L'AIR DU TEMPS

L'AIR DU TEMPS

FAITS DIVERS


Franceinfo - le lundi 26 mars 2018

 

 

Jacques Rançon, surnommé le "tueur de la gare de Perpignan", condamné à la prison à vie avec une peine de sûreté de 22 ans

 

 

Le jury a suivi les réquisitions de l'avocat général, qui avait demandé jeudi la peine maximale

 

 

 

14674490.jpg

 

Jacques Rançon lors du dernier jour de son procès, le 26 mars 2018 à la cour d'assises des Pyrénées-Orientales de Perpignan. (MAXPPP)

 

 

Le délibéré aura duré près de 6 heures. La cour d'assises des Pyrénées-Orientales a condamné Jacques Rançon, lundi 26 mars, à une peine de prison à perpétuité assortie d'une période de sûreté de 22 ans.

 

 

Veste grise et chemise claire, Jacques Rançon n'a pas réagi au verdict et est sorti du box.

 

 

Surnommé le "tueur de la gare de Perpignan", il était jugé depuis le 5 mars pour les viols et les meurtres de Moktaria Chaïb, 19 ans, et de Marie-Hélène Gonzalez, 22 ans, accompagnés d'atroces mutilations. Il est également accusé d'une tentative de meurtre sur une troisième femme, laissée pour morte, et d'une tentative de viol sur une quatrième jeune fille. Les policiers avaient mis 17 ans à identifier l'auteur de ces crimes, commis entre 1997 et 1998. Le jury a donc suivi les réquisitions de l'avocat général, qui avait demandé jeudi la peine maximale.

 


26/04/2018
0 Poster un commentaire

Franceinfo - le vendredi 2 mars 2018

 

 

"Violeur de la Sambre" : derrière le profil de "bon père de famille", la "banalité" des prédateurs sexuels en série

 

 

avatar
Carole Bélingard France Télévisions

 

 

Mercredi, Dino Scala a été mis en examen pour une série de viols commis dans le bassin de la Sambre. Il est soupçonné d'avoir sévi pendant plus de trente ans. Franceinfo a cherché à mieux comprendre son profil

 

 

 

14495690.jpg

 

Photo non datée de Dino Scala, mis en examen pour 19 viols et agressions sexuelles à Pont-sur-Sambre (Nord), le 28 février 2018. (L'OBSERVATEUR DE L'AVESNOIS / AFP)

 

 

Personne ne l'a vu venir. L'arrestation, lundi 26 février, de Dino Scala, identifié par les enquêteurs comme le "violeur de la Sambre", a plongé dans l'effroi la petite commune de Pont-sur-Sambre (Nord) près de Maubeuge. Et pour cause : l'homme de 57 ans, marié et père de trois enfants, est connu de tous. "C'est grave, c'est terrible. Je tombe sur les fesses", lance André Cheboub, une connaissance de longue date de l'interpellé, à France 3 Hauts-de-France.

 

 

Dino Scala est soupçonné d'avoir commis, principalement dans le Nord, une quarantaine de viols et d'agressions sexuelles. Pour l'heure, le père de famille est "mis en examen pour 19 infractions", dans le cadre de l'information judiciaire ouverte en 1996, a précisé son avocat Jean-Benoit Moreau. Mais le parquet de Valenciennes n'a pas exclu, mercredi, que certains faits puissent remonter jusqu'à 1988.

 

 

Un profil "fréquent et banal"

 

Dans le village où le suspect réside, tout le monde est tombé de haut. "C’est une bonne personne. Il a toujours été là, présent pour nous sur un simple coup de fil", confie Christine, l’une des sœurs de la femme de Dino Scala, au Parisien. "Il est sociable, bon père de famille, presque le gendre idéal. Un bon mari, attentionné avec ses enfants, avec son épouse", raconte à France 3 Hauts-de-France Michel Detrait, maire de Pont-sur-Sambre. Un profil "tout à fait fréquent et banal, observe Muriel Salmona, psychiatre, présidente de l'association Mémoire traumatique et victimologie, contactée par franceinfo. Cela casse le stéréotype de l'agresseur marginalisé."

 

 

L'homme, ouvrier chez un sous-traitant du nucléaire, semblait aussi être parfaitement inséré dans la vie locale et associative. Dans le club de foot de Pont-sur-Sambre, où Dino Scala a occupé les postes d'entraîneur puis de président, Pascal Bidois, éducateur, se souvient d'une personne "exemplaire, irréprochable, toujours serviable avec tout le monde". Un homme en apparence sans histoires, qualifié par le procureur de Valenciennes de "monsieur Tout-le-monde". Une caractéristique dans les affaires d'agressions sexuelles et de viols.

 

 

"Il n'y a aucun profil particulier pour les agresseurs sexuels". Gérard Rossinelli, expert judiciaire psychiatre à franceinfo

 

 

"Les agresseurs sexuels peuvent être des gens très insérés dans la société, avec tous niveaux d'âges et de diplômes. La grande majorité des agresseurs n'ont pas de troubles mentaux caractérisés", ajoute Gérard Rossinelli. "Combien va-t-il falloir de crimes pour comprendre qu’ils sont souvent commis par des hommes ordinaires ?", interroge Daniel Zagury, psychiatre et expert judiciaire, dans Le Parisien

 

 

"Pas un malade mental"

 

Dino Scala a été confondu par les enquêteurs de la PJ de Lille après une ultime agression, le 5 février, à Erquelinnes (Belgique), commune jouxtant Jeumont où il travaille, de l'autre côté de la frontière. Dans ce cas, comme dans les autres, il aurait agi selon un mode opératoire "assez similaire", selon le procureur de Valenciennes. Il attaquait ses victimes de dos, tôt le matin, le visage masqué.

 

 

"Cela nous renseigne sur un élément : cet homme n’est pas un malade mental car il a des capacités d’organisation et de finalisation", observe Daniel Zagury. "Cette préparation sur des années écarte à priori les troubles psychiques massifs", abonde Gérard Rossinelli. Même s'il faut rester "prudent et attendre les expertises". Lors de son audition, Dino Scala a expliqué obéir à chaque fois "à des pulsions". Des propos à prendre avec précaution, selon l'expert : "Cela peut être une stratégie de défense."

 

 

Le viol n'a rien à voir avec la pulsion sexuelle, c'est une volonté de destruction, de toute-puissance.Muriel Salmona, psychiatreà franceinfo

 

 

Répéter son crime pendant plus de trente ans "sans être pris" est une source de plaisir pour le violeur, celui "de dominer les autres et de leur infliger une peur", analyse de son côté Gabrielle Arena, psychiatre, dans 20 minutes. Néanmoins, l'affaire du "violeur de la Sambre" reste atypique dans la mesure où l'homme arrêté ne connaissait pas ses victimes. "Les viols par des inconnus représentent seulement 10% des viols", relève Muriel Salmona. 

 

 

Le nombre potentiel de victimes, plus d'une quarantaine, confère par ailleurs à cette affaire une ampleur rare. "Parmi les personnes aujourd'hui incarcérées dans les prisons françaises pour des actes à caractère sexuel, on a moins de 2% d'entre elles qui ont commis cinq actes", souligne à l'AFP Sophie Baron-Laforêt, psychiatre et présidente de l'association française de criminologie.

 

 

"Accro" à la violence

 

Comment le comportement de Dino Scala a-t-il pu passer inaperçu ? Comment a-t-il pu dissimuler si longtemps ses actes ? "Il n’y avait rien qui présageait qu’il pouvait être comme ça", s'étonne Edwige, une voisine, interrogée par franceinfo. "Je n'ai jamais remarqué un geste ou une parole déplacés" envers les joueuses trentenaires du club de foot, précise à France 3 André Cheboub, le trésorier. 

 

 

Un mécanisme classique selon Muriel Salmona, qui compare le violeur à un drogué, dont la cocaïne serait la violence. "En commettant son premier crime, le prédateur active dans son cerveau une mémoire traumatique, explique-t-elle. Quand il est envahi à nouveau par les images de ce premier viol, il va avoir envie de rejouer la scène. Il passe à l'acte pour se soulager."

 

 

Le reste du temps, il est anesthésié. Il peut alors jouer au bon père de famille. C'est pour cela que la famille peut très bien ne rien voir.Muriel Salmona, psychiatre à franceinfo 

 

 

"C’est ce que l’on appelle un 'sujet divisé', détaille Gabrielle Arena. C’est comme si cet homme vivait dans deux mondes différents, jusqu’à chaque passage à l’acte où l’un des deux mondes surgit dans l’autre, comme par effraction." Dino Scala incarne l'homme "aux deux personnalités", explique Sophie Baron-Laforêt. "C'est assez fréquent", ajoute-t-elle.

 

 

Un profil "banal", des mécanismes connus, mais une affaire très médiatisée... Pour Muriel Salmona, c'est le signe d'une évolution des temps et des mentalités. "Je me souviens de l'affaire Giovanni Costa, dans les années 2000. Ce faux électricien avait agressé et violé trente fillettes, mais à l'époque ça avait été moins à la une de la presse", rappelle-t-elle. Depuis, les mouvements #metoo et #balancetonporc sont passés par là.

 


22/03/2018
0 Poster un commentaire

Franceinfo - le Jeudi 1er mars 2018

 

 

TÉMOIGNAGE FRANCEINFO. "Tu fermes ta gueule sinon je te tue" : Michèle raconte son agression par le "violeur de la Sambre", en 2002

 

 

Michèle Rémy, employée de mairie, fait partie des 19 victimes de viols et d'agressions sexuelles identifiées en France dans la vallée de la Sambre (Nord). Agressée en 2002, elle a livré son témoignage à franceinfo

 

 

"Il m'a coupé la respiration et m'a mis un couteau sur la gorge", témoigne avec émotion Michèle Rémy, jeudi 1er mars, sur franceinfo. Sur la quarantaine d'agressions confessées par le violeur en série présumé de Pont-sur-Sambre dans le Nord, Michèle Rémy, 60 ans, fait partie des 19 victimes de "viols" et "agressions sexuelles" identifiées en France.

 

 

En 2002, trois femmes ont été agressées sur la commune de Louvroil, à 11 km de Pont-sur Sambre. Parmi elles, Michèle, employée de mairie, qui a déposé une plainte l'époque. Elle se remémore l'agression violente dont elle a été victime, selon le même mode opératoire décrit par le procureur de la République de Valenciennes. 

 

 

Des souvenirs et une douleur intacts

 

"C'était le 7 ou le 8 février, c'était un vendredi", raconte Michèle, 60 ans, les yeux rougis, un café sur la table. C'était il y a 16 ans, mais ses mots sont précis comme si c'était hier. Ce cauchemar, elle l'a gardé en mémoire, minute par minute. "J'allais travailler à la salle de sport. Quand j'ai refermé la porte, on m'a sauté sur le dos, par derrière, raconte-t-elle. Là, votre vie, elle défile sur un quart d'heure de temps... Il m'a coupé la respiration et m'a mis un couteau sous la gorge. Il m'a dit : 'Tu fermes ta gueule sinon je te tue'."

 

 

 

Avec son bras, il me tenait la tête, et de l'autre main il me tirait les cheveux pour aller du côté de la salle où il y a les tapis.

Michèle Rémy

 

 

Michèle Rémy poursuit. "Il m'a dit : "Allonge-toi". Il m'a attaché les mains, les pieds,  et quand j'ai été sur mon dos, là il m'a étranglée carrément, des coups de poings, des gifles..." Michèle n'a pas été violée. "Il n'a pas eu le temps", explique-t-elle. Une de ses collègues est "arrivée à temps". L'homme l'a poussée pour s'enfuir. "Elle a allumé toutes les lumières. Il m'a lâchée, mais j'avais le haut tout ouvert. Elle a hurlé."

 

 

 

Je n'ai jamais pu voir son visage, c'était toujours dans le noir, par derrière et dans le noir. Il avait quelque chose au visage, comme un bandeau, ou des cheveux. 

Michèle Rémy

 

 

Pendant toutes ces années, Michèle Rémy en est persuadée, son agresseur n'était pas loin. "Je me suis toujours dit que c'était une personne du coin. Il ne faisait pas ça du jour au lendemain, il repérait ses victimes. Il nous repérait." 

 

 

Si Michèle témoigne aujourd'hui, "c'est pour être soulagée, tranquille". "Comme ça, tout sera classé. Je n'étais pas bien hier [mercredi], ni ce matin. Tout ça, ça remue", explique-t-elle. "Si c'est lui... Il est pris, ça y est, et puis qu'il y reste le plus longtemps possible."  En prison. "C'est une ordure, poursuit-elle, encourageant les autres victimes à témoigner à leur tour. Qu'elles parlent, qu'elles parlent, ça aidera les autres personnes et elles-mêmes. Elles seront délivrées. Qu'elles ne gardent pas ça pour elles !" 

 

 

Le souvenir de l'agression, il y a seize ans, n'a jamais quitté Michèle Rémy. "Ça revient toujours, à la même période, à la même date. J'y pense tout le temps, ça ne s'efface pas, ça ne s'oublie pas. Ça reste." 

 

 

Michèle Rémy affirme qu'elle va prochainement contacter un avocat. Elle n'a pas encore été entendue par le procureur de la République de Valenciennes.

 


22/03/2018
0 Poster un commentaire

Franceinfo - Mis à jour le jeudi 1er mars 2018

 

 

Violeur présumé de Pont-sur-Sambre : "Cette personne reconnaît les faits" et estime son nombre de victimes à "une quarantaine"

 

 

Selon le procureur de la République Jean-Philippe Vicentini, l'individu interpellé "agissait sous le coup de pulsions"

 

 

 

14484474.jpg

 

Le village de Pont-sur-Sambre (Nord), le 27 février 2018. (BELLOUMI / MAXPPP)

 

 

 

Le mystère du violeur en série de Pont-sur-Sambre (Nord) touche à sa fin. Le procureur de la République Jean-Philippe Vicentini a indiqué, mercredi 28 février, que l'individu interpellé avait reconnu des viols : "Cette personne reconnaît les faits qui lui sont reprochés et agissait sous le coup de pulsions qu'elle ne contrôlait pas." Confondu par des traces ADN, l'homme a évalué le nombre de ses victimes "à une quarantaine".

 

 

L'homme, arrêté lundi près de Maubeuge (Nord), a été mis en examen. Le suspect a été repéré dans le cadre d'une coopération franco-belge. Il est soupçonné d'avoir commis de nombreux viols dont le premier date de 1988. C’est l’enquête sur une agression sexuelle commise en Belgique la semaine dernière qui a permis de l’interpeller. Son ADN, inconnu jusqu’à son interpellation, le relie à plusieurs autres viols.

 

 

 

 

Ce que l'on sait de l'affaire du "violeur de la Sambre", qui reconnaît avoir fait "une quarantaine" de victimes

 

 

Le suspect, un ouvrier nordiste âgé de 57 ans, père de famille, a été arrêté lundi, dans sa voiture. Il a été mis en examen pour "viols et agressions sexuelles"

 

 

 

14486618.jpg

 

Pont-sur-Sambre, le 27 février 2018.  (MAXPPP)

 

 

 

C'est le dénouement d'une longue affaire, qui durait depuis près de trente ans. Un homme a été mis en examen, mercredi 28 février, pour des dizaines de viols et agressions sexuelles commis ces dernières années, dans le bassin de la Sambre (Nord). Le premier date de 1988 et l'homme a reconnu "une quarantaine" de victimes. Franceinfo revient sur ce que l'on sait de l'affaire. 

 

 

 

Comment la police a-t-elle confondu le suspect ?

 

 

L’affaire a été relancée le 5 février dernier, alors "qu’une mineure qui se rendait à l’école le matin", a subi une agression sexuelle, à une dizaine de kilomètres de Maubeuge, à Erquelinnes (Belgique), a appris franceinfo par la police belge. L'agression a eu lieu "vers 7-8 heures", précise la police belge.

 

 

 

L'exploitation des images de vidéosurveillance a alors permis aux policiers belges de repérer le véhicule de l'auteur de l'agression, une "Peugeot 206 grise, immatriculée en France" selon Le Parisien. L'information est alors transmise à la PJ de Lille, qui fait rapidement le lien avec une série de viols, commis dans la région selon le même mode opératoire. D'après RTL, les enquêteurs "avaient fini par donner un nom de code au dossier : le 'violeur de la Sambre'."

 

 

 

La jeune fille qui a été agressée en Belgique a également pu donner des détails sur la description physique de cet homme, âgé d'une cinquantaine d'années. Son ADN est alors comparé "et il s'avère qu'il est concordant" avec des traces retrouvées sur plusieurs autres victimes de l'affaire des viols de la Sambre, a expliqué le procureur de la République de Valenciennes, Jean-Philippe Vicentini, lors d'une conférence de presse. Lundi, la police française l'interpelle alors à son domicile, alors qu'il part travailler, et le place en garde à vue. 

 

 

 

Qui est le violeur présumé ? 

 

 

Le suspect, Dino S., marié, père de trois enfants et grand-père depuis peu, est domicilié à Pont-sur-Sambre. Interrogé par France 3 Hauts-de-France, le maire de Pont-sur-Sambre décrit un homme "sociable (...) presque le gendre idéal." Lui qui connaît le suspect depuis "plus de vingt ans" se dit médusé, comme les habitants de cette petite commune de 2 550 habitants, située près de Maubeuge : "Les gens disent 'ce n'est pas possible que ça soit lui'." 

 

 

 

Cet ouvrier d'entretien pour un sous-traitant de l'usine Jeumont Electric est décrit dans Le Parisien comme un homme "très attentionné, bricoleur, s’occupant quotidiennement de son beau-père malade et gros travailleur." D'origine italienne, il était très engagé dans la vie associative de la commune. "Ancien joueur de bon niveau, qui jouait en défense, ex-entraîneur et président du club de foot local, il avait dû démissionner à la suite de divergences avec d’autres dirigeants du même club", rapporte un "très proche" au quotidien. Le trésorier du club affirme auprès de France 3 n'avoir "jamais remarqué un geste ou une parole déplacés", notamment à l'égard des joueuses qu'il supervisait.

 

 

 

Le procureur de la République de Valenciennes évoque lui aussi un homme "qui a toujours beaucoup travaillé"  et qui "n'attirait pas l'attention". 

 

 

 

Comment le suspect agissait-il ? 

 

 

Devant les enquêteurs, l'homme a "globalement reconnu" les faits qui lui étaient reprochés. Il a admis avoir commis "une quarantaine de viols", dont le premier date de 1988. La plupart ont été commis dans le bassin de la Sambre. Une collégienne, une infirmière, une agente de service ou encore une professeure figurent parmi ses victimes. Mais il y avait surtout une "grosse proportion de lycéennes", précise la police judiciaire à franceinfo. 

 

 

 

Jean-Philippe Vicentini décrit un mode opératoire similaire pour toutes ses agressions : "Les femmes étaient attaquées de dos, très tôt le matin quand il fait encore noir, avec un auteur qui utilisait des gants et qui avait le visage masqué”, a-t-il expliqué lors d'une conférence de presse. Toutes se rendaient à leur travail à pied. L'homme menaçait souvent ses victimes avec un couteau, a appris franceinfo. Les agressions ont eu lieu dans un rayon d’une trentaine de kilomètres autour de Pont-sur-Sambre. La dernière agression en France a été commise en 2012, précise la PJ. 

 

 

 

Selon le procureur, le suspect a indiqué agir "sous le coup de pulsions qu’il ne parvenait pas à contrôler." Le procureur précise qu'il "a souhaité collaborer activement à l’enquête dès le moment de sa garde à vue." L'homme a été entendu par un juge de la détention et des libertés, qui devrait décider de l'incarcérer. Il risque quinze ans de prison pour viol sur mineur et sur majeur.  

 

 

 

Pourquoi a-t-il fallu autant de temps avant de l'arrêter ? 

 

 

Le mode opératoire du violeur présumé a rendu son identification difficile, puisqu'il faisait toujours en sorte de ne pas être reconnu par ses victimes. De plus, le suspect ne figurait pas dans le Fichier national automatisé des empreintes génétiques (FNAEG) qui regroupe toutes les empreintes ADN des personnes qui ont été condamnées pour des infractions sexuelles ou certains crimes.

 

 

Par ailleurs, le suspect n'ayant pas de casier judiciaire, son ADN n'avait jamais été prélevé. Le procureur Jean-Philippe Vicentini a évoqué, mercredi, une "longue enquête, compliquée, basée sur des éléments assez sommaires". La PJ s'est efforcée de contacter "le plus grand nombre de victimes possible. Elles étaient particulièrement touchées, elles n'y croyaient plus", a commenté le patron du SRPJ de Lille Romuald Muller. Le procureur s'est félicité que "cette affaire ait été résolue"

 


22/03/2018
0 Poster un commentaire

Franceinfo - le vendredi 16 février 2018

 

 

INFO FRANCE INTER. Théo n'a pas été violé par les policiers lors de son arrestation à Aulnay-sous-Bois, concluent des expertises médicales

 

 

Le jeune Théo, arrêté à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) en février 2017, n'a pas été violé par la matraque d'un policier lors de son arrestation, selon des expertises médicales dont France Inter révéle vendredi les conclusions

 

 

 

11781715.jpg

 

La cité des 3 000 à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), où a eu lieu l'interpellation de Théo, le 2 février 2017. (MAXPPP)

 

 

 

Selon une expertise médicale dont France Inter révèle les conclusions, vendredi 16 février, la matraque télescopique utilisée par un policier à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) lors de l'arrestation de Théo, le 2 février 2017, n'a jamais pénétré l'anus du jeune homme. Même s'il a été gravement blessé, ces résultats d'expertise devraient entraîner un changement de qualification dans ce dossier où le policier est mis en examen pour viol.

 

 

Selon cette première expertise médicale, le coup a été porté juste à côté, déchirant tout de même le sphincter du jeune homme sur près de 10 centimètres. 

 

 

Une clôture de l'enquête la semaine prochaine

 

Une deuxième expertise médicale, que France Inter a également pu consulter, conclut également que le coup de matraque porté par le policier n’était "pas contraire aux règles de l’art", ce qui pourrait également conduire à une requalification des faits.

 

 

Cela pourrait amener la juge d'instruction à finalement ne pas poursuivre le brigadier, si elle estime que l'usage de la matraque s'est produit après que Théo s'est rebellé, qu'il y a eu une bagarre et qu'il a refusé par la suite de se laisser menotter. La juge en charge de ce dossier devrait clôturer son enquête la semaine prochaine.

 

 

L'affaire Théo était devenue emblématique des rapports tendus et violents entre les jeunes des quartiers et la police et avait marqué la campagne de l'élection présidentielle.

 


05/03/2018
0 Poster un commentaire

Franceinfo - le vendredi 16 février 2018

 

 

Le tueur en série Michel Fourniret a avoué deux nouveaux meurtres

 

Le tueur en série a reconnu avoir "croisé la route" de Joanna Parrish et Marie-Angèle Domece, deux femmes tuées au début des années 1990

 

 

 

14399018.jpg

 

 

Michel Fourniret arrive au palais de justice de Charleville-Meziere (Ardennes), le 29 mai 2008. (ALAIN JULIEN / AFP)

 

 

 

Michel Fourniret a avoué deux nouveaux meurtres, a appris France 3 auprès de l'avocat de la famille d'une des victimes, vendredi 16 février. Le tueur en série a été entendu la semaine précédente au palais de justice de Paris et a reconnu avoir "croisé la route" de Joanna Parrish et Marie-Angèle Domece, deux femmes tuées au début des années 1990. 

 

 

"L'ogre des Ardennes" a été entendu une nouvelle fois, jeudi 15 février. Selon Didier Seban, le conseil de la famille Parrish, Michel Fourniret "a fait des aveux spontanés et réitérés". "C'est l'aboutissement de 28 ans d'interrogations pour la famille de cette jeune femme", a estimé l'avocat. Contacté, le parquet n'a pas répondu aux sollicitations de franceinfo.

 

 

Déjà mis en examen pour les deux meurtres

 

Le corps de Joanna Parrish avait été retrouvé à Moneteau (Yonne), le 17 mai 1990. Cette assistante d'anglais au lycée Jacques-Aymot d'Auxerre avait été découverte nue. L'autopsie avait révélé qu'elle avait été violée et battue avant sa mort. Michel Fourniret, condamné à la perpétuité incompressible pour les meurtres de sept femmes, avait jusqu'ici nié son implication dans cette affaire. Il avait pourtant été mis en examen en 2008 pour l'assassinat de Joanna Parrish.

 

 

Marie-Angèle Domece, une jeune handicapée mentale de 19 ans, avait disparu le 8 juillet 1988 dans l'Yonne. Son corps n'a jamais été retrouvé. En mars 2008, le tueur en série avait été mis en examen dans cette affaire, pour enlèvement et assassinat. Il avait été dénoncé à deux reprises par son épouse Monique Olivier, qui s'était par la suite rétractée.

 

 

La cour d'appel avait finalement ordonné un non-lieu à l'encontre du tueur en série dans ces deux affaires, le 14 septembre 2011. Un an plus tard, elle avait annulé l'ordonnance de non-lieu dans l'affaire Joanna Parrish et demandé aux juges de rouvrir l'instruction sur la base de nouvelles pistes.

 


05/03/2018
0 Poster un commentaire

Franceinfo - les mercredis 14 février et jeudi 15 février 2018

 

 

Mort de Maëlys : comment les enquêteurs ont réussi à retrouver le corps de la fillette

 

 

Lors d'une conférence de presse, le procureur de la République de Grenoble a fait le récit des dernières heures qui ont fait basculer l'enquête

 

 

 

14383466.jpg

 

Des gendarmes bloquent l'accès au lieu des recherches du corps de Maëlys, le 14 février 2018, près de Saint-Franc (Savoie). (PHILIPPE DESMAZES / AFP)

 

 

"Ce soir, les parents de Maëlys ne sont plus dans l'ignorance, ils savent que leur fille est morte." Le procureur de la République de Grenoble, Jean-Yves Coquillat, a annoncé, mercredi 14 février, que des ossements appartenant à la fillette venaient d'être découverts. Lors d'une conférence de presse, au terme d'une "journée dense, éprouvante et émouvante pour tout le monde", il a détaillé les dernières avancées du dossier qui ont permis de retrouver l'enfant portée disparue depuis le 27 août dernier.

 

 

Du sang retrouvé dans la voiture

 

Le procureur a révélé que, dans le cadre de l'enquête, les juges d'instruction avaient récemment fait "désosser le véhicule de Nordahl Lelandais". Tout a basculé lorsque "les gendarmes ont découvert, dans le coffre de ce véhicule, sous les tapis de sol qui sont fixés sur les Audi, une tache de sang". Après expertise, il a été déterminé que ce sang était celui de Maëlys.

 

 

Au début de l'enquête, de premières investigations avaient été menées sur le véhicule du suspect. "Par la suite, on s'est rendu compte, en travaillant de concert avec les enquêteurs que le véhicule du suspect avait été profondément nettoyé", raconte Patrick Touron, directeur de l'Institut de recherche criminelle de la gendarmerie, à franceinfo"Nous avons étudié et recherché des traces sur des zones qui n'étaient pas nettoyables facilement", poursuit-il. C'est là, grâce à des techniques d'éclairage et des lasers qui permettent de réveler des éléments invisibles à l'œil nu, que les enquêteurs découvrent une trace de sang. "Il a nettoyé, mais pas suffisamment bien pour qu'on ne retrouve pas" cette trace.

 

 

Nordahl Lelandais demande à être entendu

 

Après avoir pris connaissance de cette dernière expertise, l'avocat de Nordahl Lelandais "a rendu visite à son client hier", selon le représentant du parquet. Lors de cette entrevue au centre pénitentiaire de Saint-Quentin-Fallavier (Isère), Alain Jakubowicz a prévenu le suspect de la découverte de cet élément décisif. C'est alors que "Nordahl Lelandais a demandé, hier [mardi], au juge d'instruction de l'entendre aujourd'hui, car il avait des révélations à faire".

 

 

Le suspect passe aux aveux

 

"Au cours de son audition [mercredi], Nordahl Lelandais a indiqué qu'il avait tué Maëlys 'involontairement' – c'est son terme – et qu'il s'était débarrassé du corps, a rapporté le procureur. Il a présenté ses excuses aux parents de Maëlys, à Maëlys elle-même et au juge." Le suspect a précisé qu'il avait emmené l'enfant en voiture depuis la salle des fêtes, qu'il l'avait tuée, qu'il l'avait déposée "dans un endroit à proximité de sa maison" et qu'il était ensuite retourné au mariage. Il est ensuite revenu "récupérer le corps", qu'il a mis dans son coffre et qu'il a "déposé dans la montagne, dans un endroit très reculé où il y avait de la forêt et un petit ravin".

 

 

Les enquêteurs retrouvent le corps

 

Après ces aveux détaillés, un transport a été organisé vers les lieux indiqués dans le massif de la Chartreuse, en compagnie de Nordahl Lelandais. "Il nous a emmenés près de son domicile, de chez ses parents, où il avait déposé le corps de Maëlys après la mort de celle-ci", a poursuivi le procureur. De là, "il nous a fallu la journée pour qu'il retrouve l'endroit" où se trouvaient les restes de l'enfant. Les recherches ont été rendues difficiles par la neige tombée dans la nuit. Ce sont finalement des "chiens spéciaux, des 'chiens de restes humains'" qui ont découvert, en début de soirée, "un crâne d'enfant et un os long" encore non identifié.

 

 

Des questions toujours en suspens

 

Face à la presse, Jean-Yves Coquillat a précisé que Nordahl Lelandais avait "refusé de s'expliquer, pour l'instant, sur la façon dont cette mort avait eu lieu". Le suspect a dit "souhaiter d'abord que le corps soit retrouvé", avant de s'expliquer ultérieurement. "L'instruction va se poursuivre", a souligné le procureur, pour qui "il faudra déterminer les conditions de la mort et répondre à un certain nombre de questions qui restent posées". Nordahl Lelandais "bénéficie toujours, malgré ses aveux, de la présomption d'innocence", a-t-il conclu.

 


26/02/2018
0 Poster un commentaire

Franceinfo - le mercredi 14 février 2018

 

 

Affaire Maëlys : regardez la conférence de presse du procureur de Grenoble

 

 

 

Mis à jour le
publié le

 

 

 

 

Le principal suspect dans l'affaire Maëlys a conduit les enquêteurs à l'endroit où il "s'est débarrassé" du corps de la fillette, dans le massif de la Chartreuse

 

 

 

Ce qu'il faut savoir

 

 

Il est passé aux aveux. Nordahl Lelandais, mis en examen pour le meurtre de Maëlys, a expliqué avoir "tué involontairement" la fillette disparue dans la nuit du 26 au 27 août à Pont-de-Beauvoisin (Isère), lors d'une soirée de mariage. C'est ce qu'a expliqué le procureur de la République de Grenoble lors d'une conférence de presse, mercredi 14 février. L'ancien militaire a été entendu, à sa demande, par les enquêteurs et le juge d'instruction en charge de l'affaire et a donné des indications pour permettre de retrouver le corps de Maëlys. 

 

 

Une tache de sang dans la voiture. Les enquêteurs ont récemment "désossé" le véhicule du suspect et notamment les tapis de coffre avant de découvrir une trace de sang. Les experts ont déterminé que ce sang était celui de Maëlys. Le suspect de 34 ans a décidé de parler aux enquêteurs après avoir été confronté à cette information. 

 

 

Des aveux et des excuses. Nordahl Lelandais a expliqué avoir "tué involontairement" la petite Maëlys avant de "se débarrasser du corps". Selon le procureur, l'homme a présenté ses excuses "aux parents, à Maëlys et au juge" immédiatement après ses aveux. 

 

 

Des recherches dans la journée. Après son audition et ses aveux, Nordahl Lelandais a été escorté dans plusieurs lieux situés à la limite entre la Savoie et l'Isère, dans le massif de la Chartreuse. Le suspect a finalement conduit les enquêteurs sur les lieux où il "s'est débarrassé" du corps de Maëlys. "Un crâne et un os long" ont été découverts "sur un talus", "dans un endroit reculé", a expliqué le procureur de la République qui a confirmé qu'il s'agissait des "restes" de la fillette. Les recherches ont eu lieu sur la commune de Saint-Franc (Savoie), ce qui laisse supposer que les ossements y ont été découverts. 

 

 

"L'instruction se poursuit." Après ses aveux et la découverte du corps de la fillette, "de nombreuses questions restent posées" dans ce dossier, a indiqué Jean-Yves Coquillat. Il s'agit notamment d'interrogations sur les circonstances exactes de la mort de la fillette et sur le déroulé de la soirée de mariage pendant laquelle elle a disparu. "Nordahl Lelandais a refusé de s’expliquer sur la façon dont cette mort avait eu lieu, il a indiqué qu’il souhaitait d’abord que le corps soit retrouvé et qu’il s’exprimerait ultérieurement", a précisé le procureur.

 


26/02/2018
0 Poster un commentaire

Franceinfo - le dimanche 11 février 2018

 

 

Mort de Fiona : la mère de la fillette et son ex-compagnon condamnés à vingt ans de prison en appel

 

 

En première instance, Cécile Bourgeon avait été acquittée pour les violences ayant entraîné la mort de Fiona et avait été uniquement condamnée à cinq ans de prison pour avoir fait croire à un enlèvement de l'enfant

 

 

 

14356346.jpg

 Cécile Bourgeon, la mère de la petite Fiona, le 5 septembre 2016 à Riom (Puy-de-Dôme). (THIERRY ZOCCOLAN / AFP)

 

 

 

Cécile Bourgeon, la mère de la petite Fiona, et son ex-compagnon Berkane Makhlouf ont été condamnés en appel à vingt ans de prison, dimanche 11 février. La cour d'assises de la Haute-Loire les a jugés aussi coupables l'un que l'autre des coups fatals portés à la fillette de 5 ans en 2013.

 

 

En première instance, en 2016, la cour d'assises du Puy-de-Dôme avait dissocié les peines. Cécile Bourgeon avait été acquittée pour les violences ayant entraîné la mort de Fiona et avait été uniquement condamnée à cinq ans de prison pour avoir fait croire à un enlèvement de l'enfant. Berkane Makhlouf avait, lui, déjà écopé de vingt ans de réclusion.

 

 

"Ils n'ont pas tout dit"

 

"Les mensonges, les contradictions, les silences, les incohérences, la variabilité n'ont pas permis d'appréhender le contexte exact du décès. Pour autant, le positionnement des accusés ne suffit pas à créer un doute raisonnable, a déclaré le président de la cour. Si ce n'est menti, ils n'ont pas tout dit."

 

 

Après 25 jours de procès cumulés, rien de nouveau n'a émergé sur les faits eux-mêmes. Les anciens partenaires se sont accusés l'un et l'autre d'avoir porté des coups à l'enfant, sans les lier à son décès. La cour, qui a reconnu cette fois que Fiona a été victime de "maltraitance", a également prononcé un "retrait total de l'autorité parentale" de Cécile Bourgeon sur ses deux autres enfants.

 

 

"Un procès hypothéqué par l'émotion"

 

Renaud Portejoie, l’un des avocats de Cécile Bourgeon, a annoncé qu’il allait former "un pourvoi en cassation dès lundi".

 

 

Il y aura donc un troisième procès. Renaud Portejoie, l'un des avocats de Cécile Bourgeon

 

 

De son côté, l'avocat de Berkane Makhlouf s'est dit "déçu" du verdict. "Ce procès a été hypothéqué par l'émotion, a regretté Mohamed Khanifar au micro de France Bleu Pays d'Auvergne. Il y a eu certainement plus d'émotions que de justice, plus d'émotions que d'équité. Plus de raison aurait certainement permis une décision, à mon sens, plus convenable et plus satisfaisante pour tous."

 


19/02/2018
0 Poster un commentaire

Franceinfo - le mardi 30 janvier 2018

 

 

Mort d'Alexia Daval : comment Jonathann Daval est passé de veuf éploré à meurtrier présumé en moins de trois mois

 

 

avatar
Benoît ZagdounFrance Télévisions

 

Mis à jour le
publié le

 

 

 

 

L'époux de la joggeuse, retrouvée morte en octobre dans un bois de Haute-Saône, a été arrêté par les gendarmes lundi. Il a avoué mardi le meurtre de sa femme

 

 

 

Il a craqué. Face aux enquêteurs qui l'interrogeaient depuis plus de 24 heures à la gendarmerie de Besançon (Doubs), Jonathann Daval a avoué le meurtre de sa femme, Alexia, retrouvée morte fin octobre dans un bois de Haute-Saône, à quelques kilomètres de leur domicile de Gray-la-Ville. "Il a dit que c'était un accident, qu'il ne voulait pas et il regrette", ont indiqué ses avocats, maîtres Ornella Spatafora et Randall Schwerdorffer.

 

 

>> Meurtre d'Alexia Daval : suivez en direct les derniers développements de l'enquête.

 

 

La fin de trois mois de mensonges, pendant lesquel le mari avait nié être lié à la disparition de sa femme. Du veuf éploré au mari suspect, franceinfo retrace le film des événements.

 

 

 

14261882.jpg

 

 

Jonathann Daval, le 4 novembre 2017 à Gray (Haute-Saône), près de ses beaux-parents, Jean-Pierre et Isabelle Fouillot, lors d'une course en hommage à son épouse tuée, Alexia Daval. (MAXPPP)

 

 

 

Un homme brisé face aux caméras

 

Le 2 novembre, Jean-Pierre et Isabelle Fouillot, les parents d'Alexia Daval, convoquent la presse dans une salle de la mairie de Gray. Ils prennent la parole pour la première fois. Les flashs des appareils photo crépitent. Les caméras sont braquées sur eux. Et une forêt de micros attend de recueillir leur parole. La disparition de leur fille suscite un émoi national.

 

 

La veille, le corps d'Alexia Daval a été identifié. Le cadavre a été découvert trois jours plus tôt, calciné et dissimulé sous des branchages, dans le bois d'Esmoulins, à quelques kilomètres du parcours que la jeune femme empruntait habituellement pour son jogging. La jeune femme de 29 ans était portée disparue depuis deux jours.

 

 

 

Ce jeudi soir-là, seule Isabelle Fouillot prend la parole, brièvement. "Nous avons décidé de rendre hommage à Alexia par l'organisation d'une marche blanche qui aura lieu ce dimanche 5 novembre dans la dignité et le respect", lit-elle. Jonathann Daval fait lui aussi face aux médias pour la première fois. Il est assis entre son beau-père et sa belle-mère. Silencieux, le visage agité, les lèvres pincées, le souffle court, il peine à contenir ses sanglots.

 

 

A la sortie de la mairie, à la nuit tombée, une vingtaine de personnes forme une chaîne humaine en soutien aux proches d'Alexia Daval. A Gray, les habitants sont sous le choc. Depuis des jours, ils déposent fleurs et bougies au pied du rideau de fer baissé du restaurant tenu par les parents de la victime. L'avis de recherche est toujours placardé sur la devanture.

 

 

 

En tête d'une course en hommage à son épouse

 

Une semaine jour pour jour après la disparition d'Alexia Daval, partie de bon matin faire son habituel jogging, selon les dires de son mari aux enquêteurs, des joggeurs et beaucoup de joggeuses se rassemblent à Gray pour rendre hommage à la jeune femme en courant.

Ses parents embrassent les coureurs avant le départ. A nouveau, c'est Isabelle Fouillot qui s'exprime pour les remercier de ce geste de solidarité. "C'était l'activité préférée de ma fille et j'encourage tout le monde à courir", déclare-t-elle, émue.

 

 

 

Jonathann Daval, un ruban blanc noué autour du bras gauche, s'élance en tête, des dizaines de coureurs dans sa foulée. Ensemble, ils suivent le trajet en bord de Saône qu'affectionnait Alexia Daval. La course s'achève par une minute de silence d'une foule compatissante en tenue de sport autour de son mari.

 

 

De Paris à Marseille en passant par Nancy ou Dijon, des centaines de joggeurs et de joggeuses, choqués par la mort d'Alexia Daval, prennent part à des courses similaires.

 

 

 

"Cette plénitude me manquera terriblement"

 

Deux jours plus tard, la marche voulue par les parents de la jeune femme réunit une foule impressionnante dans les rues de Gray. Plus de 8 000 personnes – au moins 3 000 de plus que le nombre d'habitants de la ville – foulent le pavé d'un pas lent. Tous réclament justice. Beaucoup ne cachent pas leur émotion. 

 

 

Jonathann Daval marche en tête du cortège, une rose rouge à la main, tandis que ses beaux-parents en tiennent des blanches. La douleur se lit sur son visage. Sa belle-mère le tient par le bras. Son beau-père pose la main sur son épaule.

 

 

 

Le cortège parcourt ainsi deux kilomètres, le long de la rivière, là où Alexia Daval aimait tant courir. La volonté de la famille a été respectée : la marche est silencieuse, digne et sans banderole ni message de revendication.

 

 

A la fin du cortège, les parents et le mari montent sur une estrade et prennent la parole chacun à leur tour. Jonathann Daval dit quelques mots d'une voix douce et brisée. Les larmes coulent sur ses joues.

 

 

La force de notre couple nous faisait nous dépasser, dans nos sorties et notre vie commune. Cette plénitude me manquera terriblement.Jonathann Daval, mari d'Alexia Davalle 6 novembre 2017, à Gray (Haute-Saône), lors d'une marche silencieuse en hommage à son épouse tuée

 

 

Un veuf en larmes aux obsèques

 

Neuf jours après la découverte du corps d'Alexia Daval, ses obsèques sont célébrées dans la basilique de Gray. Là où elle avait épousé Jonathann Daval, quelques années plus tôt. L'archevêque de Besançon a fait le déplacement. L'église est trop petite pour accueillir la foule qui se presse sur le parvis sous une fine pluie glaciale. 

 

 

A leur arrivée, le beau-père soutient son gendre. Jonathann Daval retient avec difficulté ses larmes, devant les portraits géants de son épouse qui encadrent l'entrée du lieu de culte. Jean-Pierre et Isabelle Fouillot affichent un visage fermé. Le trentenaire, tout de noir vêtu, se signe avant que le haillon du corbillard ne se referme sur le cercueil en bois clair de son épouse.

 

 

Deux jours plus tôt, la procureure de Besançon a dévoilé à la presse les conclusions de l'autopsie"S'il est avéré qu'elle a subi des violences physiques, en revanche, la cause de sa mort n'est pas encore établie avec certitude. Son décès est probablement lié à une asphyxie. De la même manière, il n'est pas possible, comme il l'a été dit, d'affirmer hélas qu'elle n'a pas été violée."

 

 

 

Rumeurs et soupçons à Gray

 

Plus de quinze jours après la mort d'Alexia Daval, le mystère reste entier et le meurtrier court toujours. A Gray, les habitants réclament un coupable. Et depuis quelques jours, une rumeur persistante se fait entendre : le mari ne serait pas étranger à la mort de sa femme. Personne n'a vu courir cette joggeuse, dont seul l'époux assure qu'elle est partie faire son jogging le samedi matin. Et que s'est-il passé entre les deux conjoints, la nuit précédente, derrière les murs de leur maison, une fois rentrés de leur "soirée raclette" en famille, chez les Fouillot.

 

 

L'avocat de Jonathann Daval, Randall Schwerdorffer, défend son client contre cette rumeur "ridicule" et "stupide". "Je n'ai pas connaissance de difficultés de couple", plaide-t-il. Il fait cependant un aveu : il y a eu "des possibilités d'interpellation" de son client, "y compris le jour de l'enterrement" d'Alexia Daval. "Mais attention", prévient-il. "Qu'on ne se trompe pas d'auteur" pour le meurtre. "Ce serait dramatique."

 

 

 

 

14262612.jpg

 

 

Une femme se recueille devant le commerce tenu par les parents d'Alexia Daval, le 2 novembre 2017 à Gray (Haute-Saône). (SEBASTIEN BOZON / AFP)

 

 

 

 

Le 28 novembre, un mois jour pour jour après la disparition, l'avocat fait un nouveau point sur l'enquête. "On a retrouvé des indices en nombre important", confirme Randall Schwerdorffer. Ces indices vont permettre "des investigations importantes""techniques" et "scientifiques", "et notamment des prélèvements d'ADN", indique-t-il. "On sent que l'enquête arrive à son terme, assure-t-il. Avant la fin décembre, avant les fêtes (...), on aura la solution de cette affaire."

 

 

A Gray, les parents d'Alexia Daval ont rouvert leur commerce. Les habitants attendent la résolution de l'énigme et l'arrestation d'un suspect qui mettra fin à leurs craintes et leurs soupçons.

 

 

 

"L'étau se resserre violemment"

 

Il est un peu plus de 9 heures, lundi 29 janvier, quand des gendarmes viennent arrêter Jonathann Daval à son domicile de Gray-la-Ville. L'homme est interrogé, sa maison perquisitionnée. Mardi matin, sa garde à vue à la gendarmerie de Besançon est prolongée de 24 heures. Les enquêteurs ont des questions à lui poser. Et son avocat lui-même laisse entendre que le sort de son client pourrait bientôt basculer.

 

 

Ses beaux-parents "maintiennent" toutefois "la même confiance qu'ils avaient" à l'égard de leur gendre "avant la mort de leur fille" et "cette confiance n'a pas été remise en cause jusqu'à ce jour", selon leur avocat Jean-Marc Florand. Ils "souhaitent de tout cœur que Jonathann Daval soit relâché ce soir ou demain matin et qu'il y ait un communiqué indiquant qu'aucune charge n'ait été retenue à son encontre". A Gray, les habitants en quête de vérité accusent le coup de ce dernier rebondissement de l'affaire.

 

 

Jonathann n'est pas soupçonné par hasard, c'est une réalité.Randall Schwerdorffer, avocat de Jonathann Davalau deuxième jour de la garde à vue de son client à Besançon (Doubs)

 

 

Jonathann Daval "maintient rigoureusement sa version" des faits, selon laquelle il n'a rien à voir avec la mort de son épouse. Mais "l'étau se resserre violemment", concède son avocat, qui constate "des éléments effectivement gênants" concernant la déposition de son client. "On nous a apporté des éléments qui (...), effectivement, posent des véritables questions", glisse-t-il. Et de conclure : "La seule personne qui est capable de dire s'il est coupable ou innocent, c'est lui-même, et la garde à vue n'est pas finie. Jonathann doit encore s'exprimer."

 

 

 

"Il l'a étranglée"

 

C'est chose faite quelques heures plus tard. Aux enquêteurs, Jonathann Daval avoue le meurtre, tout en assurant qu'il s'agissait d'un "accident""Il l'explique parce qu'ils avaient une relation de couple avec de très fortes tensions (...) A un moment, il y a eu des mots de trop, qu'il n'a pas su gérer", a ensuite détaillé devant la presse Maître Schwerdorffer. "Il l'a étranglée", a-t-il ajouté, assurant que son client n'avait "pas été dans une logique criminelle" et "n'avait impliqué personne d'autre".

 

 

"Il n'a jamais essayé de mettre le feu au corps d'Alexia", a ajouté l'avocat. Pourtant, le corps de la jeune femme de 29 ans avait été retrouvé partiellement brûlé, dissimulé sous des branchages dans le bois d'Esmoulins. Pour son avocat, "dès le départ, tout le monde a vu que Jonathann cachait un secret plus lourd que la disparition de son épouse".

 


06/02/2018
0 Poster un commentaire

Franceinfo - le mercredi 31 janvier 2018

 

 

Meurtre d'Alexia : Jonathann Daval mis en examen pour "meurtre sur conjoint", annonce la procureure

 

 

avatar
Ilan CaroVincent DanielElise LambertFrance Télévisions

 

Mis à jour le
publié le

 

 

 

 

Le suspect de 34 ans, qui a d'abord nié être lié au meurtre de sa femme, était placé en garde à vue depuis lundi soir, à la gendarmerie de Besançon. Il a avoué les faits mardi dans l'après-midi

 

 

 

Ce qu'il faut savoir

 

 

Jonathann Daval a avoué. Le mari d'Alexia Daval, la joggeuse retrouvée morte fin octobre dans un bois de Haute-Saône, a indiqué aux enquêteurs l'avoir tuée "par accident", ont annoncé mardi 30 janvier ses avocats. Un peu plus tard dans la soirée, la procureure de Besançon (Doubs), Edwige Roux-Morizot, a annoncé sa mise en examen pour "meurtre sur conjoint".

 

 

>> Meurtre d'Alexia Daval : suivez la situation en direct au lendemain des aveux de Jonathann Daval

 

 

"Nous n'avons pas retenu la préméditation". La procureure n'a pas retenu la qualification d'assassinat. "Mais il encours quand même la réclusion criminelle à perpétuité", a-t-elle précisé.

 

 

Une relation de couple avec "de très fortes tensions". Pour justifier son geste, Jonathann Daval a évoqué "une relation de couple avec de très fortes tensions (...) A un moment il y a eu des mots de trop, qu'il n'a pas su gérer".

 

 

Un meurtre par étranglement. Devant la presse, l'avocat a indiqué que Jonathann Daval avait "étranglé" sa femme. L'autopsie avait révélé que la jeune femme avait été victime de violences, de coups et avait été asphyxiée. Selon son avocat, le mari d'Alexia Daval n'a "impliqué personne d'autres" dans son geste. "Jonathann Daval le dit fermement, il n'a jamais essayé de mettre le feu au corps d'Alexia, nous n'avons pas d'explication à ce sujet", a-t-il toutefois précisé.

 


06/02/2018
0 Poster un commentaire

Franceinfo - le mercredi 31 janvier 2018

 

 

"C'est toute la République qu'on agresse", réagit Emmanuel Macron après l'agression d'un enfant juif à Sarcelles

 

 

L'enfant de 8 ans, qui portait la kippa, a été roué de coups lundi par deux jeunes d'une quinzaine d'années qui ont pris la fuite

 

 

 

Des "actes ignobles". Emmanuel Macron a condamné sur Twitter, dans la nuit du mardi au mercredi 31 janvier, l'agression d'un enfant portant une kippa survenue lundi à Sarcelles (Val-d'Oise). 

 

 

La victime a été agressée par deux adolescents alors qu'elle se rendait à un cours de soutien scolaire. L'enfant a été roué de coups par deux jeunes d'une quinzaine d'années qui ont pris la fuite. Le parquet de Pontoise a ouvert une enquête en flagrance. En l'absence de mobile apparent, il privilégie le caractère antisémite de l'agression. L'enquête a été confiée à la sûreté départementale.

 

 

 

14268698.jpg

 

 

Emmanuel Macron, mardi 30 janvier 2018 au palais de l'Elysée. (PHILIPPE WOJAZER / AFP)

 

 


06/02/2018
0 Poster un commentaire

Franceinfo - le lundi 29 janvier 2018

 

 

Le mari d'Alexia Daval, la joggeuse assassinée fin octobre en Haute-Saône, a été interpellé

 

 

Le corps de la jeune femme a été trouvé deux jours après sa disparition, calciné, dissimulé sous des branchages, à plusieurs kilomètres du parcours habituellement emprunté par la jeune femme

 

 

 

Le mari d'Alexia Daval, la joggeuse assassinée fin octobre en Haute-Saône, a été interpellé peu après 9 heures, annonce lundi 29 janvier la procureure de Besançon, Edwige Roux-Morizot. Une perquisition est en cours à son domicile.

 

 

Jonathan Daval, 34 ans, avait prévenu les gendarmes, le samedi 28 octobre vers midi, inquiet de ne pas voir rentrer son épouse Alexia, partie faire son jogging vers 9h30. Le corps de la jeune femme avait été trouvé deux jours plus tard, calciné, dissimulé sous des branchages, dans le bois de Velet-Esmoulin, à plusieurs kilomètres du parcours habituellement emprunté par la jeune femme.

 

 

 

14251930.jpg

 

Jonathan Daval, lors d'une conférence de presse à Gray (Haute-Saône), le 2 novembre 2017. (SEBASTIEN BOZON / AFP)

 

 

La piste d'une dispute conjuguale

 

Les enquêteurs explorent l'hypothèse d'une "dispute conjugale qui aurait mal tourné". "Le couple, qui avait des difficultés à avoir un enfant, connaissait en effet de vives tensions", selon des sources citées par l'AFP. Lors de sa première audition, en tant que simple témoin, Jonathan Daval avait d'ailleurs évoqué une dispute avec sa compagne la veille de sa disparition. Cette altercation expliquait, selon lui, les marques de griffures, voire de morsures visibles sur ses mains.

 

 

Interrogée par l'AFP, la procureure de Besançon a seulement confirmé l'interpellation du mari et n'a pas voulu donner d'autres informations. Elle a prévu de tenir une conférence de presse à l'issue de la garde à vue de Jonathan Daval.

 

 

Fin novembre, l'avocat du jeune homme  avait déploré les "rumeurs toxiques" désignant son client comme potentiel auteur du meurtre de son épouse. "Il a découvert tout cela sur les réseaux sociaux avec effarement ! Il se demande comment on peut penser une telle chose, c'est très violent", avait déclaré Me Randall Schwerdorffer.

 

 


05/02/2018
0 Poster un commentaire