L'AIR DU TEMPS

L'AIR DU TEMPS

ESPACE - AERONAUTIQUE

Traversons le ciel, allons voir au-delà..... Frayons-nous un chemin entre les étoiles et les galaxies et vagabondons de planètes en planètes. Osons un voyage spacial. N'est-il pas incroyable, à l'heure d'aujourd'hui, de pouvoir avoir des photos de l'espace comme celles de cette catégorie dues à la technologie et au savoir faire de l'Homme...


Franceinfo - le mercredi 7 août 2019

 

 

Astronomie : une équipe internationale de chercheurs révèle l'existence de 39 galaxies invisibles

 

 

avatar

franceinfoRadio France
 

 

 

Des chercheurs français ont participé à cette découverte de galaxies "noires", jusqu'à présent invisibles

 

 

 

19835863

 

Le téléscope Alma, le plus puissant au monde, est basé dans le désert d'Atacama au Chili. (MAXPPP)

 

 

 

Une équipe internationale révèle l'existence de 39 galaxies invisibles, dites "noires", dans une étude à paraître jeudi 8 août dans le magazine Natureet que franceinfo a pu consulter. La formation de ces galaxies remonte à moins de 2 milliards d'années après le Big Bang et constitue le chaînon manquant pour comprendre l'évolution globale des galaxies massives dans l'univers, explique le Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA).

 

 

 

Dix fois plus nombreuses que celles déjà connues

Ces galaxies "noires" permettent de comprendre le lien entre deux populations de galaxies déjà connues : les nombreuses galaxies, jeunes et visibles de l'univers lointain, et les galaxies "mortes", très massives et moins lointaines. Les galaxies "noires" témoignent d’un événement majeur dans l'histoire des galaxies et permettent notamment d’élucider l’origine des galaxies dites "massives", dont les descendantes sont aujourd’hui des galaxies "mortes" qui ne forment plus de nouvelles étoiles. Elles sont par ailleurs dix fois plus nombreuses que celles observées jusque-là en lumière visible avec le télescope spatial Hubble et "constituent probablement la première population de galaxies elliptiques massives formées dans l’univers jeune", selon l'astronome du CEA David Elbaz.

 

 

Cette découverte de l’équipe internationale révèle que l’univers a été capable, en moins d’un milliard d’années, de donner naissance à des galaxies aussi massives que la voie lactée. En revanche, il paraît très compliqué d’expliquer, avec les modèles actuels, comment l’univers a créé, avec une très grande efficacité, ces galaxies. Cela ouvre les portes de la compréhension des premiers milliards d’années de l’histoire de l’univers.

 

 

 

Moins de deux minutes pour les découvrir

C'est le téléscope Alma, le plus puissant du monde, basé dans le désert d'Atacama au Chili, qui a permis cette découverte à laquelle ont participé des chercheurs français du CEA, du CNRS, de l'université Paris-Diderot, et Sorbonne-Paris-Cité. Avec sa cinquantaine d'antennes radio de douze mètres de diamètre, cet appareil  a permis en moins de deux minutes, de percer le mystère des tâches de lumière observées par les chercheurs sur les images du satellite Spitzer, mais dont la faible résolution ne permettait pas l'identification. Avec une qualité d'image à très haute résolution spatiale et une capacité d’analyse du rayonnement de la poussière d’étoiles, Alma a détecté ces galaxies très éloignées et enveloppées de poussière interstellaire.

 

 

La recherche de ces galaxies avait jusqu'à présent échoué car elle reposait essentiellement sur des images dans le domaine visible ou proche de l'infrarouge, où ces galaxies sont totalement invisibles. L’abondance de poussière interstellaire très supérieure à ce que prévoient les modèles représente également un nouveau défi à expliquer pour les astrophysiciens.

 


12/08/2019
0 Poster un commentaire

Franceinfo - le vendredi 2 juillet 2019

 

 

Jupiter, Saturne, Perséides... Comment ne rien rater dans le ciel lors de la Nuit des étoiles

 

 

avatar

franceinfoFrance Télévisions
 

 

 

C'est la période rêvée pour lever le nez. La Nuit des étoiles, édition 2019, revient du 2 au 4 août

 

 

 

La Nuit des étoiles est de retour. Du 2 au 4 août, vous pourrez regarder le ciel et repérer les étoiles et les planètes. "De la pierre à l'étoile", le nom de cette 29e édition, fait référence au cinquantième anniversaire de la mission Apollo 11 pendant laquelle des dizaines de kilos de cailloux avaient été collectés sur la Lune. 

 

 

Le spectacle dans le ciel commencera dès le coucher du soleil à 21h30 (heure de métropole) et sera optimal à 23 heures, à la nuit noire. De nombreuses manifestations sont prévues partout en France (à retrouver ici). Franceinfo vous a préparé un petit guide pour vous aider à vous repérer dans le ciel.

 

 

 

Jupiter et Saturne en ouverture

Parmi les planètes que l'on pourra voir en début de soirée, Jupiter est la première à entrer en scène. Avec un bon télescope, vous verrez ses bandes nuageuses, sa grande tache rouge… Il sera même possible de voir les quatre satellites de la géante gazeuse : Io, Europe, Ganymède et Callisto. C'est ensuite au tour de Saturne de se montrer, de 22 heures jusqu'à 3 heures du matin. 

 

 

Vous trouverez la géante aux anneaux à côté de l'anse de la "théière" que forme la constellation du Sagittaire. A environ 15 degrés au-dessus de l'horizon. Avec des jumelles, vous distinguerez une forme allongée. Mais un télescope, même amateur, vous dévoilera ses fameux anneaux.

 

 

 

Les étoiles filantes du 9 au 13 août

Dans la galaxie des astres visibles, le Triangle de l'été sera visible avec ses trois étoiles brillantes : Véga, Deneb, Altaïr. La première, la plus brillante, se situe très haut dans le ciel, tout proche du zénith. Elle sera visible tout au long de la nuit. Et si vous vous trouvez en dehors des zones urbaines, vous pourrez aussi apercevoir la Voie lactée.

 

 

Si vous voulez avoir la chance de voir des étoiles filantes, il faudra être patient. Le pic d'activité est prévu entre les 9 et 13 août. Mais la Lune, presque pleine, rendra les Perséides moins visibles. Attendez qu'elle se couche, au moins derrière un immeuble, et orientez-vous vers le nord-est. Repérez Cassiopée, qui forme un grand W. Juste en dessous, c'est Persée, qui donne son nom aux Perséides. Le spectacle peut commencer. Faites un vœu !

 


02/08/2019
0 Poster un commentaire

Franceinfo - le vendredi 19 juillet 2019

 

 

"C'est un souvenir absolument extraordinaire" : Claude Catala se souvient des premiers pas de l'homme sur la Lune

 

 

avatar
Édité par Pauline Pennanec'hMatthieu MondoloniRadio France

 

 

 

Il y a 50 ans, l’homme s’apprêtait à marcher sur la Lune pour la première fois. Un exploit qui a parfois créé des vocations, comme celle de Claude Catala, président de l’Observatoire de Paris. Il a raconté à franceinfo comment ce 21 juillet 1969 a changé sa vie

 

 

 

19730839

 

Claude Catala, président de l’Observatoire de Paris. (MATTHIEU MONDOLONI / RADIOFRANCE)

 

 

 

Depuis qu’il est enfant, Claude Catala a la tête dans les étoiles et des étoiles dans les yeux, notamment quand il parle du 21 juillet 1969. Il est alors âgé de dix ans, assis devant le poste de télévision récemment acheté par ses parents. "Je me suis levé en pleine nuit, vers 3h du matin, pour suivre l'événement, je n’aurais raté ça pour rien au monde. C’est un souvenir absolument extraordinaire", raconte-t-il.

 

 

Il se remémore, "ces images très floues, blafardes que l’on voyait sur l’écran. Les conversations à travers la radio avec un son très distordu, tout ça est encore très présent dans mon esprit".

 

 

 

"Un épisode extrêmement marquant"

Il rêve devant l’exploit des trois astronautes américains et suit, jusqu’au bout, la retransmission en direct de ce moment historique : "Je m’en souviens comme si c’était hier parce que c’est un épisode qui a été extrêmement important pour moi, extrêmement marquant. Cette fameuse phrase de Neil Armstrong 'That’s one small step for man, one giant leap for mankind' [c'est un petit pas pour l'homme, un bond de géant pour l'humanité]."

 

 

On le ressent vraiment au fond de soi-même, ce grand bond de l’humanité, et on y participe. Un moment unique, historique, même à 10 ans finalementClaude Catala à franceinfo

 

 

Ce jour-là, naît chez lui une vocation qui l’amènera d’abord à se passionner pour la technologie spatiale, puis, des années plus tard, pour l’astronomie. "J’étais assez fasciné par cette immensité", affirme-t-il.

 

 

 

À la tête de l'Observatoire de Paris

En 2011, il prend logiquement la tête de l’Observatoire de Paris, un lieu historique, fondé au XVIIe siècle, où l’on assume depuis toujours d’être un peu… dans la Lune. "Jean-Dominique Cassini, le premier directeur de l’Observatoire de Paris, est arrivé en 1669, raconte Claude Catala en montrant son portrait, c’est un des premiers astronomes à avoir établi la carte de la Lune à partir de nombreuses nuits d’observation". 

 

 

 

19730897

 

Première carte de la Lune, réalisée par Jean-Dominique Cassini, au XVIIe siècle. (MATTHIEU MONDOLONI/ RADIOFRANCE)

 

 

 

"Tout ça est dessiné à la main, avec beaucoup de précision, de minutie. Chaque cratère est bien à sa place, bien dessiné, explique-t-il, rêveur. On voit les ombres qui permettent de se faire une idée du relief de la surface de la lune."

 

 

Encore aujourd’hui, Claude Catala continue d’observer cette Lune qui l’a tant fasciné enfant. "C’est particulièrement époustouflant de voir la lune à travers une lunette ou même de très bonnes jumelles, c’est vraiment magnifique", s'émerveille-t-il, avant de citer Victor Hugo : "La lune des poètes est métaphorique, celle des astronomes est algébrique, la véritable lune est entre les deux."

 


19/07/2019
0 Poster un commentaire

Franceinfo - le samedi 29 juin 2019

 

 

Le projet Sanctuary va déposer sur la Lune un témoignage de l'humanité... pour les archéologues de demain

 

avatar

France 2France Télévisions
 

 

 

Les Américains avaient envoyé un disque dans l’espace en espérant que des extraterrestres comprendraient un jour le message. Cette fois, des scientifiques français veulent laisser une trace de ce qu’est aujourd’hui l’humanité. A l’intention des hommes du futur… Extrait du magazine "20h30 le samedi" diffusé le 29 juin 2019, juste après le journal de France 2

 

 

 

 

Le projet Sanctuary va emporter sur la Lune les bonnes techniques pour boxer ou danser, les unités de mesure du Système international d'unités (SI) ou la recette de l’ADN humain… En fait, une œuvre d’art subjective et philosophique plus qu’une démonstration scientifique et exhaustive, pâle reflet de ce qu’est vraiment l’humanité. Elle est "un bordel pas possible"selon le cosmologiste Jean-Philippe Uzan qui rappelle qu'"il n’y a pas deux êtres humains identiques".

 

 

"Quand on regarde de loin, il y a quand même des choses, comme plein de gens qui jouent, explique le scientifique au magazine "20h30 le samedi" (replay). Ici, il y a un jeu d’échecs. L’être humain est capable de jouer. C’est un petit message pour le futur :  on ne peut pas faire que des choses utiles. Nous perdons notre temps à faire des choses inutiles parce qu’on fait de l’art, on vend des fleurs, on joue… Et c’est ça qui fait l’humanité."

 

 

 

"C’est un peu la pierre de Rosette d’une partie de la civilisation"

Une dizaine de disques en saphir vont être déposés sur le satellite de la Terre en 2020, là ou s’est posé en 1972 l’équipage d’Apollo 17, dernière mission humaine sur la Lune. Dans les années 1970, les Américains avaient déjà envoyé un disque dans l’espace avec des sons et des musiques. "Les scientifiques de la Nasa espèrent qu’un jour une civilisation extraterrestre pourra entendre, et peut-être comprendre, ces fameux messages…" expliquait le journaliste Jean-Claude Bourret au journal télévisé.

 

 

Les scientifiques français du projet Sanctuary ne veulent pas parler aux extraterrestres… mais tout simplement aux hommes, ceux du futur. C’est un témoignage d’aujourd’hui pour les archéologues de demain : "C’est un peu la pierre de Rosette d’une partie de la civilisation, note un responsable. J’ai toujours imaginé l’excitation qu’avait pu ressentir Champollion en découvrant des hiéroglyphes… Ça va rester là pendant des millions d’années parce qu'il n’y pas d’érosion, de pluie ou d’atmosphère sur la Lune."

 

 

Extrait du magazine "20h30 le samedi" (Twitter) diffusé le 29 juin 2019, juste après le journal de France 2.

 


29/06/2019
0 Poster un commentaire

Franceinfo - le mardi 4 juin 2019

 

 

La Nasa dévoile une image du ciel comme vous ne l'avez jamais vu

 

 

avatar
franceinfoFrance Télévisions

 

 

 

Après 22 mois d'observation des rayons X, on peut voir apparaitre des arcs, représentant les trajectoires des particules à haute énergie

 

 

 

19442087.jpg

 

 

 

A quoi ressemblerait l'espace si nos yeux étaient sensibles aux rayons X ? Vous ne vous êtes sûrement jamais posé la question, mais la Nasa y a quand même répondu, le 30 mai. L'agence spatiale américaine a diffusé une carte inédite du ciel créée par l’outil "Neutron star Interior Composition Explorer", présent à bord de la Station spatiale internationale, précise 20 Minutes. Après 22 mois d'observation des rayons X, on peut voir apparaître des arcs, représentant les trajectoires des particules à haute énergie, selon Sciences et Avenir.

 

 

Impossible, donc, pour nous, de voir ces lumières avec nos yeux. Nous ne percevons qu'une toute petite partie du spectre électromagnétique, les ondes visibles. En réalité, l'objectif initial de la mission Nicer est d'en savoir plus sur l'intérieur des étoiles à neutrons. Pour explorer le cœur de ces étoiles, l'instrument devrait mesurer leur diamètre avec une précision.

 


05/06/2019
0 Poster un commentaire

Franceinfo - le mercredi 24 avril 2019

 

 

"Un nouveau chapitre de la planétologie" : pourquoi le séisme enregistré sur Mars est capital

 

 

avatar
Camille AdaoustFrance Télévisions
 

 

 

Franceinfo a interrogé Charles Yana, chef de projet au Cnes, pour comprendre en quoi cet enregistrement est majeur pour mieux connaître la planète rouge

 

 

 

C'est un signal faible, mais essentiel. Le sismomètre français Seis (Seismic Experiment for Interior Structure), déployé sur Mars dans le cadre de la mission américaine InSight, a capté, le 6 avril dernier, son premier séisme martien, a annoncé mardi 23 avril le Centre national d'études spatiales (Cnes). "C'est fantastique, ce sont des choses qui n'ont jamais été faites. On a entendu la terre bouger", se réjouit auprès de franceinfo Charles Yana, chef de projet en exploitation de la mission au Cnes.

 

 

 

 

 

 

Ce son est le résultat d'un travail de plusieurs années. "Ça fait 25 ans qu'on développe ce sismomètre en France, 25 ans de recherche et de développement au Cnes et à l’IPGP (Institut de physique du globe de Paris)", raconte Charles Yana. L'appareil a été déposé le 19 décembre 2018 sur le sol martien grâce à un bras automatique de l'atterrisseur américain d'InSight, arrivé sur la planète rouge le 26 novembre. Depuis plusieurs mois, la communauté scientifique attendait donc avec impatience l'enregistrement d'un premier tremblement de terre.

 

 

 

Marte-Planeta-85007.gif

 

 

L'histoire de la formation de Mars

L'objectif ? Ecouter battre le coeur de Mars et, séisme après séisme, en apprendre plus sur l'histoire de sa formation survenue il y a des milliards d'années."Ça ouvre un nouveau chapitre de la planétologie : la sismologie martienne", expose Charles Yana. Les scientifiques vont maintenant pouvoir étudier l'intérieur de Mars.

 

 

"On ne sait pas forcément la taille du noyau, la composition du noyau, la croûte, l'épaisseur, la vitesse à laquelle se propagent les ondes. C'est important de savoir tout ça parce que ça permet de comparer à la Terre. Les deux planètes sont nées au même moment, mais elles n'ont pas évolué de la même manière. On ne sait pas pourquoi", ajoute le chef de projet du Cnes.

 


26/04/2019
0 Poster un commentaire

Franceinfo - le samedi 20 avril 2019

 

 

"La Lune va devenir une station-service des futures missions", selon l'astronaute Jean-François Clervoy

 

 

avatar

franceinfoRadio France

 

 

 

"La Lune est un très bon endroit pour répéter ce qu'on fera un jour sur Mars", a expliqué samedi sur franceinfo l'astronaute

 

 

 

19139351.jpg

 

L'astronaute français Jean-François Clervoy, le 5 mai 2015 à Bordeaux. (JEAN-PIERRE MULLER / AFP)

 

 

 

On célèbre en 2019 le cinquantième anniversaire du premier pas de l'homme sur la Lune. L'occasion pour la Cité de l’espace de Toulouse de revenir sur cet exploit avec l’exposition Lune Épisode II qui ouvre samedi 20 avril. "La Lune va pouvoir devenir une station-service des futures missions, qui iront très loin", estime samedi sur franceinfo Jean-François Clervoy, astronaute pour l’Agence spatiale européenne, le CNES et la NASA.

 

 

 

franceinfo : Pourquoi la Lune fascine-t-elle toujours autant ?

 

 

Jean-François Clervoy : La Lune est le seul objet céleste qu'on voit à l'oeil nu. Il a des intérêts scientifiques, opérationnels et commerciaux. C'est la Lune qui nous permet de connaître notre passé, comment la Terre s'est formée, comment la vie est apparue. Il y a eu beaucoup de grandes premières : les Soviétiques ont été les premiers à photographier la face cachée, les Américains ont été les premiers à poser l'homme, les Soviétiques, à nouveau, ont été les premiers à ramener de façon automatique des échantillons de surface lunaire, les Chinois se sont posés les premiers sur la face cachée...

 

 

Les Européens ont été les premiers, et les seuls à ce jour, à atteindre l'orbite lunaire sans propulsion chimique. On a beaucoup à apprendre sur la face cachée, au pôle Sud, où on sait qu'il y a de l'eau et de l'oxygène. C'est intéressant sur le plan commercial : la Lune va pouvoir devenir une station-service des futures missions, qui iront très loin. On se ravitaillera en oxygène, en eau si ce sont des vols habités, près du pôle Sud. La Lune est un très bon endroit pour répéter ce qu'on fera un jour sur Mars, sans faire d'erreur. Sur la Lune, on peut faire des erreurs, on est proches de la Terre, on peut revenir rapidement, converser avec le centre de contrôle, alors que les premiers qui partiront vers Mars ne verront plus la Terre et ne pourront pas échanger en temps réel avec les experts au sol. C'est à la fois un objet culturel, mythique, historique, et un lieu où il est intéressant d'apprendre à faire ce qu'on fera un jour sur Mars.

 

 

 

Les États-Unis veulent y faire revenir des astronautes d'ici cinq ans, a annoncé Mike Pence il y a quelques jours, alors que c'était prévu en 2028 pour la NASA. La Lune reste-t-elle un symbole de concurrence entre grandes puissances, ce qu'on appelle outre-Atlantique la "space dominance", comme au temps de la Guerre froide ?

 

 

Tous les partenaires traditionnels des vols habités ont l'ambition de ramener des humains sur la Lune dans les décennies à venir. Quand les Chinois ont annoncé il y a un an se préparer à poser un taïkonaute en 2030 sur la Lune, les Américains ont annoncé 2028. En 2024, ce ne sera pas possible. Ils ont bien le vaisseau qui est presque prêt, la fusée aussi, mais il n'y a pas d'atterrisseur en développement avancé aujourd'hui pour se poser. Ces annonces visent à affirmer une suprématie dans le domaine. L'idée, c'est de créer le concept du "moon village", où chacun amène ce qu'il peut, quand il peut, pour se faire développer une infrastructure qui ressemble à un village - ceux qui viennent faire de la science, du commerce, de l'exploration... On va à terme établir une base lunaire en exploitant les ressources locales. Ce retour sur la Lune n'est pas seulement pour planter un drapeau, mais pour créer une infrastructure qui nous permet de continuer à collaborer ensemble.

 

 

 

La Chine y a posé un premier engin sur la face cachée début janvier. Il reste donc des choses à y explorer et à en apprendre ?

 

 

Bien sûr. Quand vous écoutez les scientifiques, ils vous diront que la Lune n'a pas tout révélé, on ne connaît pas bien la face cachée. On ne connaît pas encore tout de sa structure interne et de ce qu'elle peut nous apporter comme ressources. Pour étudier l'espace lointain dans des gammes de fréquences de très faibles niveaux, il faut se protéger de la pollution radioélectrique de tous nos téléphones, nos émissions télé sur Terre, qui même à la distance de la Lune, à 400 000 kilomètres, nous gênent. Si vous installez des radiotéléscopes sur la face cachée, vous pouvez recevoir des émissions beaucoup plus fines qui ne seront jamais perçues sur Terre, car complètement étouffées par nos ondes radio. Cela intéresse beaucoup de monde, notamment pour la recherche de signaux intelligents extraterrestres ou juste pour la connaissance de l'univers et de ses origines.

 


21/04/2019
0 Poster un commentaire

Franceinfo - le samedi 13 avril 2019

 

 

"Ses équations sont toujours conformes aux détections" : comment la première image d'un trou noir révèle tout le génie d'Albert Einstein

 

 

 avatar

Propos recueillis parFabien MagnenouFrance Télévisions

 

 

 

La publication d'une image de trou noir était encore inimaginable il y a quelques années. De nombreux chercheurs du projet Event Horizon Telescope ont salué leur père spirituel, un certain Albert Einstein, dont les travaux sont toujours d'actualité

 

 

 

17379191.jpg

 

 Un portrait d'Albert Einstein a été diffusé lors de la présentation de l'image du trou noir de la galaxie M87, le 11 avril 2019 à Shanghai (Chine), l'un des six sites où s'est déroulée la conférence de presse simultanée. (SUN ZIFA / IMAGINECHINA / AFP)

 

 

 

"Peut-être que les observations montreront à un moment que les choses commencent à se fausser, mais pour l’instant, Einstein avait raison."Chercheur au prestigieux institut allemand Max Planck, Eduardo Ros n'a pas caché son excitation au moment de présenter la première image jamais réalisée d'un trou noir, mercredi 10 avril, lors d'une conférence de presse simultanée dans six villes. A cette occasion, les scientifiques du projet Event Horizon Telescope (EHT) n'ont pas manqué de rendre un hommage au père de la théorie de la relativité générale, dont les équations ont durablement modifié notre conception de l'univers.

 

 

>> "C'est la preuve définitive de leur existence" : pourquoi la photo inédite d'un trou noir constitue un exploit

 

 

"Je ne pensais pas avoir l'occasion de voir une telle image dans ma vie", confie Etienne Klein, physicien et philosophe au Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA). Avec enthousiasme, il décrypte l'incroyable legs d'Albert Einstein, génial précurseur qui ne croyait pas lui-même à l'existence des trous noirs pourtant annoncés dans ses travaux.

 

 

 

Franceinfo : Quel est le lien entre Albert Einstein et les trous noirs ?

 

 

Etienne Klein : La théorie de la relativité générale d'Albert Einstein date de 1915. Un an plus tard, le chercheur utilise ses fameuses équations pour prédire l’existence des ondes gravitationnelles. Encore un peu plus tard, l'une des solutions qu'il apporte à ses équations fait apparaître une structure nommée "trou noir". Il ne s'agissait pas d'une solution physique mais d'une solution mathématique, afin de répondre à des paradoxes dans les calculs autour de la vitesse de la lumière.

 

 

Les équations d'Albert Einstein donnent la solution suivante, dans le cas d'un objet sphérique de très grande densité dominé par la gravitation : [en raison de sa masse importante], celui-ci va courber de manière extrêmement forte l'espace-temps dans son voisinage. La ligne droite classique d'un photon [particule élémentaire de la lumière] émis par cet objet sera fortement perturbée par cette courbure. La lumière ne semblera plus émise par cet objet et ce dernier apparaîtra comme noir à un observateur lointain.

 

 

Ironie du sort, Albert Einstein lui-même ne croyait pas aux trous noirs…

 

 

En 1939, en effet, Albert Einstein publie un article dans la revue américaineAnnals of Mathematics (en anglais), où il fait preuve d'une forme d'inversion émotionnelle sur la question. Il explique qu’un trou noir statique – sans rotation – conduirait à un dépassement de la vitesse de la lumière pour les particules situées à l’extérieur. Il en conclut qu'un tel phénomène ne peut pas exister dans la réalité physique. Albert Einstein n'a donc jamais été convaincu lui-même par l'existence des trous noirs.

 

 

Certes, c'est assez classique en physique : il existe parfois des équations dont les solutions ne correspondent pas à des réalités physiques. Mais pourquoi Albert Einstein n’a-t-il pas cru lui-même à ces trous noirs ? Cela peut faire appel à un peu de subjectivité. Au fond, je n’en sais rien.

 

 

Finalement, cette image est tout de même conforme à cette "solution mathématique" imaginée il y a plus d'un siècle ?

Tout d'abord, rappelons qu'il ne s'agit pas d'une image directe, mais qu'elle a été obtenue par interférométrie [plusieurs faisceaux lumineux sont combinés avant un traitement informatique des données recueillies]. Le trou noir produit des effets sur la trajectoire de la lumière des étoiles. Les scientifiques ont donc recueilli cette lumière pour identifier par contraste le trou noir.

 

 

Cette image, qui n'est d'ailleurs pas très nette, confirme bien les prédictions d'Albert Einstein sur les trous noirs. Par le passé, certains avaient déjà simulé la forme de ces objets à partir des équations de la théorie de la relativité générale. Je pense par exemple aux travaux de Jean-Pierre Luminet en 1979, qui avait lui-même placé à la main sur un graphe les points obtenus. C'était déjà un peu la même forme, puisque cette sorte de dissymétrie apparente est confirmée dans l'image diffusée par le projet EHT.

 

 

 

17372015.png

 

Le Français Jean-Pierre Luminet avait réalisé la première modélisation théorique d'un trou noir en 1979, après avoir dessiné à la main les résultats de calculs informatiques. (JEAN-PIERRE LUMINET)

 

 

 

 

Est-ce que cette image inédite permet totalement de valider les équations d’Einstein ?

 

 

Pour le savoir, il faudrait avoir des mesures plus précises sur la manière dont le trou noir interagit avec la matière qui l’entoure. Cela nécessite que des télescopes affinent encore l'image des effets produits sur les jets de matière ou de lumière. Maintenant, il va falloir vérifier que la courbure de l'espace-temps, déduite de la mesure des rayons lumineux qui nous arrivent, est bien conforme aux prédictions d'Albert Einstein. On connaît la masse du trou noir et on connaît sa distance. En revanche, on ne connaît pas sa vitesse de rotation, or la structure métrique d’un trou noir dépend de sa vitesse de rotation.

 

 

Ce n'est pas la première fois qu'une observation de grande ampleur confirme les calculs d'Albert Einstein, puisqu'il avait également prévu les ondes gravitationnelles, détectées en 2015…

 

 

Albert Einstein a un peu oscillé sur la question. Il prévoit leur existence dans un premier article de 1915, revient un peu arrière, mais rédige finalement plusieurs autres articles. Ce sont des phénomènes qui provoquent des variations de longueur d’ondes extrêmement petites. Contrairement aux trous noirs, Einstein croyait à leur existence mais il était convaincu qu'on ne pourrait jamais les détecter. 

 

 

 

Que de chemin parcouru…

 

 

Il serait vraiment intéressant d’avoir la réaction d’Albert Einstein après la diffusion de cette image, de même qu’il aurait été intéressant d’avoir sa réaction après la première détection des ondes gravitationnelles. Je rappelle d'ailleurs que les ondes observées à l'époque étaient justement le résultat de la fusion de deux trous noirs, ce qui prouvait les deux choses à la fois !

 

 

 

17379375.jpg

 

Cette simulation datée du 11 février 2016 présente la collision de deux trous noirs qui a permis de détecter des ondes gravitationnelles pour la première fois. (LIGO LABORATORY / REUTERS)

 

 

 

 

Vous êtes encore bluffé par Albert Einstein aujourd’hui ?

 

 

C’est une situation que je n’arrive pas à comprendre et qui est pourtant bien réelle. Les prévisions des équations d’Albert Einstein sont toujours absolument conformes aux détections quand on décrit des phénomènes dominés par la gravitation (mécanique céleste dans le système solaire, trous noirs, ondes gravitationnelles…). Mieux, ces équations ont même permis de prédire l’existence de nouvelles sortes d’objets physiques.

 

 

La théorie de la relativité générale, pourtant, ne permet pas de tout expliquer…

 

 

Les équations d’Albert Einstein décrivent la gravitation mais il existe d'autres forces dans l’univers – électromagnétique ou nucléaire, par exemple. Celles-ci sont décrites en physique par la mécanique quantique. Or l’espace-temps utilisé par la mécanique quantique n’est pas du tout le même que celui de la relativité générale. L’espace-temps de la physique quantique est statique et rigide ; il n’est pas affecté par les phénomènes qui se déroulent en son sein. L’espace-temps de la relativité générale, en revanche, est lui-même un objet physique déformé par ce qu’il contient.

 

 

En résumé, nous avons deux physiques avec deux espaces-temps différents. Cette contradiction, normalement, devrait être remarquée lors de l'observation de certains phénomènes. Pourtant, l'observation des phénomènes quantiques confirme sans cesse la physique quantique – le dernier cas spectaculaire est le boson de Higgs en 2012. Même chose dans le champ de la relativité générale. Nous sommes sur une physique à deux piliers qui ne sont pas compatibles. Pour combien de temps ? Mystère.

 

 

 

L'étude des trous noirs, justement, pourrait-elle permettre de bâtir une passerelle entre ces deux physiques ?

 

 

Lorsque l'on réalise un mariage entre la physique quantique et la relativité générale aux frontières d'un trou noir, les calculs de Stephen Hawking montrent qu’il doit y avoir une évaporation du trou noir qui est d’autant plus rapide que le trou noir est peu massif. Dans le cas présent, il s'agit d'un trou noir qui atteint plusieurs milliards de masses solaires, dont la durée de vie est quasiment infinie. On ne le verra jamais s'évaporer. Malgré tout, il existe peut-être l'amorce d'une autre astronomie à travers l'observation d'autres trous noirs plus petits. A ce moment-là, nous verrons peut-être des phénomènes quantiques se dérouler au bord d’un objet par ailleurs dominé par la gravitation.

 

 

 

A-t-on épuisé le trésor des équations d’Albert Einstein ?

 

 

Un problème demeure et pourrait les menacer : la matière noire. Prenons la dynamique des galaxies – la façon dont elles tournent sur elles-mêmes et dont elles se déplacent les unes par rapport aux autres. Les équations d'Albert Einstein décrivent parfaitement toutes ces situations, à une condition : il faut supposer que ces objets sont en réalité dix fois plus massifs que leur masse aujourd'hui calculée à partir de la lumière émise. Pour qu'Albert Einstein ait raison, il faudrait donc que la masse réelle de ces objets soit bien plus importante que cette masse visible.

 

 

 

Il aurait commis une erreur ? Comment sortir de cette impasse ?

 

 

Quand il y a une contradiction entre une théorie physique, en l’occurrence la relativité générale, et l’observation, il y a deux solutions possibles. La première est "ontologique" : on va dire qu'il existe des choses jamais vues auparavant, dont l'existence permettrait de rétablir l'accord entre la théorie et l'observation. Ici, de nombreux scientifiques supposent donc l’existence d’une matière de nature inconnue, nommée “matière noire”, qui constituerait la masse manquante [pour respecter la théorie de la relativité générale].

 

 

 

Si l'on croit à cette matière noire, c'est parce qu'on fait confiance aux équations d'Albert Einstein. Des recherches sont menées pour savoir de quoi est faite cette matière, notamment au Cern, mais elles n'ont pas encore abouti.

 

 

A l'inverse, on pourrait peut-être modifier les équations pour rendre compte du mouvement des galaxies sans invoquer l’existence d’une matière supplémentaire. C'est la seconde solution, "législative" : on change la théorie. Des gens travaillent dans les deux secteurs, mais ils sont plus nombreux dans le premier cas. Qui va gagner ? Ce sera à la Nature de décider.

 

 

 

Vous souscrivez donc volontiers à l’hommage rendu à Einstein par les scientifiques du projet Event Horizon Telescope ?

 

 

Nous parlons d’un physicien qui a écrit des équations dont les solutions contenaient des formes – les trous noirs – auxquelles il ne croyait pas lui-même, alors qu’elles existaient pourtant. Cet hommage est entièrement justifié. Certains critiques diront peut-être que la relativité restreinte de 1905 était dans l’air du temps, mais la relativité générale, elle, était une théorie qui n’avait aucune nécessité à l’époque d'Albert Einstein. S’il n’avait pas eu cette ambition élégante dans la façon de comprendre la gravitation, nous n’aurions peut-être toujours pas cette théorie.

 


13/04/2019
0 Poster un commentaire

Franceinfo - le jeudi 11 avril 2019

 

 

Elle a imaginé l'algorithme pour voir le trou noir, Katie Bouman est devenue une superstar

 

 

 

avatar
franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

 

 

Cette scientifique américaine, âgée de 29 ans, a permis de mettre en lumière un trou noir et de le prendre, pour la première fois, en photo. Elle estime, elle, que cette image "a nécessité le talent incroyable d'une équipe de scientifiques du monde entier"

 

 

 

17546359.jpg

 

(KATIE BOUMAN / FACEBOOK)

 

 

 

Encore totalement inconnue du grand public en début de semaine, la chercheuse américaine Katie Bouman est devenue une vedette mondiale après la publication, mercredi 10 avril, de la première image d'un trou noir, rendue possible par un algorithme qu'elle avait conçu. "Je regarde incrédule alors que la première image que j'aie faite d'un trou noir prend forme", a écrit mercredi la jeune femme de 29 ans sur Facebook.

 

 

 

17546283.jpg

 

(KATIE BOUMAN / FACEBOOK)

 

 

 

Si le phénomène céleste est connu depuis le XVIIIe siècle, aucun téléscope n'avait encore réussi à observer un trou noir, sans même parler d'en obtenir une image. Katie Bouman a mis au point en 2016 l'algorithme baptisé CHIRP, qui a permis de créer une image à partir des quatre petaoctets (4 millions de milliards d'octets) de données récoltées par huit téléscopes dans le monde, réunis au sein du projet Event Horizon Telescope.

 

 

La volume de données était tel qu'il a fallu réunir physiquement l'ensemble des disques durs, soit plusieurs centaines de kilos de matériel, en un même lieu, à Westford (Massachusetts, Etats-Unis), où se trouve l'observatoire Haystack dépendant de l'université scientifique Massachusetts Institute of Technology (MIT). Pour s'assurer que l'image ne s'appuyait pas sur une reconstitution erronée, le centre d'astrophysique de Harvard-Smithsonian, qui dépend de l'université d'Harvard (Massachusetts), a formé quatre équipes différentes.

 

 

 

"Le moment le plus heureux que j'aie jamais connu"

Chaque équipe a utilisé l'algorithme pour obtenir une image. Après un mois de travail, les quatre groupes ont présenté leurs résultats aux autres. "Quand j'ai vu que toutes les équipes avaient des images très similaires, ça a été le moment le plus heureux que j'aie jamais connu", a-t-elle expliqué mercredi au Wall Street Journal.

 

 

"Ce n'est pas un algorithme ou une personne qui a créé cette image", a tempéré, via Facebook, la chercheuse, qui est aujourd'hui professeure dans l'autre université scientifique majeure des Etats-Unis, la California Institute of Technology (CalTech). "Cela a nécessité le talent incroyable d'une équipe de scientifiques du monde entier", a-t-elle poursuivi, "et des années de dur labeur pour mettre au point cet instrument, le traitement des données, l'imagerie et les analyses techniques nécessaires pour réussir ce qui semblait impossible."

 


12/04/2019
0 Poster un commentaire

Franceinfo - mars 2019

 

 

 

GRAND FORMAT. "LA BETE A VOLÉ" : LE 2 MARS 1969, LE JOUR OU LE CONCORDE A DÉCOLLÉ POUR LA PREMIERE FOIS

 

 17110145.jpg

 

 

 

 

Dimanche 2 mars 1969. Après sept années de travail acharné, l'avion supersonique se prépare à réaliser son premier vol, et à ainsi faire taire les oiseaux de mauvais augure qui prédisent un fiasco. Pour l'instant, il n'est pas encore question de franchir le mur du son, d'atteindre Mach 2 ou même de relier Paris à New York en trois heures et demie avec 100 passagers à son bord. Alors que le programme a été lancé en 1962, il s'agit seulement de voler, de montrer à la France et au reste du monde que le rêve de transporter des voyageurs à une vitesse dépassant celle du son est possible.

 

 

Cinquante ans plus tard, jour pour jour, retour sur ces heures qui ont forgé l'histoire de l'aéronautique française.

 

 

17110195.jpg

 

 Des centaines de journalistes sont venus à Toulouse (Haute-Garonne) pour assister au premier décollage du Concorde.  (SUD-AVIATION)

 

 

 

"TOUT LE PAYS S'EST ARRÊTÉ POUR SUIVRE CE DÉCOLLAGE"

U"Shadok contrit, picorant son impatience", voilà à quoi ressemble le Concorde – Concorde tout court pour les puristes – pour René Mauriès, le rédacteur en chef de la Dépêche du Midiposté en bord de piste à la mi-journée. Avec près de 400 autres journalistes, il guette depuis 7 heures du matin les moindres signes d'un décollage imminent. Même Jacqueline Auriol, la première femme pilote d'essai française et première Européenne à avoir franchi le mur du son, joue les consultantes, installée dans les gradins.

 

 

 

17110207.jpg

 

Jacqueline Auriol, la première femme pilote d'essai française et première Européenne à avoir franchi le mur du son, joue les consultantes dans les gradins.  (SUD-AVIATION)

 

 

 

 

Dans les hangars, les ingénieurs anglais qui ont fait le déplacement n'en croient pas leurs yeux : un véritable brouillard londonien enveloppe Toulouse, accompagné d'un vent d'autan. Impossible de décoller dans ces conditions. Pourtant, sur et autour de la piste, tout est prêt. Le trafic commercial est suspendu pour la journée ; les vols privés, eux, le sont déjà depuis trois jours. Deux appareils se tiennent prêts à décoller pour accompagner le supersonique : un Gloster Meteor, chargé de surveiller des anomalies extérieures, et un autre avion embarquant des caméras pour immortaliser l'événement. Deux hélicoptères de secours sont également en stand-by, pour intervenir en cas de problème.

 

 

Un énième retard pour cet avion, dont la France entière attend l'envol devant sa télé ou son poste de radio.

 

 

 

 

Tout le pays s'est arrêté pour suivre ce décollage. C'était une affaire nationale, on en parlait depuis sept ans, avec des rebondissements liés aux relations orageuses avec les Britanniques, nos partenaires dans ce projet. C'était incroyable, le nombre de défis techniques à relever.

Pierre Grange, pilote du Concorde de 1984 à 1989 et pilote d'essai de l'avion lors de sa remise en service en 2001

 

 

 

Car le Concorde, c'est une équation : relier Paris à New York à Mach 2 – deux fois la vitesse du son – avec 100 passagers à bord. Pour pimenter le challenge, Français et Britanniques sont à la lutte avec les Américains et les Russes, qui développent eux aussi leur avion supersonique.

 

 

Pour replonger dans ces lointains souvenirs, Bernard Dufour, 83 ans, ressort ses albums photo de l'époque. En 1969, il est le directeur de l'usine Sud-Aviation de Toulouse, à 33 ans à peine. A mesure qu'il tourne les pages, c'est tout un pan de l'histoire de l'aéronautique qui défile : Neil Armstrong, les Tupolev, père et fils, mais aussi Giscard et Pompidou... Tous sont venus scruter la bête en construction dans les hangars de Toulouse. Et tous s'interrogent. Peuvent-ils le faire ?

 

 

Pour réussir cet exploit, c'est lui qui a joué "les aboyeurs". En 1965, il prend l'initiative d'afficher "1er vol le 28 février 1968" en grand, sur un mur du hangar principal. "Face à un planning qui ne cessait de glisser de mois en mois, il le fallait bien, se souvient-il avec malice. Mais mon idée a rendu furieux André Turcat, le pilote d'essai en chef. Il m'a répondu : ‘Concorde volera quand je dirai qu'il est prêt’."

 

 

André Turcat est celui qui est aux commandes depuis le début de l'aventure. Ce Marseillais polytechnicien de 47 ans est une légende de l'aviation française. En 1969, il totalise 3 000 heures de vol d'essai et est le premier à avoir atteint Mach 2 (deux fois la vitesse du son), sur le célèbre Griffon. A ses côtés, de vieux routiers des essais en vol : son copilote, l'expérimenté Jacques Guignard, a ainsi participé à la conception du Trident français, un chasseur supersonique à bord duquel il a eu un grave accident, en 1953. Au poste de mécanicien, on trouve Michel Rétif, aujourd'hui encyclopédie vivante du Concorde. L'ingénieur navigant Henri Perrier complète l'équipage.

 

 

Outre la noria de journalistes, Henri Ziegler, le patron de Sud-Aviation, et George Edwards, de la British Aircraft Corporation, patientent dans les salons de l'aéroport. L'équipage, lui, est affûté comme jamais. Les quatre hommes ont répété les manœuvres à 52 reprises dans un simulateur de vol. "C'était là aussi une première", précise Bernard Dufour. Ils ont également effectué douze "roulages" – la phase, sur la piste, qui précède le décollage – à vitesse croissante, et les derniers à la limite du décollage, c'est-à-dire à près de 300 km/h, rappelle Jean-Marc Olivier dans 1969 – Concorde : premier vol (2018, éditions Midi-Pyrénéennes).

 

 

 

17110259.jpg

 

 De gauche à droite, Michel Rétif, André Turcat, Henri Perrier et Jacques Guignard, le 28 février 1969 à Toulouse. Seul Michel Rétif est toujours vivant.  (AFP)

 

 

 

 

"CETTE PANNE-LÀ, JE L'ACCEPTE"

 

Après un premier compte à rebours arrêté en raison d'un plafond nuageux trop bas, tous vont manger à 14 heures, dans un restaurant de Saint-Martin-du-Touch. Le repas est léger, et sans vin, pour une fois. Collectivement, les quatre hommes, profitant d'une fenêtre météo, finissent par prendre la décision de décoller. Comme par miracle, c'est l'éclaircie en début d'après-midi. Naturelle celle-là, contrairement aux circonstances du premier vol du Tupolev Tu-144, le rival russe du Concorde, le 31 décembre 1968. Pour forcer la nature, du nitrate d'argent avait ainsi été dispersé dans les nuages au-dessus des pistes de Zhukovsky, à 43 km au sud de Moscou, pour accélérer leur condensation.

 

 

Dans son bureau de directeur général de l'usine Sud-Aviation de Toulouse, Bernard Dufour est aux premières loges. "Je vois alors les quatre hommes monter dans l'avion et fermer la porte derrière eux. J'écoute et je suis alors la très longue check-list à la radio." Une litanie qui s'interrompt brutalement lorsqu'une alarme retentit, juste après l'allumage du premier réacteur. Un problème de refroidissement de turbine. Nouvel arrêt du compte à rebours. Un technicien monte à bord, tout tremblant.

 

 

 

Nous ne sommes pas pressés, il n'y a rien d'urgent, sinon de bien faire votre travail.

André Turcat, pilote d'essai du Concorde

 

 

L'équipage préfère plaisanter et propose même de faire une belote en attendant. Une fois l'intervention terminée, nouvelle alarme : cette fois-ci c'est au tour du système de conditionnement, en charge du refroidissement de la cabine, de lâcher. "Cette panne-là, je l'accepte parce qu'il y a deux systèmes de secours", tranche le pilote, qui connaît par cœur chaque détail de l'appareil. C'est même lui qui a dessiné le volant de Concorde, en Y, pour que le pilote puisse voir tous les contacteurs, interrupteurs et autres voyants qui constellent la planche de bord. Vers 15h30, l'appareil s'ébranle enfin, dans le fracas de ses quatre réacteurs Rolls-Royce Olympus. "Je me souviens de l'avion qui est parti en bout de piste. Une piste flambant neuve. Elle avait été bombardée pendant la guerre, et malgré les réparations, on craignait des faiblesses. On a alors préféré la refaire entièrement pour Concorde, se souvient Bernard Dufour. Une fois en place, on a alors attendu de longues secondes..."

 

 

 

 

17110291.jpg

 

 Concorde au moment de son décollage, suivi de près par le Gloster Meteor de Jean Dabos. (SUD-AVIATION)

 

 

 

"TU PEUX PAS SAVOIR CE QUE C'EST BEAU !"

A15h40 et 11 secondes, les freins sont lâchés. En 23 secondes d'un long rugissement, l'avion atteint les 300 km/h. Son bec incliné, qui permet au pilote de voir la piste à l'atterrissage, s'élève doucement. Concorde quitte alors progressivement le sol. Sa légende est en marche. Ou en vol. "Je me souviens qu'à ce moment-là, on était tous heureux", sourit Bernard Dufour.

 

 

 

Les objectifs des énormes caméras de l'époque le suivent jusqu'à ce qu'il disparaisse dans les nuages et atteigne les 6 000 pieds (1 800 mètres d'altitude). Celles embarquées dans l'un des deux avions prennent le relais. Pour ce vol d'essai, André Turcat a voulu garder le nez baissé et les trains d'atterrissage sortis, pour limiter les risques de panne. Pas question de pousser les moteurs à fond. L'avion reste à 250 nœuds (environ 460 km/h). "Pour Concorde, c'est comme une voiture qui roule à la vitesse d'un piéton. Ce n'est pas naturel", commente Pierre Grange.

 

 

Dans le ciel, sa silhouette, autant que le bruit des quatre réacteurs, sont impressionnants. A tel point qu'au moment de passer à la verticale d'Auch, l'arbitre du match de football entre Solomiac et Miremont interrompt la rencontre quelques minutes pour permettre aux joueurs et aux spectateurs d'admirer Concorde. Dans les airs, le silence radio, imposé par André Turcat, est brisé par Jean Dabos, le pilote de l'avion Meteor chargé de le suivre de près pour signaler des anomalies extérieures. 

 

 

 

Tu peux pas savoir ce que c'est beau !

Jean Dabos, pilote du Gloster Meteor, à André Turcat

 

 

Si, vu de l'extérieur, tout semble se dérouler sans accrocs, dans le cockpit des alarmes se déclenchent, comme celle du "parachute largué", qui sert de frein à l'atterrissage. Heureusement, c'est une fausse alerte, son ouverture aurait été catastrophique. Toutefois, un nouveau conditionneur d'air lâche. La température dans l'habitacle augmente subitement. Pas un problème pour l'équipage, mais un véritable danger pour les calculateurs. "Dans la version définitive de Concorde, il faut rappeler que derrière le galley, c'est-à-dire la partie où l'on réchauffe les plats et où l'on entrepose ce qui est destiné aux passagers lors d'un vol, il y avait des empilements de boîtes contenant les calculateurs. Il fallait que l'air circule pour éviter leur surchauffe", détaille Pierre Grange. Ces calculateurs permettent notamment de gérer les commandes de vol électriques, l’une des nombreuses innovations de l'appareil. Pour ne pas prendre de risques, André Turcat décide d'écourter le vol et d'amorcer la descente.

 

 

 

17110339.jpg

 

L'équipage à sa descente de Concorde, quelques minutes après le premier vol réussi. (SUD-AVIATION) 

 

 

 

"LA MACHINE VOLE, ET ELLE VOLE BIEN"

L'atterrissage est l'autre grande inconnue de ce vol. "Il faut se rendre compte du défi que cela représente, martèle Pierre Grange. Cette aile delta a été dessinée et conçue en soufflerie et après des heures et des heures de calcul à la main. Les ingénieurs ne savaient pas, à ce moment-là, comment l'avion allait se comporter."D'autant qu'avec 18 nœuds, le vent est plus fort que prévu. Mais André Turcat place Concorde dans l'alignement de la piste et déclenche le parachute, qui se déploie à l'extrémité arrière du fuselage. A 16h08, après 42 minutes de vol, tout est terminé.

 

 

 

A ce moment-là, on est soulagés, la bête a volé.

Bernard Dufour, directeur de l'usine Sud-Aviation de Toulouse (Haute-Garonne)

 

 

A 16h16, Concorde rejoint son parc, arrête ses moteurs et relève son nez. La porte s'ouvre et l'équipage fait sa descente triomphale. Sur l'estrade installée dans l'aérogare, le soulagement se lit sur les visages. André Turcat la joue sobre à sa sortie : "La machine vole, et elle vole bien." Une déclaration reprise par toute la presse le lendemain et restée dans l'histoire. Mais le directeur de l'usine, alors présent juste derrière l'estrade, précise la suite. "Turcat a envoyé ses meilleurs vœux aux astronautes américains qui décollaient le lendemain (mission Apollo 9). Il a ainsi placé l'exploit de Concorde au même niveau que celui réalisé par la Nasa. On vivait une période extraordinaire. On était à la tête du monde ce jour-là".

 

 

 

17110323.jpg

 

Les quatre membres de l'équipage de Concorde lors de la conférence de presse organisée dans l'aérogare

de l'aéroport de Toulouse-Blagnac (Haute-Garonne).  (SUD-AVIATION)

 

 

 

Mais ce dimanche 2 mars 1969, plus qu'à un simple vol d'essai, c'est à l'amorce d'une renaissance qu'ont assisté les Français. Celle de l'aéronautique française, et plus largement européenne. Après la Seconde Guerre mondiale, ce secteur est moribond. Hormis le succès de la Caravelle (un avion de ligne biréacteur, destiné aux itinéraires court et moyen-courriers), ce sont les Américains et les Russes qui dominent le marché de l'aviation. Le succès de Concorde, et de ce vol en particulier, annonce celui d'Airbus. "Si Concorde n'était pas parvenu à voler, l'aventure Airbus aurait été compromise. Sans ce succès, nous n'aurions jamais convaincu nos partenaires de développer l'A300. C'est ce jour-là qu'on a sauvé l'aviation européenne", tranche sans sourciller Bernard Dufour.

 


03/03/2019
0 Poster un commentaire

Franceinfo - le samedi 2 mars 2019

 

 

Lancement d'une capsule SpaceX vers la Station spatiale internationale : "On dépasse largement la navette spatiale"

 

avatar

franceinfoRadio France

 

 

Frédéric Castel, journaliste scientifique et spécialiste des vols habités, estime que cela permet aux États-Unis d'"échapper à la dépendance des Russes" pour l'envoi d'astronautes dans l'espace

 

 

 

17123303.jpg

 

Le lancement de la fusée Falcon 9 de SpaceX le 2 mars 2019 à Cap Canaveral, en Floride. (JIM WATSON / AFP)

 

 

 

SpaceX a lancé samedi 2 mars sa nouvelle capsule "Crew Dragon" dans l'espace depuis Cap Canaveral, en Floride. La capsule va rejoindre la Station spatiale internationale, avec un mannequin rempli de capteurs à bord. Il s'agit d'un test avant l'envoi d'astronautes, huit ans après le retrait des navettes spatiales de la Nasa. "On change complètement de système : c'est un système 100% américain, privé, qui dépasse largement la navette spatiale, qui était le grand programme américain et s'est arrêté en 2011, pour échapper à la dépendance des Russes depuis 2011", a estimé sur franceinfo Frédéric Castel, journaliste scientifique et spécialiste des vols habités, qui a suivi la préparation du programme à Cap Canaveral.

 

 

 

franceinfo : En quoi consiste cette mission en direction de l'ISS ?

 

 

Frédéric Castel : La mission semble simple : rejoindre l'ISS. C'est en réalité extrêmement complexe : la Nasa, par l'intermédiaire de cette compagnie privée d'Elon Musk, met en place tout un système. C'est une fusée Falcon 9 qui a déjà volé plusieurs fois vers la station, mais avec du cargo, sur laquelle on met maintenant une capsule, qui servait comme cargo mais qu'on a transformée en capsule habitée. Les exigences de sécurité sont draconiennes quand il y a des astronautes. Il pourra y avoir jusqu'à sept astronautes dans cette capsule, mais cette fois-ci on a mis un mannequin rempli de capteurs pour déterminer les contraintes, les accélérations, les volumes etc.

 

 

Ensuite, le rendez-vous avec la station est assez classique, mais il faut que ça se passe bien. Les Russes ont demandé le respect de beaucoup de normes de sécurité. Enfin, le 8 mars, cette capsule revient avec quatre nouveaux parachutes géants, elle va tomber au large de Cap Canaveral. On change complètement de système : c'est un système 100% américain, privé, qui dépasse largement la navette spatiale, qui était le grand programme américain et s'est arrêté en 2011, pour échapper à la dépendance des Russes depuis 2011.

 

 

 

Est-ce une mission test avant d'envoyer deux astronautes dans les quelques mois qui arrivent ?

 

 

Si ça se passe bien, on parle du mois de juillet dans les couloirs de SpaceX et de la Nasa. Mais quand on parle avec les spécialistes, on sait qu'il y a, même dans le meilleur des cas, énormément de choses à régler. Les dates les plus réalistes sont plutôt vers l'automne. L'équipage est prêt, il était là d'ailleurs ce matin pour assister au lancement. Le premier étage de la Falcon 9 a été récupéré et servira de nouveau. Les Américains aiment lancer leurs astronautes depuis leur territoire, c'est historique, emblématique.

 

 

Les Européens, les partenaires de la Station spatiale, profiteront de ce nouveau système de lancement de SpaceX. N'oublions pas que dans quelques mois, Boeing fera exactement la même chose avec la Nasa dans le cadre d'un partenariat commercial. La Nasa aura donc deux systèmes de lancement de vols habités, et ils paient directement les compagnies pour avoir le vol fiable et sûr pour leurs astronautes. SpaceX a touché 3,14 milliards de dollars pour mettre au point cette capsule et ce nouveau système de lancement. Ils ont énormément de commandes publiques, environ trois quarts réalisées par le gouvernement américain.

 

 

 

Est-ce qu'on est là aux prémices d'une nouvelle ère, celle des taxis vers l'espace ?

 

 

"Taxi", peut-être pas. Ce qui est sûr, c'est que le programme navettes, d'une centaine de vols, a prouvé que l'avion de l'espace ne fonctionnait pas. Ca a coûté très cher, les vols étaient entre 500 et 800 millions de dollars. Deux navettes ont eu des accidents, la Nasa a perdu quatorze astronautes, car en cas de pépin il était impossible de les sauver. On n'aura jamais affaire de notre vivant à des allers et venues comme on prend le train.

 


03/03/2019
0 Poster un commentaire

Franceinfo - le lundi 21 janvier 2019

 

 

Regardez l’éclipse totale de Lune, la prochaine n'aura pas lieu avant 2022

 

 

201901200748-full.jpg

 

 LaDepeche.fr

 

 

 

Les passionnés d'astronomie vont devoir rester éveillés pour ne pas rater l'unique éclipse totale de Lune de l'année 2019. Dans la nuit de dimanche 20 à lundi 21 janvier, entre 4h34 à 7h51 heure de Paris, la pleine Lune passera dans l'ombre de la Terre, et c'est un évènement que vous pouvez voir sur notre site franceinfo.fr. Si les nuages ne gâchent pas le spectacle.

 

 

Cette éclipse totale sera visible en France métropolitaine à partir de 6h12 et la Lune prendra une teinte rouge car les rayons du soleil ne l'atteindront plus directement et une petite partie des rayons rouges seront filtrés par l'atmosphère terrestre, et réfractés vers la Lune.

 

 

Les éclipses totales de Lune correspondent à un concours de circonstances rare : il faut que la Terre se situe exactement entre le Soleil et la Lune. La prochaine éclipse totale visible depuis l'Europe aura lieu le 16 mai 2022, même si des éclipses partielles auront lieu dans l'intervalle.

 


21/01/2019
0 Poster un commentaire

Franceinfo - le vendredi 18 janvier 2019

 

 

De plus en plus d'astéroïdes percutent la Terre

 

 

 

 

Le nombre d'astéroïdes ayant frappé la planète a été deux fois et demi supérieur dans les 290 derniers millions d'années par rapport aux 700 millions d'années précédentes

 

 

 

16852711.jpg

 

L'astéroïde Bénou photographié par la Nasa, le 16 novembre 2018. (HO / NASA/GODDARD/UNIVERSITY OF ARIZO)

 

 

 

Les astronomes pensaient jusqu'à présent que la quantité d'astéroïdes fondant sur la Terre avait diminué d'intensité avec le temps. C'est en réalité l'inverse. Le nombre d'astéroïdes ayant frappé la Terre a été deux fois et demi supérieur dans les 290 derniers millions d'années par rapport aux 700 millions d'années précédentes. C'est ce qu'ont découvert des chercheurs, qui ont publié leurs résultats dans la revue Science (en anglais) jeudi 18 janvier. 

 

 

Quelle en est l'origine ? Probablement de grands accidents cosmiques dans la ceinture d'astéroïdes située entre Mars et Jupiter. "Ces impacts ont envoyé une pluie de roches spatiales vers la Terre. Il y aura un pic et puis cela diminuera", dit à l'AFP Tom Gernon, co-auteur de l'étude et professeur de sciences de la Terre à l'université de Southampton (Royaume-Uni).

 

 

 

La Lune autant bombardée que la Terre

Pour calculer la fréquence des impacts, les scientifiques ont compté le nombre et l'âge des cratères sur la Lune, qui est autant bombardée que la Terre. Ils ont découvert qu'ils existaient dans des proportions similaires sur les deux astres. "La Lune est comme une capsule témoin, elle nous aide à mieux comprendre la Terre", dit William Bottke, expert en astéroïdes au Southwest Research Institute aux Etats-Unis.

 

 

Jusqu'à présent, on pensait qu'il y avait moins de cratères anciens sur Terre, par rapport à d'autres corps du système solaire, en raison de l'érosion par les vents ou des processus géologiques, qui n'existent pas sur la Lune. Finalement, disent les chercheurs, il y en avait moins dans un lointain passé tout simplement car il y avait moins d'astéroïdes.

 

 

Cette augmentation doit-elle inquiéter les Terriens ? "Pas du tout", répond Tom Gernon, qui rappelle que ces impacts restent très rares. Du reste, la Nasa surveille en permanence tout objet de plus de 30 à 50 mètres de largeur se rapprochant de notre planète.

 


18/01/2019
0 Poster un commentaire