L'AIR DU TEMPS

L'AIR DU TEMPS

MEDECINE - Santé

Chaque époque apporte son lot d'évolution. Il en est un, tout particulièrement intéressant, qui concerne la médecine. Que d'améliorations au fil de l'histoire ! Voilà où nous en somme aujourd'hui, en plein XXIème siècle...

 


Franceinfo - le dimanche 3 novembre 2019

 

 

Obésité des adolescents : perdre des kilos et apprendre à s'accepter

 

 

avatar
France 2France Télévisions

 

 

 

Dans les années 1960, seuls 3% des adolescents français étaient en surcharge pondérale, contre 25% aujourd'hui. Plusieurs centres spécialisés les accompagnent et les écoutent afin d'entamer un travail avec eux. Reportage dans l'un d'eux, en Lozère

 

 

 

Ça ne plaisante pas en séance d'aquagym. Si ces jeunes filles frôlent les 100 kg, elles n'ont aucun complexe à se montrer en maillot de bain ici. Mais aucune n'échappe aux exercices de la prof d'activité physique. Pendant un an, ces ados vont vivre ensemble sous le même toit, dans une grande bâtisse au cœur de la Lozère, un établissement de soins adaptés aux jeunes en surpoids. Ce centre pédiatrique travaille avec le CHU de Montpellier (Hérault). Les plus petits ont 10 ans, les plus âgés 17. Une centaine de filles et garçons sont réunis avec un même objectif : perdre du poids. Les ados vont à l'école dans la ville voisine, mais prennent leur repas dans le centre, sous le contrôle d'une diététicienne. Avec elle, pas d'aliments interdits, mais les jeunes vont apprendre à équilibrer leur alimentation.

 

 

 

Parfois synonyme d'un profond mal-être

Manger, bouger, retrouver énergie et joie de vivre malgré les kilos en trop. Chaque enfant est suivi par l'équipe médicale du centre. Depuis son arrivée, Maxime a perdu une dizaine de kilos. Son séjour est pris en charge à 100% par la Sécurité sociale, car l'obésité est reconnue comme une maladie à part entière. Pour tenter d'éviter les rechutes, on en revient à la nourriture. On fait découvrir aux ados des recettes simples à refaire chez soi. Il s'agit de transformer une endive en apéritif, en oubliant saucisson et chips. Ce carnet de recettes, c'est toute la famille qui devra l'adopter au retour de l'enfant. Une façon de l'aider à tenir le cap. L'obésité est souvent l'expression d'un profond mal-être. Une psychologue amène des enfants parfois malmenés par la vie à mettre des mots sur leurs souffrances. La plupart d'entre eux trouvent ici un cocon réconfortant. Perdre des kilos tout en acceptant ses rondeurs est un travail de longue haleine, mais le jeu en vaut la chandelle. L'estime de soi varie au gré des aléas de la vie. Alors, les portes du centre restent toujours ouvertes en cas de rechute.

 


05/11/2019
0 Poster un commentaire

Franceinfo - le vendredi 25 octobre 2019

 

 

L'Assemblée nationale autorise une expérimentation du cannabis thérapeutique pour deux ans

 

avatar
franceinfo avec AFPFrance Télévisions
 

 

 

Les députés ont voté, vendredi, à main levée un amendement du rapporteur Olivier Véran (LREM)

 

 

 

20300759

 

Une feuille de cannabis à esvres, près de Tours (d'Indre-et-Loire), le 4 janvier 2013. (ALAIN JOCARD / AFP)

 

 

 

L'Assemblée nationale a donné, vendredi 25 octobre, son feu vert à une expérimentation de l'usage médical du cannabis. Cette décision survient dans le cadre de l'examen du projet de budget de la Sécurité sociale pour 2020. Les députés ont voté à main levée un amendement du rapporteur Olivier Véran (LREM) qui autorise pour deux ans une telle expérimentation, à laquelle l'agence du médicament (ANSM) avait déjà donné son aval.

 

 

Le cannabis thérapeutique pourra être prescrit chez des patients en "impasse thérapeutique", souffrant de certaines formes d'épilepsies résistantes aux traitements, de douleurs neuropathiques (résultant de lésions nerveuses) non soulagées par d'autres thérapies, d'effets secondaires des chimiothérapies ou encore pour les soins palliatifs et les contractions musculaires incontrôlées de la sclérose en plaques ou d'autres pathologies du système nerveux central.

 

 

Pas question toutefois de "joints sur ordonnance" : les produits prescrits seront inhalés (huile, fleurs séchées) ou ingérés (solutions buvables, gouttes et capsules d'huile). Les médecins participant à l'expérimentation seront volontaires et auront obligatoirement suivi une formation en ligne, dont les modalités restent à déterminer.

 


25/10/2019
0 Poster un commentaire

Franceinfo - le mardi 22 octobre 2019

 

 

Légumes secs, féculents complets... De nouvelles recommandations sur l'alimentation

 

avatar
franceinfoRadio France

 

 

Santé Publique France lance une campagne nationale d'information avec de nouvelles recommandations alimentaires

 

 

 

20279351

 

La campagne mangerbouger.fr 2019. (SANTÉ PUBLIQUE FRANCE)

 

 

 

"Commencez par améliorer un plat que vous aimez déjà" : c'est un slogan que vous entendrez régulièrement à partir de mardi 22 octobre, et ce, pendant un mois, à la télévision, sur les réseaux sociaux et sur le site mangerbouger.fr. Santé Publique France lance une campagne nationale d'information avec de nouvelles recommandations alimentaires.

 

 

 

Des aliments "intéressants" pour leurs "qualités nutritionnelles" et leur prix

Parmi ces nouvelles recommandations, il est conseillé de consommer deux fois par semaines des légumes secs et de remplacer une partie des féculents par des féculents complets, (pain complet ou aux céréales, pâtes et semoule complètes, etc.), riches en fibres. Il s'agit de "deux catégories d’aliments particulièrement intéressants pour leurs qualités nutritionnelles et leur accessibilité économique", estime Santé Publique France. Or, 60% des adultes ne mangent pas de produits céréaliers complets, et 85% ne satisfont pas la recommandation concernant les légumes secs, à savoir en consommer deux fois par semaine.

 

 

 

La campagne mangerbouger.fr 2019.

La campagne mangerbouger.fr 2019. (SANTÉ PUBLIQUE FRANCE)

 

 

 

Santé Publique France recommande aussi d'augmenter sa consommation de fruits, de légumes, de fruits à coque non salés, et d'une manière plus générale, de plats "faits maison",  d'aliments bio, de saison et produits localement. Côté protéines, selon Santé Publique France, il faut consommer "en alternance" du poissons gras et maigre, et avoir "une consommation suffisante mais limitée de produits laitiers", tout en réduisant sa consommation de viande et de charcuterie. SPF recommande aussi de réduire sa consommation d'alcool, de produits et de boissons sucrés, salés, ainsi que tous les produits avec un Nutri-Score D et E.  

 

 

Parmi les aliments à favoriser, l'agence nationale de santé publique promeut aussi l’huile de colza, l'huile d'olive et l'huile de noix. Enfin, Santé Publique France recommande d'augmenter son activité physique et de limiter son temps passé assis.

 

 

 

17% des adultes français sont obèses

Santé Publique France pointe "de fortes disparités sociales" dans l'alimentation des Français et indique que près de la moitié des adultes en France sont en surpoids, dont 17% sont obèses. 30% des adultes dépassent un verre par jour de boissons sucrées. 63% des adultes dépassent les 150 grammes de charcuterie par semaine. 83% des adultes dépassent le seuil des apports en acides gras saturés recommandés. Ces nouvelles recommandations visent à orienter les Français vers une alimentation et un mode de vie plus équilibrés.  

 

 

SPF estime toutefois que "la France est plutôt bien positionnée en matière de nutrition par rapport à d’autres pays européens", même si sa situation reste "fragile". Ces recommandations ont été mises à jour en janvier dernier et sont "fondées sur des données scientifiques" à partir des travaux de l’Anses et du HCSP.

 


22/10/2019
0 Poster un commentaire

Franceinfo - le vendredi 4 octobre 2019

 

 

VRAI OU FAKE Une place en Ehpad coûte-t-elle entre 1 500 et 1 700 euros par mois, comme l'affirme Emmanuel Macron ?

 

 

Lors du débat sur la réforme des retraites à Rodez, le chef de l'État a affirmé qu'une place en Ehpad pouvait coûter de 1 500 à 1 700 euros par mois. Cette affirmation ne correspond pas au vécu des nombreux Français concernés


07/10/2019
0 Poster un commentaire

Franceinfo - le vendredi 4 octobre 2019

 

 

Grenoble : un exosquelette révolutionnaire a permis à un tétraplégique de remarcher

 

 

avatar

avec France Bleu IsèrefranceinfoRadio France
 
 

 

Thibault, un jeune homme de 28 ans tétraplégique, a pu remarcher grâce à une neuro-prothèse. Une première mondiale. Les résultats de l'essai clinique seront présentés, lundi 7 octobre, au centre de recherche biomédicale Clinatec, à Grenoble

 

 

 

20169607

 

Un patient tétraplégique parvient à se déplacer grâce à un exosquelette contrôlé par ses ondes cérébrales, le 3 octobre 2019 à Grenoble (Isère). (HO / CLINATEC ENDOWMENT FUND / AFP)

 

 

 

Les résultats d'un essai clinique, mené en juin 2017 sur un patient tétraplégique qui a pu remarcher grâce à une neuro-prothèse, sont publiés vendredi 4 octobre dans la revue scientifique américaine The Lancet Neurology. Les résultats seront ensuite présentés à la presse lundi 7 octobre, au centre de recherche biomédicale Clinatec à Grenoble, en Isère, rapporte France Bleu Isère.

 

 

L'étude a été menée sur Thibault, un homme de 28 ans, tétraplégique. Il a pu se déplacer et contrôler à nouveau ses mains grâce à cet exosquelette. C'est grâce à deux petites plaques de quelques centimètres carrés, bourrées d'électronique, implantées sur les deux hémisphères de son cerveau, juste sous la boîte crânienne, qu'il a pu remarcher.

 

 

 

 

 

 

L'essai clinique validé

Le jeune homme s'est entraîné pendant plus de deux ans pour contrôler l'exosquelette, qui ressemble à une sorte d'armure. Concrètement, quand Thibault pense le mouvement, son cerveau émet des ondes électriques, qui sont captées par la neuro-prothèse, qui les analyse et transmet ces signaux à l'exosquelette, ce qui permet au jeune homme de faire bouger ses membres paralysés.

 

 

Le patient a ainsi été filmé en train de faire quelques pas et de porter un verre à sa bouche. L'essai clinique a donc été validé par les autorités réglementaires. Les gestes ne sont pas fluides mais c'est une première mondiale.

 

 

C'est une avancée importante pour l'autonomie des personnes handicapéesL'équipe de Clinatec

 

 

L'ambition à terme est de décliner cette interface cerveau-machine pour le pilotage, par exemple, d'un fauteuil roulant ou d'un bras articulé.

 


06/10/2019
0 Poster un commentaire

Franceinfo - le lundi 23 septembre 2019

 

 

Ouverture du procès Mediator : "Ma vie est fichue, mais j'ai la possibilité de me battre pour les personnes qui sont mortes et qui ne parleront pas"

 

avatar
Solenne Le HenfranceinfoRadio France

 

 

Le procès du Mediator s'ouvre lundi 23 septembre. Ce médicament aurait provoqué de graves lésions cardiaques ainsi que la mort de centaines de patients en France. Michèle Jetot-Béhier, 73 ans, a eu d'importants problèmes au coeur après avoir pris du Mediator

 

 

 

20026263

 

Des boîtes de Mediator, médicament interdit en France en 2009, le 18 novembre 2010. (FRED TANNEAU / AFP)

 

 

 

"Je vais leur dire ce que je pense. Je vais leur dire que ce sont des assassins. Qu'ils se taisent enfin, pour que je puisse parler !", s'agace Michèle Jetot-Béhier, 73 ans, et très remontée depuis des années. Cette habitante de Seine-Saint-Denis s'est vu prescrire du Mediator à la fin des années 2000 pour maigrir. Et depuis dix ans, elle attend le procès des laboratoires Servier, qui doit s'ouvrir lundi 23 septembre après-midi à Paris.

 

 

Pendant plus de trente ans, cinq millions de patients français ont utilisé ce médicament, notamment comme coupe-faim. Des centaines d'entre eux en seraient mort. Le procès doit durer six mois, avec 2 600 parties civiles et plus de 300 avocats. Il est reproché au groupe pharmaceutique Servier d'avoir dissimulé les propriétés réelles du médicament et ses effets indésirables très graves. L'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) sera elle aussi jugée pour avoir tardé à suspendre le Mediator, malgré les alertes.

 

 

 

Jacques Servier, grand absent au procès

Lorsque Michèle Jetot-Béhier a commencé à prendre du Mediator, il y a une dizaine d'années, elle a d'abord ressenti des douleurs à la poitrine avant de faire des malaises. Elle sera finalement opérée du coeur, deux valves ne fonctionnant plus. Elles sont remplacées par des valves mécaniques qui aujourd'hui résonnent en permanence dans son corps : "Ba-Boum, ba-boum, ba-boum. Elles battent au rythme du coeur. Ça fait dix ans que ça dure et je ne m'y fais toujours pas. Ça me ramène sans cesse au Mediator. Ils ont fichu ma vie en l'air. Je vis dans mon salon de 25 m² et je suis essoufflée pour un rien, au moindre effort. Être enfermée tout le temps dans 25 m², ce n'est pas une vie !"

 

 

Au-delà de ses conditions de vie, Michèle a également un regret. Jacques Servier, le fondateur du laboratoire, ne sera pas présent au procès : il est décédé il y a cinq ans. "Il aurait mérité d'avoir des baffes", se désole la septuagénaire. "Et encore je suis gentille. Je lui aurais fait bouffer son Mediator ! Je suis persuadée qu'il savait que son médicament était nocif. Mais ils vont se trouver des excuses. C'était le jackpot tous les mois pour Servier, il s'en mettait plein les poches."

 

 

 

"Une vie, ce n'est pas 100 000 euros"

Des conditions de vie très compliquées, des difficultés pour chaque geste du quotidien, mais Michèle est toujours en vie. "Ma vie à moi, elle est fichue. Mais il faut voir le nombre de personnes qui sont mortes et qui ne parleront pas. C'est pour ça qu'il ne faut rien laisser passer. J'ai la possibilité de me battre pour eux."

 

 

Selon Michèle Jetot-Béhier, le laboratoire lui aurait proposé de l'argent, qu'elle a décliné à chaque fois : "On m'a proposé 110 000 euros la première fois, et 173 000 euros la deuxième fois. J'ai dit non. Une vie ce n'est pas 100 000 euros. Je n'attends pas de l'argent." Avant de conclure : "Je voudrais qu'on ferme ce laboratoire, après je pourrai partir, je pourrai y passer."

 


23/09/2019
0 Poster un commentaire

Franceinfo - le jeudi 19 septembre 2019

 

 

Inde, Etats-Unis... Trois questions sur les récentes interdictions de cigarettes électroniques dans plusieurs pays

 

avatar
franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

New Delhi vient d'annoncer l'interdiction de la production, de l'import, de l'export, du transport, du stockage et de la vente de ces appareils

 

 

 

20066247

 

Des cigarettes électroniques exposées dans un magasin de New Dehli (Inde), le 18 septembre 2019. (PRAKASH SINGH / AFP)

 

 

 

Le vapotage fait tousser les autorités de plusieurs pays. Après les Etats américains du Michigan et de New York, qui ont banni les cigarettes électroniques aromatisées, l'Inde a annoncé, mercredi 18 septembre, l'interdiction de la production, de l'import, de l'export, du transport, du stockage et de la vente de cigarettes électroniques.

 

 

Avec cette décision, le deuxième pays le plus peuplé du monde (1,3 milliard d'habitants) se joint à une tendance de durcissement réglementaire mondial contre le vapotage. Mais pourquoi ce choix ? Les cigarettes électroniques sont-elles vraiment nocives ? Eléments de réponse. 

 

 

 

Pourquoi certains pays l'interdisent ? 

"La décision a été prise avec, à l'esprit, l'impact que les cigarettes électroniques ont sur la jeunesse aujourd'hui", a déclaré la ministre des Finances indienne, mettant en avant des impératifs sanitaires et de lutte contre les addictions. "C'est devenu très à la mode de les essayer, de les utiliser", a-t-elle ajouté. Cette mesure aidera à "améliorer la politique de contrôle du tabac" et "à promouvoir la santé publique en général", avance le gouvernement sur Twitter.

 

 

 

 

 

 

Le bannissement des cigarettes électroniques en Inde survient au lendemain d'une interdiction de l'Etat américain de New York de commercialiser des cigarettes électroniques aromatisées, dans le viseur des autorités sanitaires aux Etats-Unis"Nous prenons une mesure de santé publique et contribuons à empêcher un nombre incalculable de jeunes gens de contracter une accoutumance à vie, coûteuse, mauvaise pour la santé et potentiellement mortelle", a déclaré le gouverneur Andrew Cuomo. Selon les chiffres du département de la Santé de l'Etat de New York, près de 40% des élèves de terminale vapotent. Un rapport de la FDA, l’agence de l’alimentation et des médicaments américaine, publié en juin dernier, montre qu'entre 2017 et 2018, l’utilisation de cigarettes électroniques par les jeunes a explosé aux Etats-Unis. Elle est passée de 12% à 21%.

 

 

En dehors du problème de l'accoutumance à la nicotine, les autorités américaines ont été poussées à agir par ce qui s'apparente désormais à une crise sanitaire. Plus de 380 personnes sont tombées malades après avoir vapoté. Six sont mortes de maladies pulmonaires aigües, selon les derniers chiffres du Centre de contrôle des maladies (CDC). Les causes de ces maladies pulmonaires n'ont, toutefois, pas encore été formellement identifiées. Mais il pourrait s'agir d'une substance présente dans l'huile de THC, la molécule active du cannabis. 

 

 

 

Que dit l'Organisation mondiale de la santé ?

Les cigarettes électroniques sont "incontestablement nocives" et devront être régulées, indique l'Organisation mondiale de la santé (OMS), dans un rapport datant de juillet. Elle déconseille ces dispositifs à ceux qui veulent arrêter de fumer et met aussi en garde contre la "menace actuelle et réelle" que représente la désinformation véhiculée par l'industrie du tabac sur les vapoteuses.

 

 

Bien que ces dispositifs exposent l'utilisateur à moins de substances toxiques que les cigarettes "classiques", elles présentent aussi des "risques pour la santé", assure l'OMS. Toutefois, dans le même temps, l'organisme reconnaît que les preuves disponibles sur la nocivité des cigarettes électroniques "ne sont pas concluantes".

 

 

"Dans la plupart des pays où elles sont disponibles, les utilisateurs [de cigarettes électroniques] continuent en général de fumer des cigarettes combustibles en même temps, ce qui présente très peu, voire aucun impact positif" sur la réduction des risques sanitaires, précise par ailleurs le rapport.

 

 

 

Quelle est la position de la France ? 

"A ce jour, en France, aucun signalement de cas similaires à ceux décrits par les CDC américains en lien avec l'utilisation de e-cigarettes n'est parvenu aux réseaux de toxico et d'addicto-vigilance", explique le ministère de la Santé à franceinfo. Pour autant, les autorités sanitaires ont décidé de renforcer la vigilance. Santé publique France, en lien avec les sociétés savantes de pneumologie et d’anesthésie-réanimation, élabore actuellement un outil de recueil standardisé des cas suspects d'intoxication à la cigarette électronique, précise le ministère.

 

 

Les liquides de vapotage sont plus strictement contrôlés en France qu'aux Etats-Unis. "La réglementation suit une directive européenne qui impose aux fabricants et aux importateurs de déclarer leurs produits. En France, ils le font auprès de l'Agence de sécurité sanitaire (Anses), six mois avant la commercialisation. Les fabricants doivent transmettre la composition, les émissions, les données toxicologiques de leurs ingrédients", a ainsi expliqué la journaliste Frédérique Prabonnaud sur France 2. Aussi, certains additifs qui peuvent se retrouver dans les liquides pour cigarette électronique, dont les vitamines, sont interdits en France, rappelle le ministère de la Santé à franceinfo. 

 

 

Au niveau des professionnels de santé, les avis se rejoignent : la meilleure cigarette est celle qu'on ne fume pas. Certains y voient toutefois un moyen d'aider les fumeurs à arrêter la cigarette. Selon une étude de Santé publique France publiée le 26 juin, entre 2010 et 2017, 700 000 Français ont arrêté de fumer grâce à la cigarette électronique. Interrogé par Europe 1, le pneumologue et tabacologue Bertrand Dautzenberg estime que si "la cigarette électronique n'est pas un produit anodin, c'est un moindre mal par rapport à la cigarette." Pour lui, le problème est surout produits que l'on y ajoute, comme ceux mis en cause aux Etats-Unis.

 


19/09/2019
0 Poster un commentaire

Franceinfo - le jeudi 19 septembre 2019

 

 

Un "pancréas artificiel" pourrait révolutionner la vie des diabétiques

 

avatar

 

 

Un système de délivrance automatique de l’insuline vient d’être présenté au Congrès européen du diabète. Grâce à une intelligence artificielle, il personnalise les doses

 

 

 

20071031

 

Un "pancréas artificiel" pourrait révolutionner la vie des diabétiques (© Diabeloop)

 

 

 

Quand et comment doser son insuline ? Cette question, les personnes souffrant de diabète de type 1, doivent s'en soucier en continu, nuit et jour. Mais une toute nouvelle invention pensée par une équipe française pourrait bien changer la donne.

 

 

 

"Ca ressemble à un téléphone, mais ça n’en est pas un !"

Après plusieurs années de travail, la société grenobloise Diabeloop vient de présenter un système de délivrance automatique d’insuline au Congrès européen du diabète. Le système se présente sous la forme d'un capteur de glycémie en continu, qui envoie le taux de glucose à un terminal dédié toutes les cinq minutes. Le terminal envoie alors l’ordre à la pompe de la quantité d’insuline que le patient doit recevoir, et la pompe délivre la dose.

 

 

 

 

A quoi ressemble ce tout nouveau système ? "Il fonctionne grâce à un petit capteur de la taille d’un pouce que l'on place sur le corps. Le terminal ressemble à un téléphone, mais ça n’en est pas un !" explique Marc Julien, directeur de Diabeloop. Le capteur est connecté à un patch de la taille d’une boîte d’allumettes, à mettre sur la peau ou dans la poche. Au fur et à mesure des utilisations, le système se personnalise, notamment grâce à certains paramètres de description renseignés par le patient.

 

 

 

Lever la charge mentale des diabétiques

Le Dr Guillaume Charpentier, diabétologue à l’origine du projet, développe : "Notre idée, ça a été de remplacer l’intelligence du patient par une intelligence artificielle, peut-être plus précise. Elle ajuste toutes les cinq minutes, et non pas trois fois par jour." Le patient a donc beaucoup moins de risques de faire une hypoglycémie. Une amélioration indéniable des conditions de vie.

 

 

Deuxième avantage de cette "boucle fermée" – comme l’appellent les médecins – la levée de la charge mentale des diabétiques. "Aujourd’hui, le patient a 30 choix à faire en 24 heures ! Ces choix, désormais, on va les faire pour lui" résume Marc Julien. "C’est une vraie révolution : ça va complètement transformer la qualité de vie des diabétiques !" abonde le Dr Guillaume Charpentier.

 

 

Le système devrait être commercialisé dès la fin de l’année. Toutefois, la société Diabeloop n’est pas encore en mesure de communiquer une date ni un prix.

 


19/09/2019
0 Poster un commentaire

Franceinfo - le mardi 17 septembre 2019

 

 

Une Américaine de 10 ans succombe à une amibe "mangeuse de cerveau"

 

avatar
franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

Les infections dues aux amibes sont très rares, mais mortelles dans 95% des cas

 

 

 

20054071

 

Les amibes sont invisibles à l'oeil nu. (Centers for Disease Control and Prevention)

 

 

 

Une petite fille américaine est morte lundi 16 septembre après avoir contracté une infection due à une amibe "mangeuse de cerveau", ont annoncé sa famille et plusieurs médias américains. 

 

 

Lily Mae Avant, 10 ans, s'est baignée dans un cous d'eau au Texas et a rapidement commencé à avoir des maux. Très vite, ces douleurs ont été suivies d'une fièvre. Après son hospitalisation d'urgence, les médecins avaient découvert la présence d'"une amibe très rare et agressive", rapporte sa famille.

 

 

La petite fille s'était baignée dans le fleuve Brazos, le plus grand du Texas. Le département de la Santé texan a confirmé à la presse que Lily Mae avait contracté une infection due à une espèce rare d'amibe, la Naegleria fowleri. Ce micro-organisme, qui se développe dans les eaux douces et chaudes, prolifère dans les rivières en été, ainsi que dans les sources géothermales ou encore les piscines mal entretenues. 

 

 

 

Des infections très rares mais fatales

"L'amibe est présente dans les cours d'eau douce à travers le Texas et ailleurs aux Etats-Unis. Les cas sont extrêmement rares malgré les millions de personnes qui nagent dans les lacs et les rivières chaque année", a dit le porte-parole du département, Chris Van Deusen.

 

 

L'amibe pénètre par les narines et remonte jusqu'au cerveau, provoquant de fortes migraines, une hyperthermie, un raidissement de la nuque et des vomissements, avant d'entraîner des vertiges, une léthargie, de la confusion et des hallucinations.

 

 

En 2014, la Naegleria fowleri avait déjà inquiété les Etats-Unis. Durant l'été, plusieurs Etats au sud du pays avaient détecté la présence d'amibes mortelles. Le site d'informations Sciences et Avenir dressait à l'époque un constat alarmant : sur les 310 cas d'infection recensés lors des cinquante années précédentes, selement 11 personnes avaient survécu. Les chances de survies après contraction étaient donc inférieures à 5%. 

 


18/09/2019
0 Poster un commentaire

Franceinfo - le vendredi 30 août 2019

 

 

Dengue, "West Nile", chikungunya, zika… Ces virus exotiques qui nous menacent

 

 

avatar
Yannick SimoninThe ConversationFrance Télévisions

 

 

 

Ces dernières années, plusieurs cas "autochtones" de ce type de maladies exotiques ont été détectés en France. Leur mode de transmission est surveillé de près

 

 

 

19950071

 

Les insectes tels que les moustiques (photo), les phlébotomes, qui leur ressemblent, ou les acariens (comme les tiques) peuvent transmettre des virus exotiques. (PIXABAY)

 

 

 

Yannick Simonin, auteur de cet article, est virologiste et maître de conférences en surveillance et étude des maladies émergentes à l'Université de Montpellier. La version originale de cet article a été publiée sur le site The Conversation, dont franceinfo est partenaire.


Une des conséquences à long terme du bouleversement de notre climat est le risque d’émergence de nouvelles maladies considérées comme "exotiques", car jusqu’à présent très éloignées de nos territoires.

 

 

Ces dernières années, plusieurs cas "autochtones" de ce type de maladies exotiques ont été détectés dans notre pays. Ce terme signifie que la maladie a été contractée sur le territoire où elle s’est déclarée, contrairement aux cas "importés", où la maladie a été rapportée de voyage. La distinction est d’importance car une infection autochtone signifie que le virus circule sur le territoire. Les cas importés ne sont cependant pas pour autant sans risque, car une personne infectée peut, si le vecteur est présent, transmettre à son tour la maladie à d’autres personnes. Or on répertorie chaque année des centaines de cas importés d’arboviroses en France.

 

 

Dengue, West Nile, encéphalites à tiques… Quelles sont les maladies émergentes les plus surveillées dans notre pays, et par qui sont-elles transmises ?

 

 

 

Des maladies qui passent souvent inaperçues

La plupart de ces maladies émergentes sont dues à des virus, et plus précisément à des arbovirus, c’est-à-dire des virus transmis par des arthropodes (de l’anglais arthropod-borne virus). Qu’il s’agisse d’insectes (tels que les moustiques ou les phlébotomes, qui leur ressemblent) ou d’acariens (comme les tiques), ces "vecteurs" se nourrissent généralement de sang, et infectent leurs proies durant leurs repas.

 

 

Autre particularité : ce sont des animaux qui sont initialement infectés par les virus. L’être humain est infecté à son tour lorsqu’un arthropode qui s’est contaminé en se nourrissant sur un animal domestique ou sauvage s’attaque ensuite à lui.

 

 

Ces maladies virales ne rendent pas systématiquement malades. Ainsi, si le moustique tigre (Aedes albopictus) transmet de nombreuses maladies virales humaines, elles sont dans la majorité des cas asymptomatiques et passent inaperçues. Cependant, une proportion non négligeable de personnes (entre 20 et 30 %) développe des symptômes qui peuvent s’apparenter à une grippe (fièvre plus ou moins élevée, maux de tête, douleurs articulaires et musculaires) avec, dans certains cas, une éruption cutanée associée. Le plus souvent bénins, ils peuvent, dans une faible proportion de cas, entraîner des complications parfois sévères.

 

 

 

La principale menace : le moustique tigre

Originaire d’Asie du Sud-Est et de l’Océan Indien, le moustique tigre a progressivement colonisé la France métropolitaine. Il est dorénavant présent dans 51 départements, contre 42 un an plus tôt. Le nord de la France n’est plus épargné, et on le retrouve désormais en région parisienne. Les spécialistes estiment qu’il devrait s’étendre sur l’ensemble de la métropole d’ici quelques années…

 

 

Parmi les principaux virus émergents transmis par le moustique tigre figure le virus de la Dengue, maladie d’origine africaine dont les premiers cas ont été répertoriés au XVIIIe siècle sur le continent américain. Bien connue dans de nombreuses régions du globe telles que l’Afrique, l’Asie et l’Amérique latine, cette maladie s’est depuis peu installée en France métropolitaine, notamment dans le Sud, où une vingtaine de cas autochtones ont été répertoriés récemment (dont 4 en 2018).

 

 

La problématique principale associée à la dengue est le risque de développer ce qu’on appelle une dengue sévère ou dengue hémorragique. Potentiellement mortelle, elle se manifeste notamment par une détresse respiratoire associée à des hémorragies multiples. Heureusement, cette forme ne touche qu’un petit pourcentage des personnes infectées (autour de 1 %).

 

 

Un autre virus transmis par le moustique tigre est le virus Chikungunya, isolé au début des années 50 sur le plateau du Makonde en Tanzanie. Bien connu aux Antilles, la particularité de ce virus est sa propension à provoquer des douleurs articulaires persistantes, pouvant se prolonger plusieurs années après l’infection initiale. Quelques cas occasionnels de complications oculaires, neurologiques et cardiaques ont également été répertoriés. Jusqu’ici, une trentaine d’infections autochtones ont été répertoriées dans la métropole, avec le risque d’apparition d’épidémie localisée comme ce fut notamment le cas dans la région de Montpellier en 2014 et dans le Var en 2017.

 

 

Le virus Zika est un autre virus émergent apparu récemment. Il a défrayé la chronique voici 3 ans, provoquant une épidémie massive en Amérique latine, principalement au Brésil. La particularité de ce virus, originaire de la forêt Zika en Ouganda, est sa capacité à provoquer des atteintes neurologiques graves chez le nouveau-né. Celles-ci se caractérisent notamment par la forte réduction du périmètre crânien (microcéphalie). Cette malformation entraîne une croissance insuffisante du cerveau, qui à son tour génère des troubles plus ou moins sévères selon la gravité de l’atteinte : épilepsie, infirmité motrice cérébrale, troubles de l’apprentissage, perte d’audition, problèmes visuels… Une étude récente publiée dans la prestigieuse revue américaine Nature Medicine montre que trois ans après l’infection, des enfants exposés au virus Zika au cours de la grossesse ont de nouvelles atteintes neurologiques qui apparaissent.

 

 

Autre particularité du virus Zika : sa capacité à se transmettre par voie sexuelle (ce qui est exceptionnel pour les arbovirus). En France, seul ce dernier type de transmission a été mise en évidence, et aucun cas autochtone n’a été été identifié pour l’instant. Probablement parce que le moustique tigre est un assez mauvais vecteur pour ce virus, qui se transmet principalement par un autre moustique, Aedes aegypti, très présent en Amérique Latine notamment, mais qui n’est pas encore implanté sur notre territoire. Il a néanmoins été identifié sur l’île de Madère et son implantation potentielle en Europe est surveillée de près.

 

 

Ministère des Solidarités et de la Santé

 

 

 

Le culex n’est pas en reste

Le moustique tigre n’est pas la seule menace présente sur le territoire. Le moustique "local" (Culex pipiens), présent sur l’ensemble de la métropole, est également porteur de virus potentiellement dangereux pour l’être humain.

 

 

C’est principalement le cas du virus West Nile (virus du Nil occidental). Isolé pour la première fois dans le district du Nil occidental, au nord de l’Ouganda, il est capable de provoquer des atteintes neurologiques sévères chez l’être humain, telles que des encéphalites ou des méningites. Comme son cousin le virus Usutu, également en expansion sur notre territoire, le virus West Nile a comme réservoir naturel certaines espèces d’oiseaux, qui ne sont pas encore toutes clairement identifiées.

 

 

En 2018, il s’est largement répandu en Europe occidentale, provoquant la plus grande épidémie jamais répertoriée sur le continent : 2 083 cas humains autochtones confirmés ont été déclarés, entraînant 181 décès dans une douzaine de pays, dont la France (avec 27 cas répertoriés). Cette épidémie a totalisé plus d’individus touchés que le cumul des 10 années précédentes dans toute l’Europe selon l’ECDC (European Centre for Disease Prevention and Control). Cette année, la présence du virus West Nile a déjà été mise en évidence chez 127 patients en Europe, dont un cas identifié en France, à Fréjus.

 

 

 

Les tiques ont des virus tout aussi exotiques

Au-delà des moustiques, d’autres arthropodes peuvent transmettre des virus exotiques. C’est le cas notamment des tiques. Ces acariens sont plus connus du grand public pour leur capacité à transmettre des maladies bactériennes telle que la maladie de Lyme. Elles sont cependant capables de propager des maladies virales comme le TBEV, aussi appelé encéphalite à tique. Présente principalement dans le nord de l’Europe, cette affection semble en extension continue.

 

 

Plus problématique encore est la possibilité de voir s’installer le virus de la fièvre hémorragique Crimée Congo en France métropolitaine. Décrite pour première fois en Crimée en 1944 puis au Congo, cette maladie provoque des hémorragies massives associées à environ 30 % de mortalité. Ce virus a été identifié pour la première fois en Europe en 2018, avec un cas identifié en Espagne en 2018. La surveillance de sa propagation en Europe constituera sans doute une problématique d’importance dans les années à venir.

 

 

 

Mieux vaut prévenir que guérir

Pour la plupart de ces virus émergents aucun traitement curatif ni aucun vaccin ne sont actuellement disponibles pour l’être humain. Aujourd’hui, la façon la plus efficace de lutter contre eux est probablement de s’attaquer aux vecteurs qui les propagent. Plus facile à dire qu’à faire, car de nombreux facteurs sont à prendre en compte.

 

 

C’est notamment le cas des modifications des conditions environnementales engendrées par l’activité humaine (en particulier l’augmentation des températures et les variations de précipitations). En affectant la répartition géographique, l’activité, le taux de reproduction et la survie des arthropodes (notamment des moustiques), elles modifient la transmission des maladies.

 

 

Les facteurs socio-économiques ne sont pas en reste : par exemple, l’augmentation de la mobilité, notamment via le transport aérien intercontinental, favorise la dissémination des agents infectieux. L’urbanisation galopante semble être également un des facteurs accélérateurs de l’émergence de ces nouveaux pathogènes. En effet, elle favorise notamment la multiplication des stockages d’eau incontrôlés, lesquels constituent autant de gîtes larvaires pour les moustiques potentiellement vecteurs de virus.

 

 

Pour réduire le développement des larves de moustique, il est recommandé de vider tous les récipients d’eau stagnante (notamment après arrosage). Enfin, les populations exposées sont encouragées à utiliser des répulsifs adaptés et à porter des vêtements amples et couvrants afin de limiter le risque de piqûre.

 

 

 

Améliorer la surveillance

 

Face à l’émergence de ces maladies exotiques, la plupart des pays concernés, dont la France, ont mis en place des réseaux actifs de surveillance. Ils regroupent des experts aux différentes compétences : vétérinaires, cliniciens, entomologistes, chercheurs… C’est par exemple le cas du réseau de surveillance épidémiologique SAGIR, qui scrute la circulation des agents pathogènes chez les oiseaux et les mammifères sauvages terrestres.

 

 

Afin de limiter la diffusion des populations de moustiques potentiellement infectées, une démoustication a lieu chaque année dans certaines régions européennes. C’est notamment le cas en Camargue, une des zones françaises les plus exposées aux menaces des arbovirus. Cette action est contrôlée par l’Entente interdépartementale de démoustication. Problème : les épandages d’insecticides génèrent de nombreuses résistances chez les moustiques. En outre, leur utilisation massive en zones urbaines n’est pas recommandée en raison de leur toxicité.

 

 

Fort heureusement, dans notre pays la menace des arbovirus demeure pour l’heure sporadique : le renforcement des réseaux de surveillance reste actuellement la meilleure stratégie pour lutter contre ces nouvelles menaces difficiles à anticiper.The Conversation

 

 

Yannick Simonin, Virologiste, maître de conférences en surveillance et étude des maladies émergentes, Université de Montpellier

 

 

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

 


30/08/2019
0 Poster un commentaire

Franceinfo - le mercredi 28 août 2019

 

 

Près de 20% des adolescents français en surcharge pondérale ou obèses

 

 

avatar
Solenne Le HenRadio France

 

 

 

Ces chiffres sont publiés mercredi par le ministère de la Santé qui s'inquiète de leur hausse

 

 

 

19937527

 

On dénombrait alors 17% d'adolescents en surcharge pondérale et 3,8% jeunes obèses. (AFP)

 

 

 

Des enquêtes nationales de santé menées en 2017 dans les classes de troisième des collèges de France révèlent que près d'un quart des adolescents français (14-15 ans) sont soit en surcharge pondérale, soit obèses, selon le ministère de la Santé qui publie une étude mercredi 28 août.

 

 

D'après les chiffres de cette étude de la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (DREES), 18,4% des adolescents sont en surcharge pondérale et parmi eux, 5,2% sont obèses. Ces chiffres sont en hausse par rapport à 2009. On dénombrait alors 17% d'adolescents en surcharge pondérale et 3,8% jeunes obèses.

 

 

 

Écrans et grignotage

L'étude menée auprès d'un échantillon d’élèves de troisième souligne également que les filles sont plus sujettes au surpoids : il y a 19,7% d'adolescentes en surpoids contre 16,9% chez les garçons. Elles font moins de sport, sautent des repas mais grignotent à côté et sont scotchées à leurs écrans de téléphone portables, accros notamment aux réseaux sociaux, tandis que les garçons s’adonnent davantage aux jeux vidéo.

 

 

Au total, la moitié des élèves de troisième consacre en moyenne au quotidien trois heures et demie aux écrans, en semaine. Le week-end, la durée explose : 6 heures par jour en moyenne.

 

 

 

Un phénomène marqué par de fortes inégalités

Cette étude met en lumière les conséquences des inégalités sociales : la surcharge pondérale et l'obésité sont plus élevées chez les adolescents issus de milieux sociaux moins favorisés. 24% des enfants d’ouvriers sont en surcharge pondérale et 8% sont obèses, c’est deux fois plus que les enfants de cadres.

 

 

Un constat qui s'explique par le fait que les enfants d’ouvriers sont moins nombreux à prendre un petit-déjeuner le matin, moins nombreux à rester à la cantine le midi pour un repas équilibré. Ils sont aussi moins nombreux à pratiquer du sport. À l’inverse, ils passent plus de temps devant les écrans. Des facteurs qui, tous, favorisent la prise de poids.

 


29/08/2019
0 Poster un commentaire

Franceinfo - le lundi 26 août 2019

 

 

L'article à lire pour comprendre la pénurie de médicaments qui inquiète patients, médecins et pharmaciens

 

avatar
Camille CaldiniFrance Télévisions

 

 

Le gouvernement doit présenter en septembre un plan pour mieux gérer les ruptures d'approvisionnement en médicaments. Un problème de santé publique qui préoccupe patients et professionnels

 

 

 

19902263

 

Dans les pharmacies françaises, des centaines de médicaments manquent pendant parfois plusieurs semaines. (MAXPPP)

 

 

 

Depuis une dizaine d'années, les pénuries de médicaments sont de plus en plus fréquentes et de plus en plus longues. Une vingtaine de médecins et professeurs hospitaliers ont sonné l'alarme en publiant une tribune dans Le JDD, mi-août, pointant la responsabilité des laboratoires dans la gestion des stocks. Les fabricants ont rétorqué, lundi 19 août, qu'il n'y avait pas de "solution unique et simpliste". Et l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) assure lutter contre les acteurs du secteur qui ne respectent pas les règles.

 

 

En attendant la présentation du plan du gouvernement en septembre, franceinfo vous explique d'où vient cette pénurie de médicaments, ses conséquences et les pistes envisagées pour y remédier.

 

 

 

Qu'est-ce qu'une "pénurie de médicaments" ?

L'ordre des pharmaciens parle de "ruptures d'approvisionnement" plutôt que de pénurie. Il estime qu'il y a une rupture chaque fois qu'une officine ou une pharmacie d'un établissement de santé ne peut plus s'approvisionner en un médicament, quel qu'il soit, "pendant 72 heures". Il n'est pas nécessaire que le médicament manque sur tout le territoire pour qu'il soit considéré comme en rupture. Sont comptabilisés ceux qui manquent dans au moins 5% des pharmacies connectées au système de signalement baptisé DP-Ruptures. 

 

 

De son côté, l'ANSM répertorie les ruptures de stock des médicaments d'intérêt thérapeutique majeur (MITM). Il s'agit de ceux pour lesquels une interruption de traitement pourrait "mettre en jeu le pronostic vital des patients à court ou moyen terme", ou représenter une "perte de chance importante au regard du potentiel évolutif de la maladie", ou encore ceux pour lesquels il n'existe "pas d'alternatives thérapeutiques appropriées et disponibles en quantité suffisante"

 

 

 

Beaucoup de médicaments sont-ils concernés ?

Les ruptures d'approvisionnement ont explosé ces dernières années. Dans son rapport d'activité de 2014 (fichier PDF), l'ANSM recensait 44 cas de rupture gérés par ses services en 2008, 173 en 2012. Les chiffres ont ensuite bondi pour atteindre 438 ruptures en 2014. En 2017, l'Agence en dénombrait 538. C'est donc déjà 12 fois plus qu'en 2008. Contactée par franceinfo, l'ANSM rappelle que "le nombre de signalements reste relativement limité au regard du nombre important de spécialités commercialisées" en France.

 

 

L'augmentation des ruptures de stock de MITM n’est pas un phénomène limité au territoire national. Elle s'exprime à l'identique à l'échelle européenne et internationale.ANSM à franceinfo

 

 

De son côté, l'ordre des pharmaciens affiche le nombre de ruptures signalées chaque mois par les pharmacies, tous médicaments confondus. En juillet 2019, plus de 800 références ont été signalées comme manquantes, selon les données de l'ordre. Et les ruptures peuvent courir sur plusieurs semaines : la moitié des médicaments ont manqué pendant plus de 60 jours.

 

 

Concrètement, "un Français sur quatre a déjà été confronté à une pénurie de médicaments", selon un sondage BVA pour France Assos Santé, publié en janvier. L'organisation, qui représente les usagers du système de santé, détaille : "25% des répondants se sont en effet déjà vu refuser la délivrance d'un médicament ou d'un vaccin pour cause de pénurie". Ce chiffre monte à 31% pour les personnes atteintes d'une affection de longue durée.

 

 

 

De quels médicaments parle-t-on ?

Dans leur tribune au JDD, médecins et professeurs hospitaliers affirment que les pénuries concernent "des médicaments du cancer, des antibiotiques, des corticoïdes, des vaccins, des traitements de l'hypertension, des maladies cardiaques, du système nerveux". Les anti-infectieux (comme les vaccins), les médicaments du système nerveux (antiépileptiques, antiparkinsoniens) et les anticancéreux (chimiothérapies) sont les trois classes les plus touchées. Elles constituaient plus de la moitié des ruptures en 2018, selon Les entreprises du médicament (Leem), la fédération des industriels du secteur.

 

 

"En raison de la complexité de leur processus de fabrication, les spécialités injectables apparaissent comme les plus vulnérables au risque de pénurie", précisait encore le sénateur du Nord Jean-Pierre Decool, dans un rapport sur le sujet publié en septembre 2018.

 

 

Si vous voulez connaître tous les produits qui manquent dans les pharmacies, la liste actualisée des MITM en rupture ou en tension est accessible sur le site de l'ANSM. Vous pouvez aussi vous renseigner dans la pharmacie que vous fréquentez habituellement, pour savoir si l'un de vos médicaments manque ou pourrait manquer, et éventuellement savoir quand l'officine sera réapprovisionnée.

 

 

 

La santé des patients est-elle en danger ?

Pour les médecins signataires de la tribune, "les malades sont les premières victimes". Et d'après l'enquête d'opinion publiée par France Assos Santé, certaines ruptures ont des conséquences directes sur la santé des patients. Ainsi, 14% des sondés déclarent avoir vu leurs symptômes augmenter et une personne sur 20 a dû être hospitalisée. "Ces ruptures peuvent modifier les chances de guérison" des malades, estime le pharmacologue Alain Astier, interrogé par Le Monde

 

 

Les vaccins étant particulièrement touchés, "ces pénuries constituent une menace potentielle pour la santé publique", observe Alain-Michel Ceretti, président de France Assos Santé. On sait en effet que plus la proportion de population vaccinée est importante, plus le vaccin est efficace pour tout le monde, même pour les personnes non vaccinées. En outre, la gestion des pénuries est chronophage et mobilise le personnel hospitalier au détriment d'autres tâches, souligne le sénateur Jean-Pierre Decool dans son rapport. Et dans les officines, les pharmaciens "regrettent de voir la gestion logistique prendre le pas sur leur fonction de conseil".

 

 

Jean-Marie Semet, opéré après un cancer de la vessie, devait suivre des séances de chimiothérapie afin d'éviter une rechute. Au lieu des huit séances prévues, ce patient n'en a eu que cinq, à cause d'une pénurie de molécule. Quand le produit a de nouveau été disponible, il était trop tard pour reprendre le traitement, interrompu trop longtemps.

 

 

 

Est-ce la faute des fabricants ?

Tous les professionnels s'accordent à dire que les raisons sont multiples et concernent l'ensemble du circuit des médicaments. Et ce circuit est complexe. La chaîne de production est "complètement éclatée dans la plupart des cas. La recherche-développement se fait à un endroit, les différentes phases de production dans d'autres, comme on produirait une voiture", explique à l'AFP Nathalie Coutinet, économiste spécialiste du secteur de la santé. Tout cela, en traversant les frontières entre pays qui n'ont pas tous les mêmes normes, et en parcourant parfois la moitié du globe.

 

 

Hausse de la demande mondiale, incidents sur la chaîne de production, manque de matières premières, concentration de la production entre un nombre restreint d'acteurs, choix économiques… Prenons quelques exemples pour comprendre ce qui peut entraîner des ruptures d'approvisionnement.

 

 

• Les corticoïdes. Depuis mai 2019, la prednisone et la prednisolone, des corticoïdes oraux utilisés par des centaines de milliers de Français, viennent à manquer. En cause, "un problème de fabrication du produit fini", explique Thomas Borel, directeur scientifique du Leem à la CSMF, syndicat de médecins généralistes. Il y a eu, selon lui, "un problème de capacité de production" en France et un "problème de qualité" en Grèce, sur la forme effervescente du médicament. Médecins et pharmaciens ont donc commencé à prescrire la forme orodispersible (à faire fondre sous la langue), qui s'est retrouvée à son tour "en tension"

 

 

• Les vaccins. BCG, anti-hépatite B pour adultes… Plusieurs vaccins courants manquent en ce moment, selon Infovac France, et tous n'ont pas de substitut. En cause, pour commencer, une fabrication longue (jusqu'à trois ans pour certains) et complexe. Une rupture de stock et d'approvisionnement s'inscrit donc, aussi, dans la durée. Ils sont en outre conçus à partir de virus, de bactéries ou de parasites, des matières premières vivantes dont le rendement n'est pas toujours prévisible. Les industriels sont également responsables : en produisant à flux tendu pour faire des économies sur le stockage, ils peuvent eux-mêmes créer des tensions d'approvisionnement.

 

 

S'ajoutent à cela les politiques de santé publique : de plus en plus de pays, comme la Chine ou l'Inde, organisent des campagnes de vaccination d'envergure. Et même au sein de l'Union européenne, cela peut être compliqué. "Pour les 28 pays membres de l'UE, il existe 23 calendriers vaccinaux différents pour les enfants", auxquels les laboratoires s'adaptent, explique Allodocteurs, mais "en cas de pénurie dans un pays, il est très difficile de rapatrier un lot destiné à un autre pays européen".

 

 

• Les médicaments contre l'hypertension. Deux médicaments anti-hypertenseurs ont été touchés ces derniers mois par des pénuries. Après le valsartan, des lots d'irbésartan ont été rappelés, début 2019. Des impuretés potentiellement cancérogènes avaient été détectées dans le valsartan, dont le principe actif est fabriqué en Chine. Car l'industrie pharmaceutique a massivement recours à des sous-traitants en Asie, pour diminuer ses coûts. La Chine et l'Inde fournissent ainsi entre 60% et 80% de la production mondiale des principes actifs. Au point que pour de nombreuses molécules, "seulement deux ou trois fournisseurs" mondiaux existent aujourd'hui, relève le Leem.

 

 

Les laboratoires pharmaceutiques tendent aussi à spécialiser toujours plus leurs usines. Une conséquence de la concentration croissante du secteur, mais aussi "de l'augmentation du niveau technologique requis et des contraintes réglementaires", selon le Leem. Ainsi, tout aléa de production (accident, catastrophe naturelle ou simple panne matérielle) peut engendrer des ruptures d'approvisionnement, si aucun autre site ne peut prendre le relais.

 

 

 

Qu'en est-il des intermédiaires ?

Les incidents de production sont imprévisibles et la hausse de la demande pour un médicament n'est pas toujours facile à anticiper. Mais au cœur des problèmes de ruptures d'approvisionnement en médicaments, il y a aussi une logique financière. Et certains acteurs ne jouent pas le jeu. L'ANSM a notamment une catégorie d'intermédiaires dans son viseur : les "short-liners". Ce sont des grossistes-répartiteurs (qui achètent les médicaments aux laboratoires, les stockent et les vendent aux pharmacies), qui se spécialisent dans les médicaments les plus rentables, par opposition aux "full-liners", qui traitent tous les médicaments.

 

 

Les grossistes-répartiteurs doivent respecter des obligations de service public : disposer d'une "collection" suffisante de médicaments et être capables de livrer les pharmacies françaises en 24 heures. Mais en France, les prix des médicaments sont relativement bas. Certains "short-liners" n'hésitent donc pas à déroger à leurs obligations en vendant les médicaments un peu plus cher à nos voisins. L'ANSM a ainsi sanctionné cinq de ces sociétés, en 2018, pour un montant total de 480 500 euros.

 

 

 

Que peut-on faire pour limiter les dégâts ?

Des règles existent. Les laboratoires pharmaceutiques ont par exemple l'obligation de mettre en place des plans de gestion des pénuries. Mais ces règles sont encore insuffisantes, puisque les ruptures d'approvisionnement se multiplient. Le gouvernement a donc dévoilé début juillet d'autres pistes. Une "feuille de route" provisoire, qui devrait aboutir à un plan présenté en septembre.

 

 

La ministre de la Santé, Agnès Buzyn, prévoit notamment de généraliser, en 2020, la plateforme DP-Ruptures, qui permet aux pharmaciens de signaler les ruptures d'approvisionnement. La feuille de route propose aussi de "sécuriser l'approvisionnement" des MITM à fort risque de pénurie, notamment les anticancéreux, en élaborant "une cartographie des sites de production" de matières premières et de médicaments et en améliorant les procédures d'achat hospitalier. Elle prône également davantage de "coopération européenne", en poursuivant "les discussions sur l'achat groupé notamment de vaccins essentiels", et un "partage d'information concernant les situations et les causes des pénuries".

 

 

Les médecins signataires de la tribune publiée dans Le JDD souhaitent que soient imposées aux laboratoires pharmaceutiques titulaires de l'autorisation de mise sur le marché "la constitution et la gestion de stocks" de médicaments d'intérêt thérapeutique majeur. Ils appellent également à ce que "soit rapatriée en Europe la production des principes actifs" et demandent la création d'un "établissement pharmaceutique à but non lucratif, si possible européen".

 

 

De son côté, le Leem juge nécessaire de "s'interroger sur le juste prix" des médicaments, car les pénuries touchent souvent des spécialités peu rentables. La fédération propose aussi de définir un ensemble de "médicaments d'intérêt sanitaire et stratégique" plus restreint que les MITM, pour lesquels des mesures de gestion de pénurie devraient être renforcées. Cette liste établie "au regard de critères précis" permettrait de se concentrer sur les traitements "les plus indispensables et irremplaçables".

 

 

 

Et moi, je fais comment ? J'achète mes médicaments sur internet ?

Mieux vaut éviter de chercher à acheter les médicaments manquants sur internet. Le risque de tomber sur des contrefaçons est trop grand. La première chose à faire est d'en parler à votre médecin prescripteur, afin d'anticiper vos besoins quand c'est possible. Il est aussi important de s'informer, auprès des pharmacies, afin de savoir si la rupture de stock est temporaire ou non. Si elle est temporaire et de courte durée, il est tout à fait possible qu'une autre officine dispose du médicament dont vous avez besoin.

 

 

Si votre traitement n'est plus disponible, ou pas avant un long moment, il est alors temps pour votre médecin et votre pharmacien de chercher un traitement alternatif, avec des produits de substitution.

 

 

 

Il est un peu trop long cet article, j'ai la flemme de tout lire. Vous me faites un résumé ?

Depuis une dizaine d'années, les ruptures d'approvisionnement se multiplient dans les pharmacies. Antiparkinsoniens, anticancéreux et vaccins sont les plus touchés. Les causes sont multiples : problèmes de fabrication, production et demande mondialisées, choix financiers des fabricants et des grossistes… Le gouvernement étudie des pistes pour mieux gérer ces ruptures, comme renforcer la coopération européenne. Mais empêcher ces pénuries reste pour le moment compliqué. Des médecins estiment qu'il faut obliger les fabricants à stocker une partie de leur production, plutôt que de produire en flux tendu.

Si vous êtes concerné par une pénurie de médicament, ne cherchez pas à l'acheter sur internet, adressez-vous à votre médecin ou à la pharmacie, pour vous renseigner et trouver, éventuellement, un traitement de substitution.

 


26/08/2019
0 Poster un commentaire

Franceinfo - le mardi 20 août 2019

 

 

"Le seul endroit pour faire ça est à Marseille" : Bernard Tapie est soigné pour son cancer grâce à une technique unique en France

 

avatar
franceinfoRadio France

 

 

L'homme d'affaires Bernard Tapie souhaite mettre en avant l'excellence des soins dont il bénéficie à Marseille, pour combattre son double cancer

 

 

 

19892855

 

Bernard Tapie à Paris, le 20 mars 2019. (AURELIEN MORISSARD / MAXPPP)

 

 

 

Bernard Tapie est actuellement soigné pour son double cancer (œsophage et estomac) à l’institut Paoli-Calmettes de Marseille, avec une technique unique en France. Elle permet de détruire les cellules cancéreuses avec une grande précision. L'homme d'affaires salue l’excellence médicale de la ville, dans laquelle "il y a une concentration de toutes les plus grandes intelligences et compétences".

 

 

 

franceinfo : Pourquoi vous exprimez-vous sur votre maladie et Marseille ?

 

 

Bernard Tapie : C'est, même pour moi, une découverte incroyable qu'à Marseille, il existe une concentration de cerveaux très spécialisés dans la science en général et dans la médecine en particulier. J'ai appris ça parce que le traitement qui m'était proposé était un peu particulier. Il fallait des cellules à attaquer. Quelque chose de très précis. Donc, on m'apprend que le seul endroit où il y a un appareil opérationnel pour faire ça se trouve à Marseille. Moi, qui restait silencieusement dans mon coin parce que je fais partie des 400 000 personnes qui souffrent de la même chose, cela a été plus fort que moi, je me suis dit qu'il fallait le faire savoir.

 

 

 

Que voulez-vous faire passer à travers votre témoignage ?

 

 

Comme j'ai toujours choisi l'Assistance publique, je fais des séances de chimio au milieu des gens et cela les rassure de voir quelqu'un de connu parmi eux. Ils s'imaginent toujours que l'Assistance publique, ce n'est pas là où on est le mieux soigné, alors qu'au contraire, il y a une concentration de toutes les plus grandes intelligences et compétences. C'est vrai que de temps en temps, on a tendance à subir. Or, le cancer, il ne faut jamais oublier que ce sont vos cellules malades qui combattent vos cellules saines. C'est un combat intérieur. Plus vous mettez de l'acharnement, de la volonté pour vous battre, plus vous donnez de la force à vos cellules saines.

 

 

 

D'où vous vient cette force de combattre ?

 

 

Ce sont les hasards de la vie. Je me suis retrouvé confronté à la vérité de l'existence le jour où je me suis retrouvé à l'armée. J'étais convaincu que j'appartenais à la classe inférieure et je ne le prenais pas mal, parce que chez moi, on n'a jamais fait la lutte des classes. À l'armée, tout le monde se retrouve ensemble sans chichi, sans préalable et c'est un moyen formidable pour que ceux qui sont défavorisés se retrouvent physiquement, intellectuellement à être confrontés aux autres. La hiérarchie, elle se refait à ce moment-là. C'est ça qui m'a donné cette envie d'essayer de monter un peu dans l'échelle. C'est pour ça que les malades qui expriment une volonté de combattre ne sont pas toujours ceux qu'on avait l'impression de voir dans la vie très sûrs d'eux, avec du charisme. Les vrais combattants, c'est dans les circonstances exceptionnelles qu'on les voit.

 

 

 

La relaxe prononcée début juillet, dans l'affaire de l'arbitrage controversé qui vous oppose au Crédit lyonnais, vous a-t-elle redonné de la force ?

 

 

Combattre une injustice m'a donné de la force. Maintenant, reconnaître qu'on n'avait pas tort m'a redonné de la force aussi. Mais, il ne faut jamais voir son cas personnel pour savoir si cela a de l'importance. Ce que j'ai vu, ce sont des magistrats faire du droit et être félicités unanimement par les chroniqueurs judiciaires. La vraie satisfaction a été de voir que, contrairement aux idées reçues, des magistrats ont eu le courage de regarder jusqu'au bout. C'est un formidable coup d'envoi pour que la justice française redevienne une justice libre, indépendante, qui ne pense qu'au droit et plus aux combines.

 

 

 

L'OM vous fait-il de la peine ?

 

 

Oui vraiment, ça me fait de la peine, parce c'est quand même pour Marseille un moyen d'expression et de communication extérieure qui reflète un état d'esprit. C'est ça que les gens n'ont pas compris. C'est l'état d'esprit qui compte. Je ne retrouve plus l'identité. Ce n'est pas les résultats qui déçoivent, c'est que je ne me reconnais pas et que les Marseillais ne se reconnaissent pas. Cela ne correspond pas à l'état d'esprit que les Marseillais veulent voir sur le terrain. Vous pouvez perdre un match, mais perdez-le avec dignité, volonté, courage, qui montre que vous avez mouillé le maillot, sinon cela ne veut rien dire.

 


21/08/2019
0 Poster un commentaire