L'AIR DU TEMPS

L'AIR DU TEMPS

ECONOMIE - Démographie

Encore des informations intéressantes - On en apprends tous les jours...


Franceinfo - le jeudi 26 mars 2020

 

 

Coronavirus : temps de travail, congés, RTT... Comment les ordonnances chamboulent le droit du travail

 

avatar

franceinfoFrance Télévisions

 

 

L'un de ces trois textes porte notamment sur les "mesures d'urgence en matière de congés payés, de durée du travail et de jours de repos", qui permettent notamment d'allonger, ponctuellement, dans certains secteurs, la durée de travail jusqu'à 60 heures hebdomadaires

 

 

21216567

 

Des fermiers préparent un tracteur pour la culture des betteraves le 24 mars 2020 près de Troyes dans l'Aube. Le secteur agro-alimentaire est concerné par les ordonnances modifiant le droit du travail. (STEPHANE DE SAKUTIN / AFP)

 

 

 

Un record "historique" sous la Ve République. Quelque 25 ordonnances ont été adoptées en Conseil des ministres mercredi dans le cadre de l'état d'urgence sanitaire et inscrites au Journal officiel jeudi 26 mars. "C'est un effort long auquel nous allons tous ensemble faire face", a estimé le Premier ministre, Edouard Philippe, en évoquant la crise aux multiples aspects (sanitaire, économique, social...) provoquée par l'épidémie de coronavirus.

 

 

>> Suivez les dernières infos liées à l'épidémie de coronavirus en direct

 

 

Parmi les trois ordonnances qui réforment en partie le droit du travail, l'une porte spécifiquement sur les "mesures d'urgence en matière de congés payés, de durée du travail et de jours de repos". Elle permet, entre autres, d'allonger la durée du temps de travail jusqu'à 60 heures hebdomadaires dans certains secteurs, ou encore d'imposer au salarié des jours de vacances ou de RTT, en dérogeant aux règles édictées par le Code du travail. Ces mesures peuvent s'appliquer au plus tard jusqu'au 31 décembre 2020, ce qui fait craindre aux syndicats un éventuel usage au-delà de la crise sanitaire actuelle. Passage en revue.

 

 

 

Temps de travail : jusqu'à 60 heures par semaine

Ce qui est prévu. L'article 6 dispose que "dans les entreprises relevant de secteurs d'activités particulièrement nécessaires à la sécurité de la nation et à la continuité de la vie économique et sociale" : 

 


"La durée quotidienne maximale de travail (...) peut être portée jusqu'à douze heures

 


"La durée quotidienne maximale de travail accomplie par un travailleur de nuit (...) peut être portée jusqu'à douze heuressous réserve de l'attribution d'un repos compensateur égal au dépassement de la durée prévue à ce même article"

 


"La durée du repos quotidien (...) peut être réduite jusqu'à neuf heures consécutives, sous réserve de l'attribution d'un repos compensateur égal à la durée du repos dont le salarié n'a pu bénéficier"

 


"La durée hebdomadaire maximale (...) peut être portée jusqu'à soixante heures" 

 


"La durée hebdomadaire de travail calculée sur une période quelconque de douze semaines consécutives (...) ou sur une période de douze mois", pour certains types d'entreprises, "peut être portée jusqu'à quarante-huit heures"

 


"La durée hebdomadaire de travail du travailleur de nuit calculée sur une période de douze semaines consécutives (...) peut être portée jusqu'à quarante-quatre heures"

 

 

Ces dérogations pourront notamment s'appliquer dans "l'énergie", "les télécoms", "la logistique", "les transports" ou encore "l'agroalimentaireé", a précise à franceinfo l'entourage de la ministre du Travail, Muriel Pénicaud. La possibilité de travailler 60 heures était notamment réclamée avec insistance par le principal syndicat agricole, la FNSEA, pour assurer les récoltes dans les semaines qui viennent.

 

 

Ce que cela change. La durée de travail effectif hebdomadaire ne doit désormais pas dépasser les deux limites suivantes : "48 heures sur une même semaine et 44 heures par semaine en moyenne sur une période de douze semaines consécutives." Mais il existe déjà des exceptions : "On a toujours pu déroger dans certains cas à la durée hebdomadaire, en particulier dans le secteur de la sécurité", note auprès de franceinfo Jean-François Foucard, secrétaire national de la CFE-CGC. Il relève aussi que tout le monde est en "mode crise" et que des mesures sortant de l'ordinaire peuvent s'imposer. "A priori, ces mesures sont bornées pour une durée courte, mais il faut faire attention, met-il tout de même en garde. Les salariés ne tiendront pas si on leur demande d'enchaîner trois semaines à 60 heures. A ce rythme-là, ils s'écroulent."

 

 

Sur RTL, le secrétaire général de Force ouvrière (FO), Yves Veyrier, se montrait plus virulent, mercredi, estimant que ces dérogations horaires poussées jusqu'à 60 heures possibles relevaient de l'"hérésie" : "C'est une hérésie, parce que dans ces secteurs essentiels, on a besoin justement de ménager les salariés qui sont mobilisés. On risque d'ajouter au risque d'épidémie un risque de fatigue, d'épuisement, par des temps de travail plus importants et des temps de repos réduits." En effet, même si la mesure est moins remarquée que les potentielles 60 heures hebdomadaires, les employeurs pourront aussi diminuer le temps de repos minimal entre deux journées de travail, et le ramener de onze à neuf heures.

 

 

 

Congés payés : le patron peut imposer la prise de six jours, sous conditions

Ce qui est prévu. L'article 1er de l'ordonnance relative aux congés payés, à la durée du travail et aux jours de repos prévoit que l'employeur peut "imposer la prise de congés payés ou modifier les dates d'un congé déjà posé, dans la limite de six jours ouvrables, soit une semaine de congés payés, en respectant un délai de prévenance d'au moins un jour franc". Il faut néanmoins qu'il obtienne au préalable "un accord d'entreprise, ou à défaut un accord de branche", comme l'a notamment réclamé la CFDT. Le texte précise que "la période de congé imposée ou modifiée en application du présent article ne peut s'étendre au-delà du 31 décembre 2020".

 

 

Toujours sous réserve d'accord d'entreprise ou de branche, l'employeur peut également "fractionner les congés sans être tenu de recueillir l'accord du salarié" et "à fixer les dates des congés sans être tenu d'accorder un congé simultané à des conjoints ou des partenaires liés par un pacte civil de solidarité travaillant dans son entreprise". Le gouvernement présente cette mesure comme un "effort raisonnable" demandé aux salariés alors que l'Etat "met en place un plan exceptionnel pour sauver l'emploi et éviter les licenciements", notamment par ses mesures de chômage partiel.

 

 

Ce que cela change. Jusque-là, il n'était pas possible, pour l'employeur, de modifier les dates d'un congé déjà posé par le salarié. Il pourra désormais le faire, dans la limite d'une semaine. Selon le ministère du Travail, sont concernés les congés payés 2019-2020, qui doivent donc être pris d'ici le 31 mai.

 

 

"C'est intéressant pour l'Etat, constate Jean-François Foucard, parce que ça évite que les gens soient au chômage partiel. Ce sera autant de gagné pour les finances publiques". Il note aussi que "les entreprises voudront éviter que tout le monde parte en même temps, au moment où ca redémarrera". 

 

 

 

RTT et repos hebdomadaire : l'employeur peut les imposer

Ce qui est prévu. Selon l'article 2 de cette même ordonnance, "l'employeur peut, sous réserve de respecter un délai de prévenance d'au moins un jour franc" : 


- "Imposer la prise, à des dates déterminées par lui, de jours de repos au choix du salarié acquis par ce dernier"


- "Modifier unilatéralement les dates de prise de jours de repos"

 

 

Ce que ça change.  Avec l'accord de son employeur, le salarié pouvait jusqu'à maintenant poser les jours de RTT (réduction du temps de travail) comme il le souhaitait. Avec les dispositions inscrites dans ce texte, l'employeur pourra, dans les prochains mois, imposer la prise de jours de RTT, modifier les jours de repos et également imposer des prises de jour du compte épargne temps (CET).

 


27/03/2020
0 Poster un commentaire

Franceinfo - le jeudi 12 mars 2020

 

 

Chômage partiel, report de cotisations, plan de relance : quatre annonces d'Emmanuel Macron pour atténuer les effets du coronavirus sur l'économie

 

avatar
franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

 

La journée de jeudi a été marquée par la débâcle historique des places boursières, Paris connaissant la plus forte chute de son histoire, avec une clôture à la baisse de -12,3%

 

 

21124055

 

Le comptoir d'enregistrement vide de la compagnie Delta Airlines à l'aéroport de Paris-Charles-de-Gaulle, le 12 mars 2020. (BERTRAND GUAY / AFP)

 

 

 

C'était l'un des points les plus attendus de l'allocution présidentielle. Comment atténuer les effets du puissant ralentissement de l'économie en raison de l'épidémie du nouveau coronavirus ? La journée du jeudi 12 mars a illustré spectaculairement cette urgence, notamment avec la nouvelle débâcle historique des places boursières, Paris connaissant la plus forte chute de son histoire avec une clôture à la baisse de -12,3%.

 

 

>> Suivez les derniers développements liés à l'épidémie de coronavirus en direct

 

 

Indemnisation des salariés mis au chômage partiel, plan de relance national et européen... Emmanuel Macron a profité de son allocution aux Français pour détailler son plan pour empêcher le Covid-19 de terrasser l'économie française. Voici ses annonces.

 

 

 

Un mécanisme de chômage partiel pour les salariés

"Nous n'ajouterons pas aux difficultés sanitaires la peur de la faillite pour les entrepreneurs, l’angoisse du chômage et des fins de mois difficiles pour les salariés", a lancé Emmanuel Macron, qui a promis que "tout [serait] mis en œuvre pour protéger nos salariés et pour protéger nos entreprises. Quoi qu’il en coûte, là aussi"

 

 
 

 

Pour répondre à l'urgence économique, le président de la République a annoncé la mise en place d'un mécanisme d'aide "exceptionnel et massif" qui passera notamment par le chômage partiel. 

 

 

Il a assuré que le dispositif irait "beaucoup plus loin" que les mesures déjà annoncées par le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, et celle du Travail, Muriel Pénicaud, pour soutenir les entreprises. "L’Etat prendra en charge l’indemnisation des salariés contraints à rester chez eux. (...) Je veux que nous puissions protéger aussi nos indépendants et donc nous prendrons toutes les mesures nécessaires pour donner cette garantie sur le plan économique", a indiqué le chef de l'Etat.

 

 

 

Une intensification du télétravail

Emmanuel Macron a également appelé de ses vœux une montée en puissance du télétravail pour les entreprises capables de le mettre en œuvre. En France, plus d'un tiers des salariés du privé (34%), la moitié en Ile-de-France, ont recouru au télétravail pendant les grèves contre la réforme des retraites, selon une étude CSA pour Malakoff Humanis publiée jeudi. 

 

 

Une enquête menée du 6 au 15 février n'a pas pu mesurer l'impact du coronavirus, encore à ses prémices, mais 27% des entreprises déclarent avoir déjà incité leurs salariés à télétravailler en période d'épidémie, et 36% des salariés indiquent que leur entreprise les a effectivement incités à travailler chez eux afin d'éviter toute contamination ou arrêt de travail.

 

 

 
 

 

Un report facilité du paiement des cotisations

Les entreprises qui font face à une baisse soudaine d'activité auront droit à un délai pour régler leur dû à l'Etat, a annoncé Emmanuel Macron : "Toutes les entreprises qui le souhaitent pourront reporter sans justification, sans formalité, sans pénalité, le paiement des cotisations et impôts dus en mars".

 

 

Une mesure qui va dans le sens de celles déjà annoncées par Bruno Le Maire, qui avait proposé la suspension du paiement de certains impôts et cotisations, ou encore la garantie par la Banque publique d'investissement (Bpifrance) des crédits de trésorerie des PME en difficulté.

 

 

 

Un plan de relance national et européen qui reste à définir

En revanche, Emmanuel Macron n'a pas annoncé, pour l'instant, de plan de relance budgétaire comme le demandent les institutions financières comme le FMI ou l'OCDE pour faire redémarrer l'économie. Il s'est limité à annoncer sa préparation et en lançant un appel à l'Union européenne. "J'ai demandé au gouvernement de préparer d'ores et déjà un plan de relance national et européen cohérent avec nos priorités et nos engagements pour l'avenir", a-t-il déclaré, sans donner plus de détails.

 

 

L'Europe doit réagir "vite et fort", a-t-il insisté, estimant que les annonces de la Banque centrale européenne (BCE), dévoilées quelques heures plus tôt, ne seraient pas suffisantes pour faire face à la crise.

 

 

Nous, Européens, ne laisserons pas une crise financière et économique se propager, nous réagirons fort et nous réagirons vite, l'ensemble des gouvernements européens doit prendre les décisions de soutien de l'activité puis de relance, quoi qu'il en coûte. Emmanuel Macron

 

 

Le président a, par ailleurs, insisté sur le besoin de coordonner les efforts. "Ce n'est pas la division qui permettra de répondre à ce qui est aujourd'hui une crise mondiale, mais bien notre capacité à voir juste""Il faut éviter le repli nationaliste. Ce virus n'a pas de passeport", a enfin lancé Emmanuel Macron, soulignant que les fermetures de frontières devront être décidées "à l'échelle européenne", le cas échéant.

 

 
What do you want to do ?
New mail
 
What do you want to do ?
New mail

13/03/2020
0 Poster un commentaire

Franceinfo - le jeudi 12 mars 2020

 

 

Coronavirus : de Paris à Sao Paulo en passant par Francfort et New York, les bourses plongent

 

 

 

 

Les marchés s'effondrent, jeudi, guère rassurés par des annonces de relance de la BCE et surtout très inquiets de la réponse américaine à la pandémie de coronavirus

 

 

21120773

 

Un trader devant des écrans, à Londres (Royaume-Uni), le 10 décembre 2018. (DANIEL SORABJI / AFP)

 

 

 

Ce qu'il faut savoir

 

 

L'épidémie de coronavirus fait plonger les bourses, jeudi 12 mars. Paris, Francfort, Madrid ont lâché 10% ou plus vers 14 heures (heure de Paris). La panique est telle que les échanges ont été suspendus pendant quinze minutes après l'ouverture à Wall Street. Le Dow Jones n'en a pas moins plongé à la reprise de l'activité, lâchant plus de 7% vers 14 heures (heure de Paris). Même scénario à Sao Paulo (Brésil) : la Bourse s'est enfoncée à l'ouverture de plus de 11%, avant que les échanges ne soient suspendus pour la troisième fois de la semaine. Les principaux indices européens ont tous dévissé de près de 30% depuis le début d'année : un véritable krach. Suivez la situation dans notre direct.

 

 

 

Conséquences difficilement prévisibles. L'impact du coronavirus sur l'économie mondiale est toujours "difficile à prédire", a affirmé jeudi le porte-parole du Fonds monétaire international, soulignant que cela dépendrait du degré de la pandémie et des réponses apportées par les pays touchés. Christine Lagarde, présidente de la Banque centrale européenne, a évoqué un "choc majeur" pour l'économie en zone euro, estimant qu'il requiert une "réponse budgétaire ambitieuse et coordonnée". Selon elle, "même si l'épidémie sera temporaire par nature, elle aura un impact significatif sur l'activité économique, entraînant notamment un ralentissement de la production en raison du dérèglement des chaînes d'approvisionnement ainsi qu'une réduction de la demande interne comme externe résultant de l'effet négatif des nécessaires mesures de confinement".

 

 

 

Le ministre de l'Economie annonce de nouvelles mesures. Bruno Le Maire a notamment mentionné la création d'un fonds de solidarité pour les entreprises les plus touchées, et a indiqué que la Bpifrance (la Banque publique d'investissement) allait porter de 70% à 90% sa garantie sur les prêts souscrits par les petites et moyennes entreprises (PME). "Cette garantie de l'Etat est un instrument extrêmement puissant pour que les entreprises puissent continuer à avoir des prêts et à avoir de la trésorerie", a-t-il affirmé. 

 

 

 

Les rassemblements de plus de 50 personnes désormais interdits jusqu'au 15 avril "sur l'ensemble de la Corse". C'est ce qu'a annoncé le préfet de Corse dans un communiqué publié jeudi 12 mars. "Toutes les activités rassemblant du public dans les lieux où elles impliquent une promiscuité prolongée favorisant la transmission du virussont désormais interdites, "dès lors qu'elles réunissent simultanément plus de 50 personnes", indique la préfecture. Cette mesure concerne "les cinémas, les théâtres, les salles de spectacle et de concert, les salles de sports ou encore les discothèques", mais "ne s'applique pas à l'activité normale des commerces, des entreprises, des restaurants et des bars." Depuis le début de l'épidémie, la Corse a recensé 63 cas confirmés de coronavirus.

 

 

 

Accélération en Espagne. Le dernier bilan du ministère de la Santé espagnol a fait état, jeudi, de 2 968 personnes contaminées, contre 2 140 vingt-quatre heures plus tôt, tandis que le nombre de morts est passé de 48 à 84. 

 

 

 

Vers un retour à la normale en Chine. Depuis quelques jours, le nombre de nouveaux cas décroît en Chine, ce qui laisse à penser que le pic épidémique est dépassé dans le pays, comme l'indique Pékin jeudi 12 mars. Epicentre de la production industrielle, la Chine risque d'être encore confrontée à des difficultés économiques, aux répercussions mondiales, malgré la reprise progressive du travail local. 

 

 

 

Les Européens interdits de séjour aux Etats-Unis. Donald Trump a annoncé mercredi 11 mars, lors d'un discours à la nation, qu'il interdisait aux ressortissants des pays européens – à l'exception du Royaume-Uni et de l'Irlande – de se rendre aux Etats-Unis pour une durée de 30 jours, à compter de vendredi soir. Cette restriction ne s'applique pas aux ressortissants américains. Après avoir semé la confusion en suggérant que "le commerce et le fret" venant d'Europe seraient aussi bannis, Donald Trump a indiqué quelques instants plus tard que le "commerce ne sera[it] en aucun cas concerné".

 

 

 

Pandémie mondiale. Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a appelé, mercredi 11 mars, tous les pays à "redoubler d'efforts immédiatement" pour lutter contre la pandémie de coronavirus Covid-19"C'est aussi un appel à la responsabilité et à la solidarité", a poursuivi le chef de l'ONU dans le communiqué. Pour la première fois, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a qualifié, mercredi, l'épidémie de Covid-19, qui a contaminé plus de 125 000 personnes dans le monde depuis fin décembre, de "pandémie"

 

 

 

Quinze nouveaux morts sur le sol français. La France a enregistré quinze nouveaux décès dus au coronavirus, portant le bilan total à 48 morts sur 2 281 cas confirmés depuis fin janvier, a annoncé mercredi soir le ministre de la Santé, Olivier Véran. Près de 500 nouveaux cas ont été enregistrés par rapport au précédent bilan, a-t-il précisé. Au total, mercredi soir, 105 personnes étaient en réanimation.

 

 

 

Visites suspendues dans les Ehpad. Le gouvernement a décidé de suspendre l'intégralité des visites de personnes extérieures dans les établissements d'hébergement des personnes âgées, particulièrement vulnérables au coronavirus, a-t-il annoncé mercredi. Des exceptions pourront être décidées pour des cas déterminés par le directeur d'établissement, en lien avec l'agence régionale de santé et la préfecture, est-il précisé dans un communiqué. 

 

 

 

Dégringolade de la Bourse new-yorkaise. Les marchés sont toujours en proie à l'affolement face au Covid-19. Le Dow Jones Industrial Average, l'indice vedette de Wall Street, est ainsi entré en "bear market", en référence à l'ours qui symbolise un marché déprimé. Cela ne lui était plus arrivé depuis 2009, en pleine crise financière. Le Nasdaq a, lui, chuté de 4,70%. 

 

 

 

La majorité des commerces fermés en Italie. Le Premier ministre italien, Giuseppe Conte, a annoncé mercredi soir la fermeture des commerces dans la péninsule, sauf ceux des secteurs de la distribution alimentaire et de la santé. "Nous fermons les commerces, les bars, les pubs, les restaurants", a-t-il dit lors d'une allocution solennelle.

 

 

 

Un défenseur de la Juventus testé positif. Le défenseur international de la Juventus Daniele Rugani a été testé positif au nouveau coronavirus, a annoncé mercredi soir le club de foot champion d'Italie, qui a précisé qu'il était "actuellement asymptomatique". Agé de 25 ans, il est le premier footballeur de Serie A à être touché par la maladie. 

 
What do you want to do ?
New mail
 
 
What do you want to do ?
New mail
 
What do you want to do ?
New mail

12/03/2020
0 Poster un commentaire

Franceinfo - le jeudi 12 mars 2020

 

 

 

L'article à lire pour comprendre la guerre pétrolière qui fait tousser les places financières sur fond de coronavirus

 

 

avatar
Marie-Adélaïde ScigaczFrance Télévisions
 

 

 

L'épidémie liée au Covid-19 a mis un coup de frein à l'économie chinoise. Or, selon l'adage, quand la Chine tousse, le monde s'enrhume. La preuve avec le cours du pétrole qui s'est effondré début mars, rajoutant de l'instabilité à une situation déjà bien floue

 

 

21113431

 

A l'épidémie de coronavirus vient s'ajouter une nouvelle crise, pétrolière cette fois.  (PIERRE-ALBERT JOSSERAND / FRANCEINFO)

 

 

 

Des mégapoles chinoises aux rues désertes, des millions d'Italiens cloîtrés chez eux, la fin d'une entente russo-saoudienne, des menaces sur le Venezuela, l'Algérie, l'Iran, voire le Texas...  Tout cela à cause d'un postillon ? En vertu de l'effet domino et du partage mondialisé des fluides et des capitaux, un malheureux patient zéro dans une rue de Wuhan, dans le centre de la Chine, a provoqué une contagion à la fois épidémique – le coronavirus –, et économique. Lundi 9 mars, alors que l'humanité apprenait à éternuer dans son coude, le prix du baril de pétrole a connu la pire chute depuis la première guerre du Golfe en 1991 (à 35 dollars le baril), entraînant les Bourses mondiales dans son sillage. Depuis, la planète finance, mise à rude épreuve par la pandémie de Covid-19, affiche une très mauvaise mine.

 

 

Comment le Covid-19 a-t-il grippé le marché du pétrole ? Quelles conséquences économiques et géopolitiques après la chute du prix de l'or noir ? Amis amateurs de suspense et de rebondissements, vous pouvez vous frotter les mains (préalablement enduites de gel hydroalcoolique), franceinfo vous explique tout. 

 

 

 

Quel est le rapport entre l'épidémie de coronavirus et les prix du pétrole ? 

La Chine est le premier importateur d'or noir au monde. En temps normal, pour faire tourner son économie, l'empire du Milieu engouffre, à la louche, 14 millions de barils de brut par jour. Puisqu'elle n'extrait dans ses propres raffineries qu'un peu moins de 4 millions de barils quotidiennement, Pékin importe le reste auprès d'une quarantaine de pays, dont la Russie, l'Arabie saoudite, l'Angola ou encore l'Irak. 13% de la production mondiale de pétrole est ainsi consommée en Chine.

 

 

Et en temps pas normal ? Quand le coronavirus, parti de Wuhan, s'est propagé dans le vaste pays, les autorités ont placé plusieurs millions de personnes en quarantaine – interrompant l'activité de milliers d'usines – et ont cloué au sol 70% des avions des compagnies aériennes chinoises. L'économie tournant alors au ralenti, la Chine revoit à la baisse sa demande en pétrole. Une contraction à hauteur de 3 millions de barils quotidiens en moins, selon l'estimation d'acteurs du secteur de l'énergie, cités par l'agence Bloomberg début février. 

 

 

A l'instar du virus, cette fièvre décroissante se propage aux pays alentours, puis au monde entier. Alors que le secteur aérien mondial essuie des pertes records, que les consignes d'éloignement social menacent de nombreux secteurs d'activité et que certaines chaînes de production en Europe ou aux Etats-Unis se retrouvent privées d'indispensables composants chinois, toute la demande mondiale en or noir en prend un coup. Elle pourrait même baisser, ce qui serait une première depuis la récession de 2009. L'Agence internationale de l'énergie (AIE) estime que la demande devrait se contracter de l'ordre de 90 000 barils par jour (bpj) par rapport à 2019 (pour un total de 99,9 millions). Or, plus la demande est faible, plus les prix baissent. Ce qui peut être lourd de conséquences. 

 

 

 

Pourquoi la baisse du prix du pétrole inquiète ? 

Les pays ne sont pas tous égaux face à la baisse des cours du pétrole. "La majorité des pays du monde sont des pays importateurs. Eux peuvent se dire que si le prix du baril baisse, c'est plutôt bon", explique Francis Perrin, directeur de recherches à l'Institut de relations internationales et stratégiques (Iris), spécialiste des énergies. Ils peuvent ainsi espérer "un bon du pouvoir d'achat et la réduction des coûts de production des entreprises". "Mais, nuance-t-il, pour la minorité de pays exportateurs et producteurs – une minorité néanmoins significative –, cela fait très très mal à l'économie."  

 

 

Ainsi, "les pays très dépendants de leurs exportations de pétrole vont être en grande difficulté. Pas seulement des difficultés théoriques. On parle de difficultés qui touchent directement les populations, entraînant des tensions politiques, sociales et une grande instabilité", poursuit Francis Perrin. Il pointe notamment la vulnérabilité des pays en développement dont l'économie repose en grande partie sur le pétrole et qui, contrairement aux pays riches (comme le Koweït ou les Emirats arabes unis) et à ceux dont l'économie est diversifiée (comme la Russie ou les Etats-Unis), risquent de tanguer comme autant de dangereux dominos. Parmi eux : l'Iran, l'Irak, le Venezuela, le Nigeria ou encore Algérie, dont les recettes à l'exportation dépendent à 95% des hydrocarbures.

 

 

 

Les pays producteurs ne sont pas censés se débrouiller entre eux pour éviter ça ? 

Depuis 1960, réguler le marché pétrolier est l'une des missions de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), qui est aujourd'hui composée de 13 nations. Parmi elles, l'Arabie saoudite est celle qui produit le plus de barils. En proie à des divergences internes et aux aléas géopolitiques, l'Opep a perdu de son influence au fil des ans. Les deux premiers producteurs mondiaux d'or noir n'en sont pas membres : les Etats-Unis (premier pays producteur depuis 2017) et la Russie (juste devant l'Arabie saoudite). 

 

 

Pourtant, en décembre 2016, les pays producteurs ont été capables d'enrayer une baisse des prix, grâce à la collaboration de nations extérieures à l'Opep. Comme la Russie, alors le premier producteur mondial d'or noir. En acceptant de s'accorder avec les pays de l'Opep pour réduire sa production – et ainsi faire remonter le cours du baril, tombé depuis plus de deux ans sous la barre des 50 dollars –, Moscou inaugure une toute nouvelle alliance de circonstance, appellée Opep+. Le regroupement compte un total de 24 pays. L'Arabie saoudite (membre de l'Opep) et la Russie (non membre) en assurent l'équilibre délicat. Jusqu'au vendredi 6 mars, date à laquelle Moscou et Riyad ont fait exploser l'alliance, ouvrant la voix à une guerre pétrolière. 

 

 

 

Pourquoi avoir lancé cette guerre du pétrole ? 

Au début du mois de mars, les craintes exprimées au début de l'épidémie de Covid-19 par les experts du secteur pétrolier se vérifient : le prix du baril est passé sous la barre des 45 dollars. Depuis plusieurs jours, les ministres de l'énergie des pays de l'Opep+ se réunissent en urgence, à Vienne, pour discuter de la stratégie à adopter face aux conséquences de l'épidémie de Covid-19 sur la demande mondiale. Depuis des semaines, le prince héritier saoudien, Mohammed Ben Salman, tente de convaincre le président russe, Vladimir Poutine, d'engager l'Opep+ dans de nouveaux quotas, selon la bonne vieille méthode éprouvée en 2016, pour faire remonter les prix. Mais vendredi 6 mars, le ministre russe de l'énergie, Alexandre Novak, annonce que le Russie ne signera pas le plan porté par Riyad. Moscou ne réduira pas sa production et, en un "niet", envoie balader l'alliance Opep+.

 

 

Au Kremlin, les patrons de l'industrie pétrolière russe militent depuis des années pour que Moscou cesse d'appliquer les restrictions demandées par l'Opep, accusées de brider leur activité. Dimanche, le porte-parole de la compagnie pétrolière Rosneft déclare que le plan de l'Opep est "masochiste" pour la Russie. Selon lui, cette stratégie est contre-productive car elle profite avant tout aux Américains qui produisent un pétrole plus cher qu'en Russie ou au Moyen-Orient et qui ont donc besoin d'un prix de marché élevé pour être rentables. Moscou, qui vient d'essuyer des sanctions de Washington en raison de ses relations avec le Venezuela – sanctions dirigées contre le groupe Rosneft –, n'entend pas faire de cadeau à l'industrie pétrolière outre-Atlantique. 

 

 

"L'Arabie saoudite a mal vécu ce rejet russe et a clairement décidé, en représailles, de reprendre son autonomie", ajoute Francis Perrin. En quelques heures, "le royaume est passé d'une stratégie de défense des prix à une défense de ses parts de marché, laissant donc filer les prix." Mercredi, le géant pétrolier Saudi Aramco annonçait l'augmentation de sa capacité de production de pétrole d'un million de bpj, la portant à 13 millions. En inondant le marché, Riyad – qui dispose par ailleurs de dizaines de millions de barils de brut stockés dans des réserves stratégiques – peut creuser l'écart avec la Russie grâce à ses coûts d'extraction les plus faibles du monde. Et espère ainsi "forcer la Russie et les producteurs de pétrole non membres de l'Opep à revenir à la table des négociations", poursuit le spécialiste. 

 

 

 

Et les Américains dans tout ça ? Ils ne sont pas censés être les premiers producteurs ?

En quelques années, les Etats-Unis se sont imposés comme les champions de la production pétrolière. Au début des années 2010, la demande en or brut explose, notamment en Chine et au Brésil. Dans le même temps, des révoltes populaires éclatent chez des producteurs et exportateurs arabes, en Tunisie, en Egypte, et surtout en Libye, contraints de mettre un coup d'arrêt à l'exploitation. En conséquence, le prix du baril monte en flèche et se maintient pendant de longs mois au-delà des 100 dollars le baril. Pour les Etats-Unis, ce contexte est une aubaine : sa méthode d'exploitation, qui repose sur le pétrole de schiste, n'est rentable qu'à condition que le prix du pétrole conventionnel reste cher. Bien que décriée pour son impact environnemental, le perfectionnement de la fracturation hydraulique permet à la méthode américaine de développer une industrie pétrolière de plus en plus rentable.

 

 

Cependant, elle reste incapable de rivaliser avec les faibles coûts de production du pétrole conventionnel. Si les prix tombent sous la barre des 25 dollars le baril, "plusieurs sociétés américaines pourraient faire faillite", abonde Francis Perrin. Ainsi, Donald Trump envisage de débloquer des fonds pour venir en aide aux acteurs du gaz de schiste, révélait mardi le Washington Post, citant des proches du président.

 

 

 

Cette guerre pétrolière peut-elle entraîner une récession ? 

En 2009, l'effondrement financier consécutif à la crise des subprimes a entraîné l'économie mondiale dans une période de récession. Le ralentissement brutal de la croissance avait à son tour provoqué l'effondrement du cours du pétrole. "La menace pour l'économie mondiale vient de l'épidémie de coronavirus", et non de la guerre pétrolière en tant que telle, explique Francis Perrin.

 

 

Toutefois, il note que "si plusieurs pays exportateurs sont en grande difficulté dans les mois qui viennent, la crise aura bien sûr des conséquences macroéconomiques." Par exemple sur la consommation, la production, ou les investissements à l'échelle globale.  Par ailleurs, difficile de s'accorder sur une possible récession, comme se demande le site du magazine Challenge qui a interrogé des économistes aux avis divergents sur l'imminence d'une crise économique. 

 

 

 

J'ai la flemme de tout lire, vous pouvez me faire un résumé ? 

L'épidémie de Covid-19, qui a démarré en Chine, a provoqué un ralentissement soudain de l'économie chinoise. En confinant des millions de personnes à domicile pour enrayer la propagation de la maladie, Pékin a sacrifié une partie de son activité. Et comme la deuxième économie au monde est aussi le plus grand importateur de pétrole, sa mise au ralenti a mécaniquement entraîné une baisse de la demande en or noir.

 

 

Or, si la baisse des prix du baril perdure, les pays exportateurs de pétrole vont souffrir à leur tour. Pour éviter cela, l'Organisation des pays exportateurs de pétrole, l'Opep, qui compte 13 pays dont la puissante Arabie saoudite, a proposé à la Russie, deuxième producteur mondial – non membre de l'organisation –, de réduire sa production pour permettre au cours de remonter. Mais Moscou a refusé de jouer le jeu, lassé de faire des concessions qui brident son secteur pétrolier et boostent celui de son rival, les Etats-Unis, premier producteur mondial d'or noir depuis 2017 grâce au pétrole de schiste. Et pour cause, les coûts d'exploitation des gisements américains étant élevés, le pétrole made in USA ne peut pas rester compétitif si le prix du baril conventionnel chute.

 

 

Mais les Saoudiens, troisièmes producteurs mondiaux, n'ont pas apprécié du tout que les Russes l'envoient promener pour mener leur propre stratégie. Pour contraindre Moscou à revenir à la table des négociations, Riyad a décidé d'inonder le marché de son pétrole à bas coût, afin de faire chuter les prix et ainsi calmer les ardeurs russes. Mais ce coup de poker est extrêmement risqué : si les prix du pétrole restent bas, les pays exportateurs les plus fragiles, pourraient voir leurs économies s'effondrer, ce qui déstabiliserait des régions entières. Alors que le monde fait face à une épidémie susceptible de provoquer une récession, cette guerre du pétrole ajoute de l'instabilité et de l'incertitude à une situation déjà imprévisible.

 

 
What do you want to do ?
New mail
 
What do you want to do ?
New mail
 
What do you want to do ?
New mail

12/03/2020
0 Poster un commentaire

Franceinfo - le lundi 9 mars 2020

 

 

Chute des cours du pétrole : "Quelque chose de très grave peut se produire" dans l'économie mondiale, estime un spécialiste

 

avatar
franceinfoRadio France

 

 

Les marchés mondiaux ont dégringolé lundi alors que les cours du pétrole ont baissé de plus de 30% en Asie, une chute extrêmement sévère liée à l'épidémie du Covid-19

 

 

21100727

 

Des traders à l'ouverture de la bourse de Wall Street, à New York, le 9 mars 2020. (TIMOTHY A. CLARY / AFP)

 

 

 

"Quelque chose de très grave peut se produire" dans l'économie mondiale, a déclaré lundi 9 mars sur franceinfo Matthieu Auzanneau, directeur du think-tank de la transition énergétique the Shift Project. L'Arabie Saoudite a déclenché "une guerre des prix", notamment avec la Russie, entraînant une chute des cours du pétrole et une plongée des bourses au niveau mondial ce lundi. "On peut s'attendre à une décrue des prix à la pompe, si la baisse des cours du brut se poursuit", d'après Matthieu Auzanneau.

 

 

 

franceinfo : Est-ce une bonne ou une mauvaise nouvelle ?

 

Matthieu Auzanneau : Ça dépend pour qui. Pour l'automobiliste si on regarde à très court terme, on ne va sans doute pas aller vers une augmentation des prix à la pompe, voire même on va avoir une décrue. On peut s'attendre à une décrue des prix à la pompe, si la baisse des cours du brut se poursuit dans les semaines qui viennent. Maintenant, il faut comprendre que le pétrole, c'est un peu le système sanguin de l'économie mondiale et que de violents chocs dans un sens, dans un autre sur l'économie du pétrole, ça a toujours des conséquences qui sont plutôt délétères pour l'ensemble de l'activité économique mondiale.

 

 

 

On a vu par exemple l'effondrement d'actions BNP Paribas, Crédit Agricole ou Société Générale. Pourquoi les marchés mondiaux connaissent-ils une telle chute ?

 

L'industrie pétrolière est la plus grosse industrie du monde et de loin. Donc, ça veut dire beaucoup de capitaux investis. Donc tant qu'on n'a pas appris à se passer de ce pétrole, une industrie du pétrole qui se porte pas bien, ça a des conséquences effectivement sur les banques, sur les financeurs. Et puis il y a tout un volet aussi géostratégique. Là, on a une guerre économique ouverte entre l'Arabie saoudite et la Russie, qui sont les deux plus grands producteurs de pétrole avec les États-Unis. On voit les tensions autour du golfe Persique, qui est déjà chauffée à blanc.

 

 

Monsieur Poutine vient d'être publiquement humilié par Mohammed ben Salmane. On peut s'attendre à avoir des répercussions. Matthieu Auzanneau à franceinfo

 

 

En fait, l'Arabie saoudite vient de déclencher une espèce de bataille royale des producteurs pétroliers, une guerre des prix dans laquelle l'Arabie saoudite possède les plus belles réserves de pétrole, le coût de production le plus bas et possède le fonds souverain le plus riche. Elle met au défi non seulement les Russes, mais tous les principaux autres pays producteurs de lui tenir la dragée haute. Elle met au défi Vladimir Poutine de revenir à la table des négociations de l'Opep (Organisation des pays exportateurs de pétrole). Je suis pas du tout certain que M. Poutine se laisse tordre le bras par Mohammed ben Salmane et le clan souverain d'Arabie saoudite.

 

 

 

Ça peut durer combien de temps ce bras de fer ?

 

Non seulement ça peut durer longtemps, mais en plus la Russie et la sphère d'influence à laquelle appartiennent l'Arabie saoudite se jouent une guerre par ennemi interposé en Syrie. Ça peut très facilement se prolonger, mais aussi s'envenimer. La demande de pétrole mondiale est très basse aujourd'hui à cause du coronavirus. On a vraiment des conditions où un peu tout le monde est dos au mur. On est potentiellement face à une situation comparable à celle qu'on a connue dans les années 80, lors du contre-choc pétrolier, qui est un moment historique. Quelque chose de très grave peut se produire.

 

 
What do you want to do ?
New mail
 
What do you want to do ?
New mail
 
What do you want to do ?
New mail
 
What do you want to do ?
New mail

10/03/2020
0 Poster un commentaire

Franceinfo - le lundi 9 mars 2020

 

 

Les exportations d'armes vers le Moyen-Orient progressent, la France troisième exportateur mondial

 

avatar
franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

Ces cinq dernières années, le marché français de l'armement a représenté 7,9% des ventes totales dans le monde, soit une hausse de 72% par rapport à la période 2010-2014

 

 

21095799

 

Un Rafale au large de l'île de Chypre, le 10 février 2020.  (MARIO GOLDMAN / AFP)

 

 

 

La France figure toujours parmi les plus grands exportateurs d'armes. Les ventes d'armes vers le Moyen-Orient ont notamment flambé au cours des cinq dernières années, tandis que les exportations françaises ont largement augmenté sur un marché dominé par les Etats-Unis, indique lundi 9 mars un rapport de l'institut international de recherche sur la paix (Sipri).

 

 

Dans le monde, les ventes d'armes, en hausse depuis 2003, ont augmenté de 5,5% en volume sur la période 2015-2019 par rapport à la période 2010-2014. "Dans l'ensemble, les transferts d'armes ont augmenté (...), parmi les pays importateurs d'armes, la demande est élevée et semble même avoir un peu augmenté", a déclaré Pieter Wezeman, chercheur à l'institut.

 

 

Les importations dans les pays du Moyen-Orient ont progressé de 61% sur la période. L'Arabie saoudite est devenue le premier importateur mondial d'armes, devant l'Inde, avec des volumes en hausse de 130%. Les États-Unis sont le premier fournisseur des Saoudiens (73% des importations) suivis par le Royaume-Uni (13%). Et ce malgré leurs "vastes préoccupations" affichées concernant l'intervention militaire saoudienne au Yémen, note le Sipri.

 

 

Le fait qu'autant d'armes soient exportées vers le Moyen-Orient est particulièrement "préoccupant", selon Pieter Wezeman, alors que la région connaît "des conflits, des tensions et une potentielle nouvelle escalade des conflits".

 

 

 

La France exporte en Egypte, au Qatar, en Inde

La France s'installe à la troisième place du classement des pays exportateurs. Ces cinq dernières années, le marché français de l'armement a représenté 7,9% des ventes totales dans le monde, soit une hausse de 72% par rapport à la période 2010-2014.

 

 

"Les exportations d'armes françaises ont atteint leur niveau le plus élevé depuis 1990 (...), l'industrie française de l'armement a bénéficié de la demande d'armes en Égypte, au Qatar et en Inde ", note l'institut. Les livraisons d'avions de combat Rafale à destination de ces trois pays ont représenté près d'un quart des exportations d'armes totales de l'hexagone.

 

 

Le marché reste dominé par les États-Unis, qui s'arrogent 36% de parts de marché, devant la Russie, qui accuse une baisse de 18% de ses ventes en 2015-19, à 21%. Les importations d'armes en Inde, qui était autrefois le plus grand importateur mondial, ont toutefois diminué de 32% et celles du Pakistan, pays voisin, ont chuté de 39%.

 

 

Ces deux puissances nucléaires, encore "largement dépendantes des importations", "ont depuis longtemps pour objectif de produire leurs propres armes".

 

 
What do you want to do ?
New mail
 
What do you want to do ?
New mail
 
What do you want to do ?
New mail

09/03/2020
0 Poster un commentaire

Franceinfo - le lundi 17 février 2020

 

 

Les dividendes versés aux actionnaires ont atteint un nouveau record en 2019

 

avatar
franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

 

Le taux de croissance des dividendes enregistré en 2019 ressort toutefois "au plus bas depuis 2016, en raison de la complexité de l'environnement économique mondial", selon une étude de la société de gestion Janus Henderson Investors

 

 

20976567

 

Un responsable des ventes observe l'évolution de l'indice CAC 40, le 24 août 2015 à Paris.  (REGIS DUVIGNAU / REUTERS)

 

 

 

Les dividendes versés aux actionnaires ont atteint un nouveau record mondial de 1 430 milliards de dollars en 2019, mais leur croissance (+3,5%) a marqué le pas et devrait se maintenir au même niveau en 2020, d'après un rapport publié, lundi 17 février. 

 

 

Sur le seul quatrième trimestre, les dividendes ont progressé de 4,6% pour atteindre le montant record de 291,8 milliards de dollars, en dépit d'un ralentissement de la croissance des bénéfices en Amérique du Nord.

 

 

Le taux de croissance enregistré en 2019 ressort toutefois "au plus bas depuis 2016, en raison de la complexité de l'environnement économique mondial" et en particulier de la solidité du dollar, précise l'étude de référence, réalisée par la société de gestion Janus Henderson Investors.

 

 

Si les marchés émergents et le Japon ont tiré la croissance des dividendes à la hausse l'an passé, l'Asie pacifique hors Japon, l'Europe et le Royaume-Uni ont en revanche été à la traîne par rapport à la moyenne mondiale, constate la société de gestion. Sur le Vieux continent, les dividendes ont chuté de 2%, à 251,4 milliards de dollars.

 

 

 

Nouveau record en France

La France – principal payeur de dividendes sur le Vieux Continent – a été le seul pays à battre son record annuel (+1,3% à 63,9 milliards de dollars), grâce aux importants dividendes extraordinaires de Natixis et d'Engie.

 

 

Le Japon a de nouveau enregistré la plus forte croissance des dividendes à l'échelle mondiale (+6,3% à 85,7 milliards de dollars) alors que "dans le reste de l'Asie, le ralentissement de la croissance économique mondiale et l'impact des tensions commerciales ont eu un effet négatif", note Janus Henderson. Par ailleurs, "le secteur pétrolier est celui qui a généré la plus forte croissance, ses dividendes augmentant d'un dixième, alors que le secteur des télécommunications a vu ses dividendes diminuer".

 

 

Pour 2020, Janus Henderson prévoit une hausse de 3,9% des dividendes totaux, à 1 480 milliards de dollars par rapport à 2019, soit une cinquième année consécutive de record.

 


17/02/2020
0 Poster un commentaire

Franceinfo - le mercredi 5 février 2020

 

 

Fraude à l'isolation à 1 euro : des centaines de millions d'euros détournés ?

 

avatar
France 2France Télévisions

 

 

Aider les ménages à isoler leur logement et à réduire leur facture de chauffage contre un euro symbolique : la promesse était séduisante... "Envoyé spécial" a enquêté sur 'l'isolation à 1 euro". Dans cet extrait, voici comment un dispositif qui poursuit un objectif vertueux (réduire les émissions de gaz à effet de serre) peut conduire à des fraudes difficiles à sanctionner

 

 

 

 

 

Isoler vos combles pour 1 euro symbolique... Pour les particuliers, la promesse est tentante. Le dispositif, lui, semble vertueux car ce sont les entreprises les plus polluantes (les fournisseurs d'essence, d'énergie, de gaz…) qui paient la facture. Pour les inciter à financer ce type de travaux qui permettent des d'économies d'énergie, l'Etat leur décerne en échange des CEE, "certificats d'économies d'énergie". Ces certificats leur servent à prouver qu'elles ont réalisé leurs quotas dans ce domaine – et à éviter les pénalités qu'elles devraient payer à défaut. Pour l'Etat, l'enjeu est de tenir les engagements internationaux de la France en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre. 

 

 

L'isolation des combles fait partie des types de travaux d'économie d'énergie éligibles aux dispositifs mis en place par le gouvernement. Ils sont réalisés par des artisans qui envoient leur facture aux entreprises polluantes comme Total ou EDF. Problème : certains encaissent l'argent sans même mettre les pieds sur un chantier, voire produisent de fausses factures sans faire de travaux. Les grosses entreprises règlent la note, mais le CEE décerné ne correspond alors à aucune économie d'énergie réelle...

 

 

 

Une "expansion" de ces fraudes constatée par Bercy en 2018

Ces "fraudes reposant sur l'obtention de CEE sur la base de travaux fictifs", le ministère de l'Economie et des Finances note leur "expansion" en 2018, en les chiffrant à 28 millions d'euros. Mais selon un fonctionnaire de la Direction générale des finances publiques, il s'agirait en réalité de "plusieurs centaines de millions d'euros de manque à gagner pour l'Etat".

 

 

Que fait la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes ? Le service chargé de lutter contre ces détournements d'argent manquerait de moyens pour instruire les plaintes, avoue un agent de la DGCCRF à "Envoyé spécial"… Ainsi, sanctionner les escrocs s'avérerait pour le moins difficile...

 

 

Ces millions d'euros détournés, au final, ce sont les citoyens qui les paient, conclut l'enquête du magazine, à voir le 6 février 2020. Car les fournisseurs d'énergie répercutent les factures des travaux de rénovation sur leurs tarifs : quelques centimes d'euros sur le prix du litre d'essence à la pompe, environ 4% de la facture d'électricité des ménages... Quant à la visée écologique du dispositif... en 2018, la France a dépassé de 4,5% ses objectifs en matière d'émissions de gaz à effet de serre.

 

 

Extrait de "Isolation : cauchemar à 1 euro", un reportage à voir dans "Envoyé spécial" le 6 février 2020.

 


07/02/2020
0 Poster un commentaire

Franceinfo - le vendredi 7 février 2020

 

 

Municipales 2020 : bienvenue à Rochefourchat, la ville qui ne compte qu'un seul habitant

 

avatar
Robin PrudentFrance Télévisions

 

 

A quelques semaines des municipales, franceinfo a analysé les données démographiques, politiques, économiques et sociales de toutes les communes françaises. Dans la Drôme, le village de Rochefourchat bat le record de la plus faible population de France

 

 

20876663

 

Le village de Rochefourchat (Drôme), en 2013. (AWA SANE / ROBIN PRUDENT / FRANCEINFO)

 

 

 

Une vieille église, six maisons en pierre et une cabine téléphonique hors service. Voilà, vous avez fait le tour de Rochefourchat, minuscule village de la Drôme, situé sur les hauteurs de Saint-Nazaire-le-Désert. "Ici, il n'y a pas de querelles de clochers", prévient le maire, Jean-Baptiste de Martigny. Et pour cause : le village est le moins peuplé de France (à l'exception des villages "morts pour la France", totalement détruits lors de la Première Guerre mondiale), avec seulement un habitant, selon les derniers chiffres de l'Insee. Monsieur le maire, qui n'est pas un résident permanent de la commune, connaît une drôle de mandature et une campagne pas comme les autres, quelques semaines avant les élections municipales.

 

 

Jean-Baptiste de Martigny, avocat à Paris de 42 ans, a acheté sa résidence secondaire dans la petite commune en 2006. Ce village "très sauvage, très préservé de la ville" situé à plus de 600 km de la capitale est l'endroit idéal pour un citadin pressé. Deux ans après son arrivée, il est élu maire de la commune avec 100% des suffrages exprimés. Une ascension fulgurante due en réalité au fait que l'ancienne maire depuis 25 ans désirait prendre sa retraite politique. Ici, pas de campagne électorale, mais plutôt une discussion autour de la table. "Ce sont des fonctions de représentation et il y a beaucoup d'aspects juridiques, donc j'avais une prédisposition par mon métier", se contente d'expliquer le maire.

 

 

 

Une mairie... qui fait office de gîte

Au quotidien, la gestion de la ville n'est pas trop contraignante. Les quatre conseils municipaux de l'année (le minimum légal) se font dans la mairie, qui fait aussi office de gîte. Trois chambres doubles, un clic-clac, deux salles de bain... et une table en bois avec une toile cirée pour délibérer entre élus, autour d'un bon repas de préférence. Les sept conseillers municipaux ont le même profil que le maire : ils possèdent tous une résidence secondaire dans le village et sont inscrits sur la liste électorale locale. A une exception près : le seul habitant de la commune est aussi représenté, au poste d'adjoint. Mais cette personne préfère rester discrète sur son identité pour profiter de la vie paisible d'unique Rochefourchatien de France.

 

 

Avec ce nombre restreint d'administrés, les décisions semblent plutôt faciles à prendre.

 

 

C'est un peu comme une démocratie directe. Toutes les familles sont représentées au conseil municipal et les décisions sont prises en consensus. Jean-Baptiste de Martignyà  franceinfo

 

 

Au programme : principalement l'entretien de la voirie. Il faut dire que la route départementale s'arrête à l'entrée de la commune. Le reste des voies sont des chemins communaux, à la charge de la mairie. En réalité, les principaux travaux sont réalisés par les résidents. "Il y a beaucoup de bénévolat et tous participent à l'entretien", se réjouit le maire.

 

 

 

La commune de Rochefourchat, dans la Drôme, le 17 décembre 2013.

La commune de Rochefourchat, dans la Drôme, le 17 décembre 2013. (JEFF PACHOUD / AFP)

 

 

 

Pas de grands débats ici, ni de projets pharamineux et clivant. L'unique "grand" chantier des dernières années a été celui de l'église, financé avec l'aide d'autres collectivités. L'autre préoccupation pour la municipalité, c'est l'affluence en été. "On a des pics de population à une quarantaine d'habitants, sourit le maire. Avec toutes ces résidences secondaires, on est un peu comme à Saint-Tropez !" L'édile se rend assez régulièrement à Rochefourchat et reconnaît que la période hivernale est, elle, beaucoup plus calme.

 

 

 

Un bureau, un isoloir et une dizaine d'inscrits

Mais Rochefourchat pourra-t-elle encore rester longtemps la commune la moins peuplée de France ? Depuis 2014, les fusions de villages se sont multipliées, faisant passer le nombre de communes de 36 681 à 34 968, selon les derniers chiffres. En jeu : des économies d'échelles vantées par les responsables politiques. Mais pour l'instant, Rochefourchat résiste. Et le maire compte bien garder cette indépendance. "Ces petites communes, ce sont aussi des micro-dépenses, où chaque euro est compté, justifie Jean-Baptiste de Martigny. C'est lorsque l'on éloigne le centre de décision de là où la dépense est faite que les gens perdent la notion de l'argent."

 

 

 
 

 

 

Les petites communes comme Rochefourchat permettent aussi de prendre du recul sur les décisions politiques nationales. "J'ai constaté un décalage important entre les gens qui vivent dans ces régions et ce qu'on peut entendre dans les grandes villes", note le maire.

 

 

Je pense que ça ferait du bien à certaines personnes de venir dîner un samedi soir avec nous à Rochefourchat.Jean-Baptiste de Martigny à franceinfo

 

 

En attendant d'accueillir de potentiels nouveaux résidents, le village se prépare aux élections du 15 et 22 mars. A chaque fois, la grande majorité de la dizaine d'inscrits font le déplacement. Le bureau de vote sera ouvert avec des horaires précis, un isoloir sera installé dans la salle à manger du gîte-mairie et un bureau veillera au grain... comme dans n'importe quelle commune, "mais en plus convivial !", précise le maire. Lui, envisage de remettre en jeu son mandat, si cette candidature fait consensus, évidemment.

 


07/02/2020
0 Poster un commentaire

Franceinfo - le dimanche 2 février 2020

 

 

Suspension de l'accès des pêcheurs français aux eaux de Guernesey : "Cela a été brutal", a réagi le président du Comité des pêches de Normandie

 

avatar

franceinfoRadio France

 

 

Au delà des question des autorisations, les pêcheurs s'inquiètent de la gestion de la ressource. "Les Anglais ne pourront pas gérer de leur côté sans se préoccuper de ce qu'on fait du côté européen"

 

 

20884423

 

L'accès aux eaux de Guernesey suspendu pour les pêcheurs français en raison du Brexit (illustration). (CHARLY TRIBALLEAU / AFP)

 

 

 

"L'après-midi pour le soir, il a fallu prévenir tout le monde qu'il fallait partir. Cela a été brutal. On ne s'attendait pas à rentrer comme cela dans le Brexit", a réagi Dimitri Rogoff, le président du Comité des pêches de Normandie samedi 1er février au soir sur franceinfo. Il venait d'apprendre la suspension de l'accès des pêcheurs français aux eaux de Guernesey après la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne. "Ce sont des bateaux de taille modeste, des entreprises familiales, ils sont riverains de la Manche et ils travaillent dans la Manche, ils n'iront pas ailleurs", a-t-il indiqué.

 

 

 

franceinfo : Depuis le 1er février, l'accès des navires de pêche français aux eaux de l'île anglo-normande de Guernesey est temporairement suspendu, qu'est-ce-que cela signifie concrètement pour les pêcheurs normands ?

 

Dimitri Rogoff : Cela signifie que nous avons 44 bateaux qui sont privés d'un accès à la ceinture de Guernesey, c’est-à-dire à la zone qui se trouve au large de Guernesey, dans laquelle ils ont l'habitude d'aller. L'après-midi pour le soir, il a fallu prévenir tout le monde qu'il fallait partir. Cela a été brutal. Dans la méthode, on ne s'attendait pas à rentrer comme cela dans le Brexit. On ne s'attendait pas à subir cela. Nous menons une discussion depuis deux ans avec les collègues de Guernesey mais cela n'a pas abouti. L'État a repris la main et l'État n'a pas abouti non plus. Les dernières négociations se sont déroulées vendredi après-midi et on n'a pas réussi. On avait pourtant bon espoir, on n'était pas très exigeant, mais c'est tellement compliqué entre les îles anglo-normandes et Londres.

 

 

 

Que se passerait-il si la pêche devenait totalement interdite pour les navires français dans les eaux britanniques ?

 

Ce sont donc des zones entières de pêche qui risquent de disparaître. On a des bateaux qui font 20% de leur chiffre d'affaires sur ces zones-là. Ce sont donc des flottilles qui vont être obligées d'aller pêcher ailleurs sauf que la Manche, c'est un petit espace, et quand on va pêcher ailleurs, on retombe sur d'autres pêcheurs, et cela crée un déséquilibre. Cela crée des concurrences sur une ressource qu'on a du mal à gérer. C'est délicat. Ce sont des zones très petites. On n'est pas dans l'océan. On ne peut pas se reporter ailleurs.

 

 

On a une flottille normande, artisanale, de petits bateaux, les plus gros font 20-24 mètres, ce ne sont pas des bateaux qui peuvent s'en aller à trois heures de routes. Dimitri Rogoff, le président du Comité des pêches de Normandie à franceinfo

 

 

Ce sont des bateaux de taille modeste, des entreprises familiales, ils sont riverains de la Manche et ils travaillent dans la Manche. Ils n'iront pas ailleurs. Cela fait des générations que les pêcheurs pêchent sur les côtes anglaises et ils comptent bien y retourner. La pêche normande se porte bien, on a renouvelé des bateaux, on a une pêche qui est dynamique et on tient à ce qu'elle le reste mais pour cela il nous faut de l'espace et des terrains de chasse.

 

 

 

Les bateaux français vont pouvoir continuer à pêcher dans ces zones au moins jusqu'à la fin de l'année sur la base d'autorisations individuelles, a annoncé samedi le ministère de l'Agriculture. Ces licences peuvent-elles vous satisfaire ?

 

On espère bien que dans le courant de la semaine prochaine les autorisations se mettent en place et que les bateaux puissent continuer à travailler. J'espère que cela va se débloquer assez vite et que tout cela va se réguler. Mais au-delà de cette question, le poisson, lui, n'a pas de nationalité et cette gestion de la ressource il va falloir continuer à la faire avec les Anglais parce qu'ils ne pourront pas gérer de leur côté sans se préoccuper de ce qu'on fait du côté européen et c'est ça qui sera négocié durant toute l'année à venir, jusqu'à la fin 2020.

 


02/02/2020
0 Poster un commentaire

Franceinfo - le mercredi 22 janvier 2020

 

 

Forum économique : le "monde des puissants" réuni à Davos

 

avatar
franceinfoFrance Télévisions

 

 

 

Mardi 21 janvier a débuté le Forum économique mondial (WEF) de Davos, en Suisse. Franceinfo a demandé à deux experts d'expliquer cet événement

 

 

 

C'est une réunion au sommet. Depuis mardi 21 janvier, ONG, intellectuels, hommes politiques et chercheurs sont réunis à Davos, en Suisse, pour le Forum économique mondial (WEF). "Davos ce n'est pas très démocratique, dans la mesure où les personnes qui interviennent, qui dirigent Davos, ne sont pas élues", estime Arnaud Lacan, économiste. Selon Alexandre Delaigue, professeur à l'université de Lille (Nord), ce forum n'est pas un événement transparent, "mais c'est sa principale qualité". Il rappelle que les premières négociations entre les Palestiniens et les Israéliens se sont faites à Davos dans les années 1990.

 

 

 

"Davos n'est pas le monde des bisounours"

"Davos n'est pas le monde des bisounours, très clairement, c'est le monde des puissants" , poursuit Arnaud Lacan. Pour les deux chercheurs, le Forum économique mondial rassemble des personnalités qui ont le désir de maintenir un système capitaliste à l'origine de leur succès.

 


23/01/2020
0 Poster un commentaire

Franceinfo - le lundi 20 janvier 2020

 

 

Près de la moitié de la population mondiale vit avec moins de 5 dollars par jour, selon Oxfam

 

avatar
franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

 

Dans son rapport annuel, l'ONG met en avant les conséquences du fossé entre riches et pauvres sur les femmes et les filles

 

 

20800919

 

Une femme dans un bidonville de Nairobi au Kenya, le 2 janvier 2019. (SOPA IMAGES / LIGHTROCKET)

 

 

Les uns s'enrichissent, les autres s'appauvrissent. Les 2 153 milliardaires de la planète détiennent désormais plus d'argent que 60% de la population mondiale, dénonce lundi 20 janvier l'ONG Oxfam dans son rapport annuel. Dans le même temps, près de la moitié de la population mondiale – environ 3,8 milliards de personnes – vit toujours avec moins de 5 dollars par jour.

 

 

 

 

 

 

 

"Le fossé entre riches et pauvres ne peut être résolu sans des politiques délibérées de lutte contre les inégalités. Les gouvernements doivent s'assurer que les entreprises et les riches paient leur juste part d'impôts", déclare Amitabh Behar, responsable d'Oxfam en Inde, qui représentera l'ONG cette année au Forum de Davos à partir du 21 janvier.

 

 

 

Les femmes subissent davantage d'inégalités

Dans son rapport, Oxfam met particulièrement en lumière les conséquences de ce système économique sur les femmes et les filles. "Les femmes sont en première ligne des inégalités à cause d'un système économique qui les discrimine et les cantonne dans les métiers les plus précaires et les moins rémunérés", insiste Pauline Leclère d'Oxfam France.

 

 

Selon les calculs de l'ONG, 42% des femmes dans le monde ne peuvent avoir un travail rémunéré "en raison d'une charge trop importante du travail de soin qu'on leur fait porter dans le cadre privé/familial", contre seulement 6% des hommes. Or, entre ménage, cuisine et collecte de bois et d'eau dans les pays du Sud, "la valeur monétaire du travail de soin non rémunéré assuré par les femmes âgées de 15 ans ou plus représente au moins 10 800 milliards de dollars chaque année, soit trois fois la valeur du secteur du numérique à l'échelle mondiale", estime l'ONG.

 

 

La France n'est pas épargnée par la hausse des inégalités. En France, 7 milliardaires possèdent plus que les 30% les plus pauvres, et les 10% les plus riches des Français concentrent la moitié des richesses du pays, relève par ailleurs Oxfam. En 2019, la France comptait 41 milliardaires, soit 4 fois plus qu'après la crise financière de 2008. Sur ces 41 personnes, plus de la moitié ont hérité de leur fortune, et seules 5 sont des femmes. Depuis 2018, la France compte 400 000 pauvres supplémentaires. Parmi les mères de famille monoparentale qui travaille, plus d'une sur quatre est pauvre.

 


20/01/2020
0 Poster un commentaire

Franeinfo - le mercredi 15 janvier 2020

 

 

Le taux du livret A passera de 0,75% à 0,5% au 1er février, annonce le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire

 

 

avatar
franceinfoFrance Télévisions

 

 

 

Longtemps qualifié de placement préféré des Français, le livret A est de moins en moins intéressant pour les épargnants

 

 

20777895

 

Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire a annoncé mercredi 15 janvier que le taux du livret A passerait à 0,5% à partir du 1er février 2020.  (MAXPPP)

 

 

 

Le ministre de l'Economie a choisi Le Parisien - Aujourd'hui en France pour annoncer la nouvelle. La rémunération du Livret A va passer de 0,75 à 0,5 % à partir du 1er février, a déclaré le Bruno Le Maire mercredi 15 janvier dans une interview accordée au quotidien.  

 

 

"Je tiens à préciser que si nous appliquions la formule de calcul, la rémunération du livret A tomberait à 0,23 %", a-t-il précisé. "Mais comme nous nous étions engagés, elle ne baissera jamais sous le niveau plancher de 0,5 %. Il en sera de même pour le Livret de développement durable et solidaire (LDDS). Dans six mois, nous verrons s'il faut réviser ce taux."

 

 

Il aurait été "irresponsable et incohérent" de maintenir ce taux à 0,75% par rapport à "notre politique de diversification des placements" et aux "milliers de Français qui attendent un logement social", a expliqué le ministre dans cet entretien au quotidien. Et d'ajouter que "ce nouveau taux permettra en effet de construire 17 000 logements sociaux supplémentaires et d'en rénover 52 000 chaque année."

 


16/01/2020
0 Poster un commentaire