L'AIR DU TEMPS

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25/09/2019
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Franceinfo - le samedi 24 août 2019 - mis à jour le 25.08.19

 

 

VRAI OU FAKE La forêt amazonienne est-elle vraiment le "poumon de la planète" ?

 

 

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Camille CaldiniFrance Télévisions

 

 

 

Comparer l'Amazonie à un "poumon" qui produit "20% de l'oxygène" que nous respirons est trompeur et réducteur. Le véritable "poumon de la planète", ce sont plutôt les océans. L'Amazonie est, en revanche, d'une importance capitale pour la biodiversité et la régulation du climat du continent américain

 

 

 

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Vue aérienne de la forêt tropicale amazonienne, dans le nord du Brésil, le 15 juin 2017. (BRAZIL PHOTOS / LIGHTROCKET / GETTY IMAGES)

 

 

 

"Le poumon de la planète est en feu", peut-on lire, partout sur les réseaux sociaux. "L'Amazonie, le poumon de notre planète, produit 20% de notre oxygène", a même tweeté Emmanuel Macron. Des centaines d'incendies grignotent l'Amazonie, depuis plusieurs semaines. Ce drame environnemental est dû en partie à la sécheresse, mais surtout à la déforestation, encouragée par le président brésilien, Jair Bolsonaro. Les feux sont notamment provoqués par les défrichements par brûlis utilisés pour transformer des aires forestières en zones de culture et d'élevage ou pour nettoyer des zones déjà déboisées. 

 

 

 

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Partout dans le monde, des militants se mobilisent, et la santé de l'Amazonie, qui a suscité un début de crise diplomatique entre la France et le Brésil, va s'inviter parmi les sujets au menu au sommet du G7 de Biarritz. Mais peut-être faudrait-il trouver une métaphore plus adaptée que "poumon de la planète", pour évoquer cet écosystème complexe, qui produit de l'oxygène, retient des gaz à effets de serre et abrite une biodiversité inégalée.

 

 

 

Le jour, l'Amazonie fait l'inverse d'un poumon

"Inspirez… Expirez…" Lorsque vos poumons fonctionnent correctement, et sans même que vous en ayez conscience, ils trient l'air que vous inspirez pour alimenter votre corps en oxygène et éliminer ce dont il n'a pas besoin : le dioxyde de carbone (CO2). Les plantes aussi "respirent" en continu. Mais le jour, elles font surtout l'exact inverse de nos poumons.

 

 

Les végétaux puisent dans le sol de l'eau et des minéraux pour se nourrir. Avec leurs feuilles, ils captent le dioxyde de carbone (ou gaz carbonique) présent dans l'atmosphère. Les plantes utilisent ensuite l'énergie solaire pour oxyder l'eau et réduire le gaz carbonique afin de produire des glucides, et donc de l'énergie, pour vivre et grandir. C'est ce qu'on appelle la photosynthèse. Au passage, les végétaux rejettent dans l'air du dioxygène (O2). Mais cet oxygène sert en majorité à sa propre consommation. Quand la photosynthèse s'arrête, la nuit, les plantes n'émettent plus d'O2, mais elles continuent à respirer.

 

 

 

Elle ne produit pas "20% de notre oxygène"

Près de 6 millions de kilomètres carrés, 16 000 essences d'arbres différentes… C'est la plus grande forêt tropicale du monde, la plus célèbre sans aucun doute. On lit souvent, y compris sur les sites d'ONG environnementales, qu'elle produit "20% de notre oxygène". C'est lui faire porter une bien lourde responsabilité. "La formule est belle, mais elle n'est pas scientifique", estime d'ailleurs Philippe Ciais, chercheur au Laboratoire des sciences du climat et de l'environnement, interrogé par Le Parisien.

 

 

La plupart des scientifiques s'accordent pour estimer que l'Amazonie produit entre 5 et 10% de notre oxygène. Pas plus. Sur Twitter, Jonathan Foley, directeur de l'institut de l'environnement de l'université du Minnesota (Etats-Unis) explique que ses calculs lui permettent d'arriver "au maximum à 6%. Probablement moins".

 

 

 

 

 

 

En réalité, au moins la moitié de notre oxygène provient des océans, où vit le phytoplancton, constitué d'organismes végétaux vivant en suspension dans l'eau. Sa biomasse totale est nettement supérieure à celle des forêts. C'est lui le premier producteur d'oxygène et le plus grand piège à CO2 du monde, le "poumon bleu de la planète".

 

 

Cela laisse aux forêts du monde 50% de la production d'oxygène. L'ensemble des forêts tropicales produit, selon Jonathan Foley, 24% de l'oxygène produit sur la terre ferme et 12% de l'oxygène total, "terre et océan inclus". En admettant que l'Amazonie émette à elle seule la moitié de ces 12%, Foley arrive à 6% de la production d'oxygène mondiale. "Il est biologiquement et physiquement impossible pour l'Amazonie de produire 20% de l'oxygène du monde", insiste-t-il.

 

 

 

Elle consomme presque tout l'oxygène produit

Sans oublier que la forêt amazonienne n'est pas toute jeune. Si des arbres en pleine croissance peuvent en effet émettre beaucoup d'O2, d'autres, en vieillissant et en mourant, dégagent surtout du CO2. En 2005, par exemple, une seule tempête a tué 500 millions d'arbres en Amazonie, selon une étude de 2010 financée par la Nasa (en anglais). Et ces millions d'arbres morts ont relâché toute leur réserve de CO2 dans l'air. 

 

 

"Pour faire simple, le bilan de la forêt en elle-même est nul quand elle est à son état d'équilibre", résume Pierre Thomas, professeur émérite à l'Ecole normale supérieure de Lyon, au Parisien"Il peut même arriver qu'une forêt émette plus de CO2 qu'elle n'en absorbe", explique Alain Pavé, ancien directeur du programme Amazonie du CNRS, au HuffPost. La déforestation massive pourrait avoir cette conséquence. Surtout, la forêt tropicale est un écosystème complexe, habité par des milliards de consommateurs d'oxygène. Des champignons, des bactéries, des animaux, et quelques millions d'humains.

 

 

 

L'Amazonie est bien plus qu'un stock d'oxygène

L'Amazonie n'est donc pas tout à fait "le poumon de la Terre", pas seulement en tout cas. Ce serait "réducteur", explique à L'Express Plinio Sist, qui dirige l'unité Forêts et sociétés au sein du Cirad, organisme de recherche agronomique international. "C'est une source de biodiversité inestimable, c'est un réservoir de carbone face au réchauffement, c'est un régulateur du climat sur tout le continent sud-américain", liste-t-il. 

Cette forêt tropicale abrite une biodiversité unique : 40 000 espèces de plantes dont 16 000 essences d'arbres, 2,5 millions d'espèces d'insectes, 3 000 poissons d'eau douce, 1 500 oiseaux, 500 mammifères, 550 reptiles… Et sûrement encore beaucoup à découvrir. Plus de 2 000 nouvelles espèces ont été identifiées et décrites depuis 1999, selon l'organisation WWF (en anglais).

 

 

La forêt amazonienne régule aussi tout le climat de l'Amérique du Sud. C'est elle qui maintient l'humidité en produisant de la vapeur d'eau. "Si la déforestation se poursuit au rythme actuel, la région risque de graves problèmes de sécheresse", avertit Plinio Sist. Avec un impact inévitable sur l'agriculture et la production d'énergie du Brésil qui "repose en partie sur des barrages au niveau du bassin amazonien, menacé par un déficit de pluies avec le dérèglement climatique". Mais pas seulement. "La déforestation en Amazonie influence aussi les précipitations du Mexique au Texas", selon une étude menée par la Nasa en 2005 (en anglais). "Cela ne modifie pas la quantité de précipitations, mais leur distribution sur le territoire", explique encore la Nasa.

 

 

La déforestation et les incendies ont de lourdes conséquences aussi pour le climat mondial : de piège à CO2, l'Amazonie pourrait se changer en véritable cheminée recrachant des gaz à effets de serre. "Le calcul est simple : une tonne d'arbre qui part en fumée, et ce sont aussitôt presque deux tonnes de CO2 qui s'évaporent", résume Le Parisien. Et ce gaz, la forêt affaiblie est de moins en moins apte à le réabsorber.

 

 

"Il y a de nombreuses raisons de s'inquiéter de ces pics de déforestations de l'Amazonie", conclut Jonathan Foley. Le carbone, le climat, l'eau, la biodiversité, les humains… "Mais heureusement, au moins, on n'a pas à s'inquiéter pour l'oxygène."

 

 

Franceinfo est partenaire de la consultation "Comment les médias peuvent-ils améliorer la société ?" avec Make.org, Reporters d’Espoirs et plusieurs autres médias.

 

 

 

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11/08/2019
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Français du monde. L'Albanie, le secret le mieux gardé des Balkans

 

 

 

Petit pays, grandes ambitions ! Libérée de la tutelle du communisme en 1991, coincée entre le Monténégro, la Grèce et l'Italie, l'Albanie rêve d'entrer dans l'Union européenne et de devenir une vraie destination touristique

 

 

 

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Julien Roche, chez lui, en Albanie : "On a beaucoup de jeunes en sac à dos ou de troisième âge. Ce sont nos meilleurs ambassadeurs"  (Photo Emmanuel Langlois)

 

 

 

Ils ne sont pour l'instant pas très nombreux, 45 000 Français en 2018, mais ce nombre est en hausse de 30% ces dernières années, et surtout tous, nous promet-on, reviennent enchantés d'un séjour en Albanie.

 

 

 

Julien Roche y vit depuis le début des années 80

Incontournable, le Français originaire de l'Ain, a créé au total une quarantaine de sociétés là-bas.

 

 

"Dans le nord, il y a des lacs et des montagnes, c'est la fin de la chaîne des Alpes, explique-t-il. Et dans le sud, les plages de la mer Adriatique et de la mer Ionienne face à Corfou. On a beaucoup de jeunes en sac à dos ou de troisième âge. Ce sont nos meilleurs ambassadeurs, ils sont reçus par des paysans qui les hébergent, c'est très fraternel."

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Helmut Gschwentner, président du tour-opérateur "Visit Europe" : "On  croit beaucoup à l'Albanie. On veut augmenter les produits et les possibilités pour nos clients, c'est pour cela qu'on ouvre un bureau à Tirana." (Photo Emmanuel Langlois)

 

Les autorités albanaises veulent surtout montrer que la réalité du pays serait loin de la mauvaise image qu'on en a en France, le terrain des trafics en tout genre, de la corruption et de la mafia.

 

 

Les voyagistes étrangers commencent en tout cas à s'intéresser à cette nouvelle destination au cœur des Balkans, comme l'explique Helmut Gschwentner, président du tour-opérateur "Visit Europe" :

"Je ne suis pas sûr que ce sera la nouvelle Croatie, mais c'est en tout cas une destination balnéaire ET culturelle. On y croit beaucoup. On a déjà depuis cinq ans des circuits en Albanie, mais uniquement combinés avec le Monténégro ou la Macédoine. On veut augmenter les produits et les possibilités pour nos clients, c'est pour cela qu'on ouvre un bureau à Tirana."

"Visit Europe" vise 3 000 clients dès cet automne et 4 à 5 000 l'an prochain.

 

 

 

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Sur les hauteurs de Krujë, centre de la résistance albanaise contre les Turcs ottomans sous le héros national Scanderbeg. Vue magnifique sur la vallée et plus loin sur la mer Adriatique. (Photo Emmanuel Langlois)

 

 

Petits hôtels de famille

Car en plus de ses 500 kilomètres de côtes, et malgré quelques stations balnéaires déjà bétonnées comme Golem, ce petit pays de trois millions d'habitants, grand comme la Belgique, possède aussi un patrimoine culturel exceptionnel à l'image de Berat, la "ville aux mille fenêtres", classée à l'UNESCO, ou la splendide cité médiévale de Krujë, pas encore asphyxiée par les touristes.

 

 

 

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Berat, connue comme la ville aux «mille fenêtres», est un trésor de l’histoire et de la culture albanaises et témoigne de la tradition et de l’harmonie religieuse du pays. (Photo Emmanuel Langlois)

 

 

 

"Il y a quatre missions archéologiques franco-albanaises, dans un seul pays c'est une grande chance, se félicite Christina Vasak, ambassadrice de France à Tirana, ça intéresse les visiteurs, pas seulement les Français. Il y a aussi de très beaux musées qui donnent un tableau d'ensemble du peuple et de l'histoire albanais, tragique à certains égards."

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Christina Vasak, amabassadrice de France en Albanie : "Il y a aussi de très beaux musées qui donnent un tableau d'ensemble du peuple et de l'histoire albanais, tragiques à certains égards." (Photo Emmanuel Langlois)

 

Les groupes hôteliers commencent aussi à se pencher sur l'Albanie, qui manque d'infrastructures, comme le français Accor qui prévoit d'ouvrir dans les mois qui viennent un Sofitel à Tirana.

"Le tourisme est basé ici sur de petits hôtels de famille de cinq à 10 chambres. Il n'y a pas les capacités suffisantes pour accueillir par exemple des réunions de grands groupes de 2 500 ou 3 000 personnes, explique Elisabeth Gjoni, directrice du groupe d'énergie et de construction Amadeus. Le potentiel et la demande sont là, mais pas encore le produit."

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L'hôtel Grand Blue Fafa Resort 5* dans la station balnéaire de Golem, à proximité de Durrës, au bord de la mer Adriatique. Le principal attrait de Durrës est l'amphithéâtre de l'empereur romain Hadrien, avec ses 15 000 places assises, le deuxième plus grand amphithéâtre des Balkans. (Photo Emmanuel Langlois)

 

L'Albanie fait partie des sept pays candidats à l'entrée dans l'Union européenne. Les négociations pourraient débuter dans les mois qui viennent mais la procédure est longue ensuite. Elle devrait durer au moins 10 ans.

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En plus d’être la capitale politique et économique du pays depuis 1920, Tirana connaît un rayonnement culturel important sur tout le pays. Du musée historique de Skanderbeg aux nombreux théâtres en passant par ses châteaux et mosquées, cette ville aux mille facettes émerveille toujours le visiteur de passage. (Photo Emmanuel Langlois)

 

Écrire à Julien Roche : j@roche.al

Écrire à Elisabeth Gjoni : elisabeth.gjoni@amadeus-group.com

 

 

 

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Inauguré en 1981, le plus grand musée d'Albanie (18 000 m2 d'espaces d'exposition) abrite certains objets parmi les plus précieux du pays comme la " Déesse de Butrint " et une formidable collection d'icônes. Il se distingue par sa façade massive décorée d'une superbe mosaïque de style réalisme socialiste. (Photo Emmanuel Langlois)

 

 

 

Aller plus loin 

Aller en Albanie avec "Visit Europe" avec son circuit DÉCOUVERTE EN ÉTOILE EN ALBANIE, 8 jours / 7 nuits, pension complète et hôtel 4*.

 

 

Découvrez au cours de votre voyage en Albanie les facettes d'un pays encore méconnu. La capitale, Tirana, vous surprendra par ses influences. Vous serez séduit par la richesse historique du plus grand site archéologique d'Albanie : la cité antique d'Apollonia. C'est un merveilleux voyage dans le passé qui vous attend tout au long de votre circuit touristique en Albanie.

 

 

 

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Le siège mondial du bektachisme, près de Tirana, l'islam "cool" qui séduit l'Europe. Depuis la chute du communisme, il est de nouveau le cadre d'une intense activité religieuse, étudiante et politique avec l'organisation de grandes réunions internationales tous les ans. C'est d'ici qu'est dirigé l'ensemble de la confrérie qui compte environ 7 millions de fidèles dans le monde.  (Photo Emmanuel Langlois)

 

 

 

Retrouvez ce reportage dans le magazine et sur le site internet de la mobilité internationale "Français à l'étranger.fr"

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L'église byzantine de la Sainte-Trinité à Berat, dont la vieille ville est inscrite au patrimoine mondial de l'Unesco. Située à flanc de colline, la ville s'étend de part et d'autre de la rivière Osum. (Photo Emmanuel Langlois)

 

 


10/06/2019
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10/06/2019
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Franceinfo le samedi 8 juin 2019

 

 

Espèces monstrueuses, pression phénoménale et noir complet : plongée dans les abysses avec les explorateurs des grands fonds

 

 

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Camille AdaoustFrance Télévisions

 

 

 

Seules quatre personnes ont réussi à atteindre le point le plus profond de nos océans connu à ce jour : le Challenger Deep, au cœur du Pacifique. Récit de leur descente

 

 

 

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L'explorateur Victor Vescovo lors de sa descente vers Challenger Deep, à bord de son bathyscaphe DSV Limiting Factor, le 13 mai 2019. (HANDOUT . / REUTERS / X80001)

 

 

 

Il est allé là où personne ne s'était encore aventuré. Le 28 avril dernier, Victor Vescovo, retraité de la Navy, a plongé dans le point le plus profond de nos océans connu à ce jour : le Challenger Deep, au cœur de la fosse des Mariannes. "C'est la plongée la plus profonde de l'histoire, à 10 928 mètres", s'est réjoui l'équipe qui l'entourait, dans un communiqué* publié le 13 mai.

 

 

Victor Vescovo, riche investisseur texan, est ainsi devenu le quatrième homme à être descendu si bas dans l'océan. Le réalisateur de Titanic et Avatar, James Cameron, s'était déjà aventuré à 10 908 mètres de profondeur en 2012 et, avant lui, l'explorateur suisse Jacques Piccard et l'officier de la marine américaine Don Walsh étaient descendus à 10 912 mètres en 1960. En dehors de ces quatre plongées, les cinq fosses les plus profondes de notre planète restent très peu connues. "La plupart de nos océans sont encore inexplorés", note l'agence américaine d'observation océanique et atmosphérique*. En effet, 95% de ce royaume sous-marin n'a encore jamais été observé. "Ça m'attriste qu'en soixante ans, nous soyons si peu à être descendus là-bas", avoue à franceinfo Don Walsh, regrettant que l'espace soit aujourd'hui plus exploré que cette "stratosphère à l'envers".

 

 

 

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Parmi la dizaine de fosses océaniques qui existent sur notre planète, les cinq plus profondes se situent toutes dans l'océan Pacifique. (PIERRE-ALBERT JOSSERAND / FRANCEINFO)

 

 

 

Pour combler ce vide, croyances et récits dignes d'un film fantastique ont peuplé les abysses, qui s'étendent de 6 000 à 11 000 mètres de profondeur. "Beaucoup supposaient qu'il s'agissait d'une vaste plaine, vide et immobile, dénuée de vie et même sans courant marin", indique l'agence américaine*. Il n'en est rien. La zone hadale – en référence à Hadès, dieu grec des enfers – attire désormais les convoitises et n'est pas cet espace totalement mystérieux peuplé de créatures monstrueuses. Quoique.

 

 

 

Plongée à bord d'un minuscule sous-marin

Ils prennent une grande respiration et la lourde porte se ferme. Chacun à son époque, Don Walsh, Jacques Piccard, James Cameron et Victor Vescovo pénètrent dans un tout petit habitacle. "Il ne pouvait même pas tendre les bras", explique l'équipe du réalisateur canadien*. "L'intérieur est une sphère de 1,50 mètre à peu près. C'est un espace très contraint, très chargé en électronique", décrit à franceinfo Virginie Brenot Beaufrère, responsable du service culturel de la Cité de la mer, à Cherbourg (Manche). L'établissement, qui accueille actuellement le parcours L'océan du futur, présente certains des plus célèbres bathyscaphes, ces engins sous-marins dédiés à l'exploration abyssale.

 

 

 

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Jacques Piccard et Don Walsh plongent au large de l'île de Guam, dans l'océan Pacifique, le 23 janvier 1960. (MAXPPP)

 

 

 

Au sommet de la colonne d'eau, l'engin coule à toute allure. Moins cent mètres. Moins deux cents mètres. La lumière se fait très rare, jusqu'à disparaître totalement. "Il faisait tout noir. On n'apercevait que des petites tâches de bioluminescence vaciller, comme des vers luisants. Notre lampe n'éclairait qu'à dix ou quinze mètres", raconte Don Walsh. 

 

 

Moins deux mille mètres. Plus loin dans la pénombre, des cheminées volcaniques s'élèvent. Les quatre aventuriers ne les aperçoivent pas. "Pendant la descente, nous étions très occupés. Il fallait sans cesse prendre des mesures. Nous ne regardions dehors qu'à l'occasion", se souvient Don Walsh. Mais un incident vient accaparer l'officier de la marine et son acolyte, Jacques Piccard, pendant leur descente : sur plusieurs centaines de mètres, "quelques trous dans la coque laissaient couler des gouttes d'eau". "Si leur nombre avait augmenté en descendant, la plongée se serait terminée là et nous aurions dû remonter à la surface. Mais les gouttes ont cessé et on a continué", relate Don Walsh dans son récit L'histoire du bathyscaphe Trieste.

 

 

Moins quatre mille mètres. Le sol commence à s'incliner doucement. "Les plaques océaniques sont comme un tapis roulant. Elles se déroulent et replongent à 45 degrés dans le manteau terrestre", détaille Yves Fouquet, géologue à l'Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer (Ifremer). Une énorme fosse se creuse sous l'engin. "Le mont Everest s'insérerait parfaitement [à l'envers] dans la fosse des Mariannes"décrit Alan Jamieson*, professeur à l'université de Newcastle (Royaume-Uni). A droite et à gauche, des geysers d'eau chaude jaillissent du sol, enrichis en métaux et en éléments chimiques. "Cela sert de base alimentaire et la biologie s'installe autour", dépeint Yves Fouquet.

 

 

 

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Sur son site, l'Agence américaine d'observation océanique et atmosphérique présente les sources hydrthermales qui sont sources de vie dans les profondeurs océaniques. (NOAA)

 

 

"Des animaux à toutes les profondeurs"

Moins six mille mètres. La plongée dure depuis plusieurs heures déjà. En cas de petit creux, "j'avais une barre de chocolat et Jacques une barre Nestlé... parce qu'il est Suisse", se remémore en riant Don Walsh. Ils franchissent le seuil invisible de la zone hadale. Sous leurs pieds se trouvent alors 45% de la profondeur totale des océans mais seulement 0,2% de leur étendue, détaille Alan Jamieson. 

 

 

"Pendant longtemps, on a cru qu'il n'y avait pas d'espèces au-delà de six cents mètres de profondeur", explique à franceinfo Sarah Samadi, professeure au Muséum national d'histoire naturelle. Les différentes plongées prouvent le contraire. "Poissons, crustacés, échinodermes [étoiles de mer, oursins...], gorgones [des coraux cornés]... Il y a toutes sortes d'animaux à toutes les profondeurs", assure la scientifique. Dents aiguisées, yeux globuleux, lanternes : ils ont parfois des aspects monstrueux. "Dans les abysses, on observe par exemple des grandgousiers. Cette espèce a une énorme bouche qui peut se déployer au-delà de la taille de son corps pour avaler une espèce plus grosse qu'elle. Elle va ensuite la digérer pendant des semaines dans un estomac démesuré", décrit Virginie Brenot Beaufrère.

 

 

"Le poisson-lanterne, très abondant, [agite] au-dessus de sa tête un leurre lumineux. Le poisson-dragon nage tous feux allumés, créant sa propre lumière par bioluminescence. Le calamar géant aveugle ses proies à l'aide de flashs lumineux, avant de fondre sur elles pour les avaler", cite encore le site pédagogique de France Télévisions.

 

 

 

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Dans la cabine, le calme règne. "Je me sentais très excité, privilégié d'assister à ceci. Mais aussi en paix, car c'est un endroit très silencieux, paisible", raconte Victor Vescovo au magazine Newsweek*. Les sons qui parviennent de l'extérieur sont étouffés, comme le montre un enregistrement fait par l'agence américaine et repéré par Le Monde. "On entend des effluves, les bruits de l'eau comme au loin", décrit Virginie Brenot Beaufrère. 

 

 

 

"Mais où était le fond ?"

La pression se fait de plus en plus forte. Elle est "phénoménale dans les grands fonds, plus de mille fois supérieure à celle de l'atmosphère", décrit le magazine Sciences et Avenir. "C'est l'équivalent de cinquante avions gros porteurs empilés sur une personne", compare la BBC*. La température baisse, elle, jusqu'à 2°C et oblige les aventuriers à enfiler un pull. 

 

 

"Moins 10 900 mètres. Mais où était le fond ?", se demande Don Walsh. Le bathyscaphe ralentit. "Nous portions toute notre attention sur l'atterrissage. Il fallait être sûr de détecter le fond avant de le toucher. J'avais les yeux rivés sur le sonar." Jacques Piccard s'écrit alors : "Regarde, il y a un poisson !" A travers une fenêtre "aussi large qu'un cône de glace", ils aperçoivent un poisson plat d'une trentaine de centimètres de long. En 1960, les scientifiques n'y croient pas. "Ils nous ont dit que c'était impossible. Alors quand Cameron a plongé en 2012, la dernière chose que je lui ai dite, c'est : 'Trouve-moi ce fichu poisson'. Il l'a fait. J'ai vécu assez longtemps pour avoir la preuve de ce qu'on avait vu. Malheureusement, Jacques non", raconte Don Walsh, ému. Son coéquipier est mort en 2008.

 

 

Quelques heures après le départ, les équipages atteignent enfin le fond. "J'avais l'impression qu'en l'espace d'une journée, j'avais atteint une autre planète", raconte James Cameron dans la vidéo qui suit. Jacques Piccard et Don Walsh se félicitent dans une poignée de main, "soulagés et heureux". "C'était émouvant, très émouvant", souffle Don Walsh. Il n'a toutefois pas la chance de voir quoi que ce soit. Quand son bathyscaphe touche le sol, les sédiments, qui forment un tapis de poussières blanches au sol, se soulèvent et flottent. "C'était comme se retrouver dans un bol de lait." Pendant la demi-heure qu'ils passent dans ces profondeurs, "le courant était si léger que rien n'a bougé jusqu'à ce qu'on remonte." James Cameron et Victor Vescovo ont vécu une expérience différente. Le premier passe trois heures au sol, le second quatre. "C'était plat, comme une sorte de cuvette beige recouverte d'une épaisse couche de sable", décrit Victor Vescovo.

 

 

Du plastique dans les abysses

Une observation vient cependant lui glacer le sang : il repère un sac en plastique et des emballages de bonbons, comme on peut le voir dans la vidéo ci-dessous. "Cela a été de toute évidence désespérant de constater une contamination humaine au point le plus profond des océans", déclare-t-il, cité par LCI. Plus tôt déjà, des chercheurs avaient trouvé des traces de plastique dans les crustacés des fonds marins. Notamment "des polychlorobiphényles (PCB), abondamment utilisés dans les années 1930 à 1970 par les fabricants d’appareils électriques" et des"polybromodiphényléthers (PBDE), utilisés comme retardateurs de flamme, pour ignifuger plastiques, textiles et équipements électriques", rapporte Le Monde.

 

 

"Si [le plastique] n’est pas déplacé par les vagues comme en surface où là, l’action mécanique peut le casser en petits morceaux, une fois qu’il est au fond de l’océan, il va falloir que les particules qui composent ce plastique se décomposent. Cela prendra certainement plusieurs dizaines, voire centaines d’années", déplore auprès de franceinfo Delphine Thibaut, océanographe à l'université d'Aix-Marseille.

 

 

Pour les personnes interrogées par franceinfo, cette découverte rend d'autant plus importante l'exploration des profondeurs abyssales. "Jusqu'à présent, on disait qu'une goutte d'eau mettait mille ans à faire le tour de la Terre avec les courants. Mais ça fait beaucoup moins de mille ans qu'on pollue, et on retrouve déjà des traces au fond des océans. C'est très inquiétant", insiste Virginie Brenot Beaufrère. Pour elle, il est urgent de comprendre ce qu'il se passe dans les abysses.

 

 

On risque de détruire un environnement qu'on ne connaît même pas encore tout à fait. Or, il est primordial pour la vie sur Terre. Chaque écosystème est lié aux autres. Les océans régulent notre climat, sont une source de nourriture, offrent des promesses d'avenir ! Si on continue à les polluer, c'est une balle qu'on se tire dans le pied.Virginie Brenot Beaufrère, de la Cité de la mer à franceinfo

 

 

Ces dernières années, la course aux profondeurs s'est accélérée. Certains y voient un intérêt économique. "Les sources hydrothermales procurent des métaux rares et précieux", indique Virginie Brenot Beaufrère. D'autres espèrent y détecter les tremblements de terre au plus près des plaques tectoniques et sonner l'alerte plus tôt. Les scientifiques tentent, eux, de mieux cartographier les fonds océaniques avec le projet Seabed 2030*. Le secret de la vie pourrait aussi s'y cacher : si elle s'est adaptée aux conditions de pression, d'absence de lumière et de température des profondeurs, "ça laisse penser que sur d'autres planètes, des formes de vie loin du soleil pourraient exister", imagine la responsable de la Cité de la mer. "Les abysses bousculent nos connaissances de la biologie."

 

 

Un intérêt qui réjouit Don Walsh. Pour lui, cependant, l'exploration des profondeurs est encore trop lente. "Comme l'a dit Marshall McLuhan, il n'y a pas de passagers sur le vaisseau Terre. Nous sommes tous des membres de l'équipage. Notre planète ne devrait pas s'appeler la Terre mais la planète Eau et, pourtant, l'océan est un monde que nous connaissons si peu... Je le dis haut et fort : c'est fichûment proche, alors allons-y !"

 

 

* liens en anglais

 


08/06/2019
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