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Franceinfo - le lundi 12 novembre 2018

 

 

TRIBUNE. "Politiques de tous bords, prenez vos responsabilités !" : l'appel de 23 ONG sur la hausse de la fiscalité écologique

 

 

Dans une tribune publiée sur franceinfo, le Réseau Action Climat et ses associations membres – parmi lesquelles Greenpeace, WWF ou Oxfam – appellent le gouvernement à "sortir les citoyens de leur dépendance au diesel et à l'essence"

 

 

 

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Des cyclistes et des coureurs le long des quais du Rhône, à Lyon, le 9 septembre 2018. (MAXPPP)

 

 

Un texte pour réclamer "des mesures rapides et ambitieuses pour financer les alternatives à la voiture et aider ceux qui n'ont pas les moyens de se déplacer autrement". Dans une tribune publiée sur franceinfo, lundi 12 novembre, le Réseau Action Climat et ses 22 associations membres (dont Greenpeace, WWF, la Fondation pour la Nature et l'Homme ou encore Oxfam) s'engagent dans le débat autour de la hausse des prix des carburants. Elles s'expriment ici librement.


Depuis plusieurs jours, les prises de parole de plusieurs responsables politiques de tous bords alimentent les tensions autour de la hausse des prix des carburants, dénonçant à tout va la fiscalité écologique. Et ce, alors que ces mêmes responsables placent l'urgence climatique et la lutte contre la pollution de l'air parmi leurs priorités. Pour le Réseau Action Climat et ses associations membres*, ces responsables devraient commencer par rappeler que la fiscalité écologique est un outil indispensable, en soi, pour répondre à la crise climatique que nous connaissons, et qu'il convient à tout prix de préserver les dispositifs mis en place via l'adoption de solutions concrètes additionnelles.

 

 

 

Une instrumentalisation irresponsable 

Instrumentaliser la fiscalité écologique est irresponsable. Irresponsable alors même que le GIEC rappelait, le mois dernier, que sans efforts supplémentaires sans précédent pour réduire nos émissions de gaz à effet de serre, nous ne pourrons nous mettre à l'abri des pires impacts du dérèglement climatique et que la pollution de l'air continue chaque année d'occasionner 48 000 morts prématurées dans notre pays.

 

 

Le gouvernement est également responsable de la crise en cours, puisqu'il tarde à mettre en place des mesures rapides et suffisamment ambitieuses pour financer les alternatives à la voiture et aider ceux qui n'ont pas les moyens de se déplacer autrement. Responsable aussi parce que cette fiscalité qui touche les Français épargne les secteurs les plus polluants et émetteurs de gaz à effet de serre, comme le secteur aérien ou le transport routier de marchandises.

 

 

Ainsi, et à l'instar des précédents gouvernements, le gouvernement actuel mène une politique des transports qui, à ce jour, n'est ni cohérente avec l'urgence climatique ni juste socialement.Les signataires de la tribune

La fiscalité écologique souffre donc malheureusement d'une instrumentalisation de tous les côtés. Les responsables politiques dans leur ensemble devraient s'attacher à recentrer le débat sur les réponses à donner aux crises que nous traversons, climatique et sociale.

 

 

 

Des réponses existent

Ces réponses existent. Les choix à opérer aujourd'hui, et en particulier dans le cadre de la loi mobilités qui doit enfin être présentée en Conseil des ministres le 21 novembre, doivent permettre à terme de sortir les citoyens de leur dépendance au diesel et à l'essence. La vulnérabilité des Français au prix des carburants est un fait. Des mesures doivent donc être adoptées pour les sortir de cette dépendance. Transports en commun et vélo, développement de véhicules véritablement moins émetteurs et moins polluants, désenclavement des territoires via un réseau ferré opérationnel, modernisé et accessible à tous les portefeuilles, lutte contre l'étalement urbain en rapprochant les lieux de vie des lieux de travail et de loisirs, sont autant de solutions qui doivent être actées et financièrement soutenues par le gouvernement dans sa prochaine loi.

 

 

Mais en attendant que ces solutions voient le jour, il y a ceux qui ne peuvent pas faire autrement : parce qu'ils ont peu de moyens mais qu'en plus, du fait de leur implantation géographique, ils ne peuvent se déplacer autrement qu'en prenant leur voiture. C'est à ces citoyens que le gouvernement doit apporter de manière urgente un soutien financier, pour leur permettre de faire face à la hausse du prix des carburants.

 

 

Il faut libérer notre pays de son addiction au pétrole en raison d'une politique des transports axée depuis des décennies sur le recours à la voiture et un aménagement du territoire qui a allongé les distances à parcourir. Les signataires de la tribune

Cela exige une action de la part des pouvoirs publics reposant sur :

 

 

• des solutions à développer sans tarder mais qui ne produiront leurs effets qu'à moyen terme ;

• des solutions d'urgence à mettre en place pour ne laisser personne sur le carreau de la transition écologique.

 

 

Ce sont ces solutions que le Réseau Action Climat a développées et porte depuis plusieurs années (en ligne ici). Les recettes tirées de la fiscalité écologique devraient justement servir à les développer. Nous appelons les responsables politiques de tous bords à les défendre, et le gouvernement à les entendre. Ce sont elles qui permettront d'apporter une issue constructive à la crise en cours et d'éviter, comme cela a déjà été le cas par le passé, que la transition écologique ne se retrouve encore sacrifiée pour de mauvaises raisons.

 

 

 

*Signataires : Le Réseau Action Climat et ses associations membres (350.org ; Agir pour l'environnement ; Alofa Tuvalu ; Alternatiba ; CLER – Réseau pour la transition énergétique ; CCFD-Terre solidaire ; 4D ; FUB ; Fnaut ; Fondation pour la Nature et l'Homme ; France Nature Environnement ; Greenpeace France ; Hespul ; Les Amis de la Terre ; Ligue de protection des oiseaux ; Oxfam France ; REFEDD ; Réseau Sortir du nucléaire ; Secours catholique-Caritas France ; WECF ; WWF France ; Zero Waste France).


14/11/2018
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Franceinfo - le mardi 6 novembre 2018

 

 

Prix des carburants : Macron veut développer les aides pour les Français "qui doivent faire plus de 30 ou 40 km" pour aller travailler

 

 

 

Dans une interview à Europe 1, Emmanuel Macron a pris pour exemple la région Hauts de France, qui a mis en place un "chèque carburant" de 20 euros par mois

 

 

 

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Emmmanuel Macron lors d'un discours à Pont-à-Mousson (Meurthe-et-Moselle), le 5 novembre 2018. (POOL / AFP)

 

 

 

"C'est de l'écologie et il faut le faire !" Emmanuel Macron a défendu la hausse des taxes sur le diesel et l'essence, dans une interview à Europe 1 diffusée mardi 6 novembre, alors que la hausse des prix des carburants provoque une colère grandissante. Mais le président de la République a annoncé deux pistes pour compenser certains de ses effets : "améliorer le chèque énergie" et développer les aides adressées aux Français "qui tous les jours prennent la voiture pour aller travailler" sur de longues distances. 

 

 

"Il faut travailler avec les collectivités locales, les employeurs, intelligemment" pour mettre en place des aides destinées à "tous ceux qui doivent se déplacer pour aller travailler, faire 30 ou 40 km chaque jour", a expliqué Emmanuel Macron. "La philosophie, c'est un peu celle de l'indemnité kilométrique", a expliqué le président de la République, qui a cité en exemple l'initiative de la région Hauts-de-France. Celle-ci a mis en place un "chèque carburant" de 20 euros par mois pour les employés contraints de parcourir plus de 30 km par jour en voiture pour aller travailler.

 

 

"Il faut qu'on regarde comment améliorer le chèque énergie" pour mieux aider "les gens très modestes, quand ils ne peuvent pas changer de chaudière et qu'ils n'ont pas d'autres options pour se chauffer", a également annoncé le président de la République. Ce dispositif, déjà existant, est attribué aux ménage modestes pour payer leurs factures d'électricité ou de gaz, ou acheter du combustible comme du fioul. Emmanuel Macron a appelé le gouvernement et le Parlement à y travailler "dans les semaines à venir" en s'inspirant "des collectivités les plus novatrices" en la matière.

 


12/11/2018
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Franceinfo - le jeudi 1er novembre 2018

 

 

Prix des carburants : 78% des Français soutiennent l'appel au blocage des routes le 17 novembre

 

 

 

Ce soutien à la mobilisation contre la hausse du prix des carburants est partagé quelle que soit la sensibilité politique, selon un sondage pour franceinfo

 

 

 

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78% des Français soutiennent l'appel au blocage des routes le 17 novembre, selon un sondage Odoxa-Dentsu consulting pour franceinfo. (JEAN-FRANÇOIS FERNANDEZ / RADIO FRANCE)

 

 

 

Trois quarts des sondés (78%) trouvent "justifié" l'appel aux blocages des routes le 17 novembre pour protester contre la hausse du prix des carburants, selon un sondage Odoxa-Dentsu consulting* pour franceinfo et Le Figaro. Cette proportion est beaucoup plus élevée que lors des récents mouvements plus catégoriels et organisés par des syndicats. Par exemple, le mouvement des fonctionnaires du 22 mai n'était qualifié de "justifié" que par 52% des sondés, 39% pour le mouvement des cheminots. Le soutien à cet appel au blocage des routes le 17 novembre est transpartisan. Même les sympathisants de La République en marche sont actuellement 55% à qualifier l’appel aux blocages de "justifié".

 

 

 

Conséquences "importantes" sur le pouvoir d'achat

Près de 8 Français sur 10 (76%) trouvent que l'augmentation des taxes sur le carburant et le fioul domestique est une mauvaise chose. 22% des personnes interrogées trouvent néanmoins que "c'est une bonne chose, car il faut avant tout que les Français se déshabituent des produits pétroliers, quitte à ce que cela leur coûte plus cher de les utiliser pendant un certain temps". Conséquence, 80% des sondés estiment que l'augmentation des taxes sur le carburant et le fioul domestique aura des conséquences importantes sur leur pouvoir d'achat.

 

 

Quant au nucléaire, 53% des Français interrogés estiment qu'il ne faut pas investir dans de nouveaux EPR [Evolutionary Power Reactor est un projet de réacteur nucléaire de troisième génération, comme à Flamanville, dans la Manche]. EDF veut que soient déployés de nouveaux EPR pour remplacer progressivement les 58 centrales nucléaires actuelles. 46% trouvent, en revanche, que c'est une bonne idée "car il faut renouveler les installations actuelles". Ce sont les femmes qui sont majoritairement opposées à de nouveaux EPR (61%) et les jeunes de moins de 25 ans (70%), alors que les hommes y sont plutôt favorables (56%) ainsi que les personnes de 65 ans et plus (59%).

 

 

* Sondage réalisé auprès d'un échantillon de 988 Français représentatifs de la population âgée de 18 ans et plus, interrogés par internet les 30 et 31 octobre 2018.

 


12/11/2018
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Franceinfo - le mercredi 31 octobre 2018

 

 

INFOGRAPHIE. Vous vous chauffez au fioul domestique ? Découvrez l'évolution de son prix depuis 1985

 

 

 

En octobre 2018, le litre de fioul domestique s'est négocié en moyenne à 1,0115 euro, le plus haut prix jamais atteint depuis janvier 1985

 

 

 

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 Des camions-citernes chargent du fioul domestique avant d'effectuer des livraisons aux particuliers qui se chauffent avec cette énergie. (Photo d'illustration) (MYCHELE DANIAU / AFP)

 

 

 

Il n'y a pas que les prix des carburants à la pompe qui flambent. A l'instar de l'essence et du diesel, le prix du fioul s'est lui aussi envolé. En octobre 2017, il fallait dépenser 1 490,80 euros pour remplir sa cuve de 2 000 litres de fioul. Un an plus tard, en octobre 2018, la note a atteint 2 023 euros, soit une augmentation de plus de 500 euros. En s'appuyant sur les données collectées par le ministère de la Transition écologique et solidaire, franceinfo a représenté l'évolution du prix de vente moyen mensuel TTC du litre de fioul domestique, pour des livraisons allant de 2 000 à 4 999 litres.

 

 

En janvier 1985, un litre de fioul domestique coûtait l'équivalent de 0,4528 euro. Trente-trois ans plus tard, en octobre 2018, il a atteint son plus haut prix, à 1,0115 euro. En tenant compte de l'inflation, au début de l'année 1985, le prix d'un plein de 2 000 litres revenait à 1 656 euros, soit 22% de moins qu'actuellement (2 021,20 euros en prix réel, c'est-à-dire corrigé de l'inflation).

 

 

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"C'est la double peine"

"Le prix du fioul, c'est du pétrole, du dollar et des impôtsla courbe est indexée sur celle du prix du pétrole, explique Philippe Chalmin, professeur d'histoire économique à l'université Paris-Dauphine. Le baril du pétrole Brent est à 80 dollars en moyenne pour le mois d'octobre, mais le dollar est extrêmement cher. C'est donc la double peine, on a un pétrole moyennement cher, mais un dollar très haut." C'est pour cette raison que le prix du fioul atteint un niveau record, équivalent à celui de juillet 2008 et de février et mars 2012.

 

 

Mais en 2008 et 2012, le dollar était faible. En revanche, le prix du baril du pétrole, lui, s'envolait. "Entre 1986 et 2000, le baril se négocie aux alentours de 10 dollars, estime Jean-Pierre Favennec, professeur à l'Ecole nationale supérieure du pétrole et des moteurs, puis entre 2000 et 2008, il est passé de 10 dollars pour monter jusqu'à 130 dollars au mois de juillet".

 

 

 

Des prix en hausse, mais un poids plus faible

Si le prix du fioul a augmenté en plus de 30 ans, paradoxalement son poids dans les dépenses des ménages a diminué par rapport à 1985. A cette époque, "un litre de fioul représentait 12% du smic horaire", explique Charles-Henri Colombier, directeur du pôle Conjoncture et perspectives chez Rexecode. En 2018, il n'en représente que 10%. 

 

 

"Cela traduit le fait que les ménages ont connu des gains de pouvoir d'achat depuis 1985, mais aussi que le smic a été relevé significativement", éclaire-t-il. Dans les dix années qui ont suivi, ce rapport chute, pour s'établir à 5,4% en 1995. Depuis, le chiffre est reparti à la hausse. En 2015, un litre de fioul coûtait 7,5% du smic horaire. Et l'économiste de conclure : "Le pouvoir d'achat actuel sur le fioul est meilleur qu'en 1985, mais nettement dégradé par rapport à la norme des 20 dernières années."

 


12/11/2018
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Franceinfo - le vendredi 26 octobre 2018 - mis à jour le dimanche 28 octobre

 

 

INFOGRAPHIE. Que payez-vous vraiment en faisant le plein de carburant ?

 

 

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Vincent MatalonFrance Télévisions

 

 

 

Les différentes taxes représentent environ 60% du prix d'un plein

 

 

 

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Une personne se sert à la pompe à essence à Montpellier (Hérault), le 18 octobre 2018. (MAXPPP)

 

 

 

Le compteur s'affole à la pompe, et enflamme le débat public. En un an, le prix du litre de diesel acheté en station-service a augmenté de près de 23% pour s'établir en moyenne à 1,5225 euro vendredi 19 octobre. La hausse s'est établie à près de 15% sur la même période pour le litre d'essence sans-plomb 95, pour un coût moyen de 1,5555 euro. De quoi provoquer une vague de protestation sur internet, et la promesse d'une journée de mobilisation le 17 novembre prochain.

 

 

En prenant pour référence la voiture la plus vendue en France en 2017, la Renault Clio 4, dont le réservoir est d'environ 45 litres, le coût d'un plein s'établit à 68,50 euros pour le diesel, et à 70 euros pour l'essence. Mais en pratique, que payez-vous en faisant le plein ? Franceinfo a sorti la calculette.

 

 

 

1 - Une vingtaine d'euros de pétrole brut

Se basant sur les données de l'Union française des industries pétrolières (Ufip), les experts de la fondation Connaissance de l'énergie ont établi que le coût du pétrole brut constituait en mai dernier en moyenne 26,8% du prix de l’essence SP95 à la pompe et 28,3% du prix du gazole à la pompe. Ce qui représente donc 19,40 euros sur les 68,50 euros d'un plein de diesel et 18,80 euros sur les 70 euros d'un plein d'essence.

 

 

Cette somme sert à payer le coût d'extraction du pétrole brut, la marge du producteur initial, mais également les impôts que celui-ci paie à l'Etat qui délivre son permis d'exploitation. Le prix du baril en bout de chaîne peut évoluer, essentiellement en raison de variations de l'offre par rapport à la demande, mais aussi en fonction du taux de change entre l'euro et le dollar. Le baril de Brent s'échange en effet en dollars à l'InterContinental Exchange de Londres.

 

 

 

2 - Un peu plus de 3 euros pour le raffinage

Avant d'atterrir dans le réservoir de notre Clio 4, le pétrole brut doit être transformé en essence ou en diesel. Le coût de ce processus ne varie pas en fonction du prix du baril. Il peut en revanche augmenter en cas de hausse soudaine de la demande d'un certain type de carburant, explique la fondation Connaissance de l'énergie.

 

 

La marge que se réservent les industriels de la raffinerie est en revanche très volatile : afin d'obtenir des revenus relativement constants, ils doivent en effet sans cesse ajuster le prix de leur produit fini en fonction du coût du pétrole brut, qui est leur matière première. En septembre, cette marge s'établissait à 23 euros par baril, selon les chiffres du ministère de la Transition écologique.

 

 

Toujours selon l'Ufip, le coût final de ce raffinage pour le consommateur représente 4,6% du prix à la pompe de l'essence SP95 et 5,5% de celui du gazole, soit respectivement 3,20 et 3,76 euros.

 

 

 

3 - Environ 5 euros de frais de transport et de distribution

Le carburant raffiné doit ensuite être transporté jusqu'à l'un des 203 dépôts de stockage présents en France métropolitaine, puis dans les cuves de votre station-service. Ces frais réprésentent environ 7,2% du prix à la pompe de l'essence SP95 et 7,6% de celui du gazole. Soit 5 euros pour un plein d'essence sur notre Clio 4, et 5,20 euros pour un plein de diesel.

 

 

Bonne nouvelle : ce prix est relativement bas par rapport à nos voisins européens. Avec 61,4% de part de marché en 2017 selon les chiffres de l'Ufip (document PDF), les grandes et moyennes surfaces se livrent en effet une concurrence féroce en matière de distribution, ce qui pousse les marges à la baisse. "La situation d’autres pays tels que l’Italie et les Pays-Bas est moins concurrentielle et les marges de transport-distribution y sont plus élevées. Cela explique, en partie, des prix à la pompe plus élevés", explique la fondation Connaissance des énergies.

 

 

 

4 - Et plus de 40 euros de taxes

C'est, de loin, la part la plus importante de notre plein de carburant. Les différentes taxes comptaient en effet en mai dernier pour 61,4% du prix de sans-plomb 95, et pour 58,6% du prix du diesel. Soit 43 euros pour notre plein de sans-plomb 95, et 40,14 euros pour celui du diesel.

 

 

 

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Composition du prix d'un plein de sans-plomb 95, selon les prix moyens pratiqués à la pompe le 19 octobre 2018. (FRANCEINFO / DATAWRAPPER)

 

 

 

 

La plus importante taxe que nous payons à la pompe s'appelle la Taxe intérieure sur la consommation de produits énergétiques (TICPE). A la différence d'une taxe comme la TVA, son montant ne se calcule pas à partir du prix initial d'un bien ou service, mais est fixé par litre. Sa part augmente donc mécaniquement lorsque le cours du pétrole baisse : le baril de carburant raffiné est moins cher, mais le montant de la taxe reste le même. Pour lisser la hausse des prix des carburants à la pompe pour le consommateur, le gouvernement Jospin avait adopté le système de la "TIPP [l'ancêtre de la TICPE] flottante" : quand les prix du pétrole augmentaient, la taxe baissait automatiquement, et inversement.

 

 

 

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Composition du prix d'un plein de gazole, selon les prix moyens pratiqués à la pompe le 19 octobre 2018. (FRANCEINFO / DATAWRAPPER)

 

 

 

Autre particularité de la TICPE : son montant varie en fonction du type de carburant. Initialement, le gouvernement avait appliqué une taxe plus incitative pour le diesel que pour l'essence. Mais à partir de 2015, l'exécutif a choisi de faire progressivement converger ces deux fiscalités pour ne plus favoriser le gazole, accusé d'émettre davantage de particules dans l'atmosphère que l'essence. L'accentuation de cette politique figurait dans le programme du candidat Emmanuel Macron : en 2022, le diesel devrait ainsi être davantage taxé que l'essence, selon les chiffres publiés par le ministère de la Transition écologique.

 

 

La TICPE intègre en outre depuis 2014 la fameuse "taxe carbone", qui vise à inciter les ménages et les entreprises à opter pour des solutions plus écologiques. Cette taxe supplémentaire s'applique en fonction de la quantité de CO2 émise dans l'atmosphère par les différents carburants, et doit elle aussi augmenter progressivement jusqu'en 2022. Enfin, les différentes régions de France peuvent localement majorer légèrement (1,77 euro par hectolitre d'essence, et 1,15 euro par hectolitre de gazole) le montant de la TICPE pour s'assurer des financements.

 

 

Reste enfin la TVA de 20%, qui a la particularité pour les carburants de s'appliquer à la fois au prix hors taxe de notre plein, mais aussi au montant de la TICPE, rapporte l'Ufip.

 


07/11/2018
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Franceinfo - le vendredi 26 octobre 2018 - mis à jour le lundi 29 octobre 2018

 

 

"On ne peut plus suivre" : ils sont retraités mais travaillent encore par nécessité économique

 

 

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Auriane GuerithaultfranceinfoFrance Télévisions

 

 

 

Sur les 16 millions de retraités en France, plus de 460 000 continuent d'exercer une activité professionnelle

 

 

 

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En France, 253 000 personnes de plus de 65 ans cumulent un emploi et une retraite pour vivre. (HERO IMAGES / HERO IMAGES)

 

 

 

Comme Jean-Marie, Martine ou Denis, tous interrogés par franceinfo, de nombreux retraités poursuivent une activité professionnelle au-delà de 62 ans, l'âge légal de départ à la retraite. En 2016, selon une étude de la Drees (PDF), ils étaient 463 000 Français à percevoir une pension tout en travaillant. Et parmi eux, 253 000 ont plus de 65 ans. Alors que le gouvernement réfléchit à repousser à 63 ans l'âge de départ à la retraite permettant de toucher une pension complète, franceinfo a demandé à ces sexagénaires – voire septuagénaires – ce qui les poussait (encore) à travailler. Certains n'ont pas le choix, d'autres y trouvent un moyen de garder le même niveau de vie. Témoignages.

 

 

 

Ceux qui ont des fins de mois difficiles 

Après 45 ans de vie professionnelle, dont 25 à l'hôpital en tant qu'infirmière, le coup est dur à encaisser pour Françoise Marti, 63 ans. Cette fonctionnaire à la retraite touche aujourd'hui 1 500 euros, mais elle doit faire face à 1 000 euros de charges fixes. "Heureusement que je suis propriétaire", lâche-t-elle avec ironie. "Ça fait 41 ans que j'habite ici, je m'y plais, dit-elle. Mais financièrement je ne tiendrai pas le coup." Françoise prévoit donc de vendre sa maison, située près de Rouen (Seine-Maritime).

 

 

Je suis bonne pour vivre dans un studio avec le minimum de charge, voilà ce qui m'attend. Françoise Marti, 63 ans à franceinfo

 

 

Au quotidien, Françoise doit déjà faire avec les restrictions. "Je ne mange de la viande qu'une fois par semaine, et encore je l'achète dans la ferme du coin", explique-t-elle. Et cela fait quelques années qu'elle n'a pas renouvelé sa garde-robe : "Avant j'allais dans des dépôts ventes. Maintenant, j'essaye juste de ne plus prendre de kilos", lance-t-elle avec un rire de dépit.

 

 

Pour compléter ses revenus, elle répond donc à des offres ponctuelles sur le réseau social Linkedin. Françoise Marti enchaîne les contrats courts dans le médical. "J'ai donné une formation à Paris sur le thème de la souffrance", illustre-t-elle. Elle vient aussi de candidater pour les vendanges l'année prochaine : "C'est un ancien collègue de travail de 70 ans qui m'a parlé de cette offre. J'irai dans le Maine-et-Loire, il paraît que les conditions sont meilleures pour le dos."

 

 

"Je suis obligée de trouver un complément de salaire urgent ! Un mi-temps serait parfait !" L'annonce de Claudette Frickert, sur le site Seniorsavotreservice.com, qui met en relation des retraités avec des particuliers ou des entreprises qui cherchent des candidats pour des contrats à durée limitée, est explicite. Et à 77 ans, cette ancienne aide-soignante y recherche désespérément depuis deux mois de quoi compléter sa petite retraite.

 

 

Aujourd'hui, son mari et elle perçoivent 2 000 euros par mois. "On ne fait pas d'excès, on ne part pas en vacances", raconte-t-elle.

 

 

Mais, par exemple, avec le prix de l'essence qui augmente sans arrêt, on ne peut plus suivre. Claudette Frickert, 77 ans

 

 

Malgré son âge, Claudette Frickert se dit prête à garder des enfants à son domicile : "J'ai une grande expérience : je suis maman de quatre enfants et quatorze fois grand-mère", fait-elle valoir, pleine d'énergie. Elle veut surtout pouvoir travailler à domicile, pour rester auprès de son mari malade.

 

 

Ceux qui travaillent pour aider leurs proches 

Avec un fils de 19 ans qui vient de commencer des études en ingénierie, Denis, 63 ans, est obligé de continuer à travailler. "Je n'ai pas le droit de l'empêcher de poursuivre sa scolarité", estime ce père soucieux pour l'avenir de son enfant. Même s'il aime son emploi, il utilise aujourd'hui le terme de "sacrifice" en évoquant la poursuite de son activité, ajoutant que "n'importe quel parent le ferait". 

 

 

"C'est la raison principale qui m'a poussé à continuer", explique aussi Hervé Le Penven. Ce père de deux filles, toutes les deux en écoles de commerce, a dû assurer financièrement le coût de leurs études supérieures : 12 000 euros de frais de scolarité par année pour chaque enfant. Il ne se plaint pas pour autant de sa situation, car pour lui, continuer à travailler est "un mix entre plusieurs choses" : "L'argent pour les études des enfants et vouloir garder une activité intellectuelle." 

 

 

Ceux qui veulent maintenir leur niveau de vie

Selon une enquête de la CFDT, 91% des actifs s'attendent à connaître une baisse de niveau de vie une fois l'âge de la retraite atteint. Une situation que refuse Philippe Andres. A 66 ans, ce retraité d'une grande entreprise de télécommunication a choisi de se lancer dans la finance aux Etats-Unis. Installé depuis sept ans à New York, il ne se voyait pas arrêter de travailler. D'autant que la vie est chère dans la "grosse pomme".

 

 

Rester à New York avec comme seule source de revenus ma retraite, ce n'est pas possible. Philippe Andres, 66 ans à franceinfo

 

 

Un exemple : une prise en charge à l'hôpital lui coûterait 4 200 euros la journée. Le chef d'entreprise le regrette : "L'aspect financier est important, même si on a une bonne retraite, c'est un changement de mode de vie."

 

 

Jean-Marie Polard a pris sa retraite en 2016 : "Comme patron, je touchais 2 300 euros net. Aujourd'hui, je touche 1 500 euros de pension." A raison de 30 heures par mois, ce veuf qui vit en Bretagne continue donc de travailler pour l'entreprise qu'il a fondée. Le repreneur lui a proposé de collaborer deux ans de plus pour former la jeune génération. Une formule qui correspondait à ses envies :

 

 

Ça ne me prend pas beaucoup de temps. Et à côté, j'ai mes passions comme l'astronomie. J'ai de quoi m'occuper pendant des années. Jean-Marie Polard à franceinfo

 

 

A l'image du cas du Breton, "la retraite progressive devient de plus en plus fréquente, explique Françoise Kleinbauer, présidente de France retraite, qui accompagne les futurs retraités. C'est un moyen de continuer une activité tout en touchant une partie de sa pension. De plus en plus de personnes sentent qu'elles ont besoin et envie d'avoir une activité professionnelle mais ne veulent plus un temps plein."


06/11/2018
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Franceinfo - le jeudi 25 octobre 2018

 

 

Le chômage a augmenté de 0,5% au troisième trimestre, la plus forte hausse depuis l'élection d'Emmanuel Macron

 

 

 

Ils sont 16 300 chômeurs de catégorie A de plus par rapport au deuxième trimestre 2018

 

 

 

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Un homme entre dans une antenne Pôle emploi à Nantes, le 15 janvier 2018. (LOIC VENANCE / AFP)

 

 

 

Le taux de chômage poursuit sa hausse. Le nombre de demandeurs d'emploi en catégorie A (sans aucune activité) a augmenté de 0,5% (+ 16 300), au troisième trimestre 2018, selon les chiffres publiés par le ministère du Travail, jeudi 25 octobre. Le nombre de personnes exerçant une activité réduite courte (catégorie B) augmente de 2,1% par rapport au trimestre précédent et celui des personnes en activité réduite longue (catégorie C) recule de 0,8%. Au total, le nombre de demandeurs d'emploi des trois catégories augmente de 0,4% sur le troisième trimestre (+21 700) et de 0,6% sur un an.

 

 

En métropole, la hausse concerne toutes les catégories d'âge. La plus forte touche les chômeurs de 50 ans et plus (+0,6% sur le trimestre et +0,2% sur un an). Chez les moins de 25 ans, la hausse est de 0,3% mais la tendance sur un an reste à la baisse (-1%). 

 

 

Comme au trimestre précédent, le chômage de longue durée a plus fortement augmenté : en incluant les demandeurs d'emploi ayant exercé une activité, 2,811 millions étaient inscrits depuis plus d'un an. Un chiffre en hausse de 1,1% sur le trimestre et de 6,4% sur un an. En métropole, le nombre de chômeurs a diminué dans quatre régions et augmenté dans neuf autres (entre -1,6% en Corse et +1,8% en Centre-Val-de-Loire). Outremer, les chiffres varient entre -0,7% en Martinique et +1,9% en Guyane.

 


29/10/2018
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Franceinfo - le vendredi 19 octobre 2018

 

 

Un accord salarial trouvé chez Air France

 

 

Cinq syndicats ont signé l'accord proposé par le directeur général Ben Smith. Il prévoit une hausse de 2% des salaires en 2018 et en 2019

 

 

 

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Un avion au décollage, le 7 août 2018, à l'aéroport Charles-de-Gaulle, à Roissy (Val-d'Oise). (JOEL SAGET / AFP)

 

 

 

Un accord salarial a été trouvé vendredi 19 octobre chez Air France, selon les informations de franceinfo. Cinq syndicats (CFE-CGC, Unsa, CFDT, FO et le Spaf) représentant 76% des voix lors des élections professionnelles ont approuvé les propositions du directeur général Ben Smith, à savoir 2% de hausse des salaires en 2018 et en 2019, après deux jours de négociations. Seuls la CGT et le SNPL ont refusé de signer l'accord.

 

 

15 journées de grève au mois de mai

Jusqu'ici, l'intersyndicale à laquelle appartient le SNPL réclamait un rattrapage des salaires de 5,1% pour compenser l'inflation sur les années 2012-2017, période de gel des grilles salariales. C'est cette revendication qui a conduit à 15 journées de grève entre février et mai, pour un coût estimé à 335 millions d'euros par la direction. Le durcissement du conflit avait débouché sur la démission en mai de Jean-Marc Janaillac, désavoué par le personnel lors d'une consultation sur un accord à l'initiative de la direction.

 

 

Au point mort pendant plus de quatre mois, le dialogue  a repris début octobre sous l'impulsion du nouveau directeur général du groupe franco-néerlandais, Ben Smith.

 


23/10/2018
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Franceinfo - le lundi 8 octobre 2018

 

 

Prix Nobel d'économie : deux Américains récompensés pour leurs travaux sur le réchauffement climatique et les innovations technologiques

 

 

Créé en 1968, le "prix de la Banque de Suède en sciences économiques en mémoire d'Alfred Nobel" est la récompense la plus prestigieuse pour un chercheur en économie

 

 

 

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L'économiste Paul Romer, le 21 avril 2017, à Washington (Etats-Unis). (YORICK JANSENS / BELGA MAG / AFP)

 

 

 

Le prix Nobel d'économie a été attribué, lundi 8 octobre, aux chercheurs américains William Nordhaus et Paul Romer. Le premier, professeur à l'université de Yale, est récompensé pour ses travaux "intégrant le changement climatique dans les analyses macroéconomiques de long terme". Le second, ancien économiste en chef de la Banque mondiale et enseignant à l'université de New York, est salué pour ses recherches "intégrant les innovations technologiques dans les analyses macroéconomiques de long terme".

 

 

Les deux lauréats "ont mis au point des méthodes qui répondent à des défis parmi les plus fondamentaux et pressants de notre temps : conjuguer croissance durable à long terme de l'économie mondiale et bien-être de la population de la planète", a indiqué l'Académie royale des sciences. Ils se partageront le prix de 9 millions de couronnes (environ 860 000 euros).

 


16/10/2018
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Franceinfo - le mardi 25 septembre 2018

 

 

Budget : la Sécurité sociale dégagera un excédent de 700 millions d'euros en 2019, une première depuis dix-huit ans

 

 

Le gouvernement prévoit également d'importantes économies sur l'Assurance-maladie, les retraites et les allocations familiales

 

 

 

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La Sécurité sociale sera en excédent de 700 millions d'euros en 2019, selon le budget présenté mardi 25 septembre 2018 par le gouvernement.  (FRANCK FIFE / AFP)

 

 

 

C'est une première depuis 2001. La Sécurité sociale dégagera un excédent de 700 millions d'euros en 2019, selon le budget présenté mardi 25 septembre par le gouvernement. Ce dernier prévoit également d'importantes économies sur l'Assurance-maladie, les retraites et les allocations familiales.

 

 

Les pensions de base versées par l'Assurance-vieillesse et les prestations familiales seront revalorisées de 0,3% en 2019, alors que l'inflation est attendue à 1,6% cette année, ce qui équivaut à une économie de 1,8 milliard d'euros pour la Sécu. S'y ajoutent 3,8 milliards de maîtrise des dépenses du côté de l'Assurance-maladie, un montant proche des années précédentes.

 

 

Sans ces "mesures nouvelles", le déficit aurait plongé à 3 milliards d'euros l'an prochain, selon la Commission des comptes de la Sécurité sociale. Le solde final inclura en outre un manque à gagner de 2 milliards d'euros, correspondant à de nouvelles exonérations de cotisations que l'Etat ne compensera pas financièrement : heures supplémentaires exonérées de cotisations sociales, suppression du "forfait social" sur l'intéressement dans les PME ou encore "correction" de la hausse de la CSG pour les retraités modestes.

 


27/09/2018
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Franceinfo - le dimanche 23 septembre 2018

 

 

Budget 2019 : le gouvernement annonce 6 milliards de baisse d'impôts pour les ménages (mais le chiffre est déjà contesté)

 

 

Le ministère de l'Economie et celui du Budget communiquent ce lundi sur une baisse "massive" des impôts. Un contre-calcul de l'OFCE évoque de son côté un chiffre deux fois plus faible

 

 

 

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Le gouvernement annonce plusieurs mesures menant à des baisse d'impôts. (MARKUS SCHOLZ / DPA)

 

 

Six milliards d'euros. C'est le montant de baisses d'impôts que prévoit le gouvernement dans le budget 2019, comme l'indique le projet de loi de finances pour 2019, diffusé lundi 24 septembre. "Il n'y a pas eu de baisses d'impôts de cette ampleur depuis au moins dix ans en France", assure une source gouvernementale citée par Les Echos. Franceinfo vous explique comment le gouvernement arrive à ce chiffre que certains jugent "gonflé".

 

 

Les baisses pour les ménages

 

La taxe d'habitation : 3,8 milliards d'euros. La poursuite de la suppression de cette taxe est l'une des principales baisses comptabilisées par le gouvernement. Est ainsi supprimée la deuxième tranche de cette taxe, pour 80% des contribuables.

 

 

La suppression des cotisations salariales pour les actifs : 4,1 milliards d'euros. Le gouvernement table également sur le plein effet de la suppression des cotisations salariales à l’assurance chômage et à l’assurance maladie pour les actifs. Il les "a basculées sur la contribution sociale généralisée (CSG), afin de mettre à contribution l’ensemble des revenus", détaille le projet de loi de finances 2019. Mise en place en 2018, la mesure "permet un gain net de pouvoir d’achat équivalent à 1,45 % de salaire brut pour l’ensemble des salariés du privé, soit environ 266 euros pour un salaire de 1 500 euros brut par mois", assure le gouvernement, qui insiste sur sa volonté d'"encourager et valoriser le travail".

 

 

Le geste sur la CSG pour 300 000 retraités : 300 millions d'euros. Le coup de pouce annoncé jeudi 20 septembre par Edouard Philippe fait également partie du calcul. Près de 300 000 foyers fiscaux de personnes retraitées n'auront pas à payer l'augmentation de la CSG à partir du 1er janvier 2019.

 

 

L'exonération de cotisation sur les heures supplémentaires : 600 millions d'euros. Cette exonération concerne tous les salariés, du public comme du privé et concernera toutes les heures supplémentaires travaillées à compter du 1er septembre 2019. "Le gouvernement souhaite que ceux qui travaillent perçoivent une rémunération juste et incitative au regard de leurs efforts", défend-il dans son projet de loi de finances. Il estime que huit millions de salariés pourraient bénéficier de cette mesure et qu'elle se traduira par un gain de pouvoir d'achat moyen de 200 euros par an et par salarié. Double objectif pour le gouvernement : augmenter le pouvoir d'achat des actifs et inciter les salariés à augmenter leur durée de travail. 

 

 

La continuité du prélèvement forfaitaire unique : 300 millions d'euros. La réforme de la fiscalité du capital ("flat tax") mise en place début 2018 va continuer de produire ses effets. Le gouvernement estime ainsi qu'il contribuera à hauteur de 300 millions d'euros à la baisse des impôts en 2019.

 

 

Les augmentations pour les ménages

 

L'augmentation des taxes sur l'énergie : 1,9 milliard d'euros. Ce chiffre concerne principalement la hausse des prix des carburants, via la contribution climat-énergie. Plus précisément : "Les tarifs réduits de taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques dont bénéficient certains carburants polluants qui alimentent des moteurs autres que ceux utilisés pour la propulsion des véhicules sur route (gazole non routier, ou GNR) seront supprimés, tout en tenant compte de la situation particulière des exploitants agricoles et des entreprises ferroviaires", décrit le projet de loi de finances. Le gouvernement défend sa mesure, affirmant que ces tarifs réduits "sont en contradiction avec nos objectifs environnementaux", leur suppression soutenant ainsi "les comportements vertueux et pénaliser les produits polluants".

 

 

L'augmentation des taxes sur les cigarettes : 400 millions d'euros. Cette somme est calculée en tenant compte de la baisse de la consommation engendrée par la hausse régulière du prix du paquet de cigarettes.

 

 

La baisse du crédit d'impôt sur la transition écologique (CITE) : 800 millions d'euros. Jugé coûteux et peu efficace, ce crédit qui permettait notamment de financer l'isolation d'un logement, va être "recentré à la baisse", indiquent Les Echos. Au final, cela représentera pour les ménages qui l'utilisaient une augmentation du coût des travaux d'isolation.

 

 

L'addition

 

Près de six milliards d'euros, selon le gouvernement. Si l'on soustrait les hausses communiquées par le gouvernement, on obtient bien ces six milliards de baisse nette.

 

 

3,5 milliards d'euros selon l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE). Ce think-tank classé à gauche a lui aussi fait marcher sa calculatrice. Son calcul, jugé "plus complet" par le quotidien économique, inclut d'autres mesures sur les minima sociaux (pensions, APL, allocations familiales). Les gains sont au final bien plus limités que ceux annoncés par le gouvernement : 3,5 milliards d'euros.

 


27/09/2018
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Franceinfo - le jeudi 6 septembre 2018

 

 

Les dix principales mesures du projet de loi Pacte, qui vise à "donner aux entreprises les moyens de croître"

 

 

L'examen par les parlementaires de ce texte tentaculaire, destiné à rendre l'économie française "plus compétitive", a commencé cette semaine

 

 

 

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Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire à l'Elysée, à Paris, le 31 août 2018. (STEPHANE DE SAKUTIN / AFP)

 

 

 

C'est le premier gros dossier de l'année pour les députés. L'examen du projet de loi Pacte (Plan d'action pour la croissance et la transformation des entreprises) a débuté mercredi 5 septembre à l'Assemblée nationale. "La loi Pacte va donner aux entreprises les moyens de croître et à notre économie, de prospérer", assure le ministre de l'Economie Bruno Le Maire, dans un entretien au Figaro. Comment ? Le texte comporte 73 articles, qui portent sur des sujets divers, rapporte Le Monde. Assouplissement de l'épargne retraite, suppression de certains seuils fiscaux et sociaux, simplification de l'intéressement et de la participation... Voici dix des principales mesures connues de ce projet de loi tentaculaire.

 

 

L'intéressement et la participation encouragés

 

"Les salariés doivent toucher les fruits de leurs efforts", assure Bruno Le Maire au Figaro. Pour "mieux récompenser" les employés, la loi Pacte prévoit de simplifier les dispositifs d'intéressement et de participation, qui permettent aux salariés de bénéficier des profits de leur entreprise quand elle se porte bien. Le "forfait social" de 20% sera ainsi supprimé pour les entreprises de 0 à 250 salariés en ce qui concerne l'intéressement, et pour les entreprises de 0 à 50 salariés en ce qui concerne la participation. 

 

 

Les sociétés seront ainsi incitées à partager leurs profits avec les employés. "Toutes les entreprises pourront télécharger un formulaire type leur permettant de signer, dès janvier 2019, un accord d'intéressement avec leurs salariés", précise Bruno Le Maire. Grâce à ce levier, le ministre espère "doubler le nombre de salariés qui bénéficient d'un accord d'intéressement dans les TPE et PME" d'ici 2022.

 

 

La création, la transmission et la liquidation d'entreprise facilitées

 

Bruno Le Maire tient à simplifier l'activité des entrepreneurs. Plusieurs mesures sont prévues en ce sens dans le projet de loi Pacte. Les artisans et micro-entrepreneurs ne seront plus contraints de suivre un stage de préparation à l'installation, d'une durée de 30 heures, avant de pouvoir créer leur entreprise et s'immatriculer au répertoire des métiers. L'obligation d'ouvrir "un compte bancaire consacré à leur activité pour les micro-entrepreneurs réalisant un chiffre d’affaires annuel inférieur à 5 000 euros" sera également supprimée, selon Le Monde.

 

 

D'ici janvier 2021, un guichet unique en ligne sera en outre créé afin d'accompagner toutes les sociétés dans leurs démarches administratives, notamment dans le cas d'une création d'entreprise. Il devrait permettre aux entrepreneurs d'éviter de se perdre entre les différents sites et interlocuteurs, dont les Centres de formalités des entreprises (CFE).

 

 

Pour assurer la pérennité des sociétés, le pacte Dutreil, qui prévoit des avantages fiscaux pour faciliter la transmission d'une entreprise à ses enfants, sera assoupli. La loi Pacte facilitera également la reprise d'une entreprise par les salariés, précise La Tribune.

 

 

Enfin, en cas de faillite, la liquidation judiciaire simplifiée sera généralisée pour les entreprises de moins de cinq salariés et réalisant moins de 750 000 euros de chiffre d'affaires. "Celle-ci est aujourd'hui réservée aux sociétés qui n'emploient pas plus d'un salarié, affichent moins de 300 000 euros de chiffres d'affaires et ne détiennent aucun bien immobilier", précise Le Monde.

 

 

Certains seuils sociaux et fiscaux supprimés

La mesure la plus attendue par les patrons concerne la simplification des "seuils" à partir desquels les entreprises se voient imposer des obligations fiscales et sociales. Elles doivent par exemple, à partir de 20 salariés, cotiser au Fonds national d'aide au logement, qui permet de soutenir la construction. Le projet de loi Pacte prévoit de supprimer cette limite et de n'appliquer la plupart des obligations qu'à partir de 50 salariés, sauf pour celles liées aux employés en situation de handicap. Cette mesure se traduirait par une économie de près de 500 millions d'euros pour les entreprises.

 

 

Le texte prévoit en outre que "la mise en place d'un local syndical commun ou la communication aux actionnaires des rémunérations les plus élevées ne s'appliqueront plus aux entreprises de plus de 200 salariés mais à celles qui en comptent au moins 250", selon Le Monde.

 

 

"Les entreprises auront désormais cinq ans pour s'adapter avant d'appliquer les obligations liées au franchissement d'un seuil, ajoute Bruno Le Maire, dans son entretien au Figaro. Elles pourront continuer à investir et embaucher, avec toute la souplesse nécessaire en cas de retournement de conjoncture." En clair, les entreprises devront avoir dépassé les seuils de 10, 50 ou 250 salariés pendant cinq années consécutives avant de devoir respecter les obligations sociales et financières associées à ces seuils.

 

 

La définition de l'entreprise modifiée

 

Le texte prévoit de modifier la définition de l'entreprise dans l'article 1833 du Code civil, afin de rappeler qu'elle a également un rôle social et environnemental dont elle doit tenir compte. "L'entreprise ne peut plus se résumer à la seule recherche de profits", justifie Bruno Le Maire dans les pages du Figaro. L'article 1835 doit également être modifié, pour permettre aux entreprises d'ajouter une "raison d'être" dans leur objet social, "dont la définition serait laissée à la discrétion de [celles] qui le souhaitent", précisent Les Echos.

 

 

Cette décision, hautement symbolique, a provoqué de vifs débats. Juristes et organisations redoutent que la réécriture du Code civil ne multiplient les contentieux. Cette mesure pourrait, selon eux, pousser des ONG, des élus ou des clients à se retourner contre les entreprises "au motif que l'activité de l'entreprise est dommageable à l'environnement ou à la société", détaillent Les Echos

 

 

La Française des jeux et le groupe ADP privatisés

 

La loi Pacte va lever les contraintes légales qui obligent l'Etat à détenir la majorité des parts du groupe ADP (anciennement Aéroports de Paris), le tiers du capital ou des droits de vote d'Engie, et qui figent la détention publique de la Française des jeux (FDJ). L'exécutif se prépare ainsi à des cessions d'actifs dans ces trois entreprises. Pour ADP, l'Etat accordera une concession sur une période de soixante-dix ans, mais conservera "la propriété de tous les actifs, dont le foncier", expliquent Les Echos. 

 

 

Le ministère assure toutefois que des garde-fous ont été prévus pour éviter que ces privatisations ne mettent en péril les intérêts de l'Etat. Le niveau des redevances aéroportuaires sera ainsi encadré, tandis qu'une "autorité indépendante" sera chargée de réguler le secteur des jeux.

 

 

Ces cessions d'actifs devraient rapporter à l'Etat 15 milliards d'euros, qui alimenteront un fonds pour l'innovation et l'industrie créé par Emmanuel Macron. Selon Les Echos, les privatisations "ont aussi vocation à relancer l'actionnariat populaire, qui a fortement baissé en France depuis 2007".

 

 

Le nombre de salariés dans les conseils d'administration revu à la hausse

 

Le projet de loi Pacte accède à une revendication de longue date de la CFDT en imposant aux entreprises ayant un conseil d'administration (y compris les mutuelles) d'avoir deux administrateurs salariés à partir de huit administrateurs. Jusqu'ici, "les entreprises de moins de 1 000 salariés ont un conseil d'administration composé de huit à douze membres, dont un seul doit être un salarié", souligne Le JDD. Le journal rappelle que ce conseil "nomme les dirigeants exécutifs d'une entreprise, vérifie et évalue son action, ainsi que la bonne santé financière de la société"

 

 

L'épargne retraite plus accessible

 

Le fonctionnement de l'épargne retraite va également être modifié. Un "produit unique, composé de plusieurs compartiments" va être mis en place, explique Le Monde. Le but est de "rassembler toutes les sommes consacrées à cet objectif, ce qui en facilitera la gestion et la lisibilité", et donc de promouvoir ce produit financier, qui représente aujourd'hui à peine 200 milliards d'euros d'encours, contre 1 700 milliards pour l'assurance-vie.

 

 

Si la loi est adoptée, il sera ainsi possible de transférer entre eux les principaux produits d'épargne retraite (Perp individuel, Perco collectif, contrats Madelin...), quel que soit le parcours professionnel du particulier. L'épargnant, une fois à la retraite, pourra choisir de retirer son argent en une fois, alors qu'il lui est aujourd'hui le plus souvent versé sous forme de rente, avec un revenu régulier assuré jusqu'à sa mort.

 

 

Les investissements étrangers plus encadrés

 

Le décret permettant à l'Etat de contrôler les investissements étrangers en France (IEF) va être "renforcé significativement" pour protéger les entreprises françaises jugées stratégiques. La liste des secteurs nécessitant une procédure d'autorisation préalable avant un rachat par un investisseur international incluera notamment le stockage de données numériques, la robotique, l'espace et l'intelligence artificielle. 

 

 

Bercy va en outre disposer d'un éventail élargi de sanctions en cas de non-respect de la réglementation, rapporte Le Monde"Le ministre aura le pouvoir de demander la cession des activités sensibles, le respect des conditions initiales ou de nouvelles conditions qu'il fixe pour pallier le manquement constaté", poursuit le quotidien. Il pourra aussi prononcer des amendes allant jusqu'au "double du montant de l'investissement irrégulier, 10% du montant du chiffre d'affaires annuel de la société cible, 1 million d'euros pour les personnes physiques et 5 millions d'euros pour les personnes morales".

 

 

La loi Pacte facilitera enfin l'introduction d'actions spécifiques, afin de permettre à l'Etat de défendre les entreprises jugées stratégiques. Ces "golden shares" permettent par exemple à l'Etat "tout en réduisant sa part du capital, de conserver des pouvoirs particuliers", indique Le Monde.

 

 

Les obligations comptables allégées

 

Le texte prévoit de relever les seuils à partir desquels les sociétés doivent nommer un commissaire aux comptes pour faire certifier leur bilan. Actuellement, l'audit est obligatoire dès le premier euro pour les sociétés anonymes (SA) et à partir de 3,1 millions d'euros de chiffre d'affaires pour les sociétés à responsabilité limitée (SARL). Avec la loi Pacte, le gouvernement va relever ces seuils au niveau des règles européennes, soit huit millions d'euros de chiffre d'affaires et plus de 50 salariés.

 

 

Cette mesure permettra d'exempter les petites entreprises de cette obligation comptable jugée coûteuse (5 500 euros en moyenne pour les PME). Elle fera en revanche perdre 620 millions de chiffre d'affaires aux commissaires aux comptes, notent Les Echos.

 

 

Une certification facultative pour les cryptomonnaies

 

Bercy prévoit de créer un nouveau cadre pour les levées de fonds en cryptomonnaie, dites ICO ("Initial coin offerings"). Elles consistent, pour une entreprise, à émettre des "jetons" numériques – fondés, comme le bitcoin, sur la technologie blockchain – pour se financer, durant la phase de démarrage d'un projet. Les entreprises qui le souhaitent pourront bénéficier d'une certification par l'Autorité des marchés financiers (AMF), si elles respectent certaines règles. Cette démarche restera facultative.

 


06/09/2018
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Franceinfo - le lundi 20 août 2018

 

 

Actionnaires : des rémunérations record

 

 

La rémunération des actionnaires des entreprises dans le monde s'est envolée en 2018

 

 

 

C'est un record dont profitent les actionnaires du monde entier. Jamais les entreprises n'ont distribué autant de dividendes qu'au deuxième trimestre 2018 : 497,4 milliards de dollars. En un an, ce chiffre a progressé de 12,9 %. Signe que l'économie mondiale se porte bien selon une récente étude, confirmation aussi que la reprise a concerné presque toutes les régions du monde. En Europe, il y a eu des records de versement de dividendes en France, en Allemagne, en Suisse, aux Pays-Bas ou en Belgique.

 

 

La France championne d'Europe

 

Championnes d'Europe, les entreprises françaises ont distribué 50,9 milliards, soit un dixième du total mondial, une progression de 23,5 % par rapport à 2017. Parmi les principaux payeurs, l'assureur Axa, le pétrolier Total et la banque BNP Paribas. Seules deux entreprises françaises parmi celles situées dans l'étude ont réduit leurs dividendes (EDF et Engie). Au niveau mondial, la palme des secteurs qui progressent le plus rapidement revient à l'industrie minière, la technologie et l'énergie.

 


24/08/2018
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