L'AIR DU TEMPS

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TECHNOLOGIE


Franceinfo - le samedi 27 avril 2019

 

 

Hyperloop, énergie solaire, biocarburants… Pourra-t-on un jour voyager loin sans polluer ?

 

 

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Noémie LeclercqfranceinfoFrance Télévisions

 

 

 

Innovation technique, taxe sur les émissions ou traversée de l’Atlantique en voilier : pour voyager écolo, c’est surtout notre façon de penser les vacances qu’il faut réviser

 

 

 

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Pourra-t-on un jour réussir à voyager loin sans polluer ? (AWA SANE / FRANCEINFO)

 

 

 

Depuis un an, Deborah et son ami rénovent leur maison pour la rendre "écolo-friendly". Charpente en bois, enduit à la chaux, peinture naturelle et, pour l'aménagement, des meubles "trouvés dans la rue" : cette doctorante en géographie est attachée à "consommer le moins possible". Ses légumes viennent du jardin et ses vêtements, de friperies. Bref, Deborah "fait de son mieux" pour préserver la Terre.

 

 

Pourtant, dans quelques jours, son empreinte carbone s'alourdira de quelque 190 kilos de CO2 : cette ex-employée d'une ONG socio-environnementale doit prendre l'avion pour se rendre en Suède. Un pays où, justement, le "flygskam" (la "honte de prendre l'avion") pousse de plus en plus de voyageurs à délaisser ce moyen de transport : près d'un Suédois sur cinq a préféré le train en 2018. "J'essaie au maximum d'éviter l'avion, confie la trentenaire. Là, par exemple, je prends un vol de Bruxelles à Stockholm et ensuite j'irai en train jusqu'à la ville où je dois me rendre, dans le nord du pays, plutôt que d'enchaîner sur un vol interne…" Si Deborah fait des efforts, pourra-t-elle, un jour, voyager à l'autre bout du monde sans polluer ?

 

 

 

Le futur rêvé des grands voyageurs

C'est en tout cas le souhait de certains industriels qui ont mesuré le potentiel économique de cette prise de conscience. La Silicon Valley s'est lancée, depuis plusieurs années, dans la recherche d'un mode de transport plus vert qui pourrait concurrencer l'avion sur de longues distances. L'Hyperloop, lancé en 2013 par le patron de Tesla, Elon Musk, promet un moyen de transport sûr et écologique, plus rapide que l'avion : une fois installés dans une capsule, les passagers seraient transportés par propulsion électrique à 1 080 km/h. Il suffirait ainsi de 45 minutes pour relier Marseille à Paris, contre 1h20 en avion.

 

 

Quelque 300 personnes travaillent à la conception de ce fantasme technologique chez Hyperloop One, la principale entreprise spécialisée sur ce projet, qui a réuni 295 millions de dollars grâce à de nombreux investisseurs. Parmi eux, de grands groupes du secteur du transport, comme la SNCF. Le groupe ferroviaire a dit vouloir apprendre de l'expertise technique d'Hyperloop One pour développer son TGV nouvelle génération. Rendez-vous fixé en 2023 : 100 rames aérodynamiques, connectées et recyclables, commandées en juillet dernier auprès d'Alstom, commenceront à entrer en service. Elles devraient permettre de "réduire de 20% la consommation d'énergie et d'améliorer le bilan carbone de 37% par rapport aux rames actuelles".

 

 

D'autres parient sur l'énergie solaire pour concurrencer les litres de kérosène dépensés pour un trajet en avion, tout en traversant des océans. C'est ce qu'ont fait, en 2016, les ingénieurs-aéronautes suisses Bertrand Piccard et André Borschberg, en bouclant un tour du monde à bord du Solar Impulse, un avion photovoltaïque. De quoi faire rêver certains ingénieurs qui ont vite imaginé le développement de vols commerciaux à base d'énergie solaire.

 

 

 

Des solutions "pas encore au point"

Mais la réalité s'avère plus complexe : d'après les spécialistes interrogés par franceinfo, il faudra encore des années avant que ces technologies soient étendues au plus grand nombre. Trois ans plus tard, si la Solar Impulse Foundation a été représentée à la COP24, les solutions peinent d'ailleurs à être mises en place. La technologie n'est pas encore assez compacte pour être adaptée à l'aviation civile et à ses contraintes. De quoi inquiéter Andrew Murphy, ingénieur aéronautique pour l'ONG européenne Transport & Environment : "Les technologies qui permettraient de réduire l'impact environnemental des transports, notamment aériens, ne sont pas encore au point. Alors que pour respecter l'accord de Paris sur le climat, il faudrait les généraliser tout de suite…"

 

 

Par ailleurs, la plupart des solutions envisagées ne réussiront pas à remplacer totalement l'avion. L'Hyperloop reste un moyen de transport terrestre : impossible de relier New York à Paris en passant sous l'Atlantique. Le développement de transports alternatifs pour des voyages lointains reste ainsi anecdotique. "On va voir se développer le transport par drone, par téléphérique, pourquoi pas même par montgolfière. Mais cela restera pour les courts et moyens trajets", pense Laetitia Dablanc, directrice de recherche à l'Institut français des sciences et technologies des transports, de l'aménagement et des réseaux.

 

 

 

Compenser ou adapter l'existant

En attendant, pour rassurer les voyageurs qui se sentent coupables vis-à-vis de la planète, les compagnies aériennes proposent de "compenser" les émissions de CO2 générées par le vol, en payant un supplément reversé à des associations environnementales. Mais ces "indulgences modernes", selon le terme consacré par Stay Grounded, n'ont aucun impact sur les émissions de CO2. Dans son rapport "L'illusion de l'aviation verte(en anglais), l'ONG rappelle qu'il ne s'agit en aucun cas de réduire les émissions. "Dans le meilleur des cas, elles sont contrebalancées par une prévention accrue des émissions quelque part ailleurs dans le monde."

 

 

Et ces dernières ne sont pas anodines : d'après la Direction générale de l'aviation civile, le transport aérien en France a été à l'origine de 21,9 millions de tonnes de CO2 en 2017 – soit 3% environ des émissions totales du pays. "Il faut y ajouter toute la pollution liée à la construction des avions et au fonctionnement des aéroports en eux-mêmes", précise Lorelei Limousin, représentante du Réseau action climat.

 

 

Alors, chez Airbus, on tente d'adapter l'existant, "puisque la flotte en service le sera encore pour vingt-cinq ans""On travaille à optimiser les routes aériennes pour éviter les détours inutiles et l'attente au niveau des aéroports", explique un porte-parole du groupe, contacté par franceinfo. Sur le papier, le leader européen de l'aéronautique est un bon élève en matière de réduction de la pollution : l'entreprise participe "à tous les programmes européens", comme Clean Sky, un programme de recherche pour une aviation civile "verte" financé par l'Union européenne.

 

 

Le groupe assure travailler "constamment" sur les "nouvelles générations d'avions" qui "consomment 20 à 25% de carburant en moins par rapport aux précédentes". Amélioration des moteurs et des matériaux pour alléger la structure, recherches sur l'électrisation "Nous avons plusieurs prototypes qui sont étudiés sur nos sites", explique le représentant d'Airbus. Energie hydrogène, ailes optimisées et automatisation pourraient un jour permettre de voyager en avion en polluant moins.

 

 

 

Taxer le kérosène pour faire avancer la recherche

Les ONG sont moins enthousiastes. "L'industrie met en avant des technologies en promettant qu'elles seront bientôt développées pour les vols commerciaux, comme l'énergie solaire avec le Solar Impulse. Mais ça permet surtout aux aéroports et compagnies aériennes d'éviter d'avoir à réguler leurs émissions", nuance Andrew Murphy, de Transport & Environment.

 

 

Seule solution pour développer la recherche d'alternatives, selon les défenseurs de l'environnement : taxer le kérosène et les billets d'avion, pour le moment exemptés de TVA sur les vols internationaux. C'est ce qui explique le prix parfois dérisoire de certains billets (moins de 40 euros pour un Bruxelles-Madrid), qui encourage les consommateurs à opter pour ce moyen de transport. "Le train est 15 à 20 fois moins polluant que l'avion, mais son utilisation n'est pas du tout encouragée, regrette Lorelei Limousin.On supprime des lignes et d'un autre côté, l'aéronautique échappe à toutes les taxes…"

 

 

Résultat : industriels et compagnies aériennes traînent les pieds sur la recherche de solutions rapides et concrètes. "Les gouvernements auraient pu mettre en place des normes pour forcer les compagnies aériennes à réduire leur pollution. A l'inverse, la France a fait en sorte que ces normes soient les plus basses possibles", "notamment pour protéger Airbus", fleuron de l'industrie bleu-blanc-rouge, pointe Andrew Murphy.

 

 

Selon l'ingénieur, la solution la plus immédiate se trouverait dans nos champs. Les biocarburants pourraient ainsi être des remplaçants "verts" au kérosène et autres carburants du transport maritime ou terrestre. Cependant, "leur production donne lieu à davantage de déforestation et crée une concurrence avec la production alimentaire", déplore Lorelei Limousin. Principalement issue de la culture de betterave sucrière, de canne à sucre ou d'huile de palme, la production de ces biocarburants implique d'autres problèmes environnementaux et éthiques. Pour éviter ces écueils, des biocarburants de "deuxième génération" sont actuellement développés.

 

 

 

Repenser le concept du voyage

L'horizon semble donc peu dégagé pour offrir la possibilité de voyager loin sans participer à la destruction de la planète. "La seule solution pour voyager loin sans polluer, c'est de prendre le voilier…" ironise Lorelei Limousin. Les touristes occidentaux "cherchent quelque chose de rapide", commente Laetitia Dablanc. Selon la chercheuse, "il y aura toujours une demande structurelle pour l'aérien. Les périodes de vacances sont réduites, c'est rare de pouvoir prendre plus de deux semaines d'affilée. Tout ce qu'on peut espérer, c'est que la fréquence des voyages diminue."

 

 

Et si la solution ultime résidait dans un changement total de notre conception du voyage ? "On voyage comme on va au cinéma, analyse Deborah, qui revient d'un week-end express à Rome. Ce sont des vacances-consommation, on ne se repose même pas…" Face aux compagnies low-cost et à la tentation de partir loin et vite, certains envisagent de nouvelles formules, plus compatibles avec une réduction des émissions de CO2. C'est ce qu'a fait Bénédicte, ancienne blogueuse voyage, après son "hérésie écologique" d'un road-trip en Californie, il y a trois ans.

 

 

"J'ai investi dans un van aménagé pour pouvoir voyager localement et plus lentement, témoigne la jeune femme installée en Bretagne. Il roule au diesel donc c'est évidemment imparfait, mais l'impact carbone de mes vacances n'est plus comparable… Je voyage complètement différemment et pour le moment exclusivement en Bretagne, mais cela m'apporte beaucoup de joie !" Elle "rêve toujours de découvrir le Japon", mais "envisage désormais de [s]'y rendre par voie terrestre puis maritime". Un voyage plus long, plus coûteux, "mais un projet très stimulant". Et, surtout, moins douloureux pour la planète.

 


29/04/2019
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de l'Internaute - Le compteur LINKY

 

 

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05/04/2019
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Franceinfo - le jeudi 28 mars 2019

 

 

Vous ne comprenez pas tout à la 5G ? On répond à 9 questions sur le réseau qui va révolutionner nos communications

 

 

 

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Simon GourmelletFrance Télévisions

 

 

 

Cette technologie doit supplanter d'ici à 2023 l'actuelle 4G. Bien plus qu'une amélioration du réseau, elle est censée permettre un bond technologique considérable et fait d'ores et déjà l'objet d'une guerre acharnée entre la Chine et les Etats-Unis

 

 

 

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 La 5G va permettre d'atteindre le niveau de la fibre en multipliant le débit des données par 10 sur appareil mobile.  (BORIS ROESSLER / DPA / AFP)

 

 

 

La promesse est alléchante : plus de débit, pour connecter davantage d'appareils destinés à nous simplifier la vie. Rien que cela. L'avènement de la 5G doit entraîner un bond technologique, une rupture même, à entendre l'Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (Arcep).

 

 

Certains experts du secteur des nouvelles technologies mobiles vont même plus loin en prédisant le "bouleversement le plus important depuis l'électricité". Franceinfo se branche en haut débit et vous aide à décrypter cette nouvelle technologie que vous ne pourrez bientôt plus ignorer.

 

 

 

1 - C'est quoi la 5G ?

Il s'agit de la cinquième génération de réseau mobile (5G). Pour ceux qui auraient oublié les versions précédentes : la première génération, en 1986, permettait de passer des appels, la 2G d'envoyer des SMS ou des MMS (au début des années 1990), la 3G de surfer sur le web via son téléphone (2004) et la 4G (2011) de développer l'internet mobile plus largement avec une plus grande rapidité.

 

 

Cette fois-ci, la 5G, c'est l'ultra haut débit. Elle doit permettre d'atteindre le niveau de la fibre (jusqu'à 1 Gbit/s de débit en réception et jusqu'à 300 Mbit/s en émission), en multipliant le débit des données par 10 et divisant les délais de transmission par 10 également. 

 

 

Actuellement, le réseau 4G offre des débits réels aux alentours de 30 Mbps (mégabit par seconde). Plusieurs tests de la 5G en conditions réelles ont mesuré des vitesses allant de 700 Mbps à plusieurs Gbps, selon des tests. Concrètement, un film de 30 Go pourra être téléchargé en vingt minutes, contre 1h40 avec la 4G aujourd'hui, estime Orange.

 

 

 

2 - Comment ça fonctionne ? 

En matière de réseau téléphonique, tout est question de fréquence. La 5G va utiliser des bandes déjà existantes pour les générations antérieures mais également de nouvelles fréquences qui vont permettre de profiter pleinement du très haut débit.

 

 

Dans le détail, de très hautes fréquences dites "millimétriques", à 26 GHz, vont être utilisées. Une première pour des réseaux grand public. Celles-ci sont aujourd'hui réservées à l'armée française, à l'administration chargée de la météorologie ou encore au Centre national d'études spatiales. L'Arcep a lancé des consultations publiques en vue de leur réattribution pour le déploiement de la 5G, prévue pour la deuxième moitié de 2019.

 

 

 

3 - Faut-il installer de nouvelles antennes ?

Oui, mais elles vont surtout fleurir en ville. Le problème de ces ondes millimétriques, c'est que leur pouvoir de propagation est assez faible. Plus les fréquences sont hautes et moins la portée du signal est élevée. Les ondes millimétriques ont de plus la réputation de mal supporter la pluie et de ne pas traverser les murs. Il faudra alors s'attendre à voir fleurir de petites antennes reliées à une "antenne-mère", un peu partout dans le mobilier urbain, nichées par exemple dans les abribus ou les réverbères.

 

 

 

 

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La 5G reposera sur une nouvelle génération d’antennes, qui orientent les signaux vers les appareils qui en ont besoin. Couplée avec des bandes de fréquences hautes, l’utilisation de ces antennes permettra d’accroître fortement les débits. (ANFR)

 

 

 

 

Pour atteindre le très haut débit sur votre mobile, la 5G utilisera également des antennes intelligentes, appelées "MIMO". Alors que les anciens réseaux wifi ou les réseaux GSM standards utilisent une seule antenne au niveau de l'émetteur et du récepteur, celles-ci en utilisent plusieurs, aussi bien pour l'émission que pour la réception. En multipliant ces antennes, on augmente ainsi le débit.

 

 

Ce type d'antennes permet de diriger le signal radio uniquement vers les utilisateurs quand ils en ont besoin (beam tracking) au lieu d'être émis dans toutes les directions de manière constante. Résultat : les ondes ne sont plus dispersées et le débit est augmenté. 

 

 

 

 

 

 

4 - Quel est l'intérêt de cette nouvelle technologie ?

La principale promesse de la 5G sera d'offrir une connectivité omniprésente, ou "ultra connectivité", selon les termes utilisés par l'Arcep. C'est la possibilité de piloter à distance des milliards d'appareils, machines et engins en tous genres et dans tous les secteurs d'activité.

 

 

 

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Exemples d'applications rendues possibles avec la 5G.  (COMMISSION EUROPEENNE)

 

 

 

Pour l'utilisateur lambda, la 5G va offrir plus de confort au quotidien. Il pourra, par exemple, télécharger des films en 4K voire en 8K, mais aussi jouer en ligne sans problème de latence (le délai de transmission dans les communications informatiques). Démonstration avec ce concert réalisé alors que la musicienne et le chanteur sont dans deux pièces différentes. 

 

 

 

 

 

 

Mais outre une navigation plus fluide, de nouvelles offres vont être proposées aux utilisateurs, avec notamment le développement des applications de réalité augmentée et de réalité virtuelle sur les smartphones. Les JO d'hiver de 2018 à Pyeongchang (Corée du Sud) nous en ont donné un avant-goût. L'opérateur télécoms KT avait ainsi équipé les pistes de ski d'une centaine de caméras connectées en 5G pour permettre aux spectateurs de suivre les mouvements des athlètes sous différents angles.

 

 

Comme la 5G permettra d'émettre uniquement à l'endroit et au moment où cela est nécessaire, en adaptant la puissance d'émission à l'usage, cela doit permettre également de prolonger considérablement la durée de vie des batteries des objets connectés.

 

 

 

5 - La 5G, ce n'est que pour le divertissement alors ?

Pas du tout, bien au contraire. La fin de la latence, c'est ce qui manquait jusqu'alors pour le développement des voitures autonomes, par exemple. Grâce à cette technologie, les véhicules pourront interagir en direct entre eux ou avec le mobilier urbain. Les constructeurs ont déjà bien avancé sur la question. Ford, BMW, Peugeot et DS Automobiles se sont notamment alliés au fabricant de puces Qualcomm et multiplient les démonstrations de rapidité du transfert de données de véhicule à véhicule et de véhicule à infrastructure. L'Ile-de-France a déjà consacré 100 millions d'euros pour devenir la première région mondiale du véhicule autonome. Des voies dédiées seront, dès cette année, équipées de systèmes informatiques sur les autoroutes franciliennes.

 

 

La 5G va également permettre le développement de la téléchirurgie. Un médecin à Paris pourra ainsi opérer un patient à l'autre bout du monde, via un robot. Selon le South China Morning Post, une première opération à distance sur un animal s'est tenue le 8 janvier en Chine grâce à une communication établie en 5G.

 

 

 

Dernière avancée en date : la première opération chirurgicale au monde "télémonitorée" sur un être humain a été réalisée par un médecin espagnol en direct de la scène principale du Mobile World Congress (MWC) de Barcelone le 27 février. Durant cette opération, le docteur Antonio de Lacy a apporté conseil et assistance technique en temps réel, via une télédiffusion réalisée par réseau 5G, à une équipe chirurgicale réalisant une opération sur une tumeur intestinale à l'Hospital Clinic de Barcelone, situé à 5 km de là.

 

 

Et si discuter par téléphone ou par vidéo devenait obsolète au profit des hologrammes ? C'est une autre des promesses de la 5G. Les opérateurs KT (Corée du Sud) et Verizon (Etats-Unis) ont déjà testé un appel de ce type avec succès (lien en anglais). La production manufacturière va sans doute être également bouleversée avec une multiplication des machines ou objets connectés, comme des robots de fabrication ou des drones de livraison.

 

 

Les opérateurs devront adapter en temps réel le réseau aux besoins des appareils connectés. "Les réseaux 5G devront s'adapter et se reconfigurer, en fonction de l'usage ciblé. Un réseau 5G, c'est en fait plusieurs sous-réseaux spécialisés qui vont devoir cohabiter. C'est le principe du 'network slicing', explique Sylvain Loizeau, de l'Arcep, interrogé par Le Figaro. Pour en arriver là, le chemin est encore long et des arbitrages devront être rendus pour donner la priorité à certains usages, comme la latence pour les voitures autonomes ou les flux destinés à des opérations médicales.

 

 

 

6 - Est-ce que je vais devoir changer de téléphone ? 

Forcément, vous allez devoir monter en gamme. Pour capter la 5G, il vous faudra un nouveau modem intégré à votre smartphone capable de prendre en charge les nouvelles fréquences. Pas d'inquiétude, tous les fabricants sont déjà sur les rangs pour proposer leurs modèles, disponibles à partir de la mi-2019. Mais, déjà, les premiers téléphones compatibles font leur apparition. En France, il reste néanmoins inutile d'en acquérir un pour le moment, en raison du délai de déploiement des infrastructures réseau.

 

 

 

7 - Qui est à la pointe de cette technologie ?

Sans conteste la Chine et son géant des télécoms Huawei. "Ils auraient entre 12 et 18 mois d'avance, estime auprès de franceinfo André Loesekrug-Pietri, fondateur du fonds d'investissement A.CAPITAL et porte-parole de la Joint European Disruptive Initiative (Jedi). Huawei s'appuie sur la Chine, un marché gigantesque, ainsi que sur les pays émergents comme l’Afrique, pour obtenir un effet d’échelle, des couts plus faibles, et investir massivement dans la recherche et le développement. Avec plus de trente opérateurs telecom qui se livrent une bataille des prix en Europe, on a une situation ou le prix est un élément clé qui ne peut que défavoriser des fournisseurs d’équipements comme Ericsson ou Nokia."

 

 

Problème : les infrastructures hautement stratégiques de Huawei sont-elles sûres ? De nombreux experts les soupçonnent de pouvoir permettre au renseignement chinois d'espionner les communications des pays qui les utiliseraient. Washington a déjà fait pression sur ses alliés, l'Allemagne notamment, pour stopper les négociations avec Huawei pour l'appel d'offres concernant l'équipement du pays en infrastructures 5G, comme le rapporte le Wall Street Journal (en anglais). Même si aucune preuve n'étaye à l'heure actuelle ces craintes. Reste que Ren Zhengfei, le fondateur de Huawei, est un ancien officier de l'armée chinoise et que sa fille, Wanzhou Meng, également directrice financière de la société, a été arrêtée au Canada au début du mois de décembre, soupçonnée d'avoir, via deux filiales, volé des secrets industriels au groupe de télécoms américain T-Mobile. Pour André Loesekrug-Pietri, l'Europe est désormais confrontée à un dilemme.

 

 

La 5G va permettre l'émergence de nouvelles filières industrielles, comme la voiture autonome ou l'usine du futur. Si on se passe de Huawei, et que l'on privilégie la sécurité, l'Europe va forcément prendre du retard sur ces filières essentielles pour notre croissance future.André Loesekrug-Pietri à franceinfo

 

 

"C’est un dilemme insupportable qui résulte d’un manque de vision stratégique depuis longtemps, poursuit André Loesekrug-Pietri. Et nous risquons d'avoir ce même dilemme dans de nombreux autres secteurs, comme les semiconducteurs, l’espace ou la biologie moléculaire."

 

 

Ce qui est certain selon cet expert, c'est que la France ne doit pas commettre les mêmes erreurs que lors des attributions des fréquences 4G. En 2015, les opérateurs avaient dépensé des centaines de millions d'euros au profit de l'Etat pour obtenir des fréquences, alors que ces sommes auraient pu être consacrées à la recherche.

 

 

 

8 - Est-ce dangereux pour la santé ? 

La multiplication des antennes et des fréquences utilisées fait naître des craintes sur de potentiels effets néfastes pour la santé. "La 5G augmentera l'exposition aux champs électromagnétiques de radiofréquence", ont déjà prévenu, en septembre 2017, plus de 170 scientifiques dans un moratoire"Les effets sont : un risque de cancer, de stress cellulaire, d'augmentation des radicaux libres nocifs, de dommage génétique et du système reproducteur, de déficits d'apprentissage et de mémoire, de troubles neurologiques", alertent-ils.

 

 

Avant même le lancement de la 5G, la question est d'ores et déjà sensible. En avril dernier, Emmanuelle Anthoine, députée Les Républicains de la Drôme, a demandé, dans un courrier adressé au ministère des Solidarités et de la Santé, sur le fondement du principe de précaution, de "faire réaliser des études indépendantes et approfondies concernant les effets de la 5G" et d'envisager "des mesures de protection pour les populations sensibles", faisant référence aux personnes disant souffrir d'une hypersensibilité électromagnétique.

 

 

En réponse, le ministère a rappelé que "les valeurs limites d'exposition du public aux champs électromagnétiques s'appliquent indépendamment de la technologie (2G, 3G, 4G ou 5G)". Les réseaux 5G qui seront déployés par les opérateurs devront donc respecter ces valeurs limites tout autant que les technologies utilisées aujourd'hui.

 

 

 

9 - Quand cette technologie va-t-elle débarquer en France ?

En France, les ouvertures de réseaux 5G sont planifiées pour 2020. Mais cela ne concernera dans un premier temps qu'"au moins une grande ville", selon la feuille de route du gouvernement. Les principaux axes de transport devront être connectés d'ici à 2025, conformément aux recommandations européennes. Pour le moment, plusieurs sites expérimentent la 5G. C'est le cas à Belfort, Bordeaux, Douai, Grenoble, Lannion, Lille, Lyon, Marseille, Nantes, Toulouse, Sophia Antipolis et en Ile-de-France, comme le détaille l'ArcepA Ouistreham (Calvados) par exemple, l'objectif est d'établir un lien haut débit entre les côtes normandes et deux navires de la société Brittany Ferries qui relient les ports d'Ouistreham et Portsmouth (Royaume-Uni).

 

 

Les analystes d'Ericsson Mobility tablent déjà sur un développement dès 2021, principalement dans les pays d'Asie et du Pacifique, puis en Amérique du Nord, et enfin dans le reste du monde, dont l'Europe de l'Ouest.

 


28/03/2019
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Franceinfo - le lundi 25 mars 2019

 

 

Suède : ils ont une puce sous la peau

 

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France 2France Télévisions
 
 

 

En Suède, des milliers de personnes décident de se faire implanter une puce sous la peau. Un moyen de se faciliter la vie au quotidien, même s'il reste des réfractaires

 

 

 

Dans les rues de Stockholm, la capitale suédoise, se balader revient à croiser une petite armée de cyborgs dont on n'a même pas connaissance. Per Soderstrom, un entrepreneur de 66 ans, fait partie de ces milliers de Suédois avec une puce implantée dans la main. "C'est sous ma peau, entre le pouce et l'index, précise-t-il. On ne peut pas la voir, mais on peut la sentir de l'extérieur." L'implant, à peine plus gros qu'un grain de riz, lui permet aujourd'hui d'accéder à son bureau, d'allumer la photocopieuse ou de commander une boisson, avec la même technologie qu'une carte bancaire sans contact.

 

 

 

Un implant vendu 130 €

"Cela a facilité ma vie parce que j'ai tendance à oublier mes affaires", assure le sexagénaire. Aujourd'hui, près de 5 000 Suédois seraient équipés, rejoints chaque jour par de nouveaux candidats. L'implant coûte 130 € et face à un tel engouement, même la compagnie ferroviaire nationale a dû revoir son logiciel. Depuis deux ans, tous les voyageurs suédois peuvent utiliser leur puce pour s'identifier à bord de ces trains.

 


26/03/2019
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