L'AIR DU TEMPS

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Franceinfo - le dimanche 12 mai 2019

 

 

Le train des primeurs Perpignan-Rungis bientôt remplacé par plus de 20 000 camions par an ? On vous explique les menaces qui pèsent sur cette ligne

 

 

 

Le gouvernement a promis d'organiser, dans les prochains jours, une réunion pour sauver cette liaison ferroviaire qui risque de s'arrêter en juin

 

 

 

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Un train de fret à la gare Saint-Charles International de Perpignan (Pyrénées-Orientales), le 30 novembre 2009. (DAMOURETTE/SIPA)

 

 

 

"Mon objectif, c'est que ces marchandises ne se retrouvent pas sur la route." La ministre des Transports, Elisabeth Borne, a annoncé, vendredi 10 mai, sur LCI, qu'elle allait réunir "la semaine prochaine" les acteurs concernés par la possible fermeture de la liaison ferroviaire transportant des fruits et des légumes entre Perpignan (Pyrénées-Orientales) et Rungis (Val-de-Marne). Elle a dit vouloir "trouver une solution" pour maintenir le transport "par le rail".

 

 

Le sujet s'est récemment invité à l'Assemblée nationale, où le député François Ruffin a poussé un coup de gueule médiatisé, évoquant le possible remplacement de la ligne par 20 000 camions à l'année. On vous explique ce dossier.

 

 

 

C'est quoi, cette liaison Perpignan-Rungis ?

Tous les jours, à 16 heures, une quinzaine de wagons frigorifiques quittent la gare Saint-Charles de Perpignan, comme l'expliquait L'Indépendant en avril 2018. A l'intérieur, des fruits et des légumes, en provenance de France, d'Espagne ou encore du Maroc. Après 800 km de voyage, à 4 heures du matin, le train arrive à la gare de Rungis (Val-de-Marne), en plein cœur du marché international. Il est déchargé et les produits sont mis en vente par les grossistes qui les réceptionnent. Chaque année, ce sont plus de 400 000 tonnes de fruits et légumes qui sont ainsi convoyés, précise Le Parisien.

 

 

 

Pourquoi est-il question de fermer la ligne ?

Depuis une dizaine d'années, la ligne fonctionne sur la base d'un contrat d'exploitation entre la SNCF et les sociétés de transport Roca et Rey. "Mais nous n'avons pas pu tomber d'accord sur les conditions de renouvellement de ce contrat avec la nouvelle direction", a décrit le service fret de la SNCF, le 25 mars, à L'Indépendant. Faute d'accord, la liaison risque donc de prendre fin en juin.

 

 

Selon le quotidien local, l'un des points de désaccord porte sur l'état des 82 wagons réfrigérés, qui sont en fin de vie. Après quarante ans de bons et loyaux services en moyenne, ils doivent être remplacés, ce qui suppose d'importants investissements. Par ailleurs, "ce train entre Perpignan et Rungis était loin d'être rempli, ce qui pose la question de sa rentabilité", précise Fret SNCF à Réussir Fruits et Légumes (article abonnés). Une responsable locale de la CGT citée par Libération voit dans le problème de rentabilité du service le fruit de "la disparition des services commerciaux de la SNCF, qui étaient chargés de trouver des clients pour remplir les wagons de marchandises".

 

 

 

Y avait-il déjà eu des alertes ?

Un éventuel arrêt de la ligne avait déjà été évoqué en mars 2018 par la société ferroviaire, selon le directeur général du réseau Primever, propriétaire de Roca. "Elle avançait deux raisons principales, les difficultés de rentabilité de la ligne et la vétusté des wagons", dit Gérard Malaure à L'Indépendant. La SNCF avait alors proposé "une nouvelle liaison" entre Barcelone et Rungis, avec un arrêt à Perpignan. "Mais l'escale perpignanaise était programmée soit tard le soir, et donc trop tard pour nos flux, soit en milieu de journée, moment où la marchandise n'est pas encore disponible à Saint-Charles", selon le patron de Primever.

 

 

Surtout, en 2016, malgré de lourds investissements pour moderniser la gare de Rungis, un autre train qui reliait Perpignan au marché international avait déjà disparu. "Motif : des trains pas assez chargés, du retard à la livraison et une concurrence féroce de la route", selon Le Parisien.

 

 

 

Comment s'organise la mobilisation ?

Le 27 mars, la présidente socialiste de la région Occitanie, Carole Delga, a écrit au président de la SNCF, Guillaume Pepy, "pour l'alerter sur le sujet". "Sans ce Perpignan-Rungis, c'est 80 camions par jour qui seront du coup envoyés sur les routes, a-t-elle déploré, citée par L'Indépendant. Perpignan ne sera alors plus la plateforme centrale, qui sera de fait déplacée à Barcelone avec, comme conséquence, la perte d'emplois sur la manutention."

 

 

C'est un non-sens économique et écologique. Carole Delga, présidente de la région Occitanie à "L'Indépendant"

 

 

Le collectif national des cheminots PCF a lancé un appel pour sauver la ligne. "Cette décision aura pour conséquence de mettre, chaque jour, 250 poids lourds supplémentaires sur la route", estime-t-il. En 2017, déjà, la CGT avait lancé une pétition pour le maintien et le développement de la ligne, qui rassemble désormais près de 10 000 signatures.

 

 

 

 

 

 

Le 9 mai, la région Occitanie a réuni les entreprises impliquées dans la plateforme Saint-Charles. "Les chargeurs se sont officiellement engagés à fournir le volume de produits nécessaire pour remplir le train", assure Carole Delga à Libération. Le vice-président de la région ajoute à L'Indépendant avoir reçu des garanties des importateurs, "très attachés à l'empreinte carbone minimale des produits frais et à la régularité des arrivages".

 

 

 

Quels sont les scénarios envisagés ?

La fin de la liaison. Fin avril, le directeur général de Primever s'est montré pessimiste : "Nous sommes dans l'obligation de stopper cette solution ferroviaire et de nous reconvertir", a-t-il lâché. "Nous avons travaillé sur l'hypothèse d'achat de wagons frigorifiés pour se substituer à l'historique acteur, a-t-il expliqué. Mais il faut savoir qu'un wagon de ce type coûte 250 000 euros. Et comme nous n'avions aucune assurance de la pérennité de la ligne au-delà du 30 juin 2019, nous n'avions aucune assurance d'amortir ces investissements sur le long terme."

 

 

Une période de transition. Le président du marché de Rungis a rencontré la SNCF pour trouver des solutions "transitoires". Le train actuel pourrait continuer à fonctionner pendant quelques mois, "le temps d'installer des transports combinés, soit des containers de camions posés sur les trains", d'après Le Parisien. La présidente de la région Occitanie, elle, a demandé à la SNCF, fin mars, "de permettre une prolongation de deux ans du contrat avant que l'on puisse travailler et réfléchir à trouver une solution pour cette liaison". Selon Carole Delga, "il n'y a pas de vétusté avérée des wagons", qui pourraient supporter cette prolongation.

 

 

La location de wagons neufs. "Nous, on ne demande qu'à continuer, assure un responsable de Fret SNCF au Parisien. On a les locomotives, les agents, les wagons neufs à louer. Mais on ne peut pas signer un contrat à perte !" Une solution jugée trop chère par les transporteurs. Toutefois, dans Le Parisien, le président du marché de Rungis s'est dit prêt à "mettre la main à la poche" et à investir 300 000 euros pour permettre à Roca et Rey de louer les trains de la SNCF pendant un à deux ans. "Si tout le monde fait un effort, nous trouverons une solution", selon lui.

 

 

Le recours à une autre société ferroviaire. L'Indépendant rappelle que le fret n'est plus l'exclusivité de la SNCF, l'opérateur historique. "Il n'est pas impossible qu'un autre prestataire vienne sauver la ligne", écrit le quotidien.

 


13/05/2019
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Franceinfo - le mardi 7 mai 2019

 

 

Pourquoi les prix des carburants ont fortement augmenté depuis janvier (et pourquoi ça ne devrait pas durer)

 

 

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franceinfoFrance Télévisions
 

 

 

Si le gazole semble connaître une hausse maitrisée, les prix des autres carburants routiers ont fortement augmenté depuis janvier et affichent des prix équivalents à ceux d'octobre 2018, avant le début du mouvement des "gilets jaunes". Explications

 

 

 

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Une station service à Saint-Michel-de-Lanès (Aude), le 27 novembre 2018.   (ERIC CABANIS / AFP)

 

 

 

La courbe s'est inversée en janvier 2019 et n'a pas cessé de remonter depuis. Lundi 6 mai, les chiffres hebdomadaires des prix des carburants, publiés par le ministère de la Transition écologique et solidaire, ont confirmé une tendance de fond à la hausse depuis le début de l'année. Le litre d'essence sans plomb 95 (SP95) a atteint un niveau jamais vu depuis 2013, à 1,5802 euro le litre la semaine passée. Le sans plomb 98 (SP98) s'affiche quant à lui à 1,6374 euro, soit plus d'un centime de plus qu'en octobre 2018, avant le début du mouvement des "gilets jaunes". Le sans plomb 95 contenant jusqu'à 10% d'éthanol (SP95-E10), affiche quant à lui 1,5575 euro le litre, soit, là aussi, un centime de plus par rapport à il y a huit mois. Seul carburant épargné, le gazole, carburant le plus vendu avec près de 80% des volumes, affiche encore des prix en moyenne inférieurs de plus quatre centimes à ceux d'octobre dernier (1,4778 euro le litre).

 

 

 

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Vendredi 3 mai, le baril de Brent de la mer du Nord valait 70,85 dollars à Londres, en baisse de 1,8% sur la semaine, après avoir dépassé les 75 dollars fin avril, un niveau record déjà atteint en octobre dernier. Ce montant traduit toutefois une stagnation dans une inquiétante fourchette haute. Alors, comment expliquer ces prix repartis à la hausse depuis janvier et est-ce que cela risque de durer ces prochains mois ? Eléments de réponse.

 

 

 

Des grands producteurs sous tension

En influençant le prix à la pompe, la situation géopolitique de certains pays se répercute directement sur des consommateurs à l'autre bout du monde. L'Iran, la Libye, mais aussi le Venezuela, trois grands pays producteurs de pétrole, sont en proie à de vives tensions politiques. Dans ces zones instables, la production ralentit en temps troublés, faisant de l'essence une denrée de plus en plus chère. 

 

 

En mars, la production du Venezuela, qui traverse une grave crise politique et économique et est affecté par des pannes d'électricité à répétition, est ainsi tombée sous le niveau d’un million de barils par jour, "sa pire performance depuis seize ans", écrit Le Figaro"Les sanctions imposées par les États-Unis pèsent sur l’activité, ralentie aussi par le délabrement économique du pays", indique le site du quotidien, relevant que Caracas a dû importer près d'un million de barils de pétrole nigérian, un comble pour le pays qui abrite les plus grandes réserves mondiales de pétrole.

L'Iran est également frappé par des sanctions américaines, tandis que la Libye est en proie à une guerre civile dévastatrice depuis de nombreuses années.

 

 

Pour compenser ces baisses de production dans des pays clés, les Etats-Unis ont en tout cas annoncé vouloir augmenter la leur afin de tenter de contrer cette hausse des cours. La France, elle, n'a pas de pétrole, et donc très peu de moyens pour agir sur les cours, et donc sur le prix de l'essence.

 

 

 

Le taux de change euro-dollar pas favorable

Puisque le pétrole s'échange en dollars sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), la vigueur de la monnaie américaine pénalise mécaniquement le marché européen, où l'on achète donc le pétrole plus cher. 

 

 

 

L'Opep produit moins... pour l'instant

Outre les taux et les cours, les prix des carburants à la pompe varient également en fonction de la politique mise en place par l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et ses alliés (comme la Russie). Or, depuis le début de l'année, et malgré la pression mise régulièrement par les Etats-Unis, ces derniers réduisent leur production de pétrole afin de faire grimper les prix, résume Capital. Cependant, "les pays de l’Opep n’ont pas intérêt à une flambée des prix et devraient réguler les cours à la baisse", poursuit le site spécialisé. De fait, le secrétaire général de l'Opep, Mohammed Barkindo, a assuré la semaine passée que l'organisation est déterminée à éviter une "crise énergétique mondiale".

 

 

 

Une hausse nuancée grâce au gel des taxes

Sous la pression de la rue (et surtout des ronds-points), le gouvernement avait suspendu puis annulé la hausse de la taxe carbone prévue pour 2019. Il n'y a donc pas eu d'alourdissement de la taxation sur le carburant cette année, contrairement à une tendance forte les années précédentes. En dix ans, les taxes ont ainsi augmenté de 25%, selon Francis Duseux, président de l'Union française des industries pétrolières (Ufip), interrogé par l'AFP. "Le gel de la taxe a servi à quelque chose parce que si on ne l'avait pas fait, les prix seraient encore plus élevés et on aurait une situation qui serait explosive du point de vue du pouvoir d'achat", a relevé François Carlier, délégué général de l'association de consommateurs CLCV, interrogé lundi par franceinfo.

 

 

Les taxes sont, de loin, la part la plus importante de notre plein de carburant, expliquait-on en octobre 2018. Elles se divisent en fait en deux taxes différentes : la TVA et la taxe intérieur de consommation sur les produits énergétiques (TICPE, ex-TIPP). On retrouve également la taxe générale sur les activités polluantes (TGAP). En mars 2019, la TICPE représentait près de 70 centimes sur le prix du litre d'essence et 60 centimes sur celui du gazole.

 

 

 

Une baisse imminente ?  

Dimanche, le président américain, Donald Trump, a menacé la Chine d'une hausse prochaine des droits de douane sur 200 milliards de dollars de produits chinois exportés aux Etats-Unis. Etrangement, il s'agit d'une bonne nouvelle pour le porte-monnaie des automobilistes : "L'escalade de la guerre commerciale entre les deux plus grandes économies mondiales se traduit habituellement par un impact négatif sur la demande de pétrole", ce qui pèse automatiquement sur les cours, a expliqué à l'AFP Tamas Varga, analyste chez PVM. Et pour cause : en affaiblissant la croissance du commerce mondial, et donc la demande en pétrole, cela tirerait les prix du baril vers le bas, résume encore Capital.

 


08/05/2019
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Franceinfo - le mercredi 24 avril 2019

 

 

Le décryptage éco. Êtes-vous bien payé ? Focus sur les salaires du secteur privé en France

 

 

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Fanny GuinochetfranceinfoRadio France

 

 

 

Gagnez-vous plus ou moins que la moyenne des Français ? Si vous êtes salarié dans le secteur privé, une étude de l’Insee donne des éléments de réponses. Le décryptage de Fanny Guinochet ("L'Opinion")

 

 

 

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Extrait d'une feuille de salaire. (MAXPPP)

 

 

 

Une étude de l’Insee parue mardi 23 avril donne des éléments de réponse concernant les salaires en France. Un salarié français qui travaille à temps plein a gagné 2 238 euros net par mois, en 2016. Voilà pour le salaire moyen mais il n’est pas forcément représentatif car les très gros salaires font gonfler la moyenne. Non l’indicateur le plus pertinent, c’est sans doute le salaire médian. Ce salaire médian c’est 1 789 euros par mois. Ce qui veut dire que la moitié des salariés touche plus, l’autre moitié touche moins. À vous de voir de quel côté vous vous trouvez. Enfin, pour vous donner encore un ordre d’idée, sachez que les 10% de salariés les mieux payés gagnent au minimum 3 576 euros net par mois. Les 10% les moins bien payés touchent moins de 1 189 euros net mensuel.  

 

 

Nous caricaturons un peu, mais l’Insee montre très bien que vous avez plus de chance d’être mieux payé et d’être plus augmenté si vous êtes un homme, cadre, salarié, qui travaille dans l’industrie ou la construction que si vous êtes une femme, à temps partiel, dans des contrats aidés, employée dans les services à la personne. D’ailleurs, c’est intéressant de voir aussi que ce sont les salariés français les mieux payés qui ont bénéficié des plus grosses augmentations. Entre 2008 et 2016, les 10% de Français les mieux payés ont eu une hausse moyenne de leur salaire net de 5% deux fois plus que pour les moins bien lotis.

 

 

 

Un écart de salaire de 19%  entre les hommes et les femmes

Les hommes gagnent toujours plus que les femmes, l’Insee situe l’écart à 19% en moyenne. La bonne nouvelle, c’est que ca s’est bien s’amélioré ces 15 dernières années. Mais plus on monte dans l'échelle des salaires et plus les écarts de rémunération se creusent entre hommes et femmes. L’écart est de 8% pour les 10% des salariés les moins bien payés mais atteint 21% pour les 10% les mieux payés. Pour ceux se situent dans le haut de la grille c’est-à-dire les 1% les mieux payés, là, la différence est de 33,7% entre un homme et une femme ! Sachant que les 1% les mieux payés, c’est en moyenne 9 925 euros net pour les hommes, 6 583 euros net pour les femmes.   

 

 

 

L'écart se réduit 

Ce sont des chiffres de 2016 mais on peut raisonnablement se dire que de plus en plus d’entreprises sont sensibilisées aux différences entre hommes et femmes, et que depuis 2016, les choses se sont encore améliorées. La loi Penicaud sur l’égalité les incite à le faire, même si cela concerne surtout les grandes entreprises. Plus globalement, les augmentations ont été fortes ces deux dernières années, car le marché du travail s’est tendu. Il y a des pénuries de compétences et donc pour attirer ou garder leur talents, les entreprises ont tendance à accepter des augmentations. Plusieurs études de cabinets privés évaluent ces hausses autour de 2% pour les cadres, mais pas seulement : le spécialiste du recrutement Randstad, par exemple, a évalué la hausse de la fiche de paie des salariés non-cadres à 1,8%, ce qui ne s’était pas vu depuis 2013.

 


24/04/2019
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Franceinfo - 9 avril 2019

 

 

Dans une vidéo, Carlos Ghosn se dit "innocent" et accuse des dirigeants de Nissan de "trahison"

 

 

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franceinfo avec AFP et ReutersFrance Télévisions

 

 

 

 

L'ancien PDG de Nissan et Renault, de nouveau emprisonné au Japon, avait enregistré cette vidéo avant son arrestation début avril

 

 

 

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Extrait de la vidéo enregistrée par Carlos Ghosn et diffusée par ses avocats le 9 avril 2014 lors d'une conférence de presse à Tokyo (Japon).  (REPRESENTATIVES FOR CARLOS GHOSN / AFP) 

 

 

 

Il se dit "innocent" et accuse des dirigeants de Nissan de "trahison". Dans une vidéo enregistrée avant sa nouvelle arrestation au Japon et diffusée par ses avocats lors d'une conférence de presse mardi 9 avril, Carlos Ghosn se dit victime d'un "complot" et d'un "coup de poignard dans le dos" de la part des dirigeants de l'entreprise nippone. Le patron déchu de Renault, Nissan et Mitsubishi, a été interpellé jeudi 4 avril à son domicile de Tokyo en raison de nouveaux soupçons de malversations financières, un mois à peine après avoir été libéré sous caution.

 

 

"Ce n'est pas une histoire de cupidité, de dictature d'un homme. C'est une histoire de complot, de conspiration, de trahison", déclare en anglais l'ancien PDG de Renault-Nissan dans ce message. Les noms des responsables désignés par Carlos Ghosn ont été coupés au montage, sur demande de ses avocats.

 

 

 

"Ils jouent vraiment un sale jeu"

Dans ce document, Carlos Ghosn dit également craindre un manque de vision pour l'avenir de l'alliance Renault-Nissan. "J'ai beaucoup de respect pour les employés de Nissan", affirme-t-il. "Mais il y a quelques dirigeants qui agissent pour leurs propres intérêts, par peur, égoïstement et nuisent à l'entreprise", a continué l'ancien patron. Et d'ajouter : "Vous connaissez leurs noms, ils jouent vraiment un sale jeu dans cette histoire mais j'espère que les faits, la vérité, éclateront au grand jour 

 

 

 

Son principal avocat, Junichiro Hironaka, a annoncé son intention de déposer mercredi un recours devant le Cour suprême pour obtenir la remise en liberté de son client. De son côté, la France a appelé le Japon à respecter sa présomption d'innocence et des droits.

 


09/04/2019
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Franceinfo - le jeudi 4 avril 2019

 

 

INFO FRANCEINFO. Le gouvernement réfléchit à généraliser l'alerte EcoWatt à toute la France

 

 

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franceinfoGrégoire LecalotRadio France

 

 

 

Cette alerte permettrait d'inciter à réduire sa consommation d'électricité lors de pics pour éviter les coupures

 

 

 

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La centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine, dans l'Aube. (illustration) (CAROLINE CALDIER / FRANCE INFO)

 

 

 

Le gouvernement réfléchit à une généralisation de l'alerte EcoWatt à toute la France, révèle franceinfo jeudi 4 avril. Cette application publique se télécharge sur les téléphones portables et signale aux abonnés les pics de tension sur le réseau électrique pour les inciter à baisser leur consommation afin d'éviter les coupures d'électricité généralisées.

 

 

Cette application est surtout utile en hiver, quand la consommation électrique est la plus élevée. En cas de pic exceptionnel de consommation, une alerte est envoyée sur le téléphone. Les utilisateurs peuvent alors suivre les conseils pour réduire leur consommation, comme reporter une lessive ou baisser le chauffage d’un degré.

 

 

 

D'énormes économies d'énergie en jeu

Pour l'instant, seuls les abonnés de Bretagne et de Provence-Alpes-Côte d'Azur (PACA) y ont accès. L'alerte EcoWatt est pilotée par RTE, qui gère le réseau électrique. En Bretagne, à l'hiver 2012, ces gestes des abonnés ont fait baisser la consommation de 3%. D'après les calculs de RTE, si seulement un quart des foyers français l'utilisait, elle ferait économiser 500 mégawatts, l'équivalent de la consommation annuelle d'une ville comme Bordeaux.

 

 

Couplée à des actions de fond, comme la production d'équipements domestiques moins gourmands en énergie, l'alerte EcoWatt contribuerait à gagner d'un tiers à la moitié des deux à trois gigawatts nécessaires pour compenser la fermeture des centrales à charbon françaises d'ici 2022. Ces fermetures sont des promesses d'Emmanuel Macron, fragilisées par les retards dans la mise en service de l'EPR de Flamanville et de la centrale au gaz de Landivisiau, censées prendre le relais.

 


04/04/2019
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Franceinfo - le jeudi 4 avril 2019

 

 

L'ancien PDG de Renault-Nissan, Carlos Ghosn, de nouveau interpellé au Japon pour des soupçons de malversations financières

 

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

 

 

Il a été interpellé à Tokyo, où il était assigné à résidence

 

 

 

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 Carlos Ghosn, à la sortie du bureau du procureur à Tokyo (Japon), le 6 mars 2019. (KENTARO AOYAMA / YOMIURI / AFP)

 

 

 

Il est arrêté pour la quatrième fois. Carlos Ghosn a de nouveau été interpellé, jeudi 4 avril, à son domicile de Tokyo (Japon), où il était assigné à résidence. L'ancien PDG de Renault-Nissan a été arrêté sur de nouveaux soupçons de malversations financières. Une arrestation qu'il a jugée "révoltante et arbitraire", dans une déclaration transmise à l'AFP. Déjà sous le coup de trois inculpations pour déclarations inexactes de revenus sur les années 2010 à 2018, dans des documents remis par Nissan aux autorités financières, et pour abus de confiance, Carlos Ghosn avait été libéré le 6 mars, moyennant le paiement d'une caution d'un milliard de yens (8 millions d'euros). 

 

 

Il est à présent soupçonné d'avoir utilisé la "réserve du PDG" de Nissan pour des transferts d'argent de plus de 30 millions de dollars à un distributeur de véhicules Nissan à Oman, montants dont une partie lui serait revenue indirectement, selon une source proche du dossier. Il est soupçonné d'avoir utilisé ces fonds pour acheter un yacht et investir dans une société dirigée par son fils aux Etats-Unis. Des flux financiers similaires ont été signalés ces derniers jours par Renault à la justice française, à l'issue d'une enquête interne du constructeur.

 

 

 

Carlos Ghosn assure être "innocent"

"Pourquoi venir m'arrêter alors que je n'entravais en rien la procédure en cours, sinon pour me briser ?", a lancé le magnat de l'automobile déchu dans sa déclaration à l'AFP. "Je suis innocent de toutes les accusations infondées portées contre moi et des faits qui me sont reprochés", a-t-il ajouté. Son avocat Junichiro Hironaka s'est lui aussi insurgé contre cette interpellation : "Nous ne comprenons pas pourquoi ils ont besoin de le placer en détention. (...) C'est extrêmement injuste."

 

 

Ce nouveau rebondissement dans un interminable feuilleton, qui s'est ouvert le 19 novembre avec l'arrestation surprise de celui qui était alors le tout-puissant PDG de l'alliance automobile Renault-Nissan-Mitsubishi Motors, intervient alors même qu'il avait décidé de prendre la parole pour la première fois depuis sa sortie de prison. Carlos Ghosn, 65 ans, avait annoncé mercredi sur Twitter, de façon impromptue, qu'il prévoyait une conférence de presse le 11 avril.

 


04/04/2019
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Franceinfo - le mardi 2 avril 2019 - mis à jour le 03.04.19

 

 

INFO FRANCEINFO. Carlos Ghosn, ex-PDG de Renault, a fait valoir ses droits à la retraite et devrait toucher 765 000 euros par an

 

 

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Isabelle RaymondRadio France

 

 

 

Carlos Ghosn, l'ex-PDG de Renault, a fait valoir ses droits à la retraite en envoyant sa lettre de démission le 24 janvier dernier

 

 

 

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Carlos Ghosn a fait valoir ses droits à la retraite et devrait toucher 765 000 euros par an. (KOICHI KAMOSHIDA / EPA)

 

 

 

L'ex-PDG de Renault Carlos Ghosn a fait valoir ses droits à la retraite en envoyant sa lettre de démission le 24 janvier dernier, a appris franceinfo mardi 2 avril. Selon le cabinet de conseil aux actionnaires Proxinvest, c'est une étape obligatoire pour pouvoir ensuite réclamer la retraite chapeau prévue par le document de référence. Cette retraite chapeau s'élève à 765 000 euros par an jusqu'à sa mort, d'après les estimations de Proxinvest.

 

 

Légalement, Renault n'a pas d'autre choix que de verser cette somme annuelle à son ancien patron. En revanche, le constructeur automobile peut lui refuser une part de sa rémunération de 2018, une part de son salaire fixe d'un million d'euros au motif qu'il n'était pas physiquement dans l'entreprise après son arrestation au Japon le 19 novembre.

 

 

 

À Renault de choisir

Le conseil d'administration du constructeur peut aussi lui refuser la part variable de sa rémunération qui peut théoriquement grimper jusqu'à 1,2 million euros. Renault peut décider de lui en retirer tout ou partie, parce que les objectifs financiers n'ont pas été atteints l'an dernier, ou à cause des soupçons de malversations qui pèsent désormais sur Carlos Ghosn. Ces soupçons ont été révélés par l'enquête interne diligentée au sein de l'entreprise.

 

 

Lors du conseil d'administration de Renault qui se réunit mercredi, le constructeur automobile français doit étudier notamment deux sujets. Le premier est le résultat de l'enquête interne lancée sur son mariage au château de Versailles en octobre 2016, enquête qui a déjà donné lieu à deux signalements auprès du parquet de Nanterre. L'autre point majeur est cette rémunération de Carlos Ghosn pour 2018.

 


03/04/2019
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Franceinfo - le mercredi 27 mars 2019

 

 

Les allocations logement réduisent de moitié la charge des plus pauvres

 

 

 

 

Après versement des allocations logement versées par la Caisse nationale des allocations familiales et la Mutualité sociale agricole, l'écart entre les bénéficiaires de minima sociaux et les ménages n'est plus que de 4 points

 

 

 

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Les allocations logement réduisent de moitié la dépense de logement des bénéficiaires de minima sociaux, selon une étude de la Drees, publiée le 27 mars 2019. (FURGOLLE / BSIP / AFP)

 

 

 

Les allocations logement, dont les APL abaissées de 5 euros au début du quinquennat, réduisent de moitié la dépense de logement des bénéficiaires de minima sociaux, selon une une étude des services statistiques des ministères sociaux (Drees) publiée mercredi 27 mars.

 

 

Avant versement des aides au logement, les bénéficiaires de minima sociaux affectent 46% de leurs dépenses au logement, une part exorbitante par rapport à l'ensemble des ménages (23%), révèle cette étude .

 

 

 

L'écart se réduit entre les ménages et les bénéficiaires de minima sociaux après versement des allocations logement

Après versement des allocations logement (APL, ALS, ALF) versées par la Caisse nationale des allocations familiales et la Mutualité sociale agricole, l'écart entre les bénéficiaires de minima sociaux et les ménages n'est plus que de 4 points (25% contre 21%). Les allocations logement ont pour objectif d'aider les personnes aux revenus modestes à faire face à leurs dépenses de logement.Trois bénéficiaires de revenus minima garantis sur quatre perçoivent des allocations logement.

 

 

En 2012, 77% des bénéficiaires de minima sociaux ont perçu des allocations logement, contre 17% de l'ensemble des ménages en 2013, pour un montant mensuel moyen de 290 euros contre 220 euros.

 

 

Les allocations logement réduisent donc fortement les inégalités d'effort financier pour se loger. Leur apport est d'autant plus précieux que le coût du logement est une dépense "difficilement compressible", note l'étude.

 


28/03/2019
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Franceinfo - le jeudi 21 mars 2019

 

 

Paris, la ville la plus chère du monde ? On vous explique ce qu'indique l'enquête de "The Economist"

 

 

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Aliénor VinçotteFrance Télévisions

 

 

 

La capitale française est au sommet du podium des villes les plus chères du globe, avec Singapour et Hong Kong, selon le cabinet de conseil britannique The Economist Intelligence Unit (EIU). Une première depuis trente ans

 

 

 

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Vue aérienne de Paris, en 2010. (PIERRE NEVEUX / RADIO FRANCE)

 

 

 

Un nouveau titre pour Paris. La capitale française est classée ex aequo avec Singapour et Hong Kong en tête des métropoles les plus chères du monde, dans une enquête publiée mardi 19 mars par le journal britannique The Economist (article en anglais). C'est "la première fois en trente ans d'enquêtes que trois métropoles partagent le titre de ville la plus chère du monde", écrivent les auteurs de l'étude. 

 

 

Mais comment est réalisée la comparaison ? Que dit-elle réellement sur les villes comparées ? Et les résultats sont-ils fiables ou faut-il les nuancer ? Franceinfo vous explique en trois points ce qu'il faut retenir de cette publication.

 

 

 

Comment est réalisé ce classement ? 

Le classement est élaboré par The Economist Intelligence Unit, un cabinet de conseil appartenant au même groupe que l'hebdomadaire britannique The Economist

 

 

Pour comparer les villes entre elles, ce cabinet a mis au point l'indice WCOL, pour Worldwide cost of living (coût de la vie mondial, en français). Il permet de mesurer les prix de 160 produits et services dans 133 villes situées dans 93 pays. Sont pris en compte les tarifs de l'alimentation, de l'habillement, des services à la personne, des loyers, des transports et des loisirs. Les prix sont convertis en dollars, au taux de change en vigueur au moment du relevé, et sont pondérés de la même manière pour tous les pays.

 

 

A la base, cet indice s'adresse aux entreprises qui envoient leurs salariés à l'étranger, afin de mesurer le coût que représente leur expatriation et pouvoir, le cas échéant, le compenser par une prime ou des avantages. L'étude est réalisée deux fois par an, en mars et en septembre, indique le site internet du WCOL

 

 

Au niveau méthodologique, le WCOL se base toujours sur la ville de New York comme indice de référence, avec un score fixe de 100. Ainsi, si le score d'une ville est de 120, cela indique que les prix y sont 20% plus élevés qu'à New York. Un outil (en accès payant) permet aussi de comparer plusieurs villes entre elles. 

 

 

 

Qu'indique le classement 2019 ? 

Le classement publié mardi par The Economist indique donc que Paris prend la tête du classement, à égalité avec Singapour et Hong Kong. Toutes trois ont un indice de 107. Les prix y sont donc 7% plus chers qu'à New York. Selon les auteurs de l'étude, il s'agit d'une "exception" par rapport aux autres villes de la zone euro. Après ce trio de tête, on trouve Zurich (106), Genève et Osaka (101), Séoul, Copenhague et New York (100). 

 

 

La capitale française, qui fait partie du top 10 depuis 2003, est néanmoins plus attractive que d'autres concernant "les transports, l'alcool et le tabac", note l'étude. Ainsi, le prix moyen d'une bouteille de 33 cl de bière est de 2,10 dollars dans la capitale française, contre 2,37 à Singapour, 3,25 à Zurich ou 3,33 à New York. En revanche, le prix moyen d'une coupe de cheveux pour une femme relevé par l'étude, est de 104 euros (contre 82 euros il y a dix ans), alors qu'il est de 65 euros à Zurich (Suisse) et de 47 euros à Osaka (Japon). "Ce prix comprend la coupe de cheveux, le brushing et la coiffure dans un salon de qualité, et ça inclut aussi d'éventuels conseils à la cliente", détaille auprès du Parisien Roxana Slavcheva, auteure de l'étude. 

 

 

En bas du classement, Caracas, avec un indice de 15, et Damas, avec un indice de 25, sont les villes les moins chères parmi les 133 testées. Les auteurs de l'étude expliquent que l'instabilité politique et économique du Venezuela et de la Syrie ont eu un fort impact ces dernières années sur leur capitale. Ces deux pays souffrent, en outre, d'un taux de change très défavorable. 

 

 

Du côté des mouvements, on peut noter la forte baisse d'Ankara (Turquie) et de Buenos Aires, qui perdent chacune 48 places et se classent dorénavant 120e et 125e, ou des villes brésiliennes Sao Paulo et Rio de Janeiro, qui baissent de 30 et 26 places, pour s'installer aux 107e et 108e rangs du classement. Des baisses qui sont principalement dues à l'affaiblissement des monnaies des pays concernés. 

 

 

 

Ce classement est-il fiable ? En existe-t-il d'autres ?

"Construire un indice consiste à faire des choix d'indicateurs, à les pondérer... rappelle auprès de franceinfo Patrick Duchen, directeur d'études et de recherches au Crédoc. Deux indices différents donneront souvent des résultats différents." Pour le chercheur, ce qui important à retenir, c'est qu'une mesure, "aussi imparfaite soit-elle", peut traduire dans la durée des évolutions. Paris "est remonté dans le classement, c'est cela qu'il faut noter et en analyser les causes, c'est-à-dire une progression plus rapide des prix immobiliers et des loisirs par rapport aux revenus", explique-t-il.

 

 

Concernant l'indice WCOL, l'économiste estime que "l'indice semble bien construit et assez complet", mais il souligne également que si les rubriques santé et éducation sont bien évoquées, "les aspects liés au coût de ces deux postes ne sont pas comptabilisés". "Ce qui est un manque car, selon les pays, c'est très différent – notamment en France où ils sont particulièrement bas", rappelle l'économiste. 

 

 

Par ailleurs, rappelle Le Parisien, ce classement s'adresse principalement à des cadres supérieurs. Il est basé sur des produits et services consommés par ceux-ci, souvent de haut de gamme. L'indice ne reflète donc pas forcément le coût de la vie pour d'autres catégories de population. La coupe de cheveux à 104 euros retenue pour Paris n'est pas forcément représentative des tarifs pratiqués dans tous les salons de coiffure de la capitale. 

 

 

Enfin, d'autres organismes publient régulièrement leur propre classement sur le coût de la vie, avec d'autres indicateurs. C'est le cas, par exemple, du cabinet Mercer, pour qui la capitale française n'atteint même pas le top 10. Dans le palmarès 2018, qui porte sur 375 villes, Paris se classait 34e, en hausse de 28 places sur un an. Principale explication de cette progression : le taux de change de l'euro face au dollar.

 


21/03/2019
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Franceinfo - le mercredi 20 mars 2019

 

 

VRAI OU FAKE Le vrai du faux. L'ISF a-t-il fait perdre 45 milliards d'euros à l'économie française ?

 

 

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Victor MatetRadio France

 

 

 

Victor Matet passe au crible des faits repérés dans les médias et les réseaux sociaux. Aujourd'hui, un chiffre donné par le vice-président du Medef : l'ISF aurait fait perdre 45 milliards d'euros à notre économie depuis sa création

 

 

 

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Feuille d'impôt de solidarité sur la fortune. (DAMIEN MEYER / AFP)

 

 

 

 

"L'ISF n'a rien rapporté et a coûté 45 milliards d'euros à l'économie française", a affirmé sur franceinfo le vice-président et porte-parole du Medef Fabrice Le Saché, lundi 18 mars.

 

 

Cette étude, le vice-président du Medef nous le dit, vient du Rexécode. Le centre de recherche pour l'expansion de l'économie et le développement des entreprises. Centre financé par ses adhérents : des grandes entreprises, des PME ou encore des institutions financières.

 

 

Dans une lettre qui date du mois de décembre, le Rexécode a donc sorti ce chiffre en se basant sur les données officielles depuis 1982 et l'instauration de l'impôt de solidarité sur la fortune jusqu'à la suppression de l'ISF l'an dernier. Ce sont donc 35 années qui ont été étudiées avec cette idée. On prend d'abord le chiffre officiel de ce que rapporte l'ISF : environ cinq milliards d'euros par an. Avant ensuite de réaliser une estimation de ce que le PIB de la France aurait pu être si certaines grandes fortunes étaient restées dans le pays. Le Rexécode arrive ainsi à 45 milliards d'euros de pertes.

 

 

 

Chiffre contestable et contesté

Ce chiffre est contesté, mais pas forcément par tout le monde. Il y a deux mois, la fondation Ifrap, un think tank spécialisé dans la recherche sur les administrations et les politiques publiques, donnait aussi ce chiffre de 45 milliards d'euros de perte, en passant par un autre mode de calcul, mais donc avec le même résultat. Mais dans l'ensemble, ce genre de calcul est basé sur des postulats qui ne peuvent pas être vérifiés, disent de nombreux économistes.

 

 

En clair, pour calculer les pertes réelles de l'ISF et donc l'argent qui aurait pu être investi dans notre économie, il faudrait connaître par exemple le nombre précis d'entreprises qui ne se sont pas créées sur le territoire français et dans lesquelles cet argent n'a pas été investi. Impossible à déterminer. D'autant plus que l'âge moyen des personnes assujetties à l'ISF et qui avaient choisi de quitter la France était de 55 et 60 ans. Pas forcément l'âge pour se lancer dans une vague de créations d'entreprises.

 

 

De plus, impossible de savoir si les contribuables fortunés qui ont quitté la France l'ont fait uniquement à cause de l'ISF, à cause de la fiscalité en général ou bien de facteurs personnels ou familiaux.

 

 

 

L'expatriation des plus riches en question

C'est l'argument numéro un d'Emmanuel Macron et de la majorité pour justifier la fin de l'ISF. Dans les faits, selon l'un des derniers rapports de la Direction générale des dépenses publiques, sur quelque 300 000 Français soumis à l'ISF, en 2012, moins de 600 sont partis à l'étranger, soit moins de 0,2%. Un sur 500. Pas de véritable hémorragie donc, même si le chiffre absolu n'est pas négligeable.

 

 

Quoi qu'il en soit, le chiffre donné par le vice-président du Medef, 45 milliards d'euros de pertes annuelles liées à l'ISF, reste très difficile à apprécier. On comprend mieux pourquoi le gouvernement lui-même ne veut pas se prononcer sur les conséquences du passage de l'ISF à l'IFI avant plusieurs mois. Et pourquoi certains des experts en charge de cette évaluation évoquent pour l'instant de simples pistes de réflexion.

 


20/03/2019
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Franceinfo - le jeudi 17 janvier 2019

 

 

"Complément d'enquête" : comment Carlos Ghosn a réussi à s'octroyer un salaire annuel de 15 millions (contre l'avis des actionnaires)

 

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France 2France Télévisions
 

 

 

En 2016 déjà, Carlos Ghosn avait fait scandale. Contre l’avis de ses actionnaires, de l’Etat, et même du Medef, le patron le mieux payé de France s’était "auto-augmenté". Salaire annuel : près de 15 millions d’euros. Cet extrait d'un "Document de Complément" revient sur cette autre "affaire Carlos Ghosn"

 

 

 

Comment avait fait le PDG de Renault, en 2016, pour s'octroyer, contre l'avis de ses actionnaires, un salaire annuel de près de 15 millions d'euros ? Gauche et patronat à l'unisson, et même le Medef, tout le monde avait crié au scandale : Laurence Parisot avait taclé un "égoïsme", un "manque de classe et d'honnêteté" troublants... "Complément d'enquête" revient le 17 janvier 2019 sur cette autre "affaire Carlos Ghosn".

 

 

Ce 29 avril 2016, le PDG de Renault doit faire valider ses choix stratégiques (et son salaire annuel avec) devant 500 actionnaires du groupe, réunis en assemblée générale. Une formalité. Mais ce jour-là, un homme s'attaque frontalement au grand patron et à ses 15 millions d'euros de salaire prévus cette année-là. Pierre-Henri Leroy, conseil pour une partie des actionnaires, le tance publiquement : "Ce manquement à l'exemplarité est inacceptable." 

 

 

750 smic : "C'est absolument astronomique"

 

 

Les revenus de Carlos Ghosn ont été multipliés par six ces dix dernières années. Le consultant se dit choqué par ces chiffres "incontrôlés" : "A 15 millions, on est à 750 smic – c'est absolument astronomique pour quelqu'un qui n'a pas créé l'entreprise. Ce sont des employés, des intendants du domaine, si vous voulez. L'intendant, avec 5 millions d'euros, il est déjà très content. Alors 15 millions, ça nous paraît assez anormal."

 

 

Suivi par une majorité d'actionnaires, Pierre-Henri Leroy remporte la première manche : pour la première fois dans l'histoire du groupe, le salaire du PDG est rejeté par l'assemblée générale. Carlos Ghosn en prend acte.

 

 

Un coup de tonnerre qui finit en coup tordu

 

 

Dans les heures qui suivent, le PDG convoque son conseil d'administration... qui lui accorde sa rémunération. Un coup de théâtre à mettre sur le compte "du génie et du talent de ce personnage, qui fascine les membres du conseil d'administration, analyse P.-H. Leroy. Carlos a une telle autorité naturelle que les gens se comportent comme des domestiques à son égard. Ils sont avant tout obéissants. Les administrateurs, pareil – alors qu'ils sont là pour le contrôler."

 

 

Une certaine idée de sa "juste valeur"

 

 

Interrogé par Ruth Elkrief après le scandale, le patron de Renault reste droit dans ses bottes et répond "scorecard" (objectif de performance), comme pour une équipe de foot. "Toute l'histoire de Carlos Ghosn montre qu'il a une certaine idée de lui-même. Il a toujours dit, rappelle Matthieu Suc, journaliste à Mediapart, qu'un patron de son espèce devait être rémunéré à sa juste valeur. Et il se trouve qu'il a une certaine idée de sa juste valeur..."

 

 

Extrait de "L'affaire Carlos Ghosn", un "Document de Complément" à voir le 17 janvier 2019.

 


21/01/2019
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Franceinfo - le lundi 21 janvier 2019

 

 

Les 26 milliardaires les plus riches détiennent autant d'argent que la moitié de l'humanité, selon l'ONG Oxfam

 

 

 

 

"Le fossé qui s'agrandit entre les riches et les pauvres pénalise la lutte contre la pauvreté, fait du tort à l'économie et alimente la colère dans le monde", écrit, lundi, la directrice exécutive d'Oxfam International, Winnie Byanyima

 

 

 

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 Jeff Bezos, le patron d'Amazon, l'homme le plus riche du monde, à San Francisco (Californie, Etats-Unis), le 15 octobre 2018. (MATT WINKELMEYER / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP)

 

 

 

La concentration de la richesse s'est encore accentuée en 2018, a dénoncé, lundi 21 janvier, l'ONG Oxfam. "Le fossé qui s'agrandit entre les riches et les pauvres pénalise la lutte contre la pauvreté, fait du tort à l'économie et alimente la colère dans le monde", a affirmé Winnie Byanyima, directrice exécutive d'Oxfam International.

 

 

L'organisation écrit, dans un communiqué, que 26 milliardaires ont désormais entre leurs mains autant d'argent que les 3,8 milliards de personnes les plus pauvres de la planète. Ces chiffres se fondent sur les données publiées par la revue Forbes et la banque Crédit suisse, une méthodologie contestée par certains économistes.

 

 

 

Le nombre de milliardaires a doublé depuis 2008

Oxfam appelle à taxer les plus riches. Les gouvernements "doivent s'assurer que les entreprises et les plus riches paient leur part d'impôts", a-t-elle ajouté, à l'occasion de la publication du traditionnel rapport annuel d'Oxfam sur les inégalités mondiales en amont du Forum économique mondial (WEF, World Economic Forum) qui se tient jusqu'à vendredi à Davos.

 

 

La fortune de l'homme le plus riche du monde, Jeff Bezos, le patron d'Amazon, a atteint 112 milliards de dollars l'an dernier. Or "le budget de santé de l'Ethiopie correspond à 1% de sa fortune", souligne l'ONG. Oxfam souligne que le nombre de milliardaires a doublé depuis la crise financière de 2008, constatant que "les riches bénéficient non seulement d'une fortune en pleine expansion, mais aussi des niveaux d'imposition les moins élevés depuis des décennies".

 


21/01/2019
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Franceinfo - le dimanche 20 janvier 2019

 

 

INFO FRANCEINFO. Les entreprises du CAC 40 ont fait plus de bénéfices mais ont payé moins d'impôts entre 2010 et 2017

 

 

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franceinfoRadio France

 

 

 

Selon l'association Attac, la moitié des entreprises du CAC 40 ont par ailleurs déclaré une hausse des émissions de gaz à effet de serre en 2017 par rapport à 2016

 

 

 

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Vue du quartier de La Défense, à Paris, où se situent plusieurs sièges de grandes entreprises. (VINCENT ISORE / MAXPPP)

 

 

 

Entre 2010 et 2017, les impôts versés par les entreprises du CAC 40 ont baissé, alors que leurs bénéfices cumulés ont augmenté, selon un rapport publié dimanche 20 janvier par Attac et que franceinfo vous dévoile.

 

 

Ce rapport, intitulé Les grandes entreprises françaises, un impact désastreux pour la société et la planète, pointe du doigt les entreprises françaises du CAC 40 alors que le Forum mondial de Davos commence mardi 22 janvier et à la veille d'un autre sommet organisé lundi 21 janvier par Emmanuel Macron à Versailles avec des patrons du monde entier.

 

 

 

Les dividendes versés aux actionnaires en hausse de 44%

Dans ce rapport, Attac a passé au peigne fin les rapports annuels de ces 40 entreprises françaises depuis 2010, selon trois critères : social, climatique et fiscal et le bilan est sans appel. Selon l'association, les impôts versés par les entreprises ont baissé de 6,4% en valeur absolue entre 2010 et 2017, alors que leurs bénéfices cumulés ont augmenté de près de 10%. Quant aux dividendes versés aux actionnaires, ils sont en hausse de 44% en valeur absolue également sur la même période. En revanche, leurs effectifs en France ont baissé de 20%.

 

 

En 2017, les entreprises du CAC 40 ont déclaré un peu plus de 16 000 filiales, dont 15% dans des territoires identifiés comme des "paradis fiscaux et judiciaires", soit près de 2 500. La présence de l'État français dans le capital des entreprises "n'a malheureusement pas d'effet sur leur comportement. Non seulement les entreprises dont l'État est actionnaire donnent la priorité au versement de dividendes, mais elles sont également parmi les plus actives en matière d'évitement fiscal", peut-on lire dans ce rapport. Attac se base alors sur un exemple, celui d'Engie, dont l'État est actionnaire à hauteur de 24%. Pourtant, l'entreprise possède 2 300 filiales, dont 327 basées dans des paradis fiscaux.

 

 

Toujours selon le rapport, côté environnement : sur les 40 entreprises du CAC 40, 22 déclarent des émissions de gaz à effet de serre en hausse en 2017 par rapport à 2016 : +5%.

 

 

 

Des entreprises qui "roulent pour leurs actionnaires"

Pour répondre à ces "injustices", l'association Attac fait trois propositions. Tout d'abord, plafonner les écarts de rémunérations au sein d'une même entreprise, par exemple de 1 à 10, y compris pour les plus hauts dirigeants, afin de tirer vers le haut la rémunération du travail.

 

 

Ensuite, l'association propose de remplacer le marché carbone européen par une fiscalité carbone réellement dissuasive sur les sites industriels polluants et par des régulations publiques, qui conduisent les entreprises à désinvestir massivement des énergies fossiles.

 

 

Enfin, Attac évoque l'obligation d'un "reporting public", pays par pays, des avoirs détenus par les grandes entreprises, notamment dans les paradis fiscaux et leur taxation selon les règles de législation française, seule méthode permettant de lutter efficacement contre l'évasion fiscale, selon l'organisation.

 

 

"Ces entreprises vont encore une fois dire qu'elles font tout pour lutter contre les inégalités, le réchauffement climatique, etc", explique Dominique Plihon, porte-parole d'Attac et co-auteur de ce rapport sur les multinationales. "Les données dans notre rapport montrent très clairement que ce n'est pas du tout ce qui se passe. Les entreprises roulent en réalité pour leurs actionnaires qu'elles gavent de dividendes et ne s'intéressent pas trop à la question de la justice sociale – qui est aujourd'hui au cœur du mouvement social en France – ni à la justice fiscale", dénonce-t-il.

 

 

En France, les 40 multinationales qui composent le CAC 40 pèsent aujourd'hui plus de 1 300 milliards d'euros de chiffre d'affaires, soir l'équivalent de plus de la moitié du PIB de la France.

 


20/01/2019
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