L'AIR DU TEMPS

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Franceinfo - dimanche 26 janvier 2020

 

 

Grammy Awards : flûte traversière, "body positivisme" et succès fou... On vous raconte le destin de Lizzo

 

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Elodie DrouardFrance Télévisions

 

 

Elle est l'artiste la plus nommée aux Grammy Awards. Pourtant, personne ou presque ne connaissait la chanteuse Lizzo il y a un an. Pour cette Américaine de 31 ans, la musique est une thérapie dont le discours inspirant sur l'acceptation de soi touche toutes les femmes

 

 

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La chanteuse américaine Lizzo en concert à la Dickies Arena à Dallas (Texas, Etats-Unis), le 3 décembre 2019. (COOPER NEILL / GETTY IMAGES / AFP)

 

 

 

"2009 était l'année où je vivais dans ma voiture. J'étais une fille de Houston, Texas, qui n'avait aucun plan, aucun espoir. 2019 est l'année où mon album est devenu n°1 et où j'ai dit à ma maman 'Je peux t'acheter une maison'. Tout peut arriver en une décennie." C'est avec ces mots destinés aux 7,3 millions d'abonnés de son compte Instagram que la chanteuse américaine Lizzo a tenu à marquer le passage dans la nouvelle année.

 

 

 

 

Un constat éloquent après une année 2019 décisive pour la jeune femme. Son troisième album, Cuz I Love You, sorti en avril dernier, lui offre huit nominations aux Grammy Awards qui seront remis le 27 janvier, devançant ainsi le rappeur Lil Nas X et la chanteuse Billie Eilish, avec six nominations chacun. Ce n'est pas vraiment une surprise puisque Lizzo a squatté tout au long de l'année le Billboard Hot 100 Chart (le classement hebdomadaire des chansons les plus populaires aux Etats-Unis) en enchaînant les tubes comme Truth HurtsBoysJuice ou encore Tempo.

 

 

Mais la success story tardive de Lizzo n'est pas qu'une histoire de morceaux bien produits. Si la chanteuse a fini par percer, c'est surtout en assumant enfin, et avec extravagance, son statut de femme noire et obèse dans une industrie musicale relativement normée. Après avoir posé nue sur la pochette de son album, elle a réitéré l'expérience en affichant fièrement ses vergetures dans le magazine Rolling Stone* et poste régulièrement sur les réseaux sociaux des vidéos où elle se met en scène en tenue très légère.

 

 

 

 

Quant à ses apparitions publiques et ses prestations scéniques, elles éclipsent tout et tout le monde. Du festival Coachella où, comme le note USA Today*, elle a assuré le show en dépit de problèmes techniques, à sa tenue arborée (et très commentée, comme le relève le magazine Time*) à l'occasion des American Music Awards, Lizzo fait constamment parler d'elle. Il n'en fallait pas plus pour que le Time lui décerne le titre d'"Entertainer de l'année 2019". Pourtant, si ce titre lui colle parfaitement, on ne peut résumer Lizzo, et comprendre son succès, qu'à travers ce prisme de show girl provocante et joviale.

 

 

 

Drôle, salace et engagée

Sur la scène des MTV Video Music Awards, le 27 août 2019, Lizzo, accompagnée de danseuses aux fessiers apparents (un clin d'œil à Prince avec qui elle a collaboré, comme l'explique le site Buzzfeed*), interprète deux de ses tubes devant un postérieur géant gonflable.

 

 

 

 

 

 

La prestation convainc non seulement le parterre de stars debout pour l'acclamer, mais également les spectateurs scotchés devant leurs écrans. Et si certains crient au mauvais goût, la plupart, comme le site Scary Mommy, saluent l'audace d'une prestation qui célèbre le corps. Sur son compte Instagram, la chanteuse s'explique :

 

 

Non seulement, on nous a toujours expliqué que nous ne méritions pas les projecteurs, mais lorsque nous parvenons enfin à nous mettre en valeur, le monde essaie de nous faire taire. Mais pas cette fois.Lizzosur Instagram

 

 

Pour Lizzo, montrer son corps est une façon, non pas d'attirer l'attention, mais de le banaliser. "Je fais ça pour moi, explique-t-elle au mensuel américain Essence*. J'adore créer des formes avec mon corps et j'adore normaliser les fossettes de mes fesses, les bosses dans mes cuisses, la graisse de mon dos ou mes vergetures. (...) Je pense que c'est beau."

 

 

Et c'est le message qu'elle entend partager à travers ses chansons et lors de ses prestations. Si ses paroles sont drôles et souvent salaces, elles n'en sont pas moins pertinentes, portant un message clair qu'elle ne cesse de matraquer : aime-toi, crois en toi et ne laisse personne te dire le contraire.

 

 

 

L'acceptation par la musique

Même ses concerts prennent l'allure de prêche prônant l'acceptation de soi comme au festival de Glastonbury, en juin 2019, où elle s'adresse au public avec ces mots : "Je veux que vous sachiez que si vous pouvez m'aimer, alors vous pouvez vous aimer", avant d'entonner un mantra qu'elle demande aux spectateurs, parfois émus aux larmes, de répéter en s'adressant à la personne à leur côté : "Je t'aime, tu es beau et tu peux faire ce que tu veux."

 

 

 

 

 

 

Comme elle l'explique au magazine Essence*, Lizzo a compris très vite "qu'il n'existe pas de mot pour parler de 'body negativity' puisque c'est la norme". En prônant constamment le "body positive" (un mouvement qui œuvre pour l'acceptation et l'appréciation de tous les types de corps) et le "self-care" (la capacité à prendre soin de soi et des autres), Lizzo est devenue la meilleure des ambassadrices auprès des minorités, considérée désormais par certains comme plus efficace que n'importe quel bouquin de développement personnel, ou même qu'une psychothérapie.

 

 

 

ali hart@alison_hart48
 

I canceled a therapy appointment after @lizzo’s VMA performance

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[brittanyxbloodshed]@sicksicksickx
 

Lizzo’s VMA performance solved every problem in my life.

Voir les autres Tweets de [brittanyxbloodshed]
 

 

Mais si aujourd'hui, la chanteuse est capable d'écrire fièrement sur Twitter "Répétez après moi : 'Je le mérite !'", elle n'a pas toujours débordé de confiance en elle.

 

 

 

Des nuits à dormir dans sa voiture à ses débuts

Il faut dire que Lizzo revient de très loin. Née en 1988 à Detroit (Michigan), Melissa Viviane Jefferson grandit dans une famille pentecôtiste où la musique est très présente, entre sa sœur (plutôt branchée Björk et Radiohead), son père (plutôt Elton John et Queen) et le gospel et la soul apportés par l'église. Après un déménagement à Houston, au Texas, à l'âge de 10 ans, elle se met à la flûte traversière – un cadeau de son père – et intègre une fanfare. Et si la plupart de ses camarades abandonnent rapidement, elle s'accroche tout en cédant en parallèle aux sirènes du rap, plus populaire pour une adolescente au début des années 2000. C'est à ce moment qu'elle devient Lizzo (un pseudo inspiré de son surnom, Lissa, et de la chanson de Jay-Z, Izzo) et fonde son premier groupe, Cornrow Clique, avant de partir étudier la musique à l'université.

 

 

Mais en 2009, elle tombe en dépression après la mort de son père. Lizzo a alors 21 ans et est contrainte de vivre dans sa voiture. Elle a alors deux obsessions : perdre du poids et percer dans la musique. On lui conseille de tenter sa chance à Minneapolis. Dans le Minnesota, elle se fait un nom en se produisant, avec The Chalice et GRRRL PRTY, des groupes de rap féminins, mais aussi avec Lizzo & The Larva Ink, un duo plus orienté électro-soul.

 

 

 

 

 

 

Si Lizzo n'a toujours pas trouvé le style musical qui lui correspond, elle s'affirme peu à peu. Après s'être cachée pendant des années derrière des groupes pour compenser son manque de confiance en elle, Lizzo publie tour à tour, en 2013 et en 2015, Lizzobangers et Big Grrrl Small World, ses deux premiers albums solo. Orientés très rap, et peut-être trop classiques dans le style, ils passent inaperçus du grand public.

 

 

Mais en 2014, elle fait un featuring sur Boytrouble, morceau de Plectrumelectrum, le 36e album de Prince. Cette rencontre avec le Kids de Minneapolis est décisive. "Il aimait autant ma façon de rapper que de chanter, ce qui m'a donné confiance en moi pour faire les deux, se souvient Lizzo dans une interview au Los Angeles Times*. Et à l'époque, j'étais une rappeuse qui faisait semblant d'être une chanteuse."

 

 

 

Un tube grâce à Netflix

En 2017, épuisée par des années à se produire sans relâche dans tous les Etats-Unis, elle sort le single Truth Hurts, très différent de ses anciennes productions. Un morceau de rap aux accents très pop porté par une boucle de piano et dans lequel elle scande des paroles qui taclent gentiment les hommes. Pourtant, une fois encore, le titre reste confidentiel. "J'avais l'impression de jeter au monde de la musique sans même faire une éclaboussure, raconte Lizzo dans Elle*. Je pleurais toute la journée et je me disais que si j'arrêtais de faire de la musique, personne n'en aurait rien à faire." Heureusement, son producteur la dissuade de baisser les bras. Il ne le sait pas encore, mais dans quelques mois, Truth Hurts sera en tête des morceaux les plus écoutés aux Etats-Unis.

 

 

La chance tourne enfin en avril 2019, lorsque Netflix sort la bande-annonce de Quelqu'un de bien (Someone Great en VO), dans laquelle on entend le morceau. Illustrant une des meilleures scènes du filmTruth Hurts se fait enfin remarquer. Ça tombe bien, Lizzo vient de juste de sortir son troisième album, Cuz I Love You, et le single est rapidement intégré à une version "deluxe". En juin, sur la scène des BET Awards, Lizzo, en body jarretière blanc, interprète le morceau devant un parterre de stars debout – dont Rihanna.

 

 

 

 

 

 

Au début du mois de septembre, le morceau caracole en tête du Billboard 100. Parallèlement, le single Juice, sorti en janvier 2019 et qui débute par "Miroir, mon beau miroir, ne me dis pas que je suis mignonne parce que je le sais", devient le tube de l'été dopé à l'empowerment. Plus rien ne peut arrêter Lizzo.

 

 

 

La voix de son époque

Après des années de galère, son troisième album solo qui s'ouvre sur un cri entonné a capella hurlant "I'm Crying, Cuz I love you" ("Je pleure parce que je t'aime") offre enfin à la chanteuse de 31 ans la notoriété et le succès. Plus sincère, plus entier, il contient des morceaux dans lesquels Lizzo s'affirme. Après s'être essayé tour à tour à différents styles musicaux, elle a fini par trouver sa voix, assume fièrement sa formation classique et son amour de la pop, du rap et du R'N'B et refuse d'être enfermée dans une seule case.

 

 

Chaque artiste a besoin d'écrire ses propres chansons. Je n'écris pas de chansons pop, de chansons R'N'B ou de rap. J'écris des chansons de Lizzo.Lizzodans le "Los Angeles Times"

 

 

Sur scène, elle a intégré au spectacle sa flûte traversière, baptisée Sasha Flute (en hommage à l'alter ego de Beyoncé, Sasha Fierce). L'instrument possède son propre compte Instagram avec plus de 310 000 abonnés. Car si Lizzo cite volontiers les Français Claude Debussy ou Francis Poulenc parmi ses compositeurs préférés, comme le rappelle Libération, son académisme s'arrête là. La jeune femme s'est faite une spécialité de jouer de la flûte en twerkant, ou pour introduire un flamboyant "Suck My Dick" sur un air d'opéra.

 

 

 

 

 

 

C'est surtout le public et les évolutions de notre époque qui expliquent son énorme percée sur la scène musicale internationale en 2019. "Il y avait plein de choses qui existaient déjà sans être populaires, comme le mouvement 'body positive' qui était une façon de protester pour les gros et les femmes noires et qui est maintenant devenu tendance, analyse la chanteuse, interrogée par Time*. Et soudain, je suis devenue mainstream !"

 

 

Je fais toujours la même chose – je travaille dur, je suis constamment en tournée – mais aujourd'hui, tout le monde le remarque. Lizzodans le "Los Angeles Times"

 

 

Aujourd'hui, Lizzo a dépassé son statut de chanteuse et les messages qu'elle véhicule ne se cantonnent pas à ses chansons. Le monde est enfin prêt pour Lizzo. Comme le révèle Glamour, la marque de maquillage Urban Decay l'a élevée au rang d'ambassadrice, une première pour une femme noire et obèse de près d'un 1m80 qui adore se mettre en scène en tenue légère en lançant des "Bye Bitch" devenue son hilarante signature. Elle a même terminé l'année 2019 sur une des couvertures du traditionnel numéro spécial musique de l'édition britannique de Vogue, habillée pour l'occasion en Versace.

 

 

 

La couverture du numéro de décembre 2019 du Vogue Magazine britannique.

La couverture du numéro de décembre 2019 du Vogue Magazine britannique. (DR)


 

Désormais, Lizzo semble plus forte que jamais, même si elle sait que son combat pour s'accepter n'est pas totalement gagné. "Cette salope est toujours là, mec, confie-t-elle au Guardian*. J'ai commencé une thérapie et j'ai pensé qu'elle était partie, mais elle est revenue. Vous ne pouvez pas juste ignorer la personne que vous étiez. Vous devez l'accueillir." Preuve qu'elle n'est pas "100% That Bitch" comme elle l'affirme dans Truth Hurts, Lizzo a annoncé le 6 janvier qu'elle quittait Twitter jusqu'à nouvel ordre. Une façon pour elle de se protéger des attaques et moqueries incessantes sur son poids qu'elle subit sur les réseaux sociaux. Il reste encore du chemin pour qu'une femme noire et obèse puisse être à l'aise avec son corps. Mais Lizzo a ouvert la voie.

 

 

  • Tous les liens suivis d'un astérisque sont en anglais.

 


26/01/2020
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Franceinfo - le lundi 20 janvier 2020

 

 

"Une grande tristesse" : le prince Harry s'exprime pour la première fois sur sa mise en retrait de la monarchie britannique

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions
 

 

Harry et son épouse Meghan ont annoncé le 8 janvier qu'ils souhaitaient prendre leur indépendance financière et s'installer en Amérique du Nord avec leur fils Archie

 

 

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Le prince Harry à Buckingham Palace à Londres, le 16 janvier 2020. (TOBY MELVILLE / REUTERS)

 

 

 

C'est avec "une grande tristesse" mais sans avoir "d'autre choix" qu'il a pris la décision de se mettre en retrait de la monarchie britannique, a confié dimanche 19 janvier le prince Harry dans un discours. "La décision que j'ai prise pour ma femme et moi n'a pas été prise à la légère" mais après "des mois de pourparlers, suivant des années de défis", a expliqué le duc de Sussex auprès des invités d'un dîner de charité à Londres.

 

 

Dans cette première prise de parole publique sur le sujet depuis l'annonce de sa mise en retrait, il s'est excusé de ne "pas avoir toujours bien fait les choses", sans préciser lesquelles. "Nous espérions continuer à servir la reine, le Commonwealth et mes associations militaires, mais sans financement public. Malheureusement, cela n'a pas été possible", a-t-il expliqué.

 

 

 

Le couple privé de ses titres royaux

Harry, 35 ans, et son épouse Meghan, 38 ans, ont annoncé le 8 janvier qu'ils souhaitaient prendre leur indépendance financière et s'installer en Amérique du Nord avec leur fils Archie. Cette décision a été prise sans avoir prévenu Elizabeth II et le prince Charles.

 

 

En réponse à cette décision, la reine a annoncé qu'ils devraient renoncer à utiliser "leur titre d'altesse royale, étant donné qu'ils ne sont plus des membres actifs de la famille royale". Si le couple conservera ses titres de duc et duchesse de Sussex, il renoncera également à son allocation royale et devra rembourser certaines dépenses publiques dont il a bénéficié, notamment les 2,3 millions d'euros employés à rénover leur résidence au Royaume-Uni.

 

 

Avant le jeune prince, qui va déchoir de sa sixième place dans l'ordre de succession au trône britannique, sa mère Lady Diana avait elle aussi perdu ce statut après avoir divorcé de Charles en 1996. Mais il s'agissait là d'un "titre honorifique", obtenu par le mariage. C'est en revanche la toute première fois qu'un Windsor de naissance se voit privé de ce statut. D'un point de vue affectif, "Harry, Meghan et Archie resteront des membres très chers de ma famille", a cependant souligné Elizabeth II. Les décisions du palais doivent prendre effet au printemps.

 


20/01/2020
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Franceinfo - le vendredi 17 janvier 2020

 

 

Jean Paul Gaultier annonce que son show haute couture du 22 janvier sera le dernier

 

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Corinne JeammetRédaction CultureFrance Télévisions

 

 

A la veille de la semaine de la haute couture présentant le printemps-été 2020 à Paris, la maison Jean Paul Gaultier a annoncé : "Le 22 janvier 2020, je fêterai mes 50 ans de carrière avec un grand défilé-show haute couture, au Théâtre du Chatelet. Ce sera aussi mon dernier défilé

 

 

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Le couturier Jean Paul Gaultier au final du défilé haute couture automne-hiver 2019-2020 à Paris, le 30juillet 2019 (PASCAL LE SEGRETAIN / GETTY IMAGES EUROPE)

 

 

 

Le 17 janvier, la maison Jean Paul Gaultier a annoncé : "Le 22 janvier 2020, je fêterai mes 50 ans de carrière dans la mode avec un grand défilé-show haute couture, au Théâtre du Chatelet. Ce sera aussi mon dernier défilé. Mais rassurez-vous, la maison de couture Gaultier Paris continue avec un nouveau projet dont je suis l’instigateur et qui vous sera révélé prochainement. "

 

 

 

 

 

 

En septembre 2014, le couturier avait décidé d'arrêter le prêt-à-porter hommes et femmes, déclarant alors vouloir se concentrer sur la haute couture, les parfums et d'autres projets.

 

 

En 2018, il a proposé aux Folies Bergère, à Paris, son "Fashion Freak Show", une revue très personnelle où il a laissé libre cours à sa créativité débridée. 

 

 

 

 

 

 

Une rétrospective en 2015 au Grand Palais

Le travail du couturier à la légendaire marinière, connu pour ses créations extravagantes et inspirées du style punk, avait fait l'objet en 2015 d'une exposition au Grand Palais à Paris. Elle était passée par plusieurs villes comme Londres et Montréal.

 

 

 

 


19/01/2020
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Franceinfo - le samedi 18 janvier 2020

 

 

La reine Elizabeth annonce un accord avec Harry et Meghan, qui abandonneront leurs titres royaux "au printemps"

 

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franceinfoFrance Télévisions

 

 

Comme prévu, le prince Harry et son épouse renoncent à leur titre d'altesse royale. Ils ne recevront plus non plus de fonds publics, et rembourseront les travaux de leur demeure britannique

 

 

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La reine Elizabeth, Meghan Markle et le prince Harry le 10 juillet 2018, à Londres, lors d'une cérémonie pour le centenaire de la Royal Air Force. (TOLGA AKMEN / AFP)

 

 

 

Cette fois, le communiqué est mutuel : la reine Elizabeth d'Angleterre et les époux Harry et Meghan ont annoncé, samedi 18 janvier, un accord sur les modalités de la prise de distance de ces derniers de la famille royale, annoncée avec fracas le 9 janvier. "Les Sussexes n'utiliseront plus leur titre d'altesse royale étant donné qu'ils ne sont plus des membres actifs de la famille royale, écrit notamment Buckingham Palace.

 

 

Le prince Harry et Meghan Markle renoncent bien à leur rôle au sein de la monarchie britannique, et "ne recevront plus de fonds publics", indique le communiqué. Ils ont également "exprimé le souhait" de rembourser le coût de la rénovation de Frogmore Cottage, qui restera leur demeure au Royaume-Uni. Selon la BBC, les travaux avaient coûté 2,4 millions de livres (2,8 millions d'euros) aux contribuables britanniques. Le communiqué ne fait en revanche "aucun commentaire" sur la sécurité du couple, et qui la financera.

 

 

 

Un mot pour Meghan et ses difficultés avec la presse

Leur nouveau statut sera effectif "au printemps 2020". "S'ils ne peuvent plus formellement représenter la Reine, les Sussexes ont assuré qu'ils continueraient de se respecter les valeurs de Sa Majesté" en toutes circonstances, affirme le communiqué de Buckingham Palace.

 

 

Celui-ci s'accompagne d'une déclaration de la Reine. "Harry, Meghan et Archie seront toujours des membres très aimés de ma famille", écrit Elizabeth II, qui dit également "reconnaître" les difficultés vécues par le couple en raison de l'examen scrupuleux de leurs faits et gestes, même si elle ne mentionne pas explicitement les tabloïds.

 

 

Enfin, elle a un mot pour l'épouse du prince Harry, devenue une cible des médias britanniques : la reine Elizabeth se dit "particulièrement fière de la façon dont Meghan est si rapidement devenue une membre de la famille"

 


18/01/2020
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Franceinfo - le lundi 13 janvier 2020

 

 

Famille royale : Meghan et Harry ont le soutien de la reine

 

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France 3France Télévisions

 

 

Dans le feuilleton Harry et Meghan, la Reine a repris la main. Elle vient de publier un communiqué parlant d'une "période de transition". Que faut-il comprendre ?

 

 

 

Après l'organisation d'une réunion, la reine a tranché. Elizabeth II a acté le fait que Meghan et Harry veuillent prendre leurs distances avec la famille royale. "Il faut y voir une volonté d'apaiser la situation. Elle acte le fait que Meghan et Harry vont vivre à mi-temps entre le Canada et le Royaume-Uni. Elle affiche aussi un certain message de fermeté", explique le journaliste Arnaud Comte, en duplex depuis Sandringham (Royaume-Uni).

 

 

 

La reine comprend le choix d'Harry et Meghan

La reine regrette que Meghan et Harry quittent le premier cercle de la famille royale. "Mais elle dit comprendre leur choix. Elle souhaite que la situation contractuelle soit réglée au plus vite pour éviter que la crise ne s'éternise et que cela nuise à l'image de la monarchie. Dans ce communiqué, elle n'emploie pas le titre de Meghan et Harry, duc et duchesse de Sussex, mais leurs prénoms. Certains y voient déjà une façon d'acter le fait qu'ils ne font plus vraiment partie de la famille royale", précise Arnaud Comte.

 


17/01/2020
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Franceinfo - le vendredi 10 janvier 2020

 

 

Départ de Meghan et Harry : la reine particulièrement affectée

 

 

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France 2France Télévisions

 

 

 

Que se passe-t-il au sein de la famille royale ? Le prince Harry et son épouse Meghan Markle ont décidé de se mettre en retrait de la monarchie. La reine souhaite une solution rapide

 

 

 

 

Stupeur et tremblement du côté de Buckingham. A 93 ans, la reine Elizabeth II a l'expérience pour gérer les situations de crise, même si, selon son entourage, elle est très affectée par la décision de sont petit fils Harry, finalement pas tant sur la forme, mais sur le fond. "Elle n'a pas été prévenue. La communication a été faite sur les réseaux sociaux et n'est pas passée par le canal habituel de Buckingham Palace. On dit souvent que la reine a un petit penchant pour Harry, dont elle connaît le caractère. Mais là, l'onde de choc est telle que cela porte atteinte à l'image de cohésion de la famille royale" , explique le journaliste Arnaud Comte en duplex de Londres pour le 20 Heures.

 

 

 

Écartés de la photo de famille

Il faut donc que cette affaire se règle au plus vite. Mais ce n'est pas si simple. En attendant, le prince Harry et Meghan Markle ont disparu de la photo de famille. Dans le célèbre musée londonien de Madame Tussauds, ils sont désormais placés à bonne distance de la monarque et des héritiers du trône. La nouvelle fait jaser à Buckingham et dans les rues de Londres. Moins de 48 heures après l'annonce du couple princier, Meghan est déjà partie au Canada, et Harry devrait la rejoindre dans les prochains jours.

 


11/01/2020
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Franceinfo - le jeudi 9 janvier 2020

 

 

Pourquoi la prise de distance de Harry et Meghan avec la famille royale plonge le Royaume-Uni dans l'incrédulité

 

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

 

Cette annonce du duc et de la duchesse de Sussex, qui évoquaient ouvertement leur difficulté à vivre la pression médiatique, intervient après une année de crises pour les Windsor

 

 

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Le prince Harry et Meghan Markle s'éloignent des journalistes, après avoir annoncé leurs fiançailles, le 27 novembre 2017, au palais de Kensington (Royaume-Uni). (BERETTA /SIMS / SHUTTERSTOCK / SIPA)

 

 

 

Shocking ! Le prince Harry et son épouse Meghan Markle ont créé la surprise, mercredi 8 janvier, en annonçant leur décision de renoncer à leur rôle de premier plan au sein de la famille royale britannique, pour s'installer une partie de l'année en Amérique du Nord.

 

 

Une annonce qui intervient après une année compliquée pour la monarchie, et qui plonge le Royaume-Uni dans l'incrédulité. Franceinfo vous explique pourquoi.

 

 

 

Parce que ce choix rompt avec le protocole

Dans le communiqué diffusé sur le compte Instagram officiel de la famille, Harry et Meghan déclarent leur "intention de renoncer [aux rôles de] membres 'senior' de la famille royale et de travailler pour devenir financièrement indépendants, tout en continuant à soutenir la reine". Le couple, qui assure avoir pris cette décision "après de nombreux mois de réflexion" prévoit "désormais de partager [son] temps entre le Royaume-Uni et l'Amérique du Nord", dont est originaire Meghan.

 

 

Cette prise de distance géographique et protocolaire vient isoler un peu plus un couple qui détonnait déjà au sein de la famille royale. Mariés en mai 2018, Harry et Meghan n'ont jamais fait mystère de leur rapport inconfortable avec le poids des traditions et des coutumes. "Si vous les fréquentez comme je l'ai fait, et que vous les suivez dans leurs tournées et leurs voyages, vous constaterez qu'il y a des pans entiers du job qu'ils n'aimaient tout simplement pas", analyse pour la BBC (en anglais) le journaliste Jonny Dymond, spécialiste du sujet.

 

 

Harry s'épanouit au milieu de la foule, mais déteste le cérémonial et ne supporte pas les caméras. De son côté, Meghan refuse d'être réduite à un rôle de figurine sans voix, mais est critiquée dès qu'elle prend la parole.Jonny Dymond, spécialiste de la famille royaleà la BBC

 

 

Le couple royal s'était ainsi attiré les critiques acerbes d'une partie de la presse en se confiant dans un documentaire tourné pendant un voyage en Afrique, rompant avec une tradition royale : "Never complain, never explain" ("Ne jamais se plaindre, ne jamais expliquer"). Meghan y avait notamment évoqué ses difficultés à gérer les commentaires des tabloïds, pendant sa grossesse. "J'ai vraiment essayé d'adopter cette sensibilité britannique, ce stoïcisme. J'ai essayé, j'ai vraiment essayé, mais je pense que tout ça cause des dégâts. Je n'ai jamais pensé que ce serait facile, mais j'espérais que ce serait juste." 

 

 

 

 

 

Cette confession, si sincère soit-elle, avait valu à la duchesse de Sussex de nouvelles critiques de la presse à scandale, qui jugeait indécent de se plaindre de sa situation pendant qu'elle visitait les quartiers pauvres de Johannesburg, en Afrique du Sud.

 

 

 

Parce que la famille n'aurait pas été avertie

Cette décision a également pris par surprise la famille royale, qui espérait pouvoir entamer 2020 sous de meilleurs auspices après, de l'aveu de la reine, une année "semée d'embûches: irruption du nom du prince Andrew dans l'affaire Jeffrey Epstein, accident de la route causé par Philip, le prince consort à la santé fragile.

 

 

"Les discussions avec le duc et la duchesse de Sussex sont à un stade précoce. Nous comprenons leur désir de prendre une autre voie, mais ce sont des questions compliquées qui prennent du temps à régler", a-t-elle recadré, dans un communiqué transmis par le palais de Buckingham. Elizabeth II, 93 ans, reconnaît ainsi à demi-mot avoir été prise de court par la diffusion du message explosif du couple. "Ils ne l'ont même pas dit à la reine", accuse le tabloïd Daily Mirror, y voyant une décision "égoïste" du prince Harry. Le Sun évoque blâme l'épouse du prince en évoquant un "Megxit", croisement de "Meghan" et de "Brexit", et le Times souligne la "division" au sein de la famille royale. 

 

 

"De nombreuses sources ont déclaré qu'aucun membre de la famille royale n'avait été consulté", selon Jonny Dymond, de la BBC. "On parle de déception, de membres importants de la famille royale blessés par cette déclaration. Le fait que toute cette émotion, cette division, entre le palais et le couple s'affichent en toute transparence est absolument époustouflant".

 

 

 

Parce que cette rupture est sans précédent

D'autres membres de la famille royale ont déjà tourné le dos au clan. Diana, la princesse de Galles, a perdu ainsi son titre royal en 1996, après avoir divorcé du prince Charles. Le roi Edward VIII (l'oncle d'Elizabeth II) a abdiqué avant d'être couronné, en 1936, pour pouvoir épouser Wallis Simpson, une Américaine deux fois divorcée. Tout récemment, le prince Andrew, dont le nom est apparu dans l'affaire Epstein, a été écarté de la famille. "Aucun membre de la famille royale n'a déclaré volontairement dans le passé qu'il voulait rester membre de la famille royale, tout en étant en quelque sorte en dehors de celle-ci", relève le New York Times (en anglais). Aucun membre de la famille n'a, de son plein gré, vécu hors du Royaume-Uni.

 

 

Le spécialiste de la BBC Jonny Dymond s'interroge : "Quel sera leur nouveau rôle ? Où vivront-ils ? Qui paiera pour cela ? Quelle relation auront-ils avec le reste de la famille royale ? Il y a beaucoup plus de questions que de réponses." Le chantier familial, examiné à la loupe par la presse à scandale, s'annonce colossal.

 


10/01/2020
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Franceinfo - le samedi 4 janvier 2020

 

 

Affaire Matzneff : pourquoi la majorité sexuelle et la notion de consentement ne sont pas que des questions de "morale" et "d'époque"

 

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Noémie LeclercqfranceinfoFrance Télévisions

 

 

Dans "Le Consentement" (éd. Grasset), Vanessa Springora raconte sa relation abusive avec l'écrivain Gabriel Matzneff alors qu'elle avait 14 ans et lui 50 ans. Selon les historiens et les psychiatres interrogés par franceinfo, la majorité sexuelle est une question clinique, bien plus qu'une question d'époque

 

 

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Le livre "Le Consentement", de Vanessa Springora, est sorti en librairie le 2 janvier 2020. (MARTIN BUREAU / AFP)

 

 

 

Gabriel Matzneff n'a jamais caché sa pédophilie – que ce soit sur les plateaux télévisés ou dans ses ouvrages, qui relatent largement ses expériences avec "les moins de 16 ans". Il assurait que toutes ces relations étaient consenties, désirées même, par les jeunes filles et les jeunes garçons avec qui il avait des rapports. C'est précisément ce qu'interroge Vanessa Springora dans Le Consentement (éd. Grasset), paru jeudi 2 janvier. L'éditrice et auteure y dénonce notamment l'emprise que l'écrivain, avec qui elle a entretenu une relation alors qu'elle avait 14 ans et lui 50 ans, exerçait sur elle et la complaisance d'une époque.  

 

 

Au moment des faits, dans les années 70, plusieurs médias et intellectuels se font les défenseurs de la pédophilie. Ils relaient largement interviews et pétitions en faveur de la dépénalisation des actes sexuels avec les mineurs, si tant est qu'ils ne soient pas forcés. Et se demandent : pourquoi un enfant ne pourrait-il pas consentir, en son âme et conscience, à une relation avec un adulte ? Dans un contexte post-Mai 68 où "il est interdit d'interdire", les défenseurs d'une "sexualité infantine" ont pignon sur rue. 

 

 

En 1977, une tribune rédigée par Gabriel Matzneff paraît dans Le Monde. Soutenue par 69 personnalités – parmi lesquelles Simone de Beauvoir, Roland Barthes ou encore Jack Lang – elle appelle à supprimer toute notion de majorité sexuelle. "Dans les années 70 et 80, la littérature passait avant la morale", a justifié récemment Bernard Pivot, qui a reçu Gabriel Matzneff à plusieurs reprises sur le plateau d'"Apostrophes". Selon les historiens et les psychiatres interrogés par franceinfo, la notion de majorité sexuelle est une question clinique, bien plus qu'une question de "morale".

 

 

 

Une "libération sexuelle" manipulée 

"A cette époque, deux grands critères fixent les interdits sexuels dans le Code pénal, explique Jean Bérard, maître de conférences en histoire à l'Ecole normale supérieure Paris-Saclay. Il y a la question du consentement et celle de l'âge légal. Dans le mariage, le consentement est considéré comme acquis, on nie la notion de viol conjugal. Les mouvements féministes vont donc s'en saisir. Quant à la question de l'âge, elle est discriminante en fonction de l'orientation sexuelle : alors que la majorité sexuelle est fixée à 15 ans pour les relations hétérosexuelles, elle est de 21 ans pour les homosexuels." Des associations militent pour la fin de cette inégalité, et la majorité sexuelle pour les homosexuels sera abaissée à 18 ans en 1974, puis à 15 ans en 1982.

 

 

Une frange des militants va plus loin et veut complètement en finir avec la notion de majorité sexuelle. Ils défendent la possibilité de relations entre adultes et enfants selon le seul critère du consentement. Jean Bérard, maître de conférences en histoire à l'Ecole normale supérieure Paris-Saclay à franceinfo

 

 

Cette position, portée par une partie du milieu intellectuel de l'époque, est vivement critiquée au sein des communautés homosexuelles et féministes – et plus largement dans l'ensemble de la société – qui considèrent que la notion de consentement entre un enfant et un adulte est biaisée, puisqu'il y existe de facto un rapport de domination. "Cette brèche offre aux intellectuels comme Matzneff la possibilité d'assouvir leurs désirs et leurs pulsions en toute légalité, sous prétexte qu'un enfant peut être consentant", note Jean Bérard.

 

 

Pour l'historien, le mouvement pro-pédophilie n'est donc pas le reflet d'une époque, puisque l'héritage des années 70 vise au contraire à libérer la sexualité de la jeunesse de la domination des adultes. "Il s'agit d'une certaine élite, littéraire, intellectuelle, qui souhaite s'octroyer ces pratiques et qui s'appuie sur le mouvement de libération sexuelle de l'époque pour le faire." La tendance est telle que Libération offre, en janvier 1979, une tribune à Jacques Dugué, un homme alors en détention provisoire pour des relations sexuelles avec des mineurs et suspecté de proxénétisme. Il y fait l'apologie de la pédophilie, estimant qu'il faut arrêter de "considérer les enfants comme des demi-hommes, dépendants et irresponsables". 

 

 

 

Une relation asymétrique qui empêche un "consentement éclairé" 

Dans son livre, Vanessa Springora interroge : alors que des journaux de l'époque font la promotion de la pédophilie, pourquoi une fille, si jeune soit-elle, ne pourrait pas aimer qui elle veut ? Elle ne s'en cache pas d'ailleurs : elle a été séduite par Gabriel Matzneff, qu'elle rencontre lors d'un dîner mondain où elle se rend avec sa mère, et se dit rapidement "transie d'amour" pour l'auteur – malgré les mises en garde de sa mère. La journaliste Sophie Fontanel livre un témoignage similaire sur le site de L'Obs : "Je me souviens de Marc, un ami de mes parents. J'avais 12 ans et, lui… la cinquantaine. Je le trouvais irrésistible, une sorte de Gary Cooper, et j'aimais le respirer. Il m'adorait. Une fois, on faisait tous la sieste, étendus sous des arbres dans le sud de la France. J'ai roulé contre son dos pour le respirer avec encore plus d'insistance que d'habitude. Au milieu du sommeil de tous les autres, je ne sais pas ce que j'essayais, mais j'essayais."

 

 

Cette situation n'a rien d'anormal, selon le psychiatre Jean-Yves Hayez : "On ne peut pas exclure qu'il y ait, parfois, des consentements intergénérationnels, voire une sollicitation venant d'un jeune adolescent. Mais dans ce cas, c'est à l'adulte de remettre les choses à leur place." C'est de cette façon que s'est terminée l'histoire entre la jeune Sophie et Marc. "Il s'est défait de mon étreinte, s'est retourné et, avec une fermeté totale qui ne m'a pas échappé, m'a dit : 'Stop'. D'un simple mot, il m'a permis de grandir sans me perdre dans un dédale. C'est ça, un adulte", analyse, a posteriori, la journaliste.

 

 

C'est normal, au début de l'adolescence, d'éprouver du désir, voire des sentiments vis-à-vis d'un adulte. Marie-Rose Moro, pédopsychiatre à franceinfo

 

 

"Mais ce n'est en rien comparable à ce qu'il peut se passer entre deux personnes du même âge. A l'adolescence, on est en plein développement, on expérimente, on grandit, certaines choses peuvent nous échapper, ajoute la spécialiste. Lors du passage à l'acte, ce n'est pas le consentement qu'il faut chercher, mais le consentement éclairé. C'est-à-dire que tout le monde doit être au courant de ce qu'il se passe après." Dans une relation adulte-enfant, souligne la médecin, l'adulte a un ascendant, une emprise, qui joue en sa faveur. "Avoir l'aval d'un adulte, c'est quelque chose d'important pour un enfant ou un adolescent en construction. Si un 'grand' s'intéresse à lui, cela va flatter son besoin de reconnaissance affective. Par cela, il recherche un prolongement de l’amour parental." "Depuis [que son père] a disparu, je cherche désespérément à accrocher le regard des hommes", écrit Vanessa Springora à ce propos, plus de 30 ans après les faits. 

 

 

A contrario, dans ce type de relations, l'adulte ne cherche "qu'à satisfaire ses désirs sexuels. C'est là qu'est l'asymétrie de la relation, commente la pédopsychiatre. Il y a un effet de confusion entre ce que recherche l'enfant et ce que donne le prédateur, qui peut être gentil pour parvenir à ses fins." Et, lorsqu'il y a passage à l’acte, le malentendu est très grand.

 

 

 

Des conséquences dramatiques sur le développement de l’enfant

"Les violences sexuelles font partie des pires traumas, et la quasi-totalité des enfants victimes développeront des troubles psychotraumatiques. Ces traumas ne sont pas seulement psychologiques, mais aussi neurobiologiques avec des atteintes corticales et des altérations des circuits émotionnels et de la mémoire à l'origine d'une dissociation et d'une mémoire traumatique", décrit un rapport publié en 2015 par l'association Mémoire traumatique et victimologie.

 

 

Les conséquences sont lourdes, d'autant que la victime n'est pas toujours visible comme telle : "On associe souvent l'acte pédophile à des crimes perpétrés de manière très violente. Mais la plupart des pédophiles agissent au contraire avec subtilité. Ils font en sorte d'être appréciés par l'entourage de l'enfant et par l'enfant lui-même. Il est d'ailleurs pour cela très difficile de les repérer. Et les dénonciations des victimes souvent difficiles à entendre." Le mécanisme pédophile suit une "stratégie, une préméditation très sophistiquée" indique également, dès 1997, une enquête sur la pédophilie menée par un commissaire de police et un sociologue de l'Institut des hautes études de la sécurité intérieure. 

 

 

Ces jeunes victimes ne se rendent pas immédiatement compte de ce qu'elles ont subi, insiste Marie-Rose Moro. "Ce que je constate, c'est que les jeunes réalisent sur le tard ce qu'ils ont vécu. C'est une prise de conscience qui passe par plusieurs étapes. Entre temps, ils développent des troubles anxieux et des traumatismes." C'est d’ailleurs ce que Vanessa Springora raconte, en deuxième partie de son livre : dépression et crises psychotiques succèdent à l'emprise physique qu'entretenait Gabriel Matzneff sur elle. Il lui faudra un suivi psychanalytique pour finalement s'en sortir, des années plus tard. 

 

 

 

Pas de "crime pédophile" dans la loi française

Interrogée par L'Obs, l'auteure dit espérer "apporter une petite pierre à l'édifice qu'on est en train de construire autour des questions de domination et de consentement". La loi française sur le consentement des mineurs a évolué avec le temps. Il n'existe pas de "crime pédophile" dans le Code pénal, mais si la victime d'un viol ou d'une agression sexuelle a moins de 15 ans révolus, c'est une circonstance aggravante. Cependant, en 2018, deux affaires de relations sexuelles entre adultes et mineurs, âgés de 11 ans, déstabilisent les magistrats : ces relations se sont passées sans violence, ni surprise, ni contrainte. Il ne s'agit donc pas légalement de viol. Le gouvernement envisage alors d'inscrire un "âge du consentement sexuel" dans la loi, qui serait fixé à 13 ans. Tollé dans l'opinion publique. Depuis, cette question est laissée en suspens.

 

 

"En Belgique, il y a une disposition légale intéressante, expose le psychiatre Jean-Yves Hayez. A partir de 14 ans, on peut considérer une activité sexuelle consentie comme normale à condition qu'il n'y ait pas plus de cinq ans d'écart entre les personnes. Cette précision a été apportée afin de prévenir au mieux la fragilité du consentement d'un adolescent en construction." Si elle n’est pas inscrite aussi explicitement dans la loi, une disposition similaire existe en France : la différence d'âge entre deux individus peut constituer une contrainte morale. Mais aucun écart n'est précisé, et il revient aux magistrats et aux jurés de statuer.

 

 

"Evidemment, fixer un âge en deçà duquel une relation sexuelle avec un adulte est automatiquement considérée comme un viol permettrait de protéger les enfants et adolescents de ces traumatismes, estime de son côté la pédopsychiatre Marie-Rose Moro. Mais il y a toujours le danger que l'on réduise le consentement à cette limite d'âge, et que l'on considère que l'asservissement d'un adulte par un autre adulte n'est pas possible. C'est toute la notion de consentement elle-même qui mérite d'être révisée." 

 


06/01/2020
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Franceinfo - le lundi 30 décembre 2019

 

 

Big-Bang dans les charts et stars du streaming : comment le rap est devenu en dix ans "la première musique de France"

 

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Alice GalopinKocila MakdecheFrance Télévisions

 

 

Durant la décennie écoulée, le rap français a connu un envol stratosphérique, se propulsant directement en tête des classements. Décryptage d'une ascension parfaitement maîtrisée

 

 

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Durant la décennie 2009-2019, le rap français a connu un envol stratosphérique, se propulsant directement en tête des classements. (AWA SANE / FRANCEINFO)

 

 

 

Ils s'appellent Jul, Gims, Nekfeu, PNL ou encore Soprano. En cette fin d'année 2019, les rappeurs sont au sommet des ventes d'albums en France. Un véritable succès né dans les années 2010. Sur les dix artistes les plus écoutés de la décennie sur Spotify France, neuf sont des rappeurs francophones. 

 

 

Il est loin le temps où IAM affirmait "Je fais du rap et non de la variété". Aujourd'hui, le genre a conquis le grand public et est volontiers qualifié de "nouvelle variété française". Sur la décennie écoulée, il s'est imposé comme la première musique de l'Hexagone. Streaming, diversité, communication et folie des grandeurs... Franceinfo vous raconte comment le rap s'est envolé dans les charts français.

 

 

 

En décollant sur les plateformes de streaming

"J'vise plus le sommet", assurent les frères de PNL, dans leur tube Au DD, presque blasés par l'ampleur de leur succès fulgurant. Classé deuxième titre le plus écouté de la décennie sur Spotify France, leur single s'est hissé en tête des classements français, huit mois seulement après sa sortie, en avril dernier. Sur YouTube, les 130 millions de vues du clip, où les deux rappeurs évoluent sur les hauteurs de la Tour Eiffel, donnent le vertige et en font la vidéo la plus visionnée de l'année en France sur la plateforme.

 

 

 

 

 

 

Spotify, Deezer, YouTube... L'explosion du streaming dans les années 2010 a opéré une révolution pour la scène rap. Entre 2014 et 2018, le nombre de streams audio annuels a quasiment été multiplié par cinq, passant de 12 à 57,5 milliards, selon le Syndicat national de l'édition phonographique (Snep). Au point de pousser l'organisme, chargé de certifier les albums et les titres, à inclure en 2016 le streaming dans ses classements des meilleures ventes. La décision provoque un Big-Bang. "Tout d'un coup, la variété française a été laminée. On s'est retrouvé avec PNL dans les meilleures écoutes du mois", analyse Sophian Fanen, journaliste chez Les Jours et auteur de Boulevard du stream (ed. Castor Astral, 2017). 

 

 

On s'est aperçu que les 13-25 ans n'écoutent pas Arcade Fire, ils écoutent Jul. Sophian Fanen à franceinfo

 

 

"Le rap, c'est la musique des jeunes", poursuit le journaliste. Et cette génération, qui n'a pas connu l'âge d'or du CD, écoute principalement de la musique en streaming. En mai 2019, 72% des 16-24 ans ont déclaré avoir écouté de la musique en streaming au cours des six derniers mois, contre 44% pour l'ensemble des Français. Profitant de cet alignement des planètes, les artistes rap se sont envolés vers les sommets des écoutes en ligne. 

 

 

Pour Sophian Fanen, ce n'est pas la première fois qu'un courant musical bénéficie des transformations technologiques. Dans une série d'articles publiés sur Les Jours (article abonnés), le journaliste dresse un parallèle entre le succès des yéyés dans les années 1960 et celui des rappeurs au cours de la décennie passée. Les premiers ont profité de l'arrivée du transistor portable et du 45 tours, les seconds du streaming audio et vidéo.

 

 

 

En donnant naissance à une galaxie de sous-genres

Pour les rappeurs, ces nouveaux moyens d'écoute ont profondément changé la donne. "Avec le streaming, on sort du carcan calibré pour la radio", constate Amadou Ba, rédacteur en chef et cofondateur du média spécialisé Booska-P. Désormais, un nombre croissant de rappeurs à succès s'autoproduisent et distribuent leurs albums directement aux plateformes de streaming. "On s'émancipe du système pyramidal des maisons de disques", abonde Olivier Cachin, journaliste et expert hexagonal du rap. A l'image de Jul, symbole de la réussite indépendante, qui fanfaronne : "Disque d'or en trois jours, j'réalise pas, j'crois pas que les maisons de disques kiffent ça."

 

 

De quoi laisser plus de place à la liberté artistique. Après des années 2000 où les productions étaient plus homogènes, le rap des années 2010 englobe à la fois les chansons festives d'Aya Nakamura ou Vegedream, les mélodies sombres de Damso et les sons plus agressifs de Kaaris, Booba et Gradur. Loin de NTM qui scandait la "varièt' nous prend la tête" en 1993, les artistes de cette nouvelle génération flirtent désormais avec des genres plus commerciaux, à l'instar de la pop de Lomepal ou de la chanson française chez Gims. "Ces dernières années, il y a eu une décomplexion du rap français, avec plus de chant à l'autotune. Les rappeurs ont osé la mélodie plus que le texte, et c'est pour ça que c'est devenu accessible au grand public", résume Olivier Cachin.

 

 

 

 

 

 

"Cette grande diversité de rap est récente. C'est parce que le style a grandi et mûri", se réjouit quant à lui Amadou Ba. Mûri au point de devenir une musique qui séduit au-delà des jeunes. Un artiste comme "Niska a brisé la barrière générationnelle car il est aussi écouté par des trentenaires et des quadragénaires", illustre Sophian Fanen.

 

 

Reste que, dans cet univers aux mille planètes, les artistes féminines sont encore peu nombreuses à jouir de la même notoriété que leurs homologues masculins. A part la Belge Shay et la Suisse Chilla, rares sont les rappeuses à briller comme leurs homologues masculins sur les plateformes de streaming. C'est sans compter la supernova Aya Nakamura qui, à elle seule, a dépassé le milliard de vues sur Youtube. 

 

 

 

En sortant de l'orbite des médias

"On ne passe pas dans leurs radios, on fera le tour, c'est pas grave", chantait NTM en 1998 dans On est encore là. Vingt ans plus tard, les rappeurs de la génération Z ont accompli la prophétie édictée par leurs aînés : désormais forts de leurs performances stratosphériques sur les plateformes de streaming, ils ont tourné le dos aux médias généralistes.

 

 

"A l'époque, sans passage radio, vous étiez 'mort dans le film', se rappelle Olivier Cachin. Aujourd'hui, ils n'ont plus besoin de couverture médiatique, les réseaux sociaux ont fait d'eux des stars."

 

 

C'est un fascinant mélange d''undergroundisme' et de 'grand-publiquisme'.Olivier Cachin à franceinfo

 

 

Sur Instagram, Niska est suivi par 3 millions d'utilisateurs et Booba par 4,5 millions. C'est trois fois plus qu'Emmanuel Macron et son million et demi d'abonnés. Dans ce nouveau monde, le "silence radio" est même devenu une stratégie de communication. Sur Facebook, Jul, un des plus gros vendeurs de disques de France avec plus de trente disques d'or et de platine, échange quotidiennement avec "La Team Jul", qui réunit plus d'un million de fans. Pourtant, décrocher une interview du Marseillais nécessite "des mois de patience et de nombreuses négociations avec son entourage", raconte Libération

 

 

Quant à PNL, ce sont des bus entiers de journalistes – dont ceux de franceinfo.fr – qui se sont cassé les dents en tentant de les rencontrer. "F*** vos interviews, j'aurais pu passer dans vos reportages de chien", tranchent les deux frères dans Tu sais pas, titre où ils racontent, avec leur spleen habituel, leur passé de vendeurs de drogues. Ils snobent même "Planète Rap", l'émission phare de Skyrock, en envoyant un singe dans le studio pour les représenter. 

 

 

 

 

 

 

"Une révolution de pensée", selon Laurent Bouneau, directeur général des programmes de Skyrock. "Avant, pour vendre des disques, il fallait sans cesse séduire de nouveaux auditeurs. Et pour ça, ils avaient besoin des médias, explique le quinquagénaire, qui fait depuis 24 ans la pluie et le beau temps dans le rap français. Avec le streaming, on ne compte plus en nombre de disques vendus, mais en nombre d'écoutes. Les rappeurs peuvent désormais s'appuyer sur un noyau dur de fans, avec qui ils sont en relation directe sur les réseaux sociaux, qui vont écouter leurs titres en boucle."

 

 

 

En osant viser la lune

Il semble lointain le temps des petits concerts dans les MJC, tant les rappeurs squattent les affiches des festivals et des grosses salles de spectacle. Vald, Lomepal, Jul… Au mois de novembre 2019, sept des onze concerts de l'AccorHotels Arena, à Paris, étaient assurés par des artistes de musique urbaine. De leur côté, les Rennais de Columbine et le Belge Roméo Elvis étaient programmés dans pas moins de quatorze festivals cet été

 

 

Quand il s'agit d'annoncer un concert ou une sortie d'album, les rappeurs font les choses en grand. En juin, Nekfeu a couplé la sortie de son album Les Étoiles vagabondes avec celle d'un film-documentaire retraçant la conception du disque. Un coup de com' qui fait l'effet d'une bombe : 100 000 personnes, réparties dans deux cents salles, assistent à cette unique projection.

 

 

 

 

 

 

Fin novembre, c'est PNL qui a créé la surprise en installant des "capsules spatiales" à Nice, Toulouse, Lille, Strasbourg, Nîmes et Paris. Le but : permettre à leurs fans d'acheter en pré-vente des places pour leur future tournée en scannant un QR-code.

 

 

"On est face à des artistes qui investissent pour créer l'événement. Ils ont de l'ambition et savent faire le show", analyse Olivier Cachin, citant notamment le clip des deux rappeurs de Corbeil-Essonnes au sommet de la Tour Eiffel. "C'était une image très forte, qui a eu une grande résonance dans le monde", enchaîne Amadou Ba, le rédacteur en chef de Booska-P.

 

 

 

Pour Laurent Bouneau, le rap est la seule musique française qui a la capacité de s'exporter à l'international : "Evidemment, il y a eu Daft Punk, mais rien n'indique qu'ils sont français dans leur musique. A l'inverse, le rap français s'exporte dans tout le monde francophone, en Afrique du Nord et de l'Ouest, et même dans le reste du monde. Dans les boîtes de Dubaï, c'est sur du Vegedream ou du Aya Nakamura que les Saoudiens viennent s'encanailler." Si le rap est devenu la première musique de France, il deviendra peut-être aussi la première musique dans la langue de Molière à cartonner à l'étranger. 

 


30/12/2019
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Franceinfo - le jeudi 19 décembre 2019

 

 

Le chanteur Alain Barrière, connu pour les tubes "Ma vie" et "Elle était si jolie", est mort à l'âge de 84 ans

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

"Cathy", "Tu t'en vas", c'était aussi lui. Celui qui a interprété plusieurs tubes au début des années 1960 s'est éteint mercredi soir à Carnac

 

 

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Le chanteur Alain Barrière sur la scène de l'Olympia, le 16 octobre 1974. (AFP)

 

 

 

Dans les années 60, il s'est fait connaître pour des tubes comme Ma vie ou Elle était si jolie. Le chanteur Alain Barrière est mort à l'âge de 84 ans, a annoncé à l'AFP son agent Fabien Lecœuvre, mercredi 18 décembre dans la soirée. 

 

 

Déjà victime de plusieurs accidents vasculaires cérébraux ces dernières années, Alain Barrière en a subi un autre avant le décès de sa femme, début décembre. Il est mort mercredi soir à Carnac (Morbihan), des suites d'un arrêt cardiaque, a précisé Fabien Lecœuvre. Le chanteur avait déjà dû renoncer à la scène en 2011 (il devait notamment passer au Palais des Congrès de Paris) après deux AVC. Depuis, affaibli, il luttait contre la maladie.

 

 

 

Des problèmes avec le fisc

Servi par une voix charmeuse aux résonances profondes et un sourire à la Cary Grant, il interpréta des chansons aux mélodies agréables, mélanges de poésie aux mots simples et de révolte romantique, fredonnées, pour quelques-unes, de génération en génération.

 

 

Promu vedette en 1964 après Ma vie, une complainte tourmentée qui reste son titre le plus célèbre, le chanteur populaire connaît rapidement un passage à vide et tentera jusqu'à la fin des années 1980 plusieurs retours.

 

 

Durant vingt ans, Alain Barrière a été poursuivi par de lourdes difficultés financières, après la construction coûteuse d'un complexe hôtelier-discothèque à Carnac déclaré en faillite.

 

 

Ecrasé par les dettes, révolté par les rappels d'impôts, le chanteur, dépressif, déclarait en 1989 : "J'ai vécu l'enfer. Ils ont foutu ma carrière en l'air. Ou je règle le problème avec le fisc ou je me fous en l'air". Cette bataille homérique a trouvé son épilogue en 1998. Après des exils successifs aux Etats-unis et au Canada, il n'était revenu définitivement en France que dans les années 90, où il avait tenté de se relancer.

 

 

 

Remarqué dans un concours de chanson

Alain Barrière, de son vrai nom Bellec, était né le 18 novembre 1935 à La Trinité-sur-Mer (Morbihan), dans une famille de mareyeurs bretons. Ingénieur diplômé des Arts et métiers en 1955, il travaille un an chez Kléber-Colombes, avant de préférer la guitare et la poésie.

 

 

Au début des années 60, le patron de l'Olympia, Bruno Coquatrix, le remarque à un concours de chanson où il apparaît avec un pseudo, Alain Barrière. Sa carrière explose en 1963, avec Elle était si jolie, qui représente la France au concours de l'Eurovision. L'année suivante, paraît son premier album, Ma vie, et il passe en vedette à l'Olympia.

 

 

 

 

 

 

Mais Alain Barrière, têtu et peu maniable, agacé par le show-biz, crée sa propre maison de production et achète un vieux moulin dans les environs de Mantes (Yvelines), où il vivra en retrait pendant quelques années.

 

 

Il retrouve toutefois un temps le succès avec la chanson Tu t'en vas (1975), interprétée en duo avec Noëlle Cordier, qui se vend à un million d'exemplaires. Dénonçant le harcèlement du fisc, il part s'installer en 1977 à Los Angeles avec sa famille, revient en France en 1981, enregistre deux albums qui n'ont pas le succès escompté, s'exile à nouveau au Québec.

 

 

Rentré en France, il publie en 1998 simultanément deux albums, l'un consacré à ses grands succès (30 années en chansons, ma vie), l'autre de nouveautés (Barrière 97). Retiré dans sa Bretagne natale, il publie en 2006 son autobiographie, Ma Vie, et retrouve l'Olympia en 2007. En 2010, paraît un best of avec 53 titres. Mais ces tentatives de retour sont brisées net l'année suivant par ses ennuis de santé.

 


19/12/2019
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Franceinfo - le mercredi 18 décembre 2019

 

 

"Star Wars : L'Ascension de Skywalker" : un épisode pour boucler une saga de plus de 40 ans

 

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franceinfoBaptiste SchweitzerRadio France

 

 

 

L'ascension de Skywalker, 9e épisode de la saga Star Wars sort mercredi 18 décembre sur les écrans en France. Il s'agit de l'ultime épisode de la saga Skywalker qui a débuté. Présentation de ce film, garantie sans divulgachage

 

 

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Un combat oppose Kylo Ren, interprété par Adam Driver, à Rey, jouée par Daisy Ridley. (2019 Lucasfilm. Ltd. & TM. All Rights Reserved.)

 

 

 

L'ambition de Star Wars : l'Ascension de Skywalker, neuvième épisode de la saga est simple : boucler la troisième trilogie, débutée en 2015 mais surtout clore toute l'épopée des Skywalker commencée en 1977. 42 ans et 9 films principaux, complétés par deux histoires parallèles, nés de l'imagination de George Lucas.

 

 

Le créateur de l'univers, George Lucas n'est plus à la manœuvre, après avoir revendu la franchise à Disney en 2012 pour 4 milliards de dollars. C'est de nouveau J.J. Abrams qui se retrouve derrière la caméra, lui qui avait relancé la série en 2015.

 

 

 

 

 

 

Grosses ficelles et décors éblouissants

Et comme pour l'épisode 7, J.J. Abrams fait ce qu'il sait faire de mieux : de l'action pendant 2h20. Des batailles spatiales succèdent à des courses poursuites dans le désert, à des échanges de tirs et évidemment à des combats au sabre-laser. Le tout se déroulant dans des décors à couper le souffle. Chaque planète visitée par les héros éblouit le spectateur, les créatures et robots, véritables signatures de l'univers, ne manquent pas à l'appel.

 

 

Si la première partie du film semble par moment fouillis, la faute à de grosses ficelles scénaristiques, la deuxième s'avère beaucoup plus profonde et émouvante. L'intrigue termine les arcs narratifs des nouveaux personnages découverts en 2015 avec Rey, Jedi mystérieuse ou Kylo Ren, méchant contrarié magistralement interprété par Adam Driver.

 

 

Des personnages des anciennes trilogies sont également là. La présence de la princesse Leia arrachera sans doute des larmes aux spectateurs. Carrie Fisher, adulée par les fans et morte avant le tournage reprend vie grâce à des plans tournés pour l'épisode 7 et jamais utilisés. L'illusion est totale et l'émotion présente.

 

 

 

Adieu émouvant à tous les héros

Le film n'évite toutefois pas les facilités, fait aussi face à quelques incohérences en raison notamment de l'abus de clins d'oeil aux fans. Ce nouvel opus semble aussi effacer en grande partie les idées développées dans l'épisode 8 Les derniers Jedi. Réalisé par Ryan Johnson et sorti fin 2017, il avait divisé la communauté, de nombreux spectateurs lui reprochant de ne pas respecter le mythe. J.J. Abrams semble donc leur donner raison.

 

 

Ce qu'il n'oublie pas non plus, c'est qu'un Star Wars est, pour les adultes qui ont grandi avec, un retour vers les émotions d'enfances et pour les plus jeunes générations la promesse d'une aventure grandiose. En ce sens il réussit son pari en offrant un adieu émouvant à tous ces héros.

 

 

Si la saga des Skywalker s'achève, ce n'est pourtant pas la fin de la Guerre des étoiles. Disney n'entend pas se séparer de cette poule aux œufs d'or. Une série diffusée sur Disney+, sa plate-forme de streaming qui arrivera en France fin mars,  est proposée en ce moment. Et le patron de Disney, Bob Iger, a déjà annoncé une nouvelle trilogie qui doit débuter en 2022.Trois films qui ne parleront plus des Skywalker mais qui se dérouleront toujours il y a bien longtemps dans une galaxie lointaine très lointaine.

 


18/12/2019
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Franceinfo - le mercredi 18 décembre 2019

 

 

"Star Wars" pour les nuls : on vous donne les clés pour tout comprendre à "L'Ascension de Skywalker"

 

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Jules BoudierRédaction CultureFrance Télévisions
 

 

 

A l'occasion de la sortie du dernier opus de la saga, retour sur quelques notions essentielles pour comprendre l'univers parfois compliqué de George Lucas. Avec, en prime, un petit résumé du dernier épisode pour se rafraîchir la mémoire

 

 

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Scène de Star Wars, épisode VIII : Les Derniers Jedi (LUCASFILM)

 

 

 

Comprendre comment marche le Sénat intergalactique, pourquoi Anakin Skywalker est devenu Dark Vador, l'organisation de l'ordre des Jedi, qu'est-ce qu'un clone, un droïde ou un Sith... Bref, le macrocosme de Star Wars n'est pas chose facile à digérer. Surtout qu'il s'étend aussi dans des films parallèles (Rogue One, Han Solo, etc.), des séries, des jeux vidéos, des bandes-dessinées, et surtout l'imaginaire collectif des fans sur le net. 

 

 

>> "Star Wars : l'Ascension de Skywalker": J.J. Abrams clôt la mythique saga sans faire d'étincelle

 

 

Pour être incollable, façon maître Yoda, sur la galaxie fort, fort lointaine, il faut se lever de bonne heure et fréquenter les inombrables forums et conventions de fans. Mais en tant que profane, on peut (assez) facilement s'immerger dans cet univers avec quelques concepts clés maîtrisés. C'est parti.

 

 

 

La famille Skywalker

Véritable fil rouge de la saga, la lignée Skywalker regroupe Anakin Skywalker alias Dark Vador, la princesse Leïa, Luke Skywalker, Kylo Ren et autres personnages centraux. Elle comprend des esclaves, des maîtres Jedi, des reines, des princesses, des grands gentils et des grands méchants. En connaître toutes les intrigues amoureuses, politiques ou familiales demanderait un livre à part entière. Pour faire simple, voici la généalogie (presque) complète de la famille, à imprimer et à afficher chez soi.

 

 

La généalogie des Skywalker.

La généalogie des Skywalker. (LUCAS FILM/WALT DISNEY PICTURES LUCASFILM/COLLECTION CHRISTOPHEL/ARCHIVE 7EME ART/PHOTO12)


 

L'Ascension Skywalker, qui clôt la troisième trilogie, est censé mettre un terme à cette lignée, ouvrant la porte à une nouvelle épopée Star Wars avec des personnages entièrement renouvelés. De nouveaux films ont été annoncés par Disney, propriétaires de la franchise. Ils seront supervisés par le réalisateur américain Rian Johnson et sont attendus à partir de 2022.

 

 

 

La Force

"Que la Force soit avec toi !", une formule de politesse entrée à jamais dans le panthéon de la science-fiction. La Force, ce champ énergétique mystérieux, gouverne la galaxie Star Wars, pour le meilleur et pour le pire. Seuls quelques personnages y sont sensibles, puisqu'ils possèdent en eux une grande quantité de midi-chloriens, ces micro-organismes qui permettent à leur hôte de se connecter à la Force.

 

 

 

 

 

Être sensible à la Force, c'est la classe ultime pour les habitants de la galaxie. Elle permet de maîtriser des objets à distance, de décupler ses facultés sensorielles, d'anticiper des tirs pour les dévier avec son sabre laser ou encore de maîtriser les pensées d'autrui. L'univers Star Wars est rythmé par l'affrontement manichéen permanent entre le Côté Lumineux et le Côté Obscur de la Force. D'un côté, on retrouve les Jedi et tout les partisans du don de soi à autrui. Du "bien", quoi. De l'autre, les méchants Siths et tout ceux qui utilisent la Force pour leurs fins personnels, mûs par la haine et l'ambition.

 

 

 

Les Jedi

Guerriers-philosophes, sortes de samouraïs de l'espace, les maîtres Jedi et leurs apprentis (les "padawans") sont les gardiens de la galaxie et de l'équilibre de la Force. Leur ordre est fondé plus de mille ans avant le début des événements de la saga, sur la planète Ahch-To (celle qui voit mourir Luke Skywalker à la fin de Les Derniers Jedi), et participe à tous les grands événements qui ont rythmé la galaxie. Leur arme de prédilection : le sabre laser, qu'il soit bleu ou vert, arme emblématique de la saga Star Wars dont le maniement est considéré comme un art.

 

 

 

 

 

Parmi les plus célèbres, on trouve Maître Yoda, Obi-Wan Kenobi, Qui-Gon Jinn, Maître Windu, entre autres. Très puissants jusqu'à l'épisode III, La Revanche des Siths, ils sont pratiquement décimés à la fin de celui-ci. Seul une poignée d'entre eux survivront à ce massacre, dont les maîtres Yoda et Obi-Wan, que l'on retrouvera ensuite dans l'épisode IV. Luke Skywalker sera alors formé par Yoda mais sa tentative de restaurer l'Ordre échouera lorsque son neveu et plus brillant élève, Ben Solo, passera du Côté Obscur. A ce stade de la saga, le seul espoir des Jedi reste Rey, personnage principal de la nouvelle trilogie formée à l'art du sabre laser par Luke en personne.

 

 

 

La situation actuelle, après Les Derniers Jedi

Au début de l'épisode VIII, la guerre fait toujours rage entre le leader suprême Snoke et son Premier ordre, et la Résistance, menée par la princesse Leia. Ben Solo alias Kylo Ren, en plein dilemne depuis qu'il a tué son propre père, se retourne contre Snoke et le tranche en deux avec son sabre laser. Mais Rey, qui tentait de le ramener vers le Côté Lumineux de la Force, déchante vite, puisque Kylo prend la place de Snoke à la tête du Premier ordre et devient plus cruel que jamais. 

 

 

 

 

 

 

La situation semble désespérée pour la Resistance face à la puissance du Premier Ordre, à présent dirigé par Kylo Ren. Après la bataille de Crait, qui a vu s'affronter Kylo et son oncle Luke Skywalker, ce dernier est mort, et les survivants de la Résistance se sont enfuis à bord du Faucon Millenium. Mais Leia a pu envoyer un dernier message de détresse à ses alliés avant la bataille. Alliés qui joueront sûrement un rôle central dans le prochain épisode pour vaincre (ou pas) le Premier ordre. A ce stade, les derniers personnages importants vivants sont le stromtrooper repenti Finn, la nouvelle Jedi Rey, le pilote de chasse Poe, la princesse Leia, l'éternel Chewbacca et bien sûr Kylo Ren, qui sera l'homme à abattre dans l'épisode IX.

 

 

 

L\'affiche de \"Star Wars : l\'Ascension de Skywalker de J. J. Abrams. 

L'affiche de "Star Wars : l'Ascension de Skywalker de J. J. Abrams.  (THE WALT DISNEY COMPANY FRANCE)


18/12/2019
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Franceinfo - le dimanche 15 décembre 2019

 

 

Star Wars : le crépuscule d'une saga pour des générations de fans

 

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France 2France Télévisions

 

 

 

L'ultime volet de la saga "Star Wars" sortira dans les salles mercredi 18 décembre. Après plus de quarante ans, cette saga est sur le point de tirer sa révérence. Les fans sont d'ores et déjà nostalgiques

 

 

 

À chaque nouveau Star Wars, c'est le même rituel. Les fans américains font la queue pendant des jours pour avoir les meilleures places dans la salle de cinéma. Jusqu'à une semaine de camping pour certains. Le plaisir est dans l'attente. "Quand on s'est installés, on a réalisé qu'il ne restait que sept jours avant la sortie, c'est un peu triste", témoigne une fan. Luke Skywalker, Obi-Wan Kenobi, la princesse Leia et Han Solo, ces personnages ont fait rêver des dizaines de millions de spectateurs dans le monde pendant 42 ans.

 

 

 

Une longévité exceptionnelle

Mercredi 18 décembre, le nouveau Star Wars clôturera l'histoire de la famille Skywalker et le destin de la jeune Rey. Une époque qui s'achève aussi pour les comédiens, comme Anthony Daniels qui portait le costume de C-3PO depuis 1977. "C'était difficile pour moi la première fois, quand le film est sorti. La production ne voulait pas dire que sous le costume de C-3PO, il y avait un homme. Il fallait que le public croie que le robot était réel", explique le comédien. Disney a racheté Star Wars pour quatre milliards de dollars à George Lucas. 

 

 

Star Wars, épisode IX : L'Ascension de Skywalker sortira en salles mercredi 18 décembre.

 


15/12/2019
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