L'AIR DU TEMPS

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Franceinfo - le samedi 15 juin 2019

 

 

A Toulouse, Laeticia Hallyday s'adresse directement à son "homme" Johnny

 

 

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franceinfo Culture avec agencesRédaction CultureFrance Télévisions
 

 

 

Dans un hommage poignant, la veuve de "l'idole des jeunes" s'est lamentée publiquement de son absence samedi lors de l'inauguration d'une esplanade au nom de la star disparue

 

 

 

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Laeticia Hallyday et ses deux filles Jade et Joy, samedi 15 juin 2019 lors de l'inauguration à Toulouse d'une esplanade au nom de Johnny Hallyday. (ERIC CABANIS / AFP)

 

 

 

"Je ne vais pas te mentir, les jours me paraissent encore sans fin, amers": la veuve de Johnny Hallyday, Laeticia, a rendu samedi à Toulouse un émouvant hommage public à son "homme". Elle participait à l'inauguration d'une esplanade devant le Zénith au nom de l'"idole des jeunes" le jour de son 76ème anniversaire. Selon France Bleu, la mairie de Toulouse avait convié l'ensemble du clan Hallyday à cette inauguration. Mais Laura Smet et David Hallyday n'ont pu répondre présent.



Devant quelque 500 personnes, dont une centaine de bikers, Laeticia Hallyday, accompagnée de ses filles Jade et Joy, a fait part de son "émotion vive, vertigineuse, presque paralysante". Il s'agissait du premier hommage public depuis les funérailles de Johnny Hallyday à la Madeleine à Paris, quatre jours après sa mort le 5 décembre 2017.

 

 

 

Le premier hommage public après la Madeleine

"Il était très important pour moi, pour Jade et Joy, d'être ici avec vous car après l'hommage de la Madeleine, au moment du départ de mon homme, du papa de David, de Laura, de Jade et Joy, l'inauguration de cette esplanade (devant le Zénith de Toulouse) est le premier hommage public qui lui est rendu", a-t-elle souligné, auprès du maire Jean-Luc Moudenc.

 

 

Mon homme aimait cette ville car il y a 23 ans, Toulouse a accueilli les premières heures si joyeuses de notre mariage Laeticia Hallyday à Toulouse

 

 

 

"La maison reste désespérément vide sans toi"

La veuve de la star a rappelé que Johnny appréciait particulièrement le cassoulet, le plat emblématique de la Ville rose. "Je me souviens de toutes les conserves de cassoulet qu'il m'a demandé de ramener dans ma valise à Los Angeles". 

Puis, au bord des larmes, elle s'est adressée directement à "Johnny": "Chaque jour qui passe est un jour sans mon homme, un jour sans toi, qui étais la moitié de moi. Je ne vais pas te mentir, les jours me paraissent encore sans fin, amers, si souvent les nuits sont d'une solitude infinie, la maison reste désespérément vide sans toi, même si tu es partout". 

Johnny Hallyday s'était éteint à son domicile de Marnes-la-Coquette, vaincu par un cancer du poumon à 74 ans. Sa disparition avait provoqué une vive émotion chez des millions de Français, anonymes ou célèbres.

 


15/06/2019
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Franceinfo - le jeudi 13 juin 2019

 

 

70 ans du JT : Ockrent, PPDA, Pernaut, Bilalian et Sérillon nous racontent des moments marquants de leur carrière

 

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Guillemette JeannotFrance Télévisions

 

 

 

A l'occasion de la soirée spéciale célébrant sur France 2, jeudi, l'anniversaire du premier journal télévisé, cinq présentateurs stars ont livré leurs souvenirs à franceinfo

 

 

 

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Laurent Delahousse et Anne-Sophie Lapix lors de l'émission spéciale "Mesdames, messieurs, bonsoir" célebrant les 70 ans du journal télévisé, le 12 juin 2019, dans les studios de France Télévisions, à Paris. (GUILLEMETTE JEANNOT / FRANCEINFO)

 

 

 

"Mesdames, messieurs, bonsoir." Le 29 juin 1949, à 21 heures, est diffusé sur la RTF le premier journal télévisé français. A l'époque, les images sont en noir et blanc et c'est Pierre Sabbagh qui les commente sans apparaître à l'écran.

 

 

>> Regardez en direct la soirée spéciale de France 2 consacrée aux 70 ans du journal télévisé

 

 

Il faut attendre 1954 pour voir arriver, devant les caméras, les premiers journalistes chargés de présenter cette grand-messe cathodique qui se fait l'écho de l'actualité deux fois par jour. A l'occasion d'une soirée spéciale organisée par France 2 pour les 70 ans du JT, jeudi 13 juin, cinq journalistes, anciens présentateurs du "20 heures" ou du "13 heures", confient à franceinfo leurs meilleures anecdotes. 

 

 

 

Christine Ockrent au pied du mur en 1989

"La scène, ici, est étonnante."  Christine Ockrent, micro à la main, décrit l'ambiance incroyable devant le mur de Berlin qui vient de tomber, le 10 novembre 1989. En direct pour le JT sur Antenne 2, elle commente un moment historique. Pourtant, ce direct a failli ne pas avoir lieu.

 

 

"Ce fut un moment historique et douloureux", relate la journaliste qui a eu la chance de vivre sur place ce moment charnière de la seconde moitié du XXe siècle. "Quand on a compris le 7 au soir que le mur commençait à vaciller, avec Yves Devillers, l'ingénieur qui était le champion de la diffusion par satellite, nous avons affrété un avion pour l'Allemagne de l'Ouest avec une tonne et demie de matériel. Ça ne s'était jamais fait." Le 10 novembre, en tout début de soirée, tout est prêt. Le matériel est installé près de Checkpoint Charlie, à la frontière entre Berlin Ouest et Berlin Est. 

 

 

"A 20 heures moins une, au moment où je dois prendre l'antenne, Helmut Kohl, chancelier d'Allemagne de l'Ouest, les yeux embués, passe à côté de moi. Je lui pose une question, il a l'amabilité de me répondre. Un scoop mondial !" s'illumine la présentatrice, qui fut la première femme à présenter régulièrement le journal de 20 heures en 1981. 

 

 

Confiante, elle commence alors son plateau, persuadée d'être à l'antenne. "Et au bout de quelques minutes, je vois Yves Devillers me faire des grands signes avec les bras. La liaison avec Paris n'était pas établie." La cause ? Dans le mur de Berlin, il y avait des moellons en fer et cela avait apparemment faussé les calculs pour établir la liaison via le satellite. A Paris, c'est la panique générale, Daniel Billalian improvise alors un plateau de secours. "On n'a pu reprendre que vers 20h25 pour trois heures de direct", sourit Christine Ockrent. 

 

 

 

Le coup de chaud de Patrick Poivre d'Arvor en 1978

"Pardon pour cette très longue interruption qui est due à un problème technique qui ne nous est jamais arrivé : un début d'incendie dans le studio."

 

 

Le présentateur-vedette du JT de 20 heures d'Antenne 2 de 1976 à 1983, Patrick Poivre d'Arvor, n'a pas oublié l'édition du 13 mars 1978. Alors qu'il présentait le journal, "au moment où l'on va discuter avec René Rémond, notre commentateur attitré pour les élections législatives, on me dit : 'On ne va pas pouvoir continuer, il y a le feu'. Je ne le voyais pas vraiment, mais on nous a évacués à toute vitesse de notre studio, à Cognacq-Jay, vers le tout petit studio des speakerines." 

 

 

Durant une dizaine de minutes, le temps d'évacuer les deux hommes, les téléspectateurs doivent se contenter d'un simple message à l'écran : "Nous espérons reprendre le cours de notre journal dans quelques instants." Patrick Poivre d'Arvor reprend l'antenne, un peu "hirsute après avoir couru", sourit-il. Mais le présentateur tient à être honnête : si "les gens ont pensé que c'était un truc dramatique, je n'ai jamais vu ne serait-ce qu'une flammèche". 

 

 

Ce n'est pas le seul coup de chaud que Patrick Poivre d'Arvor a connu dans sa carrière. Le 26 mai 1983, une cinquantaine d'étudiants en médecine envahissent le plateau du "20 heures" d'Antenne 2. "Inutile de vous dire que ce journal a été difficile à présenter", souffle alors le présentateur, entouré de jeunes scandant "Etudiants en colère !" depuis le début du JT.

 

 

"Je crois me souvenir, glisse Patrick Poivre d'Arvor, que les étudiants avaient voulu envahir le plateau de Roger Gicquel sur TF1, mais il était mieux fermé que le nôtre. Ils se sont donc rabattus sur le mien." A l'époque, les plateaux de la Une et de la Deux étaient côte à côte et assez souvent, les deux présentateurs y descendaient ensemble. Le journaliste évoque ce jour-là une édition "assez sportive" : "J'ai quand même réussi à tenir une bonne quinzaine de minutes en discutant avec eux pendant les sujets, en lançant les sujets plus ou moins bien, puis à un moment donné il fallait que cela s'arrête, ils sont arrivés de partout et pour moi, on ne travaille pas sous la menace." 

 

 

L'antenne est rendue vers 20h25 sur une dernière image où le journaliste repousse vaillamment deux jeunes hommes tentant de parler dans son micro. 

 

 

 

Jean-Pierre Pernaut fait la pluie et le beau temps en 1979

"Avec de la pluie encore en Corse..." Le temps d'un journal télévisé, Jean-Pierre Pernaut s'est improvisé présentateur météo, le 17 août 1979.

 

 

Un exercice difficile selon le présentateur du JT de 13 heures sur TF1 depuis trente-et-un ans aujourd'hui."J'ai remplacé au pied levé l'ingénieur qui faisait la météo à l'époque. Il devait être coincé dans un embouteillage ou un truc comme ça, se souvient celui qui, à l'époque, coprésentait le JT en compagnie d'Yves Mourousi. J'ai donc pris la météo... et je me suis planté." En 1979, l'animation des cartes se fait en collant des aimants représentant des nuages ou des soleils. "J'avais une dépêche AFP avec les prévisions météo d'un côté, sourit le présentateur, et de l'autre main je disais 'oh là il y aura du soleil, de la pluie'"

 

 

Tel un homme-orchestre, Jean-Pierre Pernaut termine ses prévisions météorologiques et revient vers son bureau afin d'enchaîner le sujet suivant. "Ce n'est pas un bon souvenir", rit-il aujourd'hui.    

 

 

 

Daniel Bilalian et son "combat" face à Bernard Tapie en 1984

"Moi, je vous invite, alors si vous me faites un procès, on arrête tout de suite !" Le ton est donné entre Daniel Bilalian et Bernard Tapie, le 27 octobre 1984 sur le plateau du "13 heures" d'Antenne 2. L'échange, en pleine affaire du Crédit lyonnais, porte sur l'article de Libération, cité dans un sujet qui précède l'interview, qui affirme que la société de l'homme d'affaires est pratiquement en cessation de paiement. De quoi mettre en fureur Bernard Tapie, qui menace d'intenter un procès à Antenne 2. "Laissez-moi en placer une, si on attaque comme ça, on ne va pas aller loin", coupe Daniel Bilalian, qui présenta l'édition de 13 heures jusqu'en 1986 avant un bref passage au journal de 20 heures en 1987.

 

 

Un échange houleux dont se souvient encore le journaliste. "Bernard Tapie, c'est quelqu'un qui cherche à vous intimider, glisse-t-il. Il va commencer par deux ou trois réflexions pour essayer de vous déstabiliser de façon à ce que, même si c'est un sujet difficile pour lui, il soit le leader." Mais en ce 27 octobre 1984, Daniel Bilalian, un peu malmené par l'ascendant de Bernard Tapie, parvient à faire plier l'homme d'affaires. "Je n'ai pas cédé et il a fini par répondre à mes questions", avance-t-il.

 

 

 

Claude Sérillon et son arrivée sur les chapeaux de roues en 1987

Le 1er mai 1987, en ouverture du "20 heures" sur Antenne 2, la Formule 1 du pilote René Arnoux se gare au stand de l'écurie française Ligier sur le circuit italien d'Imola. Le conducteur ôte son casque : c'est Claude Sérillon, à l'époque présentateur du journal télévisé du soir en alternance avec Bernard Rapp qui lance une édition spéciale, à la veille du Grand Prix d'Imola.

 

 

"A l'époque, on faisait le journal à droite, à gauche, sans arrêt, et c'était formidable car on sortait beaucoup, à l'étranger mais aussi en France", s'amuse Claude Sérillon. Sur le ton de la confidence, le présentateur raconte les coulisses de ce moment. "Les baquets des sièges de Formule 1 sont spécialement faits pour les pilotes, se remémore-t-il. Et René Arnoux était plus petit que moi donc j'ai eu beaucoup de mal à rentrer dedans." Un souci moins gênant que l'autre problème que Claude Sérillon rencontra ce jour-là. "Comme j'avais calé, on a dû un peu truquer l'arrivée, rigole-t-il. J'ai dû faire à peine 80 mètres en Formule 1.

 


14/06/2019
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Franceinfo - le vendredi 7 juin 2019

 

 

Albums vendus, places de concert, disques de diamant... Cinq chiffres sur la folle carrière de Mylène Farmer

 

 

 

La chanteuse française à la crinière de feu est de retour sous les projecteurs de la plus grande salle d'Europe, la Défense Arena, à Nanterre. L'occasion de revenir sur la carrière hors norme de l'artiste

 

 

 

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Mylène Farmer défile pour le couturier Jean Paul Gauthier, en 2011 à Paris. (STEPHANE CARDINALE / CORBIS ENTERTAINMENT / AFP)

 

 

 

Six ans que ses fans l'attendent. Mylène Farmer remonte enfin sur scène pour neuf concerts exceptionnels du vendredi 7 au samedi 22 juin à la Défense Arena, à Nanterre (Hauts-de-Seine). Révélée au milieu des années 1980 avec ses clips sulfureux et des chansons comme Libertine, Mylène Farmer, de son vrai nom Mylène Jeanne Gautier, est la seule chanteuse française à avoir rempli le Stade de France deux soirs de suite, en septembre 2009. L'artiste française de 57 ans collectionne les records et il y a fort à penser que son dernier album, Désobéissance, ne déroge pas à la règle. Voici cinq chiffres sur une carrière savamment menée.

 

 

 

1 - 120 000 places écoulées en 48 heures

Pour son retour sur scène, Mylène Farmer peut compter sur ses fans. Dès l'ouverture de la billetterie en octobre 2018, 120 000 places ont été vendues en moins de 48 heures sur le site dédié MyleneFarmer2019.com. Victime de son succès, l'artiste a ajouté trois dates supplémentaires les 18, 19 et 22 juin 2019, en plus des six dates déjà prévues dans la salle parisienne, soit 360 000 spectateurs attendus.

 

 

La chanteuse n'en est pas à son premier record en la matière. Lors de sa dernière tournée "Timeless", en 2013, 160 000 places avaient été vendues en moins de trois heures pour ses deux concerts au Stade de France. Elle détient également, selon un des nombreux sites de fans, le record du nombre de billets vendus en une journée, en province, avec 189 734 places.

 

 

 

2 - Plus de 30 millions d'album vendus

Avec plus de 30 millions d’albums vendus dans le monde, Mylène Farmer est l’artiste féminine française qui a écoulé le plus de disques. Chacun de ses albums connait un succès fulgurant. Son onzième album, Désobéissance, est devenu disque de platine en moins de 10 jours après sa sortie, le 28 septembre. Plus de 90 000 exemplaires (en CD, téléchargement et streaming) ont été achetés lors de sa première semaine de commercialisation, selon le Syndicat national de l'édition phonographique (Snep). 

 

 

C'est loin d'être le premier succès de Mylène Farmer. La chanteuse est l'artiste qui a eu le plus grand nombre de singles classés numéro 1 dans le top 50 en France avec 17 titres, note Nostalgie. Elle a eu également 53 titres classés dans les dix premières places.

 

 

 

3 - Huit disques de diamant en carrière 

La chanteuse à la voix cristalline a sorti 11 albums en 30 ans de carrière. A 23 ans, première chanson, premier succès : Maman a tort devient le tube de l'été 1984. Deux ans plus tard, elle accède déjà au rang de star et fait scandale avec le titre Libertine. A 26 ans, elle triomphe avec Sans Contrefaçon, dont l'album Ainsi soit je... s'arrache à 1,8 million d'exemplaires et lui vaut son premier disque de diamant, la plus haute gratification, dès 1988.

 

 

Cette ascension éclair lui offre une pleine page dans le Guinness Book des records de 1988. Mylène Farmer enchaîne les succès et sept autres de ses albums sont disques de diamant. Cinq ont même dépassé le million d'exemplaires vendus : Ainsi soit je... (1988), L'Autre (1991), Anamorphosée (1995), Innamoramento (1999) et Les Mots (2001). Elle est la seule artiste française à avoir obtenu un disque de diamant sur quatre décennies différentes, rapporte Nostalgie.

 

 

 

4 - Vingt-six jours à attendre un concert 

Connue pour avoir une relation très forte avec son public depuis ses débuts ainsi que pour une rareté calculée dans les médias et sur scène, "Mylène Farmer est à la fois à part et complètement connectée avec son époque", analyse la journaliste Marie Colmant sur franceinfo

 

 

En France, elle est quasiment la seule artiste à pouvoir se permettre une telle absence de promotion. Ce qui ne l'empêche pas de remplir les salles lors de ses tournées. Seulement six tournées en 30 ans et le public est prêt à tout. Pour "Timeless", en 2013, certains n'ont pas hésité à camper 26 jours devant Bercy, à Paris, d'autres 20 jours devant le Zénith de Nantes pour avoir le privilège d’être devant la scène.

 

 

 

5 - Des revenus estimés à 5 millions d'euros

Mylène Farmer se révèle être une très bonne stratège. Entourée de son équipe, elle n'hésite pas à investir des sommes importantes dans la réalisation de ses clips comme L'Âme-Stram-Gram, qui culmine à 900 000 euros de budget, mais  également dans ses tournées. Les deux dernières, "Tour 2009" et "Timeless 2013", ont coûté 30 millions d'euros.

 

 

Les retombées, entre les ventes d'albums et les recettes de ses tournées, se comptent en dizaines de millions d'euros. En 2013, elle est devenue la chanteuse française la mieux payée, avec des revenus estimés à 4,7 millions d'euros, selon le palmarès annuel paru dans le magazine Challenges

 

 

A la tête de huit entreprises qui captent les revenus, produisent les concerts et gèrent les produits dérivés, Thierry Fontaine, le patron de Pathé Live, confirme dans le magazine Capital que "Mylène ne laisse rien au hasard".

 


10/06/2019
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Franceinfo - le samedi 1er juin 2019

 

 

Quand la chanson "Non, je ne regrette rien" a sauvé la carrière d'Edith Piaf... et évité à l'Olympia de faire faillite

 

 

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France 2France Télévisions

 

 

 

Au début des années 60, la chanson composée par Charles Dumont, sur des paroles de Michel Vaucaire, sort Edith Piaf d'une très mauvaise période sa vie et relance le music-hall parisen à deux doigts de fermer... Extrait du magazine "20h30 le samedi" diffusé le 1er juin 2019, juste après le journal de France 2

 

 

 

 

"Cela a été comme une sorte de révélation en moi, c’est-à-dire que j’ai senti qu’il fallait que j’efface tout, que je recommence tout, que je me renouvelle tout à fait", affirme la chanteuse Edith Piaf (1915-1963) en janvier 1961. Sa dame de compagnie Ginou Richer dit aujourd’hui au magazine "20h30 le samedi" (replay) : "Avez-vous bien écouté cette chanson ? Quand vous l’entendez, elle vous rentre dans la peau. C’est quelque chose qui vous frappe tout de suite…" Cette chanson, c’est Non, je ne regrette rien, composée en 1956 par Charles Dumont, sur des paroles de Michel Vaucaire, sort en décembre 1960.

 

 

Elle arrive au bon moment car la chanteuse connaît une mauvaise passe depuis un certain temps : l’amour de sa vie Marcel Cerdan est mort en 1949, elle ne chante quasiment plus et ses démons la dévorent. Au même moment, l’Olympia est au bord de la faillite. Gilbert Bécaud  vient d’annuler plusieurs semaines de concerts : "On s’est retrouvé en octobre sans spectacle et on a été obligé d’improviser un spectacle de cirque qui a été une catastrophe. Il y a eu des journées avec dix personnes dans la salle", se souvient Jean-Michel Boris, futur directeur général du music-hall parisien qui était alors machiniste.

 

 

 

"C'est un moment exceptionnel quand le rideau s’ouvre sur cette petite bonne femme"

Il faut sauver l’Olympia. Bruno Coquatrix, son directeur de l’époque demande donc une faveur à une vieille amie : Edith Piaf. Charles Dumont se souvient : "Il lui dit que ça va très mal et qu’il a de gros problèmes financiers avec l’Olympia. 'Il faut absolument que tu viennes, sinon je ferme', lui dit-il. Elle lui répond : 'Si tu étais venu il y a quinze jours, je t’aurais dit que je ne peux pas, mais ce jeune homme m’a donné une chanson qui va me remettre en scène.'" La première a lieu le 29 décembre 1960. Dans la salle comble : Marlene Dietrich, Paul Newman, Duke Ellington, des ministres… "Bref, le Tout-New York et le Tout-Paris étaient là", précise le compositeur.

 

 

"C’est un moment exceptionnel quand le rideau s’ouvre sur cette petite bonne femme… Il se passe quelque chose dans la salle", Jean-Michel Boris. Dans sa petite robe noire, Edith Piaf se plante devant le micro : "Non, rien de rien, non, je ne regrette rien / Ni le bien qu'on m'a fait, ni le mal / Tout ça m'est bien égal…" Le neveu par alliance de Bruno Coquatrix précise : "La performance de Piaf était vraiment hors du commun. Elle donnait tout ce qu’elle avait dans les tripes et le public le ressentait pleinement…" La chanson qui a sauvé la carrière de la chanteuse et évité à l’Olympia de faire faillite s’achève sous un tonnerre d’applaudissements par ces deux vers inoubliables : "Car ma vie, car mes joies / Aujourd’hui ça commence avec toi."

 

 

Extrait du magazine "20h30 le samedi" (Twitter) diffusé le 1er juin 2019, juste après le journal de France 2.

 


01/06/2019
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Franceinfo - le mardi 28 mai 2019

 

 

Héritage de Johnny Hallyday : on vous explique ce que change la décision de la justice française de se saisir du litige

 

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

 

Le tribunal de Nanterre a estimé que la justice française était compétente pour se prononcer sur cette affaire qui déchire le clan Hallyday depuis plus d'un an

 

 

 

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Laeticia Hallyday, Laura Smet et David Hallyday à l'église de la Madeleine à Paris, le 9 décembre 2017.  (LUDOVIC MARIN / AFP)

 

 

 

C'est une victoire pour les aînés Hallyday. La justice française est bien compétente pour trancher le litige autour de l'héritage de Johnny Hallyday, a décidé mardi 28 mai le tribunal de Nanterre. "La résidence habituelle de Jean-Philippe Smet (...) est en France" et non aux Etats-Unis, a jugé le tribunal dans sa décision. Laeticia Hallyday va faire appel de l'ordonnance du tribunal de Nanterre, a aussitôt annoncé l'avocat de la veuve du chanteur, Me Ardavan Amir-Aslani.

 

 

>> Héritage de Johnny : Laeticia Hallyday va faire appel après la décision de la justice française de se saisir du litige

 

 

Quelques mois après la mort de l'artiste en décembre 2017, David Hallyday et Laura Smet avaient engagé une procédure pour contester le testament californien de leur père, qui désigne comme principale héritière sa veuve, Laeticia Hallyday. La première étape, pour le tribunal de Nanterre, était de déterminer si la justice française était compétente pour se saisir de ce litige. Franceinfo vous explique pourquoi cette décision pourrait bien changer la donne dans le réglement de cette affaire qui déchire le clan Hallyday depuis plus d'un an. 

 

 

 

Sur quoi porte ce litige ? 

Depuis février 2018, les aînés du chanteur, Laura Smet et David Hallyday, ont engagé une bataille judiciaire pour contester le testament californien de leur père, mort d'un cancer en décembre 2017. Celui-ci désigne comme seules héritières de l'ensemble de son patrimoine sa dernière épouse, Laeticia, et leurs deux filles, Jade et Joy.

 

 

Ce document ordonne le transfert de l'ensemble de ses actifs vers le JPS Trust – pour Jean-Philippe Smet – une structure américaine dont Laeticia Hallyday est la seule bénéficiaire. En 2018, Laura Smet et David Hallyday ont obtenu de la justice française le gel d'une partie des biens, des droits d'auteurs et des royalties, pour protéger la part d'héritage à laquelle ils pourraient prétendre.

 

 

Le patrimoine de Johnny Hallyday représenterait plusieurs dizaines de millions d'euros. Il est composé de propriétés, voitures de luxe, des droits issus de ses 1 160 chansons et des royalties de ses disques, notamment l'album posthume Mon pays c'est l'amour, qui s'est écoulé à plus de 1,4 million d'exemplaires.

 

 

 

Quels étaient les arguments de Laura Smet et David Hallyday ?

Pour les deux aînés du chanteur, cela ne fait aucun doute : leur père est "une part de la France", "un destin français", comme l'a rappelé à l'audience en mars l'un des avocats de Laura Smet, Emmanuel Ravanas. La question de son héritage contesté devait donc forcément, pour eux, être tranchée en France.

 

 

"On voit que sa famille est en France, ses amis sont en France, ses souvenirs, son activité professionnelle est en France, ses projets sont en France", avait renchéri l'avocate Isabelle Fleuret, représentant les intérêts de David Hallyday.  "Il a choisi d'être enterré en France", un vœux qu'il exprimait "depuis 10 ans", avait-elle souligné.

 

 

 

Comment se défendait Laeticia Hallyday ?

A l'inverse, la veuve de la star estime que les dernières années de la vie de son défunt mari aux Etats-Unis font de lui un résident américain. Arnaud Albou, qui la représentait à l'audience, avait dépeint "le goût de vivre" outre-Atlantique d'un rockeur "à la mentalité américaine".

 

 

Celui que la presse surnommait "le Taulier" avait élu domicile à Los Angeles depuis 2007 et était détenteur, depuis 2014, d'une "green card", c'est-à-dire du statut de résident permanent aux Etats-Unis, avait encore argumenté l'avocat de Laeticia Hallyday. Il "passait le plus clair de son temps" aux Etats-Unis – "195 jours" en 2016, contre "168 en France" – et il y avait "fixé la plupart de ses intérêts", avait encore rappelé Arnaud Albou.

 

 

 

Qu'est-ce que cela change pour l'héritage ? 

Les aînés Hallyday réclament depuis le début l'application du droit français pour régler la question de l'héritage de leur père. Ils estiment que son testament les "déshérite", ce qui est interdit en droit français, et demandent "que la succession soit soumise aux règles de dévolution légales" en France.

 

 

"La succession de Johnny Hallyday va donc être réglée selon le droit français et les règles françaises, avec quatre enfants héritiers, ce que nous soutenons depuis le début", s'est réjouit Pierre-Jean Douvier, l'avocat de David Hallyday aprè sla décision du tribunal de Nanterre.

 

 

Pour autant le fait que la justice française se déclare compétente ne signifie cependant pas que les aînés Hallyday peuvent déjà crier victoire. Dans une autre affaire datant de septembre 2017, la Cour de cassation avait ainsi estimé que "Maurice Jarre qui a déshérité son fils Jean-Michel Jarre et qui l'a privé de toute part d'héritage" était dans son droit.

 

 

D'autre part, l'avocat de Laeticia Hallyday a d'ores et déjà annoncé sa volonté de faire appel de la décision du tribunal de Nanterre.

 


31/05/2019
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Franceinfo - le mercredi 22 mai 2019

 

 

Mort du pilote de F1 Niki Lauda : "Il était de la race des seigneurs, c'est un pan de notre histoire qui s'en va", confie Alain Prost

 

 

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Édité par Thomas PontillonfranceinfoRadio France

 

 

 

Le quadruple champion du monde français a réagi à la mort de son "ami" et ancien coéquipier Niki Lauda, à l'âge de 70 ans

 

 

 

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Niki Lauda et Alain Prost au GP du Portugal à Estoril, en octobre 1984. (PAUL-HENRI CAHIER / HULTON ARCHIVE / GETTY IMAGES)

 

 

 

"Il est de la race des seigneurs", salue mardi 20 mai sur franceinfo Alain Prost, après la mort à 70 ans de son ex-coéquipier et triple champion du monde Niki Lauda lundi. "La F1 vit autour des personnages comme celui-là, c'est un pan de notre histoire qui s'en va", regrette Alain Prost. "Il y a des champions et des gens qui ont des palmarès, mais lui c'était un seigneur", affirme Alain Prost qui dit avoir eu "un choc énorme, beaucoup plus violent que ce que j'aurais pu penser" en apprenant le décès de son ami.

 

 

 

"J'ai appris beaucoup de lui" 

Le quadruple champion du monde des pilotes décrit Niki Lauda comme un pilote de légende mais "totalement détonnant par rapport au monde de la F1 d'aujourd'hui. Il n'était certainement pas le pilote le plus rapide que j'ai côtoyé mais mentalement c'est quelqu'un d'assez incroyable. Sur le plan technique, sur le plan de la mise au point, et sur le plan de l'intelligence, j'ai appris beaucoup de lui", confie Alain Prost. Les deux pilotes ont couru pour la même écurie, McLaren en 1984 et 1985.  

 

 

Niki Lauda était un pilote hors norme... qui ne faisait pas de sport, selon Alain Prost."Très souvent sur des courses difficiles je me disais : bon, il ne va pas tenir en fin de course, il va être fatigué... Mais non, il était toujours là, explique-t-il. Il travaillait beaucoup là-dessus et il savait surtout décompresser, penser à la vraie vie en dehors des circuits, et ça lui donnait une force incroyable. C'est là-dessus qu'il m'a donné beaucoup de leçons."

 

 

 

Après son accident, il est resté "le même"

Rescapé d'un terrible accident dans lequel il avait failli perdre la vie en 1976, Niki Lauda était "resté le même homme avec un courage absolument incroyable et une fidélité en amitié incroyable", affirme Alain Prost. En 40 ans d'amitié Alain Prost ne se souvient que d'une fois où Niki Lauda lui a parlé de son accident. C'était "un soir au Grand Prix d'Allemagne. Il a commencé à me parler de son accident. Pas en détails, mais notamment tout ce qu'il avait vécu après. Cela a été la seule fois, explique-t-il. Sinon je ne l'ai jamais vu ou entendu parler de ça à d'autres personnes ou aux médias. C'était quelqu'un qui gardait beaucoup de choses pour lui et qui voulait simplement avancer".

 

 

Il a accepté ce qu'il a vécu et jamais il ne se plaignait, jamais il ne se cachait. Il en rigolait même Alain Prost à franceinfo

 

 

Alain Prost gardera notamment un souvenir de son ami. En 1984, quand Niki Lauda le bat d'un demi-point, et qu'il est "champion du monde, qu'on est sur le podium, je peux vous jurer que j'étais aussi content pour lui, que si c'est moi qui avais gagné. Et depuis ce jour-là notre amitié n'a jamais cessée".

 


21/05/2019
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Franceinfo - le dimanche 19 mai 2019

 

 

Cannes 2019 : plongez au cœur du Marché du film, la face cachée du festival

 

 

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Lorenzo Ciavarini AzziRédaction CultureFrance Télévisions

 

 

 

Voici l’autre facette de Cannes, réservée aux professionnels : le Marché du film, poumon économique du Festival, qui fête ses soixante ans cette année. Reportage

 

 

 

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 L'entrée du Marché du film, au -1 du Palais des festivals. (Lorenzo Ciavarini Azzi)

 

 

 

Le Marché du film fête ses 60 ans cette année. Intégré au Festival de Cannes en 1959, il n’était au début qu’un échange informel de quelques dizaines de professionnels pour négocier l’acquisition et la vente des droits des films, après les projections dans une salle unique.

 

 

Il réunit aujourd’hui environ 12.500 accrédités (c’est l’estimation d’ici la fin du Marché). 800 films y sont présentés (3000 si l’on compte aussi les projets non encore aboutis), aux 1400 séances de projections dans 33 salles de Cannes. On estime le volume d’affaires généré à 800 millions de dollars ! "Le Marché du film de Cannes est, de loin, le premier du monde", avance Jérôme Paillard, son directeur que nous rencontrons sur place.

 

 

 

Pas de glamour

"Le Festival de Cannes a deux pieds", poursuit l’homme : "un pied artistique, qui est la sélection, et un pied économique qui est le Marché du film". Mais qu’est-ce précisément que ce marché, comment s’organise-t-il ? Il faut quitter le plancher des vaches, descendre au -1 du Palais des festivals pour découvrir ce monde : l’atmosphère change radicalement, d’un coup, du festival d’en haut. Fini strass, paillettes, smoking et robes longues. Ici le glamour laisse la place à l’efficacité des salons professionnels. Pas de têtes connues. Pas de journalistes non plus, ni photographes.

 

 

 

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Jérôme Paillard, directeur du Marché du film du Festival de Cannes, le 14 mai 2019. (Lorenzo Ciavarini Azzi, Franceinfo Culture)

 

 

 

Ici, l’échange est roi, on est aux aguets, on sert des mains prometteuses, on discute. De part et d’autre des allées du -1, des stands nationaux : la Tokyo film Commission, la Catalan films & tv, Cinema Chili… On y parle français, espagnol, persan, chinois.

 

 

 

Grosse présence américaine

Et anglais, évidemment, beaucoup. Déjà parce que la plus grosse représentation est celle des Etats-Unis. "Ils sont près de 2000, 20 % des participants", précise Jérôme Paillard, et cela ne date pas d’hier. Les relations plus ou moins tendues, selon la presse, entre Hollywood et Cannes ici n’ont pas de répercussion : "De qui parle-ton : des grands studios ? De Netflix ?", se demande le directeur. "En réalité, les studios américains ont quelques dizaines d’acheteurs ici. Ils sont toujours présents, mais ça reste marginal, puisqu’ils ont des filiales dans tous les pays pour distribuer leurs film", explique Jérôme Paillard. "Les Américains qui sont là sont les gros et les petits indépendants, les festivals, les distributeurs, et les producteurs, beaucoup de producteurs".

 

 

La deuxième présence dans le Marché est française (15% des participants), puis il y a le Royaume-Uni (10%) et la Chine en 4e place (7% des participants). Au-delà de ce top 4, c’est la dimension internationale tous azimuts qui est bon signe. Si certains pays ont toujours été là comme l’Iran, la présence d’autres est un événement. "La Palestine a réussi à revenir, mais avec des difficultés politiques et économiques très fortes. Tout le monde s’est donné la main pour leur trouver un lieu d’accueil", explique le patron du Marché. "L’Afrique, elle, est présente avec deux pavillons. Il y a toujours eu à la fois des talents et des producteurs. Mais on sent, cette année, qu’un mouvement s’est organisé et on espère qu’il accompagne une vraie renaissance de l’industrie dans le continent", poursuit Jérôme Paillard.

 

 

 

Comment ça marche ?

A l’étage, dans un autre espace du Marché, au Riviera, parmi les vendeurs, les gros producteurs (comme ce stand de Hong Kong Fortune Star qui affiche fièrement ses films à la gloire de de Bruce Lee) côtoient les petites structures indépendantes. Comme cette jeune société allemande spécialisée dans le Moyen-Orient, ArtHood Entertainment, pour la première fois au Marché du film. Wolfgang Döllerer nous explique être ici à la fois pour trouver des co-productions et pour vendre ses films : des longs métrages de fiction iraniens, Leakage ou Goldrunner, ou ce documentaire, Amina, qui retrace le douloureux périple d’une jeune Sénégalaise en Turquie dans l’espoir d’un avenir meilleur.

 

 

 

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Le Marché du film de Cannes : ici un stand de Hong Kong qui présente ses films de Bruce Lee. (Lorenzo Ciavarini Azzi)

 

 

 

Un peu plus loin, dans le stand d’Alfama Films, nous croisons une star parmi les producteurs français, Paulo Branco (producteur notamment de films de Christophe Honoré, de Raoul Ruiz ou de Manoel de Oliveira) présent pour "vendre ses films à l’international et parler de projets". Sourire aux lèvres, il est fier d’être le "premier producteur à avoir signé il y a 30 ans pour avoir un espace ici", nous dit-il, c’était alors pour Gemini Films.

 

 

 

Un Marché à la fois organisé et artisanal

"Le marché traditionnel des vendeurs et des distributeurs est assez organisé", explique Jérôme Paillard. "Les premiers savent ce qu’ils ont à vendre et les seconds (à peu près) ce qu’ils peuvent acheter, et tout ça est organisé avec des rendez-vous, des projections, des contrats. En revanche, tout ce qui touche à la production et au business développement des entreprises est moins structuré. Venir au Marché de Cannes est important justement parce qu’on peut s’ouvrir des opportunités y compris dans des chemins qu’on n’avait pas envisagés".

 

 

 

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Parmi les stands du Marché du film de Cannes, le 14 mai 2019. (Lorenzo Ciavarini Azzi, franceinfo Culture)

 

 

 

L’échange, encore une fois, provoque la découverte. Et l’intérêt, par exemple, pour l’animation – dont on parle beaucoup cette année -, le documentaire, le blockchain, la VR (réalité virtuelle), des projets de films de genre… "C’est là l’intérêt pour des professionnels de participer au Marché", conclut Jérôme Paillard. "L’information est disponible sur internet mais le brassage, le fait de bavarder, les speed-dating, les petits déjeuners, sont dans ce genre d’événements. C’est très artisanal, et cela impose surtout de sortir de sa zone de confort".

 


20/05/2019
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Franceinfo - le dimanche 19 mai 2019

 

 

Les Pays-Bas remportent l'Eurovision, la France termine 14e avec Bilal Hassani

 

 

 

L'Italie et la Russie complètent le podium

 

 

 

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Le chanteur néerlandais Duncan Laurence, vainqueur de l'Eurovision 2019 à Tel-Aviv (Israël), le 18 avril 2019. (JACK GUEZ / AFP)

 

 

 

Les Pays-Bas avec Duncan Laurence et sa chanson Arcade ont remporté le concours Eurovision de la chanson, samedi 18 mai à Tel-Aviv (Israël) devant l'Italie et la Russie au terme d'un concours très serré. C'est la 5e fois que ce pays remporte le concours. 

 

 

Duncan Laurence était le grand favori des bookmakers avec sa chanson “Arcade”. Souvent placés, rarement gagnants, les Pays-Bas attendent leur première victoire depuis 44 ans. Selon son producteur, il a fallu deux ans pour accoucher du morceau.

 

 

De son côté, Bilal Hassani n'a pas réussi à vaincre la malédiction qui pèse sur la France depuis 1977 et la victoire de Marie Myriam. Avec 105 points, une trentaine à peine de la part du public, il échoue à la 14e place, dans la deuxième moitié du tableau. Le Français était donné sur le podium par les bookmakers en début de semaine.

 


20/05/2019
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Franceinfo - le samedi 18 mai 2019 - mis à jour le 20.05.19

 

 

On a rencontré Alain Delon à Cannes : "On peut discuter ce que l'on veut à propos de moi, mais pas ma carrière"

 

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franceinfoThierry FiorileRadio France

 

 

À 83 ans, Alain Delon n'a jamais été récompensé par le Festival de Cannes. Dimanche 19 mai, l'acteur doit recevoir une Palme d'or d'honneur pour récompenser l'ensemble de sa carrière. Rencontre avec le vieux lion du cinéma français

 

 

 

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C'est un Alain Delon détendu et toujours aussi charismatique qui nous a reçu au café des Palmes, au palais des Festivals de Cannes, samedi 19 mai. Âgé de 83 ans, l'icône du cinéma français n'a jamais été récompensé par le Festival de Cannes qui a prévu de lui rendre hommage en lui remettant une Palme d'or d'honneur, dimanche 19 mai. Une décision qui ne fait pas l'unanimité aux États-Unis, où une association a fait circuler une pétition, reprochant à l'acteur des propos "homophobes, racistes et misogynes".

 

 

 

franceinfo : Vous revenez à Cannes avec qui vous avez une riche histoire. Il y a bien sur la Palme d'Or pour Le Guépard de Visconti en 1963. Il y aussi eu de l'incompréhension parfois. Aujourd'hui c'est l'heure de l'apaisement ?

 

 

Alain Delon : Je crois que c'est l'heure de l'apaisement et ils l'ont prouvé parce qu'ils veulent absolument m'offrir [la Palme]. Chose pour laquelle j'étais contre et je leur ai toujours dit. Parce que je pensais que c'est les réalisateurs qui devaient avoir ça et pas moi. Moi je n'étais qu'un premier violon, qu'un grand pianiste mais c'étaient eux les chefs d'orchestre et, à mon avis, c'est eux qui devaient avoir quelque chose. Malheureusement, ils sont tous partis. Visconti, René Clément, Losey sont tous partis donc j'accepte.

 

 

 

Le film qui sera projeté demain, c'est Monsieur Klein, de Joseph Losey, que vous avez produit et énormément défendu

 

 

Le film n'aurait pas existé sans moi et sans Jo, parce qu'il avait été écrit par des Italiens très très très talentueux dont j'ai oublié le nom. C'est un ami à moi qui me l'a amené en me disant : "Ils ne veulent plus le faire, à cause des problèmes de production, de compréhension etc." Il me dit : "Est ce que tu veux le lire ?" Je l'ai lu, je l'ai fait lire à Jo. Trois jours après on avait décidé de produire et de faire le film.   C'est une pure merveille.

 

 

 

Ceux qui ne sentent pas ça en voyant ce film, ils n'auraient rien compris à Delon ?

 

 

Oui parce que ça n'a strictement rien à voir avec le Delon connu, le Delon apprécié, le Delon recherché, le Delon voulu, le Delon souhaité, toujours un flingue à la main etc…ça n'a strictement rien à voir ! Je suis très très très heureux d'avoir fait Monsieur Klein.

 

 

 

Est-ce qu'on vous a fait payer dans votre vie le fait d'être aussi beau, avec les origines que vous avez eues ?

 

 

Jean Marais me l'a expliqué un jour, au début de ma carrière il m'avait dit : "Tu verras, tu es beau comme un dieu, ils te le feront payer cher."

 

 

 

Vous pardonnez aujourd'hui à ceux qui ont reconnu leur erreur sur vous ?

 

 

Ils ont le droit de penser ce qu'ils veulent, ce n'est pas mon problème ! On peut discuter ce que l'on veut de moi, beau pas beau, capricieux, pas poli, etc….mais pas ma carrière. C'est pour ça que je suis là aujourd'hui, c'est pour ça que je suis là ce soir. Parce que s'il y a une chose au monde dont je suis fier, c'est ma carrière.  

 

 

 

Qu'est-ce que ça fait d'être immortel Alain Delon ?

 

 

Non je ne suis pas immortel ! Je le serai quand je serai mort (rires) ! Ça fait du bien ou ça fait plaisir suivant le parcours qu'on a eu ou suivant les origines. Je suis venu de rien, je suis sorti de rien. J'étais condamné à mort très tôt, je suis ressorti d'Indochine vivant. Si le cinéma n'était pas venu à moi je ne serais pas là ce soir.  

 

 

 

Cela aide à envisager la dernière scène plus sereinement ?

 

 

Je suis tout à fait serein. Parce que, vous l'avez déjà entendu et je vais me répéter, mais je ne supporte pas l'époque actuelle, je n'aime pas l'époque actuelle. Je partirai sans regrets.

 

 

 

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Dans Christine, de Pierre Gaspard-Huit (1958), Alain Delon, un jeune acteur inconnu, partage l'affiche avec Romy Schneider. A vingt ans, l'actrice est déjà une star internationale grâce à la série des Sissi. Les deux acteurs se fiancent en 1959 mais ne se marieront jamais.  SPEVA FILMS

 

 

 

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Avec Plein Soleil de René Clément (1960), Alain Delon décroche enfin un grand rôle. Il joue Tom Ripley, l'homme à tout faire d'un milliardaire américain devenu assassin. Aux côtés de Maurice Ronet et de Marie Laforêt, il impose son image d'Adonis, solaire et meurtrier. Grâce à ce film, Delon devient une icône.  TITANUS/PARIS FILM

 

 

 

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En 2008, on retrouve Alain Delon dans une comédie familiale, Astérix aux Jeux Olympiques. L'acteur interprète un très autoparodié Jules César. Le film reçoit globalement un mauvais accueil critique malgré ses 6 millions de spectateurs.  PATHE RENN PRODUCTIONS / LA PETI

 


20/05/2019
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Franceinfo - le dimanche 19 mai 2019

 

 

Le chanteur franco-espagnol Nilda Fernández est mort à l'âge de 61 ans

 

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

 

L'artiste est mort d'une insuffisance cardiaque dimanche dans le sud de la France, a annoncé sa famille à l'AFP

 

 

 

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Nilda Fernadez à Paris en 1981 (MAZEAU JEAN MARIE/SIPA)

 

 

 

Le chanteur franco-espagnol Nilda Fernández, connu pour ses chansons Nos fiançailles et Madrid Madrid, est mort à l'âge de 61 ans d'une insuffisance cardiaque dans le sud de la France, dimanche 19 mai, a annoncé sa famille à l'AFP. "Auteur, compositeur, interprète, Nilda a consacré toute sa vie à la création. Musicien, écrivain, il incarnait jusqu'au plus profond de son être la figure de l'artiste", écrit sa famille dans un communiqué.

 

 

Révélation aux Victoires de la musique en 1992

Né à Barcelone dans une famille andalouse, Nilda Fernández grandit à Lyon et Toulouse. Il enseigne pendant deux ans puis voyage avec sa guitare, "jouant dans les bars, les clubs et autres petits lieux, au hasard des rencontres et des opportunités", d'après son site internet. En 1981, il enregistre un premier album et fait les premières parties de Léo Ferré.

 

 

Après six ans d'éloignement, le chanteur revient en 1987 avec Madrid Madrid, qui est un succès. En 1991 suit l'album Nilda Fernández, avec le titre Nos fiançailles. L'année suivante, le chanteur, avec cette voix si caractéristique, aigüe et fragile, est sacré Révélation masculine aux Victoires de la musique. Il joue aussi en première partie de Sting à Paris, devant 15 000 personnes.

 

 

Le chanteur enregistre en 1993 un album en espagnol, 500 años, et part en tournée aux Etats-Unis, au Mexique, au Chili et en Argentine. Dans le courant des années 1990, il part en tournée en roulotte pendant deux mois entre Barcelone et Paris. En 2001, Nilda Fernández se rend en Russie où il reste cinq ans et enregistre des duos avec le chanteur russe Boris Moïsseev. Il met en scène plusieurs spectacles à Cuba, ou encore Carmen de Bizet au théâtre antique de Vienne (Isère), en 2010. Il continuera ensuite à produire des albums.

 

 

 

Résister à l'industrie du disque 

Il avait aussi mis en musique le poète espagnol Federico García Lorca auquel il avait consacré un album en 1999, Castelar 704. Il l'avait réédité et repris en tournée ces derniers mois.

 

 

Nilda Fern Fernández avait décidé de s'éloigner de l'univers des maisons de disques et de commercialiser ses albums via son site internet. En 2013, il avait publié une tribune dans le Monde appelant à résister au "diktat de l'industrie du disque". "Soyons notre propre moteur, attirons des forces neuves et enthousastes", écrivait-il.

 

 

"Être artiste est une profession de foi basée sur une envie profonde de faire ce qu'on aime et non par désir d'avoir du succès. J'ai vécu de mon travail, et encore aujourd'hui, et j'aime ma carrière parce qu'elle n'a jamais dépendu du regard des autres", disait-il en mars, dans un entretien paru dans le journal en ligne des Français et francophones à l'étranger. Il précisait être en train de travailler "sur l'écriture d'une pièce de théâtre basée" sur la vie de Lorca.

 

 

 

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19/05/2019
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Franceinfo - le mercredi 15 mai 2019

 

 

Un tableau de Monet vendu 110,7 millions de dollars aux enchères à New York

 

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

 

Il s'agit d'un record pour l'artiste lors d'une vente aux enchères

 

 

 

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Une toile de la série des "Meules" du peintre français Claude Monet a été acquise, le 14 mai 2019, à New York pour 110,7 millions de dollars. (BENNO SCHWINGHAMMER / DPA / AFP)

 

 

 

C'est la première fois qu'un tableau impressionniste franchit le seuil symbolique des 100 millions de dollars. Une toile de la série des "Meules" du peintre français Claude Monet a été acquise, mardi 14 mai, à New York pour 110,7 millions de dollars (98,7 millions d'euros) lors d'une vente organisée par la maison Sotheby's.

 

 

Il s'agit d'un record pour l'artiste lors d'une vente aux enchères, pour un montant parmi les dix plus élevés jamais atteints en enchères. Le prix comprend la commission et les frais. La toile de 72 cm sur 92 fait partie d'une série peinte par Monet durant l'hiver 1890-1891 dans sa maison de Giverny, en Normandie.

 

 

 

"C'est un enchantement"

Une autre de ces "Meules" avait été vendue en novembre 2016 par la maison Christie's à New York pour 81,4 millions de dollars. Tout comme cet exemplaire, le tableau adjugé ce 14 mai représente une meule de foin au crépuscule. "Nous pensons et je crois que les gens qui se retrouvent face à elle seraient d'accord, que c'est un exemple encore plus beau" que celui vendu en 2016, avait expliqué Julian Dawes, responsable des ventes de soirée pour l'impressionnisme et l'art moderne, lors de la présentation de la vente. "Même quand vous vous tenez à dix mètres, c'est un enchantement", avait-il insisté. "Vous ne pouvez pas détourner le regard."

 

 

Le propriétaire qui avait mis le tableau en vente, un collectionneur anonyme, l'avait acquis en 1986 lors d'une vente chez Christie's à New York pour 2,5 millions de dollars seulement. Il a indiqué à Sotheby's qu'une partie du produit de la vente serait reversé à des oeuvres de charité.

 


16/05/2019
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Franceinfo - le mardi 14 mai 2019

 

 

Des "gilets jaunes" perturbent la soirée des Molières

 

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

 

Une vingtaine d'entre eux, accompagnés d'intermittents, ont débarqué sur scène et interrompu le maître de cérémonie Alex Vizorek, pour dénoncer des coupes budgétaires

 

 

 

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Des "gilets jaunes" à la 31e cérémonie des Molières le 13 mai 2019 à Paris. (ALAIN JOCARD / AFP)

 

 

 

Ils ont surgi sous les yeux d'une salle interloquée. Des "gilets jaunes" ont fait irruption, dans la soirée du lundi 13 mai, au début de la cérémonie des Molières. La soirée, qui décerne les prix les plus prestigieux du théâtre français, s'est déroulée aux Folies Bergère, à Paris. Elle était diffusée en différé en deuxième partie de soirée sur France 2, mais sans cette interruption surprise, qui a été coupée au montage.

 

 

Une vingtaine de "gilets jaunes" et intermittents ont débarqué sur scène et interrompu le maître de cérémonie Alex Vizorek, s'adressant au ministre de la Culture présent, Franck Riester. "Le Molière du déshonneur incontestablement et à l'unanimité du jury, il revient à M. Macron et son gouvernement. M. Franck Riester, nous vous remettons le Molière du déshonneur parce que vous participez à cette grande fête et en même temps, vous coupez partout dans le budget de la culture", a déclaré un des manifestants. "Techniciennes, techniciens et artistes présents ce soir, ne nous regardez pas, rejoignez-nous, le pouvoir du peuple, par le peuple, pour le peuple", a lancé une autre manifestante.

 

 

 

"Ils ont pris en otage l'antenne"

Des applaudissements ont fusé dans la salle à plusieurs reprises et l'humoriste Blanche Gardin notamment s'est levée pour les applaudir. Ces "gilets jaunes" portaient une banderole sur laquelle était écrit "droits au chômage pour tout.es". Ils sont sortis en traversant la salle et en scandant des slogans hostiles au président Emmanuel Macron.

 

 

 

 

 

 

France 2 a indiqué que cette séquence ne serait pas diffusée, par souci de "maîtrise de l'antenne". "Les intermittents ont agi sans autorisation. Ils ont pu s'exprimer devant le ministre de la Culture mais ils ont pris en otage l'antenne", a indiqué une porte-parole de la chaîne.

 


14/05/2019
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Franceinfo - le mardi 14 mai 2019

 

 

Des punks à chiens aux Molières, Blanche Gardin, l'humoriste qui fait rire la France en broyant du noir

 

 

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Benoît JourdainFrance Télévisions

 

 

 

La quadragénaire a imposé son physique de première de la classe et son humour à ne pas mettre en toutes les oreilles dans le paysage comique français. Mais le chemin pour y arriver a été compliqué, à son image

 

 

 

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L'humoriste Blanche Gardin sur la scène de la 30e cérémonie des Molières le 28 mai 2018. (ROMUALD MEIGNEUX / SIPA)

 

 

 

Merci, mais non merci. Parler à Blanche Gardin ou à son entourage proche équivaut à se voir fermer, gentiment, poliment, mais fermement, la porte au nez. Après avoir été beaucoup exposée, l'humoriste se protège désormais. Pourtant, impossible de passer à côté du phénomène.

 

 

Ses trois one-woman shows, dont le dernier qui affiche complet à L'Européen jusqu'au 18 mai, ont été des succès et sa carrière a été saluée par un deuxième Molière de l'humour, lundi 13 mai. Récemment, elle a refusé une décoration et critiqué le gouvernement pour son manque d'action en faveur des sans-abri. Derrière les airs de petite fille sage, les robes vintage et les blagues crues se dévoile une personnalité complexe au parcours chaotique. 

 

 

 

Une fugue à 17 ans pour se "suicider"

Blanche Gardin est née en 1977 à Suresnes (Hauts-de-Seine) et a été élevée à Asnières dans une "famille d'intellos de gauche", confie-t-elle au Parisien. Son père est professeur de linguistique à l'université. Sa mère est autrice et traductrice. Benjamine d'une fratrie de trois enfants, elle se considère comme "le vilain petit canard". Quand elle voit son frère et sa sœur sauter des classes, elle fait le pitre. L'adolescence est plus rude. "De 13 à 18 ans, ça a été le chaos. J'avais des crises de mélancolie intenses qui se soldaient parfois par une apathie totale qui provoquait une conduite à risque, des fugues. Je sentais que je n'arrivais à entrer dans le cadre", détaille-t-elle avec le recul au Figaro.

 

 

A 17 ans, l'adolescente "fumeuse de shit, dark et fofolle" prend carrément la tangente.

 

 

Avec une copine, on s'était dit, 'viens, on va se suicider'. Et le lendemain, elle m'a appelée en me disant qu'on y allait. Je n'ai pas osé dire non, je suis partie me suicider avec elle, du coup. Blanche Gardinà "L'Obs"

 

 

Voilà les deux amies parties direction Amsterdam, terminus prévu au Danemark. Leurs pérégrinations les mènent finalement jusqu'en Italie, à Naples, où Blanche se mêle à une troupe de "punks à chien sous LSD".

 

 

L'errance dure neuf mois, jusqu'au jour où elle se décide à appeler ses parents. "Mon père a insisté pour venir me voir, il a débarqué en avril 1995, j’avais des trous plein les oreilles, j’étais sale, je puais. Il m’a demandé ce que je voulais… Des chaussettes et une douche, mais le patron de son hôtel a refusé que je monte dans sa chambre, pensant que j’étais une pute toxico", se souvient-elle dans L'Obs. Elle voit ce père taiseux pleurer pour la première fois. Elle choisit alors de rentrer trois mois après ces retrouvailles, la culpabilité en bandoulière. "Je leur ai juste pété leur vie", dit-elle à propos de ses parents. 

 

 

 

De l'hôpital psychiatrique à la scène

A son retour en France, elle reprend le fil de sa vie. Passe son bac en candidate libre, s'inscrit à l'université et se passionne pour la sociologie. "Je me transforme, je deviens première de la classe, je me mets au premier rang, je vais parler aux profs à la fin", se remémore-t-elle. Elle se rapproche de son père. Lorsqu'il meurt d'un cancer foudroyant, son monde, qu'elle avait reconstruit, s'écroule. DEA en poche, elle quitte la fac et devient éducatrice à l'aide sociale à l'enfance pendant quatre ans. "En réalité, j’étais dévastée par ce deuil, je traînais ma carcasse dans un métier pour lequel je n’avais pas le moindre talent", confie-t-elle à L'Obs.

 

 

Parallèlement à ses études, elle monte des petits sketchs avec deux amis et, en 2006, tape dans l'œil de Kader Aoun qui s'apprête à lancer, avec Jamel Debbouze, le Jamel Comedy Club. Elle montre aussi son visage à la télévision dans l'émission "Ligne Blanche" sur Comédie !, mais envoie tout valser après un autre choc. Pas un deuil, mais une rupture amoureuse. "C’était la première fois de ma vie que je me retrouvais sans personne", souffle-t-elle dans Paris Match. Exsangue, en dépression, elle est hospitalisée en psychiatrie. "J’ai fait six semaines là-bas et, sur les conseils d’un psy qui s’occupait de moi, j’ai commencé à écrire. Il voyait bien que j’avais beaucoup de choses à sortir. D'ailleurs, il est bien connu en psychothérapie que l’écriture est une forme de mise à distance des choses", raconte-t-elle.

 

 

Ainsi naît, grâce au "désespoir", son premier spectacle, "Il faut que je vous parle". Elle noircit des pages sur lesquelles elle couche sa vie de trentenaire célibataire dépressive. "Il y avait quelque chose de vital, il fallait vraiment qu’elle parle et qu’on entende sa voix", estime dans Le Monde Alain Degois, alias "Papy", metteur en scène de ce one-woman show.

 

 

 

"Je vis pour Louis C.K."

Ce (nouveau) nouveau départ, elle le doit aussi à un homme : Louis C.K. Lors de son séjour en hôpital psychiatrique, Blanche Gardin visionne en boucle les spectacles de son idole. "C’est lui qui m’a permis de remonter sur scène après cinq ans de 'plus jamais, ce n’est pas pour moi'. Je voulais faire exactement ce qu’il fait, c’est-à-dire être parfaitement sincère avec les aspects les plus sombres de l’âme tout en étant le plus conscient possible de l’image très fabriquée de soi que l’on veut montrer au monde pour gentiment la détruire", analyse-t-elle dans Libération

 

 

Elle va même plus loin dans un entretien à MadmoiZelle en 2015 : "Je vis pour Louis C.K. Je ne pense pas être une fan, je pense être amoureuse de lui. J'ai l'impression d'être avec lui, de vivre avec lui." Alors, quand sortent les révélations de comportements sexuels déplacés en pleine vague #MeToo après l'affaire Weinstein, c'est la stupeur. L'humoriste américain est accusé par cinq femmes d'exhibitionnisme, trois d'entre elles affirmant même qu'il s'est masturbé devant elles. Des faits que l'intéressé confesse au Hollywood Reporter (en anglais).

 

 

Dans Télérama, Blanche Gardin avoue être "tombée de l'immeuble", mais refuse d'enfoncer son modèle : "Evidemment que la libération de la parole est quelque chose de nécessaire ; les femmes doivent pouvoir se sentir libres de dénoncer. Après, le fait qu'on puisse mettre dans le même sac un producteur qui viole des actrices et un mec dont le fétichisme, c’est de se masturber devant des femmes en leur demandant s'il peut le faire, ça veut bien dire qu'il y a un gros problème de nuances dans notre société moderne."

 

 

Lors de la cérémonie des Césars 2018, elle va même plus loin en arborant à la fois un badge à l'effigie de l'humoriste et un ruban blanc en soutien à la lutte contre les violences faites aux femmes. 

 

 

 

 

 

 

Quelques mois plus tard, en octobre 2018, une photo prise à New York révèle que les deux humoristes sont devenus très proches. Une relation confirmée par Louis C.K. lors de son passage à Paris en novembre 2018 : "Je sors avec cette femme, et elle est française", cite 20 Minutes. Une nouvelle qui ne plaît pas à tout le monde. Sur Twitter, certains s'émeuvent de cette relation et n'hésitent pas à la critiquer. Mais Blanche Gardin joue la carte du silence. Six mois après l'officialisation de cette relation, on ne sait pas, d'ailleurs, si les deux humoristes sont toujours ensemble.

 

 

 

 

 

Humour cul et cru

Voir un spectacle de Blanche Gardin, c'est lancer un défi au "politiquement correct". Son premier était d'ailleurs interdit aux moins de 16 ans, le deuxième, "Je parle toute seule", interdit aux moins de 17 ans. Un exemple ? Le sketch sur la sodomie dans "Je parle toute seule". "Moi, la première fois que je me suis fait enculer… Je ne parle pas de quand j'ai voté Hollande… Je parle de la fois où je l'ai pris dans le cul, vraiment", attaque-t-elle pour donner le ton.

 

 

"Blanche n'écrit jamais pour le plaisir de la vanne ou le plaisir de choquer ; ça vient de plus loin que ça. Pour une femme, ce qu'elle fait est très important. Elle libère une parole, elle ose tout, c'est extraordinaire… Et avec son physique d'oisillon, tout passe", résume dans Télérama Béatrice Fournera, scénariste de WorkinGirlssérie de Canal+ dans laquelle Blanche Gardin a joué. Elle "raconte juste [sa] vie, donc c'est dur, mais dur comme la vie", s'excuse presque l'intéressée dans Paris Match. "J’écris de manière très premier degré, avec une idée du sens que je veux donner bien sûr, mais le but n’est jamais de choquer ou provoquer", poursuit-elle. 

 

 

Son écriture, en tout cas, lui attire les louanges de ses pairs. Notamment d'Eric Judor, qui a mis en scène le scénario qu'elle avait écrit avec Noé Debré, Problemos : "Je connais son niveau, son spectacle m'a conforté dans l'idée qu'elle est un auteur extraordinaire", s'extasie-t-il dans Le Figaro (article abonnés). Et Blanche Gardin de résumer dans Paris Match : "Ma façon d’exister, c’est de pousser le bouchon et me faire remarquer."

 

 

 

"Chez Blanche, ça saigne de partout"

Pour ne pas qu'on l'oublie, Blanche Gardin a une technique imparable : marquer de son empreinte une émission en direct. Lors de la cérémonie des Molières 2018, elle vient remettre elle-même le Molière de l'humour, catégorie où elle est nommée. Face à Jamel Debbouze, Fabrice Eboué, Jérôme Commandeur et Manu Payet, elle l'emporte. "Je le savais, lâche-t-elle, je suis la seule femme nommée l'année de l'affaire Weinstein." Dans le discours qui suit, elle remercie ses parents, qui lui ont transmis "cette belle angoisse de mort, outil indispensable à tout humoriste qui se respecte", et sa thérapeute, "qui à la fois [la] fait [se] sentir vraiment mieux au quotidien et à la fois fait qu'[elle] garde des névroses assez intactes pour pouvoir écrire des blagues".

 

 

Ses angoisses ne se résument pas à celle de la page blanche. "Elle a constamment en tête ce qu’on a tendance à occulter, la mort, la mocheté du monde. Elle s’en nourrit, mais ça ne doit pas être facile à vivre. Les gens les plus drôles sont parfois les plus compliqués dans leur tête", analyse dans Le Parisien Sylvain Fusée, réalisateur de WorkinGirls. Cette "hypersensible", selon Alain Degois, a gardé de son parcours "beaucoup de plaies qui ne se sont jamais fermées". "Chez Blanche, ça saigne de partout. Comme beaucoup de surdoués, le monde est pour elle d'une violence inouïe", résume-t-il dans Marie Claire

 

 

Monter sur scène a été une épreuve. Lorsqu'elle débarque au Jamel Comedy Club, elle doit se faire violence. "C’était compliqué, confirme le directeur artistique de la troupe au Parisien. Ça l’a un peu traumatisée." Au point que, parfois, cela se termine dans les larmes. 

 

 

 

"Monsieur le Président, je suis flattée…"

Si Blanche Gardin et ses proches ne parlent plus à la presse, l'humoriste n'a pas rangé sa langue dans sa poche pour autant. Mercredi 3 avril, dans un long post Facebook, elle explique son refus d'être nommée à l'ordre des Arts et des Lettres. "Je ne pourrai accepter une récompense que sous un gouvernement qui tient ses promesses et qui met tout en œuvre pour sortir les personnes sans domicile de la rue." Si la proposition émane du ministère de la Culture, elle s'adresse directement à Emmanuel Macron. Elle lui reproche la baisse des APL, la réduction des moyens alloués au logement social et aux centres d'hébergement, l'absence d'encadrement des loyers et la réforme de l'ISF, qui a entraîné une chute des dons aux associations.

 

 

 

Le ministre du Logement, Julien Denormandie, lui a répondu sur Twitter. Elle n'a pas continué le dialogue. Il semble difficile actuellement de parler à Blanche Gardin, qui préfère se concentrer sur ses monologues.

 


14/05/2019
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