L'AIR DU TEMPS

L'AIR DU TEMPS

SOCIETE et Consommation

Regards sur la société au travers de différents articles qui permettent une photographie de celle-ci au fil du temps qui passe...


Franceinfo - le jeudi 30 juillet 2020

 

 

Offres d'emploi rares, "concurrence énorme", "manque d'expérience"... Comment la crise du coronavirus freine l'entrée des jeunes sur le marché du travail - cliquez pour lire l'article

 

 

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Image par Manuel Alvarez de Pixabay 


01/08/2020
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Franceinfo - le mercredi 29 juillet 2020

 

 

Mort de Jacqueline Sauvage : "Ce fut une erreur de la gracier", car "d'autres femmes auraient plus mérité de l'être", estime Hélène Mathieu - cliquez pour lire l'article

 


01/08/2020
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Franceinfo - le mardi 7 juillet 2020

 

 

Cliquez sur le lien ci-dessous, pour accéder à l'article de Franceinfo

 

 

Le magasin historique Tati, boulevard Barbès à Paris, va fermer ses portes

 

 

Depuis 1948, emblème du quartier populaire de Barbès à Paris, il sera bientôt fermé à annoncé le groupe GPC, repreneur de l'enseigne en 2017.


07/07/2020
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Franceinfo - le mardi 16 juin 2020

 

 

Coronavirus : reconfinement local, campagne de tests... Comment les pays confrontés à une résurgence de cas tentent de prévenir une seconde vague

 

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Certains pays d'Asie connaissent une hausse du nombre de contaminations et mettent en place de nouvelles restrictions. En Europe, les nouveaux foyers sont sous haute surveillance

 

 

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Un résident du quartier de Fengtai à Pékin (Chine) est testé au Covid-19, le 15 juin 2020. (LI XIN / XINHUA / AFP)

 

 

 

Certains pays comme les Etats-Unis, le Pakistan, des Etats d'Amérique du Sud ou encore l'Inde ne voient toujours pas refluer la première vague de contaminations au nouveau coronavirus. D'autres, qui croyaient en avoir fini avec l'épidémie de Covid-19, sont confrontés à une résurgence de cas et tentent de prévenir une seconde vague.

 

 

C'est le cas en Asie, avec l'apparition de nouveaux foyers en Chine, en Iran et en Corée du Sud. En Europe, où le déconfinement s'accélère, l'apparition de clusters est surveillée comme le lait sur le feu. Quelles sont les méthodes employées pour contenir une nouvelle éventuelle flambée de l'épidémie dans ces zones ? Tour d'horizon. 

 

 

 

La Chine met en quarantaine des quartiers de Pékin et multiplie les tests de dépistage

Après avoir pratiquement endigué l'épidémie depuis mars, selon les données officielles, la Chine, où le Covid-19 a fait son apparition à la fin 2019, connaît ces derniers jours une résurgence de contaminations. Plus de 100 cas ont été recensés à Pékin, selon les chiffres communiqués par l'OMS, lundi 15 juin. La situation est "extrêmement grave", estime désormais la municipalité. La métropole de plus de 20 millions d'habitants avait jusqu'ici été relativement épargnée par l'épidémie. Ce nouveau foyer de contaminations est centré autour de deux marchés alimentaires. Celui de Xinfadi, dont la superficie correspond à celle de près de 160 terrains de football, au sud de la capitale, et celui de Yuquandong, dans le nord-ouest de la ville. 

 

 

Une trentaine de quartiers résidentiels (ou zones résidentielles) à proximité de ces deux marchés ont été placés en quarantaine. Le concept de "zone résidentielle" consiste en un espace de plusieurs bâtiments entourés de grilles ou de murs, dont l'accès n'est en général possible que par une ou deux entrées, ce qui rend plus facile l'application du confinement. Des écoles ont également été fermées. Au-delà de ces 21 zones, l'accès de tous les quartiers résidentiels de Pékin va être de nouveau soumis à une prise de température et interdit aux non-résidents. Et la capitale a décidé de refermer tous ses sites culturels et sportifs. 

 

 

Une vaste campagne de tests a également été lancée auprès des employés des marchés, des visiteurs, des habitants du secteur et au-delà. Quelque 200 points de dépistage ont été définis dans la capitale, qui a porté sa capacité quotidienne de dépistage à plus de 90 000 personnes, selon l'agence de presse Chine nouvelle. La mairie de Pékin affirme avoir déjà fait désinfecter 276 marchés et 33 000 restaurants ou commerces alimentaires. Elle dit avoir fermé 11 marchés.

 

 

Les autorités locales de certaines villes et provinces chinoises découragent les voyages non-essentiels dans la capitale et incitent à mettre en place des mesures de quarantaine et de tests pour certains voyageurs arrivant de Pékin. 

 

 

 

La Corée du Sud referme musées, parcs et galeries d'art dans la région de Séoul 

Fin mai, la Corée du Sud a réactivé une série de mesures pour lutter contre le Covid-19, alors qu'elles venaient d'être assouplies. En cause, la découverte d'une série de foyers de contagion près de Séoul, une zone métropolitaine très densément peuplée. Une flambée de cas a notamment été détectée dans un entrepôt de la société de commerce en ligne Coupang, à Bucheon. Environ 4 100 personnes, employés et visiteurs de l'entrepôt, ont été mises à l'isolement et testées. 

 

 

Les musées, parcs et galeries d'art ont dû refermer leurs portes et les entreprises ont été encouragées à réintroduire la flexibilité au travail. Les autorités ont également conseillé aux habitants d'éviter les rassemblements et les endroits fréquentés, y compris les bars et les restaurants. Seul le calendrier de réouverture des écoles a été maintenu.

 

 

Ces mesures, qui devaient durer deux semaines, jusqu'à mi-juin, viennent d'être prolongées. Elles le seront tant que le nombre de nouveaux cas quotidiens de Covid-19 ne sera pas descendu sous le seuil de dix, a alerté vendredi le ministre de la Santé coréen. Park Neung-hoo a prévenu que des mesures strictes de distanciation sociale pourraient être réinstaurées. Le nombre total de cas confirmés s'élève aujourd'hui à 12 003 et 277 décès ont été enregistrés. 

 

 

 

L'Iran menace d'imposer à nouveau des restrictions

L'Iran a annoncé plus de 100 morts du Covid-19 en 24 heures pour la deuxième journée consécutive, lundi, ce qui n'était pas arrivé depuis deux mois. Avec 8 950 morts depuis le début de l'épidémie, selon les chiffres officiels, l'Iran est de loin le pays le plus touché au Moyen-Orient. Pour autant, les autorités n'ont pas encore décidé d'imposer à nouveau des restrictions. Elles ont juste averti la population qu'elles pourraient le faire si la courbe des contaminations continue à repartir à la hausse.

 

 

Le gouvernement avait fermé des écoles, annulé des événements publics et interdit tout déplacement entre les 31 provinces en mars, avant de commencer à lever progressivement les restrictions à partir d'avril. Il n'a jamais décrété de confinement obligatoire de la population.

 

 

Mais les autorités ne cessent de reprocher aux habitants de ne pas respecter les règles élémentaires de distanciation sociale. Elles assurent pourtant qu'il n'y a pas lieu de s'inquiéter car la hausse des cas ne serait, selon elles, que le résultat mathématique d'un dépistage plus intensif. Les chiffres du gouvernement ont été mis en doute à plusieurs reprises par des experts étrangers, mais aussi des responsables iraniens, pour qui ils sont largement sous-estimés.

 

 

 

L'Allemagne continue de tester massivement la population 

Même si l'Allemagne ne connaît pas de seconde vague depuis la levée progressive des mesures de confinement fin avril, des clusters sont apparus à différents endroits et le nombre de cas confirmés de contamination continue de grimper. Il est passé lundi à 186 461, soit 192 de plus que la veille, selon les données fournies par l'Institut Robert-Koch. Quatre décès supplémentaires ont été recensés, ce qui porte le bilan officiel à 8 791 morts au total.

 

 

"S’agissant des nouvelles infections, il semble que nous nous tirons d’affaire. Mais la situation peut aussi changer. Il est très probable que nous connaissions une deuxième vague, car la population est privée d’immunité générale. Nous devons donc mettre à profit cette phase pour nous préparer aussi bien que possible", résume Klaus Reinhardt, président de la Chambre fédérale des médecins dans Le Figaro. Les autorités continuent donc de tester la population à grande échelle, avec une capacité de 160 000 tests par jour, contre 50 000 en France.

 

 

 

La France, l'Espagne et l'Italie surveillent de près leurs clusters

Pas de seconde vague non plus dans les pays européens voisins, plus durement touchés par l'épidémie. Mais si les signaux sont au vert en France, en Espagne et en Italie, les autorités continuent de surveiller de près l'apparition de nouveaux foyers.

 

 

En France, où le déconfinement est passé en phase 3, la Direction générale de la santé avait identifié 218 clusters le 12 juin, dont 92 qui ne sont plus actifs. Ils sont concentrés dans des établissements de santé, des foyers d'accueil de personnes vulnérables et des entreprises. Le cas de la Meurthe-et-Moselle, qui a dépassé le seuil de vigilance fixé à 10 tests positifs pour 100 000 habitants, fait l'objet d'une attention particulière. Selon les autorités sanitaires, la circulation du virus reste toutefois contrôlée dans ce département, où ce pic de contaminations peut également s'expliquer par les campagnes de dépistage mises en place.  

 

 

Un foyer a également été découvert autour de Toulouse. Dans le cadre d’un repas rassemblant 52 personnes le 1er juin, cinq familles de l’agglomération toulousaine ont été en contact avec une personne positive au Covid-19, de retour d’Allemagne. L’enquête en cours a permis d’identifier 16 cas confirmés et 11 cas négatifs.

 

 

En Espagne, un foyer de contagion a été détecté dans un hôpital public de Bilbao, alors que la région du Pays basque est passée lundi à la phase 3 de son déconfinement. L'établissement, qui ne comptait plus que cinq patients traités pour le Covid-19, a restreint ses visites après le décès d'un patient infecté et la détection de 25 cas entre ses murs. Ses 4 500 employés vont être testés. Jusqu'à présent, 25 personnes (patients, membres du personnel, visiteurs) ont été déclarées contaminées, sur plus de 400 testées dans ce centre hospitalier.

 

 

En Italie, deux nouveaux foyers de Covid-19 sont apparus ces derniers jours à Rome, l'un dans un hôpital, l'autre dans un immeuble qui a été mis en quarantaine. Au total, ces deux nouveaux foyers comptabilisent plus d'une centaine de personnes contaminées, pour cinq décès. Du côté de l'hôpital San Raffaele Pisana, "l'enquête épidémiologique se poursuit et remontera jusqu'au 1er mai", avec près de 200 anciens patients rappelés pour des tests. Pour ce qui est de l'immeuble, un bâtiment illégalement occupé dans un quartier populaire du sud de la capitale, ses habitants ont interdiction de sortir depuis vendredi et se font livrer des courses par la Croix-Rouge. La situation "reste sous contrôle", selon les autorités sanitaires. "Ces micro-foyers étaient inévitables, mais ils sont limités dans le temps et dans l'espace. Et aujourd'hui nous avons les instruments pour les intercepter et les circonscrire", a assuré dans la presse locale Ranieri Guerra, le directeur adjoint de l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

 
 

16/06/2020
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Franceinfo - le vendredi 12 juin 2020

 

 

"Il n'y a pas véritablement de problème de violences policières", selon Marine Le Pen, qui réclame la démission du ministre de l'Intérieur

 

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La présidente du Rassemblement national a pointé du doigt "l’écœurement qui touche les forces de l’ordre", à l'issue d'une visite du commissariat de Villeneuve-la-Garenne (Hauts-de-Seine)

 

 

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Marine Le Pen, lors de sa visite du commissariat de Villeneuve-la-Garenne (Hauts-de-Seine), le 12 juin 2020. (ALAIN JOCARD / AFP)

 

 

 

"Il me paraît évident que le président de la République doit parler sur ce sujet", a indiqué vendredi12 juin Marine Le Pen, à l'issue d'une visite du commissariat de Villeneuve-la-Garenne (Hauts-de-Seine), alors que des policiers ont manifesté vendredi et jeudi dans plusieurs villes de France, pour dénoncer les accusations de racisme et de violences portées dans de nombreux cortèges ces dernières semaines.

 

 

La présidente du Rassemblement national (RN) a par ailleurs de nouveau appelé à la démission du ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner. "Il lance la suppression de méthodes d’interpellation, sans mettre en place des méthodes d’interpellation alternative et tout cela crée un danger pour nos forces de l’ordre et la population", a-t-elle ajouté.

 

 

Il est évident que Christophe Castaner n’est pas à sa place, il ne l'a jamais été en réalité.Marine Le Pen

 

 

Marine Le Pen a assuré que "non, il n'y a pas véritablement de problème de violences policières" en France. "On ne peut pas dire qu’il y a un problème structurel de violences de la police dans notre pays, et on devrait s’en réjouir", a-t-elle indiqué. Selon la présidente du RN, "en 2019, 40 plaintes ont été déposées sur des dizaines de millions d’interventions de la police nationale""Il y a des défaillances personnelles, comme il y en a chez les journalistes, chez les politiques, chez les enseignants, chez les carreleurs", a-t-elle dit.

 

 

Marine Le Pen a pointé du doigt "l’écœurement qui touche les forces de l’ordre". Elle a mis en avant son "pacte de confiance républicaine avec l’idée simple que les policiers doivent pouvoir travailler dans les meilleures conditions possibles pour la sécurité de tous et pour recréer ce lien de confiance qui est, sinon rompu, du moins atteint avec une partie de la population". La députée a ainsi demandé à nouveau de "réarmer moralement, matériellement et juridiquement la police", estimant cela "plus nécessaire que jamais compte tenu de la situation".

 

 

On met en place une présomption de culpabilité à leur égard, c’est proprement inadmissible et terriblement dangereux.Marine Le Pen à franceinfo

 

 

Pour Marine Le Pen, "il faut absolument œuvrer pour que les forces de l’ordre puissent être logées dans des conditions dignes""Chaque municipalité devrait réserver 3% de ses logements sociaux pour les policiers, il faut réfléchir peut-être à modifier l’IGPN, réfléchir à la formation et notamment à une école de maintien de l’ordre et de méthodes d’interpellation qui existe pour les gendarmes", a-t-elle proposé.

 


13/06/2020
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Franceinfo - le mercredi 10 juin 2020

 

 

La contrôleure des prisons dresse un bilan critique de la gestion des détenus radicalisés

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

Cette prise en charge spécifique avait été décidée après le choc des attentats jihadistes de janvier 2015 et a subi depuis plusieurs évolutions

 

 

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Une cellule de l'unité dédiée aux détenus radicalisés de la prison d'Osny, dans le Val d'Oise, le 25 août 2016. (MAXPPP)

 

 

 

"Uniformisation" de la prise en charge, opacité, atteintes aux libertés : dans un rapport rendu public, mercredi 10 juin, la contrôleure des prisons, Adeline Hazan, dresse un bilan critique de la gestion des détenus radicalisés, cinq ans après la création de premiers quartiers dédiés.

 

 

Cette prise en charge spécifique avait été décidée après le choc des attentats jihadistes de janvier 2015 et a subi depuis plusieurs évolutions, un tournant majeur ayant été opéré après l'attaque au couteau par un jeune islamiste dans une unité dédiée à la prévention de la radicalisation à Osny (Val d'Oise), en septembre 2016. Sévère avec les premiers regroupements de détenus radicalisés, le Contrôle général des lieux de privation de liberté (CGLPL) juge toujours "insatisfaisante" leur prise en charge, dans son troisième rapport sur le sujet.

 

 

 

Des critères "opaques et discriminants"

"Elle a changé, mais au fond les critiques restent les mêmes. C'est beaucoup plus un outil de gestion de la détention qu'un moyen de prendre en charge la radicalisation", déclare à l'AFP la contrôleure générale Adeline Hazan. Le premier grief porte sur "la création d'une catégorie spécifique", selon des "contours ambigus". Elle concerne un peu moins de 1 500 détenus et englobe à la fois les personnes incarcérées (condamnées ou en attente de jugement) pour des faits de terrorisme, appelés "TIS" (terroristes islamistes) par l'administration, et les prisonniers de droit commun suspectés de radicalisation, les "DCSR".

 

 

L'intégration de ces derniers dans la catégorie des "radicalisés" s'effectue selon des critères "opaques et discriminants", et ne "donne lieu à aucune information de la personne concernée", déplore le CGLPL dans son rapport, basé sur les entretiens réalisés lors des visites de sept établissements et sur des saisines d'une cinquantaine de détenus. Tous ont vocation à passer par l'un des six quartiers d'évaluation de la radicalisation (QER), où pendant quatre mois une équipe pluridisciplinaire mesure leur dangerosité et leur degré de radicalisation.

 

 

 

"La préparation a la sortie n'est pas pensée"

Leur évaluation détermine leur future affectation, en détention ordinaire, à l'isolement ou dans un quartier de prise en charge de la radicalisation (QPR). Les critères sont là aussi "bien souvent flous" et sans procédure contradictoire, souligne le rapport.

Les détenus incarcérés dans les quartiers spécifiques ont un "régime de détention quasi équivalent à celui de l'isolement", pointe encore le CGLPL. Tous sont soumis à des conditions de détention "exorbitantes", "justifiées par des impératifs de sécurité", mais dont le "caractère systématique interroge sur leur légalité". Le rapport regrette encore que "la préparation à la sortie (ne soit) pas pensée""Dépourvue de projet d'aménagement de peine et des perspectives sociales et professionnelles, la prise en charge de la 'radicalisation' proposée apparaît sans effet", estime le CGLPL.

 


13/06/2020
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Franceinfo - le mardi 9 juin 2020

 
 
 

"On se sert de nous comme une variable face à l'opinion publique" : les syndicats de police remontés après les annonces de Christophe Castaner sur les violences policières

 

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

 

Les annonces lundi du ministre de l'Intérieur, dont l'abandon de la méthode d'interpellation dite de "l'étranglement", pour améliorer la déontologie des forces de l'ordre laissent les syndicats policiers "dubitatifs"

 

 

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 Un policier de la Fmud, la Formation motocycliste urbaine départementale, à Cannes (Alpes-Maritimes), le 18 avril 2020. (SYSPEO / SIPA)

 

 

 

Des annonces qui ne passent pas. Les syndicats policiers sont "dubitatifs", voire très remontés, après les déclarations de Christophe Castaner sur les violences policières, lundi 8 juin. Lors d'une conférence de presse destinée à répondre aux mises en cause récurrentes des forces de l'ordre pour racisme ou violences, le ministre de l'Intérieur a notamment annoncé l'abandon de "la méthode de la prise par le cou, dite de l'étranglement", à la suite de l'affaire Chouviat, un livreur mort à Paris, en janvier 2020, lors de son interpellation.

 

 

"J'attends que Christophe Castaner nous dise quelle sera la méthode qui va remplacer la technique d'étranglement", a réagi Yves Lefebvre, secrétaire général du syndicat de police Unité-SGP Police-FO, sur franceinfo lundi. "Il faut quand même savoir qu'on utilise la technique d'étranglement uniquement lorsqu'on a en face de nous un individu qui refuse d'être interpellé. Donc maintenant, comment allons-nous faire ? Je demande simplement à savoir comment on va faire", a-t-il ajouté.

 

 

 

"On en sera réduit au combat de rue ou à l'utilisation du taser"

"Dès lors qu'elle est faite dans un court instant, c'est la seule technique qui permette aux agents de maîtriser un individu dont le poids est supérieur", a observé de son côté le délégué national du syndicat des gardiens de la paix, Alliance, Frédéric Lagache. "Sinon, on en sera réduit au combat de rue ou à l'utilisation du taser", a-t-il estimé. 

 

 

Yves Lefebvre aurait souhaité "que Christophe Castaner réaffirme que l'immense majorité des policiers ne sont pas racistes et sont républicains. (...) J'ai l'impression qu'on se sert de nous comme une variable face à l'opinion publique." "Il y a les annonces politiques et le réalité du terrain. On dirait que l'on vit dans un monde de Bisounours, où tout le monde est gentil, sauf les policiers qui sont méchants", a raillé de son côté le secrétaire général de l'Unsa-Police, Philippe Capon.

 

 

"Toutes les annonces ne sont pas contestables, en particulier celles participant à la lutte contre le racisme, mais on a le sentiment d'être des victimes expiatoires. On sent une fébrilité du politique", a remarqué pour sa part Patrice Ribeiro, secrétaire général du syndicat Synergies-Officiers.

 

 

 

Un appel à "une mobilisation massive"  

Frédéric Lagache s'est en outre inquiété des propos du ministre sur les suspensions d'agents en cas de "suspicions de racisme" avérées : "Soit c'est avéré, soit c'est une suspicion. Mais en tout cas, le policier a le droit à la présomption d'innocence comme tout un chacun. Il faut attendre la fin de l'enquête avant de suspendre. On n'est pas des sous-citoyens."

 

 

Un avis partagé par le syndicat Alternative Police CFDT : "Les policiers ont un devoir d'exemplarité, mais ils ont aussi des droits." Dans un communiqué diffusé lundi, il "tient à faire part du dégoût le plus profond des policiers", "sur tous les fronts depuis 2015". "La révolte policière est sur le point d'éclater comme elle n'a jamais éclatée en France depuis 2001. Les événements de 2016 sont de la rigolade par rapport aux différents retours que nous avons du terrain", prévient le syndicat, qui appelle tous les syndicats policiers "à une concertation en vue d'une mobilisation massive". "Depuis trop longtemps les policiers sont de la chair à canon que le politique est bien content d'envoyer au charbon", ajoute le communiqué.

 


09/06/2020
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Franceinfo - le samedi 30 mai 2020

 

 

"Quand on souffre comme ça, ce n'est pas la peine de rester" : Hélène, centenaire, en grève de la faim pour qu'on lui laisse "le droit de mourir"

 

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Édité par Noémie BonninMatthieu MondoloniRadio France

 

 

 

Cette dame, qui vient d'avoir 100 ans, symbolise un nouveau combat en faveur de l’euthanasie

 

 

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Hélène Wuillemin, 100 ans, souhaite mourir. (MATTHIEU MONDOLONI / RADIO FRANCE)

 

 

 

Hélène Wuillemin a un visage aux mille rides, deux petits yeux rieurs qu’on distingue à peine et depuis le 6 mars dernier, un âge à trois chiffres : "Je viens d'avoir 100 ans. J'aurais bien souhaité ne pas les avoir, mais malheureusement je continue à vivre." Depuis une semaine, cette centenaire, qui habite seule chez elle à Laxou (Meurthe-et-Moselle), près de Nancy, a donc entamé une grève de la faim car on lui refuse, dit-elle, "le droit de mourir".

 

 

Hélène redresse son fauteuil électrique. Ses jambes, qui la font tant souffrir, sont allongées. C’est ici, dans cette petite pièce qui lui sert de salon et de chambre, qu’elle passe tout son temps.

 

 

Depuis quelque temps, je ne fais plus rien, plus grand-chose. Je regarde un peu la télé, puis je fais des jeux et voilà. Et puis après ça recommence. Hélène à franceinfo

 

 

Un jour sans fin, dit-elle. Et des douleurs de plus en plus difficiles à supporter. Elle a du mal à se déplacer du lit à la fenêtre, puis du lit au fauteuil et parfois même… du lit au lit. "J'espérais toujours m'endormir dans mon fauteuil mais non, je ne m'endors pas. Enfin maintenant, je m'endors de plus en plus, alors ce sera peut-être bientôt la fin. C'est ce que j'espère", explique Hélène.

 

 

 

Le petit appartement d\'Hélène.

Le petit appartement d'Hélène. (MATTHIEU MONDOLONI / RADIO FRANCE)

 

 

 

Cette ancienne institutrice, qui a élevé seule ses enfants, dit qu'elle a cherché à se faire euthanasier en Suisse et en Belgique, sans succès. "Je souffre trop ! Quand on souffre comme ça, ce n'est pas la peine de rester."

 

 

On doit tous mourir un jour, alors pourquoi attendre 107 ans pour mourir ? À mon âge, à 100 ans, on peut mourir. Hélène à franceinfo

 

 

Hélène a un temps pensé à d’autres solutions : "Mais moi je n'ose pas me suicider, m'ouvrir les veines, ça me dégoûte." Avant de se décider à faire cette grève de la faim et à l’annoncer à son fils et à sa fille : "Je lui ai dit 'j'arrête de manger'. Elle ne m'a rien répondu, qu'est-ce que vous voulez qu'elle dise ? Elle sait bien que je n'en ferais qu'à ma tête, elle me connaît", glisse la centenaire dans un sourire.

 

 

 

Ce cœur symbolise le combat d\'Hélène, explique-t-elle.

Ce cœur symbolise le combat d'Hélène, explique-t-elle. (MATTHIEU MONDOLONI / RADIO FRANCE)

 

 

 

En face de son lit, un papier blanc est accroché au mur. Dessus, un gros cœur rouge et un mot écrit en lettres noires : "Liberté". Le mot symbole de son combat, dit Hélène. Un combat mené au nom de bien d’autres : "J'espère que ce sera utile, c'est pour ça que j'accepte [de parler]. Parce que je ne veux pas être une vedette. Je voudrais que ça serve à d'autres, parce qu'il y a tellement de gens qui auraient envie de mourir dans la dignité et qui n'y arrivent pas... Que mon cas aide, ouvre les esprits."

 

 

Hélène abrège notre entretien, fatiguée. Elle demande de bien claquer la porte avant de partir et va aller se coucher, s’endormir, et avec un peu de chance, confie-t-elle, ne jamais se réveiller.

 


30/05/2020
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Franceinfo - le jeudi 28 mai 2020

 

 

INFO FRANCEINFO. La DGCCRF alerte sur les coupes menstruelles, très dangereuses en cas de mauvaise utilisation

 

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Victor MatetRadio France

 

 

 

Cette alternative moins chère et plus écologique est de plus en plus prisée par les femmes. Elle peut cependant se révéler très dangereuse en cas de mauvaise utilisation

 

 

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ne femme lit la notice d'utilisation d'une coupe menstruelle. Photo d'illustration. (BSIP / UNIVERSAL IMAGES GROUP EDITORIAL / GETTY IMAGES)

 

 

 

La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) alerte sur les coupes menstruelles qui, comme les tampons, peuvent se révéler très dangereuses en cas de mauvaise utilisation, allant jusqu’à des amputations et même des décès en cas du syndrome du choc toxique (SCT). Sauf que ces informations ne figurent pas toujours sur les notices d’utilisation, selon une étude dévoilée par franceinfo jeudi 28 mai.

 

 

>> VIDEO. Choc toxique, endométriose... La coupe menstruelle est-elle une alternative sans risque au tampon ?

 

 

Souvent utilisées comme alternative aux tampons, les coupes menstruelles, ou "cups", sont moins chères et plus écologiques. Mais chez les femmes porteuses d'une souche particulière de staphylocoque, une bactérie peut parfois se développer, à cause du sang bloqué au niveau du vagin, jusqu'à atteindre une charge bactérienne suffisante pour produire une toxine. C’est ce qu’on appelle le syndrome du choc toxique, qui peut être mortel. 

 

 

 

"J'ai réussi à m'en sortir assez miraculeusement"

C'est ce qui est arrivé en avril 2019 à Sandrine Graneau, 37 ans et infirmière en Loire-Atlantique. "L'infection a été suffisamment conséquente puisqu'elle m'a valut trois semaines de séjour en réanimation, avec une chance de survit qui était quand même assez mince, raconte Sandrine. J'ai réussi à m'en sortir assez miraculeusement mais on a dû m'amputer des deux jambes et de mes dix doigts." Ce risque n’est pourtant pas toujours mentionné dans les notices. Sur les 19 modèles contrôlés, cinq fabricants ont reçu un avertissement par la DGCCRF.

 

 

Heureusement, les cas comme celui de Sandrine Graneau sont rares, mais ils pourraient être évités en suivant les bonnes recommandations. Celles-ci ne sont pas toujours inscrites sur les notices d’utilisation, en l’absence de réglementation.

 

 

À l'époque où j'ai commencé à en porter, la recommandation était qu'on pouvait les porter jusqu'à 12h, qu'on pouvait bien les garder la nuit.Sandrine Graneauà franceinfo

On peut donc trouver différentes durées d’utilisation, de 4 à 12 heures ou encore des consignes pour la garder la nuit. Or, les autorités sanitaires recommandent, elles, de porter la coupe menstruelle 8 heures maximum et de ne pas dormir avec. Sur le plan bactériologique, elle présente donc autant de risques que les tampons.

 

 

En décembre 2019, l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire, alimentaire, environnement et travail) avait déjà rendu un rapport sur le sujet. Des traces de substances chimiques avaient été retrouvées dans des coupes menstruelles, mais dans des quantités moindres que dans les tampons. La question du syndrome du choc toxique avait également été abordée.

 


28/05/2020
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Franceinfo - le jeudi 28 mai 2020

 

 

Une attestation de l'école sera nécessaire pour bénéficier du chômage partiel si l'on doit garder son enfant

 

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Philippe DuportRadio France

 

 

 

La règle va changer en ce qui concerne le chômage partiel pour les salariés dont les enfants n'ont pas repris l'école

 

 

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Un père surveille les devoirs de sa fille à la maison. Photo d'illustration. (SIGRID OLSSON / MAXPPP)

 

 

 

Depuis trois semaines, et pour quelques jours encore, les salariés qui ne voulaient pas renvoyer leur enfant à l’école pouvaient continuer à bénéficier du système du chômage partiel. Le retour à l’école se faisait sur la base du volontariat. Il suffisait de ne pas souhaiter placer son enfant à l’école pour toucher, automatiquement et sans possibilité de refus de la part de l’employeur, le chômage partiel. Mais les choses vont changer à partir de mardi prochain.

 

 

Le Premier ministre va détailler la deuxième phase du déconfinement jeudi 28 mai mais il a d’ores et déjà annoncé la mesure qui concerne les parents. La bonne nouvelle : ils vont bien pouvoir continuer à rester sous le régime du chômage partiel. Mais la mauvaise nouvelle, c’est qu’il va falloir une attestation de l’école pour en bénéficier. Une attestation qui certifiera que votre enfant ne peut pas revenir à l’école, par exemple parce qu’il ne fait pas partie des enfants prioritaires, ou parce que la mairie de votre commune a décidé de garder les écoles fermées jusqu’à la rentrée. Si vous produisez cette attestation, le régime ne change pas : votre employeur ne pourra pas s’opposer à votre maintien en chômage partiel.

 


 

Nettement moins de salariés vont pouvoir rester en chômage partiel


Edouard Philippe l’a dit devant l’Assemblée nationale : "Si les indicateurs sanitaires restent bien orientés, alors le nombre de ceux qui vont se trouver dans la situation de ne pas pouvoir scolariser leurs enfants va mécaniquement diminuer à partir du 2 juin". De son côté, le ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer, dit beaucoup compter sur le mois de juin, pour que ce soit un mois plein et entier de rescolarisation. Le nombre de salariés parents d’enfants de moins de 16 ans empêchés de travailler devrait donc fortement diminuer dès la semaine prochaine.


 
Ceux qui resteront au chômage partiel toucheront le même salaire qu’avant. C’est important de le préciser parce que les règles du chômage partiel changent elles aussi à partir de lundi prochain. Mais elles ne changent que pour les entreprises. Alors que depuis le début de la crise sanitaire, les employeurs se voyaient rembourser la totalité des salaires jusqu’à 4,5 fois le smic, ils seront de leur poche de 15% des salaires versés. Une mesure qui rapproche la France de l’ensemble des pays européens qui pratiquent le système du chômage partiel. Notre système était le plus généreux de tous. En Allemagne, les salariés ne sont indemnisés qu’à hauteur de 60% de leur salaire net. Pour les salariés français, en revanche, rien ne change. Ils toucheront la même somme, soit 70% du brut ou 84% du net.

 


28/05/2020
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Franceinfo - le dimanche 24 mai 2020

 

 

Levallois-Perret : plus de 2 000 musulmans prient pour l'Aïd dans un stade en respectant les gestes barrières

 

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franceinfoValentin DunateRadio France

 

 

Alors que les cérémonies religieuses sont de nouveau autorisées, mais que certains lieux de culte sont trop exigus pour respecter les gestes barrières, plus de 2 000 musulmans prient pour l'Aïd el-Fitr dans un stade de Levallois-Perret

 

 

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Plus de 2 000 musulmans participent à une prière de l'Aïd-el Fitr ce dimanche 24 mai, au sein du complexe sportif Louison-Bobet à Levallois-Perret. (Valentin Dunate / Radio France)

 

 

 

Plus de 2 000 musulmans ont participé à une prière de l'Aïd-el Fitr, ce dimanche 24 mai, au sein du complexe sportif Louison-Bobet, à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine). Les cérémonies religieuses sont de nouveau autorisées depuis la veille, mais certains lieux de culte sont trop exigus pour respecter les gestes barrières, les fidèles pouvaient donc ici être placés par 35 bénévoles à un mètre de distance les uns des autres.

 

 

Dès 7h30, les fidèles se sont présentés à l'entrée du stade avec. Ils portaient tous un masque sur le visage et se sont fait asperger les mains de gel hydroacloolique. Les bénévoles les ont ensuite placé sur deux terrains, l'un de football, l'autre d'athlétisme.

 

 

 

Valentin Dunate@ValentinDuNet
 

Célébration de l' à Levallois. Près de 2500 fidèles dans un stade respectant les 1m de distance.

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L'imam de Levallois-Perret a salué l'organisation de cette première prière en public depuis deux mois. Il a pris la parole pour expliquer que cette prière n'était "possible que si chaque fidèle respectait les consignes du début à la fin", notamment en ne se faisant pas d'embrassade à la fin de la prière.

 

 

"On est très content d'avoir pu célébrer... Très, très, très content de la très bonne organisation", explique l'imam à franceinfo tout en pensant "aux autres mosquées qui n'ont pas pu s'organiser et qui ont toujours peur de la crise sanitaire". L'association des musulmans de Levallois avait anticipé depuis plusieurs semaines, malgré la recommandation du Conseil français du culte musulman de ne pas ouvrir les mosquées ce week-end.

 

 

 

 

Franceinfo - le samedi 23 mai 2020

 

Déconfinement : les cérémonies religieuses à nouveau autorisées

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

Les gestionnaires des lieux de culte et les organisateurs des cérémonies devront toutefois s'assurer que les fidèles respectent les gestes barrières et la distanciation physique, portent un masque et se désinfectent les mains

 

 

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Une fidèle masquée dans une église catholique de Narbonne (Aude), le 20 mai 2020. (MAXPPP)

 

 

 

Désinfection des mains et masque obligatoire, filtrage à l'entrée : les cérémonies religieuses vont pouvoir reprendre dès le samedi 23 mai, selon des modalités fixées par un décret publié au Journal officiel et immédiatement entré en vigueur. Ce texte complète un décret du 11 mai sur les mesures de lutte contre le Covid-19 dans le cadre de l'état d'urgence sanitaire.

 

 

>> Retrouvez les dernières informations sur l'épidémie de Covid-19 dans notre direct

 

 

Le ministre de l'Intérieur et les responsables des cultes se sont accordés lors d'une réunion "sur les mesures à prendre pour assurer la sécurité sanitaire de tous", a expliqué le ministère dans un communiqué peu avant la publication du décret.

 

 

Cette concertation s'est imposée au gouvernement après que le Conseil d'Etat lui a ordonné, lundi, de lever dans un délai de "huit jours" l'interdiction totale de réunion de cultes figurant dans le décret de déconfinement du 11 mai. "Si l'objectif d'une reprise généralisée des cérémonies religieuses reste le 3 juin", rappelle le ministère, "il sera ainsi possible (...) de célébrer à nouveau, progressivement, des offices" à compter de la parution du décret.

 

 

 

La distanciation physique devra être respectée

Les gestionnaires des lieux de culte et organisateurs des cérémonies devront notamment s'assurer que les fidèles respectent les gestes barrières et la distanciation physique, portent un masque et se désinfectent les mains. A l'entrée du lieu de culte, une personne devra aussi réguler les flux pour ne pas dépasser une jauge maximale de fréquentation.

 

 

Les mesures s'appliquent à "toute personne de 11 ans et plus qui accède ou demeure dans ces établissements", selon le décret. "Les préfets de département pourront interdire l'ouverture ou ordonner la fermeture d'un lieu de culte si ces règles ne sont pas respectées", précise le ministère.

 

 

"Nous avons travaillé et trouvé une solution pour permettre la reprise des cérémonies religieuses tout en assurant la protection sanitaire de chacun", se félicite Christophe Castaner dans le communiqué.

 

 

 

Les prières de l'Aïd n'auront pas lieu dans les mosquées

La reprise des célébrations avec public avait d'abord été annoncée pour le 2 juin, avant que le Premier ministre n'évoque la date du 29 mai. L'épiscopat catholique a fait pression ces dernières semaines pour que ce soit effectif pour le dimanche de Pentecôte, le 31 mai.

 

 

L'Aïd el-Fitr, la fête de la rupture du jeûne qui marque la fin du mois sacré de ramadan, aura lieu dimanche, a annoncé vendredi soir le Conseil français du culte musulman (CFCM). Cette fête est traditionnellement célébrée par des grandes prières collectives en début de matinée. Avant la publication du décret, le CFCM a rappelé vendredi que ces prières ne pouvaient pas avoir lieu, cette fois, dans les mosquées.

 


24/05/2020
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Franceinfo - le dimanche 24 mai 2020

 

 

Coronavirus : après la crise, la fin de la bise ?

 

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Elise LambertFrance Télévisions

 

 

 

La situation sanitaire et les mesures de distanciation physique ont mis entre parenthèses ce rituel. Au point de le chasser de nos habitudes ?

 

 

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La situation sanitaire et les mesures de distanciation physique mises en place ont mis entre parenthèses le rituel de la bise. (JESSICA KOMGUEN / FRANCEINFO)

 

 

 

"Un des bons côtés de l'épidémie, c'est la fin de la bise. Je hais cette 'coutume' et dès que je reculais pour éviter la bouche baveuse sur ma joue qui n'avait rien demandé, les gens étaient vexés", peut-on lire sur Twitter. Comme la poignée de main, l'accolade ou le "check", la bise est bannie de nos rapports sociaux depuis plus de deux mois. Pour lutter contre l'épidémie de Covid-19, le ministre de la Santé, Olivier Véran, a demandé aux Français d'éviter tout contact physique.

 

 

Calamité ou bonne nouvelle ? Certains se réjouissent de voir disparaître la bise, qu'ils jugent gênante, sexiste, contraignante ou tout simplement fatigante. Pour d'autres, il s'agit au contraire de l'abandon d'une convention chaleureuse et conviviale. D'où viennent ces traditionnels bécots ? L'épidémie pourrait-elle vraiment éradiquer ce petit geste quotidien ?

 

 

 

N'embrassez plus qui vous vous voudrez

"La bise fait partie des rites d'interactions. Elle est extrêmement codifiée", explique à franceinfo le professeur David Le Breton, auteur de Les passions ordinaires, une anthropologie des émotions. On se fait la bise pour se saluer, lors d'un événement ou pour se féliciter. "Elle est toujours accompagnée d'une myriade de gestes, on peut garder une légère distance ou se pencher, garder les mains dans les poches, ou se serrer les épaules."

 

 

On n'embrasse pas n'importe qui, n'importe quand et n'importe où. David Le Breton, anthropologue à franceinfo

 

 

Ce rapprochement des visages et cette entrée dans la sphère de l'autre ne se fait pas avec n'importe qui. Traditionnellement, la bise est réservée au domaine de la famille ou du couple, et d'abord aux femmes. "Depuis Mai 68 et la libéralisation des mœurs, les hommes se font davantage la bise entre eux sans une quelconque connotation", poursuit le chercheur. Pour la psychosociologue Dominique Picard, autrice de Politesse, savoir-vivre et relations sociales, c'est aussi à cette période que la bise entre hommes commence à être moins stigmatisée. "Pour contrer les milieux rigides, il y a eu un nouveau plaisir à se toucher. L'image des hommes et de la virilité a aussi changé", explique-t-elle dans le magazine Causette (article réservé aux abonnés).

 

 

La bise, comme de nombreux rites sociaux, a évolué au fil de l'histoire. La pratique s'est renouvelée en fonction des classes sociales, des codes et des crises. A ce jour, les ouvrages consacrés à son origine esquissent davantage d'hypothèses que de certitudes. Dans La science du baiser : ce que nos lèvres nous révèlent (compilation d'études historiques, sociologiques et scientifiques) la chercheuse américaine Sheril Kirshenbaum suggère que la bise pourrait découler d'un geste de reniflement, un rapprochement dans lequel chacun humait l'odeur de l'autre, pour le reconnaître ou vérifier son état de santé.

 

 

 

Une tradition aux origines incertaines

Avant notre ère, on trouve des pratiques plutôt proches du baiser, mentionnées dans des écrits grecs, notamment. Au Ve siècle avant J.-C., Hérodote décrivait déjà des salutations "lèvres contre lèvres pour les personnes du même statut social, celles d'un rang inférieur devant embrasser le sol ou les pieds de leurs supérieurs", rappelle le média canadien LaPresse, citant l'ouvrage de Sheril Kirshenbaum.

 

 

On connaît par ailleurs au moins trois termes latins pour décrire des variations autour du baiser : "osculum" pour le baiser entre les personnes d'un même ordre social, "saevium" pour le baiser érotique et "baesium" pour celui échangé dans la famille, détaille le philosophe Gérald Cahen dans Le Baiser, premières leçons d'amour.

 

 

Au Moyen Âge, le baiser est davantage le symbole d'un contrat scellé entre un seigneur et son vassal. La pratique recule à partir du milieu du XIVe siècle. Parmi les raisons invoquées : l'arrivée d'épidémies comme la peste noire, qui décime l'Europe, rappelle le magazine Usbek & Rica"C'est seulement après la Première Guerre mondiale que le baiser refait son apparition : baisemain dans la bonne société, bécot sur la joue dans les milieux populaires", suggère une archive de L'Express.

 

 

 

Une source de gêne et de malentendus

Depuis les années 1970, la bise s'invite dans les bureaux, à la faveur du développement d'un management qui prétend estomper les barrières hiérarchiques. "Dans certaines cultures d'entreprise, elle va être systématique, mais dans d'autres elle reste très hiérarchisée, analyse David Le Breton. On va continuer à serrer la main de son supérieur et à embrasser plutôt les collègues qu'on aime bien, ou qui sont au même niveau que soi." Le geste reste, selon le contexte, source de dilemmes et de moments de gêne. "Est-ce que j'embrasse mon collègue que j'apprécie ? Si c'est une femme, elle risque de penser que je suis intrusif, et si je ne le fais pas, elle peut penser que je ne l'apprécie pas", illustre le chercheur.

 

 

Pour clore ces débats, et par égalité, certaines femmes ont tranché. En 2017, la maire de Morette (Isère), Aude Picard-Wolff, lassée de devoir tendre sa joue des dizaines de fois par jour à des inconnus, a annoncé qu'elle arrêtait. La bise "me pèse et me gêne. (...) C'est un geste qui est devenu systématique et qui ne signifie plus rien. C'est aussi le risque de se transmettre des virus, surtout en période de grippe, expliquait-elle au ParisienCela devient insupportable. Sans parler des odeurs de lotion. Et puis les hommes ne se font pas la bise entre eux chaque matin en arrivant au bureau."

 

 

 

Une bise à Brest, trois bises à Montpellier

En France, que l'on aime la bise ou non, il faut aussi être capable de maîtriser une équation complexe mêlant géographie et habitude. Au grand dam de certains visiteurs anglo-saxons ou asiatiques, peu friands de cette soudaine intimité. En 2016, l'humoriste anglais Paul Taylor partageait son agacement dans une vidéo : "Un truc qui m'énerve le plus ici, c'est la bise (...) c'est tellement compliqué qu'ils ont dû créer un site combiendebises.com (...) en plus, il faut faire le bruit sinon tu as l'air d'un con !"

 

 

Linguiste à la Sorbonne, Mathieu Avanzi a mené en 2017 une étude sur le nombre de bises pratiquées en fonction des régions en France, en Belgique et en Suisse. "Dans le nord du Finistère, la bise unique résiste, mais elle se fait envahir de plus en plus par les deux bises parisiennes", explique-t-il à franceinfo. L'aire des trois bises est située entre le Languedoc et la Suisse romande, et les quatre bises et plus sont plutôt situées dans le Nord-Ouest, par des personnes de plus de 50 ans." Comment l'expliquer ? "On ne sait pas. On constate que les trois bises sont présentes dans la partie protestante de la France. Elles peuvent rappeler la Trinité", avance-t-il.

 

Carte du nombre de bises pratiquées en France selon une étude menée par Mathieu Avanzi.

Carte du nombre de bises pratiquées en France selon une étude menée par Mathieu Avanzi. (MATHIEU AVANZI)

 

 

 

Pour la psychosociologue Dominique Picard, ces différences rappellent que la bise est associée "à une culture ou à une microculture". "Il s'agit d'un acte rituel qui signifie l'appartenance à un même groupe", souligne-t-elle sur France Culture"C'est ce que l'on appelle une reconnaissance identitaire, une façon de dire à quelqu'un qu'il n'est pas un inconnu."

 

 

Quant à savoir quelle joue tendre en premier, "la France est clairement divisée par une diagonale qui part de Metz et rejoint Biarritz. On tend la joue droite au Nord et la gauche au Sud", reprend Mathieu Avanzi. "En plus d'être intime, la bise est donc assez floue, ce qui peut expliquer que certains souhaitent s'en débarrasser."

 

 

 

"Il va falloir prendre des nouveaux repères"

La crise du coronavirus va-t-elle exaucer ce souhait ? La pandémie a déjà modifié nos façons de se saluer et notre rapport avec le corps, y compris celui des autres. "Les gens ont pris conscience que certaines maladies se transmettaient par la salive. On risque désormais de mettre en balance le coût potentiel d'une bise systématique par rapport à son bénéfice social", souligne l'économiste Marie-Claire Villeval, chercheuse au CNRS. Depuis le confinement, cette spécialiste en économie expérimentale étudie les conséquences de la distanciation sociale sur nos comportements.

 

 

La bise entre collègue ou entre inconnus va sans doute être moins fréquente. On va peut-être se rapprocher des modèles nordiques où l'on ne se fait pas la bise. Les humains ont d'autres outils pour se reconnaître. Marie-Claire Villeval, économiste à franceinfo

 

 

Si le corps est perçu comme une source de "joie, de partage ou de plaisir", l'épidémie pourrait accentuer l'aspect "dangereux" pour autrui, à cause de la transmission des maladies. "Avant la crise actuelle, on déformait sans doute de façon excessive l'aspect positif du corps, ça sera peut-être l'inverse après. C'est toujours une question d'équilibre", reprend Marie-Claire Villeval. Le port du masque a amorcé ces changements. "On sait lire une émotion ou une intention dans le regard, mais le sourire conditionne l'interprétation de la sincérité. Avec le masque, on ne l'a plus. Il va falloir prendre des nouveaux repères."

 

 

Pour David Le Breton, la "survie" de la bise dépendra en partie de la durée de la pandémie. La pratique pourrait revenir quand la menace du virus disparaîtra, à la réouverture des cafés et restaurants. "Dans des relations très fortes, amicales ou filiales, elle ne va pas disparaître", anticipe-t-il.

 

 

Beaucoup de femmes s'autoriseront davantage à dire qu'elles ne veulent plus être embrassées et tout le monde pourra l'entendre. David Le Breton à franceinfo

 

 

Avant la généralisation des gestes barrières, de nouveaux signes ont commencé à remplacer la bise. Parmi les variantes : le "coude à coude", le bonjour avec les pieds, l'inclinaison du buste, la main sur le cœur ou encore le "bonjour" en langue des signes française"Il y a plein de gestes qui permettent de montrer qu'on reconnaît une personne. Le sourire, par exemple, en dit davantage qu'une bise conventionnelle où on tend parfois la joue machinalement", glisse David Le Breton. "Il implique un petit don de soi que la bise n'avait pas."

 


24/05/2020
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Franceinfo - le dimanche 17 mai 2020

 

 

La pandémie de Covid-19, une aubaine pour les théoriciens de la fin du monde

 

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Jean-Loup AdénorfranceinfoFrance Télévisions

 

 

 

Témoins de Jéhovah, catholiques traditionalistes ou évangéliques, la crise actuelle validerait, selon eux, une théorie millénariste. Certains prédicateurs en ont fait un argument de séduction

 

 

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La Mission de vigilance et de luttes contre les dérives sectaires explique avoir reçu 52 signalements spécifiques à la crise du coronavirus durant le mois d'avril. (JESSICA KOMGUEN / FRANCEINFO)

 

 

 

"Les événements qui ont lieu autour de nous prouvent, plus que jamais, que nous vivons la fin des derniers jours." Dans une vidéo envoyée aux fidèles en mars 2020 et largement diffusée en France, Stephen Lett, l'un des huit responsables mondiaux des Témoins de Jéhovah, prend une voix réjouissante pour annoncer la nouvelle : la pandémie de Covid-19 ne se résumerait pas à une crise sanitaire et économique. Elle préparerait bien, selon lui, la fin des temps.

 

 

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Un type de discours entendu à de nombreuses reprises par la Mission de vigilance et de luttes contre les dérives sectaires (Miviludes) depuis ces dernières semaines en France. Dans une note du vendredi 24 avril, consultée par franceinfo, l'organisme dépendant du ministère de l'Intérieur explique avoir reçu 52 signalements spécifiques à la crise du coronavirus durant le mois d'avril, tous mouvements confondus. La Miviludes note "un regain d'activité des courants apocalyptiques, qui voient dans la pandémie un signe et une confirmation de l'imminence de la fin des temps". Certaines associations constatent elles aussi un renforcement du discours de fin du monde porté par certaines communautés spirituelles.

 

 

 

En attendant Jéhovah

"Cette pandémie est une aubaine pour les mouvements tels que les Témoins de Jéhovah. Ils peuvent dire 'nous avions raison, faites-nous confiance'. La communauté entretient ce sentiment. Parce que plus les gens ont peur, moins ils raisonnent", explique Daniel à franceinfo. Membre des Témoins de Jéhovah depuis trente ans, il en dénonce pourtant aujourd'hui les méthodes et les enseignements sans pouvoir se résoudre à quitter la communauté : il serait excommunié et ne pourrait plus voir ses enfants et petits-enfants. Mais, encore plus que par le passé, il s'inquiète de l'influence du mouvement sur ses proches. "'On sent que c'est la fin [du monde]', me confient des membres. Ils sont tellement conditionnés par le discours officiel entre Témoins qu'ils ne peuvent pas envisager cette pandémie autrement", déplore-t-il.

 

 

Dans le culte de Jéhovah, l'Apocalypse annoncée par la Bible inaugurerait l'arrivée du paradis sur Terre et la destruction de tous ceux qui ne sont pas Témoins. "Nous pensons que la pandémie fait partie des signes des derniers jours, au même titre que les guerres et les autres maladies. Les prophéties de la Bible annoncent la fin d'un système, celui des hommes, pour qu'il soit remplacé par un système gouverné par Dieu. La pandémie est un signe qui permet de parler de la fin de ce système", répond le siège national des Témoins de Jéhovah, contacté par franceinfo.

 

 

Pour affronter cet événement, la communauté se veut omniprésente et indispensable. Au début du confinement, "elle a notamment envoyé une liste des produits de première nécessité à acheter et invité à faire des stocks pour un mois".

 

 

Moi, je sais qu'il y a déjà eu des pandémies par le passé. Je sais que c'est un phénomène naturel. Je sais surtout que la communauté se sert de ça parce qu'elle gouverne par la peur. Daniel, membre des Témoins de Jéhovah à franceinfo

 

 

Même signal d'alerte du côté de l'Union des associations de défense de la famille et de l'individu victimes de sectes (Unadfi) qui s'inquiète du sort des personnes fragiles, notamment des enfants, confinés un temps dans leur communauté religieuse. "Nous avons notamment reçu le témoignage d'un père de famille, divorcé, qui a quitté les Témoins de Jéhovah. Son ex-femme, restée dans la communauté, a demandé à leurs filles d'appliquer à outrance les règles de distanciation sociale avec leur père. Diaboliser l'autre parent, c'est une stratégie courante. Le risque pour ces enfants-là est de voir encore moins l'autre parent pendant la crise sanitaire", alerte Marie Drilhon, bénévole de l'Unadfi dans les Yvelines. 

 

 

Mais l'organisation des Témoins de Jéhovah réfute ces accusations et répond que ce type de signalements concerne surtout "des cas personnels""Comment savoir si les problèmes évoqués sont réellement liés à la religion ? Nous n'avons pas changé notre manière d'enseigner [la religion], nous nous sommes conformés à ce que la loi nous a demandé. Quelle est la réalité de ces signalements ? Est-ce qu'il ne s'agit pas de problèmes personnels, d'une tentative d'instrumentalisation de la religion de l'ex-conjoint ?", nous répond le siège national des Témoins de Jéhovah. 

 

 

On ne donne la parole qu'à des mécontents... Mais il y en a dans tous les groupes. Les Témoins de Jéhovah France à franceinfo

 

 

Quoi qu'il en soit, ces dernières semaines, les baptêmes express se multiplieraient "dans des baignoires en plastique, dans les salles de bains au domicile des fidèles", précise l'Unadfi. Preuve, selon elle, que les Témoins se sont adaptés au confinement et auraient trouvé en ce virus un argument de recrutement. "On ne baptise pas les bébés et les enfants peuvent décider d'eux-mêmes, lorsqu'ils sont assez mûrs, de se faire baptiser. Notre but n'est pas le baptême à tout prix. C'est du cas par cas", assure l'organisation. Dans une lettre adressée aux fidèles français datée du 20 avril, le mouvement se réjouit toutefois que tous soient "très occupés en cherchant à contacter toutes leurs connaissances" et qu'ils s'adaptent, confinement oblige, aux "formes de prédication telles que l'activité par téléphone ou par courrier".

 

 

 

Une défiance à l'égard de la science

Les Témoins de Jéhovah ne seraient pas les seuls à voir cette pandémie comme une validation de leurs croyances. D'autres groupes profitent de la complexité des discours scientifiques et de la confusion des discours politiques pour asseoir une vision décliniste de la société. C'est notamment le cas de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X qui a préféré "ne pas donner suite" à nos multiples sollicitations. 

 

 

"Prenez la lettre de leur supérieur général. Elle est adressée à tous les fidèles et se veut un rappel de la finitude de la société", analyse Laurence Poujade de l'association Sentinelles, qui soutient les victimes d'emprise communautaire et leurs proches face aux risques de dérives de groupes religieux. L'idée est que : "Si un simple microbe peut mettre l'humanité à genoux, c'est que les réalisations scientifiques ne valent rien. Elles sont incapables de nous protéger."

 

 

La police est intervenue à deux reprises pour des messes de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X qui se tenaient malgré le confinement. Au soir du 11 avril, dans la paroisse de Saint-Nicolas du Chardonnet à Paris, une trentaine d'ecclésiastiques et des enfants de chœur étaient réunis pour une messe en latin. Aucun n'était masqué ni ne respectait les gestes barrières, a rapporté l'AFP. "On sait comment fonctionne cette fraternité. Toute autorité extérieure n'est pas reconnue, rapporte l'Unadfi. Il n'y a que la hiérarchie de dieu et du clergé. Puis, dans la famille, il n'y a que le père. Il s'agit d'une communauté fermée. Les enfants vont dans des écoles tenues par les membres de la Fraternité. Ils ne connaissent pas le monde extérieur et le seul discours qu'ils entendent sur cette pandémie est le leur." Pas vraiment en accord avec celui de la science, en l'occurrence.

 

 

La difficulté, c'est que le discours scientifique n'apporte que des réponses partielles et provisoires. Or, ce type de communautés propose une vision totale, qui répond à tout. amuel Le Pastier, psychiatre à franceinfo

 

 

"Dans ce contexte de pandémie, la déception de voir que les pouvoirs publics protègent mal la population affaiblit les victimes. Chez elles, il y a un besoin de dépendance", estime le psychiatre et directeur de recherche à l'Université Paris-Diderot, Samuel Le Pastier. Ou alors, "un besoin de se raccrocher à la promesse d'un avenir plus réjouissant", analyse le Dr Marie-France Hirigoyen pour franceinfo. Cette psychiatre, autrice d'Abus de faiblesse et autres manipulations (JC Lattès, 2012)indique avoir constaté "une aggravation du profil paranoïaque" de certains patients pendant le confinement. D'où une certaine vulnérabilité et un risque d'embrigadement sur la durée.

 

 

"Ce qui m'inquiète, ce ne sont pas seulement les conséquences des discours sectaires pendant la crise sanitaire, mais que cette pandémie puisse continuer à favoriser ce type de mouvements dans les prochains mois", explique pour sa part le Dr Samuel Le Pastier.

 

 

La plupart des victimes de dérives sectaires ne présentent aucune pathologie particulière à l'origine. Ce sont des personnes tout à fait normales, peut-être un peu plus fragiles, mais il faut garder à l'esprit que nous sommes tous plus vulnérables en ce moment.La psychiatre Marie-France Hirigoyen à franceinfo

 

 

Parfois, le prosélytisme se veut plus incarné. Certains pasteurs pentecôtistes, dits "évangéliques", très populaires sur les réseaux sociaux, sont ainsi surveillés de près. Parmi eux, Yvan Castanou, pasteur-star d'Impact centre chrétien (ICC). Début mars, devant une assemblée de fidèles, il a exposé sa perception de la maladie assimilée à "une œuvre du diable" que seule l'Eglise serait "capable de réprimer". Son statut ferait de lui un homme qu'"aucune maladie contagieuse ne peut atteindre", assure le pasteur aux 200 000 abonnés sur YouTube, source de nombreux signalements auprès de l'Unadfi. De son côté, l'ICC n'a pas répondu aux demandes d'interview de franceinfo, ni indiqué s'il soutenait, ou non, les recommandations du pasteur Castanou.

 

 

"Certaines églises évangéliques comme celle d'Yvan Castanou commencent à avoir beaucoup d'écho dans certains quartiers. Leur parole est très écoutée", note de son côté Anne Josso. Sous la vidéo YouTube d'un de ses prêches, quelques commentaires confirment l'inquiétude de la secrétaire générale de la Miviludes. "Je viens de vivre la guérison instantanée de la grippe. Les symptômes ont disparu alors que j'écoutais attentivement ce message", témoigne par exemple une certaine Kate. 

 

 

Dans son office du 8 mars, le pasteur Castanou n'hésite pas à recommander l'imposition des mains – le fait de les poser sur quelqu'un pour le bénir – comme remède miracle contre la maladie. Il incite même ses fidèles à faire fi des mesures de distanciation afin de guérir leurs proches et leur réciter une prière de guérison. "Tu as imposé la main à ton enfant ? Ce n'est pas contagieux. Moi, je n'ai jamais été contaminé", lance notamment Yvan Castanou à l'assemblée. Avant d'enchaîner : "Ma femme a été très malade, une fois. Elle avait de la fièvre. Elle me disait 'ne me touche pas, je vais te contaminer'. Je lui ai dit 'c'est impossible, car il y a en moi une vie éternelle. Je contamine avec la vie divine'." Un tout nouveau type de pandémie.

 


17/05/2020
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