ENVIRONNEMENT et climat - L'AIR DU TEMPS

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ENVIRONNEMENT et climat

Pourra-t-on empêcher que la planète ne se réchauffe trop ? Encore un pari de plus pour vivre mieux et surtout économiser notre environnement si précieux. Là, on part pour le futur...


Franceinfo - le lundi 5 novembre 2018

 

 

Les produits à base de métam-sodium, un pesticide contesté, vont être définitivement interdits en France, annonce l'Anses

 

 

Le gouvernement avait annoncé, fin octobre, qu'il suspendait son autorisation jusqu'à fin janvier après plusieurs cas d'intoxications

 

 

 

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Une plantation de mâche à Selestat (Bas-Rhin), le 19 février 2006. Le métam-sodium est particulièrement utilisé dans la culture de cette variété de salade. (MAXPPP)

 

 

 

La polémique aura eu raison du métam-sodium. L'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) annonce qu'elle va retirer les autorisations de mise sur le marché de tous les pesticides qui contiennent cette substance, ce qui revient à prononcer son interdiction en France. Mis en cause dans l'intoxication de 70 personnes en quelques jours dans le Maine-et-Loire, cet automne, il avait déjà vu son utilisation suspendue par le gouvernement le 26 octobre.

 

 

>> ENQUETE FRANCEINFO. Un "poison", une "kalachnikov"... Inquiétudes autour du métam-sodium, le pesticide qui a intoxiqué 70 personnes dans le Maine-et-Loire.

 

 

"L’Anses a réévalué les dossiers" et "conclut que l’ensemble des usages [du métam-sodium] représente un risque pour la santé humaine et l’environnement", écrit l'agence dans un communiqué.

 

 

Elle explique avoir "notifié aux industriels son intention de retirer l’ensemble des autorisations de mise sur le marché".

 

 

Un produit contre les vers et les champignons

 

 

Les produits à base de métam-sodium sont utilisés pour luter contre les champignons et les vers qui s'attaquent à certaines cultures. "Bien qu’ils soient appliqués sur des petites surfaces en plein champ ou sous serres, ces produits nécessitent d'être utilisés en grandes quantités pour agir avec efficacité", pointe notamment l'Anses.

 

 

La Fédération des maraîchers nantais avait déjà exprimé son inquiétude lors de la suspension de cette substance. "Il y aura beaucoup moins de mâche, de radis ou de poireaux" sur les étals à la saison prochaine, expliquait son président, qui précisait qu'il n'y a "aucune dangerosité pour les consommateurs" : ce sont les agriculteurs et les riverains qui risquent d'être intoxiqués. Le syndicat Coordination rural, elle, jugeait la décision "hâtive, d'autant plus que le produit est utilisé depuis plusieurs années sans incidence"

 


12/11/2018
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Franceinfo - le mercredi 31 octobre 018

 

 

Une enquête nationale "est en cours" dans l'affaire des bébés nés sans bras ou sans main

 

 

Les premiers résultats de l'enquête sont attendus le 31 janvier, a précisé la ministre de la Santé, Agnès Buzyn

 

 

 

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Au total, dix-huit cas de nourrissons nés sans bras ont été rapportés dans le département de l'Ain (photo d'illustration). (MAXPPP)

 

 

 

Le nombre de cas signalé ne cesse d'augmenter. Une enquête qui porte sur toute la France "est en cours" dans l'affaire des bébés nés sans mains, sans bras ou sans avant-bras, a annoncé mercredi 31 octobre le directeur général de l'agence Santé publique France, François Bourdillon, sur RTL. Invitée de BFMTV, la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, a précisé que les premiers résultats de l'enquête étaient attendus le 31 janvier. Au total, dix-huit cas de nourrissons nés sans bras ont été rapportés dans le département de l'Ain.

 

 

Onze cas supplémentaires de bébés nés sans bras ont été identifiés dans l'Ain, sur une période s'étalant de 2000 à 2014, a annoncé l'agence Santé publique France dans un communiqué, mardi. Ces cas s'ajoutent "aux sept cas signalés par le registre Remera [le Registre des malformations en Rhône-Alpes]", écrit l'établissement placé sous la tutelle du ministère de la Santé. 

 

 

Lundi, un huitième cas avait été révélé par Le Monde. L'agence Santé publique France précise que ce huitième enfant compte parmi ces onze nouveaux cas identifiés et rappelle "l'importance de disposer d'un registre fiable, rigoureux, scientifique et adossé à des équipes hospitalo-universitaires". Une façon de critiquer, sans le nommer, le Remera. Cette structure, qui fonctionne sous forme associative, occupe un rôle central dans les révélations survenues dans cette affaire.

 

 


12/11/2018
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Franceinfo - le mardi 30 octobre 2018

 

 

Bébés nés sans bras : onze cas suspects supplémentaires ont été identifiés dans l'Ain entre 2000 et 2014

 

 

 

Ils s'ajoutent aux sept cas déjà signalés dans le département

 

 

 

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Onze cas supplémentaires d'enfants nés avec une malformation des membres supérieurs ont été identifiés dans l'Ain entre 2000 et 2014 d'après les données hospitalières, a annoncé l'agence Santé publique France, mardi 30 octobre 2018. (GARO / PHANIE / AFP)

 

 

Onze cas supplémentaires de bébés nés sans bras ont été identifiés dans l'Ain, sur une période s'étalant de 2000 à 2014, annonce l'agence Santé publique France dans un communiqué publié mardi 30 octobre. Ces cas s'ajoutent "aux sept cas signalés par le registre Remera [le Registre des malformations en Rhône-Alpes]", écrit l'établissement placé sous la tutelle du ministère de la Santé. Ce qui porte le total à 18 cas dans le département de l'Ain.

 

 

Ainsi, sur la base de données hospitalières PMSI, dans le département de l'Ain, l'agence sanitaire a repéré entre 2000 et 2008, sept cas suspects. Quatre autres cas suspects ont été constatés entre 2009 et 2014. Des investigations complémentaires sont en cours, ajoute l'agence, qui rappelle que "la réalisation d'enquêtes rétrospectives, plusieurs années après la naissance, sera complexe".

 

 

Lundi, un huitième cas avait été révélé par Le Monde. L'agence Santé publique France précise que ce huitième enfant compte parmi ces onze nouveaux cas identifiés et rappelle "l'importance de disposer d'un registre fiable, rigoureux, scientifique et adossé à des équipes hospitalo-universitaires". Une façon de critiquer, sans le nommer, le Remera. Cette structure, qui fonctionne sous forme associative, occupe un rôle central dans les révélations survenues dans cette affaire.

 


12/11/2018
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Franceinfo - le mardi 30 octobre 2018 - mis à jour le mercredi 31 octobre

 

 

Pluies, inondations et crues : l'Aveyron, le Gard, l'Hérault, la Lozère et le Var placés en vigilance orange

 

 

 

 

 

Au moins 110 000 foyers sont toujours privés d'électricité en France, a annoncé Enedis, le gestionnaire du réseau de distribution de courant

 

 

 

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La neige tombe à Saint-Etienne (Loire), le 29 octobre 2018. (MAXPPP)

 

 

 

Ce qu'il faut savoir

 

 

La situation s'améliore petit à petit, mais le Sud-Est reste en alerte. Météo France a placé, mardi 30 octobre, cinq départements en vigilance orange. Il s'agit de l'Aveyron, du Gard, de l'Hérault, de la Lozère – en raison des risques de fortes pluies et d'inondations – et du Var – en raison des risques de crues.

 

 

Des milliers de foyers privés d'électricité. Au moins 110 000 foyers sont privés d'électricité en France, a annoncé en milieu d'après-midi Enedis, le gestionnaire du réseau de distribution de courant. Les principales régions touchées sont l'Auvergne-Rhône-Alpes, le Centre-Val-de-Loire et le Limousin.

 

 

Le trafic reprend entre Lyon et Saint-Etienne. Le trafic ferroviaire entre Lyon et Saint-Etienne, suspendu en fin de journée lundi, est progressivement revenu à la normale vers 10 heures, a indiqué la direction régionale de la SNCF. Un train circule toutes les demi-heures sur cet axe très fréquenté, au lieu d'un tous les quarts d'heure en temps normal.

 

 

De nouvelles chutes de neige attendues. Des quantités de neige de 15 à 30 cm (localement 50 cm) au-dessus de 800 à 1 000 m sont attendues et au moins 5 à 10 cm au-dessus de 500 m, 2 à 5 cm au-dessous de 500 m. Mardi matin, les chutes de neige gagneront la Champagne, les Ardennes, l'est de l'Ile-de-France.

 

 

Un homme gravement blessé en Corse. En Corse, un homme a été heurté violemment par un portail au plus fort de la tempête en Balagne, il est actuellement hospitalisé.

 


09/11/2018
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Franceinfo - le lundi 29 octobre 2018

 

 

La pollution de l'air tue 600 000 enfants par an, alerte l'Organisation mondiale de la santé

 

 

Selon une étude de l'organisation, plus de 90% des enfants dans le monde respire un air pollué

 

 

 

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L'horizon pollué de Cracovie (Pologne), le 28 décembre 2017.  (ARTUR WIDAK / NURPHOTO / AFP)

 

 

 

La pollution de l'air, tant intérieur qu'extérieur, entraîne chaque année la mort de quelque 600 000 enfants de moins de 15 ans en raison d'infections aiguës des voies respiratoires, alerte lundi 29 octobre l'Organisation mondiale de la santé. La pollution de l'air est "le nouveau tabac", souligne le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, sur le site de l'organisation.

 

 

L'OMS a publié un rapport révélant que chaque jour, environ 93% des enfants de moins de 15 ans dans le monde (soit 1,8 milliard d'enfants) respirent un air si pollué qu'il met gravement en danger leur santé et leur développement. Selon l'OMS, environ 91% des habitants de la planète respirent un air pollué, ce qui entraîne quelque 7 millions de décès chaque année.

 

 

 

Les enfants absorbent plus de polluants

"Cette crise de santé publique fait l'objet d'une attention accrue, mais un aspect critique est souvent négligé : comment la pollution de l'air affecte particulièrement les enfants", relève l'OMS dans le rapport. En 2016, la pollution de l'air à l'intérieur des foyers et à l'extérieur a entraîné la mort de 543 000 enfants de moins de 5 ans et de 52 000 enfants âgés de 5 à 15 ans en raison d'infections aiguës des voies respiratoires.

 

 

L'une des raisons pour lesquelles les enfants sont particulièrement vulnérables est qu'ils respirent plus rapidement que les adultes et absorbent donc plus de polluants. En outre, les enfants vivent plus près du sol, où certains polluants atteignent des concentrations maximales, à un moment où leur cerveau et leur corps sont encore en développement. 

 

 

Les nouveau-nés et les jeunes enfants sont également plus vulnérables à la pollution de l'air dans les foyers qui utilisent régulièrement des technologies et combustibles polluants pour cuisiner, se chauffer et s'éclairer.

 


08/11/2018
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Franceinfo - le lundi 29 octobre 2018

 

 

Météo : la vigilance orange à la neige, au verglas et à la pluie étendue à treize départements

 

 

Météo France met en garde contre un "épisode pluvio-orageux intense nécessitant un suivi particulier"

 

 

 

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Des chevaux dans un champ enneigé du Sancy (Puy-de-Dôme), le 28 octobre 2018. (MAXPPP)

 

 

 

L'hiver avant l'heure ? Météo France place la Corrèze, la Creuse et le Tarn en vigilance orange à la neige et au verglas, lundi 29 octobre. Désormais, treize départements sont concernés par une alerte orange à la neige, la pluie ou au verglas : les Alpes-Maritimes, l'Aveyron, le Cantal, la Corse-du-Sud, la Haute-Corse, la Loire, la Haute-Loire, la Lozère, le Puy-de-Dôme et le Var.

 

 

 

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Capture écran du site Météo France, le 28 octobre 2018. (METEO FRANCE)

 

 

 

Météo France met en garde contre un "épisode pluvio-orageux intense nécessitant un suivi particulier du fait de son intensité et de sa durée" et un pisode neigeux notable et arrivant tôt dans la saison"Sur le relief, de la neige tombera à partir de 600 à 700 m sur le Massif central, localement un peu plus bas, 2 000 m sur les Alpes et le Jura. Sur le Massif central, les chutes de neige seront parfois fortes et durables. En soirée et nuit suivante, ce temps très perturbé s'étendra vers les frontières du Nord, donnant encore des précipitations neigeuses à très basse altitude, voire en plaine.

 


08/11/2018
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Franceinfo - le samedi 27 octobre 2018

 

 

On passe à l'heure d'hiver ce week-end, peut-être pour la dernière fois

 

 

La France et les autres pays de l'Union européenne sont passés à l'heure d'hiver dans la nuit du samedi 27 au dimanche 28 octobre

 

 

 

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La France et les autres pays de l'Union européenne passent à l'heure d'hiver dans la nuit du samedi 27 au dimanche 28 octobre 2018. (MAXPPP)

 

 

 

 

A 3 heures du matin, il était de nouveau 2 heures. La France et les autres pays de l'Union européenne sont passés à l'heure d'hiver, dans la nuit du samedi 27 au dimanche 28 octobre. Il ne fallait donc pas oublier de reculer vos montres, horloges et réveils d'une heure. Pour les ordinateurs et les smartphones connectés à internet, en revanche, le réglage est automatique.

 

 

Ce changement d'heure, qui intervient tous les six mois, pourrait bien être l'un des derniers. En effet, la Commission européenne souhaite mettre fin à ce système. Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a présenté mi-septembre cette proposition, qui doit désormais être adoptée par le Parlement européen et le Conseil de l'UE (l'instance regroupant les Etats membres) pour devenir effective.

 

 

 

Heure d'hiver ou heure d'été : la France doit choisir

La Commission européenne demande aux pays de l'UE de transmettre leur choix d'ici la fin avril 2019 au plus tard. Si le calendrier proposé par Bruxelles est respecté, le changement d'heure du 31 mars 2019 serait ainsi le dernier passage obligatoire à l'heure d'été. Les pays souhaitant revenir de façon permanente à l'heure d'hiver auront ensuite la possibilité de basculer une dernière fois sur le 27 octobre 2019, après quoi les changements pour motifs saisonniers ne seront plus possibles.

 

 

Le choix de la France n'est pour le moment pas arrêté. Vendredi sur France 2, le ministre de la Transition écologique François de Rugy s'est dit favorable à "réduire" l'écart avec l'heure naturelle du soleil, c'est-à-dire à l'heure d'hiver. Mais "il faut discuter pour voir les voir effets concrets sur la vie quotidienne et sur les dépenses d'énergie", a-t-il nuancé.

 


08/11/2018
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Franceinfo - le lundi 22 octobre 2018 - mis à jour le vendredi 26 otobre 2018

 

 

ENQUETE FRANCEINFO. Un "poison", une "kalachnikov"... Inquiétudes autour du métam-sodium, le pesticide qui a intoxiqué 70 personnes dans le Maine-et-Loire

 

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Thomas BaïettoFrance Télévisions

 

 

Entre le 28 septembre et le 12 octobre, ce produit a provoqué trois intoxications distinctes dans ce département de l'Ouest. La préfecture en a suspendu l'utilisation jusqu'au 26 octobre

 

 

 

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Une plantation de mâche, le 4 août 2005 à Machecoul (Loire-Atlantique). (MAXPPP)

 

 

 

Elle a commencé par sentir "une odeur de gaz". Ce mardi 9 octobre, vers 10h20, Monique Terdriau prépare des commandes de plantes vivaces quand un parfum suspect envahit la serre de Kastell, l'une des nombreuses pépinières de Brain-sur-l'Authion (Maine-et-Loire). Très vite, ses yeux la piquent. "J'avais l'impression d'être gonflée juste sous l'œil et puis j'ai ressenti des picotements dans la gorge", raconte l'ouvrière agricole de 58 ans. A ses côtés, ses huit collègues sont pris des mêmes symptômes. "Ils avaient tous les yeux qui pleuraient, un peu comme après une attaque au gaz lacrymogène", témoigne Katrin Brecheteau, la gérante de l'entreprise, à l'abri dans son bureau au moment des faits.

 

 

Alertés par une entreprise voisine, les pompiers sont rapidement sur les lieux. Ce n'est pas du gaz lacrymogène, mais du métam-sodium qui pollue ce matin-là l'air de cette petite commune des bords de Loire. Un maraîcher vient de traiter un champ de la zone horticole avec ce puissant fumigant. "Les pompiers m'ont expliqué ce que c'était et que ça pouvait être potentiellement cancérigène, poursuit Monique Terdriau. On panique quand même un petit peu, ça fait peur". Au total, 61 ouvriers agricoles sont intoxiqués. Le plan blanc est déclenché et 17 personnes, dont Monique Terdriau, sont hospitalisées au CHU d'Angers, avant d'en ressortir dans l'après-midi.

 

 

 

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L'intoxication de Brain-sur-l'Authion (Maine-et-Loire) est partie du champ en vert clair, au centre de l'image. (GOOGLE EARTH)

 

 

Une substance "plus nocive que le glyphosate"

Trois jours plus tard, le métam-sodium refait des siennes à 13 km de là, sur la commune de Mazé-Milon, toujours dans le Maine-et-Loire. Cinq personnes et quatre pompiers sont incommodés par des émanations. Aucune hospitalisation cette fois-ci, mais la préfecture – qui recense officiellement 70 victimes – décide de suspendre temporairement l'utilisation de ce produit phytosanitaire. Elle révèle au passage que le 28 septembre, le proviseur du lycée de Narcé, situé dans la zone horticole de Brain-sur-l'Authion, a signalé un problème dans l'air. Pour la préfecture, "les modalités techniques d'application du produit ne semblent pas avoir été respectées". Des manquements qui, "associés à des conditions climatiques exceptionnelles rendant les sols trop secs et trop chauds pour son application sans risques", ont provoqué l'évaporation du gaz dans l'atmosphère, estime la préfecture. Une enquête préliminaire a été ouverte par le parquet d'Angers.

 

 

Une réaction jugée trop tardive et timide par l'association écologique Sauvegarde de l'Anjou. "Cette substance est plus nocive que le glyphosate, qui ne tue que les mauvaises herbes. Le but est de tuer toute vie dans le sol", tonne Florence Denier-Pasquier, vice-présidente de l'association locale et secrétaire nationale de France nature environnement. Les deux substances posent surtout des problèmes différents. Très répandu et persistant, le glyphosate inquiète à cause de ses effets d'accumulation à long terme. Moins utilisé et peu persistant, le métam-sodium est, lui, immédiatement toxique. "C'est un poison, un couteau suisse pour stériliser le sol. Sur la même molécule, vous avez un tue-vers, un fongicide [contre les champignons], un désherbant et un antiparasitaire, développe Bernard Jégou, chercheur à l'Inserm, directeur de l'Irset (Institut de recherche en santé, environnement et travail) et directeur de la recherche à l'école des hautes études en santé publique. Tout ce qu'il rencontre succombe".

 

 

Son utilisation dans ces conditions répond à une politique de terre brûlée, pour avoir autant d'efficience que possible.Bernard Jégou, chercheur à franceinfo

 

 

Cette "terre brûlée" sert principalement à cultiver de la mâche, une salade très présente en Loire-Atlantique, où est achetée près de la moitié des tonnes de produit vendues en France. Elle est de plus en plus cultivée près d'Angers, sur des terres abandonnées par l'horticulture. "Les champs sont désormais nus. La terre est triste pour nous qui étions habitués aux champs de fleurs", regrette Huguette Macé, maire déléguée de Brain-sur-l'Authion. Le métam-sodium, répandu dans le champ une dizaine de jours avant les semis, permet aux producteurs de récolter une mâche débarrassée d'éventuelles herbes, champignons et autres impuretés. "Ce qui est important, c'est que dans votre barquette de mâche, vous n'ayez que de la mâche, belle et appétente. Et pour cela, il faut une préparation des sols", justifie Antoine Thiberge, directeur de la Fédération des Maraîchers nantais, à laquelle appartient la société Primaloire, mise en cause dans les intoxications de Brain-sur-l'Authion.

 

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Une substance autorisée sous conditions

Autorisée par l'Union européenne jusqu'en 2022 au moins, cette substance n'est utilisée que dans quinze pays, comme l'indique la base de données de l'Université du Hertfordshire (en anglais). En France, on la retrouve dans cinq produits phytosanitaires, approuvés par l'Anses. La fiche technique de l'un d'eux, disponible sur le site d'une centrale d'achats, permet de se faire une idée de ses effets sur la santé humaine : "nocif en cas d'ingestion" et "par inhalation", "provoque des brûlures de peau et des lésions oculaires graves", "peut provoquer une allergie cutanée", "susceptible de provoquer le cancer", "susceptible de nuire à la fertilité ou au fœtus", "risque présumé d'effets graves pour les organes à la suite d'expositions répétées ou d'une exposition prolongée" et "très toxique pour les organismes aquatiques, entraîne des effets néfastes à long terme".

 

 

Cette autorisation européenne est cependant accordée "sous réserve" de conditions spécifiques, précise le réglement européen. Des précautions qui ne sont pas "traditionnelles" et signalent une "substance sur la sellette", explique un bon connaisseur des questions phytosanitaires. Un rapport remis en décembre 2017 au gouvernement français classe d'ailleurs cette substance parmi "les plus utilisées et identifiées comme les plus préoccupantes", avec le metsulfuron-méthyl et la sulcotrione. Deux méthodes sont autorisées pour une culture en plein champ : l'injection dans le sol ou l'irrigation au goutte-à-goutte sous "un film plastique étanche". Des contraintes précisées dans le Maine-et-Loire par un arrêté préfectoral pris en décembre 2017, sur le modèle de celui imaginé en Loire-Atlantique. Chaque applicateur doit se déclarer en préfecture et suivre une formation. Le produit ne peut être utilisé à une distance de moins de 20 mètres des habitations et la mairie doit être avertie.

 

 

"Très clairement, il y a eu une faille"

Des conditions qui n'étaient manifestement pas réunies dans les trois cas récents d'intoxications. La mairie n'a pas été prévenue, assure Huguette Macé. "Ils ont prétendu qu'ils l'avaient fait par e-mail ou par courrier, au niveau de la commune, mais on n'a trouvé aucune trace écrite", regrette l'élue. Surtout, le produit n'aurait jamais dû se retrouver dans l'air. "Très clairement, il y a eu une faille dans l'application", reconnaît Antoine Thiberge, le directeur de la Fédération des maraîchers nantais, qui ne veut pas se cacher derrière "l'excuse" de la chaleur inhabituelle des sols. Il balaye cependant les appels à interdire le produit, lancés par les associations écologistes. "Ce n'est pas parce que vous avez une vis qui s'en va sur une voiture qu'il faut lui interdire de rouler, argumente-t-il. Ce produit, on l'utilise depuis longtemps en Loire-Atlantique, sans véritablement d'incidents".

 

 

Il y a pourtant des précédents notables. Gérard* a appris l'intoxication de Brain-sur-l'Authion par mail. "Mon copain véto m'a envoyé une photo de l'article de Ouest France avec ce commentaire : 'métam-sodium... ça continue'", raconte-t-il. Ce pisciculteur du Finistère connaît bien cette substance. "Si vous voulez éliminer un ami, c'est le produit qu'il vous faut", ironise-t-il. En octobre 2010, en amont de son exploitation, un agriculteur traite sa parcelle avec du Trimaton extra, un produit à base de métam-sodium aujourd'hui interdit. La pluie emporte le poison dans la rivière. "C'est d'une efficacité redoutable. J'ai perdu 140 tonnes de truites en quinze minutes, soit 850 000 euros de dégâts", se souvient Gérard.

 

 

On parle de production raisonnée, respectueuse de l'environnement. S'il y a bien un produit qui ne respecte rien, c'est celui-ci. Normalement, quand vous utilisez un pesticide, vous visez une cible particulière. Là, c'est la kalachnikov, vous détruisez la biologie d'un sol.Gérard, pisciculteur du Finistère à franceinfo

 

 

Sur 12,8 km, jusqu'à l'estuaire, le cours d'eau se transforme en cimetière de poissons et d'invertébrés aquatiques. Poursuivie par le pisciculteur et l'association Eaux et rivières de Bretagne, l'exploitation agricole sera condamnée en mai 2015 par la cour d'appel de Rennes à 1 500 euros d'amende et 46 000 euros de dommages et intérêts.

 

 

 

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La pisciculture de Gérard, le 24 octobre 2010 dans le Finistère. (MAXPPP)

 

 

Des plaintes et un réexamen de l'Anses

Plus récemment, la presse locale s'était fait l'écho d'une intoxication aux Sorinières (Loire-Atlantique) en 2013. La pompe électrique qui assurait l'arrosage après l'épandage du produit est tombée en panne et six personnes ont été incommodées. "Il ne s'est rien passé de grave", minimise aujourd'hui Dominique Visonneau, le maraîcher impliqué. Le maire de l'époque, Christian Couturier, n'a pas le même souvenir. "Nous avions alerté le procureur, mais faute de plaintes et de faits plus significatifs, il avait classé l'affaire sans suite", témoigne-t-il, avant d'évoquer le cas d'une personne avec un jeune enfant qui aurait eu des soucis de santé. Mais "elle ne souhaitait pas porter plainte".

 

 

Une retenue qui serait répandue, à en croire les associations environnementales. "Cela reste discret parce que les maraîchers sont puissants ici. Tout le monde connaît quelqu'un qui travaille dans le secteur, ils sont dans les conseils municipaux. Je ne vais pas parler d'omerta, mais il y a une certaine discrétion", témoigne Xavier Metay, coordinateur de France nature environnement dans les Pays de la Loire.

 

 

Dans le Maine-et-Loire, la donne pourrait bien changer. "Je trouve que ce produit est fort dangereux. Heureusement que ce n'est pas arrivé un mercredi après-midi quand les enfants jouent dans les jardins", alerte la maire déléguée, Huguette Macé, qui attend avec impatience les résultats de l'enquête. Comme l'association Sauvegarde de l'Anjou, la pépinière Kastell et ses salariés vont porter plainte. "Je le fais parce qu'on ne peut pas laisser ça comme ça. Il faut faire quelque chose", explique Monique Terdriau, l'une des victimes. Surtout, l'Anses a annoncé, mercredi 17 octobre qu'elle réexaminait "l'ensemble des autorisations de mise sur le marché (AMM) des produits à base de métam-sodium" à la lumière des événements du Maine-et-Loire. "En fonction des résultats d'investigation, les AMM ou les conditions d'emploi peuvent être modifiées, voire les AMM retirées", précise-t-elle. Une décision est attendue d'ici fin 2018.

 

 

*Le prénom a été modifié à la demande de l'intéressé.

 


26/10/2018
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Franceinfo - le mardi 16 octobre 2018

 

 

Intempéries dans l'Aude : y a-t-il eu une défaillance de Météo France ?

 

 

"Il y a une fragilité au niveau de la vigilance orange", a jugé lundi le porte-parole du ministère de l'Intérieur, Frédéric de Lanouvelle. Mais l'ampleur de l'événement était difficilement prévisible, se défend Météo France

 

 

 

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Une vue aérienne de Trèbes, dans l'Aude, après les intempéries qui ont fait 11 morts dans le département, le 15 octobre 2018. (SYLVAIN THOMAS / AFP)

 

 

 

Un lourd bilan et des critiques naissantes. Des intempéries ont fait onze morts et plusieurs disparus, lundi 15 octobre, dans l'Aude. Le département, placé en vigilance orange depuis dimanche en raison des fortes pluies et du risque d'inondations et de crues, est passé en vigilance rouge à 6 heures du matin – et ce alors que de fortes pluies et des crues étaient déjà en cours.

 

 

Une heure tardive, critiquée par certains habitants de l'Aude, lors de la visite du Premier ministre, lundi après-midi. "J'aimerais bien savoir quelle radio il fallait écouter pour avoir des consignes !" s'est ainsi ému un habitant du village de Villegailhenc. Des questions également posées par le porte-parole du ministère de l'Intérieur. "Il y a une fragilité au niveau de la vigilance orange", a estimé Frédéric de Lanouvelle sur LCI.

 

 

Au vu du témoignage de certains habitants, la vigilance rouge a été déclenchée trop tard.Frédéric de Lanouvelle sur LCI

 

 

Pourquoi l'alerte a-t-elle tardé à évoluer ? Météo France aurait-il pu mieux anticiper ce phénomène climatique ? Franceinfo fait le point.

 

 

Un épisode méditerranéen exceptionnel…

Des orages brefs, localisés et très violents, accompagnés de pluies intenses : les "épisodes méditerranéens" ou "orages cévenols", comme celui survenu dans l'Aude, restent difficiles à prévoir. Ces phénomènes, qui se produisent trois à six fois par an en moyenne, se caractérisent par de fortes pluies "qui provoquent des inondations souvent rapides", explique Météo France. "L'équivalent de plusieurs mois de précipitations tombe alors en seulement quelques heures ou quelques jours."

 

 

Ces épisodes se produisent en général à l'automne, quand la mer Méditerranée est la plus chaude, favorisant une forte évaporation. Ces masses d'air chaud, humide et instable remontent vers le nord. Ici, une première dépression est arrivée du Maghreb et a rapporté de l'air chaud et humide, et une seconde est arrivée de l'ouest en drainant de l'air froid en altitude, explique à franceinfo Pierre Huat, prévisionniste chez MeteoGroup : "Au contact de cette masse d'air chaud et d'air froid, des orages se développent sur la Méditerranée, et particulièrement sur les reliefs."

 

 

… qui était difficilement anticipable

Une première alerte orange pluies et inondation a été émise dimanche soir pour l'Aude et les départements voisins. A ce moment-là, l'épisode méditerranéen est attendu, mais difficile de dire s'il sera particulièrement puissant.

 

 

On anticipe très bien l'arrivée du phénomène, mais on a du mal à prévoir son intensité.Pierre Huat à franceinfo

 

 

Cette fois, le phénomène météorologique est exceptionnel, avec des records de crue enregistrés dans le département. En cause : l'état stationnaire de la dépression orageuse. "Au lieu de s'évacuer très rapidement, la zone de précipitation a stationné quelques heures, en particulier au-dessus du département de l'Aude", explique Marc Pontaud, directeur de la recherche chez Météo France. "La dépression ne bougeait pas et un anticyclone présent sur l'Europe centrale a bloqué son avancée, confirme Pierre Huat. L'apport en air humide est donc resté constant, et a permis le renouvellement des orages au-dessus de l'Aude. On était dans une situation de blocage."

 

 

Cet épisode méditerranéen est exceptionnel car on a très rarement des cumuls aussi importants. Sans compter que cette zone est normalement peu touchée, contrairement aux Cévennes, au Var ou à la Corse.Pierre Huat à franceinfo

 

 

D'autant que "ces précipitations diluviennes sont arrivées sur un territoire qui avait déjà été en partie saturé par des pluies la semaine dernière, rappelle Emma Haziza, hydrologue experte en gestion du risque inondations. Il y a eu une réaction immédiate sur le plan hydrologique et l'eau s'est engouffrée partout." "Hier [dimanche] soir, au moment de la vigilance orange, on ne s'attendait pas à autant de cumul de précipitations. Entre minuit et 6 heures, il est tombé l'équivalent de trois mois de pluie. Quand on a vu cela, il a été décidé d'émettre à 6 heures une vigilance rouge", explique Christelle Robert, prévisionniste à Météo France. 

 

 

"Tout a été mis en œuvre pour alerter"

Mais, comme l'a souligné Edouard Philippe, lundi à Villegailhenc, le problème réside aussi dans la transmission de l'information en plein milieu de la nuit. "Quand on met des zones en vigilance orange, tout le monde ne se dit pas 'ça va passer en rouge'. Et quand ça passe en rouge dans le milieu de la nuit parce qu'on se rend compte que le phénomène devient plus intense, c'est compliqué d'être, non pas réactif – car les secours ont été réactifs –, mais de faire passer l'information à 2 heures du matin", a estimé le Premier ministre face à un habitant de Villegailhenc qui se plaignait de n'avoir eu aucune information durant la nuit à la radio.

 

 

"Je ne pense pas que ce soit lié à l'incompétence de Météo France mais à une difficulté d'évaluer [le phénomène météorologique]", a aussi appuyé sur LCI le porte-parole du ministère de l'Intérieur, Frédéric de Lanouvelle. "Je trouve indécente la polémique qui est en train de naître autour de Météo France, des services de l'Etat et des collectivités territoriales", s'est quant à lui indigné mardi matin, sur franceinfo, Eric Menassi, le maire PS de Trèbes, où six personnes sont mortes. "Tout a été mis en œuvre pour alerter, je vous l'assure, nous avons affaire à un dérèglement climatique qui amène des situations extrêmes", a-t-il assuré.

 

 

Pour s'informer, le public peut notamment se référer au site www.vigicrues.gouv.fr, qui scrute 22 000 km de cours d'eau en France. Le dispositif "Vigicrues Flash" permet aussi aux 10 000 communes éligibles en France de recevoir – par SMS notamment – des avertissements sur l'arrivée de crues soudaines, plus précis que les habituelles vigilances départementales

 


22/10/2018
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Franceinfo - le jeudi 18 octobre 2018

 

 

CARTE. Inondations dans l'Aude : l'état de catastrophe naturelle reconnu dans 126 communes

 

 

Si vous êtes concerné(e) par cet état de catastrophe naturelle, vous devez informer votre assurance de préférence dans les dix jours, précise le site service-public.fr.

 

 

 

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Les victimes des inondations dans l'Aude vont pouvoir avoir accès à des procédures de remboursement accélérées. L'état de catastophe naturelle a été reconnu dans les 126 communes les plus touchées, indique un arrêté publié jeudi 18 octobre au Journal officiel. Si vous êtes concerné(e) par cet état de catastrophe naturelle, vous devez informer votre assurance de préférence dans les dix jours, précise le site service-public.fr. L'indemnisation doit être effectuée dans un délai de trois mois avec le versement d'une provision sous deux mois.

 

 

>> Quelles catastrophes menacent votre commune ? Découvrez-le dans notre moteur de recherche

 

 

Sont ainsi concernées les communes de Aigues-Vives, Alzonne, Antugnac, Aragon, Arquettes-en-Val, Auriac, Azille, Badens, Bagnoles, Barbaira, Berriac, Bize-Minervois, Blomac, Bouilhonnac, Brousse-et-Villaret, Camps-sur-l'Agly, Canet, Capendu, Carcassonne, Cascastel-des-Corbières, Castans, Caudebronde, Caunes-Minervois, Caunettes-sur-Lauquet, Caunettes-en-Val, Caux-et-Sauzens , Cazilhac, Cépie, Clermont-sur-Lauquet, Comigne, Conilhac-Corbières, Conques-sur-Orbiel, Couffoulens, Couiza, Coursan, Cucugnan, Cuxac-Cabardès, Cuxac-d'Aude, Davejean, Douzens, Durban-des-Corbières, Fabrezan, Fajac-en-Val, Felines-Termenès, Ferrals-les-Corbières, Floure, Fontiers-d'Aude, Fontiers-Cabardès, Fraisse-Cabardès, Granès, Gruissan, Homps, Labastide-en-Val, Lacombe , Ladern-sur-Lauquet, Lagrasse, Lastours, Laure-Minervois, Leuc, Limousis, Luc-sur-Orbieu, Malves-en-Minervois, Marseillette, Mas-Cabardès, Mayronnes , Mirepeisset, Montazels, Montbrun-des-Corbières, Montirat, Montlaur, Montolieu, Moussoullens, Narbonne, Névian, Ornaizons, Palaja, Pennautier, Peyriac-Minervois, Pezens, Puichéric, Raissac-d'Aude, La Redorte, Rennes-le-Château, Rennes-les-Bains, Ribaute, Rieux-en-Val, Rieux-Minervois, Roquecourbe-Minervois, Roubia, Rustiques, Saint-Couat-d'Aude, Saint-Denis, Saint-Ferriol , Saint-Frichoux, Saint-Hilaire, Saint-Louis-et-Parahou , Saint-Marcel-sur-Aude, Saint-Nazaire-d'Aude, Saint-Pierre-des-Champs, Sallèles-d'Aude, Sallèles-Cabardès, Salsigne, Serres, Serviès-en-Val, Talairan, Taurize, Tournissan, Tourouzelle, Trèbes, Tuchan, Ventenac-Cabardès, Verzeille, Villalier, Villar-en-Val, Villardebelle, Villardonnel, Villarzel-Cabardès, Villedaigne, Villedubert, Villefloure , Villegailhenc, Villegly, Villemoustaussou, Villeneuve-Minervois, Villetritouls et Vinassan.

 


19/10/2018
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Franceinfo - le lundi 15 octobre 2018

 

 

Dans l'Aude, des rues transformées en torrents par les intempéries

 

 

Au moins six personnes sont mortes dans ce département du sud de la France, à cause de violentes pluies qui se sont abattues dans la nuit de dimanche à lundi

 

 

 

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Les violentes intempéries ont entraîné une crue à Villegailhenc, près de Carcassonne (Aude), lundi 15 octobre. (ERIC CABANIS / AFP)

 

 

 

Le bilan des intempéries ne cesse de grimper, lundi 15 octobre, dans l'Aude. Au moins six personnes sont mortes dans le département, placé en vigilance rouge depuis 6 heures, en raison des fortes pluies, des risques de crues et d'inondations, a annoncé le préfet Alain Thirion, sur BFMTV. Plus de 180 mm d'eau sont déjà tombés et le cumul total atteindra d'ici lundi midi entre 200 et 350 mm sur cette zone. Soit "l'équivalent de 3 à 4 mois de précipitations", a expliqué Jean Nicolau, responsable de la permanence prévisions chez Météo France, sur franceinfo.

 

 

 

En conséquence, le niveau atteint au matin par la crue dans la vallée moyenne de l'Aude est sans précédent depuis 1891, selon le service Vigicrues, c'est-à-dire "pas loin de 7 mètres". Outre l'Aude, une alerte orange pluie-inondation concerne également l'Aveyron, l'Hérault, le Tarn, et le Tarn-et-Garonne. Les Pyrénées-Orientales sont aussi concernées par une alerte orange inondation. Les images postées sur les réseaux sociaux par les habitants montrent l'ampleur de la crue.

 

 

Routes et écoles fermées

Dans les communes les plus touchées, "l'accès des secours est quasiment impossible". "On va envoyer dans un certain nombre de cas des hélicoptères (...) "les premiers hélicoptères ont décollé", a indiqué le préfet en début de matinée. "On a dépassé les 350 interventions. Dans certains cas, et c'est le cas à Conques, même les embarcations à moteur ne peuvent pas accéder, le courant est beaucoup trop fort."

 

 

L'ensemble des écoles, collèges et lycées du département seront fermés lundi, a décidé la préfecture de l'Aude. Les autorités invitent les habitants à rester chez eux. Météo France demande aux habitants d'éviter de se déplacer "dans la mesure du possible". Et rappelle qu'il ne faut "en aucun cas" s'engager, à pied ou en voiture, sur une voie immergée.

 

 

 

 

Ce que l'on sait des intempéries meurtrières dans l'Aude

 

 

Onze personnes sont mortes après des pluies violentes survenues dans la nuit de dimanche à lundi. Dans certains endroits, il est tombé en six heures l'équivalent de trois mois de pluies

 

 

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Une voiture renversée par les inondations survenues lundi 15 octobre à Villemoustaussou, dans l'Aude. (PASCAL PAVANI / AFP)

 

 

 

L'événement surprend par sa violence. Les pluies qui se sont abattues sur l'Aude dans la nuit de dimanche 14 à lundi 15 octobre ont fait au moins onze morts dans le nord du département, placé en vigilance rouge depuis 6 heures du matin, en raison des fortes pluies et du risque d'inondation et de crues. Une cellule d'information au public a été ouverte au 04 68 10 29 00. 

 

 

 

Voici les informations dont on dispose sur ce phénomène météorologique exceptionnel.

 

 

 

Un épisode cévenol à l'origine des fortes pluies

 

Dans la nuit de dimanche à lundi, une "zone pluvieuse" s'installe sur "tout l'est de Midi-Pyrénées vers le Roussillon et l'est du Languedoc", explique Météo France. Un phénomène habituel dans la région, qui a été anticipé : "C'est ce qu'on appelle un épisode cévenol, ou épisode méditerranéen intense", rappelle Vigicrues. Il est provoqué par "la concomitance d'une mer chaude en fin d'été, de remontées d'air chaud et assez humide du sud qui traverse la Méditerranée et [qui] vient buter sur les reliefs du Massif central et de la Montagne noire".

 

 

 

Mais l'épisode a été plus intense que prévu, en raison du caractère stationnaire des intempéries. Les vents d'est et d'ouest se sont rencontrés au-dessus de l'Aude, bloquant la perturbation orageuse au même endroit. Elle a ainsi déversé "entre 160 et 180 mm d'eau (...) sur l'agglomération de Carcassonne", selon le préfet. Soit l'équivalent de trois mois de pluie... en six heures. Et d'autres parties de l'Aude ont reçu une quantité de pluies encore plus importante.

 

 

 

Le niveau atteint lundi matin par la crue à Trèbes, une ville voisine, est donc sans précédent depuis 1891, note Vigicrues. L'eau a atteint 7,68 m vers 7h30 lundi (contre 7,95 m en 1891). "La montée de l'eau a été très rapide en première moitié de nuit, et là on est arrivé à une montée beaucoup plus lente. On est quasiment à l'étal, qui est la phase où la crue est à son maximum", a ajouté en début de matinée le responsable du service Vigicrues, tout en restant "très prudent". Dès la fin de matinée, "les pluies orageuses se décalaient vers le département de l'Hérault et faiblissaient sur le département de l'Aude".

 

 

 

Au moins onze morts

 

Le phénomène figure parmi les intempéries les plus meurtrières survenues en France depuis une dizaine d'années. Au moins onze personnes sont mortes, selon un dernier bilan des autorités. Neuf blessés sont aussi à déplorer, et deux personnes sont encore portées, dont une à Puicheric.

 

 

 

De nombreux dégâts

Les premiers dégâts sont impressionnants. L'eau est montée de huit mètres en cinq heures à Trèbes et la crue pourrait atteindre dix mètres en milieu de journée. Dans la région de Carcassonne, les champs sont complètement inondés, plusieurs chaussées détruites ou impraticables avec des arbres tombés sur les routes. Des torrents d'eau boueuse ont envahi la chaussée et les cours d'eau ont débordé. Les rues et les niveaux inférieurs des habitations sont inondés dans plusieurs communes du département.

 

 

 

3 300 foyers étaient encore privés d'électricité à 18 heures dans l'Aude. L'ensemble des établissements scolaires (écoles, collèges et lycées) ont été fermés dans tout le département, et ils le resteront pour la journée de mardi. Les autorités locales demandent aux habitants de rester chez eux. 

 

 

 

De nombreuses routes ont été coupées : les départementales 6113, 610 et 620 sont concernées. La D411 est réduite à une voie à l'entrée de Villanière. La circulation ferroviaire est interrompue entre Narbonne et Carcassonne jusqu'en début d'après-midi et la gare de Narbonne n'est pas praticable. A Villegailhenc, où un pont s'est effondré, la circulation est interdite aux piétons et aux poids-lourds sur les ponts de la ville. Les communes de Cuxac-d'Aude, des Estagnols, d'Istagnac et de Pezens ont été évacuées de manière préventive. Les habitants des alentours du quai du Paicherou et du boulevard Sabatier, à Carcassonne, sont invités à monter dans les étages, indique encore la préfecture de l'Aude sur Twitter.

 

 

 

Les secours mobilisés, le Premier ministre sur place

 

Au total, "750 pompiers sont mobilisés et plus de 200 gendarmes et militaires sont dans les différentes communes les plus impactées pour éviter les atteintes à l’ordre public. On aura réussi à mobiliser 9 hélicoptères, ce qui a permis 107 hélitreuillages dans la journée sur ces différentes communes", a expliqué le préfet de l'Aude à franceinfo.

 

 

 

Après son déplacement à Nantes, le Premier ministre s'est rendu dans l'Aude, lundi après-midi, pour offrir son soutien aux victimes et aux secours mobilisés. Il est accompagné de François de Rugy, le ministre de la Transition écologique, qui a aussi ses condoléances aux familles des victimes sur TwitterUne cellule d'urgence médico-psychologique (CUMP) a par été ailleurs mise à disposition des "personnes en état de choc" à Carcassonne, annonce la préfecture de l'Aude.

 


19/10/2018
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Franceinfo - le lundi 8 octobre 2018

 

 

Les experts du Giec lancent une nouvelle alerte pour limiter le réchauffement climatique à 1,5°C

 

 

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Anne-Laure BarralfranceinfoRadio France

 

 

 

Dans un nouveau rapport publié lundi, les experts du Giec assurent qu'il faut "des changements sans précédent dans tous les aspects de la société" afin de limiter le réchauffement climatique à 1,5°C

 

 

 

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La marche pour le climat, le 8 septembre à Paris. (AURELIEN MORISSARD / MAXPP)

 

 

Le groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec) publie un nouveau rapport lundi 8 octobre sur le réchauffement climatique. Les spécialistes appellent à limiter le réchauffement climatique à 1,5°C plutôt qu’à 2°C. Le rapport met aussi en évidence un certain nombre d’impacts du changement climatique qui pourraient être évités en limitant la progression du réchauffement.  

 

 

+ 1,5°C de réchauffement entre 2030 et 2052

Dans leur rapport, les scientifiques expliquent qu’"au rythme actuel, nous allons atteindre les 1,5°C de réchauffement entre 2030 et 2052", faute de réduction massive des émissions de gaz à effet de serre. Si le réchauffement atteint +1,5%, il y aura des impacts irréversibles sur certaines espèces animales ou végétales, comme les coraux, la toundra et la forêt boréale. Quelque 6 % des insectes, 8% des plantes, et 4% des animaux vertébrés perdraient la moitié de leur habitat. Et si la barre des +2% est atteinte, ces populations seront deux fois plus impactées.

 

 

Nos journées seront également plus chaudes mais surtout nos nuits. En France, par exemple on peut s'attendre à une hausse des températures de 4,5°C. Si on rate l’objectif, nous aurons une hausse de 6°C. Pourtant, il est important que la température baisse la nuit par rapport à la journée notamment pour supporter les canicules. Un réchauffement de 1,5°C limiterait aussi la hausse du niveau de la mer de 10 cm, et 10 millions d’habitants seraient ainsi préservés de la submersion marine. Le risque également, c'est qu'il y ait plus de maladies comme la malaria et la dengue, mais aussi davantage de pollution à l'ozone.

 

 

Réduire les émissions de 45% d'ici 2030

"Cela demande des changements sans précédent", assurent les climatologues. Il faut vite réduire nos émissions de gaz à effet de serre de 45% d’ici 2030 par rapport à leur niveau de 2010 et il faut enlever du CO2 de l’atmosphère : planter des forêts, absorber la pollution. Les techniques existent, mais elles ne sont pas encore déployées à grande échelle. Les deux prochaines années sont les plus importantes de notre histoire, assurent les experts.

 

 

Ce rapport avait été demandé au Giec, par les gouvernements, lors de la COP21 à Paris. Réunis la semaine dernière en Corée du Sud, à Incheon, les experts climat de l'ONU ont étudié 6 000 publications scientifiques. À présent, les États pourront s’appuyer sur ce rapport pour revoir à la hausse leurs ambitions climatiques en vue de la COP24, organisée le 3 décembre prochain en Pologne.

 


16/10/2018
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Franceinfo - le jeudi 4 octobre 2018

 

 

Des bébés nés sans bras ou sans main : ce que l'on sait des cas de malformations inexpliquées dans trois régions

 

 

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Carole Bélingard France Télévisions

 

 

 

Dans les conclusions d'un rapport rendu jeudi, Santé publique France estime que dans le Morbihan et en Loire-Atlantique, les investigations mettent en avant "un excès de cas" mais n'avance pas d'explications

 

 

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 Ryan, né sans main droite en 2010, dans son village de Druillat (Ain), en septembre 2018. (FRANCE 2)

 

 

"J'ai pleuré et mon mari est tombé dans les pommes", confie Mélanie Vitry. Cette mère de famille a donné naissance, en 2010, à un petit garçon né sans main droite, comme elle l'explique à "L'Œil du 20 heures" sur France 2. Son fils, Ryan, est loin d'être une exception dans sa région. Dans les environs de son village de Druillat (Ain), sept bébés sont nés sans bras ou sans main entre 2009 et 2014. Un phénomène similaire a été constaté dans le Morbihan et en Loire-Atlantique. Saisie, l'agence Santé Publique a rendu un rapport sur ces signalements de malformations congénitales, jeudi 4 octobre. Franceinfo fait le point sur ces conclusions.

 

 

>>  ENQUETE FRANCEINFO. "Un plausible scandale sanitaire" : des cas de malformations inexpliquées à la naissance dans trois communes de France 

 

 

Quels sont les cas observés ?

• Dans l'Ain. Sept enfants nés entre 2009 et 2014, dans un rayon de 25 kilomètres autour de Druillat, ont présenté des malformations. Cinq d'entre eux ont soit l'avant-bras droit, soit l'avant-bras gauche atrophié, un autre n'a pas de main, ni de poignet gauche, un autre n'a pas de main gauche mais un pouce, et enfin un dernier n'a pas de main droite. Par ailleurs, cinq enfants sur sept sont des garçons. 

 

 

• Dans le Morbihan. Entre 2011 et 2013, quatre enfants nés de mères domiciliées dans la même commune, à Guidel, ont présenté des anomalies : trois ont un avant-bras atrophié, le quatrième a deux doigts malformés. Trois enfants sur quatre sont des filles.

 

 

• En Loire-Atlantique. En 2007 et 2008, trois enfants, nés dans la même commune de Mouzeil, ont présenté des malformations : l'un n'a pas de main droite, l'autre n'a pas de main gauche, l'un a certains doigts d'une main qui ne sont pas entièrement développés.

 

 

Y a-t-il un point commun entre ces grossesses ?

Dans chaque département concerné, une enquête a été menée auprès des mères. Elles ont reçu des questionnaires sur leurs habitudes de vie lors de la grossesse. Dans les trois départements, aucun facteur n'a pu être dégagé qui pourrait expliquer ces malformations. 

 

 

• Dans l'Ain. L'âge des mères à la naissance était de 21 à 29 ans. Aucune malformation n'est connue dans les familles des parents. "Aucune prise d'alcool pendant la grossesse n'est rapportée par les mères. Deux mères ont consommé des médicaments pendant la grossesse (paracétamol, sirop pour la toux, antibiotiques pendant 5 jours, à 8 semaines d'aménorrhée, spray nasal, salbumol et bétaméthasone", développe le rapport. Enfin, aucune mère n'a déclaré avoir consommé du tabac ou de la cocaïne.

 

 

• Dans le Morbihan. L'âge des mères à la naissance était compris entre 28 et 38 ans. "Il n'existait aucun antécédent commun particulier chez les mères, que ce soit au niveau personnel ou professionnel. Les médicaments pris pendant le 1er trimestre des grossesses étaient du salbutamol pour une mère et de l'ibuprofène de manière ponctuelle pour une autre", précise le rapport. Par ailleurs, les trois grossesses se sont déroulées sans anomalie. 

 

 

• En Loire-Atlantique. L'âge des mères à la naissance était compris entre 26 et 36 ans. L'une des grossesses avait eu lieu après une fécondation in vitro. Aucun antécédent familial n'a été relevé. "Aucune des trois n'avait pris de médicaments spécifiques au cours de la grossesse. Une avait pris du Spasfon et du Doliprane. L'autre avait pris des médicaments antiallergiques type Avamys nasal, Opticron et Loratadine. Une seule mère sur les trois avait l'habitude de fumer", est-il expliqué.

 

 

Le nombre de ces cas est-il anormal ?

• Dans l'Ain. Pour le Remera, le Registre des malformations en Rhône-Alpes, une structure qui recense les malformations dans la région, la réponse est oui. Dans l'Ain, Emmanuelle Amar, épidémiologiste, estime en effet que le nombre de cas de malformations, rapporté au nombre de naissances, est 50 fois plus élevé que la normale. Mais les conclusions de Santé publique France contredisent ces affirmations. L'analyse des sept cas signalés dans l'Ain "ne met pas en évidence un excès de cas par rapport à la moyenne nationale", explique l'organisme public dans son rapport.

 

 

• Dans le Morbihan et en Loire-Atlantique. En revanche, les investigations menées sur trois cas en Loire-Atlantique, survenus entre 2007 et 2008, et quatre cas en Bretagne, survenus entre 2011 et 2013, mettent en lumière "un excès de cas". Néanmoins, Santé Publique n'est, en l'état des investigations, pas capable d'expliquer ces répétitions d'anomalies. 

 

 

Dans ce cas, comment explique-t-on ces malformations ?

En l'absence d'antécédents et de facteurs clairement établis, la question des liens avec l'environnement se pose. Pour l'épidémiologiste Emmanuelle Amar, il y a de fortes chances que ces malformations soient causées par l’exposition des mères à des produits phytosanitaires, peut-être des pesticides, pendant leur grossesse. "La probabilité que ça soit lié au hasard est plus qu'infinitésimale, explique-t-elle à franceinfo. On est face à un plausible scandale sanitaire."

 

 

Pas assez de preuves pour Santé publique France. L'organisme n'établit pas de lien pour l'Ain et la Loire-Atlantique. "Si un lien avec les cultures céréalières ne peut pas être exclu, l'observation de cet agrégat ne permet pas d'étayer cette hypothèse", précise simplement l'agence en ce qui concerne le Morbihan. 

 

 

Mais les enquêtes vont-elles se poursuivre ?

• Dans l'Ain. La cellule d'investigation de Santé publique France dans la région Rhône-Alpes estime qu'"elle ne dispose pas d'éléments justifiant la poursuite de l'investigation." Néanmoins, elle assure conserver une "attention toute particulière".

 

 

• Dans le Morbihan. L'agence locale explique également ne pas avoir assez d'éléments qui permettraient un nouvel axe de recherche. Mais là encore, la "surveillance" va se poursuivre.

 

 

• En Loire-Atlantique. Dans ce département non plus, il n'y aura pas de nouvelles recherches. "La réalisation d'une étude épidémiologique complémentaire locale n'était pas justifiée", affirme la cellule d'investigation de Santé publique France dans la région Pays de la Loire. Néanmoins, cette dernière explique que la "région ne dispose pas de registre de malformations, ce qui ne permet pas de garantir une vision exhaustive de la situation." "Une attention toute particulière" est maintenue pour identifier d'éventuels nouveaux cas.

 


12/10/2018
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