L'AIR DU TEMPS

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AMÉRIQUE


Franceinfo - le mardi 30 avril 2019

 

 

Venezuela : une journée de heurts entre pro et anti-Maduro fait 69 blessés à Caracas

 

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France 2France Télévisions

 

 

Alors que les violences ont éclaté au Venezuela entre les pro-Maduro et les anti, le président autoproclamé Juan Guaido affirme avoir le soutien de l'armée

 

 

 

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Des blindés de l'armée chargent violemment la foule des manifestants avant de les repousser avec des canons à eau. Les opposants ripostent à coups de cocktails Molotov. Une scène de chaos mardi 30 avril à Caracas, dans la capitale vénézuélienne. Juan Guaido, autoproclamé président du Venezuela il y a trois mois, appelle toute l'armée à se soulever contre le pouvoir en place, entouré de quelques militaires qui se sont rangés de son côté.  

 

 

 

Le nombre de militaires du côté de Juan Guaido incertain

Dans les heures qui suivent, dans un quartier de l'est de Caracas, des centaines d'habitants qui le soutiennent sont pris pour cibles par d'autres militaires qui sont restés fidèles au président Maduro. La confusion est totale. Les soldats qui se sont rangés dans les rangs de l'opposition font face à des tirs violents. Les civils utilisent des pierres et des cocktails Molotov. Des opposants exaspérés par une situation politique complètement bloquée. Combien de militaires ont réellement rallié l'opposition ? Quelques soldats du rang ou des contingents entiers ? C'est la question qui se pose mardi soir. Le ministre de la Défense a réaffirmé son soutien au pouvoir en place.

 


01/05/2019
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Franceinfo - le mardi 30 avril 2019

 

 

Venezuela : Guaido appelle ses partisans à descendre dans la rue jusqu'au départ de Maduro

 

 

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Elise LambertIlan CaroFrance Télévisions

 

 

 

Juan Guaido a annoncé à l'aube, dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, avoir le soutien de "soldats courageux" depuis une base militaire à Caracas

 

 

 

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Le président autoproclamé du Venezuela Juan Guaido (à gauche), mardi 30 avril 2019 à Caracas. (FEDERICO PARRA / AFP)

 

 

 

 

CE QU'IL FAUT SAVOIR

 

 

Soudaine montée de tension au Venezuela. Reconnu président par intérim par une cinquantaine de pays dont les Etats-Unis, Juan Guaido a appelé mardi 30 avril ses partisans à descendre dans la rue jusqu'à obtenir la chute du président Nicolas Maduro, assurant qu'il n'y aurait "plus de retour en arrière" après le soulèvement d'une partie des militaires en sa faveur. Suivez l'évolution de la situation en direct avec franceinfo.

 

 

Maduro assure avoir l'appui de l'armée. Le président vénézuélien Nicolas Maduro a de son côté affirmé qu'il pouvait compter sur "l'entière loyauté" des chefs de l'armée, malgré l'annonce par Juan Guaido du ralliement de soldats à sa cause. 

 

 

Un appel au rassemblement lancé par les loyalistes. Un fidèle du président Nicolas Maduro, Diosdado Cabello, a de son côté appelé les partisans du pouvoir à un rassemblement au palais présidentiel de Miraflores à Caracas. "Ils ne vont pas y arriver. Nous sommes déjà déployés et lançons un appel à tout le peuple de Caracas : venez à Miraflores. Nous verrons ce qu'ils sont capables de faire contre notre peuple", a-t-il déclaré sur la chaîne de télévision publique VTV.

 

 

Madrid appelle à éviter un bain de sang. De son côté, le gouvernement espagnol a appelé à éviter "une effusion de sang""Nous appuyons un processus démocratique pacifique" et appelons "à la convocation immédiate d'élections", a déclaré la porte-parole du gouvernement espagnol.

 


30/04/2019
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Franceinfo - le lundi 1er avril 2019

 

 

Rationnement, éducation suspendue, journée de travail réduite… Le Venezuela prend des mesures draconiennes contre les coupures de courant

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

Alors que de nombreux Vénézueliens manifestent leur exaspération dans les rues, les autorités ont décrété un plan de rationnement pour 30 jours

 

 

 

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Un journaliste, dans une chambre d'hôtel à Caracas (Venezuela), le 10 mars 2019, pendant une coupure de courant. (JUAN BARRETO / AFP)

 

 

 

 

Le gouvernement du Venezuela a annoncé, dimanche 31 mars, des mesures drastiques pour tenter de venir à bout des coupures de courant géantes qui paralysent le pays depuis début mars. Les autorités ont décrété un rationnement de l'électricité pour 30 jours, la suspension des cours dans les écoles et la réduction de la journée de travail, qui s'achèvera à 14 heures dans les administrations comme les entreprises privées.

 

 

Ce "plan de 30 jours" pendant lesquels l'électricité sera rationnée afin de tenter de rationaliser la production, le transport, la distribution et la consommation, "avec une attention particulière à garantir la distribution d'eau", a été annoncé par le président Nicolas Maduro à la télévision nationale, tout en notant que de nombreux Vénézuéliens, justement privés d'éléctricité, ne recevraient pas le message.

 

 

 

"Nous sommes coupés du monde"

Des Vénézuéliens en colère avaient installé des barricades en feu près du palais présidentiel à Caracas et dans d'autres régions du pays pour protester contre les pannes d'électricité répétées. "Nous n'avons pas d'eau, nous n'avons pas de lumière, nous n'avons pas internet, nous n'avons pas de téléphone... Nous sommes coupés du monde", a témoigné un manifestant, interrogé par l'AFP. "Nous sommes arrivés à la pire situation que nous puissions imaginer."

 

 

Les autorités attribuent ces coupures à des "attaques terroristes" dans le cadre d'une "guerre électrique déclenchée pour rendre fou le pays". Ce sont ces prétendus sabotages qui, selon Nicolas Maduro, affectent la centrale de Guri, qui fournit au Venezuela 80% de son électricité. Caracas et 20 Etats vénézuéliens sur 23 ont été de nouveau plongés dans le noir durant le week-end et de nombreuses régions sont restées sans courant depuis.

 

 

L'opposition et des experts du secteur estiment que ces coupures de courant à répétition sont dues au manque d'investissements dans les infrastructures. Un ancien responsable du système électrique vénézuélien attribue d'ailleurs les coupures au défaut de maintenance et à la corruption.

 


01/04/2019
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Franceinfo - le jeudi 21 mars 2019

 

 

Nicaragua : le gouvernement va libérer tous les opposants pour relancer le dialogue

 

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions
 

 

 

 

Le pays est plongé dans une grave crise politique depuis onze mois. Cette décision va permettre la reprise des négociations entre gouvernement et opposition

 

 

 

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Des policiers nicaraguayens dispersent des manifestants, le 15 décembre 2018 à Managua (Nicaragua). (INTI OCON / AFP)

 

 

 

Un geste pour l'opposition. Après plusieurs jours de blocage, le gouvernement nicaraguayen a cédé aux exigences de l'opposition : il va libérer sous trois mois tous les opposants incarcérés pour relancer le dialogue avec le camp adverse. "La table de négociation a reçu une annonce du gouvernement concernant la libération sous 90 jours de tous les détenus dans le cadre des manifestations" contre le pouvoir, a annoncé mercredi 20 mars l'envoyé spécial de l'Organisation des Etats américains (OEA), Luis Angel Rosadilla.

 

 

Il s'agissait d'une condition sine qua non des adversaires du président Daniel Ortega pour s'asseoir de nouveau à la table des négociations. Pour l'heure, le nombre de prisonniers qui seront libérés n'avait pas été précisé. Un peu plus de 800 opposants sont emprisonnés, a annoncé mercredi l'opposition, qui a revu son chiffre à la hausse. Elle parlait jusqu'ici de 700 détenus. De son côté, le gouvernement n'a pas encore communiqué de chiffre. Les deux camps ont également convenu d'un programme de négociations en six points et de faire appel à la communauté internationale pour suspendre les sanctions, selon la déclaration conjointe publiée par la présidence.

 

 

Le Nicaragua connaît une grave crise politique depuis onze mois, lorsque des manifestations ont éclaté contre le gouvernement du président Daniel Ortega, 73 ans. Après avoir dirigé le pays de 1979 à 1990 à l'issue de la révolution sandiniste, Daniel Ortega était revenu au pouvoir en 2007. Les opposants accusent l'ex-guérillero sandiniste d'avoir instauré une dictature. Ils réclament son départ et celui de la vice-présidente, son épouse Rosario Murillo. Le chef de l'Etat dénonce de son côté une tentative de putsch de l'opposition avec le soutien de l'Eglise et de Washington. La crise a fait plus de 325 morts et a plongé le pays dans la récession économique.

 


21/03/2019
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Franceinfo - le lundi 4 février 2019

 

 

"Ils l'ont électrocuté" : au Venezuela, la femme d'un militaire emprisonné dénonce la torture pratiquée par le régime

 

 

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Benjamin IllyfranceinfoRadio France

 

 

 

Selon le Foro Penal, une organisation de défense des droits de l'homme, il y aurait 14 000 prisonniers politiques actuellement au Venezuela. La femme d'un militaire emprisonné témoigne en exclusivité sur franceinfo

 

 

 

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Sandra Hernandez, 29 ans est l'épouse du sergent major de la garde nationale bolivarienne, Luis Alexander Bandres Figueroa, torturé à la prison de Boleita à Caracas. (BENJAMIN ILLY / FRANCE-INFO)

 

 

 

 

Sandra Hernandez a 29 ans, elle est l'épouse d'un sergent-major de 3ème classe de la garde nationale bolivarienne. Le 21 janvier dernier, Luis Alexander Brandes Figueroa se soulève, lance un appel avec 24 autres militaires d'une caserne de Caracas, pour dénoncer la misère dans le pays et déclarant Nicolas Maduro illégitime. Les militaires, payés parfois moins que le salaire minimum, souffrent de la crise et des pénuries comme tout le monde. Luis Alexander Brandes Figueroa est immédiatement arrêté, transféré le jour même avec ses compagnons à la prison de Boleita. Et les tortures commencent immédiatement.

 

 

À certains moments il a perdu conscience à cause des coups qu'il recevait. Sandra Hernandez, femme de militaire franceinfo

 

 

Sandra, sa femme, n'a pu le revoir que le 15 février. Aujourd'hui elle a le courage de tout dire, même le pire. "Il a été torturé pendant 15 jours, torturé deux fois par jour. Ils l'ont épuisé, vidé de son énergie. Ils l'ont suspendu, il est resté cinq ou six heures suspendu. Ils l'ont électrocuté. Deux personnes lui ont écarté les jambes et lui ont frappé les testicules. (...) Il s'est évanoui, plus d'une dizaine de fois", explique Sandra Hernandez très émue. "Quand je l'ai vu, il avait des hématomes partout, des marques de coups, une partie des côtes étaient noires", se rappelle-t-elle.

 

 

 

Les familles torturées devant les prisonniers

"Notre domicile a été perquisitionné le 21 janvier mais j'appelle ça du vol. Ils ont tout pris dans notre maison. Ils nous ont laissés sans rien. Ça fait plus d'un mois que je ne suis pas retournée chez moi", poursuit la jeune femme. "Ma famille ne sait pas où je suis. Je dis que je suis à un endroit mais je suis à un autre endroit."

 

 

Sandra Hernandez doit se cacher car l'une de leurs stratégies, explique-t-elle, est de torturer les familles, devant les prisonniers. "Je connais un prisonnier, incarcéré depuis un an. Il était dans la chambre de torture, et ils ont torturé sa femme devant lui, pour que le mari avoue ce qu'ils voulaient entendre", dit-elle apeurée. 

 

 

"Ce qu'ils veulent faire dire à mon époux, n'est rien d'autre qu'un mensonge. Ils ont demandé à mon époux qu'ils disent que l'opposition (…) l'avait payé pour qu'il se rebelle. Il a refusé."

 

 

Le monde doit savoir ce que nous subissons Sandra Hernandez, femme de militaire franceinfo

 

 

Pour Sandra Hernandez, son mari est un "héros", "le meilleur homme au monde." Puis elle lui adresse ces quelques mots. "Je ne pourrais pas avoir un meilleur père pour mes enfants, merci de prendre tant de risques pour beaucoup d'autres personnes (...) tu as pensé à ton futur, celui de tes enfants, le mien et à celui de beaucoup de Vénézuéliens."

 

 

Accusé de trahison, le sergent-major Luis Alexander Brandes Figueroa, risque selon son épouse jusqu'à 30 ans de prison. Encore faut-il qu'un procès ait lieu. Rien n'est prévu pour l'instant.

 

 

 

Selon le Foro Penal, une organisation vénézuélienne de défense des droits de l'homme, il y aurait actuellement 14 000 prisonniers politiques dans le pays. Depuis 2018, la répression s'accélère notamment dans les rangs de l'armée, pour intimider, bâillonner toute contestation qui pourrait prendre de l'ampleur à un moment où le pouvoir chaviste est fragilisé, analyse cette association. Certains militaires entrés en rébellion sont particulièrement dans le collimateur du régime de Nicolas Maduro.

 

 

 

87 militaires en prison actuellement

Des sous-officiers, des lieutenants colonels, et plus d'une dizaine de généraux sont derrière les barreaux. Selon le Foro Penal, il seraient au total 87 en ce moment. Parmi eux, seulement 5 % auraient eu droit à un procès. Les autres subissent une détention préventive et sont retenus en prison, parfois deux ou trois ans, affirme l'ONG, sans pouvoir bénéficier d'aucune défense.

 


04/03/2019
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Franceinfo - le dimanche 24 février 2019

 

 

Venezuela : une centaine de militaires et policiers ont déserté et sont passés en Colombie

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

 

Selon le service des migrations colombien, ces soldats ont fui "la dictature" de Nicolas Maduro

 

 

 

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Des policiers colombiens accompagnent un officier vénézuelien, le 23 février 2019, à la frontière entre le Venezuela et la

Colombie, à Cucuta. (LUIS ROBAYO / AFP)

 

 

 

Un peu plus d'une centaine de membres des forces de sécurité du Venezuela ont déserté depuis samedi et sont passés en Colombie, a indiqué, dimanche 24 février, le service des migrations colombien. L'annonce intervient alors que la tension s'accroît autour de l'entrée de l'aide humanitaire dans le pays.

 

 

"Jusqu'à présent, le service des migrations de Colombie a reçu un peu plus de cent membres des forces armées du Venezuela, qui sont sortis de leur pays, fuyant la dictature de Maduro", a indiqué cette entité dans un communiqué.

 

 

 

Les jours de Nicolas Maduro "sont comptés"

Le calme est par ailleurs revenu aux frontières du Venezuela, au lendemain d'une journée d'affrontements entre opposition et gouvernement. Mais la pression internationale monte sur le régime de Nicolas Maduro, dont "les jours sont comptés", selon Washington. Sur la chaîne CNN, le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo a qualifié le président socialiste de "pire du pire des tyrans".

 

 

Dimanche matin, près de la frontière avec la Colombie, les rues d'Urena étaient jonchées d'ordures, de cartouches de gaz lacrymogènes et de munitions en caoutchouc utilisées par les forces de l'ordre pour disperser la foule. Ces résidus témoignaient des affrontements de la veille.

 


25/02/2019
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Franceinfo - le vendredi 22 février 2019 - mis à jour le 24.02.19

 

 

Venezuela : pourquoi Guaido et Maduro s'écharpent-ils autour de l'aide humanitaire ?

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

Samedi est le jour J fixé par l'opposant Juan Guaido pour faire entrer l'aide humanitaire américaine stockée à la frontière colombienne, bouclée par l'armée fidèle au régime de Nicolas Maduro

 

 

 

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Des cartons de l'aide humanitaire américaine destinée au Venezuela sont entreposés à Cucuta, en Colombie, jeudi 21 février 2019. (RAUL ARBOLEDA / AFP)

 

 

 

La lutte pour le pouvoir au Venezuela connaît un épisode crucial samedi 23 février. C'est le jour J fixé par l'opposant Juan Guaido pour faire entrer l'aide humanitaire stockée à la frontière colombienne, bouclée par l'armée fidèle au régime de Nicolas Maduro. 

 

 

Vendredi, Juan Guaido, qu'une cinquantaine de pays ont reconnu comme président par intérim, a défié le leader chaviste en bravant un ordre judiciaire lui interdisant de quitter le territoire et en affirmant que l'armée, pilier du régime, avait "participé" à l'opération. Guaido est apparu au "Venezuela Aid Live", peu avant la fin de ce concert destiné à financer l'aide humanitaire, organisé à Cucuta (Colombie) par le milliardaire britannique Richard Branson. De l'autre côté de la frontière, le régime a organisé un contre-concert intitulé "Hands off Venezuela" ("Pas touche au Venezuela").

 

 

Dans la soirée de vendredi, Caracas a décrété la fermeture de la frontière dans l'Etat de Tachira, voisin de Cucuta, d'où le jeune opposant de 35 ans entend diriger les livraisons d'aide. Franceinfo résume les enjeux autour de ce convoi humanitaire.

 

 

 

D'où provient cette aide humanitaire ?

Entreposée à Cucuta, l'aide humanitaire provient essentiellement des Etats-Unis. L'Union européenne et les voisins sud-américains ont également contribué à cette aide, qui contient "de la nourriture, du matériel et des médicaments, [pour] une valeur de 100 millions de dollars" (88 millions d'euros), rapporte France Culture. Ce convoi humanitaire est bloqué par l'armée aux portes du pays depuis le 7 février, et Juan Guaido a promis de la faire entrer samedi. Il a invité les Vénézuéliens à se mobiliser ce jour-là pour réclamer cette aide qui vise à pallier les pénuries dans leur pays miné par l'hyperinflation. 

 

 

Nicolas Maduro a de son côté ordonné la fermeture de la frontière terrestre avec le Brésil et menacé de fermer celle avec la Colombie pour empêcher l'entrée de l'aide humanitaire américaine qu'il considère comme une "provocation". Les liaisons avec l'île néerlandaise de Curaçao, autre point de stockage de l'aide, sont également suspendues. Il a aussi annoncé lundi l'arrivée prochaine de 300 tonnes d'aide humanitaire expédiée depuis la Russie. "Celle-là, nous l'avons payée avec dignité", a assuré le président, affirmant que les biens proviennent de Russie, de Chine, de Turquie, d'autres pays, ainsi que de l'ONU.

 

 

Vendredi soir, la vice-présidente vénézuélienne Delcy Rodriguez a annoncé la fermeture temporaire de trois ponts reliant le Venezuela et la Colombie, "en raison des menaces sérieuses et illégales proférées par le gouvernement de Colombie contre la paix et la souveraineté du Venezuela".

 

 

Face à la délicate question du droit d'ingérence humanitaire, ni la Croix-Rouge, ni les Nations unies, ni l’Eglise catholique (via l'organisation Caritas) ne participeront à l'acheminement ou à la distribution d'aliments et de médicaments, précise Libération.  

 

 

 

Pourquoi les camps Guaido et Maduro se déchirent-ils à son sujet ?

Maduro estime que l'envoi de l'aide précède une intervention armée de Washington pour l'évincer du pouvoir. Une version reprise par la Russie, qui le soutient et a accusé le gouvernement américain d'user d'un "prétexte pour une action militaire". Le président contesté du pays a des raisons d'être inquiet : début février, Donald Trump a affirmé que "toutes les options" étaient sur la table à propos du Venezuela, y compris l'usage de la force.

 

 

Le vice-président brésilien Hamilton Mourao, qui soutient les Etats-Unis dans ce dossier, a affirmé jeudi qu'une intervention militaire américaine au Venezuela "n'aurait aucun sens" et que les menaces de Washington étaient "de l'ordre de la rhétorique". "Le problème vénézuélien doit être résolu par les Vénézuéliens", a-t-il déclaré à l'AFP.

 

 

De son côté, la Russie attise les tensions. Vendredi, Moscou a estimé que "la traversée de la frontière vénézuélienne par le soi-disant convoi humanitaire" créait "un prétexte commode pour une action militaire". Sur place, l'armée vénézuélienne s'est dite "en alerte" face à toute violation des frontières du pays pour l'entrée de l'aide humanitaire. Elle a rejeté les appels à désavouer le président Maduro lancés par Donald Trump et Juan Guaido.

 

 

Le rôle que choisiront de jouer les militaires samedi devrait être déterminant. Nicolas Maduro leur a ordonné de ne pas laisser entrer l'aide. De son côté, la Maison Blanche a condamné "énergiquement l'usage de la force" par l'armée vénézuélienne contre des civils, en réagissant à la mort de deux personnes qui tentaient de garder la frontière ouverte au passage d'une autre partie de l'aide stockée au Brésil.

 

 

 

Quelle est la situation dans le pays ?

Elle est dramatique. Selon une enquête sur les conditions de vie des Vénézuéliens menée par un consortium d'universités locales, et dont la dernière version, citée par Libération, date d'un an, 87% des foyers vivaient en dessous du seuil de pauvreté en 2017. Selon cette étude, les Vénézuéliens auraient en outre perdu 11 kilos en moyenne cette année-là. "Au Venezuela, où le taux d’inflation dépasse un million de pourcents, un salaire minimum ne suffit plus à acheter un poulet ou un kilo de fromage", explique Le Monde (article abonnés).

 

 

Citant des chiffres du ministère de la Santé vénézuélien, Libération rapporte également que les cas de mortalité maternelle et infantile se sont multipliés ces dernières années. "D'après la Fédération pharmaceutique du Venezuela, plus de 80% des médicaments sont introuvables dans le pays. Et au printemps, une enquête commandée par l'Assemblée nationale a conclu que 79% des hôpitaux étaient privés d’eau potable", relève encore le quotidien.

Quelque 3,4 millions de Vénézuéliens ont fui leur pays depuis le début de la crise politique et économique, et le flot de départs ne se tarit pas, a annoncé l'ONU vendredi. Sur la base de ces chiffres, les Nations unies ont déclaré en décembre s'attendre à ce que le nombre d'exilés atteigne les 5,3 millions fin 2019.

 


25/02/2019
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Franceinfo - le vendredi 22 février 2019

 

 

"Ça ne peut pas être pire qu'au Venezuela": la diaspora vénézuélienne trouve refuge en Espagne

 

 

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Louise HemmerléFrance Télévisions

 

 

 

En 2017 et 2018, les Vénézuéliens sont devenus les premiers demandeurs d'asile en Espagne. Une immigration qui grossit à mesure que le pays s'enfonce dans la crise politique et économique

 

 

 

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Des migrants vénézuéliens cherchent leur bonheur parmi les vêtements proposés à l'association Casa Venezuela, à Madrid, le 12 février 2019.  (LOUISE HEMMERLE / FRANCEINFO)

 

 

 

Dans un quartier populaire au sud de Madrid, Nayan pousse la porte d'un ancien studio de photographie dont la façade est encore ornée de l'enseigne Kodak. Sur la porte en verre, un message imprimé sur une feuille A4 accueille les visiteurs : "Ceci est un local solidaire créé pour accueillir nos frères vénézuéliens qui arrivent en Espagne en quête de paix et de liberté". Chaque jour, une quinzaine de nouveaux arrivants vénézuéliens sont pris en charge par l'association Casa Venezuela, dont le local a ouvert en novembre, et où sont distribués des vêtements, de la nourriture pour bébés, des chaussures.

 

 

 

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Des piles de vêtements pour enfants à la Casa Venezuela, à Madrid, le 12 février 2019.  (LOUISE HEMMERLE / FRANCEINFO)

 

 

 

"Il y a des gens qui sont venus directement de l'aéroport, avec rien d'autre que leur veste sur le dos", explique Sierra Elvira, une Vénézuélienne qui gère le local. Alors que le Venezuela s'enfonce dans la crise, ils sont de plus en plus nombreux à fuir la faim, l'insécurité et l'autoritarisme de Nicolas Maduro, et à se réfugier en Espagne. Depuis 2017, les Vénézuéliens sont même devenus les premiers demandeurs d'asile en Espagne. Franceinfo est allé à la rencontre de cette diaspora.

 

 

 

"On nous affame"

A l'intérieur de la Casa, une douzaine de Vénézuéliens accueillent Nayan par de chaleureuses embrassades. Elle est arrivée à Madrid il y a une semaine. "Ça fait du bien, c'est comme une thérapie. Je n'ai personne ici, et j'ai besoin de parler", dit la jeune femme de 24 ans, qui a dû laisser son enfant de huit ans avec ses parents au Vénézuela. Cette ancienne employée d'une agence de voyage n'avait pas assez pour un deuxième billet. Et elle a besoin de travailler pour pouvoir envoyer de l'argent à sa famille.

 

 

Avant, nous étions de la classe moyenne supérieure. Maintenant, nous faisons partie de la classe moyenne inférieure, et nous devons réduire nos portions de nourriture. Même celle de mon enfant, alors qu'il est en pleine croissance.Nayan à franceinfo

 

 

"Il y a beaucoup de gens qui pensent qu'on exagère, mais on nous affame. On survit avec l'argent qu'on nous envoie de l'étranger", indique Mariene Gallardo, une ancienne employée de l'administration publique. Ivan Sojo, aîné d'une fratrie de six, est d'ailleurs arrivé à Madrid il y a neuf jours dans l'espoir de soutenir sa famille restée au Venezuela. "Avec 19 000 bolivars, le salaire minimum, tu ne peux rien faire. Ça vaut à peine huit dollars. Comment est-ce que tu peux te nourrir avec ça ?, lance le jeune homme de 25 ans. Un kilo de viande, c'est déjà 5 000 bolivars, le quart de ton salaire, c'est inabordable. C'est comme ça pour tout : le riz, les pâtes, le dentifrice, le savon, la lessive… On se passe de tout." L'ONG catholique Caritas estime qu'une famille a désormais besoin de 98 fois le salaire minimum pour pouvoir se payer des denrées de base.

 

 

 

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Ivan Sojo à Madrid, le 13 février 2019.  (LOUISE HEMMERLE / FRANCEINFO)

 

 

 

L'inflation galopante, qui devrait atteindre les 10 000 000% en 2019 selon le FMI, a mis tout le Venezuela au "régime Maduro". "On a souvent faim, raconte Ivan, on finit par acheter un pain et on le mange petit à petit, tranche par tranche." Et les Clap, ces cartons de nourriture à un prix subventionné délivrés par l'Etat une fois par mois, ne sont pas une aide suffisante. "Dedans, on trouve une bouteille d'huile, du riz, deux sachets de lentilles, une boîte de sardines… C'est comme si on était en guerre", se désole Ivan. "Ce n'est pas une vie, à peine de la survie".

 

 

 

Un ordinateur et un portable contre un billet d'avion

"On a toujours l'idée d'immigrer quelque part dans un coin de sa tête", explique le jeune homme, qui s'est résolu à partir de son pays en 2017, quand il est sorti de l'université, un diplôme de langues modernes en poche. Au Venezuela, "les professeurs sont ceux qui sont le moins payés", note-t-il.

 

 

J'ai beaucoup d'ambition, de rêves, et je ne vais jamais les atteindre au Venezuela. Et je ne parle pas d'une vie de luxe, juste d'une vie normale. Ivan Sojo à franceinfo

 

 

Pour pouvoir partir vers l'Espagne, il lui a fallu prétexté un voyage touristique et acheter un billet d'avion aller-retour, après avoir péniblement amassé la somme pendant de long mois. Pour cela, il a vendu sa Playstation, son ordinateur et son portable. "Même ma mère a vendu des affaires à elle", raconte-t-il. "Nous avons tout misé sur l'immigration". En Espagne, Ivan espère à terme obtenir le statut de résident, et pouvoir travailler en toute légalité pour subvenir aux besoins de sa famille restée de l'autre côté de l'Atlantique.

 

 

Dans l'attente de voir sa demande d'asile examinée, il distribue des brochures dans Madrid. Un travail payé au noir. Son urgence est de trouver un logement, car dans quelques jours il n'aura plus assez d'argent pour se payer la place de dortoir où il loge depuis son arrivée. "Après, je vais peut-être dormir dans un refuge, ou dans une église qui pourrait m'accueillir. Quoi qu'il en soit, ça ne peut pas être pire qu'au Venezuela, et pourtant là-bas j'avais une maison et un lit", lâche-t-il.

 

 

 

"Tout le monde vit avec la peur"

Les Vénézuéliens arrivés à Madrid racontent un quotidien dominé par la faim, mais aussi la peur. "Je suis partie parce que j'étais devenue tellement anxieuse que je ne pouvais plus le supporter", confie Francis Prieto, une coiffeuse au volumineux brushing blond arrivée à Madrid en juillet dernier. A la Casa, les femmes s'interrogent : "Vous avez peur en marchant le soir dans la rue ?" L'une d'elles se renseigne pour savoir où elle pourrait se doter d'une bombe au poivre. "On s'est tous fait agressés au Venezuela, et on trimballe nos traumatismes jusque dans les rues de Madrid", observe Mariene Gallardo.

 

 

C'est le cas de Carmen Perdigon. Arrivée il y a trois mois, cette sexagénaire porte deux doigts à sa tempe pour mimer l'agression qu'elle a vécue à Caracas. A un feu rouge, un homme a pointé un pistolet sur sa tête alors qu'elle était au volant de sa voiture. "Je m'en suis sortie parce que j'ai prétexté voir arriver la police, et il a détalé", se souvient Carmen.

 

 

Après 19 heures, on ne peut plus sortir de chez nous. En affamant le pays, on est en train de créer une nation de délinquants.Carmen Perdigon à franceinfo

 

 

"Tu apprends à regarder derrière ton dos et dans tes angles morts, à raser les murs en permanence. C'est à s'en rendre malade", poursuit Carmen Perdigon. Depuis son arrivée à Madrid, la retraitée se dit beaucoup plus sereine : "Au moins tu peux te balader, tu peux sortir ton portable, envoyer un message ou passer un coup de fil dans la rue".

 

 

Outre les agressions, beaucoup de Vénézueliens s'inquiétaient aussi pour leur santé. Car la moindre maladie ou procédure médicale peut désormais être fatale dans le pays, et la mortalité maternelle a bondi. "La fille de ma meilleure amie est morte d'une infection après son accouchement à l'hôpital", raconte Carmen Perdigon. "Elle avait 22 ans. J'ai accompagné mon amie choisir un cercueil pour sa fille, son petit-fils, nouveau-né, dans les bras."

 

 

 

"Maduro a donné l'ordre de me mettre en prison"

Pour ces émigrés, le principal responsable de leurs maux est l'homme qui occupe le palais présidentiel depuis la mort de Chavez. Pour eux, Nicolas Maduro est celui qui a "détruit le pays", l'a "vendu à Cuba", et l'a "cédé à la Chine et à la Russie". "Je dirais que 99% des Vénézuéliens en Espagne sont opposés à Maduro", avance Fernando Gerbasi, attablé dans un café en plein cœur du quartier de Salamanque, rebaptisé "Little Caracas" par la presse espagnole.

 

 

Pour lui, l'opposition au président est devenue si dangereuse qu'elle ne peut se faire que depuis Madrid. Cela fait maintenant quatre ans que cet ancien ambassadeur vénézuélien de 76 ans y a trouvé refuge. "Opposant intellectuel au chavisme", il a été accusé d'incitation à commettre un crime, d'homicide volontaire et de terrorisme. Il a fui son sort en empruntant "le chemin vert" qui mène à la Colombie à travers la forêt amazonienne, avant de prendre un vol pour Madrid.

 

 

 

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Fernando Gerbasi à Madrid, le 13 février 2019.  (LOUISE HEMMERLE / FRANCEINFO)

 

 

 

Comme lui, ils sont une petite flopée d'opposants politiques à Maduro à avoir fui leur pays, à l'instar d'Antonio Ledezma, ancien maire de Caracas. "On est une quarantaine, et on reste en contact grâce à un groupe WhatsApp", détaille Fernando Gerbasi. "Nous avons beaucoup poussé pour que le gouvernement espagnol reconnaisse Juan Guaido comme président par intérim du Venezuela", affirme l'ex-diplomate. C'est ce groupe qui a organisé à Madrid d'importantes manifestations en soutien à Guaido fin janvier et début février. Des rassemblements qui ont réuni des milliers de Vénézuéliens établis dans la capitale.

 

 

 

 

 

 

Il faut dire que la rancœur est vive chez ceux qui ont dû partir. "Je veux que Maduro croupisse dans une geôle minuscule, sans lumière et sans eau. Je veux qu'il souffre comme mon peuple souffre", lâche Francis. L'autoproclamation de Juan Guaido comme président par intérim, le 23 janvier, a été vécue comme une lueur d'espoir pour ces émigrés. Mais l'événement, qui n'a toujours pas abouti à la destitution de Maduro, n'a pas convaincu Ivan ou Nayan de rester. "Le pays est ravagé par une corruption rampante et une impunité totale", regrette Ivan. "De toute façon, il va falloir quinze à vingt ans pour que l'on se lave de tout ça". Pour ces émigrés, l'avenir se fera désormais en Espagne. "Maintenant, il faut qu'on aime cet endroit comme si c'était notre pays", se résout Nayan.

 


22/02/2019
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Franceinfo - le jeudi 7 février 2019

 

 

Guerre civile, putsch militaire ou négociations : vers quoi s'oriente la crise au Venezuela ?

 

 

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Propos recueillis par Louise HemmerléfranceinfoFrance Télévisions
 

 

 

Pour Temir Porras, ancien directeur de cabinet de Nicolas Maduro, les pays qui ont reconnu Juan Guaido jettent de l'huile sur le feu. Interrogé par franceinfo, il appelle à un dialogue pacifique entre les différents acteurs

 

 

 

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Une manifestation des partisans de l'opposition, à Caracas, au Venezuela, le 2 février 2019.  (FEDERICO PARRA / AFP)

 

 

 

Deux semaines après l'auto-proclamation de Juan Guaido à la présidence par intérim du Venezuela, c'est toujours Nicolas Maduro, soutenu par l'armée, qui occupe le palais présidentiel à Caracas. Et sans conduite de négociations pour trouver une voie de sortie à cette crise, la tension continue de monter dans le pays. Elle s'exporte même sur la scène internationale : de nombreux États prennent parti, les uns reconnaissant Juan Guaido comme président légitime, les autres restant fidèles à Nicolas Maduro.

 

 

Quel rôle jouent ces puissances étrangères dans ce face-à-face entre Maduro et son opposition au Venezuela ? Et quelles sont les clés d'une sortie de crise ? Franceinfo a interrogé Temir Porras, fin connaisseur de la politique vénézuélienne. Cet enseignant à Sciences-Po a été le conseiller en politique étrangère du président Hugo Chavez et directeur de cabinet de Nicolas Maduro.

 

 

 

Franceinfo : Pouvez-vous nous expliquer d'où vient la crise politique actuelle au Venezuela ?

 

 

Temir Porras : La polarisation au Venezuela n’a pas commencé la semaine dernière. La contestation de la légitimité de Maduro a démarré le jour où il a été élu, en 2013. Et ce jour là, il n’avait pas encore démontré toute l’étendue de son incompétence et de son autoritarisme. La dégradation des conditions économiques et sociales dans le pays lui a ensuite coûté sa défaite aux législatives de 2015.

 

 

Une coalition d’opposition, composée notamment de fractions insurrectionnelles, a alors obtenu une majorité de deux tiers à l’Assemblée nationale. Cela a provoqué une crise de régime, car ces deux tiers donnaient des pouvoirs très larges à l’opposition conservatrice : elle pouvait changer la composition du tribunal suprême, destituer des ministres et même le vice-président de la République. Le tribunal suprême, qui est contrôlé par des alliés de Maduro, a dessaisi l’Assemblée nationale de ces pouvoirs. C’est ça le point de départ de la crise institutionnelle. Et en 2018, l'opposition a refusé de participer à l'élection présidentielle. Résultat : le vainqueur Nicolas Maduro a une légitimité légale, mais pas politique.

 

 

 

Que vient faire Juan Guaido, le président de l'Assemblée nationale, dans cette crise ? Comment s'est-il retrouvé le principal opposant à Nicolas Maduro ?

 

 

Juan Guaido est un député conservateur de Voluntad Popular, un parti minoritaire au sein de la coalition qui contrôle l’Assemblée nationale. Cette coalition a mis en place une présidence tournante : 2019 était l'année de Voluntad Popular. Comme les leaders du parti sont soit en prison, soit en exil, c'est Juan Guaido, élu d’un petit État à seulement 35 ans, qui s’est retrouvé à occuper la fonction de président de l’Assemblée en janvier.

 

 

L'auto-proclamation de Juan Guaido s'inscrit dans la droite lignée de la tradition insurrectionnelle de Voluntad Popular. Mais dire que cette ligne de confrontation est le fruit d’un consensus de toutes les forces d’opposition au Venezuela est une absurdité. Ainsi, Henrique Capriles [considéré jusqu'à maintenant comme leader de l'opposition à Maduro] a dit qu'il n'était pas au courant que Juan Guaido allait s'auto-proclamer président par intérim. Mais comme il y a un énorme élan derrière lui, beaucoup de leaders de l’opposition vénézuélienne se taisent et attendent de voir comment la situation va évoluer.

 

 

 

Pourquoi certains États ont-ils si rapidement reconnu Guaido comme "président par intérim" ?

 

 

C'est le résultat d'une concertation entre la partie la plus à droite de l'opposition vénézuélienne et certains pays : les États-Unis et ceux appartenant au groupe de Lima, un groupe informel de gouvernements conservateurs d'Amérique latine auquel s'est aussi joint le Canada. En fait, tout part de l'élection contestée de Maduro en 2018 par une partie de l'opposition et par ces pays. N'ayant pas reconnu le résultat, ils ont décidé qu'à partir du 10 janvier 2019, date de l'investiture de Maduro, il y avait une usurpation de la présidence. C'est ce qui leur a permis de justifier toutes les actions suivantes, dont l'auto-proclamation de Juan Guaido.

 

 

 

Quel regard portez-vous sur la reconnaissance accordée à Guaido par la France et d'autres pays européens ?

 

 

La position des pays européens de donner un ultimatum de huit jours à Maduro pour organiser des élections présidentielles avant de reconnaître Juan Guaido est une position schizophrène et incompréhensible. J'ai essayé de comprendre pourquoi huit jours... Finalement, j'interprète cet ultimatum comme une simple posture pour se démarquer de l'administration Trump et apparaître plus "dialoguants".

 

 

Mais l'Union européenne se retrouve désormais dans une configuration un peu "baroque". Comme il n'y avait pas de consensus, la chef de la diplomatie européenne a proposé de mettre sur pied un groupe de contact composé de huit pays européens [qui ont défendu l'ultimatum] et de pays latino-américains. La première réunion va avoir lieu le 7 février, à Montevideo. Le groupe de contact s'est donné 90 jours pour trouver une solution, ce me semble bien plus raisonnable que huit jours.

 

 

 

Quel est le poids de la reconnaissance internationale dans le rapport de force entre Maduro et Guaido au Venezuela ?

 

 

Celle des pays européens a un poids symbolique car même s'ils représentent une partie minoritaire du monde, ils sont dotés d'une sorte d'autorité morale supérieure.

 

 

En même temps, plus un pays européen mettra de la pression sur Nicolas Maduro, plus il sera perçu comme un néocolonialiste qui veut imposer sa loi. Même des progressistes, qui critiquent Maduro, vont percevoir la position des Européens comme une ingérence.Temir Porrasà franceinfo

Mais l'impact le plus important est financier. La reconnaissance de l'administration américaine a entraîné de nouvelles sanctions imposées au gouvernement de Maduro. Washington a ainsi annoncé le gel de sept milliards de dollars d'actifs pétroliers dans le but de les transférer à l'administration de Guaido.

 

 

 

Les deux camps sont-ils susceptibles de résoudre ce conflit à la table des négociations?

 

 

Le gouvernement de Maduro a toujours dit être partisan du dialogue politique. Ça, on ne peut pas le nier. Néanmoins, pour l'opposition, ce vœu est une tactique pour gagner du temps à chaque fois qu'il est confronté à une crise. En face, le parti de Juan Guaido n'a jamais été partisan du dialogue. Il pense qu’il a affaire à un gouvernement qui représente le Mal, une vision teintée d’un anticommunisme suranné. De la même manière, vous avez dans des secteurs durs du chavisme des gens qui disent à propos de Guaido : "Nous avons affaire à une bande de fascistes qui veulent imposer une dictature de droite dans notre pays, donc tous les moyens sont bons pour résister à cette évolution".

 

 

 

Si aucune concertation n'a lieu, la perspective d'une guerre civile est-elle à craindre ?

 

 

Oui, il y a un risque que cela dégénère. Si le but n'est pas la négociation mais l'escalade des tensions jusqu'à ce qu'on atteigne un point de rupture, notamment au sein de l'armée, alors on a tous les ingrédients pour une guerre civile.

 

 

C'est pour ça que je trouve lamentable que des acteurs internationaux jouent avec le feu. Je trouve la position française irresponsable. Le choix qui a été de prendre parti pour la branche la plus extrême de l'opposition vénézuélienne pousse le pays à l'escalade. Temir Porrasà franceinfo

La seule chance pour éviter une guerre civile, c'est que les membres de la communauté internationale jouent un rôle constructif, plutôt que d'alimenter les polarisations et les tensions internes.

 

 

 

Pourquoi les regards se tournent-ils vers l'armée ? Et soutient-elle toujours Nicolas Maduro ?

 

 

Partout dans le monde, la soumission de l’armée au pouvoir civil est un ressort de pouvoir. C'est un postulat de la légitimité des institutions civiles dans n’importe quel pays, et Maduro peut aujourd'hui s'en targuer. A contrario, si vous avez une armée contre vous, il est extrêmement difficile de gouverner.

 

 

Pour l'instant, l'auto-proclamation de Guaido et les réactions internationales n'ont pas entraîné de rupture au sein de l'institution militaire. C'est par définition une institution verticale, où l'autorité et la discipline priment. Au Venezuela, s'ajoute une particularité : l'armée est politisée, avec un biais chaviste qui s'explique par l'histoire du pays. Certes, il y a un mécontentement beaucoup plus élevé aujourd'hui à l'encontre de Nicolas Maduro, y compris au sein de l'armée. Mais penser que l'armée, qui a rendu au Venezuela son indépendance, va suivre les instructions du vice-président des États-Unis parce qu'il a mis une vidéo sur Twitter où il parle quelques mots d'espagnol, c'est de l'angélisme !

 

 

 

Quelles sont, selon vous, les clés d'une sortie de cette crise ?

 

 

Il y a certaines personnes qui disent "il suffirait que les militaires se soulèvent". Mais qu'est-ce que ça veut dire pour la suite du fonctionnement démocratique au Venezuela ? Qu'est-ce qui garantit que les généraux ne vont pas vouloir rester au pouvoir à la place de Guaido ? Souhaiter que tout cela se règle par l'intervention des forces armées est très dangereux.

 

 

Je ne vois pas d'autre issue vertueuse que celle de la négociation. Non pas seulement pour garantir le changement, mais aussi pour qu'il soit viable. En sortie de crise, il faut que la démocratie vénézuélienne refonctionne à peu près normalement, et que le gouvernement comme l'opposition puissent trouver leur place au sein des institutions. Pour cela, il faut que tous les acteurs prennent part aux négociations.

 


07/02/2019
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Franceinfo - le mardi 5 février 2019

 

 

Venezuela : Nicolas Maduro rejette l'ultimatum européen et refuse d'organiser une élection présidentielle

 

 

 

 

Le président du Venezuela veut organiser des législatives, qui pourraient lui permettre d'éliminer son rival, Juan Guaido, reconnu par l'opposition et la communauté internationale comme le président par intérim du pays

 

 

 

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Le président du Venezuela Nicolas Maduro, lors d'un exercice militaire, le 3 février 2019, à Turiamo (Venezuela). (MIRAFLORES PALACE / HANDOUT / REUTERS)

 

 

 

Combien de temps peut-il tenir ? Nicolas Maduro a rejeté, dimanche 3 février, l'ultimatum de plusieurs pays européens pour l'organisation d'une nouvelle élection présidentielle au Venezuela. Dans un entretien avec la chaîne de télévision espagnole La Sexta, Nicolas Maduro a déclaré qu'il ne ferait pas preuve de "lâcheté face aux pressions" de ceux qui réclament son départ. "Pourquoi faut-il que l'Union européenne dise à un pays qui a déjà organisé des élections qu'il doit refaire son élection présidentielle, parce que ce ne sont pas ses alliés de droite qui l'ont gagnée ?" s'est ainsi interrogé Nicolas Maduro.

 

 

 

"Une farce tragique"

Si Nicolas Maduro n'organise pas de présidentielle, "nous considérerons que [Juan] Guaido est légitime pour les organiser à sa place et nous le considérerons comme le président par intérim jusqu'à des élections légitimes"avait prévenu dimanche la ministre française des Affaires européennes Nathalie Loiseau. "Ce que répond jusqu'à présent Monsieur Maduro, c'est 'je vais organiser des élections législatives', sous-entendu 'je veux me débarrasser du président du Parlement [l'opposant Juan Guaido, qui s'est autoproclamé chef de l'Etat]." Et d'ajouter : "Cette réponse est une farce, une farce tragique."

 

 

Jeudi, le Parlement européen a reconnu l'autorité de Juan Guaido et a appelé l'ensemble des pays de l'UE à faire de même. Les Etats-Unis, le Canada et de nombreux pays d'Amérique latine, dont la Colombie et le Brésil, ont déjà reconnu Juan Guaido comme président légitime du Venezuela. Donald Trump a de son côté réaffirmé que le recours à l'armée américaine était "une option", dans un entretien avec la chaîne de télévision américaine CBS diffusé dimanche. Soutenu par la Russie, la Chine, la Corée du Nord, la Turquie ou encore Cuba, Nicolas Maduro accuse les Etats-Unis d'orchestrer un coup d'Etat.

 


04/02/2019
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Franceinfo - le dimanche 3 février 2019

 

 

Venezuela : "Il semble très difficile que Nicolas Maduro puisse se maintenir au pouvoir à moyen ou long terme"

 

 

 

L'historien Olivier Compagnon explique à franceinfo pourquoi le président du Venezuela a perdu toute forme de crédibilité auprès d’une immense partie de sa population. Entretien

 

 

 

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A Caracas, l'opposition est descendue dans la rue pour soutenir le chef de l'opposition, Juan Guaido, chef de l'Etat autoproclamé, et pour obtenir le départ du président vénézuelien, Nicolas Maduro, le 2 février 2019.   (FEDERICO PARRA / AFP)

 

 

 

La pression s'accentue sur Nicolas Maduro. Samedi 2 février, l'opposition est à nouveau descendue dans la rue pour demander le départ du président vénézuelien et soutenir le chef de l'oppsition, Juan Guaido, 35 ans, qui s'est autoproclamé chef de l'Etat.

 

 

L'ultimatum fixé par six pays européens expire dimanche 3 février. La France, l'Espagne, l'Allemagne, le Royaume-Uni, le Portugal et le Pays-Bas avaient en effet donné jusqu'à cette date à Nicolas Maduro pour convoquer de nouvelles élections, faute de quoi ils reconnaîtront le chef de l'opposition Juan Guaido comme président.

 

 

Le Venezuela est-il sur le point de basculer ? Entretien avec Olivier Compagnon, historien et directeur de l'Institut des hautes études de l'Amérique latine, pour mieux saisir les enjeux.

 

 

 

Franceinfo : Quelle est la portée de l'ultimatum de six pays européens, dont la France, ordonnant à Nicolas Maduro de convoquer des élections ? L'Europe a-t-elle réellement un poids au Venezuela ?

 

 

Olivier Compagnon : Je ne crois pas que cet ultimatum puisse réellement peser dans le rapport de force. Les six pays de l'Union européenne n'ont pas souhaité s'aligner immédiatement sur la position de Donald Trump et de nombreux pays latino-américains (dont le Brésil de Jair Bolsonaro et la Colombie d'Ivan Duque, voisins du Venezuela et viscéralement hostiles à Maduro), qui ont reconnu Juan Guaido comme président légitime dans les minutes ou les heures qui ont suivi son autoproclamation.

 

 

Ils ont eu raison dans la mesure où cette stratégie de la tension, dans un climat déjà très polarisé, risque de mettre de l'huile sur le feu et d'augmenter le risque d'affrontements violents au Venezuela. Mais ils n'ont pas tenté non plus de promouvoir une solution négociée de sortie de crise, comme le fait par exemple le Mexique. Celui-ci cherche à mettre les forces en présence autour d'une table afin d'envisager un scénario de sortie de crise qui serait accepté par tous les protagonistes. C'est probablement une occasion de plus qui a été manquée d'affirmer l'UE, ou du moins une partie de l'UE, comme un acteur crédible des relations internationales.

 

 

 

Quel scénario vous paraît le plus probable ? Le départ de Nicolas Maduro est-il inéluctable?

 

 

Il semble très difficile qu'il puisse se maintenir au pouvoir à moyen ou long terme. Outre les pressions diplomatiques et les sanctions économiques qui pèsent sur le régime, celui-ci a perdu toute forme de crédibilité auprès d'une immense partie de la population vénézuélienne. La dérive très autoritaire en cours depuis la défaite enregistrée aux élections législatives de décembre 2015, la corruption avérée au plus haut sommet de l'Etat, l'inflation qui croît de façon exponentielle, la pénurie de produits de première nécessité ou encore le fait que 80 à 90% des Vénézuéliens vivent désormais sous le seuil de pauvreté sont autant de facteurs qui ont rompu le lien entre la révolution bolivarienne et l'opinion vénézuélienne.

 

 

Reste à savoir comment l'éviction de Nicolas Maduro va se jouer et il est probable, comme souvent dans l'histoire du Venezuela depuis son indépendance en 1830, que les forces armées vont jouer un rôle majeur.Olivier Compagnon à franceinfo

 

 

 

De quels atouts Juan Guaido peut-il disposer s'il prend effectivement le pouvoir ? A-t-il les moyens de sortir le Vénézuela de la crise ?

 

 

Juan Guaido bénéficiera assurément de l'appui de la communauté internationale et d'une grande partie de l'opinion vénézuélienne, dans un premier temps du moins. Mais trois grandes difficultés vont surgir rapidement. D'une part, il conviendra d'éviter un scénario de guerre civile entre le nouveau gouvernement et les derniers soutiens de la révolution bolivarienne, qui n'est pas totalement à exclure tant la polarisation politique est forte et les rancœurs sont profondes depuis le début des années 2000.

 

 

D'autre part, si l'opposition apparaît actuellement unie comme un seul homme dans une sorte de geste libératrice, elle n'est en réalité pas du tout homogène et il y a fort à parier que des tensions vont apparaître en son sein. Enfin et c'est sans doute le plus inquiétant, tous les spécialistes disent qu'il faudra au moins quatre ou cinq ans pour remettre à flot l'économie vénézuélienne et notamment la production pétrolière qui, faute de maintenance et d'investissements productifs, a atteint son plus bas niveau depuis près d'un demi-siècle.

 


03/02/2019
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Franceinfo - le mercredi 30 janvier 2019

 

 

Venezuela : Nicolas Maduro se dit prêt pour des législatives anticipées mais rejette l'idée d'une nouvelle présidentielle

 

 

 

"Je suis prêt à m'asseoir à la table des négociations avec l'opposition, pour parler pour le bien du Venezuela, pour la paix et son avenir", a assuré le président socialiste

 

 

 

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Nicolas Maduro, président du Venezuela, participe à une réunion avec des diplomates, à Caracas le 28 janvier 2019. (HO / VENEZUELAN PRESIDENCY / AFP)

 

 

 

Le président vénézuélien Nicolas Maduro s'est dit prêt à organiser des législatives anticipées et à négocier avec l'opposition, tout en rejetant la tenue d'une nouvelle présidentielle. "Ce serait très bien d'organiser des élections législatives plus tôt, cela constituerait une très bonne forme de discussion politique, une bonne solution par le vote populaire", a déclaré le président socialiste mercredi 30 janvier à l'agence publique russe RIA Novosti.

 

 

En revanche, "les élections présidentielles ont eu lieu il y a moins d'un an, il y a 10 mois", a-t-il relevé : "Nous n'acceptons les ultimatums de personne dans le monde, nous n'acceptons pas le chantage. Les élections présidentielles ont eu lieu au Venezuela et si les impérialistes veulent de nouvelles élections, qu'ils attendent 2025."

 

 

 

L'opposant Juan Guaido interdit de quitter le pays

L'opposition vénézuélienne manifeste mercredi pour convaincre l'armée de tourner le dos au président socialiste Nicolas Maduro et reconnaître à sa place l'opposant Juan Guaido, qui s'est autoproclamé président"Je suis prêt à m'asseoir à la table des négociations avec l'opposition, pour parler pour le bien du Venezuela, pour la paix et son avenir", a assuré le président socialiste. Il a toutefois riposté face à cet opposant porté par un soutien international croissant : mardi, la justice vénézuélienne a interdit Juan Guaido de quitter le pays.

 

 

Objet d'une enquête préliminaire, notamment pour "des actions ayant porté atteinte à la paix de la République", le chef du Parlement de 35 ans est soumis à une "interdiction de sortir du pays sans autorisation jusqu'à la fin de l'enquête" et un "gel de [ses]  comptes bancaires", a annoncé le président du Tribunal suprême de justice, Maikel Moreno. Cette plus haute juridiction du Venezuela est acquise au pouvoir, tous ses membres ayant été désignés par le chavisme.

 


30/01/2019
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Franceinfo - le lundi 28 janvier 2019

 

Au Venezuela, "l'économie est à terre, les gens meurent de faim"

 

 

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Nathanaël Charbonnier, édité par Adrien BossardfranceinfoRadio France

 

 

 

Alors que de nombreux Vénézuéliens fuient leur pays en direction de la Colombie, Jesùs Mendoza, lui, a décidé de rester. Cet ancien journaliste ne peut plus vivre de son métier et vend des tickets de bus pour s'en sortir

 

 

 

Ils sont, chaque mois, environ 100 000 à fuir leur pays. L'exode des Vénézuéliens vers la Colombie se poursuit, en même temps que la cacophonie politique. Depuis une semaine, le pays a deux présidents mais il n’a plus de quoi assurer les besoins élémentaires de ses citoyens. Nicolas Maduro, le président contesté, et Juan Guaido, le président autoproclamé, se disputent le pouvoir. Les habitants, eux, se battent pour vivre.

 

 

Tous racontent les mêmes histoires. La vie est devenue impossible au Venezuela. Le pays manque de tout, de nourriture, de médicaments, de produits de première necéssité. "L'économie est à terre", dénonce Jesùs Mendoza. Cet ancien journaliste ne peut plus vivre de son métier. Il vend des tickets de bus pour s'en sortir. "Le peuple vit dans la misère, il n'y a pas de travail, pas de médicaments. Les gens meurent de faim et meurent par manque de soins médicaux."

 

 

Juan Guaido, lui, c'est l'espoir, c'est une personne nouvelle en politique et je crois qu'il faut le soutenir.

Jesùs Mendoza

à franceinfo

 

 

Pour Jesùs Mendoza, les derniers présidents du pays sont responsables de cette situation. "Au Venezuela, tous les pouvoirs sont pris en otage, regrette-t-il. L'exécutif, le législatif, le judiciaire et même le militaire. Il y a aussi une manipulation des images, les médias sont censurés. Nicolas Maduro est apparu sur la télévision nationale pour un discours et, pendant qu'il parlait, une image avec une foule apparaissait à l'écran. Cette image, c'est du réchauffé. Elle datait de l'époque de Chávez. On les connaît ces images-là. Cette foule ne soutient pas Maduro, personne ne le soutient. Nicolas Maduro et Chávez ont trompé le peuple."

 


28/01/2019
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