L'AIR DU TEMPS

L'AIR DU TEMPS

TURQUIE


Franceinfo - le dimanche 20 septembre 2020

 

 

"La prochaine étape, c'est quoi ?" : à Istanbul, chrétiens et musulmans divisés après la reconversion de Sainte-Sophie en mosquée

 

 

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Image par Lisy_ de Pixabay 


21/09/2020
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Franceinfo - le vendredi 14 août 2020

 

 

Tensions entre la Turquie et la Grèce : que se passe-t-il en Méditerranée orientale ?

 

 

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Image par sulox32 de Pixabay


14/08/2020
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Le Progrès du dimanche 12 juillet 2020

 

 

TURQUIE - SAINTE-SOPHIE : ERDOGAN REJETTE LES CRITIQUES

 

 

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a rejeté en bloc samedi les condamnations internationales de la transformation en mosquée de l'ex-basilique byzantine Sainte-Sophie d'Istanbul. Erdogan a argué que cela relevait des "droits souverains" de son pays. Le conseil oecuménique des Églises (350 églises chrétiennes) a exprimé samedi son "chagrin et consternation". Il reproche au président turc d'avoir "inversé ce sgne postitif de l'ouverture de la Turquie pour en faire un signe d'exclusion et de division". Sainte-Sophie sera ouverte aux prières musulmanes en tant que mosquée le 24 juillet, tout en restant ouverte aux visiteurs.

 

 

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image par falco de Pixabay 


13/07/2020
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Franceinfo - le samedi 30 mai 2020

 

 

Micro européen. La Turquie en proie à toutes les inquiétudes

 

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José-Manuel LamarquefranceinfoRadio France

 

 

Sortie du coronavirus, comment la Turquie fera-t-elle face à la crise économique annoncée ?

 

 

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La Lune s'élève au-dessus des mosquées d'Edirne, en Turquie, le 7 avril 2020. (GOKHAN BALCI / ANADOLU AGENCY / AFP)

 

 

 

La crise du coronavirus a peu touché la Turquie. Pour plus de 82 millions d’habitants, les cas de coronavirus confirmés sont de l'ordre de 162 000 environ, avec plus de 4 000 morts. 60% des cas ont été constatés à Istanbul pour l’instant, et tous les chiffres seront peut-être modifiés à la hausse quand le virus aura disparu. Pour l’heure, l’indice sur lequel nous nous basons est celui du wordmeters.info.

 

 

 

Une épidémie en retard

Il faut dire que la Turquie, comme l’indique notre invité, l'écrivain Ahmet Insel, a bénéficié de plusieurs facteurs. Tout d’abord, l’épidémie est apparue un mois après qu’elle fut déclarée en Europe. Ensuite, les chiffres plutôt bas s’expliquent par le fait que la Turquie est composée d’une population plus jeune que les états européens.

 

 

Ensuite, lors de l’accession au pouvoir de l’AKP, le parti du président Recep Tayyip Erdoğan, sa politique avait été favorable au développement du secteur hospitalier, allant en parallèle avec des hôpitaux privés qui avaient eu une politique de création de lits de réanimations et de soins intensifs, afin, raison financière oblige, de pouvoir surfacturer auprès de la sécurité sociale turque.

 

 

Ainsi, à l’heure de l’épidémie, voyant cette dernière s’étendre en Europe, les services hospitaliers ont eu le temps de s’organiser. Quant à la question des lits de réanimation des hôpitaux privés, elle fut une aubaine pour ce pays, qui s’est vu mieux doté que certains états européens. Quant au confinement, il fut strict, avec un couvre-feu pour les jeunes et les personnes âgées.

 

 

 

Après l’épidémie, la crise économique

Cette dernière arrive, dans trois mois, nous dit notre invité. Pour l’heure, la situation économique est gelée en Turquie, même s’il n’y a pas eu d’arrêt important de la production. Toutefois, la chute du PIB fait prévoir une récession entre 5 et 10%, avec un taux de chômage qui exploserait, et sans aucuns moyens financiers pour la Turquie pour amortir le choc, comme ce sera le cas en Europe.

 

 

La situation économique turque est grave, avec un gouvernement démuni qui se ferme à l’économie mondiale, des mouvements de capitaux arrêtés, accompagnés d’une fuite de ces derniers, et une convertibilité de la monnaie presque suspendue.

 

 

 

Un autocrate vent debout

Face à une telle situation, le président Recep Tayyip Erdoğan augmente ses tensions envers la Grèce, provocations aériennes, maritimes, tentatives d’ingérences dans les ZEE, zones économiques exclusives, grecques et chypriotes, provocations à la frontière nord de la Grèce ; aussi, coups de force en faisant débarquer des migrants sur les côtes grecques, et ouverture des frontières vers l’Europe des réfugiés sur le sol turc, avec souvent l’incursion d’agents des services turcs parmi les migrants.

 

 

Comme le dit Ahmet Insel, le président turc veut montrer ses biceps. Les tensions du fait du président turc sont un signal pour un soutien à son pouvoir des nationalistes turcs. Recep Tayyip Erdoğan n’a de cesse de vouloir museler toute opposition, une opposition qui a bien du mal aujourd’hui à s’unir. Enfin, les jeunes en Turquie qui aspirent à plus de liberté ont choisi la chanson des partisans italiens, O bella ciao, afin de marquer leur présence par des actions d’éclats tous azimuts, même si elles sont fortement réprimées.

 

 

 

Une jeunesse grecque solidaire de la jeunesse turque 

Le Grup Yorum, groupe musical de gauche très populaire, a vu ses concerts interdits par le gouvernement turc. Les artistes de Grup Yorum sont en butte à plusieurs procès, de nombreuses arrestations, ses concerts interdits donc.

 

 

Deux de ses membres sont décédés ; Helin Bölek, kurde de 28 ans, l'une des voix du groupe, est morte à son 288e jour de grève de la faim, à Istanbul, le 3 avril dernier, il protestait contre la répression du gouvernement turc à l’égard du groupe, ainsi que Ibrahim Gökçek, qui a succombé à son 323e jour de  grève de la faim, le 7 mai 2020, quelques semaines après Helin Bölek.

 

 

Lors des obsèques des deux artistes, la police turque est intervenue, procédant à des arrestations. Par solidarité avec le Grup Yorum, à la mémoire de Helin Bölek et Ibrahim Gökçet, ainsi qu’à Mustaka Koçak, 28 ans, décédé à son 297e jour de grève de la faim, où il clamait son innocence pour accusation de terrorisme par le pouvoir d’Ankara, des artistes et jeunes grecs se sont réunis sur les marches de l’Odéon d’Hérode Atticus, au pied de l’Acropole, à Athènes, en ce mois de mai 2020, interprétant la chanson Tencere Tava Havasi, chanson symbolique, hymne de la jeunesse turque des événements de Geizi en 2013, quand elle s’opposait à l’autocratie d’Erdogan.

 

 

 

 

 

 

Une Turquie qui inquiète ses voisins

La Turquie d’Erdogan est une Turquie qui inquiète aujourd’hui ses voisins. Présente militairement en Libye et en Syrie, elle apparaît comme une force belliqueuse et une puissance belligérante, ce qui n’arrangera en rien le futur de ce pays si séduisant quand on le connaît bien, et dont on ne peut que regretter le sort réservé à ce peuple turc, si attachant.

 


31/05/2020
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Franceinfo - le vendredi 8 novembre 2019

 

 

La Turquie va renvoyer, à partir de lundi, les jihadistes étrangers dans leur pays d'origine

 

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franceinfo avec ReutersFrance Télévisions

 

 

 

Le président Recep Tayyip Erdogan a affirmé, jeudi, que plus de 1 150 membres de l'Etat islamique étaient actuellement incarcérés dans les prisons turques

 

 

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Recep Tayyip Erdogan, le président turc, lors d'une conférence de presse à Budapest (Hongrie), le 7 novembre 2019. (ATTILA KISBENEDEK / AFP)

 

 

 

La Turquie commencera, lundi 11 novembre, à renvoyer dans leur pays d'origine les militants étrangers du groupe Etat islamique qui ont été capturés, a annoncé le ministre turc de l'Intérieur, Suleyman Soylu, cité par l'agence Anadolu vendredi 8 novembre. Ankara critique de longue date le refus de ses alliés européens de prendre en charge leurs ressortissants partis se battre en zone irako-syrienne. "Nous leur disons : nous allons rapatrier ces individus chez vous et nous commencerons lundi", a déclaré le ministre. Le ministre turc n'a pas précisé quels étaient les pays concernés par cette mesure.

 

 

Le président Recep Tayyip Erdogan a affirmé jeudi que plus de 1 150 membres de l'EI étaient actuellement incarcérés dans les prisons turques. Ankara appelle régulièrement les pays européens à reprendre leurs ressortissants qui ont intégré les rangs de l'EI en Syrie, mais ceux-ci sont peu enclins à les récupérer, notamment pour des raisons sécuritaires et pour l'impopularité d'une telle mesure.

 

 

Lundi, Suleyman Soylu avait déclaré que la Turquie renverrait les combattants étrangers de l'EI dans leurs pays, même si ces derniers leur retiraient leur nationalité. 

 


11/11/2019
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Franceinfo - le lundi 24 juin 2019

 

 

Turquie : pourquoi l'élection du nouveau maire d'Istanbul est-elle une claque pour le président Erdogan ?

 

 

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franceinfoFrance Télévisions
 

 

 

Le candidat de l'opposition, Ekrem Imamoglu, est devenu maire d'Istanbul, dimanche, en battant Binali Yildirim, le candidat de l'AKP. Le camp présidentiel perd ainsi la capitale économique et culturelle du pays, qu'il contrôlait depuis vingt-cinq ans

 

 

 

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Le président turc Recep Tayyip Erdogan dans un bureau de vote à Istanbul (Turquie), le 23 juin 2019, lors des élections municipales. (ADEM ALTAN / AFP)

 

 

 

Cette fois, c'est officiel. Le 31 mars, Ekrem Imamoglu avait remporté les élections municipales à Istanbul (Turquie), mais le résultat avait été annulé pour des "abus commis de manière organisée". Dimanche 23 juin, le candidat du Parti républicain du peuple a gagné le nouveau scrutin avec 54,2% des voix face à l'ancien Premier ministre Binali Yildirim, candidat de l'AKP, le parti au pouvoir.

 

 

Ce résultat est une "défaite colossale" pour le président turc Recep Tayyip Erdogan, a expliqué à l'AFP Berk Esen, professeur associé à l'université Bilkent, près d'Ankara. Le chef de l'Etat a reconnu son revers sur Twitter et voit la plus grande ville du pays basculer dans les mains de l'opposition sociale-démocrate.

 

 

 

Parce que son aura est amoindrie

Istanbul est la ville la plus riche (un tiers du PIB) et la plus peuplée de Turquie (16 millions d'habitants). "Istanbul est toute la Turquie et toute la Turquie est Istanbul", résume à franceinfo Samim Akgönül, historien, politologue et directeur du département d'études turques à l'université de Strasbourg. "Qui remporte Istanbul remporte la Turquie", a coutume de dire le président turc. L'attachement d'Erdogan à la "ville-monde" est réel puisqu'il a été maire de la ville entre 1994 et 1998, première étape de sa carrière politique.

 

 

De plus, dans l'imaginaire turc, "la chute de Constantinople [l'ancien nom d'Istanbul] est quelque chose de très présent", affirme l'historien. Les médias liés à l'AKP et les caciques du parti d'Erdogan craignaient tellement de perdre la ville qu'ils accusaient Ekrem Imamoglu d'être un suppôt du terrorisme, précise Le Monde, ou "d'être descendant de Grecs qui avaient tenté de prendre la ville" lors du conflit gréco-turc entre 1919 et 1922, ajoute Samim Akgönül. Mais "les électeurs ne sont pas tombés dans ce piège grossier", souligne le politologue.

 

 

 

Parce que cela aiguise l'appétit de ses concurrents

Vingt-cinq ans après son élection comme maire d'Istanbul, Recep Tayyip Erdogan est le président d'un "régime extrêmement centralisé", rappelle Samim Akgönül. "Istanbul est peut-être synonyme de destin politique pour le vainqueur", estime-t-il. Toutefois, selon l'universitaire, "cette victoire [de l'opposition] ne change rien et le pouvoir d'Erdogan reste intact". Le politologue Berk Esen n'est pas de cet avis : "C'est une défaite colossale pour Yildirim, mais aussi pour Erdogan. Son pari s'est retourné contre lui."

 

 

"Etant donné l'ampleur de la victoire [d'Ekrem Imamoglu], c'est un signal d'alarme pour l'establishment de l'AKP", analyse Sinan Ulgen, ancien diplomate turc et chercheur associé au Carnegie Europe, à Bruxelles. La défaite du parti présidentiel à Istanbul, après la perte de la capitale, Ankara, en mars, pourrait renforcer les velléités dissidentes et encourager ceux qui hésitent à lancer leur propre mouvement à passer à l'acte, comme l'ex-Premier ministre Ahmet Davutoglu et l'ancien président Abdullah Gül.

 

 

Tous les yeux sont également rivés sur le partenaire de coalition de l'AKP, le parti ultranationaliste MHP dirigé par Devlet Bahçeli, un vieux loup de la politique turque connu pour être particulièrement retors. Avant d'être l'allié d'Erdogan, il en était un féroce détracteur. S'il décidait de rompre son alliance avec le président turc, celui-ci serait privé de sa majorité au Parlement et pourrait être contraint d'avancer les élections générales prévues en 2023, selon des analystes.

 

 

De plus, le maire d'Istanbul, comme ceux de la plupart des mégalopoles de la planète, bénéficie d'une renommée internationale. Et ce changement de courant politique à la tête de la ville tombe à pic pour les pays occidentaux.

Depuis que le pouvoir d'Erdogan est devenu autoritaire en 2011, l'Occident cherche un interlocuteur plus fréquentable, plus moderne. Samim Akgönül, politologue à franceinfo

 

 

Après la publication des premiers résultats le donnant vainqueur, Ekrem Imamoglu a invité Recep Tayyip Erdogan "à travailler ensemble pour servir Istanbul". "Monsieur le président, je suis prêt à travailler en harmonie avec vous", a-t-il ajouté dans son allocution. Le nouveau maire a conscience que sa victoire ne lui donne pas les coudées franches : en effet, l'AKP, s'il le décide, peut largement paralyser son action car il contrôle 25 des 39 districts de la ville et conserve la majorité au conseil municipal.

 

 

 

Parce qu'il a perdu "la caisse enregistreuse" du pays

Istanbul est le poumon économique du pays. Le budget municipal s'élève à près de 24 milliards de livres turques (environ 3,6 milliards d'euros) par an, auxquels il faut ajouter les montants alloués aux services de transport et de canalisations. Au total, la métropole concentre un budget annuel d'au moins 35 milliards de livres turques, soit près de 5,3 milliards d'euros.

 

 

Avec un tel budget, "prendre le contrôle de la mairie d'Istanbul est très important du point de vue économique, commente anonymement sur Slate un analyste politique. L'un des points les plus importants de la politique populiste de l'AKP est de répartir ce budget du sommet jusqu'au bas de la pyramide. Ils ont mis en place tout un système de distribution de rentes économiques. C'est pour cette raison que l'élection à Istanbul était très importante."

 

 

Une analyse partagée par Samim Akgönül, qui explique que la ville "contrôle 51% du capital de centaines d'entreprises dont celles de services (parkings, transports urbains et maritimes). La municipalité finance des entreprises détenues par des hommes d'affaires qui, en retour, soutiennent le pouvoir d'Erdogan." Et de conclure : "Istanbul a toujours été vue comme une caisse enregistreuse, distributrice d'argent de l'Etat à des fonds privés."

 


25/06/2019
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Franceinfo - le samedi 8 juin 2019

 

 

Micro européen. L’insupportable menace d‘Ankara contre la République de Chypre

 

 

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Jose Manuel LamarquefranceinfoRadio France

 

 

Le président turc, Recep Tayyip Erdoğan, entre obstination et irréalisme. Ce vendredi 7 juin à Istanbul, il s'est dit prêt à défendre, "jusqu'au bout", les droits des chypriotes turcs en Méditerranée orientale

 

 

 

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Nicosie / Chypre, côté République de Chypre.  (PHILIPPE TURPIN / MAXPPP)

 

 

 

Depuis que les colonels grecs en 1974 ont tenté un coup d’état à Chypre, et qu’Ankara avait vivement réagit en envoyant ses troupes parachutistes, initiant ainsi la guerre chypriote entre les deux communautés grecque et turque, l’île vit sous une certaine tension. L'analyse de Thomais Papaioannou, correspondante de la télévision publique grecque et chypriote en France, et de José-Manuel Lamarque, dans ce nouveau numéro de Micro européen.

 

 

 

Il existe deux états

Au sud, la République de Chypre, reconnue au niveau international et membre de l’Union européenne, et au nord, un état seulement reconnu par Ankara, la République turque de Chypre du nord. En fait, c’est l’ensemble de l’île qui devrait être membre de l’Union européenne, mais la présence de l’armée turque au nord et la volonté d’Ankara de marquer sa présence, fait que l’île est toujours séparée en deux zones par une ligne appelée la "ligne verte". Les négociations de paix entre les deux parties de l'île, sous l'égide de l'ONU, sont dans l'impasse depuis 2017.

 

 

 

Le riche sous-sol marin chypriote

La zone économique exclusive (ZEE) de la République de Chypre est riche en gaz et hydrocarbures, et les activités de forage chypriotes vont s’intensifier, ce qui n’est pas du goût d’Ankara, une nouvelle fois. Ainsi Monsieur Erdogan tient aussi à mener des activités similaires, mais qui déborderaient sur la ZEE chypriote.

 

 

Mais comme les négociations quant à la résolution de la question chypriote n’ont pas abouti, faute de souplesse de la part d’Ankara, Erdogan demande expressément la suspension des exploitations de forages chypriotes tant que le dossier de la partition de l’île ne sera pas réglé.

 

 

Qui plus est, la République de Chypre a signé des contrats d’exploitation avec les compagnies française et italienne, Total et Eni. Une nouvelle fois, Ankara menace d’empêcher les navires de ces compagnies de pouvoir mener leurs campagnes d’exploitation.

 

 

 

Le droit souverain de la République de Chypre doit être respecté

Face à la position d’Ankara, l’Union européenne, par la voix de Michel Barnier, et Washington, demandent au gouvernement turc de respecter les droits souverains de la République de Chypre, et qu’Ankara s’abstienne de toute action illégale au regard du droit international. Mais Ankara fait la sourde oreille, et continue à vouloir, elle aussi, procéder à des forages bien au-delà de sa propre zone exclusive, débordant sur la zone de la République de Chypre.

 

 

Face à l’obstination turque, l’Union européenne se réserve de répondre de manière appropriée et pleinement solidaire avec la République de Chypre. En réponse, Ankara affirme qu’elle a des droits à faire valoir sur son plateau continental.

 

 

Qui plus est, la présence de la marine turque, souvent trop proche de la ZEE chypriote, n’est pas un gage de sagesse de la part des autorités turques. Aujourd’hui, il d’ailleurs fortement question de l’implantation d’une base navale française dans le sud de la République de Chypre, et les autorités de la République de Chypre sollicitent la présence de la Marine nationale française, autant pour protéger les navires de forage français, voire italiens.

 

 

 

Le grand déstabilisateur de la Méditerranée orientale

À n’en pas douter, Recep Tayyip Erdogan est le grand déstabilisateur de la Méditerranée orientale. Autant il préoccupe les autorités européennes quant à son attitude envers la République de Chypre, autant face à l’Europe, il sait bien manier le chantage en menaçant de lever ses barrières frontalières et laisserait une nouvelle fois entrer de nombreux migrants sur le territoire de l’Union européenne.

 

 

Mais, ce qui déplaît beaucoup aussi au président turc, ce sont les accords énergétiques de la République de Chypre avec Israël et l’Égypte. L’Égypte a signé, jeudi 6 juin, un accord avec la République de Chypre pour l'installation d'un câble sous-marin de 310 kilomètres entre les deux pays afin d'exporter de l'électricité en Europe.

 

 

Ainsi la République de Chypre deviendrait une plateforme majeure pour le transport d'électricité de l'Afrique à l'Europe. Face à l’escalade des tensions, la République de Chypre se voit assurée du soutien de l’Union européenne par le biais de la France, ainsi que du soutien de Washington.

 

 

 

Quel avenir pour l’île de Chypre ?

Stratégiquement, Chypre est déjà une sorte de porte-avion avancé européen en Méditerranée orientale. Deux bases anglaises sont présentes sur le territoire de la République de Chypre, et cette dernière a toujours été un pivot fort important concernant la diplomatie européenne, face aux crises terroristes du Moyen Orient jusqu’en Afghanistan, et une terre d’accueil, tant pour les opérations humanitaires de réfugiés que de zone de passage pour les armées européennes, dont l’armée française.  

 

 

Aujourd’hui, la position intransigeante d’Ankara tient plutôt d’un aveuglement incompréhensible, car la non-résolution de la question chypriote représente pour Ankara une dépense énorme quant au maintien de troupes turques dans la partie nord de l’île. Présence aujourd'hui inutile, fort coûteuse pour la Turquie, car les deux communautés civiles grecque et turque arrivent dorénavant à communiquer, et il est beaucoup à espérer de la jeunesse chypriote turque.

 

 

Plus d'infos sur Chypre avec les essais de Charalambos Petinos parus aux éditions de  L'Harmattan

 


10/06/2019
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Franceinfo - le jeudi 21 mars 2019

 

 

Depuis la Turquie, un prédicateur frère musulman égyptien appelle les Algériens à islamiser leur mouvement

 

 

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Alain ChémaliRédaction AfriqueFrance Télévisions

 

 

 

Le prédicateur égyptien de renom, Wagdi Ghoneim, Frère musulman proche du Qatar et réfugié en Turquie, a provoqué un tollé sur les réseaux sociaux en appelant les manifestants en Algérie à réclamer un Etat islamique

 

 

 

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Médecins et professionnels de santé algériens appellent au respect de la Constitution, lors de la manifestation du 19 mars 2019 à Alger contre la prolongation du mandat de Bouteflika. (BILLAL BENSALEM / NURPHOTO)

 

 

 

En l’absence de toute manifestation islamiste dans le soulèvement de la société algérienne contre le pouvoir du président Bouteflika, un étrange appel est venu de l’extérieur.

 

 

 

"Pourquoi, il n'y a pas d'hommes chez vous ?"

Connu pour ses prêches radicaux, le cheikh Wagdi Ghoneim, Frère musulman réfugié en Turquie, a pris ces derniers jours l’initiative de critiquer le soulèvement en Algérie, a rapporté le 18 mars 2019 le site IndependentArabia.

 

 

Dans un enregistrement vidéo, Cheikh Ghoneim, condamné à mort par contumace en avril 2017 en Egypte pour avoir fondé "une organisation interdite", reproche aux manifestants algériens de réclamer "la démocratie, au lieu d’exiger la création d’un Etat islamique et l’application de la charia""Ne donnez pas de pouvoir aux laïcs et ne leur permettez pas de chevaucher votre mouvement" a-t-il lancé à ses "frères héros d' Algérie".

 

 

Le prédicateur ne s’est pas contenté de reprocher la laïcité du mouvement, il s’en est pris également à la militante historique du FLN, Djamila Bouhired, devenue une icône des révoltes algériennes en prenant part aux marches de protestation malgré ses 83 ans.

 

 

"Une qui fait mine d’être révolutionnaire ou je ne sais quoi, alors qu’il est déjà assez honteux qu’elle ne soit pas voilée" , lance-t-il, évitant soigneusement de dire le mot "femme" ou de prononcer son nom. "Qu’est ce qu’elle va vous apporter celle-là ? C’est elle qui va vous apporter le bien ? Et comment ? Pourquoi, il n’y a pas d’hommes chez vous ou quoi ?", a-t-il encore ironisé.

 

 

 

Tollé des internautes contre les provocations de Cheikh Ghoneim

Une intervention qui lui a aussitôt valu une volée de réactions sur les réseaux sociaux. Certaines le traitant de "chien de l’enfer" qui souhaite la destruction de l’Algérie, d'autres appelant les prédicateurs, "ces commerçants de la religion", à ne pas se mêler des affaires algériennes : "Nous avons suffisamment goûté de malheurs à cause de vous", affirme ce tweet de maghrebvoices.

 

 

 

 

 

 

D’autres encore y ont vu un signe que "les frères Daechisés (en référence au mouvement islamiste Daech) sortent de leurs tanières et de leurs nids comme des corbeaux, pour chevaucher le mouvement du peuple algérien". Nombreux sont ceux qui lui reprochent également d’être tranquillement "installé en Turquie au lieu d’aller en Palestine se faire moujahid comme Omar el Mokhtar".

 

 

Concernant ses attaques contre la présence de Djamila Bouhired, un internaute suivi par des milliers d’abonnés sur Twitter s’est chargé de lui rappeler le rôle de la femme en Algérie.

 

 

 

 

 

 

Face à ce torrent d’appels à ne pas s’ingérer dans les affaires de l’Algérie, le dignitaire religieux a cru bon de relancer le débat. Dans une nouvelle vidéo postée sur son compte Twitter, le 17 mars, il a répondu vertement à ses détracteurs.

 

 

 

 

 

 

(Voici ma réponse à ceux qui veulent me faire honte des conseils que j'ai donnés à mes frères musulmans en Algérie)

 

 

Leur reprochant de réfléchir en algérien, égyptien ou autre, il affirme s’adresser en musulman à d’autres musulmans et les appelle à se débarrasser des frontières de la colonisation établies par les accords Sykes-Picot en 1916, objectif déclaré du Califat d'Abou Bakr al-Baghdadi.

 


21/03/2019
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Franceinfo - le

 

 

Turquie : le Parlement européen veut suspendre les négociations d'adhésion à l'Union européenne

 

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

 

Dans ce texte non contraignant, adopté mercredi en session plénière, les députés européens se disent "très préoccupés par le mauvais bilan de la Turquie en matière de respect des droits humains"

 

 

 

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Le Parlement européen à Strasbourg (Bas-Rhin), le 3 avril 2017.  (SEBASTIEN BOZON / AFP)

 

 

 

Le Parlement européen a demandé, mercredi 13 mars, la suspension des négociations d'adhésion de la Turquie à l'Union européenne. Dans un texte adopté à 370 voix (109 contre et 143 abstentions), les eurodéputés se disent "très préoccupés par le mauvais bilan de la Turquie en matière de respect des droits humains, d'Etat de droit, de liberté des médias et de lutte contre la corruption, ainsi que par le système présidentiel tout-puissant"

 

 

Il ne s'agit pas pour le moment d'un arrêt pur et simple, mais d'un avertissement. "Ankara a fait la sourde oreille à nos appels répétés au respect des droits fondamentaux, argumente la rapporteure du texte, l'eurodéputée néerlandaise Kati Piri (S&D, gauche). Je suis consciente que mettre un terme aux négociations d'adhésion n'aidera pas les démocrates en Turquie. Pour cela, les dirigeants européens doivent utiliser tous les outils à leur disposition pour faire pression sur le gouvernement turc." Des députés du Parti populaire européen (droite) avaient déposé un amendement pour demander l'arrêt définitif des négociations. Mais celui-ci a été rejeté. 

 

 

 

Ce texte "ne signifie rien" pour Ankara

Le ministère turc des Affaires étrangères n'a pas tardé à réagir. Il critique un texte qui "montre clairement le manque de vision du Parlement européen", ajoutant que cette résolution non contraignante "ne signifiait rien" pour Ankara. Sur Twitter, le porte-parole du Parti de la justice et du développement, formation du président turc Recep Tayyip Erdogan, accuse le Parlement européen de "regarder le monde par l'étroite fenêtre de l'extrême droite".

 

 

Les négociations sur une éventuelle adhésion de la Turquie à l'UE ont débuté en 2005. Mais elles sont aujourd'hui au point mort, les relations entre Bruxelles et Ankara s'étant crispées depuis la tentative manquée de putsch de juillet 2016 et la répression contre les opposants et journalistes qui a suivi. La décision finale revient désormais au Conseil européen, qui regroupe les gouvernements des Etats membres.

 


14/03/2019
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Franceinfo - le lundi 13 août 2018

 

 

Menaces, débâcle de la monnaie turque... On vous résume la crise entre la Turquie et les Etats-Unis en cinq actes

 

 

Après l'imposition de nouvelles sanctions américaines, la livre turque a dévissé à son plus bas niveau historique, fragilisant les marchés financiers mondiaux

 

 

 

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Le président turc Recep Tayyip Erdogan (gauche) et le président américain Donald Trump (droite).  (BULENT KILIC / AFP)

 

 

C'est la crise la plus grave entre les États-Unis et la Turquie depuis quarante ans. La tension entre ces deux membres de l'Otan, qui se divisent sur de nombreux sujets, mijotait depuis un certain temps déjà. Mais c'est maintenant le monde entier qui a le droit d'y goûter. Les divers conflits entre Ankara et Washington se sont récemment cristallisés autour du sort d'un pasteur américain détenu en Turquie. Il n'en fallait pas plus pour précipiter la Turquie dans une crise monétaire qui fait souffler un vent de panique sur les marchés à travers le monde. 

 

 

Franceinfo vous raconte, en cinq actes, la récente escalade des tensions entre ces deux alliés historiques. 

 

 

Acte 1 : Washington sanctionne deux ministres turcs contre la détention d'un pasteur américain

 

Les relations entre Washington et Ankara, qui se sont dégradées depuis le coup d'État manqué de 2016 contre le président Recep Tayyip Erdogan, se sont envenimées, fin juillet, avec le placement en résidence surveillée de l'Américain Andrew Brunson. Ce pasteur évangélique, originaire de Caroline du Nord, réside en Turquie depuis une vingtaine d'années et dirigeait une petite église protestante à Izmir. Arrêté en octobre 2016, pendant les purges qui ont suivi le putsch raté, il a déjà passé un an et demi en détention pour "terrorisme" et "espionnage". Les médias locaux suggéraient qu'il était lié à Fethullah Gülen, un prédicateur turc établi depuis près de 20 ans sur le sol américain .

 

 

Ankara l'accuse d'avoir agi pour le compte du réseau de Fethullah Gülen, un prédicateur turc exilé aux États-Unis, soupçonné par l'exécutif turc d'être l'architecte du putsch manqué. Andrew Brunson est aussi suspecté d'être lié au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), une organisation classée "terroriste" par la Turquie et les États-Unis.

 

 

Le pasteur dément en bloc les accusations portées contre lui. Il risque jusqu'à 35 ans de prison dans le cadre d'un procès qui s'est ouvert en avril dernier.

 

 

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Andrew Brunson escorté par la police turque jusqu'à sa maison à Izmir, en Turquie, le 25 juillet 2018.  (AFP)

 

 

Son cas est symbolique pour Washington, qui exige sa libération immédiate. Le vice-président américain, Mike Pence, chrétien évangélique comme Andrew Brunson, a désigné le pasteur comme une "victime de persécution religieuse" dans une Turquie à majorité musulmane. Pour faire pression sur le gouvernement turc, la Maison Blanche a donc imposé des sanctions, le 1er août, contre les ministres de l'Intérieur et de la Justice turcs, visés pour leur rôle présumé dans le procès d'Andrew Brunson. Leurs biens et avoirs ont été saisis, et les ressortissants américains ont interdiction de faire affaire avec eux.

 

 

Acte 2 : Erdogan répond par des sanctions contre deux ministres américains 

 

Le gouvernement turc réplique, le 4 août, en demandant le gel en Turquie des avoirs de responsables américains. "Jusqu'à hier soir, nous sommes restés patients. Aujourd'hui, j'en donne l'instruction : nous gèlerons les avoirs en Turquie des ministres américains de la Justice et de l'Intérieur, s'ils en ont", déclare le président turc dans un discours télévisé. Une décision symbolique, les deux ministres américains n'ayant sans doute pas de biens en Turquie, mais lourde de sens. 

 

 

Très vite, ces tensions diplomatiques provoquent la chute de la livre turque, qui s'effondre à son plus bas record face au dollar dès le 6 août. Pour tenter de désamorcer la situation, le vice-ministre turc des Affaires étrangères, Sedat Önal, rencontre le numéro deux de la diplomatie américaine, John Sullivan, le 8 août. Mais la rencontre ne débouche sur rien, les États-Unis n'ayant obtenu aucune garantie sur la libération du pasteur, souligne le Wall Street Journal (en anglais).

 

 

Acte 3 : Trump annonce l'augmentation des taxes à l'importation sur des produits turcs

 

Faisant fi du contexte déjà tendu, Donald Trump enfonce le clou, le 10 août, en annonçant une forte augmentation des taxes à l'importation sur l'acier et l'aluminium turcs. "Je viens juste d'autoriser le doublement des taxes douanières sur l'acier et l'aluminium en provenance de Turquie puisque sa monnaie, la livre turque, descend rapidement contre notre dollar fort", écrit le président américain dans un tweet.

 

 

 

La Maison Blanche ayant déjà imposé en mars des tarifs douaniers supplémentaires à hauteur de 25% et 10% sur les importations d'acier et d'aluminium, cela signifie que ces produits seront désormais taxés à hauteur de respectivement 50% et 20%. "Nos relations avec la Turquie ne sont pas bonnes en ce moment !" conclut Donald Trump. 

 

 

 

Acte 4 : la livre turque s'effondre

 

 

Cette annonce américaine fait dévisser l'économie turque, déjà sous pression : le 10 août, déjà baptisé "Vendredi noir" par des économistes, voit la monnaie turque perdre quelque 16% de sa valeur face au dollar. Les Bourses de Hong Kong, de Tokyo, de Frankfort, de Londres et de Paris finissent en baisse, sur fond d'inquiétude des marchés mondiaux.

 

 

 

Pour enrayer cette spirale, le ministre des Finances turc, Berat Albayrak, annonce lundi 13 août, dans un entretien au quotidien Hurriyet, que la Turquie va mettre en œuvre dans la journée un plan d'action économique. Dans l'espoir de rassurer les marchés, la Banque centrale de Turquie déclare quant à elle qu'elle fournira toutes les liquidités nécessaires aux banques et prendra les "mesures nécessaires" pour assurer la stabilité financière. 

 

 

 

Acte 5 : Erdogan dénonce "un complot politique" 

 

 

L'effet des ces annonces est de courte durée. Quelques heures plus tard, Recep Tayyip Erdogan accuse les États-Unis de vouloir "frapper dans le dos" la Turquie et affirme que la chute de la livre turque est un "complot politique" de la part de Washington. 

 

 

"D'un côté, vous êtes avec nous dans l'Otan et, de l'autre, vous cherchez à frapper votre partenaire stratégique dans le dos. Une telle chose est-elle acceptable ?" lance le président turc lors d'un discours à Ankara. "Adopter une attitude aussi hostile à l'encontre d'un allié au sein de l'Otan (...) n'a aucune explication sensée", poursuit-il, en s'efforçant de rassurer les milieux économiques. 

 

 

Lundi toujours, le ministère turc de l'Intérieur annonce enquêter sur des centaines d'internautes qu'il soupçonne d'avoir partagé des commentaires relevant de la "provocation" visant à affaiblir la livre. Pour Recep Tayyip Erdogan, ces internautes sont des "terroristes économiques" qui recevront "le châtiment qu'ils méritent".

 


14/08/2018
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Franceinfo - le mercredi 18 juillet 2018

 

 

Turquie : l'état d'urgence va être levé après deux ans de purges

 

 

L'état d'urgence avait été mis en place en juillet 2016, quelque jours après une sanglante tentative de coup d'Etat

 

 

 

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Le président turc Recep Tayyip Erdogan à Istanbul, le 15 juillet 2018. (OZAN KOSE / AFP)

 

 

 

La Turquie va lever l'état d'urgence dans la nuit du mercredi 18 au jeudi 19 juillet. Ce régime d'exception, qui élargit considérablement les pouvoirs du président et des forces de sécurité, avait été mis en place le 20 juillet 2016, quelques jours après une sanglante tentative de coup d'Etat. Activé pour une durée initiale de trois mois, l'état d'urgence a été prolongé à sept reprises et la dernière extension expire jeudi, à une heure du matin. Le gouvernement a indiqué qu'il n'y aurait pas de nouvelle rallonge.

 

 

Des dispositions de l'état d'urgence reprises dans un projet de loi

 

Sous l'état d'urgence, les autorités turques ont mené pendant deux ans une traque implacable contre les putschistes et leurs sympathisants présumés, mais ont aussi visé des opposants prokurdes accusés de "terrorisme", des médias critiques et des ONG. Près de 80 000 personnes ont été incarcérées et plus de 150 000 fonctionnaires ont été limogés ou suspendus. Ce régime a également permis à Recep Tayyip Erdogan, réélu en juin, d'émettre plusieurs décrets à valeur de loi qui ont profondément modifié la législation turque. Aux termes d'une réforme constitutionnelle, le président turc conservera cette prérogative après la levée de l'état d'urgence.

 

 

L'opposition craint que ce régime ne perdure de fait après le 19 juillet, avec l'introduction au Parlement d'un projet de loi antiterroriste qui contient plusieurs mesures inspirées des dispositions de l'état d'urgence. Selon l'agence de presse étatique Anadolu, le texte permet aux autorités de continuer, pour les trois années à venir, de limoger tout fonctionnaire lié à une "organisation terroriste". Les manifestations et rassemblements seront, sauf autorisation spéciale, interdits après le coucher du soleil, les autorités locales pourront restreindre l'accès à certaines zones et la garde à vue pourra durer jusqu'à 12 jours, selon la nature du délit. "Avec ce texte, avec les mesures qu'il comprend, l'état d'urgence ne sera pas prolongé de trois mois, mais de trois ans", a accusé Ozgür Ozel, membre du groupe parlementaire d'opposition CHP.

 


18/07/2018
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Franceinfo - le lundi 25 juin 2018

 

 

Turquie : La Maison Blanche appelle la Turquie à "renforcer la démocratie"

 

 

Recep Tayyip Erdogan a revendiqué dimanche soir sa victoire à l'élection présidentielle en Turquie et celle de son parti, l'AKP, aux élections législatives

 

 

 

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Le président turc Erdogan et sa femme à Ankara (Turquie), le 25 juin 2018. (KAYHAN OZER / AFP)

 

 

 

Ce qu'il faut savoir

 

 

Les Etats-Unis ont appelé, lundi 25 juin, la Turquie à "renforcer la démocratie" au lendemain de la large victoire du président Recep Tayyip Erdogan lors des élections présidentielle et législatives turques. Plus tôt, l'Union européenne a estimé, que la campagne électorale en Turquie n'a pas été "équitable"

 

 

Le président sortant réélu dès le premier tour. Sur la base de plus de 99% des bulletins de vote dépouillés, Recep Tayyip Erdogan a obtenu dès le premier tour 52,5% des suffrages. Son principal concurrent, le social-démocrate Muharrem Ince, approche des 31%.

 

 

Son principal rival "accepte" les résultats.  Muharrem Ince, du Parti républicain du peuple (CHP), a exhorté Erdogan à être "le président de 81 millions de Turcs". Critiqué sur les réseaux sociaux pour son silence après la fermeture des bureaux de vote, le social-démocrate s'est finalement exprimé lors d'une conférence de presse à Ankara, lundi en fin de matinée.

 


03/07/2018
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Franceinfo - le dimanche 24 juin 2018

 

 

Turquie : Recep Tayyip Erdogan remporte l'élection présidentielle dès le premier tour

 

 

Ces résultats ont été annoncés par les autorités électorales, après dépouillement de la quasi-totalité des bulletins. Son principal concurrent, le social-démocrate Muharrem Ince, arrive en deuxième position de la présidentielle avec un peu plus de 30% des suffrages

 

 

 

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Recep Tayyip Erdogan s'adresse à la foule depuis sa résidence à Istanbul (Turquie), le 24 juin 2018. (CEM OKSUZ / ANADOLU AGENCY / AFP)

 

 

 

Réélu dès le premier tour. Le président turc sortant, Recep Tayyip Erdogan, a remporté l'élection présidentielle, dimanche 24 juin. Après dépouillement de plus de 99% des bulletins, il est crédité de 52,5% des voix, selon les résultats quasi-définitifs communiqués par l'agence de presse étatique Anadolu.

 

 

"D'après les résultats, il apparaît que Recep Tayyip Erdogan a remporté la majorité absolue des voix valides", ce qui lui permet d'être réélu au premier tour, a indiqué le chef du Haut Comité électoral (YSK), Sadi Güven, lors d'un point presse à Ankara. Ces élections sont particulièrement importantes car elles marquent le passage du système parlementaire en vigueur à un régime présidentiel où le chef de l'Etat concentre la totalité du pouvoir exécutif, aux termes d'un référendum parlementaire qui s'est tenu en 2017.

 

 

"Une leçon de démocratie au reste du monde"

 

Le président sortant, au pouvoir depuis quinze ans, n'a pas attendu l'annonce de la commission électorale pour revendiquer la victoire. "Notre nation m'a confié la responsabilité de président de la République", a-t-il dit lors d'une déclaration depuis sa résidence à Istanbul. Après avoir félicité ses adversaires au terme d'une campagne qui l'a vu critiqué comme rarement, Erdogan a laissé poindre une menace lors de son allocution télévisée : "Personne ne doit faire passer son échec en critiquant le système électoral. Avec une participation de près de 90%, nous avons donné une leçon de démocratie au reste du monde."

 

 

Plusieurs milliers de ses partisans se sont rassemblés dans la soirée aux abords de sa résidence stambouliote, chantant et brandissant des drapeaux. La déclaration du chef du Haut Comité électoral, retransmise sur un écran géant, a été accueillie par des cris de joie au siège du parti islamo-conservateur d'Erdogan, l'AKP, à Ankara, la capitale. Une foule compacte a attendu l'arrivée du président en provenance d'Istanbul.

 

 

Le parti prokurde au Parlement

 

Son principal concurrent, le social-démocrate Muharrem Ince, arrive en deuxième position de la présidentielle avec un peu plus de 30% des voix. Mais l'opposition, qui a mis en place son propre système de comptage, a contesté ces chiffres. Muharrem Ince n'a toutefois fait aucun commentaire dimanche soir et a simplement convoqué une conférence de presse pour lundi à la mi-journée à Ankara.

 

 

Ce scrutin comportait également un volet législatif. D'après l'agence de presse Anadolu, l'alliance dominée par l'AKP est arrivée en tête avec 53,61% des suffrages. L'opposition récolte 34% des voix, d'après ces mêmes chiffres. Selon les résultats partiels, le candidat du parti prokurde HDP, Selahattin Demirtas, incarcéré depuis 2016 et contraint de faire campagne depuis une cellule de prison, a obtenu près de 8% des voix et son parti a franchi le seuil des 10% au niveau national, ce qui lui permettrait de siéger au Parlement.

 


03/07/2018
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