L'AIR DU TEMPS

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AFRIQUE général

L'Histoire continue de s'écrire partout dans le monde. Suivons celle du continent africain


Franceinfo - le jeudi 1er août 2019

 

 

Congo-Brazzaville : quand l'Etat doit des milliards...

 

 

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franceinfo avec AFPLaurent Ribadeau DumasRédaction AfriqueFrance Télévisions

 

 

 

 

Au Congo-Brazzaville, de nombreux entrepreneurs se plaignent des impayés de l'Etat dans un pays surendetté qui vient de conclure un accord avec le Fonds monétaire international (FMI). Un accord qui est, pour l'instant, une bouée de sauvetage pour les autorités locales. Mais risquent de les obliger à modifier nombre de comportements...

 

 

 

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Le chantier du ministère de l'Intérieur à Brazzaville, interrompu depuis 2016. Motif : les caisses de l'Etat congolais sont vides (photo prise le 25 juillet 2019). (SAMIR TOUNSI / AFP)

 

 

 

Le Congo a passé le 11 juillet 2019 un accord avec le Fonds monétaire international (FMI). Dans ce contexte, contraint à la transparence par l'organisation financière, le gouvernement a dû se résoudre à évaluer sa dette envers les entreprises publiques et privées à 1719 milliards de FCFA (2,6 milliards d'euros). Soit 30% du total de l'endettement (8,5 milliards d'euros) de ce pays pétrolier d'Afrique centrale (le pétrole représente 4/5e de ses ressources). Lequel pays s'est retrouvé à cours d'argent quand le baril a chuté de 100 à 50 dollars entre 2014 et 2015.



Les négociations entre les deux parties ont été "ralenties par le fait que les autorités du Congo-Brazzaville avaient caché une partie de (leur) dette publique (...). Celle-ci s'établissait à près de 120 % du PIB (...) et non 77 %, selon des révélations à l'époque de Radio France Internationale (RFI)", rapporte Le Point.

 

 

Dans le même temps, "les entreprises congolaises depuis 2002 subissent le non-paiement de leurs créances malgré le boom pétrolier", affirme le président de l'Union nationale des opérateurs économiques du Congo (Unoc), El Hadj Abdoulaye Djibril Bopaka. Sans parler des arriérés de pensions, des retards de salaires et des impayés de bourse, comme le souligne Mediapart... 

 

 

Bon nombre d'entreprises ont dû licencier ou fermer leurs portes, ajoute le responsable d'une des organisations patronales congolaises.

 

 

Le résultat est visible dans les rues de Brazzaville, avec plusieurs chantiers à l'arrêt. Le plus emblématique est celui du nouveau bâtiment qui devait abriter le ministère de l'Intérieur, place de la République. Les grues ne fonctionnent plus depuis 2016, se souvient un connaisseur du dossier. Un panneau indique le nom du concessionnaire : San José. En l'occurrence une entreprise espagnole qui annonçait sur son site internet un contrat de 58,48 millions d'euros au moment de l'adjudication en 2013.

 

 

 

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La page d'accueil du site internet du groupe espagnol San José  (Capture d'écran - site Grupo SANJOSE)

 

 

 

 

Le cahier des charges prévoyait deux majestueuses tours de neuf et dix étages Surface totale : 44 000 m². Les deux tours sont bien sorties de terre. Mais restent inachevées.

 

 

 

Les chantiers chinois épargnés

Dans ce contexte, le président Denis Sassou Nguesso a dû demander au gouvernement une "évaluation précise de la dette intérieure", pour "procéder à sa liquidation" . Et ce "dès que les circonstances le permettront"...

Pour autant, étonnamment, une autre évidence saute à l'œil nu dans les rues de Brazzaville : les chantiers chinois, eux, ne connaissent pas la crise. C'est ainsi le cas du futur Parlement de l'autre côté de la place de la République. Lequel est présenté comme une "aide de la Chine". Lancé en 2017, le chantier doit être livré fin 2019 pour quelque 50 millions d'euros. C'est encore le cas des tours jumelles de Mpila, le futur centre d'affaires au bord du fleuve Congo lancé en 2015 par la Beijing Construction Engineering Group (BCEG). Des grands chantiers ont été déjà été livrés malgré la crise, comme le siège de la Banque sino-congolaise pour l'Afrique (BSCA), inauguré en avril 2018.

 

 

Motif : les entreprises chinoises ne sont pas payées directement par le Trésor public congolais. Elles passent par un canal de financement direct, en l'occurrencee la Banque Export-Import (Exim Bank of China). Mais en fait, ces grands travaux chinois représentent le premier poste de la dette congolaise. La dette du Congo envers Exim Bank of China s'élève ainsi à 1,36 milliard de francs CFA (deux milliards d'euros) et la dette bilatérale avec l'Etat chinois est de 1,4 milliard d'euros.

 

 

Une restructuration de la dette chinoise a été nécessaire avant que le FMI n'accepte de débloquer 448,6 millions de dollars de crédit sur trois ans pour aider Brazzaville. "Il était impératif que le Congo obtienne (...) un allégement de la dette auprès de ses principaux créanciers, particulièrement de la Chine", son plus gros créancier, précise le chef de mission du FMI à Brazzaville, Alex Segura-Ubiergo, sur le site de l'institution. "Un préalable que Pékin a accepté en se ralliant pour la première fois à une solution du FMI", souligne Le Point

 

 

 

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Le président du Congo, Denis Sassou Nguesso (à gauche), serre la main du Premier ministre chinois, Li Keqiang, à Pékin le 5 septembre 2018 (PARKER SONG / POOL)

 

 

 

Corruption

Pour le président de l'Unoc, le problème est plus large. "Le gouvernement reste pléthorique avec des gens qui sont soupçonnés par le peuple congolais de mauvaise gouvernance et de détournement de fonds publics", avance El Hadj Abdoulaye Djibril Bopaka.

 

 

Ce n'est donc pas un hasard si le FMI a également demandé au Congo-Brazzaville d'améliorer sa gouvernance. Cela pourrait passer par une réduction du nombre de ministres (actuellement une trentaine). Le programme du Fonds "vise (...) à améliorer la gouvernance (y compris la gestion des finances publiques) afin de promouvoir un usage plus efficient des ressources publiques et à protéger les groupes vulnérables de la charge de l’ajustement", annonce le site du FMI"Protéger les groupes vulnérables de la charge de l'ajustement" ? En clair : les groupes sociaux les plus vulnérables qu'il faut mettre à l'abri des conséquences des réformes...

 

 

Autre problème auquel le Congo va devoir s'attaquer, celui de la corruption. Ce problème "est au cœur de la vie politique et économique du pays", confirme Le Monde. Le quotidien décrit ainsi les mécanismes permettant de placer l'argent du pétrole dans les paradis fiscaux... Par ailleurs, "la justice française cherche depuis 2010 à faire la lumière sur le patrimoine du président congolais (...) et de sa famille".  "Les autorités ont appliqué un programme ambitieux de réformes visant à améliorer la gouvernance. D’autres réformes s'imposeront en vue de renforcer l’Etat de droit et le dispositif de lutte contre le blanchiment de capitaux (...) et de mettre sur pied la nouvelle haute autorité de lutte contre la corruption", souligne le FMI. Le plus dur reste peut-être à faire...

 


02/08/2019
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Franceinfo - le mercredi 31 juillet 2019

 

 

Afrique du Sud : le débat sur les expropriations de terre s'accélère

 

 

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Laurent Ribadeau DumasRédaction AfriqueFrance Télévisions

 

 

 

La grande majorité des terres appartient toujours aux Blancs. Le gouvernement tente de remédier aux énormes inégalités Noirs-Blancs héritées de l’apartheid. Mais ses projets, qui soulèvent de gros problèmes juridiques, suscitent des inquiétudes

 

 

 

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Au sud de Johannesburg (est), plus importante ville d'Afrique du Sud, le 23 avril 2019. (SIPHIWE SIBEKO / X90069)

 

 

 

En rendant son rapport final, le Comité consultatif présidentiel sur la réforme agraire et l’agriculture, qui regroupe des experts, a apporté le 28 juillet 2019 son soutien à la redistribution de terres sans indemnisation des propriétaires expropriés, mais seulement sous certaines conditions. Et ce, alors que le gouvernement poursuit une réforme agraire controversée. Le président Cyril Ramaphosa, qui avait installé ce comité en 2018 après son arrivée au pouvoir en février de la même année, a fait de la réforme agraire une priorité. Celle-ci vise à corriger les inégalités entre la majorité noire et la minorité blanche, héritées de l'apartheid.

 

 

Selon une étude, 73% de la terre appartient toujours aux Blancs. A la fin de l’apartheid (1994), le pourcentage s’élevait à 85%. Les nouvelles autorités avaient alors expliqué qu’elles voulaient rétrocéder 30% de cette terre aux précédents propriétaires. Conclusion : "Comme le reste de l’économie, l’agriculture reste largement aux mains des Blancs" un quart de siècle après le démantèlement du système de ségrégation raciale, expliquait franceinfo Afrique en mars 2018.

 

 

 

Section 25 de la Constitution

"Le Comité soutient le tournant politique proposé visant à utiliser les dispositions de la Constitution pour exproprier des terres sans dédommagement", indique-t-il dans son rapport. Cependant, l'expropriation"n'a pas besoin d’être utilisée dans tous les cas, et ne devrait pas", ajoute-t-il.

 

 

Le Parlement sud-africain doit débattre en 2019 d'une modification de la Constitution destinée à renforcer les conditions légales des saisies de terres. En 2018, un rapport du Comité de révision constitutionnelle "recommandait que le Parlement amende la section 25 de la Constitution pour rendre explicite ce qui est implicite (dans le texte, NDLR) en ce qui concerne l’expropriation de terre sans compensation" sous l’apartheid, rappelle le site sud-africain businesstech.co.za. Recommandation par la suite approuvéepar les parlementaires. Actuellement, cette fameuse section 25 stipule qu’"une propriété peut être expropriée uniquement (…) à des fins publiques ou pour un intérêt public et (…) sous réserve de compensation".

 

 

 

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A Cato Ridge, près de Durban, dans la province du KwaZulu-Natal (sud-est de l'Afrique du Sud) le 28 juillet 2019.  (REUTERS - ROGAN WARD / X02832)

 

 

 

Le Comité consultatif présidentiel sur la réforme agraire demande plus de clarté dans un projet de "loi d'expropriation" actuellement examiné par le Parlement. Ce texte dresse déjà une liste des conditions nécessaires pour rendre possibles des expropriations sans compensations. Il suggère ainsi qu’on se passe de dédommagements notamment et seulement "quand la terre est occupée ou utilisée par un exploitant locataire", rappelle businestech.co.za. Quand elle est détenue dans "un but spéculatif", quand elle appartient à l'Etat, "quand la terre a été abandonnée par son propriétaire". Selon le comité, les propriétaires qui ont acheté des terres après la fin de l'apartheid en 1994 devraient être traités différemment de ceux qui ont hérité de terres détenues sous le régime raciste.

 

 

 

Problème politique majeur

La redistribution forcée des terres est devenue un élément essentiel pour le Congrès national africain (ANC). Le parti au pouvoir tente ainsi de regagner le soutien des électeurs noirs pauvres qui souffrent toujours de fortes inégalités raciales, 25 ans après la fin du régime de l'apartheid. Il essaie aussi de ne pas se faire doubler sur sa gauche par le leader radical Julius Malema, chef des Combattants pour la liberté économique (EFF), qui a fait de l’expropriation l’un de ses thèmes favoris. Et explique : "Nous ne haïssons pas les Blancs, nous aimons simplement les Noirs." Il a déjà été accusé de racisme par ses adversaires.

 

 

Sous la pression de l'ANC, Cyril Ramaphosa souhaite donc que la Constitution sud-africaine soit modifiée pour explicitement autoriser les expropriations de terres sans que les propriétaires soient dédommagés. Il a affirmé que la réforme commencerait avec des terres appartenant à l'Etat dans des zones urbaines, libérées pour des logements, et qu'elle ne porterait pas préjudice à l'économie du pays.

 

 

Jugeant les données sur la propriété des terres toujours incomplètes, le comité d'experts a réclamé un audit national pour préciser qui les détient.

 

 

 

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Récolte de haricots au sud de Johannesburg, le 29 avril 2019 (REUTERS - SIPHIWE SIBEKO / X90069)

 

 

 

Réactions

Le principal parti d'opposition, l'Alliance démocratique (AD), a rejeté les recommandations du rapport "concernant l'expropriation foncière sans indemnité et d'autres suggestions indéfendables". L'expropriation sans compensation "va affaiblir encore notre économie en difficulté", estime-t-il.

 

 

De son côté, la fédération Agri SA, fédération d’organisations de l’agro-industrie, pense que "la sécurité alimentaire serait menacée pour tous les Sud-Africains" si les recommandations du Comité étaient appliquées, notamment celle sur la modification de la loi fondamentale. Elle s’oppose "à toute politique ou législation enfreignant les droits de propriété ou tout autre droit fondamental inscrit dans la Constitution", selon des propos rapportés par le site timeslive.co.za.

 

 

Pour l’ONG sud-africaine des droits de l’Homme AfriForum, cité par le site politicsweb.co.za, le rapport du Comité est "naïf économiquement et fondamentalement raciste""Le message sous-jacent du rapport est que la propriété noire est une bonne chose et la propriété blanche une mauvaise. Pour soutenir cette hypothèse, il a recours à une approche sélective de l’Histoire et des faits", affirme l’ONG. Par ailleurs, "il n’y a pas de lien" entre réforme agraire et croissance économique, contrairement à ce que disent les experts du Comité consultatif présidentiel, poursuit AfriForum, organisation soutenue par la Fondation libérale allemande Friedrich Naumann.

 

 

 

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Champ de blé près de la localité de Van Der Kloof (centre de l'Afrique du Sud), le 29 octobre 2018 (REUTERS - MIKE HUTCHINGS / X00388)

 


02/08/2019
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Franceinfo - le jeudi 18 juillet 2019

 

 

Ethiopie : les Sidamas, une ethnie du Sud, veulent créer leur propre région

 

 

 

Laurent Ribadeau DumasRédaction AfriqueFrance Télévisions

 

 

 

Cette revendication nationaliste risque d’aggraver la violente crise ethnique et politique que traverse le pays

 

 

 

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Un jeune homme laisse éclater sa joie à Hawassa (sud de l'Ethiopie), le 15 juilet 2019, quand les chefs de la communauté sidama annoncent leur intention de créer leur propre région. (MICHAEL TEWELDE / AFP)

 

 

 

Le 15 juillet 2019, après de longues tractations, les responsables de la communauté sidama ont fait part de leur décision de quitter la Région des nations, nationalités et peuple du Sud (SNNP). Ils entendent créer leur propre région d’ici… le 18 juillet. Une décision potentiellement lourde de conséquences. Mais accueillie par un concert de klaxons et de chants dans les rues d'Hawassa, la capitale régionale.

 

 

L'Ethiopie compte aujourd’hui neuf régions dessinées sur les bases d'un fédéralisme ethnique. Or, la Constitution oblige le gouvernement à organiser un référendum si une ethnie, parmi les plus de 80 que compte ce pays, souhaite former sa propre région.

 

 

Le 18 juillet 2018, les responsables sidamas, qui avaient bien accueilli l’intronisation du nouveau Premier ministre Abiy Ahmed trois mois plus tôt, avaient déposé une demande de référendum. Mais jusqu’à aujourd’hui, le pouvoir n’y a toujours pas répondu, alors que la Constitution stipule qu’un tel scrutin doit être organisé au plus tard un an après le dépôt de la demande. Soit le 18 juillet… 2019. Dans ce contexte, les Sidamas estiment qu’ils peuvent unilatéralement faire sécession de la région SNPP.

 

 

 

De la patience avant toute chose

De son côté, le chef du gouvernement leur demande de rester patients, le temps que soit réformé le Conseil électoral national d’Ethiopie (NEBE), rapporte le journal anglophone éthiopien The Reporter. Le pays a besoin d’un Conseil fort pour s’assurer que "répondre aux questions posées par une région ne créera pas d’autres blessures" dans d’autres régions, a ajouté Abiy Ahmed.

 

 

 

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Des agriculteurs travaillent dans une coopérative dans la région de Sidama (sud de l'Ethiopie) le 29 novembre 2018. (REUTERS - MAHEDER HAILESELASSIE / X06601)

 

 

 

Problème : les revendications des Sidamas sont anciennes. Ces derniers ont été incorporés à l’Ethiopie en 1890 et se sont rebellés contre la dictature militaire du Derg entre 1974 et 1991, rappelle le groupe de réflexion International Crisis Group (ICG). Résultat : les observateurs pensent que le dossier est l’un des plus importants et urgents qu’Abiy Ahmed ait à régler.

 

 

Pour autant, les demandes des Sidamas, qui représenteraient 4% à 5% des plus de 100 millions d'Ethiopiens, ne constituent que l’une des multiples crises auxquelles doit faire face l’actuel Premier ministre. Lequel est arrivé aux affaires après plusieurs années de protestations antigouvernementales et a notamment été salué pour la libération de prisonniers politiques. Cette ouverture de l'espace démocratique a permis une expression plus libre des nationalismes ethniques. Mais, aujourd’hui, le nouveau pouvoir peine à contenir des violences qui ont poussé plus de 2 millions de personnes à quitter leurs foyers.



En juin, cinq hauts responsables éthiopiens, dont le chef d'état-major de l'armée, ont été assassinés lors de ce que les autorités ont décrit comme une tentative de «coup d'Etat» contre le gouvernement de la région autonome d'Amhara, la seconde d'Ethiopie en termes de population. Avec les Oromos, l’ethnie amhara est la plus importante du pays.

 

 

 

Risques d’un conflit violent

Les risques d’un conflit violent sont donc réels. Début juillet, le Premier ministre a averti qu’une sécession pourrait entraîner une intervention gouvernementale. "Nous ne tolérerons pas d’émeutes. Tout doit se faire selon les procédures (légales). S’il en va autrement, nous règlerons le problème comme nous avons l’habitude de le faire", selon des propos rapportés par The Reporter. En clair : en faisant intervenir l’armée comme dans l’Etat régional de Somalie (est) en 2018. Pour le pouvoir, l’enjeu est considérable. Une sécession sidama pourrait créer un précédent et donner des idées à d’autres ethnies de la région SNNP. Et ailleurs dans le pays.

 

 

Les activistes sidamas veulent créer un fait accompli. Ils ont déjà hissé un drapeau non officiel vert, bleu et rouge à plusieurs endroits, dont les bâtiments de l'administration à Hawassa qu’ils considèrent comme leur capitale. Alors que la cité est déjà la capitale… de la région SNNP.

 

 

 

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Travail du café dans la région de Sidama (sud de l'Ethiopie) le 30 novembre 2018 (MAHEDER HAILESELASSIE / X06601)

 

 

 

Si les Sidamas sont le groupe ethnique le plus important de ladite région, leurs volontés sécessionnistes ont déjà mené à des violences en juin 2018 avec des membres de l’ethnie wolayta, la seconde communauté locale. Il y avait alors eu une dizaine de morts et des dizaines de personnes déplacées.

D’autres ethnies cohabitent à Hawassa, ville où vivent quelque 400 000 personnes. Les Sidamas "devraient nous demander ce que nous pensons de la situation et tenir compte de nos sentiments", explique à l’AFP Salomon Mengistu, un Amhara. Mais l’heure ne semble pas à la conciliation. A titre d’exemple, les Sidamas qui ont exprimé des craintes quant aux conséquences d’une sécession pour l'économie de la région, basée notamment sur le café, ont fait l'objet de dénonciations sur les réseaux sociaux… 

 


18/07/2019
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Franceinfo - le mercredi 29 mai 2019

 

 

L'Afrique du Sud, premier pollueur du continent, instaure une taxe carbone

 

 

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franceinfo Afrique avec agencesRédaction AfriqueFrance Télévisions

 

 

Cette mesure a été saluée comme "une première étape" par les défenseurs de l'environnement

 

 

 

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La centrale électrique de Lethabo fonctionne au charbon. (SIPHIWE SIBEKO / Reuters)

 

 

 

Le président sud-africain Cyril Ramaphosa a promulgué une loi imposant une taxe sur les émissions de carbone aux entreprises de son pays. Le montant de cette taxe, qui entre en vigueur le 1er juin, a été fixé à 120 rands (7,4 euros) par tonne de dioxyde de carbone. "Le changement climatique représente l'un des plus grands défis auquel est confrontée l'espèce humaine et l'objectif premier de la taxe carbone est de réduire les émissions de gaz à effet de serre d'une façon viable", a expliqué le ministère du Trésor dans un communiqué le 26 mai.

 

 

Le Fonds mondial pour la nature (WWF) a "loué" M. Ramaphosa pour avoir promulgué cette loi qui "traînait depuis longtemps". "Quand elle a été la première fois évoquée en 2010, l'idée d'une taxe carbone a rencontré une forte résistance de la part des gros émetteurs" de CO2, a souligné l'ONG. "Même si beaucoup doit encore être fait pour que la taxe devienne plus efficace, nous reconnaissons qu'il s'agit là d'une première étape significative", a-t-elle ajouté, rappelant que son objectif était "d'améliorer la santé et de rendre l'environnement et l'économie résilients".

 

 

 

Un premier pas

Greenpeace a estimé que la taxe "lançait un signal" aux entreprises polluantes, mais regretté que son montant ne soit pas à ses yeux suffisant pour les convaincre de réduire leurs émissions de dioxyde de carbone. "Nous ne pensons pas que la taxe, en l'état actuel, aura un impact", a regretté Melita Steele (Greenpeace) auprès de l'AFP. La taxe carbone est "une pénalité pour trop polluer. Elle devrait être à un certain niveau (...) afin que les entreprises soient obligées de changer leur stratégie", a-t-elle expliqué. Pour être efficace, elle devrait être fixée à plus de 240 rands (15 euros) par tonne d'émission de CO2, selon Greenpeace.

 

 

L'Afrique du Sud, première puissance industrielle du continent, est extrêmement dépendante du charbon pour sa production d'électricité. Elle figure au 14e rang des pays pollueurs de la planète, selon Greenpeace.

 

 

L'entreprise publique d'électricité Eskom est le plus gros pollueur sud-africain : elle est responsable de 30% des émissions de gaz à effet de serre du pays, selon Greenpeace. Elle a adopté des objectifs climatiques stricts en 2011 et figure parmi les signataires de l'accord de Paris sur le réchauffement de 2015, mais les mesures d'application traînent en longueur.

 


29/05/2019
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Franceinfo - le jeudi 23 mai 2019

 

 

Ethiopie : de riches donateurs appelés à embellir la capitale Addis Abeba

 

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

 

Le Premier ministre Abiy Ahmed, à la tête du gouvernement depuis avril 2018, vient de lancer un projet de trois ans destiné à "améliorer l'image d'Addis Abeba". Pour le financer, il a fait appel à des donateurs fortunés

 

 

 

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Journée sans voiture le 3 février 2019 à Addis Abeba, la capitale éthiopienne dont le développement rapide ces dernières années s'est fait dans l'anarchie. (EDUARDO SOTERAS / AFP)

 

 

 

173 000 dollars par convive, soit 155 000 euros. C'est la somme qu'ont déboursée plus de 200 donateurs fortunés, locaux et étrangers, pour assister à un dîner organisé par le Premier ministre Abiy Ahmed, le 19 mai 2019. Au menu de ces agapes, l'embellissement de la capitale de l'Ethiopie.

 

 

Le dîner avait pour but de lever des fonds en faveur d'un projet lancé sur une durée de trois ans, par M. Abiy afin d'"améliorer l'image d'Addis Abeba", une ville en mouvement qui vit de profonds changements. Les immeubles modernes y poussent comme des champignons.

 

 

En smoking et robe longue, les hôtes étaient assis à une grande table de banquet couverte de roses rouges, dans l'ancien palais impérial Menelik.

 

 

 

 

 

 

Une ville africaine plus verte

S'adressant en amharique à ses invités - la langue la plus répandue dans le pays -, M. Abiy les a remerciés de soutenir son projet "Beautifying Sheger Project" (Sheger, nom populaire de la capitale). Et il leur a dit espérer qu'une fois ce dernier achevé, Addis Abeba serait regardée comme une ville africaine "belle et propre". Selon le site de son ministère, "la croissance rapide et l'expansion de la ville ces dernières années n'ont pas utilisé de manière adéquate les ressources naturelles et la magnifique topographie dont la cité bénéficie".



Située au centre du pays, sur des hauts-plateaux en bordure du Grand Rift, à 2355 m d'altitude, Addis Abeba est la capitale la plus élevée d'Afrique. Sa population est estimée à près de 5 millions d'habitants en 2019.

 

 

Cependant, la ville grossit sans cohésion, ni espaces verts, l'une des préoccupations du Premier ministre qui veut mettre en adéquation l'aspect du plus grand centre urbain du pays avec le taux de croissance du PIB éthiopien, supérieur à 8% depuis dix ans. Alors que parcs et jardins ne couvrent que 0,3 m² par habitant à Addis Abeba, leur surface devrait passer à 7 m² par habitant grâce au projet.

 

 

 

L'Ethiopie riche et pauvre à la fois

D'un coût estimé à 1 milliard de dollars (896 millions d'euros), le plan prévoit aussi de créer des voies cyclables et piétonnières, ainsi que des digues anti-inondations, le long des 56 km de cours d'eau de la capitale. Des arbres seront également plantés et des fermes urbaines construites. Objectif : faire d'Addis Abeba la vitrine des réformes engagées depuis un an par le chef de l'exécutif, nommé en avril 2018.

 

 

Deuxième pays le plus peuplé du continent avec environ 100 millions d'habitants, l'Ethiopie possède l'économie la plus dynamique d'Afrique de l'Est. Mais le pays reste l'un des plus pauvres au monde, avec un revenu annuel moyen par habitant de 783 dollars, soit à peine 702 euros.

 


23/05/2019
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Franceinfo - le samedi 11 mai 2019

 

 

Gambie : l’ex-président Yahya Jammeh aurait détourné près d’un milliard de dollars

 

 

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Eléonore Abou EzRédaction AfriqueFrance Télévisions

 

 

 

Plus de deux ans après le départ forcé de son président, la Gambie reste surendettée et a besoin d’argent. Les autorités gambiennes ont beau avoir récemment mis en vente une partie de ses biens, les recettes sont bien loin de couvrir les fonds détournés

 

 

 

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L'ex-président gambien Yahya Jammeh lors d'un meeting à Banjul en novembre 2016. (THIERRY GOUEGNON / X01735)

 

 

 

Alors que Yahya Jammeh coule des jours heureux en Guinée équatoriale, la Gambie compte ses sous. Les caisses de l’Etat sont vides et le petit pays a besoin de l’aide internationale pour s’en sortir. Près d’une personne sur deux vit dans la pauvreté et les fonds publics destinés au développement du pays se sont évaporés. Des centaines de millions d’euros ont été détournés pendant les deux décennies de pourvoir du dictateur.

 

 

Il y avait de nombreuses failles dans la gestion des fonds publics (…) Nous avons découvert une corruption énormeSurahata Janneh, président de la Commission d’enquête

 

 

 

Argent public et dépenses privées

C’est la fin du règne de Jammeh qui a permis de parler ouvertement de la corruption qui a rongé la Gambie. Si tout le monde savait que l’ancien homme fort menait une vie de luxe avec villas, Rolls-Royce et jets privés, personne ne pouvait imaginer que le pillage du pays n’avait pas de limite.

 

 

Fin mars 2019, la Commission d’enquête créée par le président Barrow fait part de ses premières découvertes. Elle estime à près de 360 millions de dollars les fonds détournés. Un rapport de 1600 pages relate les "innombrables" comptes bancaires de l’ex-président, ses sociétés, ses collaborateurs, ses transactions financières internationales, son réseau de blanchiment, etc. L’enquête se base sur plus de 250 témoignages.

 

 

 

"Le grand braquage"

Les annonces de la Commission gambienne coïncident avec d’autres révélations publiées deux jours plus tôt par le consortium de journalistes Organised Crime and Corruption Reporting Project. L’enquête Le grand braquage, qui se base sur des milliers de documents (correspondances gouvernementales, contrats, archives bancaires), dénonce une corruption érigée en système. Les détournements de fonds publics et les recettes illicites sont chiffrés à près d’un milliard de dollars.

 

 

Société de télécommunications, Banque centrale, fonds de pension, Bureau d'aide sociale… rien n’échappe à l’avidité de Yahya Jammeh. L’ancien maître du pays avait constitué un vaste réseau comprenant des hommes d’affaires étrangers qui l’aidaient dans ses transactions illicites et la mise en place de sociétés écrans.

 

 

Jammeh a dirigé le pays comme un syndicat du crime organiséJeggan Gray-Johnson, activiste gambien au Consortium de journalistes Organised Crime and Corruption Reporting Project

 

 

 

Vol et impunité ?

Le "pillage" de l’ancien dictateur ne s’est arrêté qu’avec la fin de son règne, selon Organised Crime and Corruption Reporting. Yahya Jammeh, 53 ans, s’était emparé du pouvoir en 1994 "par un coup de force qu’il avait justifié, à l’époque, par la corruption et la gabegie galopante de son pays", souligne Jeune Afrique.

 

 

Il est aujourd’hui l’hôte du président équato-guinéen Teodoro Obiang Nguema, connu lui aussi pour s’être enrichi au pouvoir. La sortie du pays de Yahya Jammeh avait été négociée par des médiateurs de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest. Un départ "avec toutes les garanties pour sa famille, ses proches et lui-même", selon l’accord conclu, qui ne dit pas précisément si les crimes de l’ex-président resteront à jamais impunis.

 

 

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Capture d'écran Wipikedia

 


14/05/2019
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Franceinfo - le lundi 6 mai 2019

 

 

Le Ghana devient le premier producteur d'or d'Afrique

 

 

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Jacques DeveauxRédaction AfriqueFrance Télévisions

 

 

 

L'Afrique du Sud vient d'être détrônée, elle n'est plus le premier producteur d'or du continent. Décidément, rien ne semble résister au Ghana qui collectionne les bons points économiques

 

 

 

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Un ouvrier conduit la fonte d'or dans la mine d'Obuasi au Ghana. (LUC GNAGO / X01459)

 

 

 

Ce n’est pas pour rien si, avant l’indépendance en 1957, le Ghana s’appelait Gold Coast, la Côte de l’or, rappelant la richesse aurifère de la région. Il a toujours figuré parmi les premiers pays producteurs d’Afrique. Ces dernières années, la production était de 130 tonnes par an. En 2017, le Ghana a rattrapé l’Afrique du Sud grâce à deux effets cumulés : d’un côté, la mise en exploitation de deux nouvelles mines, et de l'autre, l’essoufflement régulier de la production sud-africaine.

 

 

Cette fois, c’est donc la consécration. En 2018, avec 158 tonnes d’or, le Ghana est devenu le premier producteur du continent, devant le Soudan et l’Afrique du Sud. Dans ce secteur, les exportations devraient également bénéficier de l’ouverture de la première raffinerie d’or du pays, prévue pour la mi-2019, explique la Coface.

 

 

 

Or, pétrole et cacao

Tout cela pourrait sembler bien anecdotique, si la production d’or ne participait pas à l’envolée du produit intérieur brut (PIB) du pays. 8,1% de croissance en 2017, puis 6,2% l’année suivante, selon la Banque mondiale. Cela en fait la seconde économie d’Afrique en termes de croissance derrière l’Ethiopie. L’économie est tirée par trois moteurs : l’or, le cacao et le pétrole. Une dépendance du PIB aux hydrocarbures, qui n’est pas près de disparaître, tant la prospection est féconde. Aker Energy Ghana Ltd, exploitant du champ offshore Pecan, prévoit une production de 334 millions de barils équivalent pétrole.

 

 

Le chemin vers l’industrialisation existe, mais il reste long. Les importations de machines ont bien été multipliées par quatre entre 2000 et 2017, un signal fort de la transformation de l’économie ghanéenne.

 

 

 

Attirer les capitaux

Dans le même temps, le pays cherche à attirer les investisseurs et pas seulement les Chinois. Le pays vient d’adopter une série de mesures "afin d'assouplir davantage son environnement des affaires", nous explique La Tribune Afrique. Tout est pris en compte, de la délivrance d’un permis de construire, à l’ouverture d’une ligne électrique.

 

 

Car le bilan est tout de même à relativiser. "Des années de croissance fondée sur les industries extractives n’ont pu répondre aux inégalités croissantes, ni créer des emplois décents", écrit la Banque africaine de Développement. Le taux élevé d’emplois ne masque le bas niveau de qualification des salariés. L’exode rural a également concentré l’activité en zone urbaine et sur des services informels. Les trente millions d'habitants du pays sont bien loin de profiter de ce nouvel "eldorado".

 


09/05/2019
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Franceinfo - le vendredi 26 avril 2019 - mis à jour le 27.04.2019

 

 

"Il m'est arrivée d'avoir envie de rentrer" : Marie-Claude Lovisa, française et reine au Togo

 

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Elle est la reine de Lovisa Kopé au Togo. Marie-Claude Lovisa, une Française originaire de la région lyonnaise, ne pensait jamais vivre une telle existence

 

 

 

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Franceinfo

 

 

 

"Cela fait 15 ans au mois de novembre que j'ai été intronisée. C'est vrai que je suis la seule blanche qui ait été intronisée traditionnellement avec toutes les cérémonies", lâche Marie-Claude Lovisa, reine de Lovisa Kopé au Togo. C'est un accoutrement qu'elle ne quitte plus. "Quand on m'a intronisée, on m'a mis une couronne sur la tête, des bracelets aux bras, un pagne, des chaussures de reine. Je dois tout le temps sortir avec", explique-t-elle.

 

 

 

Arrivée au Togo en 1998

Quand elle est venue au Togo pour la première fois en 1998 pour voir une amie, Marie-Claude Lovisa ne pensait pas y rester. Elle a tout quitté, vendu ses deux appartements en France. Elle était formatrice en bureautique avec des amis et une famille. Mère de deux enfants, elle a aujourd'hui trois petits-enfants en France. "Il m'est arrivée d'avoir envie de rentrer mais je me suis dit que ça ne me ressemblait pas".

 


29/04/2019
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Franceinfo - le jeudi 4 avril 2019

 

 

Afro-Américains : une nouvelle vie en Afrique

 

 

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Le Ghana fut l'un des principaux points de départ de la traite des esclaves. Aujourd'hui le pays appelle leurs descendants à revenir

 

 

 

Le Ghana était l'un des principaux points de départ des esclaves dans le cadre du commerce triangulaire. Le fort de Cape Coast est devenu en quelque sorte un lieu de pèlerinage. De plus en plus d'Américains viennent ici chaque année pour comprendre d'où ils viennent. "Je sais ce que cela veut dire maintenant d'être une Afro-américaine", confie une petite fille. Le Ghana a baptisé 2019 "l'année du retour", bien décidé à attirer le maximum d'Afro-Américains.

 

 

Jusqu'à 5 000 Afro-Américains installés au Ghana 

Candace et Steven William ont ainsi quitté Baltimore (États-Unis) il y a  deux ans et ont tout changé, jusqu'à leurs prénoms. Koffi Odoi, organisateur du marché d'artisanat est ravi de voir arriver des ressortissants américains "ils ont un savoir et les Africains en ont besoin pour se développer", témoigne-t-il. L'intégration n'est pourtant pas toujours simple. "En raison de notre couleur, plus claire, ou de notre accent, certains ici nous prennent pour des blancs, ils ne savent pas ce qu'est un Afro-Américain", précise Steven William. À cela s'ajoutent les lenteurs administratives et la difficulté à trouver un travail. Ils ont fait un test ADN pour confirmer leurs origines africaines et ont maintenant le projet de monter une association pour aider les Afro-Américains à s'installer définitivement au Ghana. Entre la quête de nouvelles opportunités et la recherche de leurs origines, de 3 000 à 5 000 Afro-Américians se sont déjà installés au Ghana depuis la fin des années 2000.

 


06/04/2019
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Franceinfo - le samedi 6 avril 2019

 

 

Au Rwanda, "la croissance économique et le contrôle de la société vont de pair"

 

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Marie E.Berry et Laura MannThe ConversationFrance Télévisions
 

 

 

"Les investissements et les politiques industrielles mises en place par le gouvernement ont engendré une croissance solide et, ce faisant, donné davantage d’influence aux membres du sérail", affirment deux chercheuses. Leur analyse dans The Conversation

 

 

 

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Le président rwandais Paul Kagame. Le Rwanda a une économie en plein essor qui est contrôlée par un régime autoritaire.  (CHRISTIAN MARQUARDT/EPA-EFE)

 

 

 

Le Rwanda est aujourd’hui considéré comme un modèle de développement économique. Vingt-cinq ans seulement après l’horreur du génocide, le pays avance à pas de géant. Cependant, le gouvernement de Paul Kagame fait l’objet de nombreuses critiques pour son autoritarisme et la violente répression de ses opposants.

 

 

Le Rwanda peut s’enorgueillir de nombreuses réussites. Le pays compte le plus grand nombre de femmes politiques au monde. Au Parlement, plus de la moitié des députés sont des femmes.

 

 

Les progrès technologiques y sont également remarquables. Le Rwanda est connu pour ses innovations qui permettent à la population d’accéder à des services essentiels, comme la transfusion sanguine. Il est aussi à la pointe en matière d’accès à Internet : plus de 95 % du pays bénéficie d’une couverture réseau. En outre, il continue d’afficher une croissance économique impressionnante.

 

 

Il importe, toutefois, de replacer ces avancées dans leur contexte.

 

 

Dans un article publié il y a trois ans, nous analysions les motivations politiques qui sous-tendent le développement du Rwanda. Plusieurs points sont toujours d’actualité.

 

 

Nos recherches mettent ainsi en évidence le double statut du pays, qui est à la fois un modèle de développement et un paria accusé d’autoritarisme au sein de la communauté internationale. Nous montrons ainsi que les marchés constituent des espaces à travers lesquels l’État rwandais accroît son emprise.

 

 

En d’autres termes, dans ce pays la croissance économique et le contrôle de la société vont de pair.

 

 

Pour bien saisir la situation, il faut d’abord comprendre les intérêts politiques qui dictent les priorités en matière de développement au Rwanda, puis prendre en compte l’histoire du pays, notamment son passé violent.

 

 

Capitalisme et développement

Des motivations politiques sous-tendent toujours le développement économique. Or l’essor de la pensée entrepreneuriale au sein des cercles chargés du développement a tendance à occulter cette réalité. Elle conçoit le développement comme un simple défi technocratique et dépeint les marchés comme des espaces apolitiques où « l’économie » peut fonctionner.

 

 

Les débats à la Banque mondiale, au sein du programme des Nations unies pour le Développement (PNUD) et dans d’autres organisations internationales suggèrent ainsi que les États devraient s’affranchir des considérations purement politiques s’ils veulent se développer efficacement.

 

 

Or, cette vision des choses néglige un nombre significatif d’études en sciences sociales qui démontrent combien, historiquement, la croissance de type capitaliste a pu être stimulée par un renforcement du pouvoir de l’État. Des sociologues et des historiens ont ainsi montré comment l’accroissement du pouvoir étatique en Europe a jeté les bases nécessaires à la coordination du secteur privé et du développement des économies de marché.

 

 

Toujours selon les chercheurs, les « tigres » du Sud-Est asiatique, à la croissance accélérée, ont eux aussi bénéficié d’une forme de capitalisme étatique. Là encore, des relations d’interdépendance se sont tissées entre dirigeants politiques et entrepreneurs.

 

 

Dans les deux cas, le développement économique a été à la fois la conséquence – et un ingrédient – d’une consolidation du pouvoir de l’État.

 

 

La question de savoir si ce modèle de développement peut être transposé dans les pays d’Afrique a été longuement débattue. Certains estiment que les systèmes politiques locaux ne s’y prêtent pas, du fait de la manière arbitraire dont les États africains se sont formés, mais aussi du fait des ambitions entrepreneuriales autochtones contrariées pendant la période coloniale. Cette situation a généré ce que les chercheurs appellent des relations de prédation entre les entreprises et l’État.

 

 

Néanmoins certains pays, comme le Rwanda, sont bien parvenus à créer des partenariats entre l’État et le parti au pouvoir pour canaliser les investissements dans les secteurs prioritaires, tout en luttant contre des formes plus flagrantes de corruption qui grèvent la productivité, à des échelons inférieurs de la société.

 

 

 

Un passé de violences

L’histoire récente du Rwanda a été marquée par de multiples périodes d’insécurité généralisée qui ont poussé le gouvernement à faire du développement une priorité.

 

 

La principale menace pour la sécurité du pays est liée aux reliquats du sectarisme Hutu, à l’origine du génocide de 1994. Parmi les autres dangers potentiels pour le régime, on peut citer la contestation de l’autorité du président Kagame par des mouvements d’opposition comme le Congrès national rwandais, ainsi que l’instabilité persistante chez son voisin, la République démocratique du Congo.

 

 

Le gouvernement a adopté une série de mesures pour désamorcer ces menaces. Certaines sont explicites, comme le déploiement de forces de sécurité à travers tout le pays. D’autres sont plus subtiles, comme les aides sociales (distributions d’argent dans les milieux défavorisés notamment) utilisées pour apaiser les frustrations des Rwandais les plus pauvres, qui se considèrent comme les laissés-pour-compte du développement économique.

 

 

Toutefois, les dirigeants ont aussi tendance à exagérer les dangers potentiels, de manière à légitimer la militarisation des frontières et justifier des mesures de sécurité toujours plus répressives. La récente décision du gouvernement de fermer sa frontière nord avec l’Ouganda et de diffuser des consignes strictes à l’intention des voyageurs en est un bon exemple. Cette décision, soi-disant prise pour des raisons de sécurité, suit le même schéma que d’autres exagérations visant à justifier la militarisation accrue du pays. Les propos du président Kagame ont suscité l’inquiétude de certains observateurs qui redoutent même que le gouvernement rwandais ne prépare des frappes militaires pour déstabiliser l’Ouganda.

 

 

Mais quelle est donc la nature du lien entre cette tendance à la militarisation et le développement du pays ?

 

 

 

Une élite politico-militaire

Selon nous, le développement des marchés a contribué à accroître le pouvoir d’une élite politico-militaire aux commandes de l’économie rwandaise. Les investissements et les politiques industrielles mises en place par le gouvernement ont engendré une croissance solide et, ce faisant, donné davantage d’influence aux membres du sérail.

 

 

Il est indéniable que l’État a profité de cette croissance et de ce climat susceptible d’attirer les investisseurs pour renforcer ses infrastructures, améliorer les services publics et encourager le progrès. Sa capacité à susciter le respect et la loyauté de la population dépend d’ailleurs du caractère durable de la croissance. Malgré tout, la transformation de l’économie au Rwanda, comme dans tous les pays du monde, suit une logique politique de renforcement des classes sociales.

 

 

Reste à voir si ce modèle pourra perdurer dans un contexte de développement lent et inégalitaire, et une économie mondialisée au sein de laquelle la mise en œuvre de réelles transformations structurelles tourne de plus en plus à la compétition. En dépit de l’accent mis sur le développement, beaucoup de Rwandais vivent encore dans la misère et leur pouvoir d’achat dépend souvent des interventions fréquentes de l’État.


Traduit de l’anglais par Iris Le Guinio pour Fast ForWord.The Conversation

 

 

 

 

Marie E. Berry, Assistant Professor, Josef Korbel School of International Studies, University of Denver et Laura Mann, Assistant Professor, Department of International Development, London School of Economics and Political Science

 

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

 


06/04/2019
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Franceinfo - le samedi 6 avril 2019

 

 

 

VINGT-CINQ ANS APRÈS LE GÉNOCIDE RWANDAIS, MILITAIRES ET DIPLOMATES FRANÇAIS TÉMOIGNENT DANS UN LIVRE

 

 

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Michel LachkarRédaction AfriqueFrance Télévisions
 
 

 

Le 6 avril 1994, l’attentat contre l’avion du président rwandais Habyarimana enclenche le génocide, sans doute préparé de longue date, contre les Tutsis. En cent jours, 800 000 personnes sont exterminées. Vingt-cinq ans plus tard, on s’interroge toujours sur le rôle de la France durant ces heures sombres. "Rwanda, ils parlent, témoignages pour l'Histoire", livre signé Laurent Larcher, journaliste à "La Croix", apporte une nouvelle contribution

 

 

 

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Des Rwandaises dans un camp de réfugiés, au nord de Goma, le 25 juillet 1994.  (ULLI MICHEL / REUTERS)

 

 

 

Le président Macron a décidé d’ouvrir les archives françaises à un collectif d’historiens sous la présidence de l'historien Vincent Duclert. Depuis 25 ans, les témoignages, parfois contradictoires, ne manquent pas sur cette tragédie. La France a-t-elle engagé l'opération Turquoise pour protéger les populations tutsies (et hutues) menacées ou avait-elle un agenda caché dans l'espoir de préserver son influence dans la région ?

 

 

Dans son livre Rwanda : ils parlent, le journaliste de La Croix Laurent Larcher donne de nouveau la parole aux différents acteurs de l’époque : militaires, diplomates, anciens ministres... Pour l’amiral Lanxade, chef d’état-major de François Mitterrand, comme pour Alain Juppé, la France n’a rien à se reprocher. Selon eux, pour comprendre la politique de la France, il faut distinguer deux périodes. Celle qui va d’octobre 1990 jusqu’aux accords de paix d’Arusha (en août 1993) et celle d'après 1993. Pour Alain Juppé, ministre des Affaires étrangères de 1993 à 1995, l’objectif de la France était alors de trouver un accord politique entre le régime du président Habyarimana et le FPR dirigé par Paul Kagame. L’accord de paix d’Arusha poussé par la France, signé en août 1993 prévoit cette réconciliation avec le FPR et la réintégration des exilés tutsis, afin de mettre un terme à la guerre civile rwandaise commencée en 1990.

 

 

 

La France mise sur l'accord de paix d'Arusha

L’accord de paix prévoit également le départ des troupes françaises et l'arrivée d'une mission des Nations unies, la Minuar, créée le 5 octobre 1993 pour veiller à son application. D'après l'accord d'Arusha, le président Habyarimana devait céder une partie du pouvoir aux "rebelles", et l’ONU prendre le relais de la France. Pour l’amiral Lanxade,  "dans cette première période (1990-1993), François Mitterrand décide de soutenir le gouvernement Habyarimana pour éviter la déstabilisation de ce pays".

 

 

L’objectif de l’opération Turquoise, c’est d’arrêter les massacres. Pas d’aller à Kigali ou d’intervenir contre le FPRAmiral Lanxade chef d'état-major particulier du président Mitterrand à Laurent Larcher

 

 

En octobre 1993, "on a passé la main aux Nations unies et au général canadien Roméo Dalaire, le drame c’est qu’ils ont été incapables de réagir. Eux avaient les moyens sur place, juste après l’attentat du 6 avril 1994, contre l’avion du président Habiyarimana. (...) C’est tout le problème des forces des Nations unies. Les Belges, comme les Hollandais à Srebenica, ne sont pas intervenus."

 

 

"Mais quand l’avion du président habyarimana est abattu, la France ne se préoccupe plus que d’une seule chose : l’évacuation des Belges et des Français."

 

 

Depuis le début du mois d’avril 1994, les Tutsis étaient massacrés par des unités militaires des Forces armées rwandaises (FAR) et des civils liés au pouvoir rwandais. Le Front patriotique rwandais (FPR), composé pour l’essentiel de Tutsis rwandais exilés en Ouganda dans les années 60, luttait contre les forces du régime en place à Kigali. 

 

 

"Pour nous, à partir de 1993, le Rwanda c’est l’affaire des Nations unies. Cela redevient notre affaire avec l’opération turquoise, parce qu'Alain Juppé et le président Mitterrand pensent qu’on ne peut pas laisser les massacres se poursuivre", affirme encore l'amiral Lanxade.

 

 

Voici donc la vision officielle défendue aujourd'hui encore par les autorités de l'époque. Quelque peu contredite par certains témoignages, comme celui du Saint-Cyrien Guillaume Ancel, chargé de guider les frappes aériennes sur le terrain. Sur la journée du 30 juin 1994 qui le hante : "Il y avait des Tutsis qui avaient survécu sur la colline, on nous a envoyés dans la forêt de Nyungwe pour stopper le FPR. Ce fut une faute criminelle. Nous aurions pu stopper les massacres de Bisesero. Mais nous les avons laissés se dérouler, préférant affronter le FPR, plutôt que les génocidaires."

 

 

Ce que conteste le général Lafourcade commandant de l'opération Turquoise : "La mission qu'on a donnée (au capitaine Ancel) consistait à protéger la zone, les camps de Nyarushishi, un peu plus bas, Cyangugu... ça n'a rien d'une opération offensive. (...) Je rappelle que toutes archives actuellement disponibles prouvent que l’opération turquoise n’avait aucun caractère offensif, mais un caractère humanitaire". 

 

 

Selon lui, "l’opération Turquoise a sauvé des milliers de vies, principalement tutsies et a arrêté les massacres dans la zone sous notre contrôle en 1994. Le bilan a été salué par l’ensemble des observateurs des Nations unies."

 

 

 

Une cohabitation Mitterrand-Balladur qui ralentit les décisions

Le livre de Laurent Larcher montre également que la cohabitation Mitterrand-Balladur (Premier ministre de l'époque) ne facilite pas toujours la prise de décision et que du temps a été perdu pour l’efficacité de l’action de protection des populations. Ce qui peut expliquer les quelques jours de retard pour l’intervention dans la forêt de Nyungwe.

 

 

Rien n'est assez rapide selon Alain juppé. "Il faut également obtenir une résolution du Conseil de sécurité pour lancer l’opération Turquoise, alors que les Américains n’étaient pas enthousiastes. Quant à nos partenaires européens, ils nous faisaient savoir : 'Allez-y, mais on vous regarde.' Donc c’était une opération difficile à monter."

 

 

Ce que l’on reproche à la France, c’est de ne pas avoir arrêté les génocidaires, d’avoir laissé la radio Mille collines diffuser ses messages terribles. Les autorités de l’époque s’abritent derrière l’opération turquoise, qui n’a pas d’autres mandats que de regrouper les populations tutsies et hutues menacées par les deux camps et à les protéger. Pas d’arrêter le FPR ou les génocidaires.

 

 

Si des zones d’ombres demeurent dans ce récit rwandais, les historiens pourront bientôt enfin faire leur travail, avec l’ouverture de toutes les archives décidée par le président Emmanuel Macron. Ce geste s'explique par la volonté du président français de tenter un rapprochement diplomatique avec le président Kagame, considéré aujourd’hui comme un chef d’Etat influent en Afrique.

 

 

Rwanda, ils parlent, témoignages pour l'Histoire, de Laurent Larcher, 

 


Edition du Seuil (mars 2019)

 


06/04/2019
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Franceinfo - le mardi 26 mars 2019

 

 

L'Afrique australe apporte son soutien à l'indépendance du Sahara Occidental

 

 

 

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franceinfo Afrique avec agencesRédaction AfriqueFrance Télévisions

 

 

 

L’Afrique du Sud a accueilli le 25 mars 2019 une conférence de solidarité avec le peuple sahraoui. Pretoria considère le Sahara Occidental comme l’une des dernières "colonies" du continent africain. La réponse du Maroc n’a pas tardé. Rabat a organisé sa propre réunion diplomatique avec le soutien d'un trentaine de pays africains

 

 

 

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Le président sud-africain Cyril Ramaphosa, le 5 février 2019. (RODGER BOSCH / AFP)

 

 

 

Le Front Polisario lutte depuis 1975 pour l’indépendance du Sahara Occidental, revendiqué par le Maroc. Mais aucune solution n'est encore en vue.

 

 

La conférence organisée par l’Afrique du Sud le 25 mars 2019 a réuni les pays membres de la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC) et quelques pays observateurs comme Cuba ou le Venezuela."On ne peut parler d’Afrique post-coloniale si le Sahara Occidental est toujours occupé par le Maroc", a affirmé la ministre sud-africaine des Affaires étrangères, Lindiwe Sisulu. "Nous sommes ici pour une cause juste. Et nous notons avec tristesse que le peuple sahraoui lutte toujours pour ses droits. Bien que l’ONU joue un rôle actif dans la résolution de ce problème, nous, membres de la SADC avons décidé d’être solidaire dans leurs efforts", a déclaré Lindiwe Sisulu.

 

 

 

Un clivage qui traverse le continent africain

L’Afrique du Sud, le Zimbabwe ou l’Angola ont toujours affiché un soutien à la cause sahraouie, en raison des liens historique entre leurs mouvements indépendantistes. Pretoria espère rallier l’ensemble de la région australe dans un soutien commun à l'indépendance du Sahara Occidental et appelle à "mettre fin à l'exploitation 'illégale' des ressources naturelles du 'territoire occupé'".

 

 

Cette offensive diplomatique de l’Afrique du Sud arrive alors que le mandat de la mission des Nations unies au Sahara Occidental, qui garantit un cessez-le-feu dans la région, arrive à échéance et que l’administration américaine s’est opposée à son renouvellement pour un an.

 

 

 

Le Maroc réunit ses amis à Marrakech

Le Maroc a organisé la riposte en réunissant 37 pays, le 25 mars à Marrakech. Ces soutiens au Maroc se sont prononcés contre toute "interférence" dans le processus onusien actuellement en cours. Le Maroc, qui a réintégré l'Union africaine en janvier 2017, s'est efforcé depuis de neutraliser toute tentative de règlement au niveau de l'Union africaine (UA). Par un puissant lobbying, le Maroc a poussé plusieurs pays africains, y compris certains de la région australe (Zambie, Mozambique), à geler leurs relations avec le mouvement indépendantiste sahraoui.

 

 

Des discussions entre le Maroc et les indépendantistes du Front Polisario ont repris il y a quelques mois sous l’égide des Nations unies, après six années d’interruption. Le représentant personnel du Secrétaire général de l'ONU pour le Sahara Occidental, Horst Kohler, s'efforce depuis plusieurs mois de relancer le processus de discussion, après plusieurs années de blocage. Mais "de nombreuses positions divergent toujours fondamentalement", a-t-il expliqué le 22 mars à l'issue d'une deuxième table ronde à Genève.

 

 

 

Le Maroc veut poursuivre sous l’égide des Nations unies

La déclaration finale adoptée par 37 pays à Marrakech rappelle "l'exclusivité des Nations unies en tant que cadre de recherche d'une solution politique, mutuellement acceptable, réaliste, pragmatique et durable à la question du Sahara"

 

 

Les conférences de Marrakech et de Pretoria reflètent la ligne de fracture qui partage le continent. Pour le Maroc, la "solution réaliste et pragmatique" correspond au statut d'autonomie sous contrôle marocain que veut Rabat. Pour les indépendantistes du Front Polisario, la solution "juste" fait référence au référendum que le Polisario réclame pour obtenir l'indépendance de cette étendue désertique de 266 000 km².

 


27/03/2019
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Franceinfo - le samedi 23 mars 2019

 

 

Cyclone Idai : le bilan s'alourdit à 417 morts au Mozambique

 

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

 

Le bilan du cyclone, des inondations et des glissements de terrain continue de grimper au Mozambique. Le Malawi et le Zimbabwe ont également été touchés

 

 

 

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A Beira (Mozambique) le 23 mars 2019, une dizaine de jours après le passage du cyclone Idai. (WIKUS DE WET / AFP)

 

 

 

 

Le bilan s'alourdit encore au Mozambique. Le passage du cyclone Idai sur l'Afrique australe a fait au moins 417 morts dans le pays, annonce samedi 23 mars le ministre de la Terre, de l'Environnement et du Développement rural mozambicain. 

 

 

"A l'heure qu'il est, nous avons 417 morts et 1 528 blessés", a déclaré Celso Correia à la presse, à Beira, la deuxième ville du pays qui a été en partie dévastée par le cyclone Idai. Le précédent bilan au Mozambique faisait état de 293 morts. Au total, le cylone Idai, qui a provoqué des inondations catastrophiques et des éboulements de terrain au Mozambique et au Zimbabwe voisin, a fait au moins 676 morts dans les deux pays.

 

 

"C'est un désastre naturel sans précédent. La zone affectée [au Mozambique] est d'environ 3 000 km2. Un désastre qui équivaut aux catastrophes majeures", estime le ministre. Et il ajoute : "Malheureusement, personne dans la région ni dans le monde ne pouvait prédire un désastre d'une telle ampleur."

 


23/03/2019
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