L'AIR DU TEMPS

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FRANCE


Franceinfo - le lundi 20 janvier 2020

 

 

Raquel Garrido, ancienne porte-parole de la France insoumise, relaie des menaces contre Macron, comparé à Louis XVI, "en prévision" de la prochaine grève

 

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Le message relayé n'a pas manqué de faire vivement réagir sur les réseaux sociaux, poussant Jean-Luc Mélenchon à réagir

 

 

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Raquel Garrido au tribunal de Bobigny le 19 septembre 2019. (SAMUEL BOIVIN / NURPHOTO / AFP)

 

 

 

Raquel Garrido, avocate et ex-porte-parole de La France insoumise a partagé sur Twitter le message du groupe "Gilets jaunes de Caen" reprenant les paroles d'un chant entamé lors de la manifestation du samedi 18 janvier : "Louis XVI, Louis XVI, on l'a décapité, Macron, Macron, on peut recommencer...". L'avocate l'assortissait de ce commentaire : "En prévision de la grève du 21 janvier". L'initiative n'a pas manqué de faire vivement réagir sur les réseaux sociaux, de nombreuses personnes y voyant des menace à l'encontre du président de la République. 

 

 

 

Le tweet partagé par Raquel Garrido et mentionnant la phrase suivante : \"Louis XVI, Louis XVI, on l\'a décapité. Macron, Macron, on peut recommencer.\" L\'avocate l\'a assorti de ce commentaire : \"en prévision de la grève du 21 janvier.\"

Le tweet partagé par Raquel Garrido et mentionnant la phrase suivante : "Louis XVI, Louis XVI, on l'a décapité. Macron, Macron, on peut recommencer." L'avocate l'a assorti de ce commentaire : "en prévision de la grève du 21 janvier." (TWITTER)


 

"Nous touchons le firmament de l'irresponsabilité", avait réagi le député LREM Bruno Questel, jugeant que "Jean-Luc Melenchon et d'autres escomptent le drame". Le chef de file de LFI, a fait valoir quant à lui dimanche sur LCI que Raquel Garrido avait simplement "reproduit des images" et que ce n'était "pas elle" qui avait écrit ce tweet. Il a en outre dénoncé "le jeu qui consiste à exhumer un tweet" et l'utilisation d'un "vocabulaire violent de la part du gouvernement" à l'encontre des manifestants ces derniers mois.

 

 

"Il n'y a pas une violence verbale à laquelle ils [gouvernement et majorité, NDLR] n'aient souscrits, pas un moment où ils n'aient pas jeté de l'huile sur le feu", a fustigé Jean-Luc Mélenchon. "L'histoire profonde de ce pays, c'est la passion de l'égalité donc le président de la République doit comprendre - bien entendu sur le terrain symbolique - que cette passion peut amener à ce qu'il soit renversé", a-t-il ajouté.

 


22/01/2020
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Franceinfo - le lundi 20 janvier 2020

 

 

Pourquoi l'ONG Oxfam estime que la réforme des retraites risque de renforcer les inégalités entre les femmes et les hommes

 

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Le rapport annuel de l'association internationale sur les inégalités mondiales a été publié lundi à la veille de l'ouverture du forum de Davos, en Suisse. Dans un sous-rapport qui se concentre sur la France, Oxfam pointe le projet de réforme des retraites

 

 

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Deux personnes passent devant une agence d'assurance-retraite au Crès (Hérault), le 22 mars 2019. (PASCAL GUYOT / AFP)

 

 

 

Un rapport sur les inégalités très attendu, à la veille du forum économique de  Davos (Suisse). Alors que le gratin de la finance et des affaires se réunit, mardi 21 janvier, dans la station suisse, l'ONG internationale Oxfam affirme que les quelque deux mille milliardaires de la planète détiennent désormais plus d'argent que 60% de la population mondiale.

 

 

>> Près de la moitié de la population mondiale vit avec moins de 5 dollars par jour, selon Oxfam

 

 

L'association passe notamment au crible les inégalités femmes-hommes dans le monde dans son rapport annuel intitulé "Celles qui comptent. Reconnaître la contribution considérable des femmes à l'économie pour combattre les inégalités". Dans un sous-rapport qui se concentre sur l'Hexagone ("Celles qui comptent. Zoom sur les inégalités en France"), Oxfam met en garde contre la réforme des retraites qui sera présentée le 24 janvier en Conseil des ministres. L'ONG estime que cette réforme risque d'accentuer encore les inégalités, au détriment des femmes. 

 

 

 

Parce que l'ONG craint que l'allongement de la durée de travail ne pénalise les femmes

"En allongeant la durée du travail pour toucher une retraite à taux plein ou en imposant une décote pour carrière incomplète, la réforme pourrait pénaliser les carrières hachées qui concernent le plus souvent des femmes", explique Oxfam. Ce sont en effet les femmes qui suspendent le plus souvent leur activité professionnelle pendant quelques années, notamment pour élever des enfants. Elles risquent donc d'être les premières pénalisées par l'âge d'équilibre (ou âge pivot) prévu dans le régime universel à points (et qui sera fixé à 64 ou 65 ans au démarrage du système). En conséquence, elles seraient, selon Oxfam, les premières victimes du malus définitif de 5% sur la pension, par année prise avant l'âge d'équilibre. 

 

 

Oxfam demande donc de "supprimer les systèmes de décote pour les carrières incomplètes et revenir à un calcul de la pension basé sur les meilleures années de cotisation pour prendre en compte la réalité de l’emploi des femmes, davantage sujettes aux carrières hachées". Actuellement, en France, le calcul de la pension se fait sur les vingt-cinq meilleures années pour le régime de retraite de base. Il est jugé plus favorable aux carrières hachées.

 

 

 

Parce que, selon Oxfam, le minimum retraite reste insuffisant

Autre constat d'Oxfam sur la France : "Aujourd’hui, les femmes touchent en moyenne des pensions inférieures de 42% à celles des hommes, 26% si on prend en compte la pension de réversion. C’est le résultat d’un système économique qui perpétue ces inégalités en cantonnant les femmes dans les métiers les plus précaires et les moins rémunérés".

 

 

L'association estime que ces inégalités persisteront dans le futur système à points, basé sur l'ensemble de la carrière professionnelle. "Le système de retraite continuera à jouer un rôle de miroir grossissant des inégalités qu’ont subies les femmes tout au long de leur vie professionnelle, et formera des trappes de pauvreté pour les travailleuses les plus précaires".

 

 

Pour l'ONG, le gouvernement n'a pas pris de mesures suffisantes "pour pallier ces inégalités". Oxfam estime qu'il faut "attaquer le problème à la racine en réduisant les écarts de salaires, particulièrement entre les femmes et les hommes", et "augmenter réellement les pensions minimums".  La pension minimale de retraite sera portée à 1 000 euros en 2022. Dans le futur système à points, elle doit se monter à terme à 85% du smic, mais sous réserve de "carrière complète" (avec une certaine durée d'assurance). L'association estime, elle, qu'il faut "instaurer un minimum retraite à hauteur du smic".

 

 

 

Parce que la cotisation de solidarité des hauts revenus est jugée trop faible

Oxfam observe que les grands gagnants de l'actuel "système actuel de retraite sont les plus riches puisqu’ils profitent en moyenne plus longtemps de leur retraite par répartition, avec une espérance de vie de treize ans supérieure à celle des plus pauvres".

 

 

"Au lieu de les mettre plus à contribution, le projet de réforme actuel prévoit de baisser leurs cotisations", déplore l'ONG. Effectivement, au-dessus de trois plafonds de Sécurité sociale (120 000 euros de revenus annuels, au lieu de 324 000 actuellement), les cadres ne cotiseront plus pour leurs retraites, hormis une cotisation de solidarité d'un taux de 2,81%. Oxfam demande que cette cotisation de solidarité soit augmentée afin que les hauts revenus "paient une juste part en contribution d’un système dont ils sont jusqu’alors les grands bénéficiaires"

 

 

 

Parce qu'aucune évaluation des effets de la réforme sur les femmes n'a été rendue publique

Enfin, conclut Oxfam, le gouvernement doit impérativement produire une évaluation détaillée et publique des conséquences de la réforme des retraites sur les femmes.

 

 

Une étude d'impact doit obligatoirement accompagner le projet de loi qui sera présenté vendredi en Conseil des ministres, mais elle n'a pas encore été rendue publique

 


21/01/2020
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Franceinfo - le samedi 18 janvier 2020

 

 

Ce que l'on sait de la tentative d'intrusion de manifestants dans un théâtre parisien, où Emmanuel Macron était présent

 

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Raphaël GodetFrance Télévisions
 

 

 

Plusieurs dizaines de personnes ont essayé de pénétrer dans l'enceinte des Bouffes du Nord, vendredi soir. Le chef de l'Etat, qui assistait à une représentation avec son épouse, a dû être mis à l'abri quelques minutes

 

 

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Des manifestants font face aux forces de l'ordre, le 7 janvier 2020, devant le théâtre des Bouffes du Nord. (LUCAS BARIOULET / AFP)

 

 

 

La soirée au théâtre du couple présidentiel ne s'est pas déroulée comme prévu. La représentation de La Mouche à laquelle assistaient Emmanuel Macron et son épouse au théâtre des Bouffes du Nord (Paris), a été perturbée par des manifestants, vendredi 17 janvier. Le chef de l'Etat a dû être mis à l'abri quelques minutes, avant de pouvoir regagner son siège. Franceinfo vous résume ce qu'il s'est passé.

 

 

 

La présence du chef de l'Etat annoncée sur Twitter

La venue d'Emmanuel Macron au théâtre parisien vendredi n'était évidemment pas inscrite à l'agenda présidentiel mais ça n'a pas empêché l'information de fuiter. C'est ce que laisse entendre un premier tweet publié à 20h46 (supprimé depuis) par le comité de grève du 12e arrondissement de Paris. Le message propose d'accueillir le chef de l'Etat "comme il se doit."

 

 

 

Capture d\'écran d\'un tweet publié le 17 janvier 2020, supprimé depuis.
Capture d'écran d'un tweet publié le 17 janvier 2020, supprimé depuis. (TWITTER)

 

 

 

Quelques minutes plus tard, c'est le journaliste militant Taha Bouhafs qui signale à son tour la présence du président de la République. "Je suis actuellement au théâtre des Bouffes du Nord (Métro La Chapelle). Trois rangées derrière le président de la République. Des militants sont quelque part dans le coin et appelle [sic] tout le monde à rappliquer. Quelque chose se prépare... la soirée risque d'être mouvementée", écrit-il juste avant le début de la représentation.

 

 

 

Taha Bouhafs@T_Bouhafs
 

Je suis actuellement au théâtre des bouffes du Nord (Métro La Chapelle)
3 rangées derrière le président de la république.

Des militants sont quelque part dans le coin et appelle tout le monde à rappliquer.

Quelque chose se prépare... la soirée risque d’être mouvementée.

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Assis trois rangées derrière le couple présidentiel, Taha Bouhafs a ensuite demandé à ses abonnés s'il devait ou non lancer ses chaussures sur le président, à l'image du geste d'un journaliste irakien contre le président américain George W. Bush en 2008. "Je plaisante (...), la sécu me regarde bizarre là", a-il ensuite précisé.

 

 

Des manifestants tentent de pénétrer dans l'enceinte

D'abord réunis devant l'enceinte, plusieurs dizaines d'opposants au président de la République essaient d'entrer à l'intérieur. Les manifestants scandent des slogans, chantent... Vers 22 heures, un petit groupe parvient à pénétrer dans le hall, sans atteindre la salle où a lieu la représentation, avant d'être rapidement expulsés. 

 

 

 

 

 

 

"On était à l'université Paris 7 pour une université populaire, quelqu'un a reçu un message indiquant que Macron était là, donc on est venus pour montrer qu'on est présents, qu'il y a une contestation contre la réforme des retraites mais pas seulement", a expliqué à l'AFP l'un des manifestants. 

 

 

Emmanuel Macron mis à l'abri temporairement

Le chef de l'Etat et son épouse sont mis à l'abri pendant quelques minutes, avant de regagner leur siège pour assister à la fin de la représentation. Selon le témoignage d'une employée du théâtre recueilli par LCI"la mobilisation est arrivée aux oreilles de la sécurité présidentielle, dont un agent s'est dirigé en direction du parterre, d'où se sont levées une quinzaine de personnes, parmi lesquelles Emmanuel et Brigitte Macron". 

 

 

Sa sortie du théâtre, en voiture et sous escorte policière, est accompagnée par des sifflets des manifestants. "Tous ensemble, grève générale", "On est là, on est là ! Même si Macron ne veut pas, nous on est là !"... Le face-à-face entre manifestants et policiers durera environ une heure. 

 

 

De son côté, l'entourage d'Emmanuel Macron indique que "le Président continuera de se rendre au théâtre comme il a l'habitude de le faire et veillera à ce que des actions politiques ne perturbent pas la liberté d'expression, la liberté des artistes et la liberté de création."

 

 

 

Un journaliste placé en garde à vue

Le journaliste militant Taha Bouhafs, qui avait signalé sur Twitter la présence d'Emmanuel Macron, a été placé en garde à vue dans la nuit. Selon une source judicaire, cette garde à vue a été levée samedi, et il a été déféré en vue de l'ouverture d'une information judiciaire pour "organisation d'une manifestation non déclarée sur la voie publique" et "participation à un groupement formé en vue de commettre des violences ou des dégradations".

 

 

 

Une tentative d'intrusion condamnée

Richard Lioger, député La République en marche de Moselle, a été l'un des premiers à condamner sur Twitter une "inacceptable tentative d’intrusion".

 

 

 

Richard Lioger@RichardLioger
 

Inacceptable tentative d’intrusion de manifestants au théâtre des @BouffesDuNord@EmmanuelMacron assistait à une représentation. Interrompre des spectacles, empêcher des artistes de travailler ne sera jamais une méthode de protestation acceptable dans un pays démocratique!

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"Ce qu'il s'est passé aux Bouffes du Nord est inacceptable, inadmissible", a continué la députée et porte-parole LREM Célia de Lavergne, sur Twitter"Les auteurs de ces agressions sèment la violence et la discorde", a réagi de son côté le patron des députés LREM Gilles Le Gendre.

 

 

 

Gilles Le Gendre @GillesLeGendre
 

Président @EmmanuelMacron @BouffesDuNord, intrusion @CFDT, cérémonies de vœux des députés @LaREM_AN et ministres empêchées ou annulées. Les auteurs de ces agressions sèment la violence et la discorde. Nous les ferons reculer par le rassemblement des Français et la solidarité.

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"Il faut retrouver la notion de base de respect", a réagi sur franceinfo Emmanuelle Wargon. "Sinon, c'est quoi ? L'insurrection et une fois qu'on a renversé le gouvernement le nouveau gouvernement arrive comment ? Par la volonté de qui ?", s'interroge la secrétaire d'Etat auprès de la ministre de la Transition écologique et solidaire.

 

 

Réaction différente dans les rangs de La France insoumise. La députée Danièle Obono dénonce l'exfiltration du théâtre de Taha Bouhafs pour avoir "tweeté sur la présence du Méprisant au théâtre". "Dans quel régime sommes-nous pour qu'un président, furieux que des manifestants le conspuent à l'extérieur d'un théâtre, fasse arrêter un journaliste qui s'y trouvait et qui avait osé communiquer sur sa présence ?", a accusé son collègue Eric Coquerel. 

 

 

 

Députée Obono @Deputee_Obono
 

Le même où on arrête un journaliste (@T_Bouhafs) pour avoir tweeté sur la présence du Méprisant au théâtre. Bienvenue en pic.twitter.com/uUXKURxuRv https://twitter.com/ViesVolees/status/1218290496189140992 

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Vies Volées@ViesVolees
 

Dans quel genre de pays les chefs d’Etat sont-ils si impopulaires qu’ils aient besoin de faire charger la police pour sortir du théâtre ? https://twitter.com/RemyBuisine/status/1218284638671601670 

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Eric Coquerel @ericcoquerel
 

Dans quel régime sommes-nous pour qu’un président, furieux que des manifestants le conspuent à l’extérieur d’un théâtre, fasse arrêter un journaliste qui s’y trouvait qui et avait osé communiquer sur sa présence ? https://twitter.com/charlesbaudry/status/1218291870742302721 

Charles Baudry@CharlesBaudry
En réponse à @CharlesBaudry

?Fin de l’action devant le théâtre des Bouffes du Nord à #Paris. Le journaliste @T_Bouhafs a été arrêté pour « organisation d’une manifestation non déclarée ». Celui-ci était à l’intérieur de la salle avec un billet et avait posté une vidéo sur les RS.#greve17janvier #Macron

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18/01/2020
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Franceinfo - le samedi 18 janvier 2020

 

 

"Une fois les charges payées, il me reste 450 euros par mois" : mobilisés contre la réforme des retraites, les jeunes avocats voient l'avenir en noir

 

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Laure DebeaulieufranceinfoRadio France

 

 

Sur les 69 000 avocats que compte la profession, seuls 5% d'entre eux vivent confortablement. Avec la réforme à venir des retraites, les plus jeunes s'inquiètent pour leur avenir

 

 

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Un avocat lors d'une manifestation contre la réforme des retraites le 9 janvier 2020, à Toulouse. (PASCAL PAVANI / AFP)

 

 

 

Mobilisés contre la réforme des retraites, les avocats multiplient les actions depuis 10 jours, mais sont parfois mal perçus par l'opinion publique, qui pense que les avocats sont riches et ne sont pas à plaindre. Pourtant, ils sont nombreux à ne pas rouler sur l’or. "Être avocat, c'est être en location de vie, explique Niels Bernardini, 28 ans, inscrit au barreau de Paris depuis un an. Mais aujourd'hui, si la réforme passe, ce n'est plus de la location de vie, c'est un déficit de vie : on perdra de l'argent à travailler."

 

 

 

Charges, loyer, remboursement de prêt...

Niels Bernardini perçoit 3 950 euros chaque mois, payés par le cabinet qui l'emploie. Une fois que toutes ses charges sont payées (les cotisations retraite, assurance maladie, son loyer de 950 euros et le remboursement de son prêt étudiant), il faut qu'il fasse attention. "Une fois qu'on paye les charges, explique-t-il, les charges ordinales, les éléments de loyer, les frais pour se nourrir le midi, il reste à peu près 450 euros par mois. On travaille entre 45 et 50 heures par semaine. Du coup, on doit faire attention au quotidien..."

 

 

La profession d'avocat, c'est comme les voitures : il y a des Lamborghini et il y a des Clio. Et aujourd'hui, un jeune avocat, c'est plutôt une Clio...Niels Bernardini, jeune avocat à franceinfo

 

 

Après ses études de droit à Aix-en-Provence, Niels avait une autre image du métier. Aujourd'hui, avec la réforme, il s'inquiète pour l'avenir. "C'est un métier passion, je penseAvec neuf ans d'études, il faut être passionné. On est partis pour 40 ans de travail ! Avec l'arrivée de la réforme, est-ce qu'on va pouvoir se payer ? Ou est ce qu'on va devoir augmenter nos frais pour nos clients ?"

 

 

Nos clients, ce ne sont pas les patrons du CAC 40. C'est monsieur et madame Tout-le-Monde. Ce sont des petites entreprises et des collectivités publiques qui ne pourront pas payer. Donc soit on ferme, soit on réduit notre capacité de travail.Niels Bernardini, jeune avocat à franceinfo

 

 

Dans le même cabinet du 9e arrondissement de Paris, Marion Couffignal a 8 ans de barreau. Elle commence à s'en sortir, mais ne cache pas qu'elle ignore si elle restera libérale toute sa vie : "Beaucoup de mes amis ont changé de métier aujourd'hui, confie-t-elle. J'ai 35 ans et c'est une chose à laquelle je pense souvent. J'y pense parce que je me dis qu'il est temps pour moi d'essayer de me sécuriser."

 

 

Je suis en emploi aujourd'hui, mais je pourrais très bien le perdre sans que l'on ait de justification à me donner. Et à l'issue de mon préavis, me retrouver sans ressources.Marion Couffignal, avocate à franceinfo

 

 

Sur 69 000 avocats en France, 5% vivent très confortablement. Restent des disparités par ailleurs importantes entre Paris (4 400 euros mensuels en moyenne) et les barreaux de région (aux alentours de 3 000 euros).

 


18/01/2020
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Franceinfo - le samedi 18 janvier 2020

 

 

Qui est Taha Bouhafs, le journaliste placé en garde à vue après une tentative d'intrusion de manifestants dans un théâtre parisien ?

 

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Le jeune homme de 22 ans a signalé sur Twitter, vendredi soir, la présence d'Emmanuel Macron au théâtre des Bouffes du Nord

 

 

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Taha Bouhafs dans les rues de Paris, le 12 février 2019.  (YANN CASTANIER / HANS LUCAS)

 

 

 

"Je suis actuellement au théâtre des Bouffes du Nord (Métro La Chapelle). 3 rangées derrière le président de la république. Des militants sont quelque part dans le coin et appelle [sic] tout le monde à rappliquer. Quelque chose se prépare... la soirée risque d'être mouvementée". Il est un peu moins de 21 heures, vendredi 17 janvier, quand Taha Bouhafs, reporter engagé du site Là-bas si j'y suis, publie ce tweet. Une heure plus tard, le chef de l'Etat et son épouse sont mis à l'abri dans une autre pièce du célèbre théâtre parisien, alors que des manifestants tentent (en vain) de s'introduire dans le bâtiment.

 

 

 

Taha Bouhafs@T_Bouhafs
 

Je suis actuellement au théâtre des bouffes du Nord (Métro La Chapelle)
3 rangées derrière le président de la république.

Des militants sont quelque part dans le coin et appelle tout le monde à rappliquer.

Quelque chose se prépare... la soirée risque d’être mouvementée.

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Le chef de l'Etat et son épouse finissent par regagner leur siège pour suivre la fin de la représentation de La Mouche. Taha Bouhafs, lui, est aussitôt placé en garde à vue pour "participation à un groupement formé en vue de commettre des violences ou des dégradations". Une infraction passible d'un an de prison et de 15 000 euros d'amende, selon le Code pénal. Franceinfo vous résume qui est Taha Bouhafs, "journaliste des luttes", comme il se définit lui-même sur les réseaux sociaux.

 

 

 

Il couvre les mouvements sociaux 

"Gilets jaunes"violences policières, manifestations lycéennes et étudiantes, mobilisations en faveur des sans-papiers... Taha Bouhafs couvre les mouvements sociaux pour le site d'actualités Là-bas si j'y suis, dont il est salarié depuis fin 2018. Le site, créé en 2015 par le journaliste et producteur Daniel Mermet, est reconnu par la Commission paritaire des publications et agences de presse.

 

 

Dans les colonnes de StreetPressce dernier décrit Taha Bouhafs comme quelqu'un qui "aime le terrain, c'est rafraîchissant (...) Lui va éprouver les choses sur place. Il pense avec ses pieds". Pas plus tard que vendredi, il se trouve devant les locaux de la CFDT à Paris, cible d'une intrusion. La veille, il suit le cortège contre la réforme des retraites dans les rues de la capitale.

 

 

Le 20 avril 2018, il se fait remarquer sur les réseaux sociaux en dénonçant l'évacuation de la faculté de Tolbiac (Paris) par les CRS. Dans une vidéo, on entend le jeune homme de 22 ans lancer des "grosses merdes" aux policiers. Ce jour-là, il participe également à la diffusion d'une rumeur selon laquelle un étudiant est grièvement blessé à la tête après une chute. Une information qui sera reprise par les sites Reporterre et Le Média. Sauf qu'une enquête de Libération révèle que les témoignages sont faux. "Je n'étais pas journaliste à ce moment-là et je ne pensais pas que j'allais le devenir, explique-t-il après coup à nos confrères. Moi j'y ai cru parce que j'avais toutes les raisons d'y croire. Dans le contexte des violences de l'évacuation, je suis tombé dans le panneau."

 

 

Ça m'a appris une chose : c'est de vérifier, de recouper et pas de seulement croire les gens sur parole. A l'époque, je filmais les manifs sur Twitter. Ce n'était pas une démarche journalistique assumée.Taha Bouhafsà "Libération", en juin 2019

 

 

Toujours dans Streetpress, on apprend qu'il a arrêté l'école à 16 ans et "enchaîné les petits boulots." "Le journalisme, ce n'était pas du tout prévu. T'en connais beaucoup des mecs qui n'ont pas le bac dans les rédactions ?", explique-t-il dans ce portrait.  

 

 

Ses engagements font débat au sein de la profession, qui le décrit comme journaliste militant. Un qualificatif qu'il réfute : "Je suis journaliste, pas journaliste militant. Je peux être militant dans ma vie de tous les jours, ailleurs que dans mon boulot, mais quand je suis journaliste, je suis journaliste, défend-il dans Reporterre. Je sais ce que cache l'utilisation du mot 'militant' dans ce contexte. Ça veut dire que je suis journaliste, mais pas trop quand même..."

 

 

 

Il est l'auteur de la vidéo qui a déclenché l'affaire Benalla

Le Grenoblois est sur la place de la Contrescarpe (Paris), le fameux 1er mai 2018. C'est lui qui filme Alexandre Benalla en train de violenter des manifestants. La vidéo, rapidement devenue virale, révélera que c'est l'ancien collaborateur d'Emmanuel Macron chargé de sa sécurité qui se cache sous le casque. 

 

 

 

Taha Bouhafs@T_Bouhafs
 

???? ALERTA VIOLENCES POLICIÈRES

DES POLICIERS TABASSENT ET GAZENT TOUT LE MONDE PLACE CONTREESCARPE !!
FAITES TOURNER IL FAUT QUE TOUT LE MONDE VOIT !!

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Taha Bouhafs partage ensuite ses vidéos brutes à ses abonnés sur les réseaux sociaux. Ils sont 34 500 à le suivre rien sur Twitter. Ses images sont ensuite largement partagées. "C'est un héritage des luttes passées : aujourd'hui, on le sait, il faut tout filmer pour avoir des preuves", résume son entourage dans les colonnes de Streetpress.

 

 

 

Il a été candidat de La France insoumise

Avant de couvrir caméra au poing les mouvements sociaux, Taha Bouhafs s'est fait remarquer en juin 2017 en tant que plus jeune candidat aux élections législatives. Alors âgé de 19 ans, il figure sur une liste de La France insoumise dans la deuxième circonscription de l'Isère. Après sa défaite, "il continue son engagement chez LFI, où il est souvent vu aux côtés des députés Eric Coquerel et Danièle Obono", explique CheckNews.

 

 

En plus du mouvement de Jean-Luc Mélenchon, on le voit aux côtés du comité Adama (en hommage à Adama Traoré), ainsi que dans de nombreuses luttes avec les lycéens et étudiants contre Parcoursup, avec les salariés du McDo de Marseille, aux côtés des 'gilets jaunes'". Streetpress, il affirme s'être depuis éloigné de la formation de Jean-Luc Mélenchon. "Les gens n'arrêtent pas de me dire que je suis un journaliste au service de La France insoumise. C'est pas le cas", répète-t-il.

 

 

 

Il a déjà été interpellé 

Ce n'est pas la première fois que le jeune homme de 22 ans est arrêté par les forces de l'ordre. En juin 2019, il est placé en garde à vue pour "outrage et rébellion" alors qu'il couvre une manifestation de travailleurs clandestins à Alfortville (Val-de-Marne). Il doit d'ailleurs être jugé fin février pour ces faits.

 

 

A l'époque, 23 sociétés de journalistes et de rédacteurs de médias traditionnels (dont franceinfo.fr) lui apportent leur soutien dans une tribune conjointe. Dans le texte, "les sociétés de journalistes et de rédacteurs signataires du présent texte dénoncent une nouvelle atteinte à la liberté de la presse, mais aussi au secret des sources, pierre angulaire de notre profession. Les journalistes ne peuvent tolérer d'être régulièrement pris pour cibles par les forces de l'ordre dans le cadre de l'exercice de leur métier." 

 


18/01/2020
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Franceinfo - le mercredi 15 janvier 2020

 

 

L'âge pivot a-t-il vraiment été retiré de l'avant-projet de réforme des retraites ?

 

 

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Anne BrigaudeauFrance Télévisions

 

 

Le système que le gouvernement appelle "âge d'équilibre" n'est pas retiré du projet. Son application est juste provisoirement suspendue à partir de 2022

 

 

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Le Premier ministre Edouard Philippe avant un entretien au "20 heures" de France 2, le 12 janvier 2020. (GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP)

 

 

 

L'âge pivot est-il réellement retiré de l'avant-projet de loi sur les retraites ? La réponse est simple : non. L'"âge d'équilibre", comme l'appelle l'exécutif, figure toujours dans le texte. Le Premier ministre Edouard Philippe a seulement annoncé, samedi 11 janvier, aux syndicats le retrait à titre provisoire de la mesure de court terme, destinée à renflouer l'équilibre des caisses de retraite à l'horizon 2027. Cette mesure devait commencer à s'appliquer en 2022 et portait progressivement à 64 ans l'âge du départ à taux plein en 2027. Temporairement suspendue, elle pourrait être rétablie et l'âge d'équilibre doit de toute manière être mis en œuvre en 2037. Vous avez du mal à suivre ? C'est normal. On vous explique, étape par étape.

 

 

 

Age pivot, âge d'équilibre, âge du taux plein

Premier élément de compréhension : les journalistes parlent d'"âge pivot", mais l'exécutif préfère les termes d'"âge d'équilibre" ou d'"âge du taux plein". Ces expressions sont synonymes. Cet âge pivot doit remplacer la durée de cotisation, dans le futur système de retraites voulu par le gouvernement. Dans son rapport rendu en juillet 2019 sur le système universel à points, l'ancien Haut-Commissaire aux retraites Jean-Paul Delevoye préconisait de fixer cet âge "à 64 ans au démarrage de la réforme, en 2025".

 

 

Sauf exceptions (carrières longues, métiers régaliens…), tout départ à la retraite avant d'avoir atteint l'âge requis entraînera une décote, qui serait de 5% a priori. Si un assuré part à l'âge légal minimal de 62 ans, alors que l'âge pivot est de 64 ans, sa pension sera amputée de 10% (il part deux ans plus tôt, donc il a un malus de 2 x 5% =10%).

 

 

 

L'âge pivot ne sera peut-être pas mis en place dès 2022…

Qu'a annoncé le Premier ministre Edouard Philippe dans sa lettre aux syndicats publiée samedi 11 janvier ? Il s'est dit prêt, comme l'avait demandé le secrétaire général de la CFDT Laurent Berger, à renoncer à la mesure d'âge pivot à court terme. En clair : il ne renonce pas à l'"âge d'équilibre" inscrit dans la réforme et prévu dans le futur système. Il suspend provisoirement son application dès 2022, mais il faut garder à l'esprit que cette mesure a la préférence de l'exécutif, qui garde la main sur l'ensemble de la réforme.

 

 

Jusque-là, l'âge pivot devait toucher des personnes qui ne seront pas concernées par le système par points : celles partant à la retraite entre 2022 et 2027, dont la pension aurait donc dû être calculée en combinant l'âge pivot et le système actuel. Cette mise en place progressive est sortie de l'avant-projet de loi.

 

 

 

Mais la conférence de financement a peu de solutions de rechange

Edouard Philippe a toutefois posé une condition. A l'occasion d'une conférence de financement, proposée par la CFDT, les partenaires sociaux doivent proposer, d'ici fin avril, des moyens de renflouer les caisses de retraite à l'horizon 2027 (environ 12 milliards d'euros). Pour cela, ils ne doivent recourir "ni à la baisse des pensions, ni à la hausse du coût du travail". Impossible de proposer une hausse des cotisations, donc.

 

 

Les partenaires sociaux pourront recourir à un arsenal de mesures, à combiner à leur façon. L'âge pivot reste une des solutions en lice, avec d'autres dont la possibilité de modifier "l'âge d'ouverture des droits" à la retraite pour certains salariés. En dernier lieu, le gouvernement tranchera par ordonnance. Si les partenaires échouent à trouver un accord, "le gouvernement, éclairé par les travaux de la conférence, prendra par ordonnance les mesures nécessaires". L'âge pivot n'est par conséquent pas totalement écarté pour 2022.

 

 

 

L'âge pivot prévu pour 2037, au plus tard

A long terme, le futur système universel à points comportera bien "un âge d'équilibre", a rappelé Edouard Philippe. Il constituera "un des leviers de pilotage du système collectif dans la durée". La future Caisse nationale de retraite universelle, qui gérera le système, décidera des bonus-malus appliqués. "A défaut, lors de l'entrée en application du système universel de retraite, ils seront fixés par décret à 5% par an", précise le texte de loi.

 

 

Cet âge d'équilibre concernera les générations nées à partir de 1975, qui basculent dans le système à points. Si l'âge légal minimal de départ à la retraite est maintenu à 62 ans, elles pourront partir en 2037 au plus tôt. Mais l'"âge d'équilibre" les incitera financièrement à partir plus tard, en 2039 (à 64 ans), voire en 2040 (à 65 ans). 

 

 

Mais cette mesure peut aussi intervenir plus tôt. Car la Caisse nationale de retraite universelle, qui doit être créée en décembre 2020, aura un rôle de veille et d'alerte sur l'équilibre financier du système. En cas de risque, le gouvernement peut parfaitement décider, avant 2037, de réimposer l'âge pivot, au nom de la règle d'or exigeant l'équilibre du système de retraite sur cinq ans.

 


15/01/2020
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Franceinfo - le mardi 7 janvier 2020

 

 

"Ce n'était que du cinéma" : les syndicats racontent deux ans de "concertation" sur la réforme des retraites

 

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Anne BrigaudeauFrance Télévisions

 

 

Interrogés par franceinfo, la plupart des syndicats estiment s'être heurtés à un "mur" lors des discussions sur la réforme des retraites, qui ont débuté au printemps 2018

 

 

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Le Premier ministre, Edouard Philippe, ouvre une réunion sur la réforme des retraites, avec notamment le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, le 18 décembre 2019 à l'hôtel Matignon, à Paris. (THOMAS SAMSON / AFP)

 

 

 

Un écran de fumée ? Le 9 décembre 2019, l'ex-haut-commissaire aux retraites Jean-Paul Delevoye dressait un bilan plutôt flatteur de deux années d'échange sur la réforme des retraites. Et se félicitait des "50 réunions" qui s'étaient tenues avec les syndicats, sans compter "130 réunions avec les différentes professions" , pour élaborer le futur "système universel" à points voulu par l'exécutif.

 

 

Une satisfaction qui, aujourd'hui, tranche avec la durée d'un conflit social qui s'éternise. Mardi 7 janvier 2020, la grève contre la réforme des retraites à la SNCF est entrée dans son 33e jour,  battant ainsi largement le record du conflit social de l'hiver 1986-1987, qui avait duré 28 jours. La CGT, FO, FSU, CFE-CGC et Solidaires appellent à une nouvelle grève interprofessionnelle, jeudi 9 janvier, et à une nouvelle manifestation, samedi 11 janvier. Les rencontres gouvernement-syndicats reprennent ce mardi 7 janvier. Pour un même résultat ?

 

 

 

"Donner le sentiment  qu’il y avait concertation"

Interrogés, la plupart des syndicats disent s'être heurtés à un mur depuis le début des discussions, au printemps 2018. "Nous avons expliqué en quoi le système à points n'était pas une bonne idée, mais en vain",  explique le secrétaire général de FO, Yves Veyrier, qui a participé à des rencontres "bilatérales" avec l'équipe Delevoye. "Les 18 mois de 'concertation', c’était pour changer les virgules et les points" dans le texte du projet, abonde Fabrice Michaud, secrétaire général de la CGT Transports. 

 

 

"A l’arrivée, le projet Delevoye est quasiment à 100% le texte d’origine. Cette concertation, ce n'était que du cinéma ! Il s'agissait simplement de donner le sentiment aux Français qu’il y en avait une", lance enfin le secrétaire national chargé des retraites à la CFE-CGC, Pierre Roger, qui a assisté à une "trentaine de réunions". Particulièrement remonté, le président du syndicat des cadres, François Hommeril, confirme.

 

 

La méthode de 'concertation' du gouvernement n’est rien d’autre qu’un enfumage permanent. On arrive à l’évidence d’un projet qui était figé dès le départ, avec des paramètres qui sont restés les mêmes du début à la fin. François Hommeril, président de la CFE-CGC à franceinfo

 

 

Surtout, les dirigeants de la CGC se disent interloqués par l'absence de tout chiffrage donné par le gouvernement sur le passage d'un système à l'autre. Dans le futur système, les cadres ne pourront cotiser pour leur retraite qu'à hauteur de 10 000 euros bruts mensuels, contre 27 000 euros actuellement. "Réduire les cotisations retraites de 8 à 3 plafonds de Sécurité sociale, ça occasionne un manque à gagner de 65 milliards sur une vingtaine d’années. Comment on va les compenser ?" interroge Pierre Roger.

 

 

Et le syndicaliste d'égrener : "On a demandé à l'équipe Delevoye et au gouvernement comment ils allaient compenser ce trou : pas de réponseC'était pareil pour le reste. On les interrogeait : 'Quelles avancées sur la retraite progressive ?' Pas de réponse. 'Est-ce qu’on peut discuter des critères de pénibilité ?' Pas de réponse. On nous disait : 'On verra plus tard.' Ça donnait le sentiment que les sujets étaient vus. Mais pas du tout. C'était frustrant."

 

 

 

Un automne 2019 "sans résultat"

Après ce premier round "d'échanges", Jean-Paul Delevoye rend, en juillet 2019, ses 132 pages de "préconisations" pour un "système universel de retraites". A cette date, on n'est toujours pas entré dans le dur des discussions explicitant le passage des 42 régimes existants au futur système à points. "C'est normal que les négociations sectorielles n’aient démarré qu’à partir de juillet 2019, une fois le rapport rendu, s'agace-t-on au secrétariat d'Etat aux retraites. Jean-Paul Delevoye a toujours dit que système universel ne veut pas dire unique, mais commun avec des spécificités. Il fallait d'abord définir les grandes lignes. C'est pareil avec les chiffrages : c'est infaisable tant que tous les paramètres ne sont pas fixés."

 

 

Des avancées ont-elles, néanmoins, eu lieu à l'automne ? Oui, "chez les policiers, parce que nous avons décidé d'agir par de multiples moyens, qui sont allés de la grève du zèle à des mouvements d'absence importants, lâche le secrétaire général de l'Unsa-Police, Philippe Capon. A partir d'octobre, nous avons fini par obtenir des premières assurances du ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner." 

 

 

Les autres syndicalistes questionnés, eux, n'ont rien vu venir. Pour Roger Dillenseger, de l'Unsa-ferroviaire, "il y a eu des échanges certes cordiaux avec l'équipe de Jean-Paul Delevoye sur le cas des cheminots à partir de fin octobre. Mais sans résultat." De l'avis général, les discussions, et surtout les concessions n'ont commencé qu'après la grève "reconductible" lancée le 5 décembre contre la réforme des retraites.

 

 

 

Certains décrochent "la timbale"

Six jours plus tard, le Premier ministre, Edouard Philippe, lâche du lest. Le 11 décembre, il annonce que le nouveau système à points ne s'appliquera qu'à partir des personnes nées en 1975 et non en 1963, comme prévu initialement dans le rapport Delevoye.  Pour les agents roulants de la RATP et de la SNCF (qui, de toute façon, n'embauche plus au statut cheminot depuis le 1er janvier), l'entrée en vigueur est renvoyée à la génération née à partir de 1985.

 

 

Parallèlement, le gouvernement fait miroiter à l'Unsa-ferroviaire (minoritaire à la SNCF) une retraite au montant plus avantageux pour les cheminots concernés par les deux systèmes de retraite. Plus discrètement, "pilotes, hôtesses de l'air et stewards décrochent la timbale", selon Les EchosLes navigants obtiennent le maintien "d'un régime complémentaire légal obligatoire par répartition" où ils peuvent cotiser, pour leur retraite, jusqu'à huit fois le plafond de la Sécurité sociale... Soit exactement ce que réclame en vain la CGC pour tous les salariés concernés. "Oui, depuis le 5 décembre, le gouvernement fait beaucoup de concessions", constate Yves Veyrier. Mais bien tard, selon lui. 

 

 

L'exécutif a attendu jusqu’au dernier moment pour se rendre compte que sa réforme ne passait pas comme une lettre à la poste. Yves Veyrier, secrétaire général de FO à franceinfo

 

 

"Les marins, les danseurs... Tout ça n’avait jamais été vu dans le détail", ajoute-t-il. De la CGT à l'Unsa, beaucoup jugent que le gouvernement parie surtout sur le pourrissement du mouvement, et sur la division syndicale. Roger Dillenseger s'en désole. "J’ai connu, déplore-t-il, un autre niveau de dialogue social qu’aujourd’hui. Ne pas faire confiance au corps social est une erreur qui se paie. Tôt ou tard."

 

 

 

"La réforme en Conseil des ministres le 22 janvier" 

Qu'attendre des nouvelles rencontres qui débutent mardi entre les syndicats et le gouvernement, sommé par Emmanuel Macron de trouver un "compromis rapide" ? La CGC se le demande. "Je ne sais pas de quoi on va parler. De toute façon, le champ des négociations est restreint puisque le projet sur la réforme des retraites passe en Conseil des ministres pendant la semaine du 20 janvier. Je ne vois pas comment avoir un calendrier où l'on pourra discuter des points techniques", observe Pierre Roger. Avant d'asséner : "Je n’ai jamais vu ça." 

 

 

Le secrétariat d'Etat aux Retraites assure néanmoins que le projet est "encore en cours de rédaction", et qu'on peut ensuite "inclure des amendements s'il le faut". A la CFDT, pourtant défenseuse du système à points, le secrétaire national chargé des retraites, Frédéric Sève, semble tout aussi désabusé que ses homologues : "Nous, la CFDT, avions trois grandes revendications afin que le système à points comprenne des droits nouveaux : une pension minimale à 100% du smic, la retraite progressive et le retour aux dix critères de pénibilité de 2017."  Aucune n'a été satisfaite pour l'instant.

 

 

 

Blocage sur la pénibilité

Sur la pension minimale, le gouvernement s'est contenté de mentionner comme objectif "85% du smic". Le dossier de la retraite progressive est au point mort et la porte semble étroite sur la pénibilité. "La loi Pénicaud a éliminé les quatre critères de pénibilité qui concernent le plus de monde [manutention de charges lourdes, postures pénibles, vibrations mécaniques et risques chimiques], regrette Frédéric Sève. Et là-dessus, il y a blocage total. On devait discuter de ces sujets à l’automne, on n’a rien vu venir. C’est invraisemblable, presque pathologique." 

 

 

Il n’y a pas eu d’avancée sur ce qui pourrait donner un sens social au système à points, alors que c’était le cœur du sujet. Frédéric Sève, secrétaire national de la CFDT à franceinfo

 

 

Reste, pour le syndicat, la "ligne rouge" de l'âge pivot, fixé à 64 ans en 2027 (si la retraite est prise plus tôt qu'à 64 ans, la pension est amputée d'un malus). Dimanche, le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, a demandé sur France 2 que cet  "âge d'équilibre" ne figure pas dans le projet de loi, et que l'exécutif "convoque une conférence de financement des retraites" pour "travailler à des propositions sur l'équilibre du régime à moyen et long terme".

 

 

En attendant de savoir si le gouvernement s'empare de cette proposition émise par la seule CFDT, la semaine sera rythmée par les grèves et les manifestations auxquelles appellent les syndicats opposés à la réforme. Du côté de la CGC, François Hommeril dit "n’attendre plus rien" des négociations qui reprennent mardi, ni de "ce gouvernement qui est parti dans une vaste manœuvre de manipulation de l’opinion. La seule motivation, c'est de faire baisser, en tendance et sur le long terme, la retraite par répartition."

 


07/01/2020
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Franceinfo - le mardi 7 janvier 2020

 

 

"On nage en pleine ambiguïté" : à quoi joue Emmanuel Macron avec Edouard Philippe sur les retraites ?

 

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Margaux DuguetFrance Télévisions

 

 

Chargé par le président de trouver "un compromis rapide" avec les syndicats, le chef du gouvernement a la pression. De quoi alimenter les rumeurs en cas d'échec des négociations

 

 

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Le Premier ministre, Edouard Philippe, lors d'un entretien avec les partenaires sociaux à Matignon, le 18 décembre 2019. (MAXPPP)

 

 

 

"On le sait, il a le job le plus compliqué de la République", confie un député de la majorité. Depuis quelques semaines, Edouard Philippe n'a pas seulement "le job le plus compliqué", il est surtout en première ligne sur l'explosive réforme des retraites. Le Premier ministre, plutôt épargné lors de la crise des "gilets jaunes" il y a un an, se retrouve cette fois très exposé. La grève dans les transports est sans doute la manifestation la plus éclatante à cette opposition au projet du gouvernement, elle est désormais plus longue que celles de 1995 et de l'hiver 1986-1987. De quoi peser sur les épaules d'Edouard Philippe qui a repris, mardi 7 janvier, les négociations avec les partenaires sociaux, alors que de nouvelles journées de mobilisation sont prévues à la fin de cette semaine. "Je suis ouvert à la discussion : le plus tôt sera le mieux", a déclaré le chef du gouvernement sur RTL mardi matin. 

 

 

>> Trafic SNCF, RATP, avancée dans les négociations... Suivez l'actualité de la grève et de la réforme des retraites dans notre direct

 

 

La pression était déjà montée le 31 décembre. Et cette fois, elle est directement venue du plus haut sommet de l'Etat. "J'attends du gouvernement d'Edouard Philippe qu'il trouve la voie d'un compromis rapide", a glissé Emmanuel Macron lors de ses vœux aux Français. Une petite phrase qui n'est pas passée inaperçue et a relancé la machine à spéculations : Edouard Philippe est-il en danger en cas d'échec ? "Le Premier ministre doit certainement savoir que si cette réforme ne se fait pas, la suite de son action sera très difficile à mettre en œuvre", décrypte Sereine Mauborgne, députée LREM du Var.

 

 

 

"Il laisse le Premier ministre piloter"

Nouveauté dans la gestion de cette crise, le chef de l'Etat revient à une lecture beaucoup plus traditionnelle des institutions de la Ve République : au Premier ministre les affaires intérieures ; au président le régalien et l'international. Stanislas Guerini, patron de La République en marche, analyse ainsi la séquence comme "un positionnement très 'Ve' où le président laisse le Premier ministre piloter et en responsabilité". Un avis partagé par la majorité comme l'opposition.

 

 

C'est une lecture nouvelle pour Macron, à savoir qu'il délègue à son Premier ministre la marche du gouvernement. Pierre-Henri Dumont, député LR du Pas-de-Calais à franceinfo

 

 

"Emmanuel Macron retrouve une posture plus traditionnelle. Il était dans une forme de néo-bonapartisme et il rompt avec cela", soutient de son côté le politologue Stéphane Rozès, président de la société de conseil CAP et enseignant à Sciences Po et HEC.

 

 

Jusque là en effet, Emmanuel Macron était plus connu pour son hyperprésidence que pour sa capacité à déléguer. Lors de la crise des "gilets jaunes", c'était lui qui était monté au créneau, lui qui s'était adressé directement aux protestataires en annonçant une série de mesures pour répondre à la crise. Cette fois, sur les retraites, le président ne se mouille pas et charge son Premier ministre de trouver "un compromis rapide". "C'est très différent de l'année dernière, tient à nuancer Aurélien Taché, député LREM du Val-d'Oise. Dans le mouvement des 'gilets jaunes', il y avait une forme d'incompréhension entre le chef de l'Etat et le peuple. Il y avait quelque chose de très personnel et le président a pris ses responsabilités. Aujourd'hui, c'est autre chose. Le président a été élu sur cette réforme et il y a des propositions du gouvernement."

 

 

 

"Il se tient prêt à le déboulonner"

Mais, il y a une chose sur laquelle Emmanuel Macron n'avait pas fait campagne et qui jette aujourd'hui le trouble jusque dans les rangs des députés LREM : l'âge d'équilibre à 64 ans. Un point crucial que l'on doit à Edouard Philippe, très à cheval sur la question budgétaire. En introduisant cette mesure, le chef du gouvernement a fait basculer du côté des contestataires les syndicats réformistes, et en particulier la CFDT. Ils sont pourtant considérés comme des "alliés" indispensables de la majorité pour faire passer sa réforme. Lors de ses vœux, le chef de l'Etat a soigneusement évité le sujet de l'âge pivot. "On nage en pleine ambiguïté. Alors qu'Emmanuel Macron voit bien l'état du pays, il ne fixe pas de lui-même les contours et limites du compromis qu'il demande à Edouard Philippe, comme le fait de renoncer ou pas à l'âge pivot", pointe Stéphane Rozès. 

 

 

Que faut-il comprendre derrière ce silence du président ? "Macron s'est ouvert une porte en mettant la pression sur Edouard Philippe au cas où, mais rien ne dit qu'il l'utilisera. Mais s'il en a besoin, elle est là et il pourra dire : 'Il a échoué à trouver un compromis'", assure Pierre-Henri Dumont.

 

 

Le président n'a aucun intérêt à affaiblir son Premier ministre, mais il l'utilise comme un écran voire un fusible si les choses allaient mal. Stéphane Rozès, politologue à franceinfo

 

 

Gaspard Gantzer, l'ancien conseiller en communication de François Hollande, dit la même chose : "Macron fait le choix du pourrissement. Il se met dans la position de celui qui maintient le cap sur la réforme, mais laisse le Premier ministre gérer l'intendance et il se tient prêt à le déboulonner si la situation s'envenime." Désormais candidat à la mairie de Paris, il fait même cette prédiction : "D'ici trois mois, Edouard Philippe ne sera plus Premier ministre. Soit Macron s'en séparera avant les municipales si le gouvernement ne parvient pas à trouver un compromis, soit après les municipales car il aura vidé Philippe de toute son énergie."

 

 

 

"Edouard Philippe est indispensable"

Ce scénario d'un Edouard Philippe fusible d'Emmanuel Macron fait bondir la majorité parlementaire. "Je n'y crois pas", nous ont répondu plusieurs députés interrogés. "Emmanuel Macron est dans son rôle de demander au Premier ministre et aux syndicats de trouver un compromis rapide", balaye Philippe Chassaing, député LREM de Dordogne. "L'idée du Premier ministre fusible, ça n'existe plus dans la Ve République, plus depuis que la révision constitutionnelle a réduit le mandat du président à cinq ans, que la majorité est élue dans la foulée du président", estime Damien Adam, député LREM de Seine-Maritime.

 

 

Même si c'est le Premier ministre qui négocie la réforme et gère le dossier, tout le monde a conscience que c'est concerté avec le président et qu'aucune décision n'est prise sans sa validation. Damien Adam, député LREM de Seine-Maritime à franceinfo

 

 

De plus, souligne un macroniste, "le président sait bien que même si le Premier ministre part, cela ne changera pas le fait que la réforme restera à faire". Mais, pour la majorité, Edouard Philippe est surtout devenu "absolument incontournable dans la macronie", souligne ce député qui le connaît bien. "Il a une aura très forte et il est d'une loyauté très forte."

 

 

Edouard Philippe dispose aussi d'un atout de taille, selon ce même parlementaire : "Il est indispensable dans le dispositif pour attirer une partie de l'électorat de droite." Le politologue Stéphane Rozès fait la même analyse : "Edouard Philippe incarne et occupe le centre-droit. Cela permet à Macron de préempter ce centre-droit en évitant, par exemple, le retour d'un Xavier Bertrand. C'est une analyse purement tactique qui est de considérer que, dans le cas d'un duel Le Pen-Macron en 2022, le péril viendrait du centre-droit." A droite comme à gauche, on a bien perçu la manœuvre. "Je ne crois pas que Macron lâchera Philippe, il veut incarner un bloc social au service des plus riches qui siphonne la droite", tacle le député insoumis Alexis Corbière.

 

 

Tout cela rend improbable un remerciement prochain d'Edouard Philippe par Emmanuel Macron. Surtout, et c'est plus embêtant pour l'Elysée, le chef de l'Etat ne dispose pas d'une réserve très importante de "Premier ministrables". "Il n'y a pas de remplaçant crédible à ce stade", coupe court un député. Edouard Philippe pourrait aussi décider de prendre le large aux municipales en se présentant au Havre – il se prononcera à la fin du mois de janvier, selon France Bleu. Mais rien ne dit qu'il quittera Matignon pour autant.

 


07/01/2020
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Franceinfo - le lundi 6 décembre 2020

 

 

Réforme des retraites : deux tiers des Français sont contre l'âge pivot, selon un sondage

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

En intégrant à sa réforme un "âge pivot", fixé à 64 ans, l'exécutif s'est mis à dos la CFDT, pourtant favorable à un système universel

 

 

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Des adhérents à la CFDT manifestent contre la réforme des retraites le 17 décembre 2019 à Toulouse. (FREDERIC SCHEIBER / HANS LUCAS / AFP)

 

 

 

Deux tiers des Français (66%) se disent opposés à la mise en place d'un âge pivot en dessous duquel il ne sera pas possible de partir avec une retraite à taux plein, dans le cadre de la réforme en cours, selon un sondage* Elabe pour BFMTV.

 

 

>> Retrouvez les dernières informations sur la grève contre la réforme des retraites dans notre direct

 

 

Les autres mesures de cette réforme recueillent en revanche l'approbation de la majorité des personnes interrogées : 54% (+2) sont favorables à la mise en place d'un régime de retraites par points et 65% (-2) à la suppression des 42 régimes existants, dont les régimes spéciaux, selon ce sondage rendu public lundi. Au total, plus de la moitié (53%, -4) sont toutefois opposés à la réforme, en l'état.

 

 

 

 

Un soutien aux grévistes toujours majoritaire

Concernant le mouvement de contestation accompagné de grèves dans les transports depuis plus d'un mois, la même proportion (53%, -1) continue de le soutenir quand 38% (+1) le désapprouve. Pour 43% (-3) des personnes interrogées, le gouvernement est responsable du conflit social en cours et pour 23% (+2), ce sont les syndicats qui en sont responsables.

 

 

Enfin, deux tiers (62%) des personnes interrogées estiment que les récentes concessions accordées à certaines catégories (policiers, danseurs de l'Opéra, pilotes...) dénaturent le projet initial, même s'ils sont 56% à les trouver justifiées pour des professions spécifiques.

 

 

  • Sondage réalisé par internet auprès de 1 004 personnes selon la méthode des quotas.

 


06/01/2020
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Franceinfo - le mardi 31 décembre 2019 - mis à jour le 01.01.2020

 

 

Retraites, écologie, unité nationale... Les six séquences à retenir des vœux d'Emmanuel Macron pour 2020

 

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franceinfoFrance Télévisions

 

 

Depuis son bureau de l'Elysée, le président de la République a notamment annoncé qu'il comptait mener le projet de réforme de retraite "à son terme", malgré la contestation

 

 

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Le président de la République, Emmanuel Macron, adresse ses vœux aux Français depuis l'Elysée, le 31 décembre 2019. (MARTIN BUREAU / FRANCE 2)

 

 

 

Dix-huit minutes, debout dans le salon d'angle à l'Elysée. Emmanuel Macron a adressé, mardi 31 décembre, ses troisièmes vœux aux Français depuis le début de son quinquennat. Pour l'exercice 2020, le président de la République n'a pas fait d'annonce tonitruante. Si ce n'est qu'il mènera "à son terme" la réforme des retraites qui perturbe le pays depuis bientôt un mois. Franceinfo vous résume tout. 

 

 

 

Il assure que la réforme des retraites "sera menée à son terme" 

Allait-il l'évoquer ? Et si oui, en quels termes ? Au sujet de la réforme des retraites, son dossier chaud du moment (il l'a évoqué pendant trois minutes), Emmanuel Macron a joué la carte de la fermeté : il a répété qu'il ne bougera pas d'un millimètre. Cette réforme, "à laquelle je me suis engagé devant vous et qui est portée par le gouvernement sera menée à son terme, a-t-il assuré. Parce qu'il s'agit d'un projet de justice et de progrès social."

 

 

Dans un contexte de grèves et de manifestations, Emmanuel Macron a dit "entendre beaucoup de mensonges et de manipulations". "L'apaisement toujours doit primer sur l'affrontement. (...) J'attends du gouvernement d'Edouard Philippe qu'il trouve la voie d'un compromis rapide dans le respect des principes", a indiqué le chef de l'Etat... sans jamais citer le mot qui fâche, le fameux âge pivot.

 

 

Le président a redit que la réforme contestée des retraites prendra "en compte les tâches difficiles" pour pouvoir "partir plus tôt". "Nous prendrons en compte les tâches difficiles pour permettre a ceux qui les exercent de partir plus tôt sans que cela soit lié à un statut ou à une entreprise", a déclaré le chef de l'Etat.

 

 

 

Il entamera "la revalorisation et la transformation" des carrières des enseignants, des professeurs et des soignants"

Un coup de pouce pour certaines professions ? "Nous entamerons la revalorisation et la transformation des carrières des enseignants, des professeurs, des soignants", a assuré le président de la République, sans donner plus de précisions en termes de chiffres et de salaires. "Nous devons continuer d'investir davantage dans l'Education et la Santé", a-t-il aussi tenu à préciser.

 

 
 

Il évoque les "moments d'épreuve que nous avons vécus"

Durant l'année 2019 qui vient de s'écouler, "nous avons vécu des moments d'épreuve", a rappelé Emmanuel Macron. Il a cité "la mort de nos soldats dans la lutte contre le terrorisme", "l'assassinat de nos policiers à la préfecture de Police de Paris", "les violences qui ont bousculé la vie de notre pays", "les catastrophes naturelles ayant touché la France en hexagone comme en outre-mer". Il a aussi eu un mot pour la disparition de l'ancien de président de la République Jacques Chirac et l'incendie qui a embrasé la cathédrale Notre-Dame de Paris.

 

 

 

Il promet que 2020 sera "l'année d'un nouveau modèle écologique"

Tout en rappelant les nombreuses initiatives et manifestations (notamment de la jeunesse) pour défendre la planète, Emmanuel Macron a promis que "2020 sera l'année où un nouveau modèle écologique doit se déployer." Avant d'ajouter que "nombre de décisions ont été prises en la matière", comme "fermer les centrales à charbon", "arrêter les nouveaux forages"... ll compte "amplifier ce mouvement et accélérer à toutes les échelles."

 

 
 

Il remercie les maires qui sont des "piliers du quotidien et des territoires"

Les Français seront appelés aux urnes en 2020. Précisément en mars pour les municipales. Emmanuel Macron a "une pensée pour les maires de France". "Dans quelques semaines, nombre d'entre eux s'arrêteront après un ou plusieurs mandats, d'autres solliciteront votre confiance. Qu'ils soient tous remerciés, ils sont les piliers de la République, du quotidien et des territoires", a déclaré le président à moins de trois mois du scrutin.

 

 
 

Il veut lutter "avec détermination contre les forces qui minent l'unité nationale"

L'unité en toile de fond. Selon le chef de l'Etat, "2020 doit ouvrir la décennie de l'unité retrouvée de la Nation." Car, a-t-il dit, "je vois trop de divisions au nom des origines, de la religion, des intérêts." Le président, qui souhaite "lutter avec détermination contre les forces qui minent l'unité nationale", a annoncé prendre "de nouvelles décisions sur ce sujet dans les prochaines semaines." Ce mot "unité" est celui que le président de la République a le plus employé durant son allocution, avant de conclure son allocution avec ses vœux "de paix et de bonheur pour tous."

 


01/01/2020
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Franceinfo - le dimanche 29 décembre 2019

 

 

Réforme des retraites : l'exécutif dénonce un syndicalisme "d'intimidation", Philippe Martinez attribue "le bordel" au gouvernement

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

Dans un entretien au "Journal du Dimanche", le secrétaire d'Etat aux Transports, Jean-Baptiste Djebbari, accuse la CGT de pratiquer "un syndicalisme d'opposition systématique à toute réforme, de blocage et parfois d'intimidation"

 

 

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Le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, lors d'une manifestation contre le projet de réforme des retraites, le 10 décembre 2019 à Paris. (SAMUEL BOIVIN / NURPHOTO / AFP)

 

 

 

Passe d'armes entre Jean-Baptiste Djebbari et Philippe Martinez dans le Journal du Dimanche, alors que le mouvement de grève contre la réforme des retraites entre dans son 25e jour. Le secrétaire d'Etat aux Transports, interrogé par le journal, accuse la CGT de pratiquer un syndicalisme "de blocage" voire "d'intimidation", quand le secrétaire général du syndicat reproche au gouvernement d'organiser "le bordel" dans le conflit sur les retraites.

 

 

La mobilisation contre le projet de système universel de retraite par points est désormais plus longue que celle de 1995. Jean-Baptiste Djebbari dénonce "une pression qui s'exerce de façon anormale sur une partie des cheminots", qualifiant cette attitude "d'inacceptable""J'ai demandé aux dirigeants de la SNCF et de la RATP d'être vigilants et d'agir de façon résolue face à des attitudes d'intimidation, de harcèlement, voire d'agression dont seraient victimes les agents qui ont fait le choix de travailler", assure le secrétaire d'Etat. 

 

 

Le secrétaire d'Etat aux Transports s'en prend notamment à la CGT, qu'il accuse de pratiquer "un syndicalisme d'opposition systématique à toute réforme".

 

 

La CGT veut marquer les esprits par des coups de poing médiatiques. Les Français ne sont pas dupes de la politisation à l'extrême gauche de ce mouvement.Jean-Baptiste Djebbari, secrétaire d'Etat aux Transportsau "Journal du Dimanche"

 

 

"La CGT-Cheminots et SUD-Rail ne sont jamais venus au ministère des Transports débattre, proposer ou même faire état de leur désaccord", regrette encore le secrétaire d'Etat, fustigeant une "politique de la chaise vide" alors qu'il salue "des échanges exigeants, francs et ouverts avec l'Unsa et la CFDT".

 

 

 

"Emmanuel Macron imite Margaret Thatcher"

Dans un entretien également accordé au JDD, Philippe Martinez tire, lui, à boulets rouges sur l'exécutif, accusé d'organiser "le bordel" et de jouer "le pourrissement" du conflit. "Emmanuel Macron se veut l'homme du nouveau monde, mais il imite Margaret Thatcher", tacle le secrétaire général de la CGT. 

 

 

"Il y a une vraie colère. Bien sûr, 24 jours sans être payé, c'est dur. Mais ce conflit est le reflet de deux ans et demi de souffrance", fait-il valoir en rejetant un projet de réforme des retraites "individualiste" alors qu'il devrait être "solidaire".

 

 

Avec la grève, on obtient toujours quelque chose. Regardez, depuis deux semaines, on apprend chaque jour que tel ou tel régime spécial sera finalement maintenu.Philippe Martinez, secrétaire général de la CGTau "Journal du Dimanche"

 

 

Philippe Martinez attend que le président de la République, lors de ses voeux pour la nouvelle année mardi soir, reconnaisse "que la majorité des gens ne sont pas contents, qu'il s'est trompé".

 

 

"Il a dit qu'il avait changé, qu'il était prêt à l'écoute... Où est l'acte II du quinquennat ? Aujourd'hui, il joue avec le feu : avec le Rassemblement national aux aguets, attiser les rancoeurs est dangereux", met en garde le responsable cégétiste.

 


29/12/2019
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Franceinfo - le vendredi 27 décembre 2019 - mis à jour le 28.12.19

 

 

Grève des transports : où en est vraiment la mobilisation ?

 

 

Tous les jours, la RATP et la SNCF communiquent sur le taux de grévistes. La mobilisation a tendance à faiblir. Moins de grévistes cela signifie-t-il que le mouvement s'essouffle ?

 

 

 

Vendredi 27 décembre, au menu des cheminots gare Saint-Lazare (Paris), de la solidarité. Et même s'ils viennent d'apprendre que le taux de grévistes est encore à la baisse, 8,5%, leur détermination ne faiblit pas. "La mobilisation continue, elle est toujours là, avec les collègues on est motivé, je n'ai pas l'impression que la mobilisation s'essouffle", explique un cheminot en grève.

 

 

 

85% de grévistes le 5 décembre, contre 38% vendredi 27 décembre

Au 23e jour de grève, tenir devient compliqué pour certains. La mobilisation s'essouffle-t-elle ? Le 5 décembre, au premier jour de la grève, 85% des conducteurs font la grève. Le 17 décembre, pour la deuxième manifestation, il y a encore 75% de grévistes, vendredi 27 décembre. C'est deux fois moins avec 38% de grévistes. Une baisse qui pourrait être temporaire. Beaucoup de grévistes auraient posé des congés pendant les fêtes avant de reprendre le mouvement.

 


28/12/2019
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Franceinfo - le jeudi 26 décembre 2019

 

 

Le gouvernement envisage une expérimentation de la reconnaissance faciale dans des lieux publics

 

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franceinfoFrance Télévisions

 

 

 

Cette phase de test pourrait durer "de six mois à un an, sous la supervision de la société civile et des chercheurs", a annoncé le secrétaire d'Etat au Numérique, Cédric O, dans un entretien au "Parisien"

 

 

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Le secrétaire d'Etat au Numérique, Cédric O, lors d'une rencontre avec la presse à Washington (Etats-Unis), le 3 décembre 2019. (ERIC BARADAT / AFP)

 

 

 

Cédric O souhaite un "débat apaisé" sur le sujet, mais son annonce a déjà suscité des remous à la veille de Noël. Dans un entretien au Parisien, mardi 24 décembre, le secrétaire d'Etat au Numérique a exprimé le souhait de lancer une expérimentation de la reconnaissance faciale en temps réel sur des images de vidéosurveillance. Cette phase devrait durer de six mois à un an, "sous la supervision de la société civile et de chercheurs", précise le membre du gouvernement.

 

 

 

Les contours de la phase de test sont encore flous

Le règlement général sur la protection des données (RGPD) interdit "l'utilisation de la reconnaissance faciale sans le consentement des personnes qui y sont soumises" et seuls les individus qui auront donné leur accord seront donc identifiés durant ce laps de temps, précisent Les Echos. Mais pour l'heure, il est encore difficile d'obtenir davantage de détails sur ce test. "En France, Thales (via Gemalto) et Idemia travaillent sur ces technologies mais le nom d'aucun industriel n'a filtré", souligne le quotidien économique. Aucune date n'a encore été fixée.

 

 

Cela doit nous permettre d'avoir des retours sur les différents cas d'usage et sur la performance réelle de cette technologie, ainsi que sur les questions qui se posent.Cédric O, secrétaire d'Etat au Numériqueau "Parisien"

 

 

Comme le reconnaît lui-même Cédric O, "il y a de toute évidence des avantages, et des opportunités, mais aussi un certain nombre de risques pour les libertés publiques". La semaine passée, déjà, 80 organisations – dont l'Observatoire des libertés et du numérique  avaient rédigé un appel pour réclamer l'interdiction de "la reconnaissance faciale sécuritaire" en ciblant notamment les portiques "Parafe" utilisés par les forces de l'ordre dans plusieurs aéroports et gares.

 

 

Le gouvernement planche également sur une méthode sécurisée permettant de s'identifier en ligne pour accéder à des services publics ou privés, dans le cadre du programme Alicem (pour "authentification en ligne certifiée sur mobile"). Le décret autorisant la création de l'application a été publié en mai 2019 mais le programme basé sur la reconnaissance faciale est toujours en phase d'expérimentation. Cédric O espère qu'une solution sera proposée aux Français "à l'horizon mi-2021".

 


28/12/2019
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