L'AIR DU TEMPS

L'AIR DU TEMPS

CRISE LIBYENNE


Franceinfo - le lundi 8 juillet 2019

 

 

"On a réparé des tanks" : en Libye, les troupes du maréchal Haftar affirment qu'elles ne reçoivent pas d'armes de l'étranger

 

 

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Maurine MercierfranceinfoRadio France

 

 

 

Depuis le début de l'offensive du maréchal Haftar, les armes affluent, en violation de l'embargo décrété pour la Libye en 2011

 

 

 

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Le général Ahmed Al Mesmari, porte-parole de l'autoproclamée Armée Nationale Libyenne à Benghazi, le 20 avril 2019. (ABDULLAH DOMA / AFP)

 

 

 

L’offensive du maréchal Khalifa Haftar sur Tripoli, lancée il y a trois mois, a du plomb dans l’aile. Les troupes fidèles à l’homme fort de l’est de la Libye ont perdu la ville de Gharyan, celle-là même que le maréchal Haftar avait transformée en base avancée pour ses troupes. Un point presse de l’autoproclamée Armée Nationale Libyenne (ANL) a eu lieu dans la soirée du dimanche 7 juillet, à Benghazi, le fief du maréchal, dans une ambiance surréaliste.

 

 

 

"Les armes que l'on utilise datent de la révolution de 2011"

La trentaine de micros sous le nez du porte-parole de l'ANL, le général Al Mesmari, affichent les logos de médias locaux et internationaux, russe, égyptien ou encore chinois. Des micros qui ne sont pas branchés, et seulement deux journalistes dans la salle. L'employé, distrait, griffonne le portrait de Haftar et en oublie de faire défiler sur l’écran les images des avancées évoquées par le porte-parole. Le général Al Mesmari assure que les troupes du maréchal Haftar ont progressé, même si son armée vient de perdre une ville hautement stratégique. 

 

C’est comme ça la guerre : on avance et on recule. Le général Al Mesmari, porte-parole de l'ANL à franceinfo

 

 

Les armes affluent depuis le début de la bataille pour Tripoli, et ce malgré l’embargo de l’ONU. Pourtant, le porte-parole tient à affirmer que son armée ne reçoit strictement aucune arme de l’étranger. Pas même des Emirats arabes unis ? "Oui, c’est vrai qu’on reçoit de leur part une aide politique et qu’ils nous envoient des conseillers, concède-t-il. Mais aucune arme. Les armes que l'on utilise sont celles qui datent de la révolution de 2011. On a réparé des tanks. On n’a vraiment pas d’autres armes que ces anciennes armes-là."



À Benghazi, personne n’ose remettre en question l'ANL, qui est en fait une addition de milices, parmi lesquels des madkhalistes qui veulent imposer une vision ultraorthodoxe de l’islam. "Ce ne sont que des milices qui se battent pour mettre la main sur le pays, et non pour libérer Tripoli, soufflent plusieurs personnes. Mais ici, c'est impossible à dire, c'est beaucoup trop dangereux."

 

 

 

 

 

Franceinfo - le vendredi 5 juillet 2019 - mis à jour le 07.07.19

 

 

Libye : Poutine met en garde contre l’infiltration de jihadistes en provenance de Syrie

 

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Alain ChémaliRédaction AfriqueFrance Télévisions

 

 

 

A l’occasion d’une brève visite de travail à Rome, Vladimir Poutine s’est dit préoccupé par l’ouverture d’un nouveau front islamiste en Libye

 

 

 

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Le Premier ministre italien Giuseppe Conte (à gauche) et le président russe Vladimir Poutine (à droite) passent en revue un régiment militaire à leur arrivée au Palazzo Chigi, à Rome, le 4 juillet 2019. (TIZIANA FABI / AFP)

 

 

 

Au cours de sa visite express en Italie, le 4 juillet 2019, le président russe a rencontré le Pape François au Vatican et le président du Conseil italien Giuseppe Conte à Rome. Outre un plaidoyer en faveur de "relations sans sanctions" avec l’Union européenne, Vladimir Poutine a évoqué avec ses hôtes la situation en Syrie, en Ukraine et en Libye, exprimant sa plus vive inquiétude pour cette dernière, comme l'a souligné le quotidien italien Corriere Della Sera. "Il faut mettre fin le plus vite possible aux affrontements armés et mettre en place un dialogue" en Libye, a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse avec M. Conte.

 

 

 

"C'est une menace pour tous"

Estimant que la situation se dégradait dans ce pays, il s’est dit "surtout préoccupé par l’infiltration" de centaines de combattants armés en Afrique du Nord en provenance de la zone de désescalade d'Idlib, dans le nord-ouest de la Syrie. Une zone où se trouvent retranchés quelque trois millions de personnes, dont les forces d’opposition au président Bachar al-Assad.

 

 

Pour le chef du Kremlin, qui soutient à bout de bras le régime de Damas, "c'est une menace pour tous, parce qu’ils peuvent se déplacer n’importe où depuis la Libye", a-t-il souligné, sans plus de précisions sur leur nombre et la manière dont ces jihadistes parviennent à se rendre en Libye.

Toutefois, selon le compte twitter Turkeyaffaires, le président Poutine aurait "fait allusion" au fait que le régime d’Erdogan se chargerait du transfert de ces radicaux d’Idlib en Libye (voir vidéo ci-dessous en arabe).

 

 

 

 

 

 

Sur le terrain, le président russe soutient le Maréchal Haftar, qui se pose en champion de la lutte contre les jihadistes, mais dont l’offensive sur Tripoli est toujours mise en échec par les forces de son rival, Fayez al-Sarraj et les milices islamistes alliées.

 

 

 

Moscou peut aider

Lors de sa conférence de presse à Rome, il en a profité pour rappeler que "c'est l'Otan qui a bombardé et détruit la Libye en tant qu'entité politique", a-t-il dit, ajoutant : Moscou peut aider, "mais nous ne voulons pas être impliqués en premier".

 

 

Dans un commentaire sur son compte twitter, un observateur libyen de la situation a vu dans ce rappel "la fin du rêve des milices et d’Al-Sarraj de voir l’Otan voler à leur secours… Pas de décision sans Moscou…", a-t-il commenté.

 

 

 

 

 

 

Pour l’heure, ce sont en tout cas les bombardements russes en appui aux forces du régime syrien qui continuent de pousser la population et les combattants d’Idlib à l’exode et au repli sur la Libye. Selon le site iranien PressTV, les avions syriens et russes ont bombardé le 4 juillet une base souterraine du groupe terroriste du Front de libération nationale (FNL), soutenu par la Turquie, près de la ville de Madaya, dans le sud d’Idlib. Plus de 15 terroristes ont été tués ou blessés.

 

 

Ces frappes constituaient une riposte à la tentative d'infiltration menée par le FNL dans le nord de Lattaquié. Une province particulièrement stratégique sur la Méditerranée, souligne encore PressTV. "La Russie y détient une base aérienne que les terroristes soutenus par la Turquie, les Etats-Unis et l'Otan visent régulièrement. Le tunnel souterrain contenaient, selon des sources, un vaste stock d'armes et de munitions."

 


08/07/2019
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Franceinfo - le lundi 1er juillet 2019

 

 

Libye : la drôle de guerre entre le Maréchal Haftar et le président turc Erdogan

 

 

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Alain ChémaliRédaction AfriqueFrance Télévisions

 

 

 

La tension est montée très fort entre Khalifa Haftar, l’homme fort de l’Est libyen, et Ankara après l’arrestation de ressortissants turcs et la destruction d’un drone à l’aéroport de Tripoli

 

 

 

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 Le colonel Mohamad Gnounou (à G) et le maire de Gharyan, Youssef al-Bdiri (2e à G), porte-parole du gouvernement d'Accord national (GNA), donnent une conférence de presse le 29 juin 2019, après la reprise de la ville par les forces fidèles au gouvernement de Fayez al-Sarraj basé à Tripoli. (MAHMUD TURKIA / AFP)

 

 

 

Furieux du dernier revers de ses troupes dans l’offensive contre Tripoli, avec la perte stratégique de Gharyan située à une centaine de kilomètres de la capitale, le Maréchal Haftar a contre-attaqué en élargissant le champ de sa menace.

 

 

 

Haftar accuse la Turquie de soutenir militairement al-Sarraj

La reconquête rapide et par surprise, le 26 juin 2019, par les forces de son rival al-Sarraj, chef du Gouvernement d’accord national (GNA) de cette ville, dont il avait fait le centre de commandement de son opération, a en effet porté un sérieux coup à ses hommes qui ont du fuir précipitamment, selon une équipe de l’AFP qui a réussi à se rendre sur place.

 

 

Soutenu lui-même par l’Arabie Saoudite, les Emirats arabes unis et l’Egypte, le Maréchal s’en est pris aux autorités turques qu’il accuse de soutenir militairement ses rivaux. Il a ordonné à ses forces de prendre pour cible les navires et intérêts turcs, d’interdire les vols depuis et vers la Turquie et d’arrêter les ressortissants turcs en Libye, a indiqué son porte-parole, Ahmad al-Mesmari, cité par l’AFP.

 

 

Des ordres aussitôt suivis d’effet puisque ses forces ont annoncé le 30 juin avoir abattu un drone turc à l’aéroport de Tripoli. "Nos chasseurs ont visé un drone turc de type Bayraktar, au cours de son décollage et l'ont détruit sur la piste de la zone militaire" de l'aéroport de Mitiga, le seul fonctionnel de la capitale libyenne.

 

 

 

Les forces de Haftar "des cibles légitimes" pour Ankara

Quelques heures auparavant la Turquie avait révélé et dénoncé l’arrestation de six de ses ressortissants en territoire libyen et brandi à son tour des menaces. "La détention de six de nos concitoyens par des milices illégales liées à Haftar est un acte de violence et de piraterie. Nous nous attendons à ce que nos concitoyens soient libérés immédiatement", a déclaré le ministère turc des Affaires étrangères dans un communiqué."Si cela n'arrive pas, des forces d'Haftar deviendront des cibles légitimes", a-t-il averti.

 

 

Le ministre turc de la Défense, Hulusi Akar, avait prévenu lui aussi que son pays riposterait à toute attaque. "Il y aura un prix très élevé à payer à toute attitude hostile ou attaque. Nous riposterons de la façon la plus efficace et forte", a-t-il déclaré à l'agence de presse turque Anadolu.

 

 

 

Les six ressortissants turcs relâchés

Ces tensions entre la Libye d’Haftar et la Turquie d’Erdogan sont liées au soutien qu’Ankara continue d’apporter aux forces du GNA, malgré l’embargo sur la livraison d’armes imposé par l’ONU, à la Libye depuis le soulèvement de 2011, qui a emporté le régime de Kadhafi. Le 19 juin, le président turc avait lui-même confirmé que des armes que son pays avait fournies au GNA ont permis à Tripoli de "rééquilibrer" la situation face aux forces de Khalifa Haftar.

 

 

Les menaces de représailles turques auront-elles été plus fortes que celles du Maréchal Haftar ? Le 1er juillet au matin, le ministère turc des Affaires étrangères annonçait que les Turcs détenus par les hommes de Haftar avaient été relâchés. Présentant les six Turcs comme des "marins", une source au ministère des Affaires étrangères a affirmé qu'ils avaient été libérés et avaient "décidé eux-mêmes de rester" en Libye pour y poursuivre leur travail.

 


03/07/2019
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Franceinfo - le vendredi 28 juin 2019

 

 

Libye : la pénurie d'électricité s'amplifie sur fond de canicule et de combats

 

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

 

Les forces loyales au gouvernement de Fayez al-Sarraj ont infligé un revers aux troupes du Maréchal Haftar au sud de Tripoli, mais la poursuite des combats ne fait qu'aggraver la pénurie d'électricité dont souffre la population de la capitale

 

 

 

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Des techniciens de la Compagnie nationale d'électricité réparent les lignes à haute tension endommagées par les combats au sud de Tripoli, le 23 mai 2019. (MAHMUD TURKIA / AFP)

 

 

 

La pénurie d'électricité s'est encore aggravée à Tripoli en raison de la canicule et des combats entre les deux autorités rivales du pays qui ont endommagé une infrastructure déjà vétuste.

 

 

Des coupures de courant de plus de 12h par jour

La population souffre en effet d'un rationnement de l'approvisionnement électrique avec des coupures de plus de douze heures par jour. Cette pénurie énergétique provoque quotidiennement de graves perturbations des réseaux de téléphonie mobile et d'internet et affecte également l'approvisionnement en eau et en carburant, notamment dans l'ouest, la région la plus peuplée du pays.

 

 

La Compagnie nationale d'électricité (Gecol) a dénoncé le 26 juin 2019 des actes d'agression contre ses employés par des gens mécontents pour les contraindre à rétablir l'électricité dans certains quartiers. "Ces agressions empêchent un rationnement équitable (...) et peuvent provoquer une panne totale", a prévenu la compagnie dans un communiqué.

 

 

 

Une pénurie chronique depuis 2011

La Gecol appelle régulièrement les citoyens à "rationaliser leur consommation", notamment les commerçants. Elle précise toutefois que la climatisation représente plus de 60% de la consommation. La Libye fait face à une pénurie chronique d'électricité depuis 2011, en particulier durant les pics de consommation en hiver et en été. Ce riche pays pétrolier produit autour de 6000 mégawatts, avec un déficit de plus de 1000 MW lors du pic estival, selon la Gecol.

 

 

Le déficit s'est aggravé avec les dégâts provoqués par les combats au sud de Tripoli opposant les troupes du maréchal Khalifa Haftar, aux forces loyales au Gouvernement d'union nationale (GNA) reconnu par la communauté internationale. Le maréchal Haftar, qui tente depuis le 4 avril de s'emparer de Tripoli, vient d'ailleurs de subir un sérieux revers sur le terrain.

 

 

 

Les combats empêchent tout nouveau projet d'électrification

Les forces loyales au GNA de Fayez al-Sarraj ont annoncé le 26 juin dans la soirée avoir repris la ville stratégique de Gharyan située à 100 kilomètres au sud de Tripoli où était basé le centre de commandement des forces pro-Haftar. "Gharyan est sous notre contrôle total", a indiqué à l'AFP Moustafa al-Mejii, porte-parole des forces du GNA, faisant état de plus de 18 prisonniers et de dizaines de morts dans le camp de Haftar. Il s'est même félicité d'une "victoire importante" sur le plan stratégique et moral, affirmant s'attendre à un "effondrement" des forces de Haftar.

 

 

Un peu plus tôt, le porte-parole des forces de l'homme fort de l'Est avait accusé des "cellules dormantes" d'avoir facilité l'entrée des troupes du GNA dans une partie de Gharyan, sans reconnaître la perte de la ville. Il a précisé que les combats se poursuivaient et que la situation était "sous contrôle".

 

 

La poursuite des violences continue en tout cas d'empêcher l'exécution de nouveaux projets d'électrification par des entreprises étrangères, évacuées avec le début de l'offensive du maréchal Haftar, a indiqué récemment à l'AFP un responsable de la Gecol.

 


28/06/2019
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Franceinfo - le dimanche 7 avril 2019

 

 

Pays divisé, pétrole, processus de paix fragile… On vous explique pourquoi la situation est explosive en Libye

 

 

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franceinfoFrance Télévisions
 

 

 

Jeudi 4 avril, les forces du maréchal Khalifa Haftar, qui domine l'est du pays, ont tenté un coup de force pour marcher sur Tripoli, la capitale, tenue par le Gouvernement d'union nationale

 

 

 

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Les forces du gouvernement d'union nationale (GNA) s'installent à Tajura, une banlieue côtière de la capitale libyenne, Tripoli, le 6 avril 2019. (MAHMUD TURKIA / AFP)

 

 

 

"Je quitte la Libye avec une profonde inquiétude et un cœur lourd." Vendredi 5 avril, Antonio Guterres, secrétaire général de l'ONU, a résumé le sentiment de la communauté internationale. La Libye est le théâtre de troubles depuis 2011 et le renversement de Mouammar Kadhafi, tué après huit mois de révolte.

 

 

Dernier épisode en date, jeudi 4 avril, l'avancée des troupes du maréchal Khalifa Haftar vers Tripoli, la capitale, pour "purger l'ouest" du pays "des terroristes et des mercenaires". Elles se sont arrêtées à une trentaine de kilomètres de la capitale libyenne. Un premier bilan du ministère de la Santé du Gouvernement d'union nationale (GNA) fait état d'au moins 21 morts. De son côté, l'Armée nationale libyenne (ANL) du maréchal Haftar a fait état samedi soir de 14 morts parmi ses combattants. Ce coup de force rend la situation encore un peu plus explosive. Franceinfo vous explique pourquoi.

 

 

 

 

 

 

Parce que le pays est profondément divisé

La chute du régime du dictateur Mouammar Kadhafi en 2011 a plongé le pays dans le chaos. Depuis 2015, deux autorités rivales se disputent le pouvoir. D'un côté, le Gouvernement d'union nationale dans l'ouest du pays, où se trouve la capitale Tripoli. Il est personnifié par Fayez al-Sarraj, le chef du gouvernement. De l'autre, une autorité dans l'Est, contrôlée par l'Armée nationale libyenne, dirigée par le maréchal Khalifa Haftar. L'arrivée au pouvoir de Fayez al-Sarraj a ravivé les espoirs d'une sortie de crise.

 

 

 

 

 

 

Problème, la conciliation entre les deux camps, et les innombrables milices qui pullulent dans le pays, semble très difficile à réaliser. "Le pays a explosé en mille morceaux, il ne s’est pas divisé entre deux personnages. Ce n’est pas l’Allemagne de l’Est et l’Allemagne de l’Ouest que l’on réunifierait. Quarante-deux ans de dictature et huit années de chaos n’ont pas fait qu’éclater la structure de l’État, mais également le tissu social lui-même. C’est un travail de dentellière", résume l'envoyé spécial de l'ONU Ghassan Salamé au Figaro (article abonnés).

 

 

 

Parce que le pétrole est un enjeu majeur

Après son offensive menée en début d'année, le maréchal Khalifa Haftar a pris le contrôle du champ pétrolier d'Al-Charara (sud-ouest), à environ 900 km au sud de Tripoli. Ce champ produit 315 000 barils par jour, soit près d'un tiers de la production globale libyenne. Le 21 février, l'Armée nationale libyenne prend le champ d'Al-Fil (sud), et contrôle ainsi les plus importants terminaux pétroliers dans l'est du pays, le fameux "croissant pétrolier", la principale plateforme d'exportation de l'or noir vers l’étranger. "Même si on ne peut pas dire qu'il contrôle le Sud (…), il obtient un accès aux champs pétroliers, enjeu fondamental en Libye", synthétise Virginie Collombier, de l’Institut universitaire européen de Florence, pour Libération.

 

 

En juin 2018, le porte-parole de l’Armée nationale libyenne avait annoncé que la gestion de ce "croissant pétrolier" relèverait désormais des autorités de Benghazi  et non plus de Tripoli, rappelle Le Monde. Mais ce transfert des activités de la Compagnie nationale du pétrole (NOC) de l'ouest vers l'est semblait difficilement réalisable. "Tous nos contrats sont signés avec la NOC de Tripoli. Je ne vois pas comment celle de Benghazi peut intervenir, sauf à rendre caducs des contrats qui remontent à 1955 et 2008", expliquait un industriel européen du pétrole au quotidien. D'autant que la NOC de Benghazi ne disposait pas, à l'époque, du "personnel et de l’expertise technique" lui permettant de se substituer à la NOC de Tripoli.

 

 

Or, selon plusieurs résolutions adoptées par le Conseil de sécurité des Nations unies, dont la dernière date de juin 2017, seule la NOC placée sous l'autorité du Gouvernement d'union nationale peut gérer le pétrole libyen. La résolution de juin 2017 "condamne" sans ambiguïté toute "tentative d’exportation illicite de pétrole", notamment par le biais "d’institutions parallèles", comme la NOC de Benghazi, échappant à la tutelle du "gouvernement d’accord national".

 

 

 

Parce que le processus de paix est en péril

En lançant ses hommes à la conquête de Tripoli, le maréchal Khalifa Haftar a pris par surprise ses rivaux et la communauté internationale. Tripoli n'a pas tardé à réagir et a annoncé une "contre-offensivegénéralisée contre les pro-Haftar, alors que les bases d'un rapprochement avaient été posées. "Haftar est celui qui ruine le processus de paix, qui ne tient aucun de ses engagements", estime Virginie Collombier dans Libération.

 

 

En février dernier, lors d'une réunion à Abou Dhabi, Khalifa Haftar et Fayez al-Sarraj avaient conclu un accord, notamment en vue de former un gouvernement unifié dans lequel le maréchal serait représenté, et d'organiser des élections avant la fin de l'année. Mais ce coup de force remet tout à plat. "Nous avons tendu nos mains vers la paix mais après l'agression qui a eu lieu de la part des forces appartenant à Haftar et sa déclaration de guerre contre nos villes et notre capitale (…), il ne trouvera que force et fermeté", a prévenu le chef du gouvernement de Tripoli.

 

 

 

Parce que la communauté internationale ne veut pas d'un conflit armé

Cette escalade fait craindre le pire à la communauté internationale. Réunis vendredi 5 avril en France, les ministres des Affaires étrangères des sept pays les plus industrialisés (G7) ont "exhorté" tous les acteurs à stopper "immédiatement" tous "les mouvements militaires vers Tripoli, qui entravent les perspectives du processus politique mené par les Nations unies""Il n'y a pas de solution militaire au conflit libyen", ont souligné les chefs de la diplomatie des Etats-Unis, du Canada, de la France, de l'Allemagne, du Royaume-Uni, de l'Italie et du Japon.

 

 

Emmanuel Macron, lui, a renouvelé son soutien à la médiation de l'ONU. "Les deux dirigeants ont souligné l'importance d'une solution politique à la crise actuelle, dans le respect du droit humanitaire et des résolutions du Conseil de sécurité", a indiqué la présidence française dans un communiqué publié samedi.

 

 

Cette flambée de violence intervient alors qu'une conférence nationale sous l'égide de l'ONU est prévue à Ghadamès, dans le sud-ouest du pays. Elle doit dresser une "feuille de route" avec la tenue d'élections pour tenter de sortir le pays de l'impasse. "Nous sommes déterminés à organiser" cette conférence interlibyenne "à la date prévue", du 14 au 16 avril, "sauf si des circonstances majeures nous en empêchent", a dit samedi 6 avril Antonio Guterres lors d'une conférence de presse à Tripoli.

 


09/04/2019
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le Progrès du vendredi 20 janvier 2017

 

 

 

LIBYE - FRAPPES AMÉRICAINES : 80 DJIHADISTES TUÉS

 

 

Les États-Unis ont bombardé mercredi soir deux camps de Daech en Libye, près de Syrte, une frappe qui a coûté la vie à "plusieurs dizaines" de combattants, environ 80 djihadistes, a indiqué hier un responsable américain de la Défense. Selon le Pentagone, le bombardement n'a pas fait de victimes civiles.

 


21/01/2017
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le Progrès du mardi 6 décembre 2016

 

 

 

LIBYE - LES FORCES LOYALISTES REPRENNENT SYRTE À DAECH

 

 

Les forces du gouvernement libyen d'union nationale (GNA) ont annoncé hier avoir repris le contrôle total de Syrte à Daech. Cette victoire est proclamée plus de six mois après le lancement, le 12 mai, de l'offensive pour reprendre la ville portuaire conquise en 2015 par Daech.

 


07/12/2016
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le Progrès du mardi 29 novembre 2016

 

 

 

LE CHEF DJIHADISTE MOKHTAR BELMOKHTAR ABATTU ?

 

 

Le djihadiste d'origine algérienne Mokhtar Belmokhtar, rallié à Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), a été visé par une récente frappe aérienne française en Libye, et est probablement mort, a indiqué hier un responsable américain. Mokhtar Belmokhtar, chef du groupe Al-Mourabitoune qui a mené de nombreuses attaques sanglantes dans la région du Sahel, a déjà été donné pour mort à plusieurs reprises, notamment en juin 2015 lors d'une frappe américaine en Libye, et en 2013. Mokhtar Belmokhtar est surnommé "Monsieur Malboro", en raison d'un vaste trafic de cigarettes qu'il mène sur le continent africain, et grâce auquel il finance ses actions terroristes. Il est aussi surnommé "Belaouer" (le borgne) en raison d'une blessure à l'oeil, causée par un éclat d'obus, lorsqu'il avait 17 ans en Afghanistan.

 


30/11/2016
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le Progrès du lundi 12 septembre 2016

 

 

LIBYE - COMBATS POUR LE CONTRÔLE DES TERMINAUX PÉTROLIERS

 

 

Les forces des autorités parallèles en Libye ont lancé hier une attaque surprise pour prendre le contrôle des principaux terminaux pétroliers du pays, infligeant un revers au gouvernement d'union soutenu par la communauté internationale. L'offensive s'est produite dans le Croissant pétrolier, une région du nord-est qui regroupe l'essentiel des infrastructures économiques de la Libye. Les combats se poursuivraient et auraient fait des morts et des blessés.

 

 

 

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15/09/2016
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le Progrès du mercredi 31 août 2016

 

 

LIBYE - LES ARMES CHIMIQUES TRANSFÉRÉES EN LIEU SÛR

 

 

La Libye a expédié ses dernières armes chimiques, s'assurant ainsi qu'elles ne puissent tomber entre les mains de groupes extrémistes actifs dans ce pays rongé par l'instabilité et la violence. Sous la supervision de l'ONU, un navire danois a quitté samedi le port de Misrata pour transporter les stocks issus du régime Kadhafi vers l'Allemagne.

 


01/09/2016
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le Progrès du mercredi 3 août 2016

 

 

GUERRE CIVILE - À SYRTE, DAECH RECULE

 

 

Les forces pro gouvernementales progressaient hier dans le centre de Syrte, principal fief de Daech en Libye, resserrant davantage l'étau autour des djihadistes. Lundi, les avions de combat américains ont mené leurs premiers raids contre des positions du groupe islamiste à Syrte à la demande du gouvernement d'union nationale (GNA) dont les forces peinent à reconquérir le bastion djihadiste situé à 450 km à l'est de Tripoli.

 

 

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Les forces libyennes "ont besoin d'un appui aérien"

 

Bénéficiant des frappes américaines, les forces pro-GNA ont annoncé avoir pris le contrôle total du quartier al-Dollar et ont fait état de cinq morts dans leurs rangs.

 

 

Les forces libyennes "ont besoin d'appui car même si elles disposent d'une force aérienne, elle n'est pas comparable au soutien que peuvent fournir les États-Unis", a expliqué Mattia Toaldo, du groupe de réflexion European Council ou Foreign Relations. Sans critiquer directement les frappes américaines, le ministère russe des Affaires étrangères a appelé à agir "en stricte conformité avec le droit international" et à une "coordination étroite" dans la lutte contre l'EI.


04/08/2016
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le Progrès du jeudi 21 juillet 2016

 

 

LIBYE - CONFLIT. TROIS MILITAIRES FRANÇAIS TUÉS EN MISSION

 

 

Le ministère de la Défense a reconnu officiellement hier le décès des trois sous-officiers du renseignement. Jusqu'à présent, la France avait toujours nié la présence de ses soldats sur le sol libyen.

 

 

 

I

l n'y avait officiellement pas de "guerre" en Libye, impliquant des forces occidentales. Il n'y avait officiellement pas de soldats français sur le territoire libyen. Jusqu'à hier... La donne a changé avec la mort, dimanche, "en service commandé" de trois sous-officiers français du service Action de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE).

 

 

L'information, révélée mardi soir par les Américains, a été confirmé hier par le ministère de la Défense. Jean-Yves le Drian a "salué le courage et le dévouement de ces militaires engagés au service de la France, qui accomplissent, tous les jours, des missions dangereuses contre le terrorisme". Le président François Hollande a évoqué des "opérations périlleuses de renseignement" durant lesquelles les Français seraient morts dans "un accident d'hélicoptère". Si les circonstances exactes de leur disparition n'ont pas été précisée par la voix officielle, plutôt qu'un "accident", leur hélicoptère aurait été frappé par un missile sol-air et des armes lourdes, vraisemblablement utilisés par une milice islamiste, "Saraya Defend Benghazi", proche de Daech.

 

 

 

Auprès du général Haftar

 

La présence d'éléments militaires français en Libye, aux côtés des forces spéciales américaines, était un secret de polichinelle. Le ministère français admettait survoler le pays pour du renseignement, mais il niait jusqu'à présent la participation directe des Français aux opérations. Des manifestations se sont déroulées hier à Tripoli pour "dénoncer la présence française en Libye". La présence française est "une violation du territoire libyen", s'est d'ailleurs insurgé hier soir le gouvernement libyen d'union nationale dans un message sur son compte Facebook, estimant que rien ne "justifie une intervention" sans qu'il en soit informé.

 

 

Les trois militaires français agissaient vraisemblablement en tant que "conseillers" des troupes du général Khalifa Haftar, chef proclamé de l'Armée nationale libyenne (ANL) soutenu par les États-Unis, l'Égypte et les Émirats, et basé dans l'est de la Libye. Problème : celui-ci s'oppose encore à l'autorité du gouvernement d'union nationale du Premier ministre Fayez el-Sarraj, soutenu par les ... Occidentaux.

 

 

Ironie du sort, le crash a eu lieu à quelques dizaines de kilomètres de la ville de Benghazi, là même où l'offensive aérienne franco-britannique a démarré en 2011. L'initiative de MM. Sarkozy et Cameron avait permis de chasser Mouammar Kadhafi du pouvoir, mais avait rapidement engendré le chaos. L'État islamique a étendu depuis deux ans son influence, prenant le contrôle de zones stratégiques comme celle de Syrte.

 

 

 

Pour combattre Daech, qui compterait quelques milliers d'hommes, le gouvernement libyen ne veut pas d'une intervention militaire des Occidentaux, "contraire à ses principes", mais accepte "une aide logistique". Sera-t-elle revue à la hausse, voire réorientée dans les mois qui viennent, alors que la menace djihadiste n'a pas faibli ? Le sujet sera abordé aujourd'hui à Washington, avec notamment le ministre des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault, dans le cadre de la "stratégie globale" de la coalition internationale contre Daech. Xavier Frère

 


23/07/2016
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le Progrès du mercredi 20 juillet 2016

 

 

CONFLIT - DEUX SOLDATS FRANÇAIS TUÉS EN LIBYE

 

 

Les membres d'une milice islamiste auraient réussi à abattre un hélicoptère près de la ville de Benghazi, dans l'est du pays. Deux soldats des forces spéciales françaises ont été tués lorsque l'hélicoptère qui les transportait a été abattu. Selon les militaires libyens, c'est un missile sol-air et des tirs d'armes lourdes qui ont touché l'appareil. Le ministère de la Défense français n'a pas commenté l'information.

 


23/07/2016
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le Progrès du dimanche 12 juin 2016

 

 

LES FORCES ANTI-DAECH AVANCENT RAPIDEMENT À SYRTE

 

 

Les forces gouvernementales libyennes ont progressé rapidement dans leur offensive à Syrte contre Daech en s'emparant du port de de plusieurs quartiers ces dernières 24 heures malgré la résistance des djihadistes dans leur fief en Libye.

 


13/06/2016
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