L'AIR DU TEMPS

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SCANDALES POLITIQUES et AUTRES...


Franceinfo - le vendredi 12 juillet 2019

 

 

"Quand on est en faute on s'en va": la classe politique dubitative devant le traitement du cas Rugy

 

 

 

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Sarah TuchschererfranceinfoRadio France

 

 

 

 

Chez les députés, tous bords politiques confondus, nombreux sont ceux qui jugent insuffisante la promesse de remboursement de François de Rugy

 

 

 

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François de Rugy, ministre de la Transition écologique et solidaire, dans la cour de Matignon, le 11 juillet 2019. (DOMINIQUE FAGET / AFP)

 

 

 

Après les révélations de Médiapart sur son train de vie, François de Rugy, le numéro 2 du gouvernement a été convoqué à Matignon, jeudi 11 juillet. À la sortie de son entrevue avec Édouard Philippe, il a promis de rembourser, si nécessaire, "chaque euro contesté". Dans la classe politique, beaucoup jugent cette réponse à la polémique bien insuffisante.

 

 

 

"Un émoi, un besoin de transparence"

Chez les "marcheurs", on ne peut pas parler de franc soutien à François de Rugy. Mais Erwann Balanant a été rassuré par sa promesse de remboursement. "C'est une bonne décision, estime le député LREM du Finistère, on sent qu'il y a un émoi et un besoin de transparence. Tout ce qui est de l'ordre du privé doit rester avec de l'argent privé. Et le reste, les réceptions, les dîners de travail doivent être sur les fonds dédiés à ce travail-là." Pour le député Les Républicains du Lot, Aurélien Pradié, le ministre fragilisé aurait dû partir. "Quand on est pris, quand on est en faute on s'en va."

 

 

Quelle force politique va encore avoir François de Rugy dans les semaines qui viennent ?Aurélien Pradié, député Les Républicains du Lot à franceinfo

 

 

Le député du Lot en profite pour tacler l'ensemble de la majorité. "Ce nouveau monde est plein d'hypocrisie, continue Aurélien Pradié. Ils sont bien plus capables que n'importe quel autre monde de dire blanc et de faire noir dans les faits."

 

 

 

"Ça jette le discrédit sur tous les élus"

"Bien sûr que c'est une catastrophe", assure de son côté Emmanuelle Ménard, apparentée Rassemblement National. La députée s'inquiète de l'impact de l'affaire dans l'opinion publique. "Déjà les parlementaires ont très mauvaise presse, reconnaît-elle. On est accusés de tous les maux, de ne pas travailler, de se servir dans les caisses de l'État parfois parce qu'on a cet argent public à disposition. C'est une catastrophe car ça jette le discrédit sur tous les élus !" La présidence de l'Assemblée a précisé, jeudi 11 juillet, que François de Rugy serait invité à s'expliquer devant les députés dans les prochains jours.

 


12/07/2019
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Franceinfo - le 11 juillet 2019

 

 

Affaires de Rugy : le président de l'Observatoire de l'éthique publique regrette qu'"une affaire individuelle" entache les efforts de "l’ensemble de la classe politique"

 

 

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franceinfoRadio France

 

 

 

René Dosière explique, jeudi sur franceinfo, que le comportement de François de Rugy est "éthiquement et moralement, un peu condamnable", mais que de nombreux efforts ont été réalisés par les députés

 

 

 

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René Dosière, président de l’Observatoire de l’éthique publique et ancien député socialiste, à Paris le 22 mai 2017.  (THOMAS SAMSON / AFP)

 

 

 

François de Rugy, ministre de la Transition écologique, est épinglé par de nombreuses révélations par Mediapart : des dîners fastueux et des travaux aux frais du contribuable lorsqu'il était président de l'Assemblée nationale. René Dosière, président de l’Observatoire de l’éthique publique et ancien député socialiste était l'invité de franceinfo, jeudi 11 juillet.

 

 

 

franceinfo : Êtes-vous choqué par les révélations autour de François de Rugy ?

 

 

René Dosière : Oui, bien entendu. C'est choquant, mais il reste à vérifier les faits qui ne sont pas suffisamment documentés. Le bruit qui est fait sur cette affaire pose un problème essentiellement déontologique plus qu’un problème disciplinaire. Les députés ont adopté un code de déontologie qui comporte un article sur l’exemplarité. Les députés ne doivent pas porter préjudice à l’image de l’Assemblée.

 

 

 

Est-ce que ce comportement porte préjudice à l'image de l'Assemblée ?

 

 

Ça serait vraisemblablement plutôt le cas. Il faudrait vérifier avec la déontologue. Mais elle n’a pas de pouvoir de sanction, elle ne peut émettre qu’un avis confidentiel dès lors qu’il a été sollicité par le député. C’est une image déplorable qui est renvoyée à l’opinion publique.

 

 

 

Les parlementaires font pourtant face à des règles plus strictes. Ils sont tenus de justifier leurs dépenses. Ne sont-ils pas tenus d’être dans la plus grande transparence ?

 

 

Bien entendu et même au niveau de la présidence de l’Assemblée. Les frais de représentation étaient de l’ordre de 600 000 euros il y a quelques années et aujourd’hui ils sont arrivés autour de 400 000 euros. A l’Assemblée nationale, des efforts ont été faits après 2017. Les frais des parlementaires sont contrôlés, notamment par la déontologue. Mais naturellement, il suffit d’une affaire individuelle pour entacher l’ensemble de la classe politique. L’opinion publique ne fait pas trop la différence. Le président de l’Assemblée a parfaitement le droit, non seulement le droit mais le devoir de recevoir à manger. Il a d’ailleurs des locaux et du personnel pour cela. Mais lorsqu’il reçoit des gens qui ne sont pas des personnalités officielles, il n’est pas obligé de leur servir des grands crus et de la restauration de luxe.

 

 

 

Est-on dans l’illégalité dans le cas de François de Rugy ?

 

 

Non, on n’est pas dans l’illégalité. On est dans un comportement qui est éthiquement et moralement, un peu condamnable. On n’est pas obligé de fréquenter des restaurants cinq ou six étoiles, des restaurants deux étoiles ça peut suffire.

 

 

 

La loi doit-elle être plus stricte ?

 

 

Ce n’est pas un problème de loi en l’occurrence. La transparence a fait des progrès, là c’est un problème de comportement. Il n’est pas obligé de faire repas privés ou en tout cas de les faire financer par les fonds publics. Je ne vois pas comment une loi peut interdire cela. En juin 2010 déjà, il y a eu une circulaire de Nicolas Sarkozy, alors Président de la République, qui écrit à son Premier ministre que les ministres doivent payer eux-mêmes leurs dépenses privées.

 

 

 

 

Franceinfo - le Mercredi 10 juillet 2019

 

 

 

Dîners luxueux de François de Rugy : quand l'ancien président de l'Assemblée nationale prônait l'exemplarité

 

 

 

Mercredi 10 juillet, Mediapart a révélé l'existence de fastueux dîners organisés par François de Rugy lorsqu'il était président de l'Assemblée nationale

 

 

 

 

Des homards géants, des bouteilles à plusieurs centaines d'euros et, parfois, des amis autour de la table. Mercredi 10 juillet, Mediapart a révélé l'existence de fastueux dîners organisés par François de Rugy lorsqu'il était président de l'Assemblée nationale. Pourtant, au moment de son élection au perchoir, en 2017, l'actuel ministre de la Transition écologique prônait la transparence dans les comptes de l'Assemblée et l'exemplarité des parlementaires.

 

 

 

"Remettons tout sur la table"

"Pour nos concitoyens, l'Assemblée est trop souvent le symbole de l'opacité, du secret et du règne de pratiques exceptionnelles ou dérogatoires. Il faut que notre institution rentre pleinement dans la règle commune. Remettons tout sur la table et garantissons l'égalité et la transparence, expliquait le président de l'Assemblée nationale lors de son discours d'investiture, le 27 juin 2017. Cela éloignera le soupçon et cela nous sécurisera, vous sécurisera. Car des règles trop peu claires compliquent l'exercice du mandat et ouvrent la voie aux fantasmes et à l'anti-parlementarisme."

 

 

Quelques mois plus tard, il faisait une proposition encore plus précise : "Moi, je veux qu'il y ait une comptabilité analytique, transparente, et qu'on sache bien, à l'Assemblée, qu'est-ce qui coûte quoi." Aujourd'hui, François de Rugy "assume" ces dîners "informels" dans la résidence dédiée au président de l'Assemblée nationale... mais il assure que cela "faisait partie" de son travail.

 


11/07/2019
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Franceinfo - le jeudi 11 juillet 2019

 

 

François de Rugy limoge sa directrice de cabinet, qui a gardé un HLM sans l'occuper pendant douze ans, selon Mediapart

 

 

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franceinfoFrance Télévisions

 

 

 

L'ancienne préfète Nicole Klein bénéficiait d'un HLM parisien depuis 2001. Un logement qu'elle n'a pas occupé pendant douze ans, entre 2006 et 2018

 

 

 

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Nicole Klein, alors préfète de Loire-Atlantique, lors d'une discussion sur l'avenir de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, le 12 octobre 2018.  (MAXPPP)

 

 

Nicole Klein, directrice de cabinet du ministre de la Transition écologique et solidaire, François de Rugy, a annoncé mercredi 10 juillet à Ouest-France qu'elle démissionnait de son poste, "à la demande du ministre", après des révélations de Mediapart"C'est François de Rugy qui souhaite expressément que je parte", a-t-elle affirmé au quotidien. Le cabinet du ministre a confirmé ce départ jeudi matin à l'AFP, sans plus de précisions.

 

 

Le site d'information a révélé mercredi que Nicole Klein occupait un logement social dans le 14e arrondissement de Paris depuis 2001, alors qu'elle n'a pas travaillé dans la capitale entre 2006 entre 2018. 

 

 

 

Un logement conservé pendant douze ans 

Ce logement, situé près de la porte de Vanves, lui a été attribué en 2001 par le ministère de l'Equipement, alors qu'elle venait d'être nommée adjointe au directeur général de l'urbanisme. Nicole Klein a dit à Mediapart être "entrée dans le logement dans des conditions parfaitement légales". Elle l'a conservé entre 2006 et 2018, période durant laquelle elle a travaillé dans cinq préfectures de province différentes et une agence régionale de santé. Elle a ensuite été nommée directrice de cabinet de François de Rugy en octobre 2018.

 

 

Conserver cet appartement pendant douze ans alors qu'elle ne travaillait plus à Paris est une situation "légale", se défend Nicole Klein. "C'était ma résidence principale", se justifie-t-elle. Elle assure qu'elle y revenait régulièrement le week-end et qu'elle compte changer de logement bientôt. Si elle ne l'a pas fait, c'est par "manque de temps". Ce logement est pour elle "un havre toujours occupé, au milieu de douze mutations souvent très rapides et toujours au service de l'intérêt général".

 


11/07/2019
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Franceinfo - le jeudi 11 juillet 2019

 

 

Mis en cause pour ses dîners fastueux, François de Rugy répond sur Facebook

 

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

 

Photos, témoignages et documents à l'appui, Mediapart a recensé entre octobre 2017 et juin 2018 une dizaine de dîners qui mobilisaient à chaque fois le personnel de la résidence du président de l'Assemblée

 

 

 

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François de Rugy à l'Elysée, le 10 juillet 2019.  (LUDOVIC MARIN / AFP)

 

 

 

"Je le réaffirme enfin avec force, face aux attaques qui me sont faites, je n’aurai qu’une seule défense : les faits présentés en toute transparence." Mis en cause pour l'organisation de réceptions fastueuses à l'Hôtel de Lassay alors qu'il présidait l'Assemblée nationale, le ministre François de Rugy a publié dans la nuit du mercredi 10 au jeudi 11 juillet sur son compte Facebook "l'intégralité des éléments de réponse" apportés lundi soir à Mediapart.

 

 

"Les questions portaient sur des dîners effectués à la présidence de l'Assemblée nationale ainsi que sur des travaux de rénovation et d'aménagement réalisés dans l'appartement de fonction que j'occupe au ministère", précise le ministre de la Transition écologique. Photos, témoignages et documents à l'appui, Mediapart a révélé avoir recensé entre octobre 2017 et juin 2018 une dizaine de ces dîners qui mobilisaient à chaque fois le personnel de la résidence du président de l'Assemblée.

 

 

63 000 euros de travaux de rénovation

Outre un questions-réponses, le ministre publie des mails relatifs aux devis de travaux pour l'appartement de fonction qu'il occupe au ministère de la Transition écologique réalisés à partir de novembre 2018. Le ministre y détaille des travaux de peinture, de rénovation des sols, de menuiserie visant à installer des rangements, la rénovation d'une salle de bain et d'une salle de douche, le tout pour un peu plus de 63 000 euros.

 

 

"Constatant que Mediapart n’avait pas publié mes réponses, j’apporte ici tous les éléments par souci de transparence", explique François de Rugy à la fin de son message. "Le reste n'est qu'insinuations alimentées par une source anonyme et malveillante."

 


11/07/2019
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Franceinfo - le jeudi 13 juin 2019 - mis à jour le 14.06.19

 

 

Procès Balkany : sept ans de prison ferme et dix ans d'inéligibilité requis contre le maire de Levallois-Perret pour blanchiment de fraude fiscale et corruption

 

 

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Violaine JaussentFrance Télévisions
 

 

 

Quatre ans avec sursis et 500 000 euros d'amende ont été requis jeudi contre son épouse Isabelle, poursuivie pour blanchiment de fraude fiscale

 

 

 

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Le maire de Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), le 23 mai 2019 au tribunal de grande instance de Paris. (KENZO TRIBOUILLARD / AFP)

 

 

 

Le procureur a requis, jeudi 13 juin, sept ans de prison ferme, avec mandat de dépôt, et dix ans d'inéligibilité contre le maire de Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), Patrick Balkany, jugé pour corruption passive, blanchiment de fraude fiscale aggravée et prise illégale d'intérêts. Quatre ans avec sursis et 500 000 euros d'amende ont été requis contre son épouse Isabelle Balkany, poursuivie, elle, pour blanchiment de fraude fiscale aggravée. En convalescence après une tentative de suicide début mai, elle est la grande absente de ce procès.

 

 

"Patrick Balkany est coupable de la plus grave atteinte à la probité publique", a déclaré le procureur financier Serge Roques lors d'un réquisitoire implacable à deux voix, prononcé pendant 2 heures et demie avec Arnaud de Laguiche, substitut du procureur. Jugés devant le tribunal correctionnel de Paris depuis le 13 mai, les Balkany sont soupçonnés d'avoir dissimulé au minimum 13 millions d'euros d'avoirs au fisc entre 2007 et 2014, notamment deux somptueuses villas, Pamplemousse aux Antilles, et un riad à Marrakech.

 

 

 

Un blanchiment "ancien et systématique"

"Quand j'ai commencé à écrire ce livre, j'avais le souci de moi-même. (...) Mais je ne suis qu'un homme qui se veut être au service des autres" : Arnaud de Laguiche amorce le réquisitoire avec les mots de Patrick Balkany, écrits en conclusion de Une autre vérité, la mienne, en août 2009. "Les dates, la concordance des temps, peut être cruelle, monsieur le président. Les dates montrent qu'en août 2009 Patrick Balkany était engagé dans l'acquisition de sa villa au Maroc", insiste le procureur, dans un débit rapide mais efficace. Toute la duplicité du maire de Levallois-Perret est contenue dans cette attaque.

 

 

Les procureurs s'acharnent à démontrer que les arguments des époux Balkany ne tiennent pas. Selon eux, le blanchiment ne fait aucun doute : il "est ancien et systématique". "Les époux Balkany ont mis en place des montages offshore dans le seul but de dissimuler qu'ils étaient propriétaires de biens à l'étranger", martèle Serge Roques.

 

 

 

Un "pacte de corruption" entre les prévenus

Pour le ministère public, la corruption est tout aussi avérée : un "pacte" continue "de lier les prévenus" et "tout aveu de l'un entraînerait l'autre". "Ils se détestent mais ils doivent encore se tenir", explique Arnaud de Laguiche. Il affirme, tout comme Serge Roques, que Patrick Balkany s'est fait offrir la villa de Marrakech par Mohamed Al Jaber, un milliardaire saoudien. En échange, le promoteur a obtenu des délais dans un énorme contrat immobilier, les fameuses tours de Levallois qui ne sortiront jamais de terre. Les deux hommes se sont invectivés à l'audience, mais se sont accordés pour nier tout pacte de corruption.

 

 

Contre Mohamed Al Jaber, le parquet national financier a requis quatre ans, dont deux avec sursis, et 150 000 euros d'amende, et quatre ans de prison, dont deux avec sursis, et une interdiction d'exercer à l'encontre de l'avocat Arnaud Claude, "le pilote de l'opération". Le parquet a également demandé trois ans dont un avec sursis et 150 000 euros d'amende contre Jean-Pierre Aubry, "prête-nom jusqu'au sacrifice" pour son "maître" Patrick Balkany, et une amende de 100 000 euros contre le fils Balkany, Alexandre, poursuivi pour avoir "couvert" ses parents en souscrivant des baux de location fictifs du riad de la palmeraie.

 

 

 

"Marianne a dû essuyer quelques larmes"

Enfin, pour illustrer l'atteinte "à la probité publique", Arnaud de Laguiche choisit de décrire une scène, "il y a dix ans à peu près", entre Patrick Balkany et Georges Forrest. Selon l'accusation, le maire a reçu une commission de cet industriel belgo-congolais, qui aurait servi à financer une autre partie de l'acquisition de la villa marocaine. Dans cette scène, le procureur évoque deux "témoins" qui ne peuvent pas parler : le buste de Marianne et le portrait du président de la République sur la cheminée. "Seuls les Napolitains et les Siciliens croient aux statues qui pleurent. J'ai la conviction que Marianne a dû essuyer quelques larmes de tristesse ce jour-là", lâche Arnaud de Laguiche. La phrase ne plaît pas aux prévenus, qui s'agitent sur leur banc. On entend l'avocat de Patrick Balkany qui grommelle dans la salle d'audience.

 

 

Eric Dupond-Moretti s'en explique à la sortie de l'audience, sonné par ces réquisitions sévères. "La justice au pied du mur de l'exemple, cela a ses limites", réagit-il vigoureusement. "Le procureur est à la fois la démocratie, la morale publique, la République, et même il fait pleurer une statue de Marianne, vous avez entendu ça. Ce qui est une allégorie assez singulière. Mais Marianne elle n'était pas dans la salle d'audience", insiste-t-il. Avant d'asséner : "Quatre ans pour avoir fraudé, c'est assez incroyable en termes de jurisprudence."

 

 

 

 

 

 

Et d'ajouter : "On requiert aujourd'hui contre lui ce que parfois on ne requiert pas dans les crimes de sang." A ses côtés, le visage cramoisi, pétrifié par la peine réclamée, Patrick Balkany n'a pas dit un mot. Le procès reprendra lundi avec les plaidoiries de la défense. Il doit s'achever mercredi 19 juin.

 


14/06/2019
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Franceinfo - le mercredi 22 mai 2019

 

 

Affaire Vincent Lambert : les avocats des parents attendus à l'hôpital pour vérifier la reprise des traitements

 

 

 

 

 

Moins de 24 heures après l'arrêt des soins, la justice a ordonné leur reprise, lundi soir, après avoir été saisie par les parents de Vincent Lambert

 

 

 

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Le neveu de Vincent Lambert, François Lambert, devant l'hôpital de Reims (Marne), le 20 mai 2019. (BENOIT TESSIER / REUTERS)

 

 

 

 

Ce qu'il faut savoir

 

 

Depuis la décision de justice de lundi soir, nouveau coup de théâtre dans l'affaire Vincent Lambert, les soins qui le maintiennent en vie doivent reprendre, après avoir été interrompus lundi matin. Les avocats des parents du patient sont attendus au CHU de Reims, mardi 21 mai, pour s'assurer que la décision est respectée.

 

 

Une plainte après la diffusion d'une vidéo. Après la publication sur le site de Valeurs actuelles d'images de Vincent Lambert sur son lit d'hôpital, présentées comme ayant été filmées dimanche par sa mère, l'avocat de l'épouse du patient, Rachel Lambert, a annoncé sur franceinfo qu'il déposerait plainte "contre les personnes qui ont filmé et contre celles qui ont diffusé". Il affirme que la vidéo a été tournée "frauduleusement", Rachel Lambert étant la tutrice légale de son époux. "Nous n'arrivons pas à comprendre comment quelqu'un qui dit aimer Vincent Lambert puisse diffuser de telles images de lui sur les réseaux sociaux", a-t-il poursuivi.

 

 

Une décision surprise. Lundi soir, la cour d'appel de Paris a ordonné le "maintien de l'alimentation et l'hydradation" de Vincent Lambert, qui avaient été interrompues par les médecins lundi matin, jusqu'à ce que le Comité international des droits des personnes handicapées de l'ONU puisse examiner le dossier sur le fond. Jean Paillot, l'un des avocats des parents du malade, a évoqué une "décision provisoire" d'une "durée de six mois". L'avocat du neveu de Vincent Lambert, lui, compte demander à l'Etat de se pourvoir en cassation.

 

 

Réactions contrastées dans la famille. "C'est du sadisme pur", a réagi François Lambert, le neveu de Vincent Lambert, qui dit ressentir "de la colère, du dégoût, de l'écœurement." A l'opposée de la mère du patient, Viviane Lambert, qui a salué une "très grande victoire", pendant qu'un de ses avocats, Jean Paillot, fêtait ce qu'il a qualifié de "remontada". Les proches de Vincent Lambert se déchirent depuis des années sur son sort.

 

 

La classe politique divisée. Avant la décision de la cour d'appel de Paris, Emmanuel Macron avait refusé d'intervenir dans le dossier : "Il ne m'appartient pas de suspendre une décision qui relève de l'appréciation de ses médecins et qui est en conformité avec nos lois". Marine Le Pen avait jugé que la précédent décision de justice, favorable à un arrêt des soins, "condamne en réalité à la mort" et la tête de liste LR aux élections européennes François-Xavier Bellamy, déclaré qu'"il n'y a aucune vie indigne d'être vécue".

 


21/05/2019
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Franceinfo - le dimanche 19 mai 2019

 

 

Vincent Lambert : son ancien médecin, le Dr Kariger revient sur toute l'affaire

 

 

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Le CHU de Reims a annoncé la mise en place, cette semaine, d'une nouvelle procédure d'arrêt des soins pour Vincent Lambert. Le Dr Eric Kariger qui fut le premier médecin à mettre en place une telle procédure en 2013, revient sur cette expérience douloureuse

 

 

 

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Vincent Lambert : son ancien médecin, le Dr Kariger revient sur toute l'affaire

 

 

 

Le Dr Eric Kariger a "le cuir épais". Pourtant, se replonger dans les rebondissements de l’affaire Vincent Lambert lui coûte. De ses années au côté de cet homme qui est devenu le symbole de la fin de vie en France et dont il a été le premier médecin après son accident de la route en 2008, le médecin garde des souvenirs douloureux. Une douleur qui est ravivée par l’actualité récente.

 

 

Alors que le Dr Sanchez, nouveau médecin de Vincent Lambert, a annoncé qu’il mettrait fin aux soins de son patient à partir de lundi, les parents du jeune homme se refusent toujours à accepter la situation. Des voix s’élèvent aussi des milieux conservateurs pour s’insurger contre la fin des soins, assimilée de manière impropre à une euthanasie. Cette violence qu’il a trop connue lorsqu’il était aux responsabilités comme chef de service des soins palliatifs au CHU de Reims, le Dr Kariger ne la supporte plus.

 

 

"La fin approche, et c’est presque encore plus violent. Dans cette période difficile, il y a de nouveaux des prises de position qui me sont, à titre personnel, très douloureuses, lâche le médecin. Je pense en particulier aux déclarations de mon archevêque (Mgr Éric de Moulins-Beaufort, archevêque de Reims, a critiqué la décision des médecins validée par le Conseil d'Etat, les accusant notamment de vouloir laisser Vincent Lambert mourir de faim et de soif)."

 

 

A lire aussi : "Il ne faut pas que vincent Lambert soit un étendard"

 

 

 

Médecin « pro-life » aux solides convictions catholiques

Le Dr Kariger ne s'en cache pas : il est un homme de droite et un catholique convaincu. Médecin chrétien engagé, il a été trésorier du centre catholique des médecins français et s’est engagé au sein du Parti Chrétien Démocrate – l’ancien Forum Social Chrétien de Christine Boutin. "Personne ne peut venir me chatouiller sur mes convictions confessionnelles et mon combat pro-vie", se défend-il. C’est pourtant précisément sa sphère politique et religieuse qui l’a violemment attaqué lorsque lui-même a décidé, pour la première  fois, d’entamer une procédure d’arrêt des soins sur Vincent Lambert, en 2013.

 

 

"Je suis médecin chrétien, mais je suis médecin d’abord. Je suis d’abord au service d’un malade et pas au service de mes convictions, assure-t-il. Et sur l’affaire Lambert et la décision que j’ai dû prendre à l’époque, je ne me suis jamais trouvé en difficulté par rapport à ces convictions."

 

 

A lire aussi : Affaire Vincent Lambert : les dates-clés

 

 

 

Au départ, de bonnes relations avec la famille Lambert

Durant les premières années de soins de Vincent Lambert, en unité pour cérébolésés graves, l’équipe médicale et la famille du jeune homme poursuivent le même objectif : faire récupérer Vincent, un maximum. A l’époque, le Dr Kariger échange surtout avec Rachel, sa femme, même si il a occasionnellement rencontré ses parents, Viviane et Pierre.

 

 

Le contact passent bien avec eux : il faut dire qu'ils ont des points communs. "Je suis catholique et un médecin chrétien engagé.  Ils sont aussi catholiques, même si ils sont certainement plus que cela. En plus, le père est un ancien médecin chef de service", explique le médecin. Mais très vite, il a une "intuition" : le cas Lambert n’est pas ordinaire. "On m’avait donné des éléments sur la singularité de cette famille, même si on ne savait pas grand chose à l’époque de toute la violence et la complexité qui y régnait."

 

 

 

Un pronostic de plus en plus sombre

Les années passent et Vincent Lambert ne progresse pas. La rééducation ne fonctionne pas, l’orthophonie ne donne rien. Le pronostic est très sombre. Fin 2012, les équipes soignantes, au plus près des patients, commencent à se poser des questions : pourquoi maintenir Vincent Lambert en vie ? En avril 2013, au terme d’une procédure collégiale qui s’inscrit dans la cadre de la loi Leonetti que le Dr Kariger "connaît sur le bout des doigts", le médecin s’achemine vers un arrêt des soins et la mise en place de la sédation profonde et continue.

 

 

L'épouse de Vincent Lambert, Rachel, est d’accord. Avant de commencer, le médecin s’entretient avec Viviane, la mère. Le père, Pierre, n’a pas pu se rendre au rendez-vous. "Je l’ai préparé, je lui ai dit que nous nous dirigions vers un arrêt des soins. Je ne lui ai pas demandé son avis : je trouve ça odieux psychanalytiquement parlant. Elle m’a répondu que c’était impensable, contre ses convictions. Nous avons convenus de nous revoir quelques semaines plus tard."

 

 

"Quand on a rebranché Vincent Lambert, ça a été un des pires jours pour moi"

 

 

La procédure d’arrêt des soins est entamée au printemps 2013. "Nous l’avons fait transparence, en toute rigueur", assure le Dr Kariger. Rachel Lambert, l’épouse "aimante et aidante" est informée. Mais pas les parents. "Nous n’avons pas agi dans leur dos. Aucun médecin n’appelle tous les membres d’une famille quand décision est prise", rappelle-t-il. Le Dr Kariger a sa conscience pour lui, même si il admet une "petite précipitation, car l’arrêt a commencé avant que je ne les revoie."

 

 

Saisi par les parents, le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne (Marne) ordonne en mai 2013 de rétablir l'alimentation. "Ca a été un des jours les plus durs pour moiCa faisait 31 jours qu’on accompagnait Vincent Lambert vers la fin."

 

 

Les relations avec les parents sont dégradées. "Ils n’ont jamais évolué, ensuite. Ils ont évoqué un mauvais diagnostic, un mauvais pronostic. Tout s’est emmêlé. »

 

 

 

"Mon honneur et celui de mon équipe étaient sauf"

Suite à ce revers, l’équipe médicale reprend le travail. "On a relancé la collégiale, on est repartis de zéro. Nous avons fait un travail magnifique, se remémore le médecin. J’en garde un souvenir ému." Mais les évènements s’emballent.

En janvier 2014, l’équipe informe la famille qu'elle va de nouveau arrêter nutrition et hydratation, procédure conforme à la loi Leonetti qui permet de refuser l'acharnement thérapeutique. Le tribunal, saisi par les parents, ordonne la poursuite du traitement. Rachel Lambert et le CHU en appellent au Conseil d'État, qui donne raison au Dr Kariger et son équipe. "A ce moment-là, mon honneur et celui de mon équipe ont été saufs", souffle le médecin. Mais Viviane et Pierre Lambert en appellent à la Cour européenne des droits de l’homme. "J’ai compris qu’ils ne lâcheraient rien et qu’on se s’en sortira plus", explique-t-il.

 

 

Menaces de mort et coups de fil anonymes

 

 

Face à ce nouveau rebondissement, le médecin spécialiste des soins palliatifs, qui n’est "pas du genre à fuir devant les difficultés et ses responsabilités", est dépassé. "On nous a parlé de 2 à 3 ans de délai avant la décision de la Cour européenne. Je ne me suis plus senti la force de travailler dans la durée. Je n’apportais plus de valeur ajoutée. J’ai décidé d’aller vaquer à d’autres fonctions."

 

 

En plus du cas médico-judiciaire inextricable, l’ancien médecin de Vincent Lambert doit faire face à des pressions considérables. "J’étais devenu l’homme à abattre. J’ai reçu des menaces de morts, des coups de fils anonymes. On a menacé de s’en prendre à mes enfants." Les pressions émanent des milieux conservateurs de droite, de son "camp de valeur". Une véritable "double peine". "Ca a été très dur. Si j'étais un mec de gauche, athée, ça m’aurait moins touché", dit-il dans un petit rire triste.

 

 

Soutien au nouveau médecin de Vincent Lambert

 

 

Quatre années "de souffrance inutile" après, c’est le Dr Vincent Sanchez qui va finalement accompagner Vincent Lambert vers la mort. "C’est un homme courageux, qui doit faire une chose qui reste difficile : c’est lui qui, finalement, sera responsable de l’arrêt des soins sur Vincent Lambert. Je lui apporte tout mon soutien confraternel, assure le Dr Kariger. "Mais dans son cas, tous les recours de la famille ont été épuisés. Il a le soutien de sa hiérarchie et d’un ministre de la Santé. Il a de la chance."

 


20/05/2019
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Franceinfo - le dimanche 12 mai 2019

 

 

Fichage de données personnelles pour Monsanto : le groupe Bayer présente ses "excuses"

 

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

 

Le géant allemand de la chimie est soupçonné d'avoir constitué des fichiers sur les positions de personnalités à propos des pesticides

 

 

 

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Le logo du groupe chimique Bayer, le 27 février 2019, lors d'une conférence de presse à Leverkusen (Allemagne). (WOLFGANG RATTAY / REUTERS)

 

 

 

Le groupe Bayer a présenté ses excuses, dimanche 12 mai, après les révélations en France d'un fichage illégal, pour le compte de sa filiale Monsanto, de centaines de personnalités concernant leur position sur les pesticides et les OGM. "Après une première analyse, nous comprenons qu'un tel projet ait suscité des inquiétudes et des critiques. Ce n'est pas la manière avec laquelle Bayer chercherait à dialoguer avec les différents groupes d'intérêt et la société et nous présentons en conséquence nos excuses", écrit le géant allemand dans un communiqué (en anglais).

 

 

L'entreprise explique qu'elle va demander à un cabinet juridique externe "d'enquêter et d'évaluer les allégations." Et rappelle qu'elle "ne tolère pas les comportements contraires à l'éthique".

 

 

 

Une enquête préliminaire ouverte

Selon France 2 et Le Monde, à l'origine de ces révélations, ce fichier secret de 200 noms de journalistes, politiques, dirigeants d'organisations professionnelles ou scientifiques, date de novembre 2016 et provient d'une fuite du cabinet de lobbying et de relations publiques Fleishman-Hillard, "mandaté par Monsanto pour l'assister dans sa défense du glyphosate". 

 

 

Le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire. Elle vise les délits de "collecte de données personnelles par un moyen frauduleux, déloyal ou illicite", "enregistrement de données à caractère personnel sensible sans l'accord de l'intéressé et transfert illicite de données à caractère personnel" et de "traitement automatisé de données personnelles sans déclaration préalable à la Commission nationale de l'informatique et des libertés".

 


13/05/2019
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Franceinfo - le jeudi 9 mai 2019

 

 

ENQUETE FRANCE 2. Glyphosate : des centaines de personnalités secrètement fichées et ciblées en fonction de leur soutien à Monsanto

 

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L'Oeil du 20 heuresFrance Télévisions

 

 

Des documents confidentiels d'agences de communication travaillant pour Monsanto révèlent un fichage de leaders d'opinion ainsi que des stratégies de lobbying personnalisées

 

 

 

Ils ne le savent pas, mais ils sont sous étroite surveillance. L'Œil du 20 heures a découvert que des centaines de scientifiques, politiques et journalistes ont été secrètement fichés par des agences de communication travaillant pour l'entreprise américaine Monsanto. Des données personnelles mais aussi leurs positions sur les pesticides ont été secrètement répertoriées.

 

 

Depuis des années, le glyphosate, herbicide vedette de Monsanto, suspecté d’être cancérogène, est sous le feu des critiques. Les documents épluchés par l'Œil du 20 heures dévoilent la mise en place de stratégies de lobbying personnalisées pour influencer des leaders d'opinion dans le débat public sur cette molécule controversée.

 

 

 

Des documents inédits de fichage

Une fuite de documents confidentiels, qui portent la signature d'une agence de communication travaillant pour Monsanto, a permis aux journalistes de l'Œil du 20 heures de mettre la main sur des documents inédits.

 

 

Le premier de ces documents est un graphique avec les logos de Monsanto et de l'agence Publicis, daté de 2016, qui cartographie des acteurs cruciaux dans le débat sur le glyphosate en France, classés en fonction de leur degré de soutien à Monsanto et de leur influence.

 

 

Le président exécutif de Publicis Consultants, Clément Léonarduzzi, qui n’était pas en place au moment des faits, affirme découvrir que sa société a participé à un fichage de personnalités se basant, selon lui, uniquement sur des données en libre accès. Il affirme condamner ces pratiques.

 

 

Le deuxième fichier consulté par l'Œil du 20 heures va, lui, bien au-delà de données publiques. Adresse privées, téléphones sur liste rouge : un document, là encore daté de 2016 et qui aurait été utilisé par l'agence de communication Fleishman-Hillard, répertorie deux cents personnalités évaluées sur plusieurs thématiques, des OGM aux pesticides. Ces personnes y sont notées de zéro à cinq en fonction de leur crédibilité, de leur influence, et de leur degré de soutien à Monsanto.

 

 

D'après la loi, tout citoyen fiché doit en être informé. Tenir un listing illégal est passible de cinq ans de prison et 300 000 euros d'amende. Sur la quarantaine de personnes listées qui ont accepté de répondre aux sollicitations de l'Œil du 20 heures, aucune n'était au courant d'avoir été fichée de la sorte.

 

 

Le nouveau propriétaire de Monsanto, Bayer, nous a répondu ne pas avoir connaissance de ces fichiers, et a renvoyé les journalistes de l'Œil du 20h vers Fleishman-Hillard. L’agence, elle, assure ne pas avoir identifié les documents révélés, ni avoir connaissance d'un agissement non conforme d’un de ses collaborateurs.

 

 

 

Des cibles prioritaires avec des stratégies de communication adaptées

Les personnalités fichées par Monsanto n'ont pas seulement été notées. Elles sont également ciblées par des stratégies de lobbying personnalisées. Parmi les documents reçus par l'Œil du 20 heures figure une liste appelée "Glyphosate target". Elle recense 74 cibles prioritaires divisées en quatre groupes : les "alliés", les "potentiels alliés à recruter", les intervenants "à éduquer", et ceux "à surveiller".

 

 

Deux tiers des cibles listées dans ce fichier sont classées comme susceptibles de devenir pro-glyphosate. Pour les faire pencher du côté de Monsanto, ce tableau développe un plan d'action personnalisé pour chaque cible : rendez-vous en tête-à-tête, envoi d'outils pédagogiques… ainsi que des commentaires individualisés : "Il pourrait être un relais mais ne veut pas être directement associé à Monsanto, pour cause de perte en crédibilité". Une annexe préconise même de se renseigner sur leurs centres d'intérêt : "Ont-elles des loisirs (Golf, tennis, chasse) ?"

 

 

Quant aux personnalités classés "à surveiller", des stratégies de marginalisation sont évoquées dans le document. Il est écrit noir sur blanc qu'il fallait par exemple "isoler" Ségolène Royal, qui était à l'époque ministre de l'Environnement, et qui est notoirement favorable à une interdiction du glyphosate. "C'est une découverte très importante, parce que ça prouve qu'il y a des stratégies objectives de démolition des voix fortes", a-t-elle réagi.

 

 

 

Des plaintes pour fichage illégal déposées

L'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses), chargée de réglementer les pesticides, se dit "scandalisée" par ces révélations, alors même que deux de ses membres sont classés "à surveiller". L'institut national de la recherche agronomique (Inra), dont quatre scientifiques sont classés "potentiels alliés à recruter", s'étonne de son côté de ces pratiques, et les "condamne fermement".  

 

 

Le journal Le Monde, qui révèle ces documents en même temps que France 2, a pour sa part décidé de porter plainte pour fichage illégal de cinq de ses salariés.

 


10/05/2019
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Franceinfo - le mardi 23 avril 2019

 

 

Soupçons d'emploi fictif : François et Penelope Fillon renvoyés devant le tribunal correctionnel

 

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L'ancien député suppléant de François Fillon, Marc Joulaud est également renvoyé devant le tribunal dans le cadre de l'enquête sur les soupçons d'emplois fictifs dont aurait bénéficié Penelope Fillon

 

 

 

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François et Pénélope Fillon, le 20 mars 2017, à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis).  (PATRICK KOVARIK / AFP)

 

 

 

Nouveau rebondissement dans l'affaire Fillon. Les juges du pôle financier de Paris ont ordonné le renvoi des époux Fillon devant le tribunal correctionnel, a appris, mardi 23 avril, franceinfo de source proche du dossier, confirmant une information du journal Le Monde.

 

 

 

Trois personnes concernées

François Fillon est renvoyé pour "détournement de fonds publics", "recel de détournement de fonds publics", "abus de biens sociaux" et "manquement aux obligations déclaratives de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique". Pénélope Fillon est, elle, renvoyée devant le tribunal pour "complicité" ainsi que "recel de détournement de fonds publics et recel d’abus de biens sociaux".

 

 

L'ancien député suppléant de François Fillon, Marc Joulaud est également renvoyé devant le tribunal. Il devra répondre de l’accusation de détournement de fonds publics. Ils sont renvoyés dans le cadre de l'enquête sur les soupçons d'emplois fictifs dont aurait bénéficié Pénélope Fillon.

 


23/04/2019
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Franceinfo - le mercredi 20 mars 2019

 

 

Le pape est "un traître, un Judas" : la colère de La Parole libérée après le refus par François de la démission du cardinal Barbarin

 

 

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François Devaux, cofondateur de l'association La Parole libérée, réagit très sévèrement à la décision du pape François de ne pas accepter la démission du cardinal Barbarin. Son jugement est sans appel : "Le message de l'Eglise vient de se détruire"

 

 

 

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François Devaux, président de l'association La Parole Libérée, s'adresse à la presse à Lyon. (ROMAIN LAFABREGUE / AFP)

 

 

 

Le pape François a refusé la démission du cardinal Barbarin, condamné à six mois de prison avec sursis pour non dénonciation d'actes pédophiles. François Devaux, cofondateur de l’association La Parole libérée, dénonce mercredi 20 mars sur franceinfo une "hypocrisie". Il ne décolère pas et va plus loin : selon lui, le pape François est "un traître, un Judas" après sa décision de ne pas accepter la démission du cardinal Barbarin.

 

 

On est sidérés, désabusés. C'est une vraie erreur. C'est une vraie faute morale. On a affaire à quelqu'un qui est un traître, un Judas. La différence avec Judas, c'est qu'il n'avait pas de pouvoir contrairement au pape à qui il en reste un peu.François Devaux à franceinfo

 

 

Les mots sont durs mais François Devaux les assume. "Quand on prône des valeurs et qu'on ne les respecte pas, quand on reçoit des rapports de l'ONU et qu'on ne les applique pas et qu'on n'y répond pas, quand on promet de mettre en place des tribunaux pour juger les évêques négligents, quand on prône une tolérance zéro et qu'on ne l'applique pas, on peut difficilement qualifier cela autrement que comme ça."

 

 

 

"Le pape porte l'entière responsabilité de tout cela"

Le cofondateur de La Parole libérée, qui regroupe les victimes du père Bernard Preynat, charge l'institution religieuse : "C'est de l'hypocrisie, on est dans ce cléricalisme-là et l'Eglise ne s'en sortira pas. L'abus est intrinsèque à cette institution. Partout où elle va, partout elle amène l'abus (...).  Il y a un problème intrinsèque à cette Eglise et le pape porte l'entière responsabilité de tout cela."

 

 

Le cardinal Barbarin a expliqué à la chaîne KTO les raisons pour lesquelles le pape François n'avait pas accepté sa démission, en mettant en avant la présomption d'innocence avant le jugement en appel. "C'est de la manipulation ! dénonce François Devaux. Ces hommes-là sont quand même des représentants du Christ ! Le pape, c'est le successeur de saint Pierre qui prétend répondre à une justice divine. On voit la malveillance avec laquelle on se replace très insidieusement sous la justice des hommes : on va aller chercher un vice de procédure ou une prescription (...). S'il y un Christ, je ne sais pas quel regard il peut porter sur cela", a-t-il expliqué.

 

 

Le fond du sujet, c'est le viol de mineurs que l'Eglise à couvert dans des proportions massives, de petits enfants non sexués de 8-10 ans. C'est d'une immoralité ! Le sacré vient de s'effondrer. Le message de l'Eglise, aujourd'hui, vient de se détruire et cela va avoir des conséquences dramatiques pour l'Eglise. François Devaux à franceinfo

 

 

Le cardinal Barbarin va se mettre en retrait du diocèse de Lyon. Il n'avait "pas le choix" estime le cardinal Barbarin. C'est "la bonne décision, estime-t-il. On peut souhaiter à cet homme-là de retrouver un apaisement personnel." Ce qui est en cause, selon François Devaux, au-delà de la personnalité du cardinal Barbarin, c'est "la fonction qu'il occupe, son incapacité à tenir son diocèse." "Aujourd'hui, c'est le pape qui couvre les archevêques, la problématique se déplace. On est au niveau de la tête de l'Eglise. Et on prend consicence, l'humanité toute entière prend conscience que la tête est pourrie."

 


20/03/2019
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Franceinfo - le mercredi 20 mars 2019

 

 

Refus de la démission du cardinal Barbarin par le pape : le président de la Conférence des évêques de France fait part de son "étonnement"

 

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Monseigneur Georges Pontier s'est étonné mercredi sur franceinfo du refus de la démission du cardinal Barbarin par le pape. Pour autant, le primat des Gaules fait encore "partie de l'Eglise de France", selon lui

 

 

 

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Mgr Georges Pontier, lors d'une conférence de presse. (THOMAS PADILLA / MAXPPP)

 

 

 

Mgr Georges Pontier, archevêque de Marseille et président de la Conférence des évêques de France (CEF) a fait part, mercredi 20 mars sur franceinfo, de son "étonnement" après la décision du pape de ne pas accepter la démission du cardinal Barbarin, condamné à 6 mois de prison avec sursis pour non-dénonciation d'agressions sexuelles sur mineurs.

 

 

C'est de l'étonnement et en même temps je ne veux pas m'arrêter à ce fait-là. Je veux continuer à dire notre volonté de poursuivre cette action contre cette pédocriminalité terrible et contre ce visage inacceptable de notre Eglise quand elle commet des choses comme ça Mgr Georges Pontier à franceinfo

 

 

 

Une décision surprenante

"Je m'attendais plutôt soit à une acceptation totale soit un refus d'accepter total, mais pas une solution entre les deux où le cardinal Barbarin a été remis vers lui-même pour prendre cette décision de se mettre en retrait du diocèse pour le bien de ce diocèse qui depuis trois ans souffre dans toutes ses composantes, y compris les victimes elles-mêmes", a-t-il poursuivi.

 

 

Le fondateur de la Parole libérée, François Devaux, a évoqué mercredi matin sur franceinfo un acte de trahison de la part du pape : "Le mot trahison est un petit fort", estime Mgr Pontier. "On est entre deux conflits, celui de la procédure de la justice et celui de la procédure canonique. Le pape a choisi d'attendre la fin de l'appel qu'ont fait les avocats du cardinal Barbarin", a-t-il expliqué.

 

 

 

La mise en retrait du cardinal

Selon Mgr Georges Pontier, le cardinal Barbarin fait encore "partie de l'Eglise de France". Il estime qu'il est "dans une situation inconfortable qui n'est pas codifiée (...) On est dans une situation un peu floue. Se mettre en retrait n'est pas canoniquement un statut", a-t-il expliqué.

 

 

Mgr Georges Pontier a pu parler au cardinal après la décision du pape François : "Il est plein d'humilité et il cherche le bien du diocèse. Je peux vous l'assurer. Lui-même a souffert, le diocèse a souffert, les victimes ont souffert pendant ces trois ans et lui dit : 'c'est assez ! Je me retire. Je me mets en retrait'. Il ne peut pas aller plus loin que ce qu'il a fait", estime le président de la Conférence des évêques de France.

 

 

 

 

Franceinfo - le mardi 19 mars 2019

 

 

Pédophilie dans l'Eglise : le cardinal Barbarin décide de se "mettre en retrait" malgré le refus de sa démission par le pape

 

 

 

Le plus haut responsable catholique français a été condamné début mars pour ne pas avoir dénoncé les agressions sexuelles d'un prêtre de son diocèse

 

 

 

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Le pape François et le cardinal Barbarin, au Vatican, le 18 mars 2019. (VATICAN MEDIA / AFP)

 

 

 

Le cardinal Barbarin a annoncé dans un communiqué, mardi 19 mars, que le pape François avait refusé sa démission mais qu'il avait tout de même décidé de se "mettre en retrait pour quelque temps". "En invoquant la présomption d’innocence, [le souverain pontif] n'a pas voulu accepter cette démission", écrit-il. Philippe Barbarin précise qu'il sera remplacé par le père Yves Baumgarten.

 

 

 

Dans une interview à la chaîne KTO, mardi soir, Philippe Barbarin dit avoir fait le "choix d'une certaine distance par rapport à la vie" du diocèse de Lyon. Il va se retirer des instances qu'il présidait et ira "sans doute dans un monastère". Il dit ne pas savoir combien de temps il se tiendra à l'écart, car "tout dépend si le procès en appel est très long, si les affaires sont closes à la fin de l'année 2019 ou s'il faut attendre trois ans".

 

 

 

 

Coupable d'avoir voulu "préserver l'institution"

 

Philippe Barbarin a été condamné à six mois de prison avec sursis pour ne pas avoir dénoncé les agressions sexuelles d'un prêtre de son diocèse. Le tribunal de Lyon a déclaré l'archevêque de Lyon "coupable" de n'avoir pas signalé à la justice en 2014 et 2015 les agressions pédophiles commises sur des scouts, un quart de siècle plus tôt, par le père Bernard Preynat.

 

 

 

Mais les avocats du cardinal Barbarin ont fait appel de cette condamnation. Le jugement reproche au religieux de 68 ans – qui avait martelé durant le procès, début janvier, n'avoir "jamais cherché à cacher, encore moins à couvrir ces faits horribles" – d'avoir "fait le choix en conscience" de ne pas informer la justice "pour préserver l'institution à laquelle il appartient"

 

 

 

"Je suis étonné, je ne m'attendais pas à ce scénario qui est intermédiaire entre les deux scénarios prévisibles", a réagi le président de la Conférence des évêques, Georges Pontier. Selon lui, cette situation "inédite" résulte du "conflit entre deux exigences", celle de "respecter le cheminement de la justice" et celle de "se préoccuper du bien du diocèse de Lyon".

 

 

 

Archevêque de Lyon depuis 2002, cardinal depuis 2003, primat des Gaules, le cardinal Barbarin est le plus haut dignitaire catholique français et sa condamnation a fait l'effet d'un coup de tonnerre. Avant lui, deux évêques ont déjà été condamnés pour des faits similaires en 2001 et 2018 mais, depuis trois ans, le scandale lyonnais incarne la crise de l'Église face à la pédophilie.

 


20/03/2019
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Franceinfo - le dimanche 10 mars 2019

 

 

Jack Lang dans l’œil du cyclone après s’être fait offrir près de 200 000 euros de costume

 

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Jack Lang est au cœur d’une polémique, car l’ancien ministre s’est fait offrir près de 200 000 euros de costume, entre 2013 et 2018, par la maison Smalto

 

 

 

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Jack Lang le 4 janvier 2018 lors des voeux du président Macron à l'Elysée.

 © Eliot Blondet / Sipa

 

 

En costume bien coupé, toujours impeccable. Depuis le début de sa carrière politique, le style vestimentaire de Jack Lang détonne et choque même parfois. C’est le cas en 1985, lorsqu’il se présente dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale avec un col Mao. Aujourd’hui, ce sont d’autres tenues qui font polémique. L’actuel président de l’Institut du monde arabe se serait fait offrir pour près de 200 000 euros de costumes par la maison Smalto, selon un article de L’Obs.

 

 

 

La personnalité du propriétaire de la maison Salto pose question

Ces cadeaux ont été reçus, entre 2013 et 2018, alors qu’il n’était plus élu. Par la voix de son propriétaire, le tailleur s’est expliqué. La personnalité du propriétaire de la maison Smatlo pose néanmoins question. Alain Duménil a été plusieurs fois condamné et mis en examen pour des délits financiers. Selon des sources internes, citées par L’Obs, ces cadeaux seraient monnaie courante afin de se ménager les faveurs des politiques. L’avocat de Jack Lang réfute cette version.  

 


16/03/2019
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