L'AIR DU TEMPS

L'AIR DU TEMPS

ENVIRONNEMENT et climat

Pourra-t-on empêcher que la planète ne se réchauffe trop ? Encore un pari de plus pour vivre mieux et surtout économiser notre environnement si précieux. Là, on part pour le futur...


Franceinfo - le samedi 8 septembre 2018

 

 

Plus de 50 000 personnes ont participé à la Marche pour le climat à Paris selon les organisateurs, 18 500 selon la police

 

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Simon Gourmellet Pierre Godon France Télévisions

 

 

Des manifestations de ce type sont organisées partout dans le monde

 

 

 

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Des manifestants défilent à Paris lors de la marche pour le climat le samedi 8 septembre 2018. (PHILIPPE LOPEZ / AFP)

 

 

 

Ce qu'il faut savoir

 

Plus de 800 actions ont eu lieu, samedi 8 septembre, dans plus de 90 pays, pour demander la fin des énergies fossiles et promouvoir les énergies vertes. A Paris, plus de 50 000 personnes ont participé à une manifestation selon les organisateurs, 18 500 selon la police contactée par franceinfo. Ces événements, organisés dans le cadre de l'appel Rise for climate lancé par des dizaines d'ONG, interviennent en amont du Sommet mondial pour l'action climatique, qui aura lieu du 12 au 14 septembre à San Francisco.

 

 

Des initiatives citoyennes.  10 000 personnes environ ont défilé à Lyon tandis qu'à Toulouse, ils étaient entre 8 000 et 12 000 selon les organisateurs, 3 500 selon la police. Des milliers d'autres ont été dénombrées à Bordeaux, où se tient le festival Climax, dédié à l'éco-mobilisation.

 

 

Une tribune écrite par 700 scientifiques.  "Nous sommes d’ores et déjà pleinement entrés dans le 'futur climatique'." C'est avec cet avertissement que 700 scientifiques français lancent un SOS face à "l'urgence climatique" dans une tribune publiée par Libération.

 

 

"L'effet Hulot". En France, ces évènements revêtent une dimension particulière après la démission surprise de Nicolas Hulot, lassé de la "politique des petits pas" en matière d'écologie.

 


13/09/2018
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Franceinfo - le mardi 4 septembre 2018

 

 

Alimentation : six résidus de pesticides sur dix retrouvés dans nos assiettes suspectés d’être des perturbateurs endocriniens

 

 

L'association Générations futures appelle les autorités publiques, après la publication d'un rapport, à prendre des actions pour assurer leur disparition de notre agriculture

 

 

 

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 Un tracteur pulvérise son champ à l'aide d'un traitement fongicide en Belgique, le 8 mai 2018. (photo d'illustration)  (JEAN-MARC QUINET / AFP)

 

 

Les perturbateurs endocriniens au menu. Générations futures assure, dans un rapport publié mardi 4 septembre, que plus de six résidus de pesticides sur dix quantifiés dans l’alimentation européenne sont suspectés d’être des perturbateurs endocriniens. L'association appelle les autorités publiques à prendre des actions pour assurer leur disparition de notre agriculture. Franceinfo fait le point sur les conclusions de ce rapport et ce qu'il implique pour votre santé. 

 

 

Près de 70 000 résidus de pesticides sur 110 000 sont de potentiels perturbateurs endocriniens

 

Générations futures a constaté que 157 substances sur les 350 types de résidus de pesticides détectés dans les aliments sont des perturbateurs endocriniens suspectés. Et ces substances sont particulièrement répandues. Sur les 109 843 résidus de pesticides quantifiés par l'Efsa, l'Autorité européenne de sécurité des aliments, 69 433 sont des perturbateurs endocriniens suspectés, soit plus de six sur dix.

 

 

Pour obtenir ces chiffres, Générations futures a combiné deux bases de données. La première est le rapport de l'Efsa sur les résidus de pesticides dans les aliments, publié à l'été 2018 et dont les résultats datent de 2016. La deuxième est une liste de perturbateurs endocriniens suspectés établie par TEDX, l’organisation créée par la scientifique Theo Colborn à l’origine de la découverte des phénomènes de perturbation endocrinienne. Cette liste regroupe 1 457 molécules ou familles de molécules pour lesquelles au moins une étude universitaire publiée dans une revue scientifique a montré un effet de perturbation endocrinienne. 

 

 

Même si les concentrations sont faibles, des populations restent vulnérables

 

Le rapport de l'Efsa établissait que 96,2% des échantillons alimentaires analysés ont des concentrations de résidus de pesticides inexistantes ou inférieures aux limites maximales en résidus (LMR). Un chiffre rassurant mais qui masque un autre problème, souligne Générations futures : l'association affirme que, pour les perturbateurs endocriniens, le respect de la LMR ne suffit pas à garantir l'innocuité des résidus trouvés dans l'alimentation.

 

 

"Ce n'est pas tant une question de dose qu'une question de période d'exposition, souligne François Veillerette, directeur et porte-parole de Générations futures. Les doses alimentaires d'un pesticide perturbateur endocrinien peuvent être totalement inoffensives pour un homme de 50 ans mais catastrophiques pour un fœtus de 3 mois." Il existe en effet des périodes de vulnérabilité accrue aux perturbateurs endocriniens : la formation du fœtus, la petite enfance et la puberté. Les enfants seraient ainsi tous contaminés aux perturbateurs endocriniens, peu importe leur lieu de vie, révèle une étude du magazine 60 millions de consommateurs publiée en avril 2017. Et les effets de ces agents peuvent être transmissibles entre générations. 

 

 

Cancer, diabète... Une longue liste de risques potentiels pour la santé

 

En empêchant les hormones de fonctionner correctement, les perturbateurs endocriniens sont, entre autres, soupçonnés de perturber le développement des fœtus, de favoriser les pubertés précoces, les cancers, l'obésité, les diabètes et les problèmes cardiovasculaires, détaille l'OMS

 

 

Le pertubateur endocrinien suspecté le plus souvent identifié dans l'alimentation européenne est le boscalide, un des fongicides SDHi (inhibiteurs de la succinate déshydrogénase) les plus utilisés. Or, en avril dernier, des scientifiques français du CNRS, de l'Inserm et de l'Inra ont publié une étude et une tribune dans Libération appelant à suspendre l'utilisation de ces fongicides. Leurs recherches ont en effet montré qu'ils provoquent l'accumulation, dans l'organisme humain, d'une petite molécule, le succinate, et expliquent, à terme, un changement de la structure de notre ADN et l'apparition de tumeurs.

 

 

Parmi les autres perturbateurs endocriniens les plus fréquemment rencontrés dans les aliments analysés par l'Efsa, on trouve aussi le fludioxonil, le pyrimethanil et le cyprodinil. Or, une étude publiée en 2012 montrait la toxicité de la combinaison de ces trois fongicides. "Ce travail montre que certains pesticides, isolément ou en combinaisons, peuvent induire du stress et des modifications du devenir des cellules humaines", expliquait à ce sujet le professeur Michael Coleman, responsable de l’étude.

 

 

Une stratégie nationale jugée "décevante et incomplète"  

 

"L'alimentation est un vecteur majeur d'exposition aux perturbateurs endocriniens", analyse François Veillerette à la lumière des résultats du rapport. Une conclusion que les autorités publiques doivent prendre en compte dans l'élaboration d'une nouvelle Stratégie nationale sur les perturbateurs endocriniens (SNPE 2), sur laquelle planche le gouvernement actuel, estime-t-il. 

 

 

Problème : le pré-projet de la SNPE 2 qui a été présentée à Générations futures en juillet a été jugé "décevant et incomplet" par l'association, notamment sur le volet de l'alimentation : "C'est très faible sur ce point-là, ce qui est surprenant", estime François Veillerette. 

 

 

Cette stratégie présente des lacunes inacceptables, parmi lesquelles l’absence de mesures pour éviter l’exposition par le biais de l’alimentation.Générations Futures

 

 

Pour renforcer la sensibilisation des risques à l'exposition aux perturbateurs endocriniens par voie alimentaire, l'association suggère par exemple d'entériner l'étiquetage de produits de consommation courante susceptibles d'en contenir.

 


05/09/2018
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Franceinfo - le vendredi 31 août 2018

 

 

Réchauffement climatique : les vendanges ont lieu 15 jours plus tôt qu'il y a 40 ans

 

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Nicolas EnaultFrance Télévisions
 

 

Les vins d'Alsace sont les plus touchés par ce phénomène, avec plus de vingt jours d'avancement en quarante ans

 

 

 

Plus l'année est chaude, plus la date des vendanges est précoce. Et l'année 2018 n'échappe pas à la tendance observée depuis plusieurs dizaines d'années : les vendanges ont commencé très tôt cette année dans certains vignobles. Comme le rapportent nos confrères de France 3 Grand Est et Hauts-de-France, elles ont déjà débuté dans certains vignobles alsaciens et en Champagne. Cette évolution de la date du lancement de la récolte viticole est directement liée au changement climatique, comme le rappelle le ministère de la Transition écologique et solidaire, pour qui "une évolution conduisant à une avancée de la date des vendanges est un marqueur efficace du réchauffement climatique, et de la réaction de la végétation".

 

 

Pour mieux visualiser cette tendance, nous avons représenté l'évolution de la date de début des vendanges depuis le début du XXe siècle dans cinq vignobles français : dans les Côtes du Rhône (appellations Châteauneuf du pape et Tavel), en Champagne, dans une propriété de l'appellation Saint-Emilion dans le Bordelais et dans des vignobles d'Alsace (Riesling).

 

 

 

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Une très nette tendance à la baisse (soit une avancée de la date des premières vendanges) sur la période analysée est visible sur les courbes de cet indicateur. Les dates de début de vendanges sont situées à peu près dans la deuxième quinzaine de septembre (260e jour de l'année) au début de la période et dans la deuxième quinzaine d'août (240e jour de l'année) ces dernières années. En moyenne, les vendanges ont lieu 15 jours plus tôt qu'il y a 40 ans.

 

 

Un degré en plus tous les dix ans dans le Sud

 

Cet avancement a un impact très concret sur la production vinicole car il se traduit par une hausse du taux de sucre dans les baies de raisin, donc par une hausse du degré d'alcool. Selon Patrick Bertuzzi, directeur de l'unité Agroclim à l'Inra, cette hausse est de l'ordre "d'un degré tous les dix ans dans les vignobles du sud du pays, et d'environ 0,5 ou 0,7 degré dans ceux du Nord".

 

 

D'autres paramètres que le réchauffement climatique peuvent peser sur la date de début des vendanges, comme l'évolution des cépages et de leur génétique, des pratiques culturales, de la fertilité des sols et bien entendu du goût des consommateurs. L'influence potentielle de ces autres paramètres n'est pas documentée mais, selon l'Observatoire national de la biodiversité, les experts sont d'accord sur le fait que l'évolution du climat est le facteur principal qui explique la variation de la date des vendanges.

 

 

Ce phénomène est loin de ne concerner que la vigne. Tous les êtres vivants dont l'activité dépend des saisons subissent ces changements, que ce soit des espèces végétales, des insectes ou des mammifères. Patrick Bertuzzi souligne d'ailleurs auprès de franceinfo que la "phénologie [l'étude du rythme de vie des végétaux d'année en année] est le premier marqueur du changement climatique".

 


04/09/2018
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Franceinfo - le jeudi 30 août 2018

 

 

RECIT. "C'est chiant du matin au soir" : Hulot au gouvernement, quinze mois de souffrance et de renoncements

 

 

Etre ministre, ça n'a d'intérêt que si vous avez le sentiment de faire avancer les choses", confiait Nicolas Hulot en décembre dernier sur France Inter. Ce sentiment a quitté le ministre de la Transition écologique et solidaire au cours des derniers mois et il a donc choisi d'annoncer sa démission, mardi 28 août.

 

 

Au cours des quinze derniers mois, l'ancien présentateur d'"Ushuaïa" s'est confronté à la rudesse du monde politique, à l'omniprésence des lobbys et à la réalité des arbitrages gouvernementaux. "Il était épuisé par ce travail", résume sur Europe 1 son ami Yann Arthus-Bertrand. "Etre en permanence en désaccord avec ses convictions profondes, et être tout le temps dans la discussion et le combat, c'est épuisant." Franceinfo revient sur le long chemin de croix de Nicolas Hulot.

 

 

 

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 Nicolas Hulot lors de sa passation avec Ségolène Royal au Ministère de l'Ecologie, le 17 mai 2017.  (GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP)

 

 

Jusqu'ici tout va bien

 

 

Sous un soleil radieux, c’est un Nicolas Hulot tout sourire qui s’élance sur le tapis vert du ministère de l’Ecologie, boulevard Saint-Germain, pour la traditionnelle passation de pouvoirs, ce 17 mai 2017. Ségolène Royal, la ministre sortante, l’accueille la mine réjouie. Les échanges d’amabilités se succèdent. L’ancien animateur rend un hommage appuyé à celle qu’il qualifie de "dame courage" : "Vous avez mené des combats difficiles. Vous avez été une ministre exceptionnelle car vous avez compris le combat que nous défendons, cette cause magnifique, qui nous dépasse."

 

 

La cérémonie vient ponctuer l’un des plus beaux coups politiques d’Emmanuel Macron en ce début de mandat. Après avoir décliné trois fois le poste, sous Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy puis François Hollande, la star des écologistes a accepté. Son entrée au gouvernement était pourtant loin d’être acquise. "Il aura fallu plusieurs rencontres et un tête-à-tête de deux heures au quartier général d'En marche ! pour que Nicolas Hulot se laisse convaincre", relate Europe 1 au lendemain de sa nomination.

 

 

Le militant écologiste émettait notamment des doutes sur la "conception du libéralisme" d'Emmanuel Macron. Mais Nicolas Hulot aurait été séduit par l’immense périmètre de son ministère, qui inclut l’énergie. Dès l’annonce de sa nomination, cette "prise de guerre" est amplement saluée. "Je me dis qu'il est fait pour le poste, car je pense que c'est la personne la plus emblématique possible pour lancer l'écologie dans ce quinquennat", se souvient le député LREM Matthieu Orphelin, l'un de ses plus fervents soutiens. Certains écologistes restent tout de même sur leurs gardes, à l’image de Cécile Duflot, craignant qu’il ne serve de "trophée" à Emmanuel Macron.

 

 

 

J’ai cru en Nicolas Hulot, dont je connais les qualités et la compétence. Sa notoriété pouvait nous laisser espérer qu’il s’engouffre dans quelques brèches pour réorienter la politique.

Noël Mamère, ancien député EELV

 

 

 

Pour le moment, celui qui s’est vu confier l'un des trois seuls ministères d'Etat se concentre sur les chantiers qui l’attendent : réduction de la part du nucléaire, redéfinition des perturbateurs endocriniens au niveau européen, mais aussi lancement des états généraux de l’alimentation, l’un des totems de l’ancien présentateur télé. Sans oublier le plus explosif : le lancement de la médiation autour de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, sur lequel il ne fait pas mystère de son hostilité.

 

 

Dès la rentrée, le nouveau ministre suscite beaucoup d’enthousiasme avec l’annonce du plan climat, doté d’une série de mesures fortes. A Libération, il explique notamment vouloir mettre fin à la vente de voitures diesel et essence à l’horizon 2040 grâce à la prime à la conversion, mais aussi généraliser le chèque énergie à 4 millions de foyers modestes.

 

 

Avec le One Planet Summit, rendez-vous mondial organisé le 12 décembre 2017 à l’initiative d’Emmanuel Macron, Nicolas Hulot plaide la fin de toute subvention au secteur des énergies fossiles. Devant un parterre de chefs d’Etat, le ministre étrille ce "modèle énergétique" qui "participe au déséquilibre climatique". Mais, cachés derrière ces victoires encourageantes, les premiers revers apparaissent rapidement.

 

 

Le temps des renoncements

 

Il est un peu plus de 14 heures, ce mardi 7 novembre, quand Nicolas Hulot s'avance à l'issue du Conseil des ministres vers le petit pupitre prévu pour la conférence de presse. Escorté par le porte-parole du gouvernement, Christophe Castaner, et par ses deux secrétaires d'Etat, Brune Poirson et Sébastien Lecornu, il prend une grande inspiration avant d'annoncer avec fracas l'abandon de l'objectif de réduction d'ici 2025 de la part du nucléaire dans la production d'électricité à 50%.

 

 

"Il sera difficile de tenir ce calendrier de 2025, sauf à relancer la production d’électricité à base d’énergies fossiles", explique le n°3 du gouvernement, qui évoque désormais "l'échéance de 2030 ou 2035". La déclaration a l'effet d'une petite bombe dans la famille écologiste. "Ce jour-là, j’ai parfaitement compris : c’était la preuve évidente que Hulot était là pour faire tapisserie et qu’on lui faisait tenir le mauvais rôle", se souvient Noël Mamère. "L’impression qu’on a eue, c’est qu’il assistait au recul du gouvernement sans avoir de moyens de s’y opposer", ajoute Charlotte Mijeon, porte-parole du réseau Sortir du nucléaire.

 

 

Il voulait un plan extrêmement ambitieux d’alternative au nucléaire, mais il n’y avait pas suffisamment de moyens.

Joël Labbé, sénateur EELV.

 

 

Perturbateurs endocriniens, glyphosate, accord de libre-échange entre l'Union européenne et le Canada… Au fil des mois, Nicolas Hulot perd des arbitrages et se retrouve contraint d'assumer publiquement les retards et petits renoncements. "Pour moi, l’un des dossiers qui lui a causé le plus de tort est celui des états généraux de l'alimentation. C’était son idée, il en a été écarté au profit du ministre de l’Agriculture et les résultats n’avaient rien à voir avec ce qu’il espérait. C'était un camouflet pour lui", rappelle Joël Labbé. Vexé, le ministre de la Transition écologique boude la clôture de ces états généraux. "Ce n’est pas un psychodrame, je considère que les conclusions ne sont pas à la hauteur (...). Je ne vais donc pas aller faire le beau ou aller dire dans un micro que le compte n’y est pas", explique-t-il alors au Monde.

 

 

"Il a aussi gagné beaucoup d'arbitrages. Il peut être fier de ce qu'il a fait, de son bilan, même s'il faut encore faire plus", estime de son côté Matthieu Orphelin, le plus hulotiste des députés LREM. Les écologistes reconnaissent des avancées, mais la moindre victoire demandait beaucoup d'énergie à Nicolas Hulot. Il a notamment passé beaucoup de temps à ferrailler avec le ministre de l'Agriculture, Stéphane Travert. Tout oppose les deux hommes, comme le détaille Marianne. Dès les premières semaines, le dossier des néonicotinoïdes, ces pesticides tueurs d'abeilles, va envenimer leurs relations.

 

 

Le ministre de la Transition écologique sort finalement vainqueur de ce bras de fer grâce à un arbitrage de Matignon. Mais cela n'a pas toujours été le cas, loin s'en faut, comme le rappelle Joël Labbé : "Il aurait voulu sentir l'existence d'un projet global et ne pas avoir le sentiment qu’on lui octroyait des arbitrages par-ci, par-là : 'sur les perturbateurs je donne à l’un, sur le glyphosate à l’autre'." 

 

 

Semaine après semaine, Nicolas Hulot ne parvient pas à convaincre ses collègues du gouvernement de l'urgence d'un changement de modèle. "Il essayait à chaque fois de nous montrer les petits pas qu’il avait réussi à faire, mais on voyait bien que pour lui, c’était une souffrance de ne pas pouvoir faire partager à l’ensemble du gouvernement ces grands enjeux", raconte Alain Chabrolle, vice-président de France nature environnement. Le ministre se retrouve de plus en plus isolé au sein de l'équipe gouvernementale et ne cache plus son mal-être.

 

 

Un impulsif qui fonctionne à l'instinct

 

Aux alentours du ministère de la Transition écologique, les kiosques parisiens affichent, vendredi 9 février, la couverture du nouveau magazine Ebdo. Sur un fond jaune se dessine un inquiétant profil noir et des lettres blanches annoncent sans détour : "L'affaire Nicolas Hulot." Contre l'avis de ses proches, le ministre a bien tenté de devancer cette publication en évoquant sur BFMTV des rumeurs qu'il qualifie d'"ignominieuses". L'enquête d'Ebdo porte sur un cas de harcèlement sexuel et une plainte pour viol déposée en 2008 et classée sans suite.

 

 

Heureusement pour Nicolas Hulot, la publication de l'hebdomadaire se retrouve sous le feu des critiques, et il peut compter sur le soutien de l'Elysée et de Matignon. Reste que le soupçon et le bruit médiatique le fragilisent. En colère, il part s'enfermer pour le week-end avec sa famille à Saint-Lunaire, en Bretagne. Il confie les affaires courantes à ses secrétaires d'Etat et coupe ses lignes de téléphone portable, détaille Le JDD. Il organise ainsi sa défense à distance.

 

 

"Ce besoin de s'isoler me paraît logique à ce moment-là", commente le député LREM Matthieu Orphelin. Pour autant, l'impulsivité de Nicolas Hulot interroge au sein même de son ministère. Dans un article du Parisien, des conseillers s'épanchent, sous couvert d'anonymat, sur le dilettantisme du ministre. "Un ministère ne peut pas fonctionner avec un chef qui part dès le vendredi midi chez lui à Saint-Malo et ne revient de son week-end que le lundi matin", pique un conseiller. "C'est quelqu'un de très libre dans sa façon d'être, ce n'est pas un ministre comme les autres. Il ne va pas sacrifier deux week-ends d'affilée ou enchaîner dix réunions", confirme à franceinfo un ancien directeur de cabinet sous Hollande qui a gardé ses entrées dans les ministères.

 

 

 

Il a sous-estimé le travail, il n’a pas mis à fond les mains dans le cambouis.

Un collaborateur de Nicolas Hulot, dans "Le Parisien".

 

 

"Je pense que ces déclarations ne reflètent en rien la qualité du travail qu'il a mené avec ses conseillers. Regardez, il a été là tout l'été, il s'est juste absenté quelques jours. Ce sont des racontars colportés par des jaloux", répond Matthieu Orphelin sans masquer son agacement. "Dans son cabinet, ça se passait très bien : les relations humaines étaient très faciles", confirme son ami Pascal Durand. Mais l'eurodéputé écologiste reconnaît que le ministre Hulot avait parfois besoin de s'isoler : "Il écoute beaucoup les autres mais a tendance à être assez autonome dans sa prise de décision, il est moins dans une démarche collective."

 

 

 

Cela fait très longtemps qu’il est seul, c’est aussi sa personnalité. C’est un solitaire, comme le commandant Cousteau.

Pascal Durand, député européen EELV

 

 

"C'est sans doute un homme politique à part, avec un profil atypique. Il n'était pas programmé pour ça, mais il a fait le job de bonne grâce", ajoute Matthieu Orphelin. "Il n’avait peut-être pas les codes politiques, poursuit Pascal Durand. Il ne se sentait pas à l’aise dans son rôle de ministre à cause des jeux politiciens." A la tête de son ministère, Nicolas Hulot fonctionne à l'instinct. Ainsi, il n'hésite pas à appeler les journalistes pour confier ses doutes et ses colères, comme le prouve son appel à Libération révélé après sa démission. "Il parle si librement que cela en devient presque gênant", raconte le quotidien.

 

 

 

Ça me fait chier, ils n'ont toujours pas compris l'essentiel. Le problème, c'est le modèle.

Nicolas Hulot à "Libération"

 

 

Franceinfo a également été surpris lors de la passe d'armes qui s'est déroulée au cœur de l'été entre Nicolas Hulot et Brigitte Bardot. Alors que l'entourage du ministre répond à l'AFP qu'il ne commentera pas les déclarations "injurieuses" de l'actrice, le numéro 3 du gouvernement répond à notre appel pendant ses vacances en Corse. Il s'en prend avec dureté à la militante de la cause animale, expliquant qu'il ne "supporte plus les démagos de tout poil". L'anecdote fait sourire Matthieu Orphelin : "Oui, ça c'est Nicolas. Quand il est attaqué, il a envie de répondre, même s'il ne devrait pas toujours…"

 

 

La démission permanente

 

 

Il y a une chose que je sais mal faire, c'est mentir, et surtout mentir à moi-même." Sur le plateau de BFMTV, mercredi 16 mai, Nicolas Hulot affiche une honnêteté déconcertante qui sonne presque comme une démission avant l’heure. Face à Jean-Jacques Bourdin, il assume avoir des doutes sur son action au gouvernement. "Cet été, on aura avec le Premier ministre un moment de vérité, on tracera des perspectives, et on prendra ensemble des décisions sur l'avenir", prévient-il.

 

 

C’est la première fois, après un an aux responsabilités, qu’il menace publiquement de claquer la porte. Mais au sein du gouvernement, voilà plusieurs mois qu’il laisse planer cette éventualité. "Dès le début, dès la première rencontre avec lui, il semblait considérer ça comme un job d’été, on sentait qu’il avait dit oui mais que cela n’allait pas durer longtemps", confie Jean-François Julliard, directeur général de Greenpeace.

"La question avec lui, ce n'est pas de savoir s'il va démissionner, mais quand il va démissionner !" confiait un cadre important de LREM à Marianne dès octobre 2017. A chaque dossier épineux, la question de son départ revient sur la table. "Ce n'étaient pas des chantages à la démission, mais pour que sa présence au gouvernement ait du sens, il fallait bien que ça avance", explique Matthieu Orphelin.

 

 

 

Emmanuel Macron lui a effectivement dit plusieurs fois qu'il avait besoin de lui, et il savait que le jour où il partirait serait une journée difficile.

Matthieu Orphelin, député LREM

 

 

Contrairement à la majorité de ses collègues au gouvernement, Nicolas Hulot sait que sa carrière ne dépend d’aucun parti et qu’il n’est pas suspendu aux bonnes grâces du chef de l’Etat. "Ce qui me donne de la force, c'est que je n'attends rien après. Je ne cherche pas à être Premier ministre, ni président", affirmait-il au Parisien en septembre 2017.

 

 

 

Face aux demandes de son ministre, Emmanuel Macron manie perpétuellement l’art du compromis et ne ménage pas ses efforts pour le conserver. "Le président sait qu'il faut le gérer un peu comme une star à certains moments", résume un poids lourd du gouvernement dans Les Echos. Il y a un an, Edouard Philippe s’était même déplacé à Saint-Lunaire, au domicile de Nicolas Hulot, "pour faire de la câlinothérapie avec son ministre qui montrait déjà des signes de fragilité", raconte un ministre au Parisien.

 

 

 

Mais le mal-être du leader écologiste semble irrémédiable. De studios de radio en plateaux télé, Nicolas Hulot le répète : être ministre, il n’aime pas ça. "Aucun plaisir d'être au pouvoir", lance-t-il sur RTL fin octobre. "C'est chiant du matin au soir", renchérit-il sur France Inter. "Heureux ? Ce n'est pas le sentiment qui domine", ajoute-t-il sur franceinfo. "Je le sentais un peu déprimé. Depuis le début, il disait 'c'est dur, c'est dur'", confie son ami Gérard Feldzer, spécialiste des questions aéronautiques. 

 

 

 

Nicolas Hulot a pourtant touché du doigt le sentiment de réussite lorsque le projet de Notre-Dame-des-Landes a été officiellement enterré, le 17 janvier. Un succès politique que certains ne lui attribuent pourtant pas directement. "Ce n’est pas une victoire de Hulot, c’est une victoire des zadistes", affirme Guillaume Garot, député PS de la Mayenne et ancien ministre délégué à l’Agroalimentaire. "C’était avant tout une question d’ordre public : le gouvernement pensait ne pas pouvoir faire face s’il avait maintenu le projet."

 

 

 

Mais une chose est sûre pour Gérard Feldzer, membre de la mission de médiation sur l'aéroport, cette décision a évité au ministre de subir un revers : "Je sais juste que si ça s'était passé autrement pour Notre-Dame-des-Landes, il aurait démissionné en janvier."

 

 

 

La fin des illusions

 

Dans un salon de l'Elysée, Nicolas Hulot attend le chef de l’Etat, lundi 27 août dans l'après-midi, pour évoquer la réforme de la chasse. Il est accompagné par son secrétaire d’Etat, Sébastien Lecornu, et par le président de la Fédération nationale des chasseurs (FNC), Willy Schraen. Arrive un invité que le ministre ne souhaite pas voir : Thierry Coste, ancien agriculteur, et lobbyiste en chef de la FNC. "Je [lui] ai dit frontalement qu'il n'avait rien à faire là", raconte Nicolas Hulot sur France Inter le lendemain. Pour lui, c'est "symptomatique de la présence des lobbys dans les cercles du pouvoir".

 

 

Depuis son arrivée au gouvernement, le militant écologiste subit les assauts répétés des groupes de pression de toutes sortes. "Leur influence a énormément pesé sur ses épaules. lls sont présents dans tous les ministères. Hulot expliquait souvent combien c’était compliqué de mener une politique environnementaliste à cause de leur omniprésence", se désole le sénateur EELV Joël Labbé. Comme de nombreux ministres avant lui, Nicolas Hulot n'est pas parvenu à réguler le poids de ces lobbys dans la prise de décision finale. Symbole de cet échec : l’implantation de la bioraffinerie Total dans les Bouches-du-Rhône, bien qu'elle importe 300 000 tonnes d’huile de palme par an.

 

 

 

C’était David contre Goliath : il n’a rien pu faire contre la puissance des lobbys. Leur couvert est mis à l’Elysée.

Noël Mamère

 

 

"On constate même que ce gouvernement, c'est les lobbys, avec notamment Edouard Philippe, ancien lobbyiste chez Areva", rappelle Julien Bayou, porte-parole d'EELV. De nombreux écologistes pointent également le rôle du ministre de l'Agriculture, Stéphane Travert, souvent au bras de fer face à Nicolas Hulot, comme sur le dossier des néonicotinoïdes. "Tout le monde sait que Travert défend les intérêts de la FNSEA et de l’industrie agroalimentaire. Devant l’Assemblée, il a osé dire qu’il y avait des controverses scientifiques sur les néonicotinoïdes. C’est un représentant assumé de Monsanto", attaque l'eurodéputé Pascal Durand.

 

 

 

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Nicolas Hulot quitte le palais de l'Elysée, le 23 mai 2018 à Paris. (LUDOVIC MARIN / AFP)

 

 

 

Les lobbys ont finalement eu raison de Nicolas Hulot, qui a jeté l'éponge. "Il est parfois totalement naïf. Il n’a pas mesuré la difficulté d’affronter des groupes de pression ni la nécessité de créer des rapports de force, estime Pascal Durand. Il ne suffit pas de dire le bien pour que le bien arrive." Matthieu Orphelin reconnaît qu'il y a sans doute "d'autres méthodes de fonctionnement à inventer", mais qu'il est "facile de refaire le match après coup". Le député LREM espère désormais que la démission de Nicolas Hulot va permettre au pays de se ressaisir en matière de défense de l'environnement : "Il faut réagir, il faut que cela nous serve d'électrochoc."        

 

                                      

                                                    
 Récit : Clément Parrot, Thomas Baïetto, Juliette Campion

 


04/09/2018
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Franceinfo - le mardi 28 août 2018

 

 

Glyphosate, nucléaire, perturbateurs endocriniens… Les multiples couleuvres avalées par Nicolas Hulot au gouvernement

 

 

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Il espérait que l'interdiction du glyphosate sous trois ans soit gravée dans la loi, défendait la baisse de la part du nucléaire à 50% d'ici 2025... Nicolas Hulot a renoncé à plusieurs de ses combats pendant son passage au gouvernement. Tour d'horizon

 

 

 

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Nicolas Hulot a renoncé à plusieurs de ses convictions pendant son année passée au gouvernement.  (JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP)

 

 

 

C'était devenu un sujet d'interrogation récurrent : Nicolas Hulot allait-il rester ministre ? Il a finalement annoncé sa démission, mardi 28 août, au micro de France Inter, devant des journalistes plus que surpris, après une année marquée par plusieurs batailles perdues pour le militant écologiste. Ou, comme dirait le ministre, "une accumulation de déceptions" qui ont fait de ces derniers mois "une souffrance" pour lui, qui s'est surpris "par lassitude" à parfois "baisser les bras".

 

 

Ces renoncements en série sur le nucléaire ou encore les pesticides ont mis en lumière l'isolement du ministre au sein de la majorité. Retour sur ces différents dossiers.

 

 

Le recul sur les perturbateurs endocriniens

 

Ce qui a été décidé. En juillet 2017, les membres de l'UE ont adopté une définition commune des perturbateurs endocriniens, ces substances qui peuvent interférer avec le système hormonal, présentes dans de nombreux produits de consommation courante. Selon la Commission européenne, les critères ainsi définis permettent d'identifier les perturbateurs endocriniens "avérés et présumés".

 

 

Ce qu'en disait Nicolas Hulot. Ces critères de définition ont été votés trois ans après la date initialement attendue. Sous François Hollande, Ségolène Royal avait jugé "inacceptable" la définition proposée par la Commission et dénonçait des garanties insuffisantes. Plusieurs associations étaient elles aussi hostiles à cette définition, estimant notamment qu'elle nécessiterait trop de preuves pour classer un produit comme perturbateur endocrinien.

 

 

Quelques jours avant de valider l'accord, Nicolas Hulot avait assuré sur RMC qu'il "ne céderait rien sur le sujet". "Quand je suis arrivé, la première chose que j'ai demandée, c'est le report de ce texte", avait-il affirmé, ajoutant : "Mon rôle, c'est d'aider à protéger les Français de ces empoisonnements."

 

 

"Nous n’avons pas gagné cette guerre, mais nous avons gagné une bataille", a estimé Nicolas Hulot après le scrutin, dans Libération. "Si nous avons voté le texte, qui se heurtait à un poids monstrueux des lobbys, c’est que nous avons ouvert une très grande brèche, qui ne se refermera pas et qui s’élargira dans le temps." Il a aussi souligné avoir obtenu l'inclusion des perturbateurs endocriniens présumés, et pas seulement avérés. Il a toutefois reconnu une insuffisance de l'accord, ajoutant que "le risque, si nous ne votions pas ce texte, était qu’un certain nombre de produits reste encore durablement sur le marché". 

 

 

Le recul des objectifs sur la baisse du nucléaire 

 

Ce qui a été décidé. En novembre 2017, à la sortie du Conseil des ministres, Nicolas Hulot l'annonce : il sera "difficile" de tenir l'engagement de ramener la part du nucléaire à 50% d'ici 2025 et le gouvernement préfère tabler sur 2030, "au plus tard" 2035. Une annonce justifiée à l'époque par une volonté de "réalisme et de sincérité", relevait Le Monde"Si on veut maintenir la date de 2025 pour ramener dans le mix énergétique le nucléaire à 50%, ça se fera au détriment de nos objectifs climatiques", avait déclaré le ministre. 

 

 

Ce qu'en disait Nicolas Hulot. Avant d'entrer au gouvernement, il était ferme sur le sujet. "Il faut sortir du nucléaire. Fukushima a achevé de me convaincre", affirmait-il en avril 2011 au Point. Une nouvelle fois, en 2015, en pleine polémique sur le retard pris dans la construction de l'EPR de Flamanville (Manche), il martelait à quel point lui importait que soit tenu l'objectif de ramener la part du nucléaire à 50% en 2025, comme prévu dans la loi de transition énergétique. Le revirement opéré par le ministre en 2017 a inspiré à l'écologiste Yannick Jadot cette raillerie : "Nicolas Hulot n'avale plus des couleuvres, mais des boas constricteurs."

 

 

Le vote européen sur le glyphosate  

 

Ce qui a été décidé. Toujours en novembre 2017, les pays de l'Union européenne ont voté le renouvellement pour cinq ans de l'autorisation du glyphosate, un herbicide classé comme "cancérigène probable" par l'Organisation mondiale de la santé (OMS). 

 

 

Ce qu'en disait Nicolas Hulot. Le ministre souhaitait prolonger l'autorisation pour trois ans, mais, dans un premier temps, le ministre de l'Agriculture, Stéphane Travert, avait tablé sur sept ans. Finalement, la France a voté contre une prolongation de cinq ans, mais, étant minoritaire, le renouvellement pour cinq ans a été adopté. "C’est une décision que je regrette car l’Europe avait ici les moyens de montrer qu’elle est synchronisée avec les attentes légitimes des citoyens sur l’utilisation de ce produit", a réagi Nicolas Hulot dans L'Obs, affirmant vouloir tout mettre en œuvre pour "développer des alternatives et, à partir de là, interdire le glyphosate, au plus tard dans trois ans". Déçu au niveau européen, le ministre s'est donc raccroché à l'échelon national, d'autant que l'interdiction sous trois ans était soutenue, à l'époque, par Emmanuel Macron.

 

 

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Le rejet d'un amendement interdisant le glyphosate en 2021 en France

 

Ce qui a été décidé. Un amendement à la loi sur l'équilibre dans le secteur agricole et alimentaire, qui proposait l'interdiction du glyphosate au 1er mai 2021, a été rejeté fin mai 2018. Il était porté par Matthieu Orphelin, député LREM proche de Nicolas Hulot, mais le gouvernement a émis un avis défavorable. 

 

 

Ce qu'en disait Nicolas Hulot. Il soutenait publiquement l'amendement. "C'est une décision à la fois des députés et du gouvernement", avait déclaré le ministre, qui  s'était alors dit "déçu". Selon Le JDD, voyant la défaite se profiler, il aurait préféré prolonger un séjour en Corse, prévu en même temps que le vote à l'Assemblée. Dans une interview au Parisien début août, il n'a pas suggéré d'avancer cette échéance, pointant du doigt les groupes de pression "qui ont pignon sur rue" et tiennent "parfois même la plume des amendements". 

 

 

L'attitude du gouvernement sur les pesticides a sans doute largement pesé dans sa démission, comme il l'a évoqué au micro de France Inter. "Est-ce que nous avons commencé à réduire l'usage des pesticides ? La réponse est non (...) Je ne veux plus me mentir. Je ne veux pas donner l'illusion que ma présence au gouvernement signifie qu'on est à la hauteur sur ces enjeux-là." 

 

 

L'entrée en vigueur du CETA 

 

Ce qui a été décidé. L'accord de libre-échange entre l'Union européenne et le Canada (Ceta) est entré en vigueur de façon provisoire et dans sa quasi-totalité le 21 septembre 2017. Il baisse les droits de douane pour doper les échanges commerciaux et a pour objectif d'aboutir à une convergence de certaines normes. 

 

 

Ce qu'en disait Nicolas Hulot. Lorsqu'il dirigeait encore sa fondation, celle-ci employait des mots très durs à l'encontre du Ceta, qualifiant le texte de "climaticide et antidémocratique". Ministre, Nicolas Hulot est plus mesuré, mais reste méfiant. "J'étais très inquiet, et je le suis toujours, sur des traités comme le Ceta. Ce sont des traités qui nous exposent au lieu de nous protéger", affirme-t-il sur Europe 1 en réaction à son adoption. 

 

 

Les conclusions des états généraux de l'alimentation 

 

Ce qui a été décidé. Après cinq mois de discussions, les états généraux de l'alimentation touchent à leur fin en décembre 2017. Des débats sur lesquels l'écologiste du gouvernement compte beaucoup. "J'espère qu’aujourd’hui est le début de quelque chose d’inattendu et de magnifique", a-t-il déclaré à leur ouverture. Dans son discours de clôture, Edouard Philippe annonce "un projet de loi au début de cette année pour garantir des conditions de marché justes, efficaces, saines". Parmi les mesures évoquées, on trouve la restriction des promotions, le plan pour le bio, la défense du bien-être animal ou encore la lutte contre le gaspillage alimentaire, résume Le Figaro.

 

 

 

Ce qu'en disait Nicolas Hulot. En décembre 2017, il boude la clôture des états généraux de l'alimentation, pilotés par Stéphane Travert. "Ce n’est pas un psychodrame, je considère que les conclusions ne sont pas à la hauteur de la qualité du travail extraordinaire et des propositions qui ont été faites dans les ateliers. Je ne vais donc pas aller faire le beau ou aller dire dans un micro que le compte n’y est pas", confie-t-il au Monde.

 

 

 

Les arbitrages rendus en faveur des chasseurs

 

 

Ce qui a été décidé. Les représentants des chasseurs ont à nouveau été reçus à l'Elysée, lundi 27 août. Ils ont obtenu plusieurs concessions, dont la réduction du prix du permis national de chasse, ainsi que la mise en place d'une gestion adaptative des espèces et d'une police rurale. 

 

 

Ce qu'en disait Nicolas Hulot. Selon BFMTV, le ministre est "très énervé" lors de cette réunion, "agacé" par les arbitrages rendus. C'est peut-être cette rencontre qui "a achevé de [le] convaincre" de démissionner, explique Nicolas Hulot sur France Inter. "J’ai découvert la présence d’un lobbyiste qui n’était pas invité à cette réunion. C’est symptomatique de la présence des lobbys dans les cercles du pouvoir. Il faut à un moment poser ce problème sur la table", martèle le ministre démissionnaire, qui tient toutefois à souligner que sa décision vient d'une "accumulation de déceptions".

 


30/08/2018
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Franceinfo - le mardi 28 août 2018

 

 

L'été 2018 est le deuxième le plus chaud enregistré par Météo France, derrière celui de 2003

 

 

En moyenne sur la saison et sur la France, la température a été supérieure à la normale de près de 2 °C

 

 

 

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Une rivière à sec, à Louplande (Sarthe), le 22 août 2018. (JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP)

 

 

L'été 2018 se classe au deuxième rang des étés les plus chauds en France, derrière celui de 2003, annonce Météo France mardi 28 août. "En moyenne sur la saison et sur la France, la température a été supérieure à la normale, de près de 2 °C, (...) loin derrière 2003 (plus 3,2 °C)", précise l'agence de météorologie, en comparant avec les mesures depuis 1959. Ces mesures concernent l'été météorologique, soit la période allant du 1er juin au 31 août.

 

 

Cet été a également été marqué "par une vague de chaleur qui a concerné l'ensemble du pays du 24 juillet au 8 août". "Malgré quelques rafraîchissements ponctuels principalement en juin et en août, les températures sont généralement restées supérieures aux normales, notamment sur un large quart nord-est où elles ont souvent été 2 à 3 °C au-dessus des normales", indique Météo France.

 

 

Une pluviométrie "légèrement déficitaire"

 

De la région parisienne aux Hauts-de-France, "l'écart à la [température] normale en 2018 a été plus proche de celui de 2003, avec seulement quelques dixièmes de degrés d’écart". "On a relevé plus de 30 °C durant 26 jours à Paris-Montsouris cet été et durant 21 jours en 2003, détaille Météo France. De même à Lille-Lesquin (Nord), les maximales ont dépassé 30 °C durant 15 jours cet été et 11 jours en 2003."

 

 

En termes de précipitations, le bilan est plus "contrasté""Les précipitations de cet été ont été excédentaires sur l'est de la Bretagne et les Pays de la Loire, le sud de l'Aquitaine et de Midi-Pyrénées ainsi que sur les régions méditerranéennes, explique l'agence de météorologie. Elles ont en revanche été déficitaires des côtes normandes aux frontières du Nord et du Nord-Est ainsi que sur le centre du pays." "En moyenne, sur la France et sur la saison, la pluviométrie est à ce jour légèrement déficitaire", conclut Météo France.

 


30/08/2018
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Franceinfo - le dimanche 19 août 2018

 

 

"Il y a le feu et il faut l'éteindre" : Pierre Rabhi condamne ceux qui "se foutent de l'avenir de l'humanité"

 

 

Pierre Rabhi est plus remonté que jamais contre le saccage de l’environnement par la société de consommation à outrance. "Il y a le feu et il faut l’éteindre", dit-il. Sobriété et modération sont ses maîtres mots. Extrait du magazine "13h15 le dimanche"

 

 

 

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Le paysan, écrivain, philosophe et poète Pierre Rabhi, 80 ans, a largement atteint l’âge d’une retraite bien méritée. Il n’arrête pourtant pas et reçoit 600 demandes de participation à des conférences chaque année ! Ce jour-là, il se rend dans un lieu de formation qu’il a ouvert avec des amis en Ardèche. On y apprend notamment à faire pousser de bons légumes en respectant la terre nourricière.

 

 

"Ce n’est pas seulement un lieu d’apprentissage, c’est aussi une philosophie, explique le paysan le plus célèbre de France et pionnier de l'agriculture bio au magazine "13h15 le dimanche" (replay). Nous pensons maintenant qu'il faut que les citoyens se réapproprient leur capacité de survie. On a des gens hors sol, concentrés dans des villes, avec des camions qui leur apportent à manger", précise l’auteur de Vers la sobriété heureuse (Actes Sud) et de La Puissance de la modération (Hozhoni).

 

 

"On est en train de leur faire un monde invivable"

 

"Pour moi, cultiver son jardin, c’est un acte politique. C’est un acte de résistance légitime à des systèmes qui confisquent toute possibilité au citoyen de survivre par lui-même, pour le rendre entièrement dépendant. Et la disparition de la biodiversité est devenue une problématique extrêmement grave. Ah, je me demande parfois pourquoi je m’emmerde avec tout ça. Et pourquoi je ne passe pas une retraite tranquille..." s’interroge-t-il en souriant.

 

 

Alors, pourquoi n’arrête-t-il pas un peu ? "Eh bien parce que je ne peux pas. Si je ne le fais pas, je ne dormirais pas bien. C’est comme s’il y avait le feu et qu’on dise n’en avoir rien à foutre. Il y a le feu et il faut l'éteindre. C’est un devoir. Vous avez des enfants ? On est en train de leur faire un monde invivable. Tous ces salopards de gens qui n’ont d’autre préoccupation que de faire du profit… Ils se foutent littéralement de l’avenir de l’humanité. Non, on ne peut pas... Là, on est obligé de prendre le maquis. On ne peut pas faire autrement !" affirme Pierre Rabhi dans son éternelle chemise à carreaux.

 


24/08/2018
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Franceinfo - le jeudi 16 août 2018

 

 

RECIT FRANCEINFO. Nous sommes le 16 août 2050 et voici à quoi ressemble la canicule dans l'Hexagone

 

 

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Cet été 2018, il a fait 40,2 °C à Nîmes (Gard), 37,6 °C à Lille (Nord), 39,1 °C à Leucate (Aude), 37,5 °C à Paris. La canicule a fait suffoquer l'Hexagone, entre fin juillet et début août. Il va falloir s'y habituer : d'ici trente ans, les températures moyennes estivales vont augmenter de 0,6 à 1,3 °C, selon le rapport Jouzel sur le climat futur en France. Et les vagues de chaleur seront plus fréquentes et plus longues.

 

 

Quelles seront les conséquences de ces épisodes de canicule ? Comment nous adapterons-nous à ces étés étouffants ? Franceinfo imagine à quoi ressemblera une journée de canicule en août 2050. Une "fiction spéculative" fondée sur des études scientifiques, notamment les travaux de Météo France et de l'Observatoire national des effets du réchauffement climatique (Onerc). Cette journée caniculaire et imaginaire pourrait aussi être différente. Les politiques publiques, l'évolution des comportements individuels et les éventuels accords internationaux écriront peut-être un autre scénario pour ce 16 août 2050.

 

Marie-Violette Bernard et Camille Caldini

 

 

"Ça me rappelle Madrid en 2018"

 

Six heures et demie, Paris, 18e arrondissement, 27 °C. La pâle lumière de l'aube réveille tout juste une capitale verdoyante. La montre connectée de Chloé affiche un petit triangle orange : "alerte canicule dans 60 départements". "Cet épisode de fortes chaleurs touche à sa fin", a assuré la présentatrice météo, hier soir. "J'espère bien, ça fait trois jours qu'elle me fait des promesses", marmonne la jeune femme. À 6h45, elle ouvre en grand les fenêtres et volets de son deux pièces, en quête d'un petit courant d'air. Dans son salon, il fait toujours 25 °C au petit matin. C'est mieux que chez sa copine Melody, qui lui envoie chaque matin une photo du vieux thermomètre de sa cuisine : entre 30 et 31 °C à 7 heures. Son immeuble des années 1980, toujours pas rénové, est une étuve.

 

 

Chloé a le privilège d'habiter dans un immeuble de 2046 : "bas carbone", "énergie positive"... Elle ne comprend pas tous ces trucs écolos. Son immeuble est aussi raccordé au réseau de froid urbain, un système qui fait circuler de l'eau glacée à 5 °C dans le bâtiment pour le rafraîchir. Plus besoin de supporter le bourdonnement du climatiseur. Mais ce qu'elle préfère, c'est vivre entourée de plantes grasses, mousses, arbustes... Il y a même des potagers verticaux sur certaines façades et toute cette végétation lui fait gagner quelques degrés bienvenus en été. Chloé referme quand même ses volets et se prépare à aller à la piscine.

 

 

7h54, Corbeil-Essonnes (Essonne), 28 °C. Gabriel est en retard au travail. Ses clés de maison à la main, il se demande comment y aller. Il avait récupéré la petite citadine hybride de sa mère exprès pour rejoindre son magasin de jeux vidéo, près de la place de la République, en 55 minutes. Depuis que les véhicules essence et diesel n'ont plus le droit de circuler dans la ville, il trouve que "ça roule mieux".

 

 

Mais la chasse aux voitures entamée par la ville de Paris en 2015 est loin d'être terminée. "Une journée sans voiture, ça allait encore, grogne-t-il. Maintenant, il y a des pistes cyclables partout, des zones piétonnes et la vitesse est limitée à 30 km/h dans la plupart des rues..." liste Gabriel à haute voix. "Même les véhicules hybrides ne sont plus les bienvenus", râle ce passionné d'automobile. S'il y a un nouveau pic de pollution à l'ozone, il y aura sûrement encore des restrictions de circulation. "À tous les coups, je vais devoir me garer à Porte de Charenton et finir en métro", soupire-t-il. Autant prendre le RER puis un bus.

 

 

 

Au moins, il y a la clim' dans tous les transports en commun maintenant.

Gabriel

 

 

8h45, La Rochelle (Charente-Maritime), 23 °C. Sophia et Javi font leur marché dans la halle couverte du centre-ville de La Rochelle, où Javi peut rester 30 minutes devant chaque étal. "J'aime bien savoir ce que je mange", se défend-il. Surtout, il ne comprend plus rien aux saisons. "Il y a du melon dès la fin mai, c'est super, mais en même temps il faut se battre pour trouver trois abricots en juillet", regrette cet ancien commerçant. Les agriculteurs français ont avancé les périodes de semences et de récoltes. Mais la sécheresse et les intempéries n'ont pas épargné la profession. Dans le sud de la France, il y a de moins en moins de vergers. Les parents de Javi, agriculteurs en Corrèze, ont dû abandonner avant l'heure de la retraite leur exploitation et leur cheptel de vaches laitières, dans les années 2030.

 

 

"Tu manges moins, mais tu manges bien !" rappelle Sophia, en lui tendant des courgettes. Depuis quelques années, la plupart des étals n'affichent plus la mention "bio" pour se démarquer des autres : c'est devenu la norme. En France, l'agriculture conventionnelle a presque disparu. Une agriculture "intégrée" a trouvé sa place dans les champs : moins de pesticides chimiques, moins de travail du sol et des cultures plus diversifiées, afin de respecter l'environnement. Même les producteurs réticents y sont venus. Fini les hectares de maïs à perte de vue, place au sorgho, originaire d'Ethiopie, qui demande 40% d'eau en moins et pousse très bien dans le Sud-Ouest. Javi peut même en utiliser la farine dans ses pâtisseries.

 

 

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Un champ de sorgho avant la récolte. (CLAUDIUS THIRIET / BIOSPHOTO / AFP)

 

 

10h57, Lyon, 36 °C. Marcus pose sa soudeuse, retire ses gants et relève son masque. La peau de sa nuque le brûle et l'eau de sa gourde réfrigérante est déjà tiède. "Allez gamin, fais pas de zèle ! Rentre chez toi et reviens demain à 5h30", lui lance son chef de chantier. Marcus, 22 ans, vient de trouver ce travail, alors il veut se faire bien voir. "Si le soleil t'assomme, je fais comment, moi ?" insiste son chef. Canicule oblige, les horaires de travail en extérieur ont été aménagés. Marcus embauche à 5h30 et s'active sur le chantier jusqu'à 10h30, 11 heures tout au plus. Ses collègues qui peuvent travailler à l'ombre restent jusqu'à midi. Mais il n'y a plus aucune équipe d'après-midi, "jusqu'à nouvel ordre".

 

 

Pour rentrer retrouver sa copine, dans le quartier de la Guillotière, Marcus emprunte un des "itinéraires fraîcheurs" de Lyon. Cela rallonge un peu son trajet, mais c'est devenu une habitude. Il y a de l'ombre tout le long, pas trop de circulation et même des zones humides, dans le parc Blandan, où il fait un peu meilleur. "Ça me rappelle Madrid en 2018", radote le père de Marcus. "J'ose même pas imaginer Madrid en ce moment", se dit le jeune homme. Cet été 2050, dans la capitale espagnole, le mercure a atteint 45 °C tous les après-midi, pendant dix jours.

 

 

 

"La plage au mois d'août, mais tu es fou !"

 

 

Midi, Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme), 40 °C. Lou cherche une position plus confortable sur sa chaise en plastique. Courbatures, grosse fièvre, nuque raide... En se réveillant ce matin, elle n'était pas très en forme. "Ce n'est peut-être qu'une petite grippe ou un rhume à cause de la climatisation", envisage la quinquagénaire. Mais elle ne peut pas s'empêcher de penser à la dengue. Autrefois, on attrapait cette maladie transmise par les moustiques en Guyane ou en Guadeloupe. La dengue est réapparue dans les villes méditerranéennes depuis une vingtaine d'années, comme le redoutait l'Onerc dès 2007. Et même en Auvergne, on n'en est désormais plus à l'abri.

 

 

C'est ce qui a poussé Lou à faire 20 km pour venir aux urgences de Clermont-Ferrand. Son généraliste, parti à la retraite il y a quinze ans, n'a jamais été remplacé. "Heureusement, la dengue se soigne bien", se rassure l'employée d'un petit pressing. L'entrée d'un jeune homme à l'air paniqué interrompt le fil de ses pensées. "J'ai reçu un appel. Ma femme a été transportée ici, explique-t-il à une infirmière. Apparemment, elle a fait un malaise pendant son jogging." Lou n'en revient pas. "Qui va courir avec cette chaleur ?" s'interroge-t-elle.

 

 

 

 

Il fait déjà 40 °C dehors, tout le monde sait que c'est inconscient !

Lou

 

 

 

Les 20 000 morts dues à la canicule de 2003 ont marqué les esprits. Quarante-sept ans plus tard, les Français se sont adaptés et le système de santé aussi. Un médecin emmène le trentenaire à l'écart. À côté de Lou, un enfant ne cesse d'éternuer. "Encore un qui est irrité par le pollen."  L'OMS l'annonçait dès 2015 : 50% de la population mondiale est aujourd'hui affectée par au moins une allergie.

 

 

 

13h08, Roscoff (Finistère), 26 °C. Noé prépare son déjeuner en écoutant d'une oreille distraite une chaîne d'information. "Cet après-midi, les températures vont encore dépasser les 40 °C dans le Sud-Est, annonce le journaliste. La canicule a déjà fait douze morts depuis le début du mois d'août." La situation est bien plus grave dans d'autres régions du monde. Aux Etats-Unis, des milliers de pompiers californiens luttent cette année encore contre une vingtaine d'incendies. La Suède connaît l'une de ses pires sécheresses depuis 2018. En Inde, plusieurs centaines de personnes sont mortes en quinze jours à cause de la canicule. "Dans les régions tropicales, l'humidité est telle que le corps ne parvient plus à réguler sa température par la transpiration", explique un spécialiste à la télévision.

 

 

 

Heureusement, à Roscoff, la chaleur reste supportable. Pour Noé, le seul problème est qu'il est désormais plus difficile de profiter de la mer. Depuis le début du siècle, le niveau des océans augmente de 3,2 mm par an en moyenne. "Cela fait 15 cm de plus en cinquante ans, calcule le jeune Breton. Pas étonnant qu'il ne reste presque plus un carré de sable où poser sa serviette à marée haute..."

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Les températures moyennes vont connaître une hausse de 0,6°C à 1,3°C d'ici 2050, en particulier dans le Sud-Est. (BENOIST SIMMAT / AURELIE BOISSIERE / EDITIONS AUTREMENT)

 

 

15h19, Montpellier (Hérault), 41 °C. "La clim', c'est bien, mais je préférerais un bon bain de mer." Assis dans le bureau qu'il partage avec deux collègues, Mohamed rêve de vagues et de sable fin. "Aller à la plage en plein mois d'août, mais tu es fou !" rétorque Léa. Mohamed doit admettre qu'elle a raison. Les plages de Méditerranée sont prises d'assaut en mai ou en septembre. Quand la chaleur est moins écrasante.

 

 

Même avec des températures plus clémentes, Mohamed n'est pas certain qu'il pourrait mettre un orteil dans l'eau. Les signalements de méduses se multiplient. Des raies pastenagues violettes, au dard venimeux, se rapprochent elles aussi des côtes pour mettre bas dans une eau plus chaude. La faune du nord de la Méditerranée a bien changé : le réchauffement et l'acidification des mers fait souffrir les moules et les gorgones, alors que les mérous et les barracudas pullulent. Mohamed oublie ses idées de farniente. Léa tente de lui arracher un sourire.

 

 

 

De toute façon, avec de l'eau à 29 °C, on ne peut pas dire que la baignade aurait été rafraîchissante !

 

 

16h36, Soumoulou (Pyrénées-Atlantiques), 39 °C. Ludivine observe son jardin à travers la fenêtre. Comme partout à Soumoulou, l'herbe est desséchée. Les pieds de tomates qu'elle a plantés au printemps sont rabougris, brûlés par le soleil. Depuis les années 2030, les sécheresses sont devenues plus fréquentes et les restrictions d'eau plus contraignantes. "Il n'est plus du tout 'green', le golf d'à côté", s'amuse Ludivine, en regardant par-delà sa haie de thuyas grillés. Elle hésite à arroser son potager qui dépérit, malgré l'interdiction, avant de se raviser. "J'entends déjà le maire : 'la consommation d'eau doit se limiter aux usages essentiels'."

 

 

Ludivine, 76 ans, a également dû dire adieu aux baignades dans sa piscine. Son mari l'avait fait creuser en 2018 et avait même planté un petit palmier. Mais les particuliers n'ont plus le droit de remplir leurs bassins. "Pas assez écologique", selon la préfecture. Impossible aussi d'aller tremper ses pieds dans le gave de Pau : en ce 16 août, le cours d'eau est presque à sec. Tant pis, Ludivine se rabat sur le brumisateur qu'elle garde au frigo. Il est bientôt 17 heures. Comme tous les jours de vigilance orange à la canicule, un employé municipal doit passer la voir pour s'assurer qu'elle est en bonne santé. "À défaut d'avoir des tomates, j'ai de la compagnie..." relativise la retraitée béarnaise.

 

 

"Et si on allait vivre au Royaume-Uni ?"

 

Dix-huit heures, Vierzon (Cher), 40 °C. "On va y passer la nuit." Thomas profite de quelques instants de répit dans le camion. Avec 200 autres pompiers, il lutte contre un feu qui a déjà dévoré 500 hectares dans la forêt de Vierzon. Il y a encore trente ans, la surveillance des feux de forêts se concentrait sur les Landes ou le Sud-Est. L'Ouest et le Centre sont aujourd'hui également concernés et la saison des incendies s'étire du printemps à l'automne.

 

 

 

Un incendie comme ça, en Sologne... Je ne pensais pas connaître ça de mon vivant.

Thomas

 

 

L'Office national des forêts a bien tenté de s'adapter aux changements climatiques. Des chênes verts et des pins maritimes, typiques du Sud, ont été plantés plus au nord pour remplacer les hêtres et les chênes pédonculés décimés par les sécheresses successives. La surveillance des forêts a été accrue, le débroussaillage des sous-bois généralisé, des zones coupe-feu créées un peu partout. Mais des incendies se déclarent encore occasionnellement. Près de Vierzon, les flammes continuent de progresser, malgré les passages des bombardiers d'eau. Thomas essuie la sueur de son front avant de remettre son casque. "Allez les gars, on y retourne. La température va bientôt baisser, il faut en profiter pour fixer ce feu !"

 

 

21h15, Lille (Nord), 28 °C. En poussant la porte du restaurant, Daya imagine qu'Olive et Laëtitia sont déjà lancés dans un débat passionné sur la nourriture. Cela ne manque pas. "Je peine à croire que tu manges toujours de la viande", reproche Olive à Laëtitia. "Je n'ai pas de raison de changer", rétorque-t-elle. Olive est presque né vegan. Ses parents étaient déjà de grands activistes du bien-être animal. Surtout, ils étaient conscients de l'impact de l'élevage sur l'environnement : "14 000 litres d'eau pour élever un bœuf, c'est un scandale !" martelaient-ils aux copains de leur fils. De son côté, Laëtitia a toujours aimé la viande, rouge surtout. "Je mange ce qui me fait plaisir, comme un bon steak de temps en temps", assure-t-elle. "Tu peux manger des insectes, si tu tiens tant à tes protéines animales", réplique Olive, en poussant vers elle un petit bol de criquets grillés.

 

 

"Qu'est-ce qu'on boit ?" interrompt Daya. "J'ai de vagues souvenir d'un atelier œnologie en 2022, mais tout a changé", poursuit-elle. Les vignerons ont dû évoluer : chercher des cépages plus résistants, moins tailler pour protéger le raisin et même irriguer certaines vignes au goutte-à-goutte. Par endroits, il a fallu changer radicalement de culture. Désormais, en Alsace, le chianti côtoie le gewurztraminer. On trouve aussi des vins suédois et même anglais dans les meilleures caves du pays.

 

 

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 D'ici 2050, certains grands crus vont devoir "migrer" vers le nord à cause du réchauffement climatique. (BENOIST SIMMAT / AURELIE BOISSIERE / EDITIONS AUTREMENT)

 

 

 

Sur la carte, 80% des plats sont végétariens. Daya aurait bien mangé du poisson ou des fruits de mer, "c'est devenu si rare". La plupart des espèces marines ont migré à des centaines de kilomètres vers le nord. On ne trouve plus un seul bar dans les eaux françaises. "Les huîtres du bassin d'Arcachon me manquent parfois", regrette aussi Daya. Depuis le début du siècle, elles étaient régulièrement décimées par des bactéries, et on n'en trouve plus du tout dorénavant. Ce dîner de gastronomes nostalgiques n'est décidément pas très gai. "Oh, vous avez vu ça ? bondit Laëtitia. Dans la baie de Somme, les flamants roses commencent vraiment à s'installer ! Il y a même eu des petits cette année." "Ça se mange ?" plaisante Daya.

 

 

 

22h46, Strasbourg (Bas-Rhin), 29 °C. Hugo enfile ses chaussettes, un œil sur l'application météo de son téléphone. Dehors, la température semble enfin vouloir redescendre. "Tu as vraiment envie d'aller courir par cette chaleur ?", interroge son mari Kylian, assis sur le canapé. "Il ne fait 'que' 29 °C, c'est supportable, tempère Hugo. Si je n'y vais pas maintenant, je n'irai jamais !" Le trentenaire s'est habitué à la hausse des températures au fil des ans. Mais tous les organismes ont une limite d'adaptation. "Et si on allait habiter au Royaume-Uni ?" propose une nouvelle fois Kylian, qui rêve d'un climat plus clément.

 

 

 

Hugo enfile ses écouteurs et descend l'escalier de l'immeuble. L'atmosphère des rues de Strasbourg est encore étouffante. Ce n'est pas près de s'arrêter. Selon les projections de chercheurs de Météo France, les températures estivales pourraient continuer de battre des records d'ici la fin du siècle. Hugo ne pensait pas vivre de tels bouleversement climatiques.

 

 

 

 

Et dire qu’on pourrait connaître des pics de chaleur à plus de 50 °C en 2100. Invivable.

Hugo

 

 

 

Texte : Marie-Violette Bernard et Camille Caldini

 


16/08/2018
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Franceinfo - le mardi 7 août 2018

 

 

Dis franceinfo, pourquoi l’air est-il pollué quand il fait chaud ?

 

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Robin PrudentFrance Télévisions

 

 

Les vagues de chaleur permettent à l'ozone de se développer. Ce dernier est un polluant dit "secondaire" car il n'est pas directement rejeté par une activité

 

 

À chaque canicule, le même refrain revient : "alerte pollution". Mais pourquoi, lorsque le soleil brille et que les nuages disparaissent, la pollution augmente-t-elle ? En réalité, les vagues de chaleur permettent à l'ozone de se développer. Ce gaz est un polluant dit "secondaire" car il n'est pas directement rejeté par une activité. Il est issu de réactions chimiques, sous l'effet du soleil, impliquant des polluants présents dans l'air, comme les oxydes d'azote, émis principalement par le trafic routier, et les composés organiques volatils (hydrocarbures, solvants...), rejetés par l'industrie.

 

 

L'ozone pose surtout problème en été, en période de fort ensoleillement et s'il n'y a pas de vent pour le disperser. Il peut être transporté sur de longues distances. De quoi causer des problèmes de santé.

 

 

Irritations des yeux, du nez et de la gorge

 

L'ozone est un gaz irritant qui pénètre facilement jusqu'aux voies respiratoires les plus fines. Il peut provoquer des irritations des yeux, du nez et de la gorge, de la toux, des essoufflements, etc., en particulier chez les personnes les plus sensibles (personnes âgées, asthmatiques, jeunes enfants). Il est donc recommandé d'éviter les efforts physiques pendant ces périodes et de protéger les personnes vulnérables.

 


10/08/2018
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Franceinfo - le lundi 6 août 2018

 

 

Canicule : regardez l'évolution de la pollution à l'ozone en France depuis un mois

 

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Nicolas EnaultFrance Télévisions
 
 

C'est le deuxième épisode de pollution à l'ozone que connaît le pays depuis deux semaines. 

 

 

La situation devrait s'améliorer à partir de mercredi. Une vague de pollution à l'ozone frappe la France depuis vendredi 3 août, en raison des conditions météorologiques liées à la canicule. Pour la journée du 6 août, seules quelques régions sont à l'abri de ce phénomène. Des dépassements du seuil d’information et de recommandation étaient prévus par l'organisme Prev'Air sur les régions Auvergne-Rhône-Alpes, Provence-Alpes-Côte d'Azur, Île-de-France, Bourgogne-Franche-Comté, Occitanie et Grand Est. Selon les prévisions réalisées par Prev'air, une amélioration est attendue pour mercredi.

 

 

>> La circulation différenciée reconduite mardi à Paris et en proche banlieue.

 

 

Face à cet épisode de pollution, le deuxième depuis le 25 juillet, plusieurs grandes agglomérations et certaines régions ont pris des mesures pour réduire le trafic, comme la circulation différenciée ou la gratuité du stationnement résidentiel et du covoiturage. Pour mieux visualiser l'ampleur du phénomène, nous avons représenté les cartes quotidiennes des moyennes journalières d'ozone (O3) produites par Prev'Air dans une infographie animée sur le dernier mois.

 

 

L'ozone est un "polluant secondaire", car il n'est pas émis directement par les activités humaines, mais créé par réaction photo-chimique à partir de gaz produits par l'industrie et le trafic routier. Et ce gaz présente des risques à des concentrations élevées. Il peut en effet favoriser l'asthme, provoquer des irritations en tous genres (des yeux, du nez, de la gorge) et aggraver des troubles cardio-vasculaires ou respiratoires.

 


10/08/2018
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Franceinfo - le lundi 6 août 2018

 

Le changement climatique risque de transformer la Terre en "étuve", selon une étude

 

 

Ce basculement pourrait intervenir "dans quelques décennies seulement", ont prévenu les scientifiques

 

 

 

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La sécheresse en Allemagne, près d'Osterode, le 23 juillet 2018. (FRANK MAY / PICTURE ALLIANCE / AFP)

 

 

 

La transition vers une économie verte est plus que jamais urgente pour la Terre. La pollution due aux énergies fossiles risquent en effet de pousser la planète Bleue dans un état durable et dangereux "d'étuve", ont alerté lundi 16 août des chercheurs internationaux.

 

 

Si les calottes polaires continuent de fondre, les forêts d'être décimées et les émissions de gaz à effet de serre de battre chaque année des records, la Terre va franchir un point de rupture. Un basculement qui pourrait intervenir "dans quelques décennies seulement", ont prévenu des scientifiques dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS).

 

 

Passer ce seuil signifie, selon eux, "une température de 4 à 5 degrés Celsius plus élevée qu'à la période préindustrielle et un niveau de la mer 10 à 60 mètres plus haut qu'aujourd'hui."

 

 

"Des endroits sur Terre deviendront inhabitables"

 

"Une Terre étuve est probablement incontrôlable et dangereuse pour beaucoup", selon les conclusions de scientifiques de l'université de Copenhague, de l'Université nationale australienne et de l'Institut de recherche de Potsdam sur les effets du changement climatique en Allemagne.

 

 

Les rivières déborderaient, les ouragans feraient des ravages sur les côtes et les récifs de corail disparaîtraient, le tout avant la fin de ce siècle, voire plus tôt. La fonte des calottes polaires provoquerait à elle seule une hausse très importante du niveau des océans, engloutissant des régions côtières où habitent des centaines de millions de personnes. "Des endroits sur Terre deviendront inhabitables si la 'Terre étuve' devient une réalité", met en garde Johan Rockström, directeur du Stockholm Resilience Centre.

 

 

Que faire ? 

 

Il est nécessaire de changer immédiatement de mode de vie pour protéger la Terre, ont averti les chercheurs, expliquant que les énergies fossiles devaient être remplacées par des sources à faibles, voire sans, émissions de CO2.

 

 

Ils ont notamment préconisé une meilleure gestion des sols, de meilleures pratiques agricoles, la protection des terres et des côtes ou encore le développement de techniques de capture du CO2, planter des arbres et arrêter la déforestation.

 


07/08/2018
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Franceinfo - le mercredi 1er août 2018

 

Les gaz à effet de serre ont atteint un niveau record en 2017

 

 

"Le taux de croissance global du CO2 a presque été multiplié par quatre depuis le début des années 1960", précise le rapport

 

 

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Des usines au Chili, le 21 mars 2018. (CLAUDIO REYES / AFP)

 

 

Alerte aux gaz à effet de serre. Ces composants gazeux contribuant au réchauffement de la planète ont atteint des niveaux record partout dans le monde en 2017. Une année marquée par des températures anormalement élevées et une fonte des glaces sans précédent dans l'Arctique, selon le apport annuel publié par l'Agence nationale océanique et atmosphérique (NOAA) et la société américaine des météorologistes.

 

 

Ce rapport de 300 pages, compilé par plus de 450 scientifiques originaires d'une soixantaine de pays, emploie le mot "anormal" plus d'une douzaine de fois pour décrire des tempêtes, des sécheresses, les températures élevées ou encore la fonte record de la glace dans l'Arctique en 2017.

 

 

Niveau de la mer record

 

L'année dernière, le taux de concentration des trois gaz à effet de serre les plus dangereux relâchés dans l'atmosphère, dioxyde de carbone, méthane et protoxyde d'azote, a atteint des nouveaux records. Le taux de concentration annuel de dioxyde de carbone à la surface de la Terre a atteint 405 parties par million (ppm), "au plus haut dans l'enregistrement des mesures atmosphériques modernes".

 

 

"Le taux de croissance global du CO2 a presque été multiplié par quatre depuis le début des années 1960", ajoute le document.

 

 

Le record de l'année la plus chaude de l'époque moderne a été battu en 2016 mais 2017 n'en est pas loin avec "des températures bien plus élevées que la moyenne" sur une bonne partie de la planète, souligne le rapport. L'année dernière, des températures record ont été enregistrées en Argentine, en Uruguay, en Espagne et en Bulgarie. Quant au Mexique, il a "battu son record de chaleur pour la quatrième année consécutive".

 

 

En 2017, le niveau de la mer a également affiché un record pour la 6ème année consécutive. Le niveau moyen de la mer est désormais plus élevé de 7,7 centimètres qu'en 1993.

 


03/08/2018
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Franceinfo - le mercredi 1er août 2018

 

 

INFOGRAPHIE. "Jour du dépassement" : à compter d'aujourd'hui, nous vivons "à crédit" de la Terre pour les 153 jours à venir

 

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Nicolas EnaultFrance Télévisions
 

 

Cette année, la date du "jour du dépassement" est la plus précoce jamais enregistrée alors que nous avons consommé l'intégralité des ressources naturelles que la planète peut renouveler en une année. La durée pendant laquelle nous allons vivre "à crédit" est deux fois plus longue qu'il y a 30 ans

 

 

 

Voilà, c'est fini. À compter d'aujourd'hui, mercredi 1er août 2018, nous avons consommé l'intégralité des ressources naturelles que la planète peut renouveler en une année. Nous vivrons donc "à crédit" jusqu'au 31 décembre prochain, soit 153 jours pendant lesquels nous allons creuser notre déficit écologique et puiser de manière irrévocable dans les réserves naturelles de notre planète. Comme chaque année, la date du "jour de dépassement" est calculée par l'ONG Global Footprint Network, dont l'analyse prend notamment en compte l'empreinte carbone, les ressources utilisées pour la pêche, l'élevage, les cultures, la construction ou encore l'utilisation de l'eau.

 

 

Et comme quasiment chaque année depuis près de 50 ans, le jour de dépassement survient de plus en plus tôt dans l'année. En 1970, nous n'avions épuisé les ressources de la Terre que le 29 décembre. En 1988, c'était le 15 octobre, en 1998 le 30 septembre et en 2008 le 15 août. Pour mieux visualiser cette évolution inexorable, nous l'avons représenté dans une infographie animée.

 

 

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Source des données : https://overshootday.org | Code : ollie-odonnell.com

 


03/08/2018
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