L'AIR DU TEMPS

L'AIR DU TEMPS

AMÉRIQUE


Franceinfo - le lundi 16 décembre 2019

 

 

GRAND FORMAT. "Nous vivons un moment historique" : à la rencontre de ces Chiliens en lutte contre un système où règnent les inégalités

 

 

 

"Ils se sont partagé la terre, la loi, les plus jolies rues, l'air ambiant, l'université, les souliers..." Dans son poème J'accuse, écrit en 1947, Pablo Neruda dénonçait l'oligarchie chilienne. Plus de soixante-dix ans plus tard, les vers du prix Nobel de littérature chilien semblent être toujours d'actualité, à l'image de la révolte qui gronde dans le pays depuis le 18 octobre. L'étincelle est partie de la hausse du prix du ticket de métro – suspendue depuis – et s'est rapidement transformée en un rejet global du modèle économique et social du pays et de ses dirigeants. 

 

 

Car si le Chili est souvent présenté comme un modèle pour ses voisins d'Amérique latine, et si ses indicateurs économiques sont exceptionnels – un taux de chômage à 7%, un taux de pauvreté de 8,6% et une croissance qui devrait atteindre 3,5% du PIB en 2019 – le pays de 18 millions d'habitants souffre de très grandes inégalités. Selon l'ONU, en 2017, 1% des Chiliens concentraient 33% des revenus du pays. Sur les cent plus grosses entreprises chiliennes, la moitié est contrôlée par seulement vingt familles. Après des années de relative stabilité, depuis la fin de la dictature d'Augusto Pinochet (1973-1990), le Chili reste traversé par de profondes fractures sociales. Comment en est-il arrivé là ?

 

 

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Oscar Moreno, cardiologue, dans une salle de consultation à l'hôpital San Borja Arriarán de Santiago, le 22 novembre 2019. (ELISE LAMBERT / FRANCEINFO)

 

 

"Tant que tu ne risques pas de mourir, tu dois attendre"

L'hôpital San Borja Arriaran n'est pas en grève en cette fin novembre, mais tout semble indiquer le contraire. Sur les grandes baies vitrées du bâtiment qui longe l'avenue Santa Rosa, à Santiago, des banderoles appellent à mettre fin "aux listes d'attente", et demandent "un soin digne et de qualité". Dans le hall, des dizaines de patients attendent en file indienne d'être reçus. "Je ne sais pas comment ils font pour avoir autant de patience. Un jour, ça va exploser...", soupire Oscar Moreno, cardiologue de 38 ans. 

 

 

A la fin de ses études, en 2004, ce spécialiste aux tempes grisonnantes a fait le choix de travailler dans le public et le privé. "Avec quatre enfants, ça ne serait pas possible autrement. Dans le public, je suis payé 1 445 euros par mois. Dans le privé, plus du double". Pour remplir cette double mission, les semaines sont très chargées : jamais moins de 60 heures. "Je me lève à 6h30 et je rentre à 21 heures. S'il y a besoin le samedi, je viens aussi avec mes enfants !", précise-t-il dans un sourire fatigué.

 

 

 

Une file d\'attente à l\'hôpital Borja Arriarán de Santiago, le 22 novembre 2019.

Une file d'attente à l'hôpital Borja Arriarán de Santiago, le 22 novembre 2019. (ELISE LAMBERT / FRANCEINFO)


 

La situation d'Oscar reflète les carences du système de santé chilien. Au centre du mouvement de contestation, il est accusé de favoriser les plus riches et de "tuer" les plus pauvres. Les patients affiliés au régime de santé public doivent verser 7% de leur revenu mensuel, sauf ceux qui n'ont aucune ressource. "Ceux qui choisissent le privé versent un montant qui dépend de leur contrat avec leur assurance, et bénéficient d'une meilleure couverture", décrit le cardiologue. Pour bénéficier de soins complets, plus rapides, et d'un meilleur suivi dans le privé, la facture est salée. "Je verse 600 euros par mois à une assurance privée. Tout le monde ne peut pas se le permettre", prévient-il, en rappelant que le salaire minimum chilien se situe autour de 400 euros.

 

 

De nombreux Chiliens n'ont pas assez d'argent pour se soigner. Ils organisent des 'bingos' en famille pour financer leurs opérations ou payer les médicaments.

Oscar Moreno

 

 

Les différences entre les systèmes privé et public, mis en place durant la dictature de Pinochet, sont éloquentes. A l'hôpital, "il nous manque beaucoup de matériel. Par exemple, on n'a pas de TAVR (technique d'opération du cœur par voie percutanée), on doit opérer à l'ancienne : anesthésier, ouvrir le thorax, arrêter le cœur... C'est beaucoup plus lourd", se désole Oscar, rappelant que le budget de la santé au Chili représente 7,8% du PIB (contre 11,5% en France). Les radios prennent des jours à être réalisées, quand il suffit de quelques heures dans la clinique Davila, où il travaille le reste du temps.

 

 

Les maladies y sont traités par ordre de priorité, selon la devise "tant que tu ne risques pas de mourir, tu dois attendre". Si elles ne sont pas urgentes, certaines pathologies peuvent mettre des mois à être soignées. "Même si la douleur est insurmontable", précise le médecin, en donnant l'exemple d'une fracture au genou. Les patients renvoyés chez eux sont inscrits sur des listes en attendant d'être convoqués par l'hôpital. "D'ailleurs, on a perdu cette liste et on ne l'avait pas informatisée", glisse le cardiologue, sans ciller. Dans les couloirs, de nombreux patients ont en tête des histoires de malades morts alors qu'ils devaient encore être pris en charge. En février, le ministère de la Santé chilien, cité par CNN (en espagnol), a révélé que 9 724 patients étaient morts au premier semestre 2018 dans ces circonstances.

 

 

Au-delà du manque de moyens, le cardiologue dénonce aussi un manque cruel d'organisation dans le public, dont une majorité de Chiliens (61%) dépend, selon l'OMS. "Tous mes patients doivent venir à 8 heures, même si leur rendez-vous est à midi. Quand je reçois le dernier de la matinée, il a tellement attendu qu'il est en colère et j'en suis le réceptacle. C'est très dur." Selon Oscar, les "burn-out" sont d'ailleurs fréquents, et les taux de suicide et de divorce sont plus élevés au sein du corps médical que dans le reste de la population. Pour autant, il ne milite pas pour un système de santé public généralisé. "En l'état, ça serait une catastrophe. Le privé pallie encore les carences du public, nuance-t-il, en disant comprendre les revendications actuelles. "Elles sont le syndrôme de défaillances accumulées depuis des années. Et quand il y a symptôme, il y a maladie. Mais laquelle ? Et comment la traiter ?"

 

 

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Rigoberto Vargas et Ana Ramirez dans leur kiosque à San Bernardo, au Chili, le 27 novembre 2019. (ELISE LAMBERT / FRANCEINFO)

 

 

"La retraite n'existe pas dans ce pays !"

La maladie, Ana Ramirez et Rigoberto Vargas ont passé leur vie à vivre avec. Elle a touché leur fils dès sa naissance, il y a trente-trois ans. "Il souffre d'un dérèglement grave de l'hypophyse et doit se faire des injections très chères", raconte Ana, le regard lointain. Pour l'aider à payer ses soins et pour arrondir leurs fins de mois, la retraitée de 64 ans tient un petit kiosque avec son compagnon sur la place principale du quartier de San Bernardo, au sud de Santiago. Comme chaque été, la place ne désemplit pas. Des vendeurs ambulants de mote con huesillo (une boisson à base de blé cuit et de pêche séchée) se mélangent aux vieillards endormis sur les bancs. Ce jour-là, des manifestants traversent la place en vélo avec des drapeaux "No más AFP" ("stop à l'AFP", le nom du système de retraite chilien).

 

 

Dans leur kiosque, l'ancienne agente municipale et l'ancien photographe de 76 ans vendent journaux, friandises, jouets et quelques conserves cuisinées par leurs proches. "On essaye de les aider comme on peut", murmure Ana en montrant un pot de beurre de cacahuète préparé par sa fille. Comme la majorité des retraités, le couple touche une pension inférieure au salaire minimum. "A deux, on gagne 300 000 pesos chiliens [environ 350 euros]. On fait partie de la classe chilienne la plus pauvre, affirme Ana, la banane portée en bandoulière sur son tee-shirt à fleurs. Rigoberto gagne 115 000 pesos [environ 135 euros] et moi le reste."

 

 

Ana et Rigoberto vendent des gâteaux faits maison fabriqués par leur famille, le 20 novembre 2019.

Ana et Rigoberto vendent des gâteaux faits maison fabriqués par leur famille, le 20 novembre 2019. (ELISE LAMBERT / FRANCEINFO)


 

Au Chili, le système de retraite fonctionne par capitalisation. Il a été initié durant la dictature, par José Piñera, frère de l'actuel président. Membre des "Chicago Boys", un groupe d'économistes chiliens formés dans les années 1970 à l'université de Chicago, sous la coupe de l'ultra-libéral Milton Friedman, il a fait du Chili un laboratoire du néolibéralisme. Le principe du système ? Durant leur vie active, les Chiliens versent environ 10% de leur salaire à des organismes privés appelés AFP (Administratrices de fonds de pension), qui peuvent investir ces sommes dans des placements à risque comme l'immobilier, se dégageant ainsi d'énormes bénéfices. Seules 40% de ces cotisations sont redistribués aux retraités. "On est tous obligés de continuer à travailler", se lamente Ana.

 

 

Une de mes amies gagne 160 euros par mois de retraite. Le jour où elle l'a appris, elle pleurait, elle refusait de partir. L'entreprise lui a donné un million de pesos environ [1 170 euros] pour s'en débarrasser.

Ana Ramirez

 

 

Pour pouvoir tenir le kiosque et décrocher 600 euros de plus par mois, Ana et Rigoberto s'épuisent à la tâche. "Je me lève à 5 heures pour ouvrir le kiosque une heure plus tard. J'essaye d'être là quand les concurrents ne sont pas encore ouverts, et pour avoir la clientèle qui part au travail, vient chercher un journal, un café...", raconte Ana. "Rigoberto va chercher les journaux au centre de presse. C'est à dix minutes de bus, mais il y va à pied pour économiser. Tout ce qu'on peut économiser, on le fait. Ce kiosque, c'est notre bataille !"

 

 

Les heures passées du lundi au samedi dans cette minuscule cabane, glaciale en hiver et suffocante en été, ont des conséquences inévitables sur leur santé. Puisque le kiosque n'a pas de toilettes, Ana est obligée d'emprunter ceux des commerces voisins ou de marcher jusqu'aux toilettes publiques. "Tout ça en plus de mon diabète, mon arthrose et mon hypertension. Je suis très fatiguée, j'aimerais ne plus avoir à me coucher à minuit. Je demande à Dieu de me donner la force", implore-t-elle, le regard triste. "Le physique, c'est le plus dur", confirme Rigoberto d'un hochement de tête. En espagnol, "retraite" se dit "jubilación", de "jubilé", ou "fête". "Mais elle est où la joie ? Il est où le bonheur ?, se demande Ana après un silence. La retraite n'existe pas dans ce pays !"

 

 

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Carlos Ibáñez del Campo dans sa maison à Chicureo, au Chili, le 21 novembre 2019. (ELISE LAMBERT / FRANCEINFO)

 

 

"Je ne connais pas d'autre vie que celle de petit-fils de président"

De son propre aveu, la retraite de Carlos Ibáñez del Campo s'avère plutôt douce. Tous les hivers, ce Chilien de 74 ans traverse l'Atlantique pour profiter des températures clémentes de l'été européen. Il a visité les châteaux de la Loire en France, les palais de Saint-Pétersbourg en Russie et, l'hiver dernier, il a loué une maison à Cefalù, en Sicile, où il a invité toute sa famille. "Je suis passionné par l'art européen, l'impressionnisme... Et la pâtisserie française ! Ah, les religieuses au chocolat...", sourit-il, assis sur la terrasse de sa maison de Chicureo, commune de 1 000 habitants située au nord de Santiago. Dans ce recoin paisible, un scandale a éclaté en 2012 après qu'une riche propriétaire a voulu interdire aux domestiques de circuler à pied dans les rues, afin de ne pas être visibles et déranger "les enfants à vélo". Une affaire symbolique dans un pays où le revenu des 10% les plus riches est vingt-six fois plus élevé que celui des 10% les plus pauvres, selon l'OCDE.

 

 

"Je ne supporte pas ce genre de comportement. J'ai construit moi-même la maison pour mon employé, précise Carlos en désignant une bâtisse en bois située derrière la piscine, au fond de sa propriété de 5 000 m2. Car si Carlos fait partie des 4% des Chiliens les plus aisés, qu'il n'a jamais été étranglé par l'endettement – contrairement à huit foyers sur dix –,n'a jamais eu de problème pour inscrire ses quatre enfants dans les meilleures écoles du pays ou financer son assurance de santé privée. Il a toujours visé une vie tranquille et sobre. Celle-ci a pourtant commencé sous les ors de la République. Petit-fils du président du même nom, entre 1927 et 1931, puis 1952 et 1958, Carlos Ibáñez del Campo a passé son enfance dans les couloirs du majestueux palais présidentiel de La Moneda, côtoyant les grands de ce monde, "comme l'ancien président argentin Juan Perón", souligne-t-il.

 

 

Mon grand-père venait souvent me chercher à l'école. Son arrivée était annoncée dans les haut-parleurs et tous les élèves se penchaient à la fenêtre pour le voir. Ca me gênait, j'avais honte !

Carlos Ibáñez del Campo

 

 

Carlos garde le souvenir d'un aïeul peu loquace mais doté d'une très grande "sensibilité sociale". "Il avait un domaine à Linares [dans le centre du Chili] où j'ai appris à monter à cheval. Là-bas, il a construit pour ses domestiques des maisons similaires à la sienne, en béton et non en terre. Ils voulaient qu'ils se sentent comme lui", raconte-t-il. Aux accusations d'autoritarisme et de répression que son grand-père menait contre ses opposants, l'héritier prévient : "La facette militaire, je ne la connaissais pas." 

 

 

 

L\'ancien président chilien Carlos Ibáñez del Campo (1927-1931 et 1952-1958).

L'ancien président chilien Carlos Ibáñez del Campo (1927-1931 et 1952-1958). (ELISE LAMBERT / FRANCEINFO)

 

 

 

En 1980, lors de l'entrée en vigueur de la Constitution de Pinochet, qui pérennise le modèle d'un Etat peu interventionniste et renforce la concentration des pouvoirs aux mains d'une minorité, Carlos, ingénieur, devient le numéro deux de la puissante entreprise CCU (Compañía de Cervecerías Unidas), qui distribue les boissons Perrier, Pepsi ou Canada Dry. "J'étais très chanceux. A l'époque, il devait y avoir 25% de chômage. J'avais un salaire très confortable de 8 000 dollars par mois, je voyageais beaucoup", étaye-t-il en se roulant une cigarette. "Je n'étais jamais là, je ne sais pas comment ma femme a pu me garder !", lance-t-il, espiègle.

 

 

Cette période surnommée le "miracle chilien" par les libéraux, s'est avérée brutale pour ses employés. "J'ai licencié plus d'une centaine de personnes car la loi était favorable. C'était souvent les plus précaires, ceux qui mettaient les bouteilles dans les caisses, confie-t-il. Parfois, ils étaient dans l'entreprise depuis trente-cinq ans et on les jetait du jour au lendemain, c'était une peine de mort. J'en culpabilise encore." Aujourd'hui, Carlos regarde ces années post-dictature avec colère. "Il y a une élite qui s'est enrichie sous Pinochet. Toute la corruption vient de là, affirme-t-il en caressant les oreilles de son chien. L'explosion sociale qu'on vit est directement liée à ça." Se considère-t-il comme l'un des leurs ? "Je ne connais pas d'autre vie que celle de petit-fils de président. Je ne peux pas renier d'où je viens", admet-il. "Je suis conscient de mes privilèges. Mais je ne pense pas en abuser."

 

 

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Veronica Quintonahuel près de sa maison à Reigoril dans le sud du Chili, le 23 novembre 2019. (ELISE LAMBERT / FRANCEINFO)

 

 

"La lutte des Chiliens est liée à la nôtre"

La notion de privilèges n'a jamais fait partie de la vie de Veronica Quintonahuel, ni de celle de ses ancêtres. Femme mapuche de 38 ans, elle fait partie de la plus grande communauté indigène du Chili. Elle vit à 800 kilomètres au sud de Santiago, en Araucanie, région délimitée par le Rio Biobío au nord, et qui s'étend jusqu'à la cordillère des Andes et les frontières avec l'Argentine. Ici, point d'agitation ; les voitures sont rares. Seuls les bêlements des moutons et le bruit des cascades brisent le silence de la vallée. 

 

 

Il y a quelques semaines, avec d'autres Mapuches, Veronica a manifesté dans sa commune, à Curarrehue, pour dénoncer la politique du gouvernement. "Les Mapuches subissent depuis des siècles la violence d'Etat et les inégalités. Aujourd'hui, les Chiliens vivent la même chose, ils en ont marre de ne pas pouvoir se soigner, de ne pas pouvoir étudier... Ils comprennent enfin notre lutte et s'identifient à notre souffrance, on ne peut que les soutenir !", se félicite-t-elle, affairée à cuire des œufs dans sa ruka, maison traditionnelle en bois. Signe de ce soutien, le drapeau Wenüfoye, aux bandes bleue, verte et rouge, est brandi dans tous les cortèges depuis le début de la mobilisation. Bien plus que le drapeau chilien. Il est devenu un symbole de résistance contre l'Etat et de soutien à la lutte mapuche, relève le sociologue Fernando Pairican dans le média chilien Ciper (en espagnol).

 

 

Des Mapuches manifestent contre le gouvernement à Valparaiso, au Chili, le 2 novembre 2019.

Des Mapuches manifestent contre le gouvernement à Valparaiso, au Chili, le 2 novembre 2019. (RODRIGO GARRIDO / REUTERS)


 

Car depuis la colonisation espagnole au XVIe siècle, les Mapuches – "Peuple de la terre" en langue mapudungun – n'ont cessé d'être réprimés par les colons espagnols, puis par l'Etat chilien. "Lors de la période de la 'Pacification', au XIXe siècle, mes ancêtres originaires d'Argentine ont dû se réfugier au Chili. Nos maisons ont été brûlées, les familles massacrées", raconte Veronica, très émue à l'évocation de ce passé douloureux. "Durant la dictature, on nous a pris nos terres pour les donner aux industriels et on nous a privés de nos droits". Aujourd'hui, parmi le million de Mapuches qui vivent au Chili, 70% ont dû s'installer dans les grandes villes, notamment pour trouver un travail. 

 

 

Depuis la fin du régime de Pinochet, l'un des principaux combats des Mapuches est donc la restitution de ces terres ancestrales et sacrées. "Ma famille possèdait 1 200 hectares et en a perdu 300 durant la dictatureSi on veut les récupérer, il faut en faire la demande et payer. Ou alors s'installer de force", explique Veronica en se dirigeant vers la rivière Maichin, qui coule en contrebas. Ceux qui choisissent cette solution sont considérés comme des terroristes par l'Etat et surveillés en permanence par le commando Jungle, un groupe spécial entraîné aux techniques de contre-insurrection en Colombie. En novembre 2018, ce commando a ciblé Camilo Catrillanca, abattu d'une balle dans la nuque alors qu'il travaillait dans un champ sur son tracteur. Le visage de ce jeune Mapuche de 24 ans s'affiche désormais sur tous les murs du pays et les pancartes des manifestants. 

 

 

Les Mapuches qui résistent le font à leurs risques et périls. Leurs chefs sont tués, ils sont harcelés par la police, parqués dans des "zones rouges" où ils doivent marcher des kilomètres pour trouver de l'eau...

Veronica Quintonahuel

 

 

"J'admire ces Mapuches qui affrontent la police, mais moi je ne peux pas faire comme eux, je veux que mes enfants grandissent en paix, confesse Veronica, en détachant ses longs cheveux noirs. Je me concentre sur l'autre bataille, celle contre les multinationales qui veulent installer des barrages hydroélectriques sur nos terres ou des élevages intensifs de saumon". A Curarrehue, "les barrages assèchent les cours d'eau et nous empêchent d'élever nos animaux. La surproduction de saumons pollue les lacs. A cause de ça, nos communautés sont divisées car certains cèdent pour l'argent."

 

 

 

Une \"ruka\" traditionnelle mapuche. Tralkan, Sayen et Veronica Quintehuel prennent leur petit-déjeuner à Reigoril au Chili, le 23 novembre 2019.

Une "ruka" traditionnelle mapuche. Tralkan, Sayen et Veronica Quintehuel prennent leur petit-déjeuner à Reigoril au Chili, le 23 novembre 2019. (ELISE LAMBERT/FRANCEINFO)


 

Dans un pays où le secteur de l'eau est privatisé depuis la dictature – l'eau se vend, s'achète, s'échange comme n'importe quelle marchandise et seule une poignée de riches propriétaires y ont accès –, cette lutte pour la préservation de l'environnement trouve écho chez les manifestants chiliens. Dans les cortèges, le chant "Les eaux volées seront récupérées" se mélange ainsi aux slogans contre le système libéral ou les violences patriarcales. "La lutte des Chiliens est liée à la nôtre, résume Veronica. Je crois encore qu'un changement peut exister."

 

 

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Rodrigo Pérez assis dans le lycée José Miguel Carrera de Santiago, le 26 novembre 2019. (ELISE LAMBERT / FRANCEINFO)

 

 

 

"On manque de tout dans l'éducation publique"

A l'inverse des Mapuches et des Chiliens nés avant 1990, la génération de Rodrigo Pérez n'a jamais connu la dictature. "Nous n'avons pas peur de la confrontation et nous sommes déterminés à faire plier le gouvernement", lance le lycéen de 18 ans, solennel, assis dans la cour déserte du lycée pour garçons José Miguel Carrera, à Santiago. Fondé en 1813, l'établissement a formé la plupart des présidents du Chili, le plus connu d'entre eux étant Salvador Allende, le président socialiste renversé par le coup d'Etat de septembre 1973. "Historiquement, c'était plutôt un lycée réservé aux élites, étaye Rodrigo, mais aujourd'hui c'est un établissement financé par la mairie. Les professeurs ont la volonté de nous forger l'esprit critique. Il y a sept élèves trans qui étudient ici."

 

 

Le jeune homme fait partie des lycéens qui ont organisé les premières mobilisations contre la hausse du prix du ticket de métro à Santiago, le 18 octobre. Depuis, il dort peu et son portable ne cesse de sonner. Avec quelques professeurs et élèves, il profite de l'arrêt des cours pour occuper, nuit et jour, les bâtiments de ce lycée de 4 000 élèves. Dans les salles, certains d'entre eux s'affairent à ranger les matelas et jeter des vieilles barquettes de nourriture. Sur les murs, les graffitis révolutionnaires et le visage du Che Guevara détonnent avec les devises de l'établissement : "Ce que tu sèmes aujourd'hui seront les fruits de demain."

 

 

A l'instar des manifestants, les occupants du lycée exigent que le gouvernement mette fin au système de "privatisation" de l'éducation. Jusqu'en 1973, l'éducation était un droit au Chili, mais la dictature l'a largement privatisée, au même titre que la santé ou les retraites. L'Etat a délégué aux municipalités la gestion des écoles, laissant "les communes riches avoir les meilleures écoles et les communes pauvres les mauvaises", décrit Rodrigo. Le coût des études renforce d'autant plus ces disparités.

 

 

A l'université, un mois d'études coûte en moyenne entre 400 et 600 euros et l'Etat ne subventionne que 15% du budget des universités. Résultat : les familles s'endettent parfois pendant quinze ans pour payer les études de leurs enfants. En 2014, 70% des étudiants étaient endettés. "Quand tu as fini tes études, tu dois rembourser ton prêt. Ça représente souvent entre 20 et 30% de ton salaire. Et encore, si tu as un travail ! C'est un cercle vicieux...", se désole celui qui rêve d'études de cinéma. Cette année, le taux de chômage des 15-24 ans a en effet atteint 19,2%, selon la Banque mondiale

 

 

Des lycéens marchent dans la cour du lycée José Miguel Carrera, à Santiago, le 19 novembre 2019.

Des lycéens marchent dans la cour du lycée José Miguel Carrera, à Santiago, le 19 novembre 2019. (ELISE LAMBERT / FRANCEINFO)

 

"On manque de tout dans l'éducation publique. Les professeurs sont mal payés et ne s'accrochent qu'à leur vocation", déplore Rodrigo en entrant dans une classe quasiment vide où des rangées de pupitres en bois élimés s'alignent devant un tableau. Seul le rétroprojecteur suspendu au plafond semble récent. "C'est la salle la plus luxueuse !"

 

 

Les professeurs doivent s'acheter leurs feutres, il n'y a pas de papier toilette ou de savon dans les cabinets ; les élèves doivent apporter les leurs.

Rodrigo Pérez

 

 

Mais nombre de manifestants estiment que la réforme n'est toujours pas suffisante et que seule une réécriture complète de la Constitution – entrée en vigueur durant la dictature de Pinochet – permettra un véritable changement du système éducatif. Un référendum pour une révision du texte doit avoir lieu en avril 2020.

 

 

En attendant, la mobilisation se poursuit et les lycéens sont toujours étroitement surveillés par la police. "Quand l'état d'urgence a été décrété [le 18 octobre, puis levé une dizaine de jours plus tard], des camarades ont été arrêtés et emprisonnés", raconte Rodrigo. "On a vu des 'pacos' [le terme péjoratif pour désigner les policiers] monter sur le toit du lycée pour nous surveiller". Selon lui, certains ont même uriné sur le toit pour les provoquer. Pour se protéger, les lycéens se préparent désormais à anticiper toute opération de police. Une commission "sécurité" a été créée lors de l'occupation et regroupe les élèves les plus robustes du lycée. L'établissement est barricadé et il faut s'inscrire sur un registre pour y entrer. "On n'aurait jamais pensé en arriver là !, admet le lycéen dans un sourire. Nous vivons un moment historique. Tant que le système ne changera pas, nous continuerons à lutter."

 

 

***Texte et photos : Elise Lambert***
envoyée spéciale au Chili

 


16/12/2019
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Franceinfo - le mardi 3 décembre 2019

 

 

Chili : le gouvernement met plus de cinq milliards de dollars sur la table pour tenter de répondre à la crise sociale

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

Le plan prévoit une augmentation des dépenses publiques d'environ trois milliards de dollars et une aide financière de près de deux milliards de dollars aux PME

 

 

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Des manifestants chiliens, le 30 octobre 2019, à Santiago, au Chili. (EDGARD GARRIDO / REUTERS)

 

 

 

Le gouvernement chilien sort le chéquier. Le pouvoir a mis sur la table 5,5 milliards de dollars (près de 5 milliards d'euros), lundi 2 décembre, pour tenter de résoudre la crise sociale sans précédent qui agite le pays. Le ministre des Finances Ignacio Briones a annoncé ce plan de soutien à l'économie, avec au programme une augmentation des dépenses publiques en 2020 de quelque trois milliards de dollars.

 

 

Les mesures retenues par le gouvernement prévoient aussi une aide financière de 1,9 milliard de dollars aux PME (petites et moyennes entreprises) et 525 millions de dollars de mesures diverses, comme la reconstruction du métro de la capitale Santiago. Le plan gouvernemental devrait permettre de créer 100 000 emplois supplémentaires, selon le ministre, et entraîner une augmentation de 9,8% des dépenses publiques en 2020, par rapport à 2019. Le déficit budgétaire, quant à lui, pourrait atteindre 4,4% du PIB.

 

 

 

Repli de l'activité économique

Depuis le 18 octobre, date à laquelle le mouvement de protestation a éclaté, l'activité économique s'est effondrée au Chili et des questions subsistent concernant le financement de ce plan. "Comme n'importe quel foyer chilien face à une situation difficile et imprévue, nous aurons recours à notre épargne et à notre capacité d'emprunt, en sachant que ces deux éléments ont des limites à ne pas dépasser", a répondu Ignacio Briones, en soulignant que ces mesures étaient rendues possibles par "les années de responsabilité budgétaires de tous les gouvernements" précédents.

 

 

Les besoins de financement pour l'année prochaine sont estimés à 16,6 milliards de dollars, financés par une émission de dette à hauteur de neuf milliards. L'annonce gouvernementale est intervenue le jour où la Banque centrale chilienne annonçait un fort repli de 3,4% de l'activité économique du pays, pire performance depuis 2009 (moins 3,5%), au plus fort de la crise financière internationale.

 

 

La crise sociale s'est déclenchée en octobre avec des manifestations d'étudiants contre une hausse du prix du ticket de métro, qui se sont ensuite muées en une révolte sociale d'ampleur, la plus grave depuis la fin de la dictature du général Augusto Pinochet (1973-1990). Les Chiliens protestent contre les inégalités qui règnent dans un pays à l'économie prospère et où l'Etat est selon eux défaillant dans les domaines de l'éducation, de la santé et des retraites.

 


03/12/2019
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Franceinfo - le mercredi 27 novembre 2019

 

 

Colombie : vers une nouvelle journée de grève, après un dialogue infructueux avec le gouvernement

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

Il s'agit de la deuxième journée de grève en six jours contre le président Ivan Duque, dont l'offre de dialogue n'a pas enrayé les manifestations qui touchent le pays

 

 

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Un rassemblement en hommage à l'étudiant mort après avoir été blessé à la tête par la police anti-émeute, à Bogota (Colombie), le 26 novembre 2019.  (JUAN DAVID MORENO GALLEGO / ANADOLU AGENCY / AFP)

 

 

 

Le mouvement social en Colombie ne faiblit pas. Un nouvel appel à la grève a été lancé pour la journée du mercredi 27 novembre. Il s'agit de la deuxième en six jours contre le président Ivan Duque, dont l'offre de dialogue n'a pas enrayé les manifestations d'une ampleur inédite dans ce pays"Toutes les actions de mobilisation sont maintenues", a ainsi déclaré Diogenes Orjuela, président de la Centrale unitaire des travailleurs (CUT), à l'issue d'une réunion avec Ivan Duque, au palais présidentiel Casa de Nariño.

 

 

Il s'agissait de la première rencontre entre les leaders du mouvement, lancé le 21 novembre, et le chef de l'Etat de droite, très impopulaire après moins de seize mois au pouvoir. Aucun accord n'a été trouvé et la mort, lundi, d'un étudiant de 18 ans, blessé à la tête au cours du week-end par la police anti-émeute, a amplifié le mécontentement. Des centaines de personnes se sont d'ailleurs regroupées mardi, devant l'hôpital où Dilan Cruz est mort. 

 

 

A Medellín, deux gros rassemblements ont eu lieu mardi, mais l'Escadron mobile anti-troubles (Esmad) – la police anti-émeute dont les manifestants demandent la dissolution – n'est pas intervenu. Le gouvernement a d'ailleurs réaffirmé son soutien à cet escadron qui "continuera à garantir la sécurité des Colombiens", a déclaré le ministre de la Défense Carlos Holmes Trujillo.

 

 

 

Quatre morts et plus de 500 blessés

Le mouvement a fait quatre morts à ce jour et environ 500 civils et forces de l'ordre ont été blessés, tandis que 172 personnes sont détenues et 60 Vénézuéliens ont été expulsés pour "actes de vandalisme"

 

 

Sous la pression de la rue, qui conteste ses politiques économiques, sociales et sécuritaires, Ivan Duque a annoncé dimanche un "dialogue social" pour répondre à ce mouvement, inédit depuis les années 70. Des milliers de manifestants occupent chaque jour les rues de Bogota et d'autres villes du pays, où une répression policière parfois brutale a suscité l'indignation.

 


27/11/2019
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Franceinfo - le samedi 23 novembre 2019

 

 

Colombie : des manifestants devant le domicile du président Duque, malgré un couvre-feu

 

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

 

Jeudi, des centaines de milliers de personnes avaient protesté dans tout le pays. Des violences ont provoqué la mort de trois personnes

 

 

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Des manifestants protestent devant le domicile du président colombien Ivan Duque, le 22 novembre 2019 à Bogota. (JUAN BARRETO / AFP)

 

 

 

Ils ont bravé le couvre-feu imposé à Bogota. Des manifestants ont protesté à coups de casseroles devant le domicile du président colombien Ivan Duque, vendredi 22 novembre, au lendemain d'une mobilisation massive suivie de violences. Une cinquantaine de personnes ont chanté l'hymne national devant la résidence du chef de l'Etat dans le nord de la capitale, en s'accompagnant d'un "cacerolazo".

 

 

Ces manifestants se sont dispersés dans le calme, une heure après le début du couvre-feu, qui prenait effet à 21 heures locales (3 heures à Paris). Ailleurs dans la ville, des habitants ont eux aussi, depuis chez eux, fait résonner casseroles et marmites. Environ 300 personnes ont aussi protesté sur la principale autoroute traversant Bogota.

 

 

Plus tôt dans la soirée, le président de droite avait appelé à un dialogue national. "A partir de la semaine prochaine, je lancerai une conversation nationale, qui renforcera l'actuel agenda de politique sociale, en travaillant ainsi de manière unie avec une vision à moyen et long terme, qui nous permettra de combler les écarts sociaux", a-t-il affirmé, précisant que ce dialogue se tiendrait "dans les régions avec tous les secteurs".

 

 

 

Trois morts dans les manifestations de jeudi

Très impopulaire après à peine plus de quinze mois au pouvoir, Ivan Duque a ainsi fait un premier pas envers les organisations ayant appelé à la plus grande mobilisation sociale de ces dernières années contre le gouvernement. Il a ajouté avoir "décidé de renforcer la présence de la force publique" et ordonné "le déploiement de patrouilles mixtes de la police et de l'armée de terre dans les lieux les plus critiques".

 

 

De son côté, le maire de Bogota, Enrique Peñalosa, a décrété le couvre-feu jusqu'à 6 heures samedi (midi à Paris), en réponse à des troubles dans des quartiers populaires de cette capitale de sept millions d'habitants. Il s'agit du premier couvre-feu total décrété depuis 1977.

 

 

Jeudi, des centaines de milliers de personnes dénonçant des mesures économiques, sociales et sécuritaires du gouvernement avaient protesté dans tout le pays, au cours de marches majoritairement pacifiques. Mais des violences survenues par la suite ont provoqué la mort de trois civils. 122 autres ont été blessés, ainsi que 151 membres des forces de l'ordre, selon un bilan officiel.

 


23/11/2019
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Franceinfo - le vendredi 15 novembre 2019

 

 

Bolivie : la présidente par intérim menace Evo Morales de poursuites judiciaires s'il revient au pays

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

L'ancien président peut rentrer dans son pays depuis son exil mexicain. Mais il a "encore des comptes à rendre", a déclaré vendredi Jeanine Añez

 

 

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La présidente bolivienne par intérim, Jeanine Añez, lors d'une conférence de presse organisée à La Paz, le 15 novembre 2019. (RONALDO SCHEMIDT / AFP)

 

 

 

Evo Morales peut rentrer en Bolivie. Mais si c'est le cas, "il doit savoir qu'il devra répondre devant la justice. Il y a un délit électoral et de nombreuses accusations de corruption au sein de son gouvernement." En conférence de presse, vendredi 15 novembre, Jeanine Añez a tenu à mettre en garde l'ancien président qui a trouvé l'exil politique chez le voisin mexicain. Celle qui a été proclamée présidente par intérim il y a trois jours a affirmé que l'ancin dirigeant avait "encore des comptes à rendre".

 

 

Evo Morales qui "est parti de lui-même" pour le Mexique, a assuré mercredi être prêt à rentrer en Bolivie pour "pacifier" son pays. Depuis l'annonce de sa démission, dimanche, ses partisans manifestent quotidiennement et des heurts ont lieu avec les forces de l'ordre, notamment dans la capitale La Paz. Certains manifestants pro-Morales lançaient des pierres et toute sorte d'objets en direction des forces de l'ordre qui répondaient en tirant du gaz lacrymogène pour tenter de les disperser, ont constaté des journalistes de l'AFP.

 

 

Auparavant, plusieurs milliers de personnes scandant notamment "Evo, reviens !" et agitant des Wiphalas, le drapeau andin indigène multicolore, étaient descendues de la ville voisine d'El Alto pour manifester leur colère dans les rues de La Paz.

 


16/11/2019
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Franceinfo - le vendredi 15 novembre 2019

 

 

Chili : un accord historique trouvé pour réviser la Constitution héritée de la dictature d'Augusto Pinochet

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

La Constitution date d'il y a trente ans. L'objectif de cet accord est d'apaiser la violente crise sociale qui secoue le pays depuis près d'un mois. Les Chiliens seront appelés à se prononcer dans les urnes sur ce changement en avril 2020

 

 

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Des manifestants tiennent un drapeau chilien, le 12 novembre 2019, à Santiago (Chili). (RODRIGO ARANGUA / AFP)

 

 

 

Un accord historique. Les partis politiques au Chili sont parvenus à s'entendre, vendredi 15 novembre, au Parlement, pour organiser un référendum en avril 2020 afin de réviser la Constitution héritée voilà trente ans de la dictature d'Augusto Pinochet. L'objectif est de tenter d'apaiser la violente crise sociale qui secoue le pays depuis près d'un mois, car la révision de la Constitution figure en bonne place dans les revendications des manifestants, qui protestent depuis le 18 octobre. Les manifestations, qui ont fait 22 morts et plus de 2 000 blessés, restent massives.

 

 

Le référendum comportera deux questions : l'une sur la révision ou non de la Constitution et l'autre, le cas échéant, sur la méthode pour la rédiger, selon le président du Sénat Jaime Quintana. Cette seconde question devra déterminer quel organe rédigera la future Constitution, soit un congrès mixte, idée soutenue par la coalition gouvernementale, composé à parts égales de membres élus à cette fin et de parlementaires en exercice, soit une assemblée constituante intégralement composée de membres élus à cette fin. Cette seconde idée est soutenue par l'opposition.

 

 

 

"La politique prend son destin en main"

"C'est une réponse de la politique au sens le plus noble du terme, la politique qui pense au Chili, qui prend son destin en main et qui assume ses responsabilités", a affirmé lors d'une conférence de presse matinale Jaime Quintana. Membre du Parti pour la démocratie (opposition de centre-gauche), il s'exprimait aux côtés d'autres responsables de partis, hormis le Parti communiste.

 

 

Si le projet de révision est validé par référendum, l'élection des membres de l'une ou l'autre de ces instances se fera en octobre 2020, au suffrage universel en même temps que les élections municipales et régionales. La ratification de la nouvelle Constitution s'effectuera au suffrage universel, avec vote obligatoire pour l'occasion. L'accord est intervenu au sein d'un Congrès où aucun bloc ne dispose d'une majorité des deux tiers nécessaire pour une révision constitutionnelle.

 


15/11/2019
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Franceinfo - le jeudi 14 novembre 2019

 

 

L'article à lire pour comprendre la crise politique en Bolivie

 

 

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Anne BrigaudeauFrance Télévisions

 

 

 

Après avoir démissionné, le président bolivien, Evo Morales, a quitté son pays pour le Mexique, d'où il a dénoncé un coup d'Etat. La sénatrice de droite Jeanine Añez s'est proclamée, mardi 12 novembre, présidente par intérim de la Bolivie

 

 

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Une Bolivienne traverse une rue bloquée par une barricade, à La Paz (Bolivie), le 12 novembre 2019. (RONALDO SCHEMIDT / AFP)

 

 

 

Un "coup d'Etat". Telle est l'expression employée par l'ex-président bolivien Evo Morales, désormais réfugié au Mexique, pour qualifier les circonstances de son départ. Au pouvoir depuis 2006, le chef d'Etat a démissionné, dimanche 10 novembre, après une série de manifestations violentes contestant sa réélection, puis il s'est envolé pour Mexico. Malgré l'absence de quorum au Parlement, la sénatrice Jeanine Añez s'est proclamée, mardi 12 novembre, présidente par intérim de la Bolivie. Elle a affirmé vouloir "convoquer des élections au plus vite". On vous explique ce qui s'est passé dans ce pays andin pour en arriver à une telle situation.

 

 

 

Pour les cancres en géographie, c'est où la Bolivie ?

Enclavée, la Bolivie est entourée à l'ouest par le Chili et le Pérou, qui lui barrent l'accès direct à l'océan Pacifique et, de l'autre côté, à l'est, par le Brésil, le Paraguay et l'Argentine. Sa capitale administrative est La Paz, sa capitale constitutionnelle est la ville de Sucre.

 

 

 

Carte de la Bolivie.

Carte de la Bolivie. (GOOGLE MAPS)

 

 

 

Sur le plan des ressources économiques, la Bolivie est considérée comme la seconde réserve de gaz naturel du continent sud-américain. Le pays compte aussi des mines d'or, de cuivre, d'étain, et surtout de lithium (indispensable aux batteries modernes). C'est enfin un pays producteur de coca qui est, entre autres, consommé sur place pour des usages traditionnels. Mais qui est aussi transformé en poudre, la cocaïne, massivement (et illégalement) exportée en Europe et en Amérique du Nord, ce qui provoque d'incessants litiges avec l'administration américaine chargée de la lutte contre les stupéfiants.

 

 

 

Quel est le bilan d'Evo Morales, le président qui a démissionné ?

Il est globalement positif après treize ans de présidence (2006-2019), malgré quelques points plus contestables. Une fois au pouvoir, Evo Morales nationalise les sociétés d'extraction d'hydrocarbures (pétrole et surtout gaz). Cette manne lui permet de financer de nombreux programmes sociaux, qui font drastiquement baisser le niveau de pauvreté extrême. Celui-ci passe de 36,7% en 2005 à 16,8% en 2015 selon l'ONU, cité par Le Figaro. La pauvreté modérée passe, elle, de 60 à 36% de la population. "Il a redistribué l’argent de façon ciblée : aux femmes enceintes, aux écoliers, aux personnes âgées..." énumère la géographe Laetitia Perrier-Bruslé, spécialiste du pays et maître de conférences à l'université de Nancy. Et il a multiplié par 4 le produit national brut." Le FMI l'atteste : de 2006 à 2019, le PIB (produit intérieur brut) est passé de 9 à 38,5 milliards.

 

 

Mais sa révolution est aussi "culturelle et démocratique", observe Claude Le Gouill, chercheur à l'Institut des hautes études de l'Amérique latine et spécialiste de la Bolivie. Premier président du pays qui se revendique comme indigène, Evo Morales fait  de son pays un "Etat plurinational", avec 36 nations et autant de langues. Et il promeut les symboles de l'indianité, comme le wiphala, ce drapeau multicolore à damier des ethnies andines. "C'est la conquête de toutes ces années de lutte contre la discrimination. Notre gouvernement a permis que la femme indigène ne soit plus obligée d'abandonner la 'pollera' [une jupe bouffante traditionnelle]", explique une Bolivienne dans cette vidéo de France 24.

 

 

 

 

 

 

L'élection présidentielle de 2019 était-elle celle de trop ? "Oui,  juge Laetitia Perrier-Bruslé. Evo Morales aurait pu partir en 2016 sur un bilan économique extrêmement positif." Elle rappelle que le président a ignoré les résultats du référendum de 2016, un scrutin qu'il a perdu (une majorité de Boliviens s'étaient opposés à une modification de la Constitution lui permettant de se présenter à nouveau en 2019). La géographe pointe aussi des dérives, comme le noyautage des institutions ou le culte de la personnalité. "Il a tellement incarné le changement que personne ne pouvait prendre sa place", assène la chercheuse. "Il n’avait plus le même appui de ses bases. Et surtout, il s’est déconnecté de ses bases. Les critiques ne remontaient jamais", remarque de son côté Claude Le Gouill. 

 

 

 

Pourquoi a-t-il quitté le pays ?

Avant de rejoindre le Mexique, où il a obtenu l'asile, Evo Morales a expliqué qu'il quittait la Bolivie parce qu'il se sentait "menacé". Les opposants avaient obtenu sa démission ce même 10 novembre. Ils contestaient dans la rue, depuis plusieurs jours, la réélection du chef de l'Etat à l'issue de la présidentielle du 20 octobre. Le 25 octobre, selon les résultats définitifs, Evo Morales est déclaré vainqueur dès le premier tour avec 47,08% des voix contre 36,51% à son opposant de centre droit Carlos Mesa. Mais des irrégularités, des fraudes sont pointées du doigt par les observateurs internationaux présents sur place et par l'opposition. Des manifestations gagnent alors tout le pays. L'armée et la police lâchent le président, le poussant à la démission. 

 

 

Qui sont ses opposants ?

La contestation a rassemblé des Boliviens très divers, selon les chercheurs interrogés.

 

 

Des habitants lambda du pays étaient excédés face à la fraude électorale avérée. C’est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase.Claude Le Gouill, spécialiste de la Bolivie à franceinfo

 

 

"L’opposition à Evo Morales est très complexe", estime également Laetitia Perrier-Bruslé. "Elle va des représentants des riches très à droite à des intellectuels de gauche, ou des populations indigènes des basses terres, estimant qu'il n'a pas respecté leur territoire, à la petite bourgeoisie enrichie." "Outre le leader d'extrême droite Luis Fernando Camacho, qui incarne une base raciste qui ressurgit, il y a aussi des logiques corporatistes ou professionnelles", complète Claude Le Gouill. Il cite "les producteurs de coca qui se jugeaient malmenés par le gouvernement", ou encore les régions qui ne voulaient plus "partager la rente bâtie sur du gaz ou du lithium". 

 

 

 

Quel est le rôle de l'extrême droite ?

"Elle essaie d'en profiter", analyse Claude Le Gouill. "Luis Fernando Camacho, qui la représente, apparaît comme un des dirigeants de l’opposition, alors qu’il n’en est qu’une infime partie." Entrepreneur âgé de 41 ans, ultraconservateur et catholique, cet opposant à Evo Morales s'est "imposé par sa radicalité et ses provocations assumées", explique France 24"Jeune, il a fait ses armes auprès de l'Union des jeunes Crucenistes, un mouvement qualifié de groupe paramilitaire raciste ciblant  les 'indigènes', selon une organisation internationale des droits de l’homme." Aujourd'hui, il a pris la tête de la junte civique de Santa Cruz, un groupe d’extrême droite dirigé par des entrepreneurs miniers et des propriétaires terriens, complète le journal canadien Le Devoir.

 

 

Très visible dans les médias et sur les réseaux sociaux, Luis Fernando Camacho a appelé le 2 novembre l'armée et la police à "se ranger aux côtés du peuple". Le 10 novembre, "peu avant l’annonce de la démission d'Evo Morales, Luis Fernando Camacho pénètre dans le 'Palacio Quemado' [le palais présidentiel], décidé à remettre la lettre de démission en blanc à son ennemi juré, détaille France 24. Posant la Bible sur le drapeau bolivien (...), le leader de la rébellion à Santa Cruz promet de 'ramener Dieu au Palais brûlé." 

 

 

Citée par Le Devoir, la spécialiste de l’Amérique du Sud Marie-Christine Doran, professeure à l’École d’études politiques de l’université d’Ottawa, estime : "Ce n’est pas l’usure du pouvoir ni un bilan tragique qui viennent de forcer la sortie d’Evo Morales. C’est le résultat d’une résistance de l’élite qui, depuis treize ans, a perdu ses privilèges. Elle s’est radicalisée en passant par les mouvements de la droite religieuse évangélique." D'où des comparaisons parfois établies avec la droite qui a porté au pouvoir Jair Bolsanoro au Brésil. D'où aussi ces images circulant sur les réseaux sociaux qui montrent des représailles contre la population amérindienne. Telle celle montrée par le journal belge Le Soir de cette maire amérindienne malmenée, humiliée, peinte en rouge et aux cheveux coupés de force par des opposants à Evo Morales, le 6 novembre. Ou encore celles, reprises par le journaliste et lanceur d'alerte américain Glenn Greenwald, où des policiers arrachent de leur uniforme le wiphala, le drapeau arc-en-ciel des nations indiennes de Colombie.

 

 

 

Aujourd'hui, quelle est la situation dans le pays ? 

Elle est tendue depuis plusieurs jours. Aux manifestations et aux grèves pour réclamer le départ d'Evo Morales ont succédé les émeutes urbaines des Boliviens qui soutiennent Morales. Armés et prêts à en découdre avec l'opposition, les partisans de l'ancien chef de l'Etat s'en sont pris aux forces de l'ordre, lundi 11 novembre. Des casernes de la police ont été pillées et brûlées dans plusieurs villes, tandis que des centaines de partisans d'Evo Morales ont marché vers la capitale, La Paz, en contraignant les magasins à fermer leurs portes.

 

 

Lundi 11 novembre, des entreprises ont été attaquées, des bâtiments incendiés et la plupart des écoles et des commerces sont restés fermés. Les transports publics étaient à l'arrêt et les routes bloquées. Le commandant des forces armées boliviennes a annoncé avoir ordonné aux troupes de mener des opérations conjointes avec la police contre les "actes de vandalisme". S'exprimant devant des journalistes à La Paz, Williams Kaliman a assuré que les forces de sécurité feraient un usage "proportionné" de la force. L'armée est déployée dans les rues pour appuyer la police. Mardi 12 novembre, La Paz est restée paralysée, sans transports publics.

 

 

 

Qui assure alors le pouvoir ?

Malgré l'absence de quorum (un nombre de députés présents suffisant) au Parlement, la deuxième vice-présidente du Sénat, Jeanine Añez, soutenue par le leader d'extrême droite Luis Fernando Camacho, s'est proclamée présidente par intérim de la Bolivie, mardi 12 novembre. Pour revendiquer ce poste, la sénatrice de droite a invoqué les démissions en cascade du président Morales et de ses successeurs prévus par la Constitution. A savoir le vice-président, la présidente et le vice-président du Sénat ainsi que le président de la Chambre des députés. Elle a ensuite prêté serment, et le Tribunal constitutionnel a validé cette élection.

 

 

De façon spectaculaire, cette avocate de 52 ans a brandi une énorme Bible en entrant dans le palais présidentiel. "La Bible est de retour au Palais", a-t-elle proclamé. "Plusieurs vieux tweets supprimés d'Añez ressurgissent. En 2013 : "Je rêve d'une Bolivie libre des rites sataniques indigènes, la ville n'est pas faite pour les Indiens, qu'ils s'en aillent dans l'Altiplano ou dans le Chaco !!", souligne sur Twitter le journaliste Vincent Glad. Néanmoins, dans une allocution faite mardi, la présidente a défendu l'usage, aux côtés du drapeau national tricolore, du wiphala, le drapeau amérindien.

 

 

 

 

 

 

Jeanine Añez doit désormais nommer son gouvernement et convoquer de nouvelles élections dans un délai de 90 jours, selon la Constitution. Elle a promis que ces élections auraient lieu avant le 22 janvier 2020. 

 

 

 

S'agit-il d'un coup d'Etat ?

Pour Evo Morales, l'accession au pouvoir de la sénatrice Jeanine Añez signe "le coup d'Etat le plus astucieux et le plus odieux de l'histoire". Y a-t-il eu un coup d'Etat ? "Si oui, ce n'est pas un coup d'Etat au sens traditionnel. L’armée n’a pas pris le pouvoir comme cela avait été le cas lors des dictatures militaires" [de 1964 à 1982], répond Claude Le Gouill. 

 

 

Mais sur fond de large contestation, de manifestations, de grèves et de paralysie du pays, c'est bien la pression décisive des forces de sécurité qui ont poussé Evo Morales à partir. Le dimanche après-midi, l'armée et la police lui ont retiré leur soutien et l'ont appelé à démissionner "pour le bien de la Bolivie", ce qu'il a fait le même jour. Dans la foulée de sa démission, la police a procédé à l'arrestation de la présidente du Tribunal suprême électoral ainsi que de son vice-président, sur ordre du parquet enquêtant sur des irrégularités commises dans le scrutin d'octobre. Tous deux, emmenés par des hommes encagoulés ou masqués, ont été présentés aux médias au pied d'une estrade où se trouvaient, assis, des gradés de la police. 

 

 

 

J'ai eu la flemme de tout lire, vous pouvez me faire un résumé ?

Au pouvoir depuis 2006, Evo Morales a voulu le mandat de trop en se présentant à nouveau à l'élections présidentielle de 2019, dans des conditions contestées, estiment certains spécialistes de la Bolivie. Le 20 octobre, sa victoire au premier tour contre Carlos Mesa (centre droit) est entachée de fraudes, selon les observateurs internationaux et l'opposition, qui réclament un second tour. Dans les jours qui suivent, des manifestations et des grèves éclatent. La police et l'armée lâchent Evo Morales, qui démissionne le dimanche 10 novembre, part au Mexique et dénonce "le coup d'Etat le plus astucieux et le plus odieux de l'histoire".

 

 

Inquiets et furieux, les partisans d'Evo Morales se soulèvent après son départ, avec des émeutes urbaines dans plusieurs villes. L'armée se joint à la police pour les maîtriser. Mardi 12 novembre, la seconde vice-présidente du Sénat, Jeanine Añez, se proclame présidente par intérim de la Bolivie et promet d'organiser des élections.

 


14/11/2019
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Franceinfo - le mecredi 13 novembre 2019

 

 

Bolivie : la sénatrice Jeanine Añez devient présidente par intérim, Evo Morales dénonce un "coup d'Etat"

 

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Jeanine Añez a invoqué "la nécessité de créer un climat de paix sociale", dans un pays secoué par une grave crise politique depuis l'élection présidentielle fin octobre

 

 

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La sénatrice Jeanine Añez a prêté serment après s'être proclamée présidente par intérim du pays lors d'une session du Congrès, à La Paz, le 12 novembre 2019. (AIZAR RALDES / AFP)

 

 

 

En Bolivie, la deuxième vice-présidente du Sénat Jeanine Añez s'est proclamée, mardi 12 novembre, présidente par intérim après la fuite en exil d'Evo Morales. Cette annonce aussitôt qualifiée de "coup d'Etat" par l'ancien président.

 

 

 

 

 

 

Malgré l'absence de quorum au Parlement, Jeanine Añez a invoqué "la nécessité de créer un climat de paix sociale", dans un pays secoué par une grave crise politique depuis l'élection présidentielle fin octobre et la vacance du pouvoir provoquée par les démissions en cascade du président Evo Morales et de ses successeurs prévus par la Constitution : le vice-président du pays, la présidente et le vice-président du Sénat ainsi que le président de la Chambre des députés. 

 

 

Jeanine Añez s'est immédiatement rendue au siège du gouvernement où elle a prêté serment, tandis que le Tribunal constitutionnel a validé cette élection. Elle s'est ensuite réunie avec les chefs de l'armée et de la police. "Nous souhaitons convoquer des élections au plus vite", a également déclaré la sénatrice.

 

 

 

Un "coup d'Etat" pour Evo Morales

"Le coup d'Etat le plus astucieux et le plus odieux de l'histoire a eu lieu", a aussitôt réagi Evo Morales sur Twitter. Celui qui a été au pouvoir de 2006 à 2019 a promis de poursuivre "la lutte", affirmant qu'il ne cesserait pas de "faire de la politique" et remerciant le Mexique de lui avoir "sauvé la vie".

 

 

 

 

 

 

Dimanche soir, des milliers de Boliviens avaient célébré dans les rues le départ d'Evo Morales, après la vague de violences post-électorales au cours de laquelle sept personnes ont été tuées, selon un nouveau bilan annoncé mardi par le procureur général. Au moins 383 autres ont été blessées.

 

 

 

Franceinfo - le mardi 12 novembre 2019

 

 

 

Crise politique en Bolivie : quatre choses à savoir sur Evo Morales, le président démissionnaire parti se réfugier au Mexique

 

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Elu pour la première fois en décembre 2005, l'ancien président bolivien a démissionné le 10 novembre après des semaines de manifestation contre sa réélection contestée

 

 

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L'ancien président bolivien, Evo Morales, le 23 octobre 2019 à La Paz (Bolivie). (AIZAR RALDES / AFP)

 

 

 

"Frères et sœurs, je pars pour le Mexique." Evo Morales, l'ancien président de la Bolivie, a quitté le pouvoir, lundi 11 novembre, en prononçant ces mots. "Ça me fait mal d'abandonner le pays pour des raisons politiques, mais je serai toujours attentif. Je reviendrai bientôt avec plus de force et d'énergie", a-t-il déclaré. 

 

 

 

 

 

 

L'ancien paysan a démissionné sous la pression de l'armée et des manifestations violentes de ses opposants, en pleine crise déclenchée par sa réélection controversée le 20 octobre. Le Mexique lui a accordé l'asile politique à sa demande, parce qu'il considérait que sa vie était en danger dans son pays.

 

 

Franceinfo brosse le portrait de cette icône indigène, élue en 2005 à la tête du pays.

 

 

 

Un défenseur de la feuille de coca

Evo Morales est né le 26 octobre 1959 à Orinoca, dans la cordillère des Andes. Issu d'une famille de paysans modestes, il fait ses débuts en politique en défendant les intérêts des producteurs des feuilles de coca, cette plante dont est tirée la cocaïne. Il devient le président de la Fédération des cocaleros du tropique de Cochabamba, les paysans cultivateurs de coca, puis se fait élire député en 1997. Son mandat sera marqué par son opposition à la politique d'éradication forcée de la culture de coca, menée par le gouvernement d'Hugo Banzer. "La culture de la coca en Bolivie est millénaire. Elle fait partie de la culture aymara et est la colonne vertébrale de la culture andine", expliquait-il en 2002 au journal L'Humanité. Cet engagement aux côtés des cocaleros lui vaut d'être expulsé du Parlement en 2002. 

 

 

Elu président en décembre 2005, il milite, au nom du respect d'une pratique ancestrale, pour la dépénalisation de la mastication de la feuille de coca, qu'il obtient auprès de l'ONU en janvier 2013, comme le raconte Le Figaro. Il s'oppose également aux activités dans son pays de la DEA, l'agence anti-drogue américaine, et finit par expulser ses membres, ainsi que l'ambassadeur américain en 2008.

 

 

 

Un indigène au sommet du pays

Evo Morales est aymara, l'une des principales ethnies boliviennes avec les Quechua. Son élection, en décembre 2005, est historique et fait de lui une icône internationale : pour la première fois, la Bolivie est dirigée par un indigène. Peu après son élection, il dote le pays d'une nouvelle Constitution et en fait un "Etat plurinational", avec 36 nations et autant de langues. "Evo Morales a redonné de l'estime de soi à tout un secteur de la population. Il y a eu cette sensation que la discrimination était terminée, que des possibilités nouvelles s'offraient à tout le monde, peu importe le groupe social ou ethnique", explique au Monde Claude Le Gouill, sociologue et chercheur associé au Centre de recherche et de documentation sur l'Amérique latine.

 

 

 

Un bilan plutôt flatteur

En arrivant au pouvoir, Evo Morales nationalise les hydrocarbures – pétrole, gaz – et signe des accords avec les différentes compagnies pétrolières. "L'Etat a tiré sept fois plus de revenus du secteur énergétique qu'avant la nationalisation, en partie grâce à la flambée des prix des matières premières sur le marché mondial", note Libération. Cette manne lui permet de financer de nombreux programmes sociaux, qui font drastiquement baisser le niveau de pauvreté extrême, qui passe de 36,7% en 2005 à 16,8% en 2015 selon l'ONU, cité par Le Figaro. La pauvreté modérée passe elle de 60 à 36% de la population.

 

 

L'ancien président peut aussi mettre en avant la bonne santé de l'économie bolivienne : le PIB est passé de 9 milliards en 2006 à 38,5 milliards d'euros en 2019 selon le FMI. "Il a permis au pays de connaître une longue période de stabilité économique et politique, alors qu'avant lui deux présidents en deux ans avaient dû renoncer à leur mandat sous la pression de la rue", note Le Figaro. Libération relève cependant une "défense déficiente de l'environnement", reprochée au gouvernement par les communautés indigènes d'Amazonie.

 

 

Un homme accroché au pouvoir

Réélu en 2009 et en 2014 dès le premier tour, Evo Morales glisse petit à petit vers l'autoritarisme. En 2009, la police réprime violemment un mouvement d'indigènes qui s'opposaient à la construction d'une route coupant en deux leur territoire. "Les images de l'attaque diffusées par la télévision ont témoigné d'une disproportion des moyens et d'une grande violence contre les manifestants", écrit Robin Cavagnoud, chercheur en sociologie pour l'Institut français d'études andines (IFEA) à La Paz.

 

 

Surtout, Evo Morales ignore les résultats du référendum de 2016. Une majorité de Boliviens refusent qu'il modifie la Constitution pour se représenter en 2019, il décide de concourir quand même pour l'élection du 20 octobre. Les premiers résultats le donnent en ballottage favorable, puis, soudainement, l'écart avec son adversaire grandit et le président est annoncé réélu dès le premier tour. Immédiatement, les accusations de fraudes pleuvent. Une vague de contestation se lève et le contraint, après trois morts et 383 blessés, à quitter son poste.

 


13/11/2019
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Franceinfo - le dimanche 10 novembre 2019

 

 

Bolivie : acculé après sa victoire très contestée, Evo Morales annonce la convocation d'une nouvelle élection présidentielle

 

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L'Organisation des États américains (OEA) a recommandé dimanche, dans un rapport préliminaire, la tenue d'un nouveau scrutin présidentiel en Bolivie

 

 

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Le président bolivien Evo Morales à El Alto, en Bolivie, le 10 novembre 2019. (CARLOS GARCIA RAWLINS / REUTERS)

 

 

 

Nouvelle étape dans la crise bolivienne. Le chef de l'Etat, Evo Morales, a promis dimanche 10 novembre de convoquer une nouvelle élection présidentielle, après la publication d'un rapport de l'Organisation des Etats américains (OEA) réclamant l'annulation du scrutin contesté du 20 octobre pour cause d'irrégularités. Le président, qui a été proclamé vainqueur, a par ailleurs annoncé le remplacement des membres de la commission électorale, conformément aux recommandations de l'OEA.

 

 

>> Réélection contestée d'Evo Morales, mutineries dans la police, occupation de médias d'Etat... Que se passe-t-il en Bolivie ?

 

 

Ce rapport a été rédigé sur la base d'un audit de l'élection, qui n'a pas permis d'en vérifier le résultat. "Les manipulations du système informatique sont d'une telle ampleur qu'elles doivent faire l'objet d'une enquête approfondie de la part de l'Etat bolivien qui doit aller au fond des choses et déterminer la responsabilité de cette grave affaire", disent ses auteurs. L'OEA juge statistiquement peu probable qu'Evo Morales ait obtenu la marge de dix points de pourcentage nécessaire pour être élu dès le 1er tour et invite la Bolivie à se doter de nouvelles autorités électorales avant la tenue d'une nouvelle élection.

 

 

 

Les policiers ont rejoint les manifestants

Le 20 octobre, le Tribunal électoral suprême (TSE) avait interrompu de manière inattendue les projections des résultats sur son site montrant qu'un second tour entre Evo Morales et Carlos Mesa se profilait après le dépouillement de 84% des bulletins. De multiples incidents avaient éclaté dans la foulée, les Boliviens dénonçant des "fraudes". Lorsque le TSE a repris son décompte le lendemain, Evo Morales figurait alors largement en tête avec une marge légèrement supérieure au seuil des dix points nécessaires. Le vice-président du TSE avait par la suite démissionné, mettant en cause le système de décompte.

 

 

 

 

 

 

Samedi, Evo Morales, acculé de toutes parts, avait lancé un appel au dialogue pour tenter d'apaiser la contestation, mais l'appel a aussitôt été rejeté par l'opposition. Trois semaines après sa réélection contestée, la mobilisation ne faiblit pas dans le pays. Des incidents ont été relevés dans la nuit de samedi à dimanche à El Alto, ville collée à La Paz et considérée comme un bastion d'Evo Morales, selon des médias locaux. Des policiers se sont mutinées et ont rejoint les rangs des manifestants, tandis que des médias d'Etat ont été occupés, selon l'exécutif.

 


12/11/2019
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Franceinfo - le lundi 28 octobre 2019

 

 

Argentine : le candidat péroniste Alberto Fernandez remporte la présidentielle dès le premier tour

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions
 

 

"La seule chose qui nous préoccupe, c'est que les Argentins arrêtent de souffrir", a déclaré le vainqueur du scrutin, alors que son pays est en proie à une grave crise économique

 

 

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Alberto Fernandez prononce un discours après l'annonce de sa victoire à l'élection présidentielle, le 27 octobre 2019 à Buenos Aires. (ALEJANDRO PAGNI / AFP)

 

 

 

Le péronisme est de retour en Argentine. Le candidat de centre-gauche Alberto Fernandez a remporté l'élection présidentielle dès le premier tour, dimanche 27 octobre, devant le président sortant libéral Mauricio Macri, selon des résultats partiels. Alors que 80% des bulletins ont été dépouillés, le candidat péroniste a obtenu 47,45% des voix, contre 41,11% pour Mauricio Macri.

 

 

Alberto Fernandez devient donc le nouveau président de ce pays de 44 millions d'habitants. Pour gagner dès le premier tour, il devait obtenir plus de 45% des voix, ou bien plus de 40% des voix avec un avantage de plus de 10 points sur le candidat arrivé en deuxième position. Selon le ministère de l'Intérieur, la participation au scrutin a été de plus de 80%.

 

 

"C'est un grand jour pour l'Argentine", avait réagi, confiant, devant la presse Alberto Fernandez, dont la colistière est l'ex-présidente Cristina Kirchner (2007-2015), peu après la fermeture des bureaux de vote. Le président sortant, Mauricio Macri, 60 ans, dont la popularité a fortement chuté l'année dernière en raison de la grave crise économique, avait estimé après avoir voté que deux "visions concurrentes de l'avenir [étaient] en jeu".

 

 

 

Le président sortant félicite son adversaire

Après avoir voté, Alberto Fernandez avait promis de travailler à réduire la forte polarisation politique qui traverse le pays, entre péronistes et partisans de Mauricio Macri, qui briguait un deuxième mandat. Le président sortant a félicité Alberto Fernandez et a promis de mener une opposition "saine et constructive". Il a invité le nouveau chef de l'Etat à déjeuner lundi à la présidence, et son invitation a été acceptée par le vainqueur.

 

 

Après l'annonce de sa victoire, Alberto Fernandez, visiblement ému, a pris la parole devant plusieurs milliers de ses partisans. "Les temps qui viennent ne sont pas faciles, a-t-il déclaré. La seule chose qui nous préoccupe, c'est que les Argentins arrêtent de souffrir." Cristina Kirchner, qui se trouvait à ses côtés, a appelé le président sortant à prendre dans les derniers jours de son mandat "toutes les mesures nécessaires pour atténuer la situation dramatique" de l'Argentine.

 


29/10/2019
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Franceinfo - le vendredi 25 octobre 2019

 

 

Présidentielle en Bolivie : Evo Morales réélu dès le premier tour, la communauté internationale hausse le ton

 

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franceinfo avec AFP et ReutersFrance Télévisions

 

 

Carlos Mesa, président de 2003 à 2005, dénonce une fraude électorale et demande aux Boliviens de poursuivre la mobilisation

 

 

 

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Evo Morales, président sortant de la Bolivie, lors d'une conférence de presse à La Paz, le 24 octobre 2019. (AIZAR RALDES / AFP)

 

 

 

Le résultat ne va pas apaiser les tensions dans le pays. Evo Morales, président de la Bolivie depuis 2006, a remporté l'élection présidentielle de dimanche dès le premier tour, selon les données publiées par le Tribunal électoral suprême (TSE), jeudi 24 octobre.

 

 

Après dépouillement de 99,99% des bulletins, le président sortant est crédité de 47,07% des voix, contre 36,51% pour son principal rival, le centriste Carlos Mesa. Evo Morales remplit donc l'une des conditions permettant à un candidat à la présidentielle de s'imposer dès le premier tour : obtenir au moins 50% des suffrages, ou plus de 40% des voix et une avance d'au moins dix points.

 

 

 

Appel à la tenue d'un second tour

L'opposition a accusé le dirigeant socialiste de fraude électorale et l'Organisation des Etats américains (OEA), qui avait dépêché des observateurs à La Paz, a recommandé un second tour après que le TSE a interrompu de manière inattendue les projections sur son site quand un second tour entre Morales et Mesa se profilait après dépouillement de 84% des bulletins de vote.

 

 

Le parti de Morales "vient juste de consommer la fraude" électorale, a dénoncé Carlos Mesa, président de 2003 à 2005, qui demande aux Boliviens de poursuivre la mobilisation. Il a reçu le soutien d'un collectif de partis et organisations de droite et du centre.

 

 

L'Union européenne (UE) estime pour sa part que "la meilleure option serait la tenue d'un second tour pour rétablir la confiance et s'assurer du respect du choix démocratique du peuple bolivien". De leur côté, les Etats-Unis, le Brésil, l'Argentine et la Colombie ont demandé jeudi qu'un second tour ait lieu si l'Organisation des Etats américains (OEA) ne confirmait pas le résultat du premier tour.

 

 

 

Audit et légitimité

L'OEA, dont la mission d'observation avait fait part de sa "surprise" et son "inquiétude" face au revirement du décompte, a accepté de réaliser un audit des résultats. Mais, pour l'instant, aucune précision sur la date et les conditions de cette mission n'ont été communiquées. "Ces résultats ne devraient pas être considérés comme légitimes jusqu'à la fin du processus d'audit demandé", a prévenu Luis Almagro, le secrétaire général de cette organisation basée à Washington.

 

 

Les Etats-Unis, le Brésil, l'Argentine et la Colombie ont également menacé de ne pas reconnaître Evo Morales. Ces pays, "au côté de la communauté démocratique internationale, ne reconnaîtront que les résultats reflétant réellement la volonté du peuple bolivien".

 

 

A contrario, Cuba, le Venezuela et le Mexique ont félicité Evo Morales pour sa réélection. Caracas a notamment fait part de "sa profonde admiration pour la victoire démocratique" du président bolivien.

 


25/10/2019
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Franceinfo - le mercredi 23 octobre 2019

 

 

Présidentielle en Bolivie : la grève générale débute face à la victoire probable du président sortant Evo Morales dès le premier tour

 

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

 

Signe du malaise entourant le dépouillement, le vice-président du Tribunal suprême électoral bolivien a annoncé, mardi soir, sa démission en critiquant le système de décompte

 

 

 

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Un policier face à des manifestants, à La Paz (Bolivie), le 22 octobre 2019. (JORGE BERNAL / AFP)

 

 

 

Une grève générale a débuté en Bolivie, mercredi 23 octobre. De nouveaux incidents ont éclaté dans la nuit de mardi à mercredi pour protester contre le dépouillement des élections de dimanche, en passe de donner le président sortant Evo Morales vainqueur au premier tour.

 

 

Alors que le lent décompte des votes se poursuit, le chef d'Etat socialiste doit donner une conférence de presse à 7 heures (13 heures, heure de Paris). Il ne s'est pas exprimé publiquement depuis dimanche soir.

 

 

 

Les partisans de Morales se mobilisent

Dans l'est du pays, Luis Fernando Camacho, le président de l'influent Comité Pro-Santa Cruz, une organisation de la société civile établie à Santa Cruz, capitale économique du pays et bastion de l'opposition, a lancé mardi soir la grève nationale. Il a donné jusqu'à mercredi midi aux autorités électorales pour confirmer qu'il y aurait un second tour.

 

 

En réponse, un groupe de syndicats ouvriers et paysans proches du pouvoir, la Conalcam, a enjoint ses militants à défendre les résultats officiels et appelé à un rassemblement mercredi dans la capitale, La Paz, qui devrait être une démonstration de force en soutien à Evo Morales.

 

 

Signe du malaise entourant le dépouillement, le vice-président du Tribunal suprême électoral bolivien, Antonio Costas, a annoncé mardi sa démission en critiquant le système de décompte.

 


23/10/2019
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Franceinfo - le lundi 21 octobre 2019 - mis à jour le 22.10.19

 

 

Chili : le couvre-feu décrété à Santiago pour la troisième nuit consécutive

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions
 

 

Depuis plusieurs semaines, un mouvement de contestation inédit embrase le pays

 

 

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Des heurts ont éclaté lundi 21 octobre entre militaires et manifestants, à Santiago, au Chili. (MARTIN BERNETTI / AFP)

 

 

 

Les autorités ont décidé d'un couvre-feu pour une troisième nuit consécutive à Santiago, la capitale chilienne. Lundi 21 octobre, le général Javier Iturriaga, chargé d'assurer la sécurité publique depuis l'éclatement de violentes protestations sociales au Chili, qui ont fait douze morts, a déclaré dans une allocution télévisée que ce couvre-feu "concernera toute la région métropolitaine [de Santiago] aujourd'hui à partir de 20 heures [1 heure en France] et jusqu'à 6 heures [11 heures en France]".

 

 

Un premier couvre-feu nocturne avait été décrété dès samedi soir dans la capitale, renouvelé dans la nuit de dimanche à lundi.

 

 

La Haut-commissaire aux droits de l'homme de l'ONU et ex-présidente du Chili, Michelle Bachelet, appelle au dialogue immédiat entre gouvernement et manifestants.

 

 

 

Plus de deux mille personnes arrêtées depuis vendredi

Des milliers de manifestants se sont à nouveau rassemblés lundi dans le centre de Santiago, scandant "les militaires dehors", à l'adresse des soldats et policiers déployés en nombre dans le centre de Santiago. Près de 10 000 d'entre eux ont été déployés. C'est la première fois que des militaires patrouillent dans les rues depuis la fin de la dictature du général Augusto Pinochet (1973-1990). Selon les autorités, 2 151 personnes ont été arrêtées dans tout le pays depuis vendredi.

 

 

Les étudiants avaient appelé à de nouvelles manifestations pour lundi dans la capitale alors que les cours ont été suspendus dans la quasi totalité des écoles et universités de Santiago. Les transports publics restent très perturbés. Seule l'une des sept lignes de métro a rouvert et le réseau de bus n'a repris que partiellement. 

 

 

Dans la capitale, de longues files d'attente sont visibles alors que les Chiliens tentent de s'approvisionner en essence et en denrées diverses.

 


22/10/2019
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