L'AIR DU TEMPS

L'AIR DU TEMPS

TURQUIE


Franceinfo - le lundi 13 août 2018

 

 

Menaces, débâcle de la monnaie turque... On vous résume la crise entre la Turquie et les Etats-Unis en cinq actes

 

 

Après l'imposition de nouvelles sanctions américaines, la livre turque a dévissé à son plus bas niveau historique, fragilisant les marchés financiers mondiaux

 

 

 

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Le président turc Recep Tayyip Erdogan (gauche) et le président américain Donald Trump (droite).  (BULENT KILIC / AFP)

 

 

C'est la crise la plus grave entre les États-Unis et la Turquie depuis quarante ans. La tension entre ces deux membres de l'Otan, qui se divisent sur de nombreux sujets, mijotait depuis un certain temps déjà. Mais c'est maintenant le monde entier qui a le droit d'y goûter. Les divers conflits entre Ankara et Washington se sont récemment cristallisés autour du sort d'un pasteur américain détenu en Turquie. Il n'en fallait pas plus pour précipiter la Turquie dans une crise monétaire qui fait souffler un vent de panique sur les marchés à travers le monde. 

 

 

Franceinfo vous raconte, en cinq actes, la récente escalade des tensions entre ces deux alliés historiques. 

 

 

Acte 1 : Washington sanctionne deux ministres turcs contre la détention d'un pasteur américain

 

Les relations entre Washington et Ankara, qui se sont dégradées depuis le coup d'État manqué de 2016 contre le président Recep Tayyip Erdogan, se sont envenimées, fin juillet, avec le placement en résidence surveillée de l'Américain Andrew Brunson. Ce pasteur évangélique, originaire de Caroline du Nord, réside en Turquie depuis une vingtaine d'années et dirigeait une petite église protestante à Izmir. Arrêté en octobre 2016, pendant les purges qui ont suivi le putsch raté, il a déjà passé un an et demi en détention pour "terrorisme" et "espionnage". Les médias locaux suggéraient qu'il était lié à Fethullah Gülen, un prédicateur turc établi depuis près de 20 ans sur le sol américain .

 

 

Ankara l'accuse d'avoir agi pour le compte du réseau de Fethullah Gülen, un prédicateur turc exilé aux États-Unis, soupçonné par l'exécutif turc d'être l'architecte du putsch manqué. Andrew Brunson est aussi suspecté d'être lié au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), une organisation classée "terroriste" par la Turquie et les États-Unis.

 

 

Le pasteur dément en bloc les accusations portées contre lui. Il risque jusqu'à 35 ans de prison dans le cadre d'un procès qui s'est ouvert en avril dernier.

 

 

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Andrew Brunson escorté par la police turque jusqu'à sa maison à Izmir, en Turquie, le 25 juillet 2018.  (AFP)

 

 

Son cas est symbolique pour Washington, qui exige sa libération immédiate. Le vice-président américain, Mike Pence, chrétien évangélique comme Andrew Brunson, a désigné le pasteur comme une "victime de persécution religieuse" dans une Turquie à majorité musulmane. Pour faire pression sur le gouvernement turc, la Maison Blanche a donc imposé des sanctions, le 1er août, contre les ministres de l'Intérieur et de la Justice turcs, visés pour leur rôle présumé dans le procès d'Andrew Brunson. Leurs biens et avoirs ont été saisis, et les ressortissants américains ont interdiction de faire affaire avec eux.

 

 

Acte 2 : Erdogan répond par des sanctions contre deux ministres américains 

 

Le gouvernement turc réplique, le 4 août, en demandant le gel en Turquie des avoirs de responsables américains. "Jusqu'à hier soir, nous sommes restés patients. Aujourd'hui, j'en donne l'instruction : nous gèlerons les avoirs en Turquie des ministres américains de la Justice et de l'Intérieur, s'ils en ont", déclare le président turc dans un discours télévisé. Une décision symbolique, les deux ministres américains n'ayant sans doute pas de biens en Turquie, mais lourde de sens. 

 

 

Très vite, ces tensions diplomatiques provoquent la chute de la livre turque, qui s'effondre à son plus bas record face au dollar dès le 6 août. Pour tenter de désamorcer la situation, le vice-ministre turc des Affaires étrangères, Sedat Önal, rencontre le numéro deux de la diplomatie américaine, John Sullivan, le 8 août. Mais la rencontre ne débouche sur rien, les États-Unis n'ayant obtenu aucune garantie sur la libération du pasteur, souligne le Wall Street Journal (en anglais).

 

 

Acte 3 : Trump annonce l'augmentation des taxes à l'importation sur des produits turcs

 

Faisant fi du contexte déjà tendu, Donald Trump enfonce le clou, le 10 août, en annonçant une forte augmentation des taxes à l'importation sur l'acier et l'aluminium turcs. "Je viens juste d'autoriser le doublement des taxes douanières sur l'acier et l'aluminium en provenance de Turquie puisque sa monnaie, la livre turque, descend rapidement contre notre dollar fort", écrit le président américain dans un tweet.

 

 

 

La Maison Blanche ayant déjà imposé en mars des tarifs douaniers supplémentaires à hauteur de 25% et 10% sur les importations d'acier et d'aluminium, cela signifie que ces produits seront désormais taxés à hauteur de respectivement 50% et 20%. "Nos relations avec la Turquie ne sont pas bonnes en ce moment !" conclut Donald Trump. 

 

 

 

Acte 4 : la livre turque s'effondre

 

 

Cette annonce américaine fait dévisser l'économie turque, déjà sous pression : le 10 août, déjà baptisé "Vendredi noir" par des économistes, voit la monnaie turque perdre quelque 16% de sa valeur face au dollar. Les Bourses de Hong Kong, de Tokyo, de Frankfort, de Londres et de Paris finissent en baisse, sur fond d'inquiétude des marchés mondiaux.

 

 

 

Pour enrayer cette spirale, le ministre des Finances turc, Berat Albayrak, annonce lundi 13 août, dans un entretien au quotidien Hurriyet, que la Turquie va mettre en œuvre dans la journée un plan d'action économique. Dans l'espoir de rassurer les marchés, la Banque centrale de Turquie déclare quant à elle qu'elle fournira toutes les liquidités nécessaires aux banques et prendra les "mesures nécessaires" pour assurer la stabilité financière. 

 

 

 

Acte 5 : Erdogan dénonce "un complot politique" 

 

 

L'effet des ces annonces est de courte durée. Quelques heures plus tard, Recep Tayyip Erdogan accuse les États-Unis de vouloir "frapper dans le dos" la Turquie et affirme que la chute de la livre turque est un "complot politique" de la part de Washington. 

 

 

"D'un côté, vous êtes avec nous dans l'Otan et, de l'autre, vous cherchez à frapper votre partenaire stratégique dans le dos. Une telle chose est-elle acceptable ?" lance le président turc lors d'un discours à Ankara. "Adopter une attitude aussi hostile à l'encontre d'un allié au sein de l'Otan (...) n'a aucune explication sensée", poursuit-il, en s'efforçant de rassurer les milieux économiques. 

 

 

Lundi toujours, le ministère turc de l'Intérieur annonce enquêter sur des centaines d'internautes qu'il soupçonne d'avoir partagé des commentaires relevant de la "provocation" visant à affaiblir la livre. Pour Recep Tayyip Erdogan, ces internautes sont des "terroristes économiques" qui recevront "le châtiment qu'ils méritent".

 


14/08/2018
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Franceinfo - le mercredi 18 juillet 2018

 

 

Turquie : l'état d'urgence va être levé après deux ans de purges

 

 

L'état d'urgence avait été mis en place en juillet 2016, quelque jours après une sanglante tentative de coup d'Etat

 

 

 

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Le président turc Recep Tayyip Erdogan à Istanbul, le 15 juillet 2018. (OZAN KOSE / AFP)

 

 

 

La Turquie va lever l'état d'urgence dans la nuit du mercredi 18 au jeudi 19 juillet. Ce régime d'exception, qui élargit considérablement les pouvoirs du président et des forces de sécurité, avait été mis en place le 20 juillet 2016, quelques jours après une sanglante tentative de coup d'Etat. Activé pour une durée initiale de trois mois, l'état d'urgence a été prolongé à sept reprises et la dernière extension expire jeudi, à une heure du matin. Le gouvernement a indiqué qu'il n'y aurait pas de nouvelle rallonge.

 

 

Des dispositions de l'état d'urgence reprises dans un projet de loi

 

Sous l'état d'urgence, les autorités turques ont mené pendant deux ans une traque implacable contre les putschistes et leurs sympathisants présumés, mais ont aussi visé des opposants prokurdes accusés de "terrorisme", des médias critiques et des ONG. Près de 80 000 personnes ont été incarcérées et plus de 150 000 fonctionnaires ont été limogés ou suspendus. Ce régime a également permis à Recep Tayyip Erdogan, réélu en juin, d'émettre plusieurs décrets à valeur de loi qui ont profondément modifié la législation turque. Aux termes d'une réforme constitutionnelle, le président turc conservera cette prérogative après la levée de l'état d'urgence.

 

 

L'opposition craint que ce régime ne perdure de fait après le 19 juillet, avec l'introduction au Parlement d'un projet de loi antiterroriste qui contient plusieurs mesures inspirées des dispositions de l'état d'urgence. Selon l'agence de presse étatique Anadolu, le texte permet aux autorités de continuer, pour les trois années à venir, de limoger tout fonctionnaire lié à une "organisation terroriste". Les manifestations et rassemblements seront, sauf autorisation spéciale, interdits après le coucher du soleil, les autorités locales pourront restreindre l'accès à certaines zones et la garde à vue pourra durer jusqu'à 12 jours, selon la nature du délit. "Avec ce texte, avec les mesures qu'il comprend, l'état d'urgence ne sera pas prolongé de trois mois, mais de trois ans", a accusé Ozgür Ozel, membre du groupe parlementaire d'opposition CHP.

 


18/07/2018
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Franceinfo - le lundi 25 juin 2018

 

 

Turquie : La Maison Blanche appelle la Turquie à "renforcer la démocratie"

 

 

Recep Tayyip Erdogan a revendiqué dimanche soir sa victoire à l'élection présidentielle en Turquie et celle de son parti, l'AKP, aux élections législatives

 

 

 

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Le président turc Erdogan et sa femme à Ankara (Turquie), le 25 juin 2018. (KAYHAN OZER / AFP)

 

 

 

Ce qu'il faut savoir

 

 

Les Etats-Unis ont appelé, lundi 25 juin, la Turquie à "renforcer la démocratie" au lendemain de la large victoire du président Recep Tayyip Erdogan lors des élections présidentielle et législatives turques. Plus tôt, l'Union européenne a estimé, que la campagne électorale en Turquie n'a pas été "équitable"

 

 

Le président sortant réélu dès le premier tour. Sur la base de plus de 99% des bulletins de vote dépouillés, Recep Tayyip Erdogan a obtenu dès le premier tour 52,5% des suffrages. Son principal concurrent, le social-démocrate Muharrem Ince, approche des 31%.

 

 

Son principal rival "accepte" les résultats.  Muharrem Ince, du Parti républicain du peuple (CHP), a exhorté Erdogan à être "le président de 81 millions de Turcs". Critiqué sur les réseaux sociaux pour son silence après la fermeture des bureaux de vote, le social-démocrate s'est finalement exprimé lors d'une conférence de presse à Ankara, lundi en fin de matinée.

 


03/07/2018
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Franceinfo - le dimanche 24 juin 2018

 

 

Turquie : Recep Tayyip Erdogan remporte l'élection présidentielle dès le premier tour

 

 

Ces résultats ont été annoncés par les autorités électorales, après dépouillement de la quasi-totalité des bulletins. Son principal concurrent, le social-démocrate Muharrem Ince, arrive en deuxième position de la présidentielle avec un peu plus de 30% des suffrages

 

 

 

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Recep Tayyip Erdogan s'adresse à la foule depuis sa résidence à Istanbul (Turquie), le 24 juin 2018. (CEM OKSUZ / ANADOLU AGENCY / AFP)

 

 

 

Réélu dès le premier tour. Le président turc sortant, Recep Tayyip Erdogan, a remporté l'élection présidentielle, dimanche 24 juin. Après dépouillement de plus de 99% des bulletins, il est crédité de 52,5% des voix, selon les résultats quasi-définitifs communiqués par l'agence de presse étatique Anadolu.

 

 

"D'après les résultats, il apparaît que Recep Tayyip Erdogan a remporté la majorité absolue des voix valides", ce qui lui permet d'être réélu au premier tour, a indiqué le chef du Haut Comité électoral (YSK), Sadi Güven, lors d'un point presse à Ankara. Ces élections sont particulièrement importantes car elles marquent le passage du système parlementaire en vigueur à un régime présidentiel où le chef de l'Etat concentre la totalité du pouvoir exécutif, aux termes d'un référendum parlementaire qui s'est tenu en 2017.

 

 

"Une leçon de démocratie au reste du monde"

 

Le président sortant, au pouvoir depuis quinze ans, n'a pas attendu l'annonce de la commission électorale pour revendiquer la victoire. "Notre nation m'a confié la responsabilité de président de la République", a-t-il dit lors d'une déclaration depuis sa résidence à Istanbul. Après avoir félicité ses adversaires au terme d'une campagne qui l'a vu critiqué comme rarement, Erdogan a laissé poindre une menace lors de son allocution télévisée : "Personne ne doit faire passer son échec en critiquant le système électoral. Avec une participation de près de 90%, nous avons donné une leçon de démocratie au reste du monde."

 

 

Plusieurs milliers de ses partisans se sont rassemblés dans la soirée aux abords de sa résidence stambouliote, chantant et brandissant des drapeaux. La déclaration du chef du Haut Comité électoral, retransmise sur un écran géant, a été accueillie par des cris de joie au siège du parti islamo-conservateur d'Erdogan, l'AKP, à Ankara, la capitale. Une foule compacte a attendu l'arrivée du président en provenance d'Istanbul.

 

 

Le parti prokurde au Parlement

 

Son principal concurrent, le social-démocrate Muharrem Ince, arrive en deuxième position de la présidentielle avec un peu plus de 30% des voix. Mais l'opposition, qui a mis en place son propre système de comptage, a contesté ces chiffres. Muharrem Ince n'a toutefois fait aucun commentaire dimanche soir et a simplement convoqué une conférence de presse pour lundi à la mi-journée à Ankara.

 

 

Ce scrutin comportait également un volet législatif. D'après l'agence de presse Anadolu, l'alliance dominée par l'AKP est arrivée en tête avec 53,61% des suffrages. L'opposition récolte 34% des voix, d'après ces mêmes chiffres. Selon les résultats partiels, le candidat du parti prokurde HDP, Selahattin Demirtas, incarcéré depuis 2016 et contraint de faire campagne depuis une cellule de prison, a obtenu près de 8% des voix et son parti a franchi le seuil des 10% au niveau national, ce qui lui permettrait de siéger au Parlement.

 


03/07/2018
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Franceinfo - le dimanche 24 juin 2018

 

 

"La Turquie a donné une leçon de démocratie au monde entier", se félicite Erdogan

 

 

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Margaux DuguetPierre GodonFrance Télévisions

 

 

 

L'opposition conteste la victoire que revendique le président sortant

 

 

 

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Des assesseurs dépouillent des bulletins de vote à Duzce (Turquie), dimanche 24 juin 2018. (OMER URER / ANADOLU AGENCY / AFP)

 

 

 

Ce qu'il faut savoir

 

 

"Les Turcs m'ont accordé un nouveau mandat", s'est félicité Recep Tayyip Erdogan, dimanche 24 juin, au soir des élections générales en Turquie. L'opposition, pourtant, affirme que la présidentielle nécessitera un second tour. Elle conteste la victoire revendiquée par le président sortant. "La Turquie, avec un taux de participation de près de 90%, a donné une leçon de démocratie au monde entier", a également affirmé le leader de l'AKP. 

 

 

Erdogan revendique, l'opposition proteste. Recep Tayyip Erdogan a pris la parole devant les caméras de télévision dimanche soir pour clamer sa victoire, tandis que le compte Twitter de la présidence relayait les messages de félicitations qu'aurait reçus le président sortant. Pourtant l'opposition affirme que le dépouillement est loin d'être terminé et qu'un second tour devra être organisé.  

 

 

Six candidats se présentaient à l'élection présidentielle. Meral Aksener (Iyi Parti), Selahattin Demirtas (HDP), Recep Tayyip Erdogan (AKP), Muharrem Ince (CHP, social-démocrate), Temel Karamollaoglu (SP) et Dogu Perinçek (VP).

 

 

Des législatives en même temps. Erdogan a également revendiqué la victoire aux législatives qui étaient organisées ce dimanche, affirmant qu'il avait obtenu la majorité parlementaire avec l'alliance dominée par son parti, l'AKP.

 

 

Des militants communistes français arrêtés. La sénatrice Christine Prunaud et les deux militants communistes français qui l'accompagnaient pour observer le déroulement des élections présidentielle et législatives en Turquie ont été libérés, annonce le PCF dimanche 24 juin. Ils étaient venus à l'invitation d'un parti pro-kurde et ont été interpellés dans la matinée à Agri (est du pays).

 


03/07/2018
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Franceinfo - le dimanche 24 juin 2018

 

 

L'article à lire pour tout comprendre aux élections présidentielle et législatives en Turquie

 

 

 

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Louise Hemmerlé Carole Bélingard France Télévisions

 

 

 

La Turquie organise, dimanche 24 juin, des élections présidentielle et législatives, anticipées, près d'un an et demi avant la date prévue

 

 

 

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Meeting de soutien au président turc Recep Tayyip Erdogan lors d'un meeting à Sarajevo, en Bosnie, le 20 mai 2018.  (AMEL EMRIC / SIPA)

 

 

 

Les Turcs s'apprêtent-ils à renouveler le mandat de Recep Tayyip Erdogan à la tête du pays ? Les électeurs sont invités à s'exprimer lors des élections générales, le dimanche 24 juin. Une échéance électorale anticipée de plus de seize mois par le chef de l'État pour s'assurer toutes les chances de victoire.

 

 

Vous ne connaissez rien à la politique en Turquie, si ce n'est le nom du président ? Pas de panique : franceinfo fait le point et vous résume l'enjeu de ce scrutin.

 

 

Pour quelles élections les Turcs sont-ils appelés aux urnes ?

 

Le 24 juin, les électeurs turcs votent pour les élections présidentielle et pour les législatives, qui étaient initialement prévues le 3 novembre 2019. Ces élections actent l'entrée en vigueur de la réforme constitutionnelle de 2017, approuvée par référendum, et qui marque la présidentialisation du régime turc. Le nouveau président élu sera à la fois chef de l'Etat et chef du gouvernement, alors que, jusqu'alors, les postes de président et de Premier ministre étaient distincts. À ce titre, le président pourra directement nommer tous les membres de son gouvernement.

 

 

Quant à la Grande Assemblée nationale, le Parlement du pays, elle voit la durée de son mandat passer de quatre à cinq ans et le nombre de ses députés, de 550 à 600. Mais ses pouvoirs seront grandement diminués, car le président pourra contourner le Parlement en gouvernant par décrets dans sa large sphère de compétences.

 

 

Pourquoi Erdogan a-t-il convoqué des élections anticipées ?  

 

La décision de Recep Tayyip Erdogan d'anticiper les élections générales de près d'un an et demi a surpris de nombreux observateurs mais s'explique par la conjoncture politique et économique en Turquie.

 

 

D'abord, anticiper les élections permet à Erdogan d'étendre ses pouvoirs. "Il était convenu que l'essentiel des amendements adoptés par référendum ne serait appliqué qu'après les prochaines législatives, explique Didier Billion, directeur adjoint de l'Institut de relations internationales et stratégiques (Iris) et spécialiste de la Turquie. Or Erdogan est impatient d'avoir constitutionnellement un pouvoir incontesté", ajoute-t-il. Le président veut aussi surfer sur l'engouement nationaliste qu'a provoqué l'intervention militaire turque dans le nord de la Syrie entre janvier et mars 2018 pour reprendre le canton d'Afrin, avant que ses effets ne se dissipent.

 

 

Si les élections ont été tant anticipées, c'est qu'il y a une vive inquiétude du côté d'Erdogan quant à son avenir politique.Didier Billion, géopolitologue à franceinfo

 

 

Mais surtout, la bonne situation économique, qui a porté Erdogan jusqu'à maintenant, est en train de changer. "L'inflation a repris assez massivement, les investissements directs étrangers sont insuffisants, il y a une dépréciation de la livre turque par rapport au dollar", détaille Didier Billion. "Même si l'on ne parle pas encore de crise, en Turquie beaucoup de gens souffrent déjà de cette situation économique et ces turbulences affectent les milieux modestes", décrit l'économiste indépendant Mustafa Sönmez dans Libération. Erdogan veut donc agir avant que la situation économique ne se dégrade : "Sinon, il risque fort de perdre une partie de son électorat", estime Didier Billion.

 

 

Qui sont les opposants à Erdogan ?

 

Six candidats s'affrontent à l'élection présidentielle. Face à Erdogan, candidat à sa réélection, on trouve Muharrem Ince, du Parti républicain du peuple (CHP, social-démocrate), Meral Aksener, présidente du Bon Parti (nationaliste, conservateur et laïque), Selahattin Demirtas, du Parti démocratique des peuples (HDP, pro-kurde), Temel Karamollaoglu, du Parti de la félicité (islamo-conservateur), et Dogu Perincek, qui représente le Parti patriotique (extrême gauche).

 

 

C'est Muharrem Ince, candidat du Parti républicain du peuple, habile orateur capable de haranguer les foules, qui semble avoir le vent en poupe et apparaît comme le principal rival d'Erdogan.

 

 

 

 

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Muharrem Ince lors d'un meeting électoral à Istanbul, le 3 juin 2018.  (EMRAH GUREL/SIPA)

 

 

 

"En examinant l'arithmétique de l'élection, le plus probable est qu'Ince arrive deuxième [après Erdogan] et qu'Aksener soit derrière lui", estime Fuat Keyman, directeur du centre de réflexion Istanbul Policy Center, interrogé par l'AFP.

 

 

Première femme à se porter candidate à une élection présidentielle en Turquie, Meral Aksener a fait sécession du Parti d'action nationaliste (MHP), aujourd'hui allié à Erdogan, pour créer, en octobre 2017, le Iyi ("bon") Parti. Malgré sa jeune existence, cette candidature prend de l'ampleur. Quant au chef de file des prokurdes, Selahattin Demirtas, il fait campagne depuis la prison d'Edirne où il est emprisonné depuis 2016 pour activités "terroristes".

 

 

Aux législatives, trois blocs s'affrontent. C'est "une nouveauté en Turquie, puisque les listes communes étaient jusqu'alors interdites", observe Didier Billion dans un billet de blog sur le site de l'Iris. Deux coalitions sont au coude-à-coude, qui sont "créditées chacune d'environ 40% des voix", indique Didier Billion. D'un côté, le bloc de l'AKP et son allié de la droite radicale, le MHP, et, en face, le CHP et le Bon Parti qui se sont alliés avec deux autres petits partis. Le HDP (pro-kurde) fait cavalier seul et est crédité de 10 à 15% des voix.

 

 

Erdogan risque-t-il de perdre les élections ?

 

Erdogan se retrouve dans une situation inédite. A la dernière présidentielle, en 2014, il a été élu dès le premier tour, mais cette fois, "puisqu'il y a six candidats, quasi mécaniquement il ne peut pas arriver vainqueur dès le premier tour", juge Didier Billion.

 

 

Si aucun candidat ne remporte plus de 50% des voix au premier tour, un second tour sera organisé le 8 juillet. "Au moment du deuxième tour, cela va être extrêmement serré, puisque tous les partis d'opposition ont décidé de soutenir le candidat d'opposition qui arriverait au second tour en face d'Erdogan. Ce n'est pas joué du tout", poursuit le spécialiste. 

 

 

Un sondage de l'institut Gezici publié le 7 juin indique qu'Erdogan pourrait récolter 48,7% des votes au premier tour et Muharrem Ince, 25,8%. Odul Celep, professeur associé de Sciences politiques à l'université Isik d'Istanbul, affirme que Muharrem Ince est capable à la fois de "consolider la base du parti mais aussi de rallier plus d'électeurs non-partisans, indépendants ou indécis".

 

 

L'opposition a-t-elle pu faire campagne librement ?

 

"Dès le début de la campagne, chaque parti, que ce soit le parti au pouvoir ou les partis d'opposition, ont pu organiser des meetings", assure à franceinfo Selcuk Demir, conseil du consulat de Turquie à Paris. Mais Besime Konca, ancienne députée du HDP, déchue de ses droits politiques depuis 2016, dénonce les conditions de la campagne électorale.

 

 

En Turquie, la répression est effroyable, il y a l'état d'urgence. Tous les autres candidats mènent une campagne en toute liberté. Nous n'avons pas cette liberté, nous sommes la cible de menaces. Besime Konca, ancienne députée HDPà franceinfo

 

 

Le candidat du HDP Selahattin Demirtas mène campagne depuis sa cellule. Il a néanmoins pu se présenter comme candidat et a été autorisé à enregistrer, comme les autres candidats, un message de campagne pour la chaîne de télévision publique, TRT. Sinon, Selahattin Demirtas a recours aux réseaux sociaux pour s'adresser à son électorat. Il tweete régulièrement. Chaque semaine, il est également autorisé à passer un coup de téléphone à sa famille qui se transforme en discours politique, comme l'a relevé RFI. La conservation filmée est ensuite postée sur Twitter par le HDP.

 

 

Et la presse dans tout cela ?

 

Depuis plusieurs années, de nombreuses atteintes à la liberté de la presse ont été constatées. La Turquie est 157e au classement mondial de la liberté de la presse, publié en 2018 par Reporters sans frontières"La Turquie est de nouveau la plus grande prison du monde pour les professionnels des médias", estime l'ONG. En effet, depuis le le coup d'État manqué de 2016, les fermetures massives de journaux et de chaînes de télévision se sont accélérées. Peu de médias indépendants subsistent, à l'exception notable de Sozcu, le quatrième journal le plus lu de Turquie, relève l'Institut français des relations internationales (Ifri).

 

 

Ce contexte d'une presse majoritairement acquise au pouvoir en place a de lourdes conséquences sur la représentation des différents candidats dans les médias. "C'est totalement injuste et asymétrique, comme campagne électorale, les temps de parole attribués à chacun des candidats sont totalement déséquilibrés", constate Didier Billion. Ainsi, selon Transparency International Turquie, la chaîne de télévision publique TRT n'a accordé que trois secondes de temps d'antenne à Demirtas dans ses journaux en mai, contre 105 minutes à Erdogan.

 

 

Les élections seront-elles transparentes ?

 

L'opposition craint des fraudes le jour du scrutin. "Nous faisons un appel de masse pour que des observateurs indépendants soient présents pendant le vote", explique Besime Konca, du HDP. Des appréhensions confirmées par Didier Billion. "Je crains que les fraudes électorales ne soient massives, explique l'expert en Turquie. On avait déjà constaté cela lors du référendum de 2017, il y avait visiblement des fraudes concernant 1 à 1,5 million de bulletins de vote, même si on n'a jamais réussi à le prouver formellement". Lors de ce vote, des vidéos tournées par le parti d'opposition montraient des bourrages d'urnes, rapporte France 24.

 

 

Si Erdogan gagne, aura-t-il tous les pouvoirs ?

 

Le référendum de 2017, où le "oui" l'a emporté sur le fil, a renforcé les pouvoirs du président. Ainsi Erdogan "gouvernera par décrets, décidera du budget, nommera les vice-présidents, les ministres, les hauts fonctionnaires, la moitié des membres de la Cour constitutionnelle. Les ministres n'auront de comptes à rendre qu'à lui seul, le Parlement ne sera plus qu'une chambre d'enregistrement", énumère la correspondante du Monde en Turquie.

 

 

"Une telle concentration de pouvoirs entre les mains d'un seul homme, quel qu'il soit, conduit forcément à l'autoritarisme", craint Riza Turmen, ancien député du CHP, dans une interview à Mediapart. Au contraire, Selcuk Demir, conseiller juridique du consulat turc à Paris, craint que la défaite d'Erdogan entraîne une "instabilité politique". "Si Erdogan venait à perdre, cela aurait des conséquences graves. Car s'il y a un front commun aujourd'hui dans l'opposition, tous ces partis ont une idéologie très différente", développe-t-il.

 

 

J'ai eu la flemme de tout lire. Vous pouvez me faire un petit résumé ? 

 

Le 24 juin, les électeurs turcs votent pour les élections présidentielle et législatives, initialement prévues le 3 novembre 2019. Dans un contexte de difficultés économiques, Recep Tayyip Erdogan a souhaité anticiper les élections générales, afin de bénéficier des pouvoirs que lui confère le dernier référendum.

 

 

Six candidats sont en lice aux élections présidentielles, dont Selahattin Demirtas, du parti pro-kurde HDP, qui est toujours emprisonné. Les principaux autres concurrents sont Munharrem Ince du Parti républicain du peuple (CHP, social-démocrate), et la nationaliste Meral Aksener, du Bon Parti. Aux législatives, trois blocs s'affrontent : l'AKP d'Erdogan allié à l'extrême-droite du MHP, le parti pro-kurde HDP et l'alliance de tous les autres partis d'opposition.

 

 

La campagne se déroule dans un contexte tendu, où une grande majorité de la presse est acquise à Erdogan et où les temps de parole sont déséquilibrés. L'opposition craint des fraudes massives le jour du vote.

 


02/07/2018
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le Progrès du mardi 15 août 2017

 

 
 
    UN POLICIER TUÉ PAR UN PRÉSUMÉ TERRORISTE

 

 

 

Un policier a été dimanche soir à coups de coteau aux abords d'un commissariat d'Istanbul (Turquie) par un membre présumé de Daech qui venait d'être interpellé. Le suspect, qui était soupçonné de préparer un attentat, a été abattu par les forces de l'ordre.

 


18/08/2017
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le Progrès du dimanche 16 juillet 2017

 

 
 
    TURQUIE - UN AN APRÈS LE COUP D'ÉTAT. ERDOGAN RENFORCÉ, LE PAYS
        DIVISÉ

 

 

 

La Turquie célèbre "la victoire de la démocratie" contre la tentative de putsch militaire le 15 juillet 2016. Depuis cette date, le président Erdogan a surtout élargi son pouvoir. L'opposition, elle, tente de mobiliser.

 

 

Des statues dans tout le pays en mémoire des victimes du putsch. Des places et des stations de métro rebaptisées. Des émissions spéciales à la télévision. Des magazines sur papier glacé, distribués aux médias internationaux, où l'on loue "la victoire du peuple". Le 15 juillet 2016 restera à jamais gravé dans le marbre de l'histoire de la Turquie moderne, avec un bilan lourd : 250 morts, 2 735 blessés. C'est désormais la journée de "la démocratie et de l'unité".

 

 

Il y a un an, jour pour jour, le pays se levait au petit matin avec le sentiment d'avoir traversé un énième épisode troublé de son histoire. Dans la nuit, la tentative de putsch fomenté par des militaires avait échoué, et le président Recep Tayyip Erdogan, qui avait réussi à s'échapper, sortait vainqueur de ce bras de fer avec "des éléments incontrôlés de l'armée".

 

 

"C'est un triste anniversaire", retrace Ismail Hakki MUsa, ambassadeur de Turquie en France depuis quelques mois, "mais la démocratie a gagné en Turquie, en est sortie renforcée, et il faut commémorer cet esprit de résistance et cette solidarité historique". Étudiant à Strasbourg au début des années 80 ("époque où la Turquie était moins critiquée"), à Nancy où il a obtenu un doctorat, plus consul général à Lyon, il est passé dans les rangs du MIT, la fameuse organisation nationale du renseignement turc.

 

 

 

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Terrorisme et réfugiés

 

Depuis le coup d'État avorté du 15 juillet 2016, le gouvernement turc a mené des purges sans précédent pour éliminer des institutions publiques tout élément factieux lié aux instigateurs du putsch, imputé par Ankara au prédicateur Fethullah Gülen, installé aux États-Unis et ancien allié politique d'Erdogan. L'opposition, qui avait soutenu ce dernier lors du putsch, et des ONG accusent la Turquie de profiter de l'état d'urgence en vigueur pour éliminer toute voix critique. Au-delà des milieux gulénistes, ces purges ont visé les milieux politiques pro-kurdes, des médias critiques et des ONG.

 

 

"Des mesures nécessaires et proportionnées", se défend le diplomate. Et les actes de violences, qui les ont accompagnées ? "Il y a eu des exactions au niveau individuel", reconnaît le diplomate, "mais pas au niveau de l'État". Preuve que "le système fonctionne bien" d'après lui, trois cents établissements "fermés par précaution" (pour leurs liens supposés avec l'organisation de Gülen) ont rouvert.

 

 

Après un référendum gagné de justesse le 16 avril par Erdogan, renforçant son pouvoir autocratique, le pays semble se fracturer un peu plus. Notamment entre les citadins lettrés et les classes plus populaires. À l'appel de la gauche kémaliste (laïque), une "marche pour la justice" a rassemblé, le 7 juillet, des centaines de milliers de personnes entre Ankara et Istanbul. Les dirigeants turcs disent regarder "l'avenir avec confiance", surfant sur la croissance (2,9 % contre 1,8 % dans l'UE) et 12 milliards d'investissement direct. Un avenir loin de l'UE ? Le 12 juillet, le président Erdogan a rappelé que son pays n'en avait "pas besoin". Comme si la Turquie glissait irrémédiablement vers une forme d'isolationnisme. Xavier Frère

 


19/07/2017
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le Progrès du lundi 10 juillet 2017

 

 
 
    MANIFESTATION. DES MILLIERS D'OPPOSANTS À ERDOGAN

 

 

 

"Que personne ne pense que cette marche est la dernière", a déclaré à la foule Kemal Kiliçdaroglu. Des dizaines de milliers de personnes étaient venues hier, à Istanbul, écouter le chef de l'opposition au terme de "sa marche pour la justice", entamée 25 jours plus tôt.

 

 

"Nous avons marché pour la justice, nous avons marché pour le droit des opprimés, nous avons marché pour les députés emprisonnés, nous avons marché pour les journalistes incarcérés, nos avons marché pour les universitaires limogés", a clamé le chef du Parti républicain du peuple (CHP, social-démocrate), qui aura parcouru 450 kilomètres pour dénoncer la condamnation à 25 ans de prison du député Enis Berberoglu, reconnu coupable d'avoir fourni au quotidien d'opposition Cumhuriyet des informations confidentielles.

 

 

 

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Plus grande manifestation depuis 2013

 

Cette initiative, lancée sans insigne partisan et avec "justice" comme seul mot d'ordre, s'est transformée en une marche rassemblant des milliers d'opposants au président Erdogan : la plus grande manifestation de l'opposition depuis le mouvement contestataire de 2013. "Nous avons marché parce que nous nous opposons au régie d'un seul homme", a poursuivi Kiliçdaroglu. Dans une déclaration écrite, le chef du CHP avait déjà dénoncé un pays "dirigé d'une manière arbitraire" où "les limites du droit ont été dépassées".

 

 

"À l'heure actuelle, le parlement en Turquie est hors-service et le pays est dirigé par décrets par Erdogan", poursuivait-il.

 

 

Les soutiens de Kiliçdaroglu ont comparé cette initiative, sans précédent en Turquie, à la célèbre "marche du sel" de Gandhi contre le pouvoir britannique.

 

 

Erdogan, lui, a accusé le marcheur de se ranger du côté des "terroristes" et l'a même mis en garde contre une possible convocation judiciaire.

 

 

 

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Kemal Kiliçdaroglu


14/07/2017
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le Progrès du mercredi 3 mai 2017

 

 
 
    ERDOGAN RÉINTÈGRE LE PARTI AU POUVOIR

 

 

 

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a réintégré hier le parti islamo-conservateur au pouvoir presque trois ans après l'avoir quitté, mettant en oeuvre le premier volet de la révision constitutionnelle validée lors d'un référendum le 16 avril.

 


05/05/2017
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le Progrès du dimanche 30 avril 2017

 

 
 
    LA CENSURE SE DURCIT

 

 

 

Les autorités turques bloquaient hier l'accès à Wikipedia, parce que le site établirait un lien entre Ankara et des organisations extrémistes. Le gouvernement a également décidé d'interdire des émissions télévisées de rencontres.

 


01/05/2017
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le Progrès du jeudi 20 avril 2017

 

 

 
    TURQUIE - RÉFÉRENDUM : RECOURS REJETÉS

 

 

 

Le Haut-Conseil électoral turc a décidé de rejeter les recours de l'opposition contestant la validité du référendum renforçant considérablement les pouvoirs du président Erdogan. 16 militants de gauche ont aussi été arrêtés à Istanbul.

 


21/04/2017
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le Progrès du lundi 17 avril 2017

 

 
 
    TURQUIE - RÉFÉRENDUM. ERDOGAN OBTIENT UN PETIT "OUI", CONTESTÉ
    PAR L'OPPOSITION

 

 

 

Les électeurs turcs ont dit oui à 51 % au renforcement des pouvoirs du président Recep Tayyip Erdogan qui souhaite déjà organiser un référendum sur le rétablissement de la peine de mort. Une courte victoire contestée par l'opposition.

 

 

Recep Tayyip Erdogan, 63 ans, recherchait un plébiscite. Toutefois, selon les résultats diffusés par l'agence de presse progouvernementale Anadolu, le "oui" n'a recueilli que 51,35 % des suffrages dimanche.

 

 

Dans un discours télévisé, le chef de l'État a salué une "décision historique" du peuple turc et appelé les pays étrangers à "respecter" le résultat du scrutin.

 

 

Peu après, il a évoqué la possibilité d'organiser un nouveau référendum, cette fois-ci sur le rétablissement de la peine capitale, une initiative qui sonnerait le glas du processus d'adhésion de la Turquie à l'Union Européenne.

 

 

 

Une victoire contestée

 

Les deux principaux partis de l'opposition, le CHP et le HDP (pro-kurde), ont dénoncé des "manipulations" au cours du référendum et annoncé qu'ils feraient appel du résultat.

 

 

Ils fustigent notamment une mesure annoncée à la dernière minute par le Haut-Conseil électoral turc (YSK) considérant comme valides les bulletins ne comportant pas le tampon officiel du bureau de vote dans lequel ils ont été glissés dans l'urne.

 

 

En dépit de la victoire annoncée du "oui" dans l'ensemble du pays, le camp du "non" l'a emporté dans les trois principales villes, Istanbul, Ankara et Izmir. Les régions peuplées en majorité de Kurdes du sud-est ont massivement fait de même.

 

 

À Ankara, des partisans de l'AKP, le parti du président, ont laissé éclater leur joie même s'ils s'attendaient à une plus large victoire. "On attendait plus, mais je suis heureuse", clame Yadigar Boztepe, une jeune femme tenant un drapeau turc à la main. "Ce résultat montre qu'une partie du pays ne veut pas rendre le pays plus fort et a une mentalité européenne, l'autre partie ce sont des vrais Anatoliens", a renchéri un autre supporteur, Mustafa Umit Unsal.

 

 

 

Opposition muselée

 

La révision constitutionnelle, sujet du référendum, prévoit en particulier l'abolition du poste de Premier ministre au profit d'un hyper-président, alors qu'Erdogan est déjà accusé d'autoritarisme par ses détracteurs.

 

 

Si sa victoire devait être officiellement confirmée, le président turc, qui a échappé à une tentative de putsch le 15 juillet, disposerait non seulement de pouvoirs considérablement renforcés, mais pourrait en théorie rester à la tête de l'État jusqu'en 2029.

 

 

Le gouvernement présente cette révision constitutionnelle comme indispensable pour assurer la stabilité de la Turquie et lui permettre de faire face aux défis sécuritaires et économiques. Mais l'opposition dénonce la dérive autoritaire d'un homme qu'elle accuse de chercher à museler toute voix critique, surtout depuis le coup d'État avorté. L'opposition et les ONG ont déploré une campagne inéquitable, avec une nette prédominance du "oui" dans les rues et les médias.

 


20/04/2017
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