L'AIR DU TEMPS

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LIBAN


Franceinfo - le mercredi 30 octobre 2019

 

 

Démission du Premier ministre libanais : un "premier pas politique important" après deux semaines de contestation

 

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Le Premier ministre Saad Hariri a remis mardi au président la démission de son cabinet. Une décision qui va "donner plus d'allant" aux contestataires estime sur franceinfo le spécialiste du monde arabe Jean-Pierre Milelli

 

 

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Des manifestants célèbrent la démission du Premier ministre Saad Hariri à Sidon, le 29 octobre 2019. (MAHMOUD ZAYYAT / AFP)

 

 

 

Après treize jours de révolte populaire au Liban, et des heurts à Beyrouth, le Premier ministre Saad Hariri et son gouvernement, jugés corrompus par les Libanais, ont démissionné mardi 29 octobre. Washington appelle à la formation d'un nouveau gouvernement. "Ça ne peut pas marquer la fin de la contestation, car c'est le premier pas politique important depuis les deux semaines de contestation", estime mercredi 30 octobre sur franceinfo Jean-Pierre Milelli, enseignant à l'Ecole normale supérieure, spécialiste du monde arabe.

 

 

 

franceinfo : Cette démission marque-t-elle la fin de la contestation ?

 

Jean-Pierre Milelli : Ça ne peut pas marquer la fin de la contestation, car c'est le premier pas politique important depuis les deux semaines de contestation. Les contestataires, qui représentent un quart de la population et représentent toutes les classes, et surtout toutes les confessions du pays, y verront un pas qui va leur donner plus d'allant. Il y a aussi bien Tripoli, la ville du nord sunnite, que le sud chiite, que les régions chrétiennes, ce qui est assez remarquable. Quant au gouvernement, la tentation va être de gagner du temps pour chercher une solution. C'est très délicat vu la nature du pays.

 

 

 

La stabilité du Liban est-elle menacée ?

 

Elle pourrait l'être, ce qui explique l'intervention de l'ONU, des États-Unis et de la France, qui montre l'anxiété des décideurs mondiaux. Ils savent pertinemment que le Liban, de par sa nature, sa situation et son histoire un peu tragique, est un candidat à venir s'ajouter aux crises régionales, déjà extrêmement sévères.

 

 

 

L'émergence de nouvelles figures politiques est-elle possible, alors que la classe politique actuelle est quasiment inchangée depuis la fin de la guerre civile, en 1990 ?

 

On ne voit pas émerger de nouvelles têtes, et la classe politique au pouvoir a plus d'un tour dans son sac. Il n'y aura pas forcément de retournement de situation spectaculaire. Cette classe politique va chercher à gagner du temps, avec toutes les possibilités de la Constitution libanaise, avec le jeu de divers chefs, dont monsieur Hariri est le principal. Il peut y avoir un nouveau gouvernement, une reconduction du Premier ministre actuel, et c'est le Parlement qui va devoir entrer en piste. Hariri pourrait revenir, car c'est un acteur important, en dépit de ses défauts connus, notamment une certaine faiblesse vis-à-vis du Hezbollah. La marge de manœuvre est limitée. Ce mouvement est sans précédent de par son caractère harmonieux, global et bon-enfant, les Libanais en ont eu besoin parce que le système est bloqué. Le Premier ministre doit être sunnite, de la même manière que le président doit être maronite et le président du Parlement chiite. On est encore dans l'incertitude, sachant que c'est une crise qui reflète les rapports de pouvoir régionaux et des questions mondiales telles que le déni de démocratie ou des questions environnementales.

 


30/10/2019
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Franceinfo - le mardi 29 octobre 2019

 

 

Liban : le Premier ministre Saad Hariri annonce qu'il va démissionner, après bientôt deux semaines de contestation

 

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Le mouvement de protestation a été déclenché par l'annonce, le 17 octobre, d'une taxe sur les appels effectués via WhatsApp

 

 

 

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Le Premier ministre libanais Saad Hariri, à Beyrouth (Liban), le 21 octobre 2019. (AFP PHOTO / HO / DALATI AND NOHRA)

 

 

 

Depuis près de deux semaines, la mobilisation des Libanais contre leur gouvernement ne faiblit pas. Et elle aura eu raison du Premier ministre Saad Hariri. Ce dernier a annoncé, mardi 29 octobre lors d'une conférence de presse, qu'il allait présenter la démission de son gouvernement. Peu avant cette annonce, des dizaines d'assaillants armés de bâtons avaient lancé une attaque contre le principal site de rassemblement des manifestants dans le centre de la capitale, signe des tensions grandissantes. 

 

 

Le mouvement de protestation a été déclenché par l'annonce, le 17 octobre, d'une taxe sur les appels effectués via WhatsApp, annulée dans la foulée. Les manifestants conspuent l'ensemble des dirigeants, les qualifiant de "voleurs". La classe politique, quasi inchangée depuis la fin de la guerre civile en 1990, est accusée de corruption et de népotisme dans un pays aux infrastructures en déliquescence. 

 

 

Lors d'un discours télévisé le 21 octobre, Saad Hariri avait annoncé un plan de réformes, qui n'avait pas convaincu les foules. De son côté, le président Michel Aoun avait évoqué la possibilité d'un remaniement ministériel qui ne s'est pas concrétisé en raison des divisions internes à son gouvernement.

 


29/10/2019
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Franceinfo - le lundi 21 octobre 2019

 

 

Liban : le gouvernement annonce des réformes, sans calmer la colère de la rue

 

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La gronde populaire avait éclaté jeudi avec l'annonce surprise d'une nouvelle taxe sur les appels effectués via les applications de messagerie Internet comme WhatsApp. La mesure a été rapidement annulée mais la contestation a continué de grandir

 

 

 

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Des manifestantes dans les rues de Beyrouth, au Liban, le 21 octobre 2019. (ANWAR AMRO / AFP)

 

 

 

Confronté à une mobilisation populaire sans précédent, le gouvernement libanais accélère le train des réformes. A l'issue d'un Conseil des ministres extraordinaire, lundi 21 octobre, le Premier ministre Saad Hariri a annoncé devant la presse l'adoption par la coalition gouvernementale qu'il dirige des "mesures essentielles et nécessaires".

 

 

Saad Hariri a assuré soutenir la demande des manifestants d'élections anticipées. "Votre voix est entendue, et si vous réclamez des élections anticipées (...) moi Saad Hariri je suis personnellement avec vous". Les dernières législatives avaient eu lieu en mai 2018.

 

 

Dans son allocution, le Premier ministre a notamment promis un "budget 2020 sans impôts supplémentaires pour la population", une baisse de 50% des salaires du président et des ex-présidents, des ministres et des députés, ainsi que de nouvelles taxes sur les banques.

 

 

 

"Le peuple veut la chute du régime"

L'annonce de cette série de réformes, retransmises en direct par haut-parleurs sur les lieux des rassemblements géants du centre-ville de Beyrouth, n'a cependant pas calmé la colère les manifestants, qui ont continué de crier leur colère face à une classe politique accusée d'avoir laissé couler le pays. Elles ont été accueillies par les dizaines de milliers de manifestants aux cris de "Révolution, révolution" et "le peuple veut la chute du régime", les slogans phares de la contestation.

 

 

S'adressant à la foule rassemblée dans les rues pour une 5e journée consécutive, le Premier ministre a fait profil bas. "Ces décisions n'ont pas été prises pour vous demander de cesser de manifester ou d'exprimer votre colère", a-t-il dit, ajoutant : "c'est vous qui déciderez de le faire, personne ne vous impose de délai". "Vous êtes la boussole, c'est vous qui avez fait bouger le Conseil des ministres, c'est votre mouvement qui a conduit aux décisions", a encore assuré Saad Hariri.

 

 

Mais les appels au départ de toute la classe politique, jugée corrompue et incompétente sans exception, continuaient lundi soir de faire l'unanimité.

 


22/10/2019
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Franceinfo - le dimanche 20 octobre 2019 - mis à jour le 21.10.19

 

 

Liban : face à la pression de la rue, les partis acceptent un plan de réformes du Premier ministre Saad Hariri

 

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Les principaux dirigeants politiques ont répondu dimanche à l'ultimatum du Premier ministre, acceptant notamment de ne plus imposer de nouveaux impôts et un programme de privatisations

 

 

 

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Le Premier ministre libanais, Saad Hariri, lors d'un discours télévisé, le 18 octobre 2019. (MARWAN NAAMANI / DPA / AFP)

 

 

 

Ils étaient conspués depuis plusieurs jours dans les rues du Liban. Les principaux partis libanais ont finalement accepté une série de réformes proposées par le Premier ministre, Saad Hariri, a appris l'AFP de source gouvernementale, dimanche 20 octobre. 

 

 

Face à la pression de la rue, le chef du gouvernement avait donné trois jours à ses ministres pour avaliser ces réformes, jusque-là bloquées par les divisions politiques. Cet ultimatum expire lundi en début de soirée.

 

 

Les principaux dirigeants politiques ont répondu dimanche à cet ultimatum, acceptant notamment de ne plus imposer de nouveaux impôts et un programme de privatisations, a indiqué à l'AFP un responsable du gouvernement sous couvert de l'anonymat. Saad Hariri "a envoyé son plan à toutes les parties concernées et a reçu leur accord", a indiqué ce responsable, citant notamment les deux grandes formations ayant la majorité au gouvernement, le Mouvement patriotique libre (MPL) et le Hezbollah.

 

 

Un Conseil des ministres devrait donner lundi matin son approbation formelle, en présence du président Michel Aoun.

 

 

 

Taxation des appels sur WhatsApp

Les dernières manifestations ont été déclenchées par l'annonce inopinée, jeudi, d'une nouvelle taxe sur les appels effectués via les applications de messagerie comme WhatsApp.

 

 

Le discours télévisé de Saad Hariri, vendredi, a été largement interprété par les manifestants comme une tentative de sauver in extremis la classe politique. Celle-ci est huée dans la rue pour sa corruption et son incapacité à conduire des réformes, dans un pays aux infrastructures déliquescentes.

 

 

Dimanche, pour le quatrième jour consécutif, les Libanais sont descendus dans la rue dans tout le pays pour réclamer le départ de l'ensemble de la classe politique. La mobilisation a encore gagné en ampleur pour atteindre plusieurs centaines de milliers de personnes. 

 


21/10/2019
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le Progrès du vendredi 23 décembre 2016

 

 

 

MOYEN-ORIENT - BEYROUTH. CRISE DES RÉFUGIÉS : LA FRANCE SOUTIENT LE LIBAN

 

 

"Le Liban doit rester à l'écart du conflit syrien". En visite hier à Beyrouth, Jean-Marc Ayrault a répété ce leitmotiv à chacune de ses rencontres. Le ministre des Affaires étrangères venait saluer la fin du vide institutionnel qui paralysait le pays du Cèdre depuis deux ans et demi. "Le Liban est sur la bonne voie et la France va continuer son rôle de facilitateur", explique Jean-Marc Ayrault après un entretien avec Michel Aoun, élu président fin octobre. Le général chrétien a retrouvé le palais présidentiel de Baabda d'où il avait été chassé en 1990 par les bombes syriennes. Il s'est paradoxalement allié à ses ennemis d'hier, en recevant le soutien du Hezbollah, qui combat Bachar al-Assad en Syrie.

 

 

Le ministre des Affaires étrangères français a rencontré le Premier ministre Saad Hariri, quatre jours après la formation de son gouvernement "d'entente nationale", où siègent deux ministres du Hezbollah, le parti chiite accusé de l'attentat qui a coûté la vie à son frère Rafic Hariri en 2005.

 

 

S'il reste à distance du désastre syrien, le Liban (4,5 millions d'habitants) doit supporter un lourd fardeau en accueillant 1,5 million de réfugiés. Comme l'a rappelé Jean-Marc Ayrault, la France a promis au Liban une aide de 200 millions d'euros pour faire face à cet afflux.

 

 

Le ministre des Affaires étrangères français a également évoqué le conflit israélo-palestinien lors de son séjour au Liban. Jean-Marc Ayrault a annoncé la tenue d'une conférence sur la paix le 15 janvier à Paris. Elle réunira 70 pays, mais sans Israël qui refuse d'y participer. L.C.

 

 

 

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24/12/2016
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le Progrès du lundi 31 octobre 2016

 

 

 

POLITIQUE - LE CHRÉTIEN MICHEL AOUN VEUT "RÉINVENTER LE LIBAN"

 

 

L'ancien chef maronite de l'armée libanaise, exilé pendant 15 ans en France, devrait accéder aujourd'hui à la présidence, avec le soutien des musulmans, des pro et des anti-syriens.

 

 

 

Un vent d'espoir souffle aujourd'hui sur Beyrouth. Après 29 mois de vacance à la tête du pays, faute d'accord entre parlementaires, le Liban pourrait retrouver un président ce lundi. Le général Michel Aoun, 81 ans, maronite longtemps en exil en France, devrait être désigné dans la journée par les 127 députés, au terme d'un long processus de négociations avec les chiites, druzes, sunnites et chrétiens.

 

 

 

Union nationale

 

"Les Libanais cherchent une figure tutélaire qui ne représente pas une faction ou un clan, un homme qui veut réinventer le Liban libre, un homme qui veut réinventer le Liban", analyse l'écrivain Salvatore Lombardo. Cet aouniste de la première heure (auteur de Liban Libre et de Retour à Beyrouth - Éditions Transbordeurs) a rejoint Beyrouth dès ce week-end, à l'instar de milliers de Libanais installés en France, qui ont pris d'assaut les dernières places disponibles dans les avions.

 

 

Au fil des années, le vieux lion, qui avait dû être exfiltré par les services secrets français en 1991 avant d'être autorisé à regagner sa terre natale en 2005, est parvenu à créer un consensus sur son nom et sa personne. Il a su rallier à sa cause le Hezbollah, la Syrie et plus récemment l'ancien Premier ministre Saad Hariri, opposant à Damas : ce dernier devrait, dès cet après-midi, être appelé à former un gouvernement d'union nationale, au moins jusqu'aux législatives prévues pour l'été prochain.

 

 

Des politologues s'interrogent sur la viabilité de cette alliance pourtant fidèle aux accords de 1943, qui prévoient une répartition des rôles politiques entre religions. Les calculs de chaque partie risquent de compromettre une stratégie commune, juge l'universitaire Carole Charabati. Salvatore Lombardo est plus optimiste : "Les leaders politiques ont réalisé qu'avec la crise syrienne, il fallait se rassembler autour des fondamentaux. Michel Aoun a aujourd'hui le soutien de Ryad et de Washington. Les Américains ont compris l'intérêt à trouver au Liban un point de stabilité dans un Orient à feu et à sang".

 

 

 

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Michel Aoun

 

 

 

Effacer le confessionnel de la constitution

 

Des alliés qui lui seront indispensables pour la mise en oeuvre d'un programme de redressement de ce pays de 5 millions d'habitants, aux abois économiquement et qui doivent faire face à l'arrivée de quelque deux millions de réfugiés syriens, dans un contexte de corruption quasi généralisée.

 

 

"La tâche qui attend Aoun et Hariri est écrasante", estime l'écrivain français "mais ils sont condamnés à la mener ensemble". Dans cet esprit, Michel Aoun, le militaire chrétien, pourrait, dès ses premiers actes, effacer le confessionnel de la constitution.

 

 

Beaucoup de Libanais pensaient qu'un ticket entre pro et anti-syriens ne serait jamais possible. D'ailleurs, 4 à 5 % des chrétiens le rejettent encore. Les prochaines semaines s'annoncent déterminantes pour l'avenir du pays du Cèdre. Aoun sera l'acteur du sursaut national ou celui du retour manqué et des illusions perdues. Depuis la France, où près d'un demi-million de Libanais résident régulièrement, sa capacité à prendre les choses en main après trois décennies d'obstination sera très observée. Fabrice Veysseyre-Redon


01/11/2016
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le Progrès du lundi 1er août 2016

 

 

PLUS D'UN MILLION DE PERSONNES - LA LOURDE CHARGE DES RÉFUGIÉS SYRIENS

 

 

Une personne sur cinq vivant au Liban est réfugié. Le petit pays du Proche-Orient doit gérer une situation "explosive", liée à la guerre en Syrie. Sans en voir le bout.

 

 

 

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epuis le mois de mai 2015, le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) a cessé d'enregistrer les réfugiés syriens au Liban, sur demande de Beyrouth. La crise syrienne, qui a jeté des millions d'hommes, de femmes et d'enfants sur les routes a encore compliqué la situation sociale du pays du Cèdre et de ses quatre millions d'habitants.

 

 

Au Liban, ils étaient officiellement 1,1 million (un chiffre sous-estimé), auxquels il faut rajouter près de 500 000 réfugiés palestiniens, arrivés depuis la guerre de juillet 2006.

 

 

 

Comme s'il y avait 22 millions de réfugiés en France

 

"La contribution du Liban à l'accueil des réfugiés est immense", a concédé le ministre des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault, lors de son déplacement à Beyrouth, c'est comme si', les 11 et 12 juillet. À cette occasion, il s'est rendu dans le plus grand centre de l'ONG libanaise Armel, candidate au prix Nobel de la paix. Fondée en 1979, elle oeuvre sur tout le territoire libanais à destination d'un public varié : Irakiens, Soudanais, Syriens, bien sûr, Libanais également, et ce sans distinction de religion.

 

 

 

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Beyrouth

 

 

 

 

Pour son président et fondateur, "la situation (des réfugiés) est catastrophique et explosive". "Si on compare le Liban à un pays comme la France, c'est comme s'il y avait chez vous 22 millions de réfugiés", souligne le Dr Kamel Mohanna. Dans les deux années à venir, la France va accueillir 3 000 syriens "sélectionnés par l'Ofpra (l'Office français de protection des réfugiés et apatride, N.D.L.R.)". Elle alloue aussi 200 millions d'euros aux pays frontaliers de la Syrie sur trois ans, les premiers à accueillir ceux qui ont fui la guerre civile.

 

 

 

100 millions d'euros vont être versé par la France au Liban

 

Le Liban recevra 100 millions, dont la moitié sera versée en 2016. Un effort jugé insuffisant. "Il faut que l'Europe prenne sa part. Elle ne respecte pas la convention de Genève sur les réfugiés", souligne le Dr Mohanna, en indiquant qu'une action en justice contre l'Union européenne à ce sujet n'était pas à exclure.

 

 

Le ministre libanais des Affaires étrangères Gebrane Bassil indique lui aussi que son pays "avait atteint ses capacités d'absorption" et demandé à ce que "l'ensemble des États mette en oeuvre le principe de solidarité internationale". Il sait aussi que la question des réfugiés est un élément qui pèse sur la politique intérieure, alors que le Liban, sans président depuis deux ans, traverse une crise institutionnelle.

 

 

Pour le chef de la diplomatie française, une évidence s'impose : "Il faut une solution politique en Syrie, et cela passe par un cessez-le-feu, la levée du siège d'Alep, afin que les négociations de paix reprennent". Dans le centre d'Amel, situé dans une banlieue sud de la capitale libanaise, territoire du Hezbollah chiite, le ministre des Affaires étrangères a rencontré des femmes et des enfants syriens. Entre la leçon de sciences, le cours d'informatique ou une consultation médicale, tous auraient exprimé le même souhait : rentrer chez eux, en Syrie. Quand la guerre sera terminée. À Beyrouth, Coralie Dreyer

 

 

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03/08/2016
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le Progrès du mardi 28 juin 2016

 

 

JOURNÉE MEURTRIÈRE PRÈS DE LA FRONTIÈRE SYRIENNE

 

 

Une série d'attentats suicide menés par quatre kamikazes a coûté la vie à cinq personnes dans un village libanais à majorité chrétienne de la Bekaa (ES), Une région troublée en raison de sa proximité avec la Syrie en guerre. Le mode opératoire - kamikazes et attentats simultanés - est typique des organisations djihadistes comme Daech et Al-Qaïda. La zone frontalière a été le théâtre de multiples affrontements entre l'armée libanaise et des groupes djihadistes.

 


29/06/2016
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le Progrès du dimanche 17 avril 2016

 

 

LE CHÂTEAU D'EAU DU MOYEN-ORIENT SOUS LA PRESSION DES RÉFUGIÉS

 

En visite officielle, François Hollande a annoncé hier à Beyrouth une aide de 100 millions d'euros sur trois ans pour aider le Liban, débordé par l'arrivée des réfugiés syriens qui met notamment en péril son approvisionnement en eau.

 

 

Assistance militaire mais aussi aide matérielle de 100 millions d'euros pour gérer les réfugiés : François Hollande n'est pas arrivé hier à Beyrouth les mains vides. Parmi les difficultés que pose l'afflux de réfugiés, la tension sur l'approvisionnement en eau affecte le quotidien de toute la population.

 

 

Considéré comme le château d'eau du Moyen-Orient avec son relief montagneux, le Liban utilise seulement 10 % de ses ressources. La moitié des eaux de pluie sont captées et un gros tiers d'eau est encore perdu, du fait du manque d'entretien des réseaux. Résultat : Beyrouth n'est desservie par le réseau d'eau potable que trois jours par semaine durant la saison sèche.

 

 

Les autres jours, les habitants sont alimentés en eau par camions citernes ou par des puits individuels. La situation est tellement peu reluisante que la banque mondiale a même avancé que le pays serait en pénurie d'eau potable d'ici 2020 si rien n'est fait.

 

 

À ce problème de gestion des ressources hydriques s'est ajoutée, il y a quatre ans, la guerre en Syrie. La Liban est devenu la première terre d'accueil des réfugiés syriens : ils seraient 1,5 millions, selon le Haut-commissariat aux Réfugiés. Le petit pays de 4  millions d'habitants "s'est retrouvé complètement dépassé par le phénomène", selon Georges Ketanech, secrétaire général de la Croix-Rouge libanaise. Il a fallu répondre à l'urgence, celle-ci s'est prolongée. Et la concentration urbaine a accru le problème de gestion de gestion des ressources déjà conséquent.

 

 

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"Notre problème, c'est l'assainissement"

 

"Nous sommes confiants dans notre capacité à améliorer la gestion de l'eau" répond pourtant Youssef Karam, chef du département eau au Conseil du développement et de la construction libanais. Cet établissement public, outil principal de la reconstruction du pays après la guerre, s'occupe aujourd'hui de la planification du développement du territoire.

 

 

"Notre problème aujourd'hui est avant tout un problème d'assainissement" avance-t-il. "D'ici 2020, je pense que la majorité des stations d'épuration que nous sommes en train de mettre en place le long de la côte, là où vit la majorité de la population, seront en fonctionnement". Optimiste, il préfère mesurer le chemin parcouru : "Il faut savoir qu'on n'est pas parti de zéro, mais de moins !".

 

 

Le budget global de ce plan est estimé à 2 milliards d'euros. Très cher, d'autant que la facturation du service d'assainissement au Liban est très faible... "Les gens ne sont pas habitués à payer ce service. C'est aussi là-dessus que nous travaillons. Aujourd'hui, on essaie d'assurer le service avant de le faire payer, afin de gagner la confiance des populations" détaille Youssef Karam.

 

 

Acteur historique sur le secteur de la gestion de l'eau au Liban, le géant français Suez met son savoir-faire au service du pays afin de proposer les meilleures infrastructures.

 

 

"La gestion de l'eau et des déchets est aujourd'hui au coeur des préoccupations des autorités qui lancent des projets d'envergure et font appel à l'expertise du secteur privé" assure Pierre-Yves Pouliquen, directeur général délégué Afrique, Moyen-Orient et Inde de Suez.Il met en avant l'exemple de Saïda, ville qui vient de se débarrasser d'un dépotoir sauvage gigantesque au bout de 35 ans. "Saïda veut devenir un modèle écologique d'ici à l'année 2020". Dans une moindre mesure, les villes récalcitrantes pourront s'inspirer du travail entrepris, qui a porté ses fruits. Car, plus que jamais, le Liban doit gérer au mieux ses ressources, son potentiel. Virginie Montvignier Monnet

 

 

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18/04/2016
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le Progrès du vendredi 13 novembre 2015

 

 

 

 

LIBAN - Beyrouth : Daech revendique un double attentat suicide meurtrier. Des dizaines de mort, des centaines de blessés. Des hommes du groupe Etat islamique se sont fait exploser dans une rue commerçante bondée. Le bilan s'annonce très lourd. Il s'agit du premier attentat contre un fief du Hezbollah dans la banlieue sud de Beyrouth depuis juin 2014, lorsqu'un agent de sécurité avait été tué en empêchant une attaque. Auparavant, une série d'attentats avaient endeuillé des fiefs du Hezbollah à travers le pays.

 

 

 

 

Punir le Hezbollah pour son soutien à Assad

 

Entre juillet 2013 et février 2014, les fiefs du Hezbollah ou des régions fidèles à ce mouvement ont été l'objet de neuf attaques, la plupart revendiquées par des groupes extrémistes sunnites.

 

 

 

Ceux-ci avaient présenté leurs actes comme une "vengeance" à la décision du Hezbollah d'envoyer des milliers de ses hommes combattre en Syrie au coté du régime de Bachar al-Assad contre les rebelles et les djihadistes, en grande majorité des sunnites.

 

 

 

Il y a moins d'un mois, le chef du Hezbolah Hassan Nasrallah a de nouveau défendu son implication auprès du régime Assad, son allié, en parlant d'"une bataille essentielle et décisive". Il a toutefois reconnu que le combat en Syrie "risqu(ait) d'être long", mais affirmé qu'il était nécessaire pour "protéger ces pays et la région".

 

 

 

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Secrétaire Général du Hezbollah, Sayed Hassan Nasrallah

 

 

 

 

D'après le dernier bilan donné en août par l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), plus de 900 membres du Hezbollah ont trouvé la mort en Syrie. Le mouvement chiite n'a de son côté jamais fourni de chiffres. Hier soir, le bilan provisoire faisant état d'au moins 41 morts et 181 blessés.

 

 


13/11/2015
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le Progrès du mercredi 2 septembre 2015

 

 

 

PROCHE-ORIENT - Vers un printemps libanais ? La police libanaise a évacué de force une partie des militants de la société civile qui ont occupé hier le ministère de l'Environnement pour protester contre son incapacité à régler la crise des ordures, une escalade inédite d'un vaste mouvement anti-corruption. De brèves échauffourées ont éclaté en début de soirée à l'extérieur du ministère dans le centre-ville de Beyrouth entre la police et des centaines de personnes qui se sont rassemblées en solidarité avec les jeunes protestataires restés à l'intérieur du bâtiment. "Nous continuerons ! Révolution ! Notre volonté est la plus forte !", ont scandé les manifestants devant le ministère.

 

 


02/09/2015
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le Progrès du dimanche 30 août 2015

 

 

 



PROCHE-ORIENT - La grande colère des Libanais. 25 ans après la fin de la guerre civile, le pays est toujours désorganisé. Des dizaines de milliers de Libanais, de toutes les confessions, ont exprimé hier à Beyrouth leur rancoeur envers une classe politique jugée corrompue et incapable. Quelle sera la suite du mouvement ?

 

 

 

Du jamais vu dans le Pays du cèdre ! Une manifestation a rassemblé des dizaines de milliers de Libanais, toutes confessions confondues, hier à Beyrouth. A l'appel de collectifs issus de la société civile, le peuple est descendu dans la rue pour exprimer son ras-le-bol à l'égard du pouvoir politique qu'il juge corrompu et incapable d'offrir les services de base.

 

 

 

Vingt-cinq ans après la fin de la guerre civile qui a déchiré le pays de 1975 à 1990, l'électricité est rationnée et chaque été l'eau vient à manquer dans de nombreuses régions à cause du manque de barrages alors que le Liban est le plus arrosé de la région.

 

 

 

"Bye, bye aux corrompus", scandait une foule immense sur la Place des Martyrs, lieu emblématique de la capitale. Des manifestants arboraient un tee-shirt blanc portant la mention "Vous puez", d'autres des drapeaux libanais sur lesquels on pouvait lire "On en a marre".

 

 

 

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Crise des ordures

 

"C'est votre pays, c'est votre terre. Aucun de nous n'a ni eau, ni électricité. Prenez la rue, pour vos enfants, pour votre pays", avait lancé avant le rassemblement Assaad Thebian du collectif "Vous puez" à l'initiative de la mobilisation. La campagne de protestation a commencé avec la crise des ordures provoquée à la mi-juillet par la fermeture de la plus grand décharge du Liban et l'amoncellement des déchets dans les rues. Mais cette mobilisation illustre surtout le raz-le-bol d'une population contre la corruption endémique, le dysfonctionnement de l'Etat et la paralysie des institutions politiques.

 

 

 

Le collectif "Vous puez" réclame, entre autres, la démission du ministre de l'Environnement, le transfert de la collecte des déchets aux municipalités et la tenue d'élections législatives et présidentielle. "Mardi soir, si nos demandes ne sont pas satisfaites, nous irons vers l'escalade", a prévenu un des organisateurs sans dire à quoi il faisait allusion. Un autre groupe - "Le peuple veut" - réclame "des hôpitaux, de l'électricité, une solution pour les ordures et la chute du régime confessionnel".

 

 

 

Et crise politique

 

Depuis le dernier scrutin de 2009, le Parlement a prolongé à deux reprises son mandat et les députés se sont montrés incapables d'élire un président de la République. Le poste est vacant depuis mai 2014 dans ce pays profondément divisé où le système politique est basé sur une répartition confessionnelle des postes. Le caractère unitaire de la manifestation d'hier, organisé par la société civile, tranche avec le morcellement entre communautés.

 

 

 

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30/08/2015
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la tribune du samedi 28 mars 2015

 

 

 

RENCONTRE AVEC LE CARDINAL Bechara Boutros Rahi, patriarche de l'Eglise maronite

 

 

 

"D'autres pays arabes seront touchés par la guerre civile"

 

 

 

Religion - Il est une des personnalités religieuses les plus influentes du Liban, y compris sur la scène politique, et plus encore depuis que le "pays du Cèdre" est privé de Président. Le cardinal Boutros Rahi, patriarche de l'Eglise catholique maronite,  nous a accordé un entretien dans son palais de Bherké, à 25 km au nord de Beyrouth.

 

 

 

 

Vous venez d'accueillir la visite du cardinal Barbarin, archevêque de Lyon. Comment l'avez-vous vécue ?

 

Nous apprécions beaucoup ce geste de solidarité, signe de communion entre l'Eglise de France et la nôtre. Les chrétiens du Moyen-Orient se sentent délaissés par l'Occident, pourtant de tradition chrétienne. En arabe, un dicton dit : "Il vaut mieux m'accueillir que me donner à manger". En venant au Liban, c'est comme si l'archevêque de Lyon nous avait accueillis chez lui. Cela nous fait du bien moralement et spirituellement.

 

 

 

Le conflit israélo-arabe est le "péché originel"

 

 

 

La guerre civile en Syrie, pays frontalier du Liban, dure depuis quatre ans. Pourquoi ce conflit s'éternise-t-il ?

 

 

Tout ce qui arrive aujourd'hui au Moyen-Orient est lié au conflit israélo-palestinien, devenu aussi un conflit israélo-arabe, avec l'occupation par Israël de certains territoires en Palestine, en Syrie et au Liban. Malgré toutes les résolutions du Conseil de Sécurité de l'ONU, ce problème reste insoluble. Pour moi, c'est le "péché originel", duquel tout découle. Les guerres en Syrie et en Irak sont des conflits inter-musulmans : entre les pays sunnites et les pays chiites, entre les gouvernements locaux et les organisations fondamentalistes et terroristes, entre les musulmans modérés et les musulmans intégristes.

 

 

 

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Beyrouth

 

 

 

Le règlement du conflit israélo-palestinien permettrait selon vous celui de toutes les crises au Moyen-Orient ?

 

Oui !

 

 

 

Que recommandez-vous ?

 

Je souhaite de retour des réfugiés palestiniens et un Etat pour les Palestiniens, conformément à ce que prévoient les résolutions de l'ONU. Ceux qui font le jeu de la politique internationale ne veulent pas de cet Etat. Et ce problème est maintenant oublié en raison de tous les conflits qui surgissent au Moyen-Orient : Syrie, Irak, Yémen, en attendant sans doute d'autres pays arabes. Car je pense que tous les pays arabes seront touchés.

 

 

 

Il y a cinq ans, les "Printemps arabes" avaient soulevé beaucoup d'espoirs...

 

Ces mouvements réclamaient à juste titre des réformes économiques, sociales et politiques allant dans le sens de la démocratie. Tout d'un coup, ces manifestations populaires ont disparu. Ce moment de liberté a été utilisé par des pays qui ont instrumentalisé des organisations fondamentalistes.

 

 

 

La rivalité entre musulmans sunnites et chiites, résumée par l'opposition entre l'Arabie saoudite et l'Iran, joue là-dedans un rôle central. Et vous trouvez des Etats, en Orient et en Occident, qui alimentent les deux camps, avec de l'argent, des armes et un soutien politique. Certains ont aussi intérêt à la poursuite de la guerre pour faire commerce de leurs armes.

 

 

 

Ce qui m'inquiète, c'est que tout cela concourt à  une perte de la modération islamique. Comment les musulmans modérés pourraient-ils ne pas baisser les bras quand ils voient que seuls les fondamentalistes sont choyés ?

 

 

 

 

Le Liban est bousculé par ces conflits environnants. Le pays n'a plus de président de la République depuis le 25 mais 2014. Peut-on espérer une prochaine élection ?

 

Malheureusement, cette élection est tributaire du conflit sunnites-chiites dans la région. Tant que personne ne mettra la pression sur l'Arabie saoudite et l'Iran, il n'y aura pas d'accord à l'Assemblée nationale libanaise pour élire un président de la République (N.D.L.R. : ce dernier est toujours maronite ; le Premier ministre sunnite, et le président de l'Assemblée, chiite). Car les sunnites libanais sont liés à l'Arabie saoudite, et les chiites libanais, à l'Iran... Pendant ce temps, notre pays se noie.

 

 

 

 

Craignez-vous un retour de la guerre civile au Liban ?

 

Non, car les Libanais en ont assez : la guerre civile (N.D.L.R. : 1975-1898) a mis le pays à terre. Aujourd'hui, ils payent en plus le prix du conflit israélo-palestinien et le prix de la guerre en Syrie. Le tiers de notre population vit sous le seuil de pauvreté. Les gens émigrent parce qu'il n'y a plus assez de travail. La moitié de la population au Liban se compose de réfugiés syriens et palestiniens.

 

 

 

Imaginez la France avec 35 millions de réfugiés ! Ce n'est plus tenable. On est en train de saccager la perle de l'Orient et c'est très grave. Car le Liban est le pays qui a transmis la modernité, la démocratie, les droits de l'Homme et l'ouverture dans la région. E il reste toujours capable de le faire, du fait de sa spécificité géopolitique et culturelle. Recueilli a Bkerké (Liban) par Nicolas Ballet

 

 

 

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30/03/2015
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