L'AIR DU TEMPS

L'AIR DU TEMPS

EUROPE


Franceinfo - le samedi 18 janvier 2020

 

 

Les cloches de Big Ben ne sonneront pas pour le Brexit, mais un décompte géant apparaîtra au 10 Downing street

 

avatar

franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

Le gouvernement a révélé le programme officiel marquant la sortie du Royaume-Unis de l'Union européenne : une horloge lumineuse chargée de faire le décompte au 10 Downing Street, l'émission de pièces commémoratives, des drapeaux britanniques sur tous les mats autour du Parlement... Mais pas de Big Ben

 

 

20793751

 

Big Ben, à Londres, photographié vendredi 17 juin 2020.  (DANIEL LEAL-OLIVAS / AFP)

 

 

 

Boris Johnson a donné aux europhobes britanniques le Brexit dont ils rêvaient, mais il est resté sourd à leur demande de faire sonner Big Ben au moment de la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne. Vendredi 17 janvier, le gouvernement a révélé le programme officiel des festivités marquant l'événement historique, prévu le 31 janvier, à 23 heures (heure locale). Mais pas un mot sur Big Ben. 

 

 

Réduite au silence depuis plus de deux ans en raison de vastes travaux de restauration, la cloche la plus célèbre du monde ne sonne plus qu'en de très rares occasions comme le Nouvel an ou des commémorations historiques.

 

 

 

585 000 euros pour quelques "gongs" 

Faire sonner Big Ben le 31 janvier aurait nécessité de relancer le mécanisme actuellement arrêté et aurait retardé l'avancée des travaux, provoquant une facture de 500 000 livres (585 000 euros). Trop cher, avait conclu mardi le Parlement. Boris Johnson, fervent partisan du Brexit, avait alors lancé l'idée d'une souscription publique, soutenue rapidement par les journaux et élus eurosceptiques.

 

 

En deux jours, des Britanniques pro-Brexit ont rassemblé une cagnotte de plus de 235 000 livres (275 000 euros) afin de convaincre les autorités de faire retentir la cloche. En vain.

 

 

Embarrassés, les services du Premier ministre ont dû expliqué que le Parlement n'était en réalité pas autorisé à utiliser de tels fonds. A la place du "gong" de Big Ben, le gouvernement a prévu, pour célèbrer la sortie de l'UE une horloge lumineuse chargée de faire le décompte au 10 Downing Street, l'émission de pièces commémoratives, ou encore des drapeaux britanniques, l'Union Jack, sur tous les mats autour du Parlement.

 


19/01/2020
0 Poster un commentaire

Franceinfo - le jeudi 9 janvier 2020

 

 

Brexit : les députés britanniques donnent leur feu vert à la sortie de l'Union européenne, après plus de trois ans de crise

 

avatar

franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

 

Lors d'un vote historique, les députés britanniques ont approuvé le texte qui permettra au Royaume-Uni de quitter l'Union européenne le 31 janvier

 

 

20741575

 

Le Premier ministre britannique Boris Johnson (au centre) après que son gouvernement a remporté le vote en troisième lecture du projet de loi sur l'Union européenne, à la Chambre des communes de Londres, le 9 janvier 2020. (HO / PRU / AFP)

 

 

 

Les députés britanniques ont donné jeudi 9 janvier, lors d'un vote historique après trois ans et demi de crise, leur approbation finale au texte qui permettra au Royaume-Uni de quitter l'Union européenne le 31 janvier.

 

 

La Chambre des communes, largement dominée par les conservateurs du Premier ministre Boris Johnson, a adopté le texte à 330 voix pour (231 contre). Après son examen par la Chambre des lords – la chambre haute du Parlement – la semaine prochaine puis l'assentiment de la reine, le texte, qui traduit dans la loi l'accord de Brexit, devra être ratifié par le Parlement européen le 29 janvier, deux jours avant la date fatidique. 

 

 

L'issue de ce scrutin ne faisait guère de doute compte tenu de la large victoire, en décembre, du Parti conservateur aux élections législatives anticipées provoquées par Boris Johnson, qui a fait campagne sur la promesse de mettre en œuvre le Brexit le 31 janvier.

 


11/01/2020
0 Poster un commentaire

Franceinfo - le vendredi 13 décembre 2019

 

 

Royaume-Uni : les quatre enseignements des législatives, après la victoire écrasante de Boris Johnson

 

avatar
franceinfoFrance Télévisions

 

 

Le Premier ministre conservateur se voit conforté dans les urnes. Il a obtenu, à l'issue du scrutin de jeudi, une large majorité qui va lui permettre, selon lui, de mettre en œuvre la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne d'ici au 31 janvier

 

 

20599655

 

Le Premier ministre Boris Johnson célèbre sa victoire aux élections législatives, le 13 décembre 2019 à Londres (Royaume-Uni). (DANIEL LEAL-OLIVAS / AFP)

 

 

 

La victoire est nette. Les résultats des élections législatives britanniques anticipées, publiés dans la matinée du vendredi 13 décembre, ont confirmé les premières estimations. Les conservateurs du Premier ministre Boris Johnson vont pouvoir s'appuyer sur une majorité écrasante et ainsi mettre en œuvre le Brexit.

 

 

>> Résultats, réactions... Suivez les dernières informations sur les législatives britanniques dans notre direct

 

 

A gauche, l'opposition travailliste s'effondre, ce qui acte l'échec de la stratégie de Jeremy Corbyn. Les nationalistes écossais du SNP se renforcent et en profitent pour demander un second référendum sur l'indépendance de l'Ecosse. Voici ce qu'il faut retenir de ces résultats.

 

 

 

Un mandat pour le Brexit

Le Brexit sera réalisé "à temps" le 31 janvier, a promis Boris Johnson après son succès. Le Premier ministre s'appuie sur sa victoire aux législatives, les conservateurs ayant obtenu une majorité écrasante au Parlement britannique. Il faut remonter à Margaret Thatcher pour trouver une victoire comparable des conservateurs. Après dépouillement dans 647 circonscriptions sur 650, le parti de Boris Johnson avait raflé 362 sièges à la Chambre des communes (contre 317 remportés en 2017). Les Tories ont désormais les coudées franches pour mettre en œuvre le Brexit, approuvé à 52% par les Britanniques en 2016.

 

 

 

Le Premier ministre britannique, Boris Johnson, après sa victoire aux élections législatives, le 13 décembre 2019 à Londres (Royaume-Uni).

Le Premier ministre britannique, Boris Johnson, après sa victoire aux élections législatives, le 13 décembre 2019 à Londres (Royaume-Uni). (DANIEL LEAL-OLIVAS / AFP)



Ce "nouveau mandat fort (...) donne à ce nouveau gouvernement l'occasion de respecter la volonté démocratique du peuple britannique", a souligné Boris Johnson. Il a évoqué un "tremblement de terre" qui redessine le paysage politique britannique, au profit des conservateurs. Les résultats montrent, selon lui, la "décision irréfutable, irrésistible et incontestable" des Britanniques de sortir de l'Union européenne. "Désormais, avec cette majorité écrasante, Boris Johnson va pouvoir faire ratifier son accord" sur le Brexit, estime sur franceinfo Patrick Martin-Genier, enseignant à Sciences Po et à l'Inalco, spécialiste des questions européennes.

 

 

Je vais mettre fin à ces absurdités et nous allons le réaliser à temps d'ici au 31 janvier .Boris Johnson devant ses partisans

 

 

Les places boursières européennes ont démarré vendredi en hausse, galvanisées par la victoire des conservateurs aux élections britanniques, qui devrait permettre de trancher une bonne fois pour toutes la question du Brexit. "Pour les marchés et les entreprises, c'est le résultat parfait, une claire majorité pour les conservateurs, le risque Corbyn écarté, une nette réduction des incertitudes autour du Brexit et même un budget rapide pour soutenir l'économie", résume Neil Wilson, analyste chez Markets.com.

 

 

 

Un effondrement du Labour

Ce scrutin est une claque pour le Labour. Les travaillistes remportent entre 201 et 203 sièges, selon les résultats partiels, soit une quarantaine de sièges en moins par rapport à l'Assemblée sortante. Ils ont perdu des circonscriptions ouvrières détenues depuis des décennies par la gauche, à l'image de certains fiefs symboliques, comme la ville de Workington. 

 

 

"Je ne conduirai pas le parti lors d'une quelconque élection", a annoncé Jeremy Corbyn, le chef de l'opposition, depuis sa circonscription d'Islington, dans le nord de Londres, où il a remporté à 70 ans un 10e mandat. Sa défaite historique laisse le Labour face au choix radical de maintenir sa ligne gauchisante, qui a attiré de nombreux jeunes dans ses rangs, ou de revenir à la social-démocratie triomphante des années Tony Blair.

 

 

 

Le leader du Parti travailliste britannique, Jeremy Corbyn, à Islington, dans le nord de Londres (Royaume-Uni), le 13 décembre 2019.

Le leader du Parti travailliste britannique, Jeremy Corbyn, à Islington, dans le nord de Londres (Royaume-Uni), le 13 décembre 2019. (ISABEL INFANTES / AFP)


 

Le chef du parti travailliste britannique Jeremy Corbyn s'est dit vendredi "très déçu" du résultat des élections législatives. Humilié dans les urnes, il se trouve ainsi poussé à la démission. Il a ajouté qu'il souhaitait voir son parti entamer une "réflexion sur le résultat du scrutin et sa future politique". Eurosceptique dans un parti dont les députés sont majoritairement europhiles, Jeremy Corbyn avait choisi d'entretenir l'ambiguïté sur la question du Brexit.

 

 

 

Une déception pour le Parti libéral démocrate

Pour les Britanniques pro-UE, l'espoir d'empêcher le Brexit s'est évanoui avec la défaite du Labour et l'échec des Libéraux-démocrates. Ces derniers, qui ont tout misé sur la promesse de stopper purement et simplement le Brexit, vont devoir se contenter de seulement 11 à 13 sièges, selon les dernières projections. Ils ont échoué à séduire les europhiles des camps conservateur et travailliste. Le Parti libéral démocrate était pourtant arrivé à la deuxième place aux élections européennes de mai dernier, obtenant 20,3% des voix, derrière l'europhobe Parti du Brexit. 

 

 

 

La chef de file des Lib Dems, Jo Swinson, s\'exprime après avoir perdu dans la circonscription d\'East Dunbartonshire, au nord de Glasgow (Ecosse), le 13 décembre 2019.

La chef de file des Lib Dems, Jo Swinson, s'exprime après avoir perdu dans la circonscription d'East Dunbartonshire, au nord de Glasgow (Ecosse), le 13 décembre 2019. (PAUL ELLIS / AFP)


 

Il s'agit d'un camouflet pour la dirigeante Jo Swinson, élue depuis à peine cinq mois à la tête des Lib Dems, qui avait commencé la campagne en affirmant qu'elle pourrait être le prochain Premier ministre. Cette mère de famille de 39 ans a même été battue dans la circonscription de East Dunbartonshire, dans l'ouest de l'Ecosse, par le candidat indépendantiste écossais du SNP. Elle a par conséquent annoncé qu'elle quittait la tête du parti, rapporte The Guardian

 

 

 

Un espoir pour les indépendantistes écossais

A gauche, les nationalistes écossais du SNP ont, pour leur part, progressé d'au moins 20 à 46 sièges, selon les résultats partiels. Le parti a ainsi raflé la très grande majorité des 59 sièges dévolus à l'Ecosse.

 

 

 

La Première ministre et chef de file des indépendantistes écossais, Nicola Sturgeon, célèbre la victoire de son parti aux législatives, le 13 décembre 2019 à Glasgow (Ecosse).

La Première ministre et chef de file des indépendantistes écossais, Nicola Sturgeon, célèbre la victoire de son parti aux législatives, le 13 décembre 2019 à Glasgow (Ecosse). (ANDY BUCHANAN / AFP)



Ils comptent s'appuyer sur ce résultat pour demander un second référendum sur l'indépendance de l'Ecosse, dont les habitants restent majoritairement hostiles au Brexit. Il va encore falloir convaincre Boris Johnson, qui demeure fermement opposé à une telle consultation.

 

 

Il y a maintenant un mandat en vue d'offrir au peuple écossais le choix de son propre avenir. Nicola Sturgeon, Première ministre écossaise à Sky News

 

 

La Première ministre écossaise, Nicola Sturgeon, a déclaré qu'elle avait remporté "un mandat renouvelé, rafraîchi et renforcé" pour appeler à un nouveau vote d'indépendance, détaille The Guardian. "Boris Johnson a peut-être reçu un mandat pour faire sortir l'Angleterre de l'Union européenne. Il n'a absolument pas le mandat de faire sortir l'Ecosse de l'Union européenne. L'Ecosse doit avoir le choix de son propre avenir", a-t-elle déclaré sur la chaîne de télévision Sky News.

 


13/12/2019
0 Poster un commentaire

Franceinfo - le jeudi 12 décembre 2019

 

 

Législatives britanniques : le Brexit sera réalisé "à temps" le 31 janvier, promet Johnson après sa victoire

 

avatar
Jean-Loup AdénorJuliette CampionRobin PrudentFrance Télévisions

 

 

Les électeurs britanniques ont choisi entre le Brexit du Premier ministre, Boris Johnson, et un nouveau référendum sur la sortie de l'UE, promis par le travailliste Jeremy Corbyn

 

 

20599431

 

Le Premier ministre Boris Johnson, le 13 décembre 2019 à Londres (Royaume-Uni). (OLI SCARFF / AFP)

 

 

 

Ce qu'il faut savoir

 

 

C'était un scrutin décisif, dans le brouillard du Brexit. Les Britanniques ont voté pour les élections législatives, jeudi 12 décembre, et ils ont choisi le Premier ministre sortant Boris Johnson. Ce dernier a obtenu une majorité absolue, selon des résultats officiels vendredi 13 décembre. Après trois ans de désaccords sur le Brexit, "je vais mettre fin à ces absurdités et nous allons le réaliser à temps d'ici au 31 janvier", a déclaré le dirigeant conservateur devant ses partisans. Suivez les résultats et les réactions avec franceinfo dans ce direct.

 

 

Une majorité absolue. Après dépouillement des résultats dans 600 circonscriptions, les Tories disposent de 328 députés, selon les décomptes de la BBC, de Sky News et de l'agence Press Association, qui confirment la large majorité conservatrice obtenue, ouvrant la voie à une sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne le 31 janvier.

 

 

Les nationalistes écossais en forte progression. A gauche, les nationalistes écossais du SNP ont nettement progressé de 20 à au moins 46 sièges, selon les résultats partiels. Ils comptent s'appuyer sur ce résultat pour demander un second référendum sur l'indépendance de l'Ecosse, majoritairement hostile au Brexit, bien que Boris Johnson soit fermement opposé à une telle consultation.

 

 

Le Brexit, sujet central. Le pays est embourbé dans le processus du Brexit depuis le référendum de 2016, remporté à 52% par le "leave", qui a profondément divisé le Royaume-Uni. C'est pour sortir de l'impasse que le Premier ministre conservateur a voulu ces législatives, les troisièmes en quatre ans. Il espérait ainsi obtenir la majorité absolue qui lui a fait défaut pour faire adopter par le Parlement l'accord de divorce qu'il a négocié avec Bruxelles.

 


13/12/2019
0 Poster un commentaire

Franceinfo - le mardi 10 décembre 2019

 

 

L'article à lire pour comprendre les élections législatives anticipées au Royaume-Uni (et leurs conséquences sur le Brexit)

 

avatar
Valentine PasquesooneFrance Télévisions

 

 

 

Quelque 46 millions d'électeurs britanniques sont appelés aux urnes jeudi, afin d'élire les 650 députés de la Chambre des communes et ainsi désigner leur futur gouvernement. Le scrutin anticipé, approuvé fin octobre, vise à sortir le Royaume-Uni de l'impasse du Brexit

 

 

20494663

 

Le Premier ministre britannique, Boris Johnson, lance le programme du parti conservateur pour les élections législatives anticipées du 12 décembre 2019, le 24 novembre 2019 à Telford (Royaume-Uni).  (DANIEL LEAL-OLIVAS / AFP)

 

 

 

"Brexit or not Brexit ?" Et si Brexit il y a, quelle sortie de l'Union européenne attend les Britanniques, plus de trois ans après la victoire du "Leave" ? La tenue d'élections législatives anticipées au Royaume-Uni, jeudi 12 décembre, doit poser les jalons de la suite donnée au (douloureux) divorce entre l'Etat insulaire et le continent européen. "Mettre fin à l'impasse, réaliser le Brexit et faire avancer le pays : voilà pourquoi nous avons cette élection", défend le Premier ministre conservateur et fervent défenseur du "Leave", Boris Johnson. 

 

 

A la fermeture des bureaux de vote jeudi soir, "BoJo" sera-t-il maintenu à son poste au 10, Downing Street ? Parviendra-t-il vraiment, le 31 janvier, à "réaliser le Brexit", comme le promet son slogan de campagne ? Rien n'est moins sûr, tant l'issue de ce scrutin et la capacité du dirigeant à bâtir une majorité restent incertaines. Voici ce qu'il faut savoir de ces élections si particulières, qui viennent rebattre les cartes du Brexit outre-Manche. 

 

 

Ça veut dire quoi, des élections anticipées au Royaume-Uni ?

En principe, nos voisins britanniques élisent leurs députés (ou MPs), siégeant à la Chambre des communes, tous les cinq ans. Pourtant, ces nouvelles "élections générales" sont les troisièmes organisées... en moins de cinq ans. Les dernières en date remontent au 8 juin 2017. Anticipées elles aussi, elles ont fait perdre à l'ancienne Première ministre conservatrice, Theresa May, sa majorité absolue.

 

 

Au Royaume-Uni, un tel scrutin s'organise lorsque deux tiers des députés votent pour, ou que ces élus retirent leur confiance à un gouvernement, sans l'accorder à aucun autre dans un délai de deux semaines. Le 29 octobre, les "MPs" ont ainsi voté à une majorité écrasante – 438 voix contre 20 – pour ce scrutin anticipé. 

 

 

Jeudi, comme il en est de coutume, les bureaux de vote ouvriront leurs portes à 7 heures et fermeront à 22 heures, pour accueillir jusqu'à 46 millions d'électeurs dans les 650 circonscriptions que compte le pays : 533 en Angleterre, 59 en Ecosse, 40 au pays de Galles et 18 en Irlande du Nord, précise* le Parlement. 

 

 

 

L\'intérieur de la Chambre des communes britanniques, le 24 octobre 2019 à Londres (Royaume-Uni). 

L'intérieur de la Chambre des communes britanniques, le 24 octobre 2019 à Londres (Royaume-Uni).  (HO / PRU / AFP)


 

Le scrutin, uninominal majoritaire à un tour, vise à élire un député dans chaque circonscription. L'heureux vainqueur est, dans le jargon britannique, le "First Past the Post", autrement dit "celui qui franchit le premier la ligne d'arrivée". Traduction : tout candidat arrivé en tête dans sa circonscription gagne sa place à Westminster. Et tout parti politique arrivé en tête décroche le droit de former un nouveau gouvernement. 

 

 

 

Pourquoi convoquer des élections plus tôt que prévu ? 

C'est pour "mettre fin à l'impasse" parlementaire autour du Brexit que Boris Johnson a convoqué, fin octobre, ces élections anticipées. Car le 22 octobre, les députés ont approuvé le projet de loi visant à appliquer son accord de Brexit négocié avec Bruxelles... tout en rejetant le calendrier serré qu'il voulait tenir. "BoJo" envisageait de sortir de l'Union européenne sans attendre, le 31 octobre. Les parlementaires ont réclamé davantage de temps. 

 

 

Le Premier ministre, qui préférait "être mort au fond d'un fossé" plutôt que de subir un troisième report du Brexit, n'a eu d'autre choix que de demander un délai à l'UE. En contrepartie, l'ancien maire de Londres a réclamé de nouvelles élections, espérant un nouveau souffle sur Westminster pour enfin "réaliser le Brexit""Ce Parlement a refusé de prendre des décisions. Il ne peut pas refuser de laisser les électeurs le remplacer par un Parlement qui peut prendre des décisions", a défendu le dirigeant dans une lettre à son principal rival, le leader de l'opposition travailliste (Labour) Jeremy Corbyn.

 

 

 

Le Premier ministre britannique, Boris Johnson, le 23 octobre 2019 à la Chambre des communes, à Londres (Royaume-Uni). 

Le Premier ministre britannique, Boris Johnson, le 23 octobre 2019 à la Chambre des communes, à Londres (Royaume-Uni).  (JESSICA TAYLOR / AFP)


 

Avec ce scrutin, Boris Johnson espère décrocher une majorité conservatrice renforcée au Parlement, en principe synonyme d'une sortie facilitée de l'Union européenne. "La procédure législative concernant le Brexit est en quelque sorte bloquée depuis deux ans", rappelle Agnès Alexandre-Collier, professeure de civilisation britannique à l'Université de Bourgogne, en détachement à la maison française d'Oxford. "Du fait de cette paralysie, Boris Johnson considère qu'il faut consolider sa majorité". Cela passait forcément par une nouvelle élection.

 

 

 

Mais les conservateurs dominent déjà le Parlement, non ? 

Les "Tories" sont, certes, le parti comptant le plus de députés à Westminster – 298 pour être précis. Les travaillistes en comptent 243, devant le Parti national écossais (SNP, 35 élus), les indépendants (24 élus) et les libéraux-démocrates (Lib Dem, 20 élus). Mais 298 députés, sur un total de 650, est un nombre largement insuffisant pour former une majorité. 

 

 

 

 

 

Après la perte de leur majorité en 2017, les "Tories" avaient réussi à obtenir le soutien du parti unioniste démocrate nord-irlandais (DUP). Mais l'alliance, qui leur assurait une nouvelle majorité, a été éphémère : en octobre, le DUP a claqué la porte, largement opposé au nouvel accord de Brexit. La majorité fragile de Boris Johnson s'est aussi brisée en septembre. En plein discours du Premier ministre, le député Tory Phillip Lee a quitté les rangs de son propre camp, suivi par 21 députés conservateurs, farouchement opposés à un Brexit sans accord. Ces derniers ont rejoint l'opposition pour voter une motion permettant à la Chambre de reprendre le contrôle de l'agenda parlementaire. Boris Johnson les a en conséquence exclus, détaille la BBC*. 

 

 

 

Et c'est possible, une majorité absolue pour les "Tories" ?

"C'est un gros pari", analyse Florence Faucher, professeure de sciences politiques et membre du Centre d'études européennes et de politique comparée de Sciences Po Paris. "Une élection avant le 31 octobre aurait été plus propice", car "BoJo" n'aurait pas été affaibli par la demande d'un nouveau report, souligne la chercheuse. Mais il n'est pas en position de faiblesse. Les enquêtes d'opinion lui sont quand même favorables". Un sondage du Guardian, publié le 26 novembre, donne les conservateurs en tête avec 43% des intentions de vote. Le Labour de Jeremy Corbyn arrive deuxième (30%), suivi des libéraux-démocrates, avec 15% des intentions de vote. 

 

 

Cette avance laisse-t-elle présager une majorité absolue pour les Tories ? Pas vraiment. Les conservateurs, comme les travaillistes, sont en recul dans l'ensemble des régions britanniques, d'après un récent sondage YouGov*. Dans le sud-est de l'Angleterre, où les Tories ont récolté 54% des voix en 2017, ils ne recueillent plus que 41% des intentions de vote. Car au sein de plusieurs territoires, conservateurs de longue date mais attachés à l'UE, le camp de Boris Johnson pourrait battre de l'aile. Il tente désormais de percer dans le "Red Wall", une région longtemps acquise à la gauche mais aussi pro-Brexit que le Premier ministre. Un territoire où il sera en concurrence frontale avec le Brexit Party, mené par l'europhobe Nigel Farage. 

 

Le leader du parti europhobe Brexit Party, Nigel Farage, lors d\'un événement de la campagne pour les élections législatives britanniques, le 8 novembre 2019 à Pontypool (Royaume-Uni). 
Le leader du parti europhobe Brexit Party, Nigel Farage, lors d'un événement de la campagne pour les élections législatives britanniques, le 8 novembre 2019 à Pontypool (Royaume-Uni).  (GEOFF CADDICK / AFP)

 

Avec le Brexit en jeu, l'issue du scrutin reste donc une grande inconnue. Les Lib Dems pourraient, eux, capter bon nombre de votes anti-Brexit. "Au moins une cinquantaine de circonscriptions sont très compétitives", c'est-à-dire incertaines, commente Florence Faucher. "C'est une élection très inhabituelle", marquée par une "polarisation autour du Brexit, poursuit Agnès Alexandre-Collier. Il y a une immense part d'incertitude, et c'est le Brexit qui va déterminer le sort de ce scrutin." 

On parle d'autre chose que du Brexit dans cette campagne ?

Oui, même s'il est vrai que le divorce européen est au cœur des préoccupations – et des programmes. Aux yeux de 65% des Britanniques, d'après un sondage Ipsos*, le Brexit est LE problème le plus important auquel fait face le Royaume-Uni. 

 

Dans l'espoir de capter un électorat pro-Brexit plus à gauche, le parti conservateur s'éloigne des politiques d'austérité et promet davantage de dépenses publiques. Il propose près de 34 milliards de livres (40 milliards d'euros) supplémentaires pour le service public de santé (NHS) chaque année, détaille Bloomberg*. Le Labour, lui, penche encore plus à gauche, proposant une hausse des dépenses de santé et la nationalisation de certains secteurs comme le système ferrovaire, liste Reuters*. 

"Ce sont des programmes populistes, du côté des Tories comme du Labour, observe Florence Faucher. Pour les conservateurs, il s'agit de se présenter comme originaux sur les services publics, tout en martelant 'sécurité', 'immigration', et 'Brexit'."

Ce scrutin peut-il tout changer pour le Brexit ?

C'est possible, car chaque parti défend un projet bien précis pour l'avenir (ou l'oubli) de la sortie de l'UE. Si le camp des Tories l'emporte avec une majorité absolue, l'objectif est de faire adopter rapidement l'accord négocié avec Bruxelles, puis d'acter le divorce avec l'Union européenne le 31 janvier, voire plus tôt.

Dans le cas d'une victoire nette de Jeremy Corbyn et de son camp travailliste, il pourrait y avoir négociation d'un nouvel accord, suivie de l'organisation d'un second référendum : pour ce texte ou pour un maintien dans l'UE. Les libéraux-démocrates, menés par Jo Swinson, défendent un maintien pur et simple du pays dans l'Union européenne. Quant au Brexit Party, sa ligne est claire : un "Brexit net", sans accord, le 31 janvier à minuit.

"L'impasse" pourrait toutefois faire son retour à Westminster si aucune majorité absolue n'est obtenue. "Dans le cas d'une majorité relative, la situation [précédente] risque de se reproduire, avec un Parlement bloqué puis une nouvelle demande d'extension, estime Agnès Alexandre-Collier. Et même dans le cas où un accord passe, ce vote ne règlera pas toutes les conséquences de la sortie de l'UE." 

Sorry, j'ai eu la flemme de tout lire. Vous me faites un résumé ? ;) 

No problem. De nouvelles élections législatives anticipées ont lieu jeudi au Royaume-Uni, deux ans et demi seulement après le précédent scrutin, qui avait fait perdre sa majorité absolue à l'ancienne Première ministre Theresa May. Son successeur, Boris Johnson, a appelé à la tenue de ces élections pour "mettre fin à l'impasse" parlementaire autour du Brexit. Le dirigeant pro-sortie a été contraint de réclamer un nouveau report pour la sortie de l'UE, au 31 janvier. Avec ce scrutin, il espère retrouver une majorité absolue au Parlement pour enfin "réaliser le Brexit". 

L'issue de ces élections est plus qu'incertaine, car ce divorce bouscule les clivages politiques classiques. Le parti conservateur, crédité de 43% des intentions de vote, est en recul (comme son rival, le Labour) dans l'ensemble des régions britanniques. Il risque de perdre de précieuses voix dans les comtés acquis aux Tories, mais anti-Brexit. En cas de majorité relative ou de victoire de ses concurrents, toutes les options sont possibles. Y compris celle d'une nouvelle "impasse"  face au Brexit. 

*L'ensemble de ces liens sont en anglais.

 


10/12/2019
0 Poster un commentaire

Franceinfo - le samedi 16 novembre 2019

 

 

République tchèque : 250 000 manifestants réclament le départ du Premier ministre, trente ans après la Révolution de velours

 

avatar

franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

 

Le populiste Andrej Babis est confronté à une série d'accusations de corruption et à une enquête de la Commission européenne sur un possible conflit d'intérêts

 

 

20437943

 

Des personnes tiennent des drapeaux tchèques en surplomb d'un rassemblement anti-gouvernemental, le 16 novembre 2019, à Prague (République tchèque). (DAVID W CERNY / REUTERS)

 

 

 

Environ 250 000 Tchèques ont investi le centre de Prague, samedi 16 novembre, selon le ministère de l'Intérieur, pour demander le départ du Premier ministre milliardaire Andrej Babis, accusé de corruption. Ce rassemblement s'est tenu à la veille du trentième anniversaire de la Révolution de velours, une série de manifestations et une grève générale qui a renversé le communisme dans l'ancienne Tchécoslovaquie.

 

 

Ancien communiste, le populiste Babis est confronté à une série d'accusations de corruption et à une enquête de la Commission européenne sur un possible conflit d'intérêts. Cette affaire concerne sa holding Agrofert, qui regroupe différentes activités dans ses vastes exploitations agricoles, dans les médias et dans le secteur chimique. Le chef du gouvernement tchèque rejette les accusations. Andrej Babis est aussi identifié comme agent dans des dossiers secrets de la police des années 1980, ce que le milliardaire a fermement démenti.

 

 

Le mouvement Million de moments pour la démocratie, organisateur de la manifestation, a appelé le Premier ministre à trouver une solution à ses conflits d'intérêts ou à se retirer. En juin, quelque 250 000 personnes s'étaient déjà rassemblées à Prague pour demander à Andrej Babis de démissionner, lors de la plus grande manifestation jamais organisée depuis la Révolution de velours.

 


17/11/2019
0 Poster un commentaire

Franceinfo - le dimanche 10 novembre 2019 - mis à jour le 11.11.19

 

 

Législatives en Espagne : le Parti socialiste en tête mais isolé, l'extrême droite en pleine ascension

 

avatar

franceinfo avec AFP et ReutersFrance Télévisions

 

 

Les conservateurs reprennent du poil de la bête, en deuxième position

 

 

20398231

 

Le Premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, le 11 novembre 2019 à Madrid (Espagne). (BURAK AKBULUT / ANADOLU AGENCY / AFP)

 

 

 

Victoire en demi-teinte pour le Premier ministre sortant, Pedro Sanchez. Le Parti socialiste espagnol (PSOE) est arrivé en tête des élections législatives, dimanche 10 novembre, avec 28% des voix, après le dépouillement de 100% des voix. Avec 120 élus, il conserve presque le même nombre de sièges au Parlement que lors du précédent scrutin, en avril dernier (123).

 

 

Avec 21% des voix, les conservateurs du Parti Populaire (PP) se sont remis du pire résultat de leur histoire (66 sièges en avril) et comptent 88 sièges. Le parti d'extrême droite Vox, entré au Parlement en avril avec 24 sièges, en devient la troisième force, avec 52 sièges (15%). C'est l'ascension "la plus fulgurante de la démocratie espagnole", s'est écrié son chef, Santiago Abascal.

 

 

 

mathieu gallard@mathieugallard

🇪🇸🗳️ Les deux grands perdants de la soirée :

➡️ @sanchezcastejon, dont le pari est perdu et qui va devoir revoir ses exigences à la baisse s'il veut rester PM

➡️ @Albert_Rivera, dont le parti implose du fait de l'incapacité de son leader à tenir une ligne politique claire

mathieu gallard@mathieugallard
 

🇪🇸🗳️ L'évolution du score de l'extrême-droite aux élections législatives en depuis la fin du franquisme.

 

Voir l'image sur Twitter
54 personnes parlent à ce sujet
 
 

Les deux alliés potentiels des socialistes essuient un lourd revers. La formation de gauche radicale Podemos chute de 33 à 26 sièges, avec 10% des voix, tandis que les centristes de Ciudadanos s'effondrent à 10 sièges (8%), soit 47 de moins qu'il y a six mois.

 

 

 

Casse-tête à venir pour gouverner

Pour Pedro Sanchez, la tâche de bâtir une coalition s'annonce difficile. Ses alliés naturels ont été punis dans les urnes, et les électeurs n'ont pas répondu à son appel de lui donner une majorité claire : son groupe parlementaire sort presque inchangé de ce nouveau scrutin. Le Parlement est une fois de plus bloqué, comme il l'est depuis la fin du bipartisme PP-PSOE, en 2015, avec l'arrivée de Podemos et de Ciudadanos. Ni un bloc de gauche (PSOE, Podemos et sa liste dissidente Mas Pais) ni une alliance des droites (PP, VOX et Ciudadanos) n'atteignent la majorité absolue de 176 sièges sur 350.

 

 

Pedro Sanchez ne cache pas qu'il préfère gouverner seul en minorité plutôt que de tenter de s'entendre avec Podemos après l'échec de leurs négociations l'été dernier. Il répète que les autres partis devraient laisser gouverner celui qui arrive en tête, en s'abstenant lors du prochain vote de confiance de la chambre. Dans la nuit de dimanche à lundi, sous les cris d'encouragement de ses partisans, il s'est engagé à "débloquer la situation politique et à former un gouvernement progressiste"

 

 

Antonio Barroso, analyste du cabinet Teneo, entrevoit deux voies, toutes deux difficiles, pour former un gouvernement. La première : "un accord entre partis de gauche - PSOE, Podemos et Mas Pais - mais qui requiert l'abstention de partis plus petits lors du vote de confiance". La deuxième : une abstention du PP pour laisser Pedro Sanchez gouverner en minorité. Mais "la concurrence entre le PP et Vox incite le PP à ne pas permettre la formation d'un gouvernement de gauche", a-t-il expliqué.

 

 

 

La Catalogne au cœur de la campagne 

Quelques semaines après les manifestations ayant dégénéré en violences, la Catalogne a dominé la campagne. Vox, dont le chef prône l'interdiction des partis séparatistes et la suspension de l'autonomie de la Catalogne, en a été le bénéficiaire. "J'ai toujours voté PP mais vu la situation, je crois qu'il faut employer la manière forte" avec la Catalogne et l'immigration, autre thème central de la campagne de Vox, disait une sympathisante, Ana Escobedo.

 

 

Si Vox a bénéficié du rejet des indépendantistes catalans au niveau national, le verdict des urnes est tout autre dans la province. Les partis indépendantistes catalans ont consolidé leur représentation : à trois, ils totalisent 23 sièges (contre 22 en avril) sur les 48 qui étaient en jeu en Catalogne.

 


11/11/2019
0 Poster un commentaire

Franceinfo - le dimanche 10 novembre 2019

 

 

Législatives en Espagne : interviews Skype, meetings en vidéoconférence... L'étrange campagne du Catalan Carles Puigdemont, exilé en Belgique

 

 

avatar

Raphaël GodetFrance Télévisions

 

 

 

Menacé d'arrestation dans son pays, le leader indépendantiste a supervisé les élections de dimanche à distance. A 1 300 kilomètres de son fief catalan, il a mené campagne en comptant sur une bonne connexion internet

 

 

 

20372471

 

Le leader indépendantiste catalan, Carles Puigdemont, lors d'une conférence organisée le 14 octobre 2019 à Bruxelles (Belgique). (FRANCOIS LENOIR / REUTERS)

 

 

 

Quand les premiers électeurs espagnols vont pousser la porte des bureaux de vote sur les coups de 9 heures, dimanche 10 novembre, Carles Puigdemont sera levé depuis deux bonnes heures déjà. Comme tous les matins, il commencera par lire les journaux. Puis, il consultera les dizaines de messages reçus dans la nuit de la part des camarades de son parti, Junts per Catalunya (Ensemble pour la Catalogne, JxC). C'est que le leader indépendantiste catalan est surtout joignable par téléphone depuis qu'il s'est exilé à Bruxelles il y a deux ans pour fuir la justice de son pays, qui lui reproche d'avoir organisé illégalement le fameux référendum d'autodétermination d'octobre 2017.

 

 

Son quartier général est une jolie demeure de briques rouges du quartier résidentiel de Waterloo, au sud de la capitale belge. "C'est la tour de contrôle de la campagne", assurent à franceinfo tous ceux qui ont eu l'autorisation de passer la porte d'entrée de la "Maison de la République catalane", comme il est écrit sur la plaque métallique vissée sur la façade.

 

 

Car même s'il n'est pas candidat cette fois-ci, Carles Puigdemont reste l'un des grands manitous de la campagne pour les élections législatives dans les rangs de JxC. Autour du "président", comme l'appelle encore son entourage qui ne veut pas oublier ses presque deux ans à la tête de la Catalogne, c'est une toute petite équipe qui s'affaire. "J'ai compté quatre ou cinq personnes, raconte André Bordaneil, le maire de Maureillas, qui lui a rendu visite "en ami" avec d'autres élus des Pyrénées-Orientales début octobre. Il a un conseiller politique, un secrétaire particulier, un concierge, et c'est à peu près tout. Cela n'a rien de pléthorique."

 

 

 

L'illa de Robinson@illaderobinson
 

🔴 Us mostrem imatges de l’interior de la Casa de la República, la residència de la localitat belga de Waterloo on s’ha establert el govern català a l’exili, amb el president Carles Puigdemont (@KRLS) al front 📺

Vidéo intégrée
589 personnes parlent à ce sujet
 
 

 

Ramon Faura, qui connaît "Carles" depuis vingt ans, n'a aussi "rien trouvé de fou" à l'intérieur quand il est venu passer une tête avant l'été. "Par exemple, je n'ai pas vu de cartons remplis d'affiches ou de dépliants, insiste le président d'Angelets de la Terra, une association qui coordonne des projets destinés à promouvoir la culture et la création artistique en langue catalane. Entre nous, que voudriez-vous que son staff fasse de tracts sur la Catalogne alors qu'il est coincé en Belgique ?"

 

 

 

Une réunion chaque vendredi matin

Au-delà des visites de courtoisie des "amis", c'est le vendredi matin, pour la réunion hebdomadaire, que la bâtisse de 550 mètres carrés s'anime le plus. Le protocole est le même d'une semaine sur l'autre. Une fois que tout le monde a pris place autour de lui, Carles Puigdemont s'assure que l'équipe est bien connectée à Barcelone, avant de prendre la parole en catalan pour dérouler l'ordre du jour.

 

 

D'un bout à l'autre du fil, on parle essentiellement stratégie électorale. Les candidats écoutent, réagissent, interrogent, demandent des conseils. Le ton monte quand il y a désaccord. "La réunion dure en moyenne deux ou trois heures. On se met à jour de ce qui se prépare ici en Belgique ou en Espagne", décrit Lluís Puig, candidat qui a lui aussi trouvé refuge dans le plat pays. "Mais ça déborde parfois en fonction de l'actualité", tient à préciser l'ancien monsieur Culture du gouvernement de Puigdemont, qui fait également l'objet d'un mandat d'arrêt pour "désobéissance" et "détournement de fonds publics".

 

 

Lors de ces réunions, on parle aussi tendances de vote. Un sondage paru dans le journal catalan El Periodico le 27 octobre créditait justement les trois formations indépendantistes en lice de 43% des voix en Catalogne, selon Le MondeMême si certains sympathisants envisagent de boycotter les urnes pour marquer leur opposition à Madrid, c'est toujours plus que les presque 39% récoltés en avril lors du dernier scrutin législatif.

 

 

 

Quatre maires des Pyrénées-Orientales rencontrent le leader indépendantiste catalan, Carles Puigdemont, dans ses locaux à Bruxelles (Belgique), le 8 octobre 2019.

Quatre maires des Pyrénées-Orientales rencontrent le leader indépendantiste catalan, Carles Puigdemont, dans ses locaux à Bruxelles (Belgique), le 8 octobre 2019. (COLLECTION PRIVEE)


 

Carles Puigdemont ne s'en cache pas. En coulisses, il répète vouloir tirer profit de l'impact émotionnel provoqué par l'emprisonnement à la mi-octobre de neuf dirigeants séparatistes pour "sédition" et "désobéissance". "Nous devons faire tomber les murs qui emprisonnent la volonté du peuple de Catalogne, lancera-t-il par exemple dans une déclaration depuis Bruxelles. Le 10 novembre, nous aurons une très grande opportunité [de nous y attaquer] par les urnes."

 

 

 

Des meetings en vidéoconférence

Après 742 jours loin de sa Catalogne chérie, Carles Puigdemont a appris à tout gérer à distance. "On a la chance qu'il n'y ait pas de décalage horaire entre la Belgique et l'Espagne, fait remarquer Lluís Puig. Avec Skype ou WhatsApp, on peut joindre nos interlocuteurs quand on veut et d'où on veut."

 

 

A 1 300 kilomètres de là, l'équipe basée à Barcelone semble aussi s'être accommodée de cette campagne électorale pas comme les autres. "Evidemment que c'est plus compliqué que Carles Puigdemont soit à distance, reconnaît Jaume Alonso-Cuevillas, l'un de ses avocats, qui est aussi candidat pour le vote de dimanche. Mais heureusement, la technologie d'aujourd'hui nous permet de communiquer à peu près normalement. On met l'option vidéo sur les applications, et c'est bon. On s'appelle très régulièrement. Sinon, je vais le voir quand c'est nécessaire."

 

 

Barcelone-Bruxelles, c'est seulement deux heures en avion.Jaume Alonso-Cuevillas, l'un des avocats de Carles Puigdemon tà franceinfo

 

 

La technologie fait, c'est vrai, parfaitement le travail quand l'un de ces "exilés belges" doit intervenir dans un meeting politique qui se déroule physiquement… quelque part en Catalogne. "Une bonne connexion, une bonne qualité de son, et c'est bon", assure Lluís Puig, qui est intervenu pas plus tard que lundi dernier en direct depuis la capitale belge. "A force, l'anormalité est en fait devenue la normalité, analyse de son côté le Perpignanais Ramon Faura.

 

 

Une séquence du documentaire Deux Catalognes, diffusé sur Netflix en 2018, montre justement Carles Puigdemont en train d'échanger avec ses partisans rassemblés dans une salle chauffée à blanc de Barcelone. "C'est le seul moyen pour que je participe à la campagne, explique-t-il en se passant une lingette démaquillante sur le front, depuis le théâtre bruxellois qui a accepté de l'accueillir pour son duplex. Je n'ai pas le choix(...) Parfois, je reconnais quelqu'un, et je réagis. J'aime bien dire bonjour, ça permet de casser la barrière que crée la technologie quand on fait ça en vidéo ou en direct. Cela permet d'éradiquer la distance."

 

 

 

Le leader indépendantiste catalan Carles Puigdemont lors d\'un meeting politique organisé en vidéoconférence depuis Bruxelles (Belgique), en décembre 2017.

Le leader indépendantiste catalan Carles Puigdemont lors d'un meeting politique organisé en vidéoconférence depuis Bruxelles (Belgique), en décembre 2017. ("DEUX CATALOGNES" / NETFLIX)

 

 

 

Et ça fonctionne. C'est aussi en multipliant les vidéoconférences qu'il a remporté son siège d'eurodéputé lors des européennes de mai. Carles Puigdemont ne peut toutefois pas siéger au Parlement européen puisqu'il a manqué la prestation de serment obligatoire devant l'autorité électorale à Madrid, le mois suivant. Et pour cause : un retour en Espagne aurait automatiquement entraîné son arrestation. Le leader indépendantiste – au même titre que l'ancien député catalan Toni Comin – est donc dans l'impasse, Bruxelles ne reconnaissant pas son statut de député européen.

 

 

 

"Prêcher la bonne parole" 

Jugée "grotesque" par certains, "normale" par d'autres, la situation a fait en tout cas de Carles Puigdemont une personnalité très sollicitée, et encore plus à mesure que les législatives – les quatrièmes en quatre ans – approchaient. Sa participation au Festival du livre en Bretagne, organisé le 26 octobre à Carhaix (Finistère), a par exemple bien failli tomber à l'eau à cause de cet agenda chargé. "C'est vrai qu'il y a eu des rebondissements, souffle Charlie Grall, l'un des organisateurs. Un coup c'était oui, un coup c'était 'pas sûr'. Mais finalement, l'accord de principe a bien été respecté." En partie au moins : les 400 personnes présentes ce jour-là n'ont pas pu lui poser de questions en direct comme prévu. Elles ont dû se contenter d'une vidéo enregistrée de neuf minutes en plan serré, que son staff avait envoyée la veille par e-mail.

 

 

 

 

 

 

"C'est déjà beaucoup", se félicitent les organisateurs de l'événement, plutôt satasfaits du "coup" réalisé. "Si Monsieur Puigdemont a accepté de jouer le jeu, c'est sûrement parce qu'il a été sensible à l'intérêt que l'on portait au problème catalan", imagine Charlie Grall.

 

 

 

Vu le contexte, avec les violences dans Barcelone et les condamnations des responsables indépendantistes, il aurait très bien pu nous dire que ça ne l'intéressait plus. Il aurait aussi pu envoyer quelqu'un d'autre et on l'aurait compris.Charlie Grall, du Festival du livre en Bretagne à franceinfo

 

 

C'est que ce type d'intervention rentre parfaitement dans le plan de bataille que Carles Puigdemont a en tête : européaniser son combat. En plus du catalan et de l'espagnol, l'ancien journaliste de bientôt 57 ans parle aussi anglais, français et roumain. Toujours intéressant quand on sillonne l'Europe pour "prêcher la bonne parole" du droit à l'autodétermination. Petit couac quand même : le gouvernement canadien a refusé qu'il vienne fin octobre à Montréal, où il avait été invité par une organisation indépendantiste québécoise. Pas de chance, Carles Puigdemont avait déjà dû repousser ce déplacement au printemps, faute d'avoir obtenu une autorisation de voyage électronique (AVE).

 

 

 

"Une machine incroyable"

Le 130e président de la Generalitat a quand même dû prendre un peu plus de temps pour lui dans la dernière ligne des élections… pour encaisser le décès de son père, survenu mercredi 6 novembre. "Ma mère, mes sœurs et mes frères se souviendront toujours de lui comme d'un homme d’une immense gentillesse et d’une fidélité aux valeurs du christianisme. Repose en paix", écrit-il dans un tweet.

 

 

 

Carles Puigdemont ✔@KRLS
 

Fa poca estona ens ha deixat el pare. La meva mare, les meves germanes i els meus germans el recordarem sempre com un home de bondat immensa i fidelitat als valors del cristianisme de base. Descansi en pau. ACS.

25,1 k personnes parlent à ce sujet
 
 

 

Carles Puigdemont a préféré annuler dans la foulée sa participation par visioconférence à un meeting organisé le soir même dans sa ville de Gérone. Une minute de silence a été respectée. 

 

 

 

 

ðŸÂŽ¥ Emotiu minut de silenci a l’Auditori de Girona al començament de l’acte de JxCat per la mort del pare del president Puigdemont, que no intervindrà a l’acte.

Vidéo intégrée
 
 

 

Carles Puigdemont, qui n'avait pas vu son père depuis deux ans selon certains, ne s'est pas rendu à ses obsèques, vendredi, pour ne pas terminer les menottes aux mains. Au Timesfin octobre, il déclarait justement ceci : "Je doute de pouvoir revoir mes parents." Lluís Puig connaît très bien le sentiment qui doit animer le "président". Il a lui-même perdu son père en juin dernier, "sans pouvoir lui dire au revoir une dernière fois", au risque de se retrouver lui aussi derrière les barreaux.

 

 

Pour autant, Carles Puigdemont n'est pas du genre à montrer des signes de faiblesse en public. "C'est une machine incroyable ! lâche, impressionné, son compagnon d'exil. Il travaille tout le temps, tous les jours, de la première minute à la dernière minute." "Quand je l'appelle, on peut aussi très bien parler de culture ou de sport", ajoute son avocat Jaume Alonso-Cuevillas. Ramon Faura a également découvert une capacité de résistance qu'il ne soupçonnait pas forcément. "Je trouve qu'il y a un côté héroïque dans son histoire, répète-t-il. Malgré tout, malgré la pression, malgré le contexte, je le trouve intact, vif, toujours plein d'énergie. Sa situation, ce n'est pas Ibiza non plus. Quand vous entendez ce qu'il prend de la part de ses opposants, beaucoup auraient lâché l'affaire depuis longtemps."

 

 

Une référence à peine voilée aux récents propos du chef du gouvernement espagnol, le socialiste Pedro Sánchez, qui s'est engagé "aujourd'hui et ici" à le ramener dans le pays et à le traduire devant la justice. Même s'il s'est installé dans un quartier de Waterloo, Carles Puigdemont doit espérer très fort une victoire de son camp.

 


10/11/2019
0 Poster un commentaire

Franceinfo - le mardi 29 octobre 2019

 

 

Après le nouveau report du Brexit, les députés britanniques approuvent la tenue d'élections législatives anticipées le 12 décembre

 

avatar
franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

Ce scrutin anticipé, voulu pour Boris Johnson, avait été refusé à plusieurs reprises par les députés, avant que le parti travailliste se range en faveur de cette option. L'élection aura lieu avant le Brexit, désormais prévu le 31 janvier

 

 

20325863

 

Le Premier ministre britannique Boris Johnson lors du débat sur la tenue d'élections anticipées, à la Chambre des communes, le 29 octobre 2019. (HANDOUT / REUTERS)

 

 

 

Le sort du Brexit se décidera peut-être dans les urnes. La Chambre des communes britannique a voté, mardi 29 octobre, en faveur de la tenue d'élections législatives anticipées le 12 décembre, comme le souhaitait Boris Johnson. Le texte convoquant le scrutin a recueilli 438 voix pour, et 20 contre, alors qu'une majorité de 418 députés était nécessaire. Ce vote intervient au lendemain de l'accord des 27 autres Etats membres de l'UE pour reporter la date de la sortie du Royaume-Uni au 31 janvier au plus tard.

 

 

Pour que ces élections soient organisées, elles doivent désormais être votées par la Chambre des lords, mercredi, mais à moins d'une grosse surprise, celle-ci devrait suivre l'avis des députés. Le parlement serait alors dissous le 6 novembre.

 

 

 

Une option déjà rejetée trois fois

Jusqu'ici, les députés britanniques avaient rejeté par trois fois des textes portés par Boris Johnson et proposant l'organisation d'élections anticipées, dont la dernière fois lundi.

 

 

Mais, mardi, le leader de l'opposition travailliste, Jeremy Corbyn, jusque là réticent, a fini par soutenir l'organisation de ces élections, malgré la colère d'une partie de ses troupes. "Notre condition d'exclure une sortie sans accord est désormais remplie", a-t-il justifié. Il souhaitait en revanche sur le scrutin ait lieu trois jours plus tôt, le 9 décembre, une option rejetée par les députés mardi.

 

 

 

Un espoir pour les partisans du Brexit

Boris Johnson espère que ces élections lui permettront de consolider sa position de Premier ministre et la majorité du parti conservateur, et ainsi de faire adopter son projet d'accord avec l'Union européenne sur le Brexit, qui s'est pour l'instant toujours heurté à l'opposition des députés.

 

 

Un peu avant le vote, mardi, il a décidé de réintégrer 10 des 21 députés rebelles qu'il avait exclus du parti pour avoir voté contre le gouvernement.

 

 

Ces élections seraient les troisièmes en quatre ans. En 2017, Theresa May avait déjà convoqué des élections anticipées, mais ce pari s'était retourné contre elle : elle avait perdu sa majorité, l'empêchant de faire ratifier son propre projet d'accord sur le Brexit.

 


30/10/2019
0 Poster un commentaire

Franceinfo - le lundi 28 octobre2019

 

 

Brexit : les Vingt-Sept s'accordent pour un nouveau report, jusqu'au 31 janvier

 

avatar
franceinfoFrance Télévisions

 

 

Les pays membres de l'UE ont fixé le 31 janvier 2020 comme nouvelle date butoir

 

 

 

20315303

 

Le président du Conseil européen, Donald Tusk, lors d'une conférence de presse à Bruxelles, le 18 octobre 2019. (DOMINIKA ZARZYCKA / NURPHOTO / AFP)

 

 

 

 

Un nouveau report pour le Brexit. Les Vingt-Sept ont donné leur accord, lundi 28 octobre, pour consentir un nouveau délai au Royaume-Uni afin de sortir de l'Union européenne, a indiqué le président du Conseil européen, Donald Tusk, sur Twitter. Il s'agit d'un report flexible, avec le 31 janvier 2020 comme nouvelle date butoir. Cette décision doit désormais être formalisée par une procédure écrite.

 

 

 

 

 

 

Initialement prévue pour le 29 mars dernier, la sortie du Royaume Uni de l'Union européenne – fruit d'un référendum organisé en juin 2016 – a déjà été repoussée à deux reprises, au 12 avril puis au 31 octobre, en raison du rejet de l'accord conclu entre Londres et Bruxelles par le Parlement britannique.

 

 

Le Premier ministre britannique Boris Johnson, qui avait déclaré en septembre qu'il préférerait "crever la gueule ouverte" plutôt que de demander un report, a été contraint d'en demander un par la Chambre des communes, qui a refusé de se prononcer sur son accord de sortie le 21 octobre dernier. Après avoir un temps espéré pouvoir faire adopter par le Parlement les textes nécessaires à la mise en œuvre de l'accord d'ici au 31 octobre, le locataire du 10 Downing Street a finalement dû renoncer à cette échéance et plaide désormais en faveur d'élections législatives anticipées pour sortir de l'impasse.

 


28/10/2019
0 Poster un commentaire

Franceinfo - le vendredi 25 octobre 2019

 

 

"Ils font tout pour que ça dégénère" : en Catalogne, les pro-indépendantistes défendent la radicalisation de leur combat

 

avatar
Envoyé spécial à Barcelone (Espagne)Raphaël GodetFrance Télévisions
 

 

 

Deux ans après le référendum d'autodétermination, la haine entre partisans et adversaires de l'indépendance catalane semble avoir atteint un point de non-retour. Cette région du nord-est de l'Espagne est sous tension depuis la condamnation, le 14 octobre, de neuf séparatistes. Une nouvelle manifestation est organisée samedi

 

 

 

20297335

 

Un manifestant pro-indépendance de la Catalogne, le 18 octobre 2019 à Barcelone (Espagne). (JOSEP LAGO / AFP)

 

 

 

Le groupe de touristes russes a d'abord cru que les insultes lui étaient adressées, avant de comprendre qu'elles visaient en réalité les policiers de la Guardia Civil (garde civile) postés dans le secteur. Il est 11 heures, mercredi 23 octobre, et les premiers "feixistes" ("fascistes") résonnent déjà dans la Carrer dels Comtes, la ruelle qui longe par l'ouest la cathédrale de Barcelone (Espagne). Enroulés dans des drapeaux rouge et or, les partisans de l'indépendance de la Catalogne manifestent une nouvelle fois pour dénoncer l'emprisonnement de neuf dirigeants séparatistes pour "sédition" et "désobéissance". Pour rythmer les slogans, Montserrat a sorti de sa poche son sifflet. "Il est toujours quelque part sur moi, crie la retraitée de 66 ans au milieu du brouahaha. Je le garderai tant que Madrid ne reculera pas !"

 

 
 

 

Ce n'est clairement pas la manifestation la plus garnie que la capitale catalane ait connue ces derniers jours, pas la plus violente non plus. Rien à voir avec les affrontements qui ont fait plus de 180 blessés, quatre jours plus tôt, dans le quartier des célèbres Ramblas, quand des groupes ont incendié du mobilier urbain pour en faire des barricades. Rien à voir non plus avec les jets d'acide et de cocktails Molotov que les Mossos (les policiers catalans) disent avoir reçus. Ou avec les heurts qui ont éclaté lundi 14 octobre dans les allées de l'aéroport, entraînant l'annulation de plus d'une centaine de vols. 

 

 

 

"Porcs" et "persona non grata"

A y regarder de plus près, la condamnation des neuf dirigeants indépendantistes à des peines allant de neuf à treize ans de prison semble surtout avoir servi d'étincelle à un feu qui attendait d'être rallumé. Depuis la victoire du "oui" au référendum d'autodétermination organisé en octobre 2017, les tensions ont en effet atteint un point de non-retour. 

 

 

Les noms d'oiseaux volent sur Twitter. Début mai, Nuria de Gispert, l'ancienne présidente du Parlement catalan, a par exemple traité de "porcs" les dirigeants de plusieurs partis opposés à l'indépendance, avant de supprimer son message. Quelques mois plus tôt, elle avait déjà demandé à Inés Arrimadas, la porte-parole du parti libéral Ciudadanos, pourquoi elle "ne retournait pas à Cadix", la ville d'Andalousie où elle a grandi.

 

 

 

 

 

 

C'est aussi que les prises de bec ne s'arrêtent pas toujours aux mots. Inés Arrimadas et le président du parti Ciudadanos Albert Rivera ont ainsi été déclarés persona non grata par la commune de Sant Andreu de Llavaneres, située au nord-est de Barcelone. Même "sanction" pour le socialiste Josep Borrell, qui n'a carrément plus le droit de mettre les pieds chez lui, à La Pobla de Segur. Une banderole a même été plantée à l'entrée du village. Elle traite l'ex-président du Parlement européen et actuel ministre des Affaires étrangères de "honte de La Pobla". 

 

 

 

 

 

 

Et, désormais, c'est à l'eau de Javel que l'on nettoie les sols où les responsables anti-indépendance se déplacent. Cette vidéo a par exemple été tournée en février dernier à Amer, après un meeting d'Inés Arrimadas. Balai à la main, des militants frottent en criant "Desinfectem !" ("Désinfectons !"). Le jour de sa venue, beaucoup de commerçants ont d'ailleurs choisi de baisser le rideau en signe de protestation. Cette ville est un symbole fort : c'est de là qu'est originaire le leader indépendantiste Carles Puigdemont, aujourd'hui en exil à Bruxelles.

 

 

 

 

 

 

Depuis quelque temps, les responsables politiques ne sont plus les seules cibles. Certains artistes ou universitaires affirment aussi subir des pressions. Leur tort : avoir un avis différent sur la question de l'indépendance. Des conférences ont déjà fait l'objet d'appels au boycott. Et mi-mai, la chanteuse Marta Sanchez, vue comme un soutien de Madrid, a dû quitter la scène de Badalona, dans la banlieue de Barcelone. Elle n'avait pourtant interprété qu'une seule chanson : elle et ses musiciens commençaient à recevoir des œufs jetés depuis le public.  

 

 

 

 

 

 

"Je ne vois pas de violence dans notre camp"

Emmitouflée dans son gilet en laine, Montserrat hausse les épaules. L'air de dire : "Circulez, il n'y a rien à voir sur ce plan-là". "Moi, je ne vois pas de violence dans notre camp, vitupère, mi-agacée, mi-indignée, celle qui a passé sa vie à organiser des expositions dans les musées. J'y vois plutôt de la résistance. La violence, elle est du côté de l'Etat espagnol et de la police. Ils font tout pour que ça dégénère. C'est une tactique pour nous décrédibiliser !"

 

 

J'ai combattu le franquisme quand j'étais jeune. Je suis horrifiée de voir que c'est pareil avec la répression aujourd'hui. Ils sont complètement fous !Montserrat, 66 ans, retraitée à franceinfo

 

 

Antonio a bien failli renverser son demi de bière quand on a commencé à poser le débat sur le comptoir du bar de l'avenue Diagonale, où il a ses habitudes. "Ma femme vient justement du village où plusieurs responsables de Ciudadanos ont été déclarés persona non grata, commence par dire le père de famille. Mais vous savez ce qu'il s'est passé ? Ils ont quand même osé venir sur place ! Mais enfiiiin, qui provoque qui, là ? Ils s'attendaient à quoi ?" 

 

 

Cette question de la violence est certainement la plus compliquée à aborder, chacun voyant midi à sa porte. Au sein des cortèges, quelques manifestants que franceinfo a interrogés estiment pourtant que "les choses vont parfois trop loin". "Le risque, c'est de devenir inaudible, grince des dents Liz, une étudiante de 26 ans. A force de faire le tri, de tout voir en noir ou blanc, on pourrait bien fatiguer les gens. Et ça, ce serait contre-productif." 

 

 

 

"A un moment, tu perds patience"

Elle a à peine terminé sa phrase qu'une dame s'en va justement fendre la foule pour adresser un pouce d'encouragement aux policiers présents devant le cortège depuis plus d'une heure. Bandeau sur les yeux pour symboliser "le silence de la communauté internationale face à la répression que l'on subit", Teresa regarde puis fait mine de n'avoir rien vu. "De toute façon, ça se voit, on est beaucoup plus nombreux, estime au "doigt mouillé" la dame de 73 ans. On en fait tout un plat parce que quatre containers ont brûlé. Pardon, mais pour moi, ce n'est pas de la violence ça. C'est de l'auto-défense ! Pas vrai ?"

 

 

Teresa, une manifestante pro-indépendance de la Catalogne lors d\'un rassemblement dans les rues de Barcelone (Espagne), le 23 octobre 2019.

Teresa, une manifestante pro-indépendance de la Catalogne lors d'un rassemblement dans les rues de Barcelone (Espagne), le 23 octobre 2019. (RAPHAEL GODET / FRANCEINFO)

 

 

 

Au fil de la conversation, Antonio finira par reconnaître s'être "radicalisé un tout petit peu" depuis qu'il a glissé son bulletin "oui" dans l'urne, il y a deux ans. "J'ai 48 ans, mais si j'en avais 20, je ne sais pas si je ne serais pas en train de jeter des pierres contre la police, admet-il. Je justifie et j'accepte cette violence. Il faut se mobiliser pour changer les choses. Si ça doit passer par la violence, ça passera par la violence."

 

 

Il y a deux ans, on a levé les mains et on a pris des coups. Mais on ne va pas lever les mains à chaque fois. On n'est pas Jésus. Si on prend une claque, on ne va pas en prendre une deuxième. Si on te répond toujours non, tu fais quoi, toi ? Antonio à franceinfo

 

 

Devant la police nationale, Via Laietana, où la manifestation du jour touche à sa fin, Teresa sourit en regardant ce qu'elle appelle "la relève". Des jeunes, parfois mineurs, poings levés en l'air. "Nos aînés ont beaucoup trop attendu, intervient Jordi, qui aura 18 ans à la fin de l'année. Nous, on n'attendra pas autant, promet-il. La violence, elle est normale, nécessaire, inévitable même. La police a le droit de donner des coups et pas nous ?" Il marque une pause, puis reprend : "Ils s'en remettront." "Peut-être que moi aussi je finirai par jeter des déchets sur la police !, reprend Teresa, revigorée par ce qu'elle entend autour d'elle. A un moment, tu perds patience." 

 

 

Avant de quitter le cortège à son tour, Montserrat insiste pour nous montrer des photos prises la veille, place d'Espagne, quand la fontaine s'est remplie de bulles de savon. Les manifestants étaient invités à apporter du liquide vaisselle avec eux. "C'est une manière de nettoyer toute la merde qui nous empêche d'avancer, dit-elle. Et croyez-moi, il faudra encore quelques doses pour tout enlever."

 


25/10/2019
0 Poster un commentaire

Franceinfo - le jeudi 24 octobre 2019

 

 

Espagne : regardez l'exhumation du dictateur Franco de son mausolée monumental

 

 

avatar
Thomas BaïettoLouis BoyFrance Télévisions

 

 

 

La dépouille du dictateur sera transférée, par hélicoptère si le temps le permet, du mausolée du "Valle de los Caidos", situé à une cinquantaine de kilomètres de Madrid, au cimetière de Mingorubbio où repose son épouse dans le nord de la capitale espagnole

 

 

 

Ce qu'il faut savoir

 

 

Francisco Franco, le vainqueur de la sanglante guerre civile (1936-1939) qui a dirigé l'Espagne d'une main de fer jusqu'à sa mort en 1975, doit être exhumé, jeudi 24 octobre, de son mausolée monumental près de Madrid. Le  Premier ministre socialiste Pedro Sanchez a fait du transfert de la dépouille du "Caudillo" une priorité dès son arrivée au pouvoir en juin 2018 pour que ce mausolée ne puisse plus être un "lieu d'apologie" du franquisme. Suivez cet événement dans notre direct.

 

 

>> "On vient pour le lieu, pas pour Franco" : el Valle de los Caídos, un site touristique presque comme les autres

 

 

Transfert par hélicoptère. La dépouille du dictateur sera transférée, par hélicoptère si le temps le permet, du mausolée du "Valle de los Caidos", situé à une cinquantaine de kilomètres de Madrid, au cimetière de Mingorubbio où repose son épouse dans le nord de la capitale espagnole.

 

 

Une promesse de Pedro Sanchez. C'est "une grande victoire de la dignité, de la mémoire, de la justice et de la réparation, et donc de la démocratie espagnole", s'est félicité mercredi le Premier ministre espagnol. Promise pour l'été 2018, l'opération a été retardée de plus d'un an par les recours en justice successifs des descendants du dictateur.

 

 

Décision approuvée par le Parlement. Le gouvernement de Pedro Sanchez agit sur la base d'un vote en 2017 du Parlement espagnol demandant l'exhumation de Franco, mais resté lettre morte en raison de l'opposition du gouvernement conservateur de Mariano Rajoy.

 


24/10/2019
0 Poster un commentaire

Franceinfo - le mardi 22 octobre 2019

 

 

Irlande du Nord : l'avortement et le mariage de couples de même sexe légalisés

 

avatar
franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

Cette décisions a été prise, mardi, sur décision du Parlement de Westminster à Londres. Contrairement au reste du Royaume-Uni, où il est autorisé depuis 1967, l'avortement était jusqu'ici illégal en Irlande du Nord, sauf si la grossesse menaçait la vie de la mère

 

 

20278951

 

Des personnes participent à une action de l'ONG Amnesty International à Belfast (Irlande du Nord) pour saluer la légalisaton de l'avortement et des mariages de couples de même sexe. (SOCIAL MEDIA / REUTERS)

 

 

 

L'avortement a été libéralisé et le mariage homosexuel légalisé, mardi 22 octobre, en Irlande du Nord sur décision du Parlement de Westminster, à Londres. C'est dans cette ville que sont gérées les affaires courantes de la province britannique en raison de la paralysie de l'exécutif local.

 

 

Contrairement au reste du Royaume-Uni, où il est autorisé depuis 1967, l'avortement était jusqu'ici illégal en Irlande du Nord, sauf si la grossesse menaçait la vie de la mère. Le mariage entre personnes de même sexe, autorisé partout ailleurs dans le pays, y restait également interdit.

 

 

Dépourvue d'exécutif depuis janvier 2017 à la suite d'un scandale politico-financier, la province britannique d'Irlande du Nord a ses institutions politiques à l'arrêt. Profitant de cette paralysie politique locale, les députés de Westminster ont voté des amendements en juillet pour étendre le droit à l'avortement et au mariage entre personnes du même sexe en Irlande du Nord si aucun gouvernement local n'était formé d'ici ce lundi. Ces changements sont entrés en vigueur à minuit à Belfast.

 

 

 

Premiers mariages en février 2020

Les premiers mariages de personnes de même sexe devraient "au plus tard" avoir lieu "la semaine de la Saint-Valentin 2020", selon le secrétaire d'Etat chargé de l'Irlande du Nord, Julian Smith.

 

 

"Nous y sommes, le jour où nous disons au revoir à des lois sur l'avortement oppressives qui ont contrôlé nos corps et nous ont refusé le droit d'avoir le choix", s'est félicité Grainne Teggart, chargé de campagne pour l'ONG Amnesty en Irlande du Nord, sur Twitter.

 


22/10/2019
0 Poster un commentaire