L'AIR DU TEMPS

L'AIR DU TEMPS

MEDECINE - Santé

Chaque époque apporte son lot d'évolution. Il en est un, tout particulièrement intéressant, qui concerne la médecine. Que d'améliorations au fil de l'histoire ! Voilà où nous en somme aujourd'hui, en plein XXIème siècle...

 


Franceinfo - le vendredi 27 mars 2020 - mis à jour le 28.03.2020

 

 

les Etats-Unis deviennent le pays du monde à compter le plus de cas déclarés, avec plus de 100 000 personnes touchées

 

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Le pays a dépassé jeudi l'Italie et la Chine et sont devenus le pays du monde à compter le plus de cas déclarés d'infection au nouveau coronavirus

 

 

 

CE QU'IL FAUT SAVOIR

 

 

Les Etats-Unis, où le nombre de cas recensés de Covid-19 explose, ont dépassé vendredi 27 mars la barre des 100 000 personnes infectées, selon le comptage publié vendredi de l'université Johns Hopkins. Le pays a dépassé l'Italie et la Chine et est devenu le pays du monde à compter le plus de cas déclarés d'infection au nouveau coronavirus. Le nombre de morts reste toutefois moins important aux Etats-Unis que dans ces deux pays, avec un total de 1 544 décès. Suivez notre direct.

 

 

Près de 2 000 morts en France. L'épidémie a fait 299 décès en 24 heures en France, portant le bilan à 1 995 morts en milieu hospitalier, selon les chiffres annoncés vendredi par le directeur général de la santé. Après quasiment deux semaines de confinement, le pays compte 32 964 cas confirmés et 15 732 personnes hospitalisées, dont 3 787 en réanimation. Parmi ces personnes, un tiers ont moins de 60 ans et 42 personnes sont âgées de moins de 30 ans. "Près de 5 700 personnes sont sorties guéries de l'hôpital", contre 4 948 la veille, a précisé Jérôme Salomon. 

 

 

 Près de 1 000 morts en Italie en 24 heures. C'est un bilan qu'aucun pays au monde n'avait atteint jusqu'à présent. L'Italie a annoncé vendredi une hausse record de 969 morts du coronavirus en 24 heures, selon des données officielles de la Protection civile. Le nombre total de décès s'élève désormais à 9 134 dans le pays. 

 

 

La France confinée jusqu'au 15 avril. Ce n'est pas encore demain que les Français retrouveront une vie normale. Depuis l'Elysée, où il s'exprimait, Edouard Philippe a annoncé que la période de confinement pour lutter contre l'épidémie de coronavirus était prolongée de deux semaines, c'est-à-dire jusqu'au mercredi 15 avril. "Cette période pourra être prolongée si la situation sanitaire l'exige", a précisé le chef du gouvernement à la sortie du Conseil des ministres. 

 

 

Une prolongation "inévitable" en Italie aussi. Lors d'une conférence de presse organisée vendredi 27 mars, le directeur de l'Institut supérieur de la santé a estimé que la prolongation du confinement au-delà du 3 avril en Italie était "inévitable". Une option qui s'explique, selon Silvio Brusaferro, par le fait que le pays n'a pas encore atteint le pic de l'épidémie de coronavirus

 

 

Boris Johnson aussi. La liste des responsables politiques atteints par le coronavirus s'allonge. Le Premier ministre britannique a été testé positif à son tour. "Au cours des 24 dernières heures, j'ai développé des symptômes bénins", a tenu à rassurer Boris Johnson. Il s'est mis à l'isoloment mais il continuera de gouverner "par vidéoconférence". 

 

 

L'épidémie s'accélère en Espagne. Selon le dernier bilan communiqué par les autorités espagnoles, 769 personnes sont mortes du Covid-19 en 24 heures, contre 655 la veille. Ces nouveaux décès portent à 4 858 le nombre de morts dans le pays depuis le début de l'épidémie.

 

 

Des annonces samedi. Edouard Philippe a pris la parole pour remercier l'ensemble des professionnels qui luttent contre l'épidémie du coronavirus et qui font fonctionner le pays en période de confinement"Nous nous installons dans une crise qui va durer, il va falloir tenir", a-t-il prévenu, avant d'annoncer un point-presse le lendemain sur la situation et la stratégie du gouvernement pour les prochains jours. Y seront abordées "toutes les questions que les Français se posent légitimement", a-t-il promis.

 


28/03/2020
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Franceinfo - le vendredi 27 mars 2020

 

 

Coronavirus : "Nous n'en sommes qu'au début de la vague épidémique", déclare le Premier ministre pour justifier la prolongation de deux semaines de la période de confinement

 

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Depuis l'Elysée, où il s'exprimait, Edouard Philippe a justifié ce choix car "nous n'en sommes qu'au début de la vague épidémique." 

 

 

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Le Premier ministre Edouard Philippe, le 17 mars 2020 à Paris. (LUDOVIC MARIN / AFP)

 

 

 

CE QU'IL FAUT SAVOIR

 

 

Ce n'est pas encore demain que les Français retrouveront une vie normale. Depuis l'Elysée, où il s'exprimait vendredi 27 mars, Edouard Philippe a annoncé que la période de confinement pour lutter contre l'épidémie de coronavirus était prolongée de deux semaines. C'est-à-dire jusqu'au mercredi 15 avril. "Cette période pourra être prolongée si la situation sanitaire l'exige. Je remercie les Français pour leur civisme, leur patience et leur solidarité. Je vous donne rendez-vous demain pour un point complet avec le ministre de la Santé, Olivier Véran", a précisé le Premier ministre à la sortie du Conseil des ministres. Suivez notre direct. 

 

 

 

Une prolongation "inévitable" en Italie aussi. Lors d'une conférence de presse organisée vendredi 27 mars, le directeur de l'Institut supérieur de la santé a estimé que la prolongation du confinement au-delà du 3 avril en Italie était "inévitable". Une option qui s'explique, selon Silvio Brusaferro, par le fait que le pays n'a pas encore atteint le pic de l'épidémie de coronavirus

 

 

 

Boris Johnson aussi. La liste des responsables politiques atteints par le coronavirus s'allonge. Le Premier ministre britannique a été testé positif à son tour. "Au cours des 24 dernières heures, j'ai développé des symptômes bénins", a tenu à rassurer Boris Johnson. Il s'est mis à l'isoloment mais il continuera de gouverner "par vidéoconférence". 

 

 

 

L'épidémie s'accélère en Espagne. Selon le dernier bilan communiqué par les autorités espagnoles, 769 personnes sont mortes du Covid-19 en 24 heures, contre 655 la veille. Ces nouveaux décès portent à 4 858 le nombre de morts dans le pays depuis le début de l'épidémie.

 

 

 

Des annonces samedi. Edouard Philippe a pris la parole pour remercier l'ensemble des professionnels qui luttent contre l'épidémie du coronavirus et qui font fonctionner le pays en période de confinement"Nous nous installons dans une crise qui va durer, il va falloir tenir", a-t-il prévenu, avant d'annoncer un point-presse le lendemain sur la situation et la stratégie du gouvernement pour les prochains jours. "Toutes les questions que les Français se posent légitimement", a-t-il promis.

 


27/03/2020
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Franceinfo - le vendredi 27 mars 2020

 

 

Coronavirus : ce que l'on sait de la mort de Julie A., 16 ans, la première victime mineure en France

 

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La jeune fille est morte dans la nuit de mardi à mercredi à l'hôpital Necker-Enfants malades, à Paris. Elle avait contracté une forme "sévère" du Covid-19

 

 

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L'hôpital Necker-enfants malades à Paris, le 23 mars 2020. (GILLES TARGAT / AFP)

 

 

 

C'est la première victime mineure de la maladie en France. Une adolescente de 16 ans, Julie A., est morte, dans la nuit du mardi 24 au mercredi 25 mars, des suites de l'épidémie de coronavirus. Le décès a eu lieu à l'hôpital Necker-Enfants malades, à Paris. Pour le directeur général de la santé, le professeur Jérôme Salomon, cette information qu'il a annoncée jeudi soir est "importante, puisque les formes sévères chez les sujets jeunes sont extrêmement rares". Que sait-on de ce drame ?

 

 

>> Coronavirus : suivez l'évolution de la situation dans notre direct

 

 

 

La jeune fille est originaire de l'Essonne

Cette adolescente était scolarisée dans un lycée de l'Essonne, selon les informations du Parisien. Elle a d'abord été hospitalisée à Longjumeau, dans le même département.

 

 

 

Au début, une "légère toux"

Les premiers symptômes semblent d'abord anodins, chez une jeune fille qui était en bonne santé. "Julie avait simplement une légère toux la semaine dernière. Cela a empiré ce week-end avec des glaires et, lundi, nous sommes allées voir un médecin généraliste. C'est là qu'on lui a diagnostiqué une détresse respiratoire. Elle n'avait pas de maladies particulières avant cela", raconte au Parisien sa sœur aînée, Manon.

 

 

Le samedi, Julie commence à ressentir des essoufflements. "Pas énorme, elle avait du mal à reprendre son souffle", se souvient sa mère Sabine, citée par Ouest-France. Les quintes de toux de sa fille l'amènent à la conduire chez un médecin.

 

 

Le généraliste constate une déficience respiratoire "acceptable ". Il appelle le Samu. En combinaison intégrale, les pompiers arrivent et emmènent la jeune fille vers l'hôpital le plus proche, à Longjumeau (Essonne). Sabine rentre chez elle. Lorsqu'elle appelle l'hôpital un peu plus tard, on lui parle d'un scanner, d'opacités pulmonaires, mais "rien de grave".

 

 

 

L'adolescente est transférée lundi à Necker

Les symptômes s'aggravent. Dans la nuit de lundi à mardi, Julie est transférée à Paris, à l'hôpital Necker-Enfants malades à Paris, puis admise en réanimation dans la journée de mardi. Ses deux derniers tests au Covid-19 sont négatifs, selon Ouest-France, alors que celui de l'hôpital de Longjumeau se révèle positif.

 

 

Mardi dans la soirée, Sabine, la mère de l'adolescente, qui était rentrée chez elle, reçoit un premier coup de fil de l'hôpital : l'état de santé de sa fille se dégrade, Julie va être intubée. A 0h30, mercredi, Sabine reçoit un nouvel appel de l'hôpital qui lui dit : "Venez, vite""J'ai paniqué, il y a des mots qui vous font comprendre", déclare-t-elle à l'AFP. Quand elle arrive à l'hôpital vers 1 heure du matin, sa fille est décédée. "On n'aura jamais de réponses, c'est invivable", confie Sabine à l'AFP.

 

 

 

Les obsèques auront lieu lundi, en cercle restreint

La famille doit désormais s'organiser pour les obsèques. "Le corps de Julie est dans la chambre mortuaire de l'hôpital Necker. Il n'en sortira pas avant l'enterrement prévu dans quelques jours. Par mesure de précaution, il n'y aura pas de cérémonie, seulement dix personnes seront présentes au cimetière", explique Ouest-France.

 

 

Les obsèques auront lieu lundi, complète Le Parisien. "Un autre instant de recueillement est d'ores et déjà prévu dans son établissement scolaire. Le jeudi 4 mai, pour la rentrée, espèrent ses camarades".

 

 

 

Les formes sévères chez les jeunes sont "rares"

Pour le directeur général de la santé, Jérôme Salomon, l'information concernant la jeune fille est jugée "importante, puisque les formes sévères chez les sujets jeunes sont extrêmement rares". "Elles surviennent de temps en temps pour des raisons multiples. On le voit notamment dans certaines infections virales (avec) des formes extrêmement sévères exceptionnelles", a-t-il souligné.

 

 

Mais le professeur Bruno Riou, directeur médical de crise de l'AP-HP (hôpitaux de la région parisienne), explique que "même si la population des plus jeunes a un risque individuel extrêmement faible, avec le fait que la population touchée augmente, naturellement il y aura quelques patients très sévèrement atteints parmi les plus jeunes".

 


27/03/2020
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Franceinfo - le vendredi 27 mars 2020

 

 

Coronavirus en Tunisie : 150 ouvrières se confinent à l'usine pour fabriquer des masques

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

 

Elles se sont enfermées avec de quoi vivre en quasi autarcie pour aider les soignants luttant contre le nouveau coronavirus

 

 

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Des ouvrières d'une usine de Kairouan en confinement, le 26 mars 2020.  (- / CONSOMED)

 

 

 

Confinées, oui... mais au travail : dans une usine tunisienne, 150 personnes, des ouvrières pour la plupart, se sont enfermées avec de quoi vivre en quasi autarcie, afin de continuer à fabriquer des masques et protections pour les soignants luttant contre le nouveau coronavirus.

 

 

Nous sommes les seuls à fabriquer pour les hôpitaux tunisiens : on ne peut pas prendre le risque de contaminer l'usineHamza Alouini, directeur d'usine à l'AFP

 

 

Son entreprise, Consomed, a été lancée il y a dix ans par son père et son frère près de Kairouan, dans le centre de la Tunisie, dans une zone largement rurale. Leur usine est devenue le principal site de production du pays et l'un des plus importants en Afrique pour les masques, charlottes, combinaisons stériles et autres protections.

 

 

Autant d'équipements devenus stratégiques depuis que la Chine, principal producteur de masques au monde, en a interdit l'exportation, suivie par plusieurs pays, dont la Tunisie depuis quelques semaines. L'entreprise est débordée par les demandes locales et peine à approvisionner notamment les hôpitaux.

 

 

 

Les employé(e)s fier(e)s de continuer à fabriquer des masques dans leur usine à Kairouan, le 26 mars 2020. 

Les employé(e)s fier(e)s de continuer à fabriquer des masques dans leur usine à Kairouan, le 26 mars 2020.  (- / CONSOMED)


 

Plusieurs structures de soins ont dû fermer des services hospitaliers ces derniers jours ou mettre en quarantaine des soignants ayant été en contact sans protection avec des malades, selon des médias locaux.

 

 

"Volontariat"

Pour empêcher toute contamination par le nouveau coronavirus et donc toute interruption de la production, Consomed fonctionne désormais quasiment en vase clos : 110 femmes et 40 hommes travaillent, mangent et dorment dans les 5 000 m² d'entrepôts, dont un médecin, des cuisiniers et le directeur.

 

 

Sur les réseaux sociaux, l'entreprise a publié une vidéo – hors de question d'autoriser des journalistes à aller et venir – montrant les ouvrières entrant le 20 mars dans l'usine avec valises et sacs, après un contrôle de température.

 

 

 

 

 

 

Sur les 240 employés, payés en moyenne 800 dinars par mois (270 euros), au-dessus du salaire minimum, 150 ont répondu à l'appel. Ils travaillent "sur la base du volontariat", souligne Hamza Alouini, les autres ayant des engagements ou responsabilités de famille ne leur permettant pas de s'isoler.

 

 

"Il y a parmi les couturières une fille de 22 ans qui n'avait jamais dormi en dehors de chez elle. Le quatrième jour, elle a pleuré car sa mère lui manquait, raconte encore M. Alouini par téléphone. Mais elle a finalement décidé de rester car les salariés savent l'importance de ce qu'ils fabriquent", assure-t-il.

 

 

 

Solidarité

"On s'entraide, confie Khaoula, une employée. Quand une personne se sent mal, nous essayons avec tout le monde de lui remonter le moral, la mettre dans une autre ambiance, parce qu'il y en a qui ont la nostalgie de leur famille."

 

 

"On pense avant tout à ceux qui manquent de protections" face à la maladie Covid-19, explique à l'AFP cette quadragénaire, logiquement interrogée à distance, personne ne pouvant entrer dans l'usine. 

 

 

Les premiers à me soutenir sont mon époux et ma fille : nous sommes tous motivés et convaincusKhaoula, employée à l'AFP

 

 

Les véhicules livrant les matières premières ou les produits alimentaires sont désinfectés, leurs chauffeurs priés de rester à l'intérieur avec les vitres fermées et tous les objets sont décontaminés, selon les normes strictes exigées par les certifications internationales obtenues par l'usine.

 

 

 

"Des soldats"

La journée de travail commence par l'hymne national. "Ca nous donne l'impression que nous sommes des soldats" au service des soignants, raconte Khaoula. Puis la production se met en branle : aux 8 heures de travail habituelles s'ajoutent des heures supplémentaires payées, là aussi, "sur la base du volontariat", dit Hamza Alouini. Pour beaucoup, la journée est longue : 10 à 12 heures par jour, grâce à des dérogations accordées par les autorités.

 

 

 

Les employées en confinement volontaire, dans leur usine à Kairouan, le 26 mars 2020. 

Les employées en confinement volontaire, dans leur usine à Kairouan, le 26 mars 2020.  (- / CONSOMED)

 

 

 

Un dortoir pour les hommes, différents dortoirs pour les femmes, selon les services, un espace pour jouer au football, aux cartes, et se détendre : tout semble avoir été prévu pour tenir un mois.

 

 

"On ne pourra pas faire plus", avoue Hamza Alouini. L'entreprise, qui vend ses masques à la pharmacie centrale à des prix fixés de longue date, n'aura pas la trésorerie pour continuer cette opération coûteuse. Et poursuivre ce confinement pourrait avoir un impact sur le moral des employés.

 

 

La Tunisie a détecté 173 cas du nouveau coronavirus depuis début mars, dont cinq décès selon le ministère de la Santé.

 


27/03/2020
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Franceinfo - le vendredi 27 mars 2020

 

 

"Même durant la guerre, ce n’était pas pareil" : la vie en Ehpad à l'heure du confinement

 

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Fanny LechevestrierfranceinfoRadio France

 

 

Les morts à cause du coronavirus se multiplient dans les maisons de retraite, loin des regards. Les familles qui ont un proche dans un Ehpad, les pensionnaires et le personnel de ces établissements doivent s'adapter à une situation inédite avec le confinement

 

 

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Une résidente dans un Ehpad à Brest dans le Finistère, le 4 mars 2020 (photo d'illustration). (LOIC VENANCE / AFP)

 

 

 

Un isolement qui s'accentue et des personnels épuisés, les Ehpad (Établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes) doivent affronter une épidémie de coronavirus qui a déjà fait de nombreux morts au sein de ces établissements. Le mari de Catherine, atteint de la maladie d’Alzheimer, est placé dans un Ehpad à Fontainebleau, en Seine-et-Marne. Avec le confinement, cela fait déjà deux semaines qu’elle n’a pu ni le voir ni même l’entendre. "Je n’ai qu’une peur, c’est que mon mari oublie ma voix et mon odeur, confie-t-elle. Comment on va les retrouver ? Si on a le bonheur de les retrouver… C’est ça dont on a peur".

 

 

>> DIRECT. Suivez les dernières informations concernant l'épidémie de coronavirus et les mesures de confinement

 

 

Une situation à laquelle s’ajoute la crainte de la maladie. "On vient de perdre le mari d’une amie à cause de cette maladie, il était dans un Ehpad aux alentours, poursuit Catherine. Notre plus grosse inquiétude, ce n’est pas encore de ne pas leur parler, c’est ce qui risque de leur arriver si le virus rentre dans l’établissement".

 

 

 

Des heures au téléphone

L’inquiétude face à l’inconnu qui revient dans chaque conversation. À Bernay-Saint-Martin, en Charente-Maritime, le virus n’a, là non plus, pas réussi à s’infiltrer. Le personnel ne manque pas encore, nous explique la directrice Priscilla Bernet mais bien sûr, on se prépare et on s'adapte. Ainsi, la psychomotricienne de l’établissement s’est muée en "skypeuse itinérante" comme l’appelle Priscilla : "On met en place un système d’appel vidéo avec toutes les familles. Elle gère tous les appels pour maintenir le lien famille/résident." L'occasion pour les résidents de garder le contact avec leurs proches. "C’est rigolo, c’est vrai que ce n’est pas leur génération, explique la directrice de l'Ehpad, certains demandent déjà que ça continue après". La directrice de l’Ehpad passe désormais des heures au téléphone avec les familles mais aussi avec l’Agence régionale de santé, pour suivre les dernières directives.

 

 

Même durant la guerre, ce n’était pas pareil. On a eu des épisodes dans ce goût-là. Mais on était moins habitué au confort, donc on a mieux supporté.Monique, résidente de l'Ehpad de Sully-sur-Loire

 

 

Des règles qui ont changé depuis deux jours à la maison de retraite de Sully-sur-Loire, dans la région Centre Val-de-Loire. Le confinement est passé à l’étape supérieure. Monique, 93 ans, a parfois du mal à accepter la situation. Dans son Ehpad, il n'y a plus de restauration en commun et les pensionnaires doivent désormais rester dans leur chambre. "On a un super jardin mais on ne peut plus y aller", explique Monique qui indique cependant avoir de "la chance, j’ai une chambre très ensoleillée".

 

 

Et au final, c’est bien Monique qui nous redonne le sourire et nous booste pour la journée : "A bientôt et merci de donner un peu de communication, ça fait beaucoup de bien".

 


27/03/2020
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Franceinfo - le vendredi 27 mars 2020

 

 

Coronavirus : le nombre de cas aux Etats-Unis dépasse celui de la Chine

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

Aux Etats-Unis, le virus a contaminé plus de 83 000 personnes et fait 1 201 morts

 

 

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Des médecins se préparent à accueillir des malades confinés sur un bateau de croisière, le 26 mars 2020 à Miami (Etats-Unis). (CHANDAN KHANNA / AFP)

 

 

 

C'est désormais le pays le plus touché par la pandémie de Covid-19. Les Etats-Unis dénombraient, jeudi 26 mars, plus de cas recensés de nouveau coronavirus que tout autre pays dans le monde. Avec plus de 83 000 cas, selon l'université Johns-Hopkins, les Etats-Unis ont dépassé la Chine, où la maladie est apparue en décembre, et l'Italie, qui comptent respectivement plus de 81 000 et 80 000 cas avérés, selon un comptage de l'AFP.

 

 

>> Suivez les dernières informations sur l'épidémie dans notre direct

 

 

L'épidémie progresse de façon exponentielle aux Etats-Unis et le pays, qui avait initialement observé de loin la propagation du virus, pourrait bientôt devenir l'épicentre de la pandémie. C'est à New York, capitale économique connue pour sa densité, que l'accélération est la plus forte. La ville compte à elle seule 281 morts sur les 1 201 décès recencés dans le pays.

 

 

 

"Détendez-vous", conseille Donald Trump

La situation était aussi inquiétante en Louisiane, notamment à La Nouvelle-Orléans, où le carnaval du Mardi Gras le 25 février, fréquenté par plusieurs centaines de milliers de personnes, a pu être le déclencheur de la contagion, selon les experts. "Restez chez vous, détendez-vous", a demandé Donald Trump aux Américains lors d'une conférence de presse devenue quotidienne, depuis la Maison Blanche.

 


27/03/2020
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Franceinfo - le vendredi 27 mars 2020

 

 

Coronavirus : Edouard Philippe annonce un point-presse samedi pour répondre aux "questions que les Français se posent légitimement"

 

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Le Premier ministre a pris la parole, vendredi 27 mars, à l'issue d'une réunion interministérielle de crise sur le coronavirus

 

 

 

CE QU'IL FAUT SAVOIR

 

 

De longs remerciements et un rappel. Edouard Philippe a pris la parole, vendredi 27 mars, pour remercier l'ensemble des professionnels qui luttent contre l'épidémie du coronavirus et qui font fonctionner le pays en période de confinement"Nous nous installons dans une crise qui va durer, il va falloir tenir", a-t-il prévenu, avant d'annoncer un point-presse le lendemain sur la situation et la stratégie du gouvernement pour les prochains jours. "Toutes les questions que les Français se posent légitimement", a-t-il promis.

 

 

La Russie se confine. Pour lutter contre la propagation du coronavirus, le gouvernement russe a annoncé, vendredi 27 mars, la fermeture de tous les cafés et restaurants à partir de samedi.

 

 

Une "nouvelle initiative importante" franco-américaine contre le coronavirus. C'est ce qu'a annoncé, sans plus de précision, le président de la République, Emmanuel Macron, dans un tweet publié vendredi 27 mars à l'issue d'une conversation avec son homologue américain Donald Trump.

 

 

Nouvelle évacuation pour soulager les hôpitaux du Grand-Est. Une nouvelle évacuation de patients atteints du coronavirus dans l'est de la France est prévue vendredi. Cette évacuation par les airs intervient au lendemain d'un transfert inédit de malades de l'Est vers d'autres régions en TGV médicalisé, afin d'y alléger la pression sur les établissements de soins.

 

 

365 décès en France en 24 heures. Le nombre de morts dans les hôpitaux du pays s'élève à 1 696 personnes, "dont une adolescente de 16 ans en Ile-de-France", a annoncé le directeur général de la santé jeudi. La veille, 231 décès du Covid-19 avaient été annoncés.

 


27/03/2020
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Franceinfo - Mis à jour le jeudi 26 mars 2020

 

 

INFOGRAPHIES. Coronavirus : âge des malades, départements touchés, patients en réanimation… Visualisez l'évolution de l'épidémie en France et en Europe

 

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Brice Le BorgneRobin PrudentFrance Télévisions

 

 

 

La pandémie liée au Covid-19 se répend en France et chez ses voisins européens depuis le mois de février. Retour sur l'évolution de ce virus, en cartes et infographies régulièrement mises à jour

 

 

 

La pandémie liée au coronavirus a fait plus de 18 000 morts dans le monde. La France comptait 25 233 cas confirmés, mercredi 25 mars, selon les données de Santé publique France. Pour suivre et comprendre l'évolution du virus au jour le jour, voici plusieurs cartes et infographies, qui seront régulièrement actualisées au fil des publications de nouveaux chiffres.

 

 

>> Coronavirus : suivez les dernières informations sur l'épidémie dans notre direct

 

 

L'Ile-de-France est devenue le premier foyer devant le Grand Est

Jusqu'à la mi-mars, on observait une forte croissance du nombre de cas confirmés dans la région Grand Est, et plus particulièrement dans les départements du Haut-Rhin et Bas-Rhin. Depuis le 16 mars, la région Ile-de-France est devenue la région la plus touchée (elle abrite plus de 12 millions d'habitants).

 

 

 

 

Dernière mise à jour : 26 mars 2020

 

 

 

Le Haut-Rhin compte le plus de décès

La France a franchi le seuil des 1 000 morts, le 24 mars. A l'échelon départemental, le Haut-Rhin et les départements d'Ile-de-France concentrent le plus de victimes. Cette carte, réalisée à partir des données de Santé publique France et mise à jour automatiquement, permet de visualiser les départements qui dénombrent le plus de décès.

 

 

 

 

 

Une évolution exponentielle du nombre de cas

En France comme ailleurs, le nombre de cas confirmés suit une croissance exponentielle. Il est néanmoins difficile de connaître l'ampleur exacte de la pandémie dans l'Hexagone, car les dépistages ne sont pas systématiques, et seuls sont publiés les chiffres des personnes testées positives au Covid-19.

 

 

 

 

De plus en plus de patients en réanimation

Plus précis que le nombre de cas dépistés, le nombre de personnes hospitalisées en réanimation est un autre indicateur pertinent pour étudier l'évolution de l'épidémie et sa gravité. En voici l'évolution depuis le 18 mars, pour les cinq départements où le nombre de patients en réanimation est le plus élevé.

 

 

 

 

 

35% des malades identifiés ont plus de 65 ans

Le bilan hebdomadaire publié par Santé publique France permet d'en savoir plus sur le profil des personnes testées positives au Covid-19, en réanimation ou décédées. Notamment leur âge : d'après les données du 24 mars, la majorité des cas confirmés (65%) ont moins de 65 ans, mais la majorité des personnes décédées (78,3%) ont plus de 75 ans.

 

 

 

 

 

Une flambée de nouveaux cas quotidiens en France et en Europe

Si la France est durement touchée par l'épidémie depuis quelques semaines, l'Italie a été le premier pays européen à connaître une forte croissance du nombre de cas confirmés, dès la fin février. Voici un graphique montrant les nouveaux cas confirmés chaque jour par le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC), en France, Italie, Espagne, Allemagne et Royaume-Uni. 

 

 

Ces tracés permettront de voir si les pays européens arrivent, à l'aide des mesures de restrictions de déplacements et de distanciation sociale, à "aplanir la courbe" du nombre de cas. 

 

 

Une évolution inégale du nombre de morts dans chaque pays

On peut également observer l'évolution du nombre de décès cumulés liés au coronavirus. Dans le graphique ci-dessous, chaque pays apparaît à compter du jour du 10e décès déclaré, sur le modèle développé par le Financial Times (en anglais). Toutes les données sont issues de l'université Johns Hopkins, parfois complétées par des sources officielles nationales.

 

 

Certains pays, comme l'Italie et l'Espagne, sont plus durement touchés que le Japon ou la Corée du Sud. Cela tient notamment aux différentes mesures de confinement prises par chaque pays, ainsi qu'aux politiques de dépistage variables.

 

 

 

 

 

L'épidémie touche maintenant tous les continents

Vous pouvez circuler dans la carte ci-dessous, réalisée à partir des données de l'université Johns Hopkins, pour constater le nombre de cas confirmés partout dans le monde.

 

 

 

Dernière mise à jour : 26 mars 2020

 


27/03/2020
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Franceinfo - le vendredi 27 mars 2020

 

 

TRIBUNE. "Plus jamais ça !" : 18 responsables d'organisations syndicales, associatives et environnementales appellent à préparer "le jour d’après"

 

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franceinfoRadio France

 

 

Face à "la crise du coronavirus" des organisations syndicales, associatives et environnementales réclament "de profonds changements de politiques", pour "se donner l'opportunité historique d'une remise à plat du système, en France et dans le monde"

 

 

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Dans le quartier d'affaires de la Défense, le 24 mars 2020 (photo d'illustration). (ALEXIS SCIARD / MAXPPP)

 

 

 

"Plus jamais ça ! Préparons le 'jour d'après'", 18 responsables d'organisations syndicales, associatives et environnementales parmi lesquels Philippe Martinez (CGT), Aurélie Trouvé (Attac), Jean-François Julliard (Greenpeace) et Cécile Duflot (Oxfam), signent une tribune commune publiée, vendredi 27 mars, sur franceinfo.

 

 

Ces organisations lancent un appel "à toutes les forces progressistes et humanistes [...] pour reconstruire ensemble un futur, écologique, féministe et social, en rupture avec les politiques menées jusque-là et le désordre néolibéral".


En mettant le pilotage de nos sociétés dans les mains des forces économiques, le néolibéralisme a réduit à peau de chagrin la capacité de nos États à répondre à des crises comme celle du Covid. La crise du coronavirus qui touche toute la planète révèle les profondes carences des politiques néolibérales. Elle est une étincelle sur un baril de poudre qui était prêt à exploser. Emmanuel Macron, dans ses dernières allocutions, appelle à des "décisions de rupture" et à placer "des services (…) en dehors des lois du marché". Nos organisations, conscientes de l’urgence sociale et écologique et donnant l'alerte depuis des années, n’attendent pas des discours mais de profonds changements de politiques, pour répondre aux besoins immédiats et se donner l'opportunité historique d'une remise à plat du système, en France et dans le monde.

 

 

Dès à présent, toutes les mesures nécessaires pour protéger la santé des populations celle des personnels de la santé et des soignant·e·s parmi lesquels une grande majorité de femmes, doivent être mises en œuvre, et ceci doit largement prévaloir sur les considérations économiques. Il s'agit de pallier en urgence à la baisse continue, depuis de trop nombreuses années, des moyens alloués à tous les établissements de santé, dont les hôpitaux publics et les Ehpad. De disposer du matériel, des lits et des personnels qui manquent : réouverture de lits, revalorisation des salaires et embauche massive, mise à disposition de tenues de protection efficaces et de tests, achat du matériel nécessaire, réquisition des établissements médicaux privés et des entreprises qui peuvent produire les biens essentiels à la santé, annulation des dettes des hôpitaux pour restaurer leurs marges de manœuvre budgétaires... Pour freiner la pandémie, le monde du travail doit être mobilisé uniquement pour la production de biens et de services répondant aux besoins essentiels de la population, les autres doivent être sans délai stoppées. La protection de la santé et de la sécurité des personnels doivent être assurées et le droit de retrait des salarié·e·s respecté.

 

 

 

Des mesures au nom de la justice sociale nécessaires

La réponse financière de l’État doit être d'abord orientée vers tou·te·s les salarié·e·s qui en ont besoin, quel que soit le secteur d'activité, et discutée avec les syndicats et représentant·e·s du personnel, au lieu de gonfler les salaires des dirigeant·e·s ou de servir des intérêts particuliers. Pour éviter une très grave crise sociale qui toucherait de plein fouet chômeurs·euses et travailleurs·euses, il faut interdire tous les licenciements dans la période. Les politiques néolibérales ont affaibli considérablement les droits sociaux et le gouvernement ne doit pas profiter de cette crise pour aller encore plus loin, ainsi que le fait craindre le texte de loi d’urgence sanitaire.

 

 

Le néolibéralisme, en France et dans le monde, a approfondi les inégalités sociales et la crise du coronavirus s’abattra notamment sur les plus précaires.Les signataires de la tribune

 

 

Selon que l’on est plus ou moins pauvre, déjà malade ou non, plus ou moins âgé, les conditions de confinement, les risques de contagion, la possibilité d’être bien soigné ne sont pas les mêmes. Des mesures supplémentaires au nom de la justice sociale sont donc nécessaires : réquisition des logements vacants pour les sans-abris et les très mal logés, y compris les demandeurs·euses d’asile en attente de réponse, rétablissement intégral des aides au logement, moratoire sur les factures impayées d'énergie, d'eau, de téléphone et d'internet pour les plus démunis. Des moyens d’urgence doivent être débloqués pour protéger les femmes et enfants victimes de violences familiales.

 

 

Les moyens dégagés par le gouvernement pour aider les entreprises doivent être dirigés en priorité vers les entreprises réellement en difficulté et notamment les indépendants, autoentrepreneurs, TPE et PME, dont les trésoreries sont les plus faibles. Et pour éviter que les salarié·e·s soient la variable d’ajustement, le versement des dividendes et le rachat d’actions dans les entreprises, qui ont atteint des niveaux record récemment, doivent être immédiatement suspendus et encadrés à moyen terme.

 

 

Trop peu de leçons ont été tirées de la crise économique de 2008.Les signataires de la tribune

 

 

Des mesures fortes peuvent permettre, avant qu’il ne soit trop tard, de désarmer les marchés financiers : contrôle des capitaux et interdiction des opérations les plus spéculatives, taxe sur les transactions financières… De même sont nécessaires un contrôle social des banques, un encadrement beaucoup plus strict de leurs pratiques ou encore une séparation de leurs activités de dépôt et d’affaires.

 

 

 

Des aides de la BCE conditionnées à la reconversion sociale et écologique

La Banque centrale européenne (BCE) a annoncé une nouvelle injection de 750 milliards d’euros sur les marchés financiers. Ce qui risque d’être à nouveau inefficace. La BCE et les banques publiques doivent prêter directement et dès à présent aux États et collectivités locales pour financer leurs déficits, en appliquant les taux d’intérêt actuels proches de zéro, ce qui limitera la spéculation sur les dettes publiques. Celles-ci vont fortement augmenter à la suite de la "crise du coronavirus". Elles ne doivent pas être à l’origine de spéculations sur les marchés financiers et de futures politiques d’austérité budgétaire, comme ce fut le cas après 2008.

 

 

Cette crise ne peut une nouvelle fois être payée par les plus vulnérables.Les signataires de la tribune

 

 

Une réelle remise à plat des règles fiscales internationales afin de lutter efficacement contre l'évasion fiscale est nécessaire et les plus aisés devront être mis davantage à contribution, via une fiscalité du patrimoine et des revenus, ambitieuse et progressive.

 

 

Par ces interventions massives dans l’économie, l’occasion nous est donnée de réorienter très profondément les systèmes productifs, agricoles, industriels et de services, pour les rendre plus justes socialement, en mesure de satisfaire les besoins essentiels des populations et axés sur le rétablissement des grands équilibres écologiques. Les aides de la Banque centrale et celles aux entreprises doivent être conditionnées à leur reconversion sociale et écologique : maintien de l'emploi, réduction des écarts de salaire, mise en place d'un plan contraignant de respect des accords de Paris... Car l'enjeu n'est pas la relance d'une économie profondément insoutenable.

 

 

Il s’agit de soutenir les investissements et la création massive d’emplois dans la transition écologique et énergétique, de désinvestir des activités les plus polluantes et climaticides, d’opérer un vaste partage des richesses et de mener des politiques bien plus ambitieuses de formation et de reconversion professionnelles pour éviter que les travailleurs·euses et les populations précaires n’en fassent les frais. De même, des soutiens financiers massifs devront être réorientés vers les services publics, dont la crise du coronavirus révèle de façon cruelle leur état désastreux : santé publique, éducation et recherche publique, services aux personnes dépendantes… 

 

 

 

Relocalisation de la production

La "crise du coronavirus" révèle notre vulnérabilité face à des chaînes de production mondialisée et un commerce international en flux tendu, qui nous empêchent de disposer en cas de choc de biens de première nécessité : masques, médicaments indispensables, etc. Des crises comme celle-ci se reproduiront. La relocalisation des activités, dans l’industrie, dans l’agriculture et les services, doit permettre d’instaurer une meilleure autonomie face aux marchés internationaux, de reprendre le contrôle sur les modes de production et d'enclencher une transition écologique et sociale des activités. 

La relocalisation n’est pas synonyme de repli sur soi et d’un nationalisme égoïste. Nous avons besoin d’une régulation internationale refondée sur la coopération et la réponse à la crise écologique, dans le cadre d'instances multilatérales et démocratiques, en rupture avec la mondialisation néolibérale et les tentatives hégémoniques des États les plus puissants. De ce point de vue, la "crise du coronavirus" dévoile à quel point la solidarité internationale et la coopération sont en panne : les pays européens ont été incapables de conduire une stratégie commune face à la pandémie. Au sein de l’Union européenne doit être mis en place à cet effet un budget européen bien plus conséquent que celui annoncé, pour aider les régions les plus touchées sur son territoire comme ailleurs dans le monde, dans les pays dont les systèmes de santé sont les plus vulnérables, notamment en Afrique.

 

 

Tout en respectant le plus strictement possible les mesures de confinement, les mobilisations citoyennes doivent dès à présent déployer des solidarités locales avec les plus touché·e·s, empêcher la tentation de ce gouvernement d’imposer des mesures de régression sociale et pousser les pouvoirs publics à une réponse démocratique, sociale et écologique à la crise.

 

 

Plus jamais ça ! Lorsque la fin de la pandémie le permettra, nous nous donnons rendez-vous pour réinvestir les lieux publics et construire notre "jour d’après". Nous en appelons à toutes les forces progressistes et humanistes, et plus largement à toute la société, pour reconstruire ensemble un futur, écologique, féministe et social, en rupture avec les politiques menées jusque-là et le désordre néolibéral.

 

 

Retrouvez ci-dessous la liste des signataires :

 

Khaled Gaiji, président des Amis de la Terre France
Aurélie Trouvé, porte-parole d'Attac France
Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT
Nicolas Girod, porte-parole de la Confédération paysanne
Benoit Teste, secrétaire général de la FSU
Jean-François Julliard, directeur général de Greenpeace France
Cécile Duflot, directrice générale d'Oxfam France
Eric Beynel, porte-parole de l'Union syndicale Solidaires
Clémence Dubois, responsable France de 350.org
Pauline Boyer, porte-parole d'Action Non-Violente COP21
Léa Vavasseur, porte-parole d'Alternatiba
Sylvie Bukhari-de Pontual, présidente du CCFD-Terre Solidaire
Jean-Baptiste Eyraud, porte-parole de Droit au Logement
Lisa Badet, vice-présidente de la FIDL, Le syndicat lycéen
Jeanette Habel, co-présidente de la Fondation Copernic
Katia Dubreuil, présidente du Syndicat de la magistrature
Mélanie Luce, présidente de l'UNEF
Héloïse Moreau, présidente de l'UNL

 


27/03/2020
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Franceinfo - le jeudi 26 mars 2020

 

 

Coronavirus : plus de 4 000 morts et 56 000 cas en Espagne

 

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L'Espagne a dépassé jeudi la barre des 4000 morts des suites du Covid-19

 

 

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Des soignants évacuent un corps, le 25 mars 2020 à l'hôpital Gregorio Maranon de Madrid (Espagne). (OSCAR DEL POZO / AFP)

 

 

 

CE QU'IL FAUT SAVOIR

 

 

Le bilan s'aggrave en Espagne. Le Covid-19 a fait plus de 4 000 morts dans le pays, selon un dernier bilan communiqué par le gouvernement jeudi 26 mars. Ces dernières 24 heures, 655 personnes sont mortes, portant le total à 4 089 décès. Il y a actuellement 56 188 cas confirmés en Espagne.

 

 

 

Un "tsunami continu" de patients dans les hôpitaux londoniens. Les hôpitaux publics de la capitale britannique sont confrontés à un "tsunami continu" de malades graves du nouveau coronavirus tout en devant pallier une proportion "sans précédent" de personnel souffrant, a assuré jeudi Chris Hopson, un responsable du système public de santé britannique.

 

 

 

Des malades évacués par TGV. vingt patients alsaciens gravement atteints doivent être transférés vers des hôpitaux des Pays-de-la-Loire, Angers, Le Mans, Nantes, la Roche-sur-Yon à bord d'un TGV médicalisé. Ils devaient être installés dans cinq voitures, à raison de quatre par salle basse, celles du haut étant dévolues à la circulation des matériels et des personnels soignants, a précisé la Direction générale de la Santé (DGS).

 

 

 

Une première victime parmi les forces de l'ordre. La gendarmerie nationale a annoncé, jeudi, le décès d'un gendarme des suites de la maladie provoquée par le nouveau coronavirus. Il n'était pas en contact avec le public et on ignore pour le moment dans quelles conditions il a été contaminé.

 

 

 

La Russie suspend ses vols internationaux. Plus aucun vol international ne sera assuré à partir de vendredi à minuit (20 heures, heure française), selon un décret du gouvernement établissant de nouvelles mesures contre le coronavirus. Ce décret s'applique à tous les vols entrant et sortant du territoire russe, à l'exception des avions spéciaux affrétés pour rappatrier les citoyens russes bloqués à l'étranger.

 


26/03/2020
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Franceinfo - le jeudi 26 mars 2020

 

 

Coronavirus : 2,6 milliards de Terriens confinés

 

 

 

Le confinement a commencé mardi 24 mars en Inde. Plus d’un tiers de la population mondiale est appelé à se confiner contre le coronavirus, soit 2,6 milliards d’êtres humains

 

 

 

Les rues de New Delhi, la capitale de l’Inde, sont presque désertes. Devant l’avancée de l’épidémie de coronavirus, le président Modi a "interdit toute sortie de sa maison", soit 1,3 milliard d’habitants. La police veille, mais 75 millions d’Indiens vivent dans la rue.

 

 

 

Des rues désinfectées à l’eau en Syrie

Aux États-Unis, le président Trump veut minimiser les conséquences néfastes de la pandémie sur l’économie en stoppant le confinement d’ici le 12 avril. À Salt Lake City, un prêtre confesse depuis l’intérieur de sa voiture.

 

 

Dans le nord de la Syrie, les pompiers désinfectent les rues en les nettoyant avec de l’eau. En Afrique du Sud, c’est la ruée dans les magasins avant le confinement. En Thaïlande, les moines se cousent des masques avec le tissu de leur vêtement.

 


26/03/2020
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Franceinfo - le jeudi 26 mars 2020

 

 

"S'ils nous disent qu'il y a un mec positif, ce sera la guerre…" : face au coronavirus, les prisons au bord de la rupture

 

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L'inquiétude grandit chez les détenus et les surveillants, qui ne se considèrent pas assez protégés. "Il faut agir d'urgence, on a trop attendu", déplore Adeline Hazan, la Contrôleure générale des lieux de privation de liberté

 

 

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(FRANCEINFO / PIERRE-ALBERT JOSSERAND)

 

 

 

"Mon mari me dit : 'J'ai peur de mourir seul comme un chien, derrière les barreaux'." Depuis l'annonce du confinement national décrété par le chef de l'Etat, Audrey, 37 ans, ne dort plus la nuit. Cette mère de famille est terrifiée à l'idée que son conjoint, incarcéré au centre de détention de Muret (Haute-Garonne), près de Toulouse, n'attrape le coronavirus.

 

 

>> Epidémie de coronavirus : suivez toutes les infos dans notre direct

 

 

"Si le virus rentre à l'intérieur, il va se propager comme une traînée de poudre", s'alarme-t-elle. L'inquiétude des familles fait écho à celle des détenus et des surveillants, qui s'alarment du manque de mesures sanitaires dans les établissements pénitentiaires. "C'est flippant. Notre crainte est liée au confinement et au risque sanitaire", confie à franceinfo Kylian*, qui se trouve en détention provisoire dans une maison d'arrêt située en Ile-de-France.

 

 

Des incidents dans une trentaine de prisons

Comme beaucoup le redoutaient, le Covid-19 a commencé à se répandre derrière les barreaux. Au total, en France, sept détenus ont été testés positifs et 315 sont en confinement sanitaire, selon le dernier bilan de la direction de l'administration pénitentiaire (DAP) du mardi 24 mars. Parmi les membres du personnel pénitentiaire, on compte 24 cas avérés et 595 agents en quatorzaine. "Il y a toujours cette petite crainte de ramener le Covid chez nous, d'être contaminé et de contaminer nos proches", souffle Jean-Christophe Petit, du syndicat Ufap-Unsa à la prison de Fresnes. Contacté par franceinfo, le ministère tient à relativiser les chiffres : "Des mesures sanitaires strictes ont été prises et produisent leurs effets car le nombre de détenus diagnostiqués positifs est relativement faible par rapport au reste de la société civile."

 

 

Face à la promiscuité et à l'impossibilité d'appliquer les gestes barrières, la panique gagne malgré tout les prisons françaises. Des rébellions se sont organisées via les réseaux sociaux dans plusieurs d'entre elles : dégradations, refus de réintégrer les cellules après la promenade… Une trentaine d'établissements, sur les 187 que compte la France, ont connu des incidents depuis la semaine dernière, selon la DAP. Au centre de détention d'Uzerche (Corrèze), la tension est montée d'un cran dimanche soir. Près de 200 détenus ont pris le contrôle d'un bâtiment et plusieurs départs de feu ont été recensés.

 

 

 

"Ils étaient à quatre en cellule, deux sont tombés malades"

Difficile d'endiguer l'épidémie dans des établissements surpeuplés. Avec plus de 70 000 détenus pour quelque 61 000 places opérationnelles dans les prisons françaises, appliquer de réelles mesures de confinement s'avère illusoire. "Respecter 1 mètre [de distance sociale], c'est impossible", lâche Kylian, qui partage sa cellule de 9 m2 avec un autre détenu. "L'administration fait ce qu'elle peut, mais c'est un milieu qui comporte tellement de risques", souffle François Bès, coordinateur du pôle enquête de l'Observatoire international des prisons (OIP).

 

 

Entre les sas où les détenus attendent les balades, les coursives, les escaliers… Ils se croisent en permanence dans de petits espaces. François Bès, coordinateur du pôle enquête de l'Observatoire international des prisons à franceinfo

 

 

Lors des sorties, difficile d'éviter les contacts. "Depuis lundi, on fait des promenades aile par aile et plus étage par étage pour limiter le nombre de détenus. Mais on ne peut pas les empêcher de se toucher : c'est à chacun de prendre ses responsabilités", explique Alexis Bouchot, délégué FO pénitentiaire et surveillant à la prison de Vivonne (Vienne). Benoît David, avocat et président de l'association Ban public, a ainsi reçu un e-mail affolé de la part de l'épouse d'un détenu sorti se promener avec une personne détectée positive au Covid-19. Pour limiter les risques, certains décident même de ne plus sortir. C'est le cas de Kylian et "de tous ceux qui ont des maladies chroniques", explique-t-il à franceinfo.

 

 

La surpopulation se concentre particulièrement dans les maisons d’arrêt, qui accueillent les prévenus et les courtes peines, où les détenus se retrouvent souvent "à trois ou quatre par cellule", indique François Bès. Lydia Trouvé, présidente du Syndicat pour la protection et le respect des prisonnier(e)s, a reçu plusieurs témoignages à ce sujet. "Dans une prison du Sud, une mère de détenu nous a appelés. Ils étaient à quatre en cellule, deux sont tombés malades. Ils ont été confinés, mais rien ne dit que les deux autres ne vont pas l'attraper", explique-t-elle à franceinfo. 

 

 

 

Un objectif de 5 000 détenus libérés

Pour désengorger les prisons, la garde des Sceaux, Nicole Belloubet, a annoncé lundi aux organisations syndicales qu'elle visait la libération de 5 000 détenus. Le ministère de la Justice cible principalement ceux dont les reliquats de peine sont inférieurs à deux mois. Il veut également simplifier les libérations sous contrainte, qui permettent actuellement à certains détenus ayant purgé les deux tiers d'une peine de prison de moins de cinq ans d'achever le dernier tiers hors de prison. "Ça ne concernera évidemment pas les terroristes, les auteurs de violences intra-familiales (...). Il s'agit d'un dispositif qui permet d'assurer à la fois la sécurité des Français et la continuité du service public", a ainsi expliqué Nicole Belloubet, lors des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale. 

 

 

 

Assemblée nationale @AssembleeNat
 

.@LVichnievsky (MODEM) s'inquiète de la situation dans les établissements pénitentiaires et demande au Gvt de "désengorger les maisons d'arrêt", en demandant au Parquet de limiter les détentions provisoires ainsi que leur prolongations

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Pour Adeline Hazan, la Contrôleure générale des lieux de privation de liberté, ces mesures sont insuffisantes. "Plutôt que de faire sortir au compte-gouttes par les juges d'application des peines, on devrait multiplier les grâces individuelles, voire faire voter une loi d'amnistie. A situation exceptionnelle, mesure exceptionnelle", assure-t-elle à franceinfo. L'ONU a d'ailleurs appelé mercredi à la libération urgente de détenus à travers le monde pour éviter que le virus ne fasse des "ravages" dans les prisons.

 

 

 

Les surveillants dans le viseur des détenus

Ce qui inquiète le plus les détenus, ce sont les contacts avec les surveillants. "Ils ont compris que nous sommes les seuls à pouvoir ramener le virus de l'extérieur", explique Alexis Bouchot. "Les surveillants ne sont pas protégés, explique sur franceinfo Régis, incarcéré à Villeneuve-lès-Maguelones (Hérault). On n’est pas en sécurité ! Ils ouvrent les portes tous les jours, ils touchent leurs clés tous les jours. Ils n’ont pas de gants, ils n’ont rien ! C’est une blague !"

 

 

La ministre de la Justice, Nicole Belloubet, a annoncé le 17 mars la distribution de 100 000 masques supplémentaires pour les membres du personnel pénitentiaire. Sur environ 30 000 surveillants, cela fait un peu plus de trois masques par agent. "On ne va pas aller loin", regrette Jean-François Forget, le secrétaire général de l'Ufap-Unsa Justice. Les directions des établissements rationnent en conséquence drastiquement l'utilisation des masques de protection respiratoire. "Quelque 116 000 masques ont été acheminés dès le week-end dernier [dans les centres pénitentiaires], répond le ministère. L’administration pénitentiaire a également obtenu l’accord d’utiliser 100 000 masques anciens. Les masques sont prioritairement donnés aux personnels soignants. Nous comprenons l’inquiétude qui est malheureusement la même partout."

 

 

La direction nous dit qu'on garde les masques en stock pour le jour où il y aura un cas avéré… Mais ce sera trop tard. Alexis Bouchot, délégué FO pénitentiaire à franceinfo

 

 

Résultat : la psychose progresse chez les détenus. "Certains nous disent : 'Pourquoi tu viens me voir alors que t'as pas de masque ?' Les personnels se sentent démunis face à l'ampleur de la propagation de ce virus", explique Christopher Dorangeville, secrétaire général de la CGT pénitentiaire. L'hygiène, de manière générale, laisse à désirer. "Le seul endroit où les détenus peuvent se laver les mains, ce sont les cellules. Et encore faut-il qu'il y ait du savon", explique François Bès. Par ailleurs, le gel hydroalcoolique est prohibé, car l'alcool est interdit en prison. "Des familles ont essayé d'en amener par les parloirs mais ça a été refusé par l'administration. Comme si les détenus allaient boire le gel hydroalcoolique", s'agace-t-il.

 

 

 

"On se prépare à des heures compliquées"

En attendant, pour limiter les risques de contagion, le gouvernement a également décidé de suspendre les visites aux parloirs et toutes les autres activités nécessitant l'intervention d'une personne extérieure. "Il ne reste plus que les promenades et les activités en plein air, explique Christopher Dorangeville, secrétaire général de la CGT pénitentiaire. La nécessaire suspension des parloirs a fait monter la tension. Les détenus ne peuvent plus voir leur famille, ils se retrouvent totalement isolés."

Une maman nous a dit : 'C'est peut-être la dernière fois qu'on a vu nos proches aux parloirs : la prochaine fois, on les reverra au cimetière'. Une femme de détenu à franceinfo

 

 

"Il n'y a plus d'enseignement, plus d'intervenants culturels. Les visiteurs de prison ne rentrent plus. C'est vraiment l'isolement dans l'isolement, complète François Bès, coordinateur du pôle enquête à l'Observatoire international des prisons. C'est extrêmement difficile pour les détenus comme pour le personnel. Les surveillants doivent faire face à la frustration qui peut se développer dans des excès de violence."

 

 

Autre dommage collatéral, la fin des parloirs a entraîné un assèchement de l'approvisionnement en drogue. "L'autre jour, j'ai été témoin d'une bagarre au sujet des stupéfiants", raconte Kylian.

 

 

Plus les jours vont passer et plus on va avoir des chiens fous qui sont en manque de came.Jean-François Forget, secrétaire général de l'Ufap-Unsaà franceinfo

L'usage de stupéfiants est plus répandu en détention que dans le reste de la société. Plusieurs enquêtes menées ces dernières années estiment que la consommation de cannabis concerne 40% des détenus en prison, selon un récent rapport de l'Observatoire français des drogues et des toxicomanies. "Sans entrée régulière de stupéfiants, cela génère une colère chez certains et des violences entre détenus, s'inquiète Alexis Bouchot, surveillant à la prison de Vivonne. On touche du bois, mais on se prépare à des heures compliquées."

 

 

 

La télévision et du crédit de téléphone offerts

"La suspension des parloirs était une mesure sanitaire nécessaire, mais elle aurait dû être compensée tout de suite par d'autres dispositifs", estime François Bès. Pour tenter de faire baisser la pression, après les mutineries, le ministère de la Justice a annoncé qu'il offrait l'accès à la télévision, une aide en nature pour les plus démunis et un crédit de 20 euros de téléphone pour le mois de mars puis 40 euros pour avril. L'objectif est de permettre à tous les détenus de garder un contact avec l'extérieur. "Ce geste était bienvenu et intelligent", réagit Kylian, en détention provisoire dans une maison d'arrêt d'Ile-de-France. Mais pour beaucoup d'observateurs, cela reste très insuffisant, sans compter que cela peut renforcer la propagation du virus. "On a un téléphone pour 30 détenus et il n'est pas désinfecté", témoigne Alexis Bouchot, surveillant à la prison de Vivonne.

 

 

En plus de la psychose liée au virus s'ajoute la psychose du manque de nouvelles de la famille. Alexis Bouchot, délégué FO pénitentiaire à franceinfo

 

 

"Je suis choqué que la ministre n'ait pas rendu le téléphone totalement gratuit, 40 euros c'est insuffisant, en appelant un portable, ça représente 4 ou 5 heures, s'indigne de son côté Adeline Hazan. Il faut absolument compenser l'absence de parloirs, c'est leur seule soupape." La Contrôleure générale des lieux de privation de liberté propose également de mettre en place des parloirs virtuels via l'application Skype, "là où c'est techniquement possible".

 

 

"Il faudrait aussi que les timbres et les enveloppes soient gratuits", ajoute Xavier Denecker, président de l'Association nationale des visiteurs de prison. "On demande l'autorisation de l'usage des portables et des réseaux sociaux pour leur permettre d'avoir au moins une vie sociale et familiale pendant le confinement", renchérit François Bès. Détenir un téléphone portable en prison est actuellement une faute disciplinaire qui peut entraîner un allongement de la peine. "Mon conjoint n'a plus de portable. Il a pris huit ans de plus à cause des téléphones", affirme Audrey, une femme de détenu.

 

 

 

"On a le sentiment qu'ils nous cachent des trucs"

Dans sa maison d'arrêt, Kylian a été reçu, mardi, avec d'autres mutins pour porter ses revendications à la direction. "On a notamment demandé une douche tous les jours et non pas tous les deux jours, on a aussi demandé à augmenter le temps de parloir d'un quart d'heure à la fin du confinement…" énumère-t-il. En sortant de la réunion, il a aussi eu le sentiment que les mesures sanitaires restaient insuffisantes. "Ils ne veulent pas nous affoler. Je peux comprendre. S'ils nous disent qu'il y a un mec positif, après ce sera la guerre…"

 

 

L'avocat Benoît David appelle à la vigilance pour éviter un scénario à l'italienne, où la répression des mutineries a causé la mort de plusieurs détenus. "En France, ça ne va pas tenir longtemps comme ça, la peur va les faire craquer", s'inquiète-t-il. En attendant, les syndicats font le dos rond, mais espèrent de nouvelles mesures. "Quand on va travailler en sachant qu'on n'a pas le matériel nécessaire, on a l'impression de ne pas être épaulé par son administration…" souffle Christopher Dorangeville.

 

 

Du côté de la Contrôleure générale des lieux de privation de liberté, l'impatience se mue en agacement. "Je suis très inquiète. Je trouve que les mesures prises par la garde des Sceaux sont tardives", estime Adeline Hazan. "La garde des Sceaux a pris des mesures dès le 14 mars en adressant une circulaire aux parquets pour reporter la mise à exécution des courtes peines d’emprisonnement et encourager les libérations sous contraintes. Depuis le début de la période de confinement, nous comptabilisons 1 600 détenus en moins", répond le ministère. Mais Adeline Hazan réclame d'aller beaucoup plus loin pour désengorger les prisons. "Il faut agir d'urgence, on a trop attendu pour prendre un début de mesures positives. Il y a dix jours de retard dans la gestion de cette crise, il ne faut plus perdre de temps."

 


26/03/2020
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Franceinfo - le mercredi 25 mars 2020

 

 

Coronavirus : comment le ministère de la Santé comptabilise-t-il les morts liées à l'épidémie ?

 

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A l'heure actuelle, seuls les patients testés positifs au Covid-19 et décédés à l'hôpital sont recensés

 

 

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Le chemin d'un "reposoir" indiqué à l'hôpital de Grasse (Alpes-Maritimes), le 23 mars 2020.  (FREDERIC DIDES / HANS LUCAS)

 

 

 

Des chiffres sinistres, attendus chaque soir. Selon le dernier bilan établi par le ministère de la Santé, mardi 24 mars, l'épidémie de coronavirus a déjà tué 1 100 personnes en France. Mais comment ce nombre officiel est-il établi ? 

 

 

>> Epidémie de coronavirus : les dernières informations dans notre direct

 

 

"Les morts sont uniquement comptabilisés depuis les centres hospitaliers", explique à franceinfo la direction générale de la santé (DGS), qui dépend du ministère. Depuis vendredi dernier, le directeur général de la santé, Jérôme Salomon, précise d'ailleurs qu'il donne le nombre de morts "en milieu hospitalier", comme il l'a donc fait mardi pour annoncer que la France avait dépassé le seuil des 1 000 morts.

 

 

 

"Des tests post mortem, à discrétion du médecin" 

Comment ce nombre de morts est-il recensé ? "Il y a un test systématique sur les personnes pour lesquelles il y a suspicion", assure la direction générale de la santé. Avant de préciser que ce test peut avoir lieu après la mort du patient, dans certaines circonstances : "Il peut y avoir une urgence hospitalière qui est prise en charge immédiatement, mais où le test n'a pas pu être réalisé auparavant. Dans ce cas-là, le test a lieu post mortem, mais à l'initiative du médecin".

 

 

En milieu hospitalier, la consigne est de tester tous les patients présentant les symptômes du Covid-19. Les hôpitaux disposent-ils d'assez de tests ? "On n'a pas de remontées de tension sur ce sujet à l'hôpital, affirme la DGS. Elle précise que "plus de 5 000 tests par jour sont pratiqués [Jérôme Salomon a même parlé d'une capacité de 9 000 tests mardi soir]", mais qu'elle "n'a pas la ventilation" entre le milieu hospitalier, la médecine de ville et les autres établissements médico-sociaux.

 

 

 

Pas de décompte officiel dans les Ehpad

En revanche, il n'y a pas, pour l'instant, de décompte officiel des morts liées au coronavirus dans les Ehpad. "Il y aura sans doute bientôt une information sur le sujet", affirme la direction générale de la santé. Car les témoignages alarmants se multiplient ces derniers jours. A Cornimont, dans les Vosges, au moins 20 résidents de l'Ehpad du Couaroge sont morts des suites de l'épidémie, comme cela a été confirmé dimanche. D'autres résidents seraient également contaminés. L'AFP faisait état, dès samedi, de 12 morts dans un Ehpad du Doubs, de plusieurs dans l'Hérault et de foyers infectieux dans la Vienne et à Paris, faisant redouter le pire aux professionnels du secteur. 

 

 

Impossible d'établir un bilan précis pour le moment : la consigne du ministère de la Santé est de tester les deux premiers malades avec symptômes dans un établissement, les autres étant ensuite présumés contaminés s'ils présentent les signes de la maladie. Au-delà "des deux premiers cas testés, et à partir du moment où la présence du Covid-19 est confirmée, on ne fait plus de tests", confirme à l'AFP Olivier Obrecht, directeur général adjoint de l'Agence régionale de santé (ARS) Bourgogne-Franche-Comté. L'ARS d'Ile-de-France précise à franceinfo qu'"on ne peut pas dire si les personnes âgées décédées dans un Ehpad sont réellement mortes de la maladie, puisqu'elles n'ont pas été testées, hormis les deux premières". Mais "la méthode de comptage devrait évoluer d'ici 72 heures" pour être plus fidèle à la réalité, promet-on de même source.

 

 

 

La surmortalité comme véritable indicateur

Ce changement de méthode permettra d'établir des statistiques plus précises et plus exhaustives sur le nombre de personnes tuées par le coronavirus. Parmi les 400 Ehpad de Bourgogne-Franche-Comté, "un certain nombre constatent des personnes présentant des symptômes de type Covid-19", remarque le docteur Olivier Obrecht. Faute de tests généralisés pour l'instant, "le nombre de décès ne sera connu qu'une fois que l'épidémie sera derrière nous", poursuit-il.

 

 

Le véritable indicateur, ce sera la surmortalité. "Santé publique France a commencé une surveillance syndromique, comme on le fait pour la grippe, à partir d'un nombre de décès attendus dans une population donnée, sur un temps donné, expose Olivier Obrecht à L'Est républicain. C'est le surplus par rapport à ces estimations qui donnera la vérité sur le nombre de décès pendant la période d'épidémie Covid-19, dans quelques mois, une fois l'épidémie terminée." Le problème se pose également pour les morts à domicile, recensées par les services de l'état civil et qui ne sont pas non plus répertoriés comme étant liés à l'épidémie pour le moment.

 


25/03/2020
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