L'AIR DU TEMPS

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ANIMAUX - INSECTES

Indissociables de la nature !


Franceinfo - le le lundi 2 septembre 2019

 

 

Deux pandas géants sont nés au zoo de Berlin, une première en Allemagne

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

"Il n'existe que 1 864 pandas géants adultes dans la nature et donc chaque bébé contribue à la conservation de l'espèce", s'est réjoui le directeur du zoo

 

 

 

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Deux bébés pandas deux jours après leur naissance au zoo de Berlin (Allemagne), le 2 septembre 2019. (HANDOUT / AFP)

 

 

 

Ils sont nés à une heure d'intervalle et pèsent 186 et 136 grammes. Meng Meng, la femelle panda du zoo de Berlin, a donné naissance samedi 31 août au soir a des jumeaux, a annoncé le zoo lundi, une première pour l'Allemagne.

 

 

"Meng Meng et ses deux petits vont bien", s'est réjoui le directeur du zoo de Berlin, Andreas Knieriem, dans un communiqué. Les deux pandas géants ont vu le jour après 147 jours de grossesse et leur sexe n'a pas encore été déterminé. Comme les pandas "n'élèvent en général qu'un bébé après la naissance de jumeaux", le zoo a "décidé d'aider Meng Meng activement" en gardant les petits dans une couveuse plusieurs heures par jour, précise-t-il.

 

 

"Il n'existe que 1 864 pandas géants adultes dans la nature et donc chaque bébé contribue à la conservation de l'espèce", rappelle Andreas Knieriem. Meng Meng ("Petit rêve") et le mâle Jiao Qing ("Petit trésor") sont hébergés dans la capitale allemande depuis juin 2017. Ils sont les seuls animaux de cette espèce visibles aujourd'hui dans le pays, et ces naissances sont une première pour l'Allemagne.

 


02/09/2019
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Franceinfo - le vendredi 30 août 2019

 

 

Dengue, "West Nile", chikungunya, zika… Ces virus exotiques qui nous menacent

 

 

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Yannick SimoninThe ConversationFrance Télévisions

 

 

 

Ces dernières années, plusieurs cas "autochtones" de ce type de maladies exotiques ont été détectés en France. Leur mode de transmission est surveillé de près

 

 

 

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Les insectes tels que les moustiques (photo), les phlébotomes, qui leur ressemblent, ou les acariens (comme les tiques) peuvent transmettre des virus exotiques. (PIXABAY)

 

 

 

Yannick Simonin, auteur de cet article, est virologiste et maître de conférences en surveillance et étude des maladies émergentes à l'Université de Montpellier. La version originale de cet article a été publiée sur le site The Conversation, dont franceinfo est partenaire.


Une des conséquences à long terme du bouleversement de notre climat est le risque d’émergence de nouvelles maladies considérées comme "exotiques", car jusqu’à présent très éloignées de nos territoires.

 

 

Ces dernières années, plusieurs cas "autochtones" de ce type de maladies exotiques ont été détectés dans notre pays. Ce terme signifie que la maladie a été contractée sur le territoire où elle s’est déclarée, contrairement aux cas "importés", où la maladie a été rapportée de voyage. La distinction est d’importance car une infection autochtone signifie que le virus circule sur le territoire. Les cas importés ne sont cependant pas pour autant sans risque, car une personne infectée peut, si le vecteur est présent, transmettre à son tour la maladie à d’autres personnes. Or on répertorie chaque année des centaines de cas importés d’arboviroses en France.

 

 

Dengue, West Nile, encéphalites à tiques… Quelles sont les maladies émergentes les plus surveillées dans notre pays, et par qui sont-elles transmises ?

 

 

 

Des maladies qui passent souvent inaperçues

La plupart de ces maladies émergentes sont dues à des virus, et plus précisément à des arbovirus, c’est-à-dire des virus transmis par des arthropodes (de l’anglais arthropod-borne virus). Qu’il s’agisse d’insectes (tels que les moustiques ou les phlébotomes, qui leur ressemblent) ou d’acariens (comme les tiques), ces "vecteurs" se nourrissent généralement de sang, et infectent leurs proies durant leurs repas.

 

 

Autre particularité : ce sont des animaux qui sont initialement infectés par les virus. L’être humain est infecté à son tour lorsqu’un arthropode qui s’est contaminé en se nourrissant sur un animal domestique ou sauvage s’attaque ensuite à lui.

 

 

Ces maladies virales ne rendent pas systématiquement malades. Ainsi, si le moustique tigre (Aedes albopictus) transmet de nombreuses maladies virales humaines, elles sont dans la majorité des cas asymptomatiques et passent inaperçues. Cependant, une proportion non négligeable de personnes (entre 20 et 30 %) développe des symptômes qui peuvent s’apparenter à une grippe (fièvre plus ou moins élevée, maux de tête, douleurs articulaires et musculaires) avec, dans certains cas, une éruption cutanée associée. Le plus souvent bénins, ils peuvent, dans une faible proportion de cas, entraîner des complications parfois sévères.

 

 

 

La principale menace : le moustique tigre

Originaire d’Asie du Sud-Est et de l’Océan Indien, le moustique tigre a progressivement colonisé la France métropolitaine. Il est dorénavant présent dans 51 départements, contre 42 un an plus tôt. Le nord de la France n’est plus épargné, et on le retrouve désormais en région parisienne. Les spécialistes estiment qu’il devrait s’étendre sur l’ensemble de la métropole d’ici quelques années…

 

 

Parmi les principaux virus émergents transmis par le moustique tigre figure le virus de la Dengue, maladie d’origine africaine dont les premiers cas ont été répertoriés au XVIIIe siècle sur le continent américain. Bien connue dans de nombreuses régions du globe telles que l’Afrique, l’Asie et l’Amérique latine, cette maladie s’est depuis peu installée en France métropolitaine, notamment dans le Sud, où une vingtaine de cas autochtones ont été répertoriés récemment (dont 4 en 2018).

 

 

La problématique principale associée à la dengue est le risque de développer ce qu’on appelle une dengue sévère ou dengue hémorragique. Potentiellement mortelle, elle se manifeste notamment par une détresse respiratoire associée à des hémorragies multiples. Heureusement, cette forme ne touche qu’un petit pourcentage des personnes infectées (autour de 1 %).

 

 

Un autre virus transmis par le moustique tigre est le virus Chikungunya, isolé au début des années 50 sur le plateau du Makonde en Tanzanie. Bien connu aux Antilles, la particularité de ce virus est sa propension à provoquer des douleurs articulaires persistantes, pouvant se prolonger plusieurs années après l’infection initiale. Quelques cas occasionnels de complications oculaires, neurologiques et cardiaques ont également été répertoriés. Jusqu’ici, une trentaine d’infections autochtones ont été répertoriées dans la métropole, avec le risque d’apparition d’épidémie localisée comme ce fut notamment le cas dans la région de Montpellier en 2014 et dans le Var en 2017.

 

 

Le virus Zika est un autre virus émergent apparu récemment. Il a défrayé la chronique voici 3 ans, provoquant une épidémie massive en Amérique latine, principalement au Brésil. La particularité de ce virus, originaire de la forêt Zika en Ouganda, est sa capacité à provoquer des atteintes neurologiques graves chez le nouveau-né. Celles-ci se caractérisent notamment par la forte réduction du périmètre crânien (microcéphalie). Cette malformation entraîne une croissance insuffisante du cerveau, qui à son tour génère des troubles plus ou moins sévères selon la gravité de l’atteinte : épilepsie, infirmité motrice cérébrale, troubles de l’apprentissage, perte d’audition, problèmes visuels… Une étude récente publiée dans la prestigieuse revue américaine Nature Medicine montre que trois ans après l’infection, des enfants exposés au virus Zika au cours de la grossesse ont de nouvelles atteintes neurologiques qui apparaissent.

 

 

Autre particularité du virus Zika : sa capacité à se transmettre par voie sexuelle (ce qui est exceptionnel pour les arbovirus). En France, seul ce dernier type de transmission a été mise en évidence, et aucun cas autochtone n’a été été identifié pour l’instant. Probablement parce que le moustique tigre est un assez mauvais vecteur pour ce virus, qui se transmet principalement par un autre moustique, Aedes aegypti, très présent en Amérique Latine notamment, mais qui n’est pas encore implanté sur notre territoire. Il a néanmoins été identifié sur l’île de Madère et son implantation potentielle en Europe est surveillée de près.

 

 

Ministère des Solidarités et de la Santé

 

 

 

Le culex n’est pas en reste

Le moustique tigre n’est pas la seule menace présente sur le territoire. Le moustique "local" (Culex pipiens), présent sur l’ensemble de la métropole, est également porteur de virus potentiellement dangereux pour l’être humain.

 

 

C’est principalement le cas du virus West Nile (virus du Nil occidental). Isolé pour la première fois dans le district du Nil occidental, au nord de l’Ouganda, il est capable de provoquer des atteintes neurologiques sévères chez l’être humain, telles que des encéphalites ou des méningites. Comme son cousin le virus Usutu, également en expansion sur notre territoire, le virus West Nile a comme réservoir naturel certaines espèces d’oiseaux, qui ne sont pas encore toutes clairement identifiées.

 

 

En 2018, il s’est largement répandu en Europe occidentale, provoquant la plus grande épidémie jamais répertoriée sur le continent : 2 083 cas humains autochtones confirmés ont été déclarés, entraînant 181 décès dans une douzaine de pays, dont la France (avec 27 cas répertoriés). Cette épidémie a totalisé plus d’individus touchés que le cumul des 10 années précédentes dans toute l’Europe selon l’ECDC (European Centre for Disease Prevention and Control). Cette année, la présence du virus West Nile a déjà été mise en évidence chez 127 patients en Europe, dont un cas identifié en France, à Fréjus.

 

 

 

Les tiques ont des virus tout aussi exotiques

Au-delà des moustiques, d’autres arthropodes peuvent transmettre des virus exotiques. C’est le cas notamment des tiques. Ces acariens sont plus connus du grand public pour leur capacité à transmettre des maladies bactériennes telle que la maladie de Lyme. Elles sont cependant capables de propager des maladies virales comme le TBEV, aussi appelé encéphalite à tique. Présente principalement dans le nord de l’Europe, cette affection semble en extension continue.

 

 

Plus problématique encore est la possibilité de voir s’installer le virus de la fièvre hémorragique Crimée Congo en France métropolitaine. Décrite pour première fois en Crimée en 1944 puis au Congo, cette maladie provoque des hémorragies massives associées à environ 30 % de mortalité. Ce virus a été identifié pour la première fois en Europe en 2018, avec un cas identifié en Espagne en 2018. La surveillance de sa propagation en Europe constituera sans doute une problématique d’importance dans les années à venir.

 

 

 

Mieux vaut prévenir que guérir

Pour la plupart de ces virus émergents aucun traitement curatif ni aucun vaccin ne sont actuellement disponibles pour l’être humain. Aujourd’hui, la façon la plus efficace de lutter contre eux est probablement de s’attaquer aux vecteurs qui les propagent. Plus facile à dire qu’à faire, car de nombreux facteurs sont à prendre en compte.

 

 

C’est notamment le cas des modifications des conditions environnementales engendrées par l’activité humaine (en particulier l’augmentation des températures et les variations de précipitations). En affectant la répartition géographique, l’activité, le taux de reproduction et la survie des arthropodes (notamment des moustiques), elles modifient la transmission des maladies.

 

 

Les facteurs socio-économiques ne sont pas en reste : par exemple, l’augmentation de la mobilité, notamment via le transport aérien intercontinental, favorise la dissémination des agents infectieux. L’urbanisation galopante semble être également un des facteurs accélérateurs de l’émergence de ces nouveaux pathogènes. En effet, elle favorise notamment la multiplication des stockages d’eau incontrôlés, lesquels constituent autant de gîtes larvaires pour les moustiques potentiellement vecteurs de virus.

 

 

Pour réduire le développement des larves de moustique, il est recommandé de vider tous les récipients d’eau stagnante (notamment après arrosage). Enfin, les populations exposées sont encouragées à utiliser des répulsifs adaptés et à porter des vêtements amples et couvrants afin de limiter le risque de piqûre.

 

 

 

Améliorer la surveillance

 

Face à l’émergence de ces maladies exotiques, la plupart des pays concernés, dont la France, ont mis en place des réseaux actifs de surveillance. Ils regroupent des experts aux différentes compétences : vétérinaires, cliniciens, entomologistes, chercheurs… C’est par exemple le cas du réseau de surveillance épidémiologique SAGIR, qui scrute la circulation des agents pathogènes chez les oiseaux et les mammifères sauvages terrestres.

 

 

Afin de limiter la diffusion des populations de moustiques potentiellement infectées, une démoustication a lieu chaque année dans certaines régions européennes. C’est notamment le cas en Camargue, une des zones françaises les plus exposées aux menaces des arbovirus. Cette action est contrôlée par l’Entente interdépartementale de démoustication. Problème : les épandages d’insecticides génèrent de nombreuses résistances chez les moustiques. En outre, leur utilisation massive en zones urbaines n’est pas recommandée en raison de leur toxicité.

 

 

Fort heureusement, dans notre pays la menace des arbovirus demeure pour l’heure sporadique : le renforcement des réseaux de surveillance reste actuellement la meilleure stratégie pour lutter contre ces nouvelles menaces difficiles à anticiper.The Conversation

 

 

Yannick Simonin, Virologiste, maître de conférences en surveillance et étude des maladies émergentes, Université de Montpellier

 

 

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

 


30/08/2019
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Franceinfo - le mardi 27 août 2019

 

 

Cohabitation loups-éleveurs : "La France est un petit peu à la ramasse"

 

 

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franceinfoRadio France

 

 

 

Interviewée mardi sur franceinfo, Geneviève Carbone, ethno-zoologue et spécialiste du loupm revient sur la difficile cohabitation entre les éleveurs et les loups dans les massifs

 

 

 

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Un loup commun chassant aux abords d'une forêt (photo d'illustration). (MAXPPP)

 

 

 

"On n'aide pas [les éleveurs] autant qu'il le faudrait [...], la France est un petit peu à la ramasse à ce niveau-là", a observé mardi 27 août sur franceinfo Geneviève Carbone, ethno-zoologue et spécialiste du loup, alors que neuf personnes cagoulées et armées, se présentant comme éleveurs dans les Hautes-Alpes, ont publié samedi une vidéo où ils annoncent qu'un "Front de libération du Champsaur" va "entrer en action" contre le loup"Trop, c'est trop, disent-ils dans cette vidéo qui reprend les codes des conférences de presse clandestines des nationalistes corses. Aujourd'hui, plus de 600 animaux sont morts sous les crocs du loup dans les Hautes-Alpes. La pression n'est plus tenable pour les éleveurs."

 

 

 

franceinfo : Que vous inspire cette vidéo ?

 

 

Geneviève Carbone : Aujourd'hui, ça fait le buzz et ça prend une forme très préoccupante avec cette mise en scène qui est très particulière. Mais ce ras-le-bol et ce sentiment de profond mal-être existent depuis le départ. La confrontation entre un élevage extensible de haute montagne et un prédateur, cela pose des problèmes réels. Il y a un suivi réel des loups, il y a un accompagnement des éleveurs, mais je pense que dans ces affaires, on peut toujours mieux faire. Au-delà des dommages qui sont réels, qui peuvent être compensés, au-delà des interventions qui peuvent être faites légalement sur le loup, il y a clairement quelque chose qui relève de l'humain. Parce qu'au-delà du seul métier d'éleveur, il faut rappeler des tas de choses. Ces gens, c'est leur identité sociale, ils ont des convictions qui sont liées à ce qu'ils sont. Cette identité sociale, ça fait des siècles qu'elle est basée sur l'aménagement des pâturages, l'aménagement de la montagne.

 

 

 

C'est leur identité sociale mais c'est surtout leur gagne-pain ?

 

 

Et c'est leur identité professionnelle, bien évidemment. C'est toute leur vie. Mais au-delà des simples éléments financiers, que je ne remets pas du tout en question, au-delà des problèmes que cela cause dans leur travail au quotidien, il est clair que ça remet en jeu tellement de choses qu'ils se sentent abandonnés. Et c'est clair que si l'on veut permettre une vraie cohabitation, a fortiori dans un parc national qui est une zone protégée et qui doit le rester, il faut les accompagner beaucoup plus et beaucoup mieux, et pas uniquement d'un point de vue technique. Il faut les accompagner humainement.

Il est clair que quand quelqu'un le matin trouve des bêtes tuées, personne n'est préparé à ça, surtout quand c'est en abondance.Geneviève Carbone sur franceinfo

 

 

 

Quelles formes cet accompagnement doit-il prendre ?

 

 

Il faut continuer un accompagnement humain, pas uniquement quand il y a eu des dommages. Quand on vient voir quelqu'un juste parce qu'il y a eu des brebis au tapis, ce n'est pas un accompagnement. On vient constater le décès. Un accompagnement humain, c'est y aller régulièrement, y compris quand ça va bien, pour prendre des nouvelles, pour savoir comment ça se passe, pour savoir si on peut mieux faire, s'ils ont vu les loups récemment, s'ils ont des inquiétudes. Parfois, c'est aussi faire de l'information sur ce qu'est vraiment le loup. Le loup est un animal qui vit en meute, qui a des stratégies adaptatives. On sait très bien qu'en fonction des pays, on a une gestion différentielle des prédateurs. On sait bien que la France est un petit peu à la ramasse à ce niveau-là. On souffle le chaud et le froid, on n'aide pas autant qu'il le faudrait, en tout cas d'un point de vue humain, et après on fait appliquer des procédures de tirs sur les loups. Cette espèce est légitimement présente. Elle pose des questions éthiques à notre société. Qu'est-ce que nous voulons faire de ces alpages, de ces zones protégées ? Sommes-nous capables de donner des leçons pour la protection de la nature et de ne pas les appliquer chez nous ?

 


28/08/2019
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Les recensées rayés de Madagascar n'existent qu'à Madagascar.

 


11/08/2019
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Le serpent de corail bleu malaisien est un elapidae venimeux et est l'un des plus beaux serpents que vous verrez jamais. Ils semblent préférer vivre sous et butiner sous les feuilles et les arbres tombés aux rochers

 


11/08/2019
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Le lézard philippin voile est un excellent nageur et a des orteils aplatis qui lui permettent de courir à travers l'eau. Le lézard de la voile est classé comme vulnérable

 

 


11/08/2019
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Grenouille au nez de cochon. Ils grandissent à environ 3 pouces de longueur

 


11/08/2019
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Franceinfo le jeudi 1er août 2019

 

 

"On voudrait une nature à l'image de ce qu'on aime" : pourquoi les animaux moches sont plus menacés que les autres

 

 

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Guillemette JeannotFrance Télévisions
 
 

 

Le culte de la beauté fait aussi des ravages dans la faune. Des milliers d'espèces sont menacées d'extinction car jugées trop moches pour que les zoos et les scientifiques s'intéressent à elles. Or, même les animaux hideux sont des acteurs essentiels à la biodiversité

 

 

 

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Plusieurs espèces animales jugées non charismatiques sont menacées d'extinction. (AWA SANE / FRANCEINFO)

 

 

 

"La nature fait bien les choses." Tout animal y a sa place et son utilité, qu'il soit beau ou laid. Mais la faune, de plus en plus victime de la croissance mondiale et de nos modes de vie, est de plus en plus vulnérable. Plus de 27 000 espèces menacées dans le monde sont inscrites sur la liste rougede l'Union internationale pour la conservation de la nature. Parmi elles figurent des animaux subissant une double peine car, en plus d'être menacés d'extinction, ils sont jugés "moches" au regard de l'homme. Ce qui leur porte préjudice dans l'accès aux programmes de conservation et diminuent ainsi leur chance de survie.

 

 

 

La laideur n'attire pas les foules

En octobre dernier, le Fonds mondial pour la nature, le WWF, éditait son 11e rapport "Planète vivante" sur l'état de la biodiversité dans le monde. Le constat de l'ONG est plus qu'alarmant : le nombre de vertébrés sauvages a décliné de 60%, entre 1970 et 2014.

 

 

Pour sauver les espèces menacées d'extinction, des appels aux dons sont régulièrement lancés. Mais il est plus facile d'obtenir l'appui du grand public quand un panda fait office de logo, à l'instar de la WWF, plutôt qu'une taupe au nez étoilé.

 

 

 

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La taupe à nez étoilé vit au Canada et aux USA. Toute petite, elle ne mesure qu'une vingtaine de centimètres. Son museau est muni de 22 tentacules qui lui servent d'organes tactiles. (FOTOTOTO / BLICKWINKEL)

 

 

 

"Les ONG choisissent les espèces qui vont plaire pour défendre leur cause", analyse Florian Kirchner, chargé du programme espèces à l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), pour franceinfo. Or moins l'espèce a de visibilité, moins elle a de chance d'être sauvée, constate Ernest Small, chercheur au département agriculture du gouvernement canadien. Il démontre, dans son étude "The New Noah's Ark"("La nouvelle arche de Noé"), que les espèces jamais vues par les humains sont les "perdants de la loterie des programmes de conservation".

 

 

Les normes esthétiques et commerciales sont devenues les principaux déterminants de la conservation des espèces dans le monde.Ernest Smallextrait de "The New Noah's Ark"

 

 

Notre réaction face à un animal est influencée par une mécanique bien connue : l'anthropomorphisme. Plus nous pouvons voir un peu de nous-mêmes chez les animaux, plus nous compatissons avec eux. "L'un des attraits les plus importants est s'il est mignon avec des caractéristiques physiques comme des grands yeux et des traits doux, qui éveillent nos instincts parentaux parce qu'ils nous rappellent un bébé humain", explique Hal Herzog, professeur de psychologie à l'université américaine West Carolina, dans les colonnes de L'Express. Quant aux animaux visqueux et moches, certains sont assimilés "à des choses primaires repoussantes, comme la morve ou la matière fécale" et d'autres se retrouvent "liés à la transmission, réelle ou fantasmée, de maladies", relève Graham Davey, spécialiste des phobies à l'université de Sussex, dans le même article.

 

 

Cette exclusion des espèces hideuses touche également les zoos. Les grandes espèces charismatiques y ont plus de chances de trouver un enclos, quels que soient leurs besoins en matière de conservation, car ils attirent les visiteurs payants.

 

 

Les zoos remplis d'animaux certes menacés, mais moches, ne gagneront jamais d'argent.Daniel Frynta, biologiste à l'université Charles de Praguedans la revue scientifique "Scientific american"

 

 

Or, pour de nombreuses espèces, la reproduction en captivité représente le dernier espoir de survie. "La corneille d'Hawaï et la tortue géante des Seychelles n'existent que dans les zoos, par exemple, rappelle l'article deScientific Americancontrairement à la taupe marsupiale qui est en voie de disparition et introuvable dans les zoos."

 

 

 

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Le lémurien de Madagascar est un mélange de chauve-souris, de rongeur et d'écureuil. Il est aussi appelé aye-aye.  (THORSTEN NEGRO / IMAGEBROKER RF)

 

 

Boudés aussi par les scientifiques

La communauté scientifique n'est pas épargnée non plus par le culte de l'apparence. Cinq chercheurs du CNRS ont démontré, en 2017, la corrélation entre les préférences du public et les espèces les plus étudiées par les scientifiques. "Certains vertébrés sont surreprésentés dans divers domaines scientifiques, car ils sont considérés comme écologiquement plus importants que d'autres et de ce fait sont plus susceptibles de lever des fonds", avance l'un des auteurs, Frédéric Legendre, chercheur au Muséum national d'histoire naturelle en France. 

 

 

Une étude australienne, publiée en 2015 dans la Mammal Reviewa également révélé que la moitié de la faune du pays – étant considérée comme laide – ne bénéficie pas de crédits de recherche appropriés. Conséquence directe : "Depuis la colonisation européenne (en Australie), nous avons perdu environ 20 espèces de mammifères et nous en avons une vingtaine en grave danger d'extinction" commente un des co-auteurs, Philip Bateman, de l'Université Curtin, au Telegraph

 

 

Pour les scientifiques voués à la cause des laids, ne pas considérer les animaux moches ou hideux dessert la compréhension de la biodiversité à l'échelle mondiale. "La communauté scientifique est réputée 'neutre' et donc censée faire abstraction de la notion de beauté et se concentrer sur la notion d'utilité", met en garde Franck Courchamps, écologue, directeur de recherche au CNRS, à franceinfo. Ignorer une partie de la faune, sous prétexte qu'elle est moche, nuit à la mise en place de plans de conservation efficaces et ralentit la découverte de nouveaux produits ou propriétés chez les espèces sauvages.

 

 

Leur disparition est un danger pour l'écosystème. Car elles sont interconnectées dans des relations écologiques. La disparition d'animaux moches peut précipiter la disparition d'autres espèces jugées plus belles.Franck Courchamp, scientifique à franceinfo

 

 

Autre avantage notable soulevé par le chercheur au CNRS est qu'"ils nous rendent de grands services en nous apportant des connaissances scientifiques", citant l'exemple du rat-taupe-nu. Il est le seul mammifère connu à avoir un comportement eusocial, c'est-à-dire vivant dans une communauté divisée en castes stériles autour d'une reine fertile, comme les abeilles ou les fourmis. "Il est une des espèces les plus moches qui soient, il est difficile à trouver et, si on ne le protège pas, on se prive d'une source importante de découverte scientifique", explique Franck Courchamp.

 

 

 

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Nid de rats-taupes nus. Ces mammifères végétariens, sans poil et possédant deux grandes incisives, vivent en colonies sous terre, en Afrique de l'Est. (K. WOTHE / BLICKWINKEL)

 

 

 

Avec une espérance de vie moyenne de 35 ans, cet animal repoussant bénéficie d'une longévité exceptionnellement longue pour un rongeur. En prime, il reste en bonne santé jusqu'à la fin de sa vie, ne développant aucune cellule cancéreuse, faisant de lui un modèle d'étude privilégié dans les recherches sur le cancer.

 

 

Mais les budgets actuels alloués à la conservation des espèces obligent les scientifiques à faire des choix quant aux animaux à sauver. Ces choix s'effectuent selon une des deux règles en vigueur : le triage ou la priorisation. En France, les espèces en danger sont classées par priorité et aucune n'est écartée. Contrairement à l'Australie qui met les animaux à sauver d'un côté et les laissés-pour-compte de l'autre. Pour Florian Kirchner, même si ces deux politiques de conservation sont proches, la priorisation est moins nocive pour l'ensemble des espèces : "On n'abandonne pas les autres à leur sort comme avec le triage. On met l'accent sur des espèces que l'on privilégie." Et quand les espèces emblématiques et leur habitat sont protégés, ce sont tous les organismes qui vivent autour qui bénéficient de cette protection.

 

 

 

"Il est temps de célébrer les animaux laids"

"Notre enjeu c'est de faire aimer la nature au public", rappelle Florian Kirchner, de l'Union internationale pour la conservation de la nature. Avec son équipe, il travaille à la recherche de solutions pour éviter la destruction de notre environnement et éviter de pousser les espèces à l'extinction. "Quand on préserve les espaces, on sauve toutes les espèces qui s'y trouvent sans distinction de beauté." 

 

 

Certains vont encore plus loin et propose une approche plus originale. En Angleterre, la Ugly Animal Preservation Society, fondée en 2012, utilise la comédie humoristique pour alerter sur le sort d'animaux en danger parce qu'hideux. La troupe menée par le biologiste Simon Watt, a organisé un vote national afin de déterminer l'espèce animale en danger la plus laide du monde. Le gagnant est : le blobfish.

 

 

 

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Le blobfish est un poisson qui vit au large des côtes australiennes dans les profondeurs abyssales. (CATERS NEWS AGENCY/SIPA / CATERS NEWS AGENCY)

 

 

 

 

Avec son livre The Ugly Animals : We Can't All be Pandas (Les animaux laids : nous ne pouvons pas tous être des pandas), le scientifique met en lumière de nombreuses espèces ignorées et mal-aimées du règne animal.

 

 

Leur laideur dissimule leur biologie incroyable et nous empêche de voir qu'ils ont besoin de notre aide. Il est temps de célébrer les animaux laids.Simon Watt, biologisteThe Ugly Animal Preservation Society

 

 

Aux Etats-Unis, des dizaines de millions de dollars sont alloués à la protection du condor de Californie, un symbole national. S'inspirant de ce "pouvoir politique", Simon Watt a monté une pièce de théâtre intitulée "Your town needs a minging mascot !" ("Votre ville a besoin d'une mascotte !"). En dix minutes les comédiens doivent défendre avec humour une espèce laide en danger et convaincre le public que cet animal doit devenir l'emblème de leur ville. Ainsi les spectateurs d'Edimbourg ont choisi une espèce de calamar particulièrement effrayantes, ceux de Winchester la grenouille scrotum et ceux de Dublin la chauve-souris fer à cheval.

 

 

 

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La "grenouille scrotum" est originaire du lac Titicaca, en Bolivie. Cette grenouille en voie de disparition est la plus grande du continent.  (AIZAR RALDES / AFP)

 

 

 

De nombreux scientifiques alertent sur l'urgence de s'attaquer aux préjugés envers la faune, avant qu'il ne soit trop tard. "Moche ne veut pas dire qu'on n'a pas le droit de vivre, martelle Franck Courchamp. Moche ne veut pas dire inutile."

 


01/08/2019
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Franceinfo - le lundi 29 juillet 2019

 

 

"Les espèces menacées n'ont pas de protection réelle" : tollé après la vente de requin-renard en promo dans un supermarché d'Argelès

 

 

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Cette espèce est menacée et interdite à la pêche volontaire

 

 

 

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Le requin-renard est une espère menacée, et protégée. (CAPTURE D'ÉCRAN TWITTER/SEA SHEPHERD FRANCE)

 

 

 

L'Intermarché d'Argelès-sur-Mer (Pyrénées-Orientales) a proposé, sur les étals de sa poissonnerie, de la viande de requin-renard, une espère menacée et protégée, dont la pêche est interdite, rapporte France Bleu Roussillon mardi 30 juillet. La vente du squale en revanche n'est pas prohibée. C'est la promotion à 12,50 €/kg, avec la tête du requin bien en évidence, qui a provoqué un tollé sur les réseaux sociaux, et fait réagir les associations de protection de la nature.

 

 

 

 

 

 

De "regrettables initiatives isolées"

"C'est symptomatique d'un problème qui existe en France sur la protection des espèces menacées", explique Lamya Essemlali, la présidente de l'association Sea Shepherd France qui a, en premier, dénoncé cette vente. "Le requin-renard est une espèce qui est interdite de pêche volontaire, on ne doit pas le cibler, car il est menacé et très vulnérable à la surpêche, détaille la militante. Mais dans le même temps, on autorise des méthodes de pêche qui ne sont pas du tout sélectives sur ses zones de vie." Il est ainsi fréquent d'en attraper accidentellement, et dès lors, la vente est autorisée.

 

 

"C'est le côté pervers de la loi de protection, poursuit Lamya Essemlali. On se retrouve avec des espèces menacées dans les poissonneries. Là, c'est Intermarché, mais c'est très commun en fait, ce n'est pas quelque chose d'exceptionnel. C'est un vrai problème pour les espèces menacées, elles n'ont pas de protection réelle."

 

 

 

 

 

 

Depuis, le supermarché a cessé la vente, le groupe Les Mousquetaires parle de "regrettables initiatives isolées". La promotion sur le requin a depuis été remplacée par une promo sur l'espadon et le thon rouge, deux espèces qui préoccupent également les associations de protection de l'environnement.

 


30/07/2019
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Franceinfo - le lundi 29 juillet 2019

 

 

Norvège : 200 rennes retrouvés morts de faim à cause du réchauffement climatique

 

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions
 

 

 

Selon des chercheurs norvégiens, un nombre inhabituellement élevé de cervidés sont morts de faim dans l'archipel du Svalbard, l'hiver dernier

 

 

 

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Un renne se nourrit dans la toundra, sur l'archipel norvégien du Svalbard, le 30 octobre 2018. (RAPHAEL SANE / BIOSPHOTO / AFP)

 

 

 

Quelque 200 rennes ont été retrouvés morts de faim sur l'archipel norvégien du Svalbard dans l'Arctique, un nombre inhabituellement élevé qui s'explique par les changements climatiques dans la région, a indiqué l'Institut polaire norvégien, lundi 29 juillet. Leurs cadavres ont été découverts par trois chercheurs de l'Institut au cours de leur cartographie annuelle de la population de rennes sauvages sur ce groupe d'îles, situées à quelque 1 200 km du pôle Nord.

 

 

 

"Les conditions de pâture sont très mauvaises"

Cheffe du projet de recensement, Åshild Ønvik Pedersen voit dans ce "très haut degré de mortalité" une conséquence du réchauffement climatique, deux fois plus rapide dans l'Arctique que dans le reste du monde selon les climatologues. "Le changement climatique fait qu'il pleut beaucoup plus. La pluie tombe sur la neige et forme une couche de glace sur la toundra, ce qui fait que les conditions de pâture pour les animaux sont très mauvaises", a-t-elle expliqué à l'AFP. Les rennes se nourrissent généralement de lichen qu'ils dénichent l'hiver à travers la neige grâce à leurs sabots. Les alternances de gel et de redoux peuvent cependant former une ou plusieurs couches de glace impénétrables qui les privent de nourriture.

 

 

Selon Mme Ønvik Pedersen, un degré comparable de mortalité n'a été enregistré qu'une fois, à l'issue de l'hiver 2007-2008, depuis que la population des rennes du Svalbard a commencé à faire l'objet d'un suivi il y a 40 ans. Cette mortalité élevée est aussi due à une nette augmentation sur l'archipel norvégien du nombre de rennes qui entrent ainsi en compétition pour les mêmes zones de pâture, a précisé la chercheuse. Selon l'Institut polaire norvégien, le nombre de rennes au Svalbard, territoire grand comme deux fois la Belgique, a doublé depuis les années 1980 pour atteindre aujourd'hui environ 22 000 têtes.

 


29/07/2019
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Franceinfo - le jeudi 4 juillet 2019

 

 

Du poulailler au tribunal : comment le coq Maurice se retrouve jugé pour avoir chanté trop fort et trop tôt

 

 

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Violaine JaussentFrance Télévisions

 

 

 

Le gallinacé objet du litige vit à Saint-Pierre d'Oléron (Charente-Maritime), où ses cocoricos dès l'aube agacent un couple de voisins, propriétaires d'une résidence secondaire. L'affaire dure depuis 2017 et suscite de nombreuses réactions

 

 

 

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Le coq Maurice à Saint-Pierre-d'Oléron (Charente-Maritime), le 5 juin 2019. (XAVIER LEOTY / AFP)

 

 

 

"Si mon coq pouvait parler ? Il dirait 'Foutez-moi la paix et laissez-moi chanter !' Point barre." Corinne Fesseau, la propriétaire de Maurice, le confirme : le gallinacé aime pousser la chansonnette chaque matin vers 6h30. Trop fort et trop tôt pour deux de ses voisins. A tel point que leurs accusations lui valent un procès qui doit se tenir jeudi 4 juillet. Mais son cocorico ne résonnera pas dans la salle d'audience. Le coq ne mettra pas une patte dans le tribunal d'instance de Rochefort (Charente-Maritime). Corinne Fesseau le représentera. Il sera également soutenu par des congénères : plusieurs propriétaires de coqs ont annoncé qu'ils feraient le déplacement avec leurs volatiles. Attila, Jean-René et Casanova le défendront donc bec et ongles.

 

 

Maurice, lui, avait prévu de rester bien au chaud dans son poulailler, à Saint-Pierre d'Oléron, où il vit depuis 2015 avec toute une basse-cour. "La communauté de communes a dit qu'on pouvait avoir des poules, pour parvenir à zéro déchet dans chaque foyer, raconte à franceinfo Corinne Fesseau, chanteuse locale connue sur l'île d'Oléron. L'idée est venue de là. Je voulais des poules de Marans, car elles font des œufs magnifiques. Un copain m'a offert un poussin de cette race." Le gallinacé grandit. Et un matin, à l'instar de sa propriétaire, il fait des vocalises. Le mis en cause avait bien trompé son monde.

 

 

On croyait que c'était une petite poulette ! Corinne Fesseau à franceinfo

 

 

Jusque-là, elle possédait Choupinette, Tartiflette, Mimolette et donc Mauricette. Mais pour cette dernière, "il a fallu rectifier". "C'était tout trouvé, mon grand-père s'appelait Maurice ! Il y avait 'Il faut sauver Willy', là c'est 'Il faut sauver Maurice' !", s'exclame Corinne Fesseau. Cette femme de marin-pêcheur, implantée depuis trente-cinq ans sur l'île d'Oléron, dit prendre "tout ça avec humour". "Haute en couleur", l'artiste insulaire "défend son bout de gras", sans être "odieuse", dixit son avocat, Julien Papineau. 

 

 

 

"Les Fesseau ont un tissu de relations"

Quand Corinne Fesseau s'aperçoit que sa poule est en fait un coq qui chante, elle s'inquiète pour ses voisins. "Mais pas ceux de derrière", reconnaît-elle. Or, son poulailler est installé en bout de parcelle. Dans cette zone pavillonnaire, les maisons sont proches. Une résidence secondaire, construite en 2004, se trouve juste derrière leur clôture. "La chambre des Biron est située à deux mètres du poulailler", assure à franceinfo leur avocat, Vincent Huberdeau.

 

 

Sollicités, les Biron, qui ont donc porté plainte contre le coq, ne souhaitent pas s'exprimer. "Ils sont très discrets, un peu effrayés par ce tapage médiatique", justifie leur conseil. Ce couple de retraités âgés de 68 ans habite près de Limoges (Haute-Vienne). "Lui était mécanicien agricole, elle petite fonctionnaire. Elle connaît bien l'île d'Oléron, elle s'y rend en vacances depuis son enfance. Ils ne sont pas des sous-citoyens sous prétexte qu'ils viennent peu souvent. Pourtant, ils se sentent agressés, considérés comme des étrangers depuis le début de cette affaire", argue Vincent Huberdeau. Et d'ailleurs, d'après l'avocat, si l'affaire a pris une telle ampleur, c'est parce que "les Fesseau ont un tissu de relations".

 

 

 

"Qu'est-ce que vous comptez faire de votre coq ?"

Les cocoricos de Maurice troublent la quiétude des Biron. Ils débarquent chez les Fesseau en avril 2017, alors qu'on fête Pâques et ses traditionnels œufs. "Qu'est-ce que vous comptez faire de votre coq ?" demandent-ils, "sans dire bonjour", selon Corinne Fesseau. "Je leur ai répondu de mettre des boules Quiès pour éviter d'être gênés." "Il y a eu deux contacts, relève l'avocat des Biron. La première fois, madame Fesseau était très à l'écoute. Mais quinze jours ou trois semaines après, son mari leur a raccroché au nez." Alors les Biron envoient des courriers en recommandé. Ils demandent aux Fesseau la cessation des nuisances sonores.

 

 

 

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Corinne Fesseau avec Maurice, devant son poulailler, le 5 juin 2019 à Saint-Pierre-d'Oléron (Charente-Maritime). (XAVIER LEOTY / AFP)

 

 

 

Rien n'y fait. Maurice lisse son plumage roux et noir aux reflets moirés, secoue sa crête rouge et chante à tue-tête. Corinne Fesseau dispose des boîtes d'œufs sur les murs du poulailler et tente de cacher le lever du jour. Elle double les parois. "L'ensemble de la cabane est opacifiée avec du carton épais", assure Julien Papineau. Maurice rentre dans sa cabane vers 18h30 et n'en ressort qu'à 8h30. "Il chante à l'intérieur", remarque la propriétaire du coq. "Le calfeutrer n'a pas été concluant", note l'avocat des Biron, Vincent Huberdeau. Ses clients sont toujours gênés par les envolées vocales du gallinacé.

 

 

 

"On protège les bruits de la campagne"

Et pourtant. Depuis début 2018, Maurice ne chante plus dans la journée. Il reste sans voix devant ces voisins qui veulent lui clouer le bec. Mais il continue à pousser des cocoricos chaque matin, comme le constate un huissier. Missionné par les Biron, ce dernier observe que le coq chante bien par intermittence entre 6h30 et 7 heures. "Ces jours-là, on est sûrs que le coq a chanté. Les autres jours, rien ne permet de l'affirmer", objecte Julien Papineau. Le créneau horaire matinal pose problème. "Mes clients ont du mal à se rendormir et appréhendent de se coucher. C'est un trouble anormal du voisinage. Une nuisance sonore, comme on pourrait l'avoir avec une tondeuse, un chien, du bricolage", riposte Vincent Huberdeau.

 

 

Ce n'est pas une agression contre le coq : mes clients n'ont rien contre la volaille en général. Ils ne veulent pas la mort de l'animal, ni la mort du monde rural.Vincent Huberdeau, avocat à franceinfo

 

 

Car au fil du temps, Maurice est devenu, bien malgré lui, le symbole d'une ruralité menacée. L'incarnation d'un combat mené pour sauvegarder l'authenticité des petites communes érigées près des réserves naturelles. Le pot de terre contre le pot de fer. "On protège les bruits de la campagne", insiste Corinne Fesseau auprès de franceinfo. "Que doit-on interdire ? Le chant des tourterelles, le cri des mouettes ? Nous sommes sur une île, les oiseaux tous les matins qui gazouillent Les cloches qui sonnent ?" écrit-elle dans une pétition lancée le 12 juillet 2017, "pour sauver Maurice". Deux ans plus tard, le texte recueille plus de 117 300 signatures.

 

 

 

"Le symbole d'un éternel conflit français"

Corinne Fesseau a le soutien du maire de Saint-Pierre d'Oléron. Christophe Sueur a pris un arrêté pour préserver "les modes de vie liés à la campagne notamment pour ce qui concerne la présence des animaux de la ferme", en s'appuyant sur le caractère à "dominante rurale" de l'île. "Aujourd'hui c'est un coq, demain ce sera quoi ? Les mouettes, le bruit du vent, notre accent ?" s'interroge l'édile. Il n'est pas le seul à s'en préoccuper : Bruno Dionis du Séjour, maire de Gajac (Gironde), 400 habitants, a annoncé, le 4 juin, vouloir faire classer les bruits de la campagne au "patrimoine national".

 

 

Batailleur, orgueilleux et conquérant, le coq est depuis toujours l'emblème de la France. Maurice était celui d'une marche, organisée à Saint-Pierre-d'Oléron en août 2017. Il a sa propre page Facebook et revêt un "gilet jaune" en soutien au mouvement à l'automne 2018.

 

 

Le 23 juin, il est même élevé au rang de star internationale, quand le New York Times (article en anglais pour abonnés) fait ses choux gras de cette affaire.

 

 

 

 

 

 

"Le coq est devenu le symbole d'un éternel conflit français entre ceux pour qui la campagne est un simple décor de villégiature et ceux qui y vivent vraiment", écrit le correspondant du célèbre quotidien américain. L'avocat des Biron n'est pas de cet avis. "Il s'agit d'un lotissement, nous ne sommes pas à la campagne", réplique Vincent Huberdeau.

 

 

 

"On marche sur la tête"

Puisque Maurice fait la sourde oreille, les Biron ont saisi, au printemps, un juge civil afin d'obtenir des dommages et intérêts, ainsi que la prise en charge des frais de justice. Ils demandent surtout "la cessation sous astreinte de la nuisance", c'est-à-dire "que le coq soit déplacé, ou qu'une solution technique soit trouvée pour mieux isoler le poulailler". "Je ne vois pas l'intérêt d'enfermer mon coq dans une cage et de le mettre dans ma cuisine, ni pourquoi je le déplacerais alors que les autres voisins, qui sont là à l'année, me disent que ça ne les gêne pas, martèle Corinne Fesseau qui a des attestations du voisinage en sa possession. On verra ce que dit le juge, c'est lui décidera."

 

 

De son côté, son avocat demande 2 000 euros d'amende "pour abus du droit d'agir en justice". Car Julien Papineau est effaré de voir une telle affaire se régler devant le tribunal : "On marche sur la tête." Ou plutôt sur la crête. Il y a pourtant au moins un précédent et la jurisprudence est favorable à Maurice. Il y a dix-sept ans, la cour d'appel de Riom (Puy-de-Dôme) a annulé une décision du tribunal de Clermont-Ferrand qui ordonnait la destruction d'un petit élevage de gallinacés en raison des nuisances sonores. Elle justifiait ainsi son arrêt : "La poule est un animal anodin et stupide au point que nul n’est encore parvenu à le dresser, pas même un cirque chinois." Impossible, donc, d'empêcher un coq de chanter. 

 

 

 

"On espère qu'il retrouvera sa voix"

Le procès de Maurice devait initialement avoir lieu le 5 juin. Mais il a été reporté, pour des raisons formelles d'échanges de pièces entre avocats. Cette fois l'audience devait avoir lieu, mais son issue est incertaine. Le juge peut encore demander une conciliation afin de trouver un accord amiable. Le magistrat peut également ordonner une expertise pour mesurer les décibels, car le niveau sonore du chant de Maurice n'a jamais été mesuré.

 

 

Son volume a toutefois baissé en intensité : la voix du gallinacé est "éraillée" depuis quelque temps. "On espère qu'il retrouvera sa voix", s'inquiète sa propriétaire, précisant que Maurice est malade. "Il est stressé. Tout le monde l'a vu, l'a touché. Beaucoup de journalistes viennent le voir", indique Corinne Fesseau. Et d'ajouter : "Il a eu une bronchite pendant l'hiver. Il a toujours un ronflement. Il doit prendre un traitement."

 

 

Il est aussi stressé parce que je suis stressée. A force, tout ça ne me fait plus rire. Corinne Fesseau à franceinfo

 

 

D'autant plus que Maurice doit veiller sur sa progéniture : depuis peu, il est papa. "Il a quatre poules avec lui. Il féconde tous les œufs. J'en ai pris un et je l'ai donné à la poule d'une amie. Elle l'a couvé, c'est sa mère adoptive. Le poussin a un mois et demi", s'enthousiasme Corinne Fesseau. Elle ne sait pas encore s'il s'agit d'une poule ou d'un coq.

 


04/07/2019
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16/06/2019
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Franceinfo - le vendredi 14 juin 2019

 

 

Ce qu'il faut savoir du "chat-renard" recensé en Corse et présenté comme une nouvelle espèce

 

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

 

L'Office national de la chasse et de la faune sauvage a révélé l'existence de cet animal, pourtant bien connu par les bergers de l'île de Beauté

 

 

 

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Un chat-renard endormi avant d'être relaché à Asco (Corse), le 12 juin 2019.  (PASCAL POCHARD-CASABIANCA / AFP)

 

 

 

Un poil gris aux reflets roux sur le ventre, des oreilles plus grandes que celles d'un chat domestique, une longue queue à anneaux... voici le "chat-renard""C'est une découverte extraordinaire", s'enthousiasme Pierre Benedetti, chef technicien de l'environnement à l'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS).

 

 

De son nom corse, le "ghjattu-volpe" est une "nouvelle espèce de félins". C'est ce qu'annoncent en tous cas les chercheurs de l'ONCFS, responsables de l'étude consacrée à cette espèce en Corse et dévoilée vendredi 14 juin. Portrait-robot de cet animal. 

 

 

 

Il ressemble à un gros matou sauvage

S'il ressemble au premier coup d'œil à un félin domestique, le "chat-renard" a le poil soyeux, mesure 90 cm de la tête au bout de la queue, a des pavillons d'oreille "très larges", de courtes moustaches et des canines "très développées"

Animal extrêmement discret et aux mœurs nocturnes, il évolue dans les hauteurs montagneuses et fragmentées. La pose de colliers GPS a également montré que cette espèce se déplaçait loin, jusqu'à 2 500 mètres d'altitude. 

 

 

 

Il est connu depuis longtemps par les chasseurs

Plusieurs références au "chat-renard" ont émaillé l'histoire. Ce chat sauvage "existait dans la mythologie mais n'avait été décrit que de façon très sommaire". Il figure aussi "dans la bibliographie des préfets du XVIIIe siècle, où il apparaît comme une bête fauve", souligne le chercheur Pierre Benedetti.

 

 

Dans le nord-ouest de la Corse, le "chat-renard" s'est surtout fait connaître pour les dégâts qu'il créait dans les troupeaux. Les bergers "racontaient que ces chats forestiers s'attaquaient aux mamelles de leurs brebis et chèvres. C'est à partir de ces récits, transmis de génération en génération, qu'on a commencé nos recherches", renchérit Carlu-Antone Cecchini, chargé de mission chat forestier à l'Office national.

 

 

"Pour nous, l'histoire commence en 2008 par la capture inopinée d'un chat dans un poulailler d'Olcani, dans le Cap Corse", raconte Pierre Benedetti. Cette capture lance l'ONCFS à la recherche du "chat-renard". "C'était un mythe et aujourd'hui c'est une réalité", se satisfait son collègue, Carlu-Antone Cecchini. "Au début, on nous prenait pour des fous mais aujourd'hui, quand on montre ce qu'on a comme données, les gens restent bouche bée", ajoute le chercheur auprès de l'AFP.  

 

 

 

Il a été étudié à partir de 2008

A la suite de cette attaque, un programme de recherche a été lancé en 2008 par l'ONCFS. Des pièges infrarouges nocturnes ont été mises en place. Quatre ans plus tard, des poils récupérés dans ces pièges ont permis d'établir le génome du "chat-renard". Son ADN le distingue clairement du chat sauvage continental. 

 

 

Depuis dix ans, les experts de l'ONCFS sont parvenus à identifier 16 "chats-renards", dont une femelle, dans les hauteurs montagneuses de la vallée d'Asco (Haute-Corse). Douze ont été capturés avant d'être relâchés, à la suite d'un bref examen. L'un d'entre eux a été capturé plusieurs fois puis équipé d'une puce avec un numéro d'identification, ce qui a permis d'étudier ses déplacements. 

 

 

 

Il n'est pas encore officiellement considéré comme une nouvelle espèce 

Aucune preuve de son existence n'avait été apportée avant cette étude. Mais cela suffit-il à le définir comme une nouvelle espèce ? "Oui et non", de l'aveu de Pierre Benedetti, interrogé par franceinfo. 

 

 

Le "chat-renard" n'apparaît pour l'heure dans aucune nomenclature officielle mais les chercheurs de l'ONCFS espèrent maintenant que cette espèce soit reconnue et protégée. Selon Futura Planète, 10 nouvelles espèces sont choisies chaque année par le jury de scientifiques de l'International Institute for Species Exploration (IISE), parmi les 18 000 découvertes. Dans ce même registre, 20 000 espèces disparaissent chaque année.

 


15/06/2019
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