L'AIR DU TEMPS

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SOCIETE et Consommation

Regards sur la société au travers de différents articles qui permettent une photographie de celle-ci au fil du temps qui passe...


Franceinfo - le mardi 14 mai 2019

 

 

Affaire Vincent Lambert : les cinq fois où l'arrêt des soins a été prononcé

 

 

 

Le Conseil d'Etat a donné un avis favorable à l'arrêt des soins de Vincent Lambert, dans un état végétatif depuis onze ans. La suspension des traitements doit débuter la semaine prochaine et pourrait clore une guérilla judiciaire qui dure depuis six ans

 

 

 

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A partir du lundi 20 mai, l'alimentation et l'hydratation artificielles de Vincent Lambert pourront être interrompues par ses médecins. Ce jour-là, le feuilleton judiciaire autour du sort de l'ancien infirmier psychiatrique, aujourd'hui âgé de 42 ans, connaîtra peut-être son épilogue. Hospitalisé depuis 2008 au CHU de Reims (Marne), l'homme est dans un état neurovégétatif "irréversible", selon ses médecins. Depuis 2013, une dizaine de procédures judiciaires opposent sa femme, Rachel Lambert, favorable à l'arrêt des soins, à ses parents, Viviane et Pierre Lambert, qui refusent la mort de leur fils. En six ans, l'arrêt des soins a été annoncé à cinq reprises, donnant lieu à chaque fois à une série de rebondissements juridiques. 

 

 

 

2013 : une "obstination déraisonnable"

A la suite d'un grave accident de la route, survenu le 29 septembre 2008, Vincent Lambert est plongé dans un coma profond. Il en sort dans un "état de conscience minimal", tétraplégique et sans espoir d'amélioration. Il est depuis nourri et hydraté artificiellement. Au cours de l'année 2012, le personnel soignant interprète des manifestations comportementales de Vincent Lambert comme une opposition aux soins pratiqués. En l'absence d'évolution neurologique favorable, le docteur Eric Kariger, médecin de Vincent Lambert, et son équipe médicale engagent alors une "procédure collégiale de fin de vie". Ils concluent à une "obstination déraisonnable" du maintien en vie de leur patient. Ils décident, le 11 janvier 2014, en concertation avec son épouse, de cesser d'alimenter et d'hydrater Vincent Lambert tout en lui administrant des sédatifs afin qu'il souffre le moins possible. 

 

 

Apprenant l'arrêt des soins, les parents de Vincent Lambert, ainsi que certains de ses huit frères et sœurs, saisissent en référé le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne. N'ayant pas été consultés par le CHU en amont de leur décision, ils s'appuient sur l'article L521-2 du Code de la santé publique et plaident une "atteinte grave" et "illégale" à une "liberté fondamentale" de leur fils. La procédure d'arrêt des soins est suspendue le 16 janvier 2014. Vincent Lambert est à nouveau alimenté et hydraté.

 

 

 

2014 : l'escalade juridique

En réaction, Rachel, l'épouse de Vincent Lambert, François, un de ses neveux et le CHU de Reims saisissent le Conseil d'Etat. Ce dernier réforme le jugement du tribunal administratif de Châlons-en-Champagne (Marne), le 24 juin 2014, ne considérant pas la démarche de l'équipe médicale comme illégale. Le protocole d'arrêt des soins de Vincent Lambert reprend. 

 

 

En face, les parents du patient réagissent. Ils saisissent cette fois la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH). Celle-ci constate, par un arrêt du 5 juin 2015, que la procédure retenue pour cesser de maintenir en vie leur fils n'entre pas en violation de l'article 2 de la Convention européenne des droits de l'homme (en PDF) et des libertés fondamentales. Rien ne semble s'opposer à la cessation des traitements de l'ancien infirmier. 

 

 

 

2015 : l'hôpital suspend la procédure pour cause d'insécurité

Le 7 juillet 2015, Daniela Simon, la médecin qui a succédé à Eric Kariger, informe la famille de sa décision d'engager une nouvelle procédure collégiale. Sous couvert de l'article R4127-37 du Code de la santé publique, l'équipe médicale renonce à "poursuivre des traitements" dans le seul but du "maintien artificiel de la vie". Les parents refusent à nouveau cette procédure. Le 16 juillet, ils portent plainte contre le CHU ainsi que contre les docteurs Kariger et Simon, pour "tentative d'assassinat et séquestration". Non sans avoir demandé au préalable le transfert de leur fils dans un autre établissement. La plainte est toujours en cours d'examen.

 

 

La tension entre les deux camps monte. Le 23 juillet 2015, le CHU se dit "victime de pression". Il suspend la procédure collégiale car "les conditions de sérénité et de sécurité nécessaires à la poursuite de cette procédure tant pour M. Lambert que pour l'équipe soignante ne sont pas réunies". La direction de l'hôpital demande également la désignation d'un tuteur afin de représenter légalement Vincent Lambert. 

 

 

Le 10 mars 2016, Rachel Lambert est nommée tutrice de son mari par le juge des tutelles de Reims. Dès le lendemain, les parents font appel de cette décision. Neuf mois plus tard, la Cour de cassation rejette leur pourvoi et confirme l'attribution de la tutelle à Rachel Lambert. 

 

 

 

2016 : une nouvelle expertise demandée

Fin 2016, les parents de Vincent Lambert réclament à nouveau le transfert de leur fils dans un établissement spécialisé. La cour d'appel de Reims rejette cette demande, arguant qu'elle ne peut émaner que du tuteur légal, à savoir son épouse. Viviane et Pierre Lambert portent alors plainte contre le CHU "pour délaissement de personne hors d'état de se protéger". Cette plainte est toujours en cours d'examen.

 

 

Après un nouveau changement de médecins à la tête du service des soins palliatifs du CHU de Reims, le docteur Vincent Sanchez informe la famille, le 22 septembre 2017, de sa volonté d'engager une nouvelle procédure collégiale, au titre de l'article R 4127-37-2 du Code de la santé. Ce dernier stipule que la décision d'arrêt de traitement d'un majeur protégé doit s'effectuer avec le recueil de l'avis de son tuteur.

 

 

Le 9 avril 2018, la décision est prise. La nutrition et l'hydratation artificielles de Vincent Lambert seront arrêtés. Cette suspension devra être précédée de la mise sous sédation profonde et continue du patient, jusqu'à sa mort. Les parents de Vincent Lambert s'y opposent. Le 17 avril, ils saisissent le juge des référés du tribunal administratif de Châlons-en-Champagne afin de suspendre cette décision. Le juge demande une nouvelle expertise du patient. Elle  confirme "l'état végétatif chronique irréversible" de Vincent Lambert, amenant le rejet de la requête des parents le 31 janvier 2019.

 

 

 

2019 : "Tous les recours sont arrivés au bout"

Déterminés, les parents de Vincent Lambert saisissent à leur tour le Conseil d'Etat, le 29 mars 2019. Trois semaines plus tard, le 24 avril, celui-ci acte que la décision d'arrêter les soins, prise par le médecin Vincent Sanchez le 9 avril 2018, "ne peut être tenue pour illégale".

Les parents annoncent aussitôt deux nouveaux recours. L'un devant la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH), l'autre devant le Comité international des droits des personnes handicapées (CIDPH) de l'ONU. La CEDH rejette leur recours et confirme la décision du Conseil d’État. Le CIDPH, lui, demande le maintien provisoire des soins le 5 mai, mais cet avis, comme tous ceux de ce comité onusien, est non contraignant et non suspensif. "Aujourd'hui, juridiquement parlant, tous les recours sont arrivés au bout, et toutes les instances juridictionnelles, qu'elles soient nationales ou européennes, confirment le fait que l'équipe médicale en charge de ce dossier est en droit d'arrêter les soins" de Vincent Lambert, annonce dans la foulée Agnès Buzyn, la ministre de la Santé, sur BFMTV.

 

 

Le courrier du médecin Vincent Sanchez, envoyé à la famille et rendu public le 11 mai, annonce donc que "l'arrêt des traitements et la sédation profonde et continue (...) seront initiés au cours de la semaine du 20 mai". Mais les parents de Vincent Lambert ne veulent toujours pas s'y résoudre. Ils annoncent avoir saisi Jacques Toubon, le Défenseur des droits, afin de faire appliquer les mesures provisoires demandées par le Comité international des droits des personnes handicapées. "C'est au Défenseur des droits de monter au créneau et de faire pression sur le gouvernement français pour que les mesures provisoires soient effectives", affirme Jean Paillot, un des avocats des parents Lambert. Pour appuyer ce recours, la mère de Vincent Lambert a également appelé à un rassemblement, dimanche 19 mai, devant l'hôpital de Reims "pour les supplier de continuer à hydrater et nourrir Vincent".

 


15/05/2019
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Franceinfo - le lundi 14 mai 2019

 

 

Surpopulation carcérale : "Les tensions deviennent quotidiennes", dénonce l'Observatoire international des prisons

 

 

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franceinfoRadio France

 

 

Selon le coordinateur du pôle enquête de l'Observatoire international des prisons (OIP), la hausse du nombre de détenus et le manque de places entraînent la violence, liée à la promiscuité, et des tensions avec le personnel

 

 

 

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Un agent pénitentiaire à l'entrée de la prison du Craquelin à Châteauroux (Indre), le 4 février 2019. (VICTOR VASSEUR / RADIOFRANCE)

 

 

 

"Aujourd'hui il y a plus de 1 600 personnes dans les prisons françaises qui dorment par terre sur des matelas. Il n'y a pas assez de lits", déplore mardi 14 mai sur franceinfo, François Bès, coordinateur du pôle enquête de l'Observatoire international des prisons (OIP), alors que le nombre de détenus atteint au 1er avril 71 828 personnes incarcérées, un nouveau chiffre record.

 

 

Il y a 59 459 places dans les prisons françaises, la densité carcérale s'établit désormais à 117 %, contre 118% au 1er avril 2018. Elle dépasse les 140% dans les maisons d'arrêt. "Les gens restent enfermés 22h sur 24 en cellule pour beaucoup. Il est bien évident que les situations de tensions deviennent quotidiennes".

 

 

 

Êtes-vous étonné par cette nouvelle augmentation du nombre de détenus dans les prisons ?

 

 

Malheureusement non. On commence à être véritablement habitués à ce que très régulièrement des records soient battus. Nous sommes contactés par des personnes détenues, des intervenants, des familles au quotidien et la situation s'aggrave à l'intérieur des établissements. La construction de prisons est une technique qui est utilisée depuis des années 80. À chaque fois, on nous annonce que ça va résorber la surpopulation. Dans la réalité, comme tout un tas de choses qui devraient être faites en amont pour limiter considérablement les incarcérations ne sont pas véritablement faites, on a vu cette fuite en avant avec une augmentation constante et du nombre de places mais également du nombre de détenus.

 

 

 

Le gouvernement prévoit la fin des très courtes peines. Ça fait des années qu'on entend ce discours. Peut-on espérer que les choses évoluent de ce côté-là ?

 

 

Pour l'instant, on est encore sur des effets d'annonce et des nouveaux textes qui ont été votés, mais on a eu des dizaines de réformes qui allaient dans ce sens ces dernières années. Maintenant, on jugera sur acte. Aujourd'hui il y a plus de 1 600 personnes dans les prisons françaises qui dorment par terre sur des matelas. Il n'y a pas assez de lits. Les cellules des maisons d'arrêt sont pour la plupart autour de 9 mètres carrés, certaines sont même plus petites. Vous pouvez avoir trois voire quatre personnes incarcérées dedans. Du fait de cette surpopulation, il y a peu d'offres d'activités, peu de parloirs, peu d'accès à des activités ou au travail. Ce qui fait que les gens restent enfermés 22h sur 24 en cellule pour beaucoup, enfermés avec trois autres personnes que vous n'avez pas choisies. Il est bien évident que les situations de tensions deviennent quotidiennes.

 

 

 

Que recueillez-vous comme témoignages au niveau de l'OIP ?

 

 

La violence, liée à la promiscuité, des tensions avec le personnel. Les surveillants passent leur temps à courir pour ouvrir des portes. Ils sont malheureusement obligés de limiter leurs mouvements car ils ne sont pas en nombre suffisant par rapport au nombre de détenus. Les surveillants sont en première ligne, car ce sont eux qui sont en contact au quotidien avec les personnes détenues. Un surveillant nous disait il n'y a pas très longtemps : "Le matin quand je fais ma ronde et que j'ouvre les portes des cellules au moment du réveil, je suis toujours extrêmement angoissé, parce que je ne sais pas si derrière, je ne vais pas retrouver une personne qui s'est pendue, deux personnes qui se sont entre-tuées ou si je ne vais pas me prendre finalement une chaise, une table ou un plateau dans la figure, puisque ce sera l'expression du malaise de la personne détenue qui est de l'autre côté".

 

 

 

Quel autre type de problèmes pose cette surpopulation carcérale ?

 

 

L'accès aux soins est mis à mal également, le nombre de médecins ne correspond pas au nombre réel de personnes détenues. Dans pas mal de prisons, les soignants ont à gérer l'urgence, mais ne peuvent absolument pas faire d'autres consultations. Cela, on le retrouve dans d'autres secteurs, l'accès à l'éducation, au travail, aux activités. Pour les parloirs, il y a énormément de demandes, il y a plus de détenus et donc plus de familles qui demandent. Tous les parloirs ne sont pas assurés, cela crée un isolement complémentaire puisqu'on perd la possibilité de voir régulièrement sa famille. Les conseillers d'insertion et de probation qui sont déjà en nombre tout à fait insuffisant sont totalement débordés et n'arrivent pas à gérer la préparation à la sortie et finalement, l'insertion des gens.

 


15/05/2019
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Franceinfo - le mercredi 15 mai 2019

 

 

Harcèlement, insultes, agressions physiques en forte progression... Ce qu'il faut retenir du rapport sur l'homophobie

 

 

 

L'association SOS Homophobie publie ce mardi son rapport sur l'année 2018. Il constate notamment que le nombre d'agressions physiques envers les personnes LGBT+ a augmenté de 66% en France

 

 

 

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Des manifestants protestent contre les violences envers les personnes LGBT+, le 23 octobre 2018, à Rennes (Ille-et-Vilaine). (ESTELLE RUIZ / NURPHOTO / AFP)

 

 

 

"2018 a été une année noire" en France pour les personnes LGBT+. C'est le constat dressé par Joël Deumier, président de SOS Homophobie. L'association publie, mardi 14 mai, son rapport annuel sur les actes LGBTphobes, construit à partir des témoignages reçus via son site internet. Pour rappel, le sigle LGBT+ englobe les personnes lesbiennes, gays, bisexuelles et transgenres, auxquelles s'ajoutent notamment les queers et intersexes.

 

 

Au total, 1 905 faits – insultes, violences, discrimination – ont été signalés dans tout le pays, soit 15% de plus qu'en 2017. Pour enrayer ces violences, le président de SOS Homophobie demande au gouvernement d'appliquer toutes les mesures annoncées fin 2018 après la vague d'agressions homophobes observées dans le pays : "Sur les onze annoncées, seulement deux ont été mises en œuvre", constate Joël Deumier.

 

 

Franceinfo vous présente trois chiffres marquants, ainsi que quelques témoignages extraits du rapport.

 

 

 

Les agressions physiques explosent : +66%

Le chiffre. C'est l'élément le plus inquiétant du rapport. En 2018, 231 agressions ont été signalées à l'association, soit 66% d'augmentation par rapport à l'année précédente, un record depuis la première publication de ce rapport en 1994. "L'homophobie est de plus en plus violente et se manifeste par des coups", regrette Joël Deumier, président de l'association, qui souligne qu'il y a eu une agression physique par jour au dernier trimestre 2018. Pour expliquer cette recrudescence, le rapport note cependant que les victimes "ne se cachent plus" et "osent de plus en plus témoigner", via notamment la publication de leur visage tuméfié sur les réseaux sociaux. "C'est dramatique, mais c'est aussi salutaire. Cela montre que l'homophobie n'est plus niée", analyse Joël Deumier.

 

 

 

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Ces agressions se déroulent la plupart du temps (35%) dans les lieux publics. "Il est encore difficile, quand on est une personne LGBT, de manifester des signes d’affection, de tenir la main de son conjoint ou sa conjointe en toute liberté, sans crainte de s’exposer à du rejet, des insultes, des violences", regrette SOS Homophobie.

 

 

Le témoignage. "En Normandie, Jean-François, âgé d'une trentaine d'années, a rencontré un autre homme via un réseau de rencontres. C'est la deuxième fois qu'il l'invite chez lui. Mais cette fois, son invité arrive accompagné d'un homme armé. Jean-François est frappé à la tête avec la crosse du pistolet. L'homme qu'il avait rencontré demande au porteur de pistolet de tuer Jean-François. Finalement, ils se rendent compte de la gravité de leur comportement et préfèrent fuir. Jean-François a porté plainte et s'est rendu à l'hôpital pour faire soigner ses plaies." 

 

 

 

Les signalements toujours en hausse : +15%

Le chiffre. La hausse est moins marquée, mais significative. Les témoignages d'actes LGBTphobes ont augmenté de 15% en 2017, pour s'établir à 1 905. "Le nombre de ces témoignages est proche des 1 977 enregistrés en 2012, lors du début des débats sur l’ouverture du mariage aux personnes de même sexe", note l'association. L'année suivante, en 2013, ce chiffre avait culminé à 3 517 signalements, le record enregistré par SOS Homophobie depuis les premiers chiffres de 1994.

 

 

 

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Internet est le premier lieu d'expression de ces actes LGBTphobes (23%), une constante depuis 2010. Les autres sont commis dans les lieux publics (13%), au travail (11%), en famille (10%) et dans le voisinage (9%).

 

 

Le témoignage. "Aminata est enceinte de sept mois. Une photo d'elle et de sa compagne a été volée de son profil et repostée sur Facebook avec des propos lesbophobes, dans le but de les intimider et de les dénigrer. Elle nous écrit pour savoir comment réagir, s'avouant particulièrement sensible à ce stade de la grossesse."

 

 

 

Les actes contre les lesbiennes en forte augmentation : +42%

Le chiffre. Autre tendance inquiétante de ce rapport, la forte augmentation des actes lesbophobes : + 42% et 365 cas signalés, "soit un acte lesbophobe par jour". Ils représentent aujourd'hui 22% de l'ensemble des situations enregistrées, contre 16% l'an passé. Pour SOS Homophobie, "ces chiffres sont probablement davantage révélateurs de la prise de parole des lesbiennes que le reflet d'une augmentation de la lesbophobie".

 

 

 

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Le témoignage. "Mélanie et sa copine sont dans un bar parisien. Elles s'embrassent et un homme leur demande de 'rejoindre le bisou'. Surprises, elles rétorquent sans ambiguïté : 'Wow, non !' L'homme leur dit alors que 'deux meufs ensemble, c'est du gâchis'. Ses potes essaient de le calmer. Plus tard, il essaie encore de 'rejoindre le bisou'. Le barman lui demande de les laisser tranquilles. Ce à quoi l'agresseur répond : 'C'est pas moi le problème, c'est elles.' Il sort en proférant de jolies insultes lesbophobes : 'Sales gouines, ça ne devrait pas exister, allez vous brouter la chatte ailleurs !'"

 


14/05/2019
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Franceinfo - le jeudi 2 mai 2019

 

 

Faut-il s'inquiéter de la radicalisation non violente en France ?

 

 

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propos recueillis parLouis SanFrance Télévisions

 

 

 

 

Franceinfo a interrogé Olivier Bobineau, co-auteur du livre "La Voie de la radicalisation, comprendre pour mieux agir", qui paraît jeudi

 

 

 

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 Franceinfo a interrogé le sociologue des religions Olivier Bobineau, co-auteur du livre "La Voie de la radicalisation, comprendre pour mieux agir", qui paraît le 2 mai 2019. (JESSICA KOMGUEN / FRANCEINFO)

 

 

 

Leur constat est alarmant. Dans le livre La voie de la radicalisation, comprendre pour mieux agir (éditions Armand Colin), qui paraît jeudi 2 mai, Olivier Bobineau, sociologue des religions, et le préfet Pierre N’Gahane, qui a dirigé le Comité interministériel de prévention de la délinquance, livrent une analyse de la montée de l'islamisme en France depuis les années 1980.

 

 

Ce travail sociologique et historique s’est inspiré d'une enquête menée dans le cadre d'une commande publique, lors de laquelle le cabinet d'études d'Olivier Bobineau a accompagné 1 040 personnes (569 enfants en école primaire, 304 collégiens, 62 lycéens et 105 personnes âgés de 16 à 35 ans), en région parisienne et dans l'ouest de la France. Pour des raisons de confidentialité, aucun propos n'est rapporté, aucun détail personnel sur le vécu des personnes entendues n'est révélé. Il s'agit d'un examen à froid d'événements géopolitiques et de phénomènes sociétaux à l'aide de concepts issus de l'anthropologie et de la sociologie. Prônant le "pas de côté", les deux auteurs s'intéressent aux "orphelins du sens" et se concentrent sur la "radicalisation non violente" qu’ils estiment être le "terreau" du terrorisme islamiste.

 

 

 

Franceinfo : Qu’entendez-vous par "radicalisation non violente" ?

 

 

Olivier Bobineau : Nous entendons souvent parler de radicalisation. Dans l’opinion publique, dans les médias, elle est associée à la violence terroriste issue du jusqu’au-boutisme islamiste. Nous sommes victimes de la conception anglo-saxonne, qui associe la radicalisation à la violence, à l'extrémisme physiquement exercé sur le corps des autres. Or, de notre point de vue, la radicalisation est un processus qui concerne tous les individus dès lors qu’une personne met en premier une valeur, une règle ou une norme dans son identité individuelle, mais aussi dans l’identité collective. Il peut s'agir de la religion, de l'amour, de l'argent, du travail... D’un point de vue conceptuel, nous proposons une définition originale de la radicalisation qui va à l’encontre de l’opinion commune.

 

 

 

Pourquoi s’intéresser à ce phénomène plus particulièrement ?

 

 

La radicalisation non violente est le cheval de Troie de la radicalisation violente. Il nous semble capital de comprendre la première, que nous appelons la radicalisation oubliée, pour comprendre la seconde. On nous fait croire souvent que, subitement, une personne a commis un acte criminel. Je n'en suis pas convaincu. Au regard des rares recherches dont nous disposons sur le sujet, il y a un processus de construction identitaire qui s’inscrit nécessairement sur une longue durée.

 

 

Nous ne basculons pas comme cela dans la violence, à moins d’être malade. Dans un rapport de 2016 du Comité interministériel de prévention de la délinquance et de la radicalisation, Tobie Nathan [ethnopsychiatre, auteur du livre Les Âmes errantes] montre que sur les 60 candidats français au jihadisme qu'il a suivis, donc radicalisés et violents, seuls 6 d’entre eux, soit 10%, souffrent d’un trouble psychiatrique. Alors que fait-on des 90% restants ? Aujourd’hui, la radicalisation violente n’est perçue que d’un point de vue psychologique et juridique, pas d'un point de vue sociologique et anthropologique.

 

 

Interrogés par franceinfo, les ministères de l’Intérieur, de la Justice et de l’Education nationale estiment que la notion de "radicalisation non violente" n’est pas pertinente. Qu’en pensez-vous ?

 

 

Il faut faire la distinction entre radicalisation violente et radicalisation non violente parce que cette dernière, aujourd'hui, ne peut pas faire l'objet de sanctions juridiques alors que la radicalisation violente, via l'apologie de valeurs antirépublicaines, l'apologie du terrorisme ou l'incitation au trouble à l'ordre public, est encadrée juridiquement. Ce que nous disons, c'est que la radicalisation non violente ne peut pas faire l'objet de sanctions juridiques, mais qu'il faut bien trouver des réponses. Si les pouvoirs publics ne font pas le distinguo, ils ne peuvent pas comprendre le phénomène et ne peuvent pas agir.

 

 

 

Il existe un plan national pour la prévention de la radicalisation, des stages de sensibilisation à la citoyenneté... Peut-on vraiment dire que les autorités n’agissent pas en amont ?

 

 

Encore une fois, tant qu’ils ne font pas la distinction, en termes de mesures publiques, ils se tromperont d’objectif. Si un médecin ne fait pas le bon diagnostic, les médicaments qu’il va prescrire ne guériront pas. La radicalisation non violente est un processus long, qui comprend plusieurs étapes. Et si nous ne la comprenons pas, comment allons-nous la prendre en charge ? Nous allons reproduire des mesures provisoires, ouvrir un centre dit de "déradicalisation" et le fermer un an plus tard...

 

 

 

Quelles sont les origines de cette radicalisation non violente ?

 

 

Nous en sommes là parce qu’il y a eu des rendez-vous manqués. Ce qui est proposé dans le livre, c’est une radiographie du lien social en France et une histoire des échecs de l’intégration. Une certaine catégorie de la population a connu un plafond de verre, des obstacles, et n’a pas pu participer à la dimension sociale, économique, politique et religieuse de la société.

 

 

La radicalisation non violente naît de la rencontre entre une demande et une offre. D'un côté, nous avons une demande identitaire, une demande de repères, de racines, de sens. En face, nous avons une offre qui fournit un kit identitaire avec le radicalisme religieux. Mais ce radicalisme est devenu politique. Cette offre politico-religieuse, c'est ce que j'appelle "l’intransigeantisme musulman", qui peut constituer le terreau du passage à l’acte violent.

 

 

 

Les personnes en quête identitaire sont ce que vous appelez des "orphelins du sens". Comment sont-ils apparus ?

 

 

On attendait des "beurs", dans les années 1980, qu'ils s'intègrent tranquillement, comme toute contre-culture, la contre-culture étant la culture d’un groupe social opposé à la culture dominante. En effet, le brassage des contre-cultures permet aux populations d'être assimilées. La contre-culture paroissiale opposée à la République, au XIXe siècle et au début du XXe, a été intégrée après la Seconde Guerre mondiale. Dans les années 1950, le rock’n’roll était considéré comme "diabolique", il est finalement devenu la musique de référence. Ceux qui portaient la contre-culture de Mai 1968 sont aujourd'hui des chefs d’entreprise, des patrons de presse, des ministres, des syndicalistes.

 

 

Mais la contre-culture des "beurs", des cités, avec sa musique, son langage, ses vêtements, son alimentation, n'a pas été assimilée, et a parfois été vue comme le "grand adversaire" de la société démocratique et libérale après des événements géopolitiques, des chocs, dont les ondes vont se propager et avoir des conséquences redoutables.

 

 

 

Pourquoi l’année 1989 est, selon vous, une année importante ?

 

 

Entre 1945 et 1989, le "grand adversaire" de l'Occident, c'est le barbu rouge, le bolchevik, qui avec son poignard ensanglanté fait peur au bourgeois. Mais en 1989, avec la chute du mur de Berlin, le grand adversaire communiste disparaît. Il est remplacé par le barbu vert, le vert étant le symbole de l’islam.

 

 

En 1989, l’ayatollah Khomeini lance une fatwa contre l'écrivain Salman Rushdie [pour son roman Les Versets sataniques], activant à l'échelle internationale la peur de l'islam radical. Il célèbre aussi fièrement les dix ans de la révolution islamique. C'est une personnalité à laquelle vont se référer certains "beurs", notamment certaines jeunes filles en France, qui vont se mettre à porter le voile iranien, mis en scène dans la sphère publique, à l'époque, le tchador.

 

 

Dans l’opinion, émerge un amalgame entre islam, musulmans, arabes et Maghreb. Un amalgame qui n’a pas de sens puisque l’ayatollah Khomeini est perse, qu’il n'apprécie pas les Arabes, qu’il est chiite duodécimain – c’est-à-dire représentant d’une branche ultraminoritaire de l’islam qui ne concerne que 1,2% de la population de confession musulmane mondiale – et que les Maghrébins qui sont en France, quant à eux, ont des racines religieuses sunnites.

 

 

En mars 1989, en France, des listes avec des "beurs" et des "beurettes" se présentent aux élections municipales. C’est la possibilité, pour cette génération, d'accéder au monde politique. Or, c’est un échec. Et pour les jeunes issus de l'immigration, il y a un conflit de loyauté impossible à résoudre. D’un côté, "je suis fidèle à mes racines maghrébines qui me rejettent" et de l’autre "je suis fidèle à la République, à la société d’accueil, à son système politique, mais qui peine à m'intégrer".

 

 

 

Pourquoi mentionnez-vous aussi l'année 2005 ?

 

 

Cette année-là, en France, une colère s'exprime avec les émeutes qui ont embrasé des quartiers sensibles à la suite de la mort de Zyed Benna et Bouna Traoré à Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis).

 

 

A l'international, deux événements capitaux surviennent. En janvier, Abou Moussab al-Souri, un jihadiste d’Al-Qaïda publie sur Internet un "appel à la résistance islamique mondiale". C'est une déclaration de guerre à l'Occident. En septembre, l'affaire des caricatures de Mahomet publiées par le quotidien danois Jyllands-Posten remet de l'huile sur le feu. Que se passe-t-il alors dans la tête de certaines Françaises et certains Français de la deuxième génération, mais aussi de la troisième génération ? Ils se disent : "Je viens de trouver un nouveau repère, la religion, je viens de trouver du sens alors que ça a été compliqué de m'intégrer socialement, économiquement, politiquement, et vous êtes en train de ridiculiser ce qui donne du sens à ma vie. Oui, je suis en colère."

 

 

C'est en 2005 que l'on franchit un cap fondamental : certains estiment qu'il faut passer à l'action politique, au nom de leur religion, contre les sociétés démocratiques.

 

 

 

En vous intéressant à des personnes radicalisées et non violentes, vous êtes tombés sur des profils qui sortent de la représentation générale des auteurs d'attentat, à savoir des délinquants qui ont sombré dans l'extrémisme religieux. Vous parlez de personnes diplômées, instruites. Cela vous a-t-il surpris ?

 

 

Non. Jusqu'à notre livre, nous nous fondons sur des corrélations (délinquance, milieu familial, fréquentations sur Internet) pour expliquer le passage à l'acte violent. Nous écrivons dans cet ouvrage qu'il peut y avoir une corrélation, mais que si nous adoptons l'approche sociologique et anthropologique de la construction identitaire, nous découvrons que le véritable enjeu, avant le passage à l'acte violent, est d'abord la recherche de sens, de cadres et de repères, et que cela ne concerne pas que des petits délinquants.

 

 

 

Le radicalisme musulman est-il différent des autres types de radicalisme ?

 

 

Le danger de la radicalisation non violente musulmane vient du fait qu'elle porte atteinte à la laïcité, en fusionnant le religieux et le politique. Mais ce n'est pas la seule. Toute radicalisation qui fusionne politique et religieux menace notre société. Le danger est de laisser la place à ce type de proposition qui prend un vernis religieux mais qui, derrière, est profondément politique, idéologique et qui a pour but de combattre notre République, notre régime de laïcité. 

 

 

 

Que faites-vous des autres radicalités ?

 

 

Nous sommes aujourd'hui à l'âge de la radicalité identitaire : nous tous, dans notre construction, cherchons un principe premier à nos actions. Il y a de la radicalité sur le plan politique, à l'extrême gauche, à l'extrême droite, mais également sur le plan syndical, ou encore dans certains groupuscules catholiques, juifs, protestants et orthodoxes.

 

Ce que je crains pour la société française, ce n'est pas que l'une de ces radicalités domine, mais que l'on assiste à une surenchère entre ces radicalités violentes. Et je sais que l'un des objectifs de "l'intransigeantisme musulman", mais aussi d'extrémismes politiques, c'est précisément que l'on se "tape sur la figure" pour aboutir à une révolution violente, à une guerre civile.

 

 

 

Quelle est votre solution ?

 

 

Pour ma part, la solution doit être durable. Je considère qu'elle réside dans l'éducation. C'est pourquoi je vais cofonder à l'automne le campus Montessori-Morin. Cette "école du sens pour toute la vie" s'inspire des travaux de la pédagogue Maria Montessori et des enseignements du philosophe et sociologue Edgar Morin, qui est notre parrain. Cette école repose sur trois fondements. Le premier est le fait de se comprendre soi tout en apprenant à gérer ses émotions. Le deuxième est la compréhension du monde dans sa complexité en développant un esprit critique et non pas à travers la simplification proposée par toutes les radicalités violentes. Le troisième fondement réside dans l'altruisme, à travers la conception du visage d'Emmanuel Levinas, visage si fragile et pourtant infiniment intense pour chaque relation humaine, et la paix entre chacune et chacun en s'inspirant de l'anthropologue Marcel Mauss. Ce dernier conclut son Essai sur le don, en 1925, en écrivant : "Soit les hommes s'écartent, se méfient et se défient, et c'est la guerre, soit ils se traitent bien, se confient et c'est la paix."

 


02/05/2019
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Franceinfo - le mardi 30 avril 2019

 

 

Saint-Emilion : un viticulteur produit du "vin de Dorne" en hommage à "Game of Thrones"

 

 

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franceinfo Culture avec agencesRédaction CultureFrance Télévisions

 

 

 

Le producteur du "Dornish Wine" a voulu faire un vin qui pourait se rapprocher le plus de celui de Dorne, région de la série "Game of Thrones", tel qu'il est décrit dans les romans de George RR Martin

 

 

 

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Une bouteille de "Dornish Wine", produit par le viticulteur Thibault Bardet, fan de la série "Games of Thrones". (Thibault Bardet)

 

 

 

"Fruité, puissant mais facile à boire, soyeux", tel est le vin préféré des nobles de Dorne, au sud de Westeros. Un passionné de la série culte Game of Thrones, Thibault Bardet, a recréé au sein de la propriété familiale près de Saint-Emilion, un "Dornish Wine" (Le vin de Dorne) et "The Imp's Delight" (Le délice du lutin). "J'ai voulu faire un hommage, un vin qui peut être bu dans Game of Thrones. Je n'ai pas essayé de faire le meilleur vin possible, mais le vin le plus proche de la série", explique ce fan depuis huit ans de la série américaine, dont la huitième et dernière saison est diffusée depuis le 14 avril dans 186 pays.

 

 

Un vin très fruité

Aux Vignobles Bardet à Vignonet (Gironde), l'aventure débute réellement en 2016 lorsque Thibault et ses amis voient dans un épisode le personnage de Tyrion Lannister boire du vin : "On s'est dit : Ce serait super de pouvoir le déguster". Vérification faite sur internet qu'aucun vin de ce type n'existait déjà, il décide de le reproduire. "La série en parle très peu. Mais dans les livres, c'est énorme. J'ai tout simplement fait un copier-coller des références sur le vin. Ce qui fait un total de 40 pages word sur les milliers de pages des romans de George R. R. Martin", raconte le jeune homme de 29 ans. Fiche technique en poche, il est allé voir son père qui s'occupe de la partie technique. "Un vin très fruité, intense, sombre, puissant, avec des petites notes de barrique, soyeux : c'est facile, c'est un 100% Merlot de Bordeaux", a aussitôt répondu Philippe Bardet.

 



Comme le climat aride de Dorne, selon le roman, ils choisissent une parcelle de sable en appellation Saint-Emilion pour le "Imp's Delight", tandis que le "Dornish Wine" est un Castillon Côtes de Bordeaux. Les baies les plus petites sont sélectionnées pour leur concentration et le vin passe un petit temps en barrique pour rappeler l'époque de cette série d'heroic fantasy.

 

 

 

Les emblèmes des Martell, famille régnant sur Dorne

Pour aller encore plus loin dans l'esprit de Game of Thrones, le "Imp's delight" que souhaite faire, rappelle-t-il, Tyrion Lannister pour ses amis une fois la guerre terminée, ne contient pas de soufre comme au Moyen-Age, ce qui donne à ce vin "une couleur plus violette, plus intense" et un goût "un peu plus puissant". Ronde comme les boucliers de Dorne, l'étiquette couleur or avec l'emblème du lion rappellent la famille Lannister tandis que celle du "Dornish Wine", reprend les couleurs orange, typiques de la région, avec les emblèmes de celle des Martell : le soleil et les lances.

 

 

 

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Une bouteille de "The Imp's Delight", vin produit par Thibault Bardet, fan de "Game of Thrones". (Thibault Bardet)

 

 

 

Car la présentation de la bouteille est affaire de marketing. Thibault a poussé l'esprit de détail jusqu'à mettre de la cire dessus et remplacer la traditionnelle bouteille bordelaise par un flacon plus rond et lourd. Après ce millésime 2016 au goût de Dorne, les vignobles Bardet n'entendent pas continuer l'aventure face aux demandes de la production HBO, qui les a cependant autorisé à écouler leurs stocks : 30 000 bouteilles sont encore disponibles selon Thibault Bardet. Un nombre suffisant pour peut-être en envoyer à l'auteur de la saga et aux acteurs, comme en il en rêve, lui qui aime regarder la série avec son groupe d'amis et une bouteille de chaque cuvée : "C'est mieux que la 5D, c'est immersif !"

 


30/04/2019
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Franceinfo - le mardi 30 avril 2019

 

 

Affaire Vincent Lambert : la CEDH rejette la requête des parents, qui souhaitaient le maintien des soins pour leur fils, plongé dans un état végétatif

 

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

 

Le Conseil d'Etat avait validé la semaine dernière la décision d'arrêter les soins envers Vincent Lambert, prise en avril 2018 par le CHU de Reims. Mais la bataille judiciaire n'est pas terminée pour autant

 

 

 

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Viviane Lambert, mère de Vincent Lambert, le 20 janvier 2019 à Paris. (MICHEL STOUPAK / NURPHOTO / AFP)

 

 

 

C'est une nouvelle étape dans le long parcours judiciaire qui oppose, depuis 2013, les parents de Vincent Lambert aux médecins. La Cour européenne des droits de l'homme a rejeté, mardi, la requête des parents de Vincent Lambert contre l'arrêt du Conseil d'Etat qui avait validé la semaine dernière la décision d'arrêter les soins de leur fils, dans un état végétatif depuis dix ans. La CEDH a "refusé les demandes de mesures provisoires qui lui ont été présentées, à savoir de suspendre l'exécution de l'arrêt du Conseil d'État du 24 avril 2019 et prononcer une interdiction de sortie du territoire de Vincent Lambert", a-t-elle annoncé dans un communiqué.

 

 

Vincent Lambert, ancien infirmier psychiatrique de 42 ans, est dans un état végétatif à la suite d'un accident de la route en 2008. Il souffre de lésions cérébrales "irréversibles", selon l'avis de plusieurs médecins et experts. Ceux-ci souhaitent arrêter de le maintenir artificiellement en vie. 

 

 

 

Les parents poursuivent leur bataille judiciaire

Après la validation de la décision médicale d'arrêter les soins par le Conseil d'Etat le 24 avril, les parents de Vincent Lambert ainsi que son demi-frère et une de ses sœurs, avaient saisi la CEDH et le Comité international de protection des droits des personnes handicapées (CIDPH) de l'ONU, ultimes recours d'une bataille judiciaire qui dure depuis plus de six ans. La femme de Vincent Lambert, Rachel, son neveu et six de ses huit frères et sœurs souhaitent, pour leur part, l'arrêt des soins.

 

 

Déjà saisie en 2015, la CEDH avait validé l'arrêt des soins dans un arrêt de grande chambre. "Si nous ne pouvons que déplorer cette décision de la CEDH qui condamne Vincent Lambert à mort pour la 5e fois, c'est du CIDPH que nous attendons aujourd'hui et principalement que les droits de Vincent Lambert soient enfin défendus", ont réagi dans un communiqué ses parents, son demi-frère et sa sœur.

 


30/04/2019
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Franceinfo - le lundi 29 avril 2019

 

 

Indépendance, speed dating et réalité virtuelle : bienvenue dans les villages retraite, nouvel eldorado des seniors

 

 

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Noémie LeclercqfranceinfoFrance Télévisions

 

 

 

L’espérance de vie qui s’allonge, l’arrivée des "baby-boomers" à l’âge de la retraite et une volonté plus forte d’indépendance des personnes âgées incitent à repenser le logement des retraités. Reportage  dans une résidence pour seniors de Saint-Mandé, près de Paris

 

 

 

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Le salon-club de la résidence seniors de Saint-Mandé (Val-de-Marne), ouverte en juillet 2018. (THOMAS BOIVIN / LES SENIORIALES)

 

 

 

"C’est le paradis, ici !" Ongles manucurés, brushing impeccable, boucles d’oreilles bleues assorties à sa tenue... Martha, 85 ans, ne tarit pas d’éloges sur sa résidence "services seniors". Installées à Saint-Mandé (Val-de-Marne) depuis juillet 2018, entre une crèche et des appartements fraîchement construits, Les Senioriales promettent aux locataires de couler une retraite heureuse "aux portes de Paris".

 

 

Les résidences services seniors, en ville, et les villages retraite, plutôt à la campagne ou dans les petites villes, proposent aux personnes âgées autonomes de disposer de leur propre logement tout en bénéficiant de services et d’aides adaptés. Repas, loisirs, espaces de rencontre, aide ménagère… Le concept, venu des Etats-Unis, séduit les retraités "qui craignent de perdre en autonomie et qui ne veulent surtout pas entrer en Ehpad ou en maison de retraite trop tôt", commente Mélissa Petit, docteure en sociologie spécialisée dans les modes de vie des seniors.

 

 

 

Un marché en pleine expansion

Des solutions de logement de plus en plus sollicitées. On comptait 580 résidences de ce type en France en 2016. Le chiffre est passé à 728 en 2018 et il devrait grimper à plus de 1 000 d'ici à 2020 : soit une augmentation de 54% en quatre ans, selon une étude de marché du site logement-seniors.com

 

 

 

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La résidence Les Senioriales de Saint-Mandé (Val-de-Marne). (THOMAS BOIVIN / LES SENIORIALES)

 

 

 

Une analyse que Martha approuve : "Avant, j’étais dans une résidence classique, ça n’avait rien à voir, sourit-elle. Ici, on ne nous force à rien, on s’adapte à nous, on nous connaît." La directrice de la résidence, Victoria Nguyen, tailleur noir et talons aiguilles rouges, salue chaque résident qui passe devant son bureau, demande des nouvelles des enfants des uns, ou si le repas de la veille était au goût des autres. "L’avantage, c’est que notre structure est petite. Avec 70 logements, on peut garder un lien particulier avec chaque personne", appuie la jeune femme. En charge de l'établissement depuis son ouverture en juillet 2018, elle souhaite "en finir avec les clichés sur les personnes âgées, souvent mises au ban de la société."

 

 

 

"J'avais besoin de retrouver la tranquillité"

En moyenne, les seniors vivent en effet aujourd'hui plus longtemps et en meilleure santé qu’avant : seules 8% des personnes âgées sont dépendantes et nécessitent une aide ou une surveillance régulières, d’après le ministère de la Santé et des Solidarités. "On est dans l’ère de la 'retraite-loisirs', estime Anne-Marie Guillemard, professeure en sociologie à l’université Paris-Descartes. En France, la durée moyenne d’une retraite est de vingt-huit ans, il y a différentes phases, mais on s’oriente davantage vers un vieillissement actif" où maintenir des relations amicales et amoureuses est une priorité. Loin donc de la "retraite-retrait" des années 1970, où la fin de la vie professionnelle sonnait le glas de la vie sociale.

 

 

Anne-Marie Guillemard se montre néanmoins critique envers ces résidences services et ces villages retraite. "Les retraités ne veulent plus se retrouver avec des gens du troisième âge. Ils ne supportent pas cette ségrégation générationnelle", rapporte la professeure, pour qui ces formules ne sont pas en adéquation avec les aspirations d'une partie des personnes vieillissantes.

 

 

Une analyse que ne semblent pas partager les résidents des Senioriales de Saint-Mandé. Dans le salon-club, certains s’essaient à la réalité virtuelle –l’activité du jour– et débriefent leur partie de belote de la veille. "C’est quand même dommage qu’il n’y ait personne qui aime le bridge…" déplore Robert Berger.  A 93 ans, "le docteur", comme le surnomment ses camarades –du fait de son ancienne profession– est le doyen de la résidence. "Avant d’emménager ici, j’habitais une maison devenue trop grande sans mon épouse, se souvient le retraité. Et puis, je me suis fait attaquer deux fois devant chez moi, j’avais besoin de retrouver la tranquillité." Dans sa nouvelle résidence, l'ancien médecin généraliste se sent en sécurité : contrôle des visiteurs à l’entrée, visiophone dans les appartements, judas aux portes, rien ne manque.

 

 

 

Des sessions de speed dating

Comme la majorité des résidents des Senioriales, Robert Berger est veuf depuis plusieurs années. Avec l’allongement de l’espérance de vie, et la hausse des divorces après 60 ans, il y a de plus en plus de retraités qui se retrouvent célibataires .Mélissa Petit, sociologue à franceinfo

 

 

"Même si le sujet est encore tabou, les résidences seniors permettent de renouer des relations amoureuses…" glisse dans un sourire la sociologue. A Saint-Mandé, on attend impatiemment le premier mariage. "Il y a en eu une vingtaine sur l’ensemble des résidences du groupe, rigole la directrice. J’aimerais beaucoup en célébrer ici."

 

 

En février, à l’occasion de la Saint-Valentin, un speed dating a été organisé dans la résidence"On a eu plus de 40 inscrits, avec des seniors venus de tout Saint-Mandé et des alentours", se félicite Victoria Nguyen. Une ouverture sur l’extérieur fondamentale pour le bon fonctionnement de la structure. "C’est nécessaire que ces habitats s’intègrent pleinement au territoire et participent à la vie de la cité, appuie la sociologue Mélissa Petit.Et pour que ça ne devienne pas des 'ghettos de vieux', il faut y faire entrer d’autres générations.   

 

 

 

Connecter les générations

Chez Colette Gerbi, au 5e étage, étagères et murs sont couverts de clichés de ses petits-enfants. L'un deux dévoile son sourire édenté, devant un fond bleu ciel. L'autre pose devant le Grand Canyon, aux Etats-Unis. "Et encore, je n’ai exposé que mes photos préférées", précise l'octogénaire, quatre fois grand-mère. Dans son salon, lumineux et donnant sur une grande terrasse, et comme dans tous les appartements de la résidence, le canapé est convertible en lit. "Ça permet aux enfants et aux petits-enfants de venir passer quelques jours", indique la directrice de l’établissement. Le wifi haut débit et illimité est à disposition dans chaque logement, "pour inciter les jeunes à rester chez papy et mamie", glisse-t-elle.

 

 

 

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Victoria Nguyen, directrice de la résidence seniors de Saint-Mandé (Val-de-Marne) et Colette Gerbi, une des locataires, le 10 avril 2019. (NOEMIE LECLERCQ / FRANCE INFO)

 

 

 

Tout y est pensé pour faciliter le quotidien des résidents. Carrelage antidérapant, espace permettant l’accès en fauteuil roulant ou aux déambulateurs, prises situées à 80 cm du sol pour éviter d’avoir à se pencher. Colette Gerbi continue la visite de son appartement. "J’ai rajouté un meuble TV dans le salon, un autre dans la salle de bain…" montre la retraitée, qui "compte bien rester là longtemps !" Florence Franchi, chargée de communication du groupe des Senioriales, le rappelle : les résidences services pour les seniors sont des solutions de maintien à domicile. "Chacun a son appartement, rien n’est contraint, appuie-t-elle. Ce ne sont ni des maisons de retraite, ni des Ehpad."

 

 

Un chez-soi, avec quelques petits plus. Au cœur du dispositif, une personne disponible à l’accueil 7 jours sur 7 en journée. A l'image de Sabrina, qui gère l’intendance du lundi au vendredi. "Je m’occupe de l’accueil des résidents et de leur famille, mais mon travail va bien au-delà du bureau à l’entrée", explique l’ancienne employée d’hôtellerie de luxe. Une résidente vient justement demander de l’aide pour l’installation d’une box TV. "On me sollicite souvent pour des démarches en ligne, de plus en plus courantes et compliquées pour les personnes âgées", ajoute-t-elle. Son téléphone l'interrompt. Elle rassure, de sa voix douce et avec toutes les politesses possibles, le fils d'une résidente qui vient d'emménager. "Je vais aller voir comment ça va pour elle", promet-elle. 

 

 

 

L’opportunité en or de la "silver économie" 

Tous ces services ont un prix. "Mais c’est jusqu’à deux fois moins cher qu’une maison de retraite ou qu’un Ehpad", assure Florence Franchi. Les résidents paient médecins et soins infirmiers en fonction de leurs besoins, ce qui est considérablement moins coûteux qu’une surveillance médicale permanente. Quant aux prix des loyers, "ils suivent ceux de l’immobilier"local. Pour la résidence de Saint-Mandé, une ville huppée de l'est parisien, il faut débourser environ 1 500 euros par mois. "Nous faisons en sorte d'orienter les personnes vers un établissement correspondant à leurs besoins et à leurs moyens, précise la représentante du groupe. Si leur reste à vivre est trop faible, nous préférons envisager avec eux une autre solution." Les résidents ont ensuite droit aux aides au logement (APL) et à l'aide personnalisée d'autonomie (APA). Aux Senioriales de Saint-Mandé, la population est plutôt aisée. 

 

 

Sur l’ensemble des logements de ce type en France, la moyenne du loyer mensuel s'élève à 800 euros, charges et services hôteliers (ménage, petit-déjeuner, activités, gardiennage) compris. A titre de comparaison, une place en Ehpad coûte entre 3 000 et 5 000 euros par mois. Les deux ne s'adressent cependant pas au même public, puisque les résidences services seniors ne sont pas médicalisées et hébergent des personnes autonomes. Il s'agit d'une formule hybride de maintien à domicile : chaque résident dispose de son propre logement et peut, s'il le souhaite, participer à des moments de collectivité et bénéficier d'aides personnalisées.

 

 

 

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Colette Gerbi, résidente des Senioriales de Saint-Mandé (Val-de-Marne), sur le balcon de son appartement, le 10 avril 2019. (NOEMIE LECLERCQ / FRANCE INFO)

 

 

 

Les Senioriales appartiennent à Pierre & Vacances, pionnier du genre, mais d’autres groupes du secteur développent leur offre pour seniors.Derrière cet intérêt, beaucoup d'argent est en jeu car le marché de la "silver économie" est un marché d'avenir : les plus de 60 ans représenteront près d’un tiers des Français en 2030. Les "baby-boomers" arrivant à l’âge de la retraite, il y a, selon Mélissa Petit, "une vraie demande de diversité des habitats, qui doivent s’adapter aux besoins et aux désirs des seniors". 

 

 

Depuis son balcon, Colette Gerbi interpelle Jocelyne, une voisine de l’immeuble d’en face. "J’ai emménagé ici avant que la résidence n’ouvre, confesse cette dernière. Sans quoi, j’y aurais bien posé mes valises moi aussi..." Elle vient régulièrement participer aux animations proposées, ouvertes à tous. "C’est comme si les gens restaient jeunes…" 

 


30/04/2019
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Franceinfo - le dimanche 28 avril 2019

 

 

Gastronomie : à la découverte des insectes à croquer

 

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France 3France Télévisions

 

 

 

Manger des insectes. L'idée commence à faire son chemin. Reportage en France

 

 

 

À Coulombiers (Vienne), France 3 s'est rendue dans une ferme à insectes. Sur place, des milliers de petites bêtes nourris deux fois par semaine. Au menu ? Des carottes et un peu de farine. Ces verres sont élevés pour être mangés... par l'Homme. Pas vivants bien sûr, mais craquants et un rien aromatisés. Ces insectes peuvent ainsi être une bonne alternative aux chips, mais pas seulement...  

 

 

 

Des insectes pour remplacer la viande ?  

Des insectes pour nourrir la planète, le pari est osé, mais pas si bête pour une nutritionniste rencontrée par l'équipe de France 3. Les insectes sont certes allergènes, mais riches en protéines et en nutriments. "Selon la variété d'insectes, on va pouvoir être quasiment sur une équivalence de viande, voire parfois même plus", confie Maëva Bergeron, diététicienne-nutritionniste. Si de nombreux Français se sont déjà laissés tenter par l'aventure gustative, au pays de la gastronomie, il y a encore du chemin à faire. 

 


29/04/2019
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Franceinfo - le dimanche 28 avril 2019

 

 

Les femmes rondes en tenue légère défilent au Trocadéro contre les diktats de la mode

 

 

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franceinfo Culture avec agencesRédaction CultureFrance Télévisions

 

 

 

Mannequins grandes tailles et "femmes de tous les jours", y compris minces, petites et pas très jeunes, ont participé à la deuxième édition de ce défilé "body positive", terme emprunté à la culture anglo-saxonne

 

 

 

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Défilé de mannequins "rondes" dimanche 28 avril 2019 au Trocadéro, pour lutter contre les diktats de la mode (MARTIN BUREAU / AFP)

 

 

 

Une quarantaine de mannequins rondes ont défilé dimanche en tenues légères et sexy à Paris, devant la tour Eiffel, pour encourager les femmes à s'assumer face aux diktats de la mode. En nuisettes transparentes, en bas et sous-vêtements et toutes de blanc vêtues avec des ailes, clin d'oeil aux anges de la marque américaine Victoria's Secret, elles ont défié la pluie au Trocadéro, acclamées par des Parisiens et touristes qui les prenaient en photo.

 

 

 

"Mon corps est beau"

Les affiches qu'elles ont brandies pendant le défilé étaient aussi en anglais : "My body is beautiful" ("mon corps est beau") ou "your beauty through your diversity" ("ta beauté à travers ta diversité").

 

 

"L'idée du défilé est de représenter la majorité des femmes, montrer qu'elles sont belles malgré leurs 'défauts' qui en fait n'en sont pas parce qu'ils sont totalement naturels comme ventre, cellulite ou vergetures"Georgia Steinorganisatrice du défilé

 

 

Leslie Lauthelin, une mannequin mesurant 1,78 m et qui fait du 44-46, dit avoir des problèmes à trouver un vêtement à la mode. "Trouver quelque chose de branché à des prix attractifs, c'est limite impossible. Il faut qu'on s'habille avec de petites fleurs, des modèles assez vieillots. Trouvez une lingerie sexy en étant ronde, avec un bon maintien, c'est compliqué. Nous faisons cela pour que la mode bouge", a-t-elle expliqué.

 

 

Cette hôtesse de l'air blonde de 32 ans, mannequin grande taille, milite pour"ces femmes qui se sentent mal dans leur peau et font des dépressions à cause de cela"Elle-même, ancienne taille 36 passée au 44, avoue avoir pris"énormément de poids" à cause de ses ovaires polykystiques, "un problème hormonal dont on parle très peu".

 

 

 

La France à  la traîne

"En France nous sommes très, très en retard sur le sujet. On ne voit aucune diversité dans les campagnes publicitaires et sur les podiums. Le marché grandes tailles est minime, alors que la femme en moyenne fait une taille 42. Au-delà de 42, il y a 40% des femmes qui font une taille 44 et qui ne peuvent pas s'habiller dans les marques de grande distribution", s'insurge l'hôtesse.

 

 

La mairie de Paris a organisé en février une campagne contre "la grossophobie" pendant la dernière Fashion Week, mais le message peine à passer. Certaines grandes maisons interrogées alors par l'AFP n'ont pas voulu s'exprimer publiquement sur le sujet.

 

 

Connu pour son franc-parler, Karl Lagerfeld, la superstar planétaire de la haute couture, décédée en février, avait résumé en 2009 tout haut ce que d'autres stylistes laissent entendre : "Personne n'a envie de voir des femmes rondes sur les podiums". Georgia Stein explique ces réticences en France par "le pourcentage de surpoids moindre" qu'aux Etats-Unis ou en Grande-Bretagne et les différences de mentalités.

 

 

Aux Etats-Unis, elles s'assument complètement, une femme en taille 50 va porter une robe moulante, courte, avec des talons, un décolleté. En France, on va plus cacher ce qu'on a de trop ou pas assez.Georgia Stein

 

 

 

Vendre du rêve

"Les filles, n'oubliez pas vos ailes", lance Georgia Stein, en déshabillé blanc en dentelle, en ajustant un froufrou rose sur les bras d'une mannequin en nuisette fuchsia, la bouche écarlate, lors de derniers préparatifs avant le défilé, dans un café du Nord de Paris. Maquillées et couvertes de draps, elles se dirigent avec des ballons et des ailes vers le car qui les amène au Trocadéro.

 

 

L'équipe de Victoria's Secret a été questionnée pour savoir pourquoi il n'y a pas plus de diversité. "Ils ont répondu : 'parce que nous vendons du rêve'. Ils ont connu un boycott énorme sur les réseaux sociaux (...), Avec les ailes, on a voulu faire un clin d'oeil, pour dire qu'on est aussi des anges et qu'on vend du rêve", conclut Georgia Stein.

 


29/04/2019
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Franceinfo - le vendredi 26 avril 2019

 

 

Système à points, calendrier… Sept questions pour comprendre la réforme des retraites prévue par Emmanuel Macron

 

 

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Anne BrigaudeauFrance Télévisions

 

 

 

Le chef de l'Etat a livré ses grandes orientations sur cette réforme explosive lors de sa conférence de presse jeudi. Le gouvernement est désormais chargé de présenter au Parlement un texte qui conduirait à un "système universel à points"

 

 

 

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Des personnes manifestent lors d'une journée de mobilisation des "gilets jaunes", le 17 novembre 2018 à Toulouse (Haute-Garonne). (FRÉDÉRIC SCHEIBER / HANS LUCAS / AFP)

 

 

 

"Avec la réforme des retraites, il y a de quoi faire sauter plusieurs gouvernements." L'avertissement était lancé en 1991 par Michel Rocard, qui rendait un Livre blanc sur les retraites. Près de trois décennies plus tard, le débat fait toujours rage sur une ultime réforme des retraites censée régler la question. Le texte doit être présenté au Parlement avant la fin de l'année. Lors de la campagne présidentielle, Emmanuel Macron a promis de mettre en place un nouveau "système universel à points" pour le calcul des pensions, mais sans toucher à l'âge légal minimum de départ à la retraite, fixé à 62 ans.

 

 

>> Baisse de l'impôt, réindexation des retraites sur l'inflation, réforme du référendum... Ce qu'il faut retenir des annonces d'Emmanuel Macron

 

 

Un engagement qu'il a réitéré jeudi 25 avril lors de sa conférence de presse pendant laquelle il a livré toute une série de mesures pour répondre à la crise des "gilets jaunes". Des déclarations qui sont allées à l'encontre des membres de l'exécutif comme Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé, qui plaidaient pour repousser cette limite. Comment s'y retrouver dans les propos des uns et des autres ? Sur quoi planche le gouvernement ? Alors que les discussions doivent s'arrêter lundi 6 mai, franceinfo tente de démêler les enjeux.

 

 

 

1 - Comment fonctionne le système de retraite actuellement ?

Un salarié du secteur privé peut faire valoir ses droits à la retraite à partir de 62 ans. A cet âge, il peut bénéficier d'une pension de retraite de base à taux plein, soit 50% de son salaire annuel moyen sur les 25 années les plus avantageuses, s'il a cotisé un nombre suffisant de trimestres. Et le nombre de trimestres travaillés à atteindre s'allonge : les natifs de 1957, qui soufflent cette année leurs 62 bougies, doivent désormais cumuler 166 trimestres (41 ans et six mois) avant de bénéficier d'un repos bien mérité. A raison d'un trimestre supplémentaire rajouté tous les trois ans, il faudra au moins 42 ans de cotisation pour les générations nées à partir de 1961.

 

 

Dans le système actuel, un garde-fou a toutefois été instauré : l'assuré bénéficie automatiquement d'une retraite à taux plein  à partir de 65 à 67 ans (selon sa date de naissance), même s'il n'a pas tous ses trimestres. Sa pension est toutefois calculée au prorata du nombre de trimestres cotisés. Les fonctionnaires, eux, touchent 75% de leur dernier traitement indiciaire perçu depuis au moins six mois, s'ils justifient du nombre de trimestres requis. A ces deux grands régimes s'ajoutent une quarantaine de régimes spéciaux, qui permettent parfois, en raison de la pénibilité du métier, de partir plus tôt à la retraite.

 

 

Autre nouveauté : depuis 2015, un malus a été instauré pour les retraites complémentaires. Celles-ci sont amputées de 10% pendant trois ans si le retraité part dès qu'il a droit à une pension de base à taux plein (par exemple 62 ans pour un salarié né en 1957 qui a cotisé 41 ans et six mois, explique Le Monde). En revanche, si cette personne décide de retarder son départ à la retraite à 63 ans, le malus disparaît. Partir à 62 ans devient donc de plus en plus théorique, puisque cet âge est souvent insuffisant pour pouvoir profiter d'une retraite à taux plein.

 

 

 

2 - Pourquoi vouloir changer le système ?

C'était l'un des engagements de campagne d'Emmanuel Macron, qui souhaite faire disparaître les 42 régimes spéciaux de retraite actuels. Y a-t-il péril en la demeure ? "Non. Le système est bien équilibré, et il n'y a pas de péril financier pour l'instant", assène Michaël Zemmour, maître de conférences en économie à Lille et spécialiste du financement de l’Etat social. Car les différentes réformes (allongement de la durée de cotisation, report de l'âge du départ à la retraite de 60 à 62 ans...) ont porté leurs fruits. A l'exception du fonds de solidarité vieillesse qui reste déficitaire, "la Caisse nationale d’assurance vieillesse est excédentaire depuis 2016", relève le magazine Alternatives économiques (article abonnés).

 

 

Mais d'ici une dizaine ou une quinzaine d'années, la démographie risque de faire pencher la balance : si dans les années 1960, au cœur des Trente Glorieuses, il y avait quatre actifs pour un retraité, ce rapport est aujourd'hui de 1,7 actif pour un retraité, selon le site gouvernemental consacré à la réforme des retraites. Et il devrait encore baisser à 1,5 en 2040. "Cette dégradation, est-il précisé, s’explique principalement par l’allongement de l’espérance de vie, à laquelle s’ajoute une baisse de la natalité et du solde migratoire."

 

 

Si l'exécutif exclut d'augmenter les cotisations, la balance démographique risque donc de déséquilibrer le budget de l'Etat. D'où la volonté de mettre en place un système à points où la valeur du point serait fonction du nombre de retraités et de l'espérance de vie.

 

 

 

3 - En quoi consistera le futur régime ?

Il s'agira toujours d'un "système par répartition [où les actifs paient pour les retraités], public et obligatoire", précise le site gouvernemental consacré à la réforme des retraites. Et le système à points envisagé est moins neuf qu'il y paraît. "Les salariés du privé sont déjà familiarisés avec ce système grâce à leur retraite complémentaire Arrco et Agirc, expose Notre Temps. Dans un tel régime, les cotisations prélevées sur le salaire servent à 'acheter' des points. Lors du départ à la retraite, la pension est égale au nombre de points acquis multiplié par la valeur du point en vigueur à cette date."

 

 

 

Concrètement, l'actif cotise et accumule ainsi, chaque année, un certain nombre de points qui seront ensuite convertis en pension. Mais on ignore à l'avance la valeur des points puisque celle-ci dépend de facteurs qui ne sont connus qu'au moment de la liquidation des droits. "Le taux de remplacement [pourcentage du dernier revenu d'activité que conserve un salarié lorsqu'il prend sa retraite] dépendra du nombre de personnes à la retraite et de l'espérance de vie", développe Michaël Zemmour. Avantage de ce système : une fois acquis, les droits restent attachés à la personne tout au long de son parcours professionnel, même si celle-ci change de statut, passe du public au privé ou subit des ruptures dans sa carrière.

 

 

 

4 - Un système par points, ça va changer quoi concrètement ?

"On n'en sait rien pour l'instant, faute de simulation sur le site du Conseil d'orientation des retraites, assène Michaël Zemmour. Le simulateur existant prend en compte différents scénarios dans le système actuel, mais pour la réforme envisagée, c'est le brouillard." Néanmoins, les économistes livrent leurs premières hypothèses. "Aujourd’hui, le système prend en compte les 25 meilleures années, ce qui permet de gommer partiellement les 17 années les plus mauvaises. Avec le nouveau système à points où toutes les années comptent, une femme qui aurait passé 17 ans à temps partiel pour s'occuper de ses enfants et 25 ans à temps plein serait perdante", détaille l'économiste de l'OFCE Vincent Touzé, spécialiste de la protection sociale.

 

 

Il note aussi de nombreux points d'interrogation. "Comment le futur système à points intégrera-t-il les accidents de la vie ? Que deviendront les trimestres accordés pour la maternité ? Une pension minimum sera-t-elle garantie ? Il faudra traiter toutes les situations, y compris celle des fonctionnaires : leur système de retraite actuel [qui garantit, en gros, 75% de leur dernier salaire] fait partie de leur contrat de travail." 

 

 

Pour certains de ses détracteurs, ce nouveau système risque aussi d'inciter les gens à travailler plus longtemps pour gagner plus de points. "Dans un régime par points, on passe de droits dépendant en grande partie d’une durée d’assurance à des points accumulés à chaque période travaillée. Plus on souhaite en avoir, plus on poursuit sa carrière. C’est cela, le libre choix", assurait d'ailleurs le rapporteur Jean-Paul Delevoye dans Le Journal du dimanche.

 

 

 

5 - Où en est la réforme ?

Après un an de concertation avec les partenaires sociaux, Jean-Paul Delevoye doit donner sa vision des grandes orientations au printemps, et le projet de loi doit être déposé à l'automne 2019, selon le calendrier défini par l'exécutif. La tâche est éminemment complexe. Il s'agit, selon Les Echos, de construire "un système par points" où un euro cotisé donnerait les mêmes droits à tous, "quel que soit le moment où il a été versé, quel que soit le statut de celui qui a cotisé'".

 

 

Mais "faire converger la quarantaine de régimes de retraite en un système 'universel'", pour reprendre l'expression des Echos, est un travail d'orfèvre auquel il faut s'attaquer avec doigté et dont la mise en œuvre demandera du temps. D'où la tentation de changer dans l'immédiat quelques paramètres (recul de l'âge de départ à la retraite, allongement de la durée de cotisation…) pour s'assurer de la pérennité des ressources.

 

 

A noter : les retraités d'aujourd'hui ne seront pas touchés par la réforme. Et "les Français qui seront à moins de cinq ans de l'âge du départ à la retraite ne seront pas concernés", précise le site dédié à la réforme. Celle-ci devrait prendre effet à partir de 2025 et s'appliquera progressivement à tous les assurés, du public comme du privé.

 

 

 

6 - L'âge de départ à la retraite va-t-il être repoussé ?

Pendant la campagne présidentielle, Emmanuel Macron s'est engagé à ne pas toucher à l'âge minimum de départ à la retraite. Et il l'a de nouveau répété jeudi 25 avril lors de sa conférence de presse. Cet âge légal est fixé à 62 ans depuis la réforme mise en place en 2010 sous Nicolas Sarkozy, même si François Hollande a rétabli la possibilité de partir à 60 ans pour quelques milliers de salariés ayant débuté leur carrière à 18 ans. Mais plusieurs ministres ont nourri la confusion, suggérant un possible report de l'âge de départ, comme Agnès Buzyn, Edouard Philippe, ou le ministre de l'Action et des Comptes publics, Gérald Darmanin, le 1er avril.

 

 

"C'est la vision de Bercy, s'amuse l'économiste Michaël Zemmour. Si on reporte l’âge de départ à la retraite, [l'Etat] gagne un an de pensions qu'[il] n'a plus à verser. Mais cette économie n'est que partielle puisque seule une personne sur trois est en emploi à 62 ans. Pour vivre, les autres dépendent en grande partie des allocations-chômage, du RSA, des pensions d'invalidité ou d'autres mécanismes de solidarité, donc des deniers publics. Si on repousse la limite des 62 ans, ces dépenses-là vont s'accroître." Le spécialiste estime qu’on peut maintenir le niveau de vie des retraités par rapport aux actifs avec une hausse des cotisations de "0,15% par an".

 

 

Chargé de déminer le dossier, Jean-Paul Delevoye avait haussé le ton après les déclarations de ministres favorables au recul de l'âge légal de la retraite. Le 7 avril, le haut-commissaire chargé de la réforme a réaffirmé que sa "feuille de route" ne prévoyait pas de changer cet âge minimum "malgré la polyphonie gouvernementale". "Les engagements pris devant les partenaires sociaux en octobre dernier maintiennent la possibilité de partir à la retraite à partir de 62 ans dans le nouveau système universel", a-t-il assuré dans un entretien au quotidien Midi libre. Selon Le Canard enchaîné, Jean-Paul Delevoye a même menacé de démissionner si la cacophonie persistait.

 

 

 

7 - Cette réforme n'est-elle pas risquée avec la crise des "gilets jaunes" ?

Il y a fort à parier que l'exécutif restera prudent avant les élections européennes. D'autant que le contentieux des retraités avec Emmanuel Macron est déjà lourd, avec la désindexation des retraites et l'augmentation de la CSG pour les retraités gagnant plus de 1 200 euros mensuels (plafond relevé à 2 000 euros après un mois de révolte des "gilets jaunes").

 

 

Le chef de l'Etat a donc annoncé, jeudi, la réindexation des "retraites de moins de 2 000 euros" sur l'inflation à partir du 1er janvier 2020. "Les décisions que nous avons prises à l'automne ont été vues comme injustes, et doivent donc être corrigées", s'est justifié Emmanuel Macron. Le président de la République a également annoncé son souhait de voir disparaître "la sous-indexation" de toutes les retraites, quel que soit leur montant, à partir de 2021.

 

 

Mais ces annonces ne font pas oublier que le "taux de remplacement [du dernier salaire par la pension de retraite] diminue depuis 2012", remarque Michaël Zemmour. Le système à points, a priori, n'améliorera pas la situation. "Ça se matérialise, poursuit l'économiste, par la formule de Jean-Paul Delevoye : le montant actuel des retraites doit rester plafonné à 14 points de PIB, même si le nombre de retraités augmente. La France risque donc de suivre la même pente que celle empruntée par l'Allemagne et la Suède, où le niveau de vie des retraités a baissé ces dernières années, décrochant par rapport aux actifs." Avec des conséquences tangibles : outre-Rhin, dès 2017, près d'un million de retraités étaient contraints de travailler pour s'en sortir financièrement. Un chiffre en augmentation de 30% depuis 2005.

 


26/04/2019
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Franceinfo - le mardi 23 avril 2019

 

 

Plan pauvreté : l'Etat débloque 6 millions d'euros pour expérimenter des petits déjeuners gratuits dans les écoles de huit académies

 

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

 

Cette mesure fait partie des promesses du plan pauvreté, annoncé en septembre dernier par le président de la République

 

 

 

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Des enfants dans l'école Furstenberger à Mulhouse (Haut-Rhin), le 29 mars 2019. (MAXPPP)

 

 

 

L'Etat va financer des petits déjeuners gratuits à l'école à hauteur de 6 millions d'euros en 2019, ont annoncé le ministre de l'Education, Jean-Michel Blanquer, et la secrétaire d'Etat auprès de la ministre de la Santé, Christelle Dubos, mardi 23 avril. Cette mesure fait partie des promesses du plan pauvreté, annoncé en septembre dernier par le président de la République.

 

 

L'objectif est de permettre aux enfants de ne pas commencer la journée le ventre vide, de rester concentrés pendant toute la matinée et ainsi d'apprendre dans les meilleures conditions.Jean-Michel Blanquer et Christelle Dubos dans un communiqué

 

 

L'initiative a déjà été déployée dans huit académies tests (Amiens, La Réunion, Lille, Montpellier, Nantes, Reims, Toulouse et Versailles). Elle sera ensuite "généralisée au mois de septembre à l'ensemble du territoire français", précisent les deux ministres. A terme, ces petits déjeuners gratuits concerneront "100 000 enfants" dans les "territoires prioritaires". "Cette mesure participe à la réduction des inégalités, dès le plus jeune âge", ajoutent-ils.

 

 

Les écoles doivent être volontaires et appartenir à une zone REP (réseau d'éducation prioritaire), REP+, être établies dans des quartiers politique de la ville ou dans certaines zones rurales pour pouvoir bénéficier de l'initiative. Le ministère de l'Education nationale pilotera ce dispositif qui sera budgété à hauteur de "12 millions d'euros en année pleine, dès 2020".

 


23/04/2019
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Franceinfo - le dimanche 21 avril 2019

 

 

Un peu plus de la moitié des Français sont opposés à l'idée de "travailler plus", selon un sondage

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

 

 

 

Ce sondage relève de grandes disparités selon l'âge, l'électorat et la profession. Ainsi, chez les 65 ans et plus, 67% des personnes interrogées sont pour travailler plus

 

 

 

 

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Une majorité de Français interrogés sur la possibilité de "travailler plus" y sont opposés (54%), selon un sondage Ifop pour le "JDD", publié le 21 avril 2019. (MAXPPP)

 

 

Interrogés sur l'intention du président de la République, à l'issue du grand débat national, d'évoquer le principe de "travailler plus", 54% des Français y sont opposés, selon un sondage Ifop pour le JDDpublié dimanche 21 avril. Mais ce sondage relève de grandes disparités selon l'âge, l'électorat et la profession.

 

 

Ainsi, 75% des personnes proches de LREM et même 84% des répondants proches des Républicains (LR) sont d'accord avec l'idée de travailler plus, 62% des sympathisants du PS, 65% de ceux de La France insoumise et 67% de ceux du Rassemblement national y sont opposés.

 

 

 

La piste d'une nouvelle journée de solidarité

Les disparités sont importantes également selon l'âge des répondants. En dessous de 35 ans, 56% sont opposés à l'idée de travailler plus, une proportion sensiblement la même que dans la population de 35 ans et plus (53% contre). Mais les différences s'accentuent au sein de ce deuxième sous-groupe : parmi les 50-64 ans, l'opposition à l'idée de travailler plus grimpe à 65%, tandis qu'à l'inverse parmi les 65 ans et plus, 67% des personnes interrogées sont pour.

 

 

Enfin, 55% des artisans et commerçants sont favorables au fait de travailler plus, le taux tombe à 29% chez les ouvriers. Les dirigeants d'entreprises approuvent l'idée à 61%, mais ils ne sont que 39% parmi les salariés du privé, 35% parmi ceux du public et 26% parmi les chômeurs.

 

 

Interrogée par l'hebdomadaire sur le sujet, la députée LREM Aurore Bergé défend la proposition de son parti "d'une nouvelle journée de solidarité pour financer la prise en charge de la dépendance et du grand âge", se disant "persuadée que les Français sont d'accord pour travailler plus si on explique que 100 % des recettes de la journée de solidarité sont consacrées à la baisse de leurs impôts ou au financement des Ehpad".

 

 

*Le sondage Ifop a été réalisé en ligne du 17 au 19 avril, auprès d'un échantillon de 1 009 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas.

 


21/04/2019
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Franceinfo - le vendredi 19 avril 2019

 

 

Mortalité routière : "On nous a survendu le 80 km/h", dénonce l'association 40 millions d’automobilistes

 

 

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La mortalité routière est en hausse pour le troisième mois consécutif. Le nombre de tués sur les routes a augmenté de 7,3% en mars par rapport au même mois de l’année dernière

 

 

 

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Pierre Chaseray, délégué général de 40 millions d'automobilistes, invité de franceinfo mercredi 5 décembre.  (FRANCEINFO / RADIOFRANCE)

 

 

 

"On nous a survendu le 80 km/h", juge vendredi 20 avril sur franceinfo Pierre Chasseray, délégué général de l’association 40 millions d’automobilistes, alors que la mortalité routière est en hausse pour le troisième mois consécutif. Le nombre de tués sur les routes a augmenté de 7,3% en mars par rapport au même mois de l’année dernière.

 

 

"On nous a dit ‘ça va sauver une vie par jour’. Ça fait neuf mois, il y a eu trois mois de baisse de la mortalité, tout le reste c’est de la hausse", dénonce Pierre Chasseray, qui tient cette réforme pour partie responsable de ces mauvais chiffres. L’associatif s’insurge également contre le manque d’aménagements prévus pour les cyclistes sur les routes françaises.

 

 

 

franceinfo : La hausse du nombre de tués sur les routes concerne beaucoup les cyclistes. Faut-il mieux apprendre à partager la route ?

 

 

Pierre Chasseray : C’est évident et c’est un sujet polémique. Je fais partie de ceux qui pensent, avec l’association 40 millions d’automobilistes, qu’on envoie un maximum de gens sur des vélos alors qu’ils n’ont absolument aucun équipement routier. Quand on imagine qu’on envoie les cyclistes dans des voies de bus, il faut se poser les bonnes questions. On n’a pas d’aménagement hors agglomération. On a très peu d’aménagements en ville. Les cyclistes sont des usagers vulnérables. Il est bien évident que dans ces situations, forcément, ce n’est pas sécurisant.

 

 

 

Est-ce que ce n’est pas aussi aux automobilistes de s’adapter à ces nouveaux comportements ?

 

 

On a deux façons de voir les choses. Soit on pleure sur le lait répandu, soit on se pose la question de l’avenir. Je pense qu’il faut regarder devant et voir ce qu’on peut mettre en place pour ne pas envoyer des gens sur des vélos comme ça, les mettre dans un flux de circulation et se demander qui porte la responsabilité. Il faudrait prendre exemple sur un pays comme le Danemark qui fait des choses très intelligentes avec des équipements hors agglomération pour les vélos, sur le côté de la route, en dehors de la route, à 2 mètres 50 de la route… Ça me parait un peu plus intelligent que ce qu’on fait en France.

 

 

Aussi, il faut aussi faire attention à ne pas faire de l’usager une victime, qui est souvent le cycliste, la victime au sens qu’il n’est pas l’auteur de l’infraction. Il y a aussi, malheureusement, des victimes qui ont commis des infractions.

 

 

 

Peut-on faire un lien entre l’augmentation du nombre de morts sur les routes et les dégradations de radars ?

 

 

Ces dégradations ont commencé le 1er juillet 2018. Pourquoi ? Parce qu’il y a eu la mise en place du 80 km/h. 400% d’augmentation de dégradations de radars dès le mois de juillet 2018. Donc ceux qui sont en train de dénoncer les dégradations de radars, ce sont ceux qui ont mis en place la mesure qui a fait déborder le vase. On nous survendu le 80 km/h. on nous a dit ‘ça va sauver une vie par jour’. Ça fait neuf mois, il y a eu 3 mois de baisse de la mortalité, tout le reste c’est de la hausse. Elles sont où les 450 vies sauvées par an à coup sûr du Premier ministre. Il est où le bilan historique d’Edouard Philippe ? Il n’existe pas.

 

 

 

Mais alors, comment on remet un peu de sérénité là-dedans ?

 

 

Il faut se poser la question de savoir si une mesure a un effet ou pas. Le 80 km/h n’a pas eu d’effet. C’est un fait, c’est comme ça. Il y a un an, lorsqu’on en parlait sur votre antenne, je passais pour un hurluberlu. Aujourd’hui, on commence à prêter une oreille attentive à ce que dit 40 millions d’automobilistes depuis le départ. Dans le classement des pays de sécurité routière publié par l’Europe, les deux pays en tête, le Danemark et la Grande-Bretagne sont les deux modèles qui sont poussés par l’association 40 millions d’automobilistes. Le modèle suédois qui est vanté par la Sécurité routière vient de dégringoler de quatre places.

 


20/04/2019
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