L'AIR DU TEMPS

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Franceinfo - le dimanche 10 novembre 2019 - mis à jour le 11.11.19

 

 

Législatives en Espagne : le Parti socialiste en tête mais isolé, l'extrême droite en pleine ascension

 

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franceinfo avec AFP et ReutersFrance Télévisions

 

 

Les conservateurs reprennent du poil de la bête, en deuxième position

 

 

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Le Premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, le 11 novembre 2019 à Madrid (Espagne). (BURAK AKBULUT / ANADOLU AGENCY / AFP)

 

 

 

Victoire en demi-teinte pour le Premier ministre sortant, Pedro Sanchez. Le Parti socialiste espagnol (PSOE) est arrivé en tête des élections législatives, dimanche 10 novembre, avec 28% des voix, après le dépouillement de 100% des voix. Avec 120 élus, il conserve presque le même nombre de sièges au Parlement que lors du précédent scrutin, en avril dernier (123).

 

 

Avec 21% des voix, les conservateurs du Parti Populaire (PP) se sont remis du pire résultat de leur histoire (66 sièges en avril) et comptent 88 sièges. Le parti d'extrême droite Vox, entré au Parlement en avril avec 24 sièges, en devient la troisième force, avec 52 sièges (15%). C'est l'ascension "la plus fulgurante de la démocratie espagnole", s'est écrié son chef, Santiago Abascal.

 

 

 

mathieu gallard@mathieugallard

🇪🇸🗳️ Les deux grands perdants de la soirée :

➡️ @sanchezcastejon, dont le pari est perdu et qui va devoir revoir ses exigences à la baisse s'il veut rester PM

➡️ @Albert_Rivera, dont le parti implose du fait de l'incapacité de son leader à tenir une ligne politique claire

mathieu gallard@mathieugallard
 

🇪🇸🗳️ L'évolution du score de l'extrême-droite aux élections législatives en depuis la fin du franquisme.

 

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Les deux alliés potentiels des socialistes essuient un lourd revers. La formation de gauche radicale Podemos chute de 33 à 26 sièges, avec 10% des voix, tandis que les centristes de Ciudadanos s'effondrent à 10 sièges (8%), soit 47 de moins qu'il y a six mois.

 

 

 

Casse-tête à venir pour gouverner

Pour Pedro Sanchez, la tâche de bâtir une coalition s'annonce difficile. Ses alliés naturels ont été punis dans les urnes, et les électeurs n'ont pas répondu à son appel de lui donner une majorité claire : son groupe parlementaire sort presque inchangé de ce nouveau scrutin. Le Parlement est une fois de plus bloqué, comme il l'est depuis la fin du bipartisme PP-PSOE, en 2015, avec l'arrivée de Podemos et de Ciudadanos. Ni un bloc de gauche (PSOE, Podemos et sa liste dissidente Mas Pais) ni une alliance des droites (PP, VOX et Ciudadanos) n'atteignent la majorité absolue de 176 sièges sur 350.

 

 

Pedro Sanchez ne cache pas qu'il préfère gouverner seul en minorité plutôt que de tenter de s'entendre avec Podemos après l'échec de leurs négociations l'été dernier. Il répète que les autres partis devraient laisser gouverner celui qui arrive en tête, en s'abstenant lors du prochain vote de confiance de la chambre. Dans la nuit de dimanche à lundi, sous les cris d'encouragement de ses partisans, il s'est engagé à "débloquer la situation politique et à former un gouvernement progressiste"

 

 

Antonio Barroso, analyste du cabinet Teneo, entrevoit deux voies, toutes deux difficiles, pour former un gouvernement. La première : "un accord entre partis de gauche - PSOE, Podemos et Mas Pais - mais qui requiert l'abstention de partis plus petits lors du vote de confiance". La deuxième : une abstention du PP pour laisser Pedro Sanchez gouverner en minorité. Mais "la concurrence entre le PP et Vox incite le PP à ne pas permettre la formation d'un gouvernement de gauche", a-t-il expliqué.

 

 

 

La Catalogne au cœur de la campagne 

Quelques semaines après les manifestations ayant dégénéré en violences, la Catalogne a dominé la campagne. Vox, dont le chef prône l'interdiction des partis séparatistes et la suspension de l'autonomie de la Catalogne, en a été le bénéficiaire. "J'ai toujours voté PP mais vu la situation, je crois qu'il faut employer la manière forte" avec la Catalogne et l'immigration, autre thème central de la campagne de Vox, disait une sympathisante, Ana Escobedo.

 

 

Si Vox a bénéficié du rejet des indépendantistes catalans au niveau national, le verdict des urnes est tout autre dans la province. Les partis indépendantistes catalans ont consolidé leur représentation : à trois, ils totalisent 23 sièges (contre 22 en avril) sur les 48 qui étaient en jeu en Catalogne.

 


11/11/2019
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Franceinfo - le dimanche 10 novembre 2019

 

 

Législatives en Espagne : interviews Skype, meetings en vidéoconférence... L'étrange campagne du Catalan Carles Puigdemont, exilé en Belgique

 

 

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Raphaël GodetFrance Télévisions

 

 

 

Menacé d'arrestation dans son pays, le leader indépendantiste a supervisé les élections de dimanche à distance. A 1 300 kilomètres de son fief catalan, il a mené campagne en comptant sur une bonne connexion internet

 

 

 

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Le leader indépendantiste catalan, Carles Puigdemont, lors d'une conférence organisée le 14 octobre 2019 à Bruxelles (Belgique). (FRANCOIS LENOIR / REUTERS)

 

 

 

Quand les premiers électeurs espagnols vont pousser la porte des bureaux de vote sur les coups de 9 heures, dimanche 10 novembre, Carles Puigdemont sera levé depuis deux bonnes heures déjà. Comme tous les matins, il commencera par lire les journaux. Puis, il consultera les dizaines de messages reçus dans la nuit de la part des camarades de son parti, Junts per Catalunya (Ensemble pour la Catalogne, JxC). C'est que le leader indépendantiste catalan est surtout joignable par téléphone depuis qu'il s'est exilé à Bruxelles il y a deux ans pour fuir la justice de son pays, qui lui reproche d'avoir organisé illégalement le fameux référendum d'autodétermination d'octobre 2017.

 

 

Son quartier général est une jolie demeure de briques rouges du quartier résidentiel de Waterloo, au sud de la capitale belge. "C'est la tour de contrôle de la campagne", assurent à franceinfo tous ceux qui ont eu l'autorisation de passer la porte d'entrée de la "Maison de la République catalane", comme il est écrit sur la plaque métallique vissée sur la façade.

 

 

Car même s'il n'est pas candidat cette fois-ci, Carles Puigdemont reste l'un des grands manitous de la campagne pour les élections législatives dans les rangs de JxC. Autour du "président", comme l'appelle encore son entourage qui ne veut pas oublier ses presque deux ans à la tête de la Catalogne, c'est une toute petite équipe qui s'affaire. "J'ai compté quatre ou cinq personnes, raconte André Bordaneil, le maire de Maureillas, qui lui a rendu visite "en ami" avec d'autres élus des Pyrénées-Orientales début octobre. Il a un conseiller politique, un secrétaire particulier, un concierge, et c'est à peu près tout. Cela n'a rien de pléthorique."

 

 

 

L'illa de Robinson@illaderobinson
 

🔴 Us mostrem imatges de l’interior de la Casa de la República, la residència de la localitat belga de Waterloo on s’ha establert el govern català a l’exili, amb el president Carles Puigdemont (@KRLS) al front 📺

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Ramon Faura, qui connaît "Carles" depuis vingt ans, n'a aussi "rien trouvé de fou" à l'intérieur quand il est venu passer une tête avant l'été. "Par exemple, je n'ai pas vu de cartons remplis d'affiches ou de dépliants, insiste le président d'Angelets de la Terra, une association qui coordonne des projets destinés à promouvoir la culture et la création artistique en langue catalane. Entre nous, que voudriez-vous que son staff fasse de tracts sur la Catalogne alors qu'il est coincé en Belgique ?"

 

 

 

Une réunion chaque vendredi matin

Au-delà des visites de courtoisie des "amis", c'est le vendredi matin, pour la réunion hebdomadaire, que la bâtisse de 550 mètres carrés s'anime le plus. Le protocole est le même d'une semaine sur l'autre. Une fois que tout le monde a pris place autour de lui, Carles Puigdemont s'assure que l'équipe est bien connectée à Barcelone, avant de prendre la parole en catalan pour dérouler l'ordre du jour.

 

 

D'un bout à l'autre du fil, on parle essentiellement stratégie électorale. Les candidats écoutent, réagissent, interrogent, demandent des conseils. Le ton monte quand il y a désaccord. "La réunion dure en moyenne deux ou trois heures. On se met à jour de ce qui se prépare ici en Belgique ou en Espagne", décrit Lluís Puig, candidat qui a lui aussi trouvé refuge dans le plat pays. "Mais ça déborde parfois en fonction de l'actualité", tient à préciser l'ancien monsieur Culture du gouvernement de Puigdemont, qui fait également l'objet d'un mandat d'arrêt pour "désobéissance" et "détournement de fonds publics".

 

 

Lors de ces réunions, on parle aussi tendances de vote. Un sondage paru dans le journal catalan El Periodico le 27 octobre créditait justement les trois formations indépendantistes en lice de 43% des voix en Catalogne, selon Le MondeMême si certains sympathisants envisagent de boycotter les urnes pour marquer leur opposition à Madrid, c'est toujours plus que les presque 39% récoltés en avril lors du dernier scrutin législatif.

 

 

 

Quatre maires des Pyrénées-Orientales rencontrent le leader indépendantiste catalan, Carles Puigdemont, dans ses locaux à Bruxelles (Belgique), le 8 octobre 2019.

Quatre maires des Pyrénées-Orientales rencontrent le leader indépendantiste catalan, Carles Puigdemont, dans ses locaux à Bruxelles (Belgique), le 8 octobre 2019. (COLLECTION PRIVEE)


 

Carles Puigdemont ne s'en cache pas. En coulisses, il répète vouloir tirer profit de l'impact émotionnel provoqué par l'emprisonnement à la mi-octobre de neuf dirigeants séparatistes pour "sédition" et "désobéissance". "Nous devons faire tomber les murs qui emprisonnent la volonté du peuple de Catalogne, lancera-t-il par exemple dans une déclaration depuis Bruxelles. Le 10 novembre, nous aurons une très grande opportunité [de nous y attaquer] par les urnes."

 

 

 

Des meetings en vidéoconférence

Après 742 jours loin de sa Catalogne chérie, Carles Puigdemont a appris à tout gérer à distance. "On a la chance qu'il n'y ait pas de décalage horaire entre la Belgique et l'Espagne, fait remarquer Lluís Puig. Avec Skype ou WhatsApp, on peut joindre nos interlocuteurs quand on veut et d'où on veut."

 

 

A 1 300 kilomètres de là, l'équipe basée à Barcelone semble aussi s'être accommodée de cette campagne électorale pas comme les autres. "Evidemment que c'est plus compliqué que Carles Puigdemont soit à distance, reconnaît Jaume Alonso-Cuevillas, l'un de ses avocats, qui est aussi candidat pour le vote de dimanche. Mais heureusement, la technologie d'aujourd'hui nous permet de communiquer à peu près normalement. On met l'option vidéo sur les applications, et c'est bon. On s'appelle très régulièrement. Sinon, je vais le voir quand c'est nécessaire."

 

 

Barcelone-Bruxelles, c'est seulement deux heures en avion.Jaume Alonso-Cuevillas, l'un des avocats de Carles Puigdemon tà franceinfo

 

 

La technologie fait, c'est vrai, parfaitement le travail quand l'un de ces "exilés belges" doit intervenir dans un meeting politique qui se déroule physiquement… quelque part en Catalogne. "Une bonne connexion, une bonne qualité de son, et c'est bon", assure Lluís Puig, qui est intervenu pas plus tard que lundi dernier en direct depuis la capitale belge. "A force, l'anormalité est en fait devenue la normalité, analyse de son côté le Perpignanais Ramon Faura.

 

 

Une séquence du documentaire Deux Catalognes, diffusé sur Netflix en 2018, montre justement Carles Puigdemont en train d'échanger avec ses partisans rassemblés dans une salle chauffée à blanc de Barcelone. "C'est le seul moyen pour que je participe à la campagne, explique-t-il en se passant une lingette démaquillante sur le front, depuis le théâtre bruxellois qui a accepté de l'accueillir pour son duplex. Je n'ai pas le choix(...) Parfois, je reconnais quelqu'un, et je réagis. J'aime bien dire bonjour, ça permet de casser la barrière que crée la technologie quand on fait ça en vidéo ou en direct. Cela permet d'éradiquer la distance."

 

 

 

Le leader indépendantiste catalan Carles Puigdemont lors d\'un meeting politique organisé en vidéoconférence depuis Bruxelles (Belgique), en décembre 2017.

Le leader indépendantiste catalan Carles Puigdemont lors d'un meeting politique organisé en vidéoconférence depuis Bruxelles (Belgique), en décembre 2017. ("DEUX CATALOGNES" / NETFLIX)

 

 

 

Et ça fonctionne. C'est aussi en multipliant les vidéoconférences qu'il a remporté son siège d'eurodéputé lors des européennes de mai. Carles Puigdemont ne peut toutefois pas siéger au Parlement européen puisqu'il a manqué la prestation de serment obligatoire devant l'autorité électorale à Madrid, le mois suivant. Et pour cause : un retour en Espagne aurait automatiquement entraîné son arrestation. Le leader indépendantiste – au même titre que l'ancien député catalan Toni Comin – est donc dans l'impasse, Bruxelles ne reconnaissant pas son statut de député européen.

 

 

 

"Prêcher la bonne parole" 

Jugée "grotesque" par certains, "normale" par d'autres, la situation a fait en tout cas de Carles Puigdemont une personnalité très sollicitée, et encore plus à mesure que les législatives – les quatrièmes en quatre ans – approchaient. Sa participation au Festival du livre en Bretagne, organisé le 26 octobre à Carhaix (Finistère), a par exemple bien failli tomber à l'eau à cause de cet agenda chargé. "C'est vrai qu'il y a eu des rebondissements, souffle Charlie Grall, l'un des organisateurs. Un coup c'était oui, un coup c'était 'pas sûr'. Mais finalement, l'accord de principe a bien été respecté." En partie au moins : les 400 personnes présentes ce jour-là n'ont pas pu lui poser de questions en direct comme prévu. Elles ont dû se contenter d'une vidéo enregistrée de neuf minutes en plan serré, que son staff avait envoyée la veille par e-mail.

 

 

 

 

 

 

"C'est déjà beaucoup", se félicitent les organisateurs de l'événement, plutôt satasfaits du "coup" réalisé. "Si Monsieur Puigdemont a accepté de jouer le jeu, c'est sûrement parce qu'il a été sensible à l'intérêt que l'on portait au problème catalan", imagine Charlie Grall.

 

 

 

Vu le contexte, avec les violences dans Barcelone et les condamnations des responsables indépendantistes, il aurait très bien pu nous dire que ça ne l'intéressait plus. Il aurait aussi pu envoyer quelqu'un d'autre et on l'aurait compris.Charlie Grall, du Festival du livre en Bretagne à franceinfo

 

 

C'est que ce type d'intervention rentre parfaitement dans le plan de bataille que Carles Puigdemont a en tête : européaniser son combat. En plus du catalan et de l'espagnol, l'ancien journaliste de bientôt 57 ans parle aussi anglais, français et roumain. Toujours intéressant quand on sillonne l'Europe pour "prêcher la bonne parole" du droit à l'autodétermination. Petit couac quand même : le gouvernement canadien a refusé qu'il vienne fin octobre à Montréal, où il avait été invité par une organisation indépendantiste québécoise. Pas de chance, Carles Puigdemont avait déjà dû repousser ce déplacement au printemps, faute d'avoir obtenu une autorisation de voyage électronique (AVE).

 

 

 

"Une machine incroyable"

Le 130e président de la Generalitat a quand même dû prendre un peu plus de temps pour lui dans la dernière ligne des élections… pour encaisser le décès de son père, survenu mercredi 6 novembre. "Ma mère, mes sœurs et mes frères se souviendront toujours de lui comme d'un homme d’une immense gentillesse et d’une fidélité aux valeurs du christianisme. Repose en paix", écrit-il dans un tweet.

 

 

 

Carles Puigdemont ✔@KRLS
 

Fa poca estona ens ha deixat el pare. La meva mare, les meves germanes i els meus germans el recordarem sempre com un home de bondat immensa i fidelitat als valors del cristianisme de base. Descansi en pau. ACS.

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Carles Puigdemont a préféré annuler dans la foulée sa participation par visioconférence à un meeting organisé le soir même dans sa ville de Gérone. Une minute de silence a été respectée. 

 

 

 

 

ðŸÂŽ¥ Emotiu minut de silenci a l’Auditori de Girona al començament de l’acte de JxCat per la mort del pare del president Puigdemont, que no intervindrà a l’acte.

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Carles Puigdemont, qui n'avait pas vu son père depuis deux ans selon certains, ne s'est pas rendu à ses obsèques, vendredi, pour ne pas terminer les menottes aux mains. Au Timesfin octobre, il déclarait justement ceci : "Je doute de pouvoir revoir mes parents." Lluís Puig connaît très bien le sentiment qui doit animer le "président". Il a lui-même perdu son père en juin dernier, "sans pouvoir lui dire au revoir une dernière fois", au risque de se retrouver lui aussi derrière les barreaux.

 

 

Pour autant, Carles Puigdemont n'est pas du genre à montrer des signes de faiblesse en public. "C'est une machine incroyable ! lâche, impressionné, son compagnon d'exil. Il travaille tout le temps, tous les jours, de la première minute à la dernière minute." "Quand je l'appelle, on peut aussi très bien parler de culture ou de sport", ajoute son avocat Jaume Alonso-Cuevillas. Ramon Faura a également découvert une capacité de résistance qu'il ne soupçonnait pas forcément. "Je trouve qu'il y a un côté héroïque dans son histoire, répète-t-il. Malgré tout, malgré la pression, malgré le contexte, je le trouve intact, vif, toujours plein d'énergie. Sa situation, ce n'est pas Ibiza non plus. Quand vous entendez ce qu'il prend de la part de ses opposants, beaucoup auraient lâché l'affaire depuis longtemps."

 

 

Une référence à peine voilée aux récents propos du chef du gouvernement espagnol, le socialiste Pedro Sánchez, qui s'est engagé "aujourd'hui et ici" à le ramener dans le pays et à le traduire devant la justice. Même s'il s'est installé dans un quartier de Waterloo, Carles Puigdemont doit espérer très fort une victoire de son camp.

 


10/11/2019
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Franceinfo - le mardi 29 octobre 2019

 

 

Après le nouveau report du Brexit, les députés britanniques approuvent la tenue d'élections législatives anticipées le 12 décembre

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

Ce scrutin anticipé, voulu pour Boris Johnson, avait été refusé à plusieurs reprises par les députés, avant que le parti travailliste se range en faveur de cette option. L'élection aura lieu avant le Brexit, désormais prévu le 31 janvier

 

 

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Le Premier ministre britannique Boris Johnson lors du débat sur la tenue d'élections anticipées, à la Chambre des communes, le 29 octobre 2019. (HANDOUT / REUTERS)

 

 

 

Le sort du Brexit se décidera peut-être dans les urnes. La Chambre des communes britannique a voté, mardi 29 octobre, en faveur de la tenue d'élections législatives anticipées le 12 décembre, comme le souhaitait Boris Johnson. Le texte convoquant le scrutin a recueilli 438 voix pour, et 20 contre, alors qu'une majorité de 418 députés était nécessaire. Ce vote intervient au lendemain de l'accord des 27 autres Etats membres de l'UE pour reporter la date de la sortie du Royaume-Uni au 31 janvier au plus tard.

 

 

Pour que ces élections soient organisées, elles doivent désormais être votées par la Chambre des lords, mercredi, mais à moins d'une grosse surprise, celle-ci devrait suivre l'avis des députés. Le parlement serait alors dissous le 6 novembre.

 

 

 

Une option déjà rejetée trois fois

Jusqu'ici, les députés britanniques avaient rejeté par trois fois des textes portés par Boris Johnson et proposant l'organisation d'élections anticipées, dont la dernière fois lundi.

 

 

Mais, mardi, le leader de l'opposition travailliste, Jeremy Corbyn, jusque là réticent, a fini par soutenir l'organisation de ces élections, malgré la colère d'une partie de ses troupes. "Notre condition d'exclure une sortie sans accord est désormais remplie", a-t-il justifié. Il souhaitait en revanche sur le scrutin ait lieu trois jours plus tôt, le 9 décembre, une option rejetée par les députés mardi.

 

 

 

Un espoir pour les partisans du Brexit

Boris Johnson espère que ces élections lui permettront de consolider sa position de Premier ministre et la majorité du parti conservateur, et ainsi de faire adopter son projet d'accord avec l'Union européenne sur le Brexit, qui s'est pour l'instant toujours heurté à l'opposition des députés.

 

 

Un peu avant le vote, mardi, il a décidé de réintégrer 10 des 21 députés rebelles qu'il avait exclus du parti pour avoir voté contre le gouvernement.

 

 

Ces élections seraient les troisièmes en quatre ans. En 2017, Theresa May avait déjà convoqué des élections anticipées, mais ce pari s'était retourné contre elle : elle avait perdu sa majorité, l'empêchant de faire ratifier son propre projet d'accord sur le Brexit.

 


30/10/2019
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Franceinfo - le lundi 28 octobre2019

 

 

Brexit : les Vingt-Sept s'accordent pour un nouveau report, jusqu'au 31 janvier

 

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franceinfoFrance Télévisions

 

 

Les pays membres de l'UE ont fixé le 31 janvier 2020 comme nouvelle date butoir

 

 

 

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Le président du Conseil européen, Donald Tusk, lors d'une conférence de presse à Bruxelles, le 18 octobre 2019. (DOMINIKA ZARZYCKA / NURPHOTO / AFP)

 

 

 

 

Un nouveau report pour le Brexit. Les Vingt-Sept ont donné leur accord, lundi 28 octobre, pour consentir un nouveau délai au Royaume-Uni afin de sortir de l'Union européenne, a indiqué le président du Conseil européen, Donald Tusk, sur Twitter. Il s'agit d'un report flexible, avec le 31 janvier 2020 comme nouvelle date butoir. Cette décision doit désormais être formalisée par une procédure écrite.

 

 

 

 

 

 

Initialement prévue pour le 29 mars dernier, la sortie du Royaume Uni de l'Union européenne – fruit d'un référendum organisé en juin 2016 – a déjà été repoussée à deux reprises, au 12 avril puis au 31 octobre, en raison du rejet de l'accord conclu entre Londres et Bruxelles par le Parlement britannique.

 

 

Le Premier ministre britannique Boris Johnson, qui avait déclaré en septembre qu'il préférerait "crever la gueule ouverte" plutôt que de demander un report, a été contraint d'en demander un par la Chambre des communes, qui a refusé de se prononcer sur son accord de sortie le 21 octobre dernier. Après avoir un temps espéré pouvoir faire adopter par le Parlement les textes nécessaires à la mise en œuvre de l'accord d'ici au 31 octobre, le locataire du 10 Downing Street a finalement dû renoncer à cette échéance et plaide désormais en faveur d'élections législatives anticipées pour sortir de l'impasse.

 


28/10/2019
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Franceinfo - le vendredi 25 octobre 2019

 

 

"Ils font tout pour que ça dégénère" : en Catalogne, les pro-indépendantistes défendent la radicalisation de leur combat

 

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Envoyé spécial à Barcelone (Espagne)Raphaël GodetFrance Télévisions
 

 

 

Deux ans après le référendum d'autodétermination, la haine entre partisans et adversaires de l'indépendance catalane semble avoir atteint un point de non-retour. Cette région du nord-est de l'Espagne est sous tension depuis la condamnation, le 14 octobre, de neuf séparatistes. Une nouvelle manifestation est organisée samedi

 

 

 

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Un manifestant pro-indépendance de la Catalogne, le 18 octobre 2019 à Barcelone (Espagne). (JOSEP LAGO / AFP)

 

 

 

Le groupe de touristes russes a d'abord cru que les insultes lui étaient adressées, avant de comprendre qu'elles visaient en réalité les policiers de la Guardia Civil (garde civile) postés dans le secteur. Il est 11 heures, mercredi 23 octobre, et les premiers "feixistes" ("fascistes") résonnent déjà dans la Carrer dels Comtes, la ruelle qui longe par l'ouest la cathédrale de Barcelone (Espagne). Enroulés dans des drapeaux rouge et or, les partisans de l'indépendance de la Catalogne manifestent une nouvelle fois pour dénoncer l'emprisonnement de neuf dirigeants séparatistes pour "sédition" et "désobéissance". Pour rythmer les slogans, Montserrat a sorti de sa poche son sifflet. "Il est toujours quelque part sur moi, crie la retraitée de 66 ans au milieu du brouahaha. Je le garderai tant que Madrid ne reculera pas !"

 

 
 

 

Ce n'est clairement pas la manifestation la plus garnie que la capitale catalane ait connue ces derniers jours, pas la plus violente non plus. Rien à voir avec les affrontements qui ont fait plus de 180 blessés, quatre jours plus tôt, dans le quartier des célèbres Ramblas, quand des groupes ont incendié du mobilier urbain pour en faire des barricades. Rien à voir non plus avec les jets d'acide et de cocktails Molotov que les Mossos (les policiers catalans) disent avoir reçus. Ou avec les heurts qui ont éclaté lundi 14 octobre dans les allées de l'aéroport, entraînant l'annulation de plus d'une centaine de vols. 

 

 

 

"Porcs" et "persona non grata"

A y regarder de plus près, la condamnation des neuf dirigeants indépendantistes à des peines allant de neuf à treize ans de prison semble surtout avoir servi d'étincelle à un feu qui attendait d'être rallumé. Depuis la victoire du "oui" au référendum d'autodétermination organisé en octobre 2017, les tensions ont en effet atteint un point de non-retour. 

 

 

Les noms d'oiseaux volent sur Twitter. Début mai, Nuria de Gispert, l'ancienne présidente du Parlement catalan, a par exemple traité de "porcs" les dirigeants de plusieurs partis opposés à l'indépendance, avant de supprimer son message. Quelques mois plus tôt, elle avait déjà demandé à Inés Arrimadas, la porte-parole du parti libéral Ciudadanos, pourquoi elle "ne retournait pas à Cadix", la ville d'Andalousie où elle a grandi.

 

 

 

 

 

 

C'est aussi que les prises de bec ne s'arrêtent pas toujours aux mots. Inés Arrimadas et le président du parti Ciudadanos Albert Rivera ont ainsi été déclarés persona non grata par la commune de Sant Andreu de Llavaneres, située au nord-est de Barcelone. Même "sanction" pour le socialiste Josep Borrell, qui n'a carrément plus le droit de mettre les pieds chez lui, à La Pobla de Segur. Une banderole a même été plantée à l'entrée du village. Elle traite l'ex-président du Parlement européen et actuel ministre des Affaires étrangères de "honte de La Pobla". 

 

 

 

 

 

 

Et, désormais, c'est à l'eau de Javel que l'on nettoie les sols où les responsables anti-indépendance se déplacent. Cette vidéo a par exemple été tournée en février dernier à Amer, après un meeting d'Inés Arrimadas. Balai à la main, des militants frottent en criant "Desinfectem !" ("Désinfectons !"). Le jour de sa venue, beaucoup de commerçants ont d'ailleurs choisi de baisser le rideau en signe de protestation. Cette ville est un symbole fort : c'est de là qu'est originaire le leader indépendantiste Carles Puigdemont, aujourd'hui en exil à Bruxelles.

 

 

 

 

 

 

Depuis quelque temps, les responsables politiques ne sont plus les seules cibles. Certains artistes ou universitaires affirment aussi subir des pressions. Leur tort : avoir un avis différent sur la question de l'indépendance. Des conférences ont déjà fait l'objet d'appels au boycott. Et mi-mai, la chanteuse Marta Sanchez, vue comme un soutien de Madrid, a dû quitter la scène de Badalona, dans la banlieue de Barcelone. Elle n'avait pourtant interprété qu'une seule chanson : elle et ses musiciens commençaient à recevoir des œufs jetés depuis le public.  

 

 

 

 

 

 

"Je ne vois pas de violence dans notre camp"

Emmitouflée dans son gilet en laine, Montserrat hausse les épaules. L'air de dire : "Circulez, il n'y a rien à voir sur ce plan-là". "Moi, je ne vois pas de violence dans notre camp, vitupère, mi-agacée, mi-indignée, celle qui a passé sa vie à organiser des expositions dans les musées. J'y vois plutôt de la résistance. La violence, elle est du côté de l'Etat espagnol et de la police. Ils font tout pour que ça dégénère. C'est une tactique pour nous décrédibiliser !"

 

 

J'ai combattu le franquisme quand j'étais jeune. Je suis horrifiée de voir que c'est pareil avec la répression aujourd'hui. Ils sont complètement fous !Montserrat, 66 ans, retraitée à franceinfo

 

 

Antonio a bien failli renverser son demi de bière quand on a commencé à poser le débat sur le comptoir du bar de l'avenue Diagonale, où il a ses habitudes. "Ma femme vient justement du village où plusieurs responsables de Ciudadanos ont été déclarés persona non grata, commence par dire le père de famille. Mais vous savez ce qu'il s'est passé ? Ils ont quand même osé venir sur place ! Mais enfiiiin, qui provoque qui, là ? Ils s'attendaient à quoi ?" 

 

 

Cette question de la violence est certainement la plus compliquée à aborder, chacun voyant midi à sa porte. Au sein des cortèges, quelques manifestants que franceinfo a interrogés estiment pourtant que "les choses vont parfois trop loin". "Le risque, c'est de devenir inaudible, grince des dents Liz, une étudiante de 26 ans. A force de faire le tri, de tout voir en noir ou blanc, on pourrait bien fatiguer les gens. Et ça, ce serait contre-productif." 

 

 

 

"A un moment, tu perds patience"

Elle a à peine terminé sa phrase qu'une dame s'en va justement fendre la foule pour adresser un pouce d'encouragement aux policiers présents devant le cortège depuis plus d'une heure. Bandeau sur les yeux pour symboliser "le silence de la communauté internationale face à la répression que l'on subit", Teresa regarde puis fait mine de n'avoir rien vu. "De toute façon, ça se voit, on est beaucoup plus nombreux, estime au "doigt mouillé" la dame de 73 ans. On en fait tout un plat parce que quatre containers ont brûlé. Pardon, mais pour moi, ce n'est pas de la violence ça. C'est de l'auto-défense ! Pas vrai ?"

 

 

Teresa, une manifestante pro-indépendance de la Catalogne lors d\'un rassemblement dans les rues de Barcelone (Espagne), le 23 octobre 2019.

Teresa, une manifestante pro-indépendance de la Catalogne lors d'un rassemblement dans les rues de Barcelone (Espagne), le 23 octobre 2019. (RAPHAEL GODET / FRANCEINFO)

 

 

 

Au fil de la conversation, Antonio finira par reconnaître s'être "radicalisé un tout petit peu" depuis qu'il a glissé son bulletin "oui" dans l'urne, il y a deux ans. "J'ai 48 ans, mais si j'en avais 20, je ne sais pas si je ne serais pas en train de jeter des pierres contre la police, admet-il. Je justifie et j'accepte cette violence. Il faut se mobiliser pour changer les choses. Si ça doit passer par la violence, ça passera par la violence."

 

 

Il y a deux ans, on a levé les mains et on a pris des coups. Mais on ne va pas lever les mains à chaque fois. On n'est pas Jésus. Si on prend une claque, on ne va pas en prendre une deuxième. Si on te répond toujours non, tu fais quoi, toi ? Antonio à franceinfo

 

 

Devant la police nationale, Via Laietana, où la manifestation du jour touche à sa fin, Teresa sourit en regardant ce qu'elle appelle "la relève". Des jeunes, parfois mineurs, poings levés en l'air. "Nos aînés ont beaucoup trop attendu, intervient Jordi, qui aura 18 ans à la fin de l'année. Nous, on n'attendra pas autant, promet-il. La violence, elle est normale, nécessaire, inévitable même. La police a le droit de donner des coups et pas nous ?" Il marque une pause, puis reprend : "Ils s'en remettront." "Peut-être que moi aussi je finirai par jeter des déchets sur la police !, reprend Teresa, revigorée par ce qu'elle entend autour d'elle. A un moment, tu perds patience." 

 

 

Avant de quitter le cortège à son tour, Montserrat insiste pour nous montrer des photos prises la veille, place d'Espagne, quand la fontaine s'est remplie de bulles de savon. Les manifestants étaient invités à apporter du liquide vaisselle avec eux. "C'est une manière de nettoyer toute la merde qui nous empêche d'avancer, dit-elle. Et croyez-moi, il faudra encore quelques doses pour tout enlever."

 


25/10/2019
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Franceinfo - le jeudi 24 octobre 2019

 

 

Espagne : regardez l'exhumation du dictateur Franco de son mausolée monumental

 

 

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Thomas BaïettoLouis BoyFrance Télévisions

 

 

 

La dépouille du dictateur sera transférée, par hélicoptère si le temps le permet, du mausolée du "Valle de los Caidos", situé à une cinquantaine de kilomètres de Madrid, au cimetière de Mingorubbio où repose son épouse dans le nord de la capitale espagnole

 

 

 

Ce qu'il faut savoir

 

 

Francisco Franco, le vainqueur de la sanglante guerre civile (1936-1939) qui a dirigé l'Espagne d'une main de fer jusqu'à sa mort en 1975, doit être exhumé, jeudi 24 octobre, de son mausolée monumental près de Madrid. Le  Premier ministre socialiste Pedro Sanchez a fait du transfert de la dépouille du "Caudillo" une priorité dès son arrivée au pouvoir en juin 2018 pour que ce mausolée ne puisse plus être un "lieu d'apologie" du franquisme. Suivez cet événement dans notre direct.

 

 

>> "On vient pour le lieu, pas pour Franco" : el Valle de los Caídos, un site touristique presque comme les autres

 

 

Transfert par hélicoptère. La dépouille du dictateur sera transférée, par hélicoptère si le temps le permet, du mausolée du "Valle de los Caidos", situé à une cinquantaine de kilomètres de Madrid, au cimetière de Mingorubbio où repose son épouse dans le nord de la capitale espagnole.

 

 

Une promesse de Pedro Sanchez. C'est "une grande victoire de la dignité, de la mémoire, de la justice et de la réparation, et donc de la démocratie espagnole", s'est félicité mercredi le Premier ministre espagnol. Promise pour l'été 2018, l'opération a été retardée de plus d'un an par les recours en justice successifs des descendants du dictateur.

 

 

Décision approuvée par le Parlement. Le gouvernement de Pedro Sanchez agit sur la base d'un vote en 2017 du Parlement espagnol demandant l'exhumation de Franco, mais resté lettre morte en raison de l'opposition du gouvernement conservateur de Mariano Rajoy.

 


24/10/2019
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Franceinfo - le mardi 22 octobre 2019

 

 

Irlande du Nord : l'avortement et le mariage de couples de même sexe légalisés

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

Cette décisions a été prise, mardi, sur décision du Parlement de Westminster à Londres. Contrairement au reste du Royaume-Uni, où il est autorisé depuis 1967, l'avortement était jusqu'ici illégal en Irlande du Nord, sauf si la grossesse menaçait la vie de la mère

 

 

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Des personnes participent à une action de l'ONG Amnesty International à Belfast (Irlande du Nord) pour saluer la légalisaton de l'avortement et des mariages de couples de même sexe. (SOCIAL MEDIA / REUTERS)

 

 

 

L'avortement a été libéralisé et le mariage homosexuel légalisé, mardi 22 octobre, en Irlande du Nord sur décision du Parlement de Westminster, à Londres. C'est dans cette ville que sont gérées les affaires courantes de la province britannique en raison de la paralysie de l'exécutif local.

 

 

Contrairement au reste du Royaume-Uni, où il est autorisé depuis 1967, l'avortement était jusqu'ici illégal en Irlande du Nord, sauf si la grossesse menaçait la vie de la mère. Le mariage entre personnes de même sexe, autorisé partout ailleurs dans le pays, y restait également interdit.

 

 

Dépourvue d'exécutif depuis janvier 2017 à la suite d'un scandale politico-financier, la province britannique d'Irlande du Nord a ses institutions politiques à l'arrêt. Profitant de cette paralysie politique locale, les députés de Westminster ont voté des amendements en juillet pour étendre le droit à l'avortement et au mariage entre personnes du même sexe en Irlande du Nord si aucun gouvernement local n'était formé d'ici ce lundi. Ces changements sont entrés en vigueur à minuit à Belfast.

 

 

 

Premiers mariages en février 2020

Les premiers mariages de personnes de même sexe devraient "au plus tard" avoir lieu "la semaine de la Saint-Valentin 2020", selon le secrétaire d'Etat chargé de l'Irlande du Nord, Julian Smith.

 

 

"Nous y sommes, le jour où nous disons au revoir à des lois sur l'avortement oppressives qui ont contrôlé nos corps et nous ont refusé le droit d'avoir le choix", s'est félicité Grainne Teggart, chargé de campagne pour l'ONG Amnesty en Irlande du Nord, sur Twitter.

 


22/10/2019
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Franceinfo - le dimanche 20 octobre 2019

 

 

Brexit : que va-t-il se passer après le report du vote sur l'accord?

 

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franceinfoFrance Télévisions
 
 

 

Le gouvernement britannique assure que le Royaume-Uni quittera bien l'Union européenne le 31 octobre, faisant de la demande à Bruxelles d'un nouveau report, imposée par les députés, une simple formalité

 

 

 

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Le Premier ministre britannique, Boris Johnson, le 19 octobre 2019, lors d'une séance extraordinaire sur l'accord de Brexit à la Chambre des communes, à Londres. (PRU / AFP)

 

 

 

Ce devait être le grand jour pour Boris Johnson. Samedi 19 octobre, au cours d'une séance extraordinaire à Westminster, le Premier ministre britannique a soumis à l'approbation des députés le nouvel accord de Brexit qu'il avait conclu de haute lutte avec les Européens. Mais dans l'un de ces coups de théâtre dont la classe politique a le secret outre-Manche, les élus de la Chambre des communes ont repoussé leur vote fatidique et bloqué les plans de "BoJo". Après cette journée folle, l'interminable feuilleton, qui dure depuis plus de trois ans, a une fois de plus basculé dans l'incertitude, à onze jours de la date-butoir pour éviter une sortie de l'Union européenne sans accord. Que va-t-il se passer maintenant ? Franceinfo tente d'y voir plus clair. 

 

 

 

Un Brexit reporté au 31 janvier 2020 ?

L'amendement, adopté par 322 voix contre 306 par les députés britanniques samedi, reporte tout vote sur l'accord de Brexit, tant que la législation nécessaire à son application n'a pas été votée au Parlement britannique. En votant ce texte, les élus de la Chambre des communes ont enclenché une autre loi, le "Benn Act", adopté début septembre par les opposants à une sortie sans accord.

 

 

La loi Benn – du nom d'un de ses auteurs : le député travailliste Hilary Benn – exige du Premier ministre qu'il "cherche à obtenir" par une lettre adressée au président du Conseil européen une extension du calendrier de la sortie du Royaume-Uni de l'UE jusqu'au 31 janvier 2020 dans l'éventualité où le Parlement britannique n'approuvait pas un accord de retrait ou un divorce sans accord à la date du 19 octobre.

 

 

Cette loi a été adoptée en septembre pour éviter un "no deal", Boris Johnson s'étant dit prêt à cette option s'il s'agissait du prix à payer pour sortir de l'Union européenne le 31 octobre. "BoJo" espérait y échapper en faisant approuver samedi son nouvel accord. En vain. Initialement prévu le 29 mars et déjà repoussé deux fois, le Brexit, prévu pour le 31 octobre, pourrait donc à nouveau être reporté, au 31 janvier 2020 cette fois, si l'UE y consent.

 

 

 

La Chambre des communes lors de la séance extraordinaire du 19 octobre 2019 sur l\'accord de Brexit, à Londres (Grande-Bretagne).

La Chambre des communes lors de la séance extraordinaire du 19 octobre 2019 sur l'accord de Brexit, à Londres (Grande-Bretagne). (PRU / AFP)


 

Un report refusé par les Européens ?

En septembre, Boris Johnson avait déclaré qu'il préférerait "crever la gueule ouverte" plutôt que de demander un report de la date du Brexit à Bruxelles. Samedi soir, contraint par ses députés, le chef du gouvernement britannique n'a eu d'autre choix que d'en faire la demande par écrit au président du Conseil européen, Donald Tusk. Mais une fois de plus, le conservateur iconoclaste n'a rien fait comme tout le monde. Et Donald Tusk a reçu trois lettres de la part des Britanniques. Trois missives disant tout et son contraire.

La première, non signée et prenant pour modèle une lettre-type, demande une prolongation de trois mois du Brexit. La deuxième, reproduite par le Guardian (en anglais), est signée par Boris Johnson cette fois. Mais le Premier ministre y déclare qu'il ne veut pas de ce délai et qu'il considère qu'un report serait une erreur.

 

 

Depuis que je suis Premier ministre et à nouveau aujourd'hui devant le Parlement, j'ai clairement indiqué mon opinion et la position du gouvernement, qu'une nouvelle extension nuirait aux intérêts du Royaume-Uni et de nos partenaires européens, et à notre relation.Boris Johnsondans sa lettre à Donald Tusk

 

 

La troisième lettre est une note de "couverture" de l'ambassadeur britannique auprès de l'Union européenne. Tim Barrow y explique que le gouvernement est tenu par la loi de demander ce report et celui-ci n'a été demandé que pour se plier à la loi Benn.

 

 

A Bruxelles, le président du Conseil européen Donald Tusk a confirmé dès samedi soir avoir reçu la demande de report de la part des autorités britanniques. Et il a indiqué dans un tweet qu'il allait désormais "consulter les dirigeants de l'UE" pour décider de la réponse commune à donner au Royaume-Uni. Samedi, l'Elysée a fait savoir que, pour Emmanuel Macron, un délai supplémentaire ne serait dans l'intérêt d'aucune partie. Mais outre-Rhin, le ministre allemand de l'Economie, Peter Altmaier, a déclaré au journal Bild que "si une prolongation de quelques semaines est nécessaire, cela ne [lui] poserait aucun problème". Selon lui, une sortie rapide et ordonnée est encore possible.

 

 

Dimanche matin la réunion des ambassadeurs européens a été essentiellement consacrée à la transmission de l'accord de divorce aux eurodéputés, qui se réuniront cette semaine en séance plénière à Strasbourg. "Comme prévu les ambassadeurs européens se sont vus ce matin pour fixer les prochaines étapes de la ratification par l'UE", a déclaré le négociateur européen du Brexit, Michel Barnier, à l'issue de la rencontre. Au Parlement, une réunion des chefs de groupes autour du président David Sassoli est prévue lundi pour préciser le calendrier. Côté européen, le processus de ratification se poursuit, en dépit des dernières péripéties britanniques. Les Européens pourraient donc choisir de refuser la demande de report britannique.

 

 

 

Une sortie de l'UE le 31 octobre comme prévu ?

Malgré cette demande de report, "nous allons sortir le 31 octobre. Nous avons les moyens et l'habilité de le faire", a assuré dimanche Michael Gove, bras droit de Boris Johnson, lors d'un entretien sur la chaîne Sky News. "Nous savons que l'Union européenne veut que nous sortions, et nous avons un accord qui nous permet de le faire." Sur la BBC, le ministre des Affaires étrangères britannique, Dominic Raab, s'est aussi estimé "confiant", jugeant qu'"il y avait beaucoup de gens dans l'UE qui ne veulent pas d'un report"

 

 

Samedi, Boris Johnson a en effet assuré aux parlementaires qu'il leur présenterait "la semaine prochaine" la législation nécessaire à la mise en œuvre de son accord de Brexit. Jacob Rees-Mogg, le ministre chargé des Relations avec le Parlement, a déclaré samedi que le gouvernement envisageait de soumettre l'accord de Brexit à un débat et à un vote dès lundi. Pour Michael Gove, "si nous passons la législation à temps, alors il n'y a pas d'extension. Le 31 octobre est en vue".

 

 

 

Le Premier ministre britannique, Boris Johnson, le 19 octobre 2019, lors d\'une séance extraordinaire sur l\'accord de Brexit à la Chambre des communes, à Londres (Grande-Bretagne).

Le Premier ministre britannique, Boris Johnson, le 19 octobre 2019, lors d'une séance extraordinaire sur l'accord de Brexit à la Chambre des communes, à Londres (Grande-Bretagne). (JESSICA TAYLOR / UK PARLIAMENT / AFP)


 

Le gouvernement peut désormais compter sur le soutien de certains rebelles conservateurs, ayant été expulsés du parti pour avoir justement soutenu la loi qui a contraint Boris Johnson à demander un report. Maintenant que le report a été demandé pour "éviter un Brexit sans accord", "je soutiendrai l'accord du Premier ministre", a ainsi annoncé l'ancienne ministre Amber Rudd sur Sky News.

 

 

Le "speaker" de la Chambre des communes, John Bercow, a toutefois déclaré qu'il se prononcerait lundi sur la possibilité d'organiser ce nouveau débat. Plusieurs parlementaires lui avaient auparavant rappelé qu'il avait lui-même exhumé sous le gouvernement de Theresa May, en mars, une disposition remontant à 1604 et interdisant qu'une même question soit soumise deux fois à un vote lors d'une même session parlementaire. Cette démarche pourrait en outre offrir la possibilité aux députés, y compris dans l'opposition, d'amender ces textes, voire d'essayer – pour le Parti travailliste par exemple – d'introduire l'obligation d'organiser un référendum de confirmation de cet accord.

 

 

En attendant, faute d'accord adopté, le Royaume-Uni est menacé d'un "no deal", scénario redouté des milieux économiques faisant craindre des perturbations aux frontières, des pénuries de produits alimentaires et médicaments et une poussée des prix, voire une récession. Trois ans et quatre mois après le référendum du 23 juin 2016 par lequel ils ont voté à 52% pour le Brexit, les Britanniques ignorent toujours quand – et si – ils quitteront l'Union européenne.

 


22/10/2019
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Franceinfo - le dimanche 20 octobre 2019

 

 

Violences, négociations, retour au calme... Quels scénarios pour la Catalogne après les nuits d'émeutes à Barcelone ?

 

 

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Benoît ZagdounFrance Télévisions
 

 

 

Deux ans après l'échec de la tentative de sécession de 2017, les affrontements suscités par les condamnations de dirigeants indépendantistes catalans marquent un tournant pour le mouvement séparatiste, qui s'est toujours targué d'être non-violent

 

 

 

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Un manifestant brandit un drapeau catalan sous les yeux d'un policier, le 19 octobre 2019 à Barcelone (Espagne). (IRANZU LARRASOANA ONECA / NURPHOTO / AFP)

 

 

 

Manifestants radicaux et policiers se sont affrontés pendant cinq nuits consécutives à Barcelone. Et dans toute la Catalogne, le dernier bilan fait état de près de 600 blessés et environ 300 arrestations en une semaine. Depuis lundi et la condamnation de neuf dirigeants séparatistes, le combat des indépendantistes catalans a parfois pris une tournure violente, avec des scènes de guérilla urbaine dans les rues de la capitale régionale vendredi. Samedi 19 octobre, la sixième soirée de mobilisation a été plus calme que les précédentes, mais la tension reste palpable. Que va-t-il se passer maintenant ? Franceinfo vous présente les différents scénarios.

 

 

 

Vers de nouvelles violences ?

Ce surgissement de la violence est à la fois "inédit" et "attendu", analyse Barbara Loyer, professeure des universités spécialiste de l'Espagne et des mouvements nationalistes européens à l'Institut français de géopolitique (IFG), interrogée par franceinfo. "Le plus étonnant, c'est que ce ne soit pas arrivé plus tôt", relève Jean-Jacques Kourliandsky, chercheur sur les questions ibériques à l'Institut des relations internationales et stratégiques (Iris).

 

 

Les violences, qui ont débuté lundi, ont marqué un tournant pour le mouvement séparatiste, qui s'est toujours targué d'être non violent. Elles ont surgi lors des manifestations déclenchées par la condamnation à des peines de neuf à treize ans de prison de neuf dirigeants indépendantistes pour leur rôle dans la tentative de sécession de 2017. Mais leur cause est plus profonde : elles sont nées de la frustration d'une partie de la base indépendantiste, deux ans après l'échec de la tentative de sécession de 2017.

 

 

 

Des manifestants indépendantistes à Barcelone (Catalogne, Espagne), le 16 février 2019.

Des manifestants indépendantistes à Barcelone (Catalogne, Espagne), le 16 février 2019. (LLUIS GENE / AFP)

 

"Cela fait sept ans que la situation est bloquée, explique Jean-Jacques Kourliandsky. Dans la mesure où il n'y a pas de dialogue et où chacun campe sur ses positions, il est inévitable que des actions violentes se développent." Et "une fois qu'on a fait sortir la violence de la boîte, pour la faire rentrer, ce n'est pas si simple", souligne Barbara Loyer. D'autant plus difficile qu'"il y a une fragmentation des positions du côté des indépendantistes comme des constitutionnalistes", remarque Jean-Jacques Kourliandsky.

 

 

Autre facteur aggravant, la tentation de la radicalité, voire de la violence, traverse maintenant toutes les forces en présence. "Il y a trois ans, les Catalans qui étaient pour l'Espagne n'étaient pas contents, mais ne disaient rien. Maintenant, plus personne n'a peur de sortir avec un drapeau espagnol dans la rue. Et de la même manière que vous avez une extrême droite nationaliste catalane, il y a une extrême droite nationaliste espagnole."

 

 

>> Cinq questions sur les manifestations géantes en Catalogne

 

 

"Les constitutionnalistes durs se retrouvent sur la ligne qui est celle du parti d'extrême droite Vox, poursuit Jean-Jacques Kourliandsky. Les générations nouvelles n'ont pas connu la dictature franquiste contrairement à leurs parents et grands parents. La parole d'extrême droite s'est libérée et cela a en quelque sorte normalisé l'Espagne, qui a désormais une extrême droite comme la France, l'Italie ou les autres pays d'Europe." Désormais, juge Barbara Loyer, "le potentiel d'affrontements physiques entre Catalans est important".

 

 

 

Vers un retour au calme ? 

Fait nouveau, la police régionale aux ordres du gouvernement catalan, les Mossos d'Esquadra, a été engagée en première ligne ces derniers jours face aux manifestants radicaux, utilisant balles en caoutchouc et canon à eau. Mais ce recours aux forces de l'ordre catalanes vaut au président séparatiste catalan d'être critiqué dans son propre camp. Quim Torra est ainsi accusé d'étouffer des protestations qu'il encourage dans ses discours.

 

 

 

Les affrontements se sont ensuite étendus au reste du centre-ville

Les affrontements se sont ensuite étendus au reste du centre-ville (ALBERT GEA / REUTERS)


 

"Ceux qui manifestent veulent démontrer qu'ils font face à une police d'occupation. De leur point de vue, il aurait mieux valu qu'on leur oppose la police nationale espagnole et non pas la police catalane, explique Jean-Jacques Kourliandsky. Le président de la Generalitat est dans une position ambiguë : il conteste les institutions mais il veut garder les commandes d'une institution."

 

 

>> EN IMAGES. Scènes de guérilla dans les rues de Barcelone après une manifestation monstre des indépendantistes

 

 

Pourtant, cette intervention des Mossos d'Esquadra peut être une inflexion de la ligne politique de certains indépendantistes, estime Barbara Loyer. "Les nationalistes 'mainstream' se rendent compte qu'ils ne peuvent pas communiquer sur une stratégie d'émeutes, expose l'experte. Ça détruit leur mode de communication, leur image de 'révolution des sourires', l'image qui veut qu'eux soient les gentils, les désarmés, les pacifiques, et qu'en face, on aurait un Etat oppresseur."

 

 

Un certain nombre de nationalistes se rendent aussi compte que cette violence fait surgir une violence adverse. Or ils savent qu'ils sont pour l'instant moins de la moitié des électeurs – aux dernières élections, ils font 48% des voix et 37% du corps électoral. Barbara Loyer à franceinfo

 

 

 

Vers des négociations ?

Samedi, le gouvernement indépendantiste catalan a demandé au gouvernement espagnol la tenue de négociations "sans conditions". Mais ce "sans conditions" signifie dans la bouche de Quim Torra qu'il demande à Madrid de ne pas exclure la possibilité de discuter d'un référendum d'autodétermination. Or le gouvernement espagnol ne veut pas en entendre parler.

 

 

Le dirigeant catalan s'est aussitôt vu opposer une fin de non-recevoir de la part du gouvernement central. Madrid lui a demandé de "condamner fermement la violence" – au vu de l'ambiguïté de ses dernières déclarations – et de reconnaître les Catalans opposés à la sécession, une question qui divise profondément les habitants de la région.

 

 

Cela fait sept ans que les uns et les autres n'ont pas engagé de véritables négociations.Jean-Jacques Kourliandsky à franceinfo

 

 

Et selon le chercheur, "le Parti populaire porte une lourde responsabilité dans la dégradation de la situation". "Le PP n'existe pratiquement pas en Catalogne et il a considéré qu'être très dur sur le dossier catalan n'était pas un si mauvais coup que ça pour lui en termes électoral dans la mesure où les autres électeurs espagnols pouvaient considérer qu'il était sur la bonne voie en apparaissant comme un gouvernement intraitable." Ce calcul s'est avéré juste, puisque le PP est resté au pouvoir jusqu'en 2018. "Mais il a laissé une ardoise politique en Espagne très lourde et on en voit les effets négatifs aujourd'hui", constate l'expert de l'Iris.

 

 

Les termes même du dialogue font débat. "Est-ce qu'on discute de manière unilatérale avec les nationalistes catalans comme s'ils représentaient les Catalans alors qu'ils n'en représentent que la moitié, interroge Barbara Loyer. Ou est-ce qu'on refuse le principe même d'un dialogue unilatéral en disant que ces gens ne sont pas représentatifs de la volonté de l'ensemble des Catalans même s'ils sont majoritaires en voix ?"

 

 

Si on négocie avec les nationalistes catalans, après il faut négocier avec les nationalistes basques, puis avec les nationalistes baléares, puis avec les Galiciens...Barbara Loyer à franceinfo

 

 

La spécialiste entrevoit une autre possibilité : "On discute dans les Parlements régionaux sur la manière de réformer la Constitution ou de réformer le système politique sans toucher à la Constitution. Pas par le biais d'une réforme unilatérale des statuts d'autonomie." Et Barbara Loyer d'ajouter : "Cela a été le choix fait par Zapatero à partir de 2004 et il a mis le feu aux poudres en disant qu'il pouvait y avoir des réformes du statut d'autonomie qui n'étaient pas négociées, mais arrachées par une majorité conjoncturelle. Or le statut d'autonomie de 2005 a transformé le système de fond en comble."

 

 

 

Vers une nouvelle donne politique ?

"On est dans un contexte électoral et cela ne facilite pas les choses", prévient Jean-Jacques Kourliandsky. Des élections législatives doivent en effet avoir lieu dans moins d'un mois en Espagne : le 10 novembre. "Chacun est poussé à camper sur ses positions les plus intransigeantes dans l'espoir d'emmagasiner un maximum de voix", constate le chercheur.

 

 

Le chef du gouvernement espagnol, le socialiste Pedro Sanchez, en particulier, "sait bien qu'une partie de l'électorat espagnol lui reprocherait un manque de fermeté", note Barbara Loyer. Il se souvient que son prédécesseur de droite, Mariano Rajoy, "a perdu du crédit parce qu'il a réagi trop faiblement au moment du référendum".

 

 

Pedro Sanchez essaie d'être entre deux eaux, c'est-à-dire d'afficher un discours de fermeté, en montrant qu'il défend l'unité de l'Espagne, tout en défendant la solution du dialogue unilatéral avec les nationalistes. Barbara Loyer à franceinfo

 

 

Dans cette ambiance préélectorale, les partis de droite ont multiplié les déclarations appelant le gouvernement espagnol à prendre des mesures drastiques. Le conservateur Pablo Casado a promis que le Parti populaire "serait la digue de contention face au défi séparatiste". Ciudadanos, de centre-droit, réclame la destitution du président catalan, qualifié de "danger public".

 

 

Si le Parti socialiste qui est au pouvoir actuellement gagne les élections à Madrid et si la gauche républicaine catalane devient la première force à Barcelone – ce qui est probable –, il est possible qu'un dialogue s'engage.Jean-Jacques Kourliandsky à franceinfo

 

 

A l'inverse, d'après lui, "si c'est le Parti populaire et ses alliés de droite ou d'extrême droite qui gagnent les élections en Espagne, quel que soit le parti qui arrive en tête à Barcelone, on aura une situation qui deviendra de moins en moins gérable, avec l'émergence de groupes de plus en plus radicalisés et violents."

 


21/10/2019
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Franceinfo - le samedi 19 octobre 2019

 

 

"Je n'ai jamais rien vu de pareil à Barcelone" : pour la première fois, la police a utilisé un canon à eau pour disperser les manifestants indépendantistes

 

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Juliette Geay, Édité par Thomas PontillonfranceinfoRadio France

 

 

Après une manifestation pacifique, Barcelone a connu une nuit de violences entre des indépendantistes et les forces de l'ordre

 

 

 

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Une rue de Barcelone après les affrontements entre policiers et manifestants dans la nuit du 18 octobre. (JOSEP LAGO / AFP)

 

 

 

De violents affrontements dans les rues de Barcelone. Après une manifestation pacifique vendredi 18 octobre, qui a réuni plus de 500 000 personnes, la tension est montée dans la soirée. Dans la nuit de vendredi à samedi 19 octobre, des indépendantistes radicaux ont dressé des barricades face aux forces de l'ordre qui tentaient de les disperser avec des balles en caoutchouc et des gaz lacrymogènes. Des scènes inédites selon de nombreux Barcelonais. 

 

 

 

Canon à eau, balles en caoutchouc et gaz lacrymogène 

Vers 23 heures, les forces de l’ordre sortent pour la première fois un canon à eau pour éteindre les barricades en feu. Durant quatre heures, ils affrontent des groupes de casseurs expérimentés, suivi par des jeunes indépendantistes radicalisés. Les policiers tirent des balles en caoutchouc et lancent du gaz lacrymogène pour répondre aux jets de pierre et aux vitrines brisées. "J'ai 26 ans et je n'ai jamais rien vu de pareil à Barcelone, raconte Joan. Je n'ai jamais vu tant de disproportion".  

 

 

 

Juliette Geay@geay_juliette
 

Affrontements place d'Urquinaona

Vidéo intégrée
Voir les autres Tweets de Juliette Geay
 

 

Plus tôt dans la soirée, au moins 525 000 personnes selon la police municipale, se sont rassemblées pacifiquement pour dénoncer l'emprisonnement de leurs ex-dirigeants. La manifestation s'est déroulée dans une ambiance familiale et festive. Dans le cortège, Marina, n'approuve pas la violence qui a suivi. "Ça ne me plait pas du tout qu'on en soit arrivé là. Je pense que ce n'est pas la solution". 

 

 

La solution c'est une réponse politique, pas une guérilla urbaine. Les policiers sont là pour nous défendre, pas pour nous affronter. Marina à franceinfo

 

 

Au total, 52 personnes ont été blessées et 41 autres ont été arrêtées à Barcelone dans la soirée. C'est aussi le signe que la cause indépendantiste a désormais du mal à préserver son caractère pacifique. 

 


19/10/2019
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Franceinfo - le vendredi 18 octobre 2019

 

 

"Grève générale" en Catalogne : une manifestation massive sur le point de débuter à Barcelone

 

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franceinfoFrance Télévisions

 

 

Des "marches de la liberté" parties de toute la région convergent, vendredi, dans Barcelone, pour une grande manifestation prévue à 17 heures

 

 

 

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Des manifestants marchent dans Barcelone (Espagne), le 18 octobre 2019. (ALBERT GEA / REUTERS)

 

 

 

Ce qu'il faut savoir

 

 

La Catalogne se prépare à une manifestations monstre. Quatre jours après les condamnations, lundi, de neuf leaders séparatistes à de lourdes peines de prison, une journée de "grève générale" a été organisée dans la région, vendredi 18 octobre. Des "marches de la liberté" parties de toute la région convergent vers Barcelone pour une grande manifestation prévue à 17 heures.

 

 

Sagrada Familia fermée, vols annulés, usine à l'arrêt... Dès la matinée, des cortèges énormes partis de plusieurs villes de la région ont pris la direction de Barcelone. En prévision des perturbations dans cette riche région industrielle, le constructeur automobile Seat a mis à l'arrêt son usine de Martorell, près de Barcelone. La célèbre basilique de la Sagrada Familia a dû fermer ses portes. 57 vols ont été annulés.

 

 

La frontière franco-espagnole bloquée. La frontière routière entre l'Espagne et la France a été "coupée dans les deux sens" sur l'autoroute AP7 par des manifestants indépendantistes catalans, selon le gouvernement espagnol. L'autoroute est coupée au niveau de La Jonquera, près de Gérone. La route nationale II (NII) est également coupée près de la frontière franco-espagnole.

 

 

Le Clasico reporté. Le match de foot Barça-Real, qui devait se jouer le 26 octobre au Camp Nou, a été reporté à une date ultérieure par la Fédération espagnole de football. Initialement, la Fédération avait proposé d'inverser le calendrier, faisant jouer ce premier match à Madrid puis celui de la seconde moitié de saison à Barcelone. Mais les deux clubs ont refusé cette solution.

 

 

De nouvelles tensions dans la nuit de jeudi à vendredi. Barcelone a vécu une nouvelle nuit de tensions. Des centaines de jeunes, criant "Indépendance", ont monté des barricades enflammées dans le centre de la ville et lancé des cocktails Molotov sur les forces de l'ordre, qui ont répliqué avec des balles en mousse.

 


18/10/2019
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Franceinfo - le mercredi 16 octobre 2019

 

 

Barcelone : des manifestants indépendantistes affrontent les forces de l'ordre pour la troisième nuit consécutive

 

 

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Des milliers de protestataires se sont heurtés aux policiers anti-émeutes en leur lançant des projectiles

 

 

 

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Des manifestants affrontent les forces de l'ordre à Barcelone, le 16 octobre 2019. (LLUIS GENE / AFP)

 

 

 

De nouveaux affrontements entre des manifestants indépendantistes et les forces de l'ordre ont de nouveau éclaté, mercredi 16 octobre, à Barcelone pour une troisième nuit de violences consécutive. Des milliers de protestataires se sont heurtés aux policiers anti-émeutes en leur lançant des projectiles.

 

 

 

Barricades et voitures brûlées

Les manifestants ont aussi dressé des barricades enflammées et mis le feu à plusieurs voitures, comme l'ont constaté des journalistes sur place. Quatorze personnes ont dû recevoir des soins, selon un premier bilan des services de secours établi dans la soirée.

 

 

 

 

 

 

 

Colère après la condamnation de leaders indépendantistes

Cette explosion de violence fait suite à la condamnation de plusieurs leaders indépendantistes à de la prison ferme pour leur rôle dans la tentative de sécession de la Catalogne en 2017. Mardi, plusieurs villes catalanes sont devenues le théâtre de scènes de guérilla urbaine. Au total, 125 personnes ont été blessées et 51 ont été arrêtées.

 

 

Mercredi, depuis Madrid, le Premier ministre Pedro Sanchez s'est adressé publiquement au président de la région, l'indépendantiste Quim Torra, et aux membres de son gouvernement. Il leur a demandé de "condamner clairement et sans l'excuser le recours à la violence".

 

 

 

 

Franceinfo - le mardi 15 octobre 2019

 

 

Les indépendantistes catalans investissent Barcelone après la condamnation de leurs dirigeants

 

 

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Un manifestant a été arrêté et 75 personnes ont été blessées lundi à l'aéroport de la capitale catalane

 

 

 

Les rues de Barcelone se sont remplies en quelques heures. Lundi 14 octobre, des milliers d'indépendantistes catalans en colère se sont regroupés et ont tenté de paralyser l'aéroport de Barcelone, après la condamnation de neuf de leurs dirigeants à des peines allant de 9 à 13 ans de prison pour la tentative de sécession de la Catalogne en 2017. 

 

 

La police antiémeute a chargé à plusieurs reprises des centaines de militants tentant de pénétrer dans le terminal de l'aéroport et jetant pierres et poubelles. La police a arrêté un manifestant, et 75 personnes ont été blessées, selon les services d'urgence de l'aéroport, qui n'ont pas précisé la gravité de ces blessures. 110 vols ont par ailleurs été annulés.

 

 

Dans la soirée, des milliers de militants se sont rassemblés dans le centre de Barcelone pour une manifestation prévue depuis plusieurs jours, criant "les rues seront toujours à nous". Des échauffourées ont opposé manifestants et forces de l'ordre près du siège de la police. De nouveaux rassemblements sont prévus dans les jours qui viennent.

 


18/10/2019
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Franceinfo - le jeudi 17 octobre 2019

 

 

Brexit : Johnson appelle les députés britanniques à "se rallier" au nouvel accord, l'opposition rejette le texte

 

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Boris Johnson et Jean-Claude Juncker ont annoncé, jeudi, avoir conclu un accord sur la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne

 

 

 

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Boris Johnson et Jean-Claude Juncker, le 17 octobre 2019, à Bruxelles (Belgique). (KENZO TRIBOUILLARD / AFP)

 

 

 

Ce qu'il faut savoir

 

 

Fumée blanche à Bruxelles. Le Premier ministre britannique, Boris Johnson, et le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, ont annoncé, jeudi 17 octobre, qu'un accord sur le Brexit avait été conclu entre l'UE et le Royaume-Uni, afin d'éviter un divorce brutal. Cet accord doit cependant être validé à la fois par les 27, réunis en Conseil européen jeudi et vendredi, ainsi que par le Parlement britannique, qui se prononcera samedi. Plusieurs partis britanniques ont d'ores et déjà appelé les députés à "rejeter" cet accord. Suivez notre direct.

 

 

 

Jean-Claude Juncker se félicite d'un accord "juste" et "équilibré". "Quand il y a de la volonté, il y a un accord", a tweeté le président de la Commission européenne, en saluant un accord "juste" et "équilibré" et recommandant aux chefs d'Etat et de gouvernement des 27 Etats de l'UE de l'approuver. "Je suis ravi de cet accord mais je suis très triste du Brexit", a-t-il ajouté face à la presse.

 

 

 

Boris Johnson annonce un vote pour samedi. Le Premier ministre britannique a annoncé sur son compte Twitter qu'un "excellent nouvel accord" avait été trouvé, permettant à son pays de "reprendre le contrôle""J'espère que mes collègues à Westminster vont maintenant se rallier à cet accord, a-t-il ajouté dans l'après-midi. C'est maintenant qu'il faut faire cette sortie de l'Union européenne !"

 

 

 

Le Brexit n'est toujours pas entériné. L'accord doit être approuvé par les chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE. Mais surtout, le texte doit être voté par le Parlement britannique, où Boris Johnson ne dispose plus de majorité. Par ailleurs, les responsables du parti unioniste nord-irlandais DUP, dont les voix pourraient être indispensables, ont annoncé être opposés à cet accord. Idem pour les travaillistes du Labour et les Ecossais du SNP.

 

 

 

Macron se dit "toujours optimiste". A son arrivée à Bruxelles, Emmanuel Macron a salué "un accord positif pour l'Union européenne et le côté britannique". Il a appelé à "rester raisonnablement prudent", car "il convient de passer les prochaines étapes" à Bruxelles et à Londres. Le président français s'est dit "raisonnablement confiant" quant à une ratification par le Parlement britannique.

 

 

 

Une entrée en vigueur dès novembre ? Le nouvel accord pourrait entrer en vigueur le 1er novembre, selon le projet de conclusions du sommet de Bruxelles. Le chef des négociateurs de l'UE, Michel Barnier, a précisé que la période de transition durerait jusqu'à la fin 2020, avec éventuellement un ou deux ans supplémentaires si Bruxelles et Londres s'entendaient sur ce point. 

 


17/10/2019
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