EUROPE - L'AIR DU TEMPS

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EUROPE


Franceinfo - le jeudi 15 novembre 2018

 

 

"J'irai jusqu'au bout" : face à ses détracteurs, Theresa May défend le projet d'accord sur le Brexit

 

 

 

Un peu plus tôt, dans la journée de jeudi, la Première ministre britannique s'est exprimée devant la Chambre des communes pour défendre le projet d'accord avec l'UE sur le Brexit, alors que quatre ministres ont démissionné de son gouvernement

 

 

 

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La Première ministre Theresa May le 15 novembre 2018 devant la Chambre des communes, à Londres. (AFP PHOTO / PRU)

 

 

 

Ce qu'il faut savoir

 

 

Theresa May est dans la tourmente après le projet d'accord sur le Brexit. La Première ministre britannique a donné une conférence de presse, jeudi 15 novembre, lors de laquelle elle a défendu le projet d'accord conclu avec l'UE comme "le meilleur pour [s]on pays". Jeudi matin, elle a défendu le compromis devant les députés britanniques dans une ambiance houleuse, les avertissant que c'était soit ça, soit accepter de sortir sans accord ou même renoncer au Brexit tout court.

 

 

Un député réclame un vote de défiance. Le député conservateur pro-Brexit, Jacob Rees-Mogg, a réclamé ce vote contre la Première ministre britanniqueDans sa lettre, dont l'AFP a obtenu copie, le député, qui est à la tête du puissant groupe parlementaire eurosceptique European Research Group (ERG), éreinte le projet d'accord.

 

 

Plusieurs démissions dans le gouvernement. Quatre ministres ont présenté dans la matinée leur démission en signe de protestation contre le projet d'accord sur le Brexit. Il s'agit de Dominic Raab, ministre chargé du Brexit, de Suella Braverman, secrétaire d'Etat au Brexit, d'Esther McVey, secrétaire d'Etat au Travail et aux Retraites et de Shailesh Vara, secrétaire d'Etat à l'Irlande du Nord. 

 

 

Un sommet le 25 novembre à Bruxelles. Le président du Conseil européen, Donald Tusk, a annoncé jeudi la tenue d'un sommet le dimanche 25 novembre pour signer le projet d'accord du Brexit conclu mercredi soir avec le Royaume-Uni.

 

 

La tâche complexe de Theresa May. La tâche s'annonce rude pour Theresa May puisque le projet d'accord sur le Brexit suscite un grand scepticisme et une mutinerie dans son propre camp, comme le prouvent les démissions de ministres. Le Parti conservateur est très divisé, entre partisans d'un Brexit dur et europhiles.

 


16/11/2018
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Franceinfo - le 14 novembre 2018

 

 

Brexit : le gouvernement britannique donne son aval au projet d'accord avec l'UE

 

 

La Première ministre britannique a fait une courte déclaration à l'issue d'une réunion de son cabinet à propos de l'accord trouvé avec l'Union européenne sur le Brexit

 

 

 

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La Première ministre britannique, Theresa May, le 14 novembre 2018 à Londres. (ALBERTO PEZZALI / NURPHOTO / AFP)

 

 

 

Ce qu'il faut savoir

 

 

Le gouvernement britannique a donné son aval au projet d'accord conclu entre les négociateurs européens et britanniques, a annoncé Theresa May, mercredi 14 novembre à l'issue d'une réunion marathon de son cabinet.

 

 

"Un pas décisif" pour Theresa May. "La décision collective du cabinet est que le gouvernement doit approuver le projet d'accord", a déclaré Theresa May lors d'une brève allocution devant le 10 Downing Street. "C'est un pas décisif qui va nous permettre d'avancer et de finaliser l'accord dans les jours qui viennent", a-t-elle ajouté. "Les choix que nous avions étaient difficiles, en particulier en ce qui concerne l'Irlande du Nord", a souligné la dirigeante, avant d'ajouter : "Je pense que le projet d'accord de sortie est le meilleur possible".

 

 

La Commission européenne publie le texte du projet d'accord. Peu après la déclaration de Theresa May, Bruxelles a publié l'intégralité du texte conclu avec les Britanniques (fichier pdf). Il s'agit d'un document de 585 pages, qui comporte 185 articles, trois protocoles et des annexes. Le négociateur en chef de l'UE pour le Brexit, Michel Barnier, a présenté les principaux points de l'accord lors d'une conférence de presse.

 

 

Les partisans du Brexit "dur" menacent. Les conservateurs hostiles au projet de Brexit défendu par Theresa May pourraient réclamer l'organisation d'un vote de défiance dès jeudi à l'encontre de la dirigeante britannique, selon la chef du service politique de la BBC, Laura Kuenssberg, qui cite un haut responsable tory. Selon des médias britanniques, le gouvernement britannique est très divisé quant à cet accord : dix ministres s'y seraient opposés et une poignée d'entre eux pourraient présenter leur démission.

 


16/11/2018
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Franceinfo - le lundi 29 octobre 2018

 

 

Allemagne : Angela Merkel va quitter la vie politique à la fin de son mandat en 2021

 

 

Affaiblie après un nouveau revers électoral régional, la chancelière allemande a confirmé qu'elle ne briguerait pas de nouveau mandat

 

 

 

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La chancelière allemande Angela Merkel à Berlin, le 24 octobre 2018. (MAXPP)

 

 

 

"Aujourd'hui, il est temps d'ouvrir un nouveau chapitre." Angela Merkel a confirmé, lundi 29 octobre, qu'elle renoncerait à la présidence du Parti chrétien-démocrate (CDU) en décembre et qu'elle allait se retirer de la chancellerie en 2021, à l'issue de son quatrième et dernier mandat. Agée de 64 ans, Angela Merkel, à la tête du gouvernement allemand depuis 2005, tire ainsi les conséquences de l'affaiblissement de son parti. La chancelière a souligné qu'elle ne se présenterait pas non plus en cas d'élection anticipée et qu'elle ne briguerait pas d'autre fonction politique, y compris au niveau européen.

 

 

 

Elle ne choisira pas de successeur

Cette décision intervient après des mois de crises gouvernementales et au lendemain d'un nouveau revers électoral, dimanche 28 octobre, lors des élections régionales en Hesse. La coalition d'Angela Merkel est arrivée en tête, avec 27% des voix, mais affiche un recul de plus de dix points par rapport au scrutin de 2013. Par ailleurs, Angela Merkel a annoncé qu'elle ne se choisirait pas de successeur à la présidence de la CDU, strapontin vers la chancellerie.

 


08/11/2018
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Franceinfo - le jeudi 18 octobre 2018

 

 

Quand des Français fuient les étrangers... en émigrant en Hongrie

 

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France 2France Télévisions

 

 

 

Budapest, une ville sans migrants, où le métissage n'existe pas vraiment. La Hongrie "illibérale" de Viktor Orbán attire de plus en plus d'Allemands, Belges, Hollandais, quelques dizaines de Français... qui s'y installent pour des raisons identitaires. Extrait d'un reportage de "Complément d'enquête" sur ces patriotes en exil

 

 

 

Elsa est arrivée à Budapest il y a deux ans. Cette enfant de la banlieue parisienne préfère garder l'anonymat, pour sa sécurité, dit-elle. Pourquoi a-t-elle quitté la France ? Pourquoi avoir choisi la Hongrie "illibérale" de Viktor Orbán ? La réponse est "très simple" : elle a fait ce choix, explique-t-elle, après avoir subi trois agressions où elle s'est fait voler son sac et son portable.

 

 

"Je pense que quand on est maître de son pays, fondamentalement, dans une ère de mondialisation, le facteur immigration rentre en ligne de compte", développe-t-elle. Un argumentaire où plane le fantasme d'une France envahie par les étrangers. Un fantasme qu'elle partage avec les dirigeants hongrois. 

 

 

"L'islamisation de l'Europe de l'Ouest est déjà commencée"

C'est un lieutenant de Viktor Orbán qui reçoit le journaliste de "Complément d'enquête", pour un entretien en français. "L'islamisation de l'Europe de l'Ouest est déjà commencée, en fait, déroule-t-il sur un ton posé. Ça crée des problèmes pour les gens, pour la vie, pour la sécurité, etc." A contrario, le gouvernement Orbán a choisi, lui, de "protéger la Hongrie comme elle est"...

 

 

Mais ne craint-il pas l'installation ici d'une "internationale identitaire" et la libération d'une parole raciste ? L'homme politique se veut rassurant... et accueillant. "Je ne vois pas ça comme un danger. La Hongrie, c'est un pays démocratique, bien sûr. (...) Les gens peuvent venir, tout le monde peut exprimer son point de vue. (...) Il n'y a pas de racisme en Hongrie, mais un discours démocratique, et le pays va fonctionner sans problème comme une démocratie vivante."

 

 

Extrait de "Hongrie : la terre promise", un reportage à voir dans "Complément d'enquête" le 18 octobre 2018

 

 


26/10/2018
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Franceinfo - octobre 2018

 

 

Elections en Bavière : pourquoi le parti d'extrême droite AfD est en progression dans ce fief des conservateurs

 

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Fabien MagnenouFrance Télévisions

 

 

 

Les Bavarois étaient appelés aux urnes dimanche pour élire leur nouveau parlement régional. Comme dans d'autres Länder allemands, l'AfD séduit de plus en plus d'électeurs, en raison notamment de la crise migratoire

 

 

 

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Une militante de l'AfD dans un stand installé à Munich (Allemagne), le 9 septembre 2018. (ALEXANDER POHL / NURPHOTO / AFP)

 

 

 

Sensation en Bavière. L'Alternative pour l'Allemagne (AfD), formation d'extrême droite, a obtenu 10,6% des voix aux élections régionales, selon les projections des chaînes publiques ARD et ZDF publiées à 20h30, dimanche 14 octobre. Sans aucun élu il y a encore cinq ans, la formation devrait entrer au Maximilianeum, le siège du parlement régional. L'indéboulonnable CSU – alliée du parti chrétien-démocrate, la CDU, d'Angela Merkel – doit se contenter, elle, d'une majorité relative, avec 37% des suffrages.

 

 

>> Elections en Bavière : revers historique des alliés de Merkel, l'extrême droite entre au parlement régional

 

 

Cette situation traduit l'essoufflement des partis traditionnels allemands et la montée en puissance, au niveau national, de l'AfD, qui a profité de la crise migratoire pour élargir son électorat. Avant le scrutin en Hesse, le 28 octobre, le parti d'extrême droite compte désormais des sièges dans 15 des 16 Länder allemands. Quels sont les ingrédients d'une telle ascension ? Voici quelques éléments de réponse.

 

 

Parce que la crise migratoire a rebattu les cartes

Cœur économique et technologique de l'Allemagne, la Bavière (12,8 millions d'habitants) n'en est pas moins conservatrice. "Par le passé, son identité très forte a fait barrage aux tentatives populistes", explique à franceinfo Barbara Kunz, chercheuse au Comité d'études des relations franco-allemandes (Cerfa). Mais l'arrivée d'un million de migrants dans le pays entre 2015 et 2016 a changé la donne. Cette question a suscité de profondes divisions entre la CSU et la CDU d'Angela Merkel, au point de menacer leur union et d'affaiblir ce bloc de droite au profit d'autres formations.

 

 

En 2013, l'AfD a été créée par des professeurs d'économie pour dénoncer les programmes d’aide à la Grèce et l'euro. Une nouvelle direction est ensuite arrivée. Si elle avait poursuivi uniquement sur ces thèmes économiques, elle n'en serait pas là aujourd'hui. La crise migratoire a été une aubaine pour ce parti.Barbara Kunz, chercheuse au Cerfa à franceinfo

 

 

"Le système politique a été déstabilisé, ajoute Patrick Moreau, chercheur au CNRS et auteur de L’Autre Allemagne (éd. Vendémiaire, 2017). Il y a eu un énorme transfert électoral du champ conservateur (CDU et CSU) en direction du parti protestataire anti-migratoire." Un sentiment partagé par des responsables de la CDU, à commencer par Wolfgang Schäuble, président du Bundestag, le Parlement allemand. Comme il l'explique dans Focus, l'AfD n'aurait pas réussi à prospérer "sans la question des réfugiés".

 

 

>> On vous explique la crise politique que traversent Angela Merkel et sa coalition sur la question des migrants

 

 

 

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Björn Höcke, porte-parole de l'AfD en Thuringe (au centre), lors de la manifestation organisée le 1er septembre 2018 à Chemnitz (Allemagne), après le meurtre d'un Allemand.  (RALF HIRSCHBERGER / DPA / AFP)

 

 

 

En Allemagne, les débats locaux prennent traditionnellement une place de premier plan lors des élections régionales. Mais l'AfD, elle, fait campagne sur des thèmes nationaux et mise essentiellement sur un rejet de la chancelière et de sa politique migratoire chez les électeurs. "Ses propositions consistent à se débarrasser d’Angela Merkel et des migrants, résume Barbara Kunz. Par exemple, j'ai vu à Munich une affiche qui disait : 'Si vous votez CSU, vous votez Merkel'."

 

 

Les thèses anti-immigration font désormais office de programme. L'AfD a notamment publié une carte des attaques au couteau imputées à des migrants depuis 2017, un thème qui rencontre un écho chez certains Allemands. Après le meurtre d'un Allemand, dont est accusé un Irakien (qui a été arrêté pour cela), plusieurs représentants de l'AfD ont même défilé à Chemnitz (Land de Saxe), début septembre, aux côtés de membres du rassemblement Pegida, lequel dénonce "l'islamisation de l'Allemagne".

 

 

Parce que l'AfD a su polariser les débats

Le parti ne revendique que 30 000 adhérents, souligne Le Monde, quand la CDU et le SPD en comptent 425 000 et 450 000. Pas de quoi freiner l'élan de la jeune formation. "L’AfD est extrêmement présente sur les réseaux sociaux et chaque responsable a un site, ajoute Patrick Moreau. Ce parti est extraordinairement habile dans sa communication numérique."

 

 

La députée des Verts Renate Künast a elle aussi évoqué les "stratégies numériques" du parti, tout en insistant sur les prises de parole publiques de cette formation qui compte 92 députés au Bundestag. L'AfD a également "changé le discours quotidien (...) avec des termes comme 'migration du couteau', 'déferlante de l'asile' et 'tourisme de l'asile'", juge l'élue dans le Frankfurter Allgemeine Zeitung (article en allemand). Une tonalité totalement assumée. "Les provocations verbales" sont "certainement l'une de [nos] caractéristiques", convient le député d'extrême droite René Springer, dans un entretien à l'AFP.

 

 

Les débats et talk-shows télévisés, qui rythment la vie politique allemande, ont permis à l'AfD de polariser les débats à son compte. Bernd Lucke, Beatrix von Storch, Alice Weidel ou Alexander Gauland... Plusieurs figures du parti ont su tirer leur épingle du jeu, avec des profils variés. "C'est quelque chose de facile à kidnapper, résume Barbara Kunz. Si vous envoyez quelqu’un qui dit : 'Il faut renvoyer les réfugiés', les autres doivent réagir."

 

 

Le parti d'extrême droite allemand a su battre le fer et attiser les rancœurs, parfois sans grande cohérence idéologique. "Ce qui fait la force de l’AfD, estime le chercheur du CNRS, c’est sa capacité à produire des modules spécialisés adaptés aux différents objectifs électoraux."

Pour les ouvriers, elle développe par exemple les thèmes de l’anti-globalisation, des délocalisations et du vol des secrets industriels. Elle peut également développer le thème de l’écologie et même s’adresser aux électeurs homosexuels, avec la figure d’Alice Weidel.Patrick Moreau, chercheur au CNRS à franceinfo

 

 

Le profil de cette députée est surprenant. Lesbienne et pacsée à une femme suisse d'origine sri-lankaise, Alice Weidel est une figure inattendue du parti, lequel est opposé au mariage de couples de même sexe et attaché au modèle familial traditionnel.

 

 

 

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La députée AfD allemande Alice Weidel, lors d'une session parlementaire à Berlin, le 12 septembre 2018. (ABDULHAMID HOSBAS / ANADOLU AGENCY / AFP)

 

 

 

Par ses provocations et ses amitiés ambiguës, l'AfD joue avec le feu. Après les événements de Chemnitz, la présidente du Parti social-démocrate (SPD), Andrea Nahles, s'est déclarée favorable à une mise sous surveillance du parti. "L'AfD a une peur panique de tomber sous l’observation des services secrets allemands, explique Patrick Moreau, car ce serait un problème pour ses membres et notamment pour les fonctionnaires." Le parti tente donc de se débarrasser des éléments les plus troubles qui auraient des liens avec les néonazis, comme à Hambourg ou à Brême, avec plus ou moins de succès.

 

 

 

Parce que la CSU, alliée de Merkel, a raté sa campagne

 

Difficile d'expliquer le succès de l'AfD par des arguments économiques. Avec le taux de chômage le plus bas du pays (2,9%), la Bavière ne connaît pas la crise. "Si l'Allemagne gagne, c'est grâce à nous, les Bavarois !" a d'ailleurs lancé le ministre-président bavarois, Markus Söder (CSU), lors d'une foire annuelle à Abensberg, début septembre. Ce bilan, défendu tardivement dans la campagne, ne semble pas rencontrer un grand écho chez les électeurs.

 

 

 

Création d'un ministère de la "Heimat" – un concept situé entre patrie et terroir – défense de manifestants anti-migrants... Le ministre allemand de l'Intérieur, Horst Seehofer, ténor de la CSU, a durci le ton depuis le début de l'année, mais cette stratégie déboussole une partie de l'électorat. En témoigne également l'installation de crucifix dans les bâtiments publics. "Cela a montré qu’il ne comprenait plus la population bavaroise, dont la pratique religieuse est en baisse et dans un contexte où l’image de l’Eglise catholique est dégradée", estime Patrick Moreau.

 

 

 

>> Un crucifix dans chaque bâtiment public en Bavière : une obligation qui divise l'Allemagne

 

 

 

Si certains électeurs bavarois estiment que la CSU n’est pas assez dure, d’autres pensent en revanche que le discours de la CSU se rapproche trop de l’AfD lorsqu'uk fustige l'arrivée de migrants. "On voit très bien que la stratégie de Horst ne fonctionne pas, résume Barbara Kunz. L’identité bavaroise reste quelque chose d’assez fort et était incarnée par la CSU pendant des décennies. Mais certains électeurs estiment que Horst va trop loin et ceux qui veulent voter pour l’AfD préfèrent l’original à la copie."

 

 

 

La querelle avec la CDU sur l’immigration a également joué un rôle. Pas sur le fond, mais sur l’image : les Bavarois apprécient l’ordre, ce qui fait désordre est un problème. Et puis certains électeurs de l’AfD reprochent à la CSU d’avoir été aux affaires avec la CDU lors de la gestion de la crise migratoire.Patrick Moreau, chercheur au CNRS à franceinfo

 

 

 

Durant sa campagne,  Horst Seehofer a également abordé des thèmes sécuritaires dans cette région "où la criminalité est faible et où les expulsions de migrants sont monnaie courante". Mais consciente de ses difficultés dans les sondages, la CSU a tenu à clarifier sa position en marquant vivement son opposition à l'AfD en fin de campagne. Horst Seehofer a notamment dénoncé "le comportement du parti très dangereux pour le pays", dans un entretien à l'agence DPA, en citant pour exemple les manifestations anti-migrants de Chemnitz.

 

 

 

Membres de la coalition gouvernementale depuis le début de l'année, les sociaux-démocrates (SPD, gauche) sont aujourd'hui dans une position délicate. Ils sont tombés d'accord avec la CDU et la CSU pour adopter une loi favorisant l'immigration choisie en 2019 et n'ont pas su profiter des hésitations de leurs rivaux au niveau local. "Le SPD a toujours eu des résultats catastrophiques en Bavière – hormis à la mairie de Munich – et ne représente pas une alternative", décrypte Barbara Kunz.

 

 

 

Ceci explique les bons résultats obtenus par les Verts – y compris chez les électeurs conservateurs – dans ce Land assez rural, frappé cet été par une sécheresse qui a marqué l'opinion. Autres bénéficiaires : les Electeurs libres (Freie Wähler), qui comptent désormais 10% d'intentions de vote avec une campagne menée au centre et sur des thèmes locaux.

 

 

 

Parce que les grands partis sont inertes

 

Les grands partis sont désormais dans une position délicate, alors que la coalition gouvernementale bat de l'aile. "Angela Merkel est dans un cercueil politique (...). Le problème de la CDU est d’organiser la succession sans que les Allemands aient un sentiment de désordre", estime Patrick Moreau.

 

 

 

Le SPD cherche à survivre et s’interroge sur un positionnement plus à gauche. A la CDU, la grande question est de savoir qui va succéder à Angela Merkel. Les partis politiques dits 'sérieux' ne réagissent pas du tout aux changements très forts vécus par les Allemands. Il y a donc un sentiment d’inertie et cela agace les électeurs.Barbara Kunz, chercheuse au Cerfa à franceinfo

 

 

 

L'opinion allemande évolue et 30,4% des électeurs sont désormais sensibles aux discours dits "populistes", selon la deuxième enquête menée par la Fondation Bertelsmann au début du mois. Un "développement rampant mais perceptible", selon l'un des auteurs, Robert Vehrkamp. Mais les réserves électorales du parti semblent, pour l'heure, limitées : plus de sept Allemands interrogés sur dix (71%) indiquent qu'ils ne voteront jamais en faveur de l'AfD (contre 29% qui ne voteront jamais pour la CDU-CSU et 23% pour le SPD).

 

 

 

La mise en place de coalitions CDU-AfD est encore taboue, mais quelques failles apparaissent. A peine élu à la présidence du parlement régional de Saxe, le CDU Christian Hartmann n'a pas fermé la porte à une union de circonstance avec le parti d'extrême droite, avant d'être recadré par Angela Merkel. "Tout dépend de la montée en puissance de l'AfD, actuellement revenue à une phase lente de progression", estime Patrick Moreau.

 

 

 

Le chercheur imagine toutefois deux scénarios qui pourraient doper l'AfD. Le premier est une crise industrielle et économique liée aux choix américains. Le second est un changement de la politique turque qui favoriserait l'entrée de migrants en Europe : "Vous auriez alors des réactions épidermiques dans la population", selon Patrick Moreau.

 


19/10/2018
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Franceinfo - le lundi 8 octobre 2018

 

 

"Le populisme est en train de gagner partout dans le monde", alerte Roberto Saviano, l'écrivain italien opposé à Matteo Salvini

 

 

Selon le romancier italien Roberto Saviano, Matteo Salvini "est en train de détruire la communication démocratique". Sur franceinfo, l'auteur de "Gomorra" et "Piranhas" alerte sur la montée du populisme "partout dans le monde"

 

 

 

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Entertainment One, Palomar Team for Roberto Saviano 'Gaddafi' Series ...variety.com
 

 

Il y a "une vraie urgence démocratique mondiale" face au populisme qui gagne du terrain "partout dans le monde", affirme lundi 8 octobre sur franceinfo Roberto Saviano. D'après l'auteur de Gomorra, Matteo Salvini "est en train de détruire la communication démocratique".

 

 

L'écrivain "anti-mafia", qui publie Piranhas, aux éditions Gallimard, vit toujours sous protection policière depuis 12 ans et se sent "seul" face aux "humiliations" quotidiennes du ministère de l'Intérieur italien. Selon lui, le fait que le président du Conseil italien Matteo Salvini ait menacé de lui retirer la protection est "une boutade", mais reste "très très grave". "Il est en train de mettre le viseur sur moi. C'est une menace", a-t-il affirmé. Roberto Saviano fait également remarquer que la réalité qu'il décrit dans son roman existe aussi dans "les banlieues françaises" qui sont "dominées par les organisations criminelles".

 

 

 

franceinfo : Matteo Salvini est-il une menace contre la démocratie ?

 

 

Roberto Saviano : Je crois que oui. Avec sa façon de parler, de communiquer, violente, avec cette ironie de bistrot, il est en train de détruire la communication démocratique. La tradition de la démocratie, c'est : la parole est tout, la parole est formatrice, la parole forme l'institution. Maintenant que je suis en France, il a posté quelque chose, en s'adressant au président de la République Emmanuel Macron : "Liberté, publicité, garde-le avec toi". Un leader de la droite, d'un petit parti de droite italien, a dit : "Président, faisons un échange, on vous laisse Saviano, vous nous redonnez la Joconde". Je crains que si la France démocratique ne trouve pas un autre chemin, regarder l'Italie voudra dire regarder son avenir. Quand je dis qu'il faut changer de direction, il faut donner une réponse sur la thématique des migrants, sur le droit au travail. Le populisme est en train de gagner partout dans le monde. Il y a une vraie urgence démocratique mondiale, comme il n'était jamais arrivé dans les cinquante dernières années.

 

 

 

Vous êtes en conflit avec Salvini qui a menacé de vous retirer votre protection. Vous y croyez ?

 

 

Je crois que cela a été une boutade, le théâtre de propagande que Salvini fait toujours. Il n'a pas conscience que cette propagande faite comme cela, de la part du ministre de l'Intérieur, c'est très, très grave. Une escorte n'est pas un privilège, c'est un drame. J'ai hâte qu'elle s'arrête d'exister, mon escorte. Ce que je devrais faire pour la perdre, c'est m'enfermer dans le silence. Tous les ministres de l'Intérieur de n'importe quelle démocratie savent cela. On enlève une voiture de protection, quelques policiers. On te remet dans la vie normale. Lui, en disant "je t'enlève tout", il est en train de mettre le viseur sur moi. Sa façon de communiquer, c'est "continue comme cela, et je t'enlève la protection". C'est une menace.

 

 

 

Cela fait 12 ans que vous vivez sous protection policière. Comment le vivez-vous ? Quel est votre état d'esprit ?

 

 

On vit très caché et toujours écrasé entre deux forces épouvantables. Une force qui te rappelle que tu es un condamné à mort, et une autre force qui pense que je suis complètement farfelu, un fanfaron. Comme je ne suis pas mort, certains pensent "ce n'était pas vrai ce que tu as dit, ce n'était que du marketing". Je ne suis pas mort, mais je ne suis pas vivant non plus. Je me sens très seul, même si je sais que je ne le suis pas. En ce moment, les intellectuels italiens sont très silencieux. Il y en a, mais peut-être devraient-ils avoir plus de force. Dans le passé, les intellectuels prenaient des positions en signant un manifeste pendant la promotion de leurs œuvres. Aujourd'hui, il faut le faire tous les jours, parce que, ceux qui ont le pouvoir, ils frappent avec leurs mots tous les jours. Aujourd'hui, pour un intellectuel, prendre une position signifie transformer sa propre existence. Quand je dis que je me sens plus grand dans la défaite, parce que j'ai répondu à leur victoire, je le ressens vraiment parce que je me dis que, chaque jour, je reçois des insultes, des humiliations, des attaques par le ministère de l'Intérieur. Je sais que, quand tout finira un jour, je n'aurai pas été complice de cela. C'est ce qui est le plus important pour moi.

 

 

 

Dans votre dernier roman, Piranhas, il est encore question de mafieux comme dans Gomorra, mais cette fois ce sont des enfants, des adolescents, qui ont pris le contrôle de la ville de Naples. Ce n'est pas une enquête mais un roman. Pourquoi ?

 

 

J'ai choisi cette forme parce que je voulais vraiment entrer dans la tête. C'est une vraie histoire. Mais j'avais vraiment la nécessité de conduire le lecteur dans le ventre, dans la tête de ces enfants. Je parle de 20 garçons de 10 ans à 19 ans, qui pour la première fois arrivent au sommet d'une organisation criminelle. Il y a eu un moment où il y a eu un vide. Les boss étaient soit des repentis, soit en prison. Et donc ils étaient en train de négliger le centre historique de Naples. Ces gamins ont eu l'idée de commencer à s'armer, par les familles qui avaient perdu leur pouvoir, pour récupérer la drogue. Ils ont commencé à vendre de la drogue à très bas prix, ils ont gagné des marchés et augmenté les prix. J'ai rencontré les survivants. Car ils ont été tous tués. Ils savaient qu'ils allaient être tués. Quand ils m'ont rencontré, le fait que j'avais 38 ans à l'époque, c'était presque une démonstration que j'avais failli, parce dans leur tête, il n'y a que ceux qui meurent jeunes qui ont vraiment vécu.

 

 

 

Ces jeunes ont une fascination du terrorisme. Ils n'ont aucune morale ?

 

 

Ils ont tous un passé criminel. Ils n'ont pas de morale mais ils ont des règles. La morale c'est pour les hommes médiocres qui ne font pas peur. C'est la mafia 2.0 qui commence à sortir partout, dans les banlieues. L'objectif n'est plus de respecter les hommes. C'est d'avoir tout et tout de suite.

 

 

 

Vous dites que cela n'existe pas qu'en Italie. Est-ce que c'est ce qui se passe par exemple à Marseille ?

 

 

Marseille est une réalité criminelle dramatique. Les banlieues françaises sont dominées par les organisations criminelles. Ce ne sont pas des gangs, ce sont vraiment des mafias. Personne dans les débats politiques ne dit que toute la cocaïne qui existe dans les banlieues passe par les Corses. La mafia corse a toujours le monopole des narco trafics de la drogue. Même quand on parle de problématique ethnique, 'les Magrébins, les Africains sont des dealers'. Oui c'est vrai. Mais cela appartient à qui, cette cocaïne qu'ils dealent ? Au cartel de Marseille. Aujourd'hui, il y a de nouveaux enfants. Même dans la criminalité organisée, il existe la règle du web. Il n'y a que le présent. Ces générations sont des générations déjà brûlées. Quand j'ai rencontré les survivants, ma sensation était que c'était un gâchis. Beaucoup de talents gâchés.

 


16/10/2018
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Franceinfo - le vendredi 21 septembre 2018

 

 

Brexit : les négociations entre le Royaume-Uni et l'UE sont dans une "impasse", affirme la Première ministre britannique Theresa May

 

 

Theresa May a estimé vendredi que les négociations entre Londres et Bruxelles étaient "dans une impasse", après le rejet par les Européens de la proposition britannique lors du sommet de Salzbourg

 

 

 

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La Première ministre britannique Theresa May et le président de la République Emmanuel Macron lors du sommet européen informel de Salzbourg (Autriche), le 20 septembre 2018. (GEORG HOCHMUTH / APA)

 

 

"Nous sommes dans une impasse", a déploré vendredi 21 septembre la Première ministre britannique, Theresa May, dans une déclaration depuis son bureau de Downing Street, à Londres. "Il est inacceptable de rejeter la proposition d'une des parties sans explication détaillée et sans contre-proposition", a-t-elle ajouté, demandant à être traitée "avec respect" par les autres dirigeants européens. 

 

 

Elle maintient que le "plan de Chequers", qui avait été présenté par son gouvernement en juillet 2018, restait "la meilleure manière de protéger les emplois" au Royaume-Uni et en Europe. Ce plan prévoit le maintien d'une relation économique étroite entre Londres et les autres pays européens, avec la création d'une zone de libre-échange pour les biens industriels et les produits agricoles. Mais l'Union européenne a rejeté ce plan. 

 

 

"Aucune des deux parties ne devrait demander l'inacceptable à l'autre"

 

"Comme je l'ai dit aux dirigeants européens, aucune des deux parties ne devrait demander l'inacceptable à l'autre", a déploré Theresa May. "Nous ne pouvons accepter quoi que ce soit qui menacerait l'intégrité de notre royaume". La Première ministre britannique a également demandé à entendre "les alternatives" que compte proposer l'Union européenne à ce sujet. "D'ici là, nous ne pourrons faire aucun progrès", a-t-elle conclu. 

 

 

Le 20 septembre, Emmanuel Macron avait estimé que les propositions britanniques sur le Brexit n'étaient pas "acceptables en l'état".

 


27/09/2018
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Franceinfo - le mercredi 12 septembre 2018

 

 

Le Parlement européen déclenche une procédure de sanction contre la Hongrie en raison de menaces sur les valeurs fondamentales de l'UE

 

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franceinfo avec AFP et ReutersFrance Télévisions

 

 

 

C'est la première fois que le Parlement européen use de son droit d'initiative pour demander au Conseil (les Etats membres) de se prononcer sur la situation de l'Etat de droit d'un pays membre

 

 

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Une session du Parlement européen, le 12 septembre 2018 à Strasbourg.  (FREDERICK FLORIN / AFP)

 

 

Le Parlement européen dénonce la "menace systémique" des valeurs de l'Union européenne en Hongrie. Les eurodéputés se sont prononcés en faveur d'une résolution demandant au Conseil européen, l'organe qui regroupe les chefs d'Etats, d'ouvrir une procédure de sanction contre la Hongrie. C'est la première fois que le Parlement européen use de son droit d'initiative pour demander au Conseil de se prononcer sur la situation de l'Etat de droit d'un pays membre.

 

 

La résolution, adoptée par 448 voix favorables et 197 contre (48 abstentions), liste les multiples violations de la démocratie et des droits de l'homme constatées par les institutions européennes depuis l'arrivée au pouvoir du Fidesz, le parti du Premier ministre, Viktor Orban. Ces violations concernent notamment l'indépendance de la justice, de la liberté des médias, de la liberté académique ou du sort fait aux migrants et à ceux qui leur portent assistance.

 

 

Viktor Orban, qui était soutenu par les groupes politiques d'extrême droite et eurosceptiques, avait été en revanche lâché par le Parti populaire européen, auquel appartient le Fidesz.

 


14/09/2018
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Franceinfo - le jeudi 13 septembre 2018

 

 

L'article à lire pour comprendre la procédure de sanction enclenchée par le Parlement européen contre la Hongrie

 

 

Les députés européens ont enclenché l'article 7, procédure rarissime, pour prendre des sanctions contre Budapest pour "violation grave" des valeurs de l'Union européenne

 

 

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Le Premier ministre hongrois Viktor Orban lors des débats au Parlement européen sur la situation de la Hongrie, le 11 septembre 2018 à Stasbourg (Bas-Rhin).  (FREDERICK FLORIN / AFP)

 

 

 

Certains le qualifient d'"arme nucléaire", d'autres de "pétard mouillé". Mercredi 12 septembre, le Parlement européen a activé l'article 7 du traité de l'UE contre un Etat membre, la Hongrie. Une première pour le pays dirigé par le dirigeant national-conservateur Viktor Orban, accusé de bafouer "les valeurs" européennes.

 

 

Que prévoit cet article ? Cette procédure rarissime a-t-elle des chances d'aboutir ? Franceinfo répond aux questions qui se posent au lendemain du vote.  

 

 

Que permet l'article 7 ? 

 

L'article 7 du traité de l'UE  a été introduit dans le traité d’Amsterdam en 1997. C'est la procédure la plus radicale pour sanctionner un pays bafouant les règles européennes. Ce mécanisme, qui n'avait été lancé que contre la Pologne à l'initiative de la Commission, est prévu comme un dernier recours face à un pays commettant "une violation grave et persistante" des valeurs de l'Union européenne. 

 

 

Ces valeurs, mentionnées dans l'article 2 du traité de l'UE, sont le "respect de la dignité humaine, de liberté, de démocratie, d'égalité, de l'Etat de droit, ainsi que de respect des droits de l'homme, y compris des droits des personnes appartenant à des minorités"

 

 

Que dit la résolution adoptée ? 

 

La résolution votée par les députés européens dans le cadre de l'activation de cet article 7 invite le Conseil européen, l'organe qui regroupe les chefs d'Etats, à constater s'il existe "un risque clair de violation grave par la Hongrie des valeurs visée à l'article 2 du traité de l'UE et à adresser à la Hongrie des recommandations appropriées à cet égard".

 

 

Selon le texte adopté par les eurodéputés, la politique menée par le Premier ministre hongrois, Viktor Orban, au pouvoir depuis 2010, porte atteinte aux libertés et à l'équilibre des pouvoirs et représente un "risque systémique" contre les valeurs de l'UE. 

 

 

Que reproche le Parlement européen à Viktor Orban 

 

La résolution liste les multiples violations de la démocratie et des droits de l'homme constatées par les institutions européennes depuis l'arrivée au pouvoir du Fidesz, le parti du Premier ministre, Viktor Orban. Ces violations concernent notamment l'affaiblissement des contre-pouvoirs, l'indépendance de la justice, de la liberté des médias, de la liberté académique ou du sort fait aux migrants et à ceux qui leur portent assistance. 

 

 

Même si cela n'est pas évoqué dans le texte, la rencontre en août de Viktor Orban avec le leader de l'extrême droite italienne Matteo Salvini aurait précipité la décision du Parlement européen, selon Le Figaro. Le duo entend lancer un axe nationaliste en Europe avec en ligne de mire une politique très dure à l'égard des migrants et a pris Emmanuel Macron pour cible, qualifié de "chef des partis pro-migrants" en Europe. 

 

 

Le vote a-t-il fait l'unanimité au sein des partis de droite européens ? 

 

L'activation de l'article 7 du traité de l'UE a été adopté à 448 voix pour, 197 contre et 48 abstentions. Comme l'indique Le Figaro, le Parti populaire européen (PPE, droite et centre-droit), dont fait partie Viktor Orban, a fait basculer le vote dans le sens de l'adoption : 116 eurodéputés de ce groupe ont voté pour et seulement une petite soixantaine contre.

 

 

Le PPE entend ainsi montrer la sortie au Premier ministre hongrois, avec en ligne de mire les élections européennes de mai 2019. Mais "l'enfant terrible" de l'Europe, tel qu'il est surnommé, a fait savoir qu'il n'avait pas l'intention de quitter le PPE, malgré les appels du pied de plusieurs représentants de l'extrême droite, dont Marine Le Pen. 

 

 

Le vote n'a malgré tout pas fait l'unanimité au sein des députés français membres du PPE, dont certains, comme Nadine Morano (LR), ont voté contre la résolution tandis que d'autres se sont abstenus. Consciente des divergences au sein des élus Les Républicains, l'eurodéputée Françoise Grossetête, vice-présidente du groupe PPE, estime sur franceinfo qu'il est "important de rappeler un certain nombre de valeurs européennes" pour éviter que des électeurs "partent du côté de La République en marche". 

 

 

J'estime qu'à l'approche des élections européennes, il est important que les électeurs connaissent de façon très claire les lignes politiques d'un parti.Françoise Grossetête, eurodéputée, vice-présidente du groupe PPE à franceinfo

 

 

Quelles peuvent être les conséquences de ce vote ?

 

L'article 7 est souvent qualifié d'"arme nucléaire", car il peut mener en fin de course à une suspension des droits de vote au Conseil de l'UE, l'instance où les 28 contribuent à façonner les législations européennes. En comparaison, les procédures d'infraction que peut lancer la Commission contre des pays violant le droit de l'UE, beaucoup plus courantes, ne peuvent conduire en dernier ressort qu'à des sanctions financières.

 

 

Mais la partie de l'article 7 dont les eurodéputés ont demandé mercredi le déclenchement ne concerne que sa phase dite "préventive", pas encore celle prévoyant des sanctions.

 

 

Quelle est la suite de la procédure ? 

 

L'adoption de l'article 7 n'est qu'une première étape. Il revient désormais aux Etats membres d'approuver ce constat par un vote au quatre cinquième des membres du Conseil européen. Soit 27 pays (l'instance réunissant les 28, moins le pays visé).

 

 

Si le vote passe, la Hongrie devra prouver au Conseil les progrès qu'elle réalise en matière d'Etat de droit et sur les autres points mentionnés dans la résolution.  Si la Hongrie ne répond toujours pas aux inquiétudes de l'UE après un tel vote, un mécanisme dit de "sanction" pourrait ensuite être activé, à la demande d'un groupe d'Etats membres ou de la Commission.

 

 

A-t-elle des chances d'aboutir ? 

 

Cela n'a encore jamais eu lieu, même contre la Pologne, qui est visée actuellement par la phase préventive de l'article 7. Le gouvernement polonais a déjà laissé entendre qu'il ferait obstacle à l'unanimité requise pour ouvrir la voie à des sanctions contre la Hongrie. De la même manière que le gouvernement hongrois a déjà affirmé qu'il soutiendrait la Pologne si la procédure la visant atteignait le stade de possibles sanctions.

 

 

L'Autriche et l'Italie, qui prônent la même politique migratoire, s'opposeraient sans doute au vote. 

 

 

Comment réagit Budapest ? 

 

Ce vote n'est qu'une "petite vengeance des politiciens pro-immigration", a réagi le ministre des Affaires étrangères hongrois, Peter Szijjarto. "Cette décision de condamner la Hongrie et le peuple hongrois a été prise alors que nous, Hongrois, avons prouvé que la migration n'est pas un processus nécessaire et qu'il est possible de stopper l'immigration", a-t-il ajouté.

 

 

Il estime que le vote des eurodéputés est "l'ultime preuve claire que le Parlement européen compte une très grande majorité de politiciens pro-immigration" et qu'elle a "révélé l'intention de former une coalition après les élections [européennes] de mai prochain entre les libéraux, la gauche et le PPE".

 

 

J'ai eu la flemme de tout lire, vous me faites un résumé ? ;-)

 

Le Parlement européen a activé l'article 7 du traité de l'UE, procédure rarissime, et adopté une résolution mercredi contre la Hongrie, accusée de "violation grave et persistante" des valeurs de l'Union européenne. En ligne de mire, le Premier ministre Viktor Orban, élu en 2010, et dont la politique est jugée antidémocratique et contraire aux droits de l'homme, notamment à l'égard des migrants.

 

 

Le Parti populaire européen (droite, centre-droit), dont il fait partie, entend ainsi le pousser vers la sortie, en vue des élections européennes de mai 2019. Mais "l'enfant terrible" de l'Europe a fait savoir qu'il n'avait pas l'intention de quitter le PPE. Et les chances de voir aboutir la procédure européenne sont minces. Plusieurs étapes sont nécessaires avant une éventuelle prise de sanctions, telle qu'une suspension des droits de vote de la Hongrie au Conseil de l'UE. Et la Pologne, l'Italie ou encore l'Autriche devraient s'opposer à l'unanimité requise pour ouvrir la voie à ces sanctions.

 


14/09/2018
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Franceinfo - le dimanche 9 septembre 2018 mis à jour le 10.09.18

 

 

Législatives en Suède : droite et gauche à égalité, l'extrême droite en faiseur de roi

 

 

Aucun des deux grands blocs dominants de l'échiquier politique suédois n'a obtenu la majorité face à une extrême droite qui progresse encore, quoique moins qu'elle n'espérait

 

 

 

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Des Suédois votent lors des élections législatives, le 9 septembre 2018 à Stockholm. (JONATHAN NACKSTRAND / AFP)

 

 

L'extrême droite suédoise, sans atteindre ses ambitions, s'est imposée en juge de paix entre les deux blocs dominants à l'issue des législatives du dimanche 9 septembre, contraignant le Premier ministre social-démocrate à tendre la main à l'opposition de centre-droit pour la neutraliser. Le chef du gouvernement est traditionnellement le dirigeant du parti ayant obtenu le plus grand nombre de voix, mais le nouveau paysage politique fragmenté de la Suède rend toute conjecture particulièrement hasardeuse.

 

 

Ni le bloc "rouge-vert" sortant ni l'opposition du centre et de la droite n'ayant obtenu plus de 50% des 349 mandats en jeu au Riksdag, le parlement suédois, de longues tractations s'annoncent dans les semaines à venir. Les résultats encore provisoires donnaient les deux camps à égalité parfaite, à 143 mandats chacun.

 

 

Le Parti social-démocrate du Premier ministre Stefan Löfven perd près de trois points par rapport aux législatives de 2014, tombant à 28,3% des suffrages, selon des résultats portant sur 85% des circonscriptions. Critiqué tout azimuts sur son bilan migratoire et social, Stefan Löfven apparaît personnellement fragilisé par quatre années d'un mandat tumultueux qui a vu l'arrivée en 2015 de 160 000 demandeurs d'asile, un record en Europe rapporté au nombre d'habitants. Le scrutin s'avère également décevant pour les conservateurs d'Ulf Kristersson qui perdent 3,5 points en quatre ans, atteignant 19,8% des voix.

 

 

Faiseur de rois

 

De son côté l'extrême droite, alors qu'elle espérait renverser la table, est loin de réaliser la percée annoncée par son président, Jimmie Akesson, qui disait encore dimanche miser sur entre "20 et 30%" des voix. Les Démocrates de Suède (SD), formation anti-immigration, nationaliste et europhobe obtiendrait 17,7% des votes, après 12,9% en 2014, échouant à devenir le deuxième plus grand parti de Suède.

 

 

Mais s'ils progressent moins qu'entre 2010 et 2014, les Démocrates de Suède se sont durablement imposés dans le débat politique et émergent en faiseur de rois entre les deux blocs. "Nous sommes les grands gagnants de cette élection (...). Nous allons exercer une véritable influence sur la politique suédoise", a lancé un Jimmie Åkesson triomphant à ses partisans réunis dans un restaurant de la capitale. "Je suis prêt à parler, à coopérer, à négocier avec tous les partis, mais je veux surtout inviter Ulf Kristersson à négocier", a-t-il ajouté.

 

 

L'opposition est déterminée à déloger les sociaux-démocrates, mais pour construire une majorité solide, il lui faudrait dynamiter le cordon sanitaire qui, jusqu'ici, tenait les Démocrates de Suède à distance d'une influence politique directe. Un pas qui pourrait s'avérer risqué, tant centristes et libéraux ont dit et redit leur refus d'un "pacte avec le diable". Et sept sympathisants conservateurs sur dix ne veulent pas entendre parler d'une main tendue à l'extrême droite.

 

 

Si pourtant la droite veut jouer l'alternance, "son gouvernement sera dépendant des Démocrates de Suède et ce ne sera pas gratuit. Les Démocrates de Suède vont présenter leurs exigences", analyse pour l'AFP Lisa Pelling du centre d'études Arena Ide.

 

 

La gauche affaiblie

 

Alors que le Premier ministre social-démocrate Stefan Löfven présentait ces législatives comme un "référendum pour l'Etat-providence", l'extrême droite en avait fait un plébiscite contre sa politique migratoire. En septembre 2015, il justifiait l'ouverture aux réfugiés de Syrie, d'Irak ou d'Afghanistan au nom d'"une Europe qui n'édifie pas de murs". Deux mois plus tard, il annonçait un tour de vis migratoire et le rétablissement des contrôles aux frontières.

 

 

Une volte-face insuffisante pour l'extrême droite. A l'image du parti Alternative pour l'Allemagne (AfD), les Démocrates de Suède dénoncent l'immigration comme une menace "culturelle" et réclament le renvoi de centaines de milliers de personnes. Ancien métallo de 61 ans, le Premier ministre a perdu des électeurs sur sa gauche et sur sa droite, les uns lui reprochant d'avoir laissé grand ouvertes les portes du pays aux demandeurs d'asile, les autres de les avoir aussitôt refermées.

 

 

Et ses chances de reformer une coalition – de toute façon minoritaire – sont d'autant plus compromises que la poussée du Parti de gauche qui le soutient au Parlement n'a pas compensé le recul des écologistes – membres du gouvernement – qui frôlent le seuil des 4% requis pour envoyer des députés sur les bancs du Riksdag, le Parlement suédois. En l'absence d'une claire légitimité issue des urnes, "nous sommes prêts à collaborer au-delà des blocs", à l'exception de l'extrême droite, s'est avancé le patron des sociaux-démocrates au Parlement, Anders Ygeman.

 


14/09/2018
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Franceinfo - le dimanche 2 septembre 2018

 

 

Manifestations en Allemagne : comment la ville de Chemnitz est devenue l'épicentre de l'opposition entre pro et anti-migrants

 

Depuis une semaine, des manifestants d'extrême droite, qui protestent contre la politique migratoire menée par le gouvernement d'Angela Merkel, et des militants de gauche, qui la soutiennent, défilent à Chemnitz, une ville saxonne de l'ex-RDA

 

 

 

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Des policiers marchent devant la statue de Karl-Marx à Chemnitz (Allemagne), le 1er septembre 2018, en marge des deux manifestations de militants d'extrême droite et de gauche. (RALF HIRSCHBERGER / DPA)

 

 

 

Depuis le meurtre d'un Allemand, dimanche 26 août, la ville de Chemnitz est le théâtre de manifestations de l'extrême droite allemande qui proteste contre la politique migratoire d'Angela Merkel. Deux hommes ont été arrêtés, suspectés d'être à l'origine de l'homicide :  un Irakien et un Syrien.

 

 

Samedi 1er septembre, deux manifestations ont été organisées dans les rues de la ville saxonne de l'ex-RDA, l'une par la droite anti-immigration et l'autre par des mouvements de gauche, des marches très encadrées par la police. Si aucune échauffourée n'est survenue dans les cortèges, neuf personnes ont toutefois été blessées en marge des défilés qui ont rassemblé plus de 8 000 personnes, samedi 1er septembre. Franceinfo revient sur les faits.

 

 

Comment ont débuté ces manifestations ?

 

Samedi 25 août, un Allemand de 35 ans, Daniel Hillig, est tué à Chemnitz. Très vite, un Syrien et un Irakien sont placés en détention provisoire. Agés de 22 et 23 ans, ils sont soupçonnés d'avoir, "à plusieurs reprises", porté des coups de couteau à la victime après une "altercation verbale", selon le parquet. L'homicide met le feu aux poudres. Le lendemain du meurtre, quelque 800 sympathisants d'extrême droite effectuent une "chasse aux étrangers" dans la ville. Ils sont prêts à en découdre avec la police. Lundi 27 août, des affrontements opposent plus de 2 000 militants d'extrême droite à environ un millier de contre-manifestants proches de l'extrême gauche. Plusieurs blessés sont à déplorer. La police est dépassée. Jeudi 30 août, plus d'un millier de personnes ont de nouveau défilé dans la ville. Les militants d'extrême droite demandent à Angela Merkel de "partir". La forte présence policière permet d'éviter de nouveaux débordements.

 

 

Quelle est la situation sur place ?

 

Les rassemblements de samedi se sont déroulés sans incident, en présence d'un très important dispositif policier. Des heurts sont cependant survenus au moment de la dispersion des cortèges, lorsque les plus déterminés des deux camps ont cherché à s'approcher les uns des autres pour en découdre. Neuf personnes ont été blessées.

 

 

Une équipe de la télévision publique locale MDR a déposé plainte après avoir été agressée lors d'un tournage. Un membre de l'équipe a été blessé et son matériel cassé. Par ailleurs, en marge de ces rassemblements, un Afghan de 20 ans a été roué de coups dans la soirée par un groupe de quatre hommes au visage camouflé, dans un quartier périphérique de Chemnitz. Il a été légèrement blessé, selon la police.

 

 

Quels sont les deux camps qui se font face ?

 

Environ 4 500 personnes ont défilé samedi à l'appel de divers mouvements d'extrême droite, principalement l'Alternative pour l'Allemagne (AfD) et le rassemblement anti-islam et anti-Merkel Pegida. Les manifestants se définissent comme des "patriotes", ou des "conservateurs" note Le Monde, qui a interrogé certains d'entre eux. Ces manifestants veulent avant tout redorer leur image, après le rassemblement de lundi, où des saluts hitlériens ont été vus.

 

 

Samedi, certains scandaient "nous sommes le peuple", reprenant le slogan des manifestants lors de la chute du régime communiste de RDA à l'automne 1989, ou encore "Merkel dégage !" en portant des drapeaux allemands. D'autres défilaient avec de grands portraits de victimes d'attaques perpétrées, selon eux, par des demandeurs d'asile.

 

 

Mais l'extrême droite reproche surtout à la chancelière allemande Angela Merkel d'ouvrir les portes de l'Allemagne à l'immigration. Pour l'extrême droite, l'Allemand tué le 26 août à Chemnitz est un "mort de Merkel". Cette expression est une manipulation du parti pour discréditer la chancelière, a affirmé mercredi dernier une ancienne membre de l'AfD, Franziska Schreiber, à la chaîne de télévision Stern TV, note le Huffpost. Selon elle, les accords de Schengen signés en 1995 par des pays européens, dont fait partie l'Allemagne, permettaient déjà aux frontières intracommunautaires d'être ouvertes.

 

 

 

En parallèle, environ 3 500 personnes ont défilé à l'appel de plusieurs associations et partis politiques de gauche, selon la police. Ils se sont rassemblés autour du mot d'ordre : "Le cœur plutôt que la haine." "Chemnitz n'est ni grise ni brune", pouvait-on lire sur une immense affiche collée sous l'imposant buste de Karl Marx situé devant l'hôtel de ville de cette ancienne commune d'ancienne Allemagne de l'est (RDA).

 

 

Comment réagit le gouvernement allemand ?

 

Mardi, la chancelière allemande, Angela Merkel, a dénoncé "la haine dans la rue" lors d'une conférence de presse à Berlin. 

 

 

"Ce que nous avons vu n'a pas sa place dans un Etat de droit". Angela Merkellors d'une conférence de presse

 

 

Depuis, la dirigeante ne s'est pas exprimée sur le sujet. Un silence que lui reproche l'opposition. "Merkel se planque, assène un électeur du parti de gauche Die Linke, auprès du Monde. Elle doit davantage se montrer et se faire entendre".

 

 

 

De son côté, le gouvernement de coalition entre la CDU (conservateurs) et le SPD (centre-gauche) a apporté son soutien à la manifestation des militants de gauche par la voix du ministre des Affaires étrangères, Heiko Maas. "L'Allemagne a causé des souffrances inimaginables à l'Europe, a-t-il écrit sur Twitter. Si, à nouveau, des gens défilent aujourd'hui dans les rues en effectuant le salut nazi, notre histoire passée nous oblige à défendre résolument la démocratie."

 

 

C'est nouveau cette poussée de l'extrême droite en Allemagne ? 

 

Les manifestations de militants d'extrême droite ne sont pas nouvelles en Allemagne. En 2014 et 2015, rappelle Le Figaro, le mouvement Pegida, qui affirme lutter contre "l'islamisation" de la société allemande, a rassemblé plusieurs dizaines de milliers de personnes, notamment à Dresde, dans la même région que Chemnitz, la Saxe.

 

 

 

Ces manifestations sont révélatrices d'un "malaise très ancien", estime sur franceinfo Jean-Yves Camus, politologue et directeur de l'Observatoire des radicalités politiques de la Fondation Jean-Jaurès. L'Afd a obtenu ses meilleurs résultats aux dernières législatives, en obtenant 12,6% des suffrages et faisant pour la première fois son entrée au Parlement, mais la présence de l'extrême droite dans la vie politique allemande ne date pas d'hier.

 

 

 

Au milieu des années 1990, le nombre d'agressions contre des demandeurs d'asile ou des immigrants, qui étaient à l'époque bien moins nombreux que depuis 2015, était également monnaie courante. Jean-Yves Camus sur franceinfo

 


04/09/2018
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Franceinfo - le jeudi 16 août 2018

 

 

TEMOIGNAGE FRANCEINFO. "Il y a des images que je ne pourrai pas sortir de mon esprit" : un rescapé de l'"Aquarius" brise le tabou des viols sur des hommes en Libye

 

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Maurine Mercier, éditée par Julien Pasqualini franceinfoRadio France
 

 

 

L'envoyée spéciale de franceinfo à bord de l'"Aquarius" a rencontré un migrant qui témoigne des violences sexuelles infligées à des hommes en Libye, un sujet tabou que peu de rescapés osent évoquer sur le pont du navire humanitaire

 

 

 

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L'Aquarius a accosté sur l'île de Malte mercredi 15 août avec 141 migrants à bord. (MATTHEW MIRABELLI / AFP)

 

 

Les 141 rescapés de l'Aquarius sont arrivés à Malte mercredi 15 août. Ils sont "épuisés, marqués par leur voyage et leur séjour en Libye", selon Médecins sans frontières. Certains d'entre eux ont été victimes de violences sexuelles en Libye : c'est très souvent le cas pour les femmes, mais aussi pour les hommes. Et le sujet est tabou.

 

 

"Tous sont là avec leur téléphone, ils filment"

 

Sur le pont du navire humanitaire, un rescapé a décidé de briser le silence. Il révèle ce que personne n'ose évoquer, mais que pourtant tout le monde connaît. Lui n'a pas été violé mais a assisté à des scènes de viols. "Il y a des images que je ne pourrai pas sortir de mon esprit, témoigne cet homme sur franceinfo. Devant tout le monde, ils vous demandent de vous caresser. Ça stimule ton érection... Ils demandent que tu sodomises ton frère..." "Ils rient, ils sont contents. Du jamais vu. Tous sont là avec leur téléphone, ils filment." En cas de refus, "ils vont vous prendre, vous attacher et ils vont vous violer", poursuit-il. 

 

 

La deuxième fois qu'on lui a infligé cela, c'est quand il a essayé de s'évader. "En plein désert, ils nous ont rattrapés", raconte-t-il. Celui qui les guidait "a subi des abus. Ils l'ont sodomisé à tour de rôle. Ce n'était pas beau à voir."

 

 

Ils prennent des comprimés pour booster leur libido, pour faire du mal. Ils vont vous détruire au maximum migrant témoin de violences sexuelles à franceinfo

 

 

"Quand ils ont fini, il était bousillé, il y avait du sang partout. Je ne sais pas s'il a survécu", poursuit-il. Lui a été épargné et n'a pas été violé mais contraint, en Libye, à assister à ces scènes cauchemardesques. L'homme a du mal à poursuivre la conversation. "Je me sentais mort, je me disais 'si l'idée leur traverse l'esprit de passer sur moi'. Je me suis mis une minute à sa place. C'était traumatisant, c'était une terreur", conclut-il difficilement.

 


17/08/2018
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Franceinfo - le mardi 14 août 2018

 

 

"Aquarius" : la France va accueillir 60 migrants débarqués à Malte, annonce l'Elysée

 

 

"La solution adoptée est conforme à la coopération européenne, au droit de la mer et aux principes humanitaires", a indiqué l'Elysée dans un communiqué.

 

 

 

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Une photo du navire humanitaire l'"Aquarius", le 1er août 2018. (BORIS HORVAT / AFP)

 

 

 

Ce qu'il faut savoir

 

 

Il va pouvoir bientôt accoster. Deux mois après avoir suscité une intense crise diplomatique, le navire Aquarius recherchait de nouveau, mardi 14 août, un port d'accueil en Méditerranée. Le Premier ministre maltais, Joseph Muscat, a donné son feu vert pour laisser accoster le bateau et ses 141 migrants. Ces derniers seront répartis dans plusieurs pays européens dont la France. L'Hexagone va en accueillir 60, a annoncé l'Elysée en fin de journée dans un communiqué. 

 

 

Cinq pays d'accueil. "Malte va donner à l'Aquarius la permission d'entrer dans ses ports, même s'il n'a pas l'obligation légale de le faire. Toutes les 141 personnes à bord seront réparties entre la France, l'Allemagne, le Luxembourg, le Portugal et l'Espagne", a écrit le Premier ministre maltais sur Twitter.

 

 

L'Italie refuse le bateau. Comme en juin, où le bateau avait erré pendant une semaine, faute de port où accoster, l'Italie a refusé d'accueillir le navire. L'Espagne, qui avait finalement accueilli l'Aquarius en juin, a rechigné à se proposer à nouveau, avant de faire marche arrière. Le pays va accueillir 60 des 141 migrants.

 

 

LR et le RN pour que la Tunisie ouvre ses portes. Les Républicains (LR) et le Rassemblement national (RN, ex-FN) ont estimé que la France ne devait pas accueillir l'Aquarius, pour éviter de créer "un appel d'air", et plaidé pour que la Tunisie lui ouvre ses ports.

 


16/08/2018
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