AMÉRIQUE - L'AIR DU TEMPS

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Franceinfo - le dimanche 28 octobre 2018 - mis à jour le lundi 29 octobre 2018

 

 

Brésil : Jair Bolsonaro remporte haut la main la présidentielle, le pays bascule à l'extrême droite

 

 

Il était donné favori et il a conservé son avance sur son challenger de gauche, Fernando Haddad

 

 

 

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Jair Bolsonaro, candidat de l'extrême droite à la présidentielle d'octobre au Brésil, le 5 septembre 2018 à Ceilândia.  (DANIEL TEIXEIRA / ESTADAO CONTEUDO)

 

 

 

Une victoire nette. Candidat de l'extrême droite, Jair Bolsonaro a été élu président du Brésil, dimanche 28 octobre, avec plus de 55% des voix. L'ex-capitaine de l'armée prendra ses fonctions en janvier et succédera pour quatre ans au président Michel Temer, dans un Brésil extrêmement polarisé à l'issue d'une campagne tendue et délétère, au cours duquel il a été poignardé. Son challenger de gauche, Fernando Haddad, nettement distancé à l'issue du premier tour, n'est pas parvenu à rattraper son retard. 

 

 

Nous allons changer ensemble le destin du Brésil. Nous ne pouvons plus continuer à flirter avec le socialisme, le communisme, le populisme de gauche. Jair Bolsonarodans son premier discours après son élection

 

 

Il prendra la tête d'un pays miné par une violence record, le marasme économique, une corruption endémique et une crise de confiance aiguë dans la classe politique. Dans ce contexte, Jair Bolsonaro a séduit des millions d'électeurs avec un discours sécuritaire qui a fait mouche, malgré ses dérapages racistes, misogynes et homophobes et un programme flou. Il a pour projet-phare de libéraliser le port d'armes pour permettre aux "gens bien" de se faire justice eux-mêmes.

 

 

>> "C'est un projet fasciste" : ce que contient le programme de Jair Bolsonaro

 

 

Elu à la Chambre des députés brésilienne depuis 1991, l'ex-capitaine de l'armée à la rhétorique sulfureuse affiche également sans complexe sa nostalgie des "années de plomb" de la dictature militaire (1964-1985). Mais Jair Bolsonaro s'est défendu d'être une menace pour la démocratie, promettant d'être "esclave de la Constitution" et de gouverner "avec autorité, mais sans autoritarisme".

 


08/11/2018
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Franceinfo - le vendredi 26 octobre 2018 - mis à jour le lundi 29 octobre 2018

 

 

"C'est un projet fasciste" : ce que contient le programme de Jair Bolsonaro, élu président du Brésil

 

 

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Vincent DanielFrance Télévisions

 

 

 

 

Le candidat d'extrême droite est arrivé en tête du second tour avec environ 56% des voix. Avant son élection, il promettait notamment de libéraliser l'accès aux armes à feu, de faciliter les projets industriels en Amazonie et de "nettoyer le pays des marginaux rouges"

 

 

 

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 Jair Bolsonaro, dans les locaux de la police à Rio de Janeiro (Brésil), le 17 octobre 2018. (MAURO PIMENTEL / AFP)

 

 

 

Flou, imprécis et vague... Ce sont les mots utilisés par la presse brésilienne (et internationale) pour qualifier le programme de Jair Bolsonaro, élu président du Brésil, dimanche 28 octobre, avec environ 56% des voix. Hyperconservateur, qualifié de "Trump tropical", cet ancien capitaine de l'armée, ouvertement nostalgique de la dictature militaire (1964-1985) – une époque qu'il qualifie de "démocratique" –, s'est fait connaître pour ses multiples dérapages sexistes, racistes et homophobes.

 

 

>> Qui est Jair Bolsonaro, le nouveau président du Brésil ?

 

Son slogan ? "Le Brésil au-dessus de tout, Dieu au-dessus de tous". Une référence "assumée" au Deutschland über alles ("l'Allemagne au-dessus de tout"), l'hymne nazi, selon Maud Chirio, historienne spécialiste de l'histoire contemporaine du Brésil et maître de conférences à l'université de Paris-Est Marne-la-Vallée. S'il fait 81 pages, le programme (PDF, en portugais) du candidat d'extrême droite "reste peu détaillé" : "C'est un choix assumé, Jair Bolsonaro et son équipe expliquent qu'ils ne voulaient pas être attaqués sur les détails par leurs adversaires donc ils n'ont pas souhaité le dévoiler en intégralité", explique l'historienne, interrogée par franceinfo avant le second tour.

 

 

Conséquence : les électeurs votaient "sur des idées générales et sur une personne plutôt que sur un programme précis", poursuit Maud Chirio. Toutefois, Jair Bolsonaro a promis, via des prises de parole publiques, de s'attaquer aux multiples maux qui bouleversent le Brésil : chômage, crise économique, insécurité... En attendant sa prise de fonction, prévue en janvier, voici ce que l'on sait du programme du nouveau président.

 

 

 

Sur la sécurité

Jair Bolsonaro se présente en champion de l'ordre et de la sécurité. En 2017, un record a été atteint, avec 63 880 homicides, soit sept par heure en moyenne, selon une ONG (en portugais), faisant du Brésil l'un des pays les plus violents au monde. Face à cette situation, le candidat d'extrême droite "souhaite libéraliser l'accès aux armes à feu pour la protection et la légitime défense des personnes et de leur propriété", note Maud Chirio. La mesure serait "désastreuse", estime Le Monde (article payant), qui cite une étude de l'Institut de recherche économique appliquée publiée en 2015 : la loi de 2003 qui a mis fin au libre port d'armes "aurait sauvé 121 000 vies sur dix ans, en freinant l'ascension démesurée des homicides." 

 

 

Autre mesure phare de Bolsonaro en matière de sécurité, une "carte blanche" (selon ses propres mots) laissée aux policiers et militaires pour abattre des criminels présumés. Interrogé sur les violences policières dans les favelas, le candidat était très clair avant le premier tour :

 

 

Si un policier tue dix, quinze, vingt personnes, il doit être décoré, pas poursuivi. Jair Bolsonaro

 

 

En clair, "l'armée ou la police pourrait tirer à vue sans que cela n'entraîne d'enquête, une situation inédite pour une démocratie", analyse Maud Chirio.

 

 

De manière globale, Jair Bolsonaro promet "un recours massif à la police militaire pour gérer les problèmes de criminalité urbaine", poursuit l'historienne du Brésil. Le candidat souhaite aussi abaisser la majorité pénale de 18 à 16 ans et mettre fin aux aménagements de peine. Il promet de s'attaquer à la corruption des élites "sans toutefois expliquer comment et en laissant planer la menace d'une reprise en main du pouvoir judiciaire", décrypte Maud Chirio.

 

 

 

Sur l'économie

Même si son programme reste peu disert sur le sujet, sa ligne économique est clairement néolibérale – même si Jair Bolsonaro a défendu auparavant en tant que parlementaire le modèle étatiste. Désormais, le candidat d'extrême droite s'engage à lancer un vaste programme de privatisations des entreprises publiques et de ventes des propriétés foncières de l'Etat afin de rembourser la dette brésilienne et réduire le déficit. Il espère ainsi faire rentrer 1 000 milliards de réis, c'est-à-dire 232 milliards d'euros, dans les caisses de l'Etat. "Un chiffre farfelu, selon les experts, et de toute façon incapable de venir à bout de la créance publique", qui représente plus de 80% du PIB, souligne Le Monde.

 

 

Même si tout est vendu, cela ne sera pas suffisant. Mais ça signifie une liquidation intégrale de l'ensemble de la participation de l'Etat à l'économie et la limitation de l'Etat à des fonctions régaliennes : armée, police, justice.Maud Chirio à franceinfo

 

 

Un "traitement de choc", d'après Les Echos, qui font état d'un bon accueil de la part des milieux économiques. Ainsi, le chef économiste pour les marchés émergents d'un cabinet de consultants à Londres explique : "Son programme caresse le marché dans le sens du poil. Il comprend une réforme des retraites, l'indépendance totale de la Banque centrale, des privatisations, et une réduction de la taille de l'Etat." 

 

 

Bolsonaro jure également de s'attaquer au chômage, qui touche près de 13 millions de Brésiliens. "Dans ses discours, il estime que les droits des travailleurs empêchent leur employabilité, il s'engage donc à les supprimer", résume Maud Chirio. En février, le candidat a ainsi déclaré :

 

 

Ce que me disent les entrepreneurs, et je suis d'accord avec eux, c'est que le travailleur va devoir choisir : moins de droits et plus d'emplois ou plus de droits et du chômage. Jair Bolsonaro

 

 

Dans la même veine, Paulo Guedes, un économiste libéral qui conseille le candidat d'extrême droite, a résumé dans ces termes les deux options qui s'offrent au Brésil : "Porte de gauche : syndicats, législation du travail qui protège et charges ; porte de droite : comptes individuels qui ne mélangent pas assistance avec sécurité sociale."

 

 

 

Sur l'éducation

Fervent catholique, conservateur, soutenu par les chrétiens évangéliques, Jair Bolsonaro s'est fait le héraut de la famille traditionnelle, n'hésitant pas à s'appuyer sur des "fake news". Il a par exemple dénoncé un soi-disant "endoctrinement des enfants à l'homosexualité orchestré par le Parti des travailleurs", rapporte l'historienne Maud Chirio. A la télévision brésilienne, en août, le candidat d'extrême droite a brandi la version portugaise du Guide du zizi sexuel et assuré que le livre illustré par Zep, qui vise à expliquer la sexualité aux enfants, faisait partie d'un "kit gay" diffusé dans les écoles brésiliennes pour promouvoir l'homosexualité et constituerait "une porte ouverte vers la pédophilie". "Un manuel qui, en réalité, n'a jamais été distribué aux écoles", souligne Le Monde (article payant)

 

 

Afin de faire des économies, Jair Bolsonaro souhaite aussi réduire "le volume de l'éducation publique en développant l'enseignement à distance à tous les niveaux de la scolarité", explique Maud Chirio. Une mesure qui inquiète particulièrement l'universitaire : "Cela signifie notamment un renoncement à l'alphabétisation et aux enseignements fondamentaux dans les zones où les institutions scolaires sont trop chères à entretenir, les zones rurales éloignées." Concernant les programmes scolaires, le candidat souhaite "plus de mathématiques, de sciences et de portugais".

 

 

 

Sur l'environnement

Là encore, le programme du candidat Bolsonaro est peu précis en matière d'environnement mais ses déclarations publiques inquiètent particulièrement les défenseurs de la cause écologiste. L'un des membres de son équipe a par exemple fait part de son souhait de fusionner les ministères de l'Agriculture et de l'Environnement. L'objectif ? "Favoriser l'agrobusiness", note Maud Chirio.

 

 

D'après RFI, "Jair Bolsonaro ne cache pas son intention d'autoriser des projets industriels, hydrauliques et miniers dans les zones protégées". En Amazonie, par exemple. Entre la défense de la nature et les intérêts des grands propriétaires terriens, le candidat d'extrême droite a donc choisi son camp sans équivoque.

 

 

Que ce soit bien clair : le futur ministre sera issu du secteur productif. Nous n'aurons plus de bagarres à ce niveau-là. Jair Bolsonaro

 

 

Le credo de Jair Bolsonaro : en finir avec l'"activisme écologiste chiite". Dans son vocabulaire, "chiite", vidé de son sens religieux, est synonyme de radicalisme. En août, en visite dans l'Etat amazonien de Roraima, l'ex-capitaine de l'armée s'est ainsi insurgé contre les "contrôles chiites" des agences publiques environnementales, qui "nuisent à ceux qui veulent produire".

 

 

Le 19 octobre, une vingtaine d'ONG, dont Greenpeace et WWF, ont estimé que les propositions du candidat d'extrême droite représentent une grave menace pour l'environnement et pourraient conduire à faire "exploser" la déforestation. Un constat partagé par l'historienne Maud Chirio : "Si l'agrobusiness est libre de déforester à la hauteur des exigences économiques, cela représenterait une catastrophe environnementale considérable."

 

 

La forêt amazonienne peut être détruite rapidement car elle a besoin d'une certaine densité pour générer sa propre humidité et continuer à exister. De même, ne plus protéger les réserves indiennes pour exploiter les terres menacerait gravement la biodiversité.Maud Chirio à franceinfo

 

 

 

Sur les libertés publiques

A mesure que le second tour approche, Jair Bolsonaro , anticommuniste convaincu, se fait menaçant. Dans une vidéo diffusée le 21 octobre, il a promis "d'accélérer le grand nettoyage du pays des marginaux rouges, des hors-la-loi gauchistes", laissant à ses opposants le choix entre l'exil ou la prison.

 

 

Si cette bande veut rester ici, ils vont devoir se soumettre à la loi comme tout le monde. Ou ils s'en vont, ou ils vont en prison. Ces marginaux rouges seront interdits [de séjour] dans notre patrie.Jair Bolsonaro

 

 

Le candidat d'extrême droite déclare à l'envi qu'il va "nettoyer le pays des rouges, les communistes, qu'il désigne aussi comme l'antéchrist, et des minorités", estime l'historienne Maud Chirio.

 

 

Selon ses propres mots, Bolsonaro promet une "purge comme jamais le Brésil n'en a connue". A Fernando Haddad, le candidat de la gauche qui l'affronte au second tour, il prédit : "Vous allez pourrir ensemble en prison", avec Lula, ancien président déjà emprisonné. Autres ennemis désignés, qualifiés de "terroristes" : les membres du Mouvement des sans-terre, une organisation qui défend les paysans brésiliens non propriétaires, rapporte le Guardian (en anglais).

 

 

Par ailleurs, le candidat d'extrême droite, soutenu par les élites du pays, déclare : "Nous sommes la majoritéNous sommes le véritable Brésil." Des propos qui annoncent une "loi de la majorité", selon l'historienne : "Il s'agit en fait d'imposer la norme de la majorité aux Indiens, aux homosexuels, aux Noirs, aux militants de gauche, aux minorités et aux oppositions."

 

 

Derrière cette loi de la majorité, il y a l'idée d'une communauté 'pure", c'est-à-dire blanche, chrétienne, hétérosexuelle et propriétaire. Les autres ne pourront pas réclamer de droits ou de protection.Maud Chirio à franceinfo

 

 

L'historienne pointe le risque d'un basculement vers un "régime qui ne sera pas démocratique, un régime répressif, sans contre-pouvoir". "C'est un projet fasciste, il n'y a pas d'autre mot", dit-elle. Reporters sans frontières met ainsi en garde contre la "menace pour la démocratie" que représente Jair Bolsonaro. Et Le Monde, dans un éditorial, résume l'enjeu du second tour : "Il s'agit ici, purement et simplement, de la survie d'un régime démocratique dans un continent où sa fragilité est historique."

 


08/11/2018
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Franceinfo - le lundi 8 octobre 2018

 

 

Présidentielle au Brésil : le candidat d'extrême droite Jair Bolsonaro largement en tête au premier tour

 

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

 

 

Selon des résultats quasi-définitifs, il aurait reccueilli 46,06% des voix. Au second tour, le 28 octobre, il affrontera le candidat du Parti des travailleurs (gauche), Fernando Haddad, qui a remporté 29,24% des suffrages

 

 

 

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Jair Bolsonaro salue ses partisans après avoir voté au premier tour de la présidentielle, le 7 octobre 2018, à Rio de Janeiro (Brésil). (PILAR OLIVARES / REUTERS)

 

 

Il n'est pas passé loin d'un sacre dès le premier tour. Le candidat d'extrême droite Jair Bolsonaro s'est facilement qualifié pour le second tour de la présidentielle au Brésil, dimanche 7 octobre, en recueillant 46,06% des voix, selon des résultats officiels quasi-définitifs. Il a devancé le représentant du Parti des travailleurs (gauche), Fernando Haddad, qui a totalisé 29,24% des suffrages.

 

 

Dans la soirée, Jair Bolsonaro a déploré des "problèmes avec les urnes électroniques""Je suis certain que si ça n'avait pas eu lieu, nous aurions eu dès ce soir le nom du président de la République", a lancé le candidat de 63 ans dans une vidéo sur Facebook. De son côté, son adversaire travailliste, remplaçant de Lula, a dit vouloir "unir les démocrates de ce pays" lors du second tour, qui se tiendra le 28 octobre et qui s'annonce incertain.

 

 

"Encore une chance raisonnable" pour Haddad

"La possibilité que Bolsonaro gagne paraît la plus forte actuellement, estime Fernando Meireiles, politologue à l'université fédérale de Minas Gerais. Il me semble difficile que Haddad l'emporte, mais ce n'est pas impossible, il a encore une chance raisonnable."

 

 

C'est un Brésil très divisé qui retournera aux urnes dans trois semaines. D'un côté, les électeurs anxieux pour l'avenir de la démocratie dans ce pays qui a connu une dictature (1964-85), dont Bolsonaro est un nostalgique. De l'autre, ceux qui rejettent de manière viscérale tout retour aux affaires du Parti des travailleurs, dont plusieurs ténors (Lula, Dilma Rousseff...) ont été condamnés pour corruption. Le grand parti de gauche, qui a remporté les quatre dernières élections, est également jugé par beaucoup comme le responsable des maux multiples de ce pays déboussolé : chômage, crise économique, corruption et insécurité.

 


15/10/2018
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Franceinfo - le vendredi 31 août 2018

 

 

L'Union européenne va verser 35 millions d'euros d'aide humanitaire aux Vénézuéliens

 

 

L'UE est "très inquiète pour la situation humanitaire" du Venezuela

 

 

 

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 Des Vénézuéliens migrent vers le Pérou, via un couloir humanitaire mis en place par l'Equateur, le 24 août 2018. (LUIS ROBAYO / AFP)

 

 

L'Union européenne a annoncé, vendredi 31 août, le versement d'une aide de 35 millions d'euros, destinée aux Vénézuéliens, nombreux à fuir leur pays en crise, ainsi qu'aux Etats d'Amérique latine qui accueillent ces exilés. Le financement se concentrera sur des activités axées sur "l'alimentation, l'eau, la santé, et le soutien des personnes les plus vulnérables", a précisé la cheffe de la diplomatie européenne Federica Mogherini.

 

 

L'économie vénézuélienne a sombré dans le chaos dès 2013, à l'arrivée au pouvoir de Nicolas Maduro. Fuyant la pauvreté, l'hyperinflation, la faillite des services publics et les pénuries dans leur pays, des centaines de milliers de Vénézuéliens émigrent dans les Etats voisins comme le Brésil, la Colombie, l'Equateur, le Pérou et le Chili.

 

 

"Nous sommes très inquiets pour la situation humanitaire dans le pays, mais aussi des conséquences que cela peut engendrer chez les pays voisins qui reçoivent des vagues de (migrants) Vénézuéliens sur leurs territoires", a précisé Federica Mogherini. "Nous avons décidé d'intensifier notre engagement diplomatique aux côtés des pays de la région", afin d'encourager un nouveau dialogue, a ajouté la responsable.

 

 

 

Crise au Venezuela : "Le pays se trouve confronté à une crise politique, économique et sociale historique"

 

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"S'il n'y a pas d'apport extérieur, je vois mal comment le Venezuela pourrait repartir", estime sur franceinfo le politologue Gaspard Estrada

 

 

 

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 Des dizaines de milliers de Vénézuéliens ont fui vers les pays voisins, comme ici vers le Pérou. (ERNESTO ARIAS / EFE)

 

 

 

"Très clairement, aujourd'hui, le Venezuela se trouve confronté à une crise politique, économique et sociale, historique", a déclaré mercredi 29 août Gaspard Estrada, directeur exécutif de l'Observatoire Politique de l'Amérique latine et des Caraïbes de Sciences Po, l'Opalc. Invité sur franceinfo, il réagissait à l'appel solennel lancé à la télévision et à la radio par le président vénézuélien Nicolas Maduro pour demander aux émigrés de revenir dans leur pays. Des dizaines de milliers de Vénézuéliens ont fui dans les pays voisins au cours des derniers mois. Une crise migratoire due à la crise économique que traverse le pays. Depuis la chute du cours du pétrole, le pays est ruiné.

 

 

Pour Gaspard Estrada, les réformes annoncées par le président Nicolas Maduro sont "un effet d'annonce". "Sur le fond, il n'y a rien qui permette de restaurer la crédibilité, essentielle pour toute économie. Sans apport extérieur, je vois mal comment le Venezuela pourrait repartir", estime le directeur de l'Opalc.

 

 

 

franceinfo : Est-ce qu'il faut comprendre que la stabilité de la région toute entière est menacée ?

 

Gaspard Estrada : La stabilité au sens propre du terme, non. Mais très clairement, il y a aujourd'hui un phénomène nouveau en Amérique latine avec des flux migratoires considérables : plus d'1,5 million de Vénézuéliens ont émigré depuis 2015. Il faut faire en sorte que les dirigeants latino-américains prennent des mesures communes pour pouvoir organiser ces flux et pour éviter qu'il y ait une propagation soit de maladie, soit de violence xénophobe comme on a pu le voir à la frontière brésilienne.

 

 

 

Quand le président vénézuélien dit aux émigrés d'arrêter d'aller laver les toilettes à l'étranger et de revenir dans leur pays, ça veut dire que ces émigrés sont dans une situation de précarité ?

 

Sans aucun doute, mais cette précarité est due à la situation catastrophique de l'économie vénézuélienne et aujourd'hui ces Vénézuéliens ne quittent pas leur pays par plaisir mais par nécessité puisqu'ils ont du mal à survivre dans leur propre pays, ce qui les pousse justement à partir. Concernant les réformes annoncées par le président Nicolas Maduro, je pense qu'il s'agit d'effet d'annonce. Sur le fond, il n'y a rien qui permette de restaurer la crédibilité, essentielle pour toute économie. Aujourd'hui, le Venezuela fait face à cette hyper-inflation. Il n'y a rien dans ces mesures qui permette d'enrayer de manière structurelle ce mouvement qui est auto-entretenu. Tant qu'il n'y aura pas de véritable réforme, tant que les grands organismes internationaux comme le FMI n'investiront pas au Venezuela, je crois que toutes ces mesures auront un impact très limité.

 

 

 

Doit-on passer par une aide extérieure, internationale ?

 

Aujourd'hui les Vénézuéliens dépendent d'un bien pour vivre, le pétrole. Or, le pays n'est plus en mesure d'exporter du pétrole de manière suffisante, parce que l'entreprise pétrolière PDVSA est dans un état de faillite technique. Il y a donc de moins en moins de barils qui peuvent être exportés et donc aujourd'hui, le Venezuela se trouve dans une situation indescriptible. Son seul bien, le pétrole, ne peut plus garantir ses devises et l'économie qui n'est pas liée au pétrole est complètement détruite. Donc, s'il n'y a pas d'apport extérieur, je vois mal comment le Venezuela pourrait repartir.

 

 

 

Suite à cette crise économique, est-ce qu'il pourrait y avoir une crise politique ? Est-ce que le président Nicolas Maduro peut rester au pouvoir ?

 

C'est une question qui se pose déjà depuis de nombreuses années. L'année dernière avait été émaillée par de nombreuses violences. L'assemblée constituante avait été largement critiquée du fait de son caractère non pluraliste, de son mode de scrutin. Il y a eu par la suite des élections présidentielles, il y a quelques mois, où les membres de l'opposition n'ont pas pu être candidats. Le gouvernement entend rester aux commandes jusqu'à la fin de ce mandat mais très clairement, aujourd'hui, le Venezuela se trouve confronté à une crise politique, économique et sociale, historique.

 


04/09/2018
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Franceinfo - le jeudi 23 août 2018

 

 

Amazonie : un drone filme une tribu autochtone inconnue

 

 

La vidéo montre trois personnes marchant au milieu d'une zone en friche entourée d'arbres. L'une d'elle tient ce qui semble être une lance

 

 

 

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Une image d'une habitation en chaume, dans le sud-ouest de l'Amazonie. La photo a été prise au drone en 2017, mais n'a été dévoilée par la Fondation nationale brésilienne pour l'indien que le 21 août 2018. (ADAM MOL / NATIONAL INDIAN FOUNDATION / AFP)

 

 

Une nouvelle tribu autochtone a été découverte dans le sud-ouest de l'Amazonie, au Brésil, a fait savoir la Fondation nationale brésilienne pour l'indien, la Funai, dans un communiqué (en portugais) publié mardi 21 août. Trois personnes marchant au milieu d'une zone en friche entourée d'arbres sont en effet visibles sur une vidéo capturée par un drone de l'agence. L'une d'elle est armée de ce qui semble être une lance. Des photos publiées par la Funai montrent aussi des pirogues, une hache et une hutte de chaume. 

 

 

Huit tribus autochtones de la région sont déjà entrées en contact avec le monde extérieur, selon la Funai, tandis qu'au moins onze autres y vivent toujours en autarcie.

 

 

Protection des populations autochtones

 

L'institut a obtenu ces images à l'occasion d'une mission de protection des Indiens isolés, la troisième "en moins d'un an dans cette région", précise son communiqué. L'équipe a parcouru plus de 180 kilomètres en bateau, camion ou à moto, et 120 kilomètres à pied dans la forêt dense, lors de cette mission. Celle-ci a aussi permis d'enregistrer "la présence assidue de chasseurs" et l'empiétement de propriétaires sur ces territoires réservés aux Indiens.

 

 

Le mois dernier, la Funai avait déjà publié la vidéo d'un indigène qui vit seul depuis 20 ans en pleine forêt amazonienne.

 


24/08/2018
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Franceinfo - le jeudi 9 août 2018

 

 

Argentine : le Sénat rejette la légalisation de l'avortement

 

 

Les sénateurs argentins ont ainsi mis un terme, dans le pays du pape François, aux espoirs des organisations féministes, alors que le projet de loi avait été approuvé par les députés en juin

 

 

 

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Les sénateurs argentins débattent du projet de loi ouvrant le droit à l'avortement, à Buenos Aires (Argentine), le 8 août 2018. (MARCOS BRINDICCI / REUTERS)

 

 

 

Après son adoption par les députés, les sénateurs argentins ont rejeté, jeudi 9 août, le projet de loi ouvrant le droit à l'avortement. Trente-huit sénateurs ont dit "non" au texte prévoyant l'interruption volontaire de grossesse (IVG) pendant les 14 premières semaines de grossesse, 31 ont voté en faveur et deux se sont abstenus, selon les résultats officiels. Le projet de loi avait été adopté de justesse par les députés le 14 juin (129 voix pour, 125 contre).

 

 

Comment a été accueilli le vote ?

 

Le vote a été accueilli par des feux d'artifice et des cris de joie parmi les militants anti-IVG rassemblés à Buenos Aires devant le Congrès, où se déroulaient les débats. À l'autre extrémité de la place, les mines étaient dépitées, les larmes coulaient sur les visages des partisans de la légalisation de l'avortement.

 

 

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 Les anti-IVG célèbrent leur victoire, près du Congrès, à Buenos Aires (Argentine), le 9 août 2018. (ALBERTO RAGGIO / AFP)

 

 

 

Les pro-IVG étaient massivement rassemblés depuis mercredi matin aux abords du Congrès, brandissant les foulards verts, symbole des revendications d'avortement légal, libre et gratuit. Du côté des pro-IVG, une poignée de manifestants isolés ont incendié des palettes contre une des deux rangées de grilles séparant les deux camps et lancé des pierres sur les policiers anti-émeutes.

 

 

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La tristesse des pro-IVG, à Buenos Aires (Argentine), le 9 août 2018.  (EITAN ABRAMOVICH / AFP)

 

 

Toute la journée de mercredi, les foulards verts, symboles de la lutte pour le droit à l'avortement, ont été agités sur la place du Congrès, avec l'espoir, infime, que la loi soit adoptée. Mais le 9 août ne restera pas dans l'histoire du pays sud-américain comme la date de la légalisation de l'avortement.

 

Dans quel contexte a eu lieu ce vote ?

 

Le Sénat est considéré comme plus conservateur que la Chambre des députés argentine car chacune des 24 provinces dispose de trois représentants quel que soit son poids démographique. La capitale et la province de Buenos Aires, plus favorables à l'IVG, y sont moins représentées alors qu'elles abritent plus du tiers de la population du pays.

 

 

Ces deux dernières années, les mouvements féministes avaient donné un élan considérable à la revendication du droit à l'avortement en Argentine, conduisant le président argentin de centre-droit Mauricio Macri à ouvrir le débat au Parlement, pour la première fois de l'histoire du pays sud-américain. Il est pourtant opposé à l'IVG.

 

 

Quelle est la législation actuelle ?

 

La loi argentine n'autorise que les avortements en cas de viol ou si la santé de la mère est menacée. Selon les chiffres du ministère de la Santé, il y a au moins 350 000 avortements illégaux en Argentine chaque année. Mais des estimations non-officielles évaluent à 500 000 le nombre de femmes qui avortent chaque année dans des cliniques privées ou dans des conditions d'hygiène très précaires selon la situation économique, malgré l'interdiction.

 

 

Quelles suites pour le droit à l'IVG ?

 

Le "non" l'ayant emporté, il faudra probablement attendre 2020 avant que la question de l'avortement puisse de nouveau être examinée par le Parlement. Pourquoi 2020 ? Car il faut attendre la prochaine législature qui débutera en 2019, mais "il est peu probable que les partis politiques souhaitent reprendre le débat en cette année d'élection présidentielle", souligne L'Express.

 

 

Toutefois, le député de la coalition gouvernementale Cambiemos (Changeons) Daniel Lipovetzky, évoque la possibilité de convoquer un référendum. "Quand les députés pensent d'une manière et les sénateurs d'une autre. Cela mérite peut-être un système de démocratie directe. C'est possible qu'on le propose", a-t-il déclaré.

 


10/08/2018
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Franceinfo - le dimanche 5 août 2018

 

 

Venezuela : le président Nicolas Maduro affirme avoir échappé à un attentat au drone, revendiqué par un mystérieux groupe rebelle

 

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franceinfo avec AFP et ReutersFrance Télévisions
 

 

 

Le chef d'Etat a été interrompu alors qu'il prononçait un discours lors d'une cérémonie militaire à Caracas. Une journaliste de l'opposition a ensuite lu sur Youtube un communiqué d'un groupe d'opposants à Maduro, revendiquant l'attaque

 

 

 

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Le président vénézuélien Nicolas Maduro assiste à une cérémonie militaire à Caracas, samedi 4 août 2018 à Caracas. (JUAN BARRETO / AFP)

 

 

Le président vénézuélien Nicolas Maduro a été la cible d'un "attentat" commis avec un drone chargé d'explosif et dont il est sorti indemne, affirme le gouvernement, dans la nuit du samedi 4 au dimanche 5 août. "Aujourd'hui, on a essayé de m'assassiner", a déclaré par la suite le dirigeant à la télévision, avant d'accuser le président colombien Juan Manuel Santos d'être impliqué dans "l'attentat" contre lui. Nicolas Maduro a annoncé que plusieurs arrestations avaient été effectuées. Plus tard dans la nuit, un mystérieux groupe rebelle a revendiqué l'attaque.

 

 

Le gouvernement évoque plusieurs charges explosives

 

Le chef d'Etat prononçait un discours en plein air durant lequel il évoquait des questions économiques lors d'une cérémonie militaire à Caracas, retransmise par la télévision d'Etat. Le son a brutalement été coupé, avant que des hauts gradés et son épouse Cilia Flores ne lèvent les yeux au ciel depuis l'estrade. Nicolas Maduro s'est alors interrompu et a lui aussi regardé en direction du ciel.

 

 

Les images télévisées ont ensuite montré plusieurs dizaines de militaires qui rompaient les rangs et couraient sur l'avenue Bolivar, où se déroulait la cérémonie. La retransmission a ensuite été arrêtée. Des gardes du corps ont protégé le président Nicolas Maduro avec des panneaux pare-balles, comme le montrent des photos diffusées sur les réseaux sociaux.

 


07/08/2018
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Franceinfo - le mardi 17 juillet 2018

 

 

Le Pérou décrète l'état d'urgence à sa frontière avec la Colombie pour lutter contre le trafic de drogue

 

 

La zone déclarée en état d'urgence est la province amazonienne de Putumayo, un territoire que se disputent les trafiquants de drogue

 

 

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Le Pérou a décrété, le 16 juillet 2018, l'état d'urgence à sa frontière avec la Colombie. (GOOGLE MAPS)

 

 

Le Pérou a décrété, lundi 16 juillet, un état d'urgence de 60 jours à sa frontière avec la Colombie, en raison de la présence de gangs de trafiquants de drogue et de dissidents de l'ancien groupe de guérilla des FARC. Le président Martín Vizcarra a affirmé que cette décision "est liée à des problèmes de sécurité dus à des incursions de citoyens colombiens". "Nous allons défendre notre souveraineté et notre territoire, nous allons utiliser le pouvoir de la force pour le faire", a-t-il ajouté.

 

 

La zone déclarée en état d'urgence est la province amazonienne de Putumayo, où coule le fleuve Putumayo, qui divise les territoires du Pérou et de la Colombie. Cette province appartient à la région de Loreto, la plus grande du territoire péruvien. Les trafiquants de drogue colombiens se disputent ce territoire, où la cocaïne fait l'objet d'un trafic vers les États-Unis ou l'Europe.

 

 

L'état d'urgence discuté avec la Colombie

 

Le président Vizcarra a déclaré que les forces armées péruviennes, "en coordination" avec leurs homologues colombiens, ont procédé à une "intervention" dans la région. "Plus de 50 personnes ont été arrêtées, la plupart d'entre elles étant des Colombiens qui se livrent au trafic de drogue", a-t-il indiqué.

 

 

Le ministre colombien de la Défense, Luis Carlos Villegas, a indiqué que la déclaration d'état d'urgence avait été discutée avec les autorités péruviennes il y a trois semaines. "La coopération avec le Pérou ne pourrait pas être meilleure, nous avons des dialogues permanents entre les autorités des deux pays", a-t-il souligné. Il a estimé que le Pérou, comme l'Équateur, était "menacé" par des groupes dissidents de l'ex-guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) et d'organisations criminelles liées au trafic de drogue.

 

 

L'ancien groupe, qui a tenté pendant un demi-siècle de s'emparer du pouvoir en Colombie, a déposé les armes dans le cadre d'un accord de paix signé fin 2016 et est devenu un parti politique de gauche sous le même acronyme et le nom de Force alternative révolutionnaire commune. Si la majorité des 7 000 guérilleros ont déposé les armes, des dissidents opèrent sans commandement unifié et disposent d'une force de 1 200 combattants répartis sur des territoires clés pour le trafic de drogue ou l'exploitation minière illégale.

 


18/07/2018
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Franceinfo - le lundi 21 mai 2018

 

 

Venezuela : Nicolas Maduro largement réélu président après un scrutin boycotté par l'opposition

 

 

Le taux de participation, d'environ 46%, est le plus faible de l'histoire du pays

 

 

 

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Nicolas Maduro célèbre sa victoire lors de l'élection présidentielle vénézuelienne, dimanche 20 mai 2018 à Caracas. (JUAN BARRETO / AFP)

 

 

Une victoire attendue dans un contexte électrique. Le président vénézuélien Nicolas Maduro a été réélu, dimanche 20 mai, lors d'un scrutin déclaré illégitime par ses opposants, qui ont dénoncé des pressions sur les électeurs et exigé un nouveau vote. Après le dépouillement de la quasi totalité des bulletins de vote, le président socialiste sortant remporte 67,7% des voix contre 21,2% à son principal adversaire Henri Falcon, lequel a rejeté le processus électoral. Le taux de participation, d'environ 46%, est le plus faible de l'histoire du pays.

 

 

S'exprimant devant ses sympathisants, Nicolas Maduro s'est réjoui d'un "record historique". "Jamais auparavant un candidat présidentiel n'avait gagné avec 68% des voix du peuple, et jamais auparavant il n'avait 47 points d'avance sur le second candidat", a-t-il dit devant la foule réunie devant le palais de Miraflores, la résidence présidentielle.

 

 

Mais peu avant les résultats officiels, Henri Falcon a rejeté ce scrutin, faute de "légitimité", et exigé la tenue d'une nouvelle élection avant la fin de l'année. L'adversaire de Nicolas Maduro a pointé du doigt les "points rouges", ces tentes installées par le parti au pouvoir. Après avoir voté, dimanche, les électeurs sont venus s'y inscrire dans l'espoir de recevoir la prime promise par le président.

 

 

Un scrutin rejeté par les États-Unis et l'UE

 

De Bogota à Lima, en passant par Santiago et Madrid, des centaines de Vénézuéliens à travers le monde ont manifesté dimanche pour dénoncer "une fraude". Outre l'opposition, les Etats-Unis, l'Union européenne et le groupe de Lima, une alliance de 14 pays d'Amérique et des Caraïbes, rejettent ce scrutin.

 

 

Tous accusent Maduro de saper la démocratie. Quatre mois de manifestations quasi quotidiennes de l'opposition, qui ont fait 125 morts à la mi-2017, ont été écartés d'un revers de main avec la mise en place d'une assemblée constituante, toute-puissante arme politique au service du camp au pouvoir.

 

 

Touché par l'effondrement des cours du brut depuis 2014, le Venezuela, qui tire 96% de ses revenus du pétrole, souffre d'un manque de devises qui l'a plongé dans une crise aiguë. En cinq ans, le PIB a fondu de 45%, selon le FMI, qui anticipe une contraction de 15% en 2018 et une inflation de 13 800%.

 


06/06/2018
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Franceinfo - le dimanche 8 avril 2018

 

 

Brésil : l'ancien président Lula s'est rendu à la police et a été incarcéré

 

 

Avant de se livrer aux policiers, Lula a de nouveau clamé son innocence et dénoncé un "crime politique"

 

 

 

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L'ancien président brésilien Luiz Inacio "Lula" da Silva arrive au siège de la police fédérale brésilienne à Curitiba (Brésil), le 7 avril 2018. (RICARDO MORAES / REUTERS)

 

 

 

L'ancien président brésilien Luiz Inacio "Lula" da Silva s'est finalement livré à la police samedi 7 avril. L'ex-chef d'Etat de 72 ans avait refusé de le faire, vendredi, malgré le mandat de dépôt le visant, après sa condamnation à douze ans de prison dans une affaire de corruption.

 

 

Lula a aussitôt été transféré par avion à Curitiba, ville du sud du pays, où il avait été jugé et condamné, puis acheminé au siège local de la police fédérale pour entamer sa période de détention. Des affrontements ont éclaté devant le bâtiment entre des partisans de l'ex-chef de l'Etat et la police qui a utilisé des grenades assourdissantes, du gaz lacrymogène et des balles en caoutchouc pour les disperser.

 

 

Avant de se livrer aux forces de l'ordre, Lula a de nouveau clamé son innocence et dénoncé un "crime politique" devant des centaines de membres du Parti des travailleurs rassemblés devant le siège du Syndicat des métallurgistes à Sao Paulo, là où il a entamé sa carrière politique et où il s'était réfugié depuis jeudi. "Je vais me conformer au mandat de dépôt et vous deviendrez tous Lula, a-t-il promis. Je ne suis pas au-dessus des lois. Si je ne croyais pas à la loi, je n'aurais pas créé de parti politique, j'aurais fait une révolution."

 


03/05/2018
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Franceinfo - le jeudi 5 avril 2018

 

 

Brésil : la Cour suprême donne son feu vert à l'incarcération de l'ex-président Lula

 

 

L'ancien chef d'Etat pourrait se retrouver en prison, à six mois d'une élection présidentielle pour laquelle il est donné favori

 

 

 

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L'ex-président Lula à Rio de Janeiro (Brésil), le 2 avril 2018. (VANESSA ATALIBA / BRAZIL PHOTO PRESS / AFP)

 

 

Le fabuleux destin de Lula vient de s'arrêter net. L'ex-président brésilien pourrait se retrouver prochainement derrière les barreaux, à six mois d'une élection présidentielle pour laquelle il est donné en tête des intentions de vote. Jeudi 5 avril, la Cour suprême de son pays a rejeté sa demande d'habeas corpus pour lui éviter la prison. L'icône de la gauche, âgée de 72 ans, devra purger une peine de douze ans et un mois de prison pour avoir reçu un luxueux appartement en bord de mer de la part d'une entreprise de bâtiment, en échange de faveurs dans l'obtention de marchés publics.

 

 

La décision de la Cour suprême est loin d'être unanime : la demande a été rejetée par six voix contre cinq, à l'issue de débats qui ont duré onze heures. Bien que très serré, ce résultat est une victoire éclatante pour les procureurs de l'opération "Lavage express", enquête tentaculaire qui a mis au jour un gigantesque scandale de corruption impliquant des hommes politiques de tous bords.

 

 

Lula, président de 2003 à 2010, nie ces accusations, invoquant l'absence de preuves et dénonçant un complot visant à l'empêcher de briguer un troisième mandat, huit ans après avoir quitté le pouvoir avec un taux de popularité record. "Je veux juste que la Cour suprême rende justice, avait déclaré Lula lundi à Rio de Janeiro. Je ne veux aucun bénéfice personnel et je souhaite qu'elle indique quel crime j'ai commis."

 


27/04/2018
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Franceinfo - le vendredi 6 avril 2018

 

 

Brésil : un juge ordonne l'incarcération de Lula, condamné à douze ans de prison pour corruption

 

 

Lula a été condamné en appel pour avoir reçu un luxueux appartement en bord de mer de la part d'une entreprise de bâtiment, en échange de faveurs dans l'obtention de marchés publics

 

 

 

La prison se rapproche pour Lula. Le juge brésilien Sergio Moro a émis jeudi 5 avril un mandat de dépôt contre l'ex-président Luiz Inacio Lula da Silva, qui aura 24 heures pour se présenter aux autorités afin de purger une peine de 12 ans et un mois de prison pour corruption. Âgé de 72 ans, Lula a été condamné pour avoir reçu un luxueux appartement en bord de mer de la part d'une entreprise de bâtiment en échange de faveurs dans l'obtention de marchés publics.

 

 

Le magistrat n'a autorisé "l'usage de menottes sous aucun prétexte" lors de l'arrestation.

 

 

Lula continue de dénoncer un complot politique

 

Juge emblématique de la lutte anticorruption au Brésil, Sergio Moro avait condamné Lula en première instance en juillet, un jugement confirmé en appel à la mi-janvier. Dans la nuit de mercredi à jeudi, la Cour suprême du Brésil avait rejeté une demande d'habeas corpus qui aurait permis à l'ex-président (2003-2010) de rester en liberté jusqu'à l'épuisement de tous les recours.

 

 

L'icône de la gauche, qui est également sous le coup de six autres procédures judiciaires, nie farouchement, invoquant l'absence de preuves et dénonçant un complot visant à l'empêcher de se présenter à la présidentielle d'octobre, pour laquelle il était donné favori.

 


27/04/2018
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Franceinfo - le jeudi 19 avril 2018

 

 

Miguel Diaz-Canel, seul candidat en lice, est élu à la tête de Cuba

 

Après plus d'un demi-siècle de dynastie castriste, cet ancien numéro 2 de l'exécutif cubain a été élu pour un mandat renouvelable de cinq ans, avec 99,83% des suffrages

 

 

 

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Miguel Diaz-Canel à La Havane, le 1er février 2018. (ADALBERTO ROQUE / AFP)

 

 

Une désignation sans surprise. Les députés de Assemblée nationale cubaine ont annoncé jeudi 19 avril qu'ils confirmaient, avec 99,83% des suffrages, Miguel Diaz-Canel, seul candidat en lice, comme successeur de Raul Castro à la présidence du pays. Ce dernier est élu pour un mandat renouvelable de cinq ans. Ancien vice-président des Conseils d'État et des ministres depuis 2013, Miguel Diaz-Canel est âgé de 57 ans. Il devient ainsi le premier président cubain né après la révolution de 1959. C'est aussi la première fois depuis près de six décennies que l'île ne sera donc plus dirigée par un Castro.

 

 

Raul Castro, 86 ans, qui a succédé à son frère Fidel il y a dix ans, a d'ailleurs choisi une date symbolique de l'histoire politique cubaine pour son départ, puisqu'il coïncide avec anniversaire de l'échec du débarquement anticastriste de la baie des Cochons, soutenu par la CIA.


19/04/2018
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