L'AIR DU TEMPS

L'AIR DU TEMPS

CRISE LIBYENNE


Franceinfo - le vendredi 31 juillet 2020

 

 

La Libye, un nouveau terrain de chasse pour des milliers de mercenaires - cliquez pour lire l'article

 

 

army-2679138_1920

 

 

Image par Military_Material de Pixabay 


01/08/2020
0 Poster un commentaire

Franceinfo - le jeudi 23 juillet 2020

 

 

Libye : des clés pour comprendre la position belliqueuse de l'Egypte

 

 


23/07/2020
0 Poster un commentaire

Franceinfo - le mardi 19 mai 2020

 

 

Libye : nouveau revers pour Haftar qui perd une base aérienne stratégique

 

avatar

Jacques DeveauxRédaction AfriqueFrance Télévisions

 

 

 

Une nouvelle fois la couverture aérienne de la Turquie semble avoir apporté un avantage essentiel aux forces du GNA, le gouvernement de Tripoli

 

 

21543463

 

Les forces armées du gouvernement de Tripoli reconnu par l'ONU ont repris le 18 mai 2020 la base aérienne d'Al-Watiya tenue depuis 2014 par les hommes du maréchal Haftar. (MAHMUD TURKIA / AFP)

 

 

 

 

Cette fois, l'offensive des troupes du maréchal Haftar contre Tripoli semble avoir définitivement échoué. Le leader de l'Est libyen vient de subir un nouveau revers en perdant Al-Watiya, une base aérienne jugée stratégique au sud de la capitale.  

 

 

C'est une vieille base aérienne construite par les Américains en 1942 pour lutter contre les forces allemandes, à 140 km au sud-ouest de Tripoli. Un immense complexe de 50 km², composé de hangars, de taxiways et de pistes. D'ici, les avions peuvent atteindre la Tunisie ou l'Algérie si nécessaire. Elle est considérée comme la base aérienne la plus importante de Libye après Mitiga, l'aéroport de la capitale. Entre 7 et 10 000 soldats peuvent y stationner.

 

 

 

Un lieu stratégique 

Al-Watiya ouvre sur le désert, et depuis 2014 était tenue par les forces d'Haftar. Il en avait fait son "quartier général" pour les opérations militaires dans l'Ouest libyen. Selon les spécialistes, il s'agit d'une prise importante pour les forces du GNA, le gouvernement de Tripoli, peut-être capitale pour la suite du conflit.

 

 

 

Libye : Les forces gouvernementales prennent le contrôle total de la base d'al-Wattia

Une équipe de l'agence de presse turque Anadolu Agency a pu se rendre sur place. Sur leurs images, on peut voir de vieux avions de chasse en partie démontés prendre la poussière dans les hangars. Hormis quelques carcasses de véhicules incendiés, les dégâts semblent modestes et la base paraît opérationnelle.

 

 

 

Le soutien turc déterminant

Toujours selon Anadolu Agency, il aura fallu près d'un mois, et une vingtaine d'attaques aériennes, au GNA pour s'emparer d'Al-Watiya. Une fois encore, le soutien des drones turcs a été déterminant. Ils ont permis de détruire trois systèmes de défense anti-aérienne Pantsir. Des systèmes de fabrication russe, fournis par les Emirats, soutien d'Haftar. L'agence n'évoque pas de combats au sol, se contentant de préciser que les soldats d'Haftar ont fui. L'assaut final n'a duré que quelques heures.

 

 

 

La base aérienne Al-Watiya renfermait armes et munitions selon le porte-parole du GNA. On y voit aussi de vieux avions de chasse en partie démontés.

La base aérienne Al-Watiya renfermait armes et munitions selon le porte-parole du GNA. On y voit aussi de vieux avions de chasse en partie démontés. (HAZEM TURKIA / ANADOLU AGENCY)


 

Cette nouvelle défaite pour la LNA (Armée nationale libyenne) sonne comme la fin de la tentative de conquête de l'Ouest libyen pour Haftar. Pour autant, le maréchal conserve le contrôle d'une grande partie de la Libye et en particulier les champs pétroliers de l'Est. Il a bloqué les exportations de pétrole, asphyxiant l'économie libyenne.  

 

 

 

L'opération IRINI contestée

Parallèlement, l'Union européenne a lancé fin mars 2020 l'opération IRINI afin de faire respecter l'embargo sur les armes à destination de la Libye, décidé en 2016 par le Conseil de sécurité des Nations unies. Des moyens aériens, satellitaires et maritimes sont mobilisés et les navires peuvent être inspectés y compris en haute mer. IRINI a aussi pour objectif de casser le trafic des migrants.

 

 

Mais le GNA et son allié turc contestent à la fois la nature de la mission et la participation de certains pays comme la France ou la Grèce, opposés à la présence de la Turquie dans ce conflit. "Il n'y a pas de base légale à cette opération sans une demande du gouvernement libyen", a affirmé récemment le ministre turc de la Défense, Hulusi Akar. Pour la Turquie, ce contrôle sert uniquement les intérêts de Khalifa Haftar."IRINI ne s'intéresse qu'aux mouvements maritimes. Ce n'est pas un embargo sur les armes, mais plutôt un embargo sur les activités du gouvernement légitime, qui n'a rien demandé", a ajouté le ministre.

 

 

Dans ce contexte, le GNA n'a pas la capacité de pousser son avantage et déloger Haftar. De nombreux observateurs estiment qu'aucun des deux camps n'a les moyens de l'emporter sur le terrain. La diplomatie quant à elle semble bien à la peine et une nouvelle période de ni paix-ni guerre pourrait ressurgir.

 


21/05/2020
0 Poster un commentaire

Franceinfo - le dimanche 19 janvier 2020

 

 

Opposition entre le gouvernement d'union nationale et les forces d'Haftar, rôle de la Russie et de la Turquie... On vous explique la crise en Libye

 

avatar

franceinfoFrance Télévisions

 

 

La Libye, qui dispose des plus importantes réserves africaines de pétrole, est minée par les violences et les luttes de pouvoir depuis la chute et la mort, en 2011, du dictateur Mouammar Kadhafi. Une conférence internationale s'ouvre à Berlin dimanche, visant à lancer un processus de paix

 

 

20790087

 

Une rue de Tripoli, la capitale libyenne, le 12 janvier 2020. (HAZEM TURKIA / ANADOLU AGENCY / AFP)

 

 

 

Tenter de lancer un processus de paix pour la Libye. C'est la mission fixée aux participants à la conférence qui doit se tenir à Berlin, dimanche 19 janvier. Plusieurs pays seront représentés, dont la Russie, la Turquie, les Etats-Unis, la Chine, l'Italie et la France. Mike Pompeo, le chef de la diplomatie américaine, doit également se rendre sur place, selon le département d'Etat américain. Le président russe Vladimir Poutine a annoncé sa venue. A l'occasion de cette conférence, franceinfo revient sur la situation chaotique en Libye.

 

 

 

Qui est aujourd'hui au pouvoir en Libye ?

Le pays est plongé dans le chaos depuis la chute et la mort en 2011 du dictateur Mouammar Kadhafi. Il est aujourd'hui divisé en deux. Dans l'Ouest, le gouvernement d'entente nationale (GNA) de Fayez al-Sarraj basé à Tripoli, la capitale. Dans l'Est, un gouvernement et un Parlement acquis au maréchal Khalifa Haftar, chef de l'Armée nationale libyenne (ANL), qui contrôle une part importante des ressources énergétiques libyennes.

 

 

Fayez al-Sarraj est reconnu par l'ONU. Khalifa Haftar est soutenu par l'Egypte et les alliés de l'Arabie saoudite. Le premier est fragilisé depuis l'offensive sur Tripoli lancée en avril 2019 par les forces du maréchal Haftar.

 

 

 

Quel est le problème ? 

Les relations entre les deux hommes forts de la Libye sont extrêmement tendues. Ils refusent de se parler. "Ils refusent même de se retrouver dans la même pièce", a déclaré le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, le 17 janvier.

 

 

Le leader basé à Tripoli est d'autant plus fragilisé que, fin décembre, le président du Parlement libyen, Aguila Salah, a appelé la communauté internationale à retirer son soutien au GNA.

 

 

 

Où en est la situation ?

Les affrontements ont été particulièrement violents. Surtout, la bataille entre les deux camps se joue dans les airs. "La Libye est le plus grand théâtre de drones au monde", a rapporté France 24 lors d'un reportage, en novembre, confirmant les dires de Ghassan Salamé, l'émissaire des Nations unies pour la Libye.

 

 

 

 

 

 

Un cessez-le-feu a été accepté, à Moscou, par Fayez al-Sarraj mais le maréchal Haftar a refusé de le signer en quittant la capitale. Une cessation des hostilités est malgré tout entrée en vigueur depuis le 12 janvier et elle est globalement respectée.

 

 

En attendant une trêve durable, Tripoli vit sous les bombes. "Je n'ai pas le temps de travailler, parce que je dois être toujours à la maison, pour des raisons de sécurité"a raconté à franceinfo un Libyen, père de cinq enfants, qui habite la capitale.

 

 

Depuis le début de l'offensive sur Tripoli, plus de 280 civils et 2 000 combattants ont été tués, selon l'ONU. Quelque 146 000 Libyens ont dû fuir les combats. La Tunisie, pays frontalier de la Libye, a déclaré, le 17 janvier, s'attendre à un afflux massif de réfugiés en cas d'escalade.

 

 

 

Quel rôle joue la Turquie ?

La Turquie soutient le GNA et Fayez al-Sarraj. Le président turc et Fayez al-Sarraj ont signé, en novembre, un protocole "de coopération militaire et sécuritaire", provoquant la colère du maréchal Haftar. Ensuite, la Turquie a voté, le 2 janvier, l'envoi de militaires en Libye pour aider le GNA.

 

 

Mais Ankara a apporté un soutien logistique à Fayez al-Sarraj dès l'été 2019. Et le président turc estime que sans l'intervention de la Turquie, le maréchal Haftar aurait pris le contrôle de tout le territoire libyen.

 

 

"Nous n'hésiterons jamais à infliger au putschiste Haftar la leçon qu'il mérite s'il poursuit ses attaques contre l'administration légitime et contre nos frères en Libye"a prévenu le président turc Recep Tayyip Erdogan, le 14 janvier.

 

 

Outre la Turquie, Fayez al-Sarraj est également soutenu par le Qatar.

 

 

 

Et la Russie dans tout ça ?

La Russie le dément continuellement mais elle est soupçonnée d'aider Khalifa Haftar avec des armes, de l'argent et des mercenaires. Le journal américain New York Times (en anglais) affirme que 200 mercenaires ont été déployés par le groupe Wagner, une société russe de sécurité privée dont la présence a déjà été rapportée dans plusieurs pays d'Afrique et en Syrie.

 

 

Khalifa Haftar a remercié le chef du Kremlin, vendredi. "Mon cher ami (...), je vous adresse personnellement ma gratitude et ma reconnaissance pour les efforts de la fédération de Russie pour rétablir la paix et la stabilité en Libye", a-t-il écrit.

 

 

Officiellement, Moscou affirme être en faveur d'un processus de paix durable. "Il est important de mettre fin à la confrontation entre l'Armée nationale libyenne du maréchal Haftar et le gouvernement d'union nationale de monsieur Sarraj, a déclaré le président russe, le 11 janvier, rapporte RFIImportant d'instaurer un cessez-le-feu, de prendre des mesures pour un rétablissement du processus politique avec pour objectif ultime de surmonter la division à l'intérieur du pays et de former des institutions étatiques unifiées."

 

 

Mais la Turquie et la Russie ne sont pas les seuls pays à être impliqués en Libye. Le maréchal Haftar n'est pas soutenu que par la Russie. Il est également appuyé par l'Egypte, les Emirats arabes unis et l'Arabie saoudite.

 

 

 

Comment se positionne la France ?

Emmanuel Macron a reçu à Paris Fayez al-Sarraj et le maréchal Haftar, à deux semaines d'intervalle, au printemps 2019. Une démarche de conciliation qui se veut neutre. Mais la France est accusée de soutenir le second après la découverte, en juillet, de quatre missiles antichars français dans un quartier général des troupes du général Haftar, ce que Paris dément formellement.

 

 

La France n'est "pas pro-Haftar ou pro-Sarraj", elle "soutient les efforts de l'ONU" et de son émissaire en Libye, Ghassan Salamé, a indiqué à l'AFP une source diplomatique française. 

 

 

"Il n'y a pas de solution militaire à la crise", a déclaré Emmanuel Macron lors d'entretiens téléphoniques avec le président turc Recep Tayyip Erdogan et le président américain Donald Trump, a rapporté RFI. Le président français a également échangé avec Vladimir Poutine et les deux hommes se sont prononcés "pour une résolution pacifique de la crise". L'Elysée rapporte que le président français "a souligné la nécessité que le cessez-le-feu annoncé soit crédible, durable et vérifiable, ainsi que son souhait que la conférence de Berlin permette la relance du processus politique sous l'égide des Nations unies et du dialogue inter-libyen".

 

 

 

Que faut-il attendre de la conférence de dimanche à Berlin ?

Les négociations pour le cessez-le-feu ont eu lieu à Moscou, sans la présence de l'ONU. Il s'agit d'un premier pas vers la signature d'un accord formel pour une trêve entre les belligérants. A la suite de la conférence de Berlin, le Conseil de sécurité de l'ONU pourrait avaliser ses résultats via une résolution et décider de la mise en place d'une mission d'observation du cessez-le-feu.

 

 

Selon des diplomates, une opération de maintien de la paix de Casques bleus n'est envisagée par aucun pays. Le contrôle du cessez-le-feu pourrait être confié à une mission d'observation similaire à celle qui existe au Yémen.

 


19/01/2020
0 Poster un commentaire

Franceinfo - le jeudi 9 janvier 2020

 

 

Libye : Ankara et Moscou, opposés sur le sol libyen, appellent à un cessez-le-feu de tous les belligérants

 

 

avatar
Michel LachkarRédaction AfriqueFrance Télévisions

 

 

 

Lors de l'inauguration du gazoduc TurkStream, le 8 janvier 2020, les présidents turc Recep Tayyip Erdogan et russe Vladimir Poutine ont mis en avant leur spectaculaire rapprochement diplomatique sur le dossier libyen

 

 

20739415

 

Inauguration du gazoduc TurkStream entre la Russie et la Turquie, en présence de (de gauche à droite), Alexander Novak (ministre russe de l'Energie), Alexei Miller (PDG de la société gazière russe Gazprom), Boyko Borisov (Premier ministre bulgare), Vladimir Poutine ministre (président russe), Recep Tayyip Erdogan (président turc) , Aleksandar Vucic (président serbe), le 8 janvier 2020, à Istanbul. (ALEXEI DRUZHININ / SPUTNIK)

 

 

 

A l'issue d'une rencontre à Istanbul le 8 janvier 2020, à l'occasion de l'inauguration du nouveau gazoduc TurkStream qui relie désormais la Turquie à la Russie, MM. Erdogan et Poutine ont exhorté tous les belligérants en Libye à s’asseoir à la table des négociations. Les deux pays ont appelé au cessez-le-feu en Libye, où ils se trouvent pourtant face-à-face, puisque Ankara soutient le gouvernement de Tripoli reconnu par l’ONU, alors que Moscou épaule le maréchal Haftar, l’homme fort de l’est libyen.

 

 

C’est sans doute pour éviter un affrontement direct sur le terrain, que Vladimir Poutine et Recep Tayyip Erdogan ont appelé tous les belligérants à cesser leurs hostilités, le 12 janvier, à minuit.  

 

 

La Turquie a commencé à déployer officiellement des militaires en Libye pour défendre son allié le Gouvernement d'union nationale (GNA), face à l'offensive des forces de son rival, le maréchal Khalifa Haftar, notamment soutenues selon Ankara par des mercenaires russes.

 

 

Des centaines de conseillers turcs seraient déjà présents dans le pays. Côté russe, il y aurait quelque 1500 paramilitaires du groupe Wagner en Libye, dont 300 directement engagés dans les combats au sol au côté du maréchal Haftar. Même si, officiellement, le groupe Wagner n’est par reconnu par Moscou, il y évidemment des intérêts russes derrière ce groupe de mercenaires très actif en Syrie et en Libye.

 

 

 

Que le chaos libyen ne devienne pas une "seconde Syrie"

Le conflit libyen "met à mal la sécurité régionale et provoque une migration irrégulière, une propagation accrue des armes, du terrorisme et d'autres activités criminelles, dont le trafic illicite", peut-on lire dans le communiqué commun diffusé à l'issue de l'entretien entre les deux hommes.

 

 

Dans leur déclaration commune, MM. Erdogan et Poutine expriment en outre leur soutien à une conférence internationale prévue en janvier à Berlin afin de trouver une solution politique sous l'égide des Nations unies.

 

 

Cette conférence à pour objectif, selon l’émissaire de l’ONU Ghassan Salamé, de mettre fin aux interférences étrangères en Libye. A Bruxelles, l’Union européenne à promis au chef du GNA, Fayez al-Sarraj, d’intensifier ses efforts pour une solution pacifique en Libye, le chef de la diplomatie allemande s’inquiétant que ce pays en proie au chaos puisse devenir "une seconde Syrie".

 

 

  

Tous se disent favorables à une solution politique

L’Allemagne, la France et la Grèce, inquiètes de la poussée turque au sud de la Méditerranée, ont exprimé leur soutien aux efforts de Ghassan Salamé pour parvenir à une solution pacifique au conflit libyen.

 

 

Même son de cloche du côté de l’Egypte : "Nous soutenons unanimement la conférence de Berlin, qui sera peut-être la dernière occasion de parvenir à un accord politique entre les différentes parties libyennes", a déclaré le chef de la diplomatie égyptienne, Sameh Choukry. L’Egypte, qui soutient le maréchal Haftar, redoute l’instabilité de son voisin.

 

 

Si tous les acteurs de la région s’activent pour un solution diplomatique en Libye, il semble qu’Ankara et Moscou rêvent de jouer les premiers rôles en s’imposant comme "faiseurs de paix", tout en espérant en tirer chacun quelques bénéfices.

 


10/01/2020
0 Poster un commentaire

Franceinfo - le mercredi 8 janvier 2020

 

 

Libye : la "valse" entre la Russie et la Turquie expliquée par le chercheur Jalel Harchaoui

 

 

avatar
Michel LachkarRédaction AfriqueFrance Télévisions

 

 

 

L’inauguration le 8 janvier 2020 du gazoduc TurkStream, qui relie la Russie et la Turquie, illustre les bonnes relations qu’entretiennent les deux pays. Des relations pour le moins complexes, puisque Moscou et Ankara s’opposent sur les terrains syriens et libyens

 

 

20734631

 

Le président russe Valdimir Poutine et son homologue turc Recep Tayyip Erdogan ont inauguré le 8 janvier 2020 le gazoduc TurkStream qui relie les deux pays. Moscou et Ankara, qui s'opposent sur les terrains syrien et libyen, entretiennent des relations complexes. Photo prise le 8 janvier 2020 à Istanbul. (UMIT BEKTAS / X90076)

 

 

 

Jalel Harchaoui, chercheur au Clingendael Institute de La Haye et spécialiste de la Libye, apporte son éclairage sur la situation dans ce pays où Russes et Turcs se retrouvent face-à-face en soutenant les deux camps opposés.

 

 

 

Franceinfo Afrique : l’inauguration le 8 janvier 2020 du gazoduc TurkishStream montre-t-elle que, malgré leurs divergences sur les terrains syrien et libyen, les deux pays gardent de bonnes relations ?

 

Jalel Harchaoui : Ce sont deux Etats qui pratiquent une défense pragmatique de leurs intérêts respectifs. En Syrie, il ne s’agit pas d’affrontements directs, ils sont dans deux camps opposés, mais quand il le faut, Ankara et Moscou cherchent un arrangement et avancent par tâtonnements. L’un défend le régime de Damas, l’autre cherche à contenir les Kurdes et, dans une certaine mesure, les opposants syriens sunnites, mais ils évitent les affrontements directs. Pour la population locale, tous ces va-et-vient et ajustements provoquent beaucoup de souffrance, mais Ankara et Moscou se préoccupent peu des droits humains ou des exactions sur la population civile.

 

Entre la Russie et la Turquie, je parlerais plutôt d’une sorte de valse, qui converge lentement vers un certain équilibre. Depuis 2015, les deux pays savaient qu’ils allaient trouver une forme d’entente sur le théâtre syrien.

 

 

 

Et en Libye, ils se retrouvent aussi face-à-face ?

 

La Russie a, pour l'instant, une petite préférence pour le maréchal Haftar, mais son soutien est conjoncturel. Elle ne soutient guère Haftar comme elle a soutenu le président Assad, c’est-à-dire depuis toujours.

 

La Russie a su se rendre utile en Libye, elle sait que le camp Haftar a un talon d’Achille : sa faiblesse au sol. Mais le véritable soutien du maréchal Haftar, ce sont les Emirats arabes unis, qui fournissent des drones, et assurent les frappes aériennes.

Mais pour la Russie, il n’y rien de stratégique, elle n’est pas mariée avec le maréchal Haftar et sa faction. Elle a gardé des liens actifs avec le camp adverse. On peut tout à fait concevoir que Moscou soutienne Haftar dans l’est du pays et s'accommode d'une présence turque dans l'ouest libyen en soutien au gouvernement internationalement reconnu à Tripoli.

 

Au Moyen-Orient d'une manière générale, la Russie s’est fixé pour règle de ne jamais s’enfermer dans des amitiés exclusives. Elle tient à garder l'option de jouer plusieurs cartes en même temps, si elle le souhaite.

 

 

 

Y a-t-il une envie de la Russie de revenir en Afrique ?

 

La Libye est le ventre mou qui permet à la Russie de pousser ses pions en Afrique. On parle de 1400 mercenaires russes en Libye, appartenant au groupe Wagner, dont environ 300 sont actifs au front, au sud de Tripoli. En envoyant les groupes privés, comme le groupe Wagner, d'ailleurs illégaux en Russie et dont celle-ci nie l’existence, elle ne prend pas beaucoup de risques. Elle ramasse les bénéfices si le groupe Wagner réussit, sinon elle le lâche et nie tout en bloc.

 

Le groupe Wagner n’est pas payé directement par la Russie, mais par les promesses de partage des richesses locales. Il est très possible également que les Emirats arabes unis se chargent de la facture en Libye, car ils sont les vrais soutiens du maréchal Haftar. Ils ont dépensé beaucoup d'argent dans la guerre civile libyenne ces dernières années.

 

 

 

Et que vient faire la Turquie en Libye ?

 

La Turquie est déjà présente de manière clandestine en Libye du côté du gouvernement internationalement reconnu de Tripoli depuis un moment. Ce qui est nouveau, c’est qu’elle dit faire son entrée officielle, espérant récupérer un morceau plus ou moins gros du territoire libyen et de ses richesses.

 

 

 

Et l’Egypte, est-elle prête à entrer dans le conflit au côté du maréchal Haftar ?

 

L’Egypte ne souhaite pas intervenir en Libye. Le Caire a très peur d’être happé par le conflit libyen. Sa dernière intervention au Yémen ne lui a pas réussi. Elle y a perdu plus de 30 000 hommes dans les années 1960. Aujourd'hui, elle a trop de problèmes en interne pour s’affronter à la Turquie dans l'ouest libyen.

 

 

 

Est-ce que les Américains vont laisser la Russie et la Turquie pousser leurs pions en Libye sans réagir ?

 

La Maison Blanche ne va pas réagir de manière ferme. Sur une période longue (15 ou 20 ans), les Etats-Unis sont dans un processus de retrait du Proche-Orient. L’administration Trump va poursuivre une sortie lente et ambivalente qui a déjà commencé sous Obama. Même si entre temps il y a une guerre avec l’Iran, c’est une tendance historique commencée sous Obama.

 

 

Aux yeux de Donald Trump et de son entourage immédiat, Vladimir Poutine n’est pas un problème. Cela ne les gêne pas de voir la Russie étendre son influence dans cette région difficile. Pour l'instant, la Maison-Blanche de Donald Trump n'est pas du tout alarmée, ni révoltée, à l'idée que la Turquie se lance dans une nouvelle aventure en Libye occidentale.

 


10/01/2020
0 Poster un commentaire

Franceinfo - le dimanche 29 décembre 2019

 

 

Libye : le Parlement appelle la communauté internationale à retirer sa légitimité au gouvernement basé à Tripoli

 

 

avatar

franceinfo avec AFPFrance Télévisions
 

 

Deux autorités se disputent actuellement le pouvoir en Libye : le gouvernement d'union nationale (GNA), basé à Tripoli, et un gouvernement et Parlement dans l'est libyen, acquis au maréchal Khalifa Haftar

 

 

20684439

 

Le président du Parlement libyen, Aguila Saleh, lors d'un entretien avec l'AFP à Nicosie (Chypre), le 28 décembre 2019.  (CHRISTINA ASSI / AFP)

 

 

 

La Libye fait face à une grave crise politique. Le président du Parlement libyen, Aguila Saleh, a appelé samedi 28 décembre la communauté internationale à retirer sa légitimité au gouvernement d'union nationale (GNA), basé à Tripoli (Libye) et reconnu par l'ONU, après des accords controversés signés avec la Turquie.

 

 

Plongée dans le chaos depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011, la Libye est désormais en proie à de profondes luttes d'influence. Deux autorités se disputent aujourd'hui le pouvoir : le GNA à Tripoli (ouest), et un gouvernement et un Parlement acquis au maréchal Khalifa Haftar, dans l'est libyen.

Le Parlement élu siégeant dans l'est est aussi affaibli par des divisions après le départ d'une quarantaine de députés anti-Haftar pour Tripoli.

 

 

 

Une action "dans les prochains jours"

Aguila Saleh, un allié de Khalifa Haftar, est en déplacement à Chypre pour examiner les répercussions de deux accords signés fin novembre entre la Turquie et le GNA. Le premier permet à Ankara de faire valoir des droits sur des vastes zones en Méditerranée orientale riches en hydrocarbures, au grand dam de la Grèce, de l'Egypte, de Chypre et d'Israël. Le second accord porte sur l'aide que la Turquie pourrait apporter au GNA dans sa lutte contre les troupes du maréchal Haftar, qui ont lancé en avril une offensive pour s'emparer de Tripoli. Le maréchal Haftar est lui soutenu par l'Egypte, les Emirats arabes unis et la Russie. 

 

 

Le GNA "veut pousser à une colonisation turque de la Libye", a accusé Aguila Saleh auprès de l'AFP à Nicosie (Chypre). "Dans les prochains jours, le Parlement libyen entreprendra une action en vue d'obtenir un retrait de la reconnaissance internationale à ce gouvernement", a-t-il déclaré. Le président du Parlement libyen a ajouté avoir demandé au chef de la diplomatie chypriote de "transmettre un message à l'Union européenne (UE) pour qu'elle retire sa reconnaissance à ce gouvernement". "Il est temps de former un nouveau gouvernement soutenu par le peuple et le Parlement libyens", a-t-il défendu.

 

 

Aguila Saleh n'a pas exclu la possibilité d'une intervention d'autres pays en Libye, si la Turquie envoie des troupes au côté du GNA. "Tous les pays ont mis en garde la Turquie contre toute intervention. Ils ne veulent pas d'un conflit [régional]." 

 


30/12/2019
0 Poster un commentaire

Franceinfo - le lundi 8 juillet 2019

 

 

"On a réparé des tanks" : en Libye, les troupes du maréchal Haftar affirment qu'elles ne reçoivent pas d'armes de l'étranger

 

 

avatar
Maurine MercierfranceinfoRadio France

 

 

 

Depuis le début de l'offensive du maréchal Haftar, les armes affluent, en violation de l'embargo décrété pour la Libye en 2011

 

 

 

19659351.jpg

 

Le général Ahmed Al Mesmari, porte-parole de l'autoproclamée Armée Nationale Libyenne à Benghazi, le 20 avril 2019. (ABDULLAH DOMA / AFP)

 

 

 

L’offensive du maréchal Khalifa Haftar sur Tripoli, lancée il y a trois mois, a du plomb dans l’aile. Les troupes fidèles à l’homme fort de l’est de la Libye ont perdu la ville de Gharyan, celle-là même que le maréchal Haftar avait transformée en base avancée pour ses troupes. Un point presse de l’autoproclamée Armée Nationale Libyenne (ANL) a eu lieu dans la soirée du dimanche 7 juillet, à Benghazi, le fief du maréchal, dans une ambiance surréaliste.

 

 

 

"Les armes que l'on utilise datent de la révolution de 2011"

La trentaine de micros sous le nez du porte-parole de l'ANL, le général Al Mesmari, affichent les logos de médias locaux et internationaux, russe, égyptien ou encore chinois. Des micros qui ne sont pas branchés, et seulement deux journalistes dans la salle. L'employé, distrait, griffonne le portrait de Haftar et en oublie de faire défiler sur l’écran les images des avancées évoquées par le porte-parole. Le général Al Mesmari assure que les troupes du maréchal Haftar ont progressé, même si son armée vient de perdre une ville hautement stratégique. 

 

C’est comme ça la guerre : on avance et on recule. Le général Al Mesmari, porte-parole de l'ANL à franceinfo

 

 

Les armes affluent depuis le début de la bataille pour Tripoli, et ce malgré l’embargo de l’ONU. Pourtant, le porte-parole tient à affirmer que son armée ne reçoit strictement aucune arme de l’étranger. Pas même des Emirats arabes unis ? "Oui, c’est vrai qu’on reçoit de leur part une aide politique et qu’ils nous envoient des conseillers, concède-t-il. Mais aucune arme. Les armes que l'on utilise sont celles qui datent de la révolution de 2011. On a réparé des tanks. On n’a vraiment pas d’autres armes que ces anciennes armes-là."



À Benghazi, personne n’ose remettre en question l'ANL, qui est en fait une addition de milices, parmi lesquels des madkhalistes qui veulent imposer une vision ultraorthodoxe de l’islam. "Ce ne sont que des milices qui se battent pour mettre la main sur le pays, et non pour libérer Tripoli, soufflent plusieurs personnes. Mais ici, c'est impossible à dire, c'est beaucoup trop dangereux."

 

 

 

 

 

Franceinfo - le vendredi 5 juillet 2019 - mis à jour le 07.07.19

 

 

Libye : Poutine met en garde contre l’infiltration de jihadistes en provenance de Syrie

 

avatar
Alain ChémaliRédaction AfriqueFrance Télévisions

 

 

 

A l’occasion d’une brève visite de travail à Rome, Vladimir Poutine s’est dit préoccupé par l’ouverture d’un nouveau front islamiste en Libye

 

 

 

19646487.jpg

 

Le Premier ministre italien Giuseppe Conte (à gauche) et le président russe Vladimir Poutine (à droite) passent en revue un régiment militaire à leur arrivée au Palazzo Chigi, à Rome, le 4 juillet 2019. (TIZIANA FABI / AFP)

 

 

 

Au cours de sa visite express en Italie, le 4 juillet 2019, le président russe a rencontré le Pape François au Vatican et le président du Conseil italien Giuseppe Conte à Rome. Outre un plaidoyer en faveur de "relations sans sanctions" avec l’Union européenne, Vladimir Poutine a évoqué avec ses hôtes la situation en Syrie, en Ukraine et en Libye, exprimant sa plus vive inquiétude pour cette dernière, comme l'a souligné le quotidien italien Corriere Della Sera. "Il faut mettre fin le plus vite possible aux affrontements armés et mettre en place un dialogue" en Libye, a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse avec M. Conte.

 

 

 

"C'est une menace pour tous"

Estimant que la situation se dégradait dans ce pays, il s’est dit "surtout préoccupé par l’infiltration" de centaines de combattants armés en Afrique du Nord en provenance de la zone de désescalade d'Idlib, dans le nord-ouest de la Syrie. Une zone où se trouvent retranchés quelque trois millions de personnes, dont les forces d’opposition au président Bachar al-Assad.

 

 

Pour le chef du Kremlin, qui soutient à bout de bras le régime de Damas, "c'est une menace pour tous, parce qu’ils peuvent se déplacer n’importe où depuis la Libye", a-t-il souligné, sans plus de précisions sur leur nombre et la manière dont ces jihadistes parviennent à se rendre en Libye.

Toutefois, selon le compte twitter Turkeyaffaires, le président Poutine aurait "fait allusion" au fait que le régime d’Erdogan se chargerait du transfert de ces radicaux d’Idlib en Libye (voir vidéo ci-dessous en arabe).

 

 

 

 

 

 

Sur le terrain, le président russe soutient le Maréchal Haftar, qui se pose en champion de la lutte contre les jihadistes, mais dont l’offensive sur Tripoli est toujours mise en échec par les forces de son rival, Fayez al-Sarraj et les milices islamistes alliées.

 

 

 

Moscou peut aider

Lors de sa conférence de presse à Rome, il en a profité pour rappeler que "c'est l'Otan qui a bombardé et détruit la Libye en tant qu'entité politique", a-t-il dit, ajoutant : Moscou peut aider, "mais nous ne voulons pas être impliqués en premier".

 

 

Dans un commentaire sur son compte twitter, un observateur libyen de la situation a vu dans ce rappel "la fin du rêve des milices et d’Al-Sarraj de voir l’Otan voler à leur secours… Pas de décision sans Moscou…", a-t-il commenté.

 

 

 

 

 

 

Pour l’heure, ce sont en tout cas les bombardements russes en appui aux forces du régime syrien qui continuent de pousser la population et les combattants d’Idlib à l’exode et au repli sur la Libye. Selon le site iranien PressTV, les avions syriens et russes ont bombardé le 4 juillet une base souterraine du groupe terroriste du Front de libération nationale (FNL), soutenu par la Turquie, près de la ville de Madaya, dans le sud d’Idlib. Plus de 15 terroristes ont été tués ou blessés.

 

 

Ces frappes constituaient une riposte à la tentative d'infiltration menée par le FNL dans le nord de Lattaquié. Une province particulièrement stratégique sur la Méditerranée, souligne encore PressTV. "La Russie y détient une base aérienne que les terroristes soutenus par la Turquie, les Etats-Unis et l'Otan visent régulièrement. Le tunnel souterrain contenaient, selon des sources, un vaste stock d'armes et de munitions."

 


08/07/2019
0 Poster un commentaire

Franceinfo - le lundi 1er juillet 2019

 

 

Libye : la drôle de guerre entre le Maréchal Haftar et le président turc Erdogan

 

 

avatar
Alain ChémaliRédaction AfriqueFrance Télévisions

 

 

 

La tension est montée très fort entre Khalifa Haftar, l’homme fort de l’Est libyen, et Ankara après l’arrestation de ressortissants turcs et la destruction d’un drone à l’aéroport de Tripoli

 

 

 

19616183.jpg

 

 Le colonel Mohamad Gnounou (à G) et le maire de Gharyan, Youssef al-Bdiri (2e à G), porte-parole du gouvernement d'Accord national (GNA), donnent une conférence de presse le 29 juin 2019, après la reprise de la ville par les forces fidèles au gouvernement de Fayez al-Sarraj basé à Tripoli. (MAHMUD TURKIA / AFP)

 

 

 

Furieux du dernier revers de ses troupes dans l’offensive contre Tripoli, avec la perte stratégique de Gharyan située à une centaine de kilomètres de la capitale, le Maréchal Haftar a contre-attaqué en élargissant le champ de sa menace.

 

 

 

Haftar accuse la Turquie de soutenir militairement al-Sarraj

La reconquête rapide et par surprise, le 26 juin 2019, par les forces de son rival al-Sarraj, chef du Gouvernement d’accord national (GNA) de cette ville, dont il avait fait le centre de commandement de son opération, a en effet porté un sérieux coup à ses hommes qui ont du fuir précipitamment, selon une équipe de l’AFP qui a réussi à se rendre sur place.

 

 

Soutenu lui-même par l’Arabie Saoudite, les Emirats arabes unis et l’Egypte, le Maréchal s’en est pris aux autorités turques qu’il accuse de soutenir militairement ses rivaux. Il a ordonné à ses forces de prendre pour cible les navires et intérêts turcs, d’interdire les vols depuis et vers la Turquie et d’arrêter les ressortissants turcs en Libye, a indiqué son porte-parole, Ahmad al-Mesmari, cité par l’AFP.

 

 

Des ordres aussitôt suivis d’effet puisque ses forces ont annoncé le 30 juin avoir abattu un drone turc à l’aéroport de Tripoli. "Nos chasseurs ont visé un drone turc de type Bayraktar, au cours de son décollage et l'ont détruit sur la piste de la zone militaire" de l'aéroport de Mitiga, le seul fonctionnel de la capitale libyenne.

 

 

 

Les forces de Haftar "des cibles légitimes" pour Ankara

Quelques heures auparavant la Turquie avait révélé et dénoncé l’arrestation de six de ses ressortissants en territoire libyen et brandi à son tour des menaces. "La détention de six de nos concitoyens par des milices illégales liées à Haftar est un acte de violence et de piraterie. Nous nous attendons à ce que nos concitoyens soient libérés immédiatement", a déclaré le ministère turc des Affaires étrangères dans un communiqué."Si cela n'arrive pas, des forces d'Haftar deviendront des cibles légitimes", a-t-il averti.

 

 

Le ministre turc de la Défense, Hulusi Akar, avait prévenu lui aussi que son pays riposterait à toute attaque. "Il y aura un prix très élevé à payer à toute attitude hostile ou attaque. Nous riposterons de la façon la plus efficace et forte", a-t-il déclaré à l'agence de presse turque Anadolu.

 

 

 

Les six ressortissants turcs relâchés

Ces tensions entre la Libye d’Haftar et la Turquie d’Erdogan sont liées au soutien qu’Ankara continue d’apporter aux forces du GNA, malgré l’embargo sur la livraison d’armes imposé par l’ONU, à la Libye depuis le soulèvement de 2011, qui a emporté le régime de Kadhafi. Le 19 juin, le président turc avait lui-même confirmé que des armes que son pays avait fournies au GNA ont permis à Tripoli de "rééquilibrer" la situation face aux forces de Khalifa Haftar.

 

 

Les menaces de représailles turques auront-elles été plus fortes que celles du Maréchal Haftar ? Le 1er juillet au matin, le ministère turc des Affaires étrangères annonçait que les Turcs détenus par les hommes de Haftar avaient été relâchés. Présentant les six Turcs comme des "marins", une source au ministère des Affaires étrangères a affirmé qu'ils avaient été libérés et avaient "décidé eux-mêmes de rester" en Libye pour y poursuivre leur travail.

 


03/07/2019
0 Poster un commentaire

Franceinfo - le vendredi 28 juin 2019

 

 

Libye : la pénurie d'électricité s'amplifie sur fond de canicule et de combats

 

 

avatar
franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

 

Les forces loyales au gouvernement de Fayez al-Sarraj ont infligé un revers aux troupes du Maréchal Haftar au sud de Tripoli, mais la poursuite des combats ne fait qu'aggraver la pénurie d'électricité dont souffre la population de la capitale

 

 

 

19600983.jpg

 

Des techniciens de la Compagnie nationale d'électricité réparent les lignes à haute tension endommagées par les combats au sud de Tripoli, le 23 mai 2019. (MAHMUD TURKIA / AFP)

 

 

 

La pénurie d'électricité s'est encore aggravée à Tripoli en raison de la canicule et des combats entre les deux autorités rivales du pays qui ont endommagé une infrastructure déjà vétuste.

 

 

Des coupures de courant de plus de 12h par jour

La population souffre en effet d'un rationnement de l'approvisionnement électrique avec des coupures de plus de douze heures par jour. Cette pénurie énergétique provoque quotidiennement de graves perturbations des réseaux de téléphonie mobile et d'internet et affecte également l'approvisionnement en eau et en carburant, notamment dans l'ouest, la région la plus peuplée du pays.

 

 

La Compagnie nationale d'électricité (Gecol) a dénoncé le 26 juin 2019 des actes d'agression contre ses employés par des gens mécontents pour les contraindre à rétablir l'électricité dans certains quartiers. "Ces agressions empêchent un rationnement équitable (...) et peuvent provoquer une panne totale", a prévenu la compagnie dans un communiqué.

 

 

 

Une pénurie chronique depuis 2011

La Gecol appelle régulièrement les citoyens à "rationaliser leur consommation", notamment les commerçants. Elle précise toutefois que la climatisation représente plus de 60% de la consommation. La Libye fait face à une pénurie chronique d'électricité depuis 2011, en particulier durant les pics de consommation en hiver et en été. Ce riche pays pétrolier produit autour de 6000 mégawatts, avec un déficit de plus de 1000 MW lors du pic estival, selon la Gecol.

 

 

Le déficit s'est aggravé avec les dégâts provoqués par les combats au sud de Tripoli opposant les troupes du maréchal Khalifa Haftar, aux forces loyales au Gouvernement d'union nationale (GNA) reconnu par la communauté internationale. Le maréchal Haftar, qui tente depuis le 4 avril de s'emparer de Tripoli, vient d'ailleurs de subir un sérieux revers sur le terrain.

 

 

 

Les combats empêchent tout nouveau projet d'électrification

Les forces loyales au GNA de Fayez al-Sarraj ont annoncé le 26 juin dans la soirée avoir repris la ville stratégique de Gharyan située à 100 kilomètres au sud de Tripoli où était basé le centre de commandement des forces pro-Haftar. "Gharyan est sous notre contrôle total", a indiqué à l'AFP Moustafa al-Mejii, porte-parole des forces du GNA, faisant état de plus de 18 prisonniers et de dizaines de morts dans le camp de Haftar. Il s'est même félicité d'une "victoire importante" sur le plan stratégique et moral, affirmant s'attendre à un "effondrement" des forces de Haftar.

 

 

Un peu plus tôt, le porte-parole des forces de l'homme fort de l'Est avait accusé des "cellules dormantes" d'avoir facilité l'entrée des troupes du GNA dans une partie de Gharyan, sans reconnaître la perte de la ville. Il a précisé que les combats se poursuivaient et que la situation était "sous contrôle".

 

 

La poursuite des violences continue en tout cas d'empêcher l'exécution de nouveaux projets d'électrification par des entreprises étrangères, évacuées avec le début de l'offensive du maréchal Haftar, a indiqué récemment à l'AFP un responsable de la Gecol.

 


28/06/2019
0 Poster un commentaire

Franceinfo - le dimanche 7 avril 2019

 

 

Pays divisé, pétrole, processus de paix fragile… On vous explique pourquoi la situation est explosive en Libye

 

 

avatar
franceinfoFrance Télévisions
 

 

 

Jeudi 4 avril, les forces du maréchal Khalifa Haftar, qui domine l'est du pays, ont tenté un coup de force pour marcher sur Tripoli, la capitale, tenue par le Gouvernement d'union nationale

 

 

 

17354199.jpg

 

Les forces du gouvernement d'union nationale (GNA) s'installent à Tajura, une banlieue côtière de la capitale libyenne, Tripoli, le 6 avril 2019. (MAHMUD TURKIA / AFP)

 

 

 

"Je quitte la Libye avec une profonde inquiétude et un cœur lourd." Vendredi 5 avril, Antonio Guterres, secrétaire général de l'ONU, a résumé le sentiment de la communauté internationale. La Libye est le théâtre de troubles depuis 2011 et le renversement de Mouammar Kadhafi, tué après huit mois de révolte.

 

 

Dernier épisode en date, jeudi 4 avril, l'avancée des troupes du maréchal Khalifa Haftar vers Tripoli, la capitale, pour "purger l'ouest" du pays "des terroristes et des mercenaires". Elles se sont arrêtées à une trentaine de kilomètres de la capitale libyenne. Un premier bilan du ministère de la Santé du Gouvernement d'union nationale (GNA) fait état d'au moins 21 morts. De son côté, l'Armée nationale libyenne (ANL) du maréchal Haftar a fait état samedi soir de 14 morts parmi ses combattants. Ce coup de force rend la situation encore un peu plus explosive. Franceinfo vous explique pourquoi.

 

 

 

 

 

 

Parce que le pays est profondément divisé

La chute du régime du dictateur Mouammar Kadhafi en 2011 a plongé le pays dans le chaos. Depuis 2015, deux autorités rivales se disputent le pouvoir. D'un côté, le Gouvernement d'union nationale dans l'ouest du pays, où se trouve la capitale Tripoli. Il est personnifié par Fayez al-Sarraj, le chef du gouvernement. De l'autre, une autorité dans l'Est, contrôlée par l'Armée nationale libyenne, dirigée par le maréchal Khalifa Haftar. L'arrivée au pouvoir de Fayez al-Sarraj a ravivé les espoirs d'une sortie de crise.

 

 

 

 

 

 

Problème, la conciliation entre les deux camps, et les innombrables milices qui pullulent dans le pays, semble très difficile à réaliser. "Le pays a explosé en mille morceaux, il ne s’est pas divisé entre deux personnages. Ce n’est pas l’Allemagne de l’Est et l’Allemagne de l’Ouest que l’on réunifierait. Quarante-deux ans de dictature et huit années de chaos n’ont pas fait qu’éclater la structure de l’État, mais également le tissu social lui-même. C’est un travail de dentellière", résume l'envoyé spécial de l'ONU Ghassan Salamé au Figaro (article abonnés).

 

 

 

Parce que le pétrole est un enjeu majeur

Après son offensive menée en début d'année, le maréchal Khalifa Haftar a pris le contrôle du champ pétrolier d'Al-Charara (sud-ouest), à environ 900 km au sud de Tripoli. Ce champ produit 315 000 barils par jour, soit près d'un tiers de la production globale libyenne. Le 21 février, l'Armée nationale libyenne prend le champ d'Al-Fil (sud), et contrôle ainsi les plus importants terminaux pétroliers dans l'est du pays, le fameux "croissant pétrolier", la principale plateforme d'exportation de l'or noir vers l’étranger. "Même si on ne peut pas dire qu'il contrôle le Sud (…), il obtient un accès aux champs pétroliers, enjeu fondamental en Libye", synthétise Virginie Collombier, de l’Institut universitaire européen de Florence, pour Libération.

 

 

En juin 2018, le porte-parole de l’Armée nationale libyenne avait annoncé que la gestion de ce "croissant pétrolier" relèverait désormais des autorités de Benghazi  et non plus de Tripoli, rappelle Le Monde. Mais ce transfert des activités de la Compagnie nationale du pétrole (NOC) de l'ouest vers l'est semblait difficilement réalisable. "Tous nos contrats sont signés avec la NOC de Tripoli. Je ne vois pas comment celle de Benghazi peut intervenir, sauf à rendre caducs des contrats qui remontent à 1955 et 2008", expliquait un industriel européen du pétrole au quotidien. D'autant que la NOC de Benghazi ne disposait pas, à l'époque, du "personnel et de l’expertise technique" lui permettant de se substituer à la NOC de Tripoli.

 

 

Or, selon plusieurs résolutions adoptées par le Conseil de sécurité des Nations unies, dont la dernière date de juin 2017, seule la NOC placée sous l'autorité du Gouvernement d'union nationale peut gérer le pétrole libyen. La résolution de juin 2017 "condamne" sans ambiguïté toute "tentative d’exportation illicite de pétrole", notamment par le biais "d’institutions parallèles", comme la NOC de Benghazi, échappant à la tutelle du "gouvernement d’accord national".

 

 

 

Parce que le processus de paix est en péril

En lançant ses hommes à la conquête de Tripoli, le maréchal Khalifa Haftar a pris par surprise ses rivaux et la communauté internationale. Tripoli n'a pas tardé à réagir et a annoncé une "contre-offensivegénéralisée contre les pro-Haftar, alors que les bases d'un rapprochement avaient été posées. "Haftar est celui qui ruine le processus de paix, qui ne tient aucun de ses engagements", estime Virginie Collombier dans Libération.

 

 

En février dernier, lors d'une réunion à Abou Dhabi, Khalifa Haftar et Fayez al-Sarraj avaient conclu un accord, notamment en vue de former un gouvernement unifié dans lequel le maréchal serait représenté, et d'organiser des élections avant la fin de l'année. Mais ce coup de force remet tout à plat. "Nous avons tendu nos mains vers la paix mais après l'agression qui a eu lieu de la part des forces appartenant à Haftar et sa déclaration de guerre contre nos villes et notre capitale (…), il ne trouvera que force et fermeté", a prévenu le chef du gouvernement de Tripoli.

 

 

 

Parce que la communauté internationale ne veut pas d'un conflit armé

Cette escalade fait craindre le pire à la communauté internationale. Réunis vendredi 5 avril en France, les ministres des Affaires étrangères des sept pays les plus industrialisés (G7) ont "exhorté" tous les acteurs à stopper "immédiatement" tous "les mouvements militaires vers Tripoli, qui entravent les perspectives du processus politique mené par les Nations unies""Il n'y a pas de solution militaire au conflit libyen", ont souligné les chefs de la diplomatie des Etats-Unis, du Canada, de la France, de l'Allemagne, du Royaume-Uni, de l'Italie et du Japon.

 

 

Emmanuel Macron, lui, a renouvelé son soutien à la médiation de l'ONU. "Les deux dirigeants ont souligné l'importance d'une solution politique à la crise actuelle, dans le respect du droit humanitaire et des résolutions du Conseil de sécurité", a indiqué la présidence française dans un communiqué publié samedi.

 

 

Cette flambée de violence intervient alors qu'une conférence nationale sous l'égide de l'ONU est prévue à Ghadamès, dans le sud-ouest du pays. Elle doit dresser une "feuille de route" avec la tenue d'élections pour tenter de sortir le pays de l'impasse. "Nous sommes déterminés à organiser" cette conférence interlibyenne "à la date prévue", du 14 au 16 avril, "sauf si des circonstances majeures nous en empêchent", a dit samedi 6 avril Antonio Guterres lors d'une conférence de presse à Tripoli.

 


09/04/2019
0 Poster un commentaire

le Progrès du vendredi 20 janvier 2017

 

 

 

LIBYE - FRAPPES AMÉRICAINES : 80 DJIHADISTES TUÉS

 

 

Les États-Unis ont bombardé mercredi soir deux camps de Daech en Libye, près de Syrte, une frappe qui a coûté la vie à "plusieurs dizaines" de combattants, environ 80 djihadistes, a indiqué hier un responsable américain de la Défense. Selon le Pentagone, le bombardement n'a pas fait de victimes civiles.

 


21/01/2017
0 Poster un commentaire

le Progrès du mardi 6 décembre 2016

 

 

 

LIBYE - LES FORCES LOYALISTES REPRENNENT SYRTE À DAECH

 

 

Les forces du gouvernement libyen d'union nationale (GNA) ont annoncé hier avoir repris le contrôle total de Syrte à Daech. Cette victoire est proclamée plus de six mois après le lancement, le 12 mai, de l'offensive pour reprendre la ville portuaire conquise en 2015 par Daech.

 


07/12/2016
0 Poster un commentaire