L'AIR DU TEMPS

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SOCIETE et Consommation

Regards sur la société au travers de différents articles qui permettent une photographie de celle-ci au fil du temps qui passe...


Franceinfo - le mercredi 10 juillet 2019

 

 

Violences conjugales : 121 femmes ont été tuées en 2018 par leur conjoint ou ex-compagnon, selon un rapport officiel

 

 

 

Les chiffres, communiqués mercredi par la délégation aux victimes du ministère de l'Intérieur, sont en légère baisse par rapport à ceux de 2017

 

 

 

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 Une manifestation contre les violences faites aux femmes, place de la République, à Paris, le 6 juillet 2019. (MAXPPP)

 

 

En 2018, 121 femmes ont été tuées par leur conjoint ou ex-compagnon, soit un féminicide tous les trois jours. C'est ce qu'indiquent des données communiquées, mercredi 10 juillet, par la délégation aux victimes du ministère de l'Intérieur. Ce nombre, qui comprend les couples officiels (époux, concubins, etc.) ou non (amants, relations épisodiques...), est en légère baisse par rapport aux 130 féminicides recensés en 2017.

 

 

"Les résultats de cette étude démontrent que les efforts des pouvoirs publics pour combattre ces violences intrafamiliales inacceptables doivent se maintenir et s'accentuer", écrivent le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, et Marlène Schiappa, secrétaire d'Etat en charge de l'égalité entre les femmes et les hommes.

 

 

Le gouvernement a annoncé, dimanche, la tenue d'un Grenelle des violences conjugales à la rentrée pour enrayer ce fléau. "Nous lançons autour du Grenelle une mobilisation nationale avec une grande consultation citoyenne et une campagne pour interpeller toute la société", a précisé Marlène Schiappa.

 


11/07/2019
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Franceinfo - le jeudi 11 juillet 2019

 

 

Vincent Lambert est mort à Reims : les cinq dates à retenir de cette affaire hors du commun

 

Par Florence Morel

 

 

 

Vincent Lambert est décédé ce 11 juillet 2019, au CHU Sébastopol de Reims à 8 h 24. Neuf jours après un nouvel arrêt des traitements débuté le mardi 2 juillet.

 

 

 

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 Vincent Lambert était hospitalisé depuis 2008 au CHU Sébastopol de Reims. / © Christophe Damiens D'Hebecourt - France 3 Champagne-Ardenne

 

 

 

Hospitalisé à Reims depuis qu'un accident de la route l'avait plongé dans un état végétatif en septembre 2008, Vincent Lambert est décédé ce 11 juillet 2019, à 8h24 à l'âge de 42 ans, a confié son neveu François. Quelques jours plus tôt, le mardi 2 juillet, le médecin du CHU Vincent Sanchez annonçait à la famille de cet ancien infirmier psychiatrique un nouvel arrêt des traitements, à la suite d'un jugement de la Cour de cassation.

Au delà de la mort d'un homme, marié et père d'une fille âgée de dix ans, c'est l'épilogue d'une polémique et d'une bataille judiciaire de plusieurs années. Malgré les procédures qui se sont enchaînées les dix dernières années, voici les cinq dates qu'il faut retenir pour comprendre cette affaire hors du commun.

 


 

1 - Septembre 2008, l'accident

L'infirmier en psychiatrie, alors âgé de 31 ans, est victime d'un accident de voiture près de Châlons-en-Champagne (Marne). Vincent Lambert s'était installé quelques temps auparavant avec Rachel Lambert, son épouse, dans le village de Vadenay au Sud Est de Reims. Ils venaient d'avoir une petite fille.

Pendant trois ans, le Marnais d'adoption reste dans un état de conscience minimale. En juin 2011, il est reçu par le Coma Science Group, en Belgique, où son cas est étudié par les plus grands spécialistes. Ils concluent que Vincent se trouve dans un état de conscience minimale, sans espoir d'amélioration.

 

 

"Ce qui m'interpelle, c'est qu'à un moment donné, on puisse attaquer sans fin une décision de justice. On est sur une décision qui est hors norme". Eric Kariger, ancien médecin de Vincent Lambert, en février 2018.

 

 

2 - En 2013, premier arrêt des traitements

Après plus de quatre années passées dans un état végétatif, le docteur Eric Kariger décide pour la première fois d'interrompre les traitements qui maintiennent en vie Vincent Lambert. Une décision qui fait suite à une longue série d'examens, menés par les plus grands experts européens, dont le diagnostic est sans appel. Vincent restera dans un état de conscience minimale sans espoir d'amélioration.



"On avait mis tous les moyens pour consolider cette décision. C'est le seul patient de l'unité pour cérébrolésé qu'on a envoyé au centre européen chez le professeur Lorenz", déclarait Eric Kariger à France 3 Champagne-Ardenne en février 2018, cinq ans après les faits. Seulement, le 11 mai 2013, le juge des référés du tribunal administratif de Châlons-en-Champagne enjoint le docteur et son équipe à reprendre l'alimentation du patient (stoppée pendant 31 jours), au motif que ses parents n'ont pas été suffisament informés. 



Les pressions se font de plus en plus lourdes sur les épaules du médecin, qui décide finalement de se retirer du dossier fin 2014. "À un moment, il faut se protéger et savoir se retirer. Je suis allé jusqu'à défendre l'honneur d'une équipe. Mais le jour où le Conseil d'Etat est venu confirmer que la décision était conforme, on avait atteint l'objectif", racontait-il, encore ému. Malgré la décision de la plus haute juridiction administrative, les parents de Vincent Lambert n'en restent pas là.

 

 

 

3 - 2015, la Cour européenne des droits de l'homme se prononce en faveur de l'arrêt des traitements


Le 5 juin 2015, la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH), saisie par les parents favorables au maintien en vie de leur fils, juge que l'arrêt des traitements ne violerait pas "le droit à la vie" de Vincent Lambert. L'arrêt de la CEDH tombe un an après que le Conseil d'Etat s'est lui aussi prononcé en faveur de l'arrêt des traitements.

Le CHU de Reims saisit le parquet pour définir un tuteur légal pour Vincent Lambert. Un an plus tard, c'est sa femme Rachel, favorable à l'arrêt des traitements, qui est choisie par le juge des tutelles.

 

 

 

4 - Le 9 avril 2018, le CHU de Reims se prononce pour un arrêt des traitements

Après une quatrième décision collégiale, le CHU de Reims s'est prononcé en faveur d'un arrêt des traitements. Le docteur Sanchez, arrivé à Reims en 2017, conclut alors à une "obstination déraisonnable" envers le patient tétraplégique. Décrit comme "discret" par ses pairs et "très déterminé" selon François Lambert, (neveu de Vincent), le docteur Sanchez a cessé l'alimentation et l'hydratation artificielles de Vincent Lambert le 20 mai 2019, avant que la cour d'appel de Paris demande au CHU de reprendre les traitements le même jour.

 

 

 

5 - Le 28 juin 2019, la Cour de cassation casse la décision de la cour d'appel de Paris

Un peu plus d'un mois après l'arrêt de la cour d'appel de Paris ordonnant la reprise des traitements de Vincent Lambert, c'est au tour de la Cour de cassation de se prononcer sur l'affaire. Les juges de la juridiction suprême n'ont que quelques jours pour rendre leur décision, le président prenant sa retraite le 30 juin.



Ils décident finalement de casser l'arrêt de la cour d'appel. Le CHU de Reims s'est alors retrouvé dans la même situation que le 19 mai dernier, pouvant relancer une procédure d'arrêt des traitements à tout moment ; ce qu'il a fait le mardi 2 juillet. Dans un dernier espoir, les parents de Vincent Lambert, toujours opposés à l'arrêt des traitements de leur fils, tentent de lancer une ultime procédure judiciaire, avant de se résigner. Après neuf jours sans hydratation, ni alimentation, Vincent Lambert est finalement décédé ce jeudi 11 juillet, après onze ans de conflits judiciaires et familiaux.

 

 


11/07/2019
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Franceinfo - le mercredi 10 juillet 2019

 

 

"Tout ça a bousillé des gens" : après le fiasco du bac 2019, élèves et parents s'insurgent contre une notation "aléatoire"

 

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Clément ParrotFrance Télévisions

 

 

La grève des correcteurs et les dysfonctionnements au sein des jurys de délibération laissent penser à de nombreux élèves qu'ils n'ont pas reçu les notes qu'ils méritaient

 

 

 

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Des professeurs grévistes se réunissent devant le rectorat de Toulouse (Haute-Garonne) avec leurs copies, le 5 juillet 2019. (ALAIN PITTON / NURPHOTO)

 

 

 

"J'ai un vrai sentiment d'injustice", confie Ihab, lycéen en filière ES. Dans l'attente des résultats après avoir passé les oraux de rattrapage du bac, le jeune homme ne digère pas ses notes de l'écrit. "Au départ, j'avais trois notes non rendues et du coup ils avaient pris la moyenne de l'année en histoire (12), en philo (8) et en SES [sciences économiques et sociales] (9). Ils m'ont ensuite donné un nouveau bulletin et ces notes n'avaient pas bougé. Je suis sûr qu'on n'a pas corrigé mes copies.

 

 

J'ai l'impression d'être victime de la grève des profs et des résultats qu'on a voulu publier dès vendredi [5 juillet] alors qu'il aurait simplement fallu les repousser. Ihab, élève en terminale ES à franceinfo

 

 

De nombreux élèves ont répondu à l'appel à témoignages lancé par franceinfo pour se plaindre d'une injustice ressentie, signaler des erreurs ou exprimer un désarroi après la publication des résultats du bac. Après la grève d'une partie des correcteurs opposés aux  réformes portées par le ministre de l'Education, Jean-Michel Blanquer, de nombreux enseignants ont dénoncé des anomalies lors des jurys de délibération. Des cafouillages qui peuvent amener certains élèves à s'interroger sur une possible injustice.

 

 

 

"Le lycée, c'est fini pour lui"

François* pense ainsi que la correction de ses copies d'histoire et de philosophie a été bâclée. Il a eu respectivement 4 et 6 dans ces deux matières et a tenu à consulter ses copies. "Il a une dysgraphie : il écrit mal et il fait des fautes. Et la seule chose qu'il a vu sur sa copie de philo, c'est : '47 fautes d'orthographe' !", raconte la mère du lycéen. Le jeune homme est allé au rattrapage, mais n'est pas parvenu à combler son retard.

 

 

La mère de François s'effondre en pleurs. "Il était pris sur ParcourSup en histoire à Paris-8, et c'est raté. Et comme ce n'est pas un enfant scolaire, je pense qu'il ne va pas redoubler… Le lycée, c'est fini pour lui." Egalement professeure, elle dénonce une injustice et une rupture d'égalité dans l'attribution des notes. "Ce qui se passe est aberrant. Je n'en veux pas aux profs grévistes, mais il suffisait que Blanquer accepte une concertation et recule les résultats. Tout ça a bousillé des gens. Mon gamin, il est fragile..."

 

 

 

"On va réfléchir à un recours"

Zachary, élève en terminale ES, est également très étonné par ses résultats. "En histoire et en philo, j'ai eu 9. Mais je suis sûr de mériter plus, ça ne correspond pas à ma moyenne de l'année. Je pense qu'ils ont mis une note au hasard ou qu'ils se sont basés sur mes notes de l'année. J'ai l'impression qu'ils ont corrigé à l'arrache." Le lycéen a passé mardi des oraux de rattrapage et attend désormais les résultats.

 

 

Camille soupçonne elle aussi une correction un peu hâtive. Elève en section ES, elle a obtenu un 4 dans la matière principale (SES, coefficient 7) et n'a ainsi même pas été admise au rattrapage. "Mon prof de SES m'a accompagnée pour voir ma copie et il estime que ça méritait entre 8 et 10. Avec un 6, j'étais au rattrapage", raconte la lycéenne. "Sur ma copie, il y a deux croix et deux traits et juste une remarque : 'manque de cours'. Forcément, je suis triste. Je me suis démenée toute l'année et je trouve ça injuste." Camille n'est désormais pas sûre de pouvoir rester dans son lycée, "car il y a une seule place de redoublement en SES, et on est trois à redoubler".

 

 

Alexandre* a également raté son bac à cause d'un 4, mais en mathématiques. Cet élève de terminale S a l'impression de ne pas avoir bénéficié d'une correction juste. "Il a eu une note identique à la moyenne de l'année avec pour seul justificatif 'non' et aucune trace de correction sur la copie, détaille la mère du jeune homme. Il a retrouvé d'autres gens avec le même jury qui ont rencontré le même problème. Il a pu voir sa copie et, selon lui, il méritait plus. Je pense qu'on va réfléchir à un recours devant le tribunal administratif."

 

 

 

"Cela me fait rater la bourse au mérite de 900 euros !"

D'autres candidats enragent d'avoir raté une mention en raison d'une note qu'ils jugent injuste. Elia, élève en ES, a reçu un 9 en SES (coefficient 9) et n'a pas reçu la mention "Très bien" qu'il espérait. "J'ai eu 17-18 toute l'année, et j'ai fait un devoir respectable qui respectait le plan et le cours. En plus, ça concerne toute ma classe. On en a parlé avec notre prof qui ne comprend pas." Jeanne, élève en ES, a aussi raté la mention "Très bien" à cause d'une note. "J'ai eu 10/20 en histoire-géo, alors que je maîtrisais parfaitement le sujet. C'est même l'épreuve que je pensais avoir le mieux réussie. Pour moi, c'est une note aléatoire. Cela me fait rater la mention 'TB' et la bourse au mérite de 900 euros !"

 

 

Je me demande vraiment si le correcteur a seulement pris le temps de lire ma copie. Jeanne à franceinfo

 

 

"Je pensais avoir une excellente note en SES, et j'ai eu 5, raconte également Clara. J'ai rarement eu des notes pareilles et c'est la seule note en-dessous de 14 de tout mon relevé." Cette note coefficient 7 suffit à elle seule à lui retirer la mention "Très bien". "Certains profs me disent que ce n'est pas possible et qu'on m'a mis une note au hasard." Comme de nombreux lycéens, elle souhaite vérifier sa copie pour au moins contrôler l'absence d'erreur de retranscription.

 

 

Sophie* a également raté la mention avec un 5/20 en philosophie et ne comprend pas non plus sa note. "Je tourne d'ordinaire entre 13 et 15 de moyenne. Mon professeur pense à une non-correction, à une grève des notes, car on est plusieurs dans le même cas. Je pense engager un recours pour rupture d'égalité car certains élèves ont, selon moi, été valorisés par le contrôle continu au détriment des autres."

 

 

*Les prénoms ont été modifiés.

 


10/07/2019
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Franceinfo - le lundi 8 juillet 2019

 

 

Affaire Vincent Lambert : les parents ne déposeront plus aucun recours pour le maintien en vie de leur fils

 

 

 

 

Depuis mardi, Vincent Lambert a fait l'objet d'un arrêt des traitements. Ses parents ont déposé une plainte pour tentative de meurtre, vendredi, mais ne tenteront plus rien pour "arrêter le processus mortel"

 

 

 

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Pierre et Viviane Lambert, les parents de Vincent Lambert, le 19 mai 2019 à Reims (Marne). (REMI WAFFLART / MAXPPP)

 

 

 

Les parents  de Vincent Lambert ne déposeront plus aucun recours pour le maintien en vie de leur fils, a indiqué leur avocat, lundi 8 juillet à franceinfo. "On ne peut plus imaginer aujourd'hui arrêter le processus mortel. Si on arrêtait, il s'agirait d'obstination déraisonnable, ce qui n'était pas le cas mardi dernier", a expliqué maître Jean Paillot. Depuis mardi, Vincent Lambert a fait l'objet d'un arrêt des traitements, il n'est ni plus alimenté ni hydraté. Tétraplégique, il est dans un état végétatif depuis 2008 et un accident de la route. 

 

 

La situation de Vincent s'est dégradée depuis mardi avec des complications du fait de la sédation. Jean Paillot avocat des parents à franceinfo

 

 

"Le jour venu, nous demanderons des comptes, mais pour le moment, l'heure n'est plus qu'au recueillement", a déclaré Me Paillot. Vendredi dernier, les parents de Vincent Lambert ont déposé une plainte pour tentative de meurtre. Une plainte qui vise très vraisemblablement le médecin Vincent Sanchez et le CHU de Reims.

 

 

 

"Plus rien à faire sinon prier"

"Cette fois c'est terminé", écrivent les parents de Vincent Lambert dans un communiqué diffusé sur le site du comité de soutien, "Je soutiens Vincent", et sur les réseaux sociaux. "Nos avocats ont multiplié ces derniers jours encore les recours et mené d’ultimes actions pour faire respecter le recours suspensif devant l’ONU qui bénéficiait à Vincent. En vain." 

 

 

La mort de Vincent est désormais inéluctable. Elle lui a été imposée à lui comme à nous. Si nous ne l’acceptons pas, nous ne pouvons que nous résigner. Les parents de Vincent Lambert

 

 

"Il n’y a plus rien à faire sinon prier et accompagner notre cher Vincent, dans la dignité et le recueillement", concluent-ils. Les parents de Vincent sont des fervents catholiques et sont considérés proches des milieux intégristes. Viviane et Pierre Lambert estiment que leur fils est handicapé et non en fin de vie. Depuis 2013, ils ont multiplié les recours pour empêcher toute interruption des soins.

 

 

Le médecin de Vincent Lambert a engagé mardi un nouvel arrêt des traitements, rendu possible le 28 juin par la Cour de cassation. Ce protocole médical prévoit notamment l'arrêt de l'hydratation et de la nutrition par sonde du patient, ainsi qu'une "sédation profonde et continue".

 


09/07/2019
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Franceinfo - le jeudi 4 juillet 2019

 

 

Du poulailler au tribunal : comment le coq Maurice se retrouve jugé pour avoir chanté trop fort et trop tôt

 

 

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Violaine JaussentFrance Télévisions

 

 

 

Le gallinacé objet du litige vit à Saint-Pierre d'Oléron (Charente-Maritime), où ses cocoricos dès l'aube agacent un couple de voisins, propriétaires d'une résidence secondaire. L'affaire dure depuis 2017 et suscite de nombreuses réactions

 

 

 

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Le coq Maurice à Saint-Pierre-d'Oléron (Charente-Maritime), le 5 juin 2019. (XAVIER LEOTY / AFP)

 

 

 

"Si mon coq pouvait parler ? Il dirait 'Foutez-moi la paix et laissez-moi chanter !' Point barre." Corinne Fesseau, la propriétaire de Maurice, le confirme : le gallinacé aime pousser la chansonnette chaque matin vers 6h30. Trop fort et trop tôt pour deux de ses voisins. A tel point que leurs accusations lui valent un procès qui doit se tenir jeudi 4 juillet. Mais son cocorico ne résonnera pas dans la salle d'audience. Le coq ne mettra pas une patte dans le tribunal d'instance de Rochefort (Charente-Maritime). Corinne Fesseau le représentera. Il sera également soutenu par des congénères : plusieurs propriétaires de coqs ont annoncé qu'ils feraient le déplacement avec leurs volatiles. Attila, Jean-René et Casanova le défendront donc bec et ongles.

 

 

Maurice, lui, avait prévu de rester bien au chaud dans son poulailler, à Saint-Pierre d'Oléron, où il vit depuis 2015 avec toute une basse-cour. "La communauté de communes a dit qu'on pouvait avoir des poules, pour parvenir à zéro déchet dans chaque foyer, raconte à franceinfo Corinne Fesseau, chanteuse locale connue sur l'île d'Oléron. L'idée est venue de là. Je voulais des poules de Marans, car elles font des œufs magnifiques. Un copain m'a offert un poussin de cette race." Le gallinacé grandit. Et un matin, à l'instar de sa propriétaire, il fait des vocalises. Le mis en cause avait bien trompé son monde.

 

 

On croyait que c'était une petite poulette ! Corinne Fesseau à franceinfo

 

 

Jusque-là, elle possédait Choupinette, Tartiflette, Mimolette et donc Mauricette. Mais pour cette dernière, "il a fallu rectifier". "C'était tout trouvé, mon grand-père s'appelait Maurice ! Il y avait 'Il faut sauver Willy', là c'est 'Il faut sauver Maurice' !", s'exclame Corinne Fesseau. Cette femme de marin-pêcheur, implantée depuis trente-cinq ans sur l'île d'Oléron, dit prendre "tout ça avec humour". "Haute en couleur", l'artiste insulaire "défend son bout de gras", sans être "odieuse", dixit son avocat, Julien Papineau. 

 

 

 

"Les Fesseau ont un tissu de relations"

Quand Corinne Fesseau s'aperçoit que sa poule est en fait un coq qui chante, elle s'inquiète pour ses voisins. "Mais pas ceux de derrière", reconnaît-elle. Or, son poulailler est installé en bout de parcelle. Dans cette zone pavillonnaire, les maisons sont proches. Une résidence secondaire, construite en 2004, se trouve juste derrière leur clôture. "La chambre des Biron est située à deux mètres du poulailler", assure à franceinfo leur avocat, Vincent Huberdeau.

 

 

Sollicités, les Biron, qui ont donc porté plainte contre le coq, ne souhaitent pas s'exprimer. "Ils sont très discrets, un peu effrayés par ce tapage médiatique", justifie leur conseil. Ce couple de retraités âgés de 68 ans habite près de Limoges (Haute-Vienne). "Lui était mécanicien agricole, elle petite fonctionnaire. Elle connaît bien l'île d'Oléron, elle s'y rend en vacances depuis son enfance. Ils ne sont pas des sous-citoyens sous prétexte qu'ils viennent peu souvent. Pourtant, ils se sentent agressés, considérés comme des étrangers depuis le début de cette affaire", argue Vincent Huberdeau. Et d'ailleurs, d'après l'avocat, si l'affaire a pris une telle ampleur, c'est parce que "les Fesseau ont un tissu de relations".

 

 

 

"Qu'est-ce que vous comptez faire de votre coq ?"

Les cocoricos de Maurice troublent la quiétude des Biron. Ils débarquent chez les Fesseau en avril 2017, alors qu'on fête Pâques et ses traditionnels œufs. "Qu'est-ce que vous comptez faire de votre coq ?" demandent-ils, "sans dire bonjour", selon Corinne Fesseau. "Je leur ai répondu de mettre des boules Quiès pour éviter d'être gênés." "Il y a eu deux contacts, relève l'avocat des Biron. La première fois, madame Fesseau était très à l'écoute. Mais quinze jours ou trois semaines après, son mari leur a raccroché au nez." Alors les Biron envoient des courriers en recommandé. Ils demandent aux Fesseau la cessation des nuisances sonores.

 

 

 

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Corinne Fesseau avec Maurice, devant son poulailler, le 5 juin 2019 à Saint-Pierre-d'Oléron (Charente-Maritime). (XAVIER LEOTY / AFP)

 

 

 

Rien n'y fait. Maurice lisse son plumage roux et noir aux reflets moirés, secoue sa crête rouge et chante à tue-tête. Corinne Fesseau dispose des boîtes d'œufs sur les murs du poulailler et tente de cacher le lever du jour. Elle double les parois. "L'ensemble de la cabane est opacifiée avec du carton épais", assure Julien Papineau. Maurice rentre dans sa cabane vers 18h30 et n'en ressort qu'à 8h30. "Il chante à l'intérieur", remarque la propriétaire du coq. "Le calfeutrer n'a pas été concluant", note l'avocat des Biron, Vincent Huberdeau. Ses clients sont toujours gênés par les envolées vocales du gallinacé.

 

 

 

"On protège les bruits de la campagne"

Et pourtant. Depuis début 2018, Maurice ne chante plus dans la journée. Il reste sans voix devant ces voisins qui veulent lui clouer le bec. Mais il continue à pousser des cocoricos chaque matin, comme le constate un huissier. Missionné par les Biron, ce dernier observe que le coq chante bien par intermittence entre 6h30 et 7 heures. "Ces jours-là, on est sûrs que le coq a chanté. Les autres jours, rien ne permet de l'affirmer", objecte Julien Papineau. Le créneau horaire matinal pose problème. "Mes clients ont du mal à se rendormir et appréhendent de se coucher. C'est un trouble anormal du voisinage. Une nuisance sonore, comme on pourrait l'avoir avec une tondeuse, un chien, du bricolage", riposte Vincent Huberdeau.

 

 

Ce n'est pas une agression contre le coq : mes clients n'ont rien contre la volaille en général. Ils ne veulent pas la mort de l'animal, ni la mort du monde rural.Vincent Huberdeau, avocat à franceinfo

 

 

Car au fil du temps, Maurice est devenu, bien malgré lui, le symbole d'une ruralité menacée. L'incarnation d'un combat mené pour sauvegarder l'authenticité des petites communes érigées près des réserves naturelles. Le pot de terre contre le pot de fer. "On protège les bruits de la campagne", insiste Corinne Fesseau auprès de franceinfo. "Que doit-on interdire ? Le chant des tourterelles, le cri des mouettes ? Nous sommes sur une île, les oiseaux tous les matins qui gazouillent Les cloches qui sonnent ?" écrit-elle dans une pétition lancée le 12 juillet 2017, "pour sauver Maurice". Deux ans plus tard, le texte recueille plus de 117 300 signatures.

 

 

 

"Le symbole d'un éternel conflit français"

Corinne Fesseau a le soutien du maire de Saint-Pierre d'Oléron. Christophe Sueur a pris un arrêté pour préserver "les modes de vie liés à la campagne notamment pour ce qui concerne la présence des animaux de la ferme", en s'appuyant sur le caractère à "dominante rurale" de l'île. "Aujourd'hui c'est un coq, demain ce sera quoi ? Les mouettes, le bruit du vent, notre accent ?" s'interroge l'édile. Il n'est pas le seul à s'en préoccuper : Bruno Dionis du Séjour, maire de Gajac (Gironde), 400 habitants, a annoncé, le 4 juin, vouloir faire classer les bruits de la campagne au "patrimoine national".

 

 

Batailleur, orgueilleux et conquérant, le coq est depuis toujours l'emblème de la France. Maurice était celui d'une marche, organisée à Saint-Pierre-d'Oléron en août 2017. Il a sa propre page Facebook et revêt un "gilet jaune" en soutien au mouvement à l'automne 2018.

 

 

Le 23 juin, il est même élevé au rang de star internationale, quand le New York Times (article en anglais pour abonnés) fait ses choux gras de cette affaire.

 

 

 

 

 

 

"Le coq est devenu le symbole d'un éternel conflit français entre ceux pour qui la campagne est un simple décor de villégiature et ceux qui y vivent vraiment", écrit le correspondant du célèbre quotidien américain. L'avocat des Biron n'est pas de cet avis. "Il s'agit d'un lotissement, nous ne sommes pas à la campagne", réplique Vincent Huberdeau.

 

 

 

"On marche sur la tête"

Puisque Maurice fait la sourde oreille, les Biron ont saisi, au printemps, un juge civil afin d'obtenir des dommages et intérêts, ainsi que la prise en charge des frais de justice. Ils demandent surtout "la cessation sous astreinte de la nuisance", c'est-à-dire "que le coq soit déplacé, ou qu'une solution technique soit trouvée pour mieux isoler le poulailler". "Je ne vois pas l'intérêt d'enfermer mon coq dans une cage et de le mettre dans ma cuisine, ni pourquoi je le déplacerais alors que les autres voisins, qui sont là à l'année, me disent que ça ne les gêne pas, martèle Corinne Fesseau qui a des attestations du voisinage en sa possession. On verra ce que dit le juge, c'est lui décidera."

 

 

De son côté, son avocat demande 2 000 euros d'amende "pour abus du droit d'agir en justice". Car Julien Papineau est effaré de voir une telle affaire se régler devant le tribunal : "On marche sur la tête." Ou plutôt sur la crête. Il y a pourtant au moins un précédent et la jurisprudence est favorable à Maurice. Il y a dix-sept ans, la cour d'appel de Riom (Puy-de-Dôme) a annulé une décision du tribunal de Clermont-Ferrand qui ordonnait la destruction d'un petit élevage de gallinacés en raison des nuisances sonores. Elle justifiait ainsi son arrêt : "La poule est un animal anodin et stupide au point que nul n’est encore parvenu à le dresser, pas même un cirque chinois." Impossible, donc, d'empêcher un coq de chanter. 

 

 

 

"On espère qu'il retrouvera sa voix"

Le procès de Maurice devait initialement avoir lieu le 5 juin. Mais il a été reporté, pour des raisons formelles d'échanges de pièces entre avocats. Cette fois l'audience devait avoir lieu, mais son issue est incertaine. Le juge peut encore demander une conciliation afin de trouver un accord amiable. Le magistrat peut également ordonner une expertise pour mesurer les décibels, car le niveau sonore du chant de Maurice n'a jamais été mesuré.

 

 

Son volume a toutefois baissé en intensité : la voix du gallinacé est "éraillée" depuis quelque temps. "On espère qu'il retrouvera sa voix", s'inquiète sa propriétaire, précisant que Maurice est malade. "Il est stressé. Tout le monde l'a vu, l'a touché. Beaucoup de journalistes viennent le voir", indique Corinne Fesseau. Et d'ajouter : "Il a eu une bronchite pendant l'hiver. Il a toujours un ronflement. Il doit prendre un traitement."

 

 

Il est aussi stressé parce que je suis stressée. A force, tout ça ne me fait plus rire. Corinne Fesseau à franceinfo

 

 

D'autant plus que Maurice doit veiller sur sa progéniture : depuis peu, il est papa. "Il a quatre poules avec lui. Il féconde tous les œufs. J'en ai pris un et je l'ai donné à la poule d'une amie. Elle l'a couvé, c'est sa mère adoptive. Le poussin a un mois et demi", s'enthousiasme Corinne Fesseau. Elle ne sait pas encore s'il s'agit d'une poule ou d'un coq.

 


04/07/2019
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20 Minutes - le lundi 1er juillet 2019

Brevet des collèges: Reportées à cause de la canicule, les épreuves débutent ce lundi

 

 

 

 

EXAMEN Initialement prévu les 27 et 28 juin, le brevet des collèges a été reporté, en raison de la chaleur, à lundi 1er et mardi 2 juillet en France métropolitaine, à Mayotte et à La Réunion

 

 

 

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Les 850.000 collégiens français vont passer quatre épreuves en deux jours. — FREDERICK FLORIN / AFP

 

 

 

Jour J pour les 850.000 collégiens. Alors qu’il avait été reporté en raison de la canicule, l’examen du brevet des collèges, qui devait avoir lieu jeudi et vendredi dernier, débute ce lundi.

 

 

Initialement prévues les 27 et 28 juin, les épreuves du brevet des collèges ont été reportées, en raison de la chaleur, à lundi 1er et mardi 2 juillet en France métropolitaine, à Mayotte et à La Réunion.

 

 

 

 

 

 

Quatre épreuves réparties sur deux jours

Les épreuves ont débuté ce lundi matin avec le français (9 heures-12h15), suivi, dans l’après-midi des mathématiques (14h30-16h30). Mardi, les élèves plancheront, dans la matinée, sur l’histoire-géographie et l’enseignement moral et civique (9 heures-11 heures), puis sur les sciences (13h30-14h30), en milieu de journée.

 

 

Mais tous les élèves ne passeront pas l’examen du brevet des collèges cette semaine. Comme pour le baccalauréat, une session de rattrapage aura lieu en septembre. Habituellement, cette deuxième session est réservée aux élèves qui n’ont pas pu passer l’examen en juin pour des raisons de santé ou familiales.

 

 

 

 

 

 

 

Des critères assouplis pour la session de septembre

Mais cette année, les critères ont été élargis, a indiqué Jean-Michel Blanquer, qui a par exemple cité « des titres de transport » achetés à l’avance. Le ministère de l’Education nationale va donner « des points de repère, des consignes » aux chefs d’établissement, a ajouté Jean-Michel Blanquer. « La session de septembre », qui se déroulera les 16 et 17 septembre, sera « plus ample que d’habitude ».

 

 

 

 

 

 

Les candidats de Guyane, de Guadeloupe, de Martinique et à Saint-Pierre-et-Miquelon, eux, ont composé comme prévu les jeudi 27 et vendredi 28 juin.

 
 
 

01/07/2019
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Franceinfo - le samedi 29 juin 2019

 

 

"En ce moment, c’est vraiment dur" : on a suivi un "juicer", qui recharge les trottinettes électriques la nuit à Paris

 

 

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Auriane GuerithaultfranceinfoFrance Télévisions
 

 

 

Depuis l'été 2018, l'usage grandissant des trottinettes électriques a fait émerger un nouveau métier : celui de "juicer", le professionnel dont le rôle est de recharger ces appareils

 

 

 

Chaque nuit, un ballet similaire se reproduit dans les rues de Paris. A bord de leurs camionnettes, les "juicers" sillonnent la capitale pour récolter et recharger les trottinettes électriques qui ont envahi la ville, mais aussi Bordeaux, Lyon ou Strasbourg depuis l'été 2018. Avec treize opérateurs en France, la flotte de ces engins à deux roues a explosé : on en dénombre environ 20 000 rien qu'à Paris. Après une journée d'utilisation, leurs batteries doivent être rechargées. Ce sont les "juicers" – de l'anglais "give juice", "donner de l'énergie" – qui s'attellent à cette tâche.

 

 

C'est le cas d'Imad, un "juicer" de 33 ans. Il s'est lancé dans cette activité depuis janvier, en tant qu'auto-entrepreneur. Il est employé par deux sociétés de trottinettes en libre-service. Avant ça, il sillonnait les marchés avec sa camionnette remplie de vêtements. Elle sert aujourd'hui à récolter entre 35 et 40 trottinettes par jour, à les amener dans son local à Franconville (Val-d'Oise) pour les charger le soir et les déposer le lendemain, à partir de 3 heures du matin, dans Paris. Franceinfo est monté dans son camion et l'a suivi toute une nuit. 

 

 

 

Cinq euros par trottinette rechargée

Fin de journée, 17 heures, sur les Champs-Elysées. C'est le moment pour le "juicer" de partir à la "cueillette" des trottinettes. Via l'application, Imad en localise une, déchargée, et la réserve à distance. Pour la repérer parmi les nombreuses autres, il "l'appelle" en la faisant sonner depuis son téléphone. Puis il la scanne pour signifier à l'application qu'il l'a bien récupérée. Il enfourche l'appareil et roule vers la suivante.

 

 

 

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Imad, "juicer" de trottinettes électriques, ramassant des engins dans Paris, le 6 juin 2019. (CAMILLE ADAOUST / FRANCEINFO)

 

 

 

Le but ? Etre le plus rapide pour en récolter un maximum. Il empile une, deux, trois puis quatre trottinettes l'une sur l'autre avec le même procédé, avant de retourner à sa camionnette garée un peu plus loin sur l'avenue. Pour chaque engin, il gagne cinq euros. Sur cette somme, il faut décompter un peu plus d'un euro pour les charges versées à l'Urssaf. "J'essaye même pas de calculer ce que je gagne ou ce que je perds parce que, parfois, on est perdants dans l'affaire. Je fais la moyenne du mois", explique-t-il.

 

 

 

C'est vrai qu'on a du mal à gagner plus que le smic.

Imad

à franceinfo

 

 

 

Car la concurrence est rude sur le terrain. "C'est un coup de chance de récolter quatre trottinettes d'un coup, c'est assez rare. Au début, quand j'ai commencé, on arrivait facilement à en ramasser cinq ou six d'un coup. En ce moment, c'est vraiment dur parce qu'ils ont recruté pas mal de chargeurs", regrette-t-il. "Ils", ce sont les applications de location de ces trottinettes, qui font appel à de nombreux auto-entrepreneurs pour récolter leur appareils et les recharger. 

 

 

Premier arrivé, premier servi donc. "Notre salaire n'est pas assuré", explique Imad. "Le métier n'est pas assez réglementé, on aimerait avoir un contrat qui nous protège et que les applications nous assurent un prix minimum par trottinette et un nombre minimum de trottinettes à ramasser par juicer", estime-t-il, en sortant de son camion pour récupérer une trottinette au Trocadéro. 

 

 

Autre problème soulevé par le "juicer" : le poids de ces appareils, qui peut aller de 18 à 25 kilos selon les marques. Après un détour par Pigalle, Imad décide de rentrer au local. Il est 21 heures, direction Franconville.

 

 

Un local avec 250 chargeurs de trottinettes 

La camionnette s'engouffre dans un parking souterrain. Après quelques virages, Imad ouvre la porte coulissante du local où se trouve son installation. Un enchevêtrement de fil et de prises grâce auquel il peut faire charger un total de 250 appareils en une nuit. 

 

 

 

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Grâce à l'installation qu'il a mise en place dans son local, Imad recharge les trottinettes électriques qu'il a glanées. (CAMILLE ADAOUST / FRANCEINFO)

 

 

 

Ce soir-là, Imad vide seul le camion et installe les trottinettes pour le chargement, qui dure de trois à cinq heures. Dans une pièce attenante, des canapés sont installés autour d'une table. Imad y est rejoint par ses frères et un ami associé, pour y passer la soirée. Ils doivent rester éveillés pour surveiller les trottinettes : "C'est dangereux, il y a des risques d'explosion, ou tout simplement qu'une trottinette ne charge pas bien", explique Imad. Autour d'une pizza ou devant une partie de jeux vidéo, ils passent le temps avant de charger à nouveau le camion, à 3 heures du matin.

 

 

 

Des "nids" à réserver

Paris, place de Clichy, 3h30. Ce quartier du nord de la capitale concentre beaucoup de "nids", des espaces autorisés par la mairie pour déposer les trottinettes. Imad a pu en réserver un, place Blanche, juste en face du Moulin-Rouge. Il a le droit d'y restituer six appareils. Il y a un rituel à respecter pour les déposer correctement : en rang, avec quelques centimètres d'intervalle, le guidon tourné vers la gauche. "Ensuite, on doit prendre une photo pour montrer qu'on a bien disposé les trottinettes, sinon l'application ne valide pas", explique-t-il.

 

 

Si Imad vient déposer les trottinettes aussi tôt, c'est qu'il veut prendre de l'avance sur les autres "juicers". En à peine une heure et quart, il vide son camion. Il installe la dernière trottinette à côté du cimetière de Montmartre, soulagé. "Je vais rentrer chez moi, retrouver ma copine. Peut-être qu'on aura une demi-heure à partager ensemble."

 


29/06/2019
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Franceinfo - le lundi 24 juin 2019

 

 

"C'est humain d'avoir envie de rentrer en contact" : nés d'une PMA, Arthur et Audrey demandent à pouvoir connaître leur donneur

 

 

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Mélanie JuvéfranceinfoRadio France

 

 

 

Ce couple de trentenaires, qui milite dans l'association Origines, explique que les enfants issus d'une procréation médicalement assistée ont besoin de connaître leur donneur et pouvoir échanger avec lui

 

 

 

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En couple, Arthur et Audrey sont tous les deux issus d'une procréation médicalement assistée. (MELANIE JUVE / RADIO FRANCE)

 

 

 

Agnès Buzyn veut permettre aux enfants nés via procréation médicalement assistée (PMA) d'en savoir plus sur leurs origines. La ministre de la Santé l'a réaffirmé une nouvelle fois, sur franceinfo, lundi 24 juin. L'enfant pourrait avoir accès à des informations sur son donneur lorsqu'il aura atteint ses 18 ans. Pour certains, c'est la quête de toute une vie ou presque.

 

 

J'ai toujours su comment j'avais été conçu. J'ai donc toujours pensé à lui. Arthur, né d'une PMA à franceinfo

 

 

Arthur Kermalvézen est né d'une PMA. Cet homme de 36 ans n'a "jamais compris pourquoi la rencontre avec [ses] parents ne se faisait pas, pourquoi il ne venait pas chez [lui] surtout que c'était un monsieur généreux, un gentil monsieur. Il avait toutes les qualités pour qu'on puisse passer un bon moment avec lui".

 

 

Il y a quelques années, ce militant pour un meilleur accès aux origines a découvert l'identité de son géniteur. Il l'a fait grâce à un test ADN interdit en France qu'il a acheté 50 euros sur internet. "J'ai retrouvé son identité en 12 heures, j'ai réussi à le rencontrer. Aujourd'hui, je peux l'appeler à tout moment. Il est très content d'avoir été retrouvé", raconte Arthur. "Quand on a le nom de quelqu'un, on le localise très vite. C'est humain d'avoir envie de rentrer en contact", poursuit Audrey, sa femme.

 

 

La possibilité de pouvoir échanger avec le donneur

Contrairement à Arthur, Audrey a su qu'elle "était issue d'un tiers donneur à l'âge de 29 ans". Depuis dix ans, la "seule préoccupation" de cette femme de 39 ans est de savoir si son donneur est vivant ou décédé. Elle souhaiterait avoir des informations sur cette personne : "Si elle est encore vivante, je demandais simplement à ce qu'on lui pose la question de savoir si elle souhaiterait ou non que son identité me soit dévoilée ou à tout le monde."

 

 

Ensemble, le couple, qui vit à Levallois-Perret dans les Hauts-de-Seine, milite au sein de l'association Origines. Cette association demande, notamment, un meilleur accès à ces informations ainsi que les donneurs soient d'accord pour divulguer un jour leur identité si l'enfant le demande. "Ce que l'on souhaite, c'est ce que l'on appelle des donneurs ouverts, c'est-à-dire des donneurs qui ont compris que ce qu'ils donnent ce n'est pas un rein, ce n'est pas du sang, ce n'est pas juste des cellules, ce qu'ils donnent c'est un don d'hérédité biologique et que par conséquent, c'est un don d'humanité", estime Arthur.

 

 

 

Une plateforme d'échange

Les parents proposent même un système pour aller plus loin avec une plateforme d'échange anonyme. Elle permettrait pour ceux qui le souhaitent, de mettre en relation les donneurs et les enfants à la recherche de leur histoire pour "pouvoir donner des informations comme une photo, une vidéo, des mails, explique Arthur. Bref, qu'il y ait un échange possible entre le donneur et les personnes issues de son don".

 

 

Si l'anonymat au moment du don est préservé dans le projet de loi de bioéthique, Agnès Buzyn affirme que l'enfant pourrait avoir accès à des informations sur son donneur lorsqu'il aura atteint ses 18 ans. Le texte est actuellement examiné au Conseil d'État. Il sera ensuite présenté en Conseil des ministres le 26 juillet, puis débattu au parlement à partir de septembre.

 


25/06/2019
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Franceinfo - le mercredi 19 juin 2019 - mis à jour le 20.06.19

 

 

Bac de français : "Faire une pétition parce que c'est dur, c'est n'importe quoi", répond une enseignante de français

 

 

 

L'épreuve anticipée de français, qui s'est déroulée lundi pour les élèves de première, a été jugée "trop difficile" par plusieurs lycéens, qui ont lancé une pétition. Une professeure revient, pour franceinfo, sur cette contestation

 

 

 

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 Lors des épreuves du baccalauréat, le 17 juin 2019, au lycée Pasteur, à Strasbourg. (FREDERICK FLORIN / AFP)

 

 

 

"Trop difficile", "Andrée Chedid trop peu connue". Après les épreuves anticipées du baccalauréat de français pour les filières S et ES, des internautes ont lancé, lundi 17 juin, une pétition (signée par près de 26 000 personnes mercredi après-midi) pour alerter sur la difficulté du sujet.

 

 

Les candidats ont été invités à composer sur le thème de la poésie à partir d'un corpus de quatre poèmes d'Alphonse de Lamartine, Anna de Noailles, Yves Bonnefoy et enfin Andrée Chedid. De nombreux jeunes ont ainsi raconté sur les réseaux sociaux leur panique après avoir découvert – après l'examen – qui était Andrée Chedid, et surtout, qu'elle était une femme.

 

 

L'épreuve de français proposée était-elle si difficile ? Franceinfo a interrogé Catherine Boulanger, professeure de français depuis treize ans. Elle enseigne au lycée Sainte-Ursule, dans le 17e arrondissement de Paris. 

 

 

 

Franceinfo : La barre était-elle placée trop haut pour ce sujet de l'épreuve de français ?

 

 

Catherine Boulanger : Pour commencer, j'ai apprécié que ce sujet soit choisi, car la plupart des professeurs de français attendaient le retour de la poésie depuis cinq ans. Et le thème choisi, le lien entre le poète et la nature, est un thème très classique. 

 

 

Par ailleurs, le sujet de dissertation était lui, vraiment bien. "'Avoir l’âme qui rêve, au bord du monde assise…' Pensez-vous que ce vers puisse définir l’attitude du poète face au monde ?" Pour les élèves qui ont travaillé, c'était accessible. Il fallait faire un plan dialectique. Je suis moins convaincue par le texte d'Andrée Chedid. Le texte n'était pas spécialement palpitant, c'est un avis très personnel. Il n'y avait pas non plus beaucoup de procédés stylistiques à analyser. 

 

 

Le sujet d'invention était plus dur car il s'agissait d'un exercice de transposition d'une citation dans un texte poétique, quelque chose que l'on propose plutôt aux sections littéraires. C'est un peu inattendu, c'est peut-être un peu plus dur sur ce point. 

 

 

 

Une pétition a été lancée pour dénoncer le niveau de l'épreuve de français, qu'en pensez-vous ? 

 

 

Le bac de français est un exercice exigeant, le sujet n'était pas le plus facile, mais encore une fois il est complètement dans le programme. Faire une pétition parce que c'est dur, que certains élèves ne savaient pas qu'Andrée Chedid était une femme, c'est n'importe quoi.

 

 

Cela me fait rire car une année, pour un texte d'Anatole France, certains élèves ont cru que France était le prénom de l'auteur et l'ont pris pour une femme. Et on n'avait eu aucune consigne sur le fait de sanctionner les élèves ou pas. 

 

 

 

Beaucoup d'élèves s'inquiétaient d'être sanctionnés pour avoir pris Andrée Chedid pour un homme. Comment vont se passer les corrections ? 

 

 

Je vous assure qu'aucun correcteur ne va les sanctionner pour avoir cru que c'était un homme et je ne vais jamais retirer des points pour ça ! Pour l'épreuve écrite de français, on attend surtout de l'élève qu'il sache lire, analyser un texte, comprendre l'intérêt stylistique. Pour ma part, je note toujours mes copies de bac deux points au-dessus de ce que je donne habituellement. Je ne connais pas les auteurs que l'élève a étudiés dans l'année. Je pense que c'est la posture de la majorité des enseignants. 

 

 

 

 

 

 

Les connaissances d'histoire littéraire sont évaluées lors de l'épreuve orale. L'examinateur a devant lui les textes que l'élève a étudiés dans l'année. Il peut donc se permettre de l'interroger dessus. Les mots d'ordre sont : bienveillance, valoriser l'élève et beaucoup de souplesse.

 


20/06/2019
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Franceinfo - le mercredi 19 juin 2019

 

 

Réveil aux aurores, activités pédagogiques, malaises... On vous résume les premiers jours du Service national universel

 

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

 

Deux mille volontaires, répartis dans treize départements, étrennent le SNU depuis lundi

 

 

 

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Le premier jour du Service national universel (SNU) au lycée Le Corbusier, à Tourcoing (Nord), le 17 juin 2019.  (SYLVAIN LEFEVRE / HANS LUCAS)

 

 

 

"On a mis le réveil à 5h30 pour arriver à l'heure au lever du drapeau." Pour les 2 000 volontaires au Service national universel (SNU), les premiers jours sont plutôt intenses. Depuis lundi 17 juin, ces adolescents de 15 à 16 ans – lycéens, décrocheurs scolaires, apprentis et élèves en CAP – enchaînent les levers de drapeaux, les modules de sensibilisation et les activités sportives en pleine nature. Le tout en uniforme et sans téléphone, prohibé pendant la journée.

 

 

Lancée dans treize départements pilotes, cette première phase d'expérimentation dure douze jours et vise à créer de la "recherche de sens autour des valeurs de la République, une recherche de cohésion" explique le secrétaire d'Etat et pilote du projet, Gabriel Attal, sur France 2. Pendant l'été ou l'année scolaire suivante, les volontaires entameront le deuxième volet de cette expérimentation et réaliseront une mission d’intérêt général de deux semaines au total. 

 

 

Franceinfo revient sur ces premières journées, émaillées de quelques couacs. 

 

 

 

Un programme inspiré des pratiques militaires

"On met correctement la casquette ! Chemisier dans le pantalon, on se tient droit, le ministre arrive !" lance un instructeur du lycée Le Corbusier à Tourcoing (Nord), les yeux rivés sur la rangée de jeunes en pantalon bleu marine et polo blanc cocardé. Uniforme, levée des couleurs, hébergement en maisonnées regroupées par cinq au sein d'une compagnie... Ce "séjour de cohésion" se rapproche beaucoup d'une immersion dans une caserne. Même si, pour Gabriel Attal, le dispositif n'a rien de militaire. Le secrétaire d'Etat parle plutôt de "patriotisme". 

 

 

Des vidéos montrant les jeunes entonner La Marseillaise a cappella ont beaucoup fait réagir sur les réseaux sociaux. "Décidément c’est bien les années trente et c’est ultra flippant" commente un internaute. "Je suis le seul que ça fait limite flipper ?" questionne un autre. L'hymne national est au programme tous les matins.

 

 

 

 

 

 

"C'est un peu impressionnant, mais on est fiers. Ces couleurs, ça nous représente !" s'enthousiasme Vincent, un volontaire venu de la Creuse. Aucun des jeunes n'effectue le séjour SNU dans le département où il vit, afin de créer "un élargissement du champ des possibles pour ces jeunes" commente Gabriel Attal sur France 2. Le secrétaire d'Etat précise que certains ont "changé de région pour la première fois" de leur vie.

 

 

Entre la formation aux premiers secours, les activités sportives et de cohésion et les modules "défense et sécurité nationale", les yeux sont fatigués. Mais certains y trouvent leur compte, comme ce jeune, à Tourcoing, qui rêve d'entrer dans les forces de l'ordre et veut "vivre ce qu'ont vécu nos anciens, nos soldats".

 

 

 

Des activités sportives et des ateliers "fake news" 

Le programme de ces 12 jours s'articule autour de quatre objectifs : "Développer une culture de l'engagement" pour "accroître la cohésion et la résilience de la nation", "garantir un brassage social et territorial de l'ensemble d'une classe d'âge", "renforcer l'orientation en amont et l'accompagnement des jeunes dans la construction de leurs parcours personnel et professionnel" et enfin "valoriser les territoires et leur patrimoine culturel".

 

 

Concrètement, les journées sont rythmées par des cours de sport (d'une durée de deux heures en moyenne) et des activités pédagogiques. Au lycée Aristide-Briand d'Evreux (Eure), les jeunes ont eut le droit à des modules en groupe sur l’égalité hommes-femmes et les valeurs de la République. "J'avoue, je n'ai pas retenu grand-chose, en fait, reconnaît Karine, 16 ans, qui a eu du mal à se concentrer après une courte nuit. C'était intéressant, mais avec le voyage et tout, j'avais du mal à suivre." 

 

 

A Bourges (Cher), où 160 jeunes sont logés au Crous, la première journée a bien failli achever les troupes. "On a beaucoup marché, de 9 heures à 17 heures, c'est épuisant, mais c'était intéressant, ce rallye dans Bourges" reconnaît une jeune femme à France Bleu Cher. Leur planning s'annonce encore bien chargé, "entre bilan de santé, journée armée et mémoire, journée sécurité civile, bilan de compétence et orientation professionnelle et Code de la route", détaille la radio. 

 

 

Et le soir, pas question de se tourner les pouces. Les soirées, passées en commun, sont consacrées à des temps de réflexion sur des sujets de société, comme les clichés sexistes. Des athlètes du Centre de ressources, d'expertise et de performances sportives (Creps), sont d'ailleurs venus répondre aux questions des volontaires à ce sujet. 

 

 

 

 

 

 

Au total, 450 encadrants sont mobilisés sur les treize départements. Il s'agit essentiellement de tuteurs diplômés du Bafa mais aussi de plusieurs réservistes. A Evreux, dans l'équipe de direction, on trouve "une enseignante d’anglais et un ancien colonel de l’armée de l’air" indique Le Monde. 

 

 

 

Des malaises à Evreux et quelques couacs ailleurs 

Mardi soir, la forte chaleur a eu raison des bonnes volontés collectives à Evreux, où 25 jeunes ont été pris de malaise, selon les chiffres de la préfecture"C'est un petit coup de chaud comme on en voit régulièrement" a tenté de relativiser le maire de la ville, Guy Lefrand. Ces malaises ont eu lieu en pleine cérémonie officielle de l'inauguration de la nouvelle place de Gaulle, après une heure passée debout, en plein soleil.  

 

 

Sur cette vidéo prise sur place (et twittée ensuite par un compte qui critique la politique d'Emmanuel Macron), on aperçoit les pompiers emmener les jeunes concernés. Précisons que tous étaient en bonne santé le lendemain.

 

 

 

 

 

 

Le cabinet de Gabriel Attal a indiqué à Libération qu’à l’avenir "les cérémonies devront se faire à l’ombre", en particulier à cause de la vague de chaleur prévue pour les prochains jours. 

 

 

A l'heure de tirer un bilan de ces premières journées, certains font état de quelques flottements du côté de l'encadrement : "On a remarqué plein de trucs qui n'allaient pas dans l'organisation, aujourd'hui. On a vu des tuteurs galérer avec leurs emplois du temps, ne pas trouver les salles dans lesquelles on devait avoir cours", remarque Karine, toutefois magnanime : "C'est le premier jour, on va dire que ça se met en place"

 

 

Il ne s'agit pour l'instant que de la phase test du futur SNU. Une mission de recherche a d'ailleurs été confiée par le gouvernement à l’Institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire. Des chercheurs, présents dans tous les centres, "vont apprécier si les objectifs du SNU, la cohésion, la formation sur un certain nombre de réflexes et la levée des freins à l'engagement [chez les pompiers, dans la réserve opérationnelle, en service civique]" sont tenus, détaille Gabriel Attal sur franceinfo. 

 

 

Cette version bêta du SNU concernera 40 000 jeunes l'an prochain puis 800 000 par an ensuite. Soit un coût annuel de 1,7 milliard d’euros.

 


20/06/2019
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Franceinfo - le mercredi 19 juin 2019

 

 

Privatisation du marché des semences, tomates hybrides... Quatre séquences à retenir du "Cash investigation" sur le business des fruits et légumes

 

 

 

L'enquête diffusée mardi soir sur France 2 démontre que les semences agricoles mondiales sont détenues et gérées par quelques multinationales

 

 

 

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Un étalage de tomates dans un supermarché parisien, le 28 mai 2019. (MAXPPP)

 

 

 

Des fruits et légumes calibrés comme des produits industriels et des semences totalement standardisées. France 2 a diffusé, mardi 18 juin, "Multinationales : hold-up sur nos fruits et légumes", un nouveau numéro de "Cash Investigation". Une enquête qui démontre que les semences à l’origine des fruits et légumes mangés par les consommateurs sont désormais la propriété d’une poignée de géants mondiaux, comme l'allemand Bayer ou le français Limagrain. Voici quatre séquences à retenir de cette enquête sur ces multinationales qui dominent le marché des fruits et légumes.

 

 

>> REPLAY. Revoir l'émission "Cash Investigation" sur le business des industriels des fruits et légumes 

 

 

 

Comment les tomates hybrides ont envahi le marché 

Pour obtenir la star du rayon primeur, des industriels proposent des semences de tomates. Ces vendeurs de graines mettent en avant des arguments tels que la forme, la taille, la couleur ou encore la productivité. Mais surtout, les semences hybrides représente 98% des variétés de tomates mises sur le marché.

 

 

Un hybride n'est pas un OGM, on ne modifie pas les gènes, on les croise. Ainsi, on peut obtenir, grâce aux semences hybrides, des tomates bien rouges, à la chair qui résiste aux chocs et dont la conservation permet de survivre aux parcours commerciaux.

 

 

 

Un marché des semences privatisé qui menace la biodiversité

Selon la loi française, pour avoir le droit de vendre une semence, une entreprise doit l'inscrire au catalogue officiel français des espèces et variétés de plantes cultivées en France. Ce catalogue compte actuellement 8 353 variétés. Mais cette diversité n'est qu'une apparence. Ainsi, dans le cas du melon, 289 noms de variétés sont recensés. Mais 91% de ces melons sont des hybrides de moins de 25 ans. Quant au maïs, sur 1 019 variétés, toutes sont des hybrides créées dans les années 2000. Et ces semences de maïs sont presque toutes la propriété de grands groupes. 

 

 

Aujourd'hui, les deux tiers des semences vendus dans le monde appartiennent à quatre multinationales : Bayer-Monsanto, DowDuPont, Syngenta et Limagrain. Cette privatisation du vivant n'est pas sans conséquences pour la biodiversité. Selon l'ONU, "75% de l'agrobiodiversité a été perdue à cause de la domination de ces variétés uniformes." Par ailleurs, trois des quatre multinationales qui dominent le marché semencier sont également des fabricants de pesticides. Une façon de proposer aux agriculteurs des formules tout compris, en promettant un meilleur rendement pour une graine associée au pesticide produit en parallèle.

 

 

Le grand chef qui refuse la mainmise des multinationales sur les semences 

Trouver des légumes qui ne sont pas des hybrides relève du parcours du combattant. Le chef cuisinier Olivier Roellinger cultive ses propres légumes – des semences paysannes – au pied de son restaurant à Cancale (Ille-et-Vilaine). Il déplore notamment un catalogue officiel où le critère principal pour intégrer les semences est le caractère homogène et stable des légumes.

 

 

"Je n'arrive même pas à comprendre comment on a pu (...) se faire spolier ce droit de planter ce que la nature nous a donné", s'indigne Olivier Roellinger.

 

 

Quand un petit producteur de graines paysannes illégales fait face au lobby des semenciers

L'association Kokopelli tente de résister aux industriels en commercialisant et en distribuant des semences paysannes, c'est-à-dire libres de droits, non répertoriées dans le catalogue officiel. Des actions illégales qui valent à Kokopelli des procès intentés par les multinationales.

 

 

L'association revendique un rôle de résistance afin de préserver le "bien commun", c'est-à-dire celui que la "nature nous a tous donné".

 


19/06/2019
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Franceinfo - le lundi 10 juin 2019

 

 

Comment des industriels fabriquent des fausses olives noires

 

 

 

Un documentaire diffusé sur France 5 dimanche soir révèle les secrets des industriels pour transformer ces fruits méditerranéens

 

 

 

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Un documentaire de France 5 explique comment les olives vertes sont transformées en olives noires. (PIERRE-ALEXANDRE GAURIER / MOOD4FOOD / AFP)

 

 

 

Etes-vous plutôt olive verte ou noire ? Vous changerez peut-être d'avis après avoir visionné cet extrait du documentaire L'olive, un ver dans le fruit, diffusé dans la soirée du dimanche 10 juin sur France 5. Les auteurs du programme rappellent que les olives vertes et noires proviennent du même arbre : la couleur dépend de la maturité des fruits. L'olive verte ne l'a pas encore atteinte. France 5 révèle ensuite comment les olives vertes sont transformées en olives noires.

 

 

Les olives vertes sont d'abord plongées dans de la potasse ou de la soude. Elles sont ensuite transvasées dans de la saumure, très riche en sel. "Ce sel va déshydrater l'olive pour la rendre un peu plus tendre", explique Raphaël Haumont, de la faculté des sciences d'Orsay. Enfin, les olives vertes sont plongées dans un bain de gluconate ferreux. "Le fer va rentrer dans la chair de l'olive qui va devenir noire, progressivement, avec le temps", poursuit Raphaël Haumont. L'opération aboutit au bout de quelques jours.

 

 

On peut reconnaître ces olives dans les rayons des supermarchés en regardant les étiquettes de plus près, sur lesquelles il est inscrit : "Olives noires confites." Certains industriels s'autorisent même des leçons de nutrition ou de santé : ils inscrivent sur l'étiquette que le cuivre et le fer contenus dans ces olives aident "au bon fonctionnement immunitaire et à réduire la fatigue".

 


10/06/2019
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Franceinfo - le lundi 10 juin 2019

 

 

Peut-on choisir le jour de sa mort ? En Suisse, les recours au suicide assisté sont en augmentation

 

 

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Jérémie LanchefranceinfoRadio France

 

 

 

Alors que le débat sur la fin de vie à été relancé en France par l'affaire Vincent Lambert, le Code pénal suisse autorise l'assistance au suicide lorsqu'il n'y a pas de mobile égoïste

 

 

 

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Le stand de l'association Exit, qui propose "un accompagnement à la mort choisie", ci-contre à la Foire de Bâle, le 9 janvier 2019.  (DENIS SOLLIER / MAXPPP)

 

 

 

En pleine affaire Vincent Lambert, devenue le symbole du débat sur la fin de vie en France, en Suisse, le nombre de personnes ayant eu recours au suicide assisté a été multiplié par plus de dix en moins de dix ans. Une mort sans douleur mais pas sans heurts. Plus de deux ans après le décès de son frère Charles, Claude Mermod ne décolère pas contre ce qu’il appelle la banalisation du suicide assisté. Ce fringant septuagénaire se dit pourtant favorable à l’euthanasie pour des personnes en fin de vie. Elle est interdite en Suisse. Sauf que son frère Charles n’était pas gravement malade, simplement âgé.

 

 

"On s’est fâchés. On ne pouvait pas tomber d’accord. Il faut aider les proches pour pouvoir faire un départ avec un aurevoir harmonieux. Mais un aurevoir harmonieux quand le gars est en bonne santé, ça fait problème", explique Claude Mermod. Le 1er octobre 2016, son frère Charles adresse une lettre à sa famille : "Je vais mourir mardi 18", écrit-il. "Là, je me suis dis, il me fait un drôle de coup", se souvient Claude. Malgré une décision de justice qui suspend la procédure, Charles se donnera la mort quelques semaines plus tard.

 

 

 

L'association Exit défend "une mort choisie"

Claude Mermod mène depuis une bataille contre les associations d’aide au suicide. Les demandes d’adhésion explosent depuis plusieurs années. Gabriela Jaunin est accompagnatrice pour l’association Exit. "Il y a quinze ans, les gens nous regardaient un peu de travers, on n’osait pas forcément dire qu’on était accompagnateur chez Exit", explique-t-elle. "Aujourd’hui, les gens savent ce que c’est. C’est aussi pour ça qu’on a de plus en plus d’adhésions. Depuis le début de cette année, on a 40% d’augmentation des personnes qui s’inscrivent. C’est pour elles une sécurité de se dire si un jour il nous arrive quelque chose, on a cette possibilité, ce choix", poursuit l’accompagnatrice.

 

 

Plusieurs conditions sont requises, notamment avoir sa capacité de discernement et pouvoir réaliser le dernier geste, généralement l’absorption d’une "potion létale", sans quoi la mort sera considérée comme un meurtre. Le Code pénal suisse ne pose finalement qu’une seule limite : l’aidant ne peut pas bénéficier de la mort de la personne. "On a beaucoup de chance, estime Gabriela Jaunin. La douleur et la souffrance d’une personne, on ne peut pas la juger. Moi je dis toujours que c’est une assurance pour une bonne mort, choisie." Un peu plus de 1 200 personnes sont mortes avec l’aide d’Exit l’an passé, contre une centaine au début des années 2 000. En tout, l’association estime que l’aide au suicide représente aujourd’hui 1,5% de tous les décès en Suisse.

 


10/06/2019
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