L'AIR DU TEMPS

L'AIR DU TEMPS

LITTERATURE

La littérature peut-elle bouleverser l'ordre des choses ? La preuve que oui avec ces auteurs dont l'œuvre a été déterminante dans l'histoire de l'humanité


Franceinfo - le samedi 30 novembre 2019 - mis à jour le 01.12.2019

 

 

Salon du livre jeunesse de Montreuil : vos enfants lisent-ils encore les "classiques" de la littérature ?

 

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Laurence HouotRédaction CultureFrance Télévisions

 

 

 

Maupassant, Zola, Jack London, Homère, Hugo, les frères Grimm ou Charles Perrault… Les auteurs classiques ne sont pas morts, vos enfants en lisent.Pour comprendre comment c'est possible, nous avons fait une petite enquête au salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil

 

 

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Salon du livre et de la presse jeunesse (SLPJ), novembre 2019 (Laurence Houot / franceinfo Culture)

 

 

 

On les dit rivés sur leur écrans, on déplore leur manque de culture, et pourtant, quand on déambule dans les allées du salon du livre et de la presse jeunesse (SLPJ), qui se déroule à Montreuil jusau'au 2 décembre, on est bien obligé de constater que nombre d'enfants et d'adolescents rôdent avec intérêt autour des tables qui mettent en avant nos bons vieux classiques. Non seulement les enfants et les ados les connaissent, mais ils en lisent ! Certains classiques sont même des best-sellers : Vendredi ou la vie sauvage (Folio Junior), de Michel Tournier, ou Le Lion, de Kessel, chez Gallimard Jeunesse, ou encore L'Odyssée, d'Homère, à L'école des loisirs, font des cartons en librairie. 

 

 

 

Un groupe d\'enfants au Salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil, autour d\'une table présentant des classiques de la littérature, novembre 2019

Un groupe d'enfants au Salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil, autour d'une table présentant des classiques de la littérature, novembre 2019 (Laurence Houot / franceinfo Culture)


 

Comment est-ce possible ? Il y a bien évidemment les professeurs, qui dès le primaire initient leurs élèves à la littérature classique, nous en avons rencontré au salon de Montreuil, ceux des collèges et des lycées, ensuite. Mais les classiques ne sont pas seulement lus sous la contrainte de l'école. Depuis quelques années les éditeurs redoublent d'imagination pour rendre cette littérature accessible, et séduisante. 

 

 

 

Les enfants et les ados lisent-ils toujours des classiques ? 

 

 

 

 

 

Les classiques sont-ils encore accessibles aujourd'hui ?

"Certains textes classiques peuvent être difficiles, avec un vocabulaire daté, et des univers où les jeunes lecteurs peuvent avoir du mal à se repérer", rappelle Hedwige Pasquet, responsable de la collection Folio Junior/Textes Classiques chez Gallimard Jeunesse. "Ce sont des textes d'une richesse qu'il est important de mettre à la portée des enfants. Et avant tout, il ne faut jamais perdre de vue le plaisir de la lecture", ajoute l'éditrice.

 

 

Les éditeurs ont donc trouvé des astuces pour dépoussiérer ces textes, en proposant de nouvelles traductions, ou bien en publiant des versions abrégées, "qui ne sont pas des résumés, mais dans lesquels on fait quelques coupes discrètes et respectueuses de l'intrigue et de la langue", précise Hedwige Pasquet.

 

 

 

Les classiques sur le stand Gallimard Jeunesse, Salon du livre jeunesse de Montreuil, novembre 2019

Les classiques sur le stand Gallimard Jeunesse, Salon du livre jeunesse de Montreuil, novembre 2019 (Laurence Houot / franceinfo Culture)


 

Les oeuvres sont aussi proposées en "versions adaptées", pour des textes qui sont dans une forme vraiment trop éloignée d'un livre, comme L'épopée de Gilgamesh (Folio Junior - textes classiques) adapté et raconté par Pierre-Marie Beaude, illustré par Rémi Saillard, ou bien Le livre des merveilles de Marco Polo "Pour que ce soit plus accessible, Pierre-Marie Beaude a inventé un personnage, un jeune auquel les lecteurs peuvent s'identifier, qui sert de porte d'entrée dans le livre", souligne l'éditrice. "On a lancé aussi les Folio Classiques Cadet", se félicite Hedwige Pasquet. Une collection qui permet aux 9-12 ans de lire Yourcenar, Le Clézio, ou Michel Tournier (la classe !).  

 

 

 

Les classiques, "des livres pour les riches" ?

A L'école des Loisirs, le combat pour rendre accessibles les classiques ne date pas d'hier. Avec sa collection Classiques abrégés, qui fêtera bientôt ses 40 ans, la maison d'édition a suscité "des commentaires féroces", rappelle Marie-Hélène Sabart, directrice de la collection. On parlait alors de  "mutilations infligées au texte" ou "de crimes contre les œuvres des auteurs". L'éditrice rappelle que le terme de "classique" était à l'origine associé à la richesse. "Un écrivain classique, c'est un écrivain qui compte, qui a du bien au soleil, qui ne se confond pas dans la masse des auteurs prolétaires", disait Aulu-Gelle, un grammairien de l'Antiquité.

 

 

 

Stand de L\'école des loisirs au salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil, novembre 2019

Stand de L'école des loisirs au salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil, novembre 2019 (Laurence Houot / franceinfo Culture)


 

La notion de classique fait référence à une hiérarchie sociale, "en un mot, le classique, c'est pour les riches", souligne l'éditrice, et "si on l'abrège, le risque de le déclasser", ajoute-t-elle. Mais les temps ont changé, et la collection est aujourd'hui parfaitement acceptée. "Elle a même été imitée par d'autres éditeurs", souligne Marie-Hélène Sabard. Aujourd'hui, ce que l'on appelle "classique" serait plutôt, comme le rappelle Alain Vial, historien et sociologue de la littérature, ce qui a "valeur d'échange". Le classique, c'est "ce qu'il faut avoir lu pour pouvoir en parler avec les autres, voire pour briller dans la société". Une œuvre deviendrait donc classique à partir du moment où elle serait "connue de tous."

 

 

 

L'abrégeur est-il un "bûcheron psychopathe" ?

"Quand on abrège, on ne fait pas autre chose que ce que fait naturellement le lecteur, qui a le droit, comme l'a rappelé Daniel Pennac dans 'Comme un roman', de sauter des pages, de choisir ce qu'il va lire ou pas". Les écrivains et enseignants ne feraient donc pas autre chose que cela en abrégeant les textes pour les rendre plus accessibles. "Reste à fabriquer des abrégés qui ne soient pas le fruit du travail d'un bûcheron psychopathe", s'amuse l'éditrice. "Ce travail laisse forcément une place à l'arbitraire, mais dans la mesure où il s'agit de restituer le souffle, le style et le rythme de l'auteur, l'abrégeur va nécessairement choisir de mettre l'accent sur tel ou tel aspect de l'œuvre", poursuit Marie-Hélène Sabard.

 

 

Elle cite un passage des Misérables, de Victor Hugo, qui a été conservé dans l'abrégé : "Il fait noir dans le malheur, il fait plus noir encore dans le crime ; ces deux noirceurs amalgamées composent l'argot". (Cet extrait figure dans l'abrégé (page 216 pour ceux qui sont curieux d'en lire la suite, et ils se régaleront)

 

 

L'éditrice explique avoir conservé "ces passages qui n'ont aucun intérêt pour l'intrigue pour permettre de restituer le souffle de l'écrivain". Avec certains auteurs, c'est assez simple."Avec Jules Verne, il suffit de retrancher toutes les explications pompées dans les encyclopédies de l'époque", confie Marie-Hélène Sabard. Avec d'autres écrivains, le travail peut s'avérer plus compliqué.

 

 

Un 'abrégeur' trop zélé avait un jour supprimé un mot sur trois dans les phrases de Balzac. On aurait dit du Christine Angot et je n'ai pas été d'accord !Marie-Hélène Sabard, éditriceL'école des loisirs

 

 

Un des points essentiels, estime l'éditrice, est "de garder au texte sa couleur, que l'on ait en refermant l'abrégé la même impression, la même émotion qu'en refermant l'intégral". Un travail d'orfèvre, sachant que "chaque mot doit être de l'auteur, rien que de l'auteur", rappelle l'éditrice. Il faut prendre garde à ne pas commettre d'impair, "comme de faire surgir un personnage qui n'aurait pas été présenté" pour cause de coupe.

 

 

 

Les Classiques abrégés de L\'école des loisirs, avec les versions grand formats illustrés

Les Classiques abrégés de L'école des loisirs, avec les versions grand formats illustrés (Laurence Houot / franceinfo Culture)


 

A l'initiative de Charlotte Moundlic, éditrice aux éditions Rue de Sèvres, certains ouvrages de la collection Classiques abrégés de L'école des loisirs ont été confiés à des illustrateurs pour en faire des beaux livres. "L'idée était donc de reprendre ces textes, sans les retoucher, et de donner carte blanche à des artistes pour illustrer en 10 tableaux, plus la couverture, une œuvre de leur choix". "Je trouve ça réjouissant de proposer un point de vue contemporain, à travers les images, sur une œuvre classique. Il y a cette idée de ne pas mettre ces auteurs sous cloche", souligne Charlotte Moundlic, qui a aussi adapté en tant qu'auteure  Blanche Neige (Albin Michel) avec l'illustrateur François Rocca. Pour ce projet, elle dit s'être amusée à réinterpréter ce conte dont la narration est très factuelle en "creusant la psychologie des personnages". 

 

 

 

Comment faire lire des classiques aux lecteurs de BD ?

Les lecteurs de BD ne sont pas oubliés, loin de là. Les adaptations d'œuvres classiques avec cases et bulles fourmillent. Jacques Ferrandez vient par exemple de publier aux éditions Gallimard BD une adaptation de Que ma joie demeure, le roman de Jean Giono, et ce n'est pas une première. Il avait déjà adapté Albert Camus, un autre grand auteur classique du XXe siècle avec L'étranger en 2013 et Le premier homme, en 2017.

 

 

 

\"L\'étranger\", adapté de Camus,  et \"Le chant du monde\", adapté de Giono, les albums de Jacques Ferrandez, au salon du livre jeunesse de Montreuil 

"L'étranger", adapté de Camus,  et "Le chant du monde", adapté de Giono, les albums de Jacques Ferrandez, au salon du livre jeunesse de Montreuil  (Laurence Houot / franceinfo Culture)


 

Les éditions Glénat consacrent de leur côté une collection entière, Les Indispensables de la littérature en BD, à ces adaptations. Une autre collection, à vocation plus pédagogique, propose entre autres Croc-Blanc, de Jack London, Les trois mousquetaires, de Dumas, ou encore Les aventures de Tom Sawyer, de Mark Twain, avec à la fin de  chaque album un dossier pédagogique consacré à l’auteur, sa vie et son œuvre dans le contexte historique, artistique, littéraire, économique et social de son époque.  

 

 

Chez Casterman, la collection Les classiques en BD propose autour d'une œuvre, ou d'un auteur, d'entrer à partir de 9 /12 ans dans la littérature classique, avec des albums comme  L'ile au trésor, de Stevenson, Victor HugoMolièreContes, de Charles Perrault, ou encore Les fables de La Fontaine. "On s'interroge à chaque nouvel album sur la manière d'entrer dans le sujet", précise Marine Tasso, éditrice pour les documentaires, la BD et la jeunesse chez Casterman.

 

 

 

Marine Tasso, éditrice chargée des documentaires, de la BD, et de la jeunesse chez Casterman

Marine Tasso, éditrice chargée des documentaires, de la BD, et de la jeunesse chez Casterman (Laurence Houot / franceinfo Culture)


 

La maison d'édition privilégie la biographie "quand la vie et l'œuvre de l'auteur sont intimement liées, comme pour Victor Hugo ou Molière, par exemple". Dans ce cas, les textes sont intégrés dans le fil du récit sous forme d'extraits, dans des pages identifiées graphiquement. "Notre volonté est de mettre les enfants en direct avec une œuvre, ou un auteur", souligne l'éditrice, qui insiste sur "le chemin du plaisir de l'enfant".

 

 

Pour Les Fables de La Fontaine, Bruno Heitz a choisi de commencer par une contextualisation, une petite présentation de La Fontaine, puis il a mis en scène en bande dessinée ensuite les fables. Dans les bulles il n'y a que les dialogues de la fable, exclusivement le texte original. "C'est une manière très habile, très simple, de faire entrer les enfants dans les fables de La Fontaine", estime Marine Tasso.

 

 

 

Pages intérieures de \"Molière\", de Jean-Michel Coblence, illustré par Elléa Bird (Casterman - Les classiques en BD) 

Pages intérieures de "Molière", de Jean-Michel Coblence, illustré par Elléa Bird (Casterman - Les classiques en BD)  (Laurence Houot / franceinfo Culture)


 

Les enfants lisent volontiers de la bande dessinée, "une lecture qui n'est pas, contrairement aux préjugés, une lecture facile, au contraire". Cela nécessite de mettre en branle simultanément l'attention au texte et à l'image, "ce qui ne va pas de soi", remarque l'éditrice. "Ces adaptations sont donc aussi une manière de valoriser la lecture de la BD, pour le lecteur, pour les parents, pour les libraires, pour les enseignants" souligne-t-elle. "Cette collection, qui s'adresse à des collégiens, vient en plus de ce qu'ils apprennent au collège, ils doivent faire écho à ce qui leur est présenté dans le cadre scolaire, mais avec le plaisir de la BD", conclut-elle.

 

 

D'autres albums misent sur l'humour, pour désacraliser les classiques en BD, comme Avez-vous lu les classiques de la littérature ?, de Solédad Bravi et Pascale Frey (Rue de Sèvres) ou encore Les classiques de Patrique (Gallimard Jeunesse), de Delphine Panique, qui, par la voix de Patrique, une motte de terre ayant survécu grâce à la lecture, font découvrir aux enfants et aux ados Madame BovaryCrime et Châtiment en passant par L'Iliade

 

 

 

Et les classiques pour les petits ?

Si l'on se balade dans les allées du salon de Montreuil, on peut se rendre compte à quel point les classiques ont toujours leur place parmi les livres proposés aux plus petits. Les éditeurs, les auteurs et les illustrateurs s'en emparent désormais pour en faire des objets séduisants, beaux, et originaux.

 

 

L'illustrateur et auteur Benjamin Lacombe par exemple, revisite les contes et les mythes avec ses illustrations comme de vrais tableaux, et parfois aussi en adaptant les textes, Le Petit Chaperon rouge (Editions Soleil, 2003), Blanche Neige (Milan, 2010), Alice au pays des merveilles (Soleil 2015), ou encore Ondine (Albin Michel 2012).  

 

 

 

\"Ondine\", de Benjamin Lacombe (Albin Michel Jeunesse), sur le stand des éditions Albin Michel Jeunesse, Salon du livre jeunesse de Montreuil, novembre 2019

"Ondine", de Benjamin Lacombe (Albin Michel Jeunesse), sur le stand des éditions Albin Michel Jeunesse, Salon du livre jeunesse de Montreuil, novembre 2019 (Laurence Houot / franceinfo Culture)

 

 

D'autres poussent plus loin encore l'imagination, comme Sonia Chaine et Adrien Pichelin, qui proposent avec les albums de la collection Raconte à ta façon chez Flammarion Jeunesse, une expérience de lecture inattendue des contes. dans ces versions du Petit Poucet, du Petit Chaperon rouge, ou encore des Trois petits cochons, c'est l'enfant qui est invité à se raconter l'histoire, avec des albums sans texte où les personnages sont représentés par des pictogrammes.

 

 

\"Le Petit Poucet\", Sonia Chaine et Adrien Pichelin (2019)

"Le Petit Poucet", Sonia Chaine et Adrien Pichelin (2019) (FLAMMARION JEUNESSE)

 

 

La collection Mes contes à déplier (Gallimard) propose "une autre manière de raconter les contes, qui joue sur l'effet de surprise", souligne Hedwige Pasquet. On retrouve aussi les classiques en musique, avec notamment Albums musique de Gallimard, qui ont récemment publié Le vilain petit canard, adapté par HéloÏse Chouraqui, et Arnaud Valois, avec une musique composée par Etienne Daho. Dans la même collection, on peut faire découvrir aux enfants Vingt mille Lieues sous les mers, ou encore L'énorme crocodile de Roald Dahl, raconté par François Morel sur une musique originale d'Isabelle Aboulker.

 

 

 

Mais au fait, ça sert à quoi de lire des classiques ?

"L'objectif est de créer une culture commune à travers ces œuvres patrimoniales. Aux maisons d'édition de trouver les moyens de donner envie aux enfants de s'y plonger, de les aider à entrer dans ces livres", remarque Hedwige Pasquet "et je suis convaincue que ces livres sont lus par les enfants en dehors de la prescription scolaire.

 

 

Elle rappelle que des livres comme L'appel de la forêt', de Jack London par exemple, est "un formidable roman d'aventures", que Le grand Meaulnes ou encore La case de l'oncle Tom sont des livres qui sont "très populaires" auprès des jeunes lecteurs et que des romans comme Vendredi ou la vie sauvage, de Michel Tournier, "qui n'a nécessité aucune adaptation", fait partie des meilleures ventes à L'école des loisirs.

 

 

Pour hedwige Pasquet, "les contes sont des histoires intemporelles, qui ont une grande importance pour le développement des enfants, pour leur construction, comme l'a démontré Bettleheim."

 

 

 

\"Blanche Neige\", adaptation de Charlotte Moundlic et François Place sur le stand Albin Michel Jeunesse au salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil

"Blanche Neige", adaptation de Charlotte Moundlic et François Place sur le stand Albin Michel Jeunesse au salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil (Laurence Houot / franceinfo Culture)


 

Marie-Hélène Sabard note "l'urgence de transmettre, de faire en sorte que les lettres ne soient pas lettres mortes et que les œuvres de Balzac ou de Corneille ne soient pas langues anciennes". Charlotte Moundlic estime de son côté qu'il serait dommage de priver les enfants d'aujourd'hui  "de telles perles" .

 

 

"Au-delà des portables, des réseaux sociaux, de la musique et du streaming, la jeunesse réclame du sens. Il faut aider les ados à percevoir ce que la littérature peur leur donner de vital, de sens", conclut Marie-Hélène Sabard.

 


01/12/2019
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Franceinfo - le jeudi 17 janvier 2019

 

 

Que faire des cons ? Le philosophe Maxime Rovere a la réponse

 

 

 

Le philosophe Maxime Rouvere analyse la "connerie", sujet qu'il décrypte dans son dernier livre "Que faire des cons ?", publié chez Flammarion

 

 

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De Google - Le Clan Spinoza | Maxime Rovere

 

www.leclanspinoza.com

 

 

"Quand on identifie un con dans la rue, dans sa famille, parmi ses amis ou les fréquentations de ses amis, on a toujours tendance à se focaliser sur l'objet. C'est-à-dire qu'il y aurait un abruti ou une idiote qui serait la lie de l'espèce humaine", explique Maxime Rovere, philosophe et auteur du livre Que faire des cons ? aux éditions Flammarion. "Quand on formule ce jugement, on est soi-même en train de cesser de faire certaines choses qui sont indispensables à l'être humain et notamment comprendre, ou faire preuve d'empathie. Il y a toujours deux cons quand on parle de connerie : celui qu'on identifie comme un objet et celui qu'on est en train de (re)devenir. Il faut lutter contre les deux."

 

 

 

Pourquoi faut-il "faire avec" les cons ?

"Nous ne pouvons pas toujours nous libérer des cons, soit par le mépris, soit en les oubliant. Quand c'est votre supérieur hiérarchique, vous allez le voir tous les jours. Quand c'est la personne avec laquelle vous êtes marié(e)... Ces situations là nous imposent de 'faire avec'. (...) Cette nécessité de 'faire avec' est au cœur de mon livre,  pour les accepter", ajoute le philosophe.

 


18/01/2019
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Franceinfo - le mercredi 7 novembre 2018

 

 

"Leurs enfants après eux" de Nicolas Mathieu : la fureur de vivre d’une jeunesse sans horizon

 

 

Mis à jour le 08/11/2018 à 07H28, publié le 17/09/2018 à 17H14

 

 

 

Le prix Goncourt a été attribué jeudi à l'écrivain Nicolas Mathieu pour "Leurs enfants après eux" (Actes Sud), son deuxième livre. Un roman magistral sur des adolescents saisis sur le vif pendant quatre étés avant l'an 2000, dans un bassin sidérurgique privé d'avenir. L'an dernier, le Goncourt avait été attribué à Eric Vuillard pour "L'ordre du jour" (Actes Sud).

 

 

"J'ai passé 18 mois enfermé dans une pièce seul et là je suis tout d'un coup comme un lapin devant les phares d'une voiture", a commenté Nicolas Mathieu devant une nuée de micros au restaurant Drouant. "Ce prix va changer forcément ma vie. Je pense à mon fils Oscar. Dans ces cas là on revient aux fondamentaux, je pense à ma famille, mes parents, la ville ou je suis né [Epinal, ndlr], aux gens dont je parle dans le livre. Tout ça, ça remonte", a-t-il déclaré. "Leurs enfants après eux" est le deuxième livre de Nicolas Mathieu, 40 ans.
 
 
 
 
 

La fureur de vivre d’une jeunesse sans horizon

Ils ont quatorze ans, l’âge des premiers frôlements. Anthony, Steph, Clem, Hacine et les autres vivent à Heillange, cité sidérurgique délaissée, et le lecteur va les suivre pendant quatre étés, de 1992 à 1998. Le temps de voir des romances se nouer, des rêves se briser, et des finales de foot les rassembler, un instant seulement, avant que leurs destins ne divergent. Si le message est désespérant, la langue joyeuse, caustique, claquante, sait alterner formules choc et purs instants suspendus, qui ressuscitent l'adolescence.

 

 

 

La jeunesse dorée s'essaye aux poppers, "des mômes sans rêve" écoutent Nirvana

Car Nicolas Mathieu n'a oublié ni les années 90, où "des mômes sans rêve écoutaient ce groupe de Seattle qui s'appelait Nirvana", ni la gaucherie des garçons de 15 ans, obnubilés par la silhouette longiligne et "les fesses pas croyables" de l'inaccessible beauté locale.

 



Ses héros lycéens s'essayent tous aux transgresssions, mais les égarés de la jeunesse dorée, eux, seront ramenés au bercail et remis à temps sur de bons rails. Ainsi en va-t-il de la ravissante "Steph" (Stéphanie) dont les parents déduisent, au moindre retard de cinq minutes la "ruine future". A moins une avant le bac, elle saura cravacher, décrocher la mention, une prépa privée à Paris, et l'école commerciale qui la mettra définitivement à l'abri du besoin, et du désir des hommes du cru.

 

 

 

“Les hommes du fer et leur bon vieux temps" font "chier depuis trop longtemps”

Car Anthony, comme Hacine, comme leurs parents avant eux, ont l'horizon circonscrit à Heillange (Hayange dans la réalité) sur laquelle veille une Vierge payée par les De Wendel, les anciens maîtres de forges. Dans ces années 90, déjà, les hauts fourneaux ne sont plus que les témoins muets d’une épopée industrielle défunte, avec son lot d’hommes jetés au rebut dont on ne sait que faire. Finie, "la fonte à 1800 degrés centigrades dans un déchaînement de chaleur qui occasionnait des morts et des fiertés". Au rencard, "l'usine" qui "a "sifflé, gémi et brûlé (...) pendant six générations, même la nuit "(...) De ce gagne-pain et de cet enfer passés, il ne reste que des "silhouettes rousses, un mur d’enceinte, une grille fermée par un petit cadenas”.



Dans cette ville condamnée, “les hommes du fer et leur bon vieux temps" font "chier depuis trop longtemps”, se disent les jeunes. L'avenir radieux s'invente au "Luxembourg" tout proche, avec "ses salaires astronomiques" et "ce truc formidable des bagnoles de fonction”. Ou à Paris, comme Steph l'a compris. Dans la vallée de la Fensch (rebaptisée "La Henne"), ceux qui restent jongleront de CDD en boulot précaire, tandis que le FN, en embuscade, désigne comme boucs émissaires les enfants des ouvriers arabes qui ont usé leur existence à l'usine.

 

 

 

"Leurs affaires dispensables et leurs responsabilités cancérigènes"

Avant même le tournant de l'an 2000, une France au bord de la marge a compris que la crise, pour elle, était devenue éternelle : une "position dans l’ordre des choses”. A elle les comptes dans le rouge dès le 15 du mois, la télé à crédit, les vacances idem, et tout ce qui embellissait l'existence d’hier devenu un luxe rare. 

Pourtant, malgré "cette malédiction lente",  il y a la vie qui coule et se tricote jour après jour. Celle des puissants qui courent "vers le terminus avec leurs affaires dispensables et leurs responsabilités cancérigènes”. Et celles de tous, avec les extases temporaires devant une finale de Coupe du monde, ou la joie d'une foule marchant, “hilare, irréconciliable et côte à côte” vers une fête de 14 juillet au bord d'un lac. C'est avec ce cocktail potentiellement explosif que Nicolas  Mathieu a fabriqué cette fiction lucide, acide et jouissive.  
 

Leurs enfants après eux, de Nicolas Mathieu
Actes Sud, 21,80 euros, 434 pages

 

 

Extrait 

Steph veillait toujours à ne pas rentrer trop déchirée chez elle. Sa mère avait l'âme douanière et un chronomètre à la place du coeur. Si Steph avait l'oeil injecté et n'était pas rentrée pour 19 heures, il fallait se farcir des litanies sur le respect et l'avenir. Un retard de cinq minutes prenait des dehors prémonitoires. On en déduisait sa ruine future, des grossesses non désirées, des hommes pris de boisson, des carrières en cul-de-

sac, pire ! Un cursus de socio s'achevant par un concours administratif."


13/11/2018
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Franceinfo - le jeudi 13 septembre 2018

 

 

Donald Trump, nationalisme, équipe de France... Découvrez l'intégralité de l'entretien que Salman Rushdie a accordé à franceinfo

 

 

Dans l'entretien qu'il a accordé à franceinfo, Salman Rushdie se prononce sur les migrants et "la bataille du nationalisme", Donald Trump "grotesque personnage"... et la victoire des Bleus à la Coupe du monde de football

 

 

La Maison Golden est le treizième roman de Salman Rushdie, l'écrivain britannique d'origine indienne que le grand public avait découvert en 1988, au moment du scandale provoqué par son livre Les Versets sataniques. L'action de ce nouveau roman se déroule presque entièrement à New York, de l'investiture de Barack Obama en 2009 à l'élection de Donald Trump en 2016. L'occasion de parler avec lui littérature, cinéma, politique et même de la victoire des Bleus à la Coupe du monde de football.

 

 

"Le monde ne va pas se séparer à nouveau en races" 

 

Rappelant qu'il est lui-même "un double migrant" (né à Bombay, en Inde, il a étudié à Londres et vit depuis une vingtaine d'années aux Etats-Unis), Salman Rushdie dit malgré tout comprendre les peurs qui s'expriment ici et là, et notamment en Europe, face au phénomène migratoire. Pour autant, poursuit-il, le nationalisme n'est pas la bonne réponse : "Cette question du nationalisme ressurgit partout dans le monde, et pas seulement en France. Mais la réalité, c'est que, que vous l'aimiez ou non, le monde ne va pas se séparer à nouveau en races. C'est ainsi. Chacun doit l'accepter."

 


Il se définit comme "un écrivain des grandes villes". "J'appartiens à des villes plutôt qu'à des pays. Je me sens plus de New York que des Etats-Unis, de Londres que du Royaume-Uni, et de Bombay que de l'Inde", dit-il.

 

 

Donald Trump, "le plus grotesque de tous"

 

Même si le nom du président américain n'est jamais cité dans le livre, Donald Trump est malgré tout un des personnages de La Maison Golden, sous le surnom de "Joker". Pourquoi ce surnom ? "J'avais ce sentiment que le monde du pouvoir est devenu un monde grotesque, peuplé de personnages grotesques. Et le président des Etats-Unis est le plus grotesque d'entre eux."

 

 

Dans cet entretien, enregistré jeudi 13 septembre, Salman Rushdie évoque également son amour du cinéma, les ravages du politiquement correct aux Etats-Unis... et la victoire des Bleus en Coupe du monde de football. Il était en vacances avec sa famille dans le Midi au moment de la finale. "Je suis allé la regarder dans un café, et ça m'a frappé : cette équipe de France, c'est la France !"


26/09/2018
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le vendredi 7 avril 2017

 

 

 
    ÉVÈNEMENT - ÉDITION. LE PETIT PRINCE TRADUIT POUR LA 300e FOIS

 

 

 

"Le Petit Prince" d'Antoine de Saint-Exupéry vient d'être traduit pour le 300e fois. L'ouvrage, paru en 1943 en anglais et en français, existe désormais en hassanya, une langue arabe du Sahara marocain. Une langue emblématique pour l'auteur qui y a puisé son inspiration.

 

 

 

Le livre le plus traduit au monde

 

Antoine de Saint-Exupéry a effectué son service militaire au Maroc en 1921 avant d'y revenir en 1927 en tant que chef d'aéroplace de la compagnie Aéropostale Latécoère, à Cap Juby (actuelle Tarfaya), où les habitants parlent le hassanya. "Le Petit Prince" serait le livre le plus traduit au monde, après la Bible et le Coran.

 

 

 

200 millions d'exemplaires vendus

 

Le conte a déjà été vendu à 200 millions d'exemplaires, ce qui le classe également, hors ouvrage, le livre le plus connu au monde et le plus lu....

 

 

 

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11/04/2017
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le Progrès du vendredi 4 novembre 2016

 

 

 

LITTÉRATURE - PRIX. GONCOURT ET RENAUDOT : LE CHOIX DES FEMMES

 

 

La jeune romancière franco-marocaine Leïla Slimani, 35 ans, a remporté hier le prix Goncourt, plus prestigieuse distinction de la littérature francophone, pour "Chanson douce" (Galimard), récit glaçant du meurtre de deux jeunes enfants pour leur nourrice. "Chanson douce" a été choisi en moins de dix minutes de délibérations et dès le premier tour, avec six voix sur dix par le jury du Goncourt, réuni dans son antre, le restaurant Drouant au coeur de Paris. Interrogée dans le brouhaha de ce lieu, la romancière, rayonnante, a dédié le prix à ses parents qui lui ont "enseigné l'amour de la littérature et de la liberté".

 

 

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Peu de femmes ont eu l'honneur du Goncourt : Leïla Slimani est la douzième depuis la création du prix en 1903, la cinquième sur ces vingt dernières années. Elle est également la seconde "Africaine" après le Franco-Marocain Tahar Ben Jelloun, sacré en 1987 et aujourd'hui membre du jury.

 

 

Autre femme, autre homicide : la dramaturge française Yasmina Reza, 57 ans, (connue mondialement pour sa pièce "Art") a de son côté décroché le prix Renaudot pour "Babylone" (Flammarion), dans lequel un homme étrangle son épouse à la suite d'un banal malentendu.

 

 

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Yasmina Reza


05/11/2016
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le Progrès du jeudi 3 novembre 2016

 

 

 

LITTÉRATURE - RÉCOMPENSE. LE PRIX MÉDICIS À IVAN JABLONKA

 

 

Le prix Médicis, l'un des plus prestigieux prix littéraires français, a été attribué hier à Ivan Jablonka, pour "Laëtitia ou la fin des hommes" (Seuil). Le livre retrace l'histoire tragique de Laëtitia Perrais, 18 ans, violée et assassinée en janvier 2011 près de Pornic (Loire-Atlantique). Ce fait divers avait bouleversé la France.

 

 

 

"Inattendu"

 

En couronnant Ivan Jablonka, 43 ans, professeur d'histoire contemporaine à l'Université Paris XIII et chercheur en sciences sociales, le jury du prix Médicis a choisi "l'inattendu". Car si les six autres titres en lice étaient tous des romans, "Laëtitia ou la fin des hommes" est un peu un ovni littéraire : l'oeuvre n'est ni un roman, ni un essai, ni du journalisme d'investigation, mais un peu tout cela à la fois. De fait, les délibérations entre les huit membres du jury ont été "assez vives" et "passionnées", reconnaît Frédéric Mitterrand, membre du jury. L'ouvrage dresse une radiographie sans complaisance de la France du début du XXIe siècle.

 

 

 

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En sociologue, Ivan Jablonka s'interroge notamment sur "l'énorme misère que notre société produit". Et le livre "rappelle ce qu'on peut faire avec la littérature face à la cruauté du réel". Le récit, salué presque unanimement par la critique, avait déjà remporté le prix littéraire du journal le Monde et le prix Transfuge du meilleur essai.

 

 

Le Goncourt annoncé aujourd'hui

 

L'écrivain suédois Steve Sem-Sandberg a de son côté remporté le Médicis étranger pour "Les Élus" (Robert Laffont) tandis que le Médicis essai est allé à Jacques Henric pou "Boxe" (Seuil).

 

 

Le lauréat du prix Goncourt, Graal de la littérature francophone, doit être annoncé ce jeudi à la mi-journée.

 

 

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03/11/2016
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le Progrès du mardi 26 avril 2016

 

 

LITTÉRATURE - DÉCÈS DE MARTIN GRAY, AUTEUR DE "AU NOM DE TOUS LES MIENS"

 

L'écrivain Martin Gray s'est éteint samedi en Belgique à 94 ans. Il était notamment l'auteur de "Au nom de tous les miens" en 1971 (adapté au cinéma en 1983 sous le même titre), livre dans lequel il évoquait la perte - à deux reprises - de toute sa famille dans les camps de concentration, puis dans un immense incendie dans le Var.

 

 

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28/04/2016
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le Progrès du mardi 19 avril 2016

 

 

LIVRES - UNE BIBLIOTHÈQUE NUMÉRIQUE GÉANTE

 

Une décision se la Cour suprême des États-Unis a ouvert lundi un boulevard pour le projet de bibliothèque numérique géante de Google, qui devrait rassembler des millions d'ouvrages, freiné depuis plus d'une décennie par des recours en justice sur les droits d'auteurs.

 

 

Plus de vingt millions d'ouvrages ont déjà été scannés, dont une partie seulement est livre de droits. Google Books est présenté comme un outil de recherche qui permet de balayer le contenu de millions de livres. Il ne propose que des extraits aux internautes, pas leur totalité, et renvoie vers des liens permettant de les acheter.

 

 

 

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21/04/2016
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la tribune du dimanche 22 mars 2015

 

 

CULTURE - Le livre, un marché qui peine à se réinventer. Alors que la salon du livre se tient actuellement à Paris. La plus grande manifestation littéraire d'Europe s'achève demain à Paris. L'occasion de faire le bilan sur un marché en perte de vitesse, et qui parvient difficilement à se redresser.

 

 

3,9 C'est en milliards d'euros, le chiffre d'affaires du marché du livre en France en 2014. Il est en recul de 1,3 %. Les actes d'achat ont reculé eux de 1,4 % avec 351 millions d'exemplaires écoulés, selon la dernière étude du cabinet GfK publiée en début de semaine.

 

 

"Il faut garder cette confiance dans la pensée, cette foi irréversible dans la littérature, la création, l'expression, la pensée. La France doit toujours être du côté des créateurs. La langue française, il ne faut pas simplement la défendre mais la promouvoir. François Hollande, Président de la République, hier au Salon du livre

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Le livre numérique ne décolle pas

 

Si certains en doutaient encore, le livre papier a encore de beaux jours devant lui. Car le marché du livre numérique ne décolle pas ! L'e-book ne représente que 1,6 % des ventes de détail de livres en France en 2014, selon le Syndicat national de l'édition (SNE).

 

 

 

Très loin derrière les Etats-Unis où il représente 27 % des ventes. "On voit souvent des gens avec des liseuses dans le métro, mais c'est un lecture complémentaire qui reste très minoritaire", reconnaît Vincent Monadé, le président du SNL. En moyenne, les lecteurs lisent 16 livres par an, 14 au format papier, et 2 au format numérique. Pour soutenir la branche numérique de l'édition, Paris, Berlin, Varsovie et Rome ont demandé jeudi dans une déclaration conjointe à la Commission européenne d'agir "sans délai" afin d'appliquer des taux de TVA réduits pour les livres numériques.

 

 

 

La Cour de justice de l'UE avait en effet jugé le 5 mars que la France ne pourrait pas continuer d'appliquer un taux de TVA réduit de 5,5 % sur les livres numériques, comme pour le papier, et devrait donc appliquer le taux de TVA normal de 20 %. Le syndicat national de l'édition a réagi en lançant une campagne "ThatisNotAbook" pour mobiliser les internautes.

 

 


23/03/2015
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Alexandre Soljenitsyne avec "Une journée d'Ivan Denissovitch"

Le dissident


XXe siècle, Russie

La force de son œuvre : Avec "L'Archipel du goulag" et "Une journée d'Ivan Denissovitch", Soljenitsyne dénonce l'horreur des camps de travail staliniens. L'écriture est remarquable de sobriété, de fataliste, de gravité mais aussi d'humour.

Son influence sur le monde

Le dissident russe a ouvert les yeux du monde sur les atrocités du régime soviétique.

Grand écrivain, héritier de la plume pessimiste et tragique des romanciers russes du XIXe siècle, il éveille les consciences des élites (Nikita Khrouchtchev intervient personnellement pour qu'il soit édité) et participe ainsi, à sa mesure, à la glasnost et à la chute du régime.


20/10/2011
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Albert Camus avec "L'étranger"

Le révolté contre l'absurde

XXe siècle, France

La force de son œuvre : Camus disait : "si tu veux être philosophe, écris des romans". Et c'est avec la littérature qu'il a permis à ses idées de se propager avec autant de poids.

Avec une écriture épurée, Camus décrit "le silence déraisonnable du monde" auquel se confrontent les hommes en quête de réponses.

Son influence sur le monde : Camus propage la pensée de l'absurde grâce à des romans accessibles et étourdissants.

Il libère l'humanité de ses angoisses en affirmant que l'existence n'a pas de sens, que ce monde n'est que le fruit de successions d'événements hasardeux.

Mais il affirme aussi que la voie vers le bonheur est la révolte contre l'absurde qui mène à l'action et qui procure un sens véritable à la vie ici-bas.


20/10/2011
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Rabîndranâth Tagore, avec "Ghare Baire"

Le poète rebelle


XXe siècle, Inde

La force de son œuvre : Tagore est un artiste complet (peintre, poète, dramaturge) qui fait de la littérature un moyen privilégié d'expression.

Il décrit la vie des gens ordinaires, toujours en interrogeant l'identité indienne.

Son influence sur le monde :
Son lyrisme rythmé et moderne, sa méditation sur la nature, sur la condition humaine et, plus pragmatiquement, sur la politique britannique colonialiste ont séduit un large public en Asie.

Le poète, prix Nobel de littérature en 1913, devient ainsi une icône du mouvement de l'indépendance de l'Inde et impulse une nouvelle politique culturelle et éducative dans son pays.


20/10/2011
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