L'AIR DU TEMPS

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Mali


Franceinfo - le dimanche 24 mars 2019

 

 

Mali : ce que l'on sait du massacre d'au moins 130 habitants d'un village peul

 

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

 

Le gouvernement malien a annoncé la dissolution d'une milice d'autodéfense accusée de ces exactions

 

 

 

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 Un camp peul au Mali, le 11 janvier 2016 (photo d'illustration). (CLAUDE THOUVENIN / BIOSPHOTO / AFP)

 

 

 

C'est la tuerie la plus sanglante au Mali depuis plus de six ans. Quelque 130 personnes ont été massacrées dans un village peul du centre du pays, samedi 23 mars. C'est le plus lourd bilan depuis le début des combats menés dans le cadre des opérations Serval, puis Barkane, lancées en 2013 à l'initiative de la France pour chasser les groupes jihadistes qui avaient pris le contrôle du nord du pays. Franceinfo fait le point sur ce drame.

 

 

Une milice derrière l'attaque

Des hommes armés habillés en chasseurs traditionnels dogon ont fait irruption, à l'aube samedi, dans le village d'Ogossagou, dans la zone de la ville de Bankass près de la frontière avec le Burkina Faso. Après avoir tué les habitants qu'ils croisaient, les hommes armés se sont dirigés dans le village de Welingara, deux kilomètres plus loin, où ils ont à nouveau massacré des villageois, raconte RFI.

 

 

"Dans ma familleprès de vingt personnes ont été tuées, des gens brûlés, des personnes jetées dans un puits", témoigne un habitant auprès de la radio. "J'ai vu des gens en flammes", ajoute un autre témoin.

 

 

"Le village a été attaqué par des chasseurs des milices armées de Dan na Amassagou, dirigées par Youssouf Toloba. Quand ils sont arrivés dans le village, ils ont commencé à tirer sur la population civile, raconte à RFI Cheick Harouna Sankaré, maire de la localité voisine de Ouonkoro. Ils ont découpé à coups de machette des femmes. Des femmes enceintes ont été éventrées." Des corps étaient encore en train d'être ramassés dimanche, selon des témoins. 

 

 

 

Un très lourd bilan

"Au moins 134 civils, y compris des femmes et des enfants, auraient été tués et au moins 55 blessés" à la suite de l'attaque samedi du village d'Ogossagou, a indiqué le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, dans un communiqué diffusé samedi soir. L'association de défense des droits des populations pastorales Kisal a également annoncé un bilan de"134 morts dont des femmes, enfants, vieillards, adultes et adolescents", dimanche sur sa page Facebook.

 

 

 

Des affrontements fréquents

Depuis quatre ans, le groupe jihadiste du prédicateur Amadou Koufa recrute, dans le centre du pays, prioritairement parmi les Peuls, traditionnellement éleveurs. Ces dernières années, les affrontements se multiplient entre cette communauté et les ethnies bambara et dogon, qui ont créé leurs propres "groupes d'autodéfense". Ces violences ont coûté la vie à plus de 500 civils en 2018, selon l'ONU.

 

 

Parmi les victimes du massacre figuraient "des éléments peuls du DDR cantonnés dans le village". Le DDR est un programme de "désarmement, démobilisation et réinsertion" (DDR) prévu par l'accord de paix de 2015 pour les combattants de groupes armés du Nord.

 

 

Par ailleurs, cette tuerie survient six jours après un attentat jihadiste à Dioura, dans la même région mais beaucoup plus au nord, contre un camp de l'armée malienne, qui a perdu 26 hommes. Dans un communiqué de revendication vendredi, la principale alliance jihadiste du Sahel liée à Al-Qaïda a justifié l'opération de Dioura par les "crimes odieux commis par les forces du gouvernement de Bamako et les milices qui le soutiennent contre nos frères peuls".

 

 

 "Les récents événements dans le cercle de Koro [la zone du massacre de samedi] sont les conséquences d'une violence armée dans la zone impliquant divers acteurs avec des motivations toutes aussi diverses",analyse Baba Dakono, chercheur à l'Institut pour les études sur la sécurité (ISS), basé à Bamako.

 

 

 

La dissolution d'une milice de chasseurs

A l'issue d'un Conseil des ministres extraordinaire dimanche, le gouvernement malien a annoncé la dissolution du groupe de chasseurs traditionnels dogons Dan na Amassagou et le limogeage des principaux chefs de l'armée. "Nous voulons dire clairement aux uns et aux autres que la protection des populations restera le monopole de l'Etat", a déclaré le Premier ministre, Soumeylou Boubeye Maïga.

 

 

Quelques heures auparavant, le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, s'était déclaré "choqué et outré" par ce massacre et avait appelé"les autorités maliennes à enquêter rapidement sur cette tragédie et à traduire ses auteurs en justice". De son côté, la coalition des groupes pro-gouvernementaux également impliqués dans l'accord de paix, a condamné ce "crime de masse", exigeant "une commission d'enquête indépendante".

 


25/03/2019
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Franceinfo - le mercredi 2 janvier 2019

 

 

Mali : 37 personnes tuées dans l'attaque d'un village peul

 

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

 

Le gouvernement malien assure que "les auteurs des crimes seront punis avec toute la rigueur de la loi" et appelle "l'ensemble des communautés de la zone centre au calme"

 

 

 

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Des femmes peules gardent des vaches, près de Mopti (Mali), le 12 août 2018. (PHILIPPE ROY / AFP)

 

 

 

Le Mali a entamé l'année 2019 avec une attaque meurtrière. Trente-sept civils ont été tués, mardi 1er janvier, dans l'attaque du village peul de Koulogon, commune de Koulogon Habé, dans le cercle de Bankass, situé dans le centre du pays. Le gouvernement malien précise que "des hommes armés habillés en tenue de chasseurs traditionnels dozos" ont mené cette attaque.

 

 

"Outre les 37 morts enregistrés, tous des civils, le bilan fait état de plusieurs blessés et de nombreuses habitations incendiées", poursuit-il. "Le gouvernement donne l'assurance que les auteurs des crimes seront punis avec toute la rigueur de la loi et appelle l'ensemble des communautés de la zone centre au calme", a-t-il ajouté. Un précédent bilan établi par des sources parlementaire et de sécurité faisait état de 33 Peuls tués lors de cette attaque menée, selon elles, par des chasseurs dogons.

 

 

 

De plus en plus de violences intercommunautaires

Les chasseurs traditionnels, dits "dozos", sont reconnaissables à leur tenue et à leurs fétiches. Ils prétendent protéger les Dogons contre les Peuls, alors que le conflit entre les deux communautés s'est exacerbé, dans le contexte de la lutte contre les jihadistes. "C'est une milice dozo qui nous a attaqués tôt ce matin. Ils étaient tous armés, habillés en tenue dozo. Notre chef de village Moussa Diallo a trouvé la mort dans cette attaque, ainsi que des membres de sa famille, dont une fillette et des vieilles femmes", a témoigné Allaye Yattara, un éleveur peul du village.

 

 

Depuis l'apparition il y a quatre ans, dans le centre du Mali, du groupe jihadiste du prédicateur peul Amadou Koufa, les violences se multiplient entre les Peuls, traditionnellement éleveurs, et les ethnies bambara et dogon, pratiquant majoritairement l'agriculture. Ces violences intercommunautaires ont fait plus de 500 morts civils en 2018, selon l'ONU. Amadou Koufa a été tué fin novembre dans une opération militaire française soutenue par l'armée malienne, selon Paris et Bamako.

 


02/01/2019
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Franceinfo - le jeudui 8 novembre 2018

 

 

Des islamistes interdisent l’école à plus de 2000 enfants au Mali

 

 

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Eléonore Abou EzRédaction AfriqueFrance Télévisions

 

 

 

Au Mali, près de 2.000 élèves sont privés d'école depuis une semaine au nord-est de Bamako, où des groupes armés imposent leur loi. Ils exigent un enseignement exclusivement religieux et menacent les enseignants. Une pratique qui rappelle celle de Boko Haram au Nigeria

 

 

 

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Une salle de classe dans l'école construite par l'Unicef à Mopti, dans le centre du Mali, en mars 2018 (photo d'illustration). (JURGEN BATZ / AFP)

 

 

 

Que s'est-il passé?


Des hommes armés sont arrivés à moto dans un village près de Banamba, à 140 km au nord-est de la capitale Bamako et ont regroupé les habitants dans la mosquée, selon le témoignage d'un enseignant cité par l'AFP. «Ils ont ont demandé de fermer toutes les écoles où l'on apprend le français et d'enseigner désormais le Coran.» Le même scénario s'est reproduit dans d'autres localités voisines où plus de 20 écoles sont fermées depuis une semaine.

 

 


Qui sont ces djihadistes?


Les hommes armés et enturbannés se sont présentés comme des fidèles du prédicateur radical Amadou Koufa. L’homme, dont le groupe est apparu il y a trois ans dans le centre du Mali, réclame ouvertement l’établissement d’une République islamique au Mali. Il est connu pour ses prêches enflammés contre l’Etat malien et contre la France «ennemie de l’islam».

 


 
Que fait l’Etat?


C’est la première fois que l'ordre de fermer les école est aussi explicite dans cette région qui se trouve à moins de 200 km de la capitale Bamako, ce qui inquiète la population.



Une opération «de grande ampleur» a été lancée début novembre et des suspects ont été interpellés, selon les autorités. Pas de quoi rassurer les habitants, les enseignants ou les élus locaux qui sont directement menacés. A l’occasion de la rentrée scolaire début octobre, l’Etat avait déjà promis de renfoncer la sécurité pour permettre aux enfants d’aller à l’école.

 

 

 

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La région de Banamba marquée en rouge, où 20 écoles ont été fermées. (Capture d'écran )

 

 

 

Plus de 700 écoles fermées


Près de six ans après la reprise de la région Nord tombée sous la coupe des djihadistes, les menaces pèsent sur les habitants du centre et du sud du Mali cette fois-ci. Dans ce climat d’insécurité, les écoles sont devenues une cible privilégiée des islamistes. «Se rendre à l’école relève parfois du défi», notait l’Unicef dans un rapport publié en juin 2018. On y apprend que des écoles ont été brûlées dans le centre du Mali par des hommes armés qui luttent contre l’éducation laïque.

 



Au plan national, au moins 750 écoles ont été fermées dans l’ensemble du pays en raison des menaces et de l’insécurité. Plus de 150.000 enfants sont ainsi privés d’éducation.

 


 
Intimidations, menaces, attaques… La stratégie des groupes armés au Mali rappelle celle de Boko Haram au Nigeria. Le groupe terroriste considère l’école comme un vecteur de l’éducation occidentale. Une stratégie destinée probablement à empêcher la scolarisation des enfants comme nous l’expliquions dans un article précédent.

 


18/12/2018
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Franceinfo - le jeudi 16 août 2018

 

 

Mali : le président sortant Ibrahim Boubacar Keïta réélu avec 67% des voix, l'opposition veut contester les résultats avec "tous les moyens démocratiques"

 

 

Il l'a emporté au second tour contre son principal opposant, Soumaïla Cissé. Le scrutin s'était tenu le 12 août

 

 

 

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Le président du Mali, Ibrahim Boubacar Keïta, lors d'un meeting à Bamako le 10 août 2018, à deux jours du second tour de l'élection présidentielle. (MICHELE CATTANI / AFP)

 

 

 

Ibrahim Boubacar Keïta, président du Mali depuis 2013, a été réélu pour un nouveau mandat de cinq ans, selon les résultats officiels annoncés par le gouvernement malien jeudi 16 août. Il a remporté 67,17% des voix au second tour, contre 32,83% à l'opposant Soumaïla Cissé. Le chef de campagne de ce dernier a estimé que ces résultats "ne reflètent pas la vérité des urnes". L'opposition veut contester la victoire d'Ibrahim Boubacar Keïta "par tous les moyens démocratiques".

 

 

Le chef de campagne de Soumaïla Cissé a précisé ensuite à des journalistes que son camp allait "déposer des recours devant la cour constitutionnelle pour faire annuler des résultats frauduleux" dans certaines régions. Mais ni les observateurs de l'Union africaine, ni ceux de l'UE n'ont affirmé avoir constaté les "fraudes électorales" alléguées par l'opposition et rejetées en bloc par IBK qui accuse le camp adverse de "mise en scène".

 

 

Le second tour du scrutin s'était tenu dimanche. Le président d'un bureau avait été tué par des jihadistes, et 490 bureaux de vote sur 23 000 n'avaient pas pu ouvrir en raison de cette menace. C'est cependant deux fois moins qu'au premier tour. La participation à ce second tour n'a été que de 34,45%, a annoncé le gouvernement jeudi.

 


17/08/2018
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le Progrès du samedi 30 décembre 2017

 

 

MALI - DÉMISSION SURPRISE DU GOUVERNEMENT

 

 

Le Premier ministre malien Abdoulaye Idrissa Maiga a présenté hier sa démission et celle de son gouvernement au président Ibrahim Boubacar Keita. Aucune explication officielle n'a été donnée à cette démission qui intervient alors qu'une élection présidentielle est prévue en juillet 2018 au Mali, et que M. Keita était en poste depuis avril. Le président Keita a été élu en août 2013 pour cinq ans.

 


30/12/2017
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le Progrès du mercredi 16 août 2017

 

 
 
    À DOUENTZA ET TOMBOUCTOU - DEUX ATTAQUES CONTRE L'ONU : NEUF
       MORTS

 

 

 

Neuf personnes, dont un Casque bleu togolais et cinq agents de sécurité maliens, ont été tuées lundi lors de deux attaques distinctes contre la mission de l'ONU au Mali (Minusma).

 

 

Une première attaque d'"hommes armés non identifiés" a visé des camps de la Minusma à Douentza, dans le centre du pays. Un Casque bleu togolais, un soldat malien et deux assaillants ont été tués. Un autre casque bleu a été blessé.

 

 

Lors d'un attaque distincte dans l'après-midi, des hommes armés ont pris d'assaut le quartier-général de la Minusma à Tombouctou. Cinq gardes maliens de la mission de l'ONU, un membre de la gendarmerie malienne et un agent civil contractuel de la Minusma, ont été tués. En outre, un garde de sécurité malien et six Casques bleus ont été blessés, dont deux grièvement.

 

 

Selon un responsable du gouvernorat de Tombouctou, les "terroristes" étaient armés de grenades et de Kalachnikov.

 


18/08/2017
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le Progrès du mardi 2 mai 2017

 

 
 
        MALI - FORCE BARKHANE. L'ARMÉE NEUTRALISE UNE VINGTAINE DE
       DJIHADISTES

 

 

 

Près de la frontière entre le Mali et le Burkina Faso, les militaires français ont déployé des avions de chasse et des hélicoptères, des commandos de montagne ainsi que des équipe de déminage.

 

 

 

La France vient de faire la démonstration de sa force dans l'opération Barkhane. Elle est engagée dans la lutte contre les groupes armés terroristes de la bande sahélo-saharienne aux côté des cinq pays de la zone, la Mauritanie, le Mali, le Niger, le Tchad et le Burkina-Faso. La mission de la force Barkhane, qui mobilise environ 4 000 militaires, est d'appuyer les forces armées des pays partenaires. Elle a été lancée le 1er août 2014.

 

 

Ce week-end, la force Barkhane a neutralisé près d'une vingtaine de terroristes issus du groupe armés qui avaient leurs dépôt logistiques dans une forêt à proximité de la frontière entre le Mali et le Burkina-Faso, au sud-ouest de Gao.

 

 

Baptisée Bayard, l'opération avait été déclenchée samedi par des frappes aériennes. L'état-major français a précisé le déroulé de l'intervention qui a débuté par le déploiement de Mirage 2000, relayés par deux hélicoptères d'attaque Tigre chargés de sécuriser la zone afin de permettre aux commandos montagne d'intervenir au sol.

 

 

 

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Une opération après une autre

 

Les soldats français sont intervenus à l'aube, rejoints par des commandos parachutistes et des équipes opérationnelles de déminage qui ont procédé à la fouille de la zone d'opération. "De l'armement, des munitions, des lance-roquettes et des composants destinés à la fabrication d'engins explosifs ont été découverts en quantités importantes", a précisé le ministère de la Défense. Cette nouvelle opération de la force Barkhane a eu lieu dans une zone considérée depuis quelque temps comme "une zone refuge et d'influence des terroristes", selon l'état-major. Elle "vient concrétiser les efforts conduits avec les forces maliennes et burkinabés pour lutter contre les réseaux des groupes armés terroristes qui agissent dans ce secteurs".

 

 

C'est dans cette zone, près de la frontière avec le Burkina Faso, qu'un soldat français avait été tué le 5 avril. Le caporal-chef du 6e régiment du génie d'Angers, Julien Barbé, avait été victime de tirs directs, lors d'une opération militaire transfrontalière menée conjointement par les soldats maliens, burkinabés et français, au sud-ouest de Gao.

 

 

Au cours de cette opération nommée Panga, qui avait mobilisé quelque 1 300 soldats, 200 véhicules et une dizaine d'hélicoptères des trois pays, les militaires avaient conduit des missions de reconnaissance et de contrôle de la zone ainsi que des fouilles dans des villages de la région.

 

 

L'opération avait permis d'approfondir la connaissance de cette zone, de collecter du renseignement, et de réaliser des saisies de matériel. Elle avait déjà permis de neutraliser deux terroristes, d'en capturer 8 autres ainsi que plusieurs dizaines de suspects remis aux autorités burkinabés.

 

 

Dans leur lutte contre les groupes armés terroristes, les militaires français avaient alors repéré comme objectif cible la forêt de Foulsaré où ils sont intervenus ce week-end. Une des zones réputées servir de refuge aux terroristes du groupe Ansarul Islam. Les djihadistes ont été en grande partie chassés du nord du Mali par l'intervention française Serval en 2013. Mais des zones entières du pays échappent toujours au contrôle des forces maliennes, françaises et de l'ONU.

 


03/05/2017
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le Progrès du jeudi 19 janvier 2017

 

 

 

LOURD BILAN - ATTAQUE SUICIDE MEURTRIÈRE AU MALI : LES EFFORTS DE PAIX MENACÉS

 

 

Trois jours après la visite de François Hollande à Gao, un attentat à fait plus de 60 morts dans un camp d'ex-combattants rebelles. Les djihadistes cherchent encore à déstabiliser le Nord-Mali.

 

 

"Les terroristes ne contrôlent plus aucun territoire (au Mali), la démocratie a repris son cours, les élections ont eu lieu [...] l'économie repart et la réconciliation avec les accords d'Alger est en cours".

 

 

Ce tableau, plutôt flatteur, avait été dressé le 14 janvier dernier par François Hollande lors du sommet Afrique-France à Bamako.

 

 

Le bilan sécuritaire du Mali, surtout au nord, est pourtant beaucoup plus contrasté que ne l'a laissé entendre le président français. L'attentat qui a fait plus de 60 morts et plus de 115 blessés hier à Gao, et que le chef de l'État a immédiatement "condamné sans réserve et avec la plus grande fermeté", est venu le rappeler hier.

 

 

 

Un sens politique

 

Jean-Marc Ayrault, le ministre des Affaires étrangères, a estimé que cette attaque suicide avait "un sens politique". "C'est une atteinte directe au processus de paix", a émis, pour sa part, le Français Hervé Ladsous, secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix de l'ONU. L'attentat a été revendiqué par le groupe du djihadiste algérien Mokhtar Belmokhtar, rallié à Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi). Selon le gouvernement malien, "cinq kamikazes", à bord de véhicules faussement siglés, se sont fait exploser à proximité du camp militaire du MOC (mécanisme opérationnel de coordination), mis en place pour garantir l'accord de paix signé à Alger en mai-juin 2015.

 

 

Ce sont ces patrouilles "mixtes", prévues par l'accord, et composés de combattants touaregs et de soldats pro-gouvernementaux, qui ont clairement été visées hier. Elles démarraient juste leurs opérations de sécurisation dans le Nord-Mali. Après bien des atermoiements, et des menaces reçues par ces participants à l'effort de paix.

 

 

"Certains combattants venant de Kidal ou Ber (région de Tombouctou) ont été bloqués durant à peu près une semaine à la sortie de Gao par d'autres groupes", nous a décrit hier depuis Niamey (Niger) Sidi Kounta, sociologue et fin connaisseur du djihadisme au Sahel, qui avait quitté Gao mardi. Seule l'intervention des militaires français de Barkhane et de la Minusma (mission de l'ONU au Mali) a convaincu les combattants de rester. Les soldats français installés sur l'aéroport de Gao, où avait transité samedi dernier François Hollande, "sont très visibles dans cette ville", reconnaît le spécialiste, "pour autant, ils n'ont pas pu empêcher l'enlèvement de l'humanitaire franco-suisse Sophie Pétronin le 24 décembre, ni de multiples attentats.

 

 

 

Attaque chaque semaine

 

À qui profite celui d'hier, le plus meurtrier de l'histoire du Mali ? Pour l'expert de la lutte armée dans le désert, cela ne fait aucun doute. "Les djihadistes n'ont pas intérêt à ce que ces patrouilles mixtes commencent", affirme Sidi Kounta, "le MOC a en effet pour but de cibler les bandits armés et les trafiquants, mais la première reste les djihadistes". Ces derniers, qui cherchent à "déstabiliser le Nord, sont les mêmes qui revendiquent des attaques presque chaque semaine", soutient-il. Le 13 janvier, jour de l'arrivée de François Hollande au Mali, une attaque, menée contre l'aéroport de Tombouctou, avait été revendiquée par Aqmi (Al-Qaida au Maghreb islamique).

 

 

Après celle de Gao, un deuil national de trois jours a été annoncé par le président Ibrahim Boubacar Keïta. Quatre ans presque jour pour jour après le lancement de l'opération militaire française Serval. Xavier Frère

 

 

 

 


L'Ouest africain de crise en crise

 

Les opérations de secours restaient extrêmement difficile hier dans le nord-est du Nigeria où l'armée de l'air a bombardé par erreur, la veille, un camp de déplacés, faisant au moins 70 morts. Le pays est en guerre contre le groupe djihadiste Boko Haram depuis 8 ans, faisant 20 000 morts et 2,6 millions de déplacés.

 

 

En Côte d'Ivoire, le gouvernement a appelé au calme hier pour enrayer le mouvement de colère des militaires, dont les violences ont déjà fait quatre morts et qui menaçait de dégénérer en une révolte généralisée. Mardi, le premier paiement aux 8 500 anciens rebelles intégrés dans l'armée a déclenché un mouvement d'humeur des autres forces de sécurité, qui estiment elles aussi avoir le droit à  une prime.

 

 

En Gambie, population, étrangers et touristes quittaient hier en nombre ce pays placé sous état d'urgence par le président sortant Yahya Jammeh, qui refuse de céder le pouvoir à son successeur élu, Adama Barrow, censé prêter serment jeudi.

 

 

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DAKAR (AFP) - 

Le nouveau président gambien Adama Barrow a prêté serment jeudi après-midi à l'ambassade de Gambie au Sénégal, lors d'une cérémonie officielle, après l'expiration du mandat du chef de l'Etat sortant Yahya Jammeh, qui refuse de lui céder le pouvoir.

 

 


19/01/2017
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le Progrès du vendredi 13 janvier 2017

 

 

 

SOMMET - MALI. LA FRANCE À LA RECHERCHE DU TEMPS PERDU EN AFRIQUE

 

 

Le 27e sommet entre la France et les pays africains se tient aujourd'hui et demain à Bamako. François Hollande est accompagné d'entrepreneurs alors que la France a perdu de son influence sur le continent.

 

 

Le sommet de Bamako, qui se tient aujourd'hui et demain dans la capitale malienne, n'est plus sous-titré sommet "France-Afrique". Trop connoté, trop synonyme des relations troubles et difficiles entre l'ancien pays colonisateur et ses ex-colonies. Pour sa 27e édition, il a été rebaptisé "sommet pour le partenariat, la paix et l'émergence". Il constituera sans doute le dernier voyage majeur sur le continent de François Hollande, quatre ans quasiment jour pour jour après le lancement de l'opération Serval, décidée par le président français. Affaibli en France, il est devenu chef de guerre en Afrique.

 

 

Les questions de sécurité et de terrorisme seront évidemment abordées, alors qu'Aqmi (al-Qaida au Maghreb islamique) renouvelle ses réseaux dans le nord-Mali et que la menace Boko Haram n'est pas totalement éteinte au Nigeria. À Bamako, où se déroule le sommet, la ville est en état de siège, selon plusieurs témoins. Le 20 novembre 2015, 22 personnes avaient été tuées dans l'attaque à l'hôtel Radisson Blu, fréquenté par les Occidentaux.

 

 

 

"Sécurité et business"

 

Que faut-il attendre d'autre de ce sommet ? "Pas grand-chose, c'est l'affichage politique, de la diplomatie hôtelière", juge Antoine Glaser, spécialiste de l'Afrique (Dernier ouvrage : Arrogant comme un Français en Afrique - Fayard), joint hier. Pour son trentième voyage en Afrique, François Hollande a embarqué avec lui une délégation de chefs d'entreprise. Objectif ? Tenter de rattraper le retard accumulé ces dernières années face à la Chine, mais aussi face aux voisins européens (Grande-Bretagne, Allemagne...).

 

 

 

"L'armée française en Afrique sert de cache-misère à une France globalement en déshérence", estime Antoine Glaser, "on aimerait bien en profiter au niveau du business...". Les problèmes d'immigration (2/3 des Africains ont moins de 25 ans) ne devraient logiquement être qu'effleurés. X.F.

 

 

 

 

Mali : le terrorisme freiné mais pas éradiqué

 

 

150 terroristes tués dans le Sahel en 2016, 6 tonnes de munitions et d'explosifs saisi par les forces françaises de l'opération Barkhane déployées dans cinq pays (Mali, Niger, Mauritanie, Tchad, Burkina Faso). Ces derniers chiffres diffusés hier par les autorités françaises tendent à montrer l'efficacité de Barkhane, qui a pris la succession de Serval, centrée elle exclusivement sur le Mali entre janvier 2013 et août 2014. L'intervention éclair des forces françaises avait permis d'interrompre la descente des djihadistes du nord du pays vers la capitale Bamako. 

 

 

Quatre ans après, si l'hydre djihadiste a effectivement perdu quelques têtes majeures, le terrorisme et les trafics ont repris du poil de la bête. À chaque jour, des morts, comme ces cinq soldats maliens tués mercredi par une mine. "Sans moyens aériens conséquents, il y a plus de soldats tombés... que debout. La moyenne est de deux soldats tués par semaine", soulignait hier Adama Diarra, journaliste malien à l'Essor. L'opération Sangaris a levé le camp définitivement en République centrafricaine il y a deux mois. Barkhane, elle, au Sahel, poursuit sa mission. Les choses bougent : l'Allemagne vient d'annoncer le futur déploiement d'un millier de soldats au Nord-Mali sous mandat de l'Onu. X.F.

 


15/01/2017
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le Progrès du lundi 22 août 2016

 

 

MAUSOLÉES DÉTRUITS : UN HOMME JUGÉ

 

 

C'est un procès inédit qui doit s'ouvrir aujourd'hui devant la Cour pénale internationale (CPI) : un djihadiste malien présumé a prévu de plaider coupable de la destruction de mausolées de Tombouctou classés au Patrimoine mondial de l'humanité. Le Touareg Ahmad Al Faqi Al Mahdi est accusé d'avoir dirigé intentionnellement des attaques contre neuf des mausolées et contre la porte de la mosquée Sidi Yahia entre le 30 juin et le 11 juillet 2012.

 

 

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22/08/2016
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le Progrès du vendredi 20 mai 2016

 

 

MALI - CINQ CASQUES BLEUS TUÉS

 

Cinq casques bleus tchadiens ont été tués et trois autres grièvement blessés mercredi lors d'une embuscade dans le nord-est du Mali, a annoncé hier la Mission de l'ONU au Mali (Minusma). Cette attaque est la plus meurtrière visant la force de l'ONU depuis celle du 12 février - revendiquée par le groupe djihadiste Ansar Dine - contre la base de la Minusma à Kidal, qui avait coûté la vie à sept Casques bleus guinéens.

 


21/05/2016
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le Progrès du dimanche 17 avril 2016

 

 

SOLDATS FRANÇAIS TUÉS : ANSAR DINE REVENDIQUE

 

Le groupe terroriste Ansar Dine a revendiqué être à l'origine de la mort de trois militaires français au Mali tués mardi dans l'explosion de leur véhicule de l'avant blindé (VAB) sur un engin explosif improvisé (IED).

 

 

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18/04/2016
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le Progrès du mardi 22 mars 2016

 

 

BAMAKO - Un hôtel de soldats de l'UE visé par des tirs. Les soldats de la mission militaire de l'Union européenne en poste à Bamako, au Mali, ont été attaqués hier soir dans leur hôtel. Quatre assaillants ont tenté de forcer le barrage mis en place. Il s'en est suivi une fusillade de tirs nourris et des explosions. Un des agresseurs aurait été tué, les trois autres auraient pris la fuite. Le quartier a été bouclé et trois véhicules blindés de la Mission de l'Onu dans le pays ainsi que dans quatre de l'armée malienne sont arrivés sur place. Des opérations de ratissage étaient encore en cours en début de nuit.

 


23/03/2016
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