L'AIR DU TEMPS

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SOCIETE et Consommation

Regards sur la société au travers de différents articles qui permettent une photographie de celle-ci au fil du temps qui passe...


Franceinfo - le lundi 16 septembre 2019

 

 

"Body positive" : rondes et mannequins atypiques défilent à Paris pour dénoncer le culte de la minceur

 

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franceinfo Culture avec agencesRédaction CultureFrance Télévisions

 

 

Inspirée par les militantes américaines du "body positive", Georgia Stein se bat pour ces nombreuses femmes qui "font de grosses dépressions et sont malheureuses pendant toute leur vie, parce qu'elles pensent qu'elles ne sont pas normales"

 

 

 

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Des mannequins lors du défilé Body positive organisé par Georgia Stein à Paris, le 15 septembre 2019 (STEPHANE DE SAKUTIN / AFP)

 

 

 

Minces ou rondes, grandes ou petites, une centaine de mannequins âgées de 18 à 65 ans ont défilé au côté de mannequins du sexe opposé, dimanche 15 septembre à Paris, près du centre Pompidou pour promouvoir le mouvement "body positive".

 

 

Devant la fontaine Stravinsky, des robes noires identiques ont défilé, symbolisant l'uniformisation imposée par l'industrie de la mode, jusqu'au moment où les mannequins les ont laissé tomber révélant des corps vétus de lingeries sexy. Elles ont été acclamées et applaudies par plusieurs centaines de badauds, touristes ou proches venus les soutenir. Des hommes en sous-vêtements, loin eux aussi des canons habituels, ont clos le défilé.

 

 

 

 

La mannequin Georgia Stein le 15 septembre 2019 à Paris lors du défilé body positive 

La mannequin Georgia Stein le 15 septembre 2019 à Paris lors du défilé body positive  (STEPHANE DE SAKUTIN / AFP)

 

 

Dénoncer le culte de la minceur

"Tout le monde a besoin de ce mouvement!", a déclaré à l'AFP Georgia Stein, mannequin "grande taille" de 33 ans initiatrice des défilés "body positive" à Paris. C'était le troisième organisé depuis 2018 pour dénoncer le culte de la minceur qui, selon cette hôtesse de l'air franco-allemande, fait souffrir énormément de femmes qui ne se trouvent pas "normales" dans une France plutôt mince réticente aux rondeurs. 

 

 

Des mannequins de toutes les couleurs de peau et toutes les morphologies, mesurant de 1,45 mètre à 1,85 mètre, ont défilé. La plus âgée avait 65 ans. "Nous avons une diversité de dingue", a déclaré la mannequin. 

 

 

Georgia Stein, passée de la taille 36 à la taille 44, reconnaît qu'elle "aurait pu maigrir en faisant du sport" mais refuse de le faire. Elle se dit en "parfaite santé" et "très à l'aise dans son corps" qui l'a amenée au mannequinat. "Au début, c'était compliqué d'assumer un nouveau corps, le ventre, les cuisses, les fesses, la poitrine. J'ai dû changer mon style vestimentaire et, en quelque sorte, mon identité. Mais je suis une personne assez forte, exubérante, je m'y suis faite très vite", raconte-t-elle avant de s'envoler vers Francfort, Toulouse et Copenhague.

 

 

 

 

La mannequin Georgia Stein le 15 septembre 2019 à Paris lors du défilé body positive 

La mannequin Georgia Stein le 15 septembre 2019 à Paris lors du défilé body positive  (STEPHANE DE SAKUTIN / AFP)

 

 

Un mouvement inspiré par les militantes américaines

Inspirée par les militantes américaines du "body positive", Georgia Stein se bat pour ces nombreuses femmes qui "font de grosses dépressions et sont malheureuses pendant toute leur vie, parce qu'elles pensent qu'elles ne sont pas normales". "En France, étant donné que la population est plus mince qu'aux États-Unis, la mentalité et la tolérance face au surpoids sont totalement différentes. Aux États-Unis, il est courant de voir une femme de taille 50 porter une robe moulante avec des talons, un décolleté. Ici vous ne verrez jamais cela", souligne-t-elle.

 

 

Par conséquent, il y a peu de mannequins professionnelles de grande taille dans l'Hexagone et les rares marques françaises qui collaborent avec les rondes font appel aux étrangères, souligne Georgia Stein. Cependant les lignes commencent à bouger: des femmes à courbes avec des imperfections vous sourient en France dans les publicités de lingerie. "Il y a plusieurs marques qui ont changé leur stratégie marketing et ont plus de diversité (...) Certaines ont fait de la récupération par rapport à ce mouvement, qui est tendance en ce moment (...), elles disent vouloir habiller toutes les femmes, mais en fait leur lingerie s'arrête" à une taille relativement petite, souligne Georgia Stein. "Néanmoins je trouve cela important, il y a une évolution. Tout ne peut se faire du jour au lendemain, il faut attendre, c'est comme dans tous les combats qui ont été menés", ajoute-t-elle.

 

 

 

Si au début le "body positive" était "pour les gens en surpoids", de plus en plus de personnes s'y retrouvent, assure Georgia Stein. "Dans les réseaux sociaux, on nous critique, on dit qu'on motive l'obésité, entraîne la fainéantise, la malbouffe... Ces gens-là restent concentrés sur un cas de figure parmi mille : il y a aussi des maladies, des hormones, des grossesses, des dépressions, des traitements qui peuvent agir sur le poids". Pour les hôtesses de l'air, "les standards, c'est fini", se félicite Georgia Stein mais ceux-ci pèsent dans d'autres domaines. "Une comédienne taille 44 me disait qu'elle a beaucoup moins de chance d'avoir des rôles. Chez les hommes, il y a toutes les morphologies, des calvities, des ventres, des barbes, alors que les femmes sont toutes identiques et minces. Même dans les films américains, il n'y a pas beaucoup d'actrices en surpoids", déplore Georgia Stein. "Cette définition de la beauté a été cultivée pendant des générations entières, cela a fait énormément de mal, on le ressent, surtout chez les adolescentes. Il est important d'en parler. C'est comme les féminicides - cela existe depuis toujours mais on en parle maintenant, parce que cela suffit", conclut-elle. 

 

 

 

"Si elles le font, c'est qu'il y a besoin de le faire"

"Cela fait du bien de voir des gens sans complexes. Elles sont un peu grosses, mais très sympathiques. Bravo ! Il faut avoir du courage pour faire ceci", a commenté Dousan Cvetanovic, un retraité de 67 ans qui s'est attardé pour prendre des photos de ce défilé inhabituel. 

 

 

Giovanni Maggioni, un Italien de 36 ans, a salué l'évènement estimant lui aussi qu'il faut "sensibiliser contre l'esthétique standardisée qu'on voit dans la publicité. C'est bien qu'on change cette vision du corps humain".

 

 

Cédric, un trader de 42 ans, s'est montré plus sceptique sur la nécessité d'organiser de tels défilés. A Paris, il y a de la diversité et les clichés sur la beauté sont révolus, a-t-il expliqué. Mais d'ajouter : "si elles le font, c'est qu'il y a besoin de le faire".

 

 

"C'est super de voir tous les poids et toutes les morphologies. La France a besoin de ça. Elles ont beaucoup de courage, moi, je n'aurais pas osé défiler", a lancé Alix Meunier, 30 ans, mère au foyer venue voir le défilé en famille.

 

 

"C'est très positif pour les femmes qui ne sont pas en confiance, c'est une très bonne initiative. Aujourd'hui on regarde trop les apparences physiques, il est temps de voir les choses différemment", a renchéri Ahammama Bey, 30 ans.

 


16/09/2019
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Franceinfo - le mercredi 4 septembre 2019

 

 

VRAI OU FAKE Le "plus grand choc mondial" sera-t-il démographique plutôt que climatique, comme l'affirme Nicolas Sarkozy ?

 

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Benoît ZagdounFrance Télévisions
 

 

 

A l'université d'été du Medef, jeudi, l'ancien chef de l'Etat a jugé que "le plus grand choc mondial" n'était pas le réchauffement climatique mais l'augmentation de la population, "première source de pollution". Les climatologues jugent l'analyse de l'ex-président biaisée

 

 

 

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Un carrefour très fréquenté du quartier de Shibuya à Tokyo (Japon), le 17 août 2018. (KAZUHIRO NOGI / AFP)

 

 

"Où va le monde ?" Telle était la question sur laquelle Nicolas Sarkozy était invité à disserter pendant une heure, jeudi 29 août, à l'université d'été du Medef, sur le vert gazon de l'hippodrome de Longchamp, aux portes de Paris. Outre quelques piques lancées à Ségolène Royal, Nicolas Hulot ou Greta Thunberg, qui alerte sur l'urgence à lutter contre le dérèglement climatique, l'ancien chef de l'Etat a exposé sa théorie. 

 

 

"Le plus grand choc mondial" n’est pas le "choc climatique", a jugé l'ex-président – même si, a-t-il glissé, "il faut [y] apporter une réponse" – mais "le choc démographique". Un "choc" que le monde n’a "jamais connu" auparavant, et accessoirement "la première source de pollution". Et de trancher : "Vouloir promouvoir le développement durable sans poser la question de l’explosion de la démographie mondiale, ça n'a aucun sens." Mais l'ancien locataire de l'Elysée dit-il vrai ou faux ? "Il y a une part de vérité, mais ce n'est pas si simple", glisse en préambule le climatologue Jean Jouzel.

 

 

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Un "choc démographique" tout relatif

La Terre était peuplée d'environ 7,3 milliards d'habitants en 2017, selon les Nations unies. Et d'après les prévisions de l'ONU, l'humanité comptera quelque 8,5 milliards d'individus en 2030, puis 9,7 milliards en 2050, et 11,2 milliards en 2100. D'ici à la fin du siècle, l'humanité devrait donc franchir le seuil symbolique des 10 milliards d'individus. La Terre n'aura alors jamais été aussi peuplée. 

 

 

 

 

 

C'est en Afrique que l'augmentation de la population sera la plus forte. Le continent représentera même plus de la moitié de la croissance démographique mondiale, selon les calculs de l'ONU. Le Japon et de nombreux pays européens – en particulier d'Europe de l'Est – connaîtront quant à eux une baisse de leur population, compte tenu de leur faible taux de fécondité. 

 

 

Il y a un emballement exponentiel de la population et la Terre n'est certainement pas faite pour supporter autant d'individus.Gilles Ramstein, climatologue au Laboratoire des sciences du climat et de l'environnement à franceinfo

 

 

Pour autant, ce "choc démographique", pointé par Nicolas Sarkozy, serait plutôt passé que futur. "Le gros de la croissance démographique est derrière nous", assure à franceinfo Gilles Pison, professeur au Muséum national d'histoire naturelle et auteur d'un article sur le sujet pour The Conversation"On était 1 milliard en 1800, on est près de 8 milliards deux siècles plus tard, et on devrait être environ 10 milliards en 2050. Après avoir été multipliée par huit en deux cents ans, la population mondiale devrait donc augmenter de 20% en trente ans. On voit bien que le rythme de la croissance démographique décélère", démontre l'anthropologue et démographe.

 

 

"La croissance démographique mondiale a atteint son maximum il y a cinquante ans, elle était alors de plus de 2% par an. Aujourd'hui, elle a diminué de moitié, à 1,1%. Et elle devrait continuer de baisser, avec la chute du taux de fécondité", poursuit le chercheur. "La fécondité moyenne à l'échelle mondiale est de 2,4 enfants par femme. Elle diminue d'année en année, parce que, partout dans le monde, les humains ont choisi de faire moins d'enfants", ajoute l'expert. Pour autant, "il n'en résulte pas un arrêt de l'augmentation de la population, en raison de l'inertie démographique. La population mondiale est jeune, et donc en âge de faire des enfants. Et les naissances sont toujours supérieures en nombre aux morts." 

 

 

Cette poursuite – même modérée – de l'augmentation de la population mondiale reste un défi de taille. Mais "est-ce que le choc démographique sera plus important que celui des dernières décennies ou du siècle dernier ? Ce n'est pas certain", tempère le climatologue Jean Jouzel. Dans leur rapport, les scientifiques du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec) ont élaboré cinq scénarios, en fonction de l'intensité du réchauffement climatique, de l'ampleur des mesures prises pour s'y adapter et de son impact sur les populations. Selon les scénarios, la Terre comptera en 2100 entre 7, 9 et 13 milliards d'occupants.

 

 

Il est plus facile d'assurer l'alimentation de 7 milliards d'humains plutôt que de 10 ou 11 milliards. C'est aussi plus difficile avec 8, 9 ou 11 milliards d'humains sur Terre de limiter le réchauffement climatique.Jean Jouzel, climatologueà franceinfo

 

 

 

Un "raccourci" trompeur entre hausses de la démographie et de la pollution

Commençons par une démonstration simple. La Chine et l'Inde sont les deux pays les plus peuplés de la planète : ils représentaient respectivement 19% et 18% de la population mondiale en 2017, selon l'ONU. Chine et Inde se classent première et troisième au palmarès des plus grandes nations pollueuses, avec 9,8 et 2,5 milliards de tonnes de CO2, le principal gaz à effet de serre, émises en 2017. Les Etats-Unis occupent la deuxième marche du podium, d'après le Global Carbon Atlas. 

 

 

 

 

 

Mais si l'on ramène ces émissions de CO2 au nombre d'habitants, Chinois et Indiens ne sont plus que les 52es et 133es plus gros pollueurs mondiaux. Loin derrière les Qataris, Koweïtiens, Emiratis, Saoudiens, Américains et Australiens, qui monopolisent les premières places du classement, avec entre 49 et 16 tonnes de CO2 émises par individu. 

 

 

 

 

 

Quant aux nations africaines, celles qui connaîtront dans les prochaines décennies une explosion de leur population, elles occupent pour la plupart la seconde moitié du tableau, voire carrément les dernières places du classement. Le Nigeria, pays le plus peuplé d'Afrique, cité comme exemple problématique par Nicolas Sarkozy, est ainsi 173e, avec 0,6 tonne de CO2 émise par habitant. Seule l'Afrique du Sud émerge, au 45e rang, avec 8 tonnes de CO2 par Sud-Africain, soit près de 8 fois moins qu'un Américain et 22 fois moins qu'un Qatari.

 

 

Nicolas Sarkozy fait, à mon sens (...), un raccourci très répandu (y compris dans le milieu scientifique) qui consiste à faire un lien direct et mécanique entre l’augmentation de la population mondiale et les émissions.Benjamin Sultan, climatologue à l'Institut de recherche pour le développement à franceinfo

 

 

Comme le pointe le rapport du Giec, "la démographie est une composante importante de l'empreinte carbone", confirme Gilles Ramstein, climatologue au Laboratoire des sciences du climat et de l'environnement. "La démographie a bien sûr des implications fortes sur les causes du réchauffement climatique – notamment sur les changements d'usage des terres avec la déforestation – et sur ses conséquences, avec la hausse du nombre de personnes vulnérables et les migrations climatiques", précise Benjamin Sultan, directeur de recherche à l'Institut de recherche pour le développement (IRD).

 

 

Mais "la croissance démographique n'explique qu'une faible partie des émissions globales de carbone", affirme le chercheur, en s'appuyant sur un rapport de la Commission européenne sur les émissions de CO2 dans le monde en 2018. Le climatologue en veut pour preuves trois cas de figure.

 

 

Premier exemple : "La Chine a vu ses émissions fortement augmenter, non pas à cause de l’augmentation de sa population, mais à cause de la croissance économique et de l’expansion des grandes villes qui ont fait exploser les émissions par habitant."

 

 

Deuxième exemple : "Un pays comme le Nigeria, qui a une très forte croissance démographique mais une population très pauvre, a des émissions qui augmentent très peu."

 

 

Troisième exemple : "Des pays comme la France et les Etats-Unis ont une population stabilisée depuis un moment et auraient donc dû connaître un déclin de leurs émissions, ce qui n’est pas le cas."

 

 

En outre, "la hausse de la démographie concerne surtout des pays dont les émissions de gaz à effet de serre sont encore très faibles", relève Céline Guivarch, économiste au Centre international de recherche sur l'environnement et le développement (Cired) et directrice de recherche à l'Ecole des Ponts ParisTech. A l'inverse, "les pays qui ont l'empreinte carbone la plus importante ne sont pas ceux dont la population augmente le plus", note Gilles Ramstein.

 

 

 

Une "manipulation" qui cache la réalité du problème

"Pointer la démographie, c'est se tromper de cible", juge le démographe Gilles Pison, qui formule une première objection. "Il est illusoire de croire qu'on peut arrêter la croissance démographique. Que va-t-on faire ? Déplacer les populations des pays les plus peuplés vers ceux qui le sont le moins ? Envoyer tout le monde sur Mars ? C'est impossible", argumente l'expert.

 

 

"C'est le mode de développement plutôt que la démographie qui est la clé", confirme le climatologue Jean Jouzel. "Jusqu'à aujourd'hui, ce sont bien nos modes de vie occidentaux qui ont été principalement responsables de l'accumulation de gaz à effet de serre dans l'atmosphère, et non la croissance démographique", souligne Céline Guivarch. "Ce n'est pas la multiplication de la population qui met en danger la planète et l'humanité, c'est le mode de développement d'une minorité de la population, celle des pays riches et développés, qui consomme à outrance", renchérit Gilles Ramstein. Or "il est possible d'agir sur notre mode vie, en le rendant plus économe en ressources", renchérit Gilles Pison, qui l'assure : "La survie de l'espèce en dépend."

 

 

Si tout le monde vit sur le modèle américain, on va droit dans le mur. Et même sans choc démographique, il y aura un choc climatique et environnemental.Jean Jouzel, climatologue à franceinfo

 

 

"Lier le climat à la démographie peut même être dangereux", juge Gilles Ramstein, pour qui cela revient à "dresser les riches contre les pauvres", en propageant l'idée selon laquelle la minorité de la population mondiale issue des pays riches peut ne rien changer à son mode de vie, puisque le fardeau pèse sur les épaules des plus nombreux, les habitants des pays pauvres. 

 

 

C'est un discours venimeux qui sème la confusion dans l'esprit des gens. Ce n'est pas une 'fake news' à proprement parler, mais c'est une énorme manipulation purement idéologique. Gilles Ramstein, climatologue à franceinfo

 

 

Pour autant, "la croissance démographique reste une question à l'intersection entre les enjeux de développement durable et le changement climatique", modère Céline Guivarch, qui liste, s'appuyant sur un article paru dans Science (en anglais) : "Eradiquer la pauvreté, la faim, fournir des infrastructures adaptées, l'accès à la santé, l'éducation, un travail décent – et l'ensemble des objectifs de développement durable – tout en limitant le changement climatique 'bien en dessous de 2 °C d'augmentation par rapport à la période pré-industrielle'.

 


04/09/2019
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Franceinfo - le mercredi 4 septembre 2019

 

 

"Quand j'ai écouté le Premier ministre, j'ai pleuré" : des familles de victimes de féminicides réagissent aux annonces d'Edouard Philippe

 

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Margaux DuguetFrance Télévisions

 

 

Interrogées par franceinfo, trois familles de victimes de féminicides saluent les premières annonces du Premier ministre, mardi, lors de l'ouverture du Grenelle des violences conjugales, même si elles attendent de voir ce discours se concrétiser en actes

 

 

 

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Des familles de victimes de féminicides lors d'une marche à Paris, le 3 septembre 2019. (THOMAS SAMSON / AFP)

 

 

 

Emue. C'est le qualificatif qu'a choisi Patricia pour parler de son ressenti après les premières annonces, mardi 3 septembre, d'Edouard Philippe pour l'ouverture du Grenelle sur les violences conjugales, qui doit durer jusqu'au 25 novembre. "Cela faisait longtemps que j'attendais que le gouvernement parle enfin des violences conjugales", soupire cette femme qui a perdu sa sœur Christelle, tuée d'un coup de fusil par son concubin en 2013. "Quand j'ai écouté le Premier ministre, j'ai pleuré, ça m'a touchée de voir ça enfin à la télévision", ajoute-t-elle. Elle n'est pas la seule à avoir été sensible au discours du chef du gouvernement. 

 

 

"C'est la première fois que j'entends un homme de pouvoir, depuis l'assassinat de ma famille, parler aussi bien du sujet, je l'ai trouvé sincère", appuie Cathy, qui a perdu, en 2014, ses parents et sa sœur Isabelle, tués par l'ex-compagnon de cette dernière. Fabienne, sœur d'Evelyne, tuée par son compagnon en 2015, se contente d'un plus sobre : "C'était très bien formulé." Toutes trois saluent des mesures qui vont dans le bon sens mais qui sont encore incomplètes.

 

 

 

"C'est encore trop peu !"

Parmi les annonces qui trouvent grâce à leurs yeux : la suspension de l'autorité parentale dès la phase d'enquête ou d'instruction, la généralisation du dépôt de plainte à l'hôpital, l'installation de procureurs référents et de chambres d'urgence dans les tribunaux ou encore le port du bracelet électronique pour les personnes condamnées pour violence conjugale mais aussi en cas d'ordonnance de protection.

 

 

Ce bracelet électronique, ça aurait aidé ma sœur, ça aurait été un soulagement pour elle. Cathy à franceinfo

 

 

Concernant la création de 1 000 places d'hébergement d'urgence, ces femmes sont plus réservées. "C'est encore trop peu", soutient Patricia. "Quand est-ce qu'elles vont arriver ? Je demande à voir, je suis sceptique", renchérit Fabienne. "Moi, je me suis dit immédiatement : et les auteurs ? Les femmes aussi veulent garder leurs maisons", assure une membre du collectif "Féminicides par (ex) compagnons" qui recense les victimes de féminicides conjugaux en France. 

 

 

Surtout, elles relèvent l'absence de plusieurs pistes très concrètes dans le discours du Premier ministre. Un exemple : la création d'un statut de victimes pour les familles qui pourrait être doublé d'un accompagnement psychologique et administratif.

 

 

ll faut absolument une cellule psychologique pour les familles, quand cela arrive on est abandonné. Patricia à franceinfo

 

 

"On m'a annoncé la nouvelle à minuit, puis la police est partie, poursuit Patricia. On nous a laissés toute la nuit seuls, on n'arrivait pas à parler aux enfants." "Pour la tutelle de mon neveu, on s'est retrouvés seuls, rien n'a été fait pour nous soutenir et nous guider", témoigne également Fabienne. 

 

 

 

"Maintenant on veut des actes"

Ces proches de victimes de féminicides sont également déçus de l'audit qui sera mené dans 400 commissariats et les gendarmeries. "Depuis que c'est arrivé à ma sœur, j'aide des femmes à porter plainte mais quand elles vont au commissariat, elles ne sont pas prises au sérieux et on leur fait faire des mains courantes", raconte Patricia. 

 

 

Un audit, c'est trop long ! Combien de femmes vont encore mourir pendant ce temps-là? Fabienne à franceinfo

 

 

Pour ces dernières, il n'y a pas de mystère : il faut former les policiers et les gendarmes. "Il faut les former directement à l'école pour que les femmes soient entendues", martèle Fabienne. Au-delà des forces de l'ordre, c'est l'ensemble des professionnels, des magistrats aux travailleurs sociaux, qui ont besoin de formation selon ces familles. Cela doit même commencer dès le plus jeune âge avec une "sensibilisation" à ces questions, d'après Fabienne, qui souhaite l'implication du ministre de l'Education sur ce sujet. 

 

 

En définitive, ces proches de victimes sont maintenant dans l'expectative. "Je suis satisfaite sur certains points mais j'attends de voir, c'est des paroles, maintenant, on veut des actes", indique Patricia. "C'est encourageant mais on peut beaucoup mieux faire", conclut Fabienne.

 


04/09/2019
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Franceinfo - le dimanche 1er septembre 2019 - mis à jour le 02.09.19

 

 

Un rassemblement au Trocadéro pour dénoncer "le 100e féminicide" de l'année

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

Des militantes du collectif #NousToutes ont mené une action, dimanche 1er septembre, à Paris pour dénoncer l'inaction supposée des pouvoirs publics face aux féminicides

 

 

 

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Des militantes du collectif #NousToutes, le 1er septembre 2019 au Trocadéro, à Paris. (ZAKARIA ABDELKAFI / AFP)

 

 

 

Une centaine de militantes du collectif #NousToutes se sont rassemblées, dimanche 1er septembre, place du Trocadéro à Paris pour dénoncer "le 100e féminicide de l'année", alors que s'ouvre mardi le "Grenelle" destiné à lutter contre les violences conjugales. Brandissant des panneaux dédiés à chacune des victimes, les manifestantes ont rendu hommage aux femmes tuées en égrenant à tour de rôle leurs prénoms : "Céline, Sarah, Maguy, Clothilde, Eliane, Euphémie..." avant de coller les pancartes sur le sol.

 

 

 

 

 

 

"Nous voulons un milliard, pas un million", ont lancé à l'unisson les manifestantes, en allusion à leur demande récurrente: "Il nous faudrait un milliard d'euros pour lutter efficacement contre les violences conjugales, c'est trois fois et demi moins que ce que coûtent chaque année" ces violences, a assuré à l'AFP Anaïs Leleux, du collectif #NousToutes. "Il ne faut pas cracher sur un million d'euros en disant 'Ce n'est pas bien, c'est moins bien que dix'", a réagi Marlène Schiappa sur CNews dimanche soir. "On ne fait pas de baratin sur un sujet aussi grave", a-t-elle ajouté, appelant "tout le monde à sortir des postures".

 

 

 

Une réponse de l'Etat "largement insufissante"

Présente au rassemblement, Caroline de Haas, membre du collectif, a dénoncé une réponse "largement insuffisante" de l'Etat. "Beaucoup de féminicides auraient pu être empêchés s'il n'y avait pas de dysfonctionnement d'un certain nombre de pouvoirs publics", a-t-elle déclaré.

 

 

 

 

 

 

Dimanche matin, le collectif militant "Féminicides par compagnon ou ex" a recensé un 100e féminicide en France depuis le 1er janvier, après la découverte du corps sans vie d'une femme sous un tas de détritus à Cagnes-sur-Mer (Alpes-Maritimes). Pour l'année 2018, le ministère de l'Intérieur avait recensé 121 féminicides.

 

 

Mardi s'ouvrira à Matignon un "Grenelle des violences conjugales" très attendu par les associations invitées mais déjà critiqué par les militantes féministes non-conviées, qui dénoncent une opération de communication.

 


02/09/2019
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Franceinfo - le lundi 2 septembre 2019

 

 

Paris : des militantes pro-burkini se baignent dans une piscine et provoquent sa fermeture

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

Dans un communiqué, le collectif a réclamé "le changement des règlements intérieurs des piscines et l'accessibilité aux loisirs pour tous-tes"

 

 

 

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L'opération coup de poing a provoqué l'intervention des maîtres-nageurs, puis celle de la police, sans aucun heurt. (Photo d'illustration). (MAXPPP)

 

 

 

"On se baignera, on se baignera ! Même si les racistes veulent pas, nous on se baignera !" C'est en entonnant ces chants qu'une quinzaine de militantes féministes et musulmanes ont pénétré dans une piscine du 11e arrondissement de Paris, dimanche 1er septembre, pour protester contre l'interdiction du burkini, ce maillot de bain couvrant controversé.

 

 

Cinq femmes musulmanes se sont baignées dans cette tenue, soutenues par d'autres militantes féministes en maillots une ou deux pièces, mais aussi des personnes transgenres et des hommes membres du collectif créé pour l'occasion. 

 

 

L'opération coup de poing a provoqué l'intervention des maîtres-nageurs, puis celle de la police, sans aucun heurt. Après une trentaine de minutes, la direction a fait fermer la piscine et les militantes sont reparties en déployant une banderole frappée du slogan : "Piscine pour toutes, stop islamophobie".

 

 

 

"Nos corps nous appartiennent" 

Dans un communiqué, le collectif a réclamé "le changement des règlements intérieurs des piscines, et l'accessibilité aux loisirs pour tous-tes""Nos corps nous appartiennent, nous les couvrons ou les découvrons pour des raisons qui nous regardent", ont fait valoir les militantes.

 

 

 

 

 

 

"Le but, c'est d'accéder à la piscine en tant que femmes musulmanes qui portons le voile", a déclaré Nargesse (sans donner son nom de famille), 27 ans, avant de se baigner en burkini. "On veut revendiquer notre choix de le porter et de pouvoir continuer à avoir nos loisirs sans qu'on puisse être importunées par des règlements discriminants", a ajouté la jeune femme, en dénonçant "la montée des idées islamophobes".

 

 

Une action du même type à Grenoble, mi-juin, avait suscité une polémique nationale. Le Premier ministre, Edouard Philippe, avait estimé que les règles des piscines publiques doivent être respectées, et qu'"aucune conviction religieuse" ne pouvait être prise en compte pour y déroger.

 


02/09/2019
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Franceinfo - le vendredi 31 août 2019 - mis à jour le 02.09.2019

 

 

VRAI OU FAKE Scolarisation précoce des petites filles et "fondamentalisme islamiste" : les approximations de Jean-Michel Blanquer

 

 

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Sur France Culture, le ministre de l'Education nationale a déclaré que les petites filles étaient moins nombreuses que les petits garçons à bénéficier de la scolarisation précoce, en raison du "fondamentalisme islamiste". Une affirmation contredite par les chiffres du ministère

 

 

 

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Le ministre de l'Education nationale, Jean-Michel Blanquer, le 30 août 2019 au Muy (Var). (YANN COATSALIOU / AFP)

 

 

 

Appelons un chat, un chat, et une approximation, une approximation. Invité samedi 31 août sur France Culture, le ministre de l'Education nationale, Jean-Michel Blanquer, a utilisé un argument approximatif pour justifier l'instruction obligatoire à partir de 3 ans. "Aujourd'hui, il y a plus de petites filles que de petits garçons qui ne vont pas à l'école maternelle, pour des raisons sociétales. Et appelons un chat un chat, le fondamentalisme islamiste dans certains territoires a fait que certaines petites filles vont à l’école le plus tard possible ou avec une assiduité plus faible", a-t-il déclaré.

 

 

 

 

 

 

Une affirmation en partie fausse, selon les chiffres de l'Education nationale répérés par un journaliste sur Twitter. Dans un rapport sur la rentrée 2018 (PDF), il est écrit noir sur blanc que "les filles sont plus nombreuses à bénéficier de la scolarisation précoce". Dans le tableau joint, on constate que 50,3% des élèves de 2 ans dans les écoles publiques et privées sont des filles. Il n'y a guère que dans le privé que les filles sont minoritaires parmi les enfants scolarisés dès 2 ans (48,9%).

 

 

 

Le cabinet du ministre reconnaît l'imprécision

Difficile en revanche de vérifier la deuxième phrase du ministre sur la situation dans certains territoires. Aucun chiffre plus détaillé géographiquement, par département ou région, n'est indiqué dans ce rapport. On peut toutefois rappeler que le taux de scolarisation des enfants de moins de 3 ans, tous sexes confondus, varie d'un département à l'autre, comme nous l'expliquions en février. En Corse, 87% d'entre eux sont scolarisés, contre 93% à Paris. Quant au fondamentalisme islamiste, le ministre n'a pas donné d'éléments pour étayer cette affirmation.

 

 

Le cabinet de Jean-Michel Blanquer a expliqué à franceinfo que "les propos du ministre faisaient référence à des signalements que nous avons de nos équipes laïcité en académie relativement à certains quartiers". Sans donner plus de précisions sur les secteurs en question.

 


02/09/2019
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Franceinfo - le mardi 27 août 2019

 

 

Rentrée : l'école obligatoire à 3 ans et les classes à 14 élèves, des mesures pas toujours faciles à mettre en œuvre

 

 

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Guillemette JeannotfranceinfoFrance Télévisions

 

 

 

Ces deux objectifs de la loi "pour une école de la confiance" impliquent d'avoir des infrastructures adéquates et le personnel en conséquence. Ce qui peut se révéler problématique dans certaines académies

 

 

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La rentrée des classe en primaire, le 4 septembre 2017, à La Rochelle (Charente-Maritime). (XAVIER LEOTY / AFP)

 

 

 

"Garantir les savoirs fondamentaux pour tous." Telle est l'ambition de la loi "pour une école de la confiance" portée par le ministre de l'Education nationale, Jean-Michel Blanquer, qui organise une conférence de presse de rentrée, mardi 27 août. Pour y parvenir, une des mesures phares de ce texte, promulgué le 28 juillet, est l'abaissement de l'âge obligatoire de la scolarisation à 3 ans, contre 6 ans actuellement. La réforme prévoit également de poursuivre à la rentrée la réduction des effectifs, à 14 élèves, de certaines classes de CP et de CE1. Si ces engagements ne concernent qu'une minorité d'élèves au regard de la population scolaire française, elles soulèvent des problèmes de logistique quant à leur mise en œuvre dans certaines académies. 

 

 

A la rentrée, environ 25 000 enfants concernés par l'école obligatoire à 3 ans découvriront les bancs de l'école. "C'est LE grand changement concernant le primaire annoncé par le gouvernement", ironise Francette Popineau, du SNUipp-FSU. "La quasi-totalité des enfants, 97%, sont déjà scolarisés dès leur troisième année", constate la porte-parole syndicale, pointant surtout du doigt l'absence d'un plan pour l'Outre-mer et la Seine-Saint-Denis. Ces départements regroupent la quasi-totalité des académies concernées par les 3% d'élèves non encore scolarisés avant 6 ans. 

 

 

Il n'y a pas l'infrastructure suffisante pour accueillir ces enfants supplémentaires en Seine-Saint-Denis et en Outre-mer. Le bâti actuel ne suffit pas et le personnel enseignant non plus d'ailleurs.Francette Popineau, SNUipp-FSU à franceinfo

 

 

Lorsque Jean Michel Blanquer a présenté son projet de loi, en mars 2018, il a souligné que, derrière ce chiffre de 97% d'élèves de 3 ans déjà scolarisés, se cachaient de fortes disparités géographiques. En Corse, ce chiffre tombe à 87%, à Paris à 93% et dans certains territoires d'Outre-mer, à parfois moins de 70%. Pour le ministre, rendre obligatoire l'école dès 3 ans est une mesure sociale, car "la grande majorité des enfants concernés par la mesure sont issus de milieux défavorisés". Comme Jean-Michel Blanquer l'a expliqué devant l'Assemblée, il s'agit aussi d'un moyen de lutter contre "les phénomènes sectaires et [le] fondamentalisme religieux", en particulier dans des familles qui empêchent les petites filles d'aller à l'école maternelle, ou qui envoient leurs enfants dans des "écoles clandestines". Francette Popineau soulève également les problématiques de distances élevées entre les lieux d'habitation et les écoles maternelles dans certains territoires d'Outre-mer. 

 

 

Cette nouvelle obligation ne remet pas en cause le droit, pour la famille, de dispenser son propre enseignement, mais le contrôle sera renforcé. Si l'obligation scolaire n'est pas remplie, dans une école publique, au sein de la famille ou dans un établissement privé, les parents contrevenants sont passibles d'une amende de 1 500 euros, comme l'indique l'article L.131-8 du Code de l'éducation. 

 

 

 

Des classes à 14, en théorie, dans certaines écoles

Selon les syndicats, la dernière vague de dédoublement des classes de CP et CE1 en REP+ (ex-Zones d'éducation prioritaire), entamée en 2017, va également se heurter, à la rentrée, à des problèmes d'infrastructures et de moyens humains. Cette mesure concerne les "secteurs isolés connaissant les plus grandes concentrations de difficultés sociales ayant des incidences fortes sur la réussite scolaire", selon le ministère. Cette réduction des effectifs à 14 élèves par classe doit bénéficier à 300 000 écoliers au total.  

 

 

Si tout le monde s'accorde à dire qu'il s'agit d'une bonne décision, le nombre d'élèves par classe étant un critère de réussite, les syndicats s'interrogent sur son coût humain et financier. "Je ne pense pas que cet objectif sera atteint dans le département de Seine-Saint-Denis. C'est également compliqué dans l'académie de Marseille car moins de 15 élèves par classe, c'est extrêmement coûteux et cela nécessite davantage d'instituteurs", relève Francette Popineau, du SNUipp-FSU. La syndicaliste soulève également le problème du bâti dans ces académies. "On aurait préféré 24 à 25 élèves dans toutes les classes, sans distinction de zone", ajoute-t-elle.

 

 

La direction académique de Seine-Saint-Denis a annoncé la création de 282 postes supplémentaires à la rentrée. Mais "cela ne répond même pas aux besoins liés à l'étendue de la réforme aux CE1 en REP", dénonce Rachel Schneider, secrétaire départementale du SNUipp-FSU, dans Le Parisien. "On compte 160 écoles en REP dans le département. Si l'on se base sur deux classes en moyenne par établissement – et c'est plutôt bas – cela nécessiterait la création d'au moins 320 postes. Sans compter les besoins liés à l'accroissement de la population, le compte n'y est pas !"

 

 

Faute d'espace disponible, les enseignants doivent parfois se partager la même classe. "L'année dernière, nous étions deux instituteurs pour 28 élèves dans la même classe", témoigne Rachelle*, institutrice en CE1 dans une école classée REP+ dans le Val-de-Marne. 

 

 

Sur le papier, le ratio d'un instituteur pour 14 élèves est respecté. Mais, physiquement, à 28 dans la même classe, c'est assez contraignant en termes d'enseignement.Rachelle, institutrice en CE1 dans le Val-de-Marne à franceinfo

 

 

"Nous appelons ça de la 'co-intervention'", précise l'institutrice. Cette année, Rachelle change d'école et a une "véritable classe à 14". Pour y arriver,"ils ont piqué des salles au centre de loisirs qui est dans le même complexe", souffle-t-elle.

 

 

 

Des postes et des classes en moins 

En 2020, ce sont les grandes sections de maternelle des REP+ qui devront descendre à 14 élèves. Or, la rentrée des classes est parfois synonyme de classes fermées et de postes supprimés. "Nous sommes un peu plus sereins cette année car il n'est plus question de supprimer 50 000 postes dans la fonction publique", observe Frédérique Rolet, du SNUipp-FSULe gouvernement a révisé à 15 000 le nombre de postes de fonctionnaires à supprimer durant le quinquennat. Mais les syndicats gardent un œil sur la loi de finances pour 2020. Votée à l'automne, elle définit les plafonds d'emplois ministère par ministère.

 

 

Lors de la dernière rentrée, nous avons perdu 2 650 postes.Francette Popineau, du SNUipp-FSU à franceinfo

 

 

Même vigilance du côté des fermetures de classes. Chaque année, la carte scolaire, construite en concertation entre les rectorats et le ministère, définit le nombre de suppressions de classes. Son élaboration a débuté en octobre 2018 pour se terminer dans les jours qui suivront cette rentrée des classes 2019. Les derniers ajustements seront effectués en fonction des effectifs constatés le jour de la rentrée. "Il ne devait pas y avoir de fermetures d'écoles cette année, mais selon nos remontées, il y en aura finalement autour de 400. Le ministre assure que cela sera moins, mais il y en aura, de toute façon", s'inquiète Francette Popineau, du SNUipp-FSU.

 

 

 

"Du budget en moins pour le public"

En avril, le ministre de l'Education nationale s'est engagé à ce que toute fermeture d'école soit effectuée en concertation avec les maires concernés. Ainsi, dès septembre, 186 fermetures potentielles d'écoles seront étudiées. Jean-Michel Blanquer a également confirmé que des classes continueraient d'être fermées afin d'atteindre une "équité territoriale". 

 

 

Selon les syndicats, ces possibles suppressions de postes et de classes risquent de compliquer la mise en œuvre de l'école obligatoire à 3 ans et du dédoublement des classes. D'autant que les mairies, qui financent les écoles sur leur budget, vont devoir désormais mettre la main à la poche pour les écoles maternelles privées, comme le prévoit la loi. L'exécutif s'est engagé à rembourser les collectivités concernées, via une compensation. Insuffisant, juge Francette Popineau : "L'aide de l'Etat ne sera pas à la hauteur. C'est du budget en moins et une dégradation pour l'école publique." 

 

 

*Le prénom a été modifié à la demande de l'intéressée. 

 


27/08/2019
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Franceinfo - le dimanche 25 août 2019

 

 

Hypermarché sans caissier à Angers : "Ce système est quasiment incontournable"

 

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franceinfoRadio France

 

 

À Angers ce dimanche, l'hypermarché Géant Casino fonctionnera sans caissier tout l'après-midi. Les syndicats ont appelé à manifester contre cette automatisation totale

 

 

 

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Le Géant Casino d'Angers. (JOSSELIN CLAIR / MAXPPP)

 

 

 

C'est une première en France. Dimanche 25 août, tout l'après-midi, le Géant Casino d'Angers accueillera les clients sans personnel. Pas de caissier, mais personne non plus dans les rayons, tout est entièrement automatisé. Une option déjà testée en France par des supérettes et des moyennes surfaces du groupe Casino, mais jamais sur une telle surface : 5 189 m².

 

 

"Ce système agglomère deux tendances qui gagnent du terrain dans la distribution, l'automatisation de la distribution avec les caisses automatiques et l'ouverture de plus en plus longtemps, et dans ce sens, il est quasiment incontournable", analyse Olivier Dauvers, spécialiste de la grande distribution et auteur du blog Le web Grande Conso, invité de franceinfo. Mais selon lui, il est évident que ce système détruit de l'emploi : "Quand vous transférez des heures travaillées d'une caissière payée pour encaisser des articles à un client qui encaisse ses propres articles, vous détruisez de l'emploi. Il faut arrêter avec cette idée que les caissières sont redéployées ailleurs."

 

 

 

Manifestation pour l'emploi

Une centaine de personnes manifestaient dimanche matin devant le magasin du quartier de la Roseraie à Angers, à l'appel des syndicats. "On combat cette vision du monde de la consommation à outrance que le patronnat veut imposer à la société française", explique à franceinfo Jean Pastor, le délégué syndical central pour la CGT du groupe Casino. "Quelque part, on est en train de créer un effet d'entraînement sur les autres enseignes. Et le problème, c'est que Casino veut seulement tirer le maximum de profits en enlevant le maximum de personnel", dénonce-t-il.

 

 

"En 2018, le nombre de caissiers et caissières en activité dans la grande distribution représente 270 000 personnes. Ce projet, qui paraît anodin, peut amener à terme à la destruction, ou en tout cas la réduction drastique, de tous ces emplois", s'alarme sur franceinfo Patrice Auvinet, secrétaire du syndicat CGT du commerce du Maine-et-Loire. "Si l'on commence à mettre ça en place dans un hypermarché comme celui de la Roseraie d'Angers (...), qu'est-ce qui empêche la direction, une fois le projet rentabilisé, pérennisé, de le développer dans l'ensemble du groupe Casino, et par ricochet dans les autres enseignes concurrentes qui verront là un gain supplémentaire possible ?", interroge-t-il.

 

 

"Ce n'est pas une source d'économie", se défend le directeur du magasin Luc Simon sur franceinfo, "c'est un service supplémentaire".

 

 

Pour assurer l'ouverture du dimanche après-midi, j'ai embauché deux personnes de plus le matin de façon à remplir le magasin correctement. Il n'est pas question de se passer des collaborateursLuc Simon, directeur du Géant Casino d'Angers à franceinfo

 

 

Pour l'instant, la direction précise qu'elle limite le système à certains créneaux horaires. Mais va-t-elle l'étendre au reste de la journée à terme ? "Il faut déjà vérifier qu'il y a une appétance des consommateurs", selon Olivier Dauvers. "Le Géant Casino d'Angers fait entre 5 000 et 6 000 m², soit dix fois la taille d'une supérette que vous trouvez en bas de chez vous, dans laquelle même si vous êtes seul, vous ne vous sentirez pas forcément oppressé. Mais dans un hypermarché, en pleine nuit ou le dimanche après-midi, quand vous y êtes seul, je ne suis pas persuadé que ce soit une partie de plaisir."

 


26/08/2019
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Franceinfo - le lundi 12 août 2019

 

 

Trottinettes électriques en libre-service : "On ne peut pas avoir des systèmes qui fonctionnent de manière sauvage"

 

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Marie-Jeanne DelepaulfranceinfoRadio France

 

 

Vitesse excessive, stationnement sauvage, accidents... Face au flou juridique qui entoure l'utilisation des trottinettes électriques en libre-service, certaines municipalités ont décidé de les interdire

 

 

 

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A Paris, des trottinettes s'agglutinent sur les trottoirs, comme ici près du Trocadéro, gênant le passage des piétons, le 8 juin 2019. (AURÉLIEN ACCART / RADIO FRANCE)

 

 

 

Le ministère des Transports reçoit lundi 12 août des victimes d'accidents de trottinettes électriques. Ces particuliers comptent déposer plainte. Cela fait un peu plus d'un an que les trottinettes électriques en libre-service sont arrivées en France. Et de nombreuses villes n'en peuvent plus : engins qui roulent à toute vitesse entre les piétons, stationnements sauvages, accidents... En attendant l'adoption de la loi d'orientation des mobilités (LOM), qui doit fixer un cadre légal à l'utilisation de ce nouveau mode de déplacement urbain, l’intercommunalité Grand Paris Seine Ouest, qui regroupe les 8 communes des Hauts-de-Seine, a décidé depuis juin d'interdire le free floating (libre-service sans borne).

 

 

Victor, 20 ans, habite à Boulogne-Billancourt et travaille à Issy-les-Moulineaux. Il utilise régulièrement sa trottinette pour des petits trajets de deux kilomètres. Il a aujourd'hui investi dans une trottinette classique, mais avant l'interdiction fin juin, il utilisait aussi régulièrement les trottinettes électriques en libre-service. "Moi je trouve ça hyper pratique. Mais je peux comprendre qu'il y ait des gens qui n'aiment pas", explique le jeune homme, qui déplore que certains utilisateurs fassent "un peu n'importe quoi" avec leur trottinette. Dominique, 60 ans, en a d'ailleurs fait l'expérience. Elle marchait sur le trottoir quand une trottinette lui a foncé dessus.

 

 

C'était un couple de jeunes qui ne savait pas maîtriser la patinette. Quand la fille m'a vue, elle a paniqué et m'est rentrée dedans.Dominique, 60 ans, heurtée par une trottinette à franceinfo

 

 

Même quand elles sont garées, les trottinettes en libre-service dérangent les piétons. "On en trouve plein par terre", se désole Hajere, maman d'une petite fille de six mois. Elle a parfois du mal à se frayer un passage avec sa poussette.

 

 

 

En attente d'une réglementation

Ces incidents et plaintes datent d'avant l'interdiction. Désormais, les trottinettes qui traînent encore dans les rues sont mises à la fourrière ou retirées par les opérateurs. Elles feront certainement leur retour dans ces huit villes du sud-ouest de Paris, mais pour cela il faut établir des règles très claires, insiste Olivier Rigoni, adjoint au maire, délégué aux espaces publics à Issy-les-Moulineaux. "Si nous avons pris l'initiative de prendre cet arrêté, ce n'est pas pour interdire le free floating de patinettes à terme, mais pour pouvoir l'organiser et prendre le temps de l'organiser. On ne peut pas avoir des systèmes qui fonctionnent de manière sauvage", explique-t-il.

 

 

On attend beaucoup d'un cadre, d'éclaircissements par rapport à la loi.Olivier Rigoni, délégué aux espaces publics à Issy-les-Moulineaux.à franceinfo

 

 

Les opérateurs se disent également prêts à discuter. "Je pense qu'il y a aujourd'hui un questionnement qui est à la hauteur de notre succès", estime Arthur Louis-Jacquet, le directeur général de Lime. "Nous avons eu 12 millions d'utilisations en à peine plus d'un an rien qu'à Paris. On fait en moyenne 65 000 utilisations par jour. Nous sommes devenus en à peine plus d'un an un transport de masse, explique-t-il. Il y a évidemment des questions qui se posent. Où est-ce qu'on a le droit de rouler ? Comment fait-on en sorte que ces personnes, qui vont à 20 km/h, ne se retrouvent pas à côté de piétons qui vont moins vite, ou au contraire à côté de bus de 30 tonnes à 50 km/h ?"

 

 

Il est nécessaire de mettre en place des règles parce qu'on va être là sur le long terme.Arthur Louis-Jacquet, le directeur général de Lime à franceinfo

 

 

Parmi les pistes envisagées, des places de stationnement dédiées aux trottinettes en libre-service, comme c'est déjà le cas à Bordeaux et Paris. Avec l'essor des trottinettes électriques, les accidents, parfois mortels, se multiplient. Vendredi 9 août, dans les Yvelines, un homme d'une trentaine d'années est mort sur l'autoroute A86 où il s'était engagé avec sa trottinette. En juin dernier, un jeune homme de 25 ans a perdu la vie à Paris après la collision de sa trottinette avec une camionnette. En avril, un piéton octogénaire avait également trouvé la mort, à la suite d'un choc avec une trottinette à Levallois-Perret.

 


12/08/2019
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Franceinfo - le mercredi 24 juillet 2019

 

 

Le bronzage seins nus n'a plus la cote et ne séduit plus que "à peine 22%" des femmes", selon une étude Ifop

 

 

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franceinfoRadio France

 

 

 

La tendance du "topless" en été opère un sérieux recul selon les résultat d'une enquête publiée mercredi par l'Institut français d'opinion publique (Ifop)

 

 

 

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Le topless en net recul en France selon le dernier sondage Ifop.  (MICHEL CLEMENTZ / MAXPPP)

 

 

 

 

Bronzer les seins nus sur la plage, cette pratique très en vogue  il y a trente ans, est désormais en net recul, selon une étude de l’Ifop pour le site viehealthy.com publiée mercredi 24 juillet. 5 000 femmes ont été interrogées pour comprendre les raisons de la baisse du monokini. "À peine 22% d'entre elles déclarent enlever régulièrement ou occasionnellement le haut en été", explique François Kraus, directeur du pôle actualité de l'Ifop, sur franceinfo.

 

 

"L'un des premiers motifs avancés par l'ensemble des Françaises est plutôt d'ordre sanitaire", détaille-t-il, mais les jeunes femmes de moins de 25 ans expliquent qu’elles "se couvrent les seins par la crainte d'attiser le désir des hommes et, pour une majorité d'entre elles, d'être l'objet d'agressions physiques ou sexuelles". Enfin, il ajoute que "la crainte de ne pas répondre aux canons de beauté en vogue constitue aussi un frein".

 

 

 

franceinfo : Qu’est-ce qui ressort de cette étude ?

 

 

François Kraus : On voit que s’il y a une cinquantaine d'années les Françaises étaient les premières à se livrer à la pratique des seins nus sur les plages publiques, le nombre d'adeptes diminue d'année en année. On a à peine 22% d'entre elles qui déclarent enlever régulièrement ou occasionnellement le haut en été, contre plus d'une sur trois il y a dix ans, et elles étaient 43% au milieu des années 1980 qui était la grande époque du bronzage monoï et du culte du teint hâlé. Bien sûr qu'il y a un recul de la pratique du monokini, mais qui n'est pas circonscrit à l'Hexagone. On retrouve la même tendance à la baisse dans les pays voisins comme l'Italie, le Royaume-Uni, l'Allemagne ou l'Espagne.

 

 

 

Est-ce que ça veut dire que les messages de santé publique sont désormais intégrés ?

 

 

Oui, on voit bien que l'un des premiers motifs avancé par l'ensemble des Françaises est plutôt d'ordre sanitaire. 56% d'entre elles avancent le risque que l'exposition au soleil fait encourir à leur peau. On voit bien là l'impact des discours de mise en garde d'ordre médical qui, au fil des années ont diffusé l'idée que le topless était une technique de bronzage à risque.

 

 

 

Y a-t-il aussi une forme de pudeur, voire de pudibonderie ?

 

 

Pudibonderie, c'est peut-être exagéré. Mais le couvrement de la poitrine des jeunes femmes de moins de 25 ans, qui sont aussi celles les plus exposées au harcèlement de rue, s'explique aussi par des motifs d'ordre sécuritaire. Elles expliquent avant tout qu’elles se couvrent les seins par la crainte d'attiser le désir des hommes et, pour une majorité d'entre elles, d'être l'objet d'agressions physiques ou sexuelles. Signe que la pression sexuelle qui s'exerce sur elles toute l'année continue en été. On voit aussi que les jeunes filles sont beaucoup plus pudiques, entre guillemets. Il y a un rapport au corps beaucoup moins épanoui, décontracté que les personnes plus âgées. On peut se demander s'il n'y a pas aussi le signe que c'est autant le regard des autres que le regard qu'elles portent sur elles-mêmes qui poussent les jeunes Françaises à moins dévoiler aujourd'hui qu'hier. Et là-dessus, il faut rappeler qu'il y a un contexte de plus en plus marqué par le déferlement d'images de corps parfaits sur les réseaux sociaux, la presse féminine.

 

 

La crainte de ne pas répondre aux canons de beauté en vogue constitue aussi un frein pour toutes celles qui ont intériorisé un peu l'idée qu'il fallait avoir un corps irréprochable pour se permettre de le montrer en public.François Krausà franceinfo

 

 

 

Vous évoquez la peur du regard des autres. Est-ce qu'on a une idée de la perception des hommes sur cette pratique ?

 

 

Globalement, les hommes sont beaucoup plus tolérants à l'égard de la nudité féminine sur la plage ou dans les piscines publiques. Donc, c'est pour ça qu'on a quand même essentiellement interrogé les femmes sur le sujet, pour éviter ce biais un peu voyeur entre guillemets. Mais souvent les femmes sont plus gênées à l'idée que d'autres femmes se dénudent sur la plage ou dans les piscines. Le rapport à la pudeur est quand même très genré. Il ne concerne pas que les femmes puisqu’on a aussi testé la question des hommes marchant le torse nu, qui suscite toujours des problèmes dans les villes balnéaires. Et là les femmes sont aussi plus gênées. Il faut comprendre les jeunes les femmes aussi ont une socialisation de genre sur ces questions de pudeur qui est beaucoup plus forte que les hommes. Cette problématique du l'exposition des corps est une problématique beaucoup plus large qui ne se limite pas aux plages.

 

 

Le sondage a été effectué auprès d'un échantillon représentatif de 5 026 femmes de 18 ans et plus, résidant en Italie, en Espagne, en France, en Allemagne et au Royaume-Uni, par questionnaire auto-administré en ligne du 11 au 15 avril. 

 


02/08/2019
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Franceinfo - le mercredi 24 juillet 2019

 

 

"On a pu exister" : Carla et Marie-Laure, reconnues comme la première famille homoparentale en France, appellent à légaliser la PMA pour toutes

 

 

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Céline DelbecquefranceinfoFrance Télévisions
 

 

 

Le 27 juin 2001, Marie-Laure Picard et Carla Boni sont devenues la première famille homosexuelle reconnue par la loi. Dix-huit ans plus tard, elles racontent à franceinfo l'histoire de leur combat juridique

 

 

 

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Marie-Laure Picard, Carla Boni et leurs trois filles, en 2009. (DR)

 

 

 

"D'un coup, on a pu exister. Tout simplement. Etre reconnues comme une famille normale, comme les autres." Le 27 juin 2001, le tribunal de grande instance de Paris a permis à Carla Boni d'adopter les trois enfants de sa compagne, Marie-Laure Picard, conçus par procréation médicalement assistée (PMA). Les deux femmes et leurs filles sont alors devenues la première famille homoparentale reconnue en France.

 

 

Quand elles évoquent ce souvenir, un large sourire traverse encore leurs visages. "C'était incroyable. Deux mois après le jugement, je me pinçais toujours le matin pour être sûre que c'était bien réel", se remémore Carla. "On s'attendait à ce que ce soit bien plus difficile que ça", renchérit Marie-Laure. Aujourd'hui mariées, et mamans comblées de trois filles âgées de 20 à 24 ans, elles reviennent pour franceinfo sur l'histoire de leur "jolie petite famille, sympa et heureuse" et appellent à légaliser le plus rapidement possible la PMA pour les couples homosexuels – ce que pourrait faire le projet de loi bioéthique qui doit être présenté mercredi 24 juillet en Conseil des ministres.

 

 

 

"Maman" et "Mamina"

Dans la famille Picard-Boni, il y a "Maman", et il y a "Mamina". "Ça veut dire 'petite maman'", sourit Carla, dont les origines italiennes ont déterminé le prénom de ses filles : "Giulietta, Luana et Zelina", récite Marie-Laure, sa compagne depuis plus de 40 ans, qui a porté les trois bébés. Deux femmes, assises côte à côte et "toujours amoureuses", qui ont décidé de concevoir ensemble une "vraie famille". Deux mères, aussi, depuis le 27 juin 2001, "reconnues par la loi et inscrites comme telles dans le livret de famille !", appuie Carla. "Ils ont dû rajouter manuellement cette mention, tellement c'était inhabituel", se remémore cette sexagénaire enjouée. 

 

 

 

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Marie-Laure et Carla Picard-Boni, avec leurs filles Giulietta, Luana et Zelina, en 2002. (Carla et Marie-Laure Picard-Boni)

 

 

 

Tout commence en 1994, alors que Marie-Laure tombe enceinte de Giulietta, la première fille du couple. "Nous voulions seulement des enfants, comme la majorité des autres couples. Nous n'avions pas l'impression de faire quelque chose de mal, ni d'absolument extraordinaire", témoigne la mère de famille. "La vraie question, c'était 'comment ?'" Très vite, les deux femmes considèrent la procréation médicalement assistée comme "la meilleure option". "En tant qu'homosexuelles, nous n'avions pas accès à l'adoption. J'ai donc bénéficié d'une PMA en France, qui était alors autorisée pour les couples lesbiens, en raison d'un vide juridique", explique Marie-Laure. La même année, la loi sur la bioéthique interdit finalement l'accès à la PMA aux homosexuels. "C'était trop tard, Giulietta était déjà conçue !", sourit Marie-Laure. 

 

 

En 1997, puis en 1998, le couple doit se rendre en Belgique, pour concevoir Luana et Zelina, également grâce à un don de sperme. Mais très vite, la question du droit s'impose : "Seule la mère biologique existait, d'un point de vue légal", regrette Carla. Puisque la loi n'autorisait encore ni le Pacs, ni le mariage pour les couples homosexuels, Carla n'avait aucune possibilité d'obtenir un "lien légal" avec ses enfants. Jusqu'à un jour de 1999, où elle entend parler de la notion d'adoption simple.

 

 

 

"Nous étions prêtes à nous battre"

"Contrairement à l'adoption plénière, l'adoption simple permet de sauvegarder les liens juridiques entre l'enfant et sa famille d'origine", explique Marie-Laure. "Mais elle permet également d'ajouter une deuxième filiation à l'enfant, ajoute Carla. Le but était donc que j'adopte les filles, pour enfin créer un lien légal avec elles." Un détail refroidit cependant le couple : "En cas d'adoption simple de ma part, Marie-Laure perdait son autorité parentale sur les filles, et je la récupérais", souligne Carla. Juridiquement, l'autorité parentale touche toutes les décisions relatives aux enfants : le choix de l'école, la religion, les décisions médicales…

 

 

Dans la pratique, nous savions que cela ne changerait pas grand-chose, puisque nous prenions déjà toutes ces décisions ensemble. Je misais sur notre amour, je n'avais aucune crainte à avoir.Marie-Laure Picard à franceinfo

 

 

Les deux femmes discutent longuement du sujet. "Nous nous sommes dit que la filiation avec les deux parents était plus importante à nos yeux que l'autorité parentale", se souvient Carla. Au début des années 2000, la décision est prise : le couple se rapproche de Caroline Mecary, avocate spécialisée dans la défense des droits des personnes homosexuelles. "J'ai été contactée par ces femmes, qui se demandaient comment elles pouvaient protéger leurs filles en leur donnant juridiquement le droit à un deuxième parent", témoigne l'avocate auprès de franceinfo. Carla et Marie-Laure déposent une requête auprès du tribunal de grande instance de Paris. Pour elles, l'espoir est mince.

 

 

On parle d'une époque où le mot 'homoparentalité' n'existait même pas dans l'imaginaire collectif, tant cela semblait inapproprié aux yeux des gens.Carla Boni à franceinfo

 

 

"Nous étions prêtes à nous battre, à aller jusqu'à la Cour européenne des droits de l'homme !" Mais, le 27 juin 2001, surprise : le tribunal accepte l'adoption des enfants par Carla, faisant des Picard-Boni la première famille homosexuelle reconnue par la loi. "Ça change tout", témoigne Anne-Laure.

 

 

 

Le partage de l'autorité parentale

La vraie reconnaissance vient quelques années plus tard. "En 2002, une loi est passée permettant de faire une délégation de l'autorité parentale à un tiers", explique Carla. Les deux femmes font leur demande : à l'été 2004, elles obtiennent enfin l'autorité parentale conjointe sur leurs trois filles.

C'est à cet instant que nous avons eu l'impression de devenir une famille à part entière, avec les mêmes droits que n'importe quelle autre.Marie-Laure Picard à franceinfo

 

 

Ce moment marque les deux femmes. En balayant de la main leur grand salon du 19e arrondissement de Paris, elles racontent : "On a fait une grande fête à la maison, c'était une immense joie." Si le couple estime que cette décision de justice "n'a rien changé" dans leur façon d'éduquer leurs filles, Marie-Laure assure que certains "regards" ont alors changé. "Ceux qui nous critiquaient n'avaient plus rien à dire, puisque la loi disait que nous avions raison. Que c'était possible."

 

 

Au fil des années, les deux femmes doivent bien se confronter à quelques réactions hostiles, comme lorsqu'un membre d'une crèche parentale refuse leur adhésion et leur lance : "Vous savez, il y a des hommes ici !" Choquées, elles rétorquent vivement qu'elles n'entendent pas "vivre sur une île déserte" : "Nous aussi, on veut que nos enfants côtoient des hommes ! Et des jeunes, et des vieux !"

 

 

"Et puis bien sûr, il y a les regards. Les gens qui se méfient, qui observent", raconte Carla. "Mais la meilleure réponse à l'homophobie est de vivre simplement, de communiquer sur les choses." Carla et Marie-Laure vont, ensemble, inscrire les enfants à l'école, aux activités extrascolaires… "On leur expliquait que notre famille était comme ça. On devançait les questions, et tout se passait bien." Ainsi, alors que Giulietta rentre de l'école primaire et raconte que "les autres enfants ne croient pas [qu'elle] a deux mamans", elle ajoute d'emblée "que la maîtresse a pris le temps de leur expliquer". "Elle n'a plus jamais été embêtée après", affirme Carla. Luana, 21 ans, qui habite désormais à Londres, complète : "Quand on me demandait comment c'était possible d'avoir deux mères, je répondais juste qu'elles s'aimaient et qu'elles voulaient avoir des enfants comme tout le monde."

 

 

 

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Marie-Laure Picard, Carla Boni et leurs trois filles, en 2002. (CARLA BONI)

 

 

 

"Papa Giulietta, Papa Luana, Papa Zelina"

Parfois, "Maman" et "Mamina" doivent bien répondre à quelques interrogations de leurs filles. "Régulièrement, on leur réexpliquait l'histoire, on utilisait des mots adaptés à leur âge, on ne leur a rien caché", explique Carla. Des discussions dont se souvient Zelina, aujourd'hui âgée de 20 ans. "Je me rappelle cette histoire de l'homme qui donne sa graine, et puis du bébé qui naît, confie-t-elle à franceinfo. Mais ça a toujours été dit, ça a toujours été là, il n'y avait pas de grande annonce officielle pour nous expliquer la manière dont nous étions nées. C'était naturel."

 

 

Alors que les filles sont encore petites, elles demandent un jour à leurs mères comment s'appellent leurs pères respectifs. "On a répondu très simplement : 'Papa Giulietta, Papa Luana, Papa Zelina', raconte Marie-Laure en souriant. Elles ont ri, et cette réponse leur a convenu !" Interrogée sur la question, Giulietta, 24 ans, estime "ne jamais avoir manqué d'un père". "C'est une question qui revient régulièrement, les gens pensent qu'un 'papa' manque forcément. Ils croisent leur histoire avec la vôtre, se disent que vous en avez souffert… Ce n'est pas vrai."

 

 

Mon père ne m'a jamais manqué, puisqu'il n'a jamais existé.Giulietta, fille de Carla et Marie-Laure à franceinfo

 

 

"J'ai déjà deux parents qui m'aiment : je n'ai pas besoin d'un père pour avoir une famille", abonde Luana. "Pourquoi j'irais chercher un inconnu dont je ne connais pas la vie, qui ne connaît pas la mienne ?", renchérit encore Zelina. La jeune femme se rappelle seulement de "jeux" avec ses sœurs : "On essayait de deviner qui il pouvait être, on se disait : 'Imagine si c'est lui, ou lui !' On en plaisantait." Etudiante en audiovisuel, elle assure "ne jamais avoir souffert" de cette "différence" : "La plupart des gens posent des questions, ils sont curieux. Un peu surpris quand on leur dit qu'on a deux mamans, et puis ça passe." Giulietta, elle, confie même être "fière" de pouvoir "élargir la vision des choses de certaines personnes" en présentant sa famille homoparentale.

 

 

 

"Est-ce que j'ai l'air d'une dégénérée ?"

Un combat important, également, pour ses deux mamans. "Quand on voit le débat autour de la PMA aujourd'hui, ça fait peur", regrette Carla, qui a été "choquée" par les manifestations contre le mariage pour tous, entre 2012 et 2014. "Cette fixation sur l'homoparentalité n'est rien de plus qu'une homophobie pure et simple, dénonce-t-elle. C'est un prétexte pour défendre une certaine idée du patriarcat, où l'homme et la femme ont des tâches bien distinctes, et où la famille ne peut être représentée que par 'un papa, une maman !' Ça ne veut rien dire. Il faut vivre avec son temps." Pour Marie-Laure, ces manifestations ont été "absolument détestables". 

 

 

Sont-ils venus voir nos enfants ? Nos familles ? Non. Alors qu'est-ce qui tient vraiment la route dans leur discours, si ce n'est leur haine, leurs fantasmes et leurs préjugés ?Carla Bonià franceinfo

 

 

A 24 ans, Giulietta ne comprend pas non plus "ces réactions conservatrices". "Les gens ont leur idée préconçue de l'homoparentalité, ils pensent qu'un enfant ne peut pas y être stable et heureux." Mais que leur répondre ? "Regardez-moi, articule Giulietta. Regardez-moi ! Est-ce que j'ai l'air d'une dégénérée ?"

 

 

Avec trois enfants et 25 ans de recul, Carla et Marie-Laure n'ont qu'une idée en tête : "Il faut légiférer." "Les familles homoparentales existent depuis très longtemps, dans tous les milieux. C'est nier la réalité de la société que ne pas reconnaître cette option pour les couples homosexuels", martèle Marie-Laure. Sur l'adoption ou la GPA, la position est la même : "Tout ça peut créer des liens magnifiques. Il faut passer au-dessus de ce fantasme de 'la vente du corps' : si la loi encadre cela, il n'y a aucune raison que ça se passe mal." Malgré cette légalisation sans cesse retardée, Marie-Laure et Carla avouent voir "une réelle évolution" des mentalités et se prennent à espérer : "A partir du moment où les droits seront les mêmes pour tous, il n'y aura plus de tabous."

 


24/07/2019
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Franceinfo - le vendredi 19 juillet 2019

 

 

TRIBUNE. "Ces meurtres auraient pu être évités" : les familles et proches de 35 victimes de féminicide proposent des mesures contre les violences conjugales

 

 

 

 

Les signataires veulent inscrire le terme de "féminicide" dans le code pénal, créer un statut de victime ou encore mettre en place des formations pour les forces de l'ordre

 

 

 

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Dans une tribune publiée vendredi 19 juillet 2019 sur franceinfo, des familles et des proches de victimes de féminicide proposent une série de mesures pour lutter contre ce fléau. (AWA SANE / FRANCEINFO)

 

 

 

En 2018, 121 femmes ont été tuées par leur conjoint ou ex-compagnon, soit une tous les trois jours, selon les chiffres de la délégation aux victimes, qui relève du ministère de l'Intérieur. Pour enrayer ce fléau, le gouvernement a annoncé la tenue à la rentrée d'un Grenelle des violences conjugales et promis des mesures "concrètes". C'est justement du "concret" qu'attendent les familles de victimes de féminicide. Dans une tribune publiée vendredi 19 juillet sur le site de franceinfo, 35 d'entre elles proposent une série de mesures pour combattre plus efficacement ce phénomène. "Il reste tant de femmes à sauver", clament ces familles. Elles s'expriment ici librement.


Elles s'appelaient Hélène, Johanna, Annie, Ghylaine, Marion, Evelyne... Elles sont nos mères, nos filles, nos sœurs, nos amies... Et elles ont été lâchement assassinées. La vie leur a été ôtée par leurs bourreaux, des hommes possessifs, pervers ou manipulateurs qui se sont joués d'elles. Ils laissent des familles entières dans un deuil insupportable. Ils laissent des enfants orphelins qui ont parfois assisté au pire et dont la vie est brisée à jamais.

 

 

Nous, familles et proches de victimes de féminicide, voulons dire stop et le clamer haut et fort : ces meurtres, ces assassinats auraient pu être évités.Les signataires de la tribune

 

 

Nous sommes aussi des victimes collatérales totalement oubliées des pouvoirs publics et souvent isolées, nous nous sentons méprisées. Nous pensons aussi à toutes ces femmes aujourd'hui victimes de violences conjugales. Nous le savons : elles vivent dans la peur du passage à l'acte et ne sont ni entendues ni soutenues.

 

 

Aujourd'hui, nous prenons la parole et demandons au gouvernement d'être reçues lors du Grenelle des violences conjugales qui aura lieu en septembre. Nous proposons à cette occasion des mesures concrètes et rapides à mettre en place. Nous demandons l'inscription du terme "féminicide" dans le code pénal, en tant que crime machiste et systémique : ces femmes sont tuées parce qu'elles sont des femmes par des hommes qui pensent avoir un droit de vie ou de mort sur elles. Nous exigeons aussi la mise en place de sanctions pour les membres des forces de l'ordre qui manquent à leur devoir en ne prenant pas en compte la parole des femmes qui leur signalent des violences dans leur couple. 

 

 

 

Une formation pour les policiers et les gendarmes

Nous proposons ensuite la création d'un module "violence conjugale et féminicide" lors de la formation initiale des policiers et des gendarmes, ainsi qu'une formation de rattrapage pour les membres des forces de l'ordre aujourd'hui en poste. Il faudrait également que la gendarmerie et la police échangent bien plus avec les associations sur ces questions. Nous proposons de réfléchir aussi à l'ouverture immédiate d'une procédure lorsqu'un témoin vient signaler qu'une femme subit des violences. Nous rappelons qu'il est extrêmement difficile pour ces femmes de se rendre dans un commissariat.

 

 

Nous souhaiterions voir la création d'au moins une unité médico-judiciaire dans tous les départements français afin d'accompagner et soutenir les victimes. Il nous apparaît indispensable de mettre en place une mesure d'éloignement du domicile, avec port du bracelet électronique obligatoire, pour les auteurs de violences conjugales, et ce dès la première condamnation.

 

 

C'est aux hommes violents de quitter le domicile conjugal et non à leurs victimes. Les signataires de la tribune

 

 

Nous proposons donc la création de foyers destinés à ces hommes, où ils pourraient suivre des thérapies. Il faut aussi confisquer aux auteurs de violences conjugales leurs armes à feu ou armes blanches et faire des demandes de rapatriement immédiat des assassins qui quittent le territoire pour échapper à leur peine. En Espagne, des tribunaux spécifiquement dédiés aux violences conjugales ont été créés, pourquoi ne pas s'en inspirer ? 

 

 

 

La création d'un statut de victimes

En ce qui concerne les enfants, plusieurs mesures, là encore, peuvent être appliquées : la déchéance de l'autorité parentale pour le conjoint assassin ; si les droits parentaux sont maintenus, les visites doivent être faites sous la surveillance d'une tierce personne ; relever les enfants majeurs de leur "obligation alimentaire" envers leur parent assassin.

 

 

Il est également nécessaire, outre les enfants, de mieux prendre en charge les proches et cela passe par plusieurs mesures : la reconnaissance du statut de victime pour les familles de victimes de féminicide, au même titre que les familles de victimes d'attentat terroriste, et la création d'un service d'Etat dédié au soutien psychologique, à l'assistance juridique et administrative de ces familles.

 

 

Enfin, c'est la société toute entière qu'il faut mobiliser sur ce sujet. Nous souhaitons une grande médiatisation autour de ces questions afin de mieux sensibiliser le public. L'éducation nationale doit prendre sa part et œuvrer à mieux prévenir les violences chez les jeunes. Les médias ont aussi un rôle pédagogique à jouer, il est inadmissible que ces meurtres soient traités comme des faits divers et banalisés. Il reste tant de femmes à sauver et nous le savons mieux que quiconque : cela n'arrive pas qu'aux autres.

 

 

Le collectif Féminicides se tient à disposition des familles de victimes et peut être contacté à cette adresse e-mail : feminicidesfrance@gmail.com

 

 

 

Les signataires : 

 

 

Mélanie Fabre, nièce de Yolande Azemar, tuée le 29 novembre 1998 ; Carine Adelina, nièce de Marie Ba, tuée le 15 novembre 2018 ; Aurélie Parvaud, la fille d'Annie Bailleux, tuée le 30 avril 2011 ; Emilie Jacob, sœur d'Hélène Bizieux, tuée le 5 août 2018 ; Sandrine Bouchait et Anthony Dalard, la famille de Ghylaine Bouchait, tuée le 24 septembre 2017 ; Céline, cousine de Julie Douib, tuée le 3 mars 2019 ; Lucia Bouchet, sœur de Sylvia Bouchet, tuée le 10 novembre 2018 ; Anne Tancre, fille de Françoise Coeugnet née Beugnet, tuée le 18 décembre 2016 ; Catherine Bargue, la mère de Marion Courty, retrouvée morte le 7 juin 2018 ; Christopher de Gaillande, frère de Christelle de Gaillande, tuée le 5 juillet 2019 ; Marine Dias, Delphine Jomat et Stéphanie Genois, la famille de Johanna Dias Gomes, tuée le 23 décembre 2018 ; Noujoud-Asia Ghemri, sœur de Dalila Ghemri, tuée le 6 avril 2019 ; Emilie Le Ray, fille de Gisèle Gicquel, tuée le 12 février 2017 ; Mélody Haughton et Coraline Bourret, les filles de Virgine Haughton, tuée le 15 juin 2017 ; Maud Garin, Fabienne et Laurent Facq, Isabelle Bernard, Amandine Arquillière, Sébastien Arquillière, Myriam Lira, Dorian Hinsinger et Maureen Jomard, la famille et les proches d'Evelyne Hinsinger, tuée le 1er avril 2015 ; Myriam Kabdani, sœur de Fouzia Kabdani, tuée avec ses trois enfants le 23 juin 2013 ; Annick Gauthier, Astrid Aublanc, Anne-Sophie Kahn et Céline Kahn, la famille et les proches d'Hélène Kahn, tuée le 22 mars 2017; Hauteclair Dessertine, amie de Hilal Karatas, tuée le 20 février 2019 ; Isabelle Ghilaci, sœur de Sylvie Labagnère, tuée le 25 octobre 2018 ; Françoise et Laurence Le Goff, filles de Josiane Le Goff, tuée le 11 décembre 1982 ; Anne-Sophie Weber et Emilie Mellerin, filles de Patricia Mellerin, tuée le 27 janvier 2019 ; Didier Maxel, neveu de Jeannine Mertz, tuée le 18 mars 2010 ; Emira Strasevic et Melissa Mujanovic, la famille d'Adelissa Mujanovic, tuée le 25 octobre 2018 ; Mélanie Lazzari Kruth, sœur de Johanna Lazzari, tuée le 28 juillet 2016 ; Marie-Joséphine Pastor, mère de Lisa Pastor, tuée le 16 décembre 2018 ; Manon Decombe, fille de Linda Ponsaa, tuée le 2 juillet 2018 ; Hélène de Ponsay, sœur de Marie-Alice Dibon, tuée le 22 avril 2019 ; Emmanuelle Claude, amie et mère de la filleule de Marie-Thérèse Roufosse, tuée le 15 juillet 2018 ; Sandra Roux Donato, nièce et filleule de Christiane Roux, tuée le 7 mai 1984 ; Lucie Schmitt, sœur de Laetitia Schmitt, tuée le 25 juin 2018 ; Isabelle Seva-Boismoreau, cousine de Stéphanie, tuée le 31 mars 2019 ; Cathy Thomas, sœur d'Isabelle Thomas, tuée avec ses parents le 4 août 2014 ; Jacquet Mylène, mère de Savannah Torrenti, tuée le 1er mai 2016 ; Giovanni Varlet, frère d'Aurelia Varlet, tuée le 14 août 2013 ; Aurore Zaba, fille de Laetitia Zaba, tuée le 17 novembre 2018.

 


19/07/2019
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Franceinfo - le mercredi 10 juillet 2019

 

 

Violences conjugales : 121 femmes ont été tuées en 2018 par leur conjoint ou ex-compagnon, selon un rapport officiel

 

 

 

Les chiffres, communiqués mercredi par la délégation aux victimes du ministère de l'Intérieur, sont en légère baisse par rapport à ceux de 2017

 

 

 

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 Une manifestation contre les violences faites aux femmes, place de la République, à Paris, le 6 juillet 2019. (MAXPPP)

 

 

En 2018, 121 femmes ont été tuées par leur conjoint ou ex-compagnon, soit un féminicide tous les trois jours. C'est ce qu'indiquent des données communiquées, mercredi 10 juillet, par la délégation aux victimes du ministère de l'Intérieur. Ce nombre, qui comprend les couples officiels (époux, concubins, etc.) ou non (amants, relations épisodiques...), est en légère baisse par rapport aux 130 féminicides recensés en 2017.

 

 

"Les résultats de cette étude démontrent que les efforts des pouvoirs publics pour combattre ces violences intrafamiliales inacceptables doivent se maintenir et s'accentuer", écrivent le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, et Marlène Schiappa, secrétaire d'Etat en charge de l'égalité entre les femmes et les hommes.

 

 

Le gouvernement a annoncé, dimanche, la tenue d'un Grenelle des violences conjugales à la rentrée pour enrayer ce fléau. "Nous lançons autour du Grenelle une mobilisation nationale avec une grande consultation citoyenne et une campagne pour interpeller toute la société", a précisé Marlène Schiappa.

 


11/07/2019
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