L'AIR DU TEMPS

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Franceinfo - le lundi 19 août 2019

 

 

Hong Kong : Trump met en garde Pékin sur les conséquences commerciales d'une répression violente

 

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

 

La répression par la force du mouvement de protestation ayant court dans le territoire semi-autonome rendrait la conclusion d'un accord commercial "très difficile", a déclaré le président américain

 

 

 

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Donald Trump lors d'une conférence de presse à Morristown, dans le New Jersey (Etats-Unis), le 18 août 2019. (NICHOLAS KAMM / AFP)

 

 

 

Les autorités chinoises sont prévenues. Donald Trump a lancé dimanche 18 août un avertissement à la Chine, assurant qu'une répression violente des manifestations de Hong Kong nuirait aux discussions sur un accord commercial sino-américain.

 

 

"Je pense qu'il serait très difficile de conclure un accord s'ils exercent de la violence, (...) si c'est une autre place Tiananmen", a déclaré le président américain à des journalistes alors que des centaines de milliers de manifestants pro-démocratie ont à nouveau défilé dimanche à Hong Kong."Je crois que ce serait très difficile à faire s'il y avait de la violence", a-t-il ajouté.

 

 

Depuis plus de deux mois, les manifestations se succèdent à Hong Kong et la Chine hausse le ton, faisant redouter à certains une répression comme celle de juin 1989. L'armée chinoise avait mis fin au mouvement pro-démocratie mené par des étudiants en faisant des centaines voire plus d'un millier de morts.

 

 

 

Appel à sortie de crise pacifique

Dans le cas où telle situation se répétait à Hong Kong, Donald Trump estime qu'il y aurait un "sentiment politique énorme", incitant à "ne rien faire" dans le domaine des négociations commerciales entre la Chine et les Etats-Unis."J'aimerais beaucoup voir cela résolu d'une manière humaine", a-t-il dit, appelant le président chinois Xi Jinping à négocier avec les contestataires.

 

 

John Bolton, conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump, avait déjà évoqué la répression de la place Tiananmen, lors d'un entretien à Voice of America diffusé jeudi.

 

 

"Les Chinois doivent faire très attention aux mesures qu'ils prennent, parce que les Américains se souviennent de la place Tiananmen", a-t-il déclaré. "Ils se souviennent de l'homme debout face à une file de tanks. Et ils se souviennent de la répression du gouvernement chinois en 1989. Ce serait une grosse erreur de créer de nouveaux souvenirs comme ceux-là à Hong Kong", a insisté M. Bolton.

 


19/08/2019
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Franceinfo - le vendredi 16 août 2019

 

 

L'article à lire pour comprendre la crise qui secoue Hong Kong depuis deux mois

 

 

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Camille CaldiniLouis SanFrance Télévisions
 

 

 

Né d'une opposition à un projet de loi spécifique, le mouvement de protestation contre la mainmise chinoise à Hong Kong ne faiblit pas et a élargi ses revendications, malgré l'ombre menaçante de Pékin

 

 

 

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Les forces de l'ordre tentent de disperser des manifestants pro-démocratie, à l'aéroport international de Hong Kong, le 13 août 2019. (TYRONE SIU / REUTERS)

 

 

 

Les grandes marches pacifiques ont laissé la place à de violents affrontements. Dans les rues de Hong Kong, les stations de métro, les halls de l'aéroport international... Des manifestants pro-démocratie, parfois violents, s'opposent aux forces de l'ordre qui n'hésitent pas à lancer des grenades lacrymogènes en tirs tendus et dans des espaces clos. 

 

 

Déclenché par un projet de loi prévoyant de faciliter les extraditions vers la Chine, le mouvement de contestation qui a saisi l'ancienne colonie britannique dure désormais depuis plus de deux mois. En face, les autorités hongkongaises ne cèdent pas et la répression est de plus en plus violente. De l'autre côté de la frontière, Pékin a déployé l'armée, signe que le gouvernement central prend ce conflit au sérieux. On vous explique la grave crise que traverse ce territoire, très particulier, depuis début juin.

 

 

 

C'est où, Hong Kong ?

Hong Kong, c'est un petit territoire de 1 100 km2 (un peu plus petit que le département du Val-d'Oise), au sud-est de l'immense Chine continentale. Comme Macao, Hong Kong dispose du statut de Région administrative spéciale (RAS) de la République populaire de Chine. C'est pourquoi on parle d'un territoire "semi-autonome".

 

 

Un territoire qui a sa propre loi fondamentale (équivalent d'une constitution) qui prévoit en principe des élections au suffrage universel et qui dispose de sa propre monnaie, le dollar hongkongais, indexé sur le dollar américain. Hong Kong possède également son propre système judiciaire, mais aucune indépendance en matière de diplomatie et défense.

 

 

 

 

 

 

 

Hong Kong tient ce statut de son histoire mouvementée. Incorporé à la Chine avant notre ère, il est occupé par les Anglais (qui conduisent aussi à gauche) au XIXe siècle. Pour les Britanniques, le "port aux parfums" est un comptoir maritime idéal en Extrême-Orient, ainsi qu'un point d'entrée vers le continent chinois, via la rivière des Perles (à l'Ouest), qui mène directement à Canton.

 

 

Dans les années 1980, alors que des territoires voisins de Hong Kong doivent être rendus à la Chine à l'expiration d'un bail de 99 ans, Londres et Pékin négocient le retour de la colonie dans le giron chinois. Le Royaume-Uni de Margaret Thatcher accepte de se retirer de Hong Kong. En échange, Pékin s'engage à respecter temporairement le système économique capitaliste qui y règne. C'est le principe "un pays, deux systèmes". Le 1er juillet 1997, Hong Kong est rétrocédé à la Chine sous ces termes, valables jusqu'en 2047.

 

 

 

Mais alors, qui dirige cette région ?

En théorie, Hong Kong dispose d'un pouvoir exécutif qui, si la loi fondamentale était respectée, devrait être élu au suffrage universel. Mais ce n'est pas le cas. A la tête de cette région semi-autonome et dans le viseur des manifestants, on trouve Carrie Lam, désignée en mars 2017 par un comité de grands électeurs, majoritairement fidèles à Pékin. Carrie Lam, 62 ans, est la première femme à occuper ce poste d'équilibriste, entre les intérêts des Hongkongais et la volonté de Pékin.

 

 

 

 

La cheffe du pouvoir exécutif de Hong Kong, Carrie Lam, passe devant des manifestants, devant son bureau, à Hong Kong, le 13 août 2019.

La cheffe du pouvoir exécutif de Hong Kong, Carrie Lam, passe devant des manifestants, devant son bureau, à Hong Kong, le 13 août 2019. (THOMAS PETER / REUTERS)


 

Née dans une famille humble du quartier de Wan Chai, elle a fréquenté une école catholique, avant d'étudier à l'université de Cambridge. Elle a ensuite fait carrière dans la fonction publique, avant d'entrer en politique, se révélant très loyale envers le gouvernement central chinois. Comme son prédécesseur, Carrie Lam est souvent qualifiée de "marionnette de Pékin" par ses détracteurs. Depuis le début de la crise, elle aurait plusieurs fois proposé de démissionner, mais "Pékin a refusé", selon les informations du Financial Times (en anglais).

 

 

 

Qu'est-ce qui a poussé les Hongkongais dans la rue ?

Hong Kong est le théâtre d'une forte agitation politique depuis une dizaine d'années. Certains Hongkongais ont le sentiment que l'accord de rétrocession n'est plus respecté. Ils accusent Pékin de rogner les libertés dont doit bénéficier le territoire jusqu'en 2047. A l'automne 2014, le cœur financier de Hong Kong avait été bloqué pendant plusieurs semaines par le "mouvement des parapluies", une vaste mobilisation en faveur de l'autodétermination et de la démocratie. Mais Pékin n'avait rien lâché. 

 

 

Depuis, de nombreux militants pro-démocratie ont été incarcérés ou empêchés de se présenter à des élections. En 2017, six députés issus des rangs de l'opposition ont été déchus de leur mandat : on leur reproche d'avoir manqué de respect à Chine en utilisant un ton, un rythme ou une prononciation "insinuant des doutes" lors de leur prestation de serment, explique RFI. En 2018, les autorités hongkongaises ont en outre interdit le parti indépendantiste HKNP, estimant qu'il "avait un objectif clair visant à faire de Hong Kong une république indépendante".

 

 

Fin avril, dans ce contexte déjà difficile, l'annonce d'un projet de loi devant permettre des extraditions vers la Chine continentale a mis le feu aux poudres. Ce texte prévoit que quiconque directement ou indirectement lié à une activité jugée criminelle par la Chine continentale (ce qui peut inclure des ONG, travailleurs sociaux, journalistes...) résidant ou étant de passage à Hong Kong, pourra être arrêté, extradé et jugé en Chine continentale.

 

 

>> Cinq questions sur la crise à Hong Kong

 

 

Or, les Hongkongais dénoncent une justice chinoise opaque et politisée. Ils craignent que les extradés soient la proie de détentions arbitraires, procès inéquitables ou subissent des séances de torture. "Personne ne sera en sécurité, y compris les activistes, les défenseurs des droits de l'Homme, les journalistes et travailleurs sociaux", s'est alarmé l'ONG Human Rights Watch dans un communiqué (en anglais).

 

 

 

Pourquoi cela dure autant ? 

Une semaine après la première manifestation monstre du 9 juin, Carrie Lam a annoncé la suspension de son projet de loi à l'origine de la contestation, espérant éteindre l'incendie. Sans effet. Entre-temps, la mobilisation a considérablement élargi ses revendications. Désormais, les manifestants remettent ouvertement en cause l'influence globale de Pékin à Hong Kong et dénoncent le recul de leurs libertés.

 

 

Cinq revendications émergent : le retrait du projet de loi et non sa simple suspension, le retrait de la qualification "d'émeutes" pour les manifestations du 12 juin, avec la création d'une commission d'enquête indépendante sur les accusations de violences policières, la libération sans poursuite des centaines de manifestants arrêtés, la mise en place du suffrage universel et la démission de Carrie Lam.

 

 

>> GRAND FORMAT : "Nous perdons nos libertés" : ces habitants de Hong Kong se battent pour préserver leur identité face à la Chine

 

 

"Si nos cinq revendications ne sont toujours pas entendues par Carrie Lam et son gouvernement, le Front civil des droits humains continuera à tenir des manifestations et des rassemblements", avertit Bonnie Leung, une des organisatrices du mouvement.

 

 

Carrie Lam résiste. "Je ne crois pas que nous devrions faire des concessions dans le but de faire taire les manifestants auteurs de violences", estime-t-elle, le 9 août. "La violence, que ce soit son utilisation ou son apologie, poussera Hong Kong sur un chemin sans retour et plongera la société hongkongaise vers une situation très inquiétante et dangereuse", ajoute-t-elle quelques jours plus tard. Bref, un dialogue de sourds s'est installé et la situation, dans l'impasse, dégénère.

 

 

 

Comment réagit Pékin ?

La Chine a d'abord fait l'autruche. Quand, le 9 juin, les organisateurs annoncent plus d'un million de manifestants dans les rues de Hong Kong, les médias chinois sont silencieux. L'agence officielle Chine nouvelle minimise l'événement, la télévision CCTV ne mentionne pas les manifestations et sur Weibo, le Twitter chinois, les recherches ne donnent aucun résultat à cause de la censure. Les médias chinois pensent ensuite trouver une parade : insister sur des manifestations de soutien au projet de loi, plutôt que sur celles des opposants. En vain.

 

 

Sur le terrain, Pékin garde encore ses distances. Quand le Parlement de Hong Kong a été envahi, le 1er juillet, les autorités chinoises condamnent seulement l'action d'un "petit nombre de radicaux". Le ton se fait plus sévère un mois plus tard. "Ceux qui jouent avec le feu périront par le feu", avertit, le 6 août, le porte-parole du Bureau des affaires de Hong Kong et Macao, Yang Guang. Les 13 et 14 août, Pékin change de vocabulaire, qualifiant les violences contre les policiers de "crimes graves" et de "premiers signes de terrorisme".

 

 

 

On sait qui sont les manifestants ?

Les premières manifestations de juin ont rassemblé jusqu'à deux millions de personnes, soit plus d'un quart de la population de Hong Kong (7,4 millions). "Cela montre que la mobilisation a touché tous les âges et toutes les classes sociales", analyse Philippe Le Corre, chercheur et spécialiste de la Chine et de Hong Kong. Si les jeunes représentent une part importante des manifestants, leurs aînés ont également suivi le mouvement à ses débuts. Des personnes âgées ont elles aussi défilé en faveur de la démocratie, tout comme des familles.

 

 

Ces dernières semaines, certains de ces manifestants ont durci leurs moyens d'action. "Il s'agit de jeunes prêts à en découdre, qui ont clairement expliqué que le pacifisme, cela ne fonctionne plus. C'est une nouveauté", explique Philippe Le Corre à franceinfo. "Des moyens plus radicaux sont pour eux la seule façon de médiatiser, d'internationaliser leur mouvement." Et de se faire entendre face au régime chinois. 

 

 

>> Profil, méthodes, revendications... Qui sont les manifestants pro-démocratie à Hong Kong ?

 

 

Une étude récente montre que les manifestants sont plutôt des jeunes, éduqués et très en colère. Sur les 6 688 personnes interrogées par des chercheurs de quatre universités de Hong Kong, près de la moitié (46%) sont des femmes et plus des trois quarts (77%) ont fait des études supérieures. Et la moitié ont moins de 30 ans.

 

 

Interrogés sur ce qui motivait leur engagement dans le mouvement pro-démocratie, 87% ont déclaré qu'ils voulaient que le projet de loi sur l'extradition soit retiré. Mais beaucoup ont aussi fait part de leurs griefs envers les forces de l'ordre : 95% se disent insatisfaits de la façon dont la police gère les manifestations et 92% réclament une commission d'enquête indépendante sur les violences policières.

 

 

 

Une flambée de violence est-elle à craindre ?

L'armée chinoise dispose d'une garnison de plusieurs milliers d'hommes sur le territoire de Hong Kong. Elle n'a pas vocation à entrer en action, sauf si les autorités locales le demandent. Et Pékin agite de plus en plus le spectre d'une intervention militaire. Début août, l'armée chinoise a diffusé une vidéo montrant un exercice de ses soldats occupés à réprimer une émeute sur le territoire semi-autonome. Quelques jours plus tard, plusieurs médias ont repris des images officielles de véhicules militaires chinois en entraînement à Shenzhen, aux portes de Hong Kong.

 

 

 

DW News ✔@dwnews
 

China's state media has released footage showing increased military buildup in Shenzhen, on the border with Hong Kong.

They say that this is a routine drill, though critics fear that this is a message to Hong Kong protesters.

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"La logique qui a conduit à la tragédie de 1989 est en train de se produire à Hong Kong trente ans après", s'inquiète sur franceinfo Lun Zhang, professeur chinois à la Maison des sciences et de l'homme à l'université de Cergy-Pontoise et chercheur en sociologie à l'EHESS, faisant référence à la répression de la place Tiananmen. "Les enjeux ne sont pas tout à fait les mêmes, la logique des affrontements l'est presque, avec, d'un côté, un pouvoir autoritaire, celui de Pékin, qui ne veut rien lâcher."

 

 

D'autres spécialistes sont plus mesurés. "Si on est réaliste, quels seraient les coûts d'une intervention militaire avec les tanks qui débarquent à Central et qui tirent...", s'interroge sur Arte, le 13 août, Jean-Philippe Béja, sinologue et chercheur émérite au CNRS. "C'est difficilement imaginable", pour lui. "Le mouvement à Hong Kong ne menace pas directement le pouvoir du Parti communiste sur l'ensemble de la Chine", commente-t-il.

 

 

"Une intervention militaire ou policière à Hong Kong semble très improbable", juge également auprès du Monde, l'ancien Premier ministre australien Kevin Rudd, président du think tank Asia Policy Institute. "Le scénario le plus vraisemblable est que Pékin, par sa non-réaction, va laisser le mouvement décliner", ajoute-t-il. Selon lui, "une intervention aurait des conséquences inconnues au niveau international et provoquerait l'isolement de la Chine".

 

 

 

Qu'en dit la communauté internationale ?

A l'étranger, on observe ce qui se passe à Hong Kong sans trop oser s'exprimer. "Le Parlement européen a fait un communiqué, mais on ne peut pas dire que la communauté internationale soit prête à affronter la Chine sur ce sujet", résume le chercheur Philippe Le Corre, auprès de franceinfo. Les commentaires sont en effet mesurés et discrets. 

 

 

Donald Trump, pourtant en plein bras de fer commercial avec la Chine, a d'abord estimé qu'il s'agissait d'une affaire interne. Le président américain a sobrement appelé à ce que "tout le monde" reste "calme et en sécurité". "J'espère qu'il y aura une solution pacifique" et que "personne ne sera tué", a-t-il ajouté. Le 14 août, finalement, le département d'Etat américain a fait part de préoccupation vis-à-vis des "mouvements paramilitaires chinois" à la frontière avec Hong Kong. "Nous condamnons la violence (...) mais restons déterminés dans notre soutien à la liberté d'expression et à la liberté de réunion pacifique à Hong Kong", poursuit le communiqué d'un porte-parole de la diplomatie américaine.

 

 

De son côté, le Royaume-Uni, en partie responsable du statut actuel de Hong Kong, est encore plus discret. Vendredi 9 août, le chef de la diplomatie britannique, Dominique Raab, a téléphoné à Carrie Lam pour lui demander une "enquête pleinement indépendante sur les événements récents", en référence à la répression musclée des manifestations contre le gouvernement. La Chine a immédiatement rétorqué à Londres de cesser ses "ingérences".

 

 

En France, pas un mot. Une vingtaine de députés LREM ont d'ailleurs signé une lettre ouverte dans laquelle ils fustigent le silence français. "Il est temps que la communauté internationale parle à la Chine"explique à franceinfo Jean-François Cesarini, député LREM du Vaucluse.

 

 

 

J'ai eu la flemme de tout lire. Vous pouvez me faire un petit résumé ?

Cela fait maintenant plus de deux mois que Hong Kong, ancienne colonie britannique et Région administrative spéciale (RAS) de la République populaire de Chine, est agité par d'immenses manifestations. Des centaines de milliers de Hongkongais réclament le retrait définitif d'un projet de loi qui faciliterait les extraditions vers la Chine continentale, l'instauration d'une véritable démocratie et la démission de la dirigeante de Hong Kong pro-Pékin, Carrie Lam. D'abord pacifique, le mouvement s'est durci sous l'impulsion de certains groupes organisés qui n'hésitent pas à affronter les forces de l'ordre, accusées de violence. Et si le pouvoir chinois a d'abord suivi les événements de loin, il qualifie désormais certains actes des manifestants de "terrorisme", faisant craindre à certains observateurs une intervention militaire.

 


16/08/2019
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Franceinfo - le mercredi 14 août 2019

 

 

Crise à Hong Kong : l'angoisse des ressortissants hongkongais installés en France, qui n'ont "jamais vu autant de violence"

 

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Sarah TuchschererfranceinfoRadio France

 

 

Alors que les manifestations s'enchaînent depuis plus de deux mois dans l'archipel, les Hongkongais de France suivent, déconcertés, le mouvement sur les réseaux sociaux

 

 

 

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Des manifestants, dans les rues de Hong Kong, le 11 août 2019. (EMILIO NAVAS / MAXPPP)

 

 

 

"Je suis très inquiète, je n'ai jamais vu autant de violence dans les rues de Hong Kong", raconte Joanna qui suit les manifestations dans son pays d'origine via les réseaux sociaux. Arrivée à Paris il y a dix ans, cette femme partage à distance l'angoisse de sa famille et de ses amis sur place. La plupart de ses proches soutient le mouvement pro-démocratie qui a commencé au début du mois de juin.

 

 

La violence, c'est aussi ce qui fait peur à Sony Chan, une autre ressortissante hongkongaise installée dans la capitale française. Elle défend ce soulèvement porté en grande partie par la jeune génération. "Mes amis, qui ont mon âge et qui ont participé aux rassemblements, n'ont jamais vu de violence de la part des jeunes", raconte l'humoriste qui a passé les dix premières années de sa vie à Hong Kong.

 

 

 

Un rassemblement de soutien aux manifestants organisé à Paris ?

Si la situation dégénère, c'est à cause de la police, selon Sony Chan. "Il y a une violence disproportionnée de la part des policiers. Une jeune fille a perdu un œil, de simples passants qui se trouvaient dans le quartier ont été arrêtés, violentés. C'est absolument inexplicable", juge la jeune femme qui s'interroge sur "le but de cette violence""Est-ce que c'est dans l'intérêt de Pékin de créer ce chaos ?", se demande-t-elle.

 

 

Face à cette situation, Sony Chan regrette l'attitude de la France, trop silencieuse à ses yeux : "Il ne faut pas oublier qu'en 1989, la France a été un des rares pays à accueillir des dissidents chinois. Voilà ce qui peut vraiment symboliser la fraternité, si chère à la France. J'ai l'impression qu'aujourd'hui, tout cela a disparu."

 

 

En 2014, au moment de la révolution des parapluies à Hong Kong, Joanna avait mobilisé la communauté hongkongaise de Paris, en appelant à manifester sur le Champ de Mars. Elle n'exclut pas de refaire la même chose dans les jours qui viennent.

 


14/08/2019
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Franceinfo - le samedi 10 août 2019 - mis à jour le 13.08.2019

 

 

"Nous devons devenir plus agressifs" : un jeune Hongkongais raconte comment il s'est radicalisé lors des manifestations

 

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Angélique ForgetfranceinfoRadio France

 

 

À 18 ans, Tony Chung est un militant très actif des manifestations pro-démocratie qui secouent Hong Kong. En deux mois, la position de ce jeune homme s'est durcie

 

 

 

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Un participant d'une manifestation pro-démocratie à Hong Kong le 5 août 2019 (image d'illustration). (ISAAC LAWRENCE / AFP)

 

 

 

Il était pacifique il y a deux mois. Aujourd'hui, Tony Chung se dit prêt à en découdre avec les autorités. Ce Hongkongais de 18 ans s'apprête à manifester pour le dixième week-end consécutif. Avec ses grosses lunettes rondes et son air d’enfant sage, on l'imagine mal en première ligne face à la police hongkongaise. Pourtant, tous les week-ends depuis deux mois, Tony descend dans la rue pour exprimer son opposition au gouvernement de Hong Kong, pro-Pékin, et réclamer plus de démocratie dans cette ancienne colonie britannique.

 

 

"Avant ce mouvement social, je ne faisais pas grand-chose le week-end,raconte ce jeune, je jouais aux jeux vidéo, je regardais des films et je dormais". Désormais, Tony raconte qu'il passe ses week-ends dans la rue, "en première ligne", avec un t-shirt et un pantalon noirs comme les autres manifestants, et un casque et un masque pour se protéger des gaz lacrymogènes. "J’y reste parfois 10 heures d’affilée, sans manger", explique-t-il.

 

 

 

400 manifestants interpellés

Pour Tony, la violence est un mal nécessaire. "Quand les manifestations ont commencé, nous étions très pacifiques, calmes et non violents, se souvient-il, le gouvernement ne nous a pas écoutés, même lorsque nous avons été deux millions dans la rue". Il poursuit : "nous devons devenir plus agressifs pour obliger les autorités à nous entendre".

 

 

Depuis le début des manifestations, plus de 400 personnes ont été arrêtées par la police. Ces interpellations n'entament pas les convictions du jeune hongkongais, "je sais qu’un jour, je pourrais être arrêté ou même blessé par des tirs de police". Tony Chung raconte que les forces de l'ordre tirent des balles en plastique, "si elles vous arrivent sur le crâne, vous pouvez en mourir". Il se demande souvent pourquoi il va en première ligne, mais il explique qu'il veut "donner [son] maximum"

 

 

 

Le mouvement se durcit

Aujourd'hui, même la possibilité d'une intervention de l'armée chinoise ne lui fait pas peur. "Je suis sûr qu'ils n'enverraient pas les chars comme à Tian'anmen, se convainc-t-il, je pense qu’ils enverraient surtout des hommes qui rejoindraient les forces de police et qui se montreraient plus brutaux." À Hong Kong, tous les manifestants savent qu'une inculpation pour émeutes est passible de dix ans de prison.

 


13/08/2019
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Franceinfo - le mardi 13 août 2019

 

 

Manifestations à Hong Kong : l'aéroport a rouvert mais plus de 200 vols restent annulés

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

Lundi, quelque 5 000 manifestants, selon la police, avaient entrepris un sit-in pacifique dans le terminal principal pour sensibiliser les voyageurs à leur cause

 

 

 

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Des passants à l'aéroport de Hong Kong, le 13 août 2019.  (PHILIP FONG / AFP)

 

 

 

Le trafic a repris à l'aéroport de Hong Kong, mardi 13 août, au lendemain du sit-in géant des manifestants pro-démocratie qui a paralysé le trafic. L'activité de l'aéroport reste encore perturbée avec au moins 200 vols annulés pour la seule compagnie honkongaise Cathay Pacific. Celle-ci a demandé à ses voyageurs de reporter tout déplacement non-essentiel.

 

 

Lundi, quelque 5 000 manifestants, selon la police, ont entrepris un sit-in pacifique dans le terminal principal pour sensibiliser les voyageurs à leur cause. Les manifestants sont peu à peu repartis dans le courant de la nuit sans intervention de la police.

 

 

Seule une poignée d'entre eux étaient encore présents mardi matin dans l'aérogare, nettoyée de toutes les banderoles et pancartes mais pas encore des graffitis sur les murs. De nombreux protestataires ont par ailleurs assuré qu'ils reviendraient dans l'aéroport au cours de l'après-midi. Tous réclament la démission de la cheffe du gouvernement local, Carrie Lam, jugée trop dépendante de Pékin, et la protection des libertés et de l'autonomie dont jouit Hong Kong depuis sa rétrocession à la Chine en 1997.

 


13/08/2019
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Franceinfo - le jeudi 8 août 2019

 

 

Hong Kong : pointeurs laser, cônes de chantier ou tickets de métro... Les astuces des manifestants pour faire face à la police

 

 

 

 

La mégapole traverse sa plus grave crise politique depuis sa rétrocession à la Chine en 1997. Depuis le début des manifestations, il y a deux mois, certains protestataires ont recours à diverses techniques pour parasiter les moyens déployés par les forces de l'ordre

 

 

 

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Des manifestants recouvrent une bombe de gaz lacrymogène avec un cône de chantier lors d'affrontements avec les forces de l'ordre, le 28 juillet 2019 à Hong Kong. (ANTHONY WALLACE / AFP)

 

 

 

Hong Kong, des centaines de personnes se sont rassemblées, mercredi 7 août dans la soirée, afin d'agiter des pointeurs laser sur le dôme du musée de l'espace. Depuis le début de la contestation, il y a deux mois, ces faisceaux de lumière sont de plus en plus utilisés par les manifestants lors des face-à-face avec les forces de l'ordre, car ils permettent de perturber les caméras de surveillance et les dispositifs de reconnaissance faciale. Plus généralement, les manifestants ne manquent pas d'idées pour déjouer l'arsenal policier.

 

 

 

Les lasers pour perturber la vidéosurveillance

L'usage des lasers est à ce point répandue qu'un étudiant a été arrêté mardi dernier pour possession d'une "arme offensive" car il avait dix pointeurs sur lui. Cette interpellation avait provoqué une manifestation devant un commissariat, ensuite dispersée à coups de grenades lacrymogènes. Lors d'une conférence de presse, les forces de l'ordre ont ensuite dénoncé la dangerosité supposée de ces stylets, en pointant un laser sur un journal à une distance d'un mètre, jusqu'à l'apparition d'une fumée.

 

 

Les manifestants, pour leur part, ont accueilli avec ironie cette démonstration et multiplié les tentatives pour allumer des objets à l'aide de leurs pointeurs, avant de comptabiliser "d'innombrables" échecs.

 

 

 

Parapluies, cônes de chantier et bouteilles d'eau

Lors des manifestations, certains manifestants tentent de se protéger des tirs de gaz lacrymogène retranchés derrière des parapluies, quand d'autres déploient même des valises. Cette technique avait déjà été éprouvée lors des grandes manifestations de 2014. La contestation, à l'époque, avait d'ailleurs pris le nom de "révolution des parapluies".

 

 

 

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Des manifestants se protègent des gaz avec des parapluies et des valises, le 5 août 2019 à Hong Kong. (ISAAC LAWRENCE / AFP)

 

 

 

Plus étonnant encore, certains protestataires casqués et équipés d'un masque se sont fait une spécialité de recouvrir les bombes lacrymogènes avec un cône de chantier en plastique, afin de contenir les effluves dans cette petite cheminée ouverte par le haut. Ensuite, ils y versent le contenu d'une bouteille de l'eau.

 

 

Des tickets de métro à usage unique

Les manifestants ont récemment bloqué le métro lors d'une action coup de poing menée dans le cadre d'une grève générale. La veille, certains avaient scotché des tickets à usage unique sur les distributeurs automatiques, car ces coupons ne permettent pas de remonter jusqu'à l'identité de l'usager. Des sacs de vêtements étaient également posés sur les appareils, selon un écrivain basé à Hong Kong, afin de permettre aux bloqueurs de changer rapidement d'apparence. Plus généralement, certains usagers préfèrent désormais éviter d'utiliser leur carte de transports classique afin que les autorités ne puissent pas retracer leur parcours.

 


08/08/2019
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Franceinfo - le lundi 5 août 2019

 

 

A Hong Kong, après le blocage des transports en commun, le début des manifestations

 

 

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Un appel à la grève générale et la mobilisation de nombreux contestataires poursuivent les actions du week-end, marqué par de grandes mobilisations, et visent à accroître la pression sur les autorités pro-Pékin

 

 

 

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Des manifestants lors de la grève générale à Hong Kong, le 5 août 2019.  (ISAAC LAWRENCE / AFP)

 

 

 

CE QU'IL FAUT SAVOIR

 

 

La tension ne cesse de grimper à Hong Kong. Lundi 5 août, des manifestations ont débuté alors que des opérations de blocage du métro hongkongais étaient en cours et qu'un appel à la grève générale a été lancé. La mégapole, qui traverse sa plus grave crise politique depuis sa rétrocession en 1997 par Londres, a déjà vécu deux mois de manifestations, de plus en plus souvent suivies d'affrontements entre des petits groupes radicaux et les forces de l'ordre. Suivez cette journée dans notre direct.

 

 

La cheffe de l'exécutif hongkongais pro-Pékin, Carrie Lam, est sortie de sa réserve lors d'une rare conférence de presse pour accuser les protestataires de "détruire" la vie des Hongkongais. Elle a également déclaré que les récentes manifestations entraînent la ville au bord d'une "situation extrêmement dangereuse". Les manifestants ont, à plusieurs reprises, réclamé sa démission. 

 

 

Plus de 100 vols ont été annulés à l'aéroport de Hong Kong, l'un des plus actifs au monde, alors que les autorités du transport aérien mettaient les passagers en garde contre de possibles perturbations.

 

 

Deux mois de tensions. C'est un projet de loi controversé, lié à l'autorisation des extraditions vers la Chine qui a mis le feu aux poudres. Le texte a depuis été suspendu, mais le mouvement de contestation s'est élargi à des revendications en matière de démocratie et à la dénonciation d'un recul des libertés à Hong Kong. 

 


05/08/2019
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Franceinfo - le jeudi 1er août 2019

 

 

L'armée chinoise met en garde les manifestants à Hong Kong dans une vidéo de propagande

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

Ce clip comporte notamment une séquence d'exercice antiémeute dans lequel des soldats lourdement équipés dispersent une foule de manifestants

 

 

 

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Capture d'écran de la vidéo diffusée par l'Armée populaire de libération (APL) mercredi 31 juillet. (HANDOUT / CHINA'S PEOPLE'S LIBERATION ARMY / AFP)

 

 

 

Démonstration de force. L'armée chinoise a diffusé, mercredi 31 juillet, une vidéo mettant en garde les manifestants contestataires à Hong Kong, alors que son commandant sur place dénonçait des violences "intolérables". Pendant trois minutes, des chars, des hélicoptères et des lance-missiles en action se relaient, puis des forces spéciales s'adonnent à un exercice antiterroriste. Mais surtout, les images comportent un exercice antiémeute dans lequel des soldats lourdement équipés dispersent une foule de manifestants. "Toutes les conséquences sont à vos risques et périls", avertit un militaire par haut-parleur.

 

 

Les soldats, en rangs serrés, le pas synchronisé, sont équipés de casques, de boucliers et de matraques. On les voit dérouler des rouleaux de barbelés et tirer ce qui ressemble à des grenades lacrymogènes. Une banderole rouge met en garde l'opposition : "Avertissement : cessez de charger ou nous utilisons la force !" A la fin de la vidéo, des soldats escortent des manifestants, mains liées derrière le dos, en direction de zones décrites par des panneaux comme des "lieux de détention".

 

 

 

Vers une intervention de l'armée à Hong Kong ?

Le même jour, des dizaines de personnes étaient présentées à la justice, accusées d'avoir participé à des "émeutes" lors des manifestations du week-end dernier. L'ancienne colonie britannique, retournée à la Chine en 1997, est sous tension depuis début juin à la suite de manifestations colossales contre un projet de loi qui aurait autorisé les extraditions en direction de la Chine continentale.

 

 

Le projet a finalement été retiré, mais la constestation s'est muée en un mouvement pro-démocratiePékin a jusqu'à présent laissé l'exécutif local gérer la contestation. L'armée chinoise pourrait cependant être déployée dans les rues de Hong Kong en cas de demande des autorités locales à des fins de maintien de "l'ordre public", comme l'a rappelé le gouvernement.

 


03/08/2019
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Franceinfo - le dimanche 28 juillet 2019

 

 

GRAND FORMAT. "NOUS PERDONS NOS LIBERTÉS" : CES HABITANTS DE HONG KONG SE BATTENT POUR PRÉSERVER LEUR IDENTITÉ FACE À LA CHINE

 

 

 

 

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"Sous les feux du soleil, on apercevait un hérissement gigantesque de murs et de toits, une masse d'édifices compacte et soudée comme un bloc. Cette île était Hong Kong." Soixante ans plus tard, les mots de Joseph Kessel dans Hong Kong et Macao écrits en 1957 résonnent encore dans cette ville bouillonnante, où le temps ne semble jamais s’arrêter. Certes, les jonques de pêcheurs qui voguaient autrefois le long de la rivière des Perles ont disparu au profit des ferries touristiques et les rangées de gratte-ciels à l’architecture parfois délirante cachent désormais les anciens bâtiments coloniaux... Mais le romancier français avait vu juste : "Pourquoi, au milieu de tant d'autres, Hong Kong a-t-elle cet aspect, ce destin prodigieux ?"

 

 

Rétrocédée à la Chine en 1997 après avoir été une colonie britannique pendant cent cinquante-cinq ans, Hong Kong est un territoire unique. Régie selon le principe "d’un pays, deux systèmes", la ville aux 7,4 millions d’habitants possède son propre gouvernement, sa propre monnaie et rédige ses lois. Ses langues officielles sont le cantonais et l’anglais. Toutefois, cette identité inclassable est de plus en plus menacée par Pékin, dont la mainmise inquiète les habitants. Cinq ans après le mouvement des Parapluies en 2014, les Hongkongais redescendent dans la rue pour demander le retrait définitif d'un projet de loi qui faciliterait les extraditions vers la Chine continentale et l’instauration de la démocratie. Plongée au cœur d'un territoire à l'identité unique. 

 

 

 

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Issac Chung dans les locaux de Demosisto à Hong Kong, le 17 juillet 2019. (ELISE LAMBERT / FRANCEINFO)

 

 

 

"LA JEUNESSE PERD ESPOIR"

C’est devenu une habitude. Depuis un mois, lorsque Isaac Chung passe un coup de téléphone, le son change brusquement au milieu de la conversation. "C’est assez identifiable, on entend comme un écho lointain et une sorte de respiration, décrit l’étudiant de 19 ans à l’allure sage. C’est le gouvernement qui m’écoute", certifie-t-il sans ciller derrière ses fines lunettes, debout dans les locaux de Demosisto, une organisation politique pro-démocratie créée par la jeunesse hongkongaise à la suite du mouvement des Parapluies de 2014. Pendant 79 jours, des centaines de contestataires, principalement des jeunes, avaient occupé Central, un quartier de Hong Kong, pour demander l’instauration du suffrage universel. En vain.

 

 

Depuis qu’il a repris la vice-présidence de Demosisto il y a deux mois, Isaac Chung se dit fréquemment écouté, observé. Pour le retrouver, il faut d’ailleurs suivre des indications précises : le local du mouvement est caché au 21e étage d’une vieille tour désaffectée de Kwai Hing, un quartier résidentiel autrefois rempli d’usines, mais aujourd'hui délocalisées en Chine continentale pour la main d’œuvre moins chère.

 

 

 

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Issac Chung sur son ordinateur à Hong Kong, le 17 juillet 2019. (ELISE LAMBERT / FRANCEINFO)

 

 

 

A observer le désordre qui règne dans la pièce d’une vingtaine de mètres carrés, on devine que ces dernières semaines ont été agitées. Sur les étagères, des ouvrages politiques – comme le classique 1984 de George Orwell – s’entassent derrière des cartons remplis de haut-parleurs, de parapluies, de casques de chantier, de masques de piscine et de gilets fluo.

 

 

Une dizaine de planches de natation encore emballées dans du plastique ont été entreposées dans un charriot. Elles sont utilisées comme boucliers pour se protéger des balles en caoutchouc tirées par la police. "Ces dernières semaines, la police a fait preuve d’une violence inédite envers les manifestants. Une dizaine de personnes ont été arrêtées et accusées d’émeute. Elles risquent jusqu’à dix ans de prison", déplore-t-il.

Rien ne prédestinait Isaac Chung à un tel engagement politique. "Mes parents sont pro-Pékin. Donc, je l’étais naturellement quand j’étais plus jeune, étaye-t-il en pianotant sur son ordinateur bardé de stickers anti-gouvernement. Dans les familles chinoises traditionnelles, on estime qu’obéir à son pays c'est comme obéir à sa famille", reprend l'étudiant en sociologie. "Pays" se prononce d'ailleurs "kwok ka" en cantonais, une alliance des mots "nation" et "famille". "Mes parents estiment que c’est le pays qui nous permet de vivre et qu'il ne faut pas remettre en cause son autorité", reprend Isaac Chung, le visage fermé.

 

 

 

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Une pile de livres dans les locaux du mouvement pro-démocratique Demosisto, le 17 juillet 2019 à Hong Kong. (ELISE LAMBERT / FRANCEINFO)

 

 

 

On se dispute très souvent avec mes parents, notamment sur la légitimité de la violence lors des manifestations. Moi, je pense que c'est une façon d'exprimer ses revendications, mes parents pensent que ça détruit l'ordre du pays.

Isaac Chung, vice-président de l'organisation pro-démocratie Demosisto.

 

 

 

Comme de nombreux habitants nés après la rétrocession de 1997, l’engagement politique d’Isaac Chung a débuté en 2014 avec le mouvement des Parapluies. "Jusqu’ici, les Hongkongais s’intéressaient peu à la politique et pensaient surtout à leur réussite sociale et économique. Mais en occupant les rues, une réelle conscience politique est née, analyse-t-il. C’était merveilleux, le paradis, tout le monde s’aidait."

 

 

Aujourd’hui, la mobilisation agrège une multitude de griefs. "Beaucoup de jeunes en ont marre de subir cette immense pression sur leur scolarité. Tout est joué d’avance : tu as beau travailler très dur, tout dépend de l'établissement où tu étudies", confie Isaac, désabusé. Les élèves sont parfois obligés d'apprendre à lire dès l'âge de 2 ans pour espérer ensuite intégrer les meilleures écoles maternelles. Les lycées sont, quant à eux, classés en trois catégories, le premier groupe étant réservé aux élèves les plus doués, tandis que le troisième regroupe les élèves présentant des difficultés d’apprentissage.

 

 

Résultat, si Hong Kong est l'un des territoires les plus riches d’Asie, les inégalités y sont criantes. En 2017, le coefficient de Gini – qui mesure les inégalités au sein d’une population – indiquait que les revenus des 10% de foyers les plus riches étaient 44 fois plus élevés que ceux des 10% de foyers les plus pauvres. Selon un indice du bonheur mesuré par deux universités de Hong Kong la même année, la jeunesse actuelle est la plus malheureuse depuis une décennie, surtout chez les moins de 29 ans, et le taux de suicide est alarmant, relate le South China Morning Post (article en anglais). 

 

 

 

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Issac Chung range des masques de plongée dans un local à Hong Kong, le 17 juillet 2019. (ELISE LAMBERT / FRANCEINFO)

 

 

 

"La plupart d’entre nous ont eu la chance de bénéficier de la réussite de nos parents. Mais aujourd’hui, on veut développer nos propres intérêts : l’art, la littérature... reprend-il. Cette situation est aggravée par l'empiètement de Pékin sur nos libertés. La jeunesse hongkongaise perd espoir." En 2012 notamment, Pékin avait voulu imposer à l’école primaire des cours d’"éducation patriotique", un "lavage de cerveau" pour Isaac, qui avait conduit à une intense mobilisation de la part des jeunes et au retrait du projet. 

 

 

Pour l'étudiant, le changement passe d'abord par la refonte du système politique, qu'il juge inféodé à Pékin. Le chef de l'exécutif est ainsi élu par un comité de 1 200 membres appelé "le Petit Cercle", directement choisis par Pékin et chaque député élu au Conseil législatif doit prêter allégeance au pouvoir central. En 2016, des députés pro-démocratie avaient été destitués, car ils avaient refusé de prononcer correctement ce serment.

 

 

"De toutes façons, mon futur est fichu, reprend Isaac Chung dans un soupir. Comme je me bats pour la démocratie, je suis fiché. Mais je crois que si tu as des valeurs, alors il faut te battre pour elles. Il s'agit de notre futur à tous."

 

 

 

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La famille Cheung dans son logement à Sham Shui Po à Hong Kong, le 19 juillet 2019. (ELISE LAMBERT / FRANCEINFO)

 

 

 

"JE RÊVE D'AVOIR MON PROPRE APPARTEMENT"

Le combat quotidien de la famille Cheung n'est pas celui de la démocratie, et pourtant, à Hong Kong, il est tout aussi politique. Depuis un an, Cheung Ho Mei Ying, son mari et sa fille habitent dans une pièce de 9 mètres carrés au huitième étage d'un immeuble délabré du quartier de Sham Shui Po, au nord de la péninsule de Kowloon. Ce district, l'un des plus pauvres de Hong Kong, est habité essentiellement par la classe ouvrière, des personnes âgées démunies, et ceux que les locaux appellent les "nouveaux immigrants", des ruraux venus de Chine continentale à la recherche d'un travail et d'une vie meilleure.

 

 

"C'est très petit et inconfortable, mais on ne peut pas se payer autre chose", murmure Cheung Ho Mei Ying, mère de 33 ans, en essayant de déplier des chaises. Dans la pièce exiguë et tout en longueur, une seule personne peut s'asseoir à la fois. Les autres doivent rester debout ou se caler sur le lit superposé qui occupe presque la totalité de l'espace. Cheung Ho Mei Ying et son mari, Cheung Hing, occupent le lit du bas tandis que leur fille de 12 ans Cheung Hou Ying dort, joue et fait ses devoirs dans le couchage du haut.

 

 

 

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L'entrée de l'immeuble de l'appartement de la famille Cheung, à Hong Kong, le 19 juillet 2019. (ELISE LAMBERT / FRANCEINFO)

 

 

 

En ce mois de juillet, la chaleur est étouffante dans la pièce éclairée par la lumière froide des néons. Une odeur de renfermé mélangée à des vapeurs de nourriture remplit les narines. Sur une étagère, un ventilateur projette une brise tiède qui peine à sécher les vêtements accrochés aux barreaux du lit.

 

 

Comme près de 210 000 Hongkongais, la famille Cheung habite dans un appartement "subdivisé", en réalité la cuisine, le salon ou la salle de bain d'un appartement transformé en logement individuel par des propriétaires peu scrupuleux. A Hong Kong, il n'existe aucune loi qui définisse un minimum de surface louable. Ces micrologements abondent et coûtent en général moins de 150 euros par mois (un peu plus de 1 300 dollars hongkongais), une pacotille comparée à la médiane des loyers hongkongais estimée à 2 000 euros par mois, précise le South China Morning Post (article en anglais). La métropole est classée troisième ville la plus chère du monde en termes de loyers, derrière Tokyo et Moscou, et le logement est un problème endémique.

 

 

 

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La cuisine et les toilettes de la famille Cheung à Hong Kong, le 19 juillet 2019. (ELISE LAMBERT / FRANCEINFO)

 

 

 

Le loyer des Cheung est encore plus cher. "On paye 3 200 dollars hongkongais [environ 367 euros], mais c'est sans compter l'électricité, l'eau et les taxes diverses, reprend Cheung Ho Mei Ying en comptant sur ses doigts. Une fois qu'on a payé tout ça, il ne nous reste quasiment rien." Debout derrière elle, son mari, au chômage, acquiesce de la tête, le regard fixé vers le sol.

 

 

La famille Cheung fait partie des milliers d'habitants qui survivent à Hong Kong. Femme de ménage dans des entreprises de construction, Cheung Ho Mei Ying a quitté en 2013 la région de Guandgong, dans le sud de la Chine, pour venir s'occuper de son père malade à Hong Kong. L'homme vivait dans un appartement aussi petit que le sien et elle ne pouvait pas se permettre de partager son habitation. Avec un salaire de 1 490 euros, "dans le meilleur des cas", la jeune femme a donc dû se résoudre à louer cette pièce sordide avec sa famille.

 

 

 

Il fait toujours terriblement chaud, le ventilateur n'aère pas toute la pièce et avec l'humidité, on a du mal à respirer et on tombe malade.

Cheung Ho Mei Ying

 

 

 

Depuis, chaque jour est une épreuve dont les moindres détails sont réglés. La plupart du temps, les Cheung restent dehors, malgré le tournis provoqué par l'animation du quartier, les klaxons des voitures et les lumières incessantes. "Au moins, on a de l'espace et il fait moins chaud", reprend Cheung Ho Mei Ying, en passant la main sur son visage abîmé par de multiples brûlures. Mais à chaque repas, il faut remonter à pied les huit étages de l'immeuble, car manger à l'extérieur coûte trop cher. "C'est vraiment le plus épuisant, soupire-t-elle. Je rêve d'avoir mon propre appartement un jour."

 

 

 

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Cheung Ho Mei Ying dans son logement à Hong Kong, le 19 juillet 2019. (ELISE LAMBERT / FRANCEINFO)

 

 

 

Dans un an, la famille Cheung pourra enfin postuler à un logement social. Seules les personnes ayant vécu au moins sept ans à Hong Kong peuvent en faire la demande, mais le temps d'attente est de quatre ans en moyenne, selon des statistiques officielles. Une durée qui s'explique par le peu de terrains constructibles disponibles et le manque d'engagement de l'Etat. En attendant, la famille est aidée par une association. Elle donne notamment des cours à Cheung Hou Ying, qui doit rentrer au collège en septembre. "Je pense surtout à l'avenir de ma fille, confie Cheung Ho Mei Ying en regardant l'adolescente silencieuse. J'aimerais qu'elle puisse étudier et réussir à l'université. Mais comment y parvenir dans ces conditions ?"

 

 

 

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Jimmy Pang au Book Fair de Hong Kong le 19 juillet 2019. (ELISE LAMBERT / FRANCEINFO)

 

 

 

"EN CHINE, CE LIVRE NE POURRAIT PAS ÊTRE VENDU"

Jimmy Pang a installé sa maison d'édition à deux stations de métro de la famille Cheung, dans le vibrant quartier de Mong Kok, aussi connu pour être l'un des coins les plus densément peuplés de la planète avec en moyenne près de 130 000 personnes au kilomètre carré. Dans ces rues bruyantes et poisseuses, des enfilades d'immeubles gigantesques côtoient des centres commerciaux surclimatisés, des restaurants, discothèques, salons de massage et divertissements en tout genre. C'est dans ce décor fiévreux que des cinéastes hongkongais – Wilson Chin, Derek Yee – ont filmé leurs personnages de mafieux régnant sur le monde de la nuit.

 

 

Editeur indépendant et critique culturel de renom, Jimmy Pang, 63 ans, est un anti-conformiste qui se bat pour préserver la singularité de Hong Kong. "Pékin essaye de faire disparaître tout ce qui constitue notre identité : notre langue, nos livres, nos lois", dénonce-t-il, assis derrière son stand lors de l'annuel Salon du livre de Hong Kong. "Vous voyez ce livre ?, interroge-t-il en montrant un album blanc intitulé Révolution. Il est considéré comme 'sensible', car il traite de révolutions à travers le monde, en Inde, à Singapour... En Chine, il ne pourrait pas être vendu à cause de la censure et pourtant, il s'agit simplement d'histoire !", se désole-t-il en remettant en place ses lunettes carrées.

 

 

 

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Jimmy Pang, éditeur et critique culturel, au Salon du livre à Hong Kong, le 19 juillet 2019. (ELISE LAMBERT / FRANCEINFO)

 

 

 

Vêtu d'une légère chemisette à fleurs, la silhouette longiligne, Jimmy Pang fait partie des rares éditeurs indépendants à encore publier des livres jugés nuisibles par le pouvoir central. Sa maison d'édition Subculture imprime chaque année vingt ouvrages traitant de politique, d'histoire, de sous-culture et de linguistique. "Ce n'est pas beaucoup. Au début des années 2000, j'en publiais trois fois plus !", précise-t-il en déplaçant une pile de livres sur une autre.

 

 

Mais depuis la rétrocession en 1997, l'intellectuel observe avec tristesse le lent délitement de la culture hongkongaise, étouffée par la pression de plus en plus concrète de Pékin. "Avant ça, la culture à Hong Kong était florissante, c'était l'âge d'or, se rappelle-t-il. Dans les années 1980-1990, il existait une totale liberté d'expression et une créativité incroyable, c'était la meilleure époque !, décrit-il avec entrain. C'est à cette époque que la cantopop ou HK-pop, émerge, une musique populaire portée par les ballades romantiques du groupe Beyond et les voix mélancoliques d'Alan Tam et Anita Mui.

 

 

"Le cinéma hongkongais était à son apogée, en plein boom", reprend l'éditeur. Les cinéastes comme John Woo ou Johnnie To rencontrent un succès mondial avec leurs films sur les gangsters des triades, tandis que Jackie Chan popularise le kung-fu dans Le Maître chinois (1978) ou Le Flic de Hong Kong (1985). "C'est aussi avant 1997 qu'une seconde génération de cinéastes, plus alternatifs, est née, dont Wong Kar-wai fait partie, précise-t-il.

 

 

 

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Le livre "Révolution" de Jimmy Pang exposé au Salon du livre de Hong Kong, le 19 juillet 2019. (ELISE LAMBERT / FRANCEINFO)

 

 

 

Et puis, lentement, après la rétrocession, "Pékin a commencé à empiéter de plus en plus sur nos libertés", reprend Jimmy Pang d'une voix ferme. Le pouvoir communiste instaure en 1998 le mandarin comme sujet d'étude dans les écoles et fait savoir qu'il souhaite que le putonghua (mandarin standard) devienne la langue officielle de l'enseignement. Aujourd'hui, 70% des écoles primaires et 25% des écoles secondaires à Hong Kong utilisent le mandarin en cours, relate BBC News (en anglais).

 

 

"Sauf que le cantonais est notre langue, pas le mandarin, assène Jimmy Pang. C'est notre héritage, c'est dans cette langue que nos ancêtres ont écrit leurs poèmes et les récits qu'ils nous ont transmis, affirme-t-il. S'attaquer au cantonais, c'est s'attaquer à notre culture." 

 

 

 

"Pékin est une dictature qui veut tout contrôler. Et contrôler le language, c'est contrôler les esprits et notre capacité à critiquer."

Jimmy Pang, éditeur et critique culturel.

 

 

 

Autre inquiétude, le rachat de nombreuses librairies par des investisseurs chinois provoquant la disparition progressive des petites enseignes, qui vendent les livres édités par Jimmy Pang. Les ouvrages traitant de sujets interdits par Pékin comme l'indépendance de Hong Kong ou de Taiwan, le localisme ou la révolte de Tiananmen ont désormais disparu des rayons.

 

 

"En trente-cinq ans de carrière, aucun officiel chinois n'est venu me voir, nuance Jimmy Pang. Mais il existe une réelle pression économique, atteste l'éditeur. C'est devenu si dur de faire ce métier. Si vous êtes indépendant, vous devez réfléchir à chaque livre que vous imprimez. Est-ce que le sujet est sensible pour Pékin ? Est-ce qu'il va vous faire perdre de l'argent ?", interroge-t-il entre deux annonces au micro au public.

 

 

 

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Jimmy Pang et le réalisateur Lau Tin Chi à Hong Kong, le 19 juillet 2019. (ELISE LAMBERT / FRANCEINFO)

 

 

 

En 2015, la disparition "mystérieuse" de cinq libraires de Causeway Bay a aggravé la situation. Les cinq hommes vendaient des livres sur la vie privée d'officiels chinois, comme Xi Jinping. Ils ont subitement réapparu en Chine quelques jours plus tard, Pékin affirmant qu'ils étaient impliqués dans des "activités illégales""Depuis, les éditeurs n'osent plus imprimer des livres qui déplaisent à Pékin, ils ne veulent pas se mettre en danger, déplore Jimmy Pang. Malgré la menace, l'éditeur ne compte pas s'arrêter là. L'article 27 de la Constitution hongkongaise garantit en effet "la liberté d'expression, de presse et de publication". Il fait une pause, puis glisse avec malice : "Cette loi me protège. Donc jusqu'ici, je n'ai rien fait d'illégal, non ?" 

 

 

 

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Ivy Lai à Hong Kong, le 17 juillet 2019. (ELISE LAMBERT / FRANCEINFO)

 

 

 

"NOTRE VIE ÉTAIT MEILLEURE SOUS LA GOUVERNANCE BRITANNIQUE"

Jusqu'ici, Ivy Lai s'est toujours sentie hongkongaise. Mais aujourd'hui, cette retraitée ne sait plus trop ce que ça veut dire. Née dans le quartier de Sham Shui Po en 1951, elle porte un regard désenchanté sur sa ville. Des fastueuses décennies 1980 et 1990, caractérisées par l'émulation culturelle et le développement, elle ne garde que des souvenirs doux-amer. "Il n'y a jamais eu de démocratie à Hong Kong, c'est vrai, lance-t-elle, assise sur une chaise en plastique dans son petit appartement aux murs verts. Mais avant la rétrocession, sous la gouvernance britannique, nous étions beaucoup plus libres qu'aujourd'hui et notre vie était meilleure", affirme-t-elle le regard triste.

 

 

Depuis quarante ans, cette Hongkongaise aux cheveux bleus et aux bras parsemés de tatouages fleuris vit avec son mari dans un petit logement social situé dans une tour du quartier de Sha Tin. Un deux-pièces d'une vingtaine de mètres carrés où elle a entreposé toute sa vie : des rangées de bibelots à l'effigie de la famille royale britannique, des petites fioles d'alcool, des parfums miniatures et des vases un brin kitsch. Et puis surtout, des piles d'archives du 1er juillet 1997, ce jour historique où Hong Kong a été rétrocédé à Pékin, après avoir été pendant cent cinquante-cinq ans sous drapeau britannique.

 

 

 

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Des archives de journaux du jour de la rétrocession de Hong Kong à la Chine, dans l'appartement d'Ivy Lai, le 17 juillet 2019. (ELISE LAMBERT / FRANCEINFO)

 

 

 

"Je me souviens parfaitement de ce moment. Dans la soirée du 30 juin, je me suis rendue à une manifestation pro-démocratique pour demander la libération d'opposants au régime de Pékin, raconte-t-elle en montrant des journaux imprimés le lendemain. Puis, à minuit, je suis rentrée chez moi pour regarder la cérémonie." Le retour à la mère patrie est célébré en grande pompe et retransmis dans le monde entier. Devant le prince Charles, héritier de la couronne britannique, et le Premier ministre chinois, Li Peng, le dernier gouverneur britannique de Hong Kong, Chris Patten, déclare, les larmes aux yeux : "Il revient désormais aux Hongkongais de gouverner Hong Kong. Ceci est une promesse et une destinée inébranlable."

 

 

"Au fond de moi, j'éprouvais des sentiments contraires, reprend Ivy Lai, en touchant ses boucles d'oreilles en argent. D'un côté, je pensais que la Chine deviendrait démocratique grâce à Hong Kong. De l'autre, je n'avais aucune idée de ce que nous préparait le régime communiste chinois. On avait tous suivi la répression lors de la révolution culturelle, donc on ne savait pas à quoi s'en tenir. C'était une grande période d'incertitude, beaucoup de personnes sont parties", développe-t-elle en montrant une photo dédicacée du dernier gouverneur britannique, Chris Patten, et un de ses ouvrages, D'Est en Ouest.

 

 

 

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Ivy Lai tient un portrait de Chris Patten, le dernier gouverneur britannique de Hong Kong, le 17 juillet 2019. (ELISE LAMBERT / FRANCEINFO)

 

 

 

"Depuis cette date, je ne vois qu'une lente destruction de notre système et la diminution continue de nos libertés", affirme-t-elle en allant chercher son oiseau dans une cage. Un perroquet déplumé à la queue rouge, capable de lancer des "hello" à l'improviste. "Sous la colonisation britannique par exemple, beaucoup de Hongkongais très pauvres qui n'avaient pas fait d'études pouvaient créer leur entreprise et bien gagner leur vie. C'était mon cas."

 

 

A la fin des années 1970, Ivy Lai ouvre une boutique de vêtements dans le quartier de Tsim Sha Tsui. Elle y vend des robes, des vestes, des pantalons qu'elle dessine elle-même. Le magasin est petit, mais lui rapporte suffisamment pour bien faire vivre sa famille, son mari et son fils. Elle s'achète une voiture et une petite maison dans la campagne hongkongaise.

 

 

 

"Les Britanniques nous ont permis de profiter de la croissance et d'améliorer notre quotidien. Ce sont aussi eux qui ont construit les premiers logements sociaux à Hong Kong."

Ivy Lai.

 

 

 

 

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Ivy Lai et son oiseau dans son logement à Hong Kong, le 17 juillet 2019. (ELISE LAMBERT / FRANCEINFO)

 

 

 

Lors de son temps libre, Ivy Lai est auxiliaire de police dans le sulfureux quartier de Mong Kok, "par curiosité, pour sa complexité", précise-t-elle l'air de rien. "La police hongkongaise était très corrompue à cette époque. Je voyais des officiers récolter l'argent du trafic de drogue ou piquer des cigarettes lorsqu'ils passaient devant les magasins, se souvient-elle. Ce sont encore les Britanniques qui ont créé la Commission indépendante contre la corruption pour combattre les compromissions dans la police et les entreprises, rappelle-t-elle, quitte à oublier que tout était loin d'être rose pour autant.

 

 

En 1967 notamment, des Hongkongais s'étaient révoltés contre le colonisateur et les violences avaient fait 51 morts. Les arrestations s'étaient multipliées ainsi que les passages à tabac de protestataires par la police. Selon l'historien John Carroll de l'Université de Hong Kong, "les réformes démocratiques étaient surtout un moyen pour les Britanniques de conserver Hong Kong le plus longtemps possible, écrit-il dans le South China Morning Post (article en anglais). De son côté, la Chine voyait dans la ville, "sa porte d'entrée vers le capitalisme".

 

 

 

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Ivy Lai à l'entrée de son appartement à Hong Kong, le 17 juillet 2019. (ELISE LAMBERT / FRANCEINFO)

 

 

 

Que Pékin et Londres aient eu toutes deux des intérêts à conserver Hong Kong sous statut colonial, Ivy Lai n'en doute pas. "Il n'empêche que nous perdons nos libertés depuis la rétrocession. Notre système juridique hérité du système britannique s'affaiblit et la promesse de démocratie est sans cesse repoussée par Pékin", dénonce-t-elle en lançant une noix à son perroquet.

 

 

En 2003, le gouvernement hongkongais a notamment tenté de faire passer un projet de loi sur la sécurité nationale pour interdire "la trahison, la sécession [et] la subversion" contre le gouvernement central chinois. Des manifestations monstres conduisent à l'annulation du projet. "Depuis, ils nous ont permis de voter, mais c'est Pékin qui choisit les candidats !", ironise Ivy Lai. Pour la retraitée, le destin de Hong Kong semble déjà tout tracé. "Le principe 'un pays, deux systèmes' n'existera peut-être plus, souffle-t-elle, fataliste. Hong Kong deviendra une ville à part entière de la Chine et disparaîtra. Et notre identité avec."

 

 

*** Texte et photos : Elise Lambert, 
envoyée spéciale à Hong Kong ***

 

 


28/07/2019
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Franceinfo - le vendredi 26 juillet 2019

 

 

Corée du Nord : les tirs de missiles sont un "avertissement solennel" à la Corée du Sud, assure Kim Jong-un

 

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Ce regain de tensions entre les deux Corées trouve son origine dans les exercices militaires conjoints prévus entre Séoul et Washington

 

 

 

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Une photo d'un tir de missile diffusée le 25 juillet 2019 par l'agence de presse officielle de la Corée du Nord. (KCNA VIA KNS / AFP)

 

 

 

Une mise en garde. Le dictateur nord-coréen Kim Jong-un a assuré, vendredi 26 juillet, que les deux missiles tirés la veille étaient un "avertissement solonnel" envoyé à la Corée du Sud. L'agence de presse officielle nord-coréenne KCNA a fait savoir que les deux projectiles étaient "un nouveau type d'arme tactique guidée". Selon elle, cet essai balistique a été "personnellement organisé et dirigé" par le chef du régime.

 

 

Ce regain de tensions entre les deux Corées trouve son origine dans les exercices militaires conjoints prévus entre Séoul et Washington. Près de 30 000 soldats américains sont déployés en Corée du Sud. Mais le régime nord-coréen considère ces entraînements annuels comme la répétition d'une invasion de son territoire.

 

 

Jeudi dans la soirée, la France a condamné ces tirs de missile "qui portent atteinte à la sécurité et à la stabilité régionales et internationales". Elle appelle par ailleurs la Corée du Nord "à reprendre au plus vite le dialogue avec les Etats-Unis sur la dénucléarisation".

 


26/07/2019
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Franceinfo - le lundi 22 juillet 2019

 

 

Hong Kong : nouvelle manifestation gigantesque, marquée par des heurts en fin de cortège

 

 

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Les manifestants ont défilé de façon pacifique dimanche. Mais à la tombée de la nuit, l'évènement a dégénéré. La police a tiré des balles en caoutchouc et fait usage de gaz lacrymogène

 

 

 

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La police lance des gaz lacrymogènes sur des manifestants, à Hong Kong, le 21 juillet 2019. (LAUREL CHOR / AFP)

 

 

 

 

Ils étaient environ 430 000 personnes à participer à la marche. Une nouvelle manifestation monstre des opposants au gouvernement a eu lieu, dimanche 21 juillet, à Hong Kong. La marche était pacifique jusqu'à ce qu'elle dégénère en fin de journée. La police a en effet tiré des balles en caoutchouc et fait usage de gaz lacrymogène dans la soirée, pour disperser des groupes de protestataires.

 

 

Hong Kong est le théâtre depuis le 9 juin de gigantesques manifestations contre le gouvernement local pro-Pékin, marquées de façon sporadique par des affrontements violents avec la police. Le mouvement est parti du rejet d'un projet de loi sur les extraditions vers la Chine continentale. Le texte est désormais suspendu, mais la contestation s'est élargie à des exigences plus vastes sur la préservation des acquis démocratiques et des libertés dont cette ancienne colonie britannique revenue dans le giron chinois en 1997 jouit.

 

 

 

Des consignes pour manifester "sans violence"

Dimanche, pour le septième week-end d'affilée, les manifestants anti-gouvernement ont défilé dans les rues de façon pacifique. Les protestataires exigent la démission de la cheffe de l'exécutif local, Carrie Lam, que Pékin soutient de tout son poids. Mais aussi le retrait pur et simple du texte sur les extraditions, une enquête indépendante sur les violences policières supposées et l'amnistie des personnes arrêtées. Ils appellent aussi à l'élection au suffrage universel du chef de gouvernement. Ils ont communiqué entre eux des consignes pour manifester "sans violence", selon notre journaliste envoyée spéciale, Elise Lambert.

 

 

 

 

 

 

Des consignes appliquées puisque le plus gros de la manifestation s'est terminée sans heurts.

 

 

 

 

 

 

Le parcours autorisé était plus court que d'habitude. La police avait refusé le parcours initial demandé par les organisateurs afin d'éviter que le cortège ne passe devant des bâtiments officiels.

 

 

 

Des œufs lancés sur un bâtiment chinois

Toutefois, certains protestataires ont passé outre les consignes en allant jusqu'au bureau de liaison chinois, représentant le gouvernement de Pékin. Des milliers de manifestants portant des masques ont investi la rue devant cet imposant immeuble, érigé des barricades, et pris pour cible le bâtiment : ils ont jeté des œufs et d'autres projectiles et inscrit des graffitis sur sa façade.

 

 

"Nous sommes ici pour dire que Pékin viole nos valeurs fondamentales et nos procédures judiciaires", a déclaré à l'AFP un manifestant de 19 ans. Un homme portant un masque noir et un casque de vélo a ensuite lu une liste de revendications dans un mégaphone. "Il n'y a pas de protestataires violents ni d'émeutiers, il n'y a que la tyrannie. Nous protègerons notre patrie par tous les moyens", a-t-il dit.

 

 

Le chef du bureau de liaison du gouvernement chinois à Hong Kong a dénoncé lundi cette attaque des lieux. "Ces [agissements] ont sérieusement porté atteinte à l'esprit de l'Etat de droit auquel Hong Kong est fortement attaché (...) et sérieusement blessé l'ensemble du peuple chinois, y compris les sept millions de compatriotes hongkongais", a-t-il déclaré à la presse.

 

 

 

Une mystérieuse attaque "mafieuse"

Par ailleurs, dans une gare du nord-ouest de la ville, dans le district de Yuen Long proche de la frontière chinoise, un groupe d'individus vêtus de blanc, pour certains équipés de bâtons, ont fait irruption dans un train où ils ont attaqué des passagers. C'est ce que montrent des images filmées par des passagers et par un élu du Parti démocratique. Ils ont également passé à tabac une journaliste qui diffusait un live des événements. L'opposition hongkongaise a annoncé, lundi, l'ouverture d'une enquête à la suite de cette attaque qu'elle attribue à une bande "mafieuse".

 


22/07/2019
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Franceinfo - le lundi 22 juillet 2019

 

 

En Corée du Nord, le taux de participation à des élections locales s'élève à 99,98%

 

 

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En l'absence totale de compétition électorale, les analystes estiment que les opérations de vote tiennent lieu de rite qui permet aux autorités de revendiquer un mandat populaire et de renforcer la fidélité envers le régime

 

 

 

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Des personnes devant des listes de candidats aux élections locales, le 21 juillet 2019 à Pyongyang (Corée du Nord). (KIM WON JIN / AFP)

 

 

 

Presque 100% de participation. Comme lors de chaque scrutin en Corée du Nord, le taux de participation à des élections locales organisées dans tout le pays, dimanche 21 juillet, s'est élevé à 99,98%, selon l'agence nord-coréenne KCNA. C'est 0,01% de mieux que lors des précédentes élections locales de 2015 d'après l'agence de presse gouvernementale. Plus que des élections, ces opérations de vote permettent aux autorités de renforcer la fidélité envers le régime, d'après les analystes.

 

 

Seuls les électeurs "se trouvant à l'étranger ou travaillant en mer" n'ont pas pu prendre part au vote, a précisé l'agence officielle. En revanche, les "électeurs en proie à des problèmes liés à l'âge ou à la maladie ont pu glisser leur bulletin de vote dans des urnes mobiles". Ces élections sont destinées à pourvoir des assemblées au niveau des provinces, des villes et des comtés. Généralement, 99% des électeurs votent "oui" pour des candidats uniques.

 

 

 

Des candidats encouragés "à devenir les fidèles serviteurs du peuple"

Le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un s'est rendu dans un bureau de vote de la province de Hamgyong Nord. Il a voté pour deux candidats, Ju Song Ho et Jong Song Sik, qui se présentent à des responsabilités dans des comtés de la région, selon KCNA. Il "les a chaudement encouragés à devenir les fidèles serviteurs du peuple en accomplissant leur devoir de manière à répondre aux espoirs du peuple", ajoute l'agence.

 

 

En 2014, le dirigeant suprême s'était lui-même porté candidat à l'Assemblée suprême du peuple (ASP), le Parlement nord-coréen. Il avait été élu avec 100% des voix dans la circonscription du Mont Paektu, un volcan à la frontière chinoise révéré comme le berceau mythique du peuple coréen.

 


22/07/2019
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Franceinfo - le mercredi 12 juin 2019

 

 

Hong Kong : face à la pression de la rue, les autorités reportent l'examen du texte controversé autorisant les extraditions vers la Chine

 

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Des milliers de protestataires ont encerclé les bâtiments du gouvernement, paralysant la circulation dans le centre de l'île

 

 

 

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Des manifestants occupent deux artères principales de Hong Kong près du siège du gouvernement, le 12 juin 2019. (ANTHONY WALLACE / AFP)

 

 

 

La mobilisation s'amplifie à Hong Kong contre le projet de loi visant à autoriser les extraditions vers la Chine. Des milliers de manifestants vêtus de noir, pour la plupart des jeunes, ont encerclé mercredi 12 juin les bâtiments du gouvernement dans le centre de l'île, paralysant la circulation, pour exiger le retrait de ce texte controversé soutenu par Pékin.

 

 

Face à cette pression de la rue, les autorités hongkongaises ont reporté l'examen du texte qui devait être discuté en deuxième lecture par le Conseil législatif. Le président de cette assemblée dominée par les députés pro-Pékin a annoncé que les débats étaient reportés à une "date ultérieure".

 

 

La décision n'a pas calmé les ardeurs des manifestants. Plusieurs heures après l'annonce, ils étaient encore des milliers dans la rue. De violents affrontements ont éclaté avec la police, qui a fait usage de gaz lacrymogène, de gaz au poivre et de matraques.

 

 

 

L'exécutif reste déterminé

Mais cette mobilisation spectaculaire dans une ville de sept millions d'habitants n'a pas fait bouger d'un pouce la cheffe du gouvernement local, Carrie Lam, qui a rejeté toute éventualité de retirer le projet de loi. Elle a également mis en garde l'opposition contre toute "action radicale".

 

 

Le texte a suscité les critiques de pays occidentaux ainsi qu'une levée de boucliers de Hongkongais qui redoutent une justice chinoise opaque et politisée, et pensent que cette réforme nuira à l'image internationale et l'attractivité du territoire semi-autonome.

 

 

Le projet, disent les autorités, doit combler un vide juridique et faire que la ville ne soit plus un asile pour certains criminels. Elles assurent que des garde-fous existent en matière de droits de l'homme et qu'il ne visera pas les opposants politiques à la Chine.

 


14/06/2019
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