L'AIR DU TEMPS

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Mali


Franceinfo - le vendredi 9 octobre 2020

 

 

Mali : un combat de longue haleine contre les djihadistes

 


11/10/2020
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Franceinfo - le samedi 5 septembre 2020 - mis à jour le 06.09.2020

 

 

Deux soldats français tués au Mali : l'opération Barkhane interroge

 

 

 

Deux soldats français ont été tués par un engin explosif au Mali, annonce l'Elysée

 


06/09/2020
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Franceinfo - les mardi 18 et mercredi 19 août 2020 - mis à jour le 20.08.2020

 

 

 

Mali : le président Ibrahim Boubacar Keïta annonce sa démission après son arrestation, les militaires promettent des élections

 

 

Le chef de l'Etat, qui faisait face à une contestation populaire depuis plusieurs mois, a également annoncé la dissolution du gouvernement et de l'Assemblée nationale. La Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest dénonce un coup d'Etat militaire.

 

 

Mutinerie au Mali : l'arrestation du président Ibrahim Boubacar Keïta condamnée "énergiquement" par l'Union africaine

 

 

Mali : ce que l'on sait de la mutinerie survenue dans un camp militaire près de Bamako

 

 

Alors que le pays traverse une grave crise politique depuis plusieurs mois, des militaires ont pris le contrôle, mardi matin, du camp Soundiata Keïta, situé à Kati, à une quinzaine de kilomètres de la capitale malienne. Et arrêté le président et le Premier ministre du pays.

 


22/08/2020
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Franceinfo - le jeudi 23 juillet 2020 - mis à jour le 24.07.2020

 

 

Un soldat français a été tué au Mali dans des combats contre des groupes armés, annonce l'Elysée

 

 

 

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Image par Dariusz Sankowski de Pixabay

 


24/07/2020
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Franceinfo - le jeudi 16 juillet 2020

 

 

Mali : cinq questions pour comprendre la crise politique et sécuritaire qui embrase Bamako

 

 

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Image de Pixabay


17/07/2020
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Le Progrès du dimanche 12 juillet 2020

 

 

MALI : L'INSURRECTION REDOUTÉE

 

 

La capitale Bamako n'avait pas connu de troubles aussi graves depuis une décennie. Confronté au djihadisme et aux problèmes de développement, le Mali s'enfonce inexorablement dans une crise institutionnelle. Une inquiétude grandissante aussi pour l'armée française au Sahel.

 


13/07/2020
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Le Progrès du dimanche 5 juillet 2020

 

 

MALI

 

 

Des attaques de villages dogons font au moins 40 morts

 

 

Quatre villages dogons du centre du Mali ont été attaqués, mecredi et jeudi au Mali, tandis que des soldats étaient victimes au même moment d'une embuscade. Ces événements, survenus près de la frontière avec le Burkina Faso, ont fait au  moins quarante morts. On ignore pour l'instant qui est derrière ces nouveaux carnages. Mais ce ty-pe d'attaques est récurrent et illustre une fois de plus le cycle de violences djihadistes et communautaires qui endeuille non seulement le Mali, mais aussi l'ensemble du Sahel.

 

 

 

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Image par Jean van der Meulen de Pixabay 


05/07/2020
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Franceinfo - le samedi 6 juin 2020

 

 

Mali : quatre questions sur la mort du chef d'Aqmi, tué par l'armée française

 

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franceinfoFrance Télévisions

 

 

Le chef d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), l'Algérien Abdelmalek Droukdal, a été tué par les forces françaises dans le nord du Mali, a annoncé la ministre des Armées, Florence Parly, vendredi

 

 

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Deux chars de l'armée française dans le nord du Burkina-Faso, le 14 novembre 2019. (MICHELE CATTANI / AFP)

 

 

 

"Un succès majeur", pour Florence Parly. La ministre des Armées a annoncé, vendredi 5 juin, que le chef d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) avait été tué par les forces françaises dans le nord du Mali, près de la frontière algérienne. "Abdelmalek Droukdal, membre du comité directeur d'Al-Qaïda, commandait l'ensemble des groupes qaïdistes d'Afrique du Nord et de la bande sahélienne", a précisé la ministre. Retour sur cette opération militaire française.

 

 

Que sait-on de cette opération ?

L'opération armée a été rendue publique dans la soirée du vendredi 5 juin, par ce tweet de Florence Parly.

 

 

Florence Parly @florence_parly

Ce combat essentiel pour la paix et la stabilité dans la région vient de connaître un succès majeur.

Florence Parly @florence_parly
 

Le 3 juin, les forces armées françaises, avec le soutien de leurs partenaires, ont neutralisé l’émir Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI), Abdelmalek Droukdal et plusieurs de ses proches collaborateurs, lors d’une opération dans le nord du Mali.

1 744 personnes parlent à ce sujet
 

 

Chef historique du jihad au Maghreb et mentor de plusieurs groupes jihadistes sahéliens, Abdelmalek Droukdal été tué jeudi à Talhandak, au nord-ouest de la ville malienne de Tessalit, selon l'AFP. "Plusieurs de ses proches collaborateurs" ont également été "neutralisés", a assuré la ministre des Armées.

 

 

L'opération a été menée par les troupes françaises au sol et avec l'appui de l'aviation, selon le colonel Frédéric Barbry, interrogé par France 24. Elle a été réalisée avec l'aide des Etats-Unis. "L'US Africa Command a été en mesure d'apporter son aide, avec des renseignements (...) et un soutien pour bloquer la cible", a déclaré à CNN le colonel Chris Karns, porte-parole du commandement de l'armée américaine en Afrique.

 

 

La France a également revendiqué vendredi soir la capture d'un "cadre important de l'EIGS", l'Etat islamique au grand SaharaCette branche sahélienne du groupe terroriste Etat islamique a été désignée ennemi numéro un par Paris en janvier dernier, au  sommet de Pau qui réunissait le président français Emmanuel Macron et les chefs d'Etat du G5 Sahel (Mauritanie, Burkina Faso, Mali, Niger, Tchad).

 

 

 

Qui est le chef d'Aqmi abattu ?

Première caractéristique d'Abdelmalek Droukdal : sa longévité exceptionnelle à la tête d'un groupe terroriste. Le journaliste de France 24 Wassim Nasr le souligne dans ce tweet.

 

 

 

Wassim Nasr @SimNasr
 

Le chef d'Al-Qaïda au Maghreb islamique tué par l'armée française au , un chef jihadiste stratège à l’origine de au & avec une longévité unique à la tête d’une filiale d’ http://f24.my/6YRN.T  via @FRANCE24

 

 

 
 

La ministre française des Armées Florence Parly a annoncé, vendredi, que le chef d'Al-Qaïda au Maghreb islamique, Abdelmalek Droukdal, avait été tué, mercredi, par l'armée française, lors d'une opéra…

france24.com
77 personnes parlent à ce sujet
 

 

Né en 1971 dans un quartier pauvre de la grande banlieue d'Alger, le futur chef d'Aqmi fait des études scientifiques. Il a rejoint en 1993 les Groupes islamiques armés (GIA), pour lequel il était expert en explosifs. Pendant cette décennie, groupes islamistes et forces gouvernementales se sont affrontés dans une Algérie ravagée par la guerre civile et le terrorisme.

 

 

A la fin des années 1990, Abdelmalek Droukdal participe à la fondation du GSPC algérien (Groupement salafiste pour la prédication et le combat), qui refuse de rendre les armes, contrairement à d'autres groupes armés. Puis, dans les années 2000, il se rapproche d'Al-Qaïda, tandis que son influence s'accroît dans les pays voisins de l'Algérie, comme la Mauritanie, le Mali, le Niger, la Tunisie, la Libye. Son affiliation à l'organisation d'Oussama ben Laden est confirmée en 2006.

 

 

En janvier 2007, le GSPC change de nom et devient "Al-Qaïda pour le Maghreb islamique" (Aqmi). A la fin des années 2000, Droukdal, désormais fiché comme terroriste lié à Al-Qaïda par les Etats-Unis et l'ONU, domine le nord-est algérien, "rançonne les populations environnantes et harcèle les forces de sécurité", déclare à l'AFP Jean-Pierre Filiu, spécialiste du Moyen-Orient et auteur des Neufs vies d'Al-Qaïda.

En 2011, alors que Ben Laden est tué au Pakistan, Droukdal reprend son autonomie. L'émir d'Aqmi cherche à élargir ses activités au Sahel en s'alliant au groupe jihadiste Ansar Dine qui prend pendant quelques mois, en 2012, le contrôle du nord du Mali. Son emprise locale est plus évanescente, son autorité s'effrite. Il se fait plus rare, voire totalement silencieux, entre 2012 et 2015. En 2016, des journaux algériens affirment qu'il s'est enfui en Tunisie. Depuis, il se cachait.

 

 

 

Est-ce un coup dur porté à Aqmi ?

"C'est un beau résultat, estime Jean-Pierre Filiu, mais ça ne règle pas le problème du Sahel." La mort d'Abdelmalek Droukdal semble néanmoins un coup symbolique fort. Isolé en Algérie, il gardait des capacités de financement des réseaux sahéliens et un véritable rôle de chef, bien que de plus en plus contesté, indique à l'AFP une source proche du renseignement français. Sa mort, et celles à confirmer d'autres cadres d'Al-Qaïda, pourrait désorganiser ce mouvement qui rivalise avec la filiale sahélienne de l'Etat islamique (EIGS).

 

 

Spécialiste des mouvements jihadistes, le journaliste de France 24 Wassim Nasr, interrogé par franceinfo, est du même avis. Il considère que "la mort de Droukdal est d'une grande importance tactique et militaire, mais aussi politique", si elle est confirmée par les jihadistes eux-mêmes. Selon lui, la mort d'Abdelmalek Droukdal "va envenimer la situation entre Al-Qaïda et l'Etat islamique". En effet, il y avait une exception au Sahel où ces deux groupes ne se combattent pas. La mort des grands chefs, des anciens, va acter la confrontation". Il rappelle toutefois que "dans les mouvances jihadistes, la mort d'une personne est importante à court et moyen terme, mais après, elle est remplacée".

 

 

Abdelmalek Droukdal avait reçu l'allégeance de plusieurs groupes jihadistes actifs au Sahel, rassemblés depuis 2017 au sein du Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (GSIM, également appelé JNIM). Cette alliance revendique depuis trois ans les principaux attentats dans le Sahel.

 

 

 

L'armée française va-t-elle se retirer du Mali ?

L'opération Serval au Mali a été lancée en 2013 sous François Hollande, rappelle Public Sénat, pour "stopper la progression de colonnes jihadistes qui contrôlent le nord du Mali. La capitale Bamako menace de tomber dans leurs mains." En 2014, Serval est remplacée par l'opération Barkhane. Elle s'étend alors à l'ensemble de la bande sahélo-saharienne.

 

 

Sept ans après, l'armée française est toujours présente dans cette partie du monde. En janvier dernier, Emmanuel Macron lui a demandé de se concentrer sur la zone des trois frontières entre le Mali, le Burkina Faso et le Niger, qui est grande comme la France. Composée de plus de 5 000 militaires, la force Barkhane multiplie les offensives ces derniers mois. L'objectif est d'enrayer la spirale des violences qui, mêlées aux conflits intercommunautaires, ont fait 4 000 morts au Mali, au Niger et au Burkina Faso l'an dernier.

 

 

Avec quel succès ? Une source proche du dossier affirme à l'AFP que quelque 500 jihadistes ont été récemment "neutralisés" (tués ou capturés) au Sahel par les militaires français. Parmi eux, plusieurs figures importantes : cadres religieux, commandants, recruteurs, logisticiens… Mais il est difficile de se battre, notait Public Sénat en février dernier, "contre un ennemi qui a, de fait, une meilleure connaissance du terrain, est capable de se noyer dans la population locale, un 'ennemi volatile'. D'autant que la pauvreté fait le terreau du terrorisme. On comprend pourquoi les attaques continuent."

 

 

L'armée française va-t-elle rester encore longtemps là-bas ? Selon Florence Parly, l'opération qui s'est soldée par la mort d'Abdelmalek Droukdal a été menée par "les forces armées françaises, avec le soutien de ses partenaires". Des "partenaires" qui ne seraient pas capables pour l'instant de prendre le relais, estime Le Figaro"L'autonomie des Forces armées maliennes ou des Forces armées nigériennes est la condition principale d'un désengagement français dans la région, écrit le journal. Pour l'heure, elles n'étaient pas en mesure seules d'assurer le contrôle des territoires perdus."

 

 

 

Franceinfo - le mercredi 3 juin 2020

 

 

Barkhane renforcée : pour quoi faire ?

 

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Franck CognardfranceinfoRadio France

 

 

Le ministère des Armées l'a annoncé dimanche 2 février : 400 militaires supplémentaires vont être déployés au Sahel, ce qui portera à 5 100 hommes et femmes le nombre de soldats au sein de l'opération Barkhane

 

 

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Deux cent vingt renforts annoncés en janvier, puis quatre cents en ce début de février 2020 : c'est une augmentation des effectifs de presque 15% qui a été décidée entre l'Elysée et le ministère des Armées. Ce "surge" comme le disent les Américains n'est donc pas anecdotique en termes d'effectifs. D'autant que, comme l'expliquait le 22 janvier le chef d'état-major des Armées (CEMA) à l'Association des journalistes de défense, ce renfort en moyens humains "s'accompagne de moyens logistique et ISR (renseignement et surveillance) supplémentaires". 

 

 

30 blindés légers, 30 blindés lourds, et une trentaine d'engins de logistique et de commandement vont être déployés prochainement. Ce qui portera à 800 le nombre de véhicules engagés sur Barkhane. le colonel Frédéric Barbry, porte-parole de l'état-major des Armées franceinfo

 

 

Ces renforts vont permettre une "permanentisation" du dispositif militaire français au Sahel, en particulier dans la région du Liptako. C'est en effet dans cette région des trois frontières (Mali, Niger et Burkina Faso) que vont être envoyés ces soldats supplémentaires, conformément au plan annoncé par Emmanuel Macron, lors du sommet de Pau le 13 janvier 2020. Le président de la République avait désigné ce jour-là la zone où se concentreront les efforts, le Liptako, et l'ennemi qui ensanglante la région depuis son retour en force à l'automne dernier, l'Etat islamique au grand Sahara (EIGS). 

 

 

 

 

Sahel, zone couverte par l\'opération Barkhane. En vert, la région dite des \"trois frontières\".

Sahel, zone couverte par l'opération Barkhane. En vert, la région dite des "trois frontières". (ETAT-MAJOR DES ARMÉES)

 

 

 

Il y a quelques semaines, le CEMA avait exposé aux députés de la commission des Affaires étrangères et des forces armées quelle était la vraie disponibilité des effectifs de Barkhane : "4 500 hommes au Sahel, c'est dérisoire", avait commencé le général Lecointre, "une fois soustraits les éléments de logistique, de soutien, et ceux qui sont de garde pour protéger nos emprises, je me trouve avec 2 000 hommes au maximum dans cet immense espace". 

 

 

 

De jour, de nuit : des soldats toujours au contact sur le terrain

Les renforts annoncés seront donc déployés essentiellement pour traquer et combattre sur le terrain les groupes terroristes. De jour comme de nuit, il y aura toujours des militaires dehors. "Nous sortons d'une logique d'actions-coup de poing/retour en base arrière, pour renforcer un maillage permanent", résume le colonel Barbry. Barkhane pourra ainsi mieux surveiller, et mieux couper les routes de trafics et d'approvisionnement logistique de l'EIGS. 

 

 

En augmentant ainsi ses capacités d'actions, Barkhane va coûter plus cher : la facture actuelle de 750 millions d'euros par an va grossir, sans qu'on puisse encore l'estimer. Et il ne faudra pas oublier d'inclure dans le décompte l'usure du matériel (le Sahel est un milieu "abrasif" pour les mécaniques), celui déjà déployé et celui qui va l'être dans les prochaines semaines. De fait, en montant en puissance, Barkhane se place aussi devant une obligation de résultats face aux Français. Même si le général Lecointre a prévenu, c'était en décembre, lors d'une visite au Mali : "Il n'y aura pas de victoire triomphale, avec défilé sur les Champs-Elysées". 

 


06/06/2020
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Franceinfo - le lundi 23 mars 2020

 

 

Coronavirus : un seul respirateur et une vingtaine de lits de confinement pour tout le Mali

 

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

 

Le pays, pauvre et en guerre, se prépare au pire

 

 

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Un chercheur malien tient un échantillon à tester dans le laboratoire de l'hôpital "Point-G" de Bamako, le 19 mars 2020. (MICHELE CATTANI / AFP)

 

 

 

"On se prépare à tous les cas de figure possibles." Le directeur du plus grand hôpital du Mali se veut pragmatique : si aucun cas n'a encore été déclaré dans le pays, les autorités essaient tant bien que mal d'anticiper le pire des scénarios.

 

 

A Bamako, dès que l'épidémie a commencé à se propager hors de Chine, le Dr Ilo Bella Diall a fait rénover un bâtiment désaffecté de l'hôpital qu'il dirige au Point-G, un quartier de la capitale, transformé en centre de confinement avec sept lits.

 

 

Un de ceux-là est équipé d'un respirateur, le seul du Mali. Au total, une vingtaine de lits confinés sont disponibles au Mali, dont des régions entières sont inaccessibles aux services de l'Etat en raison des violences jihadistes et des conflits intercommunautaires qui ensanglantent ce vaste pays sahélien depuis 2012.

 

 

 

Sous-équipement

Selon le ministère de la Santé, le Mali ne dispose que de 600 litres de gel hydro-alcoolique, malgré "un besoin de 500 000 litres", de 59 "thermoflash" pour prendre la température, alors qu'il en faudrait 20 000, de 2 000 kits de tests et de zéro caméra thermique adaptée.

 

 

Nous sommes en train de nous préparer au pire. Les moyens que nous avons ne nous permettent pas d'être derrière chaque Malienne et chaque MalienBoubou Cissé, Premier ministreà l'AFP

 

 

 

Ni quarantaine, ni confinement

Cette guerre est d'abord celle de la sensibilisation. "Il faut communiquer pour que les Maliens prennent conscience de l'ampleur de la pandémie", dit Seydou Doumbia, doyen de la Faculté de médecine de Bamako, où 143 tests du virus – tous négatifs – ont été effectués.

 

 

Car la peur du coronavirus ne s'est pas encore emparée de Bamako : les verres de thé continuent d'être partagés, les mains de se serrer.  Dans les bus et taxis collectifs, les clients se pressent toujours les uns contre les autres. Il faut entrer dans les hautes sphères du pouvoir pour se saluer du coude.

 

 

 

Presidence Mali @PresidenceMali
 

4. l’interdiction jusqu’à nouvel ordre, des regroupements à caractère social, sportif, culturel et politique de plus de cinquante (50) personnes, sous réserve du respect des gestes-barrières. Il s’agit des mariages, des baptêmes, des funérailles ; 4/8

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L'option du confinement est jusqu'ici écartée dans un pays dont l'économie dépend très largement du secteur informel, la majorité de la population gagnant un maigre pécule au jour le jour. 

 

 

 

Le Jalon@LejalonPointCom
 

: le gouvernement du menace d’employer la force pour faire observer les restrictions
Le ministre de la @SecuriteML était sur plateau du 20h ce soir.

Vidéo intégrée
92 personnes parlent à ce sujet
 
 

On n'a pas opté pour la quarantaine car on n'a pas les moyens de le faire membre du ministère de la Santé à l'AFP

 

 

 

Elections maintenues

Les législatives au Mali sont "à ce jour" maintenues fin mars et en avril malgré la pandémie du coronavirus, a indiqué jeudi 19 mars le Premier ministre Boubou Cissé. "Pour des questions de survie de la nation et de continuité de l'Etat, à ce jour nous avons décidé de maintenir la tenue des élections législatives", a-t-il déclaré en conférence de presse. 

 

 

Le premier tour des législatives est prévu le 29 mars et le second le 19 avril. Ces élections ont été repoussées à différentes reprises, en raison notamment de la profonde crise sécuritaire que traverse le Mali depuis 2012. Elles sont considérées comme une part importante de l'effort politique devant accompagner l'action militaire face à la dégradation sécuritaire et aux attaques jihadistes. Elles auront lieu "qu'il y ait ou qu'il n'y ait pas de cas" de coronavirus, a dit Boubou Cissé.

 

 

Le Mali, 184e sur 189 sur l'indice de développement humain de l'ONU, a sollicité ses partenaires financiers et "30 à 35" millions de dollars seront donnés ou prêtés à Bamako pour lutter contre le coronavirus dans "les jours et les semaines à venir", selon le chef du gouvernement. 

 


23/03/2020
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Franceinfo - le vendredi 28 février 2020

 

 

Mali : un incident diplomatique avec la France après des propos de l'ambassadeur malien à Paris sur les légionnaires français

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

Le 26 février, l'ambassadeur du Mali en France, Toumani Djimé Diallo, avait accuusé des soldats français de "débordements" dans les quartiers chauds de Bamako

 

 

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Militaire français de l'opération Barkhane en train de discuter avec un commerçant malien à Gossi (centre du Mali) le 25 mars 2019 (DAPHNE BENOIT / AFP)

 

 

 

Le Mali a décidé, le 27 février 2020, de rappeler son ambassadeur à Paris, Toumani Djimé Diallo, et de dépêcher en France son ministre des Affaires étrangères, Tiébilé Dramé, pour "apaiser la situation" après les propos de son ambassadeur à Paris, a-t-on expliqué à Bamako de source officielle. Le diplomate avait évoqué des "débordements" de militaires français dans les quartiers chauds de Bamako.  

 

 

Le 26 février, l'ambassadeur du Mali en France avait dénoncé devant la commission Défense du Sénat français les "problèmes" posés, selon lui, par la légion étrangère française sur le sol malien. "Par moments, dans les 'Pigalle' de Bamako, vous les retrouvez, tatoués sur tout le corps, en train de rendre une image qui n'est pas celle que nous connaissons de l'armée (française). Ça fait peur, ça intrigue", avait-il déclaré, mentionnant explicitement les légionnaires. Pourtant, ceux-ci ne sont pas "stationnés à Bamako" et ils n'ont pas vocation à y aller. Ils "n'ont ni quartier libre, ni temps de repos hors des bases opérationnelles" de Barkhane, situées dans le nord du pays, selon l'état-major français.



Les propos du diplomate ont été très mal vécus à Paris, alors que la force Barkhane fait face depuis de nombreux mois à la montée d'un sentiment anti-français au Sahel  et que, parallèlement, elle a redoublé d'efforts pour tenter d'enrayer la spirale de violences dans la région.Tandis qu'à Bamako, certaines voix n'hésitent pas à "demander une coopération militaire avec la Russie", comme le rapportait franceinfo Afrique en novembre dernier.

 

 

 

Recrudescence des violences

Les militaires français, présents dans la région depuis 2013 pour lutter contre les jihadistes, viennent de voir leur nombre passer de 4500 à 5100 face à la recrudescence des violences. Souvent entremêlées à des conflits intercommunautaires, celles-ci ont fait 4000 morts au Mali, au Niger et au Burkina Faso en 2019, cinq fois plus qu'en 2016, selon l'ONU. La France a elle-même perdu 13 soldats dans un accident entre deux hélicoptères en opération au Mali, en novembre.



Fin 2019, Paris s'était ouvertement agacé d'un soutien jugé trop timide de la part notamment des autorités sahéliennes, dont le Mali. Au sommet du 13 janvier à Pau réunissant le président français Emmanuel Macron et les chefs d'Etat du G5 Sahel (Mali, Niger, Burkina Faso, Tchad, Mauritanie), les chefs d'Etat africains avaient été ainsi priés par l'Elysée de "clarifier" leur position sur la présence française au Sahel.

 

 

 

"Fausses accusations"

Les propos de l'ambassadeur malien ont remis de l'huile sur le feu et provoqué une vive réaction en France. "Plutôt que de véhiculer et de propager de fausses accusations, nous attendons de l'ambassadeur du Mali qu'il mobilise toute son action pour la mise en œuvre des décisions du sommet de Pau et la réussite de tous", a sèchement asséné le cabinet de la ministre de la Défense, Florence Parly, dans une déclaration à l'AFP. Il n'y a "quasiment plus de soldats français stationnés à Bamako" depuis août 2014, selon la même source.



Le jour de son audition, l'ambassadeur malien avait déjà essuyé un retour plutôt glacial du sénateur Jean-Marc Todeschini, membre de la commission de défense de la Haute assemblée, devant laquelle s’exprimaient les ambassadeurs du G5 Sahel. "Je ne peux que regretter vos propos. Vous avez stigmatisé l'armée française", avait-il répondu à l'ambassadeur. Ces propos risque de "contribuer" au sentiment anti-français que le Mali s'était engagé à contrer, a-t-il ajouté.



"Nous faisions part à l’ambassadeur de nos inquiétudes concernant les campagnes anti-françaises au Mali lorsqu’il a commencé sa longue tirade accusant les légionnaires. (...) Cette réaction est particulièrement déplacée devant la commission chargée de voter les crédits pour les opérations extérieures", a rapporté de son côté le président de la commission de défense, Christian Cambon, cité par Le Monde."Qu’une telle personnalité malienne, qui est la plus haut placée en France, tienne de tels propos est inconcevable", a-t-il ajouté.

 


28/02/2020
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Franceinfo - le mercredi 11 décembre 2019

 

 

"Si la France retire Barkhane, le Mali et le Burkina se transformeront en Somalie", affirme Serge Michailof, auteur d'"Africanistan"

 

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Michel LachkarRédaction AfriqueFrance Télévisions

 

 

Serge Michailof estime que la situation est grave, qu'il faut changer d'approche, reconstruire rapidement les armées burkinabè et malienne et laisser Barkhane en seconde ligne pour éviter un enlisement des soldats français au Sahel

 

 

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De dos, soldat français de l'opération Barkhane sur le marché de Menaka, au nord-est du Mali. Dans cette ville, non loin de la frontière avec le Niger, des ONG françaises remettent en fonctionnement l'eau, l'electricité. Photo prise le 27 juin 2019.  (MARIE WOLFROM / AFP)

 

 

 

Parcourant l'Afrique depuis 50 ans, ancien directeur des opérations de l'Agence française de Développement (AFD) et de la Banque mondiale, actuellement à l'Institut des relations internationales et stratégiques (IRIS), Serge Michailof nous livre son inquiétude sur la situation au Sahel, à quelques jours du sommet qui doit réunir à Pau les présidents Emmanuel Macron et les chefs d'état du G5-Sahel.

 

 

 

Franceinfo Afrique : l'armée française peut-elle quitter le Mali ? Pourra-t-elle tenir encore quinze ans comme le demandent certains généraux ?

 

Serge Michailof : je pense sincèrement que si demain l’armée française quitte le Mali, le pays se transformera en Somalie, qu’il en sera de même du Burkina et que les pays côtiers, comme la Côte d’Ivoire, le Bénin et le Togo, rencontreront de grandes difficultés au plan sécuritaire. En revanche, je ne la vois pas tenir quinze ans ni même trois ans sans changer radicalement de posture.

 

 

En premier, je crains que la France n'ait perdu la bataille de la communication sans l’avoir livrée. Habilement travaillées, les opinions publiques urbaines au Mali et au Burkina sont désormais très hostiles à la présence militaire de la France. C'est devenu un vrai problème. Des foules avaient acclamé les soldats de Serval, mais les véhicules de l’armée française sont désormais régulièrement caillassés au Mali. Le chanteur malien Sélif Keita a diffusé sur Youtube une délirante diatribe antifrançaise qui a été vue des millions de fois. Nous sommes confrontés au syndrome du US go home que nous avons connu en France dans les années 50. Quant à l'opinion rurale, l’échec de l’éducation publique et les financements, depuis quarante ans par l'Arabie saoudite, de milliers de mosquées et d’écoles coraniques ont réussi à convertir au salafisme une population qui pratiquait jusque-là un islam soufi modéré.

 

 

La position de l’armée de l’ancien colonisateur risque dans ce contexte de devenir politiquement très difficile. De toute manière, il lui faut engager une bataille de communication en se rappelant que seules des voix africaines seront entendues.

 

 

 

L'armée française doit-elle se mettre en retrait ?

 

Elle doit se mettre en deuxième ligne, en soutien des forces africaines. D’abord, parce qu’il est impossible d’imaginer au XXIe siècle qu’une force occidentale puisse stabiliser un pays africain en proie à une guerre civile. Car c'est une guerre qui se livre au Sahel. Le terme terroriste est absurde. Nous avons affaire à des ennemis qui ont un projet politique pour le Sahel et qui font preuve d’une grande intelligence pour tenter de le mettre en œuvre. Les armées africaines de la région doivent être en première ligne. Ce sont elles qui vont devoir reconquérir leur pays dont une bonne part est maintenant contrôlée par un ennemi. Evidemment, pour cela, elles doivent être équipées des mêmes standards que nos propres troupes et commandées par des officiers choisis sur la base du mérite. Il n’y a pas d’alternative.

 

 

 

Pour se mettre en retrait, il faut d'abord former les armées du Sahel ?

 

Le problème se pose essentiellement au Mali, où l’armée a depuis longtemps eu la réputation d’être une pétaudière, et au Burkina où les bérets rouges, garants du régime et force plus solide que l’armée, ont été licenciés après l’éviction du président Compaoré. Sans réintroduire dans leurs armées, comme c’est le cas au Sénégal, une gestion moderne des ressources humaines fondée sur une sélection au mérite et non sur les seuls liens familiaux, ethniques ou politiques, il est inutile d’espérer reconstruire ces armées.

 

 

 

Est-il possible de remettre de l’ordre dans l’armée malienne ?

 

C'est essentiellement un problème de volonté politique. Si ce n’est pas possible, nous avons perdu la guerre au Sahel. Dans l’immédiat, le problème est la démoralisation de l’armée malienne tant par suite de sa désorganisation que par ses défaites et ses pertes. Elle a perdu plus de 150 hommes en deux mois. A Indelimane, 49 de ses soldats ont été tués et le reste de la compagnie a été blessé ou a disparu dans un combat en plein jour. Ces soldats maliens mal armés et mal commandés affrontent de jeunes jihadistes très bien armés, galvanisés par la religion et encadrés par des combattants aguerris. Le risque est une débandade de cette armée. 

 

 

Une première urgence est que les armées malienne et burkinabè cessent leurs exactions contre les populations civiles, et en particulier les Peuls. Ces exactions jettent les jeunes dans les bras des jihadistes. Les Peuls, c’est une population de 60 millions de personnes réparties sur une dizaine de pays. Veut-on partir en guerre contre ce peuple ?

 

 

 

Cela passe par une solution politique, mais laquelle ? La bonne gouvernance ne se décrète pas...

 

Au Burkina comme au Mali, le problème principal est l’absence de leadership, de rigueur et de sérieux à la tête de ces pays. C’est, je pense, un problème de génération. La difficulté est que la dégradation de la situation au Mali et au Burkina est si rapide qu’elle ne permet pas d’attendre quatre ou cinq ans une éventuelle relève politique. Le président malien vient d’être réélu et le président burkinabè Kaboré a toutes chances d’être réelu en 2020. Il reste à espérer qu’ils laissent une large délégation de pouvoir à des Premiers ministres de qualité. Mais le président malien IBK (Ibrahim Boubacar Keïta, NDLR) en a usé quatre lors de son premier mandat…

 

 

 

Et qu'en est il de la corruption ?

 

Dans ces pays qui, comme le Burkina et le Mali, ont longtemps été des enfants chéris des donateurs internationaux, ces derniers financent et surveillent la plupart des secteurs, qu’il s’agisse des secteurs sociaux ou économiques. Contrairement aux idées reçues, les possibilités de corruption sont assez limitées dans ces domaines car, lorsque les bailleurs sont sérieux, les marchés sont verrouillés.

Le secteur qui reste le plus intéressant, c’est le domaine de la sécurité où personne de l’extérieur n’ose venir mettre son nez. Le résultat est que les acquisitions de matériel sont souvent décidées en fonction du volume de certains "dessous de table", sans souci de la cohérence des acquisitions avec les besoins. Dans certains cas particulièrement visibles, comme l’achat, sur le budget de la défense malien peu après l’invasion jihadiste de 2013, d’un avion présidentiel, accompagné de la disparition d’un pourcentage du règlement, le FMI proteste. Dans les cas les plus graves, les soldats ne sont plus payés, car les officiers prélèvent directement l’argent de la paye dans le sac de billets qui parvient vide au bout de la chaîne de commandement.

 


12/12/2019
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Franceinfo - le mercredi 27 novembre 2019 - mis à jour le 28.11.19

 

 

VRAI OU FAKE L'opération Barkhane sert-elle à protéger les mines d'uranium françaises au Sahel ?

 

 

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Benoît ZagdounFrance Télévisions

 

 

 

Les experts interrogés par franceinfo assurent que la protection des intérêts économiques français dans la région n'est pas l'objectif de la mission militaire

 

 

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Un soldat français de l'opération Barkhane à bord d'un hélicoptère lors d'une mission de patrouille, le 12 mars 2016 au Sahel. (PASCAL GUYOT / AFP)

 

 

 

Ils sont "morts pour la France". Treize soldats français engagés dans l'opération Barkhane ont été tués au Mali dans la collision accidentelle de leurs deux hélicoptères de combat, lundi 25 novembre. Dans son live, franceinfo a reçu de nombreux commentaires s'interrogeant sur la raison réelle du déploiement des troupes françaises au Sahel. Leur présence dans la région ne serait-elle pas plus liée à la défense des intérêts économiques français, à commencer par les mines d'uranium d'Orano au Niger, qu'à la lutte armée contre les groupes jihadistes ?

 

 

>> Voici qui étaient les treize militaires morts dans l'accident d'hélicoptères au Mali

 

 

 

"Pas un objectif premier" mais "un effet induit"

Le groupe Orano (ex-Cogema puis Areva), est présent depuis un demi-siècle au Niger, l'un des pays les plus pauvres de la planète, tout en étant le quatrième producteur mondial d'uranium. Le groupe y exploite deux mines dans le Nord-Ouest du pays, près d'Arlit : la première à ciel ouvert, la seconde souterraine. Un troisième site doit voir le jour à Imouraren, à 80 km plus au sud, mais le chantier est à l'arrêt depuis 2015. Le géant français possède également des mines au Canada et au Kazakhstan, mais le minerai nigérien représente un tiers de sa production totale.

 

 

L'opération Barkhane, quant à elle, est principalement déployée dans le Nord du Mali. Elle a pris le relais en 2014 de l'opération Serval, lancée un an plus tôt afin d'empêcher les jihadistes de prendre le contrôle du pays et de sa capitale, Bamako. Et depuis cinq ans, les 4 500 militaires français déployés dans la bande sahélo-saharienne se sont engagés dans une "opération de contre-guérilla" de longue haleine, explique Joseph Henrotin, politologue spécialiste des questions de défense et rédacteur en chef de la revue Défense et Sécurité internationale.

 

 

>> Quatre questions sur Barkhane, la plus importante opération dans laquelle la France est actuellement engagée

 

 

Les mines d'Arlit ne sont toutefois pas dans la zone actuellement la plus exposée à la menace jihadiste, selon Caroline Roussy, chercheuse à l'Iris et spécialiste de l'Afrique de l'Ouest. "Le cadre de déploiement est beaucoup plus centré sur le Mali et le Burkina Faso, même s'il y a une surveillance importante de la zone dite des trois frontières", à cheval sur ces deux pays et le Niger [à l'est], fait valoir l'experte. "Et même si la menace est transterritoriale, avec des groupes jihadistes très mobiles qui s'affranchissent des frontières et se déplacent d'un territoire à un autre, le Niger n'est pas aussi touché", observe-t-elle. Le "risque d'extension" est certes bien réel, mais il est plutôt porté "vers le Togo, le Bénin et le Sénégal [au sud du Mali et du Burkina pour les deux premiers, à l'ouest pour le troisième]".

 

 

>> Les limites de l'intervention française au Mali

 

 

"Une opération militaire sert plusieurs objectifs à court, moyen et long termes, rappelle de son côté Joseph Henrotin. L'objectif initial de l'opération Barkhane, c'est l'élimination des groupes jihadistes. Au-delà de ces visées purement sécuritaires, l'objectif à moyen terme, c'est de recréer de l'Etat dans la zone. Et les Etats étant préservés, les liens économiques fonctionnent mieux. Des Etats en situation de paix sont aptes à être prospères, à commercer, le champ économique y est ouvert", développe le politologue. Indirectement, l'opération Barkhane protège donc bien les intérêts des entreprises françaises. Mais "ce n'est pas l'objectif premier, c'est un effet induit", insiste-t-il.

 

 

Tout le monde a intérêt à ce que ces Etats soient stabilisés, pas uniquement la France. Joseph Henrotin, politologue spécialiste des questions de défense à franceinfo

 

 

 

"Pas de protection active" autour des mines

La force Barkhane dispose d'un important point d'appui permanent à Niamey, la capitale du Niger, à 1 200 km environ au sud-ouest d'Arlit. "L'aéroport sert de base aux avions de chasse et aux drones français", précise Joseph Henrotin. Les militaires français ont également installé une base avancée temporaire à Aguelal, dans le massif de l'Aïr, à 80 km seulement à l'est d'Arlit.

 

 

 

Cartographie de l\'opération Barkhane faite par l\'état-major des armées en juin 2019.

Cartographie de l'opération Barkhane faite par l'état-major des armées en juin 2019. (ETAT-MAJOR DES ARMÉES)


 

La base d'Aguelal serait suffisamment proche des mines d'Arlit pour envisager une riposte rapide en cas de besoin. Pour autant, "on ne peut pas dire qu'il y a une protection active avec des soldats de Barkhane déployés autour des mines", estime Joseph Henrotin. "Areva [Orano] a tout ce qui lui faut sur place pour assurer sa sécurité et les forces nigériennes portent un regard attentif à la sécurité de ces sites, parce que le Niger lui-même n'a pas intérêt à perdre l'activité des mines et les revenus qui en sortent."

 

 

 

"ll y a des privés qui font ça très bien"

"Si des intérêts français sont directement menacés, on va intervenir militairement dans le coin, explique l'ancien colonel Michel Goya, spécialiste de l'histoire militaire qui livre ses analyses sur les conflits contemporains sur son blog, La voie de l'épée. On a par exemple engagé notre marine dans le golfe Persique pour protéger nos pétroliers lorsqu'ils étaient menacés par les Iraniens." 

 

 

"Mais pour garder des installations, on n'a pas besoin de militaires français, et pas forcément de forces spéciales, il y a des privés qui font ça très bien", poursuit l'ancien officier. Par ailleurs, les intérêts économiques dans la région sont à relativiser. "Au Sahel, une fois qu'on a sorti l'uranium des mines du Nord du Niger, il faut chercher bien loin les intérêts économiques français qu'on peut vouloir défendre, et en particulier au Mali, même s'il y a bien sûr des ressortissants et des entreprises françaises", ajoute Michel Goya.

 

 

Avec uniquement 4 500 soldats sur un terrain aussi vaste que l'Europe, ce n'est pas possible de commencer à protéger des implantations industrielles, des hôtels ou des plantations dans lesquels se trouveraient des Français.Joseph Henrotin, politologue spécialiste des questions de défense à franceinfo

 

 

Imaginer que des intérêts économiques présideraient aux destinées des militaires français qui risquent leur vie au Sahel est donc "un fantasme", assure Michel Goya. Pour Caroline Roussy, c'est même "une théorie du complot aberrante" et "pas à la hauteur de l'engagement des soldats français". "Ça fournit une explication rationnelle à bon compte, mais la réalité est souvent plus compliquée que ça", abonde Joseph Henrotin.

 


28/11/2019
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Franceinfo - le mardi 26 novembre 2019

 

 

Mort de militaires français au Mali : "Ces treize héros n’avaient qu'un seul but : nous protéger", réagit Emmanuel Macron

 

 

 

Les militaires tués sont six officiers, six sous-officiers et un caporal-chef, originaires de Pau, Gap, Varces et Saint-Christol

 

 

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Un hélicoptère Tigre de la mission française Barkhane, au Mali, le 1er novembre 2017.  (DAPHNE BENOIT / AFP)

 

 

 

Ce qu'il faut savoir

 

 

Treize militaires français de la force Barkhane sont morts au Mali dans une collision accidentelle de deux hélicoptères lors d'une opération de combat contre des jihadistes, a annoncé mardi 26 novembre l'Elysée dans un communiqué. Emmanuel Macron a exprimé "son soutien le plus total à leurs camarades de l'armée de terre et des armées françaises".

 

 

Un accident survenu lundi soir. Dans son communiqué, l'Elysée précise que les deux hélicoptères sont entrés en collision dans la soirée du lundi 25 novembre, dans le cadre d'une opération de Barkhane, qui mobilise 4 500 militaires au Sahel. Cet accident provoque l'un des plus lourds bilans humains essuyé par l'armée française depuis l'attentat du Drakkar, à Beyrouth en 1983.

 

 

Des militaires de l'armée de terre. Le communiqué de la présidence indique qu'il s'agit de militaires de l'armée de terre : six officiers, six sous-officiers, et un caporal-chef, "tombés en opération et morts pour la France dans le dur combat contre le terrorisme au Sahel". Sept soldats venaient du 5e régiment d'hélicoptères de combat de Pau, quatre militaires appartenaient au 4e régiment de chasseurs de Gap, un soldat venait du 93e régiment d'artillerie de montagne de Varces et un militaire appartenait au 2e régiment étranger de génie de Saint-Christol.

 

38 militaires tués au Mali depuis 2013. Cet accident porte à 38 le nombre de militaires français tués au Mali depuis le début de l'intervention française dans ce pays du Sahel en 2013, avec l'opération Serval. Le dernier mort était le brigadier Ronan Pointeau, 24 ans, tué début novembre dans l'explosion d'un engin explosif.

 


26/11/2019
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