L'AIR DU TEMPS

L'AIR DU TEMPS

MONDE


Franceinfo - le dimanche 19 avril 2020

 

 

Coronavirus : près de 160 000 morts dans le monde depuis le début de la pandémie

 

 

avatar

 

 

 

Le bilan mondial des victimes du Covid-19 ne cesse d'augmenter

 

 

 

 

CE QU'IL FAUT SAVOIR

 

 

La pandémie est loin d'être jugulée. Le bilan mondial des victimes du nouveau coronavirus s'élève à au moins 157 539 morts dans le monde, alors que le cap des 100 000 décès a été franchi en Europe, selon les données officielles communiquées samedi. Suivez notre direct. 

 

 

Un concert virtuel géant. Pour soutenir les soignants en première ligne dans cette épidémie, des dizaines de stars parmi lesquelles les Rolling Stones et Taylor Swift se sont mobilisées en donnant un concert virtuel géant dans la nuit de samedi à dimanche, suivi en streaming par des amateurs eux aussi confinés.

 

 

Trump appelle à braver le confinement. Alors que plus de la moitié de l'humanité reste à domicile afin de limiter la propagation du Covid-19, le président américain républicain a ouvertement appelé à braver les règles de confinement dans des Etats dirigés par des gouverneurs démocrates. Aux Etats-Unis, pays le plus touché tant en nombre de morts (au moins 38 664) que de cas (au moins 732 197), des manifestations hostiles au confinement adopté dans certains Etats ont eu lieu samedi au Texas, dans le Maryland et le New Hampshire. 

 

 

Les hospitalisations en baisse en France. Le pays a enregistré 642 morts supplémentaires du Covid-19 au cours des dernières 24 heures, portant le total à 19 323 décès (11 842 dans les hôpitaux et 7 481 dans les établissements sociaux et médico-sociaux). La bonne nouvelle vient du nombre d'hospitalisations, en baisse de 551 par rapport à la veille. Le solde de personnes admises en réanimation (- 194) est également en baisse, et ce pour le dixième jour consécutif. 

 

 

Un début de déconfinement en Europe. Quelques pays se sont engagés dans la voie d'un prudent déconfinement comme l'Autriche ou le Danemark. Berlin a jugé la pandémie désormais "sous contrôle" en Allemagne, qui apparaît comme le grand Etat européen à avoir le mieux géré la crise (moins de 4 000 morts), grâce notamment à un large recours aux tests. En Espagne, les autorités ont annoncé samedi la prolongation jusqu'au 9 mai des mesures strictes de confinement.

 


19/04/2020
0 Poster un commentaire

de Google

 

 

 

Par CNEWS -

Mis à jour le Publié le 

 

 

 

Capturecartecovidau14 04 20

 

Capture d'écran

 

 

 

Parti de Chine, le coronavirus s'est désormais répandu dans le monde entier. Nombre de cas, de morts, pays par pays... suivez la progression de la pandémie grace à cette carte mise en ligne par une université américaine.

 

La carte, disponible ici, a été mise au point par des chercheurs de l’université Johns-Hopkins. Elle répertorie tous les cas confirmés à travers la planète, ainsi que ceux suspectés. Elle est mise à jour en temps réel.

 


14/04/2020
0 Poster un commentaire

Franceinfo - le samedi 11 avril 2020

 

 

Coronavirus : avec 18 860 morts, les Etats-Unis deviennent le pays le plus touché au monde

 

avatar

franceinfoFrance Télévisions
 

 

C'est l'Italie qui était jusque-là en tête. La ville de New York a annoncé que les écoles publiques resteraient fermées jusqu'à la fin de l'année scolaire

 

 

21326263

 

Des croix ont été plantées à l'extérieur d'une église à Bâton-Rouge (Louisiane) pour représenter les morts du coronavirus, le 10 avril 2020. (CARLOS BARRIA / REUTERS)

 

 

C'est une première place que personne ne convoite : les Etats-Unis sont devenus, samedi 11 avril, le pays au monde le plus touché par le coronavirus. Selon les chiffres de l'Université Johns-Hopkins, l'épidémie a déjà tué 18 860 morts outre-Atlantique depuis le début de l'épidémie. C'est plus que l'Italie qui était jusque-là en tête.

 

 

>> Suivez les dernières infos liées à la pandémie de coronavirus en direct

 

 

Les Etats-Unis sont aussi le pays le plus touché par les contaminations avec plus de 500 000 personnes atteintes. Vendredi, ils étaient devenus le premier pays au monde à dépasser les 2 000 morts du nouveau coronavirus en une journée, avec 2 108 décès supplémentaires enregistrés en 24 heures. 

 

 

New York ferme ses écoles publiques jusqu'à la fin de l'année scolaire

 

 

L'Etat de New York est l'épicentre de la pandémie aux Etats-Unis. Samedi, le maire de New York, Bill de Blasio, a annoncé que les écoles publiques resteraient fermées jusqu'à la fin de l'année scolaire. Elles avaient fermé le 16 mars, avec une transition vers l'apprentissage en ligne.

 

 

La fermeture concerne 1,1 million d'enfants qui devaient terminer leurs cours fin juin. Selon les autorités, les familles n'ayant pas le matériel nécessaire pour les cours en ligne se verront prêter ordinateurs et tablettes par la mairie. Quelque 175 000 appareils ont déjà été envoyés à des enfants de la ville.

 


12/04/2020
0 Poster un commentaire

Franceinfo - le vendredi 3 avril 2020

 

 

Coronavirus : jusqu'à 30 malades par jour évacués par l'armée pour soulager les hôpitaux d'Ile-de-France

 

avatar

 

 

Les Etats-Unis ont enregistré en 24 heures 1 169 morts supplémentaires, soit le bilan journalier le plus élevé jamais enregistré dans un pays depuis le début de la pandémie

 

 

21272773

 

Un hélicoptère de l'armée française transfère des malades dans une ambulance à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme), le 29 mars 2020. (HANDOUT / MINISTERE DES ARMEES)

 

 

 

CE QU'IL FAUT SAVOIR

 

 

Dans le cadre de l'opération Résilience, "30 personnes atteintes du Covid-19 pourront être transférées chaque jour depuis l'Ile-de-France vers des régions où les hôpitaux et le personnel médical sont encore en mesure de soigner de nouveaux patients", indique le ministère des Armées, vendredi 3 avril. "Trois hélicoptères Caracal, deux hélicoptères Puma et un avion de transport Casa" sont mobilisés pour cette opération, détaille le ministère.

 

 

Un nombre de morts record aux Etats-Unis. L'Europe reste le continent le plus touché, mais les Etats-Unis sont en passe, vendredi 3 avril, de devenir le nouvel épicentre de l'épidémie de coronavirus. En 24 heures, les Etats-Unis ont recensé 1 169 morts supplémentaires, soit le bilan journalier le plus élevé jamais enregistré dans un pays depuis le début de la pandémie.

 

 

Le cap symbolique du million de cas dans le monde franchi. Selon un comptage réalisé par l'AFP à partir de sources officielles, il y avait au moins 1 000 036 cas d'infection, jeudi soir. Le nombre de décès s'élève, lui, à 51 718 décès, dans 188 pays et territoires.

 

 

Près de 900 morts dans les Ehpad en France. "Au moins 884 personnes sont décédées" dans ces établissements, a fait savoir jeudi soir le directeur général de la santé, qui précisait ce chiffre pour la première fois depuis le début de l'épidémie. Un nombre qui s'ajoute aux 4 503 personnes décédées dans les hôpitaux à ce jour.

 

 

Des vacances oui, mais à domicile. L'heure des vacances de printemps a sonné pour une partie des élèves français. Les enfants de la zone C peuvent en effet souffler à partir du vendredi 3 avril. Une pause nécessaire, mais qui se fera à domicile. Sur TF1, jeudi soir, Edouard Philippe a redit qu'il "ne doit pas y avoir de départs en vacances dans les prochains jours". D'ailleurs, des contrôles seront effectués et des sanctions seront prises en cas de nécessité.

 

 

Quel format pour le bac 2020 ? Le ministre de l'Education, Jean-Michel Blanquer s'exprime à 11 heures pour annoncer les modalités de passage du baccalauréat. Hier, le Premier ministre, Edouard Philippe, a semblé privilégier la piste du contrôle continu.

 


03/04/2020
0 Poster un commentaire

Franceinfo - le mercredi 1er avril 2020

 

 

Coronavirus : un TGV médicalisé transporte 24 malades de Paris vers la Bretagne

 

avatar

 

 

 

Un deuxième TGV doit partir à 12h05 vers Rennes avec 12 autres malades à son bord, pour soulager les hôpitaux d'Ile-de-France

 

 

21258197

 

Des soignants prennent en charge un patient atteint du Covid-19, le 1er avril 2020 à la gare d'Austerlitz, à Paris, pour l'embarquer à bord d'un TGV vers la Bretagne. (THOMAS SAMSON / AFP)

 

 

 

 

CE QU'IL FAUT SAVOIR

 

 

Trente-six patients hospitalisés en Ile-de-France et atteints par le coronavirus sont transférés vers la Bretagne, mercredi 1er avril, à bord de deux TGV médicalisés au départ de la gare d'Austerlitz. Un premier train est parti à 11h12 à destination de Saint-Brieuc et Brest avec 24 patients à bord. Un second train doit partir à 12h05 avec 12 autres malades, pour soulager les hôpitaux d'Ile-de-France, désormais région française la plus touchée par l'épidémie de Covid-19. Jusqu'à présent, "288 patients lourds, graves, nécessitant des soins complexes, ont été transférés vers des régions moins en tension", un nombre "amené à progresser dans les jours et les semaines qui viennent", selon le directeur général de la santé, Jérôme Salomon. 

 

 

 

359 000 contraventions en deux semaines de confinement. Quelque 5,8 millions de contrôles ont été effectués depuis le 17 mars, indique le ministre de l'Intérieur, mercredi 1er avril sur LCI. Après deux semaines de confinement, 359 000 procès-verbaux ont été dressés pour non-respect du confinement, affirme Christophe Castaner. Le ministre a par ailleurs rappelé que les congés de printemps, qui commencent en fin de semaine pour la zone C (Créteil, Montpellier, Paris, Toulouse, Versailles), ne devaient pas être synonymes de départs en vacances.

 

 

 

La barre des 4 000 morts franchie aux Etats-Unis. L'épidémie de coronavirus s'accélère à toute vitesse aux Etats-Unis. Le pays a franchi ce mercredi la barre des 4 000 morts, selon le comptage de l'université Johns-Hopkins, qui fait référence. La veille au soir, les Etats-Unis avaient enregistré 865 décès en seulement 24 heures, pire bilan journalier depuis le début de l'épidémie.

 

 

 

Trump sonne l'alarme. "Il est absolument essentiel que le peuple américain suive les directives pour les 30 prochains jours. C'est une question de vie ou de mort", a déclaré Donald Trump. D'après des graphiques présentés par la coordinatrice de la Maison Blanche sur le coronavirus, Deborah Birx, un important bond des décès est anticipé dans les mois à venir, avec une fourchette de 100 000 à 240 000 morts, malgré le respect de ces mesures.

 

 

 

Le pire bilan quotidien en France. Avec 499 décès de plus à l'hôpital en 24 heures, le bilan total des morts du coronavirus en France est désormais de 3 523. Ce chiffre a été donné par Jérôme Salomon, le directeur général de la santé. Il a également indiqué que 558 patients supplémentaires avaient été placés en réanimation ces dernières 24 heures. 

 

 

 

732 décès en Allemagne. Outre-Rhin, on dénombre 67 366 cas confirmés de coronavirus et 732 décès en Allemagne, selon les données publiées ce mercredi par l'Institut Robert Koch (RKI) pour les maladies infectieuses. Cela représente 5 453 cas de contamination et 149 décès supplémentaires en une journée.

 


01/04/2020
0 Poster un commentaire

Franceinfo - le vendredi 27 mars 2020 - mis à jour le 28.03.2020

 

 

les Etats-Unis deviennent le pays du monde à compter le plus de cas déclarés, avec plus de 100 000 personnes touchées

 

avatar

 

 

 

Le pays a dépassé jeudi l'Italie et la Chine et sont devenus le pays du monde à compter le plus de cas déclarés d'infection au nouveau coronavirus

 

 

 

CE QU'IL FAUT SAVOIR

 

 

Les Etats-Unis, où le nombre de cas recensés de Covid-19 explose, ont dépassé vendredi 27 mars la barre des 100 000 personnes infectées, selon le comptage publié vendredi de l'université Johns Hopkins. Le pays a dépassé l'Italie et la Chine et est devenu le pays du monde à compter le plus de cas déclarés d'infection au nouveau coronavirus. Le nombre de morts reste toutefois moins important aux Etats-Unis que dans ces deux pays, avec un total de 1 544 décès. Suivez notre direct.

 

 

Près de 2 000 morts en France. L'épidémie a fait 299 décès en 24 heures en France, portant le bilan à 1 995 morts en milieu hospitalier, selon les chiffres annoncés vendredi par le directeur général de la santé. Après quasiment deux semaines de confinement, le pays compte 32 964 cas confirmés et 15 732 personnes hospitalisées, dont 3 787 en réanimation. Parmi ces personnes, un tiers ont moins de 60 ans et 42 personnes sont âgées de moins de 30 ans. "Près de 5 700 personnes sont sorties guéries de l'hôpital", contre 4 948 la veille, a précisé Jérôme Salomon. 

 

 

Près de 1 000 morts en Italie en 24 heures. C'est un bilan qu'aucun pays au monde n'avait atteint jusqu'à présent. L'Italie a annoncé vendredi une hausse record de 969 morts du coronavirus en 24 heures, selon des données officielles de la Protection civile. Le nombre total de décès s'élève désormais à 9 134 dans le pays. 

 

 

La France confinée jusqu'au 15 avril. Ce n'est pas encore demain que les Français retrouveront une vie normale. Depuis l'Elysée, où il s'exprimait, Edouard Philippe a annoncé que la période de confinement pour lutter contre l'épidémie de coronavirus était prolongée de deux semaines, c'est-à-dire jusqu'au mercredi 15 avril. "Cette période pourra être prolongée si la situation sanitaire l'exige", a précisé le chef du gouvernement à la sortie du Conseil des ministres. 

 

 

Une prolongation "inévitable" en Italie aussi. Lors d'une conférence de presse organisée vendredi 27 mars, le directeur de l'Institut supérieur de la santé a estimé que la prolongation du confinement au-delà du 3 avril en Italie était "inévitable". Une option qui s'explique, selon Silvio Brusaferro, par le fait que le pays n'a pas encore atteint le pic de l'épidémie de coronavirus

 

 

Boris Johnson aussi. La liste des responsables politiques atteints par le coronavirus s'allonge. Le Premier ministre britannique a été testé positif à son tour. "Au cours des 24 dernières heures, j'ai développé des symptômes bénins", a tenu à rassurer Boris Johnson. Il s'est mis à l'isoloment mais il continuera de gouverner "par vidéoconférence". 

 

 

L'épidémie s'accélère en Espagne. Selon le dernier bilan communiqué par les autorités espagnoles, 769 personnes sont mortes du Covid-19 en 24 heures, contre 655 la veille. Ces nouveaux décès portent à 4 858 le nombre de morts dans le pays depuis le début de l'épidémie.

 

 

Des annonces samedi. Edouard Philippe a pris la parole pour remercier l'ensemble des professionnels qui luttent contre l'épidémie du coronavirus et qui font fonctionner le pays en période de confinement"Nous nous installons dans une crise qui va durer, il va falloir tenir", a-t-il prévenu, avant d'annoncer un point-presse le lendemain sur la situation et la stratégie du gouvernement pour les prochains jours. Y seront abordées "toutes les questions que les Français se posent légitimement", a-t-il promis.

 


28/03/2020
0 Poster un commentaire

Franceinfo - le jeudi 26 mars 2020

 

 

Coronavirus : 2,6 milliards de Terriens confinés

 

 

 

Le confinement a commencé mardi 24 mars en Inde. Plus d’un tiers de la population mondiale est appelé à se confiner contre le coronavirus, soit 2,6 milliards d’êtres humains

 

 

 

Les rues de New Delhi, la capitale de l’Inde, sont presque désertes. Devant l’avancée de l’épidémie de coronavirus, le président Modi a "interdit toute sortie de sa maison", soit 1,3 milliard d’habitants. La police veille, mais 75 millions d’Indiens vivent dans la rue.

 

 

 

Des rues désinfectées à l’eau en Syrie

Aux États-Unis, le président Trump veut minimiser les conséquences néfastes de la pandémie sur l’économie en stoppant le confinement d’ici le 12 avril. À Salt Lake City, un prêtre confesse depuis l’intérieur de sa voiture.

 

 

Dans le nord de la Syrie, les pompiers désinfectent les rues en les nettoyant avec de l’eau. En Afrique du Sud, c’est la ruée dans les magasins avant le confinement. En Thaïlande, les moines se cousent des masques avec le tissu de leur vêtement.

 


26/03/2020
0 Poster un commentaire

Franceinfo - le vendredi 13 mars 2020

 

Coronavirus : premier cas au Kenya et en Afrique de l'Est

 

 

Sur le continent africain, 162 cas, en incluant cette étudiante kényane, ont pour l'instant été recensés et cinq personnes sont mortes

 

 

21125157

 
Des infirmières kényanes montrent la marche à suivre en cas de suspiçion de coronavirus, le 6 mars 2020.  (SIMON MAINA / AFP)
 
 
 
Ce qu'il faut savoir

 

 

Un premier cas de nouveau coronavirus a été diagnostiqué au Kenya. Il s'agit d'une étudiante kényane rentrée des États-Unis via Londres, a annoncé vendredi 13 mars le ministre de la Santé, Mutahi Kagwe."Je veux vous informer que le ministère de la Santé a confirmé le premier cas de coronavirus au Kenya", a indiqué le ministre lors d'une conférence de presse. Il s'agit également du premier cas confirmé de nouveau coronavirus en Afrique de l'Est. Sur le continent africain, 162 cas, en incluant cette étudiante kényane, ont pour l'instant été recensés et cinq personnes sont mortes.

 

 

Virage à gauche pour le gouvernement. Le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, a assuré vendredi 13 mars, sur BFM TV, que l'Etat prendra en charge le chômage technique de l'ensemble des Français. "Il ne faut pas perdre ni des salariés, ni des compétences", a réaffirmé le ministre, pour qu'après l'épidémie, "tout de suite l'économie redémarre." "Nous ferons tout ce qui est nécessaire et même plus pour soutenir notre économie et nos entreprises. Ce sera sans doute très couteux pour l'état", a indiqué Bruno Le Maire, chiffrant ces mesures à "des dizaines de milliards d'euros."

 

 

"Ce ne sont pas des vacances étendues, au contraire." Interrogé sur France Inter, le ministre de l'Education, Jean-Michel Blanquer, a insisté vendredi 13 mars sur la fermeture des écoles, qui ne sont "pas des vacances". Si "tous les scénarios sont envisagés", ni le baccalauréat, ni les concours de grandes écoles ne devraient être annulés. Chaque parent d'élève va recevoir des identifiants pour le dispositif "ma classe à la maison". "Je ne veux qu'aucun élève ne reste sur le côté du chemin", a assuré le ministre. "Le but n'est pas d'être un écran", des guides et consignes vont être données dans les prochaines heures. 

 

 

Disneyland Paris ferme ses portes à partir de ce week-end. Le groupe Disney a décidé, jeudi 13 mars, de fermer dès ce samedi ses célèbres parcs d'attraction en Californie, en Floride, et près de Paris jusqu'à la fin mars "par principe de précaution" contre l'épidémie de coronavirus. Disney a commencé par annoncer la fermeture de son parc de Californie à partir du 14 mars, puis, quelques heures plus tard, celles de Disney World à Orlando (Floride) et de Disneyland Paris. Les hôtels des deux sites resteront en activité "jusqu'à nouvel ordre".

 

 

Sophie Grégoire Trudeau, la femme du Premier ministre canadien, a été testée positive au nouveau coronavirus jeudi 12 mars et sera en quarantaine "pour une durée indéterminée", tandis que le chef du gouvernement restera à l'isolement pendant deux semaines. Justin Trudeau ne subira pas de test "à ce stade" et "continuera d'assumer pleinement ses fonctions", poursuit son bureau, ajoutant que le Premier ministre s'adresserait aux Canadiens dans la journée de vendredi. 

 

 

Crèches, écoles et universités fermées en France. Emmanuel Macron a détaillé, lors d'une allocuation solennelle jeudi 12 mars, une série de mesures d'une ampleur inédite mises en place pour freiner la propagation du coronavirus Covid-19. Parmi ces mesures, il a notamment ordonné la fermeture à partir de lundi et "jusqu'à nouvel ordre", des crèches, écoles, collèges, lycées et universités. Il a également fait appel à "la responsabilité" de chacun en demandant de limiter "au strict nécessaire" les déplacements, et aux personnes agées de plus de 70 ans et aux plus fragiles de rester chez eux.

 

 

Les élections municipales maintenues. Emmanuel Macron a par ailleurs maintenu les élections municipales dont le premier tour est prévu dimanche avec des aménagements pour éviter une longue attente aux personnes âgées, les plus vulnérables au virus.

 

 

61 morts et 2876 cas. En France, 61 personnes sont mortes depuis le début de l'épidémie et 2 876 cas de coronavirus Covid-19 ont été diagnostiqués, selon le bilan du jour communiqué par la Direction générale de la Santé, jeudi 12 mars. Au total, 129 personnes se trouvent dans un état grave "nécessitant une réanimation", précise la direction générale de la Santé dans un communiqué. "Le virus circule désormais activement dans plusieurs zones du territoire national, l'épidémie s'amplifie en France", ajoute le communiqué de la direction générale de la Santé.

 

 

La Bourse de Paris connaît la plus forte chute de son histoire. L'épidémie de coronavirus a fait plonger les places financières jeudi. A la clôture, la Bourse de Paris a enregistré la plus forte chute de son histoire (-12,28%), celle de Londres a connu sa pire séance depuis octobre 1987 (-9,81%), celle de Francfort a vécu sa pire journée depuis 1989 (-12,24%). La Bourse de Milan a terminé la journée de à -16,92%, soit sa pire chute. Suivez la situation dans notre direct.

 

 

Le ministre de l'Economie annonce de nouvelles mesures. Bruno Le Maire a notamment mentionné la création d'un fonds de solidarité pour les entreprises les plus touchées, et a indiqué que la Bpifrance (la Banque publique d'investissement) allait porter de 70% à 90% sa garantie sur les prêts souscrits par les petites et moyennes entreprises (PME). "Cette garantie de l'Etat est un instrument extrêmement puissant pour que les entreprises puissent continuer à avoir des prêts et à avoir de la trésorerie", a-t-il affirmé. 

 

 

Vers un retour à la normale en Chine. Depuis quelques jours, le nombre de nouveaux cas décroît en Chine, ce qui laisse à penser que le pic épidémique est dépassé dans le pays, comme l'indique Pékin jeudi 12 mars. Epicentre de la production industrielle, la Chine risque d'être encore confrontée à des difficultés économiques, aux répercussions mondiales, malgré la reprise progressive du travail local.

 

 

Les Européens interdits de séjour aux Etats-Unis. Donald Trump a annoncé mercredi 11 mars, lors d'un discours à la nation, qu'il interdisait aux ressortissants des pays européens – à l'exception du Royaume-Uni et de l'Irlande – de se rendre aux Etats-Unis pour une durée de 30 jours, à compter de vendredi soir. Cette restriction ne s'applique pas aux ressortissants américains. Après avoir semé la confusion en suggérant que "le commerce et le fret" venant d'Europe seraient aussi bannis, Donald Trump a indiqué quelques instants plus tard que le "commerce ne [serait] en aucun cas concerné".

 


13/03/2020
0 Poster un commentaire

Franceinfo - le lundi 9 mars 2020

 

 

Coronavirus : le point sur l'évolution de l'épidémie dans le monde

 

avatar
franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

Le gouvernement américain a exhorté lundi les personnes âgées à faire des stocks de nourriture et de médicaments afin de se préparer à rester chez elles

 

 

21101879

 

Une femme porte un masque contre le coronavirus Covid-19 à Pékin (Chine), le 9 mars 2020.  (GREG BAKER / AFP)

 

 

 

Le bilan monte à 25 morts et 1 412 cas confirmés de Covid-19 en France, soit 286 de plus que la veille, a annoncé Jérôme Salomon, le directeur général de la Santé, lundi 9 mars. Parmi les personnes décédées, quinze sont des hommes et dix des femmes, a-t-il précisé, faisant part d'un septième "regroupement" de 38 cas positifs à Ajaccio, en Corse.

 

 

L'OMS a averti lundi que "la menace d'une pandémie" du nouveau coronavirus, qui a contaminé plus de 110 000 personnes dans le monde, est "devenue très réelle". Le patron de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, s'est toutefois montré ensuite rassurant, indiquant que "ce serait la première pandémie de l'histoire qui pourrait être contrôlée". Franceinfo fait le point sur l'épidémie dans le monde. 

 

 

 

L'épidémie ralentit en Chine 

Plus de 70% des personnes ayant été contaminées par le nouveau coronavirus en Chine ont guéri, a par ailleurs indiqué l'OMS, précisant que le géant asiatique "est en train de maîtriser l'épidémie". "Sur les 80 000 cas rapportés en Chine, plus de 70% ont guéri", a affirmé Tedros Adhanom Ghebreyesus. 

 

 

 

Un cas détecté sur l'île grecque de Lesbos 

Une habitante grecque a été diagnostiquée positive au nouveau coronavirus sur l'île de Lesbos, où plusieurs centaines de migrants sont arrivés récemment, a fait savoir lundi l'hôpital de Mytilène où elle a été admise.

 

 

Cette femme de 40 ans, qui avait voyagé récemment en Israël et en Egypte, avait été placée dès dimanche à l'isolement et ses enfants ne se sont pas rendus à l'école lundi, a précisé la télévision publique ERT. Les autorités grecques avaient à plusieurs reprises exprimé leur inquiétude quant à la propagation de l'épidémie sur les îles grecques qui abritent des milliers de migrants.

 

 

 

Deux premiers morts en Allemagne 

Deux premiers décès dus au coronavirus ont été enregistrés en Allemagne, ont annoncé lundi les autorités du land occidental de Rhénanie-du-Nord-Westphalie.

 

 

Une femme de 89 ans est morte à Essen et un autre patient est décédé dans la région très touchée de Heinsberg, a précisé un porte-parole du ministère régional de la Santé. La Rhénanie-du-Nord-Westphalie, land le plus peuplé du pays, est aussi le plus touché par l'épidémie qui, selon les derniers chiffres communiqués lundi par l'institut fédéral Robert Koch, a contaminé au total 1 151 personnes à ce stade en Allemagne. 

 

 

 

Le bilan s'alourdit en Espagne avec 28 morts

L'Espagne compte 28 morts et 1 204 cas du nouveau coronavirus, d'après un bilan publié lundi soir par le ministère espagnol de la Santé. Le bilan a ainsi quasiment doublé au cours des dernières 24 heures : l'Espagne comptait 589 cas et 16 morts dimanche. Le pays a déjà durci ses mesures pour contenir l'épidémie, notamment dans un des principaux foyers de contagion, le Pays basque. 

 

 

 

En Italie, 97 décès supplémentaires en 24 heures 

Le nombre de décès liés au coronavirus en Italie est passé lundi à 463 morts, soit 97 de plus que la veille, rapportent les autorités. Au total, l'Italie, pays européen le plus touché à ce stade par l'épidémie, enregistre désormais 9 172 cas confirmés de contamination, contre 7 375 la veille.

 

 

Devant l'ampleur de l'épidémie, le gouvernement italien a décidé dimanche d'isoler la majeure partie du nord du pays, principal foyer d'infection dans la péninsule. 

 

 

 

Un premier décès en Afrique

L'Egypte a annoncé dimanche le premier décès en Afrique lié au Covid-19 dans le sud-est du pays. "Un ressortissant allemand âgé de 60 ans (...) admis à l'hôpital public de Hourghada le 6 mars" et testé positif au nouveau coronavirus le lendemain est mort dimanche, a indiqué Khaled Megahed, porte-parole du ministère de la Santé dans un communiqué.

 

 

Arrivé d'Allemagne il y a une semaine, le touriste "avait refusé d'être placé dans une unité d'isolement" avant que son état se détériore samedi avec "une pneumonie aigüe", a souligné le ministère.

 

 

 

Les personnes âgées incitées à rester chez elles aux Etats-Unis 

Les autorités sanitaires américaines ont exhorté lundi les personnes âgées et les personnes avec des maladies chroniques à faire des stocks de provisions et de médicaments afin de se préparer à rester chez elles.

 

 

"Faites en sorte d'avoir des stocks à disposition notamment des médicaments pour la tension artérielle et le diabète, et d'autres médicaments courants pour traiter la fièvre et d'autres symptômes", a déclaré Nancy Messonnier, une responsable des Centres américains de contrôle de santé et de prévention des maladies (CDC). "Ayez assez de produits ménagers et de provisions afin de vous préparer si jamais vous deviez restez chez vous pendant un certain temps", a-t-elle ajouté.

 

10/03/2020
0 Poster un commentaire

Franceinfo - le mercredi 4 mars 2020

 

 

L'article à lire pour comprendre pourquoi la Turquie frappe la Syrie et ouvre sa frontière avec la Grèce

 

avatar
franceinfoFrance Télévisions

 

 

La situation est explosive dans la province d'Idleb, en Syrie, avec des combats intenses et une catastrophe humanitaire. Des milliers de personnes ont fui en Turquie, qui a ouvert sa frontière avec la Grèce

 

 

21065303

 

Un convoi militaire turc près de Batabou, en Syrie, le 2 mars 2020. (AAREF WATAD / AFP)

 

 

 

Une crise humanitaire, diplomatique, et militaire. Voilà ce qui se joue en ce moment à la frontière à Idleb, dans le nord-ouest de la Syrie, mais aussi à la frontière greco-turque. "La crise sanitaire qui se déroule sous nos yeux est la plus grave depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale", estime même dans L'Express Hassan El Abdullah, médecin et fondateur de l'association SOS Syrie. Des dizaines de milliers de personnes ont afflué vers la Grèce depuis que le président Erdogan a ordonné l'ouverture des frontières de son pays, après l'offensive du régime de Damas dans la région d'Idleb. Le Conseil des ministres de l'intérieur européens doit aborder, mercredi 4 mars, la question de la gestion de la frontière extérieure de l'Union européenne, de nouveau sous l'angle sécuritaire.

 

 

Franceinfo vous résume les causes et les enjeux de cette crise majeure, qui déstabilise une nouvelle fois la région. 

 

 

 

Quel est le point de départ de cette crise ? 

Le cessez-le-feu n'aura pas duré longtemps. En août 2019, la Syrie accepte de cesser les combats dans la région d'Idleb, dernier bastion rebelle et jihadiste situé dans le nord-ouest du pays. Depuis fin avril, la région était pilonnée par le régime de Damas et son allié russe. Mais la trêve s'arrête brutalement en décembre. Dès le 16 décembre, les forces du régime, soutenues par l'aviation russe, intensifient leurs bombardements dans cette région et de violents combats au sol les opposent aux jihadistes et rebelles. Il s'agit notamment, précise Le Monde, des jihadistes du groupe Hayat Tahrir al-Cham ("Organisation de libération du Levant"), issu du Front al-Nusra, l'ex-branche syrienne d'Al-Qaïda. D'autres groupuscules jihadistes et rebelles sont également présents. 

 

 

"Pour le régime, il est extrêmement important de reprendre cette zone pour pouvoir afficher une victoire de la reprise des forces gouvernementales sur l'ensemble du territoire syrien, analyse pour France Culture Agnès Levallois, maître de recherche à la Fondation pour la recherche stratégique. Des moyens extrêmement importants sont mis en œuvre pour cela, et ils sont aidés par les Russes. Sans les Russes, les troupes gouvernementales n'ont pas les moyens et la capacité de tenter de pouvoir reprendre cette poche."

 

 

 

Quelles ont été les conséquences de cette offensive syrienne sur la population ?

La région d'Idleb abrite quelque trois millions de personnes, dont la moitié ont été déplacées depuis d'autres parties du pays reconquises par Damas. Cette nouvelle offensive syrienne suscite les craintes de la communauté internationale, alors que la situation humanitaire y est déjà catastrophique. De fait, dix jours après le début des combats, on recense déjà plus de 235 000 déplacés, note Le Monde. Ces déplacements concernent surtout la ville-clé de Maarat Al-Nouman, "quasiment vidée", comme ses environs, de ses habitants qui se dirigent plus au Nord, assure l'ONU. 

 

 

On est dans une impasse totale, on assiste finalement en spectateurs à un drame humanitaire comme on en a rarement vu. Agnès Levallois, maître de recherche à France Culture

 

 

Depuis décembre, la situation s'est aggravée. L'offensive du régime à Idleb a provoqué une grave crise humanitaire, déplaçant près d'un million de personnes en direction de la frontière turque, selon l'ONU. Quelque 470 civils ont également perdu la vie selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). 

 

 

 

Pourquoi la Turquie s'est-elle impliquée et comment a-t-elle répliqué ? 

La Turquie avait déjà multiplié les frappes de drones contre les positions du régime de Bachar Al-Assad à Idleb. Mais là, pour la première fois, Ankara a annoncé officiellement, le 1er mars, que celles-ci s'inscrivent dans le cadre d'une opération plus générale. Le ministre Hulusi Akar a indiqué que le but de l'opération était de "mettre fin aux massacres du régime et empêcher une vague migratoire". Depuis dimanche, l'aviation turque a abattu trois avions de l'armée syrienne. 

 

 

Le 27 février, plus de 30 militaires turcs ont été tués dans des frappes aériennes attribuées par Ankara au régime syrien. "L'opération 'Bouclier du printemps', déclenchée après la vile attaque du 27 février à Idleb, se poursuit avec succès", a déclaré le ministre turc de la Défense Hulusi Akar à la télévision.

 

 
 

 

Par ailleurs, au-delà de l'offensive militaire, Ankara se sert de la question migratoire pour faire pression. "Les menaces d'Erdogan d'ouvrir les vannes des flux migratoires, qui lui permettent depuis cinq ans de souffler le chaud et le froid vis-à-vis de l'Europe, ont été mises à exécution", raconte Libération. Furieux du peu de soutien de l'Occident après la perte de 33 soldats jeudi en Syrie, Erdogan a joué la pression sur le point faible de l'UE." La Turquie a en effet affirmé, le 28 février, qu'elle avait ouvert ses frontières terrestres et maritimes pour laisser passer les migrants. 

 

 

 

Quelle est la situation à la frontière gréco-turque ?

Explosive. Dès le lendemain de l'annonce d'Erdogan, quelque 13 000 migrants ont afflué sur les 212 km de la frontière gréco-turque, selon l'Organisation internationale des migrations (OIM). "Le nombre de migrants venant d'Edirne (nord-ouest de la Turquie) pour traverser la frontière grossit au cours de la journée, à mesure que les voitures, taxis et les bus arrivent à Istanbul", a expliqué le chef de la mission turque de l'OIM Lado Gvilava. "La plupart sont des hommes, mais on voit également des familles avec de jeunes enfants", a-t-il ajouté. 

 

 

Face à cet afflux de migrants, la Grèce a fermé ses frontières, ce qui provoque de vives tensions sur place. "Greece! Greece!" (Grèce ! Grèce !), a crié, dimanche 1er mars, la foule devant la frontière, selon l'AFP. "Nous avons des enfants. Ils n'ont pas de nourriture", expliquait un réfugié alors que certains agitaient des morceaux de tissu blanc et affirmaient "Nous sommes pacifiques".

 

 

 

Des migrants marchent en Turquie vers la frontière avec la Grèce, le 2 mars 2020.

Des migrants marchent en Turquie vers la frontière avec la Grèce, le 2 mars 2020. (HAKAN MEHMET SAHIN / ANADOLU AGENCY / AFP)


 

Des échauffourées ont éclaté la veille entre la police grecque et des migrants au poste-frontière turc de Pazarkule (Kastanies, côté grec). Certains ont jeté des pierres en direction des forces de l'ordre, qui ont riposté avec des grenades lacrymogènes. 

 

 

"Actuellement il y a environ un millier de personnes qui tentent chaque jour de franchir la frontière", a indiqué, le 3 mars à l'AFP, un responsable de la police grecque de la ville de Tychero, située le long de la frontière. "Ce sont essentiellement des Afghans, des Somaliens, des Pakistanais et des Marocains", a assuré ce policier. 

 

 

 

Pourquoi l'île de Lesbos est-elle particulièrement citée ?

C'est une petite île qui concentre tous les regards. Depuis la décision d'Ankara d'ouvrir ses frontières aux exilés en route pour l'Europe, quelque 1 300 migrants sont arrivés en 24 heures sur les cinq îles de la mer Egée, et en particulier à Lesbos, où la grande majorité des embarcations de fortune ont échoué. Dans un contexte déjà particulièrement tendu ces dernières semaines, où les habitants de l'île s'opposent à la construction de nouveaux camps de rétention fermés sur leurs îles, ces nouvelles arrivées ont suscité une explosion de colère dimanche.

 

 
 

 

"Depuis ce week-end, des manifestants bloquent l'accès au camp de Moria, le plus grand camp de réfugiés d'Europe, où croupissent déjà, dans des conditions d'insalubrité inouïes, près de 20 000 personnes", raconte Libération"Les seules personnes qu'on voit, ce sont des réfugiés", a confié le 2 mars à l'AFP Giannis Palassis, un retraité de 76 ans rencontré dans les rues escarpées de Mytilène, le port de Lesbos. Selon lui, la ville ne peut pas se convertir en "refuge" pour tous.

 

 

Ce sont des êtres humains eux aussi, mais l'île n'en peut plus. On souffre.Giannis Palassis, habitant de l'île de Lesbos (Grèce) à l'AFP

 

 

Certains Grecs empêchent eux-mêmes les migrants d'accoster. "Dimanche, dans le nord de l'île, des militants d'Aube dorée [un mouvement d'extrême droite], les visages déformés par la haine, ont empêché une autre embarcation de débarquer. Avec à son bord une quarantaine de réfugiés, dont des bébés", raconte Libération. Un petit garçon est d'ailleurs mort, le 2 mars, au large de l'île grecque lors du naufrage d'une embarcation de fortune chargée d'une cinquantaine de migrants. 

 

 

 

Comment réagit la Grèce ? 

"Notre Conseil de sécurité national a décidé de porter le niveau de protection aux frontières à son maximum", a déclaré, le 1er mars, le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis. La Grèce s'est donc placée en état d'alerte "maximum" pour protéger ses frontières face à l'afflux de milliers de migrants aux portes du pays. Les autorités grecques ont décidé de renforcer encore leurs patrouilles aux frontières et de suspendre toute nouvelle demande d'asile pendant un mois. Une décision vivement contestée par le Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR). "Ni la convention de 1951 relative au statut des réfugiés ni le droit de l'UE sur les réfugiés ne fournissent de base légale pour la suspension de la réception des demandes d'asile", a indiqué le HCR, le 2 mars, dans un communiqué.

 

 

Le gouvernement grec a également mis en place un système d'envoi automatique de SMS aux téléphones mobiles étrangers approchant la frontière, avec le message suivant : "Personne ne peut traverser les frontières grecques. Ceux qui tentent d'entrer illégalement seront bloqués".

 

 

Dans ce contexte extrêmement tendu, une vidéo a été particulièrement relayée, à la suite de laquelle la Turquie a accusé des garde-côtes grecs d'avoir tenté de couler une embarcation de migrants. Mais selon 20 Minutes, "il est impossible de déterminer si les garde-côtes (s'il s'agit bien de garde-côtes) ont délibèrement visé le bateau pneumatique ou s'il s'agissait de tirs visant à l'éloigner". 

 

 

 

Que disent les Européens ? 

La présidente de l'Union européenne, Ursula von der Leyen, a déclaré, le 3 mars, être "aux côtés" de la Grèce et a promis à Athènes "toute l'aide nécessaire" pour faire face à l'afflux de milliers de migrants. "Ceux qui cherchent à tester l'unité de l'Europe seront déçus", a déclaré Ursula von der Leyen sur le poste-frontière de Kastanies (nord-est du pays), au côté du Premier ministre grec auquel elle a promis "700 millions d'euros", dont la moitié immédiatement.

 

 

Les pays membres de l'UE ont également confirmé le même jour, à l'agence européenne de contrôle des frontières Frontex, leur accord pour contribuer à une intervention rapide pour aider la Grèce face à l'afflux de milliers de migrants via la Turquie. Frontex avait accepté la veille de lancer une opération rapide de soutien à la Grèce. Elle a déjà déployé des renforts et a relevé son niveau d'alerte dans la zone de la frontière turco-grecque.

 

 

Du côté de l'Hexagone, Emmanuel Macron a souligné, le 2 mars, la "pleine solidarité" de la France avec la Grèce et la Bulgarie. Il a dit sa volonté de "leur prêter une assistance rapide et protéger les frontières" dans le cadre des "efforts européens".

 

 

 

Quel est le rôle de la Russie dans tout ça ? 

La Russie de Vladimir Poutine appuie militairement le régime de Damas, dont il est un allié puissant et incontournable. Problème : Moscou et Ankara ont renforcé leur coopération ces dernières années. Pourtant, cela n'empêche pas Moscou de continer à soutenir son allié syrien. "L'armée turque intervient dans un autre Etat souverain qu'est la Syrie, et surtout un Etat qui est allié à la Russie", explique sur RTL le géopolitologue Frédéric Encel. "L'erreur catastrophique, me semble-t-il, de Erdogan, est de considérer que la Russie pourrait lâcher Bachar Al-Assad. On a bien vu qu'il n'en était rien. On voit bien que la Russie, surtout après dix ans de soutien, ne lâchera pas la Syrie", ajoute-t-il. 

 

Vladimir Poutine et Recep Tayyip Erdogan doivent se rencontrer, jeudi 5 mars. Ankara espère arracher une trêve lors de ces discussions. 

 

 

 

J'ai eu la flemme de tout lire, vous me faites un résumé ?

Depuis décembre 2019, la Syrie de Bachar Al-Assad mène une offensive militaire dans la région d'Idleb, dernier bastion rebelle et jihadiste situé dans le nord-ouest du pays. Les combats ont provoqué une grave crise humanitaire, déplaçant près d'un million de personnes en direction de la frontière turque, selon l'ONU. Face à ces combats et après la mort d'une trentaine de ses soldats, la Turquie a répliqué en lançant elle aussi une offensive militaire contre Damas. L'opération s'appelle "Bouclier du printemps".

 

 

Pour faire pression sur l'Union européenne face à l'afflux de réfugiés, le régime d'Erdogan a également ouvert sa frontière avec la Grèce. Des milliers de migrants ont afflué à la frontière gréco-turque, obligeant la Grèce à fermer ses frontières. Le pays a aussi suspendu toute nouvelle demande d'asile pendant un mois. Les tensions entre migrants et habitants, notamment sur l'île de Lesbos, sont extrêmement fortes. 

 

 

La présidente de l'Union européenne Ursula von der Leyen a promis d'aider la Grèce à hauteur de "700 millions d'euros", dont la moitié immédiatement. L'agence européenne de contrôle des frontières Frontex a aussi déployé des renforts et a relevé son niveau d'alerte dans la zone de la frontière turco-grecque. 

 


05/03/2020
0 Poster un commentaire

Franceinfo - le samedi 29 février 2020

 

 

Afghanistan : les Etats-Unis et les talibans signent un accord historique après dix-huit ans de guerre

 

avatar
franceinfo avec ReutersFrance Télévisions

 

 

Les Américains et l'Otan retireront toutes leurs troupes d'Afghanistan dans un délai de 14 mois si les taliban tiennent leurs engagements

 

 

21048487

 

Mike Pompeo, le chef de la diplomatie américaine, aux côtés de Mohammed Ben Abderrahmane Al-Thani, son homologue du Qatar, à Doha (Qatar), le 29 février 2020. (GIUSEPPE CACACE / AFP)

 

 

 

Un moment historique. Les Etats-Unis et les talibans on signé un accord de paix, samedi 29 février, après dix-huit ans de guerre. Les Américains et les autres pays de l'Otan présents sur place (Allemagne, Royaume-Uni et Italie, notamment) retireront toutes leurs troupes d'Afghanistan dans un délai de 14 mois si les talibans tiennent leurs engagements, ont déclaré les gouvernements américain et afghan dans une déclaration commune. "La coalition achèvera le retrait des troupes qui restent en Afghanistan dans un délai de 14 mois à compter de la publication de cette déclaration conjointe et de l'accord Etats-Unis-talibans (...) à condition que les talibans respectent leurs engagements pris aux termes de l'accord Etats-Unis-talibans", peut-on lire.

 

 

Les Etats-Unis commenceraient par ramener à 8 600 hommes leur contingent dans les 135 jours suivant la signature de l'accord avec les talibans, qui doit intervenir dans l'après-midi à Doha, ajoute la déclaration. Enfin, le chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo, a appelé samedi les talibans à se garder de "crier victoire" et à "tenir la promesse de rupture avec Al-Qaïda".

 


02/03/2020
0 Poster un commentaire

Franceinfo - le lundi 13 janvier 2020

 

 

En Irak, au Yémen, en Syrie... Comment le conflit entre l'Iran et les Etats-Unis risque de s'exporter

 

 

avatar
Kocila MakdecheFrance Télévisions
 

 

 

Téhéran et Washington jouent la carte de l'apaisement pour éviter un conflit armé de plus grande ampleur. Pourtant, de nombreux observateurs craignent que les deux puissances règlent leur comptes sur d'autres terrains dans des "guerres par procuration"

 

 

20746391

 

Des manifestants iraniens brûlant des drapeaux américain et israélien, le 6 janvier 2020, à Téhéran.  (ATTA KENARE / AFP)

 

 

Le conflit entre les Etats-Unis et l'Iran va-t-il mettre le feu au Moyen-Orient ? La mort du général Qassem Soleimani, tué par un tir de drone américain, et la riposte iranienne contre des bases irakiennes abritant l'US Army ont laissé craindre une escalade militaire. Mais après une semaine sous tension, Téhéran et Washington ont joué la carte de l'apaisement.

 

 

Lors d'une conférence de presse, Donald Trump a finalement opté, mercredi 8 janvier, pour de nouvelles sanctions économiques contre l'Iran plutôt que pour une intervention militaire. Et malgré des déclarations belliqueuses quasi-quotidiennes, le pouvoir iranien a pris soin de ne pas tuer de soldats américains dans sa riposte. 

 

 

Pourtant, de nombreux observateurs s'attendent à ce que les deux puissances n'en restent pas là et exportent leur conflit dans les pays alentours. Dans un message diffusé à la télévision iranienne, le 6 janvier, la fille du général Soleimani a sommé le Syrien Bachar Al-Assad ainsi que les chefs du Hezbollah, du Hamas et de la rébellion houtie de venger la mort de son père en s'attaquant aux Américains ou à leurs deux alliés historiques dans la région, Israël et l'Arabie saoudite. Franceinfo fait le point sur les risques de guerres par procuration entre Téhéran et Washington en Irak, en Syrie, au Liban, au Yémen et en Palestine. 

 

 

 

En Irak : le conflit "le plus probable" 

• Qui sont les acteurs ? Après avoir quitté le pays en 2011 sous le mandat de Barack Obama, les forces américaines se sont massivement redéployées en Irak dans le cadre de la coalition internationale contre les jihadistes de l'Etat islamique. Elles en forment le principal contingent avec 5 200 soldats, selon le magazine Time (en anglais). L'administration Trump a laissé planer le doute sur un éventuel retrait de ses troupes, avant de démentir l'information. 

 

 

Historiquement, l'Iran a toujours exercé une influence forte sur son voisin, que ce soit en noyautant le gouvernement, comme l'ont révélé les "Iran Cables", ou en soutenant financièrement et militairement des milices chiites. Cette influence s'est accentuée en 2014, lorsque Téhéran a volé à la rescousse de Bagdad après la conquête d'un tiers du pays par les jihadistes de l'Etat islamique. Aujourd'hui, une myriade de groupes paramilitaires pro-Iran évoluent en Irak. Réunis sous la bannière du Hachd al-Chaabi, ils ont été en grande partie intégrés aux forces de sécurité irakiennes. 

 

 

• Quelles sont les réactions ? L'assassinat du général Qassem Soleimani, commandant de la force Al-Qods des Gardiens de la Révolution et principal émissaire de Téhéran en Irak, a provoqué l'ire de ces groupes armés. D'autant plus que lors du bombardement américain, Abou Mehdi Al-Mouhandis, le chef militaire du Hachd al-Chaabi, a aussi perdu la vie.

 

 

 

 

 

 

Toutes ces forces, divisées par le passé, ont promis de s'unir contre Washington. "Nous allons regrouper les factions de la résistance en une seule entité, a déclaré, le 7 janvier, Nasser Al-Chemmari, numéro 2 de Noujaba, l'une des factions pro-Iran les plus radicales de cette coalition, s'engageant à mener une "guerre contre la présence américaine dans tous les endroits de la région que nous pouvons toucher." Moqtada Al-Sadr a aussi appelé à l'union des "factions irakiennes de la résistance". Ce leader militaire chiite a réactivé son Armée du Mahdi, une milice islamiste qui avait tué des dizaines de soldats américains pendant la seconde guerre du Golfe, avant d'être démantelée en 2008.

 

 

• Que peut-il se passer ? Le chaos irakien constitue "l'option la plus probable", selon Bernard Hourcade, géographe spécialiste de l'Iran et directeur de recherche émérite au CNRS. "Il s'agit du seul terrain où Téhéran peut avoir les troupes américaines dans son viseur sans s'engager directement dans un conflit armé." L'Iran peut s'y appuyer sur "une myriade de milices, qui lui sont totalement dévouées", continue Wassim Nasr, journaliste à France 24 et observateur du conflit irakien.

 

 

Hormis les frappes iraniennes sur deux bases américaines en Irak en représailles à la mort de Soleimani, plusieurs roquettes se sont abattues sur la "zone verte" de Bagdad où se trouve l'ambassade américaine. "En réalité, les intérêts américains sont déjà ciblés depuis plusieurs mois", remarque Thierry Coville, chercheur à l'Iris et spécialiste de l'Iran

 

 

En Syrie : un conflit risqué pour Al-Assad

Qui sont les acteurs ? Depuis le début de la révolte contre le régime de Bachar Al-Assad en 2011, le conflit est devenu extrêmement complexe. Officiellement mobilisées pour lutter contre les jihadistes de l'Etat islamique qui avaient pris le contrôle de l'est du pays, une multitude de puissances étrangères interviennent désormais sur le terrain syrien. Le régime sanguinaire d'Al-Assad est soutenu militairement par la Russie et l'Iran. Au sol, le Hezbollah libanais et des dizaines de milliers de miliciens pro-Iran combattent aux côtés de Damas. Une coalition occidentale, menée par les Etats-Unis et dont la France fait partie, est alliée aux combattants kurdes et à des factions arabes rebelles autrefois unies sous la bannière de l'Armée syrienne libre. Mais cette dernière a explosé, laissant place à un jeu d'alliances sans fin et à des combats fratricides entre groupes islamistes et jihadistes plus ou moins proches d'Al-Qaïda.

 

 

Après l'annonce par les combattants kurdes de la dissolution du califat de l'Etat islamique, en mars 2019, l'engagement occidental a considérablement reculé. Les Etats-Unis ont annoncé un retrait partiel de leurs troupes, laissant les Kurdes en proie à la Turquie dans le nord du pays. En octobre, après une offensive turque contre les positions kurdes dans le nord de la Syrie, Ankara et Moscou ont signé un accord décisif. Vladimir Poutine et Recep Tayyip Erdogan s'imposent depuis comme les deux hommes forts du conflit syrien. 

 

 

Quelles ont été les réactions ? En tant que responsable des affaires extérieures des Gardiens de la Révolution, Qassem Soleimani a joué un rôle déterminant pour soutenir le régime syrien. Après la mort du général iranien, Bachar Al-Assad a dénoncé un "crime perpétré par les Etats-Unis" qui "ne fera qu’embraser la détermination de la Syrie et de l’Iran à faire face à la politique américaine subversive au Moyen-Orient".

 

 

 

Des manifestants pro-régime à Alep (Syrie), le 7 janvier 2020, devant une affiche montrant le portrait de Qassem Soleimani et Bachar Al-Assad embrassant l\'ayatollah Ali Khamenei.

Des manifestants pro-régime à Alep (Syrie), le 7 janvier 2020, devant une affiche montrant le portrait de Qassem Soleimani et Bachar Al-Assad embrassant l'ayatollah Ali Khamenei. (AFP)

 

 

 

Erdogan et Poutine ont fait une déclaration commune après les frappes iraniennes. "Nous affirmons notre engagement à désamorcer les tensions dans la région et appelons toutes les parties à agir avec retenue et bon sens et à donner la priorité à la diplomatie", qualifiant au passage l'assassinat de Soleimani "d'acte qui sape la sécurité et la stabilité de la région".

 

 

Que peut-il se passer ? Par le passé, l'armée américaine et les groupes armés fidèles à Téhéran évitaient tout affrontement pour se concentrer sur leur ennemi commun : le groupe Etat islamique. Maintenant que les jihadistes ont perdu leur emprise territoriale, ce statu quo est fragilisé. Fin décembre, des chasseurs F-15 américains ont visé deux installations, en Syrie, des Brigades Hezbollah, une milice chiite irakienne liée à l’Iran que Washington accuse d'être responsable d'attaques à la roquette contre ses soldats. Le groupe armé a aussi été la cible de frappes attribuées à Israël.

 

 

Un embrasement en Syrie semble cependant "très peu probable, du moins à court terme", selon Didier Billion, directeur adjoint à l'Institut de relations internationales et stratégiques (Iris). "Pour les Iraniens, le véritable enjeu du terrain syrien est de consolider le régime afin de s'assurer un accès à la Méditerranée et à Israël, explique le spécialiste de la région. Pour cela, leur intérêt est de voir les troupes américaines partir rapidement. Les attaquer aurait l'effet contraire." 

 

 

 

Dans les territoires palestiniens : le Hamas a trop à perdre 

• Qui sont les acteurs ? "Grand ennemi" d'Israël, Téhéran a soutenu financièrement de nombreux groupes armés palestiniens. C'est le cas du Jihad islamique palestinien et du Hamas, qui a livré trois guerres à Israël dans la bande de Gaza. Distantes pendant un temps, les relations entre le mouvement islamiste et l'Iran se sont réchauffées en début d'année, Qassem Soleimani qualifiant de nouveau le Hamas "d'ami de Téhéran", selon Al-Monitor (en anglais). D'après le journal palestinien Al-Quds (en arabe), l'Iran a même recommencé à financer le groupe armé à hauteur de 15 millions de dollars par an.  

 

 

• Quelles ont été les réactions ? Ismaïl Haniyeh, le chef du Hamas, s'est rendu à Téhéran pour rendre hommage à Qassem Soleimani. Le parti islamiste a salué la mémoire d'un homme ayant "joué un rôle de soutien majeur à la résistance palestinienne". Il a dénoncé une "orgie de violence américaine" sans toutefois appeler à la vengeance. De son côté, le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas – qui n'est pas en bons termes avec l'Iran – a gardé le silence.

 

 

 

Dans la bande de Gaza, des manifestants palestiniens mettent le feu à des drapeaux américains et israéliens, le 8 janvier 2020.

Dans la bande de Gaza, des manifestants palestiniens mettent le feu à des drapeaux américains et israéliens, le 8 janvier 2020. (SAID KHATIB / AFP)

 

 

• Que peut-il se passer ? En novembre, le leader du Jihad islamique palestinien, Bahaa Abou El-Atta, a été tué lors d'une frappe israélienne. Le groupe armé palestinien a répondu en tirant des centaines de roquettes depuis Gaza sur le sud d'Israël. 

 

 

 

 

 

 

"L'Iran soutient par principe le Jihad islamique, mais n'a pas les moyens de se lancer dans un conflit armé à travers eux. Quant aux rapports entre Téhéran et le Hamas, ils ne sont plus ce qu'ils étaient", estime Bernard Hourcade, spécialiste de l'Iran. Le parti islamiste qui contrôle la bande de Gaza bénéficie d'un accord de trêve avec Israël et aurait trop à perdre à se lancer dans une nouvelle guerre.

 

 

Interrogées par le journal panarabe Asharq Al-Awsat (en anglais), des sources sécuritaires palestiniennes indiquent que le Hamas refusait "que Gaza soit transformée en arène pour des conflits extérieurs ou soit utilisée pour régler des comptes". Herzi Halevi, chef militaire israélien, a de son côté affirmé dans le journal Yedioth Ahronoth (en hébreu) qu'il se tenait prêt à répondre à toute offensive. 

 

 

 

Au Liban : l'option "la moins probable"

• Qui sont les acteurs ? Au Liban, l'Iran bénéficie du soutien de son principal allié dans la région : le Hezbollah. Ce puissant mouvement chiite a d'ailleurs été créé grâce aux financements de Téhéran, en 1982, après l'invasion du Liban par Israël. Il prône depuis "l'élimination" de l'Etat hébreu. 

 

 

Israël considère le Hezbollah comme une organisation terroriste, tout comme les Etats-Unis, principal allié de l'Etat hébreu dans la région, et l'Union européenne. Tsahal et le Hezbollah se sont affrontés lors de plusieurs conflits armés, dont la seconde guerre du Liban en 2006, et les tensions sont très fortes à la frontière.

 

 

• Quelles ont été les réactions ? Le leader du Hezbollah, Hassan Nasrallah, comptait parmi les proches de Qassem Soleimani. En octobre, le général iranien avait raconté avoir sauvé lui-même Nasrallah alors qu'il était pris sous un bombardement israélien pendant la seconde guerre du Liban. Quelques jours avant sa mort, il se serait d'ailleurs rendu à Beyrouth pour échanger avec le chef du Hezbollah.

 

 

Lors d'un discours télévisé retransmis sur des écrans géants dans la banlieue sud de Beyrouth, Hassan Nasrallah a appelé à "venger" l'assassinat de Qassem Soleimani, qui "concerne (...)  l'ensemble de la nation musulmane". Il a cependant appelé à viser uniquement les intérêts militaires américains dans la région, sans menacer directement Israël.

 

 

De son côté, le Premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, s'est félicité de la mort de Qassem Soleimani, le qualifiant de "terroriste en chef". Tel Aviv accusait le général iranien d'être l'éminence grise d'un projet visant à convertir des roquettes du Hezbollah en missiles de précision pouvant causer d'importants dommages sur Israël.

 

 

 

Des militants du Hezbollah suivent un discours de leur leader, Hassan Nasrallah, qui réagit à la mort de Qassem Soleimani, le 5 janvier 2020, à Beyrouth (Liban).

Des militants du Hezbollah suivent un discours de leur leader, Hassan Nasrallah, qui réagit à la mort de Qassem Soleimani, le 5 janvier 2020, à Beyrouth (Liban). (ANWAR AMRO / AFP)


 

• Que peut-il se passer ? Pour Bernard Hourcade, du CNRS, un conflit armé entre le Hezbollah et Israël est "très peu probable au vu de la situation interne au Liban". Ces derniers mois, le pays a fait face à un mouvement de contestation populaire inédit qui a provoqué la démission du gouvernement de Saad Hariri, remplacé par Hassan Diab, un universitaire proche du mouvement chiite. "Politiquement, le Hezbollah est en position de force et n'a pas intérêt à s'engager dans un nouveau conflit avec Israël", analyse Bernard Hourcade. 

 

 

"Si Téhéran s'appuie sur le Hezbollah pour viser les Américains, il est plus probable que cela se fasse sur le terrain syrien où ils sont très présents, même si cela semble peu envisageable, complète Thierry Coville, chercheur à l'Iris et spécialiste de l'Iran. Téhéran a bien conscience que des représailles non contrôlées contre Israël via ses soutiens auraient l'effet d'une déflagration immédiate", continue Didier Billion, directeur adjoint de l'Iris. 

 

 

 

Le Yémen : déjà une guerre par procuration

• Qui sont les acteurs ? Depuis cinq ans, une guerre sanglante se déroule au Yémen où deux camps s'affrontent : le gouvernement, soutenu par une coalition arabe menée par l'Arabie saoudite, et les rebelles houtis, appuyés par l'Iran. Sur le plan religieux, les Houtis sont zaydites, un courant chiite différent du chiisme iranien, alors que la majorité du pays est sunnite. 

 

 

Ce conflit, qui engendre une terrible catastrophe humanitaire, est déjà considéré par beaucoup d'observateurs comme "une guerre par procuration". Les Etats-Unis, alliés historiques de Riyad dans le Golfe, fournissent armements et renseignements militaires à l'Arabie saoudite, qui mène la coalition pro-gouvernement. En face, les Houthis ont utilisé des drones et des missiles fabriqués en Iran pour bombarder des aéroports saoudiens. 

 

 

• Quelles ont été les réactions ? Au Yémen, les rebelles houthis ont réclamé des "représailles rapides et directes" après l'assassinat de Qassem Soleimani. "L'agression ne restera pas sans réponse", a promis Mohammed Al-Bukhaiti, membre du bureau politique des rebelles interrogé par l'AFP. Quand, comment et où la riposte aura lieu seront déterminés par l'Irak et l'Iran et nous serons avec eux car nous sommes un centre de résistance." 

 

 

 

Un Houti embrassant un portrait de Qassem Soleimani, tué en Irak par l\'armée américaine, le 6 janvier 2020, à Sanaa (Yémen). 

Un Houti embrassant un portrait de Qassem Soleimani, tué en Irak par l'armée américaine, le 6 janvier 2020, à Sanaa (Yémen).  (MOHAMMED HAMOUD / ANADOLU AGENCY)


 

Après les représailles iraniennes qui ont visé les positions américaines en Irak, l'Arabie saoudite a "dénoncé et condamné les violations iraniennes de la souveraineté de l'Irak". Riyad a cependant pris ses distances avec Washington : un responsable saoudien a affirmé à l'AFP que son pays "n'a pas été consulté" avant la frappe américaine. Lundi 6 janvier, le ministre saoudien des Affaires étrangères, Fayçal Ben Farhane, a qualifié la situation de "très dangereuse".

 

 

• Que peut-il se passer ? "En soutenant les Houtis, l'Iran pouvait s'en prendre à son ennemi juré, l'Arabie saoudite, sans avoir à l'assumer diplomatiquement. Aujourd'hui, ce n'est plus la priorité", estime Thierry Coville, spécialiste de l'Iran. "Les choses sont en train de se calmer entre Téhéran et Riyad. Dans ce contexte de conflit avec les Etats-Unis, l'Iran n'a guère intérêt à ouvrir un nouveau front, mais plutôt à maintenir la sécurité dans le golfe Persique", continue Bernard Hourcade.

 

 

De son côté, Riyad a annoncé vouloir maintenir le canal de discussions avec les rebelles houthis, récemment établi. "Il est assez clair que les Saoudiens ne se réjouissent pas de cette crise, même s'ils doivent se réjouir du meurtre de Soleimani, analyse auprès de l'AFP Hussein Ibish, de l'Arab Gulf Institute, basé à Washington. Ils savent qu'ils seraient pris dans un feu croisé si la guerre éclate et ils font tout pour faire baisser la température."

 


13/01/2020
0 Poster un commentaire

Franceinfo - le mercredi 8 janvier 2020

 

 

Iran : les tirs de missile sont une "gifle au visage" des Américains, déclare l'ayatollah Khamenei

 

avatar
franceinfoFrance Télévisions

 

 

Les Gardiens de la Révolution disent avoir frappé les bases d'Al-Assad et d'Erbil, dans la nuit de mardi à mercredi, pour venger la mort du général Qassem Soleimani, dont les funérailles avaient eu lieu quelques heures plus tôt

 

 

20730389

 

Le guide suprême de la République islamique d'Iran, Ali Khamenei, le 8 janvier 2020 à Téhéran (Iran). (IRANIAN SUPREME LEADER PRESS OFF / ANADOLU AGENCY / AFP)

 

 

 

Ce qu'il faut savoir

 

 

Téhéran avait promis des représailles après l'assassinat du général Qassem Soleimani, laissant craindre une escalade dans la région et un conflit armé avec les Etats-Unis. C'est chose faite : dans la nuit du mardi 7 au mercredi 8 janvier, l'Iran a mené des frappes contre des bases en Irak abritant des forces américaines. Selon le Pentagone, une douzaine de missiles ont été lancés depuis l'Iran contre les bases d'Al-Assad et d'Erbil. "Aucun militaire français déployé en Irak n'a été touché par les frappes déclenchées cette nuit", précise à franceinfo l'état-major des armées françaises mercredi matin. L'armée française compte 200 soldats sur place.

 

 

Le commandement militaire irakien fait, de son côté, état de vingt-deux de missiles tirés sur son sol, sans faire de "victime parmi les forces irakiennes""Entre 1h45 et 2h15 (23h45 et 0h15 en France), l'Irak a été bombardé par 22 missiles – dix-sept sur la base aérienne d'Aïn al-Assad (...) et cinq sur la ville d'Erbil – qui ont tous touché des installations de la coalition" antijihadistes menée par les Etats-Unis. Aucun soldat irakien n'a été touché, selon l'armée irakienne.

 

 

Une "gifle au visage" des Américains. Le guide suprême de la République islamique d'Iran a affirmé mercredi que les tirs nocturnes de missiles iraniens sur des bases abritant des soldats américains en Irak sont "une gifle au visage" des Etats-Unis. Le N°1 iranien avait appelé à venger la mort du puissant général iranien Qassem Soleimani, assassiné le 3 janvier, avec l'homme de l'Iran à Bagdad et huit autres personnes, par une frappe de drone américain dans la capitale irakienne.

 

 

L'Iran parle de victimes, des sources diplomatiques américaines démentent. Les tirs menés par l'Iran contre des bases américaines en Irak auraient fait 80 morts, affirme la télévision publique iranienne. Mais selon les informations du correspondant de France Télévisions à Washington, cette annonce a été immédiatement démentie. Londres, pour sa part, condamne les attaques sur les bases de la coalition en Irak et évoque des blessés. Berlin aussi a condamné "le plus fermement" les tirs de missiles iraniens.

 

 

Des raids revendiqués par Téhéran. De son côté, Mohammad Javad Zarif, chef de la diplomatie iranienne, a affirmé que son pays avait mené et "terminé" dans la nuit des représailles "proportionnées". "Nous ne cherchons pas l'escalade ou la guerre", a-t-il insisté. Ces tirs de missiles font cependant redouter une escalade régionale ou un conflit ouvert, même si les dirigeants américains et iraniens ont rapidement semblé vouloir calmer le jeu.

 

 

Une déclaration de Donald Trump mercredi matin. Dans un tweet au ton particulièrement léger, le président américain, Donald Trump, a indiqué qu'il ferait une déclaration mercredi matin et laissé entendre que le bilan n'était pas très lourd. "L'évaluation des dégâts et des victimes est en cours. Jusqu'ici, tout va bien !", a-t-il lancé.

 

 

Air France suspend "tout survol des espaces aériens iranien et irakien". "Par mesure de précaution et dès l'annonce de frappes aériennes en cours, Air France a décidé de suspendre jusqu'à nouvel ordre tout survol des espaces aériens iranien et irakien", a indiqué un porte-parole de la compagnie aérienne, contacté par l'AFP. En Allemagne, Lufthansa a de son côté annoncé avoir annulé son vol quotidien à destination de Téhéran. L'agence fédérale de l'aviation américaine (FAA) a interdit dès mardi soir aux avions civils américains le survol de l'Irak, de l'Iran et du Golfe, dans la foulée des attaques.

 


08/01/2020
0 Poster un commentaire