L'AIR DU TEMPS

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SOCIETE et Consommation

Regards sur la société au travers de différents articles qui permettent une photographie de celle-ci au fil du temps qui passe...


Franceinfo - le lundi 23 avril 2018

 

 

Les blocages dans les universités ont fait plus d'un million d'euros de dégâts, selon la ministre de l'Enseignement supérieur

 

 

Depuis plusieurs semaines, une dizaine de facultés sont perturbées, voire bloqués, par des étudiants et des militants pour protester contre la réforme de l'accès à l'université

 

 

 

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La ministre de l'Enseignement supérieur, le 11 avril 2018 à Paris. (LUDOVIC MARIN / AFP)

 

 

L'occupation des universités a laissé des traces. Les dégâts causés par le blocage de plusieurs facultés devraient "dépasser le million d'euros", a déclaré Frédérique Vidal, la ministre de l'Enseignement supérieur, dans "L'Epreuve de vérité" sur Public Sénat, en partenariat avec l'AFP, Radio Classique et Les Echos.

 

 

Dans le détail, le coût des dégradations est notamment évalué à 300 000 euros à l'université Paul-Valéry de Montpellier. A Paris 1, sur le campus de Tolbiac, "les devis sont en cours", a précisé Frédérique Vidal, évoquant tout de même entre 200 000 et 300 000 euros de dégâts.

 

 

Depuis plusieurs semaines, une dizaine de sites (sur 400) sont perturbés, voire bloqués, par des étudiants et des militants pour protester contre la loi Orientation et réussite des étudiants (ORE), accusée par ses détracteurs d'instaurer un système de "sélection" déguisée.

 


17/05/2018
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Franceinfo - le lundi 23 avril 2018

 

 

"Les gens sont beaucoup plus ouverts" : cinq ans après le mariage pour tous, des couples font le bilan

 

 

Le Parlement a définitivement adopté cette loi le 23 avril 2013. Cinq ans plus tard, franceinfo a interrogé des jeunes mariés pour faire le bilan

 

 

 

Le Parlement a définitivement adopté le mariage pour tous le 23 avril 2013. Cinq ans après, franceinfo a interrogé des couples qui ont pu se marier grâce à cette loi. "On a toujours eu la sensation, d’être du bon côté de l’histoire. Cinq ans plus tard, ça se vérifie (...) et j’en suis bien heureux", déclare à franceinfo Vincent Boileau-Autin, qui s'est marié avec Bruno Boileau-Autin le 29 mai 2013. Ils sont devenus des symboles en étant le premier couple homosexuel à se marier en France lors d'une cérémonie largement médiatisée.

 

 

Désir ancien et réponse à La Manif pour tous

 

"Si on s’est mariés, c’est encore plus parce que l’opposition des réactionnaires était telle que ça devenait évident qu’on devait se marier", expliquent à franceinfo Bruno Spire et Michel Bourrelly, le premier couple à s'être marié à Bobigny (Seine-Saint-Denis). La cérémonie de ces deux militants de longue date a, elle aussi, bénéficié d'un large retentissement médiatique, car des personnalités comme l'ancienne ministre Roselyne Bachelot et la codécouvreuse du virus du sida, Françoise Barré-Sinoussi, étaient leurs témoins.

 

 

Pour Vincent Basille et Vincent Bergeon, le mariage a également été une façon de répondre à La Manif pour tous et ses soutiens. "On a été profondément meurtris par la façon dont le débat s’est déroulé à l’Assemblée et dans la rue également. On avait l’impression d’être aux Etats-Unis dans les années de la ségrégation où les Blancs manifestaient contre les droits des Noirs", estime auprès de franceinfo Vincent Bazille. Leur mariage a été "l'occasion de marquer le coup, de dire 'Voilà, on a le droit de le faire alors on le fait et on n’attend pas que ce droit nous soit retiré'", poursuit-il.

 

 

"Je fais toujours la cuisine, il fait toujours la vaisselle"

 

Reste que le mariage n'a rien changé au quotidien pour ces couples. "Je fais toujours la cuisine (...). Il fait toujours la vaisselle. Ça n’a rien changé. Vraiment rien", raconte Michel Bourrelly, remarquant que lui et son époux sont ensemble depuis trente ans.

 

 

Les premiers temps, des gens ont eu "un peu de mal", relatent à franceinfo Rosemonde et Myriam Zebo-Jourdan, le premier couple de même sexe à s'être marié à la Martinique. Rosemonde raconte une scène typique : "Ils me disaient : 'Comment va ta… compagne ?' 'Non, non, mon épouse'. Et puis, voilà, on en rigolait et après c’est passé très facilement."

 

 

Vincent Bazille note que le mariage n'a "absolument rien [changé] dans l’organisation du quotidien" mais qu'il a eu une incidence symbolique "par rapport à notre famille, par rapport à nos parents en particulier". Et d'ajouter : "Je crois que ça a été aussi une forme de reconnaissance, de faire rentrer le couple homosexuel dans la norme sociétale."

 

 

 

Je vois que le rapport de mes parents, le rapport des parents de mon mari avec notre couple s’est normalisé.

Vincent Bazille

à franceinfo

 

 

"Pour nos amis, notre couple n’a jamais été remis en question. Par contre, pour notre famille, il y a toujours une notion de difficulté d’acceptation de l’homosexualité qui est présente", avance-t-il.

 

 

"C’est devenu banal"

 

Les avis sur l'évolution de la société française sont assez similaires chez les couples interrogés par franceinfo. "Les gens sont beaucoup plus ouverts. [Le mariage des homosexuels] est rentré dans les mœurs, maintenant. C’est peut-être fort ce que je vais dire, mais c’est devenu banal", juge Myriam Zebo-Jourdan.

 

 

"Je suis content de voir qu’aujourd’hui, plus de 70% des Français ne souhaitent pas revenir en arrière", déclare à franceinfo Vincent Boileau-Autin, faisant référence à plusieurs sondages, dont celui-ci. Soulignant avoir reçu quelque 18 000 messages à la suite de leur union, il raconte que "rien que le lendemain de notre mariage, des gens qui avaient défilé contre cette loi nous ont envoyé des messages en disant : 'J’ai vu votre mariage et en fait j’ai oublié une chose au milieu de ces débats houleux, c’est qu’il y a de l’amour en fait. Il y a juste de l’amour'."

 

 

"On a toujours cette homophobie latente"

 

Vincent Bazille appelle, lui, à la vigilance. "Je trouve que ça ne s’arrange pas. On a toujours cette espèce d’homophobie latente à laquelle on ne pensait pas avant les débats du mariage pour tous", déclare-t-il. "Le mariage pour tous, c’est comme toutes les avancées sociétales. Elles se passent de façon cyclique", analyse-t-il. "La pilule ou l’IVG sont, aujourd’hui, des notions qui sont remises en cause par des mêmes groupuscules extrémistes" en Europe, rappelle-t-il. 

 

 

Vincent Boileau-Autin se montre également méfiant. "En 2018, les niveaux d’agression LGBTphobes, donc qui concernent les lesbiennes, les gays, les bis, les trans, c’est une véritable explosion", faisant référence aux chiffres du rapport 2017 de SOS Homophobie. Pour cette association, "la haine envers les personnes" LGBT "s'amplifie et s'ancre toujours aussi profondément dans notre société".

 


17/05/2018
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Franceinfo - le lundi 23 avril 2018

 

 

ENQUETE FRANCEINFO. Les couples homosexuels ont le droit d'adopter, mais le peuvent-ils vraiment ?

 

 

"Votre seul défaut, c'est d'être deux hommes", entendent-ils souvent. Légale depuis cinq ans pour les couples mariés de même sexe, l'adoption est encore pour eux un parcours du combattant. En plus des obstacles classiques de la démarche, ils voient aussi plusieurs portes se fermer, justement du fait de leur homosexualité

 

 

 

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Un couple d'hommes avec un bébé à Paris, en octobre 2017.  (MAXPPP)

 

 

Depuis qu'il est adulte, Jean-Marc* se voit papa. Il s'imagine avec son mari jouer au square avec leur enfant, l'emmener au cinéma et partir avec lui en vacances. Il y a cinq ans jour pour jour, le couple a eu un déclic. Ce 23 avril 2013, le Parlement a adopté définitivement la loi Taubira ouvrant le mariage et l'adoption aux couples de même sexe. Avoir un enfant ? Depuis cet instant, "on en parle vraiment", relate Jean-Marc, en couple depuis plus de quinze ans avec son compagnon. 

 

 

Dossier motivé, série d'entretiens avec une assistante sociale, une psychologue et une psychiatre... Depuis octobre 2016, le couple suit les étapes classiques d'une démarche d'adoption et est accueilli avec "beaucoup de bienveillance". "Aucune difficulté jusqu'à présent", résume Jean-Marc. Le trentenaire se souvient néanmoins d'une phrase prononcée par sa psychiatre : "Vous avez un dossier parfait. Vous ferez de merveilleux parents. Votre seul défaut, c'est que vous êtes deux hommes. La société n'est pas prête."

 

 

Cinq ans après le vote de la loi Taubira, l'accès à l'adoption – en général déjà très long, et incertain – semble encore plus ardu pour les couples d'hommes ou de femmes. Aucune statistique précise n'est disponible. Depuis 2013, plusieurs centaines, voire milliers, de personnes de même sexe, ont certes pu adopter l'enfant de leur conjoint, selon les spécialistes du sujet. Mais d'après Alexandre Urwicz, président de l'Association des familles homoparentales (ADFH), à peine "quelques familles" ont pu accueillir dans leur foyer un enfant pupille de l'Etat et "moins de dix" un enfant né à l'étranger.

 

 

Des conseils de famille réticents

 

Pour Julien*, ingénieur informatique, et son mari, l'attente dure depuis près de trois ans. Ce couple, marié peu après l'adoption de la loi Taubira, a bien reçu l'agrément pour adopter un pupille de l'Etat. Mais depuis 2015, rien n'avance. Leur dossier a été présenté une première fois à un conseil de famille des pupilles de l'Etat. Cette commission, qui réunit des conseillers départementaux, des membres d'associations familiales et de pupilles de l'Etat, mais aussi des professionnels de la protection de l'enfance, décide de l'adoption de ces enfants. Le projet du couple a été rejeté.

 

 

"Je savais que ce serait long", tempère Julien. Un cousin hétérosexuel a adopté, cela a pris quatre ans." Pour tout couple, qu'il soit homosexuel ou hétérosexuel, l'adoption est un long cheminement : en moyenne, toute demande met cinq ans à aboutir dans le cas des pupilles de l'Etat. L'ingénieur se veut tout de même optimiste. Mais les assistantes sociales l'accompagnant le sont beaucoup moins. "Elles nous expliquent que les conseils de famille sont assez conservateurs, relate le trentenaire parisien. Dans de nombreux cas, ils vont privilégier des dossiers de couples hommes-femmes."

 

 

D'autres témoignages recueillis par franceinfo confirment ces réticences. Michel* et Edouard*, dans une démarche d'adoption depuis un an, ont ainsi entendu le même genre de propos lors d'une réunion d'information dans le Nord. 

 

 

À un moment, un couple homosexuel a demandé comment le conseil de famille décidait de l'attribution d'un enfant. L'une de ses membres nous a répondu qu'il privilégiait les familles 'traditionnelles'. Michel, en procédure d'adoption à franceinfo

 

 

Samuel* et son mari, en pleine démarche d'adoption dans le Finistère, ont, eux, été prévenus par l'assistante sociale et le psychologue. "Ils nous l'ont dit de façon très libérée, confie Samuel. Le conseil de famille n'accorde jamais d'adoption aux couples homosexuels. Il refuse toutes leurs candidatures." Joint par franceinfo, un membre de l'équipe départementale chargée des adoptions, souhaitant rester anonyme, confirme ces refus. En cinq ans, il a présenté "une quinzaine" de dossiers de couples de même sexe pour l'adoption d'un pupille de l'Etat. Aucun n'a été retenu.

 

 

Ils n'étudient même pas les dossiers de couples homosexuels. A chaque fois, il faut un papa et une maman. Ils veulent donner 'une bonne famille' à l'enfant.Un membre de l'équipe chargée de l'adoption dans le Finistère à franceinfo

 

 

André, représentant d'une association dans ce conseil de famille, assure que son groupe n'a pas de réticences envers l'homoparentalité. Il "respecte" simplement "l'ordre d'arrivée des dossiers". Selon lui, les demandes de couples homosexuels ne seraient "pas éligibles actuellement", car trop récentes. D'une voix calme, l'associatif reconnaît néanmoins que "quand le mariage pour tous a été adopté, des parents ont quitté notre association". Ils refusaient, par principe, l'idée d'une adoption par un couple de même sexe. 

 

 

"Tant qu’on aura des couples (...) avec un père et une mère, on les privilégiera"

 

Alerté par plusieurs couples, Nicolas Faget, porte-parole de l'Association des parents gays et lesbiens (APGL), dénonce "une discrimination fondée sur l'orientation sexuelle" dans plusieurs départements.

 

 

L'Unaf, l'Union nationale des associations familiales, était "majoritairement opposée" au mariage pour tous et "majoritairement défavorable à l'accès à l'adoption pour les couples de même sexe" au moment du débat sur la loi Taubira. Elle est toujours impliquée dans le processus d'adoption aujourd'hui, car chaque conseil de famille compte au moins un représentant proposé par l'Udaf, l'union départementale. Malgré son opposition de l'époque, il n'y a "pas de mot d'ordre" pour privilégier des couples hétérosexuels, assure aujourd'hui l'Unaf : elle dit n'avoir aucune information sur d'éventuelles discriminations. Elle évoque juste une "tension extrêmement forte", en raison du nombre très important de candidatures, notamment depuis 2013.

 

 

Contacté par franceinfo, Jean-Marie Muller, président du conseil d'administration de la Fnadepape, une fédération regroupant des membres de conseils de famille de pupilles de l'Etat, répond sans filtre. "Les conseils de famille sont libres de leur choix et n'ont pas à le justifier", défend ce responsable, administrateur en Lorraine.

 

 

Quand nous pouvons présenter à l'adoption un jeune couple père-mère, c'est le choix que les conseils de famille font. Sur l'ensemble du territoire.Jean-Marie Muller, président du conseil d'administration de la Fnadepapeà franceinfo

 

 

"Tant qu'on aura des couples jeunes, stables, avec un père et une mère, on les privilégiera", assurait-il déjà à l'AFP. "Ce discours est insupportable", réagit, indigné, Alexandre Urwicz. Interpellé par ces propos, le président de l'ADFH annonce à franceinfo qu'il "réfléchit à une action judiciaire".

 

 

Sollicité par franceinfo, le ministère de la Justice explique lui qu'il "n'a pas connaissance de difficultés" de ce genre. "Cela ne veut pas dire que ça n'existe pas. Nous sommes assez mal équipés pour le voir", reconnaît le ministère. Une enquête sur l'adoption en France, lancée récemment par les pouvoirs publics, sera rendue publique en 2019. "Avec cela, nous pourrons voir si un traitement différencié existe", assure le ministère de la Justice. 

 

 

A l'étranger, des voies très restreintes

 

En plus de la France, Samuel et son mari comptent se tourner en parallèle vers une démarche à l'international. Là aussi, de nombreuses embûches devraient les attendre. Pour commencer, le nombre d'adoptions internationales a baissé drastiquement ces dernières années : seulement 685 en 2017. Et seuls quatre pays, et quelques régions d'autres Etats, sont aujourd'hui susceptibles d'accepter une demande de la part d'un couple homosexuel, selon le recensement communiqué par l'Agence française de l'adoption (AFA) à franceinfo. Il s'agit de la Colombie, de l'Etat de Mexico (Mexique) et de certains Etats des Etats-Unis, de l'Afrique du Sud, du Brésil et du Portugal. Les autres assument leurs refus. La Russie, le Kazakhstan, la Bulgarie ou encore Haïti précisent même explicitement que "seuls les couples mariés hétérosexuels" seront considérés.

 

 

Avec son mari, Jean-Marc* a visé en priorité le Brésil et l'Afrique du Sud. Mais pour le premier pays, un obstacle immédiat s'est présenté. "Comme notre agrément est pour un enfant de 0 à 6 ans, ça ne passe pas", regrette Jean-Marc. Au Brésil, "les enfants proposés seuls sont généralement âgés de 9 ans au moins", précise le Quai d'Orsay.

 

 

Les pays sont limités et les associations qui vous accompagnent sont très limitées. Jean-Marc*à franceinfo

 

 

Médecins du Monde, l'un des rares organismes permettant aux couples homosexuels d'adopter à l'étranger, arrête ainsi son activité d'adoption. Pour tenter leur chance en Afrique du Sud, le trentenaire et son mari se sont rapprochés de l'association Chemin vers l'enfant, située à Chinon (Indre-et-Loire). Là aussi, la porte s'est vite fermée. Sous le poids de nombreux dossiers en attente, elle refuse toute nouvelle candidature. "C'est la seule association qui le proposait. Pour nous, l'Afrique du Sud, c'est fichu." 

 

 

Une "chance résiduelle"

 

Cinq ans après la bataille pour le mariage et l'adoption pour tous, "le droit est là, mais on ne s'est pas donné les moyens de l'appliquer", résume Dominique Boren, coprésident de l'APGL. "Si vous êtes un couple d'homosexuels, vous avez une chance résiduelle pour que votre adoption aboutisse." 

 

 

L'adoption est de plus en plus considérée comme une voie de garage. Elle décourage tellement nos adhérents qu'ils se tournent aujourd'hui vers la PMA et la GPA à l'étranger.Nicolas Faget, porte-parole de l'APGL à franceinfo

 

 

Jean-Marc s'y refuse. Mais à l'aube de ses 40 ans, il confie qu'il ne peut plus "attendre trop longtemps" pour avoir un enfant. Cet homme désire être père depuis ses 18 ans. "On est dans l'impatience. [En cas d'échec], je ne sais pas si j'aurai le courage de tout recommencer", souffle-t-il avec sincérité. Les paroles prononcées par sa psychiatre ont, malgré tout, résonné. "Être amoureux d'un homme, c'est la seule chose que je ne peux pas changer dans mon dossier", lâche-t-il. "Je veux juste avoir les mêmes chances que tout le monde. La société n'est pas prête, mais moi je suis prêt." 

 

 

*Les prénoms de ces personnes ont été modifiés à leur demande, afin de ne pas porter atteinte à leurs démarches d'adoption. 

 


15/05/2018
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Franceinfo - le Jeudi 19 avril 2018

 

 

Prisons : 70 367 personnes sont incarcérées en France, un record

 

 

Le précédent record, en avril 2017, était de 70 230 prisonniers

 

 

 

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Au 1er avril 2018, 70 367 personnes étaient incarcérées en France. (PATRICK KOVARIK / AFP)

 

 

 

C'est un record. La population en détention en France est de 70 367 personnes au 1er avril 2018, dont 49 515 condamnés, selon la direction de l’administration pénitentiaire qui a publié les chiffres jeudi 19 avril. C'est la deuxième fois que la population carcérale franchit le seuil des  70 000 détenus. En comptabilisant le nombre de personnes sous surveillance électronique, ce chiffre passe à 82 086 personnes.

 

 

Dans le détail, "le nombre de personnes écrouées, ainsi que celui des détenus, continue d’augmenter, bien que plus faiblement que l’année dernière (+0,2 % pour les personnes détenues par rapport au 1er avril 2017, contre +2,7 % entre 2016 et 2017)", informe l'administration pénitentiaire. "Cette hausse est essentiellement celle du nombre des prévenus et des placements sous surveillance électronique, le nombre de condamnés diminuant légèrement."

 


14/05/2018
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Franceinfo - le lundi 16 avril 2018

 

 

Wifi gratuit, géolocalisation, mouchard... Vous pensez que votre téléphone vous espionne ? C'est pire que ça

 

 

Simon Gourmellet  France Télévisions

Mis à jour le
publié le

 

 

 

Après les révélations sur les données conservées par Facebook et Google, nous avons demandé à des spécialistes des cyberattaques d'ausculter notre smartphone

 

 

 

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Des applications sur un écran de smartphone, au Royaume-Uni, en mars 2018. (OLI SCARFF / AFP)

 

 

 

Si, comme moi, votre smartphone est vissé à votre main toute la journée, puis glissé dans votre poche, avant de terminer sur votre table de nuit, vous vous êtes forcément posé la question : divulgue-t-il des informations à mon insu ? Si oui, lesquelles ? Et ne serait-il pas un faux-ami, capable de surveiller le moindre de mes faits et gestes et de les diffuser ? Mais à qui ? Après les révélations sur les données collectées et conservées par Facebook et Google, j'ai voulu espionner cet espion présumé.

 

 

>>>VIDEO. Trois règles d’or pour éviter d’être espionné par son portable

 

 

Pour découvrir ce qui filtre, je me suis tourné vers des spécialistes des cyberattaques, des personnes rompues au piratage et capable d'analyser les données qui pourraient éventuellement filtrer. Rendez-vous est pris, pour moi et mon téléphone, au 26e étage de la tour Franklin à la Défense avec Gérôme Billois, expert au sein du cabinet Wavestone, et Vincent Nguyen, responsable CERT (computer emergency response team), un informaticien chargé d'intervenir en urgence lors d'attaques informatiques et capable de retrouver la trace des assaillants. D'entrée, ils m'expliquent que ce que les utilisateurs ont découvert avec les scandales autour de Facebook et de Google – et que je vais découvrir en testant mes propres applications – n'a rien de surprenant. "Le grand public ouvre simplement les yeux sur les données qu'il communique au quotidien."

 

 

En se penchant avec eux sur ce que mon iPhone SE transmet, tous les jours, lorsqu'il est allumé, je ne vais pas être déçu.

 

 

Des applications qui ne cessent de transmettre des données

 

L'expérience commence à l'aide d'un logiciel qui scrute les données que mon téléphone communique. Pour ce faire, Vincent Nguyen le connecte à un logiciel spécialisé qui va détecter toutes les "requêtes" lancées depuis mon mobile. Comprenez des informations envoyées à différents sites. Et là, c'est la stupeur pour l'utilisateur naïf que je suis.

 

 

Je commence par l'application Vélizy 2, du nom de ce grand centre commercial de région parisienne où je me rends régulièrement, que j'ai téléchargée en amont pour l'expérience. Une succession d'adresses complexes s'affichent immédiatement sur l'écran des deux experts.

 

 

Je reconnais le nom de Facebook et de Google au milieu d'autres adresses beaucoup plus obscures. Il me faut les lumières de mes deux spécialistes pour savoir de quoi il s'agit : des sites de statistiques, de mesure d'audience. Toutes ces adresses débutent pas "https", le "s"" signifiant que le flux est sécurisé. Impossible donc pour nos deux experts de connaître la teneur des informations envoyées, qui sont chiffrées. Mais pour Vincent Nguyen et Gérôme Billois, on peut supposer que ce sont des données de localisations destinées à connaître ma position dans le centre commercial. Objectif : identifier mes habitudes et potentiellement cibler des offres publicitaires. Gérôme Billois rappelle cet adage : "Quand c'est gratuit, c'est vous le produit." Et ce spécialiste de prendre un exemple simple.

 

 

Avant, vous achetiez votre GPS 150 euros, avec un abonnement permettant d'actualiser les cartes. Aujourd'hui, ce service est gratuit avec Google Maps ou Maps d'Apple. C'est avec les données que vous leur fournissez sans le savoir que ces deux groupes ont les moyens de développer de tels services.Gérôme Billois à franceinfo

 

 

Plus surprenant, le constat est le même pour des applications d'informations comme Le Monde et franceinfo. Cette dernière a, en plus, accès à mon appareil photo, car elle permet aux utilisateurs de partager leurs clichés dans le live

 

 

Autre exemple avec l'application Facebook. Les informations échangées ne sont pas lisibles car bien protégées. "L'application 'implémente' [installe] un mécanisme de sécurité appelé 'Certificate Pinning' empêchant d'intercepter et de déchiffrer les communications", précise Vincent Nguyen.

 

 

 

 

Les requêtes lancées lors du lancement de l'application Facebook. 
Les requêtes lancées lors du lancement de l'application Facebook.  (FRANCEINFO)

 

 

 

Continuons avec une application toute simple : une lampe torche. A peine lancée, elle transmet près d'une vingtaine de requêtes, dont une grande majorité vers des services de publicité et de statistiques. Des flux là aussi chiffrés, sauf un. En fouillant, je découvre que j'ai envoyé à un site dont j'ignore tout des informations sur la version de mon téléphone et de son système d'exploitation. Pourquoi ? "Sans doute pour alimenter des statistiques concernant le parc des appareils des clients de cette application", suppose Gérôme Billois.

 

 

Même constat avec l'application Fidal, où sont enregistrées toutes mes cartes de fidélité. En scrutant l'écran, je remarque que certaines adresses se mettent à clignoter. "C'est une nouvelle information qui est transmise", m'explique Vincent Nguyen. Et si je ne ferme pas l'application ? "Elle continue d'envoyer des données ?" Ce spécialiste se souvient d'une autre application lampe torche qui, une fois téléchargée, accédait à des options totalement inutiles pour son fonctionnement.

 

 

En demandant accès aux contacts, à l'appareil photo ainsi qu'aux données de localisation, cette application torche devenait un espion en puissance. Gérôme Billoisfranceinfo

 

 

Mais on imagine très bien qu'un utilisateur, dans l'urgence de s'éclairer, valide rapidement et sans y prêter trop attention ces autorisations lors de l'installation. Pourtant, c'est le tout premier filtre qui doit vous permettre de vous prémunir de ce type espionnage. Sur Android, l'application Loupapps note celles déjà installées en fonction de leur niveau de sécurité. Pour le reste, à vous de vérifier les applications au cas par cas dans la rubrique Confidentialité de votre téléphone. 

 

 

 

Les deux experts alertent notamment sur l'utilisation du microphone de votre téléphone. "Des études récentes ont montré qu'une intelligence artificielle n'a besoin que de 5 à 10 secondes pour entièrement reconstituer une voix", explique Gérôme Billois. Quel est le risque ? Vincent Nguyen prend l'exemple de "la fraude au président": "En usurpant la voix d'un directeur financier par exemple, une personne malveillante peut réaliser des transactions non désirées ou débloquer des fonds, etc."

 

 

Un wifi public qui n'est pas mon ami

 

Après avoir découvert le nombre d'informations que mon téléphone peut transmettre sans que je m'en rende compte, j'apprends aussi qu'il faut que je prenne garde au réseau sur lequel je me connecte pour les faire circuler. Si, comme moi, vous vous connectez aux bornes de wifi gratuit proposées par des hôtels, des restaurants ou des cafés, vous allez avoir des sueurs froides. Les deux experts me font la démonstration de tout ce que ces bornes peuvent "voir passer" et comment une personne mal intentionnée peut s'en emparer. 

 

 

En à peine quelques minutes, Vincent Nguyen crée, à partir de son ordinateur portable, un réseau wifi qu'il baptise du nom d'une célèbre chaîne de cafés internationalement connue. Le voyant apparaît dans la liste des réseaux disponibles, je me connecte, sans mot de passe, à cette fausse borne qui usurpe ce point d'accès identifié. C'est comme si je laissais une porte ouverte sur ma vie privée.

 

 

A partir de ce moment-là, celui qui a créé cette borne peut voir passer toutes les données consultées ou saisies par l’utilisateur. Vincent Nguyen à franceinfo

 

 

Attention, il n'a pas forcément un accès direct au contenu même des échanges, précise Gérôme Billois. "La plupart des informations sensibles sont aujourd’hui chiffrées. Néanmoins, il est parfois possible pour l’attaquant de déchiffrer ces données", ajoute-t-il. 

 

 

Par exemple, si je m’authentifie sur Facebook.com dans mon navigateur Safari, et que l'attaquant peut déchiffrer les données qu'il intercepte, alors il verra passer mon login et mon mot de passe. Il peut ensuite se connecter à mon compte et usurper mon identité. Démonstration :

 

 

Les données envoyées lors de la consultation de Facebook sur un navigateur mobile sont consultables par la personne qui a créé le faux réseau wifi. 
Les données envoyées lors de la consultation de Facebook sur un navigateur mobile sont consultables par la personne qui a créé le faux réseau wifi.  (FRANCEINFO)
On découvre l'identifiant et le mot de passe du compte Facebook (caché ici en noir). 
On découvre l'identifiant et le mot de passe du compte Facebook (caché ici en noir).  (FRANCEINFO)

 

 

Une fois l'utilisateur connecté, toutes les informations auxquelles il accède peuvent être vues et récupérées par l'attaquant. A gauche, l'écran de contrôle de l'attaquant, et à droite la page consultée par la victime sur mobile : 

 

 

 

A gauche, la fenêtre de contrôle du logiciel espion utilisé par Vincent Nguyen. A droite, la page consultée sur le mobile par la victime. Les données sont accessibles. 
A gauche, la fenêtre de contrôle du logiciel espion utilisé par Vincent Nguyen. A droite, la page consultée sur le mobile par la victime. Les données sont accessibles.  (FRANCEINFO)

 

 

Si je m’authentifie sur mon site de banque en ligne, l’attaquant peut voir ma manière de me connecter. "Mais, bien souvent, tempère Vincent Nguyen, il n’est pas en capacité de récupérer le mot de passe en lui-même. Il a toutefois accès aux informations que je consulte : mon solde, mes prêts, mes demandes à mon conseiller, etc." Si pour ces spécialistes ce subterfuge est bien connu, pour un novice de la cybersécurité comme moi, c'est un peu la panique. 

 

 

Alors comment faire pour différencier une vraie borne wifi d'une fausse ? Impossible si le nom est le même. "Il faut privilégier les réseau 3G et 4G", martèle Gérôme Billois. Ils sont plus sûrs, plus difficiles à pirater. Et attention, si vous vous êtes déjà connecté au wifi public de cette grande chaîne de café, vous pouvez vous y reconnecter automatiquement dès que vous passez à proximité d'un réseau qui porte le même nom, sans y avoir fait attention. Il faut donc bien penser à régler votre téléphone pour qu'il vous demande de "confirmer l'accès" à chaque fois qu'il détecte un réseau du même nom.

 

 

Sans oublier les logiciels espions

 

Il existe un autre niveau d'espionnage, plus pointu celui-là, mais beaucoup plus intrusif. Vous vous souvenez que vos données peuvent être aspirées en vous connectant à une fausse borne de wifi public ? Imaginez alors que le pirate mette la main sur vos identifiants de connexion à votre compte utilisateur (iCloud pour iOS ou compte Google pour Android), "il a alors la possibilité d'installer un mouchard sur votre téléphone sans que vous ne le soupçonniez", glisse Vincent Nguyen. 

 

 

Ecoute des appels, lecture des messages, géolocalisation, prise de photos à distance, surveillance des applications... Suivant la complexité du mouchard, la liste des données interceptées est longue. La liste des services proposés par Flexispy, un des logiciels en question, fait froid dans le dos.

 

 

Des indices doivent vous alerter. Premièrement, si vous avez laissé votre téléphone déverrouillé, vous devez vérifier si des applications inconnues ont été installées. Par exemple Cydia sur iPhone, un Apple Store alternatif, qui permet de télécharger des applications non validées par le constructeur. 

 

 

Ensuite, vous devez vérifier si votre téléphone a été "jailbreaké" sur iOS ou "rooté" sur Android, c'est-à-dire si toutes les capacités limitées par le constructeur sont désormais accessibles. Pour ce faire, il faut surveiller la version de votre système d'exploitation. Si celle affichée est dépassée ou inconnue, c'est qu'il y a un loup. Ensuite, des applications existent pour assurer la sécurité de votre mobile, comme System and Security Info. Il surveille et analyse les processus actifs pour vérifier qu’il n’y a rien d’inhabituel. Une fois le logiciel espion repéré, vous pouvez intervenir pour le désinstaller. 

 

 

Pour autant, les deux hommes se veulent rassurants. Chaque application proposée sur l'Apple Store ou le Play Store passe par les fourches caudines des deux systèmes d'exploitation et depuis quelques années, la sélection est plus stricte. Jusqu'au prochain Christopher Wylie, le lanceur d'alerte qui a dénoncé le scandale Facebook-Cambridge Analytica ?

 


11/05/2018
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Franceinfo - le lundi 9 avril 2018

 

 

Le CHU de Reims se prononce à nouveau pour un "arrêt des traitements" de Vincent Lambert : les parents vont saisir le tribunal administratif

 

 

Son neveu François Lambert, favorable à l'arrêt des soins, a eu l'occasion de rencontrer le médecin qui suit désormais Vincent Lambert et leur a notamment expliqué les raisons qui ont motivé sa décision

 

 

 

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Le CHU de Reims (Marne) s'est de nouveau prononcé pour un "arrêt des traitements" de Vincent Lambert, a appris franceinfo de sources proches du dossier, lundi 9 avril. L’équipe médicale a estimé qu’il y avait un "acharnement thérapeutique" et qu'on se trouvait dans "une situation d’obstination déraisonnable" avec "un maintien artificiel de la vie", a expliqué François Lambert, son neveu, à France Bleu Champagne-Ardenne, lundi.

 

 

Cet ancien infirmier en psychiatrie, qui se trouve dans un état végétatif, a été hospitalisé à la suite d'un accident de la route en septembre 2008. Depuis dix ans, sa famille se déchire sur son sort en multipliant les recours en justice. Ses parents demandent le maintien des soins alors que sa femme Rachel Lambert, sa sœur et son neveu réclament leur arrêt. La cour de cassation a jugé en décembre 2017 que seule l’épouse était autorisée à demander le transfert de son mari vers un autre établissement.

 

 

L'avocat des parents annonce un recours

 

Les parents de Vincent Lambert vont saisir le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne (Marne) à la suite de la décision du CHU de Reims, a annoncé leur avocat à France Bleu Champagne-Ardenne. "On se bat aujourd'hui parce qu'on est en présence d'une décision injuste prise par un médecin incompétent", a expliqué Me Jean Paillot. Pour l'avocat des parents de Vincent Lambert, "ce n'est qu'une décision d'un seul médecin. Quand une décision d'arrêt de vie est prise par une seule personne, il faut s'en méfier comme de la peste".

 

 

Ce choix est le résultat d'une procédure collégiale lancée en septembre dernier. Il "n'a pas été l'occasion de discuter complètement et contradictoirement de tous les éléments médicaux que nous soulevions", a regretté Jean Paillot. Ce dernier estime que le Dr Sanchez, "le juge de la vie de Vincent Lambert", est "un gériatre qui est dans ce service depuis moins de deux ans" et qui n'a "aucune expérience de ce type de patient".

 

 

"Cette fois-ci, ça pourrait se faire. Ce n’est pas une satisfaction, mais ça va dans le bon sens" François Lambert neveu de Vincent Lambert à France Bleu Champagne-Ardenne

 

 

"C’est la deuxième décision d’arrêt des traitements qui est prise, puisque la première n’avait pas été appliquée à cause des recours qui avaient duré plus d’un an et demi", a rappelé François Lambert, son neveu, lundi, au micro de France Bleu Champagne. Le médecin qui suivait Vincent Lambert avait en effet exprimé ce même avis le 10 avril 2013.

 

 

Les proches de l'infirmier ont été reçus séparément au CHU de Reims par le docteur Sanchez qui suit désormais Vincent Lambert. Le médecin leur a notamment expliqué les raisons qui ont motivé sa décision. Vincent Lambert "va de plus en plus mal. C’est une évolution défavorable", a raconté François Lambert. Selon lui, le médecin a aussi évoqué "la personnalité de Vincent Lambert qu’il a pu cerner à travers certains témoignages".

 


04/05/2018
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Franceinfo - le lundi 9 avril 2018

 

 

Les Français veulent des conditions de détention plus sévères pour les détenus et moins de moyens pour les prisons

 

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Juliette Campionfranceinfo France Télévisions

 

 

 

Une étude réalisée par l'Ifop et révélée par franceinfo lundi matin montre un net durcissement de la population vis-à-vis des conditions d'incarcération des détenus

 

 

 

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La prison des Baumettes, à Marseille, le 6 novembre 2017.  (BORIS HORVAT / AFP)

 

 

 

Ils estiment que les détenus sont "trop bien traités" en prison en France. Une étude de la Fondation Jean-Jaurès menée en partenariat avec l'Ifop* révèle que 50% des Français jugent que les détenus bénéficient de trop bonnes conditions de détention. C'est 32 points de plus qu'un sondage CSA qui avait été réalisé pour le journal Libération en 2000. Ils sont 17% à penser que les détenus ne sont "pas assez bien traités" et 21% jugent qu'ils sont "traités comme il faut"

 

 

Cette enquête, que révèle franceinfo lundi 9 avril, montre un durcissement des Français vis-à-vis des conditions de détention des prisonniers. A un peu plus d'une semaine de la présentation de la loi de programmation sur la justice en Conseil des ministres, elle permet de dresser un état des lieux des connaissances de la population française sur le monde pénitentiaire. 

 

 

Pour une grande partie de la population, la prison est vue comme un lieu qui doit être synonyme de souffrance et de punition.Chloé Morin, directrice de l'Observatoire de l'opinion à la Fondation Jean Jaurès à franceinfo

 

 

"Une large part de l'opinion considère qu'il ne faut pas seulement que les détenus soient mis à part de la société : il faut, en plus, que leur quotidien soit dur", commente Chloé Morin qui a pilotée l'étude avec Adrien Taquet, député LREM des Hauts-de-Seine. 

 

 

La prison vue d'abord comme lieu d'enfermement 

 

Pour 49% des Français, la prison doit avant tout "priver de liberté" - ils n'étaient que 21% à partager cet avis en 2000 - alors que 45% jugent que la prison doit prioritairement préparer la réinsertion des détenus dans la société. Si ce chiffre paraît conséquent, il est bien moins élevé qu'en 2000 où ils étaient 72% à placer la réinsertion en priorité.

 

 

Dans l'imaginaire des Français, la prison doit être un lieu éloigné de l'extérieur, où la souffrance participe légitimement de la peine.Chloé Morinà franceinfo

 

 

Un chiffre de l'enquête traduit cette vision punitive de la prison : seuls 37% des Français soutiennent l'idée d'offrir un droit de visite plus large aux détenus. Ils étaient 77% en 2000 en faveur de cette mesure, soit un écart de 40 points. 

 

 

Autre évolution notable depuis le sondage CSA mené il y a dix-huit ans : si la majorité des Français attribuent l'essentiel des difficultés dans les prisons à la surpopulation (79%), ils placent "l'attitude des détenus" en seconde position, soit 41% de répondants au total, contre 24% des personnes interrogées en 2000. L'état des locaux arrivait alors en seconde position.

 

 

Si la population française est plutôt sévère à l'égard des conditions de détention, elle n'est pas moins réaliste sur la dégradation des prisons et notamment sur la surpopulation carcérale, puisque la France comptait au 1er janvier 2018, 68 974 prisonniers pour 59 765 places d'après l'Observatoire International des Prisons (OIP)

 

 

Les Français se montrent réalistes sur les conditions de détention

 

Parmi les personnes interrogées, 58% pensent que les détenus ont accès à de la drogue et 50% à un téléphone portable. Chloé Morin constate : "A chaque fois qu'il y a une polémique, où on se rend compte par exemple que de la drogue circule dans les prisons ou que des détenus se sont photographiés avec leur portable, c'est enregistré par les Français et ça participe à la création d'une image de la prison qui ne serait pas suffisamment dure". Concernant le quotidien des détenus, 66% des personnes interrogées déclarent qu'ils ne devraient pas avoir accès à un ordinateur et 79% se disent opposés à un accès internet. 

 

 

Toutefois, la grande majorité des personnes interrogées se dit consciente des difficultés engendrées par la surpopulation carcérale, que l'OIP qualifie de "mal chronique des prisons françaises". L'opinion est bien informée de l'étroitesse des cellules : 64% des Français estiment que la superficie d'une cellule individuelle en prison est de 5 à 9 m2 et 14% de moins de 5 m2. Une minorité imagine des cellules de plus de 10 m2 (10%). 

 

 

Parmi les personnes interrogées, très peu croient qu'il n'y a qu'un seul détenu par cellule (5%) : la majorité estime qu'ils sont en moyenne 2 (40%) ou 3 détenus (31%). La Cour européenne des droits de l’homme a statué dans un arrêt du 20 octobre 2016 que chaque détenu doit avoir au minimum 3 m² de surface au sol. Les conditions de détention des prisonniers s'avèrent parfois bien plus précaires, notamment dans les maisons d'arrêt, comme le note un rapport sénatorial sur "les conditions de détention dans les établissements pénitentiaires en France" qui parle de "deux détenus, voire trois ou quatre, dans 9 m2"

 

 

Pas de volonté d'amélioration des conditions de vie des détenus

 

Malgré le constat largement partagé de la surpopulation carcérale, seuls 47% des Français souhaitent voir diminuer le nombre de personnes en détention provisoire, contre 64% en 2000.

 

 

Il y a un glissement évident de l'opinion en faveur des mesures sécuritaires. Et même si les experts clament que la prison n'est pas la solution à tout, les Français restent très attachés à l'enfermement.Chloé Morin à franceinfo

 

 

Sur les dépenses en faveur des détenus, la population se montre également plutôt réticente. Seules 40% des personnes interrogées (contre 68% en 2000) défendent une hausse du budget des prisons pour améliorer les conditions de vie des détenus. "La plupart des Français considèrent qu'ils font déjà énormément d'efforts financiers et ne trouvent pas légitimes d'en faire pour les détenus",  analyse Chloé Morin.

 

 

Signe, selon Chloé Morin, des "crispations sur le religieux", une majorité des sondés (53%) juge que l'intervention de représentants religieux en prison n'est pas justifiée. "Aucune religion n'est mentionnée en particulier, mais j'émets l'hypothèse que si on avait parlé d'islam, il y aurait eu encore moins de soutien de la population" pressent-elle. 

 

 

* L’enquête a été réalisée par questionnaire auto-administré en ligne, les 27 et 28 mars, auprès d’un échantillon de 1 013 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. La représentativité de l’échantillon a été assurée par la méthode des quotas (sexe, âge, profession de la personne interrogée) après stratification par région et catégorie d'agglomération. 

 


04/05/2018
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Franceinfo - le samedi 7 avril 2018

 

 

Pourquoi le "doggy bag" a un mal de chien à s'installer dans les restaurants en France

 

Lison Verriez franceinfoFrance Télévisions

 

 

Les restaurateurs vont-ils être obligés de proposer à leurs clients, à la fin du repas, une petite boîte afin d'emporter ce qu'il reste dans leurs assiettes ? C'est ce que vise un amendement adopté par l'Assemblée. Mais cette proposition est difficile à mettre en place, estiment une partie des professionnels

 

 

 

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Une restauratrice strasbourgeoise (Bas-Rhin) prépare un "doggy bag", le 4 janvier 2017. (JEAN-MARC LOOS / MAXPPP)

 

 

Une barquette à emporter pouvant contenir les restes que l'on n'a pas consommés au restaurant. Le "doggy bag", concept anglo-saxon (notamment très utilisé aux Etats-Unis) n'a rien de révolutionnaire, mais il pourrait devenir obligatoire en France. Pour lutter contre le gaspillage alimentaire, la commission Développement durable de l'Assemblée nationale a en effet adopté un amendement pour obliger les patrons d'établissements de bouche à mettre en place ce dispositif pour les clients qui le souhaitent. Pour qu'il devienne définitif, l'amendement doit encore passer le filtre de la commission économique du Palais-Bourbon et être soumis au vote de l'ensemble des députés.

 

 

Mais la mesure ne fait pas l'unanimité chez les restaurateurs. Car si le "doggy bag" existe déjà en France, chez quelques professionnels, il peine encore à s'installer. Mais pour quelles raisons ?

 

 

Parce que les restaurateurs ne sont pas certains que cela permette de limiter le gaspillage

 

Le gaspillage alimentaire : telle est la cible première de cet amendement. "Le but est de généraliser une pratique existante et de réduire par deux le gaspillage alimentaire d'ici 2025", arguent les députés de la commission Développement durable. Selon l'amendement déposé, les pertes de nourriture sont cinq fois plus élevées en restauration commerciale qu'à domicile. Elles s'élèveraient à environ 157 grammes par personne et par repas, le tout pour une valeur d'environ 1 euro par repas.

 

 

Alain Fontaine, membre de l'association française des Maîtres restaurateurs, tire la même leçon. "Il faut qu'en tant que restaurateurs, on soit clairs avec ça. On a notre rôle à jouer dans la lutte contre le gaspillage." Dans son bistrot parisien, Le Mesturet, il envoie ses déchets alimentaires au compost... et il propose déjà des "doggy bags" depuis plusieurs années.

 

 

De son côté, l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie est plus sceptique sur l'utilisation de ces boîtes à emporter pour lutter contre le gaspillage alimentaire. "Dans la restauration commerciale, par principe, on est sur des portions adaptées", affirme le président de sa branche restauration, Hubert Jean.

 

 

On est déjà dans cette démarche. Le principe du zéro déchet en cuisine est là parce que c'est plus économique. Si vous avez des assiettes qui reviennent avec de la nourriture, c'est que quelque chose ne va pas.Hubert Jeanà franceinfo

 

 

Car pour lui, la restauration commerciale ne doit pas être la cible principale des députés. "Si on veut mettre de l'obligation et du réglementaire, il faut viser la restauration collective", celle des cantines scolaires ou des restaurants d'entreprises, estime celui qui considère que l'amendement "dépasse l'entendement".

 

 

Parce que la question de l'hygiène revient toujours sur la table

 

Chez les restaurateurs interrogés par franceinfo, le "doggy bag" soulève une véritable question autour de l'hygiène. "Si le client part deux ou trois heures avec sa barquette sans la mettre au frigo, il y a risque pour l'hygiène dans ce laps de temps", s'inquiète Hubert Jean. 

 

 

Il faut que les restaurateurs soient dégagés de cette responsabilité. L'amendement ne précise pas suffisamment qui est responsable en cas d'intoxication alimentaire.Alain Fontaineà franceinfo

 

 

Pour Hubert Jean, la réponse est claire : "Le restaurateur n'est pas responsable". Mais malgré tout, le risque est présent, et nécessite un éclaircissement de la part du législateur, si l'amendement est adopté. 

 

 

Parce qu'il ne convainc pas (tous) les clients

 

Comme son nom l'indique, le "doggy bag" vient d'Outre-Atlantique. "Mes premières demandes venaient de touristes américains", se souvient d'ailleurs Alain Fontaine. Alors la boîte à emporter peut-elle s'installer dans le pays de la gastronomie ? "C'est vrai qu'il y a en France un frein psychologique, mais c'est aussi parce que les consommateurs n'osent pas en faire la demande de peur de se voir objecter un refus de la part du restaurateur, estime, dans Le Parisien, Bérangère Abba, auteure de l'amendement et députée LREM de Haute-Marne. Il faut que les habitudes évoluent."

 

 

Une leçon dont témoigne encore Hubert Jean. En 2014, l'Umih lançait une grande opération en faveur du "doggy bag". Pas moins de 10 000 boîtes étaient envoyées partout en France. Résultat : un flop. "Elles ont été très peu utilisées", témoigne le restaurateur. Pour lui, l'obligation ne changera pas le peu d'usage qui en est fait par les consommateurs.

 

 

Ce n'est pas dans la culture française, c'est extrêmement marginal de voir ça. Cela vient du monde anglo-saxon, mais quand on voit l'état de la restauration là-bas, c'est plus compréhensible.Hubert Jeanà franceinfo

 

 

Et pourtant, les habitudes évoluent, en raison de la concurrence de la livraison

 

De son côté, Alain Fontaine estime que le "doggy bag" répond désormais à une vraie demande auprès de ses clients. Progressivement, "ce qu'on appelle le 'sac à chien' est sorti de l'esprit. Aujourd'hui, tous les types de clients m'en demandent." Il achète ses boîtes de conditionnement environ 40 centimes l'unité. Un investissement qui lui permet d'offrir un "service en plus au client".

 

 

Mieux, il voit aussi dans ces barquettes à emporter l'occasion de redonner une certaine place à la restauration française : "Je ne vois pas comment on peut être contre alors que les sociétés de livraison à domicile vidangent nos restaurants. Il faut savoir ce qu'on veut : soit on garde nos clients en leur fournissant le repas entier, soit on les laisse appeler des sociétés de livraison."

 

 

L'amendement ouvre la porte à un service supplémentaire. Est-ce qu'on doit laisser Foodora ou Deliveroo proposer un nouveau service qu'on ne propose pas nous-mêmes ? Alain Fontaineà Franceinfo


03/05/2018
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Franceinfo - Mis à jour le 28 mars 2018

 

 

ENQUETE FRANCE 2. Comment l'intégrisme religieux gagne du terrain dans les clubs de sport amateur

 

 

Des notes confidentielles des services de renseignement décrivent des "dérives communautaires" dans certains clubs de sport amateur. Une équipe de France 2 a enquêté pendant plusieurs mois sur le sujet

 

 

Que se passe-t-il dans certains clubs de sport français ? Des notes confidentielles des services de renseignement décrivent des "dérives communautaires", "des prières sur la pelouse ou dans les vestiaires", "des individus radicalisés". "L'Œil du 20 heures" a enquêté pendant plusieurs mois sur ces clubs de sport amateur où la religion tente des incursions.

 

 

Nous nous sommes notamment rendus à Toulouse, où un club de lutte est sous la surveillance des services de renseignement. L'un de ses membres serait lié à la mouvance islamiste radicale. Un repli communautaire se serait installé dans le club, créé fin 2016 par les membres d'un ancien club dissous. Nous avons demandé de filmer un entraînement. Sans succès. Selon nos informations, depuis quatre ans, le nombre d'hommes qui ont obtenu leur licence en lutte dans l'ancien, puis le nouveau club, augmente. Le nombre de femmes, lui, a été divisé par dix.

 

 

 

DR. 
DR.  (L'OEIL DU 20 HEURES / FRANCE 2)

 

 

Julie s'est entraînée plusieurs fois par semaine dans ce club en 2015. Elle nous explique pourquoi elle en est partie : "Le président du club m'a dit : 'Quand quelqu'un relève ton tee-shirt quand tu luttes, on voit ton ventre, on voit ta peau, il y a des gens que ça dérange ici.' Petit à petit, [les responsables du club] nous ont demandé de mettre des tee-shirts de moins en moins échancrés avec des pulls ras du cou."

 

 

Les femmes doivent se couvrir les bras

 

Au lieu de porter le tee-shirt officiel vendu par la Fédération française de lutte, Julie a dû se couvrir les bras en mettant des manches longues, à la demande des responsables du club. Et porter un bas de jogging à la place du short. Pour elle, c'est le fait même d'être une femme qui a posé problème.

 

 

 

Un petit garçon, qui au début voulait bien lutter avec moi, après n’a plus voulu. Il m'a dit : 'Non ma religion m’interdit de toucher aux femmes".

Julie, lutteuse à Toulouse

 

 

Pour comprendre, un de nos journalistes s'est rendu au club de lutte en caméra cachée. Nous avons prétendu vouloir suivre un entraînement. Ce soir-là, sur le tapis, une vingtaine d'hommes et une seule femme. Ses jambes sont couvertes. Ses bras, non. Nous interrogeons l'un des entraîneurs.

 

 

- C'est la seule femme ici ?
- Oui. C’est la seule fille.
- Qui combat avec la fille pour qu'elle progresse ?
- Les petits, ceux pour qui ça ne pose pas de problème par rapport à la religion, parce qu’ils sont petits. Et après, ceux qui ne sont pas musulmans.

- Toi tu luttes avec elle ?
- Non.

 

 

A l'issue de cette rencontre, nous sollicitons à nouveau le club. Cette fois en tant que journalistes. Nous rencontrons l'un de ses membres. Il nous livre une version très différente. Il dément tout communautarisme. Il affirme que la religion n'a pas sa place dans le club. Nous lui demandons : "Si on vous dit : 'à cause de ma religion, je ne peux pas lutter avec une femme'. On vous le dit ça, dans votre club ?" Il nous répond que personne ne dit ça : "Ça n'existe pas."

 

 

Le club ne reçoit pas de subventions municipales. Les cours ont lieu dans une salle d'un gymnase, gracieusement mise à disposition par la mairie. Nous contactons Laurence Arribagé, maire adjointe LR chargée des sports à Toulouse : "Si tout ce que vous me dites était avéré, la ville prendrait ses responsabilités."

 

 

 

Encore une fois, un gymnase, un terrain de sport n’est pas un lieu pour faire du prosélytisme et encore moins pour faire prévaloir la religion sur la pratique sportive tout simplement.

Laurence Arribagé, maire adjointe LR de Toulouse chargée des sports

"Les salafistes ont ciblé les salles de sport"

 

 

Replis communautaires, mixité mise à mal, radicalisation. Dans les clubs de sport, un millier de personnes ont été signalées aux services de renseignement pour proximité avec les thèses jihadistes. Notamment en Rhône-Alpes, autour de Paris et dans le sud de la France. Pour quelles raisons la religion s’immisce-t-elle dans le sport ? Les services de l'Etat avancent une explication : "Après le prosélytisme sur internet, puis au travers des associations culturelles, les adeptes du salafisme ont stratégiquement ciblé les salles de sport."

 

 

Confrontée à ce phénomène, une région a décidé de réagir. En Ile-de-France, animateurs sportifs, entraîneurs et patrons de club sont formés à détecter les signes de repli communautaire et de radicalisation. Patrick Karam, le vice-président LR du Conseil régional, chargé de la jeunesse et des sports, nous explique : "Nous avons des demandes sur des salles de prière effectivement dans les vestiaires ou des salles de prière ad hoc pour le foot, il y a eu également des demandes de modifications des horaires d'entraînement avec la prise en compte du ramadan ou de la prière du vendredi."

 

 

Aujourd’hui, la ligne rouge, ce sont les valeurs de la République.

Patrick Karam, vice-président LR de la région Ile-de-France chargé des sports

 

 

En région parisienne, cette ligne rouge a été franchie dans un club de judo. Il y a quelques mois, un judoka que nous appellerons Grégory veut devenir professeur, comme en atteste sa convention de formation. Le judo est une discipline aux règles strictes. Au début d’un cours, avant et après chaque prise, le salut est obligatoire. Les combats sont mixtes, mais Grégory refuse de se plier à ces rituels.

 

 

Le directeur de la formation, Michel Godard, s'en inquiète. Il convoque Grégory en commission de discipline. Dans son rapport, celle-ci détaille les arguments du judoka. "Il considère que dans sa religion, un homme n'a pas le droit de toucher une femme étrangère." Grégory reste inflexible. La commission décide de l'exclure de la formation pour éviter tout prosélytisme sur le tatami. "On pense qu'il va chercher l'adhésion d'autres, essayer de toucher d'autres personnes pour justement développer son mouvement, sa religion, comme il nous l'a dit. On était inquiets", relate Michel Godard.

 

 

Nous avons rendu visite à Grégory, à son domicile. Il n'a pas souhaité nous répondre : "J'ai rien à dire. Que chacun fasse ce qu'il a à faire, moi je continue à être ce que je suis."

 

 

Contactée, la ministre des Sports, Laura Flessel, nous renvoie au nouveau plan anti-radicalisation du Premier ministre : les cadres techniques des fédérations sportives et les éducateurs seront formés pour détecter les signes de radicalisation et les signaler aux préfets.

 


26/04/2018
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Franceinfo - le mardi 27 mars 2018

 

 

L'instruction deviendra obligatoire dès 3 ans à partir de la rentrée 2019, annonce l'Elysée

 

 

La mesure devrait être effective pour la rentrée 2019. Elle nécessitera la création d'environ 800 postes

 

 

 

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Cette réforme ne devrait concerner qu'environ 26 000 enfants puisque la majorité est déjà scolarisée dès cet âge. (MAXPPP)

 

 

 

Dès la rentrée 2019, l'instruction deviendra obligatoire à l'âge de 3 ans, annonce l'Elysée, mardi 27 mars. Cette annonce devra officiellement être faite par Emmanuel Macron lors de l'inauguration des Assises de la maternelle à Paris, dans la journée. Actuellement, l'âge obligatoire d'entrée à l'école est de 6 ans, c'est-à-dire l'entrée au CP. 

 

 

Cette mesure, qui rendra la maternelle (ou la scolarisation à domicile) obligatoire et devra passer par une loi, ne concernera qu'environ 26 000 enfants puisque 97% d'entre eux sont déjà scolarisés dès cet âge, selon la DEPP (le département de statistiques du ministère de l'Education). 

 

 

Réforme de la formation initiale des professeurs en maternelle

 

Selon l'Elysée, "la décision d'abaisser l'âge de l'instruction obligatoire à trois ans traduit la volonté du président de la République de faire de l'école le lieu de l'égalité réelle et une reconnaissance de l'école maternelle, qui ne doit plus être considérée comme un mode de garde universel ou comme la simple préparation à l'école élémentaire".

 

 

Emmanuel Macron devrait aussi annoncer une réforme de la formation initiale et continue des professeurs en maternelle, ainsi que des Atsem, ces agents territoriaux qui assistent les instits dans les classes.

 

 

La réforme à venir de la maternelle succède à toute une série d'initiatives gouvernementales dans le domaine éducatif, après les classes de CP dédoublées dans les zones défavorisées, la modification de la procédure d'accès à l'université, la réforme du bac et de la formation professionnelle. La mesure devrait être effective pour la rentrée 2019. Elle nécessitera la création d'environ 800 postes.

 


26/04/2018
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Franceinfo - le 3 avril 2018

 

 

Vos enfants seront-ils bientôt incapables d'écrire à la main ?

 

 

Les causes sont multiples, mais les spécialistes sont formels : l'apprentissage de l'écriture est devenu plus difficile au fil des ans, et de plus en plus d'enfants affichent des difficultés crayon en main

 

 

 

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Une élève de CM2 écrit une dictée, en juin 2007. (MYCHELE DANIAU / AFP)

 

 

"Quand j'ai débuté ma carrière, j'avais quatre ou cinq élèves qui présentaient une mauvaise tenue du crayonAujourd'hui, la proportion s'est inversée : j'ai quatre ou cinq élèves qui le tiennent correctement. On en est là." Sylvie de Sury, directrice d'école à Mourenx (Pyrénées-Atlantiques), se fait du souci pour l'écriture manuscrite. Une inquiétude d'autant plus forte que son témoignage est loin d'être isolé. Les spécialistes observent en effet des difficultés croissantes dans l'apprentissage de l'écriture.

 

 

Les enfants seront-ils bientôt incapables d'écrire avec un stylo ou un crayon ? Franceinfo se penche sur ce phénomène, encore peu étudié, mais qui pourrait être au menu des Assises de la maternelle qui se tiennent mardi 27 et mercredi 28 mars.

 

 

Les écrans et tablettes pointés du doigt

 

Ecriture trop rapide et brouillonne, ou trop lente et épuisante, lettres irrégulières ou raides, mauvaise tenue du crayon ou position du corps inappropriée… Les difficultés des enfants s'expriment de multiples manières. Et la multiplication des tablettes et des écrans n'y est pas étrangère. "L’écriture est aujourd'hui quelque chose de difficile pour les enfants, d'autant plus dans un contexte d'immédiateté, analyse le psychomotricien Yves Le Roux. Ce geste lent leur semble de plus en plus fastidieux, alors qu'ils sont habitués à des outils qui répondent au doigt et à l’œil. Le rapport au temps a changé."

 

 

Sylvie de Sury regrette ainsi que la profusion d'écrans dévore le temps consacré aux jeux d'éveil, comme le coloriage, le pliage ou le découpage. Faute d'activités manuelles, les enfants souffriraient même de maladresse et de difficultés d'attention. "Les 'nouveaux enfants', comme je les nomme parfois, nous questionnent. Ils ont du mal à réaliser un pompon, par exemple. Je pense que c’est multifactoriel, mais il va falloir se pencher sur ces enfants très vite", pointe-t-elle. 

 

 

"Ils ont moins d'occasions d'utiliser leurs mains, car les écrans sont très présents dans beaucoup de familles. Mais quand un enfant est devant un écran, ce sont les zones cérébrales de l'image qui sont sollicitées. A l'inverse, exercer ses mains demande un effort". Sylvie de Sury, directrice d'école à franceinfo

 

 

Outre-Manche, plusieurs spécialistes soupçonnent même l'utilisation massive de tablettes d'être à l'origine de dysfonctionnements du geste graphique, rapporte le Guardian (en anglais). "Le problème, c'est que l'articulation de l'index va s'atrophier et l'index va pouvoir se plier à l'envers, décrypte Danièle Dumont, docteure en sciences du langage et enseignante en pédagogie de l'écriture. On ne va plus pouvoir bloquer le crayon avec l'index, car il plie dans l'autre sens."

 

 

Le pouce risque également de devenir hyperlaxe en cas d'utilisation abusive des écrans tactiles. "Extrêmement élastique, il bouge [alors] dans tous les sens et n'arrive plus à se plier normalement pour pouvoir tenir un crayon", ajoute-t-elle. Faute d'étude clinique, cette explication reste toutefois pour l'heure une hypothèse. "Il faudrait mener une étude avec un groupe test d'enfants bien éduqués à l'écriture et un autre tout autant bien éduqué, mais accro aux tablettes", souligne le psychomotricien Nicolas Renouard.

 

 

Un apprentissage de l'écriture trop précoce ?

 

Mais les tablettes ne sont pas les seules à être mises en cause. Les spécialistes s'interrogent également sur la formation des enseignants, notamment au niveau de la maternelle. "L'école apprend aux élèves à faire des lettres, des dessins – parfois trop tôt, d'ailleurs, souligne Nicolas Renouard. En revanche, on ne leur apprend pas le geste de l'écriture, la position du corps, la gestion du tonus…"

 

 

La position dite "fonctionnelle" est connue : une pince formée par le pouce et l'index, avec un appui sur la dernière articulation du majeur. "Mais le bout du pouce est rarement utilisé, déplore Sylvie de Sury. Trop souvent, le crayon est placé à l’intérieur de l’articulation entre les deux phalanges du pouce." Ce dernier peut bouger mais le crayon est bloqué, car la rotation est alors limitée. Parfois, l'index recouvre le pouce ou est entièrement replié sur le crayon. Difficile alors d'écrire avec précision et sans peine.

 

 

Voici la bonne manière de tenir un stylo, ici présentée par le propriétaire d'un magasin de Taipei (Taïwan) à un client, le 24 mars 2017.
Voici la bonne manière de tenir un stylo, ici présentée par le propriétaire d'un magasin de Taipei (Taïwan) à un client, le 24 mars 2017. (CRYSTAL CHIANG / DPA / AFP)

 

 

Un élève de grande section doit pouvoir écrire son prénom, voire quelques mots, précise le programme de l'Education nationale. Mais l’écriture est une mécanique complexe, qui part de l'épaule et s'achève par de fins mouvements des doigts, explique le psychomotricien Yves Le Roux. Il ne faut surtout pas brûler les étapes avant de pouvoir travailler le geste de la main. "En petite section, on valorise la précision du geste graphique ('ne pas dépasser en coloriant') à un âge où l’enfant n’est pas encore apte, détaille-t-il. Il va donc compenser pour sécuriser le geste, par exemple avec l'annulaire. Mais ce geste sera limité à terme."

 

"A l'inverse, il faudrait un enseignement de la prise du crayon de la manière la plus fonctionnelle en grande section-CP et accompagner ceux qui en ont besoin. Cela ne se fait pas aujourd’hui". Yves Le Roux, psychomotricien à franceinfo

 

 

"Les élèves vont directement à l'écriture sans être suffisamment préparés, estime également Laurence Vaivre-Douret, professeure des universités en psychologie et neuropsychologie du développement à l'université Paris-Descartes, Sorbonne Paris Cité et Institut Universitaire de France. Avant cela, il faut leur faire suffisamment travailler le corps, pour les amener progressivement à la motricité des doigts." Selon elle, l'accompagnement musical des gestes et les manipulations sont peu à peu délaissés en maternelle, au profit de travaux plus cognitifs, comme la reconnaissance des lettres et leur imitation. "Il faudrait d'abord privilégier les grands tracés au tableau qui partent de l’épaule, plutôt que la feuille, juge-t-elle. La psychomotricité était davantage enseignée auparavant. Aujourd'hui, l'écriture idéale de l'adulte est plaquée trop tôt."

 

 

Le système français serait-il trop exigeant dès les petites classes, au risque de crisper les enfants ? Selon Jean-Luc Velay, chargé de recherches au CNRS, l'aptitude à mobiliser la "pince" s'épanouit à partir de 5 ou 6 ans, à l'âge du CP. "Il y a un culte de l'écriture dans notre pays et on demande aux élèves de produire de l'écrit très tôt, dès le début de la moyenne section. Dans les pays nordiques et certains pays anglo-saxons, la maternelle n'est pas aussi formalisée et les enfants débutent leur éducation plutôt en primaire." Même avis pour le neuropsychiatre Boris Cyrulnik, qui préside les Assises de la maternelle. "Ces pays retardent la mise à l'épreuve de l'enfant et prônent l'acquisition de la confiance en soi. A cet âge-là [en maternelle], il faut surtout développer la maturation cérébrale neuromusculaire."

 

 

Un mauvais suivi et un relâchement des parents

 

L'école ne peut toutefois assurer seule cette mission et le jeu manuel est indispensable à la maison. Problème : "Certains parents sont aujourd'hui moins attentifs et il y a de moins en moins de travaux pratiques à la maison. C'est un cercle vicieux, déplore Laurence Vaivre-Douret. Parfois, ils ne voient même pas que leurs enfants ont un trouble en primaire. C'est nous qui le dépistons !" En 2009, la Haute Autorité de santé avait pourtant établi qu'entre 600 000 et 840 000 élèves souffraient de de trouble d'apprentissage, dont la dyspraxie, un trouble développemental de la coordination qui empêche l'automatisation de certains gestes, fait partie. "Les enfants au-delà de 10 ans ont aujourd’hui des problèmes massifs avec l'écriture", acquiesce Laurence Vaivre-Douret, tout en estimant que nombre de cas n'ont pas de lien avec un handicap.

 

 

La chercheuse a lancé une étude dans des classes entières, du CP au CM2, dont les résultats sont en cours d'analyse. "Dans nos premiers résultats, on voit que ce que l’on nomme aujourd'hui 'troubles de l’écriture' est un ramasse-tout". Et ces troubles sont mal identifiés. "En France, par exemple, on estime qu'il y a environ 6% d'enfants dyspraxiques", illustre-t-elle, mais ce taux intègre en fait "85% d'enfants dysgraphiques", qui souffrent, pour certains, simplement de troubles développementaux de l'écriture, après avoir mal acquis les prérequis à l'école. Des troubles qui peuvent être corrigés, à condition d'être décelés. 

 

 

"Le papier et le crayon vont peu à peu disparaître"

 

L'apprentissage de l'écriture pourrait être totalement bouleversé dans les prochaines années. En 2016, l'Institut Montaigne, un think tank, militait dans un rapport pour le développement du numérique à l'école, en estimant que ces outils permettaient "une acquisition plus efficace et plus solide des savoirs fondamentaux : parler, lire, écrire et compter". Faut-il dès lors convertir les jeunes enfants au clavier ? Celui-ci pose pourtant de réelles difficultés lors de l'apprentissage de l'écriture : en 2013, Jean-Luc Velay a mené une étude sur deux groupes d'enfants, pendant quatre semaines. Ceux qui apprenaient à écrire à la main mémorisaient davantage les lettres que ceux qui apprenaient à écrire sur le clavier. Mais le chercheur souhaite canaliser les usages du numérique, plutôt que de lutter contre des technologies incontournables à moyen terme.

 

 

En 2007, Bill Gates et Steve Jobs ont débattu face à face. Le fondateur de Microsoft, défenseur de l'écriture manuscrite, estimait que l'on pouvait écrire sur une tablette avec un stylet. Le fondateur d'Apple jugeait, lui, cet outil obsolète. "On retrouve ce débat sur l'apprentissage à l'école, analyse Jean-Luc Velay. Certains estiment que l'écriture manuscrite a fait son temps et que l'école doit s'aligner sur les pratiques des adultes." Préparer très tôt les enfants aux outils du marché du travail, quitte à perdre la matérialité de l'écrit ? Cette thèse utilitariste séduit certains parents, dans un contexte économique toujours plus difficile.

 

 

"Nous sommes à la croisée des chemins. Si, à l'école, on utilise les tablettes avec un stylet pour préserver l'écriture manuscrite, OK. Mais si la question de l'écriture n'est pas pensée, et qu'on laisse les enfants écrire avec des claviers tôt à l'école, le savoir-faire de l'écriture manuscrite va disparaître". Jean-Luc Velay, chargé de recherches au CNRS à franceinfo

 

 

Même avec un stylet, "le retour tactile n'est pas le même par rapport au papier, estime Laurence Vaivre-Douret. Un enfant en développement doit sentir lui-même l'écriture. On ne sait pas aujourd'hui si l'on peut bien écrire sur le papier après la tablette." Pour en avoir le cœur net, Jean-Luc Velay va mener un projet pendant quatre ans, dans le cadre d'un cours d'arabe. Les connaissances de trois groupes d'élèves seront comparées : l'un avec le papier et le crayon, l'autre avec des tablettes et des claviers, et le dernier avec des tablettes et des stylets. Selon lui, "le papier et le crayon vont graduellement disparaître". Il s'agit donc de maintenir l'écrit manuscrit sur les tablettes, car sinon, Jean-Luc Velay "ne donne pas deux générations avant la disparition de l'écriture manuscrite".

 

 

En attendant, rien de mieux que le coloriage ou le dessin pour développer les capacités sensori-motrices des enfants en bas âge. Qui aurait cru qu'une dictée puisse se préparer avec une bataille de pouces sous le préau ?

 


24/04/2018
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Franceinfo - le mercredi 21 mars 2018

 

 

"L'hôpital entier est malade" : le cri d'alarme des médecins urgentistes face à l'engorgement de leurs services

 

 

Dr François Braun, président du syndicat professionnel Samu-Urgences de FrancefranceinfoFrance Télévisions

 

 

 

Le Dr François Braun, président du syndicat professionnel Samu-Urgences de France, s'inquiète d'une situation qui s'aggrave d'année en année aux urgences, où des dizaines de milliers de patients sont contraints de passer des heures, parfois la nuit, sur des brancards

 

 

 

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Aux urgences du CHU Gabriel-Montpied, à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme), le 14 mars 2018. (MAXPPP)

 

 

 

Les urgences sont au bord de l'explosion. Dans de nombreux établissements à travers la France, les hôpitaux doivent gérer ces dernières semaines un afflux exceptionnel de patients que leurs services ne parviennent pas à absorber. Patients relégués sur des brancards, personnels à bout de souffle, pouvoirs publics impuissants... Le Dr François Braun, président du syndicat professionnel Samu-Urgences de France, s'alarme d'une situation qui s'aggrave d'année en année. Il s'exprime ici librement. 


"Ce matin, comme tous les matins depuis deux mois, je vais bosser la boule au ventre !" C'est un discours que j'entends tous les jours en recevant des témoignages de nombreux services d'urgences à travers la France. "Combien de patients ont encore dû passer la nuit sur un brancard ? Combien de patients vais-je trouver dans les couloirs du service ?", se lamente un urgentiste lorrain. "Comment s'occuper de ceux qui vont, inexorablement, arriver aujourd'hui alors même que ceux arrivés hier sont toujours là ?" s'interroge un autre dans un grand hôpital d'Occitanie. "A combien de collègues, d'amis, vais-je devoir dire que cela ne va pas durer, que l'épidémie de grippe va passer, que des lits vont enfin se libérer dans les services... sans y croire moi-même ? Combien vont encore repartir chez eux ce soir en pleurant ?", me demande le chef d’un service de Bretagne...

 

 

Des patients qui passent la nuit sur un brancard

 

Que se passe-t-il donc pour que ces jeunes collègues – les médecins et les soignants des services d'urgence sont jeunes… – soient à ce point désabusés qu'ils souhaitent quitter ce métier que pourtant ils adorent ?

 

 

Cette crise n'est pas une crise habituelle. Ce n’est pas la "surchauffe" saisonnière des services d’urgence, tellement habituelle que l’on n'en parle même plus, ou alors pour dire que les urgentistes n’arrêtent pas de se plaindre...Dr François Braun, président du syndicat professionnel Samu-Urgences de France

 

 

Ce n'est pas pour eux qu'ils se plaignent, mais pour les dizaines de milliers de patients qui, depuis le début d’année, ont passé la nuit sur un brancard des urgences, faute de lit dans l'hôpital pour les installer dignement.

 

 

Car cette année, pour la première fois, nous savons combien ils sont ! Depuis janvier, 18 000 pour la centaine de services d’urgence qui renseignent le "no bed challenge", répertoire mis en place par Samu-Urgences de France. Il y a 639 services d’urgence en France : si la situation est la même partout, cela ferait plus de 100 000 patients concernés ! Lorsque l'on sait, par de nombreuses études internationales indiscutables, qu'être hospitalisé pendant une période de saturation des urgences augmente les risques de complications et de décès pendant l'hospitalisation, nous ne pouvons rester silencieux devant ce scandale sanitaire.

 

 

Pourquoi en sommes-nous arrivés là ? Chacun a son explication, sa solution miracle, mais si seulement les choses étaient aussi simples :
- Trop de gens viennent aux urgences alors qu'ils n'ont rien à y faire ? NON ! Les patients qui surchargent nos services ont besoin d'être hospitalisés. Ils ont raison de venir aux urgences.

 


- C'est la faute des médecins libéraux ? NON ! Là aussi ce sont des patients graves qui, de toute façon, ne peuvent être traités "en ville".
- Il faut rajouter des lits à l'hôpital ? PEUT-ÊTRE ! Mais de nombreux hôpitaux ont déjà rajouté des lits dans le cadre de leur plan "hôpital en tension", sans pour autant résoudre le problème.

 

 

"Nous avons besoin de lits d’hospitalisation !"

 

"La structure des urgences n'est que la partie émergée de l'iceberg : c'est l'hôpital dans son ensemble qui est malade et doit se restructurer". Dr François Braun, président du syndicat professionnel Samu-Urgences de France

 

 

La qualité de la médecine hospitalière française est unanimement reconnue à travers le monde. Nos hôpitaux ont été conçus il y a plusieurs dizaines d'années, pour permettre le développement de spécialités médicales répondant à un besoin de santé centré sur des pathologies aiguës et/ou graves. Les progrès dans le traitement des cancers, de l'infarctus, de la mortalité infantile et maternelle ont été extraordinaires, au point que la durée de vie ne cesse d'augmenter... et les pathologies chroniques aussi.

 

 

Les patients qui requièrent une hospitalisation sont maintenant plus âgés et cumulent plusieurs facteurs de risques. Qui doit prendre en charge le patient présentant une "simple" infection urinaire qui va entraîner la décompensation d'un diabète, d'une insuffisance cardiaque et d'une insuffisance respiratoire ? Nos services "d'hyper-spécialité" ne sont pas conçus pour cela, ne sont pas organisés pour répondre à ce patient âgé "poly-pathologique" et prendre en charge aussi son épouse qui ne peut rester seule à la maison.

 

 

"L'inadéquation entre les besoins de santé du plus grand nombre de nos concitoyens et les moyens de l'hôpital public est flagrante". Dr François Braun, président du syndicat professionnel Samu-Urgences de France

 

 

Elle est responsable de l'engorgement de l'hôpital et de sa partie la plus visible, les urgences. Nous avons besoin de lits d'hospitalisation ! De lits disponibles pour les patients que nous accueillons tous les jours, sans distinction, ce qui fait la grandeur du service public hospitalier.

 

 

La "crise" actuelle n'est qu'un symptôme qui s'aggrave d'année en année. Se contenter de la traiter, c'est laisser évoluer la maladie qui, demain, emportera tout notre système de santé et ses valeurs d'égalité et de solidarité.

 


24/04/2018
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Franceinfo - le mercredi 21 mars 2018

 

 

Harcèlement de rue, prescription, âge du consentement... Une large majorité de Français favorable aux mesures du gouvernement contre les violences sexuelles

 

 

Selon un sondage Ifop pour viehealthy.com, les mesures du projet de loi de Marlène Schiappa contre les violences sexuelles bénéficient d'un fort soutien dans l'opinion publique

 

 

 

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Un tag contre le harcèlement de rue, le 2 mars 2018 à Saint-Gilles (Belgique). (JEAN-MARC QUINET / BELGA MAG / AFP)

 

 

 

Un soutien clair et net. Selon un sondage Ifop pour viehealthy.com, une forte majorité de Français soutiennent les principales mesures du projet de loi de Marlène Schiappa contre les violences sexuelles, que la secrétaire d'Etat chargée de l'Egalité entre les femmes et les hommes doit présenter mercredi 21 mars. L'allongement du délai de prescription pour les viols sur mineurs, la pénalisation du harcèlement de rue et l'instauration de l'âge minimum du consentement sexuel à 15 ans recueillent respectivement 92,90 et 69% d'opinions favorables.

 

 

"Globalement, ce projet de loi fait l'unanimité dans l'opinion", constate François Kraus, directeur du pôle politique/actualité de l'Ifop. "Cela relativise l'impact des polémiques qu'il y a eu ces six derniers mois" sur le harcèlement de rue ou l'âge du consentement, ce seuil en-deça duquel un mineur ne pourra être considéré comme consentant à une relation sexuelle avec un majeur – permettant des poursuites pour agression sexuelle ou viol.

 

 

Consensus autour de la prescription et du harcèlement de rue

 

Dans le détail, 71% des personnes interrogées sont "très favorables" à l'allongement à 30 ans – au lieu de 20 – du délai de prescription pour les viols sur mineurs, 21% "assez favorables", 5% "assez opposées" et 3% "très opposées". Cet allongement avait été recommandé début 2017 par une mission coprésidée par un magistrat et par l'animatrice Flavie Flament, qui avait révélé avoir été violée dans son adolescence.

 

 

Conformément aux propositions d'un rapport parlementaire sur le harcèlement de rue, le gouvernement a décidé de créer une infraction d'"outrage sexiste" pouvant être sanctionnée d'une amende de 4e classe – allant de 90 à 750 euros – pour sanctionner les comportements déplacés. Pour la pénalisation de tels "faits de harcèlement subis par les femmes dans l'espace public", que ce soit dans la rue ou dans les transports en commun, 53% des Français sont "très favorables" et 37% "assez favorables"

 

 

 

90% des Français sont favorables à la pénalisation du harcèlement de rue.
90% des Français sont favorables à la pénalisation du harcèlement de rue. (IFOP)

 

Un soutien moins marqué pour l'âge minimum du consentement

 

Le soutien est moins franc pour "la fixation à 15 ans de l'âge minimum pour le consentement à un acte sexuel" : 31% des sondés sont "très favorables" à cette mesure, 38% "assez favorables", 17% "assez opposés" et 14% "très opposés". Ce point est au cœur du débat depuis plusieurs mois, après deux affaires très médiatisées, dans lesquelles des fillettes de 11 ans avaient été considérées comme consentantes par la justice. 

 

 

Le Planning familial estimait qu'une telle mesure risquait de "limiter la liberté sexuelle des jeunes". Les principaux syndicats de magistrats ont également mis en garde contre "des condamnations automatiques" qui découleraient d'une "présomption de culpabilité""Certaines craintes ont pu imprégner l'opinion publique", estime François Kraus, en évoquant le cas de parents d'enfants de 18 ans, inquiets d'une sentence "automatique" à l'encontre de leur progéniture en cas de relation avec une mineure de moins de 15 ans.

 

 

L’enquête a été menée auprès d’un échantillon de 1 014 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. Les interviews ont été réalisées par questionnaire auto-administré en ligne du 1er au 2 mars 2018.

 


24/04/2018
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