L'AIR DU TEMPS

L'AIR DU TEMPS

AFRIQUE général

L'Histoire continue de s'écrire partout dans le monde. Suivons celle du continent africain


Franceinfo - le lundi 21 janvier 2019

 

 

"L'extrême pauvreté s'intensifie en Afrique subsaharienne", affirme Oxfam dans son dernier rapport

 

 

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Pierre MagnanRédaction AfriqueFrance Télévisions

 

 

 

Régulièrement, l'ONG Oxfam publie des rapports mettant en lumière l'ampleur des inégalités sur la planète. En 2018, 26 milliardaires ont entre leurs mains autant d'argent que la moitié la plus pauvre de l'humanité, affime l'organisation. A propos de l'Afrique, Oxfam écrit que "le taux de réduction de la pauvreté a été divisé par deux depuis 2013"

 

 

 

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L'ONG Oxfam (Ici, une "charity shop" à Manchester en 2018).   (BENJAMIN FURST / HANS LUCAS / AFP)

 

 

 

Dans son rapport, Oxfam insiste sur les inégalités à l'échelle planétaire. Celles-ci se traduisent dans les chiffres. La richesse des milliardaires dans le monde a augmenté de 900 milliards en 2018, soit au rythme de 2,5 milliards par jour, alors que celle de la moitié la plus pauvre de la population de la planète a chuté de 11%, explique l'ONG.

 

 

En Afrique, le recul de la pauvreté a été un des grands objectifs des organisations internationales. "Le recul conséquent du nombre de personnes vivant dans l’extrême pauvreté (soit avec 1,90 dollar par personne et par jour, selon la Banque mondiale) constitue l’une des plus grandes avancées de ces dernières décennies", se félicite Oxfam qui tempère cet enthousiasme en notant que "de nouvelles données de la Banque mondiale montrent que le taux de réduction de la pauvreté a été divisé par deux depuis 2013. L’extrême pauvreté s’intensifie en Afrique subsaharienne".  

 

 

Dans son rapport, Oxfam insiste sur l'importance de la fiscalité pour corriger les inégalités. "Les fortunes des super-riches atteignent des niveaux record. En taxant plus équitablement les richesses, il serait possible de collecter suffisamment de recettes pour s’assurer que chaque enfant est scolarisé et que personne ne tombe dans la pauvreté à cause de frais médicaux trop coûteux", affirme Oxfam.

 

 

Au Kenya, un garçon d’une famille riche a une chance sur trois de poursuivre ses études au-delà du cycle secondaire, contre une chance sur 250 pour une fille issue d’une famille pauvre Oxfam

 

 

"Rien qu’en Afrique, jusqu’à 30% de la fortune privée peut être détenue à l’étranger, privant les Etats africains de 15 milliards de dollars de recettes fiscales", estime Oxfam pour qui  "avec l’aide de véritables armées de conseillers et conseillères en fiscalité, les multinationales exploitent les moindres failles des codes fiscaux pour transférer les bénéfices vers des paradis fiscaux et échapper à l’impôt, engendrant un manque à gagner estimé à 100 milliards de dollars pour les pays en développement." 

 

 

 

Oxfam multiplie les exemples d'inégalités

"En moyenne au Kenya, un enfant issu d’une famille riche fréquentera deux fois plus longtemps les bancs de l’école, qu’un enfant issu d’une famille pauvre", précise Oxfam dans son rapportPour lutter contre ces inégalités, Oxfam met en avant l'importance des services publics et note que "longtemps, des institutions comme la Banque mondiale ont considéré que les services publics devaient être rationnés et réduits à leur minimum et que le secteur privé était souvent un meilleur prestataire. L’argument avancé était que les personnes devaient payer pour leurs écoles et leurs hôpitaux, que les mécanismes du marché devaient organiser les services et que la protection sociale devait être très restreinte et cibler uniquement les personnes les plus pauvres. Bien que le discours, les programmes et les conseils aient évolué, y compris et de manière notable de la part du FMI, le changement se révèle plus lent dans la pratique."

 

 

 

De l'importance de la fiscalité 

Cette question des services publics a des conséquences directes. "Chaque année, de nombreuses personnes meurent ou souffrent inutilement parce qu’elles ne peuvent pas se payer de soins de santé, et 100 millions de personnes sont plongées dans l’extrême pauvreté à cause des frais de santé. Dans des pays comme le Kenya, la République démocratique du Congo (RDC) et l’Inde, il arrive que des personnes pauvres soient maintenues prisonnières dans les hôpitaux, parfois même enchaînées, jusqu’à ce qu’elles puissent payer. Selon une étude menée en RDC, sur une période de six semaines en 2016, 54% des femmes qui avaient accouché ont été retenues, car elles ne pouvaient pas payer les frais."

 

 

Sur la question des services publics (éducation, santé notamment), Oxfam critique l'attitude de certaines grandes organisations internationales comme la Banque mondiale pour leur défense de choix comme les PPP (partenariats public-privé) pour assurer ces services. 

 

 

Plus politique, Oxfam met en avant l'importance de la fiscalité pour lutter contre les inégalités. "Si l’on ne s’attaque pas au problème de la sous-imposition des personnes qui ont le plus les moyens de payer, la crise des inégalités échappera à tout contrôle et nous serons incapables de vaincre la pauvreté", affirme l'ONG.

 


25/01/2019
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Franceinfo - le dimanche 6 janvier 2019

 

 

Libérés de la dictature, les journalistes veulent conforter une presse libre en Gambie

 

 

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Eléonore Abou EzRédaction AfriqueFrance Télévisions
 

 

 

 

Deux ans après le départ du président Yahya Jammeh, le Syndicat de la presse gambienne a mis en place un organisme d’autoréglementation pour consolider la liberté de la presse et créer un climat de confiance

 

 

 

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Un homme sur son vélo devant un graffiti sur un mur de Banjul, en Gambie, en janvier 2017 (photo d'illustartion).  (SYLVAIN CHERKAOUI/AP/SIPA / AP)

 

 

 

Pendant plus de 20 ans, des journalistes gambiens ont été régulièrement enlevés, torturés et assassinés. La Gambie, petit pays anglophone d'Afrique de l'Ouest, était alors dirigé d’une main de fer par Yahya Jammeh. Depuis sa défaite à la présidentielle fin 2016, et l’investiture du président Adama Barrow, les choses ont bien changé.

 

 

 

Une ouverture inédite

Chaîne de télévision privée, radios commerciales, nouvelles publications, débats politiques… La presse gambienne connaît "un essor fulgurant et une ouverture sans précédent", comme l’a souligné RSF. En 2018, la Gambie a enregistré la meilleure progression en matière de liberté de la presse, selon le classement mondial de Reporters sans Frontières.

 

 

Nous sommes dans une nouvelle ère pour la presse en GambieArnaud Froger, responsable du bureau Afrique de RSF à Associated Press

 

 

 

Des lois liberticides

La liberté d’expression actuelle n’est pas garantie par la loi. Les journalistes peuvent toujours être poursuivis pour sédition, diffamation ou publication et diffusion de fausses informations.

 


Le ministre gambien de l’Information, Ebrima Sillah, s’est engagé à faire le nécessaire pour que les médias "continuent à fonctionner sans restrictions", rapporte l’agence Associated Press.

 

 

Vous ne pouvez pas prétendre être un représentant légitime des Gambiens s'ils ne vous font pas confianceSaikou Jammeh, secrétaire général du syndicat de la presse en Gambie à Associated Press

 

 

 

Réforme et autoréglementation

Le Syndicat de la presse gambienne (Gambia Press Union) insiste sur la révision de la loi pour garantir la liberté de la presse sur le long terme. Il mise aussi sur de nouvelles règles qui seront édictées par les journalistes eux-mêmes. Un nouveau Conseil des médias a été mis en place afin de renforcer la liberté de la presse et de gagner la confiance des Gambiens.

 


08/01/2019
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Franceinfo - le lundi 7 janvier 2019

 

 

Gabon : des militaires appellent à la radio d'Etat à former un "conseil national de restauration", en l'absence du président Ali Bongo

 

 

 

Le discours présidentiel du Nouvel An "a renforcé les doutes sur la capacité du président à continuer à assumer les responsabilités de sa charge", a déclaré sur les ondes un militaire

 

 

 

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La radio-télévision d'Etat à Libreville (Gabon), le 16 juin 2017. (STEVE JORDAN / AFP)

 

 

 

Tôt lundi 7 janvier, des militaires gabonais ont lu à la radio d'Etat, dont les locaux sont situés à Libreville, un message appelant le peuple gabonais à se "lever" et indiquant qu'un "Conseil national de restauration" était mis en place dans le pays, en l'absence du président Ali Bongo, en convalescence au Maroc.

 

 

Le discours présidentiel du Nouvel An "a renforcé les doutes sur la capacité du président à continuer à assumer les responsabilités de sa charge", a déclaré le lieutenant Kelly Ondo Obiang, un militaire se présentant comme commandant-adjoint de la Garde Républicaine (GR), et se disant président d'un Mouvement patriotique des jeunes des forces de défense et de sécurité du Gabon (MPJFDS).

 

 

 

Appel à l'occupation des lieux publics

Trois militaires, coiffés des bérets verts de la GR, étaient visibles sur une vidéo de leur prise de parole circulant sur les réseaux sociaux et authentifiée par l'AFP. Le mouvement "demande à tous les jeunes des forces de défense et de sécurité et à toute la jeunesse gabonaise de se joindre à nous", a déclaré le militaire. "Nous ne pouvons abandonner la patrie", a-t-il déclaré en jugeant les institutions "illégitimes et illégales". "Le jour tant attendu est arrivé où l'armée a décidé de se mettre aux côtés de son peuple afin de sauver le Gabon du chaos".

 

 

"Si vous êtes en train de manger, arrêtez. Si vous êtes en train de prendre un verre, arrêtez. Si vous dormez, réveillez-vous. Réveillez vos voisins (...), levez vous comme un seul homme et prenez le contrôle de la rue", a encore déclaré le militaire à la radio, appelant à occuper les édifices publics et aéroports dans tout le pays.

 

 

Des coups de feu ont été entendus au même moment par l'AFP autour de la Radio Télévision Gabonaise (RTG), sur le boulevard Triomphal, dans le centre ville. Des blindés des forces de sécurité gabonaises bloquaient à 7 heures l'accès à ce boulevard, a constaté un correspondant.

 


07/01/2019
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Franceinfo - le vendredi 4 janvier 2019

 

 

Le Niger inquiet des revers rencontrés par son voisin nigérian dans la lutte contre Boko Haram

 

 

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Michel LachkarRédaction AfriqueFrance Télévisions
 

 

 

280 combattants de Boko Haram ont été tués fin décembre 2018 par l’armée nigérienne, à la frontière avec le Nigeria. Le Niger, déja confonté aux incursions djihadistes venues du Mali, s’inquiète de l'état de son voisin nigérian, où l’armée est en pleine déroute

 

 

 

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Soldats de l'armée du Niger sur le tarmac de la base de Diffa, dans le sud-est du pays, le 16 juin 2016. C'est de cette base que partent la plupart des missions pour contenir les attaques du groupe islamiste Boko Haram.  (ISSOUF SANOGO / AFP)

 

 

 

L’armée du Niger a lancé le 28 décembre des opérations terrestres et aériennes contre le groupe djihadiste nigérian Boko Haram, tuant plus de 200 "terroristes", indiquait le 4 janvier 2019 un communiqué du ministère de la Défense.

 

 

Les zones visées se trouvent dans le bassin du lac Tchad, espace très marécageux dans le sud-ouest du Niger, qui sert de repères aux combattants de Boko Haram. Un acte préventif, soulignent les autorités qui s'attendent à une recrudescence des attaques avec la fin de la saison des pluies.

 

 

 

L’armée nigériane en grande difficulté

Niamey reste surtout très "préoccupé" par la situation au Nigeria voisin, où "plusieurs bases militaires ont été défaites" ces derniers mois par Boko Haram. Ainsi, le 23 novembre, le groupe djihadiste a affirmé avoir tué 118 soldats nigérians lors de cinq attaques contre des bases militaires du nord-est du pays.

 

 

Au même moment, l’armée nigériane abandonnait discrètement l’une de ses positions près de la frontière avec le Niger, à Gashagar, après avoir subi quatre attaques de la part du groupe terroriste. Lequel a, un mois plus tard, pris le contrôle de la ville stratégique de Baga, un important port de pêche sur le lac Tchad.

 

 

Enfin, cinq militaires nigérians sont morts le 2 janvier quand leur hélicoptère s'est écrasé alors qu'ils étaient en mission de soutien durant l'attaque de la base Damasak, dans l'Etat de Borno (nord-est), par les djihadistes.

 

 

Boko Haram que l'on disait affaibli renaît de ses cendres, plus puissant, mieux organisé, affirment les experts.

 

 

 

Une branche plus radicale de Boko Haram

A l’origine de ces violences, la branche de Boko Haram affiliée à Daech, baptisée l’Etat islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP). Son leader, Habib Yusuf, dit Abou Mosab al-Barnaoui, est le fils aîné de Mohamed Yusuf, le fondateur charismatique de Boko Haram en 2009. L'ISWAP s’est séparée en 2016 d’Abubakar Shekau, que Daech ne trouvait pas assez efficace.

 

 

Durant trois ans, cette branche s’est organisée, entraînée, financée et armée. Elle s’attaque peu aux populations civiles, mais principalement aux militaires, s’emparant de leurs armes, munitions et véhicules. Plus dangereuse que jamais, elle disposerait aujourd’hui de chars et de missiles.

 

 

Cette insurrection djihadiste, qui a fait plus de 27.000 morts en 10 ans et provoqué une grave crise humanitaire avec 1,8 million de déplacés, reste un mystère par sa capacité étonnante de résister aux armées de la région et à se reconstruire.

 

 

Le Niger, également confronté, sur sa frontière ouest, aux incursions djihadistes venant du Mali, doit agir sur plusieurs fronts. Soutenu militairement par la France et les Etats-Unis, Niamey apparaît comme l'un des derniers points de stabilité de la région.

 


05/01/2019
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Franceinfo - le dimanche 30 décembre 2018

 

 

Le Gabon d'Ali Bongo coincé entre l'opacité du pouvoir et les difficultés de l'opposition

 

 

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Florence BernaultThe ConversationFrance Télévisions
 

 

 

 

L'hospitalisation, en Arabie Saoudite, du président gabonais met en lumière les difficultés d'un gouvernement qui tente de "gagner du temps et conserver le contrôle du pays". The Conversation fait le point sur une crise qui fait vaciller le clan Bongo

 

 

 

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Le président gabonais, Ali Bongo Ondimba, ici à Londres, en octobre 2018.  (Chris Jackson /AFP)

 

 

 

Depuis le 24 octobre 2018, le Gabon retient son souffle, accroché aux péripéties d'un gouvernement affaibli par l'accident vasculaire cérébral dont a été victime le Président Ali Bongo Ondimba (alias «ABO»). Pendant que celui-ci est hospitalisé à Riyad (Arabie Saoudite), le gouvernement se tait, avant de déclarer, le 28 octobre, que le chef de l'État souffre d'une «fatigue légère».

 

 

Le 4 décembre, une vidéo muette d'une trentaine de secondes, diffusée par la télévision marocaine et l'Agence France Presse, montre pour la première fois ABO vivant, recevant la visite du roi du Maroc. La scène se passe dans l'hôpital de Rabat, où Ali a été transféré entre-temps pour sa convalescence. Le lendemain, une autre scène présente le président du Gabon, toujours assis de profil, qui parle – ou plutôt acquiesce – aux salutations d'une délégation gouvernementale arrivée de Libreville, et dirigée par la présidente de la Cour Constitutionnelle gabonaise, Marie-Madeleine Mboranstuo. Les deux scènes se déroulent sans aucun son.

 

 

Ces images frappent l'opinion gabonaise de deux manières. D'une part, elles semblent prouver que le président Bongo n'est pas mort. Mais leur mise en scène maladroite paraît infirmer l'information. Pour les critiques, le subterfuge cache le fait qu'Ali Bongo est bel et bien incapable d'assumer ses fonctions, trahissant l'effort désespéré du gouvernement pour gagner du temps et conserver le contrôle du pays.

 

 

 

Travestissements

Le trou d'air créé par la vacance du chef de l'État a donc été aggravé par la gestion du gouvernement. La crise ressemble au mode de gouvernance subi par les Gabonais depuis 2009, parce qu'elle en révèle une caractéristique centrale: celui-ci repose sur un régime du faux.

 

 

Le silence remplace la transparence de l'information publique. Les apparences bonhommes d'une démocratie "à l'africaine" travestissent la main de fer du chef de l'État et de son entourage. La vitrine d'un pays pétrolier prospère qui tente de couvrir – mais mal – l'appauvrissement économique et social rampant.

 

 

En 2009, quand il a pris le pouvoir, le Président Ali avait pu se rêver jeune dynaste, oint par la filiation avec son père Omar, et guidant son pays dans "l'émergence" économique et politique. Mais il est rapidement devenu l'héritier – plus brutal et plus grossier – d'un pouvoir personnel et anti-démocratique, appuyé sur l'armée et la garde présidentielle, marqué par les cooptations politiques et la négation des urnes.

 

 

Ce régime des apparences trompeuses, où personne ne sait ce qui se passe, ni ce qui va se passer, a trouvé son expression parfaite dans ces vidéos muettes du 4 décembre. Présentées comme rassurantes, elles ont encore augmenté le flottement des esprits et des institutions.

 

 

 

Ali le mal-aimé

La première leçon de la vacance du pouvoir est la détestation populaire exprimée à l'encontre du Président. Mis à part quelques messes pour hâter sa guérison, la majorité des habitants du pays a laissé éclater (sous le manteau) une joie spectaculaire à l'annonce de la maladie d'ABO. Les témoignages de soulagement, d'ironie, voire de haine, abondent sur les réseaux sociaux.

 

 

A Libreville, un mois après la chute du Président, cette jubilation est canalisée dans des caricatures d'Ali tombé à terre, ou bien photoshopé dans des scènes brutales de sodomie pratiquée par des hommes de son entourage, en particulier son directeur de cabinet, Maixent Accrombessi.

 

 

Elles s'expliquent par le soupçon, jamais dissipé depuis 2009, selon lequel le fils adoptif d'Omar Bongo serait un "étranger", soit par sa nationalité d'origine (il serait un orphelin de la guerre du Biafra de la fin des années 60), soit – symboliquement – par son appartenance aux cercles ésotériques réputés nécessaires à la conquête du pouvoir: Rose-Croix, franc-maçonnerie, Njobi. Ces cercles frappent l'opinion par leur nature cosmopolite, patriarcale et anti-chrétienne, et le fait qu'ils soient composés en majeure partie d'hommes qui seraient liés entre eux, par un pacte de préservation du pouvoir à tout prix.

 

 

La rumeur accuse donc les élites politiques de pratiquer l'homosexualité rituelle comme garante de ces liaisons occultes. Un soupçon qui prend toute sa force dans un pays fortement chrétien et pentecôtiste, immergé dans les croyances au diable et aux sorciers.

 

 

 

"Les Gabonais sont devenus peureux…"

Mais il ne faut pas se tromper sur les fondements de ce rejet. S'il emprunte leur langage, il ne repose pas sur une simple xénophobie ou homophobie de principe. Si c'était le cas, il n'y aurait aucune légitimité au rejet populaire d'ABO. Or Ali Bongo n'a pas réussi à faire sien le pays. Celui que l'on appelle à mi-voix "l'autre" n'a que partiellement suivi la politique d'équilibre régional et ethnique de son père, préférant s'entourer d'une petite clique d'hommes sûrs, et affaiblir l'appareil du parti présidentiel, le PDG (Parti démocratique gabonais). Il s'est donc fait beaucoup d'ennemis dans son propre camp.

 

 

Ali a surtout a cassé le lien avec les citoyens de son pays. D'abord par sa démesure: les représailles contre l'opposition à Port Gentil en 2009 et la sanglante répression de 2016, en particulier l'attaque violente du QG de Jean Ping, son rival, le 1er septembre. De nombreuses arrestations arbitraires ont suivi, ainsi que morts et disparitions inexpliquées. Cette brutalité, bien plus considérable et imprévisible que du temps "du père", où, comme on dit à Libreville, "ça allait encore", a frappé les imaginations. Un ami me confie:

 

 

 

«Les Gabonais sont devenus peureux. Vingt morts dans un petit pays comme ça, c'est beaucoup, alors plus d'une centaine de morts…»

 

 

L'exultation qui suivit l'annonce de l'AVC d'Ali Bongo dans les médias internationaux est aujourd'hui remplacée par l'angoisse. Les deux vidéos du 4 et 5 décembre ont atterré ceux qui commençaient à rêver d'une libération politique.

 

 

 

La famille Bongo: "On ne veut plus le nom"

Ouvert par la brèche de la maladie du Président, le rejet du régime s'étend bien au-delà de la personnalité d'Ali Bongo, jusqu'à sa parentèle de caciques placés aux commandes stratégiques de l'État. Si Ali tombe, les sources de tous bords à qui j'ai pu parler sur place pensent que les Bongo ne pourront pas se cramponner longtemps au pouvoir. Le sentiment vaut également pour l'entourage proche du Président, recruté en partie dans le Haut-Ogooué, région d'origine de la "Famille", et région électorale qui a fait basculer – par la manipulation éhontée des résultats – les élections de 2016. Ces chuchotements font planer un véritable sentiment de fin de régime à Libreville.

 

 

Fratrie tentaculaire, bien que petite en nombre, la Famille monopolise depuis cinquante ans (depuis l'avènement d'Omar Bongo en 1968) les positions à la tête de l'État. Sa particularité est d'être, au sens propre, une parentèle liée par des alliances politiques et matrimoniales.

 

 

La présidente de la Cour Constitutionnelle, Marie-Madeleine Mborantsuo, par exemple, fut la maîtresse d'Omar Bongo, lui-même marié avec Edith, la fille de l'actuel président du Congo-Brazzaville, Denis Sassou Nguesso. Jean Ping, principal opposant d'Ali et son vainqueur présomptif aux présidentielles de 2016, a eu deux enfants illégitimes avec Pascaline Bongo, fille d'Omar et sœur d'Ali, et ancienne ministre des Affaires étrangères (1991-1994), et un enfant avec Marie-Madeleine Mborantsuo.

 

 

 

Union sacrée pour garder le pouvoir

Dans le contexte d'incertitude actuelle, et sans successeur désigné d'ABO, la peur de perdre le pouvoir a réuni les membres de la Famille dans une union sacrée, au moins temporaire. Outre le pouvoir, elle va tenter de protéger ses biens et privilèges, consciente des dangers à venir. Certains pensent même qu'en cas d'alternance politique, la haine populaire est telle qu'il est possible que la famille subisse des tentatives de règlements de compte spontanés, voire des exécutions sommaires.

 

 

Si Ali survit, la Famille continuera donc sans doute à gouverner derrière la façade d'un Président, même en incapacité, du moment qu'il est suffisamment "vivant" pour donner l'illusion de la pérennité. Encore faut-il qu'elle résiste à ses divisions internes.

 

 

Si ABO tombe, son entourage pourra essayer de passer une alliance avec un nouvel homme fort, adoubé par le Parti démocratique gabonais (PDG). Mais le parti est réputé fragilisé et divisé, par les soins d'Ali lui-même, et par le départ de plusieurs membres importants dans l'opposition depuis 2016.

 

 

Frédéric Bongo, un des frères d'ABO, à la tête du service de renseignements gabonais, pourrait peut-être incarner la succession dynastique. Mais il n'a pas d'assise au PDG, et manque d'envergure politique. Frédéric Bongo peut néanmoins tenter un coup armé, ou constitutionnel, avec l'appui de Marie-Madeleine Mborantsuo. Même si l'hypothèse n'est pas à écarter, beaucoup soulignent que l'armée est très affaiblie, par la volonté même d'Ali qui a coupé vivres et crédits.

 

 

 

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La présidente de la Cour constitutionnelle, Marie-Madeline Mborantsuo, à Libreville, en mai 2018. (Steve Jordan/AFP)

 

 

 

L'un des symptômes du flottement que l'on peut ressentir aujourd'hui, à Libreville, est la présence plus ténue des forces de l'ordre. Dans la rue, on remarque peu les habituels barrages de police installés d'ordinaire pour contrôler les véhicules et leur soutirer des amendes. Certains se demandent si le gouvernement, privé du chef de l'État et du joug qu'il fait peser sur le pays, a voulu laisser la population souffler un peu. D'autres pensent, au contraire, que les troupes sont tapies dans l'ombre, prêtes à sortir en cas de révolte ou de coup.

 

 

 

Oppositions et "Résistance"

Quelle est capacité de l'opposition à offrir une alternative au pouvoir vacillant? Il y a deux sortes d'opposition au Gabon. La première, déjà active durant les dernières décennies du régime d'Omar Bongo, est constituée d'hommes du pouvoir, "nourris» au PDG, qui décident avant les élections de quitter le parti et de se présenter indépendemment. Régulièrement battus, ces opposants opportunistes rentrent en général assez vite au bercail, avec force prébendes.

 

 

Le schéma incite une partie de l'opinion à soupçonner ces rivaux temporaires comme une stratégie du pouvoir pour affaiblir l'opposition et diviser les votes. Le dernier en date est Alexandre Barro-Chambrier (Rassemblement héritage et modernité, RHM), un homme de la Côte (Myènè) donc hors Haut Ogooué, un "neutre", dont on murmure qu'il pourrait être l'homme providentiel cherché par la Famille au cas où Ali tombe.

 

 

Mais Chambrier a échoué à se faire élire à la députation lors des législatives du 6 et 27 octobre 2018, comme deux autres successeurs potentiels, Jean-Gaspard Ntoutoume Ayi, 48 ans, ex-énarque, et Guy Nzoumba-Ndama, 71 ans, ancien président de l'Assemblée nationale. L'un d'entre eux ne pourrait succéder à ABO qu'avec le soutien massif du PDG et la perpétuation de la fraude, devenue un élément constitutif des élections. Dans cette configuration, échaudée par les manipulations de 2016, il n'est pas dit que la rue pourrait être contenue.

 

 

La deuxième forme d'opposition existe depuis 2016, quand Jean Ping (76 ans) a réussi, pour la première fois au Gabon depuis l'indépendance, à rallier ses rivaux autour de sa candidature unique aux présidentielles. Après la victoire frauduleuse d'ABO, Ping a persisté dans son refus du résultat électoral, et continue à se présenter comme le «Président élu» du Gabon. Il reste donc l'incarnation d'une opposition vertueuse, mais dans une posture d'expectative.

 

 

 

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L'opposant Jean Ping, le 2 septembre 2016, à Libreville. (Steve Jordan/ AFP)

 

 

 

De l'avis général, si Ali Bongo mourait ou était déclaré incapable d'exercer le pouvoir, de nouvelles élections présidentielles seraient gagnées à tout coup par Ping, les Gabonais sautant sur l'occasion de rattraper la destruction de leur vote en 2016. Ceux qui soutiennent Ping, au Gabon et dans la diaspora en France et en Amérique du Nord, se rassemblent dans ce qu'ils nomment "la Résistance", radicale et riche de jeunes talents, mais dont il est difficile de mesurer la force d'impact au Gabon lui-même.

 

 

Ping a toutefois déçu certains de ses supporters, en partie par sa décision de respecter des règles institutionnelles qui se sont retournées contre lui (la sanction hâtive de François Hollande d'adouber la douteuse victoire d'ABO). Jusqu'à récemment, il avait refusé d'encourager un coup de force populaire contre le régime. Mais le 15 décembre, il a tenté d'organiser un large rassemblement populaire dans son QG à Libreville, autour d'un discours incendiaire:

 

 

 

« Aujourd'hui, les temps ont changé… notre pays est au bord du gouffre… Après les négociations, c'est l'heure de la confrontation (…) Nous ici, on dit “ça passe et ça casse !‘… Je ne vous retiens donc plus!.»

 

 

Il n'a cependant attiré que 300 à 400 manifestants, et a quitté rapidement le cortège, avant que celui-ci ne soit dispersé par les forces de l'ordre. La grande manifestation syndicale qui devait se tenir le 18 décembre au carrefour de la Démocratie à Libreville a été également empêchée par la police. Le potentiel de Jean Ping à mobiliser les foules semble faible.

 

 

 

Que va-t-il se passer maintenant ?

La crise ouverte depuis deux mois par la maladie d'ABO est loin d'être résolue, malgré les déclarations gouvernementales sur le "retour à la normale". La Famille va chercher à consolider autant que possible la façade du gouvernement effectif d'Ali, resserrant les rangs et utilisant tous les moyens, au premier rang desquels la Cour Constitutionnelle, pour ne pas avoir à désigner un successeur au Président, et encore moins ouvrir une phase – périlleuse pour elle – d'élections.

 

 

L'opposition ne semble pas réussir pour l'instant à mobiliser les Gabonais dans la rue pour se saisir de l'occasion. A cela, plusieurs raisons: la faiblesse politique de la plupart des opposants, et l'usure palpable de la légitimité de Jean Ping. Mais il y a aussi la peur des Gabonais devant la probabilité d'une répression violente des mouvements de rue.

 

 

Tant qu'Ali Bongo ne sera pas mort ou empêché – et surtout certifié comme tel – les Gabonais savent aussi que la France, fidèle à son comportement historique de suzerain postcolonial, confortera un pouvoir qu'elle a aidé à se pérenniser, en 2016, en adoubant le candidat défait par les urnes.The Conversation

 

 

 

 

Florence Bernault, Professeur, University of Wisconsin-Madison

 

 

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

 


30/12/2018
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Franceinfo - le jeudi 27 décembre 2018

 

 

Madagascar : vainqueur annoncé de la présidentielle, Andry Rajoelina a-t-il un programme pour son pays ?

 

 

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Michel LachkarRédaction AfriqueFrance Télévisions
 

 

 

Bon communicant et un zeste populiste, Andry Rajoelina a remporté, d'après les chiffres de la Commission électorale, une nette victoire sur son rival Marc Ravalomanana, qui dénonce des fraudes. La campagne électorale, aux allures de règlement de comptes, a largement occulté les problèmes de fond...

 

 

 

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Des passants devant le siège de la radio-télévion privée Viva TV,  propriété d'Andry Rajoelina, candidat victorieux à la présidentielle malgache. Antananarivo, le 17 décembre 2018. (GIANLUIGI GUERCIA / AFP)

 

 

 

Le dernier comptage, publié le 27 décembre 2018 sur le compte Facebook de la Commission électorale (Ceni), crédite Andry Rajoelina de 55,6% des voix après dépouillement de tous les bulletins.

 

 

 

Duel électoral entre deux anciens chefs d'Etat

Marc Ravalomanana dénonce toujours des "fraudes massives" et avertit "qu'il ne respectera les résultats que s'ils correspondent à la réalité". 

 

 

Le 22 décembre, il appelait "tous les Malgaches qui sentaient (sic) avoir subi une injustice et une violation de leur droit et de leur vote à se lever et oser défendre leur choix" et appelait à une manifestation samedi 29 décembre dans la capitale. Un recours devant la Haute cour constitutionnelle sera déposé dans les heures qui viennent.

 

 

Depuis des semaines, le duel électoral entre les deux anciens chefs d'Etat se nourrit de fortes tensions dans ce pays abonné aux crises politiques à répétition depuis son indépendance en 1960.

 

 

Les deux rivaux sont issus de l’ethnie mérina vivant sur les hauts plateaux, "sorte d’aristocratie" à la tête du pays depuis des siècles. Andry Rajoelina, ex-disc-jockey, s'est enrichi dans la publicité, avant d'investir en 2007 dans les médias (radio et chaîne de télévision). Un instrument de poids dans sa rivalité politique avec Marc Ravalomanana, 69 ans, qui, de son côté, a fait fortune à la tête d'un groupe laitier (TIKO).

 

 

Elu président en 2002 puis en 2006, Marc Ravalomanana devra démissionner en 2009 face à une vague de manifestations violentes fomentées par Andry Rajoelina, fraîchement élu maire de la capitale Antananarivo. Fils de colonel, ce dernier sera ensuite installé par l'armée à la tête d'une présidence de transition, le 19 mars 2009. Il a alors 34 ans.

 

 

 

Plus jeune président d'Afrique en 2009

Surnommé "TGV" en raison de sa fulgurante ascension, Rajoelina annule dès son arrivée au pouvoir la vente de plusieurs millions d’hectares de terres non exploitées promise au groupe coréen Daewoo par son prédécesseur. Il s'agit là de la principale faute politique de Marc Ravalomanana, car pour une grande partie de la population, la "terre malgache est sacrée", elle ne se vend pas aux étrangers.

 

 

Les Etats-Unis voient d’un mauvais œil le départ de Marc Ravalomanana, souvent aligné sur les intérêts économiques américains. Après l'investiture d'Andry Rajoelina à la présidence de la transition le 19 mars 2009, Washington coupe ses aides non humanitaires et suspend les programmes AGOA et MCC (accords commerciaux privilégiés) accordés à Madagascar.

 

 

 

Le bilan d'un premier mandat guère brillant

Dans ce contexte, le bilan de Rajoelina n'est guère brillant. Durant son premier mandat (2009 à 2013), la croissance baisse, la population vivant sous le seuil de pauvreté augmente de quelque 10 points pour s'établir à 92% en 2013. La malnutrition et l’insécurité gagnent du terrain. Les recettes du tourisme, une des principales ressources économiques à Madagascar diminuent de 50% en 2009, en raison de l'instabilité politique.

 

 

L'essayiste Olivier Vallée met toutefois en avant quelques réalisations remarquables : création d'hôpitaux dans les grandes villes (avec l'aide de la Chine), extension du réseau routier, notamment. Mais selon le journal La Dépêche de Madagascar et l'ONG Transparency International, Andry Rajoelina, ainsi que ses prédécesseurs Marc Ravalomanana et Hery Rajaonarimampianina (président sortant éliminé au premier tour le 7 novembre 2018), ont facilité les exportations frauduleuses de bois de rose vers la Chine.

 

 

 

Le programme d'Andry Rajoelina 

Durant la campagne électorale, Andry Rajoelina a énoncé un début de programme, appelé Initiative pour l’émergence de Madagascar (IEM). Il affirme ainsi pouvoir rattraper en cinq ans le retard économique de la Grande île (5e pays le plus pauvre du monde) et refaire de Madagascar un pays exportateur de riz. Il veut également "doubler la production d'électricité en 5 ans" dont 75% des Malgaches sont aujourd'hui privés 

 

 

Il faut sortir de l’improvisation qui a caractérisé les mandats précédents, à commencer par le mien. Andry Rajoelina Paris le 26 janvier 2018

 

 

Son plan économique repose en partie sur une exploitation plus importante et "plus équitable" des minerais de la Grande île et la transformation des provinces de Tamatave et Mahajanga en une sorte "de Côte d'Azur" tout en continuant "à recourir aux aides internationales pour les projets sociaux et d’infrastructures".

 

 

 

Suppression du Sénat

La première des mesures qu'il entend mettre en œuvre sera la suppression du Sénat qui est selon lui "une institution budgétivore, il coûte 25 milliards d’ariary (50 millions d'euros) par an aux contribuables malgaches. Nous allons le supprimer et utiliser ces 25 milliards pour construire 5 ou 6 universités spécialisées dans différents domaines. (…) Il y a en moyenne 80 000 nouveaux bacheliers par an, 10% seulement d’entre eux sont admis dans les universités publiques existantes."

 

 

Autre priorité affichée d'Andry Rajoelina : résoudre les problèmes d’insécurité, "Nous ne pouvons plus accepter les attaques des dahalos (voleurs de bétails), les kidnappings et les phénomènes d’insécurité en tous genres." 

 

 

Une fois élu, Andry Rajoelina pourra-t-il cette fois tenir ses engagements ? Il considère que son premier mandat a été singulièrement limité par des circonstances défavorables : "J'étais le pire ennemi de Ravalomanana... De plus, Madagascar ne recevait plus d'aide de la communauté internationale", affirme-t-il ajourd'hui. Maintenant que son élection est confirmée par la commission électorale, il aura pour principale mission, lors de ce second mandat, d'améliorer le niveau de vie de la population qui stagne depuis 60 ans. Un défi de taille, selon la Banque mondiale : 75% des 25 millions de Malgaches vivent aujourd’hui avec moins de 2 dollars par jour.

 


29/12/2018
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Franceinfo - le mardi 18 décembre 2018

 

 

République centrafricaine : l'incapacité de l'ONU à protéger les civils face aux attaques des milices

 

 

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Benoît LallauThe ConversationFrance Télévisions
 

 

 

 

Sous tutelle des Nations Unies, la Centrafrique subit les violences des milices depuis six ans. Malgré la complexité de la situation, "le système onusien persiste dans des éléments de langage et des pratiques qui relèvent très largement du déni de réalité", analyse Benoît Lallau dans The Conversation

 

 

 

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Un soldat tanzanien de la force de l'ONU déployée en Centrafrique, en juillet 2018 (ici près de la localité de Gamboula). (Florent Vergnes/AFP)

 

 

 

Commençons par quelques éléments de contexte : la République centrafricaine (RCA) connaît, depuis décembre 2012, le conflit le plus important de son histoire – par son intensité, sa durée, son extension territoriale. Des milices dites « séléka » (provenant du nord du pays, mais aussi du Tchad, du Soudan, et de populations peules) ont pris le pouvoir à Bangui, en mars 2013. Face aux exactions de ces milices, des groupes dites « antibalaka » ont émergé et s’en sont pris, à partir de la fin 2013, aux séléka. Les séléka étant musulmans, les antibalaka non, le conflit a pris une tournure interconfessionnelle : chrétiens contre musulmans.

 

 

Mais la réalité est bien moins binaire. Aujourd’hui, ce ne sont pas moins de 18 groupes politico-militaires – tantôt issus de l’ex-séléka, tantôt se proclamant antibalaka, tantôt autonomes vis-à-vis de ces deux mouvances – qui se disputent le contrôle du territoire centrafricain et de ses richesses (pour l’essentiel : diamant, or, bétail).

 

 

Le pouvoir centrafricain, issu en février 2016 d’élections dites « libres » (ce qui est évidemment faux dans un pays en très large partie contrôlé par des milices), est sous la tutelle – financière et militaire – des Nations unies. Si l’arrivée récente dans le pays des Russes semble bousculer un peu cette donne, l’essentiel des espoirs de pacification et de relèvement du pays repose encore, en cette fin 2018, sur le système des Nations unies, militaire comme civil.

 

 

Du côté des civils, on trouve les organisations usuelles : la Coordination humanitaire (OCHA), le Programme alimentaire mondial (PAM), la Banque mondiale, l’Unicef, etc. Du côté des militaires, on trouve la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation en Centrafrique (Minusca), une opération classique de maintien de la paix déployée depuis avril 2014. Forte d’environ 11000 militaires et 2000 policiers, dotée d’un budget de 880 millions de dollars, la Minusca regroupe des contingents d’une vingtaine de nationalités, issus de tous les continents. Elle a été précédée puis secondée par le contingent français de l’opération Sangaris (de décembre 2013 à octobre 2016).

 

 

La crise centrafricaine est donc complexe, mais face à cette complexité, le système onusien persiste dans des éléments de langage et des pratiques qui relèvent très largement du déni de réalité. En voici deux exemples.

 

 

 

Premier déni : une armée onusienne est en mesure de protéger les populations civiles

J’étais à Alindao, le 15 novembre dernier, lorsque l’UPC (Union pour la paix en Centrafrique, l’un des groupes de l’ex-séléka) a décidé de razzier le site de déplacés situé autour de l’évêché catholique. Le contingent mauritanien, appuyé ce jour-là par des éléments burundais de passage, n’a pas bougé. Bilan : des milliers de huttes détruites, des bâtiments catholiques détruits, 60 personnes tuées, dont beaucoup d’enfants, de femmes et de vieillards, n’ayant pas fui assez vite, et 26000 personnes éparpillées en brousse.

 

 

 

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Vue sur une partie des ruines du camp de déplacés d’Alindao (novembre 2018). Benoît Lallau/DR, Author provided

 

 

Comment expliquer une telle incapacité, qui s’est bien sûr observée ailleurs qu’à Alindao, à assumer son mandat de protection des populations civiles ? Par le fait, très simplement, que la Minusca n’est pas une armée. Elle agrège des fragments de contingents, à l’efficacité, la volonté d’engagement et la probité très variables.

 

 

Certaines troupes sont assez reconnues pour leur détermination, comme les Portugais, les Rwandais, les Burundais (et auparavant les Français, intervenant en complément de la Minusca via l’opération Sangaris). D’autres, beaucoup plus nombreux, sont considérées comme peu fiables, pour des raisons très diverses, parmi lesquelles : le dysfonctionnement des chaînes de commandement, la passivité de soldats bien payés mais fort peu enclins à se faire tuer pour les civils centrafricains, l’implication dans les trafics d’or ou de diamant, voire même collusion avec certains des groupes armés qui écument le territoire centrafricain, par proximité religieuse ou ethnique.

 

 

Mais cela n’est évidemment pas assumé. Ainsi les éléments de langage déployés par la Minusca après la razzia d’Alindao se limitent aux arguments suivants : le communiqué officiel relate un affrontement entre groupes armés (et donc pas une attaque de civils par un groupe armé) – ce qui minimise la responsabilité du contingent. On met en avant le trop faible effectif sur place, alors que l’on a interdit l’engagement du contingent burundais qui se trouvait aussi sur zone. Et puisque la collusion avec le groupe armé (l’UPC ici), devient trop flagrante, on reconnaît pudiquement que le contingent (mauritanien) n’est pas « à la hauteur des standards d’une force de maintien de la paix » (je cite de mémoire Parfait Onanga, le chef gabonais de la Minusca, le 18 novembre dernier, lors d’un échange à propos des évènements d’Alindao).

 

 

 

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Carte de la République centrafricaine. Google map

 

 

Le cas d’Alindao n’est pas isolé et on est loin, dans la RCA de 2018, d’une situation de conflit de basse intensité, comme on l’avance encore trop souvent. Non, la Minusca n’est pas, globalement et en dépit – je le répète – de l’engagement réel de certains contingents, en mesure de protéger les populations centrafricaines. Tout simplement parce qu’elle n’est pas crainte par les groupes armés. L’absence de réaction vigoureuse lorsque certains de ses contingents subissent une attaque, tout comme l’absence de volonté de prendre le contrôle des zones minières (zones qui permettent le financement des milices), ne font que renforcer ce sentiment.

 

 

Un officier français de l’opération Sangaris m’expliquait, il y a quelques années, à Bangui, ce que tous les spécialistes de stratégie savent bien : une bonne négociation se fonde sur un rapport de forces établi au préalable. Avant de discuter de la carotte, il faut avoir montré voire utilisé le bâton. Ce bâton, la Minusca ne sait pas, ou ne veut pas l’utiliser.

 

 

 

Second déni de réalité : le DDR peut ramener la paix en RCA

Venons-en donc à la carotte. Cette carotte, elle se nomme « DDR » : Désarmement, Démobilisation, Réintégration des anciens combattants. Expliquons à ceux qui ne maîtrisent pas la novlangue onusienne : il s’agit de d’appuyer le retour à la vie civile des membres de milices, de les inciter à abandonner les armes. Et ce par des versements monétaires, des intégrations dans l’armée régulière, et de manière moins explicite par l’octroi de postes ministériels ou dans la haute fonction publique aux leaders des groupes armés.

 

 

Cela ne fonctionne pas. L’échec des DDR précédents a été bien mis en évidence, notamment par Louisa Lombard de Yale University. Mais ce qui n’a pas fonctionné par le passé doit être retenté. C’est au nom de cette antienne onusienne qu’a été signé un nouvel accord de DDR, en mai 2015, impliquant une bonne partie des principaux groupes armés écumant le territoire centrafricain.

 

 

 

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Des déplacés revenant dans les ruines du camp d’Alindao, le 17 novembre, sous la protection d’un véhicule blindé burundais de la Minusca. Benoît Lallau/DR, Author provided

 

 

Les raisons de l’échec de tels dispositifs sont nombreuses, et entremêlées. Considérons, pour les comprendre, l’une de ces entreprises politico-militaires, celle-là même qui a razzié le site de déplacés d’Alindao le 15 novembre dernier, l’UPC. UPC comme « Union pour la paix en Centrafrique ». Mais ne vous laissez pas abuser par le nom : nous avons ici affaire à des professionnels de la prédation, sans projet politique national. L’UPC est dirigée par Ali Darass, Peul de l’ethnie Oudah originaire du Niger, secondé par des « comzones » (commandants de zone) et « officiers » tel le redouté « Colonel Ben Laden » à Alindao. Elle agrège, au sein d’une troupe assez disciplinée et bien armée, de nombreux jeunes majoritairement Peuls, de diverses nationalités. Quelle prise peut donc avoir le DDR sur cette UPC ?

 

 

Bien mince, en réalité. Car le DDR a comme hypothèses principales :

 

 

  • que l’État est capable de reprendre le monopole de la violence légitime ;

 

  • que les groupes armés souhaitent déposer les armes, pour peu qu’on les y incite.

 

Passons l’inexistence de l’État dans les régions périphériques depuis des décennies, et la propension des élites centrafricaines à se préoccuper d’abord de leurs intérêts immédiats, quitte à brader le pays aux plus offrants, les Russes actuellement. Et arrêtons-nous sur la seconde hypothèse. Elle soulève deux objections fondamentales : l’impunité et le no exit.

 

 

 

Le fléau de l’impunité

En premier lieu, le DDR entretient une culture de l’impunité, car si l’on y réfléchit bien, il revient à penser et à distribuer des « primes de départ » pour pillards. C’est un fait bien établi pour tous les Centrafricains : le pillard (tout comme le « détourneur ») ne rend pas de comptes.

 

 

Au contraire, il peut briguer un titre de ministre ou d’opposant politique s’il est haut placé dans la hiérarchie de l’entreprise prédatrice, ou il espère profiter de quelques aides à la réinsertion s’il n’en est que l’un des soutiers. Il n’a pas à restituer les biens volés, il n’a pas à s’excuser pour les exactions commises, puisque c’était pour la bonne cause, la « libération », l’autodéfense, la nécessité de nourrir la famille ; et puisque ces chrétiens ou musulmans l’ont quand même bien cherché… Il peut même se risquer à revendiquer l’amnistie générale dans le cadre des négociations multipartites.

 

 

Seuls les moins nuisibles et/ou les moins protégés, risquent d’être transférés devant la CPI (Cour pénale internationale). Tels ces deux ex-leaders antibalaka : Alfred Yekatom Rombhot alias « Rambo » et peut-être prochainement Patrice-Edouard Ngaïssona, récemment arrêté en France. « Des idiots utiles », me glissait récemment un diplomate…

 

 

 

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Arrestation de l’ex-milicien « Rambo » par des militaires centrafricains, à Bangui, le 29 octobre 2018. (Gaël Grilhot/ AFP)

 

 

 

Face à une impunité qui demeure la norme, chez les victimes s’ancre la conviction que, plutôt que de réclamer justice, il faut se venger, piller à son tour. Le DDR se heurte alors au cycle des représailles, et au désordre de la justice dite « populaire ».

 

 

La logique du « no exit »

En second lieu, le DDR se confronte à la logique du « no exit ». Je m’explique. Le système onusien est actuellement face à une contradiction fondamentale. D’un côté, on entend lutter contre l’impunité, en refusant désormais toute perspective d’amnistie générale, au moins pour les principaux chefs de guerre. Mais, de l’autre, on ne tente pas de mettre fin aux activités de ces groupes – ce qui revient à reconnaître, de fait, l’impunité.

 

 

On comprend aisément qu’il n’est alors d’autre porte de sortie, pour les groupes armés, que la fuite en avant dans la prédation, jusqu’à une hypothétique neutralisation. Et précisément ce DDR est perçu, par ces chefs de guerre et leurs relais banguissois, comme un signe de faiblesse des Nations unies, une opportunité à saisir pour se réarmer, pour étendre son territoire. Pire, il les pousse à faire monter les enchères en montrant leur capacité de nuisance (et donc en pillant et tuant davantage encore).

 

 

En cela, ce dispositif aboutit au résultat exactement opposé à celui recherché : un accroissement et un enracinement des violences dans tous les territoires sous la coupe de ces groupes. Ainsi, dans son essence même, l’UPC, sans agenda politique national, n’a pas intérêt à une stabilisation de la situation, puisque c’est précisément du désordre et de la violence que vient sa prospérité. Quitte à exacerber et instrumentaliser l’opposition interconfessionnelle, en s’en prenant par exemple à l’église catholique, moins pour les biens pillés cette fois que pour le symbole que cela représente, et les cycles de représailles que cela peut induire.

 

 

Et ce manque d’attractivité du DDR s’observe aussi au niveau des miliciens de base : que valent les quelques dizaines de dollars espérées du DDR (lorsqu’elles arrivent vraiment !), pour ces jeunes gens qui n’ont souvent plus de « chez eux », qui n’ont d’autre horizon, d’autre famille souvent, que leur milice ?

 

 

 

Un ressentiment croissant contre l’ONU

Ainsi, le DDR n’est pas parvenu, et ne parviendra pas plus à l’avenir, à rompre le cercle du conflit centrafricain. Tous ses promoteurs onusiens ou centrafricains, et tous ses bénéficiaires effectifs ou potentiels le savent bien, mais affirment à l’unisson le contraire, tirant les uns et les autres profit de ce déni.

 

 

Bien que le mandat de la Minusca ait été reconduit le 13 décembre, un constat s’impose donc : ni la carotte tendue ni le bâton brandi par les Nations unies ne semblent en mesure de résoudre la crise dévastant la RCA. Un pays désormais investi par les Russes, qui voient là un bon coup géopolitique à peu de frais (dans l’extension de leur implantation au Soudan), occupant ainsi le terrain laissé libre par le retrait de la France et l’inefficacité de la Minusca.

 

 

 

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A l’hôpital pédiatrique de Bangui, le 4 décembre 2018. (Florent Vergnes / AFP)

 

 

 

Et face à un système onusien qui se complaît dans ses dénis de réalité, il y a des populations centrafricaines dont la situation ne s’améliore pas voire s’aggrave, parfois obligées (comme à Alindao ces dernières semaines) de survivre en brousse, « comme des animaux » nous disent-elles. Et qui nourrissent un ressentiment croissant vis-à-vis des personnels onusiens, civils comme militaires.

 

 

Qui, en dehors de ce système, pourrait s’en étonner ?The Conversation

 

Benoît Lallau, Maître de conférences, Sciences Po Lille

 

 

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

 


18/12/2018
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Franceinfo - le vendredi 3 août 2018

 

 

Zimbabwe : Emmerson Mnangagwa remporte la présidentielle (mais l'opposition rejette les résultats)

 

 

L'ancien bras droit de Robert Mugabe est élu dès le premier tour avec 50,8 % des suffrages, selon les chiffres donnés par la commission électorale vendredi. Ce désaccord entre le pouvoir et l'opposition laisse craindre de nouveaux affrontements meurtriers

 

 

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Les partisans d'Emmerson Mnangagwa fêtent la victoire de leur candidat, le 3 août 2018, à Harare (Zimbabwe). (ZINYANGE AUNTONY / AFP)

 

 

Il va pouvoir rester dans son fauteuil. Emmerson Mnangagwa a été élu président du Zimbabwe, vendredi 3 août. Et ce, dès le premier tour. Selon la commission électorale, le dirigeant sortant a obtenu 50,8% des voix, contre 44,3% pour son principal adversaire, Nelson Chamisa.

 

 

Le vainqueur âgé de 75 ans a immédiatement salué "un nouveau départ", et appelle à l’unité. "Unissons-nous dans la paix, l’unité et l’amour et ensemble construisons un nouveau Zimbabwe pour tous", a écrit sur son compte Twitter celui qui dirige le Zimbabwe depuis la chute en novembre dernier de Robert Mugabe après trente-sept ans au pouvoir.

 


03/08/2018
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Franceinfo - le mardi 21 novembre 2017

 

 

DIRECT. Zimbabwe : Robert Mugabe annonce sa démission dans une lettre remise au Parlement, après 37 ans au pouvoir

 

Des centaines de personnes sont massées depuis le début de la journée à l'extérieur du siège du Parlement, pour exiger le départ du chef de l'Etat, âgé de 93 ans

 

 

Le président du Zimbabwe Robert Mugabe, âgé de 93 ans, a annoncé sa démission dans une lettre remise au Parlement, mardi 21 novembre, et lue par Jacob Mudenda, président de la Chambre. Cette annonce intervient alors que le Parlement a ouvert sa séance consacrée à l'examen d'une demande de destitution du président, après trente-sept ans au pouvoir.

 

 

"J'ai choisi volontairement de démissionner", assure Robert Mugabe. "Cette décision a été motivée par (...) mon désir d'assurer un transfert du pouvoir sans problème, pacifique et non violent", a-t-il détaillé dans sa lettre.

 

 

Des scènes de liesse. La lecture de la lettre de démission du chef de l'Etat s'est faite sous les applaudissements du Parlement. L'annonce a également été immédiatement saluée par un concert assourdissant d'avertisseurs dans la capitale, Harare.

 

 

Un coup de force de l'armée. Depuis le coup de force des militaires, il y a une semaine, provoqué par la révocation du vice-président Emmerson Mnangagwa, le président Mugabe avait perdu un à un ses soutiens.

 

 

 

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Des Zimbabwéens opposés à Robert Mugabe manifestent, le 21 novembre 2017, dans la capitale Harare. (MUJAHID SAFODIEN / AFP)

 


27/11/2017
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Franceinfo - le dimanche 19 novembre 2017

 

 

ZIMBABWE - Robert Mugabe : du libérateur au dictateur

 

Robert Mugabe quittera-t-il la présidence de son pays ? L'armée lui a donné jusqu'à demain pour partir

 

 

Discours en direct à la télévision, entouré par les militaires. Selon son entourage, Robert Mugabe a pris la décision de démissionner. En 37 ans de règne, il est passé du statut de héros à celui de dictateur. En 1980, quand les colons britanniques quittent le pays, Mugabe est un leader de la résistance contre le régime d'apartheid pratiqué dans l'ex Rhodésie. Celui qu'on nomme camarade Bob devient alors le premier ministre d'un nouveau pays qu'on nomme le Zimbabwe. Sa popularité est au firmament.

 

 

 

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Expulsion de 4 500 fermiers blancs

 

Mais au tournant des années 1990, ses prises de position, notamment sur l'homosexualité, interpellent. "Les êtres humains restent-ils des êtres humains s'ils se comportent comme des porcs ?", avait-il déclaré. Plus de doute désormais, Robert Mugabe est à la tête d'un état autoritaire, prêt à tout pour conserver le pouvoir. En 2000, pour calmer la colère populaire, il encourage les pillages et l'expulsion sauvage de 4 500 fermiers blancs. Conséquence directe : l'économie s'effondre, les magasins se vident, et l'inflation explose. Mis au ban par la communauté internationale, Mugabe l'affiche en grosses lettres : il a toujours raison.

 


20/11/2017
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le Progrès du dimanche 6 août 2017

 

 
 
    RWANDA - PAUL KAGAME RÉÉLU PRÉSIDENT

 

 

 

Les Rwandais fêtaient hier la victoire du chef de l'État sortant Paul Kagame, 59 ans, plébiscité par plus de 98 % des votants et réélu pour un troisième mandat de sept ans à la tête d'un pays qu'il dirige d'une main de fer depuis vingt-trois ans.

 

 

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12/08/2017
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le Progrès du dimanche 21 mai 2017

 

 
 
    AFRIQUE - TERRORISME. AU SAHEL, L'HORIZON DE LA PAIX EST ENCORE
      LOINTAIN

 

 

 

Depuis la base de Gao, le président Macron a dit vouloir poursuivre voire intensifier l'action de Barkhane. Alors que la menace terroriste n'a pas faibli au Mali, d'autres pistes doivent être explorées.

 

 

En presque cinq ans d'intervention au Mali, les opérations Serval puis Barkhane ont stoppé la contagion djihadiste, neutralisé plusieurs centaines de terroristes. Ce succès est indéniable en termes de contre-terrorisme, Emmanuel Macron l'a valorisé sur la base de Gao, où il effectuait vendredi sa première sortie hors d'Europe en tant que président.

 

 

"L'ennemi, c'est l'islamisme radical", a-t-il martelé en présence du président malien, Ibrahim Boubacar Keïta, exceptionnellement venu dans le nord de son pays, où il est très contesté. Avec Barkhane et ses 4 000 hommes, la France apporte son soutien militaire au G5 Sahel (Burkina-Faso, Mali, Mauritanie, Niger et Tchad), qui tente d'éradiquer la menace djihadiste transfrontalière et de ramener la stabilité régionale. La récente unification des groupes djihadistes par le Touareg Iyad Ag Ghali montre que la partie est loin d'être gagnée et d'autres champs sont à explorer, y compris par la France.

 

 

 

 

■ Quelle voie politique ?

 

À Gao, Emmanuel Macron a rappelé son soutien à la mise en oeuvre des accords d'Alger (2015) pour la paix au nord. Ces derniers mois, le chaud et le froid souffle entre les différents groupes armés signataires et les autorités maliennes. "Un climat de tension et d'insécurité peu propice aux avancées", traduisait vendredi un observateur militaire français. L'attentat le plus meurtrier qu'a connu le Mali (77 morts en janvier à Gao), ciblant un MOC (Mécanisme opérationnel de coordination), a sans doute joué un rôle néfaste dans la réconciliation. Sans compter les tensions internes qui agitent le pouvoir à Bamako, et le jeu parfois trouble de l'Algérie voisine.

 

 

 

 

■ Quelle coopération militaire ?

 

"Ce qui a été fait en cinq ans, aucune autre nation européenne n'aurait pu le faire", a déclaré le président à Gao. Les forces françaises ont combattu, mais également formé par les armées du G5 Sahel, tout en poursuivant un partenariat privilégié avec la Minusma (Nations Unies). Avec Jean-Yves le Drian, désormais en charge de l'Europe et des Affaires étrangères, présent également vendredi, Macron dispose d'un VRP de luxe pour convaincre les autres pays européens de rejoindre l'effort français dans la bande sahélo-saharienne. Notamment l'Allemagne, qui mobilise déjà 800 soldats dans le Sahel et notamment à Gao.

 

 

 

 

■ Quelles pistes pour le développement ?

 

C'est l'axe sur lequel le président Macron, accompagné en terre malienne de Rémy Rioux, directeur de l'Agence française de développement, veut faire preuve d'"un grand volontarisme". 470 millions d'euros sont déjà attribués pour le développement de la région, a rappelé le chef de l'État. Cette voie du développement sera sans doute la seule, bien au-delà de l'option militaire, à garantir la paix dans la durée. Pour Emmanuel Macron, "c'est le meilleur antidote à la propagation du terrorisme". Xavier Frère

 


23/05/2017
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le Progrès du mardi 16 mai 2017

 

 
 
    CÔTE D'IVOIRE - HEURTS. UN ACCORD TROUVÉ AVEC LES MUTINS

 

 

 

Un accord annoncé par le gouvernement et dont les modalités n'ont pas été divulguées a été trouvé avec les soldats mutins dont le mouvement avait pris de l'ampleur lundi.

 

 

Hier soir, ces derniers se réservaient cependant le droit de mettre fin ou non à leur action, en fonction du contenu de cet accord.

 

 

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"C'est évident que le gouvernement a cédé sur le paiement. Il reste à avoir quel est le dosage : c'est-à-dire combien ont-ils lâché ? Étant donné la situation sécuritaire et les promesses faites en janvier, il ne semblait pas y avoir d'autre porte de sortie", a analysé un spécialiste de l'armée ivoirienne, sous couvert de l'anonymat.

 

 

Les mutins sont des anciens rebelles qui ont soutenu M. Ouattara pendant la crise électorale de 2010-2011 et qui ont ensuite été intégrés à l'armée. La situation était aussi tendue à Korhogo où des soldats en colère avaient tiré en l'air, créant un vent de panique dans la ville, la principale du nord du pays. Les policiers, gendarmes et douaniers ont déserté les différents postes frontaliers, alors que le trafic routier avec le Mali, le Burkina et vers le Niger était paralysé.

 


20/05/2017
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