L'AIR DU TEMPS

L'AIR DU TEMPS

CONFLIT ETAT ISLAMIQUE- Mouvements islamistes

La guerre contre les djihadistes de l'Etat islamique, contre le terrorisme


Franceinfo - le samedi 23 mars 2019

 

 

De sa proclamation à Raqqa à la reddition de Baghouz : six dates-clés sur le "califat" du groupe terroriste Etat islamique

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

 

Les forces arabo-kurdes, soutenues par les Etats-Unis, ont annoncé samedi la chute du dernier territoire tenu par le groupe Etat islamique en Syrie.

 

 

 

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 Le drapeau des Forces démocratiques syriennes à Baghouz (Syrie) après la chute du dernier territoire du groupe Etat islamique, le 23 mars 2019. (GIUSEPPE CACACE / AFP)

 

 

 

C'est la fin territoriale du groupe Etat islamique (EI) en Irak et en Syrie. Les forces arabo-kurdes soutenues par les Etats-Unis ont annoncé la chute de Baghouz, dernier territoire de l'EI en Syrie, samedi 23 mars, soit cinq ans après l'autoproclamation du califat.

 

 

>> Pourquoi il faut rester prudent après la "victoire" annoncée sur le groupe Etat islamique

 

 

Le président Emmanuel Macron a estimé qu'un "danger majeur pour notre pays" avait été "éliminé" dans deux tweets postés en hommage à la coalition internationale, samedi. Franceinfo revient sur les dates-clés de la présence du groupe terroriste en Irak et en Syrie.

 

 

 

29 juin 2014 : le "califat" est proclamé

Le 29 juin 2014, les jihadistes de l'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL) annoncent l'établissement d'un "califat islamique" dans les régions conquises en Irak et en Syrie. Dans un enregistrement audio diffusé au premier jour du ramadan, l'EIIL, qui se fait appeler "Etat islamique" pour supprimer toute référence géographique, désigne son chef Abou Bakr al-Baghdadi comme "calife".

 

 

En Syrie, dès janvier, l'EIIL avait chassé les groupes rebelles et pris le contrôle de la ville de Raqqa ainsi que d'une grande partie de la province de Deir ez-Zor, frontalière de l'Irak, ainsi que des positions dans celle d'Alep.

 

 

En Irak, où il bénéficie du soutien d'ex-officiers de Saddam Hussein et de groupes salafistes, l'organisation s'était emparée le 10 juin de la deuxième ville du pays Mossoul, et d'une grande partie de la province de Ninive dont elle dépend, après la déroute de l'armée irakienne. Raqqa et Mossoul deviennent ses deux "capitales". Le 5 juillet, Baghdadi apparaît dans une vidéo postée sur des sites jihadistes où il appelle tous les musulmans à lui "obéir".

 

 

Des milliers de jihadistes affluent du monde entier vers Raqqa, devenue capitale de l’organisation, rappelle Libération. Des lois, des institutions sont mises en place. L'Etat islamique poursuit ses offensives pour conquérir des territoires.

 

 

 

26 janvier 2015 : l'EI perd Kobané

En octobre 2014, le département d'Etat américain révèle que des responsables ont rencontré pour la première fois des Kurdes du  Parti de l'union démocratique (PYD), la branche syrienne du PKK. Cette rencontre s'est déroulée dans le cadre de la stratégie des Etats-Unis contre le groupe Etat islamique.

 

 

Au début de l'année 2015, les forces kurdes soutenues par les frappes aériennes de la coalition antijihadistes conduite par Washington chassent le groupe Etat islamique de Kobané, après plus de quatre mois de violents combats. Cette ville proche de la frontière turque est devenue le premier symbole de la lutte contre l'Etat islamique.

 

 

 

2 mars 2017 : la reprise de Palmyre

Conquise en mai 2015 par l'Etat islamique, Palmyre, qui ouvre sur le grand désert syrien, est reprise en mars 2016. Puis, la cité antique retombe aux mains des jihadistes à la fin de l'année 2016. Ces derniers y détruisent une partie des trésors archéologiques classés au patrimoine mondial de l'Unesco. Il faut attendre le 2 mars 2017 pour que Palmyre, soit reprise par le régime aidé de l'allié russe à l'Etat islamique.

 

 

 

17 octobre 2017 : l'Etat islamique perd Raqqa

Le groupe Etat islamique subit un lourd revers avec la perte de Raqqa, son principal bastion en Syrie, le 17 octobre 2017. La ville passe sous le contrôle des Forces démocratiques syriennes (FDS).

 

 

En quatre mois, les combats dévastateurs dans cette cité millénaire ont fait 3 250 morts, dont 1 130 civils, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). Des dizaines de milliers d'habitants ont été déplacés.

 

 

 

9 décembre 2017 : l'EI est chassé d'Irak

Le 31 mars 2015, les forces irakiennes reprennent Tikrit. L'opération met en évidence le rôle crucial des Unités de mobilisation populaire (Hachd al-Chaabi), dominées par des milices chiites. Le 13 novembre 2015, les forces kurdes appuyées par des frappes de la coalition reprennent Sinjar, dans le nord-ouest du pays. En février 2016, l'EI est chassé de Ramadi, chef-lieu d'Al-Anbar, puis de Falloujah en juin.

 

 

Le 9 juillet 2017, le Premier ministre Haïder al-Abadi proclame la libération de Mossoul, à l'issue d'une offensive de neuf mois des forces fédérales soutenues par la coalition internationale. En août, les forces irakiennes reprennent Tal Afar et la totalité de la province de Ninive. Le 9 décembre 2017, le gouvernement irakien proclame la victoire sur l'Etat islamique.

 

 

 

23 mars 2019 : l'EI perd son dernier territoire

Les Forces démocratiques syriennes "déclarent la totale élimination du soi-disant califat et une défaite territoriale à 100% de l'EI", le 23 mars 2019, à l'issue de leur dernier assaut contre Baghouz. Lancée début février, c'est l'ultime phase d'une opération déclenchée en septembre 2018 pour chasser l'EI des derniers secteurs sous son contrôle en Syrie.

 

 

La campagne militaire soutenue dans les airs par la coalition internationale soutenue par les Etats-Unis a été ralentie par la sortie de l'enclave de dizaines de milliers de personnes, dont des milliers de jihadistes qui se sont rendus avec leurs familles.

 


23/03/2019
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Franceinfo - le mardi 12 mars 2019 - mis à jour le 13.03.19

 

 

DOCUMENT FRANCEINFO. Un "califat de gueules cassées" : les derniers jihadistes de Baghouz se rendent

 

 

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Édité par Margot DelpierreAurélien CollyRadio France

 

 

 

L'envoyé spécial de franceinfo à Baghouz (Syrie) a assisté à la reddition de jihadistes, mardi 12 mars. Epuisés, souvent blessés, ils sont interrogés par les Forces démocratiques syriennes et les forces spéciales américaines

 

 

 

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 Un combattant du groupe Etat islamique à Baghouz se rend aux Forces démocratiques syriennes, le 12 mars 2019. (RADIO FRANCE)

 

 

 

La chute du dernier bastion de l'organisation terroriste État islamique, à Baghouz (Syrie), est imminente. Le service de presse des Forces démocratiques syriennes (FDS), qui encadre assez strictement les journalistes présents sur place, n'a de cesse de le répéter. La fin est annoncée depuis des jours, mais il est difficile de savoir précisément ce qu'il en est.

 

 

C'est pourquoi le spectacle découvert par hasard, mardi 12 mars, par l'envoyé spécial de franceinfo, au détour d'une dune, est particulièrement surprenant : une cinquantaine d'hommes dans un état déplorable, certains quasiment morts allongés sur des brancards improvisés avec des palettes de bois, d'autres en béquilles, jambes bandées et ensanglantées, parfois la mâchoire fracturée ou les yeux arrachés. D'autres encore se déplacent poche de sang à la main, l'air hagard. Tous semblent sales, blessés, affamés et épuisés. Ces jihadistes viennent de se rendre, mardi 12 mars, avant que la nuit tombe. Ils sont surveillés de près par les membres d'une unité des forces spéciales kurdes.

 

 

 

C'est là la reddition discrète de Daech, dans les dunes du désert syrien, après des semaines de frappes aériennes de harcèlement des troupes arabo-kurdes au sol : un "califat de gueules cassées". Dans ce groupe, mardi soir, il y a des Syriens, des Tunisiens, des Turcs, des Marocains, des Ouzbeks aussi, mais aucun Français ou Européen. D'après l'officier, il y en aurait encore dans l'enclave.

 

 

 

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Reddition de jihadistes à Baghouz (Syrie), le 12 mars 2019. (RADIO FRANCE)

 

 

 

"Je m'appelle Zouhair, je suis né en 1999, je viens de Fès, explique l'un d'eux avec une tête de gamin, incapable de se lever. J'ai rejoint Daech il y a deux ans. Je suis venu du Maroc pour le jihad, pour défendre l'Etat islamique." Il est blessé à la jambe et à l'estomac. "Ici, j'ai vécu avec des gens beaucoup mieux qu'au Maroc" lâche-t-il avant d'être embarqué par des soldats kurdes pour être fouillé.

 

 

Assis en tailleur, un peu plus loin, mains sur la tête, une autre tête de gamin, un bras ensanglanté. Il s'appelle Mohamed, il est Syrien, il a 25 ans. "J'étais mécanicien depuis trois ans, c'est mon frère qui était dans l'Etat islamique. Il est encore à l'intérieur", explique-t-il. L'officier des renseignements kurdes qui l'interroge ne le croit pas une seconde. "Hier, j'ai été blessé, j'ai décidé de sortir. C'est très mauvais à l'intérieur ! Les gens veulent sortir."

 

 

 

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Fouille d'un homme s'étant rendu aux Forces démocratiques syriennes aux environs de Baghouz (Syrie), le 12 mars 2019. (RADIO FRANCE)

 

 

 

Une fois dehors, les jihadistes sont donc encadrés par les combattants des FDS qui les fouillent et les interrogent, avant de les transférer. Ils atterrissent 200 mètres plus loin, derrière une autre dune où attendent sept véhicules blindés et six 4x4 aux vitres fumées : une unité des forces spéciales américaines qui prend photos et empreintes de tous ces hommes. Leur objectif : retrouver d'éventuels ressortissants américains ou européens.

 

 

 

Une image contrôlée

D'après l'officier kurde interrogé par franceinfo, il n'y aura plus personne à l'intérieur de l'enclave d'ici 24 à 48 heures. Les jihadistes se seront rendus ou seront morts. Pas morts dans les combats, car en réalité il n'y a en a pas, mais morts à cause des frappes aériennes.

 

 

Ils sont encore nombreux à l'intérieur, mais ils ne combattent plus, ils attendent. Ils ont juste peur d'aller en prison s'ils sortent.Mohamed, 25 ans à franceinfo

 

 

L'officier kurde précise que les Forces démocratiques syriennes entreront et "nettoieront" l'enclave. Ils veulent retirer les cadavres de combattants et ceux des civils avant l'arrivée des médias.

 

 

Selon l'officier kurde, la libération de Baghouz devrait être annoncée aux journalistes dans les trois ou quatre prochains jours. Cette nuit-là, il attend un millier de combattants et leurs familles qui se sont rendus. Il resterait environ 700 personnes à l'intérieur de l'enclave, qui finiront par sortir dans les 48 prochaines heures, après une nouvelle vague de frappes ou des tirs de snipers. Comme celui qui a frappé ce Tunisien, qui a rejoint Daech il y a cinq ans. "Je suis venu en Syrie pour appliquer la loi de Dieu", dit-il, allongé sur un brancard de fortune, une poche de sang à la main.

 


13/03/2019
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Franceinfo - le vendredi 8 mars 2019

 

 

une ancienne esclave sexuelle de l'Etat islamique brûle son voile après avoir fui les jihadistes

 

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France 3France Télévisions
 

 

Cette Yézidie de 20 ans a fui les affrontements qui continuent de faire rage à Baghouz, dernière enclave encore tenue en partie par l'État islamique

 

 

 

Elle vient de fuir le groupe État islamique, qui l'avait réduite au rang d'esclave sexuelle. Une jeune Yézidie de 20 ans, Israa, a retiré sa burqa sous les applaudissements de combattantes kurdes participant à la bataille de Bahgouz, en Syrie. "La première fois qu'ils m'ont obligée à porter le voile, j'ai eu l'impression de suffoquer. Cela me gênait beaucoup, je ne voulais pas le porter. Je l'enlevais à chaque fois que j'étais seule." 

 

 

Israa finit par brûler son voile, symbole d'oppression et d'années de souffrances passées sous le joug des jihadistes. "J'aimerais brûler Daesh comme j'ai brûlé mon voile", lâche-t-elle. Désormais, Israa va tenter de retrouver sa famille et de se reconstruire, loin des affrontements qui continuent de faire rage à Baghouz, dernière enclave encore tenue en partie par l'État islamique.

 


10/03/2019
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Franceinfo - le mardi 5 février 2019

 

 

DOCUMENT FRANCEINFO. "J'ai vu beaucoup de morts, des gens massacrés" : Kinan, 10 ans, a passé la moitié de sa vie comme esclave de Daech

 

 

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Eric AudraMatthieu MondoloniRadio France
 

 

 

Kinan, 10 ans, est libre depuis une semaine. Il a passé cinq années comme esclave d'un jihadiste du groupe État islamique en Syrie

 

 

 

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Kinan, 10 ans, vient d'être libéré après avoir passé cinq ans comme esclave de Daech. (MATTHIEU MONDOLONI/RADIOFRANCE)

 

 

 

Il s’appelle Kinan, il a 10 ans. Il a été libéré il y a une semaine, après cinq années passées à servir un jihadiste syrien du nom de Abou Saad. Dans les cohortes de civils évacués de la région de Baghouz en Syrie, où le "califat" de l’Etat islamique vit ses derniers jours, se trouvent beaucoup d’enfants. Des enfants de jihadistes, mais aussi des esclaves de l’Etat islamique, comme Kinan, qui a accepté de raconter son histoire à nos envoyés spéciaux.

 

 

 

L'histoire de Kinan commence en 2014 quand il est fait prisonnier par Daech. Les jihadistes viennent de prendre, en quelques heures seulement, la ville yézidie de Sinjar, dans le nord-ouest de l’Irak. Avec lui, son père, sa mère, son frère et ses soeurs sont faits prisonnier. Kinan n’oubliera jamais ce qu’il a vu : "Beaucoup de morts, des gens massacrés par les combattants de l’Etat islamique, ils nous frappaient beaucoup." Le garçon marque une pause. Puis il lâche : "Ils ont exécuté mon père, sans raison."

 

 

Ils ont exécuté mon père, vendu ma sœur et ma mère est morteKinan, esclave de Daech franceinfo

 

 

Kinan a les yeux dans le vide. On entend des enfants jouer dehors. Le petit garçon raconte qu’ils étaient enfermés dans une école. Sa grande soeur est vendue. Eux sont achetés par Abou Saad qui les emmène dans la région de Baghouz en Syrie dans le "califat" de l’Etat islamique. C'est là que sa mère est morte. Il ne dit pas comment, ni quand. Mais c’est à partir de ce moment que "les coups se font plus violents", explique le jeune garçon. "Abou Saad me frappait encore plus. Je ne savais pas pourquoi", dit-il.

 

 

Pendant cinq ans, Kinan est l’esclave de la famille. C’est lui qui doit faire les courses, "alors que les enfants du jihadiste sont dorlotés", explique t-il. Puis Kinan devient Ahmed, il est rebaptisé par le jihadiste et n’a pas le droit de parler kurde. Aujourd’hui, il a tout oublié de sa langue maternelle. Il ne parle que l’arabe.

 

 

 

Il veut devenir policier pour attraper les méchants

Kinan réajuste sa cravate et sa veste de costume. Il explique vouloir être beau pour ses premiers jours en liberté. Un costume trop grand et un garçon trop petit pour connaître la guerre. Quand la région de Baghouz est assiégée par les Forces démocratiques syriennes, le jihadiste Abou Saad décide de fuir pour Idlib, la dernière poche de l’Etat islamique après Baghouz. "C’est là que mon oncle m’a retrouvé. Il a payé 30 000 dollars à Abou Saad pour me récupérer", raconte-t-il. Cinq jours de route plus tard, il est au Kurdistan irakien. La liberté, enfin. Kinan veut grandir. Il dit qu’il veut devenir policier "pour attraper les méchants".

 

 

Le téléphone de son oncle sonne. Il reçoit un message, une vidéo dans laquelle on voit un autre petit garçon, de 9 ans cette fois. Il porte l’uniforme noir de l’Etat islamique. Il dit s’appeler Abdul Haman, qu’avant il s’appelait Walid. Il explique que son père a été tué par les jihadistes de Daech et sa mère par une frappe aérienne. Il vient de fuir le califat, il est désormais en sécurité. Il est libre.

 


05/03/2019
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Franceinfo - le lundi 11 février 2019

 

 

"Une fois que la pression militaire va baisser, ils risquent de revenir" : la bataille lancée contre les jihadistes en Syrie ne signe pas la fin de Daech

 

 

 

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franceinfoRadio France

 

 

 

 

Si l'ultime poche du groupe État islamique en Syrie est sur le point d'être prise, la bataille ne signera pas la fin de l'organisation terroriste dans la région, selon le général Dominique Trinquand, ancien chef de la mission militaire auprès de l'Onu, et Wassim Nasr, journaliste à France 24 spécialiste des réseaux jihadistes

 

 

 

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Des combattants des Forces démocratiques syriennes (SDF), dans le village de Baghouz, dans la campagne de la province syrienne de Deir Ezzor, à la frontière irakienne, le 2 février 2019.  (DELIL SOULEIMAN / AFP)

 

 

 

Ce n’est peut-être pas la fin de l’Etat islamique à proprement parler, mais le compte à rebours a été lancé pour la disparition de son armée et de son califat : samedi les avions de la coalition ont repris les bombardements sur la dernière poche de l’état islamique. L'assaut final signe-t-il pour autant la fin du califat ?

 

 

>> VIDEO. En Syrie, l'assaut final contre les jihadistes est lancé 

 

 

Invités lundi sur franceinfo pour en débattre, le général Dominique Trinquand, ancien chef de la mission militaire auprès de l'Onu, et Wassim Nasr, journaliste à France 24 spécialiste des réseaux jihadistes, font part de leurs doutes.

 

 

 

franceinfo : L'assaut sonne-t-il le glas de l'État islamique ?

 

 

Dominique Trinquand : C'est la dernière bataille pour le territoire homogène, c'est-à-dire tenu par Daech, avec 500, 600 combattants à peu près. Maintenant il reste trois menaces essentielles. D'abord, certains ont réussi à s'exfiltrer depuis Deir Ezzor [près de la frontière irakienne], dans la zone désertique en direction de Palmyre. Ensuite, on ne parle plus de la zone d'Idleb mais elle contient un certain nombre de radicaux, notamment de Daech, qui ont été évacués de différentes poches et qui sont là-bas. Et si les combats reprennent parce qu'il y a eu une pause pendant un petit moment pour permettre en particulier à des familles de s'exfiltrer, les familles ne sont pas forcément moins dangereuses : des femmes très radicalisées sont actuellement dans des camps et leur avenir pose question [...]. Daech a bien commencé à changer sa stratégie et il ne reste que les combattants les plus durs qui veulent absolument que cela dure le plus longtemps possible, qu'il y ait le maximum de morts, et qu'ils meurent en martyrs. Mais il reste aussi tous les autres...

 

 

 

Wassim Nasr : C'est la fin de l'emprise sur un territoire habité, dans ces derniers deux-trois kilomètres carrés, avec un village et demi. Mais les jihadistes sont au sud de l'Euphrate dans une zone désertique de plus d'un millier de kilomètres carré de déserts et des grottes, où ils sont libres d'agir comme ils veulent. Cela explique pourquoi on a une reddition en nombre de jihadistes étrangers et de leurs familles : les Occidentaux, Africains, Asiatiques parmi eux ne peuvent pas se fondre dans le tissu tribal de cette région comme les locaux, les Arabes, les Irakiens et les Syriens. Il y a d'ailleurs eu une percée d'une poche vers le désert et on pense qu'un certain nombre de commandants sont passés durant cette percée. Ils ont essayé de réitérer cette expérience à trois reprises dans les dernières semaines pour peut-être exfiltrer les derniers d'entre eux, mais ils n'ont pas réussi face à l'armée syrienne et surtout aux milices chiites. Est-ce que cela durera une semaine ou plus ? On ne sait pas.

 

 

 

Des négociations sont-elles encore possibles, notamment en ce qui concerne les otages ?

 

 

D.T : Les otages sont toujours un moyen de négociation. Mais contre quoi, puisqu'il faut réduire cette poche, de toute façon ? Ensuite, les preuves de vie n'ont pas été fournies, donc ils négocient des otages qu'ils n'ont probablement plus. Je pense qu'on est arrivé au point où toutes les négociations ont eu lieu et qu'il n'y a plus de négociation à avoir. Ce sera une fin militaire : ils veulent être martyrs et leur victoire est d'imposer le maximum de pertes en face. Comment les imposeront-ils ? Avec des zones minées et une habitude du combat en zone urbaine.

 

 

 

W.N : Les jihadistes disent qu'ils ont encore des otages entre leurs mains et essaient de négocier, par exemple avec le cas du journaliste otage John Cantlie ou celui du père Dall'Oglio. Cela reste cependant assez farfelu.[...] Les combattants en première ligne aujourd'hui sont en majorité des Arabes sous commandement kurde [...] Ce sont eux qui ont les plus grands taux de mortalité et ce sont eux qui continuent d'avoir des détenus chez les jihadistes. Donc s'il y a négociation, c'est aussi pour contenter les tribus de l'Est syrien, puisqu'une partie de certaines tribus collaborent avec Assad au sud de l'Euphrate.

 

 

 

Daech recrute-t-il encore alors qu'il a perdu son territoire ?

 

 

D.T : Les jihadistes disaient "bienvenue au Shâm" à ceux qui arrivaient. C'était le territoire dans lequel on battait monnaie, dans lequel on assurait la protection, le soutien social, le califat. Cette attirance ne pourra plus avoir lieu. Ça ne veut pas dire qu'il n'y aura pas des zones désertiques avec des grottes, des endroits où se cacher, par exemple dans le sud de la Libye. Ou qu'il y ait des zones dans lesquelles il puisse y avoir une certaine liberté d'action, certes réduite mais toutefois possible. Mais la création d'un Etat comme ils l'avaient créé en 2014 relève du passé : cela a une incidence colossale sur les musulmans radicaux de nos populations de l'Europe de l'Ouest. L'image, l'attirance n'est plus là...

 

 

 

W.N : L'épicentre du jihad pour l'État islamique est devenu le lac Tchad et l'Afghanistan. Une proto-construction étatique est en cours dans ces deux zones, qui pourrait être similaire à ce que l'on a pu voir en Syrie, mais elle n'a pas la même attractivité que le Shâm, présent dans les livres et les prophéties. La pression militaire est telle en ce moment en Syrie et en Irak que c'est pour l'instant difficile. Mais il ne faut pas se leurrer : une fois que la pression militaire va baisser, ils risquent de revenir. En février, on a ainsi compté plus de 200 attentats en Syrie dans les zones qui étaient normalement pacifiées, parce qu'ils ont réussi à instaurer un tissu de soutiens, comme ils l'ont fait en Irak après trois ans d'administration réelle de ce territoire.

 


11/02/2019
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Franceinfo - le jeudi 24 janvier 2019 - mis à jour le 25.01.2019

 

 

DOCUMENT FRANCE 2. "Ils ont décidé de laisser leurs familles ici" : plongée dans le dernier bastion de l'Etat islamique en Syrie

 

 

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France 2France Télévisions
 

 

 

 

Une équipe de France 2 s'est rendue dans le dernier bastion de Daech en Syrie, dans la région de Deir Ezzor

 

 

 

 

"Mon mari est encore là-bas. Il est l'un des leurs." France 2 s'est rendu dans le désert de l'est syrien, où les forces armées arabo-kurdes ont arrêté des hommes venus de villages tout juste repris à l'Etat islamique. Sur place, plusieurs centaines de jihadistes sont à terre. Avec leur famille, ils survivaient dans le dernier bastion de l'organisation dans ce pays.

 

 

 

"Ils vont perdre leur territoire"

Ce sont plusieurs femmes, entièrement voilées, qui ont ont éveillé les soupçons des forces armées. Ces captives ont épousé la cause de leurs maris. Interrogée par France 2, l'une d'entre elles assure que le groupe terroriste va se replier dans le désert pour perdurer : "Ils vont perdre leur territoire. Mais je vous le dis : l'Etat islamique va se replier dans le désert, comme les anciens, ceux d'Al-Qaida. Ils ont décidé de laisser leurs familles ici", raconte-t-elle. 

 

 

Les forces kurdes ont pris les empreintes de ces femmes, étrangères pour certaines. Elles seront ensuite conduites dans des camps. En quelques jours, 5 000 personnes ont évacué cette zone, alors que l'étau se resserre autour du groupe Etat islamique. Il est désormais cantonné à une poche de 10 km2, "ce qui ne signifie pas la fin du groupe Etat islamique", précise France 2.

 


25/01/2019
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Franceinfo - le jeudi 7 juin 2018

 

 

Un Irakien réfugié en France, soupçonné d’être un haut cadre dirigeant présumé de Daech, mis en examen

 

 

L'homme de 33 ans a été mis en examen en mars, alors qu'il vivait dans le Calvados. Il aurait été haut placé dans l'organigramme de l'organisation terroriste État islamique

 

 

 

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Deux combattants peshmergas kurdes dans la ville de Harir (AFP)

 

 

 

Ahmed H., un Irakien réfugié en France, soupçonné d'avoir été un haut cadre dirigeant présumé de Daech, a été mis en examen le 9 mars et placé en détention provisoire, a appris franceinfo auprès du parquet de Paris jeudi 7 juin, confirmant une information de TF1. Cette décision a été prononcée dans le cadre d'une information judiciaire ouverte dès le 6 novembre 2017.

 

 

Statut de réfugié politique

 

Cet homme de 33 ans vivait dans le Calvados. En juin 2017, il avait obtenu le statut de réfugié politique auprès de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra). Il avait bénéficié d'une carte de résident de 10 ans.

 

 

Ahmed H. était suivi par la Direction générale de la sécurité intérieure depuis l'été 2017. Les autorités irakiennes avaient alerté la coalition internationale et la France de la possible présence de cet individu sur le sol européen. Il a été arrêté à Lisieux, le 6 mars. Durant sa garde à vue, il a nié être un ancien cadre dirigeant de Daech. Depuis son arrivée sur le territoire français, il n'a eu aucune activité terroriste, a appris franceinfo d'une source au sein des services de renseignement.

 

 

Un haut cadre dirigeant présumé de Daech

 

Le trentenaire était parti d'Irak fin 2014 et avait été donné pour mort, à tort. Il aurait participé au massacre de 1 700 personnes à proximité de Tikrit (Irak). Il aurait administré la région de Samarra pour le compte de Daech.

 

 

L'homme a été mis en examen pour plusieurs chefs : "assassinats en relation avec une entreprise terroriste", "association malfaiteur terroriste en vue de commettre des crimes d'atteintes aux personnes", "crimes de guerre par atteinte à la vie", "crimes de guerre par traitements inhumains et dégradants", "crimes de guerre par l'usage de moyens et de méthodes de combats prohibés et participation à un groupement formé en vue de préparer des crimes de guerre".

 

 

Après sa mise en examen, il a été placé en détention provisoire conformément aux réquisitions du parquet.

 


27/06/2018
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le Progrès du dimanche 9 juillet 2017

 

 

 

TERRORISME - BATAILLE D'INFLUENCE. LA RIVALITÉ ENTRE DAECH ET AL-QAIDA

 

 

Alors que le groupe État islamique subit des revers majeurs en Syrie et en Irak, la nébuleuse terroriste créée par Ousama Bel Laden semble retrouver de la vigueur. Y-a-t-il un lien ? État des lieux.

 

 

À Raqqa, comme à Mossoul, Daech n'a pas encore dit son dernier mot. Mais les jours semblent comptés. La pression de la coalition internationale, des Kurdes au nord du pays, et de l'armée syrienne soutenue par la Russie et l'Iran ont largement réduit l'emprise territoriale du groupe djihadiste (Au 31 mai 2017, selon des chiffres de la coalition, Daech avait perdu 70 % du territoire irakien et 51 % du territoire syrien qu'il contrôlait en août 2014). Ces deux villes emblématiques du "califat" proclamé en 2014 par Abou Bakr-al-Baghdadi pourraient tomber dans les semaines qui viennent.

 

 

Pour autant, cela ne signifie pas la fin du terrorisme global, dominé ces dernières années par Daech, qui garde une forte attractivité, malgré ses revers, sur le continent européen. Manchester, Londres, Égypte... les derniers grands attentats ont été d'ailleurs revendiqués par l'organisation État islamique.

 

 

Sur le "marché" du terrorisme, Daech, née en 2006, a supplanté Al-Qaida, notamment en raison du choix de ses cibles, la plupart du temps des symboles forts de la vie occidentale. Car à part l'attentat de Charlie Hebdo en janvier 2015, puis celui de Saint-Petersbourg, le 3 avril dernier (15 morts dans le métro), Al-Qaida a été d'abord actif essentiellement sur le territoire irakien.

 

 

 

Un héritier nommé Ben Laden

 

Pourtant, certains signes laissent penser que la "franchise" terroriste, fondée en 1985 par Oussama Ben Laden, reprend de la vigueur. Al-Qaida a repris pied au Yémen, a longtemps résisté en Syrie (à travers le front Al-Nosra), au Sahel. Au Mali, par exemple, AQMI (Al-Qaida au Maghreb islamique) est représenté depuis mars par "Le groupe de soutien à l'islam et aux musulmans", une alliance de plusieurs groupes djihadistes fédérés par le touareg Iyad Ag Ghali.

 

 

Cet homme fort du Nord-Mali est à l'origine de la vidéo de plusieurs otages (dont la Française Sophie Pétronin) dévoilée dimanche, jour du G5 Sahel à Bamako, auquel a participé Emmanuel Macron. De nombreux connaisseurs du pays estiment que Ghali noue des alliances et étend son influence, sans doute avec la complicité d'une partie des populations touarègues et peules. Selon Philippe Migaux, spécialiste du Sahel à Sciences Po Paris, Ghali serait à "la recherche d'un nouveau positionnement et d'une légitimité sur sa zone".

 

 

Mais c'est peut-être en misant sur le nom Ben Laden que l'organisation terroriste entend rivaliser avec Daech. Il y a quelques semaines, Hamza Ben Laden, âgé de 28 ans et fils d'Oussama, a délivré un message audio menaçant d'attaque "par n'importe quel moyen les Occidentaux". Comme aux plus belles heures de son paternel, tué en 2011 dans l'assaut des forces spéciales américaines.

 

 

Quelle place peut occuper Hamza - désormais fiché sur la liste américaine des terroristes recherchés dans la stratégie d'Al Qaida, dirigée aujourd'hui par l'Égyptien Ayman al-Zawahiri, vieux compagnon de route de son père ? Avec son profil, sa filiation, c'est incontestablement "un bon produit d'appel" pour l'organisation qui a perdu du terrain ces dernières années face à Daech sur la tête de gondole du terrorisme international.

 

 

La rivalité se joue à l'échelle du globe, et jusqu'au fond des grottes afghanes : il y a quelques jours, les djihadistes de Daech, dont les derniers attentats en Afghanistan ont été très meurtriers, ont délogé les talibans de Tora-Bora, antre d'où Oussama Ben Laden défia les puissances occidentales. Une prise hautement symbolique. Xavier Frère

 

 

 

 

 

Gilles Ferragu historien (Paris-Ouest-Nanterre), spécialiste du terrorisme

 

 

 

"Al-Qaida va laisser Daech péricliter"

 

 

 

 

Daech a presque perdu Mossoul, bientôt Raqqa. La fin du "califat" est proche. Cela signifie-t-il moins d'attentats terroristes ?

 

Dans la logique de Daech, c'est toujours le bon moment pou montrer qu'il a une capacité offensive. Et pour inciter via ses réseaux, ses médias, des terroristes potentiels dans les différents pays à agir. Combien d'attentats ont été commis avec des armes "locales", du moment qu'il faut tuer ? Il y a une surenchère dans la radicalisation. On a d'impression que Daech brûle ses derniers bateaux. Ça décrit plutôt l'attitude d'un groupe qui sent le vent du boulet... voir la fin.

 

 

 

Le djihadisme a-t-il encore un avenir ?

 

Daech aura incarné la création d'un califat, ce qui était, théoriquement, l'aboutissement absolu du djihadisme. Et lors de la proclamation du califat, Abou Bakr al-Baghdadi, sans jamais mentionner Al-Qaida, affirmait qu'il avait réussi ce qu'Al-Qaida n'avait pas fait : cette "obligation manquante" de l'islamisme. La disparition de Daech ne fait pas disparaître l'islamisme djihadiste. À mon sens, ce califat de Mossoul sera toujours revendiqué, comme Al-Qaida, qui a disparu d'Afghanistan, mais a retrouvé ses marques dans d'autres pays. L'hydre, elle, garde une tête, qui s'appelle le calife, terroriste. Dans cette confrontation entre les deux entités terroristes, se pose la question d'un possible califat : Al-Qaida va-t-elle franchir le Rubicon et proclamer le califat quelque part ? Ce n'est pas vraiment sa stratégie, c'est une hypothèse même si Al-Qaida est d'abord une entreprise de guerre contre l'Occident.

 

 

 

Existe-t-il ne vraie rivalité entre les deux groupes ?

 

Oui, on l'a notamment vue lors des attentats en 2015. Daech est plus connu à travers la crise syrienne. Al-Qaida va laisser Daech péricliter et va reprendre le flambeau de l'islamisme djihadiste. Al-Qaida apparaît de plus en plus comme une nébuleuse, chaque groupe qui se revendique d'Al-Qaida est piloté par lui-même, plus par une direction centrale, comme au temps des grandes années (1990-1999). Certains terroristes se revendiquent encore de l'influence d'Oussama Ben Laden, c'était une icône, d'autres d'Al-Baghdadi, même si ce dernier a beaucoup moins communiqué sur lui-même. C'était deux stratégie de communication différentes. Qui va désormais incarner ce djihadisme dans un territoire déstabilisé ? Recueilli par X.F.

 

 

 

 

 

 

 

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■ Mossoul : reprise imminente

 

Hier soir, les forces irakiennes étaient tout près de reprendre la petite poche tenue par les derniers djihadistes à Mossoul, ultime bastion urbain de Daech en Irak. Selon le général américain Robert Sofge, l'annonce du succès final de l'offensive était "imminente" :  "Je ne veux pas spéculer s ce sera aujourd'hui ou demain mais je pense que ce sera très bientôt". Après huit mois d'efforts, la reprise de la deuxième ville du pays constituerait le plus important succès dans la guerre contre le groupe ultra-radical.

 

 

 

■ Ça patine en Syrie

 

À Raqqa, fief de l'organisation islamiste en Syrie, des combattants arables et kurdes syriens, soutenus par Washington, peinaient, eux, à progresser dans la vieille ville, où les djihadistes ont intensifié les attaques suicide et les tirs d'obus.

 


11/07/2017
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le Progrès du vendredi 6 janvier 2017

 

 

 

LE FILS PRÉFÉRÉ DE BEN LADEN SUR LISTE NOIRE

 

 

Le fils préféré d'Oussama Ben Laden, Hamza, figure désormais sur la liste noire américaine des "terroristes internationaux", le jeune homme étant considéré comme l'héritier du fondateur défunt d'Al-Qaida par ses appels à l'unité djihadiste et aux attentats contre l'Occident. Ce type d'inscriptions administratives accusatoires, que les États-Unis prennent régulièrement contre des organisations et individus jugés "terroristes", déclenche des sanctions financières et juridiques contre les intéressés.

 

 

 

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09/01/2017
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le Progrès du samedi 10 septembre 2016

 

 

DAECH ET SES BRIGADES FÉMININES

 

 

Les jeunes femmes choisissant de grossir les rangs de Daech ne sont pas toutes dédiées à la reproduction ou aux seuls domaines de l'enseignement ou de la médecine pouvant leur offrir un emploi. Une autre voie s'offre à la gent féminine : la police des bonnes moeurs, via la katiba Al Khansaa. Cette brigade, exclusivement féminine et composée pour l'essentiel d'Occidentales, a été lancée à Raqqa (Syrie) en 2014 pour, initialement, contrôler l'identité des personnes cachées sous des niqabs : dissimulés sous ce voile intégral, des opposants de l'armée syrienne libre avaient alors tenté de liquider des hauts responsables de Daech. Depuis, elles se livrent au mieux à du zèle, au pire à de la barbarie : outre des amendes disproportionnées ou des coups de fouet pour toute atteinte (voile ajusté, port de maquillage, de vernis, de talons...), de nombreux cas de torture et de meurtre ont été rapportés, comme en décembre dernier. Une jeune mère allaitant son bébé sous son niqab pour calmer ses pleurs avait été mutilée sans ménagement puis exécutée. A.C.

 

 

 

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Gardes à vue

 

Dans l'enquête sur la découverte de bonbonnes de gaz, Ornella G. et son compagnon, arrêtés mardi dans le sud de la France, sont toujours entendus en garde à vue. L'autre couple arrêté mercredi dans le Loiret a été relâché hier.

 

 

 

59 femmes mises en examen pour des faits terroriste

 

59 femmes, sur un total de 280 personnes, sont actuellement en examen dans les dossiers de filières djihadistes ou de projets d'attentats. Elles présentent parfois des "profils très inquiétants" et sont à "l'origine de projets terroristes très aboutis". 18 sont incarcérées.

 

 

 

Des projets connus ou suspectés

 

Plusieurs projets terroristes de femmes ont été mis à jour par les services engagés dans la lutte antiterroriste. Cet été, une ado de 16 ans de Melun a été mise en examen et écrouée pour un projet d'attentat dévoilé sur la messagerie Telegram. En décembre 2015, une Montpelliéraine de 23 ans, radicalisée, avait été arrêtée avec son conjoint. Les policiers avaient découvert un faux ventre de femme enceinte. En fin d'année dernière, une autre jeune femme de Béthune avait été condamnée pour apologie de terrorisme, tandis que sa mère la suspectait de préparer une attaque suicide dans une synagogue à Marseille, alors qu'une autre de 20 ans, native de Paris, projetait un scénario semblable à Disneyland avant d'être interpellée dans un hôtel tout proche.

 


11/09/2016
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le Progrès du jeudi 14 juillet 2016

 

 

DAESH - OMAR LE TCHÉTCHÈNE, L'UN DES PRINCIPAUX CHEFS DE L'EI, AURAIT ÉTÉ TUÉ EN IRAK

 

 

Omar al-Shishani dit "Omar le Tchétchène", l'un des commandants les plus en vue du groupe État islamique (EI), a été tué en Irak, a rapporté mercredi l'agence Amaq liée à cette organisation utlra-radicale. Citant "une source militaire", Amaq a rapporté qu'Omar al-Shishani avait été tué "dans la ville de Charqat alors qu'il participait (à la bataille) pour repousser la campagne militaire contre la ville de Mossoul", le bastion de l'EI dans le nord de l'Irak, Amaq n'a pas précisé quand Omar al-Shishani avait été tué mais sa mort, si elle est confirmée, est un nouveau coup porté à l'EI qui a subi plusieurs défaites depuis le début de l'année.

 

 

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15/07/2016
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le Progrès du mardi 17 mai 2016

 

 

SYRIE - VIDÉO. DAECH : DEUX ENFANTS FRANÇAIS BOURREAUX

 

Une nouvelle vidéo de Daech a été mise en ligne. Elle met largement en scène un enfant français, présenté comme le fils d'un djihadiste mort en Syrie. La vidéo aurait été mise en ligne par la section de Daech à Alep, selon le spécialiste Romain Caillet.

 

 

Intitulée "Sur les traces de mon père", cette vidéo d'environ 14 minutes est glaçante. Entre des chants religieux et des images de combattants, l'enfant y est largement interrogé. Il y fustige l'Occident : "On y apprend la mixité, la nudité, le non-respect, la mariage entre le même sexe". À propos de son quotidien en "terre du califat", il ajoute "On est l'espoir de cette communauté".

 

 

Menaces à l'égard de la France

 

Peu après, le garçon interrogé s'entraîne avec un autre à la Kalachnikov. Les cibles ? Des photos de dirigeants. Bachar al-Assad, Vladimir Poutine. Et François Hollande, évidemment. Enfin, le garçon et celui qui est son petit frère, selon Romain Caillet, sont mis en scène alors qu'ils exécutent deux espions supposés du régime syrien, d'une balle dans la tête. La vidéo contient de nombreuses menaces à l'égard de l'Occident, et de la France particulièrement.

 


18/05/2016
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Le Progrès du samedi 13 février 2016

 

 

PROCHE-ORIENT - Daech a déjà utilisé des armes chimiques. Daech a déjà utilisé à plusieurs reprises des armes chimiques sur le champ de bataille et peut fabriquer de petites quantités de chlorine et de gaz moutarde, a déclaré hier le directeur de la CIA John Brennan à la chaîne CBS. Interrogé sur la capacité des jihadistes à exporter ces agents chimiques pour une utilisation hors d'Irak ou de Syrie, John Brennan a répondu qu'il était possible que cela arrive.

 


13/02/2016
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