L'AIR DU TEMPS

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TERRORISME


Franceinfo - le samedi 20 juin 2020 - mis à jour le 21.06.2020

 

 

Royaume-Uni : l'attaque au couteau qui a fait trois morts à Reading est considérée comme terroriste, selon la police

 

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Un homme de 25 ans, originaire de cette ville à l'ouest de Londres, a été arrêté sur les lieux et placé en garde à vue peu après les faits, samedi soir

 

 

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Des policiers près du parc Forbury Gardens à Reading (Royaume-Uni), où trois personnes ont été tuées lors d'une attaque au couteau, le 20 juin 2020.  (ISABEL INFANTES / ANADOLU AGENCY / AFP)

 

 

 

Trois personnes sont mortes samedi 20 juin lors d'une attaque au couteau dans un parc de Reading (Royaume-Uni), considérée dimanche comme un acte terroriste, d'après la police de la vallée de la Tamise (lien en anglais). Un homme de 25 ans, originaire de cette ville à l'ouest de Londres, a été arrêté sur les lieux pour meurtre et placé en garde à vue, selon cette même source. L'attaque a fait également trois blessés graves.

 

 

La police et les secours sont intervenus après avoir reçu des appels leur signalant que plusieurs personnes avaient été poignardées à Forbury Gardens vers 19 heures heure locale, dans le centre de cette ville de 200 000 habitants à environ 60 kilomètres du centre de la capitale britannique. Un périmètre de sécurité a été mis en place pour procéder aux constatations sur place. 

 

 

"La police antiterroriste peut à présent confirmer" que les faits "ont été déclarés comme étant de nature terroriste", a déclaré la police locale dimanche en fin de matinée, après avoir estimé dans un premier temps qu'ils n'étaient pas d'ordre terroriste. 

 

 

Le Premier ministre britannique, Boris Johnson, a adressé ses "pensées à tous ceux qui ont été affectés par les épouvantables événements de Reading" dans un tweet remerciant les services d'urgence. La ministre de l'Intérieur, Priti Patel, s'est dite "profondément inquiète", également sur Twitter.

 

 

 

Plusieurs groupes de personnes attaqués 

Des témoins cités par l'agence de presse PA ont indiqué qu'un homme avait attaqué plusieurs groupes réunis dans ce parc lors de cette soirée ensoleillée. "Le parc était plein, beaucoup de gens étaient assis pour boire un verre avec des amis quand une personne est arrivée, a soudainement crié des mots inintelligibles et est allé vers un groupe d'une dizaine de personnes, essayant de les attaquer au couteau", a raconté à l'agence britannique PA Lawrence Wort, témoin de la scène.

 

 

"Il a poignardé trois d'entre eux, gravement dans le cou et sous les bras, puis il s'est retourné et a commencé à courir vers moi, on s'est retournés et on a commencé à courir", a expliqué ce coach sportif de 20 ans. "Quand il a réalisé qu'il ne pourrait pas nous rattraper, il a réussi à atteindre une personne à l'arrière du cou et quand il a vu que tout le monde commençait à courir, il est parti du parc", a-t-il raconté. La police a appelé les internautes à ne pas partager les images de la scène qui ont circulé sur les réseaux sociaux, mais plutôt à les communiquer aux enquêteurs.

 

 

Les faits se sont produits à proximité de l'endroit où, plus tôt dans la journée, s'était tenue une manifestation du mouvement antiraciste "Black lives matter", mais les organisateurs comme la police estimaient, dimanche matin, qu'il n'y avait aucun lien. L'attaque a eu lieu trois heures après la fin de l'événement, selon la police. Aucune des personnes qui ont pris part à la manifestation n'a été touchée, a affirmé une organisatrice, Nieema Hassan, dans une vidéo sur les réseaux sociaux. "Nous étions partis quand c'est arrivé."

 
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22/06/2020
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Franceinfo - le vendredi 5 juin 2020 - mis à jour le 06.06.2020

 

 

Le chef d'Al-Qaïda au Maghreb islamique a été tué par l'armée française au Mali

 

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franceinfo avec AFP et ReutersFrance Télévisions

 

 

"Les forces armées françaises, avec le soutien de leurs partenaires, ont neutralisé l’émir d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), Abdelmalek Droukdal", a annoncé la ministre des Armées, Florence Parly, vendredi 5 juin

 

 

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Abdelmalek Droukdal, chef d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), le 23 mai 2012, dans une zone non identifiée au Mali.  (AL-ANDALUS / AFP)

 

 

 

Le chef d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), l'Algérien Abdelmalek Droukdal, a été tué par l'armée française lors d'une opération menée mercredi dans le nord du Mali, a annoncé vendredi 5 juin, la ministre des Armées Florence Parly, sur son compte Twitter. Ce meneur historique du jihad au Maghreb, commandant de plusieurs groupes jihadistes sahéliens, a été tué au nord-ouest de la ville malienne de Tessalit. "Plusieurs de ses proches collaborateurs" ont également été "neutralisés", selon Florence Parly.

 

 

 

Florence Parly @florence_parly

Ce combat essentiel pour la paix et la stabilité dans la région vient de connaître un succès majeur.

Florence Parly @florence_parly
 

Le 3 juin, les forces armées françaises, avec le soutien de leurs partenaires, ont neutralisé l’émir Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI), Abdelmalek Droukdal et plusieurs de ses proches collaborateurs, lors d’une opération dans le nord du Mali.

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La France a également revendiqué, vendredi soir, la capture d'un "cadre important de l'EIGS", le groupe jihadiste Etat islamique au Grand Sahara, rival du GSIM au Sahel et désigné ennemi numéro un par Paris depuis le sommet de Pau (France), en janvier, réunissant le président français Emmanuel Macron et les chefs d'Etat du G5 Sahel (Mauritanie, Burkina Faso, Mali, Niger, Tchad).

 

 

"Les opérations contre l'EIGS, l'autre grande menace terroriste dans la région, se poursuivent également. Le 19 mai dernier, les forces armées françaises ont capturé Mohamed el-Mrabat, vétéran du jihad au Sahel et cadre important de l'EIGS", a encore annoncé Florence Parly sur Twitter.

 


06/06/2020
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Franceinfo - le vendredi 1er mai 2020

 

 

Policiers percutés à Colombes : le suspect est mis en examen et écroué, annonce le parquet national antiterroriste

 

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Selon des sources concordantes, ce Français de 29 ans ayant fait allégeance au groupe Etat islamique (EI) assume "totalement son acte", qui a grièvement blessé deux policiers et qu'il aurait commis seul

 

 

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Des policiers inspectent le lieu où un automobiliste a volontairement percuté deux motards de la police, le 27 avril 2020 à Colombes (Hauts-de-Seine).  (FRANCK FIFE / AFP)

 

 

 

Youssef T., soupçonné d'avoir fauché au volant d'une voiture trois policiers lundi 27 avril à Colombes (Hauts-de-Seine), a été mis en examen et placé en détention provisoire vendredi 1er mai, pour "tentative d'assassinats sur personnes dépositaires de l'autorité publique en relation avec une entreprise terroriste", a annoncé le parquet national antiterroriste (Pnat).

 

 

Selon des sources concordantes, ce Français de 29 ans animé par une idéologie anti-occidentale et ayant fait allégeance au groupe Etat islamique (EI) assume "totalement son acte", qui a grièvement blessé deux policiers et qu'il aurait commis seul.

 

 

 

"Imposer la charia sur l'ensemble de la Terre"

Lundi, vers 17 heures, au volant d'une BMW, cet homme inconnu des services antiterroristes avait violemment heurté deux motards de la police nationale qui contrôlaient une voiture, les blessant grièvement aux jambes. Il a atteint plus légèrement un policier municipal. Les deux motards ont dû être hospitalisés, mais leurs jours ne sont pas en danger.

 

 

Une lettre d'allégeance à l'EI ainsi qu'un couteau ont été retrouvés dans la voiture du suspect et le parquet national antiterroriste s'est saisi des faits mardi après qu'une expertise psychiatrique du suspect a écarté toute abolition ou altération de son discernement.

 

 

Selon un communiqué du Pnat, le suspect expliquait vouloir se lancer "à corps perdu dans la bataille pour imposer la charia sur l'ensemble de la Terre". Selon une source proche de l'enquête, on retrouve dans "l'exploitation de ses supports numériques" saisis lors d'une perquisition "un intérêt pour l'Etat islamique ainsi que le terrorisme de manière générale".

 


02/05/2020
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Franceinfo - le mardi 28 avril 2020

 

 

Hauts-de-Seine : le Parquet national antiterroriste ouvre une enquête après qu'un automobiliste a foncé volontairement sur deux policiers à moto à Colombes

 

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Le chauffard a été interpellé par des policiers municipaux. Les enquêteurs ont retrouvé dans sa voiture un couteau et une "lettre d'allégeance" au groupe Etat islamique

 

 

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Deux policiers à moto auraient été percutés de façon volontaire lundi 27 avril, à Colombes, dans les Hauts-de-Seine. L'agresseur a été interpellé. (FRANCE 2)

 

 

 

Un peu moins de 24 heures après qu'un automobiliste a percuté deux policiers à moto à Colombes (Hauts-de-Seine), le Parquet national antiterroriste annonce, mardi 28 avril, qu'il ouvre une enquête pour "tentative d'assassinats sur personnes dépositaires de l’autorité publique en relation avec une entreprise terroriste" et "association de malfaiteur terroriste criminelle".

 

 

Il était un peu moins de 18 heures, lundi 27 avril, quand deux policiers à moto ont été renversés lors d'un contrôle routier. Le chauffard a été interpellé par des policiers municipaux à proximité. Dans sa voiture, les enquêteurs ont retrouvé un couteau et une "lettre d'allégeance" au groupe Etat islamique.

 

 

Les faits se sont produits en face du stade de rugby Yves-du-Manoir. Un des deux policiers blessés se trouve dans un "état grave" et a été placé en coma artificiel. Il souffre d'un traumatisme crânien. Selon une source proche de l'enquête, son pronostic vital n'est plus engagé. Son collègue, plus légèrement touché, a été transporté à l'hôpital militaire de Percy, à Clamart (Hauts-de-Seine).

 

 

 

"Inconnu des services de renseignements"

L'homme interpellé est un Français de 29 ans, né à Lunéville (Meurthe-et-Moselle) et résidant à Colombes, connu pour des faits de violences qui remontent à dix ans, a appris France 3 auprès du parquet de Nanterre. De source judiciaire, il est "inconnu des services de renseignements". Son expertise psychiatrique, qui a été réalisée mardi matin, ne conclut pas à une pathologie psychiatrique, selon nos informations. Lors de son audition, il a indiqué avoir entendu des voix mais les enquêteurs doutent de la sincérité de ses propos. Selon une source proche de l'enquête, son attitude est sereine depuis.

 


28/04/2020
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Franceinfo - le samedi 4 avril 2020 - mis à jour le 05.04.2020

 

 

Drôme : ce que l'on sait de l'attentat au couteau qui a fait au moins deux morts à Romans-sur-Isère

 

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Le parquet national antiterroriste a annoncé, dimanche matin, le placement en garde à vue d'une troisième personne dans le cadre de l'enquête

 

 

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Des membres de la police technique et scientifique entrent dans un commerce visé par une attaque terroriste, le 4 avril 2020, à Romans-sur-Isère (Drôme). (MAXPPP)

 

 

 

"Toute la lumière sera faite sur cet acte odieux qui vient endeuiller notre pays déjà durement éprouvé ces dernières semaines." Le chef de l'Etat, Emmanuel Macron, a réagi, samedi 4 avril, à l'attaque meurtrière survenue le matin même dans le centre-ville de Romans-sur-Isère (Drôme), en pleine période de confinement

 

 

Le parquet national antiterroriste (PNAT) a annoncé, samedi, qu'il se saisissait de l'enquête, ouverte notamment pour "assassinats en relation avec une entreprise terroriste" et "association de malfaiteurs terroriste criminelle". Dimanche matin, il a annoncé le placement en garde à vue d'une troisième personne. Voici ce que l'on sait de cet attentat à ce stade.

 

 

 

Une attaque d'une dizaine de minutes

Selon le récit de France Bleu Drôme Ardèche, l'assaillant est entré, en milieu de matinée, dans un bureau de tabac, où il a poignardé trois personnes : le couple de gérants, ainsi qu'un client. Il a ensuite abandonné son couteau. 

 

 

Reprenant son chemin dans le centre-ville, l'homme est entré dans une boucherie. "Il est passé par-dessus le comptoir, a pris un couteau et a poignardé une autre personne dans le magasin, un client", affirme à France 3 Auvergne-Rhône Alpes le propriétaire de la boucherie, absent lors de l'attaque. "Ma femme m'a appelé en pleurant", précise-t-il.

 

 

 

 

 

Une fois ressorti, le tueur a blessé un passant devant un supermarché, puis s'en est pris à un homme qui ouvrait ses volets, toujours selon le récit de France Bleu Drôme Ardèche.

 

 

Survenue 15 minutes environ après le début des faits, l'arrestation s'est faite sans résistance, à proximité d'une boulangerie où des passants s'étaient réfugiés. Au moment où il a été interpellé, l'homme était agenouillé sur le sol et psalmodiait une prière en arabe, selon une source policière jointe par franceinfo. Toujours selon cette source, les policiers ont saisi un couteau. Des témoins affirment avoir entendu le suspect crier "Allah akbar".

 

 

Au moins deux morts et cinq blessés

L'auteur des faits a attaqué au moins sept personnes, dont deux sont mortes : Thierry, un client de 55 ans qui se trouvait dans la boucherie, et Julien, un habitant de 44 ans qui ouvrait ses volets, égorgé devant sa femme et son fils. Ce quadragénaire tenait, avec son père et son frère, un célèbre café-théâtre de la ville, La Charrette. "Tout Romans le connaissait", assure l'illusionniste Dani Lary au Parisien, décrivant "un vrai gentil" et "un pacifiste" qui "réglait toujours tous les problèmes".

 

 

Parmi les cinq blessés, au moins trois personnes ont été opérées samedi après-midi, selon France Bleu. Elles souffraient de plaies vasculaires, thoraciques, digestives et hépatiques, selon France 3. Deux d'entre elles se trouvaient entre la vie et la mort mais leur état s'est amélioré et leur pronostic vital n'était plus engagé samedi soir, a précisé, dimanche, sur franceinfo, la maire de Romans, Marie-Hélène Thoraval. "Une cellule psychologique a été mise en place au centre hospitalier de Romans pour les familles des victimes uniquement", avait annoncé l'élue, samedi. Les pompiers ont aussi pris en charge plusieurs personnes en état de choc, dont la gérante de la boucherie.

 

 

 

Un suspect soudanais de 33 ans

Selon les premiers éléments de l'enquête, le suspect est un Soudanais de 33 ans, qui a obtenu le statut de réfugié et un titre de séjour de dix ans à l'été 2017. Il était inconnu des services de police et n'avait pas d'antécédents judiciaires, selon une source policière. Il s'était installé à Romans au début de l'année. "Des associations louent des appartements et placent des réfugiés dans ces appartements et nous ne sommes jamais au courant de qui est installé dans ces appartements", a fait savoir la maire.

 

 

De septembre 2018 à janvier 2020, le suspect vivait dans le village de Moras-en-Valloire, à une trentaine de kilomètres de Romans. "Il travaillait pour une entreprise de mon territoire, une maroquinerie, raconte l'édile de la commune, Aurélien Ferlay, à franceinfo. Il était suivi par l'Agence nationale pour la formation professionnelle des adultes de Romans-sur-Isère et a suivi une formation maroquinerie avec à la clé un contrat de professionnalisation. Durant son passage à Moras-en-Valloire, rien ne laissait présager un tel acte immonde. J'ai vraiment le souvenir de quelqu'un qui, avec mes services et moi-même, était poli, allait travailler en vélo."

 

 

 

La piste terroriste privilégiée

Le parquet national antiterroriste (PNAT) a annoncé, samedi, qu'il ouvrait une enquête, notamment pour "assassinats en relation avec une entreprise terroriste" et "association de malfaiteurs terroriste criminelle". Samedi après-midi, son domicile a été perquisitionné et "une de ses connaissances" soudanaises a été interpellée. Dimanche matin, le PNAT a annoncé une troisième garde à vue, d'"un jeune Soudanais qui résidait dans le même foyer, là où résidait le mis en cause".

 

 

Les premiers éléments de l'enquête sur l'auteur présumé de l'attaque "ont mis en évidence un parcours meurtrier déterminé de nature à troubler gravement l'ordre public par l'intimidation ou la terreur", selon le PNAT. Lors de la perquisition ont été retrouvés "des documents manuscrits à connotation religieuse, dans lesquels l'auteur des lignes se plaint notamment de vivre dans un pays de mécréants", des textes "a priori" écrits par le suspect.

 


05/04/2020
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Franceinfo - le mercredi 5 février 2020

 

 

Attaque à la préfecture de police : Mickaël Harpon "n'aurait jamais dû rester dans un service aussi sensible", selon le président de la commission d'enquête

 

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D'après le député Eric Ciotti, des "signaux faibles en matière de radicalisation" avaient été "émis à plusieurs reprises"

 

 

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Mickaël Harpon, un fonctionnaire de la préfecture de police de Paris qui a tué quatre de ses collègues, le 3 octobre 2019. (DR)

 

 

 

Nous avons eu connaissance d'une faillite collective (...) compte tenu du profil de Mickaël Harpon." Selon le président de la commission d'enquête parlementaire sur l'attaque à la préfecture de police de Paris, "il y a eu une accumulation de signes" en amont de la tuerie et l'auteur "n'aurait jamais dû rester dans un service aussi sensible". C'est ce qu'a estimé Eric Ciotti, mercredi 5 février, au micro de RTL.

 

 

"On a eu un témoignage assez édifiant d'un de ses collègues qui nous a dit : 'Je n'avais pas d'inquiétude physique mais en revanche, j'avais des inquiétudes, compte tenu de sa vulnérabilité, que certains l'utilisent pour capter des données informatiques'", a affirmé Eric Ciotti, qui doit présenter un point d'étape de l'enquête dans la matinée.

 

 

Le 3 octobre 2019, Mickaël Harpon, informaticien à la préfecture de police de Paris, a tué quatre fonctionnaires avant d'être abattu. D'après le député LR des Alpes-Maritimes, des "signaux faibles en matière de radicalisation" avaient été "émis à plusieurs reprises".

 

 

 

"On n'est pas dans le service des cartes grises"

L'élu des Républicains a également déploré "ce qui s'est passé autour de lui à la préfecture de police depuis des années et les failles, les fautes, les dysfonctionnements" que l'enquête a découverts. Ainsi "des procédures collectives n'ont pas été mises en œuvre" et "les enquêtes d'habilitation étaient faites de façon un peu plus souple qu'ailleurs", a-t-il assuré.

 

 

De plus, "les procédures de signalement n'étaient pas formalisées, il n'y avait pas de référent radicalisation" et "pas de procédure de formation suffisamment développée", selon Eric Ciotti. Pourtant, "sa hiérarchie de proximité avait détecté ces failles d'abord sa conversion à l'islam", avec "une pratique plus radicale de sa religion". Et le député des Alpes-Maritimes d'insister : "On n'est pas dans le service des cartes grises" mais "dans un service de lutte contre le terrorisme où ce monsieur était habilité au secret-défense."

 


05/02/2020
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Franceinfo - le dimanche 2 février 2020 - mis à jour le 03.02.2020

 

 

Londres : ce que l'on sait de l'attaque terroriste dans laquelle deux personnes ont été blessées à l'arme blanche

 

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Le groupe Etat islamique a revendiqué l'attaque, lundi. L'auteur a été abattu sur les lieux, dans le quartier de Streatham

 

 

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Un policier monte la garde près du lieu d'un attentat à l'arme blanche à Londres, le 2 février 2020. (ANTONIO BRONIC / REUTERS)

 

 

Deux personnes ont été blessées dans une attaque à l'arme blanche à Londres (Royaume-Uni), dans le quartier de Streatham, dimanche 2 février, a annoncé la police sur Twitter. "Un homme a été abattu" par les forces de l'ordre et son acte "a été déclaré lié au terrorisme", ajoute cette même source. Franceinfo résume ce que l'on sait de cet attentat.

 

 

>> Suivez la situation et l'avancée de l'enquête dans notre direct.

 

 

 

Que s'est-il passé ?

La police londonienne assure être intervenue "autour de 14 heures" (15 heures, heure française) sur High Road, une rue du quartier de Streatham. Celui-ci se trouve à une petite dizaine de kilomètres du centre de Londres, sur la rive sud de la Tamise.

 

 

C'est une demi-heure plus tard, à 14h29, que la police du quartier de Lambeth, dont Streatham fait partie, a annoncé intervenir sur "un incident". Quarante minutes plus tard, la police de Londres a annoncé avoir abattu un homme sur les lieux d'une attaque à l'arme blanche. La situation est maîtrisée, affirment les autorités, qui n'ont pas donné beaucoup plus de détails sur le déroulement des faits, indiquant dans un communiqué qu'elles tentaient encore d'en déterminer "les circonstances".

 

 

Un témoin de la scène, Gulled Bulhan, affirme à l'agence PA, citée par le Guardian, avoir vu "un homme avec une machette et des canettes argentées sur son torse, poursuivi par ce que j'imagine être un policier en civil". Le suspect "a ensuite été abattu", poursuit-il. "Je crois avoir entendu trois coups de feu, mais je ne suis pas sûr de bien me souvenir." Sur Twitter, un humoriste et présentateur de télévision, Dave Chawner, a affirmé avoir assisté à une partie du drame. "J'ai entendu plusieurs coups de feu, mais je ne sais pas qui les a tirés", a-t-il écrit. Après avoir également entendu trois coups de feu, Daniel Gough, qui témoigne auprès de la BBC, explique avoir couru dans une rue adjacente : "C'était la panique, les gens criaient""Quelques minutes plus tard, je suis retourné" dans la rue de l'attaque, "et j'ai vu un policier, qui a crié à tout le monde de reculer. Son pistolet était pointé en direction d'un homme sur le sol".

 

 

Une autre habitante, Alanah Murphy, a posté une vidéo des secours sur place. "La police a crié à tout le monde de reculer et a repoussé la foule", raconte-t-elle à la BBC.

 

 

 

Y a-t-il des victimes ?

Deux personnes ont été blessées dans l'attaque au couteau. L'une de ces deux personnes, un homme, est entre la vie et la mort, l'autre, une femme, est légèrement blessée. Une troisième personne, une femme, a été légèrement blessée par des éclats liés à l'arme à feu utilisée par la police. 

 

 

Sur Twitter, Dave Chawner, témoin de la scène, affirme avoir dû "rester avec quelqu'un qui venait d'être poignardé à Streatham pendant 30 minutes avant qu'une ambulance arrive""J'ai vu une première victime, un homme, sur le sol et des gens l'aidaient", témoigne un riverain, Nardos Mulega, auprès de l'agence PA citée par le Guardian"Puis, cinq minutes plus tard, une femme est arrivée et a dit 'J'ai été poignardée aussi, dans le dos', et les gens ont commencé à l'aider." Il dit avoir également vu un corps "face contre terre" un peu plus loin.

 

 

 

Qui est l'assaillant ?

"Un homme a été abattu", indique la police de Londres, sans écrire explicitement s'il s'agit de l'auteur de l'attentat. Un peu plus tard, elle a confirmé qu'il avait succombé après avoir été touché par balles. L'homme portait sur lui un engin "factice", a également précisé dans un communiqué la police londonienne.

 

 

Le suspect a été identifié par la police comme étant Sudesh Amman, 20 ans. "Il avait été récemment libéré de prison et purgeait une peine pour des délits de nature islamiste", a expliqué Lucy D'Orsi, une responsable de la police, au cours d'une conférence de presse.

 

 

 

Que sait-on de ses motivations ?

"L'incident a été déclaré lié au terrorisme", a annoncé la police londonienne, ce qui fait de l'attaque un attentat. Elle n'a pas détaillé, en revanche, quels éléments l'avaient conduite à cette classification, et on ignore pour quel raison l'assaillant est passé à l'acte. Elle a ajouté un peu plus tard que l'attaque était "de nature islamiste"

 

 

L'organisation terroriste Etat islamique a revendiqué lundi 3 février l'attaque via son organe de propagande, Amaq. "L'assaillant dans le quartier de Streatham, dans le sud de Londres, hier, fait partie des combattants de l'Etat islamique", a indiqué Amaq dans un communiqué. "Il a mené l'attaque en réponse aux appels à cibler les ressortissants des pays de la coalition" internationale antijihadistes, souligne le communiqué partagé sur les chaînes Telegram du groupe terroriste.

 

 

 

Quelles sont les réactions politiques ?

Dans un communiqué publié dimanche, le maire de Londres, Sadiq Khan, a remercié les secours et la police "pour leur réaction rapide et courageuse" "Ils sont vraiment les meilleurs d'entre nous""Les terroristes cherchent à nous diviser et à détruire notre mode de vie – ici à Londres, nous ne les laisserons jamais y arriver", a également commenté le maire, dont la ville avait déjà été touchée par plusieurs attentats. Le plus récent, en novembre sur le London Bridge, avait fait deux morts.

 

 

"Mes pensées vont aux blessés et à tous ceux qui sont affectés", a de son côté réagi dimanche le Premier ministre britannique, Boris Johnson, dans un tweet remerciant également "tous les services d'urgence" intervenus sur place. Le Premier ministre a également promis lundi de sévir davantage contre les personnes condamnées pour terrorisme.

 

 

Un projet de loi, qui prévoit notamment d'alourdir les peines pour les auteurs d'actes terroristes, avec un minimum de 14 ans de prison pour les infractions graves, et d'interdire leur libération anticipée, doit être déposé prochainement au Parlement. Le texte se concentre aussi sur la prévention de la récidive, promettant de doubler le nombre d'agents de probation.

 

 

Le gouvernement avait déjà annoncé un durcissement législatif, après l'attaque qui avait fait deux morts, fin novembre près du London Bridge, en plein centre de Londres. Cette attaque avait été perpétrée par un jihadiste automatiquement remis en liberté conditionnelle.

 


03/02/2020
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Franceinfo - le mardi 28 janvier 2020

 

 

La CNCDH demande au gouvernement de rapatrier les 11 jihadistes français condamnés à mort en Irak

 

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La Commission nationale consultative des droits de l’Homme (CNCDH) est une institution française dont les avis ne sont pas contraignants pour l'exécutif

 

 

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Six des onze Français condamnés à mort en Irak : Salim Machou, Mustapha Merzoughi, Brahim Nejara, Kevin Gonot, Yassine Sakkam and Leonard Lopez (en partant d'en haut à gauche jusqu'en bas à droite). (AFP)

 

 

 

La Commission nationale consultative des droits de l'homme (CNCDH) demande, dans un avis adopté ce mardi en assemblée plénière et que franceinfo a pu consulter, au gouvernement de rapatrier "sans tarder" les 11 ressortissants français qui ont été condamnés à mort en Irak, entre mai et juin 2019, pour appartenance au groupe terroriste État islamique (EI).

 

 

Les membres de la CNCDH, une institution française de protection et de promotion des droits de l'homme, dont les avis ne sont pas contraignants pour l'exécutif, ont adopté cet avis en ouverture de leur première assemblée plénière de l'année 2020, à la quasi-unanimité (moins trois voix, sur plus d'une cinquantaine de votants).

 

 

 

Des "procès inéquitables"

Dans cet avis consultatif, la CNCDH estime que les condamnations à mort par pendaison de ces 11 jihadistes français ont été prononcées à l'issue de "procès inéquitables" et que la justice française est compétente pour juger ses ressortissants. En outre, la Commission rappelle que la peine de mort est "contraire aux valeurs et aux engagements juridiques de la France", et que la France a "l'obligation de protéger toute personne, a fortiori ses ressortissants, encourant la peine de mort à l'étranger, en toutes circonstances, quelle que soit la gravité du crime".

 

 

Sur la question de l'inéquité des procès, la CNCDH pointe différents manquements de la justice irakienne : des droits de la défense "inexistants", des procès "expéditifs" et un système judiciaire irakien qui "manque d'indépendance". La Commission dénonce également le fait que les audiences durent "une demi-heure maximum", que les avocats n'aient "pas accès aux pièces" et ne puissent "pas échanger avec leurs clients" et qu'ils ne "plaident quasiment pas". Les accusés, ajoute l'institution, "ne peuvent parler que quelques minutes" et leurs aveux sont "parfois obtenus sous la torture et pourtant acceptés par le juge comme unique moyen de preuve". Enfin, le fait que la loi irakienne prévoit la peine de mort pour un spectre très large d'actes, dont la simple adhésion au groupe État islamique, pose également problème, aux yeux de la commission.

 

 

 

"Aucune garantie solide"

La Commission nationale consultative des droits de l’Homme rappelle aussi que "depuis l'abolition de la peine de mort en France en 1981, l'État Français n'a eu de cesse de réaffirmer son attachement à l'abolition de la peine capitale dans le monde entier". Et dénonce le fait que la France n'a obtenu de l'Irak "aucune garantie solide que ses ressortissants ne seraient pas exécutés, ni qu'aucune autre condamnation à mort ne serait prononcée".

 

 

Enfin, la CNCDH estime que l'argument, avancé par la France, sur le fait que ces ressortissants doivent être jugés "au plus près du lieu où ils ont commis leurs crimes", est "contestable pour plusieurs raisons". Pour la Commission, ce sont au contraire les tribunaux irakiens qui ne seraient pas compétents dans certains cas, car "les faits reprochés à certains Français n'auraient pas été commis en Irak, mais en Syrie".

 

 

Pour l'institution, le droit français reconnaît en outre aux juridictions pénales françaises la compétence de juger des Français ayant commis des crimes à l'étranger, et traduire ces personnes devant des tribunaux nationaux serait la garantie "que les responsabilités pénales soient dûment établies", sans limiter les procès à la seule appartenance à un groupe terroriste.

 

 

Enfin, pour la CNCDH, rapatrier et juger en France ces 11 ressortissants, c'est aussi la garantie que ces personnes ne puissent pas s'échapper en profitant du regain de tension dans la région.

 


29/01/2020
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Franceinfo - le lundi 20 janvier 2020

 

 

Finistère : sept hommes soupçonnés de préparer un attentat ont été interpellés

 

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Avec France Inter et France Bleu Breizh IzelfranceinfoRadio France

 

 

Actuellement en garde à vue, ils sont soupçonnés d'avoir préparé une action violente et de projeter un départ au Moyen-Orient, vers la zone irako-syrienne

 

 

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Brest (Finistère). (GOOGLE MAPS)

 

 

 

Sept hommes soupçonnés de préparer une action violente en France ont été interpellés lundi 20 janvier au matin dans le Finistère, ont appris franceinfo et France Inter de source proche du dossier, confirmant une information d'Europe 1.

 

 

Ils ont été interpellés dans le cadre d'une information judiciaire pour "association de malfaiteurs terroriste criminelle". Ils sont soupçonnés d'avoir préparé une action violente et de projeter un départ au Moyen-Orient, vers la zone irako-syrienne, indique une source proche du dossier. Les gardes à vue sont en cours lundi soir pour déterminer leur niveau de préparation et la nature de leur projet.

 

 

 

Des arrestations dans le quartier Pontanezen

Ces sept hommes sont âgés de 28 à 38 ans (ils sont nés entre 1981 et 1991), a appris franceinfo de source proche. Certains ont été arrêtés dans le quartier Pontanezen de Brest, précise France Bleu Breizh Izel. C'est dans ce quartier populaire que se trouve la mosquée Sunna et l'un de ses imams controversé. Il avait été la cible d'une tentative d'assassinat en juin 2019.

 


21/01/2020
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Franceinfo - le mardi 14 janvier 2020

 

 

Qui est Flavien Moreau, le premier jihadiste français condamné pour s'être rendu en Syrie, tout juste libéré de prison ?

 

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Catherine FournierFrance Télévisions

 

 

Ce Nantais est passé par les prisons de Fresnes, Vendin-le-Vieil et Condé-sur-Sarthe, après avoir effectué un court séjour en Syrie en novembre 2012. Franceinfo a retracé son parcours

 

 

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Une des rares photos de Flavien Moreau, non-datée.  (FRANCE 2)

 

 

 

Il était censé faire partie de la trentaine de jihadistes français libérables en 2019. Condamné à six de mois de prison supplémentaires en mai dernier, Flavien Moreau est sorti de prison, lundi 13 janvier 2020. Cet homme de 32 ans est le premier à avoir été condamné pour un départ en Syrie. En novembre 2014, il avait écopé de sept ans de prison pour "association de malfaiteurs en vue de la préparation d'un acte de terrorisme". Un jugement qualifié de "sévère" à l'époque par son avocat, son client n'ayant passé qu'une dizaine de jours au "Shâm".

 

 

Flavien Moreau est parti bien avant la vague d'attentats qui a frappé la France à partir de 2015 et avant l'instauration du califat autoproclamé de l'Etat islamique, en 2014. C'était en novembre 2012 et le jeune homme alors âgé de 25 ans faisait partie des premiers candidats étrangers au jihad dans le pays en guerre de Bachar Al-Assad. Fait rare, son parcours et son court séjour sur place ont été intégralement retracés par un journaliste du Temps, qui l'a rencontré à Antioche, en Turquie, et l'a suivi pendant une semaine jusqu'à son intégration dans une "katiba" (une cellule de combattants) islamiste, de l'autre côté de la frontière syrienne.

 

 

 

De retour en France car il avait "envie de fumer"

"L'islam français est frelaté, le Conseil français du culte musulman travaille avec le gouvernement. Pour moi, c'est l'ennemi de l'intérieur, presque pire que les mécréants", confie-t-il alors au journaliste. Et d'ajouter : "L'islam vrai, c'est le jihad. C'est une priorité de se battre pour défendre la religion et la propager. Le reste, c'est bidon." L'article, publié alors que le jeune Français est toujours sur place, raconte comment "Abdel Fattah" – son nom de guerre, selon Le Temps – se met en quête de passeurs, d'une kalachnikov et de munitions pour rejoindre des groupes terroristes à Atmé, petite ville syrienne tenue par des rebelles. Selon le reporter suisse, il atterrit finalement dans un groupe de combattants francophones à Idleb.

 

 

La suite, Flavien Moreau la raconte lors de son procès, le 17 octobre 2014. Comme le rapporte franceinfo, le prévenu, joues creuses et imberbes, cheveux ras et menton rentré dans une veste sombre, affirme n'avoir pris part à aucun combat et n'avoir fait qu'"un peu de surveillance et un peu de police". "Et puis aussi aider les blessés avec [son] brevet de secouriste." La raison de son départ de Syrie ? "J'avais mal fait mon paquetage et j'avais envie de fumer, j'aurais dû me sevrer avant", justifie-t-il officiellement.

 

 

J'avais emporté des Nicorettes, mais ça n'a pas suffi. Alors j'ai laissé mon arme à mon émir et je suis parti. Flavien Moreau lors de son procès en 2014

 

 

En réalité, ce titulaire d'un CAP de boulangerie qui manie mal les armes ne s'intègre pas à sa "katiba" et rentre en Europe, après avoir été expulsé de Turquie fin novembre. Mais celui qui répond à de multiples surnoms – "Adam", "Le Chinois" ou "Abou Souleyman" – n'a de cesse de vouloir regagner le front. Il ignore que les services de renseignement, alertés par l'article du Temps, le suivent à la trace.

 

 

Entre début décembre et fin janvier, Flavien Moreau tente de repartir en Syrie à plusieurs reprises, via l'Allemagne, la Tunisie, la Bulgarie et le Liban. A chaque fois, son nom clignote et il se fait refouler. "Ce n'est pas des connards qui vont m'interdire d'aller où je veux", lâche-t-il dans une conversation téléphonique avec sa mère, le 1er janvier, au cours de laquelle il dit chercher à se procurer de faux papiers d'identité.

 

 

 

Enfant modèle, adolescent timide puis fanatique

Au vu de sa détermination, les policiers de la DCRI (l'ancien nom de la DGSI) le cueillent à la sortie d'un hôtel à Paris le 28 janvier. Deux lingots, huit pièces d'or et 5 080 euros en liquide sont trouvés sur lui. Une fortune peu compatible avec sa situation professionnelle, qui lui vaudra d'être également poursuivi pour "non justification de ressources". Flavien Moreau est placé en détention provisoire à Fresnes (Val-de-Marne).

 

 

Le juge qui l'interroge découvre que la radicalisation du jeune homme est ancienne. Né en Corée du Sud en 1986, Flavien Moreau est adopté à l'âge de 2 ans, avec son grand frère Nicolas, par un couple de Nantais. Sur des photos diffusées par TF1 au moment de son procès, on découvre un petit garçon à lunettes, enfant modèle. Son père dit avoir assisté, impuissant, à la métamorphose d'un adolescent timide et doux en fanatique. La fratrie sombre dans la délinquance lorsque les parents divorcent. L'adolescence est chaotique. Flavien Moreau est condamné pour la première fois à l'âge de 19 ans, pour détention et usage de stupéfiants. Au même moment, il découvre la religion musulmane au contact d'un "colocataire" à Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais) et se convertit à son retour à Nantes.

 

 

"Au début, je ne savais pas pourquoi et après, j'ai trouvé ça bien, voilà", explique-t-il lors de son procès, avançant un "goût pour la justice d'Allah". Dans les années qui suivent, les condamnations s'enchaînent : treize au total jusqu'en octobre 2012, pour des vols avec violence et port d'armes. Flavien Moreau se radicalise au fur et à mesure de ses trois séjours en détention, où il demande lui-même à être placé à l'isolement et où il s'abreuve des images du conflit en Syrie grâce "à la télé"

 

 

 

Un intérêt pour "la chimie des explosifs"

Les surveillants pénitentiaires le décrivent comme solitaire, introverti, froid et sur la défensive. En djellaba, il fait ses cinq prières par jour, mange halal et collectionne les livres religieux. Ses incarcérations sont émaillées d'incidents. En 2010, il dit à son professeur de sciences physiques qu'il est "intéressé par la chimie des explosifs" et cherche à tout prix, selon l'enseignant, à se procurer des produits dans les placards.

 

 

Avant et après son arrestation, Flavien Moreau ne perd jamais contact avec son grand frère Nicolas, lui aussi converti à l'islam et radicalisé. A la fin de son procès, le cadet confie d'ailleurs que l'aîné est en Syrie. Nicolas Moreau, 14 condamnations à son actif, est resté un an et demi sur place, de janvier 2014 à juin 2015, avant d'être arrêté en Turquie et transféré en France. Ce marin-pêcheur de formation a été condamné à dix ans de prison en décembre 2016.

 

 

La détention de Flavien Moreau, désormais estampillé "jihadiste", continue à être parsemée d'incidents. Dans un courrier adressé à sa mère, il écrit : "Je ressors plus déterminé. Allah est le plus grand stratège." A Fresnes, les surveillants, qu'il insulte et menace régulièrement, trouvent à plusieurs reprises des armes artisanales dans sa cellule. Dans son expertise datant de mars 2013, un psychiatre décrit un jeune homme "imperméable à la critique (...), méfiant, (...) qui se sent l'objet d'une persécution, tient un discours passionnel (...) de type paranoïaque, à la limite du délire". Un profil proche de celui de son frère, dépeint par son ancien avocat auprès de franceinfo comme "un personnage virulent et totalement étanche à la remise en question".

 

 

 

Retrouvailles en prison avec son frère

A Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais), où il est transféré en septembre 2018, Flavien Moreau refuse de passer par le quartier d'évaluation de la radicalisation (QER). Placé en quartier disciplinaire, il menace de "planter" des surveillants. Il inscrit aussi sur les murs de sa cellule "Je suis Ganczarski", du nom du cerveau des attentats de Djerba de 2002, qui a agressé aux ciseaux trois surveillants de la prison de Vendin en janvier 2018. Il a été condamné pour ces faits à six mois de prison en appel, le 29 mai 2019. 

 

 

Transféré à la prison de Condé-sur-Sarthe, Flavien Moreau a passé le reste de sa détention à l'isolement, selon une source pénitentiaire.

 

 

Il affiche toujours son islamisme, mais il n'est pas dans la provocation. Il reste dans son coin. Si on ne va pas l'agresser, il n'agresse pas non plus. Un surveillant à franceinfo

 

 

Selon cette même source, l'arrivée de son frère dans la prison a provoqué un peu de grabuge, la fratrie souhaitant être rapprochée. Mais si Nicolas Moreau a intégré le quartier d'évaluation de la radicalisation, Flavien a toujours refusé d'être évalué. "Il l'est quand même, car toute sa vie en détention a été regardée de très près. Il a fait l'objet d'une analyse pluridisciplinaire poussée", fait-on valoir du côté de l'administration pénitentiaire. "Son profil n'est pas réconfortant pour la suite", glisse toutefois une source proche du dossier.

 

 

 

Une surveillance maintenue après la prison 

Comment sera-t-il pris en charge à l'extérieur ? Selon nos informations, Flavien Moreau va faire l'objet d'une surveillance judiciaire pendant onze mois et dix-huit jours à compter de sa libération. Elle prévoit notamment des convocations régulières par le juge d'application des peines spécialisé dans l'antiterrorisme en charge de son suivi et le service d'insertion et de probation (Spip) de Loire-Atlantique. Il est également soumis à une obligation de soins, doit fixer sa résidence dans un lieu donné et a interdiction de porter une arme. Flavien Moreau devrait également être inscrit au fichier judiciaire national automatisé des auteurs d'infractions terroristes (FIJAIT), qui l'obligera, pendant dix ans, à justifier de son adresse tous les trois mois et à déclarer tout déplacement à l'étranger.

 

 

Du côté administratif, Flavien Moreau continuera à être surveillé par les services de renseignements le temps nécessaire, via une unité spéciale de suivi, rattachée à l'Unité de coordination de la lutte antiterroriste (Uclat), et créée en juillet 2018. Elle associe le renseignement pénitentiaire. "On est en capacité de donner à l'ensemble des autres services en milieu ouvert tout ce qu'on a pu constater en détention", souligne l'administration pénitentiaire, rappelant que de nombreux jihadistes sont déjà suivis à l'extérieur.

 

 

"Cette unité spéciale de suivi, c'est un peu un effet d'annonce, pour donner l'impression de faire quelque chose pour ces détenus, car on sait que l'Etat n'a pas le droit à l'erreur", observe Guillaume Ryckewaert, du syndicat des cadres de la sécurité intérieure. "Le vrai souci, concède-t-il, ce sont les individus qu'on n'a pas encore repérés." Les autorités pénitentiaires ne disent pas autre chose.

 

 

Les personnes qui nous inquiètent le plus, ce sont celles qui passent entre les mailles du filet. L'administration pénitentiaire à franceinfo

 

 

Plus d'un millier de personnes sont actuellement incarcérées pour des infractions de droit commun mais suspectées de radicalisation. Nicolas Moreau, lui, devrait passer encore plusieurs années en prison avant de rejoindre son frère à l'extérieur. 

 


15/01/2020
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Franceinfo - le mardi 17 décembre 2019

 

 

"10 000 combattants" de Daech, actuellement en prison, "sont prêts à reprendre le combat", met en garde Jean-Yves Le Drian

 

 

 

Jean-Yves Le Drian, ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, est l’invité de "Questions politiques" ce dimanche

 

 

 

Malgré la défaite territoriale du groupe terroriste, "je trouve qu’on sous-estime beaucoup le risque et les dangers que représentent aujourd’hui les combattants jihadistes de Daech qui sont en prison" a mis en garde Jean-Yves Le Drian, ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, invité dimanche 15 décembre de "Questions politiques" sur France Inter.

 

 

 

"Un problème très inquiétant"

"Il y a là aux environs de 10 000 combattants qui sont en prison, dont quelques Français, quelques Belges, en majorité des Syriens et Irakiens et qui sont prêts à reprendre le combat, parce que Daech n’est pas mort et existe aussi de manière clandestine en Irak", a poursuivi le Jean-Yves Le Drian, évoquant "un problème très inquiétant".

 

 

Parmi ces combattants, une soixantaine de Français sont actuellement emprisonnés dans le nord-est syrien. "Inévitablement, la question de leur jugement sera posée" au moment "du règlement politique", a expliqué Jean-Yves Le Drian, tout en rappelant la doctrine de la France : "Les combattants français doivent être jugés là où ils ont commis leurs crimes."

 

 

"Nous avions pensé qu’il était possible d’ouvrir un dispositif juridictionnel spécifique en relation avec les autorités irakiennes. Aujourd’hui, vu la situation en Irak, cette hypothèse n’est pas réalisable à court terme, a poursuivi Jean-Yves Le Drian. À moyen terme, il faut que ce soit réglé dans le cadre du règlement politique global qui a commencé tout doucement à Genève, depuis la mise en œuvre du comité consultatif destiné à modifier la Constitution syrienne", a souligné le ministre des Affaires étrangères.

 

 


17/12/2019
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Franceinfo - le samedi 30 novembre 2019 - mis à jour le 01.12.2019

 

 

Le groupe Etat islamique revendique l'attentat de Londres

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

L'attaque a été commise "en réponse aux appels à cibler les habitants des pays de la coalition internationale", selon l'agence de propagande Amaq

 

 

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Des policiers patrouillent à proximité du London Bridge après l'attaque au couteau ayant fait deux morts, le 30 novembre 2019.  (NIKLAS HALLE'N / AFP)

 

 

 

Le groupe Etat islamique a revendiqué, samedi 30 novembre, l'attaque au couteau ayant fait deux morts à Londres la veille, rapporte Amaq, l'agence de propagande de l'organisation jihadiste. "L'auteur de l'attaque menée hier à Londres fait partie des combattants de l'EI" et il l'a commise "en réponse aux appels à cibler les habitants des pays de la coalition internationale", selon un communiqué publié sur Telegram.

 

 

Le groupe n'a pour autant fourni aucune preuve. L'Etat islamique a multiplié ces derniers temps les revendications plus ou moins crédibles. Le groupe jihadiste a notamment revendiqué la mort des 13 soldats français au Mali.

 

 

La police britannique a abattu vendredi un homme portant une ceinture d'explosifs factice qui a tué deux personnes et blessé trois autres à l'arme blanche avant d'être maîtrisé par des passants. L'auteur de l'attaque, Usman Khan, 28 ans, était un ex-prisonnier condamné pour terrorisme.

 


02/12/2019
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Franceinfo - le dimanche 1er décembre 2019

 

 

"Le gouvernement s'en est débarrassé" : le parcours du terroriste de Londres met en lumière les failles du système judiciaire britannique

 

 

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Aude Soufi, à LondresfranceinfoRadio France
 

 

 

L'auteur de l'attaque du London Bridge, qui a fait deux morts vendredi, avait été condamné lourdement pour des infractions terroristes, puis remis en liberté quelques années plus tard sous bracelet électronique. Une procédure automatique, sans examen de son dossier, qui suscite le débat

 

 

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Des policiers britanniques s'affairent sur le London Bridge, à Londres, fermé à la circulation après l'attaque où ont trouvé la mort deux personnes vendredi 29 novembre. (NIKLAS HALLE'N / AFP)

 

 

 

En condamnant Usman Khan à la prison illimitée en février 2012 pour plusieurs infractions terroristes, le juge l’avait qualifié de dangereux jihadiste. Mais après un changement de loi et un appel de sa condamnation, sa peine était révisée l’année suivante : seize ans ferme, assortis d’une période de sûreté de huit ans. En décembre dernier, à l’issue de cette période, l’homme était remis en liberté sous bracelet électronique. Une procédure automatique, sans examen de son dossier, qui suscite le débat, après l'attaque perpétrée par cet homme vendredi à Londres"A-t-on des peines assez lourdes pour les gens qui commettent les infractions les plus violentes dans notre pays ?" s’interroge ainsi le secrétaire d’Etat à la Sécurité, Brandon Lewis.

 

 

Je pense que nous devons étudier sérieusement la question pour s'assurer que nous avons les bonnes peines, longues et dures, pour les gens qui commettent ce genre de délits. Brandon Lewis à franceinfo

 

 

C'est le gouvernement de coalition, mené par les conservateurs, qui avait changé le système en 2012. Une erreur, selon les membres de l'opposition, comme le maire travailliste de la capitale, Sadiq Khan. "Quelqu'un condamné pour une infraction grave, comme du terrorisme, estime-t-il, ne pouvait pas être libéré avant qu'il n'ait prouvé au service de probation qu'il n'était plus un danger pour le public. Le gouvernement s'en est débarrassé…"

 

 

 

"Le système ne peut pas marcher"

Le débat porte aussi sur les coupes budgétaires dans le système judiciaire et carcéral, le suivi des prisonniers et leur accompagnement, une fois remis en liberté. En 2014, la gestion de la probation avait été partagée entre secteurs public et privé. Après cinq ans de mauvais résultats, le ministère de la Justice a annoncé en mai dernier l'abandon de cette réforme d'ici 2021. Pour Jonathan Black, de l'Association des avocats pénalistes de Londres, beaucoup de mal a déjà été fait. "Ce que nous avons vu au cours des dernières années, explique l’avocat, à cause de la privatisation des services de probation et de gestion des délinquants, c'est que le système ne peut pas marcher compte tenu du nombre de personnes qui doivent être suivies. Et finalement, le travail est réduit à des cases à cocher."

 

 

En parallèle de l'investigation sur les faits, le gouvernement a annoncé une enquête spécifique sur la remise en liberté d'Usman Khan, moins d'un an avant son attaque meurtrière, vendredi.

 


01/12/2019
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