L'AIR DU TEMPS

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COMPRENDRE L'EPOQUE

Des articles et faits divers, tirés de la presse, pour comprendre notre histoire au présent, et l'époque que l'on vit...


Franceinfo - le 9 janvier 2018 - mis à jour le vendredi 1er novembre 2019

 

 

Facebook, Twitter, Google… Comment préparer votre testament numérique

 

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Vincent MatalonFrance Télévisions
 

 

 

Que deviendront vos comptes sur les principaux réseaux sociaux et plateformes d'e-mails  après votre passage dans l'au-delà ? Franceinfo s'est penché sur la question

 

 

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Google propose à ses utilisateurs un "gestionnaire de compte inactif", qui permet de décider de supprimer ou de transmettre ses données à un proche après son décès. (BLANCHI COSTELA / MOMENT RF / GETTY IMAGES)

 

 

 

Que va-t-il advenir de votre compte Facebook après votre mort ? Et de votre vieille adresse Hotmail, que vous utilisiez pour vous connecter sur MSN Messenger au début des années 2000 ? Si vous ne vous êtes pas encore posé cette question, la plupart des services en ligne ont, ces dernières années, planché sur le sujet. Avec plus ou moins de réussite. A l'occasion de la Toussaint, vendredi 1er novembre, et afin de vous aider à réaliser votre "testament numérique" et à maîtriser autant que possible vos traces sur le web après votre passage dans l'au-delà, franceinfo a fait le tour des réseaux sociaux et plateformes de courrier électronique les plus populaires.

 

 

 

Facebook

En raison de son extrême popularité, Facebook a été l'un des premiers services à s'adapter à la mort de ses utilisateurs. Le réseau social a ainsi mis en place en octobre 2009 une fonctionnalité permettant de transformer un profil en "compte de commémoration", ce qui en limite les fonctionnalités et évite les situations embarrassantes, comme les rappels de l'anniversaire du défunt.

 

 

Il est également possible de faire supprimer entièrement son compte après son décès. Dans les deux cas, il est nécessaire que vos proches signalent votre mort à Facebook sur une page prévue à cet effet, mais vous pouvez signifier de votre vivant vos volontés à Facebook.

 

 

• Si vous souhaitez que votre compte soit supprimé :

 

Rendez-vous dans les paramètres de votre compte. Depuis un ordinateur, il faut cliquer sur la petite flèche pointant vers le bas située en haut à droite de n'importe quelle page Facebook.

 

 

 

 

 

 

Cliquez ensuite sur "Général" dans le menu de gauche, puis sur "Paramètres de transformation en compte de commémoration". Il ne vous reste plus qu'à cliquer sur "Demander à ce que votre compte soit supprimé après votre décès" et à valider votre choix.

 

 

 

 

 

L'opération peut aussi s'effectuer depuis l'application mobile de Facebook. Ouvrez le menu à l'aide de l'icône située dans le coin supérieur droit de l'application, et faites-le défiler jusqu'aux paramètres.

 

 

 

 

 


Faites ensuite défiler le menu jusqu'à la rubrique "Vos informations Facebook", Cliquez ensuite sur "Propriété et contrôle du compte", sur "Paramètres de transformation en compte de commémoration", et enfin sur "Supprimer le compte après décès". Le tour est joué !

 



• Si vous souhaitez que votre profil reste en ligne :

 

Dans ce cas, votre profil sera transformé en "compte de commémoration", ce qui change quelques petites choses. L'expression "En souvenir de" sera par exemple ajoutée au-dessus de votre nom, et plus personne ne pourra se connecter sur votre compte, même si vous avez communiqué votre mot de passe à un proche. Il n'apparaîtra plus dans les suggestions de Facebook, qu'il s'agisse des "Vous connaissez peut-être", des anniversaires ou des publicités qui indiquent à vos amis que vous "aimez" telle ou telle page.

 

 

Gardez tout de même à l'esprit que si vous avez paramétré votre compte de manière à ce que vos amis puissent laisser un message sur votre mur, ils pourront continuer à le faire sur votre compte de commémoration, et vous rendre hommage (ou pas). Tout ce que vous avez déjà posté sur Facebook restera par ailleurs accessible selon les paramètres de confidentialité définis de votre vivant : si l'album photo de vos vacances en Espagne était visible par tous, y compris par ceux qui ne font pas partie de vos amis, il le restera après votre mort.

 

 

Dans le cas où cette option vous intéresse, il est possible de désigner parmi vos proches un légataire, qui sera en quelque sorte l'administrateur de votre compte après votre mort. Il pourra changer votre photo de profil ou de couverture, rédiger une publication à épingler sur votre mur si celui-ci est ouvert, ou encore accepter ou refuser des demandes d'amis après votre mort, ce qui est assez étrange. Il ne pourra toutefois pas ajouter de nouveaux contacts, supprimer les anciens, effacer ou modifier vos contenus ni consulter vos messages.

 

 

Pour effectuer cette démarche, répétez l'opération décrite plus haut, et plutôt que de cliquer sur "Suppression de compte", cliquez sur "Choisir un contact légataire". Sachez que toutes ces opérations ne sont pas définitives, et que vous pourrez revenir sur votre décision.

 

 

 

 

 

Google

Google est aussi un bon élève dans ce domaine. Le géant de Mountain View a mis en ligne en avril 2013 un "gestionnaire de compte inactif" qui permet de décider de supprimer ou de transmettre ses données à un proche, service par service, si vous n'utilisez pas votre compte pendant un certain temps. Cela peut concerner vos e-mails (Gmail), les photographies prises avec votre téléphone si elles sont synchronisées avec Google Photos, les documents stockés sur Google Drive, ou encore votre compte YouTube.

 

 

Pour paramétrer le devenir de votre compte Google, direction cette page. Cliquez sur "Démarrer". Vous devez ensuite définir le délai sans connexion à partir duquel Google considérera que votre compte est devenu inactif : 3, 6, 12 ou 18 mois. Pas de panique : si vous décidiez par hasard d'abandonner Google à un moment de votre vie, sans trépasser pour autant, l'entreprise vous enverra plusieurs e-mails et SMS quelques semaines avant la date fatidique.

 

 

 

 

 

 

Vous pouvez ensuite sélectionner jusqu'à 10 proches qui seront prévenus par Google lorsque votre compte sera devenu inactif, et à qui vous pouvez accorder un accès temporaire à certaines de vos données. Pour éviter les détournements par des personnes mal intentionnées, ces proches ne pourront y accéder qu'après avoir prouvé leur identité à l'aide d'un code reçu par SMS.

 

 

Il est également possible de rédiger par avance un message qui sera envoyé automatiquement aux personnes qui cherchent à vous contacter une fois votre compte désactivé.

 

 

 

 

 

 

Il ne reste ensuite plus qu'à choisir si Google devra ou non supprimer entièrement votre compte et ses données quelques mois après le début de son inactivité, et à valider le tout.

 

 

 

 

 

 

Yahoo!

Autre poids lourd de l'e-mail, Yahoo! est objectivement moins prévoyant que Google lorsqu'il s'agit de préparer son testament numérique. La seule possibilité offerte est de clore entièrement votre compte après votre mort. Et la manière de procéder n'est pas franchement à la pointe de la technologie, puisque cette démarche ne peut s'effectuer que par courrier.

 

 

Un de vos proches devra ainsi rédiger une demande de clôture formelle en précisant votre adresse e-mail, y joindre un document attestant qu'il est légalement en mesure d'effectuer cette requête (par exemple une lettre le désignant comme votre exécuteur testamentaire), ainsi qu'une photocopie de votre acte de décès. Le tout devra être envoyé aux Etats-Unis (donc en anglais) à l'adresse suivante :

 


Concierge Executive Escalations
Yahoo Inc.
5250 NE Elam Young Parkway
Hillsboro, OR 97124
United States of America

 

 

 

Hotmail

Concernant Microsoft, qui gère les adresses Hotmail, Live, MSN ou encore Outlook, l'affaire est encore plus compliquée. Non seulement aucun dispositif ne permet d'anticiper sa disparition, mais le site officiel de l'entreprise ne propose pas de page d'aide expliquant la procédure à suivre en cas de décès d'un proche.

 

 

Dans un article publié à l'été 2013 (en anglais), le magazine Time faisait état d'une procédure appelée "Next of kin process" ("procédure pour parent proche"). Celle-ci permet de réclamer à Microsoft non seulement la suppression d'une adresse e-mail d'un proche disparu, mais également un DVD contenant les données associées au compte "incluant tous les e-mails et leurs pièces jointes, le carnet d'adresses, ainsi que la liste de contacts" du défunt. Contacté par franceinfo début janvier, le service client de Microsoft a confirmé que cette procédure était toujours d'actualité, mais que son application relevait du cas par cas, sans davantage de précisions.

 

 

La suite est assez sportive. Votre proche devra effectuer sa demande en anglais par mail à l'adresse msrecord@microsoft.com, en y joignant une preuve de décès, un certificat prouvant qu'il est légitime pour réclamer la fermeture de votre compte, ainsi qu'une photo d'identité. Il devra également être en mesure de répondre à tout un tas de questions concernant votre compte Hotmail : adresse e-mail, nom, prénom et date de naissance utilisés lors de la création du compte, date approximative de création du compte, ou encore date approximative de la dernière connexion à votre compte. Ces informations peuvent également être communiquées par courrier à l'adresse :

 


Next of Kin
One Microsoft Way
Redmond, WA 98052
United States of America

 

 

Vous l'aurez compris : sauf à avoir minutieusement transmis toutes les informations nécessaires à l'un de vos proches, le plus simple reste de clôturer de votre vivant votre compte Microsoft lorsque la fin approchera. Heureusement, la procédure est cette fois beaucoup plus simple, et parfaitement détaillée sur le site de l'entreprise.

 

 

 

Twitter

A la différence de Facebook, Twitter n'a pas (encore ?) mis en place de profil de commémoration. A moins de communiquer à vos proches votre nom de compte et votre mot de passe, ceux-ci ne pourront ainsi que réclamer la désactivation de votre profil.

 

 

La procédure à suivre est assez simple, et peut s'effectuer en français depuis la rubrique d'aide de Twitter. Vos proches devront cliquer sur "Je souhaite demander la désactivation du compte d'un utilisateur décédé ou frappé d'incapacité", préciser le nom de votre compte, vos nom et prénom réels, ainsi que les liens qui vous unissaient.

 

 

"Une fois la demande reçue, nous vous enverrons par e-mail des instructions à suivre pour nous fournir plus de détails sur la personne décédée, ainsi qu'une copie de votre carte d'identité et une copie du certificat de décès de la personne concernée", écrit le réseau social dans son centre d'assistance. Twitter précise également que ces documents seront supprimés après vérifications.

 

 

 

Snapchat

Est-ce parce qu'il est très populaire chez les moins de 30 ans ? Les mots "mort" ou "décès" n'apparaissent en tout cas nulle part dans les rubriques d'aide du site de Snapchat.

 

 

Contacté par franceinfo, le réseau social de partage de photos et de vidéos à durée de vie limitée indique "être en capacité" de supprimer le compte d'un utilisateur mort. Si vous souhaitez que vos proches effectuent cette démarche après votre passage dans l'au-delà, ils devront rédiger une requête en se rendant sur cette page, puis en cliquant sur "Je souhaite partager des commentaires" et "Autres".

 

 

Les équipes de Snapchat prendront ensuite contact avec eux pour effectuer des vérifications avant de procéder à la désactivation de votre compte. Attention tout de même, le site n'accepte pour l'heure que les requêtes envoyées en anglais.

 

 

 

Instagram

Instagram a été racheté par Facebook en avril 2012 contre un milliard d'euros. Cela se ressent dans la manière dont le plus célèbre réseau de partage de photos gère la question de la mort de ses utilisateurs : comme Facebook, Instagram propose aux proches d'un défunt de choisir entre supprimer son profil et le transformer en "compte de commémoration".

 

 

• Si vous souhaitez que votre compte soit supprimé :

 

Dans ce premier cas, vos proches n'auront qu'à remplir un formulaire simple et en français. Afin de vérifier que la personne effectuant la demande est un membre de votre entourage, Instagram réclame en outre "un certificat de décès, le certificat de naissance du défunt ou une preuve de [son] autorité".

 

 

• Si vous souhaitez que votre profil reste en ligne :

 

Dans ce cas, le compte en question restera figé, n'apparaîtra plus dans les espaces publics de la plateforme comme la section "explorer" (qui suggère des personnalités auxquelles s'abonner) et il sera impossible de s'y connecter, même en possédant le mot de passe. Là aussi, vos proches n'auront qu'à remplir un formulaire pour effectuer cette demande, avec une preuve de votre décès.

 

 

 

LinkedIn

"Il arrive malheureusement parfois que vous trouviez le profil d'un collègue, d'un camarade de classe ou d'un être cher qui est décédé. Si cela se produit, nous pouvons fermer le compte de cette personne et supprimer son profil pour vous", écrit dans sa section d'aide le réseau social professionnel, qui revendiquait un demi-milliard de membres en avril 2017.

 

 

Comme Instagram ou Twitter, LinkedIn propose ainsi un formulaire (disponible seulement en anglais) permettant de demander le retrait d'un profil, mais ne réserve pas cette possibilité aux seuls proches du défunt. Votre "famille éloignée" ou vos anciens camarades de classe pourront ainsi réaliser cette démarche après votre mort.

 

 

La personne effectuant la demande devra fournir votre nom, préciser sa relation avec vous, la date de votre mort, ainsi qu'un lien ou un document prouvant votre décès.

 


05/11/2019
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Franceinfo - le jeudi 31 octobre 2019

 

 

"Quand un élève se fait frapper, le quartier veut se venger" : en Seine-Saint-Denis, les rixes entre jeunes continuent après la mort de plusieurs adolescents

 

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Justine Leclercq, édité par Bastien MunchfranceinfoRadio France

 

 

Le Premier ministre, Edouard Philippe, annonce des mesures jeudi pour améliorer l'éducation et la sécurité en Seine-Saint-Denis

 

 

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Une marche blanche en hommage à Kewi, poignardé à mort aux Lilas, le 13 octobre 2019. (DELPHINE GOLDSZTEJN / MAXPPP)

 

 

 

"Quand un élève se fait frapper, le quartier veut se venger, et ils peuvent se venger sur n'importe qui. Même sur ceux qui n'ont rien fait et qui n'ont rien à voir dans l'histoire", témoigne un collégien, dans l’un des stades de football du Pré-Saint-Gervais, d'où était originaire un adolescent poignardé à mort le 4 octobre.

 

 

Le Premier ministre se rend dans ce département de Seine-Saint-Denis jeudi 31 octobre pour dévoiler des mesures sur l’éducation et la sécurité dans le département. Les élus attendent ces moyens avec impatience, alors qu'ils sont confrontés à des phénomènes complexes de violences, notamment entre adolescents de différentes communes. Des violences qui peuvent tourner au drame, comme début octobre, devant un collège aux Lilas, où Kewi, un adolescent de 15 ans, a été poignardé à mort.

 

 

Quand on est dans un lycée, on est mélangés avec des jeunes de tous les quartiers, et il y a des tensions.Un collégien du Pré-Saint-Gervais à franceinfo

 

 

D'ailleurs les collégiens rencontrés par franceinfo sont un peu désabusés par les rixes de quartiers. "C'est normal, il y a des tensions entre les villes et il y aura tout le temps ça, ça ne va pas changer", déplore un autre jeune. "Quand on est ici, ça ne nous inquiète pas", continue son camarade. "Mais quand on va dans une ville où il y a plus d'embrouilles, ça peut nous inquiéter."

 

 

 

"On a besoin de plus de services publics"

Le lycée des Lilas regroupe des adolescents de quatre communes différentes et cristallise ainsi les tensions. Mais les affrontements entre adolescents de Seine-Saint-Denis ne sont pas récents, selon Erwann Guermer, secrétaire départemental du syndicat Unité SGP Police. "Il n'y a rien de plus que ces 15 ou 20 dernières années. Les phénomènes violents dans le 93 existent depuis longtemps. Ils sont peut-être un peu plus visibles ces derniers temps avec l'explosion des réseaux sociaux, la transmission de l'image se fait beaucoup plus rapidement. Je n'ai pas l'impression que l'âge de ces jeunes impliqués dans des rixes ait baissé", indique-t-il.

 

 

On doit retrouver, sur ce département, une certaine tranquillité.Laurent Baron, maire du Pré-Saint-Gervais à franceinfo

 

 

En un an, trois adolescents de 13, 15 et 20 ans ont été tués en Seine-Saint-Denis à cause de rivalités de quartiers, sans vraiment d'explications. Pour le maire socialiste du Pré-Saint-Gervais, Laurent Baron, l’État doit aider les communes pour arrêter ces violences. "Il y a un rapport qui est sorti et qui dit que sur le département de la Seine-Saint-Denis, on est en manque de moyens de justice, de police et d'éducation. Je pense qu'on a besoin de plus de services publics. La tranquillité publique, la sécurité, c'est une compétence d'Etat et je pense qu'on doit retrouver, sur ce département, une certaine tranquillité."

 

 

Des adolescents, postés au pied de leur immeuble, attendent eux aussi des solutions. "Il faudrait plus de policiers, ils devraient renforcer les sorties des lycées", indique l'un d'eux. "Il y a beaucoup de petits qui ne veulent pas sortir parce qu'ils ont peur de se faire taper." Citoyens, élus, enseignants et associations de Seine-Saint-Denis attendent donc plus de moyens pour lutter contre la violence.


31/10/2019
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Franceinfo - le jeudi 10 octobre 2019

 

 

Comment Turcs et Kurdes utilisent les réseaux sociaux pour défendre leur opinion sur l'offensive en Syrie

 

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franceinfoThomas PontillonRadio France

 

 

La Turquie a lancé une offensive dans le Nord de la Syrie pour combattre les milices kurdes. Depuis, la situation est largement commentée voire manipulée sur les réseaux sociaux

 

 

 

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Des hommes et des femmes fuient les combats dans le Nord de la Syrie, le 9 octobre 2019. (DELIL SOULEIMAN / AFP)

 

 

 

Alors que la Turquie a lancé son offensive en Syrie contre les forces kurdes, une autre bataille a lieu sur les réseaux sociaux. Les deux camps multiplient les messages, photos et vidéos à l'appui, pour commenter la situation. Une rhétorique qui s'approche de la propagande. 

 

 

 

Avec des hashtags spécifiques 

Depuis le début de l'offensive, deux tendances se dégagent sur Twitter. D'un côté les pro Kurdes qui utilisent le hashtag "#TrumpBetrayedTheKurds", c'est-à-dire "Trump a trahi les Kurdes". Ce type de messages a touché plus de 270 000 personnes selon les statistiques du site Union Metrics, qui calcule l'audience des hashtags sur internet. 

 

 

De l'autre côté, les Turcs choisissent plutôt le mot-dièse #TurkeyJustKilledTerrorists", soit en français "la Turquie tue juste les terroristes". Un hashtag lu par environ 180 000 personnes à travers le monde, toujours selon le site union metric. Ces dernières heures, des centaines de milliers de tweets ont été diffusés avec ces deux hashtags. Ils ont été envoyés principalement depuis les États-Unis et la Turquie.

 

 

 

En diffusant des photos et des vidéos invérifiables ou fausses 

Comme à chaque conflit armé, les deux camps rajoutent l'horreur à leurs messages en multipliant les photos et les vidéos où figurent souvent des blessés ou des enfants. 

 

 

Du côté kurde, une photo d'un enfant revient souvent sur Twitter. Il est face contre terre, visiblement mort. Cette photo, sans contexte, est impossible à vérifier. En revanche, d'autres images tournent sur les réseaux sociaux et s'avèrent fausses. Par exemple, sur une vidéo, une rue soufflée par une explosion. À terre, des victimes hurlent et pleurent. La vidéo est accompagnée d'un commentaire pour dénoncer les "bombardements aveugles" de la Turquie. Sauf que cette vidéo n'a pas été tournée en Syrie récemment. Elle date d'avril 2017 lors d'un attentat du groupe État Islamique en Égypte.

 

 

 

Un tweet daté du 10 octobre 2019, qui monte en réalité l\'attentat du groupe Etat Islamique en Egypte en avril 2017.  

Un tweet daté du 10 octobre 2019, qui monte en réalité l'attentat du groupe Etat Islamique en Egypte en avril 2017.   (CAPTURE ECRAN TWITTER)


 

Autre exemple : des comptes anonymes kurdes diffusent une image montrant des hommes morts dans des sacs mortuaires jaunes. Là encore la photo peut laisser penser qu'il s'agit d'un évènement récent. Or, cette image est identifiable sur Google dès 2017. Elle a été prise après un raid de la police turque contre une cache du PKK, le parti des travailleurs kurdes considéré comme organisation terroriste par Ankara, en 2017. 

 

 

Du côté turc aussi la propagande a démarré. Avec par exemple de nombreuses photos de soldats qui donnent des biscuits à des enfants. Ils jouent aussi avec eux dans une ambiance bienveillante. "La Turquie est pleine de compassion et n'attaque que les terroristes", disent plusieurs comptes d'internautes. Là non plus ces photos ne sont pas récentes, elles datent d'il y a plus d'un an lors de la bataille d'Afrin en Syrie.

 

 

 

Un tweet daté du 10 octobre 2019 où l\'on voit un soldat bienveillant avec des enfants. 

Un tweet daté du 10 octobre 2019 où l'on voit un soldat bienveillant avec des enfants.  (CAPTURE ECRAN TWITTER)


 

Autre exemple : une personne âgée portée par des soldats. Il ne s'agit pas d'un homme kurde, mais d'un Turc, après un séisme en 2011 dans le centre de la Turquie. 

 

 

 

Un tweet daté du 10 octobre 2019 où l\'on voit un homme aidé par deux soldats. L\'image date en réalité de 2011. 

Un tweet daté du 10 octobre 2019 où l'on voit un homme aidé par deux soldats. L'image date en réalité de 2011.  (CAPTURE ECRAN TWITTER)

 

En profitant de l'absence de journalistes sur place

Si vous trouvez des photos ou des vidéos "tournées sur place", il faut rester prudent. La grande majorité des images diffusées actuellement sur les réseaux sociaux cherchent à convaincre, les protagonistes sont dans un exercice de propagande. Les uns et les autres cherchent à rassurer ou à attirer la sympathie, les internautes peuvent d'ailleurs remarquer la forte présence d'enfants sur les images, qu'ils soient blessés ou entourés de militaires à l'image plutôt bienveillante.  

 

 

Cependant, sur le terrain il est difficile de dire ce qu'il se passe réellement si peu de temps après le début de l'offensive. Il y a peu d'images réalisées par des journalistes. Finalement, les deux camps profitent de l'absence de témoins neutres sur le terrain pour diffuser ce qu'ils souhaitent montrer du conflit ou de ses motivations.

 


11/10/2019
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Franceinfo - le dimanche 22 septembre 2019

 

 

On vous explique pourquoi "enculé" est une insulte homophobe

 

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Camille CaldiniFrance Télévisions

 

 

L'injure compte parmi les plus courantes dans les stades, mais pas seulement. Le mot qui crispe supporters, Ligue et Fédération française de foot s'est invité dans le langage courant, mais est de moins en moins toléré

 

 

 

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Une banderole "des fumis contre l'homophobie, on a le droit ?", déployée par des supporters marseillais au stade Vélodrome, à Marseille, le 1er septembre 2019. (MAXPPP)

 

 

 

"Arbitre enc**ée, est-ce homophobe pour une femme ?" Avec cette question provocante, les supporters jouent à chat avec la Ligue de football professionnel (LFP). Déployée par le kop angevin, lors d'une rencontre avec Metz arbitrée par Stéphanie Frappart, fin août, la banderole pourrait valoir une amende au club d'Angers (Maine-et-Loire), selon L'Equipe. Depuis que les arbitres ont le droit d'interrompre les matchs à cause d'un chant ou d'une banderole homophobe, certains supporters donnent dans la surenchère. Ce ne sont plus seulement les adversaires et les arbitres qui sont des "enculés", c'est maintenant la LFP qu'"on encule". D'autres tentent de calmer le jeu, en affichant "courage aux LGBT, nique la LFP".

 

 

Du côté des acteurs du football français, l'heure est aux discussions sur le sujet, après la passe d'armes, début septembre, entre Noël Le Graët et Roxana Maracineanu. Le patron de la Fédération française de football avait différencié lutte contre racisme et homophobie dans les stades, suscitant une réaction courroucée de la ministre des Sports, qui avait jugé cette position "erronée". Les deux ont ensuite fait savoir dans un communiqué commun qu'ils partageaient "le principe d'une action résolue, adaptée et pragmatique".

 

 

Reste que dans les stades et en dehors, on s'interroge : est-ce qu'"enculé", c'est vraiment homophobe ?

 

 

 

Une insulte homophobe et sexiste

Commençons par évacuer le doute. Même si la question des Angevins était rhétorique, la réponse est "oui", pour toutes les personnes interrogées par franceinfo. Employer le terme "enculé" comme insulte est homophobe, et aussi sexiste. Le Trésor de la langue française retient deux définitions pour ce terme : d'abord "pédéraste passif", déjà très péjoratif, mais aussi "injure adressée à une personne considérée comme méprisable, sotte, dénuée de courage". Le mot sert donc à désigner les hommes gays et la sexualité qu'on leur attribue, mais aussi à insulter, indépendamment de l'orientation sexuelle et des pratiques de l'autre. "Il n'y a aucun doute sur la dimension homophobe de cette insulte", tranche la linguiste et sémiologue Marie Treps. En outre, c'est un mot transparent, "un mot qui fait image, dans lequel on entend nettement 'cul', donc il est difficile de le vider de son sens premier", poursuit-elle.

 

 

L'injure est également sexiste, car c'est "la passivité supposée de la personne qui est enculée, qu'il s'agisse d'une femme ou d'un homme, qui confère à ce nom une dimension insultante", complète Marie Treps. D'ailleurs, "toutes les insultes homophobes ont à l'origine une signification en termes patriarcal et sexiste, dans le sens où elles désignent soit la présence de traits féminins chez un homme, soit une moindre masculinité", précise Sébastien Chauvin, coauteur de Sociologie de l'homosexualité, au Monde.

 

 

"Il s'agit d'une insulte hétérosexiste, c'est-à-dire une insulte d'homme hétérosexuel qui vise à inférioriser les femmes et les gays", confirme l'avocat Etienne Deshoulières sur le site de SOS Homophobie. Il rappelle d'ailleurs que la Fifa a déjà sanctionné la Fédération mexicaine lors de la dernière Coupe du monde pour le chant de supporters "'Eeeeeeh Puto', synonyme du fameux 'Oh hisse enculé !' des supporters français". "Puto" étant un terme injurieux qui désigne les hommes prostitués et, par extension, les hommes gays.

 

 

 

"C'est stigmatisant, dans les deux cas"

Marie Treps, auteure de Maudits mots, la fabrique des insultes racistes, ajoute un parallèle avec les insultes à connotation raciste. "C'est stigmatisant, dans les deux cas", analyse-t-elle. "Le racisme, c'est considérer 'l'Autre' comme différent sur le plan de l'humanité, et même inférieur ou anormal. C'est aussi le cas de l'homophobie", développe la linguiste.

 

 

Amatrices de foot ou non, les personnes qui emploient l'injure "enculé" se défendent souvent de toute "intention" homophobe. Mais qui décide de la dimension homophobe d'une insulte ? Dans une étude publiée en 2017 sur les injures à caractère homophobe, l'Observatoire national de la délinquance (ONDRP) écarte la notion d'intention, pour retenir la perception. "Les injures homophobes, comme les injures en général, sont toujours sujettes à interprétation. L'injure se caractérise en effet par le fait qu'elle dépend de la perception de la personne visée", peut-on lire. 

 

 

 

Une des insultes préférées des automobilistes

Les supporters de foot tiennent-ils vraiment à cette insulte ? Si les premières banderoles de la saison tendaient à le faire croire, les positions évoluent. Les supporters protestent surtout contre toutes les mesures "liberticides". Les ultras critiquent une politique qu'ils jugent trop sécuritaire et demandent de manière récurrente d'assouplir les interdictions de fumigènes et les restrictions de déplacements pour assister aux rencontres. Désormais, ils accusent la LFP d'instrumentaliser la lutte contre l'homophobie, sans expliquer pourquoi "enculé" est une insulte discriminante. "On est passés de 'personne ne dit rien' à 'il faut tout arrêter', sans dialogue avec les supporters et sans travail de définition", explique James Rophe, porte-parole de l'Association nationale des supporters. Selon lui, "le travail est forcément long".

 

 

"Quand on a été élevé là-dedans, c'est difficile de s'en émanciper", confirme le sociologue Philippe Liotard à franceinfo. Car ce "folklore" aux accents homophobes remonte "peut-être à fin des années 1980, début des années 1990", au moment où les ultras ont commencé à s'organiser. Ce n'est pas très ancien, mais "les supporters qui ont 20, 30 ou 40 ans ont toujours entendu 'pédé' et 'enculé' dans les tribunes", explique le chercheur. Remplacer ce vocabulaire demande "une transformation de la culture". Mais "les débats actuels forcent les supporters à réfléchir", assure le spécialiste des discriminations dans le sport.

 

 

Ce maître de conférences à l'université Claude-Bernard de Lyon ajoute que le foot est loin d'être le seul sport concerné. Un petit garçon inscrit dans un club "de foot, de hand, de basket ou de volley""on lui dit très vite qu'il doit montrer qu'il n'est 'pas un pédé' (...) cette culture est intériorisée", expliquait-il à RMC Sport. Et les éducateurs sportifs ne se rendent pas toujours compte du poids de leurs mots. Il faut dire que les insultes homophobes, comme les insultes sexistes, sont très ancrées dans le langage courant. "Enculé" est d'ailleurs l'une des insultes préférées des Français, surtout lorsqu'ils sont au volant. Elle arrive en deuxième position derrière "connard", selon un sondage publié par le site spécialisé Minute Auto, en 2016.

 

 

 

Aucun joueur professionnel "out" en France

Le sport n'est en réalité qu'un reflet d'une société française "qui a toujours un problème pour accepter les personnes LGBT", analyse Philippe Liotard. "Il suffit de se rappeler l'opposition au mariage pour tous", ajoute-t-il. Mais surtout de compter les attaques contre les LGBT. Les insultes représentent la moitié des quelque 1 600 actes LGBTphobes recensés par SOS Homophobie en 2018. Et elles accompagnent parfois des agressions physiques : il y en a eu 231 l'an dernier, selon l'association.

 

 

Dans les stades, ces injures, même si elles ne mènent pas forcément à des coups et blessures, contribuent donc à entretenir un climat dans lequel les homos peinent à exister. L'ancien international Olivier Rouyer est le seul joueur professionnel à avoir fait son coming out en France, plusieurs années après la fin de sa carrière. Aujourd'hui, aucun footballeur ni aucune footballeuse tricolore pro n'assume publiquement son homosexualité. "Je suis persuadé qu'il y a des gamins en centre de formation qui sont passés à côté d'une carrière parce qu'ils n'ont trouvé personne pour les aider", assure Olivier Rouyer à Ouest France.

 

 

Même ceux qui affichent leur soutien aux personnes LGBT sont rares. Pour son documentaire Footballeur et homo, au cœur du tabou, Yoann Lemaire, président de l'association Foot ensemble, a eu la plus grande difficulté à obtenir la participation de joueurs comme d'entraîneurs et de présidents de clubs. "Personne ne voulait parler. C'est encore plus tabou chez eux que chez les supporters", raconte-t-il à franceinfo. Seul Antoine Griezmann a participé et assuré qu'il serait "fier" qu'un de ses coéquipiers puisse lui révéler son homosexualité. Or, pour Yoann Lemaire, les responsables des clubs et les joueurs ont la même responsabilité que les supporters.

 

 

A un moment, il faut dire stop. Tu es au courant que c'est homophobe, tu continues, tu assumes, maintenant tu iras devant une commission ou devant un tribunal.Yoann Lemaire, président de Foot ensemble à franceinfo

 

 

C'est aussi la conclusion à laquelle arrivait Gaëlle Krikorian, sociologue, sur son blog hébergé par Mediapart, en 2014. Elle revenait sur l'insulte "enculé", proférée cette fois à l'encontre d'un haut responsable politique, et expliquait pourquoi il était nécessaire d'arrêter de l'employer à tout-va. "Utiliser les références de l'homophobie, c'est produire de l'homophobie", résumait-elle. Donc, "si vous n'êtes pas homophobe, n'utilisez pas les mots qui servent à désigner les homosexuels comme insulte".

 


22/09/2019
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Franceinfo - le mercredi 18 septembre 2019

 

 

Crachats, insultes, coups à la mâchoire... Des pompiers racontent comment ils sont passés de héros à cibles d'incivilités

 

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Guillemette JeannotFrance Télévisions

 

 

Inquiets pour leur sécurité, les soldats du feu attentent des réponses concrètes pour mettre fin à ces violences de plus en plus fréquentes

 

 

 

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La Brigade de sapeurs-pompiers de Paris (BSPP), le 18 août 2019, en action lors d'un incendie du marché couvert de Levallois-Perret (Hauts-de-Seine). (MARC LOUKACHINE / BRIGADE DE SAPEURS-POMPIERS DE P)

 

 

 

Quatre agressions en 48 heures et 56 plaintes depuis le début de l’année. Les sapeurs-pompiers de l'Essonne ont dénoncé, lundi 16 septembre, leur quotidien de plus en plus souvent marqué par des violences dans le cadre de leurs fonctions. Une situation qui concerne l'ensemble du territoire national, avec sept pompiers agressés par jour en 2017, selon l'Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP). 

 

 

 

 

 

 

Alors que le 126e congrès national des sapeurs-pompiers se déroule du 18 au 21 septembre à Vannes (Morbihan) et devrait être "l'occasion de parler" de ces incivilités, des soldats du feu se confient à franceinfo.

 

 

 

"Je vais vous tuer"

Le 14 septembre dernier, à Etampes, Paul*, pompier depuis dix-sept ans au Sdis (Service départemental d'incendie et de secours) de l'Essonne, intervient avec un collègue après un appel passé en fin de matinée pour une fuite dans un appartement. Sur place, devant une porte fermée et un appartement a priori vide, ils tentent de trouver le gardien et tombent sur son fils, très agressif.

 

 

Il nous insulte et nous menace de mort. La raison ? On ne sait pas.Paul, sapeur-pompier à franceinfo

 

 

Le fils du gardien s'avance vers les deux hommes avec la ferme intention d'en découdre. "On essaie de temporiser, de le raisonner mais c'est un déluge d'insultes qui s'abat sur nous." Paul tente de maintenir une certaine distance avec le jeune homme agité, qui répète : "Je vais vous tuer". La situation dégénère lorsque le pompier informe l'agresseur qu'il appelle la police. "Je tourne alors la tête et je me réveille au sol." Le jeune homme lui a décroché un coup dans la mâchoire, lui faisant perdre connaissance. "Je me relève et j'en reçois aussitôt un autre." Le fils, rejoint par un ami, en profite pour aller à son véhicule pour se saisir d'un objet. "On a vu que c'était une machette et on s'est mis tout de suite à courir", raconte à franceinfo le sergent, qui a eu cinq jours d'ITT. "C'est l'instinct de survie qui prend le dessus, mais c'est inacceptable qu'aujourd'hui on en soit arrivé là." 

 

 

 

Des insultes, des crachats et des coups

De permanence la semaine où les quatre agressions se sont produites dans différents endroits "apparemment sans risque", le lieutenant-colonel François Schmidt, qui supervise 13 centres de secours dans le nord de l'Essonne, constate aussi que les insultes sont devenues plus fréquentes.

 

 

Crachats, insultes, jet de liquide biologique, lancer de cailloux ou coups de poing... L'intégrité de nos pompiers est mise à mal. Il faut que cela s'arrête.François Schmidt, lieutenant-colonel à franceinfo

 

 

Même conclusion du côté de Yannick Ténési, président départemental du Syndicat national des sapeurs-pompiers professionnels (SNPP PATS78). Lui aussi a vécu des agressions. L'une d'elles – "en 2009, preuve que le phénomène est loin d'être nouveau", précise-t-il – a profondément marqué ce quadragénaire, aux 28 années de service. "Nous intervenions régulièrement chez une famille dont le fils de 18 ans faisait des tentatives de suicide, la nuit. Le père restait en retrait, mais nous reprochait toujours de faire trop de bruit. Je me méfiais de lui car, en plus d'être grand et massif, il avait pas mal d'armes chez lui." Ce jour-là, la mère appelle les pompiers en pleine journée, en expliquant que son mari avait fait une tentative de suicide. "Elle nous attendait en bas de l'immeuble et nous a informés que son mari, très violent, était enfermé chez eux."

 

 

Ne connaissant pas l'état de la victime, les pompiers sont dans l'obligation d'intervenir rapidement, sans attendre l'arrivée de la police. "La porte s'ouvre et une avalanche de coups s'abat sur mes deux collègues, qui arrivent à s'extirper tant bien que mal. Je me retrouve coincé dans un couloir, sans possibilité d'esquiver, face à un homme hors de lui qui se met à me frapper. Je lui réponds coup pour coup et arrive à prendre le dessus." L'homme, éméché, se retranche dans son appartement et son fils prend le relais. Le pompier finit par s'extraire et redescendre. "Quatre policiers étaient en bas de l'immeuble mais ils n'ont pas voulu monter. Nous avons déposé plainte mais elle a été classée sans suite car il n'y a pas eu d'incapacité de travail."

 

 

 

Sept pompiers agressés par jour 

Les chiffres confirment ces récits. L'Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP) révèle ainsi qu'entre 2008 et 2017, le nombre d'agressions de pompiers déclarées a plus que triplé (+213 %), pour atteindre 2 813 pompiers agressés en 2017. Pour Yannick Ténési, deux types d'agressions prédominent : celles, organisées, "où l'on tombe dans un guet-apens et l'on se fait caillasser ou, pire, où des cocktails Molotov sont lancés sur nos véhicules" ; et celles qui surviennent lors des interventions, "quand les circonstances se dégradent et que quelque chose ne plaît pas à la victime secourue ou à son entourage." Le pompier évoque des agresseurs sous l'emprise de l'alcool ou souffrant de problèmes psychologiques, qui deviennent agressifs. "Avec eux, un mot de travers et cela part", observe-t-il amèrement.

 

 

Selon lui, cette violence a toujours existé, mais l'évolution des relations entre la population et les pompiers joue. "Avant, les pompiers répondaient à une agression physique par un coup de poing. Aujourd'hui, nous devons discuter pour tenter de désamorcer la situation", explique-t-il. "Nous devons faire attention à tout ce que l'on dit et fait pour éviter que cela se retourne contre nous avec un dépôt de plainte. En face, il n'y a plus aucun tabou, interdit, plus de limites. On agresse les pompiers." Nous sommes devenus des assistances sociales ou des psys.Yannick Ténési, sapeur-pompier à franceinfo

 

 

La hausse des statistiques s'explique aussi par le fait que les pompiers sont de plus en plus encouragés à porter plainte. "Dès le retour à la caserne, un soutien est mis en place", détaille le lieutenant-colonel François Schmidt, qui espère une prise de conscience de la société et des réponses pénales "fortes". "Nous accompagnons les pompiers agressés dans toutes leurs démarches et une cellule psychologique est à leur disposition." 

 

 

"Pourquoi nous ?"

Devenus une cible pour une partie de la population, ces soldats du feu se posent tous la même question : "Pourquoi nous ?" Et pour cause : ils bénéficient d'un taux de confiance de la part de la population française quasi total. Avec 99%, selon l'enquête du cabinet d'études allemand GFK Verein publiée en 2014, ils sont en tête devant les infirmières, les urgentistes, les pharmaciens et les pilotes de ligne. Paul, qui reprendra le travail à la fin du mois, reste dans l'incompréhension après son agression en septembre : "Ce n'est pas notre métier, ça. Je n'ai pas peur mais j'ai un sentiment de dégoût. Nous sommes proches des gens, nous sommes là pour les aider. Pourquoi on en est arrivé là ?" 

 

 

"La plupart s'interrogent, sans trouver de réponse à leur souffrance", confirme Marjorie Mercier, responsable du club des Sdis, un réseau privé entièrement dédié aux sapeurs-pompiers de France. La jeune femme relève un sentiment d'injustice de la part des victimes, qui déplorent une "faible prise en charge de ce problème de violence et à qui on propose peu d'outils pour répondre." Actuellement, les Sdis organisent dans leurs casernes des formations de prévention type "conversation non violente" ou "anticipation des conflits". "Mais rien n'est proposé pour agir ou réagir une fois dans la situation de conflit ou d'agression", déplore la responsable du club.

 

 

Yannick Ténési pointe, lui, le manque d'accompagnement des policiers : "Avant, dès que l'on intervenait sur la voix publique, il y avait la police. Maintenant, par manque de voiture et d'officiers, elle est de moins en moins présente. Et nous, nous n'avons ni la technique ni les armes pour répondre à la violence." En attendant une action du gouvernement, c'est à chaque département de trouver des solutions. Le Sdis de l'Essonne réfléchit à équiper ses sapeurs-pompiers de caméras-piétons, à l'instar des policiers municipaux, pour lutter contre les agressions. "Ça permettra de prouver la bonne foi des pompiers mais cela ne dissuadera pas les agresseurs", estime le sapeur-pompier. Pas question de renoncer à leur mission, même si lui et ses collègues sont désormais plus vigilants quand ils sont appelés sur des zones "à risque" : "Notre mission sera toujours plus forte que notre crainte."

 

 

  • le prénom a été changé, à la demande de l'intéressé

 


18/09/2019
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Franceinfo - le jeudi 5 septembre 2019

 

 

Cocorico : la justice autorise le coq Maurice à continuer de chanter sur l'île d'Oléron

 

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

Depuis des mois, un conflit oppose un couple, résident secondaire à Saint-Pierre-d'Oléron, à la propriétaire du gallinacé, leur voisine. Ils se plaignaient des nuisances sonores causées par le chant de Maurice

 

 

 

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Le coq "Maurice" et sa propriétaire, Corinne Fesseau sur l'île d'Oléron (Charente-Maritime), le 5 juin 2019. (XAVIER LEOTY / AFP)

 

 

 

La justice autorise le coq Maurice à continuer de chanter, a jugé le tribunal correctionnel de Rochefort (Charente-Maritime) jeudi 5 septembre, rejetant la plainte des voisins qui l'accusaient de les réveiller dès l'aube, a annoncé Julien Papineau, avocat de la propriétaire du volatile Corinne Fesseau. Son cocorico bruyant, aux aurores, agaçait certains habitants de l'île d'Oléron qui le poursuivaient en justice. 

 

 

Symbole des difficultés de cohabitation dans les campagnes entre les gens du cru et les néo-ruraux de tout poil – retraités, vacanciers ou urbains fuyant les villes – ce conflit a débuté par une plainte banale pour trouble anormal du voisinage. Elle a été déposée par un couple d'agriculteurs retraités domicilié en Haute-Vienne, incommodés par le chant trop matinal de Maurice près de leur résidence de vacances.

 

 

Les plaignants demandaient que la justice donne 15 jours à la propriétaire de Maurice, Corinne Fesseau, issue d'une vieille famille oléronnaise, pour éloigner l'animal ou le faire taire.

 

 

 

"Nuisance sonore" 

Lors de l'audience, le 4 juillet, Maurice a été accusé d'être une "nuisance sonore". "Le coq, le chien, le klaxon, la musique, c'est le dossier du bruit", avait affirmé Vincent Huberdeau, avocat des plaignants, en refusant l'idée du procès "de la ville contre la campagne", d'un "conflit entre citoyens bobos et ruraux". D'autant, disait-il, que Saint-Pierre-d'Oléron, avec près de 7 000 habitants en hiver et 35 000 en été, n'est pas vraiment la campagne. 

 

 

"Je ne suis pas une ville, je suis une petite commune", a réplique le maire DVD Christophe Sueur. "On a toujours vécu avec des potagers, des poulaillers, on a une vie plutôt traditionnelle".

 


05/09/2019
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Franceinfo - le jeudi 4 juillet 2019

 

 

Voilà le sort et la place du coq au XXIème siècle.... C'est dans l'air du termps 

 

 

 

Du poulailler au tribunal : comment le coq Maurice se retrouve jugé pour avoir chanté trop fort et trop tôt

 

 

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Violaine JaussentFrance Télévisions

 

 

 

Le gallinacé objet du litige vit à Saint-Pierre d'Oléron (Charente-Maritime), où ses cocoricos dès l'aube agacent un couple de voisins, propriétaires d'une résidence secondaire. L'affaire dure depuis 2017 et suscite de nombreuses réactions

 

 

 

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Le coq Maurice à Saint-Pierre-d'Oléron (Charente-Maritime), le 5 juin 2019. (XAVIER LEOTY / AFP)

 

 

 

"Si mon coq pouvait parler ? Il dirait 'Foutez-moi la paix et laissez-moi chanter !' Point barre." Corinne Fesseau, la propriétaire de Maurice, le confirme : le gallinacé aime pousser la chansonnette chaque matin vers 6h30. Trop fort et trop tôt pour deux de ses voisins. A tel point que leurs accusations lui valent un procès qui doit se tenir jeudi 4 juillet. Mais son cocorico ne résonnera pas dans la salle d'audience. Le coq ne mettra pas une patte dans le tribunal d'instance de Rochefort (Charente-Maritime). Corinne Fesseau le représentera. Il sera également soutenu par des congénères : plusieurs propriétaires de coqs ont annoncé qu'ils feraient le déplacement avec leurs volatiles. Attila, Jean-René et Casanova le défendront donc bec et ongles.

 

 

Maurice, lui, avait prévu de rester bien au chaud dans son poulailler, à Saint-Pierre d'Oléron, où il vit depuis 2015 avec toute une basse-cour. "La communauté de communes a dit qu'on pouvait avoir des poules, pour parvenir à zéro déchet dans chaque foyer, raconte à franceinfo Corinne Fesseau, chanteuse locale connue sur l'île d'Oléron. L'idée est venue de là. Je voulais des poules de Marans, car elles font des œufs magnifiques. Un copain m'a offert un poussin de cette race." Le gallinacé grandit. Et un matin, à l'instar de sa propriétaire, il fait des vocalises. Le mis en cause avait bien trompé son monde.

 

 

On croyait que c'était une petite poulette ! Corinne Fesseau à franceinfo

 

 

Jusque-là, elle possédait Choupinette, Tartiflette, Mimolette et donc Mauricette. Mais pour cette dernière, "il a fallu rectifier". "C'était tout trouvé, mon grand-père s'appelait Maurice ! Il y avait 'Il faut sauver Willy', là c'est 'Il faut sauver Maurice' !", s'exclame Corinne Fesseau. Cette femme de marin-pêcheur, implantée depuis trente-cinq ans sur l'île d'Oléron, dit prendre "tout ça avec humour". "Haute en couleur", l'artiste insulaire "défend son bout de gras", sans être "odieuse", dixit son avocat, Julien Papineau. 

 

 

 

"Les Fesseau ont un tissu de relations"

Quand Corinne Fesseau s'aperçoit que sa poule est en fait un coq qui chante, elle s'inquiète pour ses voisins. "Mais pas ceux de derrière", reconnaît-elle. Or, son poulailler est installé en bout de parcelle. Dans cette zone pavillonnaire, les maisons sont proches. Une résidence secondaire, construite en 2004, se trouve juste derrière leur clôture. "La chambre des Biron est située à deux mètres du poulailler", assure à franceinfo leur avocat, Vincent Huberdeau.

 

 

Sollicités, les Biron, qui ont donc porté plainte contre le coq, ne souhaitent pas s'exprimer. "Ils sont très discrets, un peu effrayés par ce tapage médiatique", justifie leur conseil. Ce couple de retraités âgés de 68 ans habite près de Limoges (Haute-Vienne). "Lui était mécanicien agricole, elle petite fonctionnaire. Elle connaît bien l'île d'Oléron, elle s'y rend en vacances depuis son enfance. Ils ne sont pas des sous-citoyens sous prétexte qu'ils viennent peu souvent. Pourtant, ils se sentent agressés, considérés comme des étrangers depuis le début de cette affaire", argue Vincent Huberdeau. Et d'ailleurs, d'après l'avocat, si l'affaire a pris une telle ampleur, c'est parce que "les Fesseau ont un tissu de relations".

 

 

 

"Qu'est-ce que vous comptez faire de votre coq ?"

Les cocoricos de Maurice troublent la quiétude des Biron. Ils débarquent chez les Fesseau en avril 2017, alors qu'on fête Pâques et ses traditionnels œufs. "Qu'est-ce que vous comptez faire de votre coq ?" demandent-ils, "sans dire bonjour", selon Corinne Fesseau. "Je leur ai répondu de mettre des boules Quiès pour éviter d'être gênés." "Il y a eu deux contacts, relève l'avocat des Biron. La première fois, madame Fesseau était très à l'écoute. Mais quinze jours ou trois semaines après, son mari leur a raccroché au nez." Alors les Biron envoient des courriers en recommandé. Ils demandent aux Fesseau la cessation des nuisances sonores.

 

 

 

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Corinne Fesseau avec Maurice, devant son poulailler, le 5 juin 2019 à Saint-Pierre-d'Oléron (Charente-Maritime). (XAVIER LEOTY / AFP)

 

 

 

Rien n'y fait. Maurice lisse son plumage roux et noir aux reflets moirés, secoue sa crête rouge et chante à tue-tête. Corinne Fesseau dispose des boîtes d'œufs sur les murs du poulailler et tente de cacher le lever du jour. Elle double les parois. "L'ensemble de la cabane est opacifiée avec du carton épais", assure Julien Papineau. Maurice rentre dans sa cabane vers 18h30 et n'en ressort qu'à 8h30. "Il chante à l'intérieur", remarque la propriétaire du coq. "Le calfeutrer n'a pas été concluant", note l'avocat des Biron, Vincent Huberdeau. Ses clients sont toujours gênés par les envolées vocales du gallinacé.

 

 

 

"On protège les bruits de la campagne"

Et pourtant. Depuis début 2018, Maurice ne chante plus dans la journée. Il reste sans voix devant ces voisins qui veulent lui clouer le bec. Mais il continue à pousser des cocoricos chaque matin, comme le constate un huissier. Missionné par les Biron, ce dernier observe que le coq chante bien par intermittence entre 6h30 et 7 heures. "Ces jours-là, on est sûrs que le coq a chanté. Les autres jours, rien ne permet de l'affirmer", objecte Julien Papineau. Le créneau horaire matinal pose problème. "Mes clients ont du mal à se rendormir et appréhendent de se coucher. C'est un trouble anormal du voisinage. Une nuisance sonore, comme on pourrait l'avoir avec une tondeuse, un chien, du bricolage", riposte Vincent Huberdeau.

 

 

Ce n'est pas une agression contre le coq : mes clients n'ont rien contre la volaille en général. Ils ne veulent pas la mort de l'animal, ni la mort du monde rural.Vincent Huberdeau, avocat à franceinfo

 

 

Car au fil du temps, Maurice est devenu, bien malgré lui, le symbole d'une ruralité menacée. L'incarnation d'un combat mené pour sauvegarder l'authenticité des petites communes érigées près des réserves naturelles. Le pot de terre contre le pot de fer. "On protège les bruits de la campagne", insiste Corinne Fesseau auprès de franceinfo. "Que doit-on interdire ? Le chant des tourterelles, le cri des mouettes ? Nous sommes sur une île, les oiseaux tous les matins qui gazouillent Les cloches qui sonnent ?" écrit-elle dans une pétition lancée le 12 juillet 2017, "pour sauver Maurice". Deux ans plus tard, le texte recueille plus de 117 300 signatures.

 

 

 

"Le symbole d'un éternel conflit français"

Corinne Fesseau a le soutien du maire de Saint-Pierre d'Oléron. Christophe Sueur a pris un arrêté pour préserver "les modes de vie liés à la campagne notamment pour ce qui concerne la présence des animaux de la ferme", en s'appuyant sur le caractère à "dominante rurale" de l'île. "Aujourd'hui c'est un coq, demain ce sera quoi ? Les mouettes, le bruit du vent, notre accent ?" s'interroge l'édile. Il n'est pas le seul à s'en préoccuper : Bruno Dionis du Séjour, maire de Gajac (Gironde), 400 habitants, a annoncé, le 4 juin, vouloir faire classer les bruits de la campagne au "patrimoine national".

 

 

Batailleur, orgueilleux et conquérant, le coq est depuis toujours l'emblème de la France. Maurice était celui d'une marche, organisée à Saint-Pierre-d'Oléron en août 2017. Il a sa propre page Facebook et revêt un "gilet jaune" en soutien au mouvement à l'automne 2018.

 

 

Le 23 juin, il est même élevé au rang de star internationale, quand le New York Times (article en anglais pour abonnés) fait ses choux gras de cette affaire.

 

 

 

 

 

 

"Le coq est devenu le symbole d'un éternel conflit français entre ceux pour qui la campagne est un simple décor de villégiature et ceux qui y vivent vraiment", écrit le correspondant du célèbre quotidien américain. L'avocat des Biron n'est pas de cet avis. "Il s'agit d'un lotissement, nous ne sommes pas à la campagne", réplique Vincent Huberdeau.

 

 

 

"On marche sur la tête"

Puisque Maurice fait la sourde oreille, les Biron ont saisi, au printemps, un juge civil afin d'obtenir des dommages et intérêts, ainsi que la prise en charge des frais de justice. Ils demandent surtout "la cessation sous astreinte de la nuisance", c'est-à-dire "que le coq soit déplacé, ou qu'une solution technique soit trouvée pour mieux isoler le poulailler". "Je ne vois pas l'intérêt d'enfermer mon coq dans une cage et de le mettre dans ma cuisine, ni pourquoi je le déplacerais alors que les autres voisins, qui sont là à l'année, me disent que ça ne les gêne pas, martèle Corinne Fesseau qui a des attestations du voisinage en sa possession. On verra ce que dit le juge, c'est lui décidera."

 

 

De son côté, son avocat demande 2 000 euros d'amende "pour abus du droit d'agir en justice". Car Julien Papineau est effaré de voir une telle affaire se régler devant le tribunal : "On marche sur la tête." Ou plutôt sur la crête. Il y a pourtant au moins un précédent et la jurisprudence est favorable à Maurice. Il y a dix-sept ans, la cour d'appel de Riom (Puy-de-Dôme) a annulé une décision du tribunal de Clermont-Ferrand qui ordonnait la destruction d'un petit élevage de gallinacés en raison des nuisances sonores. Elle justifiait ainsi son arrêt : "La poule est un animal anodin et stupide au point que nul n’est encore parvenu à le dresser, pas même un cirque chinois." Impossible, donc, d'empêcher un coq de chanter. 

 

 

 

"On espère qu'il retrouvera sa voix"

Le procès de Maurice devait initialement avoir lieu le 5 juin. Mais il a été reporté, pour des raisons formelles d'échanges de pièces entre avocats. Cette fois l'audience devait avoir lieu, mais son issue est incertaine. Le juge peut encore demander une conciliation afin de trouver un accord amiable. Le magistrat peut également ordonner une expertise pour mesurer les décibels, car le niveau sonore du chant de Maurice n'a jamais été mesuré.

 

 

Son volume a toutefois baissé en intensité : la voix du gallinacé est "éraillée" depuis quelque temps. "On espère qu'il retrouvera sa voix", s'inquiète sa propriétaire, précisant que Maurice est malade. "Il est stressé. Tout le monde l'a vu, l'a touché. Beaucoup de journalistes viennent le voir", indique Corinne Fesseau. Et d'ajouter : "Il a eu une bronchite pendant l'hiver. Il a toujours un ronflement. Il doit prendre un traitement."

 

 

Il est aussi stressé parce que je suis stressée. A force, tout ça ne me fait plus rire. Corinne Fesseau à franceinfo

 

 

D'autant plus que Maurice doit veiller sur sa progéniture : depuis peu, il est papa. "Il a quatre poules avec lui. Il féconde tous les œufs. J'en ai pris un et je l'ai donné à la poule d'une amie. Elle l'a couvé, c'est sa mère adoptive. Le poussin a un mois et demi", s'enthousiasme Corinne Fesseau. Elle ne sait pas encore s'il s'agit d'une poule ou d'un coq.

 


04/07/2019
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Franceinfo - le lundi 29 octobre 2018

 

 

Un jeune Grenoblois en garde à vue après un "appel à une purge" lancé contre les policiers

 

 

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Avec France Bleu ParisfranceinfoRadio France

 

 

 

Un jeune Grenoblois a été placé en garde à vue lundi après la publication de messages sur les réseaux sociaux appelant à des violences contre des policiers le soir d'Halloween. Une plainte a été déposée

 

 

 

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Les appels à la violence ont été diffusés sur les réseaux sociaux. (CAPTURE D'ECRAN TWITTER)

 

 

 

Un Grenoblois a été placé en garde à vue lundi 29 octobre pour "provocation à la violence contre les forces de l'ordre". Il avait posté des messages sur les réseaux sociaux appelant à organiser une "purge" le soir d'Halloween, en prenant notamment pour cible des policiers. Il s'inspirait de la série de films Americain Nightmare. 

 

 

Sur son compte Twitter, le jeune homme a posté une vidéo en affirmant qu'il s'agissait d'une simple blague mais qu'il a été dépassé par les événements. La police nationale de l'Isère a ensuite pris contact avec lui, avant d'annoncer son placement en garde à vue.

 

 

Une plainte déposée dans l'Essonne

Conséquence de cette mauvaise blague, le directeur départemental de la sécurité publique de l’Essonne a porté plainte pour "provocation à la violence" après la diffusion d’un autre message sur les réseaux sociaux reprenant les mêmes codes, et appelant à "des violences à caractère urbain contre les policiers pour le soir d’Halloween à Corbeil-Essonnes".

 

 

Le DDSP Jean-François Papineau a constaté dimanche après-midi la diffusion de messages appelant à une "purge" sur le réseau social WhatsApp. "Je dépose plainte en tant que DDSP pour 'provocation à la violence' auprès du procureur d’Evry. D’autre part une grande vigilance sera exercée pour le cas où des individus seraient tentés de répondre à cet appel", a ajouté le DDSP qui s’inquiète d’un fait de violence constaté dimanche à Corbeil et qui pourrait être directement lié à cet appel à la violence sur des policiers.

 

 

Les messages en question, intitulés "Les règles de la purge de Corbeil-Essonne", énumèrent les étapes pour s'en prendre aux forces de l'ordre. Sept ou dix "règles", selon les messages, parmi lesquelles "Habillez-vous en noir avec masque si possible", "Brûlez tout ce que vous voyez" ou encore "les forces de l'ordre devront être attaquées au mortier, feux d'artifices, pétards et pierres". Le tout ponctué de nombreuses fautes d'orthographe.

 


09/11/2018
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Franceinfo - le dimanche 21 octobre 2018

 

 

Enseignante braquée avec une arme factice à Créteil : un lycéen mis en examen pour "violences aggravées"

 

 

L'enseignante, elle, s'est vu délivrer une interruption temporaire de travail de 7 jours

 

 

 

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Un élève du lycée Edouard-Branly de Créteil (Val-de-Marne) pointe une arme factice sur une professeure, le 18 octobre 2018. (SNAPCHAT)

 

 

 

La vidéo a fait le tour des réseaux sociaux. Jeudi 18 octobre, un lycéen a pointé une arme factice sur une professeure, dans un lycée de Créteil (Val-de-Marne). Dimanche 21 octobre, ce lycéen a été mis en examen pour "violences aggravées", car commises avec arme, sur un enseignant et dans un établissement scolaire. Des mesures provisoires ont aussi été prises à l'encontre de l'adolescent de 16 ans, dont l'interdiction d'entrer en contact avec la victime, l'interdiction de séjourner dans le Val-de-Marne, l'interdiction de porter et de détenir une arme ou encore l'obligation de formation ou de scolarité et l'obligation d'évaluer sa personnalité. 

 

 

L'enseignante, elle, s'est vu délivrer une interruption temporaire de travail de 7 jours. Elle va avoir une écoute psychologique, selon une source proche de l'enquête à france 2. L'adolescent qui l'a braqué affirme avoir voulu réagir parce que la professeure lui comptait une absence pour un retard, et reconnait une bétise, selon cette même source. Le deuxième lycéen placé en garde-à-vue a été libéré, samedi 20 octobre. Une information judiciaire a aussi été ouverte aussi contre X pour diffusion de vidéo afin d'identifier l'auteur.


26/10/2018
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Franceinfo - le vendredi 28 septembre 2018

 

 

"Pendez les Blancs" : le rappeur Nick Conrad convoqué devant le tribunal en janvier

 

 

Le clip ultraviolent de la chanson "Pendez les Blancs" a provoqué une vive polémique. Dans cette vidéo, le rappeur met en scène un homme blanc en train de se faire lyncher

 

 

 

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Capture d'écran du clip "PLB" de Nick Conrad, le 26 septembre 2018, sur YouTube.  (NICK CONRAD / YOUTUBE)

 

 

 

Au terme de son audition devant les enquêteurs, Nick Conrad s'est vu remettre une convocation devant le tribunal correctionnel de Paris, indique une source judiciaire à franceinfo, vendredi 28 septembre, confirmant une information de LCI. Le rappeur, auteur de la chanson Pendez les Blancs, a rendez-vous avec le tribunal le 9 janvier afin d'être jugé pour la diffusion de son clip ultraviolent, précise son avocat à l'AFP. 

 

 

La vidéo, dans lequel un homme blanc est lynché, a provoqué une polémique. Le chanteur a été auditionné comme suspect libre, vendredi matin, dans les locaux de la Brigade de répression de la délinquance contre la personne, après l'ouverture jeudi d'une enquête par le parquet de Paris. Il sera jugé pour "provocation directe à commettre des atteintes à la vie", selon une source judiciaire à l'AFP.

 


03/10/2018
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Franceinfo - le jeudi 27 septembre 2018

 

 

"On est devenus la roue de secours du système" : le ras-le-bol des pompiers face à la violence et au manque de moyens

 

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Juliette Campion Benoît Zagdoun France Télévisions

 

 

 

Les soldats du feu dénoncent les agressions dont ils sont victimes quasi-quotidiennement et les pressions budgétaires qui dégradent leurs conditions de travail

 

 

 

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Des pompiers manifestant le 6 novembre 2017 à Lyon, quelques jours plus après l'agression de leurs collègues au cocktail molotov à Feyzin (Rhône). (NICOLAS LIPONNE / NURPHOTO / AFP)

 

 

 

Pour les 246 800 soldats du feu de France, sa mort a été le drame de trop. Le 4 septembre, à Villeneuve-Saint-Georges, dans le Val-de-Marne, Geoffroy Henry a été tué par un homme en pleine crise de démence qu'il était venu secourir. Un tel incident ne s'était pas produit depuis dix ans explique la Fédération nationale des sapeurs-pompiers. Face à cette violence qui les frappe, les pompiers professionnels, déjà soumis à des pressions budgétaires, font entendre leur colère. Des sapeurs-pompiers ont accepté d'en témoigner auprès de franceinfo.

 

 

 

"Un pompier qui meurt en intervention sur un feu, on en a connu deux dans le Pas-de-Calais au début de l’année, on y est préparé, ça fait partie des risques du métier, on l’accepte. Mais dans le cas d’un secours à victime, c’est intolérable", dénonce un adjudant du Pas-de-Calais, qui souhaite rester anonyme. "J'ai subi deux agressions physiques en trois mois", témoigne un sergent-chef d'un grand centre de secours de région parisienne. A chaque fois, il intervenait "sur des personnes présentant des troubles psychiatriques". En tentant de les maîtriser dans l'attente de l'arrivée de la patrouille de police, il a reçu un coup de poing et un coup de tête en plein thorax. "Moi, mon métier, c’est pompier, c’est secourir les gens, ce n’est pas d’aller maîtriser les personnes", proteste-t-il.

 

 

 

Je n’ai pas fait pompier pour me faire taper ou me faire caillasser.Sébastien, sapeur-pompier en région parisienne à franceinfo

 

 

 

En 2016, 2 280 sapeurs-pompiers ont déclaré avoir été victimes d'agressions, selon l'Observatoire national de la délinquance. Un chiffre en hausse de 17,6% sur un an. A ces agressions s'ajoutent les violences urbaines auxquelles les soldats du feu ont fini par s'habituer. "Souvent, les 13 et 14 juillet, ce sont des interventions pour des feux de poubelle ou autres et ils nous attendent avec les cailloux, les cocktails Molotov, les jets de mortier", relate presque détaché le sapeur-pompier francilien. 

 

 

 

"Avant, on avait un cas connu pour être violent sur le secteur. Maintenant, on se méfie de tout le monde", résume le sapeur-pompier du Calaisis. "On n’est à l’abri nulle part. En cité, on peut tomber dans un guet-apens tendu par plusieurs individus. A la campagne, on peut n’avoir qu’un agresseur, mais il peut sortir un fusil de chasse." "Auparavant, quand les pompiers arrivaient sur une rixe par exemple, cela avait tendance à calmer le jeu. Aujourd’hui, on n’impressionne plus", poursuit Yann Moysan, secrétaire général FO SIS (Force ouvrière des services d'incendie et de secours). "Le sapeur-pompier porte l’uniforme, comme le policier. Il représente l’institution et, à ce titre, il est devenu une cible pour un individu qui veut s’en prendre à l’Etat", analyse le syndicaliste, sapeur-pompier à Saintes, en Charente-Maritime.

 

 

 

"On est le dernier rempart face à la misère sociale"

 

"Le métier a changé", observe Yann Moysan. "Auparavant, on appelait les pompiers pour des choses graves : un accident, une crise cardiaque, une chute…" Aujourd'hui, poursuit l'adjudant du Calaisis, "les pompiers sont appelés pour de la 'bobologie'". Et d'accuser : "On est utilisés pour beaucoup de choses qui ne sont pas de notre ressort. Je suis devenu pompier pour porter secours et je me rends compte que je passe presque 80% de mon temps à aider quelqu’un qui ne veut pas prendre une ambulance privée ou qui ne veut pas appeler son généraliste parce que c’est payant. Quand on fait du secours aux personnes, bien souvent, ce ne sont pas des situations d’urgence." 

 

 

 

On est devenus la roue de secours du système. Et comme on est le dernier maillon de la chaîne, il faut bien qu’on y aille.Un adjudant sapeur-pompier du Pas-de-Calais à franceinfo

 

 

 

"On a vraiment l’impression d’être là pour combler les déficits des autres services publics", déplore Peter Gurruchaga, pompier professionnel à Garges-lès-Gonesse et secrétaire général CGT du Service départemental d'incendie et de secours (Sdis) du Val-d'Oise. "On fait une intervention où, avant, on pouvait avoir le concours de la police rapidement, maintenant ce n’est plus le cas. Le Samu nous envoie sur des interventions qui ne sont plus de notre cœur de métier, parce que les ambulances privées ne veulent plus se déplacer dans certains quartiers, SOS Médecins non plus", liste le représentant syndical. 

 

 

 

"On est le dernier rempart face à la misère sociale", résume Ismaël Bernus, sapeur-pompier à Marcq-en-Barœul et représentant FO dans le Nord. En 2016, les sapeurs-pompiers de France ont ainsi réalisé plus 4 500 000 interventions. Une toutes les sept secondes.

 

 

 

Des gens qui sont alcoolisés sur la voie publique, c’est un délit, c’est une prise en charge par la police et on se retrouve à en faire régulièrement.Thomas Schmitt, secrétaire général CGT du SDMIS de Lyon à franceinfo

 

 

 

Et ce "dernier maillon de la chaîne" présente de sérieux signes d'usure. "Les Sdis sont très rares à créer des postes, au mieux on remplace les départs en retraite et encore", regrette Yann Moisan. Entre 2015 et 2016, le nombre de sapeurs-pompiers a très légèrement diminué (-0,1%), soit environ 250 soldats du feu en moins. Mais chez les pompiers professionnels et militaires, cette baisse a atteint respectivement 0,8% et 1,3% des effectifs, selon les statistiques du ministère de l'Intérieur.

 

 

 

Mais depuis ces derniers chiffres officiels, les syndicats départementaux alertent sur des baisses drastiques de personnels au sein de leurs casernes. "Les effectifs de sapeurs-pompiers en France et dans le Val-d’Oise ne cessent de diminuer", confirme Peter Gurruchaga. "Dans le département du Nord, on a perdu 250 sapeurs-pompiers professionnels en trois ans", chiffre pour sa part Ismaël Bernus. "Dans le Calvados, on a perdu 75 ETP [équivalents temps plein] en quatre ans", ajoute Wilfried Van Oost, sapeur-pompier depuis plus de 25 ans. "Il n’y a pas une caserne où il n’y a pas un problème d’effectif", assure l'adjudant du Sdis du Pas-de-Calais.

 

 

 

"Cet été, à Garges, on était censés être 12 à la garde à la journée et il est arrivé plusieurs fois qu’on soit à sept", relève Peter Gurruchaga. "Ces problèmes d’effectifs font que les départs s’enchaînent." Au cours de sa garde, un pompier peut ainsi partir en intervention à bord d'une ambulance pour secourir une victime, puis revenir dans sa caserne et repartir à bord du fourgon pour un incendie d'appartement. Et le syndicaliste de pointer : "A 4 heures du matin, après 20 heures d’intervention à être concentré, il y a une baisse de vigilance."

 

 

 

"On nous parle d’économies en permanence"

 

"Sans arrêt, c’est aux sapeurs-pompiers de faire des efforts", critique Thomas Schmitt. "On nous parle d’économies en permanence, de réduction des budgets, de réductions des coûts", renchérit Ismaël Bernus. "On ne veut plus être victimes de ces gens qui gèrent le service public comme des entreprises du CAC 40", tranche Peter Gurruchaga. Le budget global des Sdis était de 4,8 milliards d'euros en 2016, en baisse de 1,4% sur un an. Et les dépenses d'investissements ont quant à elles reculé de 50 millions, à 711 millions d’euros.

 

 

 

Pour Yann Moisan, les sapeurs-pompiers font les frais des politiques publiques. "Contrairement à la police ou aux hôpitaux, les services d'incendie et de secours sont départementalisés. Ils sont financés par les collectivités locales et au moins pour moitié par les départements. Or la baisse globale des dotations de fonctionnement de l'Etat aux départements, à travers notamment la réforme territoriale, entraîne une diminution des ressources pour les Sdis." 

 

 

 

Je pose la question, si on parle en termes de finances : quel est le coût d’une vie ?Ismaël Bernus, délégué syndical FO du Sdis du Nord à franceinfo

 

 

 

"Cela fait quatre ou cinq ans que le Sdis du Calvados fonctionne à budget constant, évalue Wilfried Van Oost. Nécessairement, il faut couper ou réduire certaines lignes budgétaires. On va d'abord regarder le prix avant de regarder la qualité de ce qu'on achète." Ailleurs aussi, on s'adapte : "On commence à voir des départements qui se regroupent pour procéder à des achats de camions, de vestes de protection..."

 

 

 

Afin d'obtenir davantage de moyens humains et matériels, mais aussi protester contre les cocktails Molotov reçus par des collègues en intervention, les sapeurs-pompiers du Gard ont employé les grands moyens, fin 2017, à coup de manifestations et de grèves illimitées. "On a délocalisé la caserne. On est restés pratiquement cinq semaines à camper devant la préfecture avec tous les véhicules. On s'est relayé jour et nuit. Et comme on avait décrété que notre caserne ne nous servait plus officiellement, on l’avait mise en vente sur Le Bon Coin, symboliquement", raconte Patrice Cartagena, sapeur-pompier depuis vingt-neuf ans à Nîmes et secrétaire adjoint du syndicat SUD dans le Gard. 

 

 

 

Ces conditions de travail tendent à en dégoûter certains. "Certains collègues en ont ras le bol et on le voit de plus en plus", assure Ismaël Bernus. "On a pas mal de nos collègues qui veulent changer de métier. Et c’est un métier de passion au départ", admet Peter Gurruchaga. "De plus en plus de collègues prennent des disponibilités qui vont de six mois à dix ans sans solde pour exercer une autre activité, affirme Yann Moisan. Ce mouvement est lié au manque de moyens et au métier qui se durcit."

 


01/10/2018
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le Progrès du lundi 14 août 2017

 

 
 
    DÉLINQUANCE - NUISANCES. LES RODÉOS SAUVAGES, PLAIES DES VILLES DE
       BANLIEUE

 

 

 

Avec les beaux jours, la police est confrontée à un dilemme face aux jeunes qui font le show sur la roue arrière de leur moto-cross : comment empêcher ces rodéos sauvages qui exaspèrent les habitants, sans risquer l'accident.

 

 

"Dès le printemps, on a toujours beaucoup de scooters et de quads qui font des roues arrière sans casque. Les habitants s'en plaignent, parce qu'ils sont excédés par le bruit ou parce qu'ils ont peur que leurs enfants se fasse renverser", témoigne Jean-Marie Vilain, maire UDI de Viry-Châtillon. "Le problème revient tous les étés" en banlieue parisienne, soupire l'édile, qui a interpellé le gouvernement avec huit autres maires de l'Essonne.

 

 

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Avec des conséquences parfois dramatiques : un adolescent de 13 ans est mort le 5 août à Coignières dans les Yvelines au guidon de son motocross. Sans casque, il a percuté un arbre. Le lendemain, un autre motard de 20 ans a succombé à une collision avec un autre amateur de rodéos à Wissous dans l'Essonne.

 

 

Après cet énième drame, Jean-Marie Vilain, travaille à une proposition de loi anti-rodéo pour "la fin de l'année", avec Vincent Delahaye (UDI), sénateur-maire de Massy et Robin Reda, député-maire (LR) de Juvisy-sur-Orge.

 

 

En attendant, les policier se sentent coincés. Dix ans après, personne ne veut d'un nouveau Villiers-le-Bel dans le département. Deux adolescents y étaient morts à moto-cross, percutés par une voiture de police, et 119 policiers avaient été blessés, notamment par balle, dans les émeutes qui avaient suivies.

 


17/08/2017
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le Progrès du samedi 3 juin 2017

 

 
 
    FAITS DIVERS - TOURS : À 13 ANS ET DEMI, IL ASSASSINE SA MÈRE

 

 

 

Un adolescent âgé de 13 ans et demi a été mis en examen et placé en détention hier soir pour l'assassinat de sa mère, lardée de coups de couteau dans la nuit de mardi à mercredi au domicile familiale de Saint-Cyr-sur-Loire (banlieue de Tours). Placé en garde à vue, le fils a reconnu être l'auteur des coups. En déscolarisation depuis environ deux ans, il faisait l'objet d'une assistance éducative ainsi que d'un suivi par un pédopsychiatre. Selon les premiers éléments de l'enquête, l'adolescent avait prémédité son geste, communiquant sur les réseaux sociaux son intention de tuer sa mère.

 


07/06/2017
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