par Pierre Jean VAILLARD)

 

 

 

 

Et, petit Fellagha, c’est à toi que je pense

En voyant ta rancune à l’égard de la France.

J’ai beaucoup réfléchi et ma méditation

Me décide à venir te demander pardon….

Oui, pardon, Fellagha, pardon pour mon grand père

Qui vint tracer des routes et labourer la terre.

Il est venu chez toi, il a tout chamboulé.

Où poussaient des cailloux, il a planté du blé.

En mettant après ça, Ô comble de l’ignoble,

Où poussaient des cailloux, il a fait un vignoble.

Pardon, cher petit Fellagha,

Oh, pardon de tous ces dégâts.

Et mon affreux grand-père (il faut qu’on le confesse)

N’était bien sûr, pas seul à être de son espèce.

Ces autres scélérats ont bâti des cités  

Ils ont installé l’eau et l’électricité

Et tu n’en voulais pas, c’est la claire évidence

Puisque on sait qu'avant que n’arrive la France

Tu n’avais en dehors de la Casbah d’Alger

Que la tente ou bien le gourbi pour te loger.

Et pour ton éclairage, tu n’avais que de l’’huile.

Alors nos maisons, bien sûr, c’était la tuile.

De l’électricité, là encore soyons francs,

Tu ne demandais pas qu’on te mette au courant 

Tu t’es habitué à ces choses infâmes,

Mais c’est à regret et la mort dans l’âme …

Stoïquement d’ailleurs, tu supportes ces malheurs,

Avec force courage et tant de belle humeur.

Donc tu a engraissé, mais de mauvaise graisse.

Car tu prenais le car (une invention traitresse)

C’est ce même car que, pris d’un délire divin,

Tu devais, un beau jour, pousser dans le ravin.

Je comprends ta rancœur, je comprends ta colère,

Tu n’es pas au niveau des arabes du Caire.

Tu glandes et tu vis mieux qu’un fellah égyptien.

A quoi Nasser … Nasser à rien.

Nous avons massacré tes lions et panthères.

Nous avons asséché tes marais millénaires.

Les moustiques sont morts … Les poux … De Profundis.

Nous avons tout tué, jusqu’à la syphilis.

Ah pardon Fellagha pour tous ces carnages.

Nous avons fait tout ça, c’est bougrement dommage.

Bien pardon Fellagha, de t’avoir mieux nourri,

De t’avoir vacciné pour le béribéri

Et d’avoir à tes pieds nus mis (oh maladresse)

Des souliers ….

Pour nous botter les fesses.

 


28/08/2018
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Franceinfo - le dimanche 6 mai 2018

 

 

"La grand-mère s'est défendue" : les petits-enfants de Guillaume Seznec révèlent leur secret de famille

 

 

Est-ce la fin de l’affaire Seznec, l’un des faits divers les plus marquants du XXe siècle ? Gabriel et Jean-Yves Seznec, petits-fils de Guillaume Seznec, révèlent pour la première fois les circonstances de la mort du conseiller général du Finistère Pierre Quémeneur en 1923. Leur grand-père a purgé vingt ans de bagne pour ce meurtre. Ils affirment que leur grand-mère a été agressée sexuellement et qu’elle a eu un "geste de défense"… Extrait du magazine "19 h le dimanche" du 6 mai

 

 

L’affaire Seznec serait une agression sexuelle de Pierre Quémeneur sur Marie-Jeanne Seznec, suivie de la réaction de celle-ci en état de légitime défense. Gabriel et Jean-Yves Seznec, petits-fils de Guillaume Seznec, condamné à vingt ans de bagne pour le meurtre de ce conseiller général du Finistère en 1923, révèlent en exclusivité leur secret de famille au magazine "19 h le dimanche" (FacebookTwitter#19hLD).

 

 

Ce secret est celui que Guy Seznec a transmis à ses fils au soir de sa vie : la vérité sur l’affaire Seznec ! "Maintenant, je me dis qu’il faut dire l’information que nous a donnée notre père, et ce sont plus que des informations, pour nous, pour les autres, pour la vraie vérité. J’ai envie que la vérité se sache…" affirme Jean-Yves Seznec. Guy Seznec leur a ainsi confié ce qu’il s’était passé ce jour-là : "Papa m’avait dit : ’C’est une affaire toute simple qui a été compliquée à outrance.’ Je me souviens bien de ses mots." 

 

 

"C’est un homicide involontaire finalement"

 

Gabriel Seznec poursuit le récit de son père : "C’était un dimanche, d’après lui. Il jouait dehors dans la cour et il a entendu sa mère crier, se débattre. Elle se faisait agresser, en gros. En allant à la fenêtre, il a vu Quémeneur par terre, allongé, recroquevillé. La bonne aussi était là. Et Quémeneur était mort."

 

 

"La grand-mère s’est défendue, elle a eu un geste de défense, raconte Jean-Yves Seznec. Notre père n’a pas vu tomber Quémeneur, mais il était par terre quand il a regardé par la fenêtre. Cela a duré quelques secondes entre le moment où sa mère a crié et celui où il a regardé à la fenêtre." Gabriel Seznec complète : "Sa mère lui a dit qu’elle avait levé la main parce que Quémeneur l’avait agressée un peu, enfin, tripotée… Et il ne s’est jamais relevé." Son frère conclut cette révélation par ces mots : "Ils n’ont pas voulu sa mort, c’est un homicide involontaire finalement."

 


01/06/2018
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Franceinfo - le lundi 5 mars 2018

 

 

RECIT. L'affaire Seznec : près d'un siècle plus tard, un fait divers qui déchaîne encore les passions

 

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Ilan Caro France Télévisions

Mis à jour le
publié le

 

 

 

L'engouement autour de cette affaire de meurtre n'a jamais faibli, alimenté par la persévérance de la famille du condamné et les recherches de passionnés en quête de la vérité. Mais l'os découvert récemment à Morlaix ne permet toujours pas de lever le mystère

 

 

 

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Guillaume Seznec, photographié par les services de l'identité judiciaire, en juillet 1923. (AFP)

 

 

 

La solution de l'énigme aurait pu se trouver sous leurs pieds. Le temps d'un week-end, une quinzaine de "bénévoles" armés de pelles et de brouettes a bien cru découvrir ce qu'aucune enquête policière ou judiciaire n'a réussi à mettre au jour en près d'un siècle : le corps de Pierre Quéméneur, un notable du Finistère disparu en mai 1923 sans laisser aucune trace. Pour la justice de l'époque, aucun doute : le coupable s'appelle Guillaume Seznec, un petit entrepreneur avec qui Quéméneur faisait affaire. Immédiatement accusé de meurtre et de faux en écriture privée, Seznec fut condamné en 1924 aux travaux forcés à perpétuité. Sans preuve, ni aveux, ni cadavre.

 

 

Alors ce samedi 24 février, lorsqu'une pipe et un morceau d'os sont retrouvés dans un cellier au fond du jardin de l'ancienne maison des Seznec à Morlaix (Finistère), ces enquêteurs en herbe se prennent à rêver : et s'ils étaient en passe de résoudre l'un des plus grands mystères de l'histoire judiciaire française ? "C'est quand même extraordinaire. Depuis le temps que je m'intéresse à cette affaire, c'est la première fois que je viens voir la maison, et je trouve un bout d'os !" s'enthousiasmait Laurent Maillot, l'un des passionnés qui a participé aux fouilles, avant d'apprendre que les précieux ossements provenaient sans doute... d'un bovin.

 

 

Une nouvelle fausse piste dans cette affaire décidément insoluble ? En tout cas, les fouilles n'ont pas permis d'en savoir plus sur ce qu'il s'est passé le 25 mai 1923. Ce jour-là, il est établi que Guillaume Seznec est parti de Rennes (Ille-et-Vilaine) en voiture, avec à ses côtés son ami et conseiller général du Finistère Pierre Quéméneur. Direction Paris, où les deux hommes sont censés négocier la vente de voitures américaines. Sur la route, la Cadillac de Guillaume Seznec tombe plusieurs fois en panne. Selon ses dires, il dépose son acolyte dans une gare des Yvelines afin que celui-ci rejoigne Paris en train. De son côté, au volant de sa voiture, il rebrousse chemin et rentre à Morlaix.

 

 

Un engouement qui a traversé les époques

 

Quéméneur, lui, s'est volatilisé. Il y a bien ce télégramme, envoyé du Havre, dans lequel il indique à sa famille que "tout va pour le mieux" et qu'il rentrera "dans quelques jours". Mais il s'agit d'un faux. L'enquête accuse rapidement Seznec, qui s'illustre par ses dépositions contradictoires. La valise de Quéméneur, retrouvée au Havre tachée de sang, contient une promesse de vente dans laquelle il s'engage à céder à Guillaume Seznec sa propriété de Plourivo (Côtes-d'Armor), à un coût très faible. Mais là encore, l'enquête établit que le document est un faux, rédigé grâce à une machine à écrire appartenant à Seznec.

 

 

Dès le début, la presse s'intéresse de près à cette mystérieuse disparition. Une fois le principal suspect condamné, le fait divers aurait pu retomber dans l'oubli, comme d'innombrables autres affaires criminelles. Mais le feuilleton n'a jamais cessé. Et près de cent ans plus tard, il passionne encore.

 

 

Si l'engouement pour cette histoire a traversé les générations, c'est d'abord parce que sa famille n'a jamais abandonné le combat pour faire reconnaître l'innocence de Guillaume Seznec. Les premières années, c'est sa femme, Marie-Jeanne, qui se démène pour pointer les failles de l'enquête, bâclée. A l'époque, une condamnation définitive ne pouvait être révisée que par la survenance d'un "fait nouveau de nature à établir l'innocence" du condamné. Alors jusqu'à sa mort en 1931, Marie-Jeanne ne cesse de traquer le moindre indice qui pourrait blanchir son mari. En vain : ses demandes de révision sont toutes rejetées.

 

 

Le combat d'une famille

 

La fille cadette du couple, Jeanne, reprend le flambeau. Guillaume Seznec, qui a pu bénéficier d'une remise de peine, est libéré en 1947, après vingt années de bagne en Guyane. Libre mais toujours coupable aux yeux de la justice. Il meurt sept ans plus tard, renversé par une camionnette. Plusieurs requêtes en révision sont encore déposées – il y en a quatorze au total – mais toutes connaissent le même sort. Rejetées.

 

 

 

Guillaume Seznec, revenu du bagne, avec sa fille Jeanne, le 23 juillet 1949 à Quimper (Finistère).
Guillaume Seznec, revenu du bagne, avec sa fille Jeanne, le 23 juillet 1949 à Quimper (Finistère). (AFP)

 

 

Les années passent et Jeanne meurt en 1995. C'est désormais son fils, Denis Le Her-Seznec, qui mène la bataille, à grands renforts d'apparitions médiatiques. Mais en 1996, une énième requête est à son tour rejetée par la Cour de cassation. Dans la salle des pas perdus, les yeux rougis par la déception, le petit-fils du bagnard explose. "En France, on ne revient jamais sur la chose jugée, c'est clair !" lance-t-il devant les caméras de télévision, soutenu par quelques dizaines de membres de France Justice, l'association qu'il a créée.

 

 

La fin du combat n'a pas encore sonné pour Denis Seznec. A l'époque, la loi n'autorise pas le petit-fils d'un condamné à déposer des requêtes en révision. Seul le garde des Sceaux peut le faire à sa place. Alors lorsqu'en 2000 l'ancienne maire de Morlaix, Marylise Lebranchu, est nommée place Vendôme, l'espoir renaît dans le camp Seznec. La ministre dépose une requête.

 

 

"Ce n'était pas mon rôle de dire si Seznec était coupable ou innocent. D'ailleurs, je n'en sais rien. Mon rôle, c'était de dire qu'il n'y avait pas eu de procès équitable". Marylise Lebranchu, ancienne garde des Sceaux à franceinfo

 

 

Mais en 2006, c'est la douche froide : contre l'avis de l'avocat général, la Cour de cassation refuse à nouveau de réhabiliter Seznec. Les drapeaux bretons et le biniou venus soutenir Denis Seznec jusque dans la cour du palais de justice de Paris n'y feront rien.

 

 

Une stratégie inefficace ?

 

Cette fois-ci, la partie est bel et bien terminée. Et si le petit-fils l'a perdue, c'est peut-être à cause d'une stratégie jusqu'au-boutiste. C'est en tout cas ce que pense l'avocat Denis Langlois, qui a défendu la famille jusqu'en 1990 avant d'être remercié.

 

 

"Je lui avais dit qu'il fallait changer de stratégie, que l'innocence totale ne serait jamais reconnue, mais qu'on pouvait s'appuyer sur le doute et obtenir l'annulation de la condamnation pour meurtre. En ce qui concerne la condamnation pour faux en écriture, c'était difficile car les faux étaient établis". Denis Langlois, ancien avocat de la famille Seznecà franceinfo

 

 

Depuis des années, Denis Seznec s'accroche à l'hypothèse selon laquelle Quémeneur aurait été tué dans sa propriété de Plourivo en raison de son implication supposée dans un trafic de Cadillac vers l'URSS, et que Guillaume Seznec aurait été victime d'une machination policière visant à lui faire porter le chapeau. Mais cette théorie ne convainc guère les nombreux passionnés qui ont mené leur propre enquête et contribué à faire avancer le dossier en dehors des prétoires. Elle a notamment été mise à mal par Bertrand Vilain, brocanteur passionné par l'affaire, dans son livre Affaire Seznec : nouvelles révélations (Coetquen éditions), publié en 2011 et fruit de plusieurs années de recherches.

 

 

"J'ai démontré dans mon bouquin que cette histoire de trafic de Cadillac vers la Russie soviétique, c'était du bidon". Bertrand Vilain, brocanteur finistérien à franceinfo

 

 

L'organisateur des fouilles de Morlaix ne se contente pas d'invalider la version défendue par Denis Seznec dans son propre ouvrage Nous, les Seznec (éd. Robert Laffont), paru en 1992 et plusieurs fois réédité. Il se montre très sévère avec les méthodes approximatives du petit-fils : "Son livre est truffé d'erreurs factuelles, il y en a à chaque page. Il part d'une hypothèse, dans l'édition suivante ça se transforme en vérité absolue, et puis ensuite ça devient une religion."

 

 

Des passionnés en quête de "vérité"

 

Quand Denis Seznec se bat coûte que coûte pour laver l'honneur de son grand-père, Bertrand Vilain n'est animé que d'un seul but : "la recherche de la vérité". Passionné par les archives, le brocanteur dit avoir collectionné "200 à 300 documents" datant des années 1920 qui concernent l'affaire Seznec. "Un jour, j'en ferai certainement donation aux archives départementales du Finistère", promet-il.

 

 

Les fouilles menées par Bertrand Vilain dans la propriété de Morlaix n'ont pas été menées au hasard. Depuis quelques années, Denis Langlois suggère que le corps de Quéméneur se trouve là, dans ce jardin. Langlois se base sur la foi d'un "secret de famille", un témoignage datant de 1978 dont il n'a révélé l'existence qu'en 2015, dans son livre Pour en finir avec l'affaire Seznec (éd. La Différence). Ce témoignage, c'est celui d'un fils de Guillaume Seznec, surnommé "Petit Guillaume" car il porte le même prénom que son père.

 

 

Dans un enregistrement réalisé à son insu par un neveu, "Petit Guillaume" donne sa version du meurtre. Il dit se souvenir d'avoir entendu sa mère, Marie-Jeanne, crier dans la maison familiale, "un dimanche ensoleillé". Intrigué, le garçon de 11 ans, qui se trouvait dans le jardin, se serait approché d'une fenêtre et aurait vu le corps de Quéméneur recroquevillé sur le sol de la salle à manger. Sa mère l'aurait tué d'un coup de chandelier à la tête pour se défendre d'une agression sexuelle. Toujours selon ce témoignage, Guillaume Seznec aurait alors entrepris de couvrir le meurtre commis par sa femme et dissimulé le corps de Quémeneur en l'enterrant dans le jardin.

 

 

Le brocanteur Bertrand Vilain (à gauche) et l'ancien avocat Denis Langlois, à Morlaix (Finistère), le 26 février 2018.
Le brocanteur Bertrand Vilain (à gauche) et l'ancien avocat Denis Langlois, à Morlaix (Finistère), le 26 février 2018. (MAXPPP)

 

 

 

Lors des fouilles effectuées dans l'ancienne maison des Seznec, à Morlaix (Finistère), le 24 février 2018.
Lors des fouilles effectuées dans l'ancienne maison des Seznec, à Morlaix (Finistère), le 24 février 2018. (MAXPPP)

 

 

Si le squelette de Quéméneur avait pu être retrouvé dans ce jardin, la thèse en aurait été incontestablement renforcée. Et aurait sans doute permis de déboucher sur une révision du procès de Guillaume Seznec, quatre-vingt-quinze ans après les faits. Mais sans corps, cette version des faits prend un sérieux coup dans l'aile. D'autant que l'enregistrement a disparu en même temps que le neveu confident, Bernard Le Her, qui s'est suicidé en 1996. Seule une retranscription manuscrite appartenant à Denis Langlois subsiste.

 

Verbatim de l'enregistrement de "Petit Guillaume", fils de Guillaume Seznec, retranscrit par Denis Langlois.
Verbatim de l'enregistrement de "Petit Guillaume", fils de Guillaume Seznec, retranscrit par Denis Langlois. (DENIS LANGLOIS / FRANCEINFO)

 

 

 

Bertrand Vilain n'est tombé dans l'affaire Seznec que tardivement, en 2005, "passionné par le livre de Bernez Rouz". L'ouvrage de cet ancien journaliste de France 3 Bretagne, L'affaire Quéméneur-Seznec, enquête sur un mystère (éd. Apogée), fait toujours figure de référence parmi les très nombreuses publications parues sur l'affaire en près d'un siècle. Bernez Rouz a commencé à s'intéresser à l'affaire un peu par hasard, au début des années 2000, lorsqu'une connaissance lui a remis un dossier inédit de sept pages manuscrites que personne n'avait jamais transmis à la justice. Il s'agissait de l'enquête familiale réalisée par les proches de Quéméneur avant qu'ils ne déposent plainte. Le journaliste a par la suite réussi à avoir accès au dossier judiciaire. "A chaque fois que je trouvais quelque chose d'intéressant dans le dossier, je m'amusais à aller voir ce que Denis Langlois et Denis Seznec en disaient dans leurs livres respectifs", raconte-t-il.

 

 

"Chacun pense que son hypothèse est la meilleure"

 

"Je me suis rendu compte que dans son livre, Denis Seznec coupait la moitié de certaines citations et qu'il ne gardait que ce qui allait dans le sens de son grand-père", poursuit Bernez Rouz. "J'ai trouvé plein d'éléments défavorables à Seznec. Mais, contrebalance-t-il aussitôt, il m'est apparu que les policiers avaient l'intuition depuis le départ que Seznec avait tué Quéméneur vers Dreux ou Houdan. L'enquête s'est focalisée là-dessus. Et ils n'ont pas étudié d'autres hypothèses."

 

 

Il n'y a, par exemple, pas eu d'enquête de proximité sérieuse à Morlaix, au domicile de Seznec. L'hypothèse que Seznec ait tenté de brûler le corps ou l'ait enterré n'a donc jamais été vérifiée.Bernez Rouz, ancien journaliste à franceinfo

 

 

"Ces pistes délaissées ont intéressé tout un tas de gens, qui sont allés faire des enquêtes dans leur coin", raconte-t-il. Comme à Lormaye, un village d'Eure-et-Loir où Quéméneur aurait pu être enlevé et tué par un marchand de bestiaux, selon un journaliste de l'époque. A partir de 1992, une habitante de la région, ancienne journaliste à L'Express, s'est ainsi focalisée sur "la piste de Lormaye", alimentant abondamment un blog. Une piste abandonnée définitivement en 2013, "parce qu'elle s'est avérée fausse", reconnaît Liliane Langellier.

 

 

La quête de la vérité n'est pas sans froisser quelques ego. "Chacun se persuade que son hypothèse est la meilleure, observe Bernez Rouz. En plus, ces hypothèses se contredisent les unes les autres. Les gens qui s'en occupent se vouent des haines terribles, parce que l'hypothèse d'à côté tue leur hypothèse !"

 

 

Un mystère encore bien enfoui

 

Bernez Rouz a étudié ces histoires alternatives une par une. Dans son livre paru en 2005, il a retenu "une dizaine d'hypothèses sérieuses" qui pourraient expliquer la disparition de Quéméneur. Trois font de Seznec l'auteur ou un complice du crime, les sept autres l'innocentent. "L'hypothèse la plus probable, selon moi, est que Quéméneur ait été tué par des complices de Seznec impliqués dans les trafics de voiture, et que Seznec ait été chargé de se débarrasser du corps", confie-t-il.

 

 

Car loin de la figure de l'homme au-dessus de tout soupçon dépeinte par son petit-fils, Guillaume Seznec traînait une sale réputation. "Quand on commence à gratter dans sa vie, on tombe très vite sur du nauséabond. C'était un trafiquant, un type qui arnaquait tout le monde", raconte Bernez Rouz. "Un escroc, une fripouille, un menteur", renchérit Bertrand Vilain. "Tous les gens qui ont travaillé sérieusement sur l'affaire arrivent à la même conclusion sur ce personnage. Mais cela ne veut pas dire qu'il soit un assassin…"

 

 

Un personnage sulfureux, une enquête bâclée, un corps jamais retrouvé, une condamnation au bagne, des rumeurs de complot, une famille déchirée... Tous les ingrédients étaient réunis pour passionner les foules. Mais près de cent ans après les faits, un constat s'impose : personne n'a réussi à établir avec certitude le déroulement des faits. Régulièrement, Denis Seznec annonce vouloir engager une nouvelle procédure de révision, mais personne ne voit quel "fait nouveau" il pourrait invoquer devant la Cour de cassation. A moins que des ossements de Quéméneur ne soient prochainement retrouvés par le duo Vilain-Langlois, dont les fouilles privées ont repris samedi, l'affaire Seznec est bien partie pour demeurer à jamais un mystère.

 


16/04/2018
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Franceinfo - le vendredi 26 janvier 2018

 

 

Il est minuit moins deux minutes : le risque nucléaire fait avancer l'horloge de l'apocalypse

 

 

L'aiguille n'avait pas été aussi proche de minuit depuis 1953, quand les Etats-Unis et l'Union soviétique testaient la bombe à hydrogène

 

 

 

L'horloge de l'Apocalypse, qui symbolise l'imminence d'un cataclysme planétaire, a été avancée de 30 secondes à deux minutes avant minuit, en raison surtout d'un risque accru de conflit nucléaire mondial et de "l'imprévisibilité" du président américain Donald Trump. L'aiguille de l'horloge du Bulletin of Atomic Scientists n'avait pas été aussi proche de minuit depuis 1953, en pleine guerre froide, quand les Etats-Unis et l'Union soviétique testaient la bombe à hydrogène.

 

 

 

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Des membres du "Bulletin of Atomic Scientists" présentent l'aiguille de l'horloge de l'apocalypse, qui symbolise l'imminence d'un cataclysme planétaire, à Washington (Etats-Unis), jeudi 25 janvier.  (BRENDAN SMIALOWSKI / AFP)

 

 

 

 

"Pour sûr, l'année 2017 a été périlleuse et chaotique... avec des déclarations irresponsables dans le domaine nucléaire, qui ont enflammé des situations déjà dangereuses", a indiqué à la presse, jeudi 25 janvier, Rachel Bronson, présidente et éditrice du Bulletin of the Atomic Scientists, qui ajuste chaque année l'heure de cette horloge symbolique. "La question nucléaire est ainsi revenue au centre des préoccupations", a-t-elle ajouté, citant les essais nucléaires de la Corée du Nord, un engagement accru de la Chine, du Pakistan et de l'Inde envers leurs arsenaux nucléaires et "l'imprévisibilité" qui ressort des tweets et des déclarations de Donald Trump.

 

 

"En 2017, les dirigeants mondiaux ne sont pas parvenus à répondre efficacement aux menaces grandissantes de guerre nucléaire et de changement climatique, qui rendent le monde plus dangereux qu'il ne l'a été depuis la seconde guerre mondiale", a écrit ce groupe d'intellectuels représentant les sciences, les affaires internationales, l'environnement et la sécurité.

 

 

 

"Un défi majeur pour la dissuasion et la stabilité mondiale"

 

"Les principales puissances nucléaires sont sur le point de relancer une nouvelle course aux armements qui sera très coûteuse et augmentera le risque d'accidents et d'erreurs", ont craint ces experts, pointant également "les progrès remarquables" du programme nucléaire nord-coréen en 2017. En même temps, "une rhétorique enflammée et des actions provocatrices, à la fois de la part des Etats-Unis et de la part de la Corée du Nord, ont accru la possibilité d'un conflit nucléaire", déplorent-ils.

 

 

Robert Rosner, professeur d'astronomie et d'astrophysique à l'université de Chicago, a surtout épinglé durant la conférence de presse l'administration Trump, dont les "incohérences" accroissent les risques de confrontation nucléaire et "constituent un défi majeur pour la dissuasion et la stabilité mondiale." La Maison Blanche "cherche probablement à accroître le rôle des armes nucléaires dans les plans de défense américain abaissant de ce fait le seuil de leur utilisation", a-t-il relevé.

 

 

 

Le Pentagone doit dévoiler la semaine prochaine la nouvelle stratégie nucléaire de Donald Trump. Les fuites jeudi d'un document de travail de la Nuclear Posture Review montrent que le ministère américain de la Défense souhaite le développement d'un nouveau type d'arme nucléaire d'une puissance assez faible pour être employée sur le champs de bataille plutôt que de servir à vaporiser une mégalopole. Robert Rosner a ajouté que les intellectuels avaient "constaté que les principaux pays investissent davantage dans leur arsenal nucléaire pour le moderniser et en accroître les capacités."

 

 

L'horloge de l'apocalypse ajustée vingt fois depuis 1947

 

Depuis sa création en 1947, l'horloge de l'apocalypse a été ajustée 20 fois, de minuit moins deux minutes en 1953 à minuit moins 17 minutes en 1991, à la fin de la guerre froide. En 2017, l'aiguille avait déjà été avancée de trente secondes à minuit moins deux minutes et trente secondes, les scientifiques invoquant notamment la rhétorique et les actions de Donald Trump. En 2015, l'horloge avait été reculée de deux minutes, à 23h57, et laissée inchangée en 2016. Les scientifiques avaient alors cité comme facteurs encourageants l'accord sur le nucléaire iranien ainsi que sur le climat à Paris fin 2015.

 


01/02/2018
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le Progrès du dimanche 11 juin 2017

 
 
 
    COMMÉMORATION - SECONDE GUERRE MONDIALE

 

 

 

ORADOUR : MACRON FAIT LA LEÇON AUX ÉCOLIERS

 

 

Emmanuel Macron a présidé hier, la commémoration du massacre d'Oradour-sur-Glane, comme le candidat s'y était engagé lors d'une visite dans ce village martyr pendant la campagne présidentielle.

 

 

Vous êtes les "dépositaires" des valeurs humanistes de la France. Hier à Oradour-sur-Glane, près de Limoges (Haute-Vienne), Emmanuel Macron a exhorté les enfants à retenir les leçons de l'Histoire.

 

 

C'est dans ce village martyr de la Seconde Guerre mondiale que le nouveau président a prononcé le premier grand discours mémoriel de son quinquennat, soixante-treize ans jour pour jour après le massacre de 642 habitants par la division SS Das Reich.

 

 

 

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Ce 10 juin 1944, plus de 450 femmes et enfants avaient été enfermés dans l'église et brûlés vifs. Les hommes répartis en six groupes, ont été abattus dans des granges avant le village ne soit entièrement incendié. "Le plus jeune avait huit jours", a rappelé le chef de l'État devant plusieurs milliers de personnes, dont 500 écoliers de toute la France.

 

 

C'est à cette jeune génération qu'Emmanuel Macron, 39 ans, a voulu s'adresser en priorité : "J'ai voulu que vous deveniez, vous aussi, des témoins", des "passeurs" de mémoire et plus encre, des "consciences", après avoir "vu ces lieux de vos yeux" et "serré la main du dernier survivant" du massacre. Robert Hébras, 91 ans, avait été mitraillé et laissé pour mort avant de parvenir à échapper aux flammes.

 

 

"La journée, il y a soixante-treize ans, était ensoleillée, comme aujourd'hui", a souligné le vieil homme qui n'a rien oublié. Comme en avril quand le candidat d'En Marche ! était venu pour la première fois à Oradour, Robert Hébras a accompagné Emmanuel Macron, devenu président, dans une longue déambulation à travers les ruines laissées en l'état depuis la destruction. Célébrant les valeurs du "droit", de la "justice", de la "dignité", de la "paix", mais aussi "le respect, la tolérance, l'humanité", Emmanuel Macron y a vu autant de "biens fragiles".

 

 

 

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Des biens fragiles à préserver

 

"Défendez-les, faites-en vos drapeaux contre les drapeaux noirs", a exhorté, le président, évoquant la Yougoslavie hier, la Syrie aujourd'hui. "Parfois, c'est chez nous, au sein de nos populations et de nos territoires que ressurgit la bestialité, l'infâme qui dévastèrent Oradour", a-t-il relevé dans une allusion à la menace terroriste. "N'acceptons pas que les fruits de notre Histoire qui s'appellent République, démocrate, droits de l'Homme et des citoyens, qui s'appellent liberté, égalité, fraternité, soient menacés ou contestés par les apôtres du néant, fanatiques en tout genre, extrémistes".

 

 

La veille en Corrèze, où il participait comme depuis 987, à l'hommage aux 99 pendus de Tulle exécutés sur l'ordre de la même division Das Reich le 9 juin 1944, François Hollande s'est félicité de la présence de son successeur hier à Oradour-sur-Glane  "C'est comme s'il y avait une continuité dans l'hommage".

 

 

 

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14/06/2017
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le Progrès du lundi 10 avril 2017

 

 
 
    LES "AMANTS DE POMPÉI" ÉTAIENT DEUX HOMMES

 

 

L'ADN des restes retrouvés dans les moulages des fameux "amants de Pompéi" ont révélé qu'il s'agissait de deux hommes. L'un âgé de 18 ans environ, l'autre de 20 ans. On sait aussi qu'ils n'appartenaient pas à la même famille. Pétrifiés par l'éruption du Vésuve (Italie), en 79 de notre ère, ils avaient été découverts en 1914, enlacés. Touchantes, les deux silhouettes avaient rapidement été rebaptisées les "amants de Pompéi".

 

 

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15/04/2017
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le Progrès du mardi 3 janvier 2017

 

 

 

CES CONFLITS OUBLIÉS, LOIN DE LA SYRIE

 

 

 

Un institut allemand recense 223 conflits violents dans le monde, dont 19 classés comme des guerres

 

 

 

Les horreurs de la Syrie font passer au second plan d'autres conflits meurtriers, comme la guerre civile au Sud Soudan. Une guerre se poursuit en Europe, dans l'est de l'Ukraine, et la guerre des cartels agite le Mexique.

 

 

Une guerre civile fait rage au Sud Soudan depuis décembre 2013 mais personne ne sait combien de personnes ont été tuées en trois ans. Les Nations unies parlent de 50 000 morts. Des ONG évoquent un bilan qui pourrait atteindre 300 000 morts, soit quasiment autant qu'en Syrie en cinq ans. Le plus jeune pays du monde, indépendant depuis 2011, est le théâtre d'un des conflits oubliés, dont presque personne ne parle, malgré des accusations de "nettoyage ethnique" et le risque de génocide dénoncés par l'ONU.

 

 

Chaque année depuis 1991, l'Institut de recherche sur les conflits de Heidelberg (Allemagne) réalise un baromètre des conflits dans le monde. Le dernier, en février 2016, en recense 409, dont 223 ayant donné lieu à des affrontements violents. Les chercheurs ont répertorié 19 guerres, le même nombre que le baromètre précédent. Trois conflits se sont transformés en guerres selon l'Institut :

 

 

 

en Turquie (contre les séparatistes kurdes du PKK)

 

 

aux Philippines (contre des rebelles islamistes) 

 

 

au Soudan (une guerre pour des terres et du bétail)

 

 

 

 

■ L'Ukraine, la seule guerre en Europe

 

La guerre pour le contrôle de la région du Donbass entre les forces séparatistes pro-russes et l'armée ukrainienne a fait 4 000 morts en deux ans, y compris les 298 occupants d'un Boeing 777 de la Malaysia Airlines abattu par un missile anti-aérien le 17 juillet 2014. Le plan de paix signé en février 2015 à Minsk en présence de François Hollande, Angela Merkel et Vladimir Poutine, n'a pas empêché la poursuite du conflit.

 

 

 

■ La guerre des cartels de la drogue au Mexique

 

C'est la seule véritable guerre encore répertoriée sur le continent américain, après l'accord de paix en Colombie entre le gouvernement et la guérilla marxiste des Farc. Au Mexique, les affrontements entre les trafiquants de drogue et le gouvernement ont redoublé de violence. L'armée a déployé 6 000 soldats pour combattre le cartel de Jalisco, organisé comme une force militaire.

 

 

 

■ La guerre menée par Boko-Haram en Afrique

 

L'Afrique subsaharienne est le théâtre de près d'un quart des conflits mondiaux et neuf pays africains sont concernés par les guerre, d'après l'Institut de recherche sur les conflits de Heidelberg. Une de ces guerres est menée par Boko Haram qui s'aventure désormais hors de son fief du Nigeria et attaque les pays limitrophes, dont le Tchad et le Cameroun. Après l'enlèvement de 276 lycéennes en avril 2014, le groupe djihadiste est retombé dans l'ombre. Ses raids ont pourtant fait 14 000 morts en deux ans et son chef a fait allégeance à Daech.

 

 

 

Au Yémen, guerre à distance entre l'Iran et l'Arabie saoudite

 

Depuis deux ans, le Yémen est le théâtre d'un conflit sanglant entre l'armée gouvernementale, appuyée par une coalition dirigée par l'Arabie saoudite, et des rebelles chiites houthis, qui contrôlent la capitale Sanaa avec le soutien de l'Iran. La guerre dans l'ancienne Arabie heureuse a fait plus de 7 000 morts depuis mars 2015, d'après l'Onu. L.C.

 

 

 

 

Conflits dans le monde: La carte des zones dangereuses

 

 

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D'autres guerres

 

 

 

Soudan : 13 ans de guerre au Darfour

 

La guerre au Darfour dure depuis 13 ans. Elle aurait fait près de 300 000 morts et 2,7 millions de déplacés. La Cour pénale internationale a délivré deux mandats d'arrêt à l'encontre du président soudanais Omar et-Béchir pour crimes de guerre, crimes contre l'humanité et génocide.

 

 

 

Somalie : pas de paix depuis 25 ans

 

Les shebab ont été chassés de la capitale Mogadiscio en 2011 mais ils contrôlent toujours une partie du territoire désertique malgré l'offensive du gouvernement appuyé par 22 000 soldats de la force de l'Union africaine.

 

 

 

Afghanistan : le retour en force de talibans

 

Les talibans regagnent du terrain dans plusieurs provinces après le retrait des troupes américaines. En 2016, les combats qui les opposent à l'armée régulière ont fait 2 600 morts parmi les civils selon l'Onu.

 

 

 

Libye : le pays reste instable après la chute de Syrte

 

Les djihadistes de Daech ont été chassés de leur fief de Syrte mais leur défaite ne signifie pas la fin de la guerre en Syrie. La ville bombardée par l'aviation américaine a été détruite et les combats ont fait plus de 700 morts. Le Libye reste en proie à des milices qui se disputent le pouvoir et les richesses. Le pays compte deux armées rivales et le risque d'affrontements reste grand.

 

 

 

Irak - Bagdad ensanglantée pendant la visite de Hollande

 

Loin des théâtres de ces conflits oubliés, François Hollande a débuté son année 2017 par une visite officielle en Irak, sa deuxième après celle de septembre 2014.

 

 

Arrivé hier matin, le chef de l'État a affirmé à Bagdad, lors d'une déclaration commune avec son homologue irakien Fouad Massoum, qu'"agir contre le terrorisme en Irak, [c'était] aussi prévenir des actes terroristes sur notre sol".

 

 

Seul dirigeant majeur de la coalition internationale contre Daech à s'être rendu dans le pays depuis deux ans et demi, quand "la situation était particulièrement dégradée à Bagdad et sans le reste du pays", a-t-il souligné, François Hollande s'est félicité de l'engagement de la France. Celle-ci "a pris ses responsabilités sur les plans politique et militaire", a-t-il déclaré, avant d'en tirer des enseignements positifs.

 

 

"Les résultats sont là, a affirmé le président de la République. Daech est sur le recul". Il s'est également rendu à un poste avancé dans la plaine de Ninive, toute proche de la ville de Mossoul, que l'armée irakienne tente de reprendre à Daech. "La bataille de Moussoul est en train d'être gagnée", avait-il estimé auparavant. "Nous pourrions atteindre cet objectif, autant qu'il sera possible, au printemps, en tout cas avant l'été".

 

 

Comme pour lui répondre, trois attentats ont une nouvelle fois ensanglanté la capitale irakienne pendant sa visite. L'un d'entre eux, une attaque à la voiture piégée dans le quartier majoritairement chiite de SadrCity, revendiquée par Daech, a fait au moins 32 morts et 61 blessés. Dans l'après-midi, François Hollande a poursuivi sa visite à Erbil, au Kurdistan irakien, à la rencontre des forces françaises qui conseillent les peshmergas, les combattants kurdes engagés dans la lutte contre Daech.

 

 

 

 

VERS UNE ONU PLUS "AGILE ET EFFICACE"

 

Antonio Guterres a succédé à Ban Ki-Moon le 1er janvier. L'ancien Premier ministre portugais réussira-t-il à redonner un nouveau souffle à l'ONU, très souvent impuissante à résoudre les conflits dans le monde ? "Il est temps pour l'Onu de reconnaître ses insuffisances et de réformer la manière dont elle fonctionne", a déclaré Antonio Guterres lors de sa prestation de serment le 12 décembre. "Il faut  davantage de médiation, d'arbitrage et de diplomatie préventive", a-t-il ajouté, souhaitant une Onu plus "agile et efficace".

 

 

 

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04/01/2017
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le Progrès du samedi 10 décembre 2016

 

 

 

HISTOIRE - SECONDE GUERRE MONDIALE

 

 

LA FRANCE REND HOMMAGE AUX 45 000 MORTS DE FAIM DANS LES ASILES

 

 

Lors de cette cérémonie, ce matin, François Hollande appellera à une société "qui vieille fraternellement sur chacun des siens".

 

 

Entre 1940 et 1945, environ 45 000 malades mentaux sont morts de faim dans les hôpitaux psychiatriques français. Cette page sombre de l'Occupation est rouverte ce matin par François Hollande sur l'esplanade des Droits de l'Homme au Trocadéro pour un hommage et l'inauguration d'une dalle commémorative où chaque mot a été posé. Car cette histoire dans l'histoire des années sombres de la France n'a "jamais cicatrisé", remarque Charles Gardou, à l'origine de cet hommage.

 

 

 

Ce professeur d'anthropologie de l'université Lyon II, a lancé en novembre 2013 une pétition sur change.org "pour un mémorial en hommage aux personnes handicapées victimes du régime nazi et de Vichy". Elle a rassemblé 80 000 signataires parmi lesquels une centaine de personnalités dont Axel Kahn, Tahar Ben Jelloun, Edgar Morin, Patrick Poivre d'Arvor, Marcel Rufo, ou encore les réalisateurs d'Intouchables, Olivier Nakache et Eric Toledano. "Je partage votre volonté [...] qu'à ce délaissement de la République ne s'ajoute pas le silence de l'oubli", lui répond en février 2015, François Hollande, qui charge l'historien spécialiste de Vichy, Jean-Pierre Azéma, d'une mission "afin de définir les gestes mémoriels à accomplir [...] pour honorer ces victimes".

 

 

 

Famine lente ou programmée ?

 

Car la référence au "régime nazi et de Vichy" rappelle qu'une polémique est née trente ans plus tôt entre les défenseurs d'une extermination "programmée" et ceux d'une "famine lente" non délibérée. C'est la thèse d'Isabelle von Bueltzingsloewen, auteur de l'Hécatombe des fous, "ouvrage de référence" et dont les recherches sont "parfaitement fiables" aux yeux de Jean-Pierre Azéma. Cette historienne est la grande absente de la pétition. "Je n'ai aucun problème avec ce mouvement mais en tant que scientifique, je ne pouvais pas signer ce texte qui mettait en parallèle le scénario français et le scénario allemand", nous a expliqué Isabelle von Bueltzingsloewen dont les recherches se sont en fait étendues à l'ensemble des "exclus" de la société morts de faim pendant cette période. "Pourquoi isoler les malades mentaux ? S'ils ont été moins touchés proportionnellement, on compte également 50 000 morts de faim dans les hospices de vieillards", souligne l'historienne, vice-présidente de l'université Lyon II.

 

 

 

Plaidoyer pour une société incluant les plus fragiles

 

Aujourd'hui, Charles Gardou regrette le parallèle évoqué dans la pétition et souligne qu'au-delà de l'aspect mémoriel, il s'agit de "donner un signe pour le temps présent". Ainsi, l'hommage de ce jour, hybride, honore aussi le souvenir des "300 000 victimes civiles de la Seconde Guerre mondiale en France" et appelle à "construire une société toujours plus respectueuse des droits humains, qui veille fraternellement sur chacun des siens".

 

 

C'est l'objet du "Mouvement pour une société inclusive" fondé par Charles Gardou qui souhaite créer une "plateforme nationale consacrée aux multiples formes de fragilité, de l'enfance au grand âge". Car dans une société de plus en plus clivante où "beaucoup de gens de trouvent refoulés, marginalisés, ça peut recommencer si on n'installe pas des contre-feux", prévient Charles Gardou. Comme en 2003 où la canicule a tué 15 000 personnes âgées isolées. Sylvie Montaron

 

 

 

Camille Claudel, Séraphine Louis et A. Artaud ont subi cette famine

 

Héroïne du film aux 7 César Séraphine, la peintre Séraphine Louis qui cueillait "de l'herbe pour manger la nuit" et mangeait "des détritus" est morte de faim, le 11 décembre 1942 comme plus de 3 000 malades internés à l'hôpital psychiatrique de Clermont d'Oise. Si Camille Claudel est morte, elle, d'une attaque cérébrale le 19 octobre 1942, la famine avait fortement affaibli de son organisme fragilisé.

 

 

Deux mois avant son décès, son frère Paul rapportait ces mots du directeur de l'asile de Montdevergues (Vaucluse) : "Mes fous meurent littéralement de faim : 800 sur 2 000". Quant à Antonin Artaud, il doit sans doute son salut à son ami Robert Desnos qui parvient, en 1943, à le faire transférer de l'asile de Ville-Evrard, alors qu'il ne pèse plus due 52 kilos, à celui de Rodez (Aveyron) où le médecin-chef, le Dr Ferdière, est frappé par son "horrible" maigreur et saleté. Il y reprendra 13 kilos avant sa sortie en 1946.

 


11/12/2016
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le Progrès du dimanche 9 octobre 2016

 

 

 

ÉDITION - JEAN-PIERRE JOUYET ("ILS ont fait la révolution sans le savoir", un ouvrage de Jean-Pierre Jouyet, publié aux éditions Albin Michel

 

 

Une France en révolution, vue de l'Élysée

 

 

Dans "Ils ont fait la révolution sans le savoir", un récit historique sur les grands hommes et les grandes dames du XVIIIe siècle, le secrétaire général de l'Élysée, Jean-Pierre Jouyet, dresse des parallèles entre cette époque prérévolutionnaire et celle qu'il vit au quotidien comme premier serviteur de l'État.

 

 

 

A

n 1715. Louis XIV emporte dans la crypte de Saint-Denis son pouvoir absolu, ses guerres qui ont déchiré l'Europe, pendant son interminable règne. Son neveu et gendre, le régent Philippe d'Orléans, gouverne jusqu'en 1723 au nom du futur Louis XV, âgé de 5 ans. "Huit ans de réformes pour redresser la France. Le régent a favorisé l'émergence d'une classe moyenne, supprimé les rentes, rétabli la paix religieuse entre jansénistes et Jésuites, ouvert la France sur l'Europe et a permis la transhumance vers un nouveau monde", raconte Jean-Pierre Jouyet. Il ajoute : "Des réformes souvent conduites contre son camp". Et avoue une préférence pour les personnages impopulaires de l'histoire.

 

 

Toute ressemblance... Jean-Pierre Jouyet assume les parallèles audacieux entre la décennie du régent et le quinquennat en cours : "François Hollande comme Philippe d'Orléans gouverne une France qui change de monde. La France du XVIIIe siècle a vécu une révolution des moeurs et une révolution technique d'ampleur avec les découvertes de Lavoisier, Buffon, avec l'imprimerie, comme nous vivons le bouleversement numérique".

 

 

 

Laïcité accueillante

 

L'auteur ajoute à notre époque la dimension religieuse : "Le rapport entre la religion et la société au XXIe siècle n'est déjà plus le même qu'au XXe siècle". Catholique et "serviteur depuis 41 ans du seul État laïque de l'Union européenne", il dénonce d'ailleurs dans son livre la déchristianisation après 1789. Et défend une laïcité française "accueillante et surtout pas stigmatisante : la vision de la laïcité par une partie de la gauche et par l'extrême droite ne me convient pas.

 

 

Quand je me baigne dans la mer, je n'ai pas honte de porter une croix. Les signes religieux distinctifs ne me choquent pas, contrairement à l'islamophobie. À Nice, un tiers des victimes de l'attentat étaient musulmanes". Le secrétaire général de l'Élysée replonge au quotidien dans son siècle préféré quand il mesure la dimension monarchique du président français. "La France ne s'est pas remise d'avoir guillotiné le roi et Marie-Antoinette d'ailleurs très à la mode aujourd'hui à travers des expositions, des biopics.

 

 

Le nombre de décisions qui remontent au président de la République est impensable. Dans la même journée, il travaille sur des réformes qui engagent l'avenir de la France, prend des décisions majeures pour la sécurité du pays et à l'international. Quant à moi, je dois parfois arbitrer des nominations de sous-préfets ! Comme si tout était régalien. En France, que l'on soit dans l'État ou en dehors, chacun veille pour préserver ses intérêts à ne fâcher le monarque".

 

 

Sa description du début du XVIIIe siècle raconte aussi une Europe de monarques éclairés qui ont construit la paix et le dialogue. Comme au temps de Catherine II de Russie et des sultans de Constantinople, "sans des rapports réalistes avec Moscou, sans accord européen avec la Turquie sur les migrants ou la Syrie, sans une Europe forte, la stabilité reste illusoire".

 

 

 

L'ennemi de la démocratie : la lenteur

 

La différence entre les deux siècles réside sans doute dans l'accélération du temps, selon Jean-Pierre Jouyet : "Le monde de 2017 n'est déjà plus celui de 2012. Les attentats d'ampleur, la montée de l'abstention et des partis populistes, le Brexit, les guerres... La démocratie peut être en danger".

 

 

Comment la régénérer ? "Comme le régent, avec les corps intermédiaires et avec des réformes qui entrent vite en application pour que les résultats se voient, la démocratie souffre de la lenteur des procédures. À une époque où l'on réserve un billet d'avion en deux minutes, il est difficilement compréhensible que la moitié des décrets de certaines lois ne soit pas encore prise". Le régent actuel et son auteur ont donc encore du boulot. Même si en principe, un régent est programmé pour s'effacer ? Réponse de Jean-Pierre Jouyet : "Philippe d'Orléans aurait dû continuer". Pascal Jalabert

 


16/10/2016
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le Progrès du lundi 26 septembre 2016

 

 

 

HISTOIRE - PROMESSE HARKIS : HOLLANDE RECONNAIT LEUR ABANDON PAR LA FRANCE

 

 

Au lendemain des accords d'Évian en 1962 harkis engagés militairement aux côtés des Français en Algérie ont été exilés dans des camps en France. D'autres massacrés par le FLN dans leurs pays.

 

 

 

L

es harkis seraient-ils devenus un sujet récurrent de campagne électorale ? La journée d'hommage, hier, a pris des allures de précampagne, à sept mois du scrutin présidentiel. Plusieurs candidats de 2017 s'étaient invités hier à la commémoration traditionnelle aux Invalides, instituée en 2003 sous la présidence de Jacques Chirac. L'ancien Président Nicolas Sarkozy, la présidente du Front National Martine Le Pen, et Jean-François Copé, candidat à la primaire de la droite, assistaient à cet hommage au cours duquel François Hollande a reconnu "les responsabilités" de la France dans le sort réservé aux harkis après la fin de la guerre d'Algérie.

 

 

Évoquant une "vérité implacable" et "cruelle", le Président de la République a parlé de combattants "privés de la protection de la France au lendemain de la guerre d'Algérie et dont l'abandon ne fut jamais pleinement reconnu par la République.

 

 

Après les accords d'Évian le 18 mars 1962, 55 000 à 75 000 harkis ont été abandonnés en Algérie et victimes de sanglantes représailles de la part des nationalistes. Quelque 60 000 ont été accueillis en France. La communauté des harkis et de leurs familles est estimée aujourd'hui à environ 500 000 personnes.

 

 

 

Déjà Sarkozy en 2012

 

En avril 2012, en toute fin de son quinquennat, Nicolas Sarkozy avait lui aussi reconnu la responsabilité de la France dans le sort indigne fait aux harkis après les accords d'Évian mettant fin à la guerre d'Algérie. On était alors à huit jours avant le premier tour de l'élection présidentielle de 2012.

 

 

Au même moment, le candidat Hollande en campagne promettait à son tour de rendre justice aux harkis. Une promesse tenue hier, avec les mêmes mots que son discours de 2012 : "Je reconnais les responsabilités des gouvernements français dans l'abandon des harkis, les massacres de ceux restés en Algérie et les conditions d'accueil inhumaines des familles transférées dans les camps de France".

 

 

 

Les hommages de la droite et de l'extrême droite

 

Droite et gauche, même devoir de mémoire ? Sur les réseaux sociaux, l'opposition a repris ce discours en responsabilité à l'égard des harkis. "L'honneur d'une Nation, c'est regarder avec courage et lucidité les moments difficiles de son histoire", a tweeté hier Nicolas Sarkozy, au lendemain d'un dépôt de gerbe au pied du Mur des disparus, morts sans sépulture en Algérie, et d'une rencontre avec des harkis à Perpignan, en marge de son meeting.

 

 

Sur Twitter, Marine Le Pen a illustré en photo sa présence à la cérémonie aux Invalides. Tous les ténors de l'extrême droite lui ont fait chorus. "Vivent les Harkis de France, a tweeté David Rachline, sénateur-maire de Fréjus et directeur de campagne de Marine Le Pen pour 2017. Vive le souvenir de la France en Algérie".

 

 

Alain Juppé, l'un des favoris de la primaire de la droite, a célébré cette journée d'hommage à Bordeaux dont il est maire. Auprès d'une famille de harkis en Camargue samedi, François Fillon a plaidé pour que l'on "répare" les injustices. Bruno le Maire a souhaité que soient traitées "avec dignité les questions relatives à l'indemnisation". Nathalie Chifflet (avec AFP)

 


27/09/2016
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