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Visite d'Emmanuel Macron en Serbie : les cinq points de crispation entre Paris et Belgrade

 

 

 

 

Les relations entre les deux pays sont fraîches en raison de nombreux points de divergence sur l'Union européenne et le Kosovo

 

 

 

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Emmanuel Macron et le président serbe, Aleksandar Vucic, à l'Elysée, le 12 décembre 2017 à Paris. (ALAIN JOCARD / AFP)

 

 

 

Dix-huit ans que ce n'était plus arrivé. Aucun président français ne s'était rendu en Serbie depuis Jacques Chirac en 2001. Le voyage d'Emmanuel Macron, lundi 15 et mardi 16 juillet, est donc très attendu et se déroulera dans un contexte délicat en raison des désaccords qui sapent les relations diplomatiques entre les deux pays. Ce sera notamment l'occasion de réparer un impair, car la visite initialement prévue en décembre 2018 avait finalement été reportée en raison de la crise des "gilets jaunes".

 

 

Le président français doit notamment inaugurer un monument dédié à l'amitié franco-serbe dans un parc du centre de la capitale, dont l'inscription "Aimons la France comme elle nous a aimés" avait été maculée de peinture noire en novembre dernier. Selon le président serbe, Aleksandar Vucic, "l'importance de la visite (d'Emmanuel Macron) est énorme, nous allons nous entretenir de thèmes économiques et politiques, de la voie européenne de la Serbie et certainement du Kosovo".

 

 

Franceinfo revient sur les cinq points de crispation entre les deux pays.

 

 

 

1 - Dialogue à l'arrêt sur les relations entre la Serbie et le Kosovo

L'un des thèmes principaux devrait être celui des relations avec le Kosovo, ex-province serbe à majorité albanaise devenue indépendante en 2008, sans que Belgrade ni Moscou ne reconnaissent cette souveraineté. Les tensions se sont accrues avec l'application par le Kosovo fin 2018 de droits de douanes à hauteur de 100% sur les produits serbes.

 

 

Le dialogue sur la normalisation des relations entre la Serbie et le Kosovo, mené sous l'égide de l'Union européenne, est ainsi bloqué depuis des mois. A la suite des efforts d'Emmanuel Macron et de la chancelière allemande, Angela Merkel, Belgrade et Pristina avaient accepté, le 30 avril, de reprendre leurs pourparlers et une nouvelle rencontre était prévue début juillet à Paris. Mais celle-ci a été reportée, aucun progrès n'étant en vue. "Ce sommet aura lieu quand les conditions seront réunies", affirme l'Elysée, qui réclame une reprise du dialogue. La possibilité de tenter de régler le conflit par un échange de territoires reste en suspens. Paris y est ouvert.

 

 

 

2 - Paris temporise sur l'adhésion serbe à l'UE

Lors des difficiles tractations menées à Bruxelles pour nommer des personnalités aux postes clés de l'UE, début juillet, Emmanuel Macron s'est opposé à "toute forme d'élargissement" avant une "réforme en profondeur de notre fonctionnement institutionnel". Cette phrase a sans doute contrarié les autorités serbes, alors que le pays a déposé une candidature d'adhésion en 2009. Le "président de la République soutient la perspective européenne des Balkans, mais a dit également que cette adhésion aura lieu quand l'UE se sera préalablement reformée, ce qui est très bien compris par les Serbes", a assuré l'Elysée.

 

 

L'an passé, déjà, Emmanuel Macron avait averti la Serbie que ce pays n'entrerait pas "automatiquement" dans l'UE en 2025, une date évoquée pour son adhésion. Lors de la même conférence de presse à Paris, le président serbe, Aleksandar Vucic, avait fait preuve de bonne volonté : "Nous ne pourrons pas adhérer avant de régler la question avec Pristina, avant de réformer notre système judiciaire, de régler les questions de l'Etat de droit et tout le reste."

 

 

L'eurodéputée LREM Nathalie Loiseau, pour sa part, a plaidé lundi matin sur franceinfo pour "un partenariat très étroit sur le plan économique, sur le plan des infrastructures, mais aussi sur le plan politique pour éviter toutes les tensions qui existent dans cette région". Elle estime cependant, comme le chef de l'Etat, que l'entrée de la Serbie dans l'UE n'est pas pour tout de suite.

 

 

[Les Balkans] sont au cœur géographique, historique et culturel de l'Europe, simplement ils ne sont pas du tout prêts [à entrer dans l'Union européenne] et nous ne sommes pas du tout prêts à les accueillir.Nathalie Loiseau, eurodéputée LREM à franceinfo

 

 

 

 

3 - La bourde protocolaire française lors du 11 novembre 2018

Paris et Belgrade doivent aussi surmonter le malaise créé par un loupé du protocole français lors de la cérémonie du 11 novembre 2018, qui a indigné la Serbie. Aleksandar Vucic avait été placé dans une tribune secondaire alors que Hashim Thaçi, président du Kosovo, était assis dans la tribune principale, avec Emmanuel Macron, Donald Trump et Vladimir Poutine.

 

 

"Vous pouvez imaginer comment je me sentais", avait alors déclaré le président serbe. "Il me semble que je regardais tout le temps le sol et l'écran, ne croyant pas ce que j'étais en train de voir devant moi et sachant le sacrifice fait par le peuple serbe durant la Première Guerre mondiale." "C’est une maladresse regrettable et je prie le président Vucic et le peuple serbe de nous excuser", avait alors déclaré à la télévision serbe l'ambassadeur français, Frédéric Mondoloni. Le monument célébrant l'amitié entre la France et la Serbie avait été vandalisé à Belgrade quelques heures après les cérémonies.

 

 

 

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Un monument célébrant l'amitié entre la Serbie et la France avait été barré de noir quelques heures après la cérémonie du 11-Novembre 2018 sur les Champs Elysées. Le président serbe avait été placé dans une tribune secondaire alors que Hashim Thaçi, président du Kosovo, était assis dans la tribune principale. (VLADIMIR ZIVOJINOVIC / AFP)
 

 

 

4 - Le refus français d'extrader le Premier ministre kosovar

Un autre différend, toujours en lien avec le Kosovo, oppose les deux pays. En avril 2017, la justice française avait refusé de livrer à Belgrade Ramush Haradinaj, actuel Premier ministre kosovar, réclamé par la justice serbe qui l'accuse de crimes de guerre durant le conflit du Kosovo en 1998 et 1999. Ramush Haradinaj avait été arrêté en France à l'aéroport de Bâle-Mulhouse et présenté au parquet de Mulhouse, pour que la demande d'extradition présentée par Belgrade soit examinée par la chambre de l'instruction. La justice avait finalement rejeté la demande serbe et levé le contrôle judiciaire. 

 

 

Belgrade affirme que Ramush Haradinaj a été à la tête d'une unité – les "Aigles noirs" – accusée d'avoir torturé et assassiné des dizaines de civils serbes dont les corps ont été découverts près du lac Radonjic, dans la région de Decani. 

 

 

 

5 - Peu d'échanges économiques dans cette région convoitée par la Chine

Le désamour relatif entre les deux pays s'accompagne également d'une faiblesse des liens économiques, même si le groupe Vinci a récemment remporté la concession de l'aéroport de Belgrade et qu'Alstom reste en lice pour le projet de métro de la capitale serbe. Le groupe français, dont les dirigeants feront partie de la délégation française, est désormais en concurrence avec un consortium chinois.

 

 

Les Balkans sont une pièce importante des "nouvelles routes de la soie", méga-projet de la Chine pour développer sa puissance économique mondiale. A Smederevo, à l'est de Belgrade, la plus grosse usine sidérurgique de Serbie a été rachetée par le chinois HBIS. En août 2018, le groupe minier chinois Zijin a repris 63% du conglomérat serbe de cuivre RTB Bor et promis d'investir dans la plus grande mine de cuivre du pays. Entre 2007 et 2017, Pékin a annoncé un total de 12 milliards d'euros de prêts dans les pays de la région, dont un tiers pour la Serbie.

 


15/07/2019
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Franceinfo -

 

 

14-Juillet : pourquoi les "gilets jaunes" sont revenus sur le devant de la scène

 

 

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Alors que le mouvement peine désormais à fédérer dans les rues, plusieurs dizaines de "gilets jaunes" sont parvenus à manifester leur mécontentement lors des cérémonies du 14-Juillet, malgré un arrêté préfectoral

 

 

 

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Plusieurs dizaines de "gilets jaunes" sont venus sur les Champs-Elysées pour le défilé du 14 juillet. (MAXPPP)

 

 

 

Les "gilets jaunes" font de nouveau parler d'eux. Alors que le mouvement est en perte de vitesse depuis plusieurs semaines, des dizaines de personnes sont parvenues, dimanche après-midi, à investir les Champs-Elysées avant le défilé militaire du 14-Juillet. Plusieurs figures du mouvement ont été interpellées et placées en garde à vue quelques heures. Ce nouveau coup de projecteur montre que la contestation couve toujours, même si les manifestants sont désormais réduits à un petit cercle.

 

 

 

Parce que les leaders sont toujours sur le pont

Les visages médiatiques des "gilets jaunes" poursuivent leur mobilisation au fil des semaines. Plusieurs figures du mouvement ont été placées en garde à vue, comme Jérôme Rodrigues, Eric Drouet – pour "rébellion" – et Maxime Nicolle – pour "organisation d'une manifestation illicite". David Michaux, secrétaire national CRS pour l’Unsa police, a affirmé lundi 15 juillet sur franceinfo que les "têtes du mouvement des gilets jaunes ont été interpellées à titre préventif, et surtout pour éviter que ça dégénère".

 

 

Après avoir annoncé son souhait de faire "une pause", en avril dernier, Eric Drouet reste donc sur le pont. Son avocat, Arié Halimi, a dénoncé sur franceinfo une "violation de liberté individuelle" et annoncé son intention de "déposer plainte pour violation de liberté individuelle". "Je suis prêt à me battre jusqu'au bout pour protéger nos acquis sociaux !", a également déclaré Jérôme Rodrigues après sa garde à vue. Au total, 175 personnes ont été interpellées en marge du défilé.

 

 

 

Parce que la date était symbolique

Lors de la 34e journée de mobilisation, la semaine précédente, la mobilisation des "gilets jaunes" avait été limitée en France. Les cortèges n'avaient attiré que quelques centaines de personnes dans les anciens hauts lieux des manifestations : Paris, Bordeaux ou Toulouse. Mais certains groupes de "gilets jaunes" avaient coché le jour symbolique du 14-Juillet sur leur calendrier, en faisant régulièrement référence à la Révolution française.

 

 

Soutenu par 75 000 personnes, l'un des appels lancés sur les réseaux sociaux soulignait notamment que la "fête nationale est historiquement la commémoration de la victoire du peuple face à la royauté". Le mort d'ordre, finalement, a été simplement entendu par le noyau dur de la contestation. Emmanuel Grégoire, premier adjoint PS de la maire de Paris, a évoqué sur LCI "quelques dizaines d'individus, plutôt d'un profil black bloc" venus rejoindre "quelques dizaines de 'gilets jaunes'" dans l'après-midi, soit "autour de 150, 200 personnes".

 

 

 

Parce que le 14-Juillet offre une exposition médiatique

La préfecture avait pris un arrêté pour interdire les rassemblements de "gilets jaunes" sur les Champs-Elysées samedi et dimanche et le périmètre était hautement contrôlé à l'occasion du défilé. Certains ont toutefois bravé ces consignes, eu égard à l'importance de l'événement. "Ce matin, on est venus assister au défilé car on est citoyens. On nous a tellement privés de Champs, c'est important d'être de retour", a par exemple déclaré à l'AFP Cid, 33 ans.

 

 

Sans leur chasuble fluo mais armés de sifflets et de ballons jaunes, quelques dizaines de manifestants ont copieusement hué le passage du président Emmanuel Macron. Un groupe d'une quarantaine de manifestants, se revendiquant "gilets jaunes", a tenté de forcer une rangée de CRS sur la grande avenue parisienne, avant d'être encerclé par les forces de l'ordre.

 

 

 

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Des gendarmes sont positionnés devant le Fouquet's à Paris le 14 juillet 2019 à Paris. (KENZO TRIBOUILLARD / AFP)

 

 

 

Plusieurs "gilets jaunes" ont également exprimé leur mécontentement devant le Fouquet's, qui fêtait sa réouverture quatre mois après avoir été saccagé. "On veut du homard, du champagne et du caviar", ont notamment lancé des manifestants, en référence aux dîners de François de Rugy, révélés la semaine passée par Mediapart. La situation s'est encore tendue après la cérémonie, quand le haut de l'avenue a été rouvert au public, vers 14h30. Des manifestants et de jeunes gens dissimulant leurs visages sous des foulards et capuches ont alors investi les lieux.

 

 

Largement relayés par les réseaux sociaux et les médias, ces incidents en marge de la cérémonie ont replacé les "gilets jaunes" au cœur des débats politiques et ont suscité de nombreuses réactions. Le maire LR du 15e arrondissement, Philippe Goujon, a par exemple regretté que la préfecture ait mis en place "un dispositif de type service d'ordre alors qu'il aurait fallu peut-être mettre en place un dispositif pour contenir des violences urbaines". Gérard Larcher, président LR du Sénat, a quant à lui dénoncé des "groupuscules qui contestent nos principes républicains. Honte à eux !" Le député LFI Adrien Quatennens, au contraire, s'est interrogé sur le "fondement juridique" permettant l'interpellation d'Eric Drouet, Jérôme Rodrigues et Maxime Nicolle.

 


15/07/2019
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Franceinfo - le dimanche 14 juillet 2019

 

 

"Macron démission !" : le président de la République sifflé lors de l'ouverture du défilé du 14-Juillet

 

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Des sifflets émanant de "gilets jaunes" ont été entendus sur le passage du chef de l'Etat, dont c'est le troisième défilé depuis son élection en mai 2017

 

 

 

 

"Macron démission !". Le président Emmanuel Macron a ouvert dimanche les festivités du 14-Juillet en descendant les Champs-Elysées sous une pluie de sifflets émanant de "gilets jaunes" présents dans le public. Après avoir entamé vers 10 heures la revue des troupes sur la célèbre avenue parisienne aux côtés de son chef d'état-major, le président a rejoint la tribune présidentielle place de la Concorde, où l'attendaient plusieurs dirigeants européens, dont Angela Merkel, ainsi que son épouse Brigitte Macron.

 

 

La veille au soir, quelques dizaines de manifestants, dont certains portaient des "gilets jaunes", avaient fait entendre leur voix devant l'Hôtel de Brienne, où Emmanuel Macron prononçait un discours, en visant le ministre de la Transition écologique François de Rugy, épinglé par Mediapart pour des dîners fastueux lorsqu'il était président de l'Assemblée nationale.

 


14/07/2019
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Franceinfo - le mercredi 26 juin 2019

 

 

RATP, clubs sportifs, prisons... Un rapport parlementaire alerte sur la radicalisation dans les services publics

 

 

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Le texte alerte également sur la situation au sein du groupe Aéroports de Paris

 

 

 

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Le siège de la RATP, à Paris. (VINCENT ISORE / MAXPPP)

 

 

 

Deux députés, Éric Diard (Les Républicains) et Éric Poulliat (La République en marche), publient mercredi 26 juin un rapport parlementaire sur la radicalisation, notamment islamiste, dans les services publics. Ils préconisent de multiplier les enquêtes administratives, notamment dans le recrutement des encadrants sportifs, a appris franceinfo.

 

 

Les deux députés, après une longue enquête et plus de 50 auditions, tirent la sonnette d'alarme en ce qui concerne les prisons, surpeuplées, où par exemple la question des femmes radicalisées n'est pas prise en compte. Selon eux, il n'y a pas de quartier étanche pour ces détenues. Par ailleurs, ils constatent que des gardiens peuvent être exposés. Les syndicats s'inquiètent d'ailleurs d'une inquiétante baisse d'exigence dans le recrutement.

 

 

 

Des salles interdites aux femmes

Éric Diard et Éric Poulliat pointent également le risque de radicalisation dans certaines fédérations sportives, notamment dans les sports de combat. "Certaines associations sportives se communautarisent", écrivent-ils. Il ne serait pas rare de voir des prières collectives dans les vestiaires, des salles interdites aux femmes, ou même des calendriers de compétition adaptés aux fêtes religieuses.

 

 

Les députés dénoncent un certain déni des pouvoirs publics. Ils préconisent donc de multiplier les enquêtes administratives, réalisées par le Sneas (Service national des enquêtes administratives de sécurité) au moment du recrutement ou de la mobilité d’agents publics sur des emplois sensibles. Selon eux, "un accroissement de son champ de compétence et de ses moyens humains et juridiques apparaît nécessaire."

 

 

 

Les universités pas épargnées

Les deux députés pointent également les risques de radicalisation dans les transports. Ils citent par exemple des agents de maintenance de la RATP recrutés sans enquête préalable ou des salariés du groupe Aéroports de Paris suivis pour radicalisation, mais titulaires d'un badge leur donnant accès à des zones réservées des aéroports franciliens.

 

 

Enfin, les universités sont, selon les députés, poreuses au phénomène de radicalisation. Ils préconisent donc "la nomination d’un référent radicalisation et la création d’un comité de sûreté dans chaque université, comme cela s’est fait par exemple à Toulon."

 

 

En revanche, les forces de sécurité (gendarmerie, police, armée), la justice, ou encore l'Éducation nationale sont plutôt épargnés par ces risques de radicalisation, notamment grâce à des politiques efficaces de prévention et de détection.

 


26/06/2019
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Franceinfo - le samedi 15 juin 2019

 

 

"Gilets jaunes" : des manifestants défilent à Paris pour le 31e samedi de mobilisation

 

 

 

Le cortège est parti de la place de la Bastille, puis a traversé les 19e et 20e arrondissements de la capitale, samedi en début d'après-midi. Il se dirige vers le 17e arrondissement

 

 

 

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Des "gilets jaunes" manifestent à Paris pour leur 31e samedi de mobilisation, le 15 juin 2019.  (MAXPPP)

 

 

 

Ils continuent de fouler le pavé, sept mois après le début du mouvement. Les "gilets jaunes" manifestent dans plusieurs villes de France, samedi 15 juin, à l'occasion du 31e samedi de mobilisation de leur mouvement, lancé le 17 novembre. A Paris, un cortège s'est élancé de la place de la Bastille, dans le 11e arrondissement, vers midi, comme le rapporte un compte de "gilets jaunes" sur Twitter. 

 

 

Les manifestants se sont par la suite dirigés vers la place de la Nation, puis ont traversé le 20e arrondissement, dans l'est de Paris, en direction de la place Gambetta. Le cortège s'est ensuite déplacé vers la place des Fêtes, dans le 19e arrondissement, où une courte pause a été marquée. 

 

 

En milieu d'après-midi, les "gilets jaunes" ont manifesté avenue Jean-Jaurès, dans le 19e arrondissement, avant de rejoindre le boulevard de Clichy entre 16 heures et 17 heures, en direction du 17e arrondissement.

 


15/06/2019
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Franceinfo - le samedi 8 juin 2019 - 30e samedi

 

 

"Gilets jaunes" : faible mobilisation pour le 30e samedi avec 10 300 manifestants dans toute la France

 

 

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A Montpellier, où un appel national à manifester avait été lancé, plus de 2.000 personnes se sont mobilisées, selon la préfecture

 

 

 

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Des "gilets jaunes", le 8 juin 2019, à Montpellier (Hérault).  (PASCAL GUYOT / AFP)

 

 

 

Le mouvement des "gilets jaunes" a enregistré une faible mobilisation, samedi 8 juin, avec 10 300 manifestants dans toute la France selon le ministère de l'Intérieur. Les "gilets jaunes", qui contestent les chiffres officiels, ont comptabilisé 19 654 personnes dans les rues. 

 

 

Ce 30e samedi de manifestation est l'un des plus faibles en termes de mobilisation, depuis le début du mouvement. Il enregistre toutefois une légère hausse par rapport au samedi précédent, où 9 500 manifestants avait défilé dans les rues, selon le ministère de l'Intérieur. 

 

 

 

Seize interpellations 

A Montpellier (Hérault), où un appel national à manifester avait été lancé, plus de 2.000 personnes se sont mobilisées, selon la préfecture. Ils étaient 5 000 selon les "gilets jaunes". Dès le départ du cortège, des heurts ont éclaté avec les forces de l'ordre, qui ont usé massivement des gaz lacrymogènes pour repousser les manifestants, ainsi que de canons à eaux, dans des rues très fréquentées.

 

 

Les heurts ont fait une dizaine de blessés légers parmi les manifestants et les forces de l'ordre. "On ne déplore aucun blessé grave malgré le degré de violence important des manifestants venus chercher la confrontation", a commenté la préfecture.  Seize personnes ont été interpellées.

 


10/06/2019
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Franceinfo - le lundi 3 mai 2019

 

 

En quinze ans, Paris s'est enrichi, mais sa région s'est appauvrie, révèle une étude

 

 

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L'Ile-de-France est le territoire le plus inégalitaire de France, montre une étude sur la trajectoire des revenus de ses habitants entre 2001 et 2015

 

 

 

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Une vue de Paris avec la colonne de Juillet, érigée sur la place de la Bastille. (GARDEL BERTRAND / HEMIS.FR / HEMIS.FR / AFP)

 

 

 

Une ville-capitale de plus en plus riche, dans une région qui se paupérise. L'Ile-de-France est le territoire le plus inégalitaire de France, montre une étude sur la trajectoire des revenus de ses habitants entre 2001 et 2015.

 

 

Intitulée "Gentrification et paupérisation au cœur de l'Ile-de-France", cette enquête de l'Institut d'aménagement et d'urbanisme (IAU) souligne les inégalités croissantes dans cette région où vivent 12 millions d'habitants (18,8% de la population française) et qui produit près d'un tiers de la richesse du pays. Si les cadres et les ménages aisés y sont surreprésentés, la pauvreté y est aussi la plus prégnante : en 2015, le taux de pauvreté a grimpé à 15,9% (un point de plus que la moyenne française), contre 12,3% neuf ans plus tôt. Passage en revue des enseignements de ce rapport.

 

 

 

Paris et l'Ouest "s'embourgeoisent"

L'étude met en exergue la "polarisation sociale" de la région : d'un côté Paris (2,2 millions d'habitants) et les Hauts-de-Seine (1,6 million d'habitants), départements les plus aisés du pays, continuent à "s'embourgeoiser". De l'autre, la Seine-Saint-Denis, le territoire le plus pauvre. "La richesse est plus marquée, plus concentrée que la pauvreté. Les riches vivent plus entre eux que les pauvres", note Mariette Sagot, la démographe auteure du rapport.

 

La "différenciation sociale reflète surtout le marché immobilier". Pour Martin Omhovère, directeur du département habitat à l'IAU, dans un contexte de flambée des prix des logements, "seuls le parc social et la loi SRU", qui impose aux villes des objectifs de construction de logements sociaux, "restent les garants de l'accueil des ménages modestes dans le centre" de l'agglomération.

 

 

"Gentrification" dans le Nord-Est

Paris n'échappe pas au phénomène de "gentrification" observé dans de nombreuses capitales, qui se traduit par l'arrivée de cadres dans des quartiers populaires, entraînant ainsi une baisse de la pauvreté. A Paris comme ailleurs, c'est le renchérissement des prix du logement qui exclut progressivement les plus modestes des quartiers centraux.

 

 

L'IAU observe que les cadres sont de plus en plus nombreux à s'installer dans les arrondissements mixtes de l'Est et du Nord-Est (notamment dans le 18e arrondissement) et dans certains quartiers de communes "mixtes" voisines de la capitale (Colombes, Malakoff, Les Lilas, Arcueil, Fontenay-sous-Bois...). La gentrification touche aussi par capillarité quelques rares quartiers de communes pauvres (Clichy, Saint-Ouen).

 

 

Mais dans de nombreuses villes de la première couronne, l'arrivée progressive de cadres ne parvient pas contrebalancer la paupérisation globale de la population. C'est le cas à Montreuil, Pantin, Bagnolet, Bagneux, Ivry ou Villejuif. Conséquence : l'émergence de "contrastes sociaux très importants" dans ces villes, qui cumulent un gros parc HLM et des logements anciens dégradés.

 

 

 

Les villes pauvres, toujours plus pauvres

L'étude montre en parallèle un appauvrissement des secteurs les plus modestes et une baisse du pouvoir d'achat dans la moitié des communes pauvres, majoritairement concentrées en Seine-Saint-Denis et, dans une moindre mesure, dans le Val-de-Marne. Si un tiers des villes pauvres s'inscrivent dans "une trajectoire de rattrapage modéré", "dans 44 communes, où vivent 15% des Franciliens, le revenu médian a baissé", souligne son auteure.

 

 

A noter toutefois, quelques villes pauvres de grande couronne ont réussi à inverser la vapeur, en "utilisant le levier de la construction" (Chanteloup-les-Vignes, Saint-Ouen-l'Aumône), ou en diversifiant l'offre de logements grâce à des programmes menés par l'Agence nationale pour la rénovation urbaine (Meaux, Persan, Mantes-la-Jolie).

 

 

Un mieux dans les territoires "périphériques"

Alors que le conflit des "gilets jaunes" a amené à opposer "souvent de façon caricaturale" deux France, celle des métropoles "qui gagnent" et de la périphérie "qui perd", l'étude de l'IAU montre au contraire que la situation financière des ménages s'améliore dans les secteurs péri-urbains de grande banlieue. L'auteure parle de "moyennisation" des territoires périphériques.

 

 

En quinze ans, la pauvreté a ainsi sensiblement baissé dans les Yvelines et en Seine-et-Marne, département d'origine de certaines figures marquantes de ce mouvement social. Même si les cadres sont moins nombreux qu'auparavant à venir s'y installer.

 


03/06/2019
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Franceinfo - dimanche 2 juin 2019

 

 

Condamné pour terrorisme, un Franco-marocain déchu de sa nationalité française

 

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

 

La déchéance de nationalité est impossible si elle a pour effet de rendre apatride, ou pour les personnes nées avec la nationalité française

 

 

 

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Mohamed el Hafiani, 36 ans, avait été condamné en 2014 à cinq années de prison pour avoir voulu rejoindre des jihadistes en Afghanistan.  (BENOIT PEYRUCQ / AFP)

 

 

 

Une décision rare. Un homme franco-marocain, condamné pour avoir voulu rejoindre des jihadistes en Afghanistan, s'est vu retirer sa nationalité française, selon un décret publié au Journal officiel mercredi 29 mai, repéré par l'hebdomadaire Le Point.

 

 

Mohamed el-Hafiani, 36 ans, avait écopé en 2014 de cinq années de prison. Il avait été arrêté au Pakistan en 2012 en compagnie de deux autres Français et renvoyé en France un an plus tard.

 

 

Lors de leur interpellation, les trois hommes étaient accompagnés de Naamen Meziche, un Franco-algérien considéré comme un cadre historique d'Al-Qaïda, et condamné en 2018 à 14 ans de réclusion pour "association de malfaiteurs terroriste criminelle".

 

 

 

Treize déchéances prononcées depuis 1996

La déchéance de nationalité est possible pour les individu ayant "acquis la qualité de Français" et uniquement pour des motifs spécifiques, notamment avoir été condamné pour trahison ou terrorisme. Dans ces cas, la déchéance n'est encourue que si les faits reprochés se sont produits dans un délai de quinze ans après l'acquisition de la nationalité.

 

 

Entre 1996 et 2016, seules 13 déchéances de nationalité ont été prononcées pour terrorisme, dont cinq en 2015, selon des chiffres du ministère de l'Intérieur. La déchéance de nationalité est en revanche impossible si elle a pour effet de rendre apatride, ou pour les personnes nées avec la nationalité française.

 

 

Après les attentats de novembre 2015 à Paris, le président François Hollande avait souhaité l'extension de la déchéance de nationalité, suscitant un âpre débat. Après plusieurs mois d'invectives et de discussions houleuses, il avait finalement renoncé à cette révision constitutionnelle.

 


02/06/2019
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Franceinfo

 

 

"Ma ville est en train de changer" : aux européennes, le Rassemblement national s'est imposé sur les terres communistes de Tremblay-en-France

 

 

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Camille AdaoustMargaux DuguetFrance Télévisions

 

 

 

Franceinfo s’est rendu dans cette commune du nord de la Seine-Saint-Denis qui a placé Jordan Bardella en tête des élections européennes du 26 mai

 

 

 

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Les affiches pour les élections européennes sont collées devant la mairie de Tremblay-en-France (Seine-Saint-Denis), le 28 mai 2019. (CAMILLE ADAOUST / FRANCEINFO)

 

 

 

"Il est grand temps que la gauche et la droite se rendent compte de la dérive de la France", lâche Yvan, à la sortie du Carrefour Market de Tremblay-en-France (Seine-Saint-Denis). Ce retraité de 72 ans nous avait pourtant opposé une fin de non-recevoir. "Je ne vous dirai pas pour qui je vote", avait-il esquivé, s'éloignant avec son caddie de courses plein à ras bord. Et puis, on a compris. Dimanche 26 mai, jour des élections européennes, Yvan a, pour la première fois, glissé un bulletin Rassemblement national dans l’urne, lui qui "soutenait le vote PCF" jusqu’à présent. Deux jours plus tard, le retraité ne regrette rien. "Je connais des jeunes qui ont préféré arrêter de travailler pour toucher les aides. On a fait une génération de fainéants", maugrée-t-il, tandis que les mots "incivilité", "laxisme" et "immigration incontrôlée" fusent.

 

 

Yvan rejoint la cohorte des électeurs RN qui ont donné à Jordan Bardella la première place dimanche. La jeune tête de liste du parti de Marine Le Pen, ancien secrétaire départemental de Seine-Saint-Denis, a réalisé à Tremblay-en-France 21,94% des voix, loin devant La République en marche (15,05%) et surtout La France insoumise (12,83%). Un paradoxe dans cette ville traditionnellement d'extrême gauche, qui a voté à 35% pour Jean-Luc Mélenchon au premier tour de la présidentielle et élu Clémentine Autain aux législatives. Le maire, François Asensi, réélu sans interruption depuis 1991, a eu sa carte du PCF jusqu'en 2010 avant de devenir un sympathisant du Front de gauche. Pour autant, le vote en faveur de l'extrême droite n'est pas une nouveauté. Aux élections européennes de 2014, le parti de Marine Le Pen avait même fait mieux en décrochant 28,26% des voix dans cette ville qui compte 35 000 habitants.

 

 

 

"Ça ne m'étonne pas que le RN soit en tête"

A Tremblay-en-France, il n'est donc pas rare de rencontrer des électeurs de longue date du Rassemblement national. Eric, croisé à la sortie du Lidl du nord de la ville, votait déjà pour Jean-Marie Le Pen. "Le RN, c'est un fruit que l'on n'a pas goûté, il faudrait le goûter, glisse ce boulanger de 47 ans. Et puis, il faut changer entre la droite et la gauche." Lorsqu'on lui fait remarquer qu'Emmanuel Macron a justement construit son succès sur le "ni droite ni gauche", la réponse jaillit immédiatement : "Tout ce que fait Macron, c'est de nous prendre pour des vaches à lait."

 

 

Si cet électeur n'a jamais fait défaut au Rassemblement national, d'autres ont été tenté d'abandonner le vote bleu marine. "Il y a eu un passage à vide après la présidentielle avec la défaite et le débat raté. Il a fallu rebondir", reconnaît Alain Mondino, le délégué RN de la 11e circonscription de Seine-Saint-Denis, qui englobe Tremblay. Rémy, contrôleur technique, a ainsi préféré voter blanc au second tour de la présidentielle, déçu par la prestation de la candidate frontiste lors du débat de l'entre-deux-tours. Convaincu par Jordan Bardella, il est revenu voter RN aux européennes. Pour une raison simple : "Il y a un ras-le-bol de tout. Ça ne m'étonne pas que le RN soit en tête."

 

 

Il n'y a rien qui marche actuellement, alors pourquoi ne pas aller voter pour les extrêmes ? Rémy à franceinfo

 

 

Ce vote RN est encore très contestataire à Tremblay. "Le Rassemblement national capitalise sur ce vote de colère et on n'arrive pas à sortir de ça", soupire Pierre Laporte, le responsable de La France insoumise dans la ville. "A part deux ou trois identitaires à Tremblay, les gens ont surtout peur du lendemain et cèdent à la thèse du 'grand remplacement'", analyse le maire François Asensi. Pourtant, la ville n'est pas la plus à plaindre en Seine-Saint-Denis. Le taux de chômage s'établit à 11,6% (contre 12,7% pour le département), le revenu mensuel médian y est de 1 630 euros (contre 1 289 euros dans le département) et la commune bénéficie surtout des retombées économiques de l'aéroport Paris-Charles de Gaulle.

 

 

 

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Le maire de Tremblay-en-France, François Asensi, dans ses bureaux le 28 mai 2019. (CAMILLE ADAOUST / FRANCEINFO)

 

 

"Il y a eu un changement de population"

L'explication de l'ancrage du vote RN est plutôt à chercher du côté de l'évolution démographique de la ville et des mutations des différents quartiers. C'est dans les zones pavillonnaires, situées en périphérie du centre-ville, que se concentrent les bulletins pour Jordan Bardella. Depuis quelques années, les mouvements de population ont accéléré la poussée du RN dans ces zones. "Il y a 10 ou 15 ans, certaines familles du centre-ville [issues de l'immigration] ont eu accès au crédit et ont pu s'acheter un pavillon. Et ça ne plaît peut-être pas aux anciens habitants", tente de comprendre dans le local de son association Samir Souadji, à la tête d'Apart qui agit pour l'insertion professionnelle et l'accompagnement social de 500 jeunes dans le département.

 

 

 

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La ville de Tremblay-en-France, située en Seine-Saint-Denis. (NOEMIE CARON / FRANCEINFO / GOOGLE MAPS)

 

 

 

Le maire ne dit pas autre chose. "Il y a eu un changement de population. Des résidents des tours du Grand ensemble ont acheté des pavillons et depuis, il y a des non-dits", explique François Asensi, du haut de sa mairie construite dans les années 1970. Contrairement à d'autres villes du département, à Tremblay-en-France, les logements sociaux sont concentrés au cœur de la commune et les résidences individuelles construites en périphérie.

 

 

La cohabitation n'est pas toujours facile, cela se manifeste par des silences et dans les urnes. François Asensi à franceinfo

 

 

La section locale du Rassemblement national, qui compte pourtant moins d'une dizaine d'adhérents, n'a rencontré aucune difficulté sur le terrain.

 

 

On a été agréablement surpris de l'accueil des gens, ils nous félicitaient plus que lors des autres campagnes.Didier Boulain délégué adjoint du RN de la 11e circonscription de Seine-Saint-Denis

 

 

Cette enracinement du vote RN terrorise Anne. "Les résultats de dimanche m'ont fait très mal, c'est un parti qui me dérange", soupire cette professeure des écoles de 50 ans, qui vote socialiste. Mais elle n'est pas surprise par le vote de ses voisins. "Je suis dans la zone pavillonnaire, on a eu des voitures brûlées et mon mari a été agressé il y a un mois et demi, raconte-t-elle. Et ça, ça pousse les gens à voter RN."

 

 

 

"On a rendu service au Rassemblement national"

L'arrivée en tête du Rassemblement national à Tremblay-en-France s'explique aussi par un très fort taux d'abstention. Dans la ville, 64,83% des électeurs ne sont pas allés voter dimanche, un taux bien plus élevé que la moyenne nationale (49,88%). "L'abstention a plus touché certains quartiers", vient préciser le premier édile. Ceux du centre par exemple. "L'électorat habituel de La France insoumise, qui vit plutôt dans les quartiers populaires, ne s'est pas déplacé", commente Pierre Laporte. Dans le bureau de vote de l'école Rosenberg, au centre d'un groupe d'immeubles, seuls 20,4% des inscrits ont glissé un bulletin dans l'urne. "On a vu un désintéressement autour de ces européennes. C'est trop loin, ils ne se sentent pas concernés, estime Samir Souadji. Ces élections sont loin des problématiques des gens au quotidien."

 

 

 

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Samir Souadji, directeur de l'association Apart, à Tremblay-en-France le 28 mai 2019. (CAMILLE ADAOUST / FRANCEINFO)

 

 

 

Nejma est assistante de direction dans l'association Apart. Habitante de Tremblay-en-France "depuis toujours", la jeune femme de 23 ans est allée voter lors des élections présidentielle et législatives. Cette fois-ci, elle est restée chez elle, "comme beaucoup de gens de [son] entourage". "Le seul lien qu'on a eu avec ces élections, c'est les flyers dans nos boîtes aux lettres et l'affichage. Je n'ai pas compris l'importance qu'elles avaient", justifie-t-elle. Après avoir vu les résultats, elle "regrette" son choix.

 

 

Ma ville est en train de changer, elle est divisée, ça m'inquiète. Nejma à franceinfo

 

 

C'est ce que montrent en effet les résultats dans les différents bureaux de vote. Si dans les quartiers pavillonnaires, comme celui du Vert Galant, la liste de Jordan Bardella signe son plus haut score (27,08%) et écrase La France insoumise (11,26%), la tendance s'inverse dans le quartier du Grand ensemble. Au bureau de vote de l'école de Rosenberg, quelque 27,78% des habitants y ont voté pour Manon Aubry, contre 6,79% pour le Rassemblement national. Les affiches du parti de Marine Le Pen y sont déchirées. Mais cela ne suffit pas à replacer en tête l'extrême gauche à Tremblay-en-France.

 

 

 

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A Tremblay-en-France, la ville est divisée entre les zones pavillonnaires et les quartiers composés d'immeubles. (CAMILLE ADAOUST / FRANCEINFO)

 

 

 

Forte abstention, montée du Rassemblement national… Face à ces constats, élus, habitants et responsables associatifs l'affirment : les élections européennes serviront d'exemple. A suivre ou non. "On ne s'est pas mobilisé. C'est un faux pas, on a raté quelque chose et on a rendu service au RN", regrette Samir Souadji, qui organise habituellement des rencontres entre les politiques et les jeunes de Tremblay. Pour les municipales de 2020, il travaille déjà à augmenter leur taux de participation. "On va se bouger. Les jeunes, il faut aller les piquer !", dit-il. Nejma, elle, est déjà convaincue : "Pour les municipales, on ira voter, ça c'est sûr."

 

 

 

"Aux municipales, je voterai FN"

Pour quelle liste ? Des incertitudes planent encore. Car le maire, âgé de 73 ans, apprécié des habitants et présent depuis 40 ans dans la vie locale, n'est pas sûr de se représenter – il devrait annoncer sa décision fin septembre.

 

 

Le Rassemblement national s'est installé durablement dans le paysage. Pour les municipales, il se peut qu'il y ait une liste RN. François Asensi à franceinfo

 

 

S'il voit ces résultats aux européennes comme "un tremplin" pour le parti en Seine-Saint-Denis, Alain Mondino n'est pourtant pas sûr de présenter une liste en 2020. "A Tremblay, on n'aura pas de liste RN, mais on travaille à une alliance, un bulletin Les Républicains-Rassemblement national", avance-t-il.

 

 

 

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Alain Mondino et Didier Boulain, membre du Rassemblement national, à Tremblay-en-France le 28 mai 2019. (CAMILLE ADAOUST / FRANCEINFO)

 

 

 

Cette éventuelle alliance RN-LR compte déjà potentiellement deux votes. Louis et Louisa, 52 ans, habitants des quartiers pavillonnaires depuis 20 ans, sont en pleine réflexion. "J'ai changé de vote. Avant, on votait plutôt à gauche. Aux européennes, j'ai voté blanc. Aux municipales, je voterai FN", indique Louis, salarié du bâtiment, qui utilise encore l'ancien nom du parti. Le couple n'est pas forcément attaché aux idées du Rassemblement national – "j'aime beaucoup mon maire", affirme même Louisa, employée de la mairie – mais la transformation de la ville ne lui plaît pas. Et d'espérer : "Ça peut faire du bien, un peu de changement."

 


31/05/2019
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Franceinfo - le mercredi 22 mai 2019

 

 

Elections européennes : Jordan Bardella, l'ascension éclair d'un "bébé Front national"

 

 

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Margaux DuguetIlan CaroFrance Télévisions
 

 

 

A seulement 23 ans, le candidat du Rassemblement national aux élections européennes a gravi en un temps record les échelons du parti de Marine Le Pen

 

 

 

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Jordan Bardella, tête de liste du Rassemblement national, le 6 avril 2019 lors d'une conférence de presse à Chantepie (Ille-et-Vilaine) en compagnie de Marine Le Pen. (MAXPPP)

 

 

 

"Je trouve cette décision pitoyable !" Jordan Bardella vient tout juste de décrocher son bac, en ce début juillet 2013, lorsqu'il donne sa première interview. Interrogé par le site Orientation Education, le jeune homme de 17 ans, auréolé de son 16,2/20 de moyenne, s'indigne de la suppression des bourses au mérite pour les bacheliers lauréats d'une mention très bien, décidée par le gouvernement de François Hollande. Sur Twitter, où il n'est encore qu'un illustre inconnu, il envoie des dizaines de messages pour faire connaître la pétition qu'il vient de mettre en ligne, et qui atteindra tout de même 1 500 signatures.

 

 

Le lycéen, déjà encarté au FN, ne se doute alors pas qu'il deviendra, moins de six ans plus tard, la tête de liste de son parti aux élections européennes de 2019.

 

 

 

Des premiers pas au FNJ

C'est au Front national de la jeunesse (FNJ), l'antichambre du parti pour les jeunes pousses, que Jordan Bardella fait ses premières armes. Il devient rapidement l'un des habitués des réunions du "forum FNJ", organisées chaque mercredi soir dans les locaux de la fédération de Paris, rue Jeanne d'Arc. "C'était l'occasion de nous retrouver, mais c'était aussi un lieu d'échanges sur la politique nationale. On était au début du mandat de François Hollande, avec l'idée que Marine Le Pen triompherait de lui en 2017", se souvient Arnaud de Rigné, membre du bureau de Génération nation (ex-FNJ), dirigé depuis 2018 par… Jordan Bardella.

 

 

A l'époque, je me disais que pour son âge, il montrait une certaine précocité. Il avait un vrai talent oratoire et des convictions bien ancrées.Arnaud de Rigné, membre de la direction de Génération nation à franceinfo

 

 

Le jeune Jordan, né à Drancy et scolarisé dans un lycée privé de Saint-Denis, s'investit aussi dans son département, la Seine-Saint-Denis. Une terre de conquête pour le Front national, qui y enregistre élection après élection des scores bien en deçà de sa moyenne nationale. Un jour de 2012, lors d'un événement organisé par le FNJ au Raincy, Jordan Bardella est présenté au secrétaire départemental du FN 93 de l'époque. "J'ai découvert un jeune de 16 ans bien sérieux", raconte Gilles Clavel, qui le met en contact avec le responsable des activités militantes dans le département.

 

 

 

"C'est Florian qui l'a fait monter"

Tractages, boîtages… Tiré à quatre épingles sur les marchés, le garçon met la main à la pâte chez les "grands" et donne entière satisfaction. Jusqu'à se voir proposer d'intégrer le bureau départemental et la responsabilité d'une circonscription législative. Le niveau d'exigence s'élève : il ne s'agit plus seulement de tracter mais de mobiliser les adhérents, d'organiser des actions sur le terrain, d'informer la presse locale…

 

 

Il était force de proposition, répondait rapidement aux sollicitations et avait le sens de la communication. Il n'avait jamais un mot plus haut que l'autre, c'était très agréable de travailler avec lui.Gilles Clavel, ancien secrétaire départemental du FN 93 à franceinfo

 

 

A l'été 2014, Gilles Clavel, qui souhaite passer la main à la tête de la fédération, soutient son poulain pour le remplacer. Et il n'est pas le seul. Car entre-temps, Jordan Bardella a réussi à se faire remarquer de Florian Philippot, le très influent vice-président du parti, chargé de la stratégie et de la communication. "C'est Florian qui l'a repéré et qui l'a fait monter. On voulait promouvoir des jeunes qui savaient travailler. Et Jordan Bardella avait ces qualités", assure un proche de Florian Philippot, qui a claqué la porte du parti en 2017. Le 7 juillet 2014, la décision du bureau exécutif tombe : Jordan Bardella est nommé secrétaire départemental du FN en Seine-Saint-Denis. Il a 18 ans et 10 mois.

 

 

Sur place, sa nomination ne fait pas que des heureux, notamment chez les plus anciens, qui ne goûtent guère cette opération "dédiabolisation" au sein du parti. "Il a une belle gueule, il apprend bien ses fiches, mais en voilà encore un qui n'a pas foutu les pieds dans une entreprise", peste alors l'un de ses concurrents.

 

 

 

Un baptême du feu en Seine-Saint-Denis

Quelques mois seulement après sa prise de fonctions, Jordan Bardella doit affronter une grosse polémique en interne : les cadres du FN en Seine-Saint-Denis apprennent que Maxence Buttey, jeune adhérent en vue qui lui aussi lorgnait le poste de secrétaire départemental, s'est converti à l'islam. Tollé dans les rangs frontistes, où Buttey est accusé de faire du "prosélytisme" ou de l'"entrisme islamiste".

 

 

L'histoire aurait pu se régler en famille. Mais un membre du bureau de l'époque ne l'entend pas de cette oreille : excédé par l'attitude de Jordan Bardella et des instances dirigeantes du FN, qu'il soupçonne d'être au courant depuis plusieurs semaines sans agir, Didier Labaune décide de révéler l'affaire à la presse. Florian Philippot, dépêché sur place pour éteindre l'incendie, annonce dans une conférence de presse commune avec Jordan Bardella la suspension du jeune converti.

 

 

Ils ont su utiliser ma conversion à bon escient. Dans le 93, ceux qui adhèrent au FN ont un ras-le-bol de l'islam.Maxence Buttey, ancien membre du FN converti à l'islam à franceinfo

 

 

Si elle lui vaut quelques inimitiés locales, l'affaire Buttey ne stoppe pas l'ascension de Jordan Bardella. Début 2015, pour sa première participation à une élection, il vire en tête du premier tour aux départementales dans le canton de Tremblay-en-France, avant d'échouer avec les honneurs (41%) au second tour face au Front de gauche. Dans la foulée, il est choisi par Wallerand de Saint-Just, tête de liste aux régionales en Ile-de-France, pour défendre les couleurs du FN en Seine-Saint-Denis lors du scrutin de décembre. Et même un peu plus : désormais, Jordan Bardella passe beaucoup de temps à la fédération FN de Paris, où il partage le bureau d'Aurélien Legrand, le directeur de campagne de Wallerand de Saint-Just.

 

 

"On voyait en lui quelqu'un qui pourrait devenir un cadre solide du mouvement, mais ce n'était pas le petit jeune qui a les dents qui rayent le parquet", se rappelle Aurélien Legrand. Le 6 décembre au soir, lors du premier tour, le FN atteint pour la première fois la barre des 20% en Seine-Saint-Denis. La semaine suivante, Jordan Bardella conquiert son premier mandat électif.

 

 

 

"Une haute estime de lui-même"

Wallerand de Saint-Just ne tarit pas d'éloges sur les premiers pas du jeune homme dans l'hémicycle francilien. "Je l'ai vu œuvrer, il sait prendre la parole, il a toujours la bonne repartie", assure celui qui préside le groupe RN du conseil régional d'Ile-de-France. D'autres ne sont pas de cet avis. Yasmine Benzelmat a quitté le groupe en décembre 2017 et siège désormais parmi les non inscrits. "Jordan Bardella faisait partie des privilégiés du siège qui travaillaient avec Marine et Florian. Il avait une haute estime de lui-même", se souvient-elle.

 

 

Comme tous les collaborateurs du siège, il ne se prenait pas pour de la merde. Yasmine Benzelmat, conseillère régionale d'Ile-de-France à franceinfo

 

 

Une chose est sûre : le tout nouveau conseiller régional ne compte pas se désinvestir du Front national. Fin 2015, le parti lance le collectif Banlieues patriotes, dans l'optique de contribuer au programme présidentiel. A sa tête : Jordan Bardella. "Il existe une fronde des oubliés des quartiers sensibles. On veut clairement réinvestir ces zones", déclare-t-il à France 3. A l'époque, les collectifs fleurissent au FN et Banlieues patriotes est "un des plus en vue", selon un ancien membre de l'équipe. "Jordan en a tiré une pleine récompense, mais c'était un travail collectif", rappelle-t-il.

 

 

Pourtant, la machine va se gripper. En octobre 2016, une émission web est imaginée par la petite bande. "Bienvenue dans 'Mon quartier la France', qui est animé par le collectif Banlieues patriotes", lance Jordan Bardella en ouverture du premier numéro. Il a lui-même choisi le premier invité : Camel Bechikh, membre actif de La Manif pour tous, qui se présente comme musulman et patriote. Mais son discours sur le plateau va choquer en interne, d'autant que son appartenance à l'Union des organisations islamiques de France (UOIF) n'est pas mentionnée, rapporte Mediapart. "Le Français de base, dans sa frustration consciente et inconsciente, voit comme un défouloir, un punching-ball de toute cette destruction de son identité, le musulman et l'islam", assène-t-il devant un Jordan Bardella qui ne bronche pas. Un vrai couac : il n'y aura jamais de deuxième numéro.

 

 

 

"Une sacrée promotion"

Banlieues patriotes disparaît après la présidentielle, mais Jordan Bardella, lui, est déjà passé à autre chose. Candidat aux législatives, il échoue dans la 12e circonscription de Seine-Saint-Denis (15,1%) face au candidat LREM, Stéphane Testé (33,8%). Au second tour de la présidentielle, Marine Le Pen y avait pourtant engrangé les voix, dépassant les 40% à Vaujours et Coubron. Mais cet échec ne freine pas la progression du jeune homme au sein du Front. En septembre, il est nommé, à 22 ans, porte-parole de son parti. "Une sacrée promotion", écrit Le Parisien, qui va l'occuper grandement.

 

 

Quand il est devenu porte-parole, il s'inquiétait moins de la région. Il a vraiment pris le melon et travaillait moins ses dossiers.Yasmine Benzalmat, conseillère régionale d'Ile-de-Franceà franceinfo

 

 

Et ce n'est pas fini. En mars 2018, Jordan Bardella est promu à la tête du Front national de la jeunesse (FNJ), qui devient Génération nation trois mois plus tard. "Il était prédestiné à ce poste, assure Emilien Noé, délégué à l'implantation locale du mouvement, acquis à la cause de son patron. Sous son impulsion, on a vu une grande professionnalisation du mouvement avec la création de gros pôles formation et communication."

 

 

 

"Il ne fera pas d'ombre à Marine"

Le bon élève Bardella ne s'arrête pas en si bon chemin : moins d'un an plus tard, le 7 janvier 2019, il est nommé tête de liste du Rassemblement national pour les élections européennes. Sans surprise, tant son nom circulait avec insistance depuis des semaines. "L'idée de mettre Jordan Bardella est née à la rentrée 2018, explique à L'Obs un proche de la présidente du parti. Marine Le Pen a laissé son intuition mûrir. Elle l'a fait monter sur le devant de la scène et aller dans les médias pour voir ce qu'il avait dans le ventre."

 

 

Comment expliquer cette ascension éclair à seulement 23 ans ? "Je ne me l'explique pas", élude un ancien membre de Banlieues patriotes, sans oser en dire davantage. D'autres ont bien leur petite idée.

 

 

Jordan Bardella n'était détesté par personne et ce n'était l'homme d'aucun clan. Il n'a pas eu à tuer grand monde pour y arriver.Un proche de Florian Philippot à franceinfo

 

 

Le prétendant le plus naturel, Nicolas Bay, eurodéputé sortant et coprésident du groupe Europe des nations et des libertés au Parlement européen, a fait les frais de son image de potentiel traître, lui qui suivit Bruno Mégret lors de la scission du FN en 1998. Autre nom cité : Louis Aliot, également député européen sortant et compagnon de Marine Le Pen. Mais lui-même semblait davantage motivé pour s'emparer de la mairie de Perpignan en 2020.

 

 

Jordan Bardella, lui, présente au contraire le profil parfait, sans autre ambition à court terme que de servir son parti, dans un scrutin où les autres formations n'ont pas hésité à mettre de jeunes candidats sur le devant de la scène.

 

 

"Il n'a pas été choisi pour la hauteur de ses idées ou sa réflexion sur l'UE mais parce que c'est quelqu'un qui passe bien et reproduit très bien les schémas qu'on lui donne", juge Maxence Buttey. "C'est un bébé Front national. Je pense qu'il sera d'une loyauté sans faille, il ne fera pas d'ombre à Marine, c'est pour cela qu'elle l'a choisi. En plus, il n'a pas de casseroles", ajoute Yasmine Benzelmat.

 

 

Il ne fait pas d'ombre, il est malléable et répète ce que dit la patronne. Un proche de Florian Philippot à franceinfo

 

 

Les révélations, en avril, de Challenges sur "le passé caché d'assistant parlementaire de Jordan Bardella" auprès de l'eurodéputé Jean-François Jalkh sont passées quasi inaperçues. Tous soulignent au contraire l'absence de couacs et la bonne dynamique de la campagne. "Il est en pleine forme, tout se passe très naturellement", s'enthousiasme Aurélien Legrand. "Marine s'est sortie du piège habituel des vieux grognons du FN. C'est un garçon qui est loin d'être idiot et apprend ce qu'on lui dit d'apprendre, conclut un frontiste qui a bien connu le Bardella des débuts. Ça suffit pour plaire à l'électorat."

 


21/05/2019
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Franceinfo - le vendredi 17 mai 2019 - mis à jour le 18.05.19

 

 

"Gilets jaunes" : que reste-t-il du mouvement six mois après ?

 

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Six mois après le début de la mobilisation des "gilets jaunes", certains manifestants de la première heure continuent d'occuper des ronds-points

 

 

 

Depuis six mois, ils n'ont jamais lâché leur rond-point. Dans le Haut-Rhin, la colère des "gilets jaunes" semble intacte. En six mois, le ministère de l'Intérieur a recensé 47 695 manifestations, du rassemblement pacifique, au blocage, jusqu'aux actions plus spectaculaires ou violentes. Samedi 17 novembre, on comptait 282 000 "gilets jaunes" contre 18 600 samedi 11 mai. Des chiffres officiels, sous-estimés selon les manifestants qui appellent toutefois à un changement de stratégie.

 

 

 

800 sites encore occupés

"Faut arrêter les manifs déclarées (...) il faut reprendre les ronds-points", a notamment dit Éric Drouet, figure du mouvement. D'autres, comme Ingrid Levavasseur, plaident plutôt pour la structuration des "gilets jaunes". Pour les autorités, il n'y a plus de point de blocage permanent en France, mais les "gilets jaunes" restent présents sur des terrains à proximité. Selon eux, ils occuperaient encore plus de 800 sites.

 


19/05/2019
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Franceinfo - le vendredi 10 mai 2019

 

 

Union des démocrates musulmans français : quel est ce parti derrière la 34e liste aux européennes ?

 

 

 

Le ministère de l'Intérieur a validé jeudi la candidature de la liste "Une Europe au service des peuples", portée par un tout jeune parti : l'Union des démocrates musulmans français

 

 

 

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Capture d'écran de la page présentant la liste de "Une Europe au service des peuples", portée par le parti de l'Union des démocrates musulmans français.  (UNION DES DEMOCRATES MUSULMANS FRANCAIS)

 

 

 

L'Union des démocrates musulmans français (UDMF) a pris le train des élections européennes en marche. Jeudi 9 mai, le parti, créé en 2012, a obtenu l'aval du ministère de l'Intérieur pour présenter sa liste – "Une Europe au service des peuples" – lors du scrutin du 26 mai. Ce qui porte à 34 le nombre de listes soumises au vote des électeurs français.

 

 

Selon Nagib Azergui, fondateur du parti et tête de liste, contacté par franceinfo, il manquait une mention manuscrite à certains documents remis par les candidats de l'UDMF. La liste a donc été invalidée dans un premier temps, avant d'être autorisée à participer à l'élection après régularisation.

 

 

 

Rejeter l'étiquette communautaire

L'Union des démocrates musulmans de France est né à la fin de l'année 2012, alors que François Hollande est au pouvoir depuis quelques mois. Nagib Azergui, originaire de Nanterre (Hauts-de-Seine), travaille alors dans la formation informatique, selon Le Parisien. Son engagement provient d'un "constat tragique", écrit-il dans la biographie de son blog, hébergé par Mediapart "le 'Musulman' était devenu un argument électoral majeur et récurrent dans la vie politique de notre pays." Crise économique, accroissement de la dette publique, explosion du chômage... Ces "problèmes de fond" sont, dit-il, mis au second plan, éclipsés par la question de l'islam, "l'unique sujet, tant économique que sociétal, de la classe politique française." L'Union des démocrates musulmans français entend, entre autres, lutter contre l'islamophobie d'une partie du discours politique hexagonal.

 

 

Un défi que le parti veut toujours porter, sept ans après sa création : "Nous en avons marre d’être instrumentalisés. Nous nous sommes fait avoir derrière de belles paroles mais on nous montre toujours du doigt comme des ennemis de l’intérieur. Il faut créer une réponse politique", a argumenté Nagib Azergui cité par Le Figaro, le 1er mai. Au Muslim post, il se défend d'être à la tête d'un parti communautaire, le décrit comme "laïque, respectant les lois de la République" et en appelle aussi aux voix des non-musulmans. Et de répondre aux critiques de l'extrême droite : "Nous ne sommes pas là pour mettre en place le 'grand remplacement' de la République par la charia", assure-t-il. 

 

 

Dans les interviews, il compare souvent sa formation au parti chrétien-démocrate de l’ex-ministre Christine Boutin. Une comparaison que n'a d'ailleurs pas goûtée Jean-Frédéric Poisson, candidat du PCD à la présidentielle de 2017 : "Nous ne sommes pas du tout dans le même état d'esprit, car l'inspiration de l'UDMF semble tout droit issue d'une application stricte d'un certain nombre de principes du Coran dans l'espace public", expliquait-il au Figaro en 2015.

 

 

Le parti ne revendique pas de couleur politique, si ce n'est la couleur "or", indique son site internet, mais il défend un positionnement à gauche. Son slogan : "Agir pour ne pas subir". Et son idéologie : "Anti-impérialisme, antisionisme, anticoloniasme", indique encore la page. Toujours selon Le Figaro, "le mouvement compte un bureau de trois personnes, 800 adhérents à jour de cotisation et une quinzaine de relais locaux en France représentant 250 sympathisants sur le terrain."

 

 

 

Une (petite) expérience des élections

C'est la première fois que le parti se présente aux européennes, mais il a déjà l'expérience d'élections locales. En 2014, l'UDMF entend se présenter aux municipales, à Bobigny (Seine-Saint-Denis). Le dossier est déposé, mais la candidature est rejetée à la dernière minute, car le candidat n'est pas inscrit lui-même sur les listes électorales, raconte Le Parisien. Le jeune parti apporte toutefois son soutien au candidat UDI, Stéphane de Paoli. Une fois élu, avec 53,99% des voix, le centriste intègre alors à son équipe le premier élu du parti, Hocine Hebbali.

 

 

Conseiller municipal à l'histoire locale, il est chargé de plancher sur la future création d'un musée de la colonisation française, une mesure phare du programme culturel de l'UDMF (lien en pdf). Mais l'expérience se termine mal. Cité par Le Figaro, Nagib Azergui évoquait les "trahisons" qui ont suivi cette alliance politique, tandis que le nom d'Hocine Hebbali ne figurait plus sur le site de la mairie et a disparu mi-2016 des comptes-rendus du conseil municipal. 

 

 

En 2015, le parti se lance dans huit cantons à l'occasion des départementales, avant de renoncer. Pour expliquer ce retrait, il est avancé, sur le site du parti, que certains colistiers ont été "victimes d'intimidation de la part de la classe politique et au quotidien sur le terrain". Interrogé à l'époque par Le Figaro, Nagib Azergui raconte qu'"il y a eu un déferlement médiatique malsain et diverses pressions, notamment sur des mécènes anonymes qui ont finalement renoncé à nous apporter leur financement. Beaucoup ont oublié que nous étions un micro-parti en construction et divers politiciens se sont insurgés à la lecture du mot musulman dans le nom de notre parti."

 

 

A la droite et à l'extrême droite de l'échiquier politique en particulier, ces candidatures, qui font suite à la publication de Soumission, le roman de Michel Houellebecq qui imagine un parti musulman à la tête de la France, ont alimenté les fantasmes. 

 

 

Finalement, l'UDMF est parvenu à mener à terme une campagne, à l'occasion des régionales, la même année. Ancien conseiller municipal d'opposition (UDI), à Brie-Comte-Robert (Seine-et-Marne), Nizarr Bourchada et sa liste ont obtenu 0,39% des voix (soit 1 306 voix).

 

 

Quant au candidat de l'UDMF à l'élection présidentielle 2017, Kamel Messaoudi, il n'a récolté que trois parrainages d'élus. Quelques mois plus tard, les législatives ont permis à six binômes de porter les couleurs du parti. Le porte-parole, Eric Berlingen, a obtenu notamment 0,37% des voix dans la première circonscription de l'Essonne, face à Manuel Valls. C'est à Mayotte que le parti a réalisé son meilleur score : 5,10% des voix. Certains bureaux de vote des Hauts-de-Seine ont par ailleurs enregistré des scores au-delà de 10%.

 

 

 

Un programme en "sept défis capitaux"

L'Union des démocrates musulmans de France s'est lancé dès le 3 mars 2019 dans la campagne des européennes, lors d'un meeting à Vaulx-en-Velin (Rhône). Sur Twitter, Nagib Azergui, a posté quelques instantanés de campagne et relayé les quelques interventions médiatiques de ses colistiers.

 

 

 

 

 

 

Le programme de la liste "Une Europe au service des peuples", lui, se trouve en ligne, sur le site dédié à la campagne de l'UDMF. Axé autour de "sept défis capitaux", le projet européen du parti débute par un paragraphe consacré à l'écologie, arguant que ses mesures "traiteront aussi bien de la lutte contre la pollution plastique, celle sur les perturbateurs endoctriniens ou des allergènes en passant par le défi de la transition énergétique." Contre l'évasion fiscale, le mouvement entend "criminaliser certaines pratiques, dénoncer les paradis fiscaux, lever le secret bancaire des entreprises européennes et lutter éfficacement contre l'influences des groupes de pressions."

 

 

Défi du vivre-ensemble, défi des libertés individuelles, défi d'une presse indépendante... Le parti fini par évoquer la question musulmane à l'occasion d'un paragraphe visant à présenter "le défi du combat contre la haine" : "Une loi doit être inscrite au sein du Parlement européen afin de condamner toute diffusion de discours de haine envers la communauté musulmane en permettant la dissolution de toutes associations ou groupements islamophobes, tous médias qui exploitent cette littérature islamophobe pour faire du profit en véhiculant des théories complotistes anti-musulmanes", avance le programme.

 


13/05/2019
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Franceinfo - le jeudi 9 mai 2019

 

 

Les fonctionnaires appelés à faire grève et à manifester partout en France

 

 

 

 

 

Près de 150 manifestations sont prévues à travers le pays, selon les syndicats. Il s'agit de la quatrième journée nationale d'action dans la fonction publique depuis le début du quinquennat d'Emmanuel Macron

 

 

 

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Des personnes manifestent lors d'une journée de mobilisation nationale des agents de la fonction publique, le 22 mai 2018 à Toulouse (Haute-Garonne).  (ERIC CABANIS / AFP)

 

 

 

 

Ce qu'il faut savoir

 

 

Une mobilisation qui s'annonce comme "une étape", dans la lutte des syndicats contre le projet de loi visant à "moderniser" la fonction publique. Les fonctionnaires sont appelés par l'ensemble de leurs syndicats à faire grève et à battre le pavé, jeudi 9 mai à travers la France, afin de dénoncer ce projet de loi qui sera étudié à l'Assemblée nationale dès lundi. Au total, près de 150 manifestations sont prévues à travers le pays, selon les organisations syndicales. A Paris, le cortège s'élancera de la place Denfert-Rochereau dès 14 heures, à destination des Invalides. Suivez notre direct. 

 

 

Un appel de l'ensemble des syndicats. Il s'agit de la quatrième journée nationale d'action dans la fonction publique, depuis le début du mandat d'Emmanuel Macron. Mais pour "la première fois", "le gouvernement se retrouve confronté à toutes les organisations syndicales", relève Mireille Stivala (CGT). Les neuf syndicats de la fonction publique – CGT, CFDT, FO, FSU, Solidaires, Unsa, FA-FP, CFE-CGC, CFTC – dénoncent une réforme à "la portée très grave"

 

 

Un "passage en force" du gouvernement. Les syndicats entendent, à travers cette mobilisation, dénoncer le "passage en force" du gouvernement sur ce projet de loi, qu'ils accusent de vouloir une fonction publique alignée sur les règles du privé. Le texte présenté par l'exécutif facilite notamment le recours aux contractuels, pour une administration "plus attractive et plus réactive". Il s'inscrit dans un objectif de suppression de 120 000 postes de fonctionnaires d'ici à 2022.

 

 

Une grève "d'une certaine importance" dans l'éducation. Selon le ministre de l'Education nationale, Jean-Michel Blanquer, cette grève sera "d'une certaine importance" dans les rangs des enseignants jeudi. Le ministère anticipe un taux de grévistes "d'environ 15%" dans le primaire, "moins" dans le secondaire. Une "forte mobilisation" est également attendue "dans les établissements hospitaliers", d'après Patrick Bourdillon de la CGT santé-action sociale.

 


09/05/2019
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