L'AIR DU TEMPS

L'AIR DU TEMPS

CRISE SYRIENNE


Franceinfo - le vendredi 22 février 2019

 

 

Syrie : les Etats-Unis vont finalement laisser environ 200 soldats dans le pays "pour un certain temps"

 

avatar
franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

En décembre, Donald Trump avait pris ses alliés de cours en annonçant le retrait total des troupes américaines présentes dans le pays

 

 

 

17072439.jpg

 

Un soldat américain à Raqqa, en Syrie, le 24 février 2018. (SEBASTIAN BACKHAUS / AFP)

 

 

 

Le départ ne sera finalement pas total. Les Etats-Unis ont indiqué, jeudi 21 février, qu'ils maintiendraient finalement environ 200 soldats en Syrie, malgré le retrait annoncé du reste des troupes américaines aujourd'hui présentes sur place.

 

 

"Un petit groupe de maintien de la paix d'environ 200 soldats restera en Syrie pour un certain temps", a indiqué à l'AFP Sarah Sanders, porte-parole de l'exécutif américain, sans autres précisions. Cette annonce est intervenue après un échange téléphonique entre Donald Trump et le président turc Recep Tayyip Erdogan.

 

 

 

Un départ prévu dans les prochaines semaines

"Nous avons gagné contre le groupe Etat islamique, il est temps de rentrer", avait lancé Donald Trump le 20 décembre, à la stupeur de certains élus de son propre camp et des alliés des Etats-Unis. Les pays européens avaient ouvertement critiqué cette décision américaine prise sans concertation préalable. Ce départ de l'essentiel des troupes américaines doit intervenir dans quelques semaines.

 


22/02/2019
0 Poster un commentaire

Franceinfo - le lundi 18 février 2019

 

 

Syrie : un responsable kurde appelle les Européens, et en particulier la France, à ne pas les "lâcher"

 

 

avatar
franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

 

Il souhaite le déploiement d'une force internationale pour protéger les Kurdes d'une éventuelle offensive de la Turquie, alors que les opérations contre l'EI touchent à leur fin

 

 

 

17046391.jpg

 

Des membres des Forces démocratiques syriennes, le 17 février 2019, dans le village de Baghouz, où sont retranchés les derniers combattants de l'Etat islamique. (RODI SAID / REUTERS)

 

 

 

Les Kurdes syriens exhortent les Européens à ne pas les abandonner une fois le groupe Etat islamique vaincu et à contribuer à la création d'une force internationale dans le nord-est syrien face à la Turquie. Dimanche 17 février, dans un entretien à l'AFP, un de leurs hauts responsables appelle ces pays à ne pas "lâcher" leur alliés.

 

 

"Ces pays ont des engagements politiques et moraux (...) S'ils ne les tiennent pas, ils nous lâchent", avertit Aldar Khalil. Il a appelé en particulier la France, membre permanent du Conseil de sécurité de l'ONU, à oeuvrer en faveur du déploiement d'une force internationale une fois les troupes américaines parties de Syrie.

 

 

"La France peut faire une proposition au Conseil de sécurité pour notre protection: elle peut proposer une force internationale entre nous et les Turcs, dont elle fasse partie, ou protéger notre ciel", suggère Aldar Khalil.

 

 

La milice kurde des Unités de protection du peuple (YPG) domine l'alliance arabo-kurde des Forces démocratiques syriennes (FDS), qui s'apprête à proclamer la victoire sur l'EI. Mais avec le retrait des troupes américaines annoncé par Donald Trump, elle apparaît plus fragile que jamais, face aux menaces d'intervention de la Turquie.

 

 

Les FDS assiègent les jihadistes dans une dernière enclave d'un demi-kilomètre carré à Baghouz, près de la frontière irakienne. Elles sont soutenues dans leur offensive par une coalition internationale sous commandement américain qui leur fournit un puissant appui aérien mais ne compte que quelques forces spéciales au sol.

 


18/02/2019
0 Poster un commentaire

Franceinfo - le lundi 14 janvier 2019

 

 

Syrie : Trump menace de "dévaster" l'économie de la Turquie si elle s'en prend aux Kurdes

 

 

 

Après le tweet du président américain, la Turquie a appelé les Etats-Unis à honorer leur partenariat

 

 

 

16822551.jpg

 

Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, et le président américain Donald Trump, le 1er décembre 2018, au sommet du G 20 à Buenos Aires (Argentine). (MURAT CETINMUHURDAR / TURKISH PRESIDENTIAL PRESS SERVICE / AFP)

 

 

 

La diplomatie du tweet en action. Dimanche 13 janvier, le président américain Donald Trump a menacé la Turquie d'une catastrophe économique, en cas d'attaque contre les Kurdes après le prochain retrait des troupes américaines de Syrie.

 

 

Les Etats-Unis vont "dévaster la Turquie économiquement si elle attaque les Kurdes", a tweeté Donald Trump, tout en appelant les Kurdes à ne pas "provoquer" Ankara. Le président américain a également appelé à la création d'une "zone de sécurité" de 30 kilomètres, sans plus de précisions sur sa localisation ou sur son financement.

 

 

 

"Mr @realDonaldTrump, c'est une erreur fatale"

La réponse d'Ankara ne s'est pas fait attendre. Lundi 14 janvier, le porte-parole du président turc Recep Tayyip Erdogan a déclaré que la Turquie escomptait que les Etats-Unis honorent leur partenariat stratégique. "Mr @realDonaldTrump, c'est une erreur fatale d'assimiler les Kurdes de Syrie au PKK [le Parti des travailleurs du Kurdistan], qui est sur la liste américaine des organisations terroristes, et à sa branche syrienne du PYD [Parti de l'union démocratique]-YPG [Unités de protection du peuple]", a écrit sur Twitter Ibrahim Kalin.

 

 

Le retrait des 2 000 soldats américains de Syrie annoncé le 19 décembre par Donald Trump a provoqué l'inquiétude des milices kurdes syriennes du YPG, en première ligne dans le combat contre les jihadistes de l'organisation Etat islamique, qui redoutent d'être la cible de la Turquie, laquelle les assimile à des terroristes et les menace d'une offensive.

 


14/01/2019
0 Poster un commentaire

Franceinfo - le mercredi 25 décembre 2018 - mis à jour le 26 décembre 2018

 

 

Syrie : la Turquie presse la France de cesser de soutenir les forces kurdes

 

 

avatar
France 2France Télévisions

 

 

 

Les grandes manœuvres de retrait des troupes américaines de Syrie ont commencé à la frontière. La Turquie, elle, souhaite que la France aussi quitte la zone

 

 

 

A Kilis (Turquie) lundi 24 décembre, de nouveaux renforts militaires turcs sont partis en direction de la frontière avec la Syrie. Depuis l'annonce du retrait américain, la Turquie a la voie libre et prépare son offensive contre les forces kurdes installées dans le Nord syrien. Ankara met la pression sur Paris et demande aux militaires français d'abandonner aussi leur soutien aux combattants kurdes, les YPG. C'est l'invitation ferme du chef de la diplomatie turque, Mevlut Cavusoglu. "S'ils restent pour contribuer à l'avenir de la Syrie, alors merci. Mais s'ils restent pour protéger les YPG, cela ne sera bénéfique pour personne", a-t-il ainsi déclaré mardi 25 décembre.

 

 

 

Les Kurdes réclament le soutien de la France

La France participe aux raids de la coalition internationale et des forces spéciales appuieraient au sol les combattants kurdes qui sont en première ligne face aux derniers jihadistes de l'État islamique. Paris, qui regrette le retrait américain, voit les Kurdes comme des appuis et Ankara comme des terroristes dont elle ne veut pas à sa frontière. La Turquie et ses alliés contrôlent déjà une bande de territoire au nord de la Syrie près de la ville d'Afrin. L'objectif est désormais de récupérer le terrain que les Kurdes occupent à l'Ouest. Les Kurdes venus la semaine dernière à Paris réclamer le soutien de la France se disent prêts à riposter. La Turquie affirme qu'elle pourra éradiquer seule le groupe État islamique, ce dont doutent de nombreux experts militaires.

 


26/12/2018
0 Poster un commentaire

Franceinfo - le vendredi 21 décembre 2018

 

 

Syrie : quelles peuvent être les conséquences du retrait des troupes américaines ?

 

 

avatar
Valentine PasquesooneFrance Télévisions

 

 

Donald Trump a annoncé, mercredi, le rapatriement prochain d'environ 2 000 soldats déployés dans le cadre de la coalition internationale contre les jihadistes. "Nous avons vaincu l'Etat islamique en Syrie", a expliqué le président américain pour justifier ce retrait

 

 

 

16706487.jpg

 

Des troupes américaines circulent près du village de Yalanli, dans le nord de la Syrie, le 5 mars 2017.  (DELIL SOULEIMAN / AFP)

 

 

Vers la fin de l'engagement américain en Syrie. Refusant de voir les Etats-Unis en "gendarme du Moyen-Orient", le président américain, Donald Trump, a annoncé,  mercredi 19 décembre sur Twitter, qu'il envisageait d'ordonner le retrait des troupes américaines du territoire syrien. "Nous avons vaincu l'Etat islamique en Syrie, et c'était ma seule raison d'être présent dans ce pays au cours de ma présidence", a écrit le dirigeant sur le réseau social. Une annonce qu'il a réitérée jeudi. "J'ai accepté de rester plus longtemps [en Syrie] (...). Il est temps que d'autres se battent enfin", a-t-il défendu sur Twitter.

 

 

Son secrétaire à la Défense, James Mattis, a brusquement présenté sa démission le même jour. L'annonce a également pris de court les alliés des Etats-Unis, engagés avec le pays dans la lutte contre le jihadisme en Syrie. "L'Etat islamique a reculé, mais la menace n'est pas terminée", a ainsi alerté Heiko Maas, le chef de la diplomatie allemande. Ce dernier craint que le retrait américain ne "nuise" à la lutte contre le groupe Etat islamique. Quelles conséquences cette décision peut-elle avoir sur la suite du conflit en Syrie ? Explications. 

 

 

 

L'Etat islamique potentiellement renforcé

Donald Trump annoncerait-il trop vite la défaite de l'Etat islamique en Syrie ? Comme le rappelle Libération, l'organisation jihadiste a mené mercredi une attaque à Raqqa, dans le centre de la Syrie, le jour-même de l'annonce du retrait des troupes américaines. S'il est sensiblement affaibli, le groupe reste donc présent dans certaines parties du territoire syrien. 

 

 

"La plupart des experts de l'Etat islamique considèrent que cette entité n'a pas encore été totalement vaincue, et qu'elle a toujours une capacité de nuisance assez considérable", analyse auprès de franceinfo Karim Bitar, directeur de recherche à l'Institut de relations internationales et stratégiques (Iris). "Les conditions structurelles qui ont mené à l’émergence de Daech n’ont pas disparu, prévient-il. On pourrait assister à un regain ou à une métamorphose de l'EI dans les années à venir."

 

 

Une analyse partagée par le spécialiste des mouvements jihadistes Wassim Nasr, journaliste à France 24 et auteur du livre Etat islamique, le fait accompli (Editions Plon, 2016). "Le retrait des troupes américaines initié par Barack Obama en Irak, en 2011, avait permis à l'Etat islamique de revenir en force en Irak et en Syrie, explique-t-il. Sans la puissance de feu et l’aviation américaines, les jihadistes vont indéniablement reprendre du poil de la bête." Pour Wassim Nasr, 90% des frappes ayant permis d'affaiblir l'Etat islamique en Syrie étaient des frappes américaines. La puissance militaire des Etats-Unis, notamment aérienne, "est irremplaçable" en Syrie, estime-t-il. 

 

 

 

Des alliés occidentaux contraints de suivre ? 

Les Etats-Unis restent, à ce stade, très flous sur le calendrier de ce retrait des troupes américaines. Le Pentagone a déclaré que la campagne aérienne des Etats-Unis se poursuivrait, "tant qu'il y aura des troupes au sol". Et après ? La question préoccupe les alliés, de facto fragilisés en Syrie par cette décision de retrait américain. 

 

 

"La campagne militaire contre Daech continue", a insisté le porte-parole de l'état-major des armées françaises Patrick Steiger, relève La Croix. Le Royaume-Uni, également allié principal des Etats-Unis en Syrie, a réagi en tenant la même ligne. Mais "ce serait difficile d'y aller sans l'Amérique", juge Karim Bitar. "Rien qu'en termes de logistique, cela va être très difficile pour les alliés de se maintenir" en Syrie, poursuit Wassim Nasr. "Comment ne serait-ce qu'acheminer les vivres, les munitions pour les soldats ? s'interroge-t-il. Ni les Français ni les Britanniques n'ont les moyens."

 

 

Au-delà des moyens, l'évolution de la situation sur place pourrait s'avérer difficilement tenable pour les quelques centaines de soldats français, rappelle Libération. "Une fois les Américains partis, le régime syrien pourrait reprendre le contrôle de certains territoires kurdes. L’armée turque pourrait aussi se déployer. Dans les deux cas, les soldats français, dont le nombre reste faible, ne pourront pas rester au milieu", analyse Thomas Pierret, chercheur au CNRS, auprès du quotidien. 

 

 

 

La perspective d'une offensive turque contre les Kurdes

Le retrait des troupes américaines risque de faciliter un peu plus le projet turc d'une offensive contre les Kurdes dans le nord de la Syrie. Le président turc, "Recep Tayyip Erdogan se sent conforté. [Avec le retrait américain], il pourrait être tenté d’étouffer progressivement les forces kurdes en Syrie", confirme Karim Bitar.

 

 

Une analyse partagée par Jonas Parello-Plesner, du cercle de réflexion Hudson Institute. Interrogé par l'AFP, ce dernier estime qu'un retrait des troupes américaines "pourrait provoquer des affrontements importants entre la Turquie et les Kurdes, si les Américains ne sont plus là pour faire tampon militairement et diplomatiquement". 

 

 

Si le président turc lance cette offensive, les combattants kurdes des Unités de protection du peuple (YPG), principaux alliés de la coalition anti-Etat islamique sur le terrain mais considérées comme terroristes par la Turquie, pourraient s'éloigner de la lutte contre l'organisation jihadiste en Syrie. Un autre retrait qui mettrait à mal l'action des alliés occidentaux contre l'Etat islamique dans le pays. 

 

 

 

Les Forces démocratiques syriennes affaiblies

Les Unités de protection du peuple appartiennent à une alliance arabo-kurde visant à lutter contre l'Etat islamique : les Forces démocratiques syriennes. L'ensemble de cette coalition pourrait être mis à mal si les Etats-Unis quittent en effet la Syrie. 

 

 

Les Froces démocratiques syriennes poursuivent pour l'instant le combat, mais ce retrait "offrira au terrorisme (...) une opportunité de se reprendre et de lancer une [nouvelle] campagne dans la région", ont-elles mis en garde. Comme le relève Libération, la tâche est déjà difficile pour la coalition arabo-kurde sur le terrain. Les FDS ont en effet mis trois mois pour déloger les jihadistes de la ville d'Hajine – et ce, avec l'aide de la coalition internationale. Plus de 500 combattants sont morts dans ces combats, rappelle le journal. Et si les Forces démocratiques syriennes doivent davantage se replier vers le nord, dans le cas d'une offensive turque, leur lutte contre l'EI, notamment dans l'est du pays, sera sensiblement remise en cause, développe le quotidien. 

 

 

Les FDS pourraient également davantage se diviser, une fois les Etats-Unis partis du terrain syrien, ajoute Wassim Nasr. "Si les Américains abandonnent vraiment, les clans sunnites qui ont fourni une partie des FDS peuvent se retourner contre les Kurdes", envisage-t-il. "Les dissensions sont bien réelles" au sein de la coalition arabo-kurde, prévient le journaliste et spécialiste des mouvements jihadistes

 

 

 

La Russie et l'Iran confortés ?

Le départ des Etats-Unis du sol syrien semble, à première vue, favoriser l'assise de la Russie et de l'Iran, alliés de Bachar Al-Assad, dans le pays. "Ce retrait consacre le grand retour de la Russie au Moyen-Orient, Trump en a pris acte", estime Karim Bitar. "Cela finit de faire de la Russie la puissance étrangère qui détient les clés du pouvoir syrien", poursuit Jonas Parello-Plesner, du cercle de réflexion Hudson Institute, interrogé par l'AFP. 

 

 

Mais la tâche pourrait s'avérer complexe pour Moscou. "La nouvelle donne [sans les troupes américaines] impliquera un repositionnement sur le terrain (...) et de plus grandes responsabilités, y compris face au danger d’une résurgence des jihadistes de l’EI", analyse Libération. Confirmés dans leur position en Syrie, les Russes pourraient être les premiers à devoir revoir leur stratégie sur place. 

 

 

L'Iran sortira-t-il également renforcé de ce retrait des forces américaines ? "Israël est toujours aussi déterminé à éviter que l’Iran ne pérennise sa présence en Syrie, relativise Karim Bitar. Et les Etats-Unis vont soutenir leur allié israélien sur ce point."

 


23/12/2018
0 Poster un commentaire

Franceinfo - le lundi 16 avril 2018

 

 

La France engage une procédure de retrait de la Légion d'honneur de Bachar Al-Assad

 

 

Le dirigeant syrien est accusé d'avoir mené une attaque chimique dans la Ghouta orientale, près de Damas

 

 

 

14827178.jpg

 

 

Le président syrien Bachar Al-Assad lors d'une rencontre avec Vladmir Poutine, à Sochi (Russie), le 20 novembre 2017. (MICHAEL KLIMENTYEV / SPUTNIK / AFP)

 

 

 

La France a engagé une procédure de retrait de la Légion d'honneur de Bachar Al-Assad, annonce l'Elysée, lundi 16 avril, deux jours après les frappes occidentales en Syrie"L'Elysée confirme qu'une procédure disciplinaire de retrait de la Légion d'honneur", la plus haute distinction française, "à l'endroit de Bachar Al-Assad a bien été engagée", a indiqué la présidence de la République.

 

 

Le président syrien, Bachar Al-Assad, s'était vu remettre la Légion d'honneur par son homologue français, Jacques Chirac, lors d'un voyage officiel en France en 2001, peu après avoir succédé à son père Hafez al-Assad à la tête du pays.

 

 

"Des actes contraires à l'honneur"

 

La France tient le dirigeant syrien pour responsable d'une attaque chimique dans la Ghouta orientale, près de Damas. En réaction à cette attaques, des frappes aériennes coordonnées de Paris, Washington et Londres ont été menées, dans la nuit du 13 au 14 avril, visant "le principal centre de recherche" et "deux centres de production" du "programme clandestin chimique" du régime syrien.

 

 

Depuis 2010, un décret permet de déchoir plus facilement un étranger ayant "commis des actes contraires à l'honneur". La Légion d'honneur a ainsi déjà été retirée au cycliste américain Lance Armstrong ou au styliste britannique John Galliano.

 


11/05/2018
0 Poster un commentaire

Franceinfo - le samedi 14 avril 2018

 

 

Syrie : ce que l'on sait de l'opération militaire menée par les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni

 

Les trois pays ont mené des frappes aériennes contre plusieurs cibles syriennes, en réponse à l'attaque chimique présumée menée par le régime de Bachar Al-Assad à Douma. L'opération est terminée et aucune nouvelle frappe n'est prévue dans l'immédiat

 

 

 

14811978.jpg

 

Une photo partagée par l'armée syrienne montre une explosion aux abords de Damas (Syrie), samedi 14 avril 2018. (SYRIAN GOVERNMENT'S CENTRAL MILI / AFP)

 

 

 

Une opération militaire a été menée contre la Syrie par les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni, dans la nuit du vendredi 13 au samedi 14 avril. Ces trois pays entendent punir le régime de Bachar Al-Assad, qu'ils accusent d'avoir mené une attaque à l'arme chimique contre des civils dans la Ghouta orientale. "Une opération conjointe est en cours avec la France et le Royaume-Uni, nous les remercions tous les deux", a déclaré Donald Trump, qui s'exprimait à la Maison Blanche vendredi soir.

 

 

Au moment même où le président américain s'exprimait, plusieurs détonations ont été entendues à Damas, selon des correspondants de Reuters et de l'AFP sur place. Des témoins disent à l'AFP avoir vu des colonnes de fumée s'élever du nord-est de Damas. Cette vague de frappes, dont il reste à déterminer le nombre, est terminée, ont ajouté les autorités américaines moins d'une heure plus tard.

 

 

Quelle est l'ampleur des frappes menées en Syrie ?

 

L'intervention a visé "des cibles multiples" avec "des types de munitions divers", a indiqué un responsable américain, qui a notamment évoqué le recours à des missiles de croisière Tomahawk. "Des frappes occidentales ont visé des centres de recherche scientifique, plusieurs bases militaires et des locaux de la Garde républicaine à Damas et ses environs", a pour sa part rapporté l'Observatoire syrien des droits de l'homme.

 

Le chef du Pentagone a déclaré que ces frappes des Etats-Unis et de leurs alliés ont plus lourdement frappé la Syrie que lors des tirs de missiles d'avril 2017, contre une base militaire syrienne.

 

 

La ministre française des Armées, Florence Parly, a affirmé samedi matin lors d'une conférence de presse que les frappes ont visé "le principal centre de recherche" et "deux centres de production" du "programme clandestin chimique" du régime de Bachar Al-Assad.

 

 

 

DaucHCzW0AAXCH2.jpg

 

 

 

Londres a annoncé que des frappes britanniques ont visé un "complexe miliaire" près de Homs. Selon le ministère britannique de la Défense, quatre avions de combat Tornado ont pris part aux frappes. Des missiles Shadow ont été utilisés contre un site militaire situé à 24 km à l'ouest de la ville de Homs et éloigné de tout groupement d'habitations de population civile.

 

 

Quel a été le rôle des forces françaises ?

 

Le président français Emmanuel Macron a annoncé dans un communiqué avoir "ordonné aux forces armées françaises d’intervenir" avec une réponse "circonscrite aux capacités du régime syrien permettant la production et l'emploi d'armes chimiques". Une courte vidéo diffusée dans la nuit sur le compte Twitter de l'Elysée montre le décollage de plusieurs avions de chasse Rafale d'une base qui n'est pas identifiée. 

 

 

La ministre des Armées, Florence Parly, a pour sa part diffusé sur son compte Twitter la photo d'un Rafale en phase de décollage. Les Rafale sont dotés de missiles Scalp.

 

 

Lors d'une conférence de presse conjointe, Jean-Yves Le Drian et Florence Parly ont donné des précisions sur cette opération. Le principal centre de recherche du programme chimique syrien et deux centres de production ont été frappés, a indiqué la ministre. 

 

 

"Cette opération combinait des moyens navals et aériens, a précisé la ministre des Armées. Des frégates multimunitions, accompagnées de bâtiments de protection et de soutien, ont été déployées en mer Méditerranée. Dans le même temps, un raid aérien est parti en début de nuit depuis plusieurs bases aériennes en France afin de rejoindre les côtes de la Syrie. Ces différents moyens ont tiré des missiles de croisière sur les objectifs prévus, en étroite synchronisation avec nos alliés américains et britanniques", a poursuivi la ministre.

 

 

Quel est le message de Washington, Paris et Londres ?

 

Donald Trump a affirmé que l'objectif des opérations "était d'établir une dissuasion forte contre la production, la prolifération et l'emploi d'armes chimiques". Il a exhorté Moscou "à quitter la voie sinistre" du soutien à Bachar Al-Assad. Le président américain a également déclaré que la Russie avait "trahi ses promesses" de 2013 sur l'élimination des armes chimiques syriennes.

 

 

Par ailleurs, Donald Trump a mis en garde l'Iran et la Russie, qui ont déployé des milliers d'hommes et du matériel pour aider Bachar Al-Assad à reconquérir le pays, contre leurs liens avec la Syrie. Il a aussi estimé que le sort des pays de la région était entre les mains de leurs habitants, et qu'aucune intervention militaire américaine ne pourrait, à elle seule, apporter une "paix durable".

 

 

"Nous ne pouvons pas tolérer la banalisation de l'emploi d'armes chimiques, qui est un danger immédiat pour le peuple syrien et pour notre sécurité collective", a pour sa part estimé Emmanuel Macron, dans un communiqué de l'Elysée. La Première ministre britannique, Theresa May, a affirmé qu'il n'y avait "pas d'alternative à l'usage de la force".

 

 

De nouvelles frappes sont-elles prévues ?

 

Cette première vague de frappes est terminée, ont annoncé les autorités américaines moins d'une heure après le début des opérations, et il n'y a pas d'autres frappes prévues pour l'instant, a ajouté le ministre américain de la Défense, James Mattis. Tout en dénonçant les attaques chimiques "monstrueuses" menées par le régime de Damas, Donald Trump a promis que l'intervention comprenant des "frappes de précision" durerait "aussi longtemps qu'il le faudrait".

 

 

Côté français, Emmanuel Macron a précisé que, "conformément à l'article 35, alinéa 2, de la Constitution, le Parlement sera informé et un débat parlementaire sera organisé, suite à cette décision d'intervention de nos forces armées à l'étranger".

 

 

Comment réagissent la Syrie et la Russie ?

 

"La défense anti-aérienne syrienne" est entrée en action contre "l'agression américaine, britannique et française", a affirmé la télévision d'Etat syrienne, ajoutant que treize missiles avaient été abattus au sud de Damas. Plus généralement, les médias d'Etat dénoncent une "agression et une violation flagrante du droit international". Cette opération militaire occidentale est "vouée à l'échec", a par ailleurs martelé le régime syrien.

 

 

La Russie n'a pas été prévenue à l'avance de ces frappes, a indiqué le chef d'état-major américain, Joe Dunford, qui ajoute que les alliés ont pris soin d'éviter de toucher les forces russes, massivement présentes dans le pays. La ministre française des Armées, Florence Parly, a toutefois affirmé que la Russie avait au contraire été prévenue de ces frappes.

 

 

Moscou est rapidement montée au créneau après cette intervention. L'ambassadeur russe à Washington, Anatoli Antonov, estime que ces frappes sont une "insulte au président russe", dans un communiqué. "Nous avions averti que de telles actions appelleraient des conséquences (...). Nos mises en garde ont été ignorées."

 

 

Quelles sont les autres réactions ?

 

Ils soutiennent. Samedi matin, le Canada, Israël et la Turquie ont apporté leur soutien à l'opération. Dans un communiqué, le ministère turc des Affaires étrangères estime que ces frappes constituent "une réaction appropriée" à l'attaque chimique présumée de Douma. Justin Trudeau a, lui, soutenu "la décision des Etats-Unis, du Royaume-Uni et de la France de prendre des mesures pour diminuer la capacité du régime de lancer des attaques par armes chimiques contre ses propres citoyens".

 

 

Jens Stoltenberg, secrétaire général de l'OTAN, a, lui aussi, salué l'opération : "Je soutiens les actions prises par les Etats-Unis, le Royaume-Uni et la France contre les installations et capacités d'armes chimiques du régime syrien", a-t-il exprimé par le biais d'un communiqué.

 

 

Ils condamnent. L'Iran, principal allié régional de Damas, condamne "fermement" les opérations contre la Syrie et lance une mise en garde contre "leurs conséquences régionales". Le ministère iranien des Affaires étrangères, sur le canal Telegram de son porte-parole, a affirmé que "les Etats-Unis et leurs alliés, sans aucune preuve et avant même une prise de position de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC), ont mené cette action militaire [...] contre la Syrie et sont responsables des conséquences régionales de cette action aventuriste".

 

 

Le guide suprême iranien, l'ayattolah Ali Khamenei, a lui aussi dénoncé les frappes sur son Telegram : "L'attaque menée ce matin contre la Syrie est un crime. Je déclare franchement que le président américain, le président français et la Première ministre britannique sont des criminels [...], ils n'obtiendront rien et ne tireront aucun bénéfice".

 

 

Il s'inquiète. Antonio Guterres, secrétaire général de l'ONU, a quant à lui appelé les Etats membres à "faire preuve de retenue dans ces circonstances dangereuses et à éviter tous les actes qui pourraient entraîner une escalade de la situation et aggraver les souffrances du peuple syrien". Le secrétaire général a décidé de reporter un voyage prévu en Arabie saoudite.

 


09/05/2018
0 Poster un commentaire

Franceinfo - le mardi 6 mars 2018

 

 

Syrie : le premier convoi humanitaire écourte sa mission dans la Ghouta orientale "en plein milieu des bombardements"

 

 

Les quarante-six camions était entrés dans cette partie rebelle proche de Damas quelques heures plus tôt, lundi. Ils étaient chargés d'aide médicale et de nourriture

 

 

 

Il n'ira pas plus loin. Le convoi humanitaire quitte la Ghouta orientale sans avoir terminé la distribution. Ce retrait a été annoncé par l'ONU, lundi 5 mars en début de soirée. "Nous avons livré autant d'aides que possible en plein milieu des bombardements", a écrit sur Twitter Sajjad Malik, le représentant de l'agence de l'ONU pour les réfugiés en Syrie.

 

 

Composé d'une quarantaine de camions, le convoi était entré neuf heures plus tôt dans cette enclave rebelle, située à l'est de la capitale Damas. Chargés d'aide médicale et de nourriture, les véhicules avaient de quoi approvisionner 27 500 personnes. Tous n'ont pas pu être déchargés. Un deuxième convoi humanitaire de l'ONU est prévu jeudi.

 

 

Pénuries de nourriture et de médicaments 

 

Assiégés depuis 2013, les 400 000 habitants de la Ghouta orientale subissent au quotidien de graves pénuries alimentaires et de médicaments. Aucune aide n'a pu y entrer depuis que le régime syrien a lancé, mi-février, une campagne aérienne qui a tué plus de 700 civils.

 

 

Lundi soir, près de vingt cas de suffocation ont été rapportés après des bombardement du régime syrien sur la partie rebelle de la Ghouta orientale, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme.

 

 

Une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU, votée à l'unanimité et réclamant un cessez-le-feu de 30 jours dans toute la Syrie pour permettre la distribution d'aides humanitaires et l'évacuation des blessés les plus graves, est restée lettre morte.


16/04/2018
0 Poster un commentaire

Franceinfo - le lundi 5 mars 2018

 

 

Syrie : un premier convoi humanitaire est entré dans la Ghouta orientale, le fief rebelle bombardé par le régime syrien

 

 

C'est la première aide à parvenir aux 400 000 habitants de cette enclave rebelle depuis le début d'une offensive du régime syrien, mi-février, qui a tué plus de 700 civils

 

 

 

14518954.jpg

 

Des camions du Croissant rouge syrien, transportant de l'aide humanitaire, attendent à un checkpoint près de Damas, le 5 mars 2018. (OMAR SANADIKI / REUTERS)

 

 

 

C'est une aide attendue par les habitants de la Ghouta orientale depuis le début de la violente offensive du régime syrien, mi-février. Un premier convoi humanitaire est entré dans cette enclave rebelle de Syrie, a annoncé l'ONU, lundi 5 mars. Au total, c'est un convoi de 46 camions, "transportant des aides médicales et de la nourriture pour 27 500 personnes", qui a été affrété par l'ONU et ses partenaires.

 

 

Assiégés depuis 2013, les quelque 400 000 habitants de la Ghouta orientale, à l'est de la capitale Damas, subissent au quotidien de graves pénuries alimentaires et de médicaments. Aucune aide n'a pu y entrer depuis que le régime syrien a lancé, mi-février, une campagne aérienne qui a tué plus de 700 civils.

 

 

Une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU, votée à l'unanimité et réclamant un cessez-le-feu de 30 jours dans toute la Syrie pour permettre la distribution d'aides humanitaires et l'évacuation des blessés les plus graves, est restée lettre morte. Mais une trêve humanitaire de cinq heures est observée tous les jours depuis mardi. Sans permettre, jusque-là, l'entrée de convois humanitaires.

 

 

Le régime a repris un tiers de la Ghouta orientale

 

Outre leurs bombardements, les forces du régime syrien mènent également une offensive terrestre dans la Ghouta orientale. Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme, elles contrôlent désormais un tiers de ce territoire. Elles sont arrivées à deux kilomètres de Douma, la grande ville locale.

 

 

Lundi, le Conseil des droits de l'homme de l'ONU a adopté une résolution demandant l'ouverture d'une enquête sur le siège de la Ghouta orientale par l'armée syrienne. Il demande que la Commission d'enquête internationale indépendante sur la Syrie "ouvre urgemment une enquête complète et indépendante sur les événements récents" dans cette région.

 


16/04/2018
0 Poster un commentaire

Franceinfo - le samedi 24 février 2018

 

 

Syrie : plus de 500 morts civils dénombrés dans le fief rebelle de la Ghouta, une semaine après le début des raids aériens du régime

 

 

Le bilan des victimes a augmenté après la découverte de nouveaux corps sous les décombres et la mort de victimes supplémentaires samedi

 

 

 

14455578.jpg

 

 

Un secouriste dans les décombres après un raid du régime syrien à Saqba (Syrie), le 23 février 2018. (ABDULMONAM EASSA / AFP)

En Syrie, 500 civils ont été tués en sept jours de raids du régime sur la Ghouta orientale, selon les estimations communiquées par l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH,) samedi 24 février. Ce fief rebelle est bombardé sans cesse depuis le 18 février. Le bilan a augmenté après la découverte de nouveaux corps sous les décombres et la mort de victimes supplémentaires samedi. 

 

 

A Douma, principale ville de la Ghouta orientale, violemment bombardée dans la matinée, plusieurs corps dont ceux d'enfants ont été transportés dans une clinique de fortunee. Enveloppés dans des couvertures, ils ont été placés dans une pièce transformée en morgue.

 

 

Le vote attendu vendredi au Conseil de sécurité sur une trêve d'un mois en Syrie a été repoussé à samedi 19 heures, heure de Paris. Des négociations ont été menées pendant plusieurs heures pour éviter un veto de la Russie, et un nouveau texte de résolution prévoyant un cessez-le-feu immédiat a été mis au point.

 


15/03/2018
0 Poster un commentaire

Franceinfo - Mis à jour le mercredi 21 février 2018

 

 

Syrie : le martyre des enfants de la Ghouta

 

 

Lundi 19 février, une série de missiles s'est abattue sur les derniers quartiers rebelles de Damas (Syrie). Le point de la situation sur place

 

 

 

2fe7804e917650d287428a5f5b477edfcc512898.jpg

 

 

Face aux secouristes qui accourent, lundi 19 février, juste après qu'une série de missiles se soit abattue sur les derniers quartiers rebelles de Damas (Syrie), un homme s'enfuit avec un nourrisson dans les bras. Le sauveteur filme avec une caméra fixée sur son casque. Les cris le conduisent jusqu'à une maison. À l'intérieur, plusieurs enfants, terrorisés, attendent d'être évacués. Un peu plus loin, d'autres ambulanciers échappent de peu à une nouvelle frappe. Chacune de leur intervention se fait sous les bombes. 

 

 

"J'ai perdu cinq de mes enfants"

 

Depuis 15 jours, l'armée syrienne et ses alliés pilonnent sans répit les faubourgs est de Damas. Cette zone échappe depuis six ans au contrôle de Bachar Al-Assad. C'est le dernier fief rebelle dans la capitale syrienne. 400 000 personnes dont 200 000 enfants y résideraient toujours. À l'hôpital, les cadavres s'accumulent. "J'ai perdu cinq de mes enfants", explique un homme. Comme souvent, les enfants sont les premières victimes de la guerre. Plusieurs dizaines d'entre eux ont été tués ou blessés au cours des dernières heures. L'ONU réclame l'arrêt des combats, mais le pouvoir syrien a massé des troupes à proximité en vue d'une offensive au sol dans les heures ou les jours qui viennent.

 


12/03/2018
0 Poster un commentaire

Franceinfo - le mercredi 7 février 2018

 

 

Syrie : une centaine de jihadistes français ont été arrêtés par les Kurdes

 

 

Alors que l'organisation Etat islamique a été défaite dans le pays, le statut de ces citoyens français partis combattre à ses côtés est au cœur de discussions

 

 

 

"Une petite centaine" de jihadistes français a été arrêtée par les Kurdes, dans le nord-est de la Syrie, a déclaré Jean-Yves Le Drian, mercredi 7 février sur BFMTV. Alors que l'organisation Etat islamique a été défaite dans le pays, le statut de ces citoyens français partis combattre à ses côtés est au cœur de discussions. "Ils vont être jugés par les autorités judiciaires locales", a assuré le ministre des Affaires étrangères.

 

 

 

14323850.jpg

 

Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, à l'Elysée, le 30 janvier 2018.  (LUDOVIC MARIN / AFP)

 

 

 

La France veut rapatrier les enfants 

 

Ces jihadistes "ne seront pas rapatriés en France, dans la mesure où ce sont des combattants, donc ce sont des ennemis", a expliqué le ministre, confirmant la position déjà exprimée par le gouvernement. "Ce sont des gens qui ont commis des actes de barbarie. Des gens qui ont attaqué les Kurdes et les forces irakiennes, a-t-il justifié. Les conclusions de leur action, c'est qu'ils soient jugés par ceux qu'ils ont combattus."

 

 

 

En revanche, Jean-Yves Le Drian a affirmé que la France voulait faire revenir les enfants de jihadistes : "Nous voulons faire en sorte que, par le biais de la Croix-Rouge, nous puissions les rapatrier en France."

 


14/02/2018
0 Poster un commentaire

Franceinfo - le jeudi 1er février 2018

 

 

"Si Daech est dans la zone, on la nettoie" : entre la Syrie et l'Irak, des volontaires français combattent les derniers jihadistes

 

 

avatar
Jérôme JadotRadio France

 

Mis à jour le
publié le

 

 

 

 

À Kharaij, dans la région de Deir ez-Zor, près de la frontière irakienne, une poignée de volontaires français vivent en ce moment, en première ligne, les derniers jours de Daech. franceinfo les a rencontrés

 

 

 

Ils sont partis prendre les armes en Syrie, dans le camp opposé à l’État islamique : une poignée de volontaires français vivent en ce moment en première ligne, les derniers jours de Daech en tant qu’entité territoriale. Ils font partie des près de 200 combattants étrangers engagés au sein des forces kurdes. franceinfo a pu rencontrer deux d’entre eux à Kharaij, dans la région de Deir ez-Zor, près de la frontière irakienne, dans une des toutes dernières poches de résistance de l’État islamique.

 

 

 

L'unité "tabura enternasyonal"

 

Dans la cour de la grande maison qui sert de poste de commandement, une dizaine d’hommes en uniforme chargent leur paquetage dans deux gros pick-up. On parle ici anglais, mais pas seulement. Le "tabura enternasyonal", petite unité composée d’Américains, de Canadiens, d’Allemands est commandée par un Français. "Je m’appelle Hogir. C’est mon nom kurde : cela veut dire 'l'ami', 'le camarade'", lâche-t-il. Le commandant Hogir préfère ne pas dire grand-chose de sa vie d’avant à Paris : ni son nom, ni son métier. Le trentenaire a rejoint les combattant kurdes YPG, il y a un peu plus de deux ans.

 

 

 

 

14274098.png

 

 

Le commandant Hogir est à la tête de l'unité "tabura enternasyonal" est baséà à Kharaij, dans la région de Deir ez-Zoren Syrie. (RADIO FRANCE / ERIC AUDRA)

 

 

 

Cela fait six mois pour cet autre volontaire, Kendal Breizh. Cet ex-ouvrier par intérim breton confie avec un sourire que si ses outils ne sont "pas tout à fait les même", sa mission ressemble, étant donné le "comportement de Daech", à une mission humanitaire. Kendal Breizh est opérateur lance-roquette au RPG7. Hogir, lui, est sniper et plutôt doué à en croire les soldats kurdes, dont il assure la couverture. "Nous faisons, explique-t-il, des contrôles avec la caméra thermique la nuit et avec des fusils de précision le jour. Et si Daech est dans la zone, on la nettoie."

 

 

 

À quatre kilomètres, la ligne de front

 

La zone ce sont ces maisons et ces champs aux abords de la ville de Kharaij. Depuis le toit du poste de commandement, on distingue la ligne de front à environ 4 km. Le matin même au petit-déjeuner, Hogir et ses hommes y ont été visés par des tirs de mortiers. Les combats sont âpres dans cette ultime bande d’une trentaine de kilomètres à reconquérir sur les rives de l’Euphrate. "C’est une petite zone, très réduite, décrit Hogir, mais où plusieurs centaines, voire milliers de combattants sont concentrés, qui vont être contraints de se battre : on est très proches de la fin de l’Etat islamique…"

 

 

Dans ces combats, un danger guette : celui d’avancer trop vite. "Parfois, explique le combattant, les YPG avancent la nuit et poussent la ligne de 800 mètres. Puis on s’aperçoit que Daech est derrière nous. C’est arrivé il y a quelques jours. Un commandant YPG est entré dans une mosquée située derrière les lignes. Il a pris trois balles : cinq combattants de Daech étaient toujours là…"

 

 

 

Des idéalistes loin de l'image de "Rambo"

 

Réunis autour d’un petit feu de bois pour une pause, Hogir et ses hommes ne renvoient pas l’image de "Rambo" en manque d’adrénaline. Moustache et lunettes rectangulaires, le commandant français se décrit comme un militant de gauche, séduit par l’idéal d’inspiration marxiste des Kurdes YPG.

 

 

"On a les forces d’Assad d’un côté, al-Nosra de l’autre, Daech, indique Hogir. Et, au milieu de toutes ces forces plus ou moins réactionnaires, on a un projet politique novateur, ouvertement de gauche, ouvertement progressiste, qui met au centre de sa politique l’émancipation des femmes et la démocratie directe."

 

 

 

"Moi, j’avais envie de venir sur place, de faire l’expérience d’une révolution"

Hogir

franceinfo

 

 

Un idéal révolutionnaire qui n’empêche pas Hogir d’exhiber, comme un trophée de guerre, des objets et documents émanant de Français engagés dans le camp d’en face. D’abord deux disques métalliques ornées de calligraphies arabes : des pièces de monnaie frappées par l’État islamique, retrouvées dans une maison civile. Il y a, aussi, une lettre d’amour d’un jihadiste, rédigée en français, ainsi que le règlement intérieur d’une communauté de veuves, lui aussi rédigé en français, consigne de ménage en sus.

 

 

Hogir souhaite que ces Français-là, ceux d’en-face, soient jugés ici en Syrie, là où se trouvent leurs victimes. De retour dans leur pays, certains combattants anti-Daech pourraient eux aussi être inquiétés par la justice, considérés comme des mercenaires. "Nous ne sommes pas payés", plaide Kendal Breizh, visiblement peu inquiet. "Il y a peu de conséquences, explique-t-il, pour les gens qui ont eu l’occasion de revenir, puisqu’il serait hypocrite pour la France de poursuivre ceux qui combattent avec les YPG alors qu’à quelques kilomètres d’ici, les forces spéciales françaises font la même chose…", estime-t-il avant de lâcher en riant : "Je vous en dirai davantage à mon retour, si je suis toujours en liberté."

 

 

 

 

14273234.jpg

 

 

Kendal Breizh, ex-ouvrier par intérim breton. (RADIO FRANCE / ERIC AUDRA)

 

 

 

Kendal Breizh envisage de revenir en France dans six mois. Le quadragénaire ne nie pas avoir laissé une famille en Bretagne. Le jeune commandant Hogir, lui, n’imagine pas de retour pour le moment et se projette sur son prochain adversaire : l’armée turque. Cette dernière a lancé, il y a deux semaines, une offensive contre l’enclave kurde d’Afrine, au nord de la Syrie.

 

 

"Ce sera beaucoup plus difficile, estime-t-il. Contrairement à Daech, l’armée turque a des avions. Nous n’aurons plus de frappes aériennes avec nous, mais contre nous. Les combattants internationalistes sont venus défendre la révolution en cours : nous n’allons pas dire à nos camarades kurdes que comme cela devient chaud ici, nous rentrons en Europe. Ce n’est pas une option." Les hommes d’Hogir n’ont d’ailleurs pas le temps de traîner. Les deux pick-up sont prêts à filer vers le nord, une partie de l’unité vient d’être mobilisée sur le front d’Afrine. L’autre reste ici pour terminer la guerre contre l’État islamique.

 


06/02/2018
0 Poster un commentaire