L'AIR DU TEMPS

L'AIR DU TEMPS

SOCIETE et Consommation

Regards sur la société au travers de différents articles qui permettent une photographie de celle-ci au fil du temps qui passe...


Franceinfo - le lundi 20 janvier 2020

 

 

Démarchages téléphoniques : des associations de consommateurs veulent faire interdire ce "harcèlement commercial"

 

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franceinfoRadio France

 

 

Une pétition est lancée par plusieurs associations de consommateurs, dont l’UFC-Que Choisir, à partir de ce lundi, pour "mettre fin au fléau"

 

 

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Le site de Bloctel pour pouvoir bloquer son numéro au démarchage téléphonique.  (JEAN-FRAN?OIS FREY / MAXPPP)

 

 

 

"Est-ce que c'est normal que des gens reçoivent 10 à 20 appels téléphoniques par jour ?", a affirmé lundi 20 janvier sur franceinfo Alain Bazot, président de l’UFC-Que Choisir. Avec d'autres associations de consommateurs, ils dénoncent l'utilité de la liste Bloctel, censée empêcher les appels incessants. Ils lancent aussi une pétition "démarchage téléphonique : interdisons ce fléau", ce lundi. 

 

 

 

franceinfo : Votre idée, c'est de prendre le problème à la racine ?

 

Alain Bazot : C'est une première, toutes les organisations de consommateurs, et même les associations familiales sont vent debout contre cette pratique de harcèlement commercial. C'est aussi bien les opérateurs d'énergie que les assureurs ou les mutuelles. On a une multitude de grands opérateurs qui ne cessent d'harceler les consommateurs qui sont vraiment à bout. On ne comprend pas qu'on ne mette pas fin à ce fléau, qui est vraiment endémique en France. Il y a d'abord la tranquillité des gens. Est-ce que c'est normal que des gens reçoivent 10, 20 appels téléphoniques par jour ? Le deuxième point, c'est qu'il y a une corrélation extrêmement étroite entre une montée en puissance des litiges avec ces sociétés qui font du démarchage.

 

 

 

La liste Bloctel, où on peut inscrire son numéro pour ne plus être dérangé, est-ce qu'il faut essayer de l'améliorer ?

 

Ce système ne fonctionne pas, ça fait quatre ans que c'est mis en place et il y a plein de trous dans la raquette, il y a des dérogations. Aujourd'hui vous êtes supposés être d'accord si vous ne faites pas une démarche pour dire non. Et quand vous faites une démarche pour dire non, la loi prévoit plein de dérogations. Et ce qui est stupéfiant, c'est que la proposition de loi qui pourrait être adoptée dans quelques jours va aggraver la situation. Je ne comprends que les élus, les parlementaires, soient autant hors-sol et n'entendent pas la colère de citoyens. Il faut inverser la règle.

 

 

 

C'est la solution, inverser le système de Bloctel, basculer vers un système dit "Opt In", qui autoriserait le démarchage uniquement lorsque une personne y a expressément consenti ?

 

Ce serait une solution médiane, effectivement qui améliorerait considérablement les choses. C'est sans doute compliqué d'interdire purement et simplement une forme d'activité, mais au moins faire prévaloir le principe de "si je n'ai rien dit, je veux être tranquille", c'est le principe qui prévaut pour les SMS et les courriels. Pourquoi ne fait-on pas cela avec le démarchage téléphonique, qui est infiniment plus intrusif ? Et encore une fois, les sociétés qui utilisent ce système marketing sont celles qui sont en tête de proue pour les litiges qu'on doit régler, donc il y a un vrai problème auquel il faut mettre fin.

 


21/01/2020
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Franceinfo - le jeudi 16 janvier 2020

 

 

"Des comportements qui ne sont pas acceptables" : que peut changer l'inflexion du discours de l'exécutif sur les violences policières ?

 

 

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Violaine JaussentFrance Télévisions

 

 

 

Emmanuel Macron veut rapidement des "propositions pour améliorer la déontologie" des forces de l'ordre, accusées de brutalité. Christophe Castaner les appelle à "l'exemplarité"... Le changement de ton est significatif. Pour autant, il ne présage pas une évolution sur le terrain

 

 

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Le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, dans les locaux de la sûreté départementale, dans le 8e arrondissement de Lyon, le 13 janvier 2020, pour rendre hommage au policier mort après avoir été percuté volontairement par un fourgon lors d'une intervention. (RICHARD MOUILLAUD / MAXPPP)

 

 

 

On ne l'attendait pas sur ce sujet. En déplacement à Pau (Pyrénées-Atlantiques), mardi 14 janvier, Emmanuel Macron a pourtant décidé que le moment était venu de s'exprimer sur les violences policières, sans toutefois employer cette expression. Pour le président de la République, il y a urgence face à des "comportements, pas acceptables, (qui) ont été ou vus ou pointés", car ils peuvent "atteindre la crédibilité et la dignité" des forces de l'ordre. "Il ne faut avoir aucune complaisance", a-t-il asséné, tout en déplorant "la violence et le nihilisme politique" qu'expriment selon lui certains manifestants. Il a aussi enjoint au ministère de l'Intérieur de faire rapidement des "propositions très concrètes" pour "améliorer la déontologie" des forces de l'ordre.

 

 

La veille, Christophe Castaner avait, justement, consacré une bonne partie de ses vœux à la Police nationale au devoir "d'exemplarité" et à "l'éthique", face aux élèves de l'Ecole nationale supérieure des officiers de police (Ensop) de Cannes-Ecluse (Seine-et-Marne). "Ce n'est pas un changement radical, mais une évolution dans le ton", souligne le ministère de l'Intérieur auprès de franceinfo. Il s'agit d'une forme de rappel à l'ordre pour certains policiers. Ils ne sont pas tous visés : le ministre soutient toujours ses troupes."

 

 

"Nous allons voir ce qu'il y a à améliorer, de la formation aux techniques d'intervention", ajoute-t-on au ministère, après une rencontre avec la famille de Cédric Chouviat, qui demande l'interdiction du plaquage ventral et de la clé d'étranglement. Ce livreur de 42 ans est mort après son interpellation par des policiers, le 3 janvier à Paris.

 

 

 

"Le grand patron désavoue sa police"

La mort de Cédric Chouviat, les violences depuis un an dans les manifestations de "gilets jaunes", puis dans les défilés contre la réforme des retraites... Et, surtout, ce croche-pied d'un policier, le 9 janvier, à Toulouse, pendant une manifestation. Une vidéo montre une jeune femme bousculée par un policier, puis, dans la foulée, un second policier qui la fait volontairement tomber en tendant la jambe dans sa direction. Le geste de trop, qui oblige Christophe Castaner à réagir. "C'est l'honneur de la police qui est en jeu, on ne fait pas de croche-pied à l'éthique, sauf à s'abaisser, à abaisser la police", a appuyé dans ses vœux le ministre, en référence à cette vidéo très partagée sur les réseaux sociaux et qui a suscité une vague d'indignation. Le policier a été identifié et une enquête préliminaire pour "violences par personne dépositaire de l'autorité publique" a été ouverte. 

 

 

"Il faut savoir reconnaître qu'il y a des choses qui ne vont pas. Dans les manifestations, on a vu des gestes inappropriés : le croche-pied à Toulouse, ça fait mal à tout le monde", a commenté auprès de l'AFP David Le Bars, du premier syndicat des commissaires de police (SCPN-Unsa). Toutefois, ce ton conciliant fait exception. "On parle déjà de sanctions pour ce policier, alors que l'enquête n'est pas terminée. Idem pour le policier qui tire à bout portant sur un manifestant avec son lanceur de balles de défense. J'ai peur qu'ils servent de chair à canon pour faire plaisir à la population, de boucs émissaires", déplore Marie*, policière depuis cinq ans et membre de Mobilisation des policiers en colère. "Je ne justifie pas leur comportement, je ne le cautionne pas. Mais il s'explique. Parce qu'ils ont beaucoup de travail et une fatigue immense depuis plus d'un an", estime-t-elle.

 

 

Quand j'ai entendu ce discours, j'ai eu le sentiment d'être lâchée par mes dirigeants, ça m'est resté en travers de la gorge.Marie, policière à franceinfo

 

 

En "manque de reconnaissance", elle aurait préféré un discours "plus nuancé", plutôt que d'entendre "le grand patron désavoue[r] sa police". "Condamner le geste de trop, c'est bien, mais pourquoi ne pas s'interroger sur ce geste ? Se demander comment on en est arrivé là ? Des cas isolés ne justifient pas qu'on remette en cause toute la déontologie policière", argue-t-elle.

 

 

 

"Il ne faut pas que ce soit juste de la com'"

Agacés par ces mêmes propos du ministre, les syndicats de policiers ne disent pas autre chose. "On ne valide pas [les violences de policiers], renchérit Thomas Toussaint, de l'Unsa-Police, mais il faut remettre les choses dans leur contexte". En cause, à ses yeux, les "60 semaines de manifestations et de mouvement des 'gilets jaunes'" qui ont mis sur le flanc les forces de l'ordre. "On a le sentiment d'être les dindons de la farce. On a défendu la République et le politique est en train de nous lâcher, il fait preuve d'une fébrilité vis-à-vis des réseaux sociaux", vitupère le secrétaire général de Synergies-Officiers, Patrice Ribeiro.

 

 

Pour Jean-Marc Bailleul, secrétaire général du Syndicat des cadres de la sécurité intérieure (SCSI), réécrire le code de déontologie n'est pas la question.

 

 

Quand l'homme derrière l'uniforme craque, parce qu'il travaille de 5 heures à minuit, ce n'est pas le code de déontologie qui va l'en empêcher. Jean-Marc Bailleul, Syndicat des cadres de la sécurité intérieure à franceinfo

 

 

Il rappelle que la profession de policier est l'une des plus contrôlées de France : "La police à elle seule conditionne 74% des fonctionnaires sanctionnés, du blâme à la révocation." Il suggère plutôt de "revoir la façon de faire de l'ordre public". Mais salue le rappel de Christophe Castaner, qui a déclaré lundi : "Policier ou gendarme, représenter les forces de l'ordre, c'est être un modèle, c'est assumer qui l'on est et porter son RIO (Référentiel des identités et de l'organisation)", alors que les membres des forces de l'ordre sont régulièrement vilipendés sur les réseaux sociaux pour ne pas arborer ce numéro d'identification.

 

 

Christophe Korell, président de l'association Agora des citoyens, de la police et de la justice, apprécie aussi ce rappel. Mais suggère d'aller plus loin en se demandant : "Qu'est-ce que les citoyens attendent de la police ?" C'est la question au cœur de la conférence citoyenne lancée le 11 janvier au ministère de l'Intérieur. Choisi avec l'Institut Ifop, un panel de 100 personnes planche pendant deux week-ends pour "associer les citoyens à la réflexion sur la sécurité de demain" dans le cadre d'un Livre blanc dont la publication est planifiée en février. "Ça va dans le bon sens, mais il faut que ça serve, que ce ne soit pas juste de la com'. On attend de voir le contenu", commente Christophe Korell, qui estime qu'aujourd'hui, on subit avant tout "le manque d'effectifs lié à la réforme voulue par Nicolas Sarkozy".

 

 

 

"La réflexion éthique vécue comme une contrainte"

Mais les horaires à rallonge ne peuvent pas justifier tous les actes. Mi-novembre, La Croix a recueilli des témoignages pour tenter de comprendre les multiples facteurs qui conduisent aux bavures policières. Quelques policiers commencent à le reconnaître du bout des lèvres et sous couvert d'anonymat auprès de franceinfo. "L'accent n'est pas assez mis sur la réflexion éthique du policier, vécue comme une contrainte par la majorité. La culture policière n'est pas axée sur la déontologie et la formation continue est quasiment inexistante sur ce sujet", dénonce ainsi Jules, officier de police judiciaire en région parisienne. "Pour être intégré, quand on est (le plus souvent) loin de son lieu d'origine, il faut rentrer dans le moule des anciens", ajoute-t-il, expliquant que les jeunes sont encouragés à endosser des valeurs jugées "viriles" et poussés à "aller au contact".

 

 

Comment, alors, modifier les pratiques ? La police peut-elle changer d'éthique ? Stéphane Lemercier, capitaine de police et chargé de cours, s'interroge dans The Conversation. "Il faudrait pour cela revoir la formation des policiers car il ne s'agit plus d'imposer des notions de droits rigoristes mais d'amener les agents à réfléchir aux conséquences de leurs actes par la mise en place de pratiques refléxives", suggère-t-il. Avec l'objectif d'avoir une police "respectée parce qu'elle est respectable et non parce qu'elle est crainte".

 

 

"Je crois que l'on évacue totalement du débat la décomplexion dont certains font preuve aujourd'hui sur le terrain, observe un commissaire parisien dans Libération. Pour être clair : quand vous déconnez, que vos chefs directs vous couvrent, que le ministre continue de vous remercier pour votre travail, et que les syndicats vous plaignent, vous vous sentez pousser des ailes. Or le maintien de l'ordre, ce n'est pas une bataille de rue..." Car pour certains membres de forces de l'ordre, le problème qui se pose dans la police nationale est celui de l'encadrement. "Il serait opportun que les échelons hiérarchiques assument leurs responsabilités en sanctionnant comme il se doit les manquements de leurs hommes et en communiquant sur ces sanctions", avance à franceinfo un officier de police judiciaire.

 

 

 

"Le signal est envoyé aux chefs de service"

Le message commence à se diffuser. Alors qu'il doit prochainement passer la main, le directeur général de la police nationale (DGPN), Eric Morvan, s'est lui aussi fendu d'un avertissement à ses troupes lors des vœux lundi. "La lettre de Maurice Grimaud n'a jamais été aussi actuelle", a-t-il averti, en référence à la missive envoyée par l'ex-préfet de police de Paris aux policiers en 1968, restée célèbre par la phrase : "Frapper un manifestant tombé à terre, c'est se frapper soi-même." Fabien Jobard, chercheur au CNRS spécialisé sur la police française, n'est pas étonné : "Dans une structure aussi hiérarchisée que la police, la communication ne peut pas rester sans effet."

 

 

La parole publique du ministre de l'Intérieur tombe dans trois paires d'oreilles : celles de l'opinion publique, celles des syndicats de policiers et celles de la police elle-même. Fabien Jobard, chercheur à franceinfo

 

 

"Ce qui peut paraître modéré pour l'opinion publique, et déjà outrancier pour les syndicats, sera entendu comme impératif par la hiérarchie de la police. Là, le signal est envoyé aux chefs de service, voire aux directeurs centraux, qu'à la prochaine bavure, il y a un vrai risque qu'ils 'sautent'. Donc ils répercutent ce discours", analyse-t-il.

 

 

Jusqu'où sera-t-il répercuté ? Derrière le changement de discours, y aura-t-il des évolutions ? Au printemps 2019, le ministre de l'Intérieur a lancé plusieurs travaux pour un nouveau schéma du maintien de l'ordre. "Il sera décisif et donnera les orientations pour les années qui viennent, prédit Fabien Jobard. Quand une institution aussi massive que la police est engagée dans une direction donnée, l'inertie est très forte et il faut beaucoup de force pour prendre la direction inverse. Une forte volonté politique, donc."

 

 

  • Le prénom a été modifié.

 


16/01/2020
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Franceinfo - le mardi 31 décembre 2019

 

 

Baisse des impôts, lunettes remboursées intégralement, cotons-tiges interdits... Ce qui va changer en janvier 2020

 

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Charlotte CausitfranceinfoFrance Télévisions

 

 

 

Le passage à la nouvelle année amène son flot de changements, que franceinfo vous résume

 

 

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Pièces de monnaie disposées sur un ticket de caisse.  (ISELYNE PEREZ-KOVACS / HANS LUCAS)

 

 

 

Santé, budget quotidien, mesures écologiques... Le passage à 2020, et donc l'entrée dans une nouvelle décennie, va s'accompagner de nombreux changements, mercredi 1er janvier. De la fin des plastiques à usage unique au remboursement intégral des lunettes ou prothèses dentaires, franceinfo fait le tour de ce qui évolue. 

 

 

 

Votre impôt sur le revenu pourrait baisser

C'était l'une des mesures phares du projet de loi de finances et elle concernera près de 17 millions de foyers fiscaux : comme annoncé par Emmanuel Macron, les tranches du barème de l'impôt sur le revenu vont être révisées en 2020. Cela concernera surtout les contribuables des deux premières tranches. Pour la première tranche (de 9 965 euros à 25 405 euros de revenus annuels déclarés), le taux d'imposition va passer de 14% à 11% : cet ajustement représente un gain moyen d'environ 350 euros par ménage. Pour la deuxième tranche (entre 25 406 euros et 72 643 euros annuels), cela correspondra à un "gain moyen de 180 euros", assure le Premier ministre. 

 

 

 

Une exonération de la taxe d'habitation

Le gouvernement poursuit son objectif : supprimer la taxe d'habitation d'ici 2023. En 2020, 80% des ménages seront ainsi totalement exonérés de la taxe d'habitation sur les résidences principales. Les 20% de Français les plus aisés continueront, eux, de la payer jusqu'en 2022, moyennant une baisse progressive.

 

 

 

Le smic va être (légèrement) revalorisé

En 2020, le salaire minimum interprofessionnel de croissance (smic) augmente de 1,2% (il avait augmenté de 1,5% en 2019), conformément à la régulation en vigueur. Ce gain, lié à l'inflation, revient à 15 euros net par mois, selon le gouvernement. Le nouveau montant du smic va ainsi s'élever à 1539,42 euros brut (1219 euros net) mensuels pour 35 heures de travail hebdomadaire. Plus de deux millions de salariés pourront en bénéficier. 

 

 

 

Le prélèvement à la source élargi à l'emploi à domicile

Assistantes maternelles, auxiliaires de vie, femmes de ménage... Dès le 1er janvier 2020, les salariés à domicile vont pouvoir bénéficier du prélèvement à la source. Pour les particuliers-employeurs concernés, aucune tâche administrative ne s'ajoutera. Ils devront, comme d'habitude, déclarer la rémunération de leur salarié sur les sites de Pajemploi (pour les assistantes maternelles et les gardes d'enfants) ou du Cesu (pour les autres salariés à domicile). Mais c'est désormais l'Urssaf qui se chargera de verser directement au fisc l'impôt sur le revenu.

 

 

Si l'employeur et le salarié ont opté pour le service intégré Pajemploi+ (ou Cesu+), l'Urssaf prélève à l'employeur toutes les sommes dues (salaire net et cotisations sociales) puis se charge de les répartir, en versant à l'employé son salaire (amputé de l'impôt) et au fisc l'impôt. Si les deux parties n'ont pas coché cette option, le particulier paye au salarié sa rémunération amputée de l'impôt et verse à l'Urssaf, en plus des cotisations sociales, l'impôt sur le revenu que l'organisme social reverse ensuite au fisc.

Dans tous les cas, l'employeur n'a pas besoin de demander à son salarié son taux d'imposition : celui-ci sera communiqué directement par le fisc à l'Urssaf, qui se chargera des calculs.

 

 

 

Les pensions de retraite des plus modestes vont augmenter

A l'issue de la crise des "gilets jaunes", Emmanuel Macron avait annoncé l'indexation des retraites sur l'inflation. En 2020, les 14 millions de retraités qui gagnent moins de 2 000 euros brut par mois (pension globale, comprenant la retraite de base et complémentaire) verront leur retraite annexée sur l'inflation et donc revalorisée de 1%. Les retraités dont les revenus sont supérieurs à ce seuil bénéficieront, eux, d'une hausse limitée à 0,3% de leur retraite de base (hors retraite complémentaire).  

 

 

 

Le plastique à usage unique interdit

Moins de plastique et plus de carton dans nos rayons. A compter de janvier, la commercialisation de la vaisselle jetable, des pailles, des touillettes ou encore des cotons-tiges en plastique va être interdite. Des alternatives biodégradables et compostables seront proposées aux particuliers et aux entreprises. 

 

 

 

 

 

 

Le dioxyde de titane interdit dans les denrées alimentaires

L'E171, additif alimentaire au nom savant de dioxyde de titane, ne devrait plus se retrouver dans vos assiettes en 2020. Une mesure de "précaution" décidée par le gouvernement en raison des "incertitudes résiduelles pour garantir la sécurité de l'utilisation de cet additif". Tous les produits (chewing-gums, plats préparés, bonbons et sauces) contenant ce colorant et opacifiant, qui se présente en partie sous forme de nanoparticules, seront retirés de la vente pour une durée d'un an, à compter du 1er janvier. 

 

 

 

Les véhicules polluants davantage taxés

Un malus écologique qui va taper aux portefeuilles : à partir du 1er janvier, le barème de la taxation des véhicules neufs évolue. La taxation se durcit et débutera désormais à 110 grammes d'émission de CO2 par kilomètre contre 117 grammes par kilomètre auparavant. Le magazine Capital a fait le calcul : pour un véhicule émettant 140 grammes de CO2, le malus passera ainsi de 690 euros à... 1 900 euros en 2020. Selon le cabinet d'études statistiques AAA Data, ce malus devrait concerner 54% des voitures neuves, contre 37% en 2019. Une deuxième grille interviendra en mars 2020. 

 

 

 

L'aide à la création d'une micro-entreprise rabotée

Entrepreneurs et auto-entrepreneurs vont désormais être logés à la même enseigne. La réforme de l'ACRE (aide à la création ou à la reprise d'une entreprise) entre en vigueur le 1er janvier. Ce dispositif d'exonération partielle des charges sociales ne s'appliquera désormais plus que pendant la première année d'activité pour les auto-entrepreneurs (contre trois ans auparavant). Son taux va également diminuer, pour passer de 75% à 50%.

 

 

A noter que la mesure concerne uniquement les micro-entreprises créées à partir du 1er janvier 2020. Néanmoins, pour les entreprises déjà créées, la réduction de charges va passer de 50% à 25% en deuxième année et de 25% à 10% en troisième année, détaille le portail des auto-entrepreneurs.

 

 

 

Le plafond de la Sécurité sociale revu 

Comme chaque année, le plafond de la sécurité sociale va être réévalué en fonction des salaires. Il est utilisé comme référence pour le calcul du montant des pensions d'invalidité, ainsi que des indemnités journalières perçues en cas d'arrêt maladie ou de congé maternité. Selon le décret publié en décembre, il s'élèvera désormais à 3 428 euros en valeur mensuelle, soit 189 euros en valeur journalière (contre 3 377 et 186 euros en 2019). 

 

 

 

L'accès libre aux anti-inflammatoires, c'est fini

A partir du 15 janvier, les médicaments à base de paracétamol et certains anti-inflammatoires (aspirine, ibuprofène...) repassent derrière le comptoir du pharmacien. Ces médicaments restent disponibles sans ordonnance, mais il faudra dorénavant les demander aux professionnels. L'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) en a décidé ainsi, pour prévenir les malades des risques d'allergie et d'effets secondaires.

 

 

 

Homéopathie : un remboursement raboté 

La facture des petits granules blancs va grimper. A partir de ce premier janvier, le remboursement par la Sécurité Sociale des produits homéopathiques passe de 30% à 15%. Près de 1200 produits béneficiant d'un remboursement partiel vont être concernés par cette mesure. 

 

 

Cette baisse du remboursement est la première d'un plan visant au déremboursement progressif de l'homéopathie. Cette décision, prise par le gouvernement en juillet dernier s'accorde avec l'avis émis par la Haute Autorité de Santé (HAS) : selon les autorités  “l’efficacité” de l’homéopathie est “insuffisante pour être proposée au remboursement". Le déremboursement progressif permettrait des économies : en 2018, l’Assurance Maladie a consacré 126,8 millions d’euros au remboursement de ces produits.  

 

 

 

Vers un remboursement intégral des lunettes et prothèses dentaires

C'est le fer de lance de la réforme dite "100% santé" : la mise en place du remboursement intégral, c'est-à-dire sans reste à charge, de certaines lunettes et prothèses dentaires, après un premier volet qui avait déjà concerné les prothèses auditives en 2019. Concrètement, vous n'aurez rien à débourser pour vos lunettes ou vos couronnes. Mais les équipements sont bien définis et les tarifs sont plafonnés.

 

 

Pour l'optique, cela concernera seulement certaines montures et des verres particuliers. Les opticiens devront tous proposer un panier de 17 modèles adultes de montures et de dix modèles pour les enfants. Plusieurs traitements de verres seront concernés, au maximum jusqu'à 800 euros pour des verres progressifs. Comme l'explique RTL, il faudra toutefois avancer l'argent, puisque le tiers payant ne sera pas encore au point.

 

 

Pour les dents, certaines couronnes et bridges seront intégralement remboursés. Là encore, tout dépend du panier de soins. Comme le détaille le site de l'assurance-maladie, les assurés auront ainsi accès au remboursement intégral pour des couronnes céramiques sur les incisives, canines et prémolaires, ou encore à des couronnes métalliques pour toutes les dents. 

 

 

 

De nouveaux tribunaux apparaissent

A partir du 1er janvier, les tribunaux d'instance et de grande instance fusionnent pour laisser place aux tribunaux judiciaires. Cette réorganisation des juridictions de première instance résulte de la réforme de la justice de 2019. Le tribunal judiciaire (TJ) pourra traiter tous les litiges de nature civile et commerciale entre particuliers (successions, propriété intellectuelle, droit de la famille...). 

 

 

 

Des spots de pub plus courts à la télé

Des publicités plus ciblées, plus courtes et plus régulières. Les règles de l'audiovisuel changent début 2020 : une troisième coupure pub sera autorisée dans les films et les téléfilms de plus de 1h30. Les chaînes pourront aussi proposer des spots publicitaires géolocalisés ainsi que des micro-publicités d'une minute. 

 

 

 

Des cigarettes toujours plus chères

Le prix de certaines cigarettes et de tabacs à rouler va augmenter de quelques centimes en janvier. Il ne s'agit que de la première hausse attendue de l'année : le paquet de cigarettes devrait passer le prix symbolique de 10 euros en novembre 2020. 

 

 

 

Le prix des timbres augmente encore

En 2019, le prix des timbres a bondi de 10%. En 2020, la tendance continue : le timbre vert passe à 97 centimes et le timbre rouge augmente de 11 centimes, pour atteindre un coût de 1,16 euro. 

 

 

 

Les frais bancaires en hausse

C'est la fin du gel des frais bancaires. En 2019, les banques françaises avaient gelé leur frais pour répondre à la crise sociale des "gilets jaunes". Le passage à 2020 met fin à cette situation : selon le site spécialisé Money Vox, certains tarifs devraient augmenter de 5% selon les banques. Envoi de chéquier, virements bancaires effectués au guichet, transfert d'un PEL pourraient ainsi coûter plus cher dès janvier. 

 

 

 

Davantage de voitures-radars 

Après une expérimentation qualifiée de "réussie" en Normandie, le gouvernement étend le dispositif des voitures-radars aux régions Bretagne, Pays de la Loire et Centre-Val de Loire. Soixante véhicules banalisés, gérés par des opérateurs privés, seront mis en circulation à partir de janvier pour effectuer des contrôles de vitesse, sept jours sur sept. Au 1er trimestre 2019, la vingtaine de véhicules banalisés de la région normande avait généré près de 12 000 messages d'infraction. 

 

 

 

Les tarifs du gaz vont baisser

Moins 0,9% par rapport à 2019 : les tarifs réglementés de vente du gaz appliqués par Engie vont baisser en janvier. La Commission de régulation de l'énergie (CRE) a annoncé une baisse de  0,2% pour les clients qui utilisent le gaz pour la cuisson, de 0,5% pour ceux qui ont un double usage, cuisson et eau chaude, et de 1% pour les foyers qui se chauffent au gaz.

 


01/01/2020
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Franceinfo - le samedi 28 décembre 2019

 

 

"OK, boomer", une expression devenue le symbole d'un malaise entre les générations

 

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Noémie LeclercqfranceinfoFrance Télévisions

 

 

 

Cette locution apparue sur les réseaux sociaux s'invite dans le débat public en cette fin d'année. Simple phénomène ou reflet d'une fracture générationnelle ? Franceinfo s'est penché sur la question

 

 

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Une affiche de la CGT lors des manifestations parisiennes du 17 décembre 2019 contre la réforme des retraites. (ESTELLE RUIZ / NURPHOTO / AFP)

 

 

 

Peut-être l'avez-vous lancée à votre oncle le soir de Noël lors d'une conversation sur les retraites. Ou l'avez-vous entendue, pas plus tard qu'hier, dans la bouche de votre fille que vous veniez de critiquer pour son "temps passé sur les écrans". En cette fin d'année, difficile d'avoir raté l'expression "OK, boomer", de plus en plus utilisée.

 

 

Si l'origine exacte de cette pique ironique qui s'adresse à la "génération dorée" née entre 1945 et 1965 reste floue – le site spécialisé Know Your Meme, qui recense la genèse et la mort des phénomènes sur internet, indique que sa première occurrence remonte à 2015 – tout semble avoir commencé mi-octobre, sur TikTok (vous savez, ce réseau social qui permet de mettre en ligne des vidéos et que les jeunes adorent). 

 

 

 

D'internet à la sphère politique

Le déclencheur ? La diatribe d'un homme d'une soixantaine d'années, en train de critiquer les jeunes générations. Cheveux blancs et casquette sur la tête, l'homme explique à la caméra que les "millenials" (nés entre 1981 et 1995) et la "gen Z" (après 1996) souffrent "du syndrome de Peter Pan : ils refusent de grandir". Il poursuit en affirmant que leurs combats – notamment en matière d'écologie – seraient vains et bercés d'idéaux. La vidéo a été diffusé sur TikTok et un jeune, en train de l'écouter, lui a asséné un cinglant "OK, boomer", que l'on pourrait traduire par "c'est cela, le vieux". Il n'en fallait pas plus pour que la machine internet s'emballe. 

 

 

 

 

 

Le 29 octobre, le New York Times consacre un article (en anglais) à cette expression qui, selon le quotidien américain, "marque la fin des relations amicales entre générations". Quelques jours plus tard, au Parlement néo-zélandais, la députée écologiste Chlöe Swarbrick oppose un "OK, boomer" à un collègue masculin plus âgé qui venait de l'interrompre pendant son discours sur l'écologie.

 

 

Depuis, la phrase est devenue un mème, utilisée à outrance et détournée de sa vocation première. Elle a même été reprise dans les manifestations contre la réforme des retraites, comme sur cette affiche, éditée par la CGT, sermonnant l'ancien haut-commissaire aux retraites, Jean-Paul Delevoye.

 

 

 

Une affiche de la CGT lors de la manifestation du 5 décembre 2019, à Paris, contre le projet de réforme des retraites. 

Une affiche de la CGT lors de la manifestation du 5 décembre 2019, à Paris, contre le projet de réforme des retraites.  (EDOUARD RICHARD / HANS LUCAS / AFP)


 

Un "mépris" envers les aînés, pour certains

Mais certains n'apprécient pas franchement l'expression. Ils y voient une "discrimination antivieux", un "mépris" ou encore une "condescendance" de la jeune génération à l'égard de leurs aînésPour les essayistes Brice Couturier et Bertrand Vergely, nés en plein baby-boom, cette expression reflète l'âgisme ambiant. Ils le comparent même au sexisme et au racisme dans les colonnes d'Atlantico.

 

 

Selon eux, l'expression "OK, boomer" vise "à mettre l'écologisme radical à l'abri de toute contestation" et fait état d'une "volonté d'interdire de parole ceux qui ne pensent pas 'correctement'". Les deux chroniqueurs y voient ainsi un comportement typique de la "snowflakes generation" – dont l'existence fait débat – qui désigne des jeunes gens "surprotégés" par leurs parents, fermés au dialogue et ne voulant évoluer que dans des "safe spaces", c'est-à-dire des lieux ou des groupes au sein desquels chacun est certain de ne pas être confronté à des idées contraires aux siennes.

 

 

Plus modérée, Audrey Dufeu Schubert, députée LREM de Loire-Atlantique et auteure d'un rapport sur l'âgisme remis au Premier ministre début décembre, fait état d'un "fossé générationnel" se creusant petit à petit. Si elle y voit surtout un phénomène internet, l'expression "OK, boomer" symbolise à ses yeux une "génération qui responsabilise et qui cherche à faire culpabiliser les plus anciens, notamment sur l'environnement".

 

 

 

Une génération "sacrifiée"

Mais les adeptes du "OK, boomer" le martèlent : il ne s'agit pas d'être "antivieux", mais de s'adresser aux "boomers", une génération, aujourd'hui âgée de 55 à 75 ans, dont la parole domine, en politique et dans les médias. En somme, le sentiment évoqué par l'expression ne viserait pas tant l'âge, mais la place de ces "boomers" dans l'histoire sociale. 

 

 

 

Pierre Monégier@PierreMonegier
 

On va le répéter : n'est pas anti-vieux (+70 ans t'es pas boomer). Les Boomers c'est la seule génération qui a eu plus que les précédentes ET les suivantes, et qu'on voit et entend partout. Cool pour eux - mais chut sur l'avenir. Ok Boomer ? ? http://www.leparisien.fr/societe/ok-boomer-quand-les-jeunes-font-de-la-discrimination-anti-vieux-12-12-2019-8215626.php?utm_campaign=twitter_partage&utm_medium=social 

 

 

 
 

«Ok boomer» : quand les jeunes font de la discrimination anti-vieux

La députée Audrey Dufeu Schubert (LREM) veut lutter contre « l’âgisme » dans un rapport remis aujourd’hui. Une discrimination qui se manifes

leparisien.fr
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Dans son livre Génération sans pareille, l'historien Jean-François Sirinelli définit cette génération par "les 4 P" : paix, prospérité, plein-emploi, progrès. Nés entre la fin de la guerre et le milieu des années 60, ces baby-boomers ont bénéficié d'un environnement très favorable et des combats de leurs parents soixante-huitards.

 

 

"La conscience est assez forte chez la jeunesse actuelle qu'ils sont une 'génération sacrifiée'", notamment sur le plan politique, décrit Camille Peugny, professeur de sociologie à l'université de Versailles-Saint-Quentin. "Ils savent que la génération post-68 a joui d'une existence plus facile qu'eux." En l'occurrence d'un monde pacifié, d'une croissance exponentielle et d'un chômage très bas : "L'accès à la propriété privée était bien plus aisé, les carrières progressaient naturellement...", énumère le sociologue.

 

 

A l'inverse, près de 60 ans plus tard, les conflits se multiplient dans le monde, la menace d'une récession plane, la planète souffre de plus en plus et le taux de chômage chez les 15-24 ans frôle les 20% alors que les jeunes sont davantage diplômés dans le supérieur. "Si l'on compare ces générations, il est certain qu'il y a beaucoup d'inégalités, de déclassement pour les jeunes d'aujourd'hui, constate Camille Peugny. Les baby-boomers ont eu, globalement, une vie bien plus facile. Certes, les conflits entre générations ont toujours existé. Mais si, avant, ils se manifestaient surtout sur le plan des valeurs sociétales, désormais, le contexte socio-économique les a exacerbés."

 

 

La députée de Loire-Atlantique Audrey Dufeu Schubert en atteste : sur le terrain, lors de ses permanences, elle rencontre régulièrement "des jeunes et des moins jeunes" qui "s'accusent les uns les autres" de leurs problèmes économiques. "Ça a été particulièrement tendu au moment de la crise des 'gilets jaunes' : il y en avait de toutes générations confondues, mais leurs revendications étaient très différentes." Reste que, selon elle, les personnes de plus de 60 ans font également face à de nombreuses difficultés : "Après un certain âge, beaucoup de choses deviennent plus compliquées, comme louer une voiture, faire un crédit à la consommation... Il ne faut donc pas stigmatiser une tranche d'âge. Chaque période de la vie amène certains avantages et certains inconvénients." 

 

 

 

Un slogan revendicatif

Si l'expression "OK, boomer" s'appuie sur le ressenti d'un fossé générationnel ambiant, le sociologue Camille Peugny nuance en insistant sur le fait que l'on retrouve une solidarité très forte entre les générations au sein de la sphère familiale, et plus globalement au niveau microsociologique. "Ce que l'on remarque en sociologie, c'est qu'il n'y a pas tant un conflit de valeurs qu'une demande des jeunes d'avoir les mêmes chances dans la vie que leurs aînés", explique-t-il.

 

 

C'est surtout une génération qui peine à se faire entendre par la classe politique, alors qu'elle est l'avenir. Camille Peugny, sociologue à franceinfo

 

 

Ce phénomène a d'ailleurs pu être observé à travers les réactions suscitées par le militantisme écologique de Greta Thunberg : en dépit de l'inaction des gouvernements contre le réchauffement climatique, attestée par les scientifiques et les ONG, d'aucuns blâment l'activiste d'être trop jeune et la somme même de "retourner à l'école". Or, pour le chercheur, c'est justement la massification de l'éducation secondaire qui rend les jeunes générations plus informées, et donc moins passives. L'expression "OK, boomer" s'apparenterait ainsi à un slogan à travers lequel les plus jeunes revendiquent leur place dans le débat public.

 

 

Récemment, cette impression de ne pas être écouté s'est cristallisée autour du projet de réforme des retraites. Selon un sondage Elable, 65% des retraités et 67% des personnes âgées de 65 ans et plus y sont favorables, alors que la réforme ne les concernera pas. A l'inverse, les autres tranches d'âge y sont opposées. La génération née en 2004 sera la première à basculer en 2022 dans le nouveau système de cotisation. Interrogée par franceinfo, Tatiana, lycéenne née cette année-là, regrette de ne pas être prise en considération par les politiques : "Edouard Philippe, il a parlé des 2004 et en fait, j'ai l'impression [qu'on ne parle de la réforme] qu'aux adultes ou aux personnes qui travaillent déjà, alors que ça va nous concerner nous." 

 

 

L'expression "OK, boomer" est-elle, dès lors, le signe d'un divorce irréconciliable entre jeunes et moins jeunes, dans un contexte socio-économique compliqué ? Sans doute, mais rien de nouveau, nuance Camille Peugny. "Le conflit intergénérationnel, c'est quelque chose qui a toujours existé. Il est d'ailleurs nécessaire à la société", détaille le sociologue, en expliquant que le renouvellement générationnel est à la base du mouvement social en général, au même titre que la lutte des classes. "C'est pour ça qu'il faut prendre au sérieux les revendications des jeunes. Si ça n'avait pas été le cas en 1968, on serait bien moins lotis", note-t-il. En effet, les contestations de Mai 68 ont notamment apporté une augmentation du salaire minimum, une hausse générale des salaires et la quatrième semaine de congés payés. Pour tout le monde. Et déjà à cette époque, cela n'empêchait pas les jeunes de défier leurs aînés avec une autre célèbre question : "D'où parles-tu, camarade ?" 

 


28/12/2019
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Franceinfo - le lundi 23 décembre 2019

 

 

"Mentir, c'est moche" : des parents racontent pourquoi ils ne font pas croire au père Noël à leurs enfants

 

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Guillemette JeannotFrance Télévisions

 

 

Que cela soit pour des raisons morales, des croyances religieuses ou des considérations matérielles, certains parents préfèrent expliquer à leurs enfants – malgré la pression sociale de la famille ou d'amis – que le père Noël n'existe pas

 

 

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Loin de refuser le mythe du père Noël, ces parents en parlent comme de n'importe quel autre personnage fictif présent dans les histoires d'enfants. (MAXPPP)

 

 

 

"Le père Noël, c'est pour de faux", assume Cécile. Motivée par l'ambition de ne pas élever son enfant dans le mensonge, cette maman parisienne de 38 ans, soucieuse de préserver la confiance que son fils de 3 ans a placée en elle, a décidé d'aller contre la légende qui raconte qu'en une seule nuit, celle du 24 décembre, le père Noël distribue des cadeaux à tous les enfants sages. D'ailleurs, elle-même n'y a jamais cru. Un choix pas toujours compris par le reste de la famille en cette fin d'année synonyme de fête et de partage. Que cela soit pour des raisons morales, des croyances religieuses ou des considérations matérielles, des parents racontent à franceinfo pourquoi le père Noël n'existe pas.

 

 

 

Un rapport au mensonge

"Si je mens à mon fils là-dessus, nous ne partons pas sur de bonnes bases", constate Adeline. Cette jeune maman de 30 ans souhaite que son fils de 2 ans "sache que ses parents ne sont pas là pour lui mentir, quel que soit le sujet et quelle que soit la raison". Ne pas trahir la confiance de l'enfant en étant honnête avec lui pour qu'il le soit en retour avec ses parents est le leitmotiv de ces parents qui ont décidé de dire la vérité. "Et puis parce que mentir, c'est moche", lâche Laurent, 49 ans, papa de quatre enfants âgés de 9 à 19 ans.

 

 

Mais ce n'est pas toujours facile. "J'ai d'abord éludé la question", raconte Ariane, 36 ans, quand son fils, aujourd'hui âgé de 6 ans, a commencé à lui demander si le père Noël existait. "Je ne voulais pas saper ses rêves", se justifie cette mère contrariée par le fait de devoir mentir à son fils. Face à l'insistance de ce dernier, la jeune mère, élevée dans une famille "de cartésiens et de pragmatiques", a fini par lui dire qu'elle ne l'avait jamais vu et qu'elle "ne croit que ce qu'elle voit".

 

 

Je refuse de jouer avec la naïveté de mon fils. Ariane à franceinfo

 

 

Mais alors, qui est le père Noël ? Loin de refuser le mythe du personnage en rouge, ces parents en parlent comme de n'importe quel autre personnage fictif présent dans les histoires d'enfants. "Pour la magie ou le fantastique, on peut 'jouer et rêver' au père Noël comme on peut le faire avec les fées ou les magiciens sans pour autant créer de confusion", explique Laurent. Mickaël et son épouse, en accord avec leur croyance religieuse, ont décidé d'expliquer à leurs quatre jeunes enfants de 2, 3, 5 et 9 ans, qu'à Noël, "nous fêtons la naissance de Jésus".  

 

 

Si ce n'est pas le père Noël qui apporte les cadeaux, ces derniers n'ont pas, pour autant, disparu dans ces familles. Chez Rosamée, 35 ans, pour qui "la magie de Noël est synonyme de pollution, hyperconsumérisme, déchets à gogo et animaux gavés", les cadeaux sont fabriqués avec ses deux filles de 6 et 4 ans. Cela permet aussi de poser des limites aux envies des enfants qui pensent que "si je veux ça, le père Noël me le donnera", constate Mickaël, qui a révélé à sa progéniture que ce sont les parents qui offrent les cadeaux.

 

 

 

Un mauvais souvenir d'enfance 

Pour certains parents, cette histoire de Noël réveille de mauvais souvenirs. "Je me suis sentie trahie", avoue Adeline. Laurent, lui, a été "très en colère" quand il a compris qu'on lui avait menti alors qu'il n'avait pas le droit de le faire. Quant à Rosamée et son mari, "cette notion de vérité [leur] a cruellement manqué à tous les deux dans [leur] enfance". Alors, non, ils ne mentiront pas à leurs enfants parce qu'eux-mêmes n'ont pas apprécié ce moment de vérité.

 

 

Si pour la pédopsychiatre Dominique Tourrès-Gobert, "tout enfant a besoin de connaître la vérité sur ce qui le concerne : son identité, sa filiation ou le divorce à venir de ses parents", elle invite les parents à voir le "mensonge" du père Noël comme un "joli mensonge".

 

 

Ce mensonge dans une atmosphère de fête n'est pas traumatique comme un secret de famille qui peut avoir de lourdes conséquences sur la construction d'un individu. Dominique Tourrès-Gobert à franceinfo

 

 

De même, Claude Halmos, psychiatre spécialiste de l'enfance, rassure les parents inquiets à l'idée du jour où leur progéniture découvrira que c'étaient eux les pères Noël : "A l'annonce de la vérité, un enfant ne se sentira jamais trompé, berné, manipulé dans une famille où ses parents lui ont prouvé qu'ils avaient du respect pour lui, et qu'il pouvait, de ce fait, avoir confiance en eux."

 

 

 

Une légende à conserver

Pour ces deux expertes de l'enfance, le père Noël est un mythe nécessaire. Selon Dominique Tourrès-Gobert, "c'est un rite de passage que tout enfant doit effectuer". Ajoutant qu'"il est intéressant car on y apprend que tous nos désirs ne peuvent devenir une réalité". En supprimant ce mythe qui fait passer du "merveilleux à la désillusion, on enlève à l'enfant la possibilité d'apprendre à gérer ses propres croyances", conclut la pédopsychiatre.

 

 

Pour Claude Halmos, loin d'être un mensonge, le père Noël symbolise les sentiments. Tant qu'un enfant ne peut pas comprendre "l'idée de sentiment, il faut que quelque chose l'incarne. Le père Noël sert à cela."

 

 

C'est une invention poétique qui permet d'incarner l'amour que les parents ont pour leur enfant, l'envie qu'ils ont de lui faire plaisir, de le rendre heureux. Claude Halmos à franceinfo

 

 

"Et quand l'enfant, parce qu'il comprend ce qu'est l'amour, n'a plus besoin du bonhomme à la barbe blanche, il le laisse tomber. Et dit, souvent en riant : 'C'est toi le père Noël' à ses parents !", résume la psychiatre.

 

 

Claude Halmos et Dominique Tourrès-Gobert rappellent ainsi qu'au moment d'entrer dans l'âge de raison, entre 6 et 10 ans, les enfants découvrent, très souvent, par eux-mêmes que le père Noël n'existe pas. Certains éprouvent même le plaisir de faire partie des grands, fiers et "initiés". "Et si l'enfant tarde, il faut l'amener à s'interroger sur son existence", conseille la seconde.

 

 

 

Une pression sociale encore forte

Aujourd'hui, ces parents à contre-courant de la culture populaire ne sont pas légion. Dans les années 1980, Micheline, 70 ans, a tenté de résister à la croyance du père Noël pour sa fille et son fils. "Mais la pression sociale était trop forte et l'école plus convaincante que nous !", témoigne-t-elle.

 

 

En cette veille de Noël, la légende du "bonhomme à la barbe blanche" est tenaceLaure, 33 ans, maman d'un garçon de 2 ans, pressent qu'elle va devoir "de plus en plus" se justifier. "Ma mère me conseille à la fois de répondre aux questions de mon fils mais aussi de lui dire que c'est le père Noël qui amène les cadeaux", constate cette jeune mère, qui s'estime "prisonnière d'une société qui impose un conformisme".

 

 

Même si ce n'est plus un sujet pour son entourage, Ariane se souvient très bien s'être fait "engueuler" par ses amis.

 

 

Mes amis me considéraient comme 'une mauvaise mère' qui brisait les rêves de ses enfants. Ariane à franceinfo

 

 

Elle avoue d'ailleurs céder à la pression de sa belle-famille quand, le 24 au soir, il faut envoyer les enfants à la cave sous n'importe quel prétexte : "Le temps de mettre la tonne de cadeaux sous le sapin et de nous retrouver sur le balcon en train de crier 'Au revoir père Noël'."

 

 

Résignés mais convaincus d'être dans le juste, ces parents expliquent à leurs enfants qu'ils ne doivent pas dévoiler la fable à leurs cousins et cousines le soir de Noël. "Jouer le jeu du père Noël permet à ma grande de ne pas être en décalage avec les autres", explique Rosamée. Et puis, conclut Adeline : "Nos enfants sont tout autant excités par l'approche de Noël que les autres !"

 


24/12/2019
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Franceinfo -

 

 

"En une soirée on a réussi à les retrouver" : comment un pirate informatique de 16 ans a identifié les deux mineurs soupçonnés de viol dans l'Essonne

 

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franceinfoRadio France

 

 

Le hacker, qui a identifié et divulgué l'identité des deux auteurs présumés du viol, a expliqué à franceinfo comment il avait réussi à les retrouver, de manière illégale

 

 

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Un pirate informatique (illustration). (THOMAS SAMSON / AFP)

 

 

 

Deux mineurs, soupçonnés du viol d'une adolescente à Morsang-sur-Orge (Essonne) et de la diffusion de sa vidéo sur les réseaux sociaux, ont été mis en examen dimanche 22 décembre et placés en détention. Les deux adolescents, âgés de 16 ans, ont été mis en examen pour "viol en réunion" et "enregistrement ou diffusion d'une image d'atteinte à l'intégrité d'une personne" ("happy slapping").

 

 

>> Ce que l'on sait du viol, diffusé sur les réseaux sociaux, d'une adolescente de 16 ans dans l'Essonne

 

 

Ce sont les parents des deux adolescents qui les ont conduits au commissariat de Juvisy-sur-Orge vendredi soir, entre 22h et minuit. Ils avaient été menacés de manière importante à la suite de leur identification. En effet, un hacker (pirate informatique) de 16 ans a réussi à identifier les deux mineurs mis en cause et a divulgué leur identité sur les réseaux sociaux.

 

 

 

"C'est illégal mais beaucoup plus rapide"

Ce hacker, originaire de Besançon, a expliqué à franceinfo comment il avait retrouvé les noms des mineurs, de manière illégale. "J'ai vu la vidéo et j'ai vu deux jeunes en train d'embrouiller une meuf, et j'ai vu qu'il y avait une histoire de viol", explique-t-il. "On a commencé à enquêter, on a trouvé son snap, son prénom. Avec les prénoms et la ville, et avec des bases de données qu'on avait piratées bien avant, on a trouvé leur identité", ajoute-t-il.

 

 

Si on n'avait pas donné [leur identité], rien n'aurait avancé, en tout cas pas en si peu de temps. En une soirée on a réussi à les retrouver. Le hackerà franceinfo

 

 

"On ne va pas se mentir, la justice est un peu lente dans ces histoires-là", poursuit-il. "C'est illégal, reconnaît-il, mais c'est beaucoup plus rapide".

 

 

"Il n'appartient pas à un citoyen de se faire justice lui-même, et il peut se tromper", alerte Catherine Chambon, sous-directrice de la lutte contre la cybercriminalité au sein de la police judiciaire. "Et puis s'il arrivait malheur à celui qu'il considère comme suspect, c'est lui qui en serait en partie responsable."

 


24/12/2019
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Franceinfo - le samedi 21 décembre 2019

 

 

Essonne : les deux auteurs présumés d'un viol diffusé sur les réseaux sociaux interpellés grâce aux signalements de nombreux internautes

 

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franceinfoFrance Télévisions

 

 

Les deux personnes interpellées dans la nuit de vendredi à samedi sont deux jeunes mineurs. Ils ont été placés en garde à vue au commissariat de Juvisy

 

 

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Un policier devant la plateforme de signalement Pharos, le 23 janvier 2018, à Lille (Nord).  (PHILIPPE HUGUEN / AFP)

 

 

 

La vidéo a suscité l'effroi des internautes. Deux auteurs présumés d'un viol filmé et diffusé sur les réseaux sociaux ont été interpellés dans l'Essonne grâce à la mobilisation des internautes, a annoncé la police nationale, samedi 21 décembre, sur Twitter. La veille, les forces de l'ordre ont annoncé avoir reçu de nombreux signalements d’un "acte sexuel qui semble se produire sous la contrainte et la menace" via la plateforme Pharos (Plateforme d'Harmonisation, d'Analyse, de Recoupement et d'Orientation des Signalements). 

 

 

 

Police nationale @PoliceNationale
 

[VOS SIGNALEMENTS] Grâce à vos nombreux signalements , les de l'Essonne ont rapidement interpellé les deux auteurs du viol présumé et de la vidéo diffusée en masse, hier, sur les réseaux sociaux.

Merci de votre mobilisation.
Merci de ne pas relayer cette vidéo. https://twitter.com/policenationale/status/1208124450677362689 

 

Voir l'image sur Twitter
@PoliceNationale
 

[VOS SIGNALEMENTS] Vous êtes nombreux à nous signaler la vidéo d'un acte sexuel qui semble se produire sous la contrainte et la menace.

Nos enquêteurs #Pharos sont mobilisés pour identifier les auteurs de cet acte et de cette vidéo.

Merci de ne pas relayer cette vidéo.

431 personnes parlent à ce sujet
 

 

Dans cette vidéo de 45 secondes, difficilement soutenable et coupée en deux parties selon France Bleu Paris, on entend deux hommes menacer une femme. "Là, on est que deux, c’est mieux tu cogites dans ta tête, tu montes en haut chacal, parce que là il y a une équipe qui arrive et la vie de ma mère, nous on est les plus gentils. Ceux qui vont arriver, tu vas regretter", affirment-ils, avant de violer la victime. 

 

 

Selon les informations de franceinfo, les faits se sont produits à Morsang-sur-Orge (Essonne), il y a un peu plus d'une semaine. Les deux personnes interpellées dans la nuit de vendredi à samedi sont deux adolescents. Ils ont été placés en garde à vue au commissariat de Juvisy. La victime, une jeune femme également mineure, a été identifiée. Elle n'a, jusqu'à présent, pas porté plainte.

 


21/12/2019
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Franceinfo - le jeudi 12 décembre 2019

 

 

Pédophilie dans le sport : l'omerta

 

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France 2France Télévisions

 

 

 

"Envoyé spécial" et Disclose ont enquêté sur la pédophilie et les violences sexuelles dans les clubs sportifs, amateurs ou professionnels. Le constat est accablant : des dysfonctionnements majeurs existent partout en France et concernent tous les sports

 

 

 

Pendant huit mois, "Envoyé spécial" et Disclose ont enquêté sur la pédophilie et les violences sexuelles dans le sport. Cette plongée inédite dans le monde fermé des clubs amateurs et professionnels révèle la faillite de tout un système, des associations sportives aux fédérations, et jusqu’aux services de l’Etat. Un système dont les failles judiciaires et administratives encouragent parfois la récidive et le maintien en poste d’éducateurs sportifs sous le coup d’une procédure judiciaire ou déjà condamnés pour des viols ou des agressions sexuelles.

 

 

 

Tous les sports sont concernés

Des dysfonctionnements majeurs qui existent partout en France : football, gymnastique, équitation, athlétisme mais aussi tir à l’arc, roller ou échecs… Tous les sports sont concernés. Les faits s’étendent des années 1970 à nos jours, mais la majorité des cas sont récents et se déroulent après 2000. Des drames qui ont fait 276 victimes en milieu sportif, pour la plupart mineures de moins de 15 ans au moment des faits, dans 28 disciplines sportives différentes.

 

 

Dix médias nationaux et locaux se sont associés pour la sortie coordonnée de cette enquête : "Envoyé spécial", L'Equipe, Mediapart, Le Télégramme, Brut, Binge Audio, La Revue dessinée, Rue 89 (à Lyon, Bordeaux et Strasbourg).

 

 

Un reportage de Wandrille Lanos, Mathieu Martinière et Daphné Gastaldi avec Disclose, diffusé dans "Envoyé spécial" le 12 décembre 2019.

 


13/12/2019
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Franceinfo - le lundi 9 décembre 2019

 

 

"Les élèves pouvaient lire la peur sur nos visages" : les enseignants d'un lycée de l'Oise dénoncent l'inaction de la direction après une semaine de violences

 

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Jean-Loup AdenorfranceinfoFrance Télévisions

 

 

L'intrusion d'un groupe d'individus violents a contraint les professeurs à protéger eux-mêmes leurs élèves. Certains de ces enseignants mettent en cause le manque d'investissement de leur direction

 

 

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Le lycée André-Malraux, à Montataire, près de Creil (Oise). (GOOGLE MAPS)

 

 

 

"Ils voulaient mettre le feu. On a réussi à les arrêter, mais je ne refais plus ça, je ne me mets plus en danger." Une soixantaine d'enseignants et de membres du personnel éducatif du lycée André-Malraux, à Montataire, dans l'Oise, sont réunis en assemblée générale, lundi 2 décembre, dans une grande salle bordée de rideaux rouges. Les visages sont fermés, les paupières fatiguées et la colère dans les voix peine à dissimuler leur angoisse. Un jeune professeur s'emporte : "Est-ce qu'on est des enseignants ou une garde républicaine, sérieusement ?" S'ils sont réunis cet après-midi-là dans le lycée déserté par ses élèves, c'est que quatre jours plus tôt, le jeudi 28 novembre, ils ont assisté à l'intrusion d'un groupe de "casseurs" dans l'établissement. "Pendant près de deux heures", ils se sont retrouvés à gérer des scènes d'émeutes, "sans aucune consigne de la direction", dénoncent-ils.

 

 

Cette intrusion vient clore une semaine d'escalade de violence aux abords de cet établissement, situé dans un quartier sensible de cette petite commune qui jouxte Creil. Contactée par franceinfo, la police nationale confirme avoir été appelée "tous les jours" cette semaine-là pour assurer la sécurité aux abords du lycée. Mercredi 20 novembre, c'est une explosion dans les toilettes qui donne l'alerte. De l'acide chlorhydrique, un "produit très dangereux car il peut causer d'importantes brûlures au contact de la peau", précise la police. Par chance, aucun élève ne se trouve alors à proximité.

 

 

La motivation des casseurs ? Difficile à dire, je ne crois pas qu'il y en ait. Il s'agit simplement d'affronter la police, de bloquer ou de casser le lycée. C'est un véritable appel à la violence. Une enseignante du lycée André-Malraux à franceinfo

 

 

Rapidement, les enseignants comprennent que des appels à la violence sont relayés sur les réseaux sociaux, particulièrement sur l'application Snapchat où des comptes comme @Blocus_60 ou @Blocage_Malraux appellent les jeunes à se réunir devant le lycée pour affronter les forces de l'ordre et pénétrer dans l'établissement.

 

 

 

Aucune consigne ni alerte

"Dès 7h10 [jeudi 28 novembre], des jeunes sont arrivés habillés tout en noir sur le parvis pour en découdre avec la police", rapporte Eric*, enseignant à André-Malraux. "Au moment de la récréation du matin, les casseurs et certains élèves ont commencé à caillasser et à insulter la police. Les forces de l'ordre ont procédé à plusieurs sommations, puis à des tirs de gaz lacrymogène."

 

 

 

 
 

Sur les vidéos filmées par les élèves présents lors du mouvement de foule et largement partagées entre eux, les scènes sont impressionnantes. On y voit des dizaines de jeunes se précipiter dans le lycée pour fuir le gaz lacrymogène. Au milieu des cris et des bousculades, les casseurs parviennent à franchir le portail du lycée, resté ouvert, et pénètrent dans l'établissement. Méthodiquement, ils se dispersent en groupes dans les étages pour vandaliser et tenter de mettre le feu. "Il n'y avait aucun contrôle, aucune sécurité à l'entrée", nous confirme un membre du personnel. "C'est à ce moment-là qu'il y a eu des tentatives d'incendie dans le lycée", rapporte un autre.

 

 
 

 

A l'intérieur de l'établissement, le personnel est dépassé. Les professeurs qui ne donnent pas cours tentent de gérer l'affolement dans les couloirs et dans le hall. "Certains élèves faisaient des malaises à cause des mouvements de foule, de la panique et des lacrymo. Je me rappelle une gamine portée par deux adultes, évanouie, une autre poussée sur un fauteuil roulant", nous raconte Maya*, professeure de longue date à André-Malraux. "On gérait, comme on pouvait, la panique de tous les élèves, on attendait des directives qui n'arrivaient pas."

 

 

Ce lycée, c'est une passoire pour rentrer et une Cocotte-Minute une fois qu'on est à l'intérieur. Un enseignant du lycée André-Malraux à franceinfo

 

 

"Lorsqu'un groupe d'individus menaçants pénètre dans le bâtiment, on est censés recevoir la consigne de se confiner dans nos salles. Jeudi, c'était bien le cas puisque certains sont entrés avec des bouteilles d'essence. Il doit y avoir une sonnerie spécifique qui retentit et on est censés entendre un message vocal", détaille Eric. Mais ce 28 novembre, ni la sonnerie de confinement, ni l'alerte au personnel, qui peut être envoyée via l'environnement numérique de travail de l'établissement, ne sont déclenchées. Plus inquiétant : certains professeurs, en cours au moment de l'intrusion, s'aperçoivent que le confinement n'est tout simplement pas possible. Sur les 72 salles de classe du lycée, 21 sont impossibles à verrouiller, à cause de serrures défectueuses.

 

 
 

 

Les portes barricadées avec des tables

Sollicitée par franceinfo, la proviseure, Marie-Hélène Pauly, assure que "tous les dispositifs d'alerte ont été installés et fonctionnent correctement". Alors pourquoi ne pas avoir déclenché l'alerte confinement ? "Nous n'étions pas dans une situation d'intrusion dans le lycée, estime, malgré les faits rapportés, la cheffe d'établissement. Nous étions dans une période de confusion." Quant aux serrures défectueuses, c'est un problème "qui a déjà été identifié et qui fait l'objet de travaux en cours, étage par étage".

 

 

Ce jeudi-là, certains professeurs se retrouvent donc à barricader les portes avec les tables de cours, "de petits modèles à une place", nous précise-t-on. Dans une classe, une enseignante se blesse en faisant porter tout son poids contre une porte, alors qu'un des casseurs frappe à coups de pied de l'autre côté. Elle est actuellement en arrêt de travail. D'autres professeurs tentent d'arrêter les groupes dans les couloirs, essuyant pour certains "des coups".

 

 

On a été complètement livrés à nous-mêmes. Les élèves voyaient bien la peur sur nos visages, ils ont bien compris qu'on ne savait pas quoi faire. Cela n'a fait que renforcer leur inquiétude. Une enseignante à franceinfo

 

 

Des lycéens croisés à la sortie d'André-Malraux quelques jours après l'intrusion témoignent de "la folie" qui s'est emparée du lycée ce jeudi matin. S'ils confient avoir eu peur, ils se souviennent surtout du désarroi de leurs professeurs. "C'était n'importe quoi", commente une élève de seconde. Une autre nous montre une vidéo sur son téléphone : on y voit les élèves d'une classe barricader la porte avec les tables et les chaises.

 

 

"En cas d'intrusion, on demande à toute personne d'utiliser le mobilier comme obstacle. J'ai félicité les professeurs d'avoir tenu les portes et bloqué les accès. Ils ont fait preuve d'un grand professionnalisme. Leur réaction a été celle qu'il fallait avoir", explique la proviseure. "La direction n'a rien communiqué avant 14 heures", soit plus de quatre heures après le début des faits, regrettent pour leur part certains enseignants. Selon ces derniers, "le personnel a pris lui-même la décision de renvoyer les élèves chez eux". Un silence que la direction de l'établissement justifie par la nécessité de "porter soin et assistance à deux jeunes filles et à dix autres cas qui ont nécessité l'intervention des pompiers et trois évacuations". "A ce moment-là, il ne m'était pas possible de veiller à l'arrivée des services de soin et de gérer en même temps l'évacuation", insiste Marie-Hélène Pauly. 

 

 

 

Le droit de retrait dénié aux enseignants

Dès l'après-midi de ce jeudi 28 novembre, la rectrice de l'académie, Stéphanie Dameron, se rend sur les lieux pour s'entretenir avec la direction, puis avec les enseignants. Le rectorat déploie ses équipes mobiles de sécurité pour s'assurer que la situation est revenue au calme et une cellule d'écoute médico-psychologique est mise en place par le CHU. Une partie du personnel éducatif, sous le choc, entend alors exercer son droit de retrait, mais le rectorat et la direction temporisent. Cette dernière décide alors de suspendre les cours, le temps de débattre de l'incident et de s'organiser.

 

 

En assemblée générale dès le lendemain, les professeurs s'accordent sur leurs demandes. Parmi celles-ci : l'obtention d'une date pour les travaux de sécurisation de l'établissement, notamment du portail d'entrée ; la communication de l'identité des lycéens qui ont participé à l'intrusion ; une reprise des cours progressive avec un accueil de chaque niveau à des heures différentes. "Dès le vendredi après-midi, on arrive à la conclusion qu'on ne peut pas reprendre les cours. On décide alors d'exercer notre droit de retrait. La direction fait la sourde oreille et annule les cours du lundi suivant pour que nous puissions 'continuer la discussion'", rapporte un professeur.

 

 

Fin 2018, il y avait déjà eu des intrusions violentes. A l'époque déjà, nous avions alerté sur les problèmes de sécurité dans le lycée. Un enseignant du lycée André-Malraux à franceinfo

 

 

Mardi 3 décembre, les cours reprennent sans rentrée échelonnée, sans accueil général des élèves par la direction et sans communication claire sur l'identité des casseurs. Le matin même, vers 10 heures, un attroupement sur le parvis requiert de nouveau l'intervention de la police et un départ d'incendie non loin du gymnase de l'établissement conduit un professeur à donner l'alerte. En début d'après-midi, une enseignante est menacée par une élève de sa classe, qui l'accuse de l'avoir "balancée". Une vingtaine de professeurs concluent que les conditions de sécurité ne sont décidément pas réunies. Une délégation d'enseignants se rend alors chez la proviseure pour déposer les fiches notifiant l'exercice de leur droit de retrait. "Elle les a refusées, témoigne un professeur. Elle a dit qu'il n'y avait pas de danger et que l'exercice de ce droit de retrait n'était pas pertinent."

 

 

"Je n'ai pas refusé de prendre les feuilles ! J'ai dit aux enseignants que nous allions échanger, qu'ils avaient eu de mauvaises informations, et qu'il n'y avait pas de raison d'exercer leur droit de retrait", répond Marie-Hélène Pauly. Même embarras au rectorat, où l'on tente d'expliquer que les conditions de l'exercice du droit de retrait n'étaient pas réunies : "La directrice a donc considéré qu'il s'agissait d'une grève." Pourtant, le Code du travail est très clair. Un salarié confronté à un "danger grave et imminent" a le droit d'arrêter son activité sans l'accord de son employeur. Il n'est pas tenu de la reprendre tant que la situation de danger persiste. La proviseure, elle-même juriste, botte en touche : "Avez-vous d'autres questions ?" 

 

 

 

Un couvercle sur la Cocotte-Minute

Pourquoi cette gêne ? Peut-être à cause de la procédure qui s'ouvre lorsque ce droit de retrait est exercé. Elle prévoit que l'autorité administrative ou son représentant (notamment le chef d'établissement) diligente immédiatement une enquête. Mais pour certains enseignants, le problème est plus profond. "Les proviseurs sont missionnés pour trois ans, souligne un professeur. L'objectif, c'est de ne pas faire trop de bruit, de mettre le couvercle sur la Cocotte-Minute pour qu'il n'y ait pas d'écho négatif qui remonte au rectorat, dans l'espoir d'être ensuite nommé dans un meilleur lycée. Ils ont une vision carriériste, une approche de gestionnaire."

 

 

On est un lycée classé prévention violence, dans une ville où il y a 30% de chômage. On a besoin d'une direction qui soit présente quotidiennement, et ce n'est pas le cas. Un professeur du lycée André-Malraux à franceinfo

 

 

"Nous, on est contents de travailler ici, explique pourtant une enseignante. On a une relation chouette avec nos élèves. Oui, il y a des problèmes de 'savoir-être', mais ça ne fait pas de ces gamins des délinquants. Cette violence, elle vient de l'extérieur, elle vient du chômage." Une analyse partagée par les policiers mobilisés sur ce territoire, pour qui le lycée n'est pas à proprement parler "sensible". D'ailleurs, André-Malraux exhibe fièrement ses très bons résultats : classé 1er lycée du département et 18e de la région Hauts-de-France, il affiche un taux de réussite de 91% au baccalauréat.

 

 

La police a procédé à quatre interpellations à la suite des événements du 28 novembre. Elles ont donné lieu à des mises en examen devant le juge des enfants ou à des mesures de réparation, "en fonction de la gravité des faits et des antécédents judiciaires des personnes concernées", nous confirme le procureur de la République. Les comptes Snapchat qui appelaient à la violence au lycée André-Malraux et dans d'autres établissements de l'Oise ces dernières semaines continuent quant à eux d'échapper à la justice. "Le problème, c'est que ces grosses boîtes américaines comme Snapchat ne sont pas pressées de répondre à la justice française, déplore le parquet. L'un des comptes a été fermé. Pour aller plus loin, il faudrait que l'entreprise réponde à nos réquisitions, qui sont un peu comme des bouteilles à la mer." 

 

 

Si le rectorat peine à expliquer les défaillances de sécurité rapportées par les membres du personnel, il insiste en revanche pour dire que la situation a été prise au sérieux. "La rectrice a mis tous les acteurs autour de la table pour résoudre les problèmes de sécurité de cet établissement sous tension", nous dit le chargé de communication de l'académie de l'Oise. Dans la ligne de mire : la question du parvis, un immense espace très difficile à sécuriser situé juste au pied de l'établissement, et d'où est parti le mouvement de foule du 28 novembre. Le rectorat l'assure, cette parcelle sera bientôt rétrocédée et aménagée, afin que de telles scènes de panique ne puissent plus survenir.

 


09/12/2019
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Franceinfo - jeudi 28 novembre 2019

 

 

Retraite d'agriculteur : avec 137 euros pour vivre à deux, "on s’y habitue, à la pauvreté"

 

 

Depuis qu'il est à la retraite, il passe son temps à compter. "Envoyé spécial" a accompagné Gérard, 71 ans, au supermarché. "Je ne pensais pas qu'après quarante ans de labeur un peu pénible, confie cet ancien agriculteur, on serait obligés de passer devant des rayons et allonger le pas pour ne pas être tentés trop longtemps."

 

 

 

Ils ont travaillé toute leur vie, et pourtant... depuis qu'ils sont à la retraite, ils passent leur temps à compter. Pendant un mois, "Envoyé spécial" a suivi dans son quotidien un couple de retraités agricoles. Gérard, 71 ans, et Josiane, 66 ans, perçoivent 1 400 euros par mois à eux deux. Une fois leurs charges payées, il leur reste 137 euros pour vivre.

 

 

 

Au supermarché, résister à toutes les tentations

 

Deux fois par mois, leurs courses sont faites au supermarché, pour un budget maximum de 60 euros. En restant très concentré, Gérard va essayer ce jour-là de dépenser encore moins que prévu. Il lui faudra résister à toutes les tentations : celles du rayon boucherie, qui lui rappellent le temps où le couple "pouvait se payer de la viande une fois par semaine", ce qui lui est impossible aujourd'hui, et celles du rayon fromage, "très, très cher". 

 

 

"Je ne pensais pas qu'après quarante ans de labeur un peu pénible, confie l'ancien agriculteur, on serait obligés de passer devant des rayons et allonger le pas pour ne pas être tentés trop longtemps." Comment Gérard vit-il le fait de devoir se limiter quand il achète à manger ? "Pas très bien, mais... on s'y habitue. On s'y habitue, à la pauvreté..." Au moment de passer à la caisse, le retraité a pourtant le sourire. Il a gagné son pari : sa note s'élève à 42,70 euros – 17 euros de moins que prévu.

 

 

Extrait de "Ma vie de retraité", un reportage à voir dans "Envoyé spécial" le 28 novembre 2019.

 


30/11/2019
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Franceinfo - le vendredi 29 novembre 2019

 

 

Avec sa petite retraite, Annie fait les boutiques... quand elles sont fermées

 

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France 2France Télévision

 

 

Alors que le 5 décembre 2019, une mobilisation est prévue contre la réforme des retraites, "Envoyé spécial" se penche sur le quotidien difficile de nombreux retraités. Tous les jours, il leur faut compter chaque euro, et oublier les petits plaisirs. Reste le lèche-vitrines, ça ne coûte rien...

 

 

 

Une fois ses factures acquittées, il lui reste à vivre pour le mois... 251,64 euros. Depuis qu'elle est à la retraite, c'est comme si la vie d'Annie s'était réduite à l'essentiel : manger tous les jours et profiter de l'appartement où elle vit depuis dix-huit ans et qu'elle n'a pas fini de payer.

 

 

Elle reçoit l'équipe d'"Envoyé spécial" dans ce logement qui est sa fierté, sa "fortune". "C'est ce qui me reste d'une vie... antérieure, on va dire." Elle passe beaucoup de temps chaque jour à en prendre soin : Annie dit se ressourcer avec le ménage, la décoration. "La satisfaction de la propreté, en fait, confie-t-elle, c'est comme si je lavais mon existence."

 

 

 

"Comment il peut y avoir un tel décalage ?"

Il y a bien une sortie qu'Annie s'autorise de temps en temps – et qui ne lui coûte rien. A la nuit tombée, elle va faire les boutiques... quand elles sont fermées. Dans cette vitrine, le manteau dont elle rêverait. Mais à 545 euros, "c'est pas la peine". Pour elle, un achat de 70 ou même 50 euros est un problème. 

 

 

La retraitée raconte sa dernière visite – de cinq minutes – aux Galeries Lafayette. Et son ébahissement devant cette cliente qui a fait, en quelques minutes, 1 000 euros d'achat. "Et moi, je regarde...", dit Annie, qui se sent "comme une enfant devant une vitrine de jouets." "Comment on peut dépenser autant d'argent ?" se demande-t-elle. Devant cette femme "très à l'aise", ce n'est "même pas de l'envie" qui lui vient, insiste-t-elle, mais plutôt cette question : "Comment il peut y avoir un tel décalage ?"

 

 

Extrait de "Ma vie de retraité", un reportage diffusé dans "Envoyé spécial" le 28 novembre 2019.

 


30/11/2019
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Franceinfo - le lundi 25 novembre 2019

 

 

Dalila Ghemri, abattue par son mari : autopsie d'un féminicide "emblématique des difficultés à protéger les victimes"

 

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Kocila MakdecheFrance Télévisions

 

 

Les gendarmes sont intervenus chez Dalila Ghemri, dans le Var, le 6 avril 2019. Moins de deux heures plus tard, son mari l'a abattue

 

 

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Le meurtre de Dalila Ghemri est le 42e féminicide sur les 136 recensés depuis le début de l’année 2019 par le collectif "feminicides par compagnon ou ex". (JESSICA KOMGUEN / FRANCEINFO)

 

 

 

"Il est revenu ! Il a une arme !" Il est 21 heures, samedi 6 avril, quand Dalila Ghemri, 50 ans, prononce ses derniers mots. Elle reçoit sept balles de calibre 9 mm. Au téléphone, les gendarmes de la brigade territoriale des Arcs assistent, impuissants, à un nouveau féminicide. A 21h06, ils débarquent, sirènes hurlantes, devant chez elle, à Vidauban (Var). Trop tard. Ils découvrent le corps sans vie de Dalila Ghemri, sur le siège conducteur de sa voiture, dont le contact est allumé.

 

 

Les gendarmes étaient pourtant là, une heure et demie plus tôt, après un appel au secours de la victime. Réfugiée chez un voisin, elle raconte avoir été menacée et agressée par son mari, Anthony Guillon, 51 ans. "Je vous appelle, parce qu'il est devenu fou", explique-t-elle, saisie de panique. Anthony Guillon est parti, mais les gendarmes retrouvent dans la maison les stigmates de sa fureur. Une porte fracturée, une poubelle renversée. Un couteau, avec lequel il a menacé Dalila, est posé dans la cuisine.

 

 

 

"Pourquoi la gendarmerie n'est-elle pas restée ?"

Les gendarmes incitent Dalila Ghemri à s'éloigner pour passer la nuit chez son fils aîné. Ils repartent, avant qu'elle ait fini de réunir ses affaires. Anthony Guillon attend ce moment, au coin de la rue, pour revenir armé et attaquer sa femme. Après quoi, le suspect fuit en direction de l'Espagne avant de revenir dans le Var. Les enquêteurs le repèrent, dans sa voiture, deux jours après le meurtre et organisent son arrestation. En tentant de s'échapper, le fugitif percute un véhicule de gendarmerie placé en travers la chaussée et blesse un militaire. Dans sa voiture, on retrouve un pistolet automatique de calibre 9 mm et des munitions. Interpellé, Anthony Guillon est mis en examen pour "assassinat", "violence volontaire sur personne dépositaire de l'autorité publique" et "détention illégale d'arme".

 

 

Dalila Ghemri aurait-elle pu être sauvée ? Sept mois après le meurtre, sa sœur Noujoud-Asia Ghemri ne cesse de se repasser le film de cette dramatique soirée. Elle confie être "détruite", depuis qu'elle a perdu "la moitié de [son] âme". "Je n'arrive pas à comprendre que les gendarmes ne l'aient pas escortée, alors que son mari était dans la nature", témoigne-t-elle. 

 

 

La mort de ma sœur aurait pu être évitée.Noujoud-Asia Ghemri à franceinfo

 

 

Ce féminicide – le 42e sur les 136 crimes recensés depuis le début de 2019 par le collectif "féminicides par compagnons ou ex" – fait couler beaucoup d'encre. "Pourquoi la gendarmerie n'est-elle pas restée ?", s'interroge aussi Var-Matin. La gendarmerie a refusé de répondre aux questions de franceinfo. "Beaucoup ont pointé du doigt les gendarmes, qui ont pourtant fait énormément dans cette affaire", répond le procureur de Draguignan, Patrice Camberou, à franceinfo. "Ils sont restés plus d'une heure auprès de la victime avant de quitter les lieux, explique le magistrat. Ce sont eux qui l'ont rappelée pour s'assurer qu'elle avait bien quitté son domicile. Malheureusement, il était déjà trop tard."

 

 

 

Interdiction d'approcher, permission d'entrer

Invitée de RTL, Marlène Schiappa a aussi réagi au meurtre de Dalila Ghemri. Elle a dit regretter de voir "de plus en plus de cas de féminicides, dans lesquels tous les dispositifs existants ont été déployés". La secrétaire d'Etat à l'Egalité entre les femmes et les hommes a aussi réclamé à la justice "un gros effort", pour "faire en sorte que les violences conjugales soient mieux condamnées, dès le début". L'histoire de Dalila Ghemri est en effet celle d'un rendez-vous manqué avec la justice.

 

 

Quand elle rencontre Anthony Guillon, infirmier à la carrure de culturiste, Dalila Ghemri est mère de trois enfants nés d'une précédente union, deux garçons de 27 et 20 ans et une fille de 12 ans. Ses proches la décrivent comme "une très belle femme pleine de vie", "qui adore faire la fête". Avec sa cadette, elle emménage chez Anthony Guillon en février 2017. Le couple se marie en septembre de la même année. L'idylle dégénère, début 2019. "Il a commencé à être violent avec ma sœur et ma nièce a assisté à tout ça", raconte Noujoud-Asia Ghemri. "C'est à ce moment-là que Dalila lui a annoncé sa volonté de le quitter", poursuit-elle.

 

 

Les gendarmes interviennent à plusieurs reprises et Dalila Ghemri porte plainte contre son mari, pour violences, le 16 mars 2019. Anthony Guillon est déjà connu de la justice. A côté de plusieurs infractions au code de la route, il a surtout écopé d'une peine de huit mois de prison avec sursis, en 2014, pour avoir battu son ancienne compagne. Après la plainte de Dalila, au vu de son casier judiciaire, Anthony Guillon est placé sous contrôle judiciaire avec obligation de soin, dans l'attente de son procès, qui devait se tenir en août. Le parquet requiert une interdiction stricte d'approcher Dalila Ghemri, mais le juge des libertés lui octroie le droit d'accéder à son bureau, qui se trouve dans le domicile familial, pour des raisons professionnelles.

 

 

 

"Tout le monde savait qu'il était dangereux"

Devant les enquêteurs, Anthony Guillon rejette la responsabilité de son geste sur les conditions de son contrôle judiciaire. Il accuse le juge de l'avoir mis à la porte de chez lui, tout en l'autorisant à accéder à cette maison, où il risquait de croiser sa femme. La sœur de la victime dénonce, elle aussi, "une défaillance de la justice". "Comment peut-on prononcer une interdiction d'approcher tout en lui donnant le droit de venir dans la maison où vivait ma sœur ? Tout le monde savait qu'il s'agissait d'un homme dangereux", accuse-t-elle.

 

 

Dans le quartier, Anthony Guillon traîne une inquiétante réputation. "Il ne nous parlait pas. On le voyait simplement rouler comme un fou furieux sur les petits chemins qui entourent sa maison, raconte une voisine. Gare à celui qui osait lui dire quelque chose !" 

 

 

Même souvenir à Cogolin, commune voisine nichée entre Saint-Tropez et Sainte-Maxime, où Anthony Guillon avait son cabinet. "Dès qu'on se heurtait à lui, il devenait extrêmement menaçant, se rappelle la députée Sereine Mauborgne, infirmière dans la commune avant d'être élue. Il m'accusait de lui voler ses patients et m'a appelée à plusieurs reprises, au cabinet, pour m'insulter. Il faisait la même chose avec des patients." Accusé d'avoir poussé le mari d'une patiente dans les escaliers et d'avoir quitté les lieux sans appeler les secours, Anthony Guillon a écopé d'une suspension d'exercice de trois mois avec sursis, une sanction "exceptionnelle", indique à franceinfo le Conseil de l'ordre des infirmiers du Var.

 

 

Cette peine, prononcée par la justice administrative, a été communiquée au président du tribunal de grande instance de Draguignan et à la préfecture. Mais lors du traitement d'une plainte pour violences conjugales, la recherche d'antécédents n'est pas systématique et les informations ne sont que rarement partagées entre les différents acteurs, note un récent rapport sur les homicides conjugaux de l'Inspection générale de la justice.

 

 

 

Au parquet de Draguignan, "un avant et un après"

Au tribunal de Draguignan, l'affaire a laissé des traces. "Il y a eu un avant et un après", admet Patrice Camberou, procureur de la République, pour qui l'affaire est "emblématique de nos difficultés à protéger les victimes". "Nous œuvrons à identifier les fragilités dans la procédure, pour resserrer au maximum les mailles du filet", assure encore le magistrat.

 

 

Lorsqu'un homme violent est placé sous contrôle judiciaire, nous savons que le risque d'un passage à l'acte est important.Patrice Camberou, procureur de la République à franceinfo

 

 

Le parquet de Draguignan a donc mis en place une "cellule de veille" spécialisée dans le suivi des hommes accusés de violences conjugales. Lorsqu'un contrôle judiciaire est ordonné par la justice, une association spécialisée est sollicitée pour procéder à une enquête sociale et évaluer la dangerosité de l'homme mis en cause. Celle-ci participe aussi au contrôle judiciaire, aux côtés des forces de l'ordre et d'une association qui prend en charge la victime. "Tous ces acteurs se retrouvent régulièrement autour d'une table, avec un magistrat du parquet, pour établir un suivi, dossier par dossier", détaille Patrice Camberou. "Si un dysfonctionnement est signalé, le juge constate la violation du contrôle judiciaire et place le suspect en détention", explique-t-il.

 

 

A en croire le procureur de Draguignan, le dispositif a déjà fait ses preuves. "C'est une très bonne chose", commente Sandrine Bouchait, présidente de l'Union nationale des familles de féminicides (UNFF). Son organisation souhaite que "ce genre de dispositif soit mis en place au niveau national". "On le doit à Dalila Ghemri et aux autres victimes. On doit faire en sorte qu'elles ne soient pas morte pour rien", considère-t-elle.

 


Les femmes victimes de violences peuvent contacter le 3919, un numéro de téléphone gratuit et anonyme. Cette plateforme d'écoute, d'information et d'orientation est accessible de 9 heures à 22 heures du lundi au vendredi et de 9 heures à 18 heures les samedis, dimanches et jours fériés.

 


25/11/2019
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Franceinfo - le lundi 25 novembre 2019

 

Grenelle sur les violences conjugales : ce qu'il faut retenir des mesures annoncées par Edouard Philippe

 

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Protéger les victimes, prendre en charge les auteurs, éduquer à l'égalité femmes-hommes : le Grenelle sur les violences conjugales a permis d'établir une cinquantaine de mesures censées notamment enrayer le fléau des féminicides et de rompre la spirale des violences au sein du couple, dont les femmes sont très majoritairement victimes

 

 

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Le Premier ministre Edouard Philippe et la secrétaire d'Etat à l'Egalite Femmes-Hommes, Marlène Schiappa, à Matignon, le 25 novembre 2019.  (AFP)

 

 

 

Le gouvernement espère provoquer un "électrochoc". Le Premier ministre Edouard Philippe a clos, lundi 25 novembre, le Grenelle contre les violences conjugales et listé les principales annonces issues de la réflexion lancée début septembre. Depuis le début de l'année 2019, plus 130 femmes ont été tuées par leur conjoint ou ex-conjoint, selon les chiffres communiqués par la ministre de la Justice Nicole Belloubet le 15 novembre, lors d'un colloque sur le sujet.

 

 

Le chef du gouvernement a répété que le gouvernement consacrerait plus d'un milliard d'euros à l'égalité entre les femmes et les hommes en 2020. Près de 75% de ce milliard annoncé seront dédiés à l'aide économique aux pays en développement. Sur le milliard promis, 282 millions d'euros seront investis en France, selon une annexe du projet de loi de finance 2020. La secrétaire d'Etat Marlène Schiappa assure toutefois que d'autres financements sont prévus pour porter à 361 millions d'euros le budget de la lutte contre les violences conjugales. 

 

 

Voici les principaux points du plan de lutte contre les violences conjugales, annoncé lundi par le Premier ministre.

 

 

 

La protection des victimes et de leurs enfants 

• Une ligne d'écoute étendue. Il sera possible de joindre le 3919, la ligne d'écoute dédiée aux victimes de violences conjugales, 24 heures/24 et 7 jours sur 7, a confirmé le Premier ministre. Depuis le début du Grenelle, la plateforme enregistre en moyennes 600 appels par jours, contre 350 auparavant, a-t-il détaillé. 

 

 

• Plus d'intervenants sociaux dans les commissariats. D'ici 2021, 80 postes supplémentaires d'intervenants sociaux, dans les commissariats et les brigades, vont être créés. La France en compte pour l'instant 271, a précisé Edouard Philippe, ajoutant qu'"ils constituent des maillons essentiels d'accueil, de premières prises en charge de femmes qui déposent plainte". L'identification d'interlocuteurs capables de suivre la victime dans son parcours de plainte se poursuit jusque dans les tribunaux, où des "procureurs référents spécialisés" sont en train d'être désignés.

 

  

• Une grille d'évaluation des dangers. Une "grille d'évaluation" devant permettre aux forces de l'ordre de mieux estimer le danger encouru par les femmes qui se présentent au commissariat ou à la gendarmerie. Cette grille "va être diffusée dès aujourd'hui à toutes les brigades et dans tous les commissariats", a annoncé le chef du gouvernement. Elle comporte 23 questions, que les forces de l'ordre devront poser aux victimes de violences. 

 

 

• La fin d'"absurdités juridiques". Les qualifiant d'"absurdités juridiques", le chef du gouvernement a annoncé la suppression de "l'obligation alimentaire présente dans le Code civil et qui contraint les enfants à subvenir aux besoins de leurs parents, donc de leur père, y compris quand ce dernier a assassiné leur mère". 

 

 

Dès le 3 septembre, le Premier ministre avait par ailleurs annoncé une révision des modalités d'exercice de l'autorité parentale du père accusé de violences ou de féminicide : en cas de dépôt de plainte, le juge "pourra suspendre ou aménager" l'exercice de cette autorité parentale. En cas de féminicide, l'autorité parentale "sera suspendue de plein droit" dès la phase d'enquête ou d'instruction.

 

 

Le Premier ministre a par ailleurs pointé l'inadaptation des processus de médiation dans le cas où des violences conjugales sont observées, expliquant qu'"elles contribuent à faire durer, voire à aggraver une situation de violence". "Dans un certain nombre d'hypothèses," le gouvernement entend interdire le recours à ces médiations.

 

 

• La notion d'"emprise" dans le Code civil. Le terme de "violences" devrait être mieux défini dans le droit français, tandis que sera créée une "nouvelle circonstance aggravante pour les auteurs de violences dont les cas de harcèlement ont conduit au suicide ou à une tentative de suicide" Il s'agit de sanctionner "plus lourdement les personnes à l'origine de ce que l'on appelle le suicide forcé."

 

 

La notion d'emprise sera inscrite dans le Code civil et le Code pénal : "L'emprise conjugale, c'est la prise de possession d'un membre du couple par l'autre qui s'installe de manière progressive et implacable, parfois même sans que la victime ne s'en aperçoive et qui s'apparente à un enfermement à l'air libre." En le caractérisant dans la loi, le gouvernement entend prendre en compte les violences psychologiques, "étant entendu qu'elles sont souvent le préalable à la violence physique". 

 

 

• Une réflexion en cours sur le secret médical. Concernant la question délicate du secret médical, le Premier ministre a indiqué que "lorsque cela peut sauver des vies, [nous devons] offrir la possibilité aux médecins de déroger au secret médical". Il a cité "des cas d'urgences absolues, où il existe un risque sérieux de renouvellement de violences". "Les modalités concrètes de cette levée du secret médical" font déjà l'objet de concertations avec les professionnels, a poursuivi Edouard Philippe, indiquant que ces dernières seront prolongées afin de "parvenir à un dispositif protecteur des victimes et sécurisant pour les professionnels." La ministre de la Santé rencontrera notamment le président de l'Ordre des médecins "pour finaliser le dispositif", a ajouté le chef du gouvernement. 

 

 

Par ailleurs, la généralisation du dépôt de plainte à l'hôpital figurait également dans une première liste de mesures annoncées à l'ouverture du Grenelle, mais dont le Premier ministre n'a pas fait mention lundi. 

 

 

• La mise à l'abri. Au total, 1 000 nouvelles places d'hébergement et de logement d'urgence pour les femmes victimes devraient voir le jour en janvier. Les députés ont en outre adopté mi-octobre une proposition de loi visant à mettre en place, dès début 2020, le bracelet anti-rapprochement, qui permet de maintenir à distance les conjoints et ex-conjoints violents.

 

 

 

La prise en charge des auteurs de violences

• Le suivi des auteurs de violences. Derrière le sujet longtemps minimisé de la prise en charge des auteurs de violences "se trouve celui de la prévention de la récidive", a expliqué Edouard Philippe. La réalisation d'"évaluations médico-psycho-sociales des auteurs de violences", dès le stade de l'enquête, "doit permettre d'orienter les hommes violents vers les spécialistes adaptés aux traitements des causes de cette violence". Groupes de paroles, évictions avec accompagnement…Le Premier ministre a mis en lumière "des initiatives locales très efficaces" : "Il appartient à l'institution judiciaire de s'en saisir", a-t-il souligné.

 

 

• Deux centres pour les hommes violents par région. Comme attendu, le Premier ministre a annoncé le lancement d'un appel à projets, pour que deux centres de prise en charge des hommes violents voient le jour dans chaque région. Ils permettront "de suivre psychologiquement l'auteur de violences et donc d'offrir à sa victime de rester à son domicile". De nouveaux dispositifs seront expérimentés pour "contraindre les auteurs de violences qui sont alcooliques à se soigner", a ajouté Edouard Philippe sans les détailler. 

 

 

• Les suspects désarmés. Dans plus de 30% des cas de féminicides conjugaux recensés en 2018 et 2019 en France, les victimes ont été abattues. C'est l'un des modes opératoires les plus fréquents, avec les armes blanches. Les hommes soupçonnés de violences conjugales pourront se voir retirer leurs armes à feu, s'ils en possèdent, dès le premier dépôt de plainte les visant.

 

 

 

La formation et l'éducation

La formation des enseignants. Rappelant que, si le principe d'égalité entre les sexes peut apparaître pour beaucoup comme une évidence, "il faut quand même enseigner des principes, des façons d'exprimer, des façons de détecter ou de répondre [aux violences qui découlent des inégalités observées] : cela fait partie d'un cursus de formation des enseignants et nous allons développer ce cursus de formation, car nous pensons que c'est utile et précieux", a annoncé Edouard Philippe.

 

 

Des discussions annuelles dans les établissements du secondaire. Le gouvernement demande par ailleurs aux établissements scolaires d'organiser chaque année un conseil de la vie collégienne ou lycéenne sur l'égalité entre les filles et les garçons. "Nous demanderons que ce conseil soit l'occasion d'élaborer un diagnostic des relations dans l'établissement."

 

 

Un module dédié pendant le SNU. "Nous inclurons en outre un module de formation et de sensibilisation obligatoire aux violences conjugales dans le cadre du service national universel", ajouté Edouard Philippe. 

 

 

Des outils pour signaler les cas de violences. "L'institution scolaire peut nous aider à détecter les enfants victimes ou témoins de violences", a souligné le Premier ministre. Avec cet objectif, "un document unique de signalement" sera proposé aux établissements scolaires, afin de faciliter d'éventuelles démarches.

 


Les femmes victimes de violences peuvent contacter le 3919, un numéro de téléphone gratuit et anonyme. Cette plateforme d'écoute, d'information et d'orientation est accessible de 9 heures à 22 heures du lundi au vendredi et de 9 heures à 18 heures les samedis, dimanches et jours fériés.

 


25/11/2019
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