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Franceinfo - le jeudi 10 octobre 2019 - mis à jour le 11.10.2019

 

 

Chine, tout est sous contrôle !

 

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Imaginez des citoyens épiés par des milliers de caméras de surveillance. C'est le système testé dans des dizaines de villes en Chine, qui semble décidée à ficher, classer et noter ses habitants. Une journaliste d'"Envoyé spécial" a tenté d'enquêter...

 

 

 

Imaginez des citoyens constamment épiés par des milliers de caméras de surveillance et notés sur chacun de leurs faits et gestes. S’ils sont filmés en train de jeter un papier par terre ou de traverser au feu rouge, c’est une incivilité qui leur coûtera des points en moins.

 

 

 

Plus ou moins de droits dans la société
selon vos "bons" et "mauvais" points

Si au contraire, ils signalent à la police la présence d’un délinquant, ils seront récompensés par des points supplémentaires. Plus ils auront de points, plus ils auront de droits dans la société. Les plus mal notés eux se verront sanctionnés : interdiction d’obtenir un crédit à la banque ou de prendre le train, par exemple.

 

 

Tout ceci n’est pas un scénario de science-fiction mais la réalité du système de notation testé aujourd’hui dans des dizaines de villes en Chine. Notre envoyée spéciale Elise Menand s’est plongée au cœur de ce pays qui a décidé de ficher et classer ses habitants.

 

 

Un reportage d'Elise Menand, Antoine Védeilhé, Charlie Wang et Benoît Sauvage diffusé dans "Envoyé spécial" le 10 octobre 2019.

 


11/10/2019
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Franceinfo - le vendredi 4 octobre 2019

 

 

Manifestations à Hong Kong : le gouvernement invoque une loi d'urgence pour interdire le port du masque

 

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

Les manifestants sont chaque semaine très nombeux à porter des masques pour ne pas être identifiés et éviter de futures poursuites judiciaires

 

 

 

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Des manifestants prodémocratie à Hong Kong, le 29 octobre 2019. (MOHD RASFAN / AFP)

 

 

 

Le gouvernement hongkongais sévit. La cheffe de l'exécutif Carrie Lam a invoqué vendredi 4 octobre une loi d'urgence qui n'avait plus été utilisée depuis 1967 pour interdire le port du masque, et ce dans le but d'en finir avec une crise politique sans précédent.

 

 

>> RECIT. "Cette loi a mis le feu aux poudres" : comment, en l'espace d'un été, Hong Kong s'est embrasé

 

 

"Nous pensons que la nouvelle loi aura un effet dissuasif sur les manifestants violents et émeutiers masqués, et assistera la police dans sa mission de maintien de l'ordre", a déclaré Carrie Lam lors d'une conférence de presse. La loi utilisée par l'exécutif remonte à l'époque coloniale, et ne nécessite pas un vote du Conseil législatif, le "Parlement" local.

 

 

Pour ne pas être identifiés et éviter de futures poursuites judiciaires, les manifestants portent pour la plupart des masques faciaux, et souvent des casques, des lunettes de protection et des masques à gaz afin de se protéger des gaz lacrymogènes et des projectiles tirés par la police.

 


04/10/2019
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Franceinfo - le mardi 1er octobre 2019

 

 

"Cette loi a mis le feu aux poudres" : comment, en l'espace d'un été, Hong Kong s'est embrasé

 

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Benoît JourdainFrance Télévisions

 

 

 

Depuis le début du mois de juin, la ville connaît une agitation sans précédent. Tout est parti d'un projet de loi controversé. Retour sur cet été brûlant qui a secoué le pouvoir de Pékin

 

 

 

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Plus d'un million de personnes manifestent dans les rues de Hong Kong, le 9 juin 2019. (LAMPSON YIP - CLICKS IMAGES / GETTY IMAGES ASIAPAC)

 

 

 

Une marée humaine jamais vue dans les rues de Hong Kong. Dimanche 9 juin, plus d'un million de personnes défilent entre les gratte-ciel pour protester contre un texte qui autorise l'île à extrader les personnes résidant sur son territoire vers d'autres régions comme la Chine continentale. Pacifistes mais déterminés, les manifestants brandissent des pancartes au message limpide : "Non à l'extradition". Ces images font le tour du globe. Le monde découvre cette vague qui va virer au noir – la couleur des vêtements portés par les manifestants – et mettre la Chine dans l'embarras.

 

 

Près de quatre mois plus tard, malgré le retrait du texte controversé et alors que la Chine célèbre sa fête nationale, mardi 1er octobre, la contestation n'a pas faibli. Au contraire. Au cours de l'été, la rébellion contre l'ombre tutélaire de Pékin s'est intensifiée et le mouvement, au départ pacifiste, s'est radicalisé au fur et à mesure que la répression devenait plus violente.

 

 

 

Le slogan \"Non à l\'extradition\" est brandi dans la manifestation du 9 juin 2019, dans les rues de Hong Kong.

Le slogan "Non à l'extradition" est brandi dans la manifestation du 9 juin 2019, dans les rues de Hong Kong. (PHILIP FONG / AFP)


 

Les limites du "un pays, deux systèmes"

Pour comprendre ce virage sans précédent, il faut remonter le temps d'une année. Le 13 mars 2018, le corps sans vie d'une jeune femme hongkongaise est retrouvé dans la capitale taïwanaise, territoire indépendant. La police s'intéresse au petit ami, un Taïwanais rentré à Hong Kong le 17 février alors que le couple avait passé la Saint-Valentin à Taipei. Problème, aucun accord d'extradition n'existe entre les deux territoires. "Les parents de la victime n'ont pas arrêté d'écrire des lettres au gouvernement, dont cinq m'étaient adressées personnellement. Si vous les aviez lues, vous auriez aussi la certitude qu'il nous faut agir vite pour éviter ce genre de situation", affirme Carrie Lam, la cheffe de l'exécutif, à la presse (en anglais) un an plus tard, le 19 février 2019. 

 

 

Dans la foulée, elle propose une série d'amendements autorisant la remise des fugitifs à des juridictions dans lesquelles la ville n'a aucun accord d'extradition, notamment à Macao, Taïwan et sur le continent. La crainte d'extraditions abusives surgit. "Cette loi a mis le feu aux poudres. Le gouvernement peut s'appuyer sur ce texte et inventer n'importe quelle accusation pour vous arrêter", s'alarme Albert Siu, père de famille travaillant chez Orange. Des premiers rassemblements ont lieu en mars et fin avril. Etonnamment, "les premiers à se plaindre de cette proposition sont l'Alliance démocratique pour l'amélioration et le progrès – DAB, le parti pro-Pékin – et le milieu des affaires", précise Florence de Changy, correspondante pour plusieurs médias français, dont franceinfo, RFI et Le Monde.

 

 

Carrie Lam aurait dû se rendre compte qu'il y avait un problème avec ce texte, si même ses amis politiques ne la soutenaient pas.Florence de Changy, correspondante pour RFI à franceinfo

 

 

"On sentait que ça montait, ajoute la journaliste française, mais il a fallu un certain temps pour que les Hongkongais comprennent les risques d'une telle loi pour leurs libertés fondamentales". D'autant que le souvenir du "mouvement des parapluies", en 2014, n'est pas si loin. Menée par le militant Joshua Wong, cette contestation avait mis en lumière le désir grandissant de démocratie des Hongkongais. Elle avait duré 79 jours, avant de s'étioler. Cinq ans après, dans la ville la plus chère du monde, selon le dernier classement Forbes, "les Hongkongais vivent de plus en plus difficilement et les riches viennent de Chine", témoigne Philippe Le Corre, chercheur à la Harvard Kennedy School, à l'Institut de recherches internationales et stratégiques (Iris) et spécialiste de la Chine et de Hong Kong, qui a vécu huit ans sur place. 

 

 

"Le principe 'un pays, deux systèmes' [en vigueur depuis le 1er juillet 1997, jour de la rétrocession de Hong Kong à la Chine par le Royaume-Uni] s'est érodé, l'espace de liberté s'est réduit, confirme Vivien Wong, journaliste pour la chaîne allemande ARD et engagée dans la contestation. Et le gouvernement de Hong Kong ne fait que satisfaire le gouvernement central."  "Le président chinois Xi Jinping a concentré les pouvoirs et supprimé l'opposition en Chine, comme aucun leader ne l'avait fait depuis Mao Zedong. Il a aussi cherché à écraser la contestation à Hong Kong, politiquement rebelle", appuie Ben Bland, du Lowy Institute, sur le site Foreign Policy (en anglais). 

 

 

 

"Ce n'est pas une émeute, c'est une tyrannie"

Malgré la manifestation monstre du 9 juin, Carrie Lam fait la sourde oreille, puisqu'elle réaffirme le lendemain que le texte sera étudié comme prévu, le 12 juin. "C'est le jour où tout bascule, celui où on voit les premières scènes de chaos", analyse Florence de Changy. La manifestation programmée tourne mal, certains manifestants tentent de pénétrer dans le Parlement, 79 personnes sont blessées, dont deux très gravement. Un manifestant meurt en tombant d'un toit. La violence de la police prend tout le monde de court. "Je n'aurais jamais pensé que cela atteindrait ce niveau", souffle Vivien Wong. Détail loin d'être anodin, ce jour-là, les policiers ne portent pas leur badge d'identification. La raison ? Un "manque de place sur les uniformes", justifiera ensuite le ministre de la Sécurité, John Lee.

 

 

Dans la foulée, Carrie Lam annonce que la lecture du texte est reportée. Puis le 15 juin, elle le suspend, mais sans annoncer son abandon définitif. La réponse de la rue ne se fait pas attendre. Le lendemain, tout de noir vêtus, ils sont prêts de deux millions, sur 7,4 millions d'habitants, à défiler. C'est la grande "marche noire". "C'était absolument dingue, on est habitués à la concentration à Hong Kong, à être collés, mais là..., se souvient la journaliste française. C'était déjà noir de monde au point d'arrivée de la manifestation alors qu'elle n'avait pas encore débuté. C'est à ce moment que je me suis dit qu'il se passait vraiment quelque chose." 

 

 

Hasard du calendrier, au lendemain de cette marche, Joshua Wong, la figure de la contestation prodémocratique qui s'est fait connaître lors du "mouvement des parapluies", est libéré. Il rejoint immédiatement un mouvement parti pour durer. D'autant que se profile une date importante, le 1er juillet, anniversaire de la rétrocession à la Chine. Si les jours précédents sont calmes, la violence va encore monter d'un cran. Ce 1er juillet, les vitres du Parlement cèdent face aux coups d'une poignée de manifestants. 

 

 

 

 

 

 

Vers 21 heures, heure locale, un passage est ouvert et quelques centaines de manifestants s'engouffrent dans le bâtiment. L'hémicycle est vandalisé, les murs badigeonnés de graffitis et d'œufs cassés. Une pancarte est installée au-dessus du pupitre du Président, sur laquelle on peut lire : "Ce n'est pas une émeute, c'est une tyrannie." La plupart des autres manifestants assistent à la scène, certains regrettent les débordements mais ne les condamnent pas. "De mon point de vue, parce que le gouvernement ne nous écoute pas, il y a des gens qui deviennent violents. Nous sommes très faibles, nous n'avons pas d'armes. On n'est pas des émeutiers. On montre simplement notre opinion au gouvernement mais il n'écoute pas", déclare Kit Tang, artiste photographe.

 

 

 

Des manifestants brisent les vitres du Parlement de Hong Kong lors d\'un rassemblement, le 1er juillet 2019.

Des manifestants brisent les vitres du Parlement de Hong Kong lors d'un rassemblement, le 1er juillet 2019. (ANTHONY KWAN / GETTY IMAGES ASIAPAC)


 

"Le projet est mort", mais pas la contestation

L'été qui s'ouvre s'annonce chaud à Hong Kong. "Les manifestants savaient que ce serait une longue bataille, avance Vivien Wong, il fallait donc que les manifestations soient régulières pour continuer de mobiliser. Sinon, l'émotion allait retomber et le soutien de la population allait diminuer." Les mots de Carrie Lam, qui déclare le 9 juillet que "le projet (de loi) est mort", n'atténuent pas les tensions. La cheffe du gouvernement devient un symbole du pouvoir de Pékin, qu'il faut faire tomber. Sa démission est en bonne place dans la liste des cinq revendications. Les manifestants réclament également l'ouverture d'une enquête indépendante sur les violences policières, le retrait de la classification "émeute" pour les événements, l'amnistie des manifestants arrêtés et un véritable suffrage universel. Le mouvement lui-même évolue. Les marches rassemblant plusieurs milliers de manifestants cèdent leur place à des mouvements de petits groupes plus rapides, plus difficiles à cadrer pour la police. "Ils adoptent le mantra de Bruce Lee, 'Be water', être fluides, insaisissables", souligne le chercheur Philippe le Corre. "Des manifestations ont lieu tous les week-ends et même occasionnellement les soirs de semaine", rapporte le Hongkongais Albert Siu.

 

 

A la fin de chaque manifestation, des gaz lacrymogènes sont tirés et des manifestants arrêtés. Parfois, ils sont mêmes passés à tabac par des membres de triades, la mafia locale, comme ce 21 juillet, après le septième dimanche consécutif de rassemblement. Dans une gare du nord-ouest de la ville, habillés de blanc, en opposition aux habits noirs des manifestants, les voyous les matraquent, sans que les forces de l'ordre n'interviennent. 

 

 

 

 

 

 

Le 11 août, une manifestante perd un œil sous les tirs de la police. Le lendemain, 5 000 manifestants intensifient le blocus de l'aéroport débuté trois jours plus tôt. Ils investissent les halls de départs et d'arrivées pour un gigantesque sit-in. Les visiteurs sont accueillis avec des slogans comme "Ne faites pas confiance à la police de Hong Kong". "Plus ils vont taper, plus on va se rebeller. On est coincés dans un cercle vicieux désormais, et l'issue va sans doute être terrible mais on ne peut pas tolérer que la loi soit bafouée par la police", explique Agnès, architecte d'une trentaine d'années, à LibérationLa direction du huitième aéroport le plus fréquenté au monde, avec 74 millions de passagers en 2018, est obligée d'annuler tous les vols.

 

 

 

Pour protester contre le projet de loi d\'extradition et les violences policières, les manifestants hongkongais envahissent l\'aéroport de Hong Kong, le 12 août 2019.

Pour protester contre le projet de loi d'extradition et les violences policières, les manifestants hongkongais envahissent l'aéroport de Hong Kong, le 12 août 2019. (MANAN VATSYAYANA / AFP)


 

"Je rentrais de France ce jour-là, j'ai eu de la chance, mon vol n'a pas été annulé", sourit Julien-Loïc Garin, organisateur d'événements culturels à Hong Kong. "C'était nouveau comme manifestation, ce n'était pas un lieu de pouvoir qui était visé, mais l'aéroport, observe-t-il. C'est un lieu important pour le tourisme, qui tient une part prépondérante dans l'économie de Hong Kong." Comme le démontre une étude de ForwardKeys (en anglais), site d'analyse des vols en temps réel, le mouvement a eu un vrai impact sur la fréquentation de Hong Kong, avec notamment une chute de 33,4% des réservations de vols vers la ville depuis l'Asie (hors Chine et Taïwan) entre le 14 juillet et le 9 août. Cette manifestation dans l'aéroport dessine, selon Julien-Loïc Garin, une fracture dans l'opinion publique. Pour la première fois, certains de ses amis hongkongais ne soutiennent pas l'action.

 

 

Ils me disaient : 'Ça a impliqué des étrangers dans un problème local, ça a causé des désagréments, ça été néfaste à l'économie de la ville pour aucun retour positif.'Julien-Loïc Garin, organisateur d'événements culturels à Hong Kong à franceinfo

 

 

Pékin durcit son discours et évoque des "signes de terrorisme". Le 13 août, le pouvoir chinois montre les muscles et fait défiler des chars et des tanks à Shenzen, la ville située à la frontière avec Hong Kong. Les souvenirs de la place Tiananmen, où a eu lieu, en juin 1989, la répression sanglante d'un mouvement prodémocratique chinois, ressurgissent. Une menace jamais réellement prise au sérieux : "Le gouvernement chinois a mis environ trente ans pour effacer ces images négatives, il ne peut pas se permettre un second Tiananmen", souligne la journaliste hongkongaise Vivien Wong. 

 

 

 

"Trop peu, trop tard"

Face à la détermination des manifestants et l'incapacité de Hong Kong à contrôler la situation, Pékin est dans une impasse. Carrie Lam, elle, songe à démissionner, comme le laisse penser un enregistrement qui fuite dans la presse : "Si j'ai le choix, la première chose est de démissionner, en ayant présenté de profondes excuses", lance-t-elle lors d'une rencontre privée avec des dirigeants d'entreprises. Le 3 septembre, le pouvoir central affirme la soutenir "fermement". Et le lendemain, la cheffe de l'éxécutif annonce l'abandon définitif du texte. Mais c'est "trop peu et trop tard" pour les manifestants.

 

 

Les événements ont échappé à Carrie Lam, elle a fait une énorme erreur d'avoir pris la décision du retrait si tard, cette crise aurait pu être réglée avant.Philippe Le Corre, chercheur à l'Iris à franceinfo

 

 

Le dimanche suivant cette décision, ils sont encore des milliers dans les rues à manifester. "Nous attendons la réponse du gouvernement sur les autres demandes, nous voulons être entendus sur les cinq demandes, pas une de moins", martèle Vivien Wong. "Tout ce qu'il s'est passé depuis cinq ou six ans est ressorti, les problèmes économiques, sociaux, ceux des droits de l'homme... Hong Kong n'est pas encore sorti de la crise", pronostique Philippe Le Corre. "J'ai participé à plusieurs grandes manifestations et je peux vous dire que la colère des manifestants est vraiment trop grande pour que le gouvernement puisse y faire face", alerte de son côté le professeur à l'université polytechnique de Hong Kong, Chung Kim Wah. 

 

 

 

\"Le pouvoir au peuple\", demande ce militant lors de la manifestation du 16 août 2019 à Hong Kong.

"Le pouvoir au peuple", demande ce militant lors de la manifestation du 16 août 2019 à Hong Kong. (ANTHONY KWAN / GETTY IMAGES ASIAPAC)


 

En attendant une sortie de crise, ce Hongkongais est fier de la réponse des habitants de la ville : "Nous sommes plus déterminés, plus unis contre le gouvernement, plus conscients de la nécessité d'une réforme politique, plus tolérants quant à l'utilisation d'actions plus fortes pour lutter pour la démocratie, plus disposés à sortir et à agir pour protéger nos droits fondamentaux." Une unité et une détermination dont le peuple hongkongais devrait une nouvelle fois faire preuve mardi 1er octobre, jour de la fête nationale chinoise. "C'est le jour critique. Peut-être qu'après, nous aurons une image plus claire de la situation", conclut Vivien Wong.

 


01/10/2019
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Franceinfo - le vendredi 20 septembre 2019

 

 

Amnesty fustige l'usage excessif de la force par la police hongkongaise

 

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions
 

 

 

L'ONG pointe des "tactiques incensées et illégales", parlant même de certains cas de "torture"

 

 

 

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Des policiers hongkongais lors d'une manifestation le 31 août 2019.  (ANTHONY WALLACE / AFP)

 

 

 

Une police hongkongaise nourrie par la "soif de représailles". Amnesty International a accusé vendredi 20 septembre la police hongkongaise d'un recours excessif à la force contre les manifestants. L'ONG dénonce notamment des "tactiques insensées et illégales" et des cas de "torture".

 

 

Ce rapport alarmant se fonde sur des entretiens avec une vingtaine de manifestants, dont certains furent hospitalisés après leur arrestation. L'organisation de défense des droits de l'Homme affirme que les policiers de l'ex-colonie britannique dépassent régulièrement les niveaux de force tolérés par les législations locales ou les normes internationales.

 

 

"Dans une apparente soif de représailles, les forces de sécurité hongkongaises montrent une tendance inquiétante à l'utilisation de tactiques incensées et illégales contre la population pendant les manifestations", a déclaré Nicholas Bequelin, directeur d'Amnesty pour l'Asie orientale."Elles incluent les arrestations arbitraires et les violences de rétorsion contre les personnes en détention, dont certaines relèvent de la torture." 

 

 

 

La police hongkongaise nie les accusations 

L'association et les manifestants appelle à la création d'une commission d'enquête indépendante sur les pratiques policières. Pour l'instant, l'exécutif hongkongais s'y est toujours refusé. Dans un communiqué publié vendredi en réponse aux conclusions d'Amnesty, la police hongkongaise a affirmé que ses agents "font toujours preuve d'un haut niveau de retenue dans l'usage de la force." La police refuse également de réagir à des accusations spécifiques du le rapport et a martelé "ne pas faire de commentaires sur les cas individuels". Elle a en revanche invité les personnes se disant victimes de violences à saisir l'inspection générale de la police.

 

 

L'ex-colonie britannique traverse depuis juin sa plus grave crise politique depuis sa rétrocession en 1997 à la Chine. Le climat social est extrêmement tendu, avec des actions et des manifestations quasi quotidiennes dénonçant le recul des libertés et la mainmise grandissante de Pékin dans les affaires hongkongaises. Ces rassemblements ont souvent dégénéré en graves violences entre forces de l'ordre et radicaux. Ces derniers n'hésitent pas à jeter des pierres et des cocktails Molotov sur les policiers qui, épaulés par les canons à eau, ont fait un usage massif des gaz lacrymogènes et des balles en caoutchouc.

 


22/09/2019
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Franceinfo - le lundi 2 septembre 2019

 

 

Hong Kong : le mouvement pro-démocratie appelle à une nouvelle grève générale

 

 

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franceinfoAngélique ForgetRadio France

 

 

 

Les militants pro-démocratie appellent la grève générale lundi 2 septembre , après celui lancé le 5 août dernier. Les militants pro-démocratie appellent également à un boycott des cours

 

 

 

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Des militants pro-démocratie tentent de bloquer le métro de Hong Kong lundi 2 septembre 2019. (PHILIP FONG / AFP)

 

 

 

Hong Kong est en plein bras de fer entre le gouvernement pro-Pékin et l'opposition au lendemain d'un treizième week-end de manifestations consécutif. Un nouvel appel à la grève générale est lancé ce lundi 2 septembre.

 

 

Le 5 août dernier déjà, en plein coeur de l'été, une grève avait paralysé la région semi-autonome. Une grève particulièrement suivie dans différents secteurs de l'économie. Des commerçants s'étaient mis en grève mais aussi des fonctionnaires. Des centaines de vols avaient été annulés à l'aéroport faute de personnel, tandis que le métro avait été bloqué pendant plusieurs heures. 

 

 

Les militants voulaient alors montrer que le mouvement était largement soutenu par la population. Le pari du mouvement pro-démocratie est que cette nouvelle grève générale sera autant suivie que le mois dernier. Le pouvoir hongkongais, lui, mise sur un essouflement de la contestation. 

 

 

 

Métro bloqué, cours boycottés

Lundi matin, les manifestants vêtus de noir, couleur emblématique du mouvement, ont de nouveau ciblé le réseau de métro, crucial au fonctionnement de la ville, en bloquant les portes des rames dans quelques stations pour les empêcher de partir.

 

 

En plus de cette grève, un appel au boycott a été lancé dans les universités et lycées. En cette journée de rentrée des classes, ce mouvement risque d'etre largement suivi, ce sont en effet les jeunes qui mènent la contestation hongkongaise.

 

 

 

Un week-end marqué par des graves violences

Dimanche, de nombreux affrontements ont eu lieu dans la ville. Le week-end a été le plus violent depuis le début de la contestation. Les protestataires ont mis le feu à des barricades à quelques mètres du siège de la police. Autour du Parlement, un groupe de manifestant a lancé des pierres et cocktails Molotov. La police a répondu par des gaz lacrymogènes et en faisant usage de canons à eau tandis que des helicoptères survolaient le quartier.

 

 

Les manifestants, plus déterminés que jamais, promettent de rien lâcher tant que le gouvernement n'accèdera à aucune de leur demande. Mais ce dernier se montre toujours inflexible et ne veut faire aucune concession. Hong Kong est donc toujours dans l'impasse, et la perspective d'une sortie de crise parait bien lointaine.

 


02/09/2019
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Franceinfo - le vendredi 30 août 2019

 

 

Arrestations, violences... A Hong Kong, la situation est plus tendue que jamais

 

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions
 

 

 

Alors que les autorités hongkongaises ont interdit aux manifestants prodémocratie de défiler, la détermination des militants, dans un contexte de chasse aux sorcières de plus en plus pressante, fait craindre une nouvelle journée de violences, samedi, dans l'ancienne colonie britannique

 

 

 

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Les militants prodémocratie hongkongais, Agnes Chow et Joshua Wong, s'expriment devant la presse après avoir été libérés sous caution, le 30 août 2019 à Hong Kong.  (LILLIAN SUWANRUMPHA / AFP)

 

 

 

"L'évolution de la situation à Hong Kong au cours de ces dernières heures est extrêmement préoccupante." Depuis Helsinki (Finlande), la cheffe de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, a fait part de son inquiétude, vendredi 30 août. "Nous attendons des autorités de Hong Kong qu'elles respectent la liberté de réunion, d'expression et d'association ainsi que le droit à manifester pacifiquement", a déclaré la diplomate, après des entretiens avec les ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne.

 

 

Après trois mois de confrontation, les tensions sont à leur comble entre le gouvernement hongkongais et les militants prodémocratie.

 

 

 

Une manifestation interdite 

Les militants prodémocratie ont appris la nouvelle jeudi 29 août : la police hongkongaise leur interdit de manifester samedi, comme ils le font depuis près de trois mois. Cette fois, ils entendaient marquer le cinquième anniversaire du refus chinois de réformes politiques à Hong Kong, qui avait été le déclencheur du "Mouvement des parapluies", lequel s'était traduit par 79 jours d'occupation pacifique des rues de Hong Kong en 2014, sans obtenir la moindre concession de Pékin. Dans une lettre adressée jeudi au Front civil des droits de l'homme (FCDH), un mouvement non violent, la police a dit redouter que certains participants ne commettent à cette occasion des "violences" ou des "actes de destruction".

 

 

"Vous pouvez voir que la police accélère son plan d'action, et vous pouvez voir que [la cheffe de l'exécutif hongkongais] Carrie Lam n'a en fait aucune intention de permettre à Hong Kong de retrouver la paix, mais cherche au contraire à attiser la colère des citoyens avec des mesures dures", a déclaré aux journalistes Jimmy Sham, leader du FCDH.

 

 

Si les organisateurs ont officiellement annulé la manifestation, les militants envisagent d'autres modes d'actions pour cette journée de samedi : un match de football, une sortie shopping de masse ou encore un rassemblement religieux impromptu ont notamment été proposés sur les réseaux sociaux... Mais ce que craignent les autorités, c'est la tenue de rassemblements interdits. Ainsi, la police a fait savoir vendredi aux Hongkongais que les personnes interpellées en train de participer à des rassemblements illégaux s'exposaient à cinq ans d'emprisonnement, détaille l'agence AP.

 

 

 

Des figures du camp prodémocratie arrêtées 

Afin de mettre davantage la pression sur les manifestants à l'approche de cette journée à risques, les autorités ont arrêté vendredi matin plusieurs figures du mouvement pro-démocratie hongkongais. Amnesty International a aussitôt condamné "de scandaleuses attaques contre la liberté d'expression et de réunion" et des "tactiques visant à semer la peur tout droit sorties des manuels chinois".

 

 

Deux des grandes figures du "Mouvement des parapluies", Joshua Wong et Agnes Chow, âgés de 22 ans et très populaires au sein de la contestation, ont été arrêtées à l'aube, notamment pour "incitation à participer à un rassemblement non autorisé". Libérés sous caution, les deux activistes ont fait part de leur intention de poursuivre la mobilisation. Joshua Wong a assuré qu'il s'attendait à être arrêté. "Nous continuerons de nous battre, peu importe la manière dont ils nous arrêtent et nous poursuivent", a-t-il aussi déclaré. 

 

 

 

Joshua Wong é»Âƒä¹Â‹é‹’ ✔@joshuawongcf
 

Dear friends, I’m back.

1. Two months after I got released from prison, I’m arrested again. Even though it’s a heavy cross to bear, I expected that I would be arrested and prosecuted in this movement again.

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Quelques heures plus tôt, un autre militant, Rick Hui, était arrêté, tout comme Andy Chan – fondateur du Parti national (HKNP), minuscule formation indépendantiste interdite par les autorités en 2018 – interpellé à l'aéroport. L'arrestation du député prodémocratie Cheng Chung-tai, à la tête du mouvement "Passion civique", a également été annoncée à la mi-journée. Sur le site internet du parti, il est indiqué que l'homme de 35 ans était poursuivi pour "complot en vue de provoquer des dégâts criminels", en lien avec la mise à sac du Parlement, en juillet. Vendredi soir, deux autres élus de Passion civique, Jeremy Tam et Au Nok-hin, ont été interpellés pour "obstruction à la police", a annoncé le parti sur sa page Facebook.

 

 

Depuis le début de la contestation, plus de 850 personnes ont été interpellées.

 

 

 

Des salariés sous surveillance

Menacés de licenciement s'ils prennent part aux manifestations, des employés de Cathay Pacific, la compagnie aérienne historique de Hong Kong, dénoncent à leur tour la "terreur blanche". Autrefois protégés par leurs employeurs, ils sont déjà cinq à avoir perdu leur emploi ces dernières semaines. "On est surveillés, c'est évident", indique un membre du syndicat des équipages sous couvert d'anonymat, en marge d'une manifestation organisée mercredi soir contre la volte-face de Cathay Pacific.

 

 

Dans un courrier adressé aux membres du personnel, un directeur de Cathay, Tom Owen, met d'ailleurs en garde contre toute participation à une grève prévue lundi et mardi. "Nous attendons de tous nos employés qu'ils travaillent comme prévu, a-t-il indiqué dans cette note, dont la compagnie a envoyé une copie à l'AFP. Tout manquement (...) fera l'objet d'une enquête et pourra entraîner une résiliation de contrat." L'autocensure est désormais à l'œuvre : des employés ayant publié des messages de soutien à la contestation les ont depuis effacés, par crainte d'être licenciés.

 

 

"Cette terreur blanche a de quoi dissuader tout le monde de soutenir le mouvement : salariés, commerçants, chefs d'entreprise", indique à Libération, mardi 27 août, un cadre de la finance sympathisant du mouvement. "Sa crainte est confortée par une récente campagne de dénigrement sur les réseaux sociaux, où des manifestants sont affichés, photos, noms et données personnelles à la clé, explique l'article. Alors que, par crainte des représailles et d'un affaiblissement économique, les grandes entreprises se sont rangées derrière le gouvernement de Carrie Lam. Dans des multinationales, des consignes circulent en interne pour appeler les salariés à la discrétion", assure encore Libération.

 

 

 

Des manifestations de moins en moins pacifiques

Paradoxalement, en interdisant la manifestation organisée par la FCDH, l'organisation non violente à l'origine des plus grands rassemblements de ces derniers mois, les autorités pourraient encourager la mobilisation des manifestants radicaux, prêts à en découdre. Car au fil des semaines, les images des rassemblements pacifiques monstres ont fait place à celles de heurts entre manifestants et forces de l'ordre. Ainsi, dans les cortèges, dimanche 25 août, lors du 12e week-end consécutif de manifestations, certains manifestants avaient notamment descellé des pavés du trottoir pour les utiliser comme projectiles. D'autres avaient aspergé la chaussée de détergent afin de la rendre glissante pour la police.

 

 

 

 

Un manifestant lance un projectile en direction des forces de l\'ordre à Hong Kong, le 25 août 2019.

Un manifestant lance un projectile en direction des forces de l'ordre à Hong Kong, le 25 août 2019. (LILLIAN SUWANRUMPHA / AFP)



 

"Nous avons appris de nos échecs de la 'Révolution des parapluies'. Nous étions trop pacifiques à cette époque", expliquait Alice, une militante prodémocratie de 26 ans, interrogée mercredi au micro de France Culture"Et nous n'étions pas assez exigeants, nous ne poussions pas assez le gouvernement. Donc, il n'était pas obligé de nous répondre, ou de faire quoi que ce soit. Cette fois, nous sommes en fait plutôt très surpris de pouvoir être encore très unis et de voir que la flamme brûle encore. J'espère en fait que ce soit une révolution et pas seulement un mouvement pour faire changer les choses."

 

 

 

Des policiers qui emploient de nouvelles armes

Dimanche 25 août a marqué un tournant dans les méthodes utilisées par la police hongkongaise. Pour la première fois, elle a fait usage de gaz lacrymogènes et de canons à eau pour repousser les protestataires. Or, les forces de l'ordre avaient jusqu'à présent affirmé ne vouloir recourir aux canons à eau qu'en cas de "perturbation à grande échelle de l'ordre public". Fréquemment utilisés par la police dans les pays européens, les canons à eau sont une nouveauté à Hong Kong, où ils n'avaient jusqu'ici jamais été employés contre des manifestants. 

 

 

 

 

Des manifestants essuient des tirs de gaz lacrymogène de la police à Hong Kong, le 25 août 2019.

Des manifestants essuient des tirs de gaz lacrymogène de la police à Hong Kong, le 25 août 2019. (TYRONE SIU / REUTERS)


 

Dans la soirée, un policier a par ailleurs tiré au moins une fois avec son arme à feu. Il n'est pas possible de savoir quelle était la cible du tir, mais c'est la première fois qu'un tir d'arme à feu est effectué depuis le début des manifestations.

 

 

 

De nouvelles troupes chinoises à Hong Kong

L'armée chinoise a procédé jeudi à la relève de sa garnison installée en permanence à Hong Kong. Des dizaines de camions et de blindés de transport de troupes ont traversé dans la nuit la frontière qui sépare la Chine continentale de la région administrative. Il s'agit de "la rotation annuelle normale" de la garnison de l'Armée populaire de libération (APL), a souligné l'agence Chine nouvelle. L'APL compte plusieurs milliers de soldats à Hong Kong depuis la restitution du territoire à la Chine en 1997. Les troupes fraîches sont arrivées "par terre, par mer et par air", a ajouté l'agence de presse officielle.

 

 

L'armée chinoise n'a en principe pas à intervenir à Hong Kong mais peut être invitée à rétablir l'ordre par les autorités locales, comme l'ont récemment rappelé de hauts responsables chinois. Aussi, une vidéo montrant un exercice de la garnison de Hong Kong occupée à réprimer des émeutes a été perçue début août comme un avertissement adressé aux manifestants, qui dénoncent depuis juin l'exécutif pro-Pékin. "Elle a la détermination, la confiance et la capacité nécessaires (...) pour protéger à long terme la prospérité et la stabilité de Hong Kong, tout comme la paix et l'ordre", a encore prévenu jeudi lors d'une conférence de presse Ren Guoqiang, un porte-parole du ministère chinois de la Défense

 


01/09/2019
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Franceinfo - le lundi 26 août 2019

 

 

Hong Kong : le recours aux canons à eau et au tir de semonce justifié par la violence des manifestants, selon la police

 

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Pour la première fois dimanche, les policiers ont fait usage de canons à eau et ont tiré un coup de semonce à l'arme à feu

 

 

 

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Des policiers sortent leurs armes lors d'une manifestation, à Hong Kong (Chine), le 25 août 2019. (LILLIAN SUWANRUMPHA / AFP)

 

 

 

Les forces de l'ordre ont dénoncé des manifestants "extrêmement violents." La police de Hong Kong (Chine) a justifié, lundi 26 août, le recours pour la première fois à des canons à eau et au tir d'un coup de semonce à l'arme à feu la veille, après plus de deux mois de contestation prodémocratique. Les affrontements de dimanche dans la banlieue de Tsuen Wan ont été parmi les plus violents depuis le mois de juin, marquant le début du mouvement antigouvernemental dont les manifestations quasi-quotidiennes secouent Hong Kong.

 

 

A la tombée de la nuit dimanche, un groupe d'officiers de police s'est retrouvé coincé par des manifestants armés notamment de briques qui les menaçaient, a expliqué la police lundi dans un communiqué. Un policier est tombé au sol sous une pluie de coups, incitant six de ses collègues à dégainer leurs armes de poing et à "tirer un coup de semonce en l'air", a précisé la police dans le communiqué.

 

 

 

"La police appelle le public à se dissocier des manifestants violents"

C'est la première fois qu'une balle réelle est tirée depuis le début de crise, faisant craindre qu'elle ne s'envenime davantage et prenne une tournure de plus en plus violente. La police a également confirmé le recours, pour la première fois, à deux véhicules dotés de canons à eau, pour disperser les manifestants.

 

 

Quinze policiers ont été blessés au cours des affrontements de dimanche, selon la police. Des dizaines de manifestants, dont un âgé de 12 ans, ont été interpellés pour rassemblement illégal, possession d'armes et agression de la police.

 

 

"La police appelle le public à se dissocier des manifestants violents", a ajouté la police dans un communiqué, promettant "des mesures implacables" afin de traduire les auteurs de ces actes en justice. Le tir d'une balle réelle a provoqué la colère du public et enflammé les réseaux sociaux, où un porte-parole de la police était tourné en dérision pour avoir vanté le comportement "courageux et la retenue" de la police anti-émeute dimanche.

 

 

 

Franceinfo - le lundi 19 août 2019 - mis à jour le 25.08.2019

 

 

"L'été du mécontentement va se poursuivre" : à Hong Kong, Joshua Wong se bat pour la démocratie et la liberté

 

 

Une foule impressionnante a défilé dimanche, sous une pluie battante, lors d'une manifestation se voulant "pacifique", à Hong Kong. L’un des piliers du mouvement, Joshua Wong, explique sa lutte pour plus de libertés

 

 

Il était le visage du mouvement des parapluies en 2014. Joshua Wong, étudiant de 22 ans, est un jeune homme pressé et fatigué. Sorti de prison en juin 2019, il se bat désormais avec son groupe Demosisto, pour la démocratie et la liberté à Hong Kong.

 

 

Aujourd'hui, Joshua est déterminé à aller jusqu’au bout de son combat, quoi qu’il lui en coûte : "'L'été du mécontentement' va se poursuivre. En septembre, il y aura un boycott des cours à l’université, et je pense qu’il y aura des manifestations monstres le 1er octobre, le jour de la fête nationale chinoise, pour défendre notre cause pour des élections libres et la démocratie."

 

 

>> L'article à lire pour comprendre la crise qui secoue Hong Kong depuis deux mois

 

 

Dimanche 18 août, une nuée de parapluies a envahi le parc Victoria, au coeur de la ville. Des dizaines de milliers de personnes ont défilé en soutien au mouvement pro-démocratie. C'est la crise la plus grave que traverse la région semi-autonome depuis sa rétrocession à la Chine en 1997, avec des manifestations et des actions quasi quotidiennes pour demander, notamment, le suffrage universel.

 

 

 

Nous exhortons le gouvernement à retirer le projet de loi d'extradition qui existe toujours, d'arrêter la brutalité policière, et d'entendre notre cause pour des élections libres

Joshua Wong

à franceinfo

 

 

 

Selon lui, la cheffe de l’exécutif local Carrie Lam, devenue la bête noire des manifestants, devrait démissionner. Il a d'ailleurs une demande spéciale à adresser aux autorités françaises. Carrie Lam a été élevée au rang d’officier de la légion d’honneur en 2015 avant d’être nommée à son poste par Pékin : "Carrie Lam, avec sa réputation déplorable, a autorisé la police anti-émeute à réprimer le combat des gens pour leur liberté, et cela viole les principes et valeurs du gouvernement français. Il est donc temps de révoquer cette mention honorifique." Une pétition a été lancée, elle a déjà obtenu plus de 170 000 signatures.

 


26/08/2019
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Franceinfo - le lundi 19 août 2019

 

 

Hong Kong : Trump met en garde Pékin sur les conséquences commerciales d'une répression violente

 

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

 

La répression par la force du mouvement de protestation ayant court dans le territoire semi-autonome rendrait la conclusion d'un accord commercial "très difficile", a déclaré le président américain

 

 

 

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Donald Trump lors d'une conférence de presse à Morristown, dans le New Jersey (Etats-Unis), le 18 août 2019. (NICHOLAS KAMM / AFP)

 

 

 

Les autorités chinoises sont prévenues. Donald Trump a lancé dimanche 18 août un avertissement à la Chine, assurant qu'une répression violente des manifestations de Hong Kong nuirait aux discussions sur un accord commercial sino-américain.

 

 

"Je pense qu'il serait très difficile de conclure un accord s'ils exercent de la violence, (...) si c'est une autre place Tiananmen", a déclaré le président américain à des journalistes alors que des centaines de milliers de manifestants pro-démocratie ont à nouveau défilé dimanche à Hong Kong."Je crois que ce serait très difficile à faire s'il y avait de la violence", a-t-il ajouté.

 

 

Depuis plus de deux mois, les manifestations se succèdent à Hong Kong et la Chine hausse le ton, faisant redouter à certains une répression comme celle de juin 1989. L'armée chinoise avait mis fin au mouvement pro-démocratie mené par des étudiants en faisant des centaines voire plus d'un millier de morts.

 

 

 

Appel à sortie de crise pacifique

Dans le cas où telle situation se répétait à Hong Kong, Donald Trump estime qu'il y aurait un "sentiment politique énorme", incitant à "ne rien faire" dans le domaine des négociations commerciales entre la Chine et les Etats-Unis."J'aimerais beaucoup voir cela résolu d'une manière humaine", a-t-il dit, appelant le président chinois Xi Jinping à négocier avec les contestataires.

 

 

John Bolton, conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump, avait déjà évoqué la répression de la place Tiananmen, lors d'un entretien à Voice of America diffusé jeudi.

 

 

"Les Chinois doivent faire très attention aux mesures qu'ils prennent, parce que les Américains se souviennent de la place Tiananmen", a-t-il déclaré. "Ils se souviennent de l'homme debout face à une file de tanks. Et ils se souviennent de la répression du gouvernement chinois en 1989. Ce serait une grosse erreur de créer de nouveaux souvenirs comme ceux-là à Hong Kong", a insisté M. Bolton.

 


19/08/2019
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Franceinfo - le vendredi 16 août 2019

 

 

L'article à lire pour comprendre la crise qui secoue Hong Kong depuis deux mois

 

 

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Camille CaldiniLouis SanFrance Télévisions
 

 

 

Né d'une opposition à un projet de loi spécifique, le mouvement de protestation contre la mainmise chinoise à Hong Kong ne faiblit pas et a élargi ses revendications, malgré l'ombre menaçante de Pékin

 

 

 

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Les forces de l'ordre tentent de disperser des manifestants pro-démocratie, à l'aéroport international de Hong Kong, le 13 août 2019. (TYRONE SIU / REUTERS)

 

 

 

Les grandes marches pacifiques ont laissé la place à de violents affrontements. Dans les rues de Hong Kong, les stations de métro, les halls de l'aéroport international... Des manifestants pro-démocratie, parfois violents, s'opposent aux forces de l'ordre qui n'hésitent pas à lancer des grenades lacrymogènes en tirs tendus et dans des espaces clos. 

 

 

Déclenché par un projet de loi prévoyant de faciliter les extraditions vers la Chine, le mouvement de contestation qui a saisi l'ancienne colonie britannique dure désormais depuis plus de deux mois. En face, les autorités hongkongaises ne cèdent pas et la répression est de plus en plus violente. De l'autre côté de la frontière, Pékin a déployé l'armée, signe que le gouvernement central prend ce conflit au sérieux. On vous explique la grave crise que traverse ce territoire, très particulier, depuis début juin.

 

 

 

C'est où, Hong Kong ?

Hong Kong, c'est un petit territoire de 1 100 km2 (un peu plus petit que le département du Val-d'Oise), au sud-est de l'immense Chine continentale. Comme Macao, Hong Kong dispose du statut de Région administrative spéciale (RAS) de la République populaire de Chine. C'est pourquoi on parle d'un territoire "semi-autonome".

 

 

Un territoire qui a sa propre loi fondamentale (équivalent d'une constitution) qui prévoit en principe des élections au suffrage universel et qui dispose de sa propre monnaie, le dollar hongkongais, indexé sur le dollar américain. Hong Kong possède également son propre système judiciaire, mais aucune indépendance en matière de diplomatie et défense.

 

 

 

 

 

 

 

Hong Kong tient ce statut de son histoire mouvementée. Incorporé à la Chine avant notre ère, il est occupé par les Anglais (qui conduisent aussi à gauche) au XIXe siècle. Pour les Britanniques, le "port aux parfums" est un comptoir maritime idéal en Extrême-Orient, ainsi qu'un point d'entrée vers le continent chinois, via la rivière des Perles (à l'Ouest), qui mène directement à Canton.

 

 

Dans les années 1980, alors que des territoires voisins de Hong Kong doivent être rendus à la Chine à l'expiration d'un bail de 99 ans, Londres et Pékin négocient le retour de la colonie dans le giron chinois. Le Royaume-Uni de Margaret Thatcher accepte de se retirer de Hong Kong. En échange, Pékin s'engage à respecter temporairement le système économique capitaliste qui y règne. C'est le principe "un pays, deux systèmes". Le 1er juillet 1997, Hong Kong est rétrocédé à la Chine sous ces termes, valables jusqu'en 2047.

 

 

 

Mais alors, qui dirige cette région ?

En théorie, Hong Kong dispose d'un pouvoir exécutif qui, si la loi fondamentale était respectée, devrait être élu au suffrage universel. Mais ce n'est pas le cas. A la tête de cette région semi-autonome et dans le viseur des manifestants, on trouve Carrie Lam, désignée en mars 2017 par un comité de grands électeurs, majoritairement fidèles à Pékin. Carrie Lam, 62 ans, est la première femme à occuper ce poste d'équilibriste, entre les intérêts des Hongkongais et la volonté de Pékin.

 

 

 

 

La cheffe du pouvoir exécutif de Hong Kong, Carrie Lam, passe devant des manifestants, devant son bureau, à Hong Kong, le 13 août 2019.

La cheffe du pouvoir exécutif de Hong Kong, Carrie Lam, passe devant des manifestants, devant son bureau, à Hong Kong, le 13 août 2019. (THOMAS PETER / REUTERS)


 

Née dans une famille humble du quartier de Wan Chai, elle a fréquenté une école catholique, avant d'étudier à l'université de Cambridge. Elle a ensuite fait carrière dans la fonction publique, avant d'entrer en politique, se révélant très loyale envers le gouvernement central chinois. Comme son prédécesseur, Carrie Lam est souvent qualifiée de "marionnette de Pékin" par ses détracteurs. Depuis le début de la crise, elle aurait plusieurs fois proposé de démissionner, mais "Pékin a refusé", selon les informations du Financial Times (en anglais).

 

 

 

Qu'est-ce qui a poussé les Hongkongais dans la rue ?

Hong Kong est le théâtre d'une forte agitation politique depuis une dizaine d'années. Certains Hongkongais ont le sentiment que l'accord de rétrocession n'est plus respecté. Ils accusent Pékin de rogner les libertés dont doit bénéficier le territoire jusqu'en 2047. A l'automne 2014, le cœur financier de Hong Kong avait été bloqué pendant plusieurs semaines par le "mouvement des parapluies", une vaste mobilisation en faveur de l'autodétermination et de la démocratie. Mais Pékin n'avait rien lâché. 

 

 

Depuis, de nombreux militants pro-démocratie ont été incarcérés ou empêchés de se présenter à des élections. En 2017, six députés issus des rangs de l'opposition ont été déchus de leur mandat : on leur reproche d'avoir manqué de respect à Chine en utilisant un ton, un rythme ou une prononciation "insinuant des doutes" lors de leur prestation de serment, explique RFI. En 2018, les autorités hongkongaises ont en outre interdit le parti indépendantiste HKNP, estimant qu'il "avait un objectif clair visant à faire de Hong Kong une république indépendante".

 

 

Fin avril, dans ce contexte déjà difficile, l'annonce d'un projet de loi devant permettre des extraditions vers la Chine continentale a mis le feu aux poudres. Ce texte prévoit que quiconque directement ou indirectement lié à une activité jugée criminelle par la Chine continentale (ce qui peut inclure des ONG, travailleurs sociaux, journalistes...) résidant ou étant de passage à Hong Kong, pourra être arrêté, extradé et jugé en Chine continentale.

 

 

>> Cinq questions sur la crise à Hong Kong

 

 

Or, les Hongkongais dénoncent une justice chinoise opaque et politisée. Ils craignent que les extradés soient la proie de détentions arbitraires, procès inéquitables ou subissent des séances de torture. "Personne ne sera en sécurité, y compris les activistes, les défenseurs des droits de l'Homme, les journalistes et travailleurs sociaux", s'est alarmé l'ONG Human Rights Watch dans un communiqué (en anglais).

 

 

 

Pourquoi cela dure autant ? 

Une semaine après la première manifestation monstre du 9 juin, Carrie Lam a annoncé la suspension de son projet de loi à l'origine de la contestation, espérant éteindre l'incendie. Sans effet. Entre-temps, la mobilisation a considérablement élargi ses revendications. Désormais, les manifestants remettent ouvertement en cause l'influence globale de Pékin à Hong Kong et dénoncent le recul de leurs libertés.

 

 

Cinq revendications émergent : le retrait du projet de loi et non sa simple suspension, le retrait de la qualification "d'émeutes" pour les manifestations du 12 juin, avec la création d'une commission d'enquête indépendante sur les accusations de violences policières, la libération sans poursuite des centaines de manifestants arrêtés, la mise en place du suffrage universel et la démission de Carrie Lam.

 

 

>> GRAND FORMAT : "Nous perdons nos libertés" : ces habitants de Hong Kong se battent pour préserver leur identité face à la Chine

 

 

"Si nos cinq revendications ne sont toujours pas entendues par Carrie Lam et son gouvernement, le Front civil des droits humains continuera à tenir des manifestations et des rassemblements", avertit Bonnie Leung, une des organisatrices du mouvement.

 

 

Carrie Lam résiste. "Je ne crois pas que nous devrions faire des concessions dans le but de faire taire les manifestants auteurs de violences", estime-t-elle, le 9 août. "La violence, que ce soit son utilisation ou son apologie, poussera Hong Kong sur un chemin sans retour et plongera la société hongkongaise vers une situation très inquiétante et dangereuse", ajoute-t-elle quelques jours plus tard. Bref, un dialogue de sourds s'est installé et la situation, dans l'impasse, dégénère.

 

 

 

Comment réagit Pékin ?

La Chine a d'abord fait l'autruche. Quand, le 9 juin, les organisateurs annoncent plus d'un million de manifestants dans les rues de Hong Kong, les médias chinois sont silencieux. L'agence officielle Chine nouvelle minimise l'événement, la télévision CCTV ne mentionne pas les manifestations et sur Weibo, le Twitter chinois, les recherches ne donnent aucun résultat à cause de la censure. Les médias chinois pensent ensuite trouver une parade : insister sur des manifestations de soutien au projet de loi, plutôt que sur celles des opposants. En vain.

 

 

Sur le terrain, Pékin garde encore ses distances. Quand le Parlement de Hong Kong a été envahi, le 1er juillet, les autorités chinoises condamnent seulement l'action d'un "petit nombre de radicaux". Le ton se fait plus sévère un mois plus tard. "Ceux qui jouent avec le feu périront par le feu", avertit, le 6 août, le porte-parole du Bureau des affaires de Hong Kong et Macao, Yang Guang. Les 13 et 14 août, Pékin change de vocabulaire, qualifiant les violences contre les policiers de "crimes graves" et de "premiers signes de terrorisme".

 

 

 

On sait qui sont les manifestants ?

Les premières manifestations de juin ont rassemblé jusqu'à deux millions de personnes, soit plus d'un quart de la population de Hong Kong (7,4 millions). "Cela montre que la mobilisation a touché tous les âges et toutes les classes sociales", analyse Philippe Le Corre, chercheur et spécialiste de la Chine et de Hong Kong. Si les jeunes représentent une part importante des manifestants, leurs aînés ont également suivi le mouvement à ses débuts. Des personnes âgées ont elles aussi défilé en faveur de la démocratie, tout comme des familles.

 

 

Ces dernières semaines, certains de ces manifestants ont durci leurs moyens d'action. "Il s'agit de jeunes prêts à en découdre, qui ont clairement expliqué que le pacifisme, cela ne fonctionne plus. C'est une nouveauté", explique Philippe Le Corre à franceinfo. "Des moyens plus radicaux sont pour eux la seule façon de médiatiser, d'internationaliser leur mouvement." Et de se faire entendre face au régime chinois. 

 

 

>> Profil, méthodes, revendications... Qui sont les manifestants pro-démocratie à Hong Kong ?

 

 

Une étude récente montre que les manifestants sont plutôt des jeunes, éduqués et très en colère. Sur les 6 688 personnes interrogées par des chercheurs de quatre universités de Hong Kong, près de la moitié (46%) sont des femmes et plus des trois quarts (77%) ont fait des études supérieures. Et la moitié ont moins de 30 ans.

 

 

Interrogés sur ce qui motivait leur engagement dans le mouvement pro-démocratie, 87% ont déclaré qu'ils voulaient que le projet de loi sur l'extradition soit retiré. Mais beaucoup ont aussi fait part de leurs griefs envers les forces de l'ordre : 95% se disent insatisfaits de la façon dont la police gère les manifestations et 92% réclament une commission d'enquête indépendante sur les violences policières.

 

 

 

Une flambée de violence est-elle à craindre ?

L'armée chinoise dispose d'une garnison de plusieurs milliers d'hommes sur le territoire de Hong Kong. Elle n'a pas vocation à entrer en action, sauf si les autorités locales le demandent. Et Pékin agite de plus en plus le spectre d'une intervention militaire. Début août, l'armée chinoise a diffusé une vidéo montrant un exercice de ses soldats occupés à réprimer une émeute sur le territoire semi-autonome. Quelques jours plus tard, plusieurs médias ont repris des images officielles de véhicules militaires chinois en entraînement à Shenzhen, aux portes de Hong Kong.

 

 

 

DW News ✔@dwnews
 

China's state media has released footage showing increased military buildup in Shenzhen, on the border with Hong Kong.

They say that this is a routine drill, though critics fear that this is a message to Hong Kong protesters.

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"La logique qui a conduit à la tragédie de 1989 est en train de se produire à Hong Kong trente ans après", s'inquiète sur franceinfo Lun Zhang, professeur chinois à la Maison des sciences et de l'homme à l'université de Cergy-Pontoise et chercheur en sociologie à l'EHESS, faisant référence à la répression de la place Tiananmen. "Les enjeux ne sont pas tout à fait les mêmes, la logique des affrontements l'est presque, avec, d'un côté, un pouvoir autoritaire, celui de Pékin, qui ne veut rien lâcher."

 

 

D'autres spécialistes sont plus mesurés. "Si on est réaliste, quels seraient les coûts d'une intervention militaire avec les tanks qui débarquent à Central et qui tirent...", s'interroge sur Arte, le 13 août, Jean-Philippe Béja, sinologue et chercheur émérite au CNRS. "C'est difficilement imaginable", pour lui. "Le mouvement à Hong Kong ne menace pas directement le pouvoir du Parti communiste sur l'ensemble de la Chine", commente-t-il.

 

 

"Une intervention militaire ou policière à Hong Kong semble très improbable", juge également auprès du Monde, l'ancien Premier ministre australien Kevin Rudd, président du think tank Asia Policy Institute. "Le scénario le plus vraisemblable est que Pékin, par sa non-réaction, va laisser le mouvement décliner", ajoute-t-il. Selon lui, "une intervention aurait des conséquences inconnues au niveau international et provoquerait l'isolement de la Chine".

 

 

 

Qu'en dit la communauté internationale ?

A l'étranger, on observe ce qui se passe à Hong Kong sans trop oser s'exprimer. "Le Parlement européen a fait un communiqué, mais on ne peut pas dire que la communauté internationale soit prête à affronter la Chine sur ce sujet", résume le chercheur Philippe Le Corre, auprès de franceinfo. Les commentaires sont en effet mesurés et discrets. 

 

 

Donald Trump, pourtant en plein bras de fer commercial avec la Chine, a d'abord estimé qu'il s'agissait d'une affaire interne. Le président américain a sobrement appelé à ce que "tout le monde" reste "calme et en sécurité". "J'espère qu'il y aura une solution pacifique" et que "personne ne sera tué", a-t-il ajouté. Le 14 août, finalement, le département d'Etat américain a fait part de préoccupation vis-à-vis des "mouvements paramilitaires chinois" à la frontière avec Hong Kong. "Nous condamnons la violence (...) mais restons déterminés dans notre soutien à la liberté d'expression et à la liberté de réunion pacifique à Hong Kong", poursuit le communiqué d'un porte-parole de la diplomatie américaine.

 

 

De son côté, le Royaume-Uni, en partie responsable du statut actuel de Hong Kong, est encore plus discret. Vendredi 9 août, le chef de la diplomatie britannique, Dominique Raab, a téléphoné à Carrie Lam pour lui demander une "enquête pleinement indépendante sur les événements récents", en référence à la répression musclée des manifestations contre le gouvernement. La Chine a immédiatement rétorqué à Londres de cesser ses "ingérences".

 

 

En France, pas un mot. Une vingtaine de députés LREM ont d'ailleurs signé une lettre ouverte dans laquelle ils fustigent le silence français. "Il est temps que la communauté internationale parle à la Chine"explique à franceinfo Jean-François Cesarini, député LREM du Vaucluse.

 

 

 

J'ai eu la flemme de tout lire. Vous pouvez me faire un petit résumé ?

Cela fait maintenant plus de deux mois que Hong Kong, ancienne colonie britannique et Région administrative spéciale (RAS) de la République populaire de Chine, est agité par d'immenses manifestations. Des centaines de milliers de Hongkongais réclament le retrait définitif d'un projet de loi qui faciliterait les extraditions vers la Chine continentale, l'instauration d'une véritable démocratie et la démission de la dirigeante de Hong Kong pro-Pékin, Carrie Lam. D'abord pacifique, le mouvement s'est durci sous l'impulsion de certains groupes organisés qui n'hésitent pas à affronter les forces de l'ordre, accusées de violence. Et si le pouvoir chinois a d'abord suivi les événements de loin, il qualifie désormais certains actes des manifestants de "terrorisme", faisant craindre à certains observateurs une intervention militaire.

 


16/08/2019
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Franceinfo - le mercredi 14 août 2019

 

 

Crise à Hong Kong : l'angoisse des ressortissants hongkongais installés en France, qui n'ont "jamais vu autant de violence"

 

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Sarah TuchschererfranceinfoRadio France

 

 

Alors que les manifestations s'enchaînent depuis plus de deux mois dans l'archipel, les Hongkongais de France suivent, déconcertés, le mouvement sur les réseaux sociaux

 

 

 

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Des manifestants, dans les rues de Hong Kong, le 11 août 2019. (EMILIO NAVAS / MAXPPP)

 

 

 

"Je suis très inquiète, je n'ai jamais vu autant de violence dans les rues de Hong Kong", raconte Joanna qui suit les manifestations dans son pays d'origine via les réseaux sociaux. Arrivée à Paris il y a dix ans, cette femme partage à distance l'angoisse de sa famille et de ses amis sur place. La plupart de ses proches soutient le mouvement pro-démocratie qui a commencé au début du mois de juin.

 

 

La violence, c'est aussi ce qui fait peur à Sony Chan, une autre ressortissante hongkongaise installée dans la capitale française. Elle défend ce soulèvement porté en grande partie par la jeune génération. "Mes amis, qui ont mon âge et qui ont participé aux rassemblements, n'ont jamais vu de violence de la part des jeunes", raconte l'humoriste qui a passé les dix premières années de sa vie à Hong Kong.

 

 

 

Un rassemblement de soutien aux manifestants organisé à Paris ?

Si la situation dégénère, c'est à cause de la police, selon Sony Chan. "Il y a une violence disproportionnée de la part des policiers. Une jeune fille a perdu un œil, de simples passants qui se trouvaient dans le quartier ont été arrêtés, violentés. C'est absolument inexplicable", juge la jeune femme qui s'interroge sur "le but de cette violence""Est-ce que c'est dans l'intérêt de Pékin de créer ce chaos ?", se demande-t-elle.

 

 

Face à cette situation, Sony Chan regrette l'attitude de la France, trop silencieuse à ses yeux : "Il ne faut pas oublier qu'en 1989, la France a été un des rares pays à accueillir des dissidents chinois. Voilà ce qui peut vraiment symboliser la fraternité, si chère à la France. J'ai l'impression qu'aujourd'hui, tout cela a disparu."

 

 

En 2014, au moment de la révolution des parapluies à Hong Kong, Joanna avait mobilisé la communauté hongkongaise de Paris, en appelant à manifester sur le Champ de Mars. Elle n'exclut pas de refaire la même chose dans les jours qui viennent.

 


14/08/2019
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Franceinfo - le samedi 10 août 2019 - mis à jour le 13.08.2019

 

 

"Nous devons devenir plus agressifs" : un jeune Hongkongais raconte comment il s'est radicalisé lors des manifestations

 

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Angélique ForgetfranceinfoRadio France

 

 

À 18 ans, Tony Chung est un militant très actif des manifestations pro-démocratie qui secouent Hong Kong. En deux mois, la position de ce jeune homme s'est durcie

 

 

 

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Un participant d'une manifestation pro-démocratie à Hong Kong le 5 août 2019 (image d'illustration). (ISAAC LAWRENCE / AFP)

 

 

 

Il était pacifique il y a deux mois. Aujourd'hui, Tony Chung se dit prêt à en découdre avec les autorités. Ce Hongkongais de 18 ans s'apprête à manifester pour le dixième week-end consécutif. Avec ses grosses lunettes rondes et son air d’enfant sage, on l'imagine mal en première ligne face à la police hongkongaise. Pourtant, tous les week-ends depuis deux mois, Tony descend dans la rue pour exprimer son opposition au gouvernement de Hong Kong, pro-Pékin, et réclamer plus de démocratie dans cette ancienne colonie britannique.

 

 

"Avant ce mouvement social, je ne faisais pas grand-chose le week-end,raconte ce jeune, je jouais aux jeux vidéo, je regardais des films et je dormais". Désormais, Tony raconte qu'il passe ses week-ends dans la rue, "en première ligne", avec un t-shirt et un pantalon noirs comme les autres manifestants, et un casque et un masque pour se protéger des gaz lacrymogènes. "J’y reste parfois 10 heures d’affilée, sans manger", explique-t-il.

 

 

 

400 manifestants interpellés

Pour Tony, la violence est un mal nécessaire. "Quand les manifestations ont commencé, nous étions très pacifiques, calmes et non violents, se souvient-il, le gouvernement ne nous a pas écoutés, même lorsque nous avons été deux millions dans la rue". Il poursuit : "nous devons devenir plus agressifs pour obliger les autorités à nous entendre".

 

 

Depuis le début des manifestations, plus de 400 personnes ont été arrêtées par la police. Ces interpellations n'entament pas les convictions du jeune hongkongais, "je sais qu’un jour, je pourrais être arrêté ou même blessé par des tirs de police". Tony Chung raconte que les forces de l'ordre tirent des balles en plastique, "si elles vous arrivent sur le crâne, vous pouvez en mourir". Il se demande souvent pourquoi il va en première ligne, mais il explique qu'il veut "donner [son] maximum"

 

 

 

Le mouvement se durcit

Aujourd'hui, même la possibilité d'une intervention de l'armée chinoise ne lui fait pas peur. "Je suis sûr qu'ils n'enverraient pas les chars comme à Tian'anmen, se convainc-t-il, je pense qu’ils enverraient surtout des hommes qui rejoindraient les forces de police et qui se montreraient plus brutaux." À Hong Kong, tous les manifestants savent qu'une inculpation pour émeutes est passible de dix ans de prison.

 


13/08/2019
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Franceinfo - le mardi 13 août 2019

 

 

Manifestations à Hong Kong : l'aéroport a rouvert mais plus de 200 vols restent annulés

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

Lundi, quelque 5 000 manifestants, selon la police, avaient entrepris un sit-in pacifique dans le terminal principal pour sensibiliser les voyageurs à leur cause

 

 

 

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Des passants à l'aéroport de Hong Kong, le 13 août 2019.  (PHILIP FONG / AFP)

 

 

 

Le trafic a repris à l'aéroport de Hong Kong, mardi 13 août, au lendemain du sit-in géant des manifestants pro-démocratie qui a paralysé le trafic. L'activité de l'aéroport reste encore perturbée avec au moins 200 vols annulés pour la seule compagnie honkongaise Cathay Pacific. Celle-ci a demandé à ses voyageurs de reporter tout déplacement non-essentiel.

 

 

Lundi, quelque 5 000 manifestants, selon la police, ont entrepris un sit-in pacifique dans le terminal principal pour sensibiliser les voyageurs à leur cause. Les manifestants sont peu à peu repartis dans le courant de la nuit sans intervention de la police.

 

 

Seule une poignée d'entre eux étaient encore présents mardi matin dans l'aérogare, nettoyée de toutes les banderoles et pancartes mais pas encore des graffitis sur les murs. De nombreux protestataires ont par ailleurs assuré qu'ils reviendraient dans l'aéroport au cours de l'après-midi. Tous réclament la démission de la cheffe du gouvernement local, Carrie Lam, jugée trop dépendante de Pékin, et la protection des libertés et de l'autonomie dont jouit Hong Kong depuis sa rétrocession à la Chine en 1997.

 


13/08/2019
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Franceinfo - le jeudi 8 août 2019

 

 

Hong Kong : pointeurs laser, cônes de chantier ou tickets de métro... Les astuces des manifestants pour faire face à la police

 

 

 

 

La mégapole traverse sa plus grave crise politique depuis sa rétrocession à la Chine en 1997. Depuis le début des manifestations, il y a deux mois, certains protestataires ont recours à diverses techniques pour parasiter les moyens déployés par les forces de l'ordre

 

 

 

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Des manifestants recouvrent une bombe de gaz lacrymogène avec un cône de chantier lors d'affrontements avec les forces de l'ordre, le 28 juillet 2019 à Hong Kong. (ANTHONY WALLACE / AFP)

 

 

 

Hong Kong, des centaines de personnes se sont rassemblées, mercredi 7 août dans la soirée, afin d'agiter des pointeurs laser sur le dôme du musée de l'espace. Depuis le début de la contestation, il y a deux mois, ces faisceaux de lumière sont de plus en plus utilisés par les manifestants lors des face-à-face avec les forces de l'ordre, car ils permettent de perturber les caméras de surveillance et les dispositifs de reconnaissance faciale. Plus généralement, les manifestants ne manquent pas d'idées pour déjouer l'arsenal policier.

 

 

 

Les lasers pour perturber la vidéosurveillance

L'usage des lasers est à ce point répandue qu'un étudiant a été arrêté mardi dernier pour possession d'une "arme offensive" car il avait dix pointeurs sur lui. Cette interpellation avait provoqué une manifestation devant un commissariat, ensuite dispersée à coups de grenades lacrymogènes. Lors d'une conférence de presse, les forces de l'ordre ont ensuite dénoncé la dangerosité supposée de ces stylets, en pointant un laser sur un journal à une distance d'un mètre, jusqu'à l'apparition d'une fumée.

 

 

Les manifestants, pour leur part, ont accueilli avec ironie cette démonstration et multiplié les tentatives pour allumer des objets à l'aide de leurs pointeurs, avant de comptabiliser "d'innombrables" échecs.

 

 

 

Parapluies, cônes de chantier et bouteilles d'eau

Lors des manifestations, certains manifestants tentent de se protéger des tirs de gaz lacrymogène retranchés derrière des parapluies, quand d'autres déploient même des valises. Cette technique avait déjà été éprouvée lors des grandes manifestations de 2014. La contestation, à l'époque, avait d'ailleurs pris le nom de "révolution des parapluies".

 

 

 

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Des manifestants se protègent des gaz avec des parapluies et des valises, le 5 août 2019 à Hong Kong. (ISAAC LAWRENCE / AFP)

 

 

 

Plus étonnant encore, certains protestataires casqués et équipés d'un masque se sont fait une spécialité de recouvrir les bombes lacrymogènes avec un cône de chantier en plastique, afin de contenir les effluves dans cette petite cheminée ouverte par le haut. Ensuite, ils y versent le contenu d'une bouteille de l'eau.

 

 

Des tickets de métro à usage unique

Les manifestants ont récemment bloqué le métro lors d'une action coup de poing menée dans le cadre d'une grève générale. La veille, certains avaient scotché des tickets à usage unique sur les distributeurs automatiques, car ces coupons ne permettent pas de remonter jusqu'à l'identité de l'usager. Des sacs de vêtements étaient également posés sur les appareils, selon un écrivain basé à Hong Kong, afin de permettre aux bloqueurs de changer rapidement d'apparence. Plus généralement, certains usagers préfèrent désormais éviter d'utiliser leur carte de transports classique afin que les autorités ne puissent pas retracer leur parcours.

 


08/08/2019
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