L'AIR DU TEMPS

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ENVIRONNEMENT et climat

Pourra-t-on empêcher que la planète ne se réchauffe trop ? Encore un pari de plus pour vivre mieux et surtout économiser notre environnement si précieux. Là, on part pour le futur...


Franceinfo - le vendredi 27 mars 2020

 

 

Coronavirus : le confinement fait baisser la pollution en Europe, selon l'Agence spatiale européenne

 

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franceinfoRadio France

 

 

 

À l'aide du satellite Copernicus Sentinel-5P, l'ESA a observé une baisse de la pollution atmosphérique depuis la mise en place de mesures de quarantaine en Europe

 

 

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Les observations de l'ESA montrent une diminution significative des concentrations de dioxyde d'azote depuis le début desmesures de quarantaine en Europe.  (ESA)

 

 

 

Le confinement mis en place pour lutter contre la propagation du Covid-19 fait baisser la pollution en Europe, assure ce vendredi l’Agence spatiale européenne sur son site internet. L’Agence utilise les données du satellite d’observation de l’environnement Sentinel-5 Precursor, qui fait partie du programme Copernicus.

 

 

"Le satellite Copernicus Sentinel-5P a récemment cartographié la pollution atmosphérique à travers l'Europe et la Chine et a révélé une baisse significative des concentrations de dioxyde d'azote - coïncidant avec les strictes mesures de quarantaine", explique l’ESA. Les concentrations chutent partout, même dans les villes de Paris, Rome et Madrid.

 

 

 

ESA France @ESA_fr
 

A lire: De nouvelles données, basées sur les observations du satellite du programme @CopernicusEU et préparées par @KNMI/@esa, montrent de fortes réductions dans les concentrations de dioxyde d’azote au-dessus, notamment, de Paris. http://www.esa.int/Space_in_Member_States/France/Le_confinement_lie_au_coronavirus_entraine_une_chute_de_la_pollution_a_travers_l_Europe 

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Les cartes issues des observations du satellite montrent les concentrations en dioxyde d'azote du 14 au 25 mars 2020, comparées à la moyenne mensuelle des concentrations en 2019.

 

 

Une première estimation de l'impact du coronavirus

"Les concentrations de dioxyde d'azote varient d'un jour à l'autre en raison des changements météorologiques. Il est impossible de tirer des conclusions sur la seule journée de données. En combinant les données pour une période de temps spécifique, 10 jours dans ce cas, la variabilité météorologique s'établit en moyenne et nous commençons à voir l'impact des changements dus à l'activité humaine", précise Henk Eskes, un scientifique spécialiste de l’étude de l’atmosphère à l'institut royal météorologique des Pays-Bas. C’est une des institutions qui étudie les données du satellite Sentinel-5P.

 

 

Les mesures faites par le satellite ne sont qu’une première estimation de la baisse de la pollution en Europe. Les équipes de l’institut royal météorologique des Pays-Bas ont commencé à travailler avec d’autres scientifiques internationaux pour produire une analyse plus détaillée. Ils vont notamment utiliser "des données au sol, des données météorologiques et une modélisation inverse pour interpréter les concentrations observées". L’objectif est aussi "d’estimer l'influence des mesures d'arrêt". Les résultats devraient mettre un peu de temps à arriver selon Henk Eskes.

 

 

 

La météo peut perturber les observations

Les observations se sont surtout concentrées sur la France, l’Espagne et l’Italie. Les Pays-Bas et le Royaume-Uni sont aussi sous surveillance, mais les variations météorologiques sont trop importantes pour tirer des conclusions. D’autres mesures sont en cours pour les pays d’Europe du Nord.

 

 

Le satellite Sentinel-5P a été lancé en 2017 et utilise un instrument d’observation appelé TROPOMI pour Tropospheric Monitoring Instrument, instrument de surveillance de la troposphère. C’est la partie de l’atmosphère entre le sol et la stratosphère qui commence entre 8 et 15 kilomètres d’altitude. 

 


03/04/2020
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Franceinfo - le jeudi 5 mars 2020

 

 

L'Europe a enregistré son hiver le plus chaud depuis le début des relevés météorologiques

 

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franceinfoRadio France

 

 

Copernicus, le service de suivi climatique européen, confirme à l'échelle européenne les constatations de Météo France

 

 

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Anomalie de la température de l'air en surface en février 2020 par rapport à la moyenne mensuelle de 1981 à 2010. (COPERNICUS CLIMATE CHANGE SERVICE/ECMW)

 

 

 

L'hiver météorologique (mois de décembre, janvier et février) 2019-2020 a été "le plus chaud" jamais enregistré en Europe, avec une température supérieure de 3,4°C à la moyenne, selon les données du service de suivi climatique européen Copernicus publié mercredi 4 mars au soir.

 

 

 

Le précédent record dépassé de près de 1,5°C

"Les températures de l'hiver 2019-2020 dépassent celles du précédent record en 2015-2016 de près de 1,4°C", affirme Copernicus. Le mois de février 2020 a été le deuxième plus doux en Europe depuis le début des relevés météorologiques, derrière février 1990 : la température a été de +3,9°C par rapport à la moyenne le mois dernier (+4,5°C en février 1990).

 

 

Anomalie de la température de l\'air en surface en décembre 2019 par rapport à la moyenne mensuelle de 1981 à 2010.  

Anomalie de la température de l'air en surface en décembre 2019 par rapport à la moyenne mensuelle de 1981 à 2010.   (COPERNICUS CLIMATE CHANGE SERVICE/ECMW)

 

 

 

Anomalie de la température de l\'air en surface en janvier 2020 par rapport à la moyenne mensuelle de 1981 à 2010.

Anomalie de la température de l'air en surface en janvier 2020 par rapport à la moyenne mensuelle de 1981 à 2010. (COPERNICUS CLIMATE CHANGE SERVICE/ECMW)

 

 

 

Anomalie de la température de l\'air en surface en février 2020 par rapport à la moyenne mensuelle de 1981 à 2010.

Anomalie de la température de l'air en surface en février 2020 par rapport à la moyenne mensuelle de 1981 à 2010. (COPERNICUS CLIMATE CHANGE SERVICE/ECMW)

 

 

 

Vendredi dernier, Météo France avait publié des données préliminaires confirmant cette tendance pour la France métropolitaine, avec une température supérieure de 2,7°C à la moyenne pour l'hiver 2019-2020. Le mois de février 2020 a également été le deuxième mois de février le plus doux dans l'Hexagone, avec "une anomalie de +3,6°C derrière les +4,4°C de février 1990".

 

 

En hiver, la température moyenne (période de référence 1981-2010) est de 5,4°C en France métropolitaine. La saison hivernale qui s'achève a été caractérisée par "une douceur remarquable", écrit Météo France.

 
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05/03/2020
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Franceinfo - le mardi 3 mars 2020

 

 

Tempête Myriam : six départements du Sud-Ouest placés en vigilance orange "vents violents"

 

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franceinfoFrance Télévisions

 

 

 

La vigilance entrera en vigueur à partir de midi, mardi, et devrait durer jusqu'à 20 heures

 

 

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Un promeneur fait face au vent lors de la tempête Amélie, le 3 novembre 2019, à Capbreton (Landes). (MAXPPP)

 

 

 

La fin de journée s'annonce agitée dans le Sud-Ouest. Météo France a placé l'Ariège, la Haute-Garonne, le Gers, les Landes, les Pyrénées-Atlantiques et les Hautes-Pyrénées en vigilance orange "vents violents", mardi 3 mars, en raison du passage de la tempête Myriam. La vigilance entrera en vigueur à partir de midi et restera valable jusqu'à au moins 20 heures

 

 

 

 

 

"Entre le début d'après-midi et la soirée, [la tempête] provoquera des vents violents en plaine au nord des Pyrénées et en montagne, écrit Météo France dans son bulletin. Les valeurs attendues sont de l'ordre de 120/130 km/h près des côtes basques et landaises, 100 à 110 km/h très ponctuellement un peu plus en plaine, 120/130 km/h en montagne au niveau des stations de ski, avec 150 km/h ou plus vers les cols et les sommets." Cette tempête pourrait être accompagnée d'orages ponctuels et de neige en altitude.

 

 
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03/03/2020
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Franceinfo - le dimanche 1er mars 2020 - mis à jour le 02.03.2020

 

 

Coronavirus : ces cartes montrent une chute spectaculaire de la pollution en Chine

 

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franceinfoFrance Télévisions

 

 

L'agence spatiale note que l'importante baisse des taux de dioxyde d'azote correspond au calendrier des mesures de restriction d'activités prises en raison du coronavirus

 

 

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Carte créée par la Nasa à partir des données du satellite Sentinel-5 de l'ESA montrant les concentrations en dioxyde d'azote en Chine, en janvier et février 2020. (ESA / NASA)

 

 

 

"C'est la première fois que je vois une chute aussi spectaculaire sur une zone aussi grande, liée à un événement particulier", affirme une chercheuse de la Nasa. Dans un communiqué, Fei Liu, qui travaille au service consacré à la qualité de l'air au Goddard Space Flight Center de l'agence spatiale américaine, commente des images montrant une baisse très importante de la pollution en Chine, pays touché de plein fouet par le coronavirus Covid-19. 

 

 

Avec l'aide des données récoltées par le satellite Sentinel-5 de l'Agence spatiale européenne, l'observatoire de la Terre de la Nasa (en anglais) a analysé les niveaux de dioxyde d'azote, un gaz polluant émis notamment par les véhicules et les activités industrielles, en les comparant sur deux périodes : du 1er au 10 janvier, et du 10 au 25 février. Il en ressort que ces taux ont considérablement chuté, comme le montre cette carte, notamment dans les régions de Pékin, du Hebei, de Shanghai, de Hong Kong, de Chongqing et de Chengdu.

 

 

 

Carte créée par la Nasa à partir des données du satellite Sentinel-5 de l\'ESA montrant les concentrations en dioxyde d\'azote en Chine, en janvier et février 2020.

Carte créée par la Nasa à partir des données du satellite Sentinel-5 de l'ESA montrant les concentrations en dioxyde d'azote en Chine, en janvier et février 2020. (ESA / NASA)


 

L'agence spatiale note que la chute de ces taux en dioxyde d'azote correspond au calendrier des mesures de restriction prises dans les transports ou dans les entreprises, ainsi que la multiplication de placements en quarantaine.

 

 

La Nasa s'est également penchée sur la qualité de l'air dans la ville de Wuhan, berceau de l'épidémie, en la comparant avec les mêmes périodes l'an dernier. Du 10 au 25 février 2020, la Nasa a relevé des valeurs inférieures à 125 µmol/m2, alors qu'elles dépassaient 500 µmol/m2 un an auparavant.

 

 

 

Pollution au dioxyde d\'azote dans la région de Wuhan (Chine), en janvier-février 2019 et janvier-février 2020.

Pollution au dioxyde d'azote dans la région de Wuhan (Chine), en janvier-février 2019 et janvier-février 2020. (ESA)


02/03/2020
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Franceinfo - le samedi 29 février 2020

 

 

Tempête Jorge : l'alerte aux vents violents s'étend de l'Ile-de-France à l'Alsace et concerne désormais 23 départements

 

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Des rafales de vent pouvant dépasser les 100 km/h sont attendues à partir de la fin de matinée

 

 

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Des vents pouvant dépasser les 100 km/h sont attendus samedi 29 février sur l'Ile-de-France et le nord-est de la France. (LILIAN CAZABET / HANS LUCAS / AFP)

 

 

 

Avis de gros temps sur l'Ile-de-France et le nord-est de la France. Vingt-trois départements ont été placés, samedi 29 février, en vigilance orange aux vents violents par Météo France. Des rafales de vent pouvant dépasser les 100 km/h sont attendues à partir de la fin de matinée. Ces rafales se feront probablement en deux temps, avec d'abord un premier épisode bref mais intense, suivi d'un second dans l'après-midi.

 

 

 

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L'Aisne, la Côte-d'Or, le Bas-Rhin, le Haut-Rhin, la Haute-Saône, les Vosges et le Territoire-de-Belfort viennent s'ajouter aux seize départements initialement concernés par cette vigilance orange : les Ardennes, l'Aube, la Marne, la Haute-Marne, la Meurthe-et-Moselle, la Meuse, la Moselle, Paris et petite couronne (les Hauts-de-Seine, la Seine-Saint-Denis, le Val-de-Marne), la Seine-et-Marne, les Yvelines, l'Yonne, l'Essonne et le Val-d'Oise.

 

 

Samedi matin, de fortes rafales de vent ont d'ores et déjà été observées en Bretagne, avec des mesures proches de 100 km/h à Brest et Landivisiau (Finistère), Belle-Isle-en-Terre ou Rostrenen (Côtes-d'Armor).

 


29/02/2020
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Franceinfo - le mercredi 26 février 2020 - mis à jour le 27.02.20

 

 

De très grand lac à désert, une étude scientifique met en évidence la rapidité du changement du Sahara

 

 

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Michel LachkarRédaction AfriqueFrance Télévisions

 

 

 

Le nord du Sahara était, il y a 10 000 ans, une vaste savane parsemée de grands lacs et de rivières. Le désert est arrivé en moins de 3000 ans

 

 

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Le nord du Sahara était, il y a 10 000 ans, une vaste savane parsemée de lacs et de rivière. Photo prise dans le désert libyen, dans la région d'Al-Kufrah. (PHILIPPE ROY / PHILIPPE ROY)

 

 

 

On connaît les gravures d’antilopes, de girafes et de poissons des grottes du Tassili dans le Sahara algérien. On retrouve ces mêmes gravures rupestres sur le site de Takarkori, dans les montagnes du Tadrart Acacus (sud-ouest libyen). C’est là que les scientifiques du Musée d’histoire naturelle de Belgique et de l’université de Rome "La Sapienza" ont analysé des milliers de fossiles datant de 8 200 à 4 600 ans avant J.-C. Ils ont pu constater que le poisson était alors à la base du régime alimentaire des habitants, confirmant que cette région était autrefois recouverte de lacs et de rivières.Cette étude met en évidence la rapidité du changement climatique dans le Sahara : moins de 3 000 ans.

 

 

Les chercheurs ont analysé 17 500 fossiles datant de 10 200 à 4 650 ans prélevés près du site de Takarkori. Ils ont constaté que 80% des restes d'animaux appartenaient à des poissons d’eau douce (tilapias et silures), avec des marques montrant qu'il s'agissait de déchets alimentaires humains. Les poissons étaient alors tellement abondants qu'ils constituaient la très grande majorité du régime alimentaire des habitants, révèle cette nouvelle étude parue le 19 février 2020 dans la revue PLOS One.

 

 

La région est aujourd'hui l'une des régions les plus arides du monde. Balayée par les vents et recouverte de dunes de sable, la température moyenne y dépasse les 40 °C l'été et la pluviosité est d'à peine 0 à 20 mm par an.

 

 

Durant la période de l'Holocène, entre 12 000 et 6 000 ans avant J.-C, le Sahara était une vaste savane, avec une végétation luxuriante, des lacs et des marais peuplés d'hippopotames, de crocodiles et de poissons. 

 

 

 

L’assèchement progressif des lacs en à peine 3000 ans

L'étude met surtout en évidence le changement rapide de climat intervenu dans le Sahara à cette époque. Alors que les arêtes de poisson représentent 90 % des restes datés de 10 200 à 8 000 ans, cette proportion chute brutalement à 40 % dans la période la plus récente (5 900 à 4 650 ans). "La quantité de poissons diminue avec le temps, concomitamment à une augmentation de la contribution des mammifères, ce qui montre que les habitants de Takarkori se sont progressivement concentrés sur la chasse et l'élevage", décrivent les auteurs. Un changement de régime contraint par l'assèchement de la région, qui a débuté vers 8 000 ans avant J.-C

 

 

Plusieurs lacs ont alors subi des baisses de niveau importantes, jusqu'à disparaître complètement autour de 5 500 ans. Les habitants ont cependant pu continuer à pêcher dans la rivière, comme le montre la proportion croissante de silures (vivant dans des milieux saumâtres) par rapport au tilapia, une espèce mieux adaptée aux rivières. "Il est cependant étonnant de constater que le poisson reste un pilier de l'alimentation des éleveurs, même à la période la plus récente, indique Savino di Lernia. Ce qui montre que ces derniers étaient d'excellents pêcheurs".

 

 

Cette découverte apporte un indice supplémentaire sur le mode de vie des habitants d'Afrique à l'Holocène. Le Tadrart Acacus est bien connu pour ses peintures rupestres décrivant la faune de l'époque : éléphants, girafes, autruches, chevaux... Le site de Takarkori a révélé une quantité impressionnante d'informations. On y a notamment découvert les premiers signes en Afrique de la culture de céréales et du stockage de graines, des preuves de fabrication de yaourts et de bouillies retrouvées sur des tessons de poterie, ainsi que des restes humains, naturellement momifiés, de pasteurs du Néolithique. Aujourd'hui, les rares nomades qui parcourent le désert avec leurs dromadaires ont intérêt à prévoir des réserves d'eau.

 


27/02/2020
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Franceinfo - le samedi 22 février 2020

 

 

"La neige est devenue l'or blanc" : face au manque de neige, les stations de basse altitude doivent s'adapter

 

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Stéphane IglésisfranceinfoRadio France

 

 

Beaucoup de stations de ski situées à basse altitude doivent faire face à des chutes de neige de moins en moins importantes. Randonnée, parapente, luge sur rail : la station de Guzet (Ariège) a trouvé quelques alternatives

 

 

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Seules trois pistes sur une quarantaine sous ouvertes à Guzet (Ariège) (STEPHANE IGLESIS / RADIO FRANCE)

 

 

 

"Avant il y avait des télésièges, de la neige... ça a bien changé !". Pour la première fois depuis quinze ans, Béatrice revient à la sation de ski de Guzet, en Ariège, et le paysage n'a plus vraiment grand-chose à voir. Selon les prévisionnistes de Météo France, le mois de février en région Occitanie pourrait être le plus chaud depuis 1990. Conséquence, les stations de moyenne montagne, situés entre 1 400 et 1 800 mètres doivent s'adapter face au manque de neige. 

 

 

 

"Heureusement qu'il y a du soleil !"

Herbe verte, parapentes, luge sur rail : à Guzet, certains pourraient presque se croire en plein été. S'il ne fait plus assez froid pour réellement pratiquer les sports d'hiver, la station est toujours aussi sympathique pour Béatrice : "C'est familial, les gens sont agréables, tout le monde s'aide sur les pistes. Pour commencer c'est très bien. Je fais débuter mes enfants, ils sont heureux. La neige est devenue l'or blanc, donc c'est rare."

 

 

Amédine est originaire de Vendée, et elle aussi apprécie ce mélange d'activités d'été et d'hiver : "Il n'y a pas beaucoup de neige mais nous aimons marcher, nous aimons randonner et cet après-midi on va s'attaquer à la luge. On a fait un peu de ski, les enfants se régalent ! Heureusement qu'il y a du soleil !"

 

 

 

Trois pistes ouvertes sur quarante

Si Amédine n'a pas l'impression de s'ennuyer, c'est parce qu'Agnès Sevestre, responsable commerciale s'est décarcassée : "On a mis en place la luge sur rail pour les occuper dans la journée, ensuite on met des animations le soir pour les enfants, raconte-t-elle. L'après-midi et le soir il y a des cours de gym, de stretching pour les mamans. Parfois on va chercher de la neige à la pelle, mais c'est de la neige que l'on récupère sur nos propres pistes un peu plus haut."

 

 

 

A Guzet, une piste de ski est dédiée au enfants.

A Guzet, une piste de ski est dédiée au enfants. (STEPHANE IGLESIS / RADIO FRANCE)


 

Au total à Guzet, seules trois pistes sont ouvertes, sur une quarantaine habituellement. C'est peu, mais Christophe, Toulousain, apprécie ces vacances un peu différentes :"On arrive quand même à skier puisqu'ils ont réussi à maintenir des pistes ouvertes. C'est suffisant pour les enfants. Sinon des promenades, de la randonnée, de la luge. C'est la première fois qu'il y a si peu de neige. Tout n'est pas perdu, on a passé de super vacances !"

 

 

 

30% de remplissage en moins

En revanche les commerçants font grise mine. "Pour l'instant nous sommes à 30% de remplissage en moins, raconte Christophe qui est cafetier-restaurateur. Nous sommes encore dans les clous mais il ne faudrait pas que ça aille plus bas. On attend une petite perturbation la semaine prochaine pour pouvoir ouvrir jusqu'à la fermeture de la station."

Les autres stations des Pyrénées, mieux exposées optimisent le peu de neige tombé ou fabriqué par les canons. Une chose est sûre, la douceur de cet hiver inquiète tous ceux qui vivent de la montagne.

 


23/02/2020
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Franceinfo - le mercredi 12 février 2020

 

 

"Le combat contre le réchauffement climatique est un combat d'aujourd'hui" : Macron détaille son ambition écologique dans une interview au "Dauphiné libéré"

 

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franceinfoFrance Télévisions

 

 

"Le conseil de défense écologique va augmenter les aires protégées pour couvrir 30% de notre territoire par des classements en réserves naturelles, en parcs nationaux, en parcs naturels régionaux", a par exemple annoncé Emmanuel Macron

 

 

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Le président Emmanuel Macron à l'université de Cracovie, en Pologne, le 4 février 2020. (BEATA ZAWRZEL / NURPHOTO / AFP)

 

 

 

En pleine préparation des municipalesEmmanuel Macron fait campagne pour son tournant vert. Avec un Conseil de défense écologique mercredi 12 février, puis une excursion jeudi sur le glacier de la mer de Glace, le président veut marquer les esprits pour annoncer des mesures en faveur de l'écologie et de la biodiversité, enjeux des prochaines échéances électorales.

 

 

"Ce que l'on pensait éternel ne l'est pas. (...) Le combat contre le réchauffement climatique et pour la biodiversité est un combat d'aujourd’hui", a martelé Emmanuel Macron dans une interview parue mercredi dans Le Dauphiné libéré.

 

 

 

"Une part de responsabilité" sur les "gilets jaunes"

Parmi les mesures annoncées, le Mont-Blanc, qui culmine à 4 809 mètres, sera davantage protégé par l'entrée en vigueur d'un arrêté préfectoral de protection naturelle, qui renforcera les règles sur la fréquentation, notamment l'été, a indiqué le chef de l'Etat.

"Le conseil de défense écologique va augmenter les aires protégées pour couvrir 30% de notre territoire par des classements en réserves naturelles, en parcs nationaux, en parcs naturels régionaux", a aussi confirmé Emmanuel Macron. Il avait déjà fait part de cette volonté en mai 2019. Selon les chiffres du ministère de la Transition écologique et solidaire, ces zones, tout statut confondus, couvrent aujourd'hui 29,5% des terres et 23,5% des eaux françaises.

 

 

Sur le financement de ces nouvelles mesures, le président n'est pas opposé à une "composante fiscale" mais seulement si elle s'accompagne de "mécanismes d’accompagnement". "Je prends ma part de responsabilité sur ce qui s'est passé avec les gilets jaunes. Dire qu'ils sont contre le changement et la transition énergétique n'est pas vrai. C'est parce qu'on a mal expliqué et qu'on a mal accompagné les mesures auprès de Français qui se sont sentis pris au piège", a-t-il justifié, en référence au mouvement qui avait démarré après l'augmentation des taxes sur le carburant.

 

 

 

Il existe un "droit au blasphème"

Répondant aux critiques sur la lenteur du virage écologique, le président a par exemple estimé qu'il fallait se donner le temps de trouver "un produit de substitution" à l'emballage plastique, interdit à partir de 2040"Si en cinq ans, on sortait de tout le plastique à usage unique, la question serait : par quoi le remplacer ? Le risque étant de le remplacer par des produits dont le bilan carbone est moins bon".

 

 

Enfin, Emmanuel Macron est aussi revenu sur l'affaire Mila, du nom de cette adolescente menacée de mort après avoir critiqué l'islam sur instagram. Estimant que "les enfants" devaient "être mieux protégés" du "harcèlement en ligne", il a également rappelé qu'il existait un "droit au blasphème, à critiquer, à caricaturer les religions""Ce qui est interdit, c'est l'appel à la haine, l'atteinte à la dignité. Je ne céderai pas là-dessus", a-t-il conclu.

 

 

 


12/02/2020
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Franceinfo - le lundi 10 février 2020

 

 

Coupures d'électricité, trains annulés, arbres arrachés… La tempête Ciara a causé de nombreux dégâts matériels

 

 

 

 

Météo France maintient son alerte orange, lundi, pour un certain nombre de départements allant de la Bretagne au sud-est du pays, ainsi que pour la Corse

 

 

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Un arbre déraciné par la tempête Ciara à Colmar (Haut-Rhin), le 10 février 2020. (MAXPPP)

 

 

 

Elle poursuit sa progression vers l'est de la France. La tempête Ciara a soufflé fort dans la nuit du dimanche 9 au lundi 10 février sur l'ouest et le nord du pays, avec des rafales de vent allant jusqu'à 160 km/h. Météo France a levé lundi matin son alerte pour une vingtaine de départements mais l'a maintenue pour d'autres allant du Finistère au sud-est du pays, ainsi que pour la Corse. 

 

 

>> Suivez l'évolution de la situation en direct

 

 

 

130 000 foyers privés d'électricité 

Près de 130 000 foyers sont privés d'électricité lundi matin, a indiqué Enedis. Les régions les plus touchées par les coupures d'électricité sont la Bretagne, la Normandie, les Hauts-de-France, le Grand Est, l'Ile-de-France et le Centre. "Nos équipes sont sur le terrain pour faire le point sur la situation", a précisé le réseau de distribution d'électricité, qui avait posté sur Twitter dimanche après-midi des photos de câbles électriques arrachés par des arbres dans le Pas-de-Calais. 

 

 

A Hautmont, dans le Nord, un internaute a posté sur le réseau social une vidéo où l'on voit une ligne à haute tension faire des étincelles. 

 

 

Des TER et RER supprimés ou ralentis

Le trafic ferroviaire régional est perturbé lundi matin. Les trains TER qui circulent entre Strasbourg et Bâle (Suisse) sont pour la plupart supprimés, totalement ou partiellement entre Strasbourg et Sélestat, a indiqué la SNCF sur le compte Twitter du TER Grand Est. Les lignes TER Thionville-Longwy, Metz-Sarreguemines, Strasbourg-Sarreguemines, Forbach-Sarrebruck, Metz-Sarrebourg et Bar-le-Duc-Metz sont elles aussi interrompues, a annoncé la préfecture de la Moselle.

 

 

France Bleu Nord rapporte qu’aucun train ne circule au départ et à l'arrivée des gares de Boulogne, Calais, Etaples et Lens. Les circulations sont très réduites au départ de Dunkerque, Béthune et Lille-Flandres, où seuls quelques TGV circulent.

 

 

A l'intérieur des terres, la circulation automobile ou ferroviaire est compliquée par des chutes de branches ou d'arbres comme en Ile-de-France, où le trafic a été coupé sur une partie de la ligne H du Transilien. Sur le RER C, la chute d'un arbre sur les voies à la station Meudon Val Fleury a perturbé la circulation lundi matin entre Paris et la banlieue.

 

 

Selon le site Transilien.com, qui liste les problèmes sur le réseau, une partie du trafic du RER A est interrompu en raison d'un arbre tombé sur un câble d'alimentation à Houilles tandis que l'ensemble de la ligne B tourne au ralenti après une panne d'alimentation électrique en gare de Mitry-Claye. Des obstacles sur la voie ralentissent le trafic des RER D et un incident d'alimentation électrique vers Rosny-sous-Bois affecte le RER E.

 

 

Du côté des Transilien, quasiment toutes les lignes connaissent des difficultés en raison "de la chute de plusieurs arbres sur les voies" ou de "conditions climatiques dégradées", selon la SNCF. Au niveau national, le groupe indique que le trafic TGV n'est pas perturbé.

 

 

 

Le trafic aérien a repris après des atterrissages perturbés

Le trafic aérien a repris normalement depuis lundi matin à l'aéroport de Paris-Orly. Tous les vols sont maintenus et à l'heure. La tempête a auparavant provoqué l'annulation d'une cinquantaine de vols au total et des retards ont été enregistrés à Roissy et Orly.

 

 

A Orly, beaucoup d'avions ont été contraints de s'y reprendre à plusieurs fois avant d'atterrir à cause du vent, comme on pouvait le voir sur le site de suivi des vols Flightradar24

 

 

Un vol Lyon-Brest a été dérouté vers l'aéroport de Rennes, où il a finalement réussi à atterrir. "On a cru mourir", ont témoigné les passagers sur France Bleu Finistère. Le pilote de l'appareil a fait deux tentatives d'atterrissage à Brest, sans réussir à se poser. 

 

 

Trois avions commerciaux ont par ailleurs battu le record de vitesse entre New York et Londres, le plus rapide ayant été un appareil de la compagnie British Airways, toujours selon Flightradar24. Il a parcouru les 5 554 kilomètres séparant New York de la capitale britannique en 4h56.

 

 

 

Les ferries recommencent à circuler entre Calais et Douvres

Après avoir été interrompu dimanche en raison des vents violents soufflant sur le littoral, du côté français comme du côté britannique, le trafic des ferries entre Calais et Douvres a repris lundi matin à 5 heures. Certains bateaux ont toutefois dû être assistés par des remorqueurs pour leurs manœuvres portuaires.

 

 

Des riverains ont posté des photos sur Twitter d'une mer démontée sur le littoral français, comme ici à Saint-Malo (Ille-et-Vilaine).

 

 

Des internautes ont également posté dans le direct de franceinfo des photos prises à Belle-Ile-en-Mer (Morbihan) et à la pointe Saint-Mathieu, dans le Finistère.

 

 

 

La mer démontée à Belle-Ile-en-Mer (Morbihan), en raison de la tempête Ciara, le 9 février 2020.

La mer démontée à Belle-Ile-en-Mer (Morbihan), en raison de la tempête Ciara, le 9 février 2020. (DR)

 

 

 

La mer agitée à la pointe Saint-Mathieu dans le Finistère, en raison de la tempête Ciara, le 9 février 2020. 

 

La mer agitée à la pointe Saint-Mathieu dans le Finistère, en raison de la tempête Ciara, le 9 février 2020.  (DR)

 

 

A Wimereux (Pas-de-Calais), où des amateurs de glisse sont sortis en mer, les sauveteurs de la SNSM ont dénoncé des comportements "inconscients", ne respectant pas les "appels à la prudence les plus élémentaires".

 

 

Des images saisissantes ont également été captées de l'autre côté de la Manche.

 

 

Des arbres arrachés et des toitures envolées

Dans le Grand Est, outre le dégagement de nombreux arbres couchés sur la chaussée, les pompiers, intervenus à des centaines de reprises, ont signalé des toitures envolées. La préfecture de Meurthe-et-Moselle a suspendu les transports scolaires pour toute la matinée dans le département compte tenu "des nombreuses interventions en cours sur le réseau routier".

 

 

A Saint-Dié-des-Vosges (Vosges), 150 m² d'une toiture d'école ont été soufflés, et à Volgelsheim (Haut-Rhin), une centaine de pompiers étaient mobilisés par l'incendie d'une scierie dont "les flammes sont constamment attisées par le vent", selon les secours.

 

 

 

A Saint-Dié-des-Vosges (Vosges), 150 m2 d\'une toiture d\'école ont été soufflés par la tempête Ciara le 9 février 2020.

A Saint-Dié-des-Vosges (Vosges), 150 m2 d'une toiture d'école ont été soufflés par la tempête Ciara le 9 février 2020. (FRANCETV)

 

Un bilan humain encore incertain

Un quadragénaire est mort en chutant de sa trottinette dimanche après-midi à Drancy (Seine-Saint-Denis). Cet accident pourrait être lié aux rafales de vent dues à Ciara, selon la police. La préfecture du département, contactée par franceinfo, n'était pas en mesure de confirmer cette information lundi matin. Dans le Haut-Rhin, deux personnes ont été légèrement blessées, selon la préfecture.

 

 

Dans la Manche, il n'y a "pas de victime, ce qui est le principal", selon Gilles Traimond, sous-préfet de permanence. Selon lui, "beaucoup de tuiles" ont été arrachées et des cheminées "menaçaient de tomber", mais "tout a été sécurisé par les pompiers", qui sont également intervenus de nombreuses fois pour "sécuriser ou dégager des arbres".

 

 

En Allemagne, la tempête a fait plusieurs blessés, dont au moins trois graves. Deux femmes ont été grièvement atteintes par la chute d'un arbre à Sarrebruck. L'une d'elles est entre la vie et la mort. Un adolescent de 16 ans a été blessé à la tête par une branche d'arbre à Paderborn.

 

 

 

Une nouvelle nuit agitée redoutée en Corse

Dans le nord de la France, le vent a commencé à faiblir en début de matinée, lundi, mais se renforce progressivement sur les Alpes ainsi qu'en Corse. Sur l'île de Beauté, les rafales devraient atteindre près de 200 km/h au plus fort sur le Cap Corse dans la nuit de lundi à mardi.

 

 

L'alerte orange a été levée pour l'Aisne, les Ardennes, l'Aube, le Calvados, la Côte-d'Or, le Doubs, l'Eure, la Marne, la Haute-Marne, la Meurthe-et-Moselle, la Meuse, la Moselle, le Nord, l'Oise, le Bas-Rhin, le Haut-Rhin, la Haute-Saône, les Vosges, l'Yonne et le Territoire-de-Belfort. Mais elle est déclarée pour la Loire-Atlantique et est maintenue pour risque de vents violents, inondations/crues et vagues/submersion dans les Alpes-Maritimes, la Corse-du-Sud et la Haute-Corse, les Côtes-d'Armor, le Finistère, l'Ille-et-Vilaine, la Manche, le Morbihan, le Pas-de-Calais, la Seine-Maritime et la Somme. 

 


10/02/2020
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Franceinfo - le lundi 10 février 2020

 

 

Inondations, incendies, niveau de la mer... L'Agence européenne de l'environnement alerte sur le réchauffement climatique

 

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franceinfoRadio France

 

 

Sur ces cartes, on constate par exemple que plusieurs régions françaises pourraient se retrouver sous l'eau, que les feux de forêts risquent de devenir plus fréquents et que la sécheresse devrait concerner encore plus de territoires

 

 

 

Quelles régions seront le plus touchées par l'évolution du climat ? Fréquence des incendies, intensité des inondations, hausse du niveau de la mer... L'Agence européenne de l'environnement (EEA) publie lundi 10 février une série de cartes inédites basées sur les différents scénarios du réchauffement climatique d’ici la fin du siècle. Si de gros efforts sont réalisés sur le plan environnemental ou, à l'inverse, si rien n'est fait.

 

 

Ce que dit l'EEA, c’est que d’ici à 2100, la fréquence, la durée, la gravité des événements météorologiques va augmenter. Les pluies diluviennes, les incendies, les inondations vont faire partie d'une réalité quasi quotidienne. Même en cas de limitation du réchauffement. Deux types de projections ont été réalisés. L’une pour le scénario des accords de Paris. Un réchauffement limité à moins de 2°C, quasiment impossible à atteindre vue la trajectoire aujourd’hui des grand pays émetteurs. L’autre scénario table sur un réchauffement à plus de 4°C. Quoi qu’il en soit les conséquences sont préoccupantes. L’agence souligne l’importance dès aujourd’hui de s’adapter avec des ouvrages et des réglementations pour faire face.

 

 

 

Niveau de la mer : une hausse de 0,2 à 1 m selon les scénarios

 

 

 

 

Comparez les deux scénarios. Hausse projetée du niveau relatif de la mer d'ici la fin du 21e siècle pour deux scénarios d'émissions, par rapport à la période 1981-2010. À gauche, dans le cas d'un scénario à faibles émissions ; à droite, dans le cas d'un scénario à émissions élevées. La nuance la plus claire indique une hausse du niveau de la mer de 0,2 à 0,4 m. La nuance intermédiaire de 0,4 m à 0,6 m. Et la plus foncée indique une hausse de 0,6 m à 1 m. 

 


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L'ensemble des régions côtières européennes ont déjà constaté une hausse du niveau de la mer. Cela menace les écosystèmes, les ressources en eau, les infrastructures, les habitations et les vies humaines.

 

 

Le taux d'élévation du niveau moyen de la mer au cours du 21e siècle sera très probablement plus élevé que pendant la période 1971-2015, selon les études du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec). Selon les experts, l'élévation du niveau de la mer au 21e siècle sera de l'ordre de 30 à 60 centimètres en moyenne, dans le scénario où nous réussissons à contenir les émissions de gaz à effets de serre (carte de gauche). Mais si les efforts ne sont pas à la hauteur, cette hausse sera comprise entre 60 centimètre et 1,1 mètre (carte de droite). Cependant, des valeurs sensiblement plus élevées ne peuvent être exclues : plusieurs études récentes évoquent une hausse allant jusqu'à 2,5 mètres.

 

 

 

 

Populations européennes exposées à une hausse du niveau de la mer (de 1 m à 6 m).

Zones habitées situées entre 1 et 6 mètres au-dessus du niveau actuel de la mer. (AGENCE EUROPEENNE POUR L'ENVIRONNEMENT)


 

Superficie estimée et nombre d'habitants habitant actuellement dans des régions situées entre 1 et 6 mètres au-dessus du niveau actuel de la mer.

 

 

L'Agence européenne de l'environnement montre également la superficie estimée et le nombre d'habitants qui habitent actuellement dans des régions situées entre 1 et 6 mètres au-dessus du niveau actuel de la mer. En l’absence de toute protection côtière, ces zones seraient inondées de façon permanente au cours des siècles à venir (si le niveau de la mer augmente du niveau prévu). Des inondations côtières temporaires de ces zones exposées pourraient se produire beaucoup plus tôt, en raison des effets combinés de l'élévation du niveau moyen de la mer, des vagues et des tempêtes.

 

 

Plusieurs régions sont particulièrement en danger en Europe :

 

 

• les côtes du sud et de l'ouest et de la France
• les côtes de la Belgique, des Pays-Bas et du nord-ouest de l'Allemagne
• la plupart des régions côtières du Danemark et du sud de la Suède
• l'Italie du nord-est, y compris la région de Venise

 

 

Plusieurs régions ou pays ont déjà mis en place des mesures pour protéger la population de ces inondations côtières. Les Pays-Bas, par exemple, ont mis en place des mesures comme l'amélioration des digues, des barrages et des dunes et la régénération des plages.

 

 

 

Sécheresse : des épisodes graves et plus fréquents

 

 

 

Comparez les deux scénarios. Fréquence des sécheresses pour deux scénarios d'émissions (période 2041-2070, par rapport à 1981-2010). À gauche, dans le cas d'un scénario d'émissions moyennes ; à droite, dans le cas d'un scénario à fortes émissions. Les nuances indiquent l'évolution du nombre d'épisodes de sécheresse par périodes de 30 ans (le blanc indique un nombre inchangé d'épisodes, la nuance la plus foncée indique un accroissement supérieur à 2,5 du nombre d'épisodes).

 


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La France notamment connaît de fortes sécheresses, dans de nombreuses régions depuis plusieurs années. Dans notre pays comme dans le reste du sud de l'Europe, ces sécheresses graves devraient devenir plus fréquentes. Ce nombre devrait également augmenter en Europe centrale et occidentale. À noter, ces épisodes de sécheresse devraient en revanche diminuer dans certaines régions limitées du nord de l'Europe.

 

 

 

Incendies de forêt : le sud de l'Europe particulièrement concerné

 

 

 

 

Comparez les deux scénarios. Risque d'incendie de forêt lié à la météo à la fin du 21e siècle pour deux scénarios d'émissions, par rapport à la période 1981-2010. À gauche, le scénario à faibles émissions, à droite, celui à émissions élevées. Les nuances indiquent en bleu une baisse jsuqu'à 30% de l'indice de risque et en rouge foncé une hausse de plus 40% 

 


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Ces dernières années déjà, de grands incendies de forêt ont touché plusieurs régions du nord et de l'ouest de l'Europe, où les incendies n'étaient pas répandus par le passé. La Suède, par exemple, a connu en 2018 la pire saison des incendies depuis que rapports sont réalisés.

 

 

Des incendies encore plus violents, une expansion des territoires sujets aux incendies ainsi que les saisons des incendies plus longues sont prévus dans la plupart des régions d'Europe, en particulier pour un scénario à fortes émissions.

 

 

Cette augmentation du risque d'incendies devrait être particulièrement importante dans le centre-ouest de l'Europe, mais le danger absolu d'incendie demeure le plus élevé dans le sud de l'Europe, indique l'Agence européenne de l'environnement. Les scientifiques affirment que des mesures d'adaptation et une meilleure prévention des incendies peuvent avoir un rôle efficace.

 

 

 

Fortes pluies : l'Europe centrale et orientale menacée en hiver

 

 

 

 

Comparez les deux saisons, été et hiver. Changements prévus de l'ampleur des fortes pluies au cours de la période 2071-2100, par rapport à 1971-2000, dans le cas d'un scénario à émissions élevées. À gauche, en été ; à droite, en hiver. Les nuances indiquent en pourcentage l'évolution du nombre d'épisodes de fortes pluies. En orange foncé, une baisse de 25% et en-deçà ; en blanc, une évolution comprise entre -5% et +5% ; en vert, une évolution comprise entre 5% et 25% ; en bleu clair, entre 25% et 35% et en bleu foncé, au-delà de 35%. 

 


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Le changement climatique devrait entraîner une augmentation de l'intensité des pluies dans la plupart des régions d'Europe, ce qui augmenterait le risque d'inondations soudaines, affirme l'Agence européenne de l'environnement.

 

 

On peut constater sur cette carte l'évolution des fortes pluies en hiver et en été au cours de la période 2071-2100, par rapport au climat actuel (1971-2000), sur la base d'un scénario d'émissions élevées. Les augmentations les plus importantes (jusqu'à 35%), concernent l'Europe centrale et orientale. L'Europe du sud, de son côté, pourrait voir des augmentations de fortes pluies allant jusqu'à 25%.

 


10/02/2020
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Franceinfo - dimanche 19 janvier 2020

 

 

Sur le dos d'un aigle pêcheur au-dessus du massif du Mont-Blanc dont les glaciers fondent aujourd'hui à vue d'œil

 

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France 2France Télévisions

 

 

Sous les ailes de Victor, un spécimen du plus grand aigle européen, un paysage à couper le souffle désormais en grand danger à cause du réchauffement climatique. Bienvenue à bord de ce lanceur d’alerte… Extrait du magazine "13h15 le dimanche" du 19 janvier 2020

 

 

 

Capture d'écran

 

 

Embarquement immédiat à bord du vol qu’entreprend Victor, un Pygargue à queue blanche (Haliaeetus albicilla), au-dessus du massif du Mont-Blanc. Le plus grand aigle d’Europe, qui peut mesurer jusqu’à 2,50 mètres d’envergure et peser sept kilos, est une espèce en voie de disparition que des passionnés essaient de remettre dans la nature.

 

 

Ce jour-là, pour le magazine "13h15 le dimanche" (replay), le rapace se lance d’une grande hauteur, avec une caméra embarquée, pour rejoindre son maître qui l’attend tout en bas dans la vallée. Un paysage grandiose, mais en grand danger à cause du réchauffement climatique qui fait fondre les glaces, défile sous l’animal au vol majestueux.

 

 

 

"Les Alpes sont en train de brûler sous nos yeux et on regarde ailleurs"

Victor n’a pas raté sa piste d’atterrissage, soit le bras du  fauconnier Jacques-Olivier Travers : "C’est un aigle pêcheur qui vit dans l’air et dans l’eau car sa ressource alimentaire est principalement le poisson. Les glaciers sont la base de toute l’eau dans nos montagnes. Ce qui se passe en ce moment dans nos glaciers, c’est catastrophique. Et c’est pour ça que je suis là aujourd’hui. Pour attirer l’attention sur ce qui se passe", affirme-t-il.

 

 

"On parle tout le temps de l’Antarctique, de l’Amazonie, mais j’ai l’impression qu’on ne voit pas que le cœur des Alpes est en train de fondre littéralement. Elles sont en train de brûler sous nos yeux et on regarde ailleurs. Derrière moi, on voit le glacier des Bossons. Quand j’étais enfant, je faisais dix minutes de marche pour le toucher. Aujourd’hui, il faut que je marche une heure et demie parce qu’il est remonté. Et ça, c’est partout dans les Alpes. J’espère que ces images vont toucher le cœur des gens pour qu’ils se disent qu’on va faire un effort pour sauver ce qui est sauvable."   

 


29/01/2020
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Franceinfo - le dimanche 26 janvier 2020

 

 

Sommet Change Now : "Nous devons tous nous considérer comme coacteurs" de la transition écologique, plaide Julien Dossier, spécialiste de la ville durable

 

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Propos recueillis parThomas BaïettoFrance Télévisions

 

 

Auteur de "Renaissance écologique", un ouvrage où il imagine une ville et une campagne zéro carbone, Julien Dossier fait partie des intervenants du sommet Change Now, qui se tient à Paris du 30 janvier au 1er février, dont franceinfo est partenaire

 

 

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La fresque de Julien Dossier et Johann Bertrand d’Hy pour représenter une ville et une campagne durables. (JULIEN DOSSIER, JOHANN BERTRAND D'HY / RENAISSANCE ECOLOGIQUE)

 

 

 

Partir d'une œuvre de la renaissance italienne pour imaginer un monde moins carboné face au changement climatique. C'est la démarche originale entreprise par Julien Dossier dans son livre Renaissance écologique (Actes Sud, 2019). L'auteur, qui dirige le cabinet de conseil Quattrolibri et s'est notamment occupé de la stragérie zéro carbone de la ville de Paris, a réalisé, avec l'aide du dessinateur Johann Bertrand d'Hy, une version contemporaine de L'Allégorie des effets du bon gouvernement, peinte par Ambrogio Lorenzetti en 1338.

 

 

En y illustrant "24 chantiers pour le monde de demain", le Nantais propose une vision de la transition écologique pour limiter les effets du réchauffement climatique en cours. Avant son intervention au sommet Change Now, jeudi 30 janvier, au Grand Palais à Paris, franceinfo a interrogé cet expert de la ville durable sur sa démarche.

 

 

La fresque de Julien Dossier et Johann Bertrand d’Hy pour représenter une ville et une campagne durables.

La fresque de Julien Dossier et Johann Bertrand d’Hy pour représenter une ville et une campagne durables. (JULIEN DOSSIER, JOHANN BERTRAND D'HY / RENAISSANCE ECOLOGIQUE)


 

Franceinfo: Qu'est-ce qui vous a décidé à vous lancer dans une adaptation de la fresque de Lorenzetti ?

 

Julien Dossier : C'est l'expérience de l'après-sommet mondial des villes durables en 2013 et de l'après-stratégie zéro carbone de la ville de Paris. Dans les deux cas, nous avions une information riche. Mais comment la communiquer ? Comment faire vivre un rapport technique de 367 pages de manière à enclencher une dynamique de transition ? Tout cela pose la question de la diffusion de la connaissance.

 

 

Sur le réchauffement climatique, l'information factuelle existe depuis plusieurs décennies. Nous ne manquons pas d'informations pour décrire les effets du changement climatique sur la planète et son origine humaine. Force est de constater que notre cerveau ne réagit pas de manière rationnelle sur ce sujet-là. Nous n'avons pas une traduction pratique de ce qu'on apprend, de ce qu'on comprend... Pour engager des changements de trajectoire, il faut sortir de la pure démonstration logique et toucher d'autres registres. Dans la fresque de Lorenzetti, on voit un monde résilient et quand on analyse les composantes de cette fresque, on a les clés de la transition pour aujourd'hui.

 

 

 

Selon vous, pourquoi la rationalité ne suffit-elle pas face au réchauffement climatique ?

 

C'est une question qu'on peut poser à tous les fumeurs, qui savent lire "Fumer tue" et qui pourtant prennent un paquet de cigarettes. Il y a un poids de l'habitude, une dépendance par rapport à un mode de vie qui fait qu'on ne change pas de manière radicale. Radicale, pas dans le sens violent, mais dans le sens d'aller à la racine, de toucher les fondements du système qu'on doit aujourd'hui faire bouger. Je pense qu'il y a en partie un problème d'imagination, de marge de manœuvre et d'émotion.

Nous sentons que les sujets sont graves, mais nous espérons ne pas être touchés. Nous nous sentons à l'abri, nous croyons que nous n'avons pas besoin de changer. Ce raisonnement-là est de moins en moins vrai parce que les ramifications des catastrophes climatiques finissent par nous toucher : qualité de l'air, sécheresses, inondations.

 

 

 

Dans votre livre, vous critiquez la vision communément admise du mur vers lequel nous nous dirigeons, ainsi que la notion d'effondrement soudain. Vous écrivez : "Comme dans une pièce de Beckett, nous attendons une forme d’effondrement qui ne viendra pas". Pourquoi ces notions ne vous conviennent pas ?

 

Nous nous construisons une image de l'effondrement à la manière d'Hollywood, qui livre des films comme Blade Runner 2049Mad Max ou Wall-E. Dans ces films, on nous montre un monde qui s'est effondré, qui ne marche plus du tout, une vision post-apocalyptique. Ces films disent qu'il y a eu une catastrophe planétaire, un événement unique, qui a eu des conséquences sur toute la planète. Cette vision hollywoodienne nous fait attendre une grande catastrophe, un événement qui va tout casser. Cet imaginaire nous empêche de regarder ce qui est en train de se passer, en Australie ou en Amazonie, ce qui s'est déjà passé et qui devrait nous alerter. Il ne s'agit pas d'attendre une crise ultime, parce qu'en attendant, nous ne sommes pas à l'œuvre pour résoudre les crises actuelles.

 

 

 

Votre livre enjoint le lecteur à se lancer dans une véritable transition écologique. Par où commencer ?

 

Il faut entrer dans une approche segmentée, pour ne pas proposer de solutions uniformes. Quelqu'un sous la contrainte d'une mobilité subie, qui manque de moyens pour investir, rénover sa maison ou se nourrir autrement ne va pas avoir la même réponse que quelqu'un qui a les moyens de faire tout cela. Nous avons besoin d'avoir une réponse diversifiée, adaptée aux circonstances de chacun.

 

 

Le point commun qui va peut-être réunir tout le monde, c'est de consacrer du temps à ce sujet. On peut l'utiliser pour s'informer ou pour changer ses habitudes de transport. Vous pouvez par exemple vous dire, au début, que vous consacrez 15 minutes pour la planète par semaine. Ce quart d'heure, vous pouvez l'allouer à des temps de trajet. Je peux accepter 15 minutes de plus sur mon temps de trajet, divisé par cinq jours actifs, cela fait 3 minutes que je peux consacrer à attendre que quelqu'un vienne me chercher si je fais du covoiturage.

 

 

 

Sur la question écologique, il y a un grand débat entre les gestes individuels et les actions collectives, d'associations ou d'entreprises. Certains se disent : "Cela ne sert à rien que je change mon comportement tant que telle entreprise continue d'extraire des énergies fossiles." Dans votre ouvrage, vous plaidez pour l'action individuelle. Pourquoi ?

 

 

Nous avons besoin d'agir sur tous les fronts, de se saisir des moyens dont on dispose, là où on en dispose. Pour moi, l'objectif, c'est de rendre chaque instant que nous vivons dédié à cette urgence climatique. Quand ces choix se traduisent à l'échelle individuelle, agissons à l'échelle individuelle : le contenu de notre assiette, la façon dont on utilise notre temps... Chercher à s'informer sur ces questions-là plutôt que de regarder des vidéos de chats sur internet, c'est un choix individuel.

 

 

Ensuite, il y a des actions qui nous engagent dans notre capacité à être parent d'élève, électeur, employeur ou investisseur. C'est le fait de réunir l'action de plusieurs personnes et d'unir nos forces qui donnent du sens à ce que chacun d'entre nous peut faire. A l'échelle d'un groupement d'entreprises, on peut parler de covoiturage, d'espace de coworking avec un impact significatif sur un bassin de vie de centaines de milliers de personnes. A plus petite échelle, nous pouvons agir à l'échelle d'un quartier, dans une cage d'immeuble, dans une fête d'école, dans une salle de spectacle. Tous ces leviers-là nous permettent de gagner en impact. 

 

 

 

Pour vous, il n'y a donc pas de petits gestes ?

 

Il faut cibler l'efficacité, ne pas se tromper d'ordre de grandeur. Dans son livre L'énergie durable : Pas que du vent ! (De Boeck, 2015), David MacKay rappelle que quand on débranche un chargeur de téléphone pour éviter de consommer de l'électricité, on touche 0,5% de la consommation du foyer par jour. C'est très bien de le faire, mais l'essentiel est ailleurs. Il y a également une différence entre les "projets petits pas", qui nous font pédaler comme des hamsters dans une roue mais qui ne nous font pas avancer d'un pas, et les "actions premier pas".

 

 

Dans le livre, je prends cette image de la craie. Dans une école, un matin, cette craie permet de tracer dans la cour les voies de circulation qui mènent à l'école. Nous pouvons localiser l'habitat des enfants qui vivent à moins de 500 mètres et dans la matinée, nous avons organisé un pédibus [un ramassage scolaire à pieds], que nous pouvons mettre à l'œuvre dans l'après-midi.

 

 

Après avoir fait cette matinée à la craie, l'étape suivante, c'est de trouver des solutions pour des enfants qui habitent à plus de 500 mètres de l'école. Là, nous avons besoin d'équipements, de vélos, de triporteurs, de trottinettes. Il faut le temps de les acheter, il faut libérer des moyens.

 

 

 

Il faut donc éviter de se dire : "C'est bon, je fais déjà des efforts, je peux m'arrêter là" ?

 

Il ne faut pas se mentir. J'ai reçu quelques semaines après les fêtes de Noël un message d'un ami, qui disait "Voilà, je suis parti à Oman, maintenant, j'aimerais compenser mon voyage en avion. Qu'est-ce que tu recommandes ?" Je lui ai recommandé un mécanisme de compensation, la location de parcelles forestières dans lesquelles du carbone est séquestré, mais surtout j'ai répondu en disant qu'il est urgent de lire le résumé pour décideurs du rapport spécial du Giec à 1,5°C. Puis, je l'ai invité à poser la question de savoir s'il fallait continuer aujourd'hui de planifier des voyages dans des destinations comme celle-là. N'avons-nous pas d'autres formes d'actions de loisir plus proches de nous qui permettent de se passer de l'avion ? 

 

 

Il ne s'agit pas de 'renoncer à', il s'agit d'apprendre à aimer autre chose et de se tourner vers d'autres désirs, d'autres sources de plaisir et de découverte.Julien Dossier à franceinfo

 

 

La compensation peut être un véritable outil. Mais si c'est une simple excuse pour se donner bonne conscience en prenant l'avion pour aller faire la fête à Marrakech, c'est honteux.

 

 

 

Il y a un autre discours, que l'on entend chez les personnes qui rechignent à changer leurs habitudes pour tenir compte de la crise climatique. C'est celui qui consiste à dire : "L'innovation technologique nous sauvera." A l'inverse, dans votre fresque, vous ne proposez que des techniques qui existent déjà. Vous ne croyez pas à cet argument de l'innovation ?

 

Non. D'abord, parce que nous manquons de temps. Il faut prendre la mesure de l'inertie du déploiement des nouveautés. Quand on parle d'innovation dans le secteur aérien, on parle de quelques pourcents de la flotte de 2050 qui pourra envisager de bénéficier des véritables améliorations techniques. Mais l'immense majorité des avions qui voleront en 2050, s'ils volent encore, existent déjà. Soit ils sont déjà en service, soit ce sont ceux qu'on sort des lignes en ce moment. Ces avions-là ne sont pas compatibles avec les objectifs de neutralité carbone. Inverser la tendance sur des systèmes techniques, c'est long et nous manquons de temps.

 

 

La deuxième partie de la réponse, c'est que nous créons des complexités en allant vers des systèmes techniques qui supposent une extraction de matière première, de la consommation d'énergie pour les distribuer et des technologies, y compris numériques, pour en suivre la maintenance... Sur ces variables-là, il y a de forts risques d'approvisionnement : nous manquons de ressources minières en métaux et en terre. Il va y avoir des tas de blocages dans le déploiement de ces technologies. Par exemple, il faut prendre la mesure de la consommation de données de solutions automatisées. Quand on parle de la voiture autonome, c'est le patron d'Intel qui indiquait que les données pour un million de voitures sont équivalentes à celles de 3 milliards de personnes. Nous ne pouvons pas imaginer un déploiement à grande échelle de ces technologies-là. Nous ne ferions que transformer le problème du climat en un problème d'énergie. Nous devons être sobres dans les solutions qu'on utilise et augmenter nos chances de réussite en utilisant ce qu'on maîtrise.

 

 

 

Sur la gauche de votre fresque, vous avez dessiné votre ville durable. Quelles sont ses caractéristiques ?

 

Il y a une double urgence dans les villes. Nous ne sommes pas seulement dans une urgence d'atténuation des émissions, mais aussi d'adaptation. Quand il a fait 40 °C à Paris l'été dernier, nous pouvons imaginer que les étés prochains ne vont pas être tellement plus froids. Nous devons privilégier des solutions de végétalisation et de déminéralisation des villes pour réduire l'effet "îlot de chaleur". Cela pose une question sur l'aménagement et sur la gestion du foncier. Aujourd'hui, on voit du foncier et on se dit : "Qu'est-ce qu'on va bien pouvoir bâtir dessus ?". Demain, il faudra regarder cela autrement. C'est sur ces espaces-là qu'on va devoir se poser la question de "Comment faire pousser des arbres ?" Nous avons besoin d'arbres : un arbre, c'est trois climatiseurs en ville. Une approche par le végétal a énormément de vertu : elle participe à l'adaptation au changement et réduit la consommation d'énergie.

 

 

Cette notion de proximité est aussi un vecteur de lien social. Les villes sont un véritable creuset de mobilisation, on peut se sentir efficace, on se fait confiance les uns les autres dans un réseau urbain de proximité. On croise des visages connus, on est fidèle à tel ou tel commerçant, on peut partager l'effort, il est plus facile dans cette proximité d'adopter des modes de vie type "zéro déchet" où il est normal d'arriver dans un magasin avec des emballages que nous apportons, parce que ça fait partie d'un mode de vie qu'on partage ensemble. Cela crée aussi des débouchés pour des producteurs à proximité des villes qui, aujourd'hui, cherchent à améliorer leurs revenus en vendant en direct ou en réduisant les distances de transport.

 

 

Dans les villes, il y a évidemment un stock de bâtiments à rénover. Il y a trop de copropriétés privées qui n'ont pas les moyens de financer leur rénovation. Nous pouvons nous poser la question de la mutualisation des opérations entre les copropriétés solvables et celles qui ne le sont pas. Il y a des questions de redistribution évidentes et d'engagements financiers de la part de grands investisseurs.

 

 

 

Dans la ville que vous dépeignez, la différence frappante avec les métropoles actuelles est l'absence de voitures. Est-ce réaliste ?

 

Cette fresque est une allégorie. Nous évoquons des fonctions, nous ne cherchons pas une représentation totalement réaliste. De manière générale, dans les villes, l'enjeu pour moi se résume à une question de relocalisation. Avoir une diversité de fonctions, commerces et ressources à proximité, c'est la clé. C'est cela qui nous permet d'avoir un choix de mode de déplacement beaucoup plus riche et beaucoup moins carboné. Si nous avons 15 minutes à pied pour faire tout ce dont on a besoin, à aucun moment nous allons sentir le besoin d'avoir une voiture.

 

 

 

Au centre de votre fresque, il y a une série de bâtiments que vous appelez "la membrane" et qui sépare la ville de la campagne. Pouvez-vous nous expliquer en quoi cela consiste ?

 

C'est important de revenir sur l'équilibre général de la composition. C'est un grand rectangle, divisé en deux avec, à parts égales, une partie urbaine avec des usages en ville et une partie rurale, avec des usages à la campagne. Pour moi, il est essentiel d'avoir cela en tête, nous sommes dans un système mutuellement dépendant : la partie urbaine a besoin d'une partie naturelle pour produire à manger. C'est là où l'essentiel de l'alimentation des villes se passe. Sans campagne, il n'y a pas de céréales, de bétail, de fruits ou de légumes. Les villes ne peuvent pas fonctionner seules, elles ne disposent pas de la surface nécessaire intra-muros pour cultiver du blé ou de forêts permettant de créer des charpentes pour les ossatures bois.

 

Ensuite, la zone de frontière n'est pas une séparation, qui oppose l'un à l'autre, mais une zone qui construit l'alliance entre ces deux grands systèmes. Ces zones frontières sont des zones où l'on va retrouver des implantations industrielles, là où on va avoir la rencontre de la main-d'œuvre qui vient des villes et des matières premières acheminées de l'extérieur. C'est aussi là où on va stocker des réserves, qui vont être des silos à grains, des chambres froides... Ce sont des zones ressources qui sont dans des interfaces entre partie urbaine et partie rurale. On y voit également une gamme de solutions de transport : un tram-fret pour transporter passagers et marchandises, du covoiturage, des pistes cyclables aménagées pour des triporteurs, pour nous permettre de sortir de "l'autosolisme", cette façon d'être seul dans sa voiture à moteur thermique.

 

 

 

A droite, vous dessinez une campagne où l'on voit beaucoup de cultures et peu d'élevages. Dans votre monde durable, l'alimentation est donc moins carnée que dans le nôtre ?

Je me suis référé aux travaux de Solagro, qui s'appelle Afterres 2050. C'est la traduction dans le milieu agricole des objectifs de l'accord de Paris. Nous savons que la bascule d'une alimentation d'origine carnée à une alimentation d'origine végétale est beaucoup plus sobre en ressources. Il faut sept fois plus de ressources en surface pour produire la même quantité de protéines animales que de protéines végétales. Nous devons donc réduire massivement les émissions en réduisant notre consommation de viande. Il s'agit d'accompagner cette bascule avec une émergence d'une alimentation qui utilise beaucoup plus les céréales et les légumineuses.

 

 

L'animal est présent dans cette fresque, pour rappeler qu'on a besoin de matière organique pour fertiliser le sol. Le réchauffement climatique pose la question du bon dimensionnement de la place de l'animal. 

 

 

Aujourd'hui, nous avons développé une surconsommation de viande, des mêmes morceaux, nous pensons steak, rumsteak, gigot, blanc de poulet, nous sous-utilisons une grande partie de l'animal. C'est une source de perte d'efficacité. Julien Dossier à franceinfo

 

 

Il faut multiplier le nombre de bêtes pour faire le même nombre de côtes de bœuf, nous avons des pratiques alimentaires qui ne sont pas efficaces. Le mode d'élevage intensif, souvent hors-sol, dépend de l'importation de tourteaux de soja venant principalement du Brésil, sur des sols conquis sur la forêt primaire en Amazonie. Il y a des effets en cascade qui sont convoqués pour répondre à une tendance actuelle d'extension des élevages en stabulation [des élevages en espaces restreints et clos], avec des circuits d'animaux qui donnent le tournis. J'ai en tête, dans la Loire, des installations qui font venir des veaux d'Italie pour les faire pâturer quelque temps en France, puis les faire repartir. Ce sont des norias de camions derrière.  

 

 

 

Ce n'est pas visible dans la fresque, mais vous défendez dans votre livre une agriculture sans pesticides. Que répondez-vous à ceux qui estiment que nous ne pouvons pas nourrir l'ensemble de la population sans l'agrochimie ?

 

Ce qui est frappant, c'est de constater que l'opposition entre pro et anti-pesticides est aujourd'hui très stérile. Nous avons d'un côté une mesure de la productivité à l'hectare sur une récolte : si je charge mon sol en engrais et que je mets tel traitement chimique, j'obtiens tel rendement. Mais ces gens-là oublient de calculer l'impact élargi de ce genre de techniques, comme le phénomène des algues vertes en Bretagne. Nous n'avons pas imputé aujourd'hui le coût et l'impact de pertes de biodiversité sur les pratiques agricoles. Nous n'imputons pas les externalités négatives au prix du kilo ou au prix à l'hectare. 

 

 

De l'autre côté, nous avons une mesure de la valeur sur un temps long. Dans l'agroécologie, on a besoin de mesurer la stabilité des écosystèmes sur des temps plus longs, pas seulement sur une saison, mais sur cinq, dix, quinze saisons. On ne mesure pas la même chose sur des horizons de temps différents. J'espère qu'on pourra arriver à un débat apaisé en se mettant d'accord sur les termes du débat. Aujourd'hui, nous n'avons même plus les termes du débat en commun, donc nous avons, forcément, deux visions du monde.

 

 

 

Dans votre fresque, on voit des panneaux solaires en ville, des éoliennes à la campagne, un barrage, un méthaniseur agricole... Est-ce que vous croyez à un scénario 100% énergie renouvelable ? Nous en sommes très éloignés aujourd'hui.

 

Nous en sommes très loin. Mais, en même temps, nous avons de très nombreuses sources, dont l'Ademe, qui ont fait des modélisations de scénarios 100% énergies renouvelables. On a tendance dans le débat français à se concentrer sur les débats du côté de l'offre et à minimiser le potentiel de la transformation de la demande. Or la proximité est un facteur d'efficacité énergétique. Nous allons réduire les distances et simplifier les outils qu'on va utiliser. Si on se déplace en marchant ou à vélo, le déplacement est beaucoup moins consommateur d'énergie.

 

 

Dans cette fresque, l'homme se consacre à un autre objectif que l'accumulation matérielle, donc nous consommons beaucoup moins. Julien Dossier à franceinfo

 

 

Mais ce n'est pas une vision de décroissance : dans cette fresque, il y a énormément de choses à faire. C'est une vision de plein-emploi, de production pour mettre en œuvre cette transition.

 

 

Par exemple, dans cette fresque, il y a un mur à pêches, qui est un véritable réservoir d'efficacité énergétique. C'est un mur de briques qui permet de stocker la chaleur du soleil dans la journée et de la restituer sur une plage élargie. On optimiste la captation du rayonnement solaire, chaque fruit bénéficie d'un maximum d'apport d'énergie du soleil et on coupe le vent, on protège la plante des effets des vents froids en hiver. Cela permet de produire des fruits plus au nord et de ne pas en faire venir de loin. Le cumul de ces actions montre qu'on a un réservoir de réduction de consommation d'énergie considérable.

 

 

 

Dans votre livre, vous plaidez pour un "strict encadrement" de l'économie de marché et pour "une puissance publique forte". Un changement qui risque d'être combattu par les milieux économiques. Comment opérer cette transition ?

 

Il y a aujourd'hui une tension qui se crée entre des pratiques d'un ancien temps et celles qui sont largement souhaitées et portées par la société. Mais nous avons des alliés économiques qui sont en train de faire basculer les décisions, notamment les investisseurs de long terme, comme les fonds de pension ou les caisses de retraite, qui doivent prendre en compte le climat dans l'impact de leurs investissements, à horizon dix, vingt ou trente ans. Ce sont ces acteurs qui ont été les premiers à peser sur les décisions de désinvestissement dans le charbon. Nous sommes aujourd'hui en train d'élargir le périmètre aux hydrocarbures. 

 

 

Il faut lire en détail la lettre de Larry Fink, le patron de BlackRock très décrié par ailleurs, quand il prescrit aux patrons des entreprises dans lesquelles son entreprise investit un reporting de leurs actions en fonction de la compatibilité vis-à-vis de l'accord de Paris. Des groupes aujourd'hui très loin de la question vont se retrouver fragilisés pour continuer leurs activités. C'est une première tendance. 

 

 

Par ailleurs, certains acteurs ont pris la mesure des risques sur les activités dont ils dépendent. Il faut écouter Pierre-Emmanuel Taittinger, qui dit : "Moi, en tant que producteur de champagne, je suis directement impacté par ces évolutions et la continuité de mon activité est en cause."

 

 

 

La crise des "gilets jaunes", déclenchée par la taxe carbone, a montré qu'il y avait un énorme enjeu d'acceptabilité sociale sur ces questions. Dans votre livre, vous faites le diagnostic d'un déficit démocratique sur ces sujets. Comment le combler ? 

 

L'objectif est de devenir collectivement des citoyens actifs et de s'emparer de ce sujet. Il faut regarder étroitement les programmes des candidats aux élections municipales et faire le tri entre celles et ceux qui auront établi l'état d'urgence climatique comme premier point du programme et ceux qui ne seront pas compétents. Nous devons dépasser un moment où nous attendons que les solutions viennent des élus ou du gouvernement, nous devons nous considérer comme coacteurs de ce changement. Soyons actifs, ne soyons pas consommateurs

 


26/01/2020
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Franceinfo - le vendredi 24 janvier 2020

 

 

Greta, l’icône du climat

 

 

 

"Envoyé spécial" a tenté de percer le mystère de l'incroyable popularité de Greta Thunberg. A 16 ans, la jeune Suédoise incarne cette génération qui exige une transition écologique immédiate. Comment s’est-elle imposée ? Qui la soutient ? Pourquoi provoque-t-elle des réactions aussi violentes de la part de ses détracteurs ? 

 

 

 

Capture d'écran

 

 

A 16 ans, Greta Thunberg est devenue le visage de la défense de la planète. Avec sa grève pour le climat, elle incarne cette génération qui exige une transition écologique immédiate. A l’ONU, dans les manifestations auprès de jeunes militants, dans ses tweets, l’adolescente interpelle sans langue de bois les responsables politiques.

 

 

 

La voix d'une jeunesse inquiète et impatiente ?

Comment Greta ‒ atteinte d’un syndrome d’autisme Asperger ‒ s’est-elle imposée comme la voix de cette jeunesse inquiète et impatiente ? Qui la soutient dans l’ombre ? Pourquoi provoque-t-elle des réactions aussi violentes de la part de ses détracteurs ? Du Canada à la Suède, des Etats-Unis à la France, "Envoyé spécial" a suivi ses traces et tenté de percer le mystère de son incroyable popularité.

 

 

Un reportage d'Yvan Martinet, Manon Descoubes et Karim Annette diffusé dans "Envoyé spécial" le 23 janvier 2020. 

 


24/01/2020
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