L'AIR DU TEMPS

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MEDECINE - Santé

Chaque époque apporte son lot d'évolution. Il en est un, tout particulièrement intéressant, qui concerne la médecine. Que d'améliorations au fil de l'histoire ! Voilà où nous en somme aujourd'hui, en plein XXIème siècle...

 


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Déconfinement : ce qui change (et ce qui ne change pas encore) à partir d'aujourd'hui

 

 

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La réouverture des cafés et restaurants en zone verte, celle des terrasses à Paris, ainsi que la levée de la règle limitant les déplacements dans un rayon de 100 kilomètres font partie des principales mesures de la deuxième phase de sortie du confinement, à partir de mardi

 

 

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Les employés de la brasserie Les Deux Magots préparent la terrasse pour la réouverture, le 1er juin 2020 à Paris. (BERTRAND GUAY / AFP)

 

 
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"La liberté va redevenir la règle et la contrainte constituera l'exception", a résumé le Premier ministre Edouard Philippe. La deuxième étape du déconfinement débute mardi 2 juin. Des mesures sanitaires strictes, prises afin de freiner la propagation du coronavirus, sont levées, mais d'autres vont rester en vigueur. Tout le territoire n'est pas non plus logé à la même enseigne. Voici donc ce qui va changer (ou non) dans le quotidien des Français déconfinés, alors que le repli de l'épidémie se confirme jour après jour. 

 

 

 

Fin de la limite des 100 km

La limitation des déplacements dans un rayon de 100 kilomètres autour du domicile, sauf motif professionnel ou familial impérieux, prend fin mardi. Entrée en vigueur le 11 mai, cette mesure visait à éviter une propagation du virus à des zones jusque-là épargnées. Les préfets pourront toutefois, si nécessaire, à nouveau restreindre les déplacements afin de lutter contre la propagation du virus, à l'échelle des départements ou de manière plus localisée. 

 

 

 

En zone verte, réouverture des bars et restaurants 

Fermés depuis le samedi 14 mars à minuit, les cafés, bars et restaurants sont autorisés à rouvrir mardi en zone verte. Suivant les recommandations du Haut Conseil de la santé publique, l'exécutif n'a pas retenu la piste d'un espace obligatoire de quatre mètres carrés par convive, redoutée par les restaurateurs. Ils doivent tout de même respecter des règles sanitaires strictes : 10 personnes maximum par table, un mètre au moins entre les groupes et consommation debout interdite dans les bars.

 

 

 

En zone orange, réouverture des terrasses seulement 

En zone orange, c'est-à-dire en Ile-de-France, à Mayotte et en Guyane, seules les terrasses seront autorisées à rouvrir. A Paris, la mairie a annoncé que les bars, cafés et restaurants pourraient s'étendre gratuitement sur une partie de l'espace public : trottoirs, places de stationnement, voire quelques rues fermées à la circulation. En respectant toutefois les règles de bon voisinage : "Pas de bruit, pas de musique, fermeture à 22 heures".

 

 

 

L'application StopCovid téléchargeable

L'application StopCovid doit être disponible mardi à partir de midi. Cet outil de traçage des cas contacts, voulu par le gouvernement, doit permettre d'en prévenir les utilisateurs s'ils ont été en contact avec des personnes contaminées par le coronavirus. Elle fonctionnera par Bluetooth et alertera ses détenteurs si ces derniers se sont trouvés à moins d'un mètre et pendant au moins 15 minutes d'une personne contaminée par le coronavirus.

 

 

 

Réouverture des lieux culturels et sportifs en zone verte uniquement

Les piscines, gymnases, salles de sports, parcs de loisirs, salles de spectacle et théâtres rouvrent mardi dans les zones vertes. Dans les zones orange, leur réouverture est programmée pour le 22 juin. Les cinémas en revanche resteront fermés jusqu'au 22 juin sur l'ensemble du territoire.

 

 

Si les sports collectifs restent en revanche interdits jusqu'au 22 juin, les sportifs professionnels vont pouvoir reprendre le 2 juin "avec protocole strict", selon la formule d'Edouard Philippe.

 

 

 

Réouverture progressive des collèges et des lycées

Tous les collèges et écoles de France métropolitaine vont rouvrir, ainsi que les lycées des départements des zones vertes, mais de manière progressive, ce qui fait que tous les élèves ne reprendront pas dès mardi.

 

 

Le masque est prescrit pour "les collégiens et les lycéens lors de leurs déplacements" ainsi que pour les personnels des établissements accueillant des enfants. Les enseignants n'ont toutefois pas à le porter "lorsqu'ils font cours et sont à une distance d'au moins un mètre des élèves".

 

 

 

Réouverture des hôtels et campings en zone verte

Les hébergements touristiques, les villages vacances et les campings pourront ouvrir à partir du 2 juin en zone verte, après le 22 juin en zone orange.

 

 

Les colonies de vacances pourront rouvrir à compter du 22 juin, avait précisé le Premier ministre.

 

 

 

Réouverture progressive des musées et monuments

La réouverture des musées et monuments nationaux redevient possible. Mais, en pratique, elle va s'étaler pendant un mois et demi, avec une réouverture prévue seulement en juillet pour plusieurs établissements. 

 

 

Le château de Chambord rouvre ainsi le 5 juin, celui de Versailles le 6 juin, mais le musée d'Orsay ne rouvrira que le 23 juin, le MuCEM (Musée des civilisations de l'Europe et de la Méditerranée) de Marseille le 29 juin, le centre Pompidou le 1er juillet et le musée du Louvre le 6 juillet.

 

 

Le port du masque y sera obligatoire et "les règles de distanciation physique devront y être respectées", a assuré le Premier ministre. Les petits musées pouvaient déjà accueillir du public depuis le 11 mai.

 

 

 

Réouverture des parcs, jardins, plages et lacs

Les parcs et jardins, mais aussi les plages et les lacs encore fermés, sont de nouveau accessibles aux promeneurs à partir de mardi sur l'ensemble du territoire. La réouverture des parcs et jardins avait été anticipée dès le week-end de Pentecôte à Paris.

 

 

 

Les mariages de nouveau célébrés

"On va pouvoir enfin recommencer à célébrer des mariages", s'est félicité le Premier ministre. Mais les convives devront être "extrêmement attentifs à la distanciation physique et aux règles de densité" dans les lieux de culte et les mairies où seront célébrées les noces. En revanche, rien ne dit que les festivités organisées dans la foulée (cocktails, repas, soirées dansantes...) pourront avoir lieu.

 

 

Sauf annonce contraire, de tels rassemblements privés de plus de 10 personnes ne pourront se tenir que dans une habitation.

 

 

 

Les rassemblements publics toujours interdits

Autorisés depuis mi-mai dans la sphère privée, les rassemblements de plus de 10 personnes dans l'espace public restent eux interdits au moins jusqu'au 21 juin, sauf exceptions, que franceinfo détaille ici

 

 

 

Le masque obligatoire dans les transports en commun

Le port du masque de protection est imposé à "toute personne de 11 ans ou plus" à bord des trains, avions, bateaux, dans les transports en commun et aussi dans les gares et aéroports. 

 

 

Dans les transports en Ile-de-France, l'attestation employeur reste également nécessaire aux heures de pointe "au moins jusqu'au 22 juin", selon les déclarations du secrétaire d'Etat aux Transports, Jean-Baptiste Djebbari, sur BFMTV dimanche.

 

 

 

Le trafic des trains encore réduit

La SNCF sera de nouveau en mesure de commercialiser l'ensemble de ses billets de train à compter de la mi-juin, a annoncé le secrétaire d'Etat aux Transports. La restriction d'un siège sur deux neutralisé dans les TGV, qui avait été imposée à la SNCF afin de respecter les règles de distanciation, sera levée, a indiqué Jean-Baptiste Djebbari.

 

 

 

Les vols pour la Corse et l'Outre-mer toujours restreints

Les déplacements aériens au départ ou à destination de la Corse et des départements et régions d'outre-mer sont interdits jusqu'à nouvel ordre, sauf pour un "motif impérieux d'ordre personnel ou familial", une raison de santé relevant de "l'urgence" ou un besoin professionnel ne pouvant être différé, précise un décret paru lundi au Journal officiel.

 

 

 

Les déplacements à l'étranger toujours limités

Les restrictions aux frontières sont maintenues jusqu'au 15 juin. Mais la France est favorable à leur réouverture à cette date, "si la situation sanitaire le permet, sans quatorzaine pour les voyageurs en provenance de pays européens", selon le chef du gouvernement. Des mesures de réciprocité seront par ailleurs appliquées aux voyageurs venus de pays qui instaurent des dispositifs de quarantaine pour les Français qui se rendent sur leurs territoires.

 

 

Toutes les restrictions prises dans le cadre de l'état d'urgence sanitaire doivent être réévaluées le 22 juin.

 

 
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02/06/2020
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Franceinfo - le samedi 30 mai 2020

 

 

Coronavirus : 57 morts en 24 heures dans les hôpitaux en France, la baisse se poursuit en réanimation

 

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Robin PrudentPierre GodonFrance Télévisions

 

 

Au total, 14 380 personnes sont hospitalisées pour une infection au Covid-19, contre 17 178 il y a une semaine

 

 

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ne désinfection de chambre à l'hôpital Saint-Louis, à Paris, le 28 mai 2020. (MARTIN BUREAU / AFP)

 

 

 

CE QU'IL FAUT SAVOIR

 

 

Les hôpitaux français ont enregistré 57 morts liés au nouveau coronavirus en 24 heures, selon les données de la Direction générale de la santé (DGS) communiquées samedi 30 mai. La baisse se poursuit en réanimation, avec 1 325 patients pour une infection grave au coronavirus, contre 1 361 la veille et 1 665 samedi dernier, indique la DGS. Au total, 14 380 personnes sont hospitalisées pour une infection au Covid-19, contre 17 178 il y a une semaine.On compte 227 nouvelles admissions enregistrées lors des dernières 24 heures, un chiffre comparable à celui enregistré il y a une semaine (233).

 

 

 

La Chine promet un vaccin pour la fin de l'année. Selon un message des autorités chinoises daté du 29 mai diffusé sur le réseau social chinois WeChat, un vaccin pourrait être commercialisé dès la fin de l'année ou début 2021. Ce vaccin, développé par l'Institut de produits biologiques de Pékin et l'Institut de virologie de Wuhan, a été administré à plus de 2 000 personnes dans le cadre d'essais cliniques entrés dans la phase 2, a précisé la Commission d'administration et de supervision des actifs publics. 

 

 

 

Les parcs et jardins rouvrent partout en France. Enfin, fouler l'herbe folle. Après plusieurs semaines sans avoir croisé le moindre passant, les parcs et les jardins ont rouvert, samedi 30 mai. Certains promeneurs étaient là dès 7 heures, à attendre devant les barrières. D'autres en profitent pour y pique-niquer en famille ou entre amis. 

 

 

 

A Paris, une ouverture bienvenue. Dans la capitale, les parcs et jardins sont accessibles "aux horaires habituels", souligne la mairie. Les pique-niques sont autorisés mais les regroupements ne doivent pas dépasser 10 personnes. "Si la situation sanitaire l'y oblige, la maire de Paris pourra solliciter le préfet de police pour rendre le port du masque obligatoire", explique la municipalité. Pour rappel, l'ouverture des parcs et des jardins était jusqu'à présent l'objet d'une âpre bataille entre la maire de la capitale qui y était favorable et le gouvernement qui s'y refusait.

 

 

 

Une centaine de "clusters" en France. Depuis la levée du confinement le 11 mai, 109 foyers de Covid-19 ont été repérés en France. Mais aucun n'a pour l'instant été à l'origine d'une dissémination de l'épidémie, selon Santé publique France. Lors du précédent point, le 21 mai, le nombre de foyers s'élevait à 46. Plus largement, il n'y a "pas de signaux en faveur d'une reprise de l'épidémie".

 

 

 

Près de 29 000 morts en France. Depuis le début de l'épidémie de coronavirus, 28 714 personnes sont décédées, c'est 52 de plus qu'hier. Selon le dernier bilan de vendredi soir, 18 387 décès ont été enregistrés en établissements hospitaliers et 10 327 en établissements sociaux et médico-sociaux.

 


31/05/2020
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Franceinfo - le samedi 30 mai 2020

 

 

Application StopCovid : accouchée dans la douleur et déjà limitée

 

 

 

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Sylvain tronchet, cellule investigation de Radio FrancefranceinfoRadio France

 

 

 

L’application de traçage StopCovid, qui sera disponible le 2 juin, est présentée par le gouvernement comme un "instrument" de lutte contre l'épidémie de coronavirus. Mais les débats autour de son acceptation, les problèmes techniques qu’elle rencontre encore, et les retours d’expérience à l’étranger posent la question de son efficacité

 

 

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Illustration de StopCovid, l'application de traçage française contre la propagation du Covid-19, le 28 mai 2020. (BRUNO LEVESQUE / MAXPPP)

 

 

 

"StopCovid n’est pas l’arme magique contre l’épidémie." En présentant l’application de traçage voulue par le gouvernement, jeudi 28 mai, Edouard Philippe n’a pas fait preuve d’un enthousiasme béat pour cette technologie. Le 28 avril devant l’Assemblée nationale, il avouait qu’il était "bien en peine de [vous] dire si elle fonctionne, et comment elle fonctionnera précisément." "C’est un instrument, complémentaire d’autres instruments", a ensuite expliqué le Premier ministre, au lendemain d’un débat houleux à l’Assemblée nationale.

 

 

Depuis plusieurs semaines, le débat autour des risques d’atteintes à la vie privée et aux libertés individuelles que représenterait cette technologie n’a pas vu émerger de consensus entre pro et anti "contact-tracing". Mais au-delà de ces questions d’ordre éthique, de nombreux experts doutent de l’utilité pratique d’un tel outil. Chercheur en cybersécurité, Baptiste Robert fait partie de ceux qui testent l’application depuis le 27 mai. Il remarque que, "le gouvernement ne parle jamais des retours d’expérience dans les pays qui ont déjà mis en place ce genre d’application. Pourtant, ils ont admis que ce n’était pas terrible".

 

 

 

En Australie, une seule personne détectée en un mois

C’est le cas notamment à Singapour, qui a lancé son application "TraceTogether", le 20 mars. Un mois plus tard, dans une tribune, Jason Bay, le directeur de l’agence gouvernementale des services numériques tirait le constat suivant : "Si vous me demandez si n’importe quelle application de traçage, existante ou en développement, n’importe où dans le monde va remplacer le traçage manuel, je dirais sans hésitation que la réponse est non". Selon lui, en raison de sa complexité, "le traçage devrait rester un processus effectué par des humains". À Singapour, seuls 15% des 5,6 millions d’habitants ont téléchargé l’application. Un taux relativement faible qui peut aussi expliquer ces résultats décevants.

 

 

En Islande, l’application locale "Rakning C-19" est lancée début avril. Elle est basée sur la géolocalisation des utilisateurs, les autorités locales ayant jugé le Bluetooth insuffisamment fiable. En dépit de ce choix technique plus radical, et d’un taux de téléchargement parmi les plus forts au monde (40% de la population), un des responsables de la police chargé du traçage s'est dit lui aussi circonspect dans une interview accordée au MIT Technology Review. "La technologie est plus ou moins ... Je ne dirais pas qu'elle est inutile", a expliqué Gestur Pálmason. Je dirais que [Rakning C-19] s'est avérée utile dans quelques cas, mais cela n'a pas changé la donne pour nous."

En Australie, les autorités locales sont également revenues d’une technologie que le Premier ministre avait présenté comme un "élément clé du retour vers la normale". Malgré un niveau de téléchargement honorable (5 millions sur une population de 25 millions), en un mois "Covidsafe" n’a permis d’identifier… qu’une seule personne. Le gouvernement australien évoque notamment des problèmes de compatibilité avec les iPhones pour expliquer cet échec.

 

 

 

La France isolée

L’Australie, comme la France, a fait le choix de développer sa propre application sans utiliser la technologie mise à disposition par Apple et Google. Dans une collaboration inédite, les deux géants de la "tech" américains ont développé une "API" (interface de programmation) utilisable par tous les gouvernements qui en feraient le choix. À ce jour 22 pays, parmi lesquels l’Allemagne (qui a un temps collaboré avec la France avant de changer de direction), l’Italie, la Suisse, les Pays-Bas ont adopté cette "plateforme" sur laquelle chacun a ensuite développé sa propre application. La France l’a refusé, notamment pour des raisons de "souveraineté numérique".

 

 

D’après le Secrétariat d’État au numérique, la technologie des deux géants américains présenterait des "risques de faille" et "la définition de l’algorithme de contact-tracing et la capacité de l’autorité de santé à disposer de toutes les données statistiques ne peuvent être laissées entre les mains d’une autre entité". Tous les experts que nous avons interrogés sont pourtant formels : le recours à l’API Apple-Google ne signifie pas que les données sont hébergées à l’étranger. "Aucune donnée médicale n’est envoyée vers les serveurs de Google ou Apple", explique à la cellule investigation de Radio France Guillaume Rozier, le créateur de la plateforme Covidtracker"Chaque État garde ses propres serveurs, précise-t-il. C’est d’autant plus vrai que c’est une architecture décentralisée ou les données sont stockées sur chaque téléphone alors que le système français, centralisé, fait lui appel à un serveur central qui stocke toutes les données."

 

 

D’après le gouvernement français, le système "décentralisé" imposé par l’API d’Apple et Google serait également moins sûr. Un argument là encore contesté par de nombreux experts. "Chaque solution a ses avantages et ses inconvénients en termes de sécurité", explique Gaëtan Leurent, chercheur à l’INRIA (l’institut qui a servi de tête de pont pour le développement de StopCovid). Avec une quinzaine d’autres chercheurs, il est signataire d’un document montrant comment l’anonymat garanti théoriquement par les applications de traçage peut être contourné. Selon lui, "avec les systèmes décentralisés, on peut réussir à détecter qui est malade chez ses voisins d’immeubles par exemple, tandis que les systèmes centralisés permettront éventuellement de lancer des fausses alertes visant une personne"Dans une lettre ouverte, plusieurs centaines de chercheurs européens, parmi lesquels des Français, ont exprimé leur préférence pour les systèmes décentralisés, de même que le Parlement européen dans une résolution votée le 17 avril.

 

 

 

Souveraineté numérique, vraiment ?

L’argument de la "souveraineté numérique" avancé par le gouvernement laisse également perplexes certains experts. Paul Christophle, ancien conseiller numérique de Fleur Pellerin et opposant aux applications de traçage, note que "le gouvernement entretient une certaine incohérence. D’un côté, il refuse les solutions d’Apple et Google, de l’autre il autorise le transfert des fichiers SIDEP et Contact Covid [qui regroupent les données des tests positifs et des enquêtes de l’assurance maladie] vers le 'Health data Hub', la plateforme qu’il a créée et qui est hébergée chez Microsoft !" Cédric O a d’ailleurs reconnu devant le Sénat que sur ce dossier, le gouvernement avait effectivement choisi une solution américaine pour des raisons d’efficacité sanitaire.

 



Pour Tariq Krim, "par définition, quand on développe sur IOS ou Android, on n’est pas souverain". Le créateur de Netvibes, ancien vice-président du Conseil national du numérique, estime qu’Apple "est dans son rôle en refusant qu’un logiciel, quel que soit son créateur, prenne le contrôle du téléphone sans que l’utilisateur en soit pleinement conscient". Pour un autre expert du secteur : "Le gouvernement a fait semblant de croire qu’Apple allait les autoriser à déroger à leurs règles alors qu’ils l’ont toujours refusé, même au gouvernement américain ! Ils ont probablement voulu envoyer un signal en écartant une collaboration avec Apple et Google et en leur préférant des entreprises nationales, mais au fond, cela ne changera pas grand-chose…"

 

 

 

Pas d’interopérabilité avec les applications étrangères

Ce choix franco-français aura néanmoins une conséquence : StopCovid ne sera probablement jamais compatible avec la plupart des applications étrangères. Interrogé par les députés en commission des lois le 26 mai, Cédric O a reconnu qu’à "ce jour, il y a de forts doutes sur la capacité à rendre interopérables les solutions françaises et britanniques d’un côté, avec les solutions allemandes italiennes et suisses de l’autre".

 

 

Le secrétaire d’État a été notamment interpellé sur ce sujet par le député Modem de la Vendée Philippe Latombe, pour qui "la question est : est-ce que les systèmes permettront de se prémunir de la création de clusters liés aux mouvements de population [en Europe] cet été pour les vacances ?". La réponse est apparemment non pour l’instant. Conscient de cette limite, le gouvernement britannique a lancé un marché prévoyant le développement d’une application compatible avec les systèmes Apple et Google, au cas où il faudrait remplacer l’actuelle, comparable à StopCovid dans son fonctionnement.

 

 

 

StopCovid fonctionnera mal avec les iPhones

Le choix de la France aura probablement un autre inconvénient gênant : les iPhones d’Apple ne fonctionneront que très imparfaitement avec StopCovid. La firme américaine a refusé de collaborer avec le gouvernement pour lever les restrictions d’usage du Bluetooth sur ses appareils. "Si un iPhone est en veille, ou que l’application tourne en tâche de fond, explique Baptiste Robert, le système d’exploitation des iPhones n’autorise pas l’accès au Bluetooth pour des questions de protection de la vie privée. C’est également vrai avec les dernières générations d’Android."

 

 

Le secrétariat d’État au Numérique affirme avoir trouvé la parade pour contourner ce problème : une fonctionnalité des mobiles équipés d’Android aurait la possibilité de "réveiller" le Bluetooth des iPhones lorsqu’ils passent à proximité. Cette possibilité a effectivement été observée lors des premiers tests effectués depuis mercredi. Malgré tout, cette parade semble ne pas fonctionner à tous les coups. "J’ai eu des difficultés à faire communiquer des applications entre elles, y compris entre appareils Android, sans que je sache si ça venait de l’application elle-même ou du système d’exploitation", explique Adrien Jeanneau, l’un de ces "hackers éthiques" qui cherchent les failles et les bugs pour les réparer avant la sortie officielle de StopCovid.

 

 

Pour de nombreux experts, une chose paraît à peu près certaine : deux iPhones équipés de StopCovid qui se trouveront à proximité ne communiqueront pas dans la majorité des cas. Un "trou dans la raquette", reconnu implicitement par Cédric O, lorsqu’il affirme que "l’application repère 75 à 80% des appareils à proximité". Hasard ou non, ce taux de non-détection correspond sensiblement à la part de marché d’Apple en France, aux alentours de 21%. Sollicité, le secrétariat d’État au Numérique n’a pas répondu à nos questions sur ce sujet, pas plus qu’Apple et Google.

 

 

 

Combien de contacts détectés ?

Ces soucis techniques sont loin d’être anecdotiques quant à l’efficacité globale de l’application. "Les problèmes avec les iPhones risquent d’éliminer de nombreux contacts et de donner une fausse impression de sécurité à certains utilisateurs", estime un chercheur. Cela génèrerait ce que les spécialistes appellent des "faux négatifs". À contrario, l’imprécision de la technologie Bluetooth pourrait créer des "faux positifs", des personnes qui recevraient des messages d’alerte alors qu’elles n’ont pas été en contact rapproché avec un malade potentiel.

 

 

"Il faut bien comprendre que le Bluetooth n’a pas été développé pour cela, et que c’est une technologie relativement imprécise", explique Baptiste Robert. "En plus, nous ne sommes pas tous égaux, poursuit le chercheur en cybersécurité. Selon l’âge de votre téléphone, le type de puce Bluetooth ou la version, les performances peuvent être vraiment différentes." À Singapour, le directeur de l’agence gouvernementale du numérique estime que ces limites dans l’efficacité de ces applications ne sont pas anodines. "Il y a des vies en jeu, a-t-il écrit. Les faux positifs et les faux négatifs ont des conséquences dans la vie réelle."

 

 

 

Combien de téléchargements ?

Reste enfin à savoir combien de Français téléchargeront et utiliseront effectivement StopCovid. Dans les pays qui ont déjà lancé leur application sur la base du volontariat, les taux s’échelonnent entre 10 et 50% de la population. Une étude menée par l’Université d’Oxford estimait en mars qu’il faudrait un minimum de 60% d’une population pour que ce type d’application soit une aide réelle pour enrayer l’épidémie. Dans une tribune publiée sur internet, Cédric O affirme que "dans un bassin de population comme une ville, l’application commence à être efficace à partir de quelques pourcents". Une affirmation qui ne convainc pas certains spécialistes. "Si vous êtes à 10% de la population qui a l’application, rappelle Gaëtan Leurent de l’INRIA, à l’arrivée vous ne pouvez détecter dans le meilleur des cas que 1% des contacts puisqu’il faut que les deux personnes aient l’application."

 

 

D’autres chercheurs rappellent également que le mode de diffusion de la maladie s’est révélé imprévisible et que certaines personnes ont été contaminées à nettement plus d’un mètre, quand d’autres ne l’étaient pas à la suite d'un contact rapproché. "On lance un outil dont l’efficacité est très douteuse en nous disant que si ça ne permet de ne sauver qu’une personne, ce sera déjà bien", se désole Paul Christophle. "Mais à quel prix ?, s’interroge-t-il. Je sais que c’est un discours difficile à tenir politiquement en période de crise, mais quel est le prix de la création d’un fichier qui rassemble de nombreuses informations personnelles et sensibles et qui, par définition, n’est pas inviolable ?"

 

 

Le coût financier du dispositif StopCovid est quant à lui inconnu à ce jour. Devant le Sénat, Cédric O a expliqué que les entreprises associées au projet avaient travaillé gratuitement jusqu’ici et que la gestion de l’application devrait coûter "quelques centaines de milliers d’euros par mois". Un entrepreneur du web, qui observe le projet depuis plusieurs mois soupire : "On ne sait pas si cette appli va vraiment servir, mais je vois déjà pas mal de monde qui commence à grenouiller autour, parce qu’ils ont compris qu’il y avait des budgets qui allaient être débloqués."

 


30/05/2020
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Franceinfo - le jeudi 28 mai 2020

 

 

Coronavirus : fin de la limite de 100 km, réouverture des lycées et restaurants... Ce qu'il faut retenir des annonces sur la deuxième phase du déconfinement

 

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Le Premier ministre, Edouard Philippe, accompagné des ministres de l'Education et de la Santé, a présenté le plan du gouvernement et les mesures en vigueur à compter du 2 juin

 

 

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Le Premier ministre Edouard Philippe annonce la deuxième phase du déconfinement, le 28 mai 2020. (PHILIPPE LOPEZ / POOL)

 

 

 

"La liberté va redevenir la règle et l'interdiction constituera l'exception." L'annonce était attendue depuis trois semaines : Edouard Philippe, accompagné du ministre de l'Education, Jean-Michel Blanquer, et du ministre de la Santé, Olivier Véran, a dévoilé, jeudi 28 mai, le plan du gouvernement pour la deuxième phase du déconfinement. Cette nouvelle étape dans la lutte contre l'épidémie de coronavirus entrera en vigueur à partir du 2 juin. Voici ce qu'il faut retenir de cette conférence de presse.

 

 

>> Déconfinement : suivez en direct les annonces du gouvernement et les réactions qu'elles suscitent

 

 

 

La France en vert, à l'exception de trois zones orange

"Les résultats sont bons sur le plan sanitaire même si nous restons prudents", s'est réjoui Edouard Philippe. Le Premier ministre a présenté la nouvelle carte du déconfinement. Tous les départements sont en vert, à l'exception de ceux d'Ile-de-France, de Mayotte et de la Guyane, "où le virus circule un peu plus qu'ailleurs". Ces trois zones sont classées "orange", et il faudra y être plus "prudent que dans le reste du territoire". 

 

 

 

Quatre indicateurs de suivi de l'épidémie

Quatre critères sont désormais retenus pour mesurer l'épidémie en France, a annoncé Olivier Véran. L'"incidence", tout d'abord, c'est-à-dire le nombre de personnes infectées sur une semaine, pour 100 000 habitants. Le deuxième indicateur est le taux de positivité des tests de dépistage PCR. Le troisième facteur est le "R-effectif", soit le taux de reproduction du virus, poursuit Olivier Véran. Le quatrième indicateur, enfin, est le taux d'occupation des services de réanimation : le seuil d'alerte a été abaissé à 60% de remplissage (contre 80% auparavant).

 

 

 

L'application StopCovid disponible à partir du 2 juin

L'application de traçage des cas contacts StopCovid sera disponible à partir du 2 juin, a annoncé le Premier ministre. Elle sera gratuite et utilisable sur la base du volontariat. "Elle permettra d'être alerté immédiatement si [vous avez] été à proximité de façon prolongée d'une personne qui vient d'être testée positive", a-t-il expliqué. Les cas contacts seront invités à s'isoler, consulter un médecin et se faire dépister. 

 

 

 

 

 

 

Réouverture de l'ensemble des écoles et des collèges, partielle dans les lycées

A compter du 2 juin, toutes les écoles primaires seront ouvertes, a annoncé le ministre de l'Education, Jean-Michel Blanquer. Les classes resterons limitées à des groupes de 15 élèves maximum.

 

 

"L'ensemble des collèges vont rouvrir, que ce soit en zone verte et orange", à partir du 2 juin. Les élèves de 4e et de 3e retourneront en classe, en zone verte. En zone orange, "nous allons accueillir en priorité les élèves de 6e et de 5e", a ajouté le ministre de l'Education.

 

 

En zone verte, tous les lycées généraux, technologiques et professionnels vont rouvrir, avec accueil de tous les élèves sur au moins un niveau. En zone orange, les lycées professionnels accueilleront en priorité les élèves de terminale et de CAP. Pour les lycées généraux et technologiques en zone orange, les élèves seront accueillis uniquement pour "des entretiens pédagogiques individuels"

 

 

 

L'oral du baccalauréat de français annulé

Le ministre de l'Education a annoncé l'annulation de l'épreuve orale du baccalauréat de français. Celle-ci sera validée par le contrôle continu, a ajouté Jean-Michel Blanquer.

 

 

 

 

 

Réouverture des cafés, bars et restaurants

Cafés, bars, restaurants et campings rouvriront dans les départements "verts" le 2 juin, a annoncé le Premier ministre, mais seulement les terrasses des restaurants et cafés dans les zones orange.

 

 

Cette ouverture sera "conditionnée au respect des règles sanitaires qui ont été validées avec les professionnels", a-t-il précisé. Ainsi les convives devront-ils être "10 au maximum par table", avec une distance minimale "d'un mètre entre les tables de chaque groupe", une "circulation organisée à l'intérieur des établissements", tandis que "la consommation debout ne sera pas autorisée" dans les bars. 

 

 

>> Déconfinement : sous quelles conditions les bars et restaurants pourront-ils rouvrir ?

 

 

Quant au port du masque, il sera "obligatoire pour l'ensemble du personnel, en salle et en cuisine, ainsi que pour les clients lorsqu'ils se déplacent bien entendu", dans les cafés, bars et restaurants.

 

 

 

 

 

 

Réouverture progressive des hébergements touristiques

Les hébergements touristiques, comme les campings, pourront rouvrir à partir 2 juin dans tous les départements à l'exception de ceux en zone orange. Ces derniers devront attendre la troisième phase du déconfinement, le 22 juin. Date à partir de laquelle, les colonies de vacances rouvriront dans tous les départements.

 

 

 

Fin de l'interdiction des déplacements de plus de 100 km

"A compter du 2 juin, il est mis fin à l'interdiction de se déplacer à plus de 100 kilomètres de chez soi", a annoncé Edouard Philippe.

 

 

Il sera toujours interdit, sauf exception, de franchir les frontières d'un pays européen jusqu'au 15 juin. Une coordination est en cours pour rouvrir ces frontières à cette date. Les frontières extérieures à l'Europe font toujours l'objet de discussions pour adopter une position européenne commune.

 

 

 

 

 

Réouverture progressive des espaces culturels, sportifs et de plein air

A compter du 2 juin, les plages, lacs, plans d'eau et les musées seront rouverts sur l'ensemble du territoire. "Les rassemblements resteront limités à 10 personnes" dans l'espace public jusqu'au 21 juin, a ajouté le Premier ministre. En ville, les parcs et jardins vont pouvoir rouvrir dès ce week-end, a précisé Edouard Philippe.

 

 

Dans les zones vertes, les piscines, salles de sports, parcs de loisirs, salles de spectacles et théâtres rouvriront à partir du 2 juin dans les zones vertes. Dans les zones orange, ces réouvertures auront lieu à partir du 22 juin. "Partout sur le territoire, les cinémas rouvriront le 22 juin", a ajouté Edouard Philippe.

 

 

Les discothèques, salles de jeux, hippodromes resteront fermés jusqu'au 21 juin. La pratique des sports collectifs et de contact sera également interdite jusqu'au 21 juin.

 

 

 

 

 

"Notre plus grand adversaire, ce sont les très grands rassemblements", a estimé Edouard Philippe. Dans les espaces de plein air, une jauge maximale de 5 000 personnes sera fixée. 

 

 

 

Maintien du télétravail pour les personnes vulnérables

Les personnes à risques devront continuer de limiter leurs sorties. Elles devront télétravailler lorsque cela est possible. Quand ça n'est pas le cas, "elles continueront à être rémunérées au titre du chômage partiel", a précisé Edouard Philippe.

 

 

Contrôles et quatorzaine maintenus pour les déplacements entre la métropole et les outre-mer

"La nouvelle phase de déconfinement va être engagée dans les outre-mer, en conservant des règles très strictes des déplacements vers ces territoires et des mesures strictes de quatorzaine lorsqu'on y arrive", a annoncé Edouard Philippe.   Des mesures spécifiques pourront être mises en place à Mayotte et en Guyane.

 

 

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29/05/2020
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Franceinfo - le samedi 23 mai 2020

 

 

Coronavirus : quatre questions sur "l'immunité croisée" qui pourrait annoncer la fin de l'épidémie, selon certains chercheurs

 

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Si les autorités sanitaires restent très prudentes et redoutent toujours une deuxième vague, des épidémiologistes estiment que l'immunité collective pourrait être atteinte plus vite que prévu

 

 

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Des infirmières avec un patient atteint du Covid-19, le 19 mai 2020, au CHU de Nantes. (LOIC VENANCE / AFP)

 

 

 

Les indicateurs sont pour l'instant au vert. Réanimations, décès, contaminations... Près de quinze jours après le début du déconfinement, les chiffres autour de l'épidémie de coronavirus paraissent pour l'instant rassurants en France.

 

 

>> Suivez en direct l'actualité autour du Covid-19 avec franceinfo

 

 

Les autorités jugent qu'il est trop tôt pour en tirer des conclusions, mais certains scientifiques n'hésitent plus à dire que l'épidémie de Covid-19 est derrière nous. Des chercheurs évoquent ainsi la possibilité d'une "immunité croisée", qui permettrait à une partie de la population d'être protégée contre le virus.

 

 

 

Qu'est-ce que "l'immunité croisée" ?

Cette expression est employée pour désigner une immunité acquise lors d'une première infection et qui va protéger plus tard contre un autre agent infectieux (virus ou bactérie). En règle générale, un anticorps est spécifique. Mais parfois, certains anticorps peuvent lutter contre des bactéries ou des virus d'espèces proches. Ainsi, des individus pourraient avoir acquis une protection contre le Sars-CoV-2 en ayant étant exposés par le passé à d'autres coronavirus causant de banals rhumes.

 

 

Cette hypothèse, qui reste à vérifier, a été soulevée par des chercheurs américains dans la revue spécialisée Cell. Selon eux, 40 à 60% de la population pourrait être immunisée contre le Covid-19 sans même y avoir été exposée. Si cette hypothèse se confirme, le Sars-CoV-2 n'aurait désormais plus beaucoup de monde à infecter.

 

 

 

Qu'est-ce que ça change pour l'immunité collective ?

L'une des conséquences de cette "immunité croisée" est une hétérogénéité dans la propagation du virus. Comme le détaille Mediapart, cette hétérogénéité explique que certaines personnes apparaissent plus vulnérables face au Covid-19 et qu'elles soient davantage des vecteurs de transmission du virus que d'autres. Partant de ce principe, certains chercheurs ont modélisé une immunité collective qui serait bien loin des 60% de la population généralement évoqué ces dernières semaines pour mettre fin à l'épidémie.

 

 

"Dans l'urgence, on fait souvent au plus simple (...). Mais plus l'épidémie dure, plus on a le temps d'affiner nos calculs et d'incorporer les différentes sources d'hétérogénéité dans nos modèles", explique à Mediapart Gabriela Gomes, une mathématicienne de Liverpool (Royaume-Uni) qui table dans une publication sur une immunité collective située entre 10 et 20%. "Nous obtenons un résultat similaire de notre côté, avec un seuil autour de 14% dès lors que nous tenons compte de ces fortes hétérogénéités", confirme Laurent Hébert-Dufresne, auteur de plusieurs publications sur le sujet.

 

 

En considérant que le virus a touché tous ceux qu'il pouvait atteindre en France, une minorité de spécialistes jugent ainsi que l'épidémie toucherait à sa fin. "Nulle part il n'y a de deuxième vague (...) Eventuellement quelques cas sporadiques apparaîtront ici ou là [mais] l'épidémie est en train de se terminer", a ainsi assuré le Pr Didier Raoult dans une vidéo publiée le 12 mai. "Une partie non négligeable de la population pourrait ne pas être sensible au coronavirus, parce que des anticorps non-spécifiques de ce virus peuvent l'arrêter", dit ainsi l'épidémiologiste Laurent Toubiana. "Ce virus n'est pas un marathonien, c'est un sprinter : il s'épuise très vite", résume auprès de l'AFP le Pr Jean-François Toussaint, directeur de l'Institut de recherche biomédicale et d'épidémiologie du sport (Irmes), qui ne croit pas non plus à une deuxième vague

 

 

 

Quelles sont les raisons d'y croire ?

Plusieurs indicateurs rendent les chercheurs optimistes. Le nombre quotidien des admissions en réanimation "est toujours en diminution depuis le 8 avril", souligne l'agence sanitaire Santé publique France dans son bulletin du 21 mai. Actuellement, environ 1 700 malades sont toujours hospitalisés dans les services de réanimation en France pour une forme sévère de Covid-19. Ils étaient 7 148 le 8 avril, au plus fort de l'épidémie.

 

 

De même, les décès sont en baisse régulière. Entre jeudi 21 et vendredi 22 mai, 74 malades du Covid-19 sont morts dans les hôpitaux (sans compter les décès dans les Ehpad et établissements pour handicapés). Très loin des bilans quotidiens d'il y a un mois et demi : entre le 5 et le 6 avril, les autorités sanitaires avaient par exemple recensé plus de 600 décès rien qu'à l'hôpital.

 

 

Yonathan Freund, urgentiste à l'hôpital parisien de la Pitié-Salpêtrière, est également frappé par la baisse drastique du nombre de contaminations chez ses collègues par rapport au début de l'épidémie. "Aux urgences et à l'hôpital, on est particulièrement exposés. Si le virus circulait autant qu'avant et qu'on était tous susceptibles d'être touchés, on se serait contaminés entre nous ou on l'aurait été par les malades, témoigne-t-il auprès de l'AFP. C'est de la pure spéculation mais ça pourrait vouloir dire que des gens ont une immunité naturelle ou acquise."

 

 

 

Pourquoi faut-il rester prudent ?

Selon les autorités sanitaires, il est prématuré de se réjouir et de baisser la garde. "Tout ce qu'on peut dire, c'est qu'aujourd'hui, on n'a pas de signal d'alerte. Mais il est trop tôt pour tirer de ce constat que tout va aller bien", déclare à l'AFP l'épidémiologiste Daniel Lévy-Bruhl, responsable de l'unité des infections respiratoires au sein de Santé publique France. "Il y a un décalage entre ce qu'on mesure aujourd'hui et ce à quoi ça correspond : ce qu'on mesure aujourd'hui, c'est encore les bénéfices du confinement", poursuit-il. "Aujourd'hui, personne ne peut affirmer ce qui va se passer", ajoute Nicolas Hoertel, psychiatre et modélisateur à l'hôpital Corentin-Celton, à Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine).

 

 

"Peut-être que la semaine prochaine, on aura des éléments", indique le Dr Lévy-Bruhl. "L'épée de Damoclès" d'une "reprise de la dynamique épidémique" est toujours présente, selon lui, ce qui pourrait même aboutir, "dans un scénario du pire", à "une nécessité de reconfiner". La France "est dans une bonne trajectoire, mais ce serait irresponsable de crier victoire maintenant", confirme sur franceinfo le virologue Christian Bréchot. Daniel Lévy-Bruhl juge ainsi "prématuré de fonder un espoir sur une 'immunité croisée'", hypothèse "loin de faire l'unanimité et loin d'être confortée".

 

 

Il ne faudrait surtout pas faire passer à la population le message que tout va bien parce qu'on s'est aperçu que tout le monde était protégé.Daniel Lévy-Bruhl, responsable de l'unité des infections respiratoires de Santé publique France à l'AFP

 

 

"Je comprends qu'on soit très frileux à l'idée de faire une nouvelle prophétie, car tout le monde s'est tellement planté au départ, et moi le premier", lui répond pour sa part Yonathan Freund. Après avoir étayé sur Twitter son hypothèse d'une fin d'épidémie, il balaye les procès en irresponsabilité : "Je dis mon impression en tant que scientifique, chercheur, professeur et je ne vois pas pourquoi je ne la dirais pas. (...) Il faut arrêter d'infantiliser tout le monde."

 

 

 

Yonathan Freund@yonatman
 

Pourquoi je pense qu'il n'y aura pas de 2eme vague, ou en tout cas que l'épidémie actuelle est terminée. Je vais essayer de détailler. C'est ma conviction, mais si elle ne vous plait pas rien ne vous oblige à lire ou à commenter on ne débattra pas ici.

1 912 personnes parlent à ce sujet
 

 

Mais pour les autorités, la levée du confinement doit mécaniquement aboutir à une augmentation du nombre d'infections puisque les contacts entre les gens se multiplient. "Toute la question, c'est de maintenir cette augmentation dans les limites de ce qui est acceptable", souligne le Dr Lévy-Bruhl. Et de conclure : "Le risque d'une deuxième vague existe Il nous appartient à tous collectivement de faire que ça ne survienne pas."

 


24/05/2020
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Franceinfo - le samedi 23 mai 2020

 

 

Coronavirus : 1 665 personnes atteintes du Covid-19 toujours hospitalisées en réanimation, annonce la Direction générale de la santé

 

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En France, ce samedi, les services de réanimation comptent 36 malades du Covid-19 en moins par rapport à hier. Mais le nombre total de malades en réanimation toutes causes confondues reste élevé, à 5 600

 

 

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Dans le service réanimation de l'hôpital Jacques-Cartier, à Massy (Essonne), le 26 avril 2020. (PASCAL BACHELET / BSIP / AFP)

 

 

 

La baisse du nombre de malades en France touchés gravement par le coronavirus et hospitalisés en réanimation s'est poursuivie samedi 23 mai, avec 1 665 patients, soit 36 de moins en 24 heures, a indiqué la direction générale de la santé dans un communiqué. Le nombre total de malades en réanimation, qui reflète notamment la pression sur le système hospitalier, "reste élevé" avec 5 600 patients toutes causes confondues, précise la DGS.

 

 

>> Diffusion du virus, traitements... Suivez en direct l'actualité autour du nouveau coronavirus avec franceinfo

 

 

Par ailleurs, 17 178 patients en tout restent hospitalisés à cause du Covid-19, soit 205 de moins que vendredi. Le bilan s'établissait à 28 289 morts en France vendredi soir, avec 74 décès supplémentaires enregistrés entre jeudi et vendredi par Santé publique France dans les seuls hôpitaux. Mais ce bilan n'incluait pas les décès enregistrés depuis jeudi dans les Ehpad et autres établissements médico-sociaux.

 

 

S'agissant de la mortalité, la prochaine actualisation des données collectées par Santé publique France aura lieu lundi, en raison du pont de l'Ascension. Les chiffres communiqués le week-end par la Direction générale de la santé sont sujets à caution en raison de difficultés à remonter ces données les samedi et dimanche. Ces données sont mises à jour le lundi lorsque toutes les remontées ont pu être faites. 

 


24/05/2020
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Franceinfo - le vendredi 22 mai 2020

 

 

Coronavirus : la baisse en réanimation se poursuit, 74 décès en 24h dans les hôpitaux

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

Les chiffres de décès dans les Ehpad et autres établissements médico-sociaux ne seront pas actualisés avant lundi prochain, à cause du week-end prolongé

 

 

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Un soignant prend la main d'un patient placé en réanimation, le 28 avril 2020 à Paris. (NATHAN LAINE / HANS LUCAS / AFP)

 

 

La baisse du nombre de malades du coronavirus hospitalisés en réanimation s'est poursuivie vendredi 22 mai, avec 1 701 patients en état grave en réanimation, soit 44 de moins en 24 heures, a indiqué la direction générale de la santé. Le nombre de malades en réanimation, qui reflète notamment la pression sur le système hospitalier, est en baisse depuis le 9 avril, après avoir atteint un pic de 7 148. Selon le communiqué de la DGS, 17 383 personnes au total étaient encore hospitalisées vendredi.

 

 

Pas de données pour les Ehpad avant lundi

 

 

Santé Publique France a par ailleurs indiqué sur son site que 74 décès supplémentaires avaient été enregistrés depuis jeudi dans les hôpitaux (soit un total de 17 944 décès à l'hôpital depuis le 1er mars), portant le bilan des morts en France (maisons de retraite inclues) à 28 289.

 

 

Toutefois, ce nouveau bilan n'inclut pas les décès enregistrés depuis jeudi dans les Ehpad et autres établissements médico-sociaux, pour lesquels les données ne seront actualisées par Santé Publique France que lundi. Une pause dans la publication des données liée au long weekend, selon l'agence de santé publique. Le dernier bilan publié jeudi faisait état d'au moins 10 345 morts dans les maisons de retraite et établissements médico-sociaux.

 


23/05/2020
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Franceinfo - le vendredi 22 mai 2020

 

 

On vous explique ce qu'est la cinquième branche de la Sécurité sociale que le gouvernement propose de créer

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

Cette nouvelle branche couvrirait les risques liés à la dépendance et à la perte d'autonomie. Dans deux projets de loi, transmis aux partenaires sociaux mardi, le gouvernement constate la hausse des besoins pour la prise en charge des personnes âgées

 

 

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ans l'Ehpad Camille Saint-Saëns d'Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), le 6 mai 2020. (JOEL SAGET / AFP)

 

 

 

Faire face aux dépenses croissantes liées à la perte d'autonomie des personnes âgées. C'est l'objectif du gouvernement, qui va proposer la création d'une cinquième branche de la Sécurité socialeindiquent deux projets de loi, organique et ordinaire, relatifs à la dette sociale, envoyés mardi 19 mai aux partenaires sociaux, et consultés par plusieurs médias dont Les Echos et l'AFP.

 

 

>> Coronavirus : suivez l'évolution de la crise sanitaire dans notre direct

 

 

Dans ces deux textes, le gouvernement tire les conséquences de la crise du coronavirus, qui remet en lumière le besoin d'améliorer la prise en charge des personnes âgées. Reste que le financement d'une nouvelle branche au sein du système de protection sociale pourrait virer au casse-tête. Franceinfo fait le point sur ce projet. 

 

 

 

Qu'est-ce que ça signifie, une cinquième branche ?

Le fonctionnement de la Sécurité sociale s’articule autour de dépenses et de recettes, réparties dans différentes branches. Du côté des recettes, la branche recouvrement est chargée de collecter l'ensemble des cotisations et contributions de Sécurité sociale auprès des entreprises, particuliers, etc.

 

 

La cinquième branche proposée par le gouvernement viendrait s'ajouter aux quatre déjà existantes pour gérer les dépenses liées à plusieurs risques. La branche maladie couvre ainsi les frais d'hospitalisations, de consultations médicales ou le remboursement des médicaments. Une deuxième branche gère le versement des pensions de retraite ou de veuvage ainsi que le minimum vieillesse. La troisième couvre les maladies professionnelles et les accidents du travail. Enfin, la branche famille aide les ménages dans leur vie quotidienne et épaule les personnes les plus vulnérables. C'est celle dont dépendent notamment les allocations pour le logement (APL) et le revenu de solidarité active (RSA).

 

 

 

 

 

 

Le gouvernement réfléchit donc à faire des risques liés à la perte d'autonomie des personnes âgées et au handicap une branche à part entière de la Sécurité sociale. Pour l'heure, la dépendance est déjà prise en charge, mais elle "n'apparaît que comme un sous-objectif de dépenses de santé", rapportent Les Echos. La Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie (CNSA), qui gère les fonds consacrés à la dépendance et au handicap, a des pouvoirs plus limités que la Caisse nationale d'Assurance-maladie, qui elle a la main sur l'ensemble de la chaîne des financements, une fois votés par le Parlement, détaille le quotidien économique.

 

 

 

Pourquoi créer une branche consacrée à la dépendance ?

Cette cinquième branche permettrait d'anticiper une hausse des dépenses liées à la prise en charge des personnes âgées dépendantes. Celles-ci représentent 30 milliards d’euros par an, soit 1,4% du produit intérieur brut (PIB), selon un rapport (lien PDF) remis en mars 2019 par Dominique Libault, président du Haut Conseil du financement de la protection sociale (HCFPS). Elles comprennent principalement les frais liés aux soins de santé, à l'aide à la prise en charge spécifique de la perte d’autonomie ou encore à l’hébergement en établissement. Près de 80% de ces dépenses sont actuellement financées par les pouvoirs publics via la Sécurité sociale ou par les collectivités territoriales, entre autres. Toutefois, quelque 6 milliards d’euros restent à la charge des ménages.

 

 

Extrait du rapport Libault (mars 2019) sur le financement des dépenses liées à la dépendance des personnes âgées.

Extrait du rapport Libault (mars 2019) sur le financement des dépenses liées à la dépendance des personnes âgées. (Ministère de la Santé)

 

 

Or, ces dépenses vont encore considérablement augmenter dans les prochaines années. Elles pourraient même atteindre 2,78% du PIB de la France, soit le double d'aujourd'hui, selon des projections réalisées par la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Drees), remises en 2014 (lien PDF). Le rapport Libault mentionne de son côté que le financement du secteur du grand âge aura besoin de 6,2 milliards d'euros supplémentaires en 2024, et de 9,2 milliards en 2030.

 

 

Un bond dû au vieillissement des générations du baby-boom. En 2040, 14,6 % de la population aura plus de 75 ans, contre 9,1% en 2015, soit une hausse de 5,5 points en vingt-cinq ans, projette le rapport Libault. A titre de comparaison, sur un laps de temps équivalent, la part des 75 ans ou plus a augmenté de 2,5 points entre 1990 et 2015.

 

 

Outre ces données, la crise du Covid-19, qui affecte particulièrement les personnes âgées, a remis en lumière les difficultés du secteur et "les limites de notre système de prise en charge des personnes âgées", indiquent les deux projets de loi. Les professionnels des maisons de retraite et de l’aide à domicile ont d'ailleurs rappelé l’engagement d’Emmanuel Macron sur une réforme "grand âge", plusieurs fois reportée.

Concrètement, on ne sait pas encore précisément comment fonctionnerait cette nouvelle branche. Impossible, pour l'heure, de dire si elle pourrait déboucher sur la création de nouvelles aides ou sur une revalorisation des dispositifs actuels.

 

 

 

Est-ce un projet inédit ?

Loin de là. L'Association des accidentés de la vie a d'ailleurs accueilli "avec prudence" la création d'un cinquième risque, "maintes et maintes fois" annoncée, écrit-elle dans un communiqué, publié mercredi.

 

 

En avril 2018, lors d’une interview télévisée, Emmanuel Macron avait déjà évoqué la création d’une cinquième branche de la Sécurité sociale consacrée à la dépendance. Elle devait permettre d'améliorer le financement des maisons de retraite, des Ehpad, qui sont de plus en plus médicalisés, mais aussi des soins aux plus âgés. 

 

 

En 2007, Nicolas Sarkozy en avait même fait une promesse de campagne. Plusieurs fois repoussée, la réforme avait finalement été définitivement enterrée en 2012, faute de solution sur le financement.

 

 

 

Comment financer cette nouvelle branche ?

C'est la question cruciale. Les projets de loi du gouvernement prévoient le financement de la dépendance en réorientant, à partir de 2024, 0,15 point de la contribution sociale généralisée (CSG), soit 2,3 milliards d'euros, depuis la Caisse d'amortissement de la dette sociale (Cades), organisme chargé d'éponger les dettes de la Sécurité sociale, vers la CNSA. C'est près de 4 milliards de moins que les besoins estimés pour 2024 par le rapport Libault, comme l'explique Le Monde (article payant).

 

 

Il va falloir chercher d’autres sources de financement. Le gouvernement en est très conscient mais c’est un signal positif que d’ouvrir ce dossier.Dominique Libault, président du HCFPSau Monde

 

 

En 2018, Agnès Buzyn, alors ministre de la Santé, avait également évoqué l'éventualité d'instaurer un deuxième jour férié travaillé, comme le lundi de Pentecôte, pour financer cette cinquième branche. Mise en place en 2004, cette journée de solidarité contribue déjà à financer la prise en charge des personnes âgées ou handicapées. En 2019, elle a rapporté près de 2,9 milliards d'euros, rapporte la CNSA, dans un communiqué (en PDF).

 

 

 

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"Une deuxième journée de solidarité ?", une "piste intéressante" pour Emmanuel Macron

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Henri Sterdyniak, économiste à l'OFCE, estime qu'il est aussi possible d'imaginer la création d'un nouveau prélèvement spécifique, sur les retraites, les salaires ou les revenus du capital. "Il s'agit d'un choix politique délicat", tempère-t-il cependant dans La Croix. D'autant que le gouvernement a déjà augmenté la CSG en janvier 2018, rappelle Henri Sterdyniak. Cette hypothèse parait donc difficile à mettre en place.  

 

 

 

Dans quels délais pourrait-elle voir le jour ?

Le gouvernement dit vouloir "mener les travaux conduisant à la création d'un risque spécifique relatif à la perte d'autonomie", en définissant dans un rapport "les modalités de création de cette nouvelle branche dans le prochain projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2021". Ce rapport sera remis au Parlement "au plus tard le 30 septembre 2020".

 

 

Une concertation avec les partenaires sociaux sera organisée pour trouver des "conditions de financement à plus court terme", prévoit le projet de loi ordinaire. Le sujet sera au menu des négociations sur le "Ségur de la santé" qui débute lundi, a assuré mercredi le ministre de la Santé. Les départements, qui versent l’allocation personnalisée d'autonomie (APA), seront également consultés pour trouver des "conditions de financement à plus court terme", précisent les projets de loi.

 


22/05/2020
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Franceinfo - le jeudi 21 mai 2020

 

 

Coronavirus : l'Europe doit s'attendre à une deuxième vague, prévient le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies

 

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Dans un entretien au quotidien britannique "The Guardian", Andrea Ammon, la directrice de l'ECDC, met en garde contre un retour du virus dans les pays qui sortent du confinement

 

 

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Des élèves masqués pour éviter d'être contaminé par le coronavirus, le 18 mai 2020 à Saint-Grégoire (Ille-et-Vilaine). (DAMIEN MEYER / AFP)

 

 

 

L'Europe doit se préparer à une deuxième vague du nouveau coronavirus, a prévenu la directrice du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC), Andrea Ammon, au moment où de nombreux pays ont amorcé un déconfinement. La question n'est pas de savoir s'il y aura une nouvelle vague de contaminations, mais "quand et de quelle ampleur", a affirmé Andrea Ammon dans un entretien, jeudi, au quotidien britannique The Guardian (article en anglais).

 

 

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"Le virus est autour de nous, circulant beaucoup plus qu'en janvier et février", a-t-elle ajouté, soulignant que les chiffres concernant l'immunité de la population n'étaient pas encourageants : "85% à 90%" restent exposés au Covid-19. "Je ne veux pas dresser une image catastrophique mais je pense que nous devons être réalistes. Ce n'est pas le moment, maintenant, de se relâcher complètement", a-t-elle ajouté.

 

 

 

"Les gens pensent que c'est fini. Mais ça ne l'est pas"

L'Europe est le continent le plus touché par la pandémie, avec près de 2 millions de cas, dont 169 932 mortels, principalement au Royaume-Uni, en Italie, en France et en Espagne, selon un comptage jeudi de l'AFP. Au total, la planète a franchi le cap des cinq millions de cas, parmi lesquels 328 220 décès. Le Centre de prévention, petite agence de l'UE basée en Suède et qui joue un rôle de conseil sur le contrôle des maladies infectieuses, avait indiqué, début mai, que "la vague initiale de transmission a passé son pic", avec une baisse des nouveaux cas dans la plupart des pays de l'UE.

 

 

Alors que de nombreux pays européens ont commencé à lever les restrictions liées au déconfinement, Andrea Ammon estime toutefois qu'une seconde vague ne sera pas nécessairement désastreuse si les gens continuent de respecter les règles de distanciation. Lassés des restrictions, surtout "maintenant que l'on voit clairement [les infections] baisser, les gens pensent que c'est fini. Mais ça ne l'est pas", a-t-elle averti. Les gouvernements ont "sous-estimé", au début de la crise, la vitesse de propagation du virus, à laquelle ont contribué les vacances à la montagne, notamment dans les Alpes début mars, selon elle.

 


22/05/2020
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Franceinfo - le mercredi 20 mai 2020

 

 

Coronavirus : l'Organisation mondiale de la santé alerte sur un nombre record de contaminations dans le monde en une seule journée

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

"Près des deux tiers de ces cas ont été déclarés dans quatre pays", a expliqué le directeur général de l'organisation, Tedros Adhanom Ghebreyesus

 

 

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Le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, tient une conférence de presse sur la pandémie de coronavirus, le 28 février 2020, à Genève (Suisse). (DENIS BALIBOUSE / REUTERS)

 

 

 

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a fait état, mercredi 20 mai, du plus grand nombre de nouveaux cas de Covid-19 dans le monde en une seule journée depuis le début de la pandémie, disant craindre ses conséquences dans les pays les plus pauvres. "Nous avons encore beaucoup de chemin à faire dans cette pandémie de Covid-19. Au cours des dernières 24 heures, 106 000 cas ont été déclarés à l'OMS – le chiffre le plus élevé pour une seule journée depuis le début de l'épidémie", s'est alarmé le directeur général de l'OMS. 

 

 

>> Retrouvez les dernières informations sur l'épidémie de Covid-19 dans notre direct

 

 

"Près des deux tiers de ces cas ont été déclarés dans quatre pays", a ajouté Tedros Adhanom Ghebreyesus lors d'une conférence de presse virtuelle depuis le siège de l'OMS, à Genève. Il n'a pas précisé quels étaient ces pays mais, selon le dernier rapport de l'OMS publié sur son site internet, il s'agit des Etats-Unis, de la Russie, du Brésil et de l'Arabie saoudite, suivis de près par l'Inde, le Pérou et le Qatar.

 

 

 

Plus de 320 000 morts dans le monde

"Nous sommes très préoccupés par le nombre croissant de cas dans les pays à revenus faibles ou intermédiaires", où le système de santé est défaillant ou inexistant et les mesures de distanciation physique plus difficiles à mettre en œuvre, a souligné Tedros Adhanom Ghebreyesus. Ces pays sont par ailleurs les plus vulnérables, sur le plan économique, à l'effondrement des échanges commerciaux et des déplacements internationaux qui les prive notamment d'une manne touristique indispensable.

 

 

Le cap des cinq millions de cas dans le monde sera bientôt atteint, a ajouté Michael Ryan, responsable des urgences sanitaires de l'OMS. Partie de Chine il y a cinq mois, la pandémie de nouveau coronavirus a fait le tour du monde, tuant sur son passage 323 370 personnes, selon un décompte de l'AFP.

 


21/05/2020
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Franceinfo - le mercredi 20 mai 2020

 

 

Coronavirus : 1% des décès en France surviendraient à domicile, selon la directrice de Santé publique France

 

 

 

Le nombre de déclaration d'embauche avait déjà chuté de 24,9% en mars

 

 

 

 

CE QU'IL FAUT SAVOIR

 

 

Combien de personnes sont-elles mortes du Covid-19 chez elles depuis le début de la pandémie ? Interrogée à ce sujet dans les colonnes du Parisien daté du mercredi 20 mai, Geneviève Chêne, directrice générale de Santé publique France, estime que si "il est trop tôt pour donner un bilan définitif", les premiers éléments récoltés par l'institution indiquent que "les décès à domicile représenteraient 1 % des morts du Covid". Des chiffres plus précis devraient être disponibles avant la fin du mois de juin. Suivez notre direct.

 

 

Les embauches en chute libre en avril. Le nombre de déclarations d'embauche de plus d'un mois (hors intérim) a chuté de 64,9% en avril, a indiqué l'Agence centrale des organismes de sécurité sociale (Acoss). Les déclarations d'embauche en CDI diminuent de 63,6% en avril et celles en CDD de plus d'un mois de 66,4%, selon la caisse nationale des Urssaf.  

 

 

Vers un second tour des municipales en juin ? Le Premier ministre Edouard Philippe doit s'entretenir aujourd'hui avec les chefs de parti au sujet de l'organisation du second tour des élections municipales. Dans un avis rendu mardi, le Conseil scientifique a indiqué ne pas s'opposer à un scrutin en juin mais a appelé à une nouvelle évaluation de la situation 15 jours avant sa tenue.

 

 

 

Plusieurs "clusters" découverts dans le Grand-Est. Huit nouveaux foyers épidémique ont été identifiés dans la région depuis le 11 mai, selon l'ARS et la préfecture de région. Quatre départements sont concernés : un foyer a été identifié en Haute-Marne, "quatre en Moselle, deux dans le Bas-Rhin, un en Meuse".

 

 

 

Plus de 1000 morts au Brésil en 24 heures. Le pays a enregistré 1 179 décès mardi, portant le nombre total de morts à 17 971, selon le ministère de la Santé. Plusieurs experts estiment toutefois que les chiffres officiels sont très largement sous-estimés, en raison d'une pénurie de tests au Brésil.

 

 

 

Des millions d'Africains menacés de pauvreté extrême. Des millions de personnes "pourraient basculer dans la pauvreté extrême" en Afrique avec la pandémie de Covid-19, a affirmé mercredi le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres

 


20/05/2020
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Franceinfo - le lundi 18 mai 2020

 

 

Déconfinement : 70 des 40 000 écoles qui ont rouvert le 11 mai ont dû refermer leurs portes en raison de cas de coronavirus

 

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"Presque à chaque fois", il s'agit de contaminations extérieures à l'école, a précisé le ministre de l'Education

 

 

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Une employée désinfecte une salle de classe avant la reprise des cours au collège Jean-Lurcat de Brive (Corrèze), le 15 mai 2020. (STEPHANIE PARA / MAXPPP)

 

 

 

CE QU'IL FAUT SAVOIR

 

 

Nouvelle étape pour le déconfinement en France. Certains collégiens des départements en "zone verte" reprennent les cours, lundi 18 mai. La semaine précédente, 1,4 million d'écoliers étaient retournés en classe. "Sur 40 000 écoles qui ont rouvert, (...) 70 à peu près" ont dû fermer en raison de cas de Covid-19, a indiqué le ministre de l'Education sur RTL"Presque à chaque fois", il s'agit de contaminations extérieures à l'école, a affirmé Jean-Michel Blanquer. Les personnes détectés positives sont soit des personnels ou des élèves de l'école, soit des habitants de la commune de l'école, précise le ministère de l'Education à franceinfo. Suivez notre direct.

 

 

Reprise des cours pour 150 000 collégiens. Des élèves de 6e et 5e font leur retour en classe, lundi 18 mai, dans quelque 4 000 établissements de départements classés en "zone verte". Rien ne changera en revanche pour les collégiens des quatre régions en "zone rouge", qui devront attendre la fin du mois pour savoir s'ils reprendront les cours. 

 

 

Près de 90 000 morts aux Etats-Unis. Selon un décompte de l'université Johns-Hopkins, quelque 820 nouveaux décès liés au Covid-19 ont été enregistrés outre-Atlantique dans les dernières vingt-quatre heures. Le bilan total de l'épidémie aux Etats-Unis frôle désormais les 90 000 morts. Plus de 1,4 million de cas confirmés ont été recensés dans le pays, c'est presque un tiers des contaminations dans le monde.

 

 

L'Italie débute la "phase 2" de son déconfinement. Ce lundi voit en théorie la réouverture des commerces, des coiffeurs, des salons de beauté, des bars et restaurants. Messes et célébrations religieuses reprennent également dans les églises de Rome comme dans le reste du pays, avec les mesures de distanciation physique adéquates. Cette nouvelle étape laisse à chacune des 20 régions italiennes une large marge de manœuvre dans son application.

 

 

Une réunion internationale à l'OMS. Les 194 pays de l'Organisation mondiale de la santé se réunissent lundi virtuellement pour la première fois de leur histoire. Malgré l'escalade des tensions entre les Etats-Unis et la Chine, les pays espèrent adopter par consensus une longue résolution portée par l'UE et demandant de lancer "au plus tôt (...) un processus d'évaluation" de la réponse internationale à la pandémie.

 


18/05/2020
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Franceinfo - le dimanche 17 mai 2020

 

 

Coronavirus : 25 nouveaux clusters identifiés en France depuis le début du déconfinement

 

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Benoît ZagdounPierre GodonFrance Télévisions

 

 

 

"Le système mis en place pour tester, isoler et casser les chaînes de contamination est opérationnel", assure Olivier Véran dans "Le JDD", dimanche

 

 

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Une femme passe un test de dépistage du Covid-19, le 7 mai 2020, à l'hôpital de Nancy-Brabois (Lorraine). (MAXPPP)

 

 

 

CE QU'IL FAUT SAVOIR

 

 

"Depuis lundi, nous avons identifié 25 clusters sur notre territoire." Le ministre de la Santé, Olivier Véran, rappelle, dimanche 17 mai, dans Le JDD, que "le coronavirus continue de circuler sur notre territoire". Selon lui, "le système mis en place pour tester, isoler et casser les chaînes de contamination est opérationnel", avec "plus de 50.000 tests réalisés par jour". Suivez l'évolution de la pandémie dans notre direct.

 

 

Le nombre de nouveaux patients repart à la hausse. Presque une semaine après la levée du confinement, la France a enregistré, samedi, 96 décès en 24 heures, pour un bilan qui atteint désormais 27 625 morts depuis le 1er mars. Le nombre de patients en soins intensifs baisse toujours mais, signal plus inquiétant, les hôpitaux ont accueilli plus de nouveaux patients ces dernières 24 heures qu'il y a une semaine.

 

 

Plus de 300 000 morts dans le monde. La pandémie a fait plus de 309 000 morts dans le monde depuis son apparition en décembre en Chine, selon un bilan établi par l'AFP à partir de sources officielles samedi soir. Les Etats-Unis sont le pays le plus touché tant en nombre de morts que de cas, avec 88 730 décès pour plus de 1,466 million de cas. Suivent le Royaume-Uni (34 466 morts), l'Italie (31 763), la France (27 625) et l'Espagne (27 563).

 

 

Le Brésil se divise toujours. Avec 15 633 décès et 233 142 cas confirmés, le Brésil est le pays d'Amérique latine le plus touché par le virus. Le président Jair Bolsonaro a une nouvelle fois critiqué, samedi, les mesures de confinement. "Le chômage, la faim et la misère seront l'avenir de ceux qui soutiennent la tyrannie de l'isolement total", a tweeté le dirigeant d'extrême droite.

 

 

La fortune des milliardaires britanniques recule. Les milliardaires du Royaume-Uni se sont, pour la première fois en plus de dix ans, appauvris en 2020 en raison de la pandémie. Selon le Sunday Times, les 1 000 plus grosses fortunes du pays ont perdu un total de 54 milliards de livres (60 milliards d'euros) en deux mois. Le journal relève qu'au moins 63 des résidents britanniques les plus fortunés, dont 20 milliardaires, ont sollicité l'aide publique pour verser les salaires de leurs employés.

 


17/05/2020
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