L'AIR DU TEMPS

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MONDE


Franceinfo - le jeudi 7 février 2019

 

 

Guerre civile, putsch militaire ou négociations : vers quoi s'oriente la crise au Venezuela ?

 

 

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Propos recueillis par Louise HemmerléfranceinfoFrance Télévisions
 

 

 

Pour Temir Porras, ancien directeur de cabinet de Nicolas Maduro, les pays qui ont reconnu Juan Guaido jettent de l'huile sur le feu. Interrogé par franceinfo, il appelle à un dialogue pacifique entre les différents acteurs

 

 

 

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Une manifestation des partisans de l'opposition, à Caracas, au Venezuela, le 2 février 2019.  (FEDERICO PARRA / AFP)

 

 

Deux semaines après l'auto-proclamation de Juan Guaido à la présidence par intérim du Venezuela, c'est toujours Nicolas Maduro, soutenu par l'armée, qui occupe le palais présidentiel à Caracas. Et sans conduite de négociations pour trouver une voie de sortie à cette crise, la tension continue de monter dans le pays. Elle s'exporte même sur la scène internationale : de nombreux États prennent parti, les uns reconnaissant Juan Guaido comme président légitime, les autres restant fidèles à Nicolas Maduro.

 

 

Quel rôle jouent ces puissances étrangères dans ce face-à-face entre Maduro et son opposition au Venezuela ? Et quelles sont les clés d'une sortie de crise ? Franceinfo a interrogé Temir Porras, fin connaisseur de la politique vénézuélienne. Cet enseignant à Sciences-Po a été le conseiller en politique étrangère du président Hugo Chavez et directeur de cabinet de Nicolas Maduro.

 

 

 

Franceinfo : Pouvez-vous nous expliquer d'où vient la crise politique actuelle au Venezuela ?

 

 

Temir Porras : La polarisation au Venezuela n’a pas commencé la semaine dernière. La contestation de la légitimité de Maduro a démarré le jour où il a été élu, en 2013. Et ce jour là, il n’avait pas encore démontré toute l’étendue de son incompétence et de son autoritarisme. La dégradation des conditions économiques et sociales dans le pays lui a ensuite coûté sa défaite aux législatives de 2015.

 

 

Une coalition d’opposition, composée notamment de fractions insurrectionnelles, a alors obtenu une majorité de deux tiers à l’Assemblée nationale. Cela a provoqué une crise de régime, car ces deux tiers donnaient des pouvoirs très larges à l’opposition conservatrice : elle pouvait changer la composition du tribunal suprême, destituer des ministres et même le vice-président de la République. Le tribunal suprême, qui est contrôlé par des alliés de Maduro, a dessaisi l’Assemblée nationale de ces pouvoirs. C’est ça le point de départ de la crise institutionnelle. Et en 2018, l'opposition a refusé de participer à l'élection présidentielle. Résultat : le vainqueur Nicolas Maduro a une légitimité légale, mais pas politique.

 

 

 

Que vient faire Juan Guaido, le président de l'Assemblée nationale, dans cette crise ? Comment s'est-il retrouvé le principal opposant à Nicolas Maduro ?

 

 

Juan Guaido est un député conservateur de Voluntad Popular, un parti minoritaire au sein de la coalition qui contrôle l’Assemblée nationale. Cette coalition a mis en place une présidence tournante : 2019 était l'année de Voluntad Popular. Comme les leaders du parti sont soit en prison, soit en exil, c'est Juan Guaido, élu d’un petit État à seulement 35 ans, qui s’est retrouvé à occuper la fonction de président de l’Assemblée en janvier.

 

 

L'auto-proclamation de Juan Guaido s'inscrit dans la droite lignée de la tradition insurrectionnelle de Voluntad Popular. Mais dire que cette ligne de confrontation est le fruit d’un consensus de toutes les forces d’opposition au Venezuela est une absurdité. Ainsi, Henrique Capriles [considéré jusqu'à maintenant comme leader de l'opposition à Maduro] a dit qu'il n'était pas au courant que Juan Guaido allait s'auto-proclamer président par intérim. Mais comme il y a un énorme élan derrière lui, beaucoup de leaders de l’opposition vénézuélienne se taisent et attendent de voir comment la situation va évoluer.

 

 

 

Pourquoi certains États ont-ils si rapidement reconnu Guaido comme "président par intérim" ?

 

 

C'est le résultat d'une concertation entre la partie la plus à droite de l'opposition vénézuélienne et certains pays : les États-Unis et ceux appartenant au groupe de Lima, un groupe informel de gouvernements conservateurs d'Amérique latine auquel s'est aussi joint le Canada. En fait, tout part de l'élection contestée de Maduro en 2018 par une partie de l'opposition et par ces pays. N'ayant pas reconnu le résultat, ils ont décidé qu'à partir du 10 janvier 2019, date de l'investiture de Maduro, il y avait une usurpation de la présidence. C'est ce qui leur a permis de justifier toutes les actions suivantes, dont l'auto-proclamation de Juan Guaido.

 

 

 

Quel regard portez-vous sur la reconnaissance accordée à Guaido par la France et d'autres pays européens ?

 

 

La position des pays européens de donner un ultimatum de huit jours à Maduro pour organiser des élections présidentielles avant de reconnaître Juan Guaido est une position schizophrène et incompréhensible. J'ai essayé de comprendre pourquoi huit jours... Finalement, j'interprète cet ultimatum comme une simple posture pour se démarquer de l'administration Trump et apparaître plus "dialoguants".

 

 

Mais l'Union européenne se retrouve désormais dans une configuration un peu "baroque". Comme il n'y avait pas de consensus, la chef de la diplomatie européenne a proposé de mettre sur pied un groupe de contact composé de huit pays européens [qui ont défendu l'ultimatum] et de pays latino-américains. La première réunion va avoir lieu le 7 février, à Montevideo. Le groupe de contact s'est donné 90 jours pour trouver une solution, ce me semble bien plus raisonnable que huit jours.

 

 

 

Quel est le poids de la reconnaissance internationale dans le rapport de force entre Maduro et Guaido au Venezuela ?

 

 

Celle des pays européens a un poids symbolique car même s'ils représentent une partie minoritaire du monde, ils sont dotés d'une sorte d'autorité morale supérieure.

 

 

En même temps, plus un pays européen mettra de la pression sur Nicolas Maduro, plus il sera perçu comme un néocolonialiste qui veut imposer sa loi. Même des progressistes, qui critiquent Maduro, vont percevoir la position des Européens comme une ingérence.Temir Porrasà franceinfo

Mais l'impact le plus important est financier. La reconnaissance de l'administration américaine a entraîné de nouvelles sanctions imposées au gouvernement de Maduro. Washington a ainsi annoncé le gel de sept milliards de dollars d'actifs pétroliers dans le but de les transférer à l'administration de Guaido.

 

 

 

Les deux camps sont-ils susceptibles de résoudre ce conflit à la table des négociations?

 

 

Le gouvernement de Maduro a toujours dit être partisan du dialogue politique. Ça, on ne peut pas le nier. Néanmoins, pour l'opposition, ce vœu est une tactique pour gagner du temps à chaque fois qu'il est confronté à une crise. En face, le parti de Juan Guaido n'a jamais été partisan du dialogue. Il pense qu’il a affaire à un gouvernement qui représente le Mal, une vision teintée d’un anticommunisme suranné. De la même manière, vous avez dans des secteurs durs du chavisme des gens qui disent à propos de Guaido : "Nous avons affaire à une bande de fascistes qui veulent imposer une dictature de droite dans notre pays, donc tous les moyens sont bons pour résister à cette évolution".

 

 

 

Si aucune concertation n'a lieu, la perspective d'une guerre civile est-elle à craindre ?

 

 

Oui, il y a un risque que cela dégénère. Si le but n'est pas la négociation mais l'escalade des tensions jusqu'à ce qu'on atteigne un point de rupture, notamment au sein de l'armée, alors on a tous les ingrédients pour une guerre civile.

 

 

C'est pour ça que je trouve lamentable que des acteurs internationaux jouent avec le feu. Je trouve la position française irresponsable. Le choix qui a été de prendre parti pour la branche la plus extrême de l'opposition vénézuélienne pousse le pays à l'escalade. Temir Porrasà franceinfo

La seule chance pour éviter une guerre civile, c'est que les membres de la communauté internationale jouent un rôle constructif, plutôt que d'alimenter les polarisations et les tensions internes.

 

 

 

Pourquoi les regards se tournent-ils vers l'armée ? Et soutient-elle toujours Nicolas Maduro ?

 

 

Partout dans le monde, la soumission de l’armée au pouvoir civil est un ressort de pouvoir. C'est un postulat de la légitimité des institutions civiles dans n’importe quel pays, et Maduro peut aujourd'hui s'en targuer. A contrario, si vous avez une armée contre vous, il est extrêmement difficile de gouverner.

 

 

Pour l'instant, l'auto-proclamation de Guaido et les réactions internationales n'ont pas entraîné de rupture au sein de l'institution militaire. C'est par définition une institution verticale, où l'autorité et la discipline priment. Au Venezuela, s'ajoute une particularité : l'armée est politisée, avec un biais chaviste qui s'explique par l'histoire du pays. Certes, il y a un mécontentement beaucoup plus élevé aujourd'hui à l'encontre de Nicolas Maduro, y compris au sein de l'armée. Mais penser que l'armée, qui a rendu au Venezuela son indépendance, va suivre les instructions du vice-président des États-Unis parce qu'il a mis une vidéo sur Twitter où il parle quelques mots d'espagnol, c'est de l'angélisme !

 

 

 

Quelles sont, selon vous, les clés d'une sortie de cette crise ?

 

 

Il y a certaines personnes qui disent "il suffirait que les militaires se soulèvent". Mais qu'est-ce que ça veut dire pour la suite du fonctionnement démocratique au Venezuela ? Qu'est-ce qui garantit que les généraux ne vont pas vouloir rester au pouvoir à la place de Guaido ? Souhaiter que tout cela se règle par l'intervention des forces armées est très dangereux.

 

 

Je ne vois pas d'autre issue vertueuse que celle de la négociation. Non pas seulement pour garantir le changement, mais aussi pour qu'il soit viable. En sortie de crise, il faut que la démocratie vénézuélienne refonctionne à peu près normalement, et que le gouvernement comme l'opposition puissent trouver leur place au sein des institutions. Pour cela, il faut que tous les acteurs prennent part aux négociations.

 


07/02/2019
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Franceinfo - le mercredi 16 janvier 2019

 

 

Plus de 4 300 chrétiens tués dans le monde en 2018

 

 

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franceinfo avec AFP et ReutersFrance Télévisions

 

 

 

Cet index mondial de la persécution des chrétiens, toutes obédiences confondues,  est établi chaque année par l'organisation non gouvernementale protestante Porte ouvertes

 

 

 

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Des catholiques manifestent contre les assassinats, le 22 mai 2018 à Lagos (Nigeria). (ADEKUNLE AJAYI / NURPHOTO / AFP)

 

 

 

Les violences et les persécutions contre les chrétiens ont de nouveau progressé en un an. Le nombre de chrétiens tués dans le monde est passé de 3 066 à 4 305 entre novembre 2017 et octobre 2018, soit une hausse de 40%, selon l'organisation non gouvernementale protestante Porte ouvertes, qui publie mercredi 16 janvier  son index 2019 des 50 pays où les "chrétiens sont le plus persécutés".

 

 

Au total, 90% des chrétiens tués en 2018 dans le monde l'ont été au Nigeria (3 731 morts sur le sol nigérian, contre 2 000 en 2017). Dans ce pays, "les chrétiens font face à une double menace", le groupe jihadiste Boko Haram et les éleveurs peuls, note l'ONG.

 

 

 

245 millions de chrétiens persécutés

Au total, 245 millions de chrétiens - catholiques, orthodoxes, protestants, baptistes, évangéliques, pentecôtistes, chrétiens expatriés, convertis - sont persécutés, soit "1 chrétien sur 9", contre 1 sur 12 l'année dernière, ajoute Au total, 245 millions de chrétiens - catholiques, orthodoxes, protestants, baptistes, évangéliques, pentecôtistes, chrétiens expatriés, convertis - sont persécutés, soit "1 chrétien sur 9", contre 1 sur 12 l'année dernière, ajoute l'organisation. . 

 

 

La Corée du Nord figure - comme les années précédentes - en tête de ce classement annuel, même s'il n'est pas possible de connaître, faute de "données fiables", le nombre de morts dans ce pays. L'ONG relève pour autant que "des dizaines de milliers de chrétiens [y] sont enfermés dans des camps de travaux forcés". Suivent l'Afghanistan, la Somalie, la Libye, le Pakistan, le Soudan, l'Erythrée, le Yémen, l'Iran, l'Inde, la Syrie.

 

 

Le niveau de persécutions augmente ou reste à un niveau très élevé dans la plupart des pays entourant la zone saharienne, Libye, Somalie, Erythrée, Centrafrique, Mauritanie, Soudan, Mali ou Algérie. Ce dernier pays est crédité de la plus forte progression de l’index, passant en un an de la 42e place à la 22e et d’un total de 58 points à 70. Si la violence contre les chrétiens y reste contenue, les discriminations dans la sphère ecclésiale, sociale et familiale y sont pointées du doigt.

 


16/01/2019
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Franceinfo - le lundi 14 janvier 2019

 

 

Syrie : Trump menace de "dévaster" l'économie de la Turquie si elle s'en prend aux Kurdes

 

 

 

Après le tweet du président américain, la Turquie a appelé les Etats-Unis à honorer leur partenariat

 

 

 

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Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, et le président américain Donald Trump, le 1er décembre 2018, au sommet du G 20 à Buenos Aires (Argentine). (MURAT CETINMUHURDAR / TURKISH PRESIDENTIAL PRESS SERVICE / AFP)

 

 

 

La diplomatie du tweet en action. Dimanche 13 janvier, le président américain Donald Trump a menacé la Turquie d'une catastrophe économique, en cas d'attaque contre les Kurdes après le prochain retrait des troupes américaines de Syrie.

 

 

Les Etats-Unis vont "dévaster la Turquie économiquement si elle attaque les Kurdes", a tweeté Donald Trump, tout en appelant les Kurdes à ne pas "provoquer" Ankara. Le président américain a également appelé à la création d'une "zone de sécurité" de 30 kilomètres, sans plus de précisions sur sa localisation ou sur son financement.

 

 

 

"Mr @realDonaldTrump, c'est une erreur fatale"

La réponse d'Ankara ne s'est pas fait attendre. Lundi 14 janvier, le porte-parole du président turc Recep Tayyip Erdogan a déclaré que la Turquie escomptait que les Etats-Unis honorent leur partenariat stratégique. "Mr @realDonaldTrump, c'est une erreur fatale d'assimiler les Kurdes de Syrie au PKK [le Parti des travailleurs du Kurdistan], qui est sur la liste américaine des organisations terroristes, et à sa branche syrienne du PYD [Parti de l'union démocratique]-YPG [Unités de protection du peuple]", a écrit sur Twitter Ibrahim Kalin.

 

 

Le retrait des 2 000 soldats américains de Syrie annoncé le 19 décembre par Donald Trump a provoqué l'inquiétude des milices kurdes syriennes du YPG, en première ligne dans le combat contre les jihadistes de l'organisation Etat islamique, qui redoutent d'être la cible de la Turquie, laquelle les assimile à des terroristes et les menace d'une offensive.

 


14/01/2019
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Franceinfo - le mardi 8 janvier 2019

 

 

Le président de la Banque mondiale démissionne à la surprise générale

 

 

 

L'Américain Jim Yong Kim indique qu'il va rejoindre une société d'investissements et se focaliser "sur les investissements dans les infrastructures dans les pays en développement"

 

 

 

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Le président de la Banque mondiale Jim Yong Kim, le 11 novembre 2018 à Paris. (ARTUR WIDAK / NURPHOTO / AFP)

 

 

 

Ce départ va faire les affaires de Donald Trump, qui va pouvoir désigner la nouvelle direction de l'institution-phare du développement économique. Le président de la Banque mondiale, l'Américain Jim Yong Kim, a annoncé sa démission, lundi 7 janvier, à la surprise générale.

 

 

Dans un communiqué, Jim Yong Kim, qui a présidé la Banque mondiale pendant six ans après y avoir été promu par Barack Obama, indique seulement qu'il va rejoindre "une société" d'investissements et se focaliser "sur les investissements dans les infrastructures dans les pays en développement".

 

 

 

Trump critiquait sa politique envers la Chine

C'est habituellement un Américain qui est nommé à la tête de la Banque mondiale, tandis que la direction du FMI est confiée généralement à un Européen. Ce partage des rôles, fortement contesté par les pays émergents, ouvre la voie à la nomination d'un nouveau dirigeant par l'administration Trump, qui est très critique vis-à-vis des prêts de la Banque mondiale envers certains pays comme la Chine.

 

 

Agé de 59 ans, Jim Yong Kim, dont la démission sera effective le 1er février, sera remplacé dans l'intérim par Kristalina Georgieva, directrice générale de la Banque mondiale. Le mandat de l'Américain devait initialement durer jusqu'en 2021.

 


08/01/2019
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Franceinfo - le dimanche 30 décembre 2018

 

 

Corée du Nord : Kim Jong-un promet davantage de rencontres avec la Corée du Sud en 2019

 

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions
 

 

 

Dans une lettre adressée à la présidence sud-coréenne, Kim Jong Un a "exprimé son intention de rencontrer souvent" Moon Jae-in en 2019, afin de promouvoir la paix et de "régler ensemble le problème de la dénuclarisation" de la péninsule

 

 

 

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Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un et le président sud-coréen Moon Jae-in, le 20 septembre 2018 à l'aéroport de Samijiyon (Corée du Nord).  (LIM TAEHOON / PYEONGYANG PRESS CORPS / AFP)

 

 

 

Vers une relation plus apaisée entre la Corée du Nord et la Corée du Sud. Le dirigeant nord-coréen, Kim Jong-un, a promis de rencontrer "souvent" son homologue sud-coréen Moon Jae-in en 2019, afin de débattre de la dénucléarisation de la péninsule, a révélé le bureau du président de la Corée du Sud, dimanche 30 décembre. 

 

 

Dans une lettre adressée à la présidence sud-coréenne pour marquer la fin d'année, Kim Jong Un a "exprimé son intention de rencontrer souvent M. Moon en 2019", afin de promouvoir la paix et de "régler ensemble le problème de la dénuclarisation", a indiqué un porte-parole de la présidence sud-coréenne dimanche. 

 

 

Le leader nord-coréen a rencontré son homologue sud-coréen trois fois en 2018 : deux fois à Panmunjom, village frontalier entre les deux pays, et une fois en septembre à Pyongyang, la capitale nord-coréenne. 

 

 

 

Une détente historique entre les deux pays

Lors de cette dernière visite, Kim Jong-un avait promis de venir lui aussi visiter la capitale sud-coréenne, Séoul, "le plus vite possible". Des rumeurs évoquaient même une visite avait la fin de l'année. Mais le voyage n'a toujours pas eu lieu, ce que le dirigeant nord-coréen dit "beaucoup regretter" dans sa lettre, a indiqué le porte-parole du président sud-coréen. Selon ce dernier, Kim Jong-un a "exprimé une volonté ferme de venir visiter Séoul pour parler du futur".

 

 

Sur le papier, les deux pays voisins sont toujours en guerre, puisque la guerre de Corée (1950-1953) s'est achevée avec un cessez-le-feu et non un traité de paix. 

 

 

L'année 2018 a vu naître une détente spectaculaire entre les deux pays de la péninsule. qui avait débouché sur un sommet historique entre le président américain, Donald Trump, et Kim Jong-un en juin à Singapour. Les dirigeants se sont alors engagés sur la "dénucléarisation complète de la péninsule coréenne". Mais depuis, les deux pays s'écharpent sur sa signification et s'accusent mutuellement de mauvaise foi et de traîner les pieds.

 


30/12/2018
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France info - le samedi 22 décembre 2018

 

 

Royaume-Uni, Portugal, Taïwan... Les "gilets jaunes" font des émules (mais sans mobiliser autant qu'en France)

 

 

 

A Lisbonne, la capitale portugaise, des utilisateurs de Facebook se sont inspirés de l'exemple français pour lancer un appel à la mobilisation pour le 21 décembre. En Pologne, des agriculteurs polonais vêtus de gilets jaunes ont bloqué pendant plusieurs heures, le 12 décembre, une autoroute en direction de Varsovie

 

 

 

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Des "gilets jaunes" manifestent à Lisbonne, la capitale portugaise, le 21 décembre 2018. (HENRIQUE CASINHAS / NURPHOTO / AFP)

 

 

La french touch a toujours la cote. Et pas seulement dans le domaine de la musique. Le mouvement des "gilets jaunes" inspire l'étranger. Royaume-Uni, Portugal, Pologne, ou encore Taïwan... Alors que l'"acte 6" se tient en France, samedi 22 décembre, franceinfo fait le tour du monde des initiatives qui se sont inspirés du mouvement tricolore.

 

 

>> Analyses, réactions... Retrouvez les dernières informations sur les "gilets jaunes" dans notre direct

 

 

 

Royaume-Uni : contre la réforme des retraites

Le 21 décembre, les Beefeaters, célèbres gardes de la tour de Londres (Royaume-Uni), ont troqué leur traditionnel uniforme rouge et or contre des gilets jaunes. Les employés de l'organisme chargé de l'entretien des palais royaux (HRP) ont en effet décidé de faire grève, revêtus des fameux gilets de sécurité.

 

 

Les manifestants protestent contre l'introduction d'un système de retraite moins favorable, qui prévoit notamment des cotisations plus importantes de leurs employés, dans un pays où le système de retraite est par capitalisation.

 

 

 

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Des gardes de la tour de Londres manifestent devant le monument historique, au Royaume-Uni, le 21 décembre 2018. (DANIEL SORABJI / AFP)

 

 

Portugal : contre le gouvernement

Des utilisateurs de Facebook se sont inspirés de l'exemple français pour lancer un appel à la mobilisation pour le 21 décembre. Au moins une quinzaine de groupes constitués sur les réseaux sociaux menaçait de "stopper le Portugal" en appelant à participer à environ 70 rassemblements.

 

 

"Ça suffit la corruption", "entrons dans l'histoire", avaient écrit des manifestants sur des banderoles. "Je ressens de la révolte parce que nous sommes constamment lésés et volés par les gouvernements successifs et peu importe les partis politiques. Le peuple est trop pacifique et est resté silencieux pendant trop longtemps et ça ne peut plus durer", a déclaré l'un d'eux à la presse.

 

 

Mais l’impact des manifestations a été limité. La plupart des protestataires sont partis après quelques heures, laissant sur place quelques militants scandant des slogans d'extrême droite, un mouvement qui a très peu de poids politique au Portugal.

 

 

 

Espagne : contre un Conseil des ministres organisé à Barcelone

Les indépendantistes catalans ont appelé à revêtir des gilets jaunes lors du Conseil des ministres qui se tenait à Barcelone, le 21 décembre. "Les 'gilets jaunes' arrivent à Barcelone", annonce une affiche de La Forja, une petite organisation de jeunes indépendantistes née en février 2018, qui se revendique en tant que mouvement de "jeunesse révolutionnaire", rapporte Slate.

 

 

 

 

 

"Les demandes ne sont pas économiques et sociales comme celle des Français, mais il faut souligner que le Premier ministre espagnol vient d'annoncer une hausse du salaire minimum de 22%", rappelle TV5 Monde.

 

 

 

Taïwan : pour une réforme fiscale et judiciaire

Des manifestants ont manifesté, le 19 décembre, pour réclamer une réforme fiscale et judiciaire. Ce mouvement est né en 2016 et a récemment choisi de porter le symbole de la mobilisation française. "Nous avons été touchés par le mouvement français et décidé d'aller dans la rue en gilet jaune", a expliqué un responsable à CNN (en anglais).

 

 

 

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Des manifestants en "gilet jaune", à Taïwan, le 19 décembre 2018. (HSU TSUN-HSU / AFP)

 

 

Pays-Bas : contre le Premier ministre

Dès le 1er décembre, des rassemblements inspirés des "gilets jaunes" ont eu lieu dans plusieurs villes des Pays-Bas, comme La Haye ou Amsterdam. Le journal Het Parool, cité par Courrier international, rapporte que devant le siège du gouvernement, "ils étaient entre 100 et 200 personnes à réclamer la démission du Premier ministre de droite libérale, Mark Rutte".

 

 

"Le fossé entre les plus riches et les plus pauvres est de plus en plus grand. Je touche une pension de 640 euros par mois et je dois vivre avec ça, payer mon loyer. Pour me nourrir, je suis obligé d'aller à la banque alimentaire", a déclaré à RFI un retraité qui a manifesté. "Nous sommes de simples citoyens qui souhaitons faire entendre notre voix de façon pacifique", a ajouté une femme. La mobilisation dans le pays s'est poursuivie. Le 15 décembre, des manifestations ont notamment eu lieu à Rotterdam.

 

 

 

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Des "gilets jaunes" manifestent à Rotterdam, aux Pays-Bas, le 15 décembre 2018. (EVERT ELZINGA / ANP / AFP)

 

 

Serbie : contre la hausse des prix du carburant

Bosko Obradovic, un député de l'opposition, a revêtu un gilet jaune, le 4 décembre, en plein Parlement serbe pour dénoncer le coût de l'essence dans le pays. "Nous voulons des prix normaux de l'essence, ou vous aurez des 'gilets jaunes' dans les rues de Belgrade et de Serbie", a lancé l'élu, leader de la formation de droite nationaliste Dveri. Ce dernier a appelé à un rassemblement à Belgrade, le 8 décembre, rapporte le site internet Le Courrier des Balkans.

 

 

 

 

 

Le mouvement s'est poursuivi le 15 décembre, toujours à Belgrade, malgré d'importantes chutes de neige.

 

 

 

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Des manifestants en "gilet jaune" à Belgrade, la capitale serbe, le 15 décembre 2018. (MARKO DJURICA / REUTERS)

 

 

 

Israël : contre la hausse du coût de la vie

Des manifestants vêtus de "gilets jaunes" se sont mobilisés à Jérusalem et Tel Aviv, le 14 décembre, contre l'augmentation des prix de certains services publics et de produits alimentaires.

 

 

 

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Des manifestants en "gilets jaunes" défilent à Tel Aviv (Israël), le 14 décembre 2018. (GILI YAARI / NURPHOTO / AFP)

 

 

"Nous avons beaucoup à apprendre des Français. Ils montrent le chemin. Les jeunes comme les retraités souffrent de la hausse du coût de la vie", a expliqué un contestataire au Figaro. Les rassemblements n'ont pas rassemblé grand monde : quelques centaines de personnes à Tel Aviv, et seulement quelques dizaines à Jérusalem. Mais le message a été entendu. Le ministre des finances, Moshe Kahlon, a annoncé la création d’une commission chargée de trouver des solutions.

 

 

 

Pologne : pour une aide aux éleveurs 

Des agriculteurs polonais vêtus de gilets jaunes ont bloqué, le 12 décembre, pendant plusieurs heures, une autoroute en direction de Varsovie pour réclamer du gouvernement une aide aux éleveurs touchés par la peste porcine africaine.

 

 

"On proteste à la française, comme les 'gilets jaunes', car les protestations pacifiques menées jusqu'à présent n'ont donné aucun résultat", a déclaré un des participants. Selon lui, environ 300 personnes ont participé au mouvement à Brwinow, à une trentaine de kilomètres de Varsovie. Le ministre de l'Agriculture, Jan Ardanowski, s'est rendu sur place pour rencontrer les agriculteurs.

 

 

 

 

Belgique : contre la hausse des prix de l'essence

Le mouvement s'est exporté assez tôt chez nos voisins. Le 16 novembre, à la veille des manifestations prévues en France contre la hausse des taxes sur les prix de l'essence, des "gilets jaunes" ont bloqué plusieurs dépôts de carburants.

 

 

Le 30 novembre, deux véhicules de police ont été incendiés lors de violentes échauffourées, à la fin d'une manifestation d'environ 300 "gilets jaunes" à Bruxelles, le premier rassemblement de ce type organisé dans la capitale belge. La mobilisation a perduré, principalement dans la région francophone de Wallonie. Le 8 décembre, environ 400 personnes ont été arrêtées, à Bruxelles, lors d'une manifestation.

 

 

 

 

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Des "gilets jaunes" manifestent à Bruxelles, la capitale belge, le 8 décembre 2016. (ROMY ARROYO FERNANDEZ / NURPHOTO / AFP)

 

 

Allemagne : contre l'islamisation de l'occident

Trois mouvements d'extrême droite ont lancé un "rassemblement en 'gilet jaune'", le 1er décembre, pour protester contre "l'islamisation de l'occident". "Un traditionnel agrégat composé principalement de militants du mouvement islamophobe Pegida et du parti d’extrême droite AfD" ont réclamé "très classiquement, le refus du pacte de l’ONU sur les migrations ainsi que le départ de la chancelière", a expliqué Libération.

 

 

"Notre combat rejoint celui des 'gilets jaunes' français", a expliqué l'un des manifestants au Monde. "Ici, nous voulons nous débarrasser de Merkel. En France, ils veulent que Macron démissionne, mais au fond, notre objectif est le même : redonner le pouvoir aux peuples européens, en finir avec ces politiques inconséquentes qui donnent tous les droits aux étrangers alors que les Européens de souche, eux, sont traités comme des citoyens de seconde zone", a-t-il affirmé. Finalement, moins de mille personnes étaient réunies devant la porte de Brandenbourg, à Berlin.

 

 

 

 

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Des manifestants d'extrême droite vêtus de "gilets jaunes" devant la porte de Brandebourg à Berlin (Allemagne), le 1er décembre 2018. (CHRISTOPH SOEDER / DPA / AFP)

 

 

Bulgarie : contre la hausse des prix du carburant

Le 18 novembre, au lendemain de la première journée de mobilisation française, quelques milliers de personnes, parmi lesquels des "gilets jaunes", se sont mobilisés. Ils ont bloqué des grands axes routiers ainsi que des postes-frontières entre la Bulgarie, la Turquie et la Grèce. Comme en France, ils protestaient notamment contre l'augmentation des prix du carburant.

 

 

 

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Des Bulgares manifestent contre la hausse du prix des carburants, le 18 novembre 2018, à Sofia (Bulgarie). (DIMITAR DILKOFF / AFP)

 

 

Et bientôt en Egypte ?

Les "gilets jaunes" ne sont pas encore arrivés en Egypte et les autorités prennent des mesures pour éviter qu'un mouvement similaire à celui né en France puisse voir le jour. Les autorités du Caire ont limité la vente de gilets fluo réfléchissants jusqu’à fin janvier. Les revendeurs d'équipements de sécurité routière et industrielle ont reçu pour instruction de ne pas vendre de gilets jaunes aux acheteurs occasionnels et de limiter la diffusion aux grossistes et aux sociétés certifiées, uniquement après avoir obtenu l'autorisation de la police.


23/12/2018
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Franceinfo - le dimanche 16 décembre 2018

 

 

Divisions internes, trêve post-attentat, froid... Pourquoi la mobilisation des "gilets jaunes" s'est-elle essoufflée pour "l'acte 5" ?

 

 

 
Juliette Campion franceinfo France Télévisions
 
 
 
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Des "gilets jaunes", le 15 décembre 2018 sur les Champs-Elysées à Paris. (VALERY HACHE / AFP)

 

 

 

"Quand on voit concrètement combien de personnes il y a dans la rue, je vous le dis honnêtement, je n'ai qu'une envie, c'est de poser le gilet. On est moitié moins de ce qu'on était la semaine dernière" résume Stella, membre des "gilets jaunes", à l'AFP, samedi 15 décembre, à Lyon. Un mois après le début du mouvement, les rues sont apparues plus clairsemées lors de cette cinquième journée de mobilisation.

 

 

Au total, quelque 66 000 personnes ont manifesté dans toute la France, selon un décompte du ministère de l'Intérieur publié dans la soirée. Soit deux fois moins que les 126 000 samedi dernier. A Rennes, 300 personnes ont défilé contre 2 200 le 8 décembre, tandis qu'à Nantes on dénombrait 1 200 "gilets jaunes" contre 3 000 une semaine plus tôt. Pourquoi le mouvement faiblit-il ? Franceinfo vous propose trois éléments de réponse. 

 

 

 

Parce que les annonces d'Emmanuel Macron ont créé des clivages internes 

Pour le politologue Olivier Costa, directeur de recherche au CNRS, les mesures proposées par le chef de l'Etat lundi 10 décembre ont contribué à créer de fortes dissensions entre les "gilets jaunes" : "Macron a réussi à diviser le mouvement et à retourner l’opinion. Les plus modérés ont reconnu qu'un effort substantiel avait été fait", explique-t-il à franceinfo. 

 

 

Beaucoup s'aperçoivent que le président n'ira pas plus loin et ont envie de passer à autre chose.Olivier Costa à franceinfo

 

 

Plusieurs figures des "gilets jaunes" ont en effet partagé leur satisfaction après l'allocution présidentielle. Dès le lendemain, Jacqueline Mouraud, l'une des icônes des protestataires, a appelé sur LCI à "sortir intelligemment du mouvement". Contacté par franceinfo, Benjamin Cauchy, porte-parole des "gilets jaunes libres", souligne que le "gouvernement a tendu la main". Il a choisi de ne pas manifester samedi pour privilégier "la négociation et le dialogue social pour faire avancer le pouvoir d'achat". "Aujourd'hui, Macron nous a compris et ce n'est pas en mettant la France à feu et à sang que nous obtiendrons gain de cause", tranche-t-il. 

 

 

 

Parce que l'attentat de Strasbourg a renforcé ces divisions 

Peu après l'attentat de Strasbourg, qui a fait quatre morts, mardi soir, le gouvernement a appelé les "gilets jaunes" à ne pas poursuivre leur mobilisation samedi, par mesure de sécurité et pour préserver les forces de l'ordre. "Il n'est pas raisonnable de manifester", a insisté Benjamin Grivaux, jeudi sur CNews, car "nos forces de l'ordre et de sécurité ont été mises à contribution énormément ces dernières semaines". Des propos également tenus par la ministre de la Justice, Nicole Belloubet. Celle-ci a jugé, mercredi, que "le mouvement devait cesser" à la suite de "l'événement dramatique" de Strasbourg, et compte tenu des "réponses apportées par le président de la République" à la mobilisation. 

 

 

Pour le politologue Olivier Costa, l'attentat de Strasbourg a également pu être mal vécu par certains "gilets jaunes", en raison des théories complotistes circulant sur des groupes Facebook liées au mouvement. "Il y avait déjà, pour eux, la problématique de la violence des casseurs."

 

 

La multiplication des déclarations conspirationnistes, faites après l'attentat de Strasbourg, a refroidi toute une partie des militants sincères et engagés.Olivier Costa à franceinfo

 

 

Beaucoup de manifestants "ne veulent pas être assimilés à ces théories", poursuit le politologue. Plusieurs internautes avaient, dès l'annonce de l'attaque, assuré sur des groupes Facebook que le gouvernement ou les services secrets étaient à l'origine de l'attentat, et ce faisant, qu'ils souhaitaient "casser le mouvement" des "gilets jaunes". "Le mec qui veut faire un attentat vraiment, il n'attend pas qu'il y ait trois personnes dans une rue le soir à 20 heures, il va en plein milieu des Champs-Elysées quand il y a des millions de personnes et il se fait exploser. Ça c'est un vrai attentat", avait notamment estimé, dans une vidéo, Fly Rider, alias Maxime Nicolle, l'un des chefs de file de la mobilisation. Face à ces messages, plusieurs administrateurs de ces groupes ont déclaré qu'ils préféraient empêcher toute publication – un geste salué par beaucoup de "gilets jaunes" dénonçant ces messages complotistes. 

 

 

 

Parce que le froid et la fatigue pèsent sur la motivation des "gilets jaunes" 

Samedi, les plus motivés ont dû braver le froid et parfois la pluie pour faire entendre leurs revendications. Des conditions météorologiques plus rudes que les autres semaines qui n'aident pas à mobiliser, comme le constate le "gilet jaune" Frank Buhler. "Il y a beaucoup de gens qui sont tombés malades à force d'être restés stationnés dans le froid pendant des jours", explique cette figure du mouvement originaire de Tarn-et-Garonne, à franceinfo. 

 

 

Il y a aussi l'arrivée de Noël : il faut préparer les fêtes, faire les courses... Les familles des "gilets jaunes" leur mettent la pression pour qu'ils lèvent le pied.Frank Buhler à franceinfo

 

 

Pour Olivier Costa, cette lassitude aura une conséquence : l'essentiel des mobilisations va se recentrer sur les ronds-points. "Le mouvement faiblit dans sa capacité à mobilier dans les grandes villes. On va revenir à l'essence de la lutte : là où les casseurs ne peuvent pas s'inviter", juge-t-il. 

 

 

Marie, l'une des coordinatrices à Dinan (Côtes-d'Armor), confirme auprès de franceinfo cette volonté d'insuffler un nouvel élan : "Le mouvement ne s'éteint pas, mais il prend une forme différente. On va tenter d'élaborer des actions plus construites, moins fatigantes." Sa principale revendication ? La mise en place de "RIC", ces "référendums d'initiative citoyenne", largement inspirés de ce qui se pratique en Suisse. Un scrutin plus participatif qui permettrait de "pérenniser le mouvement et redonner aux citoyens un instrument pour peser sur la vie politique", analyse Olivier Costa

 


16/12/2018
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Franceinfo - le vendredi 26 octobre 2018 - mis à jour le lundi 29 octobre 2018

 

 

"C'est un projet fasciste" : ce que contient le programme de Jair Bolsonaro, élu président du Brésil

 

 

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Vincent DanielFrance Télévisions

 

 

 

Le candidat d'extrême droite est arrivé en tête du second tour avec environ 56% des voix. Avant son élection, il promettait notamment de libéraliser l'accès aux armes à feu, de faciliter les projets industriels en Amazonie et de "nettoyer le pays des marginaux rouges"

 

 

 

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 Jair Bolsonaro, dans les locaux de la police à Rio de Janeiro (Brésil), le 17 octobre 2018. (MAURO PIMENTEL / AFP)

 

 

 

Flou, imprécis et vague... Ce sont les mots utilisés par la presse brésilienne (et internationale) pour qualifier le programme de Jair Bolsonaro, élu président du Brésil, dimanche 28 octobre, avec environ 56% des voix. Hyperconservateur, qualifié de "Trump tropical", cet ancien capitaine de l'armée, ouvertement nostalgique de la dictature militaire (1964-1985) – une époque qu'il qualifie de "démocratique" –, s'est fait connaître pour ses multiples dérapages sexistes, racistes et homophobes.

 

 

>> Qui est Jair Bolsonaro, le nouveau président du Brésil ?

 

Son slogan ? "Le Brésil au-dessus de tout, Dieu au-dessus de tous". Une référence "assumée" au Deutschland über alles ("l'Allemagne au-dessus de tout"), l'hymne nazi, selon Maud Chirio, historienne spécialiste de l'histoire contemporaine du Brésil et maître de conférences à l'université de Paris-Est Marne-la-Vallée. S'il fait 81 pages, le programme (PDF, en portugais) du candidat d'extrême droite "reste peu détaillé" : "C'est un choix assumé, Jair Bolsonaro et son équipe expliquent qu'ils ne voulaient pas être attaqués sur les détails par leurs adversaires donc ils n'ont pas souhaité le dévoiler en intégralité", explique l'historienne, interrogée par franceinfo avant le second tour.

 

 

Conséquence : les électeurs votaient "sur des idées générales et sur une personne plutôt que sur un programme précis", poursuit Maud Chirio. Toutefois, Jair Bolsonaro a promis, via des prises de parole publiques, de s'attaquer aux multiples maux qui bouleversent le Brésil : chômage, crise économique, insécurité... En attendant sa prise de fonction, prévue en janvier, voici ce que l'on sait du programme du nouveau président.

 

 

 

Sur la sécurité

Jair Bolsonaro se présente en champion de l'ordre et de la sécurité. En 2017, un record a été atteint, avec 63 880 homicides, soit sept par heure en moyenne, selon une ONG (en portugais), faisant du Brésil l'un des pays les plus violents au monde. Face à cette situation, le candidat d'extrême droite "souhaite libéraliser l'accès aux armes à feu pour la protection et la légitime défense des personnes et de leur propriété", note Maud Chirio. La mesure serait "désastreuse", estime Le Monde (article payant), qui cite une étude de l'Institut de recherche économique appliquée publiée en 2015 : la loi de 2003 qui a mis fin au libre port d'armes "aurait sauvé 121 000 vies sur dix ans, en freinant l'ascension démesurée des homicides." 

 

 

Autre mesure phare de Bolsonaro en matière de sécurité, une "carte blanche" (selon ses propres mots) laissée aux policiers et militaires pour abattre des criminels présumés. Interrogé sur les violences policières dans les favelas, le candidat était très clair avant le premier tour :

 

 

Si un policier tue dix, quinze, vingt personnes, il doit être décoré, pas poursuivi. Jair Bolsonaro

 

 

En clair, "l'armée ou la police pourrait tirer à vue sans que cela n'entraîne d'enquête, une situation inédite pour une démocratie", analyse Maud Chirio.

 

 

De manière globale, Jair Bolsonaro promet "un recours massif à la police militaire pour gérer les problèmes de criminalité urbaine", poursuit l'historienne du Brésil. Le candidat souhaite aussi abaisser la majorité pénale de 18 à 16 ans et mettre fin aux aménagements de peine. Il promet de s'attaquer à la corruption des élites "sans toutefois expliquer comment et en laissant planer la menace d'une reprise en main du pouvoir judiciaire", décrypte Maud Chirio.

 

 

 

Sur l'économie

Même si son programme reste peu disert sur le sujet, sa ligne économique est clairement néolibérale – même si Jair Bolsonaro a défendu auparavant en tant que parlementaire le modèle étatiste. Désormais, le candidat d'extrême droite s'engage à lancer un vaste programme de privatisations des entreprises publiques et de ventes des propriétés foncières de l'Etat afin de rembourser la dette brésilienne et réduire le déficit. Il espère ainsi faire rentrer 1 000 milliards de réis, c'est-à-dire 232 milliards d'euros, dans les caisses de l'Etat. "Un chiffre farfelu, selon les experts, et de toute façon incapable de venir à bout de la créance publique", qui représente plus de 80% du PIB, souligne Le Monde.

 

 

Même si tout est vendu, cela ne sera pas suffisant. Mais ça signifie une liquidation intégrale de l'ensemble de la participation de l'Etat à l'économie et la limitation de l'Etat à des fonctions régaliennes : armée, police, justice.Maud Chirio à franceinfo

 

 

Un "traitement de choc", d'après Les Echos, qui font état d'un bon accueil de la part des milieux économiques. Ainsi, le chef économiste pour les marchés émergents d'un cabinet de consultants à Londres explique : "Son programme caresse le marché dans le sens du poil. Il comprend une réforme des retraites, l'indépendance totale de la Banque centrale, des privatisations, et une réduction de la taille de l'Etat." 

 

 

Bolsonaro jure également de s'attaquer au chômage, qui touche près de 13 millions de Brésiliens. "Dans ses discours, il estime que les droits des travailleurs empêchent leur employabilité, il s'engage donc à les supprimer", résume Maud Chirio. En février, le candidat a ainsi déclaré :

 

 

Ce que me disent les entrepreneurs, et je suis d'accord avec eux, c'est que le travailleur va devoir choisir : moins de droits et plus d'emplois ou plus de droits et du chômage. Jair Bolsonaro

 

 

Dans la même veine, Paulo Guedes, un économiste libéral qui conseille le candidat d'extrême droite, a résumé dans ces termes les deux options qui s'offrent au Brésil : "Porte de gauche : syndicats, législation du travail qui protège et charges ; porte de droite : comptes individuels qui ne mélangent pas assistance avec sécurité sociale."

 

 

 

Sur l'éducation

Fervent catholique, conservateur, soutenu par les chrétiens évangéliques, Jair Bolsonaro s'est fait le héraut de la famille traditionnelle, n'hésitant pas à s'appuyer sur des "fake news". Il a par exemple dénoncé un soi-disant "endoctrinement des enfants à l'homosexualité orchestré par le Parti des travailleurs", rapporte l'historienne Maud Chirio. A la télévision brésilienne, en août, le candidat d'extrême droite a brandi la version portugaise du Guide du zizi sexuel et assuré que le livre illustré par Zep, qui vise à expliquer la sexualité aux enfants, faisait partie d'un "kit gay" diffusé dans les écoles brésiliennes pour promouvoir l'homosexualité et constituerait "une porte ouverte vers la pédophilie". "Un manuel qui, en réalité, n'a jamais été distribué aux écoles", souligne Le Monde (article payant)

 

 

Afin de faire des économies, Jair Bolsonaro souhaite aussi réduire "le volume de l'éducation publique en développant l'enseignement à distance à tous les niveaux de la scolarité", explique Maud Chirio. Une mesure qui inquiète particulièrement l'universitaire : "Cela signifie notamment un renoncement à l'alphabétisation et aux enseignements fondamentaux dans les zones où les institutions scolaires sont trop chères à entretenir, les zones rurales éloignées." Concernant les programmes scolaires, le candidat souhaite "plus de mathématiques, de sciences et de portugais".

 

 

 

Sur l'environnement

Là encore, le programme du candidat Bolsonaro est peu précis en matière d'environnement mais ses déclarations publiques inquiètent particulièrement les défenseurs de la cause écologiste. L'un des membres de son équipe a par exemple fait part de son souhait de fusionner les ministères de l'Agriculture et de l'Environnement. L'objectif ? "Favoriser l'agrobusiness", note Maud Chirio.

 

 

D'après RFI, "Jair Bolsonaro ne cache pas son intention d'autoriser des projets industriels, hydrauliques et miniers dans les zones protégées". En Amazonie, par exemple. Entre la défense de la nature et les intérêts des grands propriétaires terriens, le candidat d'extrême droite a donc choisi son camp sans équivoque.

 

 

Que ce soit bien clair : le futur ministre sera issu du secteur productif. Nous n'aurons plus de bagarres à ce niveau-là. Jair Bolsonaro

 

 

Le credo de Jair Bolsonaro : en finir avec l'"activisme écologiste chiite". Dans son vocabulaire, "chiite", vidé de son sens religieux, est synonyme de radicalisme. En août, en visite dans l'Etat amazonien de Roraima, l'ex-capitaine de l'armée s'est ainsi insurgé contre les "contrôles chiites" des agences publiques environnementales, qui "nuisent à ceux qui veulent produire".

 

 

Le 19 octobre, une vingtaine d'ONG, dont Greenpeace et WWF, ont estimé que les propositions du candidat d'extrême droite représentent une grave menace pour l'environnement et pourraient conduire à faire "exploser" la déforestation. Un constat partagé par l'historienne Maud Chirio : "Si l'agrobusiness est libre de déforester à la hauteur des exigences économiques, cela représenterait une catastrophe environnementale considérable."

 

 

La forêt amazonienne peut être détruite rapidement car elle a besoin d'une certaine densité pour générer sa propre humidité et continuer à exister. De même, ne plus protéger les réserves indiennes pour exploiter les terres menacerait gravement la biodiversité.Maud Chirio à franceinfo

 

 

 

Sur les libertés publiques

A mesure que le second tour approche, Jair Bolsonaro , anticommuniste convaincu, se fait menaçant. Dans une vidéo diffusée le 21 octobre, il a promis "d'accélérer le grand nettoyage du pays des marginaux rouges, des hors-la-loi gauchistes", laissant à ses opposants le choix entre l'exil ou la prison.

 

 

Si cette bande veut rester ici, ils vont devoir se soumettre à la loi comme tout le monde. Ou ils s'en vont, ou ils vont en prison. Ces marginaux rouges seront interdits [de séjour] dans notre patrie.Jair Bolsonaro

 

 

Le candidat d'extrême droite déclare à l'envi qu'il va "nettoyer le pays des rouges, les communistes, qu'il désigne aussi comme l'antéchrist, et des minorités", estime l'historienne Maud Chirio.

 

 

Selon ses propres mots, Bolsonaro promet une "purge comme jamais le Brésil n'en a connue". A Fernando Haddad, le candidat de la gauche qui l'affronte au second tour, il prédit : "Vous allez pourrir ensemble en prison", avec Lula, ancien président déjà emprisonné. Autres ennemis désignés, qualifiés de "terroristes" : les membres du Mouvement des sans-terre, une organisation qui défend les paysans brésiliens non propriétaires, rapporte le Guardian (en anglais).

 

 

Par ailleurs, le candidat d'extrême droite, soutenu par les élites du pays, déclare : "Nous sommes la majoritéNous sommes le véritable Brésil." Des propos qui annoncent une "loi de la majorité", selon l'historienne : "Il s'agit en fait d'imposer la norme de la majorité aux Indiens, aux homosexuels, aux Noirs, aux militants de gauche, aux minorités et aux oppositions."

 

 

Derrière cette loi de la majorité, il y a l'idée d'une communauté 'pure", c'est-à-dire blanche, chrétienne, hétérosexuelle et propriétaire. Les autres ne pourront pas réclamer de droits ou de protection.Maud Chirio à franceinfo

 

 

L'historienne pointe le risque d'un basculement vers un "régime qui ne sera pas démocratique, un régime répressif, sans contre-pouvoir". "C'est un projet fasciste, il n'y a pas d'autre mot", dit-elle. Reporters sans frontières met ainsi en garde contre la "menace pour la démocratie" que représente Jair Bolsonaro. Et Le Monde, dans un éditorial, résume l'enjeu du second tour : "Il s'agit ici, purement et simplement, de la survie d'un régime démocratique dans un continent où sa fragilité est historique."

 


08/11/2018
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Franceinfo - le lundi 8 octobre 2018

 

 

Présidentielle au Brésil : le candidat d'extrême droite Jair Bolsonaro largement en tête au premier tour

 

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

 

 

Selon des résultats quasi-définitifs, il aurait reccueilli 46,06% des voix. Au second tour, le 28 octobre, il affrontera le candidat du Parti des travailleurs (gauche), Fernando Haddad, qui a remporté 29,24% des suffrages

 

 

 

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Jair Bolsonaro salue ses partisans après avoir voté au premier tour de la présidentielle, le 7 octobre 2018, à Rio de Janeiro (Brésil). (PILAR OLIVARES / REUTERS)

 

 

Il n'est pas passé loin d'un sacre dès le premier tour. Le candidat d'extrême droite Jair Bolsonaro s'est facilement qualifié pour le second tour de la présidentielle au Brésil, dimanche 7 octobre, en recueillant 46,06% des voix, selon des résultats officiels quasi-définitifs. Il a devancé le représentant du Parti des travailleurs (gauche), Fernando Haddad, qui a totalisé 29,24% des suffrages.

 

 

Dans la soirée, Jair Bolsonaro a déploré des "problèmes avec les urnes électroniques""Je suis certain que si ça n'avait pas eu lieu, nous aurions eu dès ce soir le nom du président de la République", a lancé le candidat de 63 ans dans une vidéo sur Facebook. De son côté, son adversaire travailliste, remplaçant de Lula, a dit vouloir "unir les démocrates de ce pays" lors du second tour, qui se tiendra le 28 octobre et qui s'annonce incertain.

 

 

"Encore une chance raisonnable" pour Haddad

"La possibilité que Bolsonaro gagne paraît la plus forte actuellement, estime Fernando Meireiles, politologue à l'université fédérale de Minas Gerais. Il me semble difficile que Haddad l'emporte, mais ce n'est pas impossible, il a encore une chance raisonnable."

 

 

C'est un Brésil très divisé qui retournera aux urnes dans trois semaines. D'un côté, les électeurs anxieux pour l'avenir de la démocratie dans ce pays qui a connu une dictature (1964-85), dont Bolsonaro est un nostalgique. De l'autre, ceux qui rejettent de manière viscérale tout retour aux affaires du Parti des travailleurs, dont plusieurs ténors (Lula, Dilma Rousseff...) ont été condamnés pour corruption. Le grand parti de gauche, qui a remporté les quatre dernières élections, est également jugé par beaucoup comme le responsable des maux multiples de ce pays déboussolé : chômage, crise économique, corruption et insécurité.

 


15/10/2018
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Franceinfo - le jeudi 16 août 2018

 

 

Franceinfo - le jeudi 16 août 2018

 

 

Mali : le président sortant Ibrahim Boubacar Keïta réélu avec 67% des voix, l'opposition veut contester les résultats avec "tous les moyens démocratiques"

 

 

Il l'a emporté au second tour contre son principal opposant, Soumaïla Cissé. Le scrutin s'était tenu le 12 août

 

 

 

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Le président du Mali, Ibrahim Boubacar Keïta, lors d'un meeting à Bamako le 10 août 2018, à deux jours du second tour de l'élection présidentielle. (MICHELE CATTANI / AFP)

 

 

 

Ibrahim Boubacar Keïta, président du Mali depuis 2013, a été réélu pour un nouveau mandat de cinq ans, selon les résultats officiels annoncés par le gouvernement malien jeudi 16 août. Il a remporté 67,17% des voix au second tour, contre 32,83% à l'opposant Soumaïla Cissé. Le chef de campagne de ce dernier a estimé que ces résultats "ne reflètent pas la vérité des urnes". L'opposition veut contester la victoire d'Ibrahim Boubacar Keïta "par tous les moyens démocratiques".

 

 

Le chef de campagne de Soumaïla Cissé a précisé ensuite à des journalistes que son camp allait "déposer des recours devant la cour constitutionnelle pour faire annuler des résultats frauduleux" dans certaines régions. Mais ni les observateurs de l'Union africaine, ni ceux de l'UE n'ont affirmé avoir constaté les "fraudes électorales" alléguées par l'opposition et rejetées en bloc par IBK qui accuse le camp adverse de "mise en scène".

 

 

Le second tour du scrutin s'était tenu dimanche. Le président d'un bureau avait été tué par des jihadistes, et 490 bureaux de vote sur 23 000 n'avaient pas pu ouvrir en raison de cette menace. C'est cependant deux fois moins qu'au premier tour. La participation à ce second tour n'a été que de 34,45%, a annoncé le gouvernement jeudi.

 


17/08/2018
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Franceinfo - le mardi 12 juin 2018

 

 

Poignées de mains historiques, signature d'un texte commun... Ce qu'il faut retenir du sommet entre Donald Trump et Kim Jong-un

 

 

"C'était vraiment une rencontre fantastique", a lancé Donald Trump après son entretien avec Kim Jong-un mardi, à Singapour. Les deux dirigeants ont signé un accord dans lequel la Corée du Nord s'engage derrière le principe d'une "dénucléarisation complète de la péninsule coréenne"

 

 

 

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Kim Jong-un et Donald Trump échangent une poignée de main, sur l'île de Sentosa à Singapour, le 12 juin 2018.  (EVAN VUCCI / SIPA)

 

 

 

De nombreux Sud-Coréens ont suivi le moment en direct. Pour la première fois, un président américain en exercice a rencontré son homologue nord-coréen. Donald Trump et Kim Jong-un se sont entretenus, mardi 12 juin, dans un hôtel de luxe sur l'île de Sentosa, à Singapour. Au menu de ce sommet historique : la dénucléarisation de la Corée du Nord. Washington demande à Pyongyang sa dénucléarisation "complète, vérifiable et irréversible". La Corée de Nord réclame, elle, la levée des sanctions économiques et une normalisation du pays au sein de la communauté internationale.

 

 

Le premier entretien en tête-à-tête entre Donald Trump et Kim Jong-un s'est terminé après environ cinquante minutes. Le président des Etats-Unis et le dirigeant de la Corée du Nord ont ensuite entamé une réunion avec leurs équipes, avant un déjeuner de travail. A l'issue de celui-ci, le président américain a déclaré que le sommet avait permis de faire "beaucoup de progrès", louant une "rencontre fantastique".

 

 

Les deux dirigeants ont même signé un texte commun, dans lequel Kim Jong-un s'engage derrière le principe d'une "dénucléarisation complète de la péninsule coréenne". Le président américain Donald Trump a aussi assuré qu'il était prêt à inviter le leader nord-coréen Kim Jong-un pour une première visite à la Maison Blanche.

 

 

Franceinfo fait le point sur ce que l'on peut déjà retenir de cette première prise de contact, encore inimaginable il y a quelques mois.

 

 

Des poignées de mains historiques devant les caméras du monde entier

 

Sous le crépitement des flashs des photographes, Donald Trump et Kim Jong-un se sont avancés l'un vers l’autre, main tendue, devant une grande rangée de drapeaux des deux pays ennemis. Figée, la poignée de main, moment tant redouté des hommes politiques rencontrant Donald Trump, a duré un peu plus de dix secondes.

 

 

Conscients que le sommet de Singapour pourrait rester comme un moment-clé de leur vie politique, Donald Trump et Kim Jong-un ont fait assaut d'amabilités, de sourires et de petits gestes d'attention devant les caméras admises dans l'enceinte de l'hôtel. Mais la tension et la concentration se lisaient aussi sur leurs visages ; cette poignée de main a marqué l'ouverture d'un sommet lourd d'enjeux pour l'Asie et pour le monde.

 

 

La signature d'un accord commun sur la dénucléarisation

 

A l'issue du déjeuner de travail, Donald Trump a annoncé qu'un accord allait être signé par les deux dirigeants. "Nous avons fait beaucoup de progrès. C'était très positif. Bien meilleur que ce à quoi beaucoup de gens s'attendaient je pense (...) Nous allons maintenant à une signature", a assuré le président américain.

 

 

Un peu avant 8 heures (heure de Paris), les deux hommes se sont assis face aux caméras et ont donc signé un texte commun. Sans en dire davantage, Donald Trump a simplement déclaré que la dénucléarisation de la Corée du Nord allait commencer "très rapidement". "Le document que nous signons couvre de très nombreux aspects", a assuré le président américain. 

 

 

Dans le texte, Kim réaffirme son engagement envers le principe d'une "dénucléarisation complète de la péninsule coréenne", selon une photographie du texte vue par l'AFP. Le document ne mentionne pas l'exigence américaine de "dénucléarisation complète, vérifiable et irréversible", une formule qui signifie l'abandon des armes et l'acceptation d'inspections mais réaffirme un engagement antérieur, plus vague.

 

 

Les États-Unis, eux, promettent des "garanties de sécurité". L'accord établit également que les deux pays travailleront ensemble à la construction d'un régime durable, stable et pacifique dans la péninsule coréenne. 

 

 

Un entretien d'une heure et un menu aux petits oignons

 

Avant cette signature devant les caméras, les hommes s'étaient d'abord vus une cinquantaine de minutes en tête-à-tête, uniquement accompagnés de leurs traducteurs. "Je crois que le monde entier regarde ce moment. Beaucoup de gens dans le monde vont penser qu'il s'agit d'une scène tirée d'une fiction... d'un film de science-fiction", a affirmé Kim Jong-un, selon des propos traduits. Pendant cette prise de contact initiale, Kim Jong-un a déclaré voir là "un bon prélude à la paix", sans toutefois livrer le moindre indice sur le fond des discussions. Le dirigeant nord-coréen s'est dit prêt à travailler avec le président américain, tout en prévenant "qu'il y aura(it) des difficultés". "Nous allons les résoudre", lui a aussitôt répondu Donald Trump. "Nous allons travailler ensemble, nous allons nous en occuper."

 

 

Le président des Etats-Unis et le dirigeant de la Corée du Nord ont ensuite entamé une réunion avec leurs équipes. Côté américain, étaient notamment présents le secrétaire d'Etat, Mike Pompeo, et le conseiller à la sécurité nationale, John Bolton, connu pour son hostilité envers le régime de Pyongyang. Côté nord-coréen, la personnalité la plus en vue était l'ex-chef des services de renseignement militaires Kim Yong-chol, qui s'est récemment rendu en visite à New York. Les discussions à huis clos ont duré environ une heure et demie, avant de se poursuivre de manière moins formelle lors d'un déjeuner de travail, dont le menu mêlait les influences des deux pays.

 


 

De nombreux Sud-Coréens ont suivi le moment en direct. Pour la première fois, un président américain en exercice a rencontré son homologue nord-coréen. Donald Trump et Kim Jong-un se sont entretenus, mardi 12 juin, dans un hôtel de luxe sur l'île de Sentosa, à Singapour. Au menu de ce sommet historique : la dénucléarisation de la Corée du Nord. Washington demande à Pyongyang sa dénucléarisation "complète, vérifiable et irréversible". La Corée de Nord réclame, elle, la levée des sanctions économiques et une normalisation du pays au sein de la communauté internationale.

 

Le premier entretien en tête-à-tête entre Donald Trump et Kim Jong-un s'est terminé après environ cinquante minutes. Le président des Etats-Unis et le dirigeant de la Corée du Nord ont ensuite entamé une réunion avec leurs équipes, avant un déjeuner de travail. A l'issue de celui-ci, le président américain a déclaré que le sommet avait permis de faire "beaucoup de progrès", louant une "rencontre fantastique".

 

 

Les deux dirigeants ont même signé un texte commun, dans lequel Kim Jong-un s'engage derrière le principe d'une "dénucléarisation complète de la péninsule coréenne". Le président américain Donald Trump a aussi assuré qu'il était prêt à inviter le leader nord-coréen Kim Jong-un pour une première visite à la Maison Blanche.

 

 

Franceinfo fait le point sur ce que l'on peut déjà retenir de cette première prise de contact, encore inimaginable il y a quelques mois.

 

 

Des poignées de mains historiques devant les caméras du monde entier

 

Sous le crépitement des flashs des photographes, Donald Trump et Kim Jong-un se sont avancés l'un vers l’autre, main tendue, devant une grande rangée de drapeaux des deux pays ennemis. Figée, la poignée de main, moment tant redouté des hommes politiques rencontrant Donald Trump, a duré un peu plus de dix secondes.

 

 

Donald Trump et Kim Jong-un sur l'île de Sentosa à Singapour, le 12 juin 2018. 
Donald Trump et Kim Jong-un sur l'île de Sentosa à Singapour, le 12 juin 2018.  (EVAN VUCCI / SIPA)

 

 

Conscients que le sommet de Singapour pourrait rester comme un moment-clé de leur vie politique, Donald Trump et Kim Jong-un ont fait assaut d'amabilités, de sourires et de petits gestes d'attention devant les caméras admises dans l'enceinte de l'hôtel. Mais la tension et la concentration se lisaient aussi sur leurs visages ; cette poignée de main a marqué l'ouverture d'un sommet lourd d'enjeux pour l'Asie et pour le monde.

 

 

La signature d'un accord commun sur la dénucléarisation

 

A l'issue du déjeuner de travail, Donald Trump a annoncé qu'un accord allait être signé par les deux dirigeants. "Nous avons fait beaucoup de progrès. C'était très positif. Bien meilleur que ce à quoi beaucoup de gens s'attendaient je pense (...) Nous allons maintenant à une signature", a assuré le président américain.

 

 

Un peu avant 8 heures (heure de Paris), les deux hommes se sont assis face aux caméras et ont donc signé un texte commun. Sans en dire davantage, Donald Trump a simplement déclaré que la dénucléarisation de la Corée du Nord allait commencer "très rapidement". "Le document que nous signons couvre de très nombreux aspects", a assuré le président américain. 

 

 

Dans le texte, Kim réaffirme son engagement envers le principe d'une "dénucléarisation complète de la péninsule coréenne", selon une photographie du texte vue par l'AFP. Le document ne mentionne pas l'exigence américaine de "dénucléarisation complète, vérifiable et irréversible", une formule qui signifie l'abandon des armes et l'acceptation d'inspections mais réaffirme un engagement antérieur, plus vague.

Les États-Unis, eux, promettent des "garanties de sécurité". L'accord établit également que les deux pays travailleront ensemble à la construction d'un régime durable, stable et pacifique dans la péninsule coréenne. 

 

 

Un entretien d'une heure et un menu aux petits oignons

 

Avant cette signature devant les caméras, les hommes s'étaient d'abord vus une cinquantaine de minutes en tête-à-tête, uniquement accompagnés de leurs traducteurs. "Je crois que le monde entier regarde ce moment. Beaucoup de gens dans le monde vont penser qu'il s'agit d'une scène tirée d'une fiction... d'un film de science-fiction", a affirmé Kim Jong-un, selon des propos traduits. Pendant cette prise de contact initiale, Kim Jong-un a déclaré voir là "un bon prélude à la paix", sans toutefois livrer le moindre indice sur le fond des discussions. Le dirigeant nord-coréen s'est dit prêt à travailler avec le président américain, tout en prévenant "qu'il y aura(it) des difficultés". "Nous allons les résoudre", lui a aussitôt répondu Donald Trump. "Nous allons travailler ensemble, nous allons nous en occuper.

 

 

Le président des Etats-Unis et le dirigeant de la Corée du Nord ont ensuite entamé une réunion avec leurs équipes. Côté américain, étaient notamment présents le secrétaire d'Etat, Mike Pompeo, et le conseiller à la sécurité nationale, John Bolton, connu pour son hostilité envers le régime de Pyongyang. Côté nord-coréen, la personnalité la plus en vue était l'ex-chef des services de renseignement militaires Kim Yong-chol, qui s'est récemment rendu en visite à New York. Les discussions à huis clos ont duré environ une heure et demie, avant de se poursuivre de manière moins formelle lors d'un déjeuner de travail, dont le menu mêlait les influences des deux pays.

 

 

L'optimisme affiché de Donald Trump

 

Donald Trump, qui met inlassablement en avant son sens de la négociation et son instinct, avait assuré qu'il saurait "dès la première minute" de sa rencontre avec l'homme fort de Pyongyang si ce dernier était déterminé à bouger. Et il a affirmé avoir eu une bonne impression de sa première interaction avec le dirigeant nord-coréen. "Nous allons avoir une relation formidable", a-t-il lancé, assis au côté de l'homme fort de Pyongyang, se disant convaincu que la rencontre serait un "immense succès".

 

 

"Ravi de vous rencontrer, M. le président", avait de son côté déclaré le dirigeant nord-coréen. "Le chemin pour en arriver là n'a pas été facile", a-t-il ajouté. "Les vieux préjugés et les habitudes anciennes ont été autant d'obstacles, mais nous les avons tous surmontés pour nous retrouver ici aujourd'hui."

 

 

Personnage central de ce dialogue, le chef de diplomatie américaine Mike Pompeo, qui a rencontré Kim Jong-un à deux reprises, s'était aussi dit lundi "très optimiste quant aux chances de réussite", laissant entendre que le sommet pourrait déboucher sur un réel réchauffement des relations

 

 

"Trump va probablement crier victoire quel que soit le résultat du sommet, mais la dénucléarisation de la péninsule coréenne est un processus qui prendra des années", a temporisé Kelsey Davenport, de l'Arms Control Association. Le "vrai test" sera "l'adoption ou non par la Corée du Nord de mesures concrètes pour réduire la menace que représentent ses armes nucléaires."


28/06/2018
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Franceinfo - le lundi 11 juin 2018

 

 

De quoi vont parler Kim Jong-un et Donald Trump ? On vous résume les enjeux de leur rencontre historique

 

 

Le président américain et le leader nord-coréen vont tenter de régler leurs différends, mardi 12 juin, à Singapour

 

 

 

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Un homme regarde un écran de télévision montrant des archives du président américain Donald Trump, à droite, et du dirigeant nord-coréen Kim Jong-un lors d'un reportage diffusé à la gare de Séoul, en Corée du Sud, lundi 11 juin 2018. (AHN YOUNG-JOON/SIPA)

 

 

 

Ce sera la toute première rencontre entre un président des États-Unis en exercice et un dirigeant nord-coréen. Mardi 12 juin, Donald Trump doit s'entretenir avec Kim Jong-un à Singapour, dans un hôtel de luxe de la cité-État asiatique. Un tête-à-tête qui était inimaginable il n'y a encore que quelques mois, alors que les deux hommes étaient engagés dans une violente surenchère verbale.

 

 

Mais à J-1, l'équipe Trump s'est employée à donner une image encourageante des négociations, sur lesquelles la partie nord-coréenne est restée muette. Le chef de diplomatie américaine Mike Pompeo a assuré lundi que les discussions avaient progressé "rapidement" au cours des dernières heures et s'est dit "très optimiste" lors d'une conférence de presse.

 

 

Mais sur quoi exactement vont porter ces négociations entre les deux dirigeants, et qu'espèrent obtenir les deux parties ? Franceinfo fait le point.

 

 

De la dénucléarisation de la Corée du Nord

 

La question de l'arsenal nucléaire de la Corée du Nord va être au cœur de la rencontre entre les deux dirigeants. Sur ce point, Washington exige une dénucléarisation "complète, vérifiable et irréversible" de Pyongyang, qui s'est progressivement imposé comme une puissance nucléaire.

 

 

Le régime nord-coréen a réalisé son sixième essai nucléaire en septembre dernier, le plus puissant à ce jour. L'année dernière, le Washington Post, citant un rapport du renseignement américain, estimait que la Corée du Nord disposait de jusqu'à 60 engins nucléaires. Le pays a par ailleurs testé des missiles balistiques intercontinentaux susceptibles d'atteindre le territoire continental américain.

 

 

Pyongyang se dit engagé en faveur de la dénucléarisation de la péninsule. Mais cette formule, très vague, se prête à toutes les interprétations possibles, et la Corée du Nord ne l'a jamais clarifiée. "Cela me semble très difficile pour Kim de renoncer à la seule chose sur laquelle se fonde son importance, à savoir les armes nucléaires", a récemment estimé l'ex-secrétaire d'État adjoint américain Richard Armitage.

 

 

Interrogé par l'AFP, le spécialiste américain Siegfried Hecker considère qu'une dénucléarisation totale et immédiate est "inimaginable" : cela "reviendrait au scénario d'une reddition de la Corée du Nord". Dans un rapport, il préconise plutôt une feuille de route qui consisterait à "suspendre, faire reculer et éliminer" les programmes balistique et nucléaire sur dix ans, voire quinze en cas de complications.

 

 

Des sanctions économiques contre Pyongyang

 

La Corée du Nord est sous le coup de sanctions qui asphyxient son économie, et qui lui ont été imposées pour la freiner dans sa course au nucléaire. Depuis 2006, huit salves de sanctions ont été adoptées par l'ONU, dont trois en 2017, rappelle le Council on Foreign Relations (en anglais). La dernière, datant de décembre, impose une réduction drastique des exportations de pétrole vers la Corée du Nord. "La pression économique sur la Corée du Nord est sans précédent", observe pour franceinfo Antoine Bondaz, chercheur à la Fondation pour la recherche stratégique et enseignant à Sciences Po.

 

 

Le dirigeant nord-coréen "a clairement dit qu'en retour, il jugeait important que le moment venu, quand ces objectifs auront été atteints, il recevrait en contrepartie une aide économique de l'Amérique", a indiqué le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo devant une commission de la Chambre des représentants, le 24 mai dernier. Donald Trump est conscient des attentes de son homologue sur ce sujet, et les entretient. "J'estime véritablement que la Corée du Nord à un brillant potentiel et sera une grande nation économique et financière un jour. Kim Jong-un est d'accord avec moi là-dessus. Cela arrivera !" a-t-il promis, sur Twitter, le 27 mai dernier.

 

 

Si les sanctions n'ont pas encore été assouplies, le sommet de Singapour laisse déjà présager d'une future ouverture économique. À Dandong, ville chinoise par laquelle transite l'essentiel du commerce vers la Corée du Nord, l'immobilier flambe déjà. "La plupart des acheteurs sont des hommes d'affaires du sud de la Chine, désireux de faire du commerce, se félicite un agent immobilier interrogé par l'AFP, nous avons vendu en un mois autant d'appartements que dans une année entière."

 

 

D'un traité de paix pour la guerre de Corée

 

Le sommet entre les deux dirigeants pourrait aussi mettre fin à la guerre entre les deux Corées. Malgré un armistice en 1953, jamais signé par la Corée du Sud, aucun traité de paix n'a été conclu. Le conflit avait débuté trois ans auparavant, quand la Corée du Nord, occupée alors par les États-Unis, avait décidé d'envahir le Sud, sous domination américaine. Après l'armistice, la péninsule est restée coupée en deux au niveau du 38e parallèle, divisée par la DMZ, la zone démilitarisée.

 

 

Lors du sommet en avril dernier, Kim Jong-un et son homologue sud-coréen Moon Jae-in ont partagé leur volonté d'avancer vers ce traité de paix. Séoul a aussi annoncé la semaine dernière que des discussions tripartites avec Pyongyang et Washington étaient en cours pour une déclaration liminaire sur le sujet. Celle-ci précéderait un traité en bonne et due forme, dans lequel il faudrait impliquer la Chine, signataire de l'armistice et soutien de la Corée du Nord pendant la guerre. 

 

 

On pourrait tout à fait signer un accord et c'est ce qu'on regarde. Ça a l'air un peu étrange, mais c'est probablement le plus facile. Donald Trump

 

 

De la présence américaine en Corée du Sud

 

Malgré la fin des affrontements, les États-Unis ont toujours maintenu une forte présence militaire dans la région. Ils possèdent 112 bases dans la péninsule coréenne et 90 000 soldats, dont 24 000 hommes en Corée du Sud et 60 000 au Japon. Sans oublier le bouclier antimissile américain, THAAD, déployé en Corée du Sud pour parer les éventuelles attaques nord-coréennes.

 

 

Une présence qui ne rassure pas le régime de Kim Jong-un. Selon le président sud-coréen Moon Jae-in, son homologue "a des inquiétudes sur le fait de savoir s'il peut faire confiance aux États-Unis pour mettre un terme à leur politique hostile et garantir la sécurité du régime quand le Nord se sera dénucléarisé".

 

 

Cependant le président sud-coréen a rejeté l'idée d'un départ des soldats américains présents sur son sol, même en cas de traité de paix intercoréen. "Les forces américaines en Corée (USFK) sont un sujet qui relève de l'alliance entre la Corée du Sud et les États-Unis. Cela n'a rien à voir avec la signature d'un traité de paix", a-t-il affirmé.

 

 

Ce point reste donc à débattre et Kim Jong-un pourrait le faire valoir en échange d'une dénucléarisation complète de son pays. L'agence de presse nord-coréenne KNCA a d'ailleurs rappelé la position ferme de Pyongyang : les États-Unis devraient, pour cela, retirer "le parapluie nucléaire", à savoir le bouclier antimissile américain qui protège la Corée du Sud et le Japon.

 


28/06/2018
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Franceinfo - le lundi 21 mai 2018

 

 

Venezuela : Nicolas Maduro largement réélu président après un scrutin boycotté par l'opposition

 

 

Le taux de participation, d'environ 46%, est le plus faible de l'histoire du pays

 

 

 

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Nicolas Maduro célèbre sa victoire lors de l'élection présidentielle vénézuelienne, dimanche 20 mai 2018 à Caracas. (JUAN BARRETO / AFP)

 

 

Une victoire attendue dans un contexte électrique. Le président vénézuélien Nicolas Maduro a été réélu, dimanche 20 mai, lors d'un scrutin déclaré illégitime par ses opposants, qui ont dénoncé des pressions sur les électeurs et exigé un nouveau vote. Après le dépouillement de la quasi totalité des bulletins de vote, le président socialiste sortant remporte 67,7% des voix contre 21,2% à son principal adversaire Henri Falcon, lequel a rejeté le processus électoral. Le taux de participation, d'environ 46%, est le plus faible de l'histoire du pays.

 

 

S'exprimant devant ses sympathisants, Nicolas Maduro s'est réjoui d'un "record historique". "Jamais auparavant un candidat présidentiel n'avait gagné avec 68% des voix du peuple, et jamais auparavant il n'avait 47 points d'avance sur le second candidat", a-t-il dit devant la foule réunie devant le palais de Miraflores, la résidence présidentielle.

 

 

Mais peu avant les résultats officiels, Henri Falcon a rejeté ce scrutin, faute de "légitimité", et exigé la tenue d'une nouvelle élection avant la fin de l'année. L'adversaire de Nicolas Maduro a pointé du doigt les "points rouges", ces tentes installées par le parti au pouvoir. Après avoir voté, dimanche, les électeurs sont venus s'y inscrire dans l'espoir de recevoir la prime promise par le président.

 

 

Un scrutin rejeté par les États-Unis et l'UE

 

De Bogota à Lima, en passant par Santiago et Madrid, des centaines de Vénézuéliens à travers le monde ont manifesté dimanche pour dénoncer "une fraude". Outre l'opposition, les Etats-Unis, l'Union européenne et le groupe de Lima, une alliance de 14 pays d'Amérique et des Caraïbes, rejettent ce scrutin.

 

 

Tous accusent Maduro de saper la démocratie. Quatre mois de manifestations quasi quotidiennes de l'opposition, qui ont fait 125 morts à la mi-2017, ont été écartés d'un revers de main avec la mise en place d'une assemblée constituante, toute-puissante arme politique au service du camp au pouvoir.

 

 

Touché par l'effondrement des cours du brut depuis 2014, le Venezuela, qui tire 96% de ses revenus du pétrole, souffre d'un manque de devises qui l'a plongé dans une crise aiguë. En cinq ans, le PIB a fondu de 45%, selon le FMI, qui anticipe une contraction de 15% en 2018 et une inflation de 13 800%.


06/06/2018
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