L'AIR DU TEMPS

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EUROPE


Franceinfo - le vendredi 6 septembre 2019

 

 

Brexit : les 48 heures qui ont fait vaciller Boris Johnson

 

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Marie-Adélaïde ScigaczFrance Télévisions

 

 

Le nouveau Premier ministre britannique a essuyé en quelques jours une série historique de revers parlementaires, qui ont porté un coup fatal à sa volonté de faire sortir le Royaume-Uni de l'Union européenne sans accord, le 31 octobre

 

 

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Des manfestants devant le Parlement britannique, mardi 3 septembre 2019.  (DANIEL LEAL-OLIVAS / AFP)

 

 

 

Si le Brexit était un sport, il serait un improbable triathlon : un mélange sur mesure de course de fond, de sprint et, bien sûr, de boxe anglaise. Mardi 3 et mercredi 4 septembre, les débats interminables et votes à la hâte organisés à la Chambre des communes ont fait vaciller le champion conservateur, Boris Johnson.

 

 

Jeudi 5 septembre, le Premier ministre britannique a pris un nouveau coup en apprenant la démission de son frère, Jo Johnson, secrétaire d'Etat à l'Enseignement supérieur. Mais il n'entend pas se coucher avant d'avoir tout donné. Alors qu'une autre figure du Parti conservateur (Tories), le Brexiter Jacob Rees-Mogg, a indiqué qu'un nouveau vote sur la tenue d'élections anticipées aurait lieu lundi 9 septembre, franceinfo remonte le temps et vous raconte ces 48 heures d'un assaut parlementaire coordonné contre le chef du gouvernement qui a finalement permis à l'opposition de faire voter une loi évitant une sortie de l'UE sans accord fin octobre.

 

 

 

Mardi, 6 heures : le début du compte à rebours

Le soleil se lève sur Big Ben. Dans les kiosques à journaux, le Premier ministre – costume et cravate bleus, tignasse blonde presque disciplinée – affiche une mine exceptionnellement contrariée. Ces photos sont tirées d'une allocution donnée la veille, lord d'une ultime prise de parole avant la rentrée parlementaire. Son message : "Nous quitterons l'Union européenne le 31 octobre. Il n'y a pas de 'si' et pas de 'mais' qui tiennent." Devant lui, un mur de photographes le sépare d'une foule de manifestants, dont les cris – "Stop the coup !" ("Arrêtez le coup d'Etat" ) – résonnent dans tout Downing Street. 

 

 

A la radio et sur les chaînes d'information en continu, les députés réveillent les Britanniques. Quelles que soient leurs divergences, tous martèlent que les heures qui viennent seront décisives. En annonçant la prorogation (terme légal dans la loi anglaise pour désigner une suspension) du Parlement entre le 9 septembre et le 14 octobre, Boris Johnson a voulu leur couper l'herbe sous le pied. Privés de débat sur sa stratégie de négociation face aux partenaires européens à l'approche de la date officielle de sortie du Royaume-Uni de l'UE, le 31 octobre, ils ne disposeront que de quatre à cinq jours (avant le 9) pour obtenir des garanties contre un éventuel "no deal". Sur le site du Guardian, une journaliste donne le coup d'envoi de la journée : "On respire un grand coup. C'est parti." 

 

 

 

Mardi, 11 heures : l'alliance de l'opposition

L'opposition sait qu'elle doit agir vite et de façon coordonnée. En fin de matinée, Jeremy Corbyn convoque une dernière fois les chefs de l'opposition : les représentants des Lib Dems, des Verts, des Gallois du Plaid Cymru et des Ecossais du Parti national (SNP), se retrouvent dans le bureau du chef du Parti travailliste (Labour), dans la partie sud des Norman Shaw Buildings, une annexe de Westminster en briques rouges située au bord de la Tamise. Cela fait plusieurs jours qu'ils discutent mais, cette fois, ça y est, ils mettent la touche finale à leur stratégie pour faire tomber Boris Johnson. 

 

 

Les chefs de parti s'engagent à ce que leurs députés ne votent pas en faveur de nouvelles élections générales tant qu'une loi écartant la possibilité d'un Brexit sans accord ne sera pas promulguée. Le Premier ministre milite pour la tenue de ces éléctions mi-octobre, misant sur un vote massif des électeurs britanniques pro-Brexit, lassés des atermoiements du Parlement.

 

 

 

 Mardi, 12 heures : la guerre est déclarée chez les Tories

Du côté des Tories, l'ancien chancelier de l'échiquier Phillip Hammond, les anciens ministres de la Justice David Gauke et Alistair Burt, l'ex-ministre et plus ancien député conservateur de la Chambre Ken Clarke, et une dizaine d'autres attendent dans un couloir du 10 Downing Street. Ces "rebelles" du Parti conservateur ont obtenu une audience avec le Premier ministre. Ces dernières semaines, ils ont fait savoir qu'ils tenteraient par tous les moyens d'empêcher une sortie de l'UE sans accord, quitte à trahir leur parti, et "BoJo" lui-même veut les faire rentrer dans le rang.

 

 

Un grand monsieur dégarni et vêtu d'une veste sans manches s'arrête à leur hauteur. C'est Dominic Cummings, conseiller de Boris Johnson et cerveau de la campagne du "Vote Leave" ("Votez Quitter"). Devant la porte du bureau du chef du gouvernement, il prend à partie les élus : "Je ne sais même pas qui vous êtes !", hurle l'atypique consultant, avant de leur passer un savon.

 

 

 

Les députés conservateurs \"rebelles\" (de gauche à droite) David Gauke, Philip Hammond, Greg Clark et Caroline Noakes, s\'apprêtent à s\'entretenir avec Boris Johnson, le 3 septembre 2019. 

Les députés conservateurs "rebelles" (de gauche à droite) David Gauke, Philip Hammond, Greg Clark et Caroline Noakes, s'apprêtent à s'entretenir avec Boris Johnson, le 3 septembre 2019.  (NIKLAS HALLE'N / AFP)


 

Avec le Tory en chef, l'ambiance n'est guère plus courtoise. "Je ne tolérerai pas une loi qui donne le pouvoir à Jeremy Corbyn"; prévient Boris Johnson, furieux, à Phillip Hammond. "Nous rendons le pouvoir au Parlement", répond ce dernier. Il s'agace, coupe la parole. "Vous donnez le pouvoir à la junte menée par Jeremy Corbyn", fulmine le Premier ministre. Greg Clark, ancien ministre et député conservateur rebelle, tente le compromis : et si, après le sommet européen, le gouvernement prévoyait une date pour que les députés se prononcent sur la possibilité d'un "no deal" ? L'idée ne suffit pas à réconcilier les alliés d'hier.

 

 

Quelques heures plus tard, Greg Clark reçoit un appel sur son portable. Au bout du fil, Dominic Cummings, toujours remonté. "Vous, les députés conservateurs, devez vous mettre dans vos putains de crânes que nous quittons l'UE le 31 octobre." 

 

 

 

Mardi, 15h30 : la majorité bascule

Il est 15h30 quand Boris Johnson monte à la tribune. Le nouveau Premier ministre, qui a pris ses fonctions le 24 juillet, donne un premier discours devant les députés. Au menu : le bilan de son intervention au G7, à Biarritz. Mais les élus peinent à écouter le chef du gouvernement quand, d'un coup, le député conservateur Phillip Lee arrive et se plante au milieu de l'assemblée. Fidèle Tory plutôt discret, ancien ministre proche de Theresa May et Européen convaincu, il jette un œil sur le banc de sa famille politique. Mais c'est vers les rangs supérieurs, en haut à droite, qu'il se dirige. C'est officiel, il a rejoint les Lib Dems, un parti de centre droit de tradition europhile. 

 

 

Jo Swinson, la cheffe du parti, se décale pour lui faire une petite place. Le député voisin, un ancien du Labour, l'accueille d'une tape bienveillante sur le bras, pendant qu'un communiqué de presse est envoyé simultanément, pour confirmer sa défection. La scène n'échappe pas à Boris Johnson : "Je souhaite le meilleur à mon honorable ami", s'interrompt-il, avant de reprendre le cours de son allocution. Il vient de perdre sa courte majorité au Parlement. 

 

 

 

 

 

 

Mardi, 18h30 : John Bercow ouvre les hostilités

Tout l'après-midi, John Bercow a tenté de faire régner l'ordre dans une chambre survoltée, répétant à la façon d'un maître d'école : "Ecoutez le Premier ministre", "je veux entendre le Premier ministre." Speaker de la Chambre des communes, ancien conservateur officieusement rallié au camp adverse, infatigable défenseur du système parlementaire britannique et remonteur de bretelles certifié – "ordeeeeer" –, il attendait la rentrée parlementaire de pied ferme. Et pour cause : il n'a pas digéré que Boris Johnson suspende le Parlement.

 

 

Alors, tout naturellement, en fin de journée, il assène un coup attendu au chef du gouvernement britannique en autorisant les députés à débattre d'un texte leur permettant de reprendre le contrôle de la Chambre via une motion déposée en vertu de la règle SO24 (lien en pdf, en anglais). Accusé par les pro-gouvernement d'avoir constamment pris partie pour les anti-Brexit, John Bercow ne rate pas une occasion de s'expliquer : "Mon attitude n'est dictée que par ma volonté de permettre le fonctionnement de la Chambre (...). Je l'ai fait dans le passé, je le fais aujourd'hui et je le ferai du mieux que je le peux, de manière impartiale, qu'advienne que pourra, que ça passe ou que ça casse." Les hostilités parlementaires sont officiellement lancées. 

 

 

 

 

 

 

Mardi, 22 heures : les parlementaires reprennent le contrôle

Trois heures de débat, c'est long. Et éreintant. Défenseurs du gouvernement d'un côté, ennemis du "no deal" de l'autre, les députés s'invectivent dans la promiscuité de cette assemblée, construite comme deux tribunes face à face. Jacob Rees-Mogg, l'influent député pro-Brexit et ministre chargé des Relations avec la Chambre des communes, prend la parole peu avant 20 heures. "Usurper les droits de l'exécutif est anticonstitutionnel", lance-t-il depuis sa place au premier rang. Derrière lui, quelques parlementaires conservateurs tiquent. Le discours, perçu comme "hautain", est en train de les faire changer d'avis. Ils voteront contre le gouvernement.

 

 

Plus tard, depuis sa banquette, le Brexiter irrite encore davantage le camp d'en face. "Avec son langage corporel, le ministre chargé des Relations avec la Chambre montre son mépris pour cette Chambre et pour le peuple", s'exaspère la député écologiste Caroline Lucas. "Il s'est étalé sur trois sièges, comme si cela l'ennuyait de nous écouter débattre ce soir", lance-t-elle au Brexiter qui se contente de redresser ses lunettes rondes, lassé. La députée travailliste Anna Turley, agacée elle aussi, sort son téléphone portable et photographie Jacob Rees-Mogg, avant de partager le cliché sur Twitter. "L'expression physique de l'arrogance, de la prétention, du manque de respect et du mépris pour notre Parlement", écrit-elle en légende. 

 

 

 

Jacob Rees-Mogg dans la Chambre des communes, mardi 3 septembre 2019. 

Jacob Rees-Mogg dans la Chambre des communes, mardi 3 septembre 2019.  (ANNA TURLEY / AFP)

 

 

 

Une heure avant le vote, les conservateurs ont été à nouveau prévenus : ceux qui voteront contre le gouvernement seront exclus du groupe parlementaire. Mais quand, peu avant 22 heures, les députés se lèvent pour se rendre dans le lobby correspondant à leur choix ("yea" ou "nay"), Phillip Hammond, Ken Clark ou encore le petit-fils de Winston Churchill, Nicholas Soames, rejoignent tous l'opposition. A 328 voix contre 301, les députés prennent le contrôle de l'ordre du jour. Ils débattront dès le lendemain d'une proposition de loi pour empêcher le "no deal". Tout le monde peut rentrer se coucher. Dans son lit, cette fois. 

 

 

 

Mardi, 22h30 : les "rebelles" conservateurs prennent la porte

Au total, vingt-et-un députés conservateurs ont désobéi à la consigne, faisant basculer la majorité. Parmi eux, un député du nord du pays, Rory Stewart, quitte la Chambre précipitamment après avoir voté. A l'extérieur, il se fraye un chemin parmi les téléobjectifs et s'engouffre dans une voiture. Direction la Tate Modern, où il reçoit le prix du magazine GQ du "politicien de l'année". A la tribune, face au footballeur David Beckham et à l'actrice Nicole Kidman, il commente cette récompense à ce moment étrange de sa carrière : "Je suis le politicien de l'année à un moment où je cesse d'être un politicien", déclare-t-il, révélant à un parterre de célébrités avoir voté contre le gouvernement. La salle l'acclame, pendant qu'il reçoit un texto lui annonçant qu'il ne pourra plus porter l'étiquette du Parti conservateur.

 

 

 

 

 

 

Et il n'est pas le premier à l'apprendre. Méthodiquement, le président du groupe parlementaire contacte un à un les frondeurs par ordre alphabétique pour leur annoncer la nouvelle. Du Gallois Guto Bebb à l'élu de l'Oxfordshire Ed Vaizey, tous sont mis à la porte.

 

 

A 23h24, les "rebelles" reçoivent enfin une autre notification, en provenance cette fois du groupe Whatsapp des élus conservateurs : "En tant qu'administrateur de ce groupe, et ce n'est pas de gaieté de cœur, les collègues qui ont été exclus vont, j'en suis sûr, prendre l'initiative de quitter ce groupe d'eux-mêmes dès ce soir". Nicholas Soames, petit-fils de Winston Churchill et vétéran du parti, prend la chose plutôt bien : "Ce groupe est essentiellement peuplé par des cinglés. N'importe qui de sensé le quitterait, pour préserver sa santé mentale." 

 

 

 

Mercredi, 8h30 : gueule du bois chez les Tories

Le réveil est difficile pour le Parti conservateur, qui a perdu vingt-deux députés la veille. Alors que la presse britannique titre (presque) unanimement sur "la perte de contrôle" et "l'humiliation" de Boris Johnson par le Parlement, les députés fraîchement exclus font le tour des médias. Boris Johnson, lui, reste combatif. En fin d'après-midi, les députés décideront de voter ou non un texte de loi "anti-no deal" qui, selon le Premier ministre, anéantirait toutes les tentatives de négociations à Bruxelles.

 

 

 

Guardian news ✔@guardiannews
 

Guardian front page, Wednesday 4 September 2019: Humiliation for Johnson as Tory rebels turn against him

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Le coup d'envoi de cette nouvelle journée est donné par Boris Johnson dans un tweet : "Corbyn et sa 'loi de capitulation' signifierait des années d'incertitudes et de reports. Je suis déterminé à faire avancer ce pays et à mener la Grande-Bretagne hors de l'UE le 31 octobre." 

 

 

Boris Johnson ✔@BorisJohnson
 

Corbyn and his surrender bill would mean years of uncertainty and delay. I am determined to lead this country forward and take Britain out of the EU on October 31st 🇬🇧

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A Westminster, les parlementaires rejoignent leurs bureaux et les couloirs prennent des airs d'aérogare Les lords, qui siègent dans la chambre haute du Parlement, où ils valident les textes adoptés par la Chambre des communes, s'apprêtent à passer la journée et une partie de la nuit sur les bancs.

 

 

 

Mercredi, 12 heures : noms d'oiseaux pour la première séance de questions de "BoJo"

Sous les applaudissements mais aussi sous les huées, Boris Johnson fait son entrée dans la Chambre des communes, où il va vivre la toute première séance de questions au Premier ministre de son mandat. Les frondeurs exclus la veille ont repris leur place parmi leurs ex-collègues dans une ambiance électrique. 

 

 

"Si le Premier ministre fait au pays ce qu'il a fait à son parti dans les dernières 24 heures, je pense que beaucoup de gens ont de quoi craindre son incompétence, son indécision et son refus de publier les informations dont il dispose sur les effets qu'aurait un 'no deal'", attaque Jeremy Corbyn. Boris Johnson, incisif, contre-attaque, en fustigeant le texte "anti-no deal" soutenu par les travaillistes. Il ne dispose que de quelques heures pour convaincre les députés de le rejeter et de soutenir à la place sa motion demandant l'organisation d'élections générales le 15 octobre.

 

 

Mais aux députés qui l'interrogent sur la préparation du "no deal" ou sur l'avancée des négociations avec Bruxelles, il répond par des esquives et des slogans : "Nous sortirons le 31 octobre !" Jeremy Corbyn, opposé à l'annonce d'élections avant que la loi "anti-no deal" ne soit promulguée, est traité d'"hypocrite" et de "poulet chloré". Le travailliste estime quant à lui que "Boris" propose des élections comme "la méchante reine [offrerait] une pomme à Blanche-Neige".

 

 

 

 

 

Mercredi, 15h30 : les députés attaquent Boris Johnson à tour de rôle

En première ligne, les conservateurs rebelles de la veille prennent la parole pour défendre la loi "anti-no deal", texte pour lequel certains d'entre eux viennent de sacrifier leur carrière. La mission : contrer l'argument selon lequel voter ce texte revient à donner le pouvoir au Labour. "Je me ferai bouillir la tête avant de donner le pouvoir [à Jeremy Corbyn]", déclare Phillip Hammond, inspiré. La cheffe des Lib Dems, Jo Swinson, loue quant à elle la nécessité de "travailler ensemble pour éviter le 'no deal'", au-delà des clivages partisans. Quant au Premier ministre, il en prend pour son grade, alors que les députés se succèdent pour le traiter tantôt de menteur, tantôt d'agresseur.

 

 

"Bien sûr que ce soir je vais voter contre la tenue d'une élection générale, de la même manière que je voterai contre tout ce que le Premier ministre présentera", s'énerve la député travailliste Jess Phillips, exaspérée et en colère. "Je n'ai confiance en rien de ce qu'il puisse dire. Il joue les harceleurs de cours de récréation."

 

 

 

 

 

 

Mercredi, 17 heures : guerre d'usure à la Chambre des lords

Pendant que les députés s'écharpent, les lords, eux, vivent une journée tout aussi intense. Ils étudient au même moment une motion visant à leur permettre d'accélérer l'examen de la loi "anti-no deal", dans le cas où elle serait adoptée à la Chambre des communes. Car les lords devront bien sûr donner leur avis sur ce texte (un avis sur la forme davantage que sur le fond). Or, cette procédure prend du temps, un luxe dont personne ne dispose ici, puisque la prorogation du Parlement approche. La stratégie des lords pro-gouvernement est donc de se lancer dans d'interminables discours pour empêcher les discussions d'avancer.    

 

 

"La Chambre des lords a des pouvoirs très limités, mais aujourd'hui, elle a le pouvoir de repousser un texte [et donc de le rendre caduc], ce qui est un cas extrêmement rare dans lequel le rôle formel de la Chambre lui confère un pouvoir effectif", reconnaît le lord conservateur Daniel Finkelstein. A un journaliste du magazine Time qu'il croise dans les couloirs, il explique que les lords appartenant aux Tories ne craignent pas de se faire éjecter comme leurs collègues, les députés "rebelles". Non seulement ils jouent un rôle constitutionnel (plutôt que politique), mais en plus, ils sont nommés à vie par la reine sur proposition des Premiers ministres successifs et ne craignent donc pas de perdre l'étiquette de leur parti en cas de rébellion. Pour lord Finkelstein, "avoir renvoyé les frondeurs du parti est une grossière erreur", explique-t-il quand une cloche stridente retentit dans la pièce. Il est l'heure de voter une nouvelle motion. 

 

 

 

Mercredi, 20 heures : la proposition de loi "anti-no deal" est adoptée

A 20 heures, la proposition de loi dite "anti-no deal" est adoptée à la Chambre des communes : 327 votes contre 299.  Après la perte du contrôle sur le Parlement, Boris Johnson essuie son deuxième gros revers parlementaire en moins de 24 heures. En vertu de cette loi, il devra, s'il n'obtient pas d'accord avec les partenaires européens d'ici au 19 octobre, demander un nouveau report du Brexit, au 20 janvier 2020. 

 

 

Pourtant, le Premier ministre persiste. "Il est impossible d'avancer si le Parlement rejette tout ce que propose le gouvernement", assure-t-il, demandant aux députés de "choisir quel Premier ministre ira négocier à Bruxelles le 17 octobre", en acceptant que se tiennent de nouvelles élections le 15 octobre. 

 

 

 

 

 

 

Mercredi, 21h30 : les députés rejettent les élections anticipées

Le dernier coup des députés est porté vers 21h30. Sans surprise, la motion est rejetée, n'obtenant que 298 voix, soit moins que la majorité des deux tiers de la Chambre des communes nécessaire pour être adoptée. Les élus de l'opposition travailliste n'ont pas voté contre, mais se sont abstenus. 

 

 

"Je crois bien que Jeremy Corbyn est le premier leader de l'opposition de l'histoire démocratique de notre pays à refuser de tenir une élection", réagit aussitôt Boris Johnson. "Je ne peux que spéculer sur les raisons qui le poussent à hésiter ainsi. La conclusion évidente, j'en ai bien peur, est qu'il a peur de perdre." 

 

 

Mais déjà, dans les rangs conservateurs, les députés évoquent la suite et ces fameuses élections anticipées pour lesquelles Boris Johnson continuera de se battre. "Il faut réintégrer [les frondeurs] si nous voulons gagner les prochaines élections", se murmure-t-il dans les couloirs de Westminster.  

 

 

 

Jeudi, 1h30 : les lords s'accordent pour débattre en urgence de la loi "anti-no deal"

Après de longues heures de débats, les lords se sont mis d'accord pour mettre en place une lecture accélérée du texte "anti-no deal" validé en début de soirée par la Chambre des communes. Ils s'engagent à en débattre jusqu'à vendredi 17 heures, au plus tard, garantissant ainsi la promulgation de la loi. Le texte maudit par Boris Johnson sera donc inévitablement promulgué [la Chambre des lords a officiellement adopté la loi "anti-no deal" vendredi après-midi].

 

 

Il est 2h27 du matin quand lord Andrew Adonis, membre travailliste de la chambre haute et fervent "remainer", envoie ce tweet soulagé : "Nous avons arrêté le 'no deal', nous pouvons rentrer à la maison."

 

 

 

Andrew Adonis ✔@Andrew_Adonis

Voting in the 17th filibuster; rumours that a deal has been done and the government has caved in and will stop the filibuster! Yippee! But maybe speaking too soon.

Andrew Adonis ✔@Andrew_Adonis
 

Government chief whip announces government cave-in at 1.20 am - they are lifting the filibuster after 10 hours, with a commitment that the EU Bill will pass by 5pm Friday. We have stopped no deal - & we can now go home 🆒😊ðŸ˜Â�🇪🇺

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06/09/2019
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Franceinfo - le dimanche 1er septembre - mis à jour le

 

 

Allemagne : forte poussée de l'extrême droite lors d'élections locales

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

L'AfD a doublé ses scores lors des deux élections régionales qui ont eu lieu ce dimanche 1er septembre

 

 

 

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Des militants berlinois de l'AfD et leur leader Georg Pazderski réagissent au bon score de leur parti, le 1er septembre 2019 en Allemagne. (ODD ANDERSEN / AFP)

 

 

 

L'extrême droite allemande a enregistré, dimanche 1er septembre, une forte poussée lors de deux élections régionales dans l'ex-RDA. Selon des estimations des chaînes de télévision publiques, elle fait plus que doubler ses scores réalisés lors des précédents scrutins en 2014.

 

 

L'Alternative pour l'Allemagne (AfD), qui pourfend la politique d'accueil de centaines de milliers de migrants de la chancelière Angela Merkel ces dernières années, obtient 22,5% dans le Brandebourg, le Land qui entoure Berlin, contre 12,2% en 2014, et 27,5% en Saxe, dans le sud-est (9,7% en 2014), selon de premières estimations diffusées par les chaînes de télévision publique ARD et ZDF.

 

 

 

"Nous sommes très satisfaits"

L'Est de l'Allemagne confirme son statut de bastion électoral de l'AfD, nettement plus faible dans l'Ouest du pays. Une illustration de la césure persistante en Allemagne trois décennies après sa réunification. Sans décrocher de première place ni être en mesure de gouverner ces deux Länder, ce qui constitue pour elle une déception, l'extrême droite réalise une performance.

 

 

"Nous sommes très satisfaits. Nous avons plus que doublé notre résultat de 2014 en Saxe et dans le Brandebourg", a salué Jörg Meuthen, co-dirigeant de l'AfD, après l'annonce des premières estimations. "Nous ne sommes pas encore la force la plus puissante, il manque encore quelque chose. Le travail commence", a concédé un autre responsable du mouvement, Alexander Gauland, convaincu cependant que la CDU d'Angela Merkel a été "punie".

 

 

 

Le SPD en tête dans le Brandebourg, la CDU en Saxe

Quelque 5,5 millions de personnes étaient appelées aux urnes pour élire leurs nouveaux parlements régionaux. S'il ne s'agit que d'environ 12% du corps électoral allemand, ces scrutins, complétés par un troisième en Thuringe, autre région de l'ex-RDA, le 27 octobre, sont scrutés à la loupe.

 

 

Dans le Brandebourg, le parti social-démocrate, partenaire minoritaire de la coalition gouvernementale de Merkel à Berlin, parvient à sauver sa première place avec 27,5%, selon les estimations. En Saxe voisine, les conservateurs d'Angela Merkel, dont ce Land était un fief, arrive certes en tête avec plus de 32%, devançant l'AfD de cinq points environ dans cette région berceau du mouvement islamophobe Pegida. Mais avec un net repli depuis le précédent scrutin (39,4% en 2014).

 


02/09/2019
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Franceinfo - le vendredi 30 août 2019

 

 

Italie : pourquoi Matteo Salvini reste un homme fort sur la scène politique

 

 

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Violaine JaussentFrance Télévisions

 

 

 

Le chef de la Ligue, Matteo Salvini, a perdu son pari de provoquer un scrutin anticipé dès l'automne. Il devrait donc retrouver son rôle d'opposant, qui pourrait cependant lui permettre de transformer son retour en bain de jouvence

 

 

 

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Matteo Salvini, le 28 août 2019, à Rome (Italie). (FILIPPO MONTEFORTE / AFP)

 

 

 

A peine hors jeu, il prépare déjà son retour. Après 14 mois passés au pouvoir en Italie en tant que ministre de l'Intérieur, le souverainiste Matteo Salvini devrait se retrouver exclu du pouvoir. Il ne peut s'en prendre qu'à lui-même : c'est lui qui a provoqué la chute prématurée du premier gouvernement populiste d'Italie en dynamitant le 8 août, en plein été, l'alliance formée entre la Ligue, le parti eurosceptique et xénophobe qu'il dirige, et le Mouvement 5 Etoiles (M5S). Il ne fera donc pas partie du nouveau gouvernement italien, basé sur une majorité inédite entre les sociaux-démocrates et le M5S, que le Premier ministre sortant Giuseppe Conte a accepté de former.

 

 

Pour autant, Matteo Salvini ne se laisse pas abattre : il a appelé, jeudi 29 août, ses soutiens à une "grande" manifestation à Rome, le 19 octobre. Franceinfo vous explique pourquoi "il Capitano" pèse encore sur la scène politique italienne.

 

 

 

Parce qu'il ne "lâche pas le morceau"

"Vous ne vous libérerez pas de moi avec un petit jeu de palais, je ne lâche pas le morceau" : Matteo Salvini a prévenu ses détracteurs sur Facebook, jeudi. Dans cette vidéo diffusée en direct sur sa page officielle, il déclare avoir une "folle envie de reconstruire". Il appelle également ses soutiens à manifester le 19 octobre à Rome. "Le samedi 19 octobre, je pense à une grande journée de la fierté italienne", a-t-il ajouté, avant de marteler la date sur Twitter.

 

 

 

 

 

 

D'ici à la mi-octobre, Matteo Salvini ne va pas rester les bras croisés. Il promet l'organisation de "stands dans toute l'Italie les 21 et 22 septembre, pour réclamer la démocratie, le respect du vote et des règles". Il espère aussi une large participation à un meeting politique de son parti, le 15 septembre à Bergame, dans sa région de Lombardie.

 

 

 

Parce que son parti est encore populaire

Dans les mois à venir, la cote de Matteo Salvini devrait chuter, selon les politologues. Lorenzo Castellani, professeur de sciences politiques à l'université Luiss de Rome, interrogé par l'AFP, le voit même tomber de 10 points, à moins de 20%, car "les Italiens sont cyniques et ils n'aiment pas les petits malins qui s'avèrent perdants".

 

 

En revanche, son parti a toujours le vent en poupe. Le jour de son éclatante rupture, la Ligue de Matteo Salvini était créditée de 38% des intentions de vote, quatre points de plus que son record aux européennes de mai. Dans la semaine du 26 août, elle est tombée entre 31% et 33%.

 

 

 

Parce qu'il est toujours soutenu par les eurosceptiques

Son aversion pour l'Union européenne est un handicap aujourd'hui, mais pourra se révéler un atout demain. Car selon Lorenzo Castellani, Matteo Salvini a "fait peur aux Européens" quand il a refusé de voter, en dépit d'un accord préalable avec ses alliés du M5S et les grands partis européens, en faveur d'Ursula von der Leyen comme présidente de la Commission européenne. Les Européens "redoutaient d'avoir à gérer un autre Boris Johnson", et Salvini "n'a pas compris le vrai jeu des forces qu'il avait contre lui", poursuit le professeur. Mais le Lombard de 46 ans, tombé dans la politique tout jeune, semble en avoir pris conscience ces derniers jours.

 

 

De fait, jeudi, l'Allemand Günther Oettinger, commissaire européen au Budget, a qualifié Matteo Salvini de "populiste qui fait de la politique en maillot de bain" et assuré qu'il "ferait son possible pour faciliter le travail du nouveau gouvernement italien", selon Il Corriere della sera (en italien). Matteo Salvini lui a répondu dans un direct sur Facebook. "L'Union européenne et Bruxelles sont prêtes à récompenser le nouveau gouvernement. Celui qui a toujours rappelé à l'ordre, aujourd'hui jette son masque", a-t-il réagi. "Ce gouvernement n'est pas formé à Rome pour le futur des écoles (…) mais il est formé à Bruxelles pour faire fuir cet emmerdeur de Salvini", a ajouté le ministre de l'Intérieur encore en poste.

 

 

Il peut se targuer du soutien du Premier ministre hongrois. Ce dernier le lui a assuré, "indépendamment des futurs processus politiques italiens". Selon La Stampa (en italien), Viktor Orban définit, dans une lettre, Matteo Salvini comme "un allié dans la lutte et les batailles pour défendre l'héritage chrétien de l'Europe contre l'immigration". "Nous, Hongrois, n'oublierons jamais qu'il fut le premier dirigeant de l'Europe occidentale qui voulait empêcher les migrants clandestins d'entrer sur le continent en traversant la Méditerranée", détaille-t-il.

 

 

 

Parce qu'il a le temps de préparer un éventuel retour dans les urnes

Sa volonté et ses soutiens suffiront-ils pour permettre le retour de Matteo Salvini ? Le chef de la Ligue se dit touché mais pas coulé. Il est prêt à attendre le temps qu'il faudra avant de ressurgir. "Faisons une saine opposition pendant quelques mois, puis revenons pour gagner", lance-t-il à ses soutiens sur Facebook.

 

 

Un rôle d'opposant que lui confèrent également ses alliés d'autrefois. Comme l'explique Marc Lazar, professeur d’histoire et de sociologie politique à Sciences Po, la coalition entre le Parti démocrate et le M5S se construit aussi pour contrer Matteo Salvini. "Leur idée est de durer le plus longtemps possible pour essayer d'isoler et d'éroder la popularité de Matteo Salvini qui se retrouverait dans une opposition assez stérile", décrypte-t-il pour franceinfo.

 

 

Pour Marc Lazar, un échec de cette coalition pourrait profiter à Matteo Salvini. "Soit ce gouvernement arrive à relancer l'économie et à satisfaire, notamment, les attentes sociales des Italiens, et dans ce cas, Matteo Salvini sera dans une situation très difficile. Soit il échoue et Matteo Salvini risque de remporter la mise encore une fois au terme de la législature", analyse le spécialiste. Cela pourrait aussi signifier un retour aux urnes à l'automne. 

 

 

Massimo Cacciari, philosophe italien proche du centre-gauche, ne s'y est pas trompé. Il a lancé une mise en garde jeudi dans La Stampa : "Le pacte PD-M5S risque de bénéficier à Salvini. Pour battre le populisme, il faut des idées nouvelles. Sinon, nous ouvrirons grand les portes et nous aurons les souverainistes au pouvoir pour une ou deux générations."

 


30/08/2019
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Franceinfo - le mercredi 28 août 2019

 

 

Brexit : on vous explique la tempête provoquée par la décision de Boris Johnson de suspendre le Parlement britannique

 

 

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Marie-Adélaïde ScigaczFrance Télévisions

 

 

 

Le Premier ministre britannique a créé la surprise en annonçant la suspension du Parlement entre la deuxième semaine de septembre et le 14 octobre, ce qui ne laisserait que quelques jours aux députés pour tenter d'empêcher un Brexit sans accord

 

 

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Le Premier ministre britannique, Boris Johnson, au sommet du G7, à Biarritz (Pyrénées-Atlantiques), le 26 août 2019. (LUDOVIC MARIN / AFP)

 

 

 

Boris Johnson vient de lancer un bâton de dynamite dans la déjà très explosive saga du Brexit. A quelques semaines de la date fatidique de la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne, prévue le 31 octobre, le Premier ministre britannique a annoncé, mercredi 28 août, la suspension prochaine du Parlement. La Chambre des communes devrait donc tenir sa dernière séance dans le courant de la deuxième semaine de septembre avant de débuter une nouvelle session parlementaire le 14 octobre. 

 

 

Alors que les députés doivent faire leur rentrée mardi après la trêve estivale, cette manœuvre politique extrêmement controversée a provoqué l'indignation de nombre d'entre eux, qui dénoncent un "coup" contre la démocratie parlementaire. Voici ce qu'il faut savoir pour y voir plus clair. 

 

 

 

Qu'a décidé exactement Boris Johnson ? 

Le Premier ministre britannique a écrit à la reine Elizabeth pour lui demander de suspendre le Parlement après les débats du 9 septembre et jusqu'au 14 octobre. D'habitude, cette procédure, appelée "prorogation", n'est qu'une formalité : régulièrement, le Parlement est "prorogé" pendant quelques jours. A chaque fois, le Premier ministre en fait la demande à la reine et cette dernière la lui accorde.

 

 

Car d'habitude, cette manœuvre n'a que peu d'incidence sur le calendrier législatif et permet surtout de clôturer la session parlementaire et d'en ouvrir une nouvelle. Par exemple, la session en cours a déjà duré plus de 340 jours, une durée particulièrement longue, a fait valoir Boris Johnson dans le communiqué annonçant sa décision. Aussi, quand un nouveau gouvernement est formé, le nouveau Premier ministre demande traditionnellement à la reine de suspendre le Parlement. Et pour cause : chaque nouvelle session parlementaire étant ouverte par un discours de la reine, cela lui permet de signifier, au moins symboliquement, qu'une page se tourne.  

 

 

Seulement voilà, choisir de solliciter cette prorogation maintenant, alors que la date du Brexit approche, est très lourd de conséquences. 

 

 

 

Comment justifie-t-il cette décision ? 

Boris Johnson explique vouloir permettre aux députés de se concentrer sur le Brexit dès la reprise des débats le 14 octobre. "J'ai l'intention de présenter un agenda législatif ambitieux pour permettre le renouvellement de notre pays après le Brexit", écrit-il dans la lettre qu'il a envoyée aux députés pour les informer de sa décision.   

 

 

 

 

 

 

Il y affirme que les députés auront "l'occasion de débattre du programme du gouvernement et de son approche du Brexit avant le Conseil européen [des 17 et 18 octobre] et pourront ensuite voter les 21 et 22 octobre, une fois son résultat connu". "Si je réussis à conclure un accord avec l'UE, le Parlement pourra alors passer la loi pour la ratification de l'accord avant le 31 octobre", dit-il.

 

 

"Les députés auront amplement le temps de débattre", a-t-il aussi martelé sur la chaîne de télévision SkyNews, alors qu'il était sommé de répondre aux accusations de manœuvre politique. Pour la plupart des parlementaires et des observateurs, la motivation du Premier ministre, connu pour défendre une sortie à tout prix – y compris sans accord – de l'UE,  est tout autre. 

 

 

 

Quelle est la stratégie du Premier ministre ? 

De nombreux élus britanniques, y compris au sein de sa famille politique, le Parti conservateur, accusent Boris Johnson de vouloir réduire au silence les députés pendant ces quelques semaines décisives. Sans avoir à rendre de comptes à la Chambre, il pourrait en effet conduire à sa guise le pays vers un inévitable "No deal", une sortie de l'UE brutale et sans accord. "Il sait que les gens ne choisiraient pas le 'no deal' et que les représentants élus ne le permettraient pas. Il tente d'étouffer leurs voix", a notamment déclaré la cheffe du Parti libéral démocrate, Jo Swinson, accusant Boris Johnson de "lâcheté". 

 

 

D'autres, comme cet éditorialiste du Guardian, voient dans la décision du Premier ministre un coup de billard à trois bandes, dont le but serait de provoquer – et, bien sûr, de remporter – de nouvelles élections législatives. Selon cette théorie, les députés outragés, profitant de la fenêtre de quelques jours pendant laquelle ils siégeront, s'empresseraient de voter une motion de défiance entraînant la tenue de nouvelles élections. Boris Johnson pourrait alors unir la droite pro-Brexit en assurant que la seule façon de quitter l'UE le 31 octobre serait de le conforter à son poste, tandis que les "remainers" (partisans du maintien dans l'Union européenne) s'éparpilleraient entre les partis pro-européens. Ce scrutin lui assurerait une confortable majorité au Parlement, bien plus pratique que celle dont il dispose en ce moment, afin de faire voter les lois qu'il souhaite pour l'après-Brexit. 

 

 

 

Pourquoi parle-t-on de "crise constitutionnelle" ?

Si une poignée d'élus pro-Brexit salue l'initiative de Boris Johnson, l'ambiance est plutôt à l'indignation outre-Manche. Le chef de file de l'opposition au Parlement, le travailliste Jeremy Corbyn, s'est dit "consterné par l'insouciance" du Premier ministre. "C'est un outrage et une menace pour notre démocratie", a-t-il jugé, tandis que la cheffe du groupe des Indépendants (centristes et pro-UE), Anna Soubry, ancienne députée conservatrice, a estimé que la démocratie était "menacée par un Premier ministre impitoyable"

 

 

Nicola Sturgeon, la Première ministre écossaise, a quant à elle déclaré que cette décision de Boris Johnson faisait du Royaume-Uni une dictature : "Fermer le Parlement afin d'imposer un Brexit sans accord qui fera des dégâts insoupçonnés et durables sur le pays contre la volonté des députés, ce n'est pas comme cela que fonctionne une démocratie. C'est une dictature et si les députés ne s'unissent pas pour arrêter Boris Johnson, ce jour restera comme le jour où la démocratie britannique est morte", a-t-elle déclaré à la BBC. "Dictature", "coup", "scandale constitutionnel"… Les opposants au Premier ministre n'ont pas de mots assez durs pour dénoncer sa décision. "Alors que nous vivons un instant parmi les plus difficiles de l'histoire de notre nation, il est vital que notre Parlement élu ait son mot à dire", a notamment rappelé le président de la Chambre des communes, John Bercow.

 

 

 

Quels sont les recours possibles contre cette suspension du Parlement ? 

Les députés ne disposent pas d'une grande marge de manœuvre : dans une déclaration vidéo transmise à la presse, Jeremy Corbyn a annoncé que la première chose que les députés du Labour feront en arrivant mardi à Westminster sera de proposer une loi pour empêcher cette suspension du Parlement. Ils disposeront alors de quelques jours pour agir, avant que la suspension ne prenne effet après le 9 septembre. Ils demanderont également une motion de défiance à l'égard du Premier ministre. "Nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir", a assuré le chef de l'opposition. 

 

 

Et cela passe par des actions qui promettent d'agiter Westminster. Sur Twitter, le député travailliste Clive Lewis s'est ainsi déclaré prêt à rester dans le Parlement jusqu'à ce que la police le déloge. "Si Boris [Johnson] suspend les travaux du Parlement pour mener à bien son Brexit dur, moi et d'autres députés défendrons la démocratie, promet-il. La police devra nous faire sortir de la Chambre. Nous demanderons aux gens de descendre dans la rue. Nous convoquerons une session extraordinaire du Parlement", assène-t-il dans un message partagé des milliers de fois.

 

 

 

 

 

 

Par ailleurs, un groupe de 75 parlementaires pro-UE vont porter une réclamation devant les tribunaux écossais. Ils estiment en effet que dans ce cas précis, la prorogation du Parlement est anticonstitutionnelle. Leur recours devrait être étudié jeudi ou vendredi par la Court of Session, une cour civile suprême qui siège à Edimbourg. 

 

 

Enfin, Jeremy Corbyn a écrit à la reine pour lui demander un entretien, selon une source au sein du Labour.

 

 

 

Comment les Britanniques réagissent-ils ? 

Les Britanniques qui craignent une sortie de l'UE sans accord se sont à nouveau saisi d'un outil maintes fois utilisé par les anti-Brexit : la pétition. Un texte demandant de ne pas proroger le Parlement a été mis en ligne dès l'annonce de la décision de Boris Johnson : en quelques heures à peine, il avait reçu plus de 200 000 signatures. Le seuil nécessaire à l'organisation d'un débat parlementaire est de 100 000 signatures, mais il n'est pas acquis que le sujet soit mis à l'ordre du jour dès la reprise des discussions, mardi. Le site internet de la Chambre indique en effet que la question soulevée par la pétition doit d'abord être étudiée par un comité.

 

 

Craignant les conséquences d'un Brexit sans accord, 25 évêques de l'Eglise d'Angleterre ont signé une lettre ouverte faisant part de leurs inquiétudes. "La souveraineté du Parlement n'est pas un terme vide de sens. Elle est fondée sur des institutions qui doivent être honorées et respectées : les traiter de façon cavalière met en danger la démocratie", écrivent-ils.   

 

 

 

Que peut faire la reine ? 

Traditionnellement, la reine ne s'implique pas dans la vie politique du pays. Ainsi, logiquement, elle a accédé à la demande de Boris Johnson de proroger le Parlement. Si elle s'y était opposée, cela aurait signifié prendre parti dans le débat du Brexit, ce qu'Elizabeth II – et l'ensemble de la famille royale – s'est gardée de faire jusqu'ici. 

 

 

 

 

 

 

En sollicitant la prorogation du Parlement, le Premier ministre a donc mis la reine dans une position extrêmement délicate : déjà, les militants anti-monarchie de l'organisation Republic ont fait savoir que la crise constitutionnelle pourrait déboucher sur une crise monarchique. "Des gens lancent des pétitions pour demander à la reine d'intervenir, mais elle ne le fera pas. Pas parce qu'elle ne le peut pas, mais parce que sa seule priorité a toujours été de préserver la monarchie", écrit leur porte-parole. "La reine a un choix à faire et, qu'elle décide ou non de le faire, elle est maudite", analyse-t-il. 

 

 

 

Et l'Union européenne ? 

Les responsables européens ne cessent de le marteler : ils ne rouvriront pas les négociations sur l'accord de retrait de l'UE. L'eurodéputé Guy Verhofstadt, chargé de coordonner le travail du Parlement européen sur la question du Brexit, a ainsi réagi à la manœuvre de Boris Johnson : "'Reprendre le contrôle' [en quittant l'Union] n'a jamais semblé aussi sinistre. Etant parlementaire moi-même, j'exprime ma solidarité avec ceux qui luttent pour que leur voix soit entendue", a-t-il tweeté.

 

 

 


29/08/2019
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Franceinfo - le mardi 20 août 2019 - mis à jour le 21.08.2019

 

 

Les migrants de l'"Open Arms" ont débarqué au port de Lampedusa

 

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Désapprouvant le ministre de l'Intérieur Matteo Salvini, la justice italienne a ordonné le débarquement des migrants sur l'île sicilienne

 

 

 

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Le navire humanitaire espagnol "Open Arms", le 17 août 2019 près de l'île italienne de Lampedusa. (ALESSANDRO SERRANO / AFP)

 

 

 

Les passagers de l'Open Arms ont posé le pied sur la terre ferme. Les quelque 80 migrants restant sur le navire humanitaire espagnol ont débarqué à minuit, dans la nuit du mardi 20 au mercredi 21 août, sur l'île sicilienne de Lampedusa. L'accostage met fin à trois semaines passées en mer.

 

 

Dans l'impasse depuis plusieurs jours, la situation s'est débloquée mardi soir, lorsque la justice italienne a ordonné le débarquement des migrants la mise sous séquestre du bateau. "Après 19 jours, nous débarquerons aujourd'hui à Lampedusa. Le navire sera temporairement immobilisé, mais c'est un coût qu'Open Arms assume pour assurer que les personnes à bord puissent être prises en charge", s'était alors réjoui le fondateur de l'ONG, Oscar Camps.

 

 

 

 

 

 

Scènes de liesse sur le bateau

Après une inspection de la police judiciaire et de deux médecins, le procureur d'Agriegente, Luigi Patronaggio, a décidé que compte tenu de la situation difficile à bord, les rescapés devaient être débarqués sur la petite île sicilienne de Lampedusa. L'annonce a suscité des explosions de joie sur le bateau, selon des vidéos diffusées par des personnes présentes à bord.

 

 

 

 

 

 

Le procureur a également pris la décision de mettre préventivement sous séquestre le navire de l'ONG espagnole Proactiva Open Arms, dans le cadre d'une enquête contre X pour séquestration de personnes, omission et refus d'actes officiels, dont le ministre de l'Intérieur Matteo Salvini a affirmé, sur Facebook, qu'elle le vise directement.

 

 

 

Matteo Salvini réagit sur Facebook

"Si quelqu'un pense me faire peur avec la énième plainte et demande de procès, il se trompe. Ce serait une blague d'être parvenu à convaincre l'Espagne d'envoyer un navire [pour récupérer les migrants] et maintenant d'oeuvrer à les faire débarquer en Italie et faire juger le ministre de l'Intérieur qui continue de défendre les frontières du pays", a-t-il dit sur Facebook.

 

 

La décision du procureur a été annoncée peu de temps après le départ d'Espagne d'un navire militaire sur lequel étaient censés être transbordés la centaine de migrants encore à bord de l'Open Arms. Madrid avait pris cette décision après qu'une dizaine de migrants se sont jetés à l'eau dans un geste désespéré pour rallier à la nage l'île italienne.

 


21/08/2019
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Franceinfo - le mercredi 21 août 2019

 

 

Crise politique italienne : "Une situation complètement dramatique due à un comportement tout à fait irresponsable" de Matteo Salvini

 

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L'hypothèse que le ministre de l'Intérieur italien dirige un gouvernement, "constitue un réel danger, non seulement pour l'Italie, mais également pour l'Europe", estime Patrick Martin-Genier, spécialiste des questions européennes et enseignant à Sciences Po Paris

 

 

 

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Matteo Salvini est "un homme qui est dangereux pour l'Italie, dangereux pour l'Europe, et dangereux pour la démocratie", selon P. Martin-Genier, spécialiste des questions européennes et enseignant à Sciences Po Paris. (ANDREAS SOLARO / AFP)

 

 

 

"C'est une situation complètement dramatique qui est due à un comportement tout à fait irresponsable du ministre de l'Intérieur, Matteo Salvini", a réagi ce mardi 20 août sur franceinfo Patrick Martin-Genier, spécialiste des questions européennes et enseignant à Sciences Po Paris après la démission du Premier ministre Giuseppe Conte. Selon lui, Matteo Salvini a tout fait pour "provoquer des élections". Mais l'hypothèse que le ministre de l'Intérieur, proche de la Ligue d'extrême droite, dirige un gouvernement, "constitue un réel danger, non seulement pour l'Italie, mais également pour l'Europe. Cela mettrait à mal l'identité européenne et notamment les valeurs européennes". Patrick Martin-Genier affirme cependant que "tout est fait pour écarter cet homme dangereux pour l'Italie, dangereux pour l'Europe, et dangereux pour la démocratie".

 

 

>> Notre dossier sur la crise en Italie

 

 

 

franceinfo : L'Italie peut-elle vraiment se payer le luxe de cette crise en ce moment ?

 

 

Patrick Martin-Genier : Non, en effet. L'Italie vit des heures dramatiques aujourd'hui, notamment avec la crise migratoire, avec le navire Open Arms. Cette crise politique intervient en plein mois d'août, quelques jours simplement après le premier anniversaire de l'écroulement du pont de Gênes. C'est une situation complètement dramatique qui est due à un comportement tout à fait irresponsable du ministre de l'Intérieur, Matteo Salvini, qui n'a de cesse depuis plusieurs mois de bousculer le gouvernement dont il fait partie, pour provoquer de nouvelles élections. Les sondages lui donnent entre 35 et 36 % des voix. Ce qui lui permettrait de devenir haut la main Premier ministre, ce que ne veulent absolument pas les parlementaires italiens et notamment les gens de la coalition.

 

 

 


L'hypothèse d'une arrivée au pouvoir seul de Salvini, et donc de l'extrême droite, c'est quelque chose qui va quand même à l'encontre des valeurs fondatrices de l'Union européenne ?

 

 

Bien sûr, parce que les valeurs de l'Union européenne sont contenues dans le traité et l'Italie est un pays fondateur des Communautés européennes. Ce serait tout à fait inadmissible, inacceptable, inenvisageable. Matteo Salvini adopte un peu les gestes et les mimiques de Benito Mussolini. On lui reproche un peu son approche néo-fasciste, avec ses mots d'ordre raciste. Il ne rejette même pas la comparaison. Il a les mêmes gestuelles que lui et c'est tout à fait inquiétant. Et c'est ce qu'a dit le président du Conseil, Guiseppe Conte. Et c'est ce que disent les autres. Parce qu'il parle d'organiser une marche pour le pouvoir qui rappellerait la marche organisée par Mussolini. Cela s'inscrit dans un contexte populiste et nationaliste. Cela compliquerait les choses parce que Matteo Salvini a bien montré qu'en réalité, comme beaucoup de partis d'extrême droite, il n'est pas si éloigné que cela de Vladimir Poutine et de la Russie, avec laquelle il a eu des liens notamment financiers. Par conséquent, tout cela constitue un réel danger, non seulement pour l'Italie, mais également pour l'Europe. Aujourd'hui le budget italien n'est pas bouclé. L'endettement de l'État italien, c'est plus de 130 % du PIB. Ce qui fait que ce pays est encore sous la menace d'une infraction de la règle du déficit. Cela mettrait à mal l'identité européenne et notamment les valeurs européennes.

 

 

 

Que peuvent faire les autres pays et l'Union européenne, à part regarder sans faire de l'ingérence ?

 

 

Naturellement il n'est pas question d'intervenir dans le débat politique intérieur. Les Italiens, après tout, sont libres de choisir leurs gouvernants. Ils sont libres de refaire leur crise politique en plein mois d'août. C'est tout à fait irresponsable. Guiseppe Conte l'a souligné. Mais naturellement, l'Europe ne peut pas s'immiscer dans les affaires intérieures. En revanche, si on a un gouvernement, éventuellement conduit par Salvini, qui allait contre les valeurs européennes et décidait de faire éclater l'Union européenne, ce pays se mettrait lui-même en dehors de l'Union européenne. Ce serait un coup majeur, un coup fatal donné à la zone euro. Mais pour l'heure, Matteo Salvini, premièrement, n'a jamais dit qu'il quitterait la zone euro, et deuxièmement, il ne semble pas qu'aujourd'hui, il soit en situation de devenir président du Conseil. Car une coalition est en train de se former, soit entre le Mouvement 5 étoiles, le Parti démocrate et un petit parti de gauche et de l'égalité, qui permettrait d'avoir une majorité, soit éventuellement avec Silvio Berlusconi de Forza Italia. Tout est fait pour essayer d'écarter cet homme qui est dangereux pour l'Italie, dangereux pour l'Europe, et dangereux pour la démocratie.

 


21/08/2019
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Franceinfo - le mercredi 21 août 2019

 

 

Crise politique en Italie : pour "construise l'Europe", Matteo Renzi favorable à une alliance avec le M5S

 

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L'ancien chef du gouvernement italien s'est exprimé sur France 2 suite à la démission de Guiseppe Conte

 

 

 

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Matteo Renzi, ancien Premier ministre italien, lors d'un discours au Sénat, à Rome, le 20 août 2019.  (ANDREAS SOLARO / AFP)

 

 

 

Le Mouvement 5 étoiles n'est plus un pestiféré, juge Matteo Renzi. Interrogé sur France 2 sur la possibilité d'une alliance avec le M5S, parti populiste et antisystème, le sénateur et ancien président du conseil italien a estimé que cette coalition serait souhaitable "s'il y a une possibilité d'un gouvernement qui construise l'Europe"

 

 

 

 

 

 

Il y a encore quelques mois, Matteo Renzi, membre du Parti démocrate (PD, centre-gauche) considérait le M5S comme un parti "dangereux et extrêmiste". Mais face à la puissance de Matteo Salvini, Premier ministre italien d'extrême droite, l'ancien chef du gouvernement estime qu'un gouvernement "institutionnel" PD-M5S serait une issue à la crise politique qui secoue le pays. 

 

 

Ce mariage écarterait la Ligue de Matteo Salvini du pouvoir, mais s'annonce plutôt compliqué.

 


21/08/2019
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Franceinfo - le lundi 19 août 2019

 

 

Boris Johnson annonce que le Royaume-Uni stoppera la libre circulation des personnes le 31 octobre en cas de Brexit sans accord

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

L'ancienne Première ministre Theresa May, à qui Boris Johnson a succédé le 24 juillet, prévoyait une "période de transition"

 

 

 

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Le Premier ministre britannique Boris Johnson, au 10 Downing Street à Londres, le 12 août 2019. (DANIEL LEAL-OLIVAS / POOL / AFP)

 

 

 

Le gouvernement du Premier ministre britannique Boris Johnson a annoncé lundi 19 août vouloir mettre "immédiatement" fin à la libre circulation des personnes en cas de Brexit sans accord le 31 octobre, un durcissement de position par rapport au précédent gouvernement.

 

 

L'ancienne Première ministre Theresa May, à qui Boris Johnson a succédé le 24 juillet, prévoyait une "période de transition" même en cas d'absence d'accord de divorce avec l'Union européenne, permettant aux citoyens européens de se rendre au Royaume-Uni, d'y travailler ou d'y étudier sans démarches particulières. La "libre circulation telle qu'elle existe actuellement se terminera le 31 octobre quand le Royaume-Uni quittera l'UE", a indiqué une porte-parole du 10 Downing Street. 

 

 

 

Un nouveau système d'immigration à point 

"Par exemple, nous introduirons immédiatement des règles plus strictes en matière de criminalité pour les personnes entrant au Royaume-Uni", a-t-elle ajouté, précisant que les autres changements immédiats en vue de la mise en place d'un nouveau système d'immigration étaient "en cours d'élaboration". Elle a rappelé que Boris Johnson souhaitait introduire un système à points, sur le modèle de l'Australie.

 

 

The3million, association défendant les intérêts des quelque 3,6 millions de citoyens européens résidant au Royaume-Uni, s'est offusquée de cette annonce. "C'est irresponsable et cela ouvre la porte à une discrimination généralisée", a-t-elle tweeté.

 

 

Début août, le Premier ministre avait annoncé un projet de délivrance de visas accélérée pour attirer les "meilleurs cerveaux" et permettre au Royaume-Uni de "continuer d'être une superpuissance scientifique" après le Brexit. Il a par ailleurs promis de protéger les droits des citoyens européens installés au Royaume-Uni à pouvoir continuer à vivre dans le pays, même en cas de no deal.

 


20/08/2019
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Franceinfo - le dimanche 18 août 2019

 

 

La France s'engage à accueillir 40 migrants de l'"Open Arms", annonce le ministère de l'Intérieur

 

 

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L'"Ocean Viking" ne dispose quant à lui toujours d'aucune solution pour faire débarquer les 356 migrants secourus en mer

 

 

 

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L'un des 27 migrants accueilli par la Guardia di Finanza, le 17 août 2019 (ALESSANDRO SERRANO / AFP)

 

 

 

La France s'est engagée à accueillir 40 personnes de l'Open Arms, bateau de l'ONG espagnole Proactiva qui transporte une centaine de migrants secourus en Méditerranée, a annoncé dimanche 18 août le ministère de l'Intérieur. Le navire humanitaire, qui a fait débarquer en Italie 27 mineurs non-accompagnés samedi 17 août après deux semaines de navigation, transporte toujours 105 adultes et deux enfants à bord selon le gouvernement espagnol, qui a proposé de l'accueillir sur son port d'Algesiras, à l'extrême sud du pays.

 

 

>> Quelles sont les règles qui encadrent les secours de migrants en Méditerranée et l'accostage des navires humanitaires ?

 

 

"La coordination de la solidarité est maintenue" entre les pays qui se sont engagés à recueillir les migrants et "la France s'engage à maintenir son engagement d'accueillir 40 personnes", souligne-t-on Place Beauvau. Ces 40 personnes devront être "en besoin de protection", c'est-à-dire remplir les critères pour obtenir le statut de réfugié, ajoute le ministère de l'Intérieur, qui déploiera dans les prochains jours une mission de l'Ofpra (Office français de protection des réfugiés et apatrides) en Espagne si le bateau accoste bien à Algesiras.

 

 

 

356 migrants secourus en attente

Le chef du gouvernement espagnol, le socialiste Pedro Sanchez, a proposé d'accueillir le navire humanitaire qui se trouvait en attente au large de l'île italienne de Lampedusa en raison de "la situation d'urgence" à bord et face à "l'inconcevable décision des autorités italiennes de fermer tous ses ports". Mais selon Open Arms, l'offre est "irréalisable". "Voulez-vous que nous fassions 950 milles, soit environ 5 jours de plus, pour vous rendre à Algésiras, le port le plus éloigné de la Méditerranée, avec une situation insoutenable à bord ?", a ainsi interrogé le fondateur de l'ONG.

 

 

Par ailleurs, l'Ocean Viking, bateau humanitaire de SOS Méditerranée et Médecins sans frontières parti le 4 août de Marseille, ne dispose lui toujours d'aucune solution pour faire débarquer les 356 migrants secourus en mer. Il se trouve à mi-chemin entre Malte et l'île de Lampedusa.

 


19/08/2019
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Franceinfo - le lundi 8 juillet 2019

 

 

Législatives en Grèce : qui est Kyriakos Mitsotakis, le leader de la droite qui vient d'être investi Premier ministre à la place d'Alexis Tsipras ?

 

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

 

Surnommé le "Macron grec", le Premier ministre a affirmé pendant la campagne vouloir mener son pays d'une "main forte" pour relancer l'économie

 

 

 

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Le leader de Nouvelle Démocratie, Kyriakos Mitsotakis, s'exprime après l'annonce de sa victoire aux législatives grecques, le 7 juillet 2019 à Athènes. (ALKIS KONSTANTINIDIS / REUTERS)

 

 

 

"Un cercle douloureux se referme aujourd'hui", a-t-il réagi après l'annonce de son éclatante victoire aux législatives. Le conservateur Kyriakos Mitsotakis, 51 ans, a promis de "relever" la Grèce, délogeant le parti de gauche Syriza d'Alexis Tsipras, au pouvoir depuis 2015. Mais qui est vraiment celui qui a été investi au poste de Premier ministre, lundi 8 juillet ?

 

 

 

Issu d'une famille très politique

Pour les Grecs, le nom de Mitsotakis est loin d'être inconnu. Son père, Konstantinos Mitsotakis, a été Premier ministre de 1990 et 1993. Sa sœur, Dora Bakoyannis, née Mitsotakis, a été ministre des Affaires étrangères et maire d'Athènes dans les années 2000. Et le nouveau maire de la capitale grecque, élu début juin, Costas Bakoyannis, n'est autre que son neveu.

 

 

Surnommé "Koulis" (diminutif de "Kyriakoulis", qui signifie "le petit Kyriakos"), le vainqueur des élections a remercié sa famille et évoqué "la protection de ses parents". "Certes, je descends d'une famille politique et je suis très fier de mon héritage", mais "jugez-moi sur mon CV, et non par mon nom", a-t-il déclaré, interrogé par l'AFP.

 

 

Dans ce pays où le népotisme est encore très présent, il a également promis de ne pas nommer de membres de sa famille dans son cabinet, promettant du sang neuf dans son futur gouvernement, avec des personnalités "de sa génération ou plus jeunes".

 

 

 

Réputé pour sa poigne 

Il est parfois surnommé le "Macron grec". Perçu comme un réformateur, proche des milieux des affaires, Kyriakos Mitsotakis est diplômé de la célèbre université américaine d'Harvard. Il a aussi été consultant au sein de la société de conseil McKinsey à Londres. Avec son look décontracté (pas de cravate et manches retroussées), ce fan de basket a dépoussiéré l'image de la droite grecque.

 

 

Sur le plan politique, il a occupé, de juin 2013 à janvier 2015, le poste de ministre de la Réforme administrative sous le dernier gouvernement conservateur d'Antonis Samaras. Un portefeuille qui lui a permis de se façonner une image d'homme de poigne. En plein cœur de la crise, il avait été chargé, sous la pression des créanciers du pays, de licencier 15 000 fonctionnaires. Lors de la campagne de 2019, Kyriakos Mitsotakis a dit vouloir mener son pays d'une "main forte" pour relancer l'économie et créer de meilleurs emplois.

 

 

Avant le scrutin, le Premier ministre sortant Alexis Tsipras l'avait accusé de vouloir lâcher un "Armageddon" sur les travailleurs. "Quand Mitsotakis parle de réformes, il faut comprendre qu'il y aura un coût humain. (...) Il a personnellement licencié des milliers de personnes", avait-il fustigé en s'inquiétant d'un "retour des heures sombres de l'austérité".

 

 

 

Proche de figures d'extrême droite

Elu en 2016 à la tête de Nouvelle Démocratie, Kyriakos Mitsotakis a imprimé une ligne libérale et nationaliste à ce grand parti de droite. A son arrivée, il a ainsi nommé comme vice-président Adonis Georgiadis. Cet ancien membre du parti d'extrême droite Laos avait dû faire des excuses publiques en 2017 pour avoir fait la publicité d'un ouvrage antisémite dont il affirmait que c'était son "livre préféré".

 

 

Un autre ancien membre de Laos, Makis Voridis, qui a dirigé un groupe de jeunesse nostalgique de la dictature militaire en Grèce, a été également membre du cabinet de Kyriakos Mitsotakis.

 

 

Prudent, le futur Premier ministre grec s'est gardé pendant la campagne, de dévoiler le gouvernement qu'il entendait former au lendemain de sa victoire, note Libération.

 


08/07/2019
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Franceinfo - le mardi 2 juillet 2019 - mis à jour le 03.07.19

 

 

Charles Michel élu président du Conseil européen, Christine Lagarde nommée à la tête de la BCE... Découvrez l'équipe choisie par les 28 aux postes clés de l'UE

 

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franceinfo avec ReutersFrance Télévisions

 

 

 

Après l'échec du Conseil européen, dans la nuit de dimanche à lundi, les 28 de l'UE sont tombés d'accord mardi sur leur nouvelle équipe dirigeante

 

 

 

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La directrice du Fonds monétaire international, Christine Lagarde, arrive au Women's Forum Americas, à Mexico, le 30 mai 2019.  (HENRY ROMERO / REUTERS)

 

 

 

Les 28 ont négocié longuement, mais ils ont fini, mardi 2 juillet, par se mettre d'accord sur l'équipe qui occupera les postes clés de l'Union européenne. Les dirigeants européens ont décidé de proposer la candidature de l'Allemande Ursula von der Leyen à la présidence de la Commission, celle de l'Espagnol Josep Borrell comme Haut Représentant aux Affaires étrangères et enfin celle de la Française Christine Lagarde comme présidente de la Banque centrale européenne (BCE).

 

 

Le Belge Charles Michel a quant à lui été choisi comme président du Conseil. C'est le président du Conseil, Donald Tusk, qui a annoncé ces noms, sur Twitter, à l'issue des négociations.

 

 

 

Libéraux, socialistes et chrétiens-démocrates

Ursula von der Leyen, ministre de la Défense allemande, est membre de l'Union chrétienne-démocrate (CDU) et proche de la chancelière Angela Merkel. Le Premier ministre belge, Charles Michel, est libéral, tandis que le ministre espagnol des Affaires étrangères, Josep Borrell, est socialiste.

 

 

Donald Tusk a précisé lors d'une conférence de presse qu'Ursula von der Leyen prendrait à ses côtés le socialiste néerlandais Frans Timmermans et la commissaire libérale danoise à la Concurrence, Margrethe Vestager.

 

 

Il a ajouté que le Conseil espérait que les députés européens éliraient à la présidence du Parlement un socialiste pour un premier mandat et un membre du Parti populaire européen (PPE) pour un second.

 

 

Christine Lagarde, actuelle directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), s'est dite "honorée" d'être proposée à la présidence de la BCE et a annoncé qu'elle se mettait en retrait de ses fonctions pendant le processus de nomination.

 


03/07/2019
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Franceinfo - le mardi 2 juillet 2019

 

 

Union européenne : après plusieurs échecs, les 28 se retrouvent à nouveau pour trouver leur casting

 

 

 

Après l'échec du Conseil européen, dans la nuit de dimanche à lundi, les 28 de l'UE doivent tomber d'accord mardi sur leur nouvelle équipe dirigeante, pour éviter de prêter le flanc aux attaques des populistes en offrant l'image d'une Europe sans gouvernail

 

 

 

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Le président sortant de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, le 1er juillet 2019 à Bruxelles (Belgique). (GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP)

 

 

 

Ce qu'il faut savoir

 

 

Cette fois-ci, ce sera peut-être la bonne. Après l'échec de leur nuit de marchandages, les 28 pays membres de l'UE se réunissent à nouveau, mardi 2 juillet, pour s'accorder sur le casting de la nouvelle équipe dirigeante de l'Union après les élections de mai. Ce nouveau sommet débutera à 11 heures à Bruxelles (Belgique).

 

 

Quatre postes en jeu. Les 28 doivent s'accorder sur les noms des femmes ou des hommes qui occuperont dans les prochaines années les quatre postes clés de l'UE : présidence de la Commission européenne, du Conseil, du Parlement, Haut représentant pour les affaires étrangères.

Un compromis écarté. Dimanche, un compromis soutenu par l'Allemagne, la France, l'Espagne et les Pays-Bas était pourtant en passe de faire consensus : le social-démocrate néerlandais Frans Timmermans pour la Commission, l'Allemand Manfred Weber, chef de file du PPE, pour le Parlement et un couple PPE-libéral pour le Conseil et le Haut représentant. Mais une partie du PPE refuse ce compromis qui prive leur chef de file de la présidence de la Commission.

 

 

La colère d'Emmanuel Macron. Le refus de ce compromis a provoqué la colère du président français. "Cela donne une très mauvaise image de l'Europe, une image pas sérieuse", "pas crédible au plan international", a-t-il fustigé, regrettant "des heures passées en palabres" qui transforment l'UE en "un club de 28 qui se réunit sans jamais se décider".

 


02/07/2019
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Franceinfo - le lundi 27 mai 2019

 

 

"Nathalie Loiseau n'a pas imprimé" : pourquoi La République en marche n'a pas réussi son pari pour les européennes

 

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Margaux DuguetFrance Télévisions

 

 

Le parti de la majorité présidentielle a laissé la première place au Rassemblement national

 

 

 

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La tête de liste LREM aux européennes, Nathalie Loiseau, s'exprime après les résultats des élections, le 26 mai 2019, à Paris.  (LUDOVIC MARIN / AFP)

 

 

 

"J'accueille ces résultats avec humilité. Quand on termine deuxième, on ne peut pas dire que l'on a gagné". Il est à peine 21 heures quand Edouard Philippe prend la parole depuis Matignon, dimanche 26 mai. Le Premier ministre réagit aux résultats des élections européennes, qui placent La République en marche (22,41%) derrière le Rassemblement national (23,31%), selon les chiffres complets publiés par le ministère de l'Intérieur. Si Emmanuel Macron a exclu tout "changement de cap" et promis d'"intensifer l'acte 2 de son quinquennat", ce score sonne néanmoins comme un désaveu pour le chef de l'Etat, qui avait fait de la défaite du RN un combat personnel.

 

 

>> Résultats, réactions : suivez les dernières informations au lendemain des élections européennes

 

 

Que s'est-il passé pour que, en quelques semaines, la tendance, qui donnait LREM en tête, s'inverse en faveur du RN ? Entre la mauvaise campagne de Nathalie Loiseau et la stratégie électorale risquée du chef de l'Etat, plusieurs éléments expliquent cette relative défaite. 

 

 

 

Nathalie Loiseau a enchaîné les couacs et les maladresses

C'était mal parti dès le début. Le 14 mars, Nathalie Loiseau annonce sa candidature comme tête de liste LREM aux européennes sur le plateau de "L'Emission politique". "Vous avez réussi à me faire changer d'avis", affirme-t-elle devant une Marine Le Pen hilare. "J'ai envie d'une Europe du partage et pas d'une Europe de la division donc ce soir, c'est vrai, je suis prête à être candidate." Une déclaration surprenante sur la forme, qui va susciter des railleries jusque dans son propre camp. "C'est très raté. Cela manquait de sincérité. C'était trop préparé", assure au Figaro un familier de l'Elysée. "Elle coupait la parole, au risque de paraître agressive", juge un autre auprès du quotidien.

 

 

Ce faux-départ ne sera pas rattrapé. Il sera suivi de nombreux maladresses. La présentation, le 28 mars, de la liste LREM est catastrophique. Une partie de l'estrade s'effondre et le directeur de campagne, Stéphane Séjourné, écorche plusieurs noms. Mais c'est aussi le profil de l'ex-patronne de l'ENA qui interroge. "Nathalie Loiseau n'a pas imprimé", résume Bruno Cautrès, chercheur CNRS au Cevipof. 

 

 

Le démarrage d'une campagne, c'est le moment où le candidat doit prendre son envol. Or, Nathalie Loiseau a été confrontée a une multitude de couacs.Bruno Cautrès, chercheur CNRS au Cevipof à franceinfo

 

 

Parmi ces couacs, on retiendra surtout les informations de Mediapart sur le passé politique de la candidate macroniste. Le site d'investigation révèle, le 22 avril, que Nathalie Loiseau a fait partie d'une liste d'extrême droite lors d'élections étudiantes, en 1984. L'ancienne ministre a d'abord tenté de justifier cette épisode de sa vie, assurant que celui qui lui avait proposé cette place était "un gaulliste". Face à la polémique, elle a finalement concédé qu'elle "aurait dû enquêter" et qu'elle aurait "dû regarder qui étaient les autres colistiers"

 

 

 

LREM n'a pas choisi la bonne stratégie électorale, contrairement au RN

Face à ces couacs à répétition, la campagne de Jordan Bardella, la tête de liste choisie par Marine Le Pen pour mener le combat, n'a au contraire pas eu à subir ce genre de désagréments. "Il a mené une campagne d'analyse, d'explications, bannissant les provocations traditionnelles d'extrême droite", assure Stéphane Rozès, président de Cap (Conseil, Analyse et perspective) et enseignant à Sciences-Po et HEC. Pour le chercheur, la liste LREM a également pâti d'une bonne stratégie électorale de la part du RN, qui a changé son regard sur l'UE. "Au lieu de dire que la France pourrait faire cavalier seul, Marine Le Pen a dit : 'Je suis pour l'Europe mais l'Europe des nations et j'ai des alliés pour changer l'Europe de l'intérieur', ce qui est plus en phase avec les Français". 

 

 

Mais, pour Stéphane Rozès, le Rassemblement national a surtout été aidé par "une erreur stratégique grave de Macron", qui a mis en scène "une opposition entre le RN et la liste Renaissance, une opposition entre progressistes et les nationalistes". Une opposition alimentée par l'absence, chez LREM, de programme : il n'a été dévoilé que quinze jours avant les élections. Cette stratégie a eu pour conséquences "une déperdititon de l'électorat écolo de Macron, qui souhaitait des réponses sur le fond aux questions environnementales, mais aussi un affaiblissement de la crédibilité de sa propre liste". 

 

 

Macron a semblé mener une campagne tacticienne et non pas sur le fond. Il a dit : 'votez pour moi contre Marine Le Pen' et non 'votez pour moi pour réorienter les décisions européennes'.Stéphane Rozès, enseignant à Sciences-Po et HECà franceinfo

 

 

"Quand on attaque l'adversaire à ce point, c'est qu'on n'a pas tant confiance que ça dans sa propre liste", ajoute Stéphane Rozès. 

 

 

 

L'implication personnelle d'Emmanuel Macron n'a pas permis d'inverser la tendance

Emmanuel Macron est sorti du bois dans la dernière ligne droite de la campagne en ciblant, à chacune de ses sorties, le RN. "La liste du Rassemblement national est une liste de déconstruction de l'Europe. Moi je suis patriote français et européen, ils sont nationalistes", a déclaré le président de la République le 9 mai, ajoutant qu'il mettrait "toute [s]on énergie" pour battre le parti de Marine Le Pen. Une affiche à l'effigie du chef de l'Etat a ainsi été placardée sur tout le territoire français à moins de quinze jours des élections. Exit Nathalie Loiseau. A six jours du vote, le président a continué ses attaques contre le RN en donnant une interview dans la presse régionale dans laquelle il a affirmé que les élus RN "ont voté contre tout ce qui est dans l'intérêt de la France"

 

 

Cette implication du chef de l'Etat s'est-elle révélée efficace ou contre-productive ? "Je me demande si ça n'aurait pas été pire pour LREM si Emmanuel Macron ne s'était pas impliqué, se demande Bruno Cautrès. Il y a eu une stabilisation des intentions de vote quand il s'est impliqué mais cela reste une défaite, sa première défaite électorale'". 

 

 

Cela montre qu'Emmanuel Macron n'a pas tourné la page des 'gilets jaunes', de cette crise sociale. C'est devant lui.Bruno Cautrès, chercheur au Cevipof à franceinfo

 

 

Pour Stéphane Rozès, la stratégie choisie par LREM a conduit "au réveil d'une catégorie d'électeurs dans le prolongement des 'gilets jaunes'". "En se mettant lui-même en avant, Emmanuel Macron a capté un électorat qui aurait pu voter pour des partis traditionnels de droite ou de gauche, mais il a aussi mobilisé un électorat qui se serait abstenu sans son intervention", conclut le chercheur. Au final, ces électeurs ne se sont pas mobilisés pour le parti présidentiel.

 


27/05/2019
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