L'AIR DU TEMPS

L'AIR DU TEMPS

MEDECINE - Santé

Chaque époque apporte son lot d'évolution. Il en est un, tout particulièrement intéressant, qui concerne la médecine. Que d'améliorations au fil de l'histoire ! Voilà où nous en somme aujourd'hui, en plein XXIème siècle...

 


Franceinfo - le lundi 6 mai 2019

 

 

Le Conseil d'Etat valide les 11 vaccins obligatoires et rejette le retrait de ceux qui contiennent de l'aluminium

 

 

 

La plus haute juridiction administrative avait été saisie par des militants antivaccins

 

 

 

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Un bébé est vacciné à Lyon, le 4 janvier 2018. (MARIE BIENAIM / AFP)

 

 

 

Les antivaccins ont subi deux revers devant le Conseil d'Etat. Lundi 6 mai, l'institution a validé le passage de 3 à 11 vaccins obligatoires pour les enfants. La plus haute juridiction administrative a ainsi estimé que l'extension du nombre de vaccins obligatoires n'était pas contraire au "droit à l'intégrité physique et au respect de la vie privée", car elle était justifiée "par la protection de la santé publique". Elle a ainsi débouté la Ligue nationale pour la liberté des vaccinations, qui l'avait saisie pour contester cette extension.

 

 

Le Conseil d'Etat a rejeté les arguments de cette association "compte tenu de la gravité des maladies, de l'efficacité de ces vaccins et de la nécessité de les rendre obligatoires pour atteindre une couverture vaccinale satisfaisante pour l'ensemble de la population". Le passage de trois à onze vaccins obligatoires, voulu par la ministre de la Santé Agnès Buzyn, s'applique donc aux enfants nés à partir du 1er janvier 2018.

 

 

 

Un rapport bénéfice-risque favorable

Dans une décision distincte, le Conseil d'Etat a jugé que le gouvernement avait légalement le droit de refuser de retirer les vaccins obligatoires contenant de l'aluminium. "Le rapport entre les bénéfices et les risques des vaccins contenant des sels d'aluminium est favorable et les autorités sanitaires ont donc pu légalement refuser leur retrait", a-t-il estimé. Il avait été saisi sur cette question par quelque 3 000 personnes. Elles contestaient le refus de la ministre de la Santé d'obliger les fabricants de vaccins à ne pas utiliser de sels d'aluminium comme adjuvants.

 

 

Les sels d'aluminium sont le plus ancien adjuvant utilisé, depuis les années 1920, et sont présents dans de nombreux vaccins. Mais certaines associations estiment que l'aluminium des vaccins peut provoquer des maladies, ce qui n'est pas prouvé scientifiquement.

 


07/05/2019
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Franceinfo - le jeudi 25 avril 2019

 

 

"Enfants sans bras" : l'eau du robinet qu'ont bue les mamans pendant leur grossesse était-elle polluée ?

 

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France 2France Télévisions

 

 

Pourquoi, en dix ans, autant d'enfants sont-ils nés avec une malformation rare sur des périmètres très restreints de l’Ain, du Morbihan et de la Loire-Atlantique ? "Envoyé spécial" a suivi des femmes et des hommes qui enquêtent sur la mystérieuse affaire des "enfants sans bras". Certains travaillent sur la piste des pesticides. D’autres, comme Géraud Bournet, sur celle des réseaux d’eau potable

 

 

 

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Des bébés nés avec un seul bras, un seul avant-bras ou une seule main : cette malformation très rare frappe environ 150 nourrissons en France chaque année. Pourtant, depuis 2008, 15 enfants sont nés avec ce handicap sur des périmètres très restreints de l’Ain, du Morbihan et de la Loire-Atlantique. Peut-il s'agir d'une coïncidence ? Pour Emmanuelle Amar, l'épidémiologiste qui a lancé l'alerte sur l'affaire des "enfants nés sans bras", la probabilité qu'une telle concentration de cas soit due au hasard est très faible.

 

 

Ces malformations auraient-elles pu être causées par une exposition des mamans à des produits tératogènes, qui perturbent le développement du fœtus, durant les premiers mois de leur grossesse ? "Envoyé spécial" a suivi des femmes et des hommes qui enquêtent sur la mystérieuse affaire des "enfants sans bras". Certains travaillent sur la piste des pesticides (les mamans résidaient toutes, au début de leur grossesse, dans un milieu agricole), d’autres sur celle des réseaux d’eau potable.

 

 

L'eau du robinet qu'ont bue ces femmes pendant les premiers mois de leur grossesse était-elle polluée ? A-t-elle pu causer le handicap des enfants ? C'est une question qui hante Géraud Bournet. Cet ingénieur en sciences de l'eau étudie depuis quinze ans les différentes pollutions dans les rivières et les nappes phréatiques. Depuis qu'il a entendu parler des cas d'enfants nés sans bras, il mène l'enquête. Il a commencé par rechercher dans une base de données spécialisée les polluants connus pour leurs effets tératogènes, passant au crible une dizaine de molécules.

 

 

 

Des ressources en eau ont-elles pu être contaminées par un ou plusieurs polluants ?

En ce moment, il analyse le périmètre de l'Ain : sur un rayon de 17 kilomètres, huit enfants sont nés malformés en cinq ans. Les communes où leurs mères ont débuté leur grossesse sont-elles alimentées par la même eau potable ? Géraud Bournet a recensé une vingtaine de puits d'approvisionnement pour ces huit communes. Des provenances a priori différentes, ce qui tendrait à montrer que ces mamans n'ont pas bu la même eau du robinet. Est-ce suffisant pour exclure cette piste ?

 

 

"Pas forcément", répond Géraud Bournet. Il reste la possibilité que ces différentes ressources en eau aient été "contaminées par un ou plusieurs polluants similaires". Par exemple, "des pesticides utilisés sur l'ensemble du bassin où on va retrouver tous ces puits, et qui auraient pu contaminer la ressource". Géraud Bournet n'en est qu'au début de ses recherches. Il lui faudra de longs mois pour retrouver toutes les analyses d'eau de la région et retracer les éventuelles pollutions de l'époque.

 

 

Extrait de "Le mystère des enfants sans bras", une enquête à voir dans "Envoyé spécial" le 25 avril 2019.

 


30/04/2019
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Franceinfo - le jeudi 18 avril 2019

 

 

Le cannabis reste le stupéfiant le plus consommé en France, les drogues de synthèses de plus en plus présentes

 

 

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Édité par Thomas PontillonfranceinfoRadio France

 

 

 

Selon un rapport de l’Observatoire français des drogues et toxicomanies, près d'un Français sur deux a déjà consommé du cannabis

 

 

 

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Du cannabis dans une boite. (Illustration).  (JENS KALAENE / ZB)

 

 

 

"Parmi les drogues illicites, le cannabis demeure la première substance consommée", constate l’Observatoire français des drogues et toxicomanies dans un rapport publié jeudi 18 avril que franceinfo a pu consulter. L’organisme publie tous les cinq ans un grand rapport sur l’évolution de la consommation des substances licites comme illicites en France.

 

 

45% des Français ont déjà fumé du cannabis, affirme le rapport. Parmi eux, 11% en ont consommé dans l’année et 6% au cours du dernier mois. L’observatoire constate par ailleurs un net vieillissement des consommateurs d’herbe et de résine.

 

 

"C'est une drogue qui est consommée par les jeunes, mais du fait de sa disponibilité et du fait des modes de consommation, les gens continuent à fumer en vieillissant", analyse Julien Morel d’Arleux, directeur de l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies.

 

 

Un des points d'inquiétude des enquêteurs concerne les problèmes liés à la consommation de cannabis chez les jeunes. "On a 7% des jeunes de 17 ans qui ont un usage problématique du cannabis, précise Julien Morel d’Arleux, or, aujourd'hui on sait que les effets du cannabis sont très importants sur le cerveau et que le cerveau est en pleine maturation jusqu'à 22-25 ans." 

 

 

 

L'alcool et le tabac restent les plus consommés 

Parmi les produits créant une dépendance, le tabac et l'alcool restent de loin les plus consommés. "Si le tabac est bien moins expérimenté que l’alcool, il est plus souvent associé à un usage quotidien : les adultes qui fument tous les jours (27 %) sont presque trois fois plus nombreux que les buveurs quotidiens (10 %)", précise le rapport.

 

 

L’observatoire constate toutefois une tendance à la baisse pour ces deux substances. Tendance amorcée dans les années 1950 et qui ne fait que s'accentuer ces dernières années. Pour le tabac, le paquet neutre et les hausses de prix sont à l'origine de cette baisse, affirme l’étude.

 

 

 

Record de consommation de cocaïne 

La consommation de cocaïne atteint, elle, un chiffre record : plus d'1,5% des Français déclarent en avoir pris au cours de l'année. Une hausse qui s’explique notamment par "une disponibilité accrue de ces produits et l’image positive dont ils bénéficient".

 

 

Autre tendance, la diversification des drogues de synthèse : 68 substances différentes ont été recensées dans l'hexagone entre 2008 et 2017. MDMA, ecstasy, héroïne sont de plus en plus présentes sur le marché de la drogue et de plus en plus prisées par les mineurs.

 

 

Le rapport constate également une évolution de l’offre. Toutes les drogues illicites bénéficient d'un accès de plus en plus simplifié ces cinq dernières années. De plus en plus de consommateurs achètent sur internet. Depuis cinq ans, les livraisons par voie postale ou directement à domicile se sont banalisées avec commande par sms ou sur les réseaux sociaux.

 

 

Mais l'évolution des analyses de l’Observatoire français des drogues, publiées tous les cinq ans, "ne permettent toutefois pas de parler d'une banalisation de la consommation de drogues", affirme Julien Morel d’Arleux. "Les Français continuent de penser que l'héroïne et la cocaïne sont extrêmement dangereux dès la première prise, mais ils sont aussi de plus en plus conscients des dommages sociaux créés par le tabac et l'alcool."

 


18/04/2019
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Franceinfo - le vendredi 12 avril 2019

 

 

Allergènes, cancérogènes… "60 millions de consommateurs" dénonce la toxicité des principaux produits ménagers

 

 

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Thomas BaïettoFrance Télévisions

 

 

 

Dans un numéro hors série consacré à la pollution de l'air intérieur, le magazine décortique la composition de 60 produits ménagers. Et le verdict est inquiétant

 

 

 

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Les produits ménagers utilisés au quotidien contribuent à la pollution de l'air intérieur de nos habitations. (PATRICK LEFEVRE / BELGA MAG / AFP)

 

 

 

 

Ils vous promettent un intérieur impeccable, aux douces senteurs florales et à la propreté éclatante. Mais la plupart des produits ménagers que nous utilisons au quotidien sont en réalité dangereux pour notre santé ou notre environnement, dénonce 60 millions de consommateurs dans un hors-série en vente vendredi 12 avril et consacré à la pollution de l'air intérieur. "C'est le paradoxe de ces produits : on les utilise pour assainir sa maison et on obtient l’effet inverse", commente Christelle Pangrazzi, rédactrice en chef adjointe du magazine. 

 

 

> VIDEO. Pendant une semaine, j'ai mesuré la qualité de l'air que je respire (et le résultat n'est pas rassurant)

 

 

Pour dresser ce constat, le magazine a décortiqué la composition de 60 produits ménagers, en scrutant leurs étiquettes mais aussi les fiches de données de sécurité que doivent remplir les fabricants. Le résultat est édifiant : "la très grande majorité" de ces "stars du ménage" "n'a pas trouvé grâce" aux yeux de 60 millions de consommateurs. "Beaucoup contiennent une ou plusieurs substances toxiques, nuisibles à notre santé ou à l’environnement", écrit le magazine. Voici les grandes lignes de cette enquête.

 

 

 

Quels sont les ingrédients problématiques ?

Parmi les composés problématiques figurent les isothiazolinones, des conservateurs toxiques retrouvés dans 67% des produits examinés, des parfums "extrêmement" allergisants et des ammoniums quaternaires notamment présents dans les produits censés "tuer 99,9% des bactéries" ou "détruire tous les virus, champignons et bactéries". Ces biocides utilisés jusqu'ici à l'hôpital sont "reconnus comme l'une des premières causes d'asthme professionnel chez le personnel soignant" et sont soupçonnés de favoriser la résistance bactérienne, à l'instar des antibiotiques, explique 60 millions de consommateurs

 

 

Acaricides, désodorisants, liquides vaisselle, lessives, tablettes pour lave-vaisselle, arbres magiques pour voiture, encens ou bougies parfumées… Aucune catégorie de produit n'est épargnée. Le spray Febrèze antitabac contient par exemple du benzisothiazolinone, un conservateur toxique et allergisant, le nettoyant désinfectant en spray de Briochin est fabriqué avec trois allergènes et deux solvants et on trouve du benzalkonium, un ammonium quaternaire, dans les lingettes désinfectantes Saint-Marc. L'eau de Javel, que l'on retrouve dans de nombreux produits, est pointée du doigt pour ses propriétés irritantes pour la peau et les poumons.

 

 

Le magazine épingle enfin des produits présentés comme fabriqués avec des produits naturels, mais dont les "ingrédients vertueux" sont souvent présents en très petite quantité, aux côtés de conservateurs toxiques. "Dans cette catégorie 'greenwashing', vous avez onze produits à proscrire et un passable sur douze", résume Christelle Pangrazzi.

 

 

Dans les publicités, il suffit d'un pschitt pour que tout brille. Monsieur Propre ne vous dit pas tout ce que vous mettez dans vos poumons, dans ceux de vos enfants et de la planète.Christelle Pangrazzi, rédactrice en chef adjointe de "60 millions de consommateurs" à franceinfo

 

 

 

Quel impact sur l'air de votre maison ?

Comme les meubles, les vernis ou les peintures, les produits ménagers émettent en outre des COV, des composés organiques volatils qui peuvent provoquer des maladies respiratoires et déclencher des allergies. "Le premier de ces polluants est la fumée de tabac, puis viennent les produits ménagers, en particulier ceux en sprays, ou les liquides de rinçage pour lave-vaisselle", détaille dans le magazine le docteur Jean-Philippe Santoni, pneumologue à la Fondation du souffle.

 

 

Notre but n’est pas d’alarmer à tout prix, mais de faire prendre conscience du danger de ces substances que l’on juge encore trop souvent inoffensives."60 millions de consommateurs"

 

 

Derrière le sigle COV se cachent pas moins de 150 substances différentes, plus ou moins dangereuses. L'une d'entre elles, le formaldéhyde (notamment émis par des bougies ou de l'encens), est classée substance cancérogène avérée depuis 2004. D'autres, les phtalates, sont classées cancérogènes possibles et sont également considérées comme reprotoxiques et perturbateurs endocriniens.

 

 

 

Que faire pour "nettoyer sans polluer" ?

• Scruter la liste des ingrédients. "Plus la composition est simple, mieux c’est, comme pour les aliments", résume Christelle Pangrazzi. Le magazine milite pour la mise en place d'un "Ménag'Score", qui classerait les produits ménagers de A ("aucune substance indésirable pour la santé") à E ("quantité importante de substances irritantes") sur le modèle du Nutri-Score pour les produits alimentaires. "Il faut un système lisible et clair pour le consommateur, pour qu'il achète en rayon en toute connaissance de cause", estime Christelle Pangrazzi. Si ce dispositif existait, aucun des produits testés par 60 millions de consommateurs ne serait classé A.

 

 

• Fabriquer vos propres produits ménagers. "Il faut utiliser des solutions naturelles, comme le savon noir ou le bicarbonate", recommande la rédactrice en chef adjointe. On peut également citer le vinaigre blanc, qui lutte contre le calcaire, la terre de Sommières pour absorber liquides, graisses ou même odeurs, ou encore les cristaux de soude et le percarbonate, détartrants, dégraissants et blanchissants.

 

 

• Aérer. L'air de nos maisons est aujourd'hui "sept fois plus pollué que l'air extérieur", explique 60 millions de consommateurs. Le magazine recommande donc d'aérer son intérieur dix minutes par jour, été comme hiver, de veiller à la ventilation des pièces humides, où peuvent se développer des moisissures, d'entretenir son système de chauffage (pour éviter l'intoxication au monoxyde de carbone) et d'activer la hotte aspirante lorsque l'on cuisine.

 


12/04/2019
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Franceinfo - le mercredi 10 avril 2019

 

 

Mediator : près de 115 millions d'euros ont déjà été versés aux malades par Servier

 

 

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franceinfoRadio France

 

 

 

Six mois avant un procès au pénal, les laboratoires Servier ont déjà indemnisé plus de 3 000 malades, qui ont utilisé le médicament

 

 

 

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Prescrit pendant plus de 30 ans à cinq millions de personnes en France, le Mediator, est tenu pour responsable de centaines de morts (JEAN FRANCOIS FREY / MAXPPP)

 

 

 

Le laboratoire pharmaceutique Servier a déjà versé 114,7 millions d'euros à plus de 3000 malades, à la suite de problèmes cardiaques consécutifs à la prise du Mediator. Il s'agit d'un bilan au 29 mars 2019. Ces chiffres sont consultables sur le site internet de Servier. C'est très rare en France en matière médicale. En tout 3 593 patients ont reçu une offre d'indemnisation.

 

 

Prescrit pendant plus de 30 ans à cinq millions de personnes en France, le Mediator, un antidiabétique largement utilisé comme coupe-faim, est tenu pour responsable de centaines de morts. Il a été retiré du marché en novembre 2009.

 

 

 

4 000 patients constitués partie civile

"C'est un chiffre qui montre d'abord l'ampleur du scandale de santé publique du Mediator : il y a beaucoup de victimes, avec des dossiers importants", a réagi Me Charles Joseph-Oudin, avocat de plusieurs victimes, joint par franceinfo ce mercredi 10 avril. Mais cela "montre aussi qu'on peut y arriver et il faut que les victimes du Mediator, mais aussi des autres médicaments, y voient un encouragement : on peut y arriver" même face à des laboratoires pharmaceutiques "puissants" et "protégés", a-t-il ajouté.

 

 

Ce scandale sanitaire, révélé en 2007 par le médecin Irène Frachon, fait l'objet de multiples procédures, au pénal comme au civil. Le procès au pénal s'ouvrira le 23 septembre prochain devant le tribunal de grande instance de Paris. Quelque 4 000 personnes ayant pris ce médicament doivent se constituer partie civile pour ce procès, mais en acceptant l'offre de Servier d'une indemnisation à l'amiable, les victimes s'engagent à renoncer à leur action pénale.

 


11/04/2019
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Franceinfo - le samedi 6 avril 2019

 

 

Quatre questions sur la nouvelle étude sur le Levothyrox qui donne raison aux malades

 

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

 

Une nouvelle étude réalisée par des chercheurs et publiée jeudi 4 avril révèle que la nouvelle formule du médicament ne présentait pas de garanties suffisantes pour les patients

 

 

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Des boîtes de Levothyrox, un traitement contre l'hypothyroïdie. (CHRISTIAN BÖHMER / DPA / AFP)

 

 

 

Une équipe de scientifiques de l'université de Toulouse a épluché les données fournies par le laboratoire Merck, qui fabrique le Levothyrox, lors de la validation de la nouvelle formule de ce médicament en mars 2017. Et leur étude, publiée dans la revue Clinical Pharmacokinetics (en anglais) jeudi 4 avril, sonne comme une victoire pour les malades qui pointent du doigt la nouvelle formule. Les résultats des chercheurs permettent en effet d'affirmer qu'il existe bien des différences entre l'ancien et le nouveau Levothyrox, prescrit contre l’hypothyroïdie. Franceinfo fait le point sur ce que changent ces travaux scientifiques.

 

 

 

1 - Que dit cette étude ?

 

Elle a été réalisée conjointement par des chercheurs en biostatistique et en pharmacologie de l’université de Toulouse, de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) et de l’université de Londres. Les cinq scientifiques ont repris l'analyse des essais de bioéquivalence, réalisés par le laboratoire allemand Merck et mis en ligne par l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) en 2017 par souci de transparence. Ces tests, recommandés par l'Union européenne, sont conçus au départ pour pouvoir commercialiser des génériques en vérifiant qu'ils produisent les mêmes effets que les médicaments de référence. 

 

 

Sur les 204 personnes volontaires qui ont testé cliniquement les deux versions du Levothyrox, 40% ont subi des variations hormonales dans la norme et 60% étaient hors limite, soit hors de la norme acceptée, selon les moyennes statistiques. "C'est un signal qui aurait dû alerter", estime Pierre-Louis Toutain, pharmacologue et coauteur de l'étude. "Les gens ne sont pas des moyennes et quand on impose à plus de 2millions de personnes une substitution, on doit mieux étudier les variations individuelles" propres à chacun, ajoute-t-il.

 

 

Malgré ces résultats, la nouvelle formule a été validée et les reproches de patients souffrant d'effets secondaires ont commencé à affluer : une très grande fatigue, des maux de tête, des crampes, voire un état dépressif. 

J'ai commencé à être de plus en plus épuisée. Au point de ne même plus pouvoir me lever de mon lit. J'avais la tête qui tournait. Je ne savais pas ce qu'il m'arrivait.Lucienne, une patiente de 76 ans à franceinfo

 

 

Pour expliquer ces effets secondaires, les chercheurs évoquent le changement d'excipients, des substances sans effet thérapeutique. Dans la nouvelle formule, le lactose a été remplacé par le mannitol et l'acide citrique, ce qui serait susceptible d'altérer l'absorption du médicament chez certains patients, relèvent-ils.

 

 

 

 

2 - Qu'est-ce que cela change pour les patients ?

 

Selon un rapport de pharmacovigilance dévoilé en juillet 2018 par l'ANSM, 31 411 patients subissaient ces effets indésirables. Un chiffre impressionnant qui représente en réalité 1,43% des quelque 2,2 millions de patients traités avec le Levothyrox. Pour ceux qui déclarent souffrir de ces effets secondaires, cette nouvelle étude change tout, car ils ont enfin le sentiment d'être entendus et compris. "On a été en souffrance, on a été méprisés, on a été malmenés, on n'a pas été accompagnés", souffle Sylvie Chéreau, présidente du collectif Victimes du Levothyrox Occitanie, à France 3"Pour toutes les victimes, c'est une porte qui s'ouvre enfin", ajoute-t-elle.

 

 

Même soulagement chez Beate Bartès, présidente de l'association Vivre sans thyroïde (VST) : "Forcément, après avoir entendu pendant deux ans qu'on est hystériques, que c'est dans notre tête, que c'est l'effet nocebo [apparition d'effets indésirables d'origine psychologique)… Voir écrit qu'on n'affabule pas, ça chamboule", assure-t-elle dans Le Parisien.

 

 

 

 

3 - Comment réagit le laboratoire Merck ?

 

Cette nouvelle étude met en cause les méthodes d'analyse du labotaroire Merck, le fabriquant du Levothyrox. "Etudier la substitution [le remplacement du lactose par de l'acide citrique et du mannitol], ce n'est pas la même chose sur le plan scientifique que d'étudier un médicament générique", détaille Pierre-Louis Toutain, coauteur de la nouvelle étude. Le pharmacologue regrette que la France n'ait pas mis en place des tests de bioéquivalence individuels adaptés. C'est ce qu'ont fait par exemple les Etats-Unis pour la Ritaline (un psychoanaleptique pour les enfants hyperactifs) ou la Belgique pour la Gabapentine (un antiépileptique). Toutefois, "il n'y a pas de faute réglementaire de la part du laboratoire"Merck, assure le pharmacologue dans Le Parisien.

 

 

Le laboratoire a critiqué la parution de cet article, évoquant "une extrapolation scientifiquement contestable". Merck indique ainsi que dans les autres pays, "les lancements de la nouvelle formule de Levothyrox, en Suisse et en Turquie, se sont très bien déroulés, sans problématique d'effets secondaires particuliers et sans changement de traitements pour les patients". La firme ajoute que "des experts indépendants se sont penchés sur ces études (de 'bioéquivalence moyenne') et ont conclu à la pertinence et à la rigueur scientifique de l'approche". Elle ajoute que "la nouvelle formule satisfait plus de 2,5 millions de patients en France (sur 3 millions de patients sous traitement de produit à base de lévothyroxine)."

 

 

"On ne pense pas qu'il y ait de complot, on ne pense pas qu'il y ait de malveillance, on pense que peut-être qu'il y a eu une rupture d'expertise dans la chaîne de décisions", précise Pierre-Louis Toutain à France 3. L'ANSM, elle, n'a pas réagi à cette nouvelle étude.

 

 

 

 

4 - L'étude peut-elle avoir des conséquences judiciaires ?

 

En septembre 2017, une enquête avait été ouverte pour "tromperie aggravée, atteintes involontaires à l'intégrité physique et mise en danger d'autrui". Le parquet avait pris le 30 novembre des réquisitions supplétives pour "homicide involontaire", après que le magazine Ebdo eut révélé la mort de 13 patients prenant du Levothyrox. L'ANSM avait réagi en parlant de 14 décès sans qu'un lien soit établi avec la prise du médicament.

 

 

Une procédure civile a tout de même été ouverte à Lyon en décembre 2018. Le 5 mars dernier, les 4 113 plaignants ont été déboutés de leur actioncontre Merck. A l'époque, l'avocat des plaignants, Christophe Lèguevaques, avait évoqué "une grosse déception". "[Les malades] attendaient une reconnaissance par la justice de leurs souffrances. Et on leur dit aujourd'hui que c'est simplement un problème sociologique et non pas juridique. Ces termes ne sont pas acceptables", avait-il martelé.

 

 

Les plaignants avaient fait appel et l'étude publiée jeudi leur offre de nouvelles perspectives. "Ce rapport sera très utile dans le cadre de la procédure d'appel qui réunit, à ce jour, plus de 3 000 participants", a prévenu Christophe Lèguevaques, interrogé vendredi par l'AFP.

 


07/04/2019
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Franceinfo - le samedi 6 avril 2019

 

 

Nous sommes programmés pour la paresse

 

 

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The ConversationFrance Télévisions

 

 

 

Selon l’Organisation mondiale de la santé, 3,2 millions de décès sont attribuables à un manque d’activité physique chaque année. Un constat qui soulève une question : pourquoi sommes-nous incapables d’être physiquement actifs alors que nous en avons l’intention 

 

 

 

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Les escaliers de béton sont souvent en panne. (SHUTTERSTOCK)

 

 

 

Cet article est signé par Boris Cheval, de l'Université de Genève, par Matthieu Boisgontier de la University of British Columbia et par Philippe Sarrazin, de l'Université Grenoble Alpes. La version originale de cet article a été publiée sur le site The Conversation dont franceinfo est partenaire.


Si vous devez vous faire violence pour sortir de votre canapé et vous adonner à une activité physique, rassurez-vous, vous n’êtes pas seul dans ce cas ! Depuis des décennies, des campagnes de communication nous encouragent à faire de l’exercice. Pourtant, environ 30 % des adultes ont une activité physique insuffisante. Et cette inaction est en constante augmentation, partout sur la planète.

 

 

La France ne fait pas exception à la règle. Si « faire davantage d’activité physique » se classe dans le top 5 des bonnes résolutions du jour de l’An, 3 Français sur 4 ne sont pas suffisamment actifs. Pourtant, selon l’Organisation mondiale de la santé, 3,2 millions de décès sont attribuables à ce manque d’activité physique chaque année, soit un mort toutes les 10 secondes.

 

 

Un constat qui soulève une question : pourquoi sommes-nous incapables d’être physiquement actifs alors que nous en avons l’intention ?

 

 

 

Le conflit entre raison et émotions

 

Afin de rendre compte de cette lutte qui s’opère entre nos intentions saines et des pulsions contraires, des théories scientifiques, comme les modèles à double processus, ont été développées. Dans ces modèles, les mécanismes qui expliquent notre comportement sont divisés en deux catégories : les mécanismes rationnels, gérés par le système réfléchi, et les mécanismes émotionnels, gérés par le système impulsif. Ce dernier organise la partie automatique et instinctive de nos comportements. Il peut faciliter ou, au contraire, empêcher le système réfléchi de mettre en place nos intentions.

 

 

Ce deuxième cas de figure a été clairement illustré par une étude que nous avons réalisée. Son but était de comprendre les conditions d’efficacité des messages promouvant l’activité physique. Autrement dit, nous cherchions à savoir si la réflexion peut l’emporter sur nos pulsions lorsqu’il s’agit de se motiver à être plus actif physiquement.Les participants ont tout d’abord assisté à une présentation exposant les recommandations en matière d’activité physique bénéfique pour la santé (30 minutes d’exercices quotidiens répartis en séquences de 10 minutes minimum, la plupart des jours de la semaine). Afin de mesurer leur tendance impulsive à approcher les comportements sédentaires, ils ont ensuite réalisé une tâche expérimentale : le jeu du mannequin.

 

 

Celui-ci consiste à déplacer un avatar sur un écran d’ordinateur en utilisant les touches du clavier. Dans l’une des conditions de l’expérience, le participant doit approcher l’avatar le plus rapidement possible d’images représentant une activité physique (marche, vélo, natation…) et l’éloigner d’images représentant une activité sédentaire (télévision, hamac, escalier mécanique…). Dans l’autre condition, c’est l’inverse, l’avatar doit être approché des images évoquant la sédentarité et éloigné des images d’exercice. Plus le participant est rapide à s’approcher des images sédentaires plutôt qu’à s’en éloigner, plus on considère que sa tendance impulsive envers la sédentarité est forte.

 

 

 

Devant les messages de prévention, nous ne sommes pas tous égaux

 

Après cette tâche, les participants ont été munis d’un accéléromètre destiné à enregistrer leur activité physique quotidienne, puis sont rentrés chez eux. Une semaine plus tard, le débriefing a eu lieu.

 

 

Les résultats de cette expérience révèlent que des messages de santé bien formulés peuvent s’avérer efficaces pour susciter une intention. En effet, les participants qui avaient reçu le message promouvant l’activité physique ont formulé une plus forte intention de pratiquer l’exercice que ceux qui avaient reçu le message promouvant une alimentation saine. Mais avoir l’intention de faire de l’exercice physique ne signifie pas qu’on va réellement s’y mettre, et tous les participants n’ont pas réussi à convertir leur intention en comportements.

 

 

 

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Il est souvent plus simple de céder à l’impulsion de sédentarité. (SHUTTERSTOCK)

 

 

 

Seuls ceux qui présentaient une faible tendance impulsive à approcher les comportements sédentaires ont réussi à le faire. À l’inverse, les participants chez qui cette tendance était forte n’ont pas été capables de transformer leur intention en actes. En d’autres termes, l’intention consciente d’être actif perdait le combat contre une tendance automatique à rechercher les comportements sédentaires.

 

 

Pourquoi ces comportements sédentaires sont-ils si attractifs alors qu’ils sont nocifs pour notre santé ?

 

 

 

La loi du moindre effort : un legs encombrant de l’évolution

Si cette attraction vers la sédentarité paraît paradoxale aujourd’hui, elle est logique lorsqu’on l’examine à la lumière de l’évolution. En effet, quand l’accès à la nourriture devenait difficile, les comportements sédentaires permettaient de sauvegarder l’énergie qui s’avérait décisive pour la survie.

 

 

Cette tendance à minimiser les efforts inutiles pourrait expliquer la pandémie d’inactivité physique actuelle puisque les gènes qui permettent aux individus de survivre sont plus susceptibles d’être présents dans les générations suivantes.

Dans une étude récente, nous avons cherché à évaluer si notre attraction automatique vers les comportements sédentaires était inscrite dans notre cerveau. Les participants à cette étude devaient également se livrer au jeu du mannequin, mais cette fois des électrodes enregistraient l’activité de leur cerveau.

 

 

Les résultats de cette expérimentation montrent que pour s’éloigner des images de sédentarité, notre cerveau doit déployer des ressources plus importantes que pour s’éloigner des images d’activité physique. Dans la vie quotidienne, s’éloigner des opportunités de sédentarité omniprésentes dans notre environnement moderne (escalators, ascenseurs, voitures…) nécessiterait donc bien de vaincre une attraction sédentaire qui serait ancrée dans notre cerveau.

 

 

 

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La sédentarité est bien ancrée dans notre cerveau. (SHUTTERSTOCK)

 

 

 

Efficients, pas paresseux

Il ne faut néanmoins pas croire que nous avons uniquement évolué pour minimiser les efforts inutiles ; nous avons aussi évolué pour être physiquement actifs. Voici environ 2 millions d’années, lorsque nos ancêtres se sont convertis à un mode de vie de chasseurs-cueilleurs, l’activité physique est devenue partie intégrante de leur vie quotidienne : ils parcouraient alors 14 km par jour en moyenne.

 

 

La sélection naturelle a donc favorisé les individus capables d’accumuler une grande quantité d’activité physique tout en s’économisant. Ces individus étaient ceux chez qui l’activité physique était associée à la sécrétion d’hormones antidouleursanxiolytiques, ou encore euphorisantes.

 

 

La bonne nouvelle, c’est que ces processus hormonaux sont toujours présents chez nous et qu’ils n’attendent qu’une chose : être sollicités. Le premier pas vers un mode de vie actif est de prendre conscience de cette force qui nous pousse vers la minimisation des efforts. Cette prise de conscience permet de mieux résister aux innombrables opportunités de sédentarité qui nous entourent.

 

 

 

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Il faut éviter de céder à la facilité. (MARK MARTINS / PIXABAY)

 

 

 

Par ailleurs étant donné que, comme nos ancêtres, la grande majorité d’entre nous ne pratique une activité physique que lorsque c’est amusant ou nécessaire, la meilleure façon de promouvoir cette dernière est de la rendre agréable. Il faut donc (re)structurer nos environnements pour la favoriser, notamment lors de nos déplacements quotidiens.

 

 

Les politiques publiques devraient par exemple développer des infrastructures et des espaces publics ouverts, sécurisés et bien entretenus afin de favoriser l’accès à des endroits propices à la marche, au vélo et à toute autre activité physique. L’architecture des nouveaux bâtiments devrait aussi favoriser notre activité physique tout au long de la journée, en privilégiant l’accessibilité aux escaliers, les postes de travail debout, etc.

 

 

À nous, ensuite, de savoir profiter de ces opportunités pour réduire notre sédentarité… Allez, à vos baskets !

 


06/04/2019
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Franceinfo - le vendredi 5 avril 2019

 

 

Amiante : la Cour de cassation se prononce sur l'élargissement du préjudice d'anxiété à tous les travailleurs exposés

 

 

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Fabien RandrianarisoafranceinfoRadio France

 

 

 

La décision est attendue vendredi par des milliers de salariés qui ont travaillé au contact de l'amiante

 

 

 

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Un chantier de désamiantage, à Caligny, dans l'Orne (photo d'illustration). (CHARLY TRIBALLEAU / AFP)

 

 

 

C'est peut-être la fin d'un long combat judiciaire. Vendredi 5 avril, la Cour de cassation peut décider d'élargir le préjudice d'anxiété à tout salarié exposé à l'amiante. Des hommes et des femmes qui ont travaillé au contact de ce minéral cancérogène pendant des années, et qui craignent de tomber un jour malades. Jusque-là, ce préjudice n'est reconnu que pour des salariés dont l'entreprise figure sur une liste ouvrant le droit à la "pré-retraite amiante", laissant de côté de nombreux salariés comme ceux des salariés des centrales thermiques EDF ou des mines.

 

 

C'est le cas de 732 mineurs de Lorraine, qui ont saisi la justice pour faire reconnaître leur statut de victimes de préjudice d'anxiété. Malheureusement, une grande partie d'entre eux ne verra pas la fin de ce combat judiciaire. "Les mineurs qui ont demandé l'indemnisation du préjudice d'anxiété n'étaient pas malades au moment où ils l'ont demandée. Quelques années après le début de la procédure, plus de 300 d'entre eux sont atteints de maladies professionnelles et un certain nombre sont déjà décédés, explique leur avocat Jean-Paul Teissonnière. Donc on voit bien qu'il ne s'agit pas d'une vague crainte d'un préjudice éventuel et mal documenté."

 

 

 

100 000 morts d'ici 2025

Interdite depuis 1997, l'amiante est loin d'avoir disparu du paysage et continue de faire des dégâts. "Vous avez encore en France environ 20 millions de tonnes d'amiante en place, rappelle Alain Bobbio, secrétaire national de l'association de défense des victimes de l'amiante. Il suffit d'être couvreur pour retirer des toitures en amiante et ciment, et à chaque fois  ces professions-là sont exposées, et souvent sans même le savoir."

 

 

Selon le Haut conseil de la santé publique, l'amiante pourrait provoquer 100 000 morts d'ici à 2025.

 


05/04/2019
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Franceinfo - le vendredi 5 avril 2019

 

 

"Quand on est jeune, on se sent invincible" : la méconnaissance du sida reste grande chez les 15-24 ans

 

 

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Matthieu MondoloniRadio France

 

 

 

Un jeune Français sur quatre estime être mal informé sur la maladie, selon un sondage réalisé pour le Sidaction

 

 

 

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Des brochures d'information sur le VIH. (JULIO PELAEZ / MAXPPP)

 

 

 

La 25e édition du Sidaction débute vendredi 5 avril et se prolonge jusqu’à dimanche, dans un contexte de "banalisation du VIH et du sida", déplore l’association. Cette dernière constate aussi une méconnaissance de ce virus, notamment chez les jeunes. Un sur quatre estime être mal informé sur la question, selon un récent sondage de Sidaction. Et il suffit d’aller dans la rue pour s’en rendre compte.

 

 

Interrogés sur la façon dont se transmet le virus, un jeune homme répond "par la salive". Un autre estime qu'on peut éviter d'être infecté en utilisant "les moyens de contraception." Deux idées fausses : non, le VIH ne se transmet par la salive et non, la contraception n'empêche pas la transmission du virus, contrairement à ce que pense un jeune sur sept en France aujourd'hui. 

 

 

 

Rares sont les jeunes qui ont déjà fait un test

Selon les derniers chiffres officiels, 6 400 personnes ont découvert leur séropositivité en France en 2017. Et 25 000 autres sont porteuses du VIH sans le savoir. Pourtant, rares sont les jeunes qui ont déjà fait un test. "Maintenant que vous le dites, peut-être qu'il faudrait qu'un jour j'aille faire des analyses pour savoir", confesse un jeune.

 

 

 

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Lucie Hovhannessian a appris sa séropositivité il y a sept ans. (ASTRID DI CROLLALANZA)

 

 

 

Lucie Hovhannessian, elle, le sait. Elle est sous trithérapie depuis sept ans. "C'est au détour d'analyses de sang prises par un anesthésiste" qu'elle a appris sa séropositivité. C’est après un rapport sexuel non protégé que la jeune femme de 27 ans a contracté le VIH. "Quand on est jeune, on se sent invincible, et à un moment on passe tous par cette phase de 'il ne va jamais rien m'arriver'. Ce n'est pas un virus qui fait une sélection dans ses victimes. Si vous êtes en contact avec ce virus, il va entrer dans votre corps et il va y rester". Car contrairement à ce que pense un jeune sur quatre aujourd’hui, il n’existe aucun médicament pour guérir du sida.

 


05/04/2019
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Franceinfo - le mercredi 3 avril 2019 - mis à jour le 04.04.19

 

 

Quatre questions sur les interdictions de plusieurs modèles de prothèses mammaires par la France

 

 

 

 

Plusieurs modèles d'implants mammaires soupçonnés de favoriser une forme rare de cancer sont désormais interdits par l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM)

 

 

 

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 Une prothèse mammaire avant une opération.  (MIGUEL MEDINA / AFP)

 

 

 

La France va interdire plusieurs modèles d'implants mammaires soupçonnés de favoriser une forme rare de cancer, à cause du "danger rare mais grave" qu'ils peuvent faire courir aux femmes qui les portent. L'Agence nationale des produits de santé (ANSM) a pris cette décision "face à l'augmentation significative depuis 2011 des cas de lymphome anaplasique à grandes cellules associés au port d'implants mammaires", explique le gendarme sanitaire dans un courrier aux fabricants révélé par franceinfo, mercredi 3 avril. Nous décryptons ce document.

 

 

>>Cancers et prothèses mammaires : la France interdit les modèles les plus répandus

 

 

 

1 - Quelles sont les prothèses concernées ? 

Les prothèses visées par la décision de l'ANSM ont une surface extérieure en silicone "macro-texturée", c'est-à-dire rugueuse, ou en polyuréthane. Leur retrait a été décidé "au vu du danger rare mais grave que leur implantation est susceptible de constituer", selon ce courrier, daté de mardi et signé de Christelle Ratignier-Carbonneil, directrice générale adjointe de l'ANSM. Parmi les prothèses interdites figurent plusieurs modèles du fabricant américain Allergan de type Biocell. Les autres modèles frappés par l'interdiction sont fabriqués par les marques Arion, Sebbin, Nagor, Eurosilicone et Polytech. Au total, le document fait référence à 91 références. 

 

 

 

2 - C'est quoi ces prothèses "macro-texturées" ?

Les prothèses visées par la décision de l'ANSM ont une surface extérieure en silicone "macro-texturée", c'est-à-dire rugueuse, ou en polyuréthane. Cette texture est la principale mise en cause dans la survenue de cas de cancers.

 

 

Les implants mammaires en silicone sont classifiés en fonction de l'aspect de la pellicule qui les entoure, entre lisses et texturés (microtexturés ou macrotexturés, selon le degré de rugosité). A l'inverse de pays comme les Etats-Unis et le Canada, où les implants lisses sont nettement majoritaires, les prothèses texturées sont privilégiées en France car elles sont réputées rester mieux en place que les prothèses à surface lisse et provoquer moins de "coques" (durcissement des tissus autour de l'implant).

 

 

Enfin, les implants dont l'enveloppe extérieure est en polyuréthane sont marginaux sur le marché. La mousse dont ils sont recouverts est poreuse, ce qui permet aux tissus du sein de s'y accrocher.

 

 

 

3 - Pourquoi toutes les prothèses ne sont pas été retirées ?

En revanche, l'ANSM n'a pas non plus opté pour la solution la plus radicale, qui aurait consisté à interdire en bloc tous les implants mammaires texturés, qui représentent près de 85% du marché français. Selon Le Monde, aucune réglementation ne permet de différencier les implants lisses, macrotexturés, microtexturés et nanotexturés. C’est pourquoi l’ANSM recommande dans ce courrier "qu'il convient de maintenir, à titre conservatoire, une surveillance renforcée des autres implants mammaires à enveloppe texturée ainsi que des autres implants mammaires polyuréthane".

 

 

 

4 - Quels sont les cancers provoqués ? 

Depuis 2011, sur les 500 000 femmes porteuses d'implants mammaires en France, on a recensé 56 cas de lymphome anaplasique à grandes cellules (LAGC). Il s'agit d'une forme rare mais agressive de cancer, qui se manifeste le plus souvent par un épanchement de liquide autour de la prothèse. La quasi totalité des cas concernaient des femmes ayant des prothèses à enveloppe texturée. Trois en sont décédées.

 

 

Conçus pour leur "effet velcro", qui permet à la prothèse de mieux adhérer aux tissus, ces implants macro-texturées pourraient créer une inflammation chronique qui déclencherait la maladie. Si les mécanismes biologiques de ce cancer sont encore inconnus, il est désormais établi que le port de ces implants dits macrotexturés en est la cause.

 


04/04/2019
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Franceinfo - le samedi 30 mars 2019

 

 

Loire-Atlantique : ce que l'on sait des neuf cas de cancers pédiatriques à Sainte-Pazanne

 

 

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franceinfoFrance Télévisions

 

 

 

Neuf enfants ont développé un cancer depuis décembre 2015 dans cette commune située près de Nantes, selon un collectif de familles. Trois en sont morts. Santé publique France va mener une étude épidémiologique, les premières conclusions seront rendues cet automne

 

 

 

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Une vue de Sainte-Pazanne (Loire-Atlantique). (FRANCE 3)

 

 

 

A Sainte-Pazanne, "tout le monde ne parle que de ça en ce moment." Dans cette commune de 6 500 habitants, située à une trentaine de kilomètres au sud-ouest de Nantes (Loire-Atlantique), neuf cas de cancers pédiatriques ont été recensés depuis décembre 2015, dont trois mortels. Les parents veulent comprendre. L'Agence régionale de santé Pays de la Loire a annoncé, vendredi 29 mars, qu'une étude épidémiologique allait être menée par Santé publique France pour tenter de faire la lumière sur ces décès. Voici les éléments.

 

 

 

Les familles évoquent neuf cas recensés depuis 2015

Parmi les neuf enfants et jeunes adultes, âgés de 3 à 19 ans, recensés par des familles pazenaises, deux sont en rémission, quatre suivent un traitement lourd et trois sont morts. Elouan allait avoir 12 ans quand il est décédé en mai 2018. "Il était atteint d'un lymphome, explique à franceinfo sa mère Séverine Ragot. Au début, on pensait que c'était un cas isolé. Puis en regardant de plus près, j'ai compris qu'on n'était pas tous seuls. Une deuxième famille, puis une troisième, puis une quatrième... A un moment donné, ça ne relève plus du simple hasard."

 

 

Autant de cas de cancers d'enfants dans une commune aussi petite, ça pose forcément des questions. Nous, parents, sommes en droit d'avoir des réponses.Séverine Ragot à franceinfo

 

 

Marie Thibaud, elle aussi, veut savoir. En décembre 2015, on diagnostique une leucémie à son fils Alban, alors âgé de 4 ans. Alors qu'il est en rémission, c'est au tour d'un de ses camarades de classe d'être touché. "C'est Alban qui me dit : 'maman, c'est pas vrai, il est pas malade lui aussi ?'", confie-t-elle à France 3 Pays de la Loire

 

 

A Sainte-Pazanne, depuis 2015, un enfant est atteint de cancer tous les six mois, c'est supérieur à la moyenne nationale et nous avons besoin de savoir pourquoi.Marie Thibaud à France 3 Pays de la Loire

 

 

L'Agence régionale de santé (ARS) Pays de la Loire, saisie dès avril 2017 de six cas de cancers pédiatriques, avait "conclu à un excès de cas de leucémies sur deux ans parmi les enfants de moins de 15 ans, par rapport aux données observées au cours des années précédentes sur ce même secteur".

 

 

 

Une étude épidémiologique a été lancée

Mi-mars, les familles ont décidé de se rassembler au sein d'un collectif. Son nom : "Stop aux cancers de nos enfants". Leur détermination a fini par payer. L'ARS Pays de la Loire a annoncé, vendredi 29 mars, qu'une étude épidémiologique allait "immédiatement" être menée par Santé publique France, un organisme qui dépend du ministère de la Santé. Les premières conclusions sont attendues à l'automne prochain. "Cette fois, on a le sentiment d'être pris au sérieux, témoigne, soulagée, Séverine Ragot. C'est une première victoire, il va y avoir des enquêtes de terrain, ça avance dans le bon sens."

 

 

La première enquête de l'ARS en 2017 n'avait rien donné. Il s'agissait à l'époque d'une "analyse que l'on peut qualifier d'administrative, sans aller sur le terrain", a expliqué le maire de Sainte-Pazanne, Bernard Morilleau, surEurope 1"Il n'y avait pas eu de conclusion tirée." Mais depuis l'apparition de nouveaux cas, "on a retiré la sonnette d'alarme auprès de l'ARS, qui accepte aujourd'hui d'aller vers un deuxième niveau d'investigation de terrain, beaucoup plus approfondi".

 

 

 

Aucun "facteur de risque environnemental" n'a pour l'heure été détecté

A ce jour, personne n'est en mesure d'expliquer ces cas de cancers pédiatriques développés localement. "On ne comprend d'où cela peut venir, observe le maire Bernard Morilleau à franceinfo. Les habitants s'interrogent, téléphonent à leurs médecins. C'est compliqué à gérer car on n'a pas les éléments scientifiques pour répondre à leurs questions." Sainte-Pazanne se situe dans une zone rurale, majoritairement agricole, sans site Seveso ni industrie lourde. "L'analyse des facteurs de risque environnementaux n'a pas montré de cause prédominante", concluait l'ARS après ses premières recherches.

 

 

En attendant les conclusions de Santé publique France, le maire de Sainte-Pazanne répète à franceinfo qu'il faut "absolument éviter les supputations car on ne sait rien, et qu'on risque de se tromper". Le collectif "Stop aux cancers de nos enfants" l'a bien compris : lui aussi ne s'avance pas sur les éventuelles causes du phénomène. "Je m'attends à tout, explique à franceinfo Séverine Ragot. Il se peut qu'on ne trouve rien. Mais il se peut qu'on trouve des débuts de réponses. Dans tous les cas, on ne peut pas rester les bras croisés." 

 

 

Santé publique France et l'ARS organisent une réunion publique, jeudi 4 avril, dans une salle municipale de Sainte-Pazanne. Initialement prévue début mai, la date a été avancée d'un mois. "C'est la preuve qu'on est enfin écoutés", se réjouit Séverine Ragot qui sera "évidemment" présente ce soir-là.

 


31/03/2019
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Franceinfo - le vendredi 8 mars 2019

 

 

Endométriose : la ministre de la Santé prévoit une meilleure information des femmes et des professionnels

 

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franceinfoSolenne Le HenRadio France

 

 

 

Agnès Buzyn se rend vendredi à l'hôpital Saint-Joseph, à Paris, afin de faire des annonces pour une meilleure prise en charge de l'endométriose, une maladie gynécologique, mal connue et mal repérée

 

 

 

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Marche mondiale contre l'endométriose, le 26 mars 2018, à Marseille (Provence). (VAL?RIE VREL / MAXPPP)

 

 

 

franceinfo dévoile, vendredi 8 mars matin, plusieurs mesures que la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, prévoit pour une meilleure prise en charge de l'endométriose. Elles sont axées principalement sur l'information à destination des femmes et des professionnels de santé. 

 

 

 

Plusieurs axes de travail

La priorité de la ministre est de renforcer tout d'abord l'information des femmes sur une pathologie qui se caractérise notamment par des règles douloureuses ou hémorragiques, également des douleurs lors des rapports sexuels. Une femme sur dix souffre de cette maladie gynécologique, mais beaucoup ne savent pas qu'elles en sont atteintes. Agnès Buzyn souhaite aussi améliorer l'information des professionnels de santé qui sous-évaluent trop souvent la maladie voire ne la diagnostiquent pas. Autre axe dans les annonces de la ministre : orienter plus facilement les malades vers des experts ou des spécialistes de l'endométriose dans chaque région.

 

 

La ministre doit se rendre vendredi à l'hôpital Saint-Joseph, à Paris, qui a mis en place un réseau de professionnels de santé spécialisés dans le diagnostic et le traitement de cette maladie douloureuse et fréquemment, les femmes qui en souffrent sont infertiles.

 


09/03/2019
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Franceinfo - le dimanche 17 février 2019

 

 

"On l'a attendu pendant neuf mois et quand il est là, on regrette" : comment le burn out parental a bouleversé leur vie

 

 

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Marion BothorelFrance Télévisions

 

 

 

La première étude consacrée à ce syndrome, encore peu connu, vient de paraître. Comment l'identifier ? Comment s'en sortir ? Des mères racontent leur histoire à franceinfo

 

 

 

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D'après la première étude sur le sujet, 5 à 8% des parents belges seraient touchés par un burn out parental. (SOLSTOCK / GETTY IMAGES)

 

 

 

"Mon aîné aurait pu partir plusieurs semaines qu'il ne m'aurait pas manqué, tant je suis à bout." Depuis la Belgique, Fanny confie par téléphone son épuisement. A 38 ans, elle élève seule ses trois enfants depuis le décès de son mari, il y a trois ans.

 

 

Un épuisement intense qu'a connu Claire et qui l'a conduit, alors jeune maman depuis six mois, à l'hôpital pendant plusieurs jours, en août dernier. Sous traitement, les trois mois de son congé maternité ne lui ont pas suffi : "Quand on a passé trois mois à ne pas dormir, à s'occuper uniquement de son enfant, on est vraiment pas prête, souffle cette maman habitante de La Réunion. Quelqu'un privé de sommeil pendant des mois devient fou." Un état d'épuisement, souvent accompagné d'autres symptômes, qui porte un nom : le burn out parental.

 

 

 

"Des ascenseurs émotionnels en permanence"

En Belgique, entre 5 à 8% des parents seraient actuellement touchés, d'après la première étude menée sur le sujet. Depuis 2015, Moïra Mikolajczak et Isabelle Roskam, toutes deux docteures en psychologie, professeures et directrices de recherche sur le burn out parental à l’UCLouvain, s'intéressent à ce syndrome qui touche ces adultes exposés à un stress chronique impossible à réguler pour eux.

 

 

>> Epuisement, isolement, sautes d'humeur... Sept signes qui doivent vous alerter sur le burn-out parental 

 

 

Parmi les symptômes : un long épuisement physique et psychique, des troubles du sommeil, de l'alimentation et du désir, un isolement progressif, des sautes d'humeur et jusqu'à des violences à l'égard de leur entourage et de leur enfant. "Cela a commencé par une fatigue générale, un ras-le-bol de tout, de faire continuellement les mêmes choses sans reconnaissance", se rappelle Marlène, maman de trois enfants en bas âge, près d'un mois après son effondrement.

 

 

J'étais à bout, incomprise et moi-même je ne comprenais pas mon comportement. Pourquoi je n'y arrivais plus ?Marlène, mère de trois enfants à franceinfo

 

 

Pour Claire-Marie Best, docteure en psychologie à Meudon, le burn out parental s'exprime surtout par la difficulté à réguler ses propres émotions. "C'est considéré comme un épuisement à la tâche parentale, physique et émotionnel, parce que le contexte change et qu'on a du mal à faire la régulation émotionnelle", explique-t-elle. D'une colère froide, les parents concernés peuvent s'excuser en larmes auprès de leurs tout-petits juste après. "Je me mettais dans une colère noire, au point de l'enfermer dans sa chambre et moi dans la mienne, pour aller crier dans mon oreiller, témoigne Marie, 27 ans. C'étaient des ascenseurs émotionnels en permanence."

 

 

Dépassés par les tâches du quotidien et épuisés, les parents parviennent au stade dit de "distanciation affective", comme l'a vécu Claire en août dernier : "On ressent l'envie de s'éloigner de son enfant alors qu'on vient de lui donner naissance, on se dit qu'on aurait pas dû."

 

 

Vous ne mangez plus, vous vomissez, vous avez mal au ventre, plus rien n'a de sens, vous avez besoin d'aide et de quitter ce qui crée ce contexte très angoissant.Claire, maman d'une petite fille d'un an à franceinfo

 

 

D'après l'étude menée par Moïra Mikolajczak et Isabelle Roskam, le burn out parental multiplie par 13 le risque de négliger ses enfants et par 20 le risque de les violenter.

 

 

 

Evolution de la société et réseaux sociaux

Psychanalyste depuis trente-sept ans à Boulogne-Billancourt, Liliane Holstein constate "depuis quatre ou cinq ans une augmentation phénoménale des consultations pour épuisement parental", ce qui se manifeste par une dépression massive des parents. Pour l'auteure de Burn out parental, cette explosion de l'épuisement parental est symptomatique de notre société, qui accorde une place "primordiale" à l'enfant depuis les années 1980-1990. Les parents du XXIe siècle "sont dans une course à la perfection pour être aimés par leurs enfants, qu'ils ne manquent de rien. Ce qui fait qu'il n'y a jamais de détente du matin jusqu'au soir", détaille la psychanalyste.

 

 

Sans oublier que les réseaux sociaux peuvent aussi pousser certains parents dans une course à la perfection. "Certains comptes sur Instagram ou Facebook renvoient l'image d'une parentalité parfaite, souligne Moïra Mikolajczak avant d'appeler à la création "d'un climat de bienveillance".

Il faut arrêter de poster des photos parfaites car elles peuvent créer des situations de stress pour les autres parents.Moïra Mikolajczak, chercheuse en psychologie à franceinfo

 

 

D'autant que ces images peuvent cacher une vraie souffrance. En août dernier, quand rien ne va plus, Marie, mère d'un bébé de 16 mois, publie ainsi successivement deux posts sur Instagram où elle parvient à poser des mots sur ce qui lui arrive. En échangeant avec les mamans qui lui répondent, elle découvre que ces femmes en souffrance "affichent une famille parfaite sur leurs pages". Aujourd'hui, Marie fait attention à ce qu'elle publie : "J'en ai marre de voir cette vie parfaite sur les réseaux parce que ce n'est pas parfait d'avoir un enfant, il y a des hauts mais on ne montre jamais les bas, c'est très culpabilisant."

 

 

Pour autant, rien n'indique que nos aînés, dont la durée de travail était supérieure à la notre, étaient moins sujets au burn out parental. "Tant que ça n'avait pas été étudié, on ne savait pas que ça existait, affirme Moïra Mikolajczak. Alors que ça existait avant, mais la différence est que ça concernait essentiellement les femmes et maintenant, on a un tiers d'hommes concernés." Exerçant depuis vingt ans, Claire-Marie Best identifie une recrudescence "sans précédent" depuis 2005 de jeunes parents qui viennent consulter. "Je vois des jeunes pères de 25-30 ans, ils ont envie d'être très présents auprès de leurs enfants et la nouvelle génération se questionne beaucoup" sur la manière de concilier vies professionnelle et familiale.

 

 

 

Le problème du diagnostic

Reste que malgré des études plus nombreuses sur le sujet, le burn out a encore du mal à être diagnostiqué comme a pu le constater Claire. Alors que son bébé est malade et pleure sans cesse, elle décide de se confier à son médecin : "Madame, si vous ne supportez pas d'entendre un bébé pleurer, il ne fallait pas en faire", lui répond le spécialiste qui lui prescrit des médicaments pour retrouver le sommeil.

 

 

A la différence de la dépression, maladie psychiatrique bien identifié, le burn out parental "n'est pas référencé, ce n'est pas diagnostiqué sur le plan médical, on n'a pas de critère spécifique", souligne Claire-Marie Best, docteure en psychologie. Et quand certains praticiens parviennent à le diagnostiquer, le traitement n'est pas toujours adapté comme le souligne Marlène qui s'est vu prescrire trois semaines d'arrêt par son médecin. "Trois semaines à la maison ! Mon pire cauchemar !" souffle celle qui a fini par trouver refuge dans son travail.

 

 

Chacune des femmes interviewées par franceinfo s'est aussi vue prescrire des anti-dépresseurs. La plupart ont refusé, ne se sentant pas malades, et se sont tournées vers des médecines alternatives, comme l'homéopathie ou la sophrologie. D'autres, comme Marie, se sont "auto-diagnostiquées", en lisant. Aujourd'hui, des applications comme Dr Mood peuvent aider à tirer la sonnette d'alarme et éviter de se retrouver dans des situations extrêmes pour réagir. "Pour les mères touchées, il n'y a pas d'arrêts de travail, soupire Stéphanie Allenou, auteure de Maman épuisée. On attend qu'elles se présentent aux urgences ou au commissariat avec leur(s) enfant(s) pour réagir."

 

 

 

"On a le droit de dire : 'stop, j'ai besoin d'aide'"

Pourtant, des solutions existent. C'est l'enseignement majeur de l'étude conduite par les deux chercheuses belges : une fois que le parent parvient à identifier sa souffrance, il peut rapidement se rétablir. Moïra Mikolajczak insiste : "En deux mois, il y a des moyens pour s'en sortir, alors que des gens ont failli en mourir ou qu'ils sont enfoncés là-dedans depuis deux ans. Il faut se soigner, pour soi et ses enfants et ça fonctionne."

 

 

Dès lors qu'on constate que le parent est en souffrance, ce qui peut aller jusqu'à des pensées suicidaires et la volonté de quitter le foyer, la question du traitement se pose.Moïra Mikolajczak, professeure et directrice de recherche sur le burn out parental à l'UCLouvain à franceinfo

 

 

De plus en plus de patients en état d'épuisement émotionnel viennent consulter Claire-Marie Best : "Ce qui peut les aider, c'est un accompagnement pour savoir ce qui est important, définir les priorités qui comptent et pas celles qui faut avoir, analyse-t-elle. Il faut les aider à prendre du recul et à mieux gérer leurs émotions."

 

 

La solution la plus efficace, souligne toujours l'étude, est la participation à des groupes de parole avec d'autres parents. "Quand il n'y a plus de mots, c'est le corps qui parle : soit on s'écroule, soit on frappe ses gamins, soit c'est les deux", affirme Stéphanie Allenou, fondatrice d'une association de soutien à la parentalité, l'Ilôt Familles. Poser des mots permet aussi aux parents en souffrance de se rendre compte qu'ils ne sont pas tous seuls, de déculpabiliser et de trouver une issue. Après son burn out, Stéphanie Allenou a donné naissance à un quatrième enfant, en restant toutefois sur ses gardes : "Je ne me sens pas complètement à l'abri mais je me sens bien armée, j'ai les ressources et je sais où aller chercher de l'aide", confie celle qui dirige également un lieu d'accueil parents-enfants à Nantes.

 

 

Car oser aller chercher de l'aide, apparaît comme la solution la plus efficace comme le souligne Claire : "On va ressentir, à un moment, ce bonheur d'avoir cet enfant. Parce quand on l'a attendu pendant neuf mois et que, quand il est là, on regrette, on se dit pourquoi j'ai fait ça, on culpabilise alors que ça va passer, glisse la jeune femme. Il faut arrêter de penser que tout est inné, que tout est facile et, en tant que jeune parent, on a le droit de dire 'stop, j'ai besoin d'aide'."

 


17/02/2019
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