L'AIR DU TEMPS

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FAITS DIVERS


Franceinfo - le 19 octobre 2019

 

 

Ce que l'on sait de la famille néerlandaise qui a vécu recluse pendant neuf ans

 

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

 

Une famille vivant recluse depuis neuf ans dans une ferme aux Pays-Bas a été découverte, lundi 14 octobre. La police néerlandaise a arrêté deux personnes, dont le père, et s'interroge si une "certaine croyance dans une foi" est à l'origine de l'affaire

 

 

 

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La ferme où vivaient reclus une famille de sept personnes, à Ruinerwold (Pays-Bas), le 16 octobre 2019. (VINCENT JANNINK / ANP MAG)

 

 

 

Ils étaient dans "une petite pièce fermée". Dans le nord des Pays-Bas, une famille a été découverte à l'intérieur d'une ferme isolée où elle vivait recluse depuis neuf ans, a annoncé la police néerlandaise mardi 15 octobre. Le père et ses six enfants, tous majeurs, "avait un mode de vie autarcique". Deux personnes, dont le père, ont été arrêtées. Dans quelles conditions ont-ils vécu ? Comment ont-ils été découverts ? Appartenaient-ils à une secte ? Voici ce que l'on sait de cette improbable histoire.

 

 

 

Ils étaient reclus depuis neuf ans

Cela faisait neuf ans qu'ils vivaient enfermés dans une petite pièce d'une ferme isolée. Cette famille – un père de 67 ans et six enfants – a été découverte à Ruinerwold, un village situé dans le nord des Pays-Bas. Tous ont déclaré être majeurs. Les enfants auraient entre 18 et 25 ans.

 

 

La famille "avait un mode de vie autarcique" dans la propriété, rapportent les autorités néerlandaises. Selon la chaîne de télévision locale RTV Drenthe, elle se nourrissait grâce à un potager et une chèvre. Ils étaient "dans l'attente de la fin des temps", toujours selon la télévision néerlandaise. 

 

 

Certains des enfants n'avaient même "aucune idée de l'existence d'autres personnes" dans le monde, d'après RTV Drenthe. Plusieurs des enfants n'ont d'ailleurs "pas été inscrits dans le registre des naissances", a constaté le maire de Ruinerwold. Personne ne semblait connaître les occupants de la ferme, ni même avoir été au courant de leur présence à cet endroit.

 

 

 

Le fils aîné s'est rendu dans un café du village

C'est grâce à l'un des fils, l'aîné, que l'alerte a été donnée à la police. Dimanche soir, il s'est rendu dans un bar du village dans un état "confus". Sale, portant de vieux vêtements, les cheveux en bataille, il demandait de l'aide, a raconté le gérant à la chaîne RTV Drenthe. "Il parlait d'une manière enfantine" et dit n'avoir jamais été à l'école, a témoigné le responsable du bar, qui a aussitôt alerté la police. Les membres de la famille ont été examinés par un médecin et emmenés dans un endroit sûr.

 

 

Selon les médias néerlandais, le fils était présent sur les réseaux sociaux. Il possédait un compte Facebook sous le nom de "Jan" et aurait été, pour la première fois en neuf ans, actif sur le site en juin. Il était également inscrit sur le réseau social professionnel LinkedIn, où il a indiqué que ses parents avaient dirigé une entreprise prospère jusqu'à la mort de sa mère en 2004.

 

 

 

Le père et le locataire de la ferme arrêtés 

A leur arrivée à la ferme, les forces de l'ordre ont arrêté un homme de 58 ans, le locataire de la ferme. Identifié par les médias sous le nom de Josef B., il a déclaré aux policiers être né à Vienne, en Autriche. Il est "soupçonné dans l'enquête d'être impliqué dans une privation illégale de liberté et d'avoir nui à la santé d'autrui", a déclaré le parquet néerlandais, mercredi. Un juge néerlandais a ordonné jeudi son maintien en détention pour deux semaines supplémentaires.

 

 

Dans le village, les habitants surnommaient Josef B. comme "Josef, l'Autrichien", rapportent les médias néerlandais et autrichiens. "Nous avons toujours pensé qu'il était le seul à être là-bas, qu'il n'y avait pas d'autres habitants", a témoigné un voisin de la ferme. Depuis son arrivée aux Pays-Bas, en 2010, il vivait dans un village voisin de Ruinerwold.

 

 

Le père de famille a également été arrêté jeudi. Il est soupçonné d'atteinte à la liberté et à la santé d'autrui ainsi que de blanchiment d'argent. 

 

 

 

Politie Drenthe ✔@poldrenthe
 

Today we arrested a second suspect in the Ruinerwold investigation. The arrested person, a 67-year-old man from Ruinerwold, is one of the six persons discovered this Monday in the house located at Buitenhuizerweg.
https://www.politie.nl/nieuws/2019/oktober/17/01-tweede-aanhouding-onderzoek-ruinerwold.html 

Tweede aanhouding onderzoek Ruinerwold

politie.nl
24 personnes parlent à ce sujet
 
 

Des appartenances sectaires

"Nous avons des raisons de croire que les personnes impliquées ne sont pas restées sur place contre leur volonté. Nous enquêtons pour savoir si une certaine croyance dans un mode de vie ou une foi a conduit aux conditions de vie dans lesquelles on a retrouvé ces gens", a expliqué la police néerlandaise jeudi.

 

 

Selon la chaîne RTV Drenthe, Josef B. et les sept membres de la famille étaient tous membres de l'Eglise de l'Unification, organisation religieuse controversée également appelée "secte Moon". Née en Corée du Sud, celle-ci est connue pour les mariages de masse qu'elle organise.

 

 

Le frère de Josef B., qui réside en Autriche, a déclaré au journal autrichien Kronen Zeitung que le locataire de la ferme "était dans une secte", sans en préciser le nom.

 


19/10/2019
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Franceinfo - le jeudi 17 octobre 2019

 

 

Nordahl Lelandais visé par une nouvelle plainte pour "meurtre", en lien avec la mort d'un jeune homme en 2015 en Savoie

 

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franceinfoRadio France

 

 

Cette plainte est déposée dans l'affaire de la disparition de Thomas Rauschkolb, retrouvé mort en 2015. Le jeune homme avait passé la soirée dans une discothèque de Grésy-sur-Aix

 

 

 

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Nordahl Lelandais sur une photo publiée sur son compte Facebook. (FACEBOOK)

 

 

 

Nordahl Lelandais, déjà poursuivi pour le meurtre de la petite Maëlys et pour l'assassinat du caporal Noyer, est visé par une nouvelle plainte pour "meurtre", déposée mardi 15 octobre par l'avocat de la famille de Thomas Rauschkolb, retrouvé mort en 2015 en Savoie, a appris franceinfo jeudi 17 octobre auprès de Me Bernard Boulloud, confirmant une information du Parisien et de RTL. Il s'agit d'une plainte contre X, mais c'est bien Nordahl Lelandais qui est visé, a précisé ce dernier.

 

 

Thomas Rauschkolb avait été retrouvé mort le 28 décembre 2015 au bord d'une rivière, après avoir passé la soirée dans une discothèque de Grésy-sur-Aix. L'enquête avait conclu, en octobre 2017, à une chute accidentelle du jeune homme de 18 ans.

 

 

Le papa et la maman de Thomas n'ont jamais cru à la mort naturelle. Il y a des indices qui laissent penser tout le contraire.Me Bernard Boulloud à franceinfo

 

 

"Par exemple, il y a une chaussure qui a disparu, la ceinture qui est restée accrochée à un grillage", détaille l'avocat. "Il y a surtout une photo qui avait été produite par le papa où on voit Nordahl Lelandais dans la boîte de nuit qu'avait fréquentée en 2015 leur fils."

 

 

Par ailleurs, selon la famille, "il n'y a pas eu d'autopsie". "On ne sait pas s'il y a des fractures qui sont peut-être liées à une agression, à des coups, autres que la chute elle-même", souligne Me Bernard Boulloud, qui appelle toutefois à la "prudence". "Il faut vérifier, ça ne veut pas dire pour autant que Nordahl Lelandais est derrière ce décès".

 

 

L'avocat des parents de Thomas Rauschkolb précise enfin que cette plainte a été déposée au lendemain de l'interview de l'ex-compagne de Nordahl Lelandais dans Le Parisien. Selon elle, "il y a d'autres" meurtres commis par ce dernier. "Il faudrait notamment creuser le dossier du jeune Thomas Rauschkolb", a-t-elle expliqué dans le quotidien. "Ce sont des points qu'il faudra vérifier", estime Me Boulloud.

 


17/10/2019
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Franceinfo - le jeudi 17 octobre 2019

 

 

TRIBUNE. "Après Lubrizol, plus jamais ça" : 11 syndicats et associations pointent la responsabilité des industriels et de l'État

 

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Dans une tribune publiée sur franceinfo, les signataires appellent à un sursaut dans la politique de gestion des risques industriels

 

 

 

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La place du Vieux-Marché à Rouen, le 26 septembre 2019. (CORALIE MOREAU / FRANCE BLEU HAUTE-NORMANDIE / RADIO FRANCE)

 

 

 

Ils appellent à un sursaut après la catastrophe du 26 septembre 2019, à Rouen : ce matin-là, un gigantesque incendie a détruit 5 253 tonnes de produits chimiques chez Lubrizol, une entreprise de produits chimiques classée Seveso seuil haut. L'incendie a aussi touché trois entrepôts de son voisin Normandie Logistique qui stockait plus de 9 000 tonnes de produits sur son site. Syndicats ou associations, les onze signataires de la tribune, publiée par franceinfo jeudi 17 octobre, dénoncent des négligences et des insuffisances et pointent un manque de transparence. Et au-delà de Lubrizol, ils appellent à un sursaut dans la politique de gestion des risques industriels.


La catastrophe industrielle et environnementale qui a eu lieu dans la nuit du 25 au 26 septembre 2019 à Rouen met en avant et à plusieurs titres les dangers permanents que les industries représentent lorsqu’elles négligent leurs obligations en termes de protection contre les dangers inhérents à leurs activités.

 

 

Ces négligences coupables font courir aux salariés, aux populations et aux écosystèmes des risques graves, à court et long terme.

 

 

Des accidents comme celui-ci sont un véritable désastre tant humain qu'écologique.

 

 

Pour pouvoir continuer à satisfaire suffisamment de rentabilité à ses actionnaires, l'industrie, à l’instar des autres secteurs de l’économie, rogne ses "coûts" sans fin sur le dos des travailleurs : multiplication de la sous-traitance, précarité, réduction des effectifs et des équipements, non-respect des règles de sécurité…

 

 

Lubrizol, une des premières sociétés industrielles de chimie, est présente en Amérique (56 sites), en Europe (45 sites), au Moyen Orient (7 sites) et en Asie (33 sites). Fondée en 1928, Lubrizol est une filiale de Berkshire Hathaway, société d'investissement dirigée par Warren Buffet, l'un des plus gros milliardaires de la planète et qui compte Bill Gates dans son directoire.

 

 

L'usine de Rouen est implantée depuis 1951. Site Seveso à "seuil haut" comme 705 autres en France sur les 1 312 sites Seveso, elle a déjà connu plusieurs incidents dont un nuage de mercaptan en 2013, qui a donné lieu à un simple renvoi devant le tribunal de police et une condamnation à une amende ridicule de 4 000 euros.

 

 

 

La responsabilité "pleine et entière" de Lubrizol

C'est bien la responsabilité de la direction de l'entreprise qui est engagée dans cet accident, en terme de sécurisation de l'ensemble du site, de son personnel, ainsi que de la sous-traitance. C'est elle qui, avec l’aval du préfet, a opté pour une sécurité a minima en réduisant les effectifs de sécurité et de surveillance.

 

 

Si les premiers éléments de l’enquête qui s’ouvre peuvent amener à penser que l'incendie a démarré dans une zone de stockage confiée à une entreprise sous-traitante de nettoyage, la responsabilité de Lubrizol reste néanmoins pleine et entière dans son rôle de donneur d’ordre.

 

 

Une nouvelle foi, la sous-traitance d’activités par des grands groupes, particulièrement dans ces secteurs (industrie chimique, pétrolière et nucléaire) pose problème, en particulier pour les tâches qui peuvent présenter le plus de risques de santé pour les salariés et les populations.

 

 

Les personnels de la sous-traitance connaissent très mal, par manque de formation, les risques technologiques auxquels ils sont confrontés pendant leur travail. Cette situation va s'aggraver avec la disparition des CHSCT en application des ordonnances Macron de 2017 ; et les attributions et moyens d’intervention des CSSCT (nouvelle instance obligatoire dans les sites Seveso), ne pallieront pas à leur disparition.

 

 

 

L'imprévoyance de l'État

C'est également la responsabilité de l'État qui est engagée. Les moyens et les effectifs des inspecteurs.trices des installations classées pour la protection de l'environnement (Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement), n'ont pas été doublés, malgré les promesses faites, ce qui les rend insuffisants pour faire appliquer les dispositions réglementaires. Leur mission de contrôle des sites à risque n'est pas assurée efficacement. Il en est de même pour les services de l’inspection du travail, chargée notamment de faire appliquer les règles relatives aux incendies, explosions et stockage des produits dangereux dont les effectifs fondent à vue d’œil.

Alors que l'on découvre peu à peu que les premières annonces sur les quantités de produits partis en fumée ont été sous-évaluées, les chefs de services de l'État et le gouvernement passent leur temps à chercher à convaincre du peu de danger que courent les riverains de l'usine.

 

 

Les populations sont censées décider toutes seules s'il est préférable qu'elles partent loin ou qu'elles s'enferment dans leur lieu de vie, créant ainsi un sentiment d'angoisse généralisé d'autant plus justifié quand on sait que les fumées et les suies toxiques, au vu des produits qui ont brûlé, comportent des molécules cancérigènes et des perturbateurs endocriniens.

 

 

D'autre part, des catastrophes comme celles de Lubrizol nécessiteraient que soient prévu un plan d'évacuation des populations les plus exposées et de protection de l'ensemble des autres personnes des zones contaminées. Or, rien n'a été fait... car rien n'est prévu. Est aussi posée la question de l’aménagement du territoire, l’implantation des habitations qui, au fil des années, s’est dangereusement approchée des sites dangereux.

 

 

 

L'impact sur les collectivités et l'environnement

Au-delà des conséquences pour les salariés de Lubrizol et des sous-traitants (santé des travailleurs, chômage technique et perte de salaire), c'est toute la vie locale qui est gravement mise en danger par des industries dont le mode de gestion fait porter à la collectivité des responsabilités qui devraient lui incomber dans la logique "pollueur-payeur" ; il en est de-même des coûts sur l’environnement.

 

 

La situation dans la campagne avoisinante et dans toute la région couverte par les vents dominants est préoccupante : sols qui pourraient être empoisonnés pour une dizaine d'années, animaux malades, risques forts de nappes phréatiques polluées, impossibilité pour les paysans de poursuivre leurs activités, l'agriculture bio et les paysans en vente directe étant directement pénalisés. L’État n’a pas suffisamment accompagné le retrait des productions, faisant peser sur les paysans eux-mêmes la responsabilité de ces retraits.

 

 

On aurait tort de croire que ce qui s'est passé avec Lubrizol ne concerne que les habitants de Rouen et de sa région. Les risques industriels, les dangers de la recherche constante d’augmentations des dividendes financiers au détriment de l’investissement dans les appareils de production, de la sécurité des sites et des personnes sont partout où est implanté ce type d’industrie qui se doit d’être exemplaire en termes de sécurité et d’impact sur l’environnement et les écosystèmes.

 

 

Plus jamais ça, ni ici, ni ailleurs ! Nous exigeons :

 

• Que soit publiée in extenso la liste des produits brûlés, ce qui passe par la levée des secrets de fabrication ;
• Que la liste des molécules (PCB, dioxine etc.) qui ont potentiellement pollué les sols, soit connue ;
• Que soient diffusés les chiffres sur les maladies professionnelles des salariés actuels ou anciens de Lubrizol ;
• Que les populations soient prises en charge médicalement et que soit mis en place un suivi à long terme, plus particulièrement pour les femmes enceintes et les enfants ;
• Qu’une estimation du préjudice soit faite le plus rapidement possible par les services de l’État, de façon à ce qu’une aide d’urgence (sous forme d’avance) soit attribuée à toutes les victimes ;
• Que les salariés de Lubrizol ou d’autres entreprises soient protégés par les autorités s'ils souhaitent témoigner de leurs conditions de travail et de sécurité, ce qui implique un renforcement de la loi sur les lanceurs d’alerte ;
• Que l'Europe renforce les législations de surveillance des sites SEVESO, et que l’État revienne sur l'assouplissement accordé en 2018 instaurant des périmètres de sécurité pour les projets immobiliers ;
• Que l'État prévoit, avec les moyens de mise en œuvre, un plan d'évacuation des populations vivant auprès de chaque site à haut risque, chimique ou nucléaire, ainsi que des exercices en conditions réelles ;
• La mise en place d’autorités sanitaires indépendantes et de procureurs indépendants ;
• La mise en place de CSSCT à compétences supra-légales étendues avec capacité d’expertise et de droit d’alerte ;
• le rétablissement des CHSCT dans les entreprises et l'élargissement de leurs pouvoirs ;
• Le renforcement des inspections du travail et des installations classées pour la protection de l’environnement en lien avec la CARSAT et la DREAL.

 

 


Les signataires :

Amis de la Terre France ; association Henri-Pézerat ; Attac ; Confédération générale du travail (CGT) ; Confédération paysanne ; Criigen (Comité de recherche et d’information indépendantes sur le génie génétique) ; Fédération syndicale unitaire (FSU) ; Sciences citoyennes ; SOL (Alternatives agroécologiques et solidaires) ; Union syndicale Solidaires ; Zone écologique autonome.

 


17/10/2019
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Franceinfo - le samedi 12 octobre 2019

 

 

Affaire Dupont de Ligonnès : du quintuple meurtre à Nantes à la énième fausse piste à Glasgow

 

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L'homme arrêté vendredi à l'aéroport de Glasgow n'est pas le père de famille nantais recherché depuis 2011. Les analyses ADN l'ont confirmé. Retour sur une affaire hors norme, qui agite la chronique judiciaire depuis huit ans

 

 

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Les policiers surveillent, le 22 avril 2011 à Nantes (Loire-Atlantique), les alentours de la maison de la famille Dupont de Ligonnès. (JEAN-SEBASTIEN EVRARD / AFP)

 

 

 

Une nouvelle fausse piste. Et pas des moindres. Vendredi 11 octobre, à Glasgow, la police écossaise arrête un homme dont les empreintes digitales correspondent, selon plusieurs sources policières concordantes citées par de nombreux médias français, dont franceinfo et France Télévisions, à celles de Xavier Dupont de Ligonnès. Après un emballement médiatique et une garde à vue de plusieurs heures pour le voyageur interpellé, rétropédalage : les empreintes ne correspondent que partiellement et les analyses ADN confirment qu'il s'agit d'une erreur.

 

 

Soupçonné d'avoir tué sa femme Agnès, 48 ans, et ses quatre enfants – Benoît, 13 ans, Anne, 16 ans, Thomas, 18 ans, et Arthur, 21 ans – Xavier Dupont de Ligonnès a disparu depuis avril 2011. Des centaines de fois, des témoins ont cru le voir, aussi bien en France qu'à l'étranger, puisqu'un mandat d'arrêt international a été émis contre lui le 10 mai 2011. En vain : ces signalements n'ont rien donné. Retour sur une affaire hors norme, qui agite la chronique judiciaire depuis huit ans.

 

 

 

Cinq corps ensevelis sous la terrasse d'un pavillon

Le 21 avril 2011, la police découvre dans la maison de famille des Dupont de Ligonnès à Nantes, au 55, boulevard Schuman, les corps d'Agnès, l'épouse de Xavier, et des quatre enfants du couple, enroulés dans des draps et recouverts de chaux. Les dépouilles sont ensevelies sous la terrasse du pavillon familial. Le souvenir hante encore l'ex-directeur départemental de la Sécurité publique (DDSP), Philippe Cussac, qui s'est confié à Ouest-France

 

 

J'ai toujours des flash-back, le principal étant ce moment où les cinq corps étaient étendus sur la pelouse. Je revois le sourire mortuaire de sa fille.L'ancien policier nantais Philippe Cussacà "Ouest-France"

 

 

Il y avait deux fosses sous la terrasse : dans l'une, les corps d'Agnès, Arthur, Anne et Benoît, dans un espace de 70 cm de profondeur sur trois mètres de long ; dans l'autre, Thomas, seul. Le 22 avril, les autopsies révèlent une "exécution méthodique", avec au moins deux balles tirées dans la tête de chacune des victimes. 

 

 

 

Bail résilié, comptes clôturés, maison vidée

L'alerte a été donnée quelques jours plus tôt. Inquiets de ne plus avoir de signes de vie et de voir la maison fermée, les voisins de la famille passent, le 13 avril, les premiers appels à la police nantaise. Les enquêteurs rassemblent rapidement les premiers indices. Le 1er et le 2 avril 2011, Xavier Dupont de Ligonnès a acheté dans plusieurs magasins du ciment, une bêche, une houe et quatre sacs de 10 kg de chaux. Selon toute probabilité, il tue dans la nuit du 3 au 4 avril sa femme ainsi que Benoît, Anne et Arthur. Rentré à Nantes à la demande de son père qui prétend qu'Agnès est souffrante, Thomas est vraisemblablement assassiné le 6 avril. 

 

 

Le quintuple meurtre semble avoir été soigneusement planifié. Les enquêteurs découvrent que l'homme avait pris de nombreuses dispositions : bail résilié, comptes bancaires clôturés, maison vidée... Quelques jours avant l'assassinat de sa famille, Xavier Dupont de Ligonnès a acheté un silencieux. Depuis plusieurs mois, il s'entraîne au tir avec une carabine héritée de son père, décédé début 2011, explique Envoyé spécial

 

 

 

 

 

 

"Inutile de s'occuper des gravats entassés sous la terrasse"

Surendetté, le père de famille songeait à se supprimer ou à supprimer sa famille depuis des mois, selon la journaliste  Anne-Sophie Martin, auteure d'un roman mêlant enquête et fiction sur cette affaire (Le Disparu). Confronté à d'importants problèmes financiers, l'homme ne voyait plus d'issue. En 2010, affirme-t-elle, il écrivait par e-mail à ses deux meilleurs amis "qu'il était fichu, qu'en septembre il n'aurait plus rien, qu'il ne pourrait plus payer les loyers, la scolarité de ses enfants. Il expliquait que soit il allait se suicider avec sa voiture, soit (...) foutre le feu à la baraque quand tout le monde dort, et qu'il n'y aurait plus aucun problème pour personne".

 

 

Le 11 avril, le collège des deux benjamins de la famille et l'employeur de l'épouse reçoivent des courriers expliquant leur absence par une mutation en Australie. De leur côté, neuf proches lisent avec stupeur un autre message signé Xavier Dupont de Ligonnès. Celui-ci explique devoir quitter la France pour les Etats-Unis avec toute sa famille, car, prétend-il, il est un agent secret américain infiltré et sa situation est devenue dangereuse. Personne ne doit essayer de les joindre, poursuit-il. Détail glaçant souligné par BFMTV : "Dans la lettre, le père de famille écrit qu'il est 'inutile de s'occuper des gravats et autres bazars entassés sous la terrasse'. C'est là que les cadavres de ses proches seront retrouvés par la suite."

 

 

 

Des problèmes de couple et d'argent

Petit à petit, le portrait du principal suspect se dessine. Un étudiant en informatique retrouve sur le forum Doctissimo les confidences d'Agnès de Ligonnès de 2004 à 2008. L'épouse de Xavier y évoque ses problèmes de couple et d'argent, détaille Paris Match. "ll est absent toute la semaine. Et voilà, ce soir, il rentre tard et moi je n'aurai qu'une envie encore et encore : pleurer !", confie-t-elle. L'épouse malheureuse écrit encore, selon Le Monde : "Il est trop cassant, trop sec, trop rigide, trop militaire. Il n'y a plus de tendresse, d'attention, de douceur, de sexe. Il déteste qu'on lui fasse comprendre que son comportement ne plaît pas. Il se sent attaqué et humilié, rabaissé. (…) Lui demander s'il est heureux ? La réponse est la même : 'Oui oui, mais si on pouvait tous mourir demain, quel pied…' Encourageant, hein ?" Son mari, rapporte Le Monde, avait une maîtresse, une "amie d'enfance avec qui il avait renoué en 2008, dans la période douloureuse où son père était malade".

 

 

Agnès de Ligonnès expliquait aussi que son époux avait monté avec son argent, en 2000, une entreprise non rentable. "Ça traîne, ça traîne… C'est aussi un énorme stress pour moi car je n'ai plus rien. C'est vrai, je lui en veux, c'est terrible, comment ne pas lui en vouloir. Il a perdu tout mon argent." Le profil professionnel du père de famille nantais, ingénieur de formation et absent du foyer du dimanche soir au vendredi, était assez flou, remarque Libération. Les recherches sur Internet permettent tout juste "de retracer plusieurs projets manifestement inaboutis".

 

 

 

Des fouilles en vain dans le Var

Les premières recherches s'orientent vers le Var. Xavier Dupont de Ligonnès y a été vu pour la dernière fois par un témoin, s'éloignant à pied avec un sac sur le dos, le 15 avril, après une nuit passée au Formule 1 de Roquebrune-sur-Argens. C'est sur le parking d'un supermarché low-cost situé en face de l'établissement qu'il a abandonné la Citroën C5 familiale. Une semaine plus tard, "la fouille du véhicule avait permis de récupérer une batterie de BlackBerry, laissant indiquer que le suspect aurait changé de téléphone mobile", indique Le Figaro. Le 28 avril, près de 130 hommes font une battue dans la campagne et la forêt proches, sans résultat. Du 23 au 28 juin, des nouvelles fouilles sont à nouveau organisées dans une quarantaine de cavités de la région. En vain. Les perquisitions parmi les proches parents et amis de Xavier Dupont de Ligonnès ne donnent rien non plus.

 

 

L'hypothèse d'une fuite dans le Sud paraît alors d'autant plus plausible, selon Le Figaro, qu'avant de vivre à Nantes, "la famille était passée par Draguignan, Lorgues, Sainte-Maxime et Vaison-la-Romaine". Le journal évoque aussi la possibilité d'un refuge trouvé dans un de ces monastères où l'on vit "en complète autarcie" et qui sont "peu connus des forces de police", relève le quotidien.

 

 

 

Des fausses pistes à foison

Toujours dans le Var, deux ans plus tard, en juin 2013, un cadavre en état de décomposition avancée est retrouvé à Cogolin, à une vingtaine de kilomètres de Roquebrune-sur-Argens, par un riverain. Les tests ADN écartent finalement la piste de Xavier Dupont de Ligonnès. Dans le même département, en avril 2015, Olivier, un promeneur muni d'un détecteur de métaux, découvre près de Fréjus des ossements lors d'une promenade avec son chien, raconte Var-Matin. Une fausse piste de plus : ces ossements humains s'avèreront ne pas être ceux du suspect.

 

 

Les témoignages erronés se multiplient. Au casino de Néris-les-Bains (Allier), dans la nuit du 17 au 18 octobre 2016, un homme ressemblant à Xavier Dupont de Ligonnès, et qui serait parti précipitamment de l'établissement sans même récupérer ses gains, selon France 3 Auvergne Rhône-Alpes, est recherché. L'homme est finalement retrouvé, mais "ce n'était pas lui", rapporte Presse Océan. La même mésaventure arrive à un père de famille vendéen, le 27 juillet 2017. Il se fait arrêter par les gendarmes qui lui demandent sa pièce d'identité. "Quelqu'un croit avoir vu Xavier Dupont de Ligonnès rôder dans les alentours, et on pensait que c'était moi", assure ce sexagénaire à franceinfo

 

 

 

Des centaines de signalements vains

En six ans, plus de 900 signalements ont été recensés dans cette affaire, expliquait en 2017 à franceinfo Jean-René Personnic, patron de la police judiciaire de Nantes en charge de l'enquête. Un peu partout en France et en Europe, des gens sont persuadés de l'avoir aperçu : en Italie, en Autriche, en Bourgogne, en Corse, à Dieppe, en Gironde ou dans le bocage vendéen, donc. "Les signalements nous arrivent à des rythmes variables, explique le commissaire divisionnaire à franceinfo. Mais chaque année, au moment de la date anniversaire, on en reçoit un peu plus."

 

 

Un an plus tard, les enquêteurs pensent à nouveau le tenir. Le mardi 9 janvier 2018, les policiers interviennent sur commission rogatoire du juge d'instruction dans un monastère de Roquebrune-sur-Argens (Var). Plusieurs témoins pensent avoir reconnu Xavier Dupont de Ligonnès durant un office religieux au Saint-Désert Notre-Dame-de-Pitié, un monastère de frères carmes. Après avoir fouillé de fond en comble le bâtiment, la police constate que les fidèles ont confondu le suspect avec l'un des moines de la communauté, qui "tombe des nues"

 

 

Ultime rebondissement, un homme est arrêté vendredi 11 octobre à l'aéroport de Glasgow, en Ecosse (Royaume-Uni) et pris par la police écossaise pour le fugitif nantais sur la foi de ses empreintes digitales. A tort : des analyses ADN confirment qu'il ne s'agit pas, une nouvelle fois, de Xavier Dupont de Ligonnès. Une méprise de plus dans ce dossier qui n'a décidément pas livré tous ses secrets. A commencer par le sort de l'homme qui reste l'un des plus recherchés de France.

 


14/10/2019
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Franceinfo - le samedi 12 octobre 2019

 

 

Arrestation de Xavier Dupont de Ligonnès : une vérification de l'ADN en cours, des enquêteurs français en route pour l'Ecosse

 

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Vendredi soir, le procureur de la République de Nantes a appelé à la "prudence" concernant l'identité de l'homme arrêté à l'aéroport de Glasgow. Mais selon nos informations, son empreinte digitale confirme qu'il s'agit du fugitif recherché depuis 2011

 

 

 

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Xavier Dupont de Ligonnès et son épouse Agnès sur une photo prise à une date indéterminée. (COLL.PRIVEE DE LIGO / FSMADJA / FDEMANGE / SIPA)

 

 

 

CE QU'IL FAUT SAVOIR

 

 

C'est un des plus grands mystères criminels de la dernière décennie qui est peut-être en passe d'être résolu : un homme a été arrêté vendredi 11 octobre à l'aéroport de Glasgow (Royaume-Uni), et identifié comme Xavier Dupont de Ligonnès. Le père de famille nantais a disparu depuis 2011 et l'assassinat de son épouse et ses quatre enfants, dont il est le principal suspect.

 

 

Vendredi soir, le procureur de la République de Nantes a appelé à la "prudence" sur l'identité de la personne interpellée, et annoncé que des policiers français se rendraient samedi en Ecosse pour des "vérifications". Selon la police écossaise, une empreinte digitale de l'homme interpellé correspond à celle du fugitif. Une analyse ADN est en cours pour confirmer son identité – selon nos informations, les premiers marqueurs sont positifs. Une perquisition a été menée dans les Yvelines dans la nuit.

 

 

Arrêté à sa sortie de l'avionL'homme a été interpellé vendredi à l'aéroport de Glasgow, à la sortie d'un vol arrivant de Roissy. Selon nos informations, c'est par un appel anonyme que la police écossaise a été informée de sa présence dans cet avion. Prévenue, les policiers français n'ont pas eu le temps de l'interpeller sur le sol français, et ont sollicité l'aide de leurs homologues britanniques.

 

 

Fausse identité et nouvelle apparence physique. Selon la Direction centrale de la Police judiciaire, Xavier Dupont de Ligonnès a complètement changé d'apparence physique. Selon nos informations, l'homme interpellé à Glasgow avait pris une fausse identité, et voyageait sous le nom de G. Joao.

 

 

Perquisition terminée dans les Yvelines. Une perquisition a été menée vendredi soir à l'adresse correspondant au passeport de l'homme arrêté à Glasgow, située à Limay, dans les Yvelines. Des hommes portant des combinaisons de la police scientifique se trouvaient notamment sur place. Elle s'est terminée vers 0h30. Sur place, un couple de voisins assure à franceinfo ne pas croire que leur voisin soit Xavier Dupont de Ligonnès : ils affirment le connaître "depuis 30 ans".

 


12/10/2019
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Franceinfo - le vendredi 11 octobre 2019

 

 

Xavier Dupont de Ligonnès, soupçonné d'avoir tué sa famille à Nantes en 2011, a été arrêté en Ecosse

 

 

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franceinfoFrance Télévisions

 

 

 

L'homme est soupçonné d’avoir tué toute sa famille à Nantes avant de disparaître. Il était recherché depuis le 15 avril 2011. Il a été arrêté à l'aéroport de Glasgow (Ecosse, Royaume-Uni), ce vendredi

 

 

 

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Photo non datée de Xavier Dupont de Ligonnès. (AFP)

 

 

 

C'est la fin d'une cavale de plus de huit ans. Xavier Dupont de Ligonnès a été arrêté, vendredi 11 octobre, à l'aéroport de Glasgow, en Ecosse (Royaume-Uni), en provenance de l'aéroport de Roissy-Charles de Gaulle, selon nos informations, confirmant les premières informations du Parisien

 

 

Les enquêteurs ont appris que Xavier Dupont de Ligonnès allait prendre l'avion pour l'Ecosse depuis Roissy, a appris France Télévisions de source policière, mais ils n'ont pas eu le temps de l'interpeller avant le départ. Les policiers écossais ont été informés grâce au dispositif Europol et ont pris ses empreintes à l'arrivée, à l'aéroport de Glasgow, ce qui a permis de le confondre. Les empreintes digitales correspondent bien à celles de Xavier Dupont de Ligonnès, selon les autorités britanniques, mais l'ADN n'a pas encore été confirmé car l'analyse est en cours.

 

 

 

Un homme "méconnaissable"

En début d'après-midi, la brigade nationale de recherche des fugitifs a reçu un appel l'informant que Xavier Dupont de Ligonnès allait prendre un avion pour l'Ecosse à l'aéroport de Roissy. Les policiers n'ont pas pu l'interpeller en France et ont donc sollicité leurs confrères britanniques grâce à l'agence Europol, selon les informations de France 2. Ces derniers ont procédé à l'arrestation à Glasgow.

 

 

Le suspect voyageait sous une fausse identité. Selon les premières constatations, son apparence avait complètement changé. Un enquêteur français parle d'un homme "méconnaissable".

 

 

Xavier Dupont de Ligonnès est suspecté d'avoir assassiné toute sa famille en avril 2011 à Nantes (Loire-Atlantique). Il était activement recherché par la police. En avril 2011, les corps de son épouse, Agnès, et de ses enfants, Arthur, 21 ans, Thomas, 18 ans, Anne, 16 ans, et Benoît, 13 ans, avaient été retrouvés enterrés en plusieurs morceaux dans le jardin de la maison familiale. 

 

 

Xavier Dupont de Ligonnès avait été aperçu pour la dernière fois à Roquebrune-sur-Argens (Var), le 14 avril 2011. Il avait été filmé en train de retirer de l'argent dans un distributeur de billets. Soit sept jours avant la découverte des corps de sa femme et de ses quatre enfants au domicile familial.

 


12/10/2019
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Franceinfo - le jeudi 3 octobre 2019

 

 

Qui est l'homme qui a tué au moins quatre personnes à la préfecture de police de Paris ?

 

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franceinfoRadio France

 

 

Un fonctionnaire de la préfecture de police de Paris a agressé plusieurs de ses collègues avec un couteau. Il a été abattu

 

 

 

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L'île de la Cité est bouclée après une agression à la préfecture de police de Paris qui a fait cinq morts, dont l'assaillant, le 3 octobre 2019. (MATTHIEU MONDOLONI / RADIO FRANCE)

 

 

 

Un agent administratif de la direction des renseignements de la préfecture de police de Paris (DRPP) a tué quatre personnes sur son lieu de travail, jeudi 3 octobre. L'agresseur a été abattu de plusieurs coups de feu dans la cour de la préfecture. On ne connait pas pour l'instant les raisons de son acte. Une perquisition est en cours à son domicile, selon nos informations.

 

 

>> DIRECT. Agression au couteau à la préfecture de police de Paris : quatre fonctionnaires sont morts, en plus de l'auteur des faits

 

 

Selon Loïc Travers, du syndicat Alliance police nationale, ses collègues décrivent un homme qui ne posait "strictement aucun problème". Il a donné quelques précisions sur le profil de l'agresseur : "C'est un collègue administratif, qui a plus de 20 ans de maison au sein de la préfecture de police. Sa dernière affectation était la DRPP, la direction du renseignement."

 

 

Il n’était pas connu pour un quelconque signalement. Il était juste un fonctionnaire modèle qui ne posait pas de soucis.Loïc Travers, Alliance police nationale

 

 

Jean-Marc Bailleul, secrétaire général du syndicat des cadres de la sécurité intérieure, s'appuie sur le témoignage de certains de ses collègues qui connaissent bien la direction du renseignement où travaillait l'agresseur. "Ça ressemble vraiment à un acte de folie", explique-t-il sur franceinfo, ajoutant qu'il fallait être "très prudent".

"Les circonstances laissent supputer que l’auteur présumé a commencé les faits dans son bureau avant de se rendre dans d’autres endroits de la préfecture, a précisé Loïc Travers. Le début de l’attaque s’est déroulé à proximité ou dans le bureau de l’auteur. Ensuite, il est sorti de ce lieu pour continuer son agression."

 


03/10/2019
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Franceinfo - le mardi 1er octobre 2019

 

 

"Vous nous prenez pour qui ?" : à Rouen, le préfet interpellé par les élus et les manifestants après l'incendie de Lubrizol

 

 

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Benjamin IllyRadio France

 

 

 

Le préfet de la Seine-Maritime était auditionné lundi soir par les élus métropolitains, pour exposer la situation après l'incendie de l'usine chimique Lubrizol de Rouen

 

 

 

 

 

 

Ils frappent sur les vitres et veulent entrer. Lundi 30 octobre, une centaine de manifestants en colère se sont rassemblés devant la salle du conseil métropolitain de Rouen. Pierre-André Durand, préfet de la Seine-Maritime, doit y être auditionné par les élus métropolitains pour exposer la situation à la suite de l'incendie de l'usine chimique Lubrizol de Rouen.

 

 

Les portes sont verrouillées, la route est barrée par des policiers. À l'intérieur, ils sont une vingtaine avec des casques et des boucliers. En face il n'y a que des questions et des inquiétudes. "Qu'est ce qui était dans l'air exactement ?" s'interroge Monique, 68 ans, habitante de Rouen. "Samedi, j'ai eu mal à la gorge, explique Christiane 75 ans. Je suis dérangée dans ma gorge alors que je n'ai jamais ça. C'était quoi, les produits ? On ne sait pas encore quels étaient les produits. On connait ceux qui sont stockés dans l'usine, mais ceux qui ont ont pris feu ? On se sent désinformés. L'air ne peut pas être normal quand on a vu ce qu'on a vu."

 

 

 

"Soif de vérité"

"On veut la vérité !" scandent les manifestants avant d'être repoussés par la police. André Delestre est élu communiste, adjoint au maire du Petit-Quévilly. "Mon camp, il est là-bas, dit-il en montrant les manifestants qui tambourinent sur les portes. Ils sont traumatisés. Il y a un traumatisme. On vient d'interpeller le préfet en disant que les services de l'Etat envoient les CRS sur une réunion et une conférence de la métropole qui est publique."

 

 

Et pendant que les coups résonnent sur la porte, les élus interpellent le préfet. "Vous avez affirmé que la situation était normale et avait fait publier des analyses scientifiques. Mais pourtant, des médecins ont demandé à leurs patients de rester chez eux. Nous, comme nos concitoyens, avons soif de vérité." "Notre premier sentiment, c'est : vous nous prenez pour qui ? dit cet autre élu. En pleine crise, il n'y a plus rien qui sonne. La seule information, monsieur le préfet, que j'ai eue, c'est d'attendre patiemment votre conférence de presse pour avoir un petit peu d'information. Ça ne me fait pas rire monsieur le préfet ! Ça ne me fait pas rire du tout."

 

 

 

"Retour d'expérience"

Pierre-André Durand, le préfet de Normandie, leur répond. "En termes d'information, je pense qu'il y a là des progrès à faire, reconnait-il. Ça fera partie des éléments de retour d'expérience. Nous allons le faire sous forme d'un groupe de travail associant les services de l'Etat et un ensemble de maires pour améliorer nos process."

 

 

Trois heures de réunion n'auront pas suffi pour répondre à toutes les questions le préfet de Normandie s'engage à revenir devant les élus. Il a promis de nouveau points d'étape devant le Conseil métropolitain.

 


01/10/2019
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Franceinfo - le lundi 30 septembre 2019

 

 

Vomissements, vertiges... Des pompiers et les policiers s'inquiètent après leurs interventions sur l'incendie de Lubrizol

 

 

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franceinfoFrance Télévisions

 

 

"On est tous inquiets, car on sait qu'on a respiré quelque chose de pas propre", témoigne un sapeur-pompier sur France 3. Un syndicat de policiers s'interroge également et attend des réponses du ministère de l'Intérieur

 

 

 

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Des pompiers près de l'incendie qui a touché l'usine Lubrizol à Rouen (Seine-Maritime), le 27 septembre 2019. (LOU BENOIST / AFP)

 

 

 

Nausées, diarrhées, vertiges... Un pompier de Rouen (Seine-Maritime), qui affirme porter la parole de dizaines de ses collègues, s'est confié à France 3 sur les symptômes ressentis après leur intervention sur l'incendie survenu à l'usine Lubrizol. La plupart des équipes de terrain affirment que les pompiers ne sont équipés que de masques en papier, affirme ce soldat du feu qui préfère garder l'anonymat. Il aurait préféré des masques respiratoires en plastique.

 

 

 

 

 

"Aujourd'hui on a tous des symptômes qui s'avèrent plus ou moins importants. Cela va des maux de gorge à des diarrhées, nausées, vomissements, à la langue qui pique. Je pense que si la protection avait été efficace on n'aurait pas eu autant de conséquences sur la santé", décrit-il. "Tous ces symptômes sont passagers et durent en général moins de 24 heures", tente de rassurer, de son côté, le médecin des sapeurs-pompiers, face à la caméra de France3.

 

 

 

"En arrêt maladie pour des nausées"

Mais les soldats du feu ne sont pas les seuls à ressentir de tels symptômes. "Plusieurs policiers affectés à la brigade de nuit et à la compagnie départementale d’intervention de Rouen, primo-intervenants sur l’incendie dès 2h30 du matin, sont actuellement en arrêt maladie pour des nausées, vomissements et vertiges. Deux d'entre eux sont actuellement en  traitement jusqu’au 8 octobre", signale Alternative Police dans un communiqué que France télévisions a consulté. Le syndicat s'inquiète et attend des réponses du ministère de l'Intérieur. Pour l'instant, les délégués locaux du syndicat seront reçus à 16 heures par leur direction départementale.

 

 

Par ailleurs, toujours selon ce syndicat de policiers, un certain nombre de CRS, intervenus à 11 heures jeudi sur le site, se plaignent également de malaises.

 


Selon un responsable syndical, qui s'est exprimé auprès de France télévisions, une trentaine de CRS de la CRS 4, et une dizaine de la CRS 3 se sont plaints à leur retour de démangeaisons et de maux de gorges. Ils étaient dans le périmètre autour de l’usine, sans équipement particulier. On leur aurait donné comme consigne d’envoyer leurs tenues au nettoyage. Une prise de sang doit permettre de rechercher des polluants. Des consignes de nettoyage des climatiseurs des véhicules auraient également été données.

 

 

 

Franceinfo - samedi 28 septembre 2019

 

 

 

"Personne ne nous dit rien" : à Rouen, les habitants aimeraient savoir s'ils ont "respiré des choses dégoûtantes"

 

 

 

Après l'incendie à l'usine Lubrizol, de nombreux riverains s'interrogent sur la forte odeur d'hydrocarbures dans la ville et sur les retombées de suie dues au nuage de fumée. Reportage

 

 

 

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Une femme portant un masque de protection devant la cathédrale de Rouen (Seine-Maritime), le 26 septembre 2019, quelques heures après l'incendie d'un site classé Seveso du sud de la ville. (LOU BENOIST / AFP)

 

 

 

"De toute façon, on ne risque rien, hein ?" Au moment d'évoquer l'incendie de l'usine Lubrizol, de nombreux Rouennais manient l'ironie. Cette petite phrase revient souvent dans les discussions, vendredi 27 septembre, au lendemain de l'incendie qui a dévasté ce site classé Seveso et fait voler un épais panache de fumée noire sur plusieurs dizaines de kilomètres.

 

 

>> Suivez les dernières informations sur l'incendie de l'usine Lubrizol à Rouen en direct par ici

 

 

D'après le préfet Pierre-André Durand, qui n'a "plus d'inquiétude sur l'incendie", les analyses de la fumée n'ont pas révélé de "toxicité aiguë". Mais les habitants partagent tout de même quelques doutes. L'odeur d'hydrocarbures, extrêmement désagréable et semblable à celle d'un pot d'échappement, est toujours présente des kilomètres à la ronde. Et les analyses des suies n'ont pas encore été publiées.

 

 

 

"C'était cauchemardesque"

Difficile d'échapper à l'insistante odeur, due à l'échauffement des fûts du site. "Une personne a dû ouvrir la fenêtre", se désole le réceptionniste d'un hôtel confronté aux plaintes d'un client. Dans les rues, certains passants choisissent de porter des masques de protection lors de leurs sorties. "Le nuage était tellement noir ! C'est par précaution et pour éviter des problèmes plus tard", raconte Alex Miñana, abrité sous un parapluie. Ce dentiste espagnol affirme ne "pas être inquiet". Quoique...

 

Quand on voit ce qui s'est passé à Tchernobyl, on ne peut pas s'empêcher à d'éventuelles conséquences dans le futur. Alex Miñana à franceinfo

 

 

 
 

 

"Respirer des choses dégoûtantes, ne pas pouvoir sortir mais être quand même intoxiqués... C'était cauchemardesque." Charline Olivier, mère d'une petite fille de douze mois, a préféré prendre la poudre d'escampette à la campagne dès jeudi soir.

 

Quand la pluie a commencé à tomber, j'ai eu l'impression d'avoir plusieurs pots d'échappement chez moi. Cela sentait encore plus fort ici que dehors.Charline Olivierà franceinfo

Elle a donc pris la route malgré la pluie. "Si j'étais restée encore cette nuit-là, j'aurais été très inquiète", explique-t-elle, tout en songeant à la manière d'assainir son appartement au retour. Comme de nombreux Rouennais, elle affirme ne pas être suffisamment informée sur les risques réels de l'accident. C'est pour ça qu'elle a contacté franceinfo via notre opération #AlertePollution.

 

 

 

"Ça c'est aussi dans nos poumons"

En attendant, les crèches et les écoles sont restées fermées vendredi dans treize communes. Une simple mesure de précaution, assure le préfet, afin de prendre le temps de nettoyer tous les établissements, même si 3 des 55 écoles de Rouen seulement présentaient des traces de suie. "On a ouvert toutes les fenêtres pour aérer. Une équipe a nettoyé les fenêtres et les rebords, et passé un jet d'eau dans la cour", explique le maire d'Isneauville, Pierre Peltier, qui vient de passer 24 heures l'oreille collée au téléphone avec les autorités. "Les habitants se posent des questions. Ils ont parfois des doutes sur l'information : 'On nous dit que ce n'est pas nocif mais est-ce que c'est vrai ?'" Pour autant, l'élu accueille les événements avec flegme.

 

 

Ne parlons pas de psychose. La population a bien réagi.Pierre Peltier à franceinfo

 

 

Après avoir quitté sa combinaison et son masque, un employé municipal montre sur son téléphone les photos du liner maculé de sa piscine. "On voit même que l'eau a changé de couleur en surface. Je ne vais pas me baigner là-dedans, mais qui va payer les 50 m3 d'eau ?" Son collègue pointe les suies qui crottent encore un véhicule. "Et ça, c'est aussi dans les poumons !" Malgré les fortes pluies de la veille, tout le secteur porte encore les discrets stigmates de l'incendie.

 

 

 

Un employé d\'Isneauville montre une trace de suie sur un véhicule de la mairie, vendredi 27 septembre 2019. 

Un employé d'Isneauville montre une trace de suie sur un véhicule de la mairie, vendredi 27 septembre 2019.  (FABIEN MAGNENOU / FRANCEINFO)


 

"Ce sont des moments extrêmement éprouvants"

La colère couve déjà dans les champs. "Le préfet a complètement zappé qu'il y avait des exploitations", dénonce par exemple Frédéric Dutot. Cet agriculteur de Bois-Guillaume a choisi de confiner sa centaine de vaches laitières, lesquelles vivent donc sur les stocks d'hiver faute d'herbe fraîche. Aux alentours, il suffit de se pencher quelques secondes pour apercevoir d'insidieuses traces noires sur les feuilles de maïs et de betteraves. Faudra-t-il tout jeter ? L'exploitant a contacté tous les services agricoles, mais il n'est guère plus avancé.

 

 

On aimerait avoir des réponses mais personne ne nous dit rien.Frédéric Dutot à franceinfo

 

 

Le matin même, un ensilage de maïs a été suspendu par précaution. Les pertes financières éventuelles pourraient être très lourdes. 

 

 

Un champ de betteraves dans les environs de Rouen, vendredi 27 septembre 2019. 

Un champ de betteraves dans les environs de Rouen, vendredi 27 septembre 2019.  (FABIEN MAGNENOU / FRANCEINFO)

 

 

Pour y voir plus clair, encore faudra-t-il disposer de fines analyses. Le préfet expliquait que 78 mesures avaient déjà été réalisées sur 26 points de la ville de Rouen. Le cocktail présent dans la fumée est essentiellement composé de substances carbonées classiques, de produits huileux, d'additifs chimiques et d'hydrocarbures, "ce qui explique la fumée grasse et noire". Le préfet évoque également des traces "très ponctuelles" de soufre et de "légères" valeurs d'oxyde d'azote.

 

 

De son côté, l'association Robin des bois a l'intention de demander au préfet de la Seine-Maritime d'ouvrir une "enquête environnementale dans les champs, dans les cours d'écoles" en suivant la trajectoire du nuage de fumée. "Ce sont des moments extrêmement éprouvants pour tout le monde, résume le maire de Rouen Yvon Robert. Je comprends les inquiétudes. Je comprends les interrogations, mais je fais appel à la raison."

 

 

 

Franceinfo - le vendredi 27 septembre 2019

 

 

 

Incendie à Rouen : "La ville est clairement polluée, mais les premiers prélèvements sont plutôt rassurants", affirme Agnès Buzyn, la ministre de la Santé

 

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Après l'incendie d'une usine classée Seveso à Rouen, dans la nuit de mercredi à jeudi, les minstres de la Transition Écologique, de la Santé et de l'Education se sont rendus sur place. Pour Agnès Buzyn, le type de pollution est "sans conséquences à long terme."

 

 

 

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Des hydrocarbures sur le lieu de l'incendie de l'usine Lubrizol à Rouen (Seine-Maritime), le 27 septembre 2019. (LOU BENOIST / AFP)

 

 

 

Après l'incendie qui a touché l'usine Lubrizol, classée Seveso, dans la nuit de mercredi à jeudi à Rouen, les ministres de la Transition Écologique, de la Santé et de l'Education se sont rendus sur place vendredi 27 septembre pour constater l'ampleur des dégâts.

 

 

Agnès Buzyn, la ministre de la Santé, a tenu à rassurer la population lors d'un point presse, affirmant "qu'il n'y a eu aucun blessé". "Une cinquantaine d'appels au SAMU ont été recensés mais les gens sont restés chez eux." Cinq personnes fragiles, qui souffraient de troubles respiratoires antérieurs, ont été incommodées et hospitalisés, a détaillé la ministre.

 

 

 

"Il faut nettoyer ces suies"

"La ville est clairement polluée par les suies, il faut voir ça comme des galettes de goudrons sur les plages, si on en voit, il faut nettoyer ces suies, très facilement repérables. Il faut faire en sorte que les enfants ne les manipulent pas, si c'est le cas, il faut leur laver les mains. Les écoles qui sont polluées ont déjà commencé à nettoyer et nous demandons aux familles, qui peuvent repérer ces polluants sur leurs balcons, de nettoyer comme on l’a mentionné, à grande eau", a ensuite conseillé la ministre de la Santé sur franceinfo.

 

 

"Les premiers prélèvements des suies sont plutôt rassurants sur le type de pollution subie par les riverains, qui sont surtout des irritants mais sans conséquences à long terme", a-t-elle ajoutée.

 

 

 

"Pas d'inquiètude sur les premiers prélèvements"

"J’ai été très troublée de voir des gens porter des masques, je comprends parfaitement la population, ce sont des odeurs de soufre qui émanent de l’usine, ce ne sont pas des produits qui entraînent des conséquences à long terme mais peuvent être irritants sur le moment et c’est incommodant. Je comprends que l’on s’inquiète mais il faut nettoyer. Nous n’avons pour l’instant pas d’inquiétude sur les premiers prélèvements qui ont été faits par les pompiers, les autres prélèvements envoyés à l’INERIS seront plus précis", a ajouté Agnès Buzyn.

 

 

Les résultats seront publiés ce vendredi soir sur le site de la préfecture, affirme la ministre, rappelant "la transparence totale dans ce type de crise" et c'est ce que "nous allons continuer à faire", a-t-elle conclu.

 


30/09/2019
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Franceinfo - le vendredi 27 septembre 2019

 

 

Incendie de l'usine Lubrizol à Rouen : "Toutes les écoles rouvriront lundi après avoir été nettoyées", assure le préfet

 

 

 

Le feu s'est déclaré à 2h40, dans la nuit de mercredi à jeudi, dans cette usine classée Seveso qui fabrique des additifs pour lubrifiants

 

 

 

Ce qu'il faut savoir

 

 

L'incendie était spectaculaire. Une partie de l'usine Lubrizol de Rouen, classée Seveso, a brûlé jeudi 26 septembre, sans faire de victime. Le feu a été maîtrisé et les habitants les plus proches du site ont pu regagner en soirée leur domicile, ont annoncé les autorités.

 

 

Le feu éteint. Alors que l'incendie est éteint, les pompiers continuent d'intervenir car "il peut y avoir des points de combustion sous-jacents", précise Pierre-André Durand, le préfet de Seine-Maritime.

 

 

"Pas de toxicité". "Les suies contiennent les mêmes substances que la fumée noire, donc pas de toxicité aiguë", assurent la préfecture de la Seine-Maritime et les pompiers du département. "Nos appareils de mesures n'ont pas détecté de substances toxiques, car les quantités mesurées sont infinitésimales. Notre but est de rassurer et nous publierons les résultats des analyses", ajoutent-ils.

 

 

Les habitants rentrés chez eux. Les personnes résidant à proximité de l'usine pouvaient "dès [jeudi] soir regagner leurs appartements", a indiqué le préfet de Normandie. Par ailleurs, a-t-il dit, "il est toujours conseillé aux personnes fragiles de ces communes de rester chez elles jusqu'à vendredi soir".

 

 

Les établissements scolaires rouvriront lundi. Les crèches, écoles, collèges et lycées resteront fermées ce vendredi, ainsi que les Ehpad. Ils "rouvriront lundi après avoir été nettoyés", a assuré le préfet de Seine-Maritime, Pierre-André Durand, vendredi sur BFMTV. Des barrages anti-pollution ont été mis en place sur la Seine pour prévenir une éventuelle pollution. "Il n'est pas impossible que l'on relève quelques traces de pollution avec l'effet des marées. Les produits sont tous en surface et ils seront aisément récupérables lorsqu'il s'agira de traiter toute cette zone", a ajouté le préfet de Seine-Maritime.

 


27/09/2019
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Franceinfo - le jeudi 26 septembre 2019

 

 

Rouen : ce que l'on sait de l'incendie dans l'usine Lubrizol, classée Seveso

 

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Le feu s'est déclaré dans la nuit de mercredi à jeudi dans une partie de l'usine Lubrizol. Quelque 200 sapeurs-pompiers luttent contre les flammes et les habitants qui vivent dans un périmètre de 500 mètres autour du site sont invités à rester chez eux

 

 

 

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Des panaches de fumée recouvrent Rouen (Seine-Maritime) lors d'un incendie dans l'usine Lubrizol, le 26 septembre 2019. (THIBAUT DROUET / AFP)

 

 

 

Un nuage noir, épais, se diffuse dans le ciel de Rouen. Un important incendie s'est déclaré, dans la nuit du mercredi 25 au jeudi 26 septembre, dans l'usine Lubrizol, classée Seveso. Un peu avant 8 heures, le feu fait toujours rage et les pompiers, mobilisés en nombre, ne parviennent pas à le maîtriser. D'après les premières mesures communiquées par le préfet de Seine-Maritime, les habitants seraient hors de danger.

 

 

 

Que s'est-il passé ?

Les premières explosions ont réveillé les habitants un peu avant 3 heures du matin, jeudi 26 septembre. Elles provenaient de l'usine Lubrizol, qui produit des lubrifiants industriels. 

 

 

"Le feu a pris dans un stockage de produits conditionnés type additifs pour lubrifiants", rapporte France Bleu Normandie, citant la direction du site. Une cellule de crise a été mise en place. Pour l'instant, aucune victime n'est à déplorer. Le feu est localisé dans une zone de stockage et ne s'est pas propagé au reste de l'usine.

 

 

Les explosions ont rapidement cessé, indiquent France bleu Normandie et Ouest-France. Un périmètre de sécurité et de confinement a été mis en place dans un rayon de 500 mètres autour de l'usine, classée Seveso seuil haut. 

 

 

 

 

 

 

Dès le signalement de l'incendie, 130 sapeurs-pompiers ont été déployés sur place, mais plus de cinq heures après le départ de feu, il n'est pas encore maîtrisé. Le directeur du SDIS, en charge des pompiers, a annoncé que les deux à trois heures à venir seraient "délicates" et décisives dans la gestion du feu.  Désormais, "plus de 200 pompiers sont toujours mobilisés, aidés d'une soixantaine de véhicules venant aussi de départements voisins de l'Eure et du Calvados", a précisé le colonel.

 

 

Le procureur de la République de Rouen s'est saisi du dossier, et les causes de cet incendie ne sont pas encore connues, a indiqué le préfet. Il a également rappelé que dans les entreprises classées Seveso, des personnels étaient présents 24h/24. 

 

 

 

Que produit cette usine ?

L'usine fait partie du groupe américain Lubrizol Coporation, "un pionnier dans le domaine de la science des additifs pour lubrifiants". Sur son site internet, on peut lire qu'elle "fournit des additifs pour les huiles pour moteurs et autres fluides de transport, des additifs et fluides pour les lubrifiants industriels et des additifs pour l’essence et le carburant diesel."

 

 

L'entreprise compte trois usines en France, à Rouen, Oudalle (Seine-Maritime) et Mourenx (Pyrénées-Atlantiques). Lubrizpol précise : "Notre site industriel de Rouen accueille également une grande partie des services supports européens (Supply Chain Europe, achats, finance et informatique), ainsi que Lubrizol Holdings France et le siège de Lubrizol Advanced Material France."

 

 

 

Quel est le risque lié à la classification Seveso ?

L'usine est identifiée Seveso du fait des matières premières qu'elle utilise. Elle produit, entre autres, des additifs pour huile. Elle est classée "seuil haut", comme 655 autres établissements en France : le risque de rejet toxique est estimé majeur. 

 

 

Un important nuage noir se dégage du brasier. Selon le préfet de Seine-Maritime, il n'y a "pas de toxicité aiguë" dans ces fumées. Dans un communiqué, la préfecture  précise que d'autres mesures et d'autres prélèvements sont en cours. 

 

 

Cette classification existe depuis 1982 en Europe. Elle a été mise en place après la catastrophe écologique et sanitaire de Seveso, en Italie, en 1976. Un nuage d'herbicide s'était alors échappé d'une usine chimique, provoquant l'hospitalisation d'urgence d'enfants des communes voisines et la mort de plusieurs dizaines de milliers d'animaux d'élevage. 

 

 

Les mesures de sécurité et les procédures appliquées varient selon le type d'établissement Seveso, qui peut être à seuil haut, comme ici à Rouen, ou à seuil bas.

 

 

Lors d'une conférence de presse conjointe, le directeur du SDIS de Seine-Maritime, le colonel Jean-Yves Lagalle a indiqué que les pompiers se concentraient pour circonscrire le feu. Il a également précisé que la priorité absolue était d'éviter la propagation du feu, pour éviter tout risque lié aux autres installations de l'entreprise. En effet, la combustion de certains produits pourrait provoquer des réactions chimiques, et dégager des fumées dangereuses. Le périmètre de sécurité doit aussi permettre d'éviter tout risque lié aux autres usines Seveso à proximité. "C'est un feu hors norme, qui touche une installation classée et présente beaucoup de risques pour les personnels", qui piétinnent dans des nappes d'hydrocarbure hautement inflammables, a indiqué le colonel.

 

 

La pollution des eaux sera également analysée une fois le feu complètement éteint et tout risque écarté. 

 

 

 

Quelles sont les dispositions de sécurité prises sur place ?

Le préfet de la Seine-Maritime a déclenché le plan particulier d'intervention (PPI). Un centre opérationnel départemental, rassemblant les services de l'Etat, a été ouvert en préfecture. Des moyens nationaux ont été déployés pour les mesures de toxicité. 

 

 

Les autorités ont annoncé que les habitants qui vivent à 500 mètres autour de l'usine sont invités à rester chez eux. Les installations voisines de l'usine ont également été sécurisées pour éviter la propagation de l'incendie.

 

 

 

 

 

Les établissements scolaires et les crèches de 13 communes de l'agglomération de Rouen sont fermées aujourd'hui, sur ordre du préfet, qui souhaite "éviter les déplacements inutiles". Les routes situées aux alentours sont interdites à la circulation, et les personnes fragiles (femmes enceintes, enfants, personnes malades et âgées) sont invitées à rester chez elles. Le préfet a également précisé lors d'une conférence de presse que les transports en commun n'étaient pas interrompus, étant donné le faible risque de toxicité estimé.

 

 

Il a également rappelé l'importance de se laver les mains en cas de contact avec des pluies contamnées, ainsi que les fruits et légumes cultivés à proximité.

 

 

Les citoyens sont incités à se tenir informés.

 


26/09/2019
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Franceinfo - Franceinfo - le lundi 2 septembre 2019

 

 

Attaque de Villeurbanne : "Je suis resté à ses côtés jusqu'à son dernier souffle", témoigne Sofiane, qui a porté secours au jeune homme décédé

 

 

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Ce témoin de 17 ans, encore choqué, a ensuite réussi à maîtriser l'agresseur avec d'autres passants en l'encerclant

 

 

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Sofiane, 17 ans, habitant de Villeubanne, le 1er septembre 2019. (ROMAIN LAFABREGUE / AFP)

 

 

 

"Je suis resté à ses côtés, jusqu'à son dernier souffle", a témoigné Sofiane ce lundi 2 septembre 2019 sur franceinfo. Le jeune garçon de 17 ans raconte comment il a porté secours à l'homme qui est mort, blessé par arme blanche, samedi à Villeurbanne, près de Lyon, par un ressortissant afghan connu sous deux identités différentes.

 

 

Encore "choqué", Sofiane raconte ensuite comment, avec d'autres témoins, ils ont réussi à maîtriser l'agresseur. "On a fait un carré autour de lui pour ne pas qu'il sorte du périmètre qu'on avait mis en place, on l'a plaqué au sol et on l'a mis face contre terre, les mains sur la tête."

 

 

 

franceinfo : Vous êtes resté aux côtés du jeune homme décédé ce jour-là ?

 

 

Sofiane : Je suis resté à ses côtés jusqu'à son dernier souffle. Je lui ai demandé où il habitait, il m'a dit qu'il était à un festival, je lui ai demandé quel âge il avait, il m'a dit 19 ans et puis je lui ai demandé d'où il venait et il m'a répondu du 73 [de Savoie]. Puis ses yeux ont commencé à se fermer. Il n'est plus parmi nous maintenant.

 

 

 

C'est à ce moment que l'agresseur a pris la fuite ?

 

 

L'agresseur s'est enfui, comme s'il allait acheté une baguette de pain. Tout en marchant, les deux couteaux à la main, couverts de sang, en direction du métro. Je pense que s'il était entré dans le métro, il aurait fait un massacre.

 

 

 

Vous l'avez neutralisé, à plusieurs ?

 

 

À plusieurs, oui. On a fait un carré autour de lui pour ne pas qu'il sorte du périmètre qu'on avait mis en place. Les agents TCL [les agents d'intervention et relation client métro] sont venus, lui ont demandé de poser les couteaux. Il a d'abord refusé, puis il a posé ses armes. Je leur ai dit "avancez, avancez", tout le monde s'est mis à avancer. L'individu a pris peur, il a reculé. J'ai mis un coup de pied dans les couteaux pour qu'ils partent derrière et que l'agresseur ne puisse plus les atteindre. On l'a plaqué au sol. On l'a mis face contre terre, les mains sur la tête, on attendait la police, et à ce moment-là quelqu'un lui a donné un coup de pied au bras. C'est là que l'agresseur s'est relevé et a sorti de son caleçon un pic à viande. Il s'est retourné vers moi. Je pense que si je n'avais pas couru, je ne serais peut-être pas là.

 

 

 

Vous n'avez jamais eu peur ?

 

 

Je ne peux pas dire que je n'ai pas eu peur mais c'était mon devoir de le faire. On est en France, on n'a pas à voir ça. J'ai fait des bêtises dans mon passé, j'ai fait de la garde à vue, j'ai eu des problèmes avec la justice, maintenant je me suis rangé, je ne travaille pas mais je devrais démarrer une école bientôt. J'attends une réponse mais je ne suis pas sûr d'être accepté. On galère comme tout le monde, on galère tous les jours, on essaie de s'en sortir, mais si on peut aider, on aide. Je pense que mon aide, là, a été bien précieuse.

 

 

 

Vous avez l'impression d'être un héros ?

 

 

Un héros ? Non, mais je préfère mettre ma vie en danger et sauver dix personnes, plutôt que dix personnes meurent et que moi je sois encore vivant. Je suis encore choqué.

 

 

 

 


02/09/2019
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Franceinfo - le dimanche 1er septembre 2019

 

 

Attaque de Villeurbanne : quel est le profil du tueur ?

 

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Lors d'une conférence de presse, le procureur de Lyon a donné dimanche de premiers éléments sur la personnalité de l'assaillant

 

 

 

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Des enquêteurs passent au peigne fin les lieux de l'attaque, le 31 août 2019 à Villeurbanne (Rhône). (PHILIPPE DESMAZES / AFP)

 

 

 

On en sait un peu plus sur l'assaillant de Villeurbanne (Rhône). Lors d'une conférence de presse, dimanche 1er septembre, le procureur de Lyon, Nicolas Jacquet, a donné les premiers éléments rassemblés par les enquêteurs. Son identité demeure confuse. "Il s'agirait d'un homme de nationalité afghane, connu sous deux identités différentes, avec trois dates de naissance déclarées. Il serait âgé de 33, 31 ou 27 ans", a-t-il indiqué.

 

 

> Suivez les dernières informations sur l'attaque dans notre direct.

 

 

L'homme "serait venu une première fois en France en 2009, alors qu'il était mineur". On retrouve ensuite sa trace en Italie en 2014, en Allemagne en 2015 et en Norvège 2016. "Il est entré à nouveau en France en juin 2016, il est titulaire d'une carte de séjour temporaire valable jusqu'au  31 janvier 2020", a poursuivi le procureur.

 

 

 

Pas de signes de radicalisation

Le suspect résidait dans un centre d'hébergement pour réfugiés de Vaulx-en-Velin, perquisitionné hier peu après les faits. "Il n'était pas découvert d'éléments laissant apparaître une quelconque radicalisation" de l'assaillant, a indiqué Nicolas Jacquet. Il n'a pas d'antécédents judiciaires et n'est pas connu des services spécialisés au titre de la radicalisation. Le parquet national antiterroriste n'a pas été saisi.

 

 

En garde à vue, il a "partiellement reconnu les faits". "Il indiquait être musulman et avoir entendu dans l'après-midi des voix instulter dieu et lui donnant l'ordre de tuer, a poursuivi le procureur.  "Il pensait également avoir reconnu dans sa première victime un individu avec lequel il était en contentieux depuis son passage en Angleterre il y a quelques années, disant avoir agi par vengeance, ses propos demeuraient incohérents et confus", a-t-il ajouté.

 

 

Une première expertise psychiatrique a été menée en garde à vue. "L'expert évoque un état psychotique envahissant, avec délire paranoïde à thématiques multiples dont celles du mysticisme et de la religion", a indiqué Nicolas Jacquet. Le suspect a également reconnu "une forte consommation de stupéfiants", de la résine de cannabis. Une consommation confirmée par l'analyse toxicologique.

 


02/09/2019
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