L'AIR DU TEMPS

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COMPRENDRE L'EPOQUE

Des articles et faits divers, tirés de la presse, pour comprendre notre histoire au présent, et l'époque que l'on vit...


Franceinfo - le samedi 2 mai 2020

 

 

Pourquoi la baisse des émissions de gaz à effet de serre liée à la crise du coronavirus ne suffira pas à enrayer le réchauffement climatique

 

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Thomas BaïettoFrance Télévisions

 

 

Le confinement et le ralentissement drastique de l'activité économique devraient entraîner une réduction historique des émissions de gaz à effets de serre. Mais cette baisse est insuffisante et trop ponctuelle, explique la climatologue Valérie Masson-Delmotte

 

 

 

La baisse s'annonce historique. En confinant une grande partie de la population mondiale et en freinant l'activité économique, la pandémie du coronavirus va entraîner une nette baisse des émissions de gaz à effet de serre, le moteur du réchauffement climatique qui accélère de façon quasi-ininterrompue depuis la Seconde Guerre mondiale. Selon le site spécialisé Carbon Brief, qui a pris en compte un éventuel rebond de l'économie, cette baisse devrait être de l'ordre de 5,5% en 2020 pour l'ensemble de la planète. En France, le Haut Conseil pour le climat estime cette baisse entre 5 et 15% sur l'année 2020.

 

 

On pourrait se féliciter de cet effet secondaire de la crise sanitaire, qui permet accidentellement de limiter le réchauffement climatique. Mais pour la climatologue Valérie Masson-Delmotte, qui a accordé un long entretien sur cette crise à franceinfo, ce genre de baisse est loin de suffire à enrayer le changement climatique. "Il n'y a rien de réjouissant là-dedans. La baisse d'émissions associée à l'arrêt forcé de toute activité industrielle, économique et de transport, ce n'est pas du tout cela dont nous parlons quand nous parlons de l'action pour réduire les émissions de gaz à effet de serre", explique-t-elle.

 

 

 

La baisse doit être plus forte et s'inscrire dans la durée

Pour elle, cette baisse doit se faire de manière organisée, continue, et plus forte. Afin de respecter l'objectif de l'accord de Paris – un réchauffement contenu largement en dessous de 2°C –, "il faudrait que les émissions mondiales de gaz à effet de serre diminuent d'un quart entre 2010 et 2030, et deviennent zéro net – c'est-à-dire que les émissions résiduelles seraient compensées par une capacité à enlever du CO2 de l'atmosphère et à le stocker – à horizon 2070"

 

 

L'objectif de 1,5°C – qui permettrait d'atténuer de manière significative les conséquences de ce réchauffement – demanderait, lui, de baisser nos émissions de 50% entre 2010 et 2030 et d'atteindre la neutralité carbone en 2050. Pour limiter le réchauffement climatique, il ne faut donc pas -5,5% sur une seule année, mais -25% ou -50% en dix ans. : "Le problème, c'est que plus nous tardons à agir, plus il faudra faire un effort massif, année après année, pour y parvenir", explique Valérie Masson-Delmotte, en rappelant que "des solutions existent".

 


02/05/2020
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De Facebook

 

 

 

J'ai trouvé ce texte très pertinent et je le partage avec vous

 

 

 
 

Ce qui arrive à la France, arrive avant tout dans le monde entier. Et, d'après la plupart des observateurs, il s'agira de la plus grave crise depuis la seconde guerre mondiale. Bien plus grave que la crise de 2008, que le 11 septembre 2001, ou que d'autres événements de ces dernières décennies.

 

 

Aujourd'hui, je ne cesse de lire des critiques, selon lesquelles il aurait fallu faire ceci, ne pas faire cela, à propos de masques, de dépistage, de confinement, de traitements, de chloroquine, d'hôpitaux, de mondialisation, que sais-je... Tout le monde y va de son avis, et, pour beaucoup, se mettent à croire à des complots plus ou moins débiles, ou partagent des posts dont on se demande si les auteurs sont plus attristés ou, au contraire, ravis d'une situation relançant leur audience ou leurs combats politiciens.

 

 

Il est tellement aisé de critiquer les décisions de ceux qui agissent. Surtout quand les décisions :


- sont prises dans l'urgence et sous une pression maximale,

 

- concernent des dizaines de millions de personnes, des millions d'entreprises, des milliers de secteurs d'activité dépendants tous les uns des autres,

- intègrent des milliers d'inconnues évoluant en permanence,


et surtout, bouleversent les organisations, les mentalités et les priorités encore en vigueur il y a seulement 3 semaines, et les bouleversent à un niveau qui n'avait pas été atteint depuis la dernière guerre mondiale.

 

Un exemple français : qui aurait accepté une décision de confinement prise début mars, entraînant, de fait, interdiction de manifester, report des municipales... ? Tout le monde aurait dénoncé une manipulation politique, l’instauration d’une dictature. Je crois que j’en aurais fait partie. A peine une dizaine de jours plus tard, on a assisté à un déchaînement de reproches dénonçant une décision de confinement trop tardive, à coup de #ilssavaient aux relents complotistes.

 

 

Comme il est facile de critiquer : "où sont les masques, les tests, le PQ et les pâtes ?". Mais il est impossible de parfaitement anticiper toutes les calamités aléatoires qui se produisent une fois par siècle. Cela aurait pu être une nouvelle version plus meurtrière du HIV, un astéroïde frappant la Terre, une espèce de sauterelles mutantes détruisant les céréales dans le monde entier, une algue empoisonnant les ressources en eau potable, que sais-je? Cela aura été un virus se transmettant par éternuement. Qu'aurait-on fait de stocks de milliards de masques ou de respirateurs artificiels face à une nouvelle épidémie non respiratoire, d'une météorite ou d'une sauterelle mutante? On aurait crié à l’incurie et au gaspillage d’argent public...

 

 

Les masques n'auraient été d'aucune utilité face à la majorité des problèmes sanitaires des 40 dernières années (Sida, Ebola, Chikungunya, "vache folle"...). Et face au SRAS, je me rappelle encore des moqueries autour des milliers de vaccins commandés, au cas où...

 

 

Oui, il était certain qu'une pandémie majeure arriverait tôt ou tard. De la même façon qu'il est certain qu'un astéroïde frappera un jour la Terre, qu'une centrale nucléaire finira par exploser, qu'une catastrophe climatique est en cours, que les ressources naturelles s'épuisent, et que le Soleil s'éteindra un jour.

 

 

Mais il y a 6 mois, qui pouvait prédire comment cette maladie frapperait : avec quel mode de transmission, nécessitant quel type de traitement d'urgence ? Quels moyens raisonnables de prévention pouvaient être anticipés, face à quelle probabilité de survenance dans un délai donné ? Grossissons le trait : qui aujourd'hui est prêt à dépenser des milliards pour anticiper la chute d'un astéroïde, pourtant certaine sur le long terme ? Qui soutiendrait, aujourd'hui, un gouvernement prenant réellement les mesures qui s'imposeraient contre le réchauffement climatique, dont l'impact sur le long terme sera pourtant bien pire que le Covid-19 ?

 

 

Anticiper, c'est toujours facile, après coup.

 

 

Ce qui est dramatique c'est que les décisions actuelles ne peuvent que consister à choisir parmi des "mauvais choix", en tentant de deviner le moins mauvais, sur la base de données incertaines. Il y aura toujours, après coup, quelqu'un pour dire "on aurait pu faire mieux, c'était pourtant évident".

 

 

Aucun gouvernement, aucun pays, ne pourra affirmer avoir été parfait dans la gestion de cette crise. La France ne l'a pas été, pas plus le gouvernement que les français eux-mêmes : en février, quelle majorité de français aurait soutenu un ministre de la santé appelant à l'interdiction de tout rassemblement, de toute manifestation, à l'arrêt des matchs de foot, ou même à la dépense de centaines de millions d'euros pour acheter des masques... au cas où ?

 

 

Il n'en demeure pas moins que parmi les pires réactions, les pires gestions, les pires mensonges, on relèvera sans surprise les leaders populistes, arrivés récemment au pouvoir, et portés par cette vague de remise en cause des "élites" que la France connait également depuis quelques temps. Alors, oui, pour ne citer que les principaux, j'ai bien plus confiance aujourd'hui en la France qu'en Trump aux USA, Bolsonaro au Brésil, ou Boris Johnson en Grande-Bretagne...

 

 

Et, au final, j'ai bien plus confiance en la parole des institutions, que ce soit celle des médias sérieux, celle des autorités, médicales, gouvernementales ou économiques, que celle des youtubeurs, instagrameurs, des médias "alternatifs" remplies de vérités "alternatives", de mon voisin gilet jaune ou qu'un ami de mon oncle qui connait un mec dont la sœur travaille dans un hôpital.

 

 

Dans une crise comme celle-ci, il est irresponsable de profiter de la confusion pour ajouter encore plus de confusion.

 

 

Profiter de la situation pour se complaire et se vautrer dans la critique facile, crier à l'assassin, au complot, mener ses petits combats politiciens franco-français habituels en se servant de ce virus, relayer les théories fumeuses de profiteurs ou d'illuminés opportunistes, c'est pathétique, déplorable, irresponsable.

 

 

Il ne s'agit surtout pas de renoncer à améliorer le monde, à toute critique constructive, ou de ne pas tirer de leçons de ce que l'avenir révélera avoir été des erreurs. Il s'agit, face à une crise historique et planétaire. de ne pas se laisser emporter par la panique, les raisonnements simplistes, le fatalisme, les aboiements de circonstance, les divisions délétères... de ne pas mettre de bâtons dans les roues d'une charrette en se plaignant qu'elle n'avance pas.

 

 

Il s'agit de reconnaître que blâmer nos dirigeants face à cette crise c'est un raccourci commode, qui permet de s'affranchir de notre propre responsabilité, individuelle et collective, de croire qu'il suffirait de limoger des incompétents pour tout améliorer.

 

 

Des leçons à tirer, il y en aura, c'est certain. Par exemple celle-ci : nous avons bien trop souvent besoin d'attendre qu'un événement devienne dramatique pour réagir, et se lamenter après coup. Ce n'est pas (seulement) la responsabilité des gouvernements. La plupart des gouvernements sont élus, et ils ne peuvent rien faire s'il n'y a pas une majorité pour soutenir leurs décisions.

 

 

Au lieu de se plaindre après coup du manque d'anticipation contre une maladie aléatoire qui vient de nous frapper (et dont il ne fait aucun doute que nous en viendrons à bout comme de toutes les pandémies précédentes), ne serait-il pas temps d'agir dès aujourd'hui, avec bien plus de détermination, contre les menaces, parfaitement identifiées, et aux effets bien plus dévastateurs à long terme qu'un simple virus ?

 

 

Cela nous évitera peut-être dans 20 ans de nous lamenter sur les effets meurtriers d'un climat devenu incontrôlable, de ressources naturelles épuisées, d'une surpopulation ingérable, d'un écosystème à l'agonie.

 

 

Et s'il fallait un message politique, je me permets celui-ci : espérons que cette crise ne nourrira pas la gangrène des nationalismes et populismes égoïstes. Tachons d’œuvrer afin que l'humanité sorte de cette crise plus sage, plus solidaire, valorise davantage la coopération plutôt que la division, en réalisant que, désormais, l'avenir de l'homme est plus que jamais une question planétaire, et non une affaire de défense individuelle des nations.

 


13/04/2020
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Franceinfo - le jeudi 9 avril 2020

 

 

"Je ne supporte plus ma belle-mère et c'est réciproque" : dans certaines familles, le confinement tourne au fiasco

 

 

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franceinfoFrance Télévisions
 
 

 

Selon les foyers, la cohabitation imposée par la lutte contre l'épidémie de coronavirus se déroule plus ou moins sereinement et peut s'avérer très difficile. La colocataire, que l'on pensait être une amie, devient infernale. Plusieurs internautes témoignent auprès de franceinfo

 

 

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Une femme confinée sur le rebord de sa fenêtre, à Paris, le 7 avril 2020.  (JULIETTE PAVY / HANS LUCAS / AFP)

 

 

 

"L'idée est de moins se croiser". Marie est coincée en Seine-Maritime avec son mari, ses enfants et ses parents dans un appartement de seulement quatre pièces. Problème : son mari "ne supporte plus" ses parents, nous écrit-elle. "On alterne pour s'occuper des enfants, on essaie de s'éviter en s'organisant autour des tâches quotidiennes". Mais le confinement, décidé par le gouvernement mardi 17 mars pour tenter d'endiguer la propagation du coronavirus, dure et les choses se compliquent. "Nous ne voulons pas rester plus longtemps dans cette situation." Alors, Marie imagine déjà ce qu'elle fera si rien ne change : "On fera une fausse attestation de sortie, quitte à prendre une amende, pour rentrer chez nous".

 

 

>> Suivez les dernières informations sur l'épidémie dans notre direct

 

 

Qu'ils soient confinés en famille, avec leur colocataire ou des amis, certains Français expérimentent une promiscuité très difficile à vivre au quotidien. Les possibilités de sorties étant limitées, les tensions s'exacerbent dans ces foyers. C'est ce qu'ont raconté plusieurs "confinés" via l'appel à témoignages lancé par franceinfo. Comme Marie, Hugo s'est lui aussi retrouvé coincé avec sa famille à Rouen (Seine-Maritime). "Je passais normalement simplement pour une semaine de vacances, je n'ai donc pas toutes mes affaires et je dois prendre les vêtements de mon père", raconte-t-il par écrit. Résultat : le jeune homme est confiné avec son père, sa belle-mère et ses demi-frères et sœurs, âgés de 2, 13 et 17 ans. 

 

 

 

"La gestion du réfrigérateur", "insoutenable"

"Les petits font trop de bruit et c'est vraiment fatigant", assure-t-il. Sa petite amie est restée dans son appartement, à 200 km de Rouen. Difficile d'avoir une vie de couple dans ces conditions : "Je la vois par webcam ou par message, mais je ne peux pas avoir de moments intimes avec elle". La cohabitation est également très compliquée avec l'épouse de son père : "Je ne supporte plus ma belle-mère et c'est réciproque". "Mon père et elle ne font que se disputer d'ailleurs, car les tensions montent", ajoute Hugo. Au quotidien, "la gestion du réfrigérateur" est devenue "insoutenable""Il n'y a pas assez de place pour faire les courses une fois par semaine. Je ne peux pas m'acheter des choses juste pour moi sans que les enfants ne fouillent". 

 

 

Pour tenter d'apaiser les choses, la petite famille a mis au point des stratégies : l'alternance des tâches ménagères mais aussi des moments de détente. "On essaie d'avoir quelques activités communes pour favoriser la bonne entente, des films à regarder ou des jeux de société". Mais pas sûr que cela suffise. Hugo fait part "d'un sentiment très paradoxal", entre envie de craquer et volonté de tenir sur la durée. 

 

Parfois je me dis que ce sera insoutenable et que je suis au bord de craquer psychologiquement ; parfois, je me sens d'attaque pour continuer.Hugo, confiné à Rouen avec sa famille à franceinfo

 

 

Alors, Hugo pense lui aussi "parfois à partir sans autorisation pour rentrer" chez lui. Une fuite qui, si elle se concrétisait, pourrait être verbalisée d'une amende de 135 euros. 

 

 

 

L'autorisation de la police pour partir

D'autres y sont parvenus, mais avec l'autorisation de la police. Loïc, 25 ans, ne supportait plus sa colocataire, pourtant une amie, avec qui il habitait depuis janvier à Toulouse. Cet administrateur de système de satellites n'arrivait tout simplement pas à télétravailler. 

 

 

Ma colocataire empiétait sur mon espace de vie, elle faisait du bruit, c'était infernal. Loic, confiné avec sa colocataire à franceinfo

 

 

Loïc raconte encore les aboiements incessants du chien, ou encore la fois où des amis de sa colocataire ont débarqué, en plein confinement. A bout de nerfs, le jeune homme contacte la police pour savoir s'il est autorisé à rentrer chez ses parents. Les forces de l'ordre lui donnent l'autorisation et le voilà, le 27 mars, de retour au domicile familial. Pas l'idéal à 25 ans, mais beaucoup mieux que la situation antérieure. Loïc n'en a pour autant pas terminé avec cette ancienne amie, puisque ses affaires sont restées dans l'appartement. Il ne sait pas encore quand il pourra les récupérer. Une chose est sûre, à la fin du confinement, il cherchera un appartement rien que pour lui. 

 

 

 

A quelques heures près...

Louisette, elle, est dans l'incertitude la plus totale. Cette mère de famille d'Eure-et-Loir n'a vraiment pas eu de chance. Le 17 mars, elle doit voir son notaire pour signer avec son "futur ex-mari" l'acte de divorce. L'heure du rendez-vous a son importance : 14h30. A midi, la France se retrouve confinée. Le notaire l'appelle pour lui signifier qu'il ne reçoit plus personne et que la signature de l'acte se fera "plus tard". "C'est la grosse déception", soupire Louisette. Son ex-conjoint, qui devait quitter le logement familial après le divorce, est contraint de rester sur place.

 

 

La cohabitation est très difficile, c'est 'bonjour', 'au revoir'.Louisette, confinée avec son "futur ex-conjoint" à franceinfo

 

 

Concrètement, son ex-mari occupe le premier étage et Louisette est au rez-de-chaussée. Au milieu : leurs deux enfants, de 17 et 10 ans. Au bout du fil, on comprend surtout que c'est Louisette qui s'occupe de faire tourner la maison. Alors qu'elle est en télétravail, c'est elle qui se charge des courses, de la cuisine mais aussi des devoirs de la petite. Heureusement, Louisette parvient à trouver quelques respirations grâce à des appels vidéos avec sa famille ou ses amis mais aussi au jardinage. Les vacances de Pâques vont la soulager de son rôle d'enseignante à domicile. Cette dernière prévoit également de faire plusieurs travaux chez elle, avec du matériel acheté avant le confinement. Elle attend avec impatience la fin de cette période compliquée. En attendant, elle a tenté de rappeler son notaire. Sans succès. "Pas de réponse", souffle-t-elle. 

 

 

 

 


10/04/2020
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De ma boîte mail

 

 

 

   On va en sortir avec les cheveux plus longs et plus blancs
> Avec les mains et les maisons propres
> Et des vieux vêtements
>
> Avec la peur et l'envie d'être dehors
> Avec la peur et l'envie de rencontrer quelqu'un
>
> On va en sortir avec les poches vides, Et les garde-manger pleins
>
> Nous saurons faire du pain et de la pizza Et ne pas gaspiller la
> nourriture qui reste.
>
> Nous nous souviendrons :
> ** Qu'un médecin ou un infirmier  devrait être applaudi
> Plus qu'un footballeur ️,
>
> ** Et que le travail d'un bon professeur Ne peut être remplacé
> par un écran
>
> ** Que de coudre des masques , à certains moments c'est plus
> important que de faire de la haute couture .
>
> ** Que la technologie est très importante, voir vitale, quand elle est
> bien utilisée, mais elle peut être néfaste si quelqu'un veut
> l'utiliser à ses propres fins
>
> ** Et qu'il n'est pas toujours indispensable de monter dans la voiture
> et de fuir qui sait où
>
> On en sortira plus seuls, mais avec l'envie d'être ensemble
>
> Et nous comprendrons que la vie est belle parce qu'on vit
>
> Nous ne sommes que des gouttes d'une seule mer .
> Et ce n'est qu'ensemble, qu'on se sortira de certaines situations.
>
> Que parfois le bien ou le mal t'arrive de qui tu t'y attends le moins
>
> Et on se regardera dans le miroir
> Et on décidera que peut-être les cheveux blancs ne sont pas si mal
>
> Et que la vie en famille, nous aimons ça
>
> et pétrir du pain pour eux 
> nous fait sentir importants
>
> Nous apprendrons à écouter nos respirations, les coups de toux, et à
> nous regarder dans les yeux , pour protéger ceux que nous aimons
>
> Nous apprendrons à respecter certaines règles de base de cohabitation.
> Peut-être que c'est le cas,
> Ou pas.
>
> Mais ce matin, en un jour de printemps  avec le soleil qui brille
>
> (ou le sol tout blanc ️)
> je veux espérer que tout soit possible et que l'on puisse changer en
> mieux
> Arrêtons de râler et aimons nous

 


10/04/2020
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jeudi 2 avril 2020

 

 

 

Un message reçu sur ma boîte mail, tout à fait dans l'air du temps... On commence à entendre parler de déconfination, il faut mettre en place l'après épidémie.

 

 

Quelque chose d'invisible est arrivé et a tout remis en place...

 


Soudain, le prix des combustibles a baissé, la pollution a diminué, les gens ont du temps, tellement de temps qu'ils ne savent même pas quoi en faire

 

 

Les parents sont avec leurs enfants, en famille, le travail a cessé d'être prioritaire, les voyages et les loisirs aussi.

 

 

Nous comprenons la valeur du mot solidarité.

 

 

Nous réalisons que nous sommes tous dans le même bateau, riches ou pauvres, que les étagères du supermarché sont vides pour tout le monde.

 

 

Les hôpitaux sont pleins, et l'argent des assurances ou nos propres moyens n'ont aucune importance parce que les hôpitaux privés ont été les premiers fermés.

 

Toutes les voitures sont également arrêtées, voiture de luxe ou vielle voiture, tout ça simplement parce que personne ne peut sortir.

 

 

Une demi-douzaine de jours pour que l'univers établisse l'égalité sociale qu'on prétendait être impossible à rétablir.

 

La peur a envahi tout le monde, mais la prise de conscience de notre vulnérabilité et de ce qui compte vraiment aussi...

 

Nous somme tous dans le même bateau, serrons nous les coudes  

 

 

La vie est ironique : il faut de la tristesse pour connaître le bonheur, un bruit pour apprécier le silence et une absence pour profiter d'une présence. 

 

Malgré cette période difficile, ne baissez pas les bras. 

 

 

Il ne faut pas avoir peur des vagues qui agitent votre vie, c'est ça la vie

 


02/04/2020
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Franceinfo - le samedi 28 décembre 2019

 

 

"OK, boomer", une expression devenue le symbole d'un malaise entre les générations

 

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Noémie LeclercqfranceinfoFrance Télévisions

 

 

 

Cette locution apparue sur les réseaux sociaux s'invite dans le débat public en cette fin d'année. Simple phénomène ou reflet d'une fracture générationnelle ? Franceinfo s'est penché sur la question

 

 

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Une affiche de la CGT lors des manifestations parisiennes du 17 décembre 2019 contre la réforme des retraites. (ESTELLE RUIZ / NURPHOTO / AFP)

 

 

 

Peut-être l'avez-vous lancée à votre oncle le soir de Noël lors d'une conversation sur les retraites. Ou l'avez-vous entendue, pas plus tard qu'hier, dans la bouche de votre fille que vous veniez de critiquer pour son "temps passé sur les écrans". En cette fin d'année, difficile d'avoir raté l'expression "OK, boomer", de plus en plus utilisée.

 

 

Si l'origine exacte de cette pique ironique qui s'adresse à la "génération dorée" née entre 1945 et 1965 reste floue – le site spécialisé Know Your Meme, qui recense la genèse et la mort des phénomènes sur internet, indique que sa première occurrence remonte à 2015 – tout semble avoir commencé mi-octobre, sur TikTok (vous savez, ce réseau social qui permet de mettre en ligne des vidéos et que les jeunes adorent). 

 

 

 

D'internet à la sphère politique

Le déclencheur ? La diatribe d'un homme d'une soixantaine d'années, en train de critiquer les jeunes générations. Cheveux blancs et casquette sur la tête, l'homme explique à la caméra que les "millenials" (nés entre 1981 et 1995) et la "gen Z" (après 1996) souffrent "du syndrome de Peter Pan : ils refusent de grandir". Il poursuit en affirmant que leurs combats – notamment en matière d'écologie – seraient vains et bercés d'idéaux. La vidéo a été diffusé sur TikTok et un jeune, en train de l'écouter, lui a asséné un cinglant "OK, boomer", que l'on pourrait traduire par "c'est cela, le vieux". Il n'en fallait pas plus pour que la machine internet s'emballe. 

 

 

 

 

 

Le 29 octobre, le New York Times consacre un article (en anglais) à cette expression qui, selon le quotidien américain, "marque la fin des relations amicales entre générations". Quelques jours plus tard, au Parlement néo-zélandais, la députée écologiste Chlöe Swarbrick oppose un "OK, boomer" à un collègue masculin plus âgé qui venait de l'interrompre pendant son discours sur l'écologie.

 

 

Depuis, la phrase est devenue un mème, utilisée à outrance et détournée de sa vocation première. Elle a même été reprise dans les manifestations contre la réforme des retraites, comme sur cette affiche, éditée par la CGT, sermonnant l'ancien haut-commissaire aux retraites, Jean-Paul Delevoye.

 

 

 

Une affiche de la CGT lors de la manifestation du 5 décembre 2019, à Paris, contre le projet de réforme des retraites. 

Une affiche de la CGT lors de la manifestation du 5 décembre 2019, à Paris, contre le projet de réforme des retraites.  (EDOUARD RICHARD / HANS LUCAS / AFP)


 

Un "mépris" envers les aînés, pour certains

Mais certains n'apprécient pas franchement l'expression. Ils y voient une "discrimination antivieux", un "mépris" ou encore une "condescendance" de la jeune génération à l'égard de leurs aînésPour les essayistes Brice Couturier et Bertrand Vergely, nés en plein baby-boom, cette expression reflète l'âgisme ambiant. Ils le comparent même au sexisme et au racisme dans les colonnes d'Atlantico.

 

 

Selon eux, l'expression "OK, boomer" vise "à mettre l'écologisme radical à l'abri de toute contestation" et fait état d'une "volonté d'interdire de parole ceux qui ne pensent pas 'correctement'". Les deux chroniqueurs y voient ainsi un comportement typique de la "snowflakes generation" – dont l'existence fait débat – qui désigne des jeunes gens "surprotégés" par leurs parents, fermés au dialogue et ne voulant évoluer que dans des "safe spaces", c'est-à-dire des lieux ou des groupes au sein desquels chacun est certain de ne pas être confronté à des idées contraires aux siennes.

 

 

Plus modérée, Audrey Dufeu Schubert, députée LREM de Loire-Atlantique et auteure d'un rapport sur l'âgisme remis au Premier ministre début décembre, fait état d'un "fossé générationnel" se creusant petit à petit. Si elle y voit surtout un phénomène internet, l'expression "OK, boomer" symbolise à ses yeux une "génération qui responsabilise et qui cherche à faire culpabiliser les plus anciens, notamment sur l'environnement".

 

 

 

Une génération "sacrifiée"

Mais les adeptes du "OK, boomer" le martèlent : il ne s'agit pas d'être "antivieux", mais de s'adresser aux "boomers", une génération, aujourd'hui âgée de 55 à 75 ans, dont la parole domine, en politique et dans les médias. En somme, le sentiment évoqué par l'expression ne viserait pas tant l'âge, mais la place de ces "boomers" dans l'histoire sociale. 

 

 

 

Pierre Monégier@PierreMonegier
 

On va le répéter : n'est pas anti-vieux (+70 ans t'es pas boomer). Les Boomers c'est la seule génération qui a eu plus que les précédentes ET les suivantes, et qu'on voit et entend partout. Cool pour eux - mais chut sur l'avenir. Ok Boomer ? ? http://www.leparisien.fr/societe/ok-boomer-quand-les-jeunes-font-de-la-discrimination-anti-vieux-12-12-2019-8215626.php?utm_campaign=twitter_partage&utm_medium=social 

 

 

 
 

«Ok boomer» : quand les jeunes font de la discrimination anti-vieux

La députée Audrey Dufeu Schubert (LREM) veut lutter contre « l’âgisme » dans un rapport remis aujourd’hui. Une discrimination qui se manifes

leparisien.fr
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Dans son livre Génération sans pareille, l'historien Jean-François Sirinelli définit cette génération par "les 4 P" : paix, prospérité, plein-emploi, progrès. Nés entre la fin de la guerre et le milieu des années 60, ces baby-boomers ont bénéficié d'un environnement très favorable et des combats de leurs parents soixante-huitards.

 

 

"La conscience est assez forte chez la jeunesse actuelle qu'ils sont une 'génération sacrifiée'", notamment sur le plan politique, décrit Camille Peugny, professeur de sociologie à l'université de Versailles-Saint-Quentin. "Ils savent que la génération post-68 a joui d'une existence plus facile qu'eux." En l'occurrence d'un monde pacifié, d'une croissance exponentielle et d'un chômage très bas : "L'accès à la propriété privée était bien plus aisé, les carrières progressaient naturellement...", énumère le sociologue.

 

 

A l'inverse, près de 60 ans plus tard, les conflits se multiplient dans le monde, la menace d'une récession plane, la planète souffre de plus en plus et le taux de chômage chez les 15-24 ans frôle les 20% alors que les jeunes sont davantage diplômés dans le supérieur. "Si l'on compare ces générations, il est certain qu'il y a beaucoup d'inégalités, de déclassement pour les jeunes d'aujourd'hui, constate Camille Peugny. Les baby-boomers ont eu, globalement, une vie bien plus facile. Certes, les conflits entre générations ont toujours existé. Mais si, avant, ils se manifestaient surtout sur le plan des valeurs sociétales, désormais, le contexte socio-économique les a exacerbés."

 

 

La députée de Loire-Atlantique Audrey Dufeu Schubert en atteste : sur le terrain, lors de ses permanences, elle rencontre régulièrement "des jeunes et des moins jeunes" qui "s'accusent les uns les autres" de leurs problèmes économiques. "Ça a été particulièrement tendu au moment de la crise des 'gilets jaunes' : il y en avait de toutes générations confondues, mais leurs revendications étaient très différentes." Reste que, selon elle, les personnes de plus de 60 ans font également face à de nombreuses difficultés : "Après un certain âge, beaucoup de choses deviennent plus compliquées, comme louer une voiture, faire un crédit à la consommation... Il ne faut donc pas stigmatiser une tranche d'âge. Chaque période de la vie amène certains avantages et certains inconvénients." 

 

 

 

Un slogan revendicatif

Si l'expression "OK, boomer" s'appuie sur le ressenti d'un fossé générationnel ambiant, le sociologue Camille Peugny nuance en insistant sur le fait que l'on retrouve une solidarité très forte entre les générations au sein de la sphère familiale, et plus globalement au niveau microsociologique. "Ce que l'on remarque en sociologie, c'est qu'il n'y a pas tant un conflit de valeurs qu'une demande des jeunes d'avoir les mêmes chances dans la vie que leurs aînés", explique-t-il.

 

 

C'est surtout une génération qui peine à se faire entendre par la classe politique, alors qu'elle est l'avenir. Camille Peugny, sociologue à franceinfo

 

 

Ce phénomène a d'ailleurs pu être observé à travers les réactions suscitées par le militantisme écologique de Greta Thunberg : en dépit de l'inaction des gouvernements contre le réchauffement climatique, attestée par les scientifiques et les ONG, d'aucuns blâment l'activiste d'être trop jeune et la somme même de "retourner à l'école". Or, pour le chercheur, c'est justement la massification de l'éducation secondaire qui rend les jeunes générations plus informées, et donc moins passives. L'expression "OK, boomer" s'apparenterait ainsi à un slogan à travers lequel les plus jeunes revendiquent leur place dans le débat public.

 

 

Récemment, cette impression de ne pas être écouté s'est cristallisée autour du projet de réforme des retraites. Selon un sondage Elable, 65% des retraités et 67% des personnes âgées de 65 ans et plus y sont favorables, alors que la réforme ne les concernera pas. A l'inverse, les autres tranches d'âge y sont opposées. La génération née en 2004 sera la première à basculer en 2022 dans le nouveau système de cotisation. Interrogée par franceinfo, Tatiana, lycéenne née cette année-là, regrette de ne pas être prise en considération par les politiques : "Edouard Philippe, il a parlé des 2004 et en fait, j'ai l'impression [qu'on ne parle de la réforme] qu'aux adultes ou aux personnes qui travaillent déjà, alors que ça va nous concerner nous." 

 

 

L'expression "OK, boomer" est-elle, dès lors, le signe d'un divorce irréconciliable entre jeunes et moins jeunes, dans un contexte socio-économique compliqué ? Sans doute, mais rien de nouveau, nuance Camille Peugny. "Le conflit intergénérationnel, c'est quelque chose qui a toujours existé. Il est d'ailleurs nécessaire à la société", détaille le sociologue, en expliquant que le renouvellement générationnel est à la base du mouvement social en général, au même titre que la lutte des classes. "C'est pour ça qu'il faut prendre au sérieux les revendications des jeunes. Si ça n'avait pas été le cas en 1968, on serait bien moins lotis", note-t-il. En effet, les contestations de Mai 68 ont notamment apporté une augmentation du salaire minimum, une hausse générale des salaires et la quatrième semaine de congés payés. Pour tout le monde. Et déjà à cette époque, cela n'empêchait pas les jeunes de défier leurs aînés avec une autre célèbre question : "D'où parles-tu, camarade ?" 

 


28/12/2019
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Franceinfo - le 9 janvier 2018 - mis à jour le vendredi 1er novembre 2019

 

 

Facebook, Twitter, Google… Comment préparer votre testament numérique

 

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Vincent MatalonFrance Télévisions
 

 

 

Que deviendront vos comptes sur les principaux réseaux sociaux et plateformes d'e-mails  après votre passage dans l'au-delà ? Franceinfo s'est penché sur la question

 

 

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Google propose à ses utilisateurs un "gestionnaire de compte inactif", qui permet de décider de supprimer ou de transmettre ses données à un proche après son décès. (BLANCHI COSTELA / MOMENT RF / GETTY IMAGES)

 

 

 

Que va-t-il advenir de votre compte Facebook après votre mort ? Et de votre vieille adresse Hotmail, que vous utilisiez pour vous connecter sur MSN Messenger au début des années 2000 ? Si vous ne vous êtes pas encore posé cette question, la plupart des services en ligne ont, ces dernières années, planché sur le sujet. Avec plus ou moins de réussite. A l'occasion de la Toussaint, vendredi 1er novembre, et afin de vous aider à réaliser votre "testament numérique" et à maîtriser autant que possible vos traces sur le web après votre passage dans l'au-delà, franceinfo a fait le tour des réseaux sociaux et plateformes de courrier électronique les plus populaires.

 

 

 

Facebook

En raison de son extrême popularité, Facebook a été l'un des premiers services à s'adapter à la mort de ses utilisateurs. Le réseau social a ainsi mis en place en octobre 2009 une fonctionnalité permettant de transformer un profil en "compte de commémoration", ce qui en limite les fonctionnalités et évite les situations embarrassantes, comme les rappels de l'anniversaire du défunt.

 

 

Il est également possible de faire supprimer entièrement son compte après son décès. Dans les deux cas, il est nécessaire que vos proches signalent votre mort à Facebook sur une page prévue à cet effet, mais vous pouvez signifier de votre vivant vos volontés à Facebook.

 

 

• Si vous souhaitez que votre compte soit supprimé :

 

Rendez-vous dans les paramètres de votre compte. Depuis un ordinateur, il faut cliquer sur la petite flèche pointant vers le bas située en haut à droite de n'importe quelle page Facebook.

 

 

 

 

 

 

Cliquez ensuite sur "Général" dans le menu de gauche, puis sur "Paramètres de transformation en compte de commémoration". Il ne vous reste plus qu'à cliquer sur "Demander à ce que votre compte soit supprimé après votre décès" et à valider votre choix.

 

 

 

 

 

L'opération peut aussi s'effectuer depuis l'application mobile de Facebook. Ouvrez le menu à l'aide de l'icône située dans le coin supérieur droit de l'application, et faites-le défiler jusqu'aux paramètres.

 

 

 

 

 


Faites ensuite défiler le menu jusqu'à la rubrique "Vos informations Facebook", Cliquez ensuite sur "Propriété et contrôle du compte", sur "Paramètres de transformation en compte de commémoration", et enfin sur "Supprimer le compte après décès". Le tour est joué !

 



• Si vous souhaitez que votre profil reste en ligne :

 

Dans ce cas, votre profil sera transformé en "compte de commémoration", ce qui change quelques petites choses. L'expression "En souvenir de" sera par exemple ajoutée au-dessus de votre nom, et plus personne ne pourra se connecter sur votre compte, même si vous avez communiqué votre mot de passe à un proche. Il n'apparaîtra plus dans les suggestions de Facebook, qu'il s'agisse des "Vous connaissez peut-être", des anniversaires ou des publicités qui indiquent à vos amis que vous "aimez" telle ou telle page.

 

 

Gardez tout de même à l'esprit que si vous avez paramétré votre compte de manière à ce que vos amis puissent laisser un message sur votre mur, ils pourront continuer à le faire sur votre compte de commémoration, et vous rendre hommage (ou pas). Tout ce que vous avez déjà posté sur Facebook restera par ailleurs accessible selon les paramètres de confidentialité définis de votre vivant : si l'album photo de vos vacances en Espagne était visible par tous, y compris par ceux qui ne font pas partie de vos amis, il le restera après votre mort.

 

 

Dans le cas où cette option vous intéresse, il est possible de désigner parmi vos proches un légataire, qui sera en quelque sorte l'administrateur de votre compte après votre mort. Il pourra changer votre photo de profil ou de couverture, rédiger une publication à épingler sur votre mur si celui-ci est ouvert, ou encore accepter ou refuser des demandes d'amis après votre mort, ce qui est assez étrange. Il ne pourra toutefois pas ajouter de nouveaux contacts, supprimer les anciens, effacer ou modifier vos contenus ni consulter vos messages.

 

 

Pour effectuer cette démarche, répétez l'opération décrite plus haut, et plutôt que de cliquer sur "Suppression de compte", cliquez sur "Choisir un contact légataire". Sachez que toutes ces opérations ne sont pas définitives, et que vous pourrez revenir sur votre décision.

 

 

 

 

 

Google

Google est aussi un bon élève dans ce domaine. Le géant de Mountain View a mis en ligne en avril 2013 un "gestionnaire de compte inactif" qui permet de décider de supprimer ou de transmettre ses données à un proche, service par service, si vous n'utilisez pas votre compte pendant un certain temps. Cela peut concerner vos e-mails (Gmail), les photographies prises avec votre téléphone si elles sont synchronisées avec Google Photos, les documents stockés sur Google Drive, ou encore votre compte YouTube.

 

 

Pour paramétrer le devenir de votre compte Google, direction cette page. Cliquez sur "Démarrer". Vous devez ensuite définir le délai sans connexion à partir duquel Google considérera que votre compte est devenu inactif : 3, 6, 12 ou 18 mois. Pas de panique : si vous décidiez par hasard d'abandonner Google à un moment de votre vie, sans trépasser pour autant, l'entreprise vous enverra plusieurs e-mails et SMS quelques semaines avant la date fatidique.

 

 

 

 

 

 

Vous pouvez ensuite sélectionner jusqu'à 10 proches qui seront prévenus par Google lorsque votre compte sera devenu inactif, et à qui vous pouvez accorder un accès temporaire à certaines de vos données. Pour éviter les détournements par des personnes mal intentionnées, ces proches ne pourront y accéder qu'après avoir prouvé leur identité à l'aide d'un code reçu par SMS.

 

 

Il est également possible de rédiger par avance un message qui sera envoyé automatiquement aux personnes qui cherchent à vous contacter une fois votre compte désactivé.

 

 

 

 

 

 

Il ne reste ensuite plus qu'à choisir si Google devra ou non supprimer entièrement votre compte et ses données quelques mois après le début de son inactivité, et à valider le tout.

 

 

 

 

 

 

Yahoo!

Autre poids lourd de l'e-mail, Yahoo! est objectivement moins prévoyant que Google lorsqu'il s'agit de préparer son testament numérique. La seule possibilité offerte est de clore entièrement votre compte après votre mort. Et la manière de procéder n'est pas franchement à la pointe de la technologie, puisque cette démarche ne peut s'effectuer que par courrier.

 

 

Un de vos proches devra ainsi rédiger une demande de clôture formelle en précisant votre adresse e-mail, y joindre un document attestant qu'il est légalement en mesure d'effectuer cette requête (par exemple une lettre le désignant comme votre exécuteur testamentaire), ainsi qu'une photocopie de votre acte de décès. Le tout devra être envoyé aux Etats-Unis (donc en anglais) à l'adresse suivante :

 


Concierge Executive Escalations
Yahoo Inc.
5250 NE Elam Young Parkway
Hillsboro, OR 97124
United States of America

 

 

 

Hotmail

Concernant Microsoft, qui gère les adresses Hotmail, Live, MSN ou encore Outlook, l'affaire est encore plus compliquée. Non seulement aucun dispositif ne permet d'anticiper sa disparition, mais le site officiel de l'entreprise ne propose pas de page d'aide expliquant la procédure à suivre en cas de décès d'un proche.

 

 

Dans un article publié à l'été 2013 (en anglais), le magazine Time faisait état d'une procédure appelée "Next of kin process" ("procédure pour parent proche"). Celle-ci permet de réclamer à Microsoft non seulement la suppression d'une adresse e-mail d'un proche disparu, mais également un DVD contenant les données associées au compte "incluant tous les e-mails et leurs pièces jointes, le carnet d'adresses, ainsi que la liste de contacts" du défunt. Contacté par franceinfo début janvier, le service client de Microsoft a confirmé que cette procédure était toujours d'actualité, mais que son application relevait du cas par cas, sans davantage de précisions.

 

 

La suite est assez sportive. Votre proche devra effectuer sa demande en anglais par mail à l'adresse msrecord@microsoft.com, en y joignant une preuve de décès, un certificat prouvant qu'il est légitime pour réclamer la fermeture de votre compte, ainsi qu'une photo d'identité. Il devra également être en mesure de répondre à tout un tas de questions concernant votre compte Hotmail : adresse e-mail, nom, prénom et date de naissance utilisés lors de la création du compte, date approximative de création du compte, ou encore date approximative de la dernière connexion à votre compte. Ces informations peuvent également être communiquées par courrier à l'adresse :

 


Next of Kin
One Microsoft Way
Redmond, WA 98052
United States of America

 

 

Vous l'aurez compris : sauf à avoir minutieusement transmis toutes les informations nécessaires à l'un de vos proches, le plus simple reste de clôturer de votre vivant votre compte Microsoft lorsque la fin approchera. Heureusement, la procédure est cette fois beaucoup plus simple, et parfaitement détaillée sur le site de l'entreprise.

 

 

 

Twitter

A la différence de Facebook, Twitter n'a pas (encore ?) mis en place de profil de commémoration. A moins de communiquer à vos proches votre nom de compte et votre mot de passe, ceux-ci ne pourront ainsi que réclamer la désactivation de votre profil.

 

 

La procédure à suivre est assez simple, et peut s'effectuer en français depuis la rubrique d'aide de Twitter. Vos proches devront cliquer sur "Je souhaite demander la désactivation du compte d'un utilisateur décédé ou frappé d'incapacité", préciser le nom de votre compte, vos nom et prénom réels, ainsi que les liens qui vous unissaient.

 

 

"Une fois la demande reçue, nous vous enverrons par e-mail des instructions à suivre pour nous fournir plus de détails sur la personne décédée, ainsi qu'une copie de votre carte d'identité et une copie du certificat de décès de la personne concernée", écrit le réseau social dans son centre d'assistance. Twitter précise également que ces documents seront supprimés après vérifications.

 

 

 

Snapchat

Est-ce parce qu'il est très populaire chez les moins de 30 ans ? Les mots "mort" ou "décès" n'apparaissent en tout cas nulle part dans les rubriques d'aide du site de Snapchat.

 

 

Contacté par franceinfo, le réseau social de partage de photos et de vidéos à durée de vie limitée indique "être en capacité" de supprimer le compte d'un utilisateur mort. Si vous souhaitez que vos proches effectuent cette démarche après votre passage dans l'au-delà, ils devront rédiger une requête en se rendant sur cette page, puis en cliquant sur "Je souhaite partager des commentaires" et "Autres".

 

 

Les équipes de Snapchat prendront ensuite contact avec eux pour effectuer des vérifications avant de procéder à la désactivation de votre compte. Attention tout de même, le site n'accepte pour l'heure que les requêtes envoyées en anglais.

 

 

 

Instagram

Instagram a été racheté par Facebook en avril 2012 contre un milliard d'euros. Cela se ressent dans la manière dont le plus célèbre réseau de partage de photos gère la question de la mort de ses utilisateurs : comme Facebook, Instagram propose aux proches d'un défunt de choisir entre supprimer son profil et le transformer en "compte de commémoration".

 

 

• Si vous souhaitez que votre compte soit supprimé :

 

Dans ce premier cas, vos proches n'auront qu'à remplir un formulaire simple et en français. Afin de vérifier que la personne effectuant la demande est un membre de votre entourage, Instagram réclame en outre "un certificat de décès, le certificat de naissance du défunt ou une preuve de [son] autorité".

 

 

• Si vous souhaitez que votre profil reste en ligne :

 

Dans ce cas, le compte en question restera figé, n'apparaîtra plus dans les espaces publics de la plateforme comme la section "explorer" (qui suggère des personnalités auxquelles s'abonner) et il sera impossible de s'y connecter, même en possédant le mot de passe. Là aussi, vos proches n'auront qu'à remplir un formulaire pour effectuer cette demande, avec une preuve de votre décès.

 

 

 

LinkedIn

"Il arrive malheureusement parfois que vous trouviez le profil d'un collègue, d'un camarade de classe ou d'un être cher qui est décédé. Si cela se produit, nous pouvons fermer le compte de cette personne et supprimer son profil pour vous", écrit dans sa section d'aide le réseau social professionnel, qui revendiquait un demi-milliard de membres en avril 2017.

 

 

Comme Instagram ou Twitter, LinkedIn propose ainsi un formulaire (disponible seulement en anglais) permettant de demander le retrait d'un profil, mais ne réserve pas cette possibilité aux seuls proches du défunt. Votre "famille éloignée" ou vos anciens camarades de classe pourront ainsi réaliser cette démarche après votre mort.

 

 

La personne effectuant la demande devra fournir votre nom, préciser sa relation avec vous, la date de votre mort, ainsi qu'un lien ou un document prouvant votre décès.

 


05/11/2019
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Franceinfo - le jeudi 31 octobre 2019

 

 

"Quand un élève se fait frapper, le quartier veut se venger" : en Seine-Saint-Denis, les rixes entre jeunes continuent après la mort de plusieurs adolescents

 

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Justine Leclercq, édité par Bastien MunchfranceinfoRadio France

 

 

Le Premier ministre, Edouard Philippe, annonce des mesures jeudi pour améliorer l'éducation et la sécurité en Seine-Saint-Denis

 

 

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Une marche blanche en hommage à Kewi, poignardé à mort aux Lilas, le 13 octobre 2019. (DELPHINE GOLDSZTEJN / MAXPPP)

 

 

 

"Quand un élève se fait frapper, le quartier veut se venger, et ils peuvent se venger sur n'importe qui. Même sur ceux qui n'ont rien fait et qui n'ont rien à voir dans l'histoire", témoigne un collégien, dans l’un des stades de football du Pré-Saint-Gervais, d'où était originaire un adolescent poignardé à mort le 4 octobre.

 

 

Le Premier ministre se rend dans ce département de Seine-Saint-Denis jeudi 31 octobre pour dévoiler des mesures sur l’éducation et la sécurité dans le département. Les élus attendent ces moyens avec impatience, alors qu'ils sont confrontés à des phénomènes complexes de violences, notamment entre adolescents de différentes communes. Des violences qui peuvent tourner au drame, comme début octobre, devant un collège aux Lilas, où Kewi, un adolescent de 15 ans, a été poignardé à mort.

 

 

Quand on est dans un lycée, on est mélangés avec des jeunes de tous les quartiers, et il y a des tensions.Un collégien du Pré-Saint-Gervais à franceinfo

 

 

D'ailleurs les collégiens rencontrés par franceinfo sont un peu désabusés par les rixes de quartiers. "C'est normal, il y a des tensions entre les villes et il y aura tout le temps ça, ça ne va pas changer", déplore un autre jeune. "Quand on est ici, ça ne nous inquiète pas", continue son camarade. "Mais quand on va dans une ville où il y a plus d'embrouilles, ça peut nous inquiéter."

 

 

 

"On a besoin de plus de services publics"

Le lycée des Lilas regroupe des adolescents de quatre communes différentes et cristallise ainsi les tensions. Mais les affrontements entre adolescents de Seine-Saint-Denis ne sont pas récents, selon Erwann Guermer, secrétaire départemental du syndicat Unité SGP Police. "Il n'y a rien de plus que ces 15 ou 20 dernières années. Les phénomènes violents dans le 93 existent depuis longtemps. Ils sont peut-être un peu plus visibles ces derniers temps avec l'explosion des réseaux sociaux, la transmission de l'image se fait beaucoup plus rapidement. Je n'ai pas l'impression que l'âge de ces jeunes impliqués dans des rixes ait baissé", indique-t-il.

 

 

On doit retrouver, sur ce département, une certaine tranquillité.Laurent Baron, maire du Pré-Saint-Gervais à franceinfo

 

 

En un an, trois adolescents de 13, 15 et 20 ans ont été tués en Seine-Saint-Denis à cause de rivalités de quartiers, sans vraiment d'explications. Pour le maire socialiste du Pré-Saint-Gervais, Laurent Baron, l’État doit aider les communes pour arrêter ces violences. "Il y a un rapport qui est sorti et qui dit que sur le département de la Seine-Saint-Denis, on est en manque de moyens de justice, de police et d'éducation. Je pense qu'on a besoin de plus de services publics. La tranquillité publique, la sécurité, c'est une compétence d'Etat et je pense qu'on doit retrouver, sur ce département, une certaine tranquillité."

 

 

Des adolescents, postés au pied de leur immeuble, attendent eux aussi des solutions. "Il faudrait plus de policiers, ils devraient renforcer les sorties des lycées", indique l'un d'eux. "Il y a beaucoup de petits qui ne veulent pas sortir parce qu'ils ont peur de se faire taper." Citoyens, élus, enseignants et associations de Seine-Saint-Denis attendent donc plus de moyens pour lutter contre la violence.


31/10/2019
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Franceinfo - le jeudi 10 octobre 2019

 

 

Comment Turcs et Kurdes utilisent les réseaux sociaux pour défendre leur opinion sur l'offensive en Syrie

 

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franceinfoThomas PontillonRadio France

 

 

La Turquie a lancé une offensive dans le Nord de la Syrie pour combattre les milices kurdes. Depuis, la situation est largement commentée voire manipulée sur les réseaux sociaux

 

 

 

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Des hommes et des femmes fuient les combats dans le Nord de la Syrie, le 9 octobre 2019. (DELIL SOULEIMAN / AFP)

 

 

 

Alors que la Turquie a lancé son offensive en Syrie contre les forces kurdes, une autre bataille a lieu sur les réseaux sociaux. Les deux camps multiplient les messages, photos et vidéos à l'appui, pour commenter la situation. Une rhétorique qui s'approche de la propagande. 

 

 

 

Avec des hashtags spécifiques 

Depuis le début de l'offensive, deux tendances se dégagent sur Twitter. D'un côté les pro Kurdes qui utilisent le hashtag "#TrumpBetrayedTheKurds", c'est-à-dire "Trump a trahi les Kurdes". Ce type de messages a touché plus de 270 000 personnes selon les statistiques du site Union Metrics, qui calcule l'audience des hashtags sur internet. 

 

 

De l'autre côté, les Turcs choisissent plutôt le mot-dièse #TurkeyJustKilledTerrorists", soit en français "la Turquie tue juste les terroristes". Un hashtag lu par environ 180 000 personnes à travers le monde, toujours selon le site union metric. Ces dernières heures, des centaines de milliers de tweets ont été diffusés avec ces deux hashtags. Ils ont été envoyés principalement depuis les États-Unis et la Turquie.

 

 

 

En diffusant des photos et des vidéos invérifiables ou fausses 

Comme à chaque conflit armé, les deux camps rajoutent l'horreur à leurs messages en multipliant les photos et les vidéos où figurent souvent des blessés ou des enfants. 

 

 

Du côté kurde, une photo d'un enfant revient souvent sur Twitter. Il est face contre terre, visiblement mort. Cette photo, sans contexte, est impossible à vérifier. En revanche, d'autres images tournent sur les réseaux sociaux et s'avèrent fausses. Par exemple, sur une vidéo, une rue soufflée par une explosion. À terre, des victimes hurlent et pleurent. La vidéo est accompagnée d'un commentaire pour dénoncer les "bombardements aveugles" de la Turquie. Sauf que cette vidéo n'a pas été tournée en Syrie récemment. Elle date d'avril 2017 lors d'un attentat du groupe État Islamique en Égypte.

 

 

 

Un tweet daté du 10 octobre 2019, qui monte en réalité l\'attentat du groupe Etat Islamique en Egypte en avril 2017.  

Un tweet daté du 10 octobre 2019, qui monte en réalité l'attentat du groupe Etat Islamique en Egypte en avril 2017.   (CAPTURE ECRAN TWITTER)


 

Autre exemple : des comptes anonymes kurdes diffusent une image montrant des hommes morts dans des sacs mortuaires jaunes. Là encore la photo peut laisser penser qu'il s'agit d'un évènement récent. Or, cette image est identifiable sur Google dès 2017. Elle a été prise après un raid de la police turque contre une cache du PKK, le parti des travailleurs kurdes considéré comme organisation terroriste par Ankara, en 2017. 

 

 

Du côté turc aussi la propagande a démarré. Avec par exemple de nombreuses photos de soldats qui donnent des biscuits à des enfants. Ils jouent aussi avec eux dans une ambiance bienveillante. "La Turquie est pleine de compassion et n'attaque que les terroristes", disent plusieurs comptes d'internautes. Là non plus ces photos ne sont pas récentes, elles datent d'il y a plus d'un an lors de la bataille d'Afrin en Syrie.

 

 

 

Un tweet daté du 10 octobre 2019 où l\'on voit un soldat bienveillant avec des enfants. 

Un tweet daté du 10 octobre 2019 où l'on voit un soldat bienveillant avec des enfants.  (CAPTURE ECRAN TWITTER)


 

Autre exemple : une personne âgée portée par des soldats. Il ne s'agit pas d'un homme kurde, mais d'un Turc, après un séisme en 2011 dans le centre de la Turquie. 

 

 

 

Un tweet daté du 10 octobre 2019 où l\'on voit un homme aidé par deux soldats. L\'image date en réalité de 2011. 

Un tweet daté du 10 octobre 2019 où l'on voit un homme aidé par deux soldats. L'image date en réalité de 2011.  (CAPTURE ECRAN TWITTER)

 

En profitant de l'absence de journalistes sur place

Si vous trouvez des photos ou des vidéos "tournées sur place", il faut rester prudent. La grande majorité des images diffusées actuellement sur les réseaux sociaux cherchent à convaincre, les protagonistes sont dans un exercice de propagande. Les uns et les autres cherchent à rassurer ou à attirer la sympathie, les internautes peuvent d'ailleurs remarquer la forte présence d'enfants sur les images, qu'ils soient blessés ou entourés de militaires à l'image plutôt bienveillante.  

 

 

Cependant, sur le terrain il est difficile de dire ce qu'il se passe réellement si peu de temps après le début de l'offensive. Il y a peu d'images réalisées par des journalistes. Finalement, les deux camps profitent de l'absence de témoins neutres sur le terrain pour diffuser ce qu'ils souhaitent montrer du conflit ou de ses motivations.

 


11/10/2019
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Franceinfo - le dimanche 22 septembre 2019

 

 

On vous explique pourquoi "enculé" est une insulte homophobe

 

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Camille CaldiniFrance Télévisions

 

 

L'injure compte parmi les plus courantes dans les stades, mais pas seulement. Le mot qui crispe supporters, Ligue et Fédération française de foot s'est invité dans le langage courant, mais est de moins en moins toléré

 

 

 

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Une banderole "des fumis contre l'homophobie, on a le droit ?", déployée par des supporters marseillais au stade Vélodrome, à Marseille, le 1er septembre 2019. (MAXPPP)

 

 

 

"Arbitre enc**ée, est-ce homophobe pour une femme ?" Avec cette question provocante, les supporters jouent à chat avec la Ligue de football professionnel (LFP). Déployée par le kop angevin, lors d'une rencontre avec Metz arbitrée par Stéphanie Frappart, fin août, la banderole pourrait valoir une amende au club d'Angers (Maine-et-Loire), selon L'Equipe. Depuis que les arbitres ont le droit d'interrompre les matchs à cause d'un chant ou d'une banderole homophobe, certains supporters donnent dans la surenchère. Ce ne sont plus seulement les adversaires et les arbitres qui sont des "enculés", c'est maintenant la LFP qu'"on encule". D'autres tentent de calmer le jeu, en affichant "courage aux LGBT, nique la LFP".

 

 

Du côté des acteurs du football français, l'heure est aux discussions sur le sujet, après la passe d'armes, début septembre, entre Noël Le Graët et Roxana Maracineanu. Le patron de la Fédération française de football avait différencié lutte contre racisme et homophobie dans les stades, suscitant une réaction courroucée de la ministre des Sports, qui avait jugé cette position "erronée". Les deux ont ensuite fait savoir dans un communiqué commun qu'ils partageaient "le principe d'une action résolue, adaptée et pragmatique".

 

 

Reste que dans les stades et en dehors, on s'interroge : est-ce qu'"enculé", c'est vraiment homophobe ?

 

 

 

Une insulte homophobe et sexiste

Commençons par évacuer le doute. Même si la question des Angevins était rhétorique, la réponse est "oui", pour toutes les personnes interrogées par franceinfo. Employer le terme "enculé" comme insulte est homophobe, et aussi sexiste. Le Trésor de la langue française retient deux définitions pour ce terme : d'abord "pédéraste passif", déjà très péjoratif, mais aussi "injure adressée à une personne considérée comme méprisable, sotte, dénuée de courage". Le mot sert donc à désigner les hommes gays et la sexualité qu'on leur attribue, mais aussi à insulter, indépendamment de l'orientation sexuelle et des pratiques de l'autre. "Il n'y a aucun doute sur la dimension homophobe de cette insulte", tranche la linguiste et sémiologue Marie Treps. En outre, c'est un mot transparent, "un mot qui fait image, dans lequel on entend nettement 'cul', donc il est difficile de le vider de son sens premier", poursuit-elle.

 

 

L'injure est également sexiste, car c'est "la passivité supposée de la personne qui est enculée, qu'il s'agisse d'une femme ou d'un homme, qui confère à ce nom une dimension insultante", complète Marie Treps. D'ailleurs, "toutes les insultes homophobes ont à l'origine une signification en termes patriarcal et sexiste, dans le sens où elles désignent soit la présence de traits féminins chez un homme, soit une moindre masculinité", précise Sébastien Chauvin, coauteur de Sociologie de l'homosexualité, au Monde.

 

 

"Il s'agit d'une insulte hétérosexiste, c'est-à-dire une insulte d'homme hétérosexuel qui vise à inférioriser les femmes et les gays", confirme l'avocat Etienne Deshoulières sur le site de SOS Homophobie. Il rappelle d'ailleurs que la Fifa a déjà sanctionné la Fédération mexicaine lors de la dernière Coupe du monde pour le chant de supporters "'Eeeeeeh Puto', synonyme du fameux 'Oh hisse enculé !' des supporters français". "Puto" étant un terme injurieux qui désigne les hommes prostitués et, par extension, les hommes gays.

 

 

 

"C'est stigmatisant, dans les deux cas"

Marie Treps, auteure de Maudits mots, la fabrique des insultes racistes, ajoute un parallèle avec les insultes à connotation raciste. "C'est stigmatisant, dans les deux cas", analyse-t-elle. "Le racisme, c'est considérer 'l'Autre' comme différent sur le plan de l'humanité, et même inférieur ou anormal. C'est aussi le cas de l'homophobie", développe la linguiste.

 

 

Amatrices de foot ou non, les personnes qui emploient l'injure "enculé" se défendent souvent de toute "intention" homophobe. Mais qui décide de la dimension homophobe d'une insulte ? Dans une étude publiée en 2017 sur les injures à caractère homophobe, l'Observatoire national de la délinquance (ONDRP) écarte la notion d'intention, pour retenir la perception. "Les injures homophobes, comme les injures en général, sont toujours sujettes à interprétation. L'injure se caractérise en effet par le fait qu'elle dépend de la perception de la personne visée", peut-on lire. 

 

 

 

Une des insultes préférées des automobilistes

Les supporters de foot tiennent-ils vraiment à cette insulte ? Si les premières banderoles de la saison tendaient à le faire croire, les positions évoluent. Les supporters protestent surtout contre toutes les mesures "liberticides". Les ultras critiquent une politique qu'ils jugent trop sécuritaire et demandent de manière récurrente d'assouplir les interdictions de fumigènes et les restrictions de déplacements pour assister aux rencontres. Désormais, ils accusent la LFP d'instrumentaliser la lutte contre l'homophobie, sans expliquer pourquoi "enculé" est une insulte discriminante. "On est passés de 'personne ne dit rien' à 'il faut tout arrêter', sans dialogue avec les supporters et sans travail de définition", explique James Rophe, porte-parole de l'Association nationale des supporters. Selon lui, "le travail est forcément long".

 

 

"Quand on a été élevé là-dedans, c'est difficile de s'en émanciper", confirme le sociologue Philippe Liotard à franceinfo. Car ce "folklore" aux accents homophobes remonte "peut-être à fin des années 1980, début des années 1990", au moment où les ultras ont commencé à s'organiser. Ce n'est pas très ancien, mais "les supporters qui ont 20, 30 ou 40 ans ont toujours entendu 'pédé' et 'enculé' dans les tribunes", explique le chercheur. Remplacer ce vocabulaire demande "une transformation de la culture". Mais "les débats actuels forcent les supporters à réfléchir", assure le spécialiste des discriminations dans le sport.

 

 

Ce maître de conférences à l'université Claude-Bernard de Lyon ajoute que le foot est loin d'être le seul sport concerné. Un petit garçon inscrit dans un club "de foot, de hand, de basket ou de volley""on lui dit très vite qu'il doit montrer qu'il n'est 'pas un pédé' (...) cette culture est intériorisée", expliquait-il à RMC Sport. Et les éducateurs sportifs ne se rendent pas toujours compte du poids de leurs mots. Il faut dire que les insultes homophobes, comme les insultes sexistes, sont très ancrées dans le langage courant. "Enculé" est d'ailleurs l'une des insultes préférées des Français, surtout lorsqu'ils sont au volant. Elle arrive en deuxième position derrière "connard", selon un sondage publié par le site spécialisé Minute Auto, en 2016.

 

 

 

Aucun joueur professionnel "out" en France

Le sport n'est en réalité qu'un reflet d'une société française "qui a toujours un problème pour accepter les personnes LGBT", analyse Philippe Liotard. "Il suffit de se rappeler l'opposition au mariage pour tous", ajoute-t-il. Mais surtout de compter les attaques contre les LGBT. Les insultes représentent la moitié des quelque 1 600 actes LGBTphobes recensés par SOS Homophobie en 2018. Et elles accompagnent parfois des agressions physiques : il y en a eu 231 l'an dernier, selon l'association.

 

 

Dans les stades, ces injures, même si elles ne mènent pas forcément à des coups et blessures, contribuent donc à entretenir un climat dans lequel les homos peinent à exister. L'ancien international Olivier Rouyer est le seul joueur professionnel à avoir fait son coming out en France, plusieurs années après la fin de sa carrière. Aujourd'hui, aucun footballeur ni aucune footballeuse tricolore pro n'assume publiquement son homosexualité. "Je suis persuadé qu'il y a des gamins en centre de formation qui sont passés à côté d'une carrière parce qu'ils n'ont trouvé personne pour les aider", assure Olivier Rouyer à Ouest France.

 

 

Même ceux qui affichent leur soutien aux personnes LGBT sont rares. Pour son documentaire Footballeur et homo, au cœur du tabou, Yoann Lemaire, président de l'association Foot ensemble, a eu la plus grande difficulté à obtenir la participation de joueurs comme d'entraîneurs et de présidents de clubs. "Personne ne voulait parler. C'est encore plus tabou chez eux que chez les supporters", raconte-t-il à franceinfo. Seul Antoine Griezmann a participé et assuré qu'il serait "fier" qu'un de ses coéquipiers puisse lui révéler son homosexualité. Or, pour Yoann Lemaire, les responsables des clubs et les joueurs ont la même responsabilité que les supporters.

 

 

A un moment, il faut dire stop. Tu es au courant que c'est homophobe, tu continues, tu assumes, maintenant tu iras devant une commission ou devant un tribunal.Yoann Lemaire, président de Foot ensemble à franceinfo

 

 

C'est aussi la conclusion à laquelle arrivait Gaëlle Krikorian, sociologue, sur son blog hébergé par Mediapart, en 2014. Elle revenait sur l'insulte "enculé", proférée cette fois à l'encontre d'un haut responsable politique, et expliquait pourquoi il était nécessaire d'arrêter de l'employer à tout-va. "Utiliser les références de l'homophobie, c'est produire de l'homophobie", résumait-elle. Donc, "si vous n'êtes pas homophobe, n'utilisez pas les mots qui servent à désigner les homosexuels comme insulte".

 


22/09/2019
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Franceinfo - le mercredi 18 septembre 2019

 

 

Crachats, insultes, coups à la mâchoire... Des pompiers racontent comment ils sont passés de héros à cibles d'incivilités

 

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Guillemette JeannotFrance Télévisions

 

 

Inquiets pour leur sécurité, les soldats du feu attentent des réponses concrètes pour mettre fin à ces violences de plus en plus fréquentes

 

 

 

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La Brigade de sapeurs-pompiers de Paris (BSPP), le 18 août 2019, en action lors d'un incendie du marché couvert de Levallois-Perret (Hauts-de-Seine). (MARC LOUKACHINE / BRIGADE DE SAPEURS-POMPIERS DE P)

 

 

 

Quatre agressions en 48 heures et 56 plaintes depuis le début de l’année. Les sapeurs-pompiers de l'Essonne ont dénoncé, lundi 16 septembre, leur quotidien de plus en plus souvent marqué par des violences dans le cadre de leurs fonctions. Une situation qui concerne l'ensemble du territoire national, avec sept pompiers agressés par jour en 2017, selon l'Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP). 

 

 

 

 

 

 

Alors que le 126e congrès national des sapeurs-pompiers se déroule du 18 au 21 septembre à Vannes (Morbihan) et devrait être "l'occasion de parler" de ces incivilités, des soldats du feu se confient à franceinfo.

 

 

 

"Je vais vous tuer"

Le 14 septembre dernier, à Etampes, Paul*, pompier depuis dix-sept ans au Sdis (Service départemental d'incendie et de secours) de l'Essonne, intervient avec un collègue après un appel passé en fin de matinée pour une fuite dans un appartement. Sur place, devant une porte fermée et un appartement a priori vide, ils tentent de trouver le gardien et tombent sur son fils, très agressif.

 

 

Il nous insulte et nous menace de mort. La raison ? On ne sait pas.Paul, sapeur-pompier à franceinfo

 

 

Le fils du gardien s'avance vers les deux hommes avec la ferme intention d'en découdre. "On essaie de temporiser, de le raisonner mais c'est un déluge d'insultes qui s'abat sur nous." Paul tente de maintenir une certaine distance avec le jeune homme agité, qui répète : "Je vais vous tuer". La situation dégénère lorsque le pompier informe l'agresseur qu'il appelle la police. "Je tourne alors la tête et je me réveille au sol." Le jeune homme lui a décroché un coup dans la mâchoire, lui faisant perdre connaissance. "Je me relève et j'en reçois aussitôt un autre." Le fils, rejoint par un ami, en profite pour aller à son véhicule pour se saisir d'un objet. "On a vu que c'était une machette et on s'est mis tout de suite à courir", raconte à franceinfo le sergent, qui a eu cinq jours d'ITT. "C'est l'instinct de survie qui prend le dessus, mais c'est inacceptable qu'aujourd'hui on en soit arrivé là." 

 

 

 

Des insultes, des crachats et des coups

De permanence la semaine où les quatre agressions se sont produites dans différents endroits "apparemment sans risque", le lieutenant-colonel François Schmidt, qui supervise 13 centres de secours dans le nord de l'Essonne, constate aussi que les insultes sont devenues plus fréquentes.

 

 

Crachats, insultes, jet de liquide biologique, lancer de cailloux ou coups de poing... L'intégrité de nos pompiers est mise à mal. Il faut que cela s'arrête.François Schmidt, lieutenant-colonel à franceinfo

 

 

Même conclusion du côté de Yannick Ténési, président départemental du Syndicat national des sapeurs-pompiers professionnels (SNPP PATS78). Lui aussi a vécu des agressions. L'une d'elles – "en 2009, preuve que le phénomène est loin d'être nouveau", précise-t-il – a profondément marqué ce quadragénaire, aux 28 années de service. "Nous intervenions régulièrement chez une famille dont le fils de 18 ans faisait des tentatives de suicide, la nuit. Le père restait en retrait, mais nous reprochait toujours de faire trop de bruit. Je me méfiais de lui car, en plus d'être grand et massif, il avait pas mal d'armes chez lui." Ce jour-là, la mère appelle les pompiers en pleine journée, en expliquant que son mari avait fait une tentative de suicide. "Elle nous attendait en bas de l'immeuble et nous a informés que son mari, très violent, était enfermé chez eux."

 

 

Ne connaissant pas l'état de la victime, les pompiers sont dans l'obligation d'intervenir rapidement, sans attendre l'arrivée de la police. "La porte s'ouvre et une avalanche de coups s'abat sur mes deux collègues, qui arrivent à s'extirper tant bien que mal. Je me retrouve coincé dans un couloir, sans possibilité d'esquiver, face à un homme hors de lui qui se met à me frapper. Je lui réponds coup pour coup et arrive à prendre le dessus." L'homme, éméché, se retranche dans son appartement et son fils prend le relais. Le pompier finit par s'extraire et redescendre. "Quatre policiers étaient en bas de l'immeuble mais ils n'ont pas voulu monter. Nous avons déposé plainte mais elle a été classée sans suite car il n'y a pas eu d'incapacité de travail."

 

 

 

Sept pompiers agressés par jour 

Les chiffres confirment ces récits. L'Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP) révèle ainsi qu'entre 2008 et 2017, le nombre d'agressions de pompiers déclarées a plus que triplé (+213 %), pour atteindre 2 813 pompiers agressés en 2017. Pour Yannick Ténési, deux types d'agressions prédominent : celles, organisées, "où l'on tombe dans un guet-apens et l'on se fait caillasser ou, pire, où des cocktails Molotov sont lancés sur nos véhicules" ; et celles qui surviennent lors des interventions, "quand les circonstances se dégradent et que quelque chose ne plaît pas à la victime secourue ou à son entourage." Le pompier évoque des agresseurs sous l'emprise de l'alcool ou souffrant de problèmes psychologiques, qui deviennent agressifs. "Avec eux, un mot de travers et cela part", observe-t-il amèrement.

 

 

Selon lui, cette violence a toujours existé, mais l'évolution des relations entre la population et les pompiers joue. "Avant, les pompiers répondaient à une agression physique par un coup de poing. Aujourd'hui, nous devons discuter pour tenter de désamorcer la situation", explique-t-il. "Nous devons faire attention à tout ce que l'on dit et fait pour éviter que cela se retourne contre nous avec un dépôt de plainte. En face, il n'y a plus aucun tabou, interdit, plus de limites. On agresse les pompiers." Nous sommes devenus des assistances sociales ou des psys.Yannick Ténési, sapeur-pompier à franceinfo

 

 

La hausse des statistiques s'explique aussi par le fait que les pompiers sont de plus en plus encouragés à porter plainte. "Dès le retour à la caserne, un soutien est mis en place", détaille le lieutenant-colonel François Schmidt, qui espère une prise de conscience de la société et des réponses pénales "fortes". "Nous accompagnons les pompiers agressés dans toutes leurs démarches et une cellule psychologique est à leur disposition." 

 

 

"Pourquoi nous ?"

Devenus une cible pour une partie de la population, ces soldats du feu se posent tous la même question : "Pourquoi nous ?" Et pour cause : ils bénéficient d'un taux de confiance de la part de la population française quasi total. Avec 99%, selon l'enquête du cabinet d'études allemand GFK Verein publiée en 2014, ils sont en tête devant les infirmières, les urgentistes, les pharmaciens et les pilotes de ligne. Paul, qui reprendra le travail à la fin du mois, reste dans l'incompréhension après son agression en septembre : "Ce n'est pas notre métier, ça. Je n'ai pas peur mais j'ai un sentiment de dégoût. Nous sommes proches des gens, nous sommes là pour les aider. Pourquoi on en est arrivé là ?" 

 

 

"La plupart s'interrogent, sans trouver de réponse à leur souffrance", confirme Marjorie Mercier, responsable du club des Sdis, un réseau privé entièrement dédié aux sapeurs-pompiers de France. La jeune femme relève un sentiment d'injustice de la part des victimes, qui déplorent une "faible prise en charge de ce problème de violence et à qui on propose peu d'outils pour répondre." Actuellement, les Sdis organisent dans leurs casernes des formations de prévention type "conversation non violente" ou "anticipation des conflits". "Mais rien n'est proposé pour agir ou réagir une fois dans la situation de conflit ou d'agression", déplore la responsable du club.

 

 

Yannick Ténési pointe, lui, le manque d'accompagnement des policiers : "Avant, dès que l'on intervenait sur la voix publique, il y avait la police. Maintenant, par manque de voiture et d'officiers, elle est de moins en moins présente. Et nous, nous n'avons ni la technique ni les armes pour répondre à la violence." En attendant une action du gouvernement, c'est à chaque département de trouver des solutions. Le Sdis de l'Essonne réfléchit à équiper ses sapeurs-pompiers de caméras-piétons, à l'instar des policiers municipaux, pour lutter contre les agressions. "Ça permettra de prouver la bonne foi des pompiers mais cela ne dissuadera pas les agresseurs", estime le sapeur-pompier. Pas question de renoncer à leur mission, même si lui et ses collègues sont désormais plus vigilants quand ils sont appelés sur des zones "à risque" : "Notre mission sera toujours plus forte que notre crainte."

 

 

  • le prénom a été changé, à la demande de l'intéressé

 


18/09/2019
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Franceinfo - le jeudi 5 septembre 2019

 

 

Cocorico : la justice autorise le coq Maurice à continuer de chanter sur l'île d'Oléron

 

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

Depuis des mois, un conflit oppose un couple, résident secondaire à Saint-Pierre-d'Oléron, à la propriétaire du gallinacé, leur voisine. Ils se plaignaient des nuisances sonores causées par le chant de Maurice

 

 

 

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Le coq "Maurice" et sa propriétaire, Corinne Fesseau sur l'île d'Oléron (Charente-Maritime), le 5 juin 2019. (XAVIER LEOTY / AFP)

 

 

 

La justice autorise le coq Maurice à continuer de chanter, a jugé le tribunal correctionnel de Rochefort (Charente-Maritime) jeudi 5 septembre, rejetant la plainte des voisins qui l'accusaient de les réveiller dès l'aube, a annoncé Julien Papineau, avocat de la propriétaire du volatile Corinne Fesseau. Son cocorico bruyant, aux aurores, agaçait certains habitants de l'île d'Oléron qui le poursuivaient en justice. 

 

 

Symbole des difficultés de cohabitation dans les campagnes entre les gens du cru et les néo-ruraux de tout poil – retraités, vacanciers ou urbains fuyant les villes – ce conflit a débuté par une plainte banale pour trouble anormal du voisinage. Elle a été déposée par un couple d'agriculteurs retraités domicilié en Haute-Vienne, incommodés par le chant trop matinal de Maurice près de leur résidence de vacances.

 

 

Les plaignants demandaient que la justice donne 15 jours à la propriétaire de Maurice, Corinne Fesseau, issue d'une vieille famille oléronnaise, pour éloigner l'animal ou le faire taire.

 

 

 

"Nuisance sonore" 

Lors de l'audience, le 4 juillet, Maurice a été accusé d'être une "nuisance sonore". "Le coq, le chien, le klaxon, la musique, c'est le dossier du bruit", avait affirmé Vincent Huberdeau, avocat des plaignants, en refusant l'idée du procès "de la ville contre la campagne", d'un "conflit entre citoyens bobos et ruraux". D'autant, disait-il, que Saint-Pierre-d'Oléron, avec près de 7 000 habitants en hiver et 35 000 en été, n'est pas vraiment la campagne. 

 

 

"Je ne suis pas une ville, je suis une petite commune", a réplique le maire DVD Christophe Sueur. "On a toujours vécu avec des potagers, des poulaillers, on a une vie plutôt traditionnelle".

 


05/09/2019
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Franceinfo - le jeudi 4 juillet 2019

 

 

Voilà le sort et la place du coq au XXIème siècle.... C'est dans l'air du termps 

 

 

 

Du poulailler au tribunal : comment le coq Maurice se retrouve jugé pour avoir chanté trop fort et trop tôt

 

 

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Violaine JaussentFrance Télévisions

 

 

 

Le gallinacé objet du litige vit à Saint-Pierre d'Oléron (Charente-Maritime), où ses cocoricos dès l'aube agacent un couple de voisins, propriétaires d'une résidence secondaire. L'affaire dure depuis 2017 et suscite de nombreuses réactions

 

 

 

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Le coq Maurice à Saint-Pierre-d'Oléron (Charente-Maritime), le 5 juin 2019. (XAVIER LEOTY / AFP)

 

 

 

"Si mon coq pouvait parler ? Il dirait 'Foutez-moi la paix et laissez-moi chanter !' Point barre." Corinne Fesseau, la propriétaire de Maurice, le confirme : le gallinacé aime pousser la chansonnette chaque matin vers 6h30. Trop fort et trop tôt pour deux de ses voisins. A tel point que leurs accusations lui valent un procès qui doit se tenir jeudi 4 juillet. Mais son cocorico ne résonnera pas dans la salle d'audience. Le coq ne mettra pas une patte dans le tribunal d'instance de Rochefort (Charente-Maritime). Corinne Fesseau le représentera. Il sera également soutenu par des congénères : plusieurs propriétaires de coqs ont annoncé qu'ils feraient le déplacement avec leurs volatiles. Attila, Jean-René et Casanova le défendront donc bec et ongles.

 

 

Maurice, lui, avait prévu de rester bien au chaud dans son poulailler, à Saint-Pierre d'Oléron, où il vit depuis 2015 avec toute une basse-cour. "La communauté de communes a dit qu'on pouvait avoir des poules, pour parvenir à zéro déchet dans chaque foyer, raconte à franceinfo Corinne Fesseau, chanteuse locale connue sur l'île d'Oléron. L'idée est venue de là. Je voulais des poules de Marans, car elles font des œufs magnifiques. Un copain m'a offert un poussin de cette race." Le gallinacé grandit. Et un matin, à l'instar de sa propriétaire, il fait des vocalises. Le mis en cause avait bien trompé son monde.

 

 

On croyait que c'était une petite poulette ! Corinne Fesseau à franceinfo

 

 

Jusque-là, elle possédait Choupinette, Tartiflette, Mimolette et donc Mauricette. Mais pour cette dernière, "il a fallu rectifier". "C'était tout trouvé, mon grand-père s'appelait Maurice ! Il y avait 'Il faut sauver Willy', là c'est 'Il faut sauver Maurice' !", s'exclame Corinne Fesseau. Cette femme de marin-pêcheur, implantée depuis trente-cinq ans sur l'île d'Oléron, dit prendre "tout ça avec humour". "Haute en couleur", l'artiste insulaire "défend son bout de gras", sans être "odieuse", dixit son avocat, Julien Papineau. 

 

 

 

"Les Fesseau ont un tissu de relations"

Quand Corinne Fesseau s'aperçoit que sa poule est en fait un coq qui chante, elle s'inquiète pour ses voisins. "Mais pas ceux de derrière", reconnaît-elle. Or, son poulailler est installé en bout de parcelle. Dans cette zone pavillonnaire, les maisons sont proches. Une résidence secondaire, construite en 2004, se trouve juste derrière leur clôture. "La chambre des Biron est située à deux mètres du poulailler", assure à franceinfo leur avocat, Vincent Huberdeau.

 

 

Sollicités, les Biron, qui ont donc porté plainte contre le coq, ne souhaitent pas s'exprimer. "Ils sont très discrets, un peu effrayés par ce tapage médiatique", justifie leur conseil. Ce couple de retraités âgés de 68 ans habite près de Limoges (Haute-Vienne). "Lui était mécanicien agricole, elle petite fonctionnaire. Elle connaît bien l'île d'Oléron, elle s'y rend en vacances depuis son enfance. Ils ne sont pas des sous-citoyens sous prétexte qu'ils viennent peu souvent. Pourtant, ils se sentent agressés, considérés comme des étrangers depuis le début de cette affaire", argue Vincent Huberdeau. Et d'ailleurs, d'après l'avocat, si l'affaire a pris une telle ampleur, c'est parce que "les Fesseau ont un tissu de relations".

 

 

 

"Qu'est-ce que vous comptez faire de votre coq ?"

Les cocoricos de Maurice troublent la quiétude des Biron. Ils débarquent chez les Fesseau en avril 2017, alors qu'on fête Pâques et ses traditionnels œufs. "Qu'est-ce que vous comptez faire de votre coq ?" demandent-ils, "sans dire bonjour", selon Corinne Fesseau. "Je leur ai répondu de mettre des boules Quiès pour éviter d'être gênés." "Il y a eu deux contacts, relève l'avocat des Biron. La première fois, madame Fesseau était très à l'écoute. Mais quinze jours ou trois semaines après, son mari leur a raccroché au nez." Alors les Biron envoient des courriers en recommandé. Ils demandent aux Fesseau la cessation des nuisances sonores.

 

 

 

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Corinne Fesseau avec Maurice, devant son poulailler, le 5 juin 2019 à Saint-Pierre-d'Oléron (Charente-Maritime). (XAVIER LEOTY / AFP)

 

 

 

Rien n'y fait. Maurice lisse son plumage roux et noir aux reflets moirés, secoue sa crête rouge et chante à tue-tête. Corinne Fesseau dispose des boîtes d'œufs sur les murs du poulailler et tente de cacher le lever du jour. Elle double les parois. "L'ensemble de la cabane est opacifiée avec du carton épais", assure Julien Papineau. Maurice rentre dans sa cabane vers 18h30 et n'en ressort qu'à 8h30. "Il chante à l'intérieur", remarque la propriétaire du coq. "Le calfeutrer n'a pas été concluant", note l'avocat des Biron, Vincent Huberdeau. Ses clients sont toujours gênés par les envolées vocales du gallinacé.

 

 

 

"On protège les bruits de la campagne"

Et pourtant. Depuis début 2018, Maurice ne chante plus dans la journée. Il reste sans voix devant ces voisins qui veulent lui clouer le bec. Mais il continue à pousser des cocoricos chaque matin, comme le constate un huissier. Missionné par les Biron, ce dernier observe que le coq chante bien par intermittence entre 6h30 et 7 heures. "Ces jours-là, on est sûrs que le coq a chanté. Les autres jours, rien ne permet de l'affirmer", objecte Julien Papineau. Le créneau horaire matinal pose problème. "Mes clients ont du mal à se rendormir et appréhendent de se coucher. C'est un trouble anormal du voisinage. Une nuisance sonore, comme on pourrait l'avoir avec une tondeuse, un chien, du bricolage", riposte Vincent Huberdeau.

 

 

Ce n'est pas une agression contre le coq : mes clients n'ont rien contre la volaille en général. Ils ne veulent pas la mort de l'animal, ni la mort du monde rural.Vincent Huberdeau, avocat à franceinfo

 

 

Car au fil du temps, Maurice est devenu, bien malgré lui, le symbole d'une ruralité menacée. L'incarnation d'un combat mené pour sauvegarder l'authenticité des petites communes érigées près des réserves naturelles. Le pot de terre contre le pot de fer. "On protège les bruits de la campagne", insiste Corinne Fesseau auprès de franceinfo. "Que doit-on interdire ? Le chant des tourterelles, le cri des mouettes ? Nous sommes sur une île, les oiseaux tous les matins qui gazouillent Les cloches qui sonnent ?" écrit-elle dans une pétition lancée le 12 juillet 2017, "pour sauver Maurice". Deux ans plus tard, le texte recueille plus de 117 300 signatures.

 

 

 

"Le symbole d'un éternel conflit français"

Corinne Fesseau a le soutien du maire de Saint-Pierre d'Oléron. Christophe Sueur a pris un arrêté pour préserver "les modes de vie liés à la campagne notamment pour ce qui concerne la présence des animaux de la ferme", en s'appuyant sur le caractère à "dominante rurale" de l'île. "Aujourd'hui c'est un coq, demain ce sera quoi ? Les mouettes, le bruit du vent, notre accent ?" s'interroge l'édile. Il n'est pas le seul à s'en préoccuper : Bruno Dionis du Séjour, maire de Gajac (Gironde), 400 habitants, a annoncé, le 4 juin, vouloir faire classer les bruits de la campagne au "patrimoine national".

 

 

Batailleur, orgueilleux et conquérant, le coq est depuis toujours l'emblème de la France. Maurice était celui d'une marche, organisée à Saint-Pierre-d'Oléron en août 2017. Il a sa propre page Facebook et revêt un "gilet jaune" en soutien au mouvement à l'automne 2018.

 

 

Le 23 juin, il est même élevé au rang de star internationale, quand le New York Times (article en anglais pour abonnés) fait ses choux gras de cette affaire.

 

 

 

 

 

 

"Le coq est devenu le symbole d'un éternel conflit français entre ceux pour qui la campagne est un simple décor de villégiature et ceux qui y vivent vraiment", écrit le correspondant du célèbre quotidien américain. L'avocat des Biron n'est pas de cet avis. "Il s'agit d'un lotissement, nous ne sommes pas à la campagne", réplique Vincent Huberdeau.

 

 

 

"On marche sur la tête"

Puisque Maurice fait la sourde oreille, les Biron ont saisi, au printemps, un juge civil afin d'obtenir des dommages et intérêts, ainsi que la prise en charge des frais de justice. Ils demandent surtout "la cessation sous astreinte de la nuisance", c'est-à-dire "que le coq soit déplacé, ou qu'une solution technique soit trouvée pour mieux isoler le poulailler". "Je ne vois pas l'intérêt d'enfermer mon coq dans une cage et de le mettre dans ma cuisine, ni pourquoi je le déplacerais alors que les autres voisins, qui sont là à l'année, me disent que ça ne les gêne pas, martèle Corinne Fesseau qui a des attestations du voisinage en sa possession. On verra ce que dit le juge, c'est lui décidera."

 

 

De son côté, son avocat demande 2 000 euros d'amende "pour abus du droit d'agir en justice". Car Julien Papineau est effaré de voir une telle affaire se régler devant le tribunal : "On marche sur la tête." Ou plutôt sur la crête. Il y a pourtant au moins un précédent et la jurisprudence est favorable à Maurice. Il y a dix-sept ans, la cour d'appel de Riom (Puy-de-Dôme) a annulé une décision du tribunal de Clermont-Ferrand qui ordonnait la destruction d'un petit élevage de gallinacés en raison des nuisances sonores. Elle justifiait ainsi son arrêt : "La poule est un animal anodin et stupide au point que nul n’est encore parvenu à le dresser, pas même un cirque chinois." Impossible, donc, d'empêcher un coq de chanter. 

 

 

 

"On espère qu'il retrouvera sa voix"

Le procès de Maurice devait initialement avoir lieu le 5 juin. Mais il a été reporté, pour des raisons formelles d'échanges de pièces entre avocats. Cette fois l'audience devait avoir lieu, mais son issue est incertaine. Le juge peut encore demander une conciliation afin de trouver un accord amiable. Le magistrat peut également ordonner une expertise pour mesurer les décibels, car le niveau sonore du chant de Maurice n'a jamais été mesuré.

 

 

Son volume a toutefois baissé en intensité : la voix du gallinacé est "éraillée" depuis quelque temps. "On espère qu'il retrouvera sa voix", s'inquiète sa propriétaire, précisant que Maurice est malade. "Il est stressé. Tout le monde l'a vu, l'a touché. Beaucoup de journalistes viennent le voir", indique Corinne Fesseau. Et d'ajouter : "Il a eu une bronchite pendant l'hiver. Il a toujours un ronflement. Il doit prendre un traitement."

 

 

Il est aussi stressé parce que je suis stressée. A force, tout ça ne me fait plus rire. Corinne Fesseau à franceinfo

 

 

D'autant plus que Maurice doit veiller sur sa progéniture : depuis peu, il est papa. "Il a quatre poules avec lui. Il féconde tous les œufs. J'en ai pris un et je l'ai donné à la poule d'une amie. Elle l'a couvé, c'est sa mère adoptive. Le poussin a un mois et demi", s'enthousiasme Corinne Fesseau. Elle ne sait pas encore s'il s'agit d'une poule ou d'un coq.

 


04/07/2019
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