L'AIR DU TEMPS

L'AIR DU TEMPS

LITTERATURE

La littérature peut-elle bouleverser l'ordre des choses ? La preuve que oui avec ces auteurs dont l'œuvre a été déterminante dans l'histoire de l'humanité


Franceinfo - le mercredi 7 novembre 2018

 

 

"Leurs enfants après eux" de Nicolas Mathieu : la fureur de vivre d’une jeunesse sans horizon

 

 

Mis à jour le 08/11/2018 à 07H28, publié le 17/09/2018 à 17H14

 

 

 

Le prix Goncourt a été attribué jeudi à l'écrivain Nicolas Mathieu pour "Leurs enfants après eux" (Actes Sud), son deuxième livre. Un roman magistral sur des adolescents saisis sur le vif pendant quatre étés avant l'an 2000, dans un bassin sidérurgique privé d'avenir. L'an dernier, le Goncourt avait été attribué à Eric Vuillard pour "L'ordre du jour" (Actes Sud).

 

 

"J'ai passé 18 mois enfermé dans une pièce seul et là je suis tout d'un coup comme un lapin devant les phares d'une voiture", a commenté Nicolas Mathieu devant une nuée de micros au restaurant Drouant. "Ce prix va changer forcément ma vie. Je pense à mon fils Oscar. Dans ces cas là on revient aux fondamentaux, je pense à ma famille, mes parents, la ville ou je suis né [Epinal, ndlr], aux gens dont je parle dans le livre. Tout ça, ça remonte", a-t-il déclaré. "Leurs enfants après eux" est le deuxième livre de Nicolas Mathieu, 40 ans.
 
 
 
 
 

La fureur de vivre d’une jeunesse sans horizon

Ils ont quatorze ans, l’âge des premiers frôlements. Anthony, Steph, Clem, Hacine et les autres vivent à Heillange, cité sidérurgique délaissée, et le lecteur va les suivre pendant quatre étés, de 1992 à 1998. Le temps de voir des romances se nouer, des rêves se briser, et des finales de foot les rassembler, un instant seulement, avant que leurs destins ne divergent. Si le message est désespérant, la langue joyeuse, caustique, claquante, sait alterner formules choc et purs instants suspendus, qui ressuscitent l'adolescence.

 

 

 

La jeunesse dorée s'essaye aux poppers, "des mômes sans rêve" écoutent Nirvana

Car Nicolas Mathieu n'a oublié ni les années 90, où "des mômes sans rêve écoutaient ce groupe de Seattle qui s'appelait Nirvana", ni la gaucherie des garçons de 15 ans, obnubilés par la silhouette longiligne et "les fesses pas croyables" de l'inaccessible beauté locale.

 



Ses héros lycéens s'essayent tous aux transgresssions, mais les égarés de la jeunesse dorée, eux, seront ramenés au bercail et remis à temps sur de bons rails. Ainsi en va-t-il de la ravissante "Steph" (Stéphanie) dont les parents déduisent, au moindre retard de cinq minutes la "ruine future". A moins une avant le bac, elle saura cravacher, décrocher la mention, une prépa privée à Paris, et l'école commerciale qui la mettra définitivement à l'abri du besoin, et du désir des hommes du cru.

 

 

 

“Les hommes du fer et leur bon vieux temps" font "chier depuis trop longtemps”

Car Anthony, comme Hacine, comme leurs parents avant eux, ont l'horizon circonscrit à Heillange (Hayange dans la réalité) sur laquelle veille une Vierge payée par les De Wendel, les anciens maîtres de forges. Dans ces années 90, déjà, les hauts fourneaux ne sont plus que les témoins muets d’une épopée industrielle défunte, avec son lot d’hommes jetés au rebut dont on ne sait que faire. Finie, "la fonte à 1800 degrés centigrades dans un déchaînement de chaleur qui occasionnait des morts et des fiertés". Au rencard, "l'usine" qui "a "sifflé, gémi et brûlé (...) pendant six générations, même la nuit "(...) De ce gagne-pain et de cet enfer passés, il ne reste que des "silhouettes rousses, un mur d’enceinte, une grille fermée par un petit cadenas”.



Dans cette ville condamnée, “les hommes du fer et leur bon vieux temps" font "chier depuis trop longtemps”, se disent les jeunes. L'avenir radieux s'invente au "Luxembourg" tout proche, avec "ses salaires astronomiques" et "ce truc formidable des bagnoles de fonction”. Ou à Paris, comme Steph l'a compris. Dans la vallée de la Fensch (rebaptisée "La Henne"), ceux qui restent jongleront de CDD en boulot précaire, tandis que le FN, en embuscade, désigne comme boucs émissaires les enfants des ouvriers arabes qui ont usé leur existence à l'usine.

 

 

 

"Leurs affaires dispensables et leurs responsabilités cancérigènes"

Avant même le tournant de l'an 2000, une France au bord de la marge a compris que la crise, pour elle, était devenue éternelle : une "position dans l’ordre des choses”. A elle les comptes dans le rouge dès le 15 du mois, la télé à crédit, les vacances idem, et tout ce qui embellissait l'existence d’hier devenu un luxe rare. 

Pourtant, malgré "cette malédiction lente",  il y a la vie qui coule et se tricote jour après jour. Celle des puissants qui courent "vers le terminus avec leurs affaires dispensables et leurs responsabilités cancérigènes”. Et celles de tous, avec les extases temporaires devant une finale de Coupe du monde, ou la joie d'une foule marchant, “hilare, irréconciliable et côte à côte” vers une fête de 14 juillet au bord d'un lac. C'est avec ce cocktail potentiellement explosif que Nicolas  Mathieu a fabriqué cette fiction lucide, acide et jouissive.  
 

Leurs enfants après eux, de Nicolas Mathieu
Actes Sud, 21,80 euros, 434 pages

 

 

Extrait 

Steph veillait toujours à ne pas rentrer trop déchirée chez elle. Sa mère avait l'âme douanière et un chronomètre à la place du coeur. Si Steph avait l'oeil injecté et n'était pas rentrée pour 19 heures, il fallait se farcir des litanies sur le respect et l'avenir. Un retard de cinq minutes prenait des dehors prémonitoires. On en déduisait sa ruine future, des grossesses non désirées, des hommes pris de boisson, des carrières en cul-de-

sac, pire ! Un cursus de socio s'achevant par un concours administratif."


13/11/2018
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Franceinfo - le jeudi 13 septembre 2018

 

 

Donald Trump, nationalisme, équipe de France... Découvrez l'intégralité de l'entretien que Salman Rushdie a accordé à franceinfo

 

 

Dans l'entretien qu'il a accordé à franceinfo, Salman Rushdie se prononce sur les migrants et "la bataille du nationalisme", Donald Trump "grotesque personnage"... et la victoire des Bleus à la Coupe du monde de football

 

 

La Maison Golden est le treizième roman de Salman Rushdie, l'écrivain britannique d'origine indienne que le grand public avait découvert en 1988, au moment du scandale provoqué par son livre Les Versets sataniques. L'action de ce nouveau roman se déroule presque entièrement à New York, de l'investiture de Barack Obama en 2009 à l'élection de Donald Trump en 2016. L'occasion de parler avec lui littérature, cinéma, politique et même de la victoire des Bleus à la Coupe du monde de football.

 

 

"Le monde ne va pas se séparer à nouveau en races" 

 

Rappelant qu'il est lui-même "un double migrant" (né à Bombay, en Inde, il a étudié à Londres et vit depuis une vingtaine d'années aux Etats-Unis), Salman Rushdie dit malgré tout comprendre les peurs qui s'expriment ici et là, et notamment en Europe, face au phénomène migratoire. Pour autant, poursuit-il, le nationalisme n'est pas la bonne réponse : "Cette question du nationalisme ressurgit partout dans le monde, et pas seulement en France. Mais la réalité, c'est que, que vous l'aimiez ou non, le monde ne va pas se séparer à nouveau en races. C'est ainsi. Chacun doit l'accepter."

 


Il se définit comme "un écrivain des grandes villes". "J'appartiens à des villes plutôt qu'à des pays. Je me sens plus de New York que des Etats-Unis, de Londres que du Royaume-Uni, et de Bombay que de l'Inde", dit-il.

 

 

Donald Trump, "le plus grotesque de tous"

 

Même si le nom du président américain n'est jamais cité dans le livre, Donald Trump est malgré tout un des personnages de La Maison Golden, sous le surnom de "Joker". Pourquoi ce surnom ? "J'avais ce sentiment que le monde du pouvoir est devenu un monde grotesque, peuplé de personnages grotesques. Et le président des Etats-Unis est le plus grotesque d'entre eux."

 

 

Dans cet entretien, enregistré jeudi 13 septembre, Salman Rushdie évoque également son amour du cinéma, les ravages du politiquement correct aux Etats-Unis... et la victoire des Bleus en Coupe du monde de football. Il était en vacances avec sa famille dans le Midi au moment de la finale. "Je suis allé la regarder dans un café, et ça m'a frappé : cette équipe de France, c'est la France !"


26/09/2018
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le vendredi 7 avril 2017

 

 

 
    ÉVÈNEMENT - ÉDITION. LE PETIT PRINCE TRADUIT POUR LA 300e FOIS

 

 

 

"Le Petit Prince" d'Antoine de Saint-Exupéry vient d'être traduit pour le 300e fois. L'ouvrage, paru en 1943 en anglais et en français, existe désormais en hassanya, une langue arabe du Sahara marocain. Une langue emblématique pour l'auteur qui y a puisé son inspiration.

 

 

 

Le livre le plus traduit au monde

 

Antoine de Saint-Exupéry a effectué son service militaire au Maroc en 1921 avant d'y revenir en 1927 en tant que chef d'aéroplace de la compagnie Aéropostale Latécoère, à Cap Juby (actuelle Tarfaya), où les habitants parlent le hassanya. "Le Petit Prince" serait le livre le plus traduit au monde, après la Bible et le Coran.

 

 

 

200 millions d'exemplaires vendus

 

Le conte a déjà été vendu à 200 millions d'exemplaires, ce qui le classe également, hors ouvrage, le livre le plus connu au monde et le plus lu....

 

 

 

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11/04/2017
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le Progrès du vendredi 4 novembre 2016

 

 

 

LITTÉRATURE - PRIX. GONCOURT ET RENAUDOT : LE CHOIX DES FEMMES

 

 

La jeune romancière franco-marocaine Leïla Slimani, 35 ans, a remporté hier le prix Goncourt, plus prestigieuse distinction de la littérature francophone, pour "Chanson douce" (Galimard), récit glaçant du meurtre de deux jeunes enfants pour leur nourrice. "Chanson douce" a été choisi en moins de dix minutes de délibérations et dès le premier tour, avec six voix sur dix par le jury du Goncourt, réuni dans son antre, le restaurant Drouant au coeur de Paris. Interrogée dans le brouhaha de ce lieu, la romancière, rayonnante, a dédié le prix à ses parents qui lui ont "enseigné l'amour de la littérature et de la liberté".

 

 

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Peu de femmes ont eu l'honneur du Goncourt : Leïla Slimani est la douzième depuis la création du prix en 1903, la cinquième sur ces vingt dernières années. Elle est également la seconde "Africaine" après le Franco-Marocain Tahar Ben Jelloun, sacré en 1987 et aujourd'hui membre du jury.

 

 

Autre femme, autre homicide : la dramaturge française Yasmina Reza, 57 ans, (connue mondialement pour sa pièce "Art") a de son côté décroché le prix Renaudot pour "Babylone" (Flammarion), dans lequel un homme étrangle son épouse à la suite d'un banal malentendu.

 

 

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Yasmina Reza


05/11/2016
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le Progrès du jeudi 3 novembre 2016

 

 

 

LITTÉRATURE - RÉCOMPENSE. LE PRIX MÉDICIS À IVAN JABLONKA

 

 

Le prix Médicis, l'un des plus prestigieux prix littéraires français, a été attribué hier à Ivan Jablonka, pour "Laëtitia ou la fin des hommes" (Seuil). Le livre retrace l'histoire tragique de Laëtitia Perrais, 18 ans, violée et assassinée en janvier 2011 près de Pornic (Loire-Atlantique). Ce fait divers avait bouleversé la France.

 

 

 

"Inattendu"

 

En couronnant Ivan Jablonka, 43 ans, professeur d'histoire contemporaine à l'Université Paris XIII et chercheur en sciences sociales, le jury du prix Médicis a choisi "l'inattendu". Car si les six autres titres en lice étaient tous des romans, "Laëtitia ou la fin des hommes" est un peu un ovni littéraire : l'oeuvre n'est ni un roman, ni un essai, ni du journalisme d'investigation, mais un peu tout cela à la fois. De fait, les délibérations entre les huit membres du jury ont été "assez vives" et "passionnées", reconnaît Frédéric Mitterrand, membre du jury. L'ouvrage dresse une radiographie sans complaisance de la France du début du XXIe siècle.

 

 

 

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En sociologue, Ivan Jablonka s'interroge notamment sur "l'énorme misère que notre société produit". Et le livre "rappelle ce qu'on peut faire avec la littérature face à la cruauté du réel". Le récit, salué presque unanimement par la critique, avait déjà remporté le prix littéraire du journal le Monde et le prix Transfuge du meilleur essai.

 

 

Le Goncourt annoncé aujourd'hui

 

L'écrivain suédois Steve Sem-Sandberg a de son côté remporté le Médicis étranger pour "Les Élus" (Robert Laffont) tandis que le Médicis essai est allé à Jacques Henric pou "Boxe" (Seuil).

 

 

Le lauréat du prix Goncourt, Graal de la littérature francophone, doit être annoncé ce jeudi à la mi-journée.

 

 

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03/11/2016
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le Progrès du mardi 26 avril 2016

 

 

LITTÉRATURE - DÉCÈS DE MARTIN GRAY, AUTEUR DE "AU NOM DE TOUS LES MIENS"

 

L'écrivain Martin Gray s'est éteint samedi en Belgique à 94 ans. Il était notamment l'auteur de "Au nom de tous les miens" en 1971 (adapté au cinéma en 1983 sous le même titre), livre dans lequel il évoquait la perte - à deux reprises - de toute sa famille dans les camps de concentration, puis dans un immense incendie dans le Var.

 

 

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28/04/2016
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le Progrès du mardi 19 avril 2016

 

 

LIVRES - UNE BIBLIOTHÈQUE NUMÉRIQUE GÉANTE

 

Une décision se la Cour suprême des États-Unis a ouvert lundi un boulevard pour le projet de bibliothèque numérique géante de Google, qui devrait rassembler des millions d'ouvrages, freiné depuis plus d'une décennie par des recours en justice sur les droits d'auteurs.

 

 

Plus de vingt millions d'ouvrages ont déjà été scannés, dont une partie seulement est livre de droits. Google Books est présenté comme un outil de recherche qui permet de balayer le contenu de millions de livres. Il ne propose que des extraits aux internautes, pas leur totalité, et renvoie vers des liens permettant de les acheter.

 

 

 

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21/04/2016
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la tribune du dimanche 22 mars 2015

 

 

CULTURE - Le livre, un marché qui peine à se réinventer. Alors que la salon du livre se tient actuellement à Paris. La plus grande manifestation littéraire d'Europe s'achève demain à Paris. L'occasion de faire le bilan sur un marché en perte de vitesse, et qui parvient difficilement à se redresser.

 

 

3,9 C'est en milliards d'euros, le chiffre d'affaires du marché du livre en France en 2014. Il est en recul de 1,3 %. Les actes d'achat ont reculé eux de 1,4 % avec 351 millions d'exemplaires écoulés, selon la dernière étude du cabinet GfK publiée en début de semaine.

 

 

"Il faut garder cette confiance dans la pensée, cette foi irréversible dans la littérature, la création, l'expression, la pensée. La France doit toujours être du côté des créateurs. La langue française, il ne faut pas simplement la défendre mais la promouvoir. François Hollande, Président de la République, hier au Salon du livre

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Le livre numérique ne décolle pas

 

Si certains en doutaient encore, le livre papier a encore de beaux jours devant lui. Car le marché du livre numérique ne décolle pas ! L'e-book ne représente que 1,6 % des ventes de détail de livres en France en 2014, selon le Syndicat national de l'édition (SNE).

 

 

 

Très loin derrière les Etats-Unis où il représente 27 % des ventes. "On voit souvent des gens avec des liseuses dans le métro, mais c'est un lecture complémentaire qui reste très minoritaire", reconnaît Vincent Monadé, le président du SNL. En moyenne, les lecteurs lisent 16 livres par an, 14 au format papier, et 2 au format numérique. Pour soutenir la branche numérique de l'édition, Paris, Berlin, Varsovie et Rome ont demandé jeudi dans une déclaration conjointe à la Commission européenne d'agir "sans délai" afin d'appliquer des taux de TVA réduits pour les livres numériques.

 

 

 

La Cour de justice de l'UE avait en effet jugé le 5 mars que la France ne pourrait pas continuer d'appliquer un taux de TVA réduit de 5,5 % sur les livres numériques, comme pour le papier, et devrait donc appliquer le taux de TVA normal de 20 %. Le syndicat national de l'édition a réagi en lançant une campagne "ThatisNotAbook" pour mobiliser les internautes.

 

 


23/03/2015
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Alexandre Soljenitsyne avec "Une journée d'Ivan Denissovitch"

Le dissident


XXe siècle, Russie

La force de son œuvre : Avec "L'Archipel du goulag" et "Une journée d'Ivan Denissovitch", Soljenitsyne dénonce l'horreur des camps de travail staliniens. L'écriture est remarquable de sobriété, de fataliste, de gravité mais aussi d'humour.

Son influence sur le monde

Le dissident russe a ouvert les yeux du monde sur les atrocités du régime soviétique.

Grand écrivain, héritier de la plume pessimiste et tragique des romanciers russes du XIXe siècle, il éveille les consciences des élites (Nikita Khrouchtchev intervient personnellement pour qu'il soit édité) et participe ainsi, à sa mesure, à la glasnost et à la chute du régime.


20/10/2011
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Albert Camus avec "L'étranger"

Le révolté contre l'absurde

XXe siècle, France

La force de son œuvre : Camus disait : "si tu veux être philosophe, écris des romans". Et c'est avec la littérature qu'il a permis à ses idées de se propager avec autant de poids.

Avec une écriture épurée, Camus décrit "le silence déraisonnable du monde" auquel se confrontent les hommes en quête de réponses.

Son influence sur le monde : Camus propage la pensée de l'absurde grâce à des romans accessibles et étourdissants.

Il libère l'humanité de ses angoisses en affirmant que l'existence n'a pas de sens, que ce monde n'est que le fruit de successions d'événements hasardeux.

Mais il affirme aussi que la voie vers le bonheur est la révolte contre l'absurde qui mène à l'action et qui procure un sens véritable à la vie ici-bas.


20/10/2011
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Rabîndranâth Tagore, avec "Ghare Baire"

Le poète rebelle


XXe siècle, Inde

La force de son œuvre : Tagore est un artiste complet (peintre, poète, dramaturge) qui fait de la littérature un moyen privilégié d'expression.

Il décrit la vie des gens ordinaires, toujours en interrogeant l'identité indienne.

Son influence sur le monde :
Son lyrisme rythmé et moderne, sa méditation sur la nature, sur la condition humaine et, plus pragmatiquement, sur la politique britannique colonialiste ont séduit un large public en Asie.

Le poète, prix Nobel de littérature en 1913, devient ainsi une icône du mouvement de l'indépendance de l'Inde et impulse une nouvelle politique culturelle et éducative dans son pays.


20/10/2011
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Friedrich Nietzsche avec "Ainsi parlait Zarathoustra"

Le penseur de la volonté créatrice


XIXe siècle, Allemagne

La force de son œuvre : Si la pensée de Nietzsche a été si admirée, c'est parce que le philologue était un amoureux des mots et des aphorismes. Il associe ainsi à ses essais les plus rigoureux des textes composés de paraboles, de poésie et de chants prodigieux.

Son influence sur le monde : Poursuivant les réflexions de Schopenhauer, Nietzsche a produit une oeuvre qui recompose la pensée occidentale sur de nouvelles bases.

Depuis sa "Généalogie de la morale", la philosophie moderne réinterroge le bien fondé de certaines valeurs (la vérité, le bien, le mal, le monothéisme...) à travers le prisme de la Volonté de puissance, véritable moteur selon lui de l'existence humaine.


20/10/2011
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Fiodor Dostoïevski, un écrivain qui restructure la philosophie moderne © Portrait de Vassili Perov
 
Fiodor Dostoïevski, avec "Les Frères Karamasov"
 

Le vertige russe


XIXe siècle, Russie

La force de son œuvre : Sûrement la manifestation la plus brillante de ce qu'on appellera "l'âme russe", l'oeuvre de Dostoïevski est une fresque du XIXe siècle européen dans laquelle évoluent des dizaines de personnages, avec en toile de fond cette angoisse perpétuelle du vide et de l'absurdité de l'existence.

Son influence sur le monde : Son écriture dialectique faisant se confronter toutes les pensées du siècle (libéralisme, communisme, nihilisme, mysticisme chrétien...) nourrira de nombreux penseurs du XIXe et du XXe siècle.

Il en ressort cette idée que l'homme est surtout guidé par un désir mimétique et des passions irrationnelles. Un impact puissant sur la philosophie moderne, l'existentialisme et la sociologie interactionniste.


20/10/2011
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