L'AIR DU TEMPS

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SCANDALES POLITIQUES et AUTRES...


Franceinfo - le dimanche 12 mai 2019

 

 

Fichage de données personnelles pour Monsanto : le groupe Bayer présente ses "excuses"

 

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

 

Le géant allemand de la chimie est soupçonné d'avoir constitué des fichiers sur les positions de personnalités à propos des pesticides

 

 

 

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Le logo du groupe chimique Bayer, le 27 février 2019, lors d'une conférence de presse à Leverkusen (Allemagne). (WOLFGANG RATTAY / REUTERS)

 

 

 

Le groupe Bayer a présenté ses excuses, dimanche 12 mai, après les révélations en France d'un fichage illégal, pour le compte de sa filiale Monsanto, de centaines de personnalités concernant leur position sur les pesticides et les OGM. "Après une première analyse, nous comprenons qu'un tel projet ait suscité des inquiétudes et des critiques. Ce n'est pas la manière avec laquelle Bayer chercherait à dialoguer avec les différents groupes d'intérêt et la société et nous présentons en conséquence nos excuses", écrit le géant allemand dans un communiqué (en anglais).

 

 

L'entreprise explique qu'elle va demander à un cabinet juridique externe "d'enquêter et d'évaluer les allégations." Et rappelle qu'elle "ne tolère pas les comportements contraires à l'éthique".

 

 

 

Une enquête préliminaire ouverte

Selon France 2 et Le Monde, à l'origine de ces révélations, ce fichier secret de 200 noms de journalistes, politiques, dirigeants d'organisations professionnelles ou scientifiques, date de novembre 2016 et provient d'une fuite du cabinet de lobbying et de relations publiques Fleishman-Hillard, "mandaté par Monsanto pour l'assister dans sa défense du glyphosate". 

 

 

Le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire. Elle vise les délits de "collecte de données personnelles par un moyen frauduleux, déloyal ou illicite", "enregistrement de données à caractère personnel sensible sans l'accord de l'intéressé et transfert illicite de données à caractère personnel" et de "traitement automatisé de données personnelles sans déclaration préalable à la Commission nationale de l'informatique et des libertés".

 


13/05/2019
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Franceinfo - le jeudi 9 mai 2019

 

 

ENQUETE FRANCE 2. Glyphosate : des centaines de personnalités secrètement fichées et ciblées en fonction de leur soutien à Monsanto

 

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L'Oeil du 20 heuresFrance Télévisions

 

 

Des documents confidentiels d'agences de communication travaillant pour Monsanto révèlent un fichage de leaders d'opinion ainsi que des stratégies de lobbying personnalisées

 

 

 

Ils ne le savent pas, mais ils sont sous étroite surveillance. L'Œil du 20 heures a découvert que des centaines de scientifiques, politiques et journalistes ont été secrètement fichés par des agences de communication travaillant pour l'entreprise américaine Monsanto. Des données personnelles mais aussi leurs positions sur les pesticides ont été secrètement répertoriées.

 

 

Depuis des années, le glyphosate, herbicide vedette de Monsanto, suspecté d’être cancérogène, est sous le feu des critiques. Les documents épluchés par l'Œil du 20 heures dévoilent la mise en place de stratégies de lobbying personnalisées pour influencer des leaders d'opinion dans le débat public sur cette molécule controversée.

 

 

 

Des documents inédits de fichage

Une fuite de documents confidentiels, qui portent la signature d'une agence de communication travaillant pour Monsanto, a permis aux journalistes de l'Œil du 20 heures de mettre la main sur des documents inédits.

 

 

Le premier de ces documents est un graphique avec les logos de Monsanto et de l'agence Publicis, daté de 2016, qui cartographie des acteurs cruciaux dans le débat sur le glyphosate en France, classés en fonction de leur degré de soutien à Monsanto et de leur influence.

 

 

Le président exécutif de Publicis Consultants, Clément Léonarduzzi, qui n’était pas en place au moment des faits, affirme découvrir que sa société a participé à un fichage de personnalités se basant, selon lui, uniquement sur des données en libre accès. Il affirme condamner ces pratiques.

 

 

Le deuxième fichier consulté par l'Œil du 20 heures va, lui, bien au-delà de données publiques. Adresse privées, téléphones sur liste rouge : un document, là encore daté de 2016 et qui aurait été utilisé par l'agence de communication Fleishman-Hillard, répertorie deux cents personnalités évaluées sur plusieurs thématiques, des OGM aux pesticides. Ces personnes y sont notées de zéro à cinq en fonction de leur crédibilité, de leur influence, et de leur degré de soutien à Monsanto.

 

 

D'après la loi, tout citoyen fiché doit en être informé. Tenir un listing illégal est passible de cinq ans de prison et 300 000 euros d'amende. Sur la quarantaine de personnes listées qui ont accepté de répondre aux sollicitations de l'Œil du 20 heures, aucune n'était au courant d'avoir été fichée de la sorte.

 

 

Le nouveau propriétaire de Monsanto, Bayer, nous a répondu ne pas avoir connaissance de ces fichiers, et a renvoyé les journalistes de l'Œil du 20h vers Fleishman-Hillard. L’agence, elle, assure ne pas avoir identifié les documents révélés, ni avoir connaissance d'un agissement non conforme d’un de ses collaborateurs.

 

 

 

Des cibles prioritaires avec des stratégies de communication adaptées

Les personnalités fichées par Monsanto n'ont pas seulement été notées. Elles sont également ciblées par des stratégies de lobbying personnalisées. Parmi les documents reçus par l'Œil du 20 heures figure une liste appelée "Glyphosate target". Elle recense 74 cibles prioritaires divisées en quatre groupes : les "alliés", les "potentiels alliés à recruter", les intervenants "à éduquer", et ceux "à surveiller".

 

 

Deux tiers des cibles listées dans ce fichier sont classées comme susceptibles de devenir pro-glyphosate. Pour les faire pencher du côté de Monsanto, ce tableau développe un plan d'action personnalisé pour chaque cible : rendez-vous en tête-à-tête, envoi d'outils pédagogiques… ainsi que des commentaires individualisés : "Il pourrait être un relais mais ne veut pas être directement associé à Monsanto, pour cause de perte en crédibilité". Une annexe préconise même de se renseigner sur leurs centres d'intérêt : "Ont-elles des loisirs (Golf, tennis, chasse) ?"

 

 

Quant aux personnalités classés "à surveiller", des stratégies de marginalisation sont évoquées dans le document. Il est écrit noir sur blanc qu'il fallait par exemple "isoler" Ségolène Royal, qui était à l'époque ministre de l'Environnement, et qui est notoirement favorable à une interdiction du glyphosate. "C'est une découverte très importante, parce que ça prouve qu'il y a des stratégies objectives de démolition des voix fortes", a-t-elle réagi.

 

 

 

Des plaintes pour fichage illégal déposées

L'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses), chargée de réglementer les pesticides, se dit "scandalisée" par ces révélations, alors même que deux de ses membres sont classés "à surveiller". L'institut national de la recherche agronomique (Inra), dont quatre scientifiques sont classés "potentiels alliés à recruter", s'étonne de son côté de ces pratiques, et les "condamne fermement".  

 

 

Le journal Le Monde, qui révèle ces documents en même temps que France 2, a pour sa part décidé de porter plainte pour fichage illégal de cinq de ses salariés.

 


10/05/2019
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Franceinfo - le mardi 23 avril 2019

 

 

Soupçons d'emploi fictif : François et Penelope Fillon renvoyés devant le tribunal correctionnel

 

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L'ancien député suppléant de François Fillon, Marc Joulaud est également renvoyé devant le tribunal dans le cadre de l'enquête sur les soupçons d'emplois fictifs dont aurait bénéficié Penelope Fillon

 

 

 

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François et Pénélope Fillon, le 20 mars 2017, à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis).  (PATRICK KOVARIK / AFP)

 

 

 

Nouveau rebondissement dans l'affaire Fillon. Les juges du pôle financier de Paris ont ordonné le renvoi des époux Fillon devant le tribunal correctionnel, a appris, mardi 23 avril, franceinfo de source proche du dossier, confirmant une information du journal Le Monde.

 

 

 

Trois personnes concernées

François Fillon est renvoyé pour "détournement de fonds publics", "recel de détournement de fonds publics", "abus de biens sociaux" et "manquement aux obligations déclaratives de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique". Pénélope Fillon est, elle, renvoyée devant le tribunal pour "complicité" ainsi que "recel de détournement de fonds publics et recel d’abus de biens sociaux".

 

 

L'ancien député suppléant de François Fillon, Marc Joulaud est également renvoyé devant le tribunal. Il devra répondre de l’accusation de détournement de fonds publics. Ils sont renvoyés dans le cadre de l'enquête sur les soupçons d'emplois fictifs dont aurait bénéficié Pénélope Fillon.

 


23/04/2019
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Franceinfo - le mercredi 20 mars 2019

 

 

Le pape est "un traître, un Judas" : la colère de La Parole libérée après le refus par François de la démission du cardinal Barbarin

 

 

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François Devaux, cofondateur de l'association La Parole libérée, réagit très sévèrement à la décision du pape François de ne pas accepter la démission du cardinal Barbarin. Son jugement est sans appel : "Le message de l'Eglise vient de se détruire"

 

 

 

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François Devaux, président de l'association La Parole Libérée, s'adresse à la presse à Lyon. (ROMAIN LAFABREGUE / AFP)

 

 

 

Le pape François a refusé la démission du cardinal Barbarin, condamné à six mois de prison avec sursis pour non dénonciation d'actes pédophiles. François Devaux, cofondateur de l’association La Parole libérée, dénonce mercredi 20 mars sur franceinfo une "hypocrisie". Il ne décolère pas et va plus loin : selon lui, le pape François est "un traître, un Judas" après sa décision de ne pas accepter la démission du cardinal Barbarin.

 

 

On est sidérés, désabusés. C'est une vraie erreur. C'est une vraie faute morale. On a affaire à quelqu'un qui est un traître, un Judas. La différence avec Judas, c'est qu'il n'avait pas de pouvoir contrairement au pape à qui il en reste un peu.François Devaux à franceinfo

 

 

Les mots sont durs mais François Devaux les assume. "Quand on prône des valeurs et qu'on ne les respecte pas, quand on reçoit des rapports de l'ONU et qu'on ne les applique pas et qu'on n'y répond pas, quand on promet de mettre en place des tribunaux pour juger les évêques négligents, quand on prône une tolérance zéro et qu'on ne l'applique pas, on peut difficilement qualifier cela autrement que comme ça."

 

 

 

"Le pape porte l'entière responsabilité de tout cela"

Le cofondateur de La Parole libérée, qui regroupe les victimes du père Bernard Preynat, charge l'institution religieuse : "C'est de l'hypocrisie, on est dans ce cléricalisme-là et l'Eglise ne s'en sortira pas. L'abus est intrinsèque à cette institution. Partout où elle va, partout elle amène l'abus (...).  Il y a un problème intrinsèque à cette Eglise et le pape porte l'entière responsabilité de tout cela."

 

 

Le cardinal Barbarin a expliqué à la chaîne KTO les raisons pour lesquelles le pape François n'avait pas accepté sa démission, en mettant en avant la présomption d'innocence avant le jugement en appel. "C'est de la manipulation ! dénonce François Devaux. Ces hommes-là sont quand même des représentants du Christ ! Le pape, c'est le successeur de saint Pierre qui prétend répondre à une justice divine. On voit la malveillance avec laquelle on se replace très insidieusement sous la justice des hommes : on va aller chercher un vice de procédure ou une prescription (...). S'il y un Christ, je ne sais pas quel regard il peut porter sur cela", a-t-il expliqué.

 

 

Le fond du sujet, c'est le viol de mineurs que l'Eglise à couvert dans des proportions massives, de petits enfants non sexués de 8-10 ans. C'est d'une immoralité ! Le sacré vient de s'effondrer. Le message de l'Eglise, aujourd'hui, vient de se détruire et cela va avoir des conséquences dramatiques pour l'Eglise. François Devaux à franceinfo

 

 

Le cardinal Barbarin va se mettre en retrait du diocèse de Lyon. Il n'avait "pas le choix" estime le cardinal Barbarin. C'est "la bonne décision, estime-t-il. On peut souhaiter à cet homme-là de retrouver un apaisement personnel." Ce qui est en cause, selon François Devaux, au-delà de la personnalité du cardinal Barbarin, c'est "la fonction qu'il occupe, son incapacité à tenir son diocèse." "Aujourd'hui, c'est le pape qui couvre les archevêques, la problématique se déplace. On est au niveau de la tête de l'Eglise. Et on prend consicence, l'humanité toute entière prend conscience que la tête est pourrie."

 


20/03/2019
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Franceinfo - le mercredi 20 mars 2019

 

 

Refus de la démission du cardinal Barbarin par le pape : le président de la Conférence des évêques de France fait part de son "étonnement"

 

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franceinfoRadio France

 

 

Monseigneur Georges Pontier s'est étonné mercredi sur franceinfo du refus de la démission du cardinal Barbarin par le pape. Pour autant, le primat des Gaules fait encore "partie de l'Eglise de France", selon lui

 

 

 

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Mgr Georges Pontier, lors d'une conférence de presse. (THOMAS PADILLA / MAXPPP)

 

 

 

Mgr Georges Pontier, archevêque de Marseille et président de la Conférence des évêques de France (CEF) a fait part, mercredi 20 mars sur franceinfo, de son "étonnement" après la décision du pape de ne pas accepter la démission du cardinal Barbarin, condamné à 6 mois de prison avec sursis pour non-dénonciation d'agressions sexuelles sur mineurs.

 

 

C'est de l'étonnement et en même temps je ne veux pas m'arrêter à ce fait-là. Je veux continuer à dire notre volonté de poursuivre cette action contre cette pédocriminalité terrible et contre ce visage inacceptable de notre Eglise quand elle commet des choses comme ça Mgr Georges Pontier à franceinfo

 

 

 

Une décision surprenante

"Je m'attendais plutôt soit à une acceptation totale soit un refus d'accepter total, mais pas une solution entre les deux où le cardinal Barbarin a été remis vers lui-même pour prendre cette décision de se mettre en retrait du diocèse pour le bien de ce diocèse qui depuis trois ans souffre dans toutes ses composantes, y compris les victimes elles-mêmes", a-t-il poursuivi.

 

 

Le fondateur de la Parole libérée, François Devaux, a évoqué mercredi matin sur franceinfo un acte de trahison de la part du pape : "Le mot trahison est un petit fort", estime Mgr Pontier. "On est entre deux conflits, celui de la procédure de la justice et celui de la procédure canonique. Le pape a choisi d'attendre la fin de l'appel qu'ont fait les avocats du cardinal Barbarin", a-t-il expliqué.

 

 

 

La mise en retrait du cardinal

Selon Mgr Georges Pontier, le cardinal Barbarin fait encore "partie de l'Eglise de France". Il estime qu'il est "dans une situation inconfortable qui n'est pas codifiée (...) On est dans une situation un peu floue. Se mettre en retrait n'est pas canoniquement un statut", a-t-il expliqué.

 

 

Mgr Georges Pontier a pu parler au cardinal après la décision du pape François : "Il est plein d'humilité et il cherche le bien du diocèse. Je peux vous l'assurer. Lui-même a souffert, le diocèse a souffert, les victimes ont souffert pendant ces trois ans et lui dit : 'c'est assez ! Je me retire. Je me mets en retrait'. Il ne peut pas aller plus loin que ce qu'il a fait", estime le président de la Conférence des évêques de France.

 

 

 

 

Franceinfo - le mardi 19 mars 2019

 

 

Pédophilie dans l'Eglise : le cardinal Barbarin décide de se "mettre en retrait" malgré le refus de sa démission par le pape

 

 

 

Le plus haut responsable catholique français a été condamné début mars pour ne pas avoir dénoncé les agressions sexuelles d'un prêtre de son diocèse

 

 

 

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Le pape François et le cardinal Barbarin, au Vatican, le 18 mars 2019. (VATICAN MEDIA / AFP)

 

 

 

Le cardinal Barbarin a annoncé dans un communiqué, mardi 19 mars, que le pape François avait refusé sa démission mais qu'il avait tout de même décidé de se "mettre en retrait pour quelque temps". "En invoquant la présomption d’innocence, [le souverain pontif] n'a pas voulu accepter cette démission", écrit-il. Philippe Barbarin précise qu'il sera remplacé par le père Yves Baumgarten.

 

 

 

Dans une interview à la chaîne KTO, mardi soir, Philippe Barbarin dit avoir fait le "choix d'une certaine distance par rapport à la vie" du diocèse de Lyon. Il va se retirer des instances qu'il présidait et ira "sans doute dans un monastère". Il dit ne pas savoir combien de temps il se tiendra à l'écart, car "tout dépend si le procès en appel est très long, si les affaires sont closes à la fin de l'année 2019 ou s'il faut attendre trois ans".

 

 

 

 

Coupable d'avoir voulu "préserver l'institution"

 

Philippe Barbarin a été condamné à six mois de prison avec sursis pour ne pas avoir dénoncé les agressions sexuelles d'un prêtre de son diocèse. Le tribunal de Lyon a déclaré l'archevêque de Lyon "coupable" de n'avoir pas signalé à la justice en 2014 et 2015 les agressions pédophiles commises sur des scouts, un quart de siècle plus tôt, par le père Bernard Preynat.

 

 

 

Mais les avocats du cardinal Barbarin ont fait appel de cette condamnation. Le jugement reproche au religieux de 68 ans – qui avait martelé durant le procès, début janvier, n'avoir "jamais cherché à cacher, encore moins à couvrir ces faits horribles" – d'avoir "fait le choix en conscience" de ne pas informer la justice "pour préserver l'institution à laquelle il appartient"

 

 

 

"Je suis étonné, je ne m'attendais pas à ce scénario qui est intermédiaire entre les deux scénarios prévisibles", a réagi le président de la Conférence des évêques, Georges Pontier. Selon lui, cette situation "inédite" résulte du "conflit entre deux exigences", celle de "respecter le cheminement de la justice" et celle de "se préoccuper du bien du diocèse de Lyon".

 

 

 

Archevêque de Lyon depuis 2002, cardinal depuis 2003, primat des Gaules, le cardinal Barbarin est le plus haut dignitaire catholique français et sa condamnation a fait l'effet d'un coup de tonnerre. Avant lui, deux évêques ont déjà été condamnés pour des faits similaires en 2001 et 2018 mais, depuis trois ans, le scandale lyonnais incarne la crise de l'Église face à la pédophilie.

 


20/03/2019
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Franceinfo - le dimanche 10 mars 2019

 

 

Jack Lang dans l’œil du cyclone après s’être fait offrir près de 200 000 euros de costume

 

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France 3France Télévisions

 

 

 

Jack Lang est au cœur d’une polémique, car l’ancien ministre s’est fait offrir près de 200 000 euros de costume, entre 2013 et 2018, par la maison Smalto

 

 

 

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Jack Lang le 4 janvier 2018 lors des voeux du président Macron à l'Elysée.

 © Eliot Blondet / Sipa

 

 

En costume bien coupé, toujours impeccable. Depuis le début de sa carrière politique, le style vestimentaire de Jack Lang détonne et choque même parfois. C’est le cas en 1985, lorsqu’il se présente dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale avec un col Mao. Aujourd’hui, ce sont d’autres tenues qui font polémique. L’actuel président de l’Institut du monde arabe se serait fait offrir pour près de 200 000 euros de costumes par la maison Smalto, selon un article de L’Obs.

 

 

 

La personnalité du propriétaire de la maison Salto pose question

Ces cadeaux ont été reçus, entre 2013 et 2018, alors qu’il n’était plus élu. Par la voix de son propriétaire, le tailleur s’est expliqué. La personnalité du propriétaire de la maison Smatlo pose néanmoins question. Alain Duménil a été plusieurs fois condamné et mis en examen pour des délits financiers. Selon des sources internes, citées par L’Obs, ces cadeaux seraient monnaie courante afin de se ménager les faveurs des politiques. L’avocat de Jack Lang réfute cette version.  

 


16/03/2019
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Franceinfo - le mardi 5 février 2019

 

 

"Il faut que la vérité éclate au grand jour" : un documentaire inédit dénonce les abus sexuels subis par des religieuses

 

 

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Louise HemmerléFrance Télévisions

 

 

 

Dans un documentaire diffusé mardi soir sur Arte, des religieuses victimes d'abus sexuels témoignent à visage découvert et brisent l'omerta sur un sujet qui ronge l'Eglise depuis des décennies

 

 

 

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Le documentaire "Religieuses abusées, l'autre scandale de l'Eglise" est diffusé sur Arte le 5 mars 2019.  (DREAM WAY PRODUCTIONS)

 

 

C'est un tabou qui n'a été brisé que tout récemment. Début février, le pape François a reconnu que "des prêtres et des évêques" avaient commis des agressions sexuelles sur des religieuses. Dans le sillage des révélations sur les abus pédophiles, des religieuses ont commencé ces dernières années à élever la voix à leur tour, dénonçant les agressions dont elles ont été victimes.

 

 

Certaines d'entre elles prennent la parole dans le documentaire Religieuses abusées, l'autre scandale de l'Eglise qui sera diffusé mardi 5 mars à 20h50 sur Arte. Elles dénoncent les abus d'autorité, les viols, et les avortements forcés qu'elles ont subis, ainsi que les méthodes employées par l'institution catholique pour étouffer le scandale.

 

 

A l'origine de ce projet de documentaire, la journaliste Marie-Pierre Raimbault. Elle répond aux questions de franceinfo sur cette investigation inédite.

 

 

 

Franceinfo : Comment est né ce projet ?

 

 

Marie-Pierre Raimbault : Je suis tombée sur les rapports des sœurs Maura O'Donohue et Marie McDonald. Dans les années 1990, après plusieurs années d'enquête dans vingt-trois pays, ces deux missionnaires américaines ont transmis l'une et l'autre au Vatican un rapport très documenté sur les abus sexuels subis par les religieuses aux mains d'hommes du clergé. En mars 2001, le journal américain National Catholic Reporter a publié pour la première fois ces révélations. Le Parlement européen a aussi adopté une résolution sur les violences sexuelles à l'encontre des femmes, et notamment des religieuses catholiques.

 

 

C'était notre volonté de montrer que ce problème était toujours d'actualité, que c'était contemporain. C'était intéressant d'avoir des religieuses de plusieurs âges, pour montrer que cela se répétait au fil des générations. C'était très important de montrer que c'était quelque chose qui était pérennisé comme système.

 

 

 

Qu'est-ce qui a permis de recueillir la parole des victimes ? Comment celle-ci s'est libérée ?

 

 

La conjoncture nous était favorable, car il y avait les histoires de pédophilie qui commençaient à sortir. Mais quand nous avons commencé le film il y a trois ans, il n'y avait pas de témoignages de religieuses abusées, ça n'existait pas. Le film a été très long car les religieuses abusées, une fois qu'on avait leur contact, étaient très hésitantes. Je pense qu'elles avaient peur, car c'était la première fois qu'on leur donnait la parole. Elles avaient peur aussi car c'était compliqué, en tant qu'anciennes religieuses, de dire des choses qui allaient à l'encontre de l'Eglise. Les rares qui s'étaient exprimées auprès de leur hiérarchie n'avaient pas obtenu gain de cause. Elles étaient enfermées dans ce silence. On les a éduquées comme ça, à être obéissantes.

 

 

 

Quels sont les ressorts de l'emprise des prêtres sur les nonnes ?

 

 

Les prédateurs ne s'attaquent pas à des femmes matures, bien équilibrées dans leurs choix de vie. Ils s'attaquent à des jeunes femmes en questionnement, alors qu'elles font vœu de chasteté et renoncent à une vie de famille. Elles se posent beaucoup de questions, et les prédateurs les repèrent. Or, dans le mode de fonctionnement de l'Eglise catholique, chaque religieuse a un directeur spirituel, et elles sont censées parler de leurs doutes. Un prédateur va commencer à leur poser des questions comme "Avez-vous des pensées impures ?", "Est-ce que vous vous masturbez ?", "Est-ce que vous êtes attirée par une autre religieuse ?" Et dans l'isolement du confessionnal, certaines subissent des attouchements.

 

 

 

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Le documentaire "Religieuses abusées, l'autre scandale de l'Eglise" est diffusé sur Arte le 5 mars 2019.  (DREAM WAY PRODUCTIONS)

 

 

 

Les religieuses rentrent dans un système d'emprise dans lequel elles n'ont plus de libre arbitre. Ça ne veut pas dire qu'elles sont d'accord, ça veut dire qu'elles sont en état de sidération. Ça peut durer toute leur vie. Certaines religieuses sont mortes sans en avoir jamais parlé. Le problème est aussi qu'on cantonne les religieuses à des rôles de servitude. Si les femmes avaient plus de considération, de respect et de pouvoir au sein de l'Eglise, je pense que les choses seraient différentes.

 

 

 

Comment avez-vous réagi face à l'ampleur de vos découvertes ?

 

 

De jour en jour, on était de plus en plus stupéfaits et de plus en plus écœurés ; il y a même des choses qui étaient de l'ordre de l'insoutenable. Il y a eu des moments très durs humainement, parce qu'il y avait toujours quelque chose de plus sale. C'était très éprouvant. Par rapport à la laideur du contenu, on a voulu que ce soit un beau film. On a énormément travaillé l'image en tournage, c'est un documentaire qui a une certaine qualité cinématographique, car on voulait malgré tout offrir aux religieuses du beau.

 

 

 

L'Eglise est-elle au courant de ces abus, et que fait-elle pour les combattre ?

 

 

Mon point de vue, c'est que l'Eglise est au courant depuis fort longtemps. Les rapports de O'Donohue et McDonald en sont une preuve tangible. Mais je ne pense pas que ça date de 1990, ça date de la nuit des temps.

 

 

Le pape a reconnu en février pour la première fois que ces abus ont bel et bien eu lieu. On ne peut pas s'empêcher de trouver curieux que le pape fasse cette déclaration publique alors qu'il sait que le film va sortir. Nous avions contacté le Vatican pour leur proposer une rencontre filmée entre le pape et deux des religieuses qui témoignent dans notre documentaire. Nous leur avions donné, à leur demande, le contenu du film par écrit. Finalement, ils ne voulaient pas que cela soit filmé, donc on a mis un terme aux négociations. On ne pouvait pas encore confiner la souffrance des religieuses abusées dans une alcôve du Vatican. Ce n'était pas possible, il faut que la vérité éclate au grand jour. Alors oui, l'Eglise s'est exprimée, mais seulement au moment où elle sait qu'elle est acculée. Maintenant, au-delà de cette déclaration, que vont-ils faire concrètement ?

 


05/03/2019
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Franceinfo - le mardi 5 février 2019

 

 

Le procureur de Tokyo fait appel de la demande de libération sous caution de Carlos Ghosn

 

 

 

Un peu plus tôt, un juge avait autorisé la libération sous caution de l'homme d'affaires

 

 

 

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Le portrait de Carlos Ghosn à la télévision japonaise, le 15 janvier 2019.  (TAKEHITO KOBAYASHI / AFP)

 

 

 

Ce qu'il faut savoir

 

 

Carlos Ghosn va-t-il sortir de prison ? La justice japonaise a accepté, mardi 5 mars, la libération sous caution de l'ancien patron de l'alliance Renault-Nissan, mis en examen pour fraude fiscale et abus de confiance. Incarcéré depuis plus de 100 jours, l'homme d'affaires franco-libano-brésilien devait théoriquement être libéré dans la journée de mardi, mais le procureur de Tokyo a contesté cette décision de remise en liberté. Suivez la situation en direct avec franceinfo.

 

 

Des conditions strictes. S'il est libéré, Carlos Ghosn serait interdit de quitter le pays même pour un bref séjour et des caméras de vidéosurveillance devront être installées à l'entrée de sa résidence.

 

 

La défense du patron réagit. L'avocat de la famille de Carlos Ghosn a salué sur LCI à cette décision : "On met fin à une détention qui était absolument cruelle et brutale."

 

 

Une caution de huit millions d'euros. Un milliard de yens, c'est la somme demandée par la justice japonaise pour que Carlos Ghosn puisse sortir de prison.

 


05/03/2019
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Franceinfo - le mardi 26 février 2019

 

 

Le cardinal Pell, numéro 3 du Vatican, reconnu coupable de pédophilie

 

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

 

Les faits ont été commis dans la sacristie de la cathédrale Saint-Patrick de Melbourne (Australie) dans les années 1990

 

 

 

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Le cardinal australien George Pell, le 29 juin 2017 au Vatican. (ALBERTO PIZZOLI / AFP)

 

 

 

Le cardinal australien George Pell, numéro trois du Vatican, a été reconnu coupable d'agression sexuelle sur mineur, a annoncé mardi 26 février un tribunal australien. Il devient ainsi le plus haut responsable de l'Eglise catholique condamné dans une affaire de pédophilie.

 

 

Le tribunal de Melbourne a déclaré le cardinal de 77 ans coupable d'agression sexuelle et d'attentat à la pudeur contre deux enfants de chœur alors âgés de 12 et 13 ans. Des faits commis dans la sacristie de la cathédrale Saint-Patrick de Melbourne, en Australie, dans les années 1990.

 

 

 

La peine n'est pas encore fixée

Le prélat avait initialement rejeté ces accusations et le jury n'était pas parvenu à une décision lors d'un premier procès en septembre. Il a ensuite été déclaré coupable lors d'un nouveau procès le 11 décembre. Le tribunal de Melbourne avait cependant pris une "ordonnance de suppression" (suppressing order) qui interdisait aux médias toute mention de cette affaire, sous peine de poursuites.

 

 

Cette obligation de silence avait été imposée dans le but de protéger le jury d'un second procès lors duquel le cardinal Pell devait initialement être jugé pour d'autres faits présumés. Mais l'accusation a décidé de renoncer à cette seconde série de poursuites, ce qui a eu pour conséquence de lever mardi le blackout médiatique sur la première affaire, autorisant les médias à annoncer le verdict de culpabilité.

 

 

La peine à laquelle le cardinal sera condamné n'a pas été fixée. Une nouvelle audience est prévue mercredi. Les avocats du cardinal ont d'ores et déjà annoncé son intention de faire appel. George Pell, qui avait pris congé de ses fonctions au Vatican pour se défendre, reste cependant sur le papier à la tête du secrétariat pour l'économie du Saint-Siège, soit le numéro trois du Vatican.

 


26/02/2019
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Franceinfo - le jeudi 21 février 2019

 

 

Téléphone, télé, promenade… Quelles sont les conditions de détention d'Alexandre Benalla à la prison de la Santé ?

 

 

 

 

L'ex-chargé de mission de l'Elysée a été placé en détention provisoire mardi à la maison d'arrêt parisienne

 

 

 

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Alexandre Benalla au tribunal correctionnel de Paris, le 19 février 2019. (GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP)

 

 

 

Un détenu célèbre, dans une maison d'arrêt new look. Alexandre Benalla dort depuis mardi 19 février dans une cellule de la prison parisienne de la Santé, récemment rénovée, après y avoir été placé en détention provisoire. Conformément aux réquisitions du parquet de Paris, le juge des libertés et de la détention a choisi d'incarcérer l'ancien chargé de mission de l'Elysée pour ne pas avoir respecté son contrôle judiciaire, qui lui imposait de ne pas entrer en contact avec Vincent Crase, ancien salarié de LREM lui aussi mis en examen dans l'enquête sur les violences du 1er mai 2018 à Paris. Mais à quoi ressemblent les journées de l'ancien collaborateur d'Emmanuel Macron ? 

 

 

 

Placé dans un quartier spécial, mais sans traitement VIP

Jusqu'à sa réouverture en janvier, la prison de la Santé était notamment connue pour son "quartier VIP", qui a vu défiler des détenus aussi célèbres que le terroriste Carlos, le général panaméen Manuel Noriega ou encore Bernard Tapie. Ce département de la maison d'arrêt n'existe plus depuis la rénovation des lieux

 

 

Alexandre Benalla a toutefois été placé dans le quartier dit "des personnes vulnérables", selon une source proche du dossier à franceinfo. Disposant d'une trentaine de cellules, ce quartier est dédié aux prisonniers célèbres, "ainsi qu’à ceux dont l’intégrité pourrait être menacée s’ils étaient en régime classique, par exemple les prévenus d’infractions à caractère sexuel", précise Le Parisien.

 

 

Un traitement certes particulier, mais pas particulièrement favorable, indique l'administration pénitentiaire au quotidien francilien : "La détention n’y est pas plus souple. Mais il s’agit qu’elle ne soit pas non plus rendue plus difficile par ce statut médiatique du détenu."

 

 

 

Une cellule de 9 m² avec télé et téléphone fixe

Contrairement à de nombreux établissements pénitentiaires, la prison de la Santé n'est pas surpeuplée : environ 350 personnes y sont détenues, pour une capacité théorique actuelle de 739, souligne Le Parisien. Alexandre Benalla est donc seul dans sa cellule de 9 m², équipée d'une douche, d'une télévision et d'une petite cuisine, décrit L'Express.

 

 

Sur l'un des murs se trouve également un téléphone fixe, dont l'utilisation est payante et particulièrement encadrée. Placée sur écoute, la ligne ne peut être utilisée que pour passer des coups de fil à des personnes dont les noms et numéros ont été préalablement validés par les juges d'instruction chargés de l'enquête. Difficile en outre d'échapper à ce strict contrôle en introduisant un téléphone portable dans la maison d'arrêt, car les réseaux téléphoniques y sont brouillés.

 

 

 

Une heure de promenade par jour

Interrogée par Le Parisien, l'avocate Elise Arfi indique que les travaux de modernisation ont fait passer la prison de la Santé "dans le XXIe siècle". La juriste, dont plusieurs clients sont détenus dans cette maison d'arrêt, déplore toutefois que les activités y soient peu nombreuses et que les promenades soient limitées à une heure par jour, contre deux dans la plupart des autres prisons.

 

 

Contrairement aux détenus placés à l'isolement, comme le suspect des attentats du 13-Novembre Salah Abdeslam, incarcéré à Fleury-Mérogis (Essonne) et seul en permanence, Alexandre Benalla pourra lors de ces promenades croiser les autres détenus du quartier des personnes vulnérables.

 

 

Dans Le Parisien, une personne ayant croisé l'ancien chargé de mission depuis le début de son incarcération rapporte qu'Alexandre Benalla s'est montré "satisfait d'avoir une télévision dans sa cellule, demandant à avoir accès à des livres, au sport et au parloir".

 


21/02/2019
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Franceinfo - le mardi 5 février 2019

 

 

Affaire Benalla : cinq questions sur la perquisition qui a visé les locaux de Mediapart

 

 

 

Deux magistrats, accompagnés de trois policiers, ont tenté, lundi matin, de perquisitionner la rédaction du site d'information, après la publication d'enregistrements sonores d'une conversation entre Alexandre Benalla et Vincent Crase

 

 

 

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Des journalistes de Mediapart lors d'une conférence de presse, à Paris, le 4 février 2019. (PHILIPPE LOPEZ / AFP)

 

 

 

"Ils ont tenté un coup de force." Au lendemain de la perquisition qui a tourné court dans les locaux de Mediapart, Fabrice Arfi, l'un des journalistes du site d'information, estime, mardi 5 février, que l'initiative du parquet est une "mise en danger des sources". Edwy Plenel, le cofondateur du site, a condamné "un scandale ordonné par le nouveau procureur de la République de Paris". Franceinfo revient sur cette perquisition en cinq questions.

 

 

 

1 - Pour quelle(s) raison(s) la justice menait-elle cette perquisition ?

Mediapart a diffusé, jeudi 31 janvier, des extraits sonores d'une conversation entre Alexandre Benalla et Vincent Crase. La scène se déroule le 26 juillet 2018 et les deux hommes y abordent des sujets sensibles, de l'enquête sur les violences du 1er-Mai à un contrat de sécurité passé avec un sulfureux oligarque russe.

 

 

>> Affaire Benalla : ce qu'il faut retenir des enregistrements révélés par Mediapart

 

 

Après la diffusion de ces enregistrements, le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire pour "atteinte à l'intimité de la vie privée" et "détention illicite d'appareils ou de dispositifs techniques de nature à permettre la réalisation d'interception de télécommunications ou de conversations". C'est dans le cadre de cette enquête préliminaire que le parquet voulait mener cette perquisition dans les locaux de Mediapart.

 

 

 

2 - La rédaction de Mediapart avait-elle le droit de s'y opposer ?

"Comme le droit nous y autorise, dans le cadre d'une enquête préliminaire, pas d'une instruction judiciaire, la personne visée peut s'opposer à la perquisition. C'est un droit", a assuré Fabrice Arfi, journaliste à Mediapart, lors d'une conférence de presse, lundi après-midi.

 

 

Cette interprétation est validée par le site de l'administration française. On y lit que l'accord de l'occupant des locaux visés par une perquisition est obligatoire dans le cadre d'une enquête préliminaire. Mais que cet accord n'est plus nécessaire lorsqu'il y a eu flagrant délit ou dans le cadre d'une information judiciaire.

 

 

 

3 - Qui est à l'origine de la procédure ?

Il ne s'agit ni d'Alexandre Benalla, ni de Vincent Crase. Une source judiciaire indique à franceinfo que les deux hommes n'ont pas porté plainte. Cette même source se contente de répondre que "le parquet a été rendu destinataire d'éléments ayant justifié l'ouverte d'une enquête préliminaire".

 

 

"Ce n'est pas la vie privée de monsieur Benalla ou monsieur Crase dont nous parlons. Mais qui alors ?, s'est interrogé Fabrice Arfi sur France Inter, mardi. Il n'y a pas de plainte : le parquet dit qu'il y a un signalement. Mais un signalement de qui ? De quoi ? Comment ? Où ? On ne sait pas. C'est un signalement fantôme d'une personne que l'on n'entend pas dans les enregistrements, ni de près ni de loin", a résumé le journaliste.

Bref, impossible, pour l'instant, de connaître la nature des éléments transmis au parquet et l'identité de la personne qui les a communiqués.

 

 

 

4 - Le parquet avait-il le droit d'ouvrir cette enquête préliminaire ?

"Il n'y a pas de plainte à l'origine. Ce qu'il faut comprendre en droit, c'est que le parquet ne peut pas ouvrir une enquête pour atteinte à l'intimité de la vie privée s'il n'y a pas quelqu'un qui s'estime atteint dans sa vie privée. Le parquet ne peut pas se substituer à une personne privée dans ce délit-là. C'est pareil dans les cas de diffamation", a avancé le journaliste, toujours sur France Inter.

 

 

Interrogée par franceinfo, Delphine Meillet, avocate au barreau de Paris, confirme l'interprétation de Fabrice Arfi, mettant en avant un arrêt de la Cour de cassation du 31 janvier 2012.

 

 

Mais elle souligne que l'enquête préliminaire est également ouverte pour "détention illicite d'appareils" permettant des enregistrements. L'avocate souligne alors qu'une plainte préalable n'était pas nécessaire. "Quoi qu'il en soit, ils pouvaient ouvrir une enquête préliminaire", affirme-t-elle. Une analyse également partagée par l'avocat pénaliste Patrick Maisonneuve, contacté par franceinfo.

 

 

 

5 - Une perquisition va-t-elle finalement avoir lieu ?

C'est possible. "Le procureur adjoint de Paris nous a manifesté la possibilité de revenir avec un mandat du juge des libertés et de la détention pour que la perquisition devienne, cette fois, coercitive", a précisé Fabrice Arfi, qui insiste sur cette éventualité encore floue : "Il n'a pas dit qu'il allait le faire, il a dit que c'était possible, il ne l'a pas exclu." 

 

 

"Je trouve plutôt étrange la démarche du parquet", commente Patrick Maisonneuve, estimant qu'il devait s'attendre à une certaine résistance des journalistes de Mediapart qui, selon lui, connaissent le droit.

 

 

A la suite d'une réquisition formulée par les juges d'instruction en charge de l'affaire Benalla, Médiapart a remis sept enregistrements à la justice. "Mediapart répond de ses écrits, y compris devant la justice, mais protège ses sources", écrit le site d'information.

 


07/02/2019
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Franceinfo - le lundi 4 février 2019

 

 

Tentative de perquisition chez Mediapart : Edwy Plenel dénonce "un scandale ordonné par le nouveau procureur de la République de Paris"

 

 

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Le cofondateur de Mediapart a réagi sur France Inter après la tentative de perquisition, lundi 4 février, dans les locaux du site d'information, à Paris

 

 

 

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Le journaliste et cofondateur de Mediapart Edwy Plenel, le 12 janvier 2016. (GEORGES GOBET / AFP)

 

 

 

"Cette perquisition est un scandale ordonné par le nouveau procureur de la République de Paris, dont on connaît les conditions de nomination sur pression du pouvoir exécutif", a dénoncé lundi 4 février Edwy Plenel au micro de France Inter.

 

 

Le cofondateur du site d'information en ligne Mediapart réagissait après la tentative de perquisition des locaux situés dans le 12e arrondissement de la capitale, lundi matin, dans le cadre de l'affaire Benalla.

 

 

"Il [le procureur] a ordonné une perquisition dans une enquête préliminaire pour - soi-disant - violation de l'intimité privée de monsieur Benalla. Edwy Plenel à France Inter

 

 

Ce lundi matin, selon une source judiciaire jointe par franceinfo, deux magistrats du parquet accompagnés d'enquêteurs se sont présentés dans les locaux de Mediapart afin de saisir les enregistrements diffusés la semaine dernière par le média. Plus précisément et toujours selon cette même source, le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire pour "atteinte à l'intimité de la vie privée"  sur les conditions d'enregistrement d'une conversation entre Alexandre Benalla et Vincent Crase fin juillet, après sa diffusion la semaine passée par Mediapart.

 

 

 

"Il faut défendre l'honneur de la presse tout le temps"

"Je rappelle qu'il y a des faits dont la justice est saisie par des juges d'instruction sur monsieur Benalla. Vendredi, je recevais une demande de la police - à la demande des juges - de donner nos éléments factuels, d'enregistrements, de preuves, Qui permettent de montrer la violation du contrôle judiciaire par monsieur Benalla, [mais aussi] les faits d'effacement de preuves par messieurs Benalla et Crase, l'histoire du contrat russe etc. Tout cela était pour les juges. Et deux jours après, manoeuvre du parquet - qui je le rappelle dépend du pouvoir exécutif - qui essaye de venir faire cette perquisition à Mediapart", a ajouté Edwy Plenel avant de conclure : "Nous vivons une époque où il faut défendre l'honneur de la presse tout le temps."

 


07/02/2019
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Franceinfo - le mercredi 16 janvier 2019

 

 

Affaire Benalla : l'Elysée a "oublié" de récupérer le téléphone crypté et le quatrième passeport de l'ex-chargé de mission, selon "Le Canard enchaîné"

 

 

 

Le directeur de cabinet d'Emmanuel Macron, Patrick Strzoda, aurait omis de réclamer à l'ancien proche du chef de l'Etat un passeport de service ainsi qu'un téléphone secret-défense, après son licenciement

 

 

 

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L'ancien chargé de mission de l'Elysée, Alexandre Benalla, le 19 septembre 2018, devant la commission d'enquête du Sénat, à Paris. (BERTRAND GUAY / AFP)

 

 

 

Un élément de plus dans l'affaire Benalla. Selon Le Canard enchaîné, paru mercredi 16 janvier, le directeur de cabinet d'Emmanuel Macron, Patrick Strzoda, a "oublié" de réclamer à l'ex-chargé de mission de l'Elysée, Alexandre Benalla, un passeport de service ainsi qu'un téléphone crypté, après son licenciement.

 

 

Ce passeport de service "facilite le passage des frontières et permet de voyager sans visa dans certains pays", précise Le Canard. Alexandre Benalla disposait donc au total de quatre passeports, selon le journal : deux passeports diplomatiques et deux passeports de service. Quant au téléphone, il s'agit d'un "téléphone Teorem", indique l'hebdomadaire, "un appareil classé secret-défense", utilisé notamment par la présidence ou les militaires, qui permet des communications sécurisées. Le Canard enchaîné ajoute que l'avocate d'Alexandre Benalla a finalement déposé le passeport au ministère de l'Intérieur et offert de rendre le téléphone à l'Elysée.

 

 

Invité de franceinfo mercredi matin, le sénateur LR de Moselle François Grosdidier, membre de la commission d'enquête sénatoriale qui reprend ses auditions mercredi après-midi, a indiqué que la commission allait interroger Christophe Castaner, Jean-Yves Le Drian et Patrick Strzoda sur les révélations du Canard enchaîné.

 


16/01/2019
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