L'AIR DU TEMPS

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TEMOIGNAGES


Franceinfo - le jeudi 1er août 2019

 

 

Les grandes pyramides d'Egypte ont-elles été construites par des tyrans ?

 

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Christian-Georges SchwentzelThe ConversationFrance Télévisions

 

 

 

Les principaux textes évoquant la personnalité des souverains de la IVe dynastie, ont été écrits des siècles après leur mort. Ce qui ne veut pas dire qu’ils ne correspondent pas à la réalité, mais le doute est tel qu’on ne peut en tirer aucune information absolument certaine

 

 

 

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Les pyramides de Khéops, Khéphren et Mikérinos sur le plateau de Gizeh, au caire (Egypte). (JACQUES SIERPINSKI / JACQUES SIERPINSKI)

 

 

 

Christian-Georges Schwentzel, auteur de cet article, est professeur d'histoire ancienne à l'Université de Lorraine. La version originale de cet article a été publiée sur le site The Conversation, dont franceinfo est partenaire.


Alors que les techniques de construction des grandes pyramides d’Egypte suscitent toujours de vifs débats, que savons-nous de la personnalité des pharaons qui firent édifier ces extraordinaires montagnes de pierres ?

 

 

Les textes contemporains des pharaons de la IVe dynastie (vers 2 620-2 500 av. J.-C.), bâtisseurs des grandes pyramides, sont peu nombreux. De plus, ils expriment l’idéologie officielle. Il en est de même des représentations des souverains dans la sculpture : il ne s’agit pas de portraits à proprement parler, mais d’images idéalisées.

 

 

Nous ne disposons pas de textes écrits par des opposants au régime pharaonique, ni de documents extérieurs nous décrivant l’Egypte au IIIe millénaire av. J.-C. Aucune confrontation des sources, pourtant essentielle pour le travail de l’historien, n’est donc possible. On ne peut entrer "dans la tête de Khéops" afin de décrypter ses motivations intimes, comme des chercheurs tentent de le faire aujourd’hui pour Donald Trump, Xi Jinping ou Vladimir Poutine.

 

 

Le sympathique pharaon Snéfrou

Les principaux textes, qu’ils soient égyptiens ou grecs, évoquant la personnalité des souverains de la IVe dynastie, ont été écrits des siècles après leur mort. Ce qui ne veut pas dire qu’ils ne correspondent pas à la réalité, mais le doute est tel qu’on ne peut en tirer aucune information absolument certaine. Ces œuvres nous renseignent néanmoins sur la manière dont la postérité a perçu, dès l’Antiquité, les pharaons bâtisseurs des grandes pyramides.

 

 

 

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Snéfrou assis sur son trône, Musée du Caire. Wikipédia

 

 

 

Snéfrou, fondateur de la IVe dynastie et constructeur, à lui seul, de trois pyramides, apparaît dans la littérature égyptienne comme un souverain débonnaire et bon vivant, un peu à la manière du roi Henri IV en France.

 

 

Dans La Prophétie de Néferti, alors qu’il s’ennuie, le pharaon fait convoquer ses conseillers : ils lui recommandent de faire appel à Néferti, un prêtre talentueux qui sait raconter de belles histoires. Arrivé au palais, Néferti demande à Snéfrou ce qu’il préfère : des récits du passé ou bien des prophéties révélant ce qui se produira en Egypte après sa mort. Snéfrou opte pour le futur. Néferti lui annonce alors de graves troubles, heureusement suivis par l’arrivée d’un roi sauveur qui rétablira l’ordre pharaonique : Amenemhat Ier, fondateur de la XIIe dynastie, vers 1 960 av. J.-C.

 

 

Bien sûr, il s’agit d’une prophétie écrite après coup pour justifier le pouvoir de la dynastie d’Amenemhat. Il est néanmoins intéressant de remarquer que c’est Snéfrou qui, dans la propagande ultérieure, fera figure de référence, légitimant par avance ses lointains successeurs.

 

 

On voit aussi que Snéfrou est un monarque tout puissant : ses visiteurs se mettent à plat ventre devant lui ; ce qui ne l’empêche pas, ensuite, de sympathiser avec Néferti qu’il appelle son "ami".

 

 

Dans une autre histoire, transmise par le célèbre papyrus Westcar, comportant un ensemble de contes composés entre 1 800 et 1 600 av. J.-C., on retrouve le même Snéfrou qui s’ennuie à nouveau. Il est même un peu déprimé, jusqu’à ce que son entourage lui donne l’idée d’équiper une barque et d’y installer vingt jolies concubines peu vêtues.

 

 

Qu’on amène vingt filles, dont le corps soit des plus beaux, que soit belle aussi leur poitrine, et bien tressée leur chevelure.Snéfrou

 

 

Les filles, à moitié nues, se mettent à ramer sous les yeux de leur maître, ravi par ce spectacle. Mais un accident survient : en relevant sa chevelure, une jeune beauté fait tomber dans l’eau l’un de ses bijoux. Le pharaon propose de lui en offrir un autre, mais elle répond que c’est le sien qu’elle veut. Alors Snéfrou fait appel à un magicien qui écarte les eaux, repêche le bijou et le rend à la fille. Puis la charmante promenade reprend et Snéfrou passe "un heureux jour en compagnie de toute la maison royale".

 

 

 

Khéops, cruel et despotique

Le fondateur de la IVe dynastie paraît donc bien sympathique : il ne se fâche pas contre la fille qu’il aurait pourtant pu traiter de capricieuse.

 

 

 

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Statuette de Khéops, Musée du Caire. Wikimedia

 

 

 

Parmi les contes du papyrus Westcar se trouve également l’histoire du magicien Djédi, capable de recoller des têtes d’animaux décapités. Cette fois, c’est Khéops, successeur de Snéfrou et bâtisseur de la plus grande pyramide de Gizeh, qui fait appel au magicien. Djédi décapite devant lui une oie, une grue et un bœuf dont il remet ensuite la tête en place. Mais, alors que le pharaon lui demande de réaliser son tour sur un prisonnier, le magicien refuse car, dit-il, "il n’est pas permis de faire cela" sur des êtres humains. Khéops ne se montre pas irrité pour autant, même s’il apparaît comme potentiellement un peu cruel, puisqu’il aurait bien aimé faire l’expérience sur un homme.

 

 

Il faut attendre les récits de l’historien grec Hérodote, qui visita l’Egypte au Ve siècle av. J.-C., pour voir s’exprimer une vision résolument négative du règne de Khéops, tandis que Snéfrou paraît oublié.

 

 

 

"La fille de Khéops est une putain"

Hérodote dépeint Khéops comme un despote mégalomane qui aurait épuisé son peuple en le mobilisant de force pour la construction de sa pyramide, symbole de démesure absolue. Il aurait aussi fait fermer "tous les temples". Les prêtres interrogés par l’historien lors de son séjour en Égypte faisaient-il référence à un conflit qui opposa le pharaon au clergé, ou bien ne s’agissait-il pour eux que d’un stéréotype du mauvais roi, forcément vu comme un hérétique ? Il est malheureusement impossible de trancher en l’absence d’autres sources.

 

 

 

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La princesse Néfertiabet, sans doute fille de Khéops, vêtue d’une robe en léopard. Musée du Louvre, Paris. Wikimedia

 

 

 

Hérodote raconte aussi que Khéops aurait prostitué sa fille, car il n’aurait pas eu assez d’argent pour financer sa grande pyramide ! Il aurait ainsi placé la princesse dans un bordel. Forte de son succès, elle aurait ensuite travaillé pour son propre compte en demandant à chacun de ses clients de payer ses charmes par une pierre de construction.

 

 

 

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Statue de Khéphren, musée du Caire. José-Manuel Benito Álvarez/WikipediaCC BY-SA

 

 

 

"Khéops, épuisé par ces dépenses, en vint au point d’infamie de prostituer sa fille dans un lieu de débauche, et de lui ordonner de tirer de ses amants une certaine somme d’argent. […] Non seulement elle exécuta les ordres de son père, mais elle voulut aussi laisser elle-même un monument. Elle pria tous ceux qui venaient la voir de lui donner chacun une pierre pour les constructions qu’elle projetait. Ce fut de ces pierres, me dirent les prêtres, qu’on bâtit sa pyramide […]."

 

 

Il est intéressant de remarquer que des prêtres diffusaient ce genre de calomnies à l’époque d’Hérodote. Khéops était alors vu comme un despote doublé d’un maquereau. Il y a aussi une part de plaisanterie salace dans cette histoire : le lecteur ne peut s’empêcher d’imaginer le nombre très élevé de passes qui permirent à la princesse de se faire construire sa pyramide, au rythme d’une pierre par client !

 

 

 

Mykérinos, incestueux et alcoolique

Alors que Khéphren, bâtisseur de la deuxième pyramide de Gizeh, fait lui aussi figure de tyran, son fils et successeur Mykérinos est plus modérément décrit, du moins au début de son règne : il rouvre les temples et rend la justice de manière équilibrée. Sa pyramide est aussi plus petite que celles de ses prédécesseurs.

 

 

Mais son image se ternit dans un second temps : pris d’une passion incestueuse pour sa fille, il la viole. "Folle de chagrin, elle se suicida par pendaison", écrit l’historien grec.

 

 

 

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Mykérinos entre la déesse Hathor, à gauche, et une autre déesse, à droite. Musée du Caire.Wikimedia

 

 

 

Cette histoire pourrait être en lien avec le mythe de la déesse Hathor, divinité aguichante, au point d’exciter son propre père, le dieu solaire Rê. Hathor fut honorée par Mykérinos qui la fit représenter à ses côtés, sur une sculpture aujourd’hui au Musée du Caire, vêtue d’une robe tellement moulante qu’elle paraît presque invisible.

 

 

Après le suicide de sa fille, un oracle lui ayant annoncé sa propre mort six ans plus tard, Mykérinos sombra dans l’alcool et la débauche. Encore un règne bien sombre.

 

 

L’image tyrannique de Khéops, Khéphren et Mykérinos s’est donc progressivement constituée à travers les siècles, atteignant son paroxysme dans l’œuvre d’Hérodote, avant que Diodore de Sicile ne la relaie, à son tour, au Ier siècle av. J.-C.

 

 

Cette image noire alimente aujourd’hui encore notre fascination pour les pyramides et leurs commanditaires, le gigantisme architectural étant volontiers associé, dans notre imaginaire, à l’affirmation d’un pouvoir despotique et cruel.


À lire aussi : Les prêtresses de l’Égypte ancienne : entre érotisme et religionThe Conversation


Christian-Georges Schwentzel, Professeur d'histoire ancienne, Université de Lorraine

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

 


03/08/2019
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Franceinfo - le samedi 20 avril 2019

 

 

Royaume-Uni : plusieurs centaines de pièces d'or et d'argent datant du Moyen-Age déterrées par des chercheurs amateurs

 

 

 

 

Le butin a une valeur de plus de 170 000 euros

 

 

 

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Photo d'illustration. Des pièces d'or et d'argent ont été trouvées près de Londres (Royaume-Uni) début 2019. (PHOTO JOSSE / AFP)

 

 

 

La chasse au trésor en valait la peine. Des britanniques équipés de détecteurs de métaux ont fait une heureuse trouvaille, relate Metro (lien anglais) vendredi 19 avril. Dans un champs du Buckinghamshire, à l'ouest de Londres (Royaume-Uni), quatre chanceux ont en effet trouvé plus de 550 pièces en or et en argent datant du Moyen-Age. La valeur totale du butin est estimée à 150 000 livres, soit plus de 170 000 euros. 

 

 

 

Le butin gardé en sécurité dans un musée

"Le butin est gardé en sécurité dans un musée et va être évaluer de manière indépendante", précise le site de Metro. Les pièces seront ensuite vendues et les gains seront partagés entre les quatre chanceux à l'origine de la trouvaille et le propriétaire du champs. "Cette trouvaille est la plus importante collection d'or et d'argent déterrée au Royaume-Uni depuis près d'une décennie", précise Metro. 

 


21/04/2019
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Franceinfo - le vendredi 29 mars 2019

 

 

Ardèche : la vie d'un ermite au cœur du bois de Païolive

 

 

 

 

En Ardèche, dans le bois de Païolive, un ermite vit seul au sommet d'une falaise depuis vingt-cinq ans

 

 

 

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Franceinfo

 

 

 

 

Au cœur de l'Ardèche, l'ermitage Saint-Eugène existe depuis le Moyen Âge et domine le bois de Païolive. Un moine vit ici depuis vingt-cinq ans, il ne craint ni le vent du nord ni les précipices qui sculptent la falaise. Jean-François Holthof respecte la règle de saint Benoît. À 70 ans, sans quotidien sans eau courante et électricité peut paraître rude, mais l'ermite assure ne pas ressentir l'isolement. "Dans la nature, il existe une partie visible et une partie invisible. Par la partie invisible, on est en relation avec tout, que ce soit les saints, les anges, les démons, et puis les autres hommes, qu'ils soient vivants ou morts", raconte Jean-François Holthof.

 

 

 

Sauvegarder ce site

Le religieux se recueille nuit et jour dans sa chapelle pour mener un défi spirituel : préserver le bois de Païolive. L'ermite redoute la dégradation de son environnement. Pour sauvegarder cet écrin rocheux, une association a été créée par le moine et des chercheurs.

 


01/04/2019
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la tribune du mardi 27 janvier 2015

 

 

HISTOIRE – Auschwitz : 70 ans après, mémoire à vif. Le camp découvert le 27 janvier 1945, est devenu le symbole de l’holocauste juif. En Janvier 1945, les soldats soviétiques arrivaient dans les camps d’Auschwitz-Birkenau.

  

 

Le Choc

 

« C’est par hasard que des avant-gardes de l’Armée rouge découvrent les camps d’Auschwitz-Birkenau, dans la campagne polonaise, alors qu’il n’y avait quasiment plus personne. Plus tôt, les nazis avaient embarqué avec eux la plupart des prisonniers dans la « marche de la mort ». Sur place, le 27 janvier 1945, les soviétiques découvrent donc que 7 000 survivants à bout de force, des baraques, des monceaux d’objets, vêtements, valises, prothèses, etc… les ruines des crématoires dans les chambres à gaz. Personne ne prend la mesure de ce qui se passe », explique Annette Wieviorka.

 

 

« Symbole du mal »

 

Avec plus de 1 100 000 personnes déportées et mortes à Auschwitz entre 1940 et 1945, le camp est devenu le « symbole du mal », comme le qualifie l’historienne. « On a utilisé Auschwitz pour le mal. Jamais on n’avait vu une telle industrialisation de la mort. Et à la différence des autres lieux de crime, les nazis ont déporté à Auschwitz des juifs de toute l’Europe », raconte Annette Wieviorka.

 

 

Se souvenir

 

Pour l’historienne, « certes, l’histoire de la Shoah est bien enseignée par les professeurs d’histoire. Il faut se garder du pathos, d’une émotion excessive, et faire appel à l’intelligence des faits » Elle appelle à « une réflexion sur une refondation de l’école et aussi des programmes d’histoire ».

 

 

Les survivants de la Shoah et les contemporains de l’histoire vivent dans la même époque. Ce qui ne sera plus le cas dans 5 ou 10 ans. « Ce sera alors au tour des enseignants de faire passer le message ». En Israël, où 180 000 rescapés vivent aujourd’hui, la mémoire de la Shoah a pris une place centrale. Son enseignement est obligatoire. En France, beaucoup se demandent ce qui restera une fois qu’il n’y aura plus de témoins pour dire l’horreur.

 

 

Janvier 2015 : l’écho

 

Annette Wieviorka s’interroge après les récents attentats de Paris : « Ces drames amènent à réfléchir vivement. (…) A l’Hyper Cacher, des juifs ont été tués parce qu’ils étaient juifs. Ce n’est pas l’image qu’ont certains des juifs qui a été tuée, mais de vraies personnes. C’est un réel écho à ce qui s’est passé dans les camps de la mort ». Coralie Morelle – Annette Wieviorka, 1945, la découverte (éd. Seuil)

 

 

 

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31/01/2015
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