OUTRE-MER - L'AIR DU TEMPS

L'AIR DU TEMPS

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OUTRE-MER


Franceinfo - le dimanche 4 novembre 2018

 

 

Nouvelle-Calédonie : le "non" à l'indépendance l'emporte avec 56,4% des voix, selon des résultats définitifs

 

 

 

La participation a été massive, avec 80,63% de votants

 

 

 

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Un drapeau français flotte, accroché à une voiture, le 4 novembre 2018 à Nouméa, en Nouvelle-Calédonie. (NICOLAS JOB / SIPA)

 

 

 

La Nouvelle-Calédonie a choisi de rester française. Le "non" à l'indépendance l'a emporté, dimanche 4 novembre, lors d'un référendum historique organisé sur ce territoire situé à 18 000 km de Paris. Le "non" a obtenu 56,4% des voix, contre 43,6% pour le "oui", a indiqué le Haut-Commissariat. Le score du "non" se situe cependant très en deçà des prévisions des sondages, qui l'annonçaient entre 60 et 70%. La participation a été massive, avec 80,63% de votants.

 

 

Dans une allocution filmée depuis le palais de l'Elysée, Emmanuel Macron a exprimé son "immense fierté que nous ayons passé ensemble cette étape historique". "Je veux aussi dire la fierté pour le chef de l'État que la majorité des Calédoniens aient choisi la France", a déclaré le président de la République, en estimant qu'il n'y avait "pas d'autre chemin que celui du dialogue".

 


12/11/2018
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Franceinfo - le jeudi 1er novembre 2018

 

 

L'article à lire pour comprendre le référendum sur l'indépendance de la Nouvelle-Calédonie

 

 

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Yann ThompsonFrance Télévisions

 

 

 

Dimanche 4 novembre, cet archipel du Pacifique Sud, colonisé au XIXe siècle et toujours marqué par de fortes inégalités, a la possibilité de quitter le giron français

 

 

 

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 Des militants de l'Union syndicale des travailleurs kanak et des exploités défilent dans les rues de Nouméa (Nouvelle-Calédonie) à l'occasion de la Fête du travail, le 1er mai 2018. (THEO ROUBY / HANS LUCAS / AFP)

 

 

 

La République française va-t-elle perdre près de 270 000 habitants ? Dimanche 4 novembre, un référendum organisé en Nouvelle-Calédonie va déterminer le futur de cette entité d'outre-mer, dont une partie des habitants réclament l'indépendance. Un éventuel départ constituerait une première pour la France depuis les deux derniers grands référendums de décolonisation aux Comores, en 1974, et à Djibouti, en 1977, et l'indépendance du Vanuatu en 1980. Pour avoir les idées au clair sur ce scrutin, suivez le guide.

 

 

 

C'est où déjà la Nouvelle-Calédonie ?

Le chef-lieu de la Nouvelle-Calédonie, Nouméa, se situe à près de 17 000 km de Paris, dans le Pacifique Sud. Doté d'un des plus grands ensembles de lagons du monde, cet archipel baigne à l'est de l'Australie, au nord de la Nouvelle-Zélande et à l'ouest du Vanuatu et des îles Fidji.

 

 

 

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La Nouvelle-Calédonie est divisée en trois provinces : la province Nord et la province Sud, sur l'île principale, et les îles Loyauté (Lifou, Maré, Ouvéa et Tiga), à l'est de la "Grande Terre". Seule grande ville du territoire, Nouméa concentre dans son agglomération les deux-tiers des 270 000 habitants de Nouvelle-Calédonie.

 

 

 

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Ça fait longtemps que c'est français ?

La France de Napoléon III a pris possession de l'archipel en 1853. Elle y a vite installé un bagne, réparti sur plusieurs sites, qui a accueilli jusqu'en 1924 des condamnés politiques et de droit commun. Ces derniers, les plus nombreux des bagnards, sont mis à contribution pour construire des routes et des bâtiments. L'administration coloniale déplace également des autochtones kanaks dans des réserves réparties sur l'ensemble du territoire – les zones confisquées finissent entre les mains de colons ou de bagnards libérés.

 

 

Après l'échec de révoltes kanakes, notamment en 1878 et 1917, un mouvement de revendication séparatiste s'organise à l'orée des années 1970. Devenus minoritaires démographiquement, les Kanaks sont portés par les idéaux de Mai-68 et la remise en cause de l'ordre établi. Les tensions communautaires s'accentuent et explosent finalement dans les années 1980, où une quasi guerre civile fait quelque 70 morts.

 

 

 

J'ai entendu parler du drame d'Ouvéa...

En mai 1988, 23 gendarmes sont pris en otage par des indépendantistes et l'assaut de la grotte d'Ouvéa pour les libérer fait 21 morts. Cet épisode fait l'effet d'un électrochoc dans l'archipel et ouvre la voie à un travail de réconciliation. Dès juin 1988, les indépendantistes et les loyalistes signent, à Paris, les accords de Matignon, qui prévoient notamment l'organisation d'un référendum d'autodétermination dix ans plus tard.

 

 

>> GRAND FORMAT. "Ça tirait dans tous les sens" : il y a 30 ans, l'armée donnait l'assaut pour libérer les otages de la grotte d'Ouvéa

 

 

En 1998, l'échéance est remise à plus tard. Avec l'entremise de l'Etat, les deux camps s'entendent sur un nouveau processus de décolonisation par étapes sur vingt ans, formalisé par l'accord de Nouméa. Ce texte fondateur, approuvé par 72% des Calédoniens lors d'un référendum, institue une citoyenneté calédonienne et permet des transferts progressifs des compétences non régaliennes. Surtout, il prévoit l'organisation d'une consultation populaire d'autodétermination entre 2014 et 2018.

 

 

 

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 Le Premier ministre, Lionel Jospin (c), observe une poignée de mains entre l'indépendantiste Roch Wamytan (g) et le non-indépendantiste Jacques Lafleur (d), le 5 juin 1998, après la signature d'un accord à Nouméa (Nouvelle-Calédonie). (MEIGNEUX/SIPA)

 

 

Ce référendum va donc voir le jour, enfin !

 

Trente ans après les accords de Matignon, nous y voilà. Les Calédoniens sont appelés à répondre à la question suivante :

 

 

 

Voulez-vous que la Nouvelle-Calédonie accède à la pleine souveraineté et devienne indépendante ?

 

 

 

Ce sont précisément 174 154 électeurs qui pourront défiler dans l'isoloir. La composition du corps électoral pour cette consultation a fait l'objet d'âpres négociations, si bien que les non-Kanaks arrivés après 1993 ne pourront pas faire entendre leur voix. Les Kanaks, eux, qui ne représentent plus que 39% de la population, sont sur-représentés. Ils forment même 63% de ce corps électoral, selon le Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS).

 

 

 

 

Quelles sont les forces politiques en présence ?

 

La famille indépendantiste dispose de 25 élus sur 54 au Congrès de Nouvelle-Calédonie, l'instance législative locale. Elle est dominée par le FLNKS, un regroupement de quatre partis politiques, qui appelle le "peuple kanak" à "conclure un combat qui dure depuis 164 ans". Plus radical et très minoritaire, le Parti travailliste prône, lui, "une non participation massive" au référendum, qu'il juge trop ouvert aux non-Kanaks"Nos militants joueront aux boules ou iront à la pêche", prévient son leader.

 

 

 

En face, les non-indépendantistes sont majoritaires au Congrès, avec 29 membres. Divisés, ils mènent campagne sur le terrain autour de slogans tels que "La France est une chance" ou "Pour une Nouvelle-Calédonie dans la France et dans la paix". En mai, ils ont reçu le soutien (timide) d'Emmanuel Macron. En visite à Nouméa, le président de la République n'a pas souhaité "prendre parti dans ce référendum" mais a affirmé que "la France serait moins belle sans la Nouvelle-Calédonie".

 

 

 

 

Les indépendantistes ont-ils leurs chances ?

 

Elles semblent très minces. Dans une enquête (PDF) réalisée à la mi-septembre par l'institut Harris interactive pour France Télévisions, 66% des personnes exprimant un choix de vote sur le référendum déclaraient leur intention de glisser un bulletin "Non" dans l'urne, quand 34% privilégiaient le "Oui" en faveur de l'indépendance.

 

 

 

De son côté, à partir d'une étude (PDF) menée en août, l'institut Quidnovi avançait que "69 à 75% [des votants] voteraient 'Non' à la consultation du 4 novembre 2018". Il ajoutait que "52% des Kanaks voteraient 'Oui' à l'indépendance, 37% voteraient 'Non' et 11% ne savent pas encore".

 

 

 

 

Les gens ont peut-être des doutes sur la viabilité du projet indépendantiste...

 

Oui, bon nombre d'entre eux estiment que, malgré ses richesses, le territoire n'est pas prêt. La Nouvelle-Calédonie possède l'une des économies les plus solides et les plus dynamiques de l'outre-mer français. Sa principale ressource locale est le nickel, qui représente près d'un cinquième du produit intérieur brut local et plus de 10 000 emplois salariés directs ou indirects. "Mais cela ne suffira pas" à combler "les transferts de l'Etat", qui sont "de 140 à 150 milliards de francs Pacifique" par an (1,17 à 1,26 milliard d'euros), estime l'économiste Olivier Sudrie, spécialiste de l'outre-mer. "L'un des handicaps dont souffre la Nouvelle-Calédonie, c'est sa faible compétitivité, ajoute l'économiste. On y est assez peu productifs et les prix et salaires y sont relativement élevés. Donc on a du mal à produire calédonien et encore plus de mal à vendre sur les marchés internationaux."

 

 

 

 

On se dirige donc vers un statu quo ?

 

Pas vraiment. D'une part, en cas de rejet de l'indépendance, l'accord de Nouméa prévoit l'organisation d'un deuxième voire d'un troisième référendum d'ici à 2022. D'autre part, il faut s'attendre à un peu plus d'autonomie pour la Nouvelle-Calédonie, qui "peut être une nation sans être un Etat", comme l'explique le député calédonien anti-indépendantiste Philippe Gomès :

 

 

 

Ce n'est pas parce qu'un 'non' massif à l'indépendance va être probablement au rendez-vous que le droit à l'autodétermination s'éteint pour autant. Philippe Gomès

 

 

 

L'enjeu sera également de poursuivre le travail de rééquilibrage entamé en faveur des Kanaks, qui restent largement défavorisés, et de construire le "destin commun" prévu par l'accord de Nouméa. "Le 5 novembre, quel que soit le résultat, les signataires devront se parler pour construire la suite, pour faire en sorte qu'au-delà de ce moment binaire où certains diront oui et d'autres non, la Nouvelle-Calédonie puisse construire l'avenir avec un peuple qui souhaite, au fond, vivre et vivre en paix sur le Caillou", a plaidé le Premier ministre, Edouard Philippe, en juillet. Il a depuis annoncé qu'il viendrait sur le "Caillou" le 5 novembre.

 

 

 

 

J'ai eu la flemme de tout lire, vous pouvez me faire un résumé ? ;)

 

Dans le cadre d'un processus d'apaisement politique entamé il y a trente ans, près de 175 000 électeurs iront voter, le 4 novembre, pour ou contre l'indépendance de la Nouvelle-Calédonie. Dans ce territoire marqué par la colonisation et le cantonnement des autochtones, la principale formation indépendantiste appelle le "peuple kanak" à "conclure un combat qui dure depuis 164 ans". Les sondages donnent toutefois le camp du "non" largement gagnant. En cas d'échec, les séparatistes pourront compter sur un deuxième voire un troisième référendum dans les quatre prochaines années. De leur côté, soucieux d'éviter de nouvelles tensions, les partisans du maintien dans la France se disent attachés à la construction d'une "nation" calédonienne, à défaut d'un Etat.

 


12/11/2018
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Franceinfo - le mardi 13 mars 2018

 

 

Crise à Mayotte : pourquoi l'île française est en grève générale depuis près d'un mois

 

 

Une ministre qui "n'est pas la bienvenue" à Mayotte, des maires qui menacent de fermer les écoles et des manifestants qui veulent encercler Mamoudzou : les propositions du gouvernement pour renforcer la sécurité dans l'île et lutter contre l'immigration n'ont pas calmé la mobilisation populaire

 

 

 

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Des Mahorais manifestent lors d'une journée "île morte", vendredi 9 mars 2018, près de Koungou à Mayotte.  (ORNELLA LAMBERTI / AFP)

 

 

 

Les Mahorais sont à bout de nerfs. L'île de Mayotte, département français depuis 2011, est secouée depuis près de trois semaines par un mouvement de contestation populaire. Dénonçant notamment l'insécurité qui règne sur l'île, une manifestation a rassemblé plusieurs milliers de personnes, le 7 mars. Pour y répondre, la ministre des Outre-mer, Annick Girardin, est en visite sur place, lundi 12 mars. 

 

 

Peu avant, dimanche 11 mars, des manifestants ont érigé plusieurs barrages à Longoni, au nord de Mayotte, bloquant le port principal de l'île et empêchant tout ravitaillement. Les trois barrages, "hermétiques", ont été mis en place dès 8 heures, a affirmé Maoulida Momed, un des porte-parole du mouvement qui a déclaré que "rien ne rentrait, rien ne sortait".

 

 

Un durcissement du mouvement est même prévu pour lundi 12 mars, ont prévenu vendredi ses organisateurs. Ils envisagent désormais l'encerclement de la capitale, Mamoudzou. Des maires, solidaires du mouvement, menacent de fermer les écoles, voire de ne pas organiser l'élection législative partielle prévue le 18 mars. Mais quelles sont les raisons de cette colère ? 

 

 

 

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L'insécurité grandissante

 

L'insécurité, et notamment les actes de délinquance commis autour des établissements scolaires par des bandes, est à l'origine de ce mouvement populaire. Le 19 janvier, de violents affrontements (caillassages et bagarres entre bandes rivales) ont éclaté au lycée Kahani de Mamoudzou, nécessitant l'intervention des forces de l'ordre et l'évacuation des élèves. Les agents décident immédiatement d'exercer leur droit de retrait, raconte La 1ère. Le lendemain, ils sont rejoints par la majorité des chauffeurs de bus scolaires de Mayotte, qui se rassemblent avec leurs véhicules à Mamoudzou. 

 

 

Cette mobilisation trouve vite un écho dans la population, excédée par les vols, rackets et agressions qu'ils subissent. "Paradoxalement, selon les chiffres fournis début février 2018 par le procureur de la République de Mayotte, en 2017, la délinquance dans l'île a baissé de 9%, mais les 'violences non crapuleuses' sont en hausse de 4,7%", détaille La 1ère. Le site rappelle qu'en 2015, Mayotte détenait le taux de cambriolages le plus élevé de France. Le ministère de l'Intérieur écrivait alors : "Les infractions violentes et les cambriolages sont beaucoup plus fréquents à Mayotte qu’en métropole, et même que dans la majorité des Outre-mer. Seul le nombre de vols sans violence contre des particuliers se situe, une fois rapporté à la population, en deçà de la moyenne nationale." 

 

 

Interrogés par RFI, des Mahorais racontent vivre la peur au ventre. Ils craignent notamment "les coupeurs de route" qui arrêtent les véhicules et "rackettent les automobilistes", s'emparent des téléphones portables et "attaquent des passants à la machette." 

 

 

Une immigration clandestine chaotique 

 

Les Mahorais protestent aussi contre la forte immigration clandestine en provenance des Comores, un archipel situé à 70 km de ses côtes. Parmi les 50 mesures revendicatives présentées par les manifestants, ils exigent ainsi un "plafond d'accueil des mineurs isolés" à Mayotte, et que ceux-ci soient également pris en charge par des communes de métropole. Selon la ministre des Outre-mer, Annick Girardin, Mayotte compte 45% de population étrangère en situation irrégulière. 

 

 

Les femmes comoriennes rejoignent notamment Mayotte dans des embarcations de fortune, au péril de leur vie, pour accoucher dans de bonnes conditions à la maternité de Mamoudzou, rappelle France 24

 

 

Des services publics saturés 

 

 

La population mahoraise dénonce la saturation au sein des hôpitaux, des services publics, des écoles... où faute de places, les enfants vont en cours par rotation. Toujours selon La 1ère, la population de Mayotte (qui compte aujourd'hui 256 000 habitants) a été multipliée par 11 en soixante ans. Un Mahorais sur deux à moins de 17 ans. En 2012, le nombre d'enfants par femme (indice de fécondité) était de 4,1, contre 2 enfants par femme pour l'ensemble de la France.

 

 

 

Or, l'île n'a pas les moyens pour mener à bien cette explosion démographique. Devant l'Assemblée nationale, mardi, la ministre des Outre-mer reconnaissait que "pour être au rendez-vous, il nous faudrait créer une classe par jour". Dans ce contexte très compliqué, Annick Girardin a assuré sur RMC que le gouvernement tâchait, "en priorité", de "répondre à l'organisation sécuritaire de la rentrée des classes" après les vacances, qui doit se tenir lundi. "Elle aura lieu sauf si les barrages sont maintenus et les écoles fermées, puisque certains maires aujourd'hui appellent à la fermeture des écoles", a-t-elle indiqué

 

 

La mobilisation n'arrange rien. Vendredi, le centre hospitalier de Mayotte a alerté sur la situation "extrêmement préoccupante" qu'il connaît en raison de la contestation qui paralyse l'île. Dans un courrier, l'hôpital constate que "les patients n'arrivent plus à accéder aux structures de soins publiques ou privées", en raison des barrages quotidiens. "On observe déjà l'admission de patients dans un état très dégradé", et "le bloc opératoire ne peut plus fonctionner normalement, faute de personnel", insiste-t-il. 

 

 

L'inaction du gouvernement

 

Avec un taux de chômage très élevé (26%) et 84% des personnes vivant sous le seuil de pauvreté, selon un chiffre rappelé par la ministre, Mayotte est un département au bord de l'éruption. Le gouvernement a ainsi annoncé le renfort de forces de l'ordre sur place, notamment pour sécuriser les écoles, et a dit réfléchir à l'idée de modifier le statut de la maternité de Mayotte, qui compte plus de 10 000 naissances par an, dont une majorité issue de mères comoriennes. Objectif : qu'une naissance sur place n'implique pas forcément l'accès à la nationalité française.

 

 

Mais ces propositions n'ont pas suffi à calmer la population, qui se dit abandonnée par l'Etat français. Même les deux sénateurs LREM de Mayotte, Abdallah Hassani et Thani Mohamed-Soilihi, ont jugé que la réponse du gouvernement "n'était pas à la hauteur des attentes".

 

 

Vendredi, les organisateurs de la mobilisation ont prévenu que la "grève générale" ne cesserait que lorsqu'un membre du gouvernement "se mettra à la table des négociations et sortira des éléments concrets". Pour autant la venue de la ministre des Outre-mer, qui envisage de se rendre sur place après la rentrée scolaire prévue lundi, "n'est clairement pas souhaitée", ont déclaré l'intersyndicale et le Collectif des citoyens de Mayotte, à l'origine du mouvement. Ils exigent la venue de "quelqu'un qui puisse engager le gouvernement", comme le président de la République, le Premier ministre ou le ministre de l'Intérieur.

 


23/04/2018
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le Progrès du dimanche 23 avril 2017

 

 
 
    OUTRE-MER - UN MOIS DE BLOCAGE. ACCORD ET FIN DE CONFLIT EN GUYANE

 

 

 

Au plan d'urgence d'un milliard d'euros, validé par le gouvernement début avril, s'ajoutent désormais 2,1 milliards d'euros. La fin du conflit a permis l'ouverture du scrutin présidentiel.

 

 

Un mois après le début du mouvement social, et à la veille de l'élection présidentielle, "l'Accord de Guyane" a été signé dans la nuit de vendredi, mettant fin à la paralysie et aux barrages qui touchaient le territoire.

 


24/04/2017
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le Progrès du jeudi 13 avril 2017

 

 
 
    GUYANE - BLOCAGES : LE FOSSÉ SE CREUSE

 

 

 

Mardi, 200 à 300 opposants aux blocages ont manifesté pour la première fois à Kourou, où se trouve le centre spatial, derrière une banderole "Pou La Gwiyann circulé". Une autre manifestation anti-blocage était prévue hier matin à Cayenne. De l'autre côté, les "500 frères contre la délinquance", fers de lance de la contestation, ont de leur côté été reçus comme des rock stars à Saint-Laurent-du-Maroni, la deuxième ville de Guyane, dont les jardins de la sous-préfecture sont occupés par des partisans du blocage.

 


17/04/2017
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le Progrès du mardi 4 avril 2017

 

 

 

     OUTRE-MER - GUYANE. PARIS-CAYENNE : L'ÉPREUVE DE FORCE

 

 

 

Le dialogue entre Cayenne et Paris vire au bras de fer. "Je ne m'engagerai que sur ce que je sais pourvoir tenir", a lancé le Premier ministre hier à l'issue d'une réunion à Matignon sur la crise en Guyane avec les ministres de l'Intérieur et de l'Outre-mer - Mathias Fekl et Ericka Bareigts - de retour dans la métropole ainsi qu'une bonne partie du gouvernement. "il serait [...] aisé de céder à la facilité et de promettre des mesures et des aides financières d'un montant irréaliste puis d'en laisser la charge et la responsabilité à un autre gouvernement".

 

 

Rejetant les dernières exigences des Guyanais, il les invite à "poursuivre le dialogue". Mais hier, les discussions entre la région d'outre-mer et la métropole étaient au point mort après le rejet des propositions. Dimanche soir, le collectif "Pour que la Guyane décolle" a opposé une fin de non-recevoir au chèque d'un milliard d'euros mis sur la table par Paris pour réaliser des investissements dans les domaines exigés sur place : sécurité, éducation, santé. Nous exigeons 2,5 milliards d'euros tous de suite", a lancé un porte-parole du collectif et du groupe cagoulé des "500 frères contre la délinquance".

 


08/04/2017
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le Progrès du lundi 27 mars 2017

 

 

 

SOCIAL - GRÈVE GÉNÉRALE. LES RAISONS DE LA COLÈRE DES GUYANAIS

 

 

Hier matin le vol d'Air France Paris-Cayenne, qui devait partir de l'aéroport d'Orly est resté cloué au sol. Ce matin, il ne décollera pas non plus. C'est aujourd'hui que doit débuter la grève générale votée samedi par l'UTG, principal syndicat de Guyane alors qu'une mission interministérielle a été envoyée par le Premier ministre pour apaiser les tensions.

 

 

Les manifestants, regroupés au sein de collectifs, réclament davantage de moyens pour lutter, notamment, contre la délinquance. La Guyane est le territoire français où l'on recense le plus d'homicides en 2016 mais l'insécurité n'est pas le seul motif d'exaspération. Aux voix d'un collectif contre la délinquance se sont ajoutées celles des salariés qui dénoncent le délabrement des hôpitaux, du système éducatif mais aussi le niveau de chômage. Les doléances des protestataires concernent aussi les infrastructures routières, énergétiques ou d'approvisionnement en eau.

 

 

Françoise Ringuet maire (SE) de Kourou, interrogé par France 3, souhaite "un plan de relance pour la Guyane et une réponse du président de la République". Comme lui, de nombreux édiles, qui se sentent "oubliés de la République", ont manifesté à Kourou samedi après-midi aux côtés des manifestants qui ne trouvent pas légitime la délégation composée de hauts fonctionnaires envoyée par Bernard Cazeneuve. Les collectifs exigent la venue "immédiate" des ministres du gouvernement.

 

 

 

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01/04/2017
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le Progrès du dimanche 26 mars 2017

 

 

 

SOCIAL - GRÈVE GÉNÉRALE. LA GUYANE PARALYSÉE

 

 

La colère est trop forte, les tensions sont trop vives. Hier, les trente-sept syndicats réunis au sein de l'Union des travailleurs guyanais (UTG) on voté à l'unanimité

 


30/03/2017
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le Progrès du mardi 4 octobre 2016

 

 

 

ONU - L'INDÉPENDANCE DIVISE LES POLYNÉSIENS

 

 

Les Nations Unies se penchent aujourd'hui sur la décolonisation de la Polynésie française et écouteront deux principaux acteurs politiques de cette collectivité d'outre-mer, le président autonomiste Édouard Fritch et le leader indépendantiste Oscar Temaru. Ce projet de résolution qui "réaffirme le droit inaliénable du peuple de Polynésie française à l'autodétermination" devrait être soumis au vote de l'Assemblée générale des Nations Unies en décembre.

 

 

 

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L'ONU entendra aussi la voix des autonomistes, favorables au maintien de la Polynésie dans la République française. L'actuel président Édouard Fritch, devrait souligner que la Polynésie dispose d'une très large autonomie et s'est largement émancipée du colonialisme. Il rappelle souvent que les autonomistes ont remporté toutes les élections depuis dix ans et que les Polynésiens ne sont donc pas majoritairement favorables à l'indépendance.

 

 

Pour ses adversaires, l'autodétermination n'est pas l'indépendance : c'est un choix que doivent faire les Polynésiens sur leur avenir, par référendum. Avec le soutien d'associations antinucléaires et écologiques, Oscar Temaru cherchera à démontrer que l'action de la France a nui à la population polynésienne.

 


07/10/2016
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le Progrès du dimanche 12 juin 2016

 

 

OUTRE-MER - PLAN MAYOTTE 2025 : ÇA AVANCE, MAIS...

 

 

 

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n tiers des mesures du plan Mayotte 2025, visant au développement du plus jeune département français, ont été mises en oeuvre, mais des difficultés subsistent, a indiqué hier la ministre des Outre-mer. Concernant les mesures réalisées, George Pau-Langevin a notamment cité la construction de plus de 200 établissements scolaires sur un an ou la création de la ligne aérienne directe. Quant aux difficultés, elles portent sur le développement économique et la régularisation du foncier, dans une île au cadastre et à l'état civil parfois encore embryonnaire.

 

 

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14/06/2016
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le Progrès du vendredi 15 avril 2016

 

 

SOCIAL - GRÈVE GÉNÉRALE. À MAYOTTE, "ON SE SENT VRAIMENT OUBLIÉS"

 

La grève générale depuis le 30 mars pour réclamer "une égalité réelle" avec la métropole se double de violences perpétrées par des jeunes. L'île de Mayotte, département français depuis 2011 et le plus jeune de France (avec une moyenne d'âge de 17 ans) est-elle au bord de l'insurrection ? À 8 000 km de Paris, la grève générale, déclenchée le 30 mars pour revendiquer "une égalité réelle" avec la métropole, et plus de moyens pour l'éducation et dans la lutte contre l'insécurité, n'a pas faibli ces dernières heures.

 

 

Le préfet Seymour Morsi a exprimé sa volonté de faire lever les barrages qui ont empêché tout déplacement sur ce "caillou" de 374 km2. Plusieurs dizaines ont été levés hier par les forces de l'ordre. Mais l'issue du conflit semble très incertaine, tant la crise a pris ces derniers jours des accents violents.

 

 

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10 novembre 2015

 

 

"Des jours où l'on veut s'en aller"

 

L'archipel, sur lequel vivent 220 000 Mahorais (dont un quart sous le seuil de pauvreté), est "asphyxié", décrit cette métropolitaine jointe hier, qui a créé son entreprise de loisirs sur l'île. "Il y a deux mouvements différents : les grévistes syndicaux pacifiques, et les émeutiers, des jeunes qui font du racket aux barrages, armés de machettes, de fusils de pêche, de tronçonneuses".

 

 

Cette mère de famille, bloquée chez elle depuis dix jours, avoue avoir "peur" : "Les renforts ne sont pas suffisants, tout le monde est dépassé par les événements, on se sent vraiment oubliés". Le contexte actuel pourrait même conduire sa petite société à la "faillite", craint-elle : "Quand Mayotte est devenue un département, je me suis dit que j'arrivais au bon moment. Maintenant, il y a des jours où l'on veut s'en aller".

 

 

Il y a quelques mois, la Cour des comptes avait fustigé la "fuite en avant" de la départementalisation. En 2014, François Hollande avait effectué une visite officielle, suivi de Manuel Valls en juin  2015. Dans le cadre du projet stratégique "Mayotte 2015", le premier ministre avait alors déclaré que la France avait "une grande ambition pour Mayotte", les priorités étant "la santé, la sécurité", dont l'immigration clandestine. Sans oublier le lourd volet éducation. "Il y a actuellement peu d'élèves dans les établissements, en raison des barrages" expliquait hier depuis Mayotte, Michael Henni, délégué CGT "Educ'action", "on est arrivé à un stade où tout le monde est bloqué : c'est le seul moyen d'être entendu !".

 

 

Le département d'outre-mer manque cruellement de fonctionnaires. "Les gens avec des compétences ne veulent plus venir même s'ils sont payés double", estime le représentant syndical. Mayotte devient, d'après-lui, "un territoire abandonné" : "Aucun Français métropolitain n'accepterait la situation que l'on vit ici, y compris dans la vie quotidienne. Les Mahorais sont Français et ils n'ont pas les mêmes droits que le Français de base, ce n'est pas normal. Xavier Frère

 

 

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16/04/2016
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