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Franceinfo - le lundi 20 mai 2019 - mis à jour le mercredi 22 mai 2019

 

 

Autriche : on vous explique "l'affaire d'Ibiza" qui torpille l'extrême droite et le gouvernement

 

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

 

Une vidéo tournée en caméra cachée en 2017 et diffusée vendredi montre le vice-chancelier nationaliste Heinz-Christian Strache en train de discuter de manœuvres illicites avec une mystérieuse femme russe

 

 

 

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Le vice-chancelier et président du Parti de la liberté, Heinz-Christian Strache, annonce sa démission lors d'une conférence de presse, le 18 mai 2019 à Vienne. (UNBEKANNT / APA-PICTUREDESK VIA AFP)

 

 

 

Le scandale fait tomber l'extrême droite autrichienne et vaciller la coalition au pouvoir. Dans une vidéo tournée en caméra cachée et diffusée par des médias allemands, le vice-chancelier et leader d'extrême droite Heinz-Christian Strache se montre prêt à se compromettre avec un intermédiaire russe, en échange de financements. Le dirigeant du Parti de la liberté (FPÖ) a démissionné de ses fonctions de vice-chancelier et de chef de parti samedi 18 mai, au lendemain de la diffusion des images. Dans la foulée, le chancelier conservateur (ÖVP) Sebastian Kurz a limogé le ministre de l'Intérieur, Herbert Kickl, lundi, entraînant le départ de tous les autres ministres d'extrême droite. Le chancelier est désormais visé par une motion de censure, qui sera votée le 27 mai.

 

 

On vous explique cet "Ibiza-gate", qui a plongé l'extrême droite autrichienne et tout le gouvernement de coalition dans la crise.

 

 

 

C'est quoi, cette vidéo ?

Les journaux allemands Süddeutsche Zeitung (SZ) et Der Spiegel ont publié, vendredi 17 mai, une vidéo tournée en caméra cachée à Ibiza. Selon les deux journaux, elle dure au total plus de six heures et a été tournée en juillet 2017, dans une villa de l'île des Baléares. Seuls des extraits du document ont été diffusés. On y voit Heinz-Christian Strache de profil, assis dans un canapé et visiblement sous l'emprise de l'alcool, s'adresser à une interlocutrice hors-champ, qui s'est présentée comme étant Aliona Makarova, "nièce" d'un oligarque russe, Igor Makarov. Présent à l'écran, Johann Gudenus, un lieutenant de Heinz-Christian Strache, fait la traduction.

 

 

Ils évoquent ensemble la Kronen Zeitung, le plus important journal autrichien. "Dis-lui que si elle rachète la Kronen Zeitung trois semaines avant les élections et nous propulse à la première place, nous sommes ouverts à toutes les discussions", déclare Heinz-Christian Strache. Il ajoute ensuite que son interlocutrice n'a qu'à dire quels domaines d'activité l'intéressent "et on verra ce qui peut nous arranger. (...) Elle aura tous les contrats publics remportés aujourd'hui par Strabag" – un groupe autrichien de construction.

 

 

Heinz-Christian Strache raconte aussi son désir de mettre au pas les médias de son pays et confie son admiration pour l'investisseur autrichien Heinrich Pecina "qui a racheté tous les médias hongrois ces quinze dernières années pour Orban", le Premier ministre hongrois. Sont également évoqués des fonds d'origine frauduleuse, mais aussi le financement du FPÖ via une "fondation d'intérêt général", qui permet, selon Strache, de ne pas avoir à déclarer les financements à la cour des comptes.

 

 

 

D'où vient-elle ?

Le Spiegel et le SZ ne révèlent pas l'origine de la vidéo et précisent qu'ils refuseront de la remettre aux enquêteurs. Elle a été confiée aux journalistes d'investigation dans des circonstances rocambolesques, selon ces derniers, invités à se rendre dans une "station-service" puis "un hôtel désert". Heinz-Christian Strache ne conteste pas son authenticité et l'absence de trucage a été confirmée par des experts mandatés par les deux médias allemands, avant diffusion. Le Kremlin a pour sa part assuré n'avoir "rien à voir" avec cette vidéo.

 

 

L'existence de celle-ci était tout de même connue d'un certain nombre de rédactions. Le rédacteur en chef de l'hebdomadaire autrichien Falter a ainsi indiqué avoir été approché à son sujet "il y a un an", sans qu'il y ait eu de suites. Un humoriste allemand, Jan Böhmermann, a par ailleurs cité, en avril, des extraits de cette vidéo avant qu'elle ne soit rendue publique.

 

 

 

Heinz-Christian Strache a-t-il été piégé ?

C'est possible. En effet, son interlocutrice, Aliona Makarova, est bien mystérieuse. La jeune femme est entrée en contact avec Johann Gudenus quelques moins avant, expliquant vouloir investir en Autriche. Un rapport de confiance s'est installé entre eux. Mais au cours de la soirée, Heinz-Christian Strache, remarquant les orteils peu soignés d'Aliona Makarova, y voit un détail difficilement compatible avec son statut. "C'est un piège, un piège grossier", glisse alors Strache à Gudenus. Lequel le rassure : "C'est pas un piège".

 

 

Mais voilà, interrogé par l'édition russe de Forbes, Igor Makarov, président du groupe international de sociétés Areti, spécialisé dans les investissements dans les secteurs pétrolier et gazier, assure être fils unique et donc ne pas pouvoir avoir de nièce. "Je n'ai aucun lien de parenté avec cette personne et ne la connais même pas", ajoute-t-il.

 

 

 

Le gouvernement va-t-il exploser ?

Heinz-Christian Strache et Sebastian Kurz avaient formé en décembre 2017 un gouvernement de coalition, pour un mandat de cinq ans, comprenant six ministres d'extrême droite à des postes stratégiques, dont les ministères de l'Intérieur et des Affaires étrangères. Mais cette affaire marque peut-être la fin de l'extrême droite au pouvoir en Autriche. En tout cas la fin de l'expérience d'un gouvernement de coalition droite-extrême droite.

 

 

Le scandale a d'abord entraîné la chute de Heinz-Christian Strache, qui a présenté sa démission et des excuses pour des propos "catastrophiques" et un comportement "adolescent" et "macho". Mais le chancelier conservateur Sebastian Kurz ne s'est pas contenté de ce départ. Il a annoncé samedi la convocation prochaine d'élections législatives anticipées, prévues pour l'automne. Surtout, il a limogé, lundi, le ministre de l'Intérieur Herbert Kickl, tête pensante du FPÖ, dont il juge les fonctions incompatibles avec le déroulement de l'enquête sur la vidéo. "Il est clair que M. Kickl ne peut pas enquêter sur lui-même", a martelé le chancelier.  Le limogeage d'Herbert Kickl s'est immédiatement traduit par le départ de l'ensemble des ministres FPÖ du gouvernement, ceux des Affaires étrangères, de la Défense, des Transports et du Travail.

 

 

Le chancelier conservateur Sebastian Kurz sort lui aussi affaibli de cette affaire. Le petit parti écologiste Jetzt a présenté une motion de censure contre lui, qui sera votée le 27 mai. Les sociaux démocrates et le FPÖ n'excluent pas de voter cette motion, qui, dans cette hypothèse, aboutirait à une chute du chancelier, après seulement 18 mois au pouvoir.

 

 

 

Quel impact sur les élections européennes ?

L'extrême droite autrichienne va désormais devoir tenter de limiter la casse aux élections européennes. S'il est impossible de mesurer précisément l'impact de l'affaire sur le vote des électeurs, il est toutefois certain "que ça ne va pas aider le parti d'extrême droite", estime l'historien Jérôme Segal, maître de conférences à l'université Paris-Sorbonne, pour franceinfo.

 

 

Le Parti de la liberté (FPÖ) a toutefois déjà perdu cinq points d'indice, dans une enquête d'opinion après la publication de la vidéo, citée par Reuters. Le sondage conduit par The Research Affaires pour le site d'actualité Oe24 montre que le FPÖ obtiendrait 18% des suffrages en cas d'élections. Un recul qui bénéficie en partie aux conservateurs. Le Parti populaire autrichien (ÖVP) du chancelier Sebastian Kurz est lui crédité de 38%, soit une hausse de quatre points d'indice.

 

 

Le scandale pourrait aussi faire vasciller toute l'extrême droite européenne. Pour Matthias Jung, chef de l'institut de sondage allemand Forschungsgruppe Wahlen, "ce scandale pourrait freiner l'avancée des populistes en Europe". L'expert, interrogé par le quotidien allemand Der Tagesspiegel, estime que les électeurs pro-européens pourraient être incités à aller voter dans l'optique de faire barrage à l'extrême droite. Et les sympathisants des partis populistes "vont désormais réfléchir à deux fois s'ils veulent donner leur voix à ces gens", remarque de son côté le politologue allemand Werner Patzelt, également dans le Tagesspiegel, qui prédit des conséquences néfastes pour le parti Alternative pour l'Allemagne (AfD).

 


21/05/2019
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Franceinfo - le mercredi 22 mai 2019

 

 

"Ici, l'Europe est à la fois proche et lointaine" : Behren-lès-Forbach, ville frontalière de l'Allemagne et championne de l'abstention

 

 

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Noémie BonninRadio France
 

 

 

Les élections européennes font partie des scrutins qui mobilisent le moins les électeurs. À Behren-lès-Forbach, en Moselle, l'abstention a dépassé les 82% au dernier scrutin de 2014. Malgré la proximité de l'Allemagne, les habitants ne s'intéressent pas au scrutin européen

 

 

 

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La ville de Behren-lès-Forbach, en Moselle. (NOEMIE BONNIN / RADIO FRANCE)

 

 

 

On a un pied là, mais en un rien de temps on est là-bas. C'est un lien quotidien, fort, depuis des années, on est habitué à vivre avec l'Allemagne", témoigne un habitant, attablé au café de la Poste de Behren-lès-Forbach, petite commune populaire de 6 000 habitants, en Moselle. La frontière est à moins de dix kilomètres d'ici. "Je fais tous mes achats là-bas, c'est beaucoup moins cher. Sauf le pain, je l'achète ici", complète Michel. Le temps où l'on devait aller à Nancy, à 100 kilomètres de là, pour faire son visa, est bien loin : aujourd'hui, certains travaillent de l'autre côté de la frontière, beaucoup y font leurs courses, moins chères.

 

 

 

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Le café de la Poste de Behren-lès-Forbach. (NOEMIE BONNIN / RADIO FRANCE)

 

 

 

Oui, l'Europe a donc son intérêt pour les Behrenois. Mais les élections européennes ? "Non je ne veux pas en parler, de toute façon il n'y a rien qui changera", lance, bougonne, cette habitante. Aux dernières élections européennes de 2014, Behren-lès-Forbach a battu un record : c'est la ville de métropole qui s'est le moins mobilisée, avec 82,58% d'abstention. Cette année, l'abstention pourrait atteindre les 60%, selon les derniers sondages.

 

 

Dans les allées du marché, on ne peut effectivement pas dire que les habitants de Behren soient passionnés par cette campagne des européennes. "Ça ne m'intéresse pas", affirme Aïcha. Elle et son amie habitent ici depuis 1961. "C'est toujours des promesses, mais on n'a rien à la fin. On paie, on paie, on paie et on n'a pas de résultat. Surtout pour les retraités, mon mari et moi on n'arrive pas à joindre les deux bouts."

 

 

 

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Le marché de Behren-lès-Forbach, dans la partie "cité" de la ville.  (NOEMIE BONNIN / RADIO FRANCE)

 

 

 

"Les gens sont devenus méfiants par rapport à 2005, quand les gens ont voté non au référendum. Jacques Chirac a quand même fait ce qu'il voulait. Moi je ne suis pas d'accord ! Je me suis déplacée, c'est du foutage de gueule", explique la dame, cabas remplis à la main. Aucune des deux voisines n'ira voter dimanche.

 

 

 

"Toujours les mêmes au pouvoir"

"Bonjour messieurs-dames ! Faut aller voter dimanche pour mettre une claque à Macron. Ce serait un beau geste pour la fête des mères, vous ne croyez pas ?" Ce sont les derniers jours avant l'élection, les dernières opérations de tractage aussi. Plusieurs militants de La France insoumise sont là. "L'accueil est plutôt bon. Mais ce qui ressort le plus, c'est un dégoût pour la politique de Macron et pour sa personne en lui-même. Il y a un rejet énorme", témoigne Jonathan Outomuro. "J'avais connu ça un peu avec François Hollande pendant la présidentielle, mais là c'est incomparable."

 

 

Les gens ont une haine pour Emmanuel Macron, en tant que militant je n'avais jamais connu ça. Dans de nombreux propos il a manqué de respect aux gens, ils ne le supportent plus.Jonathan Outomuro à franceinfo

 

 

Dégoût du chef de l'État ? Pas seulement, analyse le militant. "Il y a un dégoût général de la politique, ce qui explique aussi les taux d'abstention assez importants ici. Beaucoup de gens, notamment ici, sont désabusés et ne croient en rien. C'est difficile en tant que militant, mais on est là pour ça aussi et on fait le boulot", confie Jonathan.

 

 

 

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Des militants de La France insoumise en plein tractage au marché de Behren-lès-Forbach.  (NOEMIE BONNIN / RADIO FRANCE)

 

 

 

Le Parti communiste est aussi présent au marché de Behren. "Un taux d'abstention si important, bien-sûr que ça alerte, c'est alarmant", juge Ralf Blindauer, l'un des colistiers communistes. "On voit à peu près de quoi ça vient : le sentiment que quoi qu'on fasse, c'est toujours les mêmes qui sont au pouvoir, c'est toujours la même politique qu'on fait. On change les têtes, mais les résultats concrets sur le terrain sont toujours les mêmes."

 

 

La politique s'est éloignée. Mais l'Europe ? "On la vit au quotidien ici. Mais le fait qu'on puisse peser sur les choix européens n'est pas encore rentré dans les consciences. L'Europe est à la fois proche et lointaine : proche par ce qu'on vit et lointaine par la distance qu'il y a par rapport aux prises de décisions", selon le militant communiste.

 

 

 

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Dialogue entre des habitants de Behren-lès-Forbach et des militants du Parti communiste. (NOEMIE BONNIN / RADIO FRANCE)

 

 

Une Europe "pratique" pour les enfants d'immigrés italiens et polonais

La ville de Behren-lès-Forbach a la spécificité d'être quasiment "coupée" en deux. On quitte le marché, dans la partie cité, pour rejoindre le village. On laisse les barres d'immeubles pour trouver des petites maisons résidentielles, c'est là que Michel Obiegala nous accueille. "Vous avez vu ? Ma maison est aux couleurs de la Pologne : rouge et blanc", confie dans un sourire l'ancien maire de la ville (2001-2008), petit-fils d'immigré polonais.

 

 

 

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L'ancien maire de Behren-lès-Forbach, Michel Obiegala. (NOEMIE BONNIN / RADIO FRANCE)

 

 

 

"Les banlieues ont cette caractéristique, donc Behren rentre dans la droite file de ce qu'on voit ailleurs, ici on est moins intéressé par les élections. Ce qui ne signifie pas qu'on ne soit pas intéressé par l'Europe. Elle nous intéresse de près même : elle permet aux ressortissants issus d'Italie, de Pologne, d'ex-Yougoslavie ou d'ailleurs en Europe d'avoir beaucoup plus de facilités aujourd'hui." Dans cette ville de mineurs, en plein bassin houiller, les vagues d'immigration se sont succédé : aux Italiens et Polonais entre les années 20 et 50 se sont ajoutés les Maghrébins, dans les décennies 50 et 60.

 

 

Les déplacements, la monnaie unique, le téléphone, tout est facilité en Europe aujourd'hui. C'est pratique pour nos familles, on n'a plus de tracasseries administratives.Michel Obiegala à franceinfo

 

 

"Par contre, le fait de voter pour quelqu'un… c'est autre chose. On ne se sent pas vraiment représentés", explique Michel Obiegala. "L'intérêt pour les élections, pour le fait électoral, c'est différent."

 

 

 

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La frontière est désormais symbolique entre la France et l'Allemagne. (NOEMIE BONNIN / RADIO FRANCE)

 

 

 

L'ancien maire a toujours connu cette abstention forte, à tous les scrutins quasiment – la présidentielle et les municipales étant un peu plus mobilisatrices. "Les gens se sentent oubliés, floués par les politiques en règle générale, ils n'y trouvent pas leur compte. C'est un peu le sentiment global au niveau de l'ensemble du département, dans le bassin houiller en particulier. Les anciens mineurs et leurs familles se sentent laissés pour compte. L'avenir des enfants des anciens mineurs n'a pas été assuré par les différentes instances politiques."

 

 

Les élections de ces dernières années ne donnent pas toutes les mêmes résultats. Si le Front national est arrivé en tête aux dernières européennes (2014) et législatives (juin 2017), Jean-Luc Mélenchon était arrivé largement en tête, devant Marine Le Pen, au premier tour de la présidentielle (avril 2017).

 


21/05/2019
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Franceinfo - le jeudi 16 mai 2019

 

 

ENQUETE FRANCEINFO. Amendements pré-rédigés, accès au Parlement... Comment les lobbys opèrent au sein de l'Union européenne

 

 

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Margaux DuguetFrance Télévisions

 

 

 

A quelques jours des élections européennes, franceinfo se penche sur le rôle et le poids des lobbys au sein des institutions européennes

 

 

 

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 De l'élaboration d'un nouveau texte de loi à son adoption, les lobbyistes sont très présents au sein des institutions européennes.  (BAPTISTE BOYER / FRANCEINFO)

 

 

 

Il veut couper court à tout "fantasme". "Non, les institutions européennes ne sont pas vendues aux lobbys", insiste au bout du fil Pierre Moscovici, actuel commissaire européen chargé des affaires économiques et financières. Pour l'ancien ministre de François Hollande, "le rôle des lobbys est de nous donner un écho du monde extérieur". Ne pas les recevoir serait, selon ce dernier, "une erreur" : "Cela reviendrait à légiférer dans une bulle."

 

 

Pourtant, alors que plus de 300 millions de citoyens de l'Union européenne vont choisir le 26 mai leurs représentants au sein du Parlement, les "fantasmes" entourant la place et l'influence des lobbys au sein de l'UE sont encore bien présents. Certains candidats français consacrent d'ailleurs une part importante de leur programme à la lutte anti-lobbys. Les dernières révélations sur le fichage de centaines de personnalités, dont des eurodéputés, par deux cabinets de lobbying pour le groupe Monsanto ont également ravivé les peurs d'une collusion entre intérêts privés et publics. Mais pour les habitués des arcanes européennes, il ne faut pas tout confondre.

 

 

"Le terme 'lobby' est un mot-valise qui peut désigner le meilleur comme le pire", souligne Pierre Moscovici. "Tous les lobbys ne sont pas toxiques, abonde l'eurodéputé LFI Younous Omarjee. Il est naturel d'entendre le monde économique. Le problème est de dénoncer les pratiques toxiques." Entreprises, fédérations industrielles et intersectorielles, ONG et syndicats, cabinets de consulting ou d'avocats, think tanks... Toutes ces entités peuvent ainsi être considérées comme des lobbys et nombre d'entre elles possèdent des bureaux à Bruxelles, au pied des institutions européennes.

 

 

 

"On a l'impression qu'on est des bandits"

Une réalité que connaît bien Martin Pigeon. L'ONG pour laquelle il travaille, Corporate Europe Observatory, s'est spécialisée dans la surveillance des lobbys européens. "On estime qu'il y a entre 25 000 et 30 000 lobbyistes à Bruxelles : 70% d'entre eux représentent des intérêts commerciaux, 20% des intérêts publics et 10% la société civile, que ce soit des ONG ou des syndicats", détaille-t-il. Pour l'activiste, les lobbys à Bruxelles sont dans "une position particulière" : "Ils ont été créés à la demande, et parfois avec le financement de la Commission, qui avait besoin d'informations que les institutions nationales ne voulaient pas lui donner." 

 

 

Les institutions européennes souffrent d'un manque d'expertise interne. Cela explique pourquoi les lobbys ont une place formalisée, institutionnalisée et sont perçus comme nécessaires. Le chercheur Martin Pigeon à franceinfo

 

 

Une analyse que ne partage pas Stéphane Desselas, fondateur d'Athenora Consulting, qui se présente comme "un cabinet de conseil en stratégies d'influence auprès des institutions européennes" et qui compte notamment comme clients EDF, La Poste ou la SNCF. Pour lui, même en "multipliant par six le nombre de fonctionnaires européens", le système des institutions européennes ne serait toujours pas efficace. "Il y a trop de variables et d'acteurs. Ils n'ont pas les réseaux directs que nous avons. Un fonctionnaire estonien ne connaît pas Paris, par exemple", assure-t-il.

 

 

Le poids et l'importance des lobbys sont aussi question de point de vue. "Ils sont omniprésents et leur place est malheureusement dominante", déplore Younous Omarjee. "Leur place est sûrement importante mais leur rôle est parfois exagéré dans les décisions finales", tempère Hervé Jouanjean, ex-directeur du budget à la commission européenne, passé en 2014 dans le privé comme consultant pour un grand cabinet d'avocats français. Un transfert vivement critiqué par Corporate Europe Observatory. "Je me suis fait insulter. On a l'impression qu'on est des bandits, qu'on va trahir tous les secrets... Mais ce n'est pas du tout le cas, se défend-il. Je m'enorgueillis d'avoir sauvé des centaines d'emplois en aidant les entreprises dans leurs démarches auprès des institutions européennes."

 

 

 

"Le lobbying n'est pas un gros mot ici"

Hervé Jouanjean voit même "une forme de complémentarité entre les fonctionnaires européens qui conçoivent les politiques et la tâche des lobbyistes, qui prend de nombreuses colorations". Depuis cinq ans, il a appris les rouages de son nouveau métier. "Nous intervenons de diverses manières : le lobbyiste bruxellois ne passe pas son temps dans les bureaux de la Commission, ça ennuie les gens", indique-t-il. Plus mystérieux, Daniel Guéguen, qui se présente comme "le plus ancien lobbyiste à Bruxelles" avec quarante-cinq années d'activité à son compteur, lâche qu'il prend son téléphone, appelle son interlocuteur "en disant : 'mon client veut vous parler de tel ou tel dossier'". Stéphane Desselas, plus prolixe, explique que son lobbying repose sur trois piliers : "s'informer", "se positionner" et "agir".

 

 

Le but est de permettre au client d'anticiper les futures décisions des institutions européennes et, dans une certaine mesure, de les influencer. "Que vont proposer les institutions, mais aussi quels sont les rapports de force en interne, les futures nominations ou le positionnement politique des acteurs ? On regarde ça pour pouvoir intervenir au bon moment", poursuit le lobbyiste.

 

 

On traque l'information via nos contacts de la manière la plus discrète possible, puis on la transmet à nos clients.Stéphane Desselas à franceinfo

Vient ensuite le temps du "positionnement" "on va préparer le client" à peaufiner son discours, avant de passer à "l'action". "On va décider si on fait du lobbying indirect en passant par les médias, les fédérations ou les associations professionnelles, ou bien du lobbying direct en allant voir les décideurs", détaille Stéphane Desselas.

 

 

Selon lui, rien de plus simple. "Il n'y a pas de difficultés d'accès ici, vous êtes inscrit sur le registre de la transparence [depuis 2011, le Parlement et la Commission exploitent ce registre public qui recense plus de 11 000 groupes d'intérêts], vous envoyez un e-mail et vous êtes reçu". Confirmation de Daniel Guéguen : "On n'est pas dans une logique française avec des bureaux feutrés et dorés, le rapport est beaucoup plus direct et le lobbying n'est pas un gros mot ici."

 

 

 

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Le registre de la transparence, exploité par la Commission et le Parlement depuis 2011, regroupe plus de 11 000 groupes d'intérêt.  (CAPTURE EUROPA.EU)

 

 

 

"On a le droit de prendre le café avec qui on veut"

Pour tenter d'influer sur le processus législatif, les lobbyistes ont recours à plusieurs techniques. Ils sont d'abord très présents à la Commission. "Les industriels ciblent prioritairement la Commission, qui a le monopole en matière d'initiative législative", rapporte Martin Pigeon. Et le chercheur et activiste de citer la directive sur le secret des affaires"les multinationales, dont pas mal de françaises, ont abreuvé gratuitement de notes les deux fonctionnaires et demi qui se penchaient sur le sujet". Autre méthode des lobbyistes : infiltrer les groupes d'experts de la Commission. "C'est un sport assez pratiqué de classer leur expert maison dans un groupe d'experts de la Commission", assure Martin Pigeon.

 

 

La Commission a pris le biais de s'appuyer sur des experts et souvent c'est le cheval de Troie des lobbys. L'eurodéputé Younous Omarjee à franceinfo

 

 

D'autres sont carrément consultés par la Commission avant toute rédaction de nouveau texte législatif. C'est le cas de Business Europe, dirigé depuis un an par Pierre Gattaz, ancien patron du Medef. Regroupant quarante fédérations d'entreprises nationales issues de trente-cinq pays, Business Europe est décrit par certaines ONG comme "le plus puissant lobby de Bruxelles". Un terme vivement récusé par Christian Feustel, conseiller politique de l'instance, qui se présente comme "une organisation représentative des intérêts des industries européennes". Chaque année, l'association patronale dépense "quatre millions d'euros pour la représentation de nos intérêts", précise-t-il. Depuis 2014, elle a rencontré près de deux cents représentants de la Commission, selon le registre de la transparence

 

 

La plupart du temps, c'est la Commission qui vient nous demander notre avis en amont d'un nouveau texte de loi. Christian Feustel à franceinfo

 

 

"Ça se passe dans leur locaux ou chez nous. Mais tout est noté : soit les institutions européennes publient nos rendez-vous, soit nous le rapportons dans notre newsletter", ajoute Christian Feustel, qui insiste sur la transparence du processus.

 

 

 

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Le commissaire européen aux affaires économiques et financières, à la fiscalité et à l'Union douanière, Pierre Moscovici, à la Commission européenne, à Bruxelles, le 3 avril 2019. (EMMANUEL DUNAND / AFP)

 

 

 

"On a fait des progrès considérables sur la transparence, abonde Pierre Moscovici. Je ne peux pas rencontrer quelqu'un qui ne soit pas inscrit au registre de la transparence." Depuis 2014, les commissaires européens et hauts fonctionnaires de la Commission sont en effet tenus de ne rencontrer que des représentants des groupes d'intérêt inscrits au registre et de notifier publiquement leur rendez-vous, rappelle le site Vie-Publique.fr. Problème : aucune sanction n'est prévue en cas de non-respect de ces règles. "C'est une règle interne de bon management, c'est au bon vouloir des commissaires ou des hauts-fonctionnaires", relève Sébastien Blanchard, juriste spécialisé dans le droit de l'Union européenne.

 

 

De nombreuses associations ont relevé qu'il y avait des manquements, des lacunes dans le listing avec des semaines où il n'y avait aucun rendez-vous. Sébastien Blanchard à franceinfo

 

 

Autre limite : des rendez-vous à l'extérieur des locaux sont toujours possibles. "On a encore le droit de prendre un café avec qui on veut", souligne Pierre Moscovici qui prône "la vigilance" mais pas "la prohibition" sur ces questions. Il s'est d'ailleurs "fixé des règles implicites" : "Je ne vois pas les Big Four [les grands cabinets d'audit que sont PwC, EY, Deloitte et KPMG]. Ils peuvent avoir des contacts avec mes services mais pas moi." 

 

 

 

"J'étais envahi par les trolls de Monsanto"

Les tentatives d'influence des lobbys se poursuivent ensuite au Parlement européen où ceux inscrits au registre possèdent un badge d'accès. "Ils essayent d'influencer d'abord le rapporteur, les 'shadow' rapporteurs (qui font un contre-rapport) et puis tout le reste : les assistants parlementaires, les conseillers politiques des groupes..." détaille Martin Pigeon. Comment ? "Ils leur font passer des argumentaires ou leur envoient des amendements pré-rédigés. C'est même une demande des eurodéputés." L'eurodéputée socialiste Sylvie Guillaume confirme :

 

 

Les amendements pré-rédigés, c'est très classique et c'est presque ce qui est le plus normé. Mais le pouvoir d'un parlementaire confronté à un lobby, c'est le pouvoir de dire non et il existe tout le temps. L'eurodéputée Sylvie Guillaume à franceinfo

 

 

Il faut néanmoins noter que des ONG, dont l'élue socialiste soutient le combat, ont aussi recours à cette pratique. "On peut recevoir une proposition d'amendement de la part d'associations LGBT. Je les regarde et s'ils me semblent conformes, je peux même les déposer", détaille-t-elle. "Bien évidemment, on rédige des amendements, admet Stéphane Desselas, mais le problème c'est si c'est repris clé en main par le député, sans le discuter ou le confronter à d'autres points de vue."

 

 

Certains parlementaires semblent d'ailleurs plus perméables que d'autres aux discours des lobbyistes. "Quand j'ai été rapporteur d'un texte, j'ai eu quelques parlementaires dont j'ai compris qu'ils étaient manipulés par des groupes d'intérêt. Disons qu'ils étaient les porte-parole bien fidèles de certains lobbys", affirme un eurodéputé sous couvert d'anonymat.

 

 

 

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Les eurodéputés siègent au Parlement européen à Strasbourg (Bas-Rhin), le 16 avril 2019. (MAXPPP)

 

 

 

Lorsque les lobbys ne parviennent pas à convaincre les eurodéputés, certains adoptent des méthodes plus radicales. C'est ce qui s'est passé avec la directive sur le droit d'auteur, adoptée en mars 2019. "J'ai reçu 100 000 mails de groupes libertariens, c'est une pression inadmissible, dénonce un eurodéputé. On a même eu des menaces plus moins voilées. Il a fallu que l'on fasse bloquer la boîte mail du Parlement."

 

 

Sylvie Guillaume en a également fait l'expérience : "Moi, j'ai reçu 80 000 mails de copier-coller dont beaucoup venaient des Etats-Unis, c'était infernalCe n'est pas une contribution à la réflexion mais du matraquage qui produit l'efferse inverse de celui recherché." Younous Omarjee a lui bataillé pour l'interdiction du glyphosate et a notamment siégé dans la commission sur la procédure d'autorisation des pesticides : "C'était assez rude. Dès que je postais quelque chose sur Twitter, j'étais envahi par les trolls de Monsanto." Des techniques condamnées par les lobbys inscrits au registre qu'ils qualifient de "contre-productives".

 

 

 

"Les boîtes de conseil tournent à plein régime"

En ce moment, le travail des groupes d'intérêt se concentre plutôt sur les élections européennes"C'est un sujet majeur. Selon les gens qui sont élus, les lobbyistes ne vont pas avoir les mêmes interlocuteurs, relève Martin Pigeon. Toutes les boîtes de conseil tournent à plein régime pour analyser, faire des hypothèses et des projections."

 

 

C'est ce que fait notamment Stéphane Desselas en ayant une veille très soutenue sur le sujet. "Ce qu'attendent nos clients, c'est de savoir à quoi ressemblera le nouveau Parlement ? Quels seront les rapports de force ? Est-ce que la stratégie d'Emmanuel Macron de constituer un groupe libéral fonctionnera ?", liste-t-il, indiquant qu'il transmet ses analyses à ses clients par e-mail. Pour autant, ce lobbyiste ne contacte pas directement les candidats : "On fait un travail d'information ; il n'est pas très efficace de les contacter à ce stade."

 

 

De fait, toutes les équipes de campagne que nous avons contactées assurent ne pas être assaillies de demandes. Elles reçoivent bien cependant les traditionnelles sollicitations, comme à chaque campagne, d'associations, d'ONG ou de divers groupes. "C'est comme tout type de campagne, ces groupes nous soumettent des questionnaires ou des réflexions", assure Philippe Vardon, directeur de la communication du Rassemblement national pour les européennes. "Je n'ai rien noté de différent par rapport aux autres élections", complète Bastien Lachaud, directeur de la campagne des européennes de La France insoumise. "Ils n'ennuient pas les candidats qui, eux, ont envie de faire campagne", analyse-t-on du côté des Républicains. Mais, le parti de Laurent Wauquiez n'est pas naïf : "Ces groupes vont surtout revenir très rapidement une fois les députés élus."

 


16/05/2019
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Franceinfo - le lundi 13 mai 2019

 

 

Financement, réglementation, influence… Toutes les questions que vous vous posez sur le lobby au niveau européen

 

 

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Noémie BonninRadio France

 

 

 

Les lobbies font partie du fonctionnement des institutions européennes. Entreprises, ONG, groupements professionnels… Qui fait du lobbying, de quelle manière, avec quel budget ?

 

 

 

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Le Parlement européen à Bruxelles.  (NOEMIE BONNIN / RADIO FRANCE)

 

 

 

Les lobbies sont souvent pointés du doigt : trop puissants, pas assez transparents, trop proches des élus… Lobby du tabac, des pesticides, de l’industrie automobile : les institutions européennes sont-elles à leur solde ? Quelle est la part de fantasme, quelle est la part de réalité ? Budget, rôle, pouvoir : franceinfo vous explique comment un lobby peut intervenir à Bruxelles et Strasbourg et selon quelles règles.

 

 

 

D'abord, c’est quoi un lobby ?

Un lobby regroupe un type d’organisation assez divers : cela peut être une entreprise privée, un groupement d’entreprises, mais aussi un organisme public, ou une association, une ONG. Son objectif est de peser sur les prises de décisions des députés, des commissaires européennes et de leurs collaborateurs. Pour cela, le lobbyiste va contacter la personne "cible", lui proposer un rendez-vous, lui envoyer des rapports, discuter avec lui et lui expliquer son point de vue. Les élus se servent de ces entretiens pour se faire une idée globale sur un sujet : par exemple, un député qui travaille sur le glyphosate peut recevoir les représentants des agriculteurs, les entreprises de pesticides, les ONG, les associations de consommateurs… L’action des lobbies peut aussi se faire par des envois d’amendements prêts à l’emploi, des campagnes d’influence sur les réseaux sociaux ou des publicités ciblées.

 

 

"La forme d'action varie et toutes les formes d'action ne sont pas problématiques, explique à franceinfo la députée socialiste Christine Revault d'Allonnes-Bonnefoy. Je n'ai aucun souci avec les prises de rendez-vous sur des dossiers que nous suivons quand cela est fait dans la transparence. Mais il y a des méthodes plus problématiques : des appels répétitifs et des mails répétitifs à votre bureau parlementaire, par exemple, ou certains représentants qui viennent directement frapper à la porte de votre bureau parlementaire sans préalablement vous avertir."

 

 

 

Existe-t-il des règles qui encadrent le lobbying ?

L’encadrement du lobbying au niveau européen a beaucoup évolué ces dernières années. La législation s'est renforcée. Depuis 2011, les lobbies doivent s’inscrire dans un registre officiel, géré conjointement par le Parlement européen et la Commission européenne. De nombreuses informations y sont renseignées : thèmes défendus, budget, nombre d’employés, nombre d’accrédités… Ce registre est en accès libre sur internet. Cette inscription permet d’être accrédité pour rentrer dans les locaux des institutions. Mais des rendez-vous en dehors des locaux restent évidemment possibles. Toute personne peut également rentrer sans accréditation, sur invitation d’un député.

 

 

Deux codes de conduite existent également, l'un à destination des élus – annexé au règlement intérieur du Parlement européen – et l'autre des lobbies, qui doivent le signer lorsqu’ils s’inscrivent dans le registre de la transparence. Il y est écrit que les lobbies ne doivent pas obtenir ou essayer d’obtenir des informations ou des décisions "d'une manière malhonnête" ou en "recourant à une pression abusive ou à un comportement inapproprié", une formulation qui reste assez vague.

 

 

Les règles ne sont pas les mêmes pour toutes les institutions. La Commission est la plus avancée en matière de transparence : en plus du registre, les commissaires et les directeurs de cabinets doivent rendre publiques leurs rencontres avec les lobbies. Une récente décision (janvier 2019) propose également cette publication des rendez-vous au Parlement européen (pour les présidents de commissions thématiques et les rapporteurs, notamment). Les règles sont bien moins avancées en ce qui concerne le Conseil de l’Union européenne (qui réunit les ministres nationaux de chaque pays de l’UE, en fonction des domaines politiques traités). Le lobbying s’y fait de manière beaucoup plus opaque.

De nombreux élus regrettent par ailleurs qu'il n'existe aucune obligation de transparence quant à l'origine précise des financements des lobbies.

 

 

 

Que risquent les lobbies s'ils ne respectent pas ces règles ?

Si un lobby fait une fausse déclaration, il peut être banni du registre, les lobbyistes concernés ne pourront plus rencontrer les élus. S’ils ignorent une convocation à une audition, une réunion de commission ou s'ils refusent de coopérer avec une commission d'enquête, ils peuvent également se voir retirer leurs accréditations.

 

 

Encore très rare, cette règle a été adoptée après le refus de plusieurs organisations (AB InBev, Amazon EU, Barclays Group, Fiat Chrysler Automobiles, Google, HSBC Bank, Ikea, McDonalds and The Coca-Cola Company) de participer à une audition de la commission spéciale "Taxe" sur la lutte contre l’évasion fiscale et les paradis fiscaux. Selon l’eurodéputée Sylvie Guillaume, elle pourrait très prochainement s’appliquer au cas d’ExxonMobil, qui a refusé dernièrement de participer à une audition des commissions des Pétitions et de l’Environnement.

 

 

En septembre 2017, les députés européens ont retiré aux lobbyistes de Monsanto leur droit d’accès au Parlement. Cette décision fait suite au refus du géant américain de l’agrochimie, désormais filiale du groupe allemand Bayer, de participer à une audience sur les soupçons d’ingérence dans les recherches autour du glyphosate.

 

 

Mais plusieurs observateurs et associations regrettent qu’il n’existe aucun moyen de vérifier le système et les déclarations des lobbies. Transparency International, notamment, milite pour la création d’une haute autorité indépendante (comme, en France, la Haute autorité pour la transparence de la vie publique), capable de vérifier et sanctionner. À propos des lobbies, mais aussi des potentiels conflits d'intérêts des députés. Si un élu ne respecte par le code de conduite, il peut aussi être sanctionné.

 

 

 

Est-ce que les lobbies sont nombreux ?

Au 1er janvier 2019, près de 25 000 personnes travaillaient pour les lobbies européens (24 829 équivalents temps plein plus précisément). Près de 12 000 organisations (11 868) s’étaient inscrites officiellement dans le "registre de transparence" de l’Union européenne (voir la partie sur la réglementation des lobbies). C’est cette inscription qui permet d’avoir une accréditation pour rentrer dans les locaux du Parlement européen ou de la Commission. Mais tous les lobbies ne sont pas enregistrés officiellement, il est alors très difficile de savoir combien ils sont en tout, en comptant les non-enregistrés.

 

 

Par ailleurs, il existe de grosses disparités dans les nationalités des lobbies. Le pays qui en réunit le plus est la Belgique, avec 2187 organisations, mais il faut relativiser ce chiffre : de nombreux lobbies ne sont pas forcément belges à l’origine, mais sont installés à Bruxelles pour être au plus près des institutions européennes. Ensuite, le nombre de lobbies dépendent de l’importance du pays, en termes de richesse, de nombre d’habitants, etc. Ainsi, 1 506 lobbies sont Allemands, 1 116 Français, 836 Italiens, quand 102 sont Roumains et 38 Lettons. Tous les lobbies ne viennent pas d’États de l’Union européenne : tous types d’organisations, de tous types de pays peuvent défendre leurs intérêts. La Chine a 9 lobbies enregistrés, la Russie 11, les États-Unis 395.

 

 

 

C'est quoi, le poids de lobbies ?

Il est assez difficile de mesurer précisément l’importance des lobbies. Ce qui est certain, c’est que leur nombre, leurs budgets, leurs effectifs sont en constante augmentation. Ils étaient 306 lobbies en 2008 (prémices de l’encadrement des lobbies), 11 868 aujourd’hui.

 

 

Tous les eurodéputés ne sont pas d’accord sur le poids des lobbies. Une partie d’entre eux dénoncent un pouvoir trop important. "Personnellement, je suis effrayée par le poids des lobbies industriels autour des agences européennes d’évaluation et de contrôle sanitaires, estime l'eurodéputée écologiste Michèle Rivasi. Les experts en situation de conflit d'intérêts sont souvent victimes du syndrome du conducteur aviné qui, tout en ayant bu, pense pouvoir conduire en niant l'influence exercée par l'alcool sur sa conduite".

 

 

"Les lobbies ont beaucoup trop de poids, juge également le député communiste Patrick Le Hyaric. 1,5 milliard d’euros sont investis en dépense de lobbying chaque année à Bruxelles, dont une part écrasante pour défendre les intérêts industriels et financiers, ce qui place l’Europe à la seconde place après Washington. Ces activités tordent la pratique démocratique en faisant primer des intérêts minoritaires sur l’intérêt général."

 

 

 

Les lobbies envoient-ils des cadeaux aux élus ?

C’est une pratique censée être interdite par le code de conduite. Mais ce type de dons existe encore. Cela peut aller à de petits objets (comme des livres par exemple) à des déplacements financés. Le député est seul à décider de l’intérêt du déplacement vis-à-vis du dossier étudié. Ainsi, Edouard Martin (PS) explique à franceinfo avoir refusé, au cours de son mandat, un voyage aux États-Unis pour visiter un parc photovoltaïque. "C’était une semaine entière tous frais payés, j’ai refusé". "J’ai souvenir d’un chargeur de téléphone, que j’ai déclaré, explique de son côté la vice-présidente du Parlement, Sylvie Guillaume. Des invitations pour des repas de travail ou cocktails, des invitations à des projections de films, arrivent, mais libre à chacun de les décliner, c’est le cas pour ma part."

 

 

Pendant le débat sur la directive droit d'auteurs, un lobby qui militait contre a offert aux députés la possibilité de venir manifester devant le Parlement européen en finançant le coût du transport et de l'hébergement, raconte à franceinfo l'eurodéputée Pervenche Bérès. "Vous pouviez recevoir 350 euros pour venir au Parlement, et 50 euros par nuit", décrit-elle. "Il y a 25 ans, il y avait des formes presque plus visibles de lobbying. Je m'en souviens très bien. À Noël, on recevait des bouteilles de champagne, des caisses de vin, des boîtes de chocolat, ça ça n'existe plus", affirme Pervenche Bérès.

 

 

 

Quel est le budget des lobbies ?

Chaque lobby a son propre budget. Il doit le déclarer dans le registre de transparence. Le Conseil européen de l'industrie chimique (European Chemical Industry Council), qui est la principale association professionnelle de l’industrie chimique, est l’organisation qui dépense aujourd’hui le plus d’argent pour ses actions de lobbying, avec 12 millions d’euros annuel. Elle organise de nombreux événements pour ses membres.

 

 

Si l’on compare uniquement les groupes privés, l’association professionnelle de l’industrie chimique arrive toujours en première position, la fédération européenne des assurances en deuxième et Google en troisième. Ces budgets sont des chiffres en valeur absolue, mais il est aussi intéressant de noter les plus grosses augmentations. Par exemple, Google a consacré au lobbying européen plus de 6 millions d’euros en 2017, soit 10 fois plus qu’en 2011 (600 000 euros). Facebook est passé de 150 000 euros de budget en 2011 à plus de 3,5 millions d’euros en 2018. C’est le signe de l’importance croissante que prend la réglementation européenne dans les affaires des Gafa.

 

 

Si ces montants sont déclarés, leur utilisation ne n’est pas. Ce budget couvre les salaires des employés, le paiement des locaux, les dépenses courantes (de type téléphone, internet, etc.), les opérations de communication, les événements divers… Uniquement auprès des institutions européennes, mais ces sommes ne comprennent pas les actions de lobbying à l’intérieur des États membres, auprès des gouvernements nationaux. Enfin, ces montants sont basés sur les déclarations des organisations et il n’existe aucun dispositif de vérification.

 

 

 

Quels sont les lobbies les plus puissants ?

Tout dépend de quel critère l’on regarde. L’une des indications publiques qui peut servir est le nombre de réunions déclarées avec les membres de la Commission européenne (et leurs entourages). À ce niveau, c’est Google qui remporte la palme, avec 218 rendez-vous enregistrés depuis décembre 2014. Business Europe (association patronale européenne, qui regroupe les syndicats patronaux nationaux, comme le Medef pour la France) arrive en seconde position avec 215 rendez-vous, puis le Bureau européen des unions de consommateurs (fédération d’associations de consommateurs issues des pays européens), avec 149 réunions.

 

 

Par ailleurs, les entreprises ou les industries ne sont pas les seules à être défendues par des lobbies. Si la catégorie la plus fournie (selon la classification du registre de la transparence) est bien celle des groupements professionnels et des associations syndicales et professionnelles (6 000 entités), de très nombreux lobbies sont des ONG (3 141 entités). Il y a également des cabinets de consultants et d’avocats (1 126), des groupes de réflexion, organismes de recherche et institutions académiques (913), des organisations représentant des autorités locales, régionales et municipales (576) et des organisations représentants des communautés religieuses (51). Enfin, les lobbies existe dans tous les domaines : sport, culture, aide humanitaire, santé…

 

 

 

Est-ce que les lobbies existent auprès de toutes les institutions européennes ?

Oui. Les lobbies travaillent au Parlement européen, à la Commission européenne et au Conseil de l’Union européenne. Mais les règles ne sont en revanche pas les mêmes d’une institution à l’autre. La Commission est la plus avancée en matière de transparence, mais il y a plus de réticences au Parlement et encore plus au Conseil de l’Union européenne.

 

 

À ce propos, l’Observatoire européen des multinationales (Corporate Europe Observatory) a publié en février 2019 un rapport qui dénonce l’opacité des prises de décisions au sein de ce Conseil de l’Union européenne. "Trop d’États membres, sur trop de sujets, sont des États capturés, qui permettent aux intérêts privés d’influencer négativement leurs décisions sur les dossiers européens. Au lieu d’agir pour l’intérêt public de leurs propres citoyens et de ceux de l’UE tout entière, ils sont devenus des véhicules de l’influence des multinationales", est-il écrit dans ce rapport.

 

 

 

Les lobbies sont-ils les ennemis des élus ?

Tout le monde n’a pas le même avis à propos des lobbies. Si certains eurodéputés dénoncent leur pouvoir et leur action, d’autres affirment qu’ils sont utiles et nécessaires à la vie démocratique, en contribuant à nourrir leurs réflexions dans des dossiers parfois complexes. "Les lobbies sont là pour apporter un éclairage, les députés sont là pour les écouter pour ensuite se former une opinion en leur âme et conscience, pas l'inverse", juge par exemple l’eurodéputé Thierry Cornillet, du mouvement radical. "Écouter ne veut pas dire 'acheter' tous les arguments."

 

 

L’eurodéputée socialiste Pervenche Bérès compare ainsi les lobbies avec le cholestérol : "Il y a le bon et le mauvais, juge-t-elle. Tous les intérêts doivent être représentés, mais le problème, c'est que les stratégies modernes de communication, le développent d'internet a démultiplié les moyens de ces lobbies." Plusieurs autres députés font clairement la différence entre les types de lobbies : les industriels d’une part, qui défendent des intérêts privés, et les ONG et collectifs citoyens d’autre part, qui défendent des intérêts collectifs. Le déséquilibre des budgets entre les uns et les autres est également pointé du doigt.

 

 

Parfois, la relation entre élus et lobbyistes tourne au vinaigre. Ainsi, le tribunal de l'Union européenne a annulé en mars 2019 des décisions de l'Agence européenne de la sécurité des aliments (EFSA), qui avait refusé la demande de députés européens d'accéder à une partie des études non publiées sur les risques de cancer liés au glyphosate. La décision a été qualifiée de "victoire historique" par Michèle Rivasi. Selon elle, "les lobbys industriels nous mènent une guerre que nous ne voulons voir".

 

 

En 2013, des documents confidentiels révélés par la presse ont montré que le cigarettier Philip Morris fichait les eurodéputés, en fonction de leur sensibilité sur la question du tabac et de leur capacité à défendre les intérêts de l’industrie du tabac.

 

 

 

Est-ce que les lobbies écrivent eux-mêmes les lois ?

Ce sont théoriquement les équipes des députés qui écrivent les lois et leurs amendements. Mais il arrive que des paragraphes entiers, rédigés par les lobbies, se retrouvent dans les textes législatifs. "Oui, bien évidemment, la capture scientifique et réglementaire des lobbies met en péril notre démocratie et sape notre pacte républicain, la saga du glyphosate l’atteste", explique à franceinfo Michèle Rivasi.

 

 

Par ailleurs, certains élus assument le fait de reprendre les propositions de certains lobbies, s’ils estiment que ces mesures vont dans le bon sens. "Cela n'arrive pas souvent, mais cela arrive que des députés recopient mot pour mot des paragraphes écrits par des lobbies, ce que je n'ai jamais fait, confie à franceinfo l'eurodéputée Christine Revault d'Allonnes-Bonnefoy. C'est un problème car ce n'est pas transparent et ce n'est pas leur rôle de réécrire les législations. Ils sont utiles pour exposer un point de vue et il est ensuite du devoir des législateurs d'écouter, de prendre en compte les points de vue de chacun et d'écrire la loi pour qu'elle profite à l'ensemble de la société."

 

 

"Il est possible que des députés copient-collent certains amendements qui leur sont suggérés par des lobbies (qu’il s’agisse d’organisation à but lucratif comme non lucratif) mais aussi par les représentations permanentes des États membres qui sont une source d’influence à ne pas négliger", explique pour sa part Sylvie Guillaume.

 

 

 

Mais alors, est-ce que les lobbies mentent ?

Certains députés regrettent que, parfois, les lobbies s’arrangent avec la réalité. "Ils franchissent parfois la frontière de la légalité lorsqu’ils manipulent la science, les évaluations de leurs produits", affirme par exemple Michèle Rivasi.

 

 

"Il y a trois ans, quand on travaillait sur les émissions de CO2 et le principe de pollueur-payeur, le lobbyiste des cimentiers européens a organisé des sauteries à tout va, des apéros, des déjeuners, des dîners... Ils invitaient les députés par dizaines, raconte e à franceinfo Edouard Martin (PS). Leur représentant nous disait que si la mesure passait, des sites de production seraient délocalisés en dehors de l’UE. C’est ridicule ! Malheureusement des députés l’ont cru. Je trouve certains de mes collègues naïfs, voire complices."

 

 

Plus récemment, certains élus ont dénoncé des mensonges partagés par les géants du numérique, en plein débat sur la directive droits d'auteurs. "Les Gafa ont beaucoup colporté d'arguments mensongers pour faire peur, en expliquant qu'avec la directive, on allait censurer Internet, on allait filtrer tout ce qui allait être chargé par les utilisateurs sur les plateformes, précise à franceinfo l'eurodéputée Virginie Rozière. Ce sont des arguments faux, mais simples, simplistes et mensongers mais qui marchent. YouTube a pris parti publiquement à l'automne 2018, en mentant avec ces arguments-là."

 


16/05/2019
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Franceinfo - le samedi 4 mai 2019

 

 

Principaux candidats, programme... On vous en dit plus sur les 33 listes en lice pour les européennes

 

 

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Les différents partis et mouvements avaient jusqu'à vendredi à 18 heures pour déposer une liste complète comportant 79 noms

 

 

 

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Le Parlement européen le 24 avril 2019 à Bruxelles. (DURSUN AYDEMIR / ANADOLU AGENCY/ AFP)

 

 

 

Le gong a sonné. Pour les élections européennes du 26 mai, les listes devaient être déposées au plus tard vendredi 3 mai à 18 heures, avec 79 noms, soit le nombre de sièges attribués à la France dans le nouveau Parlement européen. Autre obligation, la stricte alternance hommes-femmes pour respecter la parité.

 

 

Les listes retenues ont été publiées au Journal officiel, samedi. La campagne officielle sera, elle, lancée le 13 mai. Au total, les partis généralement testés dans les sondages représentent une petite quinzaine de listes. Par ailleurs, trois listes sont issues du mouvement des "gilets jaunes". Les voici dans l'ordre du tirage au sort.

 

 

 

La liste France insoumise

Elle est dirigée par Manon Aubry, 29 ans, ancienne porte-parole de l'ONG Oxfam France sur les questions de lutte contre l'évasion fiscale et les inégalités. Lui succèdent dans l'ordre Manuel Bompard, 33 ans, ancien directeur de campagne de Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle de 2017, puis Leila Chaibi, 36 ans, responsable de la vie associative à la mairie de Stains (Seine-Saint-Denis). Les députés européens sortants, Younous Omarjee, 49 ans et Emmanuel Maurel, 45 ans, transfuge du PS, figurent respectivement en quatrième et sixième position. Presque à la toute fin, donc en position volontairement inéligible, Jean-Luc Mélenchon prend la 78e place.

 

 

 

La liste Une France royale au cœur de l'Europe

Cette liste est emmenée par Robert de Prévoisin, 73 ans, secrétaire général du parti Alliance royale, créé en 2001. En 2017, il avait annoncé sa candidature à la présidentielle française, mais avait échoué à rassembler les 500 parrainages nécessaires pour participer au scrutin. Sa numéro 2 est Solange Heisdorf-Strimon, journaliste. Cette liste royaliste se déclare "contre l'Union européenne".

 

 

 

La liste La Ligne claire

Cette liste d'extrême droite est menée par Renaud Camus, 72 ans, chantre de la thèse du "grand remplacement". La numéro 2 de sa liste est Fiorina Lignier, 20 ans, étudiante en philosophie, qui a perdu un œil dans une manifestation des "gilets jaunes", le 8 décembre 2018. Des militants identitaires avaient lancé une cagnotte et récolté 50 000 euros pour aider la jeune femme. En 3e position, on retrouve Karim Ouchikh, président du micro-parti identitaire Souveraineté, identités et libertés (Siel). La Ligne claire, parti anti-immigration, ne souhaite pas que la France quitte l'Europe, mais qu'elle s'en "empare" pour "la libérer".

 

 

 

La liste Parti pirate

Le Parti pirate, fondé en 2006, est emmené par Florie Marie, 31 ans, cheffe de cabinet à la mairie de Schiltigheim (Bas-Rhin). Le numéro 2 est Cédric Levieux, développeur. La formation qui compte environ 300 adhérents, au programme axé sur le numérique, mais politiquement proche des Verts, avait obtenu 0,2% des voix aux européennes de 2014.

 

 

 

La liste La République en marche

La liste de la République en marche a pris le nom de Renaissance. Elle est conduite par l'ancienne ministre des Affaires européennes Nathalie Loiseau, 54 ans, suivie de Pascal Canfin, 44 ans, ex-EELV et ancien directeur général de WWF France, et en troisième position Marie-Pierre Vedrenne, 36 ans, juriste et directrice de la Maison de l’Europe à Rennes. Parmi les personnalités issues de la société civile, la navigatrice Catherine Chabaud (en cinquième position), l'ancien journaliste de France Inter Bernard Guetta (en huitième position) et, à l'avant-dernière place, l'avocat Jean Veil, fils de Simone Veil.

 

 

 

La liste Démocratie représentative

Elle a pour tête de liste Hadama Traoré (orthographié Hamada Traoré dans le Journal officiel) suivi par Sonia Airouche et Cosimo Lisi. Démocratie représentative est la branche politique du mouvement citoyen baptisé "La révolution est en marche", né à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis). Sur Facebook, le mouvement affiche sa volonté de "créer une passerelle entre la banlieue et les gilets jaunes".

 

 

 

La liste Ensemble patriotes et gilets jaunes

Son nom complet est "Ensemble patriotes et gilets jaunes : pour la France, sortons de l'Union européenne !". Elle est conduite par Florian Philippot, ancien-vice président du Front national qui a quitté le parti de Marine Le Pen pour fonder son propre mouvement, Les Patriotes. Il a embarqué un "gilet jaune" de l'Indre, Jean-François Barnaba (numéro 9), qui dit avoir renoncé à constituer sa propre liste pour raisons financières. On trouve aussi dans la liste l'acteur Franck de Lapersonne (en 7e position).

 

 

 

La liste Parti des citoyens européens

La liste Pace, pour Parti des citoyens européens, est menée par Audric Alexandre, candidat aux législatives à Arras (Pas-de-Calais) en 2017. La numéro 2 est Carine Greusard, attachée de presse du parti et enseignante de français langue étrangère et d'allemand. En troisième position, Philippe Mazuel, cofondateur du mouvement. Le Pace milite pour une fédération européenne et une union plus solidaire et sociale.

 

 

 

La liste Urgence écologie

Le philosophe et enseignant à l'Université de Lausanne Dominique Bourg, 65 ans, en a pris la tête, suivi d'une cadre administrative hospitalière à la retraite, Francine Herbaut-Dauptain, puis de l'ingénieur toulousain Pierre-Louis Vernhes. De la 77e à la 79e place figurent dans l'ordre : un député de Haute-Garonne Sébastien Nadot, qui a quitté La République en marche, la députée des Deux-Sèvres Delphine Batho, et l'ancien député européen Antoine Waechter.

 

 

 

La Liste de la reconquête

A la tête de cette liste, le trentenaire Vincent Vauclin, qui dirige le groupuscule d'ultradroite la Dissidence française. Il est suivi de Nicole Mina, 69 ans, conseillère régionale d'Occitanie sous l'étiquette du Rassemblement national et de Damien Lenoir, conseiller municipal au Havre, qui a claqué la porte du parti de Marine Le Pen en 2018 pour rejoindre la Dissidence française.

 

 

 

La liste Les Européens

Cette liste de centre-droit baptisée "UDI-Les Européens" est dirigée par le député de Seine-Saint-Denis et ancien maire de Drancy Jean-Christophe Lagarde, 51 ans. Il est suivi de l'ancienne ministre de Nicolas Sarkozy Nora Berra, 56 ans, et du maire de Chamalières (Piy-de-Dôme) Louis Giscard d'Estaing, 60 ans, fils de l'ancien président de la République. Les deux derniers de liste sont deux anciens ministres de Nicolas Sarkozy, la vice-présidente du Sénat, Valérie Létard, 56 ans, et le sénateur du haut-Rhin Jean-Marie Bockel, 68 ans.

 

 

 

La liste Envie d'Europe

Emmenée par le fondateur du mouvement citoyen Place publique, l'essayiste Raphaël Glucksmann, 39 ans, cette liste baptisée "Envie d'Europe écologique et sociale" compte en deuxième et troisième place les eurodéputés sortants PS Sylvie Guillaume, 56 ans, et Eric Andrieu, 59 ans. Viennent ensuite une transfuge du mouvement Génération.s, l'économiste Aurore Lalucq, 40 ans, puis le fondateur du mouvement Nouvelle Donne Pierre Larrouturou, 54 ans, en cinquième position.

 

 

 

La liste Parti fédéraliste européen

La liste du Parti fédéraliste européen (PFE) est menée par son président, Yves Gernigon, 53 ans, suivi de Soumaya Nazaf, enseignante à Arras (Pas-de-Calais) et de Jean-Jacques Page, vice-président du PFE.

 

 

 

La liste Mouvement pour l'initiative citoyenne

La liste est emmenée par Gilles Helgen, chef d'entreprise à Rennes, "premier tiré au sort" et qui "a accepté d'être tête de liste", explique le Mouvement pour l'initiative citoyenne. Il est suivi de Clara Egger, professeure assistante de sciences politiques. La liste est issue du mouvement des "gilets jaunes", en épouse plusieurs revendications, mais ne mentionne pas les chasubles fluo sur son site internet. La liste revendique notamment le référendum d'initiative citoyenne (RIC). 

 

 

 

La liste Debout la France

La liste s'intitule "le courage de défendre les Français avec Nicolas Dupont-Aignan. Debout la France !". Elle est emmenée par le président de Debout la France et député de l'Essonne Nicolas Dupont-Aignan, qui a pris pour numéro deux de la liste Stéphanie Gibaud. Cet ex-communicante d'UBS a contribué à lancer l'alerte sur les comptes cachés de contribuables français dans cette banque suisse. En 4e position figure l'ancienne députée Les Républicains Marie-Jo Zimmermann, 68 ans, puis, plus loin, le "gilet jaune" toulousain Benjamin Cauchy, 39 ans.

 

 

 

La liste Allons enfants

C'est le "parti de la jeunesse", composé uniquement de moins de 30 ans. Sa tête de liste, Sophie Caillaud, a 22 ans et termine ses études à Sciences Po. Son numéro 2, Paul de Béon, a 23 ans et travaille pour des centres commerciaux. Athénaïs Michel, 20 ans, est étudiante en droit. Les membres de Allons enfants sont des "étudiants et jeunes actifs de moins de 30 ans" et militent pour une Europe "solidaire et durable".

 

 

 

La liste Décroissance 2019

Thérèse Delfel, enseignante de formation, est en tête de la liste anticapitaliste Décroissance 2019, qui prône l'organisation d'une "décroissance de l'empreinte écologique globale tout en augmentant la résistance de la société". Elle a pour numéro 2 Lionel Chambrot, candidat des Décroissants aux législatives de 2017 en Meurthe-et-Moselle, suivi de Flora Sallembien.

 

 

 

La liste Lutte ouvrière

Elle est menée par la porte-parole du parti, Nathalie Arthaud, 49 ans, suivie de Jean-Pierre Mercier, ouvrier dans l'automobile et délégué CGT du groupe PSA , et de Ghislaine Joachim-Arnaud, technicienne de laboratoire et également syndicaliste CGT. En 79e position, on repère le nom de l'ancienne candidate à la présidentielle et figure historique du parti, Arlette Laguiller, 79 ans.

 

 

 

La liste Pour l'Europe des gens contre l'Europe de l'argent

Elle a pour tête de liste l'adjoint communiste à la mairie de Paris en charge du logement Ian Brossat, 38 ans, suivi de Marie-Hélène Bourlard, 61 ans, ouvrière textile et "figure du documentaire Merci Patron !", est-il précisé sur le site de campagne. Le député européen sortant et président et directeur du groupe L’Humanité, Patrick Le Hyaric, 62 ans, clôt le trio. A la 31e place se trouve le syndicaliste CGT d'Ascoval, Nacim Bardi, 42 ans. En 78e position enfin, la résistante Odette Nilès, 95 ans, qui fut emprisonnée avec Guy Môquet (militant communiste fusillé à 17 ans dans la France occupée). Et, à la dernière place, le député André Chassaigne, 68 ans.

 

 

 

La liste Ensemble pour le Frexit

C'est le président de l'UPR François Asselineau, très populaire chez les "gilets jaunes", qui prend la tête de cette liste baptisée "Ensemble pour le Frexit". A ses côtés, Zamane Ziouane et Vincent Brousseau, en charge des questions monétaires au sein de l'UPR.

 

 

 

La liste Génération.s

Le numéro un de la liste baptisée "liste citoyenne du printemps européen" n'est autre que Benoît Hamon, 51 ans, ancien ministre, ex-député et fondateur de ce mouvement issu d'une fracture du PS. Il est suivi, en deuxième position, de la doctorante en droit et championne de kick-boxing et de karaté, Sarah Soilihi, 26 ans, puis, en troisième et quatrième positions, les députés européens sortants ex-PS, Guillaume Balas, 46 ans, et Isabelle Thomas, 57 ans. A la dernière et 79e place, l'ancien syndicaliste de Florange (Moselle), Edouard Martin, député européen sortant.

 

 

 

La liste A voix égales

Nathalie Tomasini, ancienne avocate de Jacqueline Sauvage, se lance dans les européennes, en tête d'une liste qui entend défendre les droits des femmes. Y figure en deuxième place le psychanalyste et ancien élu des Hauts-de-Seine Rodolphe Oppenheimer. Nathalie Tomasini s'est également entourée de victimes de violences familiales, d'artistes, d'avocats, de journalistes, détaille LCI.

 

 

 

La liste Rassemblement national

La tête de la liste Prenez le pouvoir est le conseiller régional Rassemblement national d'Ile-de-France, Jordan Bardella, 23 ans. Il précède Hélène Laporte, une ancienne banquière de 40 ans, conseillère régionale en Nouvelle Aquitaine, et le transfuge des Républicains, ex-député et ancien ministre des Transports Thierry Mariani, 60 ans. Parmi les députés européens sortants du parti, se représentent, entre autres, Dominique Bilde, 65 ans (en 4e position), Joëlle Mélin, 69 ans, (6e), Nicolas Bay, 41 ans (7e). La présidente du parti et députée du Pas-de-Calais, Marine Le Pen, 50 ans, figure à la 78e place. 

 

 

 

La liste Neutre et actif

Cette liste est emmenée par Cathy Corbet, suivie de Tony Lecoeuche et Elise Bulcke.

 

 

 

La liste Parti révolutionnaire-Communistes

C'est une liste emmenée par Antonio Sanchez, secrétaire national du mouvement Communistes, issu d'une scission du PCF. Sa numéro 2 est Aline Pornet, et le numéro 3 est Olivier Terrien.

 

 

 

La liste Espéranto

La liste "Espéranto, langue commune équitable pour l'Europe" est menée par Pierre Dieumegard, président de la section France de ce mouvement européen qui prône une "démocratie linguistique". Il a pour numéro 2 Laure Patas d'Illiers, chargée de mission au ministère des Finances et pour numéro 3, Philippe Chavignon.

 

 

 

La liste Evolution citoyenne

Christophe Chalençon, une des personnalités médiatisées du mouvement des "gilets jaunes", a déposé au ministère de l'Intérieur sa liste Evolution citoyenne, dont il a publié la composition sur son compte Facebook. Il figure en première position. Cette liste, a-t-il assuré, n'est "pas une liste 'gilets jaunes'" mais est entièrement composée de personnes "issues de la société civile", un "panel de citoyens de gauche à droite". 

 

 

 

La liste Alliance jaune

La liste Alliance jaune est emmenée par le chanteur Francis Lalanne. Jérémy Clément, meneur du RIC, sera numéro trois de la liste, derrière Sophia Albert-Salmeron, avocate à Sorgues (Vaucluse) ayant défendu plusieurs "gilets jaunes", précise Le Monde.

 

 

 

La liste Union de la droite et du centre

C'est la liste des Républicains. Elle est menée par l'agrégé de philosophie et normalien François-Xavier Bellamy, 33 ans, suivi d'Agnès Evren, 48 ans, vice-présidente de la région Ile-de-France en charge de la culture, puis d'Arnaud Danjean, 48 ans, député européen LR sortant, spécialiste des questions de défense et de sécurité. Arrivent ensuite les anciens ministres sarkozystes Nadine Morano, 55 ans, et Brice Hortefeux, 60 ans. Autre fidèle de Nicolas Sarkozy, l'ancien directeur général de la police nationale, Frédéric Péchenard, 62 ans, prend place au neuvième rang de cette liste.

 

 

 

La liste Europe écologie

Un temps baptisée "Ensemble, sauvons le climat", la liste des écologistes au grand complet a été déposée mercredi 1er mai au ministère de l'Intérieur, a annoncé Yannick Jadot. Tête de liste, l'ancien directeur général des campagnes de Greenpeace, 51 ans, est suivi, dans l'ordre, par la députée européenne sortante Michèle Rivasi, 66 ans, puis par le maire de Grande-Synthe (Nord) Damien Carême, 58 ans, connu pour avoir installé un camp pour les réfugiés en partenariat avec Médecins sans frontières. En avant-dernière position, Eva Joly, 75 ans, magistrate connue pour sa lutte contre la corruption, clôt quasiment la liste.

 

 

 

La liste du Parti animaliste

Elle est conduite par l'avocate et cofondatrice du parti, Hélène Thouy, 34 ans, suivi d'Eddine Ariztegui, 31 ans, qui se présente comme responsable d'équipe dans le milieu associatif, puis de l'éditeur parisien Boris Durel, 31 ans. Figurent aussi sur cette liste la veuve de l'ancien Premier ministre Michel Rocard (1930-2016), Sylvie Rocard, 73 ans, et l'écrivain et chroniqueur de télévision de 70 ans Henry-Jean Servat.

 

 

 

La liste Les Oubliés de l'Europe

Ils sont "artisans, commerçants, professions libérales, indépendants" et se disent "oubliés de l'Europe". Cette liste est emmenée par Olivier Bidou, Safya Prêté et Christophe Zeller.

 

 

 

La liste Union démocratique pour la liberté égalité fraternité

La liste est menée par Christian Person, chef d'entreprise breton, Hinda Djeridi, naturopathe et Marouan Ahrouch, expert-comptable.

 

 


04/05/2019
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Franceinfo - le samedi 4 mai 2019

 

 

Brexit : Theresa May pressée de démissionner après la déroute du Parti conservateur aux élections locales

 

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

 

 

A l'issue de ce scrutin local, les Tories de la Première ministre, Theresa May, a perdu le contrôle de 1 269 élus

 

 

 

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Theresa May quitte sa résidence du 10 Downing Street à Londres, le 1er mai 2019.  (ALBERTO PEZZALI / NURPHOTO / AFP)

 

 

 

En pleine impasse sur le Brexit, les conservateurs au pouvoir au Royaume-Uni ont essuyé, vendredi 3 mai, des élections locales désastreuses, qui les ont vus enregistrer leurs pires résultats depuis vingt-quatre ans. A l'issue de ce scrutin local, le Parti conservateur de la Première ministre, Theresa May, a perdu le contrôle de 1 269 élus, soit plus d'un sur quatre. C'est une défaite cinglante pour le gouvernement  qui a été incapable d'obtenir l'adoption au Parlement d'un accord de Brexit. Or, face à la perspective d'une nouvelle déroute électorale aux européennes – qui se tiendront au Royaume-Uni en cas d'absence d'accord de divorce avant le 23 mai –, de nombreuses personnalités au sein des Tories ont de nouveau appelé Theresa May à démissionner.

 

 

 

"Qu'elle s'en aille"

"Le sentiment est quasiment général au sein des militants conservateurs et des candidats aux élections locales, il est temps qu'elle s'en aille", a ainsi déclaré le député Bernard Jenkin.

 

 

"Les électeurs sont vraiment, vraiment frustrés par rapport au Brexit", a déclaré de son côté la députée travailliste Lisa Nandy sur la BBC, jugeant ces résultats comme le signe d'une "perte de confiance dans le système politique dans son ensemble".

 

 

Dans son dernier rapport annuel publié en avril, la très sérieuse Hansard Society, un centre de recherche indépendant sur le Parlement, estimait que 43% des électeurs étaient désormais favorables à un "changement politique radical". Cet élan pourrait contribuer à la percée de nouvelles formations, au premier rang desquelles le Parti du Brexit du leader europhobe Nigel Farage, lors des élections européennes, si celles-ci devaient se tenir au Royaume-Uni.

 


04/05/2019
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Franceinfo - le samedi 4 mai 2019

 

 

Elections européennes : un record de 33 listes validées, 2 607 candidats en lice

 

 

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L'arrêté fixant les listes aux européennes est paru samedi au Journal officiel

 

 

 

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Des bulletins de vote dans une urne électorale dans le 14 arrondissement de Paris lors du second tour des élections législatives, le 18 juin 2017. (BENJAMIN CREMEL / AFP) 

 

 

 

Vaste choix pour les électeurs qui se rendront dans leurs bureaux de vote le 26 mai. Ils devront faire leur choix aux élections européennes parmi 33 listes, selon un arrêté publié samedi 4 mai au Journal officiel. Chaque liste comprend 79 candidats, c'est-à-dire le nombre de sièges qui seront attribués à la France dans l'hémicycle strasbourgeois. Au total, il y a donc 2 607 candidats français en lice. Après la diffusion des listes, ils se lanceront dans la campagne officielle à partir du lundi 13 mai.

 

 

De Lutte ouvrière au Rassemblement national, les formations politiques habituelles représentent à elles seules une petite quinzaine de listes, déjà régulièrement prises en compte par les instituts de sondage dans les enquêtes d'intentions de vote. Trois listes sont issues du mouvement social des "gilets jaunes". Deux d'entre elles y font clairement référence : Evolution citoyenne et Alliance jaune. Quant à la troisième, la liste Mouvement pour l'initiative citoyenne, elle reprend à son compte l'une des principales revendications du mouvement social, l'instauration d'un référendum d'initiative citoyenne (RIC) au niveau national et européen.

 

 

 

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Liste des partis en lice aux élections européennes. (capture d'écran)  (LEGIFRANCE)

 

 

 

Diverses "petites listes", représentant notamment des intérêts catégoriels ou locaux, sont également en lice. Les européennes ont en effet régulièrement offert par le passé de la visibilité à de petits partis ou mouvements plus ou moins structurés. En l'occurrence, plusieurs listes représentent des courants féministe, écologiste, ou encore royaliste. D'autres formations, comme le NPA, ou encore l'ancien candidat à la présidentielle 2017 Jean Lassalle, ont en revanche jeté l'éponge pour des raisons financières.

 


04/05/2019
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Franceinfo - le lundi 29 avril 2019

 

 

Législatives en Espagne : "Vox ne sera pas déterminant dans le prochain parlement"

 

 

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Le parti d'extrême-droite Vox, qui avait recueilli 0,2% des voix il y a trois ans franchit la barre des 10% dimanche aux élections législatives espagnoles, et devrait faire une entrée en force à la chambre des députés

 

 

 

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Le candidat aux élections législatives pour le parti Vox Santiago Abascal, le 28 avril 2019 à Madrid (Espagne). (OSCAR DEL POZO / AFP)

 

 

 

"L'ensemble de la droite espagnole est freinée dans sa dynamique et obtient, ce soir, un de ses plus mauvais résultats", estime dimanche 28 avril Benoît Pellistrandi, historien spécialiste de l’Espagne, après les premiers résultats des élections législatives espagnoles. 

 

 

Le Parti socialiste espagnol (PSOE) du président du gouvernement sortant, Pedro Sanchez, arrive largement en tête des élections législatives avec 29,8% des voix après dépouillement de 90% des bulletins, mais le parti d'extrême-droite Vox franchit la barre des 10%. "La chose nette qui apparaît, c'est que les extrêmes perdent et les centristes sont, au contraire, récompensés par les électeurs", a-t-il poursuivi.

 

 

 

franceinfo : Comment interprétez-vous cette entrée de l'extrême droite au parlement ?

 

 

Benoît Pellistrandi : C'est une entrée qui va surprendre et qui dérange. Mais les sondages prévoyaient jusqu'à 35 ou 40 sièges pour Vox donc c'est un succès en demi-teinte. Ce qui est très frappant, dans les résultats dont on dispose, c'est que les Espagnols ont majoritairement privilégié la voie modérée. Les socialistes sont largement en tête et les centristes obtiennent un excellent résultat puisqu'ils passent de 32 à 57 députés. Si bien que le virage à droite que Vox a imposé à l'ensemble de la campagne du bloc des droites n'a pas servi la dynamique de la droite et, au contraire, a renforcé le centre gauche et le centre droit. Contrairement à tous les pronostics, la seule majorité parlementaire viable serait une alliance entre les socialistes et les centristes. Mais les centristes ont refusé cette hypothèse pendant la campagne, il va falloir beaucoup négocier. Contrairement aux craintes de la gauche, Vox ne sera pas déterminant dans le prochain parlement : certes, ils y entrent et obtiennent 23 députés mais souvenez-vous, en 2015, Podemos (extrême gauche) était entré pour la première fois avec 69 élus. Idem pour Cuidadanos (centre) qui avait eu 40 sièges. Vox passe de 0 à 23 députés, c'est considérable mais ce n'est pas le même succès. L'ensemble de la droite espagnole est freiné dans sa dynamique et obtient, ce soir, un de ces plus mauvais résultats car le Parti populaire a son nombre de députés divisé par deux : il passe de 137 à 65.

 

 

 

Que nous dit le vote de dimanche : il y a un avant et un après ?

 

 

Il a une majorité d'Espagnols qui sont des électeurs modérés. La campagne a été extrêmement tendue. Il y a eu des insultes et des disqualifications très fermes vis-à-vis du président du gouvernement de la part de la droite. Or, les électeurs ont privilégié l'option centrale avec les socialistes, avec les centristes. Le recul de l'extrême gauche radicale Podemos est très sensible : ils passent de 70 à 35 sièges, de 21% à 11% des voix. On a l'impression que le gros de l'électorat espagnol entend décrisper la vie politique et veut des alliances, des coalitions. La chose nette qui apparaît, c'est que les extrêmes perdent et les centristes sont, au contraire, récompensés par les électeurs.

 

 

 

Comment va faire Cuidadanos qui s'est allié en Andalousie avec Vox, le parti d'extrême droite, s'il dit qu'il ne veut pas s'allier avec les socialistes ?

 

 

On entre dans une période de blocage politique car les élections de ce soir vont être suivies par des élections municipales le 26 mai dans l'ensemble du pays, des élections régionales dans 12 des 17 régions du pays et les élections européennes. Or, comme l'Espagne est un pays décentralisé, tenir les municipalités et les régions vous donne un pouvoir considérable. Comme on va poursuivre encore la campagne électorale et qu'elle va être marquée par les élections de ce soir, on va être dans des postures pour faire campagne jusqu'au 26 mai. On ne verra véritablement les choses en entier qu'après cette date. D'ici là, les Espagnols vont devoir faire preuve de patience et les hommes politiques vont devoir faire preuve d'une forme de pédagogie car les électeurs connaissent leur civisme et il ne faudrait pas que les vainqueurs de ce soir soient punis dans les urnes, dans un mois, s'ils ne se montrent pas à la hauteur des attentes que les Espagnols ont déposé en eux, en votant pour eux.

 


30/04/2019
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Franceinfo - le mardi 30 avril 2019

 

 

Excès de vitesse, vente sur internet, taille des pommes... Notre quotidien en dix réglementations européennes

 

 

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L'Europe régit plusieurs éléments de tous les jours, qui touchent à l'alimentation, la culture, les transports ou encore les animaux

 

 

 

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Préparation d'une tartine de miel (illustration). (MARC OLLIVIER / MAXPPP)

 

 

 

'Europe semble parfois déconnectée de notre quotidien. Pourtant, bon nombre de décisions prises à Bruxelles concernent des pans très concrets de notre vie, dans notre assiette, nos poubelles, nos placards... Alors que nous nous apprêtons à voter pour renouveler le Parlement européen, connaissez-vous ces dix réglementations ?

 

 

 

1 - Pas de frontières pour les infractions routières

Vous pensiez pouvoir aller en Allemagne et conduire à toute vitesse sans risquer une amende ? Perdu ! Depuis 2015, une directive permet aux pays membres de l'Union européenne d'échanger leurs informations sur les infractions routières et les immatriculations. La France a conclu un accord avec 16 autres États. Huit infractions au Code de la route sont visées, de l'excès de vitesse à l'oubli de la ceinture de sécurité, en passant par la circulation en sens interdit et le franchissement de feu rouge. Le non-paiement du stationnement n'est pas concerné. Le retrait de points n'est pas prévu par la directive. 

 

 

Le titulaire de la carte grise du véhicule concerné reçoit l'amende, au tarif pratiqué par le pays dans lequel l'infraction a été commise. Il a la possibilité de contester, s'il n'était pas au volant par exemple, ou argumenter qu'il ne comprend pas le document si celui-ci n'est pas écrit en français. Cette mesure est positive pour les finances publiques françaises. En effet, 21% des véhicules flashés pour excès de vitesse en France sont immatriculés à l'étranger, alors qu'ils ne représentent que 5% à 6% du trafic. 

 

 

 

2 - L'indemnisation en cas de retard des avions ou des trains

Depuis 2004, un règlement européen impose aux compagnies aériennes certaines obligations, pour les vols au départ ou à l'arrivée d'un pays de l'Union européenne. Les sociétés doivent par exemple prendre en charge l'ensemble de vos frais (repas, nuits d'hôtel, transports) à partir de deux heures de retard pour les moyens courriers et de quatre heures pour les longs courriers.

 

 

Si votre avion est carrément annulé à moins de deux semaines du départ, ou si on refuse de vous embarquer car le vol est surbooké, on doit vous proposer un autre vol ou rembourser votre billet, avec en plus une indemnité forfaitaire qui peut aller jusqu'à 600 euros. Il faut des "circonstances extraordinaires", comme une guerre civile ou une éruption volcanique pour que les compagnies aériennes y échappent. Ce même genre de règles s'applique aux voyages en train dans chacun des pays européens, une partie du billet est remboursée à partir d’une heure de retard.

 

 

 

3 - Le calibrage des fruits et légumes

La Commission européenne établit un certain nombre de normes très précises pour la taille de certains aliments, par exemple pour les citrons, les pommes et les pêches : ces fruits ne doivent présenter aucun trou. Si c'est le cas, ils peuvent toujours être utilisés dans des produits transformés, comme les compotes. L'objectif affiché est de protéger les consommateurs européens de produits frelatés ou sous-dimensionnés. L'aspect de dix fruits et légumes est ainsi sévèrement réglementé. Ces mesures s'inscrivent dans une norme générale, moins stricte, édictée par la commission économique des Nations unies. 

 

 

Entre les années 1990 et 2010, ces normes ont concerné jusqu'à 36 fruits et légumes. Elles accompagnaient la mise en place du marché commun. Ainsi, une banane à la courbure anormale ne pouvait pas être vendue sous le nom de banane. En 2011, ces règles ont été assouplies. Désormais, les concombres ont eux aussi le droit d'avoir une courbure. En revanche, la pizza margherita, elle, a un label "spécialité traditionnelle garantie" : elle doit être souple, de forme arrondie, mesurer maximum 35 centimètres de diamètre et avoir des bords surélevés.

 

 

 

4 - Le miel et les abeilles

Le miel est lui aussi l'objet d'une réglementation européenne. Il faut dire que c'est le troisième produit alimentaire le plus exposé aux fraudes. Il est par exemple souvent coupé avec du sirop de sucre. L'Union européenne a donc défini le miel comme "une substance sucrée naturelle produite par les abeilles de l'espère Apis mellifera à partir du nectar ou de sécrétions de plantes". Ce produit ne doit donc pas être transformé. 

 

 

Son origine devra bientôt être mentionnée sur l'étiquette : soit le pays soit le continent de production. En effet, il sera toujours possible de mélanger du miel espagnol à du miel italien. En revanche, il est désormais interdit d'utiliser trois néonicotinoïdes, des insecticides jugés les plus dangereux pour ces insectes. Le glyphosate, lui, est toujours autorisé pour l'instant.

 

 

 

5 - La qualité des aliments

Teneur en glucose, additif E162, traces d'arachide... La liste et la quantité des ingrédients des aliments préparés sont réglementées de manière très précise : cela doit être inscrit en police d'écriture Helvetica Bold , d'une taille comprise entre 11 et 25 points (des dérogations existent si l'emballage est petit). Ces informations sont exigées par l'Europe, sur les produits commercialisées dans le continent, que vous achetiez du yaourt en Grèce ou des pâtisseries au Portugal. Il existe également des tests d'évaluation, pour déterminer la dose journalière admissible pour chaque additif alimentaire, pour savoir jusqu'à quelle dose il peut être consommé quotidiennement et durant toute la vie, sans effet indésirable pour la santé.

 

 

L'origine du produit doit aussi être indiquée, ou en tout cas une référence qui permet de retracer son parcours, ce qui permet de rappeler les lots sur lesquels il y aurait un problème sanitaire. C'est aussi pour cela que l'Europe réglemente la température des plats préparés, comme la paella qu'on achète sur le marché : froide, elle doit être maintenue sous les 4 degrés, chaude, elle doit être conservée au-dessus de 63 degrés, c'est le meilleur moyen pour lutter contre les bactéries.

 

 

 

6 - La garantie des appareils électriques et la vente sur internet

La durée de garantie de vos appareils électriques neufs est de deux ans minimum, depuis une directive européenne de 2016. Pour les produits d'occasion, la durée est fixée à six mois. Pendant cette durée, il est possible d'échanger votre produit, ou de le faire réparer sans frais. Il faudra cependant (et c'est parfois là que cela devient problématique) que vous puissiez prouver que c'est bien un "défaut de conformité" (c’est-à-dire un problème d'origine) et que ce n'est pas vous qui l'avez cassé. Vous pouvez (si vous en avez le courage) réclamer une expertise, aux frais du vendeur.

 

 

La vente à distance a aussi été réglementée au niveau européen : si vous commandez un objet ou un service par internet (dans n'importe quel pays de l'Union européenne), vous avez le droit de vous rétracter pendant 14 jours. Attention, cette règle ne s'applique que pour l'achat d'un produit auprès d'un professionnel, pas un particulier.

 

 

 

7 - Un programme dédié au cinéma européen

Depuis 1981, le programme Media de l'Union européenne permet de financer des œuvres cinématographiques des Etats-membres. Avec une enveloppe de 840 millions d'euros dédiée à l'audiovisuel sur sept ans, il aide à financer 800 films et 2 000 cinémas. Ainsi, le film français Le Grand Bain, l'œuvre italienne Dogman et la série télévisée française Versailles en ont bénéficié. D'autres secteurs de l'audiovisuel, comme le festival international du film de La Rochelle, reçoivent également des subventions grâce à ce programme.

 

 

L'Union européenne agit aussi directement sur la programmation des chaînes de télévision. Ainsi, une directive les oblige à consacrer la moitié de leur temps de diffusion à des créations européennes. Les services de vidéos à la demande doivent aussi proposer un panel de productions européennes : hors de question de ne proposer que des productions américaines, par exemple. 

 

 

 

8 - Les conditions d'élevage des poules

L'Union européenne a pris des réglementations concernant l'élevage et notamment celui des poules pondeuses. C'est très précis : une poule de batterie doit disposer de 750 centimètres carrés au sol, ce qui représente un carré de 27 centimètres de côté, soit à peine plus qu'une feuille A4. Dans cet espace, une mangeoire, un système pour boire, un nid et une litière doivent être installés, précise l'UE. Ces prescriptions datent de 2009 : avant cela, la norme n'était que de 550 centimètres carrés au sol. 

 

 

Pour aider les consommateurs à connaître les conditions dans lesquelles ont été élevées les poules dont ils achètent les œufs, l'Europe a également mis en place des codes sur les coquilles : 0 pour un œuf bio, 1 pour une poule élevée en plein air, 2 pour un animal élevé au sol et 3 pour les élevages de batterie, en cage. Ce système de code est mis en place depuis 2004.

 

 

 

9 - La protection d'espèces animales et végétales 

L'Union européenne a pris des mesures pour protéger des centaines d'espèces dans tout le territoire européen. Depuis 1994, la directive "Habitats, faune et flore" classe les espèces selon leur situation : "protégées", "en danger d'extinction", etc. L'objectif est de préserver leur espace de vie et leur période de reproduction, en évitant notamment les grosses infrastructures. Il existe cependant des dérogations pour prioriser un intérêt public majeur par rapport à ces espèces.

 

 

Grâce à (ou à cause de, c'est selon) cette directive, le Stade brestois a dû renoncer à son projet d'installation d'un centre d'entraînement, situé sur une zone occupée par "l'escargot de Quimper". Cette espèce rare, mesurant trois centimètres, est menacée à l'échelle mondiale. C'est aussi cette directive qui a permis la création des zones Natura 2000, des secteurs dans lesquels des espèces animales et végétales peuvent se réfugier. Cela représente près de 20% de la superficie de l'Union européenne, soit le plus grand réseau écologique du monde, mais seulement 13% du territoire français.

 

 

 

10 - Le plastique, pas automatique

La réglementation sur les sacs en plastique fait partie des quelques directives européennes dont on a beaucoup parlé. Un texte de 2015 oblige les pays à prendre des mesures pour en réduire l'usage : chaque habitant devra utiliser moins de 40 sacs par an à l'horizon 2025. Ensuite, chaque pays adopte sa propre stratégie : la France a par exemple décidé de les rendre payants. Une dizaine d'autres produits à usage unique, comme les pailles, touillettes, cotons-tiges, seront interdits à partir de 2021 (la France voulait dès 2020, mais s'est finalement alignée sur l'échéance européenne).

 

 

L'Europe s'est aussi intéressée au contenu de nos poubelles. En mai 2018, l'Union a posé comme objectif qu'au moins 55% des déchets devront être recyclés à l'horizon 2025. Les États et municipalités peuvent aussi actionner le principe du "pollueur-payeur", inscrit dans les traités européens depuis 1986, applicable aux entreprises comme aux particuliers : plus on jette de déchets non-recyclables, plus on paie, la "tarification incitative" arrive ainsi dans certaines villes françaises.

 


30/04/2019
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Franceinfo - le lundi 29 avril 2019

 

 

Espagne : le Premier ministre Pedro Sanchez remporte les législatives, le parti d'extrême droite Vox entre au Parlement

 

 

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Avec près de 29% des voix, le Parti socialiste espagnol obtient 123 sièges au Parlement. Un score insuffisant pour permettre au socialiste Pedro Sanchez de disposer d'une majorité absolue

 

 

 

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 Le Premier ministre et leader du Parti socialiste espagnol (PSOE), Pedro Sanchez, salue des militants à l'extérieur du siège du parti, le 28 avril 2019 à Madrid (Espagne).  (BURAK AKBULUT / ANADOLU AGENCY / AFP)

 

 

 

Un paysage politique espagnol fragmenté. Le Premier ministre sortant, le socialiste Pedro Sanchez, a remporté les élections législatives en Espagne, dimanche 28 avril, avec près de 29% des voix et 123 députés, d'après le dépouillement de 99% des bulletins de vote. Ce score, nettement supérieur aux 85 sièges remportés aux législatives de 2016, ne permet cependant pas au Premier ministre de disposer d'une majorité absolue (176 sièges sur les 350 que compte le Parlement). 

 

"Le futur a gagné et le passé a perdu", a lancé Pedro Sanchez dimanche soir en proclamant sa victoire devant les militants au siège du Parti socialiste espagnol (PSOE) à Madrid. Le chef du gouvernement devra, faute de majorité, chercher des alliés pour diriger un pays divisé où l'extrême droite va entrer à la chambre, plus de 40 ans après la fin de la dictature de Francisco Franco. Le parti d'extrême droite Vox, qui avait recueilli 0,2% des voix il y a trois ans, a en effet remporté 24 députés.

Les conservateurs du Parti populaire (PP) ont quant à eux perdu la moitié de leurs sièges et retombent à 66 députés, contre 137 en 2016. Les libéraux de Ciudadanos ont réussi une belle percée, passant de 32 à 57 députés. D'après le ministère de l'Intérieur, le taux de participation a été de 75,78 %, soit neuf points de plus qu'en 2016. 

 

Une majorité absolue possible avec les centristes

Arrivé au pouvoir en juin 2018 en renversant le conservateur Mariano Rajoy dans une motion de censure, Pedro Sanchez, 47 ans, sera donc obligé de bâtir une coalition qui s'annonce difficile pour continuer à gouverner. Il pourra compter sur l'appui de Podemos, qui remporte 42 sièges contre 67 en 2016, mais devrait avoir besoin du soutien de partis régionalistes – et donc, a priori, des indépendantistes catalans.

La Catalogne, où les séparatistes ont déclenché en 2017 la pire crise politique qu'ait connue l'Espagne en quarante ans, continue à hanter la politique espagnole. Le Premier ministre socialiste préférerait éviter d'avoir de nouveau besoin des indépendantistes catalans, qui l'ont contraint à convoquer ces élections anticipées en refusant de voter son budget.

Reste l'hypothèse d'une alliance avec Ciudadanos, dont le chef Albert Rivera avait pourtant juré de "chasser Sanchez du pouvoir". Ensemble, le PSOE et Ciudadanos ont la majorité absolue. Mais les militants socialistes ont mis en garde Pedro Sanchez contre cette tentation, en scandant "pas avec Rivera.


29/04/2019
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Franceinfo - le

 

 

Le comédien Volodymyr Zelensky élu président de l'Ukraine, et maintenant ?

 

 

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Nathanaël CharbonnierfranceinfoRadio France

 

 

 

Après sa large victoire dimanche, le flou demeure sur la stratégie de Volodymyr Zelensky, novice en politique, qui prendra ses fonctions dans un mois

 

 

 

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Le comédien Volodymyr Zelenski, le 21 avril 2019, jour de sa victoire à l'élection présidentielle ukrainienne avec plus de 73,2 % des voix. (NATHANAËL CHARBONNIER / FRANCE-INFO)

 

 

 

Le président ukrainien sortant Petro Porochenko a été sèchement battu dimanche 21 avril par le candidat novice, le comédien Volodymyr Zelensky. Ce dernier a remporté l'élection présidentielle avec 73,2 % des voix. Un humoriste se retrouve donc propulsé à la tête du pays, sans avoir aucune expérience en politique, si ce n'est... le rôle du président ukrainien, qu'il incarnait dans une série télévisée.

 

 

Après l'annonce des résultats, Volodymyr Zelensky accompagné de sa femme et de quelques proches s'est exprimé face aux journalistes. Dans la salle de presse, pour donner l'illusion de la fête, des confettis tombent du ciel. En réalité, le président élu n'a pas grand-chose à dire : le discours ne dure qu'une minute et demie, le temps de remercier sa famille et ses amis. Une scène plutôt surréaliste qui ressemble plus à une cérémonie des César qu'à un discours politique. 

 

 

Confronté à la réalité

Le comédien, qui a passé toute la campagne présidentielle à tourner en dérision les institutions et à fuir les questions, semble hésitant, comme dépassé par le moment historique qui s'impose à lui. Personne ne sait véritablement ce qu'il va faire et avec qui. Volodymyr Zelensky, 41 ans, se retrouve confronté à la réalité.

 

 

Celui qui prendra ses fonctions dans un mois a déjà fixé plusieurs objectifs, notamment relancer le processus de paix impliquant la Russie et visiter l'Ukraine à la rencontre des habitants. Il avait aussi déclaré lors de sa campagne vouloir rencontrer les dirigeants français, allemand et américain. Il pourrait également dissoudre l'Assemblée nationale rapidement après avoir accédé au pouvoir pour tenter d'obtenir une majorité. Pour le reste, le flou demeure.

 


22/04/2019
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Franceinfo - le dimanche 21 avril 2019

 

 

Ukraine : le comédien Volodymyr Zelensky élu président avec 73% des voix, selon un sondage sortie des urnes

 

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

 

L'homme de 41 ans a obtenu 73,2% des suffrages au second tour de la présidentielle contre 25,3% pour le président sortant Petro Porochenko

 

 

 

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Le comédien Volodymyr Zelensky vote pour la présidentielle en Urkaine, le 21 avril 2019 à Kiev. (JAAP ARRIENS / NURPHOTO / AFP)

 

 

 

Le comédien novice en politique Volodymyr Zelensky a remporté dimanche 21 avril une victoire écrasante à la présidentielle en Ukraine face au président sortant Petro Porochenko. Ce résultat reflète l'ampleur de la défiance des électeurs à l'égard du pouvoir en place. L'homme de 41 ans a obtenu 73,2% des suffrages au second tour de la présidentielle contre 25,3% pour son rival de 53 ans, selon un sondage réalisé à la sortie des bureaux de vote par le consortium "Exit Poll National" réunissant trois instituts.

 

 

 

Connu pour une série télévisée

Volodymyr Zelenski doit une bonne part de sa popularité à la série télévisée à succès "Serviteur du peuple", dans laquelle il incarne un professeur d'histoire devenu chef de l'Etat qui se joue des bassesses de politiciens corrompus et d'hommes d'affaires véreux.

 

 

La politique qu'il compte mener reste très floue. A peine élu, il a affirmé qu'il souhaitait "relancer" le processus de paix impliquant la Russie. Président, il va se retrouver chef des armées et responsable de nominations clés. Mais sa marge de manoeuvre pour prendre des mesures concrètes sera très limitée faute de majorité parlementaire, alors que les législatives ne sont prévues pour l'instant que le 27 octobre.

 


22/04/2019
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Franceinfo - le dimanche 21 avril 2019

 

 

Ukraine : dépistage de drogue en direct, parodie... La campagne mouvementée de l'élection présidentielle

 

 

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Maria IeshchenkofranceinfoFrance Télévisions

 

 

 

Le président sortant Petro Porochenko affronte, dimanche, l'humoriste Volodymir Zelensky lors du second tour de l'élection présidentielle de ce pays de 45 millions d'habitants. La campagne a été marquée par un duel tendu entre les deux hommes

 

 

 

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Les électeurs du président ukrainien Petro Porochenko, au Stade olympique de Kiev (Ukraine), le 19 avril 2019. (SERGEI GAPON / AFP)

 

 

 

Les Ukrainiens sont appelés aux urnes, dimanche 21, avril pour le second tour de l'élection présidentielle. Les candidats ont mené une campagne considérée comme la plus violente de l’histoire du pays, et ce quasiment sans se croiser. La seule rencontre entre le président sortant, Petro Porochenko, et son adversaire, le comédien Volodymyr Zelensky, a eu lieu vendredi, à seulement deux jours du vote, dans le plus grand stade du pays, comptant 70 000 places. Franceinfo revient sur les quatre faits marquants de cette campagne hors normes.

 

 

 

Les candidats se soumettent à un dépistage de drogue et d'alcool en direct

Dans un message vidéo, posté le 3 avril, Volodymyr Zelensky (41 ans) invite Petro Porochenko (53 ans) à se soumettre à un dépistage de drogue et d’alcool, pour prouver aux Ukrainiens "qu’il n’y a, parmi les candidats, ni alcoolique ni drogué". "LUkraine a besoin d’un président en bonne santé", argue-t-il.  Deux jours plus tard, Petro Porochenkon se rend dans un laboratoire public du stade olympique, devenu lieu symbolique de la campagne. Volodymyr Zelensky, quant à lui, a choisi un centre médical privé.

 

 

Les deux visites médicales ont été relayées sur les réseaux sociaux, suivies par des milliers d’Ukrainiens en direct, et les deux certificats de santé ont été scrupuleusement analysés par les militants des deux camps. Ainsi, il s’est avéré que l'homme en blouse blanche qui a effectué la prise de sang de Zelensky était, en plus d’être médecin, un figurant de l’une des séries produites par la maison de production de Zelensky. Scandalisés et craignant une falsification de l'analyse, les militants de Porochenko ont proposé à Zelensky de refaire des tests. Le candidat leur a opposé une fin de non-recevoir.

 

 

Le clip de campagne de Volodymyr Zelensky est détourné

Les doutes sur la fiabilité des examens médicaux de Zelensky ont donné lieu à un détournement de l’un de ses clips de campagne. Dans le clip original, l’humoriste se met en scène avec des Ukrainiens, placés des deux côtés de la route. Il allume le feu vert pour qu’ils la traversent et se réunissent.

 

 

Dans une courte vidéo, postée le 10 avril sur la messagerie Telegram, on peut voir un extrait de ce même clip. Mais cette fois-ci, l'humoriste se fait renverser par un camion. L'image d’un rail de cocaïne apparaît ensuite à l'écran avec un jeu de mots en ukrainien : "chacun sa route" (dorizhka : "route" en ukrainien, peut également  être traduit par "rail "). L'entourage de Petro Porochenko a nié toute implication dans la fabrication de la vidéo. Pour déterminer l'origine du détournement, une information judiciaire a été ouverte.

 

 

Une conversation téléphonique à la télévision tourne au fiasco

Petro Porochenko est sorti du premier tour en ballottage défavorable, avec 15,95% des suffrages, soit deux fois moins que Volodymyr Zelensky (30,2%). Pour rattraper son retard, le président sortant, reconnu pour son éloquence, a tout misé sur une rencontre avec son rival.

 

 

Son objectif : ridiculiser l’humoriste sur les questions de sécurité, d'économie et de géopolitique. Les modalités du débat – lieu, date, choix du modérateur – ont déclenché un ping-pong de messages vidéos postés par les candidats sur leurs comptes officiels sur les réseaux sociaux.

 

 

Le 11 avril, le président sortant a débarqué sans invitation sur le plateau de la chaîne de télévision appartenant à l’oligarque Igor Kolomoïski, opposant au pouvoir en place, et qui diffuse la série créée par Volodymyr Zelensky. En arrivant sur le plateau, Petro Porochenko a exigé d’appeler Volodymyr Zelensky pour fixer le cadre du débat.  Après un dialogue de sourds de cinq minutes, l'humoriste lui a raccroché au nez.

 

 

Le président sortant parodie son adversaire dans une chanson

L’humoriste Zelensky, habitué à faire des shows sur scène devant une salle bondée, a finalement proposé à Porochenko de sortir du cadre habituel du débat, en s’affrontant en duel dans le plus grand stade de Kiev. Petro Porochenko a accepté le défi, en fixant la rencontre au 14 avril. Jugeant la date trop anticipée, Volodymyr Zelensky a refusé l’invitation et n’est jamais venu.

 

 

Le président sortant s’est donc retrouvé seul dans le stade devant des milliers de partisans. Il n’a pas raté l'occasion de se moquer de Zelensky en reprenant le refrain d’une chanson populaire ukrainienne parlant d’une jeune femme qui pose un lapin à un jeune homme. "Un showman peut devenir président, mais un président qui devient showman, c’est regrettable", a riposté Volodymyr Zelensky.

 

 


21/04/2019
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