L'AIR DU TEMPS

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ECONOMIE - Démographie

Encore des informations intéressantes - On en apprends tous les jours...


Franceinfo - le vendredi 31 juillet 2020

 

 

Le PIB français plonge de 13,8% au deuxième trimestre, en pleine crise du coronavirus

 

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Image par Arek Socha de Pixabay 


02/08/2020
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Franceinfo - le samedi 1er août 2020

 

 

Assurance-chômage, tarifs de gaz et d'électricité, prime à la conversion des véhicules... Ce qui change le 1er août - cliquez pour lire l'article

 

 

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Image par Сергей Горбачев de Pixabay 


01/08/2020
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Franceinfo - le lundi 27 juillet 2020

 

 

Pour relancer le fret, Jean Castex annonce la création d'"autoroutes ferroviaires" Bayonne-Cherbourg, Sète-Calais et la réouverture de la ligne Perpignan-Rungis

 

 

 

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Image par Santa3 de Pixabay

 


30/07/2020
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Franceinfo - le lundi 27 juillet 2020

 

 

Le nombre de demandeurs d'emploi de catégorie A augmente de 23,2% au deuxième trimestre 2020, malgré une baisse en juin

 

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Image par Gerd Altmann de Pixabay

 


29/07/2020
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Franceinfo - le lundi 13 juillet 2020

 

 

"Où est-ce que je vais trouver du boulot ?" : à Toulouse, le décrochage d’Airbus menace toute l’économie locale

 

Le constructeur aéronautique a annoncé début juillet la suppression de 15 000 postes dans le monde, dont près de 3 400 sur ses sites toulousains. Salariés, sous-traitants, commerçants et élus témoignent de leur inquiétude à franceinfo.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Image par mrminibike de Pixabay 


19/07/2020
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Franceinfo - le mecredi 15 juillet 2020

 

 

La population mondiale pourrait décliner à la fin du siècle, selon une étude, avec de vastes bouleversements démographiques

 

 

 

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Image par Clker-Free-Vector-Images de Pixabay 


17/07/2020
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Franceinfo - le dimanche 5 juillet 2020

 

 

   Cliquez sur le texte ci-dessous pour accéder à l'article de Franceinfo

 

Transition énergétique : le futur va-t-il carburer à l'hydrogène ?

 

Un gaz propre, facile à stocker, produit à partir d'une ressource quasiment illimitée... Sur le papier, l'hydrogène a de quoi séduire et il pourrait même faire voler un avion d'ici 2035, à en croire le gouvernement français. 

06/07/2020
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de France info - le vendredi 26 juin 2020

 

 

cliquez sur le lien ci-dessous pour accéder à l'article de Franceinfo

 

 

 

Premier décollage à l'aéroport d'Orly vendredi après un long arrêt forcé


29/06/2020
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Franceinfo - le lundi 15 juin 2020

 

 

Relance économique : va-t-on vers une augmentation du temps de travail ?

 

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France 2France Télévisions

 

 

 

Pour maintenir les emplois et relancer la croissance, les Français vont-ils devoir travailler plus ? Le débat fait rage depuis plusieurs semaines. Le chef de l’État, dimanche 14 juin, a répondu par la positive à cette question

 

 

 

Travailler davantage pour relancer la France : qu’a voulu dire le président de la République lors de son allocution télévisée dimanche 14 juin ? Parle-t-il d’augmenter le temps de travail ? À Bercy, au ministère de l’Économie et des Finances, ce n’est pas une question tabou : le temps en entreprise doit être modulable. Une souplesse face aux 35 heures hebdomadaires déjà permise par certains dispositifs comme la semaine à 60 heures.

 

 

 

Un patronnat qui demande des mesures plus souples

Mais pour le patronat, il faut aller plus loin et baisser les charges sur les heures supplémentaires. "Le problème, c’est le coût de la trente-sixième heure. Et bien, faisons en sorte que pour les employeurs, ce soit net de charges, comme d’ailleurs pour les salariés jusqu’à 5 000 euros", estime François Asselin, président de la CPME. Autre solution, travailler plus signifie-t-il moins de congés pour les Français ? "Le Code du travail ne permet pas de supprimer les congés payés légaux, c’est-à-dire ceux qui sont institués par le Code du travail. En revanche, le Code permet de reporter dans le temps la prise de ces congés", explique maître Nicolas Mancret, avocat.

 


16/06/2020
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Franceinfo - le lundi 8 juin 2020

 

 

Fraude au chômage partiel : "Il y aura plus de 50 000 contrôles d’ici la fin de l’été", affirme Muriel Pénicaud

 

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franceinfoRadio France

 

 

 

"Dans quelques semaines les sanctions vont tomber", a averti la ministre du Travail

 

 

 

"Fin avril, on était à 8,6 millions Français au chômage partiel", a déclaré lundi 8 juin sur franceinfo Muriel Pénicaud, ministre du Travail. "Il y aura plus de 50 000 contrôles [d’entreprises] d’ici la fin de l’été."

 

 

"Quand on fraude au chômage partiel, c'est du travail illégal, donc ce sont de lourdes sanctions administratives, financières et pénales. Si c’est de la fraude, il y aura des sanctions", a affirmé Muriel Pénicaud. La ministre évoque des "secteurs un peu plus fraudogène" et parle de "gens qui étaient en télétravail à temps plein et qui en même temps étaient au chômage partiel". Muriel Pénicaud envoie "un petit message" aux entreprises : "vous pouvez encore déclarer que c'était une erreur et que vous vous êtes trompés. Mais dans quelques semaines les sanctions vont tomber. C'est le moment d'être raisonnable."

 

 

 

Si c'est une erreur on corrige. Si c'est de la fraude il y aura des sanctions.

Muriel Pénicaud

à franceinfo

 

 

 

Muriel Pénicaud, va recevoir les numéros un des syndicats et du patronat ce mardi 9 juin pour une réunion de travail sur la situation de l'emploi en France et en Europe. Des réunions bilatérales seront également organisées entre le ministère et chaque syndicat tout au long de la semaine, notamment sur l'arrêt du chômage partiel. "Il a vocation à se transformer. On va mettre en place un dispositif d'activité partielle de longue durée où on ne serait pas à temps plein au chômage partiel, mais où les salariés pourraient avoir une réduction du temps de travail compensée en partie par l'Etat. Cela permettra de garder son emploi. Cela sera négocié dans l'entreprise", explique la ministre. Ce dispositif "a vocation à durer un ou deux ans."

 


08/06/2020
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Franceinfo - le lundi 8 juin 2020

 

 

Coronavirus : comment entreprises et élus tentent de relocaliser la production en France et en Europe

 

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Catherine FournierFrance Télévisions

 

 

 

La crise du Covid-19 a révélé les défaillances tricolores dans la production de certains biens stratégiques et a notamment relancé la production de masques sur le territoire. Mais plusieurs secteurs réfléchissent à réinvestir et à se fournir dans l'Hexagone

 

 

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La relocalisation s'accompagne souvent d'une grande robotisation des process de fabrication et d'une montée en gamme.  (JESSICA KOMGUEN / FRANCEINFO)

 

 

 

"On s'est retrouvés avec un arrêt brutal de pratiquement toutes nos activités." Philippe Billebault se souvient bien du 12 mars. Emmanuel Macron vient d'annoncer la mise à l'arrêt du pays pour contrer l'épidémie de coronavirus. A Toulouse (Haute-Garonne), le PDG d'Aertec, un sous-traitant dans l'aéronautique, voit arriver la catastrophe. Livraisons suspendues, commandes annulées… La PME de 250 salariés doit "trouver une alternative" pour les mois à venir. La pénurie de masques est une opportunité pour ce fabricant de rideaux pour hublots.

 

 

Deux mois plus tard, 30 000 masques lavables par jour sortent de ses ateliers. L'entreprise, qui avait délocalisé une partie de sa production en Tunisie en 2008, compte bien pérenniser cette nouvelle activité sur le sol français. Et investir dans une denrée devenue rare : les matières premières du masque, le "meltblown" et le "spundbond", délaissées depuis des années par l'industrie hexagonale au profit de la Chine.

 

 

 

Quatre décennies de délocalisations

La crise du Covid-19 a révélé les défaillances tricolores dans la production de certains biens stratégiques et sa dépendance vis-à-vis de l'Asie. Au-delà de la pénurie de masques, les Français ont aussi découvert que 80% des principes actifs des médicaments étaient fabriqués en Chine et en Inde, que 55% des gants chirurgicaux venaient de Malaisie et que, dans le nord de la France, ancien fleuron du textile, on était incapable de produire des surblouses. Le fruit de plusieurs décennies de délocalisations, un mouvement initié dans les années 1980 et qui s'est accéléré dans les années 2000.

 

 

On a été victimes, au début des années 2000, de la philosophie des élites françaises : 'On va garder la R&D et on va laisser partir l'industrie en Asie'. Vincent Bedouin, vice-président du Comité stratégique de filière de l'industrie électronique à franceinfo

 

 

Le "monde d'après" sera-t-il synonyme de relocalisation ? C'est en tout cas l'ambition affichée au sommet de l'Etat. "Déléguer notre alimentation, notre protection, notre capacité à soigner, notre cadre de vie à d'autres est une folie", a lancé Emmanuel Macron le 12 mars. Dont acte. Bercy a chargé les 16 Comités stratégiques de filière (CSF), créés dans le sillage du Conseil national de l'industrie en 2010, de plancher sur les secteurs relocalisables, que ce soit dans la santé, l'agroalimentaire, l'automobile, l'aéronautique ou encore l'électronique, et d'arriver avec une feuille de route avant l'été.

 

 

 

Une stratégie à l'échelle de l'Europe 

Mais l'Etat n'a pas attendu pour présenter son plan pour la filière automobile, frappée de plein fouet par la crise. Et la tendance est clairement à la relocalisation. Moyennant une aide de 5 milliards d'euros, Renault doit stopper ses extensions à l'étranger (Maroc, Roumanie ou Corée) et développer la voiture électrique en France et, plus largement, en Europe. Le constructeur au losange a dû accepter d'entrer au capital de l'alliance franco-allemande des batteries, aux côtés de son rival PSA, pour créer un "Airbus des batteries" européen. Car peut-on encore parler de relocalisation à l'échelle française exclusivement ?

 

 

Pour certains secteurs en tension comme le médicament, la souveraineté ne peut se jouer qu'au niveau du Vieux Continent. "On raisonne par rapport à la plaque européenne", confirme à franceinfo le laboratoire Sanofi, dont le projet de créer une entité indépendante regroupant six usines, initié avant la pandémie, tombe à point nommé. Ces sites de production, basés en France, en Italie, en Allemagne et au Royaume-Uni, proposeront un catalogue de 200 principes actifs, comme des antibiotiques ou des corticoïdes. Cette nouvelle structure, dans laquelle Sanofi sera actionnaire à hauteur de 30%, pourrait aussi fabriquer des molécules essentielles lors de la pandémie, comme les anesthésiants et les curares.

 

 

L'objectif est d'éviter des pénuries de médicaments en Europe, liées à des problèmes industriels en Chine et en Inde. Le groupe Sanofi à franceinfo

 

 

Sanofi plaide aussi pour une prime au made in Europe dans la fixation des prix et pour l'affichage de l'origine des médicaments sur les boîtes. Pour Yves Jégo, fondateur du label "Origine France Garantie", cette traçabilité doit aller au-delà du médicament. "On plaide pour que l'Europe impose le marquage de tous les produits vendus sur son sol", explique l'ancien secrétaire d'Etat. A condition que cela s'inscrive dans "un projet de société".

 

 

La relocalisation européenne, si c'est pour aller produire en low cost en Bulgarie, ça n'a pas d'intérêt. Yves Jégoà franceinfo

 

 

Et d'ajouter : "Avant de relocaliser, il faudrait déjà sauver les entreprises qui sont restées."

 

 

 

L'environnement dans l'équation

Un avis partagé par Nadia Pellefigue, vice-présidente de la région Occitanie, chargée de l'économie et de la recherche. Avec la région Grand Est, elle fait partie des territoires qui n'ont pas attendu le plan de relance national pour penser circuits courts et relocalisation. Quoique le terme lui semble impropre. 

 

 

L'urgence, c'est de consolider ce qui est produit localement. C'est moins sexy à présenter que la relocalisation, mais tout aussi efficace en termes de politique publique. Nadia Pellefigue, vice-présidente de la région Occitanie à franceinfo

 

 

La région, qui héberge Airbus, aide ainsi 145 sous-traitants de l'aéronautique, dont Aertec, à diversifier leur activité. Mais les subventions pour réorienter la production vers le sanitaire (masques, gel hydroalcoolique, visières, blouses…) sont conditionnées à des exigences écologiques. "Ce n'est pas seulement de la relance économique mais le développement d'un nouveau modèle vertueux sur le plan environnemental et social", souligne Nadia Pellefigue.

 

 

Les milliards seront vains si on continue comme avant. Tout le monde a parlé du 'monde d'après'. Quelle politique publique on met en œuvre pour que ce soit possible ? Nadia Pellefigue à franceinfo

 

 

Guy Hascoët ne dit pas autre chose. Depuis la Bretagne, l'ancien député et secrétaire d'Etat à l'Economie solidaire coordonne un projet de coopérative pour faire renaître de ses cendres l'usine de masques de Plaintel (Côtes-d'Armor), dont l'histoire illustre à elle seule le désinvestissement de l'Etat dans cette filière industrielle. Cette entreprise, qui pouvait fabriquer jusqu'à 200 millions de masques par an, a périclité faute de commandes publiques et a fermé en 2018 après avoir été rachetée par le groupe américain Honeywell, qui a délocalisé la production en Tunisie. 

 

 

Pour rompre avec "le monde d'hier", l'idée est cette fois-ci de "se fédérer pour avoir un outil territorial collectif. On n'est pas juste dans une réponse à la crise mais dans une sécurisation souveraine, dans la durée, d'une production de masques", explique l'ancien conseiller régional Europe Ecologie. Reste à trouver des débouchés. "C'est déjà déclinant au niveau des ventes car la grande distribution et certaines grandes métropoles préfèrent acheter des masques jetables en Asie", déplore le PDG d'Aertec, qui a écrit un courrier à Bercy à ce sujet. Une réunion doit justement se tenir au ministère de l'Economie, lundi 8 juin, pour pérenniser cette filière du masque textile en France.

 

 

 

A la recherche de fournisseurs locaux

Si l'urgence sanitaire a incité certains patrons à relancer une production made in France, d'autres pénuries, plus discrètes, ont été tout aussi pénalisantes pour les entreprises et certains secteurs d'activité. Comme dans l'électronique. "Certains ont eu de vrais soucis de livraison", explique Eric Burnotte. Patron d'Alliansys, un sous-traitant installé à Honfleur (Calvados), il alerte sur la dépendance de cette filière stratégique vis-à-vis de la Chine, qui produit 80% des circuits imprimés. Depuis, il s'active pour faire l'inventaire des composants qui pourraient être rapatriés en France ou en Europe. Car selon Vincent Bedouin, PDG de Lacroix Group et vice-président du Comité stratégique de la filière électronique, la moitié des 26 milliards d'euros importés dans le secteur pourrait être éligible à une relocalisation.

 

 

Le secteur du bâtiment a également eu à souffrir de la paralysie des circuits logistiques. "Pendant le confinement, on s'est retrouvés dans une difficulté d'approvisionnement de matières premières", raconte Anne-Claire Goulon, cogérante de Livio, une entreprise de BTP et de génie civil dans les Vosges. En vérifiant la provenance de ses achats, qui passent par des négociants, la PME s'est aperçue que certains matériaux venaient d'Italie, de Belgique ou encore de Chine. Avec l'aide de la région Grand Est, durement touchée par la crise du Covid, Livio s'est alors lancé dans la recherche de fournisseurs locaux. "On a proposé à une dizaine d'entreprises de la région de financer un diagnostic complet pour une relocalisation de leur chaîne d'approvisionnement", détaille Lilla Merabet, vice-présidente de la région chargée de la compétitivité, de l'innovation et du numérique.

 

 

Il n'est pas normal que vous ne trouviez pas votre piston car il est fabriqué en Malaisie alors qu'il y a une entreprise qui sait le faire dans les Vosges. Lilla Merabet, vice-présidente de la région Grand Est à franceinfo

 

 

La PME Clestra, qui fabrique des cloisons amovibles, fait partie du programme. "Ça nous a motivés pour ressortir un projet des cartons", souligne son président, Vincent Paul-Petit. A savoir le préassemblage des produits dans ses usines françaises, et non plus sur les chantiers à l'étranger. "On était dans les Lego, on va passer à Ikea", métaphorise le PDG, qui prévoit de nouvelles lignes d'assemblage et une cinquantaine d'embauches dans les trois ans. A condition que les finances suivent. Anticipant un trou d'air en 2021, Vincent Paul-Petit appelle de ses vœux un geste de la classe politique sur les impôts de production (200 taxes prélevées sur le foncier, la valeur ajoutée ou le chiffre d'affaires des entreprises), une "grave anomalie française" qui freine, selon lui, le développement industriel.

 

 

 

Peu d'emplois à la clé à court terme

Si le gouvernement envisage de baisser ces impôts de production, "les collectivités locales freinent des quatre fers", observe le député LREM Guillaume Kasbarian, auteur d'un rapport "pour simplifier et accélérer les installations industrielles", remis en septembre 2019.

 

 

On a rencontré plusieurs investisseurs français complètement bloqués sur des projets d'extension en raison de cette fiscalité. Guillaume Kasbarian à franceinfo

 

 

Selon l'élu, le mouvement de relocalisation doit s'accompagner de "mesures de simplification industrielle, administrative et fiscale", comme la création de sites clés en main. Car si l'exécutif sort le chéquier pour la réinstallation de grands groupes comme Renault ou Safran, les plus petites entreprises doivent se débrouiller. "Avec la crise, je sais que mes clients vont me demander de créer un site en Europe. Il faut juste que je trouve l'argent", lâche un entrepreneur français installé en Chine, qui ne croit pas à un retour massif des industriels dans l'Hexagone.

 

 

Alpha et oméga d'un nouveau modèle économique pour les uns, fausse bonne idée pour les autres, la relocalisation ne sera pas, quoi qu'il arrive, une grande pourvoyeuse d'emplois à court terme. Elle s'accompagne souvent d'une grande robotisation des process de fabrication et d'une montée en gamme. "On est obligé de penser automatisation en France, pour que le produit se fabrique de manière fluide", admet Eric Burnotte, d'Alliansys. Et sans coûts de main-d'œuvre trop importants, pour ne pas faire monter les prix. Car si l'opinion publique est désormais acquise à la cause, selon de récents sondages, sera-t-elle prête à payer plus cher pour des produits français ? Les ambassadeurs du made in France se veulent optimistes.

 

 

Cette crise a agi comme un catalyseur et permis de faire entendre des choses qui n'étaient pas audibles avant. Depuis quelques mois, on a un alignement des planètes pour la relocalisation. Eric Burnotte, PDG d'Alliansys à franceinfo

 

 

"Ça fait dix ans que je mène ce combat et je peux vous dire que la crise du Covid a été un détonateur. Le pays peut se mobiliser", s'enthousiasme Yves Jégo. L'ancien député Guy Hascoët y voit surtout une lueur dans la crise économique qui s'annonce, la plus violente depuis 1929 : "On va être dans une tempête sociale de force 10. Il faut une accélération pour sortir par le haut."

 


08/06/2020
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Franceinfo - le mercredi 3 juin 2020

 

 

ENQUETE FRANCEINFO. Quand les opérateurs privés lorgnent le monopole des chèques-vacances

 

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cellule investigation de Radio FranceBenoît CollombatRadio France

 

 

 

En pleine crise sanitaire, le gouvernement annonce une réforme de la gestion des chèques-vacances. Un établissement public les gère depuis 1982, mais des opérateurs privés, déjà présents sur le secteur du titre-restaurant, convoitent ce nouveau marché

 

 

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Chèque-vacances (illustration). (DR)

 

 

 

Chaque année, 4,5 millions de salariés et fonctionnaires bénéficient de chèques-vacances, ce qui représente 11 millions de personnes avec leurs familles. Le système repose sur l’épargne des fonctionnaires ou des salariés d’un côté, et une contribution de l’employeur de l’autre. "Un euro épargné par un salarié ou un agent public pour ouvrir un plan d’épargne chèque-vacances correspond, par effet de levier, à trois euros dépensés ensuite sur le territoire, explique le représentant FSU au conseil d’administration de l’Agence nationale pour les chèques-vacances (ANCV), Youssef Choukri. C’est donc un cercle vertueux."

 

 

Au total, le montant des titres émis par l'ANCV s’élève, chaque année, à 1,7 milliard d’euros, qui sont ensuite dépensés chez 210 000 professionnels du tourisme. "Cet argent suscite beaucoup d’appétit, souffle un acteur du secteur. Tout le monde voudrait une part du gâteau." Et notamment les opérateurs privés déjà présents sur le marché du ticket restaurant ou des bons cadeaux comme Sodexo, Endered (ex-Accor Services), Natixis et le groupe Up. "Cela fait plusieurs années que certains opérateurs privés font un lobbying de malade pour remettre en cause le monopole de l’ANCV sur les chèques-vacances", confie une source qui tient à rester discrète.

 

 

 

Une mission de service public

Créée en mars 1982, après la victoire de François Mitterrand à l’élection présidentielle, dans le sillage du ministère du Temps libre, l’Agence nationale pour les chèque-vacances est un établissement public, industriel et commercial (EPIC) placé sous la double tutelle du ministère de l’Économie et du Tourisme (ce dernier étant désormais rattaché au ministère des Affaires étrangères).

 

 

L’ANCV exerce une mission de service public : elle détient le monopole sur l’émission et la diffusion des titres de chèques-vacances. Ces derniers sont commercialisés auprès de la fonction publique, des comités sociaux et économiques (CSE, ex-comités d’entreprises), des PME et des travailleurs non-salariés. Lors de la commande de ces titres, l’Agence prélève une commission de 1%. Elle s’élève à 2,5% lorsque les prestataires de tourisme et de loisirs se tournent vers l’ANCV pour le remboursement de ces chèques-vacances. "Ce sont des taux de commission extrêmement bas, contrairement à ce que pratiquent les opérateurs privés dans le secteur du titre-restaurant avec des taux d’encaissement qui oscillent entre 5% et 8%, estime le vice-président du conseil d’administration de l’ANCV, Christophe Couillard-Bellusci, qui représente Force ouvrière. À l’ANCV, personne ne s’enrichit. Au contraire, grâce à notre système, 250 000 personnes partent en vacances chaque année."

 

 

Car la particularité de l’ANCV (qui ne bénéficie pas de subventions et paye l’impôt sur les sociétés), c’est que ses bénéfices alimentent un budget social de 26 millions d’euros reversé à de nombreuses associations qui interviennent auprès des familles modestes, des personnes isolées, en situation de handicap, des 18-25 ans ou encore des seniors.

 

 

 

Un "quasi-monopole" remis en cause

Or, le statut de l’ANCV est aujourd’hui sur la sellette. Le 15 mai 2020, dans les colonnes du Monde, le secrétaire d’État auprès du ministre de l’Éducation nationale et de la Jeunesse, Gabriel Attal, annonce que le gouvernement souhaite "réformer l’Agence nationale pour les chèques-vacances afin que davantage d’entreprises, notamment les PME et TPE, y aient recours dès cet été. (…) L’agence a aujourd’hui un quasi-monopole pour la distribution de ces chèques-vacances, nous allons ouvrir ce marché à des opérateurs concurrents, ce qui permettra de toucher d’autres publics, comme les commerçants, les petites entreprises", explique Gabriel Attal.

 

 

Une déclaration qui suscite immédiatement l’inquiétude de l’ensemble des administrateurs de l’ANCV, pour qui "profiter du contexte [actuel] pour déstabiliser l’ANCV serait irresponsable". Une inquiétude partagée par le secteur associatif comme ATD Quart Monde qui estime qu’"un changement de statut [de l’ANCV] aurait des conséquences très négatives sur la mutualisation solidaire organisée par cet établissement public pour le financement des vacances des plus pauvres".

 

 

"C’est une fausse bonne idée, soupire un bon connaisseur de l’ANCV. Le gouvernement pense qu’en multipliant l’offre de titres-vacances, les gens vont se précipiter dessus et partir plus en vacances, alors que le vrai problème, c’est un problème de pouvoir d’achat." "Si on touche au monopole de l’émission et de la distribution des chèques-vacances de l’ANCV, il y a danger, s’inquiète le représentant de la FSU à l’ANCV, Youssef Choukri."

 

 

On va se retrouver dans une situation de concurrence vis-à-vis d’autres opérateurs, ce qui fragilisera forcément l’objet social de l’Agence qui est de faire partir le maximum de personnes en vacances sans être dans une logique de rentabilité de marché.Youssef Choukri, représentant FSU à l'ANCV

 

 

Le vice-président de l’ANCV, Christophe Couillard-Bellusci redoute qu’à terme, l’action sociale de solidarité se transforme "en action sociale charitable, à travers la création d’une fondation. Il y un vrai enjeu idéologique, derrière, estime-t-il. Certains pensent que par définition, le monopole, c’est mal et qu’il faut le casser, alors que ça coûterait plus cher de remettre en cause le monopole de l’ANCV."

 

 

Dans un courrier daté du 23 mai 2020 révélé par la cellule investigation de Radio France, un collectif d’associations ("Vacances, ensemble faisons vivre la solidarité !") interpelle le président de la République, Emmanuel Macron. "Je trouve scandaleux de ressortir ce sujet en pleine période de crise, c’est de la provocation !", s’insurge la présidente du Secours catholique-Caritas France, Véronique Fayet, signataire de ce courrier au chef de l’État. Selon elle, "ce n’est vraiment pas le moment de toucher à une structure utile, qui fonctionne bien. Remettre en cause le monopole de l’ANCV sans contreparties sociales serait un cadeau inacceptable fait aux entreprises".

 

 

 

 

 

 

De récents signaux envoyés par l’État n’ont fait que renforcer l’inquiétude au sein de l’ANC. Le 14 avril 2020, afin de soutenir les professionnels du tourisme dans la crise du Covid-19, le conseil d’administration de l’ANCV a voté la baisse pendant six mois du taux de commission lors du remboursement des chèques-vacances de 2,5% à 1%.

 

 

Trois jours plus tard, le 17 avril 2020, "l’État a demandé à ce qu’on ponctionne 30 millions d’euros de notre réserve financière pour les donner à un fonds de solidarité pour les TPE-PME, complètement en dehors de notre champ d’action", s’inquiète la représentante de la CGT au conseil d’administration de l’ANCV, Douniazed Zaouche. "Ces 30 millions n’ont pas vocation à soutenir des entreprises, ça relève de la politique de l’État, abonde Youssef Choukri de la FSU qui, avec la CGT, a voté contre cette délibération, adoptée par le conseil d’administration. Cela montre bien qu’on veut fragiliser l’objet social de l’Agence."

 

 

 

"Faire sauter les verrous"

Ce n’est pas la première fois que le statut de l’ANCV est contesté. Dès 1987, Jean-Jacques Descamps, alors secrétaire d’État au Tourisme dans le gouvernement de Jacques Chirac, dépose un projet de loi sur la suppression du monopole d’émission de l’ANCV. En février 1999, le sénateur UMP Paul Blanc propose de "sous-traiter la distribution des chèques-vacances à des prestataires extérieurs", tout en maintenant "le monopole de l’émission des chèques-vacances [à l’ANCV] afin de maintenir la dimension sociale du dispositif". En 2004, le directeur général de l’ANCV, Olivier Rochereau propose plusieurs scénarios de privatisation de l’Agence. "Par la suite, Olivier Rochereau a changé d’avis sur le sujet", décrypte une figure de l’ANCV. En 2007, la commission du tourisme de l’UMP propose à nouveau "l’ouverture de la distribution de chèques-vacances à la concurrence privée".

 

 

"Accor est candidat à la distribution des chèques-vacances", lance en 2008 le directeur général d’Accor Services, se félicitant des déclarations du secrétaire d’État au Tourisme, Hervé Novelli qui appelle à "faire sauter les verrous" afin de "permettre l’accès de tous" aux chèques-vacances.

 

 

Membre du conseil d’administration de l’ANCV de 1998 à 2008, l’ancien vice-président de l’Agence, François Soulage, se souvient des interventions régulières des représentants du Medef, de la CGPME et des contrôleurs de Bercy qui estimaient "anormal" que l’ANCV demeure une institution publique. "Ce n’était jamais vraiment direct, poursuit François Soulage. Ils ne disaient pas : on cherche le magot ! Le discours c’était : il y a des lourdeurs administratives, il faut que l’Agence rentre le droit commun. Et le droit commun c’était la privatisation. J’ai eu de longs débats à ce sujet avec l’ancien secrétaire d’État au Tourisme, Jean-Jacques Descamp devenu président de l’ANCV en 2008. Lorsqu’il a quitté ses fonctions, il a dit publiquement : 'J’étais venu pour privatiser. M. Soulage m’a convaincu que c’était une ânerie !'"

 

 

 

Une ouverture aux opérateurs privés

En 2009, une brèche est finalement ouverte dans le monopole de l’ANCV. Le secrétaire d’État au Tourisme Hervé Novelli ouvre la commercialisation des titres de chèques-vacances aux opérateurs privés chargés de prospecter les TPE-PME de moins de 50 salariés comme "apporteur d’affaires" pour l’ANCV. "Toucher d’autres publics, comme les commerçants et les petites entreprises", c’est également l’argument avancé aujourd’hui par le secrétaire d’État Gabriel Attal pour "ouvrir le marché" des chèques-vacances à la concurrence.

 

 

Un argument qui laisse sceptique y compris dans les rangs de certains opérateurs comme le groupe Up, une Scop (société coopérative et participative) qui, sur le papier, pourrait pourtant bénéficier de cette libéralisation du marché. "L’intérêt pour ces opérateurs privés n’est pas de développer le secteur des petites entreprises, assez atomisé et compliqué à prospecter, assure une source à l’ANCV. Il est de nous concurrencer sur la fonction publique et le marché des comités d’entreprise [aujourd’hui CSE], plus lucratifs. Les propositions actuelles laissent entendre qu’en leur donnant la possibilité de travailler tout le marché, ça irait mieux sur le marché sur lequel ils ne veulent déjà pas aller ! Ce n’est pas cohérent."

 

 

Rien ne prouve que des opérateurs privés feraient mieux. La seule chose qui est certaine c’est que des opérateurs privés feraient exploser le taux de commission appliqué aux professionnels du tourisme et des loisirs.Simon Thirot, délégué général de l’Union nationale des associations de tourisme et de plein air (Unat)

 

 

"Le scénario-catastrophe qui pourrait arriver rapidement dans une logique de marché, ajoute la présidente du Secours catholique-Caritas France, Véronique Fayet, c’est que le secteur lucratif se gardera les gros CE, avec des politiques commerciales offensives, en cassant les prix au début, et l’ANCV ne gardera que les petites entreprises qui coûtent beaucoup plus cher à contacter et à gérer parce que ce sont des tous petits portefeuilles qui rapportent moins. Et donc, l’ANCV aura moins de politique sociale pour les organismes comme le nôtre, qui bénéficient de cette solidarité."

 

 

 

La note confidentielle d’un lobbyiste

Cette idée d’une ouverture plus large à la concurrence censée bénéficier avant tout aux TPE-PME était déjà présente lors de la campagne présidentielle d’Emmanuel Macron, en 2017. Au nom du candidat Macron, le député Arnaud Leroy (aujourd’hui président de l’Agence de l’environnement et de la maitrise de l’énergie, Ademe) proposait de "renforcer l’accès aux chèques-vacances notamment pour les salariés des PME et de la fonction publique en les ouvrant à la concurrence".

 

 

Selon les informations de la cellule investigation de Radio France, certains opérateurs privés ont effectué du lobbying auprès de l’équipe de campagne d’Emmanuel Macron.

 

 

Ainsi, Sodexo, l’un des poids lourds du secteur des titres-restaurant, fait parvenir à l’équipe de campagne d’Emmanuel Macron une note, non signée, appelant clairement à "confier à des opérateurs privés l’activité d’émission et de remboursement des chèques-vacances jusqu’à présent assuré par l’ANCV", comme on peut le lire dans ce passage :

 

 

 

Extrait d\'une note non-signée adressée à l\'équipe de campagne d\'Emmanuel Macron pour la présidentielle 2017, à propos des chèques-vacances.


Extrait d'une note non-signée adressée à l'équipe de campagne d'Emmanuel Macron pour la présidentielle 2017, à propos des chèques-vacances. (CELLULE INVESTIGATION DE RADIOFRANCE)

 

 

 

Dans la même note, ce géant du ticket restaurant propose au candidat Macron de mener à bien la dématérialisation des chèques-vacances et de transformer l’ANCV en "fondation reconnue d’utilité publique".

 

 

 

Extrait d\'une note non-signée adressée à l\'équipe de campagne d\'Emmanuel Macron pour la présidentielle 2017, à propos des chèques-vacances.

Extrait d'une note non-signée adressée à l'équipe de campagne d'Emmanuel Macron pour la présidentielle 2017, à propos des chèques-vacances. (CELLULE INVESTIGATION DE RADIOFRANCE)


 

>> Lire l’intégralité de la note "Pour une réforme du chèque-vacances. Changer de paradigme pour revenir à l’ambition initiale"

 

 

 

Une mission qui envisage la "fin du monopole"

Cette ouverture du marché des tickets restaurants aux opérateurs privés est également proposée par la députée de la Sarthe, Pascale Fontenel-Personne. Cette forte personnalité qui revendique son "parler cash" connait parfaitement le secteur du tourisme (elle a longtemps travaillé comme directrice du développement au sein du groupe Trigano). Épinglée pour avoir un temps proposé des visites payantes de l’Assemblée nationale par le biais de son entreprise, Pascale Fontenel-Personne se dit toujours macroniste tout en ayant quitté La République en marche, en novembre 2019.

 

 

En mars 2019, le Premier ministre Édouard Philippe lui confie une mission destinée à "identifier des pistes d’actions afin de développer le tourisme". Remis en septembre 2019 au Premier ministre, après six mois de travail, le rapport de Pascale Fontenel-Personne, n’a jusqu’ici jamais été dévoilée publiquement.

 

 

Dans un document rédigé à l’issue des travaux parlementaires de la députée de la Sarthe que la cellule investigation de Radio France a pu consulter, on peut lire qu’il est proposé de "changer la nature juridique de l’ANCV" et "la fin de son monopole" :

 

 

 

Extrait du rapport de la députée Pascale Fontenel-Personne, à propos de l\'ANCV.

Extrait du rapport de la députée Pascale Fontenel-Personne, à propos de l'ANCV. (CELLULE INVESTIGATION DE RADIOFRANCE)


 

"À l’issue de cette mission, j’ai eu un échange avec un lobbyiste de Sodexo qui semblait très confiant sur la suite, confie l’un des acteurs auditionnés par Pascale Fontenel-Personne. Il m’a dit : 'L’avenir de l’ANCV est plié !' Je lui ai répondu que rien n’était encore arbitré."

 

 

Interrogé sur ces liens avec les opérateurs privés, Pascale Fontenel-Personne est formelle : "J’ai été assez étanche vis-à-vis d’eux, explique la députée. J’ai effectué une soixantaine d’auditions, dont une seule avec des acteurs comme Sodexo et Edenred afin de compléter le diagnostic sur le développement de l’ANCV. Je n’ai pas besoin des éléments des opérateurs privés pour me faire ma propre opinion sur l’ANCV. Ce que j’ai vu, c’est une structure qui ronronnait. Parfois, poser les choses sur la table, ça fait réagir."

 

 

La cellule investigation de Radio France a pu consulter en exclusivité le rapport de la députée de la Sarthe. La fin du monopole de l’ANCV est effectivement envisagé en étant "très encadré" avec "un taux de commission à l’émission unique" et la mise en place d’"un agrément […] afin de garantir la permanence des politiques sociales et leur financement".

 

 

 

Extrait du rapport de la députée Pascale Fontenel-Personne, à propos de l\'ANCV.

Extrait du rapport de la députée Pascale Fontenel-Personne, à propos de l'ANCV. (CELLULE INVESTIGATION DE RADIOFRANCE)

 

 

 

"L’ANCV doit faire sa petite révolution", écrit Pascale Fontenel-Personne en conclusion de ce rapport de 89 pages qui préconise également "le versement de la prime Macron sous forme de chèque-vacances".

 

 

>> Lire les extraits exclusifs consacrés à l’ANCV dans le rapport "Mission tourisme pour tous" de Pascale Fontenel-Personne remis en septembre 2019 à Matignon : la présentation de l’Agence et les réformes proposées.

 

 

 

Un arbitrage qui se fait attendre

Le 31 janvier 2020, les secrétaires généraux des syndicats siégeant à l’ANCV, qui ont eu vent des propositions de la députée de la Sarthe, écrivent au Premier ministre en faisant part de leur "plus vive inquiétude" et en réaffirmant "unitairement [leur] attachement au statut public et monopolistique de l’ANCV". Matignon ne laisse alors rien transparaître sur les choix qui seront faits. "Mon rapport devait faire l’objet d’un arbitrage avant d’être présenté en décembre 2019 lors d’un comité interministériel du tourisme (CIT) axé sur le tourisme social, précise Pascale Fontenel-Personne. Mais les problèmes liés à la réforme des retraites ont compliqué les choses. Il a donc été décidé de reporter ce CIT au mois de mars. C’est là que la crise du Covid-19 est arrivée…"

 

 

Finalement, un comité interministériel du tourisme est programmé le 14 mai 2020. "Il devait y avoir des annonces sur le tourisme social, poursuit Pascale Fontenelle-Personne. Je devais prendre la parole ainsi que Gabriel Attal. Il devait y avoir des annonces sur le chèque-vacances. Et puis la veille, à 22 h 50, Matignon m’appelle en me disant que le tourisme social n’est plus à l’ordre du jour."

 

 

"Dans les jours qui ont précédé la tenue de ce CIT, les lobbys pro-démantèlement de l’ANCV se sont remis en branle", assure un acteur au cœur du système. "Je n’ai jamais eu l’arbitrage final de Matignon sur mon rapport", constate, de son côté, Pascale Fontenel-Personne. Les opérateurs privés ne se sont pas manifestés auprès de moi après la remise de mon rapport en septembre 2019. Ils m’ont recontactée pendant le confinement quand le chèque-tourisme émis par les régions est venu à l’ordre du jour."

Interrogé par la cellule investigation de Radio France, Sodexo confirme soutenir "l’ouverture du monopole de l’ANCV à des opérateurs privés, notamment aux spécialistes des titres de service, portant sur l’émission, la commercialisation et la distribution des chèques-vacances" afin de "développer considérablement le nombre de bénéficiaires de chèques-vacances".

 

 

Les autres opérateurs privés comme Endered ou Natixis n’ont pas répondu à nos sollicitations.

 

 

 

Des opérateurs privés qui ont l’oreille de l’Etat

"Si nous sommes attaqués si fortement aujourd’hui, c’est parce que nous sommes en train de prendre le virage de la dématérialisation du titre-vacances qui sera opérationnelle en septembre 2020", explique le vice-président de l’ANCV, Christophe Couillard-Bellusci. Aujourd’hui, un séjour sur deux se fait via internet. Nous sommes prêts."

 

 

"La dématérialisation du chèque-vacances attise les appétits, puisque techniquement il sera plus facile à tous les émetteurs de titres de se connecter au système", confirme le représentant CFE-CGC à l’ANCV, Florent Gommard. Avec un coût de fonctionnement plus bas, et donc potentiellement des profits plus importants pour le secteur privé. "Le chèque-vacances, encore 'papier', pourrait être utilisé de manière plus large et efficace s’il était digitalisé par les opérateurs spécialisés dans la distribution des titres sociaux, affirme le PDG d’Endered, le 4 mai 2020, dans Les Echos. Il ne représente que 1% de la consommation touristique intérieure, mais ses retombées économiques se situeraient entre 7 et 12 milliards d'euros. Le potentiel est considérable."

 

 

"Les émetteurs de titres de chèques-vacances ou de chèques-cadeaux ont toujours été sur des logiques de lobbying pour conquérir tout ou partie du marché du chèque-vacances, explique un bon connaisseur du milieu. En pleine crise du Covid-19, on a pu voir des échanges de bons procédés entre certains opérateurs et les pouvoirs publics, comme le groupe Accor qui s’est présenté comme soutien logistique de l’État en mettant des logements à disposition du personnel soignant."

 

 

"Ces gros opérateurs déjà présents sur le titre-restaurant ont beaucoup d’entrées et de relations avec la majorité actuelle, explique un autre acteur du milieu qui souhaite rester discret. Lors d’une réunion sur la modification du plafond des tickets-restaurants, on a bien vu que les représentants d’Edenred étaient très bien informés sur les futurs choix du gouvernement !"

 

 

 

Une cheffe de cabinet à Matignon ex-directrice des relations institutionnelles chez Accor

Selon nos informations, le dossier de l’ANCV est suivi de près par Pascal Confavreux (qui n’a pas répondu à notre demande d’entretien). Il est à la fois conseiller technique entreprises, attractivité et export à la présidence de la République et conseiller technique diplomatie économique au cabinet du Premier ministre. L’homme a également été rapporteur du Conseil de promotion du tourisme, chef du bureau chargé des secteurs prioritaires à l’export à la Direction des entreprises et de l’économie internationale au ministère des Affaires étrangères, puis chargé de mission auprès du PDG d’Aéroports de Paris, Augustin de Romanet, avant de rejoindre Matignon.

 

 

À Matignon, il peut croiser l’actuelle cheffe de cabinet d’Édouard Philippe, Anne Clerc, qui connait très bien le secteur. Et pour cause. Cette ancienne cheffe de cabinet du Premier ministre, Jean-Pierre Raffarin, a été directrice des relations institutionnelles d’Accor d’avril 2007 à mai 2017. Pendant un an (de février 2016 à janvier 2017), elle a également été administratrice de l’ANCV comme représentante du Medef.

 

 

Interrogée par la cellule investigation de Radio France sur le conflit d’intérêt que pourrait entraîner cette situation, Anne Clerc explique que "le poste de chef de cabinet n’est pas dans le circuit des décisions, ni des rapports parlementaires qui sont instruits par les conseillers sur le fond, en l’occurrence ici le pôle économique du cabinet du Premier ministre. Je n’ai donc, ni de près, ni de loin, été liée ou eu à traiter" des dossiers en lien avec l’ANCV ou les opérateurs privés, explique-t-elle.

 

 

Concernant sa présence au conseil d’administration de l’ANCV, la cheffe de cabinet du Premier ministre dit avoir été désignée par le Medef : "En effet, poursuit Anne Clerc, le groupe AccorHotels, membre du Medef, est un acteur clef du secteur du tourisme, hôtellerie-restauration et, de plus, du fait du nombre de ses franchises, le groupe AccorHotels a une compétence PME, sujets qui concernent l’activité de l’ANCV. J’ai accepté ce mandat par intérêt personnel pour l’ANCV. L’enjeu social des 'vacances pour tous' mérite qu’on s’y investisse lorsqu’on en a l’occasion. Et oui, bien évidemment, mon statut de salariée du groupe AccorHotels était connu de tous, au sein du conseil d’administration de l’ANCV."

 

 

 

Une condamnation pour "entente"

Quoi qu’il en soit, cette crispation autour de l’ANCV s’inscrit dans un contexte particulier. En décembre 2019, l’Autorité de la concurrence a en effet condamné les quatre groupes historiques du secteur du titre-restaurant – Edenred (Ticket restaurant), Sodexo Pass France (Chèque restaurant), Up (Chèque déjeuner) et Natixis Intertitres (Chèque de table) – ainsi que la Centrale de règlement de titres (CRT) à une amende importante de 414,7 millions d’euros pour avoir contourné le droit de la concurrence "en mettant en place des pratiques constitutives d’entente" afin de "verrouiller le marché des titres restaurants".

 

 

"Le lobby et la capacité d’influencer la décision publique est un métier d’excellence maîtrisé par les acteurs du titre restaurant, estime Emmanuel Rodriguez-Maroto, le président fondateur de la société Resto Flash à l’origine de la plainte devant l’Autorité de la concurrence. Étant donné mon expérience, l’ouverture à des acteurs privés ne devrait se faire qu’avec un plafonnement rigoureux des commissions, sinon on risque de se retrouver à nouveau avec des problèmes de concurrence."

 

 

Pour les défenseurs du statut de l’ANCV, toucher au monopole de l’Agence serait le début de la fin."Rogner sur le monopole en libéralisant la commercialisation des chèques-vacances, c’est mettre un pied dans la porte, s’alarme le vice-président du conseil d’administration de l’ANCV, Christophe Couillard-Bellusci (Force ouvrière). L’étape suivante, ce sera de dire que les opérateurs privés peuvent émettre des titres et qu’il n’y a plus besoin de l’ANCV. Sauf que l’action sociale de 26 millions d’euros n’est possible que parce que nous ne cherchons pas une rentabilité pour des actionnaires. J’ajoute que les 1,7 milliard d’euros de titres achetés chaque année sont déposés dans les comptes de l’État. Si demain, il n’y a plus le monopole, le Trésor perdra cette manne."

 

 

Le vice-président de l’organisation internationale du tourisme social, Patrick Brault, ancien président de Vacances ouvertes, partenaire de l’ANCV, relève qu’"à part en Suisse, le chèque-vacances est quelque chose d’assez unique en Europe. À l’occasion de cette crise sanitaire, deux pays viennent de mettre en place des chèques-vacances domestiques avec des critères sociaux, sous le contrôle de l’État : la Pologne et l’Italie. Ces deux pays s’inspirent de l’ANCV. Ce qui montre bien que quand on a un outil comme l’ANCV, il faut essayer de le préserver".

 

 
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03/06/2020
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Franceinfo - le jeudi 28 mai 2020 - mis à jour le 29.05.2020

 

 

Renault confirme la suppression d'environ 15 000 emplois dans le monde, dont 4 600 en France

 

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franceinfo avec AFP et ReutersFrance Télévisions

 

 

Le projet a été rendu public vendredi matin, après avoir été présenté la veille aux organisations syndicales, lors d'un comité central social et économique (CCSE) du groupe. La CFDT dénonce "une casse sociale"

 

 

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Un salarié de Renault sur une ligne d'assemblage de l'usine de Flins (Yvelines), le 6 mai 2020. (MARTIN BUREAU / AFP)

 

 

 

La marque au losange dévoile son plan pour faire face à la crise. Le constructeur automobile français Renault a annoncé officiellement, vendredi 29 mai, la suppression d'environ 15 000 emplois dans le monde, dont 4 600 en France, "sans licenciement sec". Renault, qui souffre de surcapacités de production au niveau mondial, avait annoncé en février ses premières pertes en dix ans, entrant affaibli dans la crise provoquée par l'épidémie de Covid-19.

 

 

Avant d'être rendu public, le projet a été présenté jeudi soir aux organisations syndicales. "Ce projet est vital", a déclaré la directrice générale Clotilde Delbos, citée dans un communiqué. "Projet de casse sociale et de désindustrialisation", a, au contraire, dénoncé la CFDT de Renault, vendredi matin. Le deuxième syndicat du groupe "se fera entendre par tous les moyens possibles pour aboutir à trouver des solutions compatibles avec le respect des salariés et l'avenir de tous les sites de Renault en France", a-t-il prévenu dans un communiqué. 

 

 

 

Arrêt de la production de la Zoé à Flins après 2024

Le constructeur automobile a aussi confirmé un projet de restructuration de six usines en France. Plusieurs hypothèses de travail sont listées pour optimiser son appareil industriel : la création d'un pôle d'excellence dans l'électrique et l'utilitaire à partir des deux usines de Douai et Maubeuge dans le Nord, ou encore une réflexion sur la reconversion de l'usine de Dieppe (Seine-Maritime) à la fin de la production de l'Alpine A110.

 

 

Le lancement d'une revue stratégique pour la Fonderie de Bretagne, à Caudan (Morbihan), où travaillent 400 salariés, est également sur les rails. Mais dans tous les cas, l'usine bretonne, reprise en 2009 par Renault pour la production de pièces de fonderie brutes et usinées pour l'industrie automobile, ne fermera pas. Après une semaine de mobilisation, plusieurs employés et militants de la CGT ont scandé "On a gagné ! On a gagné !", devant les grilles de la sous-préfecture.

 

 

Finalement, le plan d'économies de Renault prévoit la fermeture d'un seul site en France : celui de Choisy-le-Roi, dans le Val-de-Marne. "Contrairement à ce qui a été écrit ici ou là, nous ne fermerons qu'un seul site à l'horizon 2022, sur nos 14 sites industriels en France, c'est Choisy pour lequel nous allons valoriser les compétences en région parisienne", a déclaré vendredi le président du constructeur automobile, Jean-Dominique Senard, lors d'une conférence de presse. L'activité de cette usine, qui emploie 260 personnes dans la réparation de moteurs et boîtes de vitesse utilisés comme pièces de réemploi, doit être transférée vers l'usine de Flins (Yvelines), à une soixantaine de kilomètres de là. A Flins, la production automobile cessera à la fin de la Zoé après 2024. Un pôle d'économie circulaire, "qui intégrerait Choisy-le-Roi", est envisagé à la place.

 

 

 

Deux milliards d'euros d'économies sur trois ans

Ces mesures sont annoncées dans le cadre d'un plan d'économies de plus de 2 milliards d'euros sur trois ans. Accompagnées de la rationalisation de la production de boîtes de vitesse de Renault à travers le monde, elles doivent contribuer pour 650 millions d'euros à l'objectif de réduction de coûts. Le solde proviendra de l'ingénierie (800 millions) et des fonctions support (700 millions), soit un total d'environ 2,15 milliards.

 

 

Renault, qui a essuyé l'année dernière des pertes historiques, met en œuvre ces suppressions d'emplois avec le feu vert de l'Etat actionnaire, qui vient de lui garantir un prêt de 5 milliards d'euros. Le constructeur va tenter de prendre un nouveau virage avec un directeur général venu de chez Seat, Luca de Meo, qui prendra ses fonctions le 1er juillet.

 


03/06/2020
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