L'AIR DU TEMPS

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FRANCE


Franceinfo - le mercredi 11 septembre 2019

 

 

"On est plus angoissés par l'avenir que par nos casiers judiciaires" : une militante jugée pour le décrochage d'un portrait de Macron témoigne

 

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Robin PrudentFrance Télévisions

 

 

Neuf personnes comparaissent mercredi devant le tribunal de grande instance de Paris pour "vol en réunion". Ces militants risquent jusqu'à cinq ans d'emprisonnement et 75 000 euros d'amende

 

 

 

Depuis quelques mois, 128 portraits officiels d'Emmanuel Macron ont disparu des mairies françaises. Les responsables ? Des militants du mouvement "Action non violente-COP21", qui dénoncent "l'inaction" du président de la République sur la question climatique. Parmi eux, Marion Esnault, 30 ans, et huit autres personnes – dont un vidéaste amateur de 29 ans –, comparaissent devant le tribunal de grande instance de Paris, mercredi 11 septembre, pour "vol en réunion". Ces activistes risquent jusqu'à cinq ans d'emprisonnement et 75 000 euros d'amende.

 

 

"Je crois que l'on a beaucoup plus peur des effets du dérèglement climatique sur nos vies et sur la vie de toutes les espèces vivant sur cette planète que de rentrer dans une mairie, de décrocher un portrait présidentiel, ou même de nous retrouver devant un juge", explique Marion Esnault à franceinfo. Une manifestation est prévue pour soutenir les prévenus devant le tribunal.

 

 

 

Poursuites en correctionnelle pour 57 personnes

Leur mode opératoire est toujours le même, partout en France : "On rentre dans les mairies. On essaye de se faire le plus discret possible, on décroche les portraits et on ressort", raconte la militante. La suite de ces opérations est, elle, incertaine. Plusieurs perquisitions ont eu lieu et au total, 57 personnes personnes font l'objet de poursuites en correctionnelle.

 

 

Le premier procès de "décrocheurs" s'était tenu fin mai à Bourg-en-Bresse (Ain). Un militant écologiste avait été condamné à une peine d'amende ferme de 250 euros et cinq autres à une amende avec sursis, le 12 juin. Deux semaines plus tard, le tribunal correctionnel de Strasbourg a relaxé trois militants qui avaient brièvement décroché un portrait du chef de l'Etat dans une mairie du Bas-Rhin.

 


16/09/2019
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Franceinfo - le samedi 7 septembre 2019

 

 

"Gilets jaunes" : une voiture de police incendiée à Montpellier, des heurts à Rouen et 55 verbalisations à Paris

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

Quelques milliers de manifestants se sont rassemblés dans plusieurs grandes villes de France

 

 

 

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Une voiture de la police municipale de Montpellier a été incendiée le 7 septembre, lors d'une manifestation des "gilets jaunes", qui a rassemblé environ 2 000 personnes, dont 500 black blocs. (PASCAL GUYOT / AFP)

 

 

 

Les "gilets jaunes" sont de retour. Ce samedi 7 septembre, ils répondaient à un appel "national" à manifester. Quelques milliers de manifestants se sont rassemblés dans plusieurs grandes villes. Franceinfo fait le tour de France des rassemblements et des heurts.

 

 

 

Une voiture de police incendiée à Montpellier

C'est à Montpellier (Hérault), une ville dans laquelle la mobilisation est forte depuis le début du mouvement, que 2 000 manifestants, dont environ 500 black blocs, ont défilé, précise à franceinfo la préfecture. Des incidents ont vite éclaté avec les forces de l'ordre. Des heurts se sont produits face à la gare, avec des jets de projectiles de la part des manifestants, dont certains étaient casqués et cagoulés, habillés de noir, et des tirs de gaz lacrymogènes de la part des forces de l'ordre déployés devant l'édifice pour en interdire l'accès. La préfecture a fait état de deux interpellations pour "jets de projectiles, engins incendiaires et possession de couteaux". Sept personnes ont été interpellées.

 

 

Une voiture de police a également été incendiée à l'angle de la rue Saint-Guilhem et de la rue Alexandre-Cabanel, rapporte France Bleu Hérault. La voiture était vide, précise la préfecture à franceinfo.

 

 

 

Richard DE HULLESSEN@RDEHULLESSEN
 

Voiture de police en feu les pompiers sont sur place @MLMontpellier @Midilibre

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73 interpellations à Paris

Une tentative de rassemblement a été dispersée près des Champs-Elysées. 73 manifestants ont été interpellés, précise la préfecture de police. 

 

 

 

Préfecture de Police ✔@prefpolice
 

Tentative de regroupement sur les .
Les ont dispersé les manifestants et procédé à 55 verbalisations.

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Préfecture de Police ✔@prefpolice
 

gilets jaunes Intervention dynamique et immédiate des BRAV sur un cortège sauvage.
Interpellations en cours sur le secteur Babylone/Invalides.
Retour au calme.

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Quelques heurts et 700 manifestants à Rouen

Sur les réseaux sociaux, Rouen avait été choisie pour être capitale régionale et nationale pour cette rentrée des "gilets jaunes". Le préfet de la région Normandie avait pris un arrêté interdisant toutes manifestations et rassemblements en centre-ville de Rouen samedi de 10 heures à 22 heures, comme c'est le cas depuis le début du mouvement des "gilets jaunes" "pour protéger les commerces", dans une ville où cette fronde sociale a été particulièrement vive.

 

 

Pourtant, ils étaient près de 700 à marcher dans la ville ce samedi. En marge de la manifestations quelques heurts ont éclaté en début d'après-midi. La vitrine d'une agence d'intérim rouennaise a été brisée et du mobilier urbain incendié, rapporte France 3 Normandie.

 

 

"Les manifestants ont jeté des projectiles sur les forces de l'ordre. Des sommations ont été faites et il y a eu l'utilisation de gaz lacrymogènes en réponse aux jets de projectiles, les manifestants ont été éconduits et remis à l'extérieur du périmètre", a indiqué le sous-préfet de permanence, Jean-Eric Winckler. Selon lui, il y a eu 21 verbalisations et deux interpellations en flagrant délit pour des "actes caractérisés" contre les forces de l'ordre.

 

 

 

Elise Kergal@EliseKergal
 

à . La situation dégénère entre la police et les gilets jaunes. Incendies, dégradations...

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Des vitrines dégradées à Lille

A Lille, près de 700 personnes ont défilé, entre le centre-ville et le quartier de Wazemmes, selon les chiffres de la préfecture. Des représentants des "gilets jaunes" en ont compté 1 500, selon France Bleu Nord. Quelques vitrines ont été brisées et des poubelles incendiées sur le boulevard Montebello. Deux manifestants ont été interpellés.

 

 

 

Arnaud Dufresne@VdnAdufresne

 

Manifestation de rentrée des Gilets jaunes à . Environ 400 personnes en route vers Wazemmes

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16/09/2019
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Franceinfo - le samedi 31 août 2019

 

 

Retours dans la rue, leaders en retrait, annonce d'un "septembre noir"... A quoi ressemble la rentrée des "gilets jaunes" ?

 

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franceinfoFrance Télévision

 

 

 

Quelques rassemblements ont eu lieu samedi, alors que Jérôme Rodrigues, figure du mouvement, a annoncé un séjour en maison de repos

 

 

 

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Un manifestant lors de la 24e manifestation des "gilets jaunes", le 27 avril 2019, à Toulouse. (ALAIN PITTON / NURPHOTO / AFP)

 

 

 

Le mouvement des "gilets jaunes" va-t-il reprendre après une pause estivale ? Franceinfo fait le point sur le possible regain du mouvement social à la fin de l'été. 

 

 

 

Un nouveau samedi de mobilisation après l'été

Quelques rassemblements de "gilets jaunes" ont eu lieu samedi 31 août, qu'ils ont présenté comme leur "acte 42". A Paris, Toulouse, Caen, Strasbourg, des groupes de manifestants se sont retrouvés, pour un cortège ou sur des ronds-points. 

 

 

De son côté, Priscillia Ludosky avait appelé sur Facebook à la reprise des manifestations à la frontière suisse, à Ferney-Voltaire (Ain). L'événement, sur le réseau social, n'avait séduit qu'un millier d'internautes intéressés pour y participer. 

 

 

Ni les autorités, ni les "gilets jaunes" n'ont pour l'instant revendiqué de chiffres sur l'ampleur de la mobilisation. Les vidéos relayées sur les réseaux sociaux montrent des cortèges calmes, avec quelques centaines de manifestants.

 

 

 

Rive gauche@RGauche
 


42ème samedi de mobilisation des à Paris

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La promesse d'un "septembre noir"

Sur les réseaux sociaux, plusieurs autres rassemblements ont été annoncés à partir du 7 septembre. "Le 7, c'est le retour de tout le monde", a déclaré Eric Drouet dans une vidéo diffusée sur sa chaîne YouTube. Plusieurs collectifs ont appelé à une "mobilisation historique" à Paris, le 21 septembre, en hommage à Steve Maia Caniço, mort en juin à Nantes. "Marchons ensemble, contre le système, contre la destruction de la planète, contre le mépris des élites, contre les réformes en cours, contre les fins de mois difficiles, contre toutes formes de discrimination, contre l'autoritarisme... Unissons-nous pour une justice sociale, fiscale et environnementale", peut-on lire sur la page de l'événement.

 

 

"Attendez-vous au pire", ont annoncé au micro de BFMTV des "gilets jaunes" marseillais, qui prévoient un "septembre noir"

 

 

Le 14 septembre, une "opération spectaculaire" à l'aéroport d'Orly est également prévue pour faire signer une pétition sur le RIC aux "voyageurs pressés". Le mode opératoire précise de se rendre à Orly "sans gilet apparent, avec un passeport et un sac de voyage" et d'éviter "de donner [des] sous à McDonald's, Starbucks et Nespresso, trois multinationales qui pratiquent l'optimisation fiscale." 

 

 

 

Deux leaders en retrait 

Dans un article publié par LCI le 31 août, Jérôme Rodrigues, l'une des figures phares du mouvement des "gilets jaunes", a annoncé se "mettre en pause" pour quelques semaines. Sur "conseils de son médecin", le leader va séjourner un temps en maison de repos. Il dénonce une "répression policière" à son égard, ainsi qu'un "phénomène d'insultes et de caricatures"sur les réseaux sociaux et dans la rue. Il aurait également subi intimidations et menaces de mort. Selon LCI, Jérôme Rodrigues espère être de retour pour les manifestations du 21 septembre.

 

 

Quant à Ingrid Levavasseur, porte-voix discutée du mouvement qui s'est retirée en février, semble désormais s'engager politiquement. Après une tentative ratée de liste aux européennes, l'aide-soignante de 32 ans a participé à l'université d'été d'Europe Ecologie Les Verts (EELV), qui se tenait du 22 au 24 août à Toulouse. Ingrid Levavasseur a par ailleurs lancé une association, "Eclosion démocratique", qui revendique des membres de La France insoumise, du Parti communiste et d'EELV. Dans un entretien accordé à La Dépêche du midi, elle rapporte une envie de s'engager au "niveau inférieur, local, avec des actions palpables". Le 4 septembre sortira également son livre Rester digne, chez Flammarion, dans lequel elle explique "les raisons de son combat". 

 

 

 

La forme de la contestation toujours discutée

Des évolutions sur la forme des mobilisations sont attendues. Le 25 août, l'ouverture d'un hypermarché sans caissiers le dimanche après-midi avait été perturbée par des dizaines de manifestants vêtus de gilets jaunes. Cité par LCI, Eric Drouet estime qu'il serait plus prudent de laisser tomber cette tenue, "synonyme de repérages policiers et d'interdictions préfectorales".

 

 

Maxime Nicolle, lui aussi interrogé par LCI, espère quant à lui un boycott des "grandes multinationales, grandes surfaces ou grands groupes". Pour ce faire, des "Opérations spéciales GJ" seront mises en place.

 

 

Dans son interview à La Dépêche, Ingrid Levavasseur estime de son côté qu'il n'y aura pas de violences et que le mouvement "prendra forcément une forme politique". Réforme des retraites, soupçons de violences policières, tensions dans les services d'urgences, grogne des enseignants et des agriculteurs : plusieurs dossiers hautement inflammables, attendus pour cette rentrée, peuvent relancer la mobilisation.

 


01/09/2019
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Franceinfo - le mardi 20 août 2019 - mis à jour le 21.08.2019

 

 

Ces six dossiers chauds qui attendent le gouvernement pour la rentrée

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

Les membres de l'exécutif se réunissent mercredi à l'Elysée pour le Conseil des ministres qui marque la rentrée politique

 

 

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Le Premier ministre, Edouard Philippe, sort du Conseil des ministres, le 12 juin 2019 au palais de l'Elysée, à Paris. (HAMILTON / REA)

 

 

 

Après la prérentrée diplomatique, avec l'accueil de Vladimir Poutine au fort de Brégançon (Var), Emmanuel Macron fait sa rentrée pour de bon. Le chef de l'Etat reçoit, mercredi 21 août au palais de l'Elysée, le premier Conseil des ministres post-pause estivale. Le président devrait à nouveau exhorter ses ministres à accélérer les réformes tout en écoutant davantage les Français, son leitmotiv depuis le grand débat national.

 

 

Car Emmanuel Macron sait que la contestation peut flamber à nouveau. "Je ne crois pas du tout que ce qui, à un moment, crée la colère sincère d'une partie de la population soit derrière nous", a-t-il ainsi reconnu après son arrivée dans le Var. Une prudence bienvenue tant la rentrée s'annonce semée d'embûches pour l'exécutif. Franceinfo fait le tour des dossiers potentiellement explosifs pour le gouvernement.

 

 

 

1 - La réforme des retraites

Système à points pour remplacer les 42 régimes actuels, mise en place d'un âge incitatif de 64 ans pour une retraite à taux plein... Après sa présentation au début de l'été, la réforme des retraites va très rapidement connaître un premier test. Les partenaires sociaux, pour la plupart hostiles aux préconisations énoncées par le haut-commissaire Jean-Paul Delevoye chargé du dossier, seront reçus par Edouard Philippe les 5 et 6 septembre.

 

 

Si la CFDT souhaite profiter de l'occasion pour réclamer des aménagements, notamment sur le fameux âge de 64 ans nécessaire pour obtenir une retraite à taux plein, FO et la CGT ont d'ores et déjà annoncé des manifestations contre le texte les 21 et 24 septembre.

 

 

Visiblement conscient du caractère sensible du dossier, le gouvernement a préféré se donner du temps en ouvrant une nouvelle phase de concertation, sans fixer de date finale. "La question de la méthode est très importante. Il faudra, sur cette réforme, renouer avec l'esprit du grand débat", assure ainsi un conseiller du chef de l'Etat au Parisien. Le quotidien, qui table sur un passage du texte devant le Parlement au premier semestre 2020, indique qu'une "grande concertation nationale" sur les retraites pourrait être mise en place dans les mois à venir.

 

 

 

2 - Le projet de loi bioéthique et l'ouverture de la PMA à toutes les femmes

Promis par le candidat Macron, maintes fois repoussé, le projet de loi sur la bioéthique doit être examiné à partir du 24 septembre par les députés. La mesure phare du texte concerne l'extension du droit à la procréation médicalement assistée (PMA) aux couples de femmes et aux femmes seules. Présenté le 24 juillet en Conseil des ministres, il prévoit aussi la possibilité d'autoconserver ses ovocytes et la fin partielle de l'anonymat du don de sperme.

 

 

La majorité fait valoir le soutien d'une partie des députés de droite et d'une large approbation populaire (65% des Français se disent favorables à l'ouverture de la PMA aux couples de femmes, selon un sondage publié fin avril). Mais certains dans les rangs macronistes mettent en garde contre un possible réveil du camp conservateur. La Manif pour tous rêve de saisir cette opportunité pour retrouver la capacité de mobilisation qu'elle avait il y a six ans, lors des débats sur le mariage pour tous. Elle promet déjà que le projet "ne passera pas comme une lettre à la poste", et appelle à manifester le 6 octobre. 

 

 

>> A lire aussi : "On ne veut pas vivre le match retour du mariage pour tous" : comment les députés LR ont évolué sur la question de la PMA

 

 

 

3 - Le bouclage du budget pour 2020

Si, sur le front économique, Emmanuel Macron peut se targuer d'avoir obtenu un taux de chômage au plus bas depuis dix ans (à 8,5%) en dépit d'une croissance ralentie, le budget 2020 s'annonce déjà très compliqué à boucler. Et pour cause :  les caisses de l'Etat ont été délestées sur 2019 et 2020 de près de 17 milliards d'euros en baisses d'impôts et aides post-crise des "gilets jaunes".

 

 

Le président de la République a aussi renoncé à une forte baisse du nombre de fonctionnaires, allégeant la pression politique sur ce sujet explosif. Mais la Cour des comptes a épinglé en juin le flou sur le financement des mesures et craint un dérapage des déficits. Autre point noir, la récession qui menace l'Allemagne, principal partenaire économique de la France. En revanche, l'étau sera desserré par le bas niveau des taux d'intérêt de la dette publique.

 

 

 

4 - Les agriculteurs "exaspérés" par le Ceta

Déjà échaudés par une sécheresse éprouvante pour leurs bêtes et leurs récoltes, certains agriculteurs ont laissé exploser leur colère cet été en prenant pour cible les permanences de députés de la majorité qui avaient voté en faveur du Ceta. Ils accusent notamment le traité de libre-échange entre le Canada et l'Union européenne d'entraîner une baisse de la qualité des produits sur le marché français. "Le Ceta, c'est la goutte d'eau qui a fait déborder le vase. L'exaspération est à son comble", a tonné Christiane Lambert, présidente de la FNSEA, auprès du Parisien

 

 

Il est certain que nous allons exprimer notre mécontentement. On ne va pas mourir en silence, ni se laisser étouffer sans rien faire.Christiane Lambert, présidente de la FNSEAau Parisien

 

 

5 - La grève qui s'éternise dans les urgences

 

La situation est également explosive du côté des urgences, où la grève est toujours aussi étendue, cinq mois après le début du mouvement. Le collectif Inter-Urgences dénombrait 217 services en grève lundi 19 août. Patients parfois entassés sur des brancards, manque de moyens et de personnel... Les soignants dénoncent des conditions de travail plus qu'éprouvantes. La prime mensuelle de 100 euros net pour les professionnels (hors médecins) des urgences publiques, accordée au début de l'été par le gouvernement, n'a pas suffi à faire retomber la tension.

 

 

Lui-même ancien urgentiste, le député LREM Thomas Mesnier planche sur un rapport pour tenter de mettre fin au conflit. Selon le ministère de la Santé, Agnès Buzyn "annoncera dès la rentrée de nouvelles mesures issues des premières recommandations" du texte.

 

 

 

6 - Les enseignants toujours remontés contre la réforme du lycée

Le ministre de l'Education, Jean-Michel Blanquer, doit lui aussi s'attendre à quelques remous. Après le mouvement de grève qui a perturbé la correction des copies du bac, certains enseignants restent déterminés à afficher leur opposition à la réforme du lycée, adoptée au printemps dernier mais accusée d'accentuer les inégalités.

 

 

"Dans plusieurs régions, comme à Rennes, des enseignants ont déjà annoncé qu'ils refuseraient d'endosser des fonctions de professeurs principaux à la rentrée, en signe de désaccord", écrit Le Parisien.

 


21/08/2019
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Franceinfo - le lundi 19 août 2019

 

 

Manifestations à Moscou : devant Macron, Poutine dit ne pas vouloir "d'une situation telle que celle des gilets jaunes"

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions
 

 

Emmanuel Macron recevait lundi son homologue russe au fort de Brégançon. Vladimir Poutine a glissé une critique sur la gestion du maintien de l'ordre en France lors des manifestations de "gilets jaunes".

 

 

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L'échange s'est tendu l'espace de quelques minutes. Lors de leur entretien au Fort de Brégançon (Var), lundi 19 août, Vladimir Poutine a déclaré devant Emmanuel Macron que les autorités russes agiraient pour que les manifestations d'opposants à Moscou restent dans le "cadre de la loi" et qu'il voulait éviter une "situation telle que celle des gilets jaunes" en France.

 

 

Interrogé sur la répression de manifestations en faveur de la démocratie ces dernières semaines en Russie, il a expliqué : "Ce genre de situation ne se passe pas qu'en Russie. Je suis invité par le président français et je suis un peu mal à l'aise en évoquant ce sujet. Mais nous savons ce qui s'est passé pendant les manifestations des gilets jaunes, où – selon notre décompte – il y a eu onze personnes tuées et 2 500 blessées, dont 2 000 policiers. On ne veut pas du tout que des événements pareils se passent dans la capitale russe". 

 

 

Selon les autorités françaises, un seul mort a été recensé lors des manifestations de gilets jaunes: une femme de 80 ans tuée par une grenade lacrymogène alors qu'elle était sur son balcon. Dix autres personnes ont été tuées dans des accidents causés par des barrages routiers des manifestants.

 

 

 

"Comparaison ne vaut pas raison" 

Emmanuel Macron a répliqué que "partout dans nos pays il y a des manifestations qui se tiennent" mais "ce qui est important est que quand on a contracté souverainement des traités, on les respecte".

 

 

"Nous avons contracté des accords internationaux qui font que nous avons ensemble décidé que la liberté d'expression, d'opinion, de manifestation, de se présenter librement à des élections soit respectée dans nos démocraties", a déclaré le chef de l'Etat. "En France je le dis ici clairement, et c'est pour cela que comparaison ne vaut pas raison, ceux qui ont manifesté se sont présentés librement aux élections. Ceux qu'on appelle les gilets jaunes sont allés librement aux élections européennes et iront aux municipales", s'est-il félicité, jugeant que cela "réduit la conflictualité".

 


20/08/2019
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Franceinfo - le mardi 6 août 2019

 

 

"Dans 10 ou 15 ans, des cancers vont peut-être se déclarer" : les riverains s'inquiètent de la contamination au plomb après l'incendie de Notre-Dame de Paris

 

 

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Marine ProtaisfranceinfoRadio France

 

 

 

Quatre mois après l'incendie de la cathédrale Notre-Dame de Paris, les riverains craignent d'avoir été touchés par la contamination au plomb

 

 

 

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Certains riverains du quartier de Notre-Dame de Paris dénoncent un manque d'informations autour de la contamination au plomb qui a suivi l'incendie. (BENOIT HASSE / MAXPPP)

 

 

 

"Il y a une épaisseur de poussière anormale depuis l'incendie de la cathédrale" au mois d'avril, raconte Anne-Marie, qui a dû quitter son appartement en urgence il y a deux mois, "je n'y habite plus pour l'instant, j'ai un peu peur". Cette habitante qui vit près de Notre-Dame de Paris souhaite faire analyser son appartement pour savoir s'il a été contaminé au plomb, mais elle ne sait pas à qui s'adresser.

 

 

Depuis qu'ils ont appris que le chantier de la cathédrale était suspendu et que plusieurs écoles étaient fermées en raison d'une pollution au plomb, certains riverains du quartier vivent dans l'angoisse, à l'image de Ronan. "Au moment de l'incendie, j'étais installé en terrasse avec une glace et une bière", s'inquiète ce serveur d'un restaurant situé à une centaine de mètres de Notre-Dame.

 

 

Le plus dangereux, c'est peut-être d'avoir mangé du plomb. Ronan à franceinfo

 

 

Après l'incendie, Ronan explique avoir eu du mal à respirer, la gorge et le nez secs. Pour savoir s'il a été touché par le plomb, il a décidé de faire une prise de sang la semaine dernière.

 

 

 

Des riverains dans l'attente d'informations

Une commerçante a elle aussi décidé de prendre les choses en main, en attendant les consignes officielles. "J'essaie au maximum de nettoyer le magasin du sol au plafond, en passant l'aspirateur, en nettoyant les ventilations", explique Charlène. Comme d'autres collègues, elle dénonce un manque de communication des autorités, elle assure n'avoir reçu aucune information de la mairie de Paris. "Ce qui m'inquiète, c'est qu'on ne sait pas ce qu'il peut se passer. On ne sait pas, peut-être que dans 10 ou 15 ans, on va avoir des cancers qui vont se déclarer à cause de l'exposition au plomb", résume Charlène.

 

 

Dans le même quartier, un employé d'une supérette ne partage pas ces inquiétudes. "Si c'était vraiment dangereux, la mairie aurait pris des mesures restrictives, on aurait par exemple vu des choses fermer mais on n'a rien vu de tout cela", répond Steven. Dans le quartier de Notre-Dame de Paris, aucune affiche de prévention n'a été apposée jusqu'à maintenant. La mairie assure que les rues qui présenteraient des taux trop élevés de plomb pourraient être fermées à la circulation.

 


08/08/2019
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Franceinfo - le dimanche 4 août 2019

 

 

Climat social : pourquoi tant de violences ?

 

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France 3France Télévisions

 

 

 

Le climat social s'est tendu depuis neuf mois avec la crise des "gilets jaunes" mais également d'autres colères, à l'image de celle des urgentistes ou des agriculteurs. Le philosophe Vincent Cespedes décrypte le malaise qui se généralise

 

 

 

 

Vincent Cespedes est invité du Soir 3. Philosophe, il vient analyser les racines de la colère qui règne en France depuis plusieurs mois. "C'est facile de dire que ces colères sont indexées sur des problèmes financiers. C'est beaucoup plus profond que ça. On vit une crise de sens, on vit le sacrifice du sens sur l'hôtel de la rentabilité. Cette divinité sordide fait qu'on n'arrive plus à se mettre d'accord sur le récit commun : sur nos institutions, à valider nos forces de l'ordre... Nous sommes dans ce que l'on appelle en philosophie, une dissonance", avance Vincent Cespedes.

 

 

 

Crise de représentation

Une colère qui dégénère donc en violence ? "Quand il n'y a pas de sens, il y a l'émotion qui prime. L'émotion vient suppléer au sens manquant. (…) l'émotion, quand elle est insensée, fait de nous des êtres manipulables", poursuit le philosophe. Et une colère qui se manifeste à l'encontre des forces de l'ordre ? "Les trois quarts des Français ont confiance en leurs forces de l'ordre. Mais elles sont une courroie de transmission entre un peuple qui veut penser, qui veut expier les choses (…) et puis le gouvernement. À travers les forces de l'ordre, c'est le gouvernement et c'est une crise de représentation politique", analyse Vincent Cespedes.

 


05/08/2019
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Franceinfo - le samedi 27 juillet 2019

 

 

"Gilets jaunes" : la colère "profonde" d'une partie des Français n'a pas disparu, prévient Emmanuel Macron

 

 

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franceinfo avec AFP et ReutersFrance Télévisions
 
 

 

Le président de la République a profité d'un bain de foule, près de Brégançon (Var) où il passe ses vacances, pour s'exprimer

 

 

 

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Emmanuel Macron lors d'un bain de foule à Bormes-les-Mimosas (Var), le 27 juillet 2019. (GERARD JULIEN / AFP)

 

 

 

La colère "profonde" d'une partie des Français qui s'est manifestée au cours des derniers mois avec le mouvement des "gilets jaunes" n'est pas "derrière nous", a déclaré samedi 27 juillet Emmanuel Macron. S'exprimant lors d'un bain de foule à Bormes-les-Mimosas, près de Brégançon (Var) où il passe ses vacances, il a estimé qu'il fallait encore "redonner un sens à l'action".

 

 

Je ne crois pas du tout que ce qui a un moment donné créé la colère sincère d'une partie de la population soit derrière nous.Emmanuel Macron

 

 

"Je pense qu'il y a une partie à laquelle nous avons su répondre, et une partie à laquelle nous n'avons pas encore répondu parce que ça prend du temps. Il y a aussi une colère à laquelle il n'y a pas forcément de réponse immédiate", a-t-il ajouté. Le chef de l'Etat estime qu'"il y a des problèmes profonds dans notre pays qui sont liés à l'injustice, aux difficultés économiques qu'on connaît depuis très longtemps, parfois aux doutes qui existent, aux défis qu'on a devant nous liés au vieillissement, au numérique, à l'écologie".

 

 

"Je pense que ceci crée des peurs, parfois ces peurs sont exploitées et donc notre défi est d'y répondre", a-t-il ajouté, en se disant "vigilant" et "à la tâche". "Je pense qu'il faut continuer à agir concrètement pour nos concitoyens à la rentrée, c'est ce que j'ai demandé au gouvernement, et à redonner du sens à l'action parce qu'il faut, non pas chercher à éteindre les peurs, mais à redonner une perspective, un cap de ce qui est vivre ensemble entre Français de manière apaisée."

 

 

 

Réception de Vladimir Poutine à Brégançon 

En marge de sa visite à Bormes-les-Mimosas, Emmanuel Macron a également annoncé à la pressequ'il recevrait le président russe Vladimir Poutine au fort de Brégançon le 19 août, quelques jours avant le sommet du G7. Le fort de Brégançon permet "de pouvoir s'isoler pour travailler, d'avoir les équipements pour recevoir tous les appels internationaux, de pouvoir recevoir des dirigeants étrangers, ce que je ferai avec Vladimir Poutine dans quelques semaines", a déclaré le président de la République.

 

 

La France doit accueillir le G7 - autrefois G8 avant l'exclusion de la Russie - à Biarritz du 24 au 26 août. Fin juin, Emmanuel Macron avait annoncé au Japon, après un long entretien avec Vladimir Poutine, qu'il aurait "dans les prochaines semaines une rencontre bilatérale avec le président" russe.

 


28/07/2019
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Franceinfo - le samedi 27 juillet 2019

 

 

Taxe Gafa : Donald Trump dénonce la "stupidité" d'Emmanuel Macron et menace de taxer le vin français

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

 

Le président américain s'oppose à la taxe française sur les géants américains du secteur des hautes technologies, dite taxe Gafa

 

 

 

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Emmanuel Macron et Donald Trump à Colleville-sur-Mer (Calvados), le 6 juin 2019.  (IAN LANGSDON / AFP)

 

 

 

Un tweet qui peut faire de gros dégâts dans les relations diplomatiques entre Washington et Paris. Donald Trump a dénoncé, vendredi 26 juillet, la "stupidité" du président français Emmanuel Macron, menaçant de taxer le vin français en représailles à l'imposition d'une taxe française sur les géants américains du secteur des hautes technologies, dite taxe Gafa [pour Google, Apple, Facebook et Amazon].

 

 

"La France vient d'imposer une taxe numérique à nos grandes entreprises technologiques américaines. Si quelqu'un devait les taxer, cela devrait être leur pays d'origine, les Etats-Unis", a tweeté le président américain. "Nous annoncerons bientôt une action réciproque substantielle après la stupidité de Macron. J'ai toujours dit que le vin américain était meilleur que le vin français !", a-t-il ajouté.

 

 

 

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Macron et Trump évoquent les Gafa par téléphone 

La Maison Blanche a annoncé dans la soirée que Donald Trump et Emmanuel Macron s'étaient parlé par téléphone pendant la journée, ajoutant qu'ils avaient évoqué la taxe française sur les géants du numérique, mais sans préciser si les vins français étaient au menu des discussions entre les deux dirigeants.

 

 

L'Elysée a précisé samedi qu'Emmanuel Macron avait insisté, au cours de cet entretien, sur le fait que la taxation des Gafa était "un sujet d'intérêt commun" et pas seulement français, "sur lequel il faut continuer d'agir en vue d'obtenir un large accord international".

 

 

Un peu plus tôt, le ministre de l'Economie Bruno Le Maire avait affirmé que "la France mettra[it] en oeuvre ses décisions nationales".

 

 


27/07/2019
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Franceinfo - le samedi 20 juillet 2019

 

 

"Toujours en première ligne", Jérôme Rodrigues le "gilet jaune" qui n'est "pas près de se taire"

 

 

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Kocila MakdecheFrance Télévisions

 

 

 

Erigé au rang de martyr pour beaucoup de "gilets jaunes" après avoir été éborgné par un tir de LBD, l'homme de 40 ans continue son combat malgré la perte de vitesse du mouvement. Franceinfo brosse son portrait

 

 

 

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L'une des figures des "gilets jaunes", Jérôme Rodrigues, lors d'une manifestation à Paris, le 23 mars 2019. (EDOUARD RICHARD / HANS LUCAS / AFP)

 

 

 

"Ils m'ont déjà éborgné et maintenant, ils me mettent en garde à vue ! Ça va être quoi la prochaine fois ?" Trois jours après son arrestation pour "organisation de manifestation illicite" sur les Champs-Elysées, en marge du défilé du 14-Juillet, Jérôme Rodrigues voit toujours rouge. Ce mercredi, les convois policiers qui escortent les membres du G7 Finance à Chantilly (Oise) passent au pied de l'appartement de cette figure des "gilets jaunes", qui a perdu l'usage de son œil à cause d'un tir de LBD et que nous avons joint par téléphone. "Si vous voulez encore m'embarquer, j'habite là hein", crie-t-il, taquin, à la fenêtre. 

 

 

Libéré au bout de six heures, sans charges retenues contre lui, le 14-Juillet, il a enchaîné les passages dans les médias pour annoncer sa volonté de porter plainte. Ce jour-là, deux autres figures du mouvement ont été interpellés : Maxime Nicolle et Eric Drouet. Pourtant Jérôme Rodrigues est le seul à répondre aux sollicitations de la télévision. "Tant qu'ils ne me tuent pas, je ne suis pas près de me taire", martèle le "gilet jaune" de 40 ans. De quoi nourrir un peu plus une popularité grandissante depuis le début du mouvement. 

 

 

 

"Il a été mutilé et il va toujours au front"

Sur les réseaux sociaux, cette arrestation a immédiatement suscité une vague de soutien chez les "gilets jaunes". "Il a été mutilé et il va toujours au front, en première ligne. C'est un exemple pour les jaunes", estime, dithyrambique, Matthias, "gilet jaune" meusien qui arbore en photo de profil un dessin à l'effigie de Jérôme Rodrigues, avec son cache-œil noir.

 

 

La journée du 26 janvier a érigé Jérôme Rodrigues au rang de "martyr" pour beaucoup de "gilets jaunes". Lors de ce 11e samedi de manifestation, sur la place de la Bastille, l'homme de 40 ans est touché par un tir de LBD, en plein dans son œil droit. L'impact a lieu alors qu'il est en direct vidéo sur Facebook. Quand il tombe au sol, l'image vacille (à partir de 9 min 16 dans la vidéo). On voit alors les "street-medics" se précipiter autour de lui, avec en fond l'ange doré de la colonne de Juillet.

 

 

Ces images font le tour des médias et c'est à la télévision que la fille et les parents de Jérôme Rodrigues apprennent sa blessure. "ÂÂ￾ÇÂÂ￾a les a choqués, raconte-t-il six mois plus tard, la gorge toujours serrée. Mon père, c'est le genre d'homme, assez macho, qui vous dit qu'un mec ne doit pas chialer. Cette fois, il a pleuré."

 

 

"Il y avait un périmètre de sécurité et on ne pouvait pas accéder à lui. Dès qu'on a su qu'ils l'avaient emmené à l'hôpital Cochin, on a couru sur place", se rappelle Jamel Bouabane. Depuis leur rencontre, lors des premiers "actes" de la mobilisation, les deux hommes sont devenus inséparables. Pendant sa convalescence, c'est lui qui a géré ses relations avec la presse. "Ce soir-là, on a reçu des centaines de coups de fil de journalistes. Il y avait aussi des dizaines de jaunes présent devant l'hôpital en solidarité."

 

 

 

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Jamel Bouabane (au centre) et Jérôme Rodrigues (à droite), le 6 avril 2019, sur la place de la République à Paris.  (MICHEL STOUPAK / AFP)

 

 

 

Pendant ce temps, Jérôme Rodrigues est sur la table d'opération. Malgré les cinq heures d'intervention, les médecins ne parviennent pas à sauver son œil. "Quand il est sorti du bloc, en pleine nuit, il pleurait. C'était un moment terrible", se rappelle sa sœur Helena, d'un an sa cadette.

 

 

Je lui ai dit 'maintenant, soit tu arrêtes ton combat, soit tu continues, mais tu dois te relever'. C'est comme ça qu'on a été élevés.Héléna Rodrigues, sa sœur à franceinfo

 

 

 

"On nous a appris à défendre nos droits"

Fils d'un père immigré portugais et d'une mère issue d'une famille de fonctionnaire de banlieue rouge, Jérôme Rodrigues a grandi à Tremblay-en-France (Seine-Saint-Denis) avec ses trois frères et sœurs. "Notre père nous a inculqué les valeurs du travail et, du côté de notre mère, on nous a appris à défendre nos droits", continue la cadette. Après cette blessure à l'œil, Jérôme Rodrigues porte plainte contre X et contre le préfet de Paris pour "violences volontaires aggravées par personne dépositaire de l'autorité publique".

 

 

Commence alors un long bras de fer judiciaire pour récupérer le rapport de l'IGPN et faire la lumière sur les circonstances de sa blessure. Le tribunal administratif donne finalement raison au "gilet jaune", le 7 juin, mais le ministère de l'Intérieur fait appel, évoquant "le secret de l'instruction" en cours. "L'appel n'est pas suspensif, s'énerve Me Arié Alimi, estimant que son client est en droit de consulter le fameux rapport. L'Etat est dans l'illégalité la plus totale." 

 

 

Pour les "gilets jaunes", Jérôme Rodrigues est devenu un symbole des violences policières. Lui se défend d'être "anti-flic". Les vrais coupables sont "ceux qui donnent les ordres : Castaner et le préfet". "C'est eux qui doivent être jugés pour ça. C'est pour ça que je me bats", appuie-t-il. Dans son combat, il explique recevoir toute sorte de soutien : "La semaine dernière, un artiste chinois m'a donné un portrait de moi. J'ai aussi reçu plein de poupées à mon effigie. Ça fait chaud au cœur."

 

 

 

A l'aise devant les caméras

Avec son épaisse barbe grisonnante et son chapeau vissé sur la tête, Jérôme Rodrigues est reconnaissable entre mille. Avec son style et son phrasé bien à lui – il ponctue ses formules par "la famille" ou "tonton" – il acquiert une certaine notoriété dès le début du mouvement dans ses directs sur Facebook.

 

 

Jérôme Rodrigues croise pour la première fois les caméras de télévision le 15 décembre, pendant la cinquième journée de mobilisation des "gilets jaunes", sur les Champs-Elysées. "On m'a proposé de parler en duplex sur CNews, je me suis bien démerdé et on m'a laissé trois minutes en direct." La journaliste le félicite pour sa performance et prend son contact. Dès le lendemain, il se retrouve sur le plateau de la chaîne d'info, casquette des Dodgers de Los Angeles sur la tête.

 

 

Dès lors, les passages télé s'enchaînent. Certains sont remarqués, comme cette longue tirade adressée au porte-parole du gouvernement, ou ce débat sur le plateau de CNews dans lequel il malmène le député LREM du Nord Christophe Di Pompeo. 

 

 

Quatre mois plus tard, le parlementaire se "souvien[t] très bien" de cet échange houleux. "Il a été virulent dès le début, avec des punchlines bien préparées. Je ne m'y attendais pas", raconte Christophe Di Pompeo, persuadé que le "gilet jaune" a été conseillé par des spécialistes en "media training""J'ai jamais bénéficié de quoi que ce soit, rétorque Jérôme Rodrigues dans un grand rire. Et j'ai pas besoin d'entraînement pour lui dire ses quatre vérités."

 

 

Je pars du principe qu'au final, tous ces gens vont aux toilettes comme moi. Devant les caméras, j'ai vu certains devenir tout rouge dès qu'il fallait parler. C'est pas mon cas. Jérôme Rodrigues à franceinfo

 

 

D'où lui vient cette tchatche ? "J'ai été commercial pendant des années, mon boulot c'était de vendre de la glace à un esquimau", avoue le quadra au tutoiement facile. Après un bac pro, qu'il décroche tout en "déchargeant les camions sur le marché pour quelques billets", il est embauché chez Disney, puis à JouéClub où il se retrouve "à 22 ans chef d'équipe d'une vingtaine de mecs". Le quadra aime narrer ses rencontres. Comme celle avec Michel Boujenah, qu'il a conseillé pour acheter des jouets, ou avec Jacques Chirac au Salon de l'agriculture. "Il a claqué la bise à toutes les filles, alors je lui ai dit 'et moi, monsieur le président ?' On s'est bien marré."

 

 

 

"Comme beaucoup de jaunes, je suis épuisé" 

Son assurance est contrebalancée par une propension à se justifier constamment. "Je ne suis pas un violent", "pas un tire-au-flanc", "pas un illettré", répète-t-il à plusieurs reprises lorsqu'il évoque son combat avec les "gilets jaunes". "J'ai lu tellement de conneries sur moi, essuyé tellement d'insultes sur les réseaux sociaux que ça laisse pas indemne", admet-il, citant notamment la fois où le député LREM des Hauts-de-Seine Jacques Marilossian l'a traité de "débile profond" sur BFMTV ou les internautes se moquant de son infirmité. 

 

 

"Même s'il n'en parle pas beaucoup, cette pression et ces insultes l'affectent beaucoup, souffle sa sœur, Helena Rodrigues. Et tout ça sans compter le racisme des gens qui nous disent de rentrer dans notre pays parce que notre père est Portugais." Jérôme Rodrigues et sa cadette ont déposé plainte après avoir reçu des menaces de mort sur les réseaux sociaux ainsi qu'en message privé sur leurs messageries.

 

 

A la violence, s'ajoute des difficultés personnelles. En 2014, Jérôme Rodrigues connaît un "accident de vie" – une rupture et un licenciement. Il part alors en Espagne, déménage à Perpignan, puis revient finalement à Paris en octobre 2018. Sa sœur l'embauche dans son entreprise de BTP, où il entame une reconversion dans la plomberie. Mais sa blessure à l'œil met un point final à ses plans de vie. "Je n'arrive même pas à me servir de l'eau sans poser la bouteille sur le bord du verre, comment tu veux que je soude des tuyaux avec un chalumeau ?", souffle-t-il. 

 

 

Aujourd'hui, Jérôme Rodrigues est "dans le flou". Pour son avenir professionnel, tout comme pour celui du mouvement des "gilets jaunes" qu'il continue de porter à bout de bras. "Comme beaucoup de jaunes, je suis épuisé et je me pose beaucoup de questions", concède-t-il. 

 

 

Je ne crois pas que ça serve encore à quelque chose de courir comme des poulets sans tête dans tout Paris. Je pense qu'il faut passer par une structuration. Jérôme Rodrigues à franceinfo

 

 

Son idée : mettre en place une structure de contre-pouvoir basé sur le principe du Référendum d'initiative citoyenne – une mesure réclamée par les "gilets jaunes" depuis le début du mouvement. "Il y a 13 régions. Chacune vote pour un homme et une femme. Ca fait 26 personnes, qui sont à tout moment révocables et dont le job est de remonter ce que veulent les jaunes", explique-t-il.

 

 

Au sein de cette assemblée sera désigné "un gars pour aller parler dans les médias et s'opposer au gouvernement". Jérôme Rodrigues se rêve-t-il à la tête de ce shadow cabinet en "gilet jaune" ? "Je n'ai pas l'âme d'un leader, plus d'une vigie, balaie-t-il. Et puis je ne veux pas être en haut, parce que, si c'est le cas, je n'aurais plus personne sur qui gueuler."

 


22/07/2019
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Franceinfo - le vendredi 19 juillet 2019

 

 

Combien coûte Brigitte Macron à l'Elysée ? On a passé au crible les dépenses de la Première dame

 

 

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Dans son rapport annuel publié jeudi, la Cour des comptes liste les dépenses liées à l'activité de l'épouse du chef de l'Etat. Mais il ne prend pas en compte l'ensemble des dépenses. Franceinfo vous explique ce qu'il faut retenir

 

 

 

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Brigitte Macron, le 18 juin 2019, à Tassin-la-Demie-Lune (Rhône). (NICOLAS LIPONNE / NURPHOTO / AFP)

 

 

 

Quatre collaborateurs, six bureaux, une coiffeuse attitrée... En 2018, le budget officiel alloué par l'Elysée à Brigitte Macron s'élevait à 279 144 euros. C'est ce qu'on apprend dans le rapport annuel sur la gestion des services de la présidence de la République publié par la Cour des comptes, vendredi 19 juillet. Mais l'ensemble des dépenses n'est pas pris en compte. Franceinfo a lu le document, voici ce qu'il faut en retenir.

 

 

De quoi dispose Brigitte Macron ?

Quatre collaborateurs. Brigitte Macron n'est pas seule à l'Elysée. Elle est entourée de quatre collaborateurs : un directeur de cabinet, un chef de cabinet et deux secrétaires. "Les deux conseillers préparent les rendez-vous de Brigitte Macron. Des personnalités internationales peuvent être reçues à la demande de la cellule diplomatique de la Présidence. Ils travaillent également à la préparation d'événements de la Première dame ou de déplacements communs avec le président de la République", décrit la Cour (page 13), qui prend pour exemple le Noël de l'Elysée ou les dîners d'Etat.

 

 

En plus de ses fonctions traditionnelles de secrétariat, l'une des assistantes "se charge de tâches liées à l'activité de la Présidence qui dépasse l'activité même" de la Première dame. Par exemple : la gestion des cadeaux de la Présidence, les invitations aux déjeuners et aux dîners avec le chef de l'Etat... La rémunération et les charges de ces différents collaborateurs correspondent ainsi à une dépense annuelle de 279 144 euros.

 

 

Six bureaux. Situés dans "l'aile Madame" de l'Hôtel d'Evreux, place Vendôme à Paris, six bureaux sont réservés exclusivement à Brigitte Macron. A l'intérieur, on retrouve l'équipe dédiée à la Première dame, ainsi que les membres du GSPR (Groupe de sécurité de la présidence de la République) qui s'occupent de sa protection. 

 

 

Une maquilleuse-coiffeuse. Pour ses activités publiques et officielles, Brigitte Macron bénéficie aussi des services de la coiffeuse-maquilleuse de la présidence.

 

 

 

Toutes les dépenses sont-elles comptabilisées ?

Non. Impossible, par exemple, de savoir précisément combien coûte chaque année la protection de Brigitte Macron car elle fait partie d'une enveloppe globale des missions de sécurité de la présidence de la République. Le budget annuel de 279 144 euros ne prend pas non plus en compte le salaire de sa maquilleuse-coiffeuse. La Cour des comptes mentionne néanmoins dans son rapport que "la convention passée, en mai 2017, avec une même personne, pour un montant forfaitaire mensuel de 5 200 euros TTC relative aux prestations de coiffure et de maquillage pour le compte de la présidence de la République a été reconduite en 2018".

 

 

Le budget n'englobe pas non plus les déplacements en France et les voyages à l'étranger de la Première dame car ils sont affectés à d'autres budgets. En 2018, elle a effectué 15 voyages officiels à l'étranger aux côtés du président, dont sa visite d'Etat aux Etats-Unis en avril ou en Russie pour la finale de la Coupe du monde au mois de juillet. Dans le rapport (page 7), on apprend en revanche que le séjour à La Mongie (Hautes-Pyrénées) du couple présidentiel en décembre 2017 a coûté 21 784 euros.

 

 

Autre dépense que l'on n'imaginait pas forcément : les frais liés à son courrier (page 14 dans le rapport). En 2018, la Première dame a reçu 19 500 lettres, beaucoup plus qu'en 2017 (13 000). Ce qui nécessite l'emploi de sept agents du service de la correspondance présidentielle.

 

 

Dans son rapport sur l'année 2017, la Cour des comptes regrettait le manque de transparence autour de ces dépenses. "La Cour s'est attachée à recenser les différentes dépenses qui sont plus particulièrement affectées à Brigitte Macron, sans toutefois pouvoir chiffrer la totalité de ces dépenses, en l'absence d'une comptabilité analytique suffisante", pouvait-on lire (page 1). Les choses ont toutefois évolué avec le quinquennat d'Emmanuel Macron. Une "charte de transparence" a été élaborée en 21 août 2017 : elle fixe les missions confiées au conjoint du Président et les moyens alloués pour les accomplir. "L'activité du conjoint du Président de la République et les dépenses qui peuvent en résulter n'ont pas de fondement juridique et reposent sur une coutume républicaine", peut-on lire notamment.

 

 

Reste qu'entre le budget officiel et le budget réel, la différence peut être de taille. En novembre 2017, Christophe Castaner, alors porte-parole du gouvernement, avait précisé devant les députés que "le coût des moyens mis à la disposition de la conjointe du chef de l'Etat" s'élevait plutôt à 440 000 euros.

 

 

 

Brigitte Macron est-elle plus dépensière que les autres Premières dames ?

La réponse est non, du moins pour les dépenses connues. Son budget annuel alloué par l'Elysée est resté le même en un an. Il était de 278 750 euros en 2017, il est de 279 144 euros en 2018. Si l'on regarde du côté de ses prédécesseures, l'épouse d'Emmanuel Macron ne sera sans doute pas la plus dépensière des Premières dames de la République. Rien à voir, en tout cas, avec Bernadette Chirac. Selon l'ancien député socialiste René Dosière, spécialiste des dépenses de la présidence française, c'est elle qui détient le record de collaborateurs. "Elle avait 21 personnes affectées à son cabinet personnel. Dans le détail, un conseiller technique, une collaboratrice, quatre secrétaires, deux responsables du secrétariat particulier, des rédacteurs, sans compter les membres du service social et deux chauffeurs. Soit un montant total de 80 000 euros par mois", expliquait-il en 2013. L'ancienne conseillère générale de Corrèze s'était vu allouer un budget de 80 000 euros par mois, soit 960 000 euros par an.

 

 

Valérie Trierweiler, en "poste" de 2012-2014, disposait, elle, de cinq collaborateurs pour un coût annuel de 236 904 euros. Quant à Carla Bruni-Sarkozy (2008-2012), elle était entourée de huit collaborateurs pour 437 376 euros annuels.

 


19/07/2019
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Franceinfo -

 

 

Visite d'Emmanuel Macron en Serbie : les cinq points de crispation entre Paris et Belgrade

 

 

 

 

Les relations entre les deux pays sont fraîches en raison de nombreux points de divergence sur l'Union européenne et le Kosovo

 

 

 

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Emmanuel Macron et le président serbe, Aleksandar Vucic, à l'Elysée, le 12 décembre 2017 à Paris. (ALAIN JOCARD / AFP)

 

 

 

Dix-huit ans que ce n'était plus arrivé. Aucun président français ne s'était rendu en Serbie depuis Jacques Chirac en 2001. Le voyage d'Emmanuel Macron, lundi 15 et mardi 16 juillet, est donc très attendu et se déroulera dans un contexte délicat en raison des désaccords qui sapent les relations diplomatiques entre les deux pays. Ce sera notamment l'occasion de réparer un impair, car la visite initialement prévue en décembre 2018 avait finalement été reportée en raison de la crise des "gilets jaunes".

 

 

Le président français doit notamment inaugurer un monument dédié à l'amitié franco-serbe dans un parc du centre de la capitale, dont l'inscription "Aimons la France comme elle nous a aimés" avait été maculée de peinture noire en novembre dernier. Selon le président serbe, Aleksandar Vucic, "l'importance de la visite (d'Emmanuel Macron) est énorme, nous allons nous entretenir de thèmes économiques et politiques, de la voie européenne de la Serbie et certainement du Kosovo".

 

 

Franceinfo revient sur les cinq points de crispation entre les deux pays.

 

 

 

1 - Dialogue à l'arrêt sur les relations entre la Serbie et le Kosovo

L'un des thèmes principaux devrait être celui des relations avec le Kosovo, ex-province serbe à majorité albanaise devenue indépendante en 2008, sans que Belgrade ni Moscou ne reconnaissent cette souveraineté. Les tensions se sont accrues avec l'application par le Kosovo fin 2018 de droits de douanes à hauteur de 100% sur les produits serbes.

 

 

Le dialogue sur la normalisation des relations entre la Serbie et le Kosovo, mené sous l'égide de l'Union européenne, est ainsi bloqué depuis des mois. A la suite des efforts d'Emmanuel Macron et de la chancelière allemande, Angela Merkel, Belgrade et Pristina avaient accepté, le 30 avril, de reprendre leurs pourparlers et une nouvelle rencontre était prévue début juillet à Paris. Mais celle-ci a été reportée, aucun progrès n'étant en vue. "Ce sommet aura lieu quand les conditions seront réunies", affirme l'Elysée, qui réclame une reprise du dialogue. La possibilité de tenter de régler le conflit par un échange de territoires reste en suspens. Paris y est ouvert.

 

 

 

2 - Paris temporise sur l'adhésion serbe à l'UE

Lors des difficiles tractations menées à Bruxelles pour nommer des personnalités aux postes clés de l'UE, début juillet, Emmanuel Macron s'est opposé à "toute forme d'élargissement" avant une "réforme en profondeur de notre fonctionnement institutionnel". Cette phrase a sans doute contrarié les autorités serbes, alors que le pays a déposé une candidature d'adhésion en 2009. Le "président de la République soutient la perspective européenne des Balkans, mais a dit également que cette adhésion aura lieu quand l'UE se sera préalablement reformée, ce qui est très bien compris par les Serbes", a assuré l'Elysée.

 

 

L'an passé, déjà, Emmanuel Macron avait averti la Serbie que ce pays n'entrerait pas "automatiquement" dans l'UE en 2025, une date évoquée pour son adhésion. Lors de la même conférence de presse à Paris, le président serbe, Aleksandar Vucic, avait fait preuve de bonne volonté : "Nous ne pourrons pas adhérer avant de régler la question avec Pristina, avant de réformer notre système judiciaire, de régler les questions de l'Etat de droit et tout le reste."

 

 

L'eurodéputée LREM Nathalie Loiseau, pour sa part, a plaidé lundi matin sur franceinfo pour "un partenariat très étroit sur le plan économique, sur le plan des infrastructures, mais aussi sur le plan politique pour éviter toutes les tensions qui existent dans cette région". Elle estime cependant, comme le chef de l'Etat, que l'entrée de la Serbie dans l'UE n'est pas pour tout de suite.

 

 

[Les Balkans] sont au cœur géographique, historique et culturel de l'Europe, simplement ils ne sont pas du tout prêts [à entrer dans l'Union européenne] et nous ne sommes pas du tout prêts à les accueillir.Nathalie Loiseau, eurodéputée LREM à franceinfo

 

 

 

 

3 - La bourde protocolaire française lors du 11 novembre 2018

Paris et Belgrade doivent aussi surmonter le malaise créé par un loupé du protocole français lors de la cérémonie du 11 novembre 2018, qui a indigné la Serbie. Aleksandar Vucic avait été placé dans une tribune secondaire alors que Hashim Thaçi, président du Kosovo, était assis dans la tribune principale, avec Emmanuel Macron, Donald Trump et Vladimir Poutine.

 

 

"Vous pouvez imaginer comment je me sentais", avait alors déclaré le président serbe. "Il me semble que je regardais tout le temps le sol et l'écran, ne croyant pas ce que j'étais en train de voir devant moi et sachant le sacrifice fait par le peuple serbe durant la Première Guerre mondiale." "C’est une maladresse regrettable et je prie le président Vucic et le peuple serbe de nous excuser", avait alors déclaré à la télévision serbe l'ambassadeur français, Frédéric Mondoloni. Le monument célébrant l'amitié entre la France et la Serbie avait été vandalisé à Belgrade quelques heures après les cérémonies.

 

 

 

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Un monument célébrant l'amitié entre la Serbie et la France avait été barré de noir quelques heures après la cérémonie du 11-Novembre 2018 sur les Champs Elysées. Le président serbe avait été placé dans une tribune secondaire alors que Hashim Thaçi, président du Kosovo, était assis dans la tribune principale. (VLADIMIR ZIVOJINOVIC / AFP)
 

 

 

4 - Le refus français d'extrader le Premier ministre kosovar

Un autre différend, toujours en lien avec le Kosovo, oppose les deux pays. En avril 2017, la justice française avait refusé de livrer à Belgrade Ramush Haradinaj, actuel Premier ministre kosovar, réclamé par la justice serbe qui l'accuse de crimes de guerre durant le conflit du Kosovo en 1998 et 1999. Ramush Haradinaj avait été arrêté en France à l'aéroport de Bâle-Mulhouse et présenté au parquet de Mulhouse, pour que la demande d'extradition présentée par Belgrade soit examinée par la chambre de l'instruction. La justice avait finalement rejeté la demande serbe et levé le contrôle judiciaire. 

 

 

Belgrade affirme que Ramush Haradinaj a été à la tête d'une unité – les "Aigles noirs" – accusée d'avoir torturé et assassiné des dizaines de civils serbes dont les corps ont été découverts près du lac Radonjic, dans la région de Decani. 

 

 

 

5 - Peu d'échanges économiques dans cette région convoitée par la Chine

Le désamour relatif entre les deux pays s'accompagne également d'une faiblesse des liens économiques, même si le groupe Vinci a récemment remporté la concession de l'aéroport de Belgrade et qu'Alstom reste en lice pour le projet de métro de la capitale serbe. Le groupe français, dont les dirigeants feront partie de la délégation française, est désormais en concurrence avec un consortium chinois.

 

 

Les Balkans sont une pièce importante des "nouvelles routes de la soie", méga-projet de la Chine pour développer sa puissance économique mondiale. A Smederevo, à l'est de Belgrade, la plus grosse usine sidérurgique de Serbie a été rachetée par le chinois HBIS. En août 2018, le groupe minier chinois Zijin a repris 63% du conglomérat serbe de cuivre RTB Bor et promis d'investir dans la plus grande mine de cuivre du pays. Entre 2007 et 2017, Pékin a annoncé un total de 12 milliards d'euros de prêts dans les pays de la région, dont un tiers pour la Serbie.

 


15/07/2019
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Franceinfo - le mercredi 17 juillet 2019

 

 

14-Juillet : pourquoi les "gilets jaunes" sont revenus sur le devant de la scène

 

 

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Alors que le mouvement peine désormais à fédérer dans les rues, plusieurs dizaines de "gilets jaunes" sont parvenus à manifester leur mécontentement lors des cérémonies du 14-Juillet, malgré un arrêté préfectoral

 

 

 

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Plusieurs dizaines de "gilets jaunes" sont venus sur les Champs-Elysées pour le défilé du 14 juillet. (MAXPPP)

 

 

 

Les "gilets jaunes" font de nouveau parler d'eux. Alors que le mouvement est en perte de vitesse depuis plusieurs semaines, des dizaines de personnes sont parvenues, dimanche après-midi, à investir les Champs-Elysées avant le défilé militaire du 14-Juillet. Plusieurs figures du mouvement ont été interpellées et placées en garde à vue quelques heures. Ce nouveau coup de projecteur montre que la contestation couve toujours, même si les manifestants sont désormais réduits à un petit cercle.

 

 

 

Parce que les leaders sont toujours sur le pont

Les visages médiatiques des "gilets jaunes" poursuivent leur mobilisation au fil des semaines. Plusieurs figures du mouvement ont été placées en garde à vue, comme Jérôme Rodrigues, Eric Drouet – pour "rébellion" – et Maxime Nicolle – pour "organisation d'une manifestation illicite". David Michaux, secrétaire national CRS pour l’Unsa police, a affirmé lundi 15 juillet sur franceinfo que les "têtes du mouvement des gilets jaunes ont été interpellées à titre préventif, et surtout pour éviter que ça dégénère".

 

 

Après avoir annoncé son souhait de faire "une pause", en avril dernier, Eric Drouet reste donc sur le pont. Son avocat, Arié Halimi, a dénoncé sur franceinfo une "violation de liberté individuelle" et annoncé son intention de "déposer plainte pour violation de liberté individuelle". "Je suis prêt à me battre jusqu'au bout pour protéger nos acquis sociaux !", a également déclaré Jérôme Rodrigues après sa garde à vue. Au total, 175 personnes ont été interpellées en marge du défilé.

 

 

 

Parce que la date était symbolique

Lors de la 34e journée de mobilisation, la semaine précédente, la mobilisation des "gilets jaunes" avait été limitée en France. Les cortèges n'avaient attiré que quelques centaines de personnes dans les anciens hauts lieux des manifestations : Paris, Bordeaux ou Toulouse. Mais certains groupes de "gilets jaunes" avaient coché le jour symbolique du 14-Juillet sur leur calendrier, en faisant régulièrement référence à la Révolution française.

 

 

Soutenu par 75 000 personnes, l'un des appels lancés sur les réseaux sociaux soulignait notamment que la "fête nationale est historiquement la commémoration de la victoire du peuple face à la royauté". Le mort d'ordre, finalement, a été simplement entendu par le noyau dur de la contestation. Emmanuel Grégoire, premier adjoint PS de la maire de Paris, a évoqué sur LCI "quelques dizaines d'individus, plutôt d'un profil black bloc" venus rejoindre "quelques dizaines de 'gilets jaunes'" dans l'après-midi, soit "autour de 150, 200 personnes".

 

 

 

Parce que le 14-Juillet offre une exposition médiatique

La préfecture avait pris un arrêté pour interdire les rassemblements de "gilets jaunes" sur les Champs-Elysées samedi et dimanche et le périmètre était hautement contrôlé à l'occasion du défilé. Certains ont toutefois bravé ces consignes, eu égard à l'importance de l'événement. "Ce matin, on est venus assister au défilé car on est citoyens. On nous a tellement privés de Champs, c'est important d'être de retour", a par exemple déclaré à l'AFP Cid, 33 ans.

 

 

Sans leur chasuble fluo mais armés de sifflets et de ballons jaunes, quelques dizaines de manifestants ont copieusement hué le passage du président Emmanuel Macron. Un groupe d'une quarantaine de manifestants, se revendiquant "gilets jaunes", a tenté de forcer une rangée de CRS sur la grande avenue parisienne, avant d'être encerclé par les forces de l'ordre.

 

 

 

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Des gendarmes sont positionnés devant le Fouquet's à Paris le 14 juillet 2019 à Paris. (KENZO TRIBOUILLARD / AFP)

 

 

 

Plusieurs "gilets jaunes" ont également exprimé leur mécontentement devant le Fouquet's, qui fêtait sa réouverture quatre mois après avoir été saccagé. "On veut du homard, du champagne et du caviar", ont notamment lancé des manifestants, en référence aux dîners de François de Rugy, révélés la semaine passée par Mediapart. La situation s'est encore tendue après la cérémonie, quand le haut de l'avenue a été rouvert au public, vers 14h30. Des manifestants et de jeunes gens dissimulant leurs visages sous des foulards et capuches ont alors investi les lieux.

 

 

Largement relayés par les réseaux sociaux et les médias, ces incidents en marge de la cérémonie ont replacé les "gilets jaunes" au cœur des débats politiques et ont suscité de nombreuses réactions. Le maire LR du 15e arrondissement, Philippe Goujon, a par exemple regretté que la préfecture ait mis en place "un dispositif de type service d'ordre alors qu'il aurait fallu peut-être mettre en place un dispositif pour contenir des violences urbaines". Gérard Larcher, président LR du Sénat, a quant à lui dénoncé des "groupuscules qui contestent nos principes républicains. Honte à eux !" Le député LFI Adrien Quatennens, au contraire, s'est interrogé sur le "fondement juridique" permettant l'interpellation d'Eric Drouet, Jérôme Rodrigues et Maxime Nicolle.

 


15/07/2019
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