L'AIR DU TEMPS

L'AIR DU TEMPS

HISTOIRE - Flash-back


Franceinfo - les mercredi 2 et jeudi 3 décembre 2020

 

 

Comment Valéry Giscard d'Estaing a cassé les codes de la politique en 1974 : "C'était la première campagne moderne"

 

A l'orée des années 1970, VGE a fait souffler un vent de modernité sur la manière de faire campagne. Une stratégie gagnante, qui a conduit le jeune candidat à l'Elysée. L'ancien président de la République est mort mercredi 2 décembre, à l'âge de 94 ans

 

 

 

Dépénalisation de l'IVG, majorité à 18 ans... Les principales réformes sociétales de Valéry Giscard d'Estaing

 

 

 

L'ancien président Valéry Giscard d'Estaing est mort : retour sur la carrière d'un fervent défenseur de l'Europe à la longévité politique record

 

 

 

 


03/12/2020
0 Poster un commentaire

Franceinfo - les vendredi 20 et samedi 21 novembre 2020

 

 

Décès de Daniel Cordier : cinq choses à savoir sur l'ancien résistant

 

Daniel Cordier, l'un des premiers Français à avoir rallié les Forces françaises libres en juin 1940, s'est éteint vendredi à Cannes (Alpes-Maritimes) à l'âge de 100 ans. Outre son passé de résistant, il était un marchand d'art reconnu et l'auteur de plusieurs ouvrages sur la Seconde Guerre mondiale

 

 

Décès de Daniel Cordier : portrait d'un Compagnon de la Libération

 

Le grand résistant Daniel Cordier s’est éteint vendredi 20 novembre, à l’âge de 100 ans. Il est l'un des premiers à avoir rallié les Forces françaises libres durant la Seconde Guerre mondiale. Un hommage unanime lui est rendu.

 

 

 

Daniel Cordier, l'avant-dernier Compagnon de la Libération et ancien secrétaire de Jean Moulin, est mort à l'âge de 100 ans

 

 


21/11/2020
0 Poster un commentaire

Franceinfo - le mardi 10 novembre 2020

 

 

Marcel Pinte : agent de liaison à 6 ans, mort pour la France en 1944

 

 

13/11/2020
0 Poster un commentaire

Franceinfo - le lundi 2 novembre 2020

 

 

VIDEO. La caricature dans l'Histoire de France : un long combat pour la liberté d'expression

 


03/11/2020
0 Poster un commentaire

De ma messagerie le jeudi 29 octobre 2020

 

 

 

Lettre de Mme de Sévigné à sa fille, le jeudi 30 Avril 1687

 

 

 

"Surtout, ma chère enfant, ne venez point à Paris !

 

Plus personne ne sort de peur de voir ce fléau s’abattre sur nous, il se propage comme un feu de bois sec. Le roi et Mazarin nous confinent tous dans nos appartements.

 

 

Monsieur Vatel, qui reçoit ses charges de marée, pourvoie à nos repas qu'il nous fait livrer.

 

 

Cela m’attriste, je me réjouissais d’aller assister aux prochaines représentations d’une comédie de Monsieur Corneille "Le Menteur", dont on dit le plus grand bien.

 

 

Nous nous ennuyons un peu et je ne peux plus vous narrer les dernières intrigues à la Cour, ni les dernières tenues à la mode.

 

 

Heureusement, je vois discrètement ma chère amie, Marie-Madeleine de Lafayette, nous nous régalons avec les Fables de Monsieur de La Fontaine, dont celle, très à propos, « Les animaux malades de la peste » ! « Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés »".

 

 

Je vous envoie deux drôles de masques ; c’est la grand 'mode. tout le monde en porte à Versailles. C’est un joli air de propreté, qui empêche de se contaminer.

 

 

Je vous embrasse, ma bonne, ainsi que Pauline. »

 

 .............C’était il y a 333 ans ! 

 

 


C’est de toutes les époques et ce n’est peut-être pas fini…le tout étant de garder le moral et de rester optimiste

 


Prenez tous bien soin de vous

 


29/10/2020
0 Poster un commentaire

Franceinfo - le mardi 6 octobre 2020 - mis à jour le 07.10.2020

 

 

"Décolonisations" : "Nous recevons cette histoire en héritage, nous devons la regarder en face et faire le nécessaire pour vivre ensemble"

 


07/10/2020
0 Poster un commentaire

Franceinfo - le jeudi 24 septembre 2020

 

 

Olivier Mazerolle sur le suicide de Pierre Bérégovoy : "Je voyais bien à quel point on abîmait le bonhomme"

 


24/09/2020
0 Poster un commentaire

Franceinfo - le mercredi 26 août 2020

 

 

"En 50 ans, on a fait des pas de géantes !" : les militantes se souviennent des débuts du Mouvement de libération des femmes

 

 

girl-1382947_1920

 

 

Image par Khusen Rustamov de Pixabay 


26/08/2020
0 Poster un commentaire

Le Progrès du dimanche 12 juillet 2020

 

 

COMMÉMORATION - 25 ANS APRES SREBRNICA : LA DOULEUR DES VEUVES DE BOSNIE

 

 

Les musulmans de Bosnie ont commémoré samedi le génocide de Srebrenica il y a 25 ans, pire tuerie sur le sol européen depuis la Seconde Guerre mondiale avec plus de 8000 morts. Jusqu'alors "zone protégée" des Nations unies, Srebrenica a été prise le 11 juillet 1995, cinq mois avant la fin de la guerre. Les dirigeants politique et militaire des Serbes de Bosnie à l'époque des faits, Radovan Karadzic et Ratko Mladic, ont été condamnés à perpétuité par la justice internationale, notamment pour le massacre de Srebrenica et le siège de Sarajevo. A ce jour, près de 6 900 victimes du massacre ont été retrouvées dans plus de 80 fosses communes identifiées. Le massacre de Srebrenica est le seul épisode du conflit bosnien qualifié d'acte de génocide par la justice internationale. Mais sa gravité est toujours minimisée par les dirigeants politiques des Serbes de Bosnie.

 

 

En raison de l'impossibilité de faire venir des foules en une seule journée à cause du Covid-19, les organisateurs ont invité des gens à visiter le Centre mémorial tout au long de juillet.

 


13/07/2020
0 Poster un commentaire

Franceinfo - le lundi 27 janvier 2020

 

 

24 janvier 1960 : le début de la "semaine des barricades" à Alger pendant la guerre d’Algérie

 

avatar
Laurent Ribadeau DumasRédaction AfriqueFrance Télévisions

 

 

Cet épisode figure parmi les moments décisifs de cette guerre coloniale, qui s’est déroulée de 1954 à 1962

 

 

20829959

 

Une femme apporte du café à des émeutiers favorables à l'Algérie française pendant la "Semaine des barricades" (24 janvier-1er février) à Alger. (JEAN-CLAUDE COMBRISSON / AFP)

 

 

 

Du 24 janvier au 31 janvier 1960 se déroule une violente semaine d’affrontements à Alger entre les forces de l’ordre et les Européens d’Algérie. Des évènements qui sont une étape essentielle vers l’indépendance de la colonie. Le 16 septembre 1959, le général de Gaulle, revenu au pouvoir l’année précédente, évoque pour la première fois le "droit des Algériens à l’autodétermination". En clair, le droit de la population algérienne de décider elle-même de son destin.

 

 

Des propos qui contredisent le fameux "Je vous ai compris", prononcé le 4 juin 1958 lors du discours de de Gaulle au balcon du Gouvernement général à Alger devant une foule considérable, majoritairement européenne. Une phrase interprétée par ses auditeurs comme un soutien à "l'Algérie française".

 

 

Quinze mois après, l’annonce du "droit à l’autodétermination" "fait l’effet d’une trahison pour les pieds-noirs" et les partisans de l’Algérie française, note Le Figaro. Les esprits s’échauffent davantage à l’annonce du limogeage du général Jacques Massu, qui est rappelé à Paris. A l'Elysée, on n’a pas apprécié les propos du commandant du Grand Alger au journal allemand Süddeutsche Zeitung. L'officier y critique sans détour la politique du nouveau chef de l’Etat. "L'armée ne pouvait pas s’attendre à ce que le général de Gaulle mènerait une telle politique", affirme-t-il. Et d’enfoncer le clou : "L'armée a le pouvoir. Jusque-là, elle ne l’a pas montré, parce que l’occasion ne s’est pas encore présentée. Mais elle pourrait l’utiliser dans une situation précise" (propos traduits de l’allemand)…

 

 

 

Grève générale

Jacques Massu est "adulé dans la Ville blanche pour y avoir brisé les réseaux" du Front de libération nationale (FLN) algérien avant l’arrivée de de Gaulle au pouvoir (1958), racontent les historiennes Raphaëlle Branche et Sylvie Thénault. La nouvelle de son limogeage "fait éclater une contestation qui grondait depuis des mois. Une grève générale est décrétée à Alger par les nationalistes les plus virulents, massivement soutenus par les Européens."

 

 

Parmi ces nationalistes, on trouve Joseph Ortiz (le "cafetier du Forum"), fondateur du Front national français, et le député Pierre Lagaillarde, de l’Association générale des étudiants d’Alger, officier de réserve parachutiste devenu député en 1958 "sur un programme Algérie française". Celui-ci est l’un des futurs fondateurs de l’Organisation de l’armée secrète (OAS).

 

 

 

Des parachutistes, qui ont fraternisé avec les insurgés, sont alignés le 31 janvier 1960 devant les barricades dressées à Alger pendant la \"emaine des barricades\".

Des parachutistes, qui ont fraternisé avec les insurgés, sont alignés le 31 janvier 1960 devant les barricades dressées à Alger pendant la "emaine des barricades". (JEAN-CLAUDE COMBRISSON / AFP)



Ces mouvements, qui canalisent les énergies, sont soutenus par les unités territoriales (UT), formées pour la plupart avec des réservistes d’origine européenne, qui se réunissent au PC d’Ortiz. Soit 20 000 hommes en possession d’armes de guerre, selon l’historien Jacques Frémeaux. Ces unités ont été organisées par l’armée pour assurer la défense des quartiers.

 

 

Les autorités ont interdit les manifestations. Mais le dimanche 24 janvier, "la foule a largement répondu présente et afflue de toute part dans la capitale algérienne", raconte aujourd’hui le site des archives de l’armée (Ecpad). Plusieurs dizaines de milliers de personnes écoutent les "orateurs les plus convaincus". La construction de barricades commence (d’autres sont également édifiées à Oran et Orléansville mais seront assez rapidement démantelées). En fin de journée éclate une fusillade entre gendarmes et manifestants armés. 14 membres des forces de l’ordre et huit civils sont tués, 59 gendarmes et 33 civils sont blessés, selon un bilan cité par Jacques Frémeaux. Le choc dans l’opinion est énorme.

 

 

 

Camp retranché

Les barricades, édifiées à côté de la Délégation générale du gouvernement en Algérie par des jeunes gens qualifiés par Joseph Ortiz (cité par Jacques Frémeaux) de "remuants et peu responsables", vont finir par former un camp retranché que l’armée hésite à prendre d’assaut. De son côté, "la population civile d’Alger vient soutenir en masse et ravitailler les émeutiers", rapporte le site de l’Ecpad.

 

 

 

Photo, datée de janvier 1960 pendant \"la semaine des barricades\", de Pierre Lagaillarde (au centre). Ce dernier, officier de réserve parachutiste, avait été élu en 1958 député d\'Alger-ville sur la liste Algérie française\".

Photo, datée de janvier 1960 pendant "la semaine des barricades", de Pierre Lagaillarde (au centre). Ce dernier, officier de réserve parachutiste, avait été élu en 1958 député d'Alger-ville sur la liste Algérie française". (AFP)



L’idée des insurgés est de "faire basculer l’armée" vers les partisans de l’Algérie française, analyse Jacques Frémeaux. Et de fait, les militaires, ou au moins une partie d’entre eux, hésitent. Le 25 janvier, "les parachutistes présents observent la foule (…). (Ils) ne font rien pour cadrer l’afflux et empêcher les civils d’accéder aux barricades" (Ecpad). Des cas de fraternisation avec les civils sont signalés. Lors de sa venue à Alger le 26 janvier, le Premier ministre, Michel Debré, constate que les "paras" "ne tireront pas même si l’ordre leur en est donné"...

 

 

Les émeutiers souhaitent aussi montrer qu’ils fraternisent avec la population algérienne, ceux que l’on appelle alors "les musulmans". Ils tentent d’organiser une grande manifestation. "Si de nombreux musulmans se déplacent, il apparaît que cette tentative reste un semi-échec et constitue une sorte de désaveu de la part de (cette) population (…) qui ne se reconnaît pas dans les revendications de l’Algérie française" (Ecpad).

 

 

 

"Des coupables, qui rêvent de devenir des usurpateurs"

Pendant ce temps, Paris louvoie. Le gouvernement sait qu’en raison de l’implication des civils, il risque de provoquer un bain de sang s’il emploie la force. Le 26 janvier, Michel Debré parle de l’Algérie comme d’une "terre française". Tandis que progressivement, le réduit va être isolé du reste du monde. Même si la troupe laisse partir ceux qui veulent quitter les lieux à condition qu’ils ne soient pas armés...

 

 

Le 29 janvier, de Gaulle s’exprime lors d’un discours à son "cher et vieux pays".

 

 

 

INA

 

 

"Tandis que des coupables, qui rêvent de devenir des usurpateurs, invoquent comme prétexte de leurs actes la décision que j’ai prise à propos de l’Algérie, qu’on sache bien et qu’on sache partout que je n’y reviendrai pas", explique notamment, l'air grave, le président français, qui a revêtu son uniforme. En clair : la voie vers l’autodétermination est irrévocable.

 

 

Le 31 janvier, la foule tente à nouveau d’accéder aux barricades. L’armée ne cède pas. Le 1er février, après négociations, Pierre Lagaillarde sort du réduit, accueilli au garde-à-vous par les parachutistes. Il est emprisonné. Alors que Joseph Ortiz s’est enfui. La "semaine des barricades" est terminée.

 

 

L’épisode "préfigure (…) le putsch des généraux d’avril 1961", constate le site de l’Ecpad. Mais pour l’instant, si nombre de chefs militaires semblent plutôt favorables à "l'Algérie française dans la France éternelle", ils restent fidèles au général de Gaulle. Dans le même temps, les événements "ont contribué à discréditer les Pieds-noirs aux yeux d'une opinion française qui faisait massivement confiance au général de Gaulle. (...) Un mur d'incompréhension de plus s'érige entre l'opinion française de métropole et celle d'Algérie", constate Jacques Frémeaux.

 

 

Quatre attitudes du général de Gaulle, revêtu de son uniforme militaire, pendant son discours radiotélévisé du 29 janvier 1960

Quatre attitudes du général de Gaulle, revêtu de son uniforme militaire, pendant son discours radiotélévisé du 29 janvier 1960 (AFP)

 


27/01/2020
0 Poster un commentaire

Franceinfo - le dimanche 19 janvier 2020

 

 

Nigeria : il y a 50 ans, s'achevait la guerre du Biafra, conflit "oublié" des livres d’histoire

 

 

avatar

franceinfo AfriqueRédaction AfriqueFrance Télévisions

 

 

 

Le 15 janvier 1970, cette région du sud-est du Nigeria signe sa reddition, mettant fin à une guerre civile commencée au printemps 1968 et qui a fait des millions de morts et de déplacés. Aujourd’hui encore, cette histoire constitue un véritable "trou noir" dans la mémoire collective du pays

 

 

20775655

 

Des soldats de l'armée biafraise se préparent à résister à une offensive de l'armée fédérale nigériane en août 1967. (- / AFP)

 

 

 

"Fine moustache et grand sourire, le général Gowon (président du Nigeria, NDLR) serre chaleureusement la main du représentant officiel des sécessionnistes biafrais, Philip Effiong, et lui adresse un sonore 'Welcome back, Philip'", raconte Jeune Afrique. La scène se passe le 15 janvier 1970 au quartier général de Dodar, près de Lagos, alors capitale du Nigeria. Elle met fin à la guerre du Biafra (sud-est), l’un des conflits les plus meurtriers du XXe siècle, qui a fait plus d’un million de morts, voire deux, et des millions de déplacés.  

 

 

 

Conflit d’une rare atrocité

La guerre avait commencé 28 mois plus tôt, le 30 mai 1967 : des généraux de l’ethnie igbo, troisième communauté du Nigeria avec les Yorubas et les Haoussas, avaient alors proclamé l’indépendance de leur province qui regroupait environ 10% des habitants du pays, en majorité chrétiens. Ceux-ci "se sentaient exclus de la vie socio-politique", rapporte Le Point, notamment après l’assassinat en 1966 du général Thomas Aguiyi-Ironsi, le seul président d’origine igbo. Dans le même temps, la partie orientale du Nigeria "est la région la plus riche en ressources agricoles, minières et avant tout pétrolières". Elle est donc forcément vitale pour le pouvoir de Lagos, dominé par les musulmans du Nord.

 

 

Les richesses du sous-sol, "manne et malédiction" du Nigeria, attisent alors déjà les convoitises étrangères : Londres, Washington, Moscou, l’Organisation de l’unité africaine (future Union africaine) soutiennent Lagos, tandis que la France apporte son aide au Biafra, notamment en livrant des armes. Le général de Gaulle y voyait l’occasion "d’affaiblir un pays anglophone dont tous les pays voisins sont francophones et, par ricochet, de nuire au Royaume-Uni et aux Etats-Unis", observe RFI.

 

 

Il n’y a jamais eu de bilan définitif pour dénombrer les victimes (plus d’un million ?) d’un conflit d’une rare atrocité, à l’origine d’une famine à grande échelle (en août 1968, il y aurait eu 6 000 morts par jour, selon Le Figaro !). Cette famine est provoquée par le blocus total de la région sécessionniste imposé par le pouvoir nigérian depuis le début de la guerre.

 

 

 

Enfants venus du Biafra, dénutris, nourris par un assistant médical, dans un hôpital militaire français à Libreville (Gabon), le 15 mars 1969

Enfants venus du Biafra, dénutris, nourris par un assistant médical, dans un hôpital militaire français à Libreville (Gabon), le 15 mars 1969 (- / AFP)



"Les images diffusées par les médias d'enfants malnutris au ventre gonflé bouleversent l'opinion internationale. Les organisations humanitaires tentent de contourner les réticences de Lagos qui soupçonne – à juste titre – les convois humanitaires de transporter armes et mercenaires. Des 'vols-pirates' sont organisés pour apporter des vivres aux populations à l'agonie", raconte Le Figaro. Des médecins, notamment français, viennent soigner les victimes. Le mouvement Médecins sans Frontières (MSF) est d’ailleurs fondé après cette guerre.

 

 

 

Les traumatismes de la guerre passés sous silence

En 2020, le Nigeria, pays de près de 200 millions d'habitants, célèbre les 50 ans de la fin de la guerre sans une seule commémoration officielle. "L'histoire de notre pays a été très brutale, l'ancienne génération a vécu des traumatismes importants", confie à l’AFP l’écrivain nigérian Diekoye Oyeyinka"On les a juste balayés sous les tapis, comme si cela n'avait jamais existé. Mais sans connaître le passé, nous allons réitérer les mêmes erreurs."

 

 

Au Nigeria, personne ne se souvient de ces événements. Sauf à Enugu, ancienne capitale de la république biafraise. Là, les habitants n'ont pas oublié les 13, 14 et 15 janvier 1970, les jours de reddition, de capitulation. Ni le fameux discours du général Gowon, appelant à la réconciliation nationale et assurant qu'il n'y avait "ni vainqueur, ni vaincu". Ils n'ont pas oublié non plus l'exil forcé en Côte-d’Ivoire de leur leader, le colonel Odumegwu Emeka Ojukwu, décédé en 2011. Ni son retour triomphal en 1982, après avoir été gracié et avant d’être emprisonné pendant 10 mois.

 

 

 

Nouveaux mouvements séparatistes

Aujourd'hui, les Igbos continuent à se sentir marginalisés, "sous occupation". Ils se plaignent d'être injustement traités par le gouvernement de Muhammadu Buhari, ancien général originaire du nord du pays. Et des drapeaux biafrais sont toujours brandis ici et là sur les devantures des immeubles ou le long des routes, avant d'être détruits par les forces de sécurité, toujours massivement déployées.

 

 

 

Des drapeaux biafrais sont brandis, le 29 février 2012 à Nwewi (sud-est du Nigeria), lors d\'une marche en l\'honneur du leader biafrais Odumegwu Emeka Ojukwu, décédé en novembre 2011.

Des drapeaux biafrais sont brandis, le 29 février 2012 à Nwewi (sud-est du Nigeria), lors d'une marche en l'honneur du leader biafrais Odumegwu Emeka Ojukwu, décédé en novembre 2011.(SUNDAY ALAMBA/AP/SIPA / AP)



La récente fermeture de l'aéroport d'Enugu et le saccage par les douanes de boutiques appartenant à des Igbos, début décembre 2019 à Lagos, attisent ce sentiment d'exclusion et les velléités indépendantistes, portées par une nouvelle génération. Les mouvements séparatistes igbos émergent à nouveau depuis quelques années. Le plus important d'entre eux étant le Mouvement indépendantiste pour les peuples autochtones du Biafra (Ipob), qui mène d’intenses campagnes de propagande sur les réseaux sociaux. Ce mouvement a été classé "organisation terroriste" par les autorités.



"Ne pas parler (de la guerre, NDLR), ne pas l'écrire, c'est laisser de la place à une histoire inventée et à la désinformation", a expliqué à l’AFP l’universitaire Patrick Utomi, ancien conseiller d’Alex Ekwueme, premier vice-président igbo (1979-1983) du pays. "Le Nigeria est aujourd'hui plus divisé qu'il ne l'a jamais été avant la guerre civile. Nous n'avons rien appris", estime-t-il.

 

 

 

Une histoire tronquée

Après des années d'oubli, le gouvernement actuel n’a réintroduit qu’à la dernière rentrée l'histoire comme matière obligatoire dans les programmes scolaires. Et encore seulement pour les 10 à 13 ans. "C'est essentiel pour nous construire notre identité et des valeurs patriotiques", reconnaît Sonny Echono, secrétaire général du ministère de l'Education, interrogé par l'AFP.

 

 

Problème : les écoles manquent cruellement de professeurs qualifiés. Et surtout la guerre civile, qui n'a jamais eu de version officielle approuvée, n'est toujours pas au programme. "Nous devons l'enseigner à nos enfants", martèle Egodi Uchendu, professeur d'histoire à l'université de Nsukka, ville où ont commencé les combats en 1967. "Les Nigérians du Sud-Est n'ont pas vécu la guerre de la même manière que dans les autres régions du pays. Il faut écouter toutes ces versions", ajoute-t-il.

 

 

 

"Il faut en parler. Sinon on ne guérira jamais"

La journaliste américano-nigériane Chika Oduah a parcouru le pays pour collecter plusieurs centaines de témoignages bruts de victimes, témoins ou soldats, qu'elle publie ensuite sur un site d'archives, Biafran War Memories. Nombre de personnes qu'elle a rencontrées racontaient pour la première fois comment leurs proches sont morts. Comment ils ont dû boire leur propre urine ou vivre cachés pendant des années dans la forêt. "Un vieux soldat du Nord a fondu en larmes en évoquant la mort de son frère", a raconté la jeune femme à l'AFP.

 

 

 

Des soldats de l\'armée fédérale nigériane patrouillent le 13 novembre 1967 près de Calabar (sud-est), plus ancien port de la côte ouest-africaine repris aux forces sécessionnistes biafraises.

Des soldats de l'armée fédérale nigériane patrouillent le 13 novembre 1967 près de Calabar (sud-est), plus ancien port de la côte ouest-africaine repris aux forces sécessionnistes biafraises. (COLIN HAYNES / AFP)



Elle-même a appris à l'âge de 17 ans, quand elle vivait aux Etats-Unis, que sa mère, alors enfant, avait passé deux ans dans un camp de réfugiés. Elle ne le lui avait jamais dit auparavant. "Tout le monde voulait aller de l'avant, penser à l'avenir, pas au passé", analyse la journaliste. Et de poursuivre : "Mais il faut en parler. Sinon on ne guérira jamais."

 


19/01/2020
0 Poster un commentaire

Franceinfo - le dimanche 29 décembre 2019

 

 

 

Notre-Dame, Fukushima, 13-Novembre, Coupe du monde... La décennie 2010 résumée en 100 photos

 

avatar

Vincent MatalonFrance Télévisions

 

 

 

De 2010 à 2019, franceinfo a sélectionné cent images résumant l'actualité de chaque année écoulée

 

 

 

Que retiendrez-vous des années 2010 ? Alors que la décennie touche à sa fin, franceinfo a sélectionné 100 photos d'actualités qui ont marqué la décennie. Choisir seulement une centaine d'images n'a pas été simple, tant les bouleversements ont été majeurs, notamment à l'international. Qu'il s'agisse de révoltes dans les pays arabes (TunisieEgypteLibyeSyrie ou plus récemment en Algérie), de crises liées aux migrations, de mobilisations contre le changement climatique ou de conflits sanglants au Yémen, au Sahel ou à la frontière turquo-syrienne, les équilibres du monde tel qu'il était il y a dix ans ont été bouleversés.

 

 

L'actualité politique et nationale a été tout aussi riche. On peut ainsi citer la contestation de la réforme des retraites il y a presque dix ans (déjà !), la disgrâce de Dominique Strauss-Khan, les élections de François Hollande puis d'Emmanuel Macron à l'Elysée, ou encore la crise des "gilets jaunes"... Sans oublier les attentats qui ont endeuillé la France : celui de janvier 2015 contre la rédaction de Charlie Hebdo, ceux du 13-Novembre à Paris et Saint-Denis et celui du 14 juillet 2016 à Nice.

 

 

Franceinfo vous propose un retour en images sur ces événements en cent clichés, forcément non-exhaustifs.

 

 

Lien ci-dessous :

 

EN IMAGES. Notre-Dame, Fukushima, 13-Novembre, Coupe du monde... La décennie 2010 résumée en 100 photos

 


29/12/2019
0 Poster un commentaire

Franceinfo - le dimanche 22 décembre 2019

 

 

Cinquante-six ans avant la cagnotte pour les grévistes de la SNCF, retour sur l'incroyable élan de solidarité pour les mineurs de 1963

 

avatar

Pierre GodonFrance Télévisions

 

 

 

Alors que la grève des conducteurs à la SNCF et à la RATP est entrée dans sa troisième semaine, retour sur un des plus importants conflits sociaux du XXe siècle dans l'Hexagone. A l'époque, cette grève des mineurs avait provoqué une vague de dons sans précédent

 

 

20632951

 

Les mineurs lorrains sont accueillis en héros par les ouvriers de Bobigny (Seine-Saint-Denis), le 13 mars 1963.  (AFP)

 

 

 

"Cette grève, on ne l'a pas gagnée tous seuls, les mineurs. Sans tous les gens qui nous ont aidés, jamais on aurait tenu 34 jours, jamais on aurait fait plier De Gaulle." L'homme qui parle, c'est Martial Ansart, ancien mineur de fond à Hersin-Coupigny (Pas-de-Calais). Il a 17 ans le 1er mars 1963, premier jour d'un des conflits sociaux les plus importants du XXe siècle en France et objet de l'élan de générosité le plus spectaculaire jamais constaté dans le pays. De quoi vous faire regarder d'une autre façon les cagnottes ouvertes en 2019 pour soutenir les grévistes opposés à la réforme des retraites

 

 

L'adage syndical dit qu'il faut savoir terminer une grève. Faire preuve de ruse pour bien la commencer, c'est bien aussi. Louis Bembenek, 24 ans en 1963, et mineur à la fosse Delloye de Lewarde (Nord) raconte : "L'hiver 1962-63 avait été terrible. La CFTC voulait lancer un mouvement de grève dès début janvier, mais on [la CGT, majoritaire chez les mineurs] a dit non. Tout simplement parce que ça allait pénaliser les gens. Tout le monde se chauffait au charbon à l'époque. Pour ne pas braquer d'entrée l'opinion publique, on a débuté le mouvement en mars." Principale revendication des gueules noires : une augmentation des salaires alors que l'inflation s'envole et que les autres professions obtiennent des rallonges.

 

 

 

Quand De Gaulle dégaine "la bombe atomique"

Le contexte leur est favorable, souligne l'historien Stéphane Sirot, spécialiste de l'histoire des mineurs : "En 1963, l'après-guerre n'est pas si loin, et chacun a en mémoire la 'bataille du charbon' [en 1945, quand les mineurs ont mis les bouchées doubles pour aider à redresser le pays]. La puissance du Parti communiste français (PCF), qui a construit son image adossée à celle du mineur, est au plus haut, et numériquement, avec 200 000 mineurs, c'est une des professions les plus importantes de France." Sans compter que le pouvoir, pas encore habitué à mettre les mains dans le cambouis social après la longue séquence algérienne, commet une bourde majeure dès le début du conflit.

 

 

Dès le 2 mars, de Gaulle signe un ordre de réquisition des mineurs depuis sa maison de Colombey-les-Deux-Eglises (Haute-Marne), un samedi soir. "Rien moins que la bombe atomique en matière de relations sociales", commente Stéphane Sirot. La Lorraine puis le Nord-Pas-de Calais refusent l'oukaze du général. Lundi 4 mars, le "Grand Charles" se retrouve avec 200 000 grévistes résolus en face de lui.

 

 

 

De l'aide venue du bloc communiste

"Je me souviens des miracles que faisaient les mamans pour remplir les assiettes", raconte Jean-Pierre Hainaut, 11 ans à l'époque et un père mineur à la fosse 21 à Harnes (Pas-de-Calais). Pourtant, ce n'est pas grâce à leurs potagers que les mineurs survivent. A part quelques poireaux et quelques carottes, en mars, ils n'ont pas grand-chose à se mettre sous la dent. Les mécanismes traditionnels de solidarité du bassin minier se mettent en place : les commerçants font crédit, les maires offrent des repas gratuits pour les enfants dans les cantines scolaires...

 

 

"Le syndicat des mineurs nous distribuait du lait et des sardines qu'il mettait sur la pierre de notre porte, se souvient Horia, fille de mineur âgée de 12 ans à l'époque. Il fallait surveiller pour ne pas se les faire chiper. Dans le jardin, on avait des bêtes, des moutons, des poules et des lapins. On a fini par y ajouter un chien, car la nuit, on essayait de nous voler. On a finalement trouvé le coupable grâce aux plumes. C'était le voisin. Après une bonne explication façon boxeur, on est finalement devenus les meilleurs amis du monde."

 

 

 

Une manifestation de femmes de mineurs en mars 1963.

Une manifestation de femmes de mineurs en mars 1963. (PAUL SCHUTZER / THE LIFE PICTURE COLLECTION)

 

 

 

Mais les choses basculent rapidement dans une autre dimension. Très vite, l'URSS, la Tchécoslovaquie et la Pologne débloquent des fonds. Rien de très surprenant de la part de pays communistes du bloc de l'Est. Mais de l'argent arrive aussi en provenance du Vietnam, du Pérou ou du Chili... "C'était marginal, mais hautement symbolique", souligne Stéphane Sirot. Il n'y a pas que des fonds qui arrivent. "Un midi, on frappe à la porte, raconte Daniel, à l'époque adolescent, qui vit avec ses cinq frères et sœurs et sa mère célibataire dans un logement modeste. On ouvre. Sur le seuil, des gens qui ne parlaient pas très bien français. C'étaient des Hollandais qui nous apportaient du pain."

 

 

 

Lens, centre du monde

Des camions avec des plaques étrangères, on en a vu un paquet dans le bassin minier en ce printemps. Selon la légende, un camion belge ou polonais rempli jusqu'à la gueule n'arrivait plus à repasser le porche de la maison syndicale de Lens une fois déchargé. C'est à Lens qu'étaient centralisés les vivres, répartis ensuite dans les différentes communes. "Et après, on passait avec un mégaphone dans les rues pour appeler les gens à se rendre place de la mairie avec leur livret de famille", raconte l'ancien mineur Martial Ansart. 

 

 

 

Les mineurs du bassin minier du Pas-de-Calais manifestent à Lens, en mars 1963.

Les mineurs du bassin minier du Pas-de-Calais manifestent à Lens, en mars 1963. (REPORTERS ASSOCIES / GAMMA-RAPHO)


 

Les Français des autres régions ne restent pas les bras croisés. Ils découvrent dans la presse des témoignages effarants, comme celui de ce "vieillard de 40 ans" rencontré par un journaliste de L'Aurore : "Dans ma famille, on était douze à la mine. Onze sont morts avant 50 ans et moi, je suis silicosé à 45%. (...) Même les Allemands, tu m'entends, même les Allemands, sous l'Occupation, ils ne nous ont pas réquisitionnés." Autre point significatif pour l'opinion : les mineurs organisent des défilés colossaux, mais contrairement à d'habitude, le conflit social ne dégénère pas en conflit tout court. "Lors de la plus grosse manifestation à Lens, on était 80 000, il n'y a pas eu une ampoule de cassée", souligne l'un d'eux. Cela permet à beaucoup de se sentir solidaires. Et nombreux sont ceux qui contribuent avec un petit billet glissé aux quêteurs envoyés par le PCF et la "Cégette" un peu partout en France.

 

 

Quand il bat le pavé en banlieue parisienne, le mineur cégétiste de Lewarde Louis Bembenek tient dans sa main droite un panier, dans l'autre sa fiche de paye. "Mon épouse avait un oncle, huissier au Sénat, qui refusait de croire qu'on gagnait si peu que ça. Alors je montrais mon salaire à qui voulait voir !" Quelques kilomètres plus loin, Martial Ansart se retrouve sur le marché de Nanterre (Hauts-de-Seine), épicentre de ce qu'on appelait alors la "ceinture rouge" de Paris. "D'un seul coup, une vieille dame, originaire d'Hersin, qui devait me connaître de vue, se plante devant moi et me tend une tarte à la crème. 'Tiens min tchiot, t'as faim' ["tiens mon garçon, tu as faim", en patois ch'ti]. Un gars de la Seita m'a aussi donné une cartouche de cigarettes, j'ai aussi récolté beaucoup d'argent... J'ai tout partagé, bien sûr, sauf la tarte."

 

 

 

Johnny offre le cachet d'un concert

Dans la famille Ansart, le père, bouffeur de curé convaincu, se voit assigner le point stratégique... de la sortie de la messe. Le premier à se précipiter pour lui tendre quelques billets, c'est l'homme en soutane en personne. "Ce qu'il a pu se faire chambrer après ça !" sourit le fiston. Par la voix des archevêques de Cambrai et d'Arras, l'Eglise catholique prend publiquement position en faveur des mineurs : "Cette grève nous concerne tous. Nous devons nous sentir solidaires de toutes les souffrances." Louis Bembenek, à la CGT, se retrouve lors d'une quête à Cambrai invité dans les locaux de l'archevêché. "C'est vrai qu'une telle rencontre peut surprendre... J'ai encore la photo !" sourit-il. Au total, les sommes récoltées dépassent les 2 millions d'euros au cours actuel. Le plus gros donateur est peut-être un certain Johnny Hallyday, qui offre le cachet de son concert (estimé à 7 500 euros) à Decazeville, dans l'Aveyron, aux grévistes. "Cette somme constitue un record, à ma connaissance, assure l'historien Stéphane Sirot. Mais rapportez-la au nombre de grévistes : à peine 10 euros par tête."

 

 

 

 

 

Au début de la quatrième semaine de grève, pour soulager les familles, le Parti communiste lance un appel pour accueillir les enfants du bassin minier dans des familles d'accueil pendant les vacances de Pâques. Ce ne sont pas moins de 23 000 enfants qui s'extraient de l'angoisse de l'assiette vide pendant deux semaines. Pour Daniel Doutrelon, 14 ans, direction le "10-12 rue Epoigny à Fontenay-sous-Bois, téléphone Tremblay 13-27. Je m'en rappellerai toute ma vie." Il tombe chez un négociant en matériaux de construction marié à une secrétaire. Leur fils unique a quitté le nid et laisse à l'enfant de la fosse 9 "une chambre immense, une salle de bains et même un transistor !" Le couple du Val-de-Marne voulait bien accueillir un enfant du bassin minier, mais plutôt âgé. "Et pour cause, raconte Daniel. Ils m'ont prêté un vélo, me donnaient de l'argent le matin, et me disaient 'Va donc jouer au bowling' ou 'Va visiter le Sacré-Cœur !'"

 

 

 

 

 

 

C'est parti pour quinze jours de liberté, gravés dans sa mémoire. "Comme mes frères et sœurs plus jeunes avaient été placés à Vincennes, pendant ce temps-là, ma mère était soulagée." Cette colonie de vacances aussi massive qu'improvisée donnera lieu à un très beau documentaire, Grève des mineurs de 1963, merci Papa ! Les Bernard, Daniel les a revus, une fois. "Ils étaient montés jusqu'à Lens en juillet pour me proposer une place dans leur entreprise familiale." Sa maman a dit non. Sur le coup, le fils n'a pas moufté. Aujourd'hui, il en conçoit une pointe de regret. Surtout que la prochaine rencontre n'aura jamais lieu. "C'était en 1974 ou en 1975, j'étais dans le secteur, je suis retourné les voir. C'était un samedi. J'arrive, les volets sont fermés. Je demande à un voisin. 'Monsieur Bernard ? On l'enterre aujourd'hui', m'a-t-il répondu."

 

 

Quand les enfants reviennent au bercail, les mineurs ont gagné sur toute la ligne : +10 % de salaire, une semaine annuelle de congés payés supplémentaire... Quelques mois plus tard, l'heure est aux remerciements. C'est à l'avant d'un camion rempli de charbon que Martial Ansart reprend la route de Nanterre. Accroché en haut du prise-brise, un calicot sur lequel est écrit 'Les mineurs remercient'. "On avait choisi le jour du banquet des aînés. On arrive dans une grande salle, sur un tapis rouge. En face de nous, une grande table en U. Et d'un seul coup, tous les anciens se sont levés et ont entonné à pleins poumons L'Internationale. Quelle communion ! Je n'ai jamais vécu ça de nouveau. Jamais." 

 


22/12/2019
0 Poster un commentaire