L'AIR DU TEMPS

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Nigeria


Franceinfo - le jeudi 16 avril 2020

 

 

Nigeria : 18 personnes tuées par les forces de sécurité pour non-respect du confinement

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

Le Nigeria enregistre jusqu'à présent 407 cas officiels d'infection et 12 décès déclarés

 

 

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Un policier nigérian à un point de contrôle pour faire respecter le confinement à Lagos, le 12 avril 2020.  (PIUS UTOMI EKPEI / AFP)

 

 

 

Les forces de sécurité nigérianes ont tué 18 personnes accusées de ne pas avoir respecté les mesures de confinement mises en place dans le pays le plus peuplé d'Afrique pour enrayer l'épidémie de coronavirus, selon un décompte de la Commission nationale des droits de l'Homme.

 

 

La Commission a enregistré 105 actes de violations des droits de l'Homme "perpétrés par les forces de l'ordre" et "18 personnes tuées" dans des exécutions extra-judiciaires, dans un rapport publié le 15 avril 2020, soulignant que le Nigeria enregistre, jusqu'à présent, 407 cas officiels d'infection et 12 décès déclarés. Cet organe officiel de surveillance des droits de l'Homme a accusé les forces de sécurité d'un "usage disproportionné de la force, d'abus de pouvoir, de corruption et de non-respect des lois nationales et internationales". 

 

 

 

Mesures strictes

Pour lutter contre la propagation de l'épidémie de coronavirus, plusieurs Etats, dont celui de Lagos et son voisin d'Ogun, ont adopté des mesures de confinement très strictes qui empêchent toute activité économique non-essentielle. La population a l'obligation de rester à la maison, sauf pour acheter de la nourriture un jour sur deux.

 

 

Quelques heures seulement avant la fin de la première phase de 14 jours, qui devait s'achever lundi 13 avril, le président Muhammadu Buhari avait annoncé une prolongation de deux semaines supplémentaires, dans un climat social extrêmement tendu et une hausse des actes de criminalité. 

 

 

Le porte-parole de la police, Frank Mba, a regretté que "la commission reste trop générale dans ses accusations", et qu'elle confonde toutes les agences de sécurité dont la police. "La Commission aurait dû donner des détails sur ceux qui ont été tués par la police, leur nombre exact, leur nom et le lieu de l'incident, ainsi nous pourrions prendre des sanctions adéquates", a-t-il déclaré à l'AFP.

 

 

 

Mourir de faim ou de maladie

Dans de nombreux quartiers populaires de Lagos, capitale économique du Nigeria de 20 millions d'habitants, l'immense majorité de la population dépend de l'économie informelle pour se nourrir. La situation est d'autant plus inquiétante que la faim et la criminalité semblent se diffuser dans tous les quartiers de la mégapole. 

 

 

Des vidéos de violences policières postées sur les réseaux sociaux, où l'on voit des policiers détruire des étals de marché, ou encore tabasser la population ont fait scandale dans le pays, où les forces de sécurité sont régulièrement accusées d'abus de pouvoir et de corruption.

 

 

Selon l'organisation World Poverty Clock (lien en anglais), le Nigeria, pays de près de 200 millions d'habitants, compte le plus grand nombre de personnes au monde vivant sous le seuil d'extrême pauvreté (plus de 87 millions en 2018).

 


18/04/2020
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Franceinfo - le vendredi 17 janvier 2020

 

 

VRAI OU FAKE Violences dans le centre du Nigeria : l'analyse de Bernard-Henri Lévy contestée par les spécialiste

 

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TV5MONDE

 

 

Des combattants peuls préparent-ils un génocide des chrétiens dans le centre du Nigeria ? La secte islamiste Boko Haram est-elle en train de s’étendre par le biais de miliciens musulmans ? Un récent reportage de l’écrivain français Bernard-Henri Lévy répond clairement « oui », mais chercheurs et journalistes sur place rejettent ces affirmations

 

 

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Au Nigeria, on massacre les chrétiens”. C’est sous ce titre que l’écrivain français Bernard Henri Lévy a publié au mois de décembre dans l’hebdomadaire Paris Match, un reportage dans la Middle Belt, la vaste région du centre du Nigeria entre le nord musulman et le sud chrétien. Se qualifiant de lanceur d’alerte, BHL, qui reconnaît avoir passé "une courte semaine" dans la région, y a recueilli des témoignages qui lui permettent d’affirmer que nous sommes en situation de “pré-génocide” perpétré par ceux qu’il qualifie de “miliciens fulanis”. 

 

 

 

Spirale de violences

 

Dans un rapport publié fin 2018, l’ONG Amnesty International abordait cette crise entre éleveurs peuls et agriculteurs chrétiens et évoquait un bilan de plus de 3600 morts entre début 2016 et octobre 2018. L’organisation International Crisis Group s’est également penchée sur le sujet. En juillet 2018, elle posait la question de « la spirale de violence entre bergers et fermiers ». Car c’est bien de cela dont il s’agit, nous explique Célia Lebur, journaliste de l’Agence France Presse en poste à Lagos, la capitale économique du Nigeria : « Dans la Middle Belt, il y a de nombreuses terres fertiles et par conséquent beaucoup d’agriculture et beaucoup d’élevage. Les Peuls qui sont nomades ou transhumants viennent généralement du nord pour utiliser ces terres ».



Cette situation est ancienne, mais comment expliquer qu’elle ait pu générer des violences au cours des cinq dernières années ? Pour Bernard-Henri Lévy, la réponse est claire : entre les Peuls musulmans et les agriculteurs chrétiens, un nouveau front du Djihad s’est ouvert dans la région. L’écrivain questionne : « Demeurera-t-on les bras croisés tandis que l’internationale islamiste, contenue en Asie, combattue en Europe, défaite en Syrie et en Irak, ouvre un nouveau front sur cette terre immense où ont coexisté, longtemps, les fils d’Abraham ? C’est tout l’enjeu de ce voyage au cœur des ténèbres nigérianes ».



Pour Célia Lebur, l’explication est tout autre : « Il s’agit d’un conflit extrêmement complexe, un conflit à couches multiples. Il est lié à des données climatiques et géographiques, les sécheresses de plus en plus longues obligeant les éleveurs du Nord à descendre plus au Sud et à y rester plus longtemps. Il y a également l’explosion démographique, une donnée très importante ! Le Nigeria compte aujourd’hui 200 millions d’habitants et sera, dans trente ans, le 3e pays le plus peuplé de la planète ! Cela accentue la compétition pour l’accès aux ressources et aux terres. Par conséquent, la rivalité s’est accentuée entre des groupes qui n’ont pas les mêmes modes de vie, qu’ils soient sédentaires ou nomades. En outre, ces personnes ont des religions différentes ou appartiennent à des groupes ethniques différents. Par le passé, ils ont pu connaître des tensions qui se réveillent, mais le facteur religieux n’est pas déterminant ».

 

 

 

Des liens avec Boko Haram ?

 

Selon Bernard-Henri Lévy, le lien est évident entre les "milices fulanis" de la Middle Belt et la secte Boko Haram qui trouve ses origines dans le Nord-Est du Nigeria. "Les deux sont liées, naturellement", écrit-il. "Je comprends qu'il y a là un Boko Haram élargi ; un Boko Haram en extension et rampant ; un Boko Haram délocalisé, villagisé, démultiplié ; un Boko Haram qui a traversé les frontières où le monde le pensait cantonné et qui sème, partout, les graines de la tuerie ; bref, une forêt de crimes fulanis que cachait l'arbre de Boko Haram".

 


L'écrivain cite alors un humanitaire américain lui ayant rapporté "des stages en brousses, dans l'Etat de Borno, pour volontaires fulanis". Un autre lui aurait relaté l'existence d'instructeurs "envoyés par Boko Haram pour initier les meilleurs des Fulanis au maniement des armes de guerre et leur permettre de dépasser l’âge des machettes".



Ce lien évoqué par Bernard-Henri Lévy entre Peuls et Boko Haram fait bondir les bons connaisseurs du Nigeria. "Boko Haram est né dans une région qui n'est pas fulani mais d'ethnie kanouri, souligne Vincent Foucher, chercheur au CNRS en France. Il y a effectivement beaucoup de Fulanis du Nord-Est qui ont rejoint Boko Haram, mais il y en a surtout énormément qui ont été tués par Boko Haram, ou qui ont perdu leur troupeau. Et c'est d'ailleurs une partie du problème : ces Fulanis qui ont quitté les zones où agit Boko Haram se sont déplacés vers d'autres zones du Nord et du Centre du Nigeria, et cela participe à la tension".

 

 

 

Passivité ou complicité des autorités ? 

 

Dans leurs rapports publiés en 2018, Amnesty International et International Crisis Group en appellent toutes deux aux autorités nigérianes.

 


Pour les deux organisations, le président Buhari, mais aussi l'armée sont coupables de passivité et doivent agir pour mettre fin aux violences dans la Middle Belt. Bernard-Henri Lévy, lui, va plus loin, et évoque une responsabilité coupable du pouvoir nigérian : "L’état-major de l’armée nigériane est fulani. L’administration tout entière est noyautée par les Fulanis. Et le président Buhari, ce mixte africain d’Erdogan et MBS (le prince héritier d'Arabie saoudite) qui a déjà régné, entre 1983 et 1985, à la suite d’un coup d’Etat et qui tient, aujourd’hui, grâce aux subsides d’Ankara, du Qatar et des Chinois, est lui-même un Fulani."

"C'est extrêmement excessif !" s'étrangle Vincent Foucher. "Le régime nigérian est fondé sur un équilibre compliqué entre les différentes communautés. Il est difficile d'avoir des chiffres très clairs mais l'on considère que le pays est à moitié musulman et à moitié chrétien, et nous sommes toujours dans une sorte d'équilibre et de partage avec, par exemple, un vice-président chrétien aux côtés du président musulman"

Le chercheur reconnaît que cet équilibre peut connaître des ratés avec "certains gouverneurs ou responsables militaires locaux favorables à telle ou telle communauté, et pas forcément les Peuls. Mais l'idée que l'armée serait fulani est totalement erronée. Affirmer que le président Buhari favoriserait les musulmans est tout à fait excessif. Quant à en faire un islamiste en le comparant à Erdogan ou aux Wahhabites saoudiens, nous sommes très loin de la réalité !"

 

 

 

Accélération génocidaire

Dans un entretien accordé en décembre au site français Arrêt sur images, Bernard-Henri Lévy (que nous avons sollicité sans succès) précise que le Nigeria se trouve aujourd'hui "dans une situation qui devrait rappeler, à ceux d'entre nous qui ont un peu de mémoire, celle du Darfour, du sud-Soudan et du Rwanda avant l'accélération génocidaire". 

 


Pour Vincent Foucher, "on ne peut jamais exclure qu'une situation aboutisse à quelque chose de très violent, mais en réalité ce sont des violences locales, rurales, et nous sommes loin du génocide !"

 


Avant de conclure, en référence au déséquilibre des témoignages recueillis par Bernard-Henri Lévy : "D'une certaine manière, c'est en se faisant l'écho, sans nuance et sans critique, de la position de l'un des camps, que l'on risque de favoriser la montée en tension et de durcir les clivages !".

 


19/01/2020
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Franceinfo - le mardi 31 décembre 2019

 

 

Bassin du lac Tchad : "Le groupe terroriste Boko Haram est une voyoucratie"

 

 

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Falila GbadamassiRédaction AfriqueFrance Télévisions
 

 

 

Le journaliste nigérien Seidik Abba et son compatriote, l'ancien gouverneur Mahamadou Lawaly Dan Dano, ont pu rencontrer d'anciens membres du groupe terroriste nigérian Boko Haram

 

 

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Obsèques de 19 éleveurs de bétail, qui ont été abattus la veille par les jihadistes de Boko Haram dans le nord-est du Nigeria, le 15 décembre 2019.   (AUDU MARTE / AFP)

 

 

 

Boko Haram a encore frappé le 24 décembre 2019. L'attaque perpétrée par le groupe terroriste nigérian a fait 7 morts dans le village chrétien de Kwarangulum, près de Chibok, dans le nord-est du Nigeria. Les terroristes ont également enlevé une adolescente. Ce raid est une illustration supplémentaire des méthodes de Boko Haram (affilié au groupe Etat islamique), dont les exactions ont causé, en une décennie, la mort de près de 27 000 personnes dans le bassin du lac Tchad, région qui réunit le Cameroun, le Nigeria, le Tchad et le Niger. C'est dans ce dernier pays que le journaliste nigérien Seidik Abba et l'ancien gouverneur de la région de Diffa (sud-est du Niger), Mahamadou Lawaly Dan Dano, ont pu rencontrer des repentis du groupe islamiste. L es témoignages recueillis sont réunis dans un un livre, Voyage au coeur de Boko Haram - Enquête sur le djihad en Afrique de l'Ouest, paru fin octobre 2019 chez L'Harmattan. L'ouvrage est une immersion inédite au sein du mouvement terroriste. Rencontre avec Seidik Abba.

 

 

 

Franceinfo : Comment avez-vous pu approcher les anciens membres du groupe terroriste Boko Haram ?

 

Seidik Abba : Nous avons profité de la création d’un centre de déradicalisation, de formation et de réinsertion sociale à Goudoumaria (ville située au sud-est de la capitale nigérienne, Niamey), qui a accueilli plus de 250 ex-combattants du groupe terroriste, pour produire ce récit de Boko Haram vu de l'intérieur. Le mouvement n'en avait jusqu'ici pas donné la possibilité.

 

 

 

Quel est le profil de ces personnes ?

 

Il y a une diversité de profils en termes de genre, d'âge et de motivations. Certains ont rejoint Boko Haram parce qu’ils ont adhéré à son idéologie religieuse. D’autres se sont retrouvés dans la secte parce qu’ils étaient au mauvais endroit, au mauvais moment. Comme cette jeune fille qui avait 12 ans à l'époque et qui revenait du champ familial, lorsqu'elle a été embrigadée par un combattant de Boko Haram. Il y a aussi l’exemple de ce tailleur, qui à force de faire des retouches pour les gens de Boko Haram, a été recruté. Ses clients l’ont emmené de force afin qu’il travaille pour eux au quotidien. D'autres encore ont rejoint la secte par calcul, espérant y gagner de l’argent, avoir une moto ou encore une épouse. 

 

 

 

Le réchauffement climatique explique aussi le succès de Boko Haram dans cette région du bassin du lac Tchad...

 

Le lac s'est rétréci et la ressource qu'il constituait est devenue rare. Les gens n'avaient plus d'emploi, les paysans n'arrivaient plus à faire leurs quatre récoltes dans l'année... Beaucoup de jeunes que nous avons rencontrés se sont enrôlés parce qu'ils ont préféré Boko Haram à l'oisivité qui était la leur. Ce n'est pas un hasard si, dans cette région où prospère le groupe terroriste, la pauvreté s'est installée. Boko Haram a trouvé un terreau favorable pour mobiliser. 

 

 

 

Quelles sont les raisons invoquées pour expliquer leur départ de l'organisation terroriste ?

 

Quel que soit leur profil, il y a eu beaucoup de désillusions chez les personnes que nous avons rencontrées lors de ces entretiens volontaires conduits en haoussa ou en kanouri (langues locales, NDLR), puis traduits en français. Par exemple, ceux qui ont rejoint la secte pour la religion se sont rendu compte que la pratique religieuse n’était pas au centre du mouvement. Quant à ceux qui pensaient s’enrichir, ils se sont vite aperçus que le butin revenait aux chefs et qu'ils n'en recevaient que des miettes.Toutes les personnes rencontrées sont aujourd'hui révoltées par Boko Haram. 

 

 

 

La désillusion a succédé à la sympathie...

 

Ce sentiment est nourri par ce qui pourrait s'apparenter à une trahison des idéaux de Mohammed Yusuf, le fondateur de la secte. En 2002, quand il crée Boko Haram, qu'on peut traduire par "L'école occidentale est un péché", il ne dénonce pas que des murs. Il est aussi question de la corruption de la classe dirigeante et de l’injustice sociale qui prévalent au Nigeria, où est né le mouvement. Ce pays produit 2 millions de barils de pétrole par jour. Ses dirigeants ont des jets privés alors que la population n'a pas accès à l'eau potable. Quand vous expliquez que cette injustice sociale est le fait de l'école occidentale, il est possible que vous trouviez des gens qui vous écoutent... Entre 2002 et 2009, beaucoup ont adhéré à ces principes et c'est ainsi que le mouvement a prospéré.

 

 

A ses débuts, il y avait peut-être de la sympathie dans les villages où Boko Haram passait. Aussi les populations hésitaient-elles à informer l’armée et les autorités. Mais aujourd'hui, au moment où on a rencontré les repentis, il y a plus de peur que d’estime dans cette partie de l’Afrique

 

 

Après la mort de son fondateur, l’organisation a complètement dérapé. Aujourd’hui, Boko Haram, c’est plus de la crapulerie qu'autre chose, une voyoucratie : on exécute, on enlève, on perçoit des rançons et on pille...

 

Franceinfo
 
 

Comment fonctionne Boko Haram ?

 

C'est une organisation structurée, où il y a plus de centres d’instruction militaires que de centres d’apprentissage du Coran. Les nouvelles recrues sont initiées au maniement des armes et au tir à balles réelles. Ils reçoivent une instruction digne d’une armée régulière. Boko Haram organise ses attaques et remporte ainsi des victoires sur des armées régulières, parce que le groupe a une stratégie militaire. Cela consiste à faire, entre autres, du repérage et à envoyer des éclaireurs. Du point de vue de son organisation interne, Boko Haram est constitué de sections de 10-15 personnes, à la tête desquelles il y a des lieutenants. Il y a également des tribunaux internes à Boko Haram. Certains anciens combattants que nous avons rencontrés ont eu les mains amputées après être passés devant un tribunal qui a prononcé comme sentence, leur mutilation.

 

 

 

L'exploitation des femmes est devenue une marque de fabrique du groupe terroriste. Que vous ont-elles confié à ce propos ?

 

Cette enquête nous a donné des clés pour comprendre ce qui était arrivé aux jeunes lycéennes enlevées de Chibok, en avril 2014. Les femmes nous ont expliqué qu’elles sont parquées, puis revendues à des combattants qui ont de l'argent. Mariées de force à ces derniers, elles voyagent au gré de leurs affectations. Certaines lycéennes ont pu ainsi se retrouver au Tchad, au Cameroun ou encore au Niger. En outre, lorsque le mari décède, elles sont de nouveau mariées sans avoir leur mot à dire. De sorte qu'une femme peut se retrouver avec quatre maris dans le même mois.

 

 

Notre enquête nous a permis de comprendre pourquoi les femmes sont particulièrement ciblées par Boko Haram. Au-delà du fait qu’elles sont utilisées pour appâter les recrues à qui on promet des épouses et des motos, elles font également l’objet de moins de suspicion que les hommes. De ce fait, il est plus facile de faire infiltrer une femme pour conduire des opérations. Les jeunes filles sont notamment utilisées pour commettre des attentats. Nous avons compris pourquoi, chaque fois que Boko Haram attaque un village, les femmes sont enlevées quand les hommes sont tués : elles font partie de la stratégie de recrutement et de combat de Boko Haram. Elles ont souvent même plus de valeur que les combattants.

 

 

 

Les pays de la région ont créé une force militaire pour lutter contre Boko Haram. Pourquoi ne fait-elle pas le poids face aux terroristes ?

La Force mixte multinationale (FMM) ne peut pas être efficace parce que c'est une addition des forces militaires des pays concernés. Chacun défend son territoire. La force n’est pas intégrée et ne fait l’objet d’aucun agenda commun. Ce qui explique que les terroristes  savent, par exemple, que lorsque le Niger est en opération, ils peuvent se cacher au Tchad. A cela s'ajoute la crainte que Daech décapité avec la mort de son leader Abou Bakr Al-Baghdadi, se réorganise autour du bassin du lac Tchad, puisqu'il entretient des liens étroits avec Boko Haram, entre autres.

 

 

 

Quels enseignements peut-on tirer de l’expérience nigérienne, unique en Afrique ?

Lorsque les autorités nigériennes ont lancé le programme "Repentir contre pardon" en décembre 2016, elles ne s’attendaient pas à un tel enthousiasme. Elles ont pris une petite villa à la périphérie de Diffa. Mais très vite, elles se sont aperçues qu'il fallait créer un centre spécial. Si ce programme continue, si tous les pays concernés faisaient de même, on pourrait soustraire des milliers de personnes des rangs de Boko Haram. Cela aiderait à l’affaiblir sans qu’on ait besoin d’acheter des avions et des chars qui ne sont pas, de mon point de vue, les types d’équipement les mieux adaptés pour combattre la secte.

 

 

Compte tenu de la nature du mouvement, du caractère asymétrique de la guerre menée contre Boko Haram, le programme initié par le Niger me semble être une bonne démarche. On ne dit pas qu’il faut totalement évacuer la réponse militaire, mais elle n’a pas donné les résultats attendus. Il faut donc l’articuler avec une réponse comme celle-là, qui va de pair avec le développement. Si on choisit une réponse fondée sur le tout militaire, le tout sécuritaire, on risque de passer à côté de la bonne solution. C’est pour cela que je pense que ce programme mérite encore plus d’attention des autres pays africains et de la communauté internationale.  

 


01/01/2020
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Franceinfo - le mercredi 27 février 2019

 

 

Nigeria : Muhammadu Buhari réélu président selon la commission électorale, l'opposition conteste

 

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

 

Le parti d'opposition accuse le parti au pouvoir de fraudes massives lors du scrutin, notamment dans la configuration des lecteurs électroniques des cartes électorales

 

 

 

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Le président du Nigeria, Muhammadu Buhari, s'apprête à voter dans sa ville natale de Daura, dans le nord-ouest du Nigeria, le 23 février 2019.  (PIUS UTOMI EKPEI / AFP)

 

 

 

Muhammadu Buhari sur la voie d'un nouveau mandat. Le président du Nigeria, chef d'Etat depuis 2015, a été réélu à la tête du pays le plus peuplé d'Afrique, avec 190 millions d'habitants, selon les résultats communiqués par la commission électorale du pays, mardi 26 février dans la soirée.

 

 

L'annonce officielle de sa victoire n'a pas encore été faite par la commission, mais en comptabilisant les résultats de 36 Etats du pays ainsi que de la capitale fédérale Abuja, le président sortant mène avec une avance de près de 4 millions de voix (56%) sur son principal rival, Atiku Abubakar (41%), ancien vice-président du Nigeria réputé comme l'un des hommes politiques les plus corrompus du pays.

 

 

 

De nombreuses irrégularités observées

Le principal parti d'opposition, le Parti populaire démocratique (PDP) dont Atiku Abubakar était le candidat, avait demandé mardi l'arrêt "immédiat du comptage des résultats". Il accuse le parti au pouvoir de fraudes massives, notamment dans la configuration des lecteurs électroniques des cartes électorales.

 

 

La société civile et les observateurs étrangers, notamment de l'Union européenne, ont également dénoncé de nombreuses irrégularités lors du scrutin présidentiel, telles que des retards à l'ouverture des bureaux de vote, ou des intimidations d'électeurs. Ces observateurs ont invité les partis qui se sentiraient "lésés" à utiliser les recours judiciaires.

 


27/02/2019
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Franceinfo - le mardi 26 février 2019

 

 

Nigeria : un programme électoral en émojis pour plaire aux jeunes

 

 

 

 

La présidentielle du 23 février 2019 oppose deux principaux candidats, le sortant Muhammadu Buhari et l’ancien vice-président Atiku Abubakar. Ce dernier a voulu innover en s’adressant à la jeunesse d’une manière inédite

 

 

 

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La page web du programme électoral illustré en émojis du candidat nigérian Atiku Abubakar. (Capture d'écran)

 

 

Ils sont 73 candidats au poste suprême du Nigeria, mais on ne voit qu'eux deux. L’ancien général Muhammadu Buhari, 76 ans, et l’homme d’affaires multi-millionnaire, Atiku Abubakar, 72 ans, qui se présente pour la 4e fois. Et pour mettre toutes les chances de son côté, il mise beaucoup sur la jeunesse de son pays, où plus de 60% de la population a moins de 25 ans.

 

 

 

Demandez le programme !

Pour toucher le maximum de jeunes, "Atiku", comme l’appellent les Nigérians, est très actif sur les réseaux sociaux : Facebook, Twitter, Instagram… Il multiplie les messages et autres posts et va chercher chaque voix, là où elle se trouve. Avec le slogan "Get Nigeria working again", inspiré de celui popularisé par Donald Trump ("Make America Great Again"), il veut  "remettre le Nigeria au travail" . Et pour cela, Atiku Abubakar a un programme très dense de plus de 180 pages

 

 

 

La première des propositions listées est de dédier 25% du budget à l'éducation, car selon "Atiku", Buhari n'en a alloué que 7% en 2018.

 

 

Mais qui peut le plus, peut le moins. Alors, à quelques jours du vote, le candidat de l’opposition lance un nouveau concept avec un programme abrégé et retranscrit en émojis.

Le #AtikuPlanForYOUth (projet Atiku pour la jeunesse) résume ainsi ses plus importantes promesses politiques.

 

 

 

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Le résumé du programme électoral d'Atiku Abubakar illustrée en émojis (Capture d'écran)

 

 

 

Education, économie, emploi, sport, culture… Les 40 idées phares sont illustrées en pictogrammes. Reste à voir si les électeurs nigérians vont "liker" avec un petit pouce le programme du candidat multi-millionaire. Car Atiku Abubakar est réputé pour être l’homme le plus corrompu du Nigeria, comme le souligne l’AFP.

 


25/02/2019
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le Progrès du dimanche 30 juillet 2017

 

 
 
    NOUVELLE ATTAQUE DE BOKO HARAM

 

 

 

Au moins 69 personnes sont mortes dans l'attaque d'un convoi de prospection pétrolière dans le nord-est du Nigeria menée par les djihadistes de Boko Haram. C'est l'attaque la plus sanglante depuis le début de l'année.

 


03/08/2017
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le Progrès du lundi 8 mai 2017

 

 
 
    LIBÉRATION - FIN DU CALVAIRE POUR 82 LYCÉENNES DE CHIBOK

 

 

 

C'est la fin du calvaire pour 82 lycéennes nigérianes de Chibok, libérées samedi après plus de trois ans de captivité aux mains du groupe djihadiste Boko Haram. Elles ont été reçues hier à Abuja par le président nigérian Muhammadu Buhari. Ces adolescentes font partie des 276 lycéennes enlevées dans leur lycée en 2014, rapt dont le Nigeria a célébré avec tristesse mi-avril le troisième anniversaire. Après cette libération, il reste encore 113 lycéennes de Chibok aux mains de Boko Haram.

 

 

Des jeunes filles affaiblies

 

Les 82 lycéennes ont été échangées contre des membres de Boko Haram détenus. "Ça a l'air d'aller, mais elles ont l'air très maigres", a indiqué un membre d'un groupe d'autodéfense de Banki. Une des jeunes filles serait accompagnée d'un enfant de moins de deux ans.

 

 

Deux d'entre elles ont été amputées. L'une d'une jambe à la suite d'un bombardement de l'armée nigériane sur des postes de Boko Haram, l'autre de la main à cause d'une blessure infectée pendant sa détention.

 

 


11/05/2017
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le Progrès du samedi 15 avril 2017

 

 
 
    RASSEMBLEMENTS POUR LES LYCÉENNES DE CHIBOK

 

 

 

Plusieurs rassemblements ont été organisés hier au Nigeria pour ne pas oublier les quelque 200 lycéennes de Chibok, enlevées il y a tout juste trois ans par Boko Haram, et dont seules une vingtaine a été libérée.

 


18/04/2017
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le Progrès du dimanche 9 avril 2017

 

 
 
    CRISE ALIMENTAIRE : UN PLAN DE 58,5 MILLIONS D'EUROS

 

 

 

Graziano Da Silva, patron de l'Organisation pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) a dévoilé hier un plan d'aide de 58,5 millions d'euros sur trois ans pour lutter contre la crise qui touche près de dix millions de personnes dans le nord-est du Nigeria, affectés par l'insurrection de Boko Haram.

 


12/04/2017
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le Progrès du dimanche 25 décembre 2016

 

 

 

TERRORISME - BOKO HARAM CHASSÉ DE L'UN DE SES DERNIERS BASTIONS

 

 

L'armée nigériane a "écrasé" Boko Haram dans la forêt de Sambisa, l'un des dernier bastion du groupe islamiste dans le nord-est. C'est en tout cas ce qu'a affirmé hier le président nigérian Muhammadu Buhari ans préciser si le chef du groupe islamiste avait été capturé ou pas.

 

 

L'armée mène depuis plusieurs mois des opérations dans cette forêt de quelque 1 300 km2, située dans l'État du Borno, où des combattants du groupe ont trouvé refuge après des revers militaires. Mercredi, elle avait assuré avoir libéré 1 800 civils des mains de Boko Haram et capturé plus de 500 combattants au cours de la semaine écoulée dans la forêt de Sambisa.

 

 

 

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L'année dernière déjà, le gouvernement nigérian avait toutefois annoncé que la secte était "techniquement vaincue", après avoir perdu de larges pans de territoires face à l'armée nigériane et ses alliés régionaux. Mais douze mois plus tard, ces affirmations restent difficiles à vérifier de sources indépendantes et les islamistes poursuivent des attaques ciblées et des attentats meurtriers, principalement contre des civils.

 


26/12/2016
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le Progrès du lundi 12 décembre 2016

 

 

 

AFRIQUE - ATTENTAT PAR DEUX FILLETTES KAMIKAZES : AU MOINS UN MORT

 

 

Hier matin, deux fillettes se sont fait exploser sur un marché très fréquenté de Maiduguri, dans le nord-est du Nigeria, faisant au moins un mort et 18 blessés. L'âge des kamikazes a été estimé à 7 ou 8 ans par les autorités. Les fillettes sont descendues d'un pousse-pousse, l'une d'elle s'est dirigée vers des vendeurs de volailles et a déclenché sa ceinture d'explosifs. La seconde s'est fait exploser alors que des vendeurs du marché apportaient de l'aide aux blessés. L'attentat n'a pas été revendiqué, mais le procédé utilisé est celui du groupe djihadiste nigérian Boko Haram.

 


14/12/2016
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le Progrès du samedi 10 décembre 2016

 

 

 

ATTENTAT DANS UN MARCHÉ

 

 

Au moins 30 personnes ont été tuées dans un double attentat suicide perpétré par deux femmes dans un marché au nord-est du Nigeria hier. Ce double attentat n'avait pas été revendiqué hier mais le procédé est celui du groupe djihadiste nigérian Boko Haram.

 


11/12/2016
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le Progrès du lundi 26 septembre 2016

 

 

 

LE CHEF DE BOKO HARAM TOUJOURS VIVANT

 

 

Le chef du groupe djihadiste nigérian Boko Haram, Abubakar Shekau, a refait surface dans une nouvelle vidéo diffusée samedi dans la nuit, se disant en "bonne santé", alors que l'armée l'avait dit blessé et que son statut de leader est remis en cause.

 

 

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27/09/2016
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