L'AIR DU TEMPS

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AFRIQUE général

L'Histoire continue de s'écrire partout dans le monde. Suivons celle du continent africain


Franceinfo - le vendredi 23 octobre 2020

 

 

Guinée : la tension monte encore, le pouvoir d'Alpha Condé réquisitionne l'armée

 


25/10/2020
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Franceinfo - le jeudi 17 septembre 2020

 

 

L'Etat islamique revendique l'assassinat de huit personnes, dont six humanitaires français, au Niger le 9 août

 


21/09/2020
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Franceinfo - le mardi 8 septembre 2020

 

 

"L'ambiguïté des politiciens africains" qui dénoncent l'ingérence de la France : le cas de la Côte d'Ivoire

 


09/09/2020
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Franceinfo - le vendredi 14 août 2020

 

 

 

Niger : l'attaque contre les humanitaires français semble avoir été "préméditée" et visait "certainement des Occidentaux", selon les premiers éléments de l'enquête

 


14/08/2020
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Franceinfo - le lundi 10 août 2020

 

 

Attaque meurtrière au Niger : le parquet antiterroriste français ouvre une enquête pour "assassinats en relation avec une entreprise terroriste"

 

 

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Image par ssmiling de Pixabay


11/08/2020
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Franceinfo - le dimanche 9 août 2020 - mis à jour le 10.08.2020

 

 

Attaque meurtrière au Niger : "Il s'est passé l'inimaginable" dans "l'endroit le plus zen" du pays, selon l'avocat de l'ONG Acted

 

 

 

Attaque meurtrière au Niger : "La menace est extrêmement étendue et généralisée" d'après un analyste du Sahel

 

 

 

VIDEO. Mort de Français au Niger : le Sahel, repaire de groupes jihadistes depuis plusieurs années

 

 

 

Huit personnes tuées au Niger : "La violence de l'attaque oriente vraisemblablement vers une action terroriste", pour le général Jérôme Pellistrandi

 

 

 

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Image par David Peterson de Pixabay

 

 

 

Attaque meurtrière au Niger : Emmanuel Macron dénonce un "attentat" qui "a lâchement frappé" des humanitaires

 

 

Huit personnes, dont plusieurs travailleurs humanitaires français, sont mortes lors d'une attaque. Un conseil de défense se tiendra mardi matin "sous l'autorité du président de la République". 

 

 

 

Huit personnes, dont plusieurs Français, tués par des hommes armés au Niger

 

L'Elysée a confirmé que des Français se trouvaient parmi les victimes, sans en donner le nombre.

 


10/08/2020
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Franceinfo - le samedi 30 mai 2020 - mis à jour le 31.05.2020

 

 

En Zambie, les meurtres d'entrepreneurs chinois ravivent les tensions avec Pékin

 

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Laurent Ribadeau DumasRédaction AfriqueFrance Télévisions

 

 

Trois entrepreneurs chinois ont été assassinés à Makeni, banlieue de Lusaka, capitale de la Zambie, au cours du week-end des 23 et 24 mai 2020, a rapporté la presse locale

 

 

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Ressortissants chinois sur un marché à Lusaka, capitale de la Zambie, le 25 octobre 2010 (THOMAS NSAMA / AFP)

 

 

 

Les corps des trois Chinois assassinés en banlieue de Lusaka, dont une femme, auraient été traînés dans une usine textile qui a ensuite été incendiée, rapporte la BBC. La police a procédé à l’arrestation de trois personnes. Selon la presse locale, les trois entrepreneurs ont été tués par leurs employés, excédés par leurs conditions de travail très dures.



L’affaire intervient alors que depuis plusieurs années, l’importante présence chinoise provoque des mécontentements en Zambie. L’ambassade de Chine à Lusaka, citée par l’hebdomadaire chinois de langue anglaise Global Times, a demandé que des "mesures effectives" soient prises pour assurer la sécurité de ses ressortissants vivant dans le pays. Le journal note que plusieurs citoyens de l’Empire du Milieu y ont été tués au cours de ces dernières années.

 

 

Certains Chinois vivant en Zambie ont exprimé leur inquiétude pour leur propre sécurité, rapporte l’hebdomadaire. Une inquiétude également relayée par d’autres canaux plus ou moins officiels. Notamment le compte Twitter de Shen Shiwei, de la chaîne CGTN, présenté comme un analyste de politique étrangère. 

 

 

 

Shen Shiwei沈诗伟 @shen_shiwei
 

Camera footage reveals a brutal triple murder of Chinese nationals by three blacks suspects in . The lady’s body was even burnt to ashes. New information shows that is was apparently a robbery and murder. Anxiety and insecurity of local Chinese are rising.

Vidéo intégrée
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(Traduction : "Des images montrent un triple meurtre violent de ressortissants chinois par trois suspects noirs à Lusaka en Zambie. Le corps d'une femme a même été reduit en cendres. Selon de nouvelles informations, il s'agit d'un vol et d'un meurtre. L'inquiétude et le sentiment d'insécurité des Chinois vivant sur place sont en train de monter.")



Si l’on en croit des résidents chinois cités par le Global Times"certains (Zambiens) n’auraient pas compris les mesures sanitaires prises par des entreprises chinoises" dans le cadre du coronavirus. L’un d’eux précise que certaines de ces entreprises ont imposé une "gestion fermée" ("closed-off management") en interdisant à leurs employés de rentrer chez eux, "mais cela a été interprété par des habitants comme une restriction de leur liberté".

 

 

 

La Chine s’estime "stigmatisée"

Toujours selon la même source, "des articles dans des médias occidentaux et locaux ont stigmatisé la Chine et ont des conséquences sur la manière dont les Africains voient la Chine et les Chinois". Histoire d’enfoncer le clou, cette accusation est également portée par le responsable adjoint de l’Association des Chinois d’Outre-Mer, toujours dans le Global Times. Ceux qui pensaient que le "coronavirus serait originaire de Chine vivaient à l’écart des Chinois, ce qui a provoqué un conflit entre (ces derniers) et les Zambiens", a affirmé ce responsable. Une situation qui n’a pas échappé à Taïwan, où l’on note que cette affaire survient alors qu’on constate une "augmentation des tensions entre Lusaka et Pékin" (Taiwan News)...

 

 

Une situation tendue, c’est ce que montre le comportement, ces dernières semaines, du maire de la capitale zambienne, Miles Sampa. Celui-ci "a mené une opération visant à fermer des entreprises appartenant à des Chinois, notamment des salons de coiffure et des restaurants, après que des habitants se sont plaints de discrimination", rapporte la BBC.

 

 

 

The China Africa Project@eolander
 

Lusaka Mayor Miles Sampa himself went down to a Chinese-owned barbershop to shut them down for not serving local customers and threatened the staff with arrest if they continue to only serve Chinese patrons. "This is not Wuhan!" he angrily declared. https://www.youtube.com/watch?v=IKpz3UeWza0&feature=emb_title 

17 personnes parlent à ce sujet
 
 

(Traduction : "Le maire de Lusaka Miles Sampa s'est rendu en personne pour fermer un salon de coiffure appartenant à des Chinois qui ne servent pas de clients locaux. Il a menacé de faire arrêter le personnel s'il continuait à ne servir que des patrons chinois. 'Ici, on n'est pas à Wuhan !', a-t-il déclaré en colère.")  

 

 

L’élu est également intervenu dans une cimenterie, où une centaine d’ouvriers "ont été détenus en otage" pendant huit semaines, selon le site Lusaka Times"Il leur est interdit de rentrer chez eux parce qu’ils peuvent transporter le coronavirus avec eux", a dit le maire. "Nous avons dit au responsable chinois (de la cimenterie) que cela était de l’esclavage", a-t-il expliqué, cité par le journal. "Les Zambiens noirs ne sont pas à l’origine du coronavirus. Celui-ci vient de Chine et il a été importé en Zambie via la France", a-t-il encore affirmé. Par la suite, l’élu, qui a reçu de nombreux soutiens sur les réseaux sociaux, a dû s’excuser en évoquant une "erreur de jugement".

 

 

 

Les Chinois "se comportent comme les propriétaires du pays"

"Le pays est en colère (…). Les Chinois sont des étrangers ici, mais ils se comportent comme les propriétaires du pays", a commenté auprès de l'AFP Brebner Changala, une figure de la société civile zambienne. "Ceux qui travaillent pour les Chinois sont soumis à des conditions de travail insupportables. Ni les syndicats, ni le gouvernement censés les protéger ne le font. Ils doivent se défendre tous seuls", a-t-il déploré. Depuis quelques années, "le sentiment anti-chinois est de plus en plus perceptible en Zambie"notait déjà RFI en 2018.

 

 

Un tel sentiment trouve un relais dans les médias locaux. Egalement en 2018, le journaliste Kalima Nkonde observait dans le Lusaka Times "une colonisation subtile et informelle de l’économie" du pays de la part des Chinois. Avec pour objectif "l'accès aux matières premières, la recherche de marchés pour leurs produits, l’installation d’émigrants, ainsi qu'une stratégie à long terme pour établir un pouvoir et une influence géopolitiques".

 

 

 

La spirale de la dette

Ces tensions inquiètent le pouvoir zambien. A la suite de l’assassinat des trois ressortissants chinois, le ministre des Affaires étrangères, Joseph Malanji, a tenté de rassurer les investisseurs en qualifiant le drame d’"anarchie""La Zambie possède une économie libéralisée. Nous ne choisissons parmi ceux qui veulent faire des affaires ici, qu’ils soient blancs, noirs, petits, grands, que ce soit des hommes ou des femmes (...). Les étrangers ne devraient pas se sentir menacés par ce revers temporaire", a-t-il dit, selon des propos cités par le journal The Diggers !

 

 

 

Le président zambien, Edgar Lungu, en train de saluer des représentants de la firme chinoise Aviation Industry Corporation of China (AVIC Intl) à Lusaka le 15 septembre 2018

Le président zambien, Edgar Lungu, en train de saluer des représentants de la firme chinoise Aviation Industry Corporation of China (AVIC Intl) à Lusaka le 15 septembre 2018 (DAWOOD SALIM / AFP)



Il faut dire que la Zambie est très dépendante de l’étranger. D’autant qu’avec la crise du coronavirus, elle pourrait se retrouver en faillite. En raison notamment de sa dette, qui s’élèverait à au moins 10 milliards de dollars pour un pays de 17 millions d’habitants. Celui-ci a notamment reçu de la Chine des "prêts généreux" (dixit RFI) pour la construction d’infrastructures.



Résultat, aujourd’hui, selon la firme de business risk EXX Africa citée par la chaîne américaine CNBC, les entreprises chinoises font pression sur les autorités zambiennes "pour éviter de nouveaux retards de paiement ou des défauts de paiement sur leurs prêts". De plus, elles "refusent de restructurer les dettes existantes et recherchent plutôt de nouvelles garanties en cas de défaut". Elles s'efforceraient ainsi de prendre le contrôle des importants actifs miniers zambiens. Dans le même temps, la Chine conserve également une participation très controversée dans la radio-télé publique, la ZNBC. La preuve que le soft power fait aussi partie de la stratégie de Pékin.

 


31/05/2020
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De Facebook - lundi 27 avril 2020

 

 

Covid-Organics à Madagascar : des militaires font du porte-à-porte pour distribuer la tisane dans la capitale

 

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Martin MatesoRédaction AfriqueFrance Télévisions

 

 

 

La société civile malgache est vent debout. Elle dénonce "un excès de communication politique au détriment de la parole des experts médicaux"

 

 

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Des militaires distribuent la tisane contre le coronavirus dans le centre d'Antananarivo, la capitale malgache, le 22 avril 2020. (RIJASOLO / AFP)

 

 

 

Dans les ruelles de la capitale Antananarivo, c'est l'armée qui a reçu la mission de livrer à domicile une potion gratuite du Covid-Organics, censée protéger du coronavirus. Des militaires malgaches en uniforme font donc du porte-à-porte avec des sachets de tisane sous le bras, accompagnés du mode d'emploi de ce produit conçu par l'Institut malgache de recherche appliquée (IMRA).

 

 

Un sachet pour quatre litres d'eau, à prendre à raison de deux verres par jour pour un adulte, et un verre pour les enfants. C'est interdit aux femmes enceintes Mode d'emploi de la tisane Covid-Organics fourni aux habitants

 

 

Si de nombreux Malgaches ont accueilli à bras ouverts la distribution inattendue et gratuite de ce remède traditionnel vanté par leur président, Andry Rajoelina, "l'opération tisane" n'est pas du goût de tout le monde. La distribution du Covid-Organics a même suscité une vive polémique depuis qu'il a été donné à consommer par les élèves qui ont repris le chemin de l'école la semaine dernière. Certains ont refusé de s'y soumettre sans avoir obtenu l'accord de leurs parents, rapporte la presse malgache. "Chaque parent est bien évidemment libre de ne pas autoriser son enfant à le prendre", explique la directrice de cabinet du président, Madame Lova Ranoramoro

 

 

 

"Pas assez de place à la parole des experts médicaux"

Depuis quelques jours, la société civile est vent debout dans la Grande Ile de l'océan Indien. Des réactions se sont multipliées pour dénoncer la distribution du Covid-Organics dans les établissements scolaires. Certaines organisations invoquent les dispositions de la Constitution malgache pour justifier leur rejet.

 

 

Il est interdit de soumettre une personne, sans son libre consentement, à une expérience médicale ou scientifiqueArticle 8 de la Constitution malgache L'Express de Madagascar du 25 avril 2020

 

 

Toute forme de contrainte est donc inadmissible, note un communiqué signé par plusieurs associations de la société civile malgache. Elles dénoncent aujourd'hui "un excès de communication politique au détriment de la parole des experts médicaux". C'est ce que pointe aussi Transparency International sur sa page Facebook. L'organisation réclame la totale transparence des recherches et des expérimentations médicales du Covid-Organics sur la santé publique.

 

 

"Les déclarations de la société civile justifient les doutes de plusieurs entités et notamment les membres de l'Académie nationale de médecine sur l'efficacité du remède", écrit Transparency International, citée par l'Express de Madagascar

 

 

Le journal précise toutefois qu'après une rencontre avec le chef de l'Etat malgache, l'Académie de médecine a fini par lever ses doutes concernant le Covid-Organics. Elle avait mis en garde contre l'utilisation d'un remède dont "les preuves scientifiques n'ont pas encore été élucidées".  Dans un nouveau communiqué publié dans la soirée du 24 avril, l'Académie de médecine ne s'oppose plus à la distribution du produit. Toutefois, elle tient à préciser que le Covid-Organics n'est pas un médicament, mais plutôt "un remède traditionnel amélioré".

 

 

"L'Académie ne s'oppose pas à son utilisation sous forme de décoction et la laisse à la libre appréciation de chacun, sous réserve de respect de la dose indiquée, notamment pour les enfants", indique le communiqué remis à la presse. Il est toutefois recommandé de mettre en place un système de suivi des personnes ayant consommé le "Tambary CVO", terme utilisé par l'Académie pour désigner la décoction Covid-Organics.

 

 

 

"Des méthodes pas bien scientifiques"

Mais si l'Académie de médecine ne déplore plus l'absence de preuves scientifiques concernant ce remède, sa nouvelle prise de position est loin de faire l'unanimité au sein de la communauté scientifique de la Grande Ile. Le doyen de la faculté de médecine de Toamasina, dans l'est de l'île, est parmi ceux qui tirent la sonnette d'alarme contre "les méthodes pas bien scientifiques" autour de cette tisane. Rejoignant ainsi les grandes réserves émises par l'Organisation mondiale de la santé après le lancement du remède malgache.

 


28/04/2020
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Franceinfo - le samedi 18 avril 2020

 

 

Le coronavirus qui "risque de coûter aux pays africains entre 5 et 10 points de PIB" relance le débat sur la dette du continent

 

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Laurent Ribadeau DumasRédaction AfriqueFrance Télévisions

 

 

Tout en étant très touché par une crise économique sans précédent liée à l’impact du coronavirus, l'Afrique supporte un endettement de plus de 300 milliards de dollars. Explications de Thomas Mélonio, de l'Agence française de développement

 

 

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Une femme porte un masque dans une rue du township d'Alexandra, à Johannesburg, en Afrique du Sud, le 15 avril 2020. (JEROME DELAY/AP/SIPA / SIPA)

 

 

 

Avec l’irruption du Covid-19, de nombreux pays africains sont plongés dans une grave crise sanitaire, mais aussi économique et sociale. Une situation d’autant plus critique que nombre d’entre eux sont déjà très endettés. Les grands créanciers internationaux ont annoncé un moratoire de la dette pour 12 mois. Ce qui va permettre aux Etats en difficulté de consacrer immédiatement des moyens budgétaires supplémentaires à la lutte contre cette crise. Les explications de Thomas Mélonio, directeur exécutif de l’innovation, de la recherche et des savoirs à l’Agence française de développement (AFD).



Franceinfo Afrique : Emmanuel Macron a parlé, le 13 avril, d’annuler "massivement" la dette des pays africains. De leur côté, les ministres des Finances et gouverneurs des banques centrales du G7 et du G20  se sont dits favorables à une suspension de la dette, mais pas à une annulation. N’y a-t-il pas là une contradiction ?

 

Thomas Mélonio : il faut savoir que l’Afrique va être assez fortement frappée par la crise du Covid-19. Elle va l’être évidemment au niveau sanitaire. Mais elle va l’être aussi au niveau économique. Elle risque d’être touchée à trois niveaux. Il y a d’abord eu une fuite des capitaux : depuis février, 90 milliards de dollars ont quitté les pays en développement. Cinq fois plus qu’en 2008 ! Alors que dans l’état actuel des choses, ces pays ont besoin d’emprunter pour faire fonctionner leurs services publics, notamment sanitaires.

 

 

Le second choc intervient pour le tourisme. Pour le Maroc, par exemple, cette activité représente 10% du PIB, avec un pourcentage équivalent pour l’emploi. Le troisième choc, c’est la division par deux du prix du baril de pétrole. Ce qui handicape les pays producteurs : Angola, Nigeria, Gabon… Mais le phénomène frappe l’ensemble du secteur des matières premières et a des conséquences pour des pays comme l’Afrique du Sud ou la Zambie. Au final, cette crise risque de coûter aux pays africains entre 5 et 10 points de PIB. Soit entre 130 et 150 milliards de dollars de revenus en moins en 2020 pour l’ensemble du continent.

 

 

 

Personnel sanitaire à l\'hôpital Charlotte Maxeke à Johannesburg le 15 avril 2020

Personnel sanitaire à l'hôpital Charlotte Maxeke à Johannesburg le 15 avril 2020 (MICHELE SPATARI / AFP)



On a effectivement annoncé un moratoire sur le service de la dette externe, laquelle représente 32 milliards. La mesure concerne 76 pays, dont 40 pays africains, et porte sur une somme de l’ordre de 20 milliards d’euros dont les échéances sont reportées à plus tard. Tous les créanciers ont accepté : bilatéraux (Etats… NDLR), qui prêtent sur des durées longues, multilatéraux (FMI, Banque mondiale, banques de développement comme la Banque africaine de développement…), privés (banques, entreprises, gestionnaires de fonds… NDLR). Les créanciers privés, qui prêtent sur le court terme, représentent 25% du stock de dettes. Eux aussi ont accepté, car ils savent que sinon ils ne seront pas remboursés. Reste donc en suspens 12 milliards d’euros pour lesquels les créanciers multilatéraux n’ont pas encore dit oui à un moratoire.



Ce moratoire est une réponse pour 2020 : il permet de repousser les échéances et d’apporter des liquidités supplémentaires aux Etats, qui vont avoir besoin de beaucoup d’argent. Mais il n’est pas suffisant en raison de l’ampleur du choc actuel : la perte de revenus est cinq fois supérieure au poids de la dette. Dans ce contexte, la suspension de celle-ci est une mesure de très court terme.

 

 

 

Et pour un plus long terme ?

 

Il est donc nécessaire de chercher d’autres ressources pour trouver une réponse globale à la crise du coronavirus. Il y a des enjeux sanitaires immédiats. C’est ce à quoi travaille l’AFD en montant des projets avec l'Inserml'Institut Pasteur, la fondation Mérieux, des centres de recherche, des cliniques... Et puis se pose la question de l’après 2020. Il faut voir que les prévisions, notamment du FMI, s’attendent, pour l’année 2021, à une conjoncture supérieure à celle de 2019, notamment en Afrique. Ce qui alimente la réflexion de savoir s’il faut envisager d’annuler entièrement ou partiellement une dette dont le stock total s’élève à plus de 300 milliards de dollars pour l’ensemble du continent.



En fait, tout dépend des pays : certains seront viables et solvables, d’autres seront dans l’incapacité de financer des investissements. Dans l’état actuel des choses, on observe une crise de la solvabilité dans 25 à 30 pays. La décision d’annulation totale ou partielle se fera en fonction de la situation de chacun. Une annulation totale peut intervenir pour des pays dont la dette n’est plus viable.

 

 

La réflexion est d’autant moins simple que l’univers financier est très complexe. Aujourd’hui, avec l’arrivée de la Chine, des pays du Golfe, du Brésil, des banques de développement, il y a beaucoup plus de bailleurs de fonds qu’avant… Sans compter les acteurs privés. Tous ont accepté le moratoire. Mais pour l’avenir, il s’agira de discuter d’annulation. Et là, je m’attends à une discussion serrée !

 

 

 

Comment voyez-vous la situation africaine dans le contexte d’une sortie de crise ?

 

 

Opération de désinfection dans un marché de Nairobi au Kenya le 15 avril 2020

Opération de désinfection dans un marché de Nairobi au Kenya le 15 avril 2020 (LUIS TATO / AFP)

 

 

 

L’adage explique qu’une crise renforce les forts et affaiblit les faibles ! Les pays endettés, les pays pétroliers, ceux qui vivent du tourisme vont connaître une situation difficile et en payer la facture pendant plusieurs années. Des pays à l’économie diversifiée, comme le Sénégal ou la Côte d’Ivoire, s’en sortiront mieux. Ceux qui n'ont pas mis tous leurs œufs dans le même panier.

 

 

 

Comme l’a dit lui-même le ministre de l'Economie Bruno Le Maire, les annulations de dette se feront donc "au cas par cas". Mais n’est-ce pas en contradiction avec l’annonce, le 8 avril, par le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, d’une aide à l’Afrique de "près de 1,2 milliard d'euros", dont 1 milliard de prêts et 150 millions de dons ? Ne risque-t-on pas d’alourdir l’endettement ? Et pourquoi cette différence entre dons et prêts ?

 

 

Les pays que nous jugeons viables obtiendront des prêts remboursables, pour ceux qui ne le seront pas, nous ne faisons que des dons. C’est le point de vue de l’Etat français. L’effort est réparti. Les dons ne seront évidemment pas remboursés. Les prêts, qui sont bonifiés par l'Etat, c’est-à-dire à des taux très inférieurs à des taux commerciaux, permettront d’engager dès maintenant davantage d’argent pour financer davantage d’actions sanitaires et sociales, même si évidemment ils devront être remboursés plus tard.

 

 

Finalement, les pays trop endettés, parce que leur dette n’est déjà plus viable, n’auront que la partie don, mais auront le plus grand mal à financer le reste des besoins. Nous essayons de compenser en leur faisant des dons un peu plus importants, mais être privé de l’accès au crédit, qu’il soit public ou privé, est un gros problème pour un Etat, car très rares sont les pays qui financent leurs investissements sur le budget propre.

 

 

 

Certains pensent que face à la crise du coronavirus, la France ferait mieux de garder son argent pour s’occuper de ses infrastructures sanitaires plutôt que d’aider l’Afrique. Que répondez-vous à ce type de critique ?

 

 

Un agent sanitaire prend la température de jeunes sans-abri, confinés en quarantaine, près de Dakar le 10 avril 2020. 

Un agent sanitaire prend la température de jeunes sans-abri, confinés en quarantaine, près de Dakar le 10 avril 2020.  (JOHN WESSELS / AFP)

 

 

 

Tant que le virus circule en Afrique, il est susceptible de revenir en France et de provoquer une nouvelle vague. Il faut s’assurer qu’il soit sous contrôle partout, sur le continent comme ailleurs. De notre part, c’est donc un argument égoïste ! Mais il y a aussi un niveau de solidarité nécessaire. Il s’agit notamment d’aider des populations sur un continent où la maladie présente des risques énormes pour les cas de comorbidité (personnes souffrant de plusieurs maladies à la fois, NDLR).

 

 

 

Et que dire à ceux qui évoquent les problèmes de corruption, des aides qui seraient détournées, versées sans contrôle ?

 

Ce n’est pas vrai qu’il n’y a pas de contrôle. A l'AFD, tous les projets sont soumis à des demandes d’audit. Pour les prêts au niveau international, les mécanismes de contrôle ont été institués par le FMI. Quand on apporte des fonds, il faut par ailleurs savoir comment toucher les populations les plus vulnérables. Pour ce faire, à l’AFD, nous, nous nous efforçons de trouver sur le terrain des acteurs aptes à répondre sur les plan sanitaire et social. Que ce soit des entreprises privées, des banques, des ONG, des institutions de microfinance...

 


18/04/2020
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Franceinfo - le jeudi 26 mars 2020

 

 

Pourquoi, face au coronavirus, les sociétés d’Afrique de l’Ouest peinent à s'adapter au confinement

 

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Laurent Ribadeau DumasRédaction AfriqueFrance Télévisions

 

 

 

L’Afrique commence à prendre des mesures de confinement contre la pandémie. Reste à savoir comment vont réagir les populations... L'analyse de l'anthropologue de la santé Yannick Jaffré

 

 

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Passant dans une rue résidentielle d'Abidjan, en Côte d'Ivoire, le 24 mars 2020. (ISSOUF SANOGO / AFP)

 

 

 

Dans un pays comme le Mali, l’option du confinement pour lutter contre la pandémie de coronavirus a été, jusque-là, écartée. La peur "ne s'est pas encore emparée de Bamako : les verres de thé continuent d'être partagés, les mains de se serrer. Dans les bus et taxis collectifs, les clients se serrent toujours les uns contre les autres", observait l’AFP le 23 mars 2020, citée par franceinfo Afrique. D’autres pays africains ont pris des mesures de prévention. Le confinement a ainsi déjà été instauré au Rwanda, en Tunisie, à l’île Maurice, en Afrique du Sud, dans certaines régions d’Algérie, dans des grandes villes comme Lubumbashi, capitale économique de la RDC, Antananarivo, capitale de Madagascar, et Toamasina, 2e cité la plus importante de la Grande île. Mais l’instauration de telles mesures sur le continent, notamment en Afrique subsahélienne, peut s’avérer très complexe. L’éclairage de Yannick Jaffré, anthropologue de la santé.

 

 

Des passants se protègent pendant une opération de désinfection contre le coronavirus sur un marché d\'Accra (Ghana) le 23 mars 2020. 

Des passants se protègent pendant une opération de désinfection contre le coronavirus sur un marché d'Accra (Ghana) le 23 mars 2020.  (NIPAH DENNIS / AFP)

 

 

 

Franceinfo Afrique : comment jugez-vous la progression du coronavirus en Afrique sahélienne ?

Yannick Jaffré :
 je pense qu’il faut considérer les caractéristiques propres des sociétés qu’on y trouve. Notamment une urbanisation extraordinairement rapide et très peu maîtrisée. Une population jeune : 45% de la population a moins de 15 ans. Un taux d’alphabétisation assez faible.

 

 

 

Vous parliez à l’instant de l'urbanisation…

Les villes connaissent un développement très important, inégal et très peu géré. On peut trouver de belles maisons avec le confort à l’européenne. Mais aussi tout un système de concessions avec des espaces ouverts, en l’occurrence une cour, où vivent des familles très nombreuses. Avec souvent, aussi, un seul point d’eau et une latrine (ou tout au plus deux). 



En France, une unité de résidence comprend en général une famille de quelques membres avec des aires fonctionnelles : on se lave dans un endroit, on mange, on dort dans d’autres lieux dédiés. En Afrique, l’unité de résidence comprend donc une très grande famille. Dans bien des concessions, on superpose les activités dans un même endroit. La vie y est très intense : on dort, on se lave, on prépare la cuisine, souvent à même le sol, on mange avec la main. Tandis qu’une chèvre passe, les enfants jouent dans la cour… Dans le même temps, il est impossible de stocker de nombreux aliments et l’on fait le marché au jour le jour. Dans ce contexte, si des mesures de confinement sont prises, elles vont être difficiles à appliquer.

 



Vous évoquez aussi le taux d’alphabétisation…

 

Celui-ci est très variable selon les pays. Mais on pense qu’en Afrique de l’Ouest, environ 40% de la population parle vraiment français. La plus grande partie des populations s’exprime dans les nombreuses langues parlées en Afrique subsahélienne. Bien sûr, toutes ces langues expriment la maladie. Mais les écarts de traduction et d'interprétation peuvent être importants. Cette situation linguistique doit être analysée et prise en compte parce qu'elle peut poser problème pour des messages de prévention. 

 

 

 

Zone d\'habitation à Abidjan. Photo prise le 20 mai 2015.

Zone d'habitation à Abidjan. Photo prise le 20 mai 2015. (ISSOUF SANOGO / AFP)

 

 

 

En France, dans un univers globalement unilingue, le terme "grippe" est souvent rapproché de "simple rhume", ce qui a des conséquences pour la vaccination. En Afrique, ces processus sont plus marqués dans la mesure où les langues africaines, pour des raisons historiques, n'ont pas véritablement un lexique médical "scientifique". Il peut, de ce fait, y avoir une grande distorsion entre un message médical préventif et la manière dont il reçu par les diverses populations. Ce qui introduit parfois des approximations et des équivoques, notamment chez les personnes les plus démunies. 



Par exemple, en bambara, le terme VIH a parfois été interprété, au début de l'épidémie, comme une "maladie qui rend jaune" ("sayi"). Une maladie que les populations croyaient connaître. De la même façon, la traduction du terme "tuberculose" par "simple toux" peut inciter des malades à se rendre chez des guérisseurs supposés guérir ces symptômes en trois jours... Ces malades espèrent un traitement "miracle", peu cher et compréhensible. Ils peuvent ainsi être victimes de vendeurs de faux médicaments, les "médicaments par terre". Cette situation risque de se retrouver pour le coronavirus. Par exemple, en bambara, le mot "virus" peut se traduire par un néologisme signifiant "graine de maladie" ("banakise"). Comment les populations et divers guérisseurs vont-ils s’approprier ces termes mêlant des éléments locaux et scientifiques? On ne le sait pas ! 

 

 

 

Etalage de médicaments contrefaits sur un marché d\'Abidjan (le 14 juin 2007)

Etalage de médicaments contrefaits sur un marché d'Abidjan (le 14 juin 2007) (ISSOUF SANOGO / AFP)

 

 

 

Par ailleurs, sans doute faudra t-il aussi, pour certains pays, tenir compte des mémoires populaires autour d'Ebola, voire des épidémies de choléra ou de méningite. De la même façon, il faudra tenir compte de la gestion de ces épidémies par les pouvoirs publics. Tout cela déterminera largement la manière dont le coronavirus va être compris par les populations et quelles pratiques préventives seront mises en action. D’autant que les plus pauvres seront ceux à qui l’on demandera le plus d'efforts : rester confiné nombreux sur une surface réduite, subsister sans réserves de nourriture, trouver de l'argent chaque jour...

 

 

 

 

Au-delà, qu'en est-il des systèmes hospitaliers ?

Il y a une différence entre la France et les pays africains dans la capacité des services de santé à accueillir des populations malades du coronavirus. En France, l’hôpital est d’abord un lieu technique. En Afrique, il fonctionne très largement avec les familles qui sont ainsi des aidants. Celles-ci y amènent les draps depuis chez elles, elles les lavent. Comme elles peuvent aussi laver les corps. Elles font la cuisine à l’intérieur des établissements hospitaliers. On y trouve donc toute une vie sociale où les proches des malades ont un rôle. Dans ce contexte, l’adoption de mesures de confinement risque, là encore, d’être extrêmement difficile.

 

 

Cela risque d’être d’autant plus compliqué que l’hôpital peut aussi être un espace religieux. On y organise des prières collectives et un soignant quitte parfois son service pour s’y rendre. Si l’espace médical doit être propre, l’espace religieux doit être pur. Au Bénin, par exemple, on peut ainsi voir des officiants qui nettoient les visages des participants, mais en n’utilisant qu’une seule serviette.

 

 

Dans le même registre, il faut tenir compte des très grandes cérémonies funéraires dans les pays côtiers : Côte d’Ivoire, Ghana, Bénin, Togo… Ces cérémonies, pour lesquelles on dépense beaucoup d’argent, ont une grande importance. On prend le corps du défunt, on le promène dans la ville pour une dernière rencontre avec ses amis, pour clore ses relations sociales. On chante, on danse. Empêcher, de telles cérémonies, c’est possible. Mais dans ce contexte, on ne sais pas quelle sera la réponse des populations...

 

 

 

Chercheur au centre de recherche clinique universitaire à Bamako, capitale du Mali, le 19 mars 2020. \"A Bamako, Niamey, il y a des gens admirables, des médecins et d’autres professionnels aux formations très pointues\", observe l\'anthropologue Yannick Jaffré (CNRS).

Chercheur au centre de recherche clinique universitaire à Bamako, capitale du Mali, le 19 mars 2020. "A Bamako, Niamey, il y a des gens admirables, des médecins et d’autres professionnels aux formations très pointues", observe l'anthropologue Yannick Jaffré (CNRS). (MICHELE CATTANI / AFP)


 

Pour en revenir aux systèmes de santé, peuvent-ils tenir le choc en cas d’expansion foudroyante de la maladie ?

 

Effectivement, les système de santé des pays subsahéliens sont faibles. Pour autant, c'est un cliché touristique de le dire. Mais l’Afrique est une terre de contrastes ! D’un côté, il y a cette urbanisation non maîtrisée, la pauvreté… Mais dans les hôpitaux, par exemple à Bamako, Niamey, il y a des gens admirables, des médecins et d’autres professionnels aux formations très pointues, aux compétences fortes et brillantes. Ils sont en capacité pour gérer la maladie. On l’a vu au moment de la crise d’Ebola.

 

 

Yannick Jaffré est directeur de recherche émérite au CNRS et directeur scientifique du Groupe interacadémique pour le développement (GID)

 


26/03/2020
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Franceinfo - le vendredi 20 mars 2020

 

 

Ce que l'on sait déjà sur la propagation du Covid-19 en Afrique subsaharienne en 10 points

 

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Falila GbadamassiRédaction AfriqueFrance Télévisions

 

 

 

Le Bureau régional de l'OMS pour l'Afrique a tenu une conférence de presse le 19 mars 2020

 

 

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La plus vieille mosquée de l'hémisphère sud, la "Juma Musjid" située à Durban, a fermé ses portes pour contrer la propagation du virus en Afrique du Sud.  (RAJESH JANTILAL / AFP)

 

 

 

Quelle est l'ampleur de la pandémie ? Les pays de la zone Afrique de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) sont-ils prêts à y faire face ? En ont-ils les moyens humains et matériels ? Autant de questions auxquelles les responsables de l'OMS ont tenté de répondre le 19 mars 2020, dressant un profil de la région Afrique  – 47 pays de l'Afrique subsaharienne – dans la lutte contre le coronavirus. La zone comptait, au 20 mars, 455 cas sur les 769 répertoriés sur l'ensemble du continent africain (soit 0,3% des cas enregistrés dans le monde). Avec 150 cas, l'Afrique du Sud est le pays le plus touché dans la région Afrique de l'OMS.

 

 

 

WHO African Region @WHOAFRO
 

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1 - L'Afrique subsaharienne, une région "relativement" peu touchée à l'instar de l'Amérique du Sud

C'est une question qui se pose depuis le début de l'épidémie en Chine. Pourquoi l'Afrique semble moins touchée que les autres régions du monde alors que ses liens étroits avec l'Empire du Milieu étaient, entre autres, source d'inquiétudes ? "Nous n’avons pas d’explication", répond d'emblée la directrice régionale de l'OMS pour l'Afrique, le Dr Matshidiso Moeti, interrogée sur cette évolution de la pandémie sur le continent. Elle souligne néanmoins que les chiffres ont cru "rapidement" ces "10 derniers jours". Le nombre de pays touchés est passé de "5 à presque 30" durant cette période. Depuis le début de l’épidémie, il y a trois mois, il y a eu "relativement peu" de pays africains affectés comparé à l’Asie et à l’Europe. "Nous avons également constaté qu’il y avait relativement peu de pays touchés en Amérique du Sud", a poursuivi la directrice régionale de l’Afrique pour l’OMS. "Nous nous demandions, et je ne dis pas que c’est notre opinion, si ce n’était pas lié à la grippe saisonnière parce que le coronavirus est similaire au virus de la grippe. Ainsi, nous pensions assister à une hausse dans un futur proche".

 

 

 

2 - Un virus importé d'Europe plutôt que de Chine

L’OMS s’est inquiétée, au début de l’épidémie, d'une propagation du virus dans les pays africains du fait de leurs relations économiques étroites avec la Chine. L'agence pensait que les premières contaminations viendraient de là. Mais les dispositions prises par la Chine, estime l'OMS avec du recul, ont certainement permis de contenir la propagation du virus, aussi bien à l'intérieur de ses frontières qu'à l'extérieur. Aujourd’hui, ce sont d’autres régions du monde qui sont les plus touchées, notamment l’Europe, qui est devenue l’épicentre de la pandémie. 

 

 

En Afrique, les cas répertoriés sont, d'une part, des voyageurs arrivant du Vieux Continent avec la maladie – "c'est le cas aujourd’hui pour environ 27-28 pays africains", et d'autre part, une transmission locale due, pour la majorité des cas, à des "Africains ou à des voyageurs étrangers originaires d'autres régions provenant de pays européens". Face à l'évolution rapide de la propagation du virus, "notre principal objectif est d’aider les pays à contenir (la maladie) et à retarder ou à prévenir la transmission locale du virus", a indiqué le Dr Moeti.

 

 

Ces constats de l'OMS pourraient expliquer pourquoi de nombreux pays africains ferment aujourd'hui leurs frontières aux voyageurs venant d'Europe ou les mettent systématiquement en quarantaine.

 

 

 

 

 

3 - La chaleur et l'humidité freinent-elles le coronavirus ?

La question est à l’étude, selon l’OMS. L’agence examine aujourd'hui les mécanismes de circulation de la grippe en Afrique subsaharienne mais, insiste le Dr Moeti, le Covid-19 est "un nouveau virus dont nous sommes en train d’essayer de comprendre le comportement". "Nous avons constaté, à l’instar des pays africains, que la propagation du virus dans ceux d’Amérique du Sud n’était pas la même que dans le Nord, poursuit-elle. Nous sommes en train d’essayer de comprendre si cela pourrait être relié à la température, au temps… Nous savons, sur la base des informations sur la grippe, que nous avons une grippe saisonnière distincte, notamment dans les pays du Sud et de l'Est du continent". En s'appuyant sur ces observations, l’OMS "s’attendrait", avec l’installation de l’hiver dans le Sud de l'Afrique dans quelques mois, à assister à "une hausse du taux de transmission de ce virus". 

 

 

 

4 - Le "défi" du dépistage

La disponibilité des kits de dépistage est un "défi" à l'échelle mondiale et particulièrement en Afrique, souligne la directrice régionale de l’OMS pour l’Afrique alors que l’agence souhaite que les pays africains se focalisent sur la détection des cas de Covid-19. Ce qui revient à dépister les gens dès que des symptômes apparaissent, à retrouver ceux qui étaient en contact avec les cas confirmés et à prendre les mesures idoines pour éviter la propagation du virus. Cependant, l’OMS s’est dit "encouragée" par les progrès faits dans la mise en place de dispositifs pour dépister la maladie. "Au début du mois de février, par exemple, il y avait seulement deux laboratoires en Afrique du Sud et au Sénégal qui étaient en mesure de diagnostiquer ce virus. Aujourd’hui, 40 pays en ont la capacité", a précisé le Dr Moeti.  

 

 

 

5 - Des conditions de vie peuvent être favorables à la propagation du Covid-19 : adapter les gestes barrière au contexte africain

C'est un constat confirmé par le Dr Lucile Imboua-Niava, la représentante de l'OMS au Sénégal : certaines conditions de vie sur le continent sont propices à la contamination parce que beaucoup de personnes résident, par exemple, dans une même maison.

 

 

"Il est vrai que les conditions socio-économiques dans lesquelles de nombreux Africains vivent, notamment dans les zones urbaines, font de la distanciation sociale dans la façon dont elle est recommandée un défi", note le Dr Matshidiso Moeti"Parfois, les familles vivent dans des maisons où chacun ne dispose pas d’une chambre. Certains doivent partager et parfois dormir dans le même espace (…) En outre, il y a des foyers qui n’ont pas d’eau courante. Par conséquent, la possibilité de se laver les mains dans les conditions recommandées – un lavage fréquent avec du savon – est un défi dans un tel contexte.

 

 

Nous suggérons des approches qui s’adaptent à ces situations particulières. Par exemple, nous travaillons avec nos partenaires et les gouvernements pour mettre à la disposition des populations des gels hydroalcooliques aussi bien dans les structures de santé, que dans les familles. Nous devons réfléchir à la pratique de la distanciation sociale dans des familles où les gens vivent dans la promiscuité. Nous envisageons aussi différemment les choses quant à l’usage des masques. Ce sont des problématiques que nous prenons en compte dans nos équipes.

 

 

Nous devrons adapter le plus possible à ces contextes les principes qui prévalent au fait de ne pas s'infecter les uns les autres (…). Nous sommes très conscients des défis qui se présentent et nous sommes en train d’examiner les façons d’innover pour y faire face (…)". Au total, utiliser des gels hydroalcooliques ou fournir les masques là où ils sont nécessaires sont quelques-unes des recommandations que l’OMS donne aussi bien aux institutions, qu’aux communautés sur le continent.

 

 

Sans compter, qu'en plus de l'accès à l’eau, la disponibilité du savon peut également poser problème, en particulier dans les zones rurales. Il l’est aussi pour les personnes déplacées. Mais comparé au gel, le savon peut être plus accessible dans certains endroits.

 

 

 

6 - Dispose-t-on d'une bonne estimation des personnes infectées par le Covid-19 sur le continent?

Il est difficile d’avoir une estimation des personnes infectées parce que certains patients peuvent être asymptomatiques, a souligné la directrice régionale de l'OMS pour l'Afrique. Il semble que "c’est un virus qui arrive dans les pays par le biais des voyageurs qui proviennent des pays où l’infection circule", a déclaré le Dr Moeti. Les Etats travaillent ainsi à l’identification de ces éventuels porteurs, qui sont suivis au cas ils auraient contracté le virus. Quarantaine et dépistage comptent parmi les mesures appliquées. "Bien qu'il puisse y avoir des infections qui ne sont pas détectées, nous ne pensons pas qu’elles soient très nombreuses." Quant aux pays qui n’ont pas encore signalé de cas de Covid-19 – à savoir certains pays de l'Afrique de l'Est comme le Burundi et l'Ouganda –, le bureau régional de l’OMS indique que ces Etats ont mis en place des dispositifs "qui sont les mêmes" que ceux utilisés par les pays qui ont répertoriés des cas.

 

 

 

7 - Les pays africains peuvent se prévaloir de leur expérience passée pour lutter contre le coronavirus

L'expérience de la région Afrique face à d'autres épidémies est un atout aujourd'hui pour lutter contre le coronavirus. Les dispositifs mis en place pour Ebola et la grippe ont aidé à amorcer la lutte contre le coronavirus à de nombreux endroits sur le continent.

 

 

 

8 - Les pays africains disposent-ils de respirateurs et de personnel qualifié pour faire face aux complications que peut générer le Covid-19 ?

L'OMS ne dispose pas de chiffres pour l'heure. Les informations sont en train d’être compilées (lits et personnel qualifié). L'agence onusienne "reconnaît" néanmoins que les pays africains ne sont pas bien lotis dans ce domaine. L’Afrique du Sud, qui dispose de l'un des systèmes de santé les plus développés de la région Afrique, a déjà admis que si la situation "explosait", ses capacités seraient mises à rude épreuve. L’OMS envisage d’aider les pays concernés à importer, par exemple, le matériel nécessaire : ventilateurs et sources d’oxygène. De même, l'organisation aide certains pays à adapter les infrastructures existantes pour traiter les premiers cas graves qui se présenteraient. Des formations sont également organisées à Dakar, au Sénégal, et à Brazzaville, la capitale congolaise qui accueille le bureau régional de l'Afrique.

 

 

 

9 - Aucune preuve concluante" sur l'efficacité de la chloroquine, un antipaludéen bien connu en Afrique

Des études en Chine et en France, plus récemment, ont obtenu des résultats prometteurs en utilisant la chloroquine pour traiter les malades infectés par le  coronavirus. Le président américain Donald Trump, lui, fait pression sur l'agence américaine du médicament (FDA) pour qu'elle valide l'option de la chloroquine pour soigner la maladie. "Aujourd'hui, nous n’avons connaissance d’aucune preuve concluante démontrant que la chloroquine pourrait être efficace pour traiter ce virus", a indiqué le Dr Moeti, le 19 mars 2020. L'OMS attend les résultats des essais faits sur des traitements possibles

 

 

 

10 - Ne pas négliger les autres crises sanitaires

L’OMS collabore avec les Etats afin qu'ils puissent disposer d'au moins un mécanisme qui leur permet de gérer tous les problèmes sanitaires de façon simultanée. L'idée étant d'éviter toute crise qui pertuberait le système de santé et aurait des conséquences sur le traitement d'autres maladies. La directrice régionale de l'OMS a d'ailleurs appelé les médias à apporter leur aide dans cette démarche, afin qu'il soit possible de continuer à "donner des informations, en même temps, sur ces problèmes sanitaires et le coronavirus". "Quand j’allume ma télévision ou ma radio aujourd’hui, on ne parle virtuellement que de coronavirus", fait remarquer le Dr MoetiIl serait bienvenu, selon elle, que les informations continuent de circuler sur les épidémies d'Ebola, de rougeole ou encore de choléra, notamment en République démocratique du Congo. 

 


21/03/2020
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Franceinfo - le dimanche 2 février 2020

 

 

Opération Barkhane : la France va déployer 600 soldats supplémentaires au Sahel

 

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franceinfo avec ReutersFrance Télévisions

 

 

L’essentiel des renforts sera engagé dans la zone dite des "trois frontières", entre le Mali, le Burkina Faso et le Niger

 

 

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Un soldat français de l'Opération Barkhane, le 10 novembre 2019, au Burkina Faso. (MICHELE CATTANI / AFP)

 

 

La France va déployer 600 soldats supplémentaires dans la bande sahélo-saharienne. Les effectifs de l'opération Barkhane seront ainsi portés à 5 100 hommes, annonce dimanche 2 février la ministre des Armées, Florence Parly, dans un communiqué.

 

 

L’essentiel des renforts sera déployé dans la zone dite des "trois frontières", entre le Mali, le Burkina Faso et le Niger, précise la ministre. "Une autre partie de ces renforts sera engagée directement au sein des forces du G5 Sahel pour les accompagner au combat", ajoute Florence Parly.

 

 

 

L'épicentre de la lutte contre les jihadistes

La ministre précise par ailleurs que le Tchad "devrait bientôt déployer un bataillon supplémentaire" au sein de la force conjointe du G5 Sahel, qui réunit la Mauritanie, le Mali, le Burkina Faso, le Niger et le Tchad) dans la région des "trois frontières", épicentre de la lutte contre les groupes jihadistes, au premier rang desquels l’organisation Etat islamique au Grand Sahara (EIGS). "Le renfort annoncé par le président de la République doit nous permettre d'accentuer la pression contre l'EIGS. (...) Nous ne laisserons aucun espace à ceux qui veulent déstabiliser le Sahel", souligne Florence Parly.

 

 

Face à la persistance de la menace jihadiste dans la bande sahélo-saharienne, Emmanuel Macron et les dirigeants du G5 Sahel ont annoncé, le 13 janvier, un nouveau cadre opérationnel pour la lutte anti-jihadistes à l'issue du sommet de Pau. Le président français avait alors annoncé l'envoi de 220 militaires en renfort après avoir laissé planer la menace d'un retrait face au "sentiment anti-français" qui s'étend dans la région

 


02/02/2020
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Franceinfo - le lundi 13 janvier 2020

 

 

Emmanuel Macron annonce l'envoi de 220 soldats français supplémentaires au Sahel

 

 

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franceinfoFrance Télévisions

 

 

 

Le président de la République s'est exprimé à l'occasion d'une réunion du G5 Sahel, à Pau (Pyrénées-Atlantiques), pour discuter notamment de l'avenir de la force Barkhane

 

 

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Le président français Emmanuel Macron, le président malien Boubacar Keita, le président du Burkina Faso Roch Marc Christian Kabore, le président du Niger Mahamadou Issoufou, le président mauritanien Ould Cheick El Ghazouni et le président tchadien Idriss Déby, à Pau (Pyrénées-Atlantiques), lundi 13 janvier 2020.  (AFP)

 

 

 

La France renforce sa présence militaire au Sahel. Lundi 13 janvier, Emmanuel Macron a annoncé que "220 militaires" supplémentaires seront déployés pour renforcer l'opération Barkhane. La France et les pays du G5 Sahel (Niger, Tchad, Mauritanie, Burkina Faso, Mali) ont décidé de renforcer leur coopération militaire, face à la recrudescence des attaques jihadistes. 

 

 

Lors d'un sommet à Pau, le G5 Sahel et la France se sont également accordés sur la mise en place d'une "coalition pour le Sahel". Elle regroupera ces six Etats, les partenaires déjà engagés, ainsi que "tous les pays et organisations qui voudront y contribuer".

 

 

Cette réunion survient alors que le sentiment anti-Français progresse au Mali et au Burkina-Faso. Ainsi, le président français avait indiqué vouloir des réponses concernant la présence des militaires français de l’opération Barkhane dans ces pays et demander aux pays du Sahel "qu’ils clarifient et formalisent leur demande à l’égard de la France et de la communauté internationale."

 


14/01/2020
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