L'AIR DU TEMPS

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ECONOMIE - Démographie

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Franeinfo - le mercredi 15 janvier 2020

 

 

Le taux du livret A passera de 0,75% à 0,5% au 1er février, annonce le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire

 

 

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Longtemps qualifié de placement préféré des Français, le livret A est de moins en moins intéressant pour les épargnants

 

 

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Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire a annoncé mercredi 15 janvier que le taux du livret A passerait à 0,5% à partir du 1er février 2020.  (MAXPPP)

 

 

 

Le ministre de l'Economie a choisi Le Parisien - Aujourd'hui en France pour annoncer la nouvelle. La rémunération du Livret A va passer de 0,75 à 0,5 % à partir du 1er février, a déclaré le Bruno Le Maire mercredi 15 janvier dans une interview accordée au quotidien.  

 

 

"Je tiens à préciser que si nous appliquions la formule de calcul, la rémunération du livret A tomberait à 0,23 %", a-t-il précisé. "Mais comme nous nous étions engagés, elle ne baissera jamais sous le niveau plancher de 0,5 %. Il en sera de même pour le Livret de développement durable et solidaire (LDDS). Dans six mois, nous verrons s'il faut réviser ce taux."

 

 

Il aurait été "irresponsable et incohérent" de maintenir ce taux à 0,75% par rapport à "notre politique de diversification des placements" et aux "milliers de Français qui attendent un logement social", a expliqué le ministre dans cet entretien au quotidien. Et d'ajouter que "ce nouveau taux permettra en effet de construire 17 000 logements sociaux supplémentaires et d'en rénover 52 000 chaque année."

 


16/01/2020
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Franceinfo - le mardi 14 janvier 2020

 

 

Auchan supprime 517 emplois dans le cadre d'un projet de "réorganisation" de sa branche de "services d'appui"

 

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Ce projet ne concerne pas les magasins, ni la logistique, mais des postes au sein des "services d'appui", comme la comptabilité ou le marketing

 

 

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Selon le groupe, 677 postes seraient supprimés, dont 652 actuellement occupés, tandis que 135 postes seraient créés. (MAXPPP)

 

 

 

Inquiétude pour les salariés d'Auchan. Le groupe de la marque au rouge-gorge a annoncé, mardi 14 janvier, la suppression de 517 emplois via un plan de départs volontaires dans sa filiale Auchan Retail France. Ce projet de "réorganisation" ne concerne pas les magasins, ni la logistique, mais des postes au sein des "services d'appui", comme la comptabilité ou le marketing.

 

 

Ce projet a été présenté dans la matinée aux instances représentatives du personnel au cours de trois comités sociaux et économiques extraordinaires dans le Nord, à Lesquin et Marcq-en-Barœul. Selon le distributeur, 677 postes seraient supprimés, dont 652 actuellement occupés, tandis que 135 postes seraient créés, soit une "suppression nette de 517 emplois actuellement occupés".

 

 

"Les nouvelles attentes des consommateurs nécessitent de faire évoluer l'entreprise", explique le groupe pour justifier le plan de départs volontaires. "Afin de gagner en efficacité opérationnelle et en agilité, Auchan Retail projette de réorganiser ses fonctions supports sur le territoire français", affirme la direction dans son communiqué.

 


14/01/2020
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Franceinfo - le lundi 30 décembre 2019 - mis à jour le 31.12.19

 

 

Aéroport de Toulouse : le groupe chinois Casil revend ses parts au français Eiffage (et réalise une grosse plus-value)

 

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Cette opération représente une plus-value de près de 200 millions d'euros pour Casil qui avait acheté pour 308 millions cette part lors de la privatisation de l'aéroport en 2015

 

 

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L'aéroport de Toulouse Blagnac, le 17 mars 2015. (PASCAL PAVANI / AFP)

 

 

 

L'aéroport de Toulouse change (en partie) de mains. Le groupe français Eiffage a conclu lundi 30 décembre l'achat, pour presque 500 millions d'euros, de près de la moitié de l'aéroport de Toulouse-Blagnac, auprès du chinois Casil. "Eiffage a finalisé ce jour l'acquisition de 49,99% du capital de la société Aéroport Toulouse-Blagnac (ATB)", annonce dans un communiqué le numéro 3 français du BTP, derrière Bouygues et Vinci.

 

 

Cette opération, approuvée début décembre par l'Autorité de la concurrence, représente donc une plus-value de près de 200 millions d'euros pour Casil qui avait acheté pour 308 millions cette part lors de la privatisation de l'aéroport en 2015. Le groupe chinois avait annoncé l'an dernier qu'il allait s'en désengager après la décision de l'Etat de conserver une part minoritaire sur laquelle le chinois détenait une option. Le reste du capital est contrôlé par des collectivités locales.

 

 

 

Maximiser ses dividendes

La décision de Casil avait relancé des polémiques politiques autour du choix de privatiser l'aéroport, d'autant que l'actuel gouvernement a engagé le processus de privatisation d'Aéroports de Paris (ADP), exploitant de Roissy et Orly. En ce qui concerne Toulouse, les responsables des collectivités locales ont longtemps accusé Casil de chercher uniquement à maximiser ses dividendes au détriment des réserves financières de l'aéroport.

 


31/12/2019
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Franceinfo - le mardi 17 décembre 2019

 

 

On vous explique la polémique sur BlackRock, ce fonds d'investissement soupçonné de vouloir imposer la retraite par capitalisation en France

 

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Depuis plusieurs années, BlackRock se montre intéressé pour mettre la main sur une partie de l'épargne des actifs français les mieux payés, afin de l'orienter vers l'épargne retraite

 

 

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Les bureaux de BlackRock à New York, le 16 janvier 2014. (ANDREW BURTON / GETTY IMAGES NORTH AMERICA)

 

 

 

La réforme des retraites, qui a été présentée par le gouvernement mercredi 11 décembre, a-t-elle été inspirée par un fonds d'investissement américain ? Depuis plusieurs jours, des médias, des responsables politiques (de droite comme de gauche) et des internautes soulignent une proximité entre Emmanuel Macron et BlackRock, plus gros gestionnaire d'actifs au monde, qui rêve de voir instaurer en France un système de retraite par capitalisation.

 

 

>> Prévisions, trafic, réactions... Retrouvez les dernières informations sur la réforme des retraites et la grève dans notre direct

 

 

Des soupçons qui font suite à l'affaire de "l'oubli" du haut-commissaire aux retraites, Jean-Paul Delevoye, qui a omis de mentionner ses liens avec le monde de l'assurance sur sa déclaration d'intérêts, le poussant à la démission.

 

 

 

 

 

 

Qu'est-ce que BlackRock ?

BlackRock est un énorme fonds d'investissement américain, le plus important gestionnaire d'actifs au monde. Créé en 1988 et implanté dans une centaine de pays, il gère aujourd'hui près de 7 000 milliards de dollars d'actifs dans le monde. Sur son site internet, la société créée et dirigée par Larry Fink explique "faciliter l'investissement de la clientèle privée et institutionnelle dans une large gamme d’actifs tels que des entreprises, des obligations d'Etat et des projets de financement".

 

 

La filiale française, elle, date de 2006, et gère 27,4 milliards d'euros de fonds confiés par des clients français. Elle est dirigée par une figure bien connue du monde de la politique et des affaires : énarque et ancien conseiller économique de Jacques Chirac à l'Elysée, Jean-François Cirelli a été le patron de Gaz de France puis le numéro 2 du groupe après sa fusion avec Suez en 2008.

 

 

 

Que propose ce fonds de pension ?

Depuis plusieurs années, BlackRock se montre extrêmement intéressé pour mettre la main sur une partie de l'épargne des Français, afin de l'orienter vers l'épargne-retraite. Dans une note à destination du gouvernement français publiée en juin 2019, et exhumée par Mediapart, BlackRock regrette que les régimes comme le Perco et le Perp, créés en 2003 et permettant de se constituer une épargne retraite individuelle, n'aient attiré que 130 milliards d'euros. Un niveau "décevant par rapport à l’épargne déposée en liquidités (1 500 milliards d'euros), les produits d'assurance-vie en euros (1 600 milliards d'euros) ou les investissements directs/indirects en actifs non financiers (plus de 7 600 milliards d'euros)".

 

 

Mais BlackRock voit dans la loi Pacte (relative à la croissance et à la transformation des entreprises), votée en avril 2019, une formidable occasion d'introduire un système de retraite par capitalisation au côté du système par répartition existant. Dans la note exhumée par Mediapart, le fonds de pension chante les louanges de cette loi qui propose notamment des allègements fiscaux pour les cotisations versées sur ce type de produits. Et délivre toute une série de recommandations au gouvernement pour les promouvoir. Par exemple, "mettre en place des incitations comportementales pour accroître le niveau des contributions volontaires", ou encore "imposer à terme la mise en place de dispositifs d'épargne retraite à adhésion automatique".

 

 

 

Quels sont les liens entre BlackRock et l'exécutif ?

Un article du Canard enchaîné de 2017, posté sur les réseaux sociaux ces derniers jours, relatait l'organisation à l'Elysée d'une journée d'agapes avec une délégation de 21 gestionnaires de fonds emmenés par BlackRock et son PDG, Larry Fink. Un documentaire d'Arte, dont un extrait a également été beaucoup partagé sur Twitter, affirme que Larry Fink a rencontré Emmanuel Macron à plusieurs reprises après son élection.

 

 

La rubrique CheckNews de Libération (article payant) a recensé les contacts, relatés par la presse ces dernières années, entre l'exécutif et le fonds d'investissement. Il en ressort que, dès le 6 juin, Larry Fink a été discrètement reçu par Emmanuel Macron, selon L'Obs. En octobre 2017, le gouvernement a demandé au Comité action publique 2022 de plancher sur la réforme de l'Etat. Un groupe d'experts où siège... Jean-François Cirelli, le patron de la branche française de BlackRock. On retrouve encore Larry Fink à l'Elysée en juillet 2019, à l'invitation d'Emmanuel Macron, lors d'une réunion sur le climat et l'investissement. Jean-Paul Delevoye avait quant à lui rencontré le fonds BlackRock début mars 2018 lors de sa nomination comme haut-commissaire aux retraites.

 

 

 

Le lobbying de BlackRock a-t-il influencé le contenu de la réforme des retraites ?

Difficile à dire. Dans la note révélée par Mediapart et intitulée "Loi Pacte : le bon plan retraite", BlackRock se réjouit de l'adoption en avril de cette loi, qui vise, selon elle, à "combler les lacunes structurelles des régimes d'épargne retraite volontaire existants". Mais la société s'y rejouit surtout du projet de réforme des retraites qui, pour les financiers, doit être l'occasion de mettre en œuvre un système par capitalisation, qui jusque-là n'a pas encore réussi à s'appliquer en France. Un système qui leur permettrait de mettre la main sur une épargne "parmi les plus élevées d'Europe", indique BlackRock.

 

 

En effet, comme l'expliquent Les Echos, le système mis en place par le gouvernement devrait exclure des cotisations la part des revenus supérieurs à 10 000 euros par mois. Toujours selon Les Echos (article payant), quelque 300 000 salariés, indépendants et fonctionnaires gagnent plus de 10 000 euros par mois en France, sur 27 millions d'actifs ayant un emploi. Ce sont donc ces quelque 1% des actifs les mieux payés qui seraient concernés par cette retraite par capitalisation.

 

 

"Nous ne commentons pas ces articles, qui sont par ailleurs inexacts", a déclaré aux Echos un porte-parole de BlackRock. Le groupe se dit injustement visé car il estimait, dans sa note de juin, que le système par répartition allait rester "au cœur de l'épargne retraite française".

 


17/12/2019
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Franceinfo - le samedi 14 décembre 2019

 

 

La région Paca vote l'ouverture à la concurrence pour les TER, une première en France

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions
 

 

Des appels d'offres pourraient être lancés au début de l'année prochaine pour deux lots. Le président de l'exécutif régional, Renaud Muselier, promet des tarifs moins élevés et une meilleure régularité

 

 

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Un train TER dans le quartier marseillais de l'Estaque (Bouches-du-Rhône), le 2 décembre 2017. (J-M EMPORTES / ONLY FRANCE / AFP)

 

 

 

C'est une première en France. La région Provence-Alpes-Côte d'Azur a voté "une procédure de délégation de service public" d'une partie de ses TER, vendredi 13 décembre. Cela signifie qu'elle donne le coup d'envoi à l'ouverture à la concurrence des trains régionaux. Des appels d'offres pourraient être lancés début 2020 pour deux lots de liaisons, Marseille-Toulon-Nice d'une part, et les lignes autour de Nice d'autre part, a précisé le président LR, Renaud Muselier, en séance plénière.

 

 

"On va avoir des prix 'canonissimes'" proposés par les opérateurs publics ou privés, français ou étrangers, qui répondront à ces appels d'offres, a-t-il affirmé. "On va avoir les trains à l'heure, on va avoir des rabais, avec une qualité de service ! Je vous le parie aujourd'hui !" Les voyageurs intéressés devront toutefois patienter avant de décrocher des billets puisque le choix des opérateurs pour chaque lot sera effectué en juin 2021, avant un démarrage de l'exploitation l'année suivante sur Marseille-Nice (sept allers-retours quotidiens actuellement) et en 2024 autour de Nice (58 allers-retours sur différentes dessertes).

 

 

Les contrats seront signés pour dix ans et représentent une valeur estimée sur la période d'environ 1,78 milliard d'euros. Huit opérateurs, dont deux français, ont déjà fait part de leur intérêt pour les lots ouverts par la région. La région Paca consacre chaque année 285 millions d'euros à ses transports ferroviaires et l'ouverture à la concurrence permettra de "récupérer de l'argent public" sans "supprimer aucune ligne, ni aucune gare", affirme Renaud Muselier.

 

 

 

"Une casse du service public", dénonce la CGT

Mais cette vision fait bondir les cheminots de la CGT. "Les profits seront privatisés pour des actionnaires, mais les coûts d'investissement dans les infrastructures resteront pour le contribuable", estime Rémy Hours, responsable local du syndicat, alors qu'elles sont saturées et vieillissantes dans la région. "Comme pour la réforme des retraites, il s'agit d'une casse du service public", ajoute le syndicaliste, qui redoute une remise en cause des conditions d'emploi des cheminots si les lignes sont privatisées.

 

 

L'ouverture à la concurrence n'apportera aucune amélioration. On a pu voir dans d'autres pays que ça signifiait moins de trains, des trains plus chers, et moins de trains à l'heure. Rémy Hours, responsable local de la CGT à l'AFP

 

 

En tout cas, Provence-Alpes-Côte d'Azur n'a pas perdu de temps pour lancer la machine. La loi ne permet que depuis le 1er décembre de passer des appels d'offres pour confier les TER à d'autres opérateurs que la SNCF. Au-delà de la région Paca, l'enjeu est de taille pour la SNCF. Trois autres régions sont susceptibles de suivre : Grand Est, les Hauts-de-France et les Pays de la Loire. L'Etat, qui est soumis à la même règle pour les Intercités qu'il subventionne, veut de son côté ouvrir les lignes Nantes-Bordeaux et Nantes-Lyon à la concurrence.

 

 

La France se conforme ainsi au droit européen, en optant pour une suppression progressive du monopole de l'entreprise publique dans les transports ferroviaires régionaux. La mise en concurrence sera obligatoire pour toutes les régions à partir de décembre 2023, à la fin du contrat les liant au groupe public.

 


14/12/2019
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Planet.fr du jeudi 5 décembre 2019

 

 

Bernard Arnault : quelle retraite pour l'homme "le plus riche du monde" ?

 

 

 

 

Alors que la gronde sociale bat son plein contre la réforme des retraites, certaines personnalités n'ont pas à s'inquiéter de leur niveau de vie. Que perçoit Bernard Arnault, l'homme qui vaut 100 milliards de dollars ?

 

 

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AFP

 

 

 

La fortune de Bernard Arnault ne cesse de grandir.Durant quelques heures, le PDG de LVMH, qui a racheté fin novembre 2019 le joaillier américain Tiffany pour 16,2 milliards de dollars, a même été l’homme le plus riche de la planète.

 

 

En effet, selon le classement des grandes fortunes établi par Challenges, à 70 ans, l’empereur Français du luxe serait à la tête d’une fortune de 109,5 milliards de dollars, devant le patron d’Amazon Jeff Bezos (108,3 milliards de dollars) et le géant de Microsoft Bill Gates (106,7 milliards de dollars).

 
 

Toutefois, ce classement ne cesse d’évoluer. "On peut dire que Bernard Arnault aura été, pendant quelques heures, l’homme le plus riche du monde", plaisante ainsi Eric Tréguier, chef du pôle enquête à Challenges et responsable du classement des grandes fortunes.

 

 

 

Fortune de Bernard Arnault : elle fluctue en fonction de la Bourse

Et pour cause : le palmarès est directement lié au cours de Bourse des actions détenus par ces milliardaires. Cela vaut encore davantage pour Bernard Arnault, pusique sa richesse professionnelle est, en très grande majorité, constituée de ses parts au sein du groupe LVMH (Louis Vuitton Moët Hennessy) dont il possède 47,16%. Soit 97 des 206 milliards d’euros du groupe de luxe. Une valorisation qui a augmenté de 57% depuis le début de l’année, d’après Challenges.

 

 

Le magazine rappelle par ailleurs qu’Arnault "conserve aussi 1,87% du sellier Hermès, solde de sa tentative de rachat avortée en 2014, valorisé 1,3 milliard d’euros, ainsi que 8,63% du groupe de distribution Carrefour (une prise de participation démarrée en 2007), pour près de 1,1 milliard d’euros". Et ce, "sans compter d’autres actifs, impossibles à valoriser pour le moment et logés dans Groupe Arnault, la holding de tête du groupe".

 

 

Fortune professionnelle globale estimée ? 109,5 milliards de dollars soit 99,5 milliards d’euros.

 

 

En dispose-t-il pour autant personnellement ?

 

 

 

Retraite de Bernard Arnault : "Ce n’est pas du tout de l’argent que j’ai sur mon compte"

 

 

Pour tenter de minimiser ce faramineux magot, le milliardaire l’assure : "Ce n’est pas du tout de l’argent que j’ai sur mon compte. C’est la valeur des actions du groupe. Si les actions montent, ça monte, si les actions baissent, ça baisse. Voilà", a-t-il garantit du journal Le Monde, lors d’une interview en marge de l’inauguration d’un atelier Louis Vuitton à côté de Dallas, au Texas, le 17 octobre dernier.

 

 

Certes. Toutefois, une fois les chiffres du joaillier américain consolidés, la valeur de sa fortune devrait de nouveau bondir. Dès 2020, Tiffany obtiendra "500 à 600 millions d’euros de résultat opérationnel" à LVMH, a indiqué le PDG, le 25 novembre 2019. Sans compter l’augmentation de la valorisation du groupe LVMH (composé de plusieurs dizaines de sociétés) en Bourse, avec l’acquisition de la marque de luxe. Et, en avalant Tiffany, dont la capitalisation boursière atteint 16 milliards de dollars à Wall Street, le groupe de M. Arnault devrait encore augmenter sa propre valeur en Bourse.

 
 
 

Si l’ensemble de cette richesse appartient à sa famille, composée de sa femme et de ses cinq enfants, le milliardaire n’est pas en reste. En témoigne son salaire annuel ainsi que sa retraite chapeau…

 

 

 

Retraire Bernard Arnault : un salaire et une retraite annuelle colossale

 

 

"Bernard Arnault gagne en 1h ce qu'une majorité ne gagne pas au cours de sa vie", s’indignait Besancenot sur le plateau de Jean-Jacques Bourdin sur BFMTV et RMC, e n mars 2018.

 

 

Combien précisément ? Pour son poste de PDG chez LVMH, son salaire fixe, voté par le conseil d’administration de la société, s’élève à 1,1 million d'euros pour 2018. S’y ajoute toutefois un montant variable de 5,1 millions d’euros maximum, hors stock-options, note Capital.

 
 
 

Bernard Arnault fait également partie des quelques chanceux bénéficiant d’une retraite "surcomplémentaire" par capitalisation, dite "à prestations définies". L’entreprise, qui paie en effet les cotisations, assure, indépendamment des fluctuations des marchés financiers, le montant de la future pension. Cette retraite dite chapeau, promise aux patrons du CAC 40, lui garantit ainsi 630 000 euros brut annuel, selon l’Humanité.

 


13/12/2019
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Franceinfo - le mardi 3 décembre 2019

 

 

Fin du monopole de la SNCF : comment la mise en concurrence va-t-elle se dérouler à partir de 2020 ?

 

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Anne BrigaudeauFrance Télévisions

 

 

Le rail s'ouvre à la concurrence, aussi bien sur les lignes à grande vitesse que sur les trajets subventionnés des trains régionaux ou des Intercités

 

 

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Un TER, à la gare d'Abbeville (Somme), le 30 novembre 2019. (AMAURY CORNU / HANS LUCAS / AFP)

 

 

 

Tandis que la tension monte à la SNCF à l'approche de la grève du 5 décembre, les appétits s'aiguisent, dans d'autres entreprises ferroviaires. Français ou étrangers, de nouveaux acteurs s'apprêtent à débarquer sur le chemin de fer hexagonal, comme le prévoit le "pacte ferroviaire" adopté en juin 2018.

 

 

A partir de la fin 2020, le rail s'ouvre à la concurrence, mettant fin au monopole de la SNCF sur les lignes françaises. Les régions pourront ainsi, dès le mardi 3 décembre 2019, lancer des appels d'offres pour des lignes TER. Qui sont les nouveaux entrants ? Quelle est la procédure d'attribution des lignes ? Eléments de réponse.

 

 

 

Une mise en concurrence progressive

L'ouverture à la concurrence sera progressive. De 2020 à 2024, de nouveaux opérateurs pourraient bénéficier d'une délégation de service public subventionnée, sur les lignes Intercités et les TER. Ils pourront aussi demander des "créneaux horaires" ("sillons", en jargon technique) sur les lignes à grande vitesse, à leurs propres frais. 

 

 

Un "calendrier spécifique" tient compte de la complexité et de la densité du réseau francilien. Les appels d'offres deviennent obligatoires pour les lignes du Transilien entre 2023 et 2033, et à partir de 2039 pour le RER.

 

 

 

Le calendrier et les modalités d\'ouverture à la concurrence.

Le calendrier et les modalités d'ouverture à la concurrence. (SNCF)


 

Concurrence "en accès libre" pour les TGV

Comment ça se passe ? Sur les lignes à grande vitesse, la concurrence est dite "en accès libre" ("open access"). Un an à l'avance, l'entreprise candidate demande à SNCF Réseau quels "sillons" (créneaux horaires) sont disponibles. Si elle obtient, moyennant péage, l'horaire convoité, "l'entreprise arrive sur le marché avec son personnel habilité, son centre de maintenance et son matériel roulant", explique à franceinfo le directeur du transport ferroviaire au sein de l'Autorité de régulation des transports (ART), Olivier Salesse. Concernant le matériel roulant, "soit elle l'achète, sachant qu'une rame TGV coûte entre 20 et 40 millions d'euros, soit elle le loue", précise-t-il.

 

 

"Il y aura une concurrence frontale entre entreprises sur les bons horaires, avec des risques économiques importants", résume-t-on du côté de l'Union des transports publics et ferroviaires (UTP), qui rassemble le patronat du secteur.

 

 

Quels opérateurs sont intéressés ? Des sociétés étrangères sont en lice. En direction du Sud, la compagnie Thello, filiale de la compagnie publique italienne Trenitalia, souhaite être présente sur le Paris-Lyon-Milan, dès 2020. Sur la moitié nord de l'Hexagone, "Arriva, la filiale de la Deutsche Bahn [la compagnie publique allemande], peut aussi être candidate sur Paris-Bruxelles ou Paris-Cologne", note un connaisseur du secteur.

 

 

Ce n'est que le début du big bang. "La liste pourrait s'élargir à des investisseurs venus d'autres univers", remarque un cadre de la direction commerciale de SNCF Réseau. D'où plusieurs limitations. D'abord, l'entreprise candidate devra obtenir une licence ferroviaire valable au niveau européen. Ensuite, il n'est "pas question d'admettre une firme qui nuirait à l'équilibre global du système", pointe ce cadre. Un garde-fou pour l'opérateur historique, la SNCF, qui doit prendre en compte cet "équilibre global".

 

 

 

 Délégation de service public pour les Intercités

Comment ça se passe ? De 2020 à 2023, l'autorité régulatrice (qu'il s'agisse de l'Etat ou d'une région) aura deux options : renouveler directement le contrat d'attribution à la SNCF pour dix ans, c'est-à-dire jusqu'en 2033 au plus tard, ou passer un appel d'offres. A partir de 2024, l'appel d'offres pour les "trains d'équilibre du territoire" – en clair, les Intercités – deviendra obligatoire, sauf dérogation.

 

 

Histoire de lancer le mouvement, l'Etat a publié, dès janvier 2019 "un avis de pré-information pour la mise en concurrence des lignes Intercités Nantes-Bordeaux et Nantes-Lyon". "Ces deux lignes viennent de bénéficier d'un renouvellement complet de leurs trains, vante le ministère de la Transition écologique et solidaire. Leur mise en concurrence intervient donc de façon cohérente, alors que s'ouvre une nouvelle étape de leur vie." L'opérateur désigné signera ensuite une convention avec l'Etat, qui subventionne la ligne. Bénéficiaire d'une délégation de service public, l'opérateur sera tenu de reprendre le personnel de la SNCF affecté à la ligne, ainsi que le matériel roulant (renouvelé en 2017, donc quasi-neuf).

 

 

Quels opérateurs sont intéressés ? Filiale à 70% de la caisse des dépôts, la compagnie Transdev ne cache ni son intérêt, ni ses éventuelles réserves. "Nous voulons une meilleure offre, qui améliore la fréquentation, avec plus de trains en été. Il faut amener des gens à prendre le train !", s'enflamme Claude Steinmetz, son directeur ferroviaire. Il note un gros bémol : "Ces deux lignes ont 25 millions d'euros de déficit à elles deux. Il faudra voir comment on peut améliorer ce chiffre, avec un autre modèle économique."

 

 

Il déplore aussi le flou sur le personnel qui lui sera transféré, s'il remporte le marché : "On doit reprendre ceux qui travaillent au moins à 50% sur la ligne. On respectera le cadre légal, mais il faut une connaissance fine des salariés. Qui travaille sur cette ligne ? Quelles sont les compétences ?" Parmi les autres candidats potentiels cités, la SNCF, évidemment, mais aussi RATPdev (filiale de la RATP), ou encore Arriva, la filiale de Deutsche Bahn. 

 

 

 

TER et Transilien soumis aux choix des régions

Comment ça se passe ? Autorité organisatrice, la région a la possibilité de reconduire la SNCF jusqu'en 2033, ou d'attribuer un lot de lignes à un nouvel opérateur. Coïncidence du calendrier, cette mise en concurrence démarre à deux jours de la grève du 5 décembre, qui s'annonce particulièrement suivie chez les cheminots. A partir du mardi 3 décembre, en effet, les régions pourront passer des appels d'offres sur tout ou partie des trajets régionaux. Lorsque l'opérateur sera choisi et aura signé une convention avec la région, le matériel et le personnel de ces lignes subventionnées lui seront transférés.

 

 

"Il y a déjà des avancées sur le Grand Est, les Hauts-de-France ou Provence-Alpes-Côte d'Azur", note-t-on du côté du ministère de la Transition écologique et solidaire, où l'on se félicite de cette "mise en concurrence qui doit améliorer aussi bien le qualitatif que le quantitatif. La priorité est d'améliorer le trafic pour les gens qui se rendent à leur travail. Or, la qualité du service SNCF n’est pas toujours au rendez-vous, avec des problèmes de ponctualité ou des trains supprimés."

 

 

Quels opérateurs sont intéressés ? Toujours les mêmes. A commencer par la SNCF, qui répond à tous les appels d'offres. Transdev, de son côté, a les yeux rivés sur la Côte d'Azur : "Nous visons deux lots pour 100 millions d'euros de chiffre d'affaires annuel. Le premier lot, c'est le Marseille-Nice, le deuxième lot, c'est 'l'étoile de Nice' (qui comprend trois lignes régionales). C’est aussi dense ou presque que l'Ile-de-France. Il faudra réfléchir, intensifier la circulation en été." Dès février 2019, la région Paca avait d'ailleurs annoncé sa volonté d'ouvrir la concurrence sur ces trajets-là, explique le magazine Challenges.

 

 

Parmi les autres prétendants aux marchés régionaux, "il y a tous les 'usual suspects'", plaisante un spécialiste. "Les opérateurs anglais, allemands, ou encore l'Italien Thello dans la région Sud".  Sans compter la RATP, qui a créé avec Getlink (ex-Eurotunnel) une nouvelle filiale, pour répondre aux appels d'offres sur les TER dans les Hauts-de-France et le Grand Est.

 


03/12/2019
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Franceinfo - le jeudi 28 novembre 2019

 

 

VRAI OU FAKE Le Conseil d'orientation des retraites a-t-il exagéré le déficit dans son rapport ?

 

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Benoît ZagdounFrance Télévisions

 

 

Les économistes interrogés par franceinfo jugent que la complexité du système de retraites français rend le travail de prévisions très compliqué. Ils pointent aussi plusieurs écueils dans le rapport de cette structure, rattachée à Matignon

 

 

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Manifestation conre la réforme des retraites le 24 septembre 2019 à Paris. (MAXPPP)

 

 

 

"Il y a un an, on nous expliquait qu'il n'y aurait aucun problème financier sur les retraites. Il y a six mois, un petit problème. Là, au moment où il va y avoir une mobilisation des salariés pour défendre leurs retraites, d'un seul coup, c'est la catastrophe financière." Invité des "4 Vérités" sur France 2, mardi 19 novembre, le député européen Yannick Jadot s'est emporté contre le Conseil d'orientation des retraites (COR), instance rattachée à Matignon. L'écologiste a surtout critiqué le dernier rapport préoccupant du COR sur le financement du système de retraites. Le document "tombe bien", selon l'eurodéputé, au moment où le gouvernement veut imposer sa réforme des retraites. Le COR aurait-il rédigé un rapport dont le seul but est de justifier les projets de l'exécutif ? 

 

 

 

Quelles sont les prévisions du COR ? 

D'après les derniers calculs du COR (PDF), il manquera entre 7,9 et 17,2 milliards d'euros dans les caisses du système de retraites en 2025, soit entre 0,3 et 0,7% du PIB. En juin, dans son rapport annuel (PDF), le COR tablait sur un déficit d'environ 10 milliards d'euros en 2022, soit 0,4% du PIB. Si l'on remonte à son précédent rapport annuel (document PDF), en 2018, le COR ne prévoyait qu'un déficit de 5 milliards d'euros, soit 0,2% du PIB. 

 

 

En 2016, le COR envisageait même un retour à l'équilibre (document PDF) "dès le milieu des années 2020". Fort de cette estimation, le candidat à la présidentielle Emmanuel Macron affirmait en mars 2017 dans un entretien au Point que "le problème de nos retraites, dans les prochaines années, n'est plus financier". Un an plus tard, les évaluations du COR repoussent cette perspective à 2036, dans le plus optimiste des scénarios. Une nouvelle année s'écoule et cet horizon s'éloigne encore un peu : à 2042, dans le meilleur des cas.

 

 

 

Comment expliquer ces écarts ? 

Pour calculer le déficit ou les excédents du système de retraites français à l'instant T, mais aussi dans 5, 10, 15 ans ou plus, le COR doit pouvoir mesurer les recettes (les cotisations perçues) et les dépenses (les pensions versées). Il lui faut aussi tenir compte d'une quantité phénoménale de critères, rendant compte des évolutions démographiques et économiques de la société française : fécondité, solde migratoire, espérance de vie, nombre d'actifs et d'inactifs, mais aussi chômage, croissance, inflation…

 

 

Avec toutes ces données, le COR bâtit ses modèles, selon quatre scénarios : une France avec une croissance à 1%, à 1,3%, à 1,5% ou à 1,8%. "C'est une mécanique extrêmement compliquée", observe Didier Blanchet, économiste à l'Insee. "Le COR doit synthétiser les données de l'ensemble des caisses de retraite, agréger tous les régimes de retraite et tous les individus, un à un." 

 

 

Le système des retraites est tellement complexe que les projections sont un exercice extrêmement délicat. Didier Blanchet, économiste à l'Insee à franceinfo

 

 

Les projections du COR sont "basées sur les prévisions que le Trésor communique à Bruxelles, pour les trois ou cinq prochaines années", détaille Henri Sterdyniak, économiste à l'OFCE. Par conséquent, "lorsqu'il y a des changements de perspectives à court terme, les projections du COR s'en trouvent changées : une année, il est très pessimiste, une autre, très optimiste." Ainsi, Emmanuel Macron a annoncé, fin avril, que les pensions des retraités touchant moins de 2 000 euros seront réindexées sur l'inflation et donc revalorisées, dès 2020. En outre, selon les projections, l'inflation devrait être plus faible qu'attendue d'ici 2023. Le COR a donc dû refaire ses calculs et ses prévisions ont changé, en quelques mois.

 

 

Le système de retraite lui-même "n'est pas à l'abri de variations de court ou moyen terme, liées aux cycles économiques", note l'économiste à l'OCDE Hervé Boulhol. Le système français fonctionne "par répartition" : les cotisations sont prélevées sur la masse salariale, qui évolue au gré de la conjoncture. L'emploi a un impact direct sur les recettes. Le système de retraites est même "sensible à l'évolution des salaires réels", poursuit l'expert.

 

 

Plus les salaires montent, plus les cotisations montent, mais les dépenses sont moins réactives, notamment parce que les pensions sont, au mieux, indexées sur les prix. Hervé Boulhol, économiste à l'OCDE à franceinfo

 

 

Le système de retraites français n'est en outre "pas sur pilotage automatique", poursuit Hervé Boulhol. "Les paramètres ne sont pas définis pour que, quelles que soient la conjoncture, la démographie, et cætera, tout s'équilibre par miracle." Au Danemark ou en Italie, le relèvement de l'âge de départ à la retraite est lié à l'évolution de l'espérance de vie : plus elle augmente, plus l'âge de départ est repoussé. Pas en France, où "les ajustements se font à la main, de manière discrétionnaire et de manière partielle, parce qu'on ne touche à chaque fois qu'à un bout des 42 régimes", selon Hervé Boulhol. Le moindre de ces ajustements a des conséquences sur les estimations du COR. Il est donc "effroyablement compliqué d'avoir une photographie de ce qui se passe". Bref, conclut Didier Blanchet, "le système de retraites français a les projections qu'il mérite".

 

 

 

Pourquoi les dernières conclusions sont critiquées ?

Première critique : "il y a un effet d'optique", dénonce Henri Sterdyniak. "Les dernières prévisions du COR portent jusqu'à 2030, alors que les précédentes allaient jusqu'en 2070." Or, dans les précédentes prévisions du COR, "le déficit augmentait jusqu'à 2030 et diminuait fortement après", jusqu'à parvenir à l'équilibre autour de 2040, puis à l'excédent. En se focalisant sur une période n'allant que jusqu'à 2030, "on ne montre que le creusement du déficit", critique l'économiste.

 

 

Deuxième remarque : le déficit calculé par le COR est "construit de toutes pièces", assure Henri Sterdyniak, dans une note d'analyse (fichier PDF) publiée par le collectif des Economistes atterrés. "Le calcul du déficit dépend énormément des hypothèses faites sur la fonction publique", note-t-il, avant de détailler : "Lorsque le gouvernement décide de diminuer les effectifs dans la fonction publique et qu'il n'augmente pas le point d'indice, les cotisations versées par les administrations diminuent. Donc un déficit apparaît, mais en contrepartie, il y a moins de dépenses publiques, en termes de masse salariale. Le déficit est donc artificiel."

 

 

Pour Henri Sterdyniak, le déficit du régime des fonctionnaires n'existe même pas, en réalité, car l'Etat a l'obligation de le combler. C'est bien "ce que dit la loi", confirme Hervé Boulhol, pour qui "il n'y a pas formellement de problème d'équilibre pour le secteur public""S'il y avait un déficit, automatiquement, l'Etat devrait augmenter ses cotisations. Là, on enregistre des baisses dans la fonction publique et on fait l'hypothèse que le taux de cotisation de l'Etat resterait stable. C'est un produit un peu baroque", euphémise Henri Sterdyniak.

 

 

L'économiste de l'OFCE objecte également que le COR laisse de côté un autre point essentiel, "les excédents de la Caisse nationale des allocations familiales et de l'Unedic". "Généralement, on transférait ces excédents au système de retraites. Là, on fait l'hypothèse qu'on oublie ces excédents et ces transferts. On choisit donc de faire apparaître le déficit au niveau des retraites, ce qui est tout à fait contestable", critique-t-il. C'est pourquoi il est "problématique" de "regarder un poste isolément", selon Didier Blanchet, de l'Insee. Reprenant l'hypothèse du COR d'un taux de chômage à 7% en 2025, Henri Sterdyniak fait le calcul suivant : en 2025, la branche famille aurait un excédent de trois milliards, l'Unedic afficherait un excédent de 12 milliards et la protection sociale dans son ensemble disposerait d'un excédent de 14 à 23 milliards. Or, le déficit des retraites serait compris entre 7,9 et 17,2 milliards, d'après le COR. Les excédents des uns pourraient largement combler les déficits de l'autre.

 

 

Il n'y a pas de déficit important à l'horizon 2025 qu'on ne puisse combler par de simples opérations administratives.Henri Sterdyniakà franceinfo

 

 

Troisième et dernière critique : le rapport du COR répond à une commande. Le COR a beau revendiquer un statut d'"instance indépendante" et un conseil pluraliste composé de 39 membres (experts, parlementaires, partenaires sociaux, représentants des retraités et des familles, membres des administrations centrales), la structure reste placée sous la tutelle du Premier ministre. C'est justement lui a saisi le COR pour produire ce rapport sur l'état du système de retraites, dans la perspective d'une réforme créant un système universel fusionnant les régimes actuels. "Compte tenu de la commande, le COR se trouve obligé d'analyser des mesures visant à combler un déficit inexistant en 2025", relève Henri Sterdyniak. Le rapport fait in fine apparaître un déficit de plusieurs milliards en 2025. Pour Henri Sterdyniak, l'"objectif" de l'exécutif "est clair" : "Il s'agit de montrer que le système est déficitaire, donc qu'il faut des mesures de correction."

 

 

L'économiste précise toutefois que le COR "reconnaît que son évaluation provient de conventions comptables discutables". Reste que lors d'un déplacement à Rodez début octobre, le président avait prévenu : "Si le COR nous dit : 'Il manque 8-10 milliards', on devra dire : 'Il faut travailler un peu plus longtemps'."

 


30/11/2019
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Franceinfo - le lundi 25 novembre 2019

 

 

Réforme des retraites : "Je ne me vois pas travailler plus longtemps mais je sais que je vais être obligée de le faire", s'inquiète Dominique, caissière depuis plus de 30 ans

 

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Willy MoreaufranceinfoRadio France

 

 

Alors qu'une manifestation interprofessionnelle se profile le 5 décembre contre la réforme des retraites, franceinfo vous propose tous les jours des portraits de Français face à leur retraite. Lundi, Dominique, 53 ans, nous parle de la pénibilité de son métier de caissière

 

 

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Une caissière passe des articles sur le tapis roulant d'un supermarché. Photo d'illustration.  (DESTOC / MAXPPP)

 

 

 

Dominique travaille en Seine-et-Marne. Cela fait 32 ans qu’elle est assise derrière sa caisse à scanner des articles. Âgée aujourd’hui de 53 ans, elle se sent déjà fatiguée. La retraite est encore loin, et la réforme en cours n'est pas de nature à la rassurer. "Je souffre de tendinite au niveau des coudes, de douleurs au niveau des cervicales et de tassement au niveau des lombaires qui sont la conséquence de mes positions en caisse depuis tant d’années et de passage d’objets lourds", explique-t-elle. Une fatigue physique mais aussi psychologique, selon Dominique "parce qu’il faut se concentrer quand même un petit peu et être toujours agréable", dit-elle.

 

 

J’ai toujours des gros packs d’eau et de bière à passer, et j’avoue qu’au bout de ma journée de huit heures, je rentre et je suis extrêmement fatiguée. Et puis on n’a pas forcément des gens agréables en face de soi. Ça aussi ça pèse. Dominique, caissière à franceinfo

 

 

La pénibilité de son travail et ses gestes répétitifs ne sont pas reconnus. Dominique n'a pas de compte professionnel de prévention, ni les points qui lui permettraient de partir plus tôt à la retraite. Alors, avec 950 euros par mois pour 30 heures par semaine, cela fait déjà quelques temps que cette mère de famille s'est préparée à travailler plus longtemps. "J’avoue que ça me fait peur parce qu’au vu des douleurs que j’ai déjà à 53 ans, de l’usure du corps, je ne me vois pas vraiment travailler plus longtemps, mais je sais que je vais être obligée de le faire", s'inquiète-t-elle.

 

 

 

Dominique, 53 ans, caissière.

Dominique, 53 ans, caissière. (WILLY MOREAU / RADIO FRANCE)

 

 

 

Partir à 62 ans mais avec une retraite de 400 euros, qui peut accepter ça ? Dominique à franceinfo

 

 

Dominique n'est pas favorable à la réforme voulue par le gouvernement. Encore moins à l'instauration d'un âge pivot à 64 ans, comme le préconise le haut-commissaire aux retraites, Jean-Paul Delevoye. Mais si la surcote de 5% par an est actée au-delà de cet âge, elle pourrait bien prendre sa retraite plus tard. "Je serai peut-être obligée de le faire, pour gagner 5% sur une petite retraite assez misérable, on va dire. Je ne le ferai pas parce que j’en ai envie mais par nécessité, oui certainement. Il va falloir que je tienne".

 

 

Emmanuel Macron, lui, penche davantage pour augmenter la durée de cotisation. Mais dans tous les cas, "ça ne changera rien pour moi, je travaillerai plus longtemps", conclut Dominique. 

 


25/11/2019
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Franceinfo - le samedi 23 novembre 2019

 

 

"Il faut gagner la supériorité aérienne" : comment l'Armée de l'air se prépare à un conflit de haute intensité

 

 

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Franck CognardfranceinfoRadio France

 

 

 

La menace d'aujourd'hui, c'est l'ennemi jihadiste au Sahel ou en Syrie, ne disposant pas de moyens sophistiqués : elle est qualifiée de "basse intensité". Celle de demain, le combat face à un adversaire de force égale, est de "haute intensité". Et l'Armée de l'air s'y prépare

 

 

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Un Rafale français, un Tornado italien et un Eurofighter espagnol participant à l'exercice Volfa, au dessus de Mont de Marsan, le 20 novembre 2019.   (SGC CÉDRIC GUERDIN / ARMÉE DE L'AIR)

 

 

 

En deux slots, l'un le matin et l'autre l'après-midi, les avions de chasse enchaînent décollages et atterrissages depuis Mont-de-Marsan. La base aérienne 118 a été, du 3 au 22 novembre, le QG de l'exercice aérien Volfa, qui a réuni jusqu'à cinquante appareils français, italiens, espagnols, ou portugais. Cet exercice vise à préparer le combat de demain, celui qui opposera la France à un État de même puissance. Au Sahel ou en Syrie, les groupes jihadistes ne disposent ni de moyens lourds au sol, ni de chasseurs ou d'hélicoptères dans le ciel. Or, le combat face à un adversaire de force égale ne se mène pas de la même façon. 

 

 

En Syrie, l'environnement est permissif, sans menace aérienne ni sol-air. Ce sera beaucoup plus violent dans un combat de haute intensité, et l'exercice Volfa nous y prépare.Le capitaine Alexis, de l'escadrille Normandie-Niemen à franceinfo

 

 

Concrètement, face à un adversaire qui peut engager des moyens aériens équivalents, l'Armée de l'air française devra être capable d'entrer en territoire ennemi, "de passer derrière les lignes", explique le patron des Forces aériennes françaises. Pour le général Matthieu Pélissier, cela signifie : "Des chasseurs pour le combat aérien, pour la reconnaissance ou l'attaque au sol, des drones, des avions de transport pour larguer des parachutistes, des hélicoptères pour déposer des commandos. Il faudra être capable de mener des opérations combinées." Et c'est précisément ce à quoi doit préparer l'exercice Volfa.

 

 

 

Des avions français et étrangers... et Jeannette

Pour coordonner ces trois semaines d'exercice, le plus important de l'Armée de l'air au-dessus du territoire français, il fallait des outils technologiques adéquats. Un système de radars au sol, des liaisons spécialisées et une suite logicielle baptisée Jeannette. Une salle lui est dédiée à l'écart des pistes de la BA 118, dans laquelle deux rangées d'écrans sont installées. Côté gauche, le coin des bleus, des gentils. Côté droit, le coin des rouges, les "bandits" comme le crachotent les retours radio. Les bandits pilotent, dans le scénario, des avions russes, Sukhoi-27 et Yak-130. Et la majorité des combats, dont les tirs sont simulés mais précisément restitués, se déroulent en TSA 43, "une zone dédiée à l'armée de l'air au-dessus du Massif central", précise le commandant Nicolas, "Airboss" du jour. 

 

 

 

La salle \"Jeannette\", d\'où est contrôlé l\'exercice Volfa, sur la base aérienne 106 de Mont de Marsan, le 20 novembre 2019

La salle "Jeannette", d'où est contrôlé l'exercice Volfa, sur la base aérienne 106 de Mont de Marsan, le 20 novembre 2019 (JULIEN FECHTER / ARMEE DE L'AIR)


 

La force de Jeannette, et tout son intérêt, réside dans le fait de pouvoir intégrer dans la situation tactique réelle, des éléments virtuels, des "pistes constructives", comme préfèrent le dire les militaires installés dans la salle. Ainsi peuvent être intégrés "de nouveaux avions, des missiles de croisière, ce qui permet de densifier l'environnement, et d'enrichir le scénario", explique le général Pélissier. 

 

 

Volfa, c'est se préparer au "jour 1 d'un conflit à haute intensité", résume le capitaine Alexis. Pour ce pilote du Normandie-Niemen, "il faut gagner la supériorité aérienne dans un temps donné et l'exercice nous entraîne à ça. On fait des erreurs lors de la préparation de la mission, lors de son exécution, et lors du débrienfing. Et on ne les refait pas le lendemain"

 


23/11/2019
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Franceinfo - le vendredi 22 novembre 2019

 

 

Anciens salariés de Whirlpool à Amiens : Emmanuel Macron "nous prend pour des cons une deuxième fois", réagit François Ruffin

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

Le chef de l'Etat a rencontré d'ex-salariés de l'usine Whirlpool à Amiens (Somme), vendredi, après l'échec de la reprise du site. Aujourd'hui, 163 anciens de l'usine sont toujours sans emploi

 

 

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Le député La France insoumise de la Somme François Ruffin, à l'entrée de l'usine Whirlpool à Amiens (Somme), le 22 novembre 2019.  (DENIS CHARLET / AFP)

 

 

 

Emmanuel Macron "nous prend pour des cons une deuxième fois", a estimé François Ruffin, député La France insoumise de la Somme, vendredi 22 novembre, peu avant une rencontre entre le président et d'anciens salariés de l'usine Whirlpool à Amiens (Somme). 

 

 

>> Suivez les échanges entre Emmanuel Macron et d'ex-salariés de Whirlpool à Amiens

 

 

En 2017, cinq mois après son élection (et sa première visite sur le site dans l'entre-deux-tours), le président Macron avait visité l'usine avec un repreneur, largement aidé par l'Etat, qui devait sauver une partie des emplois. Deux ans plus tard, la société choisie pour reprendre le site a été liquidée. Et 163 anciens salariés sont toujours sans emploi.  

 

 

"Je suis venu en campagne à un moment où ils avaient peur pour leur avenir, avait déclaré mercredi le chef de l'Etat, dans un entretien au Courrier picard. Je leur ai tenu un langage de vérité. (...) Et comme eux, j'y croyais. Comme eux, j'ai été déçu." 

 

 

Venir il y a deux ans dire à tous les salariés qu'ils seront repris alors que derrière il n'y a rien, c'est nous prendre pour des cons. Et venir dire qu'aujourd'hui Emmanuel Macron, comme s'il était un citoyen lambda (...) est déçu, c'est nous prendre pour des cons une deuxième fois. Le député LFI François Ruffin face à des journalistes à Amiens

 

 

"Il faut qu'il trouve les mots pour expliquer aux salariés comment cela se fait qu'il soit venu leur taper sur l'épaule et qu'il n'y ait eu aucun suivi derrière, et qu'on les ait laissés foncer droit dans le mur", a réagi François Ruffin. "Les syndicats ont alerté, j'ai alerté, et nous n'avons eu aucune réponse de l'Elysée, du ministère du Travail", a-t-il encore regretté.

 


22/11/2019
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Franceinfo - le mardi 19 novembre 2019

 

 

"Qui profite de nos impôts ?" : cinq séquences à retenir de "Cash Investigation"

 

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franceinfoFrance Télévisions

 

 

Mise en place du CICE sous François Hollande, réforme de l'ISF sous Emmanuel Macron... Le magazine d'Elise Lucet décrypte les dispositifs fiscaux les plus coûteux de l'Etat

 

 

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Le ministère de l'Economie, le 26 octobre 2019. (AMAURY CORNU / HANS LUCAS / AFP)

 

 

 

Un an après la crise des "gilets jaunes", le magazine d'investigation de France 2, "Cash Investigation", présenté par Elise Lucet, a enquêté sur les grandes réformes fiscales des présidents de la République. Intitulée "qui profite de nos impôts ?", cette enquête a été diffusée mardi 19 novembre. La réforme de l'ISF (impôt de solidarité sur la fortune) devenue l'IFI (impôt sur la fortune immobilière) a-t-elle permis une meilleure redistribution ? Le CICE (crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi) a-t-il fait l'objet d'un contrôle afin de vérifier que les entreprises développent leurs investissements dans l'innovation ? Voici quatre séquences à retenir de cette enquête. 

 

 

 

Les grands patrons refusent de s'exprimer sur les réformes fiscales d'Emmanuel Macron 

L'équipe de "Cash Investigation" s'est invitée à un séminaire des grands patrons français sur le thème "Renouer avec la confiance", à Aix-en-Provence. Le but ? Leur demander ce qu'ils pensent de la politique économique d'Emmanuel Macron qui a notamment supprimé l'ISF et mis en place le Prélèvement forfaitaire unique (PFU). Interrogé sur les économies d'impôts qu'il a pu faire grâce à ces réformes, le patron du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux, refuse de répondre : "ça ne vous regarde pas, premièrement. Le secret fiscal, ça existe". Même réponse du côté des autres patrons. "Je ne vais pas vous parler de mon patrimoine", répond l'un, "non, non, ça c'est personnel", répond un autre. 

 

 
 

 

Une politique économique pour les riches ? La réponse de Gérald Darmanin

La transformation de l’Impôt de solidarité sur la fortune (ISF) en Impôt sur la fortune immobilière (IFI) et la mise en place du Prélèvement forfaitaire unique (PFU), qui allège la fiscalité sur les revenus financiers, ont collé à Emmanuel Macron l’étiquette de "président des riches". Selon le sénateur PS Vincent Eblé, président de la commission des finances du Sénat, les 100 plus grandes fortunes françaises ont bénéficié d’un crédit d’impôt de 160 millions d’euros en 2018, soit en moyenne 1,6 million d’euros d’économies par contribuable.

 

 

Interrogé sur le sujet, le ministre de l'Action et des Comptes publics, Gérald Darmanin dénonce "un raisonnement très socialiste". "Il y a deux sujets", explique-t-il à Elise Lucet. Soit on considère qu'il faut que les riches soient plus pauvres, soit on considère que les pauvres soient plus riches." Et de poursuivre : "Et moi, je considère depuis que je fais de la politique qu'il faut que les pauvres soient plus riches. Et je dirai en regardant les choses, est-ce que le chômage a baissé depuis deux ans ? La réponse est oui."

 

 

 

 

 

 

Les grosses fortunes françaises ne sont pas revenues dans l'Hexagone

La politique économique d'Emmanuel Macron a-t-elle incité les plus grosses fortunes françaises à revenir dans l'Hexagone ? "Cash Investigation" a interrogé Eric Tréguier, journaliste à Challenges, qui réalise chaque année le classement de 500 plus grosses fortunes françaises. Sur les 50 premières, 14 vivent ainsi à l'étranger et payent leurs impôts en Suisse, en Grande-Bretagne et même à Hawai. "Je peux vous assurer que l'on interroge à peu près chaque année 700 personnes. Je n'ai rencontré personne qui soit revenu en France, zéro, zéro, zéro", assure Eric Tréguier. 

 

 
 

 

 

François Hollande défend le CICE et l'absence de sanctions

Entré en vigueur le 1er janvier 2013, le Crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi (CICE) est un avantage fiscal créé par l’ancien président de la République François Hollande pour relancer l’emploi et la croissance. Pour chaque employé payé moins de 3 000 euros brut par mois, une entreprise peut déduire de ses impôts 6% du montant du salaire pour financer l’investissement, la recherche, l’innovation. Cette réforme fiscale a coûté 100 milliards d’euros aux finances publiques. 

 

 

Deux interdictions cependant : ne pas utiliser le CICE pour augmenter les dividendes ou la rémunération des dirigeants. Des interdits qui ne sont assortis d’aucune sanction, selon une note de la direction générale des Finances publiques (DGFiP). Interrogé sur le sujet, François Hollande botte en touche : "Qu’il n’y ait pas de contrôle, ce n’est pas vrai, puisque je vous dis que le contrôle se fait à l’intérieur de l’entreprise. Et pas de sanction, c’était le principe."

 

 

 

 

 

 

La taxe carbone, prétexte de financement pour le CICE, selon Delphine Batho

Autre sujet abordé : la taxe carbone. "On me demande mon avis sur le fait de créer une taxe carbone, de créer la fiscalité écologique pour financer le CICE (...)", raconte Delphine Batho, ministre de l'Ecologie de 2012-2013. "La taxe carbone n'est qu'un prétexte dans cette affaire, on n'aurait pu appeler ça la taxe sur les fenêtres, il y aurait eu une taxe sur les fenêtres qui aurait financé le CICE. Dans l'histoire, l'écologie a été instrumentalisée", poursuit l'ancien ministre. 

 

 

Interpellé sur le sujet, France Hollande assure que "pour la première fois a été crée une fiscalité écologique en France." "Et deuxièmement", ajoute l'ancien président,"le fait que l'on ait affecté cette fiscalité écologique à la création d'emplois, ce qui était quand même la première priorité de mon quinquennat, c'était logique". 

 


20/11/2019
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Franceinfo - le lundi 18 novembre 2019

 

 

Génération oubliée : des dizaines de contrats d'intérim pour une vie précaire

 

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France 3France Télévisions

 

 

Depuis des années, les politiques déclarent faire d'eux leur priorité, mais ils restent les plus fragiles... "Pièces à conviction" a sillonné des territoires oubliés de la République et donné la parole à une jeunesse invisible. Loin des grandes villes, les jeunes peu qualifiés n'ont souvent qu'un moyen d'échapper au chômage : le travail en intérim. Mais pour gagner leur vie, ils paient parfois le prix fort

 

 

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Capture d'écran

 

 

 

Quentin a 25 ans. A Sochaux, dans le Doubs, il est l'un des 2 000 intérimaires de PSA. L'usine que son grand-père vantait comme le plus gros employeur de la région est aujourd'hui pratiquement le seul. Et les ouvriers qui fabriquent les Peugeot, Citroën ou Opel sont aujourd'hui, pour moitié, des intérimaires comme lui. Souvent des jeunes (40% des intérimaires ont moins de 29 ans), pour qui c'est le seul moyen d'échapper au chômage. 

 

 

Chaque soir depuis trois ans, Quentin rentre chez sa mère, Florence, dans son village de 4 000 habitants situé à 15 kilomètres de l'usine, après avoir porté de lourdes charges toute la journée. Il a accepté de témoigner car il envisage d'arrêter de travailler pour PSA. 

 

 

 

Prime "Dimanche et jour férié" : 14,64 euros

Le jeune homme a montré aux journalistes de "Pièces à conviction" une pile de contrats dont la durée dépasse rarement cinq jours. Des dizaines de CDD, alors que la loi n'en autorise que deux en intérim... pour, au final, une vie très précaire puisqu'il dépend toujours de sa mère. Et ce n'est pas sa prime de... 14,64 euros pour son travail des jours fériés (pourtant payés à 270%) qui va faire grimper son salaire : "En travaillant tous les samedis plus les jours fériés, j'ai atteint la plus grosse paye : 1 550 euros. C'est pas assez…"

 

 

En tant qu'intérimaire, Quentin joue sa place pratiquement chaque semaine. En cas d'absence injustifiée en fin de semaine, il sait que "le lundi, c'est pas la peine de se repointer au travail". Une façon pour l’employeur, selon lui, de "faire comprendre qu'il y en a plein qui attendent derrière". "Il n'a aucune sécurité de l'emploi, souligne Florence, et il travaille pour des actionnaires qui gagnent énormément d'argent". Des conditions qui lui font "penser à l’esclavagisme". 

 

 

Extrait de "Loin des villes : génération oubliée", à voir dans "Pièces à conviction" le 20 novembre 2019.

 


18/11/2019
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