L'AIR DU TEMPS

L'AIR DU TEMPS

ENVIRONNEMENT et climat

Pourra-t-on empêcher que la planète ne se réchauffe trop ? Encore un pari de plus pour vivre mieux et surtout économiser notre environnement si précieux. Là, on part pour le futur...


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Le réchauffement climatique sera plus fort que prévu, avertissent des scientifiques français

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions
 

 

Et ce, peu importe les mesures mises en place pour le limiter

 

 

 

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Dans le fjord Kongsfjord, en Norvège, le 5 juin 2010. (MARTIN BUREAU / AFP)

 

 

 

Le réchauffement climatique s'annonce plus prononcé que prévu, quels que soient les efforts faits pour le contrer, ont averti mardi 17 septembre des scientifiques français. Leurs recherches serviront de base au Giec pour ses futurs estimations. Une centaine de chercheurs et d'ingénieurs, notamment du Centre national de la recherche scientifique (CNRS), du Commissariat à l'énergie atomique (CEA) et de Météo France, ont participé à ces travaux qui alimenteront le rapport d'évaluation du groupe des experts de l'ONU sur le climat, prévu pour 2021-2022.

 

 

Deux modèles climatiques différents ont été produits, puis soumis à plusieurs scénarios socio-économiques. "Dans le pire des scénarios considérés, la hausse de température moyenne globale atteint 6,5 à 7 °C en 2100", estiment les scientifiques. Ce scénario est prévu dans le cas d'une croissance économique rapide, alimentée par des énergies fossiles. Dans le dernier rapport du Giec sur la question, en 2014 – qui a servi de base à l'Accord de Paris – le pire scénario prévoyait une hausse de 4,8 °C par rapport à la période pré-industrielle.

 

 

 

La coopération internationale, nécessaire pour limiter les dégâts 

Le scénario le plus optimiste, "marqué par une forte coopération internationale et donnant priorité au développement durable" permet de rester "tout juste" sous l'objectif des 2 °C de réchauffementCet objectif "implique une diminution immédiate des émissions de CO2 jusqu'à atteindre la neutralité carbone à l'échelle de la planète vers 2060, ainsi qu'une captation de CO2 atmosphérique de l'ordre de 10 à 15 milliards de tonnes par an en 2100". Impossible technologiquement pour l'instant. "La température moyenne de la planète à la fin du siècle dépend donc fortement des politiques climatiques qui seront mises en œuvre dès maintenant et tout au long du XXIe siècle", insistent les experts.

 

 

D'autres modèles établis par des scientifiques étrangers vont dans ce sens. Pour la France, le dernier exercice du genre remonte à 2012. "Comme les capacités de calcul augmentent, nous avons affiné la résolution et nous avons aussi des modèles qui représentent mieux le climat actuel", explique Olivier Boucher, directeur de recherche au CNRS. Les chercheurs ont donc mieux modélisé les conséquences du réchauffement climatique en Europe de l'Ouest, en s'intéressant notamment aux vagues de chaleur.

 

 

 

 

 

 

"L'intensité et la fréquence des vagues de chaleur ont augmenté ces dernières décennies" et "cette tendance va se poursuivre au moins dans les deux décennies qui viennent, quel que soit le scénario considéré".

 

 

L'Accord de Paris sur le climat de 2015 prévoit de limiter le réchauffement de la planète bien en-dessous de 2 °C (1,5°C si possible). Or, les engagements jusqu'à présent pris par les Etats amèneraient à une augmentation de 3 °C.

 


17/09/2019
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Franceinfo - le mercredi 4 septembre 2019

 

 

VRAI OU FAKE Le "plus grand choc mondial" sera-t-il démographique plutôt que climatique, comme l'affirme Nicolas Sarkozy ?

 

 

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Benoît ZagdounFrance Télévisions
 

 

 

A l'université d'été du Medef, jeudi, l'ancien chef de l'Etat a jugé que "le plus grand choc mondial" n'était pas le réchauffement climatique mais l'augmentation de la population, "première source de pollution". Les climatologues jugent l'analyse de l'ex-président biaisée

 

 

 

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Un carrefour très fréquenté du quartier de Shibuya à Tokyo (Japon), le 17 août 2018. (KAZUHIRO NOGI / AFP)

 

 

 

"Où va le monde ?" Telle était la question sur laquelle Nicolas Sarkozy était invité à disserter pendant une heure, jeudi 29 août, à l'université d'été du Medef, sur le vert gazon de l'hippodrome de Longchamp, aux portes de Paris. Outre quelques piques lancées à Ségolène Royal, Nicolas Hulot ou Greta Thunberg, qui alerte sur l'urgence à lutter contre le dérèglement climatique, l'ancien chef de l'Etat a exposé sa théorie. 

 

 

"Le plus grand choc mondial" n’est pas le "choc climatique", a jugé l'ex-président – même si, a-t-il glissé, "il faut [y] apporter une réponse" – mais "le choc démographique". Un "choc" que le monde n’a "jamais connu" auparavant, et accessoirement "la première source de pollution". Et de trancher : "Vouloir promouvoir le développement durable sans poser la question de l’explosion de la démographie mondiale, ça n'a aucun sens." Mais l'ancien locataire de l'Elysée dit-il vrai ou faux ? "Il y a une part de vérité, mais ce n'est pas si simple", glisse en préambule le climatologue Jean Jouzel.

 

 

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Un "choc démographique" tout relatif

La Terre était peuplée d'environ 7,3 milliards d'habitants en 2017, selon les Nations unies. Et d'après les prévisions de l'ONU, l'humanité comptera quelque 8,5 milliards d'individus en 2030, puis 9,7 milliards en 2050, et 11,2 milliards en 2100. D'ici à la fin du siècle, l'humanité devrait donc franchir le seuil symbolique des 10 milliards d'individus. La Terre n'aura alors jamais été aussi peuplée. 

 

 

 

 

 

C'est en Afrique que l'augmentation de la population sera la plus forte. Le continent représentera même plus de la moitié de la croissance démographique mondiale, selon les calculs de l'ONU. Le Japon et de nombreux pays européens – en particulier d'Europe de l'Est – connaîtront quant à eux une baisse de leur population, compte tenu de leur faible taux de fécondité. 

 

 

Il y a un emballement exponentiel de la population et la Terre n'est certainement pas faite pour supporter autant d'individus.Gilles Ramstein, climatologue au Laboratoire des sciences du climat et de l'environnement à franceinfo

 

 

Pour autant, ce "choc démographique", pointé par Nicolas Sarkozy, serait plutôt passé que futur. "Le gros de la croissance démographique est derrière nous", assure à franceinfo Gilles Pison, professeur au Muséum national d'histoire naturelle et auteur d'un article sur le sujet pour The Conversation"On était 1 milliard en 1800, on est près de 8 milliards deux siècles plus tard, et on devrait être environ 10 milliards en 2050. Après avoir été multipliée par huit en deux cents ans, la population mondiale devrait donc augmenter de 20% en trente ans. On voit bien que le rythme de la croissance démographique décélère", démontre l'anthropologue et démographe.

 

 

"La croissance démographique mondiale a atteint son maximum il y a cinquante ans, elle était alors de plus de 2% par an. Aujourd'hui, elle a diminué de moitié, à 1,1%. Et elle devrait continuer de baisser, avec la chute du taux de fécondité", poursuit le chercheur. "La fécondité moyenne à l'échelle mondiale est de 2,4 enfants par femme. Elle diminue d'année en année, parce que, partout dans le monde, les humains ont choisi de faire moins d'enfants", ajoute l'expert. Pour autant, "il n'en résulte pas un arrêt de l'augmentation de la population, en raison de l'inertie démographique. La population mondiale est jeune, et donc en âge de faire des enfants. Et les naissances sont toujours supérieures en nombre aux morts." 

 

 

Cette poursuite – même modérée – de l'augmentation de la population mondiale reste un défi de taille. Mais "est-ce que le choc démographique sera plus important que celui des dernières décennies ou du siècle dernier ? Ce n'est pas certain", tempère le climatologue Jean Jouzel. Dans leur rapport, les scientifiques du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec) ont élaboré cinq scénarios, en fonction de l'intensité du réchauffement climatique, de l'ampleur des mesures prises pour s'y adapter et de son impact sur les populations. Selon les scénarios, la Terre comptera en 2100 entre 7, 9 et 13 milliards d'occupants.

 

 

Il est plus facile d'assurer l'alimentation de 7 milliards d'humains plutôt que de 10 ou 11 milliards. C'est aussi plus difficile avec 8, 9 ou 11 milliards d'humains sur Terre de limiter le réchauffement climatique.Jean Jouzel, climatologue à franceinfo

 

 

 

Un "raccourci" trompeur entre hausses de la démographie et de la pollution

Commençons par une démonstration simple. La Chine et l'Inde sont les deux pays les plus peuplés de la planète : ils représentaient respectivement 19% et 18% de la population mondiale en 2017, selon l'ONU. Chine et Inde se classent première et troisième au palmarès des plus grandes nations pollueuses, avec 9,8 et 2,5 milliards de tonnes de CO2, le principal gaz à effet de serre, émises en 2017. Les Etats-Unis occupent la deuxième marche du podium, d'après le Global Carbon Atlas. 

 

 

 

 

 

Mais si l'on ramène ces émissions de CO2 au nombre d'habitants, Chinois et Indiens ne sont plus que les 52es et 133es plus gros pollueurs mondiaux. Loin derrière les Qataris, Koweïtiens, Emiratis, Saoudiens, Américains et Australiens, qui monopolisent les premières places du classement, avec entre 49 et 16 tonnes de CO2 émises par individu. 

 

 

 

 

 

Quant aux nations africaines, celles qui connaîtront dans les prochaines décennies une explosion de leur population, elles occupent pour la plupart la seconde moitié du tableau, voire carrément les dernières places du classement. Le Nigeria, pays le plus peuplé d'Afrique, cité comme exemple problématique par Nicolas Sarkozy, est ainsi 173e, avec 0,6 tonne de CO2 émise par habitant. Seule l'Afrique du Sud émerge, au 45e rang, avec 8 tonnes de CO2 par Sud-Africain, soit près de 8 fois moins qu'un Américain et 22 fois moins qu'un Qatari.

 

 

Nicolas Sarkozy fait, à mon sens (...), un raccourci très répandu (y compris dans le milieu scientifique) qui consiste à faire un lien direct et mécanique entre l’augmentation de la population mondiale et les émissions.Benjamin Sultan, climatologue à l'Institut de recherche pour le développement à franceinfo

 

 

Comme le pointe le rapport du Giec, "la démographie est une composante importante de l'empreinte carbone", confirme Gilles Ramstein, climatologue au Laboratoire des sciences du climat et de l'environnement. "La démographie a bien sûr des implications fortes sur les causes du réchauffement climatique – notamment sur les changements d'usage des terres avec la déforestation – et sur ses conséquences, avec la hausse du nombre de personnes vulnérables et les migrations climatiques", précise Benjamin Sultan, directeur de recherche à l'Institut de recherche pour le développement (IRD).

 

 

Mais "la croissance démographique n'explique qu'une faible partie des émissions globales de carbone", affirme le chercheur, en s'appuyant sur un rapport de la Commission européenne sur les émissions de CO2 dans le monde en 2018. Le climatologue en veut pour preuves trois cas de figure.

 

 

Premier exemple : "La Chine a vu ses émissions fortement augmenter, non pas à cause de l’augmentation de sa population, mais à cause de la croissance économique et de l’expansion des grandes villes qui ont fait exploser les émissions par habitant."

 

 

Deuxième exemple : "Un pays comme le Nigeria, qui a une très forte croissance démographique mais une population très pauvre, a des émissions qui augmentent très peu."

 

 

Troisième exemple : "Des pays comme la France et les Etats-Unis ont une population stabilisée depuis un moment et auraient donc dû connaître un déclin de leurs émissions, ce qui n’est pas le cas."

 

 

En outre, "la hausse de la démographie concerne surtout des pays dont les émissions de gaz à effet de serre sont encore très faibles", relève Céline Guivarch, économiste au Centre international de recherche sur l'environnement et le développement (Cired) et directrice de recherche à l'Ecole des Ponts ParisTech. A l'inverse, "les pays qui ont l'empreinte carbone la plus importante ne sont pas ceux dont la population augmente le plus", note Gilles Ramstein.

 

 

 

Une "manipulation" qui cache la réalité du problème

"Pointer la démographie, c'est se tromper de cible", juge le démographe Gilles Pison, qui formule une première objection. "Il est illusoire de croire qu'on peut arrêter la croissance démographique. Que va-t-on faire ? Déplacer les populations des pays les plus peuplés vers ceux qui le sont le moins ? Envoyer tout le monde sur Mars ? C'est impossible", argumente l'expert.

 

 

"C'est le mode de développement plutôt que la démographie qui est la clé", confirme le climatologue Jean Jouzel. "Jusqu'à aujourd'hui, ce sont bien nos modes de vie occidentaux qui ont été principalement responsables de l'accumulation de gaz à effet de serre dans l'atmosphère, et non la croissance démographique", souligne Céline Guivarch. "Ce n'est pas la multiplication de la population qui met en danger la planète et l'humanité, c'est le mode de développement d'une minorité de la population, celle des pays riches et développés, qui consomme à outrance", renchérit Gilles Ramstein. Or "il est possible d'agir sur notre mode vie, en le rendant plus économe en ressources", renchérit Gilles Pison, qui l'assure : "La survie de l'espèce en dépend."

 

 

Si tout le monde vit sur le modèle américain, on va droit dans le mur. Et même sans choc démographique, il y aura un choc climatique et environnemental.Jean Jouzel, climatologue à franceinfo

 

 

"Lier le climat à la démographie peut même être dangereux", juge Gilles Ramstein, pour qui cela revient à "dresser les riches contre les pauvres", en propageant l'idée selon laquelle la minorité de la population mondiale issue des pays riches peut ne rien changer à son mode de vie, puisque le fardeau pèse sur les épaules des plus nombreux, les habitants des pays pauvres. 

 

 

C'est un discours venimeux qui sème la confusion dans l'esprit des gens. Ce n'est pas une 'fake news' à proprement parler, mais c'est une énorme manipulation purement idéologique. Gilles Ramstein, climatologue à franceinfo

 

 

Pour autant, "la croissance démographique reste une question à l'intersection entre les enjeux de développement durable et le changement climatique", modère Céline Guivarch, qui liste, s'appuyant sur un article paru dans Science (en anglais) : "Eradiquer la pauvreté, la faim, fournir des infrastructures adaptées, l'accès à la santé, l'éducation, un travail décent – et l'ensemble des objectifs de développement durable – tout en limitant le changement climatique 'bien en dessous de 2 °C d'augmentation par rapport à la période pré-industrielle'.


04/09/2019
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Franceinfo - le lundi 2 septembre 2019

 

 

Intensité, inondations, réchauffement climatique... On vous explique pourquoi Dorian est un ouragan exceptionnel

 

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L'ouragan se rapproche lundi de la côte est des Etats-Unis, après s'être abattu sur les Bahamas avec des pluies torrentielles et des vents frôlant les 300 km/h

 

 

 

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Des vents moyens qui frôlent les 300 km/h et des pluies torrentielles. L'ouragan Dorian fait toujours rage, lundi 2 septembre, dans les Bahamas, avec un niveau sans équivalent dans l'histoire de cet archipel des Caraïbes. Pour l'instant, aucun bilan n'a pu être communiqué (le décalage horaire est de 6 heures de moins par rapport à la France métropolitaine).

 

 

>> Ouragan Dorian : suivez en direct l'évolution de la situation aux Bahamas

 

 

"Nous sommes face à un ouragan (...) comme nous n'en avons jamais vu dans l'histoire des Bahamas", a déclaré le Premier ministre bahamien Hubert Minnis, lors d'une conférence de presse où il a fondu en larmes. "C'est probablement le jour le plus triste de ma vie", a-t-il ajouté. 

 

 

Alors que le cyclone poursuit sa trajectoire incertaine vers les Etats-Unis, où les autorités ont ordonné l'évacuation préventive de centaines de milliers de personnes dans les régions côtières, franceinfo vous explique en quoi Dorian est exceptionnel.

 

 

 

Il est de catégorie 5, le niveau le plus élevé

En météorologie, les scientifiques classent les ouragans de 1 à 5 sur l'échelle dite de Saffir-Simpson, permettant de décrire l'intensité des tempêtes. L'ouragan Dorian appartient à la catégorie 5, la plus élevée. Surveillé depuis le 23 août alors qu'il longeait les côtes sud-américaines, Dorian n'a fait que se renforcer et il est passé du statut de dépression tropicale à celui de tempête tropicale, puis d'ouragan de catégorie 1, 2, 3, 4... jusqu'au niveau 5, atteint dimanche. "Des eaux très chaudes et un environnement atmosphérique de grande échelle favorable (faible cisaillement, c'est-à-dire faible variation des vents avec altitude) ont permis à Dorian de se développer jusqu'au monstrueux stade 5", explique à franceinfo Olivier Proust, prévisionniste à Météo France.

 

 

C'est le cinquième ouragan de cette catégorie à s'être formé dans l'Atlantique ces quatre dernières années. D'après cette classification, les ouragans de catégorie 5 génèrent des vents continus supérieurs à 252 km/h. Ceux de l'ouragan Dorian ont frôlé les 300 km/h, un niveau sans équivalent dans l'histoire des Bahamas, selon le Centre national des ouragans américain (NHC). Des rafales de 360 km/h ont même été enregistrées, selon un bulletin de Météo France publié lundi matin. Ce dernier estime que Dorian a égalé le record de 1935 au moment de toucher terre.

 

 

Il est inédit, mais dans un certain cadre. Car la machine atmosphérique a toujours su fabriquer de tels monstres.Olivier Proust à franceinfo

 

 

"L'ouragan Dorian est un peu plus fort qu'Irma et équivalent au Labor Day, cyclone record de 1935, mais un peu moins fort qu'Allen en 1980", poursuit Olivier Proust. Il y a 39 ans, l'ouragan Allen avait été classé en catégorie 5 à trois reprises. La vitesse du vent moyen avait atteint 305 km/h. Au total, 290 personnes avaient été tuées et des dommages considérables avaient été constatés, principalement aux Etats-Unis et à Haïti. Irma est un autre ouragan de catégorie 5, qui a dévasté les Caraïbes et le sud des Etats-Unis en septembre 2017. Mais le plus meurtrier reste, à ce jour, l'ouragan Katrina, également de catégorie 5, qui a provoqué la mort de plus de 1 800 personnes aux Etats-Unis en 2005.

 

 

 

Il s'accompagne d'inondations dévastatrices

Ce type d'ouragan peut s'accompagner de pluies torrentielles et de catastrophiques montées des eaux, provoquant des inondations semblables à des tsunamis lorsqu'ils frappent les côtes. Une surélévation du niveau de la mer se produit en effet au passage de l'ouragan. "Avec Dorian, des vagues de 5 à 7 m de hauteur sont prévues sur Grand Bahama, alors que l'île culmine à 12 m. On s'attend à des inondations exceptionnelles sur ces zones très plates et donc vulnérables", alerte Olivier Proust.

 

 

 

 

 

 

C'est également ce qui inquiète aux Etats-Unis. "Même dans le cas où l'œil de l'ouragan resterait en mer, des impacts importants sont attendus en Floride, compte tenu de l'étendue de l'ouragan et de la lenteur avec laquelle il se déplace (11 km/h) : vents violents, pluies torrentielles et inondations, dangereuse montée des eaux côtières, tornades", alerte ainsi sur son site internet le consulat général de France à Miami, qui précise que "la montée des eaux côtières est le principal risque induit par les ouragans".

 

 

Des inondations aux conséquences désastreuses qui restent dans l'histoire. Ainsi, en 2018, l'ouragan Florence, moins puissant car rétrogradé en catégorie 1 avant de toucher les Etats-Unis, avait toutefois charrié des pluies diluviennes dans des terres déjà gorgées d'eau en Caroline du Nord, Caroline du Sud et dans l'ouest de la Virginie. Conséquence : il avait causé des inondations et laissé plus de 480 000 foyers sans électricité.

 

 

 

Et avec le réchauffement climatique, il ne sera pas le dernier 

Les scientifiques estiment depuis longtemps que le réchauffement climatique va rendre à l'avenir les tempêtes tropicales encore plus destructrices, une réalité d'ores et déjà visible, selon certains d'entre eux.

 

 

Le nombre de phénomènes cycloniques ne va pas augmenter, mais la proportion de ceux qui sont violents sera plus importante.Olivier Proust à franceinfo

 

 

Et le prévisionniste de continuer : "Avec un couple océan/atmosphère plus chaud, il y a un potentiel de précipitations plus important car l'air chaud peut emmagasiner plus de vapeurs d'eau". Autant de conditions qui permettent à l'activité cyclonique de s'intensifier, car l'humidité et la chaleur sont les deux moteurs qui alimentent les ouragans.

 


02/09/2019
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Franceinfo - le 1er septembre 2019

 

 

"Le changement climatique, ce n'est plus de la flûte" : en Creuse, la sécheresse fait des ravages et tourmente les agriculteurs

 

 

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Thomas BaïettoFrance Télévisions
 

 

 

Depuis le 10 juillet, le département souffre d'un manque de précipitations sans précédent. Les agriculteurs donnent déjà les fourrages de l'hiver à leurs bêtes et la ville de Guéret n'a plus que trois mois d'autonomie en eau potable

 

 

 

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L'étang des Landes, le 27 août 2019 à Lussat (Creuse). (THOMAS BAIETTO / FRANCEINFO)

 

 

 

Le plus vaste étang naturel du Limousin n'est plus. A Lussat, dans la Creuse, l'étendue d'eau de 100 hectares a laissé la place à une mare où pataugent encore quelques canards. "Ce sont les moins exigeants, mais cela devient critique, même pour eux", observe Philippe Moncaut, 57 ans, directeur de l'environnement au Conseil départemental. Les grues et les hérons qui peuplent habituellement cette réserve naturelle à la "biodiversité exceptionnelle" sont partis, remplacés par des limicoles. Avec leur long bec, ces petits échassiers blancs fouillent la terre craquelée à la recherche de vers ou de coquillages. Leur terrain de jeu s'étend chaque jour un peu plus, à mesure que se réduit celui des canards. "Ce qui nous a tués, c'est cet hiver très sec, alors que c'est normalement la période d'alimentation des cours d'eau. Nous avons un déficit hydrique de 200 mm depuis janvier, c'est absolument énorme", explique le fonctionnaire. La vidange, une procédure habituelle, n'a "pas aidé" non plus.

 

 

Mis à l'honneur par les caméras du 20 heures de France 2, l'étang des Landes est devenu le symbole de la catastrophe qui frappe la région. Depuis le 10 juillet, toute la Creuse est en crise sécheresse. Une situation qui en fait l'un des départements les plus touchés parmi les 87 concernés par des restrictions d'eau. Tous les prélèvements dans les rivières ou étangs sont interdits, ainsi que l'arrosage des jardins, pelouses, le lavage des véhicules, des trottoirs ou le remplissage des piscines. Le "château d'eau" de la région, qui ne dispose que d'une seule nappe phréatique en raison de son sol granitique, est devenu un puits sec. Les rivières se tarissent. Dans la commune voisine, la Voueize ne coule plus. "Ce n'est plus Chambon-sur-Voueize, c'est Chambon-sur-l'Oued", ironise la maire, Cécile Creuzon. "Avant, le changement climatique, c'était un peu de la flûte pour certains, analyse Philippe Moncaut. Aujourd'hui, ce n'est plus de la flûte et ça fait mal".

 

 

 

 

Le lit de la rivière Voueize, le 27 août 2019 à Chambon-sur-Voueize (Creuse).

Le lit de la rivière Voueize, le 27 août 2019 à Chambon-sur-Voueize (Creuse). (THOMAS BAIETTO / FRANCEINFO)


 

"C'est la misère" pour les éleveurs

Cette douleur, c'est d'abord celle des agriculteurs, qui représentent 23% de la population active du département. A quelques centaines de mètres de l'étang des Landes, Aurélien Desforges, 27 ans, nous emmène dans l'une de ses prairies. Comme la majorité de ses collègues creusois, le secrétaire général des Jeunes agriculteurs (JA), un syndicat proche de la FNSEA, fait du "bovin allaitant" : il ne vend pas de lait mais des bêtes, pour leur viande. L'été, ses vaches sont censées se nourrir d'herbe fraîche. "Normalement, on a de l'herbe jusqu'à la cheville, commente-t-il. Là, c'est jaune, ça craque sous les chaussures et la terre est plus dure sous nos pieds". Seuls les chardons apportent une touche de vert dans cette étendue jaunie. "Les seules plantes qui poussent sont celles que les vaches ne mangent pas", se désole le jeune homme.

 

 

 

 

Une prairie brûlée par la sécheresse et la canicule, le 27 août 2019 à Lussat (Creuse).

Une prairie brûlée par la sécheresse et la canicule, le 27 août 2019 à Lussat (Creuse). (THOMAS BAIETTO / FRANCEINFO)

 

 

 

Alors, pour nourrir les 160 vaches de l'exploitation qu'il gère avec son père et son frère, il a commencé à donner les stocks de fourrage de novembre dès le 10 juillet et achète des aliments complémentaires. "Cela représente un surcoût de 20 à 30 000 euros", a-t-il calculé. Une somme conséquente pour des exploitations déjà frappées par la sécheresse l'an passé. "C'est la misère. Je n'ai jamais vu une année comme ça. D'habitude, les sécheresses duraient du 15 août au 15 septembre", soupire Patrick Desforges, le père, installé depuis 1987. A ce surcoût en fourrage s'ajoute une surcharge de travail – quatre heures quotidiennes – et une dégradation de l'état des animaux. "Les vaches sont plus maigres et donnent moins de lait", constate Guillaume Desforges, le frère. Heureusement, leur exploitation élève également des poulets, peu affectés par la sécheresse.

 

 

A l'autre bout du département, les vaches limousines d'Olivier Thouret, 51 ans, porte-parole de la Confédération paysanne dans le département, tirent aussi la langue. A Soubrebost, le paysage est un peu plus vert. Mais même sur les premiers reliefs du plateau de Millevaches, l'eau manque. L'éleveur nous emmène dans un petit bois. Sous les arbres, une quinzaine de vaches sont rassemblées autour du râtelier alimenté en fourrage depuis début août. Le cours d'eau où elles s'abreuvent est à quelques dizaines de mètres. "Le niveau de l'eau a encore diminué, constate l'éleveur. Si cela s'arrête, je n'aurai pas 50 solutions, je prendrai sur le réseau d'eau potable". Une extrémité qu'il redoute tant il veut éviter d'entrer en concurrence avec la consommation humaine : "Les autres années, il n'y avait pas ce risque. Mais là, Guéret n'a plus que 100 jours d'eau du robinet".

 

 

 

 

Les vaches charolaises d\'Aurélien Desforges se nourissent déjà de foin, le 27 août 2019 à Lussat (Creuse).

Les vaches charolaises d'Aurélien Desforges se nourissent déjà de foin, le 27 août 2019 à Lussat (Creuse). (THOMAS BAIETTO / FRANCEINFO)

 

 

Guéret va boire son étang

Ce chiffre choc, c'est le maire de la ville-préfecture qui l'a lâché sur franceinfo le 26 août. Michel Vergnier, 72 ans, dirige Guéret depuis 1998. Il n'avait jamais trop prêté attention au relevé quotidien de la consommation d'eau de ses administrés. Mais depuis le 10 juillet, il regarde les chiffres tous les jours. "Chaque jour, la production baisse et la consommation augmente, avec les retours de vacances", constate-t-il. A plein régime, lorsque les écoles sont ouvertes, il faut environ 3 000 m3 par jour pour désaltérer les Guéretois, alimenter leurs sanitaires et leurs machines à laver (98% de l'eau potable produite n'est pas bue). Faute de nappes phréatiques, la ville dispose d'une soixantaine de captages mis en place il y a une quinzaine d'années sur la colline du Maupuy et dans la forêt de Chabrières.

 

 

En installant ces captages, on pensait avoir réglé le problème pour cinquante ans.Michel Vergnier, maire de Guéret à franceinfo

 

 

Mais le débit de ces sources a baissé de 70%, pour ne fournir plus que 1 500 m3 en cette fin août. Grâce à la Gartempe, une rivière dont le niveau baisse également, la Saur, qui gère le réseau, parvient à acheminer 2 400 m3 d'eau par jour dans les robinets de la ville. "On parvient à fournir tout juste. Mais la semaine prochaine, avec la rentrée, ça ne passera plus", expose Michel Vergnier. Pour que l'eau continue à couler, Guéret va donc boire à nouveau son étang, quinze ans après avoir cessé de s'y approvisionner. Situé au sud de la ville, sur les flancs du Maupuy, le plan d'eau de Courtille est une base de loisirs et un lieu de baignade apprécié des Guérétois. Mais début septembre, la baignade y sera interdite. Les bouées licornes vont céder la place à la pompe mécanique installée par la Saur. L'ancienne station de traitement va être réactivée.

 

 

 

 

David Tonnelier, chef d\'agence de la Saur, présente le dispositif de pompage de l\'étang de Courtille, le 28 août 2019 à Guéret (Creuse).

David Tonnelier, chef d'agence de la Saur, présente le dispositif de pompage de l'étang de Courtille, le 28 août 2019 à Guéret (Creuse). (THOMAS BAIETTO / FRANCEINFO)


 

Après analyses, l'Agence régionale de santé a autorisé ce pompage, à condition que l'eau soit traitée et mélangée à celle des autres sources."Pendant toute l'année, le Guérétois boit de l'eau de source. Aujourd'hui, il va boire un peu de l'eau de l'étang. Cela n'aura pas la même saveur, avec peut-être un goût de chlore ou de terre, mais ce sera sans danger", rassure Thierry Beyne, directeur régional de la Saur. Ce choix, anticipé depuis juin, va permettre à la commune de gagner du temps. Mais si la pluie ne revient pas de manière significative dans les trois mois, il faudra faire appel à des camions-citernes, une méthode qui fera mécaniquement augmenter le prix de l'eau. "Cela fait vingt-six ans que je fais ce métier, je n'ai jamais vu une situation comme ça, confie David Tonnelier, chef d'agence de la Saur sur le secteur. On voit bien que le réchauffement climatique a une incidence, que ça s'accentue et s'accélère".

 

 

 

La solution critiquée des barrages

Face à cette situation critique, Michel Vergnier en appelle à la responsabilisation des usagers et à de profonds changements dans la gestion de l'eau. Le maire de Guéret ne veut pas entendre parler d'"année exceptionnelle""parce qu'elles se multiplient" avec le changement climatique. Il mise beaucoup sur le plan départemental actuellement à l'étude pour connecter les différents réseaux entre eux et souhaite des investissements de l'Etat. "Sur ce sujet-là, je n'accepterai pas qu'on s'abrite derrière l'argument financier. Ce ne serait pas raisonnable", prévient l'élu.

 

 

Dans sa ferme, Aurélien Desforges, lui, veut croire que cette sécheresse est cyclique. Mais il demande tout de même du changement. Comme le syndicat majoritaire FNSEA et le ministre de l'Agriculture, Didier Guillaume, les Desforges sont favorables à la création de retenues pour stocker l'eau l'hiver. "Il faut retenir l'eau quand elle là", estime Patrick. Le gouvernement a d'ailleurs annoncé, jeudi 29 août, la création d'une soixantaine de retenues d'eau en 2019, malgré les critiques des associations environnementales et les réserves des scientifiques, qui pointent le risque d'évaporation. "De nombreuses études montrent que l'efficacité des barrages est très réduite pour les sécheresses longues", explique sur le site The Conversation la chercheuse en hydrométéorologie Florence Habets.

 

 

 

 

Olivier Thouret avec ses bêtes, le 27 août 2019 à Soubrebost (Creuse).

Olivier Thouret avec ses bêtes, le 27 août 2019 à Soubrebost (Creuse). (THOMAS BAIETTO / FRANCEINFO)


 

A la Confédération paysanne, Olivier Thouret est lui aussi circonspect. "Il faut voir au cas par cas. Mais quand il n'y aura plus d'eau, on fera quoi ? Quand le ministre dit qu'on a regardé l'eau tomber pendant six mois, ce n'est pas la réalité. Il n'a pas plu cet hiver en Creuse", tempête celui qui élève également des chèvres et des poules. Le quinquagénaire croit plus à un "changement de logiciel""Avant, le modèle dominant, c'était la maximisation des rendements. Aujourd'hui, il nous faut le système le plus résilient possible", prône-t-il.

 

 

Je ne veux pas être dans la culpabilisation. C'est suffisamment violent, le changement climatique, pour ne pas en remettre une couche. Mais il faut que chacun accepte de changer.Olivier Thouret, éleveur à franceinfo

 

 

L'éleveur revendique d'avoir des vaches de la "gamme Clio plutôt que des Formules 1" de 500 kg : "J'ai des carcasses plus petites mais des vaches plus rustiques, qui acceptent mieux les conditions difficiles". Il milite aussi pour une agriculture reterritorialisée, émettant moins de carbone, aux antipodes de l'exportation encouragée par des traités de libre-échange avec le Canada ou le Mercosur.

 

 

 

Travailler mieux avec moins d'eau

Des convictions partagées par Perrine Tabarant et Adrien Denis, tous les deux âgés de 34 ans, maraîchers biodynamiques à Saint-Moreil et membres du même syndicat. En 2018, la moitié de leur chiffre d'affaires, 15 000 euros, s'est évaporée avec la sécheresse. En 2019, "notre capacité en eau est la même mais nous avons réfléchi à comment mieux travailler", explique la jeune femme. Le couple a investi 2 500 euros pour installer le goutte-à-goutte sur certaines de ses parcelles et a profité d'un surplus de foin pour pailler. Agenouillé au milieu de ses plants de poireaux, Adrien Denis nous invite à tâter la terre, fraîche et humide. "Ça fait pourtant un moment qu'on n'a pas arrosé", se félicite-t-il. L'an passé, rien n'avait poussé à cet endroit.

 

 

 

Adrien Denis montre le système de goutte-à-goutte et le paillage sur une parcelle de poireaux, le 28 août 2019 à Saint-Moreil (Creuse).

Adrien Denis montre le système de goutte-à-goutte et le paillage sur une parcelle de poireaux, le 28 août 2019 à Saint-Moreil (Creuse). (THOMAS BAIETTO / FRANCEINFO)


 

"On ne s'en sortira pas en faisant juste ça. Notre démarche est globale", insiste néanmoins Perrine Tabarant. Ils travaillent également à améliorer la fertilité des sols et à habituer leurs semences à pousser en conditions sèches. Ils confectionnent avec soin leur compost et veillent à l'autonomie de leur ferme de 10 hectares. "Nous voulons créer de la robustesse écologique et économique", résume la docteure en agronomie. Au-delà des murs de leur ferme, Perrine Tabarant aimerait que l'on réfléchisse à un revenu minimum pour les agriculteurs : "Soulageons le paysan économiquement pour que chacun puisse prendre les bonnes décisions".

 

 

Assis sur un banc, Philippe Moncaut regarde l'étang des Landes. Lui aussi estime qu'il faut s'adapter à cette situation qui risque de se répéter. "Il faut sortir la tête de la vase. On peut se dire que ça va passer et que le plan d'eau redeviendra comme avant. Mais il est probable que non", développe le directeur de l'Environnement au Département, qui gère la réserve naturelle. Il ne pense cependant pas que l'étang puisse disparaître pour de bon. "Ce ne sera plus le même", souligne-t-il tout de même, en pointant le changement dans les populations d'oiseaux. "La nature a une très forte résilience", rappelle-t-il. Avant de glisser : "L'espèce qui aura le plus de mal à s'adapter, c'est l'homme. Ce sera la première à disparaître parce qu'elle est complexe et dépendante".

 


01/09/2019
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Franceinfo - le vendredi 30 août 2019 - mis à jour le 31.08.2019

 

 

Dorian devient un ouragan "majeur" de catégorie 4 et pourrait engendrer des "dégâts catastrophiques"

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

L'ouragan doit frapper ce dimanche les Bahamas, grande destination touristique des Caraïbes

 

 

 

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Image satellite de l'ouragan Dorian, au large des Bahamas et de la Floride, le 30 août 2019. (HO / NOAA / RAMMB)

 

 

 

Avec des vents atteignant 215 km/h, l'ouragan Dorian passe en catégorie 4 sur une échelle de 5, a annoncé vendredi 30 août le Centre national des ouragans (en anglais).

 

 

"Ceux qui ne veulent pas évacuer se mettent en grand danger", a prévenu vendredi le Premier ministre des Bahamas Hubert Minnis. "Je vous en conjure : ne soyez pas insensés et n'essayez pas de braver l'ouragan", a-t-il insisté, ajoutant que la catastrophe "pourrait mettre des vies en danger".

 

 

Dorian, encore éloigné vendredi soir de 645 km du nord-ouest des Bahamas, selon le dernier bulletin émis par le Centre national des ouragans américain (NHC), doit frapper cette grande destination touristique des Caraïbes dimanche. Les services météorologiques régionaux ont averti les habitants de se préparer à des "dégâts catastrophiques".

 

 

 

National Hurricane Center ✔@NHC_Atlantic
 

11 PM EDT: Here are the latest Key Messages for . For more information see http://hurricanes.gov 

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Le phénomène climatique, menaçant de devenir un "monstre absolu" selon les mots du président américain Donald Trump, doit encore gagner en puissance et "rester un ouragan majeur extrêmement dangereux" lorsqu'il approchera des côtes de Floride, a priori en fin de journée lundi, précise le NHC américain.

 


01/09/2019
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Franceinfo - le vendredi 30 août 2019

 

 

Amazonie, Afrique, Sibérie... Où sont les incendies qui ravagent la planète et faut-il s'en inquiéter ?

 

 

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Robin PrudentFrance Télévisions

 

 

 

Plus de 20 000 zones de feux ont été recensées à travers le monde par la Nasa, dont plus de la moitié sur le continent africain. Mais ces chiffres cachent une réalité plus complexe.

 

 

 

Alors que les regards sont braqués sur l'Amazonie en flammes, des milliers d'incendies ravagent d'autres parties du globe. Au total, plus de 20 000 zones de feux actifs ont ainsi été recensées sur 24 heures mercredi 28 août par la Nasa, dont plus de la moitié... en Afrique. D'autres régions du monde sont aussi touchées, comme la Sibérie ou l'Indonésie. Un phénomène exceptionnel ? Franceinfo décrypte cette carte inquiétante.

 

 

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Derrière tous ces points rouges se cachent les feux actifs détectés par l'agence spatiale américaine grâce à des radiomètres spectraux MODIS, embarqués dans les satellites Aqua et Terra. "C'est un instrument d'observation remarquable qui sert considérablement les chercheurs", indique Frédéric Chevallier, du Laboratoire des sciences du climat et de l'environnement (LSCE). L'outil a cependant quelques limites : les nuages ou le feuillage des arbres peuvent cacher certains feux et il est difficile d'estimer le nombre d'hectares totaux partis en fumée. "On montre souvent le nombre de feux sans indication très fiable de leur taille, qui peut être très variable", précise Olivier Boucher, directeur de recherche de l'Institut Pierre Simon Laplace (IPSL), spécialisé dans la recherche en sciences de l'environnement.

 

 

 

En Afrique subsaharienne, d'innombrables incendies agricoles 

Au premier coup d'œil, c'est l'Afrique subsaharienne qui semble être en proie au plus grand nombre d'incendies actuellement dans le monde. Pire, les feux ont l'air de se développer dans la forêt du bassin du Congo, souvent comparée au "deuxième poumon vert" de la planète, après l'Amazonie. Une zone verte qui absorbe des tonnes de CO2 dans ses arbres et demeure un sanctuaire d'espèces en voie de disparition (éléphants des forêts, grands singes...).

 

 

Une situation particulièrement inquiétante ? Non. "La grande majorité des feux qu'on voit sur les cartes satellitaires ne concernent pas la forêt tropicale", tranche le chercheur en sciences de l'environnement, Olivier Boucher. En réalité, les feux se concentrent plutôt en Zambie et en Angola, notamment dans des zones semi-arides ainsi que sur des zones cultivées."Ces feux récurrents sont moins problématiques, car ils concernent principalement des savanes où les herbes repoussent l'année suivante", explique Philippe Ciais, chercheur au Laboratoire des sciences du climat et de l'environnement.

 

 

Il est faux de dire qu'en Afrique, les incendies sont pires qu'en Amazonie.Jérôme Chave, directeur de recherche au CNRS à franceinfo

 

 

Ce phénomène est d'ailleurs régulièrement observé et cette saison n'a pas été marquée par une recrudescence de feux par rapport à 2018, indique Jérôme Chave, directeur de recherche au CNRS. La raison ? La plupart de ces incendies sont liés à la culture sur brûlis, une méthode traditionnelle dans les zones agricoles. Les habitants brûlent du bois puis laissent reposer les cendres pour rendre les sols plus fertiles.

 

 

Ces pratiques agricoles peuvent tout de même avoir des conséquences pour l'environnement : "perte nette de carbone stocké, perte de biodiversité, pollution de l'air", égrène Olivier Boucher, chercheur en sciences de l'environnement. Et le continent est en première ligne. Une étude, citée par l'agence spatiale européenne, indique même que 70% des zones brûlées dans le monde se situent en Afrique. "Au rythme actuel d'accroissement de la population et de nos besoins en énergie, nos forêts sont menacées de disparition à l'horizon 2100", s'est inquiété le président congolais Félix Tshisekedi, le 20 août.

 

 

 

En Amazonie, des feux inquiétants

L'autre point rouge de la carte des incendies se concentre dans la forêt amazonienne. Mardi 27 août, l'Agence spatiale européenne indiquait ainsi que les incendies y sont quasiment quatre fois plus nombreux que l'an dernier à la même période. Rien qu'au Brésil, qui possède 60% de la forêt, près de 80 000 feux ont été répertoriés depuis le début de l'année, un record depuis 2013. Mais prudence avec ces données : "L'Amazonie ne couvre pas tout le Brésil. Un grand nombre des feux que l'on voit sur les cartes de l'Amérique du Sud ne concernent pas la forêt tropicale amazonienne", explique Olivier Boucher, chercheur en sciences de l'environnement.

 

 

Difficile d'estimer, avec cette carte, l'ampleur réelle des dégâts. "Il faut savoir que le nombre des feux ne veut pas dire grand-chose. Ce qui est important, c'est de connaître la superficie et ce qui a brûlé", indique Jérôme Chave, directeur de recherche au CNRS. Mais les informations locales ne sont pas rassurantes. "Le feu pénètre dans des zones de forêts où il ne pénétrait pas avant, comme dans la Terre indigène du Xingu, par exemple", précise la géographe du CNRS Ludivine Eloy Costa Pereira. La Bolivie a aussi annoncé récemment que la surface ravagée par les incendies avait atteint les 950 000 hectares.

 

 

 

Pour ce qui est de l'Amazonie, il est bien trop tôt pour un bilan 2019 car on n'est qu'au tout début de la saison des feux.Olivier Boucher, directeur de recherches à l'IPSL à franceinfo

 

 

Le début de la saison des feux n'annonce donc rien de bon. Et pour cause : "Il est tout à fait légitime de craindre que les progrès indéniables réalisés par le Brésil pour limiter la déforestation cette dernière décennie sont remis en cause par l'approche très laxiste du nouveau gouvernement sur l'environnement", précise Olivier Boucher, directeur de recherches à l'IPSL. Une responsabilité politique qui s'ajoute au risque climatique. "Avec le réchauffement, les modèles prédisent une saison sèche plus longue et plus d'années sèches, donc plus de feux", alerte Philippe Ciais, chercheur au laboratoire des sciences du climat et de l'environnement.

 

 

 

En Indonésie, plus de 135 000 hectares partis en fumée

Quelques points rouges continuent d'apparaître aussi sur les îles indonésiennes, à la fin du mois d'août. Et pour cause, quelque 700 départs de feux ont été comptabilisés ces dernières semaines dans le sud-est du pays, indique la BBC. Une situation particulièrement inquiétante puisque la région conserve une biodiversité unique, avec notamment la présence d'orangs-outans. Mais le phénomène n'est pas exceptionnel. "Il y a une saison des feux, c'est normal au sens climatologique du terme", précise Frédéric Chevallier, chercheur au Laboratoire des sciences du climat et de l'environnement, à franceinfo.

 

 

Plus de 8 000 personnes et des avions militaires ont été mobilisés sur place pour tenter d'éteindre ces incendies, principalement sur les îles de Bornéo et Sumatra. Au total, plus de 135 000 hectares sont déjà partis en fumée, selon le ministre indonésien de l'Environnement et des forêts.

 

 

 

En Sibérie, des incendies prolongés par le réchauffement climatique

Autre point chaud (inattendu) de la planète : la Sibérie. Là-bas, les incendies ont démarré il y a plusieurs mois, et ravagé des millions d'hectares de forêts. Et à en croire les données de la Nasa, ces feux ne sont pas encore totalement circonscrits. "En Arctique, les feux sont plutôt naturels, mais le changement climatique augmente leur fréquence ou leur intensité en allongeant les périodes plus propices au feu. On peut difficilement aller les éteindre", explique Olivier Boucher, chercheur en sciences de l'environnement.

 

 

Début août, 13,1 millions d'hectares étaient déjà partis en fumée en Sibérie depuis le début de l'année, soit l'équivalent de la taille de la Grèce, selon Greenpeace. Et plus de 4 millions d'hectares étaient encore touchés par des incendies.

 


31/08/2019
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Franceinfo - le mercredi 28 août 2019

 

 

VRAI OU FAKE Incendies en Amazonie : la France participe-t-elle à la déforestation ?

 

 

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Benoît ZagdounFrance Télévisions

 

 

 

La forêt amazonienne est aussi victime du déboisement en Guyane française, mais dans une bien moindre mesure qu'au Brésil. En revanche, la France est grande consommatrice de soja brésilien

 

 

 

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Une zone de la forêt amazonienne déboisée et brûlée le 24 août 2019 près de Porto Velho (Brésil). (CARLOS FABAL / AFP)

 

 

 

"On ne peut pas soutenir un modèle (…) qui favorise la déforestation de l’Amazonie et se prétendre le gardien de l’Amazonie." Le ton de l'eurodéputé écologiste Yannick Jadot s'est fait accusateur, lundi 26 août, au micro de franceinfo, alors qu'Emmanuel Macron affichait sa volonté de prendre la tête d'une mobilisation internationale contre les incendies qui ravagent la forêt amazonienne, au grand dam de son homologue brésilien, Jair Bolsonaro.

 

 

"La France participe de la déforestation en Guyane", a affirmé le député européen, avant d'ajouter : "La France favorise le développement d’un élevage où les animaux (…) sont nourris au soja brésilien." Sur France 2, Emmanuel Macron lui a donné en partie raison, reconnaissant que, sur la question des importations de soja brésilien, "on a une part de complicité". Des affirmations à remettre en perspective.

 

 

 

En Guyane, une déforestation limitée

La Guyane est le territoire le plus boisé de France. La forêt s'étend sur 8 millions d'hectares et recouvre environ 96% des terres, indique l'Office national des forêts (ONF). Cette forêt tropicale est publique à 99,4%. Elle est même domaniale, c'est-à-dire propriété de l'Etat, à 30%. Et seule une infime partie (0,6%) est privée, contrôlée par le Centre national d'études spatiales (Cnes) et le Centre spatial guyanais. Depuis 2007, la Guyane compte aussi le plus grand parc national de France, le Parc amazonien de Guyane, qui couvre 3,4 millions d'hectares. La responsabilité de la puissance publique dans la gestion de cet espace est donc quasi totale.

 

 

"Le plateau des Guyanes, qui comporte notamment la Guyane française, le Guyana et le Suriname, a des taux de déforestation extrêmement faibles et a maintenu un couvert forestier quasi intact par rapport à d'autres parties de l'Amazonie, aux zones andines ou brésiliennes", observe Laurent Kelle, responsable du WWF en Guyane.

 

 

En Guyane, on est très, très loin du reste de l'Amazonie, où on casse la forêt et on voit après ce qu'on fait.Pierre Courtiade, coordinateur du pôle énergie de l'Ademe en Guyane à franceinfo

 

 

Entre 1990 et 2012, entre 3 000 et 3 300 hectares de cette forêt ont disparu chaque année, victimes de la la déforestation, d'après l'Institut géographique national (IGN). L'expansion de l'agriculture et de l'élevage est responsable de la disparition de 1 500 à 2 000 hectares par an, détaille la revue Territoire en mouvement. L'orpaillage, légal comme clandestin, entraîne la perte de 800 à 1 000 hectares par an – à parts égales, d'après Laurent Kelle. Et la construction d'infrastructures, routières mais aussi urbaines, cause le déboisement de quelque 400 hectares chaque année.

 

 

"Cela peut paraître beaucoup vu de métropole, mais c'est très peu à l'échelle amazonienne", relativise Lilian Blanc, chercheur en écologie forestière au Centre de coopération internationale en recherche agronomique (Cirad). Ces 3 000 à 3 300 hectares de forêt rasés annuellement représentent environ 0,04% du territoire guyanais. "La déforestation en Guyane n'a rien à voir avec le contexte brésilien", insiste l'écologue. Au Brésil, la déforestation opère à une tout autre échelle. En 2018, ce sont 1,3 million d'hectares de forêt tropicale primaire qui y ont disparu, selon le World Resources Institute. Soit environ 0,4% de la forêt amazonienne restante au Brésil, déjà réduite de 20% depuis 1970.

 

 

 

Une exploitation forestière encadrée

"La forêt guyanaise est certainement la forêt tropicale la mieux gérée du monde, assure Lilian Blanc. Et sa gestion est planifiée et encadrée par l'ONF." Depuis 2012, l'office s'est d'ailleurs engagé dans une démarche de certification de la forêt guyanaise, afin de garantir une gestion durable de la ressource. "En Guyane, les exploitants forestiers ne prélèvent que quatre à cinq arbres à l'hectare contre dix au Brésil. Et les forestiers ne passent sur une parcelle que tous les 65 ans. Les arbres ont le temps de se régénérer et la biodiversité est préservée, expose l'écologue du Cirad. Au Brésil, les passages se font tous les cinq ou dix ans. C'est cette rapidité qui rend la forêt si vulnérable au feu. Et c'est cette forêt-là qui brûle aujourd'hui." 

 

 

La production de bois est faible en Guyane, de l'ordre de 90 000 mètres cubes par an. A titre de comparaison, dans les Landes, elle atteint un million de mètres cubes.Lilian Blanc, chercheur en écologie forestière au Cirad à franceinfo

 

 

En Guyane, la forêt amazonienne n'est pas non plus grignotée par l'agriculture et l'élevage, comme au Brésil. Dans cette région d'outre-mer, "il n'y a pas de volonté de pousser les grandes installations comme au Brésil, et ces implantations agricoles sont parfaitement contrôlées par l'Etat", explique Pierre Courtiade, qui constate cependant "une demande et une volonté légitime de développer l'agriculture et l'élevage". "En Guyane, la population double tous les quinze ans, il manque actuellement 7 000 logements et l'autosuffisance alimentaire ne dépasse pas 20%. On ne peut pas laisser les gens vivre dans des bidonvilles et il faut bien les nourrir. Les exploitations agricoles couvrent 30 000 hectares aujourd'hui. Et il en faudrait 50 000 hectares d'ici quinze ans pour nourrir tout le monde", chiffre le responsable de l'Ademe.

 

 

 

Mais une politique à géométrie variable

"L'Etat n'a pas toujours mis en avant comme une priorité la préservation de la forêt amazonienne en Guyane", pointe toutefois l'écologue Lilian Blanc. En 2015, lorsqu'il était ministre de l'Economie, Emmanuel Macron a ainsi soutenu le gigantesque et controversé projet minier Montagne d'or. Un soutien qu'il a confirmé en 2017, après son arrivée à l'Elysée. L'exécutif a finalement annoncé son abandon, en mai. Mais le président de la compagnie minière ne s'avoue pas vaincu, arguant que le projet n'est pas finalisé.

 

 

"Depuis 2014-2015, il y a énormément de spéculation de la part de multinationales autour des ressources minières guyanaises. Les demandes de permis d'exploration sont en hausse et concernent des milliers d'hectares", observe Laurent Kelle, responsable du WWF en Guyane. Des cartes de ces installations minières d'exploration ou d'exploitation qui mitent la forêt guyanaise sont consultables sur le cadastre minier officiel, mais aussi sur Panoramine, à l'initiative de l'association Ingénieurs sans frontières. D'après les ONG comme le collectif Or de question, opposé aux méga-projets d'extraction en Guyane, les activités minières, légales ou non, occupent 360 000 hectares de forêt.

 

 

"Il y aurait une incohérence à continuer d'octroyer des titres de prospection miniers, voire à terme des permis d'exploitation, et d'afficher une volonté de protéger l'Amazonie. Si, demain, on autorise une industrie minière en Guyane, on aura une activité économique incompatible avec la protection de l'environnement", prévient Laurent Kelle.

 

 

En 2019, on a encore recensé 132 sites miniers illégaux dans le parc national guyanais. La création de ce parc a contribué à lutter et à limiter l'impact de l'orpaillage illégal, mais on ne peut pas se satisfaire de ce bilan.Laurent Kelle, responsable du WWF en Guyane à franceinfo

 

 

"Le gouvernement oscille entre deux tendances, au gré des pressions locales, nationales et internationales", analyse Lilian Blanc. D'un côté, les partisans d'une préservation totale de la forêt. De l'autre, les tenants de son utilisation comme outil de développement économique. En 2017, lors de la dernière grande crise sociale guyanaise contre la vie chère, l'Etat a lâché du lest face aux seconds. "Aujourd'hui, c'est plutôt le courant conservationniste [favorable à la préservation de la forêt] qu'on entend", estime l'écologue.

 

 

 

Et des importations de soja brésilien

Mais la France n'est pas seulement directement responsable des dommages qu'elle peut faire subir à la forêt amazonienne en Guyane, elle est aussi indirectement comptable de la déforestation en Amazonie brésilienne, notamment. Selon un rapport publié en juin par Greenpeace, s'appuyant sur la base de données Comtrade des Nations unies sur le commerce mondial, la France importe chaque année quelque 2 millions de tonnes de soja en provenance du Brésil, qui en a produit plus de 113 millions de tonnes en 2019, selon l'AFP. En 2017, le soja brésilien représentait ainsi 61% de l'ensemble du soja importé par la France, faisant du Brésil le premier fournisseur de soja de l'Hexagone, d'après Greenpeace. Ce soja était principalement destiné à l'alimentation animale dans les élevages, selon l'ONG.

 

 

Mais si la culture du soja, dont le Brésil est le premier exportateur mondial devant les Etats-Unis, a été l'une des principales causes de déforestation en Amazonie brésilienne, le moratoire entré en vigueur en 2006 a permis d'y mettre un quasi coup d'arrêt. La culture du soja n'est plus responsable que de 1% du déboisement contre 30% il y a trois ans, soit tout de même plus de 2 millions d'hectares, d'après Mighty Earth. L'ONG note toutefois que des géants du secteur ont reporté leur expansion sur les pays voisins, l'Argentine, le Paraguay ou la Bolivie.

 

 

Ces activités agricoles n'occupent d'ailleurs qu'environ 6,5% de la surface déboisée au Brésil. "L'élevage bovin extensif est le principal facteur de déforestation de l'Amazonie. Un peu plus de 65% des terres déboisées en Amazonie sont aujourd'hui occupées par des pâturages", pointe à l'AFP Romulo Batista, chercheur chez Greenpeace. Des entreprises françaises portent en outre une part de responsabilité dans l'exploitation illégale du bois de la forêt amazonienne au Brésil, d'après Greenpeace. Dans une enquête parue en 2018, l'ONG a accusé 19 sociétés d'avoir été complices de ce trafic en 2016 et 2017 en s'approvisionnant en bois exotique extrait de concessions dont les plans d'exploitation étaient frauduleux.

 

 

L'association Envol Vert a calculé l'"empreinte forêt" des Français. Elle estime qu'il faut raser en moyenne 352 m2 de forêt par Français pour répondre à nos habitudes de consommation. Le soja compte à lui seul pour 206 m2. Cela représente 2,4 millions d'hectares d'arbres arrachés pour l'ensemble de la population française, soit presque la superficie de la Bretagne. Des forêts qui disparaissent à cause de nos modes de vie en Amérique du Sud, mais aussi en Asie du Sud-Est et en Afrique.

 


29/08/2019
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Franceinfo - le jeudi 29 août 2019

 

 

Comment la fonte des glaciers va bouleverser l'Islande

 

 

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Marie-Adélaïde ScigaczFrance Télévisions

 

 

 

Alors qu'ils recouvrent près de 11% de la surface totale du pays, les glaciers islandais pourraient tous disparaître à l'horizon 2200, provoquant des catastrophes et des difficultés d'approvisionnement en énergie dans cet Etat insulaire

 

 

Islande-physique

Islande-physique

 

 

 

En Islande, les conséquences du réchauffement climatique sont visibles à l'œil nu. Dimanche 18 août, un groupe de scientifiques, d'artistes, de chercheurs et de militants ont inauguré le premier monument installé à la mémoire d'un glacier disparu. Jadis déployée au sommet du volcan Ok, à 1 198 mètres d'altitude, l'étendue de glace a perdu son titre de glacier en 2014, endossant le rôle symbolique de première victime sur l'île de la hausse des températures. Alors que l’Islande a connu des températures proches de 27 °C au mois de juillet, d'autres glaciers pourraient disparaître à leur tour. 

 

 

Chaque année, les glaciers islandais perdent 40 km2. Depuis la fin du XIXe siècle, une surface de 2 000 km2 a fondu. Alors qu'ils recouvrent près de 11% de la surface totale de ce pays, les glaciers islandais pourraient tous disparaître à l'horizon 2200 si l'humanité ne parvient pas à maintenir la hausse des températures sous la barre des 2 °C par rapport au niveau de l'ère pré-industrielle.  

 

 

 

Moins de glace, davantage d'éruptions 

Les conséquences de la fonte des glaciers sont nombreuses. La glace exerce notamment une pression de tout son poids sur les parois des volcans. En fondant, elle relâchera cette pression, ce qui devrait favoriser les éruptions volcaniques. Or, lorsqu’une éruption survient sous un glacier, elle peut provoquer la vidange brutale des lacs glaciaires qu'il abrite, entraînant inondations soudaines et dévastatrices. Sur la côte sud-est du pays, la perte du poids du Vatnajökull, le plus grand glacier islandais, provoque déjà le soulèvement de la croûte terrestre.

 

 

Enfin, la fonte des glaces devrait, à long terme, rendre plus difficile la production d'électricité. Les glaciers sont d’immenses réservoirs d’eau douce. Ils fondent, la compagnie nationale s’attend donc à recevoir plus d’eau qu’elle ne peut en stocker pendant plusieurs années. Puis, quand cette eau stockée par les montagnes se sera écoulée et aura disparu, l'Islande craint alors de faire face à la sécheresse.

 

 

 

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de Google

 


29/08/2019
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Evolution des forêts dans le monde 1990-2015

 

 

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magazine-greenlife.com

 


26/08/2019
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Franceinfo - le mardi 20 août 2019

 

 

L'Islande enterre Okjökull, le premier glacier victime du réchauffement climatique

 

 

 

 

 

Des Islandais ont organisé, dimanche, le premier enterrement d'un glacier, Okjökull, disparu en 2014 en raison du réchauffement climatique. Avec cette cérémonie, ils espèrent lancer un cri d'alarme pour la planète

 

 

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Ils étaient près de 80 à quitter la capitale islandaise, Reykjavik, en direction du nord, dimanche 18 août. Ces dizaines de personnes ont traversé une partie de l'Islande pour assister à un événement inédit : l'enterrement d'un glacier. 

 

 

L'Islande a déposé dimanche une plaque commémorative en hommage à Okjökull, le premier glacier de l'île à avoir disparu en raison du réchauffement climatique. En 2014, "Ok" a perdu son titre de glacier. Il n'amassait plus assez de neige l'hiver pour compenser les pertes de l'été. D'une superficie de 16 km2 au XIXe siècle, le glacier s'est réduit comme une peau de chagrin, ne faisant plus que 700 m2 en 2012. 

 

 

Bon nombre d'Islandais, dont la Première ministre, Katrín Jakobsdóttir, ont tenu à assister à l'inauguration de la plaque. "Je crois qu’Ok va avoir beaucoup de sens pour les Islandais car il est le premier glacier à disparaître. Cette cérémonie va vraiment figer cet ancien glacier sur la carte", explique-t-elle à franceinfo. Un glacier disparu mais toujours présent, comme un rappel constant des effets directs du réchauffement climatique. 

 

 

 

"Nous devons taper du poing sur la table"

"Il nous faut un mémorial pour le réchauffement climatique", défend auprès de franceinfo l'écrivain islandais Andri Snaer Magnason, auteur du texte gravé sur la plaque en mémoire d'Ok. "Ce monument atteste que nous savons ce qui se passe et ce qui doit être fait", dit cette épitaphe intitulée Une lettre pour l'avenir. "Nous ne pouvons pas laisser la planète mourir de chaud, laisser le changement climatique causer des problèmes partout", poursuit Andri Snaer Magnason. "C’est une réalité et nous devons taper du poing sur la table."

 

 

Hjörtur, un Islandais vivant à Copenhague (Danemark), a lui aussi souhaité rendre un dernier hommage au glacier. Le jeune homme voit très bien, à chaque retour en Islande, comment le réchauffement climatique bouleverse son pays. "Quand je reviens ici, la randonnée pour aller du parking aux glaciers est de plus en plus longue chaque année", relate-t-il. 

 

 

 

C’est le premier sur 400 glaciers, mais ils fondent tous.

Hjörtur, Islandais vivant à Copenhague

à franceinfo

 

 

 

Face à ce monument inédit, plusieurs Islandais ont pris la parole, dimanche. L'un d'entre eux, le ministre de l'Environnement Guðmundur Ingi Guðbrandsson, pouvait voir le glacier depuis la ferme où il a grandi. "Ok a disparu. Il me manque, mais ce ne sont pas seulement mes souvenirs d’enfance qui sont importants, a-t-il confié. Ok est important car il envoie un message au monde."

 


20/08/2019
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Franceinfo - le jeudi 15 août 2019 - mis à jour le 16.08.2019

 

 

Juillet 2019, mois le plus chaud jamais mesuré dans le monde, confirme une agence américaine

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

Selon l'agence, la température moyenne de la planète en juillet était 0,95 °C au-dessus de la moyenne du XXe siècle

 

 

 

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Des enfants jouent dans une fontaine à eau à Nagoya (Japon) durant une vague de chaleur, le 3 août 2019. (TOSHIKAZU SATO / YOMIURI)

 

 

 

Notre planète étouffe. Le mois de juillet 2019 a été le plus chaud jamais mesuré dans le monde, a indiqué jeudi 15 août l'Agence océanique et atmosphérique américaine NOAA, confirmant des observations émises par l'Union européenne il y a quelques jours.

 

 

"La majeure partie de la planète a connu une chaleur sans précédent en juillet, les températures ayant atteint de nouveaux sommets au cours du mois le plus chaud jamais enregistré", a commenté l'agence américaine, précisant que la chaleur record avait également "réduit la banquise dans l'Arctique et l'Antarctique à des niveaux historiquement bas".

 

 

 

La banquise de l'Arctique à son plus bas niveau

Selon la NOAA, la température moyenne de la planète en juillet était 0,95 °C au-dessus de la moyenne du XXe siècle (15,8 °C), ce qui en fait le mois le plus chaud jamais enregistré. Le mois le plus chaud précédemment enregistré était juillet 2016, pour des mesures remontant à 1880.

 

 

"Neuf des dix mois de juillet les plus chauds ont eu lieu depuis 2005, les cinq dernières années ayant été les cinq plus chaudes", a affirmé l'agence. L'Alaska a connu son mois de juillet le plus chaud depuis qu'elle a commencé à y prendre des mesures en 2005.

 

 

Plusieurs pays d'Europe ont enregistré de nouveaux records de température, et ce fut aussi le mois le plus chaud jamais enregistré dans toute l'Afrique. En moyenne, la banquise de l'Arctique a atteint son niveau le plus bas en juillet, 19,8% sous la moyenne, encore plus bas que le record historique de juillet 2012, selon des données de la NOAA et la Nasa. La banquise de l'Antarctique était quant à elle 4,3% inférieure à la moyenne relevée entre 1981 et 2010.

 


17/08/2019
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Franceinfo - le mardi 6 août 2019

 

 

Russie : dévastée par des incendies, la Sibérie étouffe

 

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France 3France Télévisions

 

 

 

Les feux de forêt continuent de ravager la Sibérie (Russie)

 

 

 

 

La visibilité est réduite à 100 mètres. Sur le pont qui relie les deux rives de l'Angara, la rivière qui coupe la ville en deux, les feux de croisement sont indispensables en plein jour. Soleil rouge à midi, odeur de brûlé qui prend à la gorge et aux yeux, c'est le quotidien des 11 000 habitants de Boguchany, en Sibérie (Russie), depuis un mois"Personne n'est dans la rue. Les enfants ne jouent pas. C'est une conséquence des incendies et du smog", déplore un habitant.

 

 

Les habitants se sentent désemparés

 

 

Dans la ville, il fait -30°C l'hiver. Alors, le mois d'août et ses 25°C était attendu. Les visiteurs désertent les rues et les magasins. Les animaux, désemparés, errent devant la mairie. Le vent faible ne disperse pas la fumée. Les habitants se sentent abandonnés. Les interventions des secours pour éteindre les incendies ont tardé. "Cela fait très longtemps qu'on n'avait pas vu un smog qui reste autant de temps. Cela provoque des toux chroniques chez les enfants", explique une mère de famille.

 


13/08/2019
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Franceinfo - le jeudi 8 août 2019

 

 

Réchauffement climatique : une "menace qui pèse gravement sur la sécurité alimentaire", selon un rapporteur du Giec

 

 

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Propos recueillis par Noémie LeclercqfranceinfoFrance Télévisions

 

 

 

Jean-François Soussana a répondu aux questions de franceinfo sur le nouveau rapport du Giec. Pour l'expert, "différentes solutions existent, sans besoin de nouvelles technologies et avec un coût modéré"

 

 

 

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Une pancarte "J'aime ma planète" lors d'un rassemblement pour le climat, le 27 janvier 2019, à Paris. (LAURE BOYER / HANS LUCAS /AFP)

 

 

 

Le réchauffement climatique s'accélère et les activités humaines y participent grandement. Dans son nouveau rapport, publié jeudi 8 août et approuvé par 195 pays, le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec) alerte sur les liens entre agriculture, déforestation et réchauffement climatique. Franceinfo a interrogé Jean-François Soussana, rapporteur du Giec et vice-président pour l'international de l'Institut national de la recherche agronomique (Inra), pour comprendre les enjeux soulevés par le document. 

 

 

 

Franceinfo : concrètement, qu'est-ce qui ressort du rapport ? 

 

 

Jean-François Soussana : Ce rapport étudie les interactions entre plusieurs grands défis environnementaux de notre époque : le changement climatique, le besoin de terres, leur exploitation et la sécurité alimentaire. Le constat qui est fait, c'est qu'aujourd'hui, le réchauffement à la surface des continents est deux fois plus rapide qu'avant. On a déjà dépassé la barre du 1,5 °C supplémentaire. 

 

 

Quelques chiffres permettent de se faire une idée du rapport : un quart des terres émergées sont dégradées par l'activité humaine, 500 millions de personnes sont exposées à la désertification, et 800 millions sont en sous-alimentation chronique.Jean-François Soussana à franceinfo

 

 

Pour résumer, l'élevage, l'agriculture et la déforestation sont responsables de près d'un quart des émissions de gaz à effet de serre. Il y a donc des pressions importantes sur les secteurs qui en sont responsables. Mais une partie des solutions pour ralentir le réchauffement climatique s'appuie également sur ces secteurs : près de 30 % du CO2 émis par l'activité humaine peut être capté par la végétation. 

 

 

 

Est-il trop tard pour changer les choses ?

 

 

Le constat est alarmant. Il réactualise à la hausse le niveau de réchauffement global et pointe la menace qui pèse gravement sur la sécurité alimentaire. En 2014, lors d'un précédent rapport du Giec, on estimait que la stabilité alimentaire était préservée jusqu'à +4 °C. Maintenant, on sait qu'elle est menacée dès 2 °C supplémentaires. Ce rapport est un message d'urgence. Mais le Giec analyse également les réponses qui pourraient être apportées à cette situation.

 

 

Une quarantaine de solutions ont été identifiées, et elles se divisent en trois grandes catégories. D'abord, la gestion durable des terres, qui permettrait de reverdir les sols dégradés, de favoriser la régénération des forêts et de préserver les ressources en eau. Ensuite, une meilleure prise en charge de la demande alimentaire mondiale, pour réduire les pertes et le gaspillage alimentaire. Et finalement, l'anticipation des crises climatiques, par une meilleure surveillance et une meilleure prise en charge des incendies de forêt.

 

 

Ce qui est frappant, c'est que différentes solutions existent, sans besoin de nouvelles technologies et avec un coût modéré. Il est essentiel que ces différentes mesures soient rapidement mises en place, d'autant plus que les coûts de l'inaction sont très importants : il peut y avoir un certain nombre d'irréversibilités dans la perte de sols et la destruction d'éco-systèmes.

 

 

 

Quelles sont les recommandations en termes d'agriculture ? 

 

 

Il faut d'abord rappeler que le Giec ne fait pas de préconisations : nous analysons les données et les solutions, c'est ensuite aux gouvernements et autres acteurs de s'en emparer. Ce que l'on constate en revanche, c'est que pour protéger les sols, il faut mieux utiliser la biodiversité. Certaines légumineuses peuvent agir comme des engrais de synthèse sans polluer les terres. L'agroforesterie, c'est-à-dire l'introduction d'arbres à certains endroits stratégiques, est également une piste pour mieux gérer les paysages.

 

 

Les bioénergies sont un secteur qui pose question : elles représentent un potentiel important pour la réduction du CO2, mais les cultures nécessaires peuvent entrer en concurrence avec la production alimentaire, déjà menacée par le réchauffement climatique. Jean-François Soussana à franceinfo

 

 

 

On a beaucoup lu que le véganisme pourrait sauver la planète. Que pouvez-vous en dire à la lumière de ce rapport ? 

 

 

Le Giec n'incite pas au véganisme, mais à suivre les recommandations alimentaires de l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Le régime vegan ne fait pas partie des solutions étudiées par le rapport, sachant qu'il y a de grandes disparités de consommation de protéines animales dans le monde. Il existe d'autres régimes sains et durables. En France, la tendance est à la baisse concernant la consommation de viande et c'est une bonne chose, puisque, comme tous les pays de l'OCDE, nous sommes bien au-dessus des recommandations. Une consommation accrue de fruits, légumes, noix et autres ressources végétales ouvrirait de nouvelles possibilités aux systèmes agricoles. 

 

 

 

Comment chacun, à son échelle, peut-il faire en sorte de limiter le changement climatique ? 

 

 

Les Etats doivent à tout prix renforcer leurs engagements pris avec l'Accord de Paris. Une grande partie de ces engagements concernent la protection des terres. On espère que ce rapport et le sommet sur le climat de New York, prévu en septembre, feront bouger les choses en ce sens. La coopération internationale est un point crucial pour que ces mesures soient efficaces. 

 

 

Les changements comportementaux passeront également par une meilleure compréhension de ces enjeux. Il faut former et accompagner les citoyens sur ces questions, d'autant plus que l'on sait que la jeunesse est très demandeuse à ce niveau. Les campagnes "manger, bouger" se sont révélées très efficaces par rapport au coût qu'elles ont engendré. On peut imaginer quelque chose de similaire sur le climat. Ensuite, c'est à chacun de trouver l'approche qu'il souhaite développer. Il y a évidemment de grandes différences entre la ville et la campagne, mais tout le monde peut veiller à avoir une consommation responsable. Eviter au maximum les gaspillages, énergétiques et alimentaires, est un geste accessible à tous. 

 


08/08/2019
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