L'AIR DU TEMPS

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Franceinfo - le jeudi 6 septembre 2018

 

 

Les dix principales mesures du projet de loi Pacte, qui vise à "donner aux entreprises les moyens de croître"

 

 

L'examen par les parlementaires de ce texte tentaculaire, destiné à rendre l'économie française "plus compétitive", a commencé cette semaine

 

 

 

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Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire à l'Elysée, à Paris, le 31 août 2018. (STEPHANE DE SAKUTIN / AFP)

 

 

 

C'est le premier gros dossier de l'année pour les députés. L'examen du projet de loi Pacte (Plan d'action pour la croissance et la transformation des entreprises) a débuté mercredi 5 septembre à l'Assemblée nationale. "La loi Pacte va donner aux entreprises les moyens de croître et à notre économie, de prospérer", assure le ministre de l'Economie Bruno Le Maire, dans un entretien au Figaro. Comment ? Le texte comporte 73 articles, qui portent sur des sujets divers, rapporte Le Monde. Assouplissement de l'épargne retraite, suppression de certains seuils fiscaux et sociaux, simplification de l'intéressement et de la participation... Voici dix des principales mesures connues de ce projet de loi tentaculaire.

 

 

L'intéressement et la participation encouragés

 

"Les salariés doivent toucher les fruits de leurs efforts", assure Bruno Le Maire au Figaro. Pour "mieux récompenser" les employés, la loi Pacte prévoit de simplifier les dispositifs d'intéressement et de participation, qui permettent aux salariés de bénéficier des profits de leur entreprise quand elle se porte bien. Le "forfait social" de 20% sera ainsi supprimé pour les entreprises de 0 à 250 salariés en ce qui concerne l'intéressement, et pour les entreprises de 0 à 50 salariés en ce qui concerne la participation. 

 

 

Les sociétés seront ainsi incitées à partager leurs profits avec les employés. "Toutes les entreprises pourront télécharger un formulaire type leur permettant de signer, dès janvier 2019, un accord d'intéressement avec leurs salariés", précise Bruno Le Maire. Grâce à ce levier, le ministre espère "doubler le nombre de salariés qui bénéficient d'un accord d'intéressement dans les TPE et PME" d'ici 2022.

 

 

La création, la transmission et la liquidation d'entreprise facilitées

 

Bruno Le Maire tient à simplifier l'activité des entrepreneurs. Plusieurs mesures sont prévues en ce sens dans le projet de loi Pacte. Les artisans et micro-entrepreneurs ne seront plus contraints de suivre un stage de préparation à l'installation, d'une durée de 30 heures, avant de pouvoir créer leur entreprise et s'immatriculer au répertoire des métiers. L'obligation d'ouvrir "un compte bancaire consacré à leur activité pour les micro-entrepreneurs réalisant un chiffre d’affaires annuel inférieur à 5 000 euros" sera également supprimée, selon Le Monde.

 

 

D'ici janvier 2021, un guichet unique en ligne sera en outre créé afin d'accompagner toutes les sociétés dans leurs démarches administratives, notamment dans le cas d'une création d'entreprise. Il devrait permettre aux entrepreneurs d'éviter de se perdre entre les différents sites et interlocuteurs, dont les Centres de formalités des entreprises (CFE).

 

 

Pour assurer la pérennité des sociétés, le pacte Dutreil, qui prévoit des avantages fiscaux pour faciliter la transmission d'une entreprise à ses enfants, sera assoupli. La loi Pacte facilitera également la reprise d'une entreprise par les salariés, précise La Tribune.

 

 

Enfin, en cas de faillite, la liquidation judiciaire simplifiée sera généralisée pour les entreprises de moins de cinq salariés et réalisant moins de 750 000 euros de chiffre d'affaires. "Celle-ci est aujourd'hui réservée aux sociétés qui n'emploient pas plus d'un salarié, affichent moins de 300 000 euros de chiffres d'affaires et ne détiennent aucun bien immobilier", précise Le Monde.

 

 

Certains seuils sociaux et fiscaux supprimés

La mesure la plus attendue par les patrons concerne la simplification des "seuils" à partir desquels les entreprises se voient imposer des obligations fiscales et sociales. Elles doivent par exemple, à partir de 20 salariés, cotiser au Fonds national d'aide au logement, qui permet de soutenir la construction. Le projet de loi Pacte prévoit de supprimer cette limite et de n'appliquer la plupart des obligations qu'à partir de 50 salariés, sauf pour celles liées aux employés en situation de handicap. Cette mesure se traduirait par une économie de près de 500 millions d'euros pour les entreprises.

 

 

Le texte prévoit en outre que "la mise en place d'un local syndical commun ou la communication aux actionnaires des rémunérations les plus élevées ne s'appliqueront plus aux entreprises de plus de 200 salariés mais à celles qui en comptent au moins 250", selon Le Monde.

 

 

"Les entreprises auront désormais cinq ans pour s'adapter avant d'appliquer les obligations liées au franchissement d'un seuil, ajoute Bruno Le Maire, dans son entretien au Figaro. Elles pourront continuer à investir et embaucher, avec toute la souplesse nécessaire en cas de retournement de conjoncture." En clair, les entreprises devront avoir dépassé les seuils de 10, 50 ou 250 salariés pendant cinq années consécutives avant de devoir respecter les obligations sociales et financières associées à ces seuils.

 

 

La définition de l'entreprise modifiée

 

Le texte prévoit de modifier la définition de l'entreprise dans l'article 1833 du Code civil, afin de rappeler qu'elle a également un rôle social et environnemental dont elle doit tenir compte. "L'entreprise ne peut plus se résumer à la seule recherche de profits", justifie Bruno Le Maire dans les pages du Figaro. L'article 1835 doit également être modifié, pour permettre aux entreprises d'ajouter une "raison d'être" dans leur objet social, "dont la définition serait laissée à la discrétion de [celles] qui le souhaitent", précisent Les Echos.

 

 

Cette décision, hautement symbolique, a provoqué de vifs débats. Juristes et organisations redoutent que la réécriture du Code civil ne multiplient les contentieux. Cette mesure pourrait, selon eux, pousser des ONG, des élus ou des clients à se retourner contre les entreprises "au motif que l'activité de l'entreprise est dommageable à l'environnement ou à la société", détaillent Les Echos

 

 

La Française des jeux et le groupe ADP privatisés

 

La loi Pacte va lever les contraintes légales qui obligent l'Etat à détenir la majorité des parts du groupe ADP (anciennement Aéroports de Paris), le tiers du capital ou des droits de vote d'Engie, et qui figent la détention publique de la Française des jeux (FDJ). L'exécutif se prépare ainsi à des cessions d'actifs dans ces trois entreprises. Pour ADP, l'Etat accordera une concession sur une période de soixante-dix ans, mais conservera "la propriété de tous les actifs, dont le foncier", expliquent Les Echos. 

 

 

Le ministère assure toutefois que des garde-fous ont été prévus pour éviter que ces privatisations ne mettent en péril les intérêts de l'Etat. Le niveau des redevances aéroportuaires sera ainsi encadré, tandis qu'une "autorité indépendante" sera chargée de réguler le secteur des jeux.

 

 

Ces cessions d'actifs devraient rapporter à l'Etat 15 milliards d'euros, qui alimenteront un fonds pour l'innovation et l'industrie créé par Emmanuel Macron. Selon Les Echos, les privatisations "ont aussi vocation à relancer l'actionnariat populaire, qui a fortement baissé en France depuis 2007".

 

 

Le nombre de salariés dans les conseils d'administration revu à la hausse

 

Le projet de loi Pacte accède à une revendication de longue date de la CFDT en imposant aux entreprises ayant un conseil d'administration (y compris les mutuelles) d'avoir deux administrateurs salariés à partir de huit administrateurs. Jusqu'ici, "les entreprises de moins de 1 000 salariés ont un conseil d'administration composé de huit à douze membres, dont un seul doit être un salarié", souligne Le JDD. Le journal rappelle que ce conseil "nomme les dirigeants exécutifs d'une entreprise, vérifie et évalue son action, ainsi que la bonne santé financière de la société"

 

 

L'épargne retraite plus accessible

 

Le fonctionnement de l'épargne retraite va également être modifié. Un "produit unique, composé de plusieurs compartiments" va être mis en place, explique Le Monde. Le but est de "rassembler toutes les sommes consacrées à cet objectif, ce qui en facilitera la gestion et la lisibilité", et donc de promouvoir ce produit financier, qui représente aujourd'hui à peine 200 milliards d'euros d'encours, contre 1 700 milliards pour l'assurance-vie.

 

 

Si la loi est adoptée, il sera ainsi possible de transférer entre eux les principaux produits d'épargne retraite (Perp individuel, Perco collectif, contrats Madelin...), quel que soit le parcours professionnel du particulier. L'épargnant, une fois à la retraite, pourra choisir de retirer son argent en une fois, alors qu'il lui est aujourd'hui le plus souvent versé sous forme de rente, avec un revenu régulier assuré jusqu'à sa mort.

 

 

Les investissements étrangers plus encadrés

 

Le décret permettant à l'Etat de contrôler les investissements étrangers en France (IEF) va être "renforcé significativement" pour protéger les entreprises françaises jugées stratégiques. La liste des secteurs nécessitant une procédure d'autorisation préalable avant un rachat par un investisseur international incluera notamment le stockage de données numériques, la robotique, l'espace et l'intelligence artificielle. 

 

 

Bercy va en outre disposer d'un éventail élargi de sanctions en cas de non-respect de la réglementation, rapporte Le Monde"Le ministre aura le pouvoir de demander la cession des activités sensibles, le respect des conditions initiales ou de nouvelles conditions qu'il fixe pour pallier le manquement constaté", poursuit le quotidien. Il pourra aussi prononcer des amendes allant jusqu'au "double du montant de l'investissement irrégulier, 10% du montant du chiffre d'affaires annuel de la société cible, 1 million d'euros pour les personnes physiques et 5 millions d'euros pour les personnes morales".

 

 

La loi Pacte facilitera enfin l'introduction d'actions spécifiques, afin de permettre à l'Etat de défendre les entreprises jugées stratégiques. Ces "golden shares" permettent par exemple à l'Etat "tout en réduisant sa part du capital, de conserver des pouvoirs particuliers", indique Le Monde.

 

 

Les obligations comptables allégées

 

Le texte prévoit de relever les seuils à partir desquels les sociétés doivent nommer un commissaire aux comptes pour faire certifier leur bilan. Actuellement, l'audit est obligatoire dès le premier euro pour les sociétés anonymes (SA) et à partir de 3,1 millions d'euros de chiffre d'affaires pour les sociétés à responsabilité limitée (SARL). Avec la loi Pacte, le gouvernement va relever ces seuils au niveau des règles européennes, soit huit millions d'euros de chiffre d'affaires et plus de 50 salariés.

 

 

Cette mesure permettra d'exempter les petites entreprises de cette obligation comptable jugée coûteuse (5 500 euros en moyenne pour les PME). Elle fera en revanche perdre 620 millions de chiffre d'affaires aux commissaires aux comptes, notent Les Echos.

 

 

Une certification facultative pour les cryptomonnaies

 

Bercy prévoit de créer un nouveau cadre pour les levées de fonds en cryptomonnaie, dites ICO ("Initial coin offerings"). Elles consistent, pour une entreprise, à émettre des "jetons" numériques – fondés, comme le bitcoin, sur la technologie blockchain – pour se financer, durant la phase de démarrage d'un projet. Les entreprises qui le souhaitent pourront bénéficier d'une certification par l'Autorité des marchés financiers (AMF), si elles respectent certaines règles. Cette démarche restera facultative.

 


06/09/2018
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Franceinfo - le lundi 20 août 2018

 

 

Actionnaires : des rémunérations record

 

 

La rémunération des actionnaires des entreprises dans le monde s'est envolée en 2018

 

 

 

C'est un record dont profitent les actionnaires du monde entier. Jamais les entreprises n'ont distribué autant de dividendes qu'au deuxième trimestre 2018 : 497,4 milliards de dollars. En un an, ce chiffre a progressé de 12,9 %. Signe que l'économie mondiale se porte bien selon une récente étude, confirmation aussi que la reprise a concerné presque toutes les régions du monde. En Europe, il y a eu des records de versement de dividendes en France, en Allemagne, en Suisse, aux Pays-Bas ou en Belgique.

 

 

La France championne d'Europe

 

Championnes d'Europe, les entreprises françaises ont distribué 50,9 milliards, soit un dixième du total mondial, une progression de 23,5 % par rapport à 2017. Parmi les principaux payeurs, l'assureur Axa, le pétrolier Total et la banque BNP Paribas. Seules deux entreprises françaises parmi celles situées dans l'étude ont réduit leurs dividendes (EDF et Engie). Au niveau mondial, la palme des secteurs qui progressent le plus rapidement revient à l'industrie minière, la technologie et l'énergie.

 


24/08/2018
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Franceinfo - le samedi 18 août 2018

 

 

Rémunération, nationalité... Pourquoi la nomination du nouveau patron d'Air France provoque déjà des turbulences

 

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Mahaut LandazfranceinfoFrance Télévisions
 

 

 

Le Canadien Benjamin Smith a été nommé, hier, à la tête du groupe français. Ce qui provoque une nouvelle levée de boucliers dans une entreprise déjà marquée cette année par de nombreux mouvements sociaux

 

 

 

Il est loin de faire l'unanimité. Le Canadien Benjamin Smith, ancien numéro deux d'Air Canada, a été nommé au poste de directeur général d'Air France-KLM par le conseil d'administration du groupe aéronautique, jeudi 16 août. Mais alors qu'Air France-KLM était privé de dirigeant depuis trois mois, l'arrivée du nouveau patron fait déjà grincer des dents, tant du côté des syndicats que de certains députés français. Voici ce qui lui est déjà reproché. 

 

 

Sa rémunération est jugée trop élevée 

 

Alors qu'Air France-KLM a connu un coûteux mouvement social en 2018 – 335 millions d'euros de pertes – et multiplié les plans de départs volontaires ces dernières années, la rémunération de Benjamin Smith allait forcément être scrutée. Or elle pourrait bondir, atteignant un montant maximum de 4,25 millions d'euros par an s'il atteint ses objectifs, a indiqué une source proche du dossier citée par l'AFP. Dans tous les cas, la part fixe du nouveau patron devrait s'élever à 900 000 euros par an. À titre de comparaison, celle de son prédécesseur, Jean-Marc Janaillac, était de 600 000 euros en 2017, soit 30% de moins. Et ce dernier a touché 1,12 million d'euros en 2017, soit trois fois moins que ce qui pourrait être versé à Benjamin Smith. 

 

 

Pour plusieurs députés, ce montant a du mal à passer. "Annoncer un salaire aussi important alors qu'une des problématiques d'Air France est justement le caractère trop important des salaires, c'est un très mauvais signal", estime le député Bertrand Pancher (UDI), interrogé par franceinfo. Et de souligner que la rémunération fixe de Guillaume Pepy, le patron de la SNCF, est deux fois inférieure, avec 450 000 euros par an. 

 

 

Le rôle de l'Etat, c'est de modérer ces courses aux rémunérations, à cet argent qui rend fou.Bertrand Pancher à franceinfo

 

 

"Il faut revenir sur ce salaire mirobolant", a également critiqué le porte-parole du PCF Olivier Dartigolles sur LCI. Du côté des syndicats, ça bloque aussi. "On triple le salaire du nouveau PDG alors que les salariés, qui demandent un rattrapage des salaires, gelés depuis six ans, ne sont pas entendus par la direction", a dénoncé sur franceinfo Vincent Salles, co-secrétaire général du syndicat CGT-Air France. Mais pour Aurélien Taché, député LREM du Val-d'Oise, si "le conseil d'administration a validé ce salaire, c'est qu'il pense certainement que la compétence et l'expérience de Benjamin Smith le justifie". 

 

 

Il n'est pas français 

 

C'est la première fois qu'un étranger est nommé à la tête d'Air France-KLM. Et cette décision ne passe pas auprès des syndicats. "Il est inconcevable que la compagnie Air France, française depuis 1933, tombe dans les mains d'un dirigeant étranger", peut-on lire dans un communiqué signé par neuf organisations syndicales du groupe.

 

 

Un argument repris par les élus souverainistes comme Nicolas Dupont-Aignan, qui a déploré cette nomination. Mais est-ce inhabituel ? De moins en moins : si 90% des PDG du CAC 40 sont français, certains fleurons de l'économie tricolore – et non des moindres – sont désormais dirigés par des patrons qui ont traversé les frontières : PSA est mené par un Portugais, Axa par un Allemand, tout comme Airbus, qui prouve ainsi que l'aéronautique, souvent désignée comme un secteur stratégique en raison de ses fortes externalités positives pour l'économie, n'échappe pas à la tendance. 

 

 

Certains élus estiment donc que la nationalité canadienne de Benjamin Smith n'est pas un obstacle. "Le problème, c'est le coût, ce n'est pas le fait qu'on aille chercher un patron ailleurs", juge Bertrand Pancher. Même son de cloche du côté de la majorité : "C'est la compétence que je privilégie par rapport à la couleur du passeport", fait valoir le député Aurélien Taché.

 

 

Il est spécialisé dans le low cost 

 

"On pense qu'il est là pour faire grossir les low cost au sein du groupe Air France au détriment de la maison-mère et mettre en place des accords au rabais qui vont dégrader les conditions de travail et les salaires", s'inquiète Vincent Salles sur franceinfo. Au sein d'Air Canada, Benjamin Smith était à l'origine de la nouvelle filiale à bas coûts du groupe, Air Canada Rouge, créée en 2013. Réputé pour être un fin négociateur, il a su faire accepter aux pilotes davantage de flexibilité entre Air Canada et Air Canada Rouge. 

 

 

De quoi alarmer les syndicats, qui se battent depuis plusieurs années pour limiter le développement du low cost chez Air France. "Si on pense que les salariés sont prêts à être mal payés, à travailler à outrance à vie, sans rien dire, les directions se trompent", a avancé Vincent Salles. Une inquiétude avec laquelle Benjamin Smith va devoir composer, analyse le spécialiste Gérard Feldzer : "Il va falloir proposer des stratégies et les faire ensemble. Il faut que ce candidat ait beaucoup de qualités, beaucoup de charisme, de la créativité, il faut trouver des solutions innovantes pour rassurer le personnel." 

 

 

Son management nord-américain inquiète les syndicats

 

Benjamin Smith est réputé pour privilégier les actionnaires, avance Le Parisien. "C’est un dirigeant dur, mais pas méchant. Mais je vous préviens, chez Air France, ça va détonner. Il sait faire de l’argent, pas du social", estime un employé d'Air Canada interrogé par le quotidien. Peu habitué aux grèves de pilotes, il manque d'expérience du conflit social, même s'il a dirigé avec la direction des ressources humaines d'Air Canada les négociations collectives. 

 

 

De plus, selon les syndicats d'Air France, la candidature de Benjamin Smith a été "poussée par un groupe industriel concurrent (Delta Airlines pour ne pas le citer)". La compagnie américaine est entrée au capital du groupe français à l'automne dernier, à hauteur de 8,8%. En pratique, les syndicats craignent donc l'importation de méthodes de management nord-américaines. Et ce qu'avance Mehran Ebrahimi dans L'Obsne va pas les rassurer. Un cadre de Delta aurait confié à ce professeur spécialiste de l'aéronautique et fin connaisseur d'Air Canada "ne pas concevoir qu'une compagnie puisse fonctionner avec des gens qui font grève quand ils veulent"

 

 

Il a été nommé en catimini 

 

Sur la forme, le spécialiste de l'aéronautique Gérard Feldzer a dénoncé, sur franceinfo, une nomination dont "la transparence n'est pas vraiment exemplaire". "Le faire un week-end du 15 août, par téléphone pour réunir le conseil d'administration, ça ne respire pas la transparence", a-t-il estimé. 

 

 

C'est une occasion ratée aussi de mettre dans la boucle les personnels en les rassurant, en leur expliquant les critères de sélection.Gérard Feldzer à franceinfo

 

 

Les syndicats ont déjà annoncé une grève si le nouveau dirigeant n'était pas capable de renouer le dialogue avec eux. Et pour cause : à la CGT, on soupçonne que toutes les candidatures n'ont pas été étudiées de façon impartiale. "Certaines candidatures n'ont pas été au bout du processus de sélection", a affirmé Vincent Salles.

 


21/08/2018
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Franceinfo - le jeudi 16 août 2018

 

 

Le Canadien Benjamin Smith devient le nouveau patron d'Air France-KLM : trois questions sur une nomination qui fait déjà polémique

 

 

Après trois mois sans dirigeant, le groupe aéronautique a enfin un nouveau patron, le Canadien Benjamin Smith

 

 

 

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Benjamin Smith, alors numéro deux d'Air Canada, le 2 juin 2016 à Dublin (Irlande). (CLODAGH KILCOYNE / REUTERS)

 

 

Trois mois que la société Air France-KLM n'avait plus de dirigeant. Pour reprendre le gouvernail et remplacer Jean-Marc Janaillac, qui avait démissionné le 4 mai, le conseil d'administration du groupe aéronautique a donné sa préférence à Benjamin Smith, le numéro deux d'Air Canada, jeudi 16 août.

 

 

Il est nommé au poste de directeur général de l'alliance franco-néerlandaise, tandis que la présidence non-exécutive devrait être assurée par Anne-Marie Couderc, actuelle présidente par intérim. Franceinfo vous explique qui est Benjamin Smith, et pourquoi sa nomination fait déjà polémique. 

 

 

Qui est Benjamin Smith ? 

 

Ce Canadien de 46 ans, surnommé "Ben", est décrit comme le "visionnaire de l'expansion stratégique et diversifiée du réseau mondial d'Air Canada" sur le site officiel de la compagnie. Diplômé en économie à l'université de Western Ontario, il a commencé sa carrière en 1990 à Air Ontario. Après avoir ouvert sa propre agence de voyage, il a rejoint Air Canada en 2002, comme directeur délégué de Tango, sa marque à bas coûts. 

 

 

Le numéro deux d'Air Canada est surtout connu pour avoir développé, en 2013, Air Canada Rouge, la dernière filiale low cost de la compagnie. Interrogé par Le Monde, Merhan Ebrahimi, professeur à l'université du Québec à Montréal, souligne que Benjamin Smith est un "homme qui a un certain charisme et qui est charmant". Sa maîtrise de l'anglais et du français apporte quelques points à cet homme "très opérationnel", selon ce spécialiste de l'aéronautique. Le Canadien a "un excellent profil" et "a déjà fait ses preuves dans le secteur aérien", avait d'ailleurs estimé jeudi Bruno Le Maire, ministre de l'Economie et des Finances, indiquant que le représentant de l'Etat au conseil d'administration voterait en sa faveur. 

 

 

Pourquoi sa nomination fait-elle polémique ?

 

Avant même la confirmation officielle, la nomination de Benjamin Smith n'a pas échappé aux critiques. L'intersyndicale d'Air France s'est élevée contre cette perspective : "Il est inconcevable que la compagnie Air France, française depuis 1933, tombe dans les mains d'un dirigeant étranger dont la candidature serait poussée par un groupe industriel concurrent (Delta Airlines pour ne pas le citer)", peut-on lire dans un communiqué signé par neuf organisations.

 

 

Interrogé par France 2, l'économiste Pascal Perri estime pour sa part que la nomination de Benjamin Smith pourrait mettre le feu aux poudres au sein de la compagnie tricolore.

 

 

Si on parachute au dernier moment, en plein 15 août, quelqu’un qui viendrait de l’extérieur, qui n’a pas une feuille de route très claire, dont les intentions ne sont pas non plus tout à fait affichées, on risque de retrouver de l’irritant social à la rentrée d’Air France.Pascal Perri, économisteà France 2

 

 

D'autant que la question de son salaire a, elle aussi, provoqué de nombreuses réactions. En effet, la rémunération de Benjamin Smith pourrait s'envoler par rapport à celle de son prédécesseur, Jean-Marc Janaillac. Libération annonce qu'elle pourrait être trois fois plus élevée, soit une rémunération globale de 3,3 millions d'euros par an. Le Figaro évoque un salaire de 3 à 3,25 millions d'euros, si le dirigeant atteint tous ses objectifs. Une information qui ne passe pas auprès de certains syndicats de la compagnie.

 

 

Que va-t-il devoir gérer ?

 

Si la nomination du nouveau directeur général de la compagnie clôt un chapitre fleuve long de plusieurs mois, les tensions internes ne sont toujours pas réglées. 

 

 

En effet, un mouvement de grève perlé, entre février et juin, a touché la compagnie aérienne. Et il a coûté très cher à Air France : le 1er août, la compagnie évaluait à 335 millions d'euros les conséquences financières du mouvement. Celui-ci avait d'ailleurs conduit à la démission de Jean-Marc Janaillac, au mois de mai. A l'origine de ce mouvement, l'intersyndicale (qui réunit des organisations de pilotes, hôtesses, stewards et personnels au sol) demande une augmentation de salaires de 6%, au regard des bons résultats de la compagnie en 2017

 

 

Et ce n'est pas terminé puisque l'intersyndicale a annoncé en juillet qu'"avec ou sans PDG, dès le mois de septembre (...) le conflit pour les salaires reprendra et seul un accord pourra y mettre fin"

 

 

Autres défis à prévoir pour Benjamin Smith, comme le rappelle Le Monde : faire face à la concurrence des compagnies à bas coûts et des compagnies du Golfe, et pérenniser la rentabilité du groupe.

 


20/08/2018
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Franceinfo - le vendredi 23 février 2018

 

 

"On en a ras le bol" : au bord de la crise de nerfs, des agriculteurs témoignent

 

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Robin Prudent France Télévisions

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Charge de travail très importante, revenus en berne... De nombreux agriculteurs n'arrivent plus à s'en sortir. Franceinfo leur donne la parole

 

 

 

"Tout le monde est un peu dégoûté, on en a ras-le-bol..." Pierre Olivier, éleveur dans le département de l’Allier, tire la sonnette d'alarme : de nombreux agriculteurs, comme lui, doivent faire face à de grandes difficultés. Alors que le Salon de l'agriculture débute, samedi 24 février, franceinfo leur a donné la parole.

 

 

"Le quotidien, c’est qu’on se surcharge un peu de travail pour produire plus, pour essayer de s’en sortir avec un prix du lait qui peine à grimper, raconte Xavier Aubinais, producteur laitier en Loire-Atlantique. Le système d’impayés, on le voit. Les personnes qui sont surmenées et qui ont tendance à péter un plomb, débordées de travail, j’en vois." Depuis 2014 et la rupture avec son associé, son exploitation est déficitaire, malgré une charge de travail considérable.

 

 

"J’ai besoin d’argent pour remplir mon frigo"

 

D'autres agriculteurs alertent aussi le gouvernement sur des changements dans le système de subventions. "Je me suis installé le 1er janvier 2017 et j’ai appris il y a un mois, après ma déclaration PAC, que les surfaces en landes à bruyères n’étaient pas éligibles à la PAC, explique Lise Rolland, éleveuse en Corrèze. Ça remet en question la globalité de mon activité. Si le ministère ne fait pas quelque chose pour ramener ces surfaces éligibles à la PAC, on devra, je pense, d’ici au 15 mai 2018, arrêter l’activité d’élevage de brebis."

 

 

 

Je ne peux plus considérer l’avenir. Je ne vois pas trop où est-ce que je peux aller. C’est pour ça que je pense peut-être arrêter l’activité.

Lise Rolland, éleveuse en Corrèze

à franceinfo

 

 

Même son de cloche du côté de Denis Campmas. "Du jour au lendemain, on a rayé de la carte un tiers de ma ferme, explique l'éleveur, installé depuis dix ans à Peyrelevade (Corrèze). Je ne comprends pas comment on peut vivre sans gagner sa vie. Moi, j’ai besoin d’argent pour remplir mon frigo. Si, demain, on me retire mon revenu, je suis obligé de partir. Ce n’est pas un choix."

 

 

"Le bien-être de l’agriculteur, on n’en parle pas"

 

Bilan : les quatre agriculteurs ont l'impression d'être oubliés. "Le bien-être de l’agriculteur, on n’en parle pas. On s’en fiche un peu. Un salarié, c’est vrai que c’est 35 heures, c’est très bien. Mais l'agriculteur, on ne sait pas qu’il fait 70 heures par semaine ou 75, qu’il n’arrive pas tirer un salaire... On s’en moque aussi un petit peu", constate, amer, Xavier Aubinais.

 


15/03/2018
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Franceinfo - le mardi 23 janvier 2018

 

 

Carrefour annonce 2 400 suppressions de postes en France via un plan de départs volontaires

 

 

Le groupe prévoit par ailleurs un plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) pour les 2 100 salariés des 273 ex-magasins Dia, a déclaré le PDG du groupe, Alexandre Bompard

 

 

 

Carrefour présente son "plan de transformation" à l'horizon 2022Le géant de la distribution a annoncé 2 400 suppressions de postes en France, via un plan de départs volontaires, mardi 23 janvier. "En Ile-de-France, les sites de siège seront rationalisés, ce qui implique la fermeture du siège de Boulogne et l’abandon du projet de construction d’un nouveau siège de 30 000 m² en Essonne. Un plan de départ strictement fondé sur du volontariat sera proposé à 2 400 personnes au siège en France, sur un effectif total de 10 500 salariés", a indiqué un communiqué du groupe, cité par Le Monde

 

 

Carrefour va par ailleurs mettre en oeuvre un plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) pour les 2 100 salariés des 273 ex-magasins Dia dont le groupe va se séparer, a déclaré le PDG du groupe, Alexandre Bompard. L'"ambition" du groupe est de pouvoir faire des "offres attractives de reclassement" à la moitié de ces 2 100 salariés et de trouver des repreneurs pour ces magasins, a-t-il ajouté.

 

 

 

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L'hypermarché Carrefour du centre commercial Toison d'or, à Dijon (Côte-d'Or), le 3 août 2016. (MAXPPP)

 

 

Une réduction des coûts de deux milliards

 

Il a par ailleurs annoncé une réduction des coûts de deux milliards d'euros dès 2020 en année pleine, notamment via des économies sur la logistique et les coûts de structure, ainsi qu'un projet de réduction de 273 magasins anciennement Dia, mais passés sous sa propre enseigne.

 

 

Le groupe prévoit par ailleurs 2,8 milliards d'euros d'investissements sur cinq ans, pour accélérer notamment sa stratégie numérique. Outre l'e-commerce, Carrefour souhaite accélérer son développement dans les supermarchés et magasins de proximité dans le monde et devenir "leader de la démocratisation du bio".

 


29/01/2018
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Franceinfo - le jeudi 18 janvier 2018

 

 

La compagnie Emirates annonce la commande de 36 avions A380, un soulagement pour le programme très gros-porteur d'Airbus

 

 

Airbus avait évoqué un possible arrêt de l'A380, son programme emblématique boudé par les clients depuis deux ans et suspendu aux commandes de son principal donneur d'ordres, Emirates

 

 

 

L'Airbus A380 n'est pas mort. Emirates a annoncé, jeudi 18 janvier, la commande de 36 appareils A380, une bonne nouvelle pour la production de l'avion emblématique d'Airbus. La compagnie aérienne Emirates a annoncé un accord d'un montant catalogue de 16 milliards de dollars (environ 13 milliards d'euros), avec 20 commandes fermes et 16 commandes en option.

 

 

 

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Un Airbus A380 décolle de l'aéroport de Zhuhai Jinwan en Chine, le 10 novembre 2014. (XU FENGSHAN / IMAGINECHINA / AFP)

 

 

Un peu d'air pour l'A380

 

Les livraisons commenceront en 2020. Emirates est la compagnie aérienne qui possède déjà le plus grand nombre d'avions géants A380 (101, plus 41 commandes fermes). "Je suis personnellement convaincu que d'autres commandes suivront l'exemple d'Emirates et que cet excellent avion continuera à être construit au cours de la décennie 2030", déclare le PDG de la compagnie, Cheikh Ahmed ben Saïd Al Maktoum, dans le communiqué.

 

 

Airbus avait averti en début de semaine qu'une absence d'accord avec Emirates pourrait entraîner un arrêt de la production d'A380. Le géant des airs, plus gros avion commercial au monde avec une capacité maximum de 853 sièges, a fêté en 2017 les 10 ans de son premier vol commercial, mais il a peiné ces derniers mois à trouver de nouveaux clients. Après l'annonce d'Emirates, l'action Airbus est monté en bourse de 2,08% à 91,61 euros en fin de matinée.

 


19/01/2018
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Franceinfo - le jeudi 7 décembre 2017

 

 

Le Qatar achète 12 Rafale et 50 Airbus A321 à l'occasion de la visite d'Emmanuel Macron

 

L'Emirat a signé des accord pour l'achat de 12 Rafale, 50 Airbus A321 et 490 véhicules blindés type VBCI du français Nexter

 

 

Emmanuel Macron a conclu plusieurs gros contrats dans le secteur de l'armement et de l'aviation, jeudi 7 décembre, lors de sa visite au Qatar. L'Emirat a signé des accords pour l'achat de 12 avions de combat Rafale de l'avionneur Dassault, 50 Airbus A321 et 490 véhicules blindés type VBCI du français Nexter. 

 

 

 

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Des contrats avec la SNCF, la RATP et Suez

 

Le Qatar a aussi confié à la RATP et à la SNCF l'exploitation et la maintenance d'un tramway et du métro de Doha. Le consortium précise que le contrat est d'une durée de 20 ans et est estimé à plus de trois milliards d'euros. Suez a aussi obtenu un contrat pour la dépollution des sols de lagunes. 

 

 

Tous les contrats ont été signés en présence de d'Emmanuel Macron et de l'émir du Qatar cheikh Tamim ben Hamad al-Thani. Au total, l'ensemble des transactions confirmées ou annoncées atteignent 11,1 milliards d'euros, d'après le Monde.

 

 


11/12/2017
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le Progrès du mercredi 30 août 2017

 

 
 
    FAMILLE - DÉMOGRAPHIE. LES MÉNAGES FRANÇAIS PLUS NOMBREUX... ET
        PLUS PETITS

 

 

 

La population vieillit, les séparations se multiplient, les familles nombreuses diminuent. Voilà les principaux enseignements de la dernière étude publiée par l'Insee, qui révèle que les ménages français "sont de plus en plus petits" (2,2 personnes en moyenne en 2014, contre 2,4 en 1999).

 

 

 

28,5 millions de logements

 

En 203, en France, les 64,1 millions de Français (hors Mayotte) résidaient au sein de 28,5 millions de logements. 1,5 million de personnes (chiffre stable par rapport à 1999), vivaient "hors ménage" (internat, foyers, maisons de retraites, sans-abris, habitations mobiles).

 

 

Les ménages de l'Hexagone se divisent en trois catégories :

 

 

  • Le plus gros tiers se constitue d'une seule personne (33 %)

 

  • Le deuxième (33 %) concerne les ménages composés de deux personnes (couple sans enfant ou famille monoparentale avec un adulte et un enfant)

 

  • Tandis que les familles de trois membres ou plus représentent à peine un tiers du total (32 %)

 

 

Parmi les personnes isolées, les seniors sont surreprésentés (21 % des hommes et 48 % des femmes de 75 ans et plus). Ces chiffres confirment une tendance à la baisse entamée à la fin du XIXe siècle. En 1851, les ménages français se constituaient de 4 personnes. Le baby-boom, dans les années 1950 et 1960, avait temporairement endigué cette baisse, en maintenant les ménages à 3,1 membres en moyenne.

 

 

Par ailleurs, la part des familles monoparentales au sein de la société française a explosé entre 1990 et 2013, passant de 12 % à 22 %.

 

 

Résultats issus des recensements de la population effectués de 2011 à 2015 (hors Mayotte, où la méthodologie est différente).

 


04/09/2017
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le Progrès du mercredi 30 août 2017

 

 
 
    ÉCONOMIE - DEVISES. L'EURO FACE À UN DOLLAR DÉPRIMÉ

 

 

 

■ Pourquoi l'euro s'apprécie face au dollar ?

 

Hier, l'euro a atteint un niveau qu'il n'avait plus atteint depuis le 2 janvier 2015 à 1,20 dollar. La tendance s'est amorcée au mois de juin, où l'euro avait grimpé à 1,14 dollar. Elle résulte d'un double mouvement. D'une part, les marchés misent sur l'euro du fait de la politique de la Banque centrale européenne. Son président répète à l'envi que la reprise économique européenne est solide. Du coup, les marchés ont spéculé sur une hausse des taux d'intérêt.

 

 

Dans le même temps, le billet vert pâlit de la défiance des marchés liée aux déboires de Donald Trump à la Maison Blanche et d'une politique de la Fed, la banque centrale américaine, visant à reporter une hausse des taux à la fin de l'année.

 

 

Le bond de l'euro, hier, a été amplifié par l'affaiblissement du dollar suscité par le nouveau tir de missile de la Corée du Nord et de la tempête Harvey. Les marchés se détournent du dollar, considérant qu'il s'agit d'une monnaie à risque.

 

 

 

■ Et vis-à-vis des autres monnaies ?

 

Face aux autres grandes devises internationales, l'appréciation de l'euro est moindre : + 4,8 %, en moyenne depuis le début de l'année (quand celle face au dollar atteint 12 %). En revanche, la livre sterling est en pleine dégringolade. Il faut 1,08 euro pour une livre, son plus bas niveau depuis 2009. Le Brexit et la dévaluation qui ont suivi ont engendré une baisse de la monnaie britannique de 25 % en un an. Cette chute devrait se prolonger jusqu'à un équilibre de parité : un euro pour une livre. Conséquence, l'économie française pourrait repasser devant celle du Royaume-Uni.

 


03/09/2017
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le Progrès du dimanche 20 août 2017

 

 
 
    ÉCONOMIE - COMMERCE EXTÉRIEUR. LE "MADE IN FRANCE" NE FAIT PAS
       RECETTE

 

 

 

Et si la reprise économique française était plombée par ses mauvaises performances à l'exportation ? Les bonnes et mauvaises raisons de s'inquiéter des faiblesses du "made in France"...

 

 

Les bonnes nouvelles se multiplient sur le front de l'emploi... et les mauvaises sur le terrain du commerce extérieur. Le déficit s'est encore creusé de plus de 34 milliards d'euros sur les six premiers mois. Comment ces chiffres "extraordinairement préoccupants", le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, prévient déjà que le déficit "sera sans doute plus élevé encore cette année" que l'année dernière Pire, s'alarmait récemment Le Monde, un produit acheté sur trois vient aujourd'hui de l'étranger, quand la proportion n'était encore que 25 % en 2004.

 

 

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Un marché mondialisé

 

Oui, il y de quoi s'alarmer - mais pas de tout également, explique en substance Sébastien Jean, directeur du Cepii (Centre d'études sur l'économie internationale). Ainsi de la dégradation du déficit ces derniers mois : "Elle est surtout due à la reprise économique, plus précisément l'augmentation de la demande intérieure". Ce sont en effet les importations qui augmentent fortement (+ 4,4 %), alors que les exportations ne se portent pas mal (+ 1,3 %).

 

 

Il convient aussi de relativiser les déboires du "made in France". Certes, les Français achètent de plus en plus de produits étrangers. Mais c'est le cas des consommateurs du monde entier, sur un marché mondialisé. Et ces produits mélangent le plus souvent des éléments venus de plusieurs pays : environ 25 % de la valeur des exportations françaises est fournie par des éléments étrangers ; et 1,5 % de la valeur de nos importations de l'étranger est en fait de la valeur ajoutée française.

 

 

 

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"Des usines ferment"

 

Jean-Yves Le Drian a cependant raison d'être préoccupé : la France perd des parts de marché, ce dont témoigne la faible progression des exportations, quand l'économie mondiale se porte mieux. "C'est alarmant, car cela signifie une perte de substance de notre industrie : des usines ferment", insiste Sébastien Jean.

 

 

La cause principale en est selon lui la perte de compétitivité des produits français, non pas dans le vaste monde, mais d'abord en Europe - et cela depuis quinze ans : "Il y a eu un décrochage au début des années 2000... Il était masqué par la faiblesse de la croissance de la consommation, mais il réapparaît avec la reprise".

 

 

Les solutions sont en France, avec une combinaison de baisse des coûts de production et d'amélioration de la qualité des produits. Elles sont également en Europe : "Nous devons convaincre l'Allemagne de réduire ses excédents et de consommer davantage". Sinon ? La reprise sera éphémère, et les mauvaises nouvelles seront de retour sur le front de l'emploi. Francis Brochet

 

 


 

 

- 48,4 milliards d'euros : le déficit français du commerce extérieur sur les douze derniers mois, malgré un prix du pétrole à un niveau raisonnable. Un déficit qui se dégrade en raison d'une forte augmentation des importations, plus forte que la petite reprise des exportations.

 

 


 

 

Made in... plusieurs pays !

 

Dans une automobile française, fabriquée en France 69 % seulement de la valeur est vraiment "made in France". Dans la mode, la proportion tombe à 57 %... Ces chiffres (de 2012) montrent le caractère relatif de la nationalité des produits, avec l'internationalisation de la production.

 

 

Ainsi, dans les exportations françaises, un quart en moyenne de la valeur est en fait d'origine étrangère, et même près de la moitié dans le matériel de transport (dont l'aéronautique), selon le Cepii. À l'inverse, les produits importés d'Espagne incluent en moyenne 3,2 % d'intrants français... Ce phénomène complique l'étiquetage des produits. L'Europe ne s'est toujours pas mis d'accord sur des critères : l'Allemagne freine, soucieuse de profiter de la bonne image du "made in Germany" même quand il n'est que partiellement allemand.



23/08/2017
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le Progrès du jeudi 3 août 2017

 

 
 
    ÉCONOMIE - L'ÉMIRAT GAZIER CONTINUE D'INVESTIR DANS L'HEXAGONE

 

 

 

AVEC NEYMAR, LE QATAR AUX AVANT-POSTES EN FRANCE

 

 

Le transfert annoncé de la star brésilienne au Paris Saint-Germain n'est que le énième épisode des investissements du petit émirat dans l'hexagone. Mais c'est peut-être le plus marquant.

 

 

Est-ce si anodin si Qatar Airways ne sera plus le sponsor global (maillot) du FC Barcelone ? L'un de ses joueurs vedette Neymar vient en tout cas de s'envoler définitivement pour Paris Saint-Germain, propriété du... Qatar. Le (big) "deal" n'est plus qu'une question d'heures.

 

 

Ce n'est pas tant un marché entre deux clubs phares européens que l'acquisition d'un joueur par un pays, pour en faire LA star d'un club qui lui appartient, mais pour en faire aussi l'ambassadeur de sa Coupe du monde de football en 2022. Du jamais vu. Et un investissement record dans l'histoire du football moderne.

 

 

 

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Neymar

 

 

 

 

Un achat qui concrétise également la relation privilégiée, parfois trouble, entre la France et le Qatar qui, historiquement, n'avaient rien en commun. En une dizaine d'années, l'Hexagone est ainsi devenu le deuxième bénéficiaire des investissements qataris, après le Royaume-Uni.

 

 

 

■ Le sport en tête de gondole

 

C'est le cheikh Tamin Hamadd Al-Thani en personne, devenu émir du pays en juin 2013, qui a concrétisé en 2011 l'achat du PSG. La venue de la star Neymar s'inscrit dans le projet au long cours du Qatar pour le PSG, et va booster le merchandising, notamment en Asie. Avec des moyens colossaux, le club parisien, quatre fois vainqueur du championnat de Ligue 1, écrase la concurrence en France, pas encore en Europe...

 

 

Pour prolonger son implication - ou sa domination diront certains - dans le sport, la petite monarchie a créé la chaîne BeÏn Sports, racheté le PSG Handball, et plusieurs courses hippiques de renom comme l'Arc de Triomphe. Elle est actionnaire principal du groupe de médias Lagardère (13,03 %).

 

 

 

■ Luxe, immobilier, industrie et armée

 

Plusieurs ressortissants qatariens possèdent en France des hôtels e luxe (Raffles, Peninsula, Martinez et Carlton) et le Qatar lui-même, propriétaire des magasins du Printemps, et deuxième actionnaire du groupe AccorHotels, possède plusieurs milliers de m2 sur les Champs-Élysées. Il a acquis en Autriche en novembre 2016 le palais Clam-Gallas, ancienne ambassade de France, après quelques remous. L'Émirat gazier (troisième réserve mondiale) a des participations minoritaires dans Total, Vinci, Veolia Environnement, LVMH et Vivendi.

 

 

Sur le plan militaire, la France fournit 75 % du petit matériel militaire du petit État. Lors de la vente, en 2015, de 24 Rafale (pour 6,3 milliards d'euros), François Hollande avait loué "la constance, la fiabilité, la crédibilité de la France vis-à-vis du Qatar".

 

 

 

■ Un fonds d'investissement franco-qatari

 

La politique d'influence du Qatar que certains décrivent comme du "clientélisme" a connu un (bref) coup d'arrêt en 2011, lorsque l'émirat avait voulu financer "un plan banlieue". Fin de non-recevoir des pouvoirs publics sur un sujet trop sensible, surtout à l'approche des élections présidentielles. Durant le quinquennat de Nicolas Sarkozy, une convention fiscale a pourtant favoriser les investissements qataris : exonération des plus-values immobilières, régime dérogatoire en matière d'ISF... Cette proximité s'est aussi concrétisée à travers un fonds commun de 300 millions d'euros, entre la Caisse des dépôts et consignations et le fonds souverain Qatar Investment Authority (QIA). Ils est destiné à financer les PME françaises dans la recherche, la santé, l'agro-alimentaire. Les investissements ne semblent pas se tarir : en début d'année, Qatar Airways a ainsi annoncé son intention d'acheter un hôtel dans la capitale française et de construire un cinq-étoiles à Toulouse. Mais rien à Barcelone... Xavier Frere

 

 

 

 

REPÈRES

 

Un pays riche et enclavé

 

À peine plus grand que la Gironde, le Qatar forme une péninsule d'environ 11 500 km2 au milieu du Golfe persique. Il partage son unique frontière terrestre, au sud, avec l'Arabie saoudite. Hormis cette dernière, ses plus proches voisins sont le royaume du Bahreïn et les Émirats Arabes Unis.

 

 

Su 2,6 millions d'habitants du pays, seuls 313 000 sont Qatariens. Tous les autres sont des expatriés, principalement originaires du sous-continent indien ou d'Égypte. L'importance  cette main-d'oeuvre immigrée explique le pays compte trois fois plus d'hommes que de femmes, et que la population soit un patchwork de nationalités et de religions. Seuls 67 % des habitants sont musulmans, près de 14 % sont chrétiens et 14 % hindouistes. L'islam est officiellement religion d'État, mais le wahhabisme pratiqué au Qatar est beaucoup plus ouvert que dans les pétromonarchies voisines.

 

 

Parmi les musulmans, 80 % sont des sunnites. S'il tire une partie de sa richesse du pétrole, c'est principalement le gaz naturel qui fait la fortune du Qatar. Partageant avec l'Iran un immense champ gazier, il en est le quatrième producteur mondial, et le premier exportateur mondial de gaz liquide, notamment vers l'Asie.

 

 

 

 

 

Georges Malbrunot, journaliste, spécialiste du Moyen-Orient

"La France est condamnée à une prudence extrême"

 

Que est aujourd'hui l'état des relations entre la France et le Qatar ?

 

Durant sa campagne, Emmanuel Macron avait eu des mots assez durs à la fois contre le Qatar et l'Arabie saoudite, notamment sur le financement du terrorisme. Et une fois élu il a traîné pour prendre au téléphone l'émir du Qatar... La crise dans le Golfe est très embarrassante pour les Français : la France a un accord de défense avec le Qatar, une base militaire aux Émirats et un partenariat stratégique avec les Saoudiens.

 

 

Elle a des oeufs partout, l'objectif étant de ne heurter ni l'un ni l'autre. Les Qatariens ont davantage apprécié la position de l'Allemagne. On est un peu gêné, le Qatar a 20 milliards d'investissement en France... Ce qui se passe n'est pas bon pour nous, ni pour eux. Ils nous ont rendu beaucoup de "services" dans le passé : paiement de rançons pour libération d'otages, pratiques de clientélisme à l'égard d'hommes politiques... Eux aussi ont des dossiers.

 

Vous avez régulièrement évoqué les liens du Qatar avec des politiques français...

 

Le Qatar a voulu arrêter ces dérives

 

 

 

 

 

 

 

 


09/08/2017
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le Progrès du mercredi 2 août 2017

 

 

 

ÉCONOMIE - PLUS DE SIX MILLIARDS D'EUROS À INVESTIR SOUS SEPT ANS

 

 

La capitale française est quasiment assurée d'accueillir dans sept ans le plus grand événement sportif au monde. Sera-t-il bénéfique ? Et dans quels secteurs ? À la France, ou seulement à Paris ?

 

 

Citius, altius, fortius (plus vite, plus haut, plus fort, en latin). Et carius (plus cher), devrait-on ajouter à la devise olympique ? Depuis l'annonce de la décision de Los Angeles d'opter pour 2028, Paris décroche de facto le Graal : l'obtention des Jeux Olympiques de 2024 un mois et demi avant la validation du Comité international olympique (CIO) à Lima.

 


07/08/2017
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