L'AIR DU TEMPS

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EUROPE


Franceinfo - le vendredi 29 juin 2018

 

 

Les 28 pays de l'Union européenne trouvent un accord sur l'accueil des migrants

 

 

"C'est d'abord le fruit d'un travail commun et c'est la coopération européenne qui l'a emporté", s'est félicité Emmanuel Macron à la sortie du sommet à Bruxelles vendredi matin. Cet accord comprend la création de centres d'accueil sur la base du volontariat

 

 

 

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Emmanuel Macron au milieu du président du Conseil européen Donald Tusk (à gauche) et du Premier ministre espagnol Pedro Sanchez, lors d'un sommet européen à Bruxelles le 28 juin 2018. (DURSUN AYDEMIR / ANADOLU AGENCY / AFP)

 

 

 

Ils ont accouché d'un texte commun au petit matin. Les 28 dirigeants de l'Union européenne ont trouvé un accord, vendredi 29 juin, sur les migrations, lors d'un sommet tendu à Bruxelles. Parmi les solutions avancées, les pays de l'UE se sont accordés sur la proposition "d'avoir des centres contrôlés sur le territoire européen pour mieux organiser [l']accueil" des migrants, a indiqué Emmanuel Macron.

 

 

Le chef de l'Etat a salué cet accord, "fruit d'un travail commun". "C'est la coopération européenne qui l'a emporté sur le choix d'un non accord ou de décisions nationales qui n'auraient été ni efficaces ni durables", a-t-il déclaré à la sortie du sommet, après neuf heures de tractations sur la gestion de l'accueil des migrants.

 

 

"L'Italie n'est plus seule"

 

L'Italie avait fait monter la pression jeudi à Bruxelles sur les autres pays membres en bloquant l'adoption d'une première salve de conclusions du sommet. "L'Italie n'est plus seule", s'est finalement félicité, vendredi, à l'aube, le chef du gouvernement italien. Giuseppe Conte s'est félicité d'un accord qui prévoit "une approche intégrée, comme nous l'avions demandé" avec "une Europe plus responsable et plus solidaire". "C'était une longue négociation" mais "nous sommes satisfaits", a-t-il affirmé devant les journalistes.

 

 

Parmi les points de satisfaction pour l'Italie, Giuseppe Conte a cité "le principe selon lequel qui arrive en Italie, arrive en Europe", "la possibilité de créer des plateformes de débarquement dans les pays tiers, sous l'autorité du Haut Commissariat aux réfugiés des Nations unies (HCR)" et celle de "créer des centres (d'accueil) dans les Etats européens mais seulement sur une base volontaire, avec une gestion collective européenne".

 


05/07/2018
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Franceinfo - le jeudi 28 juin 2018

 

 

L'article à lire pour comprendre pourquoi les pays de l'Union européenne n'arrivent pas à s'entendre sur la question migratoire

 

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Hugo CaillouxElise LambertFrance Télévisions

 

 

 

Les Vingt-Huit se réunissent jeudi et vendredi lors d'un Conseil européen afin d'aborder, entre autres, l'épineuse question de l'immigration en Europe. Depuis deux semaines, les tensions n'ont cessé de croître entre les Etats membres. Franceinfo vous explique pourquoi

 

 

 

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Après avoir traversé la Méditerranée, des migrants font la queue au port de Motril en Espagne, le 22 juin 2018. (JON NAZCA / REUTERS)

 

 

 

De l'odyssée de l'Aquarius au blocage d'autres navires en Méditerranée, l'Union européenne se déchire depuis deux semaines autour de la question des migrants. Avant le sommet des Vingt-Huit, prévu jeudi 28 et vendredi 29 juin à Bruxelles, le commissaire européen aux Migrations a estimé que "le projet européen" était "en danger". Dimanche 24 juin, la tenue d'un mini-sommet d'urgence entre les dirigeants de 16 pays de l'UE n'a pas permis d'apaiser les tensions et aucune stratégie commune n'est ressortie de la réunion. Comment en est-on arrivé là ? Pourquoi aucun consensus ne se dégage-t-il ? Franceinfo vous aide à comprendre pourquoi l'Europe se divise sur l'immigration.

 

 

Pourquoi une nouvelle réunion de l'UE ? Il n'y en avait pas déjà eu une dimanche ?

 

Il y a bien eu un "mini-sommet" de crise à Bruxelles, le 24 juin, organisé à la dernière minute par la Commission européenne. Cette réunion a réuni 16 pays, dont la France, l'Allemagne, l'Italie, l'Espagne, l'Autriche et Malte, afin de rechercher des "solutions européennes" sur l'accueil des migrants. Les quatre pays du groupe dit de Visegrad (Hongrie, Pologne, République tchèque et Slovaquie) n'ont pas participé à la réunion, refusant toute négociation avec les autres Etats, notamment le projet de quotas de répartition des réfugiés voulu par Angela Merkel.

 

 

De son côté, l'Italie a plaidé pour une plus grande solidarité des pays membres et a présenté une liste de propositions, comme la création de "centres de protection internationaux" dans les pays en transit, sans convaincre ses partenaires.

 

 

A l'issue de cette réunion, la chancelière allemande Angela Merkel a annoncé qu'aucune "solution à 28" ne serait possible et a envisagé des accords "bilatéraux ou trilatéraux".

 

 

Elle a démarré quand, cette "crise" ?

 

La question migratoire est revenue au cœur des débats après le refus de l'Italie de laisser accoster le navire humanitaire Aquarius sur ses côtes, le 10 juin. Le ministre de l'Intérieur Matteo Salvini, chef de la formation d'extrême droite la Ligue, a annoncé la fermeture de ses ports, entraînant le blocage du navire entre Malte et l'Italie. Après quatre jours de tergiversations au sein de l'UE, le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez a finalement proposé à l'Aquarius de jeter l'ancre dans le port de Valence pour que les migrants à bord soient pris en charge.

 

 

Bien que critiqué pour son inaction, Emmanuel Macron a dénoncé la "part de cynisme et d'irresponsabilité du gouvernement italien". Ce à quoi Rome a répliqué en fustigeant les "leçons hypocrites" de Paris. Au sein de l'UE, le ton est une nouvelle fois monté d'un cran entre les partisans d'une ligne dure et unilatérale et les défenseurs d'une "approche européenne et coordonnée".

 

 

A cette situation s'ajoute l'impossibilité pour les Etats d'établir "une politique migratoire commune, analyse le spécialiste des migrations internationales François Gemenne. Depuis vingt-cinq ans, c'est la logique du chacun pour soi qui a prévalu." Cette logique s'explique en partie parce que "chaque Etat membre a toujours eu seul la responsabilité de ses frontières extérieures", précise Marine De Haas, spécialiste des questions européennes à La Cimade, association de soutien politique aux migrants, réfugiés et déplacés. 

 

 

On n'a pas du tout de politique migratoire en Europe, on a 28 politiques migratoires. François Gemenneà franceinfo

 

 

Toutefois, les Etats collaborent via l'Agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes (ex-Frontex), créée pour coordonner les politiques de gestion des frontières des Etats membres.

 

 

Mais les pays européens n'avaient donc rien fait jusqu'ici ?

Si. En mars 2016, l'Union européenne a passé un arrangement avec la Turquie pour que tous les migrants irréguliers (qui ne demandent pas l'asile ou ont été déboutés) qui ont traversé la Turquie vers l'UE soient renvoyés en Turquie, résume le site Touteleurope. Le coût de ces opérations est pris en charge par l'UE et Ankara reçoit une compensation de 3 milliards d'euros par an.

 

 

Conséquence : cet arrangement a participé à la diminution du nombre d'arrivées de migrants en Europe. Ils étaient "1,01 million en 2015" et "172 000 l'année dernière à passer par la Méditerranée, précise Matthieu Tardis, chercheur à l'Ifri (Institut français des relations internationales), citant des chiffres du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés. Pour l'Italie, la baisse a été de 80% depuis le début de l'année, avec seulement 16 000 arrivants au total."

 

 

Cette politique "externalisée" de contrôle des frontières n'a toutefois pas stoppé l'immigration et n'a fait que "déplacer le problème", estime François Gemenne. "D'autres routes migratoires se sont ouvertes, ou se sont réactivées. Il y a un passage beaucoup plus important par la Libye, par exemple." "Les migrants font appel à des réseaux criminels et on retrouve plus de morts et de disparus aux frontières", renchérit Marine De Haas.

 

 

Pourquoi les regards sont-ils concentrés aujourd'hui sur l'Italie ?

 

Parce que la position prise par le gouvernement italien est inédite. En décidant de fermer ses ports aux bateaux des ONG, "l'Italie est allée à l'encontre du consensus européen établi jusque-là, estime Ferruccio Pastore, directeur du Forum international et européen de recherche sur l'immigration (FIERI) de Turin. Jusqu’à présent, l'Italie assurait l'accueil humanitaire des migrants mais, le 1er juin, l'extrême droite a fait son entrée au gouvernement.

 

 

Le nouveau ministre de l'Intérieur Matteo Salvini est partisan d'une ligne anti-immigration et souhaite installer en Libye des centres d'accueil et d'identification, afin de "bloquer la migration", a-t-il plaidé lors d'un déplacement dans la capitale libyenne, mardi 25 juin.

 

 

De plus, l'Italie estime qu'elle a déjà beaucoup participé à l'accueil des migrants, sans le soutien de ses partenaires. En 2013, le naufrage d'une embarcation au large de l'île italienne de Lampedusa provoque la mort de 360 migrants et choque l'opinion publique italienne. L'Italie réagit en lançant l'opération "Mare Nostrum", un dispositif de sauvetage d'envergure. Elle permet de sauver 150 000 personnes en un an, soit 400 par jour, détaille Le Monde. L'opération coûte 9 millions d'euros à l'Italie mais s'arrête en 2014. Elle est remplacée par l'opération "Triton" menée par l'Agence européenne de garde-frontières (ex-Frontex). Dotée de moins de moyens, c'est une mission de surveillance et non plus de sauvetage.

 

 

Que répond la France face à cela ?

 

"Ça change toutes les 24 heures, analyse le chercheur François Gemenne. La France essaie de trouver un compromis, pour le moment, entre une posture plutôt humaniste, qui est la posture d'Angela Merkel, et la ligne dure de l'Autriche et de l'Italie, mais c'est surtout une position qui n'assume pas vraiment de responsabilités." 

 

 

En 2016, Emmanuel Macron, alors candidat à la présidentielle, était pourtant plus affirmé sur la question : "Les réfugiés qui risquent leur vie pour des raisons politiques sont des héros", disait-il, cité par Europe 1. En avril, le projet de loi asile-immigration, jugé "dure", "inefficace" et "prématuré", y compris au sein de la majorité, a marqué un durcissement de la politique migratoire d'Emmanuel Macron. Le président s'est justifié en paraphrasant Michel Rocard, affirmant que la France ne pouvait pas "prendre toute la misère du monde."

 

 

Pour le moment, Paris a émis quelques propositions, comme l'instauration de sanctions financières envers les pays de l'UE qui refuseraient d'accueillir les migrants ou la mise en place de "centres fermés sur le sol européen dès le débarquement", dans lesquels les migrants attendraient l'examen de leur cas, essentiellement en Italie mais aussi en Espagne. 

 

 

Et l'Allemagne ?

 

Pour le moment, "Angela Merkel assume sa position, reprend François Gemenne. La chancelière est toujours d'accord pour que les migrants puissent demander l'asile sur le sol européen, y compris en Allemagne". Cependant, elle fait face à une crise politique nationale inédite, l'empêchant de mener son projet à bien. 

 

 

Angela Merkel a été sommée par ses alliés de l'Union chrétienne-sociale (CSU) de refouler aux frontières tout candidat à l'asile, explique Le FigaroLa CSU fait partie du gouvernement de "grande coalition" avec l'Union chrétienne-démocrate (CDU, parti de la chancelière) et le Parti social-démocrate (SPD). Son ministre de l'Intérieur Horst Seehofer, président du CSU, a exigé qu'elle trouve un accord européen les 28 et 29 juin, sans quoi il appliquerait cette mesure de refoulement dès juillet. Par ce coup de force, la CSU espère ainsi contrer la menace de l'extrême droite lors des élections régionales d'octobre en Bavière, dans laquelle elle détient la majorité absolue.

 

 

En 2015, Angela Merkel a décidé d'ouvrir son pays aux migrants, permettant l'arrivée en Allemagne de plus d'un million et demi de personnes. Une décision remise en cause par le parti d'extrême droite Alternative pour l'Allemagne (AfD), arrivé troisième aux élections législatives en septembre dernier, pour la première fois de son histoire.

 

 

Il n'y a donc aucun point d'accord pour le moment ?

 

Un point de convergence perdure malgré tout : empêcher les arrivées de migrants sur le continent. L'une des idées principales est la création de "plateformes régionales de débarquement" dans différents pays, y compris hors UE, pour que les migrants secourus en mer puissent être pris en charge hors du territoire européen. Le but est d'éviter les bras de fer diplomatiques à chaque débarquement après une opération de secours avec les pays d'Afrique du Nord et d'insister sur le fait que monter dans un bateau ne garantirait plus une arrivée en Europe.

 

 

Pour certains pays, ces plateformes pourraient être crées en Tunisie ou en Albanie. Pour d'autres, comme l'Italie, elles pourraient être installées à la frontière sud de la Libye. Une mesure critiquée par certaines associations : "Nous, on appelle ça de l'externalisation. C'est la première fois qu'on évoque vraiment l'idée d'intercepter les gens en mer et de les ramener vers le sud de la Méditerranée. Or, le non-refoulement d'un réfugié est garanti par la Convention de Genève", dénonce Marine De Haas. 

 

 

Au final, que peut-on attendre de ce Conseil ?

 

Les avis sont unanimes : les Etats membres de l'Union européenne ne prendront pas de décision radicale lors du Conseil européen. "Je pense qu'il n'y aura pas de position commune, anticipe François Gemenne. S'il y en a une, ce sera pour accentuer la fermeture des frontières, renforcer les moyens de l'agence Frontex pour la surveillance des frontières."

 

 

Les pays membres pourraient adopter des positions au cas par cas, directement d'Etat à Etat. C'est ce qu'a évoqué Angela Merkel lors du mini-sommet de dimanche dernier. L'Allemagne pourrait par exemple discuter seule à seule avec l'Italie du nombre de réfugiés que Berlin renverrait à Rome.

 

 

Je n'ai pas pu tout lire. C'est possible de me faire un petit résumé ?

 

Le refus par l'Italie d'accueillir l'Aquarius dans ses ports, le 10 juin, a relancé le débat entre les pays européens sur la question migratoire. Cette décision inédite a été prise par le ministre de l'Intérieur italien Matteo Salvini, président du parti d'extrême droite la Ligue, et partisan d'une ligne anti-immigration très stricte. En réponse, Emmanuel Macron a dénoncé un "nationalisme qui renaît", entraînant une passe d'armes avec l'Italie. Ces échanges sont symptomatiques de l'absence de politique commune en matière d’immigration qui prévaut depuis vingt-cinq ans. 

 

 

De son côté, Angela Merkel s'est trouvée dans l'impossibilité de s'imposer, malmenée dans sa coalition par son ministre de l'Intérieur Horst Seehofer, partisan d'un durcissement de la politique migratoire allemande. C'est dans ce contexte que s'ouvre un Conseil européen, jeudi 28 juin à Bruxelles, dont l'un des objectifs est de trouver une solution pérenne au problème. Mais Angela Merkel a d'ores et déjà prévenu que cette réunion "n'apporterait pas encore de solution globale" et que "des accords bilatéraux ou trilatéraux" pourraient être passés.

 


04/07/2018
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Franceinfo - le vendredi 22 juin 2018

 

 

Grèce : les ministres des Finances de la zone euro signent un dernier accord qui met fin à la crise de la dette

 

 

Après huit années de crise, ce texte prévoit qu'Athènes quitte la tutelle de ses créanciers, le 20 août prochain

 

 

 

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Une femme manifeste contre le vote de nouvelles mesures d'austérité devant le parlement grec, le 18 mai 2017. (LOUISA GOULIAMAKI / AFP)

 

 

Le bout d'un long tunnel. Les ministres des Finances de la zone euro se sont entendus dans la nuit de jeudi 21 juin à vendredi 22 juin sur un vaste accord mettant fin à huit années de crise, d'austérité et de plans de sauvetage pour la Grèce. Cet accord, qui inclut un dernier allègement important de la dette d'Athènes, a été conclu vers minuit (23 heures en France), après plus de six heures de réunion à Luxembourg.

 

 

"Moment historique"

 

Il doit permettre à Athènes de quitter, comme prévu, la tutelle de ses créanciers –zone euro et Fonds monétaire international (FMI) – le 20 août prochain pour recommencer à se financer seule sur les marchés, après plusieurs années de profonde récession et trois programmes d'aide. "La crise grecque s'achève ici, cette nuit. Nous sommes finalement arrivés au bout de ce chemin qui a été si long et si difficile. C'est un moment historique", s'est félicité le commissaire européen aux Affaires économiques Pierre Moscovici."Je suis heureux, a affirmé le ministre grec des Finances Euclid Tsakalotos. Pour que ça en vaille la peine, nous devons nous assurer que le peuple grec voit des résultats concrets", a-t-il ajouté.

 

 

Selon plusieurs sources, les discussions se sont prolongées car l'Allemagne a manifesté une résistance de dernière minute contre l'allègement de la dette de la Grèce, pourtant jugé nécessaire par ses créanciers pour assurer sa crédibilité les marchés financiers.

 

 

Surveillance

 

Les Européens ont accepté vendredi d'allonger de dix ans les échéances de remboursement d'une grande partie de cette dette –  dont le niveau reste le plus élevée de l'UE (180% de son PIB) – et permettront aux Grecs de ne commencer à rembourser une partie des prêts qu'à partir de 2032, contre 2022 jusqu'à présent.

 

 

Ils se sont également entendus sur le versement d'une toute dernière tranche d'aide, de 15 milliards d'euros, contrepartie aux 88 dernières réformes accomplies par la Grèce ces dernières semaines. Sous la pression de l'Allemagne, certaines mesures d'allègement de la dette resteront conditionnées à la poursuite des dernières réformes, dont certaines s'étendront sur plusieurs mois.

 

 

Athènes sera d'ailleurs dès sa sortie du troisième programme d'aide en août, et jusqu'en 2022, sous le coup d'une surveillance encore jamais vue de la part des Européens, bien plus stricte que celles mises en place dans le passé pour le Portugal, Chypre ou l'Irlande. Les Européens ont aussi prévu de faire le point sur la dette grecque en 2032 et d'accorder, si nécessaire, de nouvelles mesures d'allègement.

 

 

La croissance du PIB a atteint 1,4% en 2017 et devrait encore progresser cette année (1,9%) et l'an prochain (2,3%). Dans le même temps, la Grèce affiche désormais un excédent budgétaire de 0,8%, après avoir enregistré un déficit de 15,1% en 2009.

 

 


02/07/2018
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Franceinfo - le mardi 19 juin 2018

 

 

Berlin et Paris se mettent d'accord pour un "budget commun" de la zone euro

 

 

Ce projet, défendu à l'origine par le président français, pourrait démarrer en 2021

 

 

 

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 Emmanuel Macron et Angela Merkel lors d'une conférence de presse commune à Meseberg, en Allemagne, le 19 juin 2018.  (LUDOVIC MARIN / AFP)

 

 

Berlin et Paris sont d'accord sur le projet d'un "budget commun" pour la zone euro. L'annonce a été faite par Angela Merkel, lors d'une conférence de presse commune avec Emmanuel Macron, mardi 19 juin. Cette idée était à l'origine défendue par le président français. Mais la chancelière allemande restait jusqu'ici plutôt frileuse.

 

 

"Nous rentrons aujourd'hui dans une deuxième étape de la vie de notre monnaie unique, s'est félicité le chef de l'Etat français, depuis Meseberg (près de Berlin) où se tenait un conseil ministériel franco-allemand. Nous avons décidé d'avancer pour ouvrir une nouvelle page." 

 

 

Il s'agira d'un vrai budget avec des recettes et des dépenses annuelles, une exécution des dépenses par la commission européenne. Ce n'est pas l'addition de 19 budgets de la zone euro. Emmanuel Macron lors d'une conférence de presse

 

 

Ce budget pourrait être mis en place en 2021, à condition que le projet soit aussi approuvé par les dix-sept autres pays de la zone euro. Il servira à accompagner les pays lorsqu'ils font face à des difficultés. Il permettra également de "répondre au défi qui est le nôtre, les divergences entre nos économies".

 

 

Il reste encore beaucoup de détails à régler, à commencer par le montant de ce budget commun. "La pire manière de le présenter serait d'avoir ficelé tous les détails aujourd'hui entre nous", s'est défendu Emmanuel Macron. "Les réponses détaillées, lorsqu'elles ne sont faites qu'à deux alors qu'elles concernent 19 pays, peuvent être contre-productives." Bref, "il reste beaucoup de travail, d'ajustements techniques", mais "on ne peut pas les résoudre s'il n'y a pas d'accord politique."

 


02/07/2018
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Franceinfo - le vendredi 1er juin 2018

 

 

Espagne : on vous explique pourquoi Mariano Rajoy a été poussé vers la sortie

 
Lison Verriez franceinfoFrance Télévisions

 

 

 

Les députés ont voté une motion de censure visant le chef du gouvernement conservateur

 

 

 

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Mariano Rajoy, lors d'une séance au Congrès, le 30 mai 2018 à Madrid (Espagne).  (JUAN MEDINA / REUTERS)

 

 

 

Basta ya ! Une majorité des 350 députés espagnols ont voté, vendredi 1er juin, une motion de censure contre Mariano Rajoy, le chef du gouvernement conservateur espagnol, affaibli par un scandale de corruption après plus de six ans au pouvoir.  La motion a été déposée par le chef du Parti socialiste espagnol (PSOE), Pedro Sanchez, il y a une semaine, et adoptée à une majorité de 180 députés sur 350. Mariano Rajoy a été remplacé par le socialiste Pedro Sanchez.

 

 

Avant même le vote, vendredi matin, le chef de l'exécutif avait reconnu sa défaite. "Ce fut un honneur d'avoir présidé le gouvernement espagnol et de laisser l'Espagne dans un meilleur état que celui dans lequel je l'ai trouvée. J'espère que mon remplaçant pourra dire la même chose à son tour", a déclaré Mariano Rajoy.

 

 

Franceinfo vous explique ce qui a mené à cette motion de défiance et comment elle fragilise le gouvernement.

 

 

1 - D'où vient cette motion de censure ?

 

C'est un scandale de corruption, "l'affaire Gürtel", qui a largement affaibli le chef du gouvernement. Le journal El Pais a révélé en 2009 un système de corruption impliquant des responsables politiques issus du Parti populaire (PP). La justice a enquêté sur ce dispositif et a mis au jour des relations entre des chefs d'entreprise et des élus qui attribuaient des marchés publics en échange d'argent, de cadeaux ou de diverses faveurs. 

 

 

Jeudi 24 mai, l'Audience nationale, le tribunal espagnol chargé des affaires les plus graves, a finalement condamné plusieurs cadres du PP. Trois d'entre eux, dont l'ex-trésorier du parti Luis Barcenas, ont écopé de peines de prison allant jusqu'à 51 ans. L'ancienne ministre de la Santé, Ana Mato, et le parti ont été condamnés à rembourser près de 300 000 euros indûment perçus. La justice reproche aux condamnés d'avoir participé à "un authentique et efficace système de corruption institutionnelle au travers d'un mécanisme de contrats publics", entre 1999 et 2005. 

 

 

Si le PP soutient qu'il ne s'agit que "de cas isolés", le tribunal l'a néanmoins considéré comme "participant à titre lucratif". Cette condamnation affaiblit davantage Mariano Rajoy, dont le témoignage pendant le procès a été qualifié de "peu crédible" par les juges, comme le rapporte Le Monde

 

Le lendemain de la décision de justice, le chef de l'opposition, Pedro Sanchez, secrétaire général du Parti socialiste (PSOE) a déposé une motion de censure à l'encontre du chef du gouvernement. Il estime avoir été dans l'obligation de le faire, "par responsabilité", "pour la crédibilité des institutions" et pour défendre "la démocratie"

 

 

2 - Comment s'explique ce résultat ? 

 

Pour parvenir à pousser Mariano Rajoy vers la sortie, Pedro Sanchez devait réunir la majorité des députés autour de sa motion de censure, et donc récolter 176 des 350 voix. Le débat a commencé au Parlement le jeudi 31 mai, pour s'achever par un vote vendredi matin. La motion a été adoptée à 180 voix pour, 169 contre et une absention.

 

 

En début de semaine, les analystes politiques accordaient à cette motion très peu de chances d'aboutir. Le PSOE est la troisième force politique du Congrès et compte seulement 84 élus depuis les élections de 2016. Mais le vent a tourné et  d'autres partis ont annoncé, dans la semaine, leur soutien à la motion. 

 

 

Podemos, le parti d'extrême gauche qui compte 67 élus, a consulté ses partisans sur la question et a confirmé son soutien pour le socialiste "par hygiène démocratique". La gauche indépendantiste catalane (ERC) a, elle, laissé entendre qu'elle soutiendrait aussi Pedro Sanchez. "Virer des voleurs et des matons de la Moncloa [la résidence du Premier ministre] n'est pas une option mais une obligation", a ainsi déclaré le député Gabriel Rufian. Un soutien qui n'arrive pas sans quelques promesses. En effet, Pedro Sanchez a annoncé qu'il essaierait de "nouer des liens" avec le gouvernement régional à Barcelone, qui vient de se reconstituer. "Au sein de la nation espagnole, il y a des territoires qui eux aussi se sentent nations. Nous pouvons coexister dans le cadre de la Constitution", a ainsi déclaré le chef des socialistes. 

 

 

Le PSOE, Podemos, ERC et plusieurs autres partis régionalistes réunissaient ainsi un total de 175 voix, selon les décomptes mercredi soir. Toujours insuffisant pour valider la motion de censure... Mais coup de théâtre jeudi : le Parti nationaliste basque (PNV) a annoncé sa décision de voter en faveur de la censure contre Mariano Rajoy, apportant les 5 voix nécessaires pour obtenir la majorité absolue. Afin de convaincre le PNV, Pedro Sanchez a assuré qu'il ne toucherait pas au budget voté la semaine dernière prévoyant des largesses financières pour le Pays basque. 

 

 

3 - Et maintenant, il se passe quoi ? 

 

Après des tractations intenses avec les partis de tous bords, et des concessions parfois cher payées, Pedro Sanchez, qui devient donc le nouveau chef du gouvernement, a réussi à réunir autour de sa candidature suffisamment de soutiens. Le responsable socialiste est amené à gouverner jusqu'à la fin de la législature, soit en juin 2020.

 

 

Toutefois, la situation est loin d'être idyllique pour le chef du PSOE. Ignacio Varela, chroniqueur politique interrogé par l'AFP, estime qu'avec une "majorité Frankenstein", le parti socialiste sera incapable de gouverner. 

 

 

Pedro Sanchez pourrait donc décider de convoquer des élections anticipées, pour tenter de reconstruire une majorité, mais seulement après avoir gouverné '"quelques mois", a confirmé l'une de ses porte-parole, Carmen Calvo. Un laps de temps qui lui permettrait notamment de "faire des changements suffisants", par exemple "des hausses de salaires, de retraites" et prendre des mesures en faveur de "l'égalité hommes-femmes" ou "de l'éducation". Un moyen de renforcer la popularité du PSOE qui a enregistré, en 2016, les pires résultats électoraux de son histoire récente.

 


21/06/2018
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Franceinfo - le vendredi 1er juin 2018

 

 

Espagne : le chef du gouvernement, Mariano Rajoy, renversé par le Parlement et remplacé par le socialiste Pedro Sanchez

 

 

Le chef du gouvernement espagnol a reconnu vendredi sa défaite face à la motion de censure socialiste adoptée par les députés

 

 

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Le leader socialiste Pedro Sanchez devient, le 1er juin 2018, le chef du gouvernement espagnol après le vote d'une motion de censure contre le gouvernement de Mariano Rajoy.  (OSCAR DEL POZO / AFP)

 

 

 

Ce qu'il faut savoir

 

L'Espagne a un nouveau chef du gouvernement : il s'agit du socialiste Pedro Sanchez. Dans une allocution devant le Parlement, le chef conservateur du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, a reconnu, vendredi 1er juin, sa défaite avant la motion de censure socialiste. Cette dernière a été adoptée à 180 voix pour, 169 députés ont voté contre et une abstention. Suivez sur franceinfo l'évolution de la situation. 

 

 

"Un honneur d'avoir présidé le gouvernement espagnol". "Ce fut un honneur d'avoir présidé le gouvernement espagnol et de laisser l'Espagne dans un meilleur état que celui dans lequel je l'ai trouvée. J'espère que mon remplaçant pourra dire la même chose à son tour", a confié, avant le vote, Mariano Rajoy. 

 

 

Pedro Sanchez "va être le nouveau président du gouvernement""Nous pouvons présumer que la motion de censure sera adoptée. En conséquence, Pedro Sanchez va être le nouveau président du gouvernement", avait dit le chef du gouvernement conservateur à la chambre en félicitant son rival socialiste.

 

 

Une page d'histoire se tourne en Espagne. Une page de l'histoire politique espagnole va donc se tourner. Au pouvoir depuis décembre 2011, Mariano Rajoy, 63 ans, avait jusqu'ici survécu à plusieurs crises majeures, de la récession, face à laquelle il a imposé une sévère cure d'austérité, aux mois de blocage politique en 2016 jusqu'à la tentative de sécession de la Catalogne l'an dernier.

 


21/06/2018
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Franceinfo - le jeudi 31 mai 2018

 

 

Italie : les chefs de file du Mouvement 5 étoiles et de la Ligue entrent au gouvernement, le nouveau cabinet sera investi vendredi

 

 

 Le nouveau cabinet sera investi vendredi, à 16 heures, à Rome

 

 

 

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Les chefs de file du Mouvement 5 étoiles, Luigi Di Maio (gauche), et de la Ligue, Matteo Salvini. (TIZIANA FABI / AFP)

 

 

 

Fin de la crise politique en Italie. Jeudi 31 mai, le président Sergio Mattarella a demandé à Giuseppe Conte de former un gouvernement, pour la seconde fois en huit jours. Le nouveau cabinet sera investi vendredi, à 16 heures (heure locale), à Rome. Les chefs de file du Mouvement 5 étoiles (M5S) et de la Ligue, Luigi Di Maio et Matteo Salvini, deviennent vice-Premiers ministres. Le premier est nommé au Développement économique et le second à l'Intérieur.

 

 

Plus tôt dans la soirée, le M5S et la Ligue ont annoncé avoir trouvé un accord pour former un nouveau gouvernement. Sergio Mattarella avait mis son veto au premier cabinet proposé par l'alliance entre les antisystème et l'extrême droite, dimanche, à cause de la nomination d'un ministre de l'Economie eurosceptique. Paolo Savona devient finalement ministre des Affaires européennes, tandis que le ministère de l'Economie et des Finances revient à Giuseppe Tria, un professeur d'économie politique favorable au maintien de l'Italie dans l'euro. Le très européen Enzo Moavero Milanesi, qui a travaillé pendant vingt ans à Bruxelles, est placé aux Affaires étrangères.

 

 

Après avoir prêté serment, vendredi 1er juin, Giuseppe Conte demandera la confiance au Parlement. Les deux partis qui soutiennent ce novice en politique, la Ligue et le Mouvement 5 étoiles, ont la majorité dans les deux chambres.

 


19/06/2018
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Franceinfo - le jeudi 31 mai 2018

 

 

Italie : le Mouvement 5 étoiles et la Ligue s'entendent pour former un nouveau gouvernement mené par Giuseppe Conte

 

 

Les chefs de file du Mouvement 5 étoiles et de la Ligue ont annoncé avoir conclu un accord pour former un gouvernement

 

 

 

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Giuseppe Conte lors d'une conférence de presse au palais présidentiel du Quirinal, à Rome (Italie), le 27 mai 2018. (VINCENZO PINTO / AFP)

 

 

 

Retournement de situation en Italie. Les chefs de file du Mouvement 5 étoiles (M5S) et de la Ligue, Luigi Di Maio et Matteo Salvini, ont annoncé jeudi 31 mai avoir conclu un accord pour former un nouveau gouvernement mené par Giuseppe Conte. '"Toutes les conditions sont réunies pour un gouvernement politique M5S/Ligue", ont-ils annoncé dans un communiqué transmis par le M5S, après plusieurs heures de tractations.

 

 

Le président italien s'était opposé au premier cabinet proposé par ce novice en politique, dimanche, plongeant le pays dans une crise politique. Sergio Mattarella avait mis son veto à la nomination à l'Economie d'un ministre eurosceptique Paolo Savona. L'économiste de 81 ans prône un "plan B" contre l'euro, qu'il considère comme une "prison allemande". Dans la foulée, le président italien avait chargé Carlo Cottarelli de former un gouvernement d'experts pour préparer le pays à de nouvelles élections.

 

 

Sergio Mattarella a de nouveau convoqué Carlo Cottarelli, jeudi soir, pour lui retirer la charge de former un cabinet. Après son départ, la présidence a annoncé la convocation de Giuseppe Conte pour 21 heures. Selon les médias italiens, Paolo Savona devrait finalement obtenir le portefeuille des Affaires européennes. Pour le ministère de l'Economie et des Finances, le M5S et la Ligue se seraient accordés sur Giovanni Tria. Ce professeur d'économie politique est proche des idées de la Ligue, en particulier sur la baisse radicale et la simplification des impôts, mais résolument en faveur du maintien de l'Italie dans l'euro.

 


19/06/2018
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Franceinfo - le lundi 28 mai 2018

 

 

Crise italienne : Emmanuel Macron salue le "courage" et la "responsabilité" du président italien

 

 

Le président italien, Sergio Mattarella, a chargé lundi Carlo Cottarelli, un ancien responsable du Fonds monétaire international (FMI), de former un gouvernement technique, a annoncé la présidence

 

 

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Le président italien Sergio Mattarella s'apprête à désigner, le 28 mai 2018, Carlo Cottarelli, incarnation de l'austérité budgétaire, pour diriger le pays vers de nouvelles élections. (CORTESA / NOTIMEX / AFP)

 

 

 

Ce qu'il faut savoir

 

En plein chaos politique, le président italien, Sergio Mattarella, a désigné, lundi 28 mai, Carlo Cottarelli, incarnation de l'austérité budgétaire, pour conduire le pays. Le chef de l'Etat avait imposé son veto dimanche à un gouvernement populiste clairement eurosceptique. Suivez notre direct. 

 

 

"Monsieur Ciseaux". Le président italien a annoncé dès dimanche soir la convocation de Carlo Cottarelli, un économiste de 64 ans, ancien haut responsable du Fonds monétaire international (FMI), surnommé "Monsieur Ciseaux" pour son rôle dans la réduction des dépenses publiques en 2013-2014 sous les gouvernements de centre-gauche. "Le président Mattarella a reçu le docteur Cottarelli, auquel il a demandé de former un gouvernement", a ensuite annoncé, lundi devant la presse, le secrétaire général de la présidence, Ugo Zampetti, à l'issue d'une entrevue entre les deux hommes. 

 

 

Des élections anticipées au plus tard "début 2019". Carlo Cottarelli a assuré que des élections anticipées se dérouleront en Italie au plus tard "début 2019", mais sans doute à l'automne. "Je me présenterai au Parlement avec un programme qui, si j'obtiens la confiance, incluera le vote du budget 2019. Ensuite, le Parlement sera dissous, avec des élections début 2019", mais sans la confiance les élections se dérouleront "après le mois d'août", a-t-il dit à la presse.

 

 

Guiseppe Conte renonce. Giuseppe Conte, ce juriste novice en politique que les chefs du Mouvement 5 étoiles (M5S, "antisystème"), Luigi Di Maio, et de la Ligue (extrême droite), Matteo Salvini, majoritaires au Parlement, avaient proposé pour le poste de chef de gouvernement, a renoncé à devenir Premier ministre. 

 

 

Le veto du président italien sur une nomination. Depuis plusieurs jours, les discussions achoppaient notamment sur l'identité du futur ministre des Finances. Le chef de l'Etat a refusé de nommer à ce poste Paolo Savona, 81 ans et eurosceptique déclaré, provoquant la colère de Matteo Salvini, le patron de la Ligue.

 


14/06/2018
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Franceinfo - le dimanche 27 mai 2018

 

 

Giuseppe Conte renonce à devenir Premier ministre, l'Italie s'enfonce dans la crise politique

 

 

Le nom de Giuseppe Conte, un universitaire inconnu du grand public, avait été proposé par le Mouvement 5 étoiles et la Ligue, les deux partis arrivés en tête lors des dernières élections législatives

 

 

 

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Giuseppe Conte, qui était pressenti pour le poste de Premier ministre, s'adresse à la presse après son entretien avec le président Mattarella, le 27 mai 2018 à Rome. (VINCENZO PINTO / AFP)

 

 

 

La crise politique se poursuit en Italie. Giuseppe Conte, qui était pressenti pour le poste, a renoncé à être nommé Premier ministre, annonce, dimanche 27 mai, la présidence italienne. Giuseppe Conte, 53 ans, un juriste novice en politique, avait été désigné mercredi mais il devait encore confirmer cette nomination et présenter une liste de ministres que le chef de l'Etat accepte pour que celle-ci soit effective. Sa décision de renoncer au poste a été annoncée en début de soirée, après un entretien avec le président italien Sergio Mattarella.

 

 

"Je peux vous assurer que j'ai fourni le maximum d'efforts et d'attention pour mener à bien cette tâche et l'avoir fait dans un climat de pleine collaboration avec les responsables des forces politiques qui m'ont désigné", a déclaré Giuseppe Conte devant la presse.

 

 

L'identité du ministre des Finances au centre de la crise

 

Le nom de Giuseppe Conte avait été proposé par le Mouvement 5 étoiles et la Ligue, les deux partis arrivés en tête lors des dernières élections législatives. Depuis plusieurs jours, les discussions achoppaient notamment sur l'identité du futur ministre des Finances. Le chef de l'Etat refusait de nommer à ce poste Paolo Savona, 81 ans et eurosceptique déclaré.

 

 

Ce refus avait scandalisé Matteo Salvini, le patron de la Ligue (extrême droite), qui, avec Luigi Di Maio, chef de file du Mouvement Cinq Etoiles (M5S, antisystème), ont porté Giuseppe Conte à la présidence du Conseil. Alors que la Ligue réclame d'ores et déjà l'organisation de nouvelles élections, le président de la République pourrait désormais nommer un nouveau Premier ministre à la tête d'un gouvernement technique.

 


12/06/2018
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Franceinfo - le vendredi 25 mai 2018 mis à jour le samedi 26 mai 2018

 

 

Référendum sur l’avortement en Irlande : ce que signifie le vote historique en faveur du "oui"

 

 

Pays à forte tradition catholique, l'Irlande a approuvé largement, par référendum, la libéralisation de l'avortement, qui était jusque-là interdit par le 8e amendement de la Constitution

 

 

 

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Trois électrices irlandaises quittent un bureau de vote au sud de Dublin, le 25 mai 2018. (PAUL FAITH / AFP)

 

 

Le scrutin marque un tournant dans l'histoire récente de la République d'Irlande. Par plus des deux tiers des voix, les Irlandaises et les Irlandais ont dit "oui", vendredi 25 mai, à la libéralisation de l'avortement , selon les sondages sortis des urnes.

 

 

Par référendum, les électeurs devaient se prononcer pour ou contre l'abrogation du 8e amendement de la Constitution irlandaise. Introduit en 1983, ce texte interdisait l'avortement au nom du droit à la vie de "l'enfant à naître (...) égal à celui de la mère". Que change la victoire du "oui" au référendum ?

 

 

Il ouvre la voie à la pratique de l'IVG en Irlande

 

Extrêmement restrictive, la loi irlandaise interdisait jusqu'à présent l'avortement, même en cas de viol, d'inceste, ou de malformation du fœtus. La peine encourue s'élevait à quatorze ans de prison, plus une amende. Les députés avaient toutefois introduit une exception à la suite du décès d'une jeune femme à qui les médecins avaient refusé l'IVG (interruption volontaire de grossesse) malgré une grossesse à problèmes,. En 2013, ils avaient autorisé l'avortement en cas de risque mortel pour la mère (y compris de suicide). Sous cette disposition, 26 avortements ont été pratiqués en Irlande en 2014, 26 en 2015, et 25 en 2016.

 

 

Un chiffre minime au regard de la population du pays (5 millions d'habitants) et des besoins. Le treizième amendement à la constitution irlandaise garantissait d'ailleurs, de manière assez hypocrite, la "liberté de voyager dans un autre État" pour procéder à une IVG. Désormais, si les structures hospitalières et les médecins suivent, possibilité sera donc donnée aux Irlandaises d'avorter dans leur pays, et non plus en Grande-Bretagne, comme elles le faisaient massivement.

 

 

Selon les statistiques du ministère britannique de la Santé, plus de 168 000 avortements ont été pratiqués sur des femmes déclarant une adresse irlandaise dans les hôpitaux d'Angleterre et du pays de Galles entre 1980 et 2016, soit environ 13 par jour. Selon Le Monde, "5 000 Irlandaises" étaient contraintes " chaque année, pour avorter, de se rendre au Royaume-Uni à leurs frais, ou de commander sur internet des pilules abortives, à leurs risques et périls".

 

 

Il permet l'élaboration et le dépôt d'un projet de loi à l'Assemblée

 

Dans la foulée du référendum, le gouvernement doit élaborer un nouveau projet de loi. S'il est voté par le Parlement, ce texte devrait autoriser librement l'avortement pendant les douze premières semaines de grossesse, et jusqu'à 24 semaines pour raisons de santé.

 

 

Toutefois, "la guerre n'est pas encore gagnée", explique sur Twitter cette Française qui vit en Irlande.

 

 

Les députés, rappelle-t-elle, pourront voter "en leur âme et conscience" et ne seront pas contraints de suivre les consignes de leur parti. Mais, vu les résultats sans ambiguïté du référendum, les parlementaires devraient plutôt respecter les vœux des électeurs.

 

 

Il est le signe d'une perte d'influence de l'Eglise catholique

 

La victoire du "oui" et l'autorisation de l'IVG qui va en découler rendent plus visible encore le déclin de l'influence de l'Église catholique, déjà perceptible à travers de multiples signes. Le 22 mai 2015, les Irlandais s'étaient ainsi prononcés à plus de 60% en faveur de la légalisation du mariage homosexuel (alors qu'il n'est pas autorisé par l'Eglise)L'Irlande était ainsi devenu le 19e pays, le 14e en Europe, à légaliser le mariage entre couples de même sexe. Symbole fort : il était le seul à l'avoir fait par référendum, les autres ayant opté pour la voie parlementaire.

 

 

Le ministre de la Santé de l'époque, Leo Varadkar, s'en était réjoui. Aujourd'hui Premier ministre, il a fait campagne pour le "Yes" à la légalisation de l'IVG. Sur Twitter, il a ainsi salué la victoire du "oui" : "merci à tous ceux qui ont voté aujourd'hui. La démocratie en action. Il semble que nous allons faire l'histoire demain". 

 

 

Dans un tweet précédent, il avait aussi rappelé qu'en 1995, la loi sur le divorce était passée avec moins de 10 000 voix d'avance. Depuis, l'Irlande a été profondément secouée par des scandales de pédophilie dans l'Eglise catholique révélés au cours des années 2000. En mai 2009, après neuf ans d'enquête, un rapport signé du juge Ryan avaient révélé que sur 35 000 enfants placés dans des écoles catholiques, dans des maisons de correction ou des institutions pour handicapés, plus de 2 000 déclaraient avoir subi des abus physiques ou sexuels, notamment de la part de prêtres. Six mois plus tard, en novembre 2009, le rapport du juge Murphy accusait quatre archevêques successifs de Dublin d'avoir caché, couvert et étouffé des abus sexuels entre 1975 et 2005.

 

 

Aussi l'Eglise catholique est-elle devenue de plus en plus inaudible, en particulier auprès des jeunes générations. Selon Diarmaid Ferriter, professeur d'histoire irlandaise à l'University College Dublin, les mentalités ont changé en profondeur depuis l'instauration du huitième amendement en 1983. "A l'époque, a-t-il déclaré à l'AFP, le débat était dominé par des voix plus âgées, masculines, et l'Église se trouvait manifestement dans une position beaucoup plus puissante qu'aujourd'hui".

 

 

Il exprime une fracture générationnelle

 

Plébiscité à près de 70% des voix, selon les enquêtes, le "oui" révèle surtout une véritable fracture générationnelle. Alors que la légalisation de l'IVG est plébiscitée à 87% chez les 18-24 ans et à 83% chez les 25-34 ans, selon une enquête Ipsos/MRBI pour le journal Irish Times, les Irlandais de plus de 65 ans ont voté majoritairement contre, à 60%.

 

 

C'est à peu près la seule ligne de démarcation dans la société irlandaise. Sinon, le "oui" s'avère quasiment aussi largement majoritaire chez les femmes (70%) que chez les hommes (65%). Enfin, la cassure est bien moins nette qu'attendu entre les centres urbains (favorables à l'avortement à 71%, voire 77% à Dublin) et les zones rurales (60%) traditionnellement plus conservatrices.

 

 

 

 

Référendum sur la libéralisation de l'avortement en Irlande : le "oui" l'emporte largement avec 68% des voix, selon un sondage à la sortie des urnes

 

 

Les Irlandais étaient appelés à se prononcer, vendredi, sur l'abrogation du 8e amendement de la Constitution, qui interdit l'avortement dans le pays, sauf en cas de danger de mort pour la mère

 

 

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Dans un bureau de vote, à Dublin (Irlande), le 25 mai 2018. (BARRY CRONIN / AFP)

 

 

Les Irlandais disent "oui" à la libéralisation de l'avortement dans leur pays. Selon un sondage réalisé à la sortie des urnes, vendredi 25 mai, pour le journal Irish Times (en anglais), le "oui" l'emporterait avec 68% des suffrages, contre 32% pour le non.

 

 

Pour l'abrogation du 8e amendement de la Constitution

 

La législation irlandaise était l'une des plus restrictives d'Europe, avec l'Irlande du Nord et Malte. Et les Irlandais étaient appelés à se prononcer sur l'abrogation du 8e amendement de la Constitution, qui interdit l'avortement dans le pays, sauf en cas de danger de mort pour la mère.

 

 

Cette consultation intervient à trois mois d'une visite du pape François en Irlande et trois ans après la légalisation, par référendum également, du mariage homosexuel, qui avait provoqué un séisme culturel dans ce pays.

 

 

Le sondage de l'institut Ipsos/MRBI a été réalisé auprès de 4 000 électeurs.

 


11/06/2018
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Franceinfo - le mercredi 23 mai 2018

 

 

Italie : Giuseppe Conte officiellement désigné chef du gouvernement

 

Issu du Mouvement 5 étoiles, un parti antisystème, ce juriste de 54 ans, spécialiste de droit civil et administratif, est inconnu du grand public

 

 

 

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Giuseppe Conte, le président du Conseil italien, à Rome, le 23 mai 2018. (VINCENZO PINTO / AFP)

 

 

Cette fois-ci, c'est officiel. A 54 ans, Giuseppe Conte a été désigné, mercredi 23 mai, chef du gouvernement italien. "Le président de la République, Sergio Mattarella, a reçu cet après-midi le professeur Giuseppe Conte, auquel il a donné le mandat pour former le gouvernement", a déclaré à la presse le secrétaire général de la présidence. Le président italien a tout de même attendu 48 heures avant de valider la proposition du Mouvement 5 étoiles et de la Ligue.

 

 

Inconnu du grand public dont l'intérêt pour la politique est récent, Giuseppe Conte va maintenant devoir composer son gouvernement, qui fait depuis des jours l'objet d'âpres négociations entre le M5S et la Ligue. Cette liste devra ensuite recevoir l'aval du président italien, puis le gouvernement ira prêter serment avant de se présenter devant la Chambre des députés et le Sénat pour obtenir leur confiance.

 

 

Un gouvernement anti-Europe

 

Selon les médias italiens, Matteo Salvini, patron de la Ligue, devrait devenir ministre de l'Intérieur tandis que Luigi Di Maio, chef de file du M5S, hériterait d'un grand ministère du Développement économique. Mais le nom qui pose le plus de problèmes est celui que la Ligue veut imposer pour le portefeuille de l'Economie : Paolo Savona, un ancien ministre de 81 ans considérant l'euro comme une "cage allemande" pour l'Italie.

 

 

Le "contrat de gouvernement" rédigé entre le Mouvement 5 étoiles et la Ligue promet davantage de fermeté contre la corruption, la délinquance et l'immigration. Dans le détail, le nouveau gouvernement doit mettre en place un nouveau système pour le calcul de l'âge de la retraite, créer un "revenu de citoyenneté", une "flat tax" et fixer une baisse de la fiscalité. Surtout, l'exécutif compte renvoyer quelque 500 000 migrants chez eux.

 


08/06/2018
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Franceinfo - le lundi 21 mai 2018

 

 

Italie : Giuseppe Conte a été choisi pour diriger le futur gouvernement anti-européen

 

 

Selon la Constitution italienne, il revient au président de la République de nommer le prochain président du Conseil

 

 

 

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Giuseppe Conte, du Mouvement 5 étoiles, à Rome (Italie), le 4 mars 2018. (SILVIA LORE / NURPHOTO / AFP)

 

 

Le nom de Giuseppe Conte a été proposé au président italien par le Mouvement 5 étoiles (antisystème) et la Ligue (extrême droite) pour diriger le futur gouvernement d'alliance entre les deux mouvementsa annoncé (en italien) Luigi Di Maio, le leader du M5S, lundi 21 mai. "Notre méthode a été d'abord de discuter du programme et ensuite du nom", a-t-il expliqué.

 

 

Agé de 54 ans, Giuseppe Conte est un juriste, inconnu du grand public, spécialiste de droit civil et administratif. Cet ancien homme de gauche, toujours resté jusqu'à présent loin de la politique, avait été présenté avant les élections du 4 mars par le Mouvement 5 étoiles comme possible ministre chargé de "débureaucratiser" la fonction publique.

 

 

Luigi Di Maio comme Matteo Salvini, le secrétaire fédéral de la Ligue, visaient tous les deux le poste de président du Conseil. Mais une féroce lutte d'égos et des scores individuels insuffisants aux législatives les ont forcés à choisir une tierce personne.

 


07/06/2018
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