L'AIR DU TEMPS

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TECHNOLOGIE


Franceinfo - le mercredi 23 octobre 2019

 

 

Révolution ou flop potentiel ? L'article à lire pour comprendre la Libra, la cryptomonnaie de Facebook

 

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Vincent MatalonFrance Télévisions

 

 

 

Mark Zuckerberg, le patron du réseau social, doit répondre aux inquiétudes provoquées par ce projet de monnaie devant des parlementaires américains, mercredi

 

 

 

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Le dirigeant de Facebook Mark Zuckerberg doit être auditionné par une commission parlementaire, mercredi 23 octobre 2019, pour évoquer son projet de cryptomonnaie baptisé Libra. (DADO RUVIC / REUTERS)

 

 

 

Simples turbulences ou crise existentielle ? Présenté mi-juin dans l'excitation générale, Libra, le projet de cryptomonnaie lancé par Facebook, traverse une période délicate. Le 11 octobre, les géants du paiement Visa, Mastercard, Paypal et Stripe, rapidement suivis par eBay et Booking, ont annoncé le retrait de leur participation au programme, qui fait face à une opposition croissante des institutions du monde entier.

 

 

Signe de l'inquiétude provoquée par ce projet, le patron du réseau social, Mark Zuckerberg, a été convoqué mercredi 23 octobre par une commission parlementaire américaine. En quoi consiste ce projet ? Comment fonctionne-t-il ? Faut-il le craindre ? Franceinfo fait le tour de la question.

 

 

 

C'est quoi, la Libra ?

Premier problème, le terme Libra recouvre à la fois le nom de la monnaie et du protocole qui permet de la faire fonctionner. Sur le site officiel du projet, la Libra (oui, on écrit la Libra, comme la Game Boy) est ainsi présentée comme "une cryptomonnaie stable et mondiale, développée sur la base d'un réseau sécurisé". En d'autres termes, il s'agit d'une nouvelle devise, 100% numérique, adossée à une technologie baptisée "blockchain", déjà utilisée par d'autres monnaies numériques comme le bitcoin ou l'ether.

 

 

Grâce à cette technologie, chaque transaction effectuée en Libra est authentifiée, chiffrée et validée par de multiples serveurs avant d'être enregistrée dans un registre ouvert, et hébergée sur ces mêmes serveurs. Une manière de se protéger contre les malfaiteurs qui souhaiteraient pirater le système pour créditer leur compte personnel, tout en se passant d'un organisme tel qu'une banque centrale.

 

 

 

A quoi servirait-elle ?

Interrogé par franceinfo au moment de l'officialisation du projet, un responsable de Facebook résumait simplement la promesse de la Libra : permettre aux 2,7 milliards d'utilisateurs actifs des applications appartenant à Facebook (Facebook, donc, mais aussi Messenger, Instagram et WhatsApp) d'"envoyer de l'argent comme on envoie une photo ou un texto sur son application de messagerie préférée".

 

Illustration d\'un transfert de Libra sur la messagerie Messenger, publiée sur le site de la filiale de Facebook Calibra.
Illustration d'un transfert de Libra sur la messagerie Messenger, publiée sur le site de la filiale de Facebook Calibra. (CALIBRA / FACEBOOK)


 

Dans la déclaration d'intention du projet publiée sur son site officiel, Libra se présente également comme une solution destinée à venir en aide aux "adultes dans le monde [qui] sont encore exclus du système financier et n'ont pas accès à une banque traditionnelle, alors qu'un milliard d'entre eux possèdent pourtant un téléphone portable et que près d'un demi-milliard ont accès à internet".

 

 

 

"Même s'il y a bien sûr un intérêt commercial, la Libra pourrait sur ce point répondre à un vrai besoin", analyse pour franceinfo Grégory Raymond, journaliste à Capital spécialisé dans les cryptomonnaies et auteur du podcast "21 millions" consacré à cette thématique. "Avec un simple smartphone à 30 euros, il sera possible de stocker et d'envoyer des Libra. Cela peut potentiellement intéresser 1,7 milliard de personnes qui sont aujourd'hui 'débancarisées'".

 

 

 

Développer la Libra aurait également un intérêt très concret pour Facebook : diversifier ses sources de revenus. Le réseau social a en effet tiré de la publicité la quasi-totalité des 16,7 milliards de dollars de chiffre d'affaires réalisés au deuxième trimestre de l'année. "Si la Libra était massivement adoptée, Facebook pourrait se transformer et proposer des services qui sont traditionnellement attachés à la finance classique, comme des crédits", analyse Clément Jeanneau, cofondateur de Blockchain Partner, un cabinet de conseil spécialisé dans les cryptoactifs et la technologie blockchain. Selon cet expert, "le paiement est aujourd'hui la nouvelle frontière du secteur de la 'tech', et Facebook compte bien essayer d'obtenir une part de ce gâteau".

 

 

 

Concrètement, comment cela fonctionnerait-il ?

Pour utiliser cette nouvelle cryptomonnaie, il faudra d'abord créer un compte sur une application qui servira de porte-monnaie virtuel, qu'il sera possible de créditer en achetant des Libra avec sa devise habituelle. Facebook a déjà pris les devants en créant une filiale, Calibra, qui proposera un programme de ce type.

 

 

"Le code informatique qui régit le fonctionnement de la Libra étant ouvert, n'importe qui peut théoriquement créer son application de porte-monnaie, explique Grégory Raymond. Mais il y a de très fortes chances pour que Calibra soit l'application la plus utilisée : en étant au cœur du projet, Facebook sera au plus près de l'évolution technologique de sa cryptomonnaie. Son outil sera sans aucun doute le plus développé du marché."

 

 

Captures d\'écran du prototype de l\'application Calibra, proposée par Facebook pour envoyer ou recevoir la cryptomonnaie Libra.

Captures d'écran du prototype de l'application Calibra, proposée par Facebook pour envoyer ou recevoir la cryptomonnaie Libra. (CALIBRA / FACEBOOK)


 

Une fois son portefeuille créé, il sera possible d'échanger des Libra avec ses contacts depuis l'application ad hoc ou depuis les différentes messageries de Facebook. Le réseau social compte également proposer une version professionnelle de Calibra aux commerçants et boutiques en ligne qui souhaiteraient accepter ce moyen de paiement. On peut ainsi imaginer qu'il soit possible de commander la robe portée par votre instagrameuse favorite directement en Libra, sans quitter une seconde l'application de partage de photos. Ou encore régler une course en Libra sur l'appli Uber lors d'un voyage à l'étranger, ce qui éliminerait le problème des frais de change.

 

 

Afin de rassurer les autorités et les particuliers qui pourraient être effrayés par l'extrême volatilité de cryptomonnaies comme le bitcoin, Facebook promet que la valeur de la Libra restera stable. Pour tenir cette promesse, le réseau social a décidé de lier le destin de sa monnaie à une "réserve d'actifs réels" constituée de devises fortes, peut-on lire sur le site du projet. "Pour chaque unité de Libra créée, une même unité de monnaie traditionnelle sera conservée dans cette réserve, et réinvestie probablement dans de la dette d'Etat à très court terme", détaille Clément Jeanneau.

 

 

Le panachage définitif du panier de devises de cette réserve n'est pas encore arrêté, mais il serait composé de 50% de dollars américains, de 18% d'euros, de 14% de yens, de 11% de livres sterling, et de 7% de dollars singapouriens, selon de premières indiscrétions.

 

 

 

Qui contrôlerait cette monnaie ?

Contrairement à ce que l'on pourrait croire, Facebook ne tient pas seul les rênes de ce projet. L'association Libra, chargée du développement et du bon fonctionnement du réseau, est actuellement composée de 21 membres fondateurs, qui forment le conseil de la Libra, sorte de Parlement de cette nouvelle institution basée à Genève (Suisse). Pour intégrer l'association, les membres doivent s'acquitter d'un investissement de 10 millions de dollars, soit 9 millions d'euros.

 

 

Parmi les membres de ce club sélect se trouvent l'entreprise de paiement en ligne PayU, les groupes de télécommunications Vodafone et Iliad, maison mère de l'opérateur Free, les plateformes Uber, Spotify ou Farfetch, des acteurs de la blockchain comme Anchorage, Xapo et Coinbase, des fonds de capital-risque comme Andreessen Horowitz et Ribbit Capital, ou des organisations à but non lucratif comme Kiva et Mercy Corps.

 

 

Lors de sa réunion fondatrice, lundi 14 octobre, le conseil des membres de Libra s'est également doté d'un conseil d'administration de cinq personnes, parmi lesquelles se trouve le Français David Marcus, ex-patron de PayPal devenu le chef de Calibra, la filiale de Facebook. Le secrétaire général de l'association est lui aussi parfaitement francophone : il s'agit de Bertrand Perez, un Franco-Espagnol, également passé par PayPal. Au micro de franceinfo, le premier justifiait d'ailleurs en juin le choix de la structure associative pour gérer cette cryptomonnaie.

 

 

On pense vraiment que si on crée cet 'internet de l'argent' collectivement, avec toutes ces autres organisations, ça ne peut pas être un réseau contrôlé par une entité ou par une société, ça doit être un réseau d'utilité publique.David Marcus, patron de Calibra à franceinfo

 

 

Intégrer l'association Libra n'implique pas seulement de prendre des décisions au sein du conseil d'administration : ses membres devront également s'engager à gérer seuls le réseau informatique qui fera fonctionner la cryptomonnaie. Une philosophie inverse de celle d'autres cryptomonnaies comme le bitcoin, qui laissent à chacun la possibilité de s'investir dans le fonctionnement de son réseau. Dans la déclaration d'intention du projet, les membres de l'association Libra indiquent toutefois souhaiter ouvrir à tous l'administration de la blockchain "dans les cinq ans après le lancement public" de la cryptomonnaie.

 

 

 

 

 

 

Mais elle ferait concurrence aux monnaies nationales, non ?

C'est l'une des plus grandes craintes qui entourent le projet Libra. Devant les membres de l'OCDE réunis pour évoquer les défis liés aux cryptomonnaies, le 12 septembre, le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, a ainsi alerté ses homologues sur les menaces que "la privatisation éventuelle d’une monnaie (…) détenue par un seul acteur qui a plus de 2 milliards d’utilisateurs sur la planète" pourrait faire peser sur la "souveraineté monétaire des Etats".

 

 

 

 

 

 

Du côté de Bercy, on confirme prendre le sujet très au sérieux. "Avec 2,7 milliards d'utilisateurs mensuels [des différentes applications appartenant à Facebook], Libra pourrait très rapidement se trouver en situation de prédominance vis-à-vis de certaines monnaies nationales, qui pourraient se retrouver évincées de la vie quotidienne", explique à franceinfo l'entourage de Bruno Le Maire. "Cela risquerait de priver les Etats et les banques centrales d'outils majeurs, comme la variation des taux d'intérêt par exemple. Ce qui se traduirait par une perte de souveraineté."

 

 

Un diagnostic en partie partagé par Clément Jeanneau. "Facebook a fait le constat que le bitcoin ne s'était pas imposé chez le grand public, et que la monnaie restait donc un des rares domaines de la vie quotidienne qui ne s'était pas entièrement numérisé, analyse le cofondateur de Blockchain Partner. Il veut donc s'engouffrer dans cette brèche pour faire de la Libra LA monnaie d'internet."

 

 

Difficile pour autant d'imaginer un avenir où la Libra remplacerait nos bons vieux euros, explique Grégory Raymond. "La menace risque en revanche d'être réelle dans les pays frappés par une forte inflation", prévient le journaliste, qui cite l'exemple du Zimbabwe ou de l'Argentine, où les prix se sont envolés de 53,5% ces douze derniers mois. 

 

 

Si les Argentins constataient que la valeur de l'argent placé sur leur compte en banque a baissé de 30% en six mois, ils pourraient bien sûr se tourner vers la Libra et ses garanties de stabilité.Grégory Raymond, journaliste spécialiste des cryptomonnaies à franceinfo

 

 

Interrogé par Le Monde, l'économiste spécialiste des monnaies numériques Christian Catalini, qui s’est mis en congé de l’université américaine MIT pour rejoindre Facebook, a tenu à calmer les inquiétudes en assurant que les pays secoués par une crise inflationniste pourraient mettre en place des mesures de contrôle des changes afin de rendre plus difficile l'achat de Libra à leurs ressortissants. Quitte à écorner la promesse d'une monnaie destinée à aider les exclus du système bancaire.

 

 

 

La Libra pourrait-elle être utilisée à des fins criminelles ou terroristes ?

L'autre crainte concerne la possible utilisation de la Libra à des fins illicites (blanchiment d'argent, financement du terrorisme…). "Si le but est de faire circuler des fonds via Facebook, où il n'y a actuellement aucun contrôle réel d'identité pour créer un compte, il y a effectivement de quoi s'inquiéter", souffle-t-on à franceinfo du côté du ministère de l'Economie.

 

 

Ces craintes sont-elles justifiées ? Non, répond Calibra. Sur son site officiel, la filiale de Facebook promet qu'elle réclamera à ses utilisateurs une pièce d'identité avant de pouvoir créer un compte. Mais d'autres acteurs pourront théoriquement permettre aux internautes de créer leur portefeuille en ligne en étant moins regardants. Et la déclaration d'intention du projet Libra précise en effet que "la blockchain Libra fonctionne sur la base de pseudonymes" et "permet aux utilisateurs de détenir une ou plusieurs adresses qui ne sont pas liées à leur identité réelle". 

 

 

 

Capture d\'écran du site de la filiale de Facebook Calibra, qui assure qu\'elle réclamera une pièce d\'identité à ses membres pour créer un porte-monnaie pouvant accueillir des Libras.

Capture d'écran du site de la filiale de Facebook Calibra, qui assure qu'elle réclamera une pièce d'identité à ses membres pour créer un porte-monnaie pouvant accueillir des Libras. (CALIBRA / FACEBOOK)

 

 

 

Peut-on faire confiance à Facebook sur la gestion des données personnelles ?

La dernière grande interrogation liée au projet Libra concerne l'exploitation des données personnelles des futurs adeptes de cette cryptomonnaie. Ou, pour être plus direct : peut-on avoir confiance dans un projet initié par Facebook, alors que ce dernier se relève à peine du plus grand scandale de son histoire, l'exploitation par l'entreprise Cambridge Analytica de données de dizaines de millions d'utilisateurs du réseau à leur insu ? Conscient de la défiance dont le groupe peut faire l'objet, le directeur de Calibra assurait en juin à franceinfo que "les données sur ce réseau [seraient] complètement séparées des données de Facebook".

 

 

On a entendu cette demande de la part des consommateurs, qui ne veulent pas voir leurs données financières mélangées avec leurs données sociales ou utilisées à des fins marketing pour la publicité. David Marcus à franceinfo

 

 

"Facebook promet, mais leurs promesses n'engagent que ceux qui les écoutent", grince Clément Jeanneau. Pour ce professionnel de la blockchain, le risque ne se situe pas tant au niveau des conditions d'utilisation de la Libra que de celles du porte-monnaie virtuel Calibra. "L'association a été claire sur le fait qu'ils n'exploiteront pas les données de leurs utilisateurs à des fins commerciales, mais Calibra prévoit de pouvoir partager les données de ses clients avec les autorités pour éviter les fraudes, ou avec Facebook si les utilisateurs donnent leur consentement explicite. Et on peut imaginer que Calibra incitera fortement ses utilisateurs à accorder ce consentement", décrypte-t-il.

 

 

"Après les scandales récents concernant la confidentialité des données personnelles, Facebook a déclaré qu'ils comptaient mieux respecter les règles du jeu. On n'est pas obligé de les croire mais ils seront très scrutés sur ce point", tempère Grégory Raymond. Le journaliste redoute plutôt un éventuel assouplissement des réglementations sur la protection des données à long terme, qui pourrait ouvrir la porte à des dérives.

 

 

 

C'est pour ces raisons que de grandes entreprises se retirent du projet ?

Initialement embarqués dans le projet Libra, Visa, Mastercard, eBay et Stripe ont annoncé vendredi 11 octobre leur retrait de l'association, une semaine après PayPal, autre partenaire de Facebook dans l'opération. La plupart ont justifié leur choix par des doutes sur la capacité du projet à "répondre de façon entièrement satisfaisante à toutes les attentes des régulateurs".

 

 

Car ces entreprises ont fait face à une pression politique intense. Comme le relevait le site spécialisé The Verge (en anglais), deux sénateurs démocrates américains ont envoyé au début du mois des lettres en forme d'avertissement aux mastodontes du paiement qui s'étaient engagés aux côtés de Facebook dans cette affaire. Leurs menaces étaient à peine voilées.

 

 

Si vous assumez votre choix, vous pouvez vous attendre à un niveau de vigilance maximal de la part des régulateurs. Non seulement sur vos activités liées à Libra, mais sur toutes celles relatives au paiement. Deux sénateurs américains dans une lettre aux dirigeants de Visa, Mastercard et Stripe

 

 

"On peut comprendre que ces entreprises n'aient pas forcément envie d'être embêtées à cause d'un projet sur lequel elles n'auraient investi 'que' 10 millions de dollars", analyse Grégory Raymond. D'autant que claquer la porte du projet Libra permet à ces géants du paiement d'être gagnants sur tous les tableaux. "Ils avaient un pied dedans au lancement du projet, ce qui leur aurait été très utile si la dynamique prenait, et ils peuvent quitter le navire en portant un coup au projet après avoir constaté l'opposition des Etats et institutions financières", ajoute Clément Jeanneau.

 

 

 

Les délais annoncés seront-ils tenus ?

C'est très peu probable, voire impossible. Prévu pour la première moitié de l'année 2020, le lancement de la Libra est désormais conditionné au fait que les Etats et autorités bancaires soient rassurées par le projet. "Nous ne sommes pas à quelques trimestres près : si on a besoin de temps supplémentaire pour finaliser les réponses qu’on doit fournir aux régulateurs afin de faire un lancement propre, alors on le fera", expliquait à Capital le secrétaire général de l'association à la mi-octobre.

 

 

Et c'est là que le bât blesse. En marge des réunions du FMI et de la Banque mondiale à Washington, vendredi 18 octobre, Bruno Le Maire a annoncé que la France, l'Italie et l'Allemagne préparaient ensemble une série de mesures pour interdire purement et simplement la Libra en Europe. La veille, le G7 avait déjà convenu que la condition sine qua non pour lancer ce type de cryptomonnaies était l'instauration d'un cadre juridique.

 

 

Si l'association Libra entend respecter toutes les réglementations internationales, elle devra forcément renoncer à sa promesse initiale, parie Clément Jeanneau. "Les utilisateurs américains ne pourront par exemple pas envoyer de Libra à des Iraniens ou des Nord-Coréens, en vertu des sanctions décidées par Donald Trump : on est loin de l'engagement d'une monnaie numérique mondiale qui pourrait rapprocher les populations autour du globe, analyse le spécialiste, qui mise sur un lancement de Libra pays par pays avant une extension progressive "bon an, mal an".

 

 

 

J'ai eu la flemme de tout lire, vous me faites un résumé ?

Accueillie dans l'enthousiasme quasi-général lors de son annonce par Mark Zuckerberg en juin, la Libra est une cryptomonnaie dont le lancement était initialement prévu au premier semestre 2020. Elle ambitionne de révolutionner les paiements en ligne en permettant des transferts d'argent rapides, fiables et aussi simples que l'envoi d'un emoji sur l'application WhatsApp.

 

 

Pour rassurer les consommateurs et les autorités, Facebook a ouvert la gouvernance de son projet à de nombreuses entreprises et organisations à but non lucratif, et garantit que le cours de sa Libra restera stable, en l'adossant à une réserve de devises bien établies, comme l'euro ou le dollar.

 

 

Le géant des réseaux sociaux n'a pour le moment pas réussi à dissiper les inquiétudes de nombreux pays, dont la France, qui redoutent les utilisations frauduleuses de ce nouveau moyen de paiement, ou encore des déstabilisations de monnaies frappées par l'inflation. Facebook et ses partenaires promettent que rien ne sera lancé tant que les régulateurs ne seront pas rassurés. Mais se mettre en conformité avec les différentes régulations mondiales risque de sérieusement retarder le lancement de la Libra, et de compromettre sa promesse initiale.

 


23/10/2019
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Franceinfo - le vendredi 20 septembre 2019

 

 

Facebook suspend des dizaines de milliers d'applications qui posent potentiellement un risque en termes de respect de la vie privée

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

Le réseau social a lancé cette enquête notamment en réponse au scandale de Cambridge Analytica

 

 

 

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Facebook a suspendu des dizaines de milliers d'applications. (SOEREN STACHE / DPA-ZENTRALBILD / AFP)

 

 

 

Facebook fait le ménage. Le réseau social a annoncé vendredi 20 septembre avoir suspendu des dizaines de milliers d'applications, qui posent potentiellement un risque en termes de respect de la vie privée de ses utilisateurs, d'après une enquête interne menée sur des millions d'applications.

 

 

Le réseau social a lancé cette enquête notamment en réponse au scandale de Cambridge Analytica : en 2018, un lanceur d'alerte avait révélé que cette entreprise britannique avait mené des campagnes de manipulation massives pour influencer les électeurs américains et britanniques en passant par des applications sur Facebook.

 

 

 

400 développeurs concernés

"Nous avions promis à l'époque que nous passerions en revue toutes les applis ayant eu accès à des quantités importantes d'informations (sur les utilisateurs, NDLR) avant le changement de notre règlement en 2014", explique dans un communiqué Ime Archibong, vice-président des partenariats chez Facebook.

 

 

Les suspensions concernent 400 développeurs mais "ne signifient pas nécessairement que ces applis représentent une menace pour les gens", a indiqué Ime Archibong. Certaines applications "n'ont pas répondu à nos requêtes pour avoir plus d'informations, donc nous les avons suspendues, conformément à nos engagements d'agir".

 


22/09/2019
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Actu Loire et Région - Edition du Gier et du Pilat du dimanche 25 août 2019

 

 

Technologie SPACETRAIN - Capsules de l'Hyperloop

 

 

 

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01/09/2019
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Franceinfo - le mercredi 28 août 2019

 

 

Des cybergendarmes français neutralisent un serveur qui a infecté 850 000 ordinateurs à des fins crapuleuses

 

 

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Emmanuel LeclèrefranceinfoFrance Inter Radio France

 

 

 

Le serveur pirate neutralisé par les gendarmes français aurait permis de faire gagner plusieurs millions d'euros aux cybercriminels

 

 

 

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Des "cybergendarmes" à Rennes, le 27 février 2018. (DAVID DI GIACOMO / RADIO FRANCE)

 

 

 

C'est une première mondiale : des cybergendarmes du C3N, le Centre de lutte contre les criminalités numériques, à Pontoise, ont réussi à neutraliser un méga "botnet", un réseau informatique pirate qui infectait des centaines de milliers d'ordinateurs à travers le monde, a annoncé la gendarmerie nationale mercredi 28 août. 

 

 

Le serveur, basé en Île-de-France, avait inoculé le virus "Retadup" à plus de 850 000 ordinateurs, principalement situés en Amérique centrale et du Sud, depuis 2016. Une centaine d'ordinateurs étaient concernés en France. Grâce à ce virus, ce serveur était en capacité de prendre le contrôle des machines et de les commander à distance pour commettre des actions crapuleuses et très rémunératrices comme la création de la cryptomonnaie Monéro, l'utilisation de "ransomware" (des logiciels d'extorsion), des vols de données d'hôpitaux comme en Israël ou encore le blocage de systèmes numériques.

 

 

 

Plusieurs millions d'euros frauduleusement gagnés depuis 2016

"On pense que les auteurs ont réussi à gagner plusieurs millions d'euros, chaque année, depuis 2016", a expliqué à France Inter Jean-Dominique Nollet, chef du centre de lutte contre les criminalités numériques de la gendarmerie.

 

 

Au début de l'année 2019, la société Avast, qui conçoit des antivirus, a signalé au Centre de lutte contre les criminalités numériques de la gendarmerie l'existence de ce serveur. En quelques semaines, les cybergendarmes ont réussi à confirmer la localisation du serveur pirate en Île-de-France. Le parquet de Paris a alors ouvert une enquête avec la coopération judiciaire du FBI aux États-Unis. En l'espace de six mois et pour la première fois, les cybergendarmes ont réussi à neutraliser le serveur malveillant et à désinfecter des centaines de milliers d'ordinateurs.

 

 

Vous imaginez notre satisfaction d'avoir réussi à enlever les virus des ordinateurs des victimes, qui a priori ne savaient même pas que leurs machines étaient infectées.Jean-Dominique Nollet

 

 

Les créateurs du virus, eux, courent toujours. Face à ce genre de virus et de cyber-attaque, Jean-Dominique Nollet conseille de ne pas cliquer sur les liens ni sur les pièces jointes dont on ne connaît pas l'expéditeur et d'installer un antivirus régulièrement mis à jour.

 


29/08/2019
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Franceinfo - le dimanche 4 août 2019

 

 

Après sa traversée de la Manche en Flyboard, Franky Zapata promet de présenter "une voiture volante"

 

 

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franceinfoFrance Télévisions

 

 

 

Il a fallu deux essais à l'inventeur pour réussir la traversée dont il révait. Il promet maintenant de dévoiler un prototype de voiture volante

 

 

 

"Créer ma propre machine et traverser la Manche, c'est vraiment un rêve de gosse." Franky Zapata n'a pas caché sa satisfaction, dimanche 4 août sur franceinfo, quelques heures après sa traversée de la Manche en Flyboard Air, l'engin volant qu'il a inventé. Il est notamment revenu sur la façon dont il s'est préparé à cette deuxième tentative, après un échec le 25 juillet, et a évoqué son autre projet : une voiture volante.

 

 

 

Une Flyboard "entièrement" reconstruit en une semaine

"Je l'ai reconstruit entièrement", a expliqué Franky Zapata au sujet de son Flyboard. Le 25 juillet, il avait chuté à l'eau en tentant de se poser sur un bateau pour se ravitailler en carburant à mi-parcours. "Je crois que la seule chose que j'ai gardée c'est le chassis en aluminium et la boite en plastique de la télécommande", explique l'inventeur, qui a remercié son équipe et un ami pour l'avoir aidé à être prêt dix jours plus tard.

 

 

S'il se disait confiant avant son départ, Franky Zapata reconnaît qu'il était "assez stressé ce matin". Eprouvante et fatigante, cette préparation express a aussi fait qu'il n'a "pas beaucoup eu le temps de faire des essais" avec sa machine remise à neuf, "donc il pouvait y avoir des petits soucis".

 

 

Finalement, la traversée s'est bien passé, même si l'étape du ravitaillement a encore été périlleuse. "On avait pris un bateau plus gros, mais malgré tout quand je suis arrivé ça bougeait quand même pas mal, donc il a fallu anticiper l'atterrissage", raconte-t-il sur franceinfo. Il met sa réussite cette fois-ci sur le compte de "l'expérience" acquise lors de sa première tentative.

 

 

 

Un prototype de voiture volante déjà "fonctionnel"

S'il avait présenté sa machine volante lors du défilé du 14-Juillet, et que sa traversée provoquera sans doute encore plus d'intérêt à son sujet, Franky Zapata pense que le Flyboard n'aura "jamais" d'application "dans la vie réelle ou dans l'armée".

 

 

En revanche, il croit très fort à son projet de voiture volante, dont il pense qu'elle pourrait "donner à tout le monde la capacité de voler comme je le fais, décoller où on veut".

 

 

 

Le Flyboard Air, ce n'est pas un produit accessible, mais la voiture volante ça sera accessible de 7 à 77 ans, en toute sécurité.

Franky Zapata

sur franceinfo

 

 

 

Franky Zapata promet beaucoup pour ce nouveau véhicule : "Ca va être le produit de déplacement le plus rapide et le plus léger qui ait existé jusqu'ici". Il assure que son prototype est déjà "fonctionnel" – "la machine vole" – et pense le présenter "vers la fin de l'année".

 


05/08/2019
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Franceinfo - le jeudi 25 juillet 2019

 

 

La traversée de la Manche en Flyboard de Franky Zapata tombe à l'eau

 

 

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franceinfoFrance Télévisions

 

 

 

L'homme volant, qui avait fait sensation lors du défilé du 14-Juillet au-dessus des Champs-Elysées, a chuté au moment de ravitailler en kérosène son engin propulsé par 5 turboréacteurs

 

 

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francetvinfo.fr

 

 

 

Ce qu'il faut savoir

 

 

Franky Zapata s'est envolé à board de son Flyboard, jeudi 25 juillet, de la plage de Sangatte (Pas-de-Calais) pour tenter de rejoindre les alentours de Douvres (Royaume-Uni), 110 ans après l'exploit de Louis Blériot, premier aviateur à avoir traversé la Manche. Mais l'homme volant a chuté dans l'eau au moment de son ravitaillement à mi-chemin.

 

 

>> Franky Zapata, le Géo Trouvetou qui veut traverser la Manche en Flyboard 

 

 

Une chute avant l'arrivée. Pour traverser de la Manche, large de quelque 35 km, le Flyboard devait être ravitaillé en kérosène à environ 18 km des côtes françaises. C'est là que Franky Zapata est tombé dans la mer, alors qu'il était sur le point de se poser, selon le journaliste de franceinfo présent à Sangatte. D'après l'AFP, il a pu être secouru et était conscient au moment de l'intervention pour l'extraire de l'eau.

 

 

Un défi fou. Champion d'Europe et du monde de jet-ski, Franky Zapata, un Marseillais de 40 ans, misait sur un trajet d'une vingtaine de minutes en volant à environ 140 km/h et à une quinzaine de mètres au-dessus de l'eau. Son engin, une plateforme volante propulsée par 5 mini-turboréacteurs, a une autonomie d'une dizaine de minutes.

 


25/07/2019
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Franceinfo - le dimanche 14 juillet 2019

 

 

 

Homme volant du 14-Juillet : "L'engin sera commercialisé à terme", annonce son créateur

 

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franceinfoRadio France

 

 

L'armée a présenté une plateforme volante propulsée par cinq réacteurs à jet d'air lors de la parade militaire pour la fête nationale

 

 

 

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Franky Zapata et son "Flyboard", le 14-Juillet 2019 à Paris. (ALAIN JOCARD / AFP)

 

 

 

"L'engin sera commercialisé à terme", a dit Franky Zapata, ancien champion du monde de jetski et créateur du Flyboard Air, dimanche 14 juillet sur franceinfo, quelques heures après avoir survolé les Champs-Élysées sur son engin, en marge du défilé militaire. Déjà créateur du Flyboard sur eau et du Flyboard Air, Franky Zapata assure avoir "développé des voitures volantes qui fonctionnent". 

 

 

 

franceinfo : Comment assurez-vous votre stabilité dans les airs avec votre Flyboard Air comme ce matin au-dessus des Champs-Élysées ?

 

 

Franky Zapata : C'est le cerveau humain qui participe à 80% de l'équilibre. Mais la planche a aussi un algorithme interne de stabilisation qui permet d'amortir les rafales de vent ou les mouvements trop brusques. C'est uniquement la position du centre de gravité qui permet de choisir la direction dans laquelle on va. J'ai une autonomie d'une vingtaine de kilomètres à peu près.

 

 

 

D'où vient ce projet ?

 

 

J'ai passé une grande partie de ma vie dans le jetski. J'étais pilote. En 2011, j'ai eu l'idée de créer le Flyboard sur eau. C'est un engin poussé par l'eau que vous voyez sur les plages. On achemine de l'eau en propulsion avec un tuyau. Et avec ça, vous pouvez faire des acrobaties et voler en toute sécurité au-dessus de l'eau. J'en ai vendu quelques milliers dans le monde. Depuis ce jour-là, je n'ai jamais cessé d'imaginer comment je pouvais m'affranchir du tuyau et de l'eau pour pouvoir voler comme ça un peu partout sur la planète. Et j'ai réussi à créer le Flyboard Air. Le carburant est dans mon dos. C'est du kérosène, c'est le même carburant que les avions. Cet engin est un prototype. Il sera commercialisé à terme, mais pas dans cette version-là.

 

 

 

Pensez-vous que l'homme pourra prochainement voler de manière autonome ?

 

 

Oui. Nous développons également des voitures volantes et elles fonctionnent réellement, contrairement à celles de beaucoup d'autres start-up qui construisent des engins volants. La plus grosse problématique, c'est la réglementation. On ne peut pas changer le monde plus vite que le monde a envie de changer. C'est une discussion qu'on a eue des milliers de fois avec les différents organismes du gouvernement. Notre projet de voitures volantes destinées au loisir pour donner aux humains un avant-goût du futur, c'est un projet qui les intéresse car c'est un projet beaucoup moins ambitieux que celui de taxis volants urbains que tout le monde annonce. Certains demandent déjà des autorisations pour survoler Paris. Nous, on vient avec un projet beaucoup moins ambitieux : des voitures volantes qui fonctionnent certes mais qu'on ne veut pas lâcher dans la nature. Ce sera sur des circuits dédiés. Cela permettrait déjà de faire un premier pas dans le futur. Et pourquoi pas dans des années, imaginer vraiment le taxi volant urbain.

 

 

 

 

Franceinfo - le vendredi 12 juillet 2019

 

 

 

14-Juillet : on vous présente le Flyboard, la future arme des forces spéciales

 

 

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France 2France Télévisions

 

 

 

Un homme a décollé à bord d'un flyboard en marge des répétitions pour le défilé du 14-Juillet. Un engin spectaculaire qui intéresse l'armée française et les forces spéciales

 

 

 

 

Au milieu des blindés et des troupes traditionnelles, le flyboard et son soldat volant devraient attirer tous les regards lors du défilé du 14-Juillet. À bord de la machine, le soldat est capable de monter jusqu’à 2 000 mètres d'altitude à 200 km/h, peut-être le fantassin du futur. Il participera pour la première fois aux cérémonies de la fête nationale.

 

 

 

 

Une innovation française

 

Les dernières répétitions générales ont eu lieu vendredi 12 juillet sur les Champs-Élysées pour une innovation française unique au monde. Le flyboard a été conçu par Franky Zapata, ancien pilote de Jet-Ski reconverti en inventeur de génie. Sa planche volante propulsée par cinq réacteurs suscite les convoitises outre-Atlantique. L'US Army a toujours rêvé d'un soldat volant. Les Américains ont même tenté de racheter l'entreprise de Franky Zapata. Le ministère a investi 1,3 million d'euros pour conserver la technologie en France. "Il peut servir à évacuer un blessé (...) il peut servir de plateforme logistique pour aller transporter des munitions, transporter des vivres ou bien il peut servir de plateforme d'assaut pour des commandos", détaille Emmanuel Chiva, directeur de l'agence Innovation défense. La planche doit encore être améliorée : être plus stable, plus maniable et surtout moins bruyante pour que les soldats puissent intervenir en toute discrétion.

 


14/07/2019
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Franceinfo

 

 

Achats, déplacements, enregistrements de voix... J'ai fouillé dans les données que Google conserve sur moi depuis treize ans (et rien ne lui échappe)

 

 

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Vincent MatalonFrance Télévisions

 

 

 

 

Comme la plupart des réseaux sociaux, le géant d'internet propose la possibilité à ses utilisateurs de télécharger leurs archives personnelles. Un voyage souvent vertigineux

 

 

 

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   (AWA SANE, JESSICA KOMGUEN / FRANCEINFO) 

 

 

 

Je dois aimer me faire du mal. Au printemps 2018, j'ai téléchargé l'ensemble des données envoyées à Facebook depuis mon inscription sur le réseau social, en 2007. Ce que j'y ai découvert m'avait donné le tournis : des coordonnées téléphoniques de proches, des souvenirs amoureux plus ou moins heureux, ou encore un historique assez détaillé de mes déplacements à travers le monde grâce aux métadonnées contenues dans mes photos.

 

 

>> J'ai fouillé dans les données que j'ai envoyées à Facebook depuis onze ans (et le résultat m'a donné le vertige)

 

 

Avec le printemps, m'est venue l'envie de m'attaquer à un plus gros morceau encore : Google. Cette fois, j'ai l'impression de descendre nu dans la fosse aux lions, tant je suis conscient d'avoir depuis treize ans confié au géant du web une masse gigantesque d'informations à mon sujet. La simple énumération des services de Google que j'utilise au quotidien me laisse craindre le pire : mon adresse électronique personnelle est sur Gmail depuis la fin de la présidence de Jacques Chirac, je stocke de nombreux documents sur Drive depuis 2007, je note mes rendez-vous sur Agenda depuis 2008, je navigue sur le web avec Chrome depuis 2010, je possède un téléphone qui fonctionne sous Android depuis 2012, et celui-ci synchronise mon répertoire avec Contacts et envoie automatiquement tous mes clichés vers Google Photos. Sans oublier, bien sûr, mes dizaines de requêtes quotidiennes sur le moteur de recherche et sur le service de cartographie Google Maps. Gloups.

 

 

>> VIDEO. Google sait-il tout de vous ?

 

 

Pour récupérer les données envoyées à Google, direction la rubrique "Mon compte", accessible en cliquant sur mon portrait, en haut à droite de n'importe quel service de Google. Il me faut ensuite cliquer sur "Données et personnalisation", puis atteindre la rubrique "Télécharger vos données". La suite ne me rassure pas : Google met trois heures pour rassembler toutes mes données dans un seul fichier. Quand je vois sa taille, je manque de défaillir : 22 gigaoctets. Quarante-trois fois plus que mes données Facebook. Voilà ce que j'y ai trouvé.

 

 

 

Tout ce que j'ai fait sur Google+

La plongée dans mes données personnelles commence par une surprise : un fichier qui récapitule ma maigre activité sur Google+, le réseau social de Google qui a fermé sa version réservée au grand public mardi 2 avril. Toutes les données qui y ont été envoyées ont été supprimées à cette occasion. Un petit fichier de 8 kilo-octets me rappelle la liste des amis que j'ai regroupée en "cercles", et tout ce que j'y ai publié, c'est-à-dire une poignée d'articles en 2013 et 2014, lorsque notre rédacteur en chef nous incitait vivement à y partager notre production "car c'est bénéfique pour le référencement". Désolé chef, le futur ne t'a pas vraiment donné raison.

 

 

 

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Pour une raison qui m'échappe encore, j'avais toutefois estimé que cette plateforme était le lieu adéquat pour partager avec deux amis les photos d'un voyage commun. Je redécouvre donc avec un certain plaisir les selfies idiots que nous faisions en 2013.

 

 

Tout ce que j'ai acheté en ligne (ou presque)

Une tondeuse à barbe avec lames en titane en décembre 2014 pour 34,99 euros, un vol aller-retour Paris-Séville en juin 2016 pour 180 euros, et plus récemment, une gourde en acier inoxydable à 13 euros. Dans le répertoire "Achats et réservations", je découvre que Google a soigneusement répertorié les emplettes effectuées en ligne via mon adresse e-mail. Au total, 182 fichiers représentant autant de commandes de 2010 à 2018 sont répertoriés.

 

 

Je peux également les retrouver sur une page dédiée de la rubrique "Mon compte". Un examen approfondi me permet toutefois de remarquer que l'algorithme de Google n'a pas correctement labellisé l'ensemble de mes achats : la récente commande d'un lave-linge n'apparaît pas dans la liste, au contraire d'un abonnement premium d'un mois à l'application de rencontres Tinder à l'automne 2015. En deux clics, je peux toutefois supprimer ce souvenir des serveurs de Google.

 

 

Tout ce que je fais sur mon mobile

Après avoir jeté un coup d'œil aux répertoires "Drive" et "Photos", dont les 12 gigaoctets contiennent, comme je m'y attendais, l'intégralité des documents et clichés que j'ai volontairement stockés sur les serveurs de Google, mon regard s'arrête sur la rubrique "Mon activité" et ses 730 fichiers.

 

 

En cliquant sur le répertoire "Android", je m'aperçois que le géant américain a soigneusement consigné depuis 2015 l'utilisation de toutes les applications ouvertes sur mon téléphone, jour après jour, minute par minute. Que ces applications proviennent de ses services, ou non.

 

 

Je peux par exemple retracer avec une précision un peu effrayante la journée du dimanche 15 juillet 2018 (alerte spoiler : à la fin, la France devient championne du monde de foot). Déverrouillage du téléphone à 6h19, messagerie WhatsApp à 7h21, coup d'œil à Instagram à 7h26, lecture de la matinale du Monde à 7h49, lancement d'un podcast trois minutes plus tard, avant d'enchaîner sur l'application SNCF (je prenais un train ce matin-là)... Au total, Google a recensé 95 interactions avec mon téléphone jusqu'à 23 heures (je n'ai pas trop fêté la victoire des Bleus, mes seuls véritables frissons footballistiques n'étant provoqués que par l'OM).

 

 

Dans sa rubrique "Aide", Google explique consigner ces données (qui lui ont été envoyées, car mon téléphone utilise le système d'exploitation Android, qui lui appartient) pour "améliorer la précision des résultats de recherche et des suggestions". Pas franchement emballé par ces justifications, je décide tout de même de mettre un terme à cette collecte d'informations. Pour cela, direction la rubrique "Mon activité" des paramètres Google. Je clique sur "Commandes relatives à l'activité", dans la colonne située sur la gauche, puis décoche les cases "Informations provenant des appareils" et "Activité sur le web et les applications".

 

 

 

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Le son de ma voix (et même celle de mon frère)

Une autre surprise m'attend dans le répertoire "Voix et audio" de la rubrique "Mon activité". A l'intérieur se trouvent 702 fichiers sons très brefs, au format mp3. Le premier remonte à début 2015. Je l'ouvre et je reconnais aussitôt le son de ma voix : "OK Google, réveille-moi dans 30 minutes." Je réalise que l'entreprise américaine a enregistré et stocké sur ses serveurs chacune des requêtes effectuées via l'assistant vocal de mon téléphone Android et qui, à la manière de Siri sur les iPhone, s'active dès que je prononce les mots "OK Google".

 

 

A la fois fasciné et horrifié que ces sons aient été conservés si longtemps, je poursuis mon examen de ces enregistrements. Je comprends vite que j'ai été "écouté" bien plus souvent que je ne le croyais. Sans doute parce que l'algorithme utilisé par mon téléphone pensait m'avoir entendu prononcer l'expression "OK Google", je retrouve une douzaine d'enregistrements involontaires. Me voici, par exemple, en train de discuter d'un article avec mon supérieur hiérarchique fin 2017.

 

 

Plus problématique encore, ces erreurs d'enregistrements concernent également mes proches. Les serveurs de Google contiennent ainsi des extraits de voix de mon grand-père et de mon frère, qui n'avaient pourtant rien demandé.

 

 

Passablement agacé, je me dirige vers l'aide de Google pour en savoir plus. J'y apprends que le géant américain utilise ces enregistrements pour "reconnaître le son de [ma] voix ; reconnaître la façon dont [je prononce] des mots et des expressions ; reconnaître quand [je dis] 'OK Google'  ; améliorer la reconnaissance vocale dans tous les produits Google qui utilisent cette fonctionnalité".

 

 

Visiblement, il y a encore des améliorations à apporter. Je m'empresse de supprimer tous ces enregistrements dans la catégorie "Activité vocale et audio" de la page "Mon activité". Je désactive aussi immédiatement l'historique des enregistrements pour que mes prochaines requêtes ne soient plus conservées sur les serveurs de Google.

 

 

 

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La trace de presque tous mes déplacements

En poursuivant mon exploration, Google m'explique ne pas avoir réussi à récupérer dans mes archives l'"historique des positions". Je lève un sourcil : je me souviens de l'avoir déjà consulté par le passé, et même de l'avoir volontairement laissé activé tant le résultat m'avait captivé. Je me rends illico sur la rubrique "Vos trajets" de l'application Google Maps pour en avoir le cœur net. Bingo ! Depuis cinq ans, tous les déplacements effectués lorsque la connexion internet de mon téléphone était activée ont été consignés sur une carte du monde. Un outil "Calendrier" me permet même de les retrouver jour après jour, précisément minutés.

 

 

Google m'apprend ainsi que j'ai quitté mon domicile à 11h47 le 27 octobre 2015 pour déjeuner avec mon grand-père dans un restaurant italien du 11e arrondissement de Paris (qui était, de mémoire, tout à fait convenable). Après avoir flâné dans le quartier jusqu'à 14 heures, je me suis rendu à mon auto-école (j'ai obtenu tardivement mon permis, merci de ne pas me juger) pour effectuer deux heures de conduite qui m'ont emmené à Noisy-le-Grand (Seine-Saint-Denis). Visiblement satisfait, j'ai ensuite rejoint mon domicile à 16h18 avant de le quitter un peu plus tard pour retrouver des amis dans un bar voisin jusqu'à une heure que la décence m'interdit de rapporter.

 

 

 

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Une autre fonctionnalité m'interpelle : Google a noté les lieux où je m'étais rendu le plus grand nombre de fois. Outre mon domicile et le siège de France Télévisions, je souris en apprenant que le Stade-Vélodrome se trouve à la onzième place de ce classement, mais je ressens un malaise en y retrouvant l'adresse d'une ancienne petite amie perdue de vue depuis plusieurs années.

 

 

Heureusement, cette machine à voyager dans le temps est désactivable. Depuis un ordinateur, il faut à nouveau se rendre dans la rubrique "Mon activité", puis cliquer sur "Commandes relatives à l'activité", avant de décocher la case "historique des positions". Depuis un appareil Android, direction les paramètres, puis "Google" (ou directement l'icône "Paramètres Google"), puis "Localisation" ou "Position", et "Historique des positions Google".

 

 

 

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La liste de tout ce que j'ai lu, vu et cherché

Sans surprise, mon archive contient également des pages de texte interminables qui consignent les mots-clés recherchés sur Google depuis 2013. J'apprends ainsi qu'entre le 13 février 2013 et le 25 mars 2019, j'ai effectué près de 150 000 requêtes sur le moteur du géant américain, soit une moyenne quotidienne de 67 recherches. Ce nombre me semble élevé, même si mon travail de journaliste implique une utilisation intensive des moteurs de recherche. Les mots-clés que j'y découvre montrent de toute manière que mon usage de Google n'est pas caractérisé par un professionnalisme à toute épreuve. Particulièrement un mardi de 2014, à 6h04 du matin.

 

 

 

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Cette plongée dans le passé concerne aussi la plateforme de vidéo YouTube, rachetée par Google en 2006. Outre les vidéos privées que j'ai moi-même mises en ligne, j'y retrouve l'historique de toutes mes recherches depuis 2011, mais également la liste des vidéos regardées depuis 2014. J'apprends donc que le 12 août 2015, à 15h47, j'admirais une obscure vidéo de Pikachu se trémoussant sur Boogie Wonderland. Quelle vie trépidante

 

 

Google sait à peu près tout ce que je fais sur le web. Mon historique de navigation est en effet envoyé sur ses serveurs par le navigateur Chrome. Je croyais avoir pris l'habitude de le supprimer régulièrement, mais je m'aperçois que plus d'une année est passée depuis mon dernier ménage. Je m'empresse d'y remédier : direction le menu historique de Chrome (touche Ctrl+H sur PC, ou Pomme+Y sur Mac), puis "Effacer les données de navigation".

 

 

Il est également possible de supprimer et désactiver l'historique de YouTube depuis la section idoine de la plateforme vidéo ou la rubrique "Mon activité", où l'on peut également effectuer cette démarche pour les simples recherches Google

 

 

 

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Mon profil publicitaire

Que fait Google de toute cette masse d'informations ? Contacté, le géant du web m'explique que ces données "permettent d'améliorer l'utilité et la pertinence [de ses] services", tout en ajoutant laisser aux utilisateurs une certaine latitude pour décider quel type de données sont exploitées. Selon les chiffres que m'a communiqués Google, 70 millions de personnes visitent chaque mois la rubrique "Mon activité" liée à leur compte et la moitié d'entre elles en profitent pour y supprimer des données.

 

 

Google, qui promet "ne pas vendre" les informations collectées au sujet de ses utilisateurs, reconnaît tout de même s'en servir "pour proposer des annonces pertinentes dans les produits Google, sur les sites Web partenaires et dans les applications mobiles".

 

 

Un coup d'œil dans la rubrique "Paramètres des annonces" me permet d'avoir un aperçu de la manière dont le géant d'internet cerne mes différents centres d'intérêt. Le résultat est d'une pertinence variable. Selon Google, je suis un homme âgé de 25 à 34 ans (c'est correct), qui passe beaucoup de temps sur YouTube (je dois bien le reconnaître), et qui nourrit entre autres une passion pour les jeux vidéo (exact), les émissions de téléréalité (je l'ignorais), le rugby (je DÉTESTE ce sport) et les achats de véhicules (raté). Il est cependant possible de désactiver la personnalisation des annonces directement depuis cette page.

 

 

 

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Je ressors de cette exploration numérique avec des sentiments mitigés : si la plupart des informations présentes dans mon archive ne m'ont pas surpris, l'existence de certaines, comme les enregistrements de ma voix et de celles de mes proches, m'a sidéré. D'autant plus que je me considérais – sans doute naïvement – comme relativement sensibilisé à la question de la protection des données. Il est heureusement assez facile de reprendre la main sur ces informations, notamment via la rubrique "Mon activité", créée en 2016. Mieux encore, depuis quelques semaines, il est possible d'automatiser une suppression régulière de certaines de ces données dans cette rubrique.

 

 

Visiblement conscient que ces fonctionnalités sont encore peu connues, Google m'a indiqué avoir "lancé en février une campagne de sensibilisation". Des "ateliers numériques" seront organisés à ce sujet cette année à Rennes, Montpellier, Nancy ou encore Saint-Etienne. Reste à savoir si le géant américain a vraiment intérêt à inciter ses utilisateurs à supprimer des informations dont il tire un avantage commercial.

 


13/06/2019
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Franceinfo - le samedi 27 avril 2019

 

 

Hyperloop, énergie solaire, biocarburants… Pourra-t-on un jour voyager loin sans polluer ?

 

 

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Noémie LeclercqfranceinfoFrance Télévisions

 

 

 

Innovation technique, taxe sur les émissions ou traversée de l’Atlantique en voilier : pour voyager écolo, c’est surtout notre façon de penser les vacances qu’il faut réviser

 

 

 

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Pourra-t-on un jour réussir à voyager loin sans polluer ? (AWA SANE / FRANCEINFO)

 

 

 

Depuis un an, Deborah et son ami rénovent leur maison pour la rendre "écolo-friendly". Charpente en bois, enduit à la chaux, peinture naturelle et, pour l'aménagement, des meubles "trouvés dans la rue" : cette doctorante en géographie est attachée à "consommer le moins possible". Ses légumes viennent du jardin et ses vêtements, de friperies. Bref, Deborah "fait de son mieux" pour préserver la Terre.

 

 

Pourtant, dans quelques jours, son empreinte carbone s'alourdira de quelque 190 kilos de CO2 : cette ex-employée d'une ONG socio-environnementale doit prendre l'avion pour se rendre en Suède. Un pays où, justement, le "flygskam" (la "honte de prendre l'avion") pousse de plus en plus de voyageurs à délaisser ce moyen de transport : près d'un Suédois sur cinq a préféré le train en 2018. "J'essaie au maximum d'éviter l'avion, confie la trentenaire. Là, par exemple, je prends un vol de Bruxelles à Stockholm et ensuite j'irai en train jusqu'à la ville où je dois me rendre, dans le nord du pays, plutôt que d'enchaîner sur un vol interne…" Si Deborah fait des efforts, pourra-t-elle, un jour, voyager à l'autre bout du monde sans polluer ?

 

 

 

Le futur rêvé des grands voyageurs

C'est en tout cas le souhait de certains industriels qui ont mesuré le potentiel économique de cette prise de conscience. La Silicon Valley s'est lancée, depuis plusieurs années, dans la recherche d'un mode de transport plus vert qui pourrait concurrencer l'avion sur de longues distances. L'Hyperloop, lancé en 2013 par le patron de Tesla, Elon Musk, promet un moyen de transport sûr et écologique, plus rapide que l'avion : une fois installés dans une capsule, les passagers seraient transportés par propulsion électrique à 1 080 km/h. Il suffirait ainsi de 45 minutes pour relier Marseille à Paris, contre 1h20 en avion.

 

 

Quelque 300 personnes travaillent à la conception de ce fantasme technologique chez Hyperloop One, la principale entreprise spécialisée sur ce projet, qui a réuni 295 millions de dollars grâce à de nombreux investisseurs. Parmi eux, de grands groupes du secteur du transport, comme la SNCF. Le groupe ferroviaire a dit vouloir apprendre de l'expertise technique d'Hyperloop One pour développer son TGV nouvelle génération. Rendez-vous fixé en 2023 : 100 rames aérodynamiques, connectées et recyclables, commandées en juillet dernier auprès d'Alstom, commenceront à entrer en service. Elles devraient permettre de "réduire de 20% la consommation d'énergie et d'améliorer le bilan carbone de 37% par rapport aux rames actuelles".

 

 

D'autres parient sur l'énergie solaire pour concurrencer les litres de kérosène dépensés pour un trajet en avion, tout en traversant des océans. C'est ce qu'ont fait, en 2016, les ingénieurs-aéronautes suisses Bertrand Piccard et André Borschberg, en bouclant un tour du monde à bord du Solar Impulse, un avion photovoltaïque. De quoi faire rêver certains ingénieurs qui ont vite imaginé le développement de vols commerciaux à base d'énergie solaire.

 

 

 

Des solutions "pas encore au point"

Mais la réalité s'avère plus complexe : d'après les spécialistes interrogés par franceinfo, il faudra encore des années avant que ces technologies soient étendues au plus grand nombre. Trois ans plus tard, si la Solar Impulse Foundation a été représentée à la COP24, les solutions peinent d'ailleurs à être mises en place. La technologie n'est pas encore assez compacte pour être adaptée à l'aviation civile et à ses contraintes. De quoi inquiéter Andrew Murphy, ingénieur aéronautique pour l'ONG européenne Transport & Environment : "Les technologies qui permettraient de réduire l'impact environnemental des transports, notamment aériens, ne sont pas encore au point. Alors que pour respecter l'accord de Paris sur le climat, il faudrait les généraliser tout de suite…"

 

 

Par ailleurs, la plupart des solutions envisagées ne réussiront pas à remplacer totalement l'avion. L'Hyperloop reste un moyen de transport terrestre : impossible de relier New York à Paris en passant sous l'Atlantique. Le développement de transports alternatifs pour des voyages lointains reste ainsi anecdotique. "On va voir se développer le transport par drone, par téléphérique, pourquoi pas même par montgolfière. Mais cela restera pour les courts et moyens trajets", pense Laetitia Dablanc, directrice de recherche à l'Institut français des sciences et technologies des transports, de l'aménagement et des réseaux.

 

 

 

Compenser ou adapter l'existant

En attendant, pour rassurer les voyageurs qui se sentent coupables vis-à-vis de la planète, les compagnies aériennes proposent de "compenser" les émissions de CO2 générées par le vol, en payant un supplément reversé à des associations environnementales. Mais ces "indulgences modernes", selon le terme consacré par Stay Grounded, n'ont aucun impact sur les émissions de CO2. Dans son rapport "L'illusion de l'aviation verte(en anglais), l'ONG rappelle qu'il ne s'agit en aucun cas de réduire les émissions. "Dans le meilleur des cas, elles sont contrebalancées par une prévention accrue des émissions quelque part ailleurs dans le monde."

 

 

Et ces dernières ne sont pas anodines : d'après la Direction générale de l'aviation civile, le transport aérien en France a été à l'origine de 21,9 millions de tonnes de CO2 en 2017 – soit 3% environ des émissions totales du pays. "Il faut y ajouter toute la pollution liée à la construction des avions et au fonctionnement des aéroports en eux-mêmes", précise Lorelei Limousin, représentante du Réseau action climat.

 

 

Alors, chez Airbus, on tente d'adapter l'existant, "puisque la flotte en service le sera encore pour vingt-cinq ans""On travaille à optimiser les routes aériennes pour éviter les détours inutiles et l'attente au niveau des aéroports", explique un porte-parole du groupe, contacté par franceinfo. Sur le papier, le leader européen de l'aéronautique est un bon élève en matière de réduction de la pollution : l'entreprise participe "à tous les programmes européens", comme Clean Sky, un programme de recherche pour une aviation civile "verte" financé par l'Union européenne.

 

 

Le groupe assure travailler "constamment" sur les "nouvelles générations d'avions" qui "consomment 20 à 25% de carburant en moins par rapport aux précédentes". Amélioration des moteurs et des matériaux pour alléger la structure, recherches sur l'électrisation "Nous avons plusieurs prototypes qui sont étudiés sur nos sites", explique le représentant d'Airbus. Energie hydrogène, ailes optimisées et automatisation pourraient un jour permettre de voyager en avion en polluant moins.

 

 

 

Taxer le kérosène pour faire avancer la recherche

Les ONG sont moins enthousiastes. "L'industrie met en avant des technologies en promettant qu'elles seront bientôt développées pour les vols commerciaux, comme l'énergie solaire avec le Solar Impulse. Mais ça permet surtout aux aéroports et compagnies aériennes d'éviter d'avoir à réguler leurs émissions", nuance Andrew Murphy, de Transport & Environment.

 

 

Seule solution pour développer la recherche d'alternatives, selon les défenseurs de l'environnement : taxer le kérosène et les billets d'avion, pour le moment exemptés de TVA sur les vols internationaux. C'est ce qui explique le prix parfois dérisoire de certains billets (moins de 40 euros pour un Bruxelles-Madrid), qui encourage les consommateurs à opter pour ce moyen de transport. "Le train est 15 à 20 fois moins polluant que l'avion, mais son utilisation n'est pas du tout encouragée, regrette Lorelei Limousin.On supprime des lignes et d'un autre côté, l'aéronautique échappe à toutes les taxes…"

 

 

Résultat : industriels et compagnies aériennes traînent les pieds sur la recherche de solutions rapides et concrètes. "Les gouvernements auraient pu mettre en place des normes pour forcer les compagnies aériennes à réduire leur pollution. A l'inverse, la France a fait en sorte que ces normes soient les plus basses possibles", "notamment pour protéger Airbus", fleuron de l'industrie bleu-blanc-rouge, pointe Andrew Murphy.

 

 

Selon l'ingénieur, la solution la plus immédiate se trouverait dans nos champs. Les biocarburants pourraient ainsi être des remplaçants "verts" au kérosène et autres carburants du transport maritime ou terrestre. Cependant, "leur production donne lieu à davantage de déforestation et crée une concurrence avec la production alimentaire", déplore Lorelei Limousin. Principalement issue de la culture de betterave sucrière, de canne à sucre ou d'huile de palme, la production de ces biocarburants implique d'autres problèmes environnementaux et éthiques. Pour éviter ces écueils, des biocarburants de "deuxième génération" sont actuellement développés.

 

 

 

Repenser le concept du voyage

L'horizon semble donc peu dégagé pour offrir la possibilité de voyager loin sans participer à la destruction de la planète. "La seule solution pour voyager loin sans polluer, c'est de prendre le voilier…" ironise Lorelei Limousin. Les touristes occidentaux "cherchent quelque chose de rapide", commente Laetitia Dablanc. Selon la chercheuse, "il y aura toujours une demande structurelle pour l'aérien. Les périodes de vacances sont réduites, c'est rare de pouvoir prendre plus de deux semaines d'affilée. Tout ce qu'on peut espérer, c'est que la fréquence des voyages diminue."

 

 

Et si la solution ultime résidait dans un changement total de notre conception du voyage ? "On voyage comme on va au cinéma, analyse Deborah, qui revient d'un week-end express à Rome. Ce sont des vacances-consommation, on ne se repose même pas…" Face aux compagnies low-cost et à la tentation de partir loin et vite, certains envisagent de nouvelles formules, plus compatibles avec une réduction des émissions de CO2. C'est ce qu'a fait Bénédicte, ancienne blogueuse voyage, après son "hérésie écologique" d'un road-trip en Californie, il y a trois ans.

 

 

"J'ai investi dans un van aménagé pour pouvoir voyager localement et plus lentement, témoigne la jeune femme installée en Bretagne. Il roule au diesel donc c'est évidemment imparfait, mais l'impact carbone de mes vacances n'est plus comparable… Je voyage complètement différemment et pour le moment exclusivement en Bretagne, mais cela m'apporte beaucoup de joie !" Elle "rêve toujours de découvrir le Japon", mais "envisage désormais de [s]'y rendre par voie terrestre puis maritime". Un voyage plus long, plus coûteux, "mais un projet très stimulant". Et, surtout, moins douloureux pour la planète.

 


29/04/2019
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de l'Internaute - Le compteur LINKY

 

 

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05/04/2019
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de l'Internaute

 

 

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de l'Internaute

 

 

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de l'Internaute

 

 

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05/04/2019
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