L'AIR DU TEMPS

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SOCIETE et Consommation

Regards sur la société au travers de différents articles qui permettent une photographie de celle-ci au fil du temps qui passe...


Franceinfo - le mercredi 12 septembre 2018

 

 

YouTube, Facebook, presse... On vous explique pourquoi la directive sur le droit d'auteur, votée par le Parlement européen, pourrait changer votre quotidien

 

 

 

Le Parlement européen a voté mercredi la très sensible réforme du droit d'auteur, dont l'un des objectifs est de mieux répartir les revenus entre les créateurs de contenus et les plateformes qui les diffusent

 

 

 

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Le Parlement européen se penche, mercredi 12 septembre, sur la réforme des droits d'auteur. (DAMIEN MEYER / AFP)

 

 

C'est une bataille qui oppose artistes et éditeurs de presse aux géants du numérique et aux militants de la liberté sur internet. Les eurodéputés ont donné, mercredi 12 septembre, leur feu vert à la très sensible réforme du droit d'auteur. Son principe est d'inciter les plateformes à mieux rétribuer les créateurs de contenus (article 13), mais aussi de créer un "droit voisin" pour les éditeurs de presse (article 11), qui doit permettre aux journaux et agences d'être rémunérés pour la réutilisation en ligne de leur production. 

 

 

Les eurodéputés vont maintenant devoir entamer des négociations avec le Conseil de l'UE (représentant les 28 Etats membres, déjà parvenus à un compromis le 25 mai) et la Commission européenne, afin de s'entendre sur un texte définitif, qui devra de nouveau être voté au Parlement. La réforme devra ensuite être transposée dans la loi de chaque Etat membre.

 

 

Franceinfo vous explique pourquoi vous devriez vous intéresser à cette réforme, qui pourrait avoir des conséquences sur votre utilisation d'internet.

 

 

Parce qu'elle pourrait modifier votre manière de vous informer

 

Au Parlement européen, les éditeurs de presse poussent pour que la réforme soit adoptée. Ils défendent en particulier son article 11. "Il s'agit ni plus ni moins que d'introduire le principe d'une juste rémunération des médias", ont estimé les patrons d'une vingtaine d'agences de presse dans une tribune publiée début septembre. Leur argument est le suivant : en proposant des liens et des extraits d'articles sur leurs plateformes, Google, Facebook et les autres géants du web encaissent des revenus publicitaires grâce à des contenus qu'ils n'ont pas financés ou payés. 

 

 

Les éditeurs souhaitent donc que ces plateformes partagent une "modeste fraction de leurs revenus avec les producteurs de ces contenus" en instaurant un "droit voisin". Une revendication qui intervient dans un contexte économique tendu pour l'information : "En 2000, la presse générait 5 milliards [d'euros] de recettes publicitaires annuelles, contre 1,7 milliard aujourd'hui, soit une saignée de 70%", explique à Libération Claire Léost, de Lagardère Active.

 

 

Concrètement, cette taxe pourrait inciter les plateformes à limiter la diffusion de ces contenus dans les résultats de leur moteur de recherche ou sur les réseaux sociaux pour éviter de payer. C'est ce qui est arrivé en Espagne quand le pays a mis en place un droit voisin : la presse espagnole a disparu de l'agrégateur d'actualités Google News. Selon une étude (en espagnol) relayée par le Parlement européen (en anglais), le trafic de ces sites a baissé de 6 à 30%.

 

 

En Allemagne, une réforme similaire a fait perdre à Axel Springer, le plus important groupe de presse du pays, 7% de ses visiteurs. Deux exemples mis en avant par les géants du numérique pour rejeter cette solution. "Nous avons vu deux exemples d'instauration de droits voisins en Espagne et en Allemagne qui n'ont pas été couronnés de succès", a expliqué à l'AFP Siada El Ramly, la directrice générale d'EDiMA, l'association qui défend à Bruxelles les intérêts des plateformes en ligne.

 

 

Les défenseurs des libertés numériques, comme la Quadrature du Net, s'opposent à cet article 11 pour une autre raison. "Aujourd'hui, à défaut d'avoir réussi à s'adapter à internet, la presse est prête à renoncer à son indépendance", regrette sur franceinfo l'un de ses militants, Arthur Messaud.

 

 

Quand les revenus du 'Monde' ou du 'Figaro' dépendront de Google et de Facebook, pendant combien de temps encore pourra-t-on espérer avoir dans ces journaux des critiques pertinentes des géants du web ? Arthur Messaud, de la Quadrature du Net à franceinfo

 

 

Les encyclopédies en ligne comme Wikipedia redoutent aussi de possibles conséquences pour le droit de citation. "Créer des liens hypertextes, citer de courts extraits et partager du contenu sont des composantes fondamentales d’internet", alerte Pierre-Yves Beaudouin, président de Wikimédia France, sur son site.

 

 

Parce qu'elle risque de vous empêcher de partager des contenus

 

L'article 13 est le point le plus sensible de cette réforme : il prévoit de filtrer de manière automatique les contenus soumis au droit d'auteur mis en ligne sur YouTube, Facebook, Dailymotion et les autres plateformes. Si ladite plateforme a passé un accord financier avec le titulaire des droits d'auteur, l'internaute pourra partager sans problème ce contenu. Mais s'il n'y a pas d'entente, le contenu sera bloqué. Un système similaire existe déjà sur YouTube avec ContentID, qui repère les vidéos sous copyright. Avec une différence de taille : ce contrôle est réalisé après la mise en ligne, et non avant.

 

 

Les opposants à la réforme pointent les limites technologiques d'un tel système. "Ces filtres seront élaborés à partir d'algorithmes 'nourris' d'empreintes numériques qui identifieront les contenus protégés par copyright, expliquait en juillet à franceinfo Julien Lausson, journaliste à Numerama. Mais un tel algorithme ne peut pas forcément distinguer un fichier intégral d'un extrait." Ils redoutent également que ce filtrage ne détruise une partie de la culture web : sera-t-il toujours possible de partager des mèmes, ces images à portée humoristique souvent détournées d'œuvres culturelles, ou des vidéos personnelles où l'on entend de la musique ? "On a déjà vu une vidéo d'un bébé qui dansait être supprimée parce qu'on entendait une musique à la radio. Le curseur est difficilement plaçable", estime Julien Lausson.

 

 

Un point de vue partagé par les géants du web. "Si les plateformes ont l'obligation de s'assurer qu'un contenu protégé n'apparaît pas, tout ce qui pourrait être perçu comme une violation des droits d'auteur sera supprimé, avertit Siada El Ramly, la directrice générale d'EDiMA. Par exemple, si je prends une vidéo du spectacle de danse de ma fille et qu'il y a de la musique de fond, l'ensemble de la vidéo devra être retiré de la plateforme sur laquelle elle a été mise."

 

 

Parce que ses opposants craignent qu'elle ne renforce la surveillance des internautes

 

Au-delà des mesures précises du texte, ses opposants dénoncent sa philosophie globale. "Est-ce qu'on veut financer les auteurs en violant les libertés fondamentales de toute la population via la surveillance de masse économique ?" s'interroge Arthur Messaud, de la Quadrature du Net. Pour lui, cette directive renforce la "publicité ciblée", qui "consiste à surveiller tout le monde, tout le temps, partout, et souvent sans notre consentement libre". 

 

 

Son association milite pour d'autres solutions. "Nous avons toujours dit que l'impôt nous paraissait une manière bien plus efficace de rééquilibrer le rapport de force que le durcissement de la propriété intellectuelle, qui entraîne toujours des dommages collatéraux sur les libertés", explique, dans Libération, Lionel Maurel, autre militant de la Quadrature du Net

 


14/09/2018
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Franceinfo - le jeudi 6 septembre 2018

 

 

Non, vos enfants n'apprennent pas à se masturber à l'école : voici ce qu'on enseigne dans les cours d'"éducation à la sexualité"

 

 

Des rumeurs qui circulent sur les réseaux sociaux assurent que l'école apprend aux enfants à se masturber. Franceinfo a interrogé des enseignants et des intervenants pour savoir ce qui se dit vraiment en classe

 

 

 

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Depuis 2001, la loi prévoit trois séances d'éducation sexuelle par an, entre le CP et la terminale. (photo d'illustration) (SYDNEY BOURNE / CULTURA RF / GETTY)

 

 

"Masturbation dès l'âge de 4 ans", "banaliser la sexualité", "favoriser les pédophiles"... Les rumeurs les plus folles circulent sur Twitter en cette période de rentrée, à propos de l'éducation à la sexualité à l'école. Leur point de départ ? L'annonce mi-juillet par Marlène Schiappa, secrétaire d'Etat chargée de l'Egalité entre les femmes et les hommes, de l'envoi d'une circulaire pour que les "trois séances d'éducation à la vie affective et sexuelle", obligatoires depuis 2001 entre le CP et la terminale, soient mieux appliquées. Un rapport du Haut Conseil à l'Egalité entre les femmes et les hommes, publié en 2016, souligne effectivement qu'un quart des établissements scolaires déclarent "n'avoir mis en place aucune action ou séance en matière d'éducation à la sexualité".

 

 

Objectif de ces séances : donner aux enfants "les moyens de s'approprier progressivement les données essentielles de leur développement sexuel et affectif", selon une circulaire de 2003. Dans le détail, le ministère prévoit que les élèves abordent trois champs de compétences : le biologique (anatomie, puberté, contraception, IVG...), le psycho-affectif (estime de soi, sentiments, identité sexuée...) et le social (rôles sexués, égalité filles-garçons, législation...). Pour préparer les séances, l'Education nationale fournit aussi des fiches d'activitéune liste d'ouvrages et de sites internet. Mais qu'apprend-on précisément aux enfants dans ces cours ? Nous nous sommes plongés dans les ressources proposées et avons posé la question à des intervenants.

 

 

A l'école primaire

 

Ce que dit l'Education nationale. "A l'école primaire, les temps consacrés à l'éducation à la sexualité incombent au professeur des écoles", qui doivent faire valider leur projet pédagogique en conseil d'école, écrit le ministère de l'Education nationale. Depuis l'échec des ABCD de l'Egalité en 2014, peu de ressources en ligne subsistent encore sur l'éducation à la sexualité des classes de primaire, se désole Francette Popineau, porte-parole du syndicat Snuipp-FSU, qui a enseigné pendant vingt-neuf ans en primaire.

 

 

Rien dans les programmes ne prévoit toutefois l'apprentissage de la masturbation aux enfants dès 4 ans, comme l'affirment de nombreux internautes sur Twitter.

 

 

 

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Le document cité ici existe, sauf qu'il ne provient pas d'un programme scolaire français, mais d'un rapport du Centre fédéral allemand pour l'éducation à la santé pour l'OMS, publié en 2010 et traduit en français en 2013. Et il n'est pas appliqué dans les écoles françaises.

 

 

Dans la pratique, ça se passe comment en classe ? "Quand on commence l'éducation à la vie sexuelle, on va parler des sentiments, du corps de l'élève, car il est en interaction avec celui de ses copains dans la cour d'école", détaille à franceinfo Marianne Niosi, intervenante du Planning familial en milieu scolaire. Pour les intervenants et les enseignants interrogés par franceinfo, la priorité est "de démonter les stéréotypes", "d'établir les bases de l'égalité filles-garçons" et "d'apprendre à l'enfant à respecter son corps et celui des autres".

 

 

Il est important que les élèves comprennent que les adultes, ou d'autres enfants, n'ont pas à exercer de violences à leur égard. Si l'on a parlé d'intégrité physique, si l'on a nommé les organes sexuels, ils sauront plus facilement se protéger ou parler des violences.Haydee Leblanc, professeure des écoles dans la Somme à franceinfo

 

 

Côté méthode, les enseignants préfèrent éviter les programmes pré-établis pour partir "des questionnements des élèves", assure Francette Popineau. "Certains garçons au CM2 me disent : 'maîtresse, le matin mon zizi est bizarre'. Ça les fait rire, mais on leur répond." Comment ? "On adapte les réponses en fonction du niveau de maturité des élèves", explique l'enseignante. "On va expliquer simplement que c'est un phénomène normal, que le sang circule en nous et fait monter le pénis", abonde Sabrina Sénécal, intervenante du Planning familial. 

 

 

Même avec les petits, on utilise les mots prévus par la langue française. Eux peuvent parler de "zizi" ou de "bite", nous on dira "pénis".Sabrina Sénécal, intervenante au Planning familial à franceinfo

 

 

Parmi les outils possibles : le jeu de la "roue du genre". Les élèves détaillent les avantages qu'ils pensent liés au fait d'être un garçon ou une fille : "Ils tombent en général tous d'accord pour dire qu'il semble y avoir plus d'avantages à être un garçon", relève Sabrina Sénécal. Alternative : des mises en scène avec des marionnettes. "M. Rat dit à sa fille Souris qu'il va choisir son mari parce que c'est une fille, ou qu'elle n'est pas capable de déménager seule parce que c'est une fille, résume Francette Popineau. Je vais demander qui veut bien répondre à la place de Souris."

 

 

Pour créer le débat, d'autres enseignants utilisent des albums de jeunesse (extirpés des ressources des ABCD de l'égalité, ou achetés en librairie) ou le visionnage d'un documentaire scientifique pour enfants. "Mais on n'autorise aucune manipulation, insiste Francette Popineau. On ne touche pas les enfants et ils ne se touchent pas eux-mêmes, ou entre eux."

 

 

Au collège

 

Ce que dit l'Education nationale. Outre des "personnels volontaires et formés (professeurs, conseillers principaux d'éducation, infirmiers, etc.)", le recours aux intervenants extérieurs "ayant un agrément national ou académique" est conseillé. En dépit de la législation, ces derniers ne se déplacent souvent qu'une fois, et non trois, pour une durée de deux heures. Parmi les thèmes qu'il est recommandé d'aborder : la puberté (PDF)les émotions liées à la sexualité (PDF), la pornographie (PDF) ou encore les discriminations (PDF). 

 

 

Exemples de scénarios proposés par l'Education nationale : "Séparer les élèves en deux groupes non mixtes. Pendant 20 minutes, les filles listeront ce qu'elles savent ou imaginent de la puberté chez les garçons, pendant que les garçons noteront ce qu'ils savent ou imaginent de la puberté chez les filles." Ensuite, les deux groupes se réunissent et échangent leurs observations. Ou encore : "débattre sur les affirmations suivantes ('Dans les films pornos, les femmes ont toujours envie', 'Les acteurs font ces films pour l'argent', 'C'est un bon moyen pour apprendre', 'Si on regarde avec sa copine, ça lui donne envie')".

 

 

Dans la pratique, ça se passe comment en classe ? Là encore, le point de départ est le questionnement des élèves.

 

 

Les collégiens ont surtout des questions assez fantasmatiques sur la sexualité. Des choses qu'ils ont vues ou entendues mais qui montrent qu'ils n'ont jamais pratiqué.Sabrina Sénécal, intervenante du Planning familial à franceinfo

 

 

"Ils posent beaucoup de questions sur la taille du sexe, la première fois, comment faire pour ne pas avoir de bébé, la réputation d'une fille qui couche...", abonde Sarah Durocher, également intervenante du Planning familial.

 

 

Pour ce qui est des outils, les questions anonymes sont régulièrement utilisées, mais les intervenants interrogés par franceinfo ont aussi recours au "débat mouvant" ou "jeu de la ligne" : les élèves sont invités à se positionner dans la salle en fonction de leur opinion sur une affirmation (d'accord / pas d'accord / je ne sais pas), ce qui suscite le débat entre eux ("Les hommes et les femmes sont égaux dans la société", "Les filles font mieux la vaisselle que les garçons", "Une sage-femme peut être un homme"...). Un outil d'autant plus adapté qu'à partir du CM1/CM2, "ils ne sont plus dans la reproduction du discours parental, mais ont leur propre discours", assure Haydee Leblanc.

 

 

Au lycée

 

Ce que dit l'Education nationale. Comme au collège, les séances sont très souvent réduites et organisées par des intervenants extérieurs. Sur le fond, l'Education nationale recommande d'informer les élèves sur la contraception (PDF)la pornographie et la prostitution (PDF), ou encore la relation de couple (PDF).

 

 

Exemples de scénarios proposés : discuter des "affirmations suivantes ('Mettre un préservatif fait perdre l'érection', 'La première fois on ne risque rien', 'Quand on fume on ne peut pas prendre la pilule', 'Avec la pilule du lendemain, tout est possible', 'C'est à la fille de s'occuper de la contraception'...)". Ou encore : "Donner 4 Post-it à chaque élève (couleur différente pour les garçons et les filles) et leur demander de noter sur chacun un mot évoqué par 'sexe et argent'. La mise en commun doit permettre de faire apparaître les différentes formes d'exploitationcommerciale de la sexualité et de souligner, s'il y a lieu, les points communs et/ou les différences selon les sexes."

 

 

Dans la pratique, ça se passe comment en classe ? "Contrairement aux collégiens, les lycéens posent des questions sur des choses plus concrètes, qu'ils ont testées", rapporte Sabrina Sénécal. Exemples courants : "Est-ce qu'il existe des alternatives à la pilule ? Comment je peux réussir à draguer ?" Les questions de prévention et de contraception sont mises au premier plan, d'autant qu'"on est parfois appelés comme pompiers, par exemple après des grossesses dans un établissement scolaire", se désole l'intervenante. 

 

 

 

 

 

Mais contrairement à ce qui circule sur les réseaux sociaux, les intervenants n'enseignent pas aux élèves "la sodomie" ou "la levrette".

 

 

Quand on nous demande quelle est la meilleure position, on dit qu'il n'y en a pas de mieux que les autres, tant que les partenaires sont d'accord. On n'aborde pas notre vie sexuelle, ni la leur.Sabrina Sénécal, intervenante du Planning familial à franceinfo

 

 

Au lycée, les intervenants utilisent toujours les questions anonymes, des jeux de questions/réponses qui permettent de faire circuler la parole et de retenir des informations factuelles (délai légal pour une IVG, prescription de contraception), mais aussi beaucoup de vidéos éducatives sur l'apprentissage du consentement ou des limites à respecter.

 


07/09/2018
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Franceinfo - le mardi 4 septembre 2018

 

 

Le Premier ministre annonce le maintien du prélèvement à la source

 

 

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Camille CaldiniBenoît ZagdounFrance Télévisions

 

 

 

Edouard Philippe l'a annoncé au journal de 20 heures sur TF1, mardi

 

 

 

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Le Premier ministre Edouard Philippe sur le plateau de TF1, le 21 juin 2017.  (BENJAMIN CREMEL / AFP)

 

 

 

Ce qu'il faut savoir

 

 

Feu vert. Le prélèvement à la source de l'impôt sur le revenu sera bien mis en place au 1er janvier 2019, a annoncé le Premier ministre, Edouard Philippe, mardi 4 septembre, au journal de 20 heures de TF1, après une semaine de cacophonie gouvernementale sur les enjeux et les difficultés liés à cette réforme controversée.

 

 

 Près de 40 millions de foyers concernés. La réforme du prélèvement à la source, lancée par François Hollande, consiste à prélever les impôts directement sur les salaires et les pensions. Ce "big bang fiscal", qui concerne près de 38 millions de foyers fiscaux, a déjà été retardé d'un an après l'élection d'Emmanuel Macron.

 

 

 Les doutes de Macron. Emmanuel Macron avait laissé transparaître son hésitation sur la mise en place de cette réforme, lors d'une conférence de presse. "J'ai besoin d'une série de réponses très précises et d'être sûr de ce que nos concitoyens vivront le jour où on le mettra en place si on le met en place", avait-il déclaré, disant vouloir prendre le temps de la réflexion "avant de donner une directive finale".

 


05/09/2018
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Franceinfo - le dimanche 2 septembre 2018

 

 

Prélèvement à la source : pourquoi l'exécutif tergiverse

 

 

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Hugo CaillouxfranceinfoFrance Télévisions
 

 

 

L'exécutif semble de moins en moins confiant quant à la mise en place de la réforme du prélèvement à la source pour des raisons techniques, politiques et psychologiques

 

 

 

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Le président de la république Emmanuel Macron donne une conférence de presse avec le Premier ministre Finlandais à Helsinki (Finlande), le 30 août 2018. (LUDOVIC MARIN / AFP)

 

 

Après avoir défendu pendant des mois la réforme du prélèvement à la source de l'impôt sur le revenu, l'exécutif doute. Le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, a affirmé dimanche 2 septembre sur BFMTV, que le calendrier de mise en application sera tenu, mais "si et si seulement si les garanties techniques sont réunies". Et c'est là où le bât blesse.

 

 

Samedi, Le Parisien a révélé les résultats alarmants de la phase de test du prélèvement à la source. Si le gouvernement se veut rassurant, l'arrêt de la réforme, évoqué par le président de la République, n'est plus exclu par Gérald Darmanin, le ministre de l'Action et des Comptes publics, qui porte le dossier depuis plusieurs mois. Franceinfo a recensé les obstacles à la mise en place de cette réforme emblématique.

 

 

La crainte de problèmes techniques ?

"Le dispositif technique fonctionne, il est prêt !", a assuré Gérald Darmanin, samedi soir, sur Twitter. Pourtant, les révélations du Parisien, publiées quelques heures plus tôt, montrent que l'affaire n'est pas si simple. Selon un document confidentiel du fisc, auquel le quotidien a eu accès, le dispositif était loin d'être au point lors des tests des derniers mois. En février 2018, par exemple, plus de 350 000 erreurs ont été recensées. D'un mois à l'autre, le nombre d'anomalies varie du pire au meilleur. Aucune anomalie n'a par exemple été repérée au mois de juin dernier, alors qu'elles ont fait leur réapparition en juillet et en août.

 

 

Dans ces conditions, comment savoir si le mois de janvier sera un bon mois ou un mauvais ? Gérald Darmanin assure samedi sur Twitter que "les erreurs identifiées [...] ont été depuis résolues".

 

 

Les deux principaux bugs techniques rencontrés sont des doublons, qui pourraient selon Le Parisien, mener à des prélèvements multiples (ce que nie le ministère) et des erreurs de prélèvement avec des homonymes. Surtout, le manque d'équipement des entreprises est pointé du doigt dans le document. Alors que la réforme a déjà été repoussée d'un an, et devrait théoriquement entrer en application en janvier 2019, les employeurs n'auraient pas mis à jour leurs logiciels de paie. De nombreuses déclarations sociales nominatives (DSN), envoyées au fisc par les entreprises, sont truffées d'erreurs, assure Le Parisien



Des problèmes techniques dont a pris connaissance le président de la République. "J'ai besoin d'une série de réponses très précises, affirmait-il jeudi 30 août. C'est une réforme complexe, qui demande beaucoup de travail." La date du 15 septembre a été fixée comme limite par l'exécutif pour arriver à une décision sur le sujet. Quinze petits jours pour régler ces questions techniques et convaincre le chef de l'Etat de ne pas abandonner la réforme.

 

 

La frousse d'une défaite politique ?

L'opposition, de son côté, crie à la défaite politique. "Des problèmes techniques ? Je n'y crois pas une seconde", balaye l'ancien secrétaire d'Etat au Budget, Christian Eckert, qui a lancé la réforme sous François Hollande, auprès de Libération.

 

 

Toute cette histoire n'est donc qu'une affaire politique.Christian Eckert, ancien secrétaire d'Etat au Budget à "Libération"

 

 

"Ces bugs techniques, qui viennent de nulle part, ont bon dos pour peut-être préparer les esprits à une reculade, [...] non pas technique, mais politique", a tancé sur franceinfo Jean-François Copé, ancien ministre délégué au Budget. Favorable à la réforme, qu'il juge "très bonne", le maire Les Républicains de Meaux affirme que l'administration fiscale est "parfaitement capable de mettre tout cela en place".

 

 

Le problème est-il politique, technique, ou les deux ? La réforme du prélèvement à la source tourne, en tout cas, au bras de fer entre le président et son ministre des Comptes publics. D'un côté, Gérald Darmanin ne veut pas faire machine arrière, lui qui a passé beaucoup de temps à expliquer la réforme, par exemple lors d'une longue interview dans Le JDD, en avril.

 

 

De l'autre, le président voit d'un mauvais œil les conséquences politiques d'un éventuel fiasco lors de la mise en application de la réforme, prévue en janvier prochain. Car la réforme concerne 38 millions de foyers fiscaux et la majorité craint de payer dans les urnes l'application de la mesure. Les élections européennes, premier scrutin depuis l'arrivée à l'Elysée d'Emmanuel Macron, sont prévues quelques mois plus tard, le 26 mai 2019.

 

 

La peur d'un effet psychologique ?

Autre problème : le prélèvement à la source fait mécaniquement baisser le chiffre affiché en bas de la fiche de paie. Pour certains analystes, le changement aura du mal à passer chez les Français.

 

 

L'effet psychologique du prélèvement à la source sera brutal. Philippe Nemo, auteur de "Philosophie de l'impôt"au "Point"

 

 

Pour certains, cet effet sur la psychologie des ménages pénalisera également la croissance. "Comme le moteur de la croissance en France a toujours été la consommation, on risque d'avoir des comportements d'attente, estime le député Les Républicains Gilles Carrez, interrogé par France 2Psychologiquement, il peut y avoir le sentiment d’une perte de pouvoir d’achat, abonde auprès du Parisien Cendra Motin, députée LREM de l’Isère. Il ne faudrait pas que cela fasse comme lors du passage à l'euro, lorsque la consommation des ménages a chuté."

 


04/09/2018
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Franceinfo - le vendredi 31 août 2018

 

 

Rentrée 2018 : élèves, parents, professeurs... Ce qui change pour vous en cette nouvelle année scolaire

 

 

 

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Mahaut LandazfranceinfoFrance Télévisions

 

 

 

Alors que les professeurs ont déjà fait leur rentrée, franceinfo fait le point sur les nouveautés de 2018 dans les classes

 

 

 

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190 000 élèves vont bénéficier du dispositif des classes dédoublées en 2018.  (FRED TANNEAU / AFP)

 

 

Les enseignants ont repris le chemin de l'école, vendredi 31 août, quelques jours avant leurs élèves, attendus lundi dans les établissements. De nombreux changements sont introduits en cette rentrée 2018, de la primaire au lycée. Si les grandes orientations étaient déjà connues, le ministre de l'Education nationale, Jean-Michel Blanquer, a précisé ces mesures lors de la traditionnelle conférence de presse de rentrée, mercredi 29 août. Voici les principales évolutions.

 

 

Les "classes à 12" sont élargies à 190 000 élèves de CP et CE1

 

Promesse de campagne d'Emmanuel Macron, le dédoublement de certaines classes de primaires amorcé à la rentrée 2018 va s'accentuer, a annoncé Jean-Michel Blanquer. Jusque-là, 60 000 élèves de CP d'établissements REP+ (réseaux d'éducation prioritaire renforcés) étaient concernés. A la rentrée 2018, 3 200 classes de CP en REP et 1 500 classes de CE1 en REP+ vont ainsi être dédoublées, précise le ministère de l'Education nationale. Au total, ce sont désormais 190 000 élèves qui vont bénéficier des "classes à 12". Ils devraient être 300 000 à la rentrée 2019.

 

 

Cette réduction d'effectifs est plébiscitée par les enseignants. Mais des syndicats redoutent un manque de locaux : cette mesure nécessite en effet deux salles, là où une suffisait jusqu'alors. "Seules 10 à 15% des classes vont rencontrer un problème logistique à la rentrée", a assuré Jean-Michel Blanquer, pour qui il s'agit de la "plus importante mesure de justice sociale". Pour faire face, 3 800 postes vont être créés en primaire, explique le ministre.

 

 

Les programmes de mathématiques et de français sont "ajustés"

 

Lire, écrire, compter, respecter autrui. C'est dans l'objectif de renforcer l'acquisition des "savoirs fondamentaux" que Jean-Michel Blanquer a annoncé en juin des "ajustements" de programmes. Elaborés par le Conseil supérieur des programmes au printemps, ils concernent les mathématiques, le français et l’éducation morale et civique.

 

 

En français, on insistera davantage sur la maîtrise du vocabulaire, la lecture et l'écriture. L'objectif : que tous les élèves aient acquis "les automatismes de déchiffrage du code alphabétique" à la fin du CP, précise le document de présentation de la rentrée. Par ailleurs, lors de sa conférence de presse, Jean-Michel Blanquer a souligné l'importance de la pratique régulière de la dictée pour consolider les automatismes.

 

 

En mathématiques, les recommandations du ministre s'appuient sur le rapport de mission 21 mesures pour l'enseignement des mathématiques, réalisés par le député Cédric Villani et l'inspecteur général Charles Torossian. Ils préconisent notamment de s'exercer quotidiennement au calcul mental et de "cultiver le sens des quatre opérations" (addition, soustraction, multiplication, division) dès le CP. 

 

 

Des évaluations pédagogiques sont mises en place de l'école au lycée

 

Prévues dans le programme présidentiel d'Emmanuel Macron ("nous introduirons, au début de chaque année, des bilans personnalisés, de la classe de grande section à la troisième"), des évaluations se focalisent sur le français et les mathématiques. 

 

 

Celles-ci auront lieu au début et en milieu d'année de CP à partir de la rentrée 2018. En septembre, elles porteront sur "l'agilité des enfants à manipuler les sons", "la capacité des élèves à comprendre les mots, les phrases ou un court texte lu par le professeur", la "connaissance des nombres jusqu’à 10" et la "capacité à les mobiliser dans une situation simple". Entre janvier et février, elles porteront sur "les acquis" des élèves, notamment la "fluidité de lecture".

 

 

"Dans le même esprit", l'évaluation introduite en CE1 vise à ce que "ce qui doit être acquis, le soit". "En français, elle porte sur la capacité à décoder rapidement les mots, lire à voix haute avec fluidité, comprendre un texte simple, orthographier les mots les plus fréquents, précise le ministère. En mathématiques, elle porte sur l'utilisation des nombres entiers supérieurs à 10 et les premières notions de géométrie." Les parents recevront "un retour individualisé de la part des professeurs", détaille le ministère de l'Education nationale.

 

 

Ces évaluations ont lieu en 6e et en seconde, les lycéens, passeront "un test de positionnement" sur une tablette numérique, toujours en français et en mathématiques, a annoncé le ministre. Le test se divise en deux séances de cinquante minutes : la première sur l'étude de la langue et la compréhension écrite et orale, la deuxième sur la gestion des données, les nombres, le calcul, la géométrie et le calcul littéral. 

 

 

Une cinquantaine d'heures seront dédiées à l'orientation en seconde 

 

En seconde générale et technologique, 54 heures seront désormais consacrées à la découverte de formations et de secteurs professionnels. Ces "temps dédiés à l'orientation", ayant pour but de "mieux préparer la poursuite d'études", comprendront des "semaines de l'orientation", des périodes d'observation et des journées de découverte des métiers en immersion. Le ministre a insisté sur l'introduction "d'une plus grande personnalisation des parcours".

 

 

Ces heures seront assurées par les professeurs, notamment les professeurs principaux et les documentalistes, par les chefs d'établissement et par les psychologues de l'Education nationale, précise le communiqué du ministère. Elles associeront les régions, les branches professionnelles et les entreprises.

 

Les portables sont désormais officiellement interdits jusqu'au collège

 

Si de nombreux établissements bannissent déjà les téléphones portables, une nouvelle loi votée en août vient combler un vide juridique : l'utilisation des smartphones "ou tout autre équipement connecté" (tablettes, montres connectées...) est désormais officiellement interdite dans les écoles maternelles, élémentaires et dans les collèges, précise le site Vie publique.

 

 

Jusque-là, le téléphone était interdit en classe et "dans les lieux prévus par le règlement intérieur" de chaque établissement. Désormais l'interdiction vaut aussi bien en classe qu'ailleurs dans l'établissement, et même lors des activités d'enseignement qui se déroulent à l'extérieur de l'enceinte, sauf pour des usages pédagogiques. Dans les lycées, le portable peut être interdit par le règlement intérieur de l'établissement.

 

 

Aux collèges de choisir la modalité d'interdiction : en imposant de l'éteindre ou en installant des casiers pour les déposer à l'arrivée dans l'établissement. La nouvelle législation ouvre aussi la possibilité de confisquer un téléphone, ce qui n'était auparavant autorisé que dans les cas où celui-ci présentait un danger. Les élèves handicapés pourront bénéficier de dérogations.

 

 

Une majorité de communes repassent à la semaine de quatre jours 

 

Depuis la rentrée 2017, les communes peuvent choisir de revenir à la semaine de quatre jours ou de rester à quatre jours et demi. Selon les estimations du ministère, 80% des villes et 85% des écoliers sont repassés à la semaine de quatre jours, le calendrier instauré par Nicolas Sarkozy en 2008. Auparavant, les écoliers avaient classe le plus souvent quatre jours et demi, avec le samedi matin.

 

 

Pour organiser l'accueil des élèves le mercredi, un "plan mercredi" doit être mis en place par les collectivités territoriales. En pratique, des activités "avec une ambition éducative" seront proposées "en partenariat avec le secteur social et associatif"

 

 

La France se distingue des autres pays européens par un plus faible nombre de jours d'école, qui va de pair avec des journées très chargées, rappelle l'AFP. Un rythme qui complique l'apprentissage, fait régulièrement remarquer l'OCDE.

 

 

De nouveaux diplômes sont créés

 

De nouveaux diplômes vont être créés, dont sept certificats d’aptitude professionnelle (CAP), comme ceux de crémier-fromager, électricien et monteur en installation thermique. De nouveaux BTS vont également voir le jour (architecture en métal, métiers de l'eau, négociation et digitalisation de la relation client et management en hôtellerie-restauration).

 


04/09/2018
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Franceinfo - le vendredi 24 août 2018

 

 

"J'ai fait tout ce que j'ai voulu faire" : à 74 ans, elle a programmé la date de sa mort

 

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Brut.France Télévisions

 

 

 

Jacqueline Jencquel a 74 ans. Et elle a déjà programmé la date de sa mort

 

 

 

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Âgée de 74 ans, Jacqueline Jencquel souhaite décider de la date de sa mort. Elle a annoncé qu’elle mettrait fin à ses jours en Suisse, en janvier 2020. "J’ai fait tout ce que j’ai voulu faire, c’est pour ça que je vous dis que maintenant, bon, maintenant quoi ? C’est du rab'", estime-t-elle.

 

 

 

Je me suis battue pour l'IVG. Maintenant, je me bats pour ce que j'appelle l'IVV, l'interruption volontaire de vieillesse

Jacqueline Jencquel

à Brut.

 

 

Jacqueline Jencquel est catégorique : elle ne veut pas vivre dans la souffrance et la maladie. "Quand on est vieux, on n'est jamais en pleine forme. Jamais. On est plus ou moins bien, mais on a des trucs. On a ce que l’on appelle les polypathologies de la vieillesse, explique-t-elle. Moi, par exemple, j'ai trois vertèbres qui sont fracturées à cause de l'ostéoporose."

 

 

"J'ai la trouille, poursuit-elle. Parce que [si] j'ai un AVC, [si] j'ai un truc, j'atterris dans un hôpital en France, tout ce qu'on me propose, c'est la sédation profonde et terminale jusqu'à la mort. Ça veut dire que je serai là, comme un légume pendant quatre semaines jusqu'à ce que j'ai le droit de mourir ? Bah non !"

 

 

"Mes enfants souffriraient beaucoup plus de voir une maman malade"

 

A ceux qui l'accusent de ne pas penser à ses trois enfants, elle répond : "Je crois que mes enfants souffriraient beaucoup plus de voir une maman malade, dans un plumard, dont il faudrait qu’ils s’occupent, dont ils ne sauraient pas quoi faire parce qu’elle est malade, qui serait malheureuse parce qu’elle est malade."

 

 

 

Je crois que ce que je laisserai à mes enfants, au contraire, c’est l’image d’une femme libre, déterminée, qui n’a pas peur.

Jacqueline Jencquel

à Brut.

 

 

Depuis dix ans, elle milite pour que la législation française change et autorise le suicide assisté. Elle dit désormais "profiter de chaque instant""d'autant plus intense" maintenant qu'elle a choisi la date où elle souhaite mettre fin à ses jours : "Si vous ne pensez pas à la mort, alors la vie est monotone."

 


28/08/2018
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Franceinfo - le samedi 25 août 2018

 

 

Grenoble : le "Chicago" français ?

 

 

L'enquête du 20 H nous emmène à Grenoble. La 16e ville de France est gangrenée par la violence et le trafic de drogue. L'insécurité est telle que certains policiers la comparent à Chicago aux États unis

 

 

 

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Adrien Perez avait 26 ans. Un mois après sa mort, ses parents sont dévastés. Ce jeune homme sans histoires fêtait son anniversaire. À la sortie d'une boite de nuit, alors qu'il tente de prendre la défense d'un ami, il est tué d'un coup de couteau. Ses trois agresseurs étaient rentrés dans la discothèque munis d'armes blanches. Grenoble, 160 000 habitants, 400 000 avec son agglomération, compte depuis des années une liste de faits-divers retentissants. Ici, tout le monde se souvient de Kevin et Sofiane, lynchés en 2012 dans un parc pour une banale histoire de mauvais regard.

 

 

"Je n'ai jamais vu une ville aussi pourrie et gangrenée par le trafic de drogue"

 

Le drame émeut la France entière. François Hollande, président à l'époque, vient sur place, et se fait interpeller par les habitants : "Il faut que ça change Grenoble, c'est devenu le Texas !". Des années après, la violence est toujours là. Agressions au couteau, tirs, règlements de compte, mais pour quelle raison ? L'été dernier, le procureur de Grenoble Jean-Yves Coquillat avançait l'une des principales explications selon lui : "De toute ma carrière, je n'ai jamais vu une ville qui était aussi pourrie et gangrenée par le trafic de drogue que Grenoble. C'est bien simple, il y a des points de revente partout." Des points de revente, on en trouve sur toute la ville, une trentaine au total. Et le trafic est très organisé. Les syndicats de police dénoncent un manque de personnel et trop peu de vidéosurveillance. Selon la préfecture, les atteintes aux personnes à Grenoble ont augmenté de 15% sur les huit premiers mois de 2018.

 


28/08/2018
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Franceinfo - le vendredi 24 août 2018

 

 

Étudier à Paris coûte 500 euros de plus chaque mois qu'à Limoges

 

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Solenne Le HenfranceinfoRadio France
 

 

 

L'Unef publie son classement des villes étudiantes. Les disparités sont énormes et le syndicat réclame que l'encadrement des loyers soit remis en place dans les villes universitaires

 

 

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Un étudiant en examen à Strasbourg. (FREDERICK FLORIN / AFP)

 

 

Étudier à Paris et en région parisienne nécessite un porte-monnaie bien garni. À quelques jours de la rentrée universitaire et alors que c'est la course finale au logement étudiant, le syndicat Unef publie vendredi 24 août son classement des villes étudiantes, que vous dévoile franceinfo.

Le syndicat avait déjà calculé il y a quelques jours que le coût de la vie augmentait de plus de 1,3% cette année pour les étudiants. Mais avec ce classement, l'Unef précise les disparités entre les villes. Elles sont énormes, presque du simple au double entre Paris et Limoges.

 

 

 
1 Paris 1 224,26 €  1,72
2 Nanterre 1 100,26 €  4,53
3 Créteil 1 089,26 €  1,94
4 Saint-Denis 1 052,26 €  3,61
5 Champs-sur-Marne 1 017,26 €  5,35
6 Orsay 1 007,26 €  2,30
7 Cergy 991,26€  1,61
8 Nice 979,13€  3,40
9 Evry 973,26€ -4,07
10 Lyon 931,88€
 3,32
 
 
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Le logement est le plus gros budget des étudiants 

 

Sans surprise c'est dans la capitale que le coût de la vie est le plus élevé. Il faut compter 1 200 € par mois pour un étudiant, dont plus de 800 € pour se loger. La chambre de bonne n'a jamais été aussi chère et prisée. Dans son classement, l'Unef prend en effet en compte d'abord le logement, de 330€ par mois à Brest à 700-800 € en région parisienne.

 

 

Autre critère, le transport. Selon le syndicat, c'est à Lille, Clermont-Ferrand, Nantes et Toulouse que les abonnements étudiants aux transports en commun augmentent le plus. En tout, ils doivent payer plus de 300 € par an en Île-de-France, à Tours, Rennes, Lyon et Dijon. Enfin, le syndicat a pris en compte l'alimentation, les charges et les loisirs.

 

 

Étudier à Limoges coûte moins cher que l'an dernier 

 

Paris reste donc cette année encore en tête de ce classement, suivie de toutes les villes universitaires d'Île-de-France. Nanterre est à la 2e place avec une très forte hausse du coût de la vie. Suivent Créteil à la 3e place, puis Saint-Denis, Champs-sur-Marne, à côté de l'université de Marne-la-Vallée, Orsay et Cergy.

 

 

Arrivent ensuite Nice et Évry, Lyon, Aix-en-Provence, Bordeaux, Marseille et Lille. A la 40e place, la ville la moins chère est Limoges. Les étudiants y dépensent en moyenne 720 euros par mois, un budget qui est même en baisse.

 

 

L'Unef déplore la disparition de l'encadrement des loyers. "Chaque année, ce sont les petites surfaces qui augmentent le plus et ce sont les étudiants qui sont les plus touchés, dénonce vendredi 24 août sur franceinfo, Lilâ le Bas, la présidente du syndicat étudiant. L'année dernière, le système avait été mis en place à Lille et cela avait fait baisser les loyers. Cette année, la mesure a été annulée par la justice, et on voit que les loyers augmentent. Donc nous demandons que cet encadrement des loyers soit mis en place dans les villes universitaires, mais aussi dans les agglomérations."

 


28/08/2018
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Franceinfo - le lundi 27 août 2018

 

 

Budget 2019 : "Quand on ampute le pouvoir d'achat des retraités, il n’y a aucune possibilité de se refaire la cerise", regrette l'Union des retraités

 

 

Christian Bourreau, président de l'Union française des retraités, a réagi sur franceinfo à la présentation des grandes lignes du budget 2019 par le Premier ministre

 

 

 

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Christian Bourreau, président de l'Union française des retraités, le 27 août 2018. (FRANCE INFO)

 

 

 

"C'est on prend les mêmes et on recommence", a estimé lundi 27 août sur franceinfo, Christian Bourreau, président de l'Union française des retraités et vice-président de la Confédération française des retraités. Il réagissait à l'annonce des grandes lignes du budget 2019 présentées par Édouard Philippe dimanche dans le Journal du dimanche. Les retraites, comme d'autres prestations sociales, ne seront pas indexées sur l'inflation mais revalorisées de seulement 0,3%.

 

 

"Les pouvoirs publics veulent faire un effort en faveur des personnes qui travaillent, des actifs, estime Christian Bourreau, et à partir de là ils regardent du côté des inactifs, à savoir les retraités. Et une nouvelle fois, on va ponctionner leur pouvoir d’achat. Ce n’est pas nouveau, c’est quelque chose de répétitif."

 

 

Quand on regarde ces dernières années, le pouvoir d'achat des retraités est régulièrement amputé. Christian Bourreau, avec franceinfo

 

 

L'année prochaine, la revalorisation des retraites va tourner autour de 0,3%, alors que l’inflation sera au-dessus de 1,5%. "Si on prend une retraite annuelle de 18 000 euros, cela fait 1% de moins, 180 euros. Les pouvoirs publics vont donc amputer le budget des retraités de 180 euros, poursuit Christian Bourreau. Et cela vient en plus de la hausse de la CSG."

 

 

16 millions de Français "qui ne seront pas satisfaits"

 

"Le gouvernement veut clairement faire une différence entre les actifs et les inactifs, et ça tombe sur les retraités : environ 16 millions de Français qui ne seront pas satisfaits." Malgré cela, le président de l’Union françaises des retraités reconnaît que les moyens de pression sont limités. "On peut faire connaître notre point de vue, mais c’est sûr que nos modalités d’action sont limitées. On peut discuter, on peut parler, on peut rencontrer des personnes. Mais on ne va pas faire de manifestations ou bloquer les voies de la gare Montparnasse."

 


28/08/2018
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Franceinfo - le jeudi 23 août 2018

 

 

Couches, lingettes, nettoyants... "60 millions de consommateurs" met en garde contre des produits d'hygiène pour bébés

 

 

Résidus de glyphosate, molécules parfumantes allergisantes, irritants, phénoxyéthanol, composés organiques... A partir de l'analyse de 155 références, le magazine a relevé la présence de composants toxiques dans certains produits d'hygiène pour bébés

 

 

 

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Dans son numéro de septembre, le magazine "60 millions de consommateurs" publie les résultats d'une étude révélant la présence de certains produits indésirables dans les produits pour bébés (photo d'illustration) (CHASSENET / BSIP)

 

 

 

Après avoir analysé en février 2017 la composition de plusieurs couches-culottes, 60 millions de consommateurs publie, jeudi 23 août, une nouvelle étude sur les produits d'hygiène destinés aux bébés. Résultat, sur 155 références passées au crible : de "bonnes nouvelles et de mauvaises surprises", résume Benjamin Douriez, rédacteur en chef adjoint du magazine, à franceinfo. En voici les principaux enseignements.

 

 

>> Couches, lingettes nettoyantes, petits pots... Tous ces produits pour bébés dont vous devriez lire les étiquettes

 

 

Les couches-culottes

 

Ce qui pose problème. L'étude menée en février 2017 par le magazine dévoilait des résidus de substances potentiellement toxiques dans certaines couches pour bébé. Des dioxines et des résidus de pesticide, dont le controversé glyphosate, considéré comme "cancérogène probable" par le CIRC (Centre international de recherche sur le cancer), avaient ainsi été retrouvés dans les produits de certaines marques.

 

 

Sur les douze marques de couches analysées dans cette nouvelle étude, un tiers d'entre elles contiennent des résidus potentiellement à risque toxique, note 60 millions de consommateurs. Le magazine a de nouveau retrouvé des traces de résidus de glyphosate dans les produits de plusieurs marques (Love & Green, Lotus Baby, Pommette ou Lillydoo). La marque Mots d'enfants est également épinglée, pour la "présence de composés organiques volatils (ou COV)". Ce polluant peut provoquer "des irritations de la peau, des muqueuses ou du système pulmonaire". 

Même si les teneurs de substances indésirables restent très faibles, le risque sanitaire "ne peut être écarté", estime 60 millions de consommateurs, car "les nourrissons sont également exposés aux glyphosates et aux COV via d'autres sources".

 

 

Quelle alternative choisir ? Difficile de s'y retrouver pour le consommateur, note 60 millions de consommateurs, qui pointe un problème d'étiquetage des couches. "Les fabricants ne font toujours pas figurer la composition complète sur les emballages, regrette le magazine. Cette information figure parfois sur les sites internet des marques. Ce qui est insuffisant." Le magazine plébiscite par exemple les Protection Premium de la marque Joone (qui sont également les plus chères du test, à 40 centimes la couche), mais regrette que leur composition soit fournie uniquement en ligne.

 

 

Les lingettes nettoyantes

 

Ce qui pose problème. La plupart des fabricants de lingettes ont renoncé à plusieurs ingrédients controversés, dont le phénoxyéthanol. En 2012, l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) avait recommandé que cette substance, "un conservateur qui prévient les proliférations microbiennes", ne soit pas utilisée dans les produits cosmétiques destinés au siège des bébés. Mais trois des 44 produits testés par le magazine en contiennent toujours, dont un de grande marque : les lingettes ultra-douces au lait de toilette de Mixa Bébé.

 

 

L'autre défaut de ces lingettes est que la plupart d'entre elles contiennent des ingrédients indésirables, comme des irritants, des allergisants ou des parfums. A éviter, en raison de "la fréquence élevée d'utilisation" et de leur zone d'application, note le magazine.

 

 

Quelle alternative choisir ? Les liniments oléo-calcaires, mélange naturel composé d'huile d'olive et d'eau de chaux, peuvent être une bonne alternative pour les parents pour nettoyer les fesses de leur bébé : sur les 17 références analysées par 60 millions de consommateurs, "aucune n'est à bannir".

 

 

Les produits hydratants

 

Ce qui pose problème. Là encore, certaines marques continuent d'utiliser du phénoxyéthanol dans ces produits, comme le relate 60 millions de consommateurs. "Sur 47 soins hydratants sélectionnés, sept sont à proscrire du fait de leur composition", car ils contiennent soit ce fameux conservateur, soit "un nombre non négligeable d'allergènes". Deux produits de grande marque font figure de mauvais élèves : le lait de toilette très doux de Mixa, et la crème hydratante visage et corps Nivea Baby. 

 

 

Le magazine alerte également sur l'omniprésence de parfums dans ces produits. "Tous les laits de toilette incluent du parfum, même ceux bénéficiant d'un label bio", déplore l'étude. Là encore, 60 millions de consommateurs déplore un étiquetage "insuffisant" de ces produits : la seule information disponible actuellement sur les emballages est la présence de molécules parfumantes classées dans une liste réglementaire des 26 substances parfumantes allergisantes. Insuffisant, selon le magazine.

 

 

Quelle alternative choisir ? 60 millions de consommateurs recommande des références sans parfum. Quelques-unes des références de crèmes hydratantes et de cold cream testées par le magazine n'en contiennent pas.

 

 

Les produits nettoyants

 

Ce qui pose problème. Ces produits, rinçables à l'eau, contiennent moins de risques que les produits hydratants, rarement rincés sur la peau des bébés. Selon l'étude menée par 60 millions de consommateurs, les fabricants de ces produits s'efforcent de limiter les "tensioactifs irritants", capables d'éliminer la saleté et la dissoudre dans l'eau. Il faut être vigilant sur la nature de ces agents lavants, qui peuvent s'avérer irritants pour la peau des bébés. Le magazine recommande d'éviter le sodium lauryl sulfate et l'ammonium lauryl sulfate. Là encore, attention également aux parfums : "Seules six références sur 35 en sont exemptes."

 

 

Quelle alternative choisir ? Là encore, 60 millions de consommateurs recommande de privilégier les produits sans aucun parfum. Si vous utilisez des eaux nettoyantes, "mieux vaut les rincer à l'eau", ajoute le magazine, "même si une majorité de fabricants recommandent une utilisation sans rinçage".

 

 

L'intégralité du guide d'achat de 60 millions de consommateurs est disponible dans le numéro 540 du magazine, actuellement en vente en kiosques.


24/08/2018
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Franceinfo - Mis à jour le lundi 20 août 2018 - article publié le 31 mai 2018

 

 

Combien d'argent avez-vous dépensé en cigarettes depuis que vous fumez ? Découvrez-le grâce à notre calculatrice

 

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Nicolas EnaultFrance Télévisions

 

 

Avec les hausses successives mises en place depuis que vous avez commencé, savez-vous vraiment combien d'argent est parti en fumée ? C'est ce que nous vous proposons de découvrir grâce à notre calculatrice

 

 

 

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En France, en 2018, le prix d'un paquet de 20 cigarettes s'élève aux alentours de 8 euros. (PHILIPPE HUGUEN / AFP

 

 

Le prix des cigarettes continue sa hausse. Le tarif de certaines références augmente à nouveau, lundi 20 août : désormais, il faudra débourser entre 7,60 euros et 9,30 euros pour un paquet de 20 cigarettes, avec un prix moyen à 7,90 euros, selon un communiqué du ministère de la Santé. Et ce n'est pas fini : pour réduire la consommation de tabac en France, le gouvernement a prévu d'atteindre, d'ici novembre 2020, un prix de 10 euros le paquet.

 

 

En plus de votre santé – le tabac "tue plus de sept millions de personnes chaque année", selon l'OMS –, si vous êtes fumeuse ou fumeur, vous savez que votre consommation a également un impact quotidien sur votre portefeuille. Au final, avec les hausses successives mises en place depuis que vous avez commencé, savez-vous vraiment combien d'argent est parti en fumée ? C'est ce que nous vous proposons de découvrir grâce à notre calculatrice.

 

 

Pour mesurer cette facture, nous nous sommes appuyés sur les données recensées par l'Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT), qui prend en compte l'évolution du prix moyen du paquet de cigarettes le plus vendu. Les prix en francs de la période 1990-2000 ont été convertis en euros, et sont donc approximatifs. L'organisme n'a pas pu nous fournir les données avant le début des années 1990. 

 

 

Pour utiliser la calculatrice, il suffit d'entrer votre consommation et l'année où vous avez commencé à fumer. Si vous êtes sur notre application mobile, cliquez ici pour afficher notre calculatrice.

 


24/08/2018
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Franceinfo - le dimanche 19 août 2018

 

 

Instagram, Facebook, Twitter : comment les réseaux sociaux s'arrachent les cheveux au sujet de la liberté d'expression

 

 

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Vincent MatalonFrance Télévisions

 

 

 

 

Les cadres de Twitter ont récemment provoqué la polémique en maintenant en ligne le compte du conspirationniste américain Alex Jones, banni notamment de Facebook et de YouTube. Voici comment les principaux réseaux sociaux traitent ce délicat sujet

 

 

 

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Les icônes des applications Facebook, Instagram et Twitter sur un téléphone portable, en février 2018. (THOMAS TRUTSCHEL / PHOTOTHEK / GETTY IMAGES)

 

 

C'était il y a six ans, et cela semble pourtant dater d'une autre époque. Sur la scène de la conférence Changing Media Summit, organisée en mars 2012 à Londres par le quotidien The Guardian, Tony Wang, alors directeur de la branche britannique de Twitter, expliquait que le réseau social pour lequel il travaillait se définissait comme appartenant à "l'aile radicale du parti de la liberté d'expression". Une plateforme neutre, où tout ce qui ne tombait pas sous le coup de la loi avait droit de cité.

 

 

En 2018, cette ligne de conduite est de plus en plus contestée. En maintenant en ligne le compte de la star des conspirationnistes américains Alex Jones lundi 6 août, qui avait été quelques heures plus tôt banni de YouTube, Facebook et Spotify notamment, les cadres de Twitter ont provoqué une polémique qui a suscité des remous jusqu'à l'intérieur de l'entreprise.

 

 

Qu'il s'agisse de lutte contre les fake news – les fausses informations –, contre le harcèlement ou les propos incitant à la haine, les réseaux sociaux les plus populaires changent peu à peu de politique au sujet de la liberté d'expression. Franceinfo vous explique comment en passant en revue trois d'entre eux : Twitter, Instagram, et Facebook.

 

 

Twitter : une lutte contre les "propos déshumanisants" qui vire au casse-tête

 

Au début des années 2010, un vent grisant entourait l'évocation de Twitter. Le réseau social était présenté comme un bastion de la liberté d'expression dans la lutte contre les pouvoirs autoritaires, notamment dans les soulèvements du printemps arabe de 2011. Au plus fort de la révolte contre Hosni Moubarak, les services de renseignement égyptiens n'avaient-ils pas bloqué le réseau social pour empêcher les protestataires de s'organiser ?

 

 

L'air du temps a depuis bien changé. Pour Wired, le début des années 2010 "ressemble dans l'histoire de Twitter à un moment d'idéalisme naïf : la création de jeunes gens qui ne comprenaient pas les ressorts profonds avec lesquels le sexisme, et peut-être même le fascisme, imprègnent l'identité humaine."

 

 

A l'époque, les appels pour plus de liberté d'expression venaient de personnes qui voulaient faire tomber des dictateurs. Désormais, ils semblent venir de gens qui réclament le droit de balancer des propos racistes sans être traités de racistes. le magazine "Wired"à propos de Twitter

 

 

Insultes, racisme, appels à la haine... Twitter a été épinglé pour laisser longtemps en ligne des propos pourtant pénalement condamnables, et proscrits par son propre règlement. Une simple recherche suffit pour le constater.

 

 

Avec le refus du fondateur de Twitter, Jack Dorsey, de bannir de sa plateforme le complotiste Alex Jones, la permissivité du réseau social en matière de liberté d'expression a été critiquée jusqu'au sein même de l'entreprise. Mardi 14 août, un ingénieur chargé de la maintenance des réseaux de Twitter a directement interpellé son PDG sur la plateforme à ce sujet, tout en annonçant se mettre en retrait de son activité sur le réseau social en signe de protestation, rapporte Business Insider (article en anglais).

 

 

Nous ne sommes pas un gouvernement. Nous n'avons pas à être neutres. Le sentiment que nous avons fait un choix difficile mais juste en choisissant de rester neutres est une erreur. Notre inaction empêche certains de prendre la parole et handicape les conversations.Jared Gaut, ingénieur réseau chez Twitter sur Twitter

 

 

Dans la tourmente, la direction de Twitter a finalement choisi de réagir, mais le chemin semble encore long. Vendredi 10 août, les cadres de l'entreprise ont convié des journalistes du New York Times à une réunion de réflexion autour de ce qui devait être permis ou non sur le réseau social. "La discussion a rapidement tourné autour de la manière dont débarrasser le site des propos 'déshumanisants'", rapportent les deux journalistes"Mais même définir [cette notion] n'était pas simple. À la fin de la réunion, Jack Dorsey et ses cadres se sont accordés pour rédiger un brouillon de politique sur les propos déshumanisants, et de l'ouvrir aux commentaires du public."

 

 

Mercredi 15 août, Jack Dorsey a finalement exercé un mea-culpa dans deux entretiens accordés au Washington Post et à la chaîne de télévision NBC. Il a annoncé que le compte personnel d'Alex Jones allait être interdit de publication durant une semaine, et a promis de plancher sur des solutions techniques pour limiter le harcèlement et la diffusion de fake news sur Twitter. "Je crois que nous avons pris du retard et que nous avons été trop lents pour traiter un certain nombre de problèmes", a-t-il concédé.

 

 

Instagram : tolérance zéro envers la méchanceté

 

Racheté pour la bagatelle d'un milliard de dollars par Facebook en avril 2012 alors qu'il comptait "seulement" 50 millions d'adeptes, le réseau de partage de photos et de vidéos Instagram a dépassé, fin juin, la barre du milliard d'utilisateurs inscrits. Pour atteindre cet objectif, le service n'a pas misé sur une politique permissive en matière de contenu. Au contraire.

 

 

Au nom de la promotion d'un "environnement positif, inclusif et sûr", Instagram interdit ainsi la nudité sur sa plateforme, mais également "tout contenu qui comporte des menaces ou des discours haineux", "qui vise des personnes privées dans le but de les humilier ou de les déshonorer", ou encore les attaques ciblant des personnes sur la base de "la race, l’ethnicité, la nationalité, le sexe, le genre, l’identité sexuelle, l’orientation sexuelle, l’affiliation religieuse, le handicap ou l’état pathologique".

 

 

Cette ligne de conduite à la fois bienveillante et stricte – d'aucuns diront puritaine – a toujours été celle d'Instagram. Interrogé par le magazine Wired en septembre 2017, le PDG et fondateur du réseau social, Kevin Systrom, avouait que lors des premiers mois d'existence du service, en 2010, il supprimait lui-même les commentaires et bannissait arbitrairement les comptes des utilisateurs "qui n'étaient pas très sympas avec les autres". "Je crois que ça a donné le ton pour indiquer à la communauté que nous souhaitions qu'elle soit aimable et accueillante", se justifiait-il.

 

 

 

À mesure que la popularité d'Instagram a grimpé, il a naturellement été plus délicat pour les équipes de modérer l'ensemble des contenus à la main. Le réseau social s'est donc équipé d'un algorithme entraîné par des ingénieurs, et identique à celui utilisé par Facebook, pour identifier automatiquement les photos et les vidéos qui contreviennent à ses règles d'utilisation. Un cliché montrant un sexe peut ainsi être supprimé en quelques minutes du réseau social sans intervention humaine.

 

 

 

Mais Instagram est allé plus loin. Afin de purger la plateforme des messages indésirables et des commentaires insultants et haineux, le réseau social s'est inspiré du programme DeepText. Ce dernier a été créé par Facebook pour offrir des services utiles à ses utilisateurs en fonction des messages échangés sur Messenger (par exemple, proposer de réserver un taxi directement dans une fenêtre de conversation).

 

 

 

Les équipes d'Instagram ont modifié DeepText pour l'entraîner à identifier le contexte d'un commentaire (émojis compris), analyser l'historique du comportement d'un utilisateur, ainsi que l'étroitesse du lien entre la personne qui commente une photo et celle à l'origine du cliché. Le but : déterminer automatiquement si un commentaire est indésirable ou non. 

 

 

 

Si vous utilisez le mot 'nègre' comme une insulte, cela ne passera pas sur notre plateforme. Mais il y a des exceptions : par exemple, si vous l'utilisez pour faire référence à vous-même ou pour raconter une histoire ou une expérience au cours de laquelle vous avez été discriminé.James Mitchell, directeur des opérations d'Instagramà "Wired"

 

 

 

Chaque commentaire noté reçoit ainsi un score de 0 (le plus innocent) à 1 (le plus outrageant). Déployé fin juin 2017 dans une indifférence quasi-générale, et entraîné par une vingtaine de personnes selon Wired, cet algorithme innovant serait désormais si perfectionné que sa marge d'erreur est quasi-nulle. "Sur cent commentaires supprimés par le programme, seul un aurait été autorisé par un modérateur humain", écrit le rédacteur en chef du magazine. Interrogée sur cette politique radicale, la directrice de la politique publique d'Instagram estimait qu'il s'agissait d'un moyen de garantir une atmosphère apaisée sur le réseau social.

 

 

 

Est-ce que la liberté d'expression signifie pouvoir être méchant envers quelqu'un ? Si la toxicité sur votre plateforme devient telle que les gens n'osent même plus poster un commentaire, ou ne veulent plus partager une idée, alors la seule chose que vous aurez réussi à faire, c'est de menacer l'expression de vos utilisateurs.Nicky Jackson Colaco, directrice de la politique publique d'Instagramà "Wired"

 

 

Facebook : cachez ces "fakes news" que je ne saurais voir

 

Bien qu'il soit propriétaire d'Instagram, Facebook n'a pour l'heure pas importé son système drastique et automatisé de modération des commentaires. Peut-être faut-il y voir une réminiscence de l'époque de la création de Facebook, en 2005, lorsque la question de la prolifération des messages haineux et des fausses nouvelles n'était pas aussi pressante et que l'entreprise ne se définissait que comme un simple "répertoire en ligne qui connecte les gens via des réseaux sociaux dans les facultés".

 

 

 

Depuis, la société de Mark Zuckerberg a dépassé la barre des deux milliards d'utilisateurs et fait face à des enjeux auxquels elle n'était pas préparée, de l'aveu même de l'un de ses responsables. Parmi ces défis se trouve la manipulation de pages Facebook par des entités étrangères pour diffuser des informations souvent erronées destinées à influencer les électeurs, comme cela a été le cas lors de l'élection présidentielle américaine de 2016. 

 

 

 

Facebook a été conçu à l'origine pour vous connecter à vos amis et à votre famille – et il excellait à cela. Mais à mesure que d'innombrables personnes s'y sont investies politiquement, il a été utilisé à des fins inattendues avec des répercussions sociétales qui n'avaient jamais été anticipées.Samidh Chakrabarti, responsable produit de Facebooksur le blog de l'entreprise

 

 

 

Ebranlé comme jamais par les soupçons d'ingérence russe dans le dernier scrutin présidentiel et par la prolifération des fake news, Facebook a pour autant choisi de ne pas bannir les fausses nouvelles de sa plateforme. Sur le blog de l'entreprise, le vice-président du réseau social en charge du règlement s'en expliquait le 9 août : "Les droits de l'homme donnent le même droit à s'exprimer à ceux qui pensent que la Terre est plate qu'à ceux qui pensent qu'elle est ronde : Facebook fait la même chose (...)."

 

 

 

Le fondateur de Facebook, Mark Zuckerberg, allait même plus loin dans un entretien accordé, en juillet, au site internet Recode : "Je suis juif, et il existe un certain nombre de personnes qui nient le fait que l'Holocauste ait existé. Je trouve cela particulièrement offensant. Mais en fin de compte, je ne crois pas que notre plateforme doive retirer les contenus qui vont dans ce sens, car je pense qu'il y a des choses que différentes personnes comprennent de travers." 

 

 

 

Plutôt que de supprimer les fake news, Facebook a préféré en réduire l'exposition grâce à un partenariat avec plusieurs grands médias"Nos équipes examinent les contenus qui sont les plus distribués à un instant T", explique Chris Cox, directeur de produit pour Facebook, Instagram, Messenger et WhatsApp au magazine Wired. "Si les utilisateurs les signalent comme étant des canulars potentiels, nous les envoyons à des fact-checkers renommés et expérimentés. Si ces derniers nous confirment que ce contenu est probablement faux, alors nous réduirons significativement sa distribution dans le fil d'actualité." 

 

 

Techniquement, cette baisse d'exposition s'effectue via un algorithme, qui attribue à chaque contenu publié sur Facebook un coefficient de pertinence vis-à-vis de l'utilisateur. Les publications des contacts avec lesquels cet utilisateur interagit régulièrement se voient attribuer un score plus élevé que celles avec les pages émanant d'entreprises, et remontent plus haut sur la page d'accueil du site. Les contenus signalés comme des fakes news, eux, dégringolent dans la hiérarchie. Dans une vidéo, les cadres de l'entreprise justifient cette politique par la volonté de "rendre plus agréable" le temps passé sur Facebook.

 

 

 

Pour exposer encore moins ses utilisateurs aux discussions virulentes qui peuvent alimenter un climat anxiogène, Facebook compte aller plus loin en masquant autant que possible les insultes et autres propos outrageants dans les commentaires des différentes publications. Le réseau social expérimente dans cette optique un système de votes positifs ou négatifs en Australie et en Nouvelle-Zélande, indiquait le Guardian (article en anglais) en mai. Distinct des "j'aime" et des émojis qui permettent de réagir à une publication, ce mécanisme permet aux internautes de valoriser les commentaires constructifs en les faisant remonter en tête de liste, entraînant les réactions toxiques dans les limbes.

 

 

 

Si les fausses nouvelles et les discours virulents sont enterrés mais autorisés sur Facebook, comment expliquer alors la suppression des différentes pages d'Alex Jones ? Selon l'entreprise, cette punition spectaculaire s'explique par une violation répétée du règlement de la plateforme sur les discours haineux et les appels au harcèlement de la part du conspirationniste américain. Mais le New York Times (article en anglais) rapporte que la décision finale, venue de Mark Zuckerberg lui-même, a été grandement influencée par le choix d'Apple de bannir les podcasts du polémiste de son offre.

 


23/08/2018
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Franceinfo - le samedi 11 août 2018

 

 

Glyphosate : cinq questions sur la condamnation de Monsanto aux Etats-Unis

 

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Hugo Cailloux franceinfoFrance Télévisions
 

 

Le géant américain a été condamné à payer 289 millions de dollars à un jardinier américain pour ne pas l'avoir informé de la dangerosité de ses herbicides. Plusieurs milliers d'affaires similaires sont en cours aux Etats-Unis

 

 

 

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Le Roundup est l'un des principaux pesticides vendus par Monsanto. (PHILIPPE HUGUEN / AFP)

 

 

Une décision inédite. L'entreprise Monsanto a été condamnée, vendredi 10 août, par un tribunal de San Francisco (Etats-Unis), à payer 289 millions de dollars de dommages à Dewayne Johnson, un ancien jardinier qui a utilisé deux désherbants de la firme, le Roundup et le Ranger pro. Jardinier dans une école californienne, le plaignant a déclaré par la suite un cancer incurable du système lymphatique.

 

 

Monsanto, depuis racheté par le groupe allemand Bayer, a fait appel de la décision, et affirme toujours que ses produits ne provoquent pas de cancer. De leur côté, de nombreux militants écologistes se félicitent de cette décision "historique".

 

 

Pour quels faits la firme Monsanto a-t-elle été condamnée ?

 

Dans le jugement rendu vendredi, le jury a répondu par l'affirmative à presque toutes les questions posées à l'encontre du groupe Monsanto. Selon l'énoncé de la décision, non seulement au moins l'un des deux produits utilisés par Dewayne Johnson a contribué à son cancer, mais Monsanto connaissait la dangerosité des substances, et a volontairement choisi de ne pas "accompagner ses pesticides d'un avertissement destiné au consommateur"

 

 

Dans le détail, le géant américain a été condamné à 250 millions de dollars (218 millions d'euros) de dommages et à verser à Dewayne Johnson 39 millions de dollars (34 millions d'euros) d'intérêts compensatoires. Monsanto a fait appel du jugement.

 

 

Est-ce une première ?

 

Le cas de Dewayne Johnson, qui concerne des produits utilisant du glyphosate, a été le premier à bénéficier d'un procès, en vertu d'une loi californienne qui oblige les tribunaux à organiser la procédure avant la mort du plaignant. Selon ses médecins, son cancer ne lui laisse plus que deux ans à vivre. Selon les médias américains, des milliers de procédures similaires sont en cours aux Etats-Unis contre Monsanto, à des degrés d'avancement divers.

 

 

"C'est un jour historique", s'est réjoui l'avocat de Dewayne Johnson, Marc Burton. Cette décision "va provoquer une cascade de nouvelles affaires", s'est aussi félicité Robert F. Kennedy Jr, membre de l'équipe d'avocats rassemblée autour du plaignant. 

 

 

Comment la firme américaine réagit-elle ? 

 

Samedi, le groupe allemand Bayer, propriétaire de Monsanto après son récent rachat, a défendu auprès de l'Agence France-Presse le caractère inoffensif de la molécule de glyphosate, "sur la base de preuves scientifiques, d'évaluations réglementaires à l'échelle mondiale et de décennies d'expérience pratique de l'utilisation du glyphosate".

 

 

Le glyphosate est sûr, et non cancérogène.Le groupe Bayer à l'AFP

 

 

Y a-t-il des cas similaires en France ? 

 

En France, deux procédures sont encore en cours contre l'entreprise d'agrochimie.

 


La première est une affaire concernant un agriculteur céréalier charentais, Paul François, qui a porté plainte en 2007 contre Monsanto, l'accusant d'être responsable de sa maladie. Paul François a manipulé pendant des années le Lasso, un puissant herbicide, avant de subir cinq mois d'hospitalisation, une amnésie de onze jours et plusieurs comas. En 2015, la cour d'appel de Lyon a donné raison à l'agriculteur, mais la décision a été cassée par la Cour de cassation, et est en attente d'un nouveau jugement.

 

 

La deuxième affaire est la plainte d'une mère de famille qui accuse le glyphosate d'être responsable des malformations chez son fils, Théo. Elle avait utilisé du désherbant pendant sa grossesse. En 2016, à seulement 7 ans, Théo avait déjà subi une cinquantaine d'opérations.

 

 

Quelles sont les réactions en France ?

 

En France, cette décision de justice était très attendue par de nombreux militants écologistes, qui dénoncent la dangerosité des produits à base de glyphosate, accusé d'être dangereux pour la santé. Ses détracteurs s'appuient notamment sur les conclusions du Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), une agence de l'Organisation mondiale de la santé, qui a classé le produit comme "probable cancérigène" en 2015, et perturbateur endocrinien pour l'homme. 

 

 

"C'est une décision historique", a réagi sur franceinfo François Veillerette, directeur et porte-parole de Générations Futures, voyant dans ce jugement "une avancée qui reconnaît le bienfondé du jugement du Centre international de recherche sur le cancer"

 

 

"Aujourd'hui, on a une décision de justice qui montre que ça produit le cancer chez l'humain", a réagi le secrétaire national d'Europe Ecologie-Les Verts, David Corman. "En France comme aux Etats-Unis, le glyphosate Roundup est mortellement dangereux, sortons des pesticides et changeons de modèle agricole", a plaidé l'eurodéputé écologiste Yannick Jadot. "[Les dirigeants de Monsanto] ne sont pas des magouilleurs mais des criminels", s'est pour sa part exclamé le député européen altermondialiste José Bové sur Twitter.

 


14/08/2018
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