L'AIR DU TEMPS

L'AIR DU TEMPS

MEDECINE - Santé

Chaque époque apporte son lot d'évolution. Il en est un, tout particulièrement intéressant, qui concerne la médecine. Que d'améliorations au fil de l'histoire ! Voilà où nous en somme aujourd'hui, en plein XXIème siècle...

 


Franceinfo - le mardi 17 septembre 2019

 

 

Une Américaine de 10 ans succombe à une amibe "mangeuse de cerveau"

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

Les infections dues aux amibes sont très rares, mais mortelles dans 95% des cas

 

 

 

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Les amibes sont invisibles à l'oeil nu. (Centers for Disease Control and Prevention)

 

 

 

Une petite fille américaine est morte lundi 16 septembre après avoir contracté une infection due à une amibe "mangeuse de cerveau", ont annoncé sa famille et plusieurs médias américains. 

 

 

Lily Mae Avant, 10 ans, s'est baignée dans un cous d'eau au Texas et a rapidement commencé à avoir des maux. Très vite, ces douleurs ont été suivies d'une fièvre. Après son hospitalisation d'urgence, les médecins avaient découvert la présence d'"une amibe très rare et agressive", rapporte sa famille.

 

 

La petite fille s'était baignée dans le fleuve Brazos, le plus grand du Texas. Le département de la Santé texan a confirmé à la presse que Lily Mae avait contracté une infection due à une espèce rare d'amibe, la Naegleria fowleri. Ce micro-organisme, qui se développe dans les eaux douces et chaudes, prolifère dans les rivières en été, ainsi que dans les sources géothermales ou encore les piscines mal entretenues. 

 

 

 

Des infections très rares mais fatales

"L'amibe est présente dans les cours d'eau douce à travers le Texas et ailleurs aux Etats-Unis. Les cas sont extrêmement rares malgré les millions de personnes qui nagent dans les lacs et les rivières chaque année", a dit le porte-parole du département, Chris Van Deusen.

 

 

L'amibe pénètre par les narines et remonte jusqu'au cerveau, provoquant de fortes migraines, une hyperthermie, un raidissement de la nuque et des vomissements, avant d'entraîner des vertiges, une léthargie, de la confusion et des hallucinations.

 

 

En 2014, la Naegleria fowleri avait déjà inquiété les Etats-Unis. Durant l'été, plusieurs Etats au sud du pays avaient détecté la présence d'amibes mortelles. Le site d'informations Sciences et Avenir dressait à l'époque un constat alarmant : sur les 310 cas d'infection recensés lors des cinquante années précédentes, selement 11 personnes avaient survécu. Les chances de survies après contraction étaient donc inférieures à 5%. 

 


18/09/2019
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Franceinfo - le vendredi 30 août 2019

 

 

Dengue, "West Nile", chikungunya, zika… Ces virus exotiques qui nous menacent

 

 

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Yannick SimoninThe ConversationFrance Télévisions

 

 

 

Ces dernières années, plusieurs cas "autochtones" de ce type de maladies exotiques ont été détectés en France. Leur mode de transmission est surveillé de près

 

 

 

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Les insectes tels que les moustiques (photo), les phlébotomes, qui leur ressemblent, ou les acariens (comme les tiques) peuvent transmettre des virus exotiques. (PIXABAY)

 

 

 

Yannick Simonin, auteur de cet article, est virologiste et maître de conférences en surveillance et étude des maladies émergentes à l'Université de Montpellier. La version originale de cet article a été publiée sur le site The Conversation, dont franceinfo est partenaire.


Une des conséquences à long terme du bouleversement de notre climat est le risque d’émergence de nouvelles maladies considérées comme "exotiques", car jusqu’à présent très éloignées de nos territoires.

 

 

Ces dernières années, plusieurs cas "autochtones" de ce type de maladies exotiques ont été détectés dans notre pays. Ce terme signifie que la maladie a été contractée sur le territoire où elle s’est déclarée, contrairement aux cas "importés", où la maladie a été rapportée de voyage. La distinction est d’importance car une infection autochtone signifie que le virus circule sur le territoire. Les cas importés ne sont cependant pas pour autant sans risque, car une personne infectée peut, si le vecteur est présent, transmettre à son tour la maladie à d’autres personnes. Or on répertorie chaque année des centaines de cas importés d’arboviroses en France.

 

 

Dengue, West Nile, encéphalites à tiques… Quelles sont les maladies émergentes les plus surveillées dans notre pays, et par qui sont-elles transmises ?

 

 

 

Des maladies qui passent souvent inaperçues

La plupart de ces maladies émergentes sont dues à des virus, et plus précisément à des arbovirus, c’est-à-dire des virus transmis par des arthropodes (de l’anglais arthropod-borne virus). Qu’il s’agisse d’insectes (tels que les moustiques ou les phlébotomes, qui leur ressemblent) ou d’acariens (comme les tiques), ces "vecteurs" se nourrissent généralement de sang, et infectent leurs proies durant leurs repas.

 

 

Autre particularité : ce sont des animaux qui sont initialement infectés par les virus. L’être humain est infecté à son tour lorsqu’un arthropode qui s’est contaminé en se nourrissant sur un animal domestique ou sauvage s’attaque ensuite à lui.

 

 

Ces maladies virales ne rendent pas systématiquement malades. Ainsi, si le moustique tigre (Aedes albopictus) transmet de nombreuses maladies virales humaines, elles sont dans la majorité des cas asymptomatiques et passent inaperçues. Cependant, une proportion non négligeable de personnes (entre 20 et 30 %) développe des symptômes qui peuvent s’apparenter à une grippe (fièvre plus ou moins élevée, maux de tête, douleurs articulaires et musculaires) avec, dans certains cas, une éruption cutanée associée. Le plus souvent bénins, ils peuvent, dans une faible proportion de cas, entraîner des complications parfois sévères.

 

 

 

La principale menace : le moustique tigre

Originaire d’Asie du Sud-Est et de l’Océan Indien, le moustique tigre a progressivement colonisé la France métropolitaine. Il est dorénavant présent dans 51 départements, contre 42 un an plus tôt. Le nord de la France n’est plus épargné, et on le retrouve désormais en région parisienne. Les spécialistes estiment qu’il devrait s’étendre sur l’ensemble de la métropole d’ici quelques années…

 

 

Parmi les principaux virus émergents transmis par le moustique tigre figure le virus de la Dengue, maladie d’origine africaine dont les premiers cas ont été répertoriés au XVIIIe siècle sur le continent américain. Bien connue dans de nombreuses régions du globe telles que l’Afrique, l’Asie et l’Amérique latine, cette maladie s’est depuis peu installée en France métropolitaine, notamment dans le Sud, où une vingtaine de cas autochtones ont été répertoriés récemment (dont 4 en 2018).

 

 

La problématique principale associée à la dengue est le risque de développer ce qu’on appelle une dengue sévère ou dengue hémorragique. Potentiellement mortelle, elle se manifeste notamment par une détresse respiratoire associée à des hémorragies multiples. Heureusement, cette forme ne touche qu’un petit pourcentage des personnes infectées (autour de 1 %).

 

 

Un autre virus transmis par le moustique tigre est le virus Chikungunya, isolé au début des années 50 sur le plateau du Makonde en Tanzanie. Bien connu aux Antilles, la particularité de ce virus est sa propension à provoquer des douleurs articulaires persistantes, pouvant se prolonger plusieurs années après l’infection initiale. Quelques cas occasionnels de complications oculaires, neurologiques et cardiaques ont également été répertoriés. Jusqu’ici, une trentaine d’infections autochtones ont été répertoriées dans la métropole, avec le risque d’apparition d’épidémie localisée comme ce fut notamment le cas dans la région de Montpellier en 2014 et dans le Var en 2017.

 

 

Le virus Zika est un autre virus émergent apparu récemment. Il a défrayé la chronique voici 3 ans, provoquant une épidémie massive en Amérique latine, principalement au Brésil. La particularité de ce virus, originaire de la forêt Zika en Ouganda, est sa capacité à provoquer des atteintes neurologiques graves chez le nouveau-né. Celles-ci se caractérisent notamment par la forte réduction du périmètre crânien (microcéphalie). Cette malformation entraîne une croissance insuffisante du cerveau, qui à son tour génère des troubles plus ou moins sévères selon la gravité de l’atteinte : épilepsie, infirmité motrice cérébrale, troubles de l’apprentissage, perte d’audition, problèmes visuels… Une étude récente publiée dans la prestigieuse revue américaine Nature Medicine montre que trois ans après l’infection, des enfants exposés au virus Zika au cours de la grossesse ont de nouvelles atteintes neurologiques qui apparaissent.

 

 

Autre particularité du virus Zika : sa capacité à se transmettre par voie sexuelle (ce qui est exceptionnel pour les arbovirus). En France, seul ce dernier type de transmission a été mise en évidence, et aucun cas autochtone n’a été été identifié pour l’instant. Probablement parce que le moustique tigre est un assez mauvais vecteur pour ce virus, qui se transmet principalement par un autre moustique, Aedes aegypti, très présent en Amérique Latine notamment, mais qui n’est pas encore implanté sur notre territoire. Il a néanmoins été identifié sur l’île de Madère et son implantation potentielle en Europe est surveillée de près.

 

 

Ministère des Solidarités et de la Santé

 

 

 

Le culex n’est pas en reste

Le moustique tigre n’est pas la seule menace présente sur le territoire. Le moustique "local" (Culex pipiens), présent sur l’ensemble de la métropole, est également porteur de virus potentiellement dangereux pour l’être humain.

 

 

C’est principalement le cas du virus West Nile (virus du Nil occidental). Isolé pour la première fois dans le district du Nil occidental, au nord de l’Ouganda, il est capable de provoquer des atteintes neurologiques sévères chez l’être humain, telles que des encéphalites ou des méningites. Comme son cousin le virus Usutu, également en expansion sur notre territoire, le virus West Nile a comme réservoir naturel certaines espèces d’oiseaux, qui ne sont pas encore toutes clairement identifiées.

 

 

En 2018, il s’est largement répandu en Europe occidentale, provoquant la plus grande épidémie jamais répertoriée sur le continent : 2 083 cas humains autochtones confirmés ont été déclarés, entraînant 181 décès dans une douzaine de pays, dont la France (avec 27 cas répertoriés). Cette épidémie a totalisé plus d’individus touchés que le cumul des 10 années précédentes dans toute l’Europe selon l’ECDC (European Centre for Disease Prevention and Control). Cette année, la présence du virus West Nile a déjà été mise en évidence chez 127 patients en Europe, dont un cas identifié en France, à Fréjus.

 

 

 

Les tiques ont des virus tout aussi exotiques

Au-delà des moustiques, d’autres arthropodes peuvent transmettre des virus exotiques. C’est le cas notamment des tiques. Ces acariens sont plus connus du grand public pour leur capacité à transmettre des maladies bactériennes telle que la maladie de Lyme. Elles sont cependant capables de propager des maladies virales comme le TBEV, aussi appelé encéphalite à tique. Présente principalement dans le nord de l’Europe, cette affection semble en extension continue.

 

 

Plus problématique encore est la possibilité de voir s’installer le virus de la fièvre hémorragique Crimée Congo en France métropolitaine. Décrite pour première fois en Crimée en 1944 puis au Congo, cette maladie provoque des hémorragies massives associées à environ 30 % de mortalité. Ce virus a été identifié pour la première fois en Europe en 2018, avec un cas identifié en Espagne en 2018. La surveillance de sa propagation en Europe constituera sans doute une problématique d’importance dans les années à venir.

 

 

 

Mieux vaut prévenir que guérir

Pour la plupart de ces virus émergents aucun traitement curatif ni aucun vaccin ne sont actuellement disponibles pour l’être humain. Aujourd’hui, la façon la plus efficace de lutter contre eux est probablement de s’attaquer aux vecteurs qui les propagent. Plus facile à dire qu’à faire, car de nombreux facteurs sont à prendre en compte.

 

 

C’est notamment le cas des modifications des conditions environnementales engendrées par l’activité humaine (en particulier l’augmentation des températures et les variations de précipitations). En affectant la répartition géographique, l’activité, le taux de reproduction et la survie des arthropodes (notamment des moustiques), elles modifient la transmission des maladies.

 

 

Les facteurs socio-économiques ne sont pas en reste : par exemple, l’augmentation de la mobilité, notamment via le transport aérien intercontinental, favorise la dissémination des agents infectieux. L’urbanisation galopante semble être également un des facteurs accélérateurs de l’émergence de ces nouveaux pathogènes. En effet, elle favorise notamment la multiplication des stockages d’eau incontrôlés, lesquels constituent autant de gîtes larvaires pour les moustiques potentiellement vecteurs de virus.

 

 

Pour réduire le développement des larves de moustique, il est recommandé de vider tous les récipients d’eau stagnante (notamment après arrosage). Enfin, les populations exposées sont encouragées à utiliser des répulsifs adaptés et à porter des vêtements amples et couvrants afin de limiter le risque de piqûre.

 

 

 

Améliorer la surveillance

 

Face à l’émergence de ces maladies exotiques, la plupart des pays concernés, dont la France, ont mis en place des réseaux actifs de surveillance. Ils regroupent des experts aux différentes compétences : vétérinaires, cliniciens, entomologistes, chercheurs… C’est par exemple le cas du réseau de surveillance épidémiologique SAGIR, qui scrute la circulation des agents pathogènes chez les oiseaux et les mammifères sauvages terrestres.

 

 

Afin de limiter la diffusion des populations de moustiques potentiellement infectées, une démoustication a lieu chaque année dans certaines régions européennes. C’est notamment le cas en Camargue, une des zones françaises les plus exposées aux menaces des arbovirus. Cette action est contrôlée par l’Entente interdépartementale de démoustication. Problème : les épandages d’insecticides génèrent de nombreuses résistances chez les moustiques. En outre, leur utilisation massive en zones urbaines n’est pas recommandée en raison de leur toxicité.

 

 

Fort heureusement, dans notre pays la menace des arbovirus demeure pour l’heure sporadique : le renforcement des réseaux de surveillance reste actuellement la meilleure stratégie pour lutter contre ces nouvelles menaces difficiles à anticiper.The Conversation

 

 

Yannick Simonin, Virologiste, maître de conférences en surveillance et étude des maladies émergentes, Université de Montpellier

 

 

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

 


30/08/2019
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Franceinfo - le mercredi 28 août 2019

 

 

Près de 20% des adolescents français en surcharge pondérale ou obèses

 

 

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Solenne Le HenRadio France

 

 

 

Ces chiffres sont publiés mercredi par le ministère de la Santé qui s'inquiète de leur hausse

 

 

 

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On dénombrait alors 17% d'adolescents en surcharge pondérale et 3,8% jeunes obèses. (AFP)

 

 

 

Des enquêtes nationales de santé menées en 2017 dans les classes de troisième des collèges de France révèlent que près d'un quart des adolescents français (14-15 ans) sont soit en surcharge pondérale, soit obèses, selon le ministère de la Santé qui publie une étude mercredi 28 août.

 

 

D'après les chiffres de cette étude de la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (DREES), 18,4% des adolescents sont en surcharge pondérale et parmi eux, 5,2% sont obèses. Ces chiffres sont en hausse par rapport à 2009. On dénombrait alors 17% d'adolescents en surcharge pondérale et 3,8% jeunes obèses.

 

 

 

Écrans et grignotage

L'étude menée auprès d'un échantillon d’élèves de troisième souligne également que les filles sont plus sujettes au surpoids : il y a 19,7% d'adolescentes en surpoids contre 16,9% chez les garçons. Elles font moins de sport, sautent des repas mais grignotent à côté et sont scotchées à leurs écrans de téléphone portables, accros notamment aux réseaux sociaux, tandis que les garçons s’adonnent davantage aux jeux vidéo.

 

 

Au total, la moitié des élèves de troisième consacre en moyenne au quotidien trois heures et demie aux écrans, en semaine. Le week-end, la durée explose : 6 heures par jour en moyenne.

 

 

 

Un phénomène marqué par de fortes inégalités

Cette étude met en lumière les conséquences des inégalités sociales : la surcharge pondérale et l'obésité sont plus élevées chez les adolescents issus de milieux sociaux moins favorisés. 24% des enfants d’ouvriers sont en surcharge pondérale et 8% sont obèses, c’est deux fois plus que les enfants de cadres.

 

 

Un constat qui s'explique par le fait que les enfants d’ouvriers sont moins nombreux à prendre un petit-déjeuner le matin, moins nombreux à rester à la cantine le midi pour un repas équilibré. Ils sont aussi moins nombreux à pratiquer du sport. À l’inverse, ils passent plus de temps devant les écrans. Des facteurs qui, tous, favorisent la prise de poids.

 


29/08/2019
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Franceinfo - le lundi 26 août 2019

 

 

L'article à lire pour comprendre la pénurie de médicaments qui inquiète patients, médecins et pharmaciens

 

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Camille CaldiniFrance Télévisions

 

 

Le gouvernement doit présenter en septembre un plan pour mieux gérer les ruptures d'approvisionnement en médicaments. Un problème de santé publique qui préoccupe patients et professionnels

 

 

 

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Dans les pharmacies françaises, des centaines de médicaments manquent pendant parfois plusieurs semaines. (MAXPPP)

 

 

 

Depuis une dizaine d'années, les pénuries de médicaments sont de plus en plus fréquentes et de plus en plus longues. Une vingtaine de médecins et professeurs hospitaliers ont sonné l'alarme en publiant une tribune dans Le JDD, mi-août, pointant la responsabilité des laboratoires dans la gestion des stocks. Les fabricants ont rétorqué, lundi 19 août, qu'il n'y avait pas de "solution unique et simpliste". Et l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) assure lutter contre les acteurs du secteur qui ne respectent pas les règles.

 

 

En attendant la présentation du plan du gouvernement en septembre, franceinfo vous explique d'où vient cette pénurie de médicaments, ses conséquences et les pistes envisagées pour y remédier.

 

 

 

Qu'est-ce qu'une "pénurie de médicaments" ?

L'ordre des pharmaciens parle de "ruptures d'approvisionnement" plutôt que de pénurie. Il estime qu'il y a une rupture chaque fois qu'une officine ou une pharmacie d'un établissement de santé ne peut plus s'approvisionner en un médicament, quel qu'il soit, "pendant 72 heures". Il n'est pas nécessaire que le médicament manque sur tout le territoire pour qu'il soit considéré comme en rupture. Sont comptabilisés ceux qui manquent dans au moins 5% des pharmacies connectées au système de signalement baptisé DP-Ruptures. 

 

 

De son côté, l'ANSM répertorie les ruptures de stock des médicaments d'intérêt thérapeutique majeur (MITM). Il s'agit de ceux pour lesquels une interruption de traitement pourrait "mettre en jeu le pronostic vital des patients à court ou moyen terme", ou représenter une "perte de chance importante au regard du potentiel évolutif de la maladie", ou encore ceux pour lesquels il n'existe "pas d'alternatives thérapeutiques appropriées et disponibles en quantité suffisante"

 

 

 

Beaucoup de médicaments sont-ils concernés ?

Les ruptures d'approvisionnement ont explosé ces dernières années. Dans son rapport d'activité de 2014 (fichier PDF), l'ANSM recensait 44 cas de rupture gérés par ses services en 2008, 173 en 2012. Les chiffres ont ensuite bondi pour atteindre 438 ruptures en 2014. En 2017, l'Agence en dénombrait 538. C'est donc déjà 12 fois plus qu'en 2008. Contactée par franceinfo, l'ANSM rappelle que "le nombre de signalements reste relativement limité au regard du nombre important de spécialités commercialisées" en France.

 

 

L'augmentation des ruptures de stock de MITM n’est pas un phénomène limité au territoire national. Elle s'exprime à l'identique à l'échelle européenne et internationale.ANSM à franceinfo

 

 

De son côté, l'ordre des pharmaciens affiche le nombre de ruptures signalées chaque mois par les pharmacies, tous médicaments confondus. En juillet 2019, plus de 800 références ont été signalées comme manquantes, selon les données de l'ordre. Et les ruptures peuvent courir sur plusieurs semaines : la moitié des médicaments ont manqué pendant plus de 60 jours.

 

 

Concrètement, "un Français sur quatre a déjà été confronté à une pénurie de médicaments", selon un sondage BVA pour France Assos Santé, publié en janvier. L'organisation, qui représente les usagers du système de santé, détaille : "25% des répondants se sont en effet déjà vu refuser la délivrance d'un médicament ou d'un vaccin pour cause de pénurie". Ce chiffre monte à 31% pour les personnes atteintes d'une affection de longue durée.

 

 

 

De quels médicaments parle-t-on ?

Dans leur tribune au JDD, médecins et professeurs hospitaliers affirment que les pénuries concernent "des médicaments du cancer, des antibiotiques, des corticoïdes, des vaccins, des traitements de l'hypertension, des maladies cardiaques, du système nerveux". Les anti-infectieux (comme les vaccins), les médicaments du système nerveux (antiépileptiques, antiparkinsoniens) et les anticancéreux (chimiothérapies) sont les trois classes les plus touchées. Elles constituaient plus de la moitié des ruptures en 2018, selon Les entreprises du médicament (Leem), la fédération des industriels du secteur.

 

 

"En raison de la complexité de leur processus de fabrication, les spécialités injectables apparaissent comme les plus vulnérables au risque de pénurie", précisait encore le sénateur du Nord Jean-Pierre Decool, dans un rapport sur le sujet publié en septembre 2018.

 

 

Si vous voulez connaître tous les produits qui manquent dans les pharmacies, la liste actualisée des MITM en rupture ou en tension est accessible sur le site de l'ANSM. Vous pouvez aussi vous renseigner dans la pharmacie que vous fréquentez habituellement, pour savoir si l'un de vos médicaments manque ou pourrait manquer, et éventuellement savoir quand l'officine sera réapprovisionnée.

 

 

 

La santé des patients est-elle en danger ?

Pour les médecins signataires de la tribune, "les malades sont les premières victimes". Et d'après l'enquête d'opinion publiée par France Assos Santé, certaines ruptures ont des conséquences directes sur la santé des patients. Ainsi, 14% des sondés déclarent avoir vu leurs symptômes augmenter et une personne sur 20 a dû être hospitalisée. "Ces ruptures peuvent modifier les chances de guérison" des malades, estime le pharmacologue Alain Astier, interrogé par Le Monde

 

 

Les vaccins étant particulièrement touchés, "ces pénuries constituent une menace potentielle pour la santé publique", observe Alain-Michel Ceretti, président de France Assos Santé. On sait en effet que plus la proportion de population vaccinée est importante, plus le vaccin est efficace pour tout le monde, même pour les personnes non vaccinées. En outre, la gestion des pénuries est chronophage et mobilise le personnel hospitalier au détriment d'autres tâches, souligne le sénateur Jean-Pierre Decool dans son rapport. Et dans les officines, les pharmaciens "regrettent de voir la gestion logistique prendre le pas sur leur fonction de conseil".

 

 

Jean-Marie Semet, opéré après un cancer de la vessie, devait suivre des séances de chimiothérapie afin d'éviter une rechute. Au lieu des huit séances prévues, ce patient n'en a eu que cinq, à cause d'une pénurie de molécule. Quand le produit a de nouveau été disponible, il était trop tard pour reprendre le traitement, interrompu trop longtemps.

 

 

 

Est-ce la faute des fabricants ?

Tous les professionnels s'accordent à dire que les raisons sont multiples et concernent l'ensemble du circuit des médicaments. Et ce circuit est complexe. La chaîne de production est "complètement éclatée dans la plupart des cas. La recherche-développement se fait à un endroit, les différentes phases de production dans d'autres, comme on produirait une voiture", explique à l'AFP Nathalie Coutinet, économiste spécialiste du secteur de la santé. Tout cela, en traversant les frontières entre pays qui n'ont pas tous les mêmes normes, et en parcourant parfois la moitié du globe.

 

 

Hausse de la demande mondiale, incidents sur la chaîne de production, manque de matières premières, concentration de la production entre un nombre restreint d'acteurs, choix économiques… Prenons quelques exemples pour comprendre ce qui peut entraîner des ruptures d'approvisionnement.

 

 

• Les corticoïdes. Depuis mai 2019, la prednisone et la prednisolone, des corticoïdes oraux utilisés par des centaines de milliers de Français, viennent à manquer. En cause, "un problème de fabrication du produit fini", explique Thomas Borel, directeur scientifique du Leem à la CSMF, syndicat de médecins généralistes. Il y a eu, selon lui, "un problème de capacité de production" en France et un "problème de qualité" en Grèce, sur la forme effervescente du médicament. Médecins et pharmaciens ont donc commencé à prescrire la forme orodispersible (à faire fondre sous la langue), qui s'est retrouvée à son tour "en tension"

 

 

• Les vaccins. BCG, anti-hépatite B pour adultes… Plusieurs vaccins courants manquent en ce moment, selon Infovac France, et tous n'ont pas de substitut. En cause, pour commencer, une fabrication longue (jusqu'à trois ans pour certains) et complexe. Une rupture de stock et d'approvisionnement s'inscrit donc, aussi, dans la durée. Ils sont en outre conçus à partir de virus, de bactéries ou de parasites, des matières premières vivantes dont le rendement n'est pas toujours prévisible. Les industriels sont également responsables : en produisant à flux tendu pour faire des économies sur le stockage, ils peuvent eux-mêmes créer des tensions d'approvisionnement.

 

 

S'ajoutent à cela les politiques de santé publique : de plus en plus de pays, comme la Chine ou l'Inde, organisent des campagnes de vaccination d'envergure. Et même au sein de l'Union européenne, cela peut être compliqué. "Pour les 28 pays membres de l'UE, il existe 23 calendriers vaccinaux différents pour les enfants", auxquels les laboratoires s'adaptent, explique Allodocteurs, mais "en cas de pénurie dans un pays, il est très difficile de rapatrier un lot destiné à un autre pays européen".

 

 

• Les médicaments contre l'hypertension. Deux médicaments anti-hypertenseurs ont été touchés ces derniers mois par des pénuries. Après le valsartan, des lots d'irbésartan ont été rappelés, début 2019. Des impuretés potentiellement cancérogènes avaient été détectées dans le valsartan, dont le principe actif est fabriqué en Chine. Car l'industrie pharmaceutique a massivement recours à des sous-traitants en Asie, pour diminuer ses coûts. La Chine et l'Inde fournissent ainsi entre 60% et 80% de la production mondiale des principes actifs. Au point que pour de nombreuses molécules, "seulement deux ou trois fournisseurs" mondiaux existent aujourd'hui, relève le Leem.

 

 

Les laboratoires pharmaceutiques tendent aussi à spécialiser toujours plus leurs usines. Une conséquence de la concentration croissante du secteur, mais aussi "de l'augmentation du niveau technologique requis et des contraintes réglementaires", selon le Leem. Ainsi, tout aléa de production (accident, catastrophe naturelle ou simple panne matérielle) peut engendrer des ruptures d'approvisionnement, si aucun autre site ne peut prendre le relais.

 

 

 

Qu'en est-il des intermédiaires ?

Les incidents de production sont imprévisibles et la hausse de la demande pour un médicament n'est pas toujours facile à anticiper. Mais au cœur des problèmes de ruptures d'approvisionnement en médicaments, il y a aussi une logique financière. Et certains acteurs ne jouent pas le jeu. L'ANSM a notamment une catégorie d'intermédiaires dans son viseur : les "short-liners". Ce sont des grossistes-répartiteurs (qui achètent les médicaments aux laboratoires, les stockent et les vendent aux pharmacies), qui se spécialisent dans les médicaments les plus rentables, par opposition aux "full-liners", qui traitent tous les médicaments.

 

 

Les grossistes-répartiteurs doivent respecter des obligations de service public : disposer d'une "collection" suffisante de médicaments et être capables de livrer les pharmacies françaises en 24 heures. Mais en France, les prix des médicaments sont relativement bas. Certains "short-liners" n'hésitent donc pas à déroger à leurs obligations en vendant les médicaments un peu plus cher à nos voisins. L'ANSM a ainsi sanctionné cinq de ces sociétés, en 2018, pour un montant total de 480 500 euros.

 

 

 

Que peut-on faire pour limiter les dégâts ?

Des règles existent. Les laboratoires pharmaceutiques ont par exemple l'obligation de mettre en place des plans de gestion des pénuries. Mais ces règles sont encore insuffisantes, puisque les ruptures d'approvisionnement se multiplient. Le gouvernement a donc dévoilé début juillet d'autres pistes. Une "feuille de route" provisoire, qui devrait aboutir à un plan présenté en septembre.

 

 

La ministre de la Santé, Agnès Buzyn, prévoit notamment de généraliser, en 2020, la plateforme DP-Ruptures, qui permet aux pharmaciens de signaler les ruptures d'approvisionnement. La feuille de route propose aussi de "sécuriser l'approvisionnement" des MITM à fort risque de pénurie, notamment les anticancéreux, en élaborant "une cartographie des sites de production" de matières premières et de médicaments et en améliorant les procédures d'achat hospitalier. Elle prône également davantage de "coopération européenne", en poursuivant "les discussions sur l'achat groupé notamment de vaccins essentiels", et un "partage d'information concernant les situations et les causes des pénuries".

 

 

Les médecins signataires de la tribune publiée dans Le JDD souhaitent que soient imposées aux laboratoires pharmaceutiques titulaires de l'autorisation de mise sur le marché "la constitution et la gestion de stocks" de médicaments d'intérêt thérapeutique majeur. Ils appellent également à ce que "soit rapatriée en Europe la production des principes actifs" et demandent la création d'un "établissement pharmaceutique à but non lucratif, si possible européen".

 

 

De son côté, le Leem juge nécessaire de "s'interroger sur le juste prix" des médicaments, car les pénuries touchent souvent des spécialités peu rentables. La fédération propose aussi de définir un ensemble de "médicaments d'intérêt sanitaire et stratégique" plus restreint que les MITM, pour lesquels des mesures de gestion de pénurie devraient être renforcées. Cette liste établie "au regard de critères précis" permettrait de se concentrer sur les traitements "les plus indispensables et irremplaçables".

 

 

 

Et moi, je fais comment ? J'achète mes médicaments sur internet ?

Mieux vaut éviter de chercher à acheter les médicaments manquants sur internet. Le risque de tomber sur des contrefaçons est trop grand. La première chose à faire est d'en parler à votre médecin prescripteur, afin d'anticiper vos besoins quand c'est possible. Il est aussi important de s'informer, auprès des pharmacies, afin de savoir si la rupture de stock est temporaire ou non. Si elle est temporaire et de courte durée, il est tout à fait possible qu'une autre officine dispose du médicament dont vous avez besoin.

 

 

Si votre traitement n'est plus disponible, ou pas avant un long moment, il est alors temps pour votre médecin et votre pharmacien de chercher un traitement alternatif, avec des produits de substitution.

 

 

 

Il est un peu trop long cet article, j'ai la flemme de tout lire. Vous me faites un résumé ?

Depuis une dizaine d'années, les ruptures d'approvisionnement se multiplient dans les pharmacies. Antiparkinsoniens, anticancéreux et vaccins sont les plus touchés. Les causes sont multiples : problèmes de fabrication, production et demande mondialisées, choix financiers des fabricants et des grossistes… Le gouvernement étudie des pistes pour mieux gérer ces ruptures, comme renforcer la coopération européenne. Mais empêcher ces pénuries reste pour le moment compliqué. Des médecins estiment qu'il faut obliger les fabricants à stocker une partie de leur production, plutôt que de produire en flux tendu.

Si vous êtes concerné par une pénurie de médicament, ne cherchez pas à l'acheter sur internet, adressez-vous à votre médecin ou à la pharmacie, pour vous renseigner et trouver, éventuellement, un traitement de substitution.

 


26/08/2019
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Franceinfo - le mardi 20 août 2019

 

 

"Le seul endroit pour faire ça est à Marseille" : Bernard Tapie est soigné pour son cancer grâce à une technique unique en France

 

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L'homme d'affaires Bernard Tapie souhaite mettre en avant l'excellence des soins dont il bénéficie à Marseille, pour combattre son double cancer

 

 

 

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Bernard Tapie à Paris, le 20 mars 2019. (AURELIEN MORISSARD / MAXPPP)

 

 

 

Bernard Tapie est actuellement soigné pour son double cancer (œsophage et estomac) à l’institut Paoli-Calmettes de Marseille, avec une technique unique en France. Elle permet de détruire les cellules cancéreuses avec une grande précision. L'homme d'affaires salue l’excellence médicale de la ville, dans laquelle "il y a une concentration de toutes les plus grandes intelligences et compétences".

 

 

 

franceinfo : Pourquoi vous exprimez-vous sur votre maladie et Marseille ?

 

 

Bernard Tapie : C'est, même pour moi, une découverte incroyable qu'à Marseille, il existe une concentration de cerveaux très spécialisés dans la science en général et dans la médecine en particulier. J'ai appris ça parce que le traitement qui m'était proposé était un peu particulier. Il fallait des cellules à attaquer. Quelque chose de très précis. Donc, on m'apprend que le seul endroit où il y a un appareil opérationnel pour faire ça se trouve à Marseille. Moi, qui restait silencieusement dans mon coin parce que je fais partie des 400 000 personnes qui souffrent de la même chose, cela a été plus fort que moi, je me suis dit qu'il fallait le faire savoir.

 

 

 

Que voulez-vous faire passer à travers votre témoignage ?

 

 

Comme j'ai toujours choisi l'Assistance publique, je fais des séances de chimio au milieu des gens et cela les rassure de voir quelqu'un de connu parmi eux. Ils s'imaginent toujours que l'Assistance publique, ce n'est pas là où on est le mieux soigné, alors qu'au contraire, il y a une concentration de toutes les plus grandes intelligences et compétences. C'est vrai que de temps en temps, on a tendance à subir. Or, le cancer, il ne faut jamais oublier que ce sont vos cellules malades qui combattent vos cellules saines. C'est un combat intérieur. Plus vous mettez de l'acharnement, de la volonté pour vous battre, plus vous donnez de la force à vos cellules saines.

 

 

 

D'où vous vient cette force de combattre ?

 

 

Ce sont les hasards de la vie. Je me suis retrouvé confronté à la vérité de l'existence le jour où je me suis retrouvé à l'armée. J'étais convaincu que j'appartenais à la classe inférieure et je ne le prenais pas mal, parce que chez moi, on n'a jamais fait la lutte des classes. À l'armée, tout le monde se retrouve ensemble sans chichi, sans préalable et c'est un moyen formidable pour que ceux qui sont défavorisés se retrouvent physiquement, intellectuellement à être confrontés aux autres. La hiérarchie, elle se refait à ce moment-là. C'est ça qui m'a donné cette envie d'essayer de monter un peu dans l'échelle. C'est pour ça que les malades qui expriment une volonté de combattre ne sont pas toujours ceux qu'on avait l'impression de voir dans la vie très sûrs d'eux, avec du charisme. Les vrais combattants, c'est dans les circonstances exceptionnelles qu'on les voit.

 

 

 

La relaxe prononcée début juillet, dans l'affaire de l'arbitrage controversé qui vous oppose au Crédit lyonnais, vous a-t-elle redonné de la force ?

 

 

Combattre une injustice m'a donné de la force. Maintenant, reconnaître qu'on n'avait pas tort m'a redonné de la force aussi. Mais, il ne faut jamais voir son cas personnel pour savoir si cela a de l'importance. Ce que j'ai vu, ce sont des magistrats faire du droit et être félicités unanimement par les chroniqueurs judiciaires. La vraie satisfaction a été de voir que, contrairement aux idées reçues, des magistrats ont eu le courage de regarder jusqu'au bout. C'est un formidable coup d'envoi pour que la justice française redevienne une justice libre, indépendante, qui ne pense qu'au droit et plus aux combines.

 

 

 

L'OM vous fait-il de la peine ?

 

 

Oui vraiment, ça me fait de la peine, parce c'est quand même pour Marseille un moyen d'expression et de communication extérieure qui reflète un état d'esprit. C'est ça que les gens n'ont pas compris. C'est l'état d'esprit qui compte. Je ne retrouve plus l'identité. Ce n'est pas les résultats qui déçoivent, c'est que je ne me reconnais pas et que les Marseillais ne se reconnaissent pas. Cela ne correspond pas à l'état d'esprit que les Marseillais veulent voir sur le terrain. Vous pouvez perdre un match, mais perdez-le avec dignité, volonté, courage, qui montre que vous avez mouillé le maillot, sinon cela ne veut rien dire.

 


21/08/2019
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Franceinfo - le lundi 19 août 2019

 

 

Affaire des bébés sans bras : une famille dépose une plainte contre X pour mise en danger de la vie d'autrui

 

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franceinfoRadio France

 

 

La plainte émane d'une famille originaire de l'Ain dont le petit garçon est né en 2012 avec une agénésie transverse du membre supérieur

 

 

 

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Un nouveau-né au service maternité de l'hôpital franco-britannique de Levallois-Perret. (DIDIER PALLAGES / AFP)

 

 

 

Une première plainte contre X a été déposée le 9 août par une famille pour mise en danger de la vie d’autrui dans l'affaire dite des bébés sans bras, a appris franceinfo auprès de leur avocat. La plainte émane d'une famille originaire de l'Ain dont le petit garçon est né en 2012 avec une agénésie transverse du membre supérieure (AMTS). Elle a été déposée au pôle de santé publique du tribunal de Marseille. Il s'agit pour les parents et leur avocat d'obliger la justice à se pencher sur ces malformations dans l’Ain, car en juillet les autorités sanitaires ont rendu les premières conclusions de l'enquête nationale, mais le comité scientifique a préconisé de ne pas mener de recherches dans le département, aucun cluster - cas groupés – n’ayant été constaté dans ce département selon le rapport du comité d’experts.

 

 

 

Quid de l'impartialité des agences à qui l'enquête a été confiée ?

Or, le couple qui vient de porter plainte rappelle que l'Agence nationale de santé publique et l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation et de l'environnement (Anses) n'ont pas comptabilisé dans leur étude les cinq cas de bébé nés sans bras avant 2011. Dans la plainte que franceinfo a pu consulter, l'avocat des parents s'interroge donc sur l'impartialité des deux agences sanitaires à qui le ministère de la santé a confié l'enquête nationale. Le conseil demande donc des investigations approfondies conduites par un magistrat "spécialisé et indépendant", précise la plainte.

 

 

Sept malformations ont été constatées dans le département de l'Ain ces dernières années, et la famille s'interroge sur "l'exposition aux polluants, rejetés dans les nappes phréatiques", qui pourrait, estiment-ils, expliquer pourquoi leur petit garçon est né sans main droite.

 


19/08/2019
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Franceinfo - le dimanche 11 août 2019

 

 

"La télémédecine m’a sauvé la vie !" : en Bavière, un service d'urgence expérimente cette technologie pour faire face au manque de médecins

 

 

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David Philippot, édité par Pauline Pennanec'hfranceinfoRadio France

 

 

 

Comment résoudre le problème des déserts médicaux et au manque de médecins tout en gagnant en efficacité ? L'une des pistes suivie est le développement de la télémédecine. En Allemagne, une douzaine d’expérimentations sont menées sur tout le territoire, notamment dans le service d’urgence de Straubing, en Bavière

 

 

 

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L'entrée de l'hôpital St. Elisabeth, à Straubing (Allemagne). (A3528 ARMIN WEIGEL / DPA / MAXPPP)

 

 

 

Un service d’urgence complet avec 21 ambulances, équipé par la télémédecine : en Bavière, en Allemagne, la ville de Straubing est en pleine expérimentation, comme une douzaine d'autres villes allemandes. Objectif : faire face au manque de médecins, et gagner en efficacité

 

 

Premier diagnostic en direct

Jürgen, secouriste, l'expérimente tous les jours. Appelé pour une chute dans l’escalier d’une entreprise, il se connecte directement sur le lieu de l'accident avec un médecin, à l'aide de ce qui ressemble à un gros téléphone portable. Au bout du fil, on lui donne un premier diagnostic et les gestes d’urgence à effectuer. Une fois le patient transporté dans l’ambulance, la communication est permanente entre l’urgentiste et le secouriste.

 

 

Avec ce stéthoscope, je peux, via wifi, retransmettre au docteur les battements du cœur ou le souffle du patient en directJürgen, secouriste à franceinfo

 

 

À l’autre bout de la ville, devant six écrans d’ordinateur, le médecin de permanence dirige les secours, parfois deux ou trois équipes en même temps. "Quand tout va bien, le patient reçoit son médicament en 5 minutes", explique l'urgentiste Bettina Schmeller. "Quand il faut parfois plus de 20 minutes pour que le médecin arrive sur place, surtout dans la campagne reculée, ce sont 20 minutes précieuses de gagnées", ajoute-t-elle.

 

 

 

Manque de médecins et fermeture d'hôpitaux

Gain de temps et organisation plus efficace, des atouts incontestables dans une région où le manque de médecin et la fermeture des petits hôpitaux se font de plus en plus sentir. Devant l’hôpital de Straubing, près d’un an après le début du test, les patients se disent plutôt convaincus. Anna, âgée d'une cinquantaine d'années, a même échappé à la mort grâce à la télémédecine, quand elle a été victime d'un AVC : "Normalement, il aurait fallu que je parte en hélicoptère alors que là, avec le diagnostic à distance, j’ai pu être prise en charge tout de suite sur place. La télémédecine m’a sauvé la vie !"

 

 

J’ai été prise en charge près chez moi, et me voilà, toujours en vie !Anna, une patiente à franceinfo

 

 

Le ministère régional de l’Intérieur qui pilote ce projet doit décider à la fin de l’été s’il est maintenu et le cas échéant étendu au reste de la région. L’obstacle principal, hormis le coût des équipements : la couverture internet, souvent déplorable, dans la campagne allemande.

 


11/08/2019
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Franceinfo - le vendredi 26 juillet 2019

 

 

Les cigarettes électroniques sont "incontestablement nocives", avertit l'OMS

 

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

 

L'Organisation mondiale de la santé déconseille ces dispositifs à ceux qui veulent arrêter de fumer

 

 

 

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Bien que ces dispositifs exposent l'utilisateur à moins de substances toxiques que les cigarettes combustibles, elles présentent aussi des "risques pour la santé", estime l'OMS.  (MAJA SUSLIN / TT NEWS AGENCY / AFP)

 

 

 

Les cigarettes électroniques sont "incontestablement nocives" et devront être régulées, selon un rapport présenté, vendredi 26 juillet, à Rio de Janeiro (Brésil) par l'Organisation mondiale de la santé (OMS), qui déconseille ces dispositifs à ceux qui veulent arrêter de fumer. L'OMS met aussi en garde contre la "menace actuelle et réelle" que représente la désinformation véhiculée par l'industrie du tabac sur les vapoteuses.

 

 

Bien que ces dispositifs exposent l'utilisateur à moins de substances toxiques que les cigarettes combustibles, elles présentent aussi des "risques pour la santé", assure le rapport de l'OMS.

 

 

 

Appel à la régulation

"Bien que le niveau de risque associé aux Sean (système électroniques d'administration de nicotine) n'ait pas été mesuré de manière concluante, les Sean sont incontestablement nocifs et devront donc être régulés", indique l'OMS. Elle souligne également qu'il n'y a pas assez de preuves que les e-cigarettes soient efficaces pour arrêter de fumer.

 

 

"Dans la plupart des pays où elle sont disponibles, les utilisateurs (d'e-cigarettes) continuent en général de fumer des cigarettes combustibles en même temps, ce qui présente très peu, voire aucun impact positif" sur la réduction des risques sanitaires, selon le rapport.

 


27/07/2019
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Franceinfo - le vendredi 26 juillet 2019

 

 

Produits chimiques, perturbateurs endocriniens, amines aromatiques : les emballages en carton pointés du doigt

 

 

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Sophie AuvigneRadio France

 

 

 

Le Bureau européen des consommateurs (BEUC) a analysé 76 échantillons d'emballages en papier et en carton, et révèle qu'ils contiennent des substances nocives pour la santé

 

 

 

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Une cliente dans un supermarché (illustration). (JEAN-LUC FL?MAL / MAXPPP)

 

 

 

Les emballages en papier et en carton, qui doivent remplacer le plastique dans 18 mois, contiennent des substances chimiques et peuvent être nocifs pour la santé. C'est ce que révèle vendredi 26 juillet une étude menée en laboratoire par le Bureau européen des consommateurs (BEUC), qui rassemble plus de 40 associations nationales.

 

 

Au total, 76 échantillons, en papier ou en carton, imprimés ou colorés, ont été analysés, notamment des gobelets, des pailles, des serviettes de table ou encore des emballages de produits d'épicerie comme les pâtes, le riz ou d'autres céréales.

 

 

 

Des produits chimiques dans les aliments

Les encres de ces emballages libèrent des produits chimiques dans les aliments, et au final, dans notre organisme. Ce sont des amines aromatiques, susceptibles d'être à l'origine de cancers des poumons ou des voies urinaires, des maladies habituellement surtout liées au tabagisme. Les emballages en carton ou en papier peuvent aussi être porteurs de filtres UV, parfois au-dessus des niveaux recommandés. Ces filtres sont soupçonnés d'être des perturbateurs endocriniens.

 

 

Le Bureau européen des consommateurs n'est pas le premier à tirer la sonnette d'alarme. Il y a deux ans, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) regrettait le manque d’études sur le sujet. Et en 2011 l'UFC-Que Choisir exigeait déjà une réglementation pour protéger les consommateurs. Les associations soulignaient le manque d'encadrement pour tous ces emballages alimentaires papier, contrairement au plastique qui est, lui, très règlementé.

 


26/07/2019
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Franceinfo - le mercredi 17 juillet 2019

 

 

L'épidémie d'Ebola en République démocratique du Congo est une urgence sanitaire "de portée internationale", alerte l'OMS

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions
 

 

L'épidémie de virus Ebola, qui provoque de fortes fièvres et des hémorragies souvent mortelles, a fait près de 1 700 morts depuis l'été dernier

 

 

 

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Un patient touché par Ebola traité dans un centre médical à Beni (République démocratique du Congo), le 31 mars 2019. (BAZ RATNER / REUTERS)

 

 

 

L'épidémie d'Ebola qui sévit depuis l'été 2018 en République démocratique du Congo (RDC) n'a quasiment pas franchi les frontières du pays. Mais elle est désormais "une urgence de santé publique de portée internationale", a déclaré l'Organisation mondiale de la santé (OMS) mercredi 17 juillet. Elle a déjà fait près de 1 700 morts.

 

 

L'agence spécialisée de l'ONU explique notamment cette décision par la découverte d'un premier cas mortel à Goma, deuxième ville de RDC, à la frontière avec le Rwanda. En juin, deux cas mortels avaient été détectés en Ouganda voisin.

 

 

La maladie à virus Ebola provoque de fortes fièvres et, souvent, des hémorragies sévères. Entre 30 et 90% des personnes infectées y succombent, selon les épidémies et l'espèce virale, précise l'Institut Pasteur.

 

 

 

Une mesure exceptionnelle

L'urgence sanitaire mondiale est une mesure exceptionnelle, qui n'a été décrétée que quatre fois seulement par l'OMS : en 2009 pour la grippe H1N1, en 2014 pour la poliomyélite, en 2014 pour l'épidémie d'Ebola qui a fait plus de 11 300 morts dans trois pays d'Afrique de l'Ouest (Liberia, Guinée, Sierra Leone) et en 2016 pour le virus Zika.

 

 

Le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a affirmé qu'il "était temps pour le monde de prendre acte" de l'épidémie, mais il a recommandé que les frontières de la RDC avec ses voisins restent ouvertes.

 

 

Les experts du Comité d'urgence de l'OMS ont également exprimé leur "déception au sujet des retards dans le financement" de l'aide.

 


18/07/2019
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Franceinfo - le mardi 16 juillet 2019

 

 

L’arrivée d’Ebola dans le nord-est de la RDC suscite de très vives inquiétudes

 

 

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Laurent Ribadeau DumasRédaction AfriqueFrance Télévisions

 

 

 

En République démocratique du Congo, les autorités locales multiplient les mesures de prévention et les appels au calme depuis la découverte d’un cas de fièvre hémorragique Ebola, le 14 juillet à Goma

 

 

 

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Un agent de santé asperge de désinfectant l'un de ses collègues dans un centre de traitement d'Ebola le 9 septembre 2018. (AL-HADJI KUDRA MALIRO/AP/SIPA / AP)

 

 

 

La confirmation d'un premier cas d'Ebola, le 14 juillet à Goma, grande ville du Nord-Kivu (nord-est de la RDC) d'un million d’habitants, constitue "un avertissement" sur les dangers de cette épidémie et "change potentiellement toute la donne". Telle est la mise en garde faite le 15 juillet 2019 par l'Organisation mondiale de la Santé (OMS). 

 

 

En République démocratique du Congo, les autorités locales multiplient les mesures de prévention depuis cette découverte. Le malade, un pasteur évangélique, est le premier cas confirmé de la fièvre hémorragique dans la région depuis le début de l'épidémie le 1er août 2018. Laquelle a fait plus de 1600 morts. Les équipes chargées de répondre à l'épidémie ont identifié 60 contacts du pasteur jusqu'à présent. "Nous en avons retrouvé et vacciné 30 et, avec un peu de chance, nous aurons vacciné les 30 autres dans les 24 heures à venir", a précisé le responsable des situations d’urgence à l’OMS, Mike Ryan.

 

 

Première mesure : le patient a été évacué le 15 juillet au matin vers Butembo. Motif : le centre de traitement d'Ebola (CTE) de Butembo, épicentre de l'épidémie, est mieux préparé que celui de Goma qui n'a encore traité aucun cas jusqu'à présent, a affirmé le gouverneur, Carly Nzanzu Kasivita. "Le cas a été non seulement détecté précocement, mais aussi isolé immédiatement évitant toute contamination additionnelle", a-t-il poursuivi.

 

 

 

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Des acteurs de santé, munis de combinaisons de protection, s'occupent d'une personne atteinte d'Ebola, placée dans un cube d'isolation à Beni (nord-est de la RDC) le 13 juillet 2019. (JEROME DELAY/AP/SIPA / SIPA)

 

 

 

Jusqu’à présent, l'épidémie était cantonnée dans le nord de la province, dans les zones de Beni-Butembo, depuis qu'elle a été officiellement dépistée le 1er août 2018 près de Beni.

 

 

 

Itinéraire

L'itinéraire du patient a de quoi nourrir les inquiétudes plus ou moins rationnelles qui entourent chaque maladie contagieuse et mortelle. Originaire du Sud-Kivu, le pasteur était arrivé début juillet à Butembo, où il a présenté les premiers symptômes dès le 9 juillet. "Durant son séjour à Butembo, le pasteur a prêché dans sept églises", où il touchait de ses mains régulièrement les fidèles, "y compris les malades", précise le ministère de la Santé. Le pasteur, qui serait membre d'une Eglise évangélique dite du "réveil", a ensuite pris la route pour Goma le 12 juillet à bord d'un bus avec 18 autres passagers et le chauffeur.

"Le bus est passé par trois points de contrôle sanitaire. Lors des contrôles, il ne semblait pas présenter des signes de la maladie. Par ailleurs, à chaque point de contrôle, il a écrit des noms et prénoms différents sur les listes de voyageurs, (ce qui indique) probablement sa volonté de cacher son identité et son état de santé", rapporte le ministère de la Santé.

"Dès son arrivée à Goma (le 14 juillet , NDLR), il s'est rendu dans un centre de santé car il ne se sentait pas bien et avait commencé à faire de la fièvre. Aucun autre patient ne se trouvait dans le centre de santé, réduisant le risque d'infections nosocomiales d'autres personnes", affirme-t-on. Selon une autre source, anonyme, citée par l’agence France Presse (AFP), l'homme avait utilisé un taxi-moto pour se rendre au préalable chez un de ses amis.

 

 

 

"L'épidémie n'est toujours pas sous contrôle"

L'inquiétude est palpable à Goma, ville partagée entre ses villas avec vues magnifiques sur le lac Kivu, siège des Nations unies et des ONG, et ses quartiers densément peuplés avec une activité commerciale importante. "Goma est très peuplée, je crains que la propagation ne soit rapide. (Il faut, NDLR) que les autorités fassent tout pour retrouver toutes ces personnes car Goma est un grand carrefour vers plusieurs destinations", s'inquiète un moto-taxi, Jean-Pierre, 30 ans, citée par l’AFP.

 

 

 

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Scènes de rue à Kiwanja (60 km au nord de Goma en RDC) le 16 février 2015 (STEPHANIE AGLIETTI / AFP)

 

 

La cité se trouve en effet à la frontière du Rwanda, avec un port d'où les bateaux partent pour Bukavu et le Sud-Kivu, et un aéroport avec des vols civils ou onusiens à destination de Kinshasa (capitale de la RDC), Entebbe (ancienne capitale de l’Ouganda) et Addis Abeba (capitale de l’Ethiopie). "Nous avons travaillé intensément pour que n'importe quel cas à Goma soit identifié et pour y apporter une réponse immédiate", a commenté le directeur général de l'OMS, Tedros Adahom Ghebreseyus.

 

"Ce cas confirmé d'Ebola à Goma montre que la situation demeure inquiétante et que l'épidémie n'est toujours pas sous contrôle", a commenté Médecins sans Frontière (MSF) qui a cessé ses interventions à Beni-Butembo en raison de l'insécurité. Une insécurité qui a d'ailleurs encore frappé à Beni où deux notables locaux, enrôlés dans des actions de prévention, ont été assassinés dans la nuit du 13 au 14 juillet 2019.

 

 

 

Les résistances des populations

L'intervention des responsables communautaires dans ces actions est destinée à lever les résistances des populations contre la vaccination et l'hospitalisation ainsi que contre des modes d'enterrement qui évitent les contacts avec les fluides contagieux des défunts. "Selon plusieurs sources, les assaillants seraient des personnes du même quartier que les deux victimes. (Ces assaillants enviaient les victimes car elles) avaient trouvé un emploi dans la riposte contre Ebola", a indiqué le ministère de la Santé. Un épidémiologiste de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) avait été tué le 20 avril à Butembo, où deux centres de traitement d'Ebola (CTE) avaient été attaqués fin février-début mars.

Le monde n'a pas entendu "les avertissements", écrivait le site de l’OMS dès… janvier 2015. Avant d’ajouter : "Une évaluation officielle de la riposte à la pandémie de grippe H1N1 en 2009 avait abouti à la conclusion que le monde l’avait échappé belle à cette occasion, car le virus avait été peu agressif, mais qu'il était mal préparé à faire face à des urgences graves et durables à l'avenir, comme en témoigne cette épidémie d'Ebola"… Laquelle est la deuxième la plus importante de l'histoire après celle qui a tué près de 11 000 personnes en Afrique de l'Ouest (Guinée, Liberia, Sierra Leone) en 2013-2014.

 


17/07/2019
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Franceinfo - le mardi 9 juillet 2019 - mis à jour le 10.07.19

 

 

On vous explique pourquoi le gouvernement a donné son feu vert pour le déremboursement total de l'homéopathie en 2021

 

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France 2France Télévisions

 

 

Emmanuel Macron a finalement décidé de suivre l'avis rendu par la Haute autorité de santé, mardi 9 juillet. La fin du remboursement de l'homéopathie pourrait se faire en deux temps, en deux ans

 

 

 

Le camp du déremboursement de l'homéopathie l'a finalement emporté. Le taux de remboursement aujourd'hui à 30% devrait passer en janvier prochain à 15% puis à 0% en 2021. C'est l'épilogue d'un bras de fer. Fin juin, la Haute autorité de santé prône le déremboursement, faute d'efficacité scientifique prouvée. Les défenseurs de l'homéopathie demandent eux le maintien du remboursement.

 

 

 

Une décision "incompréhensible" pour Boiron

L'homéopathie a coûté l'an dernier presque 127 millions d'euros à l'Assurance maladie sur un total d'environ 20 milliards d'euros de médicaments. Mais pour Olivier Véran, député LREM de l'Isère, l'objectif n'est pas de faire faire des économies à la Sécurité sociale. "Cet argent va servir à rembourser des médicaments efficaces, qui peuvent coûter parfois très cher, pour guérir des cancers, soigner des infections, donner de l'argent à l'hôpital qui en a besoin...", détaille l'élu au micro de France 2. Mardi 9 juillet, les laboratoires Boiron dénoncent une décision "incompréhensible et incohérente" et demandent à être reçus en urgence par Emmanuel Macron.

 

 


11/07/2019
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Franceinfo - le jeudi 11 juillet 2019

 

 

Vincent Lambert est mort à Reims : les cinq dates à retenir de cette affaire hors du commun

 

Par Florence Morel

 

 

Vincent Lambert est décédé ce 11 juillet 2019, au CHU Sébastopol de Reims à 8 h 24. Neuf jours après un nouvel arrêt des traitements débuté le mardi 2 juillet.

 

 

 

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 Vincent Lambert était hospitalisé depuis 2008 au CHU Sébastopol de Reims. / © Christophe Damiens D'Hebecourt - France 3 Champagne-Ardenne

 

 

 

Hospitalisé à Reims depuis qu'un accident de la route l'avait plongé dans un état végétatif en septembre 2008, Vincent Lambert est décédé ce 11 juillet 2019, à 8h24 à l'âge de 42 ans, a confié son neveu François. Quelques jours plus tôt, le mardi 2 juillet, le médecin du CHU Vincent Sanchez annonçait à la famille de cet ancien infirmier psychiatrique un nouvel arrêt des traitements, à la suite d'un jugement de la Cour de cassation.

Au delà de la mort d'un homme, marié et père d'une fille âgée de dix ans, c'est l'épilogue d'une polémique et d'une bataille judiciaire de plusieurs années. Malgré les procédures qui se sont enchaînées les dix dernières années, voici les cinq dates qu'il faut retenir pour comprendre cette affaire hors du commun.

 


 

1 - Septembre 2008, l'accident

L'infirmier en psychiatrie, alors âgé de 31 ans, est victime d'un accident de voiture près de Châlons-en-Champagne (Marne). Vincent Lambert s'était installé quelques temps auparavant avec Rachel Lambert, son épouse, dans le village de Vadenay au Sud Est de Reims. Ils venaient d'avoir une petite fille.

Pendant trois ans, le Marnais d'adoption reste dans un état de conscience minimale. En juin 2011, il est reçu par le Coma Science Group, en Belgique, où son cas est étudié par les plus grands spécialistes. Ils concluent que Vincent se trouve dans un état de conscience minimale, sans espoir d'amélioration.

 

 

"Ce qui m'interpelle, c'est qu'à un moment donné, on puisse attaquer sans fin une décision de justice. On est sur une décision qui est hors norme". Eric Kariger, ancien médecin de Vincent Lambert, en février 2018.

 

 

2 - En 2013, premier arrêt des traitements

Après plus de quatre années passées dans un état végétatif, le docteur Eric Kariger décide pour la première fois d'interrompre les traitements qui maintiennent en vie Vincent Lambert. Une décision qui fait suite à une longue série d'examens, menés par les plus grands experts européens, dont le diagnostic est sans appel. Vincent restera dans un état de conscience minimale sans espoir d'amélioration.



"On avait mis tous les moyens pour consolider cette décision. C'est le seul patient de l'unité pour cérébrolésé qu'on a envoyé au centre européen chez le professeur Lorenz", déclarait Eric Kariger à France 3 Champagne-Ardenne en février 2018, cinq ans après les faits. Seulement, le 11 mai 2013, le juge des référés du tribunal administratif de Châlons-en-Champagne enjoint le docteur et son équipe à reprendre l'alimentation du patient (stoppée pendant 31 jours), au motif que ses parents n'ont pas été suffisament informés. 



Les pressions se font de plus en plus lourdes sur les épaules du médecin, qui décide finalement de se retirer du dossier fin 2014. "À un moment, il faut se protéger et savoir se retirer. Je suis allé jusqu'à défendre l'honneur d'une équipe. Mais le jour où le Conseil d'Etat est venu confirmer que la décision était conforme, on avait atteint l'objectif", racontait-il, encore ému. Malgré la décision de la plus haute juridiction administrative, les parents de Vincent Lambert n'en restent pas là.

 

 

 

3 - 2015, la Cour européenne des droits de l'homme se prononce en faveur de l'arrêt des traitements


Le 5 juin 2015, la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH), saisie par les parents favorables au maintien en vie de leur fils, juge que l'arrêt des traitements ne violerait pas "le droit à la vie" de Vincent Lambert. L'arrêt de la CEDH tombe un an après que le Conseil d'Etat s'est lui aussi prononcé en faveur de l'arrêt des traitements.

Le CHU de Reims saisit le parquet pour définir un tuteur légal pour Vincent Lambert. Un an plus tard, c'est sa femme Rachel, favorable à l'arrêt des traitements, qui est choisie par le juge des tutelles.

 

 

 

4 - Le 9 avril 2018, le CHU de Reims se prononce pour un arrêt des traitements

Après une quatrième décision collégiale, le CHU de Reims s'est prononcé en faveur d'un arrêt des traitements. Le docteur Sanchez, arrivé à Reims en 2017, conclut alors à une "obstination déraisonnable" envers le patient tétraplégique. Décrit comme "discret" par ses pairs et "très déterminé" selon François Lambert, (neveu de Vincent), le docteur Sanchez a cessé l'alimentation et l'hydratation artificielles de Vincent Lambert le 20 mai 2019, avant que la cour d'appel de Paris demande au CHU de reprendre les traitements le même jour.

 

 

 

5 - Le 28 juin 2019, la Cour de cassation casse la décision de la cour d'appel de Paris

Un peu plus d'un mois après l'arrêt de la cour d'appel de Paris ordonnant la reprise des traitements de Vincent Lambert, c'est au tour de la Cour de cassation de se prononcer sur l'affaire. Les juges de la juridiction suprême n'ont que quelques jours pour rendre leur décision, le président prenant sa retraite le 30 juin.



Ils décident finalement de casser l'arrêt de la cour d'appel. Le CHU de Reims s'est alors retrouvé dans la même situation que le 19 mai dernier, pouvant relancer une procédure d'arrêt des traitements à tout moment ; ce qu'il a fait le mardi 2 juillet. Dans un dernier espoir, les parents de Vincent Lambert, toujours opposés à l'arrêt des traitements de leur fils, tentent de lancer une ultime procédure judiciaire, avant de se résigner. Après neuf jours sans hydratation, ni alimentation, Vincent Lambert est finalement décédé ce jeudi 11 juillet, après onze ans de conflits judiciaires et familiaux.

 


11/07/2019
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