L'AIR DU TEMPS

L'AIR DU TEMPS

ENVIRONNEMENT et climat

Pourra-t-on empêcher que la planète ne se réchauffe trop ? Encore un pari de plus pour vivre mieux et surtout économiser notre environnement si précieux. Là, on part pour le futur...


Franceinfo - le mardi 15 janvier 2019

 

 

La calotte glaciaire de l'Antarctique fond plus vite que jamais

 

 

 

Cette fonte des glaciers entraîne une hausse de plus en plus importante du niveau des océans, ont prévenu lundi des scientifiques

 

 

 

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La glace de l'Antarctique photographiée par une expédition chinoise, le 31 décembre 2018. (LIU SHIPING / XINHUA / AFP)

 

 

 

La fonte annuelle de la banquise est plus rapide que jamais dans l'océan Austral, aux abords de l'Antarctique. Mais ce n'est pas la nouvelle la plus inquiétante qui nous provienne du continent blanc. En effet, selon un rapport des comptes-rendus de l'Académie américaine des sciences, publié lundi 14 janvier, les glaciers (constitués d'eau douce) de l'Antarctique souffrent également. La fonte de la calotte glaciaire du continent blanc est responsable d'une montée de 1,4 centimètre du niveau des océans de la planète entre 1979 et 2017, selon ce rapport.

 

 

Le rythme de fonte de cette énorme masse d'eau douce gelée devrait entraîner une élévation désastreuse du niveau des océans dans les prochaines années, a relevé Eric Rignot, président de la chaire de système scientifique de la Terre à l'université de Californie. Selon des études précédentes, une montée de 1,8 mètre d'ici 2100 – l'une des pires prévisions scientifiques – provoquerait l'inondation de nombreuses villes côtières abritant des millions de personnes dans le monde.

 

 

Avec la calotte antarctique qui continue de fondre, nous prévoyons une hausse du niveau des océans de plusieurs mètres à cause de l'Antarctique dans les prochains siècles.Eric Rignot, président de la chaire de système scientifique de la Terre à l'université de Californieà l'AFP

Pour cette nouvelle étude, les chercheurs ont mené la plus longue évaluation de la masse des glaces dans 18 régions de l'Antarctique. Ils ont utilisé des données fournies par des photographies aériennes en haute résolution prises par des avions de la Nasa, ainsi que des images radar provenant de satellites de multiples agences spatiales.

 

 

 

Chaque année, 252 milliards de tonnes de glace fondent

Elles ont permis de déterminer qu'entre 1979 et 1990, l'Antarctique avait perdu en moyenne 40 milliards de tonnes de masse glaciaire par an. A partir de 2009 et jusqu'en 2017, cette perte est passée à 252 milliards de tonnes chaque année. Plus inquiétant encore, les scientifiques ont repéré des zones dans l'Est, autrefois considérées comme relativement "à l'abri du changement", contrairement à celles de l'Ouest, mais qui perdent désormais beaucoup de glace.

 

 

L'Antarctique renferme suffisamment de glace pour provoquer, si cette dernière venait à fondre complètement, une élévation de 57 mètres du niveau des mers. La calotte glaciaire de l'Antarctique de l'Est, la plus importante au monde, contient environ la moitié des réserves d'eau douce de la planète. De quoi faire monter les mers de 52 mètres en cas de fonte, contre 5 mètres pour la partie Ouest. Le rapport des PNAS souligne que ces récentes recherches devraient inciter à porter une "attention accrue" à la fonte des glaces dans l'Est de l'Antarctique.

 


15/01/2019
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Franceinfo - le mardi 15 janvier 2019

 

 

Glyphosate : la justice annule l'autorisation de mise sur le marché du Roundup Pro 360

 

 

 

 

Le tribunal administratif de Lyon a invoqué "le principe de précaution" pour motiver sa décision

 

 

 

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Le tribunal a estimé que l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) avait "commis une erreur d'appréciation au regard du principe de précaution" en autorisant ce produit le 6 mars 2017. (BURGER / PHANIE / AFP)

 

 

 

Le tribunal administratif de Lyon a annulé, mardi 15 janvier, l'autorisation de mise sur le marché du Roundup Pro 360, un produit désherbant contenant du glyphosate commercialisé par Monsanto. Le tribunal a estimé notamment que l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) avait "commis une erreur d'appréciation au regard du principe de précaution" en autorisant ce produit le 6 mars 2017.

 

 

Le Comité de recherche et d'information indépendantes sur le génie génétique (CRIIGEN) avait saisi en mai 2017 la justice pour réclamer le retrait de ce désherbant, utilisé notamment sur les cultures légumières et fruitières. "C'est une décision absolument majeure car elle devrait concerner tous les Roundup, le tribunal considérant que tous les produits contenant du glyphosate sont probablement cancérogènes", s'est félicité l'avocate de la CRIIGEN, Corinne Lepage, qui a salué une décision judiciaire "très motivée".

 

 

Cette décision intervient alors que le débat fait rage en France et en Europe sur la potentielle dangerosité du glyphosate, principe actif du Roundup de Monsanto, filiale depuis 2018 du géant allemand de la chimie Bayer. Depuis le 1er juillet 2015, l'Anses a procédé pour des raisons de sécurité sanitaires au retrait de 147 autorisations de mise sur le marché de produits contenant certaines substances actives, dont 126 produits à base de glyphosate associé à la tallowamine en juin 2016.

 


15/01/2019
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Franceinfo - le jeudi 27 décembre 2018

 

 

"J'y pense tous les jours" : entre "deuil" et "quête de joie", les collapsologues se préparent à "la fin d'un monde"

 

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Camille CaldiniFrance Télévisions

 

 

Convaincus que la civilisation industrielle court à sa propre perte, ils prônent l'entraide et la sobriété pour se préparer à vivre après "l'effondrement"

 

 

 

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Un chariot de supermarché, dans une rivière sale. Les collapsologues envisagent l'effondrement, à court terme, de la civilisation industrielle. (FHM / MOMENT RF / GETTY IMAGES)

 

 

 

"J'ai fait le deuil de mes vieux jours, annonce d'entrée Julien Wosnitza, 25 ans. Alors j'essaie de vivre le moment présent avec beaucoup plus de force." Ancien étudiant en école de commerce, il préparait une carrière dans la banque, avant de prendre "conscience des failles du système bancaire", explique-t-il à franceinfo. Julien a tout lâché il y a 4 ans. Aujourd'hui, il vit à bord du Kraken, le trois-mâts de son association Wings Of The Ocean. "C'est une coloc où on est entre 15 et 40, avec une seule chaudière pour tout le monde, c'est mixte, il y a des matelots professionnels, un ancien militaire, une administratrice, un jeune déscolarisé", décrit-il. Le Kraken doit quitter le port de Cherbourg début 2019 pour une mission de dépollution dans les Caraïbes.

 

 

 

Julien Wosnitza est aussi l'auteur de Pourquoi tout va s'effondrer, un court essai de "collapsologie", publié en 2018. "Toutes les publications scientifiques, toutes les observations concordent : notre civilisation court vers un effondrement global", écrit-il en introduction. Comme lui, d'autres collapsologues s'affairent à rassembler et croiser les travaux scientifiques disponibles pour le démontrer : "pic pétrolier", fonte des glaciers, accroissement des inégalités sociales, disparition des oiseaux et des insectes, failles du système bancaire international... le monde est menacé, et même déjà secoué, par "une mosaïque d'effondrements". Par un effet de domino, le monde capitaliste, la société de consommation, la civilisation industrielle, tels que nous les connaissons, sont amenés, selon eux, à disparaître, plus ou moins rapidement, dans les toutes prochaines années. Et ni la COP24, ni la "transition écologique" d'Emmanuel Macron n'y changeront quoi que ce soit.

 

 

 

Une obsession née d'un choc

Cette théorie de l'effondrement prend notamment ses racines dans un rapport intitulé "Les limites de la croissance" (en anglais), publié en 1972. Elle a trouvé, en France, un écho particulier depuis 2015 et la publication de Comment tout peut s'effondrer, de Pablo Servigne et Raphaël Stevens, vendu à 45 000 exemplaires, selon 20 Minutes et L'Obs. Ce livre s'adresse "aux générations présentes", car l'effondrement pourrait arriver entre 2020 et 2030. Attention, c'est "un sujet toxique qui vous atteint au plus profond de votre être", avertissent les auteurs. "C'est tellement plus simple d'imaginer la fin du monde que la fin du capitalisme", renchérit Julien Wosnitza. Pour lui, en cas de véritable "fin du monde", il n'y a rien à faire, quand l'autre option force à "faire appel à son imagination".

 

 

"C'est une déflagration", confirme Hélène Roche à franceinfo. A 50 ans, cette employée du ministère des Finances se souvient du "choc" éprouvé, il y a une dizaine de mois. Militante de gauche depuis plusieurs années, elle découvre, sur YouTube, la chaîne Thinkerview, qui accorde une grande place aux tenants de la collapsologie. "D'abord, il y a eu une forme de frénésie, de boulimie de lecture, pour tout connaître, comprendre, maîtriser", se souvient-elle, en listant tous les podcasts, séries documentaires et vidéos de conférences à voir et écouter. Pendant des vacances en Andalousie, Hélène s'attelle à l'ouvrage de Servigne et Stevens. "Je devais le poser régulièrement pour reprendre mon souffle, c'était terrible", raconte-t-elle. Ce livre "bousculait tout, réveillait des peurs archaïques, des angoisses que je ne savais pas nommer".

 

 

J'ai ressenti un choc physique, jusqu'à la nausée. Hélène Rocheà franceinfo

 

 

"J'ai même culpabilisé d'avoir pris l'avion, assure Hélène Roche. Je me suis dit que c'était la dernière fois." Elle avait pourtant depuis longtemps une "intuition", qui la poussait à "un comportement un peu bobo", selon ses mots. "J'allais acheter des légumes en amap, parce que j'en avais les moyens, en me disant que c'était bon pour ma famille et la planète, mais je ne sentais pas le péril, c'était lointain, extérieur", explique Hélène.

 

 

Antoine* a mis le doigt dans le même engrenage, il y a 6 mois. "Un collègue m'a montré une vidéo de Jean-Marc Jancovici [polytechnicien et ingénieur français], qui évoquait les gaz à effets de serre, l'acidification des océans, en liant tout ça au système économique", raconte ce jeune ingénieur installé en région parisienne. "Ensuite, j'ai regardé plein de vidéos, et j'ai même acheté le dernier livre de Pablo Servigne, Une autre fin du monde est possible, alors que je n'aime pas trop lire", confie Antoine.

 

 

 

Faire le deuil du monde tel qu'on le connaît

"J'y pense tout le temps. Ce qui me mine le plus, c'est qu'il n'y a pas de solution", regrette Antoine. Si lui et Hélène "se posent des questions tous les jours", d'autres évoquent des périodes "extrêmes" de leur vie, comme Vadim Turpyn, administrateur du groupe privé "La Collapso heureuse", sur Facebook. Ancien ingénieur dans la finance, ce "pur produit du système, éduqué à la télévision et à la méritocratie", qui "voulait faire du pognon", comme il le dit, change son rapport au monde radicalement, à partir de 2013. Il entame alors une phase de "déconsommation totale". "Fin 2017, je ne me voyais pas passer l'hiver", glisse-t-il, sans plus de détail.

 

 

Les références à la "courbe de deuil", qui décrit les stades émotionnels par lesquels une personne peut passer, lors de la perte d'un être cher, sont récurrentes : déni, colère, dépression, acceptation… "On peut traverser ces mêmes étapes face à l'effondrement, mais rechuter quand on croit l'avoir accepté", estime Julien Wosnitza. Cécile Orliac, quadra parisienne installée depuis plus de 20 ans en Aveyron, cadre dans la fonction publique territoriale, raconte aussi à franceinfo "avoir entamé son deuil" en décembre 2016, en "découvrant les perspectives d'effondrement". Vadim décrit, lui, un constat "d'abord paralysant".

 

 

Lynda Le Tallec, 47 ans, inspectrice du fisc, a sauté ces étapes. "Je suis veuve et maman de quatre jeunes femmes", se présente-t-elle spontanément à franceinfo. C'est peut-être "parce que j'ai déjà vécu un deuil, que je ne suis pas repassée par là". Avec à la clé, l'adaptation au changement et une plus grande résistance : une capacité de "résilience", identifiée en psychologie humaine, mais aussi dans les écosystèmes.

 

 

 

Ni survivalistes, ni décroissants

"Il faut prendre du temps pour comprendre l'effondrement", explique Julien Wosnitza. Prendre le temps de dépasser "la tristesse" et les "sentiments négatifs" aussi. Vadim et Cécile redoutent d'ailleurs certains collapsologues, dont ils préfèrent taire le nom, "qui capitalisent sur la tristesse des autres". Dans le groupe Facebook "La Collapso heureuse", Lynda "essaie plutôt de rassurer et d'apaiser" celles et ceux qui découvrent la notion d'effondrement et déversent parfois des flots d'angoisse dans les commentaires : "On essaie d'être bienveillants, même si le mot est un peu galvaudé." La colère des "gilets jaunes" est d'ailleurs vue d'un œil compréhensif.

 

 

Tout le système repose sur l'énergie, le pétrole, et on demande aux gens de se débrouiller pour faire autrement.Vadim Turpyn à franceinfo

 

 

"Après, la question c'est : 'Qu'est-ce que je fais de ça dans ma vie ?'" explique Lynda. "Depuis cinq ans, j'accueille chez moi temporairement des réfugiés qui attendent un jugement, j'ai un potager depuis une vingtaine d'années, j'ai élevé mes filles sans télé..." raconte la mère de famille. Mais "ce sont des filles de leur époque, elles ont des smartphones, achetés d'occasion, elles aiment les fringues, qu'elles chinent sur internet", décrit Lynda. Ni survivalistes, ni totalement décroissants, ils partagent l'idée qu'il vaut tout de même mieux être préparé à "l'effondrement du monde tel qu'on le connaît", pour "limiter la hauteur de la chute". Ils prônent notamment "la sobriété" et "l'autonomie". "Parce que le jour où les supermarchés, en ville, ne sont plus approvisionnés, comment on fait ?", interroge Vadim.

 

 

 

Adeptes de Spinoza 

Cécile a ainsi réduit son temps de travail, changé son alimentation, lâché sa voiture. "En supprimant presque totalement la viande et le poisson et en mangeant bio, mon budget alimentaire est resté stable", affirme-t-elle. Celles et ceux qui peuvent se le permettre se préparent, comme Cécile, matériellement. Car, "pour avoir un petit lopin de terre, il faut un capital", dont Vadim ne dispose pas, pour le moment. Ce qui ne l'a pas empêché de se joindre à des collectifs comme les Incroyables comestibles, pour "faire pousser, collectivement, des patates sur des ronds-points".

 

 

"Passer à l'action, occuper ses mains, ça permet de trouver de la joie", insiste le jeune homme. "La quête de joie" occupe une grande place, dans la vie de Vadim, qui vit temporairement à Antibes. Il la trouve notamment chez Spinoza, "le philosophe de la joie""'Par réalité et perfection, j'entends la même chose', dit Spinoza", cite le jeune homme avec aisance. Mais encore ? "Pour moi, cela veut dire qu'aussi noires soient les projections sur l'avenir, il faut savoir se satisfaire de la réalité, des plaisirs simples de la vie et du quotidien", explique Vadim. Ainsi Cécile se dit "plus heureuse que les 20 dernières années, malgré toute l'inquiétude que j'ai pour mes enfants".

 

 

L'effondrement impose d'accepter de ne pas penser qu'à sa gueule. Pour certains, ça va être difficile. Lynda Le Tallec à franceinfo

 

 

La "quête de joie" et la nécessité de s'adapter pousse nombre d'entre eux à organiser un autre avenir, teinté d'"entraide" et de "collectif". Lynda va prendre une retraite anticipée et veut créer, dans le Morbihan, une "spinozad", annonce-t-elle, amusée par son jeu de mot qui propulse le philosophe au milieu d'une "zone à défendre" (ZAD) comme celle de Notre-Dame-des-Landes. Elle imagine "un lieu de vie collectif, autonome en alimentation et en énergie". Elle y installera aussi son père "qui ne veut pas aller en maison de retraite". 

 

 

 

De la question de quitter les villes

Consciente que "'tout le monde n'a pas cette possibilité, financièrement", qu'il s'agit peut-être d'une "solution de bourgeois", Lynda considère pourtant qu'il serait "justement indécent" de ne pas "utiliser ses fonds pour qu'ils aient du sens". Hélène se dit, elle, "trop prisonnière de contraintes matérielles". "Avec trois enfants pas encore autonomes et un crédit sur la maison, je ne peux même pas me permettre d'y penser", estime-t-elle. "Mais il y a d'autres façons d'agir et de s'engager", selon cette militante, qui a en partie reporté son engagement politique vers le milieu associatif.

 

 

Quitter les villes ? Les personnes contactées par franceinfo y songent, à plus ou moins long terme. Antoine aussi "aimerait bien quitter la région parisienne, mais ça n'est pas possible pour le moment". Il a quand même planifié de quitter son job dans une société de conseil pour février 2020, pour "vivre avec le nécessaire et m'engager dans quelque chose qui ait du sens". Il reste sceptique sur l'habitat collectif qui fait rêver ses comparses : "J'ai l'impression qu'au-delà de 20 personnes, ça ne tient pas." Preuve que le chemin vers la collapsologie n'est ni facile ni confortable, Antoine "hésite encore à vraiment parler d'effondrement". "Simplement parce que je ne sais pas du tout ce qui va se passer", admet-il.

 

 

* Le prénom a été modifié.

 


27/12/2018
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Franceinfo - le mardi 18 décembre 2018

 

 

Recours pour "carence fautive" contre l'État français qui "ne respecte pas" ses engagements dans la lutte contre le réchauffement climatique

 

 

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franceinfoAnne-Laure BarralRadio France

 

 

 

Quatre ONG ont décidé de lancer mardi 18 décembre un recours contre l'État pour carence fautive face au réchauffement climatique. Parmi elles, la Fondation pour la nature et l'Homme et sa porte-parole, Audrey Pulvar

 

 

 

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Audrey Pulvar, présidente de la Fondation pour la nature et l'homme, le 8 novembre 2017 lors du forum de l'énergie à Paris.  (CHRISTOPHE MORIN / MAXPPP)

 

 

 

Les ONG l'appellent L'Affaire du siècle parce que si on n’agit pas maintenant, à la fin du siècle, le climat de la Terre va radicalement changer. Ainsi, après le maire de Grande-Synthe il y un mois, Greenpeace, la Fondation pour la nature et l'Homme, Oxfam et l'association Notre affaire à tous ont décidé à leur tour de déposer mardi 18 décembre un recours contre l'État pour carence fautive face au réchauffement climatique.

 

 

La France a signé de nombreux textes internationaux : le protocole de Kyoto, l'Accord de Paris. Elle est soumise à des directives européennes et elle a fait voter de nombreuses lois : Grenelle, transition énergétique et croissance verte. Pourtant aujourd'hui pour Audrey Pulvar, porte-parole de la fondation pour la Nature et l'Homme, elle ne respecte pas ces textes.

 

 

La France s’était engagée à prendre une trajectoire en matière de réduction de ses émissions de ses gaz à effet de serre qu’elle ne respecte pas. Pour tout ce qui est développement des énergies renouvelables, nous sommes très en deçà. La rénovation énergétique, l’objectif c’était de faire 500 000 rénovations par an, on est en-dessous des 300 000. Audrey Pulvar à franceinfo

 

 

Pour l'instant, il s'agit de l'envoi d'une demande préalable auprès du chef de l'État et du gouvernement à respecter ses engagements mais au printemps, les associations comptent sur un recours devant le tribunal administratif de Paris pour faire reconnaître le lien entre l'inaction de l'État et l'aggravation du réchauffement climatique.

 

 

 

La responsabilité de l'État déjà reconnue dans d'autres affaires

"Il y a des précédents. Je pense par exemple à ce qui s’est passé pour l’Erika. L’État a été condamné à réparer la nature. Et puis si l’écosystème n’est pas réparable, ça peut être aussi une condamnation à une somme d’argent."   

 

 

La France seule aura du mal à réparer le climat. Ce recours juridique est donc plus pour rejoindre une grande cause mondiale. Il y a en effet aujourd'hui près de 900 plaintes d'ONG, de villes, d'associations et même de particuliers contre leur gouvernement ou des entreprises polluantes pour inaction climatique.

 


18/12/2018
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Franceinfo - le dimanche 16 décembre 2018

 

COP24 : "On accouche d'un manuel d'application basé sur le plus petit dénominateur commun"

 

 

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franceinfoRadio France

 

 

 

 

Le porte-parole climat de Greenpeace regrette la présence des lobbies et du secteur privé au sein de la COP24, "qui viennent entraver les discussions"

 

 

 

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Les négociateurs internationaux de la COP24, à Katowice, en Pologne, le 15 décembre 2018. (JANEK SKARZYNSKI / AFP)

 

 

 

Après deux semaines de discussions, les 196 États de la planète sont parvenus à un accord, samedi 15 décembre au soir, au terme de la 24e conférence sur le climat, qui se déroulait à Katowice, en Pologne.

 

 

Le but était de déterminer un mode d'emploi pour appliquer les mesures décidées à Paris il y a trois ans, qui visent à réduire les émissions de gaz à effet de serre afin de limiter le réchauffement climatique à 2%. "On accouche d'un manuel d'application basé sur le plus petit dénominateur commun", regrette Clément Sénéchal, chargé de campagne et porte-parole climat pour Greenpeace France, invité dimanche 16 décembre sur franceinfo.

 

 

 

franceinfo : Êtes-vous déçus face au manque de réactivité des dirigeants de la planète ou finalement n'en attendiez-vous pas plus ?

 

 

Clément Sénéchal : On est très déçus. On accouche d'un manuel d'application basé sur le plus petit dénominateur commun. Or, le changement climatique a lieu aujourd'hui, pas demain. Ce sont déjà des centaines de milliers de vies qui sont menacées et atteintes par le changement climatique, il y a des États insulaires qui sont en train de disparaître. On a l'impression que les États les plus riches essaient de gagner du temps en permanence. On a une COP24 incapable de demander aux États de réviser à la hausse leur feuille de route et leurs efforts climatiques.

 

 

 

À quoi sert cette COP24, quand on sait par exemple que l'un de ses principaux sponsors est le premier producteur de charbon de l'Union européenne ? 

 

 

Il y a un vrai problème, qui est la présence des lobbies et du secteur privé, qui viennent entraver les discussions. Le Medef avait d'ailleurs laissé fuiter une feuille de route sur comment saborder ces négociations climatiques. Pour autant, ça reste un espace multilatéral et ça nous permet d'entendre la voix des petits pays, qui sont les plus menacés par les conséquences du changement climatique. C'est un endroit où les pays riches sont obligés d'écouter ce qu'ont à leur dire les petits États.

 

 

 

Les climatologues l'ont dit et redit, si on n'agit pas maintenant, d'ici 30 ans des territoires entiers ne seront plus habitables, notamment en Asie du Sud. Que peuvent-ils dire de plus pour être entendus ?

 

 

Il doit y avoir un certain désarroi au sein de la communauté scientifique. L'un des grands regrets de cette COP24 est que les États n'ont pas été capables d'accueillir favorablement le dernier rapport spécial du GIEC, le rapport 1.5, qu'ils avaient eux-mêmes commandé lors de la COP de Paris en 2015. Il prône la diminution de moitié des gaz à effet de serre d'ici 10 ans. Aujourd'hui, on n'a pas un accord, on n'a pas un résultat des discussions. Il faut continuer à faire monter la pression dans la société civile. Les derniers sondages d'opinion montrent que l'enjeu climatique fait partie des priorités des Français.

 

 

La majorité des populations veut voir des actions politiques. Ce qui s'est passé dans la séquence climat, ce n'est pas ce qui s'est passé dans l'enceinte des négociations elles-mêmes mais ce qui s'est passé en dehors, avec des marches climat qui ont été nombreuses et massives. Les citoyens sont convaincus car ils perçoivent les signaux des médias, des ONG, des scientifiques. Il faut obtenir une action politique. La plus mauvaise idée, ce serait de renoncer face à l'incapacité de nos dirigeants à construire un projet de société qui place la lutte contre le changement climatique en son cœur.

 


18/12/2018
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Franceinfo - le samedi 15 décembre 2018 - mis à jour le 16.12.18

 

 

COP24 : la communauté internationale adopte les règles d'application de l'accord de Paris sur le climat

 

 

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franceinfo avec AFP et ReutersFrance Télévisions

 

 

 

La conférence, qui s'est achevée avec plus de 24 heures de retard sur le planning prévu, n'a en revanche pas donné lieu à de nouveaux engagements des Etats

 

 

 

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Le président de la COP24, Michal Kurtyka, à la tribune de l'assemblée de clôture de la conférence à Katowice (Pologne), le 15 dcembre 2018. (KACPER PEMPEL / REUTERS)

 

 

 

Le coup de marteau du président a été accueilli par une standing-ovation. Les délégués de quelque 200 pays réunis à la COP24 de Katowice ont adopté samedi 15 décembre une série de règles permettant de mettre en œuvre l'accord de Paris contre le réchauffement climatique de 2015.

 

 

Les représentants des pays à la COP 24 travaillaient depuis deux semaines en Pologne pour produire ce "règlement" précisant les modalités de la mise en œuvre de l'accord de Paris, qui vise à limiter la hausse de la température mondiale à moins de 2 degrés Celsius par rapport à l'époque pré-industrielle. Après ces deux semaines de négociations, les participants à la COP24 sont parvenus à surmonter leurs divisions politiques pour parvenir à un consensus.  Ce "mode d'emploi" d'une centaine de pages fixe notamment les modalités de suivi des actions nationales. Une flexibilité a été accordée aux pays en développement.

 

 

 

Un accord déjà critiqué

La conférence, qui s'est achevée avec plus de 24 heures de retard sur le planning prévu, n'a en revanche pas donné lieu à de nouveaux engagements des Etats à relever prochainement leurs objectifs de réduction des gaz à effet de serre, insuffisants à ce stade face aux dérèglements du climat. Il y a quelques semaines, les scientifiques du Giec tiraient la sonnette d'alarme: dans un monde à +2°C, objectif minimal du pacte climatique de 2015, les impacts seraient bien plus importants que dans un monde à +1,5°C, limite idéale de l'accord. 

 

 

Mais pour rester sous +1,5°C, il faudrait réduire les émissions de CO2 de près de 50% d'ici 2030 par rapport à 2010, alors que les engagements actuels des Etats annoncent un monde à +3°C avec son lot de tempêtes, sécheresses, inondations... Sans surprise, l'accord a été rapidement critiqué par les ONG environnementales. Dans un communiqué, l'antenne française de Greenpeace dénonce le "triste spectacle d’une incompréhension entre des pays qui défendent leurs intérêts économiques et industriels, et des pays vulnérables qui jouent leur survie". L'ONG regrette qu'un "fossé se creuse dangereusement entre la réalité du changement climatique et l’action politique".

 


16/12/2018
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Franceinfo - le dimanche 16 décembre 2018

 

 

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On vous raconte le plus violent réchauffement climatique que notre planète a connu... jusqu'à aujourd'hui

 

 

 

Le monde est sans glace, sans calotte, sans neige éternelle. Les paysages blancs de l'Antarctique ont cédé la place à des forêts. Des palmiers ont même pris racine au pôle Nord. On ne vous décrit pas là le futur que nous promet le réchauffement climatique, mais un passé très lointain. Il y a 56 millions d'années, la température a grimpé de 6°C en seulement 10 000 à 20 000 ans, "un temps très court à l'échelle géologique", précise l'université de Genève. Ce pic fulgurant, le "Paleocene-Eocene Thermal Maximum" (PETM), a chamboulé la faune, la flore et le paysage. Il a été la plus rapide et la plus importante perturbation climatique de notre ère. Jusqu'à aujourd'hui.

 

 

 

Car la Terre vit désormais "une situation inédite". Avec le réchauffement actuel causé par l'homme et sa vitesse, "sans précédent", "on va vers l'inconnu", explique à franceinfo Gilles Ramstein, directeur de recherche au CEA. "Alors les scientifiques essaient de se raccrocher à des analogies." Si le PETM va sans aucun doute être largement dépassé par ce que nous imposons aujourd'hui à la planète, il "vaut la peine d'être étudié", d'après Yannick Donnadieu, directeur de recherche au CNRS, pour mieux prédire les climats de demain. Nous vous proposons de vous plonger dans les archives de notre Terre.

 

 

 

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Lors du "Paleocene-Eocene Thermal Maximum", les scientifiques évoquent un violent épisode volcanique dans l'Atlantique nord. (Photo d'illustration) (MARK GARLICK / SCIENCE PHOTO LIBRARY RF / GETTY IMAGES / AWA SANE / FRANCEINFO)

 

 

 

"Une bombe à retardement"

Quand le PETM commence, le niveau de la mer est déjà plus haut de 50 à 100 mètres à ce que nous connaissons aujourd'hui. "La température moyenne sur Terre est de 30°C", décrit Appy Sluijs, professeur en paléocéanographie à l'université d'Utrecht (Pays-Bas). La forme des continents nous est familière, même s'ils sont un peu plus proches les uns des autres qu'aujourd'hui. Sur leur surface, peu de reliefs. "Ça ne monte pas très haut. L'Himalaya n'est pas présente" et l'Inde est encore séparée du continent, donne pour exemple le chercheur.

 

 

 

Le PETM vient soudain perturber les écosystèmes. Quelle est "la gâchette", ce qui a déclenché ce réchauffement, s'interroge Alexis Licht, géologue et maître de conférences à l'université de Washington à Seattle (Etats-Unis). L'activité volcanique est le suspect numéro 1 des scientifiques. A l'époque, elle est intense, notamment "dans l'Atlantique nord, entre l'Islande et la Norvège", raconte Sébastien Castelltort, professeur à l'université de Genève et sédimentologue. Les volcans se mettent dans une colère noire, comme le décrit le livre Sacré croissance, de Marie-Monique Robin (Arte éditions). Si noire qu'ils font grimper la température de l'océan et "déstabilisent les clathrates, des réservoirs de méthane dans les sédiments", raconte Yannick Donnadieu. Ce méthane est enfoui au fond des océans, explique la revue Nature (article en anglais et payant). "Visuellement, c'est un peu comme du dentifrice", compare Gilles Ramstein.

 

 

 

C'était une bombe à retardement. Ce méthane est passé de gel à gaz avant de remonter à la surface.

Gilles Ramstein, directeur de recherche au CEA

 

 

Le méthane se transforme alors en CO2. "Il brûle et pendant des milliers d'années, la surface de l'océan a bouillonné de gerbes de flammes éphémères", est-il décrit dans Sacré croissance. Tout partirait de là. "Ce méthane dégazé, c'est la seule cause au PETM qui tient la route depuis les années 2000", explique Yves Goddéris, directeur de recherche au CNRS, spécialisé en paléoclimatologie.

 

 

Le taux de dioxyde de carbone dans l'air se met à grimper brutalement. Selon des chercheurs de l'université de Salt Lake City (Etats-Unis), 1 milliard de tonnes de CO2 est alors relâché chaque année dans l'atmosphère, précise la BBC (article en anglais). C'est énorme, mais ce n'est rien par rapport aux niveaux atteints aujourd'hui : 9,5 milliards de tonnes par an. La Terre entre en surchauffe : la température monte de 6°C en quelques milliers d'années seulement. Dans les océans, "les eaux de surface [atteignent] presque 36°C par endroits", souligne l'université de Genève.

 

 

 

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De violentes précipitations ont bouleversé le paysage, il y a 56 millions d'années. (Photo d'illustration) (XUANYU HAN / MOMENT RF / GETTY IMAGES / AWA SANE / FRANCEINFO)

 

 

 

Des précipitations, tempêtes et crues d'une violence inouïe

Dans ce jacuzzi à échelle globale, les premières conséquences du réchauffement se font sentir. La chaleur accélère l'évaporation des océans, formant davantage de nuages dans le ciel. "On peut imaginer qu'il y a eu plus souvent des épisodes extrêmes de précipitations, de plus grosses tempêtes comme des ouragans", indique à franceinfo James Zachos, professeur de sciences de la Terre et des planètes à l'université de Californie à Santa Cruz (Etats-Unis). D'un climat tropical, la planète passe à un climat plus saisonnier, enchaînant les périodes de très fortes pluies et de sécheresse. "On peut les comparer aux inondations qu'ont connues la France et l'Italie ces dernières années", avance Appy Sluijs.

 

 

Le paysage en est bouleversé. C'est le cas dans les Pyrénées-Orientales. La chaîne de montagnes est encore en cours de formation. Avant le PETM, la région est parcourue par de petites rivières sinueuses au milieu d'une plaine inondée. "A l'est, le relief est un petit peu développé. A l'ouest, rien. L'océan rentre entre l'Espagne et la France, explique Sébastien Castelltort. La crise change tout." Les fortes précipitations engendrent des crues bien plus importantes qu'auparavant. "Les rivières s'élargissent et balaient le paysage", raconte-t-il. "Les différents cours d'eau observés passent ainsi parfois de 15 mètres à 160 mètres de largeur", complète l'université de Genève. Leur débit devient torrentiel. "C'est comme en 2008, quand la rivière Kosi en Inde est sortie de son lit", compare le chercheur. L'épisode, qui a entraîné la fuite de plus d'un demi-million d'Indiens, comme le raconte Le Parisien, a été surnommé "la malédiction de Kosi".

 

 

 

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Des personnes fuient les inondations, à Madhepura (Inde), le 29 août 2008. (KRISHNA MURARI KISHAN / REUTERS)

 

 

 

Pendant le PETM, les "malédictions" de ce type s'enchaînent. Entre deux crues, la planète ne reprend pas son souffle : elle est frappée par des sécheresses qui transforment "d'énormes territoires en désert", dépeint Arte. "On peut imaginer des épisodes semblables à la canicule de 2003", avance Sébastien Castelltort.

 

 

 

La végétation "réagit très vite" à ces changements climatiques, résume Sébastien Castelltort. Certaines espèces meurent, d'autres peuvent retarder ou avancer leur floraison. Globalement, la période est marquée par une explosion brutale de plantes à fleurs. Les arbres montent dans les plus hautes latitudes de l'hémisphère nord pour tenter de retrouver leurs températures de vie. Elles s'"extirpent", selon le terme scientifique. "Aux Etats-Unis, les grandes forêts de conifères, les vastes étendues de végétation sèches, deviennent plus tropicalisées", décrit Alexis Licht. L'Amazonie s'invite pour ainsi dire en Amérique du nord. "Le Groenland [mérite] bien son nom de pays verdoyant", ajoute Futura. Plus bas, dans les Pyrénées, les arbres laissent place aux galets.

 

 

 

Dans les fonds marins, des espèces de plancton comme les Apectodinium, de "petites boules aux formes étranges" préférant habituellement les eaux tropicales, se répandent "soudainement sur toute la surface du globe", explique l'université de Genève.

 

 

 

Cet effet sur la flore est très important, parce que les espèces animales suivent la végétation.

Sébastien Castelltort, professeur à l'université de Genève et sédimentologue

 

 

 

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 L'augmentation des températures a poussé de nombreuses espèces à migrer vers le nord. (Photo d'illustration) (NABARUN BHATTACHARYA / 500PX PRIME / GETTY IMAGES / AWA SANE / FRANCEINFO)

 

 

 

Des espèces qui migrent, s'éteignent ou... rétrécissent

Pour sauver leur vie, les animaux se mettent à migrer vers le nord. Près de la Scandinavie et du Groenland, l'océan est alors bien plus petit, la distance entre l'Europe et l'Amérique faible. Les premiers primates, nos ancêtres, s'aventurent doucement sur ce pont intercontinental, suivant la végétation qu'ils connaissent. Ils découvrent l'Amérique. Des espèces jusqu'alors confinées à des régions de la planète comme l'Asie se répandent et envahissent le globe. On va jusqu'à trouver des traces de crocodiles en Arctique.

 

 

 

 

Face aux conditions climatiques extrêmes, certaines espèces rétrécissent, suggère même un article publié dans la revue Nature (en anglais). "Araignées, guêpes, fourmis ou scarabées avaient ainsi perdu de 50 à 75% de leur taille habituelle, tandis que les mammifères comme les écureuils et les rats étaient 40% plus petits", explique Le Figaro. Des espèces ressemblant à des chevreuils ou des cerfs se retrouvent soudainement de la taille d'un chien. "Ça arrive dans les période de stress. Le climat devient de plus en plus chaud, alors pour s'adapter, les espèces rétrécissent", justifie Alexis Licht. Le petit Sifrhippus perd ainsi quelques kilos, comme l'explique le New York Times (article en anglais).

 

 

 

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 L'espèce Sifrhippus est présentée au musée d'histoire naturelle de Stockholm (Suède), le 15 juin 2012. (EDUARD SOLA / CREATIVE COMMONS)

 

 

 

D'autres s'éteignent. Sous la surface des océans, dans des eaux plus acides que la normale, certains organismes marins s'asphyxient. "La moitié des espèces de foraminifères benthiques" – des petits êtres recouverts d'une coquille, vivant au fond de l'océan et participant au recyclage de la matière organique (document en PDF), fabriquée par les êtres vivants – et de coraux disparaissent, explique Appy Sluijs. Sur les continents, le PETM raye également de la carte certaines espèces. Confrontées aux nouveaux mammifères immigrant, certaines espèces ne font pas le poids dans des conditions climatiques qu'elles connaissent peu.

 

 

Résultat : "La plupart des mammifères archaïques du Paléocène, on ne les trouve plus aujourd'hui, résume Alexis Licht. Le renouvellement de la faune au PETM est phénoménal. C'est vraiment une période charnière." L'expansion des mammifères modernes démarre alors. "Attention quand on dit 'modernes', ne vous imaginez pas des chiens, des chats et des chevaux se promenant, mais plutôt leurs ancêtres", s'amuse le scientifique.

 

 

 

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Il y a plusieurs dizaines de millions d'années, l'Inde se rapproche du continent. (Photo d'illustration) (WALTER B.MYERS / NOVAPIX / AFP / AWA SANE / FRANCEINFO)

 

 

 

Des centaines de milliers d'années pour récupérer

Extinctions, bouleversements… En à peine 10 000 à 20 000 ans, la Terre s'est radicalement transformée. "Dans son histoire et celle de l'évolution des espèces, c'est très rapide", insiste Sébastien Castelltort. Elle a ensuite mis 100 000 à 200 000 ans, selon les chercheurs, pour s'en remettre, en absorbant lentement les gaz à effet de serre. "Les précipitations ont dissout les roches et le granite. En se décomposant, elles ont consommé petit à petit le carbone", explique Yves Goddéris. Seulement après ce temps de résilience, des températures plus basses sont revenues.

 

 

 

Lors du PETM, le changement était bien plus lent qu'aujourd'hui. On peut s'attendre à voir les mêmes conséquences au fil du temps, dans le climat, les océans… Mais les impacts vont être plus sévères, parce que tout va bien plus vite.

James Zachos, professeur de sciences de la Terre et des planètes à l'université de Californie à Santa Cruz

 

 

Cet épisode, fulgurant et bouleversant, est donc le plus intense qu'ait identifié la communauté scientifique. "Jusqu'à maintenant", précise L'Obs. Car si pour l'instant, nous n'avons pas encore atteint la concentration de gaz carbonique atmosphérique du PETM, à savoir 1 000 ppm, elle augmente à une vitesse bien plus rapide. "Trente fois plus vite", précise le Telegraph (article en anglais). En effet, l'Organisation météorologique mondiale a récemment indiqué que le dioxyde de carbone (CO2) avait atteint 405,5 ppm (nombre de molécules du gaz à effet de serre considéré par millions de molécules d'air) en 2017, contre seulement 340 ppm il y a 30 ans (document en format PDF). Et ce n'est que le début. D'après une étude menée par l'université de Southampton (article en anglais), "d'ici 100 à 200 ans, les concentrations de dioxyde de carbone dans l'atmosphère terrestre se dirigeront vers des valeurs jamais atteintes depuis le Trias, il y a 200 millions d'années. De plus, à partir du XXIIIe siècle, le climat pourrait atteindre une chaleur jamais vue depuis 420 millions d'années."

 

 

L'humanité a rebattu les cartes. "Aucune espèce n'a été capable de bouleverser à cette vitesse son environnement !", alerte Gilles Ramstein. Si pendant le PETM, il a fallu des milliers d'années pour que les températures grimpent de 6°C, elles ont, à notre époque, déjà augmenté de 1°C en seulement 100 ans. Plus rapide… Plus brutal aussi. Un article de Nature (article en anglais et payant) compare : si le PETM était une "lente pression" sur l'environnement, le réchauffement climatique actuel équivaut plutôt à un "violent coup-de-poing" ou "l'impact d'un astéroïde", rapporte L'Est Républicain. "Les répercussions vont être bien plus graves", assure James Zachos.

 

 

Les conséquences seraient telles qu'il ne faudrait plus 150 000 ans à la Terre pour s'en remettre, mais "500 000 ans", avance Yves Goddéris. "Notre atmosphère accueille tellement vite du CO2 que le système n'a pas le temps de répondre. Lors du PETM, il avait le temps de s'adapter." Pour le chercheur, cela ne fait cependant aucun doute : "La Terre, on n'est pas inquiet pour elle. Elle va finir par s'autoréguler. Mais ce sera peut-être sans nous."

 

 

Texte : Camille Adaoust

 


16/12/2018
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Franceinfo - le lundi 10 décembre 2018

 

 

#AlertePollution : à Angoulême, un produit cancérigène repéré dans les sols il y a plusieurs années remonte à la surface

 

 

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Camille AdaoustFrance Télévisions
 

 

 

Dans le cadre de notre enquête participative, un internaute nous a signalé qu'un ancien site industriel avait pollué, au trichloroéthylène, le quartier résidentiel de Saint-Cybard

 

 

 

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Une usine à l'abandon dans le quartier Saint-Cybard à Angoulême (Charente) inquiète les riverains. (GOOGLE MAPS)

 

 

 

Les murs des hangars sont recouverts de tags, les vitres sont cassées et la végétation reprend peu à peu ses droits. Dans la rue Jules-Durandeau, à Angoulême (Charente), un ancien site industriel tombe en ruines. Une usine de près d'un hectare, inoccupée depuis 2009. Landry vit juste à côté depuis 2013, avec sa femme et ses deux enfants en bas âge. En 2016, la famille décide d'acheter. "On s'est endetté sur 25 ans sur une somme non négligeable", raconte cet habitant. Jusque-là, la maison répond à ses attentes : le jardin est grand et le potager régale la famille. "On a une vue sur toute la ville", décrit Landry. Mais depuis quelques mois, l'usine voisine est devenue un danger à ses yeux, qu'il a décidé de signaler dans le cadre de notre enquête participative #AlertePollution.

 

 

 

Du trichloroéthylène dans l'eau et les sols

En mars dernier, les habitants du quartier ont reçu un courrier inquiétant, les prévenant qu'une pollution avait été détectée dans le voisinage et les conviant à une réunion publique. "A ce moment-là, les bras m'en tombent", se souvient Landry. Tout de suite, les yeux se tournent vers l'usine, ancien site de production de la Saft-Leclanché, qui jusqu'à 1984 a fabriqué, rechargé et réparé des piles, sans jamais être dépollué. Un arrêté municipal accompagne le courrier : "A titre de précaution, l'utilisation de l'eau des captages privés (puits, forages, sources) est interdite." Dans ce quartier proche de la Charente, les habitants sont contraints d'arrêter de remplir leurs piscines, arroser leurs potagers ou consommer l'eau issue des puits.

 

 

'appuyant sur une étude lancée fin 2017, préfet, maire, président du département ou encore représentant de la Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement (DREAL) annoncent lors de cette réunion publique que les sols et les eaux souterraines contiennent, entre autres, des seuils importants de trichloroéthylène (TCE). Ce produit volatile, utilisé comme dégraissant de pièces métalliques, est un cancérigène avéré, comme l'indique le Haut Conseil de la santé publique. Il est interdit d'utilisation depuis 2016"Ils nous disent que plusieurs grammes de pollution ont été détectés, mais sans en dire vraiment plus", regrette Landry. Il décide donc, avec l'aide d'un avocat, de saisir le tribunal administratif pour recueillir tous les documents liés au site.

 

 

 

Une pollution connue depuis plusieurs années

Rapidement, le département prend les devants et publie tout sur internet : l'arrêté municipal, le rapport réalisé en novembre 2017, le diaporama présenté au public le 22 mars et un "diagnostic pollution" datant de... novembre 2011. Soit plusieurs années avant l'annonce publique aux habitants. "Le département avait mandaté une société pour réaliser une étude de la pollution dès 2011 ! Plus de 100 pages. Le rapport précise que le site est contaminé. C'est écrit noir sur blanc. Mais rien n'a été dit !" déplore Landry. En 2012, un rapport complémentaire, consulté par franceinfo, a confirmé que les teneurs en trichloroéthylène relevées étaient "supérieures aux seuils réglementaires imposés par l'Organisation mondiale pour la santé". Il est même précisé dans le texte les risques liés à ce solvant.

 

 

Les composés identifiés sont cancérigènes et toxiques pour le système nerveux central.un rapport sur l'usine Saft-Leclanché consulté par franceinfo

 

 

Face à ce constat, les services de l'Etat "auraient dû [dès 2011] creuser la question, engager des procédures", selon Jean Merlet-Bonnan, l'avocat de Landry. Ils "auraient pu en informer la commune, l'agglomération..." Mais rien n'a été fait. Ainsi, la base officielle de données Basol, qui référence les sites et sols pollués ou potentiellement pollués, "aurait pu être renseignée". Cela n'a pas été le cas.

 

 

 

Inquiétude et détresse des riverains

"Chez les habitants des logements concernés – parce qu'ils ne le sont pas tous dans le quartier – il y a une grande inquiétude", rapporte Romain Mathieu, président de Saint Cybard environnement, l'association des riverains. "De la détresse aussi : les maisons représentent les économies de beaucoup ici !" Nombre d'habitants craignent de ne plus pouvoir vendre leurs biens, notamment à cause de la mauvaise publicité découlant de l'affaire.  

 

 

Du jour au lendemain, on nous a subtilisé notre patrimoine, alors qu'on pensait bêtement avoir acheté notre petit confort.Landry à franceinfo

 

 

 

Les habitants du quartier se sentent trahis après des années de silence de la part des autorités. En effet, il a fallu attendre fin 2017 et un projet de réhabilitation de la friche industrielle, comme l'indique La Charente libre, pour mener de nouvelles analyses. "Ça me rend malade. Ils ne se rendent pas compte ! J'ai envie de leur dire : 'J'ai un cerisier dans mon jardin, vous mangeriez mon clafoutis ?'" s'agace Landry. Dans les couloirs du conseil départemental, on comprend leur détresse. Sous couvert d'anonymat, une employée glisse à franceinfo : "Les habitants se sentent abandonnés. Ça fait plusieurs années que c'est pollué."

 

 

 

 

Difficile d'identifier les responsables

 

Comment la pollution a-t-elle pu être aussi longtemps passée sous silence ? Aux questions des habitants, les autorités ont simplement confessé avoir "perdu de vue le site", rapporte Jean Merlet-Bonnan. Depuis, les services se renvoient la balle quant aux défaillances sur l'alerte. "Il aurait fallu être au cœur du dispositif à l'époque pour tout connaître aujourd'hui. Il existe encore des zones grises" sur ce qu'il s'est passé il y a six ans, se défend le conseil départemental, aujourd'hui propriétaire du site, à franceinfo. Et de préciser que "l'Etat avait été informé en 2011 de l'existence d'une étude"Interrogé sur ce point par la sénatrice de la Charente, Nicole Bonnefoy, le ministère de la Transition écologique et solidaire explique avoir bien été prévenu qu'une pollution avait été détectée et que le résultat d'investigations complémentaires allait lui être transmi. Mais il affirme n'avoir jamais rien reçu de plus de la part du département. 

 

 

 

Difficile de savoir aujourd'hui qui sont les héritiers de l'ancienne usine. Si la Saft-Leclanché n'existe plus en tant que telle, une société nommée Saft perdure toujours, mais celle-ci assure à franceinfo ne plus avoir de liens avec le site pollué : "Nous ne sommes pas les ayants droit." "Alcatel-Lucent (...) aurait repris les activités de l'entreprise", écrivait le ministère de la Transition écologique début novembre en réponse à Nicole Bonnefoy. Mais sollicitée par franceinfo, le groupe n'a pas donné suite. Pour l'instant, les différents acteurs assurent que la priorité est ailleurs.

 

 

 

Viendra le temps des recherches de responsabilités de manière approfondie. Mais aujourd'hui, l'énergie mise en œuvre, c'est pour résoudre le problème.Le conseil départemental à franceinfo

 

 

 

Et les habitants semblent en être satisfaits. "Les pouvoirs publics prennent la situation au sérieux. Bien trop tard, mais la pollution est prise en main", salue Romain Mathieu. Une avancée que Landry attend avec impatience : "Quand la dépollution sera engagée, on retrouvera nos vies."

 

 

 

 

"La dépollution est possible"

 

Une première campagne de mesures s'est achevée dans plusieurs dizaines d'habitations autour du site pour mesurer cette fois-ci la pollution à l'intérieur des domiciles des riverains. Car le trichloroéthylène infiltré dans les eaux souterraines peut s'évaporer. Au total, "10% des maisons contenaient du trichloroéthylène à des taux faibles – entre 2 et 10 μg/m3 d'air", décrit Vincent Colas, directeur général adjoint du pôle Infrastructures et Aménagement du territoire du conseil départemental. Pour celles-ci, "on fera en sorte d'intervenir dans les plus brefs délais". Les services de l'Etat se sont aussi concentrés sur les établissements recevant du public dans la zone de pollution : crèche, école et musée de la Bande dessinée. "On a trouvé aucune trace dans l'air dans le bâtiment", rapporte l'adjoint, qui précise que les alentours ne sont, eux, pas épargnés.

 

 

 

Une deuxième campagne est en cours pour approfondir et élargir ces premières analyses à plusieurs centaines de maisons. Les conclusions seront connues en avril 2019. "Je ne cacherai rien et surtout, on fera la lumière sur l'ampleur de la pollution, les risques encourus et si possible sur son origine. Il est également important de déterminer l'étendue des travaux de réhabilitation à réaliser pour éliminer la pollution", affirme le maire d'Angoulême, Xavier Bonnefont, à La Charente libre. Pour ce qui est de la suite, donc : "La démolition est prévue, indique Vincent Colas. La dépollution est possible." Impossible pour l'heure de savoir combien de temps elle pourrait prendre. Après ça, certains habitants envisagent déjà de se rendre au tribunal pour obtenir des réponses.

 


11/12/2018
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Franceinfo - le lundi 3 décembre 2018

 

 

TRIBUNE. "Sonnons l'alarme climatique" : plus de 60 associations appellent à se mobiliser pour une transition écologique "plus ambitieuse et plus juste"

 

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franceinfoRadio France

 

 

 

Dans une tribune publiée lundi en exclusivité sur franceinfo, plusieurs dizaines d'associations et d'ONG disent souhaiter "contribuer à l’amplification du réveil citoyen afin de reprendre le contrôle et engager une transition énergétique plus ambitieuse et plus juste"

 

 

 

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Marche pour alerter sur l'urgence climatique, le 13 octobre 2018 à Paris (NATHANAEL CHARBONNIER / FRANCE-INFO)

 

 

 

"Faire sonner l'alarme climatique" : tel est le but de cette tribune, dont la publication coïncide avec l'ouverture de la COP24, en Pologne. Pour les signataires, une soixantaine d'associations, dont Attac, la Fondation pour la Nature et l'Homme présidée par Audrey Pulvar et Oxfam France, représentée par Cécile Duflot, "il est encore temps d'agir" pour "engager une transition énergétique plus ambitieuse et plus juste, à la hauteur de l'urgence climatique". Ils s'expriment alors que doit avoir lieu une marche mondiale pour le climat, samedi 8 décembre, après le succès des marches du 8 septembre et du 13 octobre derniers.

 


Le 8 décembre, sonnons l'alarme climatique. Associations et syndicats s'engagent à rejoindre les mobilisations du 8 décembre et appellent à amplifier le réveil citoyen pour la justice sociale et écologique.

 

 

En décembre 2015, alors que les chefs d'Etats célébraient la signature de l'Accord de Paris, le mouvement pour la justice climatique se mobilisait pour dresser des lignes rouges et pointer l’insuffisance des engagements des États pour limiter le réchauffement mondial à 1,5°C. Trois ans après, le compte n’y est toujours pas et nous n’avons pas le luxe d’attendre. Les conséquences dramatiques des dérèglements climatiques sont déjà là et les populations les plus vulnérables en sont les premières victimes, au Nord comme au Sud.

 

 

 

"L'inefficacité de la politique des petits pas d'Emmanuel Macron est évidente"

Si la prise de conscience individuelle et les petits changements du quotidien constituent un premier pas, ceux-ci ne doivent pas faire oublier l'urgence d'un changement de cap des politiques publiques. Le dernier rapport du GIEC est clair : si les pays veulent respecter leurs engagements en matière de climat, ils doivent laisser les combustibles fossiles dans le sol et réorienter les politiques publiques vers une transition juste, qui protège les populations affectées par les impacts du changement climatique et ne laisse personne de côté.

 

 

En décembre 2017, lors du One Planet Summit, organisé par Emmanuel Macron, nous nous étions rassemblés pour rappeler que "Pas un euro de plus" ne devait aller aux énergies fossiles. Un an après, le message n'a pas été écouté. L'inefficacité de la politique des petits pas d'Emmanuel Macron est évidente, surtout quand elle ignore la dure réalité quotidienne des plus pauvres, s'accompagne de mesures fiscales favorables aux plus riches et refuse de faire payer les plus gros responsables des dérèglements climatiques. La hausse du prix des carburants est l'une des mesures nécessaires pour accélérer la baisse des émissions de gaz à effet de serre. Mais celle-ci ne pourra être prise au sérieux si elle ne répond pas aux enjeux de justices sociale et fiscale grâce notamment à une redistribution des recettes de la taxe dans la transition et des mesures d’accompagnement pour celles et ceux qui n'ont d'autres choix que de prendre leur voiture pour se déplacer. C’est ce que montre en grande partie la colère exprimée par les "gilets jaunes".

 

 

 

"Il est encore temps d’agir"

Le silence gêné d’Emmanuel Macron face aux catastrophes climatiques en cascade de l'été 2018, la démission de Nicolas Hulot ou encore le rapport du GIEC ont provoqué une vague de mobilisation citoyenne pour le climat sans précédent. Plus de 130 000 personnes ont marché pour le climat les 8 septembre et 13 octobre derniers dans toute la France. Qu’elles soient locales ou nationales, petites ou grandes, chaque jour de nouvelles mobilisations, initiatives et actions se dessinent ici et là. Leur succès dépend de leur spontanéité et de leur créativité mais aussi de leur capacité à rassembler des milliers de personnes, des dizaines d’organisations, mouvements et réseaux pour rappeler l’urgence et dire haut et fort qu’il est encore temps d’agir. Les marches du 8 décembre prochain s’inscrivent à nouveau dans cette démarche.

 

 

Nos organisations soutiennent cette dynamique qui participe à la construction d’un nouveau rapport de forces avec les décideurs publics. Nous souhaitons contribuer à l’amplification du réveil citoyen afin de reprendre le contrôle et engager une transition énergétique plus ambitieuse et plus juste, à la hauteur de l'urgence climatique.

 

 

Il est encore temps d'agir pour :

 

 

➔ réorienter les politiques publiques vers une transition juste, qui ne laisse personne de côté partout dans le monde


➔ accélérer la transition dans les territoires, dans la production d'énergies renouvelables locales, dans les transports, dans l'habitat


➔ favoriser la création de millions d'emplois pour le climat et accompagner socialement les nécessaires mutations industrielles


➔ faire payer les véritables responsables et refuser les fausses solutions comme le nucléaire ou la géoingénierie

 

 

 

Plus de 120 marches le 8 décembre prochain

Le 8 décembre, en pleine COP 24, plus de 120 marches sont déjà prévues en France et l'étranger pour faire sonner l'alarme climatique. Cette mobilisation sera riche de la diversité des citoyen.ne.s, organisations, réseaux et mouvements qui s’y impliqueront. Nous invitons toutes celles et ceux qui partagent notre constat à rejoindre les marches.

 

 

 

Liste des signataires :

 

 

Alain Duez, L'âge de faire - Alexandra Lutz, CliMates - Alfredo Pena-Vega, GlobalYouthClimatePact - Anne-Laure Paty, Zero Waste France - Audrey Pulvar, Fondation pour la Nature et l’Homme - Aurélie Trouvé, Attac France - Bastien Sibille, Mobicoop - Benoît Faucheux, CCFD-Terre Solidaire - Bernadette Groison, FSU - Birthe Pedersen, ActionAid France - Peuples Solidaires - Camille Charbonnière, Ende Gelaende Paris - Cécile Duflot, Oxfam France - Claire Hédon, ATD Quart Monde - Clémence Dubois, 350.org - Clotilde Bato, SOL, Alternatives Agroécologiques et Solidaires - Damien Deville, AYYA - Diallo Koundenecoun, Droits Ici et Là-bas - Dominique Soeur, TODESOL - Elliot Lepers, Le mouvement - Emmanuel Poilane, CRID - Emmanuel Soulias, Enercoop - Eric Beynel, Union syndicale Solidaires - Florent Compain, Les Amis de la Terre France - Héloïse Chiron, Résistance à l'agression publicitaire - Ibrahim Mbamoko, Carre Geo & Environnement France - Jean-François Julliard, Greenpeace France - Jean-François Quantin, MRAP - Jean-Louis Marolleau, Réseau Foi et Justice Afrique Europe - Jean-Pierre Crémoux, Les Amis du Monde Diplomatique - Jérémie Chomette, France Libertés - Julie Potier, Bio Consom'Acteurs - Julie Stoll, Commerce Equitable France - Kévin Jean, Sciences citoyennes - Laure Pascarel, Utopia - Loïs Mallet, REFEDD - Marie Toussaint, Notre affaire à tous - Mohammed Bazza, IDD - Monique Dental, Réseau Féministe "Ruptures" - Nathalie Péré-Marzano, Emmaüs International - Olivier Dubuquoy, ZEA - Pierre Khalfa, Fondation Copernic - Romain Flament, Unis-Terre - Ruvie Gambia, Etudiants et Developpement - Sabine Rosset, Bloom - Sissoko Anzoumane, Coalition Internationale des Sans Papiers et Migrants - Stéphen Kerckhove, Agir pour l'Environnement - Txetx Etcheverry, Bizi - Agora des habitants de la terre - Alternatiba -ANV-COP21 - Archipel citoyen des Jours heureux - Assemblée des Citoyens du monde - ASSO Solidaires - Citizen for climates - Demain en mains - Dialogues en humanité - Energie Partagée - FAIR[e] - Fondation ELYX - Institut des futurs souhaitables - Nature Rights - Réseau Action Climat - Réseau Sortir du Nucléaire - RÏSE Réseau international pour l’innovation sociale et écologique

 


04/12/2018
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Franceinfo - le lundi 3 décembre 2018 - mis à jour le 04.12.18

 

 

#AlertePollution : rivières ou sols contaminés, déchets industriels abandonnés… Vous vivez près d'un site pollué ? Alertez-nous

 

 

 

A l'occasion de la COP24, franceinfo lance une vaste enquête participative sur la pollution en France. Il vous suffit de remplir notre formulaire : cela vous prendra moins de cinq minutes

 

 

 

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Des entreprises jettent leurs déchets dans la nature à Poissy (Yvelines), le 20 avril 2018. (PHILIPPE LOPEZ / AFP)

 

 

 

 

Sols contaminés, eaux souillées, rejets toxiques… Les cas de pollution liée à l'industrie, à l'agriculture ou aux comportements des entreprises ou des particuliers s'accumulent ces dernières années. Ces histoires font écho à ce que vous observez dans votre environnement ? A l'occasion de l'ouverture de la 24e conférence annuelle de l'ONU sur les changements climatiques (COP24), lundi 3 décembre, franceinfo lance l'opération #AlertePollution. Une enquête participative qui vous donne la possibilité de signaler des sites pollués près de chez vous, pour permettre ensuite à notre rédaction d'investiguer sur ces situations.

 

 

Vous êtes citoyen et vous avez repéré des déchets dans la nature, une faune et une flore décimées près d'une entreprise ou d'une exploitation agricole ? Vous avez eu connaissance, autour de vous, de maladies à répétition et suspectez une origine environnementale ? Vous êtes bénévole dans une association ou élu dans une commune et ne savez plus quoi faire face à un cas de pollution ? Alertez-nous dans le formulaire ci-dessous. Vous pouvez également nous contacter via les applications chiffrées WhatsApp ou Signal, au numéro suivant : 06 13 76 73 41.

 

 

 

 

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Vous souhaitez avoir davantage d'explications sur l'enquête #AlertePollution avant d'y participer ? Franceinfo vous résume en quoi le projet consiste en cinq points. 

 

 

 

Quel est le principe ?

Rivières et sols contaminés, déchets industriels laissés à l'abandon, produits agricoles rejetés dans la nature, décharges sauvages… #AlertePollution, c'est une enquête participative de franceinfo.fr, lancée à l'occasion de la COP24 en Pologne, pour vous donner la possibilité de signaler des sites pollués près de chez vous, et nous permettre d'enquêter sur ces situations.

 

 

 

Comment peut-on participer ?

Vous avez constaté une pollution près de chez vous, sur votre lieu de vacances ou dans votre entreprise ? Contactez la rédaction de franceinfo.fr en vous rendant sur la page spéciale #AlertePollution, disponible à l'adresse franceinfo.fr/AlertePollution. Un formulaire vous invite à nous indiquer le lieu concerné, à décrire ce que vous avez constaté et à nous envoyer des documents (photos, vidéos, articles...). Le remplir ne vous prendra que quelques minutes.

 

 

Pour faciliter notre enquête, nous vous invitons, si vous le souhaitez, à nous laisser votre identité et un moyen de vous contacter. Ces coordonnées resteront confidentielles.

 

 

 

C'est sécurisé ?

Les coordonnées que vous nous fournirez via le formulaire resteront confidentielles. Pour des échanges plus sécurisés, vous pouvez également nous contacter via les applications chiffrées WhatsApp ou Signal, au numéro suivant : 06 13 76 73 41.

 

 

 

Que se passe-t-il ensuite ?

Une fois envoyée, votre alerte sera lue et étudiée par notre équipe de journalistes. Selon son ampleur et son intérêt, chaque situation pourra donner lieu à un reportage ou une enquête menée par les rédactions de franceinfo (web, tv, radio) ou par les autres rédactions de France Télévisions (France 2, France 3, France 3 Régions…).

 

 

Nous vérifierons les faits que vous nous aurez signalés, tenterons d'identifier leur origine et solliciterons la réaction des autorités pour savoir comment une telle pollution a pu arriver et connaître les mesures mises en place pour y mettre fin.

 

 

 

Combien de temps dure l'opération ?

L'initiative de franceinfo a vocation à dépasser la durée de la COP24. Elle se prolongera autant de temps que nécessaire, en fonction des alertes lancées par les citoyens.

 


04/12/2018
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Franceinfo - le mercredi 28 novembre 2018

 

 

Conférence pour le climat : le Brésil renonce à accueillir la COP25 en 2019

 

 

 

Le président élu d'extrême droite, Jair Bolsonaro, est également connu pour ses positions controversées sur l'environnement

 

 

 

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Le président élu d'extrême droite Jair Bolsonaro, le 27 novembre 2018 à Brasilia (Brésil). (ADRIANO MACHADO / REUTERS)

 

 

 

Le Brésil a annoncé, mercredi 28 novembre, renoncer à accueillir la COP25 en 2019, année de la prise de fonctions du président élu d'extrême droite Jair Bolsonaro, connu pour ses positions controversées sur l'environnement. "En raison de restrictions budgétaires (...) et du processus de transition avec la nouvelle administration qui prendra ses fonctions le 1er janvier 2019, le gouvernement brésilien s'est vu contraint de retirer son offre de recevoir la COP25", a expliqué le ministère des Affaires étrangères.

 

 

Cette annonce a lieu à quelques jours du début de la COP24 à Katowice, en Pologne. Le sommet de 2019 doit avoir lieu, lui, du 11 au 22 novembre. Le Brésil était le seul candidat pour organiser l'événement.

 

 

 

"Lamentable mais pas surprenant"

"C'est lamentable, mais pas surprenant, que le gouvernement brésilien revienne sur son offre de recevoir la COP 25 (...) C'est probablement dû à une opposition de l'équipe du président élu, qui a déclaré la guerre au développement durable à maintes reprises", a réagi l'Observatoire du Climat, réseau d'ONG basées au Brésil. Jair Bolsonaro a notamment nommé à la tête de la diplomatie brésilienne Ernesto Araujo, fervent admirateur de Donald Trump, qui a dénoncé mardi l'"alarmisme climatique" dans une tribune publiée dans le journal Gazeta do Povo.

 

 

Le président élu a laissé entendre qu'il pourrait, sous certaines conditions, faire sortir le Brésil de l'accord de Paris sur le climat, alors que son pays détient 60% de la surface de l'Amazonie, "poumon de la planète". Jair Bolsonaro avait aussi déclenché un tollé lors de la campagne en promettant dans un premier temps la fusion des ministères de l'Agriculture et de l'Environnement, une décision sur laquelle il est revenu depuis.

 


01/12/2018
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Franceinfo - le jeudi 22 novembre 2018

 

 

Les niveaux de gaz à effet de serre atteignent un nouveau record dans l'atmosphère

 

 

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Édité par Thomas PontillonfranceinfoRadio France

 

 

 

Selon un rapport qui servira de base à la COP 24, les niveaux des gaz à effet de serre ont atteint un nouveau niveau record en 2017. Selon les scientifiques, il y a urgence à agir

 

 

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Les niveaux des gaz à effet de serre ont atteint un nouveau record en 2017, selon l'Organisation météorologique mondiale. (VINCENT ISORE / MAXPPP)

 

 

 

Les niveaux des gaz à effet de serre, qui piègent la chaleur dans l'atmosphère, ont atteint un nouveau record, révèle jeudi 22 novembre l'Organisation météorologique mondiale (WMO), institution spécialisée des Nations unies. Le rapport de l'Organisation météorologique mondiale indique qu'en 2017, le dioxyde de carbone (CO2) a atteint 405,5 ppm (nombre de molécules du gaz à effet de serre considéré par millions de molécules d'air), contre 403,3 ppm en 2016 et 400,1 ppm en 2015.

 

 

 

"La fenêtre d'opportunités pour agir est presque fermée"

Dans son rapport, WMO se montre pessimiste : il n'y a pas de signe de possible renversement de cette tendance, ce qui entraîne, sur le long terme, le changement climatique, la montée de l'eau de la mer, l'acidification des océans et des conditions météorologiques extrêmes.  

 

 

"La science est claire, sans la réduction rapide du CO2 et des autres gaz à effet de serre, le changement climatique aura de plus en plus d'impacts destructeurs et irréversibles sur la vie sur terre", a commenté Petteri Taalas, le secrétaire général du WMO. Avant d'affirmer : "la fenêtre d'opportunités pour agir est presque fermée". "La dernière fois que la planète a subi la même concentration en CO2 était il y a 3-5 millions d'années, quand la température était de 2-3°C plus élevée et le niveau de la mer de dix à vingt mètres plus haut que maintenant". Le dioxyde de carbone met plusieurs centaines d'années avant de se retirer de l'atmosphère, et encore plus de l'océan.  

 

 

 

Le rapport sera étudié à la COP 24 

Le WMO explique l'augmentation de l'émission des gaz à effet de serre par l'industrialisation, l'utilisation d'énergie à partir de combustibles fossiles, l'intensification de l'agriculture, l'augmentation de l'utilisation des terres et de la déforestation.  

 

 

Les rapports de WMO et de l'UNEP (un rapport séparé du Programme des Nations unies pour l'environnement) servent de base scientifique pour la prise de décision lors des négociations sur le changement climatique des Nations unies, menées du 2 au 14 décembre à Katowice, en Pologne. L'objectif : atteindre celui fixé lors de la Conférence de Paris de 2015 sur les changements climatiques qui est de limiter le réchauffement à 1,5°C.

 


25/11/2018
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Franceinfo - le lundi 5 novembre 2018

 

 

Les produits à base de métam-sodium, un pesticide contesté, vont être définitivement interdits en France, annonce l'Anses

 

 

Le gouvernement avait annoncé, fin octobre, qu'il suspendait son autorisation jusqu'à fin janvier après plusieurs cas d'intoxications

 

 

 

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Une plantation de mâche à Selestat (Bas-Rhin), le 19 février 2006. Le métam-sodium est particulièrement utilisé dans la culture de cette variété de salade. (MAXPPP)

 

 

 

La polémique aura eu raison du métam-sodium. L'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) annonce qu'elle va retirer les autorisations de mise sur le marché de tous les pesticides qui contiennent cette substance, ce qui revient à prononcer son interdiction en France. Mis en cause dans l'intoxication de 70 personnes en quelques jours dans le Maine-et-Loire, cet automne, il avait déjà vu son utilisation suspendue par le gouvernement le 26 octobre.

 

 

>> ENQUETE FRANCEINFO. Un "poison", une "kalachnikov"... Inquiétudes autour du métam-sodium, le pesticide qui a intoxiqué 70 personnes dans le Maine-et-Loire.

 

 

"L’Anses a réévalué les dossiers" et "conclut que l’ensemble des usages [du métam-sodium] représente un risque pour la santé humaine et l’environnement", écrit l'agence dans un communiqué.

 

 

Elle explique avoir "notifié aux industriels son intention de retirer l’ensemble des autorisations de mise sur le marché".

 

 

Un produit contre les vers et les champignons

 

 

Les produits à base de métam-sodium sont utilisés pour luter contre les champignons et les vers qui s'attaquent à certaines cultures. "Bien qu’ils soient appliqués sur des petites surfaces en plein champ ou sous serres, ces produits nécessitent d'être utilisés en grandes quantités pour agir avec efficacité", pointe notamment l'Anses.

 

 

La Fédération des maraîchers nantais avait déjà exprimé son inquiétude lors de la suspension de cette substance. "Il y aura beaucoup moins de mâche, de radis ou de poireaux" sur les étals à la saison prochaine, expliquait son président, qui précisait qu'il n'y a "aucune dangerosité pour les consommateurs" : ce sont les agriculteurs et les riverains qui risquent d'être intoxiqués. Le syndicat Coordination rural, elle, jugeait la décision "hâtive, d'autant plus que le produit est utilisé depuis plusieurs années sans incidence"

 


12/11/2018
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