L'AIR DU TEMPS

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Franceinfo - le vendredi 30 avril 2021

 

Algérie : des milliers de manifestants du Hirak défilent contre la répression

 

 

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Image par jorono de Pixabay 


01/05/2021
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Franceinfo - le dimanche 14 mars 2021

 

TEMOIGNAGES. Dix ans après la chute de Ben Ali, rencontre avec la jeunesse tunisienne : "Plus personne ne peut nous ignorer"

 


15/03/2021
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Franceinfo - le mercredi 10 février 2021

 

Tunisie, Egypte Libye... Dix ans après, où en sont les pays qui ont connu un "printemps arabe" ?

 

 

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Image par Arek Socha de Pixabay 


10/02/2021
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Franceinfo - le jeudi 17 décembre 2020

 

RECIT. "Printemps arabes" : il y a dix ans, l'immolation de Mohamed Bouazizi déclenchait une révolution en Tunisie

 


18/12/2020
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Franceinfo - le jeudi 22 octobre 2020

 

 

"Notre Constitution, c'est votre départ" : le Hirak rejette le référendum constitutionnel en Algérie

 

 

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Image par Arek Socha de Pixabay

 


25/10/2020
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Franceinfo - le vendredi 18 septembre 2020

 

 

Algérie : canicule, coronavirus et manque de main d’œuvre ont eu raison des vendanges

 

 

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Image par SofieLayla Thal de Pixabay 


21/09/2020
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Franceinfo - le lundi 14 septembre 2020

 

 

"Vous mettez un post sur Facebook, vous allez en prison" : en Algérie la répression se durcit et pousse les médias à l'autocensure

 


18/09/2020
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Franceinfo - le lundi 10 août 2020

 

 

Algérie : qui est le journaliste Khaled Drareni, condamné à trois ans de prison et devenu un symbole du combat pour la liberté de la presse ?

 

 

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Image par David Peterson de Pixabay


12/08/2020
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Franceinfo - le mardi 28 juillet 2020

 

 

Maroc : après 4 mois de confinement, l’économie est en récession, le gouvernement annonce un plan de relance

 

 

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Image par Mehmet A. de Pixabay

 


29/07/2020
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Franceinfo - le mardi 16 juin 2020

 

 

Tunisie : qui se cache derrière la formation "islamo-nationaliste" Al Karama ?

 

 

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Avec AFPLaurent Ribadeau DumasRédaction AfriqueFrance Télévisions

 

 

 

Ce nouveau parti a échoué à faire voter à l'Assemblée des représentants du peuple une motion contre la France

 

 

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Deux députés de la coalition Al Karama : à gauche, l'ancien imam Ridha Jaouadi; à droite, le fondateur et chef de file du parti, Seifeddine Makhlouf. Photo prise à l'Assemblée des représentants du peuple, le Parlement tunisien, le 13 novembre 2019. (FETHI BELAID / AFP)

 

 

 

Le Parlement tunisien a rejeté, dans la nuit de 9 au 10 juin 2020, une motion qui demandait officiellement à la France de présenter des excuses à la Tunisie pour les crimes commis "pendant et après la colonisation". Cette motion était présentée par la coalition Al Karama, un parti islamo-nationaliste comptant 19 élus sur 217 députés, qui en avait fait une promesse électorale lors des législatives d'octobre 2019. Mais même si ce texte était voué à l’échec, il n’en traduit pas moins un sentiment antifrançais présent dans l’opinion tunisienne.

 

 

Après plus de 15 heures de débats, qui n'ont que peu abordé le fond de la question, le texte a recueilli 77 voix pour, loin des 109 voix nécessaires pour être voté. Présenté sans débat préalable, ni travail de préparation, le texte avait peu de chances de recueillir la majorité, dans un Parlement très divisé. Mais même s’il n’a pas obtenu la majorité nécessaire, il convient de noter que seuls cinq députés ont voté contre. Tandis que 46 autres s’abstenaient.

 

 

Les élus d’Al Karama se sont présentés au Parlement en arborant un tee-shirt sur lequel était inscrit "meurtre et torture, la brutalité du colonialisme français". Le texte proposait d'exiger des excuses de Paris, ainsi que des indemnisations pour les "assassinats", "viols", "exils forcés d'opposants", le "pillage des ressources naturelles" et le soutien à la dictature. Cela concerne "tous les crimes commis depuis 1881", date du début du protectorat, y compris le soutien apporté au régime de Zine el Abidine Ben Ali lorsque celui-ci était aux abois début 2011.

 

 

 

"Coalition pour la dignité"

Apparemment, la proposition d’Al Karama (signifiant en arabe "coalition pour la dignité") était donc d’abord un coup politique. "Nous voulons penser hors du cadre, rester hors système si on peut dire, tout en respectant les institutions. (…) Notre politique est de pousser le prochain gouvernement à être ouvert à d’autres partenaires et à d’autres idées", expliquait son chef de file, l’avocat Seifeddine Makhlouf, dans une interview à Jeune Afrique en décembre 2019.

 

 

Lequel Seifeddine Makhlouf, né en 1975, a fondé ce parti en janvier 2019. "Connu pour être proche des cercles islamistes radicaux, il s’est illustré (…)  en prenant la défense" de terroristes présumés, selon le site kapitalis. Ce qui lui vaut parfois le surnom d'"avocat des terroristes"... Ses deux grandes idées, dixit la même source : "poursuivre en justice" les dirigeants du syndicat UGTT, "qu’il accuse d’avoir détruit l’économie tunisienne, et ce pour des raisons de corruption"; "demander des excuses à la France pour les crimes commis en Tunisie durant la période coloniale".

 

 

 

Le chef de file de la coalition Al Karama, Seifeddine Makhlouf, dans un bureau de vote de Tunis lors des élections législatives du 6 octobre 2019.

Le chef de file de la coalition Al Karama, Seifeddine Makhlouf, dans un bureau de vote de Tunis lors des élections législatives du 6 octobre 2019. (AFP - NACER TALEL / ANADOLU AGENCY)

 

 

 

Qualifié par l’AFP d’"islamo-nationaliste", le petit parti semble avoir fait de la provocation l’une de ses armes favorites. Avec comme objectif la volonté de faire parler de lui. Lors du débat sur la motion, un élu issu d'Al Karama, Ridha Jaouadi, a estimé que "les centres culturels de l'occupation française sont plus dangereux que les bases militaires". Il les accuse de mener "une invasion culturelle qui détruit la morale et les valeurs" des Tunisiens. Cet ancien imam avait été limogé en 2015 de la principale mosquée de Sfax (est du pays) par les autorités tunisiennes qui l'avaient qualifié d'extrémiste, puis accusé de "collecte d'argent" sans autorisation.

 

 

 

L’élève a-t-il dépassé le maître ?

Le 26 février, jour de l’intronisation du chef du gouvernement Elyes Fakhfakh, un autre élu du parti, Mohammed Affas (cité par le site kapitalis), avait lancé au Premier ministre : "Vous êtes contre les lois criminalisant l’homosexualité et la consommation de la drogue. Vous annoncez publiquement et sans honte que vous consommez de l’alcool et vous défiez la charia de Dieu." Et d’ajouter : "Vous faites tout cela pour plaire aux Français."

 

 

Kapitalis, qui décidément n’aime visiblement pas Al Karama, n’hésite pas à le qualifier de "satellite" de la formation d’inspiration islamiste Ennahdha. Selon ce site, Ennahdha "a mis en selle la coalition Al Karama pour qu’elle s’acquitte, pour elle, des besognes pas très recommandables". Mais toujours selon la même source, le "satellite" se serait ensuite émancipé… Ce faisant, l’action des amis de Seifeddine Makhlouf les aurait "rapprochés des bases d’Ennahdha, qui retrouvent en eux la fougue perdue de leur parti devenu par trop sage". Ce qui a contribué à faire perdre des voix à ce dernier lors des législatives d’octobre 2019, analyse le site.

 

 

 

Sentiment anti-français

Dans le même temps, en s’attaquant à Paris, Seifeddine Makhlouf et ses amis savent ce qu’il font. Ils ravivent ainsi "un sentiment anti-français exprimé lors de la révolution de 2011 ; certains avaient alors hurlé 'dégage' devant l’ambassade de France", rapporte Jeune Afrique.

 

 

Le discours d'Al Karama "peut être partagé par une large frange de la population", explique Seifeddine Makhlouf dans l'interview déjà citée. Il est au moins partagé, semble-t-il, par une majorité de parlementaires… "La plupart des députés des différents groupes et ceux indépendants ont souligné lors de leurs interventions la nécessité pour la France de présenter ses excuses au peuple tunisien pour la période de colonisation, mais leurs avis ont divergé concernant le vote de cette motion", notait ainsi le grand quotidien francophone La Presse à l’issue du débat sur la motion finalement rejeté par le Parlement.

 

 

 

Rassemblement sur l\'avenue Bourguiba à Tunis de partisans de Kaïs Saïed, le (futur) chef de l\'Etat tunisien, pendant la campagne du 2e tour de la présidentielle, le 11 octobre 2019

Rassemblement sur l'avenue Bourguiba à Tunis de partisans de Kaïs Saïed, le (futur) chef de l'Etat tunisien, pendant la campagne du 2e tour de la présidentielle, le 11 octobre 2019 (FTV - Laurent Ribadeau Dumas)

 

 

 

Pendant la campagne de la présidentielle en octobre 2019, franceinfo Afrique avait observé l’émergence d’un courant anti-français en Tunisie. Devant l’envoyé spécial du site à Tunis, certains partisans du futur président Kaïs Saïed souhaitaient ainsi ouvertement que leur pays s'éloigne de l'influence de l'ancien colonisateur français. Avant le scrutin du 13 octobre, ce dernier se voulait rassurant dans une interviewL’Obs) : "Nos rapports avec la France, avec l’Europe d’une manière générale, sont dictés par la géographie et on ne changera pas la géographie. (…) Dépassons les moments tumultueux pour écrire une nouvelle histoire ensemble."

 

 

Mais avant d’être nommée chargée de sa communication, Rachida Ennaïfer, l’une de ses proches, expliquait à franceinfo Afrique : Kais Saïed "a déclaré qu'il respecterait les accords internationaux de la Tunisie tout en veillant à préserver les intérêts réciproques. Quand il y a déséquilibre, il faudra rééquilibrer." Et de préciser : "Dans certaines régions (...), la population tunisienne voit les richesses lui passer sous le nez. Il est donc temps de penser à des rééquilibrages. Mais pour autant, les relations entre la Tunisie et la France seront maintenues."

 


16/06/2020
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Franceinfo - le vendredi 27 mars 2020

 

 

Coronavirus en Tunisie : 150 ouvrières se confinent à l'usine pour fabriquer des masques

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

 

Elles se sont enfermées avec de quoi vivre en quasi autarcie pour aider les soignants luttant contre le nouveau coronavirus

 

 

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Des ouvrières d'une usine de Kairouan en confinement, le 26 mars 2020.  (- / CONSOMED)

 

 

 

Confinées, oui... mais au travail : dans une usine tunisienne, 150 personnes, des ouvrières pour la plupart, se sont enfermées avec de quoi vivre en quasi autarcie, afin de continuer à fabriquer des masques et protections pour les soignants luttant contre le nouveau coronavirus.

 

 

Nous sommes les seuls à fabriquer pour les hôpitaux tunisiens : on ne peut pas prendre le risque de contaminer l'usineHamza Alouini, directeur d'usine à l'AFP

 

 

Son entreprise, Consomed, a été lancée il y a dix ans par son père et son frère près de Kairouan, dans le centre de la Tunisie, dans une zone largement rurale. Leur usine est devenue le principal site de production du pays et l'un des plus importants en Afrique pour les masques, charlottes, combinaisons stériles et autres protections.

 

 

Autant d'équipements devenus stratégiques depuis que la Chine, principal producteur de masques au monde, en a interdit l'exportation, suivie par plusieurs pays, dont la Tunisie depuis quelques semaines. L'entreprise est débordée par les demandes locales et peine à approvisionner notamment les hôpitaux.

 

 

 

Les employé(e)s fier(e)s de continuer à fabriquer des masques dans leur usine à Kairouan, le 26 mars 2020. 

Les employé(e)s fier(e)s de continuer à fabriquer des masques dans leur usine à Kairouan, le 26 mars 2020.  (- / CONSOMED)


 

Plusieurs structures de soins ont dû fermer des services hospitaliers ces derniers jours ou mettre en quarantaine des soignants ayant été en contact sans protection avec des malades, selon des médias locaux.

 

 

"Volontariat"

Pour empêcher toute contamination par le nouveau coronavirus et donc toute interruption de la production, Consomed fonctionne désormais quasiment en vase clos : 110 femmes et 40 hommes travaillent, mangent et dorment dans les 5 000 m² d'entrepôts, dont un médecin, des cuisiniers et le directeur.

 

 

Sur les réseaux sociaux, l'entreprise a publié une vidéo – hors de question d'autoriser des journalistes à aller et venir – montrant les ouvrières entrant le 20 mars dans l'usine avec valises et sacs, après un contrôle de température.

 

 

 

 

 

 

Sur les 240 employés, payés en moyenne 800 dinars par mois (270 euros), au-dessus du salaire minimum, 150 ont répondu à l'appel. Ils travaillent "sur la base du volontariat", souligne Hamza Alouini, les autres ayant des engagements ou responsabilités de famille ne leur permettant pas de s'isoler.

 

 

"Il y a parmi les couturières une fille de 22 ans qui n'avait jamais dormi en dehors de chez elle. Le quatrième jour, elle a pleuré car sa mère lui manquait, raconte encore M. Alouini par téléphone. Mais elle a finalement décidé de rester car les salariés savent l'importance de ce qu'ils fabriquent", assure-t-il.

 

 

 

Solidarité

"On s'entraide, confie Khaoula, une employée. Quand une personne se sent mal, nous essayons avec tout le monde de lui remonter le moral, la mettre dans une autre ambiance, parce qu'il y en a qui ont la nostalgie de leur famille."

 

 

"On pense avant tout à ceux qui manquent de protections" face à la maladie Covid-19, explique à l'AFP cette quadragénaire, logiquement interrogée à distance, personne ne pouvant entrer dans l'usine. 

 

 

Les premiers à me soutenir sont mon époux et ma fille : nous sommes tous motivés et convaincusKhaoula, employée à l'AFP

 

 

Les véhicules livrant les matières premières ou les produits alimentaires sont désinfectés, leurs chauffeurs priés de rester à l'intérieur avec les vitres fermées et tous les objets sont décontaminés, selon les normes strictes exigées par les certifications internationales obtenues par l'usine.

 

 

 

"Des soldats"

La journée de travail commence par l'hymne national. "Ca nous donne l'impression que nous sommes des soldats" au service des soignants, raconte Khaoula. Puis la production se met en branle : aux 8 heures de travail habituelles s'ajoutent des heures supplémentaires payées, là aussi, "sur la base du volontariat", dit Hamza Alouini. Pour beaucoup, la journée est longue : 10 à 12 heures par jour, grâce à des dérogations accordées par les autorités.

 

 

 

Les employées en confinement volontaire, dans leur usine à Kairouan, le 26 mars 2020. 

Les employées en confinement volontaire, dans leur usine à Kairouan, le 26 mars 2020.  (- / CONSOMED)

 

 

 

Un dortoir pour les hommes, différents dortoirs pour les femmes, selon les services, un espace pour jouer au football, aux cartes, et se détendre : tout semble avoir été prévu pour tenir un mois.

 

 

"On ne pourra pas faire plus", avoue Hamza Alouini. L'entreprise, qui vend ses masques à la pharmacie centrale à des prix fixés de longue date, n'aura pas la trésorerie pour continuer cette opération coûteuse. Et poursuivre ce confinement pourrait avoir un impact sur le moral des employés.

 

 

La Tunisie a détecté 173 cas du nouveau coronavirus depuis début mars, dont cinq décès selon le ministère de la Santé.


27/03/2020
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Franceinfo - le samedi 21 mars 2020

 

 

Coronavirus en Tunisie : "La farine, la semoule, l’eau de Javel manquent, comme le gel hydroalcoolique et les masques"

 

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Laurent Ribadeau DumasRédaction AfriqueFrance Télévisions

 

 

 

Le pays est de plus en plus touché par le Covid-19 et vit au ralenti. Récit

 

 

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Avenue Bourguiba, dans le centre de Tunis, le 18 mars 2020 juste avant 18h, heure du couvre-feu instauré pour lutter contre le coronavirus... D'habitude, l'avenue, cœur de la capitale de la Tunisie, est noire de monde, jour et nuit, été comme hiver. (FETHI BELAID / AFP)

 

 

 

Le président tunisien, Kaïs Saïed, a annoncé le 20 mars 2020 un confinement général du pays, sans donner de dates ni de modalités. Durant la journée, chacun doit rester chez soi et ne sortir que dans des cas "d'extrême nécessité", a-t-il indiqué. Les hypermarchés seront fermés mais les commerces de proximité seront approvisionnés, a-t-il souligné. Il a également décrété la fermeture des espaces industriels où travaillent un nombre important d'employés. "L’Etat va assurer les services vitaux, en terme de sécurité, de santé et de nourriture. Ces services vont continuer", a déclaré le chef de l'Etat, cité par businessnews, sans plus de précision. Des établissements spécialisés seront mis à la disposition des personnes isolées, a-t-il dit sans, là encore, donner de détails.

 

 

Le 17 mars, Kaïs Saïed avait annoncé l’instauration d’un couvre-feu de 18h à 6h. La plupart des établissements accueillant du public sont également fermés. Comme le sont les frontières terrestres, maritimes et aériennes.

 

 

Résultat : aujourd’hui, la Tunisie tourne au ralenti… Le 18 mars, lors du premier jour de couvre-feu, "au crépuscule, les voitures avaient déserté les rues emplies de l’odeur des fleurs d’oranger. On n’entendait plus que les aboiements des chiens, et au loin des récitations du Coran dans les mosquées proches", raconte, poétiquement, un journaliste de l’agence Reuters.



Depuis le 17 novembre, seuls les agents des forces de sécurité, les personnels soignants et ceux qui ont besoin d’une aide médicale d’urgence peuvent encore circuler à partir de 18 h. Mais à Tunis, en début d'après-midi, on voit encore beaucoup de monde dans les rues et dans les transports en commun, à l'heure où les fonctionnaires, dont le temps de travail a été réduit, rentrent chez eux...

 



Exemple d'activité en berne : les médias. Au grand journal francophone La Presse, il serait ainsi question d'abandonner l'édition papier et de seulement publier les articles sur le site internet du quotidien. 

 

 

 

La maladie s'étend...

Malgré ces mesures, la maladie progresse. Au 20 mars, 54 personnes étaient atteintes par le coronavirus, contre 39 la veille. La Tunisie, qui a seulement procédé à 690 tests, a annoncé le 19 mars son premier cas mortel : une femme de 72 ans, qui venait de rentrer de Turquie et souffrait de plusieurs maladies chroniques, est décédée. "Même si on trouve le plus grand nombre de cas à Tunis et dans sa banlieue, aujourd’hui, tout le pays est touché", constate un Tunisois bien informé, interviewé le 20 mars au téléphone par franceinfo Afrique.

 

 

Dans ce contexte, "les gens sont inquiets. Résultat, on trouve des files d’attente très longues devant les supermarchés, les commerces sont pris d’assaut. La farine, la semoule, l’eau de Javel manquent, comme le gel hydroalcoolique et les masques", poursuit-il.

 

 

"Pour moi, c’est difficile de m’imaginer que nous n’allons plus pouvoir nous déplacer à cause de ce virus. C’est dur d'accepter que notre mode de vie a changé de cette façon. Mais je dois respecter la loi. Le monde entier a changé", a déclaré à Reuters un commerçant rentrant rapidement chez lui avec un sac d’aliments.

 

 

Tout le monde ne se comporte pas de la même façon. "On trouve aujourd’hui des personnes qui ne respectent pas l’auto-isolement par légèreté, indiscipline, manque de responsabilité", constate l’interlocuteur de franceinfo Afrique pour qui "il faut désormais prendre des mesures très strictes, qui soient dissuasives." La police a dû intervenir à l’heure du couvre-feu pour disperser des citoyens rétifs, a rapporté Reuters. Elle a aussi interpellé plusieurs personnes revenues de l’étranger et qui avaient refusé de se soumettre à un ordre de quarantaine.

 

 

"Nous n’avons pas de travail et maintenant, on nous demande de rester à la maison. Mais moi, à cette heure-là, je ne peux pas rester chez moi. J’ai envie de passer le temps avec mes amis", a expliqué un jeune homme que le journaliste de Reuters a rencontré dans la rue une demi-heure après l’heure du couvre-feu.

 

 

 

A l\'aéroport de Tunis-Carthage, du personnel de santé attend, le 10 mars 2020, l\'arrivée de passagers pour mesurer leur température.

A l'aéroport de Tunis-Carthage, du personnel de santé attend, le 10 mars 2020, l'arrivée de passagers pour mesurer leur température. (FETHI BELAID / AFP)


 

Quels moyens ?

Dans le même temps, les services sanitaires et hospitaliers ont-il les moyens de combattre la pandémie ? "Nous avons en quelque sorte la chance d’avoir devant les yeux les exemples de pays très touchés comme l’Italie ou la France. Mais nous n’avons pas leurs moyens", répond notre interlocuteur. L’évolution de la maladie le préoccupe. "Si nous assistons à un raz-de-marée de malades, nous n’aurons pas les moyens pour y faire face. Nous n’avons pas assez de matériel, pas assez de tests. Les masques peuvent coûter jusqu’à 700 dinars (223 euros) ! C’est très, très inquiétant !", observe-t-il.

 

 

De fait, étranglées par la dette et une situation économique morose, les autorités tunisiennes n’ont pas forcément les ressources nécessaires pour combattre efficacement le virus. Selon le site Tunisie Numérique, le ministère tunisien de la Santé a budgété "une enveloppe de 12 millions de dinars" (3,8 millions d'euros) dans le cadre d'un "plan national de lutte contre le coronavirus". Soit "1 dinar par habitant" (0,32 euro), se désole le site. A tel point qu’aujourd’hui, des initiatives citoyennes organisent des collectes pour apporter des fonds au ministère de la Santé…

 

 

"Plusieurs médias ont commencé à appeler à une mobilisation citoyenne pour combattre le coronavirus à travers la collecte de dons et envisager, par la même occasion, l’organisation d’un téléthon. Ces appels oublient malheureusement que la santé publique est une responsabilité du premier ordre de l’Etat", observe Tunisie Numérique.

 


21/03/2020
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Franceinfo - le vendredi 21 février 2020

 

 

Algérie : un an après, quels changements ?

 

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franceinfoFrance Télévisions

 

 

 

Il y a un an, l'Algérie changeait de visage avec notamment le départ de son président Abdelaziz Bouteflika. Un mouvement de contestation inédit

 

 

 

Un mouvement sans structure ni leader établi… mais des collectifs de la société civile réunis pour célébrer l'anniversaire du Hirak, ce mouvement de contestation inédit qui a défié le pouvoir en place. Un an après la chute de Bouteflika, le symbole est fort en Algérie. "Nous voulons aujourd'hui, à l'occasion du premier anniversaire du Hirak, célébrer et prendre acte de l'état d'avancement des libertés", martèle Said Salhi, vice-président du collectif pour la transition démocratique.

 

 

 

Tebboune promet le changement

Il y a un an, le 22 février 2019, tout un peuple était debout et en colère dans la rue. Tous les vendredis, pendant des mois, les Algériens dénonçaient la corruption du régime. "On en a marre de ce pouvoir pourri qui nous gère d'une manière horrible", pestait une femme. De tous horizons, de tous âges, ils réclamaient un nettoyage de la classe politique. Bouteflika, premier visé, voulait un cinquième mandat. Malade, il renonça finalement pour laisser la place à un de ses proches. Si le changement démocratique n'est pas encore totalement établi, le ton a changé de la part d'Abdelmadjid Tebboune. Dans un récent entretien au Figaro, il promet pour l'Algérie un changement radical du système étatique.

 


21/02/2020
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