L'AIR DU TEMPS

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Franceinfo - le mercredi 12 juin 2019

 

 

Hong Kong : face à la pression de la rue, les autorités reportent l'examen du texte controversé autorisant les extraditions vers la Chine

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

 

Des milliers de protestataires ont encerclé les bâtiments du gouvernement, paralysant la circulation dans le centre de l'île

 

 

 

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Des manifestants occupent deux artères principales de Hong Kong près du siège du gouvernement, le 12 juin 2019. (ANTHONY WALLACE / AFP)

 

 

 

La mobilisation s'amplifie à Hong Kong contre le projet de loi visant à autoriser les extraditions vers la Chine. Des milliers de manifestants vêtus de noir, pour la plupart des jeunes, ont encerclé mercredi 12 juin les bâtiments du gouvernement dans le centre de l'île, paralysant la circulation, pour exiger le retrait de ce texte controversé soutenu par Pékin.

 

 

Face à cette pression de la rue, les autorités hongkongaises ont reporté l'examen du texte qui devait être discuté en deuxième lecture par le Conseil législatif. Le président de cette assemblée dominée par les députés pro-Pékin a annoncé que les débats étaient reportés à une "date ultérieure".

 

 

La décision n'a pas calmé les ardeurs des manifestants. Plusieurs heures après l'annonce, ils étaient encore des milliers dans la rue. De violents affrontements ont éclaté avec la police, qui a fait usage de gaz lacrymogène, de gaz au poivre et de matraques.

 

 

 

L'exécutif reste déterminé

Mais cette mobilisation spectaculaire dans une ville de sept millions d'habitants n'a pas fait bouger d'un pouce la cheffe du gouvernement local, Carrie Lam, qui a rejeté toute éventualité de retirer le projet de loi. Elle a également mis en garde l'opposition contre toute "action radicale".

 

 

Le texte a suscité les critiques de pays occidentaux ainsi qu'une levée de boucliers de Hongkongais qui redoutent une justice chinoise opaque et politisée, et pensent que cette réforme nuira à l'image internationale et l'attractivité du territoire semi-autonome.

 

 

Le projet, disent les autorités, doit combler un vide juridique et faire que la ville ne soit plus un asile pour certains criminels. Elles assurent que des garde-fous existent en matière de droits de l'homme et qu'il ne visera pas les opposants politiques à la Chine.

 


14/06/2019
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Franceinfo - le lundi 10 juin 2019

 

 

Cinq questions sur la situation à Hong Kong, où plus d'un million de personnes ont manifesté

 

 

 

Le gouvernement pro-Pékin de Hong Kong a refusé lundi d'enterrer un projet de loi controversé qui permettra les extraditions vers la Chine. Et ce en dépit d'une manifestation monstre contre ce texte, dimanche, dans l'ex-colonie britannique

 

 

 

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Des manifestants protestent contre un projet de loi d'extradition à Hong Kong, le 9 juin 2019. (THOMAS PETER / REUTERS)

 

 

 

Une manifestation monstre. Dans une chaleur étouffante, plus d'un million de personnes ont, pendant plus de sept heures, défilé dans les rues étroites de l'île principale de Hong Kong, dimanche 9 juin. Une telle mobilisation dans cette ex-colonie britannique rétrocédée à la Chine en 1997 rappelle le mouvement des parapluies de 2014, une série de manifestations prodémocratie qui avaient agité le territoire à l'époque.

 

 

Franceinfo fait le point sur la situation.

 

 

 

1 - Pourquoi manifestent-elles ?

Le mot d'ordre du million de personnes qui ont manifesté est "Non à l'extradition." Elles protestent contre un texte très controversé, voulu par l'exécutif hongkongais et qui autoriserait Hong Kong à extrader les personnes résidant sur son territoire vers d'autres régions comme la Chine continentale. Les autorités hongkongaises affirment que cette nouvelle loi comblera un vide juridique et permettra à la région de ne plus servir de refuge à certains criminels. Mais les opposants redoutent une utilisation politique des extraditions par Pékin.

 

 

 

2 - Que contient ce projet de loi d'extradition ?

Cette loi sur l'extradition, aussi appelée "ordonnance sur les délinquants fugitifs" va être examinée à partir du 12 juin par le Conseil législatif (LegCo), ou "parlement local" de Hong Kong. Concrètement, elle stipule que quiconque, directement ou indirectement lié à une activité jugée criminelle par la Chine continentale (comme les journalistes, ONG, travailleurs sociaux...) résidant ou étant de passage à Hong Kong, pourra être arrêté, extradé et jugé en Chine continentale, détaille La Croix (article payant).L'extradition concerne aussi Macao ou Taïwan. 

 

 

Les autorités hongkongaises proposent ainsi d'accélérer les processus actuels d'extradition vers les territoires avec lesquels Honk Kong a déjà signé un traité, et de les étendre à la Chine populaire continentale, Macao et Taïwan, ce qui n'était pas le cas jusqu'ici. 

 

 

Ce texte a suscité les critiques de pays occidentaux ainsi qu'une levée de boucliers de certains Hongkongais qui dénoncent une justice chinoise opaque et politisée. Ils craignent que les extradés soient soumis à de la détention arbitraire, à un procès inéquitable ou à de la torture. "Personne ne sera en sécurité y compris les activistes, les défenseurs des droits de l'homme, les journalistes et travailleurs sociaux", s'est alarmé l'ONG Human Rights Watch dans un communiqué (en anglais). Cité par la BBC (en anglais), un libraire raconte s'être réfugié à Hong Kong après avoir été enlevé et détenu en Chine continentale en 2015 pour avoir vendu des livres critiquant les dirigeants chinois. "Si je ne pars pas, je serai extradé", s'inquiète-t-il.

 

 

 

 

3 - Dans quel contexte s'inscrit cette défiance envers Pékin ?

"Hong Kong is not China !" ("Hong Kong n'est pas la Chine !") ont scandé les manifestants dimanche. "Le projet de loi, s'il est voté, brouillera totalement la frontière entre Hong Kong et la Chine continentale", a estimé l'un des manifestants. En effet, depuis 1997, le statut de Hong Kong est celui de "région administrative spéciale". La région est sous souveraineté chinoise et n’a pas d’indépendance sur les questions de défense et de diplomatie, rappelle RFI. Toutefois, ses 7 millions d’habitants possèdent des structures politique, législative, juridique et financière propres, différentes de ceux des Chinois. Par exemple, les Hongkongais conduisent à gauche, les Chinois à droite, et ils utilisent le dollar hongkongais (indexé sur le dollar américain) et pas le yuan. 

 

 

Mais depuis une dizaine d'années, l'ex-colonie britannique est le théâtre d'une forte agitation politique. Certains Honkgongais ont le sentiment que l'accord de rétrocession et le fameux principe "un pays, deux systèmes", ne sont plus respectés. A l'automne 2014, le cœur financier de Hong Kong a ainsi été bloqué pendant plusieurs semaines par le mouvement des parapluies, une vaste mobilisation en faveur de l'autodétermination et de la démocratie. Pékin n'avait rien lâché. 

 

 

Depuis, de nombreux militants pro-démocratie ont été incarcérés, empêchés de se présenter à des élections ou déchus de leur portefeuille de conseiller au Parlement local. Ainsi en 2017, six députés issus des rangs de l'opposition ont été déchus de leur mandat pour avoir mal prêté serment. On leur reproche notamment d’avoir manqué de respect vis-à-vis de la Chine en utilisant un ton, un rythme ou une prononciation "insinuant des doutes", souligne RFI. En 2018, les autorités hongkongaises ont interdit le parti indépendantiste HKNP, estimant qu'il "avait un objectif clair visant à faire de Hong Kong une république indépendante". Des libraires hongkongais ont aussi disparu entre 2015 et 2016 avant de "réapparaître" en Chine. Ils travaillaient tous avec un éditeur connu pour ses publications critiques envers Pékin.

 

 

 

 

4 - Quels sont les arguments des autorités hongkongaises ?

Le gouvernement hongkongais, pro-Pékin, tente de rassurer les manifestants en assurant que les demandes d'extradition seront étudiées au cas par cas et que les suspects accusés de "crime politique ou religieux" par Pékin ne seront pas extradés, explique BBC News ( article en anglais). L'exécutif promet aussi que les extraditions ne seront possibles que pour les accusés passibles d'une peine de prison maximale de sept ans.

 

 

Certaines concessions ont déjà été faites, avance Hong Kong, comme le retrait de l'évasion fiscale comme infraction passible d'extradition. "Mon équipe et moi n'avons pas ignoré les opinions exprimées au sujet de ce texte de loi très important. Nous avons écouté avec beaucoup d'attention", a assuré devant la presse Carrie Lam, cheffe de l'exécutif hongkongais.

 

 

Je n'ai reçu aucune instruction ou mandat de Pékin pour faire cette loi.Carrie Lam, cheffe de l'exécutif hongkongaisen conférence de presse

 

 

Elle se défend en assurant que la loi actuelle a permis à de nombreux "criminels" de Chine de trouver refuge à Hong Kong et d'échapper ainsi à la justice chinoise.  En février, un Taïwanais a été accusé d'avoir tué sa femme mais d'avoir fui à Hong Kong pour échapper à la justice. Il n'a pas pu être extradé vers Taïwan car il n'existe aucun accord bilatéral entre les deux territoires pour le moment, étaye BBC News. Taïwan a toutefois précisé qu'il n'avait aucune intention de recourir à cette nouvelle loi, même si elle était votée, précise Le Monde

 

 

 

5 - Quelle est la position de Pékin ?

Pékin a déclaré, lundi, qu'il "continuera à soutenir fermement" le projet de loi. "Nous nous opposons fermement à toute force extérieure intervenant dans les affaires législatives de (...) Hong Kong", a par ailleurs martelé un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères lors d'une conférence de presse. La presse chinoise officielle a imputé la responsabilité des énormes manifestations organisées à Hong Kong à des ingérences étrangères, accusant notamment les opposants politiques de "collusion avec l'Occident". 

 

 

Le journal Global Times, proche du pouvoir et au ton nationaliste, a minimisé lundi la manifestation de dimanche, pourtant l'une des plus importantes dans la région semi-autonome depuis la rétrocession du territoire à la Chine en 1997. De son côté, le quotidien anglophone chinois China Daily affirme que 700 000 personnes ont signé une pétition en ligne soutenant le projet de loi, et estime que beaucoup de manifestants "ont été trompés par le camp de l'opposition et leurs alliés étrangers".

 


10/06/2019
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Franceinfo - le dimanche 19 mai 2019

 

 

L’article à lire pour comprendre les élections législatives en Inde

 

 

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Auriane Guerithault et Noémie LeclercqfranceinfoFrance Télévisions

 

 

 

Plus de 900 millions d'électeurs sont appelés aux urnes pour désigner les 545 députés de la chambre basse du Parlement indien. Le Premier ministre sortant, Narendra Modi, pourrait ressortir de ce scrutin sans majorité absolue

 

 

 

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Dans un bureau de vote du district de Jaipur, dans le Rajasthan (Inde), le 29 avril 2019. (VISHAL BHATNAGAR / NURPHOTO / AFP)

 

 

 

Avec 900 millions d'électeurs inscrits, ce sont les plus grandes élections du monde. L'Inde est rentrée depuis le 10 avril dans une course électorale longue de six semaines, dont les résultats seront connus jeudi 23 mai. Organisation, candidats en lice, contexte socio-économique... Franceinfo vous explique le déroulement et les enjeux de ces élections hors normes.

 

 

 

Un petit mot sur l'Inde pour commencer ?

Avec une superficie de plus de 3 millions de km2, l'Inde est six fois plus grande que la France et vingt fois plus peuplée : en 2018, le pays comptait 1,35 milliard d'habitants. Ce qui en fait le 2e pays le plus peuplé au monde, derrière la Chine, qu'il pourrait dépasser à l'horizon 2022, d'après les prévisions de croissance démographique de l'ONU.

 

 

Depuis les années 2010, le pays a connu une croissance économique extrêmement dynamique, devançant même la Chine, avec un taux de croissance qui frôle les 7%. Cependant, le développement ne suit pas : en 2017, près d'un tiers de la population vit toujours en dessous du seuil critique de pauvreté, et le chômage est à la hausse

 

 

 

 

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La société indienne est organisée en castes. Cette division de la population vient de l'hindouisme, religion majoritaire du pays et pratiquée par près de 80% des Indiens, devant l'islam (14,2%) et le christianisme (2,3%). Officiellement, l'Inde est une république laïque, mais les actes antimusulmans, notamment en raison des différends historiques avec le Pakistan.

 

 

Au niveau politique, l'Inde est une République fédérale qui comprend 29 Etats, lesquels ont des compétences particulières au niveau juridique, sécuritaire, économique et éducatif. Si un président est élu au suffrage universel tous les 5 ans, le Premier ministre reste l'homme fort du pays. Actuellement, c'est l'ultra-nationaliste Narendra Modi qui occupe ce poste.

 

 

 

C'est quoi ces élections ?

L'Inde est considérée comme la "première démocratie du monde" avec près de 900 millions d'inscrits sur les listes électorales. Ces législatives, primordiales pour la vie politique indienne, se déroulent en fait depuis le 10 avril. En effet, ce scrutin se tient tous les 5 ans sur six semaines. Il permettra de désigner une nouvelle majorité à la chambre basse – la "Lok Sabha" – du Parlement.

 

 

"Il y a généralement une bonne participation aux législatives, rapporte Olivier Da Lage, auteur et journaliste pour RFI spécialiste de l'Inde. Traditionnellement, ce sont les basses couches de la société qui y votent, bourgeois et nobles dédaignant la tenue d'élections de manière générale. Mais cette année le BJP, le parti de Narendra Modi, devrait trouver un électorat dans les villes et classes moyennes supérieures. D'un autre côté, les paysans se sentent de plus en plus abandonnés et pourraient être tentés de s'abstenir."

 

 

 

Ça doit être compliqué à organiser...

Un million de bureaux de votes ont été ouverts. Tout au long de ces six semaines, le scrutin se déroule successivement dans les différentes régions de l'Inde, en s'appuyant sur les forces de police nationale, "afin d'éviter les risques de collusion avec les forces locales, souvent corrompues""Chaque scrutin nécessite une logistique considérable", appuie Olivier Da Lage. Onze millions d'agents électoraux sont mobilisés. "Les élections se déroulent sous le contrôle de la commission électorale, très respectée par les électeurs pour son indépendance", explique le journaliste de RFI.

 

 

 

Concrètement, comment ça marche ?

L'Inde fonctionne avec un scrutin uninominal à un tour : c'est le candidat local qui obtient le plus de voix qui est élu. Ce qui complique les choses, c'est que l'Inde est un pays fédéral – comme l'Allemagne. La Lok Sabha compte 545 sièges et chaque Etat indien dispose d'un certain nombre de sièges à pourvoir, proportionnellement à sa population. "Les sondages nationaux n'ont pas d'intérêt puisque dans chaque circonscription, les électeurs votent en fonction de leurs priorités locales. Un siège peut se jouer à quelques voix seulement", analyse Olivier Da Lage.

 

 

 

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Des électeurs indiens attendant de voter, le 11 avril 2019 dans l'Etat de l'Uttar Pradesh en Inde. (NASIR KACHROO / NURPHOTO / AFP)

 

 

Pourquoi ces élections sont-elles importantes ?

"L'Inde est un système parlementaire et même s'il y a un président, le pouvoir est entre les mains du Premier ministre, lui même responsable devant la chambre basse du Parlement", décrypte Olivier Da Lage. Reste à savoir si Narendra Modi, le Premier ministre actuel, pourra se maintenir au pouvoir (et dans quelles conditions). S'il perd sa majorité absolue, il lui faudra trouver des alliés – ce dont il manque cruellement. En face, l'opposition portée par Rahul Gandhi a tenté de créer une coalition pour reprendre le contrôle de la Lok Sabha aux nationalistes du BJP. Mais les très fortes rivalités au niveau local ont malmené cette alliance, qui "n'est pas aussi importante qu'elle aurait pu l'être", selon le journaliste de RFI.

 

 

 

Qui sont les candidats ?

Au total, plus de 8 000 candidats briguent un mandat parlementaire. Mais ce sont surtout deux partis qui s'affrontent : le BJP de Narendra Modi, donc, et le Parti du Congrès, socialiste et attaché au "sécuralisme", c'est-à-dire à l'égale bienveillance de l'Etat à l'égard de toutes les religions. Ce dernier, qui a dirigé l'Inde pendant plus de cinq décennies après son indépendance avant que le BJP ne le détrône en 2014, est aujourd'hui mené par Rahul Ghandi.

 

 

 

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Rahul Gandhi, président du Parti du Congrès, le 19 avril 2019 à Ahmedabad (Inde). (SAM PANTHAKY / AFP)

 

 

 

Le parti de Narendra Modi nourrit lui l'animosité envers les musulmans"Le BJP assimile les musulmans indiens avec le Pakistan, afin d'entraîner la crainte de la population", explique Nilanjan Mukhopadhay, spécialiste du nationalisme hindou, à franceinfo. "Tout la campagne s'est faite autour de la personne de Modi, le 'chowkidar' [le gardien d'immeuble] qui protège son peuple contre l'ennemi ; en l'occurrence, le Pakistan", confirme Olivier Da Lage.

 

"La grande absente de ces élections, c'est la laïcité, analyse aussi ce spécialiste, alors que d'habitude, c'est un sujet central." Les deux têtes d'affiche se montrent ainsi en pieux hindous et visitent des temples.

Au final, c'est une compétition entre un nationalisme hindou brutal et la version plus soft portée par Rahul Gandhi.Olivier Da Lage à franceinfo

 

 

L'un des enjeux de ce scrutin sera donc de savoir quelle vision de leur pays les Indiens vont privilégier. Mais tout ne se décidera pas entre les deux grands partis, puisqu'il existe énormément de partis régionaux, apparu au fil des années, "par dissidence ou par identité de caste", note Olivier Da Lage.

 

 

 

Le Premier ministre sortant est-il apprécié ?

Disons qu'il divise, après cinq années au pouvoir. "Il ne peut pas se représenter sur le même programme qu'en 2014, quand il promettait de moderniser l'Inde", décrypte Ingrid Therwath, docteure en sciences politiques, spécialiste de l'Inde et journaliste pour Courrier international"Malgré les échecs économiques qui lui ont certainement coûté des voix, il demeure assez populaire, estime son confrère de RFI. Moins qu'il y a 5 ans, mais plus que son parti.

 

 

 

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Narendra Modi, le premier ministre indien, le 25 avril 2019 à Varanasi (Inde). (SANJAY KANOJIA / AFP)

 

 

 

Après les attaques dans le Cachemire indien du 14 février, les tensions avec le Pakistan se sont fait plus vives. Quelques jours plus tard, le Premier ministre a annoncé avoir effectué des frappes sur un camp d'entraînement d'un groupe islamiste pakistanais. "C'était complément électoraliste, il y a eu un déferlement patriotique, analyse Ingrid Therwath. Narendra Modi est passé de 30% à 62% dans les sondages."

 

 

Une forte opposition au Premier ministre a également émergé, ses détracteurs estimant qu'il glisse le pays "de manière progressive mais déterminée" vers un autoritarisme où ses adversaires politiques n'ont pas leur mot à dire, selon Olivier Da Lage.

 

 

 

Quels sont les enjeux ?

L'un des enjeux de l'élection concerne l'électorat rural. L'Inde compte 260 millions de fermiers alors que, depuis 70 ans, la part de l'agriculture dans le PIB n'a cessé de baisser – elle est tombée à 14%. En réaction, les mouvements de grève se sont succédé ces dernières années. Surfaces de terre trop petites, stagnation des prix, paysans sans terre, exode rural… Autant de problèmes auxquels les candidats assurent vouloir répondre en proposant notamment des aides

 

 

 

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Des agriculteurs indiens manifestant contre la politique du gouvernement, le 30 mars 2019 à Amritsar (Inde). (NARINDER NANU / AFP)

 

 

 

Autre enjeu du scrutin, l'emploi des jeunes Indiens. D'après la journaliste Bénédicte Manier, "deux tiers des habitants ont moins de 35 ans et la moitié a moins de 25 ans. Avec 1 million de nouveaux actifs par mois sur le marché du travail, il est compliqué de trouver du travail." En 2014, Narendra Modi avait fait sa campagne sur "la promesse de la création de 10 millions d'emplois par an". Cinq ans plus tard, le bilan est décevant et le taux de chômage, à 6,1%, est le plus élevé depuis 45 ans – malgré une croissance exceptionnelle à 6,7%.

 

 

 

Quelles conséquences pour la diplomatie ?

L'Inde nourrit des relations tourmentées avec deux de ses voisins. La Chine d'abord, avec qui New Delhi se dispute le territoire d'Arunachal Pradesh, qui a fait l'objet d'une guerre sanglante en 1962. Narendra Modi a tenté à plusieurs reprises d'apaiser les tensions avec la 2e puissance économique mondiale. C'est en revanche beaucoup plus compliqué avec le Pakistan, ennemi juré depuis la partition de l'Inde coloniale en 1947, entraînant le déplacement de 15 millions de personnes et d'importantes violences.

 

 

 

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Des militaires indiens à la frontière entre l'Inde et le Pakistan, à Wagah (Inde), le 1er mars 2019. (NARINDER NANU / AFP)

 

 

 

"Le BJP ne perd aucune occasion de s'en prendre au Pakistan, auquel les musulmans indiens sont implicitement associés, et accuse le Parti du Congrès d'être faible face à Islamabad, précise Olivier Da Lage. Côté pakistanais, le Premier ministre Imran Khan a paradoxalement fait l'éloge de Narendra Modi. En fait, les dirigeants pakistanais estiment qu'un gouvernement nationaliste sera mieux à même de faire des gestes d'ouverture sans être sous le feu de l'opposition. Cela étant, rien ne garantit non plus une embellie après les élections." Au mieux donc, des inflexions, mais pas de rupture majeure sur le plan international.

 

 

 

J'ai eu la flemme de tout lire, vous me faites un résumé ?

Des élections législatives se déroulent depuis le 10 avril en Inde, le deuxième pays le plus peuplé du monde avec 1,35 milliard d'habitants. Le scrutin est étalé sur six semaines et a pour but de désigner une nouvelle majorité parlementaire. Dans les urnes, ce sont deux visions de l'Inde qui s'affrontent : d'un côté, l'actuel chef du gouvernement, l'ultra-nationaliste Narendra Modi, qui affiche un discours antimusulman ; de l'autre, Rahul Gandhi, qui prône davantage une Inde multi-culturelle.

 

 

Le scénario le plus probable est celui d'une victoire du Premier ministre sortant, mais sans majorité, ce qui forcerait Narendra Modi à partager le pouvoir. Ces élections sont importantes pour l'avenir du pays, qui malgré un taux de croissance qui s'élève à 6,7%, fait face à un taux de chômage à son plus haut niveau depuis 45 ans. Le monde rural, confronté à une misère croissante, et la jeunesse sont également au cœur des débats.

 


19/05/2019
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Franceinfo - le vendredi 10 mai 2019

 

 

La Corée du Nord annonce un essai de frappe "à longue portée"

 

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions
 

 

 

Officiellement, la Corée du Nord n'avait pas procédé à un tir de missile depuis le 29 novembre 2017. Elle avait alors testé un engin balistique intercontinental capable, selon elle, d'atteindre le territoire américain

 

 

 

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Image diffusée par l'agence de presse officielle nord-coréenne, le 10 mai 2019, montrant un tir par l'Armée populaire de Corée, la force armée de la Corée du Nord, le 9 mai.  (KCNA VIA KNS / AFP)

 

 

 

Les relations entre Pyongyang et Washington traversent de nouveau une zone de turbulences. La Corée du Nord a annoncé, vendredi 10 mai, avoir procédé à un essai de frappe "à longue portée", au lendemain de la saisie par la justice américaine d'un cargo nord-coréen, accusé d'avoir violé les sanctions internationales en exportant du charbon et en important des machines. Cet essai nord-coréen a eu lieu au moment même où Stephen Biegun, représentant spécial américain pour la Corée du Nord, était en visite à Séoul (Corée du Sud). 

 

 

"Le leader suprême Kim Jong-un a pris connaissance d'un plan pour mener un exercice (...) à l'aide de plusieurs moyens de frappe à longue portée, et a donné l'ordre de procéder à l'exercice", a rapporté l'agence officielle nord-coréenne, KCNA, sans préciser le type d'armes testé et se gardant notamment d'employer le mot "missile". L'annonce de Pyongyang contredit des informations de l'armée sud-coréenne, selon qui les armes testées sont deux missiles à courte portée qui ont parcouru respectivement 270 et 420 kilomètres. 

 

 

 

Un premier tir officiel depuis novembre 2017

Le président américain, Donald Trump, a assuré étudier "très sérieusement" la situation. Le dirigeant, qui d'habitude insiste inlassablement sur la qualité de ses relations avec le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un, s'est ouvertement interrogé sur sa volonté de négocier sérieusement sur la dénucléarisation de la péninsule. "Personne n'est content de ce qui s'est passé", a-t-il affirmé, en évoquant lui aussi des "missiles de courte portée". "La relation se poursuit, mais nous verrons", a-t-il ajouté, affirmant avoir le sentiment que les Nord-Coréens n'étaient pas véritablement "prêts à négocier".

 

 

Officiellement, la Corée du Nord n'a pas procédé à un tir de missile depuis le 29 novembre 2017. Elle avait alors testé un engin balistique intercontinental, capable, selon elle, d'atteindre le territoire américain. Mais selon des experts, plusieurs projectiles ont déjà été tirés samedi, dont un missile de courte portée. 

 

 

Le président sud-coréen, Moon Jae-in, a averti que les tirs de jeudi "pourraient rendre les négociations plus difficiles" avec les Etats-Unis sur le nucléaire. Cet essai intervient dans un contexte de défiance croissante depuis le sommet de Hanoï, en février, entre Donald Trump et Kim Jong-un, qui s'est soldé par un désaccord. Le leader nord-coréen réclamait une levée des sanctions trop importantes aux yeux de Donald Trump, en échange d'un début de dénucléarisation.

 

 

 

 

 

La Corée du Nord à nouveau touchée par la famine

 

 

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Jean-Marc FourfranceinfoRadio France - LE LUNDI 6 MAI 2019
 

 

 

 

Tous les jours, dans "Un monde d’avance", un coup de projecteur sur une actualité à l’étranger restée sous les radars. Aujourd’hui, direction la Corée du Nord où 40% de la population souffrent de malnutrition

 

 

 

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Des personnes en train de planter du riz dans un champ, à la périphérie de Kaesong, en Corée du Nord, le 2 juin 2017. (ED JONES / AFP)

 

 

 

Le rapport de l’ONU (publié le 3 mai) est saisissant : dix millions de Nord-Coréens, soit 40% de la population, souffrent de malnutrition. C’est énorme. Les experts du Programme alimentaire mondial (PAM) se sont rendus sur place en avril, dans ce pays, qui rappelons-le, est l’un des plus fermés au monde et le dernier, sans doute, à se revendiquer explicitement du communisme. Les rations alimentaires distribuées par le pouvoir ont été diminuées d’un quart : 300 grammes par personne et par jour, contre près de 400 grammes il y a un an. Cela veut dire que bon nombre de Nord-Coréens ne mangent plus de protéines : ils se contentent de riz, de chou, et de kimchi, ce plat national constitué de piments et de légumes fermentés.

 

 

L’explication est simple : les récoltes ont été catastrophiques lors des 12 derniers mois : les pires depuis dix ans. Les principales ressources agricoles (le riz, les pommes de terre et les fruits) ont toutes vu leur production diminuer à cause d’un mélange d’événements climatiques : sécheresse en été, froid sec en hiver et déficit général de pluviométrie. Selon l’ONU, la situation devrait encore se dégrader pendant les mois d’été qui arrivent. Les jeunes enfants et les femmes enceintes sont particulièrement menacés par cette famine.

 

 

 

 

Une aide internationale très insuffisante

 

Ce n’est pas la première fois que cela se produit en Corée du Nord : dans les années 90, la famine (déjà) avait fait des centaines de milliers, voire des millions, de morts dans le pays. La situation est encore plus compliquée aujourd’hui car la Corée du Nord est sous sanctions internationales en raison de son programme nucléaire. Par exemple elle ne peut pas exporter son charbon et ne peut quasiment pas importer de pétrole. Il faut donc des dérogations humanitaires pour contourner ce régime de sanctions. Les programmes de l’ONU aident déjà 700 000 femmes et enfants et 500 000 agriculteurs en distribuant des aliments protéinés et du matériel agricole (fertilisants, pompes à eau). Mais cela est très insuffisant : ces programmes permettent de fournir 200 000 tonnes de céréales à la Corée du Nord mais il en faudrait sept fois plus pour pallier les manques. Si rien n’est fait rapidement, la famine pourrait donc tuer à brève échéance. Après ce rapport très alarmant, il est probable qu’un allègement des sanctions soit demandé par les alliés de la Corée du Nord, la Chine et la Russie.  

 

 

 

 

Les missiles avant la nourriture

 

Et pendant ce temps, le leader nord-coréen, Kim Jong-un ne fait pas grand-chose. Ce n’est pas vraiment son sujet. Après le récent échec de la nouvelle réunion de négociations avec Donald Trump, l’agence officielle nord-coréenne a même eu cette formule : "Nous ne céderons pas, quitte à ne plus nous nourrir que d’air et d’eau ! " Tout est dit. Et donc, ce week-end des 4 et 5 mai, après la publication de ce rapport de l'ONU, que faisait Kim ? Il a assisté à deux nouvelles séances de tirs de missiles courte portée. Une façon très claire d’exprimer son refus de renoncer à son programme nucléaire. Et il cherche des soutiens ailleurs : il a rencontré le Russe Vladimir Poutine il y a deux semaines, et devrait accueillir le Chinois Xi Jinping prochainement. Famine ou pas.

 


10/05/2019
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Franceinfo - le dimanche 5 mai 2019

 

 

Il pilote son Boeing, a épousé une de ses gardes du corps, élevé son caniche au rang de maréchal... Qui est Rama X, couronné roi de Thaïlande ?

 

 

 

Maha Vajiralongkorn, qui a hérité du trône de son père mort en 2016, a été couronné samedi

 

 

 

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Le roi Maha Vajiralongkorn, ou Rama X, après son couronnement, le 4 mai 2019. (HANDOUT / THAI ROYAL HOUSEHOLD BUREAU / AFP)

 

 

 

ll régnera sous le nom de Rama X. A 66 ans, Maha Vajiralongkorn, qui avait déjà accédé au trône après la mort de son père Bhumibol Adulyadej en 2016, a été officiellement couronné roi de Thaïlande, samedi 4 mai. Les cérémonies, qui vont se prolonger jusqu'à lundi, sont un événement inédit dans le royaume depuis le sacre de Bhumibol Adulyadej, en 1950. L'occasion de s'intéresser à la vie mouvementée de ce roi autoritaire et sulfureux.

 

 

 

1 - Il a déjà pris le contrôle du royaume

Si le couronnement a tardé à être organisé, près de trois ans après la mort de Rama IX, le monarque Maha Vajiralongkorn a déjà imprimé sa marque sur le royaume. Son père était plutôt un diplomate, lui est un militaire, qui entend régner fermement. Proclamé roi le 1er décembre 2016, il montre, un mois plus tard ses intentions en faisant amender plusieurs articles d'un projet de Constitution concocté par la junte militaire. Celui qui passe une grande partie de son temps dans ses propriétés en Bavière (Allemagne) obtient qu'il n'y ait pas de régent lorsqu'il est à l'étranger. Il fait aussi supprimer un article précisant que toute proclamation royale soit aussi signée par un ministre ou le président du Parlement. Tout indique que la Thaïlande se dirige à nouveau vers une monarchie absolue, régime aboli dans les années 1930.

 

 

En 2017, Maha Vajiralongkorn a également pris le contrôle direct du Crown Property Bureau (CPB). Jusque-là, l'organisme, qui n'est pas tout à fait une agence gouvernementale, gérait déjà dans la plus grande opacité, sans contrôle parlementaire, les actifs de la fortune royale, estimés entre 30 et 60 milliards d'euros. Le ministre des Finances siégeait au conseil, assurant un semblant de contrôle de la part du gouvernement. Mais Rama X nomme désormais l'ensemble des membres supervisant le CPB, notamment actionnaire de la Siam Commercial Bank, du Siam Cement Group et du groupe hôtelier Kempinski, détaille Le Monde.

 

 

Depuis son accession au trône, "l'un des changements les plus frappants est la réorganisation de la maison royale", relève Michael Vatikiotis, directeur Asie de l'ONG Centre du dialogue humanitaire. Maha Vajiralongkorn a renvoyé un certain nombre de puissants fonctionnaires du palais de l'époque de son père pour "malversations". Plusieurs personnes dans son entourage ont été limogées ou emprisonnées, accusées de s'être servi de leur lien privilégié avec lui pour leur bénéfice personnel. Certaines d'entre elles sont mortes en prison ou ont disparu.

 

 

 

2 - Il a épousé l'une de ses gardes du corps

Le 1er mai, Rama X s'est marié avec Suthida, 40 ans, qui a donc également été investie dans ses fonctions de reine, samedi. Eduquée dans une école catholique fréquentée par la jeunesse dorée de Bangkok, puis diplômée en arts de la communication en 2000, Suthida a travaillé comme hôtesse de l'air pour la compagnie Thai Airways. Elle aurait rencontré Maha Vajiralongkorn en 2007, à l'occasion d'un événement caritatif. Elle était alors hôtesse de l'air et lui, titulaire d'un brevet de pilote, était aux commandes d'un avion de la Thai Airways. Elle a rejoint les rangs de l'armée royale thaïlandaise en novembre 2013 et moins d'un an plus tard, elle a intégré la prestigieuse faction des gardes du corps du roi. En décembre 2016, elle est promue générale, puis commandante-adjoint des gardes du corps du roi.

 

 

C'est le quatrième mariage de Maha Vajiralongkorn. En 1977, il a épousé sa cousine la princesse Soamsawali, avec laquelle il a eu une fille l'année suivante. mais très vite il a entretenu une relation avec une actrice Yuvadhida, avec qui il a eu cinq enfants nés entre 1979 et 1987. Le couple s'est marié en 1994, mais Maha Vajiralongkorn a accusé son épouse de le tromper et l'a répudiée en 1996, avant de déshériter ses quatre fils. Il a ensuite épousé Srirasmi, en secret, en 2001, avec qui il a eu un autre fils en 2005. Srirasmi a été déchue de son titre royal en 2014. Depuis, plusieurs membres de sa famille ont été placés derrière les barreaux pour lèse-majesté.

 

 

 

3 - Il a élevé son caniche au rang de maréchal

Le caniche nain Foo Foo (ou Fufu) s'est d'abord fait remarquer en 2007, lorsque le prince héritier d'alors a organisé une fête d'anniversaire pour les 10 ans de son ami canin. Dans une vidéo qui a beaucoup circulé sous le manteau en Thaïlande, on voyait la princesse Srirasmi, troisième épouse de Maha Vajiralongkorn, vêtue d'un simple string, en train de tendre une part de gâteau au caniche. Mais surtout, Foo Foo est peut-être le chien le plus gradé du monde, après avoir été nommé" "Air Chief Marshal", ou maréchal en chef de l'armée de l'air royale. L'anecdote a été révélée par Wikileaks.

 

 

Lors d'un gala organisé par l'ambassadeur des Etats-Unis à Bangkok, Foo Foo, en uniforme d'apparat, en 2007 toujours, s'est à nouveau illustré en sautant sur la table pour aller laper l'eau dans les verres des convives. Le chien gradé, mort en 2015, a reçu des funérailles officielles.

 

 

 

4 - Il pilote un Boeing 737 et fait du vélo en Bavière

Formé dans des écoles privées au Royaume-Uni avant d'intégrer le Royal Military College Duntroon à Canberra (Australie), Maha Vajiralongkorn est un pilote d'hélicoptère et d'avion chevronné. Il pilote lui-même son Boeing 737 royal, à bord duquel il se rend régulièrement en Allemagne, où il possède plusieurs résidences. Là, il se promène à vélo et fréquente les auberges de la région, où des clients médusés observent le personnel du roi le servir à genoux.

 

 

Lorsqu'il n'est pas logé dans l'une de ses demeures bavaroises, il séjourne à l'hôtel Hilton de l'aéroport de Munich, qui donne sur les pistes. "Il y fait des séjours de deux ou trois mois, plusieurs fois par an", selon Le Monde. L'hôtel est parfois informé à la dernière minute de son arrivée et doit alors libérer plusieurs étages pour le roi et sa suite. "Le protocole thaïlandais a même tenté d’obtenir du personnel allemand qu’il se prosterne au sol devant le monarque", en vain, raconte le quotidien.

 

 

 

5 - Une vie cachée aux Thaïlandais

Les excentricités allemandes du roi ne s'arrêtent pas là. Il y a eu l'épisode de l'anniversaire canin, où sa compagne de l'époque apparaissait en string. Mais une autre scène est restée dans les mémoires, malgré les tentatives d'empêcher la diffusion des images. Maha Vajiralongkorn a notamment été photographié et filmé, à l'aéroport de Munich, dans une tenue peu protocolaire : jean taille basse, débardeur découpé laissant apparaître son ventre, ainsi que d'imposants tatouages (probablement temporaires) sur les bras et dans le dos.

 

 

 

 

 

 

Mais en Thaïlande, évoquer la vie privée du roi est un crime de lèse-majesté, passible de quinze ans de prison. Les images du souverain déambulant dans cette tenue ont valu à Facebook une mise en demeure de la junte militaire au pouvoir. Le régime militaire thaïlandais exigeait la suppression de toutes les vidéos accessibles dans le royaume, sur ce réseau social très populaire en Thaïlande. Depuis fin 2017 toutefois, aucune condamnation n'a été prononcée pour ce crime, et plusieurs personnes ont été relaxées. Signe, peut-être, de l'assouplissement de cette loi, parmi les plus strictes au monde.

 


07/05/2019
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Franceinfo - le samedi 4 mai 2019

 

 

Thaïlande : le roi Maha Vajiralongkorn officiellement couronné

 

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

 

Ce sacre est l'occasion pour le monarque de s'afficher comme le garant de l'unité du royaume, très divisé après les élections législatives du 24 mars

 

 

 

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Maha Vajiralongkorn pendant sa cérémonie de couronnement à Bangkok en Thaïlande, le 4 mai 2019.  (THAI TV POOL / AFP)

 

 

 

Il a posé lui-même sur sa tête la "Grande Couronne de la Victoire", de plus de sept kilos, en émail doré et sertie de pierres précieuses. Maha Vajiralongkorn, monarque imprévisible à la personnalité déroutante, a été couronné roi de Thaïlande, samedi 4 mai. Monté sur le trône au décès de son père Bhumibol Adulyadej en 2016, son couronnement avait été retardé afin de pouvoir respecter une période de deuil en l'hommage du roi défunt. 

 

 

Les cérémonies autour du couronnement, qui mêlent rites bouddhistes et brahmanistes hérités de l'Inde, vont se prolonger jusqu'à lundi. Dimanche, un grand défilé sera organisé au cours duquel le roi sera transporté dans un palanquin doré porté par des soldats. 

 

 

 

Garant de l'unité 

Ce couronnement est l'occasion pour Maha Vajiralongkorn, 66 ans, de s'afficher comme le garant de l'unité du royaume, qui a connu douze coups d'Etat depuis 1932, dont deux au 21e siècle.

 

 

D'autant que la Thaïlande reste politiquement très divisée après les élections législatives du 24 mars, les premières depuis la prise du pouvoir par l'armée en 2014. Plus d'un mois après le scrutin, les deux camps pro-junte et anti-junte revendiquent la victoire, cherchant à former une coalition pour obtenir une majorité à la chambre basse du Parlement. Et l'opposition dénonce de nombreuses fraudes. Les résultats définitifs ne seront connus qu'après les cérémonies du couronnement d'ici le 9 mai afin de garantir au maximum la stabilité du pays.

 

 

Pour Paul Chambers, spécialiste de politique thaïlandaise à l'Université de Naresuan, dans le nord du pays, ce sacre permet au moins momentanément"de détourner l'attention d'une partie de la population".

 

 

 

Une forte emprise sur les affaires royales 

Maha Vajiralongkorn, monarque d'un pays où royauté et armée sont intrinsèquement liés, n'a pas attendu d'être couronné pour resserrer son emprise sur les affaires royales, prenant de court les observateurs qui le prédestinaient à régner sans beaucoup s'investir. Il est notamment intervenu directement pendant la campagne des législatives en opposant une fin de non-recevoir à la candidature de sa soeur aînée au poste de Premier ministre pour un parti dans l'opposition, et a apporté un soutien subliminal aux militaires.

 

 

En 2017, il avait pris le contrôle direct du Crown property bureau, qui gère les dizaines de milliards d'actifs de la fortune royale, et s'est aussi opposé à plusieurs amendements constitutionnels qui auraient pu restreindre ses prérogatives.

 


04/05/2019
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Franceinfo - le mardi 30 avril 2019

 

 

Carrière brisée, PMA… La vie tourmentée de la princesse Masako, nouvelle impératrice du Japon

 

 

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Noémie LeclercqfranceinfoFrance Télévisions

 

 

 

 

Jeune femme promise à un brillant avenir professionnel, la princesse Masako, 55 ans, a dû mettre de côté ses ambitions pour se plier au protocole parfois étouffant de la famille impériale japonaise

 

 

 

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La princesse Masako, à Tokyo (Japon), le 7 janvier 2019.  (YOMIURI / AFP)

 

 

 

Au pays du Soleil levant, on s'apprête à changer d’époque : mercredi 1er mai, le Japon bascule dans l’ère Reiwa après l'abdication de l'empereur Akihito en 2017, et l'arrivée sur le trône de son fils aîné Naruhito, 59 ans. La princesse consort Masako va elle aussi changer de titre et devenir impératrice. Un nouveau défi pour cette femme dont les ambitions de jeunesse ont déjà été balayées par l'entrée dans la famille royale.

 

 

Née Masako Owada à Tokyo en 1963, elle n'a que 2 ans quand sa famille s'installe en Russie. Quelques années plus tard, les Owada déménagent aux Etats-Unis : le père de Masako, diplomate, est nommé vice-ambassadeur aux Nations unies. Masako et ses deux sœurs cadettes passent leurs étés en France et en Allemagne, où elles prennent des cours de langue. Polyglotte, ambitieuse et travailleuse, Masako est taillée pour les meilleures universités. Après le lycée, elle intègre le département d’économie d’Harvard en 1981.

 

 

 

"Une brillante carrière l'attendait"

Là-bas, celle qui se voit bien devenir ministre des Affaires étrangères impressionne ses professeurs. "Masako était une excellente élève, se souvient son mentor de l’époque, William Bossert, auprès de franceinfo. Ses devoirs d’économie étaient bien au-delà du niveau attendu. Elle était très sociable et participait fréquemment aux événements organisés pour les étudiants. Une brillante carrière l’attendait."

 

 

Son diplôme validé magna cum laude (mention bien) en 1985, la jeune femme poursuit ses études à la faculté de droit de Tokyo. En parallèle, elle prend des cours du soir où elle apprend la cuisine traditionnelle du Japon. Non pas pour être une épouse modèle, mais en prévision de ses déplacements à l’étranger : une fois ministre, il faudra bien faire la promotion de son pays.

 

 

En 1986, Masako touche son rêve du doigt. Elle fait partie des 28 retenus sur les 800 candidats au concours d’entrée au ministère des Affaires étrangères. Elle devient alors une des plumes du ministre. Mais une enveloppe, scellée d’un chrysanthème royal, bouleverse son destin.

 

 

 

Une thèse abandonnée par amour et tradition

Dans la foulée de son entrée au ministère, Masako est conviée avec sa famille au palais impérial. Officiellement, pour une réception en l’honneur de l’infante Elena d’Espagne. Officieusement, le dîner doit permettre au prince Naruhito, fils de l’empereur Akihito, de trouver une épouse. A presque 27 ans, le célibataire inquiète le kunaicho, l’Agence impériale. L'institution gouvernementale régit la vie de la famille royale japonaise dans ses moindres détails, des déplacements officiels aux menus quotidiens. C'est elle qui doit veiller à ce que le très lourd protocole impérial soit respecté. Le kunaicho est donc intraitable avec la tradition, et la tradition veut que le prince héritier épouse rapidement une femme qui pourra lui donner un fils.

 

 

D’après le journaliste australien Ben Hills, auteur de la biographie controversée Princesse Masako : prisonnière du trône de chrysanthème, le nom de Masako a été ajouté à la dernière minute sur la liste des invités. "Elle aurait été recommandée par Toru Nakagawa, un ex-ambassadeur de l'Union soviétique, qui connaissait les Owada, et qui avait été un des mentors du prince durant ses études à Oxford", écrit-il. Naruhito tombe immédiatement sous le charme. Il imagine cette jeune femme indépendante et pleine d’esprit en impératrice moderne et impliquée dans la diplomatie du pays.

 

 

 

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Nahurito et Masako lors d'une récéption au Japon en 1997.   (KAZUHIRO NOGI / AFP)

 

 

 

Loin des préoccupations impériales et soutenue par le ministre des Affaires étrangères, Masako part étudier les relations internationales à la prestigieuse université d’Oxford en 1988. Mais il en faut davantage pour décourager le prince transi d’amour.

 

 

Deux ans après leur rencontre, Naruhito fait sa demande en mariage. Masako refuse : elle sait les contraintes auxquelles doivent se plier les membres de la famille impériale. Elle ne souhaite pas renoncer à sa liberté et à sa carrière prometteuse. Mais en 1992, elle cède finalement aux avances du prince. Une décision qui la contraint à abandonner sa thèse, portant sur le rachat des avions militaires japonais par les Etats-Unis dans les années 1980. Deux ans de recherches laissées à l’abandon, car le sujet, trop controversé, risque de froisser sa belle-famille.

 

 

 

Obligée de marcher derrière son mari

En 1993 a lieu le mariage qui officialise l'entrée de Masako dans la famille impériale. Il aura fallu près d’un an au prince pour faire accepter l’union par l’Agence impériale, qui juge la nouvelle princesse trop indépendante, trop occidentalisée, trop roturière. Et puis son grand-père est impliqué dans un scandale d'Etat : une sombre histoire de pollution industrielle à l’origine de l’épidémie de maladie de Minamata, dans les années 1950. Bref, Masako n'est pas au goût de l'institution conservatrice.  

 

 

De son côté, le peuple japonais, qui manifeste habituellement très peu d’intérêt pour la famille impériale, s’éprend de Masako. Celle-ci incarne la possibilité d’une modernisation des institutions impériales, et plus globalement de la société japonaise, où le patriarcat a la peau dure. La presse la compare à la princesse Diana ou à Jackie Kennedy : le Japon va enfin être incarné par une figure féminine forte.

 

 

C'était compter sans le poids des traditions. Ensembles pastel et kimonos traditionnels remplacent les tailleurs de la garde-robe de Masako, qui marche désormais les yeux baissés, toujours quelques pas derrière son mari. La diplomate prometteuse devient une ryosai kenbo. En japonais, une "bonne épouse et mère avisée""C’est quelque chose de très important dans la société japonaise, explique à franceinfo Christine Lévy, historienne spécialiste du féminisme au Japon. On explique aux filles que ce n’est pas parce qu’elles ont accès à l’éducation secondaire qu’elles doivent nourrir des ambitions personnelles."

 

 

 

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En intégrant la famille royale, Masako doit se plier aux traditions. (POOL FOR YOMIURI / YOMIURI)

 

 

 

Ses plans de carrière sont laissés au placard : le prince et la princesse du Japon, qui ont un devoir d’impartialité, n’ont pas le droit de s’impliquer dans des œuvres caritatives. Au palais, les faits et gestes de Masako sont contrôlés. Même pour passer un appel, elle doit avoir l’accord de l’Agence impériale. Et durant les premières années de son mariage, elle vit cloîtrée pour concentrer ses forces sur la conception d’un héritier.

 

 

 

Ils se marièrent et n'eurent pas d’enfant mâle

Il faudra près de cinq ans de mariage pour que Masako tombe enceinte. Alors que la presse commence à relayer l’information, la princesse fait une fausse couche, un événement qui amplifie encore la pression et la plonge dans la solitude. "L’opinion publique commence à se retourner contre elle, se souvient Christine Lévy. Le Japon reste une société très conservatrice" où, pour être une femme accomplie, il faut devenir mère.

 

 

Le temps passe et les chances pour le couple princier d’enfanter s'amenuisent. En 2000, Masako a 37 ans, Nahurito 41. Ils se lancent dans un processus de procréation médicalement assistée, sujet tabou au Japon, encore plus pour la famille impériale. "La conception est compliquée pour beaucoup de Japonaises, explique l'historienne. Se faire aider pour avoir des enfants, c’est très mal vu. Ce que la princesse a vécu à ce moment-là fait écho à ce que vivent beaucoup de femmes." 

 

 

Reste que le parcours permet à Masako de tomber une nouvelle fois enceinte et d'accoucher en 2001… d'une fille. C'est le drame au Palais : les femmes ne peuvent pas accéder au trône du Chrysanthème, la dynastie est menacée d'extinction. "Masako, qui n’avait connu que très peu d’échecs dans sa vie, est pointée du doigt pour avoir échoué à son plus grand devoir en tant que princesse : enfanter un héritier", commente Ken Ruoff, directeur du centre d’études japonaises à l’université de Portland, contacté par franceinfo.

 

 

 

Le stress des princesses

Cet échec plonge la princesse dans une profonde dépression, pendant près de trois ans après la naissance de sa fille. En 2004, les médecins du Palais lui diagnostiquent un "trouble de l’adaptation" en raison du stress lié à sa condition de princesse. Inquiet pour sa femme, Naruhito accuse publiquement l’Agence impériale d’avoir provoqué sa maladie.

 

 

C’est la première fois qu’un membre de la famille impériale tient tête à l’institution et provoque de vifs débats, au sein du gouvernement, sur l'inflexibilité du système impérial. En décembre de la même année, le Premier ministre Junichiro Koizumi lance une consultation sur la possibilité d'autoriser ou non les femmes à accéder au trône. La pression qui pesait sur Masako retombe en 2006, quand le frère de Naruhito a un fils. La relève est assurée, mais les ambitions de modernisation de la loi sont abandonnées.

 

 

 

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La princesse Masako au palais impérial à Tokyo, en 2017. (HANDOUT / IMPERIAL HOUSEHOLD AGENCY)

 

 

 

En 2016, l'état de santé de l'empereur Akihito se dégrade. Il exprime son souhait de se retirer du pouvoir. Premier dans l'ordre de sucession au trône, Nahurito deviendra donc empereur au 1er mai 2019 – et Masako impératrice consort. Lors de son 55e anniversaire, Masako s’est exprimée sur ce futur rôle. Même si elle est "mitigée", elle "fera de son mieux" pour assumer son titre, assure-t-elle. Ses fans se réjouissent : elle a retrouvé en partie le sourire, et sa nouvelle fonction devrait lui faire voir du pays. Mais dans le même temps, les médecins de l’Agence impériale la rappellent à l'ordre. Sa santé est encore fragile, estiment-ils dans un communiqué, il faudra limiter les déplacements. 

 


30/04/2019
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Franceinfo - le mardi 30 avril 2019

 

 

Le Japon entre dans l'ère Reiwa, mais qu'est-ce que cela signifie ?

 

 

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Noémie LeclercqfranceinfoFrance Télévisions

 

 

 

L'ère impériale qui s'ouvre au Japon avec le règne de l'empereur Naruhito après l'abdication de son père Akihito s'appellera "Reiwa", association de deux idéogrammes qui honorent l'"harmonie" porteuse d'espérance

 

 

 

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Un calendrier représente le nom de l'ère Reiwa en idéogrammes, le 1er avril 2019, à Ibaraki (Japon). (CHARLY TRIBALLEAU / AFP)

 

 

 

Du changement dans l'empire du Soleil-Levant. Mardi 30 avril, l'empereur Akihito quitte le pouvoir, après son abdication annoncée en août 2016. Son fils, Naruhito, prend sa relève. Et mercredi 1er mai, le Japon entre dans une nouvelle ère baptisée Reiwa (qui peut se traduire par "ordre et harmonie"). Celle-ci succédera à l'ère Showa (1926-1989) et à l'actuelle ère Heisei. Mais qu'est-ce que cela signifie ? Franceinfo répond à trois questions sur le sujet. 

 

 

 

Pourquoi le Japon change-t-il d'ère ? 

Le passage d'une ère à une autre intervient habituellement lorsqu'un monarque décède et que son successeur accède au trône du Chrysanthème. Cette fois cependant, la situation est inédite dans le Japon moderne : l'empereur Akihito a émis le souhait, en août 2016, de se retirer de son vivant, ce que ne permet normalement pas la Constitution. Une loi spéciale a dû être édictée pour lui ouvrir ce droit. Atteint d'un cancer, il avait à l'époque invoqué des raisons de santé. Trois ans plus tard, son fils aîné Naruhito se prépare à monter sur le trône.

 

 

Depuis l'instauration du système, en 645, 247 ères se sont succédé. Il n'y a pourtant pas eu autant de monarques : avant l'ère Meiji (1868-1912), plusieurs changements d'ère pouvaient avoir lieu durant le règne d'un même empereur, et plusieurs empereurs pouvaient régner tour à tour pendant une même ère. Après une guerre, une famine ou une catastrophe, l'inauguration d'une période était vue comme un renouveau.

 

 

 

Comment le nom d'une ère est-il choisi ?

Plusieurs mois ont été nécessaires pour choisir le nom de l'ère à venir. Un comité composé de neuf personnalités issues de différents domaines, dont le prix Nobel de médecine Shinya Yamanaka, avait la lourde tâche de statuer sur la question. Les propositions sont présentées en amont aux empereurs, mais du fait de leur rôle uniquement symbolique, comme défini dans la Constitution de 1947, ceux-ci ne peuvent pas se prononcer.

 

 

Le protocole est bien réglé : le comité d'experts émet plusieurs propositions, qu'il explicite ensuite aux présidents et vice-présidents des deux chambres du Parlement. Comme les noms sont composés d'idéogrammes, leur interprétation peut souvent être multiple. C'est désormais le gouvernement, lors d'un Conseil des ministres extraordinaire, qui tranche. Avant 1947, l'empereur choisissait lui-même le nom de son ère.

 

 

Pendant tout le processus, les téléphones portables sont interdits pour éviter une fuite. Le secrétaire général et porte-parole du gouvernement présente à la sortie un shikishi, carton blanc sur lequel sont inscrits les kanjis qui représentent le nouveau nom de l'ère.

 

 

 

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Le secrétaire général du gouvernement japonais, Yoshihide Suga, dévoile le nom de la nouvelle ère, le 1er avril 2019.  (KAZUHIRO NOGI / AFP)

 

 

 

Le fonctionnement en ères venant de la Chine ancienne, les noms des ères étaient traditionnellement tirés de la littérature chinoise. Mais celle à venir marque une rupture : son nom a été sélectionné dans le Manyoshu, anthologie japonaise datant de 760.

 

 

Reiwa est un mot formé par deux idéogrammes japonais, signifiant respectivement "ordre", "agréable" et "paix", "harmonie". Sa signification a été précisée par le Premier ministre, Shinzo Abe : "Le printemps vient après l'hiver sévère, ce nom veut marquer le début d'une période qui déborde d'espoir."

 

 

 

C'est donc uniquement protocolaire ?

Non, les ères ne sont pas juste un symbole au Japon. Si le pays a adopté le calendrier grégorien à la fin du XIXe siècle, il a conservé parallèlement la datation en ères. Par exemple, l'année 2019 est l'Heisei 31, soit la 31e année de règne de l'empereur Akihito. Inscrit sur les documents officiels et sur la plupart des journaux, comme le rappelle RFI, le nom de l'ère rythme, littéralement, la vie des Japonais.

 

 

L'annonce d'une nouvelle ère est un moment historique pour le pays. Pour l'annonce de l'ère Reiwa, des fanzones avaient été mises en place un peu partout à travers le pays et la cérémonie était retransmise en direct.

 

 

En revanche, l'empereur du Japon n'a aucun pouvoir. Selon la Constitution du pays, il a uniquement un rôle de représentation. Il n'a pas à se prononcer sur la politique du pays, et sa vie est régie par une organisation gouvernementale, l'Agence impériale. Installée dans le Palais, elle décide de tout pour la famille impériale, des déplacements officiels aux plats servis à table.

 

 

Naruhito a exprimé à plusieurs reprises son désir de moderniser l'institution. Il s'est notamment prononcé pour la modification de la loi de succession, qui interdit aux femmes de monter sur le trône, son épouse Masako et lui n'ayant eu qu'une fille. Mais, depuis la naissance en 2006 de son neveu, le prince Hisahito, la relève est assurée et les volontés de modernisation remisées au placard.

 


30/04/2019
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Franceinfo - le mercredi 24 avril 2019 - mis à jour le 25.04.19

 

 

Situation financière, habitudes de consommation, carrière professionnelle... En Chine, les citoyens sont notés par l'Etat

 

 

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Filmés et identifiés grâce à la reconnaissance faciale, les citoyens chinois seront bientôt tous notés. Les autorités mettent en place un système qui doit accorder et retirer des points en fonction de leurs actions

 

 

 

Surveillés en permanence par des caméras intelligentes à reconnaissance faciale, les Chinois sont désormais tous notés. Pour le moment, la notation est seulement bancaire et atteste de la bonne gestion des comptes. "Je trouve ça bien d'être noté, dans une société il faut qu'il y ait des règles", assure un habitant. Le peuple chinois est habitué à cette notation et la trouve totalement justifiée.

 

 

Mais d'ici 2020, la notation pourrait être élargie à l'ensemble des actions des citoyens chinois, en recoupant des centaines de données fournies par les banques, les sociétés privées et les autorités. Tout sera alors passé au peigne fin : situation financière, habitudes de consommation, carrière professionnelle, jusqu'au comportement sur les réseaux sociaux.

 

 

 

Attention à la liste noire

Critiquer le gouvernement ou exhiber des signes extérieurs de richesse fera perdre des points, alors qu'un don de sang ou des éloges sur le parti politique chinois fera grimper son score. Les citoyens modèles se verront alors accorder des avantages, comme des réductions sur les transports, alors que les mauvais citoyens risquent de voir leur nom placé sur la liste noire, qui implique de nombreuses restrictions.

 


26/04/2019
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Franceinfo - le mardi 23 avril 2019

 

 

Sri Lanka : les attentats ont été commis "en représailles" aux attaques de mosquées à Christchurch, affirme le gouvernement

 

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

Mis à jour le
publié le

 

 

 

La série d'attentats, qui a endeuillé le pays pendant les célébrations de Pâques, a fait au moins 310 morts et plus de 500 blessés, selon un dernier bilan, communiqué mardi par les autorités

 

 

 

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Deux militaires devant l'église St Anthony à Colombo (capitale du Sri Lanka), le 23 avril 2019. (LAKRUWAN WANNIARACHCHI / AFP)

 

 

 

L'enquête avance au Sri Lanka, deux jours après les attentats qui ont endeuillé le pays pendant les célébrations de Pâques. La série d'attaques terroristes a été commise "en représailles à Christchurch" – ville de Nouvelle-Zélande où un terroriste d'extrême droite a tué 50 personnes dans des mosquées –, affirme le vice-ministre de la Défense sri lankais, mardi 23 avril.

 

 

Les investigations préliminaires ont révélé que ce qui s'était passé au Sri Lanka avait été commis en représailles à l'attaque contre les musulmans de Christchurch.vice-ministre de la Défense sri lankaisdevant le Parlement

 

 

Les attentats, qui ont visé des églises et des hôtels, ont fait au moins 310 morts et plus de 500 blessés, selon le dernier bilan communiqué par les autorités du pays, mardi. La veille, le gouvernement avait attribué ces attaques à un mouvement islamiste local, le National Thowheeth Jama'ath (NTJ). Celui-ci n'a, pour l'heure, pas revendiqué les attentats. A ce stade de l'enquête, les autorités affirment avoir interpellé 40 personnes.

 


23/04/2019
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Franceinfo - le mardi 23 avril 2019

 

 

Attentats au Sri Lanka : le bilan grimpe à 310 morts, 40 personnes arrêtées

 

 

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Le gouvernement sri lankais a attribué ces attaques à un mouvement islamiste local, le National Thowheeth Jama'ath (NTJ)

 

 

 

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Des proches portent le cercueil d'une victime autour de l'église San Sebastian, à Negombo (ouest du Sri Lanka), le 23 avril 2019.  (JEWEL SAMAD / AFP)

 

 

 

Plusieurs blessés ont succombé à leurs blessures. Le bilan des attentats qui ont endeuillé le Sri Lanka pendant les célébrations de Pâques s'est alourdi à 310 morts, a annoncé la police locale, mardi 23 avril. Le précédent bilan était de 290 morts, le nombre des blessés est toujours estimé à environ 500 personnes.

 

 

>> Ce que l'on sait de la série d'attentats qui ont visé la communauté chrétienne au Sri Lanka

 

 

Les autorités ont interpellé 40 personnes à ce stade de l'enquête. Le gouvernement sri lankais a attribué ces attaques à un mouvement islamiste local, le National Thowheeth Jama'ath (NTJ), a précisé le porte-parole de la police Ruwan Gunasekera, lundi.

 

 

Le Sri Lanka a observé mardi matin trois minutes de silence en hommage aux victimes. Le gouvernement a décrété ce jour comme journée de deuil national. Les magasins vendant de l'alcool sont fermés, les drapeaux sont en berne et les radios et télévision doivent adapter leur programmation musicale.

 


23/04/2019
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Franceinfo - le lundi 22 avril 2019

 

 

Attentats au Sri Lanka : le bilan grimpe à 290 morts et 500 blessés

 

 

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Vingt-quatre personnes ont été arrêtées en lien avec cette vague d'attaques. Celle-ci n'a pas été revendiquée à ce stade

 

 

 

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Des policiers devant l'église St Anthony à Colombo, au Sri Lanka, le 22 avril 2019.  (JEWEL SAMAD / AFP)

 

 

 

Le bilan s'est alourdi au lendemain de la série d'attentats qui a endeuillé la "larme de l'Inde", le jour de Pâques. Environ 290 personnes ont été tuées et 500 autres ont été blessées, selon un nouveau bilan communiqué par le porte-parole de la police sri lankaise, lundi 22 avril. 

 

 

>> Ce que l'on sait des explosions qui ont frappé le Sri Lanka en plein dimanche de Pâques

 

 

Leur nombre exact "est difficile à déterminer. Autour de 37 étrangers sont morts, sur lesquels 11 ont été identifiés. Certains des corps sont mutilés et il est compliqué de les identifier", a déclaré à l'AFP un responsable des Affaires étrangères.

 

 

Dimanche, en quelques heures, des bombes ont semé la mort et la désolation dans quatre hôtels et trois églises, en pleine messe de Pâques. Huit explosions ont frappé l'île, au total. Vingt-quatre personnes ont été arrêtées en lien avec cette vague d'attaques. Celle-ci n'a pas été revendiquée à ce stade.

 


22/04/2019
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Franceinfo - le dimanche 21 avril 2019

 

 

Attentats au Sri Lanka : le bilan s'alourdit à 156 morts, dont 35 étrangers

 

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Thomas BaïettoPierre GodonFrance Télévisions

 

 

Les catholiques sont habituellement perçus comme une force unificatrice car on en trouve chez les Tamouls comme chez la majorité cinghalaise

 

 

 

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Des militaires devant l'église de Saint Anthony Shrine à Colombo (Sri Lanka), le 21 avril 2019. (ISHARA S. KODIKARA / AFP)

 

 

 

CE QU'IL FAUT SAVOIR

 

 

Au Sri Lanka, une série de six explosions ont frappé, dimanche 21 avril, trois hôtels de luxe et trois églises en pleine messe de Pâques. Au moins 156 personnes, dont 35 étrangers, sont morts, selon une source policière. Ces attentats n'ont pas été revendiqués pour le moment.

 

 

"Des attaques lâches". "J'appelle tous les Sri-Lankais à rester unis et fort en ces temps tragique", a écrit sur son compte Twitter, le Premier ministre sri-lankais Ranil Wickremesinghe. Il a ajouté que le gouvernement prenait des "mesures immédiates pour contenir la situation".

 

 

Des explosions à plusieurs endroits. Deux déflagrations se sont notamment produites dans l'église Saint-Anthony de Colombo et l'église Saint-Sébastien de Negombo, une localité au nord de la capitale. Une troisième église, située à Batticaloa à l'est du pays, a également été touchée.

 

 

Une minorité chrétienne dans le pays. Le Sri Lanka est un pays à majorité bouddhiste, et les catholiques sont estimés à 1,2 million sur une population totale de 21 millions d'habitants. Les catholiques sont perçus comme une force unificatrice car on en trouve chez les Tamouls comme chez la majorité cinghalaise.

 

 

Une guerre civile sanglante. La guerre civile s'est achevée en 2009. Selon les Nations unies, le conflit de 1972 à 2009 a fait de 80 000 à 100 000 morts.

 


21/04/2019
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