L'AIR DU TEMPS

L'AIR DU TEMPS

MEDECINE - Santé

Chaque époque apporte son lot d'évolution. Il en est un, tout particulièrement intéressant, qui concerne la médecine. Que d'améliorations au fil de l'histoire ! Voilà où nous en somme aujourd'hui, en plein XXIème siècle...

 


Franceinfo -

 

 

Coronavirus : British Airways annonce la suspension immédiate de tous ses vols vers la Chine

 

 

 

La compagnie explique, mercredi, avoir pris cette décision "à la suite de la recommandation du ministère des Affaires étrangères"

 

 

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Un avion de la compagnie British Airways, près de Londres, en 2019. (NICOLAS ECONOMOU / NURPHOTO / AFP)

 

 

 

 

Ce qu'il faut savoir

 

 

Le bilan de l'épidémie de coronavirus s'alourdit en Chine. Les autorités sanitaires chinoises (unique source dont franceinfo dispose) ont fait état, mercredi 29 janvier, de 132 morts et de 5 974 cas confirmés de contamination dans tout le pays. La compagnie aérienne British Airways a annoncé la suspension immédiate de tous ses vols vers la Chine continentale, à la suite de la consigne émise par le Royaume-Uni d'éviter de se rendre dans le pays en raison du nouveau coronavirus. Suivez la situation dans notre direct.

 

 

Le bilan continue de s'alourdir. Les autorités sanitaires chinoises ont dénombré 5 974 cas confirmés de contamination en Chine continentale, soit plus de 1 400 de plus que la veille, tandis que le bilan s'aggrave à 132 décès. Plus de 9 000 cas suspects de contamination sont par ailleurs en cours d'examen.

 

 

British Airways suspend tous ses vols vers la Chine. "Nous avons suspendu tous les vols vers et en provenance de la Chine continentale avec effet immédiat à la suite de la recommandation du ministère des Affaires étrangères", explique la compagnie aérienne dans un communiqué, mercredi.

 

 

La France prépare un premier rapatriement. Un avion français doit atterrir jeudi à Wuhan, foyer de l'épidémie, afin de ramener les premiers rapatriés français "probablement vendredi", selon la ministre de la santé Agnès Buzyn. Ces personnes seront soumises à une quarantaine de 14 jours à leur retour.

 

 

Le Japon a rapatrié ses premiers ressortissants. Quelque 206 ressortissants nippons évacués de la ville de Wuhan, principal foyer du nouveau coronavirus, sont arrivés mercredi matin à Tokyo. Un avion américain, qui doit décoller mercredi des Etats-Unis, doit évacuer le personnel de leur consulat dans cette ville ainsi que d'autres ressortissants américains.

 

 

La Polynésie française renforce ses contrôles. Le gouvernement de la Polynésie française a annoncé une série de mesures pour limiter les risques de propagation du coronavirus sur son sol, malgré un risque d'introduction jugé "faible". Il a précisé qu'il exigeait notamment une attestation médicale datant de moins de quinze jours pour tous les voyageurs en provenance d'Asie. Il a également indiqué être "défavorable à toute demande de permis de séjour et refusera tout permis de travail de ressortissants chinois jusqu'à nouvel ordre".

 

 

Annulation des épreuves de Coupe de monde de ski alpin prévues en Chine en février. "En raison de l'épidémie et de la propagation continue du nouveau coronavirus, la FIS et l'Association chinoise de ski ont décidé conjointement d'annuler les prochaines courses de la Coupe du monde masculine prévues les 15 et 16 février 2020 à Yanqing", indique la Fédération internationale dans un communiqué. Cette course devait être le premier test event avant les JO d'hiver de 2022 à Pékin.

 


29/01/2020
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Franceinfo - le lundi 27 janvier 2020

 

 

Vol direct vers la France, équipe médicale, quarantaine... Comment va se dérouler l’opération de rapatriement des Français habitant Wuhan ?

 

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Solenne Le HenRadio France

 

 

La communauté française de Wuhan compte environ 800 personnes. Toutes celles qui le souhaitent seront rapatriées

 

 

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Des passagers à l'aéroport de Pékin le 11 mars 2019. Illustration. (STEPHEN SHAVER / MAXPPP)

 

 

 

Un situation "grave" selon Xi Jinping, le président chinois, qui a reconnu samedi que l'épidémie de coronavirus qui sévit en dans le pays "s'accélère".  À Wuhan, le cœur de l’épidémie en Chine, le gouvernement français va organiser un "rapatriement par voie aérienne directe" pour tous les Français qui le souhaitent, a annoncé dimanche soir la ministre de la Santé Agnès Buzyn, à l'issue d'une réunion à Matignon.

 

 

>> Suivez notre direct sur l'épidémie du nouveau coronavirus

 

 

 

Un vol direct vers la France  

Il n’est plus question de déplacer les Français habitant Wuhan à 300 km du foyer de l’épidémie, comme cela avait un temps été envisagé par les autorités françaises. À la demande d’une partie de la communauté française de Wuhan, qui compte 800 personnes, la décision prise dimanche par le gouvernement est finalement de rapatrier tous ceux qui le souhaitent.

 

 

Ces Français doivent se faire connaître auprès du consulat général sur place. Ils embarqueront à bord d’un vol direct depuis Wuhan vers la France, une solution négociée avec le gouvernement chinois. Le vol aura lieu en milieu de semaine, selon Agnès Buzyn. La ministre de la Santé précise qu’une équipe médicale accompagnera les passagers.

 

 

 

Un confinement dans un lieu indéterminé

Toutes les personnes rapatriées seront emmenées dans un lieu. Cet endroit n’est pas encore déterminé. Pendant cette période de confinement, tous bénéficieront d’un suivi médical renforcé. Les rapatriés resteront donc en quarantaine durant 14 jours pour éviter toute propagation du virus sur le sol français, pour lever tout doute.

 

 

 

14 jours de quarantaine

C'est la durée estimée pour permettre de dépasser le délai d’incubation. Pour tous les virus, il y a un délai entre le moment où vous attrapez le virus et le moment où vous déclarez la maladie, celui où apparaissent les premiers symptômes.

 

 

Pour ce coronavirus, les scientifiques estiment que ce délai d’incubation varie entre 2 et 12 jours, il est en moyenne aux alentours d'une semaine. Si au bout de 14 jours personne n’est tombé malade, la quarantaine pourra être levée, car les personnes rapatriées n’auront plus aucun risque de déclarer le coronavirus. Une garantie que le virus ne pourra pas se propager sur le sol français.

 


27/01/2020
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Franceinfo - le dimanche 26 janvier 2020

 

 

Coronavirus en Chine : "La communauté française est dans la peur", confie un médecin français sur place

 

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avec Simon LeplâtrefranceinfoRadio France

 

 

Le correspondant de franceinfo à Shanghai décrit "une psychose" qui s'empare de la population, tandis que Philippe Klein, médecin à Wuhan, souligne l'épuisement du personnel médical

 

 

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Les restrictions de circulation s'étendent en Chine dans l'espoir d'enrayer l'épidémie. (HU GUOLIN / MAXPPP)

 

 

 

Philippe Klein, médecin à la Clinique Internationale de Wuhan en Chine, observe sur franceinfo que, sur place, "la communauté française est dans la peur". Toutefois, ajoute-t-il, "elle respecte le confinement" mis en place par les autorités dans cette ville de 11 millions d'habitants, foyer de l'épidémie de coronavirus. Ailleurs dans le pays, le correspondant de franceinfo à Shanghai décrit "une psychose" qui s'empare de la population, avec notamment des villages qui se barricadent pour ne laisser entrer personne.

 

 

>> Après la confirmation de trois cas positifs en France, huit questions pas si bêtes sur le nouveau coronavirus chinois

 

 

Le Dr Klein raconte qu'il a été obligé de sortir de chez lui pour aller voir ses patients à leur domicile.  

 

 

Depuis cette nuit il y a une mesure de restriction de la circulation mais j'ai constaté que des véhicules circulaient et qu'un centre commercial était ouvert et achalandé. Philippe Klein à franceinfo

 

 

Philippe Klein se félicite de la mise en place de ces mesures de confinement qu'il juge "importantes et nécessaires pour permettre d'isoler toutes les personnes infectées". Toutefois, concernant la réaction sanitaire chinoise, "il y a eu un phénomène d'épuisement du personnel médical civil et ce personnel a dû être remplacé par des personnels médicaux de l'armée chinoise ici à Wuhan".

 

 

 

Sans masque "vous faites peur aux gens"

"Il y a une inquiétude importante, auprès de la population, conclut le Dr Klein. Cela est lié au fait que les centres qui accueillent les patients susceptibles d'être infectés sont extrêmement chargés".

 

 

À près de 700 kilomètres de Wuhan, Simon Leplâtre, le correspondant de franceinfo à Shanghai, la plus grande ville du pays, décrit lui aussi un phénomène de psychose : "Dans un magasin, quelqu'un m'a dit : 'Vous devriez porter un masque, sinon vous faites peur aux gens'". "La Chine se barricade", raconte encore Simon Leplâtre. Les villes, les villages et les résidences se mettent à filtrer les entrées. Dans certains complexes, les livreurs de repas sont priés de laisser leurs colis à l'entrée pour éviter les contacts avec leurs clients.

 

 

À Pékin, les bus qui connectent la ville avec le reste du pays ont été supprimés. Certains villages se barricadent et refusent l'accès des personnes provenant de l'extérieur.

 


26/01/2020
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Franceinfo - le samedi 25 janvier 2020

 

 

Coronavirus : Hong Kong décrète le niveau d'alerte maximal

 

 

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L'épidémie se répand rapidement, avec 1 300 cas de contamination dont 41 mortels recensés samedi en Chine. Le pays est ainsi entré dans l'année du Rat sous le signe du coronavirus, parti en décembre de la ville de Wuhan, placée de facto en quarantaine

 

 

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Des personnes portent un masque à Hong Kong le 24 janvier 2020. (VERNON YUEN / NURPHOTO / AFP)

 

 

 

CE QU'IL FAUT SAVOIR

 

 

Le virus continue de se propager. La Chine intensifie ses efforts pour contenir la propagation d'un nouveau virus mortel avec le confinement de plus de 40 millions de personnes, mais le bilan ne cesse de s'alourdir. La maladie causée par ce coronavirus, apparu en décembre sur un marché de Wuhan, une ville du centre de la Chine, a fait 41 morts dans le pays, et le nombre de personnes contaminées a bondi à près de 1 300, ont précisé, samedi 25 janvier, les autorités locales.

 

 

Hong Kong a décrété samedi le niveau d'alerte sanitaire maximal sur son territoire afin de renforcer les mesures de lutte contre la propagation de l'épidémie apparue dans la ville chinoise de Wuhan. "Je relève aujourd'hui le niveau de réponse à la catégorie 'urgence'", a annoncé aux journalistes la cheffe de l'exécutif local, Carrie Lam. Suivez les dernières informations dans notre direct.

 

 

Trois cas en France. Ce sont les premiers recensés en Europe : trois cas ont été "confirmés", a annoncé vendredi soir le ministère de la Santé. Les trois personnes avaient séjourné en Chine et sont hospitalisées à Bordeaux (sud-ouest) et à Paris, avec des mesures "d'isolement". A Bordeaux, "le patient est âgé de 48 ans, il revient de Chine, il est passé par la ville de Wuhan, il a consulté pour des symptômes le 23 janvier [jeudi]", a indiqué Agnès Buzyn. Sur les cas parisiens, peu de choses sont connues pour l'instant.

 

 

L'armée chinoise envoyée en renfort. L'armée a envoyé dans la zone interdite trois avions qui ont débarqué vendredi soir 450 médecins militaires et autres personnels médicaux. Certains d'entre eux ont l'expérience de la lutte contre Ebola et le Sras. Les médecins militaires doivent être répartis dans les hôpitaux de la ville qui accueillent un grand nombre de patients de la pneumonie virale, a précisé l'agence Chine nouvelle. La construction d'un site devant accueillir un millier de lits a commencé vendredi. Il doit être achevé... dans 10 jours, le 3 février, selon les médias publics.

 

 

Des mesures nationales de dépistage dans les transports. La Chine a ordonné des mesures nationales de dépistage du nouveau virus dans les trains, les bus et les avions, afin de tenter d'endiguer l'épidémie. Des points d'inspection vont être mis en place et tous les voyageurs présentant des symptômes de pneumonie seront "immédiatement transportés" dans un centre médical, a annoncé dans un communiqué la Commission nationale de la santé. De plus, la circulation des véhicules à moteur non-essentiels sera interdite à compter de samedi minuit (17 heures, heure de Paris) à Wuhan, la ville chinoise au cœur d'une épidémie de pneumonie virale, ont annoncé les autorités locales.

 

 

Le cordon sanitaire élargi. La Chine a annoncé, samedi, l'élargissement du cordon sanitaire imposé pour endiguer la propagation du nouveau virus apparu à Wuhan, ce qui a pour conséquence d'isoler du monde 56 millions de personnes, selon un calcul de l'AFP. Ce dispositif  implique notamment l'arrêt des transports publics à destination de ces agglomérations, et la fermeture des bretelles d'autoroute les desservant.

 


25/01/2020
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Franceinfo - le samedi 25 janvier 2020

 

 

Face au coronavirus, la Chine prend des mesures drastiques pour montrer qu'elle "a tiré les leçons du Sras"

 

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Pékin a annoncé la mise en quarantaine de dix-huit villes, ce qui a pour conséquence d'isoler du monde 56 millions de personnes, selon un calcul de l'AFP. Une mesure inédite

 

 

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Une équipe médicale prend en charge un patient atteint par le coronavirus dans un hôpital de Wuhan (Chine), le 18 janvier 2020.   (AFP)

 

 

 

Le bilan de l'épidémie continue d'augmenter en Chine. Dans le pays, le nombre de personnes contaminées par le nouveau coronavirus a bondi à près de 1 300 et 41 en sont mortes, selon un nouveau bilan communiqué samedi 25 janvier par les autorités. Des patients infectés ont été recensés en Asie – à Hong Kong, à Macao, à Taïwan, en Corée du Sud, au Japon, en Thaïlande, à Singapour et au Vietnam – ainsi qu'aux Etats-Unis. Toutes ces personnes sont passées par Wuhan, mégalopole de l'est de la Chine d'où est partie l'épidémie.

 

 

Face à cette progression du virus, Pékin a adopté des mesures draconiennes. Wuhan et dix-sept autres villes ont été placées en quarantaine. Environ 56 millions de personnes, selon les estimations de l'AFP, vivent ainsi coupées du monde, avec l'obligation de porter un masque, alors que commencent ce vendredi les congés du Nouvel An lunaire. A Pékin, les festivités, qui drainent habituellement des centaines de milliers de badauds, ont été annulées. Autres symboles : la Cité interdite et une partie de la Muraille de Chine ont été fermées jusqu'à nouvel ordre pour éviter tout risque de contamination entre les visiteurs. 

 

 

 

Changement de communication 

Tedros Adhanom Ghebreyesus, le directeur de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), a salué les mesures "très, très fortes" adoptées par Pékin pour endiguer le virus. "Nous espérons qu'elles seront à la fois efficaces et de courte durée", a indiqué jeudi l'agence onusienne, qui a renoncé, pour le moment, à déclarer une "urgence de santé publique de portée internationale", comme elle l'avait fait pour la grippe H1N1 en 2009 ou pour la fièvre Ebola en 2014. 

 

 

L'autorité sanitaire mondiale rappelle qu'à l'heure actuelle, toutes les victimes ont été contaminées lors d'un voyage en Chine. Selon Tedros Adhanom Ghebreyesus, "iI n'y a aucune preuve de transmission interhumaine en dehors de la Chine" et, dans le pays, celle-ci "semble être limitée à des groupes familiaux et à des travailleurs de la santé qui s'occupent des patients infectés".

 

 

C'est pourtant la révélation de la transmissibilité du virus entre humains qui a provoqué la riposte chinoise drastique à laquelle on assiste aujourd'hui. A Wuhan, les premiers cas ont été constatés dès le mois de décembre. Pourtant, à l'époque, les médias officiels qualifiaient ces témoignages de "rumeurs". 

 

 

"Les autorités locales ont très probablement tenté de dissimuler l'existence de la maladie", estime Larry Ong, du cabinet SinoInsider, spécialisé dans l'analyse des politiques chinoises. Ce n'est que lundi, lorsqu'un scientifique officiel chinois a annoncé que la transmission entre humains était "avérée", que le gouvernement central a commencé à prendre des mesures radicales et à sonner l'alerte au niveau international.

 

 

 

Des "erreurs" des autorités locales

Comment expliquer ce changement de braquet ? "En matière de santé, le gouvernement central chinois ne donne que les grandes lignes et distribue les enveloppes budgétaires. Ce sont ensuite les autorités locales, souvent très corrompues, qui décident de ce qu'elles font de ces fonds alloués", explique Carine Milcent, chercheuse au CNRS, professeure associée à l’Ecole d’économie de Paris et spécialiste du système de santé chinois. "On voit bien qu'il y a eu des erreurs commises par les autorités locales de Wuhan. Le gouvernement central a décidé de reprendre la main."

 

 

La Chine veut montrer au monde qu'elle gère la situation et qu'elle a tiré des leçons de l'époque du Sras. Quitte à sembler alarmiste. Carine Milcent, chercheuse au CNRS à franceinfo

 

 

Le syndrome respiratoire aigu sévère (Sras), provoqué par un coronavirus cousin de celui que nous connaissons aujourd'hui, avait provoqué une hécatombe. Entre 2002 et 2003, il s'était répandu comme une traînée de poudre et avait déclenché une psychose planétaire. Au total, 774 personnes y avaient succombé, dont 349 en Chine continentale. L'OMS avait alors pointé Pékin du doigt, accusant les autorités chinoises d'avoir tardé à donner l'alerte pour tenter de dissimuler la situation. 

 

 

 

Menace sur la croissance

Cette crise avait provoqué un ralentissement de l'économie chinoise, mais n'avait pas pénalisé durablement la croissance du géant asiatique, qui demeurait à l'époque la manufacture du monde. Aujourd'hui cependant, "la situation économique est plus difficile qu'elle ne l'était lors de l'épidémie de Sras", remarque Mary-Françoise Renard, professeure et responsable de l'Institut de recherche sur l'économie de la Chine (Idrec) à Clermont-Ferrand, interrogée par l'AFP.

 

 

L'année dernière, avec une croissance à 6,1%, la Chine a signé son score le plus faible depuis trente ans. Depuis le début de la guerre commerciale entre Pékin et Washington, les exportations, un des piliers de l'économie chinoise, souffrent durement des surtaxes douanières imposées par Donald Trump. 

 

 

Pour compenser, la Chine compte sur son économie intérieure et sur la consommation. Or, avec le coronavirus, "c'est le cœur même de la croissance économique" qui risque d'être touché "parce que les gens risquent de moins consommer. Ils ne voudront pas autant se déplacer pour aller au restaurant ou dans les lieux publics", analyse Mary-Françoise Renard. 

 

 

 

"Calmer la panique"

Dans un pays encore traumatisé par le Sras, cette nouvelle crise sanitaire met à l'épreuve le système de santé encore instable. "Il y a vingt ans, au moment de la pandémie [de Sras], il n'y avait pratiquement aucun système de santé en Chine. Depuis, beaucoup de choses ont été faites, mais le système demeure très inégalitaire et corrompu", explique Carine Milcent. Les villes placées en quarantaine accueillent beaucoup de travailleurs migrants, mais ces derniers n'ont pas les mêmes droits aux soins que les résidents permanents. "Par conséquent, pour être bien soigné, il faut donner une 'enveloppe rouge' [une expression qui désigne les dessous-de-table]", explique la spécialiste du système de santé chinois.

 

 

Ce contexte accentue l'engorgement des hôpitaux. "Les Chinois n'ont pas du tout confiance dans les petits centres de santé de quartier, où les médecins ne sont pas formés. Ils se ruent donc dans les grands hôpitaux de centre-ville qui sont surchargés, même s'ils ne sont pas sûrs d'être infectés par le virus", poursuit Carine Milcent. 

 

 

Imaginez si, au lieu d'aller voir son médecin traitant, tout le monde appelait le Samu ou fonçait aux urgences. Carine Milcent, chercheuse au CNRS à franceinfo

 

 

Face à l'afflux de patients, les autorités chinoises ont annoncé la construction express d'un hôpital à Wuhan, dédié à la prise en charge des malades infectés par le coronavirus. Le bâtiment, qui doit accueillir un millier de patients, devrait sortir de terre en seulement dix jours. Le site "atténuera la pénurie de ressources médicales", a promis, jeudi, l'agence officielle Chine nouvelle. 

 

 

 

 

Le chantier de construction d\'un hôpital spécialisé dans la prise en charge du coronavirus, le 24 janvier, à Wuhan. 

Le chantier de construction d'un hôpital spécialisé dans la prise en charge du coronavirus, le 24 janvier, à Wuhan.  (MAXPPP)


 

"Contrairement à l'époque du Sras, où rien n'était dit, le gouvernement communique beaucoup afin de calmer la panique et de montrer à la population que la situation est sous contrôle, analyse Carine Milcent. Même s'il faut bien avoir conscience qu'en Chine, toutes les informations sont contrôlées et sélectionnées."

 

 

 

 

Franceinfo - le vendredi 24 janvier 2020

 

 

 

 

Coronavirus : trois cas confirmés à Paris et à Bordeaux, les premiers en Europe

 

 

 

Trois patients ont été hospitalisés à Bordeaux et à Paris. Ils sont atteints du nouveau coronavirus chinois

 

 

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Le patient parisien atteint du coronavirus est hospitalisé à Bichat. (HUMBERT / AFP)

 

 

 

Le nouveau coronavirus chinois est arrivé en Europe, et plus précisément en France. Trois cas ont été "confirmés", les premiers recensés officiellement sur le Vieux Continent, a annoncé vendredi 24 janvier au soir le ministère de la Santé. Le troisième cas est un "proche parent de l'un des cas, qui était en cours d'investigation". Les trois personnes avaient séjourné en Chine et sont hospitalisées à Bordeaux (sud-ouest) et à Paris, avec des mesures "d'isolement".

 

 

A Bordeaux, "le patient est âgé de 48 ans, il revient de Chine, il est passé par la ville de Wuhan, il a consulté pour des symptômes le 23 janvier [jeudi]", a indiqué Agnès Buzyn. "Il est hospitalisé depuis hier à Bordeaux [où il vit], dans une chambre isolée. Il va bien. Il a été en contact avec une dizaine de personnes depuis son arrivée en France". Sur les cas parisiens, peu de choses sont connues pour l'instant. Ils se sont rendus, eux aussi, en Chine et sont actuellement hospitalisés à l'hôpital Bichat, en isolement.

 

 

 

"Il faut traiter une épidémie comme un incendie"

"Nous sommes en train de remonter l'histoire de ces patients positifs de façon à rentrer en contact avec les personnes qu'ils ont croisées", a expliqué la ministre, qui a précisé que la période d'incubation était probablement "autour de sept jours, entre deux et douze jours""Nous avons aujourd'hui les premiers cas européens, probablement parce que nous avons mis au point le test très rapidement et que nous sommes capables de les identifier", a estimé la ministre. "Il faut traiter une épidémie comme on traite un incendie, très vite repérer la source" et le "circonscrire le plus vite possible" a-t-elle encore déclaré. 

 

 

Les personnes avec qui les patients positifs au coronavirus ont été en contact doivent ainsi "prendre leur température plusieurs fois par jour, contacter le centre 15 en cas de symptômes et rester chez eux pour l'instant pour éviter tout contact ultérieur qui favoriserait la propagation du virus", a insisté Agnès Buzyn, appelant à ne surtout pas se rendre aux urgences.

 

 

 

"Fermer les frontières, ça n'est pas possible"

La ministre de la Santé a insisté sur le fait qu'il n'était pas possible de contrôler les "multiples voies" pour revenir de Chine : "On voit bien la difficulté dans un monde comme le nôtre de fermer les frontières, ça n'est en réalité pas possible""Pour les voyageurs qui rentrent de Chine, il est important de se surveiller, et au moindre signe respiratoire, ou si on a de la fièvre, il ne faut pas aller aux urgences, il faut appeler le centre 15 qui vient chercher le patient", a-t-elle insisté.

 

 

La Chine a intensifié vendredi ses efforts pour contenir la propagation de ce nouveau coronavirus mortel, avec le confinement de plus de 40 millions de personnes. Le bilan officiel de la maladie causée par ce coronavirus apparu en décembre sur un marché de Wuhan, une ville du centre de la Chine, s'est encore aggravé vendredi, avec 26 morts et plus de 800 cas recensés dans le pays.

 


25/01/2020
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Franceinfo - le jeudi 23 janvier 2020 - mis à jour le 24.01.2020

 

 

Nouveau coronavirus : un premier mort en Chine hors du foyer de l'épidémie, annoncent les autorités

 

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Comme le Sras, cette nouvelle maladie apparue en Chine se transmet entre humains et appartient à la famille des coronavirus

 

 

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Zhou Qiong, un médecin membre de l'équipe dédiée à la lutte contre l'épidémie de coronavirus qui sévit en Chine, à Hubei le 22 janvier 2020. (CHENG MIN / XINHUA)

 

 

 

Ce qu'il faut savoir

 

 

Les autorités françaises ne veulent pas alimenter de psychose au sujet du nouveau coronavirus, qui a déjà tué 18 personnes en Chine. Interrogée sur ce sujet jeudi 23 janvier à Paris, Agnès Buzyn a indiqué qu'"aucun cas douteux" n'avait été pour l'heure détecté en France. "Deux cas ont été investigués, mais se sont avérés négatifs", a précisé la ministre de la Santé. Suivez l'évolution de la situation avec franceinfo.

 

 

Un mort en Chine hors du foyer de l'épidémie. Un premier mort en Chine hors du foyer de l'épidémie a été annoncé. Les autorités chinoises ont confirmé que le bilan s'élevait désormais à 18 morts et 571 cas identifiés. Plus tôt, les autorités ont précisé que 393 autres cas suspects avaient été signalés. 

 

 

Pékin annule les célébrations du Nouvel An. Les festivités du Nouvel An chinois ont été annulées dans la capitale chinoise en raison de l'épidémie virale

 

 

Deux métropoles chinoises en quarantaine. La ville de Huanggang a par ailleurs suspendu jeudi la circulation des bus et des trains. Les autorités ont également ordonné la fermeture des cinémas et des cybercafés et demandent aux citoyens de ne pas quitter la ville. Huanggang est proche de Wuhan, métropole également mise en quarantaine et présentée comme le foyer de l'épidémie, dont aucun train ni avion ne peut sortir.

 


24/01/2020
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Franceinfo - le vendredi 24 janvier 2020

 

 

Nouveau coronavirus : la Chine se donne dix jours pour construire un hôpital destiné à accueillir un millier de patients contaminés

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

La Chine avait déjà construit à Pékin un hôpital en une semaine lors de l'épidémie de Sras en 2003

 

 

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Des employés travaillent à la construction d'un hôpital destiné à accueillir les patients contaminés par le coronavirus à Wuhan, le 24 janvier 2020. (AFP)

 

 

 

La Chine a engagé, vendredi 24 janvier, la construction d'un hôpital destiné à accueillir d'ici dix jours un millier de patients victimes du nouveau coronavirus, ont rapporté les médias publics. Il accueillera exclusivement des malades de la pneumonie virale d'origine inconnue qui a contaminé depuis décembre 830 personnes, dont 26 mortellement.

 

 

>> Epidémie de coronavirus : suivez l'évolution de la situation dans notre direct

 

 

Selon des images diffusées à la télévision, des dizaines d'engins de chantier sont occupés à préparer le terrain sur lequel doit s'élever l'établissement à Wuhan, la ville de 11 millions d'habitants au cœur de l'épidémie. Les travaux doivent être achevés en un temps record et l'hôpital, de 25 000 m2, ouvrira ses portes le 3 février, selon l'agence Chine nouvelle.

 

 

Le site "atténuera la pénurie de ressources médicales", a précisé l'agence de presse officielle. La ville de Wuhan, où sont concentrés la grande majorité des cas de contamination, a été placée jeudi sous quarantaine, les habitants n'étant plus autorisés à sortir. La Chine avait déjà construit à Pékin un hôpital dans un temps record – une semaine – lors de l'épidémie de Sras en 2003. Le site rassemblait des bâtiments préfabriqués.

 


24/01/2020
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Franceinfo - le mercredi 22 janvier 2020

 

 

Mises en quarantaine, contrôles aux frontières, masques... Comment s'organise la lutte contre le coronavirus en France et dans le monde

 

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franceinfoFrance Télévisions

 

 

L'OMS se réunit en fin de journée pour déterminer s'il convient de déclarer une "urgence de santé publique de portée internationale". Le virus, apparu en Chine, est désormais présent dans plusieurs pays d'Asie

 

 

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Un employé de l'aéroport de Calcutta (Inde) contrôle la température de passagers arrivant de Chine et d'Inde, le 22 janvier 2020.  (HANDOUT / MINISTRY OF CIVIL AVIATION / AFP)

 

 

 

Etat d'alerte contre l'épidémie. Le coronavirus, apparu en Chine le mois dernier, a fait 17 morts dans le pays, selon le dernier bilan communiqué par les autorités chinoises, mercredi 22 janvier. Alors que le virus a gagné plusieurs pays d'Asie et même les Etats-Unis, l'OMS (Organisation mondiale de la santé) doit se réunir en fin de journée pour déterminer s'il convient de déclarer une "urgence de santé publique de portée internationale".

 

 

Lors d'un coup de fil avec Emmanuel Macron, le président chinois, Xi Jinping, a assuré à son homologue français que la Chine avait adopté "des mesures de prévention et de contrôle stricts", selon des propos rapportés par l'agence Chine nouvelle. "La Chine est disposée à travailler avec la communauté internationale pour répondre efficacement à l'épidémie et maintenir la sécurité sanitaire dans le monde". Comment la Chine, la France et les autres pays luttent-ils concrètement contre la propagation du virus ? Franceinfo fait le point. 

 

 

 

En isolant les patients infectés ou suspects

Depuis l'annonce par un expert chinois, lundi, de la transmissibilité du virus entre humains, de nombreux gouvernements ont mis en place des mesures pour isoler les patients dès qu'ils présentent des symptômes. Contrairement au virus de la grippe, qui est déjà contagieux avant que les symptômes apparaissent, "en général, avec le coronavirus, on est contagieux à partir du jour où on a des symptômes, explique à franceinfo le professeur Yazdan Yazdanpanah, chef du service maladies infectieuses à l'hôpital Bichat, à Paris. Pour l'arrêter, il faut donc détecter les cas très rapidement et isoler." 

 

 

C'était le cas d'un citoyen français, soupçonné pendant un temps d'avoir contracté la maladie après un séjour à Wuhan, a expliqué Jérôme Salomon, directeur général de la Santé, qui dépend du ministère. 

 

 

Il a été pris en charge en isolement dans un établissement de référence. Il va bien, est rentré chez lui, tous les examens virologiques réalisés au Centre national de référence de l'Institut Pasteur sont négatifs.Jérôme Salomon, directeur général de la Santé

 

 

Dans les vols directs en direction et en provenance de Wuhan, des messages de précaution sont désormais diffusés, affirme le professeur Jérôme Salomon. Des affiches rappelant la conduite à tenir en cas de symptômes sont par ailleurs affichées dans les aéroports internationaux, comme à Roissy-Charles de Gaulle. En cas de doute, les personnes sont invitées à ne pas se rendre chez leur médecin ou à l'hôpital pour éviter les contacts, mais à rester chez elles et à appeler le Samu, indique Santé publique France dans un communiqué sur les conduites à tenir en cas de soupçons.

 

 

 

Ministère des Solidarités et de la Santé @MinSoliSante
 

[] Le Pr Jérôme Salomon rappelle les mesures d’information mises en place à l’aéroport Roissy- Charles-de-Gaulle, ainsi que les recommandations faites aux professionnels de santé, sur la prise en charge d’éventuels cas.

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La plupart des autres pays touchés ou potentiellement touchés ont pris des dispositifs similaires pour isoler les patients infectés. Aux Etats-Unis, un homme d'une trentaine d'années revenant d'un voyage à Wuhan, dont il est originaire, a contracté le virus. Il est arrivé le 15 janvier sans fièvre à l'aéroport de Seattle, et a lui-même contacté les services de santé locaux, dimanche, après avoir constaté des symptômes. Il a été hospitalisé par précaution et va bien. Il restera à l'isolement pendant encore au moins 48 heures, ont affirmé les Centres de prévention et de contrôle des maladies (CDC) américains. 

 

 

Quant à la Chine, principal pays touché par l'épidémie avec près de 300 cas confirmés, elle procède aussi à des mesures de quarantaine. Selon les autorités chinoises, 922 patients sont en ce moment placés en observation dans des hôpitaux.

 

 

 

En mettant en place des contrôles aux frontières 

Les passagers au départ de Wuhan et de Shanghai font l'objet d'une détection au moment de leur départ. "Il y a une sorte de porte et automatiquement la température est mesurée", raconte à France 2 un passager d'un vol Shanghai-Paris. 

 

 

 

 

 

 

Pour l'heure, la France n'a pas mis en place de contrôle systématique de la température des voyageurs en provenance de Chine. Selon le directeur général de la Santé, cette mesure, "pas recommandée par l'Organisation mondiale de la santé", est "complexe à mettre en place" et "pas très efficace". "Tout le monde n'est pas d'accord sur l'efficacité", abonde le professeur Yazdan Yazdanpanah, notant qu'un patient "peut prendre aussi un Efferalgan pour ne pas avoir de la fièvre" au moment du contrôle.  

 

 

Pourtant, un très grand nombre de pays ont mis en place des contrôles aux frontières. C'est notamment le cas de l'Australie, de la Corée du Sud, de la Russie, du Népal, de Singapour, de la Malaisie, du Vietnam, du Bangladesh et de l'Inde.

 

 

En Thaïlande, qui accueille à elle seule un quart des vols internationaux au départ de Wuhan, les autorités ont mis en place des détections thermiques obligatoires dans les aéroports de Bangkok, Chiang Mai, Phuket et Krabi, pour les passagers en provenance des zones chinoises à risques. En cas de fièvre, une quarantaine de 24 heures est imposée au passager.

 

 

A Hong Kong, les autorités se disent en "alerte maximale". L'aéroport de la ville, l'un des plus fréquentés au monde, procède déjà en temps normal au contrôle thermique de tous les passagers, mais les passagers qui arrivent de Wuhan doivent désormais remplir un formulaire supplémentaire. En cas de mensonge, ils s'exposent à des sanctions pouvant aller jusqu'à six mois de prison. Il en est de même aux Etats-Unis, où les passagers arrivant de Wuhan sont désormais soumis à un questionnaire et à une prise de température. 

 

 

 

En respectant des règles d'hygiène strictes

"D'abord, il faut porter le masque, surtout dans les gares et les trains", a affirmé à franceinfo le docteur Cheng de l'hôpital Tiangong, au sud de Pékin, relayant les consignes officielles du gouvernement. Après une relative indifférence au début de l'épidémie, le mois dernier, l'inquiétude s'empare du pays et beaucoup de Chinois portent désormais des masques respiratoires dans les grandes villes. 

 

 

Dans une pharmacie de Pékin, mercredi, une employée était obligée d'expliquer aux clients qu'elle n'avait plus de masques ni de produits désinfectants à vendre. "Les stocks sont à zéro à cause de ce qui se passe à Wuhan. Quand le nombre de cas s'est rapproché des 300, les gens ont réalisé que c'était grave", a-t-elle expliqué à l'AFP. 

 

 

Pour les ressortissants français qui se trouvent en Chine, le Quai d'Orsay a communiqué une série de mesures. Le ministère des Affaires étrangères recommande notamment "d'éviter tout contact avec des animaux vivants ou morts", avec "des personnes souffrant d’infection respiratoire aiguë" et de se laver régulièrement les mains avec de l’eau savonneuse ou avec une solution hydro-alcoolique. Près de la moitié des provinces du pays sont touchées, y compris des mégapoles comme Shanghai et Pékin, où le lycée français a diffusé des consignes de prévention et distribué du gel désinfectant aux élèves.

 

 

En France, aucune trace du virus n'a été détectée et le "risque d'introduction est faible", a indiqué Agnès Buzyn lors d'une conférence de presse. Il n'y a donc pas de consigne d'hygiène particulière à observer en dehors de celles déjà conseillées pour les autres maladies de saison.

 


22/01/2020
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Franceinfo - le mercredi 22 janvier 2020

 

 

Nouveau coronavirus : la Chine relève le bilan à 9 morts et plus de 440 contaminations

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

Ce virus, qui se transmet par les voies respiratoires, "pourrait muter et se propager plus facilement", a indiqué un responsable des autorités sanitaires chinoises

 

 

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Des personnes portent un masque de protection dans la rue à Pékin en Chine, le 21 janvier 2020. (ANNA RATKOGLO / SPUTNIK)

 

 

L'épidémie s'étend. Le nouveau coronavirus qui frappe la Chine a fait trois nouveaux décès. Au total, neuf personnes sont mortes dans le pays et plus de 440 cas ont été recensés, ont annoncé les autorités sanitaires mercredi 22 janvier. Le précédent bilan faisait état d'environ 300 cas et de six morts, tous à Wuhan, ville à l'épicentre de l'épidémie.

 

 

Ce virus, qui se transmet par les voies respiratoires, "pourrait muter et se propager plus facilement", a indiqué le vice-ministre de la commission nationale de la santé.  Celui-ci a annoncé des mesures pour contenir la nouvelle et mystérieuse maladie, notamment la désinfection et la ventilation des aéroports, des gares et des centres commerciaux.

 

 

Les autorités chinoises redoutent que le virus puisse se propager à la faveur des longs congés du Nouvel an chinois, qui commencent vendredi, et donnent lieu chaque année à des centaines de millions de voyages en car, en train ou en avion dans l'ensemble du pays. 

 

 

 

L'OMS se réunit en urgence

Près de la moitié des provinces de Chine sont touchées par l'épidémie, y compris des mégapoles comme Shanghai et Pékin. Un cas a été décelé à Macao, capitale mondiale des jeux d'argent, où les employés de casinos devront porter des masques.

 

 

Alors que des cas ont été confirmés au Japon, en Corée du Sud, en Thaïlande, à Taïwan et aux Etats-Unis, un comité ad hoc de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) se réunit mercredi à partir de 18 heures pour déterminer s'il convient de déclarer une "urgence de santé publique de portée internationale".

 

 

Nombre de pays asiatiques ayant des liaisons aériennes directes ou indirectes avec Wuhan ont renforcé les contrôles des passagers à l'arrivée. Même la Corée du Nord, proche alliée de Pékin, s'apprêterait à fermer ses frontières pour se protéger.

 


22/01/2020
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Franceinfo - le mardi 21 janvier 2020

 

 

Nouveau coronavirus : la Chine annonce un quatrième décès, un premier cas suspect recensé en Australie

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

Une réunion d'urgence doit se tenir mercredi à l'Organisation mondiale de la santé pour évaluer les risques de ce virus inconnu, semblable à une pneumonie

 

 

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Des passants portent des masques de protection à Pékin (Chine), le 21 janvier 2020. (KOKI KATAOKA / YOMIURI)

 

 

 

Le bilan continue de s'alourdir. Un homme de 89 ans est devenu la quatrième personne à succomber au nouveau coronavirus qui se répand à travers la Chine, ont annoncé mardi 21 janvier les autorités. L'homme est mort après avoir éprouvé des difficultés à respirer, à Wuhan, la ville située dans le centre du pays où s'est déclenchée l'épidémie.

 

 

Par ailleurs, un homme rentrant de Chine et présentant les symptômes du mystérieux virus a été placé à l'isolement à son domicile en Australie. Il s'agit du premier cas suspect en Australie de ce nouveau coronavirus. Un porte-parole des autorités sanitaires de l'Etat du Queensland a expliqué que cet homme est récemment rentré de Wuhan.

 

 

 

Des questions sur la transmission entre humains

Cette épidémie est due à un nouveau type de coronavirus, une famille comptant un grand nombre de virus pouvant provoquer des maladies bénignes ou des pathalogies plus graves comme le Sras (syndrome respiratoire aigu sévère). Le nouveau virus appartient d'ailleurs à la même famille que ce dernier, qui avait fait 774 morts dans le monde en 2002-2003, la plupart en Chine et à Hong Kong.

 

 

Lundi, un expert chinois a expliqué que ce nouveau virus était transmissible entre humains. L'OMS estime pour sa part qu'un animal semble être "la source primaire la plus vraisemblable", avec "une transmission limitée d'humain à humain par contact étroit". L'Organisation mondiale de la santé a annoncé la tenue mercredi d'une réunion d'urgence pour déterminer s'il convient de déclarer une "urgence de santé publique de portée internationale".

 


21/01/2020
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Franceinfo - le lundi 20 janvier 2020

 

 

"On ne veut pas attendre un drame" : pourquoi les urgences pédiatriques sont au bord de la crise sanitaire

 

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Guillemette JeannotFrance Télévisions

 

 

Depuis mars 2019, les services d'urgences exsangues réclament plus de moyens. Aujourd'hui, ce sont les services de pédiatrie qui tirent la sonnette d'alarme

 

 

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(ESTELLE RUIZ / NURPHOTO)

 

 

 

Depuis dix mois, les personnels soignants s'inquiètent de l'état de santé de l'hôpital public, notamment dans les services d'urgences en grève. Nouveau signe de cette montée de tension, ils sont à nouveaux mobilisés pour une journée de manifestations, un peu partout en France, lundi 20 janvier. La crise s'étend aujourd'hui à tous les étages de l'hôpital : les fermetures de lits et le manque de personnel touchent également les services d'urgences et de réanimation pédiatriques, qui sont contraints de transférer des enfants "en détresse" à des dizaines de kilomètres du domicile de leurs parents.

 

 

En ce début d'année, et en plein pic de maladies hivernales, les équipes pédiatriques alertent les pouvoirs publics sur la dégradation de leurs services et le possible risque d'une crise sanitaire. Médecins, infirmières et parents témoignent d'un quotidien alarmant.

 

 

 

"Ce transfert de nouveaux-nés est une sonnette d'alarme"

Tous les jours, quand le père de Marie* pousse la porte du service de réanimation néonatale de l'hôpital Bicêtre (Val-de-Marne) pour y voir sa fille "grande prématurée", il peut lire, sur une affiche placardée, le nombre d'enfants refusés à cause du manque de personnel. Depuis fin novembre, lui et sa compagne enchaînent les allers-retours au chevet de leur enfant hospitalisé depuis sa naissance. L'accouchement était prévu à l'hôpital Trousseau à Paris, qui est plus proche de leur domicile. Mais la saturation de celui-ci et les complications de santé de Marie, les ont menés à plus d'une heure trente de chez eux. "Cela aurait été l'enfer à gérer si ma fille avait été hospitalisée plus loin", admet le papa. 

 

 

Certains parents n'ont pas eu le soulagement de trouver une solution à proximité. "Entre octobre et mi-décembre, nous avons dû transférer vingt-cinq nourrissons à plus de 150 km du domicile de leurs parents, faute de place en pédiatrie dans un des trois hôpitaux habilités d'Ile-de-France" constate Stéphane Dauger, chef du service des urgences pédiatriques de l'hôpital Robert-Debré. En plein pic hivernal de bronchiolite, les hôpitaux de Bicêtre, de Garches et de Necker ont dû fermer des lits. 

 

 

En fin d'année 2019, 20% des capacités de réanimation pédiatriques ont été fermées par manque de personnel, dont deux lignes de Smur pédiatriques.L'Agence nationale de santé d'Ile-de-France à franceinfo

 

 

Même constat en province : le 1er janvier, le centre hospitalier du Mans (Sarthe) a dû fermer son service de réanimation pédiatrique faute de médecins, obligeant parents et enfants à aller à près de 100 kilomètres de là, à Tours ou Angers. 

 

 

"Ce transfert de nouveaux-nés est une sonnette d'alarme pour notre système", constate Sophie Branchereau, cheffe du service de chirurgie pédiatrique à Bicêtre. Soulignant non seulement le risque vital accru pour l'enfant transféré, mais aussi la précarité économique dans laquelle les parents peuvent se retrouver lorsqu'ils doivent assurer une présence loin de leur travail et de leur domicile.

 

 

C'est un réel désespoir d'avoir à refuser un enfant. C'est inhumain pour les parents et les équipes soignantes. On a un suivi prénatal au top et on est incapables de les soigner sur place ensuite, alors que nous avons le personnel qualifié. Sophie Branchereau, cheffe de service à l'hôpital Bicêtre à franceinfo

 

 

Depuis l'arrivée du Dr Branchereau en 1995, le service de chirurgie pédiatrique de Bicêtre est passé de vingt-quatre à seize lits. "En période de vacances, nous passons à huit lits pour une seule infirmière, alors que nous devrions être plutôt à six lits par infirmière", se désole la chirurgienne. La gestion quotidienne des lits en pédiatrie est devenue "compliquée", obligeant le personnel à travailler en mode "dégradé." "On touche le fond", regrette la cheffe de service."Si j'ai une infirmière malade, je dois fermer un lit et refuser des transferts."

 

 

Une tension accentuée par la difficulté des services d'urgences pédiatriques à gérer le flux des arrivées. Contrairement aux urgences générales, les urgences pédiatriques sont peu nombreuses en France. En 2015, le ministère des Solidarités et de la Santé a recensé 723 services des urgences en métropole et dans les départements et régions d'outre-mer, dont seulement 13% spécialisés en pédiatrie. "Par manque de place, les urgences pédiatriques sont obligées de tempérer en invitant les parents d'enfants malades à retourner chez eux, après plusieurs allers-retours", explique Barbara*, infirmière dans un service de réanimation pédiatrique en Ile-de-France. "Mais la situation peut vite se dégrader chez un enfant souffrant. Les parents appellent alors le Samu ou les pompiers, qui nous les amènent directement en service de réanimation pédiatrique." Ce dernier s'est retrouvé "saturé" en décembre, n'arrivant plus à évacuer les enfants hospitalisés par manque de lits dits "d'aval", ces lits disponibles dans les autres services.

 

 

 

Des parents devenus des lanceurs d'alerte

Cette situation amène les soignants à dépasser régulièrement le nombre de bébés par infirmière, raconte Isabelle*, aide-médicale en néonatalogie dans le Grand Est. La semaine dernière, elle a dû accueillir en urgence un grand prématuré alors qu'elles n'étaient que deux pour huit nouveaux-nés. "Le temps passé avec chacun est ridicule. On s'assure que le bébé est propre, qu'il a mangé et reçu ses soins, au détriment de son bien-être. Nous n'avons plus le temps d'accompagner les parents, et c'est frustrant. On ne travaille pas d'une bonne façon", se désespère l'infirmière.

 

 

"Boule au ventre", "fatigue", "peur de faire une erreur", le personnel travaille à la limite du possible et redoute l'accident. "Notre force reste notre entraide", se rassure Barbara. Jour et nuit, elle et ses collègues veillent à "l'équilibre émotionnel" des enfants, mais aussi à celui des parents.  

 

 

Dans les couloirs de la réanimation néonatale de Bicêtre, le père de Marie observe le va-et-vient incessant des infirmières et des aides-soignantes au chevet de ces "grands fragiles" qui peuvent à tout instant voir leur oxygénation ou rythme cardiaque chuter.

 

 

Personne ici ne compte ses heures, même avec les grèves. C'est très impressionnant tout ce professionnalisme et cette humanité. Le père de Marie, hospitalisée en réanimation pédiatrique à franceinfo

 

 

Avec une "énergie" et une "passion sans égale", rapporte le père de Marie, les infirmières font "le tampon" entre les parents inquiets et stressés et leur quotidien qui se dégrade. "Vu leur niveau de responsabilité et leur degré d'investissement à ce niveau de salaire, je comprend leurs revendications", admet le père de Marie. "L'hôpital public est un trésor qu'il faut absolument garder et, au sein de celui-ci, il y a un joyau : la réa pédiatrique."

 

 

C'est sans hésiter qu'il a signé la pétition "Sauvons la réanimation pédiatrique : l'appel des parents", lancée par un collectif de parents qui ont eux aussi connu les services pédiatriques. La pétition a récolté plus de 40 000 signatures en une semaine. Pauline Lavaud, l'une de ses corédacteurs, se dit "vraiment inquiète" car ni les soignants ni les médecins n'arrivent à se faire entendre auprès du gouvernement. "Alors, nous parents, on devient des lanceurs d'alerte car on ne veut pas attendre un drame." 

 

 

Nous sommes tous concernés ! Personne n'est à l'abri un jour de devoir emmener son enfant aux urgences. Et ce jour-là, il faut que l'on soit certain d'arriver dans un service qui puisse nous accueillir. Or, aujourd'hui, on n'est plus sûr que cela soit possible. Pauline Lavaud à franceinfo

 

 

Cette mère, qui a perdu son fils quelques temps après sa naissance, sait combien chaque minute compte quand la vie ne tient qu'à un fil. "On ne peut pas passer à un niveau de risque supplémentaire par faute de place", clame-t-elle. Citant dans la foulée un des derniers témoignages qu'elle a reçus sur la page Facebook du collectif, où une maman raconte avoir emmené sa fille de 6 semaines aux urgences pédiatriques de l'hôpital Necker pour une bronchiolite sévère, fin octobre. "N'ayant pu être prise en charge sur place, sa fille a été transférée à Poissy, où sa situation s'est dégradée. Elle a du être à nouveau transférée en réanimation à Orléans pendant une semaine." Ou encore cette autre mère dont le bébé s'est retrouvé en détresse respiratoire à la naissance. L'hôpital où elle venait d'accoucher n'était pas équipé pour le prendre en charge. "Les équipes médicales ont dû appeler onze hôpitaux avant de lui trouver une place."

 

 

 

Qui opérer en priorité ?

Les instances administratives, comme l'Agence régionale de santé (ARS) d'Ile-de-France et l'AP-HP affirment être "conscientes du problème". Tous les jours, leurs responsables effectuent un point sur la situation. "En alerte maximale sur les tensions d'effectifs au sein de l'hôpital", l'ARS dit mettre en œuvre des solutions temporaires "faciles" à déployer dans un délai court, comme le décalage des opérations non urgentes, l'ouverture ponctuelle de lits en soins intensifs ou le recours à l'intérim. 

 

 

Des solutions qui présentent des limites selon le docteur Sophie Branchereau pour qui reporter les opérations, en pédiatrie, est "quasiment impossible." "On ne peut pas anticiper car souvent au moment de l'opération l'enfant est malade. Rhume, gastro... 30% de nos interventions sont ainsi annulées."  Avec ses équipes, elle travaille à une réorganisation permanente, "en flux tendu." Les arrivées de patients s'enchaînent, les salles d'opérations et les lits sont constamment occupés, ne laissant que "très peu de marges". "Hors les marges, c'est la sécurité", insiste la cheffe de service.

 

 

Quant au choix contraint, faute de place et de personnel, de devoir choisir quelle opération effectuer en priorité entre une péritonite, un cancer ou une maladie rare, c'est un exercice "compliqué moralement", relève la chirurgienne. En situation de crise, ses équipes annulent ce qui ne relève pas de l'extrême urgence. "Mais un cancer pédiatrique peut vite devenir une urgence", rappelle-t-elle. Alors, régulièrement, les directeurs d'hôpitaux font appel à du personnel intérimaire "payé plus cher" et "ça détruit l'ambiance déjà tendue", note la cheffe de service.

 

 

Autre ombre au tableau pour l'urgence pédiatrique : le recours au secteur privé s'avère impossible.

 

 

Pour la chirurgie adulte, c'est assez facile d'aller en clinique, où l'offre de soins est équivalente pour ceux qui ont les moyens. Mais ça n'existe pas pour la pédiatrie. Sophie Branchereau, cheffe de service à l'hôpital Bicêtre à franceinfo

 

 

Alors l'hôpital public se tourne vers l'ambulatoire pour libérer des lits : les malades sont renvoyés chez eux avec un protocole à suivre. Mais ce ne pas forcément adapté à tous les cas. "Plus vous avez une population en souffrance sociale, avec des problèmes de logement, de langue, d'accessibilité à un hôpital en cas de besoin, moins vous pouvez le faire", critique la chirurgienne. "Nous ne sommes pas contre l'ambulatoire mais il faut pouvoir accueillir ceux qui ont besoin d'être accueillis."

 

 

De son côté, le père de Marie reconnaît que lui et sa compagne n'auraient pas pu assumer les soins prodigués à leur fille née prématurée. "Quand elle sortira de l'hôpital, mi-février, la facture tournera autour de 300 000 euros je pense", calcule le jeune papa. Avant de conclure, reconnaissant : "C'est la solidarité nationale qui a sauvé notre enfant."

 

 

  • Les prénoms ont été modifiés à la demande des intéressés

 


20/01/2020
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Franceinfo - le mardi 14 janvier 2020

 

 

Meilleurs salaires, travail moins pénible : ils sont infirmiers ou médecins et ont quitté l'hôpital public pour le privé

 

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Louis SanFrance Télévisions

 

 

Alors que la crise au sein des hôpitaux se poursuit après onze mois de mobilisation, franceinfo donne la parole à des soignants qui ont quitté la fonction publique hospitalière

 

 

 

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Le masque chirurgical d'un membre du personnel hospitalier en grève, à Paris, le 7 novembre 2019. (UGO PADOVANI / HANS LUCAS / AFP)

 

 

 

En bloc. Plus de 1 000 médecins hospitaliers menacent d'abandonner leurs fonctions administratives. Ils présentent leur lettre de démission collective mardi 14 janvier, face au manque de moyens et d'effectifs dans les hôpitaux publics

 

 

Un symptôme de plus de la crise qui touche le personnel de la fonction publique hospitalière. David Ball, infirmier, l'a quittée en avril 2018. Il a pris cette décision à la suite d'un burn-out survenu seulement dix-huit mois après être arrivé au service des urgences de l'hôpital de Mulhouse (Haut-Rhin). C'était son premier poste.

 

 

>> Crise à l'hôpital public : cinq questions sur la menace de démission de près de 1 200 médecins et chefs de service

 

 

Le jeune homme, aujourd'hui âgé de 25 ans, a ensuite été infirmier libéral, pour prodiguer des soins à domicile. Puis il a intégré un laboratoire et travaille désormais dans un établissement privé en tant qu'infirmier psychiatrique, où il assure être "plus épanoui"

 

 

De nombreux facteurs ont conduit David Ball à un épuisement professionnel. Au premier rang desquels le "manque d'effectifs", "les locaux inadaptés", "le matériel souvent obsolète ou manquant" et, finalement, le "peu de temps disponible pour soigner les patients". Autant de constats martelés par le personnel mobilisé depuis le début de la grève aux urgences, en mars 2019. Le fonctionnement est, selon David Ball, meilleur dans le privé parce qu'il y a "beaucoup plus de moyens dans les services". "Quand il y a un absent, on fait appel à un intérimaire et on ne demande pas aux agents de revenir sur leur temps de repos", illustre-t-il. Aujourd'hui, l'infirmier a retrouvé du sens dans son travail.

 

 

Je rentre le soir en ayant l'impression d'avoir fait du bon boulot. Ce n'était pas le cas du tout quand je travaillais aux urgences, où on faisait du mieux qu'on pouvait mais où on savait que ce n'était pas correct. David Ball, infirmier à franceinfo

 

 

Il n'occulte pas le fait que le salaire dans le privé est plus séduisant que dans le public. "C'est une bonne augmentation de l'ordre de 200-300 euros net par mois", précise-t-il. Sans compter l'existence d'un 13e mois, d'un 14e mois et de primes, ajoute David.

 

 

De son côté, Ronan, infirmier de 43 ans, a quitté l'hôpital en novembre 2009 et affirme ne pas regretter ce choix. Son départ a été provoqué par la généralisation, l'année précédente, de la tarification à l'activité ou T2A dans le public et le privé, qu'il désapprouve totalement. "Quand on est dans une entreprise qui se transforme, soit on est d'accord avec son changement de cap et on donne de sa personne pour cette transformation, soit on s'en va. Ceux qui sont restés ont choisi d'y rester", juge-t-il.

 

 

 

"Une liberté qui entraîne d'autres contraintes"

Aujourd'hui installé en libéral au sein d'un cabinet qui compte cinq autres infirmiers, Ronan met l'accent sur la liberté. "Nous choisissons nos périodes de repos. Je ne travaille jamais le jeudi soir pour mes cours de gallo, raconte cet habitant d'Ille-et-Vilaine. Je travaille tous les mercredis soir pour que des collègues puissent être avec leurs enfants. Une autre collègue ne fait jamais les soirs. Une autre souhaite travailler uniquement un week-end par mois", énumère-t-il. Il souligne que la liberté se retrouve dans l'organisation des soins : "Cette liberté entraîne également d'autres contraintes, mais est valorisante à souhait. C'est aujourd'hui ce qu'il manque dans la profession", estime-t-il.

 

 

Pour Ronan, qui a fait des remplacements dans des cabinets, puis fondé le sien avant de le quitter en 2016, l'infirmier libéral évolue dans un cadre où la nature de la relation avec le patient change la donne.

 

 

Notre 'employeur' est le soigné lui-même. C'est toute la différence.Ronan, infirmier libéra là franceinfo

 

 

Dix ans séparent les départs de David Ball et de Ronan, mais l'hémorragie du personnel hospitalier vers le privé s'accélère depuis quelques années, assure à franceinfo Jacques Trévidic, pharmacien hospitalier à Caudan (Morbihan) et président du Syndicat des praticiens des hôpitaux publics (SPHP). Concernant les médecins, "aucun chiffre officiel ne vient attester de l'ampleur d'un phénomène largement ressenti en ce moment au sein de l'hôpital public", rappelle Le Monde (article abonnés). Mais des données de l'agence régionale de santé (ARS) d'Ile-de-France, disponibles dans une étude publiée en juin 2019 (article payant), permettent de s'en faire une idée. Au cours de l'année 2018, 119 démissions de médecins urgentistes ont été enregistrées, contre 73 en 2017 et 43 en 2015.

 

 

Jacques Trévidic explique ce constat par "les difficultés de l'hôpital public", "le poids de la permanence des soins", "les gardes, les astreintes". Des contraintes qui, dans le privé, n'existent que sur la base du volontariat. Le pharmacien, qui exerce dans le même hôpital depuis trente-deux ans, évoque également des rémunérations séduisantes qui permettent aux médecins de parfois tripler leur salaire. De façon générale, il décrit des problèmes sur les débuts de carrière, période sur laquelle "l'hôpital public n'est pas du tout compétitif".

 

 

Quand les jeunes médecins voient la dégradation des conditions de travail, l'ambiance et les salaires… Ce n'est pas attractif, l'hôpital public.Jacques Trévidic, président du Syndicat des praticiens des hôpitaux publics à franceinfo

 

 

Mais il fait part de sa grande inquiétude en voyant un nombre croissant de médecins fuir l'hôpital public en milieu de carrière (c'est-à-dire vers 45-50 ans). Selon lui, il s'agissait jusqu'alors d'un "phénomène rare", car avec l'expérience et l'ancienneté, ceux qui sont encore dans l'hôpital public à ce stade de leur parcours sont "installés". "Ils commencent à s'investir dans la vie de l'institution et ont des postes à responsabilité, chef de service, par exemple." Mais il est de plus en courant qu'ils partent prématurément, constate-t-il.

 

 

 

"Un carcan administratif rigide"

C'est le cas de François Bart, anesthésiste-réanimateur qui vient de quitter l'hôpital Lariboisière, à Paris. A 40 ans, et après onze ans dans le public, il rejoint le privé alors qu'il n'est qu'"à la fin du premier tiers de sa carrière". Pourtant, quitter l'hôpital n'était pas dans ses projets. "On est venu me chercher. J'ai eu une proposition au mois de mai-juin, j'ai laissé passer les vacances et je me suis décidé à la rentrée", raconte-t-il à franceinfo.

 

 

Le choix de ce médecin considéré comme un élément moteur de son service est une surprise pour tout le monde. Mais il part "sans être fâché". Il évoque une "lassitude" due à "un carcan administratif rigide". 

 

 

Il y a beaucoup trop d'instances dirigeantes qui ne dirigent pas, qui sont éloignées des problématiques du quotidien, qui ne savent pas ce que fait un infirmier, ce que fait un médecin. François Bart, anesthésiste-réanimateur à franceinfo

 

 

Il s'est aussi laissé convaincre par une "organisation plus directe" dans le privé "pour faciliter les soins". "La pierre angulaire, c'est la rentabilité. Donc tout est fait pour que cela soit rentable."

 

 

Il souligne également que, dans le privé, le praticien peut "choisir sa typologie de malades", c'est-à-dire des cas "légers, moyens, graves ou très graves". Ce choix est impossible à l'hôpital où "on doit faire du léger en étant super rentable – alors qu'il n'y a pas la structure pour que cela le soit – et en même temps faire du très grave qui demande beaucoup de moyens".

 

 

Sur le rythme de vie, il rappelle qu'il n'aura plus l'obligation d'assurer cinq à six gardes de 24 heures chaque mois. Une cadence qu'il s'imaginait mal tenir à 50 ans. Et la question du salaire ? "Je ne pars pas pour l'argent, même si ce n'est pas négligeable", dit-il, en précisant que sa rémunération sera "probablement multipliée par deux". "Si mon salaire était resté le même, mais que je n'avais plus eu à faire de gardes, je serais aussi parti", insiste-t-il. Pour lui, sa nouvelle situation se résume ainsi : "Davantage de satisfaction au travail et moins de temps dans les locaux" avec "une hausse de la rémunération et une baisse de la pénibilité".

 

 

 

Rien à gagner pour les aides-soignants

Si basculer dans le privé s'accompagne de nombreux bénéfices pour les infirmiers et les médecins, la situation est nettement différente pour les aides-soignants. "Pour nous, il n'y a rien à gagner dans le privé comparé au public", tranche auprès de franceinfo Ed*, aide-soignant dans un établissement public de la région lyonnaise. "Il y a aussi des mauvaises conditions de travail dans le privé, comme dans les Ehpad. De plus, le salaire est très bas et non négociable puisque c'est l'ARS [agence régionale de santé] qui fixe les prix et non la structure", explique-t-il.

 

 

L'évolution de carrière pour les aides-soignants est nulle dans le privé, alors que dans le public, on peut passer des concours pour accéder à des emplois de catégorie A.Ed, aide-soignant dans le public à franceinfo

 

 

Ed assure à franceinfo ne pas vouloir quitter l'hôpital public malgré les contraintes : "Je suis mobilisable à 100%, 24 heures sur 24. Par exemple, si demain il y a un plan blanc [déclenché en cas de situation sanitaire exceptionnelle] et que l'hôpital m'appelle, je dois y aller. C'est normal, c'est le service public."

 

 

Cet attachement au service public est partagé par une anesthésiste parisienne, syndiquée depuis peu, qui souhaite garder l'anonymat. Après avoir envisagé de quitter l'hôpital en 2016, elle a finalement décidé de rester. "C'est une vraie richesse de notre pays de pouvoir soigner les plus pauvres, défend-elle auprès de franceinfo. Tant mieux si ça pète, peut-être que cela va faire bouger les choses."

 

 

Mais combien de temps le personnel hospitalier va-t-il tenir ? Pierre, manipulateur radio à l'hôpital des enfants au CHU de Purpan, à Toulouse, fait état de son ras-le-bol auprès de franceinfo. Il n'est pas sûr de trouver la force de continuer : "On charge la mule, on charge, on charge, et à un moment donné, quand il n'y a aucune reconnaissance, que du mépris, pas de moyens… J'en arrive même à penser à démissionner."

 

  • Le prénom a été modifié

 


14/01/2020
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Franceinfo - le mercredi 25 décembre 2019

 

 

Votre enfant a reçu une tablette à Noël ? On répond à quatre questions sur l'influence des écrans sur le développement des plus jeunes

 

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Vincent MatalonFrance Télévisions

 

 

Alors que consoles de jeu et autres smartphones vont à nouveau se retrouver au pied du sapin, franceinfo a interrogé des spécialistes de l'exposition des enfants aux écrans

 

 

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Entre 2011 et 2018, le taux d'équipement en smartphone des 12-17 ans est passé de 22% à 83%, selon le baromètre du numérique établi par l'Arcep. (JGI/JAMIE GRILL / TETRA IMAGES RF / GETTY IMAGES)

 

 

 

Elle risque d'être à nouveau la reine de Noël. Avec son large écran, ses poignées colorées et sa capacité à passer en un clin d'œil de console de jeu portable à console de salon, la Switch avait été le carton des fêtes de fin d'année en 2018. Entre octobre et décembre de l'année dernière, son constructeur Nintendo avait écoulé 9,4 millions d'exemplaires de son appareil vedette, soit 30% de plus que l'année précédente, relevait Le Figaro en janvier dernier.

 

 

Impossible de savoir combien de ces consoles finiront dans les chambres d'enfants et d'adolescents, ni si ceux-ci sauront en modérer leur utilisation. Mais le constat est là : en un peu plus d'une dizaine d'années, smartphones et tablettes numériques se sont ajoutés aux téléviseurs, ordinateurs et autres consoles de jeu vidéo pour envahir la vie des Français. Et celle de leurs enfants. Pour quelles conséquences sur leur développement ? Franceinfo fait le point en quatre questions.

 

 

 

Que constate-t-on des usages ?

Le taux d'équipement, comme le temps passé par les enfants et adolescents devant les différents écrans qui équipent nos domiciles, a explosé en moins de dix ans. Entre 2011 et 2018, le taux d'équipement en smartphone des 12-17 ans est passé de 22% à 83%, selon le baromètre du numérique (PDF) établi par l'Arcep, l'Autorité de régulation des communications. Une enquête Ipsos publiée en mars 2017 révélait de son côté que les 13-19 ans passaient en moyenne 15 heures et 11 minutes sur internet par semaine, soit 1h30 de plus qu'en 2015. Ce chiffre montait à 6h10 pour les 7-12 ans, et à 4h37 pour les enfants âgés de 1 à 6 ans.

 

 

Dans une tribune publiée début 2019 dans Le Monde (article payant), le Collectif surexposition écrans (CoSE), fondé par plusieurs professionnels de la santé, s'inquiétait d'un constat alarmant dressé par les services de l'Education nationale. La Direction générale de l'enseignement scolaire avait ainsi relevé qu'entre 2010 et 2018, le nombre d'enfants de 3 à 11 ans scolarisés avec un handicap avait progressé de 24% pour les troubles intellectuels et cognitifs, de 54% pour les troubles psychiques et de 94% pour les troubles de la parole et du langage. Et le collectif de s'interroger : "Un facteur environnemental ne pourrait-il pas expliquer de telles progressions des troubles graves chez nos enfants ? Parmi d'autres, quelle pourrait être la responsabilité de la surexposition aux écrans ?"

 

 

 

Que dit la littérature scientifique ?

Une multitude de travaux existent, mais aucun ne fait autorité au point d'être systématiquement cité par les experts. Difficile en effet d'établir avec certitude que la cause d'un développement perturbé d'un enfant est un temps excessif passé devant des écrans, car beaucoup de facteurs socio-économiques et culturels, plus ou moins quantifiables, peuvent entrer en compte pour expliquer ces troubles.

 

 

Difficile également de mettre en place des conditions d'observation strictement scientifiques avec des bambins comme objet d'études, observait le psychiatre Serge Tisseron auprès de France Culture en novembre 2018. 

 

 

On ne peut pas décider de mettre 300 enfants dans des milieux où ils n'auront jamais d'écran, 300 dans des milieux où ils en auront une heure par jour et 300 où ils en auront quatre heures par jour. On ne peut pas organiser des expérimentations avec des humains comme on le fait avec des animaux. Serge Tisseron à France Culture

 

 

Un argument qui ne convainc pas Michel Desmurget, directeur de recherche en neurosciences à l'Inserm et auteur de La Fabrique du crétin digital (éd. Seuil). "Des centaines d'études ont été publiées, d'abord au sujet de la télévision, puis sur les jeux vidéo, et désormais sur les tablettes tactiles et les smartphones. Mon livre contient 77 pages de références, pour la plupart associées à des études publiées. Tout ça me semble diablement convergent !" fulmine le chercheur auprès de franceinfo, citant notamment les travaux de l'Académie américaine de pédiatrie (PDF, en anglais), qui recommande un usage des écrans strictement encadré. Le chercheur reconnaît toutefois "qu'aucune de ces études ne suffit seule à faire autorité, comme dans n'importe quel domaine."

 

 

Président de la Société française de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent et professeur émérite de pédopsychiatrie, Daniel Marcelli estime que plutôt que d'attendre une étude scientifique miracle qui établirait un lien définitif  entre exposition des enfants aux écrans et troubles dans leur développement, il est plus sage de donner la parole aux professionnels directement concernés par le sujet. "Nous sommes dans une situation paradoxale où les cliniciens repèrent un phénomène nouveau, mais qui n'est pas prouvé par des études. Et au nom de ce manque de recherche scientifique, on disqualifie de manière outrancière les conclusions des cliniciens", s'agace ce spécialiste. 

 

 

A l'heure où on parle de principe de précaution sur les questions d'environnement et de santé, je ne vois pas pourquoi ce concept ne s'appliquerait pas aux écrans. Daniel Marcelli à franceinfo

 

 

Pour ce spécialiste, comme pour Michel Desmurget, les conséquences d'un usage déraisonnable des écrans devraient pourtant être considérées comme suffisamment alarmantes pour ne pas prendre le sujet à la légère.

 

 

 

Quels sont les problèmes dus aux écrans ?

• Quel que soit l'âge, utiliser tardivement les écrans perturbe le sommeil. "La production de mélatonine, une hormone qui contribue à l'endormissement, commence en fin de journée et atteint un pic entre 2 et 4 heures du matin", explique le neuroscientifique à franceinfo. "Or, les écrans diffusent une lumière bleue que le cerveau confond avec la lumière du jour, et qui retarde la sécrétion de mélatonine et donc l'endormissement."

 

 

Une enquête de Santé publique France publiée en mars indiquait que le temps de sommeil moyen des Français adultes était de 6h42 en semaine. Et dormir moins de 6 heures par nuit augmente, chez les adultes, les risques de surpoids, de diabète de type 2, ou encore de maladies cardio-vasculaires.

 

 

Chez les adultes, comme chez les enfants, dormir suffisamment est essentiel pour la santé. "Le sommeil est si fondamental pour le développement des enfants que cet élément justifierait à lui seul une campagne massive de prévention sur les dangers des écrans !" s'indigne l'auteur de La Fabrique du crétin digital.

 

 

• Une exposition excessive aux écrans provoquerait une forme d'addiction. Pour Daniel Marcelli, cette problématique concernerait surtout les adolescents. "Les scientifiques s'écharpent pour savoir si l'utilisation excessive de ces écrans peut remplir les critères d'une addiction. Mais je ne vois pas pourquoi on s'interdirait de la qualifier ainsi, si on admet que l'on puisse parler d'addiction au travail ou au sexe !" tranche le psychiatre, pour qui "un comportement excessif qui entraîne des dégâts dans la vie sociale et scolaire est suffisant" pour le qualifier d'addictif.

 

 

 Chez les plus petits, des troubles du comportement peuvent rapidement apparaître. Partant de ses propres constatations et de celles de cliniciens, Daniel Marcelli a défini les contours d'un trouble neuro-développemental nouveau chez les plus jeunes : l'Exposition ­précoce et excessive aux écrans (Epee). "Sur le plan clinique, un enfant de 18 mois confronté à une télé allumée en permanence dans le salon, et qui passerait plusieurs heures sur une tablette peut présenter un syndrome d'intérêt exclusif pour les écrans, une absence totale d'intérêt pour les jeux symboliques traditionnels, développer un retard de langage, des problèmes d'interaction avec les autres, ou encore faire des crises de rage lorsqu'on lui retire son écran", énumère le président de la Société française de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent.

 

 

Autant de comportements qui selon lui "ressemblent, parfois de manière étrange, aux symptômes que peuvent présenter certains enfants autistes". Mais le psychiatre s'empresse de préciser qu'un enfant concerné par une exposition ­précoce et excessive aux écrans n'est pas pour autant autiste. "Ces jeunes enfants n'effectuent pas les gestes répétitifs appelés stéréotypies caractéristiques de l'autisme, et surtout, la suppression ­totale des écrans avant l'âge de 3 ans s'accompagne rapidement d'une amélioration comportementale."

 

 

 

Quels sont les conseils à donner aux parents ?

Impliqué sur le sujet depuis les années 1990, le psychiatre Serge Tisseron a établi une règle baptisée 3-6-9-12 avec des repères simples à retenir : pas d'écran avant l'âge de 3 ans, pas de console de jeux portable avant 6 ans, accès à internet accompagné à partir de 9 ans, et seul pas avant 12 ans. Pour mettre son enfant sur la voie d'une consommation d'écrans raisonnée, il est également important de donner l'exemple, explique Serge Tisseron. Difficile en effet d'imposer à son enfant de lâcher sa console de jeu si on a soi-même le regard constamment tourné vers son smartphone.

 

 

 

 

 

 

Cité par Télérama (article payant), le pédiatre Eric Osika recommande également aux parents de s'investir dans les activités de leurs enfants lorsque ceux-ci se retrouvent devant un écran. "Devant une émission éducative comme C'est pas sorcier, l'enfant ne perd pas son temps. Si en plus un adulte à ses côtés commente les images qu'ils sont en train de regarder, évoque des souvenirs, sort un dictionnaire, déplie une carte géographique, c'est bingo !", assure-t-il.

 

 

Outre le fait de ne pas laisser la télévision, l'ordinateur ou les jeux vidéo voler la place d'autres activités nécessaires comme les activités physiques, la lecture d'histoires ou des jeux traditionnels, il convient enfin de résister à la tentation de tendre un écran pour s'octroyer un peu de repos, explique la psychanalyste Sophie Marinopoulos, toujours dans les colonnes de l'hebdomadaire culturel. "On voit beaucoup de parents qui collent un téléphone ou une tablette entre les mains des enfants pour qu'ils ne fassent pas de bruit, pour qu'ils ne nous dérangent pas. Ils sont complètement hypnotisés. Et donc ni eux ni nous, adultes, ne sommes confrontés à la relation", détaille-t-elle.

 


28/12/2019
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