L'AIR DU TEMPS

L'AIR DU TEMPS

MEDECINE - Santé

Chaque époque apporte son lot d'évolution. Il en est un, tout particulièrement intéressant, qui concerne la médecine. Que d'améliorations au fil de l'histoire ! Voilà où nous en somme aujourd'hui, en plein XXIème siècle...

 


Franceinfo - le dimanche 9 septembre 2018

 

 

Grossesses très tardives : qui sont ces femmes qui accouchent à 45 ans ou plus ?

 

 

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Céline DelbecquefranceinfoFrance Télévisions

 

 

 

Etudes plus longues, progrès de la contraception, succession de fausses couches ou désir de maternité tardif… Malgré les risques, de nombreux facteurs incitent les femmes à tomber enceintes alors qu’elles sont âgées de 45 ans ou plus

 

 

 

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Une femme enceinte durant une échographie, à l'hôpital de Chambéry.  (JESSICA BORDEAU)

 

 

 

"En constatant mon retard de règles, j'ai sincèrement cru que c'était les signes d'une pré-ménopause. Et puis, un jour, j'ai compris que j'étais enceinte." En janvier dernier, Lynda, 45 ans, apprend qu'elle est enceinte de trois mois. Comme plus de 2 000 femmes chaque année, elle entame alors une grossesse dite "très tardive", c'est-à-dire survenue après 45 ans. Un phénomène qui n'est plus si rare et régulièrement mis en lumière par des cas médiatiques. Le dernier en date ? Adriana Karembeu, 46 ans, a présenté aux téléspectateurs, mercredi 5 septembre, sa fille Nina née le 17 août dernier, dans l'émission "Les pouvoirs extraordinaires du corps humain", sur France 2. 

 

 

Mais qui sont ces femmes qui choisissent d'être mères à l'âge où d'autres deviennent grands-mères ? Comment se passent leurs grossesses et quels rapports entretiennent-elles avec leurs enfants ? Franceinfo a recueilli leurs témoignages

 

 

Des grossesses "en nette augmentation"

 

"C'est un cadeau de la vie". Le 8 juillet, Lynda a finalement donné naissance à Elisa, après une grossesse aussi inattendue qu'inespérée. Déjà maman d'un petit garçon, cette enseignante parisienne avait depuis longtemps abandonné l'idée de retomber enceinte. "Il y a quelques mois, j'envisageais même de me faire poser un stérilet !", assure-t-elle, amusée. "J'ai rencontré mon mari tardivement, et je n'ai commencé à songer à la maternité que vers l'âge de 38 ans". Un souhait tardif, qui n'a "rien d'étonnant" pour Jean-Marc Ayoubi, chef du service gynécologie de l'hôpital Foch, à Suresnes (Hauts-de-Seine). "Les moyens de contraception sont bien mieux utilisés qu'il y a vingt ans, les femmes font des études plus longues, et prennent leur temps avant d'avoir leur premier enfant", analyse-t-il.

 

 

Au début, j'ai eu peur. Je me demandais si le bébé allait tenir ou non. Si, à mon âge, je n'allais pas faire une fausse couche. Si tout ça n'était pas complètement fou.Lynda, mère à la suite d'une grossesse dite "très tardive" à franceinfo

 

 

Pourtant, Lynda est loin d'être la seule à tenter l'expérience d'une maternité à 45 ans ou plus. "Depuis le début des années 2000, cette patientèle est en nette augmentation", témoigne Jean-Marc Ayoubi. Depuis une dizaine d'années, son service mène une étude sur ces grossesses très tardives. Le constat est clair : en 1980, seulement 8 000 bébés naissaient d'une mère âgée de 40 ans ou plus. "En 2016, ce nombre a été multiplié par 5, avec environ 43 000 naissances", explique le professeur. De nombreuses femmes envisagent désormais ces grossesses avec sérénité, comme Sylvie, tombée enceinte naturellement à 48 ans, ou Michèle, qui a accouché de son troisième enfant à 45 ans. "Mais les conséquences peuvent être dangereuses, autant pour la mère que pour l'enfant", met en garde Jean-Marc Ayoubi.

 

 

Des risques bien réels

 

"Quand j'ai prévenu mon gynécologue, il m'a tout de suite avertie qu'il fallait que je me ménage, et que je serais surveillée de près", se souvient Lynda. Sa grossesse se déroule bien, malgré un suivi très soutenu. "J'ai subi des tests d'hémoglobine réguliers, mais on me prenait également la tension de manière hebdomadaire, et je faisais des analyses d'urine toutes les semaines..." Lynda comprend vite que les risques sont réels. "Les patientes de plus de 45 ans augmentent significativement leur risque de diabète, de tension artérielle et de césarienne", liste le docteur Ayoubi. Selon le gynécologue, 3,7% des femmes enceintes à plus de 45 ans sont victimes d'hypertension artérielle, contre 1,3% chez les 25-35 ans. Le diabète, lui, touche 20% des femmes en situation de grossesse très tardive, contre seulement 11% des femmes plus jeunes. Enfin, selon une étude menée à l'hôpital Foch depuis une dizaine d'années, la moitié de ces femmes subiront un accouchement par césarienne, contre 32% des femmes de moins de 40 ans. "Cela s'explique par le vieillissement du corps : l'âge des vaisseaux augmente, ils n'ont plus la même élasticité, ni la même physiopathologie", détaille Jean-Marc Ayoubi.

 

 

Le fœtus, lui aussi, peut être touché. Joëlle Belaïsch, cheffe du service de gynécologie de l'hôpital des Quatre-Villes, à Sèvres (Hauts-de-Seine), assure que ces grossesses à "haut risque" peuvent être "dangereuses" pour le bébé. "Les cas de prématurité et de fausses couches sont plus importants chez les femmes de plus de 45 ans. Les risques à l'accouchement sont également présents, avec des possibilités de mort in utero pour l'enfant, et un risque de mort maternelle plus fort." De son côté, Jean-Marc Ayoubi nuance : "Depuis 10 ans, nous avons accueilli à l'hôpital Foch 1 300 cas de grossesses tardives. Seules dix patientes ont été admises en réanimation".

 

 

Un suivi médical en demi-teinte

 

Sylvie, 55 ans, a accouché de son premier enfant il y a six ans. Si la naissance s'est bien passée, elle garde un souvenir en demi-teinte du suivi de sa grossesse. Alors âgée de 48 ans, elle consulte "le premier gynécologue venu". "Il m'a dit que je risquais de faire une fausse couche. Que ce n'était pas possible, qu'il n'avait jamais eu une patiente de cet âge-là". Le spécialiste accepte finalement de la suivre, mais Sylvie subit une certaine pression. "Il m'a dit que j'allais certainement faire une fausse couche", se remémore-t-elle, dépitée. Le gynécologue lui prédit une immense fatigue, mais Sylvie est en pleine forme, et continue de travailler. Il lui promet du diabète et de l'hypertension, elle continue de se rendre au travail à vélo pendant la majeure partie de sa grossesse. Il lui annonce un bébé prématuré, elle accouche après le terme. "Il n'était tout simplement pas à l'aise avec cette grossesse tardive, et m'a communiqué son stress."

 

 

Un comportement qui est loin d'être unique, selon les dizaines de témoignages reçus par franceinfo. "Les risques existent, mais l'attitude du gynécologue doit être de conseiller sa patiente sur son projet, pas de la décourager", commente Bertrand de Rochambeau, président du Syndicat national des gynécologues et obstétriciens de France (Syngof). "Il faut dire les choses en face, même si elles sont parfois dures à entendre. Il existe de vrais risques, mais toutes les grossesses tardives ne se terminent pas en drame, loin de là !"

 

 

Karine, elle, a pu bénéficier d'un suivi médical bien plus moderne. Actuellement enceinte de quatre mois, cette future maman de 45 ans ne ressent "aucun stress" lié à son futur accouchement. "Ni mon gynécologue, ni les soignants, ni les sages-femmes ne m'ont fait sentir qu'il y avait quelque chose d'étrange ou d'anormal à porter un enfant à 45 ans". Karine avoue ne pas avoir les mêmes symptômes que lors de ses premières grossesses, et assume même une plus grande fatigue et des nausées qu'elle n'avait jamais eues auparavant. "La seule chose qui change vraiment, c'est le suivi médical, qui est beaucoup plus complet", témoigne-t-elle.

 

 

De nos jours, les grossesses tardives sont presque devenues classiques, et on le ressent chez les médecins. La plupart d'entre eux vous traitent comme ce que vous êtes : une maman.Karine, 45 ans, enceinte de 4 mois à franceinfo

 

 

Les médecins et personnels soignants interrogés se veulent donc rassurants. "Dans l'immense majorité des cas, ces grossesses se passent très bien", martèle le gynécologue Jean-Marc Ayoubi. Solange, sage-femme à la maternité de Montreuil (Seine-Saint-Denis), explique que la plupart des accouchements se déroulent "comme les autres". "On respecte les désirs de la mère, on est juste encore plus vigilants sur les risques d'hémorragies, qui peuvent survenir un peu plus facilement qu'à 25 ans". Le sérieux du suivi médical et la régularité des tests sanguins sont essentiels au bon déroulement de ces grossesses. "Si la mère est correctement surveillée, et avertie des risques, la grossesse et l'accouchement n'ont aucune raison de mal se passer", conclut la docteure Joëlle Belaïsch. "Ma grossesse à 45 ans s'est même mieux passée que celle à 41 !", assure, de son côté, Lynda.

 

 

"Il faut arrêter de culpabiliser les femmes"

 

Mais au-delà de la vision, purement scientifique, du corps médical, les grossesses tardives peuvent également être source de stress pour les femmes, forcées d'affronter le jugement de leur entourage. Sylvie est parfois rattrapée par cette différence d'âge. "Quand je vais chercher mon fils à l'école, je vois des mamans qui ont 23 ou 24 ans… Moi, j'en ai 55. Les gens hésitent dans les magasins, se demandent si je suis la mère ou la grand-mère." Lynda, qui a accouché il y a quelques mois, a dû elle aussi faire face à de multiples réactions de ses proches. "Très vite, mes sœurs m'ont dit que c'était irresponsable, qu'il fallait tenir le coup à cet âge-là… Pourtant, je ne me suis jamais sentie comme une femme âgée !", déplore-t-elle.

 

 

Parfois, vous avez le sentiment que la société vous voit comme un produit, avec une date de péremption.Lynda, mère à la suite d'une grossesse très tardive à franceinfo

 

 

Michèle, qui a connu une grossesse tardive il y a 25 ans, voit aujourd'hui la situation "avec le recul de ses 70 ans". "Pendant des années, je n'ai jamais ressenti le moindre décalage. Cet enfant m'a maintenue dans une certaine jeunesse", témoigne-t-elle, attendrie. "Bien sûr, je pense parfois que je ne connaîtrai peut-être pas longtemps mes petits-enfants, ou que je ne serai pas forcément capable de les emmener partout. Mais ça valait le coup." Cette septuagénaire admet avec fierté s'être remise, à l'époque, au ski et à la randonnée pour suivre son fils. "Je me suis toujours dit qu'il ne serait jamais un ‘enfant de vieux'. Je pense avoir tenu ma promesse."

 

 

Valérie, 54 ans aujourd'hui et tombée enceinte en 2010, renchérit : "Parfois, ma fille dit à son père qu'il a les cheveux blancs, et que ses copines pensent qu'il est son grand-père." Mais cette mère de quatre enfants assure "ne pas y faire attention". De son côté, Lynda juge que "le regard de la société doit impérativement changer sur cette problématique". "Il faut arrêter de dire aux femmes que tout est fichu parce qu'elles ont passé la barre des 45 ans, et de les culpabiliser parce qu'elles n'ont pas pu avoir d'enfants avant cette date. A 45 ans, on n'est pas encore une vieille dame !"

 

 

Gilles, Nordiste de 38 ans, ne les contredit pas. "Ma mère m'a eu alors qu'elle avait 44 ans, et j'ai eu une enfance très heureuse." Bien sûr, il se souvient des cheveux blancs de sa mère lorsqu'il n'était qu'au collège, de la réaction des copains quand ils apprenaient l'âge de cette dernière, de ses 20 ans "avec une maman déjà à la retraite"... Mais il efface ces souvenirs d'un éclat de rire. "Malgré notre grande différence d'âge, nous étions très complices. Nous passions outre le regard des gens. Notre relation était intime, facile et belle."

 


13/09/2018
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Franceinfo - le mercredi 5 septembre 2018

 

 

Études de médecine : le gouvernement veut en finir avec le numerus clausus et le concours en fin de première année

 

 

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Solenne Le Hen Radio France

 

 

 

 

Toutefois, l'idée n'est pas de supprimer le numerus clausus pour laisser la porte ouverte à une dérégulation du nombre de médecins. Pour remplacer le système actuel, deux options sont à l'étude.

 

 

 

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Des étudiants en médecine de l’Université de Poitiers, le 4 février 2016. (GUILLAUME SOUVANT / AFP)

 

 

C'est la fin d'une institution vieille de plus de 45 ans pour les médecins. Le gouvernement souhaite mettre fin au numerus clausus ainsi qu'au concours en fin de première année, tel qu'il existe actuellement, révèle franceinfo mercredi 5 septembre. Ils permettaient jusqu'à présent de limiter le nombre de médecins en France grâce à un concours très sélectif en fin de première année. Dans chaque université, les étudiants passeront, comme partout ailleurs, des partiels, qui leur permettront d'aller en deuxième année.

 

 

Un mode de sélection très décrié

 

Le concours actuel, qui sélectionne un candidat sur sept, fait la part belle au bachotage. En 2017, sur les près de 60 000 candidats, seulement 8 200 ont été reçus en médecine l'an dernier, soit à peine 15% des participants. Le Premier ministre Edouard Philippe et Emmanuel Macron l'ont dit à plusieurs reprises : tout cela ne fait pas forcément ensuite de bons médecins, de bons praticiens. Il faut diversifier le recrutement aujourd'hui bien souvent réservé, aux étudiants qui peuvent se payer une prépa privée en plus ou se payer le luxe de redoubler.

 

 

Toutefois, l'idée n'est pas de supprimer le numerus clausus pour laisser la porte ouverte à une dérégulation du nombre de médecins. Une déferlante est difficilement envisageable, car les universités ne pourront peut-être pas forcément pousser leurs murs. Sur le terrain, pas sûr non plus de trouver autant de stages que d'étudiants. Deux situations qui pourraient limiter naturellement l'ouverture.

 

 

Deux options en remplacement

 

Pour remplacer le système actuel, le concours sera remplacé dans chaque université par des partiels très classiques. Ensuite, deux options sur la table. Soit le gouvernement ouvre complètement les vannes, ce qu’on appelle le numerus apertus, et alors libre à chaque université de former autant de médecins qu'elle le souhaite. La seconde option est de garder une forme de sélection, à l'issue de la licence, en fin de troisième année, avec, peut-être, un concours. Sur ces deux options, la question n'est pas encore tranchée.

 

 

Les recalés n’auront pas "perdu leur temps", car ils bénéficieraient de passerelles pour se diriger vers d’autres débouchés dans les métiers de la santé, a indiqué une source proche du dossier à franceinfo. D'ailleurs, les effets se verraient seulement dans 10 ans. L'idée est vraiment de réformer les études de santé, les rendre "plus modernes, plus humaines". Des études qui ont déjà fait l'objet d'aménagements avant l'été, avec la suppression des examens classant en fin de sixième année.

 


05/09/2018
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Franceinfo - le mercredi 25 juillet 2018

 

 

"J'ai été la première née d'une science qui a changé le monde" : Louise Brown, le premier "bébé-éprouvette", fête ses 40 ans

 

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Louise HemmerléfranceinfoFrance Télévisions

 

 

 

La naissance de Louise Brown, le 25 juillet 1978, a ouvert la voie à la procréation médicalement assistée

 

 

 

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Louise Joy Brown, le premier bébé né d'une fécondation in vitro, pousse ses premiers cris à l'hôpital d'Oldham (Royaume-Uni), le 25 juillet 1978. (KEYSTONE / HULTON ARCHIVE)

 

 

 

Dans son livre, Louise Brown raconte son "premier vrai souvenir d'enfance" : "Ma mère me passant par dessus la barrière derrière la maison à un voisin, pour essayer de me cacher d'un journaliste qui tentait de prendre ma photo." Son nom ne vous dit peut-être rien, mais sa naissance, le 25 juillet 1978, a été scrutée par les médias du monde entier. L'infirmière qui a préparé sa mère, Lesley Brown, pour la césarienne a même dû lui installer son cathéter à la lampe torche, en pleine nuit, pour éviter de trahir l'imminence de l'accouchement, les journalistes faisant le pied de grue devant l'hôpital d'Oldham, près de Manchester (Royaume-Uni). Car à l'époque, elle est l'incarnation d'une nouveauté mondiale : elle est la première à naître grâce à une fécondation in vitro.

 

 

Aujourd'hui, Louise Brown fête ses quarante ans. Un tournant majeur dans la vie de n'importe qui, mais pour elle, cela signifie surtout des heures passées à répondre aux nombreux journalistes qui la sollicitent chaque année à l'approche de son anniversaire. "Je viens de passer quatre heures à faire des interviews non stop à des médias du Royaume-Uni, de Russie, de Brésil, d'Allemagne, etc. J'ai eu plusieurs centaines demandes d'interviews", nous écrit Louise, qui a tout de même pris un peu de temps pour répondre, par e-mail, à nos questions. Franceinfo vous raconte son destin particulier de "premier bébé-éprouvette", comme l'ont surnommée à l'époque les journaux du monde entier.

 

 

De "Frankenbaby" à "bébé miracle" 

 

Pour Louise Brown, la vie a commencé dans une boîte de Petri. En laboratoire, les médecins Robert Edwards et Patrick Steptoe mettent en contact des ovocytes de sa mère, Lesley Brown, et des spermatozoïdes de son père, John Brown. Ils transplantent ensuite les embryons fécondés dans l'utérus de la future maman. Si cette méthode de procréation médicalement assistée est devenue banale, les travaux d'Edwards et Steptoe étaient décriés à l'époque par d'éminents biologistes et médecins. "L'enfer va se déchaîner, politiquement et moralement, partout dans le monde", prédisait par exemple James Watson, le co-découvreur de la structure de l'ADN, devant un comité du Congrès américain en 1974, rappelle The Atlantic (en anglais). Le Conseil de la recherche médicale britannique refuse de financer leurs recherches, raconte aussi le Guardian (en anglais).

 

 

"Ils étaient méprisés", raconte à franceinfo Martin Johnson, un professeur des sciences de la reproduction aujourd'hui retraité, qui a réalisé son doctorat auprès de Robert Edwards dans les années 1960. "Les gens ne voyaient pas l'utilité de chercher une solution aux problèmes d'infertilité et ne se rendaient pas compte que la fertilisation in vitro pouvait le régler", poursuit-il.

 

 

Les gens avaient peur qu'ils produisent des 'Frankenbabies'. Martin Johnson, professeur à franceinfo

 

 

C'est pourtant un bébé en parfaite santé, braillant à pleins poumons, qui naît par césarienne le 25 juillet 1978. "Glorieux. Elle était potelée, pleine de tonus musculaire. [...] Elle a pris une profonde inspiration. Puis elle a crié et crié et crié. Je l'ai couchée, toute rose et furieuse, et j'ai vu aussitôt qu'elle était parfaite extérieurement", se souvient Patrick Steptoe dans son livre A Matter of Life ("Une question de vie", en français). L'accouchement historique est filmé, ce qui immortalise les accomplissements des deux médecins. Dès ses premiers instants, la vie de Louise Brown lui échappe.

 

 

Je n'ai connu que ça, donc je ne sais pas ce que c'est de ne pas être l'objet de cet intérêt. Louise Brown à franceinfo

 

 

La naissance de Louise est une délivrance pour ses parents. Cela fait près de dix ans qu'ils essayent d'avoir un enfant, mais sans succès, car les trompes de Fallope de Lesley Brown sont bouchées. Pour des milliers de personnes qui sont dans leur cas, cet accouchement réussi est un rayon d'espoir. Le nouveau-né est ainsi accueilli très positivement par les journaux britanniques, comme le montre une étude publiée en 2017 : le Manchester Evening News parle de "miracle". D'où le deuxième prénom de Louise, suggéré par Patrick Steptoe : "Joy", pour célébrer la joie qu'allait apporter cette naissance aux couples infertiles.

 

 

 

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Louise Brown dans les bras du physiologue Robert Edwards (gauche) à côté du gynécologue Patrick Steptoe (droite), à l'hôpital d'Oldham le 25 juillet 1978.  (KEYSTONE / GETTY IMAGES)

 

 

La famille Brown est inondée de lettres du monde entier. Grâce aux services postaux, même celles où l'adresse est simplement "Louise Brown, bébé-éprouvette, Bristol, Angleterre", parviennent à la famille, s'amuse Louise dans son livre autobiographique. À l'époque, les missives contiennent bien son lot de reproches à l'encontre de cette nouvelle pratique, mais surtout des remerciements et des témoignages de la douleur de ne pas réussir à avoir un enfant… et même une demande en mariage d'un homme de 21 ans, alors que Louise Brown n'avait que cinq jours.

 

 

Une vie dans le giron des médias

 

L'appétence des journalistes pour le premier "bébé-éprouvette" donne aux Brown un statut de célébrité. Lorsque Lesley Brown rentre de l'hôpital après son accouchement, elle doit se barricader dans sa maison, assiégée par les journalistes qui espèrent pouvoir capturer un visage imprudent qui se rapprocherait trop de la fenêtre. La famille Brown jongle avec les requêtes de médias, enchaîne les plateaux télé, esquive les photographes... 

 

 

Avant la naissance de Louise, la famille a même signé un contrat d'exclusivité avec le Daily Mail. Moyennant une généreuse rémunération, elle promet de ne pas accorder d'interview à d'autres médias jusqu'à 400 jours après l'accouchement, et de ne pas se laisser photographier. Le journal a ensuite pu allègrement monnayer ses contenus exclusifs avec des médias étrangers. C'est l'ère du "chequebook journalism", ("journalisme chéquier" en français), une pratique controversée qui consiste à payer des sources pour des informations exclusives.

 

 

 

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 Louise Brown sur les genoux de son père, John Brown, lors de sa première apparition télévisée aux Etats-Unis, en 1979. (BETTMANN / GETTY IMAGES)

 

 

L'ambassadrice de la FIV

 

Louise Brown profite également de sa notoriété une fois adulte. Pour son mariage, en septembre 2004, elle accorde une exclusivité au magazine people OK!. "L'accord nous a permis d'avoir une belle lune de miel", raisonne-t-elle, interrogée à ce sujet par franceinfo. Elle cède aussi l'exclusivité de la naissance de son fils Cameron, en décembre 2006, au Daily Mail. Avec son statut de premier "bébé-éprouvette", Louise Brown est devenue le visage de cette méthode de la fécondation in vitro.

 

 

"J'ai été la première née d'une science qui a changé le monde" Louise Brown à franceinfo

 

 

Ce rôle d'ambassadrice lui permet de voyager, de participer à des conférences dans le monde entier, de rencontrer des médecins et d'autres enfants nées par cette méthode. Lundi, elle était par exemple invitée au Musée de la science à Londres pour célébrer son anniversaire et donc celui de la fécondation in vitro, à l'occasion d'une exposition intitulée "FIV : six millions de bébés plus tard". "Je me suis rendue sur quatre continents cette année grâce à la FIV, et je suis fière de faire partie de cette communauté, explique-t-elle à franceinfo. Avec la mort de maman, de papa, de Robert Edwards et de Patrick Steptoe, je pense que c'est important de garder vivant le souvenir de ce qu'ils ont accompli."

 

 

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Louise Brown lors d'un événement pour marquer le 40e anniversaire de la fécondation "in vitro" au Musée de la science à Londres, le 23 juillet 2018. (DANIEL LEAL-OLIVAS / AFP)

 

 

Mort en 1988, Patrick Steptoe n'était plus là au moment de la remise du prix Nobel de médecine à Robert Edwards, en 2010. "Louise Brown et d'autres enfants FIV ont eux-mêmes donné naissance à des enfants ; ceci est peut-être la meilleure preuve de la sûreté et du succès du traitement de FIV", détaille le communiqué publié à l'époque. "Aujourd'hui, salue l'académie Nobel, la vision de Robert Edwards est devenue une réalité et apporte de la joie à des personnes infertiles partout à travers le monde."

 


02/08/2018
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Franceinfo - le vendredi 6 juillet 2018

 

 

Une jeune fille de 17 ans est morte de la rougeole en Gironde, le troisième décès en France depuis novembre 2017

 

 

Fin juin, l'agence Santé publique France avait annoncé le décès dû à la rougeole d'un patient de 26 ans

 

 

 

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Le CHU de Bordeaux, le 17 mai 2018. (BURGER / PHANIE / AFP)

 

 

 

La rougeole a fait un troisième mort en France en 2018, une jeune fille de 17 ans décédée "des suites de complications neurologiques" liées à cette maladie contagieuse au CHU de Bordeaux, a annoncé, vendredi 6 juillet, l'Agence régionale de santé (ARS) de Nouvelle-Aquitaine. "Cette personne décédée de la rougeole n'a pas pu être vaccinée de par son état d'imunodépression", a expliqué le docteur Matthieu Méchain. Imunodépression, c'est un terme générique qui veut dire que la personne n'a pas les défenses suffisantes pour lutter contre une infection."

 

 

Fin juin, l'agence Santé publique France avait annoncé le décès dû à la rougeole d'un patient de 26 ans. Il était aussi immunodéprimé, c'est-à-dire que son système immunitaire était trop faible pour lui permettre de recevoir le vaccin. La maladie avait déjà tué en février, à Poitiers, une mère de famille de 32 ans qui n'avait jamais été vaccinée. D'après le quotidien La Nouvelle République, elle avait contracté le virus au CHU, où elle avait conduit son père pour une hospitalisation.

 

 

L'épidémie en déclin dans la région

 

Depuis le 6 novembre, en Nouvelle-Aquitaine, 1 096 cas de rougeole ont été confirmés (2 567 en France), 1 cas sur 4 a nécessité une hospitalisation et 12 patients ont été transférés en réanimation. Dans près de 90% des cas, les personnes n'étaient pas vaccinées, ou insuffisamment.

 

 

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Toutefois, depuis fin mars, l'épidémie est en déclin en Nouvelle-Aquitaine avec moins de 10 cas confirmés par mois, et est considérée comme terminée. L'ARS Nouvelle-Aquitaine précise que la couverture vaccinale contre la rougeole reste insuffisante dans la région, et que de nouveaux foyers peuvent apparaître.


10/07/2018
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Franceinfo - le mercredi 27 juin 2018

 

 

Un patient de 26 ans meurt de la rougeole, deuxième décès lié à la maladie en France cette année

 

 

En février, une femme de 32 ans est morte de la rougeole au CHU de Poitiers (Vienne)

 

 

 

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Une épidémie de rougeole a démarré en Nouvelle-Aquitaine en novembre 2017. (MAXPPP)

 

 

 

C'est la deuxième mort liée à la rougeole en 2018. Un patient de 26 ans atteint de cette maladie est mort, annonce Santé publique France, mercredi 27 juin. Un autre, âgé de 17 ans, fait l'objet d'un "pronostic réservé", précise l'agence dans son bulletin périodique. Ces deux patients étaient "tous deux immunodéprimés", c'est-à-dire qu'ils avaient un système immunitaire trop faible pour leur permettre de recevoir le vaccin.  Ils ont été "probablement contaminés par un proche non vacciné", ajoute l'agence. Ni le sexe ni la région de ces deux personnes n'ont été précisés.

 

 

En février, une femme de 32 ans est morte de la rougeole au CHU de Poitiers (Vienne). Il s'agissait de la première victime française d'une épidémie qui a débuté en novembre 2017 en Nouvelle-Aquitaine. L'épidémie s'était d'abord déclarée sur le campus bordelais, et sept foyers avaient été repérés dans des écoles et des hôpitaux de la Gironde.

 

 

Santé publique France a fait état mercredi de 2 567 cas depuis novembre 2017, avec comme départements les plus touchés la Gironde (24% d'entre eux), la Vienne (8%) et le Gard (6%). Dans 88% des cas, les malades n'étaient pas vaccinés ou n'avaient pas reçu toutes les injections nécessaires. Et dans 22% des cas, la rougeole a occasionné une hospitalisation.

 


04/07/2018
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Franceinfo - le 28 février 2018

 

 

Maladies rares : vivre avec la maladie de Charcot

 

 

En France, une maladie est dite rare lorsqu'elle touche moins d'une personne sur 2 000. La maladie de Charcot est l'une d'elles. Cette maladie neurodégénérative se traduit par une paralysie musculaire grandissante. 800 personnes sont diagnostiquées chaque année

 

 

 

Garder le moral jusqu'au bout, c'est le credo d'Émile Morin. Pourtant, sa vie a basculé il y a presque trois ans avec l'annonce de la maladie de Charcot. Une atteinte des neurones qui commandent les muscles. Très vite, Émile a perdu l'usage de ses jambes, et chaque jour, la maladie progresse un peu plus. Émile Morin connait l'issue de cette maladie rare et incurable. Il sait que d'ici quelques mois, il ne pourra plus ni manger ni respirer.

 

 

Entre 5 000 et 7 000 personnes touchées en France

 

Pour ne pas en arriver là, il demandera l'aide des médecins pour abréger ses souffrances le moment venu. Pour laisser une trace, il a décidé de raconter sa vie, accompagné par une biographe hospitalière. Une introspection douloureuse. Mais au bout du récit, la sensation que la maladie a transformé l'homme. Le soutien, il le trouve auprès des siens, et désormais la mort n'est plus un sujet tabou. Depuis le diagnostic, Émile Morin profite de chaque instant qu'il lui reste à vivre. Comme lui, 5 000 à 7 000 personnes souffrent aujourd'hui de la maladie de Charcot en France.

 


16/04/2018
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Franceinfo - le vendredi 2 mai 2018

 

 

Lucie, 26 ans, est séropositive : "Connaître son statut, c’est savoir si on protège l’autre et soi-même"

 

 

Lucie Hovhannessian a appris qu’elle était séropositive à 20 ans, au cours d’un examen médical de routine. Dans son livre "Presque comme les autres. Ma vie de jeune séropositive", elle raconte sa vie avec le VIH

 

 

 

"A priori, j’ai été contaminée par voie sexuelle. C’était certainement un partenaire d’un soir, une bêtise." Lucie Hovhannessian a appris en 2012 qu’elle était séropositive, à l’occasion d’une simple analyse de sang pré-opératoire. Elle avait 20 ans. Six ans plus tard, elle a appris à vivre avec le virus et raconte son histoire dans son livre Presque comme les autres. Ma vie de jeune séropositive, sorti en librairie le 1er mars.

 

 

Un rapport différent au corps, à la santé, aux hommes

 

Lucie revient sur ce que sa séropositivité a changé sur son rapport à son corps, les autres et à sa santé aussi : "Dès qu’il y avait un petit truc qui n’allait pas je me demandais si c’était grave, si c’était à lié à ça ou pas." Autour d’elle, ça a été le "choc", en particulier pour ses sœurs qui l’ont "mal pris". Mais progressivement, poursuit la jeune femme, "quand on explique correctement ce qui se passe et ce qu’il va se passer, les gens comprennent que je ne vais pas mourir et que mon espérance de vie ne va pas être réduite de 40 ans. Ils se disent : 'C’est grave, c’est important, mais c’est pas la fin du monde'."

 


Lucie a le VIH mais n’est pas atteinte du Sida, et "a priori je ne l’aurai jamais si tout va bien." Elle explique : "Le Sida c’est quand le VIH dépasse un certain seuil, quand la charge virale devient trop importante et qui permet un affaiblissement du système immunitaire, à d’autres maladies de s’installer." Or Lucie n’est pas à ce stade : "Mon traitement, c’est trois pilules à prendre toutes les 24 heures. Ça permet de diminuer la charge virale du VIH dans le corps. Ce qui fait que d’une part, il est assez peu présent donc il n’a pas d’impact sur mon organisme et d’autre part, il ne peut pas être transmis. C’est ce qu’on appelle la charge virale indétectable."

 

 

Être séropositive, ça a aussi changé son rapport aux hommes, aux relations intimes : "Au début, j’avais peur de contaminer l’autre. Le premier petit copain que j’ai eu après l’avoir appris, on est restés deux ans ensemble et on n’a jamais arrêté le préservatif." Il l’a accompagnée à un rendez-vous médical pour savoir exactement ce qu’ils pouvaient faire ou pas, "comme le sexe oral" et quels étaient risques. Le médecin lui a répondu que "comme la charge virale est indétectable, il n’y a aucun risque de transmission. Donc en fait on peut tout faire." Avec son nouveau partenaire, avec qui elle est depuis deux ans, elle est même allée au-delà : "On a carrément pu arrêter le préservatif. Donc on n’a même plus ce truc-là qui nous rappelle qu’il y a le VIH."

 

 

"Je me suis sentie très coupable d’avoir réussi à me faire contaminer alors qu’on m’avait prévenue."

 

Aujourd’hui, Lucie souhaite sensibiliser sur l’importance du test de dépistage : "Connaître son statut, qu’il soit négatif ou positif, c’est savoir si on protège l’autre et soi-même." C’est d’autant plus important de le faire car "il y a des gens qui ont donné littéralement leur vie pour qu’on ne se contamine plus, pour que l’épidémie cesse." Et "on est encore trop nombreux à ne pas faire attention et à ne pas leur faire honneur." déplore la jeune femme. 

 

 

Elle la première : "Pendant un moment, je me suis sentie très coupable d’avoir réussi à me faire contaminer alors qu’on m’avait prévenue. J’étais informée, j’avais vu des campagnes, des affiches, des reportages... Donc je me suis sentie coupable d’avoir été inconsciente, insouciante … Parce qu’on peut pas dire qu’on nous prévient pas. C’est juste qu’on n’écoute pas."

 


16/04/2018
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Franceinfo - le lundi 29 janvier 2018

 

 

Découverte d'une molécule prometteuse contre la sclérose en plaques

 

 

Dans une étude publiée dans les Comptes-rendus de l'Académie américaine des sciences (PNAS), des scientifiques annoncent avoir découvert une molécule qui paraît protéger contre cette maladie auto-immune

 

 

 

C'est une découverte prometteuse. Des chercheurs ont identifié avec des expériences sur des souris une molécule qui paraît protéger contre la sclérose en plaques, une maladie auto-immune touchant les femmes trois à quatre fois plus que les hommes. La production de cette molécule est justement liée à l'hormone mâle testostérone.

 

 

Quand les rongeurs femelles, manipulées génétiquement pour souffrir de l'équivalent de la sclérose en plaques humaine, ont été traitées avec cette molécule protectrice, leurs symptômes ont disparu, expliquent ces scientifiques dont la découverte est publiée lundi dans les Comptes-rendus de l'Académie américaine des sciences (PNAS).

 

 

 

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Un patient atteint de sclérose en plaque reçoit des soins, le 25 septembre 2017 à Nice (Alpes-Maritimes). (A. NOOR / BSIP / AFP)

 

 

 

Une maladie qui attaque le système nerveux

"Cette avancée pourrait aboutir à une classe entièrement nouvelle de thérapie contre la sclérose en plaque", estime la Docteur Melissa Brown, professeur d'immunologie à la faculté de médecine de l'université Northwestern à Chicago, principal auteur de ces travaux. Jusqu'à présent les scientifiques ne comprenaient pas comment la testostérone procurait cette protection contre la sclérose en plaques.

 

 

La sclérose en plaques est une maladie inflammatoire qui attaque le système nerveux central, détruisant la myéline, une gaine entourant et protégeant les fibres nerveuses dans le cerveau et la moelle épinière. Les symptômes sont des problèmes moteurs et des déficits cognitifs.

 

 

 

De multiples effets secondaires néfastes

 

Ces scientifiques ont déterminé que la testostérone provoquait une réaction dans un certain type de cellules immunitaires qui leur faisaient produire la molécule protectrice chez les souris mâles. Cette molécule entraîne une série de réactions chimiques empêchant la formation d'un autre type de cellule immunitaire qui attaque directement la myéline.

 

 

Des essais cliniques pendant douze mois avec de la testostérone chez des hommes atteints de sclérose en plaques ont partiellement inversé la destruction de myéline et la dégénérescence des fibres nerveuses, indiquent les chercheurs. Toutefois pointent-ils, même à court terme la testostérone n'est pas une thérapie viable chez les hommes ou les femmes en raison de ses multiples effets secondaires néfastes.

 


05/02/2018
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Franceinfo - le jeudi 25 janvier 2018

 

 

Soins dentaires : une couronne céramique coûte 200 euros de plus à Paris qu'à Nîmes, selon "60 millions de consommateurs"

 

 

Une étude du magazine "60 millions de consommateurs", publiée jeudi, montre que les soins dentaires, dont le tarif est laissé libre, varient considérablement entre Paris et les autres villes françaises

 

 

 

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Un dentiste ausculte un patient (photo d'illustration). (MAXPPP)

 

 

 

 

Le magazine 60 millions de consommateurs, a publié jeudi 25 janvier, une étude sur le prix des soins dentaires, pour les actes dont les tarifs sont libres. L'association a passé en revue les prix pratiqués par "plus de 5 000 dentistes" installés dans une quarantaine de grandes villes françaises, a détaillé Benjamin Douriez, jeudi matin sur franceinfo. Selon le rédacteur en chef adjoint du mensuel, le magazine a relevé des écarts tarifaires "assez conséquents" entre les villes, avec un écart "d'environ 30% entre les villes les moins chères et les villes les plus chères".

 

 

Les villes les plus chères, selon 60 millions de consommateurs, sont "en région parisienne, également Lyon, certaines villes du pourtour méditerranéen ou encore Strasbourg", a précisé Benjamin Douriez. A contrario, "les grandes villes de l'Ouest comme Rennes, Nantes et Brest, sont plutôt parmi des villes où les tarifs sont plus abordables", a relevé le rédacteur en chef adjoint. Par exemple, la pose d'une couronne céramique coûte en moyenne 704 euros à Paris, contre 519 euros en moyenne à Nîmes (Gard), la ville la moins chère. Autre exemple, un inlay-core (pivot) coûte 85% de plus à Paris qu'à Brest (Finistère).

 

 

 

Les tarifs pratiqués sont totalement libres

 

Le magazine rappelle aussi que les tarifs en matière de prothèses dentaires sont totalement libres, contrairement aux soins conservateurs comme le détartrage ou le traitement des caries. "Les dentistes se plaignent souvent d'avoir des tarifs trop faibles, explique Benjamin Douriez. Cela explique le niveau élevé [des tarifs des prothèses] et ces écarts tarifaires d'une ville à l'autre."

 

 

Ces prix peuvent avoir pour conséquence un renoncement aux soins. "Quand on a pour une dent une facture totale de 1 000 euros avec une prise en charge par la Sécurité sociale autour de 200 euros, à l'arrivée, il reste plusieurs centaines d'euros à la charge du patient, même si la mutuelle complémentaire intervient", a rappelé Benjamin Douriez. Malheureusement, "des personnes reportent ce type de soins ou y renoncent totalement", a déploré le rédacteur en chef adjoint de 60 millions de consommateurs.

 

 

Le magazine conseille de demander un devis écrit à son dentiste et de prendre le temps de comparer son offre avec d'autres. "Au sein d'une même ville, il y a des écarts non négligeables. Par exemple, à Aix-en-Provence, les dentistes les plus chers facturent la couronne céramo-métallique à plus de 700 euros, et les dentistes les moins chers sont autour de 450. Il faut faire jouer la concurrence", a conclu Benjamin Douriez. 60 millions de consommateurs recommande également de privilégier les professionnels de santé partenaires des complémentaires ou se rendre dans les facultés dentaires pour payer moins cher.

 


30/01/2018
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Franceinfo le jeudi 25 janvier 2018

 

 

Le gouvernement souhaite mettre en place une amende forfaitaire pour les consommateurs de cannabis

 

 

Le ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb, l'a annoncé sur l'antenne d'Europe 1, précisant que cela ne revenait pas à dépénaliser la consommation de cannabis

 

 

 

Le gouvernement opte pour une amende, éventuellement assortie de poursuites. Au lendemain de la remise d'un rapport parlementaire préconisant l'abandon des mesures pénales pour les consommateurs de cannabis, le ministre de l'Intérieur a donné la position de l'exécutif sur cette question : "Nous allons forfaitiser ce délit. Mais ensuite, il peut y avoir des poursuites. Il n’y a donc pas de dépénalisation du cannabis", a déclaré Gérard Collomb, invité sur l'antenne d'Europe 1.

 

 

La mise en place concrète de cette mesure dépendra de son inscription dans la loi, a poursuivi le ministre. "Cela prendra place dans un certain nombre de lois que nous allons présenter, et en particulier sur la réforme de la procédure pénale", a-t-il précisé.

 

 

 

 

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30/01/2018
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Franceinfo - le vendredi 19 janvier 2018

 

 

Des chercheurs mettent au point un test sanguin prometteur pour détecter des cancers avant l'apparition des symptômes

 

 

 

L'étude, publiée dans la revue "Science", donne l'espoir de dépister des tumeurs difficiles à détecter de façon précoce et ainsi améliorer les chances de guérison

 

 

 

Il pourrait révolutionner les méthodes de prévention des cancers. Un test sanguin expérimental a permis de détecter de façon précoce les huit cancers les plus fréquents dans 70% des cas en moyenne, selon une étude publiée jeudi 18 janvier dans la revue spécialisée Science. Une avancée qui donne l'espoir de dépister la maladie avant même l'apparition de symptômes et d'améliorer ainsi les chances de guérison.

 

 

L'étude a porté sur plus d'un millier de patients dont la tumeur ne s'était pas encore propagée. Ces résultats pourraient placer l'équipe de chercheurs de l'Université Johns Hopkins à Baltimore (Maryland), menée par Nickolas Papadopoulos, en tête dans la compétition en cours pour commercialiser un test sanguin universel de dépistage du cancer.

 

 

 

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Un chirurgien réalise une opération robotisée complexe pour enlever une tumeur de l'œsophage au Royal Marsden Hospital de Londres, le 10 janvier 2018. (DANIEL LEAL-OLIVAS / AFP)

 

 

 

Une méthode originale

 

Les mutations génétiques provoquent la croissance de cellules cancéreuses, dont l'ADN se retrouve dans le sang. Certains chercheurs ont déjà mis au point des "biopsies" des cellules cancéreuses circulant dans le sang et peuvent déterminer comment un patient répondra aux différents traitements. Mais la détection de bribes d'ADN portant la signature d'un cancer naissant reste difficile. Plusieurs sociétés de biotechnologie ont déjà mené des études pour trouver les marqueurs d'ADN spécifiques du cancer.

 

 

Mais les chercheurs de Johns Hopkins ont adopté une approche très différente. Ils ont décidé de séquencer seulement des parties de 16 gènes qui mutent le plus souvent dans différents types de tumeur. Ils ont ajouté huit bio-marqueurs de protéines caractéristiques de ces cancers. Cette combinaison a nettement accru la sensibilité du test et permis de déterminer quel tissu de l'organisme était affecté.

 

 

 

Le dépistage des cancers les plus difficiles à repérer

 

Le taux de détection a varié de 33% à 98% selon les tumeurs, précisent les auteurs. La sensibilité a été de 69% et plus pour les cancers de l'ovaire, du foie, de l'estomac, du pancréas et de l'œsophage qui sont tous difficiles à détecter précocement, ont précisé les chercheurs. L'équipe de recherche a déjà déposé un brevet pour ce test, appelé "CancerSEEK", dont le coût sera inférieur à 500 dollars.

 

 

L'étude pointe néanmoins plusieurs problèmes potentiels. Des personnes sans cancer mais souffrant de maladies inflammatoires comme l'arthrite pourraient être testées faussement positives. En outre, "CancerSEEK" ne sera probablement pas aussi efficace chez des patients sans symptômes dont les tumeurs plus petites pourraient diffuser moins d'ADN dans le sang. Un autre problème potentiel pourrait être le traitement inutile et risqué de certaines de ces petites tumeurs qui n'évoluent pas et ne présentent aucun danger.

 


22/01/2018
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Franceinfo - le

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ils se prénomment Florence, Pascal, Fred et Michel. A l'occasion de la Journée mondiale de lutte contre le sida, quatre personnes séropositives et militantes associatives ont accepté de témoigner pour raconter à franceinfo comment elles ont été contaminées par le VIH et comment elles vivent aujourd'hui avec la maladie.

Tous les quatre se souviennent du jour où ils ont appris qu'ils étaient séropositifs. "C'était en 1987", se rappelle Pascal, militant d'Aides. "Il paraît que je fais partie des 7% de personnes contaminées dans les années 1980 qui restent encore vivantes." "C’était une épée de Damoclès qu’on avait au-dessus de la tête. On ne savait pas combien de temps on allait vivre", confirme Michel. Fred, militant d'Aides, vit avec le VIH depuis 1986. "J’ai appris que le garçon avec qui j’avais eu un rapport sexuel avait le sida", se rappelle-t-il. 

 

 

 

C’était un choc monumental. J’étais jeune, j’avais 18 ans. Quand il n’y a pas de traitement et que l’espérance de vie est de six mois, c’était forcément extrêmement difficile.

Fred

à franceinfo

 

 

Michel, lui, se doutait du résultat du test. "Je savais qu’il serait positif parce que j’avais un partenaire régulier qui était positif. C’était au début des années 1980. Le contexte était un peu différent. Il y avait la volonté de vivre une relation. Le risque était pris consciemment." "Même si on savait que la capote protégeait, c’était loin d’être aussi évident que ça. On ne savait pas quels étaient les modes de contamination possibles", renchérit Fred.

 

 

Florence Thune, directrice générale de Sidaction, a découvert sa séropositivité plus tard, en 1997. "J’étais effondrée. J’étais très loin à l’époque de tout ce qui concernait la question du VIH. J’étais, comme beaucoup de personnes, dans le 'ça n’arrive qu’aux autres'", confie-t-elle. Tout est arrivé à cause d'un rapport sexuel non protégé. "On avait eu l’occasion d’utiliser le préservatif. On a été deux jeunes adultes un peu inconscients. On s’est fait bêtement confiance l’un à l’autre. On n'a pas fait attention."

Leur vie a changé grâce aux trithérapies

"J’ai eu la chance de faire partie de ces séropositifs qui ont pu vivre pendant presque dix ans sans que la maladie ne se déclare. C’est ce qui m’a sauvé. Si j’avais déclaré la maladie tout de suite, je serai mort aujourd’hui", lâche Fred. L'apparition des premiers traitements et des trithérapies a changé leur vie. "C’est ce qui m’a sauvé", confirme Fred. "En 1995, j’étais en réanimation avec beaucoup de maladies opportunistes liées au VIH, quasi mort."

 

Les trithérapies sont arrivées à peu près en 1996. Les résultats ont été fulgurants. Il a fallu réapprendre à vivre. Il y a une expression qu’on utilise beaucoup, c’est : faire le deuil du deuil. Il faut réapprendre à avoir des projets pour le futur.

Michel

à franceinfo

"J'ai essuyé les effets secondaires très difficiles des débuts des trithérapies et des surdosages de l'époque", se remémore Pascal, qui travaillait alors dans l'hôtellerie. "J'ai arrêté en 1996, au moment où j'ai commencé les traitements.Si j'avais continué, je n'aurais pas pu tenir physiquement." "Je supporte bien les traitements. J’ai cette chance. Mais ce n’est pas le cas pour tout le monde. Les traitements sont quand même lourds", reconnaît pour sa part Michel. 

 

 

Comme beaucoup de séropositifs, Fred a changé plusieurs fois de traitement dans sa vie. "A chaque fois, ils donnent des résultats meilleurs que les traitements précédents et avec beaucoup moins d’effets secondaires." "La recherche continue de faire des avancées", confirme Pascal, qui n'a plus qu'un seul médicament à prendre par jour. "Pour les personnes séropositives, bientôt il y aura de grosses avancées, voire peut-être l'élimination du VIH de notre corps. J'espère le vivre." 

 

Etre contaminé aujourd’hui, ce n’est pas du tout un synonyme de mort prématurée. Aujourd’hui, on vit avec le VIH. On vit presque normalement. La seule différence, c’est qu’on prend un traitement tous les jours.

Fred

à franceinfo

"Encore beaucoup de discriminations"

"Aujourd’hui, on peut vivre avec le virus qu’on arrive à maîtriser avec les traitements", assure Florence Thune. "Une personne séropositive sous traitement a une charge virale indétectable et ne transmet pas le virus", insiste Michel. Mais, glisse Pascal, "ça reste difficile. Il ne faut pas dire que tout est rose dans la vie d'un 'séropo'. Il y a encore beaucoup de discriminations." 

"Ce qui est le plus difficile aujourd’hui, ça reste vraiment l’exclusion et le stigmate à l’encontre des personnes vivant avec le VIH" , confirme Fred. "Ce qu’on constate, c’est toujours la sérophobie, c’est toujours la peur des personnes séropositives. La peur et le rejet", abonde Michel. "J’ai pu avoir des réactions déplacées, notamment de personnels de santé, sur ma séropositivité" , assure Florence Thune.

 

 

Se protéger et se faire dépister

 

Tous les quatre prodiguent les mêmes conseils. "Aujourd’hui, il faut inciter toujours à se protéger. On a beaucoup de moyens. On a aussi des traitements qui fonctionnent et des traitements préventifs", liste Fred. "Faites-vous dépister", poursuit Fred. "Aujourd’hui, on ne meurt plus du sida, quand on se fait dépister et quand on est mis sous traitement très vite. Il ne faut surtout pas faire l’autruche." "On peut arriver à connaître la fin de la circulation du virus d'ici 2030 avec tous les moyens de prévention que l'on a", affirme Pascal. "Plus on se fera dépister, plus on connaîtra son statut sérologique, plus on sera traité et moins le virus circulera."

Le sida, ce n’est pas une fatalité. On peut se protéger.

Fred

à franceinfo

 

 

Florence Thune donne également un autre conseil : "Il faut vraiment très vite trouver quelqu’un à qui en parler, parce que le poids du secret est encore trop important aujourd’hui. Et le fait de pouvoir en parler à un ami, à un proche ou dans une association, c’est quelque chose de libérateur et qui permet de mieux vivre avec le VIH."


04/12/2017
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Franceinfo - le

 

 

Non, le sida "ça n'arrive pas qu'aux autres" : quatre séropositifs témoignent

 

A l'occasion de la Journée mondiale de lutte contre le sida, organisée chaque 1er décembre, quatre personnes séropositives et militantes associatives ont accepté de témoigner pour raconter à franceinfo leur vie avec le virus du sida

 

 

 

Ils se prénomment Florence, Pascal, Fred et Michel. A l'occasion de la Journée mondiale de lutte contre le sida, quatre personnes séropositives et militantes associatives ont accepté de témoigner pour raconter à franceinfo comment elles ont été contaminées par le VIH et comment elles vivent aujourd'hui avec la maladie.

 

 

Tous les quatre se souviennent du jour où ils ont appris qu'ils étaient séropositifs. "C'était en 1987", se rappelle Pascal, militant d'Aides. "Il paraît que je fais partie des 7% de personnes contaminées dans les années 1980 qui restent encore vivantes." "C’était une épée de Damoclès qu’on avait au-dessus de la tête. On ne savait pas combien de temps on allait vivre", confirme Michel. Fred, militant d'Aides, vit avec le VIH depuis 1986. "J’ai appris que le garçon avec qui j’avais eu un rapport sexuel avait le sida", se rappelle-t-il. 

 

 

 

C’était un choc monumental. J’étais jeune, j’avais 18 ans. Quand il n’y a pas de traitement et que l’espérance de vie est de six mois, c’était forcément extrêmement difficile.

Fred

à franceinfo

 

Michel, lui, se doutait du résultat du test. "Je savais qu’il serait positif parce que j’avais un partenaire régulier qui était positif. C’était au début des années 1980. Le contexte était un peu différent. Il y avait la volonté de vivre une relation. Le risque était pris consciemment." "Même si on savait que la capote protégeait, c’était loin d’être aussi évident que ça. On ne savait pas quels étaient les modes de contamination possibles", renchérit Fred.

 

 

Florence Thune, directrice générale de Sidaction, a découvert sa séropositivité plus tard, en 1997. "J’étais effondrée. J’étais très loin à l’époque de tout ce qui concernait la question du VIH. J’étais, comme beaucoup de personnes, dans le 'ça n’arrive qu’aux autres'", confie-t-elle. Tout est arrivé à cause d'un rapport sexuel non protégé. "On avait eu l’occasion d’utiliser le préservatif. On a été deux jeunes adultes un peu inconscients. On s’est fait bêtement confiance l’un à l’autre. On n'a pas fait attention."

 

 

 

Leur vie a changé grâce aux trithérapies

 

"J’ai eu la chance de faire partie de ces séropositifs qui ont pu vivre pendant presque dix ans sans que la maladie ne se déclare. C’est ce qui m’a sauvé. Si j’avais déclaré la maladie tout de suite, je serai mort aujourd’hui", lâche Fred. L'apparition des premiers traitements et des trithérapies a changé leur vie. "C’est ce qui m’a sauvé", confirme Fred. "En 1995, j’étais en réanimation avec beaucoup de maladies opportunistes liées au VIH, quasi mort."

 

 

 

Les trithérapies sont arrivées à peu près en 1996. Les résultats ont été fulgurants. Il a fallu réapprendre à vivre. Il y a une expression qu’on utilise beaucoup, c’est : faire le deuil du deuil. Il faut réapprendre à avoir des projets pour le futur.

Michel

à franceinfo

 

 

"J'ai essuyé les effets secondaires très difficiles des débuts des trithérapies et des surdosages de l'époque", se remémore Pascal, qui travaillait alors dans l'hôtellerie. "J'ai arrêté en 1996, au moment où j'ai commencé les traitements.Si j'avais continué, je n'aurais pas pu tenir physiquement." "Je supporte bien les traitements. J’ai cette chance. Mais ce n’est pas le cas pour tout le monde. Les traitements sont quand même lourds", reconnaît pour sa part Michel. 

 

 

 

Comme beaucoup de séropositifs, Fred a changé plusieurs fois de traitement dans sa vie. "A chaque fois, ils donnent des résultats meilleurs que les traitements précédents et avec beaucoup moins d’effets secondaires." "La recherche continue de faire des avancées", confirme Pascal, qui n'a plus qu'un seul médicament à prendre par jour. "Pour les personnes séropositives, bientôt il y aura de grosses avancées, voire peut-être l'élimination du VIH de notre corps. J'espère le vivre." 

 

 

 

 

Etre contaminé aujourd’hui, ce n’est pas du tout un synonyme de mort prématurée. Aujourd’hui, on vit avec le VIH. On vit presque normalement. La seule différence, c’est qu’on prend un traitement tous les jours.

Fred

à franceinfo

"Encore beaucoup de discriminations"

 

 

"Aujourd’hui, on peut vivre avec le virus qu’on arrive à maîtriser avec les traitements", assure Florence Thune. "Une personne séropositive sous traitement a une charge virale indétectable et ne transmet pas le virus", insiste Michel. Mais, glisse Pascal, "ça reste difficile. Il ne faut pas dire que tout est rose dans la vie d'un 'séropo'. Il y a encore beaucoup de discriminations." 

 

 

 

"Ce qui est le plus difficile aujourd’hui, ça reste vraiment l’exclusion et le stigmate à l’encontre des personnes vivant avec le VIH" , confirme Fred. "Ce qu’on constate, c’est toujours la sérophobie, c’est toujours la peur des personnes séropositives. La peur et le rejet", abonde Michel. "J’ai pu avoir des réactions déplacées, notamment de personnels de santé, sur ma séropositivité" , assure Florence Thune.

 

 

 

Se protéger et se faire dépister

 

Tous les quatre prodiguent les mêmes conseils. "Aujourd’hui, il faut inciter toujours à se protéger. On a beaucoup de moyens. On a aussi des traitements qui fonctionnent et des traitements préventifs", liste Fred. "Faites-vous dépister", poursuit Fred. "Aujourd’hui, on ne meurt plus du sida, quand on se fait dépister et quand on est mis sous traitement très vite. Il ne faut surtout pas faire l’autruche." "On peut arriver à connaître la fin de la circulation du virus d'ici 2030 avec tous les moyens de prévention que l'on a", affirme Pascal. "Plus on se fera dépister, plus on connaîtra son statut sérologique, plus on sera traité et moins le virus circulera."

 

 

 

Le sida, ce n’est pas une fatalité. On peut se protéger.

Fred

à franceinfo

 

 

Florence Thune donne également un autre conseil : "Il faut vraiment très vite trouver quelqu’un à qui en parler, parce que le poids du secret est encore trop important aujourd’hui. Et le fait de pouvoir en parler à un ami, à un proche ou dans une association, c’est quelque chose de libérateur et qui permet de mieux vivre avec le VIH."

 


04/12/2017
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