L'AIR DU TEMPS

L'AIR DU TEMPS

ENVIRONNEMENT et climat

Pourra-t-on empêcher que la planète ne se réchauffe trop ? Encore un pari de plus pour vivre mieux et surtout économiser notre environnement si précieux. Là, on part pour le futur...


Franceinfo - le vendredi 15 mars 2019

 

 

EN IMAGES. La grève mondiale pour le climat, de Paris à Hong-Kong

 

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions
 

 

 

Au total, les organisateurs du mouvement ont calculé à plus d'un million le nombre de manifestants mondiaux ce vendredi

 

 

 

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France : une manifestante tient un panneau "Papa, maman, désolée je sèche comme la planète" lors de la grève pour le climat à Paris, le 15 mars 2019.  AFP

 

 

 

De l'Australie au Canada en passant par l'Europe, des centaines de milliers de jeunes ont fait la grève de l'école, vendredi 15 mars, pour reprocher aux dirigeants mondiaux leur inaction face au réchauffement de leur planète. Les foules les plus imposantes ont été à Sydney, Berlin, Paris, Bruxelles, Londres, Madrid, Santiago du Chili et Montréal. Mais le mouvement a touché les cinq continents, dans des centaines de villes, même s'ils n'étaient qu'une poignée en Laponie, sur l'île Maurice ou à New Delhi.

 

 

L'une des plus grandes marches a eu lieu à Montréal, avec des dizaines de milliers d'étudiants et de lycéens - 150 000 selon un organisateur. Au total, les organisateurs du mouvement "Fridays for Future" calculaient, sur la base des remontées locales, à plus d'un million le nombre de manifestants mondiaux ce vendredi.

 

 

 

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Allemagne : un enfant porte un masque de la Terre lors de la grève pour le climat à Berlin, le 15 mars 2019.  KLAUS-DIETMAR GABBERT / DPA

 

 

 

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Ukraine : la grève pour le climat près du ministère de l'énergie et de l'industrie du charbon à Kiev, le 15 mars 2019.  STR / NURPHOTO / AFP

 

 

 

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Inde : la grève pour le climat à Hyderabad, le 15 mars 2019.  NOAH SEELAM / AFP

 

 

 

 

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Allemagne : la grève pour le climat à Berlin, le 15 mars 2019.  TOBIAS SCHWARZ / AFP

 

 

 

 

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Chili : la grève pour le climat à Santiago, le 15 mars 2019.  MARTIN BERNETTI / AFP

 

 

 

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 Corée du Sud : la grève pour le climat à Séoul, le 15 mars 2019.  JUNG YEON-JE / AFP

 

 

 

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Canada : la grève pour le climat à Montréal, le 15 mars 2019.  MARTIN OUELLET-DIOTTE / AFP

 

 

 

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Uganda : la grève pour le climat à Kampala, le 15 mars 2019.  ISAAC KASAMANI / AFP

 

 

 

 

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Autriche : la grève pour le climat à Vienne, le 15 mars 2019.  JOE KLAMAR / AFP

 

 

 

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Etats-Unis : la grève pour le climat à Chicago (Illinois), le 15 mars 2019.  SCOTT OLSON / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

 

 

 

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Pologne : la grève pour le climat à Varsovie, le 15 mars 2019.  JAAP ARRIENS / NURPHOTO / AFP

 

 

 

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Irelande : des élèves et étudiants participent à la grève pour le climat à Dublin, le 15 mars 2019.  ARTUR WIDAK / NURPHOTO / AFP

 

 

 

 

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Suède : la grève pour le climat à Lund, le 15 mars 2019.  JOHAN NILSSON / TT NEWS AGENCY / AFP

 

 

 

 

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Etats-Unis : la grève pour le climat à San Fransisco, le 15 mars 2019.  JUSTIN SULLIVAN / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

 


17/03/2019
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Franceinfo - le vendredi 15 mars 2019

 

 

Grève pour le climat : pourquoi les lycéens français se mobilisent plus tardivement que leurs voisins européens

 

 

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Guillemette JeannotFrance Télévisions

 

 

Partout dans le monde, ce vendredi, collégiens, lycéens et étudiants se mettent en grève pour le climat. La jeunesse internationale s'est ralliée à la lycéenne suédoise Greta Thunberg dans sa lutte contre le réchauffement climatique. Mais en France, le mouvement a mis un peu plus de temps à prendre. On a tenté de comprendre pourquoi

 

 

 

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Des étudiants français défilent à Paris, le 22 février 2019, lors de la Marche pour le climat. (EDOUARD RICHARD / HANS LUCAS)

 

 

 

"Ce n'est pas à nous, les enfants, de faire ça", martèle Greta Thunberg."J'aimerais que ce soit les adultes qui prennent leurs responsabilités, mais comme personne ne fait rien, on n'a pas le choix", explique la jeune lycéenne de 16 ans, au pied de la Statue de la République, dans le 11e arrondissement de Paris. Devenue une icône de la lutte contre le réchauffement climatique depuis son discours à la COP24, en décembre, la Suédoise est venue, vendredi 22 février, soutenir un millier de camarades français mobilisés pour la planète.

 

 

Les jeunes de l'Hexagone n'ont vraiment rallié le mouvement international "Fridays For Future" que la semaine précédente, le 15 février : ils étaient alors quelques centaines, devant le ministère de la Transition écologique, à appeler leurs camarades à rejoindre les grèves scolaires organisées dans de nombreux pays. Greta Thunberg, elle, a commencé dès la rentrée scolaire, au mois d'août, à manifester devant le Parlement suédois. En Australie, le mouvement a pris dès le 30 novembre, avec des milliers de jeunes, selon le Guardian (article en anglais)En Allemagne dès le 14 décembre ; en Suisse, le 21 décembre. Ou encore le 10 janvier en Belgique, avec près de 3 000 jeunes dans la rue.

 

 

 

Le déclic du 22 février

Vendredi 15 mars, dans 105 pays et 1 659 villes, selon le décompte de Greta Thunberg sur Twitter, collégiens, lycéens et étudiants ont prévu de marcher pour dénoncer l'inaction des politiques face au réchauffement climatique. En France aussi donc, même si, de l'aveu même de plusieurs représentants du mouvement français, contactés par franceinfo, le réveil a été effectivement plus tardif dans l'Hexagone. D'après eux, le véritable déclic a eu lieu le 22 février, avec le passage de Greta Thunberg à Paris. "Après son discours, la jeunesse s'est vraiment mobilisée", assure Paul-Emile, 22 ans, de Youth for Climate Lyon, mobilisé depuis trois semaines.

 

 

Pourquoi un tel décalage ? "Les 'gilets jaunes' ont fortement occupé l'espace médiatique ces derniers temps", avance Hugo, de Youth for Climate France. Mais cet étudiant de 20 ans met en avant d'autres raisons. Il raconte par exemple avoir échangé, ce fameux vendredi 22 février, avec des jeunes venus de Belgique. "Les profs, là-bas, sont beaucoup plus impliqués", affirme-t-il, regrettant une trop faible mobilisation des enseignants en France. "Pas mal de jeunes me demandent comment s'organiser car ils n'ont aucun adulte autour d'eux pour les aider. Les profs dans les lycées ici sont bien moins impliqués."

 

 

 

Des lycéens "partis de loin"

"Les jeunes Français sont partis de loin, abonde le sociologue Michel Fize. Ils ont du mérite dans leur prise de conscience car l'école ne leur apporte pas les moyens de cette réflexion." Ce spécialiste de la jeunesse pointe du doigt les différences du modèle éducatif français par rapport à celui de nos voisins. A commencer par la Belgique, pays moins enfermé dans un système d'examens et où le baccalauréat n'existe pas, laissant "les professeurs plus libres dans leur façon d'enseigner". Quant au modèle allemand, où l'enseignement est scindé entre cours le matin et sport et culture l'après-midi, il amène selon lui à une plus grande ouverture sur le monde.

 

 

En France, on est dans un savoir académique, on échappe aux grandes questions de société. Les élèves ne sont pas assez sensibilisés à ce type de problématiques sociétales. Contrairement à des jeunes comme Greta Thunberg, qui ont développé une conscience plus aiguë, voire politique, de ces questions environnementales.Michel Fize, sociologue à franceinfo

 

 

Pourtant dès 1977, une circulaire a permis à l'éducation au développement durable de faire son entrée dans les écoles, rappelle le ministère de l'Education nationale sur son site. Aujourd'hui, du CM1 jusqu'à la terminale, les questions du changement climatique sont évoquées en cours de géographie, de sciences et technologie et de sciences de la vie et de la Terre. A la rentrée 2019, ce sera également le cas dans le nouvel enseignement "sciences numériques et technologie" et dans le programme d'enseignement scientifique. Et depuis 2014, une "semaine du climat à l'école" est organisée chaque deuxième semaine d'octobre.

 

 

Trop peu face à l'ampleur du problème ? En amont de la "grève mondiale" du vendredi 15, Jean-Michel Blanquer a annoncé la tenue, ce jour-là, de débats sur l'environnement "dans tous les lycées de France", de 16 à 18 heures. "Il s'agit de manifester l'importance de ce sujet" et de "travailler à des choses concrètes que l'on peut proposer pour que les lycéens eux-mêmes s'engagent", a expliqué le ministère de l'Education nationale. La question climatique est "une urgence qui nécessite plus qu'un petit débat sur l'écologie", a réagi le syndicat enseignant SNES-FSU dans un communiqué de presse"Deux heures c'est limite, abonde Hugo. C'est un sujet extrêmement important et l'organiser en cinq jours, ce n'est pas sérieux. Il devrait même être instauré de façon régulière et devenir un socle."

 

 

 

"On sent l'effervescence qui monte"

La jeunesse, mobilisée, est déterminée à se faire entendre. "Nous les jeunes, sommes les premiers concernés par le réchauffement climatique, la disparition des espèces, explique Paul-Emile. C'est notre avenir qui est en jeu." Comme ses camarades, il attend du gouvernement que des décisions soient prises pour ralentir au maximum les dérèglements climatiques, dénonçant le non-respect des accords de Paris.

 

 

C'est fou, à chaque réunion il y a des nouvelles personnes. Tout le monde a entendu parler du dérèglement climatique. On se pose tous la question de comment on va gérer les réfugiés climatiques, les guerres économiques liées au climat.Paul-Emile, 22 ans, de Youth for Climate Lyon à franceinfo

 

 

La branche française du mouvement mondial "Youth For Climate" a recensé 197 grèves scolaires prévues partout dans le pays pour le 15 mars. "On sent l'effervescence qui monte quant à la préparation de cette journée. Sur les réseaux sociaux, tout le monde s'active. C'est très excitant de voir toutes ces bonnes intentions", affirme Hugo. Pour ces représentants du mouvement français, ce 15 mars n'est qu'un point de départ. "La jeunesse a conscience que son avenir se joue là, maintenant, déclare Paul-Emile, confiant. Après ce sera tous les vendredis."

 


16/03/2019
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Franceinfo - le mercredi 13 mars 2019 - mis à jour le 14.03.19

 

 

Naufrage du "Grande America" : 45 conteneurs répertoriés comme contenant des matières dangereuses

 

 

 

 

Le navire contenait aussi 2 200 tonnes de fuel lourd dans ses soutes

 

 

 

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Le navire italien "Grande America" en feu aux larges des côtes françaises, le 11 mars 2019. (MARINE NATIONALE)

 

 

 

 

Le navire italien Grande America, qui a sombré mardi après-midi à 333 km à l'ouest de La Rochelle, transportait "365 conteneurs, dont 45 répertoriés comme contenant des matières dangereuses" et 2 200 tonnes de fuel lourd dans ses soutes, a annoncé mercredi 13 mars le préfet maritime de l'Atlantique.

 

 

"A l'heure actuelle, le risque éventuel de pollution est principalement constitué par les 2 200 tonnes de fioul lourd qui sont à l'intérieur du bâtiment", a expliqué lors d'une conférence de presse à Brest le préfet maritime Jean-Louis Lozier.

 

 

 

Un peu plus de 2 000 véhicules se trouvaient à bord

"Avec des vents d'ouest variant d'ouest-sud-ouest à ouest-nord-ouest, la zone impactée (par le fuel lourd, ndlr) serait la façade entre la Charente-Maritime et la Gironde dans plusieurs jours", a-t-il estimé, assurant cependant que pour l'instant aucune pollution n'avait été détectée. Le navire "Grande America transportait des conteneurs en pontée et des véhicules dans ses ponts-garages", a souligné le vice-amiral Lozier.

 

 

"Les données fournies par l'armateur recensent 365 conteneurs, dont 45 répertoriés comme contenant des matières dangereuses et un peu plus de 2 000 véhicules. En dehors de cette cargaison, les soutes du navire contiennent environ 2 200 tonnes de fioul lourd, qui servaient de combustible de navigation au navire", a-t-il indiqué.

 

 

Le préfet a aussi précisé que l'armateur, la société Grimaldi, avait été mise en demeure de "mettre fin au danger pour la navigation et l'environnement marin représenté par les conteneurs et autres éléments à la dérive" et de "traiter les éventuelles pollutions maritimes".

 


14/03/2019
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Franceinfo - le

 

 

Les associations à l'origine de la pétition "L'Affaire du siècle" déposent plainte contre l'Etat pour inaction climatique

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

 

Lancée début décembre par quatre ONG, la pétition a déjà rassemblé plus de 2 millions de signatures

 

 

 

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La pétition en ligne "L'Affaire du siècle" a recueilli plus de deux millions de signatures en moins d'un mois. (THOMAS SAMSON / AFP)

 

 

 

Les auteurs de "L'Affaire du siècle" ont mis leurs menaces à exécution. Les quatre associations à l'origine de la pétition qui a déjà rassemblé plus de 2 millions de signatures déposent, jeudi 14 mars dans la matinée, un recours devant le tribunal administratif contre l'Etat français pour inaction climatique. Cette plainte vise à faire sanctionner la France pour "carence fautive".

 

 

Insatisfaits de la réponse du gouvernement à une demande préalable envoyée en décembre, Oxfam France, Greenpeace, Notre affaire à tous et la Fondation Nicolas Hulot passent donc à l'étape suivante. "On a patienté longtemps avant d'obtenir une réponse du gouvernement, et il n'annonce aucune nouvelle mesure en profondeur, explique Marie Pochon, coordonnatrice de Notre affaire à tous. Il nous paraît donc assez naturel de déposer ce recours."

 

 

Dans leur "recours indemnitaire en responsabilité", les ONG demandent au juge de reconnaître les "manquements" de l'Etat en matière d'action climatique et "d'enjoindre au Premier ministre et aux ministres compétents d'y mettre un terme". Les requérants réclament la reconnaissance d'un préjudice moral (avec versement symbolique d'un euro) et écologique.

 

 

 

Des actions similaires dans plusieurs autres pays

Le gouvernement, dans sa réponse donnée en février, a rejeté l'accusation d'inaction. Il évoque des mesures qui "commencent à porter leurs fruits". François de Rugy n'a pas dit autre chose sur Public Sénat"Je comprends qu'on ait envie d'agir plus vite, plus fort, plus loin sur le dérèglement climatique, je suis le premier à le vouloir, le président Macron aussi, a réagi le ministre de la Transition écologique. Après, (…) dans aucun tribunal on ne réduira les émissions de gaz à effet de serre. C'est avant tout une affaire politique."

 

 

A l'étranger, plusieurs pays font déjà l'objet d'une procédure en justice. Parmi eux, le Pakistan, la Colombie ou encore les Pays-Bas. Selon le Grantham Research Institute, plus de 270 affaires sont en cours dans 25 juridictions, hors Etats-Unis où l'on recense plus de 800 cas.

 


14/03/2019
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Franceinfo - le mercredi 27 février 2019 - mis à jour

 

 

La France a connu mercredi son après-midi la plus chaude pour un mois de février

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

 

Avec une température moyenne maximale de 20,9°C, l'après-midi de mercredi a battu le précédent record datant du 28 février 1960. Une température moyenne de 20,2°C avait alors été relevée

 

 

 

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Des personnes profitent de la plage à Arcachon (Gironde), le 27 février 2019.  (MEHDI FEDOUACH / AFP)

 

 

 

Un pic de chaleur inédit en plein hiver. La France a connu, mercredi 27 février, son après-midi la plus chaude pour un mois de février, avec une température moyenne maximale de 20,9°C, a annoncé Météo France sur Twitter. Le précédent record datait du 28 février 1960, avec 20,2°C en moyenne sur le territoire métropolitain.

 

 

 

 

 

Les températures maximales pour la journée ont été relevées à Aïcirits (Pyrénées-Atlantiques) où le thermomètre a atteint 28,1°C, à Eus (Pyrénées-Orientales) avec 27,7°C et à Belin-Béliet (Gironde), où il a fait 27,4°C. Des températures dignes d'un mois de juillet ou d'août. 

 

 

 

Plusieurs pays d'Europe ont battu leur record

Une douceur exceptionnelle s'est installée depuis quelques jours sur l'Europe de l'Ouest, notamment en France, un signe probable du réchauffement climatique, selon les experts. Plusieurs pays ont battu le record absolu de température pour un mois de février, voire pour un jour d'hiver. C'est le cas du Royaume-Uni, avec 21,2°C près de Londres mardi. 

 

 

En France, le record absolu pour un mois de février reste "très élevé et difficile à battre, parce qu'il a eu lieu dans des conditions particulières", explique à l'AFP Étienne Kapikian, prévisionniste à Météo France. Le mercure était en effet monté à 31,2°C à Saint-Girons (Ariège), le 29 février 1960, en raison d'un "effet de foehn". Il s'agit d'un phénomène météorologique provoqué par la rencontre entre de l'air chaud (qui venait alors du Maroc) et une chaîne montagneuse (en l'occurrence, les Pyrénées).

 

 

De nombreux records locaux ou régionaux pour un mois de février ont en revanche été battus ces derniers jours, avec par exemple le record de Bretagne, battu avec 21°C à Pleyber-Christ (Finistère).

 


28/02/2019
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Franceinfo - le mardi 26 février 2019

 

 

Pourquoi un monde sans insectes doit vraiment nous inquiéter

 

 

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Anne BrigaudeauFrance Télévisions

 

 

 

 

Près de la moitié des espèces d'insectes, essentiels aux écosystèmes, sont en déclin rapide dans le monde entier, selon une étude publiée le 11 février par des chercheurs de deux universités australiennes

 

 

 

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Deux syrphes ceinturés butinent dans un coquelicot, dans les Vosges. (MICHEL RAUCH / BIOSPHOTO / AFP)

 

 

 

Mais où est passé le mur de mouches écrasées d'antan, qui noircissait les pare-brise sur la route des vacances ? Une synthèse de dizaines d'études, publiée lundi 11 février, par des chercheurs des universités de Sydney et du Queensland (Australie) corrobore le constat des conducteurs : près de la moitié des espèces d'insectes sont en déclin rapide dans le monde à cause d'un "effondrement catastrophique" des milieux naturels.

 

 

Pire encore, affirment les universitaires, si nous ne mettons pas fin rapidement à la destruction et à la pollution de leur habitat naturel, notamment dus à une agriculture intensive à base de pesticides et à l'artificialisation des sols, ces êtres vivants indispensables à l'écosystème vont disparaître d'ici quelques décennies. Avec des conséquences catastrophiques pour toute la chaîne du vivant.

 

 

 

Ce sera la fin de notre diversité alimentaire

"Il suffit d'imaginer que 80% des plantes à fleurs sont pollinisées par un insecte pour avoir une idée des conséquences", sourit Benoît Geslin, maître de conférences à l'université Aix-Marseille et chercheur à l'Institut méditerranéen de biodiversité et d'écologie. "Sans les insectes, sans les quelque 1 000 espèces d'abeilles en France plus ou moins spécialisées, sans les mouches également très pollinisatrices, huit à neuf plantes sur dix ne seraient pas là." Or, la variété de notre alimentation dépend directement de la présence de ces plantes.

 

 

75% des sortes de plantes que nous mangeons sont liées à la pollinisation : les fruits, les amandes, le colza, le tournesol, les pommes, les courgettes, le potiron, le café, le miel...Benoît Geslin, maître de conférences à l'université Aix-Marseille à franceinfo

 

 

"En leur absence, on devrait se contenter de blé et de riz qui sont pollinisés par le vent et non par les insectes", tranche le chercheur. "Ces céréales pollinisées par le vent représentent environ les deux tiers de notre consommation de produits agricoles, précise Colin Fontaine, chercheur au Centre d'écologie et des sciences de la conservation. Mais le tiers qui reste en terme de tonnage, ce sont les légumes, les cultures à forte valeur ajoutée, donc les plus précieuses en terme de nutrition."

 

 

D'où une alimentation fatalement moins diverse et moins gourmande, mais aussi de moindre qualité. "Des insectes dépendent non seulement ce qu'on mange, mais aussi la valeur nutritive de ce qu'on mange, poursuit Benoît Geslin. Les pommes qui sont moins pollinisées contiennent moins de sucre et moins de vitamines que les autres. Et même le lait baisse en qualité si les vaches ne se nourrissent pas d'une variété de plantes suffisantes dans l'herbe qu'elles broutent." Jean-Yves Rasplus, directeur de recherche à l'Institut national de la recherche agronomique (Inra), pointe ainsi le risque "de multiplication de famines, donc de guerres et de conflits, d'ici un quart de siècle"

 

 

 

De nombreuses autres espèces sont menacées

Parallèlement, de nombreux animaux, à commencer par les oiseaux, seront décimés si la nourriture venait à manquer. "Les insectes, développe Benoît Geslin, sont à la base de toute une chaîne du vivant : les oiseaux, les araignées, les reptiles ou les lézards s'en nourrissent, tout comme certains petits mammifères, à l'image des musaraignes." Jean-Yves Rasplus donne l'exemple des figuiers pollinisés par une petite guêpe : "Des centaines d'espèces vertébrées dépendent de la ressource figue en milieux tropicaux. Si vous perdez les pollinisateurs de ce fruit, ça aura un impact sur 1 500 espèces de vertébrés, dont des chauves-souris et des oiseaux. La disparition des insectes tue les chauves-souris directement insectivores, mais aussi les chauves-souris frugivores. Les effets sont titanesques". Et d'ajouter calmement :

 

 

On le crie depuis des années, la disparition des insectes est une catastrophe. En 1970, on le disait déjà, et cinquante ans plus tard, il ne s'est rien passé.Jean-Yves Rasplus, directeur de recherche à l'Inra à franceinfo

 

 

Selon les observations du CNRS et du Muséum d'histoire naturelle, l'extinction d'espèces d'oiseaux est déjà bien entamée dans l'Hexagone. Environ un tiers d'entre eux ont disparu des campagnes ces vingt dernières années, à cause de l'agrochimie et de la destruction des habitats, relève France Culture. Invité de la radio publique, le chercheur Vincent Bretagnolle explique que "l'espèce la plus abondante, l'alouette des champs, a par exemple diminué de 35% en l'espace d'un peu plus de vingt ans. Les dégâts sont encore plus spectaculaires pour d'autres espèces, comme les perdrix, qui ont diminué de 80 à 90%". 

 

 

En témoigne le silence qui a envahi les champs de nos campagnes. Dans un numéro de l'émission "Envoyé spécial" diffusé en mai 2018, l'audionaturaliste Boris Jollivet reconstituait la bande-son naturelle que l'on entendait il y a quinze ans, désormais disparue : dans les prés, une oreille attentive pouvait discerner les cris de passereaux et de cailles des blés, les chants de pie-grièche ou de fauvettes grisettes.

 

 

Pour ramener de la biodiversité dans ces campagnes, il suffirait pourtant de faire des cultures plus variées, dans des parcelles plus petites, rappelle "Envoyé spécial" en citant les travaux de Vincent Bretagnolle. Et il y a urgence : selon une étude parue fin 2017 et basée sur des captures réalisées en Allemagne, l'Europe aurait perdu près de 80% de ses insectes en moins de 30 ans, contribuant à faire disparaître plus de 400 millions d'oiseaux.

 

 

 

Les espèces invasives risquent de proliférer

Autre effet pervers du déclin des insectes : alors que des espèces nécessaires à un écosystème local disparaissent, d'autres, plus nuisibles, prolifèrent. "On perd les espèces spécialisées au profit des espèces généralistes, souligne l'entomologiste Jean-Yves Rasplus. En milieu aquatique, il y a ainsi des petits moustiques spécialisés qui ne sont pas les mêmes au Maroc, en Espagne ou en Italie. Quand ils disparaissent, ils sont remplacés par des espèces opportunistes, invasives, qui peuvent vivre partout et dérégulent l'écosystème parce qu'elles n'ont pas de prédateur." Le chercheur s'interroge ainsi de "l'arrivée du moustique tigre" dans nos contrées : "La baisse des moustiques locaux, qui étaient régulés localement par des insectes arthropodes prédateurs, a-t-elle joué ? Rien n'empêche de le penser."

 

 

Le chercheur à l'Inra déplore d'ailleurs que le déclin des populations d'insectes soient surtout étudiés dans "les groupes les plus connus et les plus perturbés, comme les papillons". "Mais ça baisse de partout ! insiste-t-il. Quand vous perdez un insecte, vous dérégulez aussi ses parasitoïdes, dont une majorité ne sont ni étudiés ni décrits. Mais les conséquences sont connues : cela crée des écosystèmes qui perdent leur équilibre et favorisent les espèces invasives."

 

 

Sur franceinfo, l'entomologiste Henri-Pierre Aberlenc ne dit pas autre chose : "Certaines espèces vont continuer de proliférer alors que les autres disparaissent. On le voit notamment avec la pyrale du buis", introduite accidentellement en Europe dans les années 2000. 

 

 

Cette chenille détruit les buis, car elle n'a pas d'ennemi naturel chez nous qui pourrait la manger ou la parasiter. Elle a été importée sans les espèces régulatrices. Henri-Pierre Aberlenc, entomologiste à franceinfo

 

 

Et cette espèce sème la panique dans le sud de la France, rapporte ce reportage de France 3 dans le Lot. Jean-Yves Rasplus imagine déjà la suite : "Du coup, les agriculteurs vont traiter les cultures avec des produits chimiques qui vont détruire des insectes" et pas seulement ceux qui sont visés. Un cercle vicieux.

 

 

 

Nos sols ne seront plus aussi fertiles

Ultime utilité de ces minuscules bêtes, souvent oubliée : leur rôle dans le retraitement organique et la fertilisation des sols. Les insectes "coupent en morceaux les feuilles mortes et les rendent disponibles pour les autres organismes, dont les plantes", s'extasie Benoît Geslin, qui revient sur le rôle indispensable "de ces véritables estomacs qui vivent dans le sol", qu'ils soient vers de terre, collemboles ou scarabées bousiers.

 

 

L'absence de ces bousiers s'est d'ailleurs fait cruellement sentir en Australie, raconte Jean-Yves Rasplus : "Les Anglais avaient amené des vaches, mais sans les insectes qui allaient avec. Avec la multiplication des troupeaux, les sols sont devenus impropres à l'agriculture. Et il a fallu, dans les années 1960, importer ces bousiers qui faisaient défaut." Car ces insectes ont d'immenses vertus : capables de pousser une crotte pesant plus de mille fois leur poids, ces coléoptères qui mangent les déjections transforment naturellement les excréments en engrais.

 

 

Les scientifiques attestent déjà de leur raréfaction en France. "Sur le terrain, j'ai constaté un déclin flagrant, regrette Henri-Pierre Aberlenc. Il y a une trentaine d'années, lorsque je ramassais des bousiers dans le Midi, je pouvais voir des copris, qui sont de beaux scarabées coprophages [se nourrissant d'excréments]. En une heure d'exploration sur le terrain, je pouvais en trouver plusieurs dizaines. Or, il y a cinq ans, j'ai envoyé une étudiante au même endroit pour qu'elle fasse des recherches sur les mêmes bousiers. En trois mois de terrain, elle a vu un seul individu."

 

 

Face à cela, la tentation de recourir à toujours plus à la chimie pour fertiliser les sols risque d'être grande. Mais ce réflexe risque de conforter l'infernal engrenage de l'extinction des insectes fatal, à terme, à notre alimentation. Certains pays ont-ils compris l'urgence de la situation ? Le 17 février, l'Allemagne a annoncé préparer une loi pour protéger les insectes. Le texte prévoit notamment de réduire l'usage des pesticides et de limiter le bétonnage. Mais il n'interdirait qu'en 2023 le glyphosate, ce puissant herbicide régulièrement critiqué et dont l'Union européenne a renouvelé en 2017 la licence pour cinq ans.

 


26/02/2019
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Franceinfo - le samedi 23 février 2019

 

 

Thaïlande : Bangkok suffoque à cause d'un épais nuage de pollution

 

 

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Lionel Deconinck, correspondant à BangkokfranceinfoFrance Télévisions

 

 

 

La capitale thaïlandaise connaît un important épisode de pollution. Les mesures prises par le gouvernement paraissent dérisoires au vu du risque sanitaire

 

 

 

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Un brouillard de pollution dans le ciel de Bangkok (Thaïlande), le 14 janvier 2019. (ROMEO GACAD / AFP)

 

 

 

Tous les jours, c'est la course aux masques antipollution. Dans la plupart des pharmacies de Bangkok, la capitale thaïlandaise, les stocks sont épuisés. Comme la population, qui s'inquiète de l'ampleur de la pollution, que chacun peut constater à l'œil nu. 

 

 

C'est qu'il y a matière à s'inquiéter. Alors que l'Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande un niveau quotidien d'exposition maximum de 25 microgrammes par m3 pour les particules fines PM 2,5, les relevés journaliers effectués à Bangkok dépassent allègrement 80 microgrammes par m3 depuis plusieurs semaines. Ponctuellement, la capitale thaïlandaise apparaît même dans le Top 10 en temps réel des villes les plus polluées au monde. 

 

 

"C'est le pire épisode de pollution de l'histoire de la ville, affirme Tara Buakamsri, le responsable de Greenpeace en Thaïlande. Bangkok ne peut pas continuer d'étouffer ainsi à cause de la dangerosité de l'air", alerte-t-il. Particulièrement nocives pour la santé, ces particules sont accusées de causer diverses pathologies.

 

 

 

"Faire pleuvoir"

Les Thaïlandais, eux, partagent leurs stigmates sur les réseaux sociaux. Yeux rougis, saignements de nez, infections pulmonaires, les photos diffusées sur internet sont particulièrement explicites.

 

 

 

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"Microparticules de 2,5 : elles nous rendent malades en un instant", est-il écrit en thaï sur cette image diffusée sur Facebook (CAPTURE ECRAN FACEBOOK)

 

 

 

Face au risque sanitaire, le gouvernement a ordonné la fermeture de toutes les écoles, y compris le lycée français et toutes les écoles internationales. Une décision accueillie avec soulagement après quelques semaines de discours rassurants et de mesures dérisoires destinées à "faire pleuvoir". 

 

 

Ainsi à la mi-janvier, le gouvernement a envoyé des pompiers munis de lances à incendie en haut des gratte-ciel de Bangkok, espérant ainsi "fixer les micro-particules". Des camions ont déversé de l'eau dans les rues et aux grands carrefours de la ville, créant localement des inondations. Des avions ont bombardé les nuages de particules cristallines, généralement des cristaux d'iodure d'argent, afin de provoquer une pluie artificielle. Ce qui n'a pas manqué d'agacer les habitants.

 

 

Sur les sites d'information et les réseaux sociaux, les commentaires moqueurs succèdent aux cris d'alarme. Sur Facebook, un certain Thanatat questionne : "C'est drôle mais en même temps, ce n'est pas drôle… Qui a eu une idée pareille ?" Une jeune femme se plaint, sur le site Khaosod, d'avoir échappé de peu à un accident avant de lancer : "Et donc, quand les rues auront séché, la pollution aura disparu ?"

 

 

Un dispositif miracle est ensuite annoncé : des drones vaporisateurs. Le 31 janvier, une cinquantaine de drones ont pulvérisé quelques centaines de litres d'eau au-dessus de la capitale. La méthode, déjà testée en Chine en 2014 sans grand succès, est contestée par la plupart des scientifiques, en raison surtout de la surface à vaporiser. L'agglomération est en effet gigantesque : près de 20 millions d'habitants repartis sur 1 500 km2. De quoi épuiser quelques drones. "Comment des politiques censés être intelligents peuvent-ils imaginer des choses aussi stupides ?", demande même un commentateur sur Thairath

 

 

 

Un enjeu sanitaire et électoral

Certains scientifiques dépendant d'organismes officiels émettent eux aussi des doutes sur ces dispositifs. Pour le Pr Siwatt Pongpiachan, directeur du centre de recherche et développement sur la prévention et le management des catastrophes, les moqueries sont exagérées, avant de concéder "qu'il serait plus efficace de s'attaquer à la source de cette pollution, plutôt que d'essayer de laver tout le ciel."  Une évidence. Les conditions météorologiques (un anticyclone venu de Chine), la construction de nouvelles lignes de métro, l'explosion de la circulation automobile, et les industries lourdes, dont les rejets sont peu surveillés et loin des normes européennes, plombent l'air de la ville, menaçant la santé publique et un autre bien national, l'industrie du tourisme.

 

 

Au début du mois de février, le chef de la junte, Prayuth Chan-o-Cha a donné l'ordre à l'armée de contrôler les usines dans les 76 provinces du pays. "Je demanderai à l'armée d'aller vérifier chaque usine et de me faire un rapport directement", a déclaré le Premier ministre.

 

 

Une urgence soudaine, que les Thaïlandais lient directement au calendrier politique. A l'approche du scrutin législatif annoncé pour le 24 mars, le premier depuis le coup d'Etat militaire de 2014, l'ancien premier ministre Thaksin Shinawatra en a profité pour railler le général Prayut Chan-o-Cha sur les réseaux sociaux : "Etre parmi les dix villes les plus polluées au monde a un impact sur la santé de nos concitoyens et sur l'économie. Cela va affecter le tourisme", a prévenu l'ancien Premier ministre renversé par les militaires en 2006 et aujourd'hui en exil. Et dans Bangkok, au petit matin, alors que les habitants partagent les photos du "smog" en partant travailler, plusieurs partis politiques haranguent les passants et, en guise de tracts, distribuent ces si précieux masques antipollution.

 


23/02/2019
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Franceinfo - le dimanche 17 février 2019

 

 

"C'est une catastrophe ce qu'il se passe en Antarctique ouest" : pourquoi le glacier Thwaites inquiète les scientifiques

 

 

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Benoît JourdainFrance Télévisions

 

 

 

A terme, toute la question est de savoir quand ce glacier géant va disparaître et entraîner une réaction en chaîne qui fera monter le niveau de la mer de plusieurs mètres

 

 

 

Un compte à rebours a débuté en Antarctique ouest. Et pour les scientifiques, l'issue ne fait plus aucun doute : cette partie du continent blanc est vouée à disparaître dans les années à venir. , estime Emmanuel Le Meur, maître de conférences à l’université Grenoble-Alpes contacté par franceinfo.

 

 

Le glacier Thwaites, l'un des géants de la zone de la mer d'Amundsen qui fait 120 kilomètres de large, 600 de long et atteint 3 km de profondeur par endroits, est de plus en plus instable. "Il fait à peu près la taille de la Floride", résume à franceinfo Jérémie Mouginot, chercheur au CNRS à l’Institut des géosciences de l’environnement à Grenoble. Un "monstre" responsable, chaque année, de 4% de la montée du niveau de la mer dans le monde, estime un communiqué de la Nasa (en anglais).

 

 

"Ce glacier se retire d’à peu près un demi-kilomètre par an, depuis une bonne vingtaine d’années", précise Eric Rignot, professeur en sciences de la Terre à l’université de Californie à Irvine, chercheur au Jet Propulsion Laboratory, et coauteur d'une étude (en anglais) publiée le 30 janvier.  

 

 

 

Le niveau des mers pourrait monter de trois mètres

Le réchauffement climatique joue un rôle avéré dans cette fonte du glacier Thwaites. Sous l'effet des eaux profondes qui se réchauffent, la ligne d'échouage recule. "C'est l’endroit où le glacier est en contact avec le sol", explique Jérémie Mouginot, qui fait partie du panel de scientifiques responsables de l'étude. "Et quand on transforme de la glace posée en de la glace flottante, on la rend plus instable", observe Emmanuel Le Meur. 

 

 

Ces mouvements de glace font craindre un "scénario catastrophe", reconnaît Eric Rignot. A force de reculer, cette ligne d'échouage entraînerait le détachement du glacier et sonnerait le début d'une réaction en chaîne : "Thwaites et le glacier voisin, Pine Island, vont entraîner le reste de l’Antarctique occidental".

 

 

 

L'Antarctique occidental est condamné, à long terme, à disparaître.

Eric Rignot, professeur en sciences de la Terre à l’université de Californie à Irvine

à franceinfo

 

 

Cette disparition causerait une hausse du niveau de la mer de plus de trois mètres, ce qui aurait des conséquences sur tous les littoraux du globe. "Ce n'est pas la peine d'être scientifique pour s'en rendre compte", ajoute Emmanuel Le Meur. Pour les trois chercheurs, le processus enclenché est irréversible. 

 

 

 

"On va dans le mur, mais à quelle vitesse ?"

Observateur privilégié de ce glacier depuis trois décennies, Eric Rignot a conscience que "c'est impossible à arrêter". Mais il pense que l'être humain peut encore influer sur la fonte de ces glaces. "Si on arrive à revenir à une période un petit peu plus froide par exemple, il est tout à fait concevable que le glacier continue à se retirer mais de manière très, très lente", dit-il. Pour cela, il faudrait considérablement réduire les émissions de gaz à effet de serre, "c’est-à-dire avoir des économies, des modes de vie de moins en moins tributaires de ces énergies fossiles que sont le pétrole et le charbon", avance Emmanuel Le Meur. 

 

 

"J’ai toujours en tête cette phrase du spécialiste du climat Jean-Marc Jancovici, conclut-il. 'Le problème, ce n’est pas le fait qu'on aille dans le mur ou pas. On va dans le mur ! Le problème, c’est à quelle vitesse on y va, à 50 km/h ou à 5 km/h ?'"

 


17/02/2019
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Franceinfo - le dimanche 3 février 2019

 

 

"Monsanto a demandé à une officine belge de s'occuper de ma réputation", accuse Nicolas Hulot

 

 

 

L'ancien ministre dit avoir été mis au courant de cette stratégie après son arrivée au gouvernement. Monsanto dément ces allégations "diffamatoires"

 

 

 

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Nicolas Hulot participe au baptême d'un bateau, le 23 octobre 2018, à Dinard (Ille-et-Vilaine). (JEAN-MARC DAVID/SIPA)

 

 

 

Nicolas Hulot s'attaque à "la pire firme au monde". L'ancien ministre de la Transition écologique affirme, dimanche 3 février, dans Le Journal du dimanche, que "Monsanto a demandé à une officine belge de s'occuper de ma réputation"Il dit avoir eu vent de cette demande "quelques mois" après son arrivée au gouvernement, par l'intermédiaire d'une de ses connaissances, "haut placée dans une entreprise travaillant dans le domaine de l'environnement".

 

 

Contactée par Le Journal du dimanche, l'entreprise agro-industrielle, depuis rachetée par le groupe Bayer, dément "formellement ces allégations très graves et diffamatoires"

 

 

Apportant son soutien à un agriculteur en plein conflit judiciaire avec la firme, Nicolas Hulot dit ressentir "une profonde colère face à l'indulgence dont bénéficie Monsanto" et face à "une accoutumance à sa puissance de feu" de la part de "la plupart des décideurs mondiaux".

 


03/02/2019
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Franceinfo - le mercredi 30 janvier 2019

 

 

C'est le pesticide quasi incontournable en agriculture bio : faut-il se méfier de la bouillie bordelaise et du cuivre qu'elle contient ?

 

 

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Louis BoyFrance Télévisions
 

 

 

 

Citant les craintes liées à l'accumulation du cuivre dans le sol, l'Union européenne a réduit fin novembre les doses autorisées. Au grand dam de certains producteurs bio, notamment dans le vin, qui disent ne pas pouvoir s'en passer

 

 

 

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Des feuilles couvertes de bouillie bordelaise, reconnaissable à sa couleur bleue, le 27 mai 2017 en Bretagne. (GARO / PHANIE / AFP)

 

 

 

Le 27 novembre, un pesticide était en débat à Bruxelles. Des experts issus de tous les pays membres de l'Union européenne ont plaidé, certains pour son interdiction, d'autres pour le statu quo. Ils ont fini par voter son autorisation pour sept années supplémentaires, mais en imposant des restrictions plus importantes à son utilisation, qui entrent officiellement en vigueur jeudi 31 janvier. Ce scénario en rappelle d'autres. Mais cette fois, ce n'était pas le sort d'un nouvel équivalent du glyphosate qui était en jeu : on se prononçait sur la "bouillie bordelaise" – un mélange de sulfate de cuivre et de chaux, utilisé depuis une éternité contre certains champignons – et tous les autres fongicides à base de cuivre.

 

 

Des produits autorisés en agriculture biologique, notamment dans la production de vin, de pommes, de poires ou de pommes de terre. Des produits dont vous avez peut-être vous-même un bidon dans votre cabanon de jardin, pour traiter vos légumes. Mais si la bouillie bordelaise paraît anodine pour beaucoup, son sort fait débat. "Mon rôle est de protéger la santé publique, donc je suis inquiet de la potentielle accumulation de cuivre – un métal lourd qui ne se dégrade pas – dans le sol", a ainsi reconnu (article en anglais) le commissaire européen chargé de la santé, Vytenis Andriukaitis. Cela veut-il dire que vous devriez, vous aussi, vous en inquiéter ?

 

 

 

Une invention des viticulteurs

Pendant longtemps, l'utilisation de la bouillie bordelaise allait de soi, un peu comme on ne se méfierait pas d'un remède de grand-mère. Depuis la fin du XIXe siècle, on se sert de ce mélange de sulfate de cuivre et de chaux pour contrer les attaques de mildiou, principalement, mais aussi de tavelure. Ces maladies liées à des champignons peuvent provoquer des pertes de récoltes importantes : les ravages du mildiou sur les cultures de pommes de terre ont, par exemple, causé la Grande Famine qui tua un million d'Irlandais au milieu du XIXe siècle.

 

 

 

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Des vignes touchées par le mildiou sur une exploitation à L'Etoile (Jura), le 5 août 2016. (MAXPPP)

 

 

 

La bouillie bordelaise n'a pas été concoctée dans le laboratoire d'une grande firme de l'agrochimie mais par des viticulteurs du Médoc (non loin de Bordeaux, d'où son nom). Depuis, la recette de base n'a pas changé : le sulfate de cuivre agit contre les champignons et la chaux empêche le cuivre de brûler la plante. L'absence de toute molécule de synthèse (c'est-à-dire n'existant pas dans la nature) permet de s'en servir sans perdre la certification bio.

 

 

 

"Les radis étaient plus petits, plus rabougris"

Mais après plus d'un siècle d'utilisation parfois massive, la bouillie bordelaise a laissé des traces sur l'environnement. "Sur une de mes parcelles, j'avais environ 4 000 m² où rien ne poussait", se souvient Laurent Cassy, exploitant d'un vignoble à Morizès (Gironde) depuis une quinzaine d'années. Quand il s'est installé, c'est en discutant avec "les anciens" qu'il a compris que cet emplacement était celui "d'un ancien bassin où on faisait de la bouillie bordelaise, et qui parfois débordait", raconte-il à franceinfo. Des analyses confirment que le sol contient du cuivre dans des proportions importantes, assez pour qu'il soit néfaste pour les plantes qui y poussent. Ce qu'il semait "poussait sur deux à cinq centimètres, et après plus rien."

 

 

Spécialiste de l'agriculture au sein du réseau d'associations France Nature Environnement, Marc Peyronnard se souvient, lui, d'un voisin maraîcher bio en Savoie, installé au début des années 2000, qui tentait de faire pousser des radis sur un terrain où, une vingtaine d'années auparavant, se trouvaient des vignes traitées avec ce mélange. "Il avait fait des lignes de radis perpendiculaires aux anciennes lignes de vignes. Et on voyait clairement les emplacements où celles-ci se trouvaient : les radis y étaient plus petits, plus rabougris", se remémore-t-il. L'effet a duré quelques années, avant de s'estomper sous l'effet de "l'amélioration du sol".

 

 

 

La carte de France du cuivre recouvre celle du vin et des vergers

Une fois que le cuivre entre dans le sol, il y reste et s'accumule. C'est son principal défaut. En métropole, certains territoires sont fortement contaminés, avec jusqu'à 508 mg/kg de cuivre retrouvés, comme le montre une carte d'un groupement de scienfiques travaillant sur les sols, le GisSol. Les teneurs les plus fortes sont relevées dans les zones où sont installés de nombreuses vignes et vergers, ce qui "résulte des traitements fongicides récurrents", explique le ministère de la Transition écologique. C'est notamment le cas de la Gironde. 

 

 

On paie un peu le poids de notre passé. Les parcelles dans lesquelles il y a le plus de cuivre sont celles qui sont cultivées depuis le plus longtemps.Fabien Teitgen, directeur technique du domaine Château Smith-Haut Lafitte à franceinfo

 

 

Les plants semés sur ces terres absorbent le cuivre par leurs racines, comme les autres nutriments présents dans le sol. Mais face à cet élément chimique, elles "vont avoir une réaction de défense", explique Marc Chovelon, responsable viticulture au sein de l'Itab, un institut de recherche sur les techniques utilisables en agriculture bio : "Elles assimilent alors moins de nutriments, et la plante va en souffrir. On constate un jaunissement des feuilles et une perte de vigueur, qui amènent à une moins bonne récolte."

 

 

Le cuivre restant principalement dans les couches superficielles du sol, il n'affecte pas tant les plantes anciennes, enracinées profondément, que les jeunes plants. "Dans un sol riche en cuivre, ils auront beaucoup de mal à se développer", acquiesce Denis Thiéry, directeur de recherche à l'Institut national de la recherche agronomique (Inra). "Les plantes végètent, alors qu'on sait que les premières années de leur vie conditionnent tout. Elles resteront mauvaises, ce qui aura un effet sur leur rendement." Une problématique accentuée quand le sol dans lequel se trouve le cuivre est acide, comme c'est le cas dans la région de Bordeaux.

 

 

 

Une menace pour les vers de terre

A cela s'ajoute un deuxième effet néfaste : les dégâts que le cuivre occasionne sur la vie du sol. Délétère pour les bactéries et les champignons – après tout, c'est pour cela qu'on l'emploie sur les plantes –, il est également toxique pour les vers de terre. Son impact sur ces derniers fait l'objet de débats, et des travaux sur leur mortalité liée au cuivre ont abouti à des résultats divergents, explique l'Inra dans une synthèse sur l'usage du cuivre en agriculture biologique. Mais pour l'institut, il reste "raisonnable de penser" que la pollution au cuivre a "des effets chroniques de long terme sur la dynamique des populations de vers de terre et d'autres composantes de la faune des sols", alors que celle-ci est cruciale pour la santé des plantes et la stabilité des sols.

 

 

Mais si les effets néfastes de la bouillie bordelaise sont de plus en plus étudiés et documentés, les exemples de lieux où elle aurait causé des problèmes majeurs se font rares. "Ça fait des centaines d'années qu'il y a de la vigne en France, les zones restent les mêmes, et on arrive toujours à faire du vin", tempère Denis Thiéry, le chercheur de l'Inra.

 

 

Il faut arrêter avec l'image du sol qui serait devenu stérile, on n'en est pas là.Denis Thiéry, directeur de recherche à l'Inra à franceinfo

 

 

La plupart des dégâts qu'on peut observer sont anciens, assure Marc Chovelon. "Ce ne sont pas les applications de cuivre de ces vingt dernières années qui en sont à l'origine, affirme-t-il. Il n'y a pas de nouvelles parcelles polluées qui sont apparues depuis 2006 et la réglementation qui a fixé un seuil de 6 kg de cuivre par hectare et par an en bio", contre 8 kg auparavant. Le chercheur affirme aussi ne jamais avoir eu vent de pollutions des eaux liées au cuivre, qui reste très stable dans le sol.

 

 

 

"Le cuivre est la seule solution qui existe"

Cela n'empêche pas le débat de faire rage. En Europe, cinq Etats interdisent les pesticides au cuivre (le Danemark, la Finlande, la Grèce, les Pays-Bas et la Suède) à cause de leurs effets sur les sols, et l'hypothèse était sur la table avant le vote à Bruxelles, le 27 novembre. Finalement, c'est une baisse de la quantité maximale autorisée par an qui a été décidée : elle passera de 6 à 4 kg par hectare et par an en 2019 et cette restriction ne sera plus limitée à l'agriculture bio. Le cuivre "est persistant dans l'environnement et toxique" avait noté l'ancien ministre de l'Agriculture Stéphane Travert pour justifier le soutien de la France à cette réduction.

 

 

La transition ne sera pas facile, estiment de nombreux agriculteurs bio, qui n'ont pas droit à l'alternative des produits de synthèse. "Si on veut continuer à produire du vin bio dans des conditions acceptables, le cuivre est la seule solution qui existe", estime Sylvie Dulong, secrétaire nationale viticulture de la Fédération nationale d'agriculture biologique. Elle craint que le changement de réglementation décourage ceux qui voudraient se convertir au bio et mette en difficulté les exploitants. "Si on a cinq années de pluie en sept ans, on ne tiendra pas" en respectant les doses, calcule Fabien Teitgen du Château Smith Haut Lafitte, "ou alors on perdra des récoltes"

 

 

 

"Mettre sur mes vignes un produit que je peux boire"

Ce qui ne veut pas dire que les agriculteurs rechignent à diminuer les doses de cuivre qu'ils emploient. Celles-ci ont d'ailleurs drastiquement baissé depuis les débuts de la bouillie bordelaise. "On en mettait 50 kg/ha, aujourd'hui on est passé à 4 kg/ha", explique Rémi Vincent. Le responsable des vignobles de la Maison Jean Loron, dans le Beaujolais, date la fin de ces épandages massifs à la fin de la Seconde Guerre mondiale, "avec la pénurie de cuivre qui a suivi et l'avènement des produits de synthèse". Aujourd'hui, une année normale, sans épidémie importante de mildiou, Rémi Vincent utilise à peine 1 kg de cuivre par hectare, bien en dessous du seuil réglementaire, aidé par "l'évolution des matériels d'application, qui ont gagné en précision". En revanche, s'il était installé dans une région au climat plus favorable au mildiou, il estime qu'il serait "limite" pour respecter la nouvelle réglementation.

 

 

Benoît Braujou, lui, va beaucoup plus loin. Dans son domaine, celui de Fons Sanatis, dans l'Hérault, il n'emploie pas de pesticides de synthèse mais fait aussi tout son possible pour ne pas utiliser de cuivre. Lui non plus n'a jamais constaté que ses vignes souffraient du cuivre dans les sols. Mais il n'appréciait pas de répandre un métal lourd sur ses plants. 

 

 

Ça me fait vraiment plaisir de traiter mes vignes sans avoir à mettre un masque et une combinaison de cosmonautes.Benoît Braujou, viticulteur à franceinfo

 

 

Il se réjouit désormais de mettre sur ses vignes "un produit [qu'il peut] boire". En l'occurrence, un mélange d'extrait de citrus et de lait caillé de chèvre, qu'il récupère chez l'éleveur voisin, et qui ne sert pas à tuer les champignons mais à fortifier naturellement la plante. Installé dans une région "où il n'y a pas une grosse pression du mildiou", il assure qu'il n'a jamais eu à transiger avec ses principes avant l'été dernier, où il a tout de même dû répandre 200 g de cuivre par hectare, pour faire face à une présence de mildiou exceptionnellement importante.

 

 

 

Des alternatives encore à l'étude

Ce puriste reconnaît lui-même que sa solution ne marcherait pas pour tout le monde, notamment ses "amis qui ont 40 salariés et sont obligés de garantir un minimum de volume" pour être rentables. Mais il illustre le fait que des alternatives sont à l'étude. Certains extraits de plantes – comme les prêles ou les orties –, mais aussi la chitine, une molécule que l'on trouve dans la carapace des crustacés, permettent de stimuler les défenses naturelles des vignes et des arbres. D'autres plantes, comme le yucca, ont des propriétés fongicides, "mais pas avec la même efficacité que le cuivre", nuance Marc Chovelon.

 

 

Philippe Sfiligoï, arboriculteur bio qui produit des pommes, des poires et des prunes dans le Lot-et-Garonne, s'intéresse aussi à "des variétés d'arbres résistantes à ces champignons", même si cette solution prendra du temps "parce qu'il faut replanter et expliquer au consommateur ce que sont ces nouvelles variétés". C'est la limite de cette solution en viticulture, où les cépages de vignes résistants au mildiou ne sont pas compatibles avec les appellations locales.

 

 

Reste enfin l'option de retirer le cuivre du sol. Une quinzaine de vignobles, dont le Château Smith Haut Lafitte et la Maison Jean Loron, testent actuellement des plantes capables de capter le métal. "Sur la première année, on enregistrait une diminution de 20% du cuivre dans le sol" sur la parcelle concernée, explique Rémi Vincent de la Maison Jean Loron, et ce "alors que les semis n'avaient pas bien fonctionné". A terme, il espère même planter ces végétaux miracles entre ses plants de vignes, plutôt que sur des parcelles vides, pour capter le cuivre dès qu'il est répandu. Il espère que ces plantes, une fois récoltées, pourront servir d'ingrédient à un fongicide au cuivre qu'il fabriquerait lui-même. Un système circulaire qui permettrait peut-être à ce vigneron de pouvoir, enfin, se passer de la bouillie bordelaise.

 


30/01/2019
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Franceinfo - le mercredi 30 janvier 2019

 

 

tempête Gabriel : 41 000 foyers sont encore privés d'électricité dans plusieurs régions

 

 

 

 

 

 

La tempête Gabriel traverse le pays en direction de l'est

 

 

 

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Un habitant marche dans la neige à Lille (Nord), le 30 janvier 2019 après le passage de la tempête Gabriel. (MAXPPP)

 

 

 

Ce qu'il faut savoir

 

 

Vent, chutes de neige et coupures de courant. La tempête Gabriel continue de traverser la France mercredi 30 janvier au matin, entraînant restrictions de circulation et appels à la prudence. Le phénomène devrait se poursuivre jusqu'à jeudi minuit, selon Météo France. Suivez en direct les perturbations sur notre site.

 

 

Six départements en alerte. Il n'y a plus que six départements en vigilance orange à la neige et au verglas ce mercredi matin à 10 heures, selon le dernier bulletin de Météo France. Il s'agit de l'Aisne, des Ardennes, de l'Aveyron, de la Haute-Marne, de la Meuse et du Nord.

 

 

Des cumuls de 5 à 10 cm sont prévus dans les départements en vigilance orange, voire 15 cm localement. "Il faut s'attendre [mercredi] matin à une couche de neige lourde de 5 à 10 cm notamment sur l'Ile-de-France", a indiqué François Jobard, prévisionniste de Météo France, évoquant une neige "collante" et un épisode "plus intense" que celui de la semaine dernière.

 

 

Des coupures d'électricité. 41 000 foyers sont encore privés d'électricité ce mercredi matin partout en France, indique Enedis. Les trois départements picards, l'Oise, l'Aisne et la Somme, sont les plus touchés, précise le gestionnaire du réseau de distribution d'électricité.

 

 

 Prudence sur les routes. Face à ce nouvel épisode neigeux, la ministre des Transports, Elisabeth Borne, a appelé les automobilistes "à la plus grande prudence" et à éviter de circuler de mardi en début de soirée à mercredi matin inclus. En plus des opérations de salage et de déneigement, des mesures de restriction de circulation ont été annoncées.

 


30/01/2019
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Franceinfo - le mardi 15 janvier 2019

 

 

La calotte glaciaire de l'Antarctique fond plus vite que jamais

 

 

 

Cette fonte des glaciers entraîne une hausse de plus en plus importante du niveau des océans, ont prévenu lundi des scientifiques

 

 

 

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La glace de l'Antarctique photographiée par une expédition chinoise, le 31 décembre 2018. (LIU SHIPING / XINHUA / AFP)

 

 

 

La fonte annuelle de la banquise est plus rapide que jamais dans l'océan Austral, aux abords de l'Antarctique. Mais ce n'est pas la nouvelle la plus inquiétante qui nous provienne du continent blanc. En effet, selon un rapport des comptes-rendus de l'Académie américaine des sciences, publié lundi 14 janvier, les glaciers (constitués d'eau douce) de l'Antarctique souffrent également. La fonte de la calotte glaciaire du continent blanc est responsable d'une montée de 1,4 centimètre du niveau des océans de la planète entre 1979 et 2017, selon ce rapport.

 

 

Le rythme de fonte de cette énorme masse d'eau douce gelée devrait entraîner une élévation désastreuse du niveau des océans dans les prochaines années, a relevé Eric Rignot, président de la chaire de système scientifique de la Terre à l'université de Californie. Selon des études précédentes, une montée de 1,8 mètre d'ici 2100 – l'une des pires prévisions scientifiques – provoquerait l'inondation de nombreuses villes côtières abritant des millions de personnes dans le monde.

 

 

Avec la calotte antarctique qui continue de fondre, nous prévoyons une hausse du niveau des océans de plusieurs mètres à cause de l'Antarctique dans les prochains siècles.Eric Rignot, président de la chaire de système scientifique de la Terre à l'université de Californieà l'AFP

Pour cette nouvelle étude, les chercheurs ont mené la plus longue évaluation de la masse des glaces dans 18 régions de l'Antarctique. Ils ont utilisé des données fournies par des photographies aériennes en haute résolution prises par des avions de la Nasa, ainsi que des images radar provenant de satellites de multiples agences spatiales.

 

 

 

Chaque année, 252 milliards de tonnes de glace fondent

Elles ont permis de déterminer qu'entre 1979 et 1990, l'Antarctique avait perdu en moyenne 40 milliards de tonnes de masse glaciaire par an. A partir de 2009 et jusqu'en 2017, cette perte est passée à 252 milliards de tonnes chaque année. Plus inquiétant encore, les scientifiques ont repéré des zones dans l'Est, autrefois considérées comme relativement "à l'abri du changement", contrairement à celles de l'Ouest, mais qui perdent désormais beaucoup de glace.

 

 

L'Antarctique renferme suffisamment de glace pour provoquer, si cette dernière venait à fondre complètement, une élévation de 57 mètres du niveau des mers. La calotte glaciaire de l'Antarctique de l'Est, la plus importante au monde, contient environ la moitié des réserves d'eau douce de la planète. De quoi faire monter les mers de 52 mètres en cas de fonte, contre 5 mètres pour la partie Ouest. Le rapport des PNAS souligne que ces récentes recherches devraient inciter à porter une "attention accrue" à la fonte des glaces dans l'Est de l'Antarctique.

 


15/01/2019
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Franceinfo - le mardi 15 janvier 2019

 

 

Glyphosate : la justice annule l'autorisation de mise sur le marché du Roundup Pro 360

 

 

 

 

Le tribunal administratif de Lyon a invoqué "le principe de précaution" pour motiver sa décision

 

 

 

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Le tribunal a estimé que l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) avait "commis une erreur d'appréciation au regard du principe de précaution" en autorisant ce produit le 6 mars 2017. (BURGER / PHANIE / AFP)

 

 

 

Le tribunal administratif de Lyon a annulé, mardi 15 janvier, l'autorisation de mise sur le marché du Roundup Pro 360, un produit désherbant contenant du glyphosate commercialisé par Monsanto. Le tribunal a estimé notamment que l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) avait "commis une erreur d'appréciation au regard du principe de précaution" en autorisant ce produit le 6 mars 2017.

 

 

Le Comité de recherche et d'information indépendantes sur le génie génétique (CRIIGEN) avait saisi en mai 2017 la justice pour réclamer le retrait de ce désherbant, utilisé notamment sur les cultures légumières et fruitières. "C'est une décision absolument majeure car elle devrait concerner tous les Roundup, le tribunal considérant que tous les produits contenant du glyphosate sont probablement cancérogènes", s'est félicité l'avocate de la CRIIGEN, Corinne Lepage, qui a salué une décision judiciaire "très motivée".

 

 

Cette décision intervient alors que le débat fait rage en France et en Europe sur la potentielle dangerosité du glyphosate, principe actif du Roundup de Monsanto, filiale depuis 2018 du géant allemand de la chimie Bayer. Depuis le 1er juillet 2015, l'Anses a procédé pour des raisons de sécurité sanitaires au retrait de 147 autorisations de mise sur le marché de produits contenant certaines substances actives, dont 126 produits à base de glyphosate associé à la tallowamine en juin 2016.

 


15/01/2019
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