L'AIR DU TEMPS

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Franceinfo - le samedi 20 juin 2020 - mis à jour le 21.06.2020

 

 

Royaume-Uni : une attaque au couteau fait trois morts dans un parc de Reading, la piste terroriste pas retenue à ce stade

 

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"Les faits ne sont actuellement pas considérés comme de nature terroriste", mais les enquêteurs "gardent l'esprit ouvert quant à leur motivation" et travaillent avec le renfort de la police antiterroriste, a déclaré dans un communiqué le commissaire en chef, Ian Hunter

 

 

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es policiers près du parc Forbury Gardens à Reading (Royaume-Uni), où trois personnes ont été tuées lors d'une attaque au couteau, le 20 juin 2020.  (ISABEL INFANTES / ANADOLU AGENCY / AFP)

 

 

 

Trois personnes sont mortes lors d'une attaque au couteau dans un parc de Reading (Royaume-Uni) samedi 20 juin, selon la police, qui ne retient pas actuellement la piste terroriste. Un homme de 25 ans, originaire de la ville, été arrêté sur les lieux pour meurtre et placé en garde à vue, d'après la police de la vallée de la Tamise. L'attaque a fait également trois blessés graves.

 

 

La police et les secours sont intervenus après avoir reçu des appels leur signalant que plusieurs personnes avaient été poignardées à Forbury Gardens vers 19 heures heure locale, dans le centre de cette ville de 200 000 habitants à environ 60 kilomètres du centre de la capitale britannique.

 

 

"Les faits ne sont actuellement pas considérés comme de nature terroriste", néanmoins, les enquêteurs "gardent l'esprit ouvert quant à leur motivation" et travaillent avec le renfort de la police antiterroriste, a déclaré dans un communiqué le commissaire en chef Ian Hunter. Un périmètre de sécurité a été mis en place pour procéder aux constatations sur place.

 

 

Le Premier ministre britannique, Boris Johnson, a adressé ses "pensées à tous ceux qui ont été affectés par les épouvantables événements de Reading" dans un tweet remerciant les services d'urgence. La ministre de l'Intérieur, Priti Patel s'est dite "profondément inquiète", également sur Twitter.

 

 

 

Boris Johnson #StayAlert @BorisJohnson
 

My thoughts are with all of those affected by the appalling incident in Reading and my thanks to the emergency services on the scene.

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Priti Patel @pritipatel
 

Deeply concerned to hear reports of an incident in Reading.

My thoughts are with everyone involved, including police and emergency responders at the scene.

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"Aucun lien" avec une manifestation "Black lives matter"

Des témoins cités par l'agence de presse PA ont indiqué qu'un homme avait attaqué plusieurs groupes réunis dans ce parc lors de cette soirée ensoleillée. "Le parc était plein, beaucoup de gens étaient assis pour boire un verre avec des amis quand une personne est arrivée, a soudainement crié des mots inintelligibles et est allé vers un groupe d'une dizaine de personnes, essayant de les attaquer au couteau", a raconté à l'agence britannique PA Lawrence Wort, témoin de la scène.

 

 

"Il a poignardé trois d'entre eux, gravement dans le cou et sous les bras, puis il s'est retourné et a commencé à courir vers moi, on s'est retournés et on a commencé à courir", a expliqué ce coach sportif de 20 ans. "Quand il a réalisé qu'il ne pourrait pas nous rattraper, il a réussi à atteindre une personne à l'arrière du cou et quand il a vu que tout le monde commençait à courir, il est parti du parc", a-t-il raconté. La police a appelé les internautes à ne pas partager les images de la scène qui ont circulé sur les réseaux sociaux, mais plutôt de les communiquer aux enquêteurs.

 

 

Les faits se sont produits à proximité de l'endroit où plus tôt dans la journée s'était tenue une manifestation du mouvement antiraciste "Black lives matter", mais les organisateurs comme la police estiment qu'il n'y a aucun lien. L'attaque a eu lieu trois heures après la fin de l'événement, selon la police.

 

 

Aucune des personnes qui ont pris part à la manifestation n'a été touchée, a affirmé une organisatrice, Nieema Hassan, dans une vidéo sur les réseaux sociaux. "Nous étions partis quand c'est arrivé."

 


21/06/2020
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Franceinfo - le lundi 1er juin 2020

 

 

Grèce : des milliers de réfugiés menacés d'être expulsés de logements sociaux

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

Une nouvelle législation, votée en novembre, a réduit de six à un mois la période pendant laquelle les migrants ayant obtenu l'asile peuvent habiter ces appartements

 

 

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Des réfugiés menacés d'être expulsés de logements sociaux manifestent devant le bâtiment du Haut comité de l'ONU pour les réfugiés à Athènes (Grèce), le 29 mai 2920. (GEORGE VITSARAS / SOOC / AFP)

 

 

 

Plus de 11 000 réfugiés vont être expulsés, à partir de lundi 1er juin, des logements sociaux qui leur étaient attribués à travers la Grèce. Cette expulsion était prévue dès avril, mais "un délai a été donné jusqu'à fin mai en raison de l'épidémie de Covid-19", a indiqué le ministre des Migrations, Notis Mitarachi. Une loi votée en novembre a réduit de six à un mois la période pendant laquelle les réfugiés ayant obtenu l'asile peuvent rester dans ces appartements.

 

 

Le gouvernement grec juge cette politique nécessaire pour que les hébergements bénéficient aux plus de 32 500 demandeurs d'asile qui vivent dans des conditions sordides dans les camps des îles surpeuplés du nord de la mer Egée. "Il est normal que ceux qui sont en Grèce depuis plus longtemps puissent laisser leur place. Il faut mettre une limite et que les réfugiés s'intègrent et trouvent un travail", a déclaré à l'AFP le secrétaire du service d'asile grec.

 

 

 

Une décision préoccupante, selon les ONG

Pour le porte-parole du Haut comité de l'ONU pour les réfugiés (HCR) en Grèce,  cette décision est préoccupante. "Les réfugiés vont devoir quitter cette forme d'assistance sans accès efficace aux services sociaux grecs. En théorie, ils ont droit à des aides mais en réalité pour ceux qui ne parlent pas la langue, naviguer dans la bureaucratie grecque peut être extrêmement difficile", estime-t-il.

 

 

Le gouvernement grec soutient que les réfugiés peuvent postuler au programme Helios, mis en place par l'Organisation internationale pour les migrations, qui leur permet de suivre des cours de grec et de bénéficier d'une allocation pour leur logement. Ce programme est peu adapté, selon l'ONG Solidarity Now. "Les réfugiés sont censés trouver eux-mêmes un logement, or ils font face à des attitudes xénophobes des propriétaires, à des démarches administratives peu compréhensibles et au manque d'offre d'appartements bon marché", affirme une responsable.

 


01/06/2020
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Franceinfo - le samedi 23 mai 2020

 

 

L'Espagne accueillera de nouveau des touristes étrangers à partir de juillet

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

 

Le championnat de football professionnel espagnol, la Liga, reprendra quant à lui dès le 8 juin, a annoncé samedi le Premier ministre espagnol, Pedro Sanchez

 

 

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Premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, le 20 mai 2020, lors d'un discours devant la chambre basse du Parlement, à Madrid. (BALLESTEROS/EFE/SIPA / EFE)

 

 

 

"Je vous annonce qu'à partir du mois de juillet, l'entrée de touristes étrangers en Espagne reprendra en toute sécurité. Les touristes étrangers peuvent donc planifier dès maintenant leurs vacances dans notre pays", a annoncé samedi 25 mai le Premier ministre espagnol, Pedro Sanchez. "Nous garantirons que les touristes ne courent aucun risque et qu'ils n'apportent pas non plus de risques à notre pays", a-t-il souligné. Cette autorisation est cruciale pour l'Espagne, deuxième destination touristique mondiale, où le secteur pèse 12% du PIB.

 

 

 

RTVE @rtve
 

Pedro Sánchez: "Es importante trasladar el mensaje de que en julio puede haber una programación estival, en el sentido de poder ir a la playa o la montaña"http://rtve.es/n/2014331 

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"Nous sommes à un pas de la victoire mais nous devons nous rappeler que le virus n'a pas disparu et que nous devons le maintenir à distance", a-t-il toutefois prévenu, alors que des milliers d'Espagnols ont manifesté samedi en voiture à l'appel du parti d'extrême droite Vox pour dénoncer le maintien de l'état d'alarme imposé le 14 mars.

 

 

 

La Liga reprendra le 8 juin

Le championnat de football espagnol reprendra, quant à lui, le 8 juin, semaine qui marquera "la reprise des grandes compétitions sportives et professionnelles". La Liga était suspendue depuis la mise en place du confinement mi-mars, tout comme les arrivées de touristes étrangers.

 

 

Le déconfinement entamé il y a deux semaines dans la moitié du pays sera étendu lundi à Madrid et à Barcelone, les deux principaux foyers de contagion en Espagne, l'un des pays les plus endeuillés d'Europe avec plus de 28 000 morts.

 

 

Les deux grandes villes espagnoles pourront rouvrir terrasses de bars, hôtels et musées à partir de lundi, avec de strictes limitations du nombre de clients. De nombreuses zones du pays qui avaient déjà démarré le déconfinement, soit 22 millions d'Espagnols, passeront à l'étape supérieure, avec la réouverture des plages, des piscines et des cinémas.

 


24/05/2020
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Franceinfo - le dimanche 17 mai 2020

 

 

Belgique : des soignants accueillent la Première ministre en lui tournant le dos

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

Le personnel soignant de l'hôpital Saint Pierre de Bruxelles voulait protester contre le manque de moyens dans les hôpitaux pour faire face à l'épidémie de Covid-19.

 

 

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Des soignants se préparent à tourner le dos à la Première ministre, Sophie Wilmès, le 16 mai 2020 à Bruxelles (Belgique). (MARIN DRIGUEZ/SIPA)

 

 

 

L'image est marquante. Le personnel soignant d'un hôpital de Bruxelles a réservé, samedi 16 mai, un accueil glacial à la Première ministre, Sophie Wilmès, lui tournant le dos lors de sa visite sur le front de la lutte contre la pandémie de coronavirus. Les infirmières et les autres soignants se sont alignés à l'entrée de l'hôpital Saint Pierre de Bruxelles lorsque Sophie Wilmès est arrivée samedi et lui ont ostensiblement tourné le dos quand la voiture officielle a fait son apparition.

 

 

 

La santé en lutte@SanteLutte
 

? Bravo aux collègues de Saint Pierre à Bruxelles pour leur action digne face à l'affront de la visite de Madame Wilmès dans leur hôpital ! ✊

? Voici quelques photos de l'action d'hier.
Photos du Krasnyi Collective

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Le personnel protestait contre le manque de ressources des hôpitaux et les décrets officiels qui pourraient les obliger à travailler si la crise du Covid-19 le demande, selon la presse belge. "Le politique nous tourne le dos constamment face à nos appels à l'aide", a déclaré un infirmier qui a préféré garder l'anonymat à la radiotélévision publique RTBF. "Les équipes sont sous-staffées et les taux de burn-out le démontrent. On demande que le métier soit revalorisé."

 

 

 

"Aucun sujet n'a été écarté"

Un porte-parole de Sophie Wilmès a indiqué qu'elle avait parlé 40 minutes avec des représentants des protestataires, et que l'atmosphère à l'intérieur de l'hôpital avait été plus cordiale. "Situation sanitaire, protections, charge mentale, valorisation du métier, financement des soins de santé, aucun sujet n'a été écarté", a écrit la Première ministre dans un tweet.

 

 

 

Sophie Wilmès @Sophie_Wilmes
 

Les visites des hôpitaux Chirec-Delta et Saint-Pierre furent un moment de rencontres, dialogue important pour personnel soignant comme pour moi. Situation sanitaire, protections, charge mentale, valorisation du métier, financement des soins de santé, aucun sujet n’a été écarté.

 

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La Belgique a été durement touchée par la pandémie, avec un des taux de décès les plus élevés au monde. Mais la contamination semble ralentir et le pays commence à lever ses mesures de confinement. D'après les derniers chiffres officiels diffusés dimanche, la Belgique, qui compte 11,5 millions d'habitants, a enregistré 55 280 cas confirmés de Covid-19 et 9 052 décès.

 


18/05/2020
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Franceinfo - le samedi 16 mai 2020 - mis à jour le 17.05.2020

 

 

Quarantaine stricte, partielle ou inexistante : comment les pays européens organisent la réouverture de leurs frontières malgré le risque épidémique

 

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Particulièrement frappée par le coronavirus, l'Italie a annoncé samedi qu'elle allait rouvrir ses frontières aux touristes européens et mettre fin à toute quarantaine pour les entrants sur son territoire. Mais cette décision fait exception dans l'espace Schengen

 

 

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La frontière entre Schœneck (Moselle) et Sarrebruck Gersweiler en Allemagne, est rouverte en présence de la ministre sarroise de l’Economie et des Transports, Anke Rehlinger, le 15 mai 2020.  (OLIVER DIETZE / DPA / AFP)

 

 

 

Le gouvernement italien a annoncé, samedi 16 mai, qu'il allait rouvrir les frontières du pays aux touristes de l'Union européenne et annuler la quarantaine obligatoire pour les visiteurs étrangers dans la péninsule, à partir du 3 juin. Cette décision, prise pour sauver le tourisme dans la péninsule, fait exception au sein de l'Union européenne, où la quarantaine reste de mise pour bon nombre de voyageurs. Depuis deux mois, la quasi-totalité des frontières à l'intérieur de l'espace européen (espace Schengen, Union européenne et Royaume-Uni) font l'objet de fortes restrictions.

 

 

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Comme la France, plusieurs pays ont choisi de placer leurs entrants en quarantaine, par crainte de voir circuler le Covid-19. Mais quelques exceptions demeurent, à commencer par le Royaume-Uni. Franceinfo fait le point sur la situation de nos voisins, dont la législation est mouvante et pourrait évoluer dans les prochains jours.

 

 

 

Ceux qui imposent une quarantaine stricte 

 

  • L'Espagne

 

Soucieuses d'encadrer le déconfinement progressif de ce pays particulièrement touché par l'épidémie, les autorités espagnoles ont annoncé qu'elles feraient respecter, à compter du vendredi 22 mai, une période de deux semaines de quarantaine pour tout voyageur arrivant de l'étranger. Ils ne seront autorisés à sortir que pour faire des courses alimentaires, se rendre dans des centres de soins ou dans le cas de "situation de nécessité". Une ordonnance parue mardi (en espagnol) précise que cette mesure d'exception restera en vigueur jusqu'au 24 mai.

 

 

Des dérogations sont mises en place pour les chauffeurs routiers, les membres d'équipage d'avions et de bateaux, les travailleurs transfrontaliers, de même que pour le personnel médical venant dans le pays pour travailler.

 

 

  • L'Allemagne

 

Depuis le 10 avril, une quarantaine de 14 jours à domicile est obligatoire pour toute personne entrant sur le territoire allemand, "quel que soit le mode de transport et après un séjour de plusieurs jours à l'étranger", précise le Quai d'Orsay.

 

 

A partir du samedi 16 mai, ces restrictions ont été prolongées d'un mois mais en les assouplissant quelque peu. Les contrôles ne seront plus systématiques, a souligné le ministre de l'Intérieur Horst Seehofer. La frontière avec l'Autriche est, elle, complètement rouverte. L'Autriche a également annoncé le rétablissement, à partir du 15 juin, de la libre circulation à sa frontière commune avec l'Allemagne, fermée depuis mi-mars. 

 

 

  • L'Irlande

 

L'Irlande va imposer 14 jours de quarantaine aux voyageurs arrivant de l'étranger, y compris la Grande-Bretagne, dans le cadre du déconfinement progressif prévu pour commencer lundi, a annoncé vendredi 15 mai le Premier ministre Leo Varadkar.

 

 

La France : une quarantaine partielle 

La loi prolongeant l'état d'urgence sanitaire en France prévoit une quarantaine de 14 jours pour les personnes entrant sur le territoire depuis certains pays, dont la liste doit encore être établie. Mais l'Elysée a d'emblée fait savoir qu'aucune quarantaine ne serait imposée à "toute personne, quelle que soit sa nationalité, en provenance de l'Union européenne, de la zone Schengen ou du Royaume-Uni", indique le ministère de l'Europe et des Affaires étrangères.

 

 

La seule exception à cette règle est l'Espagne, dont chaque entrant sur le sol français sera placé en quarantaine. Cette décision intervient par "réciprocité" avec celle de Madrid de placer en quarantaine toute personne venant de l'étranger, selon un décret paru mardi. Mais ce type de restrictions n’est "pas le souhait" de la France, a souligné Paris. 

 

 

Ceux qui n'imposent pas de quarantaine

 

  • L'Italie

 

C'est le coup de théâtre diplomatique de cette fin de semaine : le gouvernement italien a décidé de rouvrir ses frontières aux touristes de l'Union européenne dès le 3 juin et d'annuler la quarantaine obligatoire pour les visiteurs étrangers dans la péninsule. Le but est clair : relancer le tourisme, l'un des principaux secteurs de l'économie italienne, qui représente environ 13% du PIB.  

 

 

Ces mesures ont été annoncées samedi 16 mai, à l’issue d’un Conseil des ministres de près d’une dizaine d’heures autour du Premier ministre Giuseppe Conte. Le ministre de l'Intérieur français, Christophe Castaner, a réagi quelques heures plus tard, jugeant "essentiel" de coordonner les décisions sur la réouverture des frontières à l'intérieur de l'espace européen et regrettant la décision italienne "unilatérale"

 

 

  • Le Portugal

 

Le ministère de l'Intérieur portugais a affirmé à Checknews que le pays n'appliquait aucune quarantaine à l'entrée sur son territoire. "Le pays a toutefois suspendu tous les vols arrivant sur la péninsule, sauf ceux en provenance de l'espace Schengen, jusqu'au 15 juin", précise le site. 

 

 

  • Le Royaume-Uni

 

Le Royaume-Uni fait partie des rares pays n'ayant jamais fermé leurs frontières et n'imposant donc, jusqu'ici, aucune quarantaine aux entrants. Mais cet état de fait est sur le point de changer : le Premier ministre britannique Boris Johnson a indiqué, dimanche 10 mai, sa volonté d'instaurer bientôt "une quarantaine pour les personnes qui entrent dans le pays par avion". 

 

 

La présidence française avait assuré à la suite de ces annonces "qu'aucune mesure de quarantaine ne s'appliquera[it] aux voyageurs en provenance de France". Mais le porte-parole de Boris Johnson est finalement revenu sur cette supposée exception, affirmant qu'acune "exemption n'a[vait] été convenue avec la France", a-t-il indiqué vendredi. 

 

 

 

Ceux dont les frontières sont fermées 

En Suisse et en Belgique, les frontières terrestres et aériennes sont à ce jour encore fermées, saur pour les résidents et les travailleurs. La Suisse a toutefois assoupli ses règles de passage avec l'Allemagne et l'Autriche, en permettant aux couples et aux familles transfrontalières de se rendre visite à nouveau. Les ressortissants du Liechtenstein voisin sont également autorisés à traverser la frontière. 

 

 

Au Danemark, en Pologne, en République tchèque et en Finlande, les frontières sont également closes. Pas de quarantaine imposée dans ces pays puisque les entrées y sont drastiquement limitées. 

 


18/05/2020
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Franceinfo - le dimanche 17 mai 2020

 

 

Manifestations anti-restrictions en Allemagne : "on assiste à une forme de fragmentation de la société allemande", analyse un historien

 

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Les rassemblements en Allemagne contre les mesures de restriction des déplacements et des intéractions "rappellent étrangement le mouvement Pegida", estime Emmanuel Droit

 

 

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Une manifestation contre les restrictions mises en œuvre pour limiter la propagation du coronavirus à Stuttgart en Allemagne, le 9 mai 2020 (photo d'illustration). (MARKUS RIEDLE / AFP)

 

 

 

Depuis quelques jours, des milliers de personnes manifestent en Allemagne contre les mesures de restriction des déplacements et des interactions visant à réduire la propagation du coronavirus Covid-19. Elles les accusent d'être liberticides et dénoncent une "dictature". Emmanuel Droit, historien spécialiste de l'Allemagne contemporaine et professeur à Sciences Po Strasbourg interrogé par franceinfo, analyse ce mouvement qu'il rapproche de l'extrême-droite. Selon lui, "on assiste à une forme de fragmentation de la société allemande".

 

 

 

franceinfo : Des milliers de personnes qui manifestent toutes les semaines, est-ce qu'on peut encore dire que c'est un mouvement marginal ?

 

 

Emmanuel Droit : C'est avant tout un mouvement minoritaire. Marginal, il ne l'est pas, du fait de sa médiatisation. Ce n'est pas non plus un mouvement inédit. Il y a un petit air de déjà vu. Ça rappelle étrangement le mouvement Pegida (Les Européens patriotes contre l'islamisation de l'Occident) en 2015, où là aussi pour d'autres raisons une partie de ces citoyens en colère venant de tout horizon, mais majoritairement de l'extrême-droite, s'étaient réunis pour dénoncer la politique migratorie d'Angela Merkel.

 

 

 

Est-ce-que ce phénomène était prévisible ?

 

Il surprend en partie les autorités, et en même temps il y a un effet de répétition avec les mêmes répertoires d'action. On a les citoyens en colère qui investissent la rue, qui brandissent un droit à résister à une prétendue "dictature". Ils s'appuient sur les thèses conspirationnistes qui se développent sur les réseaux sociaux et certains responsables politiques allemands ne sont pas toujours très clairs vis-à-vis de ces citoyens en colère. C'est le cas du Premier ministre, président de Saxe, qui appelle à être compréhensif envers ces citoyens, mais on sait aussi que la Saxe est l'un des épicentres du mouvement Pegida et de l'extrême-droite en Allemagne.

 

 

 

Est-ce que paradoxalement, ce mouvement ne renforce pas Angela Merkel ?

 

La crise du coronavirus a remis en selle Angela Merkel. Elle connaît de nouveau une très forte popularité en Allemagne. Mais ces mouvements de citoyens en colère montrent bien que dans le même temps, on assiste à une forme de fragmentation de la société allemande que l'on a l'habitude de voir comme une société plutôt consensuelle, avec une très forte confiance en la démocratie parlementaire. Vous avez aujourd'hui en Allemagne, comme dans d'autres pays, une partie non négligeable de la population, même si ça reste une minorité, qui est hostile à la démocratie parlementaire, qui est hostile à cette classe politique qui prétend les manipuler.

 

 

 

Est-ce que le parti d'extrême-droite AFD peut tirer parti de ces manifestations ?

 

En tout cas, il essaie de tirer parti de ce mouvement. Il était plutôt bas dans les sondages ces dernières semaines. Il était retombé à 8 ou 9% d'intentions de vote. Il est lui-même en proie à des tensions très fortes en interne puisque l'un des leader de sa frange la plus extrémiste vient d'être exclu par la direction du parti. C'est une manière de montrer qu'ils sont toujours présents, qu'ils sont une force active au sein de la société allemande.

 


18/05/2020
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Franceinfo - le vendredi 8 mai 2020

 

 

Allemagne : un nouveau foyer de contamination

 

 

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France 2France Télévisions

 

 

L'Allemagne a amorcé son déconfinement le 20 avril. Près de trois semaines plus tard, un nouveau foyer de contaminations a été repéré. Le journaliste Laurent Desbonnets est en direct de Berlin pour faire le point sur la situation

 

 

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Jusque-là, l'Allemagne pouvait s'enorgueillir d'avoir réussi son déconfinement précoce. Dès le 20 avril, une partie du pays avait pu redémarrer, sans que la deuxième vague épidémique tant redoutée ne frappe le pays. Mais vendredi 8 mai, un nouveau foyer de contamination a été repéré. "Tous les regards se tournent aujourd'hui vers le centre du pays", explique le journaliste Laurent Desbonnets, en direct de Berlin.

 

 

 

"La région a été très loin et très vite dans le déconfinement"

Ici, "le seuil fixé par les autorités a été très largement dépassé". Depuis sept jours, on est en moyenne à 85 nouveaux cas pour 100 000 habitants. "Et ce sont des cas qui sont relativement dispersés : deux maisons de retraite sont touchées et il y a aussi des habitants isolés. Alors personne ne sait vraiment d'où viennent ces nouvelles contaminations mais la région a été très loin et très vite dans le déconfinement", poursuit le journaliste. 

 


11/05/2020
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Franceinfo - le samedi 18 avril 2020

 

 

Coronavirus : Italie, Espagne, Allemagne... Comment les gouvernements européens gèrent leur communication de crise

 

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franceinfoFrance Télévisions

 

 

 

De Londres à Madrid en passant par Buxelles, Berlin et Rome, les dirigeants européens optent pour des stratégies différentes lorsqu'ils s'adressent à leurs concitoyens

 

 

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La chancelière allemande, Angela Merkel, tient une conférence de presse sur le coronavirus, entourée du ministre-président de Bavière, Markus Söder, et du premier bourgmestre de Hambourg, Peter Tschentscher, le 15 avril 2020 à Berlin. (BERND VON JUTRCZENKA / DPA / AFP)

 

 

 

L'Europe avance à petits pas vers le déconfinement, chaque pays à son rythme. En France, Emmanuel Macron a annoncé des pistes de sortie du confinement pour le 11 mai, au cours d'une allocution surcommentée avant même sa diffusion, lundi 13 avril. Il s'agissait de sa quatrième prise de parole depuis le début de la crise sanitaire du coronavirus. Un exercice à la solennité bien française, qui ne trouve pas son équivalent chez la plupart de nos voisins.

 

 

>> Coronavirus : confinement, masques, tests... Retrouvez toutes informations concernant l'épidémie de Covid-19 dans notre direct

 

 

Tous confrontés à leur échelle à l'épidémie de Covid-19, comment les gouvernements européens communiquent-ils face à cette crise inédite ? Tour d'horizon, de Londres à Madrid, en passant par Buxelles, Berlin et Rome.

 

 

 

En Allemagne, une Angela Merkel prudente et très populaire

L'Allemagne, louée pour sa gestion de la crise avec une épidémie beaucoup mieux maîtrisée que dans d'autres pays européens, n'échappe pas aux débats sur le déconfinement. Mais le gouvernement d'Angela Merkel semble pour l'instant avoir réussi sa communication, en témoigne la popularité record de la chancelière allemande (près de 80% d'opinions favorables) après quinze années au pouvoir.

 

 

Avec discrétion et modestie, Angela Merkel a joué la carte de la prudence, évitant les gesticulations médiatiques. Depuis le début de la crise, elle ne s'est adressée solennellement qu'une seule fois aux Allemands à la télévision. Cette allocution, diffusée le 18 mars, était d'ailleurs une première depuis son arrivée au pouvoir en 2005. Sans hymne national. "Elle n'a pas cette attitude impériale que peuvent avoir d'autres chefs d'Etat et de gouvernement pour s'adresser à leurs administrés", juge Gero Neugebauer, politologue à l'université libre de Berlin (FU), cité par Libération.

 

 

Face à une menace aussi grave que le coronavirus, Angela Merkel, à la tête d'une grande coalition entre la droite et les sociaux-démocrates, aurait pu proclamer l'état d'urgence, comme le lui permet la Constitution, et ainsi disposer de pouvoirs élargis. Elle s'est bien gardée de l'invoquer, dans un pays où la concentration des pouvoirs reste mal vue, soixante-quinze ans après la chute du nazisme.

 

 

En Allemagne, le pouvoir est partagé entre le niveau fédéral et celui des Länder, qui bénéficient d'importantes prérogatives, y compris en ce qui concerne les mesures de confinement. Résultat : si des règles très strictes peuvent être mises en œuvre dans des régions très touchées par l'épidémie, comme la Bavière, elles sont quasiment inexistantes dans d'autres, comme le Mecklembourg-Poméranie, note le correspondant de France Télévisions en Allemagne, Laurent Desbonnets. Un "chaos réglementaire" pour les uns, du pragmatisme pour les autres. "Ici, la population exprime moins d'attentes qu'en France vis-à-vis du gouvernement central, explique Laurent Desbonnets. Les gens sont plus attachés à leur liberté qu'à être pris par la main."

 

 

 

Au Royaume-Uni, des ministres à tour de rôle et l'équivalent du directeur général de la santé 

Tous les soirs à 17 heures, le point-presse quotidien sur l'évolution de l'épidémie est assuré non pas par une seule personne, mais par un tandem : un ministre, accompagné du Chief Medical Officer (un poste occupé par Chris Whitty, l'équivalent britannique de Jérôme Salomon). Depuis le début de l'épidémie, plusieurs ministres (celui de la Santé, mais aussi celui des Affaires étrangères ou de l'Economie) se sont succédé derrière le pupitre aux inscriptions tape-à-l'œil, en lettres capitales noires sur fond jaune bordé de rouge : "Stay home, Protect the NHS, Save lives" ("Restez à la maison, protégez le système de santé, sauvez des vies").

 

 

 

UK Prime Minister @10DowningStreet
 

“Thank you. Your efforts are making all the difference. Please keep them up.” – Foreign Secretary @DominicRaab

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C'est lors de ce rendez-vous que sont dévoilées les dernières statistiques de l'épidémie, mais aussi les annonces plus politiques liées par exemple aux mesures de restriction, aux aides financières pour les plus démunis, ou d'autres informations comme le nombre de contraventions dressées pour non-respect du confinement.

 

 

Si le Premier ministre britannique, Boris Johnson, a été vertement critiqué pour n'avoir pas pris la mesure de la gravité de la situation suffisamment tôt, le gouvernement développe un discours très direct pour s'adresser à la population. L'ancien maire de Londres avait ainsi été l'un des premiers dirigeants européens à opter ouvertement pour la stratégie de l'immunité de groupe, avant de faire machine arrière devant l'explosion du nombre de victimes.

 

 

Outre-Manche, pas question de rassurer artificiellement quand l'heure est grave. "Je dois être honnête avec vous, beaucoup de familles vont perdre des êtres chers prématurément", avait d'ailleurs prévenu Boris Johnson dès le 12 mars. "Ils ne prennent pas trop de gants. C'est typiquement britannique", relève le correspondant de France Télévisions à Londres, Arnaud Comte.

 

 

Un style direct qui se manifeste aussi par des interventions beaucoup moins solennelles qu'en France. Depuis le début de la crise, Boris Johnson n'hésite pas à filmer lui-même certaines de ses interventions avec son téléphone portable avant d'envoyer la vidéo sur son compte Twitter. Ce fut notamment le cas pour donner des nouvelles de son état de santé, avant et après son hospitalisation pour cause de Covid-19. "On est dans une gestion beaucoup moins jupitérienne qu'en France. Ici, la parole sacrée émane plutôt de la reine", explique Arnaud Comte. La souveraine s'est exprimée le 5 avril lors d'une allocution, la quatrième seulement depuis le début de son long règne.

 

 

 

En Belgique, l'avènement d'une Première ministre inconnue

Avec près de 5 000 morts pour 11,5 millions d'habitants, la Belgique est devenue le 16 avril le pays au taux de mortalité lié au coronavirus le plus élevé au monde, devant l'Espagne. Un chiffre qui s'explique, selon les autorités, par la prise en compte des décès dans les maisons de retraite, mais aussi à domicile, ce qui n'est pas le cas de la plupart des autres pays. Quoi qu'il en soit, ce bilan peu flatteur n'entame pas, pour l'heure, la crédibilité de Sophie Wilmès, désignée Première ministre en octobre à la tête d'un gouvernement intérimaire, car privé de majorité.

 

 

"C'est une Première ministre que personne ne connaissait, il y a quelques semaines encore beaucoup de Belges auraient été incapables de prononcer son nom, rapporte Valéry Lerouge, du bureau de France Télévisions à Bruxelles. Mais les Belges l'ont découverte et trouvent qu'elle fait bien le job." Le 19 mars, la gravité de l'épidémie a poussé le Parlement à lui voter la confiance afin de lui donner les moyens d'agir.

L'émergence de Sophie Wilmès est aussi à mettre en parallèle avec les déboires de la ministre de la Santé. Titulaire du portefeuille depuis 2014, Maggie de Block a enchaîné les faux pas depuis le début de la crise sanitaire. Accusée de n'avoir pas renouvelé le stock stratégique de masques il y a trois ans, cette libérale néerlandophone a assumé avoir pris cette décision pour des raisons budgétaires, une justification sévèrement jugée côté francophone. "Depuis, Maggie de Block a été mise sur la touche et c'est plutôt Sophie Wilmès, plus consensuelle, qui communique", observe Valéry Lerouge.

 

 

Sur le fond, la Belgique a pris des mesures de restriction plus ou moins en même temps que la France, mais plus souples. Les contrôles de police sont ainsi moins nombreux, et il n'est pas nécessaire de se munir d'une attestation pour se déplacer. Le 15 avril, le gouvernement a annoncé la prolongation du confinement au moins jusqu'au 3 mai, avec des assouplissements. Des annonces qui ne font pas l'unanimité notamment en Flandre, où des voix s'élèvent pour que l'économie redémarre.

 

 

 

En Italie, l'union sacrée autour de Conte

Premier pays européen à avoir été touché de plein fouet par l'épidémie, l'Italie commence à peine à voir le bout du tunnel. La semaine dernière, le président du Conseil, Giuseppe Conte, a annoncé la prolongation du confinement, en vigueur depuis le 10 mars, jusqu'au 3 mai. A la faveur de cette crise, le chef du gouvernement italien est devenu l'homme politique le plus populaire d'Italie, loin devant son ex-allié et désormais rival d'extrême droite Matteo Salvini.

 

 

L'ancien "Mister Nobody", qui s'est révélé lors du coup d'éclat ayant mené à l'éviction de Matteo Salvini du gouvernement l'été dernier, jouit d'"une sorte d'union sacrée" dans son pays meurtri par le Covid-19. Le résultat d'une communication franche et sérieuse, sans démesure, privilégiant les faits plutôt que les grandes envolées. "Conte a été malin : il a évité les discours martiaux et s'est comporté en technicien", explique le correspondant de France Télévisions à Rome, Alban Mikoczy. "Il n'a jamais cherché à masquer la gravité de la situation. Sa parole a toujours été la même, assumant le fait que la crise allait coûter très cher au pays, mais que la priorité était de sauver des vies."

 

 

Confrontés à une pénurie de masques, les dirigeants italiens n'ont jamais tenté de convaincre leurs administrés que leur utilisation était inutile pour combattre le virus, contrairement au discours tenu il y a quelques semaines en France"Le gouvernement a joué cartes sur table en admettant qu'il fallait réserver le peu de masques disponibles aux soignants, mais sans dissuader les détenteurs de masques d'en porter", explique Alban Mikoczy.

 

 

En Italie, les critiques visent moins les décisions prises par le gouvernement que la cacophonie liée à la forme régionalisée de l'Etat, pas forcément adaptée à une crise d'une telle intensité. Attilio Fontana, puissant président de la Lombardie (région la plus prospère mais également la plus touchée par l'épidémie), a ainsi affirmé sa volonté de faire redémarrer l'économie dès le 4 mai, suscitant de vives réactions.

 

 

Autre illustration de ce puzzle institutionnel, les règles concernant le port du masque, qui varient d'une région à l'autre : obligatoire dans la rue et fourni par les autorités en Toscane, obligatoire mais pas fourni en Lombardie, bientôt obligatoire en Ligurie et en Vénétie, pas obligatoire à Rome… Si le gouvernement a survécu à la vague épidémique, la sortie du confinement pourrait tourner au casse-tête.

 

 

 

En Espagne, l'impossible unité nationale

Formée en janvier après d'âpres négociations, la coalition menée par le socialiste Pedro Sanchez avec le parti de gauche radicale Podemos n'aura pas eu l'occasion de prospérer bien longtemps. En proie à une épidémie plus tardive mais tout aussi violente qu'en Italie, l'Espagne a prolongé le confinement jusqu'au 25 avril, une date qui devrait à nouveau être repoussée. Pendant les deux premières semaines, le pays est resté quasiment à l'arrêt, mais depuis lundi, certains salariés ont repris le chemin du travail, notamment dans la construction ou l'industrie.

 

 

Plus que dans tout autre pays européen, l'heure est à l'affrontement politique en Espagne, malgré la gravité de la situation. Le bilan officiel de plus de 19 000 morts est remis en cause par les deux régions autonomes les plus touchées par l'épidémie : la région de Madrid, dirigée par la droite, évoque plus de 10 000 morts contre les 6 877 du bilan officiel, et la Catalogne, dirigée par les indépendantistes, fait état de plus de 7 000 morts (contre 3 855 selon le ministère de la Santé).

 

 

Surtout, les critiques de l'opposition pleuvent sur le gouvernement, accusé de prendre ses décisions sans concertation avec l'opposition. Pour tenter de ramener le calme, le Premier ministre a lancé un appel à l'unité nationale, d'ores et déjà rejeté par le parti d'extrême droite Vox. Le Parti populaire, principale formation de droite, a pour l'instant refusé d'y participer, son leader Pablo Casado fustigeant "l'improvisation" du gouvernement. Et espérant secrètement une implosion de la coalition une fois la crise passée.

 


18/04/2020
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Franceinfo - le jeudi 19 mars 2020 - mis à jour le 31.03.2020

 

 

Coronavirus : nombre de décès par département, âge des malades, réanimations… Visualisez l'évolution de l'épidémie en France et en Europe

 

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Brice Le BorgneRobin PrudentFrance Télévisions

 

 

La pandémie liée au Covid-19 se répend en France et chez ses voisins européens depuis le mois de février. Retour sur l'évolution de ce virus, en cartes et infographies régulièrement mises à jour.

 

 

 

La pandémie liée au coronavirus a fait plus de 37 000 morts dans le monde. La France comptait 44 550 cas confirmés, mardi 31 mars, selon les données de Santé publique France. Pour suivre et comprendre l'évolution du virus au jour le jour, voici plusieurs cartes et infographies, qui seront régulièrement actualisées au fil des publications de nouveaux chiffres.

 

 

>> Coronavirus : suivez les dernières informations sur l'épidémie dans notre direct

 

 

 

Le Haut-Rhin compte le plus de décès

La France a franchi le seuil des 3 000 morts, le 30 mars. A l'échelon départemental, le Haut-Rhin et les départements d'Ile-de-France concentrent le plus de victimes. Cette carte, réalisée à partir des données de Santé publique France et mise à jour automatiquement, permet de visualiser les départements qui dénombrent le plus de décès.

 

 

 

 

 

 

Une évolution exponentielle du nombre de cas

En France comme ailleurs, le nombre de cas confirmés suit une croissance exponentielle. Il est néanmoins difficile de connaître l'ampleur exacte de la pandémie dans l'Hexagone, car les dépistages ne sont pas systématiques, et seuls sont publiés les chiffres des personnes testées positives au Covid-19.

 

 

 

 

 

De plus en plus de patients en réanimation

Plus précis que le nombre de cas dépistés, le nombre de personnes hospitalisées en réanimation est un autre indicateur pertinent pour étudier l'évolution de l'épidémie et sa gravité. En voici l'évolution depuis le 18 mars, pour les cinq départements où le nombre de patients en réanimation est le plus élevé.

 

 

 

 

 

35% des malades identifiés ont plus de 65 ans

Le bilan hebdomadaire publié par Santé publique France permet d'en savoir plus sur le profil des personnes testées positives au Covid-19, en réanimation ou décédées. Notamment leur âge : d'après les données du 24 mars, la majorité des cas confirmés (65%) ont moins de 65 ans, mais la majorité des personnes décédées (78,3%) ont plus de 75 ans.

 

 

 

 

 

Une flambée de nouveaux cas quotidiens en France et en Europe

Si la France est durement touchée par l'épidémie depuis quelques semaines, l'Italie a été le premier pays européen à connaître une forte croissance du nombre de cas confirmés, dès la fin février. Voici un graphique montrant les nouveaux cas confirmés chaque jour par le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC), en France, Italie, Espagne, Allemagne et Royaume-Uni. 

 

 

Ces tracés permettront de voir si les pays européens arrivent, à l'aide des mesures de restrictions de déplacements et de distanciation sociale, à "aplanir la courbe" du nombre de cas.

 

 

 
 
 

Une évolution inégale du nombre de morts dans chaque pays

On peut également observer l'évolution du nombre de décès cumulés liés au coronavirus. Dans le graphique ci-dessous, chaque pays apparaît à compter du jour du 10e décès déclaré, sur le modèle développé par le Financial Times (en anglais). Toutes les données sont issues de l'université Johns Hopkins, parfois complétées par des sources officielles nationales.

 

 

Certains pays, comme l'Italie et l'Espagne, sont plus durement touchés que le Japon ou la Corée du Sud. Cela tient notamment aux différentes mesures de confinement prises par chaque pays, ainsi qu'aux politiques de dépistage variables.

 

 

 

 

 

L'épidémie touche maintenant tous les continents

Vous pouvez circuler dans la carte ci-dessous, réalisée à partir des données de l'université Johns Hopkins, pour constater le nombre de cas confirmés partout dans le monde.

 

 

 

Dernière mise à jour : 26 mars 2020

 


31/03/2020
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Franceinfo - le samedi 21 mars 2020

 

 

Micro européen. Coronavirus : état d’urgence pour le Portugal, mais vraie solidarité nationale

 

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José-Manuel LamarquefranceinfoRadio France

 

 

 

Après le léger réveil économique du Portugal, le pays, confronté à ses premiers décès liés à la crise sanitaire du coronavirus Covid-19, retombe en léthargie. Tous les acteurs de la vie portugaise sont au front, publics comme privés, élus compris

 

 

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Le Portugal a enregistré cette semaine ces premiers décès. Au 18 mars, le nombre de cas confirmés de Covid-19 était de 642. Des agents contrôlent l'entrée de la ville d'Ovar, au centre du pays, déclarée ville en état de calamité publique.  (EPA)

 

 

 

Mercredi soir, 18 mars 2020, l’état d’urgence a été décrété au Portugal pour faire face à la crise sanitaire liée au Covid-19, avec une nette restriction des libertés mais pas de confinement total, seulement une interdiction de déplacement, mais aussi la possibilité de réquisition des forces vives du pays, où cela sera utile.

 

 

La décision a été annoncée par le président portugais, Marcelo Rebelo de Sousa. Une décision inédite pour ce pays de 10 millions d’habitants depuis la "Révolution des Œillets" en 1974, qui mettait fin à une dictature d’un demi-siècle. Si pas de confinement au Portugal, pas non plus de couvre-feu a annoncé le Premier ministre, António Costa. Quant à la presse portugaise, elle met en avant le fait que la décision du gouvernement est un acte de restriction des droits, et des libertés individuelles.  

 

 

 

Au Portugal, la guerre aussi est déclarée   

"Et c’est par un long combat, dans une période d’exception avec une décision d’exception, avec un combat long et intense…" Voici, en quelques mots, l’ensemble des propos du président portugais pour justifier l’état d’urgence et les pleins pouvoirs au gouvernement. Cet état d’urgence a été décrété pour 15 jours renouvelables.

 

 

Pour l’instant, on recensait mercredi dernier 18 mars, 642 cas déclarés de coronavirus et 2 décès. Les entreprises portugaises seront aidées par le gouvernement, mais aussi les particuliers, au niveau de leurs crédits engagés, des impôts et de leurs découverts bancaires.

 

 

Plages et parcs, jardins sont désormais interdits, quant aux écoles, collèges, lycées et universités, leurs portes seront fermées au moins jusqu’à Pâques, c’est-à-dire le 12 avril prochain. Les frontières aussi sont fermées et les transports aériens restreints aux vols dans l’Union européenne. Les transports publics sont désormais gratuits et désinfectés, ainsi que les gares, tous les jours.

 

 

 

Ovar, la ville la plus touchée  

Bien connue des touristes, la ville d’Ovar, située au centre du pays, est la ville la plus touchée du Portugal, et la ville est confinée, en raison de l’importance du phénomène du virus dans cette ville avec 440 personnes sous surveillance, 30 cas confirmés pour 55.000 habitants. Mais ce qui pêche le plus au Portugal, c’est l’état de son système de santé qui fait craindre le pire aux Portugais. 

 

 

 

La crise de 2008 a appauvri le pays  

La crise de 2008 a appauvri le pays qui a subi des coupes énormes dans ses finances publiques, entre autres, le système de santé. Depuis moins de 10 ans, le pays a connu des drames sanitaires, soit parce que les personnes ne pouvaient, faute de moyens financiers ou structurels, se rendre à l’hôpital, soit par l’absence de couverture sociale.

 

 

Le Portugal a remboursé le FMI et l’Union européenne en avance, et les caisses sont vides. Quant à la Banque centrale, sont état n’est pas au mieux de sa forme. Aussi les médecins hospitaliers portugais poussent un cri d’alarme, car il n'est pas dit qu’ils seront en mesure de faire face à cette épidémie, un cri dont l’écho retentit dans tout le pays. L’hôpital portugais est en grand danger.   

 

 

 

Le début de la reprise s’est arrêté  

Notre invitée, la journaliste Ana Navarro-Pedro, précise que la reprise confiante du Portugal va s’écrouler comme un château de cartes, puisque le tourisme et les exportations représentent une moyenne de 60% du PIB.

 

 

Il faut s’attendre à une situation similaire à celle vécue lors de la crise de 2008, avec, comme charge supplémentaire, l’épidémie de Covid-19. Aujourd’hui, la reprise s’éloigne de plus en plus d’un pays qui croyait sortir du néant.       

 

 

 

La solidarité nationale n’est pas un vain mot  

Le pays se mobilise et l’ensemble des acteurs économiques, élus, privés sont solidaires dans la crise que connaît le pays. La compagnie pétrolière portugaise GALP offre 29 respirateurs aux hôpitaux publics, 8 cette fin de semaine et 21 seront livrés la semaine prochaine. 

 

 

Le club de foot de Lisbonne Benfica donne un million d'euros au Service national de santé pour l'achat de respirateurs et matériels de protection. Un groupe de santé privé portugais, CUF, donne 50 respirateurs à l'hôpital public. Le matériel neuf est déjà en cours de livraison. La mairie de la grande ville industrielle du Nord, Porto, va fournir 55 respirateurs aux trois grands hôpitaux publics de la ville. La mairie en a acheté cette semaine 50 en Chine, dont les autorités ont facilité la transaction rapide, et une entreprise de Porto, non identifiée, a acheté 5 autres respirateurs pour l’offrir au Service national de santé.

 

 

Selon le gouvernement portugais, le Service national de santé SNS, réalise 9.000 tests Covid-19 par jour et veut commencer à tester massivement, et gratuitement, la population à partir de la semaine prochaine avec des kits de tests rapides (résultats en quatre heures, contre 24 heures au moins pour les tests en laboratoire). Les autorités sanitaires considèrent qu’un dépistage général de la population est une condition essentielle pour éviter la propagation du virus. Mais  la priorité du dépistage est toujours donnée aux personnes qui présentent des symptômes du Covid-19.  Ce vendredi 20 mars, il y avait déjà 18 centres de  dépistage, du nord au sud, dirigés par le SNS.

 

 

Parallèlement, un grand nombre de mairies ont commencé à acheter les tests et à monter des centres de dépistage municipaux, où tout citoyen ou étranger peut aller se faire dépister gratuitement. Les médecins s’en inquiètent et préviennent que rien ne doit être fait, et pour l’hygiène rigoureuse des tests, et pour la collecte scientifique, toute aussi rigoureuse des données, sans la coordination et le contrôle du SNS. Quant à l'Armée portugaise, elle accepte des volontaires pour l'aider à seconder le Service national de santé dans la lutte contre la propagation du virus.  

 

 

Sources : Mega News ; ECO Economia Online; SAPO ; Jornal de Notícias ; Publico. 

 


23/03/2020
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Franceinfo - le lundi 2 mars 2020

 

 

Cinq questions sur l'afflux de milliers de migrants à la frontière entre la Turquie et la Grèce

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

Les autorités grecques ont décidé de renforcer encore leurs patrouilles aux frontières maritimes et terrestres du nord-est du pays

 

 

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Des migrants patientent près du poste-frontière de Kastanies pour tenter d'entrer en Grèce, le samedi 29 février 2020. (EMRAH GUREL/AP/SIPA / SIPA)

 

 

 

"Notre conseil de sécurité national a décidé de porter le niveau de protection aux frontières à son maximum." Au sortir d'une réunion de crise, dimanche 1er mars, le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis a annoncé que son pays allait déployer des ressources inédites pour protéger ses frontières face à l'afflux de milliers de migrants venus de Turquie.

 

 

La veille, les Nations unies avaient chiffré à 13 000 le nombre de migrants massés le long des 212 km de frontière entre les deux pays, qui bordent le fleuve Evros. Sur place, les heurts avec la police sont fréquents. Pourquoi une telle situation ? Quelles sont les réactions internationales ? Franceinfo récapitule.

 

 

 

Quelles sont les zones de tensions ?

Plusieurs lieux sont particulièrement concernés par le récent afflux de migrants : les îles de Lesbos, Samos et Chios, situées à quelques kilomètres des côtes turques, mais surtout le poste-frontière de Kastanies, qui fait figure de principale porte d'entrée terrestre vers l'espace Schengen.

 

 

 

 

 

 

A cet endroit se trouvent plusieurs milliers de migrants, dont de nombreuses familles venues de Syrie, d'Afghanistan ou de Somalie, qui souhaitent gagner le territoire de l'Union européenne en traversant le fleuve Evros, qui marque la frontière entre la Turquie et la Grèce.

 

 

 

Quelle est la situation sur place ?

Athènes a indiqué dimanche avoir empêché l'entrée sur son territoire de 10 000 migrants tout au long du fleuve en seulement 24 heures, et avoir procédé à l'arrestation de 73 personnes. Citée par l'AFP, une source gouvernementale  grecque a pour sa part avancé le chiffre de 15 500 personnes retenues en Turquie, et près de 200 arrestations.

 

 

Des violences ont éclaté sur cette frontière terrestre. La police grecque a fait usage dimanche de grenades lacrymogènes et canons à eau, auxquels les migrants ont répondu par des jets de pierre.

 

 

La situation n'est pas plus apaisée en mer Egée. Durant le week-end, des habitants de l'île de Lesbos ont empêché des migrants d'accoster, lançant des insultes à la représentante locale du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés et frappant des journalistes qui documentaient la scène, comme l'indique la correspondante de Mediapart

 

 

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Lesbos est depuis longtemps en première ligne sur la question de l'accueil des migrants. Ouvert en 2013, et prévu pour accueillir 2 840 personnes, le camp de Moria situé sur l'île héberge aujourd'hui plus de 19 000 migrants dans des conditions insalubres. Dimanche, un groupe d'habitants munis de chaînes et de pierres a tenté d'empêcher les bus de la police transportant des demandeurs d'asile d'y accéder.

 

 

Malgré les difficultés, au moins 500 migrants ont réussi à gagner l'île lors de la seule journée de dimanche, à bord d'une dizaine d'embarcations. Lundi, un petit garçon a été retrouvé mort au large de l'île lors du naufrage d'un radeau de fortune qui transportait une cinquantaine de réfugiés.

 

 

 

Comment en est-on arrivé là ?

Si la Grèce est en première ligne de la crise migratoire depuis 2015, le récent afflux de réfugiés à ses portes est le fruit d'une décision du président turc. En dépit d'un pacte conclu en 2016 entre Ankara et Bruxelles, Recep Tayyip Erdogan a en effet annoncé vendredi qu'il ouvrirait ses frontières avec l'Europe pour laisser passer les migrants qui souhaitent s'y rendre.

 

 

Le dirigeant turc espère ainsi faire se servir des 3,7 millions de migrants et réfugiés présents sur son sol comme d'une "monnaie d'échange, pour obtenir un soutien européen dans [ses] opérations en Syrie", écrit Le Figaro.

 

 

 

Un migrant traverse une barrière lors d\'affrontements avec la police grecque à Pazarkule, dans le district d\'Edirne, le 29 février 2020.

Un migrant traverse une barrière lors d'affrontements avec la police grecque à Pazarkule, dans le district d'Edirne, le 29 février 2020. (BULENT KILIC / AFP)


 

Opposée à Bachar Al-Assad depuis le début de la guerre en 2011, la Turquie a en effet intensifié ces derniers jours ses opérations contre le régime syrien, soutenu par Moscou. Elle craint que l'offensive meurtrière menée depuis décembre par Damas pour reprendre la province d'Idleb, dernier bastion rebelle et jihadiste de Syrie, n'entraîne des centaines de milliers d'exilés à se rendre sur son sol.

 

 

Esseulé dans cette offensive militaire, Recep Tayyip Erdogan a donc choisi vendredi d'inciter les migrants présents en Turquie à rejoindre l'Europe pour pousser ses alliés de l'Otan à s'engager à ses côtés sur le front syrien. Une décision prise après la mort jeudi de 33 militaires turcs dans des frappes aériennes attribuées au régime syrien. "En quelques heures, des bus ont été affrétés pour transférer migrants et réfugiés, moyennant 10 euros, à la frontière terrestre de la Grèce et la Bulgarie", rapporte Le Figaro.

 

 

Un coup de pression qui n'a pas fonctionné. Réunis vendredi à la demande de la Turquie, les membres de l'Otan n'ont offert qu'un soutien protocolaire à Ankara, sans prendre aucun de réel engagement concret pour aider la Turquie sur le front syrien.

 

 

 

Quelles mesures ont été prises en Grèce ?

Face à cette nouvelle vague de migration, Athènes a décidé de renforcer encore ses patrouilles aux frontières maritimes et terrestres du nord-est du pays. Le Premier ministre Kyriakos Mitsotakis a ainsi annoncé l'arrivée de quelque 4 000 soldats et policiers ainsi que des drones à la frontière nord et l'envoi de 52 bateaux, dont des navires de guerre, pour patrouiller en mer Egée, écrit encore Le Figaro.

 

 

Plus exceptionnel encore, le gouvernement grec a annoncé dimanche qu'il refusera durant un mois de recevoir toute nouvelle demande d'asile déposée par des migrants entrés illégalement sur son territoire. Une mesure interdite par le droit européen, rappelle le New York Times, qui indique qu'Athènes demanderait une dérogation aux Vingt-Sept pour appliquer sa politique.

 

 

Athènes a également mis en place un système d'envoi automatique de textos aux téléphones mobiles étrangers approchant la frontière, avec le message suivant : "Personne ne peut traverser les frontières grecques. Ceux qui tentent d'entrer illégalement seront bloqués."

 

 

 

Quelles sont les réactions ?

Dans un tweet publié dimanche, Emmanuel Macron a souligné la "pleine solidarité" de la France avec la Grèce et la Bulgarie, et sa volonté de "leur prêter une assistance rapide et protéger les frontières" dans le cadre des "efforts européens".

 

 

La commissaire européenne Ursula von der Leyen avait indiqué samedi que l'Union européenne observait avec "préoccupation" l'afflux de migrants sans contrôle depuis la Turquie vers ses frontières orientales. L'agence européenne de contrôle des frontières Frontex a en outre annoncé dimanche avoir déployé des renforts et relevé son niveau d'alerte à la frontière gréco-turque.

 

 

Afin de tenter de déminer une situation déjà explosive, le président turc Recep Tayyip Erdogan se rendra jeudi en Russie pour discuter avec Vladimir Poutine de l'escalade des tensions dans le nord-ouest de la Syrie. Mais, évoquant les réfugiés qui se pressent aux portes de l'espace Schengen, il a déjà prévenu que l'Union devrait "prendre sa part du fardeau"

 


02/03/2020
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Franceinfo - le vendredi 21 février 2020

 

 

Allemagne : ce que l'on sait de Tobias R., le suspect du double attentat à Hanau

 

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La double fusillade a fait neuf morts, mercredi soir, dans le centre de l'Allemagne

 

 

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La police scientifique enquête sur le site d'un attentat à Heutmarkt, dans le centre d'Hanau (Allemagne), le 20 février 2020. (THOMAS LOHNES / AFP)

 

 

 

Il est l'unique suspect du double attentat à Hanau. Tobias R., auteur présumé des deux fusillades qui ont fait neuf morts dans le centre de l'Allemagne, a été retrouvé mort dans son appartement, mercredi 19 février. Le parquet fédéral de Karlsruhe, habilité à traiter les affaires terroristes, s'est saisi de l'enquête en évoquant "des indices d'un arrière-plan d'extrême droite". Voici ce que l'on sait de l'homme qui a aussi laissé derrière lui un manifeste et des vidéos.

 

 

 

Il est né et a grandi à Hanau

Tobias R. se présente sur son site internet comme un Allemand né en 1977 à Hanau, une ville de près de 100 000 habitants du centre de l'Allemagne. Il y a grandi et effectué sa scolarité. Après son baccalauréat, il a suivi une formation de conseiller bancaire à Francfort, puis il a poursuivi ses études de gestion à Bayreuth (Bavière), entre 2000 et 2007.

 

 

Selon plusieurs témoignages recueillis par l'AFP à Hanau, Tobias R. habitait tout près du deuxième bar visé, dans un quartier populaire. Les enquêteurs ont retrouvé l'homme de 43 ans, mort, dans son appartement. Il a abattu sa mère avant de se suicider, a précisé le parquet fédéral. "A ce stade, rien n'indique qu'il y ait d'autres auteurs", a ajouté la police.

 

 

Tobias R. était par ailleurs titulaire d'une licence de tir sportif et s'entraînait plusieurs fois par semaine dans un club de tir géré par Claus Schmidt. Ce dernier, interrogé par Reuters, décrit un homme "qui ne se faisait pas remarquer". "Il n'y a jamais eu la moindre trace de racisme ou de haine des étranger, même pas une blague bizarre", assure-t-il, précisant qu'il "n'a jamais eu aucun problème avec les membres du club, dont certains ont des racines étrangères". Une description à l'opposé des documents laissés par Tobias R. sur son site internet.

 

 

 

Il défendait des idées "profondément racistes"

Tobias R. a laissé derrière lui plusieurs documents que franceinfo a pu consulter. Ils sont examinés par les autorités allemandes. "Sur la page d'accueil [de son site internet], il avait publié des messages vidéo et une sorte de manifeste qui, en plus de pensées obscures et de théories du complot absurdes, reflétait des opinions profondément racistes", a expliqué le procureur général Peter Frank. Il a précisé à la presse que plusieurs des victimes, âgées de 21 à 44 ans, étaient d'origine étrangère. Plusieurs étaient turques et kurdes. Ses services ont ajouté par la suite que certaines avaient la nationalité allemande.

 

 

Dans son manifeste, Tobias R. appelle à "anéantir" la population d'au moins 24 pays, au Maghreb, au Moyen-Orient et en Asie du Sud. Utilisant des termes explicitement eugénistes, il affirme que l'existence de ces "groupes ethniques" est "en soi une erreur fondamentale". Il cite également la religion musulmane. "J'imagine qu'il faut réduire de moitié la population [mondiale]", établit-il froidement. Il conclut : "Pour toutes les raisons mentionnées, je n'avais pas d'autre choix que d'agir comme je l'ai fait pour obtenir l'attention nécessaire."

 

 

Convaincu de la suprématie du peuple allemand et admirateur du président américain Donald Trump, il avait enjoint les Etats-Unis à prendre la tête du combat pour "sauvegarder l'Occident", notamment pour contrer l'influence grandissante de la Chine dans le monde.

 

 

 

Il semblait "passer ses nuits à regarder des vidéos conspirationnistes"

Peter Neumann, spécialiste du terrorisme au King's College de Londres, a consulté les documents laissés par Tobias R. Selon l'expert, ils sont "baignés dans une culture conspirationniste". L'auteur de ces contenus semble "passer ses nuits à regarder des vidéos conspirationnistes sur YouTube".

 

 

Dans une vidéo aussi mise en ligne, Tobias R., assis dans un intérieur faiblement éclairé, prétend qu'un Allemand est tué chaque jour par un étranger, et ce, depuis plusieurs décennies. Une information contredite par les chiffres de la police fédérale : sur les 731 meurtres commis en Allemagne en 2017, 83 cas impliquaient une victime allemande et un suspect étranger, selon Die Welt (en allemand).

 

 

Dans une vidéo postée sur YouTube une semaine avant ses crimes, supprimée depuis, il avait par ailleurs appelé "tous les Américains" à "se réveiller". "Votre pays est sous le contrôle d'une société secrète invisible", assure-t-il. Et d'ajouter qu'il "existe [aux Etats-Unis] des bases militaires souterraines", dans lesquelles des personnes "prient le diable lui-même", "maltraitent, torturent et tuent de petits enfants". Son site internet personnel comportait également des sections sur des personnes disparues, sur les recherches prétendument secrètes du gouvernement américain concernant les extraterrestres ou sur les expériences psychologiques de la CIA dans les années 1950 et 1960.

 

 

 

Il souffrait d'"un problème de santé mentale"

Tobias R. souffrait d'un "important problème de santé mentale", selon Peter NeumannDans son manifeste, où apparaissent des dessins au trait minutieux censés le représenter dans différentes situations de sa vie, le suspect assure avoir été constamment espionné depuis son enfance, par une "organisation secrète" qui pouvait "lire dans ses pensées". Sa surveillance continuelle explique, selon lui, qu'il soit toujours resté célibataire. Il ne reprend néanmoins pas la rhétorique visant les femmes en général, à la différence de la mouvance misogyne des "incels"("célibataires involontaires").

 

 

Parmi les "pensées" qu'il prétend avoir vu se réaliser à cause de cette surveillance, il évoque pêle-mêle : les guerres en Irak et en Afghanistan déclenchées par les Etats-Unis ; son souhait, "réalisé" en 2004, de voir Jürgen Klinsmann devenir sélectionneur de l'équipe allemande de football ; plusieurs films hollywoodiens dont il affirme avoir imaginé le scénario (Allô maman, ici bébé, The Cell, Starship Troopers, etc.). "Rien de tout cela ne peut être une coïncidence", estime-t-il, précisant qu'il a tenté à trois reprises de porter plainte.

 


21/02/2020
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Franceinfo - le jeudi 20 février 2020

 

 

Allemagne : ce que l'on sait des attentats qui ont fait neuf morts à Hanau

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

L'auteur présumé des deux attaques a été retrouvé mort à son domicile, quelques heures après avoir tué neuf personnes dans deux bars à chicha de Hanau, a annoncé la police

 

 

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La police scientifique intervient sur le lieu d'une fusillade à Hanau, en Allemagne, le 20 février 2020. (BORIS ROESSLER / DPA / AFP)

 

 

 

Neuf personnes ont été tuées dans deux fusillades dans le centre de l'Allemagne, mercredi 19 février dans la soirée, a annoncé la police. Ces attentats, qui ont visé deux bars à chicha à Hanau, à quelques kilomètres de Francfort, ont également fait plusieurs blessés graves, selon des médias locaux.

 

 

>> Attentats en Allemagne : suivez en direct les dernières informations après les attaques qui on fait neuf morts à Hanau

 

 

L'auteur présumé des faits a été retrouvé mort à son domicile, ont précisé les forces de l'ordre et le parquet antiterroriste s'est saisi de l'affaire, jeudi matin. Franceinfo résume ce que l'on sait ces attentats.

 

 

 

Deux attaques distinctes

Deux attaques distinctes ont été menées à Hanau, mercredi soir. "A ce stade, la police peut seulement confirmer que huit personnes ont été mortellement blessées", ont indiqué dans la nuit les autorités, dans un communiqué. Une personne grièvement touchée a succombé à ses blessures jeudi matin, portant le bilan de ces fusillades à neuf morts, selon un porte-parole de la police.

 

 

Les premiers tirs ont visé un bar à chicha, le Midnight, au cœur de cette ville d'environ 90 000 habitants. Selon la police, au moins une personne a été grièvement blessée sur ce premier site, vers 22 heures. Des témoins, cités par des médias locaux, ont rapporté avoir entendu une dizaine de coups de feu.

 

 

L'auteur présumé a ensuite quitté en voiture ce premier site en direction de la Kurt-Schumacher Platz, dans le quartier de Kesselstadt, selon la police. Il aurait sonné à la porte du second bar et tiré sur des personnes présentes dans la zone fumeur, tuant cinq personnes, dont une femme, selon des informations de Bild. Le quotidien allemand affirme que certaines des victimes seraient d'origine kurde.

 

 

"Les victimes sont des gens que nous connaissons depuis des années", a réagi le fils du gérant du bar, cité par l'agence DPA. Deux employés figurent parmi les victimes, selon ce témoin, absent comme son père au moment des tirs. "C'est un choc pour tout le monde."

 

 

 

L'auteur présumé a été retrouvé mort

Un important dispositif policier a été déployé après les fusillades à Hanau, pour retrouver le suspect. Un journaliste de l'AFP sur place a vu une trentaine de voitures de police partir du commissariat local et, selon des témoins, des policiers lourdement armés ont été déployés dans la ville. Selon Deutsche Welle (lien en anglais), les forces de l'ordre ont "réussi à trouver l'adresse du suspect grâce à des témoignages concernant la voiture dans laquelle il a pris la fuite".

 

 

L'homme soupçonné d'être l'auteur de la tuerie a été retrouvé mort quelques heures après la double attaque, aux côtés d'un autre corps non identifié. "L'auteur présumé a été trouvé sans vie à son domicile à Hanau. Les forces d'intervention spéciale de la police y ont de plus découvert un autre corps. L'enquête se poursuit. Actuellement, il n'y a pas d'indication selon laquelle il y aurait d'autres auteurs", a écrit sur Twitter la police du sud-est du Land de Hesse, où se trouve Hanau.

 

 

Les enquêteurs ont également retrouvé la voiture du tireur présumé, qui contenait des munitions et chargeurs, a précisé la presse locale, ajoutant que le suspect était muni d'un permis de chasse et serait allemand. La police n'a pour l'instant donné aucune indication concernant son identité.

 

 

 

Pas de mobile pour l'instant

Le mobile de ces attaques n'est pas encore connu, a précisé un porte-parole de la police. Le quotidien Bild (en allemand) affirme cependant que l'auteur présumé de ces attentats a laissé une lettre dans laquelle il exprime des positions d'extrême droite. Selon le journal, qui ne cite pas sa source, l'homme a également laissé une vidéo dans laquelle il revendique la responsabilité des attaques contre ces deux bars à chicha.

 

 

La menace d'un terrorisme d'extrême droite inquiète les autorités allemandes, notamment depuis le meurtre en juin 2019 d'un élu pro-migrants, membre de la CDU, le parti de la chancelière, Angela Merkel. Vendredi 14 février, douze membres d'un groupuscule d'extrême droite ont été arrêtés dans le cadre d'une vaste enquête antiterroriste. Ils sont soupçonnés d'avoir planifié des attaques de grande ampleur contre des mosquées sur le modèle de l'auteur de l'attaque de Christchurch (Nouvelle-Zélande) qui avait tué 51 personnes dans deux mosquées en se filmant en direct en mars 2019. Ils ont été placés en détention.

 

 

Le parquet antiterroriste a annoncé dans la matinée de jeudi qu'il se saisissait du dossier. Le maire social-démocrate de Hanau, Claus Kaminsky, a évoqué une "soirée terrible, qui nous hantera certainement pendant très, très longtemps". Il a demandé d'éviter toute "spéculation" et appelé les habitants à la "prudence".

 


20/02/2020
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