L'AIR DU TEMPS

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ENVIRONNEMENT et climat

Pourra-t-on empêcher que la planète ne se réchauffe trop ? Encore un pari de plus pour vivre mieux et surtout économiser notre environnement si précieux. Là, on part pour le futur...


Franceinfo - le mardi 19 novembre 2019

 

 

Les énergies renouvelables pourraient réduire de 80% l'impact de la pollution de l'air sur la santé, selon une étude

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

"Le principal gagnant de la décarbonation est la santé", a commenté Gunnar Luderer, l'auteur principal de ces recherches

 

 

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Une autoroute de New Delhi (Inde) dans un nuage de pollution, le 14 novembre 2019. (SAJJAD HUSSAIN / AFP)

 

 

Des énergies propres et bénéfiques pour notre santé. La transition vers les énergies renouvelables pourrait réduire jusqu'à 80% les impacts de la pollution de l'air sur la santé d'ici 2050, selon une étude publiée mardi 19 novembre. 

 

 

Une équipe du Postdam Institute for Climate Impact Research (PIK), en Allemagne, a utilisé des modèles d'efficacité énergétique pour évaluer trois scénarios de décarbonation du secteur énergétique d'ici le milieu du siècle. Dans une étude publiée dans la revue Nature Communications, ils combinent ces calculs avec des index de santé humaine et des analyses des niveaux d'émissions tout au long du cycle de vie d'un équipement énergétique.

 

 

Selon eux, un scénario dans lequel la majorité de l'énergie est produite par le solaire et l'éolien pourrait réduire les effets sanitaires de la production électrique de 80% par rapport aux systèmes économiques actuels.

 

 

Le principal gagnant de la décarbonation est la santé.Gunnar Luderer, principal auteur de l'étude à l'AFP

 

 

L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) estime que 4,2 millions de personnes meurent prématurément chaque année du fait de la pollution de l'air, causée principalement par l'utilisation des combustibles fossiles. D'après les modèles du PIK, ce chiffre pourrait atteindre 6 millions d'ici 2050 si rien n'est fait pour changer les choses. Mais si les énergies renouvelables deviennent majoritaires dans les trois prochaines décennies, le bilan pourrait descendre à un million.

 

 

Selon Gunnar Luderer, tous les scénarios de décarbonation présentent un avantage en termes de santé publique. Celui insistant sur les renouvelables est toutefois le plus bénéfique. D'après les chercheurs, les bioénergies (production d'énergie par combustion de productions agricoles) ont en effet un potentiel pour être bas-carbone, mais risquent de provoquer des effets secondaires négatifs pour l'environnement.

 


19/11/2019
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Franceinfo - le lundi 18 novembre 2019

 

 

Venise : qu'est-ce que le projet Mose, censé sauver la ville de l'engloutissement depuis des années ?

 

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franceinfo avec AFP et ReutersFrance Télévisions

 

 

Alors que la cité lagunaire connaît sa plus importante inondation en cinquante ans, de nombreux responsables, dont le maire de Venise, ont appelé à mettre en service "au plus vite" le projet de digues Mose

 

 

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Des blocs du projet Mose sont testés à Venise (Italie), le 28 novembre 2014. (VINCENZO PINTO / AFP)

 

 

 

La ville de Venise est recouverte d'une épaisse couche d'eau. Depuis quelques jours, une marée haute historique menace la célèbre cité italienne. Dimanche 17 novembre, l'acqua alta était encore à 1,50 m. De quoi inquiéter habitants et responsables politiques. Car Venise, bâtie sur 118 îles et îlots en majorité artificiels et sur pilotis, est menacée d'engloutissement. En un siècle, elle s'est déjà enfoncée de 30 centimètres dans la mer Adriatique.

 

 

De nombreux responsables, dont le maire, ont appelé à mettre en service "au plus vite" le lent projet de digues Mose, présenté comme la solution pour sauver des eaux la Sérénissime. De quoi s'agit-il exactement ? Explications. 

 

 

 

Près de 80 digues modulables

Mose (Mosè veut dire Moïse en italien) est l'acronyme de Module expérimental électromécanique. Concrètement, il s'agit de 78 digues flottantes qui se relèvent et barrent l'accès à la lagune en cas de montée des eaux de l'Adriatique. Ce module peut supporter une montée jusqu'à trois mètres de hauteur. Ces digues sont prévues sur les trois entrées de la lagune de Venise : Lido, Malamocco et Chioggia, comme l'explique l'AFP dans cette vidéo.

 

 

 

 

 

 

Un scandale de corruption qui a ralenti le projet

Le projet a été conçu en 1984 et lancé en 2003. Alors qu'il devait être inauguré en 2016, le chantier a pris beaucoup de retard. En cause : des malfaçons et des enquêtes pour corruption. Un éditorialiste du journal Il Messaggero (en italien) en vient à parler de "scandale". Celui-ci a explosé en 2014 et impliquait "à des degrés divers des dizaines d'entrepreneurs locaux et la quasi-totalité des responsables politiques de la région", détaille Le Monde. "Le chantier a été l'occasion d'un gigantesque système de surfacturations lié à un mécanisme d'appels d'offres truqués, géré par le Consorzio Venezia Nuova (CVN)", complète le correspondant local du journal

 

 

 

Un chantier coûteux et critiqué

Outre le scandale qui a entouré cette construction, son coût a explosé au fil des années, passant de deux milliards initialement à six milliards d'euros. De plus, l'investissement est jugé inefficace par les écologistes. Cristiano Gasparetto, dirigeant de l'ONG Italia Nostra, détaille au Figaro : Ce "méga-projet ne sera jamais prêt, et de toute façon, il n'aurait pas résisté aux rafales de vent et à la marée de mardi [12 novembre, l'un des records historiques de montée des eaux]".

 

 

Certains pointent également les dangers d'une telle structure. Sur le site The Conversation, deux océanographes expliquent : "Si le niveau de la mer augmente de 50 cm, les digues flottantes de Mose devront fermer presque quotidiennement pour protéger la ville des inondations. Or, une partie des eaux non traitées de Venise s'écoule directement dans la lagune. (…) Fermer quotidiennement les entrées pourrait ainsi aggraver la pollution microbiologique et l'eutrophisation dans la lagune."

 

 

 

Des pièces usées avant même la mise en service

En outre, une marée avait endommagé les parties déjà construites en 2015 et de nombreux tests sont nécessaires avant sa mise en œuvre. De récentes analyses ont d'ailleurs révélé des vibrations et de la rouille. "L'entrepreneur aurait même lancé un appel d'offres à hauteur de plusieurs dizaines de millions d'euros pour l'entretien, voire la réparation, de ces pièces usées", rapporte Le Point

 

 

Du côté de Rome, le gouvernement tente de rassurer. Le président du Conseil, Giuseppe Conte, a assuré que le chantier était "prêt à 93%" et serait "achevé au printemps 2021". Bonne nouvelle ? Pas selon le correspondant du Monde en Italie : "Ce qui semble évident, c'est que le Mose, imaginé il y a plus d'un demi-siècle, est obsolète avant même d'entrer en service." 

 


18/11/2019
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Franceinfo - le vendredi 15 novembre 2019

 

 

Météo : des conditions de circulation difficiles, 300 000 foyers sont toujours privés d'électricité à cause de la neige

 

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Jean-Loup AdénorBenoît JourdainVincent MatalonFrance Télévisions

 

 

La Saône-et-Loire reste le seul département placé en vigilance orange neige et verglas

 

 

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La neige est tombée abondamment, près de Saint-Etienne, le 15 novembre 2019. (SYLVAIN THIZY / AFP)

 

 

 

 

Ce qu'il faut savoir

 

 

La Saône-et-Loire reste, vendredi 15 novembre, le seul département placé en vigilance orange neige et verglas par Météo France. L'ouest de ce département "conserve encore des chutes de neige assez continues pour les prochaines heures", détaille le prévisionniste dans son bulletin matinal. 300 000 foyers sont toujours privés d'électricité dans la Drôme, l'Isère, l'Ardèche et le Rhône, annonce Enedis sur BFMTV. 

 

 

Des conditions de circulation difficiles. Le préfet de l'Ardèche demande toujours aux automobilistes, vendredi, "de limiter les déplacements non nécessaires". Dans la Drôme, le préfet invite les habitants à ne pas se déplacer "compte tenu des risques de chutes d'arbres". Le communiqué indique que "par mesure de précaution, la circulation des transports scolaires est suspendue sur la moitié nord du département, hors zones urbaines". En Haute-Loire, les transports scolaires sont également suspendus jusqu'à nouvel ordre. Du côté des trains, le trafic des trains est, quant à lui, toujours interrompu au départ de Grenoble et à destination de Lyon, Valence et Veynes.

 

 

300 000 foyers privés d'électricité. Dans la Drôme, l'Isère, l'Ardèche et le Rhône, 300 000 foyers sont privés de courant à cause des abondantes chutes de neige. "Les conditions de la nuit étaient difficiles et il est difficile de dire pour l'instant la date du rétablissement", a déclaré Robin Devogelaere, le directeur de la communication du gestionnaire du réseau de distribution d'électricité sur BFMTV.

 

 

Un automobiliste est mort en Isère. Un homme de 63 ans a trouvé la mort en tentant de déblayer une route enneigée en Isère, jeudi soir. Un arbre lui est tombé dessus. Le drame a eu lieu près de Bourgoin-Jallieu. Les pompiers n'ont pas pu le ranimer.

 


15/11/2019
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Franceinfo - le jeudi 14 novembre 2019

 

 

"Il y avait des odeurs de cadavre" : au Cannet-des-Maures, le combat du maire pour obtenir la fermeture d'une décharge à ciel ouvert

 

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Ilan CaroMargaux DuguetFrance Télévisions

 

 

Grâce à l'opération #MonMaire lancée par franceinfo, vous nous avez signalé l'action de Jean-Luc Longour, maire depuis 2008 du Cannet-des-Maures, dans le Var. Cet élu s'est battu durant plusieurs années pour faire fermer le Balançan, un centre d'enfouissement d'ordures qui a empoisonné la vie des habitants

 

 

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La décharge du Balançan, au Cannet-des-Maures (Var). (MAXPPP / FRANCEINFO)

 

 

 

"C'est un gars profondément humaniste." Nathalie Simpere, 59 ans, ne tarit pas d'éloges sur le maire de sa commune, Jean-Luc Longour, qui préside aux destinées du Cannet-des-Maures, une bourgade de 4 000 habitants en plein centre du Var. "Notre maire s'est battu contre l'Etat pour que soit fermée la décharge à ciel ouvert 'Le Balaçan' et il a réussi", nous avait d'abord écrit cette formatrice auprès des travailleurs sociaux, via l'opération #MonMaire lancée par franceinfo. Grâce à lui, les odeurs nauséabondes ont disparu et notre quartier est redevenu habitable". 

 

 

>> #MonMaire. Municipales : racontez-nous dans notre formulaire ce que votre maire a changé dans votre quotidien

 

 

Le 7 août 2018, une page s'est effectivement tournée dans le Var. Le centre d'enfouissement du Balançan, surnommé par nombre d'habitants "la verrue" et géré par le puissant groupe Pizzorno, a fermé ses portes sur décision de justice. Pendant quarante-quatre ans, la décharge a stocké les ordures ménagères des familles de 93 communes, soit 600 000 tonnes par an. "On y trouve des déchets pas ou mal triés par l'ensemble des communes qui ont déversé leurs saloperies là-bas", raconte, un poil énervé, William Dumont, le président de l'ABI (Association bagnolaise d'information). "Quelque 16 millions d'ordures ont été déposées sur la plaine du Cannet-des-Maures, qui est devenue en 2009 une réserve naturelle", appuie Paul Garcia, à la tête de l'association Ethique Environnement, qui a lutté pendant des années contre cette décharge. 

 

 

 

"Des nuisances visuelles et olfactives"

Ce fervent défenseur de l'écologie a trouvé un allié de poids dans son combat : le maire lui-même, qui n'est autre que l'ancien président de l'association.  

 

M. Longour a toujours lutté pour la protection de l'environnement. Il a été un partenaire idéal et combatif, nous le saluons au niveau de l'association.Paul Garcia, président de l'association Ethique Environnement à franceinfo

 

 

Jean-Luc Longour s'est battu dès la fin des années 1990 pour obtenir la fermeture de la décharge, haute d'une centaine de mètres. "Cela faisait partie des objectifs de l'association Ethique Environnement de faire fermer cette décharge. Elle présentait de nombreuses nuisances, d'abord visuelles, parce que c'est devenu une colline, mais aussi olfactives puisqu'elle indisposait, selon le vent dominant, une grande partie de la population locale", raconte cet ancien médecin de 60 ans, élu en 2008 sous l'étiquette de l'UDI, dont il n'est plus adhérent aujourd'hui. 

 

 

 

Une pelleteuse sur le site du Balançan dans le Var, le 25 novembre 2008.

Une pelleteuse sur le site du Balançan dans le Var, le 25 novembre 2008. (MAXPPP)

 

 

 

Un constat que partage sans réserve Nathalie Simpere. Cette mère de famille nombreuse vit depuis vingt-neuf ans à La Pardiguière, un quartier de lotissements à la périphérie du Cannet-des-Maures et surtout à moins de deux kilomètres à vol d'oiseau de la décharge. "On était en première ligne au niveau des nuisances, les odeurs ont été de plus en plus fortes et je me disais que ma maison allait perdre de sa valeur", se souvient-elle. La quinquagénaire, qui aime dormir les fenêtres ouvertes en été, a longtemps dû renoncer à ce plaisir simple. 

 

 

 

 

 

 

Ça sentait très mauvais, il y avait même des moments où c'était insupportable, avec une espèce d'odeur de pourri.Nathalie Simpere, habitante du Cannet-des-Maures à franceinfo

 

 

Elle n'est pas la seule. Toute la ville, mais aussi les communes avoisinantes, comme Le Luc, sont, selon le vent, incommodées par les odeurs. "Par moments, c'était vraiment à vomir", se rappelle Patricia, qui, en dix-neuf ans de vie au Cannet-des-Maures, "a vu grandir la colline". Elle a encore en tête "les odeurs de cadavre" qui provoquent "une barre sur le front, tellement ça pue". A quelques encablures de chez elle, Jean-Baptiste et sa femme avaient eux l'impression qu'ils vivaient entourés d'ordures. "A un moment donné, on s'est demandé s'ils n'allaient pas faire des pyramides d'ordures et puis il y avait aussi tous ces camions qui passaient et laissaient tomber des ordures sur le chemin de la décharge". Installé depuis vingt-sept ans au Cannet, le retraité, âgé de 78 ans, a même fait partie de l'association de défense du cadre de vie du Var, où il s'est engagé contre la décharge. 

 

 

 

Le quartier de La Pardiguière, où vit Nathalie, est situé à moins de deux kilomètres de la décharge du Balançan. 

Le quartier de La Pardiguière, où vit Nathalie, est situé à moins de deux kilomètres de la décharge du Balançan.  (GOOGLE MAPS)


 

Un combat de longue haleine

Car les habitants se sont mobilisés pendant des années contre cette pollution à deux pas de chez eux. Ils ont signé des pétitions et participé à plusieurs mobilisations. A leurs côtés : le maire du Cannet-des-Maures. Elu en 2008, Jean-Luc Longour commence par ordonner "une expertise judiciaire" qui, affirme-t-il, "a témoigné d'une pollution en superficie comme en sous-sol autour de la décharge". L'édile refuse également de modifier l'ancien PLU, le plan d'occupation des sols (POS), et rend inconstructible une parcelle qui permettait d'étendre la décharge. Mais le préfet contre-attaque et prend un projet d'intérêt général (PIG), "ce qui lui permet de passer outre les documents d'urbanisme et l'avis du maire", traduit Jean-Luc Longour. 

 

 

Une longue bataille juridique débute alors entre le préfet, l'entreprise Pizzorno, le maire et les associations environnementales. "Nous avons attaqué régulièrement les arrêtés de prolongation du préfet jusqu'au dernier, celui de 2014 qui autorisait une dernière extension alors que notre PLU l'interdisait", se souvient Jean-Luc Longour. 

 

 

 

Jean-Luc Longour, maire du Cannet-des-Maures, participe à une manifestation contre la décharge, le 10 août 2009.

Jean-Luc Longour, maire du Cannet-des-Maures, participe à une manifestation contre la décharge, le 10 août 2009. (MAXPPP)


 

Les déchets s'amoncellent mais cela n'empêche pas les propriétaires du site de demander sans cesse des autorisations pour prolonger l'exploitation de la décharge. "Le site était saturé mais ils ont essayé de prolonger dans le temps, raconte Paul Garcia, d'Ethique Environnement. Ils voulaient raser des bâtiments administratifs pour encore stocker des déchets". 

 

 

Mais, le 7 mai 2018, coup de théâtre. Le tribunal administratif de Toulon donne raison à la ville du Cannet-des-Maures en annulant le dernier arrêté préfectoral qui prolongeait l'ouverture de la décharge. Quatre mois plus tard, le Balançan cesse son activité. Au grand soulagement du maire, qui, dès sa première campagne électorale, avait promis à ses futurs administrés de fermer le site. 

 

 

Oui, c'est le combat d'une vie parce que ça a duré vingt ans, mais aussi c'est le combat de la parole donnée.Jean-Luc Longour, maire du Cannet-des-Maures à franceinfo

 

 

Les riverains, eux, respirent enfin. "Les odeurs ont disparu grâce au maire qui s'est battu pour nous", soutient Nathalie, même si, regrette-t-elle, "la verrue est toujours là, vous ne pouvez pas la rater". "On est soulagés que cela soit fini", soufflent Jean-Baptiste et son épouse. Les déchets, déposés pendant plus de quarante ans, sont pourtant toujours là et occasionnent encore, de temps à autre, quelques odeurs. Une commission de suivi de la décharge, dirigée par le sous-préfet, s'est mise en place et doit durer une trentaine d'années. Le maire travaille également sur plusieurs pistes concernant le devenir de la décharge : "Je ne m'arrête pas à la fermeture de la décharge. Une fois que le tas sera stabilisé, on pourra peut-être imaginer le recouvrir de panneaux photovoltaiques". 

 

 

 

"Longour nous a mis dans la merde"

Un enthousiasme loin d'être partagé par les maires du département. "Les autres élus ne veulent pas assumer la hausse de la taxe d'enlèvement des ordures ménagères, qui est mécanique. Elle a déjà pris 1% et cela va augmenter encore", explique Sereine Mauborgne, députée LREM du Var, qui a soutenu, dès son élection en 2017, le maire du Cannet-des-Maures. Car depuis la fermeture de la décharge, les déchets sont exportés en dehors du département, sur deux sites, ceux de Septème-les-Vallons (Bouches-du-Rhône) et de Valensole (Alpes-de-Haute-Provence). Un trajet plus long et donc plus cher. 

 

 

Jean-Luc Longour raconte ainsi avoir subi nombre de pressions de la part de ses collègues pour qu'il stoppe son combat, lui qui préside l'intercommunalité. "Je n'ai pas eu de menaces avec une balle dans une enveloppe mais chez tous les collègues, j'entends : 'Oui, la fermeture du Balançan c'est à cause de Longour, il nous a mis dans la merde'", assure-t-il. 

 

 

 

La maire du Cannet-des-Maures, Jean-Luc Longour, le 15 décembre 2008.

La maire du Cannet-des-Maures, Jean-Luc Longour, le 15 décembre 2008. (MAXPPP)

 

 

 

Sereine Mauborgne a elle aussi bien compris que l'ancien médecin s'est mis beaucoup d'élus à dos. 

 

 

Jean-Luc Longour a mené son combat de manière très isolée. La décharge arrangeait tout le monde, personne ne se préoccupait du sort des déchets.Sereigne Mauborgne, députée LREM du Var à franceinfo

 

 

André Guiol, maire de Néoules (Var) et président du Sived, le Syndicat intercommunal pour la valorisation et l'élimination des déchets, ne partage pas cette analyse et dénonce plutôt "une fermeture brutale". "Il aurait fallu nous laisser trois ou quatre ans pour nous permettre de réagir, pour trouver une solution durable et respectueuse du contribuable !", affirme-t-il. L'édile nuance néanmoins ses propos sur un point : "Personne ne voulait de cette décharge chez lui, on peut comprendre le maire". Nathalie Simpere, elle, est bien loin de ces batailles politiques. La quinquagénaire se bat maintenant pour attirer l'attention sur le manque de recyclage des déchets dans les établissements médico-sociaux où elle a travaillé. Et c'est un peu grâce au maire : "Il m'a ouvert les yeux sur ma responsabilité en tant que citoyenne, sur l'écologie". 

 


14/11/2019
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Franceinfo - le mercredi 13 novembre 2019

 

 

A Venise la basilique Saint-Marc fragilisée par la marée haute historique

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions
 

 

L'eau a submergé les terrasses des cafés. La basilique Saint-Marc est inondée et les clients des bateaux-taxi ont dû rentrer dans leurs hôtels en passant parfois par les fenêtres

 

 

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La basilique Saint-Marc sous les eaux à Venise, le 22 novembre 2019. (MARCO BERTORELLO / AFP)

 

 

 

Une marée haute d'une ampleur inédite a envahi, mardi 12 novembre, les ruelles de Venise et la place Saint-Marc, surprenant les touristes. Selon les médias italiens, le phénomène a fait au moins un mort : un Vénitien de 78 ans a été retrouvé électrocuté dans son logement inondé. 

 

France 2
 
 

 

Cette "acqua alta" exceptionnelle de 1,87 m – le plus haut niveau depuis 53 ans – a déclenché les sirènes dans la Cité des Doges. C'est la deuxième plus haute marée enregistrée à Venise depuis le début des relevés en 1923, derrière celle de 1,94 m observée le 4 novembre 1966.

 

 

 

La basilique Saint-Marc sous les eaux

Les eaux sales tourbillonnent autour de tombes de marbre dans la crypte du XIIe siècle de la Basilique Saint-Marc, qui a subi d'importants dommages. "Il y en a pour des millions d'euros de dégâts", prévoit Carlo Alberto Tesserin, procurateur (administrateur) en chef du monument historique.

 

 

Les pompes tournent sans arrêt pour évacuer l'eau de mer autour de l'autel et sous les arches de pierre rose et blanche, sous le regard attristé et irrité des gardiens du monument historique. "Nous avions dit l'année dernière que la Basilique vieillissait de 20 ans à chaque marée haute mais cela risque d'être beaucoup plus encore pour celle-ci", a ajouté le procurateur à l'AFP.

 

 

 

La basilique Saint-Marc de Venise sous les eaux, le 12 novembre 2019. 

La basilique Saint-Marc de Venise sous les eaux, le 12 novembre 2019.  (MARCO BERTORELLO / AFP)

 

 

 

Alors que les vents fouettaient les vagues sur la célèbre place, transformée en lac, les eaux s'engouffraient dans la Basilique avec une force "jamais vue auparavant, pas même lors de l'inondation de 1966", raconte M. Tesserin. Situé dans l'une des zones les plus basses de la ville, l'édifice de style byzantin - érigé en 828 et reconstruit après un incendie en 1063 -, est particulièrement vulnérable lorsque le niveau des flots s'élève.

 

 

"Les dégâts que nous voyons aujourd'hui ne sont rien comparés à ceux à l'intérieur des murs. Le sel entre dans le marbre, dans les briques, partout", explique M. Tesserin. "Les experts ont largement prévenu des dangers, mais ils n'ont pas été écoutés ", déplore-t-il. "Il y a une autre acqua alta ce soir, et d'autres sont prévues pour les jours à venir. Pour que Venise survive, nous devons agir dès maintenant" insiste le procurateur.

 

 

 

"Clairement les effets du changement climatique"

"Nous sommes en train d'affronter une marée plus qu'exceptionnelle. Tout le monde est mobilisé pour gérer l'urgence, a écrit Luigi Brugnaro, le maire de la ville, sur Twitter. Nous avons besoin que tout le monde nous aide à faire face à ce qui est clairement les effets du changement climatique."

 

 

 

 

 

 

L'eau a submergé les terrasses des cafés, emportant tables et chaises le long des ruelles. Les passerelles des hôtels historiques ont également été balayées par les flots, obligeant les clients des bateaux-taxi à entrer dans les établissements par les fenêtres.

 


14/11/2019
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Franceinfo - le vendredi 8 novembre 2019

 

 

Pour la première fois, la justice valide deux arrêtés anti-pesticides pris par des communes

 

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franceinfoRadiofrance

 

 

Le tribunal adminsitratif de Cergy-Pontoise a validé les arrêtés pris par Gennevilliers et Sceaux, dans les Hauts-de-Seine

 

 

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Un panneau indiquant "village sans pesticides" à Challes-les-Eaux le 17 aout 2017. (VINCENT ISORE / MAXPPP)

 

 

 

Le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a validé vendredi 8 novembre deux arrêtés anti-pesticides à Gennevilliers et Sceaux (Hauts-de-Seine). L'audience avait eu lieu le 29 octobre dernier. Les deux maires avaient défendu leurs arrêtés au nom de "la santé pour la population". Après cette décision en référé, les deux arrêtés pris au printemps doivent désormais être examinés au fond.

 

 

Cette décision du tribunal administratif est une première. Jusqu'à présent toutes les communes qui avaient pris des mesures similaires avaient vu leur arrêté annulés. Le cas le plus emblématique est celui de Langouët. En prenant un arrêté antipesticides en mai dernier, le maire de cette commune bretonne avait lancé un vaste débat et fait des émules. Fin octobre, la justice avait tranché estimant que l'interdiction des produits phytosanitaires n'était pas de la compétence d'un maire. 

 

 

 

Corinne Lepage "extrêmement heureuse"

"C'est une première et j'en suis extrêmement heureuse", a réagi l'avocate Corinne Lepage qui a représenté les deux communes dans cette affaire. "Le tribunal donne la compétence au maire pour agir" et interdire les pesticides sur sa commune, et "le tribunal considère sur le fond, dans la mesure où la dangerosité des produits est suffisamment établie, que le maire peut réglementer comme il l'a fait", explique l'avocate à Franceinfo.

 

 

"Le maire a pu à bon droit considérer que les habitants étaient exposés à un danger grave justifiant qu'il prescrive les mesures" contenues dans son arrêté, et qui avaient été contestées devant la justice par la préfecture, ajoute Corinne Lepage.

 

 

A la lumière de cette décision, on va aller voir ce qu'il en est pour les communes rurales en s'appuyant sur cette jurisprudence. Corinne Lepage sur franceinfo

 

 

Le juge des référés a validé les deux arrêtés, en rejetant les contestations de la préfecture "sur l'urgence", mais pas encore sur le fond. "Mais vu les motivations du référé, il va être rejeté sur le fond aussi", estime Corinne Lepage.

 


08/11/2019
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Franceinfo - le jeudi 7 novembre 2019

 

 

Selon l'Inserm, une molécule utilisée dans des fongicides agricoles est toxique pour l'environnement et pour l'homme

 

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franceinfoRadio France

 

 

Des chercheurs avaient déjà alerté en 2018 sur la dangerosité de cette molécule. En vain

 

 

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Une étude de l'Inserm révèle que certains fongicides, pulvérisés comme ici par un tracteur sur un champ, seraient toxiques pour l'Homme. (JEAN-MARC QUINET / BELGA MAG)

 

 

 

L'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) montre, dans une étude publiée ce jeudi et dont franceinfo a eu connaissance, qu'une molécule utilisée dans des fongicides agricoles est toxique pour l'environnement et les cellules humaines.

 

 

Ces pesticides contiennent des substances nommées SDHI (pour inhibiteurs de la succinate déshydrogénase) qui ont pour principe de bloquer une enzyme impliquée dans la respiration cellulaire des champignons. "Nous montrons que huit des onze SDHI actuellement autorisés en France sont toxiques pour les cellules humaines", explique Pierre Rustin, chercheur à l'Inserm et membre du CNRS, qui a participé à cette étude.

 

 

 

Des risques accrus de maladies comme Parkinson ou Alzheimer

En 2018, des chercheurs avaient déjà alerté sur la dangerosité de cette molécule mais en janvier 2019, l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail), avait conclu qu’il n’y avait pas d'éléments pour justifier une alerte sanitaire. Cette fois, c'est l'Inserm, un organisme de recherche public, dont certains chercheurs sont eux-même membres de l'Anses, qui remet en cause l'autorisation des SDHI.

 

 

Selon Pierre Rustin, ces substances augmentent le risque de maladies neurologiques "telles que Parkinson ou Alzheimer", en particulier pour les agriculteurs utilisateurs de ces produits. Le fongicide a également des effets délétères sur les vers de terre et les abeilles.

 

 

 

Des fongicides utilisés pour les fraises... et les terrains de football

Le SDHI est autorisé en France et en Europe. Il entre dans la préparation de nombreux fongicides. Il est utilisé dans l’agriculture, dans onze produits autorisés en France pour le blé, le colza mais aussi les fraises, les carottes ou la vigne. Et sur des terrains de football.  

 


08/11/2019
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Franceinfo - le mercredi 6 novembre 2019

 

 

Climat : la France et la Chine réaffirment leur soutien "ferme" à l'"irréversible" accord de Paris

 

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franceinfo avec ReutersFrance Télévisions

 

 

La prise de parole conjointe d'Emmanuel Macron et de Xi Jinping a eu lieu à quelques heures de la clôture de la visite du président français en Chine

 

 

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Emmanuel Macron, président français, avec son homologue chinois Xi Jinping, à Pékin (Chine) le 6 novembre 2019. (NICOLAS ASFOURI / AFP)

 

 

 

Un pied-de-nez à Washington. La France et la Chine ont réaffirmé, mercredi 6 novembre, dans un "appel de Pékin" sur le climat, leur "ferme soutien" à l'accord de Paris. Au troisième et dernier jour de la visite du chef de l'Etat français en Chine, Emmanuel Macron et Xi Jinping ont qualifié les engagements pris à l'issue de la COP 21 de "processus irréversible" et de "boussole", deux jours après la notification formelle par les Etats-Unis de leur intention de se retirer de ce texte conclu en 2015.

 

 

Signé par l'administration de Barack Obama, l'accord de Paris de décembre 2015 engageait Washington à réduire de 26% à 28% les émissions de gaz à effet de serre des Etats-Unis d'ici 2030 par rapport à leurs niveaux de 2005 – sachant que le pays est le premier émetteur de gaz à effet de serre (GES) dans le monde devant la Chine.

 

 

Le retrait américain de l'accord de Paris était une promesse de campagne de Donald Trump : selon le locataire de la Maison Blanche, le texte met à mal l'économie de son pays. Cette notification formelle aux Nations unies est la première étape d'un processus qui devrait durer un an et s'achever le 4 novembre 2020, au lendemain de la prochaine élection présidentielle américaine.

 


06/11/2019
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Franceinfo - le mercredi 6 novembre 2019

 

 

Brésil : les incendies font-ils toujours rage en Amazonie ?

 

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Fabien MagnenouFrance Télévisions

 

 

Il y a des incendies toute l'année dans le pays, en raison notamment de la déforestation et du réchauffement climatique. Le nombre de feux est toutefois en nette diminution à cette période de l'année qui précède la saison des pluies

 

 

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Un incendie près d'Itaituba, dans l'Etat brésilien de Para, le 10 septembre 2019. (NELSON ALMEIDA / AFP)

 

 

 

Au mois d'août, les images de l'Amazonie en flammes ont fait le tour du monde et ont suscité un vif émoi dans l'opinion. A tel point que deux mois plus tard, franceinfo reçoit toujours de nombreuses questions de lecteurs sur l'état de la situation au Brésil. L'Amazonie brûle-t-elle toujours ? Pour connaître la réponse, il faut se concentrer sur les relevés satellites de l'Institut national de recherche spatiale du Brésil (INPE), qui fait référence dans la détection des foyers d'incendie dans le pays et en Amérique du Sud. Voici, par exemple, le relevé du mardi 29 octobre. On y voit des feux encore actifs (les points colorés) dans le biome amazonien, parfois même dans les zones naturelles protégées (en vert).

 

 

 

Feux dans le biome amazonien et au Brésil enregistrés dans la journée du 29 octobre 2019 par l\'INPE.

Feux dans le biome amazonien et au Brésil enregistrés dans la journée du 29 octobre 2019 par l'INPE. (INPE)

 

 

 

Nombre de ces foyers amazoniens sont allumés par les hommes, afin notamment de développer l'élevage. "Les arbres sont abattus quatre ou cinq mois avant le début de la saison sèche, le plus souvent dans des forêts déjà dégradées ou exploitées pour les essences qui ont de la valeur", explique Plinio Sist, directeur de l'unité de recherche Forêts et sociétés du Centre de coopération internationale en recherche agronomique (Cirad). Les surfaces sont ensuite embrasées en milieu de saison sèche, ce qui explique les pics annuels d'incendies aux mois d'août et surtout de septembre.

 

 

"Un mouvement freiné par l'envoi de l'armée"

"Nous sommes donc sur la fin des incendies de l'année, sauf si la saison sèche se prolonge et que les autorités relâchent leurs contrôles sur le terrain", résume le chercheur. Ce phénomène cyclique est documenté par les relevés satellites de l'INPE qui remontent à juillet 2010.

 

 

 

Nombre de foyers actifs en forêt amazonienne

détectés par méthode satellitaire

 

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Reste que le mois d'août 2019 a été marqué par un nombre record de foyers depuis 2010 – plus de 30 000. Cette nouvelle a fait l'effet d'une bombe alors que le nouveau président brésilien, Jair Bolsonaro, est connu pour ses positions controversées sur l'environnement. En témoigne la réduction des crédits alloués à l'agence de l'environnement brésilienne (Ibama), chargée de faire respecter le droit en forêt, et le limogeage début août du directeur de l'INPE, Ricardo Galvão, accusé par le président brésilien d'exagérer l'ampleur de la déforestation et d'être "au service des ONG".

 

 

 

Des membres de l\'agence de l\'environnement brésilienne (Ibama) luttent contre les flammes dans l\'installation rurale amazonienne de Nova Fronteira, dans l\'Etat de Pará, le 3 septembre 2019.

Des membres de l'agence de l'environnement brésilienne (Ibama) luttent contre les flammes dans l'installation rurale amazonienne de Nova Fronteira, dans l'Etat de Pará, le 3 septembre 2019. (GUSTAVO BASSO / NURPHOTO)


 

Les impressionnants incendies de cet été ont toutefois nourri des pressions médiatiques et diplomatiques, conduisant Jair Bolsonaro à signer un décret pour déployer l'armée et combattre les incendies et les trafics illégaux. Ce qui a fait chuter d'un quart le nombre de feux au mois de septembre. Après une visite aux Nations unies, le vice-président Hamilton Mourão, général en charge des opérations, a prolongé d'un mois le dispositif, dont le coût total devrait atteindre 90 millions de dollars.  

 

 

 

 

 

 

La baisse de ce mois d'octobre 2019 est liée à deux phénomènes, selon Ricardo Galvão. D'une part, "les feux de forêts sont survenus plus tôt cette année, au mois de septembre". D'autre part, "le gouvernement a envoyé des forces armées en Amazonie, pour aider à combattre les incendies et à en prévenir de nouveaux", précise-t-il à franceinfo. Pour autant, "la situation générale n'évolue pas nécessairement dans le bon sens", ajoute Plinio Sist.

 

 

Les foyers, en effet, sont en hausse un peu partout dans le pays. Ce constat est visible sur cette carte par Etat, qui montre l'évolution du nombre de feux cette année par rapport à la moyenne de la période entre 2014 et 2018 (nombres à la hausse en rouge, à la baisse en bleu).  

 

 

 

 

 

 

La tendance est encore plus alarmante quand on se penche sur les surfaces incendiées. Cette hausse "n'est pas exceptionnellement supérieure aux autres années, résume Arnaud Gaussier, co-directeur programme WWF. En revanche, la surface brûlée en août est trois fois supérieure à celle de l'année précédente. De janvier à septembre, les surfaces brûlées ont augmenté de 36% en comparaison avec la moyenne des dix dernières années."

 

 

Aussi spectaculaires soient-ils, ces incendies ne sont que "les mains armées de la déforestation", résume Plinio Sist. Quelque 7 853 km2 de terres amazoniennes ont été déboisées depuis le début de l'année, selon l'INPE, ce qui représente une hausse de 93% par rapport à la même période l'an passé (4 075 km2). La surface totale concernée par la déforestation en Amazonie brésilienne pourrait atteindre 10 000 km2 à la fin de l'année, une première depuis 2008. Il est même probable que les données soient sous-évaluées, estime Plinio Sist, car elles ne prennent pas en compte le nouveau déboisement de zones déjà exploitées par le passé puis abandonnées. Dans ces "fronts pionniers", pourtant, la forêt secondaire ouvre la régénération nécessaire à un nouveau cycle.

 

 

Pour l'ancien directeur de l'INPE, la communauté internationale devrait donc être davantage indignée par cette cause profonde que par les incendies.

 

 

Les feux d'Amazonie sont presque toujours la conséquence d’une déforestation. Cette forêt est humide, donc elle ne brûle pas spontanément. Les Européens étaient très émus par les images des forêts incendiées, mais il faudrait surtout réagir à la déforestation et au défrichage des terres.Ricardo Galvão, ancien directeur de l'INPE à franceinfo

 

 

 

Encore plus de feux dans la savane du Cerrado

Si le "poumon vert" de la planète attire tous les regards, d'autres régions sont tout autant concernées par le phénomène. Dans la zone humide du Pantanal, située dans le sud-ouest du pays, les feux ont ainsi brûlé une surface supérieure de 90% par rapport à l'an passé. Au mois d'octobre, le nombre de feux était plus important encore dans le Cerrado qu'en forêt amazonienne.

 

 

 

 

Unique au monde pour sa biodiversité, cette région de savane au cœur du pays est un écosystème propice aux incendies naturels. Contrairement à l'Amazonie, assez humide, le Cerrado "brûle spontanément à la saison sèche", explique à franceinfo Ricardo Galvão. Malgré tout, près de la moitié de la végétation originelle de ce biome a déjà disparu, car la baisse des investissements ne permet "pas de contrôler de manière efficace les feux dans la végétation originelle", relève Ludivine Eloy, chercheuse au CNRS et à l'UMR ART-DEV de l'université de Montpellier (Hérault).

 

 

Mais surtout, le feu y est également utilisé "pour convertir ces espaces en monocultures" – notamment de soja – et "le taux annuel de déforestation est [désormais] deux fois plus important au Cerrado qu'en Amazonie". Les zones protégées ne couvrent que 13,1% du territoire du Cerrado, contre 50,8% pour l'Amazonie. Plinio Sist ajoute que "le code forestier impose aux propriétaires un simple minimum de 30% de forêts sur les propriétés, contre 50% ou 80% en Amazonie".

 

 

 

Des pompiers luttent contre un incendie le 21 août 2019, près de Brasilia, dans le Cerrado brésilien, un paysage de savane où se développe la culture du soja.

Des pompiers luttent contre un incendie le 21 août 2019, près de Brasilia, dans le Cerrado brésilien, un paysage de savane où se développe la culture du soja. (MATEUS BONOMI / AGIF)


 

Ludivine Eloy met toutefois en garde contre une "vision binaire" des feux : "Tout autoriser d'un côté (déforestation, produits phytosanitaires et irrigation pour les plantations) et protéger strictement de l'autre (interdiction du feu et de l'usage des ressources naturelles dans les réserves légales et aires protégées)." Ces espaces sont en effet habités depuis des centaines d'années par des populations "qui savent gérer le feu et dépendent de ces ressources pour vivre".

 

 

 

Tout un continent confronté aux feux

Les politiques de gestion intégrée du feu doivent donc prendre en compte tous ces aspects. Par le passé, le Brésil a d'ailleurs déjà obtenu des résultats dans la lutte contre la déforestation. "Entre 2004 et 2012-2015, la déforestation avait baissé de 80%, passant de 2,7 millions d'hectares par an à 500 000 hectares, explique Plinio Sist. Le Brésil était alors un exemple de lutte contre la déforestation, avec des crédits pour l'INPE et l'Ibama, un rôle de l'armée, une lutte contre la corruption et une meilleure application des sanctions. Mais depuis 2015, la tendance est à la hausse."

 

 

Le phénomène semble même s'accélérer depuis l'arrivée au pouvoir de Jair Bolsonaro. La déforestation progresse désormais au rythme de 110 terrains de football par heure. "L'augmentation du nombre de feux est liée au sentiment d'impunité bien diffusé parmi les fermiers, précise Arnaud Gaussier. Jair Bolsonaro encourage tous les types d'investissement qui peuvent nuire à la forêt, avec de nouveaux permis miniers et de nouvelles infrastructures" – une nouvelle voie ferrée est notamment prévue entre les villes de Sinop (Etat du Mato Grosso) et Manaus (Amazonie).

 

 

Il existe une rhétorique politique qui réduit la déforestation à un problème technique ou comme un effet inévitable du développement économique au Brésil.Ludivine Eloy, chercheuse au CNRS à franceinfo

 

 

La médiatisation des incendies a pourtant des conséquences économiques pour le pays : le nombre de vols American Airlines vers Manaus a par exemple diminué de 15% depuis l'été. Face à ces mauvais indicateurs, le président de l'institut brésilien du tourisme (Embratur) préfère souligner que "l'Amazonie n'a pas pris feu" et dénoncer les effets d'un "marketing négatif" venu de l'étranger. Cité par l'agence portugaise Lusa (en portugais), il s'en prend notamment à Emmanuel Macron pour avoir partagé une fausse photographie des incendies et avoir ainsi dégradé l'image du pays.

 

 

Le président Bolsanoro ne peut pas être directement lié à la déforestation et à l’accaparement illégal de terres en Amazonie. Mais ses discours représentent certainement un feu vert pour les bûcherons et les mineurs clandestins. La communauté scientifique doit se défendre avec force et c'est ce que j'ai choisi de faire.Ricardo Galvão, ancien directeur de l'INPE à franceinfo

 

 

Les arguments des autorités fédérales semblent donc faire mouche dans une partie de l'opinion et chez certains décideurs. Le cas brésilien, enfin, ne doit pas faire oublier la situation chez ses voisins amazoniens. Mi-septembre, plus de 2 200 feux de forêts avaient déjà été enregistrés sur l'année en Colombie, soit le nombre d'incendies le plus élevé depuis vingt ans. A la même période, en Bolivie, les feux avaient déjà dévasté plus de 1,7 million d'hectares de prairies depuis mai. C'est donc tout un continent qui doit relever le défi de la lutte contre les incendies et la déforestation.

 


06/11/2019
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Franceinfo - le dimanche 3 novembre 2019

 

 

Inde : New Delhi suffoque sous un nuage de pollution

 

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franceinfo avec ReutersFrance Télévisions

 

 

Devant l'ampleur du phénomène, exacerbé par la météo et par les brûlis agricoles dans les régions voisines, les autorités locales ont sonné l'alerte sanitaire et ordonné la fermeture des écoles, de même que la suspension des travaux de BTP

 

 

 

"La pollution a atteint des niveaux insoutenables dans le nord de l'Inde", a commenté le ministre en chef de Delhi, Arvind Kejriwal. Dimanche 3 novembre, la pollution atmosphérique a atteint son plus haut niveau cette année dans l'agglomération de New Delhi, la capitale indienne. Un brouillard compact s'est formé dans la ville. Une trentaine de vols ont dû être déroutés par manque de visibilité : les avions ne pouvaient pas atterrir.

 

 

Les rues se sont partiellement vidées dimanche, de nombreux habitants, inquiets pour leur santé, préférant rester chez eux. Devant l'ampleur du phénomène, exacerbé par la météo et par les brûlis agricoles dans les régions voisines, les autorités locales ont sonné l'alerte sanitaire. Elles ont ordonné la fermeture des écoles, ainsi que la suspension des travaux de BTP.

 

 

 

Hausse du nombre de cas de problèmes respiratoires

L'indice mesurant la concentration de particules fines dans l'air a dépassé les 900, bien au-delà du niveau "sévère" (de 400 à 500), déjà considéré comme dangereux pour les patients souffrant des poumons mais aussi pour certaines personnes en pleine santé. Les médecins ont observé une hausse du nombre de cas de problèmes respiratoires, selon Local circles, un cabinet de consultants menant des études sur les politiques publiques.

 

 

Aucune amélioration n'est à prévoir au cours des 24 à 48 prochaines heures compte tenu notamment du niveau d'humidité dans l'air, a prévenu l'agence gouvernementale surveillant la qualité de l'air (Safar).

 


05/11/2019
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Franceinfo - le dimanche 3 novembre 2019

 

 

Tempête Amélie : 100 000 foyers privés d'électricité dans le Sud-Ouest, des inondations frappent le Sud-Est

 

 

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Raphaël GodetIlan CaroFrance Télévisions
 

 

 

Des rafales de vents à 163 km/h ont notamment été relevées au Cap Ferret, en Gironde, dans la nuit de samedi à dimanche

 

 

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La tempête Amélie a causé des dégats à Lacanau (Gironde), dimanche 3 novembre 2019.  (MARIE-CANDICE DELOUVRIE / FRANCE TELEVISIONS)

 

 

 

 

CE QU'IL FAUT SAVOIR

 

 

La tempête Amélie passe sur l'hexagone. Dimanche 3 novembre, quinze départements sont toujours placés en vigilance orange par Météo France aux vents violents (l'Allier, le Cantal, la Dordogne, le Puy-de-Dôme, la Haute-Vienne, la Creuse, la Corrèze, La Vendée, la Charente-Maritime, la Gironde, la Charente, les Landes, les Pyrénées-Atlantiques, les Deux-Sèvres et la Vienne). Deux autres départements sont en vigilance orange aux orages et pluie-inondation (les Alpes-Maritimes et la Corse-du-Sud).

 

 

Des vents à plus de 160 km/h. Des rafales de vents à 163 km/h ont été relevées au Cap Ferret, en Gironde, dans la nuit de samedi à dimanche, 146 km/h à Belle-Ile-en-Mer, la plus forte rafale relevée sur place pour un mois de novembre depuis 1996, 140 km/h à Messanges, dans les Landes, 120 km/h sur l'ile de Groix et sur l'île d'Yeu. Des dégâts ont été signalés en Charente et Charente-Maritime, où 7 500 foyers ont été privés d'électricité, le port de la Rochelle a subi quelques dégâts. En Vendée, au total 70 interventions ont été effectuées par les pompiers, pour des branches tombées sur les voies notamment.

 

 

L'accès au pont de l'île d'Oléron est interdit aux vélos et aux camions, les liaisons maritimes vers île d'Aix sont suspendues jusqu'à 18h ce dimanche soir.

 

 

Des inondations dans le Sud-Est. De fortes pluies touchent également le Sud-Est du pays. Une quarantaine de personnes ont été mises en sécurité à Vitrolles, dans les Bouches-du-Rhône, prises au piège par la montée des eaux dans leur véhicule ou à domicile ainsi qu'une quarantaine de gens du voyages évacués. Il est tombé l’équivalent d’un mois de pluie en 1h à Marseille (42 mm), dans la région de Nice, il est tombé plus de 50 mm de pluie en 30 minutes ce qui a occasionné des inondations locales.

 

 

L'autoroute A8 est coupée ce dimanche matin entre Nice-centre et Nice-nord à cause de coulée de boue, provoqué les fortes pluies.

 


03/11/2019
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Franceinfo - le samedi 1er novembre 2019

 

 

Jane Fonda, militante de toujours, est devenue une figure des manifestations contre le réchauffement climatique

 

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France 2France Télévisions
 
 

L'actrice a plusieurs fois été interpellée, ces dernières semaines, pour sa participation à des manifestations interdites à Washington

 

 

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Jane Fonda, 81 ans, était à Paris à l'occasion d'une rétrospective organisée à La Cinémathèque française. © BERTRAND GUAY / AFP

 

 

 

Vous la connaissez sans doute davantage pour ses films. Mais l'actrice américaine Jane Fonda est également devenue une fervente militante de la lutte contre le dérèglement climatique. Elle a une nouvelle fois été arrêtée, vendredi 1er novembre, lors d'une manifestation non-autoritée à Washington et devrait passer une nuit en détention, pour récidive.

 

 

 

"Battez-vous pour le climat en France"

Sur le Capitole, dimanche, elle a même adressé un message aux Français, par l'intermédiaire de la caméra de France 2 : "Restez forts. Restez courageux. Battez-vous pour les droits de vos travailleurs et pour le climat en France, et partout dans le monde".

"J'ai eu une belle vie. Si je n'utilise pas le temps qu'il me reste et ma célébrité à aider les gens à prendre conscience de l'urgence climatique, alors à quoi je sers ?", avait déjà expliqué celle qui a confié son admiration pour Greta Thunberg.

 

 

Ce n'est pas le premier engagement militant de l'actrice de 81 ans. Plus jeune, déjà, elle avait protesté contre la guerre commerciale, rencontrant les responsables communistes à Hanoï, et avait affiché son soutien à la lutte des Noirs américains pour les droits civiques, pour les droits des femmes et ceux des Palestiniens.

 


02/11/2019
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Franceinfo - le lundi 21 octobre 2019

 

 

Le numérique mondial consomme cinq fois plus de ressources naturelles que le parc automobile français

 

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Anne-Laure BarralRadio France

 

 

Le cabinet d'experts GreenIT alerte sur l’évolution très rapide du secteur, qui va doubler ses émissions de gaz à effet de serre d’ici 2025, selon une étude que franceinfo vous révèle lundi

 

 

 

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Site d'extraction de terres rares dans la région de Ganxian, en Chine. (ZHONG SHI / FEATURECHINA / MAXPPP)

 

 

 

Nos objets électroniques ont un gros impact sur l'environnement. Leur fabrication consomme de l’eau, de l’énergie et des ressources non renouvelables comme des minerais. Une étude inédite du cabinet GreenIT, publiée mardi 22 octobre et que franceinfo s'est procurée, estime que le secteur du numérique pèse cinq fois plus que le parc automobile français. 

 

 

Avec 4,1 milliards d'utilisateurs et 34 milliards d’appareils comme des téléphones, des tablettes ou des ordinateurs, l’empreinte environnementale du numérique équivaut à un territoire de deux à trois fois la taille de la France. Le numérique mondial pompe beaucoup de ressources de la planète : de l’eau, de l’énergie, mais aussi des minerais non renouvelables comme l’antimoine, le zinc, ou l’or...

 

 

>> "Le billet vert" : la chronique d'Anne-Laure Barral sur l'empreinte environnementale du numérique mondial

 

 

GreenIT est un cabinet d’experts, d’entreprises et d’associations comme le WWF ou HOP, qui se penchent depuis 15 ans sur les pratiques environnementales du numérique. Leur étude nous alerte sur l’évolution très rapide du secteur. Le numérique va doubler ses émissions de gaz à effet de serre (GES) d’ici 2025 et tripler ses impacts environnementaux, notamment avec le développement des mines... alors qu’il a déjà de gros besoins.

 

 

Empreinte environnementale du numérique mondial, Frédéric Bordage, étude GreenIT 2019.


Empreinte environnementale du numérique mondial, Frédéric Bordage, étude GreenIT 2019. (GREENIT.FR)

 

Le secteur numérique risque donc d’aggraver la crise écologique s’il ne recycle pas plus ses produits. En France, par exemple, seulement 6% des téléphones sont recyclés sur les 24 millions vendus neufs. Mais cette étude est aussi une alerte pour l’activité économique du secteur, qui risque de scier la branche sur laquelle il est assis. En effet, elle cite les données d’une étude de McKinsey & Company sur le secteur minier qui estime qu’il ne reste par exemple que 12 ans de réserves d’antimoine, une substance chimique utilisée dans la fabrication de nos objets électroniques.

 


22/10/2019
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