L'AIR DU TEMPS

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MAGHREB


Franceinfo - le mercredi 10 avril 2019

 

 

Présidentielle en Tunisie : le chef de l’Etat Béji Caïd Essebsi dit jeter l’éponge

 

 

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Laurent Ribadeau DumasRédaction AfriqueFrance Télévisions

 

 

 

Le président tunisien, 92 ans, a laissé entendre, le 6 avril 2019, qu’il ne se représenterait pas au prochain scrutin présidentiel, prévu le 17 novembre. Dans le même temps, il est mis en cause pour des atteintes aux droits de l’Homme sous Bourguiba

 

 

 

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Le président tunisien, Béji Caïd Essebsi, au congrès de son parti Nidaa Tounès à Monastir (est) le 6 avril 2019.  (FETHI BELAID / AFP)

 

 

 

"En toute honnêteté, je ne pense pas que je vais me représenter", a lancé le chef de l’Etat tunisien devant des partisans rassemblés pour le congrès de Nidaa Tounès à Monastir (est). En précisant qu’il souhaite "ouvrir la porte aux jeunes". L’âge canonique de Béji Caïd Essebsi (alias BCE) faisait planer un sérieux doute sur la perspective d'un second mandat. Dans le même temps, son pouvoir a eu des difficultés à répondre aux attentes économiques et sociales de ses concitoyens touchés par une inflation et un chômage persistants. La Tunisie est le seul pays à continuer sur la voie de la démocratisation, après les soulèvements de 2011 dans plusieurs pays arabes.

 

 

Certains analystes pensent que la situation en Algérie a pu jouer un rôle dans la réflexion du chef de l’Etat. Cela "montre qu'il veut sortir par la grande porte et ne pas avoir à subir le sort de Bouteflika", avance la journaliste politique Assia Atrous. Mais le président a aussi "fait le constat qu’il n’avait quasiment aucune chance d’être réélu", observe Chokri Bahria, du think tank tunisien Joussour. Une nouvelle candidature de sa part aurait constitué un pari risqué au regard de l'émiettement de Nidaa Tounès, parti miné par le choc des ambitions.

 

 

Pour autant, certains pensent que le vieux président, entré en politique il y a plus de 50 ans, pourrait encore créer la surprise… Lors du congrès, il "a donné en 40 minutes toute la mesure de ses talents d’orateur", relève ainsi Jeune Afrique. En faisant son annonce, il a affirmé que "les décisions étaient entre les mains de Dieu" et que la Constitution lui "permettait de briguer un second mandat", note l’hebdomadaire…

 

 

 

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Le Premier ministre tunisien, Youssef Chahed, à Tunis le 4 avril 2019. (FETHI BELAID / AFP)

 

 

Quelle succession ?

Reste maintenant à savoir qui va succéder à BCE… Dans son discours, il a appelé à un rassemblement de "toutes les forces centristes". Et ce, par opposition au parti d'inspiration islamiste Ennahdha, sur la droite, et aux petites formations de gauche.

 

 

Après plusieurs mois de passes d'armes, il a tendu la main à son Premier ministre Youssef Chahed, dont il a plaidé la réintégration au sein de Nidaa Tounès. Jusqu'à son éviction en septembre dernier, le plus jeune chef de gouvernement (43 ans) de l'histoire moderne du pays était au centre d'âpres luttes de pouvoir l'opposant notamment à... Hafedh Caïd Essebsi, fils du chef de l'Etat. A Monastir, Hafedh Caïd Essebsi est resté stoïquement assis, en silence, durant le meeting d'ouverture du congrès, puis a assuré à des médias locaux qu'il était prêt à soutenir un retour de Youssef Chahed au sein du parti.

 



Face aux difficultés créées par les partisans du fils Essebsi, ceux de Youssef Chahed ont lancé fin janvier leur propre formation, Tahia Tounès. Celle-ci est d'ores et déjà devenue la deuxième force au Parlement derrière le parti islamiste.

 

 

 

Vers un rapprochement Essebsi-Chahed ?

Face à Ennahdha, plus structuré et qui a montré sa résilience lors des municipales de 2018, "la nécessité de mettre de côté les querelles d'égo s'impose", argue Chokri Bahria. Un rapprochement avec Nidaa Tounès permettrait au Premier ministre de récupérer la machine électorale de BCE. Et "aussi de se positionner plus clairement en s'affranchissant de la tutelle d'Ennahdha", fait valoir Chokri Bahria. Le soutien des islamistes est actuellement crucial pour son gouvernement, mais il va devenir un paradoxe de plus en plus difficile à gérer à l'approche du scrutin présidentiel, ajoute l’observateur.

 

 

Signe qu’un rapprochement séduit les anciens amis du clan "séculaire" : des photos de Béji Caïd Essebsi et de Youssef Chahed ensemble ont été partagées sur la page Facebook des services du chef du gouvernement, que les Tunisiens appellent joliment le premier ministère.

 



Pour l’instant, ce dernier n’a pas officiellement réagi à l’annonce du chef de l’Etat.

 

 

 

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La présidente de l'Instance Vérité Dignité (IVD), Sihem Ben edrine, à Tunis le 17 juin 2016. (MOHAMED HAMMI/SIPA)

 

 

 

Essebsi mis en cause dans des atteintes aux droits de l’Homme

Hasard du calendrier ? L’annonce du président Essebsi a eu lieu quelques jours après que l'Instance Vérité et Dignité (IVD) a publié un rapport de plusieurs milliers de pages sur les violations des droits de l’Homme en Tunisie entre 1955 et 2011, en dépit de critiques et pressions. Franceinfo Afrique avait interviewé sa présidente, Sihem Ben Sedrine, à Tunis en juin 2018.

 

 

L’IVD met en cause des personnes toujours actives dans le monde de la politique et des médias. A commencer par BCE, pour son rôle lorsqu'il était directeur de la sûreté nationale (1962), puis ministre de l'Intérieur (1965) sous Bourguiba. "Les investigations effectuées par l'instance ont prouvé que la torture était systématique et planifiée par les hauts responsables des affaires sécuritaires qui ont ordonné, incité, accepté et se sont tus sur la torture des victimes durant l'exercice de leurs fonctions", souligne le rapport.



Selon la même source, les ministres de l'Intérieur de Habib Bourguiba, le "père" de l’indépendance tunisienne, dont Béji Caïd Essebsi, "étaient au courant que leur dirigeant avait commis des violations graves". Pour l'IVD, "ils n'ont pas rempli le devoir qui leur incombe, en vertu des traités et conventions internationales, de protéger les détenus, ce qui les rend responsables pénalement au regard de la loi internationale."



La présidence tunisienne, contactée, n'a pas réagi. Il est de notoriété publique que BCE a une relation tendue avec Sihem Ben Sedrine et reproche à l'instance d'attiser l'envie de vengeance. Le rapport final a été rendu public "dans une petite salle d’un restaurant traditionnel à Tunis", observe Le Monde. Donc loin des lieux de pouvoir... Pour autant, comme prévu par la loi, le président tunisien a accepté de recevoir officiellement le rapport de l'IVD. Une loi qui "oblige l’Etat à mettre en œuvre les recommandations du rapport dans un délai d’un an après sa publication", souligne le quotidien français. Un dossier qu’aura à assumer le prochain président, quel qu’il soit.

 


11/04/2019
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Franceinfo - le lundi 8 avril 2019

 

 

Algérie : qui est Abdelkader Bensalah, nommé président par intérim ?

 

 

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franceinfoFrance Télévisions

 

 

 

Malgré le rejet par la rue de ce pur produit du régime, le Parlement algérien a nommé, une semaine après la démission d'Abdelaziz Bouteflika, le président du Conseil de la nation président de la République par intérim, comme prévu par la Constitution

 

 

 

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Le président du Conseil de la Nation, Abdelkader Bensalah, le 9 avril 2019 à Alger, lors de la session parlementaire qui l'a désigné président de la République par intérim. (RYAD KRAMDI / AFP)

 

 

 

Il a été nommé, mardi 9 avril, président par intérim, pour 90 jours, lors d'une réunion du Parlement algérien. Longtemps resté dans l'ombre, mais dévoué au système algérien, le président du Conseil de la Nation, Abdelkader Bensalah, remplace temporairement Abdelaziz Bouteflika à la tête de l'Algérie, une semaine après la démission du président au pouvoir depuis vingt ans. Au cours de ces trois mois, il aura la lourde charge d'organiser une nouvelle élection présidentielle, à laquelle il ne pourra pas participer. "Je vais travailler à concrétiser les intérêts du peuple", a promis mardi Abdelkader Bensalah devant le Parlement. Que sait-on de cet homme ?

 

 

 

Un pur produit du régime algérien et fidèle d'Abdelaziz Bouteflika

Député, ambassadeur, haut fonctionnaire ministériel, sénateur… Abdelkader Bensalah a multiplié les fonctions et présidé les deux chambres du Parlement, sans jamais devenir ministre. Il est président du Conseil de la Nation, chambre haute du Parlement algérien et équivalent du Sénat en France, depuis 2002, soit trois ans à peine après le début de la présidence Bouteflika. Son mandat se termine en 2021. Cette fonction lui confère le droit d'assurer l'intérim en cas de décès, démission ou "empêchement" du président de la République du fait d'une maladie grave et durable. La décision de le désigner comme président par intérim est donc conforme à ce que prévoit la Constitution algérienne.

 

 

Cet homme de taille moyenne, au visage rond et à la chevelure argentée, représentait souvent ces dernières années, en Algérie ou à l'étranger, Abdelaziz Bouteflika, depuis son AVC en 2013. C'est lui qui occupait le siège de l'Algérie lors du sommet de la Ligue arabe à Tunis le 31 mars. Il "fait partie intégrante du régime depuis plus de vingt ans et avait soutenu avec insistance, ces dernières semaines, la cinquième candidature contestée d’Abdelaziz Bouteflika. Âgé de 77 ans, il est membre de longue date du Rassemblement national démocratique (RND) de l'ancien Premier ministre Ahmed Ouyahia, principal allié du Front de libération nationale (FLN) de l'ex-président Abdelaziz Bouteflika", détaille LCI.

 

 

Sans talent oratoire particulier, c'est un bon serviteur du système, décrit à l'AFP un homme politique ayant travaillé avec lui, qui attribue à sa discrétion, entretenue jusqu'à frôler l'effacement, sa longévité dans les allées du pouvoir. "Se rendre utile au moment opportun, c'est ce qu'il sait faire, lui qui ne s'exprime que rarement sur des questions liées à la gestion des affaires de l'Etat", écrivait de lui le quotidien francophone El Watan en 2015.

 

 

 

Une personnalité rejetée par la rue

"Dégage Bensalah !" et "Système dégage" : à Alger, des milliers d'étudiants sont descendus dans la rue mardi. Ils ont scandé ces slogans devant la Grande poste, avant d'être dispersés par les forces de l'ordre à l'aide de gaz lacrymogène. Car les Algériens continuent massivement à manifester pour réclamer le départ de l'ensemble du "système" Bouteflika, dont Abdelkader Bensalah est issu. 

 

 

C'est la raison pour laquelle les partis d'opposition ont boycotté la réunion du Parlement et refusé de valider la nomination d'Abdelkader Bensalah, mardi. "Cette personnalité (...) n'est pas tolérée par le mouvement citoyen, qui exige son départ immédiat, mais aussi par l'opposition et une partie des représentants des formations politiques de la majorité des deux chambres du Parlement", écrit dans un éditorial El Moudjahid, le quotidien gouvernemental, traditionnel vecteur de messages du pouvoir.

 

 

 

Un journaliste et ambassadeur avant de s'engager en politique

Abdelkader Bensalah a 18 ans à peine quand il rejoint les rangs de l'Armée de libération nationale (ALN), qui combat depuis 1954 l'armée coloniale française. A l'indépendance en 1962, il obtient une bourse et part étudier le droit à Damas (Syrie), avant de rentrer en Algérie où il intègre en 1967 la rédaction du quotidien national arabophone El Chaab (Le Peuple), à une époque où l'Etat détient le monopole de la presse et des médias.

 

 

Après une carrière dans la presse d'Etat, notamment comme correspondant à l'étranger, il est élu député en 1977. Réélu deux fois, il préside pendant dix ans la Commission des Affaires étrangères de l'Assemblée populaire nationale. Ambassadeur d'Algérie en Arabie saoudite de 1989 à 1993, il est ensuite porte-parole du ministère des Affaires étrangères

 

 

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Il fait l'objet d'une polémique sur sa nationalité

Certains de ses détracteurs accusent Abdelkader Bensalah d'être marocain de naissance et d'avoir été naturalisé algérien dans les années 1960, ce qui l'empêcherait d'assurer les fonctions présidentielles, même de façon intérimaire. "La condition pour qu’un responsable occupe le poste de président de la République est qu’il possède la nationalité algérienne d’origine. Et lui avait une autre nationalité jusqu’en 1964, année durant laquelle il a obtenu la nationalité algérienne. Il avait la nationalité marocaine, ce qui pose un problème", a récemment estimé Lakhdar Benkhalaf, député du Front de la justice et du développement (FJD), parti islamiste d'opposition, cité par LCI.

 

 

Né le 24 novembre 1941 dans la région de Tlemcen, près de la frontière marocaine, Abdelkader Bensalah a toujours catégoriquement démenti cette vieille rumeur. Car cette polémique sur ses origines était déjà apparue dans plusieurs médias, dont Le Figaro, en 2013, lors de la longue hospitalisation à Paris d'Abdelaziz Bouteflika après son AVC. L'hypothèse d'un intérim avait été évoquée à ce moment-là sans être concrétisée. "Si vous voulez savoir qui je suis, allez au village de Mahrez, daïra de Fellaoucène, ouvrez les registres de l’état civil de la commune et interrogez ceux que vous voulez", avait lancé Abdelkader Bensalah à El Watan en 2013. Des propos que le quotidien vient d'exhumer.

 


09/04/2019
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Franceinfo - le samedi 6 avril 2019

 

 

Tunisie : le président Essebsi annonce ne pas être candidat à la présidentielle

 

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

 

Il faut "ouvrir la porte aux jeunes", a expliqué le président tunisien, âgé de 92 ans

 

 

 

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 Le président tunisien Béji Caïd Essebsi annonce qu'il ne sera pas candidat à l'élection présidentielle, lors d'un meeting à Tunis, le 6 avril 2019. (FETHI BELAID / AFP)

 

 

"En toute honnêteté, je ne pense pas que je vais me représenter" car il faut "ouvrir la porte aux jeunes". Le président tunisien Béji Caïd Essebsi a confirmé, samedi 6 avril, devant son parti, qu'il ne serait pas candidat à l'élection présidentielle du 17 novembre, alors que son mouvement l'a présenté à plusieurs reprises comme le meilleur candidat possible.

 

 

A 92 ans, celui qui est depuis 2014 le premier président élu démocratiquement au suffrage universel en Tunisie, a fait cette annonce devant un congrès de son parti Nidaa Tounès, en proie à des luttes de pouvoir intestines.

 

 

 

Des conflits internes

Son discours intervient quatre jours après l'annonce de la démission du président algérien Abdelaziz Bouteflika, 82 ans, après un mois et demi de manifestations en Algérie voisine. Fondé par Béji Caïd Essebsi en 2012, le parti Nidaa Tounès peine à rassembler après des conflits internes entre le fils de Béji Caïd Essebsi, Hafedh Caïd Essebsi, et l'ex-dauphin du président, le Premier ministre Youssef Chahed.

 

 

Hafedh Caïd Essebsi a depuis pris la tête de Nidaa Tounès, tandis que Youssef Chahed, écarté du parti, a formé une formation concurrente, Tahia Tounès. Ce parti est devenu la deuxième force politique au Parlement, derrière le parti d'inspiration islamiste Ennahdha et devant la formation présidentielle. Béji Caïd Essebsi a demandé au parti de "réintégrer" Youssef Chahed, tandis que son fils, présent dans la salle, est resté silencieux. Les militants du parti doivent désormais élire un conseil national de 217 membres, chargés d'élire le bureau politique du parti.

 


06/04/2019
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Franceinfo - le mercredi 3 avril 2019

 

 

Après la démission de Bouteflika, les Algériens veulent chasser le "système" au pouvoir

 

 

 

 

 

Abdelaziz Bouteflika, contesté dans la rue et lâché par l'armée, a donné sa démission. Mais les manifestations contre le "système" qui l'entoure vont se poursuivre

 

 

 

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Des Algériens célèbrent la démission d'Abdelaziz Bouteflika, à Alger, le 2 avril 2019. (RAMZI BOUDINA / REUTERS)

 

 

 

 

Ce qu'il faut savoir

 

 

Pour la première fois depuis 20 ans, l'Algérie se réveille sans Abdelaziz Bouteflika au pouvoir. Le chef de l'Etat de 82 ans, après avoir renoncé à se présenter pour un cinquième mandat, a donné sa démission. Dans la nuit du mardi 2 au mercredi 3 avril, des milliers d'Algériens ont fêté le changement, mais les manifestants n'entendent pas baisser la garde. Ils veulent désormais obtenir le départ de tout le "système".

 

 

Une démission pour "apaiser les esprits". Dans une lettre de démission remise au Conseil constitutionnel, Abdelaziz Bouteflika écrit que sa démarche "est destinée à contribuer à l'apaisement des cœurs et des esprits de mes compatriotes, pour leur permettre de projeter ensemble l'Algérie vers l'avenir meilleur auquel ils aspirent légitimement".

 

 

L'intérim dans les mains d'un pur produit du régime. Le président du Conseil de la nation, Abdelkader Bensalah, 77 ans, est chargé par la Constitution d'assurer l'intérim durant une période maximale de 90 jours, au cours de laquelle une élection présidentielle doit être organisée.

 

 

De nouvelles manifestations prévues. Les Algériens souhaitent désormais obtenir le départ de tout le "système" au pouvoir. A Alger, les manifestants se donnent rendez-vous vendredi 5 avril, septième vendredi consécutif de protestation. "Bouteflika est parti, mais c'est loin d'être fini" ou encore "Trop tard, on veut qu'ils partent tous", résument des Algérois interrogés par l'AFP.

 


03/04/2019
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Franceinfo - le mercredi 3 avril 2019

 

 

Algérie : "Le combat continue, ce n'est pas encore la victoire finale", clament les habitants d'un pays sans Bouteflika

 

 

 

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Kahina NazirfranceinfoRadio France

 

 

 

À Alger mardi soir, environ un millier de personnes a fêté la démission du président Abdelaziz Bouteflika. De la satisfaction limitée et toujours empreinte de méfiance, sur le futur du pays

 

 

 

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Des habitants d'Alger (Algérie) dans la rue mardi 2 avril 2019, pour célébrer la démission du président Abdelaziz Bouteflika (RYAD KRAMDI / AFP)

 

 

 

"Félicitations", chantent des jeunes gens cramponnés sur le toit de leur voiture, à Alger. Après l'annonce de la démission d'Abdelaziz Bouteflika mardi 2 avril, environ un millier de personnes a exprimé sa joie dans les rues de la capitale de l'Algérie. Cependant, on est loin de l'affluence remarquée tous les vendredis depuis le 22 février. Signe que la prudence est toujours de mise. 

 

 

>>Direct. L'Algérie se réveille sans Bouteflika, le président au pouvoir depuis 1999

 

 

"Le président s’en va, ça veut dire qu’ils vont tous partir aussi. On est heureux parce que ça fait longtemps qu’on se retient", lance Samir, drapeau national sur les épaules. Comme lui, des habitants affluent vers la rue Didouche, avec leur accessoire fétiche.

 

 

Peut-être que maintenant notre vie va changer. Je l’espère de tout cœur.Samir à franceinfo

 

 

Les jeunes en première ligne depuis le début du mouvement de contestation grimpent sur les lampadaires, circulent à trois sur un scooter, tambourinent sur un abribus.

 

 

 

"On respire un peu"

À 60 ans, Moumen ne se risque pas à faire des acrobaties mais son cœur fait des bonds. "Ce sont des sentiments que j'ai ressentis, quand j'étais petit, au moment de l'indépendance. J'avais tout juste six ans. Et voilà, je revis les mêmes moments de bonheur, dit-il. Ça nous manquait. On a vécu certains moments difficiles avec un régime autoritaire. On respire un peu. J'espère que ça ira bien pour les jeunes. On est là pour les soutenir, pour les aider à se surpasser." 

 

 

Le pire est à craindre parce que les choses ne sont pas tellement claires. Mais le plus important, c'est cette alternance politique qui faisait défaut à certains moments dans le processus de l'histoire de l'Algérie. Moumen, Algérois franceinfo

 

 

Plus tôt dans la soirée, le général Gaïd Salah, le chef d’état-major de l'Armée, a exigé le départ "immédiat" d'Abdelaziz Bouteflika. "Il n’avait alors de toute façon plus le choix, analyse Amine. Il avait certainement un pistolet sur la tempe. Ce soir, c'était ou une démission, ou un coup d'État."

 

 

 

Le poids des mobilisations du vendredi

La joie n’anesthésie pas la vigilance des Algériens. Ils le répètent tous ici, le président ne doit pas partir seul. Et la suite, "un grand chantier" doit se faire avec le peuple. "Le combat  continue, ce n'est pas encore la victoire finale. Qui va assurer la transition, l'armée, un Etat civil, etc..? , s'interroge un habitant. J'espère que c'est nous. On a du mérite là-dedans." 

 

 

Zoheir, dans la rue aussi mardi soir, lance un avertissement. "Il faut que ceux qui vont gouverner dans le futur sachent que l'Algérie est une nation", insiste-t-il. 

 

L'Algérie est une nation. Ce n'est pas un territoire qu'on vient dévaster et piller. L'Algérie a un peuple. Zoheir, à Alger franceinfo

 

 

Et tous se redonnent rendez-vous ici vendredi pour manifester une nouvelle fois, comme chaque semaine depuis le 22 février.

 


03/04/2019
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Franceinfo - le lundi 1er avril 2019

 

 

Algérie : le président, Abdelaziz Bouteflika, va démissionner avant le 28 avril, annonce l'agence de presse officielle

 

 

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Le 11 mars, il avait renoncé à participer aux prochaines élections présidentielles, mais avait reporté celles-ci à une date indéterminée, ce qui n'avait pas suffi à calmer la contestation populaire. Le chef d'état-major de l'armée avait appelé à sa destitution

 

 

 

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Le président algérien Abdelaziz Bouteflika lors de la cérémonie d'investiture de son dernier mandat, le 28 avril 2014, à Alger. (RAMZI BOUDINA / REUTERS)

 

 

 

 

La pression de la rue et la désertion de ses soutiens ont fini par avoir raison de lui. Le président de l'Algérie, Abdelaziz Bouteflika, va démissionner d'ici au 28 avril, a annoncé la présidence de la République dans un communiqué cité par l'agence de presse officielle APS. Cette date marquera l'expiration de son quatrième mandat à la tête du pays, qu'il dirige depuis bientôt vingt ans.

 

 

Le chef de l'Etat prendra auparavant des "mesures pour assurer la continuité du fonctionnement des institutions de l'Etat durant la période de transition", poursuit le communiqué. Ni la date exacte de cette démission ni les "décisions importantes" qui seront prises avant n'ont été précisées.

 

 

 

Il promettait une Conférence nationale

Affaibli par un AVC et quasi-invisible en public depuis 2013, Abdelaziz Bouteflika avait tout de même annoncé, le 10 février, qu'il se portait candidat pour un nouveau mandat de cinq ans. Une décision qui avait déclenché un vaste mouvement de protestation dans le pays, et des millions d'Algériens sont descendus dans la rue, depuis le 22 février, pour réclamer son départ, et celui du clan au pouvoir.

 

 

Le 11 mars, il avait annoncé qu'il renonçait finalement à sa candidature, mais son recul s'accompagnait d'un report de l'élection, initialement prévue le 18 avril, à une date inconnue. Il proposait de remettre ses pouvoirs à un successeur élu à l'issue d'une Conférence nationale censée réformer le pays et élaborer une nouvelle Constitution. Mais en attendant, il comptait rester au pouvoir malgré l'expiration de son mandat.

 

 

Depuis, les manifestations n'avaient pas faibli, et des soutiens de poids de la présidence avaient pris position contre lui. Dont le chef d'état-major Ahmed Gaïd Salah, qui a appelé mardi à sa destitution pour "inaptitude".

 

 

Selon la Constitution, une fois sa démission actée, c'est le président du Conseil de la Nation, la chambre haute du Parlement, Abdelkader Bensalah, 77 ans, qui assurera l'intérim durant une période maximale de 90 jours au cours de laquelle une présidentielle est organisée.

 


01/04/2019
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Franceinfo - le vendredi 29 mars 2019

 

 

"Il faut qu'on montre les dents" : une foule déterminée manifeste dans les rues d’Alger pour chasser le pouvoir

 

 

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Kahina NazirfranceinfoRadio France

 

 

 

Des dizaines de milliers de manifestants ont défilé à Alger pour le sixième vendredi consécutif en réclamant le départ du président Abdelaziz Bouteflika et une refonte totale du système politique algérien

 

 

 

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 Manifestation contre le président Abdelaziz Bouteflika à Alger, place de la Grande Poste. (KAHINA NAZIR / FRANCE-INFO)

 

 

 

"Vous avez pillé le pays, bande de voleurs !" Les manifestants se dirigent vers la place de la Grande Poste. Ils inondent les trottoirs, la chaussée, sont perchés dans les balcons. Les Algériens défilent en masse vendredi 29 mars, pour exprimer leur mécontentement après la proposition du chef d'état-major d'écarter le président Abdelaziz Bouteflika, dernière tentative en date du régime de calmer plus d'un mois de contestation en Algérie.

 

 

 

Partout, des drapeaux algériens et amazigh

Des hommes, des femmes, des familles entières enveloppées fièrement dans des drapeaux algériens et drapeaux amazigh. Le jeune Majid rêve d’un avenir meilleur : c’est écrit sur sa banderole.

 

 

Il faut qu’on montre les dents, il faut qu’ils partent de force, que notre pays change, on ne leur laissera pas le choix. Majid à franceinfo

 

 

Sur de nombreuses pancartes vendredi, les Algériens se rient du général Gaïd Salah, chef d’état-major de l’armée qui cette semaine a appelé à destituer le président par le biais de l’article 102 de la Constitution. Pour Nasser, le général ne cherche qu’à sauver sa peau et n’est pas dans son rôle. "Il n’a rien à dire, il n’a juste qu’à surveiller les frontières, ironise-t-il. Nous voulons bâtir une ère nouvelle. On va gérer le pays, avec les jeunes, les femmes, les vieux, le peuple, quoi. C’est nous qui allons rebâtir le pays."

 

 

 

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Manifestation contre le président Abdelaziz Bouteflika à Alger, place de la Grande Poste. (KAHINA NAZIR / FRANCE-INFO)

 

 

 

Sur le parcours, les jeunes prennent soin des anciens en leur ouvrant le passage, comme pour cette femme de 75 ans. Elle porte sur le dos un drapeau plus tout neuf : "Il date de 1957, c’est le drapeau de ma maman et mon papa. Il faut se battre comme nos ancêtres. Ce qu’ils ont fait pour nous, il faut le faire pour nos enfants." Et si le système dégageait ? "Il y a des sages en Algérie… Elle tombera dans de bonnes mains. Et je suis très fière d’être algérienne."

 

 

Un hélicoptère tourne au-dessus de la foule sur le boulevard Mohammed V. Le barrage des policiers anti-émeutes ne résiste pas aux manifestants, contrairement au pouvoir, toujours en place, et dont ils ne veulent plus. "On a dans le peuple des hommes capables de gérer ce pays, indique un manifestant. Des milliards se sont envolés. Il y en a marre, on veut être libres."

 


30/03/2019
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Franceinfo - jeudi 28 mars 2019

 

 

"Je suis venu pour écouter et mieux comprendre la Constitution" : des cours de droit improvisés pour des Algériens soucieux de leur futur

 

 

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Leïla BerratofranceinfoRadio France

 

 

L'histoire de leur pays est en marche et des Algériens veulent en saisir les tenants et les aboutissants. Pour les aider, au-delà des opinions, des cours de droit s'improvisent à Alger

 

 

 

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Une manifestation à Alger, le 22 mars 2019, contre le maintien au pouvoir d'Abdelaziz Bouteflika (SADAK SOUICI / LE PICTORIUM / MAXPPP)

 

 

 

"Est-ce qu’un citoyen peut saisir le Conseil constitutionnel" ? demande mercredi 27 mars Massensen Cherbi, enseignant en droit public, à une vingtaine de personnes, réunies dans le centre-ville d'Alger. Son cours improvisé fait partie des initiatives lancées en Algérie, dans le sillage des manifestations ciblant le président Bouteflika.

 

 

"Comme vous le savez, l’actualité est brûlante et hier, le général Ahmed Gaïd Salah a appelé, à la surprise générale, à l’application de l’article 102 de la Constitution", poursuit le doctorant, installé habituellement en France. Massensen Cherbi tente d’expliquer à l’assistance les origines des dispositions de la Constitution algérienne, ses limites, mais aussi les mécanismes impliqués dans la situation politique actuelle, puisque le chef des armées a dit, mardi, son intention de servir du texte pour écarter le président en exercice depuis 1999. 

 

 

Fouzia, salariée dans une entreprise d’audit, est venue assister au cours avec un collègue. "J’aurais préféré approfondir un peu plus le débat. Je reste un peu sur ma faim. On se pose tous la même question. On a une seule et même préoccupation : qu’est ce qui va se passer après ?", lance-t-elle. Certains prennent des notes, d’autres tentent de comprendre comment ils peuvent avoir une position plus active dans la crise, comme Mourad travaillant dans une entreprise d’audiovisuel : "Je suis venu pour voir, écouter, proposer des idées et mieux comprendre la Constitution."

 

 

Le cours se termine alors qu’il fait nuit noire. Un prochain rendez-vous est programmé dès ce week-end.

 


28/03/2019
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Franceinfo - le jeudi 28 mars 2019

 

 

Algérie : "Une mascarade pour sauver le système" : une association de jeunes dénonce la tentative de récupération de ceux qui lâchent Bouteflika

 

 

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Kahina NazirfranceinfoRadio France

 

 

 

De nombreux jeunes participent à la contestation en Algérie, mais l'association Rassemblement actions-jeunesse les appelle à se méfier des annonces de l'armée et de partis politiques

 

 

 

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Une manifestation contre le maintien au pouvoir du président Bouteflika en Algérie, le 22 mars à Alger. (SADAK SOUICI / LE PICTORIUM / MAXPPP)

 

 

 

"J’ai senti ce que nos aînés, nos parents, ont senti en 1962. La possibilité d’aller vers une Algérie libre, indépendante, démocratique", lance Abdelwahab Farsaoui, président de Rassemblement actions-jeunesse (RAJ) une association nationale qui a pour objectif la sensibilisation et la mobilisation des jeunes aux problèmes sociaux et aux droits de l’homme. Mais cet espoir, ravivé par la contestation dans la rue depuis le 22 février et centrée sur le président Bouteflika en exercice, ne peut pas s'appuyer sur les anciens soutiens du régime, assure-t-il.

 

 

Les locaux du RAJ se situent au troisième étage d’un immeuble près du centre-ville d’Alger. Dans un appartement reconverti en QG et rempli de rêves d’une Algérie nouvelle, Abdelwahab Farsaoui suit tous les jours, comme un feuilleton, les revirements politiques qui se succèdent.

 

 

 

"Ruse" et "tactique"

D'abord, l'épisode de l’armée qui demande l'application de l’article 102 de la Constitution pour écarter le président. "Pour nous, c’est une manœuvre machiavélique qui vise à redonner au pouvoir algérien, au système, la possibilité de se régénérer et d’exister encore, avec une autre forme", réplique le président de l'association.

 

 

À présent, le Front de libération nationale (FLN) et le Rassemblement national démocratique (RND), partis alliés du pouvoir, lâchent à leur tour Abdelaziz Bouteflika. "C’est tactique de leur part. C’est de la ruse, réagit-il. Ils savent très bien que Bouteflika aujourd’hui n’est pas un bon cheval de bataille. Il est rejeté par la société, donc ils essayent de montrer à l’opinion publique qu’ils se démarquent de Bouteflika. Ils sont prêts à sacrifier Bouteflika pour sauver le système."

 

 

 

L'esprit de la "révolution" à sauver

Au fond du couloir, dans un petit studio radio, Yazid et Larbi préparent leurs podcasts en interviewant des avocats, des militants des droits de l’Homme afin d'analyser le mouvement populaire. Mais Yazid explique qu’il n’a pas besoin de spécialiste pour comprendre ce que manigancent les hommes du président. Et selon Larbi, le peuple ne doit pas se laisser amadouer. "J’alerte l’opinion publique sur cette énième mascarade, justement pour essouffler le mouvement, dit-il solennellement. Il faut se concentrer sur la révolution, se mobiliser et donner plus de sens à cette révolution."

 

 

Et au RAJ, comme tous les jeudis, la journée est consacrée à la grande manifestation du vendredi.

 


28/03/2019
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Franceinfo - le mercredi 27 mars 2019

 

 

Le mariage de filles mineures en hausse "de façon alarmante" au Maroc

 

 

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Eléonore Abou EzRédaction AfriqueFrance Télévisions

 

 

 

L'union des mineurs y est théoriquement interdite depuis 2004. La loi marocaine prévoit cependant des dérogations et des milliers de filles sont ainsi mariées avant l'âge de 18 ans

 

 

 

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Mariage berbère dans un village d'Imilchil, dans le Haut Atlas en 2010.  (ABDELHAK SENNA / AFP)

 

 

 

Pour promouvoir l’égalité homme-femme et améliorer le droit des femmes, le Maroc a modifié en 2004 le Code de la famille ("Moudawana"). Parmi les nombreuses dispositions annoncées, l’âge minimum légal du mariage est passé de 15 à 18 ans. Malgré cette réforme, l'union des adolescentes est en nette augmentation.

 

 

Plus de 40 000 filles mineures ont été mariées en 2018, selon la présidente du Conseil national des droits de l'Homme (CNDH), Amina Bouayach.

 

 

Il faut rétablir le droit des filles (...) et abolir les exceptionsAmina Bouayach, présidente du Conseil national des droits de l'Homme Lors d'une conférence à Rabat

 

 

 

Une exception à la règle

Le Code de la famille promulgué par le roi prévoit des "dérogations" dans des cas exceptionnels. Le juge de la famille peut ainsi autoriser le mariage d’un garçon ou d’une fille de moins de 18 ans si les parents ou le représentant légal de l’enfant le demandent. Lorsque le juge donne son accord, sa décision est irrévocable et l’épouse mineure n’a droit à aucun recours.

 

 

En 2018, plus de 25 000 dérogations légales ont été accordées, augmentant le nombre de mariages précoces. Toutes ces exceptions concernent les filles à presque 100%.

 

 

 

Une dérogation qui devient une norme

Les associations féministes et de défenses des droits de l’Homme veulent en finir avec cette dérogation. Elles demandent une révision du texte de la Moudawana pour le mettre en phase avec les nouvelles lois, notamment celle contre les violences faites aux femmes. Une campagne a été lancée début mars 2019 pour demander une fois encore l’"abolition de l’exception" et "le rétablissement de la norme".

 

 

Avec l’augmentation du nombre de mariages de mineurs "de façon alarmante", comme il le dit, le ministre de la Justice Mohamed Aujar reconnaît l’importance de la suppression des dérogations accordées aux familles, tout en rappelant qu’il s’agit d’un sujet compliqué.

 

 

La société politique est traversée par un courant très conservateur, c'est un fait à prendre en considération Mohamed Aujar, ministre marocain de la Justice lors d'une conférence à Rabat.

 

 

 

Le mariage coutumier

La dérogation concernant l’âge légal du mariage n’est pas le seul problème. Dans les régions rurales et reculées, beaucoup de Marocains, en situation précaire pour la plupart, ont recours au mariage coutumier. Par choix ou par ignorance, car ils ne connaissent pas bien les règles du Code de la famille. Le mariage qui n’a aucun cadre légal est un contrat verbal. La simple lecture de la Fatiha (sourate d’ouverture du coran) en présence de deux témoins suffit à unir deux personnes. Ces coutumes perpétuent le mariage des mineurs, dont des filles à peine pubères.

 

 

Le Code de la famille prévoit la possibilité de faire reconnaître un mariage coutumier. Il s’agit de donner un cadre légal à ce mariage pour préserver le droit de la femme, mais de nombreuses associations y voient un moyen supplémentaire de cautionner un mariage précoce. Le délai de la régularisation des mariages coutumiers par "la Fatiha" devait expirer en février 2019.

 


27/03/2019
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Franceinfo - le mercredi 27 mars 2019

 

 

Algérie : le parti RND, principal allié du président Abdelaziz Bouteflika, réclame sa démission

 

 

 

 

 

Cette annonce est faite au lendemain de la demande du chef d'état-major de l'armée de déclarer le président algérien inapte pour la fonction

 

 

 

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L'ancien Premier ministre, Ahmed Ouyahia, aux côtés d'Abdelaziz Bouteflika, le 18 septembre 2010 à Algers (Algérie). (FAYEZ NURELDINE / AFP)

 

 

 

 

Ce qu'il faut savoir

 

 

Abdelaziz Bouteflika lâché par ses soutiens. Le parti RND, principal allié du président algérien, a réclamé, dans un communiqué rendu public mercredi 27 mars, la démission de ce dernier. Cette annonce, faite par l'ancien Premier ministre Ahmed Ouyahia, intervient au lendemain de la déclaration du chef d'état-major de l'armée, qui a demandé au Conseil constitutionnel de déclarer Bouteflika inapte pour la fonction. Suivez les dernières informations en direct.

 

 

L'armée le lâche. Mardi, le chef d'état-major de l'armée algérienne, Ahmed Gaïd Salah, a prôné le lancement de la procédure prévue par l'article 102 de la Constitution, applicable quand le président de la République "pour cause de maladie grave et durable, se trouve dans l'impossibilité totale d'exercer ses fonctions" ou en cas de démission.

 

 

Une décision qui doit être votée par le Parlement. Ce sont les deux Chambres du Parlement qui, sur proposition du Conseil constitutionnel, votent à la majorité des deux tiers "l'état d'empêchement". Si "l'empêchement" se poursuit au-delà de 45 jours, le pouvoir est déclaré vacant. L'intérim se poursuit alors pendant 90 jours maximum, durant lesquels une présidentielle est organisée.

 


27/03/2019
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Franceinfo - le samedi 23 mars 2019

 

 

Maroc : la communauté chrétienne appelle les autorités à la laisser exercer librement son culte

 

 

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franceinfo AfriqueRédaction AfriqueFrance Télévisions

 

 

 

Alors que le pape François est attendu au Maroc fin mars 2019, des chrétiens du Maroc ont lancé un appel aux autorités, afin qu'elles garantissent à tous la liberté de culte. Cette communauté reste ultra-minoritaire dans un pays où l'islam est la religion officielle

 

 

 

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Cathédrale du Sacré-Cœur construite à Casablanca en 1930 par l'architecte Paul Tournon. Cet ancien sanctuaire catholique accueille aujourd'hui expositions et manifestations culturelles. (DEGAS JEAN-PIERRE / HEMIS.FR)

 

 

 

 

Au Maroc, la Constitution de 2011 garantit la liberté de culte. Or, cette "pluralité" mise en avant, ainsi que l'image de tolérance religieuse affichée, notamment vis-à-vis des chrétiens convertis, est contredite dans les faits, d'après la Coordination des chrétiens marocains.

 

 

"Nous renouvelons l'expression de nos aspirations aux libertés de base dont nous, chrétiens marocains, sommes encore souvent privés", écrit dans un communiqué cette association, qui représente les musulmans marocains s'étant convertis au christianisme. Ces croyants sont "quelques milliers, pour la plupart protestants", selon la Coordination. De son côté, l'Observatoire des libertés religieuses estime qu'ils sont 8000 sur le territoire marocain, d'après l'AFP. 

 

 

Outre son appel au respect de la liberté de culte, la Coordination demande "aussi (aux) autorités marocaines de ne plus faire subir des pressions aux Eglises officielles du pays, dont l'Eglise catholique au Maroc, dans le but de les dissuader d'accueillir" ceux qui choisissent la voie du christianisme, poursuit-elle, à quelques jours de la visite du pape François, les 30 et 31 mars 2019. Le Saint-Père est invité par le roi et "Commandeur des Croyants" Mohammed VI. 

 

 

Ce séjour papal sera "placé sous le signe du développement du dialogue inter-religieux", ont fait savoir les autorités marocaines.

 

 

 

Des chrétiens du Maroc en appellent au pape

L'Association marocaine de défense des droits des minorités religieuses a, quant à elle, appelé le chef de l'Etat du Vatican lui-même, "à évoquer avec les responsables marocains, certaines violations visant des chrétiens". Son communiqué fait état de cas survenus en 2018, indique l'AFP.

 

 

La Croix rapportait récemment, citant un journal marocain, que des chrétiens du Maroc s'étaient plaints à François, dans une lettre accusant le ministère de l'Intérieur de "persécuter les chrétiens" notamment en "procédant à des arrestations abusives".

 

 

Vivre sa foi chrétienne lorsqu'on est Marocain et musulman de naissance peut se révéler être un calvaire. De nombreux témoignages de convertis font état de la répression, du rejet et des insultes qu'ils subissent. Ils n'ont alors d'autre choix que de vivre leur culte dans la clandestinité

 

 

Les minorités religieuses représentent moins de 1% de la population du royaume, majoritairement musulmane sunnite de rite malékite.

 


27/03/2019
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Franceinfo - le mardi 26 mars 2019 - mis à jour le 27.03.19

 

 

L'armée lâche Bouteflika : "C'est une énorme surprise, je pense que l'armée va précipiter un peu les choses"

 

 

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franceinfoRadio France

 

 

 

Le journaliste Omar Belhouchet, directeur de publication du quotidien "El Watan", évoque une "sortie totalement inattendue"

 

 

 

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Le président algérien Abdelaziz Bouteflika (en 2016) et le chef d'état-major de l'armée algérienne Ahmed Gaid Salah (en 2014). (ERIC FEFERBERG / AFP)

 

 

 

"C'est une énorme surprise (…) je pense que l’armée va précipiter un peu les choses", a réagi Omar Belhouchet, directeur de publication du quotidien El Watan mardi 26 mars sur franceinfo, après la prise de parole du chef d'état-major de l'armée algérienne, demandant au Conseil constitutionnel de déclarer le président Abdelaziz Bouteflika inapte.

 

 

 

franceinfo : Est-ce que c'est une surprise pour vous ?

 

 

C'est une énorme surprise. On ne s'y attendait vraiment pas. On savait que l’armée, ces deux dernières semaines, avait pris ses distances avec le président Bouteflika, mais on ne pensait pas qu’aujourd’hui, il y aurait une telle déclaration publique pour demander à ce que le Conseil constitutionnel tranche sur la capacité ou non du président actuel, à pouvoir gouverner.

 

 

 

Est-ce que vous y voyez une décision de l’armée ou bien une décision concertée avec les proches du président Bouteflika pour sortir de la crise ?

 

 

C’est difficile à dire mais je pense que jusqu'à maintenant, les proches du président Bouteflika font de la résistance, le clan présidentiel ne veut pas lâcher, les proches et les oligarques qui le soutiennent, veulent maintenir ce président en poste. On le voit, on le décortique tous les jours à travers la presse nationale, donc je ne crois pas qu'il y ait entente avec l'armée, représentée par chef d'état-major, et le courant présidentiel. Je pense que c’est une surprise et elle va énormément peser dans le débat, au moment où, tous les jours, il y a des millions d’Algériens qui demandent à ce que le président ne poursuive pas son 'job' à la tête de l’État. Un 'job' qu’il est incapable de faire d’ailleurs.

 

 

L’article 102 de la constitution, invoqué dans le discours du général Salah [le chef d’état-major de l’armée algérienne], est une demande au Conseil constitutionnel. Il faut savoir que cette demande a été formulée par l’ensemble de la classe politique durant tous ces deniers mois, pour certains hommes politiques, ça fait des années qu’ils demandent au Conseil constitutionnel de s'intéresser à l'état physique du président. La population le demande aussi depuis des mois et des mois. Maintenant, c’est une demande de l'armée, bien entendu l’armée a du poids, elle pèse dans le contexte politique, je pense qu’elle va précipiter un peu les choses.

 

 

 

Est-ce que l’armée a écouté les manifestants ?

 

 

Elle a d'abord commencé par critiquer il y a un mois ce mouvement populaire, en disant qu’il fallait faire attention aux dérives, au risque d’avoir à nouveau la Syrie ou la Libye et puis la colère des millions d’Algériens à l’égard des militaires, les a fait reculer. Ils ont adopté un ton totalement différent avec le peuple ces deux dernières semaines, en disant que l’armée comprend maintenant ses revendications. Jusqu’à cette sortie totalement inattendue. Ce n’est pas un passage en force, c’est une demande très forte, pour que le Conseil constitutionnel prenne ses responsabilités et voit de plus près l’état de santé du président Bouteflika. Est-ce que le clan présidentiel aura assez de capacités pour résister à cette demande de l’armée ? Nous le verrons dans les prochains jours.

 

 

 

Est-ce qu’il faut craindre une reprise en main de l'armée après cette déclaration ?

 

 

Ça va être très difficile pour les militaires de reprendre en main un processus qui concerne aujourd’hui des millions d'Algériens. Si l’armée a agi aujourd’hui, c’est que quelque part, ils craignent que les manifestations aillent plus loin et qu’il y ait une déstabilisation provoquée par le clan présidentiel.

 


27/03/2019
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