L'AIR DU TEMPS

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SOCIETE et Consommation

Regards sur la société au travers de différents articles qui permettent une photographie de celle-ci au fil du temps qui passe...


Franceinfo - le dimanche 29 mars 2020

 

 

L'amour au temps du coronavirus : en couple, séparés ou célibataires, vous nous avez ouvert votre cœur à l'heure du confinement

 

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Noémie LeclercqfranceinfoFrance Télévisions

 

 

 

Comment s'aimer lorsqu'on reste enfermé chez soi ? A une période où tout semble être mis sur pause, franceinfo se plonge dans nos sentiments

 

 

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Comment aimer en étant confiné ? Vous nous avez raconté.  (Pierre-Albert Jausserand / Franceinfo)

 

 

 

La France est confinée depuis le mardi 17 mars. Une épreuve qui perturbe le quotidien et l'intimité de chacun. Dans ces conditions très particulières, des couples font l'expérience de la vie commune pour la première fois. Une révélation pour certains, un enfer pour d'autres. Il y a aussi les relations qui devaient se concrétiser, mais qui restent coincées au stade virtuel. Des amoureux, officiels ou extra-conjugaux, séparés par les circonstances. Ou bien encore ceux qui vivent ensemble mais ne se supportent plus et qui, pourtant, doivent composer avec l'autre pour un temps indéterminé.

 

 

>> Coronavirus : retrouvez les dernières informations sur l'épidémie de Covid-19 dans notre direct

 

 

Durant cette période historique, nos habitudes sont perturbées. Certaines vont disparaître, d'autres vont naître. Comment aime-t-on, comment drague-t-on en période de confinement ?

 

 

Autant de questions que nous vous posions dans un appel à témoignages. Vous avez été plus de 400 à y répondre, en moins de 24 heures. Sachez déjà que nous les avons tous lus, un à un. Des récits d'amoureux qui ont le confinement heureux, ou d'autres dont le cœur est brisé par la séparation, qu'elle soit choisie ou subie. Malheureusement, nous avons dû faire un choix pour n'en garder que quelques-uns et avons fait en sorte de prendre ceux qui, nous l'espérons, parleront au plus grand nombre. Bonne lecture !

 

 

 

Odette, 68 ans, en couple depuis 38 ans 

"J'ai eu deux cancers et maintenant je suis handicapée. Jean-Pierre, mon mari, s'est occupé et continue de s'occuper de moi pendant tout ce temps. Je lui dois la vie, c'est grâce à lui que j'ai tenu. C'est quelqu'un d'adorable – parfois un peu colérique, mais nous avons tous nos défauts, non ? –, de très attentionné. Et très bon cuisinier, en plus de ça ! Nous nous complétons bien : je suis très angoissée et lui, même dans des moments difficiles comme le confinement, garde le moral. J'ai une chance inouïe de l'avoir rencontré. Avec l'épidémie, les rôles s'inversent : comme c'est lui qui va faire les courses, j'ai très peur qu'il tombe malade.

 

 

Je savais déjà qu'il était mon bonheur, mais je m'en rends d'autant plus compte en ce moment. Odette à franceinfo

 

 

Une chose est sûre, s'il lui arrivait quelque chose, il irait à pieds joints au paradis. Mais j'espère bien mourir avant lui ! Alors, je fais extrêmement attention pour qu'il applique les gestes préventifs : lavage de mains minutieux obligatoire après être allé en courses. Nos habitudes n'ont pas changé : nous sommes à la retraite, nous sommes souvent ensemble. Mais nous faisons des efforts pour être plus souriants et à l'écoute que d'habitude aussi. Et surtout, nous nous disons encore plus souvent à quel point nous nous aimons."

 

 

 

Coline, 25 ans, célibataire et bien contente de l'être

"J'ai essayé deux applications de rencontre en début d'année. Ça a abouti sur deux rencontres dans la 'vraie vie', mais je me suis rapidement rendu compte que je n'avais ni l'envie, ni l'énergie pour m'investir dans une relation. Je suis donc célibataire, entièrement par choix, depuis mi-janvier.

 

 

Le confinement me rend on ne peut plus heureuse : vu que je reste chez moi, je ne me mets plus la pression en mode 'il faut que je ressemble à une personne civilisée et que je rencontre quelqu'un'. Coline à franceinfo

 

 

J'organise mes journées comme je veux, sans avoir à prendre en compte quelqu'un qui aimerait bien autre chose à la place, et c'est profondément libérateur. Quand je vois, sur les réseaux sociaux, les couples confinés ensemble, je suis contente pour eux si ça leur apporte une satisfaction, mais je sais que ce n'est pas pour moi en ce moment. Je ne regrette absolument pas de ne pas avoir cherché à ne pas être seule en cette période, au contraire : je me félicite d'avoir placé mon bien-être au premier plan plutôt que de chercher à répondre aux attentes de la société et aux injonctions à être en couple. Quand je ne télétravaille pas, je profite de mon temps pour me préparer de bons petits plats et laisser libre cours à ma créativité."

 

 

 

Eric, 42 ans, les difficultés de la famille recomposée

Nous aurions aimé être confinés ensemble, mais nos appartements respectifs sont trop petits pour accueillir cinq personnes à temps plein (moi et mes deux enfants, elle et son fils). Nous vivons donc séparément par la force des choses. Le manque est difficile et on ressent encore plus fort le besoin de se voir, de se câliner, de se réconforter et de se soutenir moralement. Nous avons tous les deux envie d'être là, d'être présent physiquement l'un pour l'autre.

 

 

Même si nous nous appelons beaucoup, rien ne remplace un sourire ou une caresse. Eric à franceinfo

 

 

S'ajoute à cela la frustration d'être si proches géographiquement (6 km à peine, 10 minutes en voiture) et à la fois si éloignés. Chaque jour ou presque je lui écris une lettre, en évoquant un souvenir commun, une anecdote amusante que nous avons vécue, quelques mots romantiques ou drôles. Pour garder une trace palpable de cette épreuve et de notre éloignement forcé, mais aussi car j'aime lui écrire et elle aime me lire. Une manière de conserver finalement un souvenir commun qui sera positif quand tout cela sera derrière nous."

 

 

 

Rachel, 45 ans, en couple mais seule

"Un sujet délicat a éclaté en dispute juste avant le confinement : notre emménagement commun, qui devait avoir lieu début mai. Vu comme c'est parti, le confinement peut remettre en cause notre emménagement – et pas seulement pour des questions pratiques. Pris par l'urgence de la situation, nous n'en parlons plus. Nous sommes confinés, ce n'est plus le sujet du moment. Pourtant, c'est un sujet primordial pour moi. Le fait que nous n'ayons même pas réfléchi à être confinés ensemble, même si cela semble compliqué, me semble aussi dire quelque chose de notre relation... Avec ce sujet, qui me reste en travers de la gorge, je n'arrive plus à répondre à ses appels.

 

 

Cette expérience met notre relation à l'épreuve de la réalité. Et la réalité, c'est que nous n'habitons pas ensemble. Rachel à franceinfo

 

 

Donc quand quelque chose d'aussi imprévu que le confinement arrive, notre relation est comme à l'arrêt, à cause d'un désaccord. Surmonterons-nous cette période à distance ? Cela me semble complexe."

 

 

 

Fabrice, 38 ans, accro aux SMS

"Nous venions de nous rencontrer quand le confinement a été déclaré. C'est très fusionnel ! Nous n'avons pas pu être ensemble pour vivre cette épreuve, alors nous compensons avec des SMS – plus de 200 chaque jour ! Le premier au réveil, le dernier dans un demi-sommeil, tard le soir. On se projette virtuellement. Nous évitons les appels et préférons les messages : comme notre relation est toute nouvelle, nous préférons cette option, moins intrusive, qui est libre de réponse. Nous échangeons des photos de notre quotidien, également. Certes, c'est un jeu de brainstorming pour se renouveler, et éviter les interprétations. Mais ça entretient la séduction des (tout) débuts.

 

 

Et bien sûr, il y a les sextos...Fabrice à franceinfo

 

 

C'est très rigolo car nos personnalités s'inversent complètement à ce moment : moi qui suis 'dans la vraie vie' très 'nature' et cash, je prends des pincettes et elle, douce et politiquement correcte, se lâche complètement ! Notre deuxième rendez-vous avait été génial, et on sait déjà que l'on se reverra à la fin du confinement."

 

 

 

Gisèle, 45 ans, retournée vivre avec son ex pour les enfants

"Depuis le début du confinement, je suis retournée vivre avec mon ex-mari. Comme nous nous entendons bien, ça nous a semblé plus simple pour la garde alternée de nos enfants. Evidemment, ce n'est pas toujours facile. Le fait que mon ex-mari ait une grande maison aide beaucoup. Et je fais partie des personnes qui vont au travail, étant salariée dans une entreprise qui fabrique du gel hydroalcoolique. Ça nous laisse respirer un peu. Quant à mon compagnon, la jalousie envers mon ex n'est absolument pas sujette à disputes : c'est acquis depuis des années que nous nous entendons bien.

 

 

Ça a été très compliqué au début, mais pour de tout autres raisons. Mon ex faisait partie de ces personnes qui ne respectaient ou ne comprenaient pas les consignes. Gisèle à franceinfo

 

 

Il s'y est mis petit à petit. Je dirais que, globalement, c'est une expérience extrêmement enrichissante et rare – du moins, j'espère !"

 

 

 

Carole, 44 ans, en couple depuis 25 ans

"En temps normal, mon conjoint et moi-même vivons à Annecy. J'ai rejoint mes parents dans le Jura (notre département natal) pour le confinement. Moi, j'aide mon père à m'occuper de ma mère, malade d'Alzheimer et qui n'y arrive plus depuis que les aides à domicile sont en arrêt. Mon conjoint est quant à lui chez ses parents, à quelques kilomètres de là. Bien que nous soyons proches, mon chéri me manque beaucoup. En temps normal nous vivons et travaillons ensemble 24h/24, puisque nous sommes indépendants. Au début du confinement, nous avons réussi à nous rejoindre à vélo, tous les deux jours, dans des endroits déserts de la petite ville où vivent nos parents. Nous avons déjà été séparés pour diverses raisons (voyages professionnels par exemple), mais ce que nous vivons est différent.

 

 

Ce confinement amène une autre dimension... plus angoissante et tragique, mais romantique aussi. Carole à franceinfo

 

 

Nous nous posons beaucoup de questions : 'Et si je ne pouvais plus jamais le revoir ? Et si l'un de nous deux tombait malade ?' Quand je l'attends lors de nos 'rendez-vous clandestins', je suis comme une adolescente. A la fois excitée de le retrouver et angoissée à l'idée d'être séparée de lui à nouveau. Désormais, nous allons certainement arrêter nos 'mini-retrouvailles' car nous souhaitons respecter le confinement. Ça va être très difficile. Mais nous nous aimons depuis plus de vingt-cinq ans et ce confinement renforce encore plus notre amour."

 

 

 

Annabelle, 24 ans, obligée d'éviter tout contact physique

"Je suis infirmière en réanimation néonatale. Mon conjoint est éducateur spécialisé, donc il travaille davantage depuis que les adolescents n'ont plus cours. Nous nous voyons encore moins qu'avant. Pour nous qui d'habitude partageons tout, c'est très compliqué : l'ambiance anxiogène donne lieu à des difficultés relationnelles. Et puis on doit forcément redoubler de précautions et éviter au maximum les contacts physiques : on se lave les mains encore plus que de besoin, on change de vêtements sur le pas de la porte en rentrant du travail, on ne boit plus dans le verre de l'autre comme ça pouvait nous arriver de le faire, on ne se fait qu'un bisou de temps en temps, sur le front… Je ne peux pas prendre le risque de transmettre le Covid-19 à mes petits patients, des bébés prématurés de 500 grammes ! Sachant que nous sommes moralement épuisés par nos boulots, c'est très compliqué."

 

 

On se sent un peu seuls alors que l'on vit ensemble. Annabelle à franceinfo

 


29/03/2020
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Franceinfo - le vendredi 27 mars 2020

 

 

TRIBUNE. "Plus jamais ça !" : 18 responsables d'organisations syndicales, associatives et environnementales appellent à préparer "le jour d’après"

 

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franceinfoRadio France

 

 

Face à "la crise du coronavirus" des organisations syndicales, associatives et environnementales réclament "de profonds changements de politiques", pour "se donner l'opportunité historique d'une remise à plat du système, en France et dans le monde"

 

 

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Dans le quartier d'affaires de la Défense, le 24 mars 2020 (photo d'illustration). (ALEXIS SCIARD / MAXPPP)

 

 

 

"Plus jamais ça ! Préparons le 'jour d'après'", 18 responsables d'organisations syndicales, associatives et environnementales parmi lesquels Philippe Martinez (CGT), Aurélie Trouvé (Attac), Jean-François Julliard (Greenpeace) et Cécile Duflot (Oxfam), signent une tribune commune publiée, vendredi 27 mars, sur franceinfo.

 

 

Ces organisations lancent un appel "à toutes les forces progressistes et humanistes [...] pour reconstruire ensemble un futur, écologique, féministe et social, en rupture avec les politiques menées jusque-là et le désordre néolibéral".


En mettant le pilotage de nos sociétés dans les mains des forces économiques, le néolibéralisme a réduit à peau de chagrin la capacité de nos États à répondre à des crises comme celle du Covid. La crise du coronavirus qui touche toute la planète révèle les profondes carences des politiques néolibérales. Elle est une étincelle sur un baril de poudre qui était prêt à exploser. Emmanuel Macron, dans ses dernières allocutions, appelle à des "décisions de rupture" et à placer "des services (…) en dehors des lois du marché". Nos organisations, conscientes de l’urgence sociale et écologique et donnant l'alerte depuis des années, n’attendent pas des discours mais de profonds changements de politiques, pour répondre aux besoins immédiats et se donner l'opportunité historique d'une remise à plat du système, en France et dans le monde.

 

 

Dès à présent, toutes les mesures nécessaires pour protéger la santé des populations celle des personnels de la santé et des soignant·e·s parmi lesquels une grande majorité de femmes, doivent être mises en œuvre, et ceci doit largement prévaloir sur les considérations économiques. Il s'agit de pallier en urgence à la baisse continue, depuis de trop nombreuses années, des moyens alloués à tous les établissements de santé, dont les hôpitaux publics et les Ehpad. De disposer du matériel, des lits et des personnels qui manquent : réouverture de lits, revalorisation des salaires et embauche massive, mise à disposition de tenues de protection efficaces et de tests, achat du matériel nécessaire, réquisition des établissements médicaux privés et des entreprises qui peuvent produire les biens essentiels à la santé, annulation des dettes des hôpitaux pour restaurer leurs marges de manœuvre budgétaires... Pour freiner la pandémie, le monde du travail doit être mobilisé uniquement pour la production de biens et de services répondant aux besoins essentiels de la population, les autres doivent être sans délai stoppées. La protection de la santé et de la sécurité des personnels doivent être assurées et le droit de retrait des salarié·e·s respecté.

 

 

 

Des mesures au nom de la justice sociale nécessaires

La réponse financière de l’État doit être d'abord orientée vers tou·te·s les salarié·e·s qui en ont besoin, quel que soit le secteur d'activité, et discutée avec les syndicats et représentant·e·s du personnel, au lieu de gonfler les salaires des dirigeant·e·s ou de servir des intérêts particuliers. Pour éviter une très grave crise sociale qui toucherait de plein fouet chômeurs·euses et travailleurs·euses, il faut interdire tous les licenciements dans la période. Les politiques néolibérales ont affaibli considérablement les droits sociaux et le gouvernement ne doit pas profiter de cette crise pour aller encore plus loin, ainsi que le fait craindre le texte de loi d’urgence sanitaire.

 

 

Le néolibéralisme, en France et dans le monde, a approfondi les inégalités sociales et la crise du coronavirus s’abattra notamment sur les plus précaires. Les signataires de la tribune

 

 

Selon que l’on est plus ou moins pauvre, déjà malade ou non, plus ou moins âgé, les conditions de confinement, les risques de contagion, la possibilité d’être bien soigné ne sont pas les mêmes. Des mesures supplémentaires au nom de la justice sociale sont donc nécessaires : réquisition des logements vacants pour les sans-abris et les très mal logés, y compris les demandeurs·euses d’asile en attente de réponse, rétablissement intégral des aides au logement, moratoire sur les factures impayées d'énergie, d'eau, de téléphone et d'internet pour les plus démunis. Des moyens d’urgence doivent être débloqués pour protéger les femmes et enfants victimes de violences familiales.

 

 

Les moyens dégagés par le gouvernement pour aider les entreprises doivent être dirigés en priorité vers les entreprises réellement en difficulté et notamment les indépendants, autoentrepreneurs, TPE et PME, dont les trésoreries sont les plus faibles. Et pour éviter que les salarié·e·s soient la variable d’ajustement, le versement des dividendes et le rachat d’actions dans les entreprises, qui ont atteint des niveaux record récemment, doivent être immédiatement suspendus et encadrés à moyen terme.

 

 

Trop peu de leçons ont été tirées de la crise économique de 2008. Les signataires de la tribune

 

 

Des mesures fortes peuvent permettre, avant qu’il ne soit trop tard, de désarmer les marchés financiers : contrôle des capitaux et interdiction des opérations les plus spéculatives, taxe sur les transactions financières… De même sont nécessaires un contrôle social des banques, un encadrement beaucoup plus strict de leurs pratiques ou encore une séparation de leurs activités de dépôt et d’affaires.

 

 

 

Des aides de la BCE conditionnées à la reconversion sociale et écologique

La Banque centrale européenne (BCE) a annoncé une nouvelle injection de 750 milliards d’euros sur les marchés financiers. Ce qui risque d’être à nouveau inefficace. La BCE et les banques publiques doivent prêter directement et dès à présent aux États et collectivités locales pour financer leurs déficits, en appliquant les taux d’intérêt actuels proches de zéro, ce qui limitera la spéculation sur les dettes publiques. Celles-ci vont fortement augmenter à la suite de la "crise du coronavirus". Elles ne doivent pas être à l’origine de spéculations sur les marchés financiers et de futures politiques d’austérité budgétaire, comme ce fut le cas après 2008.

 

 

Cette crise ne peut une nouvelle fois être payée par les plus vulnérables.Les signataires de la tribune

 

 

Une réelle remise à plat des règles fiscales internationales afin de lutter efficacement contre l'évasion fiscale est nécessaire et les plus aisés devront être mis davantage à contribution, via une fiscalité du patrimoine et des revenus, ambitieuse et progressive.

 

 

Par ces interventions massives dans l’économie, l’occasion nous est donnée de réorienter très profondément les systèmes productifs, agricoles, industriels et de services, pour les rendre plus justes socialement, en mesure de satisfaire les besoins essentiels des populations et axés sur le rétablissement des grands équilibres écologiques. Les aides de la Banque centrale et celles aux entreprises doivent être conditionnées à leur reconversion sociale et écologique : maintien de l'emploi, réduction des écarts de salaire, mise en place d'un plan contraignant de respect des accords de Paris... Car l'enjeu n'est pas la relance d'une économie profondément insoutenable.

 

 

Il s’agit de soutenir les investissements et la création massive d’emplois dans la transition écologique et énergétique, de désinvestir des activités les plus polluantes et climaticides, d’opérer un vaste partage des richesses et de mener des politiques bien plus ambitieuses de formation et de reconversion professionnelles pour éviter que les travailleurs·euses et les populations précaires n’en fassent les frais. De même, des soutiens financiers massifs devront être réorientés vers les services publics, dont la crise du coronavirus révèle de façon cruelle leur état désastreux : santé publique, éducation et recherche publique, services aux personnes dépendantes… 

 

 

 

Relocalisation de la production

La "crise du coronavirus" révèle notre vulnérabilité face à des chaînes de production mondialisée et un commerce international en flux tendu, qui nous empêchent de disposer en cas de choc de biens de première nécessité : masques, médicaments indispensables, etc. Des crises comme celle-ci se reproduiront. La relocalisation des activités, dans l’industrie, dans l’agriculture et les services, doit permettre d’instaurer une meilleure autonomie face aux marchés internationaux, de reprendre le contrôle sur les modes de production et d'enclencher une transition écologique et sociale des activités.

 

 

La relocalisation n’est pas synonyme de repli sur soi et d’un nationalisme égoïste. Nous avons besoin d’une régulation internationale refondée sur la coopération et la réponse à la crise écologique, dans le cadre d'instances multilatérales et démocratiques, en rupture avec la mondialisation néolibérale et les tentatives hégémoniques des États les plus puissants. De ce point de vue, la "crise du coronavirus" dévoile à quel point la solidarité internationale et la coopération sont en panne : les pays européens ont été incapables de conduire une stratégie commune face à la pandémie. Au sein de l’Union européenne doit être mis en place à cet effet un budget européen bien plus conséquent que celui annoncé, pour aider les régions les plus touchées sur son territoire comme ailleurs dans le monde, dans les pays dont les systèmes de santé sont les plus vulnérables, notamment en Afrique.

 

 

Tout en respectant le plus strictement possible les mesures de confinement, les mobilisations citoyennes doivent dès à présent déployer des solidarités locales avec les plus touché·e·s, empêcher la tentation de ce gouvernement d’imposer des mesures de régression sociale et pousser les pouvoirs publics à une réponse démocratique, sociale et écologique à la crise.

 

 

Plus jamais ça ! Lorsque la fin de la pandémie le permettra, nous nous donnons rendez-vous pour réinvestir les lieux publics et construire notre "jour d’après". Nous en appelons à toutes les forces progressistes et humanistes, et plus largement à toute la société, pour reconstruire ensemble un futur, écologique, féministe et social, en rupture avec les politiques menées jusque-là et le désordre néolibéral.

 

 

Retrouvez ci-dessous la liste des signataires :

 

Khaled Gaiji, président des Amis de la Terre France
Aurélie Trouvé, porte-parole d'Attac France
Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT
Nicolas Girod, porte-parole de la Confédération paysanne
Benoit Teste, secrétaire général de la FSU
Jean-François Julliard, directeur général de Greenpeace France
Cécile Duflot, directrice générale d'Oxfam France
Eric Beynel, porte-parole de l'Union syndicale Solidaires
Clémence Dubois, responsable France de 350.org
Pauline Boyer, porte-parole d'Action Non-Violente COP21
Léa Vavasseur, porte-parole d'Alternatiba
Sylvie Bukhari-de Pontual, présidente du CCFD-Terre Solidaire
Jean-Baptiste Eyraud, porte-parole de Droit au Logement
Lisa Badet, vice-présidente de la FIDL, Le syndicat lycéen
Jeanette Habel, co-présidente de la Fondation Copernic
Katia Dubreuil, présidente du Syndicat de la magistrature
Mélanie Luce, présidente de l'UNEF
Héloïse Moreau, présidente de l'UNL

 


27/03/2020
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Franceinfo - le dimanche 15 mars 2020

 

 

"On a reçu une douzaine d'appels" : le timide démarrage du numéro unique pour les personnes pédophiles

 

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Catherine FournierFrance Télévisions

 

 

Lancé en novembre par le secrétaire d'Etat Adrien Taquet, le 0 806 23 10 63 a pour but de venir en aide aux personnes attirées par les enfants et d'améliorer la prévention des agressions sexuelles sur les mineurs

 

 

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Lancé le 20 novembre 2019, le 0806 23 10 63 est expérimenté dans les Criavs de cinq régions, Paca, Centre-Val-de-Loire, Occitanie, Auvergne et Aquitaine.  (JESSICA KOMGUEN / FRANCEINFO)

 

 

 

 

"C'est compliqué ce que j'ai à vous dire, c'est difficile." Fabienne Clergue entend souvent cette première phrase lorsqu'elle décroche le téléphone depuis les bureaux du Centre ressources pour les intervenants auprès des auteurs de violences sexuelles (Criavs), logés dans l'hôpital Sainte-Marguerite à Marseille (Bouches-du-Rhône). Cette secrétaire médicale est l'une des référentes du projet de numéro unique pour les personnes qui ressentent un attrait, une préférence sexuelle persistante, pour les enfants (pédophilie) ou les adolescents (hébéphilie). Le 0 806 23 10 63 est expérimenté dans les Criavs de cinq régions : Provence-Alpes-Côte d'Azur, Centre-Val-de-Loire, Occitanie, Auvergne et Aquitaine.

 

 

Ce dispositif, gratuit et confidentiel, a été lancé le 20 novembre dernier par le secrétaire d'Etat en charge de la Protection de l'enfance, Adrien Taquet, dans le cadre du plan de lutte contre les violences faites aux enfants. Objectif : améliorer la prévention des agressions sexuelles sur mineurs. "L'accompagnement n'existe pas en France pour les personnes qui ne sont jamais passées à l'acte", pointe Fabienne Clergue. En la matière, l'Hexagone est à la traîne, contrairement au Canada, au Royaume-Uni ou à l'Allemagne. Chez nos voisins d'outre-Rhin, ce type de numéro existe depuis 2005, spots télévisés diffusés à une heure de grande écoute à l'appui. En mars 2018, plus de 9 500 Allemands avaient fait appel à ce programme.

 

 

 

"On est là pour orienter"

En France, le démarrage est beaucoup plus timide. "On a reçu une douzaine d'appels depuis trois mois", évalue Anne-Hélène Moncany, psychiatre membre du bureau de la Fédération française des Criavs. En cause, notamment, un manque de visibilité. La communication autour de ce numéro se limite, pour l'instant, à des affiches placardées dans les salles d'attente, avec ce slogan : "Vous vous sentez troublé.e par les enfants ? Nous pouvons vous orienter vers une aide adaptée." Ce dispositif a par ailleurs été mis en place à moyens constants, en s'appuyant sur le réseau existant des centres ressources régionaux.

 

 

On fonctionne avec les moyens du bord. Ce n'est pas un numéro d'urgence, 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. On est sur des heures de bureau, du lundi au vendredi, de 9 heures à 17 heures. Fabienne Clergue à franceinfo

 

 

"Si ça prend de l'ampleur, il faudra recruter ou diriger les appelants vers une plateforme d'appels", poursuit la secrétaire médicale. Le numéro unique est censé être généralisé sur tout le territoire à l'automne prochain. En attendant, les personnes qui composent le numéro et dont la région n'est pas couverte par l'expérimentation sont renvoyées vers les services d'urgence, avec ce message vocal : "Ne restez pas seul en cas de détresse."

 

 

Celles qui trouvent un professionnel au bout du fil se voient communiquer une liste de psychologues ou de psychiatres formés pour recueillir "cette parole compliquée" – ils ne sont pas légion"Ce n'est pas une ligne d'écoute, on est là pour orienter", précise Fabienne Clergue. Malgré tout, ce premier contact est important. "On sent que les personnes posent leur bagage. Elles peuvent exprimer leur souffrance", ajoute la répondante, qui reçoit depuis une dizaine d'années des appels au Criavs, bien avant la mise en place du numéro unique. La bienveillance est de rigueur, pour "libérer la parole".

 

 

 

"Ils ont peur d'être incarcérés ou de récidiver"

Quel est le profil de ceux qui "passent le pas" d'appeler ? Selon les répondants interrogés par franceinfo, il s'agit plutôt d'une personne déjà arrêtée pour détention de photos pédopornographiques. Majoritairement des hommes, même si "les femmes auteures de violences sexuelles existent". "Pour certains, le fait d'être interpellé est une prise de conscience. Ils disent souvent : 'Je n'attendais que ça, qu'on m'arrête, je ne savais pas à qui parler'. Cela les encourage à prendre leur téléphone", observe Fabienne Clergue.

 

 

"En général, ils ont peur d'être incarcérés. Ou de récidiver", appuie Cindy Prud'homme, psychologue au Criavs de Montpellier (Hérault). "Un homme d'une quarantaine d'années, qui sortait de prison pour des faits de cette nature, nous a appelés car il avait peur de recommencer. Il a été pris en charge notre équipe pour un suivi." Les professionnels le déplorent unanimement : avant l'intervention de la justice, il n'y a bien souvent "personne pour les entendre et poser un interdit, un stop". Ces personnes sont "livrées à elles-mêmes", avec leurs pulsions. 

 

 

C'est ça qu'on aimerait changer, que des gens nous appellent avant de passer à l'acte. Cindy Prud'homme à franceinfo

 

 

Cela a toutefois été le cas au Criavs de Centre-Val-de-Loire, qui compte un appel à ce jour, celui d'un jeune homme qui "se sentait embêté par ses fantasmes", sans être passé à l'acte. "Nous lui avons organisé une rencontre avec un thérapeute. Le numéro a rempli sa fonction", témoigne Ingrid Berstch, psychologue du centre ressources.

 

 

Pour les spécialistes, il est urgent d'intervenir au stade la pédophilie et non de la pédocriminalité"Au niveau politique, on est beaucoup plus dans la répression que dans la prévention", cingle Cindy Prud'homme. La pédophilie est reconnue et classée comme trouble psychologique par l'Organisation mondiale de la santé depuis 1993. "Il s'agit d'un diagnostic médical et non d'une infraction, contrairement à la pédocriminalité. Et c'est bien là l'intérêt de cette ligne d'écoute : d'agir en amont, avant un éventuel passage à l'acte", expliquait à Allodocteurs Mathieu Lacambre, président de la Fédération des Criavs, au moment du lancement.

 

 

 

"On travaille à déconstruire les représentations"

"Les sujets présentant un trouble pédophilique ne sont pas tous sujets au passage à l'acte sur les enfants" et, de façon réciproque, "tous les agresseurs sexuels d'enfants ne sont pas attirés de manière préférentielle par les enfants", précise de son côté la Fédération française des Criavs sur son site. Le numéro unique cible donc une population "vulnérable (en souffrance et/ou/donc à risque)" et "demandeuse d'aide". Une étude de l'université de Lausanne au sujet de dispositifs d'écoute à l'étranger, datée de 2011, mettait en évidence que 50,9% des appelants recherchent une aide faisant suite à une crainte de passage à l'acte et que 54,7% disent avoir cherché une aide professionnelle préalable. Souvent en vain.

 

 

En France, les personnes concernées se heurtent également au déficit de connaissances sur ce trouble. En dehors du numéro unique, "on reçoit des appels de professionnels de santé, d'avocats, de brigadiers de police qui veulent des informations", précise Fabienne Clergue. Certaines familles se tournent également vers les Criavs. "Elles s'inquiètent des agissements d'un papa, d'un grand-père, d'un frère... Les personnes autour sont aussi en souffrance."

 

 

Les spécialistes font tous le même constat : les représentations parfois caricaturales des auteurs de violences sexuelles sur mineurs nuisent à leur prise en charge. Et à la médiatisation de ce numéro unique. "Plus on les mettra au ban de la société, plus ils auront peur d'appeler les numéros comme le nôtre. On travaille beaucoup à déconstruire les représentations, que ce soit avec le grand public et les professionnels", souligne la psychologue Cindy Prud'homme.

 

 

L'opinion publique a en tête le pédophile qui va kidnapper, violer et tuer des enfants. Elle ne peut pas imaginer que le monstre se cache sous le lit et dans la maison. Les vrais prédateurs sont rares. Cindy Prud'homme à franceinfo

 

 

Parmi les personnes suivies par les centres ressources, "on a, la plupart du temps, un adulte qui dit tomber amoureux d'un enfant, sans avoir jamais été attiré par d'autres enfants et qui ne le sera jamais par d'autres". Selon la psychologue, la difficulté pour le numéro unique réside dans le fait que ces personnes ne sont pas conscientes d'avoir un problème. "Elles savent que c'est mal vu par la société mais elles ne comprennent pas pourquoi. Elles pensent qu'avoir une relation avec une gamine de 11 ans, c'est pareil qu'avec une gamine de 18 ans. Il y a de l'emprise mais pas néces-sairement consciente."

 

 

 

"On est en retard"

Ces personnes ne cochent pas forcément toutes les cases du diagnostic posé par le DSM-V, le manuel diagnostic et statistiques des troubles mentaux, mais présentent des caractéristiques psychologiques communes : "Manque d'empathie, d'affirmation de soi, une histoire familiale compliquée, une immaturité affective et une fixation de la libido sur un stade sexuel infantile précoce..." énumère Cindy Prud'homme, qui insiste malgré tout sur "l'hétérogénéité des profils""La réalité clinique, c'est plutôt une variété de personnes avec un certain nombre de difficultés passées ou présentes sur lesquelles on peut agir", confirme sa consœur Ingrid Bertsch.

 

 

Pour les professionnels, la généralisation de ce numéro unique est un "véritable enjeu en société". "Non seulement on est en retard sur l'éducation à la sexualité et sur la prévention des violences sexuelles mais aussi sur la prévention de la violence tout court", estime Cindy Prud'homme.

 

 

Parler de respect et de consentement devrait figurer aux programmes d'éducation morale et civique. Cindy Prud'homme à franceinfo 

 

 

En attendant, le secrétariat d'Etat chargé de la Protection de l'enfance promet dans les prochaines semaines une campagne de communication dans les territoires couverts par l'expérimentation du numéro, pour mieux le faire connaître. "Nous allons mettre à contribution les Agences régionales de santé, organismes de tutelle des Criavs, assure-t-on dans l'entourage d'Adrien Taquet. Mais il faut le reconnaître, elles sont un peu accaparées en ce moment par la crise du coronavirus."

 


15/03/2020
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Franceinfo - le mercredi 26 février 2020

 

 

La Poste : trop de boîtes aux lettres de rue, selon la Cour des comptes

 

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France 2France Télévision

 

 

Dans son rapport annuel, la Cour des comptes a épinglé La Poste sur plusieurs points. Les Sages lui demandent de faire baisser le nombre de boîtes aux lettres dans les rues

 

 

 

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Y a-t-il assez de boîtes aux lettres dans les rues ? À Marseille, dans les Bouches-du-Rhône, une femme estime qu'il n'y en a pas assez dans son quartier. Mais ce n'est pas l'avis de la Cour des comptes, qui veut en supprimer une partie. Dans la cité phocéenne, on compte 550 boîtes jaunes. Sur tout le territoire, il y en aurait plus de 130 000. C'est trop pour les Sages, qui dans leur dernier rapport comparent l'effondrement du courrier et la stagnation du nombre de boîtes aux lettres.

 

 

 

De moins de moins de lettres envoyées

"Il est opportun d'adapter ce parc et il faut le faire évidemment en étant très attentif aux besoins réels des clients expéditeurs", estime Yves Xemard, directeur de la Business Unit Courrier (La Poste). Mais pour d'autres, la suppression de ces boîtes jaunes pourrait avoir une répercussion pour l'emploi. En 2018, 9 milliards de lettres ont été envoyées.

 


28/02/2020
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Franceinfo - le jeudi 27 février 2020

 

 

Le Parlement écossais vote la gratuité des protections périodiques

 

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franceinfo avec ReutersFrance Télévisions

 

 

La proposition de loi prévoit que les tampons et les serviettes hygiéniques seront distribués gratuitement dans les pharmacies ou encore dans les clubs de jeunesse

 

 

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Le Parlement écossais a voté en première lecture la gratuité des protections périodiques, mercredi 26 février 2020. (GARO / PHANIE / AFP)

 

 

Il s'agirait d'une disposition sans équivalent dans le monde. Le Parlement autonome d'Ecosse a franchi un premier pas, mercredi 26 février, vers la gratuité des tampons et serviettes hygiéniques pour toutes les femmes. Les députés écossais ont en effet voté en première lecture un texte prévoyant que les protections périodiques soient distribuées gratuitement dans des lieux dédiés (pharmacies, clubs de jeunesse, centres locaux). La proposition de loi a été adoptée par 112 députés : il n'y a eu aucun vote contre et une seule abstention.

 

 

A l'origine de ce projet de loi, la députée Monica Lennon a estimé que l'adoption de son texte "marquerait un tournant en normalisant la menstruation en Ecosse et en envoyant le signal tangible du sérieux avec lequel notre Parlement prend en compte les questions de genre". Elle a également souligné qu'il s'agissait "de produits de base" et que "pas une seule femme en Ecosse ne devrait avoir à vivre sans protections périodiques"

 

 

Le coût annuel de la mesure est chiffré à 24 millions de livres (environ 28 millions d'euros). L'Ecosse a déjà franchi un premier pas en 2018 en devenant la première nation à distribuer gratuitement les protections périodiques à l'école et à l'université. Une seconde phase d'examen de la proposition va désormais débuter : les élus du Parlement autonome d'Edimbourg pourront alors proposer des amendements.

 


27/02/2020
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Franceinfo - le mercredi 26 février 2020

 

 

"Personne ne s'est signalé pour prendre la relève" : ces communes menacées de disparition faute de candidats aux municipales

 

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Mathilde GoupilFrance Télévisions

 

 

Alors que la campagne électorale bat son plein, certains petits villages peinent à trouver des volontaires pour briguer la mairie. Sans candidat au 27 février, le premier tour sera annulé. Et à terme, ces communes pourraient même disparaître

 

 

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En 2014, 64 communes n'avaient pas de candidats aux élections municipales avant le premier tour. ((PIERRE-ALBERT JOSSERAND / FRANCEINFO))

 

 

 

Une route départementale, une église et quelques bâtisses au toit de tuiles ou de tôles qui surplombent les champs. Bienvenue à Courties, petit village gascon de 50 âmes dans le sud-ouest du Gers. Alors que la campagne des municipales bat son plein dans le reste du pays, ici pas de tracts glissés dans les boîtes aux lettres, pas d'affiches qui s'effritent sur les murs, encore moins de militants qui alpaguent le passant. Et pour cause : à quelques jours de la date limite du dépôt des candidatures, jeudi 27 février, personne ne souhaite prendre la suite du maire actuel.

 

 

Une campagne électorale sans candidat ? A Courties, le problème n'est pas nouveau. Comme 63 autres villages, le bourg avait déjà échoué à présenter une liste lors des dernières élections municipales, en 2014. Suivant la procédure, la préfecture avait alors annulé le premier tour.

 

 

Bruno Russo, artisan dans le bâtiment de 47 ans et enfant du pays, s'était finalement porté candidat entre les deux tours, une possibilité prévue par la loi depuis 2013 dans les communes de moins de 1 000 habitants, pour éviter l'annulation du scrutin.

 

 

On voulait faire perdurer l'identité du village. Bruno Russo, maire sortant de Courties à franceinfo

 

 

Un engagement de dernière minute avec sa femme Christelle, agent d'entretien, devenue après l'élection son adjointe. Sans concurrence, il avait réalisé un score de rêve : plus de 90% des voix au second tour. Sans lui, la préfecture aurait été obligée de nommer une "délégation spéciale" pour gérer les affaires courantes du village, le temps d'organiser de nouvelles élections, indique le Code général des collectivités territoriales. Faute de candidats à ce nouveau scrutin, Courties aurait fini par être fusionnée de force avec une commune voisine – une mesure à laquelle l'Etat n'a pour l'instant jamais eu recours. En 2014, cinq communes restées sans candidats à la veille du second tour étaient passées sous la tutelle de la préfecture. Dans les semaines qui avaient suivi, de nouvelles élections avaient été organisées, permettant l'élection d'un conseil municipal.

 

 

 

Etre maire, "c'est 50% positif et 50% négatif"

Pourtant, hors de question pour Bruno Russo de briguer de nouveau l'écharpe tricolore. "C'est une expérience à vivre, mais franchement, c'est 50% positif et 50% négatif", estime celui qui est récemment devenu, outre son mandat, assistant familial pour héberger des enfants placés. "Etre maire prend beaucoup de temps et mentalement, je dois aussi être disponible pour les jeunes que j'accueille", justifie-t-il. 

 

 

L'ambiance délétère du village, où quelques habitants se sont régulièrement opposés à l'action de l'équipe municipale, n'a pas non plus aidé à nourrir la flamme du nouvel élu.

J'ai fait tout ce que j'ai pu avec les moyens dont je disposais, mais on m'a injurié, on a dit que j'avais ruiné la commune, que je l'avais anéantie... Bruno Russo à franceinfo

 

 

Personne au conseil municipal n'a d'ailleurs souhaité reprendre le flambeau : une élue britannique n'en a de toute manière plus la possibilité depuis l'entrée en vigueur du Brexit, d'autres adjoints, agriculteurs, soulignent qu'ils n'en ont pas le temps...

 

 

"Quand ils ont pu observer au sein d'un conseil municipal ce que le fait d'être maire implique comme engagement, beaucoup se rendent compte qu'ils ne pourront pas concilier leur vie professionnelle ou personnelle avec cette fonction", souligne Martial Foucault, directeur du Centre d'étude de la vie politique française (Cevipof), professeur à Sciences Po et auteur de Maires au bord de la crise de nerfs (Editions de l'Aube, 2020).

 

 

"Plus la commune est petite et plus le contrôle social s'exerce, souligne-t-il. L'engagement comme maire peut alors susciter une forme de suspicion, être considéré comme une ambition illégitime, et certains habitants ne veulent pas prendre le risque de fragiliser leurs relations sociales."

 

 

 

Un climat de défiance

A Courties, un candidat potentiel a fait les frais de cette suspicion. "Inquiet" car "personne ne [s'était] signalé pour prendre la relève", le maire actuel, Bruno Russo, a contacté Olivier Bonnafont, récemment installé dans la propriété que sa famille possède au village après avoir perdu son emploi en Corrèze. Le quinquagénaire, pour qui "participer à la vie collective" a toujours semblé être "une évidence", a tenté de mobiliser ses voisins. En vain.

 

 

Quand je suis allé voir les trois ou quatre familles d'agriculteurs qui constituent le cœur du village, j'ai senti que ma candidature ne les intéressait absolument pas. Olivier Bonnafont à franceinfo

 

 

"Avec la disparition du travail dans le village et l'exode rural, les liens entre les habitants se sont défaits, il n'existe plus d'esprit de commune. Seules subsistent des petites querelles de clocher. En plus, je suis né dans le Nord, ici je suis perçu comme un étranger. Donc je n'ai pas insisté", regrette, un peu amer, cet ancien forestier reconverti dans la vigne. 

 

 

 

"Je n'ai qu'une hâte, c'est de partir !"

S'il est difficile d'évaluer combien de communes, comme Courties, risquent de se retrouver sans candidat, c'est loin d'être un cas isolé, comme en témoignent les nombreux articles de presse locale à ce sujet. Franceinfo en a ainsi recensé une dizaine, du Calvados à l'Ariège, en passant par la Corrèze.

 

 

Parmi elles, une quasi-homonyme de Courties, située à plus de 800 km du Gers : la commune de Courtils, dans le département de la Manche. Ce bourg de 229 habitants peine à faire émerger des volontaires, depuis que le maire, Guy Polfliet, a annoncé, à la mi-janvier, à l'occasion de ses voeux, qu'il souhaitait profiter de sa "liberté" de jeune retraité. Lors des dernières municipales, cet ancien directeur d'agence bancaire s'était déjà dévoué, à seulement 48 heures de la date limite du dépôt des candidatures, faute d'autres volontaires. Six ans plus tard, personne n'est davantage motivé. "J'ai fait sentir que la place était libre (...), mais rien", regrette l'édile.

 

 

Plusieurs membres de l'équipe municipale, comme le premier adjoint, Gérard Cornille, estiment qu'ils ont "assez donné". D'autres, comme Martine Ménager, en charge du tourisme, ont été découragés par la faible marge de manœuvre dont ils disposent. "Je n'ai qu'une hâte, c'est de partir !" confie ainsi cette ancienne chauffeuse de bus en région parisienne qui s'est engagée "pour s'occuper du village" où elle a ouvert des chambres d'hôtes. Mais en six ans, elle a découvert que "tout passe par la communauté de communes" et ne décolère pas vis-à-vis de l'Etat, qui "abandonne" un "village qui meurt" en réduisant ses dotations, estime-t-elle. Reste Thérèse Simon, conseillère municipale et retraitée, décrite par le maire dans Ouest-France comme "présente sur tous les fronts avec savoir-faire et discrétion", mais qui "n'ose pas" prendre la tête de liste, assure un membre de l'équipe municipale.

 

 

"L'impression de ne pas être à la hauteur décourage de nombreux candidats", reconnaît Martial Foucault, du Cevipof.

 

 

Etre maire nécessite de maîtriser un registre de compétences juridiques et financières, mais aussi de déployer des jeux politiques au sein des intercommunalités. Ça demande beaucoup plus que de savoir gérer la voirie. Martial Foucault, du Cevipof à franceinfo

 

 

Par ailleurs, des membres de l'équipe municipale qui "s'étaient présentés par sympathie ou adhésion à la tête de liste peuvent voir le fait de prendre sa suite comme une absence de loyauté envers celui qui les a convaincus", avance aussi le professeur de sciences politiques.

 

 

 

"Six ans de mandat, ça me paraît long..."

Face à l'absence de candidats, que comptent faire ces villages ? A Courties, le petit bourg du Gers, on se résigne. "Je ne sais pas si ça a encore un sens d'avoir une commune aussi petite que la nôtre, qui n'a plus d'identité", s'interroge Olivier Bonnafont. Pour l'éphémère candidat, la fusion avec une autre commune n'est finalement pas le pire des destins.

 

 

Le maire, Bruno Russo, en a lui aussi pris son parti, après avoir rencontré à deux reprises ces derniers mois la sous-préfète de Mirande. "Je lui ai dit que personne ne se manifestait, elle m'a conseillé de me rapprocher des communes environnantes pour leur proposer de fusionner. Mais elles n'ont pas été intéressées", assure, déçu, l'assistant familial, qui se réjouit néanmoins de laisser "une commune saine, sans emprunt en cours"

 

 

Ailleurs, certains maires réfléchissent à la possibilité de rempiler, convaincus par leurs administrés ou leur sens du devoir. A Courtils, Guy Polfliet pourrait ainsi accepter de rester en place pour éviter la disparition administrative du bourg, à condition de réussir à constituer une liste. "Ma femme sera à la retraite dans un an ou deux donc six ans de mandat, ça me paraît long... sourit l'élu. Mais s'il faut repartir, je le ferai, et je déléguerai davantage à mes adjoints." 

 


27/02/2020
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Franceinfo - le mardi 25 février 2020

 

 

#LesMalChauffés : franceinfo donne la parole à des victimes de précarité énergétique

 

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franceinfoFrance Télévisions
 

 

A quoi ressemble le quotidien quand on souffre du froid chez soi ? Cette semaine, franceinfo fait témoigner des Français modestes qui peinent à se chauffer

 

 

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Franceinfo lance une opération de plusieurs jours consacrée à la problématique de la précarité énergétique. (PIERRE MOREL / PIERRE-ALBERT JOSSERAND / FRANCEINFO)

 

 

 

Quelle était la température dans votre logement, ce matin, au réveil ? Chez Isabelle Martin, on oscillait entre 10 et 15 °C, selon les pièces. Chaque hiver, cette habitante de Saint-Caradec (Côtes-d'Armor) souffre du froid dans sa maison, en mauvais état, qu'elle occupe depuis plus de 20 ans. Elle est loin d'être la seule dans cette situation. Pour mettre en lumière les difficultés des 12 millions de Français victimes de précarité énergétique, franceinfo lance, mardi 25 février, l'opération #LesMalChauffés. On vous explique tout.

 

 

 

C'est quoi, au juste, la précarité énergétique ?

Chaque hiver, la précarité énergétique touche les personnes qui peinent à chauffer leur logement, du fait de faibles revenus ou d'une habitation en mauvais état. Ce concept n'a d'existence officielle que depuis son inscription dans la loi en 2010, avec la définition suivante :

 

 

Est en situation de précarité énergétique (...) une personne qui éprouve, dans son logement, des difficultés particulières à disposer de la fourniture d'énergie nécessaire à la satisfaction de ses besoins élémentaires, en raison de l'inadaptation de ses ressources ou de ses conditions d'habitat.Article 11 de la loi Grenelle 2

 

 

Divers critères peuvent être pris en compte pour estimer le nombre de personnes concernées en France. Cela va de données purement économiques (quelle part du budget du ménage est consacrée aux dépenses énergétiques ?) à des déclarations plus subjectives (avez-vous eu froid chez vous cet hiver ?).

 

 

Dans son dernier rapport sur le mal-logement, la Fondation Abbé-Pierre estime que la précarité énergétique, au sens large, touche 12 millions d'individus. Mais, selon l'association, "le noyau dur de la précarité énergétique, composé des ménages modestes ayant eu froid pour des raisons liées à la précarité, s'élève à 3 558 000 personnes".

 

 

 

Pourquoi y consacrer une opération spéciale ?

La précarité énergétique, subie par des millions de personnes en France, est une problématique méconnue et invisible. Les mal-chauffés souffrent souvent de leur situation en silence, derrière les murs de leur logement, loin des regards – et loin des dispositifs d'aide. Nombre d'entre eux cachent leurs difficultés à leur entourage.

 

 

Le problème est bien plus large que la simple sensation de froid. Il peut avoir des conséquences lourdes sur la vie sociale, professionnelle et scolaire des personnes concernées. Leur santé est également menacée, comme l'explicite cette infographie du service des études médicales d'EDF.

 

Les effets sur la santé de l\'exposition à des températures intérieures basses. Source : Dr Véronique Ezratty – ONPE 2018 
Les effets sur la santé de l'exposition à des températures intérieures basses. Source : Dr Véronique Ezratty – ONPE 2018  (JESSICA KOMGUEN ET PIERRE-ALBERT JOSSERAND / FRANCEINFO)


Franceinfo tend donc le micro aux victimes de la précarité énergétique, dont certaines ont eu le courage de témoigner et de nous ouvrir leurs portes. Ces portraits, accompagnés d'analyses de spécialistes et d'acteurs publics, doivent interpeller sur les enjeux de la rénovation énergétique – avec une résonance particulière au regard du contexte actuel d'urgence climatique.

 

 

 

En quoi va consister cette opération ?

Nous publierons cette semaine trois témoignages de personnes victimes de précarité énergétique. Leur parole, recueillie par notre journaliste Yann Thompson, sera accompagnée de photographies réalisées par le photojournaliste Pierre Morel, en immersion chez des personnes concernées.

 

 

>> TEMOIGNAGE. "Il fait 6 °C dans ma douche" : Isabelle raconte sa vie "à l’ancienne" dans sa maison mal isolée

 

 

Isabelle et sa fille Maïwenn, le 9 janvier 2020, dans leur maison de Saint-Caradec (Côtes-d\'Armor).

Isabelle et sa fille Maïwenn, le 9 janvier 2020, dans leur maison de Saint-Caradec (Côtes-d'Armor). (PIERRE MOREL / FRANCEINFO)

 

 

 

>> TEMOIGNAGE. "On dort à quatre dans une chambre" : Aurélie raconte les hivers "invivables" de sa famille

 

Loïc et Aurélie Duval dans leur maison de Berneuil-sur-Aisne (Oise), le 16 janvier 2020.

Loïc et Aurélie Duval dans leur maison de Berneuil-sur-Aisne (Oise), le 16 janvier 2020. (PIERRE MOREL / FRANCEINFO)

 

 

 

>> TEMOIGNAGE. "Je n'ose pas inviter de gens chez moi" : Fabienne raconte comment le froid a fragilisé sa santé et sa vie sociale (Publication à venir)

 

 

Fabienne Delquignie boit une décoction d\'orties dans son appartement d\'Uzerche (Corrèze), le 14 janvier 2020.

Fabienne Delquignie boit une décoction d'orties dans son appartement d'Uzerche (Corrèze), le 14 janvier 2020. (PIERRE MOREL / FRANCEINFO)

 

 


En complément, Isolde Devalière, sociologue à l'Ademe, apporte son regard d'experte sur les questions de précarité énergétique. Elle dresse une typologie des ménages touchés et tire un bilan contrasté des politiques publiques engagées depuis une dizaine d'années.

 

 

>> GRAND ENTRETIEN "Il faut contraindre les propriétaires" : pourquoi la lutte contre la précarité énergétique reste un vaste chantier

 

 

L'opération #LesMalChauffés s'étend aussi aux antennes radio et TV de franceinfo. Notre journaliste Yann Thompson sera interrogé à 6h40 au micro de franceinfo, ainsi qu'à 11h30 et à 18 heures sur le plateau de franceinfo (canal 27). L'opération sera également commentée par le délégué général de la Fondation Abbé-Pierre, Christophe Robert, invité de la radio à 13h20.

 

 

 

Puis-je y participer ?

Cette opération est née d'un appel à témoignages publié sur franceinfo au mois d'octobre. Une cinquantaine de contributions ont été reçues en moins de 24 heures, puis étudiées par notre journaliste. Une douzaine de personnes ont été recontactées pour des échanges approfondis. Deux d'entre elles, Isabelle et Fabienne, ont finalement été retenues pour les témoignages présentés ci-dessus. Le témoignage d'Aurélie a, quant a lui, été obtenu par l'intermédiaire d'une association, après que nous avons sollicité diverses structures et institutions.

 

 

Notre appel à témoignages est désormais terminé, mais vous avez toujours la possibilité de vous exprimer. Vous pouvez nous raconter votre situation dans le live de franceinfo, avec le mot-clé #LesMalChauffés. Une zone de commentaires vous est réservée, alors n'hésitez pas : certains de vos messages seront publiés dans notre direct.

 


25/02/2020
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Franceinfo - le mardi 18 février 2020 - mis à jour le 19.02.2020

 

 

Ce qu'il faut retenir des annonces d'Emmanuel Macron sur "le séparatisme islamiste"

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

Afin d'éviter des prêches non conformes aux lois de la République, la France cessera par exemple d'accueillir des "imams détachés"

 

 

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Emmanuel Macron, mardi 18 février 2020 à Mulhouse (Haut-Rhin). (JEAN-FRANCOIS BADIAS / POOL / AFP)

 

 

 

Lutter contre le "séparatisme islamiste", sans faire "un plan contre l'islam".  Emmanuel Macron a annoncé mardi 18 février une série de mesures contre les "influences étrangères" sur l'islam en France, allant des imams étrangers au financement des mosquées.

 

 

Pour exposer sa doctrine sur ce sujet sensible, à un mois des municipales, le chef de l'Etat a passé la journée à Bourtzwiller, un quartier populaire de Mulhouse (Haut-Rhin), l'un des quinze territoires faisant l'objet d'une lutte coordonnée contre le repli islamique. Franceinfo revient sur les trois annonces à retenir de cette intervention.

 

 

 

La fin du système des "imams détachés"

Afin d'éviter des prêches non conformes aux lois de la République, la France cessera d'accueillir des "imams détachés" envoyés par d'autres pays, comme la Turquie et l'Algérie, en augmentant parallèlement le nombre d'imams formés en France. Ceux déjà en France termineront "leur période de présence", a précisé Emmanuel Macron. Sera également mis fin à l'accueil des quelques trois cents "psalmodieurs" reçus chaque année durant le ramadan.

 

 

 

Davantage de contrôle sur le financement étranger de mosquées

Le président a aussi annoncé un contrôle renforcé des financements étrangers des lieux de culte, pour pouvoir bloquer des projets suspects. "Nous devons savoir d'où vient l'argent, qui le touche et pour quoi faire", a-t-il lancé.

 

 

Il s'est d'ailleurs interrogé sur les finalités de l'immense mosquée An-Nour à Mulhouse et de son complexe comprenant piscine, écoles et commerces, financés en grande partie par une ONG du Qatar. Un chantier actuellement bloqué pour enquête.

 

 

 

La fin des enseignements en langues étrangères Elco

Autre annonce, la disparition prochaine du dispositif de cours facultatifs en langues étrangères dispensés par des enseignants désignés par les gouvernements d'autres pays. Ces Elco (enseignements en langues et cultures étrangères) concernent neuf pays (Algérie, Croatie, Espagne, Italie, Maroc, Portugal, Serbie, Tunisie et Turquie) et "80 000 élèves" par an, a indiqué le chef de l'Etat.

 

 

"Je ne suis pas à l'aise à l'idée d'avoir dans l'école de la République des femmes et des hommes qui peuvent enseigner sans que l'Education nationale ne puisse exercer le moindre contrôle. Et nous n'avons pas non plus le contrôle sur les programmes qu'ils enseignent", a-t-il ajouté. "On ne peut pas enseigner des choses qui ne sont manifestement pas compatibles ou avec les lois de la République ou avec l'histoire telle que nous la voyons", selon lui.

 


19/02/2020
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Franceinfo - le mardi 4 février 2020 - mis à jour le 05.02.2020

 

 

Congé pour le deuil parental : "Aller travailler à ce moment-là n'avait pas de sens", témoigne une mère dont la fille a été emportée par la maladie

 

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Edouard Philippe assume l'erreur du gouvernement sur le rejet d'une proposition de loi agissant le congé des parents perdant un enfant. Il a promis de reprendre cette proposition. France 2 a recueilli le témoignage d'une mère qui a perdu un enfant

 

 

 

Patricia est mère de trois enfants. "J'ai perdu ma fille aînée Fanny il y a trois ans suite à une tumeur cérébrale. Elle avait 21 ans", confie la mère de famille. Sa fille a été malade pendant deux ans. Elle a subi des séances de chimiothérapies et de la radiothérapie. "On pourrait penser que l'on se prépare. Mais au moment du décès, c'est une onde de choc terrible", décrit Patricia.

 

 

La crise autour du congé de deuil d'un enfant a semé la zizanie au sein de la macronie. Le rejet, jeudi 30 janvier à l'Assemblée, d'une proposition UDI-Agir qui visait à porter de cinq à douze jours ce congé, n'en finit pas de jeter le trouble. Sur "ce sujet devenu une espèce de boule de feu", "probablement, sûrement, une part de responsabilité vient du gouvernement. Je l'assume", a déclaré le Premier ministre Edouard Philippe lors d'une réunion du groupe majoritaire tendue, selon des propos rapportés.

 

 

 

"Aller travailler à ce moment-là, cela n'avait pas de sens"

"C'est très particulier. C'est un deuil qui n'est pas dans l'ordre des choses. Fanny est décédée le 5 janvier, ses obsèques ont eu lieu le 17, ce qui fait 12 jours entre les deux. Ma fille a été incinérée, on a dû attendre qu'il y a ait de la place. On a déjà du mal à se lever tous les matins pour faire ces démarches. Aller travailler à ce moment-là, cela n'avait pas de sens", ajoute Patricia.

 

 

"Qu'on puisse refuser aux parents de passer de cinq à douze jours, je trouve ça choquant, c'est tellement peu de choses par rapport à ce que nous, parents endeuillés, on doit vivre pour reprendre pied dans la vie. Car après le vide s'installe, une fois qu'on a enterré l'enfant, qu'il n'est plus là", conclut-elle. 

 


05/02/2020
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Franceinfo - le lundi 3 février 2020 - mis à jour le 04.02.2020

 

 

Menacée de mort pour avoir critiqué l'islam, la lycéenne Mila "ne regrette absolument pas" ses propos

 

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L'adolescente, qui est depuis menacée de mort, s'est exprimée sur le plateau de "Quotidien" sur TMC, lundi soir

 

 

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Capture d'écran de l'émission "Quotidien" du 3 février 2020 sur TMC, dans laquelle la lycéenne Mila, menacée de mort pour avoir critiqué l'islam, s'explique. (QUOTIDIEN / TMC)

 

 

 

Depuis deux semaines, "ma vie est en pause". Au cœur d'une vive polémique pour avoir critiqué l'islam sur Instagram, la jeune lycéenne Mila s'est exprimée sur le plateau de l'émission "Quotidien", diffusée sur TMC, lundi 3 février. L'Iséroise de 16 ans, qui est depuis la cible de menaces de mort, explique ne plus se rendre au lycée. "Vu les menaces que j'ai reçues des personnes de mon lycée, j'aurais pu être attaquée à l'acide", a-t-elle déclaré. "Je ne regrette absolument pas mes propos, a expliqué l'adolescente. C'était vraiment ma pensée." Néanmoins, elle "regrette deux choses" : de "l'avoir dit sur les réseaux sociaux" et de "l'avoir dit de façon aussi vulgaire, parce que j'aurais pu argumenter".

 

 

Je m'excuse pour les personnes que j'ai pu blesser qui pratiquent leur religion en paix.Milasur TMC

 

 

La lycéenne a assuré que, "bien sûr", elle aurait "pu le dire sur une autre religion." Avant d'ajouter : "Il faut toujours fait la différence entre une religion et des personnes. Les gens qui sont incapables de faire cette différence, ils sont débiles."

 

 

Deux procédures ont été engagées par le parquet de Vienne : l'une pour "menaces de mort, menaces de commettre un crime, harcèlement et usage de données personnelles en vue de nuire" et la seconde pour "provocation à la haine raciale". Cette seconde enquête, qui vise l'adolescente, devra déterminer si les propos qu'elle a tenus sont de nature à recouvrir une qualification pénale ou s'ils s'inscrivent dans le cadre de la liberté d'expression.

 


04/02/2020
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Franceinfo - le mercredi 22 janvier 2020

 

 

Les inégalités en France s'accroissent

 

 

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franceinfoFrance Télévisions

 

 

Les inégalités continuent d'augmenter en France. C'est ce que pointe le dernier rapport de l'ONG Oxfam. Dans le monde, les milliardaires détiennent plus d'argent que 60% de l'ensemble de la population de la planète

 

 

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La France ne montre pas l'exemple. Le petit cercle de milliardaires français a été multiplié par quatre depuis la crise économique de 2008. Ils sont 41. Leur richesse a augmenté à un rythme encore plus soutenu que leurs homologues américains ou chinois. Les sept milliardaires les plus riches de France ont plus d'argent que les 30% les plus pauvres de leurs concitoyens. Pendant ce temps, la situation s'aggrave pour les plus précaires. 400 000 personnes ont basculé sous le seuil de pauvreté entre 2017 et 2018. Le pays compte 9,8 millions de pauvres.

 

 

"La faute à Macron"

"C'est la faute de la politique fiscale menée en France, surtout depuis 2017. Emmanuel Macron a fait adopter une réforme fiscale qui allège de manière considérable la participation des très riches à l'effort de solidarité par l'impôt : suppression de l'ISF et mise en place de la flat tax", explique Pauline Leclère, porte-parole d'Oxfam France. Les premières victimes des inégalités, ce sont les femmes, qui gagnent toujours 22% de moins que les hommes en 2019".

 


22/01/2020
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Franceinfo - le mardi 21 janvier 2020

 

 

Seize personnes travaillant pour les services de renseignement ont été écartées pour radicalisation depuis 2014

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

Ces personnes ont été "écartées (...) pour leur potentielle radicalisation ou celle de leur entourage", a annoncé Matignon mardi

 

 

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Le logo de la Direction Générale de la Sécurité Intérieure (DGSI) à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine) le 13 juillet 2018. (GERARD JULIEN / AFP)

 

 

 

La radicalisation touche les services de renseignement français. Mardi 21 janvier, Matignon affirme que seize personnes ont été "écartées" des services de renseignement depuis 2014 "pour leur potentielle radicalisation ou celle de leur entourage". En revanche, aucune personne n'a été écartée depuis la tuerie de la préfecture de police de Paris, le 3 octobre dernier, ont affirmé les services du Premier ministre.

 

 

Ces derniers se basent sur les conclusions de deux missions confiées à l'Inspection des services de renseignement (ISR), après le quadruple meurtre commis par Mickaël Harpon, cet informaticien travaillant à la Direction du renseignement, soupçonné de radicalisation islamiste. L'homme avait poignardé à mort trois policiers et un agent administratif dans l'enceinte de la préfecture de police de Paris, avant d'être abattu.

 


22/01/2020
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Franceinfo - le lundi 20 janvier 2020

 

 

Démarchages téléphoniques : des associations de consommateurs veulent faire interdire ce "harcèlement commercial"

 

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franceinfoRadio France

 

 

Une pétition est lancée par plusieurs associations de consommateurs, dont l’UFC-Que Choisir, à partir de ce lundi, pour "mettre fin au fléau"

 

 

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Le site de Bloctel pour pouvoir bloquer son numéro au démarchage téléphonique.  (JEAN-FRAN?OIS FREY / MAXPPP)

 

 

 

"Est-ce que c'est normal que des gens reçoivent 10 à 20 appels téléphoniques par jour ?", a affirmé lundi 20 janvier sur franceinfo Alain Bazot, président de l’UFC-Que Choisir. Avec d'autres associations de consommateurs, ils dénoncent l'utilité de la liste Bloctel, censée empêcher les appels incessants. Ils lancent aussi une pétition "démarchage téléphonique : interdisons ce fléau", ce lundi. 

 

 

 

franceinfo : Votre idée, c'est de prendre le problème à la racine ?

 

Alain Bazot : C'est une première, toutes les organisations de consommateurs, et même les associations familiales sont vent debout contre cette pratique de harcèlement commercial. C'est aussi bien les opérateurs d'énergie que les assureurs ou les mutuelles. On a une multitude de grands opérateurs qui ne cessent d'harceler les consommateurs qui sont vraiment à bout. On ne comprend pas qu'on ne mette pas fin à ce fléau, qui est vraiment endémique en France. Il y a d'abord la tranquillité des gens. Est-ce que c'est normal que des gens reçoivent 10, 20 appels téléphoniques par jour ? Le deuxième point, c'est qu'il y a une corrélation extrêmement étroite entre une montée en puissance des litiges avec ces sociétés qui font du démarchage.

 

 

 

La liste Bloctel, où on peut inscrire son numéro pour ne plus être dérangé, est-ce qu'il faut essayer de l'améliorer ?

 

Ce système ne fonctionne pas, ça fait quatre ans que c'est mis en place et il y a plein de trous dans la raquette, il y a des dérogations. Aujourd'hui vous êtes supposés être d'accord si vous ne faites pas une démarche pour dire non. Et quand vous faites une démarche pour dire non, la loi prévoit plein de dérogations. Et ce qui est stupéfiant, c'est que la proposition de loi qui pourrait être adoptée dans quelques jours va aggraver la situation. Je ne comprends que les élus, les parlementaires, soient autant hors-sol et n'entendent pas la colère de citoyens. Il faut inverser la règle.

 

 

 

C'est la solution, inverser le système de Bloctel, basculer vers un système dit "Opt In", qui autoriserait le démarchage uniquement lorsque une personne y a expressément consenti ?

 

Ce serait une solution médiane, effectivement qui améliorerait considérablement les choses. C'est sans doute compliqué d'interdire purement et simplement une forme d'activité, mais au moins faire prévaloir le principe de "si je n'ai rien dit, je veux être tranquille", c'est le principe qui prévaut pour les SMS et les courriels. Pourquoi ne fait-on pas cela avec le démarchage téléphonique, qui est infiniment plus intrusif ? Et encore une fois, les sociétés qui utilisent ce système marketing sont celles qui sont en tête de proue pour les litiges qu'on doit régler, donc il y a un vrai problème auquel il faut mettre fin.

 


21/01/2020
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