L'AIR DU TEMPS

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COMPRENDRE L'EPOQUE

Des articles et faits divers, tirés de la presse, pour comprendre notre histoire au présent, et l'époque que l'on vit...


Franceinfo -

 

 

Crachats, insultes, coups à la mâchoire... Des pompiers racontent comment ils sont passés de héros à cibles d'incivilités

 

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Guillemette JeannotFrance Télévisions

 

 

Inquiets pour leur sécurité, les soldats du feu attentent des réponses concrètes pour mettre fin à ces violences de plus en plus fréquentes

 

 

 

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La Brigade de sapeurs-pompiers de Paris (BSPP), le 18 août 2019, en action lors d'un incendie du marché couvert de Levallois-Perret (Hauts-de-Seine). (MARC LOUKACHINE / BRIGADE DE SAPEURS-POMPIERS DE P)

 

 

 

Quatre agressions en 48 heures et 56 plaintes depuis le début de l’année. Les sapeurs-pompiers de l'Essonne ont dénoncé, lundi 16 septembre, leur quotidien de plus en plus souvent marqué par des violences dans le cadre de leurs fonctions. Une situation qui concerne l'ensemble du territoire national, avec sept pompiers agressés par jour en 2017, selon l'Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP). 

 

 

 

 

 

 

Alors que le 126e congrès national des sapeurs-pompiers se déroule du 18 au 21 septembre à Vannes (Morbihan) et devrait être "l'occasion de parler" de ces incivilités, des soldats du feu se confient à franceinfo.

 

 

 

"Je vais vous tuer"

Le 14 septembre dernier, à Etampes, Paul*, pompier depuis dix-sept ans au Sdis (Service départemental d'incendie et de secours) de l'Essonne, intervient avec un collègue après un appel passé en fin de matinée pour une fuite dans un appartement. Sur place, devant une porte fermée et un appartement a priori vide, ils tentent de trouver le gardien et tombent sur son fils, très agressif.

 

 

Il nous insulte et nous menace de mort. La raison ? On ne sait pas.Paul, sapeur-pompier à franceinfo

 

 

Le fils du gardien s'avance vers les deux hommes avec la ferme intention d'en découdre. "On essaie de temporiser, de le raisonner mais c'est un déluge d'insultes qui s'abat sur nous." Paul tente de maintenir une certaine distance avec le jeune homme agité, qui répète : "Je vais vous tuer". La situation dégénère lorsque le pompier informe l'agresseur qu'il appelle la police. "Je tourne alors la tête et je me réveille au sol." Le jeune homme lui a décroché un coup dans la mâchoire, lui faisant perdre connaissance. "Je me relève et j'en reçois aussitôt un autre." Le fils, rejoint par un ami, en profite pour aller à son véhicule pour se saisir d'un objet. "On a vu que c'était une machette et on s'est mis tout de suite à courir", raconte à franceinfo le sergent, qui a eu cinq jours d'ITT. "C'est l'instinct de survie qui prend le dessus, mais c'est inacceptable qu'aujourd'hui on en soit arrivé là." 

 

 

 

Des insultes, des crachats et des coups

De permanence la semaine où les quatre agressions se sont produites dans différents endroits "apparemment sans risque", le lieutenant-colonel François Schmidt, qui supervise 13 centres de secours dans le nord de l'Essonne, constate aussi que les insultes sont devenues plus fréquentes.

 

 

Crachats, insultes, jet de liquide biologique, lancer de cailloux ou coups de poing... L'intégrité de nos pompiers est mise à mal. Il faut que cela s'arrête.François Schmidt, lieutenant-colonel à franceinfo

 

 

Même conclusion du côté de Yannick Ténési, président départemental du Syndicat national des sapeurs-pompiers professionnels (SNPP PATS78). Lui aussi a vécu des agressions. L'une d'elles – "en 2009, preuve que le phénomène est loin d'être nouveau", précise-t-il – a profondément marqué ce quadragénaire, aux 28 années de service. "Nous intervenions régulièrement chez une famille dont le fils de 18 ans faisait des tentatives de suicide, la nuit. Le père restait en retrait, mais nous reprochait toujours de faire trop de bruit. Je me méfiais de lui car, en plus d'être grand et massif, il avait pas mal d'armes chez lui." Ce jour-là, la mère appelle les pompiers en pleine journée, en expliquant que son mari avait fait une tentative de suicide. "Elle nous attendait en bas de l'immeuble et nous a informés que son mari, très violent, était enfermé chez eux."

 

 

Ne connaissant pas l'état de la victime, les pompiers sont dans l'obligation d'intervenir rapidement, sans attendre l'arrivée de la police. "La porte s'ouvre et une avalanche de coups s'abat sur mes deux collègues, qui arrivent à s'extirper tant bien que mal. Je me retrouve coincé dans un couloir, sans possibilité d'esquiver, face à un homme hors de lui qui se met à me frapper. Je lui réponds coup pour coup et arrive à prendre le dessus." L'homme, éméché, se retranche dans son appartement et son fils prend le relais. Le pompier finit par s'extraire et redescendre. "Quatre policiers étaient en bas de l'immeuble mais ils n'ont pas voulu monter. Nous avons déposé plainte mais elle a été classée sans suite car il n'y a pas eu d'incapacité de travail."

 

 

 

Sept pompiers agressés par jour 

Les chiffres confirment ces récits. L'Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP) révèle ainsi qu'entre 2008 et 2017, le nombre d'agressions de pompiers déclarées a plus que triplé (+213 %), pour atteindre 2 813 pompiers agressés en 2017. Pour Yannick Ténési, deux types d'agressions prédominent : celles, organisées, "où l'on tombe dans un guet-apens et l'on se fait caillasser ou, pire, où des cocktails Molotov sont lancés sur nos véhicules" ; et celles qui surviennent lors des interventions, "quand les circonstances se dégradent et que quelque chose ne plaît pas à la victime secourue ou à son entourage." Le pompier évoque des agresseurs sous l'emprise de l'alcool ou souffrant de problèmes psychologiques, qui deviennent agressifs. "Avec eux, un mot de travers et cela part", observe-t-il amèrement.

 

 

Selon lui, cette violence a toujours existé, mais l'évolution des relations entre la population et les pompiers joue. "Avant, les pompiers répondaient à une agression physique par un coup de poing. Aujourd'hui, nous devons discuter pour tenter de désamorcer la situation", explique-t-il. "Nous devons faire attention à tout ce que l'on dit et fait pour éviter que cela se retourne contre nous avec un dépôt de plainte. En face, il n'y a plus aucun tabou, interdit, plus de limites. On agresse les pompiers." Nous sommes devenus des assistances sociales ou des psys.Yannick Ténési, sapeur-pompier à franceinfo

 

 

La hausse des statistiques s'explique aussi par le fait que les pompiers sont de plus en plus encouragés à porter plainte. "Dès le retour à la caserne, un soutien est mis en place", détaille le lieutenant-colonel François Schmidt, qui espère une prise de conscience de la société et des réponses pénales "fortes". "Nous accompagnons les pompiers agressés dans toutes leurs démarches et une cellule psychologique est à leur disposition." 

 

 

"Pourquoi nous ?"

Devenus une cible pour une partie de la population, ces soldats du feu se posent tous la même question : "Pourquoi nous ?" Et pour cause : ils bénéficient d'un taux de confiance de la part de la population française quasi total. Avec 99%, selon l'enquête du cabinet d'études allemand GFK Verein publiée en 2014, ils sont en tête devant les infirmières, les urgentistes, les pharmaciens et les pilotes de ligne. Paul, qui reprendra le travail à la fin du mois, reste dans l'incompréhension après son agression en septembre : "Ce n'est pas notre métier, ça. Je n'ai pas peur mais j'ai un sentiment de dégoût. Nous sommes proches des gens, nous sommes là pour les aider. Pourquoi on en est arrivé là ?" 

 

 

"La plupart s'interrogent, sans trouver de réponse à leur souffrance", confirme Marjorie Mercier, responsable du club des Sdis, un réseau privé entièrement dédié aux sapeurs-pompiers de France. La jeune femme relève un sentiment d'injustice de la part des victimes, qui déplorent une "faible prise en charge de ce problème de violence et à qui on propose peu d'outils pour répondre." Actuellement, les Sdis organisent dans leurs casernes des formations de prévention type "conversation non violente" ou "anticipation des conflits". "Mais rien n'est proposé pour agir ou réagir une fois dans la situation de conflit ou d'agression", déplore la responsable du club.

 

 

Yannick Ténési pointe, lui, le manque d'accompagnement des policiers : "Avant, dès que l'on intervenait sur la voix publique, il y avait la police. Maintenant, par manque de voiture et d'officiers, elle est de moins en moins présente. Et nous, nous n'avons ni la technique ni les armes pour répondre à la violence." En attendant une action du gouvernement, c'est à chaque département de trouver des solutions. Le Sdis de l'Essonne réfléchit à équiper ses sapeurs-pompiers de caméras-piétons, à l'instar des policiers municipaux, pour lutter contre les agressions. "Ça permettra de prouver la bonne foi des pompiers mais cela ne dissuadera pas les agresseurs", estime le sapeur-pompier. Pas question de renoncer à leur mission, même si lui et ses collègues sont désormais plus vigilants quand ils sont appelés sur des zones "à risque" : "Notre mission sera toujours plus forte que notre crainte."

 

 

  • le prénom a été changé, à la demande de l'intéressé

 


18/09/2019
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Franceinfo - le jeudi 5 septembre 2019

 

 

Cocorico : la justice autorise le coq Maurice à continuer de chanter sur l'île d'Oléron

 

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

Depuis des mois, un conflit oppose un couple, résident secondaire à Saint-Pierre-d'Oléron, à la propriétaire du gallinacé, leur voisine. Ils se plaignaient des nuisances sonores causées par le chant de Maurice

 

 

 

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Le coq "Maurice" et sa propriétaire, Corinne Fesseau sur l'île d'Oléron (Charente-Maritime), le 5 juin 2019. (XAVIER LEOTY / AFP)

 

 

 

La justice autorise le coq Maurice à continuer de chanter, a jugé le tribunal correctionnel de Rochefort (Charente-Maritime) jeudi 5 septembre, rejetant la plainte des voisins qui l'accusaient de les réveiller dès l'aube, a annoncé Julien Papineau, avocat de la propriétaire du volatile Corinne Fesseau. Son cocorico bruyant, aux aurores, agaçait certains habitants de l'île d'Oléron qui le poursuivaient en justice. 

 

 

Symbole des difficultés de cohabitation dans les campagnes entre les gens du cru et les néo-ruraux de tout poil – retraités, vacanciers ou urbains fuyant les villes – ce conflit a débuté par une plainte banale pour trouble anormal du voisinage. Elle a été déposée par un couple d'agriculteurs retraités domicilié en Haute-Vienne, incommodés par le chant trop matinal de Maurice près de leur résidence de vacances.

 

 

Les plaignants demandaient que la justice donne 15 jours à la propriétaire de Maurice, Corinne Fesseau, issue d'une vieille famille oléronnaise, pour éloigner l'animal ou le faire taire.

 

 

 

"Nuisance sonore" 

Lors de l'audience, le 4 juillet, Maurice a été accusé d'être une "nuisance sonore". "Le coq, le chien, le klaxon, la musique, c'est le dossier du bruit", avait affirmé Vincent Huberdeau, avocat des plaignants, en refusant l'idée du procès "de la ville contre la campagne", d'un "conflit entre citoyens bobos et ruraux". D'autant, disait-il, que Saint-Pierre-d'Oléron, avec près de 7 000 habitants en hiver et 35 000 en été, n'est pas vraiment la campagne. 

 

 

"Je ne suis pas une ville, je suis une petite commune", a réplique le maire DVD Christophe Sueur. "On a toujours vécu avec des potagers, des poulaillers, on a une vie plutôt traditionnelle".

 


05/09/2019
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Franceinfo - le jeudi 4 juillet 2019

 

 

Voilà le sort et la place du coq au XXIème siècle.... C'est dans l'air du termps 

 

 

 

Du poulailler au tribunal : comment le coq Maurice se retrouve jugé pour avoir chanté trop fort et trop tôt

 

 

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Violaine JaussentFrance Télévisions

 

 

 

Le gallinacé objet du litige vit à Saint-Pierre d'Oléron (Charente-Maritime), où ses cocoricos dès l'aube agacent un couple de voisins, propriétaires d'une résidence secondaire. L'affaire dure depuis 2017 et suscite de nombreuses réactions

 

 

 

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Le coq Maurice à Saint-Pierre-d'Oléron (Charente-Maritime), le 5 juin 2019. (XAVIER LEOTY / AFP)

 

 

 

"Si mon coq pouvait parler ? Il dirait 'Foutez-moi la paix et laissez-moi chanter !' Point barre." Corinne Fesseau, la propriétaire de Maurice, le confirme : le gallinacé aime pousser la chansonnette chaque matin vers 6h30. Trop fort et trop tôt pour deux de ses voisins. A tel point que leurs accusations lui valent un procès qui doit se tenir jeudi 4 juillet. Mais son cocorico ne résonnera pas dans la salle d'audience. Le coq ne mettra pas une patte dans le tribunal d'instance de Rochefort (Charente-Maritime). Corinne Fesseau le représentera. Il sera également soutenu par des congénères : plusieurs propriétaires de coqs ont annoncé qu'ils feraient le déplacement avec leurs volatiles. Attila, Jean-René et Casanova le défendront donc bec et ongles.

 

 

Maurice, lui, avait prévu de rester bien au chaud dans son poulailler, à Saint-Pierre d'Oléron, où il vit depuis 2015 avec toute une basse-cour. "La communauté de communes a dit qu'on pouvait avoir des poules, pour parvenir à zéro déchet dans chaque foyer, raconte à franceinfo Corinne Fesseau, chanteuse locale connue sur l'île d'Oléron. L'idée est venue de là. Je voulais des poules de Marans, car elles font des œufs magnifiques. Un copain m'a offert un poussin de cette race." Le gallinacé grandit. Et un matin, à l'instar de sa propriétaire, il fait des vocalises. Le mis en cause avait bien trompé son monde.

 

 

On croyait que c'était une petite poulette ! Corinne Fesseau à franceinfo

 

 

Jusque-là, elle possédait Choupinette, Tartiflette, Mimolette et donc Mauricette. Mais pour cette dernière, "il a fallu rectifier". "C'était tout trouvé, mon grand-père s'appelait Maurice ! Il y avait 'Il faut sauver Willy', là c'est 'Il faut sauver Maurice' !", s'exclame Corinne Fesseau. Cette femme de marin-pêcheur, implantée depuis trente-cinq ans sur l'île d'Oléron, dit prendre "tout ça avec humour". "Haute en couleur", l'artiste insulaire "défend son bout de gras", sans être "odieuse", dixit son avocat, Julien Papineau. 

 

 

 

"Les Fesseau ont un tissu de relations"

Quand Corinne Fesseau s'aperçoit que sa poule est en fait un coq qui chante, elle s'inquiète pour ses voisins. "Mais pas ceux de derrière", reconnaît-elle. Or, son poulailler est installé en bout de parcelle. Dans cette zone pavillonnaire, les maisons sont proches. Une résidence secondaire, construite en 2004, se trouve juste derrière leur clôture. "La chambre des Biron est située à deux mètres du poulailler", assure à franceinfo leur avocat, Vincent Huberdeau.

 

 

Sollicités, les Biron, qui ont donc porté plainte contre le coq, ne souhaitent pas s'exprimer. "Ils sont très discrets, un peu effrayés par ce tapage médiatique", justifie leur conseil. Ce couple de retraités âgés de 68 ans habite près de Limoges (Haute-Vienne). "Lui était mécanicien agricole, elle petite fonctionnaire. Elle connaît bien l'île d'Oléron, elle s'y rend en vacances depuis son enfance. Ils ne sont pas des sous-citoyens sous prétexte qu'ils viennent peu souvent. Pourtant, ils se sentent agressés, considérés comme des étrangers depuis le début de cette affaire", argue Vincent Huberdeau. Et d'ailleurs, d'après l'avocat, si l'affaire a pris une telle ampleur, c'est parce que "les Fesseau ont un tissu de relations".

 

 

 

"Qu'est-ce que vous comptez faire de votre coq ?"

Les cocoricos de Maurice troublent la quiétude des Biron. Ils débarquent chez les Fesseau en avril 2017, alors qu'on fête Pâques et ses traditionnels œufs. "Qu'est-ce que vous comptez faire de votre coq ?" demandent-ils, "sans dire bonjour", selon Corinne Fesseau. "Je leur ai répondu de mettre des boules Quiès pour éviter d'être gênés." "Il y a eu deux contacts, relève l'avocat des Biron. La première fois, madame Fesseau était très à l'écoute. Mais quinze jours ou trois semaines après, son mari leur a raccroché au nez." Alors les Biron envoient des courriers en recommandé. Ils demandent aux Fesseau la cessation des nuisances sonores.

 

 

 

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Corinne Fesseau avec Maurice, devant son poulailler, le 5 juin 2019 à Saint-Pierre-d'Oléron (Charente-Maritime). (XAVIER LEOTY / AFP)

 

 

 

Rien n'y fait. Maurice lisse son plumage roux et noir aux reflets moirés, secoue sa crête rouge et chante à tue-tête. Corinne Fesseau dispose des boîtes d'œufs sur les murs du poulailler et tente de cacher le lever du jour. Elle double les parois. "L'ensemble de la cabane est opacifiée avec du carton épais", assure Julien Papineau. Maurice rentre dans sa cabane vers 18h30 et n'en ressort qu'à 8h30. "Il chante à l'intérieur", remarque la propriétaire du coq. "Le calfeutrer n'a pas été concluant", note l'avocat des Biron, Vincent Huberdeau. Ses clients sont toujours gênés par les envolées vocales du gallinacé.

 

 

 

"On protège les bruits de la campagne"

Et pourtant. Depuis début 2018, Maurice ne chante plus dans la journée. Il reste sans voix devant ces voisins qui veulent lui clouer le bec. Mais il continue à pousser des cocoricos chaque matin, comme le constate un huissier. Missionné par les Biron, ce dernier observe que le coq chante bien par intermittence entre 6h30 et 7 heures. "Ces jours-là, on est sûrs que le coq a chanté. Les autres jours, rien ne permet de l'affirmer", objecte Julien Papineau. Le créneau horaire matinal pose problème. "Mes clients ont du mal à se rendormir et appréhendent de se coucher. C'est un trouble anormal du voisinage. Une nuisance sonore, comme on pourrait l'avoir avec une tondeuse, un chien, du bricolage", riposte Vincent Huberdeau.

 

 

Ce n'est pas une agression contre le coq : mes clients n'ont rien contre la volaille en général. Ils ne veulent pas la mort de l'animal, ni la mort du monde rural.Vincent Huberdeau, avocat à franceinfo

 

 

Car au fil du temps, Maurice est devenu, bien malgré lui, le symbole d'une ruralité menacée. L'incarnation d'un combat mené pour sauvegarder l'authenticité des petites communes érigées près des réserves naturelles. Le pot de terre contre le pot de fer. "On protège les bruits de la campagne", insiste Corinne Fesseau auprès de franceinfo. "Que doit-on interdire ? Le chant des tourterelles, le cri des mouettes ? Nous sommes sur une île, les oiseaux tous les matins qui gazouillent Les cloches qui sonnent ?" écrit-elle dans une pétition lancée le 12 juillet 2017, "pour sauver Maurice". Deux ans plus tard, le texte recueille plus de 117 300 signatures.

 

 

 

"Le symbole d'un éternel conflit français"

Corinne Fesseau a le soutien du maire de Saint-Pierre d'Oléron. Christophe Sueur a pris un arrêté pour préserver "les modes de vie liés à la campagne notamment pour ce qui concerne la présence des animaux de la ferme", en s'appuyant sur le caractère à "dominante rurale" de l'île. "Aujourd'hui c'est un coq, demain ce sera quoi ? Les mouettes, le bruit du vent, notre accent ?" s'interroge l'édile. Il n'est pas le seul à s'en préoccuper : Bruno Dionis du Séjour, maire de Gajac (Gironde), 400 habitants, a annoncé, le 4 juin, vouloir faire classer les bruits de la campagne au "patrimoine national".

 

 

Batailleur, orgueilleux et conquérant, le coq est depuis toujours l'emblème de la France. Maurice était celui d'une marche, organisée à Saint-Pierre-d'Oléron en août 2017. Il a sa propre page Facebook et revêt un "gilet jaune" en soutien au mouvement à l'automne 2018.

 

 

Le 23 juin, il est même élevé au rang de star internationale, quand le New York Times (article en anglais pour abonnés) fait ses choux gras de cette affaire.

 

 

 

 

 

 

"Le coq est devenu le symbole d'un éternel conflit français entre ceux pour qui la campagne est un simple décor de villégiature et ceux qui y vivent vraiment", écrit le correspondant du célèbre quotidien américain. L'avocat des Biron n'est pas de cet avis. "Il s'agit d'un lotissement, nous ne sommes pas à la campagne", réplique Vincent Huberdeau.

 

 

 

"On marche sur la tête"

Puisque Maurice fait la sourde oreille, les Biron ont saisi, au printemps, un juge civil afin d'obtenir des dommages et intérêts, ainsi que la prise en charge des frais de justice. Ils demandent surtout "la cessation sous astreinte de la nuisance", c'est-à-dire "que le coq soit déplacé, ou qu'une solution technique soit trouvée pour mieux isoler le poulailler". "Je ne vois pas l'intérêt d'enfermer mon coq dans une cage et de le mettre dans ma cuisine, ni pourquoi je le déplacerais alors que les autres voisins, qui sont là à l'année, me disent que ça ne les gêne pas, martèle Corinne Fesseau qui a des attestations du voisinage en sa possession. On verra ce que dit le juge, c'est lui décidera."

 

 

De son côté, son avocat demande 2 000 euros d'amende "pour abus du droit d'agir en justice". Car Julien Papineau est effaré de voir une telle affaire se régler devant le tribunal : "On marche sur la tête." Ou plutôt sur la crête. Il y a pourtant au moins un précédent et la jurisprudence est favorable à Maurice. Il y a dix-sept ans, la cour d'appel de Riom (Puy-de-Dôme) a annulé une décision du tribunal de Clermont-Ferrand qui ordonnait la destruction d'un petit élevage de gallinacés en raison des nuisances sonores. Elle justifiait ainsi son arrêt : "La poule est un animal anodin et stupide au point que nul n’est encore parvenu à le dresser, pas même un cirque chinois." Impossible, donc, d'empêcher un coq de chanter. 

 

 

 

"On espère qu'il retrouvera sa voix"

Le procès de Maurice devait initialement avoir lieu le 5 juin. Mais il a été reporté, pour des raisons formelles d'échanges de pièces entre avocats. Cette fois l'audience devait avoir lieu, mais son issue est incertaine. Le juge peut encore demander une conciliation afin de trouver un accord amiable. Le magistrat peut également ordonner une expertise pour mesurer les décibels, car le niveau sonore du chant de Maurice n'a jamais été mesuré.

 

 

Son volume a toutefois baissé en intensité : la voix du gallinacé est "éraillée" depuis quelque temps. "On espère qu'il retrouvera sa voix", s'inquiète sa propriétaire, précisant que Maurice est malade. "Il est stressé. Tout le monde l'a vu, l'a touché. Beaucoup de journalistes viennent le voir", indique Corinne Fesseau. Et d'ajouter : "Il a eu une bronchite pendant l'hiver. Il a toujours un ronflement. Il doit prendre un traitement."

 

 

Il est aussi stressé parce que je suis stressée. A force, tout ça ne me fait plus rire. Corinne Fesseau à franceinfo

 

 

D'autant plus que Maurice doit veiller sur sa progéniture : depuis peu, il est papa. "Il a quatre poules avec lui. Il féconde tous les œufs. J'en ai pris un et je l'ai donné à la poule d'une amie. Elle l'a couvé, c'est sa mère adoptive. Le poussin a un mois et demi", s'enthousiasme Corinne Fesseau. Elle ne sait pas encore s'il s'agit d'une poule ou d'un coq.

 


04/07/2019
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Franceinfo - le lundi 29 octobre 2018

 

 

Un jeune Grenoblois en garde à vue après un "appel à une purge" lancé contre les policiers

 

 

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Avec France Bleu ParisfranceinfoRadio France

 

 

 

Un jeune Grenoblois a été placé en garde à vue lundi après la publication de messages sur les réseaux sociaux appelant à des violences contre des policiers le soir d'Halloween. Une plainte a été déposée

 

 

 

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Les appels à la violence ont été diffusés sur les réseaux sociaux. (CAPTURE D'ECRAN TWITTER)

 

 

 

Un Grenoblois a été placé en garde à vue lundi 29 octobre pour "provocation à la violence contre les forces de l'ordre". Il avait posté des messages sur les réseaux sociaux appelant à organiser une "purge" le soir d'Halloween, en prenant notamment pour cible des policiers. Il s'inspirait de la série de films Americain Nightmare. 

 

 

Sur son compte Twitter, le jeune homme a posté une vidéo en affirmant qu'il s'agissait d'une simple blague mais qu'il a été dépassé par les événements. La police nationale de l'Isère a ensuite pris contact avec lui, avant d'annoncer son placement en garde à vue.

 

 

Une plainte déposée dans l'Essonne

Conséquence de cette mauvaise blague, le directeur départemental de la sécurité publique de l’Essonne a porté plainte pour "provocation à la violence" après la diffusion d’un autre message sur les réseaux sociaux reprenant les mêmes codes, et appelant à "des violences à caractère urbain contre les policiers pour le soir d’Halloween à Corbeil-Essonnes".

 

 

Le DDSP Jean-François Papineau a constaté dimanche après-midi la diffusion de messages appelant à une "purge" sur le réseau social WhatsApp. "Je dépose plainte en tant que DDSP pour 'provocation à la violence' auprès du procureur d’Evry. D’autre part une grande vigilance sera exercée pour le cas où des individus seraient tentés de répondre à cet appel", a ajouté le DDSP qui s’inquiète d’un fait de violence constaté dimanche à Corbeil et qui pourrait être directement lié à cet appel à la violence sur des policiers.

 

 

Les messages en question, intitulés "Les règles de la purge de Corbeil-Essonne", énumèrent les étapes pour s'en prendre aux forces de l'ordre. Sept ou dix "règles", selon les messages, parmi lesquelles "Habillez-vous en noir avec masque si possible", "Brûlez tout ce que vous voyez" ou encore "les forces de l'ordre devront être attaquées au mortier, feux d'artifices, pétards et pierres". Le tout ponctué de nombreuses fautes d'orthographe.

 


09/11/2018
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Franceinfo - le dimanche 21 octobre 2018

 

 

Enseignante braquée avec une arme factice à Créteil : un lycéen mis en examen pour "violences aggravées"

 

 

L'enseignante, elle, s'est vu délivrer une interruption temporaire de travail de 7 jours

 

 

 

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Un élève du lycée Edouard-Branly de Créteil (Val-de-Marne) pointe une arme factice sur une professeure, le 18 octobre 2018. (SNAPCHAT)

 

 

 

La vidéo a fait le tour des réseaux sociaux. Jeudi 18 octobre, un lycéen a pointé une arme factice sur une professeure, dans un lycée de Créteil (Val-de-Marne). Dimanche 21 octobre, ce lycéen a été mis en examen pour "violences aggravées", car commises avec arme, sur un enseignant et dans un établissement scolaire. Des mesures provisoires ont aussi été prises à l'encontre de l'adolescent de 16 ans, dont l'interdiction d'entrer en contact avec la victime, l'interdiction de séjourner dans le Val-de-Marne, l'interdiction de porter et de détenir une arme ou encore l'obligation de formation ou de scolarité et l'obligation d'évaluer sa personnalité. 

 

 

L'enseignante, elle, s'est vu délivrer une interruption temporaire de travail de 7 jours. Elle va avoir une écoute psychologique, selon une source proche de l'enquête à france 2. L'adolescent qui l'a braqué affirme avoir voulu réagir parce que la professeure lui comptait une absence pour un retard, et reconnait une bétise, selon cette même source. Le deuxième lycéen placé en garde-à-vue a été libéré, samedi 20 octobre. Une information judiciaire a aussi été ouverte aussi contre X pour diffusion de vidéo afin d'identifier l'auteur.


26/10/2018
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Franceinfo - le vendredi 28 septembre 2018

 

 

"Pendez les Blancs" : le rappeur Nick Conrad convoqué devant le tribunal en janvier

 

 

Le clip ultraviolent de la chanson "Pendez les Blancs" a provoqué une vive polémique. Dans cette vidéo, le rappeur met en scène un homme blanc en train de se faire lyncher

 

 

 

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Capture d'écran du clip "PLB" de Nick Conrad, le 26 septembre 2018, sur YouTube.  (NICK CONRAD / YOUTUBE)

 

 

 

Au terme de son audition devant les enquêteurs, Nick Conrad s'est vu remettre une convocation devant le tribunal correctionnel de Paris, indique une source judiciaire à franceinfo, vendredi 28 septembre, confirmant une information de LCI. Le rappeur, auteur de la chanson Pendez les Blancs, a rendez-vous avec le tribunal le 9 janvier afin d'être jugé pour la diffusion de son clip ultraviolent, précise son avocat à l'AFP. 

 

 

La vidéo, dans lequel un homme blanc est lynché, a provoqué une polémique. Le chanteur a été auditionné comme suspect libre, vendredi matin, dans les locaux de la Brigade de répression de la délinquance contre la personne, après l'ouverture jeudi d'une enquête par le parquet de Paris. Il sera jugé pour "provocation directe à commettre des atteintes à la vie", selon une source judiciaire à l'AFP.

 


03/10/2018
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Franceinfo - le jeudi 27 septembre 2018

 

 

"On est devenus la roue de secours du système" : le ras-le-bol des pompiers face à la violence et au manque de moyens

 

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Juliette Campion Benoît Zagdoun France Télévisions

 

 

 

Les soldats du feu dénoncent les agressions dont ils sont victimes quasi-quotidiennement et les pressions budgétaires qui dégradent leurs conditions de travail

 

 

 

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Des pompiers manifestant le 6 novembre 2017 à Lyon, quelques jours plus après l'agression de leurs collègues au cocktail molotov à Feyzin (Rhône). (NICOLAS LIPONNE / NURPHOTO / AFP)

 

 

 

Pour les 246 800 soldats du feu de France, sa mort a été le drame de trop. Le 4 septembre, à Villeneuve-Saint-Georges, dans le Val-de-Marne, Geoffroy Henry a été tué par un homme en pleine crise de démence qu'il était venu secourir. Un tel incident ne s'était pas produit depuis dix ans explique la Fédération nationale des sapeurs-pompiers. Face à cette violence qui les frappe, les pompiers professionnels, déjà soumis à des pressions budgétaires, font entendre leur colère. Des sapeurs-pompiers ont accepté d'en témoigner auprès de franceinfo.

 

 

 

"Un pompier qui meurt en intervention sur un feu, on en a connu deux dans le Pas-de-Calais au début de l’année, on y est préparé, ça fait partie des risques du métier, on l’accepte. Mais dans le cas d’un secours à victime, c’est intolérable", dénonce un adjudant du Pas-de-Calais, qui souhaite rester anonyme. "J'ai subi deux agressions physiques en trois mois", témoigne un sergent-chef d'un grand centre de secours de région parisienne. A chaque fois, il intervenait "sur des personnes présentant des troubles psychiatriques". En tentant de les maîtriser dans l'attente de l'arrivée de la patrouille de police, il a reçu un coup de poing et un coup de tête en plein thorax. "Moi, mon métier, c’est pompier, c’est secourir les gens, ce n’est pas d’aller maîtriser les personnes", proteste-t-il.

 

 

 

Je n’ai pas fait pompier pour me faire taper ou me faire caillasser.Sébastien, sapeur-pompier en région parisienne à franceinfo

 

 

 

En 2016, 2 280 sapeurs-pompiers ont déclaré avoir été victimes d'agressions, selon l'Observatoire national de la délinquance. Un chiffre en hausse de 17,6% sur un an. A ces agressions s'ajoutent les violences urbaines auxquelles les soldats du feu ont fini par s'habituer. "Souvent, les 13 et 14 juillet, ce sont des interventions pour des feux de poubelle ou autres et ils nous attendent avec les cailloux, les cocktails Molotov, les jets de mortier", relate presque détaché le sapeur-pompier francilien. 

 

 

 

"Avant, on avait un cas connu pour être violent sur le secteur. Maintenant, on se méfie de tout le monde", résume le sapeur-pompier du Calaisis. "On n’est à l’abri nulle part. En cité, on peut tomber dans un guet-apens tendu par plusieurs individus. A la campagne, on peut n’avoir qu’un agresseur, mais il peut sortir un fusil de chasse." "Auparavant, quand les pompiers arrivaient sur une rixe par exemple, cela avait tendance à calmer le jeu. Aujourd’hui, on n’impressionne plus", poursuit Yann Moysan, secrétaire général FO SIS (Force ouvrière des services d'incendie et de secours). "Le sapeur-pompier porte l’uniforme, comme le policier. Il représente l’institution et, à ce titre, il est devenu une cible pour un individu qui veut s’en prendre à l’Etat", analyse le syndicaliste, sapeur-pompier à Saintes, en Charente-Maritime.

 

 

 

"On est le dernier rempart face à la misère sociale"

 

"Le métier a changé", observe Yann Moysan. "Auparavant, on appelait les pompiers pour des choses graves : un accident, une crise cardiaque, une chute…" Aujourd'hui, poursuit l'adjudant du Calaisis, "les pompiers sont appelés pour de la 'bobologie'". Et d'accuser : "On est utilisés pour beaucoup de choses qui ne sont pas de notre ressort. Je suis devenu pompier pour porter secours et je me rends compte que je passe presque 80% de mon temps à aider quelqu’un qui ne veut pas prendre une ambulance privée ou qui ne veut pas appeler son généraliste parce que c’est payant. Quand on fait du secours aux personnes, bien souvent, ce ne sont pas des situations d’urgence." 

 

 

 

On est devenus la roue de secours du système. Et comme on est le dernier maillon de la chaîne, il faut bien qu’on y aille.Un adjudant sapeur-pompier du Pas-de-Calais à franceinfo

 

 

 

"On a vraiment l’impression d’être là pour combler les déficits des autres services publics", déplore Peter Gurruchaga, pompier professionnel à Garges-lès-Gonesse et secrétaire général CGT du Service départemental d'incendie et de secours (Sdis) du Val-d'Oise. "On fait une intervention où, avant, on pouvait avoir le concours de la police rapidement, maintenant ce n’est plus le cas. Le Samu nous envoie sur des interventions qui ne sont plus de notre cœur de métier, parce que les ambulances privées ne veulent plus se déplacer dans certains quartiers, SOS Médecins non plus", liste le représentant syndical. 

 

 

 

"On est le dernier rempart face à la misère sociale", résume Ismaël Bernus, sapeur-pompier à Marcq-en-Barœul et représentant FO dans le Nord. En 2016, les sapeurs-pompiers de France ont ainsi réalisé plus 4 500 000 interventions. Une toutes les sept secondes.

 

 

 

Des gens qui sont alcoolisés sur la voie publique, c’est un délit, c’est une prise en charge par la police et on se retrouve à en faire régulièrement.Thomas Schmitt, secrétaire général CGT du SDMIS de Lyon à franceinfo

 

 

 

Et ce "dernier maillon de la chaîne" présente de sérieux signes d'usure. "Les Sdis sont très rares à créer des postes, au mieux on remplace les départs en retraite et encore", regrette Yann Moisan. Entre 2015 et 2016, le nombre de sapeurs-pompiers a très légèrement diminué (-0,1%), soit environ 250 soldats du feu en moins. Mais chez les pompiers professionnels et militaires, cette baisse a atteint respectivement 0,8% et 1,3% des effectifs, selon les statistiques du ministère de l'Intérieur.

 

 

 

Mais depuis ces derniers chiffres officiels, les syndicats départementaux alertent sur des baisses drastiques de personnels au sein de leurs casernes. "Les effectifs de sapeurs-pompiers en France et dans le Val-d’Oise ne cessent de diminuer", confirme Peter Gurruchaga. "Dans le département du Nord, on a perdu 250 sapeurs-pompiers professionnels en trois ans", chiffre pour sa part Ismaël Bernus. "Dans le Calvados, on a perdu 75 ETP [équivalents temps plein] en quatre ans", ajoute Wilfried Van Oost, sapeur-pompier depuis plus de 25 ans. "Il n’y a pas une caserne où il n’y a pas un problème d’effectif", assure l'adjudant du Sdis du Pas-de-Calais.

 

 

 

"Cet été, à Garges, on était censés être 12 à la garde à la journée et il est arrivé plusieurs fois qu’on soit à sept", relève Peter Gurruchaga. "Ces problèmes d’effectifs font que les départs s’enchaînent." Au cours de sa garde, un pompier peut ainsi partir en intervention à bord d'une ambulance pour secourir une victime, puis revenir dans sa caserne et repartir à bord du fourgon pour un incendie d'appartement. Et le syndicaliste de pointer : "A 4 heures du matin, après 20 heures d’intervention à être concentré, il y a une baisse de vigilance."

 

 

 

"On nous parle d’économies en permanence"

 

"Sans arrêt, c’est aux sapeurs-pompiers de faire des efforts", critique Thomas Schmitt. "On nous parle d’économies en permanence, de réduction des budgets, de réductions des coûts", renchérit Ismaël Bernus. "On ne veut plus être victimes de ces gens qui gèrent le service public comme des entreprises du CAC 40", tranche Peter Gurruchaga. Le budget global des Sdis était de 4,8 milliards d'euros en 2016, en baisse de 1,4% sur un an. Et les dépenses d'investissements ont quant à elles reculé de 50 millions, à 711 millions d’euros.

 

 

 

Pour Yann Moisan, les sapeurs-pompiers font les frais des politiques publiques. "Contrairement à la police ou aux hôpitaux, les services d'incendie et de secours sont départementalisés. Ils sont financés par les collectivités locales et au moins pour moitié par les départements. Or la baisse globale des dotations de fonctionnement de l'Etat aux départements, à travers notamment la réforme territoriale, entraîne une diminution des ressources pour les Sdis." 

 

 

 

Je pose la question, si on parle en termes de finances : quel est le coût d’une vie ?Ismaël Bernus, délégué syndical FO du Sdis du Nord à franceinfo

 

 

 

"Cela fait quatre ou cinq ans que le Sdis du Calvados fonctionne à budget constant, évalue Wilfried Van Oost. Nécessairement, il faut couper ou réduire certaines lignes budgétaires. On va d'abord regarder le prix avant de regarder la qualité de ce qu'on achète." Ailleurs aussi, on s'adapte : "On commence à voir des départements qui se regroupent pour procéder à des achats de camions, de vestes de protection..."

 

 

 

Afin d'obtenir davantage de moyens humains et matériels, mais aussi protester contre les cocktails Molotov reçus par des collègues en intervention, les sapeurs-pompiers du Gard ont employé les grands moyens, fin 2017, à coup de manifestations et de grèves illimitées. "On a délocalisé la caserne. On est restés pratiquement cinq semaines à camper devant la préfecture avec tous les véhicules. On s'est relayé jour et nuit. Et comme on avait décrété que notre caserne ne nous servait plus officiellement, on l’avait mise en vente sur Le Bon Coin, symboliquement", raconte Patrice Cartagena, sapeur-pompier depuis vingt-neuf ans à Nîmes et secrétaire adjoint du syndicat SUD dans le Gard. 

 

 

 

Ces conditions de travail tendent à en dégoûter certains. "Certains collègues en ont ras le bol et on le voit de plus en plus", assure Ismaël Bernus. "On a pas mal de nos collègues qui veulent changer de métier. Et c’est un métier de passion au départ", admet Peter Gurruchaga. "De plus en plus de collègues prennent des disponibilités qui vont de six mois à dix ans sans solde pour exercer une autre activité, affirme Yann Moisan. Ce mouvement est lié au manque de moyens et au métier qui se durcit."

 


01/10/2018
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le Progrès du lundi 14 août 2017

 

 
 
    DÉLINQUANCE - NUISANCES. LES RODÉOS SAUVAGES, PLAIES DES VILLES DE
       BANLIEUE

 

 

 

Avec les beaux jours, la police est confrontée à un dilemme face aux jeunes qui font le show sur la roue arrière de leur moto-cross : comment empêcher ces rodéos sauvages qui exaspèrent les habitants, sans risquer l'accident.

 

 

"Dès le printemps, on a toujours beaucoup de scooters et de quads qui font des roues arrière sans casque. Les habitants s'en plaignent, parce qu'ils sont excédés par le bruit ou parce qu'ils ont peur que leurs enfants se fasse renverser", témoigne Jean-Marie Vilain, maire UDI de Viry-Châtillon. "Le problème revient tous les étés" en banlieue parisienne, soupire l'édile, qui a interpellé le gouvernement avec huit autres maires de l'Essonne.

 

 

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Avec des conséquences parfois dramatiques : un adolescent de 13 ans est mort le 5 août à Coignières dans les Yvelines au guidon de son motocross. Sans casque, il a percuté un arbre. Le lendemain, un autre motard de 20 ans a succombé à une collision avec un autre amateur de rodéos à Wissous dans l'Essonne.

 

 

Après cet énième drame, Jean-Marie Vilain, travaille à une proposition de loi anti-rodéo pour "la fin de l'année", avec Vincent Delahaye (UDI), sénateur-maire de Massy et Robin Reda, député-maire (LR) de Juvisy-sur-Orge.

 

 

En attendant, les policier se sentent coincés. Dix ans après, personne ne veut d'un nouveau Villiers-le-Bel dans le département. Deux adolescents y étaient morts à moto-cross, percutés par une voiture de police, et 119 policiers avaient été blessés, notamment par balle, dans les émeutes qui avaient suivies.

 


17/08/2017
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le Progrès du samedi 3 juin 2017

 

 
 
    FAITS DIVERS - TOURS : À 13 ANS ET DEMI, IL ASSASSINE SA MÈRE

 

 

 

Un adolescent âgé de 13 ans et demi a été mis en examen et placé en détention hier soir pour l'assassinat de sa mère, lardée de coups de couteau dans la nuit de mardi à mercredi au domicile familiale de Saint-Cyr-sur-Loire (banlieue de Tours). Placé en garde à vue, le fils a reconnu être l'auteur des coups. En déscolarisation depuis environ deux ans, il faisait l'objet d'une assistance éducative ainsi que d'un suivi par un pédopsychiatre. Selon les premiers éléments de l'enquête, l'adolescent avait prémédité son geste, communiquant sur les réseaux sociaux son intention de tuer sa mère.

 


07/06/2017
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le Progrès du vendredi 7 avril 2017

 

 

 
    SÈTE - LA MOSQUÉE FERMÉE ÉTAIT UN LIEU DE RADICALISATION

 

 

 

La mosquée Assonna (BIEN Assounna) de Sète (Hérault), fermée mercredi par arrêté préfectoral, était "un lieu de rencontre régulier" pour des fidèles radicalisés, a décrit hier le ministère de l'Intérieur. "Le responsable de cette mosquée prônait une idéologie radicale appelant à la discrimination, à la haine, ainsi qu'à l'animosité à l'égard des autres, ajoute un communiqué. Tendant à rejeter l'autorité de l'État, la laïcité et la démocratie, il véhiculait ainsi un message contraire aux valeurs de la République et susceptible de constituer le terreau d'atteintes à la sécurité et à l'ordre publics".

 


11/04/2017
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le Progrès du vendredi 24 mars 2017

 

 

 

VAR - IMAGES PÉDOPHILES : UN INSTITUTEUR MIS EN EXAMEN

 

 

Un instituteur d'une école élémentaire de Montauroux (Var), signalé par ses élèves qu'il faisait jouer torse nu, a été mis en examen pour détention d'images pédopornographiques. L'homme de 47 ans avait pris l'habitude de photographier ses élèves de 9 à 10 ans torse nu. Des photos dont les enquêteurs ont retrouvé une collection sur son ordinateur. L'enseignant a été suspendu le 18 mars, douze jours après les premiers signalements.

 


30/03/2017
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le Progrès du vendredi 24 mars 2017

 

 

 

HAUTE-GARONNE - À 9 ANS, IL MENACE SES CAMARADES AVEC DES BALLES

 

 

Un élève d'une école primaire à Balma, dans la banlieue de Toulouse, a exhibé trois balles d'une arme à feu et menacé des camarades de classe de mort. "J'ai fait une liste de vos noms et je vais tous vous tuer", a dit mercredi cet enfant âgé de 9 ans à ses camarades, a précisé le site internet de la Dépêche du midi. "L'enfant va être entendu et si une suite judiciaire doit être engagée, ce sera sous l'angle de l'assistance éducative", a précisé le procureur de la République Pierre-Yves Couilleau.

 


30/03/2017
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le Progrès du mercredi 22 mars 2017

 

 

 

ÉTATS-UNIS/GRANDE-BRETAGNE - ORDINATEUR PROHIBÉ EN AVION

 

 

Les États-Unis ont annoncé hier l'interdiction des ordinateurs et tablettes en cabine des avions de neuf compagnies en provenance de pays arabes et de Turquie, invoquant un risque d'attentats "terroristes". Londres a suivi en les interdisant sur les vols en provenance de cinq pays arabes et de Turquie.

 

 

 

TWITTER - 376 890 COMPTES SUSPENDUS

 

Twitter a annoncé hier avoir suspendu 376 890 comptes sur les six derniers mois dans le cadre de sa lutte contre les publications faisant l'apologie du terrorisme, une augmentation de 60 % par rapport à la période précédente.


26/03/2017
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