L'AIR DU TEMPS

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OUTRE-MER


Franceinfo - le mardi 22 octobre 2019 - mis à jour le 23.10.19

 

 

Mayotte : pourquoi l'immigration est un sujet explosif sur l'archipel

 

 

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Elise LambertFrance Télévisions

 

 

 

Emmanuel Macron a prononcé mardi, à Mayotte, un discours sur la lutte contre l'immigration clandestine. Dans ce département français, près d'un habitant sur deux est de nationalité étrangère

 

 

 

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Le bidonville de Kaweni, à Mayotte, le 8 juin 2012. (JEAN-MICHEL DELAGE / SIPA)

 

 

 

"Une île asphyxiée par sa propre frontière." C'est par ces mots que le philosophe mahorais Dénètem Touam Bona dénonçait en 2016 la situation des réfugiés et migrants présents à Mayotte. Dans cet archipel de 374 km2, 48% des 256 500 habitants sont des étrangers, dont 95% de Comoriens, selon l'Insee en 2017. Mais étranger ne signifie pas clandestin. Selon une étude de la revue Plein droit (une publication du Groupe d'information et de soutien des immigrés) datée de mars 2019, 12% de la population de Mayotte serait en séjour illégal, soit 30 000 personnes.

 

 

Reste que sur place, la présence d'étrangers, en situation légale ou non, a fait naître de vives tensions entre les habitants. Certains natifs de Mayotte accusent les migrants d'être la cause de tous les maux et s'organisent pour les expulser, les déloger ou les intercepter lors de leur arrivée sur les plages. Une dynamique favorable au Rassemblement national : aux dernières élections européennes, près d'un suffrage exprimé sur deux (45,56%) s'est porté sur la liste portée par Jordan Bardella.

 

 

En déplacement dans l'archipel, mardi 22 octobre, Emmanuel Macron a promis d'apporter des "réponses extrêmement concrètes" à l'immigration clandestine. Pourquoi Mayotte est-elle autant sous pression ? Explications.

 

 

 

A cause des titres de séjour spécifiques

A Mayotte, les titres de séjour délivrés ne sont pas les mêmes que ceux délivrés en métropole. En métropole, un titre de séjour est un document délivré par les préfectures qui autorise un étranger à résider sur le territoire français au-delà de la validité de son visa, rappelle La 1ère Mayotte. A contrario, les cartes de séjour délivrées par la préfecture de Mayotte ne sont que des autorisations à circuler dans le département et leurs bénéficiaires ne peuvent pas s'en servir pour se rendre à La Réunion ou en Europe.

 

 

Résultat : les titulaires se retrouvent "coincés" et cette situation accroît la pression migratoire sur l'île. "C'est comme si vous obteniez un titre pour Marseille, mais que vous ne pouviez pas vous rendre à Bordeaux", illustre Dominique Segard, responsable de l'antenne mahoraise de la Cimade, une association d'aide aux migrants. Or, "il y a toujours eu une circulation naturelle et ancestrale entre Mayotte (devenue française en 1974) et les Comores", liée notamment à l'histoire.

 

 

Mayotte se transforme en sas, les personnes sont bloquées et ne peuvent pas partir.Dominique Ségard, responsable de la Cimade à Mayotte à franceinfo

 

 

Le titre de séjour, d'une validité d'un an, "est aussi très difficile à avoir. Quant à la carte de résident, pour l'obtenir, il faut prouver qu'on gagne plus que le smic alors que le revenu moyen à Mayotte représente environ 30% du revenu moyen en métropole", poursuit Dominique Segard. Et ces règles "plus sévères ici que partout ailleurs" ralentissent le processus de légalisation des étrangers.

 

 

 

A cause de la limitation du droit du sol

Autre exception qui tend à "bloquer" les personnes à Mayotte : la limitation du droit du sol. Le texte a été voté en mai 2018, dans le cadre de la loi asile et immigration. Il exige pour les bébés nés à Mayotte – après le 1er mars 2019 – que l'un des parents ait, au jour de la naissance, été présent de manière régulière sur le territoire national depuis plus de trois mois, pour que l'enfant puisse avoir la nationalité française à l'âge de 13, 16 ou 18 ans.

 

 

"Il y a aussi une mesure transitoire pour les jeunes nés avant le 1er mars 2019. Ils faut que leurs parents aient cinq ans de résidence régulière pour qu'ils aient la nationalité française", rajoute Dominique Segard. 

 

 

Par ailleurs, en France métropolitaine, lorsqu'une personne reçoit un refus de séjour avec un ordre de quitter le territoire (OQTF) et qu'elle dépose un recours, elle ne peut être expulsée pendant le temps du recours. A Mayotte, cette mesure n'est pas appliquée : le recours n'est pas suspensif.

 

 

En France métropolitaine, quand on se retrouve au centre de rétention, le juge est saisi dans les 48 heures pour statuer. A Mayotte le délai, dans le régime dérogatoire, a été porté à cinq jours. En réalité, la personne est expulsée avant que le juge soit saisi.Dominique Segard, responsable de la Cimade à Mayotte à franceinfo

 

 

Fin juin, lors d'un discours consacré aux outre-mer, Emmanuel Macron avait défendu ce régime dérogatoire qui permet selon lui "de préserver le droit du sol" qui "est l'un de nos principes fondamentaux, en adaptant ses conditions d'exercice à la réalité de ce territoire". 

 

 

 

A cause de l'arrivée de nouveaux migrants venant de la région des Grands Lacs

La majorité des migrants à Mayotte est originaire des Comores, mais, depuis une dizaine d'années, "la demande d'asile provient pour moitié de ressortissants de l'Afrique des Grands Lacs", indiquait en 2018 Pascal Brice, alors directeur général de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra). Les pays concernés sont le Rwanda, le Burundi ou la République démocratique du Congo. "Mayotte est confrontée à un double défi migratoire, explique Julien Kerdoncuf, le sous-préfet chargé de la lutte contre l'immigration clandestine, au MondeLe flux traditionnel en provenance des Comores et, maintenant, un flux venant de la région des Grands Lacs, fortement dynamique, qui double pratiquement chaque année."

 

 

Il faut dire que Mayotte fait figure d'eldorado pour ces migrants. Située à 70 km de l'île comorienne d'Anjouan et au milieu du canal du Mozambique, l'île est la porte d'entrée la plus proche vers l'Europe. Nombre d'entre eux tentent la traversée, souvent au péril de leur vie. En juillet, le corps d'un enfant de 5 à 6 ans a été retrouvé sur les côtes, provoquant une vive émotion.

 

 

Une fois sur place, la réalité est cependant tout autre. "Contrairement à la métropole, ici, il n'y a pas d'aide d'attente, pas d'aide médicale de l'Etat, pas de place en foyer d'accueil hormis le nôtre… C'est un parcours du combattant", décrit Romain Reille, le directeur de l'association Solidarité Mayotte, dans Libération.

 

 

Avec la fermeture des routes migratoires traditionnelles, Mayotte est perçue comme une porte d'entrée plus sûre pour rejoindre la France métropolitaine. Environ 95% des demandeurs d'asile s'y rendent une fois leur situation régularisée.Romain Reille, de l'association Solidarité Mayotte à Libération

 

 

Pour faire face à ces nouvelles arrivées, la préfecture de Mayotte a créé en 2018 un groupe d'enquête regroupant des experts chargés de "faire tomber" les filières provenant d'Afrique, explique le sous-préfet chargé de la lutte contre l'immigration clandestine à Libération.

 

 

 

A cause d'une perception erronée de la démographie 

La perception de l'immigration peut aussi être incorrecte. A Mayotte, les trois quarts des nouveau-nés ont une mère de nationalité étrangère, principalement comorienne, et les taux de fécondité des moins de 20 ans sont dix fois supérieurs à ceux constatés en métropole, relève l'Insee. L'île est aussi très jeune : un habitant sur deux a moins de 18 ans. "La pression démographique vient essentiellement du fait que la moitié de la population a moins de 18 ans et que les naissances excèdent donc fortement les décès", reprend Dominique Segard, de la Cimade.

 

 

"Il faut distinguer les statistiques des perceptions", confirme Didier Breton, coauteur d'une étude sur Mayotte pour l'Institut national d'études démographiques (Ined). "Le sentiment d'invasion que peuvent ressentir certains locaux n'est pas lié à la démographie car, en réalité, énormément de natifs de Mayotte quittent l'île pour étudier en métropole ou à La Réunion", détaille le chercheur à franceinfo. 

 

 

Le solde global migratoire à Mayotte est négatif. Il y a plus de personnes qui partent que de personnes qui rentrent.Didier Breton, chercheur à l'Ined à franceinfo

 

 

"Le fait qu'une personne sur quatre à Mayotte soit sans titre de séjour s'inscrit dans un contexte où l'île se dépeuple des Mahorais, reprend le démographe. Si la population augmente, c'est du fait du solde naturel, et pas de l'immigration."

 

 

 

A cause de la pauvreté du département

Pour comprendre les tensions liées à l'immigration, il faut également les inscrire dans un contexte économique et social unique en France. Mayotte est le département le plus pauvre du pays. Une immense majorité des habitants (84%) vit sous le seuil de pauvreté. Près d'un habitant sur trois vit dans un logement qui ne dispose pas d'eau courante et quatre logements sur dix sont des "bangas", des habitations faites de tôle, de bois ou de terre, précise Le Figaro.

 

 

Le département connaissait en 2016 le taux de chômage le plus élevé d'outre-mer (36,6%) et le PIB par habitant ne s'élevait qu'à 7 900 euros annuels contre 31 500 euros au niveau national, rappelle Le ParisienParmi les 16-64 ans, 33% sont illettrés (c'est-à-dire qu'ils maîtrisent insuffisamment la lecture malgré une scolarisation) et seuls 63,3% des enfants de 3 ans sont inscrits à l'école, contre 97% au niveau national.

 

 

"Cette situation conduit certains à accuser les immigrés d'être responsables de tout : le chômage, la fécondité élevée, la violence, le manque de développement… poursuit Didier Breton. On va considérer le natif de Mayotte comme légitime et celui qui vient d'Anjouan comme illégitime."

 


23/10/2019
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Franceinfo - le lundi 24 juin 2019

 

 

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur les Outre-mer, sans oser le demander

 

 

 

 

Que se cache-t-il derrière "les Outre-mer" ? De quels territoires s'agit-il ? Quels sont les réalités géographiques, démographiques et socio-économiques qui se trouvent derrière la carte postale ? La1ere.fr vous propose un gros plan pour mieux comprendre.  

 

 

 

 

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Géographie

Les Outre-mer, qu'on appelait autrefois les Dom-Tom, sont douze territoires répartis dans trois océans (Atlantique, Indien, Pacifique). Cliquez sur la carte interactive ci-dessus pour accéder à la fiche d'identité de chacun des territoires. Pour les territoires situés dans la Caraïbe, cliquez sur la carte agrandie ci-dessous :

 

 

 


Chômage, inégalité

Les départements et collectivités d’Outre-mer comptent environ 2,75 millions d’habitants, soit 4,1 % de la population française. Mal connus dans l’Hexagone, les Outre-mer possèdent de nombreux atouts (climat, biodiversité, culture, jeunesse) mais aussi de nombreux handicaps.

 
 
 
 
Le chômage y est globalement beaucoup plus élevé que dans l’Hexagone. Il se monte à 24% en Guadeloupe, 21,8 % en Polynésie et 22,4% à La Réunion contre 8,5 % dans l’Hexagone. Les sociétés Outre-mer sont marquées par de très fortes inégalités. Depuis 1950, les agents de la fonction d’Etat, des collectivités territoriales et de plusieurs entreprises publiques bénéficient d’une majoration de salaires pour les inciter à vivre dans ces collectivités et départements. Aujourd’hui, ces sur-rémunérations sont justifiées par le coût de la vie globalement plus élevé Outre-mer que dans l’Hexagone. Un argument qui tient difficilement alors que les bas salaires sont eux plus faibles que dans l’Hexagone. 
 
 
 

Conflits sociaux

La question de la vie chère est d’ailleurs un thème qui revient régulièrement Outre-mer et qui a entrainé des mouvements sociaux, parfois explosifs. Mouvements de protestation aux Antilles et à La Réunion en 2009, en 2017 en Guyane, en 2018 à Mayotte et à La Réunion avec les gilets jaunes très actifs dans l’île de l’océan Indien. Retrouvez ici notre grand format "2008-2018 : les Outre-mer en colère. 10 ans de colère contre la vie chère
 
 
Selon l’IEDOM (Institut d’émission des départements d’Outre-mer), les écarts de prix entre l’Outre-mer et la métropole restent très élevés. A La Réunion, les prix sont globalement plus élevés de 7,1% par rapport à l’Hexagone, de 38,5% en Polynésie et de 12,5% en Guadeloupe.
 
 
 
 

Démographie

En un peu plus d’un siècle, la population de la France d’Outre-mer a explosé. En 1900, on comptait 600 000 habitants. En 2018, les départements et collectivités d’Outre-mer abritent 2,75 millions d’habitants. Mais cette croissance démographique est très hétérogène.
 

 

 
 
Aujourd’hui, la Guyane et Mayotte, considérées comme des îlots de richesses entourées de pays pauvres, font face à des arrivées massives de migrants. Une immigration difficilement contrôlable qui provoque de nombreux problèmes sociaux. La population de ces deux départements a fortement progressé et elle est particulièrement jeune. Dans les années 50, la Guyane comptait 27.000 habitants et Mayotte, 23.000. Selon l’INSEE, la Guyane devrait être aussi peuplée que la Martinique en 2030, de même que Mayotte.
 
 
 


 
La Réunion devrait compter près d’un million d’habitants, en 2030. En revanche, les populations de la Martinique et de la Guadeloupe stagnent et sont même en diminution. Ces deux départements ainsi que la Polynésie et Saint-Pierre et Miquelon ont bien du mal à faire revenir leurs jeunes chez eux après les études dans l’Hexagone. Les retours des retraités ne compensent pas les départs des jeunes.
 
 
 
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La Nouvelle-Calédonie bénéficie, elle, de l’immigration des jeunes de Wallis et Futuna. L’archipel a perdu un cinquième de sa population en 10 ans. On compte désormais plus de Wallisiens et Futuniens en Nouvelle-Calédonie que sur leur archipel. 

 

Urbanisaton massive

Par ailleurs, on assiste Outre-mer à un exode rural massif. Les habitants des Outre-mer se concentrent dans les grandes villes. Papeete en Polynésie attire les jeunes des îles en quête de travail. La moitié de la population de cet immense archipel de 118 îles se concentre dans cette ville. Deux tiers des habitants de la Nouvelle-Calédonie vivent dans le grand Nouméa qui attire aussi les habitants des îles Loyauté. Respectivement un Martiniquais, un Guadeloupéen et un Guyanais sur deux habitent à Fort-de-France, Pointe-à-Pitre et à Cayenne.
 
 
 
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© Martine Nollet
 
 
Cette urbanisation massive Outre-mer s’est faite de manière chaotique. L’outre-mer manque cruellement de transports en commun et la construction de logements n’a pas suivi. On trouve à Cayenne, à Mamoudzou, à Nouméa, à Papeete, de nombreux logements de fortune qui au moindre cyclone sont dévastés.
 
 

 

Histoire

La conquête des territoires qui constituent aujourd’hui l’Outre-mer français s’est faite en deux temps. De 1536 à 1664, la France s’est emparée de la Guadeloupe (1635), la Martinique (1635), la Guyane (1664), La Réunion (1638), Saint-Martin (1648), Saint-Barthélemy (1648) et Saint-Pierre et Miquelon (1536). De 1840 jusqu’au début du 20e siècle, la Polynésie (entre 1842 et 1889), la Nouvelle-Calédonie (1853), Wallis et Futuna (1887) sont devenues progressivement des territoires français.


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Cette histoire a été mouvementée, parfois sanglante. Le lourd passé de l’esclavage a marqué à jamais des îles telles que la Guadeloupe, la Martinique, La Réunion ainsi que le vaste département de la Guyane.En 1685, le code noir légalisait les châtiments corporels et stipulait que les enfants d’esclave naissaient esclaves. Les Indiens Caraïbes n’ont pas résisté aux maladies importées par les Européens. Le même phénomène s’est produit en Polynésie ou les populations des nombreuses îles des cinq archipels polynésiens ont été décimées. Les Polynésiens n’étaient pas immunisés contre ces nouveaux microbes venus de France ou d’ailleurs.

 

 

 

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© MCOHEN/AFP Image d'archives du pont d'un bateau négrier, où des esclaves sont fouettés devant l'équipage (Musée d'Aquitaine, Bordeaux)

 

 

 

En Nouvelle-Calédonie, les Kanak ont vécu de manière brutale les spoliations de terres. Des clans ont été déracinés, obligés de quitter leurs lieux de vie. Certains kanak se sont même retrouvés en France dans des zoos humains lors d’expositions coloniales.

L’exploitation de ces nouveaux territoires s’est faite au bénéfice de la métropole. L’Outre-mer servait à alimenter la France en matières premières : canne à sucre, coton, tabac, café, coprah, vanille puis banane.

 

 

 

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© AFP Essais nucléaires en Polynésie

 

 

 

A partir de 1864, le nickel a commencé à être extrait en Nouvelle-Calédonie. Cent ans plus tard, le centre spatial guyanais a vu le jour en Guyane. La Polynésie a, de son côté, servi de centre d’expérimentation pour les essais nucléaires de 1966 à 1996 : 181 explosions nucléaires se sont déroulées dont 41 aériennes.

 

 

 

 

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© JODY AMIET / AFP

 

 

 

Statuts

À partir de 1946, la France compte quatre départements d’Outre-mer : la Guadeloupe (971), la Martinique (972), la Guyane (973) et La Réunion (974). En 2011, Mayotte est devenu le 5e département d’Outre-mer et le 101e département français. 

Depuis la révision constitutionnelle de 2003, les collectivités d‘Outre-mer bénéficient de "statuts à la carte". Terminés, les "DOM-TOM". Exemple depuis 2015, la Guyane et la Martinique ont fusionné leurs conseils régionaux et généraux. Localement, on parle désormais de la CTG, Collectivité Territoriale de la Guyane et de la CTM, Collectivité Territoriale de la Martinique. 

 

 

 

 

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 © COM La salle de délibérations de la CTG

 

 

 

La Polynésie est une collectivité d’Outre-mer qui jouit de beaucoup d’autonomie. Elle a son président, Edouard Fritch, son gouvernement, son assemblée élue tous les cinq ans, ses propres signes identitaires (drapeau, hymne).

 


La Nouvelle-Calédonie dispose d’un statut tout à fait particulier qui relève de l’article XIII de la Constitution. Cette singularité trouve son origine dans l’histoire du caillou. Les événements de 1988 opposant les indépendantistes aux loyalistes ont conduit aux accords de Matignon puis de Nouméa. Ces derniers ont introduit des innovations telles que la citoyenneté néo-calédonienne et la possibilité de prendre des lois de pays.



Wallis et Futuna, Saint-Pierre et Miquelon, Saint-Martin et Saint-Bartélemy sont également des collectivités d’Outre-mer. Ces deux dernières îles ont choisi de se détacher de la Guadeloupe lors du référendum du 7 décembre 2003. Les Terres australes et antarctiques française (TAAF) ont été agrandies en 2007 avec le rattachement des îles Eparses (Tromelin, Glorieuses, Juan de Nova, Europa, et Bassas da India). Ces terres non peuplées sont administrées depuis Saint-Pierre de La Réunion.


 

Environnement et biodiversité

Grâce aux Outre-mer, la France possède le deuxième domaine maritime mondial. C’est à la fois une chance au niveau économique, mais c’est aussi une lourde responsabilité.

 

 

 

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© GREGORY BOISSY / AFP L'atoll Toau dans l'archipel des Tuamotu (Polynésie)

 

 

 

Avec ses Outre-mer, la France abrite 10% des récifs coralliens (4e rang mondial avec 55 000 km2) répartis dans dix collectivités (Guadeloupe, Martinique, Mayotte, La Réunion, Nouvelle-Calédonie, Polynésie française, Saint-Martin, Saint-Barthélemy, Wallis-et-Futuna et les îles Éparses). Or les coraux sont particulièrement malmenés ces dernières années du fait du réchauffement climatique et des activités humaines. Une mission comme "Tara expéditions" a mis en évidence cette fragilité.

 

 

Avec la Polynésie, la France est aussi l’un des Etats qui possèdent le plus d’atolls. Or ces îles très basses sont particulièrement vulnérables à la montée du niveau des mers. En rassemblant 80 % de la biodiversité française, les Outre-mer sont un formidable atout pour le pays. Elles font de la France la seconde Zone Economique Exclusive au monde. 

 


24/06/2019
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Franceinfo - le vendredi 8 février 2019

 

 

Environnement : les sargasses, le fléau des plages antillaises

 

 

 

Les élus d'Outre-mer tirent la sonnette d'alarme contre les sargasses, ces algues qui dégagent des gaz toxiques et s'échouent de plus en plus sur les plages de Guadeloupe et de Martinique

 

 

 

 

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youtube.com

 

 

 

On ne sait pas d'où elles viennent ni pourquoi elles se développent aussi rapidement. Depuis 2011, les sargasses, des algues brunes qui dégagent des gaz toxiques, continuent de s'échouer sur les plages antillaises dans des proportions toujours plus grandes. À Marseille (Bouches-du-Rhône), des scientifiques travaillent sur ces algues marines qui n'ont quasiment jamais été étudiées et commencent à livrer leurs premières hypothèses pour expliquer leur prolifération.

 

 

 

Des échouages prévus entre avril et août

En plus du réchauffement climatique, les chercheurs avancent une autre explication plausible : "À cause de l'agriculture notamment, l'eau qui ruisselle sur les terres et arrive dans l'océan est probablement beaucoup plus nutritive qu'elle ne l'était auparavant", souligne Sandrine Ruitton, chercheuse biologiste. Il devient aussi possible de prévoir la trajectoire de ces algues, mais les prévisions ne sont pas très optimistes : beaucoup d'échouages devraient avoir lieu entre avril et août, sur les côtes antillaises.

 


09/02/2019
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Franceinfo - le dimanche 4 novembre 2018

 

 

Nouvelle-Calédonie : le "non" à l'indépendance l'emporte avec 56,4% des voix, selon des résultats définitifs

 

 

 

La participation a été massive, avec 80,63% de votants

 

 

 

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Un drapeau français flotte, accroché à une voiture, le 4 novembre 2018 à Nouméa, en Nouvelle-Calédonie. (NICOLAS JOB / SIPA)

 

 

 

La Nouvelle-Calédonie a choisi de rester française. Le "non" à l'indépendance l'a emporté, dimanche 4 novembre, lors d'un référendum historique organisé sur ce territoire situé à 18 000 km de Paris. Le "non" a obtenu 56,4% des voix, contre 43,6% pour le "oui", a indiqué le Haut-Commissariat. Le score du "non" se situe cependant très en deçà des prévisions des sondages, qui l'annonçaient entre 60 et 70%. La participation a été massive, avec 80,63% de votants.

 

 

Dans une allocution filmée depuis le palais de l'Elysée, Emmanuel Macron a exprimé son "immense fierté que nous ayons passé ensemble cette étape historique". "Je veux aussi dire la fierté pour le chef de l'État que la majorité des Calédoniens aient choisi la France", a déclaré le président de la République, en estimant qu'il n'y avait "pas d'autre chemin que celui du dialogue".

 


12/11/2018
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Franceinfo - le jeudi 1er novembre 2018

 

 

L'article à lire pour comprendre le référendum sur l'indépendance de la Nouvelle-Calédonie

 

 

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Yann ThompsonFrance Télévisions

 

 

 

Dimanche 4 novembre, cet archipel du Pacifique Sud, colonisé au XIXe siècle et toujours marqué par de fortes inégalités, a la possibilité de quitter le giron français

 

 

 

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 Des militants de l'Union syndicale des travailleurs kanak et des exploités défilent dans les rues de Nouméa (Nouvelle-Calédonie) à l'occasion de la Fête du travail, le 1er mai 2018. (THEO ROUBY / HANS LUCAS / AFP)

 

 

 

La République française va-t-elle perdre près de 270 000 habitants ? Dimanche 4 novembre, un référendum organisé en Nouvelle-Calédonie va déterminer le futur de cette entité d'outre-mer, dont une partie des habitants réclament l'indépendance. Un éventuel départ constituerait une première pour la France depuis les deux derniers grands référendums de décolonisation aux Comores, en 1974, et à Djibouti, en 1977, et l'indépendance du Vanuatu en 1980. Pour avoir les idées au clair sur ce scrutin, suivez le guide.

 

 

 

C'est où déjà la Nouvelle-Calédonie ?

Le chef-lieu de la Nouvelle-Calédonie, Nouméa, se situe à près de 17 000 km de Paris, dans le Pacifique Sud. Doté d'un des plus grands ensembles de lagons du monde, cet archipel baigne à l'est de l'Australie, au nord de la Nouvelle-Zélande et à l'ouest du Vanuatu et des îles Fidji.

 

 

 

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La Nouvelle-Calédonie est divisée en trois provinces : la province Nord et la province Sud, sur l'île principale, et les îles Loyauté (Lifou, Maré, Ouvéa et Tiga), à l'est de la "Grande Terre". Seule grande ville du territoire, Nouméa concentre dans son agglomération les deux-tiers des 270 000 habitants de Nouvelle-Calédonie.

 

 

 

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Ça fait longtemps que c'est français ?

La France de Napoléon III a pris possession de l'archipel en 1853. Elle y a vite installé un bagne, réparti sur plusieurs sites, qui a accueilli jusqu'en 1924 des condamnés politiques et de droit commun. Ces derniers, les plus nombreux des bagnards, sont mis à contribution pour construire des routes et des bâtiments. L'administration coloniale déplace également des autochtones kanaks dans des réserves réparties sur l'ensemble du territoire – les zones confisquées finissent entre les mains de colons ou de bagnards libérés.

 

 

Après l'échec de révoltes kanakes, notamment en 1878 et 1917, un mouvement de revendication séparatiste s'organise à l'orée des années 1970. Devenus minoritaires démographiquement, les Kanaks sont portés par les idéaux de Mai-68 et la remise en cause de l'ordre établi. Les tensions communautaires s'accentuent et explosent finalement dans les années 1980, où une quasi guerre civile fait quelque 70 morts.

 

 

 

J'ai entendu parler du drame d'Ouvéa...

En mai 1988, 23 gendarmes sont pris en otage par des indépendantistes et l'assaut de la grotte d'Ouvéa pour les libérer fait 21 morts. Cet épisode fait l'effet d'un électrochoc dans l'archipel et ouvre la voie à un travail de réconciliation. Dès juin 1988, les indépendantistes et les loyalistes signent, à Paris, les accords de Matignon, qui prévoient notamment l'organisation d'un référendum d'autodétermination dix ans plus tard.

 

 

>> GRAND FORMAT. "Ça tirait dans tous les sens" : il y a 30 ans, l'armée donnait l'assaut pour libérer les otages de la grotte d'Ouvéa

 

 

En 1998, l'échéance est remise à plus tard. Avec l'entremise de l'Etat, les deux camps s'entendent sur un nouveau processus de décolonisation par étapes sur vingt ans, formalisé par l'accord de Nouméa. Ce texte fondateur, approuvé par 72% des Calédoniens lors d'un référendum, institue une citoyenneté calédonienne et permet des transferts progressifs des compétences non régaliennes. Surtout, il prévoit l'organisation d'une consultation populaire d'autodétermination entre 2014 et 2018.

 

 

 

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 Le Premier ministre, Lionel Jospin (c), observe une poignée de mains entre l'indépendantiste Roch Wamytan (g) et le non-indépendantiste Jacques Lafleur (d), le 5 juin 1998, après la signature d'un accord à Nouméa (Nouvelle-Calédonie). (MEIGNEUX/SIPA)

 

 

Ce référendum va donc voir le jour, enfin !

 

Trente ans après les accords de Matignon, nous y voilà. Les Calédoniens sont appelés à répondre à la question suivante :

 

 

 

Voulez-vous que la Nouvelle-Calédonie accède à la pleine souveraineté et devienne indépendante ?

 

 

 

Ce sont précisément 174 154 électeurs qui pourront défiler dans l'isoloir. La composition du corps électoral pour cette consultation a fait l'objet d'âpres négociations, si bien que les non-Kanaks arrivés après 1993 ne pourront pas faire entendre leur voix. Les Kanaks, eux, qui ne représentent plus que 39% de la population, sont sur-représentés. Ils forment même 63% de ce corps électoral, selon le Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS).

 

 

 

 

Quelles sont les forces politiques en présence ?

 

La famille indépendantiste dispose de 25 élus sur 54 au Congrès de Nouvelle-Calédonie, l'instance législative locale. Elle est dominée par le FLNKS, un regroupement de quatre partis politiques, qui appelle le "peuple kanak" à "conclure un combat qui dure depuis 164 ans". Plus radical et très minoritaire, le Parti travailliste prône, lui, "une non participation massive" au référendum, qu'il juge trop ouvert aux non-Kanaks"Nos militants joueront aux boules ou iront à la pêche", prévient son leader.

 

 

 

En face, les non-indépendantistes sont majoritaires au Congrès, avec 29 membres. Divisés, ils mènent campagne sur le terrain autour de slogans tels que "La France est une chance" ou "Pour une Nouvelle-Calédonie dans la France et dans la paix". En mai, ils ont reçu le soutien (timide) d'Emmanuel Macron. En visite à Nouméa, le président de la République n'a pas souhaité "prendre parti dans ce référendum" mais a affirmé que "la France serait moins belle sans la Nouvelle-Calédonie".

 

 

 

 

Les indépendantistes ont-ils leurs chances ?

 

Elles semblent très minces. Dans une enquête (PDF) réalisée à la mi-septembre par l'institut Harris interactive pour France Télévisions, 66% des personnes exprimant un choix de vote sur le référendum déclaraient leur intention de glisser un bulletin "Non" dans l'urne, quand 34% privilégiaient le "Oui" en faveur de l'indépendance.

 

 

 

De son côté, à partir d'une étude (PDF) menée en août, l'institut Quidnovi avançait que "69 à 75% [des votants] voteraient 'Non' à la consultation du 4 novembre 2018". Il ajoutait que "52% des Kanaks voteraient 'Oui' à l'indépendance, 37% voteraient 'Non' et 11% ne savent pas encore".

 

 

 

 

Les gens ont peut-être des doutes sur la viabilité du projet indépendantiste...

 

Oui, bon nombre d'entre eux estiment que, malgré ses richesses, le territoire n'est pas prêt. La Nouvelle-Calédonie possède l'une des économies les plus solides et les plus dynamiques de l'outre-mer français. Sa principale ressource locale est le nickel, qui représente près d'un cinquième du produit intérieur brut local et plus de 10 000 emplois salariés directs ou indirects. "Mais cela ne suffira pas" à combler "les transferts de l'Etat", qui sont "de 140 à 150 milliards de francs Pacifique" par an (1,17 à 1,26 milliard d'euros), estime l'économiste Olivier Sudrie, spécialiste de l'outre-mer. "L'un des handicaps dont souffre la Nouvelle-Calédonie, c'est sa faible compétitivité, ajoute l'économiste. On y est assez peu productifs et les prix et salaires y sont relativement élevés. Donc on a du mal à produire calédonien et encore plus de mal à vendre sur les marchés internationaux."

 

 

 

 

On se dirige donc vers un statu quo ?

 

Pas vraiment. D'une part, en cas de rejet de l'indépendance, l'accord de Nouméa prévoit l'organisation d'un deuxième voire d'un troisième référendum d'ici à 2022. D'autre part, il faut s'attendre à un peu plus d'autonomie pour la Nouvelle-Calédonie, qui "peut être une nation sans être un Etat", comme l'explique le député calédonien anti-indépendantiste Philippe Gomès :

 

 

 

Ce n'est pas parce qu'un 'non' massif à l'indépendance va être probablement au rendez-vous que le droit à l'autodétermination s'éteint pour autant. Philippe Gomès

 

 

 

L'enjeu sera également de poursuivre le travail de rééquilibrage entamé en faveur des Kanaks, qui restent largement défavorisés, et de construire le "destin commun" prévu par l'accord de Nouméa. "Le 5 novembre, quel que soit le résultat, les signataires devront se parler pour construire la suite, pour faire en sorte qu'au-delà de ce moment binaire où certains diront oui et d'autres non, la Nouvelle-Calédonie puisse construire l'avenir avec un peuple qui souhaite, au fond, vivre et vivre en paix sur le Caillou", a plaidé le Premier ministre, Edouard Philippe, en juillet. Il a depuis annoncé qu'il viendrait sur le "Caillou" le 5 novembre.

 

 

 

 

J'ai eu la flemme de tout lire, vous pouvez me faire un résumé ? ;)

 

Dans le cadre d'un processus d'apaisement politique entamé il y a trente ans, près de 175 000 électeurs iront voter, le 4 novembre, pour ou contre l'indépendance de la Nouvelle-Calédonie. Dans ce territoire marqué par la colonisation et le cantonnement des autochtones, la principale formation indépendantiste appelle le "peuple kanak" à "conclure un combat qui dure depuis 164 ans". Les sondages donnent toutefois le camp du "non" largement gagnant. En cas d'échec, les séparatistes pourront compter sur un deuxième voire un troisième référendum dans les quatre prochaines années. De leur côté, soucieux d'éviter de nouvelles tensions, les partisans du maintien dans la France se disent attachés à la construction d'une "nation" calédonienne, à défaut d'un Etat.

 


12/11/2018
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Franceinfo - le mardi 13 mars 2018

 

 

Crise à Mayotte : pourquoi l'île française est en grève générale depuis près d'un mois

 

 

Une ministre qui "n'est pas la bienvenue" à Mayotte, des maires qui menacent de fermer les écoles et des manifestants qui veulent encercler Mamoudzou : les propositions du gouvernement pour renforcer la sécurité dans l'île et lutter contre l'immigration n'ont pas calmé la mobilisation populaire

 

 

 

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Des Mahorais manifestent lors d'une journée "île morte", vendredi 9 mars 2018, près de Koungou à Mayotte.  (ORNELLA LAMBERTI / AFP)

 

 

 

Les Mahorais sont à bout de nerfs. L'île de Mayotte, département français depuis 2011, est secouée depuis près de trois semaines par un mouvement de contestation populaire. Dénonçant notamment l'insécurité qui règne sur l'île, une manifestation a rassemblé plusieurs milliers de personnes, le 7 mars. Pour y répondre, la ministre des Outre-mer, Annick Girardin, est en visite sur place, lundi 12 mars. 

 

 

Peu avant, dimanche 11 mars, des manifestants ont érigé plusieurs barrages à Longoni, au nord de Mayotte, bloquant le port principal de l'île et empêchant tout ravitaillement. Les trois barrages, "hermétiques", ont été mis en place dès 8 heures, a affirmé Maoulida Momed, un des porte-parole du mouvement qui a déclaré que "rien ne rentrait, rien ne sortait".

 

 

Un durcissement du mouvement est même prévu pour lundi 12 mars, ont prévenu vendredi ses organisateurs. Ils envisagent désormais l'encerclement de la capitale, Mamoudzou. Des maires, solidaires du mouvement, menacent de fermer les écoles, voire de ne pas organiser l'élection législative partielle prévue le 18 mars. Mais quelles sont les raisons de cette colère ? 

 

 

 

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L'insécurité grandissante

 

L'insécurité, et notamment les actes de délinquance commis autour des établissements scolaires par des bandes, est à l'origine de ce mouvement populaire. Le 19 janvier, de violents affrontements (caillassages et bagarres entre bandes rivales) ont éclaté au lycée Kahani de Mamoudzou, nécessitant l'intervention des forces de l'ordre et l'évacuation des élèves. Les agents décident immédiatement d'exercer leur droit de retrait, raconte La 1ère. Le lendemain, ils sont rejoints par la majorité des chauffeurs de bus scolaires de Mayotte, qui se rassemblent avec leurs véhicules à Mamoudzou. 

 

 

Cette mobilisation trouve vite un écho dans la population, excédée par les vols, rackets et agressions qu'ils subissent. "Paradoxalement, selon les chiffres fournis début février 2018 par le procureur de la République de Mayotte, en 2017, la délinquance dans l'île a baissé de 9%, mais les 'violences non crapuleuses' sont en hausse de 4,7%", détaille La 1ère. Le site rappelle qu'en 2015, Mayotte détenait le taux de cambriolages le plus élevé de France. Le ministère de l'Intérieur écrivait alors : "Les infractions violentes et les cambriolages sont beaucoup plus fréquents à Mayotte qu’en métropole, et même que dans la majorité des Outre-mer. Seul le nombre de vols sans violence contre des particuliers se situe, une fois rapporté à la population, en deçà de la moyenne nationale." 

 

 

Interrogés par RFI, des Mahorais racontent vivre la peur au ventre. Ils craignent notamment "les coupeurs de route" qui arrêtent les véhicules et "rackettent les automobilistes", s'emparent des téléphones portables et "attaquent des passants à la machette." 

 

 

Une immigration clandestine chaotique 

 

Les Mahorais protestent aussi contre la forte immigration clandestine en provenance des Comores, un archipel situé à 70 km de ses côtes. Parmi les 50 mesures revendicatives présentées par les manifestants, ils exigent ainsi un "plafond d'accueil des mineurs isolés" à Mayotte, et que ceux-ci soient également pris en charge par des communes de métropole. Selon la ministre des Outre-mer, Annick Girardin, Mayotte compte 45% de population étrangère en situation irrégulière. 

 

 

Les femmes comoriennes rejoignent notamment Mayotte dans des embarcations de fortune, au péril de leur vie, pour accoucher dans de bonnes conditions à la maternité de Mamoudzou, rappelle France 24

 

 

Des services publics saturés 

 

 

La population mahoraise dénonce la saturation au sein des hôpitaux, des services publics, des écoles... où faute de places, les enfants vont en cours par rotation. Toujours selon La 1ère, la population de Mayotte (qui compte aujourd'hui 256 000 habitants) a été multipliée par 11 en soixante ans. Un Mahorais sur deux à moins de 17 ans. En 2012, le nombre d'enfants par femme (indice de fécondité) était de 4,1, contre 2 enfants par femme pour l'ensemble de la France.

 

 

 

Or, l'île n'a pas les moyens pour mener à bien cette explosion démographique. Devant l'Assemblée nationale, mardi, la ministre des Outre-mer reconnaissait que "pour être au rendez-vous, il nous faudrait créer une classe par jour". Dans ce contexte très compliqué, Annick Girardin a assuré sur RMC que le gouvernement tâchait, "en priorité", de "répondre à l'organisation sécuritaire de la rentrée des classes" après les vacances, qui doit se tenir lundi. "Elle aura lieu sauf si les barrages sont maintenus et les écoles fermées, puisque certains maires aujourd'hui appellent à la fermeture des écoles", a-t-elle indiqué

 

 

La mobilisation n'arrange rien. Vendredi, le centre hospitalier de Mayotte a alerté sur la situation "extrêmement préoccupante" qu'il connaît en raison de la contestation qui paralyse l'île. Dans un courrier, l'hôpital constate que "les patients n'arrivent plus à accéder aux structures de soins publiques ou privées", en raison des barrages quotidiens. "On observe déjà l'admission de patients dans un état très dégradé", et "le bloc opératoire ne peut plus fonctionner normalement, faute de personnel", insiste-t-il. 

 

 

L'inaction du gouvernement

 

Avec un taux de chômage très élevé (26%) et 84% des personnes vivant sous le seuil de pauvreté, selon un chiffre rappelé par la ministre, Mayotte est un département au bord de l'éruption. Le gouvernement a ainsi annoncé le renfort de forces de l'ordre sur place, notamment pour sécuriser les écoles, et a dit réfléchir à l'idée de modifier le statut de la maternité de Mayotte, qui compte plus de 10 000 naissances par an, dont une majorité issue de mères comoriennes. Objectif : qu'une naissance sur place n'implique pas forcément l'accès à la nationalité française.

 

 

Mais ces propositions n'ont pas suffi à calmer la population, qui se dit abandonnée par l'Etat français. Même les deux sénateurs LREM de Mayotte, Abdallah Hassani et Thani Mohamed-Soilihi, ont jugé que la réponse du gouvernement "n'était pas à la hauteur des attentes".

 

 

Vendredi, les organisateurs de la mobilisation ont prévenu que la "grève générale" ne cesserait que lorsqu'un membre du gouvernement "se mettra à la table des négociations et sortira des éléments concrets". Pour autant la venue de la ministre des Outre-mer, qui envisage de se rendre sur place après la rentrée scolaire prévue lundi, "n'est clairement pas souhaitée", ont déclaré l'intersyndicale et le Collectif des citoyens de Mayotte, à l'origine du mouvement. Ils exigent la venue de "quelqu'un qui puisse engager le gouvernement", comme le président de la République, le Premier ministre ou le ministre de l'Intérieur.

 


23/04/2018
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le Progrès du dimanche 23 avril 2017

 

 
 
    OUTRE-MER - UN MOIS DE BLOCAGE. ACCORD ET FIN DE CONFLIT EN GUYANE

 

 

 

Au plan d'urgence d'un milliard d'euros, validé par le gouvernement début avril, s'ajoutent désormais 2,1 milliards d'euros. La fin du conflit a permis l'ouverture du scrutin présidentiel.

 

 

Un mois après le début du mouvement social, et à la veille de l'élection présidentielle, "l'Accord de Guyane" a été signé dans la nuit de vendredi, mettant fin à la paralysie et aux barrages qui touchaient le territoire.

 


24/04/2017
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le Progrès du jeudi 13 avril 2017

 

 
 
    GUYANE - BLOCAGES : LE FOSSÉ SE CREUSE

 

 

 

Mardi, 200 à 300 opposants aux blocages ont manifesté pour la première fois à Kourou, où se trouve le centre spatial, derrière une banderole "Pou La Gwiyann circulé". Une autre manifestation anti-blocage était prévue hier matin à Cayenne. De l'autre côté, les "500 frères contre la délinquance", fers de lance de la contestation, ont de leur côté été reçus comme des rock stars à Saint-Laurent-du-Maroni, la deuxième ville de Guyane, dont les jardins de la sous-préfecture sont occupés par des partisans du blocage.

 


17/04/2017
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le Progrès du mardi 4 avril 2017

 

 

 

     OUTRE-MER - GUYANE. PARIS-CAYENNE : L'ÉPREUVE DE FORCE

 

 

 

Le dialogue entre Cayenne et Paris vire au bras de fer. "Je ne m'engagerai que sur ce que je sais pourvoir tenir", a lancé le Premier ministre hier à l'issue d'une réunion à Matignon sur la crise en Guyane avec les ministres de l'Intérieur et de l'Outre-mer - Mathias Fekl et Ericka Bareigts - de retour dans la métropole ainsi qu'une bonne partie du gouvernement. "il serait [...] aisé de céder à la facilité et de promettre des mesures et des aides financières d'un montant irréaliste puis d'en laisser la charge et la responsabilité à un autre gouvernement".

 

 

Rejetant les dernières exigences des Guyanais, il les invite à "poursuivre le dialogue". Mais hier, les discussions entre la région d'outre-mer et la métropole étaient au point mort après le rejet des propositions. Dimanche soir, le collectif "Pour que la Guyane décolle" a opposé une fin de non-recevoir au chèque d'un milliard d'euros mis sur la table par Paris pour réaliser des investissements dans les domaines exigés sur place : sécurité, éducation, santé. Nous exigeons 2,5 milliards d'euros tous de suite", a lancé un porte-parole du collectif et du groupe cagoulé des "500 frères contre la délinquance".

 


08/04/2017
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le Progrès du lundi 27 mars 2017

 

 

 

SOCIAL - GRÈVE GÉNÉRALE. LES RAISONS DE LA COLÈRE DES GUYANAIS

 

 

Hier matin le vol d'Air France Paris-Cayenne, qui devait partir de l'aéroport d'Orly est resté cloué au sol. Ce matin, il ne décollera pas non plus. C'est aujourd'hui que doit débuter la grève générale votée samedi par l'UTG, principal syndicat de Guyane alors qu'une mission interministérielle a été envoyée par le Premier ministre pour apaiser les tensions.

 

 

Les manifestants, regroupés au sein de collectifs, réclament davantage de moyens pour lutter, notamment, contre la délinquance. La Guyane est le territoire français où l'on recense le plus d'homicides en 2016 mais l'insécurité n'est pas le seul motif d'exaspération. Aux voix d'un collectif contre la délinquance se sont ajoutées celles des salariés qui dénoncent le délabrement des hôpitaux, du système éducatif mais aussi le niveau de chômage. Les doléances des protestataires concernent aussi les infrastructures routières, énergétiques ou d'approvisionnement en eau.

 

 

Françoise Ringuet maire (SE) de Kourou, interrogé par France 3, souhaite "un plan de relance pour la Guyane et une réponse du président de la République". Comme lui, de nombreux édiles, qui se sentent "oubliés de la République", ont manifesté à Kourou samedi après-midi aux côtés des manifestants qui ne trouvent pas légitime la délégation composée de hauts fonctionnaires envoyée par Bernard Cazeneuve. Les collectifs exigent la venue "immédiate" des ministres du gouvernement.

 

 

 

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01/04/2017
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le Progrès du dimanche 26 mars 2017

 

 

 

SOCIAL - GRÈVE GÉNÉRALE. LA GUYANE PARALYSÉE

 

 

La colère est trop forte, les tensions sont trop vives. Hier, les trente-sept syndicats réunis au sein de l'Union des travailleurs guyanais (UTG) on voté à l'unanimité

 


30/03/2017
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le Progrès du mardi 4 octobre 2016

 

 

 

ONU - L'INDÉPENDANCE DIVISE LES POLYNÉSIENS

 

 

Les Nations Unies se penchent aujourd'hui sur la décolonisation de la Polynésie française et écouteront deux principaux acteurs politiques de cette collectivité d'outre-mer, le président autonomiste Édouard Fritch et le leader indépendantiste Oscar Temaru. Ce projet de résolution qui "réaffirme le droit inaliénable du peuple de Polynésie française à l'autodétermination" devrait être soumis au vote de l'Assemblée générale des Nations Unies en décembre.

 

 

 

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L'ONU entendra aussi la voix des autonomistes, favorables au maintien de la Polynésie dans la République française. L'actuel président Édouard Fritch, devrait souligner que la Polynésie dispose d'une très large autonomie et s'est largement émancipée du colonialisme. Il rappelle souvent que les autonomistes ont remporté toutes les élections depuis dix ans et que les Polynésiens ne sont donc pas majoritairement favorables à l'indépendance.

 

 

Pour ses adversaires, l'autodétermination n'est pas l'indépendance : c'est un choix que doivent faire les Polynésiens sur leur avenir, par référendum. Avec le soutien d'associations antinucléaires et écologiques, Oscar Temaru cherchera à démontrer que l'action de la France a nui à la population polynésienne.

 


07/10/2016
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le Progrès du dimanche 12 juin 2016

 

 

OUTRE-MER - PLAN MAYOTTE 2025 : ÇA AVANCE, MAIS...

 

 

 

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n tiers des mesures du plan Mayotte 2025, visant au développement du plus jeune département français, ont été mises en oeuvre, mais des difficultés subsistent, a indiqué hier la ministre des Outre-mer. Concernant les mesures réalisées, George Pau-Langevin a notamment cité la construction de plus de 200 établissements scolaires sur un an ou la création de la ligne aérienne directe. Quant aux difficultés, elles portent sur le développement économique et la régularisation du foncier, dans une île au cadastre et à l'état civil parfois encore embryonnaire.

 

 

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14/06/2016
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