L'AIR DU TEMPS

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Franceinfo - le jeudi 19 mars 2020 - mis à jour le 31.03.2020

 

 

Coronavirus : nombre de décès par département, âge des malades, réanimations… Visualisez l'évolution de l'épidémie en France et en Europe

 

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Brice Le BorgneRobin PrudentFrance Télévisions

 

 

La pandémie liée au Covid-19 se répend en France et chez ses voisins européens depuis le mois de février. Retour sur l'évolution de ce virus, en cartes et infographies régulièrement mises à jour.

 

 

 

La pandémie liée au coronavirus a fait plus de 37 000 morts dans le monde. La France comptait 44 550 cas confirmés, mardi 31 mars, selon les données de Santé publique France. Pour suivre et comprendre l'évolution du virus au jour le jour, voici plusieurs cartes et infographies, qui seront régulièrement actualisées au fil des publications de nouveaux chiffres.

 

 

>> Coronavirus : suivez les dernières informations sur l'épidémie dans notre direct

 

 

 

Le Haut-Rhin compte le plus de décès

La France a franchi le seuil des 3 000 morts, le 30 mars. A l'échelon départemental, le Haut-Rhin et les départements d'Ile-de-France concentrent le plus de victimes. Cette carte, réalisée à partir des données de Santé publique France et mise à jour automatiquement, permet de visualiser les départements qui dénombrent le plus de décès.

 

 

 

 

 

 

Une évolution exponentielle du nombre de cas

En France comme ailleurs, le nombre de cas confirmés suit une croissance exponentielle. Il est néanmoins difficile de connaître l'ampleur exacte de la pandémie dans l'Hexagone, car les dépistages ne sont pas systématiques, et seuls sont publiés les chiffres des personnes testées positives au Covid-19.

 

 

 

 

 

De plus en plus de patients en réanimation

Plus précis que le nombre de cas dépistés, le nombre de personnes hospitalisées en réanimation est un autre indicateur pertinent pour étudier l'évolution de l'épidémie et sa gravité. En voici l'évolution depuis le 18 mars, pour les cinq départements où le nombre de patients en réanimation est le plus élevé.

 

 

 

 

 

35% des malades identifiés ont plus de 65 ans

Le bilan hebdomadaire publié par Santé publique France permet d'en savoir plus sur le profil des personnes testées positives au Covid-19, en réanimation ou décédées. Notamment leur âge : d'après les données du 24 mars, la majorité des cas confirmés (65%) ont moins de 65 ans, mais la majorité des personnes décédées (78,3%) ont plus de 75 ans.

 

 

 

 

 

Une flambée de nouveaux cas quotidiens en France et en Europe

Si la France est durement touchée par l'épidémie depuis quelques semaines, l'Italie a été le premier pays européen à connaître une forte croissance du nombre de cas confirmés, dès la fin février. Voici un graphique montrant les nouveaux cas confirmés chaque jour par le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC), en France, Italie, Espagne, Allemagne et Royaume-Uni. 

 

 

Ces tracés permettront de voir si les pays européens arrivent, à l'aide des mesures de restrictions de déplacements et de distanciation sociale, à "aplanir la courbe" du nombre de cas.

 

 

 
 
 

Une évolution inégale du nombre de morts dans chaque pays

On peut également observer l'évolution du nombre de décès cumulés liés au coronavirus. Dans le graphique ci-dessous, chaque pays apparaît à compter du jour du 10e décès déclaré, sur le modèle développé par le Financial Times (en anglais). Toutes les données sont issues de l'université Johns Hopkins, parfois complétées par des sources officielles nationales.

 

 

Certains pays, comme l'Italie et l'Espagne, sont plus durement touchés que le Japon ou la Corée du Sud. Cela tient notamment aux différentes mesures de confinement prises par chaque pays, ainsi qu'aux politiques de dépistage variables.

 

 

 

 

 

L'épidémie touche maintenant tous les continents

Vous pouvez circuler dans la carte ci-dessous, réalisée à partir des données de l'université Johns Hopkins, pour constater le nombre de cas confirmés partout dans le monde.

 

 

 

Dernière mise à jour : 26 mars 2020

 


31/03/2020
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Franceinfo - le samedi 21 mars 2020

 

 

Micro européen. Coronavirus : état d’urgence pour le Portugal, mais vraie solidarité nationale

 

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José-Manuel LamarquefranceinfoRadio France

 

 

 

Après le léger réveil économique du Portugal, le pays, confronté à ses premiers décès liés à la crise sanitaire du coronavirus Covid-19, retombe en léthargie. Tous les acteurs de la vie portugaise sont au front, publics comme privés, élus compris

 

 

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Le Portugal a enregistré cette semaine ces premiers décès. Au 18 mars, le nombre de cas confirmés de Covid-19 était de 642. Des agents contrôlent l'entrée de la ville d'Ovar, au centre du pays, déclarée ville en état de calamité publique.  (EPA)

 

 

 

Mercredi soir, 18 mars 2020, l’état d’urgence a été décrété au Portugal pour faire face à la crise sanitaire liée au Covid-19, avec une nette restriction des libertés mais pas de confinement total, seulement une interdiction de déplacement, mais aussi la possibilité de réquisition des forces vives du pays, où cela sera utile.

 

 

La décision a été annoncée par le président portugais, Marcelo Rebelo de Sousa. Une décision inédite pour ce pays de 10 millions d’habitants depuis la "Révolution des Œillets" en 1974, qui mettait fin à une dictature d’un demi-siècle. Si pas de confinement au Portugal, pas non plus de couvre-feu a annoncé le Premier ministre, António Costa. Quant à la presse portugaise, elle met en avant le fait que la décision du gouvernement est un acte de restriction des droits, et des libertés individuelles.  

 

 

 

Au Portugal, la guerre aussi est déclarée   

"Et c’est par un long combat, dans une période d’exception avec une décision d’exception, avec un combat long et intense…" Voici, en quelques mots, l’ensemble des propos du président portugais pour justifier l’état d’urgence et les pleins pouvoirs au gouvernement. Cet état d’urgence a été décrété pour 15 jours renouvelables.

 

 

Pour l’instant, on recensait mercredi dernier 18 mars, 642 cas déclarés de coronavirus et 2 décès. Les entreprises portugaises seront aidées par le gouvernement, mais aussi les particuliers, au niveau de leurs crédits engagés, des impôts et de leurs découverts bancaires.

 

 

Plages et parcs, jardins sont désormais interdits, quant aux écoles, collèges, lycées et universités, leurs portes seront fermées au moins jusqu’à Pâques, c’est-à-dire le 12 avril prochain. Les frontières aussi sont fermées et les transports aériens restreints aux vols dans l’Union européenne. Les transports publics sont désormais gratuits et désinfectés, ainsi que les gares, tous les jours.

 

 

 

Ovar, la ville la plus touchée  

Bien connue des touristes, la ville d’Ovar, située au centre du pays, est la ville la plus touchée du Portugal, et la ville est confinée, en raison de l’importance du phénomène du virus dans cette ville avec 440 personnes sous surveillance, 30 cas confirmés pour 55.000 habitants. Mais ce qui pêche le plus au Portugal, c’est l’état de son système de santé qui fait craindre le pire aux Portugais. 

 

 

 

La crise de 2008 a appauvri le pays  

La crise de 2008 a appauvri le pays qui a subi des coupes énormes dans ses finances publiques, entre autres, le système de santé. Depuis moins de 10 ans, le pays a connu des drames sanitaires, soit parce que les personnes ne pouvaient, faute de moyens financiers ou structurels, se rendre à l’hôpital, soit par l’absence de couverture sociale.

 

 

Le Portugal a remboursé le FMI et l’Union européenne en avance, et les caisses sont vides. Quant à la Banque centrale, sont état n’est pas au mieux de sa forme. Aussi les médecins hospitaliers portugais poussent un cri d’alarme, car il n'est pas dit qu’ils seront en mesure de faire face à cette épidémie, un cri dont l’écho retentit dans tout le pays. L’hôpital portugais est en grand danger.   

 

 

 

Le début de la reprise s’est arrêté  

Notre invitée, la journaliste Ana Navarro-Pedro, précise que la reprise confiante du Portugal va s’écrouler comme un château de cartes, puisque le tourisme et les exportations représentent une moyenne de 60% du PIB.

 

 

Il faut s’attendre à une situation similaire à celle vécue lors de la crise de 2008, avec, comme charge supplémentaire, l’épidémie de Covid-19. Aujourd’hui, la reprise s’éloigne de plus en plus d’un pays qui croyait sortir du néant.       

 

 

 

La solidarité nationale n’est pas un vain mot  

Le pays se mobilise et l’ensemble des acteurs économiques, élus, privés sont solidaires dans la crise que connaît le pays. La compagnie pétrolière portugaise GALP offre 29 respirateurs aux hôpitaux publics, 8 cette fin de semaine et 21 seront livrés la semaine prochaine. 

 

 

Le club de foot de Lisbonne Benfica donne un million d'euros au Service national de santé pour l'achat de respirateurs et matériels de protection. Un groupe de santé privé portugais, CUF, donne 50 respirateurs à l'hôpital public. Le matériel neuf est déjà en cours de livraison. La mairie de la grande ville industrielle du Nord, Porto, va fournir 55 respirateurs aux trois grands hôpitaux publics de la ville. La mairie en a acheté cette semaine 50 en Chine, dont les autorités ont facilité la transaction rapide, et une entreprise de Porto, non identifiée, a acheté 5 autres respirateurs pour l’offrir au Service national de santé.

 

 

Selon le gouvernement portugais, le Service national de santé SNS, réalise 9.000 tests Covid-19 par jour et veut commencer à tester massivement, et gratuitement, la population à partir de la semaine prochaine avec des kits de tests rapides (résultats en quatre heures, contre 24 heures au moins pour les tests en laboratoire). Les autorités sanitaires considèrent qu’un dépistage général de la population est une condition essentielle pour éviter la propagation du virus. Mais  la priorité du dépistage est toujours donnée aux personnes qui présentent des symptômes du Covid-19.  Ce vendredi 20 mars, il y avait déjà 18 centres de  dépistage, du nord au sud, dirigés par le SNS.

 

 

Parallèlement, un grand nombre de mairies ont commencé à acheter les tests et à monter des centres de dépistage municipaux, où tout citoyen ou étranger peut aller se faire dépister gratuitement. Les médecins s’en inquiètent et préviennent que rien ne doit être fait, et pour l’hygiène rigoureuse des tests, et pour la collecte scientifique, toute aussi rigoureuse des données, sans la coordination et le contrôle du SNS. Quant à l'Armée portugaise, elle accepte des volontaires pour l'aider à seconder le Service national de santé dans la lutte contre la propagation du virus.  

 

 

Sources : Mega News ; ECO Economia Online; SAPO ; Jornal de Notícias ; Publico. 

 


23/03/2020
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Franceinfo - le lundi 2 mars 2020

 

 

Cinq questions sur l'afflux de milliers de migrants à la frontière entre la Turquie et la Grèce

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

Les autorités grecques ont décidé de renforcer encore leurs patrouilles aux frontières maritimes et terrestres du nord-est du pays

 

 

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Des migrants patientent près du poste-frontière de Kastanies pour tenter d'entrer en Grèce, le samedi 29 février 2020. (EMRAH GUREL/AP/SIPA / SIPA)

 

 

 

"Notre conseil de sécurité national a décidé de porter le niveau de protection aux frontières à son maximum." Au sortir d'une réunion de crise, dimanche 1er mars, le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis a annoncé que son pays allait déployer des ressources inédites pour protéger ses frontières face à l'afflux de milliers de migrants venus de Turquie.

 

 

La veille, les Nations unies avaient chiffré à 13 000 le nombre de migrants massés le long des 212 km de frontière entre les deux pays, qui bordent le fleuve Evros. Sur place, les heurts avec la police sont fréquents. Pourquoi une telle situation ? Quelles sont les réactions internationales ? Franceinfo récapitule.

 

 

 

Quelles sont les zones de tensions ?

Plusieurs lieux sont particulièrement concernés par le récent afflux de migrants : les îles de Lesbos, Samos et Chios, situées à quelques kilomètres des côtes turques, mais surtout le poste-frontière de Kastanies, qui fait figure de principale porte d'entrée terrestre vers l'espace Schengen.

 

 

 

 

 

 

A cet endroit se trouvent plusieurs milliers de migrants, dont de nombreuses familles venues de Syrie, d'Afghanistan ou de Somalie, qui souhaitent gagner le territoire de l'Union européenne en traversant le fleuve Evros, qui marque la frontière entre la Turquie et la Grèce.

 

 

 

Quelle est la situation sur place ?

Athènes a indiqué dimanche avoir empêché l'entrée sur son territoire de 10 000 migrants tout au long du fleuve en seulement 24 heures, et avoir procédé à l'arrestation de 73 personnes. Citée par l'AFP, une source gouvernementale  grecque a pour sa part avancé le chiffre de 15 500 personnes retenues en Turquie, et près de 200 arrestations.

 

 

Des violences ont éclaté sur cette frontière terrestre. La police grecque a fait usage dimanche de grenades lacrymogènes et canons à eau, auxquels les migrants ont répondu par des jets de pierre.

 

 

La situation n'est pas plus apaisée en mer Egée. Durant le week-end, des habitants de l'île de Lesbos ont empêché des migrants d'accoster, lançant des insultes à la représentante locale du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés et frappant des journalistes qui documentaient la scène, comme l'indique la correspondante de Mediapart

 

 

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Lesbos est depuis longtemps en première ligne sur la question de l'accueil des migrants. Ouvert en 2013, et prévu pour accueillir 2 840 personnes, le camp de Moria situé sur l'île héberge aujourd'hui plus de 19 000 migrants dans des conditions insalubres. Dimanche, un groupe d'habitants munis de chaînes et de pierres a tenté d'empêcher les bus de la police transportant des demandeurs d'asile d'y accéder.

 

 

Malgré les difficultés, au moins 500 migrants ont réussi à gagner l'île lors de la seule journée de dimanche, à bord d'une dizaine d'embarcations. Lundi, un petit garçon a été retrouvé mort au large de l'île lors du naufrage d'un radeau de fortune qui transportait une cinquantaine de réfugiés.

 

 

 

Comment en est-on arrivé là ?

Si la Grèce est en première ligne de la crise migratoire depuis 2015, le récent afflux de réfugiés à ses portes est le fruit d'une décision du président turc. En dépit d'un pacte conclu en 2016 entre Ankara et Bruxelles, Recep Tayyip Erdogan a en effet annoncé vendredi qu'il ouvrirait ses frontières avec l'Europe pour laisser passer les migrants qui souhaitent s'y rendre.

 

 

Le dirigeant turc espère ainsi faire se servir des 3,7 millions de migrants et réfugiés présents sur son sol comme d'une "monnaie d'échange, pour obtenir un soutien européen dans [ses] opérations en Syrie", écrit Le Figaro.

 

 

 

Un migrant traverse une barrière lors d\'affrontements avec la police grecque à Pazarkule, dans le district d\'Edirne, le 29 février 2020.

Un migrant traverse une barrière lors d'affrontements avec la police grecque à Pazarkule, dans le district d'Edirne, le 29 février 2020. (BULENT KILIC / AFP)


 

Opposée à Bachar Al-Assad depuis le début de la guerre en 2011, la Turquie a en effet intensifié ces derniers jours ses opérations contre le régime syrien, soutenu par Moscou. Elle craint que l'offensive meurtrière menée depuis décembre par Damas pour reprendre la province d'Idleb, dernier bastion rebelle et jihadiste de Syrie, n'entraîne des centaines de milliers d'exilés à se rendre sur son sol.

 

 

Esseulé dans cette offensive militaire, Recep Tayyip Erdogan a donc choisi vendredi d'inciter les migrants présents en Turquie à rejoindre l'Europe pour pousser ses alliés de l'Otan à s'engager à ses côtés sur le front syrien. Une décision prise après la mort jeudi de 33 militaires turcs dans des frappes aériennes attribuées au régime syrien. "En quelques heures, des bus ont été affrétés pour transférer migrants et réfugiés, moyennant 10 euros, à la frontière terrestre de la Grèce et la Bulgarie", rapporte Le Figaro.

 

 

Un coup de pression qui n'a pas fonctionné. Réunis vendredi à la demande de la Turquie, les membres de l'Otan n'ont offert qu'un soutien protocolaire à Ankara, sans prendre aucun de réel engagement concret pour aider la Turquie sur le front syrien.

 

 

 

Quelles mesures ont été prises en Grèce ?

Face à cette nouvelle vague de migration, Athènes a décidé de renforcer encore ses patrouilles aux frontières maritimes et terrestres du nord-est du pays. Le Premier ministre Kyriakos Mitsotakis a ainsi annoncé l'arrivée de quelque 4 000 soldats et policiers ainsi que des drones à la frontière nord et l'envoi de 52 bateaux, dont des navires de guerre, pour patrouiller en mer Egée, écrit encore Le Figaro.

 

 

Plus exceptionnel encore, le gouvernement grec a annoncé dimanche qu'il refusera durant un mois de recevoir toute nouvelle demande d'asile déposée par des migrants entrés illégalement sur son territoire. Une mesure interdite par le droit européen, rappelle le New York Times, qui indique qu'Athènes demanderait une dérogation aux Vingt-Sept pour appliquer sa politique.

 

 

Athènes a également mis en place un système d'envoi automatique de textos aux téléphones mobiles étrangers approchant la frontière, avec le message suivant : "Personne ne peut traverser les frontières grecques. Ceux qui tentent d'entrer illégalement seront bloqués."

 

 

 

Quelles sont les réactions ?

Dans un tweet publié dimanche, Emmanuel Macron a souligné la "pleine solidarité" de la France avec la Grèce et la Bulgarie, et sa volonté de "leur prêter une assistance rapide et protéger les frontières" dans le cadre des "efforts européens".

 

 

La commissaire européenne Ursula von der Leyen avait indiqué samedi que l'Union européenne observait avec "préoccupation" l'afflux de migrants sans contrôle depuis la Turquie vers ses frontières orientales. L'agence européenne de contrôle des frontières Frontex a en outre annoncé dimanche avoir déployé des renforts et relevé son niveau d'alerte à la frontière gréco-turque.

 

 

Afin de tenter de déminer une situation déjà explosive, le président turc Recep Tayyip Erdogan se rendra jeudi en Russie pour discuter avec Vladimir Poutine de l'escalade des tensions dans le nord-ouest de la Syrie. Mais, évoquant les réfugiés qui se pressent aux portes de l'espace Schengen, il a déjà prévenu que l'Union devrait "prendre sa part du fardeau"

 


02/03/2020
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Franceinfo - le vendredi 21 février 2020

 

 

Allemagne : ce que l'on sait de Tobias R., le suspect du double attentat à Hanau

 

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La double fusillade a fait neuf morts, mercredi soir, dans le centre de l'Allemagne

 

 

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La police scientifique enquête sur le site d'un attentat à Heutmarkt, dans le centre d'Hanau (Allemagne), le 20 février 2020. (THOMAS LOHNES / AFP)

 

 

 

Il est l'unique suspect du double attentat à Hanau. Tobias R., auteur présumé des deux fusillades qui ont fait neuf morts dans le centre de l'Allemagne, a été retrouvé mort dans son appartement, mercredi 19 février. Le parquet fédéral de Karlsruhe, habilité à traiter les affaires terroristes, s'est saisi de l'enquête en évoquant "des indices d'un arrière-plan d'extrême droite". Voici ce que l'on sait de l'homme qui a aussi laissé derrière lui un manifeste et des vidéos.

 

 

 

Il est né et a grandi à Hanau

Tobias R. se présente sur son site internet comme un Allemand né en 1977 à Hanau, une ville de près de 100 000 habitants du centre de l'Allemagne. Il y a grandi et effectué sa scolarité. Après son baccalauréat, il a suivi une formation de conseiller bancaire à Francfort, puis il a poursuivi ses études de gestion à Bayreuth (Bavière), entre 2000 et 2007.

 

 

Selon plusieurs témoignages recueillis par l'AFP à Hanau, Tobias R. habitait tout près du deuxième bar visé, dans un quartier populaire. Les enquêteurs ont retrouvé l'homme de 43 ans, mort, dans son appartement. Il a abattu sa mère avant de se suicider, a précisé le parquet fédéral. "A ce stade, rien n'indique qu'il y ait d'autres auteurs", a ajouté la police.

 

 

Tobias R. était par ailleurs titulaire d'une licence de tir sportif et s'entraînait plusieurs fois par semaine dans un club de tir géré par Claus Schmidt. Ce dernier, interrogé par Reuters, décrit un homme "qui ne se faisait pas remarquer". "Il n'y a jamais eu la moindre trace de racisme ou de haine des étranger, même pas une blague bizarre", assure-t-il, précisant qu'il "n'a jamais eu aucun problème avec les membres du club, dont certains ont des racines étrangères". Une description à l'opposé des documents laissés par Tobias R. sur son site internet.

 

 

 

Il défendait des idées "profondément racistes"

Tobias R. a laissé derrière lui plusieurs documents que franceinfo a pu consulter. Ils sont examinés par les autorités allemandes. "Sur la page d'accueil [de son site internet], il avait publié des messages vidéo et une sorte de manifeste qui, en plus de pensées obscures et de théories du complot absurdes, reflétait des opinions profondément racistes", a expliqué le procureur général Peter Frank. Il a précisé à la presse que plusieurs des victimes, âgées de 21 à 44 ans, étaient d'origine étrangère. Plusieurs étaient turques et kurdes. Ses services ont ajouté par la suite que certaines avaient la nationalité allemande.

 

 

Dans son manifeste, Tobias R. appelle à "anéantir" la population d'au moins 24 pays, au Maghreb, au Moyen-Orient et en Asie du Sud. Utilisant des termes explicitement eugénistes, il affirme que l'existence de ces "groupes ethniques" est "en soi une erreur fondamentale". Il cite également la religion musulmane. "J'imagine qu'il faut réduire de moitié la population [mondiale]", établit-il froidement. Il conclut : "Pour toutes les raisons mentionnées, je n'avais pas d'autre choix que d'agir comme je l'ai fait pour obtenir l'attention nécessaire."

 

 

Convaincu de la suprématie du peuple allemand et admirateur du président américain Donald Trump, il avait enjoint les Etats-Unis à prendre la tête du combat pour "sauvegarder l'Occident", notamment pour contrer l'influence grandissante de la Chine dans le monde.

 

 

 

Il semblait "passer ses nuits à regarder des vidéos conspirationnistes"

Peter Neumann, spécialiste du terrorisme au King's College de Londres, a consulté les documents laissés par Tobias R. Selon l'expert, ils sont "baignés dans une culture conspirationniste". L'auteur de ces contenus semble "passer ses nuits à regarder des vidéos conspirationnistes sur YouTube".

 

 

Dans une vidéo aussi mise en ligne, Tobias R., assis dans un intérieur faiblement éclairé, prétend qu'un Allemand est tué chaque jour par un étranger, et ce, depuis plusieurs décennies. Une information contredite par les chiffres de la police fédérale : sur les 731 meurtres commis en Allemagne en 2017, 83 cas impliquaient une victime allemande et un suspect étranger, selon Die Welt (en allemand).

 

 

Dans une vidéo postée sur YouTube une semaine avant ses crimes, supprimée depuis, il avait par ailleurs appelé "tous les Américains" à "se réveiller". "Votre pays est sous le contrôle d'une société secrète invisible", assure-t-il. Et d'ajouter qu'il "existe [aux Etats-Unis] des bases militaires souterraines", dans lesquelles des personnes "prient le diable lui-même", "maltraitent, torturent et tuent de petits enfants". Son site internet personnel comportait également des sections sur des personnes disparues, sur les recherches prétendument secrètes du gouvernement américain concernant les extraterrestres ou sur les expériences psychologiques de la CIA dans les années 1950 et 1960.

 

 

 

Il souffrait d'"un problème de santé mentale"

Tobias R. souffrait d'un "important problème de santé mentale", selon Peter NeumannDans son manifeste, où apparaissent des dessins au trait minutieux censés le représenter dans différentes situations de sa vie, le suspect assure avoir été constamment espionné depuis son enfance, par une "organisation secrète" qui pouvait "lire dans ses pensées". Sa surveillance continuelle explique, selon lui, qu'il soit toujours resté célibataire. Il ne reprend néanmoins pas la rhétorique visant les femmes en général, à la différence de la mouvance misogyne des "incels"("célibataires involontaires").

 

 

Parmi les "pensées" qu'il prétend avoir vu se réaliser à cause de cette surveillance, il évoque pêle-mêle : les guerres en Irak et en Afghanistan déclenchées par les Etats-Unis ; son souhait, "réalisé" en 2004, de voir Jürgen Klinsmann devenir sélectionneur de l'équipe allemande de football ; plusieurs films hollywoodiens dont il affirme avoir imaginé le scénario (Allô maman, ici bébé, The Cell, Starship Troopers, etc.). "Rien de tout cela ne peut être une coïncidence", estime-t-il, précisant qu'il a tenté à trois reprises de porter plainte.

 


21/02/2020
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Franceinfo - le jeudi 20 février 2020

 

 

Allemagne : ce que l'on sait des attentats qui ont fait neuf morts à Hanau

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

L'auteur présumé des deux attaques a été retrouvé mort à son domicile, quelques heures après avoir tué neuf personnes dans deux bars à chicha de Hanau, a annoncé la police

 

 

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La police scientifique intervient sur le lieu d'une fusillade à Hanau, en Allemagne, le 20 février 2020. (BORIS ROESSLER / DPA / AFP)

 

 

 

Neuf personnes ont été tuées dans deux fusillades dans le centre de l'Allemagne, mercredi 19 février dans la soirée, a annoncé la police. Ces attentats, qui ont visé deux bars à chicha à Hanau, à quelques kilomètres de Francfort, ont également fait plusieurs blessés graves, selon des médias locaux.

 

 

>> Attentats en Allemagne : suivez en direct les dernières informations après les attaques qui on fait neuf morts à Hanau

 

 

L'auteur présumé des faits a été retrouvé mort à son domicile, ont précisé les forces de l'ordre et le parquet antiterroriste s'est saisi de l'affaire, jeudi matin. Franceinfo résume ce que l'on sait ces attentats.

 

 

 

Deux attaques distinctes

Deux attaques distinctes ont été menées à Hanau, mercredi soir. "A ce stade, la police peut seulement confirmer que huit personnes ont été mortellement blessées", ont indiqué dans la nuit les autorités, dans un communiqué. Une personne grièvement touchée a succombé à ses blessures jeudi matin, portant le bilan de ces fusillades à neuf morts, selon un porte-parole de la police.

 

 

Les premiers tirs ont visé un bar à chicha, le Midnight, au cœur de cette ville d'environ 90 000 habitants. Selon la police, au moins une personne a été grièvement blessée sur ce premier site, vers 22 heures. Des témoins, cités par des médias locaux, ont rapporté avoir entendu une dizaine de coups de feu.

 

 

L'auteur présumé a ensuite quitté en voiture ce premier site en direction de la Kurt-Schumacher Platz, dans le quartier de Kesselstadt, selon la police. Il aurait sonné à la porte du second bar et tiré sur des personnes présentes dans la zone fumeur, tuant cinq personnes, dont une femme, selon des informations de Bild. Le quotidien allemand affirme que certaines des victimes seraient d'origine kurde.

 

 

"Les victimes sont des gens que nous connaissons depuis des années", a réagi le fils du gérant du bar, cité par l'agence DPA. Deux employés figurent parmi les victimes, selon ce témoin, absent comme son père au moment des tirs. "C'est un choc pour tout le monde."

 

 

 

L'auteur présumé a été retrouvé mort

Un important dispositif policier a été déployé après les fusillades à Hanau, pour retrouver le suspect. Un journaliste de l'AFP sur place a vu une trentaine de voitures de police partir du commissariat local et, selon des témoins, des policiers lourdement armés ont été déployés dans la ville. Selon Deutsche Welle (lien en anglais), les forces de l'ordre ont "réussi à trouver l'adresse du suspect grâce à des témoignages concernant la voiture dans laquelle il a pris la fuite".

 

 

L'homme soupçonné d'être l'auteur de la tuerie a été retrouvé mort quelques heures après la double attaque, aux côtés d'un autre corps non identifié. "L'auteur présumé a été trouvé sans vie à son domicile à Hanau. Les forces d'intervention spéciale de la police y ont de plus découvert un autre corps. L'enquête se poursuit. Actuellement, il n'y a pas d'indication selon laquelle il y aurait d'autres auteurs", a écrit sur Twitter la police du sud-est du Land de Hesse, où se trouve Hanau.

 

 

Les enquêteurs ont également retrouvé la voiture du tireur présumé, qui contenait des munitions et chargeurs, a précisé la presse locale, ajoutant que le suspect était muni d'un permis de chasse et serait allemand. La police n'a pour l'instant donné aucune indication concernant son identité.

 

 

 

Pas de mobile pour l'instant

Le mobile de ces attaques n'est pas encore connu, a précisé un porte-parole de la police. Le quotidien Bild (en allemand) affirme cependant que l'auteur présumé de ces attentats a laissé une lettre dans laquelle il exprime des positions d'extrême droite. Selon le journal, qui ne cite pas sa source, l'homme a également laissé une vidéo dans laquelle il revendique la responsabilité des attaques contre ces deux bars à chicha.

 

 

La menace d'un terrorisme d'extrême droite inquiète les autorités allemandes, notamment depuis le meurtre en juin 2019 d'un élu pro-migrants, membre de la CDU, le parti de la chancelière, Angela Merkel. Vendredi 14 février, douze membres d'un groupuscule d'extrême droite ont été arrêtés dans le cadre d'une vaste enquête antiterroriste. Ils sont soupçonnés d'avoir planifié des attaques de grande ampleur contre des mosquées sur le modèle de l'auteur de l'attaque de Christchurch (Nouvelle-Zélande) qui avait tué 51 personnes dans deux mosquées en se filmant en direct en mars 2019. Ils ont été placés en détention.

 

 

Le parquet antiterroriste a annoncé dans la matinée de jeudi qu'il se saisissait du dossier. Le maire social-démocrate de Hanau, Claus Kaminsky, a évoqué une "soirée terrible, qui nous hantera certainement pendant très, très longtemps". Il a demandé d'éviter toute "spéculation" et appelé les habitants à la "prudence".

 


20/02/2020
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Franceinfo - le vendredi 31 janvier 2020 - mis à jour le 01.02.2020

 

 

Trois ans et demi après le référendum sur le Brexit, le Royaume-Uni a quitté l'Union européenne. Revivez ce moment historique

 

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Boris Johnson a promis, dans une allocution télévisée diffusée vendredi soir, que le Brexit serait "un succès retentissant"

 

 

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Des Britanniques attendent le début des festivités pour le Brexit, le 31 janvier 2020, à Londres. (DANIEL LEAL-OLIVAS / AFP)

 

 

 

CE QU'IL FAUT SAVOIR

 

 

Le jour J du Brexit est arrivé. Après trois ans de déchirements, le Royaume-Uni est devenu, vendredi 31 janvier à minuit, le premier pays à quitter l'Union européenne. Des centaines de Britanniques partisans du Brexit ont afflué devant le Parlement, à Londres, pour célébrer ce moment historique marquant la fin de 47 ans d'un mariage houleux avec Bruxelles.

 

 

Mais ce clap de fin n'en est pas vraiment un, trois ans et demi après le référendum sur le Brexit, voté par 52% des Britanniques, qui a semé la zizanie dans le pays. Car concrètement, vendredi soir, peu de choses changent. Pour que la séparation se fasse en douceur, le Royaume-Uni continuera d'appliquer les règles européennes, sans avoir voix au chapitre, durant une période de transition jusqu'au 31 décembre.

 

 

Le Brexit est "un choc". Le départ du Royaume-Uni est "un signal d'alarme historique" pour "l'Europe tout entière", a déclaré Emmanuel Macron, à quelques heures du divorce avec Londres.

 

 

Le début de complexes négociations. Le Brexit marque surtout le début d'une deuxième saison : celle des complexes négociations sur les liens qui uniront Londres et Bruxelles en matière commerciale, de sécurité ou de pêche après la transition. Boris Johnson a déjà annoncé qu'il visait un accord de libre-échange du même type que celui signé par l'UE avec le Canada, sans alignement avec les règles communautaires. 

 

 

"Quels que soient les obstacles, nous allons réussir." Boris Johnson a promis, dans une allocution télévisée diffusée vendredi soir, que le Brexit serait "un succès retentissant". "Ce n'est pas la fin, mais le début, le moment où l'aube pointe et le rideau se lève sur un nouvel acte de notre grand drame national", a-t-il ajouté, lyrique.

 


02/02/2020
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Franceinfo - le vendredi 31 janvier 2020 - mis à jour le 01.02.2020

 

 

Le Brexit n'est "pas la fin, mais le début" d'une nouvelle page de l'histoire britannique, déclare Boris Johnson

 

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"Nous voulons que cela soit le début d'une nouvelle ère de coopération amicale entre l'UE et une Grande-Bretagne pleine d'énergie, a affirmé Boris Johnson

 

 

 

Le Brexit "n'est pas la fin mais le début" d'une nouvelle page de l'histoire britannique, a proclamé Boris Johnson, vendredi 31 janvier. Le Premier ministre britannique a prononcé un discours à la nation une heure avant la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne, prévue à minuit, heure de Bruxelles. "La chose la plus importante à dire ce soir, c'est que (...) c'est le moment où l'aube pointe et le rideau se lève sur un nouvel acte de notre grand drame national", a-t-il déclaré, lyrique.

 

 

"Nous voulons que cela soit le début d'une nouvelle ère de coopération amicale entre l'UE et une Grande-Bretagne pleine d'énergie, a ajouté Boris Johnson. Quels que soient les obstacles sur le chemin, je sais que nous réussirons." Il a assuré que le Brexit serait "un succès retentissant", alors que les termes de cette coopération doivent être définis d'ici à la fin de l'année. Des négociations avec l'Union européenne qui s'annoncent âres et dont l'issue demeure incertaine.

 


02/02/2020
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Franceinfo - le vendredi 31 janvier 2020

 

 

A quelques heures du Brexit, le drapeau britannique disparaît à Bruxelles

 

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franceinfo avec ReutersFrance Télévisions

 

 

L'Union Jack a été retiré des institutions européennes, vendredi, quelques heures avant le Brexit

 

 

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Le drapeau britannique est retiré par des employés, devant le Parlement européen à Bruxelles (Belgique), le 31 janvier 2020. (ARIS OIKONOMOU / AFP)

 

 

 

Le drapeau britannique a été retiré, vendredi 31 janvier dans la soirée, du hall d'entrée du Conseil européen et devant le siège du Parlement européen, à Bruxelles (Belgique). Ce geste symbolique a été réalisé à quelques heures de la sortie officielle du Royaume-Uni de l'Union européenne.

 

 

>> Le Royaume-Uni quitte l'Union européenne ce vendredi. Suivez notre direct

 

 

Il a fallu moins d'une minute à deux employés pour retirer l'Union Jack de sa hampe située dans la grande salle d'entrée du Conseil européen, lieu de rendez-vous des chefs d'Etat et de gouvernement des pays membres, puis pour le plier et quitter les lieux sans plus de cérémonie. Moins de 30 minutes plus tard, la bannière britannique a également disparu des abords du Parlement, à Bruxelles, où flottent toujours les drapeaux des 27 Etats membres de l'UE. Le drapeau étoilé de l'Union a été hissé sur le mât laissé libre.

 

 

 

Nicola Bartlett @NicolaRBartlett
 

In silence outside the EU parliament the Union flag is lowered and replaced with an EU flag ?? to ??

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Le Brexit entrera officiellement en vigueur à minuit, heure de Bruxelles, vendredi 31 janvier. A Londres, des festivités ont été prévues pour marquer ce moment, notamment face au Parlement où plusieurs centaines de Britanniques ont afflué dans la soirée.

 


02/02/2020
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Franceinfo - le samedi 18 janvier 2020

 

 

Les cloches de Big Ben ne sonneront pas pour le Brexit, mais un décompte géant apparaîtra au 10 Downing street

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

Le gouvernement a révélé le programme officiel marquant la sortie du Royaume-Unis de l'Union européenne : une horloge lumineuse chargée de faire le décompte au 10 Downing Street, l'émission de pièces commémoratives, des drapeaux britanniques sur tous les mats autour du Parlement... Mais pas de Big Ben

 

 

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Big Ben, à Londres, photographié vendredi 17 juin 2020.  (DANIEL LEAL-OLIVAS / AFP)

 

 

 

Boris Johnson a donné aux europhobes britanniques le Brexit dont ils rêvaient, mais il est resté sourd à leur demande de faire sonner Big Ben au moment de la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne. Vendredi 17 janvier, le gouvernement a révélé le programme officiel des festivités marquant l'événement historique, prévu le 31 janvier, à 23 heures (heure locale). Mais pas un mot sur Big Ben. 

 

 

Réduite au silence depuis plus de deux ans en raison de vastes travaux de restauration, la cloche la plus célèbre du monde ne sonne plus qu'en de très rares occasions comme le Nouvel an ou des commémorations historiques.

 

 

 

585 000 euros pour quelques "gongs" 

Faire sonner Big Ben le 31 janvier aurait nécessité de relancer le mécanisme actuellement arrêté et aurait retardé l'avancée des travaux, provoquant une facture de 500 000 livres (585 000 euros). Trop cher, avait conclu mardi le Parlement. Boris Johnson, fervent partisan du Brexit, avait alors lancé l'idée d'une souscription publique, soutenue rapidement par les journaux et élus eurosceptiques.

 

 

En deux jours, des Britanniques pro-Brexit ont rassemblé une cagnotte de plus de 235 000 livres (275 000 euros) afin de convaincre les autorités de faire retentir la cloche. En vain.

 

 

Embarrassés, les services du Premier ministre ont dû expliqué que le Parlement n'était en réalité pas autorisé à utiliser de tels fonds. A la place du "gong" de Big Ben, le gouvernement a prévu, pour célèbrer la sortie de l'UE une horloge lumineuse chargée de faire le décompte au 10 Downing Street, l'émission de pièces commémoratives, ou encore des drapeaux britanniques, l'Union Jack, sur tous les mats autour du Parlement.

 


19/01/2020
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Franceinfo - le jeudi 9 janvier 2020

 

 

Brexit : les députés britanniques donnent leur feu vert à la sortie de l'Union européenne, après plus de trois ans de crise

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

 

Lors d'un vote historique, les députés britanniques ont approuvé le texte qui permettra au Royaume-Uni de quitter l'Union européenne le 31 janvier

 

 

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Le Premier ministre britannique Boris Johnson (au centre) après que son gouvernement a remporté le vote en troisième lecture du projet de loi sur l'Union européenne, à la Chambre des communes de Londres, le 9 janvier 2020. (HO / PRU / AFP)

 

 

 

Les députés britanniques ont donné jeudi 9 janvier, lors d'un vote historique après trois ans et demi de crise, leur approbation finale au texte qui permettra au Royaume-Uni de quitter l'Union européenne le 31 janvier.

 

 

La Chambre des communes, largement dominée par les conservateurs du Premier ministre Boris Johnson, a adopté le texte à 330 voix pour (231 contre). Après son examen par la Chambre des lords – la chambre haute du Parlement – la semaine prochaine puis l'assentiment de la reine, le texte, qui traduit dans la loi l'accord de Brexit, devra être ratifié par le Parlement européen le 29 janvier, deux jours avant la date fatidique. 

 

 

L'issue de ce scrutin ne faisait guère de doute compte tenu de la large victoire, en décembre, du Parti conservateur aux élections législatives anticipées provoquées par Boris Johnson, qui a fait campagne sur la promesse de mettre en œuvre le Brexit le 31 janvier.

 


11/01/2020
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Franceinfo - le vendredi 13 décembre 2019

 

 

Royaume-Uni : les quatre enseignements des législatives, après la victoire écrasante de Boris Johnson

 

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Le Premier ministre conservateur se voit conforté dans les urnes. Il a obtenu, à l'issue du scrutin de jeudi, une large majorité qui va lui permettre, selon lui, de mettre en œuvre la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne d'ici au 31 janvier

 

 

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Le Premier ministre Boris Johnson célèbre sa victoire aux élections législatives, le 13 décembre 2019 à Londres (Royaume-Uni). (DANIEL LEAL-OLIVAS / AFP)

 

 

 

La victoire est nette. Les résultats des élections législatives britanniques anticipées, publiés dans la matinée du vendredi 13 décembre, ont confirmé les premières estimations. Les conservateurs du Premier ministre Boris Johnson vont pouvoir s'appuyer sur une majorité écrasante et ainsi mettre en œuvre le Brexit.

 

 

>> Résultats, réactions... Suivez les dernières informations sur les législatives britanniques dans notre direct

 

 

A gauche, l'opposition travailliste s'effondre, ce qui acte l'échec de la stratégie de Jeremy Corbyn. Les nationalistes écossais du SNP se renforcent et en profitent pour demander un second référendum sur l'indépendance de l'Ecosse. Voici ce qu'il faut retenir de ces résultats.

 

 

 

Un mandat pour le Brexit

Le Brexit sera réalisé "à temps" le 31 janvier, a promis Boris Johnson après son succès. Le Premier ministre s'appuie sur sa victoire aux législatives, les conservateurs ayant obtenu une majorité écrasante au Parlement britannique. Il faut remonter à Margaret Thatcher pour trouver une victoire comparable des conservateurs. Après dépouillement dans 647 circonscriptions sur 650, le parti de Boris Johnson avait raflé 362 sièges à la Chambre des communes (contre 317 remportés en 2017). Les Tories ont désormais les coudées franches pour mettre en œuvre le Brexit, approuvé à 52% par les Britanniques en 2016.

 

 

 

Le Premier ministre britannique, Boris Johnson, après sa victoire aux élections législatives, le 13 décembre 2019 à Londres (Royaume-Uni).

Le Premier ministre britannique, Boris Johnson, après sa victoire aux élections législatives, le 13 décembre 2019 à Londres (Royaume-Uni). (DANIEL LEAL-OLIVAS / AFP)



Ce "nouveau mandat fort (...) donne à ce nouveau gouvernement l'occasion de respecter la volonté démocratique du peuple britannique", a souligné Boris Johnson. Il a évoqué un "tremblement de terre" qui redessine le paysage politique britannique, au profit des conservateurs. Les résultats montrent, selon lui, la "décision irréfutable, irrésistible et incontestable" des Britanniques de sortir de l'Union européenne. "Désormais, avec cette majorité écrasante, Boris Johnson va pouvoir faire ratifier son accord" sur le Brexit, estime sur franceinfo Patrick Martin-Genier, enseignant à Sciences Po et à l'Inalco, spécialiste des questions européennes.

 

 

Je vais mettre fin à ces absurdités et nous allons le réaliser à temps d'ici au 31 janvier .Boris Johnson devant ses partisans

 

 

Les places boursières européennes ont démarré vendredi en hausse, galvanisées par la victoire des conservateurs aux élections britanniques, qui devrait permettre de trancher une bonne fois pour toutes la question du Brexit. "Pour les marchés et les entreprises, c'est le résultat parfait, une claire majorité pour les conservateurs, le risque Corbyn écarté, une nette réduction des incertitudes autour du Brexit et même un budget rapide pour soutenir l'économie", résume Neil Wilson, analyste chez Markets.com.

 

 

 

Un effondrement du Labour

Ce scrutin est une claque pour le Labour. Les travaillistes remportent entre 201 et 203 sièges, selon les résultats partiels, soit une quarantaine de sièges en moins par rapport à l'Assemblée sortante. Ils ont perdu des circonscriptions ouvrières détenues depuis des décennies par la gauche, à l'image de certains fiefs symboliques, comme la ville de Workington. 

 

 

"Je ne conduirai pas le parti lors d'une quelconque élection", a annoncé Jeremy Corbyn, le chef de l'opposition, depuis sa circonscription d'Islington, dans le nord de Londres, où il a remporté à 70 ans un 10e mandat. Sa défaite historique laisse le Labour face au choix radical de maintenir sa ligne gauchisante, qui a attiré de nombreux jeunes dans ses rangs, ou de revenir à la social-démocratie triomphante des années Tony Blair.

 

 

 

Le leader du Parti travailliste britannique, Jeremy Corbyn, à Islington, dans le nord de Londres (Royaume-Uni), le 13 décembre 2019.

Le leader du Parti travailliste britannique, Jeremy Corbyn, à Islington, dans le nord de Londres (Royaume-Uni), le 13 décembre 2019. (ISABEL INFANTES / AFP)


 

Le chef du parti travailliste britannique Jeremy Corbyn s'est dit vendredi "très déçu" du résultat des élections législatives. Humilié dans les urnes, il se trouve ainsi poussé à la démission. Il a ajouté qu'il souhaitait voir son parti entamer une "réflexion sur le résultat du scrutin et sa future politique". Eurosceptique dans un parti dont les députés sont majoritairement europhiles, Jeremy Corbyn avait choisi d'entretenir l'ambiguïté sur la question du Brexit.

 

 

 

Une déception pour le Parti libéral démocrate

Pour les Britanniques pro-UE, l'espoir d'empêcher le Brexit s'est évanoui avec la défaite du Labour et l'échec des Libéraux-démocrates. Ces derniers, qui ont tout misé sur la promesse de stopper purement et simplement le Brexit, vont devoir se contenter de seulement 11 à 13 sièges, selon les dernières projections. Ils ont échoué à séduire les europhiles des camps conservateur et travailliste. Le Parti libéral démocrate était pourtant arrivé à la deuxième place aux élections européennes de mai dernier, obtenant 20,3% des voix, derrière l'europhobe Parti du Brexit. 

 

 

 

La chef de file des Lib Dems, Jo Swinson, s\'exprime après avoir perdu dans la circonscription d\'East Dunbartonshire, au nord de Glasgow (Ecosse), le 13 décembre 2019.

La chef de file des Lib Dems, Jo Swinson, s'exprime après avoir perdu dans la circonscription d'East Dunbartonshire, au nord de Glasgow (Ecosse), le 13 décembre 2019. (PAUL ELLIS / AFP)


 

Il s'agit d'un camouflet pour la dirigeante Jo Swinson, élue depuis à peine cinq mois à la tête des Lib Dems, qui avait commencé la campagne en affirmant qu'elle pourrait être le prochain Premier ministre. Cette mère de famille de 39 ans a même été battue dans la circonscription de East Dunbartonshire, dans l'ouest de l'Ecosse, par le candidat indépendantiste écossais du SNP. Elle a par conséquent annoncé qu'elle quittait la tête du parti, rapporte The Guardian

 

 

 

Un espoir pour les indépendantistes écossais

A gauche, les nationalistes écossais du SNP ont, pour leur part, progressé d'au moins 20 à 46 sièges, selon les résultats partiels. Le parti a ainsi raflé la très grande majorité des 59 sièges dévolus à l'Ecosse.

 

 

 

La Première ministre et chef de file des indépendantistes écossais, Nicola Sturgeon, célèbre la victoire de son parti aux législatives, le 13 décembre 2019 à Glasgow (Ecosse).

La Première ministre et chef de file des indépendantistes écossais, Nicola Sturgeon, célèbre la victoire de son parti aux législatives, le 13 décembre 2019 à Glasgow (Ecosse). (ANDY BUCHANAN / AFP)



Ils comptent s'appuyer sur ce résultat pour demander un second référendum sur l'indépendance de l'Ecosse, dont les habitants restent majoritairement hostiles au Brexit. Il va encore falloir convaincre Boris Johnson, qui demeure fermement opposé à une telle consultation.

 

 

Il y a maintenant un mandat en vue d'offrir au peuple écossais le choix de son propre avenir. Nicola Sturgeon, Première ministre écossaise à Sky News

 

 

La Première ministre écossaise, Nicola Sturgeon, a déclaré qu'elle avait remporté "un mandat renouvelé, rafraîchi et renforcé" pour appeler à un nouveau vote d'indépendance, détaille The Guardian. "Boris Johnson a peut-être reçu un mandat pour faire sortir l'Angleterre de l'Union européenne. Il n'a absolument pas le mandat de faire sortir l'Ecosse de l'Union européenne. L'Ecosse doit avoir le choix de son propre avenir", a-t-elle déclaré sur la chaîne de télévision Sky News.

 


13/12/2019
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Franceinfo - le jeudi 12 décembre 2019

 

 

Législatives britanniques : le Brexit sera réalisé "à temps" le 31 janvier, promet Johnson après sa victoire

 

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Jean-Loup AdénorJuliette CampionRobin PrudentFrance Télévisions

 

 

Les électeurs britanniques ont choisi entre le Brexit du Premier ministre, Boris Johnson, et un nouveau référendum sur la sortie de l'UE, promis par le travailliste Jeremy Corbyn

 

 

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Le Premier ministre Boris Johnson, le 13 décembre 2019 à Londres (Royaume-Uni). (OLI SCARFF / AFP)

 

 

 

Ce qu'il faut savoir

 

 

C'était un scrutin décisif, dans le brouillard du Brexit. Les Britanniques ont voté pour les élections législatives, jeudi 12 décembre, et ils ont choisi le Premier ministre sortant Boris Johnson. Ce dernier a obtenu une majorité absolue, selon des résultats officiels vendredi 13 décembre. Après trois ans de désaccords sur le Brexit, "je vais mettre fin à ces absurdités et nous allons le réaliser à temps d'ici au 31 janvier", a déclaré le dirigeant conservateur devant ses partisans. Suivez les résultats et les réactions avec franceinfo dans ce direct.

 

 

Une majorité absolue. Après dépouillement des résultats dans 600 circonscriptions, les Tories disposent de 328 députés, selon les décomptes de la BBC, de Sky News et de l'agence Press Association, qui confirment la large majorité conservatrice obtenue, ouvrant la voie à une sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne le 31 janvier.

 

 

Les nationalistes écossais en forte progression. A gauche, les nationalistes écossais du SNP ont nettement progressé de 20 à au moins 46 sièges, selon les résultats partiels. Ils comptent s'appuyer sur ce résultat pour demander un second référendum sur l'indépendance de l'Ecosse, majoritairement hostile au Brexit, bien que Boris Johnson soit fermement opposé à une telle consultation.

 

 

Le Brexit, sujet central. Le pays est embourbé dans le processus du Brexit depuis le référendum de 2016, remporté à 52% par le "leave", qui a profondément divisé le Royaume-Uni. C'est pour sortir de l'impasse que le Premier ministre conservateur a voulu ces législatives, les troisièmes en quatre ans. Il espérait ainsi obtenir la majorité absolue qui lui a fait défaut pour faire adopter par le Parlement l'accord de divorce qu'il a négocié avec Bruxelles.

 


13/12/2019
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Franceinfo - le mardi 10 décembre 2019

 

 

L'article à lire pour comprendre les élections législatives anticipées au Royaume-Uni (et leurs conséquences sur le Brexit)

 

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Valentine PasquesooneFrance Télévisions

 

 

 

Quelque 46 millions d'électeurs britanniques sont appelés aux urnes jeudi, afin d'élire les 650 députés de la Chambre des communes et ainsi désigner leur futur gouvernement. Le scrutin anticipé, approuvé fin octobre, vise à sortir le Royaume-Uni de l'impasse du Brexit

 

 

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Le Premier ministre britannique, Boris Johnson, lance le programme du parti conservateur pour les élections législatives anticipées du 12 décembre 2019, le 24 novembre 2019 à Telford (Royaume-Uni).  (DANIEL LEAL-OLIVAS / AFP)

 

 

 

"Brexit or not Brexit ?" Et si Brexit il y a, quelle sortie de l'Union européenne attend les Britanniques, plus de trois ans après la victoire du "Leave" ? La tenue d'élections législatives anticipées au Royaume-Uni, jeudi 12 décembre, doit poser les jalons de la suite donnée au (douloureux) divorce entre l'Etat insulaire et le continent européen. "Mettre fin à l'impasse, réaliser le Brexit et faire avancer le pays : voilà pourquoi nous avons cette élection", défend le Premier ministre conservateur et fervent défenseur du "Leave", Boris Johnson. 

 

 

A la fermeture des bureaux de vote jeudi soir, "BoJo" sera-t-il maintenu à son poste au 10, Downing Street ? Parviendra-t-il vraiment, le 31 janvier, à "réaliser le Brexit", comme le promet son slogan de campagne ? Rien n'est moins sûr, tant l'issue de ce scrutin et la capacité du dirigeant à bâtir une majorité restent incertaines. Voici ce qu'il faut savoir de ces élections si particulières, qui viennent rebattre les cartes du Brexit outre-Manche. 

 

 

Ça veut dire quoi, des élections anticipées au Royaume-Uni ?

En principe, nos voisins britanniques élisent leurs députés (ou MPs), siégeant à la Chambre des communes, tous les cinq ans. Pourtant, ces nouvelles "élections générales" sont les troisièmes organisées... en moins de cinq ans. Les dernières en date remontent au 8 juin 2017. Anticipées elles aussi, elles ont fait perdre à l'ancienne Première ministre conservatrice, Theresa May, sa majorité absolue.

 

 

Au Royaume-Uni, un tel scrutin s'organise lorsque deux tiers des députés votent pour, ou que ces élus retirent leur confiance à un gouvernement, sans l'accorder à aucun autre dans un délai de deux semaines. Le 29 octobre, les "MPs" ont ainsi voté à une majorité écrasante – 438 voix contre 20 – pour ce scrutin anticipé. 

 

 

Jeudi, comme il en est de coutume, les bureaux de vote ouvriront leurs portes à 7 heures et fermeront à 22 heures, pour accueillir jusqu'à 46 millions d'électeurs dans les 650 circonscriptions que compte le pays : 533 en Angleterre, 59 en Ecosse, 40 au pays de Galles et 18 en Irlande du Nord, précise* le Parlement. 

 

 

 

L\'intérieur de la Chambre des communes britanniques, le 24 octobre 2019 à Londres (Royaume-Uni). 

L'intérieur de la Chambre des communes britanniques, le 24 octobre 2019 à Londres (Royaume-Uni).  (HO / PRU / AFP)


 

Le scrutin, uninominal majoritaire à un tour, vise à élire un député dans chaque circonscription. L'heureux vainqueur est, dans le jargon britannique, le "First Past the Post", autrement dit "celui qui franchit le premier la ligne d'arrivée". Traduction : tout candidat arrivé en tête dans sa circonscription gagne sa place à Westminster. Et tout parti politique arrivé en tête décroche le droit de former un nouveau gouvernement. 

 

 

 

Pourquoi convoquer des élections plus tôt que prévu ? 

C'est pour "mettre fin à l'impasse" parlementaire autour du Brexit que Boris Johnson a convoqué, fin octobre, ces élections anticipées. Car le 22 octobre, les députés ont approuvé le projet de loi visant à appliquer son accord de Brexit négocié avec Bruxelles... tout en rejetant le calendrier serré qu'il voulait tenir. "BoJo" envisageait de sortir de l'Union européenne sans attendre, le 31 octobre. Les parlementaires ont réclamé davantage de temps. 

 

 

Le Premier ministre, qui préférait "être mort au fond d'un fossé" plutôt que de subir un troisième report du Brexit, n'a eu d'autre choix que de demander un délai à l'UE. En contrepartie, l'ancien maire de Londres a réclamé de nouvelles élections, espérant un nouveau souffle sur Westminster pour enfin "réaliser le Brexit""Ce Parlement a refusé de prendre des décisions. Il ne peut pas refuser de laisser les électeurs le remplacer par un Parlement qui peut prendre des décisions", a défendu le dirigeant dans une lettre à son principal rival, le leader de l'opposition travailliste (Labour) Jeremy Corbyn.

 

 

 

Le Premier ministre britannique, Boris Johnson, le 23 octobre 2019 à la Chambre des communes, à Londres (Royaume-Uni). 

Le Premier ministre britannique, Boris Johnson, le 23 octobre 2019 à la Chambre des communes, à Londres (Royaume-Uni).  (JESSICA TAYLOR / AFP)


 

Avec ce scrutin, Boris Johnson espère décrocher une majorité conservatrice renforcée au Parlement, en principe synonyme d'une sortie facilitée de l'Union européenne. "La procédure législative concernant le Brexit est en quelque sorte bloquée depuis deux ans", rappelle Agnès Alexandre-Collier, professeure de civilisation britannique à l'Université de Bourgogne, en détachement à la maison française d'Oxford. "Du fait de cette paralysie, Boris Johnson considère qu'il faut consolider sa majorité". Cela passait forcément par une nouvelle élection.

 

 

 

Mais les conservateurs dominent déjà le Parlement, non ? 

Les "Tories" sont, certes, le parti comptant le plus de députés à Westminster – 298 pour être précis. Les travaillistes en comptent 243, devant le Parti national écossais (SNP, 35 élus), les indépendants (24 élus) et les libéraux-démocrates (Lib Dem, 20 élus). Mais 298 députés, sur un total de 650, est un nombre largement insuffisant pour former une majorité. 

 

 

 

 

 

Après la perte de leur majorité en 2017, les "Tories" avaient réussi à obtenir le soutien du parti unioniste démocrate nord-irlandais (DUP). Mais l'alliance, qui leur assurait une nouvelle majorité, a été éphémère : en octobre, le DUP a claqué la porte, largement opposé au nouvel accord de Brexit. La majorité fragile de Boris Johnson s'est aussi brisée en septembre. En plein discours du Premier ministre, le député Tory Phillip Lee a quitté les rangs de son propre camp, suivi par 21 députés conservateurs, farouchement opposés à un Brexit sans accord. Ces derniers ont rejoint l'opposition pour voter une motion permettant à la Chambre de reprendre le contrôle de l'agenda parlementaire. Boris Johnson les a en conséquence exclus, détaille la BBC*. 

 

 

 

Et c'est possible, une majorité absolue pour les "Tories" ?

"C'est un gros pari", analyse Florence Faucher, professeure de sciences politiques et membre du Centre d'études européennes et de politique comparée de Sciences Po Paris. "Une élection avant le 31 octobre aurait été plus propice", car "BoJo" n'aurait pas été affaibli par la demande d'un nouveau report, souligne la chercheuse. Mais il n'est pas en position de faiblesse. Les enquêtes d'opinion lui sont quand même favorables". Un sondage du Guardian, publié le 26 novembre, donne les conservateurs en tête avec 43% des intentions de vote. Le Labour de Jeremy Corbyn arrive deuxième (30%), suivi des libéraux-démocrates, avec 15% des intentions de vote. 

 

 

Cette avance laisse-t-elle présager une majorité absolue pour les Tories ? Pas vraiment. Les conservateurs, comme les travaillistes, sont en recul dans l'ensemble des régions britanniques, d'après un récent sondage YouGov*. Dans le sud-est de l'Angleterre, où les Tories ont récolté 54% des voix en 2017, ils ne recueillent plus que 41% des intentions de vote. Car au sein de plusieurs territoires, conservateurs de longue date mais attachés à l'UE, le camp de Boris Johnson pourrait battre de l'aile. Il tente désormais de percer dans le "Red Wall", une région longtemps acquise à la gauche mais aussi pro-Brexit que le Premier ministre. Un territoire où il sera en concurrence frontale avec le Brexit Party, mené par l'europhobe Nigel Farage. 

 

Le leader du parti europhobe Brexit Party, Nigel Farage, lors d\'un événement de la campagne pour les élections législatives britanniques, le 8 novembre 2019 à Pontypool (Royaume-Uni). 
Le leader du parti europhobe Brexit Party, Nigel Farage, lors d'un événement de la campagne pour les élections législatives britanniques, le 8 novembre 2019 à Pontypool (Royaume-Uni).  (GEOFF CADDICK / AFP)

 

Avec le Brexit en jeu, l'issue du scrutin reste donc une grande inconnue. Les Lib Dems pourraient, eux, capter bon nombre de votes anti-Brexit. "Au moins une cinquantaine de circonscriptions sont très compétitives", c'est-à-dire incertaines, commente Florence Faucher. "C'est une élection très inhabituelle", marquée par une "polarisation autour du Brexit, poursuit Agnès Alexandre-Collier. Il y a une immense part d'incertitude, et c'est le Brexit qui va déterminer le sort de ce scrutin." 

On parle d'autre chose que du Brexit dans cette campagne ?

Oui, même s'il est vrai que le divorce européen est au cœur des préoccupations – et des programmes. Aux yeux de 65% des Britanniques, d'après un sondage Ipsos*, le Brexit est LE problème le plus important auquel fait face le Royaume-Uni. 

 

Dans l'espoir de capter un électorat pro-Brexit plus à gauche, le parti conservateur s'éloigne des politiques d'austérité et promet davantage de dépenses publiques. Il propose près de 34 milliards de livres (40 milliards d'euros) supplémentaires pour le service public de santé (NHS) chaque année, détaille Bloomberg*. Le Labour, lui, penche encore plus à gauche, proposant une hausse des dépenses de santé et la nationalisation de certains secteurs comme le système ferrovaire, liste Reuters*. 

"Ce sont des programmes populistes, du côté des Tories comme du Labour, observe Florence Faucher. Pour les conservateurs, il s'agit de se présenter comme originaux sur les services publics, tout en martelant 'sécurité', 'immigration', et 'Brexit'."

Ce scrutin peut-il tout changer pour le Brexit ?

C'est possible, car chaque parti défend un projet bien précis pour l'avenir (ou l'oubli) de la sortie de l'UE. Si le camp des Tories l'emporte avec une majorité absolue, l'objectif est de faire adopter rapidement l'accord négocié avec Bruxelles, puis d'acter le divorce avec l'Union européenne le 31 janvier, voire plus tôt.

Dans le cas d'une victoire nette de Jeremy Corbyn et de son camp travailliste, il pourrait y avoir négociation d'un nouvel accord, suivie de l'organisation d'un second référendum : pour ce texte ou pour un maintien dans l'UE. Les libéraux-démocrates, menés par Jo Swinson, défendent un maintien pur et simple du pays dans l'Union européenne. Quant au Brexit Party, sa ligne est claire : un "Brexit net", sans accord, le 31 janvier à minuit.

"L'impasse" pourrait toutefois faire son retour à Westminster si aucune majorité absolue n'est obtenue. "Dans le cas d'une majorité relative, la situation [précédente] risque de se reproduire, avec un Parlement bloqué puis une nouvelle demande d'extension, estime Agnès Alexandre-Collier. Et même dans le cas où un accord passe, ce vote ne règlera pas toutes les conséquences de la sortie de l'UE." 

Sorry, j'ai eu la flemme de tout lire. Vous me faites un résumé ? ;) 

No problem. De nouvelles élections législatives anticipées ont lieu jeudi au Royaume-Uni, deux ans et demi seulement après le précédent scrutin, qui avait fait perdre sa majorité absolue à l'ancienne Première ministre Theresa May. Son successeur, Boris Johnson, a appelé à la tenue de ces élections pour "mettre fin à l'impasse" parlementaire autour du Brexit. Le dirigeant pro-sortie a été contraint de réclamer un nouveau report pour la sortie de l'UE, au 31 janvier. Avec ce scrutin, il espère retrouver une majorité absolue au Parlement pour enfin "réaliser le Brexit". 

L'issue de ces élections est plus qu'incertaine, car ce divorce bouscule les clivages politiques classiques. Le parti conservateur, crédité de 43% des intentions de vote, est en recul (comme son rival, le Labour) dans l'ensemble des régions britanniques. Il risque de perdre de précieuses voix dans les comtés acquis aux Tories, mais anti-Brexit. En cas de majorité relative ou de victoire de ses concurrents, toutes les options sont possibles. Y compris celle d'une nouvelle "impasse"  face au Brexit. 

*L'ensemble de ces liens sont en anglais.

 


10/12/2019
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