L'AIR DU TEMPS

L'AIR DU TEMPS

PEOPLE


Franceinfo - le samedi 9 novembre 2019

 

 

La carte de France de cet étudiant, entièrement dessinée à l'encre de Chine, captive les internautes

 

avatar

franceinfoFrance Télévisions

 

 

Son travail, publié étape par étape sur Twitter, a cumulé plusieurs dizaines de milliers de retweets

 

 

20393639

 

Pablo, étudiant de 19 ans, a réalisé une carte de France à l'encre de Chine qui a suscité l'admiration sur Twitter.  (CAPTURE ECRAN TWITTER)

 

 

 

Il lui aura fallu 2 heures par soir, pendant quinze jours, pour réaliser une carte de France à la plume et à l'encre de Chine dont la finesse et la précision ont fait mouche auprès des internautes. Beaucoup lui ont demandé de commercialiser sa carte, ce qu'il devrait faire, selon le site Actu.fr.  

 

 

Fin octobre, Pablo, un étudiant de 19 ans, s'est lancé dans la réalisation des 101 départements français. Sur un format A3 – soit 29,7 centimètres sur 42 –, il représente chaque ville et village par un monument connu. Dès ses premiers coups de plume, il partage son travail sur Twitter. A sa grande surprise, ce passionné de dessin cumule rapidement plusieurs dizaines de milliers de retweets. 

 

 

 

PabloR@RaisonPablo
 

Je ferais la région parisienne en dernier (ce sera le plus compliqué) , mais pour l'instant on en est là

Voir l'image sur Twitter
15,8 k personnes parlent à ce sujet
 
 

"J’ai commencé par dessiner la Bretagne, c’est peut-être pour ça que les gens ont partagé, ils aiment leur région. Très vite, j’ai eu beaucoup de messages, des gens qui voulaient voir apparaître leur village", raconte-t-il à Actu.fr.

 

 

 

Quelques frayeurs heureusement rattrapées 

Il réalise sa carte, région par région, avec une méthode bien définie. 

 

 

Je commence toujours par les grosses villes, entre les grosses communes je regarde sur Google Maps les villages qui semblent marquants.Pablo, 19 ans à l'Actu.fr

 

 

"Je fais ensuite mes recherches pour trouver des églises, des châteaux, ou des bâtiments à l’architecture originale. À Saint-Étienne (Loire) par exemple, j’ai choisi de dessiner une mine pour représenter la ville. À Millau (Aveyron), j’ai choisi le viaduc", explique cet étudiant en deuxième année à l'Ecole européenne supérieure de l'image (EESI) d'Angoulême, au site d'actualité. 

 

 

 

PabloR@RaisonPablo
 

Voilà l'île de France,  comme vous pouvez le voir, c'est très serré, très compliqué de repartir autant de ville dans un si petit espace.

Voir l'image sur TwitterVoir l'image sur Twitter
19,5 k personnes parlent à ce sujet
 
 

Pablo a terminé sa carte par l'Ile-de-France et les départements d'outre-mer. Il s'est fait une grosse frayeur en faisant tomber une grosse goutte d'encre sur sa feuille "mais heureusement elle a atterri dans la mer !", explique-t-il. "Certaines, plus petites, ont pu être rattrapées avec du blanco. J'ai beaucoup travaillé sur ce projet, parfois j'étais fatigué. Par exemple, à la place de Toulouse j'ai écrit Montpellier, le blanco m'a encore sauvé…", précise-t-il au site Actu.fr. 

 

 

Son futur projet ? "J’aimerais faire une vue aérienne de tout Paris, avec tous les monuments phares réunis sur une seule feuille de 50 cm sur 65 cm", annonce-t-il au Huffington Post.

 


09/11/2019
0 Poster un commentaire

Franceinfo - le 28 août 2019 - mis à jour le 04.11.19

 

 

"Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même façon" : la critique du roman envoûtant de Jean-Paul Dubois qui décroche le Goncourt

 

 

avatar
Carine Azzopardi franceinfo CultureRédaction CultureFrance Télévisions
 

 

 

Le magnifique roman désillusionné de Jean-Paul Dubois obtient le très convoité Goncourt 2019

 

 

19943543

 

Jean-Paul Dubois (2011) (ULF ANDERSEN / AURIMAGES / ULF ANDERSEN)

 

 

 

Après La Succession, qui avait connu un vif succès en 2016, Jean-Paul Dubois nous livre Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même façon, aux éditions de l’Olivier (paru le 14 Août 2019 en librairie). 

 

 

L’histoire : Paul Hansen est incarcéré dans une prison montréalaise pour un crime que l’on ignore. Le temps s’y écoule misérablement, dans les six mètres carrés qu’il partage avec un mastodonte des Hells Angels qui propose systématiquement en cas de problème de "couper son interlocuteur en deux".

 

 

Protégé par ce taulard craint, Paul peut donner librement accès à ses rêveries d’évasion silencieuse en compagnie de ses absents, dont l’évocation nous fait vite comprendre que l’homme a tout perdu : "La prison sommeille, les gardiens et les détenus dorment, il n’y a que moi qui veille avec à mes côtés Winona, Nouk et le pasteur. Je les ai attendus le temps qu’il a fallu. Maintenant ils sont là. Mes yeux sont grands ouverts. J’ai tant de choses à leur dire. Leur compagnie est, et sera, tout ce qui me reste." Pendant ce temps, son compagnon de cellule l’accompagne de ses sentences définitives et malicieuses : "La vie, c’est comme les canassons, fils : si elle t’éjecte, tu fermes ta gueule et tu lui remontes dessus tout de suite."

 

 

 

Un tissage "arachnéen"

Comme ces "doigts arachnéens tissant d’infinies toiles", l’écrivain retricote en forme d’autobiographie les hasards de la vie de son héros, entre le Danemark natal de son pasteur de père, la ville rose de sa soixante-huitarde de mère, et le Canada algonquin de la femme de sa vie. Pour finir à L’Excelsior, un immeuble d’une soixantaine de résidents au crépuscule de leur vie : "Ils vieillissaient. Tous n’en mourraient pas, mais tous étaient atteints." 

 

 

De rupture en rupture, il nous amène implacablement vers le point de non-retour, celui qui fait tout basculer, et vers lequel on voit marcher notre héros en ayant envie de le retenir par la main : "Je ne le savais pas encore, mais dès le début de cette année-là, pour moi, le compte à rebours avait été enclenché ».

 

 

 

Inspiré par ses maîtres

A chaque publication ou presque, il jure qu’on ne l’y reprendra pas. Jean-Paul Dubois, ancien grand reporter et écrivain prolifique, a fort raison de ne pas respecter ses promesses. Cette dernière fresque exhale les grands espaces de son maître John Updike, et évoque l’esprit d’autres figures de la littérature américaine qu’affectionne l’auteur (John Fante, Cormac McCarthy, Charles Bukowski, Jim Harrison), et qui hantent ces pages.

 

 

Jean-Paul Dubois a déjà obtenu le prix France Télévisions pour Kennedy et moi, le prix Femina et le prix du roman Fnac pour Une vie française. Son dernier roman, tendrement désespéré, nous laisse une douce impression de charme immarcescible.

 

 

 

Couverture du livre de Jean-Paul Dubois.

Couverture du livre de Jean-Paul Dubois. (Editions de l'Olivier)


 

Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même façon, Jean-Paul Dubois, Ed. de l’Olivier, 256 p., 19€, en librairie le 14 Août 2019  

 

 

Extrait : "L’idée de vivre dans une ville ouatée d’amiante, poudrée par le poison, guettée par l’abestose, ne me préoccupait pas plus que les autres résidents de Thetford Mines qui naissaient, grandissaient, apprenaient, flirtaient, baisaient, se mariaient, s’assuraient, travaillaient, divorçaient, socialisaient, rebaisaient, vieillissaient, toussaient, et mourraient entre les monts et cratères, les terrils et les fosses".

 


04/11/2019
0 Poster un commentaire

Franceinfo - le dimanche 3 novembre 2019

 

 

L'actrice et chanteuse Marie Laforêt est morte à l'âge de 80 ans

 

avatar
franceinfoFrance Télévisions

 

 

Surnommée "la fille aux yeux d'or" (en fait, ils étaient jaunes-verts), elle a joué dans 35 films et vendu plus de 35 millions d'albums, au long d'une existence bien peu rectiligne.

 

 

20351175

 

L'actrice et chanteuse Marie Laforêt, au théâtre des Bouffes Parisiens, à Paris, le 12 septembre 2005. (JOEL ROBINE / AFP)

 

 

 

Marie Laforêt s'est éteinte en Suisse, où elle résidait depuis de nombreuses années. Dimanche 3 novembre, la famille de l'actrice et chanteuse française, interprète notamment des Vendanges de l'amour ou de Viens, viens, a annoncé sa mort, à l'âge de 80 ans. 

 

 

Maïténa Doumenach, son vrai nom, naît le 5 octobre 1939 à Soulac-sur-Mer (Gironde). A l'âge de 3 ans, dira-t-elle 35 ans plus tard, elle est violée par un voisin : "impossible d'en parler pendant des décennies".  "Sans ce viol, soulignera-t-elle, je n'aurais pas fait un métier public qui allait à l'encontre de ma timidité naturelle. J'ai choisi un métier exutoire". Jeune fille, elle est attirée par le couvent mais se passionne pour le théâtre au lycée, à Paris, puis remporte un concours d'actrice, organisé par Europe 1, en 1959.

 

FRANCE 2
 
 

 

 

Elle tourne avec Lautner, Verneuil, Chabrol, Mocky... 

Marie Laforêt avait tourné avec de nombreux réalisateurs : René Clément (Plein soleil), Jean-Gabriel Albicocco (La fille aux yeux d'or), Georges Lautner (Joyeuses Pâques, Flic ou voyou), Henri Verneuil (Les morfalous), Edouard Molinaro (La chasse à l'homme), Gérard Mordillat (nominée pour le César du meilleur second rôle féminin pour Fucking Fernand), Fernando Solanas (Tangos, l'exil de Gardel, prix du jury 1985 à Venise). Elle a aussi été dirigée par Chabrol, Granier-Deferre, Deville, Mocky.

 

 

 

 

 

 

"Je n'ai pas une voix, j'ai un timbre"

En 1963,  elle sort son premier 45 tours : Les vendanges de l'amour, écrit par Danyel Gérard. C'est le succès et les tubes vont s'enchaîner : Ivan, Boris et moi, Il a neigé sur Yesterday (chanson-hommage aux Beatles), Viens sur la montagne, Marie douceur, Marie colère, Que calor la vida...

 

 

Tout en se tenant à l'écart du show-biz, elle remplit l'Olympia en 1969, tourne dans le monde entier. "Je n'ai pas une voix, j'ai un timbre", notait-elle pourtant, minimisant son talent personnel et ajoutant, comme pour bien montrer qu'elle n'était dupe de rien, ne pas "avoir honte de faire ce que je fais : interpréter au premier degré des chansons populaires".

 

 

 

 

 

 

L'art et le théâtre 

En 1972, elle décide de ne plus chanter sur scène. Il y aura encore en 1993 l'album Reconnaissances (dont elle signe tous les textes). Petit à petit, elle renonce aux enregistrements, privilégie l'écriture (elle écrit ses propres chansons mais aussi un livre remarqué : Contes et légendes de ma vie privée), s'installe à Genève (elle aura la double nationalité franco-suisse) où elle tient une galerie d'art. En 1994, elle publie une compilation de ses chansons en quatre volumes, parcourant ses 30 ans de carrière.

 

 

Elle fait aussi du théâtre : en 2000, elle interprète une bouleversante Maria Callas (nominée aux Molières). Elle s'est mariée cinq fois, a eu trois enfants avec Judas Azuelos, homme d'affaires d'origine marocaine juive, puis avec Alain Kahn-Sriber, homme d'affaires et collectionneur d'art. Sa fille, Lisa Azuelos, réalisatrice du film LOL, ne cachait pas de difficiles relations avec sa mère, laquelle, de son côté, admettait avoir été parfois trop absente avec ses enfants. 

 

 

 

"Aujourd'hui, la neige tombe comme autant de larmes"

"Marie Laforêt incarnait une forme de liberté totale. Liberté dans ses choix artistiques, liberté dans sa vie, menée avec comme seules boussoles l'amour et la passion. La disparition de la fille aux yeux d'or nous bouleverse. Aujourd'hui, la neige tombe comme autant de larmes", a réagi le ministre de la Culture, Franck Riester sur son compte Twitter.

Laurent Ruquier, qui avait produit le dernier récital de l'artiste en 2006 au Bouffes-Parisiens, a posté sur son compte twitter: "Que vous dire? Je l'aimais, je l'aime et je l'aimerai (...) De si beaux souvenirs avec Marie".

 


03/11/2019
0 Poster un commentaire

Franceinfo - le samedi 2 novembre 2019

 

 

Charlie Hebdo : "On se donne le droit de critiquer les religions et je pense que c’est quelque chose de normal"

 

 

avatar

franceinfoRadio France

 

 

 

La dessinatrice Coco est à Strasbourg samedi avec une partie de l'équipe de Charlie Hebdo au Forum mondial de la démocratie. Aller "de nouveau" à la rencontre du public et défendre la satire est pour elle, "un marqueur fort"

 

 

20346167

 

dessinatrice Coco au salon du dessin de presse et d'humour à Saint-Just-Le-Martel (Haute-Vienne), le 1er octobre 2016. (THOMAS JOUHANNAUD / MAXPPP)

 

 

 

Une partie de l'équipe de l'hebdomadaire Charlie Hebdo est à Strasbourg samedi 2 novembre dans le cadre du Forum mondial de la démocratie. Il s'agit de la première intervention collective de Charlie Hebdo depuis l'attentat de janvier 2015"Un marqueur fort", estime la dessinatrice Coco sur franceinfo, qui revendique le droit "de pouvoir critiquer les religions" comme le journal "l’a toujours fait".

 

 

 

franceinfo : Pourquoi cette envie de prendre la parole collectivement à Strasbourg ?

 

Coco : Depuis l’attentat, c’est important pour nous d’aller de nouveau à la rencontre du public. [Le dessin de presse] est menacé, vous avez tous entendu parler du New York Times qui a pris la décision d'arrêter le dessin de presse dans ses colonnes.

 

 

Le dessin de presse, la liberté d’opinion, c’est un des piliers de nos démocraties, on aide à informer, à faire rire, à déranger, c’est très important.Coco, dessinatrice à Charlie Hebdo à franceinfo

 

 

On donne un peu les moyens de comprendre la caricature à travers des thématiques fortes : les politiques, les religions, les femmes, les minorités… Comment ça s’inscrit aujourd’hui dans un monde où par exemple tout le monde se prend en photo sur Instagram, sur Snapchat, et passe par des filtres déformant son image. Sitôt que les gens sont confrontés à une caricature d’eux, ça ne leur plaît pas. On entend souvent "de toute façon, on ne peut plus rien dire". Vous avez les réseaux sociaux qui deviennent parfois des déversoirs à haine et insultes, vous avez Éric Zemmour qui a une émission d'une heure chaque soir sur la TNT.

 

 

On a plutôt l'impression qu'on peut tout dire ! Zemmour a les propos qu’il tient, qui sont absolument abjects selon moi. Mais nous serions mal placés à Charlie Hebdo d’empêcher de parler qui que ce soit. La liberté d’expression c’est pour tout le monde. Après, chacun se fait son avis, son opinion sur ce qui est dit, raconté, défendu, partagé ou pas. Dans mon travail, j’essaie de ne pas trop penser à ça. Je ne pense pas à celui qui va recevoir. Personne n’est intouchable au dessin de presse ou à la caricature. Dans ce cas-là, on ne ferait absolument plus rien. Le rire c’est quelque chose de social. Il faut que les gens puissent avoir du recul sur eux-mêmes. 

 

 

Le rire c’est une affaire de confiance. Et dès lors qu’on a confiance dans une relation on peut rire de soi. Et le rire de soi ça manque maintenant.Coco

 

 

 

La dernière Une de Charlie Hebdo, où on voit des femmes voilées avec Emmanuel Macron au premier plan et comme titre "République islamique en marche", a suscité pas mal de passions. Est-ce qu’il y a eu un débat au sein de la rédaction ? Ou une unanimité de dire "on la fait et on s’en fout" ?

 

La couverture, c’est de la satire, c’est dans l’exagération. "La République islamique en marche" c’est pour grossir le trait. Je suis féministe, pour l’égalité entre les hommes et les femmes et je ne me vois pas défendre ce vêtement. Je suis aussi mère de famille. J’ai déjà accompagné des enfants à l’école en sortie scolaire et je me suis rendue compte que les maitresses étaient débordées et faisaient appel à des mamans pour donner un coup de main. Je trouve qu’il y a déjà un problème au niveau de l’Éducation nationale qui ne devrait pas avoir à demander aux mères d’aider. Mais il n’empêche que je n’ai pas envie de soutenir ce vêtement que je trouve absolument réac.

 

 

 

Sur le voile, certaines Françaises disent "on parle tout le temps à notre place", notamment dans un article du Monde. Est-ce que la liberté de le porter pour certaines correspond à la liberté que vous pouvez défendre aussi à Charlie Hebdo ?

 

On n'empêche personne de porter quoi que ce soit, on se donne le droit de pouvoir critiquer les religions comme on l’a toujours fait. On a critiqué la religion catholique, on critique la religion musulmane, on critique les bouddhistes qui frappent sur des Rohingyas. On se donne le droit de critiquer les religions et je pense que c’est quelque chose de normal.

 


02/11/2019
0 Poster un commentaire

Franceinfo - le samedi 26 octobre 2019

 

 

"C'est honteux ce que les hommes font subir aux femmes, ce que Daech a fait aux femmes", s'indigne le cinéaste tunisien Nouri Bouzid

 

avatar
Falila GbadamassiRédaction AfriqueFrance Télévisions

 

 

"Les Epouvantails" de Nouri Bouzid, un film sur le triste sort des victimes du "jihad sexuel", lancera la 30e édition des Journées cinématographiques de Carthage, dédiées à Néjib Ayed, le directeur général du festival disparu en août 2019. Entretien avec le cinéaste tunisien

 

 

 

20277847

 

Le cinéaste tunisien Nouri Bouzid, le 12 mai 2011, alors qu'il vient d'être fait chevalier de la Légion d'honneur à Cannes (sud de la France), en marge du festival du film. (FRANCOIS MORI/AP/SIPA / AP)

 

 

 

De retour du front syrien, Zina (Nour Hajri) et Djo (Joumene Limam) sont des femmes traumatisées. Violées à maintes reprises, la première a été séparée de force de son bébé et la seconde est enceinte. Finalement libérées par leur avocate Nadia (Afef Ben Mahmoud) de la prison où elles étaient détenues en Tunisie, elles tentent de se reconstruire. Y parviendront-elles ? Le réalisateur tunisien Nouri Bouzid filme la détresse de ces rescapées et de tous ceux qui les accompagnent, tout en décortiquant les mécanismes du "jihad sexuel", l'exploitation sexuelle dont elles ont été victimes dans les rangs de Daech, à des milliers de kilomètres de leur Tunisie natale.

 

 

Le film a été présenté pour la première fois à la Mostra de Venise où il a décroché le Prix spécial des droits de l'Homme. Il était de nouveau en compétition lors de la dernière édition du Festival international du film de Namur et du Festival cinéma méditerraéen de Montpellier (Cinemed). "C'est un film qui peut être rejeté par certains, qui peut diviser les gens. Je reste très fidèle à la réalité tunisienne, mais je lève le voile", confiait à franceinfo Afrique l'un des doyens du cinéma tunisien à Namur (Belgique). Son film ouvre la 30e édition des Journées cinématographiques de Carthage (JCC), une édition qui rend hommage à Néjib Ayed, son directeur général, décédé le 16 août 2019. 

 

 

 

Franceinfo Afrique : comment avez-vous été sensibilisé à cette question du "jihad sexuel" ? 

 

Nouri Bouzid : en 2013, j’ai entendu le ministre de l'Intérieur parler à l’Assemblée constituante (première assemblée élue en 2011 en Tunisie, NDLR) de huit filles ramenées par le Liban et qui étaient toutes enceintes. C’est d'ailleurs pour cela que Daech les a laissées partir, après les avoir violées. Ils leur ont fait des enfants, mais eux pensent qu’ils leur ont offert le paradis alors que ces femmes ont vécu l'enfer. J’étais déterminé à en faire un scénario. J’ai donc commencé à enquêter. Faire ce film m’a pris beaucoup de temps. Même quand j’ai obtenu une subvention en 2014, c’était très compliqué de trouver un producteur qui accepte de faire le film. Ils avaient peur. En fin de compte, c’est la comédienne (Afef Ben Mahmoud) qui incarne Nadia, l’avocate dans le film, qui a monté une société de production et l’a produit avec les Marocains.

 

 

 

Quelles sont les informations dont vous disposiez pour écrire le scénario ? 

 

J'ai contacté ces jeunes filles qui avaient été rapatriées. Deux d’entre elles m’ont répondu et m’ont confirmé que l’une d’elles s’était donné la mort. Je m'en suis inspiré pour créer un personnage. Toutes ces jeunes femmes refusent de montrer leur visage, de dévoiler leur identité – elles en changent même –, elles refusent d’être réintégrées dans la société. C’est invivable pour elles. Très peu de personnes leur témoignent du respect. Elles vivent l’enfer, comme dans le film. 

 

 

 

Une situation paradoxale, puisque ces femmes sont ici des victimes...

 

Notre société a plus honte de la femme violée, que du violeur. En d'autres termes : "Le violeur, c’est un mec. La violée, c’est une pute". La société n’est pas clairvoyante sur ce sujet. J'ai essayé de respecter cet aspect des choses dans le film. On a toujours été du côté du violeur et pas de la violée. Le viol est une honte pour la personne violée, pas pour celui qui viole. J’ai rencontré des prisonniers ayant commis des viols. Ils sont fiers, ce sont des mecs ! Ils prennent du pouvoir là-bas et les gens ont peur. Le pouvoir est très lié au sexe. 

 

 


"Les Epouvantails"/Cineuropa

 

 

 

Dans toutes les sociétés, les femmes violées sont maltraitées. En Occident, elles le sont, par exemple, quand elles se rendent à la police pour témoigner, le seraient-elle encore plus dans les sociétés arabo-musulmanes ? 

 

Pas seulement, elles sont méprisées par leur famille et parfois tuées. On tue celle qui est violée pour mettre fin à la honte. L'Appel du courlis (Du'â' al-Karawân,1934) de Taha Hussein, l'un des plus grands romanciers égyptiens et arabes, est un livre majeur sur cette thématique. Il a écrit, à l'instar de beaucoup d'autres, pour dénoncer cette situation. L’islam punit le violeur et sa victime : les deux sont lapidés. Voilà la théorie : "On ne garde ni la honte ni le péché". Ce sont des maux dont on doit se débarrasser. 

 

 

 

Le personnage de Zina semble avoir été une femme libre avant le drame qu'elle a subi. A ce titre, son père semble estimer qu'elle a mérité ce qu'il lui est arrivé. Pourquoi cette attitude ? 

 

Et peut-être aussi qu'il a vendu sa fille en la mariant, dans l'espoir de s'en débarrasser. L'image du père n'est absolument pas flatteuse, mais c'est la réalité. C'est un film contre les mecs ! Lequel ne cherche pas à prouver quoi que ce soit, parce que personne n'a vraiment répondu à mon interrogation. La seule réponse que j'ai obtenue est arrivée d'un père qui a envoyé sa fille se prostituer. Il a dit que depuis qu'elle envoyait de l'argent, sa famille vivait beaucoup mieux et qu'il pensait envoyer une deuxième fille. Il y a une différence très nette à faire entre celles qui acceptent et celles qui refusent.

 

 

 

Vous dites clairement, à travers les personnages de la mère de Zina (interprétée par Sondos Belhassen) et de l'avocate, que ce sont les seules à détenir la solution, à pouvoir tout simplement gérer le traumatisme de ces deux femmes abusées sexuellement...

 

Absolument. C'est une réalité et j’ai pu le constater. C’est un fait qui ne peut être nié. J’ai rencontré les deux jeunes filles dont je vous parlais, grâce à des femmes. Ce sont elles qui veulent les aider à s'en sortir, qui pleurent quand elles recueillent leurs témoignages... Les hommes n’ont qu’à bien se tenir. Le machisme est une maladie grave qu’il faut soigner très vite. Il faut donner plus de place au pouvoir des femmes. 

 

 

 

C’est honteux ce que les hommes font subir aux femmes. Ce qu’a fait Daech – je ne parle pas de l’occupation de l’Irak et de la Syrie, je ne parle pas des guerres... Je parle de ce que Daech a fait aux femmes, aux innocents… Rien que pour cela, ce groupe doit être liquidé. 

 

 

 

Les sociétés musulmanes ont-elles, selon vous, la capacité de lutter contre l’intégrisme qui prend pied là où on l'on sait à quoi ressemble l'islam ? 

 

La lutte est très dure. On doit payer le prix, c’est un passage forcé. Il faut avoir le courage de lutter et d’accepter les sacrifices, ce qui n’est pas évident. Chaque peuple a ses périodes. Les Algériens en ont pris conscience après la décennie noire. (...) La lutte s'imposera, y compris à nous. En Tunisie, Ennahdha est en train de tuer le pays à petit feu. Ils se cachent et ils sont très malicieux, mais tout est clair pour moi.

 

 

 

Les Tunisiens résistent pourtant déjà vaillamment à toutes les formes d'intégrisme… 

 

Ils résistent, certes, mais nous bénéficions d’un système de sécurité très robuste. Nous disposons d’une armée qui ne cherche pas le pouvoir et qui paie le prix fort. Elle est la cible des intégristes. Pour eux, tous ceux qui portent l’uniforme sont les ennemis indiqués, des kouffar (infidèles, ceux qui ne croient pas en Dieu) alors que ce sont des gens qui défendent réellement le pays. Il y a des dizaines d’actes terroristes qui ont été déjoués à la dernière minute grâce à l’armée. Des chefs terroristes qui étaient recherchés depuis très longtemps ont été récemment neutralisés.

 

 

 

 

 

 

Pourquoi ce titre, "Les Epouvantails" ?

 

Le personnage de la mère l’explique dans le film. Les épouvantails (Djo, Zina et Driss) sont censés faire peur aux oiseaux, mais ils ne font plus peur à personne. J’ai voulu dire qu’on fait d’eux des gens effrayants, alors qu’ils sont inoffensifs. On doit plutôt avoir peur de ceux qui ont fait d'eux des épouvantails.  

 

 

 

Que pensez-vous de cette jeune génération de cinéastes tunisiens, dont Mehdi Barsaoui fait partie et sous la direction duquel vous avez tourné pour son court métrage "On est bien comme ça" ? 

 

J’étais dans la commission qui a octroyé l’aide à ce film et j’ai eu le malheur de dire (sourire), devant son producteur, que j’avais adoré et m’étais identifié au personnage du grand-père (le personnage principal, NDLR). Alors, il m’a demandé de le jouer. Je suis un formateur.

 

 

La plupart de ces cinéastes ont été formés chez moi. J’applaudis et je suis très heureux. Je ne veux pas rentrer en compétition avec eux. Dès qu’ils sont en compétition avec moi, je me retire. Place aux jeunes ! Je reste également jeune en faisant des films, mais je ne veux pas les concurrencer.

 


28/10/2019
0 Poster un commentaire

Franceinfo - le jeudi 24 octobre 2019 - mis à jour 25.10.19

 

 

Léonard de Vinci au Louvre : la peinture pour recréer le monde

 

 

avatar
Valérie OddosRédaction CultureFrance Télévisions

 

 

 

Le Louvre propose jusqu'au 24 février 2020 la plus grande exposition de peintures de Léonard de Vinci. 162 oeuvres, dessins, textes autour de dix tableaux, but ultime de ce génie universel qui voulait à travers son art recréer le monde

 

 

 

20294615

 

Léonard de Vinci, "Vierge à l’Enfant avec saint Jean Baptiste et un ange", dite "La Vierge aux rochers", vers 1483-1494, Paris, musée du Louvre,département des Peintures (© RMN Grand Palais (musée du Louvre) / Michel Urtado)

 

 

 

On l'attendait depuis des mois : le Louvre a ouvert ce jeudi 24 octobre son exposition événement sur Léonard de Vinci (1452-1519), "la plus grande réunion de tableaux" du génie florentin, nous dit Vincent Delieuvin, conservateur en chef du patrimoine au département des peintures et co-commissaire de l'exposition. Dix peintures obtenues parfois avec la plus grande difficulté. Certaines ont été prêtées in extremis comme la Madone Benois du musée de l'Ermitage (Saint-Petersbourg), d'autres sont absentes comme le Salvator Mundi, dont on est toujours sans nouvelles.

 

 

Dix peintures, ça peut paraitre peu, d'autant que le Louvre en conserve cinq à lui tout seul. Mais c'est beaucoup pour un artiste qui en a produit moins de vingt. 162 œuvres ont été rassemblées au total, des dessins, des textes scientifiques illustrés de sa main, prêtés par les grandes institutions du monde entier et aussi par quelques collections particulières. Mais c'est bien la peinture qui est au cœur de l'exposition.

 

 

 

Léonard de Vinci, \"Draperie Saint-Morys. Figure assise\", vers 1475-1482. Paris, musée du Louvre, département des Arts graphiques

Léonard de Vinci, "Draperie Saint-Morys. Figure assise", vers 1475-1482. Paris, musée du Louvre, département des Arts graphiques (RMN-Grand Palais (musée du Louvre) / Michel Urtado.)



La peinture, science divine

L'exposition du Louvre est le fruit de dix ans de travail : il s'agissait de comprendre qui était Léonard, de comprendre son œuvre, "particulièrement complexe", en partant d'une historiographie "lourde, composée d'un nombre infini de titres", qui racontaient souvent des choses contradictoires, raconte Louis Frank, conservateur en chef du Patrimoine au département des arts graphiques au musée du Louvre, l'autre co-commissaire de l'exposition. Dix ans donc de retour aux textes écrits par cette sorte de génie universel, de retour aux sources documentaires, qui ont été réexaminées, reconsidérées. Les progrès de l'analyse scientifique ont aidé par ailleurs à analyser des oeuvres.

 

 

Ce travail a amené les commissaires à "penser que Léonard était avant tout peintre et non pas seulement cet esprit qui s'était dispersé dans tous les champs de la connaissance et de l'activité", précise Louis Frank. Léonard a peint peu de tableaux, ne les a pas toujours achevés. Seule la conception l'aurait-elle intéressé ? L'exécution l'aurait-elle ennuyé ? Il pensait au contraire que la peinture "était science divine parce que capable de recréer le monde". Et tout son travail, y compris intellectuel et scientifique, fut au service de cette conception de la peinture. D'une forme parfaite mais un peu inerte, il est parvenu grâce à toutes ses études à insuffler la vie et le mouvement à ses peintures, entend montrer l'exposition.

 

 

 

Léonard de Vinci, \"Vierge à l’Enfant\", dite \"Madone Benois\", vers 1480-1482. Saint-Pétersbourg, musée de l’Ermitage

Léonard de Vinci, "Vierge à l’Enfant", dite "Madone Benois", vers 1480-1482. Saint-Pétersbourg, musée de l’Ermitage (© The State Hermitage Museum, St Petersburg.)



Maître du clair-obscur

C'est chez un sculpteur que Léonard de Vinci se forme, Andrea del Verrocchio, un des plus grands à Florence, dans les années 1460. C'est par un bronze monumental de son maître, L'Incrédulité de Saint Thomas, qu'on est accueilli à l'entrée de l'exposition. Et de somptueuses peintures de draperies réalisées dans l'atelier de Verrocchio nous révèlent combien Léonard est doué, combien il maîtrise déjà le clair-obscur, le contraste entre ombre et lumière qui lui permet de donner du relief et de la puissance à ses œuvres. On le verra encore dans la sublime Scapigliata (L'Ebouriffée), tête de jeune femme toute simple, prêtée par la Galerie nationale de Parme et peinte bien plus tard, vers 1500-1510. Isolée, plus loin dans l'exposition, présentée dans un cadre doré aux larges bords, elle illumine tout autour d'elle de ses traits qui semblent être sculptés en trois dimensions.

 

 

"Dans sa jeunesse, Léonard de Vinci est encore obsédé par la forme parfaite. Ses premiers tableaux, L'Annonciation (1470-1474), le Portrait de Ginevra de' Benci, sont d'une extraordinaire perfection, un peu sur le modèle flamand", souligne Vincent Delieuvin.

 

 

 

Léonard de Vinci, \"Vierge à l’Enfant avec saint Jean Baptiste et un ange\", dite \"La Vierge aux rochers\", vers 1483-1494.  Paris, musée du Louvre,département des Peintures

Léonard de Vinci, "Vierge à l’Enfant avec saint Jean Baptiste et un ange", dite "La Vierge aux rochers", vers 1483-1494.  Paris, musée du Louvre,département des Peintures (© RMNGrand Palais (musée du Louvre) / Michel Urtado)


 

Au-delà de la forme parfaite

Ces tableaux des débuts ne sont pas montrés dans l'exposition. Mais l'ensemble des peintures de Léonard sont présentes grâce à leurs réflectographies infrarouges, que l'original s'y trouve ou pas. Ces sortes de radiographies révèlent le "dessin sous-jacent" posé par l'artiste sur son support avant qu'il le recouvre de couches successives de peinture. L'œil non averti aura peut-être du mal à l'analyser, à voir les modifications que l'artiste a souvent apportées au dessin d'origine, à voir ce qu'on appelle les "repentirs". Il pourra toutefois se faire une idée de l'évolution de la façon de faire de Léonard.

 

 

Le dessin des premières peintures est très précis, il exprime une maitrise parfaite. Mais il ne permet pas de représenter le mouvement, de rendre les figures vivantes, expliquent les commissaires. Il ne satisfait pas Léonard de Vinci qui, à la fin des années 1470, va acquérir "une liberté graphique nouvelle : il n'hésite pas à déformer les anatomies, à superposer les idées, à raturer", souligne Vincent Delieuvin. Une nouveauté qui apparait dans les dessins préparatoires comme dans le dessin sous-jacent. C'est de cette époque que date la sublime Madone Benois (vers 1480-1482), où la Vierge tend à l'enfant Jésus une fleur cruciforme autour de laquelle se concentre leur attention et où les figures trouvent une expressivité nouvelle.

 

 

 

Léonard de Vinci, \"Tête de femme\" dite \"La Scapigliata\"

Léonard de Vinci, "Tête de femme" dite "La Scapigliata" (© Licensed by Ministero dei Beni e delle Attività culturali - Complesso Monumentale della Pilotta-Galleria Nazionale)


 

Comprendre les phénomènes scientifiques

C'est à cette époque aussi qu'il peint la Vierge aux Rochers dont le Louvre possède la première version (la deuxième, conservée à Londres, n'a pas fait le voyage). Et son Saint-Jérôme pénitent, une peinture fascinante de dépouillement et d'expression de la douleur. Une œuvre inachevée, car le "non finito" va devenir une des marques de fabrique de Léonard de Vinci, qui passera des années à travailler sur un même tableau.

 

 

Cette liberté nouvelle ne lui suffit pas, les formes extérieures, même s'il en saisit le mouvement, ne le satisfont pas, explique Louis Frank : "Vient un moment où il veut comprendre l'intériorité du phénomène, les lois qui gouvernent la nature." C'est à ce moment-là, au milieu des années 1480, qu'il se met à étudier tous les aspects du monde physique et du monde vivant : il s'intéresse à l'astronomie, la géologie, la botanique, la zoologie, la physique, l'optique, l'anatomie. Il couvre des milliers de pages d'écriture et de dessins : un certain nombre de feuilles sont exposées au Louvre. Elles nous font imaginer l'étendue des domaines étudiés, de la "duplication du cube" aux "interférences d'ondes circulaires", de la croissance des arbres au vol des oiseaux.

 

 

 

Léonard de Vinci, \"Sainte Anne, la Vierge et l’Enfant Jésus jouant avec un agneau\", dite \"La Sainte Anne\", vers 1503-1519. Paris, musée du Louvre, département des Peintures

Léonard de Vinci, "Sainte Anne, la Vierge et l’Enfant Jésus jouant avec un agneau", dite "La Sainte Anne", vers 1503-1519. Paris, musée du Louvre, département des Peintures (© RMN-Grand Palais (musée du Louvre) / René-Gabriel Ojéda.)


 

L'accomplissement des dernières peintures

Ces études, au service de la peinture, "science divine" comme on l'a dit plus haut, le mènent à l'accomplissement des dernières peintures, la Sainte Anne, le Saint Jean Baptiste et bien sûr la Joconde. D'un grand perfectionnisme, Léonard a travaillé des années sur ces tableaux, appliquant une infinité de couches d'huile à peine chargée de pigments pour produire des effets d'ombre et de lumière subtils, des formes délicates, dans une espèce de flou qu'on a appelé le "sfumato".

 

 

Il faut noter au passage les magnifiques études préparatoires pour la Sainte Anne du Louvre, ou pour le Salvator Mundi. Notamment les dessins de la collection royale britannique : elle en possède 600 et en a prêté 24 au Louvre. Autre prêt exceptionnel, celui du grand carton de la première composition imaginée par Léonard pour la Sainte Anne, conservé à la National Gallery de Londres.

 

 

 

Léonard de Vinci, \"Étude de figure pour la Bataille d’Anghiari\", vers 1504. SBudapest, Szépművészeti Múzeum

Léonard de Vinci, "Étude de figure pour la Bataille d’Anghiari", vers 1504. SBudapest, Szépművészeti Múzeum (© Szépművészeti Múzeum - Museum of Fine Arts Budapest, 2019)



La Joconde en réalité virtuelle

La Joconde est une des grands absents mais elle n'est pas loin : il faudra aller la voir à sa place, dans la galerie des Etats, où elle est restée car 30.000 visiteurs viennent quotidiennement au Louvre pour l'admirer tandis que l'exposition en accueillera 5000 à 7000.

 

A la fin du parcours, une animation 3D en réalité virtuelle de 7 minutes, baptisée En tête à tête avec la Joconde, propose de l'approcher et d'imaginer son environnement. Une expérience amusante, surtout sur la fin. On n'en dira pas plus pour ne pas gâcher l'effet. Tout le monde ne pourra sans doute pas y accéder (il y a dix casques et il faut réserver sur place, "dans la limite de places disponibles"). Mais on pourra toujours aller la voir au premier étage du Louvre : rien ne vaut le tête-à-tête avec la vraie peinture.

 

 

 

Léonard de Vinci
Musée du Louvre, Hall Napoléon, Paris 1er
tous les jours sauf le mardi, 9h-18h, nocturnes le mercredi, le vendredi, le samedi et le dimanche jusqu'à 21h45. 
Tarif (avec entrée dans les collections) : 17€
du 24 octobre 2019 au 24 février 2020

 

Attention, réservation obligatoire sur www.ticketlouvre.fr

 


25/10/2019
0 Poster un commentaire

Franceinfo - le mercredi 23 octobre 2019

 

 

Johnny Hallyday : guerre commerciale entre Universal et Warner, les deux labels historiques du rockeur

 

avatar
Yann BertrandRadio France

 

 

Le 6 décembre prochain, les fans célébreront les deux ans de la mort du rockeur. Les deux labels de sa carrière rivalisent de projets pour récupérer les bénéfices de cet hommage

 

 

 

20284935

 

L'album posthume de Johnny Hallyday, "Mon pays c'est l'amour". (GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP)

 

 

 

"Johnny, comme vous ne l'avez jamais entendu". Voici comment le label Universal vend son dernier projet, un album sobrement intitulé Johnny dont la sortie est prévue vendredi 25 octobre. Ce disque regroupe douze titres iconiques ré-enregistrés avec un orchestre symphonique. Presque deux ans après la disparition de Johnny Hallyday, cet album est un projet majeur pour Universal, qui prévoit une première mise en place de 100 000 exemplaires.

 

 

Pendant quatre décennies, c'est sous la bannière Universal que Johnny a enregistré et sorti ses disques. Le label exploite à fond le "back catalogue", les titres les plus connus, et sort régulièrement des coffrets et des rééditions.

 

 

 

La guerre des labels 

Mais en filigrane, une guerre larvée se joue contre Warner. Spectacles-hommages, concerts, rééditions, disques plus ou moins inédits, les projets se multiplient et se disputent entre les deux labels. Warner, qui a récupéré Johnny en 2005 au terme d'une bataille judiciaire menée par le rockeur, a de quoi faire et vendre. L'album posthume sorti l'année dernière, Mon pays c'est l'amour, approche les deux millions de ventes. Un album dans lequel Laeticia Hallyday a posé son nom. La veuve du rockeur a par ailleurs validé un hommage au taulier sous la forme d'un double show, le 1er décembre prochain, à l'Olympia à Paris. 

 

 

Si la bataille est féroce, les arrangements existent. Le 8 novembre prochain sortira enfin le live des Vieilles Canailles, réunissant Johnny, Eddy Mitchell et Jacques Dutronc. Leurs trois maisons de disques, Warner, Universal et Sony, se sont d'abord écharpées avant de conclure un accord de co-édition.

 


23/10/2019
0 Poster un commentaire

Franceinfo - le dimanche 13 octobre 2019 - mis à jour le 14.10.19

 

 

Les "Histoires de vies" du photojournaliste Pascal Maitre exposées dans l’Indre

 

avatar
Véronique DalmazRédaction CultureFrance Télévisions

 

 

 

C’est l’un des plus grands photoreporters français. Pascal Maitre présente près de 125 clichés à Issoudun. Une exposition exceptionnelle qui entraine le visiteur loin du confort des pays occidentaux

 

 

 

20222439

 

125 clichés du photojournaliste Pascal Maitre sont à découvrir, à Issoudun, jusqu'au 29 décembre 2019 (France Télévisions / P. Epee / P. Roy)

 

 

 

L’exposition des clichés de Pascal Maitre s’appelle Histoires de vies. Les photos exposées au musée de l’Hospice Saint-Roch, à Issoudun, témoignent des conflits, des catastrophes sanitaires ou écologiques qui touchent notre planète. Pascal Maitre parcourt, depuis près de 40 ans, le monde pour les plus grands titres de la presse française et internationale.  

 

 

 

 

 

 

Une brillante carrière

A Issoudun, Pascal Maitre est un peu l’enfant du pays. Il est né non loin de là, à Buzançais, en 1953. Il a commencé sa carrière de photographe en 1979 avec le magazine Jeune Afrique. Puis, il est devenu le collaborateur de GEO, National Geographic aux Etats-Unis ou encore de Paris Match... Une reconnaissance professionnelle qui lui a valu, en 2015, de décrocher un Visa d’Or pour l’ensemble de sa carrière, au prestigieux Festival Visa pour l’image.

 

 

  

Des conflits à l'environnement

Au musée de l’Hospice Saint-Roch à Issoudun, quatre salles sont consacrées aux clichés de Pascal Maitre. Spécialiste du continent africain, le photographe a privilégié ses reportages en Afrique où les guerres et la famine prédominent. Ses photos témoignent aussi d’un autre drame : le manque d’électricité qui touche près de 645 millions de personnes en Afrique subsaharienne. L’Afghanistan est également au cœur de cette exposition. En 1998, Pascal Maitre y a passé trois semaines aux côtés du commandant Massoud. Autre sujet de préoccupation du photographe : l’environnement.

 

 

J’ai fait des reportages sur l’huile de palme. Vu la déforestation et les problèmes environnementaux qu’il provoque, il est difficile de travailler sur ce sujet car les industriels ne sont pas très contents de voir la presse. Pascal Maitre, photographe

 

 

Histoires de vies est à découvrir au musée de l’Hospice Saint-Roch, à Issoudun, jusqu’au 29 décembre, du mercredi au dimanche, de 10 à 12 heures et de 14 à 18 heures. Entrée gratuite.

 


16/10/2019
0 Poster un commentaire

Franceinfo - le vendredi 27 septembre 2019

 

 

Hommage populaire, journée de deuil national, inhumation... Les cérémonies organisées en l'honneur de Jacques Chirac

 

avatar
franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

 

Famille, Elysée et citoyens vont rendre hommage à l'ancien président de la République dans les prochains jours

 

 

20124423

 

Des citoyens rendent hommage à Jacques Chirac, à l'Elysée (Paris), le 27 septembre 2019. (DOMINIQUE FAGET / AFP)

 

 

 

La France rend hommage à Jacques Chirac. Au lendemain de la mort, à 86 ans, du cinquième président de la Ve République, les réactions sont nombreuses. La famille a souhaité organiser une cérémonie populaire aux Invalides, à Paris, dimanche. Voici les différents hommages et cérémonies organisés en son honneur.

 

 

 

Les portes de l'Elysée ouvertes jusqu'à dimanche

Les portes du palais de l'Elysée sont ouvertes jusqu'à dimanche pour signer les livres d'or installés devant une grande photo de l'ancien président. Ils étaient plusieurs centaines à faire la queue dès jeudi soir pour rendre hommage à l'ancien président.

 

 

 

Un hommage populaire aux Invalides dimanche

Une cérémonie populaire, en présence de la famille, aura lieu dimanche en début d'après-midi aux Invalides, à Paris, ont annoncé l'Elysée et sa famille. Cet hommage est lié à "la relation forte que Jacques Chirac entretenait avec les Français. Tous ceux qui l'ont aimé pourront venir" se recueillir auprès du cercueil de Jacques Chirac, a précisé son gendre, Frédéric Salat-Baroux.

 

 

 

L'inhumation probablement lundi

L'ancien président sera ensuite inhumé, vraisemblablement le lundi, dans un cadre strictement privé au cimetière du Montparnasse aux côtés de sa fille Laurence, morte en avril 2016, a ajouté Frédéric Salat-Baroux, conformément au souhait de son épouse Bernadette.

 

 

 

Une journée de deuil national lundi

Une journée de deuil national a aussi été décrétée lundi. Un service solennel sera rendu ce jour-là à midi dans l'église Saint-Sulpice, à Paris. Des journées de deuil national avaient déjà été décrétées après les décès des présidents Charles de Gaulle en 1970, Georges Pompidou en 1974, et François Mitterrand en 1996.

 


27/09/2019
0 Poster un commentaire

Franceinfo - le lundi 16 septembre 2019 - mis à jour le 17.09.2019

 

 

Les 20 dernières années de Francis Bacon, une exposition événement au Centre Pompidou

 

avatar
Valérie OddosRédaction CultureFrance Télévisions

 

 

Soixante toiles dont douze triptyques des vingt dernières années de Francis Bacon sont exposées au Centre Pompidou. Un événement

 

 

 

20050183

 

Francis Bacon, "In Memory of George Dyer", 1971, Fondation Beyeler - Beyeler Museum, Bâle (© The Estate of Francis Bacon /All rights reserved / Adagp, Paris and DACS , London 2019 © The Estate of Francis Bacon. All rights reserved. DACS /Artimage 2019. Photo: Hugo Maertens)

 

 

 

Le Centre Pompidou expose une soixantaine de toiles de Francis Bacon (1909-1992) dont 12 triptyques impressionnants. Il ne s'agit pas d'une rétrospective : alors que l'artiste britannique peignait depuis la fin des années 1920, l'exposition se concentre sur la période qui a suivi la grande exposition organisée à Paris, au Grand Palais en 1971, soit ses vingt dernières années de création.

 

 

Pourquoi se limiter à ces vingt années ? L'exposition de 1971 est "un événement capital pour lui, c'est la plus grand jamais réalisée à partir de son œuvre", souligne le commissaire de l'exposition, Didier Ottinger. "Les historiens considèrent que c'est à partir de là qu'il est consacré de façon internationale."

 

 

 

Triptych inspired by T.S Eliot\'s poem, \"Sweeney Agoniste\", 1967, Hirshhorn Museum and Sculpture Garden - Smithsonian Institution, Washington

Triptych inspired by T.S Eliot's poem, "Sweeney Agoniste", 1967, Hirshhorn Museum and Sculpture Garden - Smithsonian Institution, Washington (© The Estate of Francis Bacon /All rights reserved / Adagp, Paris and DACS , London 2019 Photography by Cathy Carver. Hirshhorn Museum and Sculpture Garden, Smithsonian Institution 09.)



1971, une date charnière

 

Et "c'est très visiblement un moment charnière. Il y a un avant et un après. La peinture n'est pas la même. Si les sujets sont dans la continuité de ce qu'il a fait avant, le style, le dessin, le chromatisme sont totalement différents". On s'en rendra compte en comparant les œuvres tardives aux quelques exceptions, aux quelques toiles exposées qui sont antérieures à cette date. Tout est plus épuré, le dessin est plus net, les couleurs (rouges, roses, orange, jaunes) souvent très vives, il y a moins de matière.



Cette date est aussi est celle d'un événement dramatique qui marque durablement le peintre. Son compagnon George Dyer s'est suicidé dans la chambre qu'ils occupaient tous les deux dans un hôtel parisien deux jours avant le vernissage de la grande exposition.

 


George Dyer est un petit malfrat qu'il a rencontré en 1963. La légende dit qu'il l'a connu alors que celui-ci tentait de cambrioler son atelier. Plus sérieusement, il l'aurait connu dans un pub. Son côté voyou a séduit Bacon mais, contrairement aux apparences, Dyer est d'une grande fragilité psychologique et il devient très dépendant de l'artiste. Les deux hommes boivent abondamment et leur relation s'est dégradée. Il a déjà fait une tentative de suicide peu de temps auparavant.

 

 

 

Francis Bacon, \"Oedipus and the Sphinx after Ingres\", 1983, Collection Berardo, Lisbonne

Francis Bacon, "Oedipus and the Sphinx after Ingres", 1983, Collection Berardo, Lisbonne (© The Estate of Francis Bacon /All rights reserved / Adagp, Paris and DACS , London 2019 © The Estate of Francis Bacon. All rights reserved. DACS / Artimage 2019. Photo: Prudence Cuming Associates Ltd)


 

Culpabilité

Après le drame, Bacon éprouvera longtemps un grand sentiment de culpabilité. Grandioses et imposants, trois triptyques peints après la mort de Dyer occupent toute la première salle de l'exposition. Malgré leur dominante de rose, ils ont été baptisés les "triptyques noirs" (Black Triptychs) et se rapportent de façon assez claire au drame. L'un le décrit directement : on voit une figure sur des toilettes, dans la position où on a retrouvé l'ami du peintre, qui avait avalé un cocktail d'alcool et de barbituriques, on le voit aussi penché sur un lavabo (Triptyque mai-juin 1973). Le deuxième évoque l'escalier de l'hôtel où Bacon séjournait et il est dédié à l'ami défunt.

 

 

La passion de Francis Bacon pour la tragédie grecque se confirme à ce moment-là : ses tableaux seront peuplés, nous dit-on, d'Euménides, ces figures de l'Antiquité qui incarnent le remords, la culpabilité. Car c'est le propos de l'exposition, mettre en relation les œuvres du peintre avec des ouvrages de sa bibliothèque, qui a été conservée et qui comprenait un millier de livres. "Bacon était un lecteur avide, passionné", raconte Didier Ottinger, qui a sélectionné six livres lus par le peintre.

 

 

 

Francis Bacon, \"Tritych\", 1976, Collection privée

Francis Bacon, "Tritych", 1976, Collection privée (© The Estate of Francis Bacon /All rights reserved / Adagp, Paris and DACS , London 2019 © The Estate of Francis Bacon. All rights reserved. DACS /Artimage 2019. Photo: Prudence Cuming Associates Ltd)


Textes déclencheurs d'images

Des extraits d'Eschyle, Friedrich Nietzche, Georges Bataille, Michel Leiris, Joseph Conrad et TS Eliot sont lus par des comédiens au fil de l'exposition. Le lien entre ces textes et les créatures étranges, torturées, déformées de Francis Bacon ne vous semblera peut-être pas évident, en l'absence de cartels explicatifs. Didier Ottinger revendique cette absence de cartels : "Quand on a des œuvres comme celles-là, j'estime qu'elles se défendent toutes seules et que c'est une expérience à laquelle il faut inviter le spectateur. Appréhender les œuvres d'art physiquement, émotionnellement", dit-il, renvoyant au catalogue, à l'album et au podcast du Centre Pompidou où il commente davantage les oeuvres. 

 

De toute façon, Francis Bacon refusait toute approche illustrative. Dans un document filmé projeté à la fin de l'exposition, il raconte qu'il lit toutes sortes de livres et que la littérature lui provoque des images qui inspirent ses œuvres. "Les grands poètes sont de formidables déclencheurs d'images, leurs mots me sont indispensables, ils me stimulent, ils m'ouvrent les portes de l'imaginaire", disait-il.

 

 

"Les textes choisis sont des textes dont l'intensité je pense est aussi forte que celle des œuvres de Bacon dans un autre registre. Et le principe ici est fidèle à la façon dont Bacon traite de ses liens avec la littérature. Il n'y a pas d'automatisme, d'illustration", explique Didier Ottinger.

 

 

 

Francis Bacon, \"Street Scene (with Car in Distance), 1984, Collection privée

Francis Bacon, "Street Scene (with Car in Distance), 1984, Collection privée (© The Estate of Francis Bacon /All rights reserved / Adagp, Paris and DACS , London 2019 © The Estate of Francis Bacon. All rights reserved. DACS / Artimage 2019. Photo: Prudence Cuming Associates Ltd)

 

Corps

Oubliez donc si vous voulez les Euménides d'Eschyle, et la naissance de la tragédie chez Nietzche, Apollon et Dyonisos chez Bataille, Leiris et la tauromachie, pour vous laisser aller à la force des tableaux. 

 

 

Francis Bacon peint surtout des figures, des boxeurs au sol, les corps fascinants des Study from the Human Body qu'il confronte à un environnement géométrique, dont on a l'impression que leur énergie a du mal à rentrer dans le cadre. Des créatures au corps tronqué, monstrueux. Des figures hantées par la violence, la mort ou l'érotisme. Il souligne souvent le caractère érotique d'une scène en projetant dessus une boule de peinture blanche.

 

 

Dans quelques cas, la figure disparaît comme dans cet impressionnant tableau peu ou presque jamais vu, Street Scene (with Car in Distance), 1984, noyé dans le rouge, où une voiture est en train de s'échapper du cadre en diagonale, tandis qu'une flaque de sang inonde le trottoir.

 

 

 

Francis Bacon, \"Sand Dune\", 1983, Fondation Beleler - Beyeler Museum, Bâle

Francis Bacon, "Sand Dune", 1983, Fondation Beleler - Beyeler Museum, Bâle (© The Estate of Francis Bacon /All rights reserved / Adagp, Paris and DACS , London 2019 © The Estate of Francis Bacon. All rights reserved. DACS / Artimage 2019. Photo: Prudence Cuming Associates Ltd)

 

L'informe

A ceux qui trouvaient que sa peinture était horrible, l'artiste, marqué par les guerres, disait dans le document cité que "la vie est beaucoup moins cruelle que ma peinture. On passe sa vie bras dessus bras dessous avec la mort". 



Dans des tableaux étonnants, où Bacon a voulu capter la vapeur, le sable d'une dune, des nuages, ce que Didier Ottinger appelle "une peinture de l'informe". De l'eau s'échappe d'un robinet (Water from a Running Rap, 1982) : cette peinture d'une simplicité extrême (quelques lignes, un peu de bleu clair, une masse floue sortant du robinet) réalisait selon lui parfaitement son projet artistique, il était "immaculé".

 

 

Pour Didier Ottinger, l'œuvre tardive exposée au Centre Pompidou "se dégage de la main, de la matière dans laquelle étaient empêtrés ses premiers tableaux. Dans les années 1960 on est dans des amas de matière. Dans cette (dernière) partie de l'œuvre, on a l'impression qu'il ne touche pratiquement plus les tableaux. Tantôt il projette des jets de peinture sur la toile, tantôt il souffle du pigment. On a l'impression qu'il est à la recherche de formules techniques qui vont lui permettre de produire ces tableaux immaculés".

 

 

Dans la dernière toile achevée de Francis Bacon, Study of a Bull (1991), complètement dépouillée, le taureau, incarnation de la force animale, peint en noir et en blanc, s'efface à moitié, semblant hésiter au seuil de l'arène. Malade, l'artiste sentait-il la mort venir ?

 

 

 

 

Francis Bacon, \"Study of a Bull\", 1991, Collection Agnelli, Londres

Francis Bacon, "Study of a Bull", 1991, Collection Agnelli, Londres (© The Estate of Francis Bacon /All rights reserved / Adagp, Paris and DACS , London 2019 © The Estate of Francis Bacon. All rights reserved. DACS / Artimage 2019. Photo: Prudence Cuming Associates Ltd)

 

 

Bacon en toutes lettres
Centre Pompidou, Paris 4e
du 11 septembre 2019 au 20 janvier 2020
Tous les jours sauf les mardis et le 1er mai, 11h-21h, le jeudi jusqu'à 23h
Tarifs : 15 € / 12 €
Réservation obligatoire

 


18/09/2019
0 Poster un commentaire

Franceinfo - le dimanche 11 août 2019

 

 

Chanson française : leçon d'optimisme avec Hugues Aufray

 

 

avatar

France 2France Télévisions
 

 

 

Dimanche 11 août, Thomas Sotto recevait le chanteur Hugues Aufray sur le plateau du 20 Heures

 

 

hugues-aufray

 

Hugues Aufray - La biographie de Hugues Aufray avec Gala.fr

 

 

 

Les Français fredonnent encore ses chansons. Dimanche 11 août, le chanteur Hugues Aufray était l'invité du 20 Heures présenté par Thomas Sotto. À bientôt 90 ans, il confie son rêve d'enfant : devenir peintre. N'ayant pas pu faire les beaux-arts, il se tourne vers la musique, un peu par dépit. Avec sa passion pour la guitare, c'est lui qui fera découvrir à l'Europe un jeune compositeur américain très prometteur, Bob Dylan.

 

 

 

"On a tendance à être pessimiste"

Après l'occupation l'allemande, le suicide de son frère et une vie familiale difficile, Hugues Aufray dit ne pas avoir peur de la fin. Interrogé sur les crises que vivent les nouvelles générations, il répond : "On a tendance à être pessimiste. La seule façon de lutter contre le pessimisme, c'est l'optimisme".

 

 

Hugues Aufray sera en concert à Sorèze (Tarn) le 7 septembre et à la salle Pleyel (Paris) le 18 octobre.

 


13/08/2019
0 Poster un commentaire

Franceinfo - le lundi 12 août 2019

 

 

Alain Delon "va de mieux en mieux", affirme son fils

 

 

avatar

franceinfoFrance Télévisions

 

 

 

Après avoir été victime d'un AVC et d'une hémorragie cérébrale, l'acteur de 83 ans est soigné en Suisse

 

 

 

19855015

 

Capture d'écran d'un message posté sur le compte Instagram du fils d'Alain Delon, Alain-Fabien Delon, le 11 août 2019. (INSTAGRAM)

 

 

 

Le fils d'Alain Delon rassure sur l'état de santé de son père. Sur le réseau social Instagram, Alain-Fabien Delon a posté, dimanche 11 août, une photo de l'acteur de 83 ans tout sourire. "Merci pour vos nombreux messages qui me vont droit au coeur, peut-on lire sur le post. Comme vous pouvez le voir, il va de mieux en mieux et il vous embrasse".

 

 

 

19854993

 

Capture d'écran d'un message posté sur le réseau social Instagram par le fils d'Alain Delon, Alain-Fabien Delon.  (INSTAGRAM)

 

 

 

De quoi rassurer les fans d'Alain Delon, victime d'un accident cardio-vasculaire et d'une "légère" hémorragie cérébrale il y a plusieurs semaines, selon son entourage. Après avoir été opéré à la Pitié-Salpêtrière à Paris, il est resté trois semaines en soins intensifs.

 

 

Selon son fils aîné Anthony Delon, l'acteur "se repose tranquillement" dans une clinique en Suisse, où sa fille réside. Les jours précédents cette déclaration, la presse people avait publié de nombreux articles alarmistes quant à son état de santé.

 


12/08/2019
0 Poster un commentaire

Franceinfo - le vendredi 9 août 2019

 

 

Zorro a 100 ans : si vous avez plus de 15/20 à ce quiz, vous savez signer votre nom à la pointe de l'épée

 

 

avatar

Noémie BonninRadio France

 

 

 

Le héros masqué fête ses 100 ans le 9 août 2019. Connaissez-vous tout du personnage, devenu icône culturelle mondiale ? 

 

 

 

18424700

 

Capture d'écran d'AlloCiné

 

 

 

>> Zorro a 100 ans : si vous avez plus de 15/20 à ce quiz, vous savez signer votre nom à la pointe de l'épée

 

 

Le 9 août 1919 apparaît pour la première fois le héros au costume noir, composé d'une cape, d'un masque et d'un chapeau. L'histoire écrite par Johnston McCulley est publiée sous forme de feuilleton, Le fléau de Capistrano, dans la gazette illustrée américaine All-Story Weekly.

 

 

Cette première aventure inspire de très nombreuses suites, déclinées sous forme de romans, bandes dessinées, films, séries télévisées, dessins animés, jeux, chansons... Le cavalier qui surgit hors de la nuit a marqué plusieurs générations.

 

 

 

Zorro a 100 ans : retour sur une icône culturelle qui aura marqué des générations

 

 

avatar

Édité par Pauline Pennanec'hfranceinfoGilbert ChevalierRadio France

 

 

Le cavalier qui surgit hors de la nuit fête ses 100 ans vendredi. Avec plus de 50 films et séries à son actif, le justicier est devenu culte

 

 

 

19842263

 

Antonio Banderas incarne Zorro au cinéma dans Le Masque de Zorro, réalisé par Martin Cambpell en 1998. (RONALD SIEMONEIT / SYGMA / GETTY IMAGES)

 

 

 

Zorro souffle ses cent bougies ! Le célèbre justicier masqué vêtu de noir qui combat l'injustice dans la ville de Los Angeles, en Californie espagnole au sein de la Nouvelle-Espagne, est né le 9 août 1919 sous la plume de Johnston McCulley. Sa première aventure, Le fléau de Capistrano, a d’abord été publiée en feuilleton dans la gazette illustrée américaine All-Story Weekly. Johnston McCulley en écrira une soixantaine d'autres.

 

 

Depuis, le héros masqué est devenu une icône culturelle majeure, au même titre que Tarzan ou Superman. Il a surtout marqué des générations à travers la série télévisée, produite par les Studios Disney. Au total, 78 épisodes ont été tournés de 1957 à 1961, toujours diffusés sur France Télévisions. Une série qui a offert à Zorro une immense popularité, plus que les romans de Johnston Mc Culley ou les adaptations cinématographiques.

 

 

Zorro, inspiré d'un aventurier irlandais ?

Son nom, entré dans le langage courant, désigne celui qui se dresse contre l'injustice. Les personnages réels historiques qui ont pu inspirer McCulley ne manquent pas : bandits au grand coeur, justiciers, hors la loi redresseur de torts... Mais pour Michèle Roussel, auteur de Zorro : L'emblème de la révolte, publié aux éditions Yris, c'est du côté de William Lamport, un aventurier irlandais du XVIIe siècle, que l'auteur est allé chercher l'inspiration. C'est d'ailleurs aussi la thèse d'un universitaire italien : "Quand William Lamport est arrivé au Mexique, il y avait énormément d’Indiens et de Noirs qui étaient réduits à l’esclavage".

 

 

Selon elle, "lui qui était un Irlandais qui autrefois avait combattu l’Angleterre, il ne supportait pas de voir les êtres humains plus maltraités que les animaux, et il entreprit justement d’avoir des tas d’actions la nuit surtout pour pouvoir ne pas être découvert etc. Il a mené un peuple, tel un chef de guerre."

 

 

 

Cinquante-cinq films à la gloire du vengeur masqué

Zorro, figure du combat contre la cruauté et la corruption, est un héros proche du peuple. Au cinéma, on recense 55 films de Zorro. La première adaptation est la version muette, réalisé en 1920 avec l'acteur Douglas Fairbanks. Il y en aura beaucoup d'autres avec des grandes stars. Alain Delon s'y est lui aussi essayé en 1975, dans une version qui ne restera pas inoubliable.

 

 

C'est finalement Martin Cambpell en 1998 qui redonne un souffle nouveau à Zorro au cinéma avec le jeune Antonio Banderas, dans Le Masque de Zorro. L'acteur Antonio Banderas espagnol remettra la cape et le masque en 2005 pour une suite, dans La légende de Zorro.

 

 

La BD, le cinéma d'animation, les jeux vidéo et la chanson ont aussi copieusement exploité l'image de Zorro, comme Henri Salvador en 1964.

 

 

En Colombie et aux Philippines, de nouvelles séries consacrées à Zorro ont été récemment tournées. Un projet, avec l'acteur mexicain Gaël Garcia Bernal, serait en préparation à Hollywood. La signature de Zorro reste encore et toujours, 100 ans après la création du personnage, une valeur sûre.

 


12/08/2019
0 Poster un commentaire