L'AIR DU TEMPS

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MAGHREB


Franceinfo - le jeudi 9 mai 2019

 

 

En Tunisie, la fermeture des cafés et des restaurants pendant le ramadan ravive le débat sur les libertés

 

 

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Pierre MagnanRédaction AfriqueFrance Télévisions

 

 

 

"Chaque année, au mois de ramadan, c’est la même ritournelle : on oblige les non-jeûneurs à raser les murs"... C’est ce qu’affirme un universitaire sur le site d’information en ligne tunisien Kapitalis. Une prise de position qui montre que le débat entre religion et laïcité n’est pas encore réglé et peut parfois se tendre, notamment en cette période

 

 

 

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Une Tunisienne affiche une pancarte sur laquelle on peut lire : "Laïcité pour vivre ensemble" lors d'une manifestation en mai 2018 pour dénoncer la fermeture des cafés et des restaurants pendant le mois de ramadan. (FETHI BELAID / AFP)

 

 

 

La fermeture (obligatoire depuis une circulaire de 1981) des cafés et des restaurants est l’un des signes les plus concrets de la fête religieuse musulmane en Tunisie... et il est contesté par certains.

 

 

La lecture des médias tunisiens donne une idée de la rigueur qui continue à régner : "Les agents de police du district de Sfax ont opéré, hier lundi (le 6 mai, NDLR), le premier jour de ramadan, des rafles sur les cafés ouverts en journée. Le nombre de cafés ouverts et les mesures prises contre leurs propriétaires n’ont pas été annoncés, par contre, la police a annoncé que cette opération a permis l’arrestation de huit personnes", raconte ainsi Tunisie Numérique.

 

 

 

 

 

 

Quelque huit ans après la révolution, le sujet fait toujours débat. Certains politiques défendent cette mesure. "Manger devant les jeûneurs est un manque de respect", a ainsi affirmé le président des parlementaires d’Ennahdha (parti islamiste) Noureddine Bhiri, qui s’est cependant dit contre l’agression des non jeûneurs. 

 

 

 

La campagne #Fater sur les réseaux sociaux

Comme tous les ans, d'autres Tunisiens critiquent cette disposition. Les réseaux sociaux se font l'écho de ceux qui veulent que la possibilité de ne pas jeûner dans certains lieux publics, comme les cafés ou les restaurants, soit autorisée.  Les partisans de cette liberté se donnent des adresses sous le hashtag #Fater.

 

 

L'année dernière, des non-jeûneurs ("fattaras") avaient appelé à un rassemblement devant le ministère du Tourisme. Cette manifestation, baptisée #Mouch bessif (sans contraintes) était organisée par l’Association des libres penseurs (ALP). Elle visait à "faire entendre la voix des non-jeûneurs qui réclament l’ouverture des cafés et des restaurants durant le mois saint pour pouvoir jouir pleinement de leurs libertés individuelles, et ne pas devoir se cacher pour manger ou fumer", expliquait alors Kapitalis.

 

 

Les partisans de cette position qui défendent la laïcité s'appuient sur la Constitution tunisienne de 2014 qui garantit "la liberté de croyance et de conscience" (article 6).

 

 

 

Quand Bourguiba s'interrogeait sur le jeûne du ramadan

Chaque année, l’application de cette circulaire obligeant à la fermeture des cafés et restaurants fait polémique. En 2014 déjà, le site Business News écrivait que "pour le quatrième Ramadan consécutif (2011, 2012, 2013 et 2014), des descentes, parfois musclées, sont enregistrées dans ces lieux (cafés ou restaurants) pour leur signifier l’obligation de s’abstenir de servir conformément, apparemment, à une note circulaire datant de plus de 30 ans, dite 'circulaire Mzali de juillet 1981'".

 

 

Plusieurs sites rappellent qu’en 1981, cette circulaire avait été annulée sur décision du chef de l’Etat, à l’époque Habib Bourguiba, deux jours seulement après sa parution. En 1974, Habib Bourguiba n’avait d'ailleurs pas hésité à s’interroger sur la nécessité du jeûne pendant le ramadan.

 

 

 

 

 

 

Dans l'affaire des restaurants, ce qui dérange les partisans de la fermeture, "c’est de  voir (…) des gens qui n’adhèrent pas à des croyances qu’ils considèrent comme évidentes. ( …) Constater que des gens ne partagent pas leur foi ébranle leurs certitudes, les fait douter et les inquiète. Ainsi, les fermetures, les interdictions (…) deviennent légitimes. Il faut couper court à toute tentative d’insoumission durant le mois de ramadan pour que d’autres ne s’en inspirent pas", estime l'universitaire Mohamed Sadok Lejri dans une tribune au titre explicite intitulée Ramadan 2019, Quand va-t-on cesser d'obliger les non-jeûneurs à raser les murs.

 

 

La question des cafés et restaurants pendant le ramadan n'est que l'un des aspects de la lutte entre les partisans d'une Tunisie plus laïque et ceux qui souhaitent que le pays s'appuient toujours sur les textes religieux. Ainsi, le débat parlementaire sur l'égalité hommes-femmes face à l'héritage le montre.

 


09/05/2019
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Franceinfo - le dimanche 5 mai 2019

 

 

Algérie : Saïd Bouteflika, influent frère du président déchu, arrêté et incarcéré pour "complot contre l'autorité de l'Etat"

 

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

 

Deux anciens responsables du renseignement ont également été placés en détention

 

 

 

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Un Algérien montre une pancarte "wanted" avec le portrait de Saïd Bouteflika, frère du président déchu, dans une manifestation à Alger, le 19 avril 2019. (AFP)

 

 

 

La chasse au "système" Bouteflika se poursuit, en Algérie. Saïd Bouteflika, frère et puissant ex-conseiller du président algérien déchu, a été arrêté samedi et incarcéré dimanche 5 mai, selon une source sécuritaire citée par l'AFP. Deux anciens hauts responsables du renseignement ont aussi été placés en détention : le général Mohamed Mediène dit "Toufik", patron des services secrets d'Algérie durant vingt-cinq ans, et l'ex-coordinateur des services de renseignements Athmane Tartag, alias "Bachir". Les trois hommes, arrêtés samedi, sont poursuivis pour "atteinte à l'autorité de l'armée" et "complot contre l'autorité de l'Etat", a précisé le parquet dans un communiqué lu à la télévision d'Etat.

 

 

Saïd Bouteflika, 61 ans, était considéré comme le véritable homme fort du palais présidentiel depuis l'accident vasculaire cérébral dont a été victime son frère en avril 2013. A ce titre, il est l'une des figures honnies des manifestants algériens, qui réclament la fin du système Bouteflika depuis le 22 février. Après la démission d'Abdelaziz Bouteflika, le 2 avril, les protestataires continuent de réclamer le départ de tout son entourage.

 

 

 

La crainte d'une "purge"

Homme fort du pays depuis qu'il a lâché l'ex-président, le chef d'état-major de l'armée, le général Ahmed Gaïd Salah, entretient des relations houleuses avec le général Mediène. Mi-avril, il l'avait accusé publiquement de "conspirer" pour entraver les solutions de sortie de crise. Le général Tartag semblait avoir aussi été visé indirectement par des accusations du chef d'état-major qui avait dénoncé une réunion entre des "individus connus (...) en vue de mener une campagne médiatique virulente contre l'armée". Selon la presse, cette rencontre avait réuni le général Mediène, le général Tartag et Saïd Bouteflika.

 

 

Plusieurs personnalités proches du régime Bouteflika ont été entendues ou arrêtées ces dernières semaines. Cinq puissants et richissimes hommes d'affaires, dont quatre proches d'Abdelaziz Bouteflika et de son frère, ont été placés en détention provisoire. Le parquet d'Alger a aussi entendu Ahmed Ouyahia, quatre fois Premier ministre depuis 1995. Le général Gaïd Salah a récemment appelé la justice à "accélérer la cadence" des enquêtes, une demande assimilée à une "injonction" par ses détracteurs. Certains observateurs craignent que, tout en étant une réponse à la contestation qui dénonce les liens entre le pouvoir et les "oligarques", ces enquêtes servent de levier à une "purge" interne.

 


05/05/2019
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Franceinfo - le mardi 30 avril 2019

 

 

Le Maroc bloque des milliers de migrants africains en route vers l’Europe

 

 

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Michel LachkarRédaction AfriqueFrance Télévisions

 

 

 

En 2018, sous la pression de l'UE, le royaume a stoppé 89 000 migrants clandestins qui tentaient de passer en Espagne, devenue la principale porte d’entrée de l’immigration irrégulière en Europe, après la très nette baisse des arrivées en Italie et en Grèce. Au total, 64 298 migrants sont arrivés sur le territoire espagnol

 

 

 

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Des migrants africains tentent de franchir la barrière qui sépare le Maroc à l'Espagne. Des policiers de la garde civile espagnole en tenue anti-émeute forcent les migrants à redescendre coté marocain lors d'une tentative de pénétration dans l'enclave espagnole de Melilla, le 22 octobre 2014. (JESUS BLASCO DE AVELLANEDA / X03586)

 

 

 

 

Drame de l’immigration clandestine au Maroc, 16 personnes sont mortes et 17 autres ont été blessées après la chute de leur car dans un canal d'irrigation le 27 avril 2019. Le véhicule transportait près de 50 migrants subsahariens.

 

 

L'accident a eu lieu sur une route secondaire reliant les villes de Saidia et Nador, non loin de l'enclave espagnole de Melilla. Le conducteur du véhicule, a pris la fuite. "Les trafiquants de la migration mettent la vie des migrants en danger en empruntant des voies difficiles", a dénoncé l'Association marocaine des droits de l’homme AMDH-Nador. Ils sont obligés de se cacher depuis que les autorités marocaines ont décidé, sous la pression de Bruxelles, de bloquer l’immigration africaine.

 

 

 

Le Maroc, pays d'immigration et de transit 

Alors que la voie principale de migrations vers l’Europe passait en 2017 par la Libye et l’Italie, le Maroc et l’Espagne sont redevenus la première porte d’entrée en Europe. Malgré une diplomatie active envers les autres pays africains, les autorités marocaines, prises dans leurs contradictions, ont stoppé en 2018 quelque 89 000 "tentatives d'immigration irrégulière" vers l’Europe, dont 29 000 en mer.

 

 

La route migratoire reliant le Maroc à l'Espagne a repris de la vigueur, depuis que l'Italie a décidé de fermer ses ports aux bateaux de secours humanitaires et que l'Union européenne aide les garde-côtes libyens à contrôler leurs côtes. L’Italie a enregistré 23 371 arrivées, en forte baisse par rapport à 2017 (119 369)

 

 

Si certains migrants tentent d'entrer dans l'enclave espagnole de Melilla et dans le territoire voisin espagnol de Ceuta, la plupart d'entre eux cherche à gagner le continent européen en traversant le détroit de Gibraltar sur des embarcations souvent inadaptées.

 

 

D'après les données du ministère de l'Intérieur, les autorités marocaines ont démantelé 229 réseaux de passeurs en 2018. Près de 20% des migrants interceptés l'année dernière étaient des ressortissants marocains, a précisé le ministère, et 29 715 migrants ont été sauvés en mer.

 

 

 

Le Maroc, nouveau gendarme de l’Europe

Il faut dire que face au flux de migrants, l'Union européenne a débloqué l'an dernier une enveloppe de 140 millions d'euros pour aider le Maroc à faire face à la migration clandestine, démanteler les réseaux de trafiquants et protéger les migrants vulnérables.

 

 

Une politique européenne qui commence à se traduire dans les chiffres. Le nombre d’arrivées sur les côtes de l'UE est en baisse. En 2018, le HCR compte près de 115 000 migrants arrivés à destination, contre plus de 170 000 arrivées en 2017.

 

 

Le Maroc a toutefois une certaine répugnance à jouer le rôle du "gendarme" de l'Europe et à procéder à des expulsions en masse d'immigrés subsahariens: cela pourrait nuire à ses relations diplomatiques stratégiques avec les pays dont ces derniers sont originaires.

 

 

Les autorités du royaume affirment qu'il est impossible d'arrêter la migration tant que ses causes économiques et politiques fondamentales persistent. D’autant que beaucoup de migrants marocains irréguliers aident à récolter la production agricole dans les pays de l'UE.

 

 

 

Accueillir et intégrer les migrants africains au Maroc

Vue de la perspective marocaine, la migration de ses ressortissants constitue une ressource de développement vitale en soulageant la pauvreté, en contribuant à la stabilité politique ainsi qu'en générant des transferts de fonds.

 

 

Les responsables marocains commencent à accepter l’idée que cette migration subsaharienne n’est pas que temporaire et pourrait finir par s'installer de façon plus permanente. Elles commencent à réfléchir à une véritable politique d'accueil et d'intégration mais les migrants africains au Maroc font face à une profonde xénophobie et à une forte marginalisation sociale et économique.

 

 

Le Maroc, devenu un pays de "transition", est pris dans une contradiction. Favorable à une émigration de ses citoyens vers l’Europe, elle doit pour autant bloquer l’immigration subsaharienne.

 


30/04/2019
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Franceinfo -le mardi 30 avril 2019

 

 

Abdelkader Ouazzani, maître du brocart au Maroc et dernier témoin d'une époque révolue

 

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

 

Abdelkader Ouazzani, le dernier des maîtres du brocart du Maroc, répète les mêmes gestes depuis 63 ans, assis dans son atelier délabré à Fès. Ce tissage est une tradition disparue partout ailleurs en Afrique du Nord

 

 

 

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Abdelkader Ouazzani, le dernier maître du brocart, dans son atelier à Fes le 10 avril 2019 (FADEL SENNA / AFP)

 

 

 

"Ce métier est en train de disparaître. Il y avait beaucoup d'artisans à Fès, tous sont décédés, il ne reste que des souvenirs", regrette ce tisserand âgé de 79 ans, dernier témoin actif d'une époque révolue.

 

 

Sous ses doigts naissent des étoffes de soie chatoyante rehaussées de fil d'or ou d'argent, destinées aux parures nuptiales, aux créations de couturiers ou à l'ameublement haut de gamme.

 

 

 

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Abdelkader Ouazzani, le dernier maître du brocart, montre une étoffe dans son atelier situé à Fes au Maroc le 10 avril 2019. (FADEL SENNA / AFP)

 

 

 

Une journée pour fabriquer un mètre de brocart

Le tissage précieux qui sort de son métier - un mécanisme complexe formé d'un grand châssis de bois surmonté de poutrelles, chevrons, lames, poulies et levier à contrepoids - exige d'engager le corps tout entier. Les pieds appuient sur les pédales de bois, les épaules ploient vers l'avant et les bras s'écartent à chaque lancer de navette. "Tout est question de calcul, chaque fil prend son chemin : c'est comme les mathématiques", explique le vieil homme, qui reste très secret sur les "règles de l'art" apprises dans sa jeunesse, à une époque où "il n'y avait pas de machines" industrielles.

 

 

Son travail, aussi physique que minutieux, requiert l'aide d'un ouvrier "tireur de lacs" attentif, chargé de manipuler les fils de chaîne pour former l'armure du motif à tisser. Il faut une journée entière pour fabriquer un mètre de brocart.

 

 

 

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Abdelkader Ouazzani, le dernier maître du brocart, dans son atelier à Fes le 10 avril 2019 (FADEL SENNA / AFP)

 

 

Un artisanat menacé : c'est le dernier atelier du pays

"Tout le monde n'a pas la chance de voir ça, c'est très spécial : c'est le dernier à travailler comme cela", lance avec fierté le guide-conférencier Mohamed Akhda à un groupe de Thaïlandais venu découvrir ce lieu sur la recommandation d'une cliente. "Dans les années 50, il restait quatre ou cinq ateliers, vous êtes ici dans le dernier du pays", leur précise-t-il.

 

 

Un article de la revue historique "Hespéris", publié en 1950 sous l'autorité de l'Institut des hautes études marocaines, décrit le tissage des brocarts de Fès comme une tradition "disparue partout ailleurs en Afrique du Nord". Selon la revue, ce savoir-faire remonte au moins au 13e siècle, époque des premiers sultans mérinides.

 

 

Abdelkader Ouazzani ne trouve personne pour prendre la relève. "Les gens ne veulent plus apprendre ce métier. Personne ne s'y intéresse", déplore le maître. "L'avenir de cet artisanat raffiné est aujourd'hui menacé", confirme le panneau flambant neuf apposé par l'office du tourisme devant l'atelier.

 

 

 

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Abdelkader Ouazzani, le dernier maître du brocart, dans son atelier à Fes le 10 avril 2019 (FADEL SENNA / AFP)

 

 

 

Sa clientèle : "l'élite de l'élite"

Les larges ceintures colorées qui ont fait pendant des siècles les affaires et la réputation des maîtres tisserands de Fès sont peu à peu passées de mode. Et à l'heure de la mondialisation, la concurrence de l'industrie du textile a porté le coup de grâce.

 

 

A Fès comme ailleurs, certaines boutiques de souvenirs vendent du brocart bas de gamme fabriqué en Asie, tout en vantant l'artisanat local.

 

 

Abdelkader Ouazzani, lui, travaille sur commande pour une clientèle qu'il décrit comme "l'élite de l'élite". Ses étoffes rares coûtent jusqu'à 5.000 dirhams le mètre (450 euros), selon la complexité des motifs.

 

 

 

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Abdelkader Ouazzani, le dernier maître du brocart, dans son atelier à Fes le 10 avril 2019 (FADEL SENNA / AFP)

 

  

Un brocart pour la boutique parisienne Colette

La tablette numérique qu'il utilise pour montrer les photos de ses plus belles créations ou de ses petits-enfants est le seul objet moderne de son atelier. Sur les hauts murs noyés dans la pénombre, on distingue des diplômes encadrés et des images de mode aux couleurs délavées par le temps.

 

 

Le maître cache ses "trésors" dans un petit placard de bois. Il déploie pour les visiteurs son "catalogue", un rouleau de tissu de seize mètres de long alignant des motifs originaux puisés dans la tradition hispano-mauresques, l'art oriental ou le design européen. 



"Celui-là, je l'ai fait pour Colette", explique Abdelkader Ouazzani, désignant un motif géométrique mauve sur fond noir. La photographie d'un caftan exposé dans la vitrine de la boutique, qui fut l'une des adresses les plus courues du Paris chic jusqu'à sa fermeture en 2017, reste une de ses grandes fiertés.

 


30/04/2019
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Franceinfo - le samedi 27 avril 2019

 

 

"Notre premier objectif, c’est qu’ils s’en aillent tous" : en Algérie, la mobilisation contre le régime se poursuit dans la rue

 

 

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Leïla BerattoRadio France
 

 

De nouvelles manifestations ont agité plusieurs villes du pays au dixième vendredi consécutif de protestation pour obtenir le départ du "clan" Bouteflika

 

 

 

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Dixième vendredi consécutif de manifestations contre le régime à Alger, le 26 avril 2019. (RYAD KRAMDI / AFP)

 

 

 

A Alger, pour le dixième vendredi consécutif de manifestations vendredi 26 avril, les slogans visent directement le chef d’état-major, Ahmed Gaid Salah. Les arrestations d’hommes d’affaires et les annonces de lutte contre la corruption ne suffisent pas. "Saïd est toujours au pouvoir, la famille de Bouteflika est toujours au pouvoir. Qu’ils partent, qu’ils partent !" lance Ahmed, 28 ans, qui est venu de Tindouf, ville du grand sud du pays. "Ce pouvoir, reprend-il, a renforcé l’incompétence au niveau national, les conseils communaux ne sont pas élus par le peuple, c’est la mafia."

 

 

L’administration, c’est la mafia !Ahmed, un manifestant à franceinfo

 

 

Sur les pancartes, les manifestants demandent justice. Les noms de ministres et d’anciens responsables y sont inscrits, ainsi que celui du frère de l’ancien président, Saïd Bouteflika. "Quand ils nous montrent qu’ils jugent les gens, ça ne veut pas dire qu’on va oublier nos objectifs. Notre premier objectif, c’est qu’ils s’en aillent tous, c’est ça l’objectif", martèle Ahmed.

 

 

 

Pas de trêve

 

Sur la rue Didouche Mourad, l'une des principales artères de la capitale, la foule est moins compacte que d’habitude. Mais les manifestants chantent que rien ne les arrêtera, même pas le ramadan, qui commencera au mois de mai. "Si on ne sort pas pendant le ramadan, on va passer notre vie chez nous, dans cette situation. On sacrifie un mois et après on vit une vie meilleure", explique un manifestant. Zoubir, lui, habite le quartier de Messonnier. Il est venu avec ses deux très jeunes filles. Il constate qu’il y a moins de monde, mais il veut croire lui aussi que les gens restent mobilisés.

 

 

Les gens ne seront jamais fatigués tant qu’ils (les figures du "système") seront toujours au pouvoir.Zoubir, un manifestant à franceinfo

 

 

Tout le long du parcours, des secouristes bénévoles étaient mobilisés pour que la manifestation se déroule sans incident. Les manifestants se sont dispersés en fin d’après-midi, dans le calme.

 


29/04/2019
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Franceinfo - le vendredi 26 avril 2019

 

 

"Pas de demi-révolution" : en Algérie, un dixième vendredi de colère pour les manifestants

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

Près d'un mois après la démission d'Abdelaziz Bouteflika, la mobilisation reste très importante à Alger et dans les principales villes du pays

 

 

 

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Des manifestants dans les rues d'Alger (Algérie), le 26 avril 2019. (AFP)

 

 

 

Les rues du centre d'Alger étaient à nouveau noires de monde, vendredi 26 avril, pour la dixième semaine consécutive de protestation à travers l'Algérie, contre les figures du "système" restées au pouvoir après la démission d'Abdelaziz Bouteflika

 

 

Cette importante mobilisation, impossible à évaluer précisément en l'absence de chiffres officiels, semble montrer que les contestataires restent déterminés à obtenir satisfaction de leurs revendications prioritaires : le départ des figures du régime Bouteflika et la mise en place d'institutions de transition. "Pas de demi-révolution", titrait d'ailleurs en une l'édition week-end du quotidien El Watan.

 

 

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Comme chaque vendredi, le carrefour de la Grande Poste, bâtiment emblématique des manifestations à Alger, était bondé et le cortège s'est étiré sur plusieurs kilomètres le long sur divers axes, selon des journalistes de l'AFP. Des manifestants ont accusé les forces de l'ordre d'avoir mis en place des barrages filtrants afin d'empêcher les contestataires d'accéder à la capitale.

 

 

Le cortège algérois s'est dispersé calmement en fin de journée, selon des journalistes de l'AFP. L'agence de presse officielle APS, qui a fait état des manifestations dans au moins 36 des 48 régions du pays, n'a recensé aucun incident dans le pays. "Vous avez pillé le pays, voleurs!", ont scandé les manifestants, à l'issue d'une semaine marquée par le limogeage de personnalités symboles du pouvoir, l'annonce de poursuites judiciaires dans des affaires de corruption et l'incarcération de riches hommes d'affaires accusés de malversations.

 


29/04/2019
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Franceinfo - le mercredi 10 avril 2019

 

 

Présidentielle en Tunisie : le chef de l’Etat Béji Caïd Essebsi dit jeter l’éponge

 

 

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Laurent Ribadeau DumasRédaction AfriqueFrance Télévisions

 

 

 

Le président tunisien, 92 ans, a laissé entendre, le 6 avril 2019, qu’il ne se représenterait pas au prochain scrutin présidentiel, prévu le 17 novembre. Dans le même temps, il est mis en cause pour des atteintes aux droits de l’Homme sous Bourguiba

 

 

 

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Le président tunisien, Béji Caïd Essebsi, au congrès de son parti Nidaa Tounès à Monastir (est) le 6 avril 2019.  (FETHI BELAID / AFP)

 

 

 

"En toute honnêteté, je ne pense pas que je vais me représenter", a lancé le chef de l’Etat tunisien devant des partisans rassemblés pour le congrès de Nidaa Tounès à Monastir (est). En précisant qu’il souhaite "ouvrir la porte aux jeunes". L’âge canonique de Béji Caïd Essebsi (alias BCE) faisait planer un sérieux doute sur la perspective d'un second mandat. Dans le même temps, son pouvoir a eu des difficultés à répondre aux attentes économiques et sociales de ses concitoyens touchés par une inflation et un chômage persistants. La Tunisie est le seul pays à continuer sur la voie de la démocratisation, après les soulèvements de 2011 dans plusieurs pays arabes.

 

 

Certains analystes pensent que la situation en Algérie a pu jouer un rôle dans la réflexion du chef de l’Etat. Cela "montre qu'il veut sortir par la grande porte et ne pas avoir à subir le sort de Bouteflika", avance la journaliste politique Assia Atrous. Mais le président a aussi "fait le constat qu’il n’avait quasiment aucune chance d’être réélu", observe Chokri Bahria, du think tank tunisien Joussour. Une nouvelle candidature de sa part aurait constitué un pari risqué au regard de l'émiettement de Nidaa Tounès, parti miné par le choc des ambitions.

 

 

Pour autant, certains pensent que le vieux président, entré en politique il y a plus de 50 ans, pourrait encore créer la surprise… Lors du congrès, il "a donné en 40 minutes toute la mesure de ses talents d’orateur", relève ainsi Jeune Afrique. En faisant son annonce, il a affirmé que "les décisions étaient entre les mains de Dieu" et que la Constitution lui "permettait de briguer un second mandat", note l’hebdomadaire…

 

 

 

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Le Premier ministre tunisien, Youssef Chahed, à Tunis le 4 avril 2019. (FETHI BELAID / AFP)

 

 

Quelle succession ?

Reste maintenant à savoir qui va succéder à BCE… Dans son discours, il a appelé à un rassemblement de "toutes les forces centristes". Et ce, par opposition au parti d'inspiration islamiste Ennahdha, sur la droite, et aux petites formations de gauche.

 

 

Après plusieurs mois de passes d'armes, il a tendu la main à son Premier ministre Youssef Chahed, dont il a plaidé la réintégration au sein de Nidaa Tounès. Jusqu'à son éviction en septembre dernier, le plus jeune chef de gouvernement (43 ans) de l'histoire moderne du pays était au centre d'âpres luttes de pouvoir l'opposant notamment à... Hafedh Caïd Essebsi, fils du chef de l'Etat. A Monastir, Hafedh Caïd Essebsi est resté stoïquement assis, en silence, durant le meeting d'ouverture du congrès, puis a assuré à des médias locaux qu'il était prêt à soutenir un retour de Youssef Chahed au sein du parti.

 



Face aux difficultés créées par les partisans du fils Essebsi, ceux de Youssef Chahed ont lancé fin janvier leur propre formation, Tahia Tounès. Celle-ci est d'ores et déjà devenue la deuxième force au Parlement derrière le parti islamiste.

 

 

 

Vers un rapprochement Essebsi-Chahed ?

Face à Ennahdha, plus structuré et qui a montré sa résilience lors des municipales de 2018, "la nécessité de mettre de côté les querelles d'égo s'impose", argue Chokri Bahria. Un rapprochement avec Nidaa Tounès permettrait au Premier ministre de récupérer la machine électorale de BCE. Et "aussi de se positionner plus clairement en s'affranchissant de la tutelle d'Ennahdha", fait valoir Chokri Bahria. Le soutien des islamistes est actuellement crucial pour son gouvernement, mais il va devenir un paradoxe de plus en plus difficile à gérer à l'approche du scrutin présidentiel, ajoute l’observateur.

 

 

Signe qu’un rapprochement séduit les anciens amis du clan "séculaire" : des photos de Béji Caïd Essebsi et de Youssef Chahed ensemble ont été partagées sur la page Facebook des services du chef du gouvernement, que les Tunisiens appellent joliment le premier ministère.

 



Pour l’instant, ce dernier n’a pas officiellement réagi à l’annonce du chef de l’Etat.

 

 

 

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La présidente de l'Instance Vérité Dignité (IVD), Sihem Ben edrine, à Tunis le 17 juin 2016. (MOHAMED HAMMI/SIPA)

 

 

 

Essebsi mis en cause dans des atteintes aux droits de l’Homme

Hasard du calendrier ? L’annonce du président Essebsi a eu lieu quelques jours après que l'Instance Vérité et Dignité (IVD) a publié un rapport de plusieurs milliers de pages sur les violations des droits de l’Homme en Tunisie entre 1955 et 2011, en dépit de critiques et pressions. Franceinfo Afrique avait interviewé sa présidente, Sihem Ben Sedrine, à Tunis en juin 2018.

 

 

L’IVD met en cause des personnes toujours actives dans le monde de la politique et des médias. A commencer par BCE, pour son rôle lorsqu'il était directeur de la sûreté nationale (1962), puis ministre de l'Intérieur (1965) sous Bourguiba. "Les investigations effectuées par l'instance ont prouvé que la torture était systématique et planifiée par les hauts responsables des affaires sécuritaires qui ont ordonné, incité, accepté et se sont tus sur la torture des victimes durant l'exercice de leurs fonctions", souligne le rapport.



Selon la même source, les ministres de l'Intérieur de Habib Bourguiba, le "père" de l’indépendance tunisienne, dont Béji Caïd Essebsi, "étaient au courant que leur dirigeant avait commis des violations graves". Pour l'IVD, "ils n'ont pas rempli le devoir qui leur incombe, en vertu des traités et conventions internationales, de protéger les détenus, ce qui les rend responsables pénalement au regard de la loi internationale."



La présidence tunisienne, contactée, n'a pas réagi. Il est de notoriété publique que BCE a une relation tendue avec Sihem Ben Sedrine et reproche à l'instance d'attiser l'envie de vengeance. Le rapport final a été rendu public "dans une petite salle d’un restaurant traditionnel à Tunis", observe Le Monde. Donc loin des lieux de pouvoir... Pour autant, comme prévu par la loi, le président tunisien a accepté de recevoir officiellement le rapport de l'IVD. Une loi qui "oblige l’Etat à mettre en œuvre les recommandations du rapport dans un délai d’un an après sa publication", souligne le quotidien français. Un dossier qu’aura à assumer le prochain président, quel qu’il soit.

 


11/04/2019
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Franceinfo - le lundi 8 avril 2019

 

 

Algérie : qui est Abdelkader Bensalah, nommé président par intérim ?

 

 

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Malgré le rejet par la rue de ce pur produit du régime, le Parlement algérien a nommé, une semaine après la démission d'Abdelaziz Bouteflika, le président du Conseil de la nation président de la République par intérim, comme prévu par la Constitution

 

 

 

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Le président du Conseil de la Nation, Abdelkader Bensalah, le 9 avril 2019 à Alger, lors de la session parlementaire qui l'a désigné président de la République par intérim. (RYAD KRAMDI / AFP)

 

 

 

Il a été nommé, mardi 9 avril, président par intérim, pour 90 jours, lors d'une réunion du Parlement algérien. Longtemps resté dans l'ombre, mais dévoué au système algérien, le président du Conseil de la Nation, Abdelkader Bensalah, remplace temporairement Abdelaziz Bouteflika à la tête de l'Algérie, une semaine après la démission du président au pouvoir depuis vingt ans. Au cours de ces trois mois, il aura la lourde charge d'organiser une nouvelle élection présidentielle, à laquelle il ne pourra pas participer. "Je vais travailler à concrétiser les intérêts du peuple", a promis mardi Abdelkader Bensalah devant le Parlement. Que sait-on de cet homme ?

 

 

 

Un pur produit du régime algérien et fidèle d'Abdelaziz Bouteflika

Député, ambassadeur, haut fonctionnaire ministériel, sénateur… Abdelkader Bensalah a multiplié les fonctions et présidé les deux chambres du Parlement, sans jamais devenir ministre. Il est président du Conseil de la Nation, chambre haute du Parlement algérien et équivalent du Sénat en France, depuis 2002, soit trois ans à peine après le début de la présidence Bouteflika. Son mandat se termine en 2021. Cette fonction lui confère le droit d'assurer l'intérim en cas de décès, démission ou "empêchement" du président de la République du fait d'une maladie grave et durable. La décision de le désigner comme président par intérim est donc conforme à ce que prévoit la Constitution algérienne.

 

 

Cet homme de taille moyenne, au visage rond et à la chevelure argentée, représentait souvent ces dernières années, en Algérie ou à l'étranger, Abdelaziz Bouteflika, depuis son AVC en 2013. C'est lui qui occupait le siège de l'Algérie lors du sommet de la Ligue arabe à Tunis le 31 mars. Il "fait partie intégrante du régime depuis plus de vingt ans et avait soutenu avec insistance, ces dernières semaines, la cinquième candidature contestée d’Abdelaziz Bouteflika. Âgé de 77 ans, il est membre de longue date du Rassemblement national démocratique (RND) de l'ancien Premier ministre Ahmed Ouyahia, principal allié du Front de libération nationale (FLN) de l'ex-président Abdelaziz Bouteflika", détaille LCI.

 

 

Sans talent oratoire particulier, c'est un bon serviteur du système, décrit à l'AFP un homme politique ayant travaillé avec lui, qui attribue à sa discrétion, entretenue jusqu'à frôler l'effacement, sa longévité dans les allées du pouvoir. "Se rendre utile au moment opportun, c'est ce qu'il sait faire, lui qui ne s'exprime que rarement sur des questions liées à la gestion des affaires de l'Etat", écrivait de lui le quotidien francophone El Watan en 2015.

 

 

 

Une personnalité rejetée par la rue

"Dégage Bensalah !" et "Système dégage" : à Alger, des milliers d'étudiants sont descendus dans la rue mardi. Ils ont scandé ces slogans devant la Grande poste, avant d'être dispersés par les forces de l'ordre à l'aide de gaz lacrymogène. Car les Algériens continuent massivement à manifester pour réclamer le départ de l'ensemble du "système" Bouteflika, dont Abdelkader Bensalah est issu. 

 

 

C'est la raison pour laquelle les partis d'opposition ont boycotté la réunion du Parlement et refusé de valider la nomination d'Abdelkader Bensalah, mardi. "Cette personnalité (...) n'est pas tolérée par le mouvement citoyen, qui exige son départ immédiat, mais aussi par l'opposition et une partie des représentants des formations politiques de la majorité des deux chambres du Parlement", écrit dans un éditorial El Moudjahid, le quotidien gouvernemental, traditionnel vecteur de messages du pouvoir.

 

 

 

Un journaliste et ambassadeur avant de s'engager en politique

Abdelkader Bensalah a 18 ans à peine quand il rejoint les rangs de l'Armée de libération nationale (ALN), qui combat depuis 1954 l'armée coloniale française. A l'indépendance en 1962, il obtient une bourse et part étudier le droit à Damas (Syrie), avant de rentrer en Algérie où il intègre en 1967 la rédaction du quotidien national arabophone El Chaab (Le Peuple), à une époque où l'Etat détient le monopole de la presse et des médias.

 

 

Après une carrière dans la presse d'Etat, notamment comme correspondant à l'étranger, il est élu député en 1977. Réélu deux fois, il préside pendant dix ans la Commission des Affaires étrangères de l'Assemblée populaire nationale. Ambassadeur d'Algérie en Arabie saoudite de 1989 à 1993, il est ensuite porte-parole du ministère des Affaires étrangères

 

 

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Il fait l'objet d'une polémique sur sa nationalité

Certains de ses détracteurs accusent Abdelkader Bensalah d'être marocain de naissance et d'avoir été naturalisé algérien dans les années 1960, ce qui l'empêcherait d'assurer les fonctions présidentielles, même de façon intérimaire. "La condition pour qu’un responsable occupe le poste de président de la République est qu’il possède la nationalité algérienne d’origine. Et lui avait une autre nationalité jusqu’en 1964, année durant laquelle il a obtenu la nationalité algérienne. Il avait la nationalité marocaine, ce qui pose un problème", a récemment estimé Lakhdar Benkhalaf, député du Front de la justice et du développement (FJD), parti islamiste d'opposition, cité par LCI.

 

 

Né le 24 novembre 1941 dans la région de Tlemcen, près de la frontière marocaine, Abdelkader Bensalah a toujours catégoriquement démenti cette vieille rumeur. Car cette polémique sur ses origines était déjà apparue dans plusieurs médias, dont Le Figaro, en 2013, lors de la longue hospitalisation à Paris d'Abdelaziz Bouteflika après son AVC. L'hypothèse d'un intérim avait été évoquée à ce moment-là sans être concrétisée. "Si vous voulez savoir qui je suis, allez au village de Mahrez, daïra de Fellaoucène, ouvrez les registres de l’état civil de la commune et interrogez ceux que vous voulez", avait lancé Abdelkader Bensalah à El Watan en 2013. Des propos que le quotidien vient d'exhumer.

 


09/04/2019
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Franceinfo - le samedi 6 avril 2019

 

 

Tunisie : le président Essebsi annonce ne pas être candidat à la présidentielle

 

 

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Il faut "ouvrir la porte aux jeunes", a expliqué le président tunisien, âgé de 92 ans

 

 

 

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 Le président tunisien Béji Caïd Essebsi annonce qu'il ne sera pas candidat à l'élection présidentielle, lors d'un meeting à Tunis, le 6 avril 2019. (FETHI BELAID / AFP)

 

 

"En toute honnêteté, je ne pense pas que je vais me représenter" car il faut "ouvrir la porte aux jeunes". Le président tunisien Béji Caïd Essebsi a confirmé, samedi 6 avril, devant son parti, qu'il ne serait pas candidat à l'élection présidentielle du 17 novembre, alors que son mouvement l'a présenté à plusieurs reprises comme le meilleur candidat possible.

 

 

A 92 ans, celui qui est depuis 2014 le premier président élu démocratiquement au suffrage universel en Tunisie, a fait cette annonce devant un congrès de son parti Nidaa Tounès, en proie à des luttes de pouvoir intestines.

 

 

 

Des conflits internes

Son discours intervient quatre jours après l'annonce de la démission du président algérien Abdelaziz Bouteflika, 82 ans, après un mois et demi de manifestations en Algérie voisine. Fondé par Béji Caïd Essebsi en 2012, le parti Nidaa Tounès peine à rassembler après des conflits internes entre le fils de Béji Caïd Essebsi, Hafedh Caïd Essebsi, et l'ex-dauphin du président, le Premier ministre Youssef Chahed.

 

 

Hafedh Caïd Essebsi a depuis pris la tête de Nidaa Tounès, tandis que Youssef Chahed, écarté du parti, a formé une formation concurrente, Tahia Tounès. Ce parti est devenu la deuxième force politique au Parlement, derrière le parti d'inspiration islamiste Ennahdha et devant la formation présidentielle. Béji Caïd Essebsi a demandé au parti de "réintégrer" Youssef Chahed, tandis que son fils, présent dans la salle, est resté silencieux. Les militants du parti doivent désormais élire un conseil national de 217 membres, chargés d'élire le bureau politique du parti.

 


06/04/2019
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Franceinfo - le mercredi 3 avril 2019

 

 

Après la démission de Bouteflika, les Algériens veulent chasser le "système" au pouvoir

 

 

 

 

 

Abdelaziz Bouteflika, contesté dans la rue et lâché par l'armée, a donné sa démission. Mais les manifestations contre le "système" qui l'entoure vont se poursuivre

 

 

 

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Des Algériens célèbrent la démission d'Abdelaziz Bouteflika, à Alger, le 2 avril 2019. (RAMZI BOUDINA / REUTERS)

 

 

 

 

Ce qu'il faut savoir

 

 

Pour la première fois depuis 20 ans, l'Algérie se réveille sans Abdelaziz Bouteflika au pouvoir. Le chef de l'Etat de 82 ans, après avoir renoncé à se présenter pour un cinquième mandat, a donné sa démission. Dans la nuit du mardi 2 au mercredi 3 avril, des milliers d'Algériens ont fêté le changement, mais les manifestants n'entendent pas baisser la garde. Ils veulent désormais obtenir le départ de tout le "système".

 

 

Une démission pour "apaiser les esprits". Dans une lettre de démission remise au Conseil constitutionnel, Abdelaziz Bouteflika écrit que sa démarche "est destinée à contribuer à l'apaisement des cœurs et des esprits de mes compatriotes, pour leur permettre de projeter ensemble l'Algérie vers l'avenir meilleur auquel ils aspirent légitimement".

 

 

L'intérim dans les mains d'un pur produit du régime. Le président du Conseil de la nation, Abdelkader Bensalah, 77 ans, est chargé par la Constitution d'assurer l'intérim durant une période maximale de 90 jours, au cours de laquelle une élection présidentielle doit être organisée.

 

 

De nouvelles manifestations prévues. Les Algériens souhaitent désormais obtenir le départ de tout le "système" au pouvoir. A Alger, les manifestants se donnent rendez-vous vendredi 5 avril, septième vendredi consécutif de protestation. "Bouteflika est parti, mais c'est loin d'être fini" ou encore "Trop tard, on veut qu'ils partent tous", résument des Algérois interrogés par l'AFP.

 


03/04/2019
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Franceinfo - le mercredi 3 avril 2019

 

 

Algérie : "Le combat continue, ce n'est pas encore la victoire finale", clament les habitants d'un pays sans Bouteflika

 

 

 

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Kahina NazirfranceinfoRadio France

 

 

 

À Alger mardi soir, environ un millier de personnes a fêté la démission du président Abdelaziz Bouteflika. De la satisfaction limitée et toujours empreinte de méfiance, sur le futur du pays

 

 

 

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Des habitants d'Alger (Algérie) dans la rue mardi 2 avril 2019, pour célébrer la démission du président Abdelaziz Bouteflika (RYAD KRAMDI / AFP)

 

 

 

"Félicitations", chantent des jeunes gens cramponnés sur le toit de leur voiture, à Alger. Après l'annonce de la démission d'Abdelaziz Bouteflika mardi 2 avril, environ un millier de personnes a exprimé sa joie dans les rues de la capitale de l'Algérie. Cependant, on est loin de l'affluence remarquée tous les vendredis depuis le 22 février. Signe que la prudence est toujours de mise. 

 

 

>>Direct. L'Algérie se réveille sans Bouteflika, le président au pouvoir depuis 1999

 

 

"Le président s’en va, ça veut dire qu’ils vont tous partir aussi. On est heureux parce que ça fait longtemps qu’on se retient", lance Samir, drapeau national sur les épaules. Comme lui, des habitants affluent vers la rue Didouche, avec leur accessoire fétiche.

 

 

Peut-être que maintenant notre vie va changer. Je l’espère de tout cœur.Samir à franceinfo

 

 

Les jeunes en première ligne depuis le début du mouvement de contestation grimpent sur les lampadaires, circulent à trois sur un scooter, tambourinent sur un abribus.

 

 

 

"On respire un peu"

À 60 ans, Moumen ne se risque pas à faire des acrobaties mais son cœur fait des bonds. "Ce sont des sentiments que j'ai ressentis, quand j'étais petit, au moment de l'indépendance. J'avais tout juste six ans. Et voilà, je revis les mêmes moments de bonheur, dit-il. Ça nous manquait. On a vécu certains moments difficiles avec un régime autoritaire. On respire un peu. J'espère que ça ira bien pour les jeunes. On est là pour les soutenir, pour les aider à se surpasser." 

 

 

Le pire est à craindre parce que les choses ne sont pas tellement claires. Mais le plus important, c'est cette alternance politique qui faisait défaut à certains moments dans le processus de l'histoire de l'Algérie. Moumen, Algérois franceinfo

 

 

Plus tôt dans la soirée, le général Gaïd Salah, le chef d’état-major de l'Armée, a exigé le départ "immédiat" d'Abdelaziz Bouteflika. "Il n’avait alors de toute façon plus le choix, analyse Amine. Il avait certainement un pistolet sur la tempe. Ce soir, c'était ou une démission, ou un coup d'État."

 

 

 

Le poids des mobilisations du vendredi

La joie n’anesthésie pas la vigilance des Algériens. Ils le répètent tous ici, le président ne doit pas partir seul. Et la suite, "un grand chantier" doit se faire avec le peuple. "Le combat  continue, ce n'est pas encore la victoire finale. Qui va assurer la transition, l'armée, un Etat civil, etc..? , s'interroge un habitant. J'espère que c'est nous. On a du mérite là-dedans." 

 

 

Zoheir, dans la rue aussi mardi soir, lance un avertissement. "Il faut que ceux qui vont gouverner dans le futur sachent que l'Algérie est une nation", insiste-t-il. 

 

L'Algérie est une nation. Ce n'est pas un territoire qu'on vient dévaster et piller. L'Algérie a un peuple. Zoheir, à Alger franceinfo

 

 

Et tous se redonnent rendez-vous ici vendredi pour manifester une nouvelle fois, comme chaque semaine depuis le 22 février.

 


03/04/2019
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Franceinfo - le lundi 1er avril 2019

 

 

Algérie : le président, Abdelaziz Bouteflika, va démissionner avant le 28 avril, annonce l'agence de presse officielle

 

 

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Le 11 mars, il avait renoncé à participer aux prochaines élections présidentielles, mais avait reporté celles-ci à une date indéterminée, ce qui n'avait pas suffi à calmer la contestation populaire. Le chef d'état-major de l'armée avait appelé à sa destitution

 

 

 

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Le président algérien Abdelaziz Bouteflika lors de la cérémonie d'investiture de son dernier mandat, le 28 avril 2014, à Alger. (RAMZI BOUDINA / REUTERS)

 

 

 

 

La pression de la rue et la désertion de ses soutiens ont fini par avoir raison de lui. Le président de l'Algérie, Abdelaziz Bouteflika, va démissionner d'ici au 28 avril, a annoncé la présidence de la République dans un communiqué cité par l'agence de presse officielle APS. Cette date marquera l'expiration de son quatrième mandat à la tête du pays, qu'il dirige depuis bientôt vingt ans.

 

 

Le chef de l'Etat prendra auparavant des "mesures pour assurer la continuité du fonctionnement des institutions de l'Etat durant la période de transition", poursuit le communiqué. Ni la date exacte de cette démission ni les "décisions importantes" qui seront prises avant n'ont été précisées.

 

 

 

Il promettait une Conférence nationale

Affaibli par un AVC et quasi-invisible en public depuis 2013, Abdelaziz Bouteflika avait tout de même annoncé, le 10 février, qu'il se portait candidat pour un nouveau mandat de cinq ans. Une décision qui avait déclenché un vaste mouvement de protestation dans le pays, et des millions d'Algériens sont descendus dans la rue, depuis le 22 février, pour réclamer son départ, et celui du clan au pouvoir.

 

 

Le 11 mars, il avait annoncé qu'il renonçait finalement à sa candidature, mais son recul s'accompagnait d'un report de l'élection, initialement prévue le 18 avril, à une date inconnue. Il proposait de remettre ses pouvoirs à un successeur élu à l'issue d'une Conférence nationale censée réformer le pays et élaborer une nouvelle Constitution. Mais en attendant, il comptait rester au pouvoir malgré l'expiration de son mandat.

 

 

Depuis, les manifestations n'avaient pas faibli, et des soutiens de poids de la présidence avaient pris position contre lui. Dont le chef d'état-major Ahmed Gaïd Salah, qui a appelé mardi à sa destitution pour "inaptitude".

 

 

Selon la Constitution, une fois sa démission actée, c'est le président du Conseil de la Nation, la chambre haute du Parlement, Abdelkader Bensalah, 77 ans, qui assurera l'intérim durant une période maximale de 90 jours au cours de laquelle une présidentielle est organisée.

 


01/04/2019
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Franceinfo - le vendredi 29 mars 2019

 

 

"Il faut qu'on montre les dents" : une foule déterminée manifeste dans les rues d’Alger pour chasser le pouvoir

 

 

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Kahina NazirfranceinfoRadio France

 

 

 

Des dizaines de milliers de manifestants ont défilé à Alger pour le sixième vendredi consécutif en réclamant le départ du président Abdelaziz Bouteflika et une refonte totale du système politique algérien

 

 

 

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 Manifestation contre le président Abdelaziz Bouteflika à Alger, place de la Grande Poste. (KAHINA NAZIR / FRANCE-INFO)

 

 

 

"Vous avez pillé le pays, bande de voleurs !" Les manifestants se dirigent vers la place de la Grande Poste. Ils inondent les trottoirs, la chaussée, sont perchés dans les balcons. Les Algériens défilent en masse vendredi 29 mars, pour exprimer leur mécontentement après la proposition du chef d'état-major d'écarter le président Abdelaziz Bouteflika, dernière tentative en date du régime de calmer plus d'un mois de contestation en Algérie.

 

 

 

Partout, des drapeaux algériens et amazigh

Des hommes, des femmes, des familles entières enveloppées fièrement dans des drapeaux algériens et drapeaux amazigh. Le jeune Majid rêve d’un avenir meilleur : c’est écrit sur sa banderole.

 

 

Il faut qu’on montre les dents, il faut qu’ils partent de force, que notre pays change, on ne leur laissera pas le choix. Majid à franceinfo

 

 

Sur de nombreuses pancartes vendredi, les Algériens se rient du général Gaïd Salah, chef d’état-major de l’armée qui cette semaine a appelé à destituer le président par le biais de l’article 102 de la Constitution. Pour Nasser, le général ne cherche qu’à sauver sa peau et n’est pas dans son rôle. "Il n’a rien à dire, il n’a juste qu’à surveiller les frontières, ironise-t-il. Nous voulons bâtir une ère nouvelle. On va gérer le pays, avec les jeunes, les femmes, les vieux, le peuple, quoi. C’est nous qui allons rebâtir le pays."

 

 

 

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Manifestation contre le président Abdelaziz Bouteflika à Alger, place de la Grande Poste. (KAHINA NAZIR / FRANCE-INFO)

 

 

 

Sur le parcours, les jeunes prennent soin des anciens en leur ouvrant le passage, comme pour cette femme de 75 ans. Elle porte sur le dos un drapeau plus tout neuf : "Il date de 1957, c’est le drapeau de ma maman et mon papa. Il faut se battre comme nos ancêtres. Ce qu’ils ont fait pour nous, il faut le faire pour nos enfants." Et si le système dégageait ? "Il y a des sages en Algérie… Elle tombera dans de bonnes mains. Et je suis très fière d’être algérienne."

 

 

Un hélicoptère tourne au-dessus de la foule sur le boulevard Mohammed V. Le barrage des policiers anti-émeutes ne résiste pas aux manifestants, contrairement au pouvoir, toujours en place, et dont ils ne veulent plus. "On a dans le peuple des hommes capables de gérer ce pays, indique un manifestant. Des milliards se sont envolés. Il y en a marre, on veut être libres."

 


30/03/2019
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