L'AIR DU TEMPS

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EGYPTE


Franceinfo - le jeudi 1er août 2019

 

 

Egypte : près d'un tiers de la population sous le seuil de pauvreté

 

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

 

Le nombre de personnes vivant sous le seuil de pauvreté en Egypte a enregistré une hausse par rapport à celui de 2015, selon le journal gouvernemental "Al-Ahram" citant des chiffres officiels

 

 

 

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Des dizaines d'Egyptiens ont manifesté le 7 mars 2017 devant un bureau du gouvernement dans le centre-ville d'Alexandrie contre la décision du ministère de l'Approvisionnement de limiter la distribution de pain subventionné aux détenteurs d'un nouveau système de cartes numériques. (STR / AFP)

 

 

 

L'Agence centrale pour la mobilisation et les statistiques publiques (Capmas) a publié le 29 juillet 2019 le rapport sur les "revenus et dépenses" pour 2017-2018 pour donner "une idée précise sur la vie du citoyen égyptien moyen", a indiqué le journal dans son édition du 30 juillet.

 

 

 

Le seuil de pauvreté fixé à 1,30 euro par jour

"Le taux de pauvreté a atteint 32,5% à travers le pays pour 2017-2018, une hausse de 4,7 points par rapport aux 27,8%" enregistrés en 2015, a indiqué la Capmas. Cet organisme officiel fixe le seuil de pauvreté à un revenu annuel de 8827 livres égyptiennes (480 euros) ou moins, soit environ 1,30 euro par jour en moyenne. "Ces chiffres sont importants dans la mesure où ils montrent comment la pauvreté affecte la réalité vécue par la population", a expliqué Khaled Barakat, directeur de Capmas, cité par Al-Ahram.

 

 

Le salaire annuel moyen d'une famille égyptienne a augmenté pour atteindre 59 000 livres égyptiennes (3200 euros). Ces chiffres sur la pauvreté ont été publiés alors que l'Egypte s'apprête à recevoir une dernière tranche de deux milliards de dollars (1,8 milliard d'euros) du Fonds monétaire international (FMI) dans le cadre d'un plan de soutien de 12 milliards de dollars accordé en 2016. Le FMI a relevé la semaine dernière que la situation macroéconomique en Egypte s'est "nettement améliorée depuis 2016".

 

 

 

Une politique d'austérité très impopulaire

Au pouvoir depuis 2014, le président Abdel Fattah al-Sissi mène sous l'égide du FMI une politique d'austérité très impopulaire visant, notamment, à réduire de manière drastique les subventions de l'Etat, pour relancer une économie à genoux depuis le soulèvement populaire de 2011 contre l'ex-président Hosni Moubarak.

 

 

Les investissements étrangers directs ont atteint un niveau record, mais la dette publique a explosé et les coûts des biens de première nécessité ont flambé depuis la dévaluation en novembre 2016 de la livre égyptienne.

 

 

Les autorités ont réduit les subventions au carburant début juillet faisant monter les prix à la pompe, dans le cadre du programme de réformes mené sous l'égide du FMI. En mai, les prix de l'électricité avaient déjà augmenté de près de 15%.

 


02/08/2019
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Franceinfo - le vendredi 12 avril 2019

 

 

Egypte : le président Sissi se retire de la stratégie de Donald Trump contre l'Iran

 

 

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franceinfo Afrique avec agencesRédaction AfriqueFrance Télévisions

 

 

 

Trois jours après le satisfecit décerné par le président américain à son homologue égyptien à la Maison Blanche, l'agence Reuters révèle le retrait de l'Egypte du projet américain visant à forger une "OTAN arabe" pour contenir le pouvoir iranien

 

 

 

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Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi (3e à D) rencontre le président américain Donald Trump (3e à G) à la Maison Blanche lors de sa visite officielle à Washington aux Etats-Unis, le 10 avril 2019. (PRESIDENCY OF EGYPT / HANDOUT / ANADOLU AGENCY)

 

 

 

 

L’Egypte a annoncé sa décision aux Etats-Unis et à d’autres participants au projet d’alliance pour la sécurité du Moyen-Orient, ou MESA, avant une réunion qui doit se tenir le 14 avril 2019 à Ryad, en Arabie Saoudite, a révélé une source proche de la décision à l'agence Reuters.

 

 

 

L'Egypte doute du sérieux de l'initiative américaine

Le Caire n'avait déjà pas envoyé de délégation à la dernière réunion ayant pour but de faire avancer l'effort mené par les Etats-Unis pour intégrer leurs alliés arabes sunnites à un pacte de sécurité, politique et économique visant à contrer l'Iran chiite, a précisé cette source. L’Egypte s’est retirée parce qu’elle doute du sérieux de l’initiative, qu’elle n’avait pas encore vu un document officiel l’établir et que le projet risquait d’accroître les tensions avec l’Iran, a déclaré de son côté une source arabe qui, comme les autres, s’exprimait sous couvert d’anonymat.

 

 

L'incertitude quant à savoir si le président américain Donald Trump remportera un second mandat l'année prochaine et si un éventuel successeur pourrait abandonner l'initiative aurait également contribué à la décision égyptienne, selon une autre source arabe.

 

 

"Cela ne va pas bien", a commenté une source saoudienne à propos du projet. Proposée initialement par l’Arabie Saoudite en 2017, cette initiative vise également à limiter l’influence régionale croissante de la Russie et de la Chine, selon un document classifié de la Maison Blanche consulté par Reuters l’année dernière.

 

 

L’ambassade d’Egypte à Washington et la Maison-Blanche n’ont pas répondu immédiatement aux demandes de commentaires. Pour l'agence iranienne PressTV, qui a aussitôt repris l'information, "l'Egypte se retire de l'OTAN arabe pour éviter tout face-à-face avec l'Iran". 

 

 

Outre les Etats-Unis et l'Arabie Saoudite, parmi les participants à la MESA figurent également les Emirats arabes unis, le Koweït, Bahreïn, le Qatar, Oman et la Jordanie.

 

 

Deux jours après la réunion de Ryad, le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi s'est rendu à Washington pour des entretiens avec Trump. Avant cette rencontre, Donald Trump avait indiqué qu'il serait question de problèmes de sécurité, mais il n'était pas clair qu'ils discuteraient de la question du projet MESA.

 

 

 

Faire revenir Le Caire sur sa décision

Deux sources ont indiqué que les pays restants au sein de la MESA poursuivraient cette initiative et presseraient diplomatiquement l’Egypte de révoquer son retrait, une autre ajoutant que la décision ne semblait pas définitive. Le retrait de l'Egypte, qui compte la plus grande armée du monde arabe, constitue en tout cas un revers pour l'initiative américano-saoudienne.

 

 

Le plan était déjà compliqué en raison de l'indignation internationale provoquée par l'assassinat du journaliste saoudien Jamal Khashoggi dans le consulat d'Arabie Saoudite à Istanbul en octobre 2018. Des responsables turcs et certains législateurs américains ayant accusé le prince héritier saoudien Mohammed Bin Salmane (MBS) d'avoir commandité le meurtre alors que Ryad continue de nier «des allégations».

 

 

Les querelles entre alliés arabes, notamment le boycott économique et politique du Qatar par le gouvernement saoudien, constituent un autre obstacle. A plusieurs reprises ces problèmes ont forcé le report d'une réunion au sommet aux Etats-Unis au cours de laquelle un accord préliminaire sur l'alliance devait être signé.

 

 

Selon des responsables américains, John Bolton, conseiller national pour la sécurité de Trump et architecte de la stratégie visant à contenir l'Iran, a été un farouche défenseur de ce plan.

 


12/04/2019
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Franceinfo - le samedi 2 février 2019

 

 

"Aidez-moi à fuir l’Egypte" : l’appel au secours d’un youtubeur athée menacé par la police

 

 

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Jacques DeveauxRédaction AfriqueFrance Télévisions
 

 

 

L'Egyptien Sherif Gaber demande l’aide des internautes pour fuir son pays. Il a lancé une souscription en ligne afin de pouvoir financer l’achat d’un passeport. Seul un changement de nationalité peut lui permettre de quitter son pays, où il est régulièrement poursuivi par la police pour ses propos dans ses vidéos, jugés blasphématoires

 

 

 

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Le Youtubeur égyptien Sherif Gaber (Capture d'écran du site youtube de Sherif Gaber)

 

 

Il a déjà été condamné à 40 jours de prison en 2013 pour, selon son expression, "mépris de la religion" et "défense des droits des LGBT". Une condamnation ancienne qui l’empêche de quitter le territoire. En juin 2018, il est de nouveau poursuivi devant les tribunaux pour "apologie de l’athéisme". Toute l’année 2018, raconte-il dans une vidéo mise en ligne, il a vainement tenté de quitter son pays où il ne se sent plus en sécurité, pourchassé par la police.

 

 

“Comme prévu, aujourd’hui, certains avocats musulmans m’ont dénoncé au procureur général en raison de mes vidéos. Je vais probablement être arrêté dans les prochains jours, mais je ne veux pas que vous soyez en colère. Je vais continuer à faire des vidéos quand je sors... Je vais écrire les scripts en prison.”)

 

 

Ainsi, il voulait se rendre au Liban, pays qui ne réclame pas de passeport, puis sauter de pays en pays avant de demander l’asile politique à un Etat européen. Mais il lui fallait une "autorisation de sécurité" délivrée par la Sécurité nationale égyptienne pour voyager. Ce qui bien sûr, du fait de son ancienne condamnation, a été impossible.



Puis il a tenté Dubaï. Mais son visa électronique a été refusé sans qu’il sache trop pourquoi. Dernière tentative vers les Maldives, là pas besoin de visa. Prudent, il choisit de partir depuis l’aéroport d’Alexandrie, moins sécurisé selon lui. Nouvel échec. Il est interpellé à la douane et on lui retire son passeport.

 


03/02/2019
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Franceinfo - le lundi 21 janvier 2019

 

 

Egypte : un présentateur TV condamné à un an de prison ferme pour avoir interviewé un homosexuel

 

 

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franceinfo Afrique avec agencesRédaction AfriqueFrance Télévisions
 
 

 

 

Le présentateur vedette de la chaîne privée égyptienne LTC TV, Mohamed al-Gheiti, a écopé d'un an de prison ferme après avoir interviewé un homosexuel, en août 2018. Il a été accusé d’incitation à "l’immoralité et à la haine", d’"outrage aux religions" et de "promotion de l’homosexualité"

 

 

 

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Capture d'écran Youtube de l'émission "Bonne nuit" de Mohamed al-Gheiti sur LTC TV (DR)

 

 

 

L’avocat Samir Sabri a "ajouté le scalp" d’une célébrité à sa collection. Mohamed al-Gheiti, qui s'était plusieurs fois dit opposé à l'homosexualité, a été reconnu coupable de promouvoir cette orientation sexuelle ainsi que d'outrage à la religion. Le présentateur a également été condamné à une mise sous surveillance d'un an et à une amende de 3000 livres égyptiennes (presque 150 euros), a indiqué Samir Sabri, l'avocat de la partie plaignante. 

 

 

Samir Sabri, avocat connu pour avoir attaqué plusieurs célébrités, avait déjà fait parler de lui en décembre 2018, en déposant plainte auprès du procureur général contre l’actrice Rania Youssef pour incitation à la débauche à cause de sa robe transparente.

 

 

Le présentateur vedette de la chaîne privée LTC TV peut faire appel et le cas échéant rester en liberté en attendant le nouveau verdict, à condition de payer une caution de 1000 livres égyptiennes (50 euros), précise Samir Sabri, sans indiquer si Mohamed al-Gheiti avait pris une décision en ce sens.

 

 

Selon Al Ahram Al-Youm (lien en arabe), l'amende est de 1000 et non 3000 livres égyptiennes. En août 2018, le présentateur avait invité un gay dans son émission télévisée et avait débattu avec lui sur le thème de l'homosexualité à l'antenne. Durant l'interview, l'invité, dont le visage était flouté pour rester anonyme, avait confié être un travailleur du sexe et avait parlé de sa relation avec un autre homme.

 

 

Après la diffusion de cet entretien, le Conseil suprême de régulation des médias, un organisme d'Etat, avait suspendu la chaîne durant deux semaines pour "violations professionnelles". Selon un communiqué du Conseil, LTC TV n'avait pas respecté l'interdiction du conseil concernant "la présence d'homosexuels ou la promotion de leurs slogans" à la télévision. Le conseil avait instauré cette interdiction après qu'un drapeau arc-en-ciel, symbole de la communauté LGBT, avait été brandi lors d'un concert au Caire en 2017. A l'époque, les autorités avaient lancé une large campagne de répression contre les personnes suspectées d'être homosexuelles, s'attirant les critiques des groupes de défense des droits de l'Homme.

 

 

Le code pénal égyptien ne prohibe pas explicitement l'homosexualité, mais les tribunaux utilisent les incriminations de "débauche" ou de "prostitution" pour condamner les homosexuels.

 


21/01/2019
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Franceinfo - le 15 janvier 2019

 

 

Egypte : leur étreinte sur un campus universitaire fait scandale

 

 

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franceinfo Afrique avec agencesRédaction AfriqueFrance Télévisions

 

 

 

Deux étudiants égyptiens ont été sévèrement sanctionnés après la diffusion, sur les réseaux sociaux, d’une vidéo où on les voit s’enlacer. Ils ont été accusés de donner une mauvaise image de leurs établissements respectifs

 

 

 

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Image extraite de la vidéo de l'étreinte, mise en ligne sur les réseaux sociaux. (Capture d'écran d'une vidéo Youtube)

 

 

 

Depuis la diffusion des images sur les réseaux sociaux le 2 janvier 2019, l’amour entre deux jeunes étudiants s’est transformé en une affaire publique en Egypte. Sur la vidéo devenue virale, on voit un homme d’une vingtaine d’année s’agenouiller, un bouquet de roses à la main, devant une jeune fille. Ils se regardent, se sautent au cou et s’enlacent devant des jeunes de leur âge qui semblent complices.

 

 

Une proposition indécente ?


Proposition de mariage ou surprise d'anniversaire ? Les médias égyptiens hésitent entre ces deux versions. Quoi qu'il en soit, cette scène romantique a suscité un tollé. Dans une société conservatrice comme l’Egypte, on ne s’étreint pas en public et encore moins quand on est l'étudiant d’une université islamique. Suite à la propagation de la vidéo, le Conseil de discipline de l’université Al-Azhar a décidé d’exclure la jeune femme.

 

 

 

L’intervention du grand imam

Le jeune homme, étudiant dans une autre université, a été également rappelé à l’ordre quelques jours plus tard. Accusé de "contrevenir aux règles et aux valeurs de l’université et de la société", il a été exclu deux ans de l’établissement. "Je savais qu'on nous filmait, mais je ne pensais pas que ça allait nous causer des ennuis", a déclaré Mahmoud à Egypt Today.

 

 

L’affaire "de l'étreinte", comme on l’appelle en Egypte, a pris une telle ampleur que le grand imam d'Al-Azhar Ahmed el-Tayeb, principale autorité religieuse sunnite d'Egypte, est intervenu en personne pour demander la clémence pour la jeune fille. Il a toutefois souligné que son comportement était "contraire aux traditions religieuses et orientales".

 

 

 

Des "scandales" de mœurs

La sanction a donc été retirée, mais la jeune étudiante ne pourra pas passer les examens du premier semestre. Le jeune homme est, quant à lui toujours exclu pour deux ans, mais il peut faire appel.

 

 

L'Egypte est régulièrement secouée par ce qui est perçu comme des scandales, largement relayés par les réseaux sociaux. Ainsi, plusieurs personnes accusées d'homosexualité ou de diffusion d'images impudiques voire de "débauche" sont poursuivies pour "atteinte aux bonnes mœurs".

 


20/01/2019
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Franceinfo - le jeudi 10 janvier 2019

 

 

Egypte : figure du Printemps arabe, Ahmed Douma condamné à 15 ans de prison ferme

 

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions
 

 

 

Une cour pénale du Caire a condamné à 15 ans de prison ferme Ahmed Douma, une célèbre figure de la révolution égyptienne de 2011, rejugé après avoir été condamné à la prison à vie en 2015, selon une source judiciaire

 

 

 

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Ahmed Douma, éminent militant de l'opposition égyptienne, brandit le signe V de la victoire devant le tribunal, lors de son procès le 4 février 2015 au Caire. Jugé aux côtés de 230 militants de la révolte de 2011 contre Hosni Moubarak, tous ont été condamnés à la prison à vie. (MOHAMED EL-RAAY / AFP)

 

 

 

Agé aujourd’hui de 34 ans et en prison depuis 2013, Ahmed Douma était accusé d'avoir participé à des violences dans le sillage de la révolution, qui a provoqué la chute du président Hosni Moubarak lors du Printemps arabe. Il a été condamné le 9 janvier 2019 pour "rassemblement, possession d'armes blanches et de (cocktail) Molotov et agression sur des membres des forces armées et de la police", selon la source judiciaire.

 

 

Les juges lui ont également reproché d'avoir dégradé des bâtiments publics, dont le siège du Conseil des ministres.

 

 

 

Les militants laïques et pro-démocratie pourchassés 

En 2015, lors d'un premier procès, il avait été condamné à la prison à vie, soit 25 ans en Egypte. Mais en octobre 2017, la Cour de cassation égyptienne avait ordonné un nouveau procès. C'est à l'issue de celui-ci que le militant blogueur a été condamné à "15 ans de prison ferme et six millions de livres (290 000 euros) d'amende", a indiqué une source judiciaire le 9 janvier. Les parties peuvent interjeter appel.

 

 

Depuis la destitution par l'armée du président islamiste Mohamed Morsi en 2013, le régime de l'actuel chef de l'Etat Abdel Fattah al-Sissi est accusé de mener une répression acharnée contre les Frères musulmans, mais également contre les militants laïques et pro-démocratie tels que Douma.

 

 

Si plusieurs figures de la révolution de 2011 sont derrière les barreaux, la plupart des hommes forts du régime de Hosni Moubarak, un temps inquiétés par la justice, ont progressivement été libérés et acquittés.

 

 

 

Le président le plus répressif de l'Egypte moderne

En 2011, des centaines de milliers de manifestants étaient descendus dans les rues en Egypte pour réclamer "pain, liberté et justice sociale"  face à un régime considéré comme dictatorial et corrompu. Près de huit ans après la révolution, la grande majorité des experts estime que le régime d'Abdel Fattah al-Sissi est le plus répressif de toute l'histoire de l'Egypte moderne.

 

 

Dans une interview récemment diffusée par la chaîne américaine CBS, il a déclaré que l'Egypte ne comptait pas de "prisonniers politiques ou d'opinion". Le Caire a d'ailleurs vainement tenté d'empêcher la diffusion de l'entretien en question. Les autorités nient systématiquement les allégations de violations des droits de l'Homme.

 


11/01/2019
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Franceinfo - le mardi 8 janvier 2019

 

 

Egypte : le président Sissi échoue à censurer sa propre interview sur CBS

 

 

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Alain ChémaliRédaction AfriqueFrance Télévisions
 

 

 

La chaîne américaine a diffusé le 6 janvier 2019 un entretien avec le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi malgré la demande insistante du Caire de ne pas le faire. Le président y reconnaît officiellement une coopération sécuritaire avec Israël et nie détenir des prisonniers politiques dans ses prisons

 

 

 

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Le président égyptien, Abdel Fattah al-Sisi, attend pour s'exprimer lors du débat général de la 73e session de l'Assemblée générale aux Nations unies, le 25 septembre 2018 à New York. (BRYAN R. SMITH / AFP)

 

 

 

Lors de sa présence à New York pour l’Assemblée générale des Nations unies, Abdel Fattah al-Sissi a accepté d’accorder un entretien au programme d’informations 60 minutes de la chaîne américaine CBS, pour diffusion le dimanche 6 janvier 2019.

 

 

 

CBS refuse de communiquer les questions à l'avance

En dépit du refus de la chaîne de communiquer les questions au préalable, le président égyptien, désireux d’apparaître dans cette émission prestigieuse, a fini par se prêter au jeu de l’enregistrement d'un entretien spontané. L'opération a tourné au pugilat entre les autorités égyptiennes et la chaîne.

 

 

"J’essayais de lui poser des questions qu’on ne lui pose pas en général chez lui", a expliqué l’intervieweur vedette de l'émission Scott Pelley.

 

 

"C’est un homme qui est accusé des plus horribles violations des droits de l’Homme depuis plusieurs années. Dans son propre pays, nul ne s’en préoccupe ni ne dit mot sur cela", a-t-il précisé dans un entretien à sa propre chaîne intitulé Comment l’Egypte a essayé de tuer une interview de 60 minutes.

 

 

C’est ainsi qu’à la question de savoir combien de détenus politiques croupissent dans ses prisons, al-Sissi répond sans sourciller : "Nous n’avons pas de prisonniers politiques ou d’opinion. Nous essayons de contrer des extrémistes qui imposent leur idéologie à la population".

 

 

Quant au chiffre de 60 000 détenus politiques avancé par Human Rights Watch (HRW), il le balaie d’un "je ne sais pas d’où ils tiennent ce chiffre", confirmant sa détermination à combattre les extrémistes quel que soit leur nombre.

 

 

"Monsieur le président j’ai parlé à plusieurs personnes de votre pays qui refusent de vous appeler président parce que, disent-ils, vous êtes un dictateur militaire", poursuit le journaliste de CBS. "Je ne sais pas à qui vous avez parlé, a répondu al-Sissi avec un rire quelque peu forcé, mais 30 millions d’Egyptiens étaient dans la rue pour s’opposer au régime à l’époque. Je me devais de répondre à leur souhait", a-t-il ajouté.

 

 

Autre question dérangeante concernant le massacre de quelque 800 opposants des Frères Musulmans Place Rabaa el-Adaouïa au Caire en 2013, attribué à al-Sissi, alors ministre de la Défense. "En avez-vous donné l’ordre ?", lui demande sans détour Scott Pelley. "Laissez-moi vous poser cette question, est-ce que vous suivez de près la situation en Egypte ? D’où vous procurez-vous vos informations ?", a rétorqué sèchement le président égyptien.

 

 

 

Une étroite coopération avec Israël

Au cours de l’entretien, Abdel Fattah al-Sissi "a confirmé que son armée travaillait avec Israël contre les terroristes dans le Nord-Sinaï", a indiqué CBS. A la question de savoir si cette coopération était la plus étroite qui ait jamais existé entre les deux anciens ennemis, il a répondu : "C'est exact", a précisé la chaîne.

 

 

"Nous avons un large éventail de coopération avec les Israéliens"Abdel Fattah al-Sissi à CBS

 

 


Quelques minutes après l’enregistrement de l’émission dans un hôtel de New York, réalisant sans doute que ces réponses pourraient choquer son opinion publique, le président égyptien tentent de rétropédaler. 

 

 

"L’entretien a eu lieu à 20 heures et, en route pour mon domicile, mon contact à l’ambassade d’Egypte m’a envoyé un mail me demandant formellement de ne pas diffuser l’émission", a indiqué de son côté Rachael Morehouse, productrice de l’émission. CBS, qui précise n’avoir jamais été confronté à une demande des questions avant l'interview, a résisté aux multiples pressions et maintenu la diffusion de l’émission.

 

 

Selon le correspondant de RFI au Caire, "ce qui pourrait déplaire aux autorités égyptiennes, ce sont les commentaires de la chaîne accompagnant l’interview". CBS rapporte en effet que pour le département d’Etat, "assassinats et torture sont pratiqués dans les prisons de Sissi aujourd’hui". Des accusations démenties avec virulence par les autorités égyptiennes, écrit son correspondant.

 


08/01/2019
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Franceinfo - le 2 mars 2018

 

 

Égypte : les athées seront-ils bientôt mis en prison ?

 

 

En Égypte, le Parlement devrait adopter un projet de loi visant à criminaliser l'absence de religion. Les athées pourraient être condamnés à des amendes et même à des peines de prison

 

 

En Égypte, pourra-t-on bientôt aller en prison parce que l'on ne croit pas en Dieu ? Dans le huis clos du Parlement au Caire, c'est une possibilité à laquelle travaillent les députés. Aucun parlementaire n'a accepté de nous parler de ce projet controversé, mais dans les rues de la ville, il est généralement bien accueilli, comme par cette jeune femme : "Les athées ne croient en rien. Juif ou chrétien, ça va encore, mais ne pas avoir de religion, franchement..."

 

 

Déclarer sa religion aux autorités est obligatoire

 

L'Égypte est un pays à 90% musulman ; l'islam y est la religion d'État depuis 38 ans. Le christianisme et le judaïsme, mentionnés dans la Constitution, sont eux aussi reconnus officiellement. Mais la tolérance s'arrête là. Il est obligatoire de déclarer sa religion aux autorités, qui la feront ensuite apparaître sur la carte d'identité de chaque citoyen égyptien.

 

 

Se déclarer non croyant n'est pas une possibilité offerte par l'administration, et dans les faits, cela peut même déjà conduire devant les tribunaux. La Constitution protège théoriquement la liberté de croyance, mais remettre en cause l'existence de Dieu est considéré comme un blasphème par les autorités, et déjà puni à ce titre. Dans le centre du Caire, cet établissement surnommé "Le café des athées" a été fermé par la police. Beaucoup des non-croyants que nous avons contactés ont préféré se taire de crainte de représailles. Les athées sont désormais considérés comme des extrémistes. Dans l'Égypte du maréchal Al-Sissi, la liberté de croire ou de ne pas croire semble de plus en plus réduite.

 


22/03/2018
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le Progrès du samedi 30 décembre 2017

 

 

NEUF MORTS DANS UNE ATTAQUE CONTRE UNE ÉGLISE

 

 

Neuf personnes ont été tuées hier au Sud du Caire (Égypte dans une attaque contre une église menée par un djihadiste armé et revendiquée par le groupe État islamique (EI) via son agence de propagande. Les chrétiens d'Égypte, les Coptes, ont été déjà la cible cette année de deux attaques d'envergure qui ont fait plus de 70 morts et ont été revendiquées par Daech.

 


30/12/2017
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France info - le 25 novembre 2017

 

 

Egypte : ce que l'on sait de l'attentat dans le Sinaï qui a fait au moins 305 morts

 

Cette mosquée est située dans une région où les autorités combattent la branche égyptienne du groupe jihadiste Etat islamique

 

 

Le lieu de culte était comble en ce jour de grande prière hebdomadaire. Au moins 305 personnes ont été tuées, vendredi 24 novembre, dans l'attaque d'une mosquée située dans le nord du Sinaï, en Egypte, selon un nouveau bilan communiqué samedi. Des hommes armés ont fait sauter une bombe et ont ouvert le feu sur les fidèles. Voici ce que l'on sait de cet attentat, qui n'a pas été revendiqué pour le moment.

 

 

 

Quelle mosquée a été visée ? 

 

Il s'agit de la mosquée Al Raoudah, à Bir Al-Abed, un village proche d'Al-Arich, la principale ville du nord de la péninsule égyptienne. Cette mosquée est située dans une région où les autorités combattent la branche égyptienne du groupe jihadiste Etat islamique.

 

 

Selon l'agence AP et The Guardian, la mosquée accueille des musulmans soufis, considérés par les islamistes extrémistes comme des apostats parce qu'ils vénèrent des saints et des sanctuaires. Des conscrits de l'armée se trouvaient aussi parmi les fidèles.

 

 

 

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Comment l'attaque a-t-elle été menée ? 

 

D'après des responsables, les assaillants ont déclenché une explosion avant d'ouvrir le feu sur les fidèles, depuis quatre pick-up positionnés à proximité. Un témoin dont les proches se trouvaient sur les lieux a déclaré à l'agence Reuters que les assaillants avaient tiré sur les gens qui sortaient paniqués de la mosquée, ainsi que sur les ambulances.

 

 

Selon des témoins cités par la BBC, les assaillants avaient bloqué les routes d'évacuation de la région en faisant sauter des voitures et en laissant les épaves en feu bloquer les routes.

 

 

 

Quel est le bilan humain ? 

 

Au moins 305 personnes, dont 27 enfants, ont été tuées et 109 blessées. La télévision publique a montré les images de nombreux corps recouverts de couvertures à l'intérieur du lieu de culte. Il s'agit de l'attaque la plus meurtrière dans l'histoire récente de ce pays.

 

 

 

Que sait-on des assaillants ? 

 

Ils n'ont pas été identifiés pour l'instant. Selon une source militaire citée par The Guardian, des équipes de l'armée et de la police ont été dispersées dans la région et "poursuivent les auteurs".

 

 

Depuis 2013 et la destitution par l'armée du président islamiste élu Mohamed Morsi, des groupes jihadistes, dont la branche égyptienne de l'organisation Etat islamique (EI), attaquent régulièrement les forces de sécurité égyptiennes dans le nord du Sinaï.

 

 

De nombreux policiers et soldats, ainsi que des civils, ont été tués dans ces attaques. La branche locale de l'EI a également revendiqué plusieurs attaques contre des civils, notamment des chrétiens et des soufis.

 

 

 

Comment ont réagi les autorités ? 

 

Le gouvernement a décrété trois jours de deuil national et le président Abdel Fattah Al-Sissi a convoqué un conseil ministériel restreint après l'attaque. Il a promis de répondre avec "une force brutale" à cet attentat. "Les forces armées et la police vengeront nos martyrs", a insisté le chef de l'Etat. Dans la nuit, l'aviation a frappé des cibles "terroristes".

 

 

Comme l'indique l'agence AP, l'aéroport international du Caire a renforcé sa sécurité, avec davantage de soldats et de forces de l'ordre déployés pour patrouiller dans les halls des passagers, effectuer des perquisitions et contrôler les points de contrôle aux approches de l'aéroport.

 


27/11/2017
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Franceinfo - le vendredi 24 novembre 2017

 

 

Egypte : au moins 235 morts dans l'attaque d'une mosquée au Sinaï

 

 

Le massacre a été perpétré pendant la grande prière hebdomadaire. La branche égyptienne de l'Etat islamique est très active dans cette région de l'est de l'Egypte

 

 

 

Au moins 235 personnes sont mortes dans l'attaque d'une mosquée, dans le village de Bir Al-Abed, au Sinaï égyptien, rapportent la télévision d'Etat et l'agence de presse officielle Mena dans un nouveau bilan, vendredi 24 novembre. On dénombre au moins 125 blessés. Cet attentat a visé les fidèles pendant la grande prière hebdomadaire. Cette mosquée est située dans une région où les autorités combattent la branche égyptienne du groupe Etat islamique.

 

 

Explosion et fusillades. Selon des responsables, cités par le quotidien gouvernemental Al-Ahram, les assaillants ont déclenché une explosion avant d'ouvrir le feu sur les fidèles, parmi lesquels se trouvaient des conscrits de l'armée.

 

 

Des adeptes du soufisme. La mosquée Al-Rawda est également fréquentée par des adeptes du soufisme, un courant mystique de l'islam que le groupe Etat islamique considère comme hérétique et appelle à combattre.

 

 

Deuil national. La présidence a décrété trois jours de deuil national. Le président Abdel Fattah Al-Sissi a convoqué une réunion d'urgence de ses ministres chargés de la sécurité.

 


27/11/2017
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le Progrès du mercredi 24 mai 2017

 

 
 
    LE MUSÉE DU CAIRE DÉBORDÉ PAR SES COLLECTIONS

 

 

 

Les fabuleuses collections du musée égyptien du Caire, amassées depuis son ouverture il y a plus d'un siècle, sont aujourd'hui à l'étroit dans les galeries. Plusieurs millénaires de civilisations antiques sont représentées au musée du Caire, soit 160 000 objets exposés, sans compter les quelque 50 000 pièces stockées dans les réserves.

 

 

 

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En 2002, les autorités égyptiennes ont annoncé la construction d'un nouveau musée. Mais sa construction ayant pris du retard, il doit être inauguré au moins partiellement en 2018.

 


31/05/2017
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le Progrès du samedi 29 avril 2017

 

 
 
    RELIGION - VISITE. FRANÇOIS EN ÉGYPTE : UN VOYAGE, DEUX OBJECTIFS

 

 

 

Placée sous haute sécurité, la visite éclair du pape François en Égypte, la première dans le plus peuplé des pays arabes, a débuté hier. Elle intervient trois semaines après deux attaques contre des églises coptes orthodoxes qui ont fait 45 morts et ont été revendiquées par Daech. Peu après son arrivée, le pape François a été reçu au palais présidentiel par le président Abdel Fattah al-Sissi portant ses habituelles lunettes de soleil noires.

 

 

 

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Le voyage de François est le deuxième d'un pape en Égypte contemporaine. Avec deux objectifs. En premier lieu, rassurer les coptes - communauté chrétienne la plus importante en nombre du Moyen-Orient - qui se disent victimes de discriminations de la part des autorités et de la majorité musulmane.

 

 

Second point, la visite à Al-Azhar. Veille de presque mille ans, l'institution sunnite s'oppose au djihadisme inspiré du salafisme rigoriste dominant en Arabie Saoudite. Mais Al-Azhar est également au coeur d'une lutte entre les autorités politiques et religieuses, depuis que Sissi fait campagne pour des réformes visant à éradiquer le discours extrémiste de la sphère religieuse.

 


30/04/2017
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