L'AIR DU TEMPS

L'AIR DU TEMPS

MEDECINE - Santé

Chaque époque apporte son lot d'évolution. Il en est un, tout particulièrement intéressant, qui concerne la médecine. Que d'améliorations au fil de l'histoire ! Voilà où nous en somme aujourd'hui, en plein XXIème siècle...

 


Franceinfo - le mardi 23 octobre 2018

 

 

L'Agence du médicament autorise officiellement la prescription du baclofène dans le traitement de l'alcoolisme, sous conditions

 

 

L'ANSM prévoit un "suivi renforcé" du médicament et des conditions strictes de prescription "après échec des autres traitements"

 

 

 

 

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Le baclofène a reçu une autorisation de mise sur le marché pour le traitement de la dépendance à l'alcool, le 23 octobre 2018. (VOISIN / PHANIE / AFP)

 

 

 

Une autorisation sous conditions. L'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) a octroyé une autorisation de mise sur le marché (AMM) au baclofène dans le traitement de l'alcoolo-dépendance, selon un communiqué publié  mardi 23 octobre. Le baclofène ne pourra pas être prescrit en première intention. Il "est indiqué dans la réduction de la consommation d'alcool, en complément d'un suivi psychosocial, après échec des autres traitements, chez l'adulte", précise l'agence. Dans le cadre de cette AMM, obtenue par le laboratoire Ethypharm, le baclofène ne pourra en outre être prescrit qu'à une dose réduite (80 mg/jour au maximum). Le médicament doit aussi faire l'objet "d'un suivi renforcé" dès sa commercialisation.

 

 

Le baclofène est un médicament prescrit depuis les années 1970 comme relaxant musculaire, mais dont l'usage a peu à peu été détourné vers le traitement de l'alcoolo-dépendance. Depuis 2014, il est autorisé à cette fin, grâce à une recommandation temporaire d'utilisation (RTU). Cette autorisation était valide jusqu'en mars 2019.

 

 

En 2018, plusieurs avis négatifs ont néanmoins été rendus quant à la commercialisation du baclofène dans le traitement de l'alcoolisme. Une commission d'experts avait rendu un avis "défavorable" en juillet à la demande du laboratoire Ethypharm "telle que proposée", en raison de posologie jugée trop élevée. Un précédent comité d'experts chargé de l'évaluation du rapport bénéfice/risque du baclofène dans le cadre de l'alcoolisme, le Comité scientifique spécialisé temporaire (CSST), avait déjà rendu un avis défavorable en avril. Le CSST avait considéré que le rapport bénéfice/risque dans cette indication était négatif.

 


29/10/2018
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Franceinfo - le dimanche 21 octobre 2018 - voir aussi articles dans la rubrique Environnement-climat

 

 

Bébés nés sans bras : le gouvernement lance une nouvelle enquête

 

 

La ministre de la Santé annonce dimanche une enquête de l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail et de Santé publique France

 

 

 

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Dans une maternité de Thionville (Moselle), le 14 juin 2017.  (MAXPPP)

 

 

 

Le gouvernement a décidé de lancer une nouvelle enquête sur des bébés nés sans bras dans plusieurs départements, a déclaré dimanche la ministre de la Santé, invitée du "Grand jury" RTL-Le Figaro-LCI. 

 

 

Avec le ministre de la Transition écologique, François de Rugy, "nous avons décidé de relancer une enquête" avec l'Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail) et Santé publique France pour avoir des "regards croisés" de médecins et d'experts de l'environnement, déclare Agnès Buzyn. La ministre ajoute : "On ne peut pas se satisfaire de dire qu'on n'a pas trouvé de causes, c'est insupportable." "Bébés nés sans bras : s'en remettre à la fatalité n'est pas acceptable !" a pour sa part tweeté François de Rugy, au sujet de cette "nouvelle enquête" pour "faire toute la lumière sur l'origine de ces malformations".

 

 

Ces cas groupés ont été observés dans l'Ain (sept naissances entre 2009 et 2014), en Loire-Atlantique (trois naissances en 2007 et 2008) et dans le Morbihan (quatre naissances entre 2011 et 2013), à chaque fois dans un périmètre restreint. Ils ont suscité des inquiétudes dans les zones concernées.

 

 

Après une première enquête, l'agence Santé publique France a conclu début octobre que le nombre de cas de l'Ain n'était pas statistiquement supérieur à la moyenne nationale. A l'inverse, il y a bien, selon elle, un excès de cas en Loire-Atlantique et dans le Morbihan, mais qui restent sans explications. Selon Agnès Buzyn, il y a "entre 80 et 100 naissances par an avec des malformations de membres" en France. 

 

 

Des erreurs "grossières" dans le premier rapport

Les causes peuvent être génétiques, liées à des contraintes physiques ou dues à des substances toxiques (alimentation, environnement, voire médicaments dans le cas du thalidomide, anti-nauséeux qui a fait naître des milliers d'enfants malformés entre 1957 et 1962). Plusieurs facteurs entrent sans doute en ligne de compte. 

 

 

Agnès Buzyn a par ailleurs assuré qu'il était "hors de question d'arrêter la subvention des registres" y compris du Remera (registre des malformations en Rhône-Alpes) dirigé par Emmanuelle Amar. Basé à Lyon, ce registre, le plus ancien des six registres des malformations congénitales de France, est au centre d'une polémique scientifique après avoir révélé les cas de l'Ain. "Quand il y a un registre qui cumule des cas pendant 20 ans, 30 ans, si à un moment vous l'arrêtez, on ne peut plus le démarrer, vous perdez l'information. Quand on a un registre qui fonctionne, il ne faut surtout pas l'arrêter", a souligné la ministre.

 

 

Le 16 octobre, plusieurs biostatisticiens, interrogés par Le Monde (article abonnés), ont dénoncé le rapport de Santé publique France qui avait conclu à l'absence d'anomalies. Selon ces scientifiques, ce rapport contient des erreurs "grossières".

 


26/10/2018
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Franceinfo - le mercredi 10 octobre 2018

 

 

L'Agence de sécurité sanitaire demande l'arrêt des cabines de bronzage en raison d'un risque de cancer "avéré"

 

 

"En France, il a été estimé que 43% des mélanomes chez les jeunes pouvaient être attribués à une utilisation de ces cabines avant l'âge de 30 ans", souligne l'agence

 

 

 

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Dans un précédent avis en 2014, l'Anses recommandait déjà "la cessation à terme de tout usage commercial du bronzage par UV artificiels". (THOMAS COEX / AFP)

 

 

 

Les jours des centres de bronzage sont peut-être comptés. L'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) demande "aux pouvoirs publics de prendre toute mesure de nature à faire cesser l'exposition de la population aux UV artificiels" devant le risque de cancer "avéré", dans un avis publié mercredi 10 octobre.

 

 

"On recommande l'arrêt de l'activité liée au bronzage artificiel, et aussi l'arrêt de la vente d'appareils délivrant des UV à visée esthétique, notamment aux particuliers", a expliqué Olivier Merckel, chef de l'unité d'évaluation des risques aux agents physiques à l'Anses, qui a suivi l'expertise.

 

 

Que reproche-t-on aux cabines ?

La lumière naturelle contient trois types de rayonnements ultraviolets : UVA, UVB et UVC. En France, les cabines de bronzage émettent principalement des UVA, l’éclairement des UVB étant limité par la réglementation. L'Anses relève "qu'aucune valeur limite d'irradiance ou de dose ne peut être fixée pour protéger les utilisateurs".

 

 

Les cabines de bronzage sont des lieux d’exposition à des sources intenses d’UV qui sont beaucoup plus riches en UVA que la lumière naturelle. L’exposition à ces UV provoque des lésions sur l’ADN pour des doses inférieures à celles déclenchant le coup de soleil. L’utilisateur peut ressentir, à tort, un sentiment de sécurité dû à l’absence de coup de soleil.

 

 

Quels sont les risques ? 

Les risques de cancer sont avérés depuis plusieurs années. "Les personnes ayant eu recours au moins une fois aux cabines de bronzage avant l'âge de 35 ans augmentent de 59% le risque de développer un mélanome cutané", alerte l'Anses. Beaucoup plus rare que le carcinome, le mélanome est le cancer de la peau le plus grave du fait de sa capacité à se propager rapidement à d'autres parties du corps. 

 

 

En France, il a été estimé que 43% des mélanomes chez les jeunes pouvaient être attribués à une utilisation de ces cabines avant l'âge de 30 ans, ajoute le rapport. Les mélanomes cutanés représentent l’une des premières causes de mortalité chez les moins de 35 ans dans l'Hexagone.

 

 

Les UV artificiels provoquent d'autres effets indésirables, comme un vieillissement de la peau, dont les experts estiment qu'il pourrait être quatre fois plus rapide avec les lampes de bronzage qu'avec le soleil.

 

 

Est-ce une découverte ? 

Non, et il faut agir vite, selon l'agence de sécurité sanitaire. Dans un précédent avis en 2014, l'Anses recommandait "la cessation à terme de tout usage commercial du bronzage par UV artificiels" et jugeait que la dernière réglementation en date (2013) "constituait une réponse partielle et insuffisante au regard du risque avéré de cancers cutanés pour les utilisateurs".

 

 

"On ne peut plus attendre, souligne Olivier Merckel. Les données scientifiques s'accumulent, il n'y a plus de doute, on a des preuves solides, le risque de cancer est avéré, on a des données chiffrées sur les risques pour les jeunes, pour toute la population, maintenant on recommande une action des pouvoirs publics."

 

 

L'interdiction des cabines de bronzage est demandée depuis 2015 par les dermatologues, l'Académie de médecine et même les sénateurs, mais sans être suivie à ce jour par le gouvernement, qui s'est contenté de durcir leur réglementation. Le Centre international de recherche sur le cancer a déclaré "cancérogènes certains" l’ensemble du spectre UV (UVA, UVB, UVC) ainsi que les appareils de bronzage depuis 2009.

 


17/10/2018
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Franceinfo - le mardi 2 octobre 2018

 

 

Trois scientifiques, dont le Français Gérard Mourou, récompensés par le prix Nobel de physique pour leurs travaux sur les lasers

 

 

"Les prix Nobel de physique de cette année ont révolutionné la physique des lasers", a expliqué le comité Nobel

 

 

 

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Arthur Ashkin, Gérard Mourou et Donna Strickland, les prix de Nobel de physique 2018. (HANNA FRANZEN / TT NEWS AGENCY / AFP)

 

 

Trois scientifiques ont vu leurs travaux sur la physique des lasers récompensés par le prix Nobel de physique, mardi 2 octobre. Il s'agit de l'Américain Arthur Ashkin, d'une part, et du Français Gérard Mourou et de la Canadienne Donna Strickland, d'autre part. Arthur Ashkin est récompensé "pour ses pinces optiques et leur application aux systèmes biologiques" – les pinces optiques servant à piéger des objets de petite dimension, comme des molécules, à l'aide d'un faisceau laser. Gérard Mourou et Donna Strickland reçoivent conjointement l'autre moitié du Nobel de physique "pour leur méthode de génération d'impulsions optiques".

 

 

Des avancées pour la chirurgie de l'œil

La technique d'amplification des lasers Chirped Pulse Amplification (CPA) mise au point il y a un peu plus de trente ans par Gérard Mourou et Donna Strickland, qui était son étudiante, a permis de créer des impulsions ultracourtes de quelques dizaines de femto-secondes et de très haute puissance, précise l'Ecole polytechnique, dont le lauréat français est diplômé. Adaptée au médical, la technique CPA a permis des avancées nouvelles dans le domaine de la chirurgie réfractive de l'œil et de la cataracte. "Les inventions qui sont honorées cette année ont révolutionné la physique des lasers", ajoute l'Académie royale des sciences.

 


05/10/2018
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Franceinfo - le mercredi 26 septembre 2018

 

 

Sept bébés naissent sans bras ou sans main près d'un petit village de l'Ain, une fréquence hors norme

 

 

avatar  L'Oeil du 20 heuresFrance Télévisions

 

 

 

L’Œil du 20 heures" s’est penché sur un rapport médical troublant longtemps resté confidentiel. Autour de Druillat, ce village de l’Ain, en quatre ans, 7 bébés sont nés sans bras ou sans main. Une fréquence hors norme selon la structure qui a donné l’alerte, et qui pourtant aujourd’hui est menacée de disparaître

 

 

 

C’est dans leur pavillon, à la sortie du village, que nous avons rencontré Mélanie et Jonathan Vitry. Leur fils Ryan, 8 ans, est né sans main droite. Son père a modifié son quad pour qu’il puisse le piloter. Pas détecté à l’échographie, les parents ont découvert le handicap de leur enfant le jour de sa naissance : “J’ai pleuré, forcément. Et mon mari est tombé dans les pommes.”

 

 

Les médecins n’ont aucune explication. L’anomalie ne serait pas génétique, pas liée non plus à des prises de médicaments, ou de drogue. Seule certitude : des enfants comme Ryan, il y en a 7 dans un rayon de 17 kilomètres autour de Druillat. Tous nés entre 2009 et 2014.  

 

 

“Sur une zone pareille, c’est tout à fait énorme !”  

Une fréquence qui a alerté Emmanuelle Amar, épidémiologiste, elle travaille pour le Remera, une structure qui recense les malformations dans la région. Dans cette zone géographique, c’est 58 fois plus que la normale, selon les résultats de son enquête. “On a interrogé toutes les mères avec un questionnaire très poussé sur leurs habitudes de vie. Le seul point commun c’est que toutes ces femmes vivent en zone rurale au milieu des champs."  

 

 

Fin 2014, l’épidémiologiste  transmet son rapport aux autorités de santé. Deux ans plus tard,  Santé Publique France répond en contestant la méthologie et précise : “Compte tenu de la nature du problème détecté et de ses répercussions sociétales, en termes de craintes des populations concernées, une vigilance renforcée semble nécessaire.”  

 

 

Une vigilance renforcée, mais plus par l’équipe du Remera. Après 45 années d’existence, la structure pourrait disparaître. Les subventions publiques lui ont été coupées : “Les conséquences sont très simples, c’est la fin de la surveillance des malformations, c’est à dire clairement la fin de l’alerte aussi", regrette Emmanuelle Amar.  

 

 

La région Auvergne Rhône Alpes, qui cofinançait, considère que désormais, ça ne fait plus partie de ses attributions. Quant à l’Inserm, l’organisme de recherche, il justifie l’abandon des subventions en affirmant que “l’apport du registre pour la recherche est très faible”. Etonnant, car il y a deux ans, l’ex-ministre de la Santé, Marisol Touraine, vantait, au contraire, le travail du Remera.    

 

 

Entre temps des médecins de Bretagne et des Pays de la Loire ont alerté à leur tour les autorités. Sept enfants sont nés sans bras autour de deux villages, en quelques mois seulement.   

 


02/10/2018
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Franceinfo - le jeudi 27 septembre 2018

 

 

Le médecin qui avait lancé l'alerte sur les prothèses PIP dénonce la dangerosité de nouvelles prothèses mammaires

 

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Solenne Le HenRadio France

 

 

 

Si une cinquantaine de cas ont été recensés en France, le docteur Christian Marinetti conseille de ne pas s'affoler, mais de les surveiller

 

 

 

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Le Dr Christian Marinetti, ici le 6 janvier 2012 à Marseille, avait lancé l'alerte sur les prothèses PIP. (SOUILLARD BRUNO / MAXPPP)

 

 

 

Le docteur Christian Marinetti lance, jeudi 27 septembre sur franceinfo, un appel pour dénoncer la dangerosité de certaines prothèses mammaires fabriquées par le leader mondial du marché. Le chirurgien-plasticien et esthétique marseillais accuse le modèle de prothèses mammaires texturées Biocell, de l'Américain Allergan, de provoquer un cancer très rare, le lymphome anaplasique à grandes cellules.

 

 

Celle qui donne le plus de problèmes de lymphome, c'est la Biocelle d'Allergan.Christian Marinetti à franceinfo

 

 

Pour lancer ses accusations contre le leader mondial des prothèses mammaires, le docteur Christian Marinetti s'appuie sur un rapport de l'agence du médicament (ANSM). En France, depuis 2011, l'ANSM a recensé 50 cas, dont plusieurs ont été fatals. Sur 400 000 à 500 000 femmes porteuses d'implants mammaires, cela peut sembler peu.

 

 

Pour Christian Marinetti, il existe un point commun à presque toutes les femmes malades : "Celle qui donne le plus de problèmes de lymphome, c'est la Biocelle d'Allergan." La prothèse mammaire Biocell de l'Américain Allergan est texturée, c'est-à-dire que pour mieux adhérer au sein, elle a un aspect granuleux. C'est ce qui pourrait provoquer ces lymphomes.

 

 

Pas d'affolement à avoir

Pour autant, pas d'affolement, tient à rassurer le lanceur d'alerte du scandale PIP : "Comme pour un médicament, les prothèses ont des effets secondaires. Celui-là est grave, mais rare." Il conseille de ne pas s'affoler, de ne pas retirer ces implants aux femmes qui en porteraient, mais de les surveiller. "Le risque est faible, précise-t-il, mais maintenant que nous le connaissons, nous sommes obligés d'en tenir compte."

 

 

La prothèse réparatrice du cancer du sein, "c'est la Biocell", rappelle le médecin. "Elle a permis à des tas de femmes qui ont eu un cancer du sein, qui ont été amputées du sein, de retrouver une apparence physique normale". Christian Marinetti ne veut pas bannir ces implants. Il va continuer à utiliser la Biocell "quand on ne peut pas faire autrement". Ce sera aux chirurgiens "d'évaluer sur le terrain quels sont les avantages ou les inconvénients d'utiliser tel ou tel type d'implant dans l'intérêt du patient". Les implants mammaires ont une durée de vie de 10 ans : "Surveillons, encore de plus près que les autres, les patientes ayant des Biocell."

 

 

Allergan se pliera aux autorités sanitaires

Allergan France, contacté par franceinfo, reconnaît la part importante de ses prothèses dans les cas de lymphomes, mais se défend : "C'est parce que nous sommes aussi la marque la plus implantée", clame son président Francis Lemoine. "Nos prothèses sont marquées, donc facilement identifiables lorsqu'on les retire, et donc plus traçables, c’est aussi pour cela que nos prothèses sont le plus citées dans ces cas de cancers".

 

 

Francis Lemoine ajoute qu'"il n’est pas question, comme dans l’affaire PIP, de fraude. Ni pour l’instant de retrait. Nous nous conformerons évidemment aux recommandations des autorités sanitaires qui seront prises à l’automne." Les autorités sanitaires devraient en effet exprimer leurs recommandations sur le sujet d'ici la fin du mois de novembre.

 

 

Après la publication de cet article, le docteur Christian Marinetti tient à apporter les précisions suivantes :  "J’ai répondu aux questions de franceinfo en tant que Président du dernier Comité scientifique de l'ANSM concernant les lymphomes à grandes cellules liés aux implants mammaires (LAGC-AIM). Ce type de lymphome est extrêmement rare et est étudié en toute transparence depuis plusieurs années par les médecins et les autorités sanitaires de France et de nombreux pays. Le travail est rude et long en raison de l'importance des données à collecter, de leur imprécision, de la multiplicité des facteurs qui peuvent être en cause et du caractère indispensable de certaines prothèses mammaires si on veut reconstruire correctement un sein après amputation.

 

 

Depuis 2014 toute patiente qui doit subir une implantation est réglementairement informée de l'existence du LAGC. A ce stade, il n'y a personne à accuser de quoi que ce soit. Nous ne sommes pas dans l'affaire PIP ! La société Allergan est un fabricant sérieux d'implants mammaires et de produits et dispositifs médicaux qui a participé comme les autres fabricants en toute transparence aux études sur ce type de lymphome. L'implant dont il est question, la prothèse BIOCELL, est un implant essentiel, le plus utilisé dans la chirurgie réparatrice mammaire. Elle a permis et permet de restaurer au mieux l'image corporelle des patientes après amputation. Elle est souvent incontournable, car seule à même de se fixer vraiment dans les vastes espaces situés sous les lambeaux de peau et de muscle transposés sur le thorax, provenant du dos ou du ventre pour remplacer les tissus enlevés. D'autres implants que la BIOCELL pourraient s'avérer trop mobiles, se déplaçant dans toutes les directions sur le thorax, obligeant à pratiquer de nombreuses reprises chirurgicales non dénuées de risques.

 

 

Le LAGC est une pathologie très rare (600 cas environ répertoriés dans le monde en février dernier sur 40 millions environ de porteuses d'implants) qui mobilise néanmoins activement les autorités sanitaires, médecins, spécialistes de tous horizons et fabricants depuis plusieurs années. Suite au dernier Comité scientifique sur le sujet et au rapport de l'ANSM, les chirurgiens plasticiens, membres de la Société française de chirurgie plastique reconstructrice et esthétique (SOFCPRE) vont se réunir en séance plénière en novembre pour évaluer, comme pour toute thérapeutique, la balance bénéfice/risque sur ce problème et émettre de façon collégiale des recommandations, en toute information des patientes elles-mêmes et dans leur propre intérêt."

 


01/10/2018
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Franceinfo - le dimanche 9 septembre 2018

 

 

Grossesses très tardives : qui sont ces femmes qui accouchent à 45 ans ou plus ?

 

 

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Céline DelbecquefranceinfoFrance Télévisions

 

 

 

Etudes plus longues, progrès de la contraception, succession de fausses couches ou désir de maternité tardif… Malgré les risques, de nombreux facteurs incitent les femmes à tomber enceintes alors qu’elles sont âgées de 45 ans ou plus

 

 

 

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Une femme enceinte durant une échographie, à l'hôpital de Chambéry.  (JESSICA BORDEAU)

 

 

 

"En constatant mon retard de règles, j'ai sincèrement cru que c'était les signes d'une pré-ménopause. Et puis, un jour, j'ai compris que j'étais enceinte." En janvier dernier, Lynda, 45 ans, apprend qu'elle est enceinte de trois mois. Comme plus de 2 000 femmes chaque année, elle entame alors une grossesse dite "très tardive", c'est-à-dire survenue après 45 ans. Un phénomène qui n'est plus si rare et régulièrement mis en lumière par des cas médiatiques. Le dernier en date ? Adriana Karembeu, 46 ans, a présenté aux téléspectateurs, mercredi 5 septembre, sa fille Nina née le 17 août dernier, dans l'émission "Les pouvoirs extraordinaires du corps humain", sur France 2. 

 

 

Mais qui sont ces femmes qui choisissent d'être mères à l'âge où d'autres deviennent grands-mères ? Comment se passent leurs grossesses et quels rapports entretiennent-elles avec leurs enfants ? Franceinfo a recueilli leurs témoignages

 

 

Des grossesses "en nette augmentation"

 

"C'est un cadeau de la vie". Le 8 juillet, Lynda a finalement donné naissance à Elisa, après une grossesse aussi inattendue qu'inespérée. Déjà maman d'un petit garçon, cette enseignante parisienne avait depuis longtemps abandonné l'idée de retomber enceinte. "Il y a quelques mois, j'envisageais même de me faire poser un stérilet !", assure-t-elle, amusée. "J'ai rencontré mon mari tardivement, et je n'ai commencé à songer à la maternité que vers l'âge de 38 ans". Un souhait tardif, qui n'a "rien d'étonnant" pour Jean-Marc Ayoubi, chef du service gynécologie de l'hôpital Foch, à Suresnes (Hauts-de-Seine). "Les moyens de contraception sont bien mieux utilisés qu'il y a vingt ans, les femmes font des études plus longues, et prennent leur temps avant d'avoir leur premier enfant", analyse-t-il.

 

 

Au début, j'ai eu peur. Je me demandais si le bébé allait tenir ou non. Si, à mon âge, je n'allais pas faire une fausse couche. Si tout ça n'était pas complètement fou.Lynda, mère à la suite d'une grossesse dite "très tardive" à franceinfo

 

 

Pourtant, Lynda est loin d'être la seule à tenter l'expérience d'une maternité à 45 ans ou plus. "Depuis le début des années 2000, cette patientèle est en nette augmentation", témoigne Jean-Marc Ayoubi. Depuis une dizaine d'années, son service mène une étude sur ces grossesses très tardives. Le constat est clair : en 1980, seulement 8 000 bébés naissaient d'une mère âgée de 40 ans ou plus. "En 2016, ce nombre a été multiplié par 5, avec environ 43 000 naissances", explique le professeur. De nombreuses femmes envisagent désormais ces grossesses avec sérénité, comme Sylvie, tombée enceinte naturellement à 48 ans, ou Michèle, qui a accouché de son troisième enfant à 45 ans. "Mais les conséquences peuvent être dangereuses, autant pour la mère que pour l'enfant", met en garde Jean-Marc Ayoubi.

 

 

Des risques bien réels

 

"Quand j'ai prévenu mon gynécologue, il m'a tout de suite avertie qu'il fallait que je me ménage, et que je serais surveillée de près", se souvient Lynda. Sa grossesse se déroule bien, malgré un suivi très soutenu. "J'ai subi des tests d'hémoglobine réguliers, mais on me prenait également la tension de manière hebdomadaire, et je faisais des analyses d'urine toutes les semaines..." Lynda comprend vite que les risques sont réels. "Les patientes de plus de 45 ans augmentent significativement leur risque de diabète, de tension artérielle et de césarienne", liste le docteur Ayoubi. Selon le gynécologue, 3,7% des femmes enceintes à plus de 45 ans sont victimes d'hypertension artérielle, contre 1,3% chez les 25-35 ans. Le diabète, lui, touche 20% des femmes en situation de grossesse très tardive, contre seulement 11% des femmes plus jeunes. Enfin, selon une étude menée à l'hôpital Foch depuis une dizaine d'années, la moitié de ces femmes subiront un accouchement par césarienne, contre 32% des femmes de moins de 40 ans. "Cela s'explique par le vieillissement du corps : l'âge des vaisseaux augmente, ils n'ont plus la même élasticité, ni la même physiopathologie", détaille Jean-Marc Ayoubi.

 

 

Le fœtus, lui aussi, peut être touché. Joëlle Belaïsch, cheffe du service de gynécologie de l'hôpital des Quatre-Villes, à Sèvres (Hauts-de-Seine), assure que ces grossesses à "haut risque" peuvent être "dangereuses" pour le bébé. "Les cas de prématurité et de fausses couches sont plus importants chez les femmes de plus de 45 ans. Les risques à l'accouchement sont également présents, avec des possibilités de mort in utero pour l'enfant, et un risque de mort maternelle plus fort." De son côté, Jean-Marc Ayoubi nuance : "Depuis 10 ans, nous avons accueilli à l'hôpital Foch 1 300 cas de grossesses tardives. Seules dix patientes ont été admises en réanimation".

 

 

Un suivi médical en demi-teinte

 

Sylvie, 55 ans, a accouché de son premier enfant il y a six ans. Si la naissance s'est bien passée, elle garde un souvenir en demi-teinte du suivi de sa grossesse. Alors âgée de 48 ans, elle consulte "le premier gynécologue venu". "Il m'a dit que je risquais de faire une fausse couche. Que ce n'était pas possible, qu'il n'avait jamais eu une patiente de cet âge-là". Le spécialiste accepte finalement de la suivre, mais Sylvie subit une certaine pression. "Il m'a dit que j'allais certainement faire une fausse couche", se remémore-t-elle, dépitée. Le gynécologue lui prédit une immense fatigue, mais Sylvie est en pleine forme, et continue de travailler. Il lui promet du diabète et de l'hypertension, elle continue de se rendre au travail à vélo pendant la majeure partie de sa grossesse. Il lui annonce un bébé prématuré, elle accouche après le terme. "Il n'était tout simplement pas à l'aise avec cette grossesse tardive, et m'a communiqué son stress."

 

 

Un comportement qui est loin d'être unique, selon les dizaines de témoignages reçus par franceinfo. "Les risques existent, mais l'attitude du gynécologue doit être de conseiller sa patiente sur son projet, pas de la décourager", commente Bertrand de Rochambeau, président du Syndicat national des gynécologues et obstétriciens de France (Syngof). "Il faut dire les choses en face, même si elles sont parfois dures à entendre. Il existe de vrais risques, mais toutes les grossesses tardives ne se terminent pas en drame, loin de là !"

 

 

Karine, elle, a pu bénéficier d'un suivi médical bien plus moderne. Actuellement enceinte de quatre mois, cette future maman de 45 ans ne ressent "aucun stress" lié à son futur accouchement. "Ni mon gynécologue, ni les soignants, ni les sages-femmes ne m'ont fait sentir qu'il y avait quelque chose d'étrange ou d'anormal à porter un enfant à 45 ans". Karine avoue ne pas avoir les mêmes symptômes que lors de ses premières grossesses, et assume même une plus grande fatigue et des nausées qu'elle n'avait jamais eues auparavant. "La seule chose qui change vraiment, c'est le suivi médical, qui est beaucoup plus complet", témoigne-t-elle.

 

 

De nos jours, les grossesses tardives sont presque devenues classiques, et on le ressent chez les médecins. La plupart d'entre eux vous traitent comme ce que vous êtes : une maman.Karine, 45 ans, enceinte de 4 mois à franceinfo

 

 

Les médecins et personnels soignants interrogés se veulent donc rassurants. "Dans l'immense majorité des cas, ces grossesses se passent très bien", martèle le gynécologue Jean-Marc Ayoubi. Solange, sage-femme à la maternité de Montreuil (Seine-Saint-Denis), explique que la plupart des accouchements se déroulent "comme les autres". "On respecte les désirs de la mère, on est juste encore plus vigilants sur les risques d'hémorragies, qui peuvent survenir un peu plus facilement qu'à 25 ans". Le sérieux du suivi médical et la régularité des tests sanguins sont essentiels au bon déroulement de ces grossesses. "Si la mère est correctement surveillée, et avertie des risques, la grossesse et l'accouchement n'ont aucune raison de mal se passer", conclut la docteure Joëlle Belaïsch. "Ma grossesse à 45 ans s'est même mieux passée que celle à 41 !", assure, de son côté, Lynda.

 

 

"Il faut arrêter de culpabiliser les femmes"

 

Mais au-delà de la vision, purement scientifique, du corps médical, les grossesses tardives peuvent également être source de stress pour les femmes, forcées d'affronter le jugement de leur entourage. Sylvie est parfois rattrapée par cette différence d'âge. "Quand je vais chercher mon fils à l'école, je vois des mamans qui ont 23 ou 24 ans… Moi, j'en ai 55. Les gens hésitent dans les magasins, se demandent si je suis la mère ou la grand-mère." Lynda, qui a accouché il y a quelques mois, a dû elle aussi faire face à de multiples réactions de ses proches. "Très vite, mes sœurs m'ont dit que c'était irresponsable, qu'il fallait tenir le coup à cet âge-là… Pourtant, je ne me suis jamais sentie comme une femme âgée !", déplore-t-elle.

 

 

Parfois, vous avez le sentiment que la société vous voit comme un produit, avec une date de péremption.Lynda, mère à la suite d'une grossesse très tardive à franceinfo

 

 

Michèle, qui a connu une grossesse tardive il y a 25 ans, voit aujourd'hui la situation "avec le recul de ses 70 ans". "Pendant des années, je n'ai jamais ressenti le moindre décalage. Cet enfant m'a maintenue dans une certaine jeunesse", témoigne-t-elle, attendrie. "Bien sûr, je pense parfois que je ne connaîtrai peut-être pas longtemps mes petits-enfants, ou que je ne serai pas forcément capable de les emmener partout. Mais ça valait le coup." Cette septuagénaire admet avec fierté s'être remise, à l'époque, au ski et à la randonnée pour suivre son fils. "Je me suis toujours dit qu'il ne serait jamais un ‘enfant de vieux'. Je pense avoir tenu ma promesse."

 

 

Valérie, 54 ans aujourd'hui et tombée enceinte en 2010, renchérit : "Parfois, ma fille dit à son père qu'il a les cheveux blancs, et que ses copines pensent qu'il est son grand-père." Mais cette mère de quatre enfants assure "ne pas y faire attention". De son côté, Lynda juge que "le regard de la société doit impérativement changer sur cette problématique". "Il faut arrêter de dire aux femmes que tout est fichu parce qu'elles ont passé la barre des 45 ans, et de les culpabiliser parce qu'elles n'ont pas pu avoir d'enfants avant cette date. A 45 ans, on n'est pas encore une vieille dame !"

 

 

Gilles, Nordiste de 38 ans, ne les contredit pas. "Ma mère m'a eu alors qu'elle avait 44 ans, et j'ai eu une enfance très heureuse." Bien sûr, il se souvient des cheveux blancs de sa mère lorsqu'il n'était qu'au collège, de la réaction des copains quand ils apprenaient l'âge de cette dernière, de ses 20 ans "avec une maman déjà à la retraite"... Mais il efface ces souvenirs d'un éclat de rire. "Malgré notre grande différence d'âge, nous étions très complices. Nous passions outre le regard des gens. Notre relation était intime, facile et belle."

 


13/09/2018
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Franceinfo - le mercredi 5 septembre 2018

 

 

Études de médecine : le gouvernement veut en finir avec le numerus clausus et le concours en fin de première année

 

 

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Solenne Le Hen Radio France

 

 

 

 

Toutefois, l'idée n'est pas de supprimer le numerus clausus pour laisser la porte ouverte à une dérégulation du nombre de médecins. Pour remplacer le système actuel, deux options sont à l'étude.

 

 

 

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Des étudiants en médecine de l’Université de Poitiers, le 4 février 2016. (GUILLAUME SOUVANT / AFP)

 

 

C'est la fin d'une institution vieille de plus de 45 ans pour les médecins. Le gouvernement souhaite mettre fin au numerus clausus ainsi qu'au concours en fin de première année, tel qu'il existe actuellement, révèle franceinfo mercredi 5 septembre. Ils permettaient jusqu'à présent de limiter le nombre de médecins en France grâce à un concours très sélectif en fin de première année. Dans chaque université, les étudiants passeront, comme partout ailleurs, des partiels, qui leur permettront d'aller en deuxième année.

 

 

Un mode de sélection très décrié

 

Le concours actuel, qui sélectionne un candidat sur sept, fait la part belle au bachotage. En 2017, sur les près de 60 000 candidats, seulement 8 200 ont été reçus en médecine l'an dernier, soit à peine 15% des participants. Le Premier ministre Edouard Philippe et Emmanuel Macron l'ont dit à plusieurs reprises : tout cela ne fait pas forcément ensuite de bons médecins, de bons praticiens. Il faut diversifier le recrutement aujourd'hui bien souvent réservé, aux étudiants qui peuvent se payer une prépa privée en plus ou se payer le luxe de redoubler.

 

 

Toutefois, l'idée n'est pas de supprimer le numerus clausus pour laisser la porte ouverte à une dérégulation du nombre de médecins. Une déferlante est difficilement envisageable, car les universités ne pourront peut-être pas forcément pousser leurs murs. Sur le terrain, pas sûr non plus de trouver autant de stages que d'étudiants. Deux situations qui pourraient limiter naturellement l'ouverture.

 

 

Deux options en remplacement

 

Pour remplacer le système actuel, le concours sera remplacé dans chaque université par des partiels très classiques. Ensuite, deux options sur la table. Soit le gouvernement ouvre complètement les vannes, ce qu’on appelle le numerus apertus, et alors libre à chaque université de former autant de médecins qu'elle le souhaite. La seconde option est de garder une forme de sélection, à l'issue de la licence, en fin de troisième année, avec, peut-être, un concours. Sur ces deux options, la question n'est pas encore tranchée.

 

 

Les recalés n’auront pas "perdu leur temps", car ils bénéficieraient de passerelles pour se diriger vers d’autres débouchés dans les métiers de la santé, a indiqué une source proche du dossier à franceinfo. D'ailleurs, les effets se verraient seulement dans 10 ans. L'idée est vraiment de réformer les études de santé, les rendre "plus modernes, plus humaines". Des études qui ont déjà fait l'objet d'aménagements avant l'été, avec la suppression des examens classant en fin de sixième année.

 


05/09/2018
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Franceinfo - le mercredi 25 juillet 2018

 

 

"J'ai été la première née d'une science qui a changé le monde" : Louise Brown, le premier "bébé-éprouvette", fête ses 40 ans

 

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Louise HemmerléfranceinfoFrance Télévisions

 

 

 

La naissance de Louise Brown, le 25 juillet 1978, a ouvert la voie à la procréation médicalement assistée

 

 

 

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Louise Joy Brown, le premier bébé né d'une fécondation in vitro, pousse ses premiers cris à l'hôpital d'Oldham (Royaume-Uni), le 25 juillet 1978. (KEYSTONE / HULTON ARCHIVE)

 

 

 

Dans son livre, Louise Brown raconte son "premier vrai souvenir d'enfance" : "Ma mère me passant par dessus la barrière derrière la maison à un voisin, pour essayer de me cacher d'un journaliste qui tentait de prendre ma photo." Son nom ne vous dit peut-être rien, mais sa naissance, le 25 juillet 1978, a été scrutée par les médias du monde entier. L'infirmière qui a préparé sa mère, Lesley Brown, pour la césarienne a même dû lui installer son cathéter à la lampe torche, en pleine nuit, pour éviter de trahir l'imminence de l'accouchement, les journalistes faisant le pied de grue devant l'hôpital d'Oldham, près de Manchester (Royaume-Uni). Car à l'époque, elle est l'incarnation d'une nouveauté mondiale : elle est la première à naître grâce à une fécondation in vitro.

 

 

Aujourd'hui, Louise Brown fête ses quarante ans. Un tournant majeur dans la vie de n'importe qui, mais pour elle, cela signifie surtout des heures passées à répondre aux nombreux journalistes qui la sollicitent chaque année à l'approche de son anniversaire. "Je viens de passer quatre heures à faire des interviews non stop à des médias du Royaume-Uni, de Russie, de Brésil, d'Allemagne, etc. J'ai eu plusieurs centaines demandes d'interviews", nous écrit Louise, qui a tout de même pris un peu de temps pour répondre, par e-mail, à nos questions. Franceinfo vous raconte son destin particulier de "premier bébé-éprouvette", comme l'ont surnommée à l'époque les journaux du monde entier.

 

 

De "Frankenbaby" à "bébé miracle" 

 

Pour Louise Brown, la vie a commencé dans une boîte de Petri. En laboratoire, les médecins Robert Edwards et Patrick Steptoe mettent en contact des ovocytes de sa mère, Lesley Brown, et des spermatozoïdes de son père, John Brown. Ils transplantent ensuite les embryons fécondés dans l'utérus de la future maman. Si cette méthode de procréation médicalement assistée est devenue banale, les travaux d'Edwards et Steptoe étaient décriés à l'époque par d'éminents biologistes et médecins. "L'enfer va se déchaîner, politiquement et moralement, partout dans le monde", prédisait par exemple James Watson, le co-découvreur de la structure de l'ADN, devant un comité du Congrès américain en 1974, rappelle The Atlantic (en anglais). Le Conseil de la recherche médicale britannique refuse de financer leurs recherches, raconte aussi le Guardian (en anglais).

 

 

"Ils étaient méprisés", raconte à franceinfo Martin Johnson, un professeur des sciences de la reproduction aujourd'hui retraité, qui a réalisé son doctorat auprès de Robert Edwards dans les années 1960. "Les gens ne voyaient pas l'utilité de chercher une solution aux problèmes d'infertilité et ne se rendaient pas compte que la fertilisation in vitro pouvait le régler", poursuit-il.

 

 

Les gens avaient peur qu'ils produisent des 'Frankenbabies'. Martin Johnson, professeur à franceinfo

 

 

C'est pourtant un bébé en parfaite santé, braillant à pleins poumons, qui naît par césarienne le 25 juillet 1978. "Glorieux. Elle était potelée, pleine de tonus musculaire. [...] Elle a pris une profonde inspiration. Puis elle a crié et crié et crié. Je l'ai couchée, toute rose et furieuse, et j'ai vu aussitôt qu'elle était parfaite extérieurement", se souvient Patrick Steptoe dans son livre A Matter of Life ("Une question de vie", en français). L'accouchement historique est filmé, ce qui immortalise les accomplissements des deux médecins. Dès ses premiers instants, la vie de Louise Brown lui échappe.

 

 

Je n'ai connu que ça, donc je ne sais pas ce que c'est de ne pas être l'objet de cet intérêt. Louise Brown à franceinfo

 

 

La naissance de Louise est une délivrance pour ses parents. Cela fait près de dix ans qu'ils essayent d'avoir un enfant, mais sans succès, car les trompes de Fallope de Lesley Brown sont bouchées. Pour des milliers de personnes qui sont dans leur cas, cet accouchement réussi est un rayon d'espoir. Le nouveau-né est ainsi accueilli très positivement par les journaux britanniques, comme le montre une étude publiée en 2017 : le Manchester Evening News parle de "miracle". D'où le deuxième prénom de Louise, suggéré par Patrick Steptoe : "Joy", pour célébrer la joie qu'allait apporter cette naissance aux couples infertiles.

 

 

 

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Louise Brown dans les bras du physiologue Robert Edwards (gauche) à côté du gynécologue Patrick Steptoe (droite), à l'hôpital d'Oldham le 25 juillet 1978.  (KEYSTONE / GETTY IMAGES)

 

 

La famille Brown est inondée de lettres du monde entier. Grâce aux services postaux, même celles où l'adresse est simplement "Louise Brown, bébé-éprouvette, Bristol, Angleterre", parviennent à la famille, s'amuse Louise dans son livre autobiographique. À l'époque, les missives contiennent bien son lot de reproches à l'encontre de cette nouvelle pratique, mais surtout des remerciements et des témoignages de la douleur de ne pas réussir à avoir un enfant… et même une demande en mariage d'un homme de 21 ans, alors que Louise Brown n'avait que cinq jours.

 

 

Une vie dans le giron des médias

 

L'appétence des journalistes pour le premier "bébé-éprouvette" donne aux Brown un statut de célébrité. Lorsque Lesley Brown rentre de l'hôpital après son accouchement, elle doit se barricader dans sa maison, assiégée par les journalistes qui espèrent pouvoir capturer un visage imprudent qui se rapprocherait trop de la fenêtre. La famille Brown jongle avec les requêtes de médias, enchaîne les plateaux télé, esquive les photographes... 

 

 

Avant la naissance de Louise, la famille a même signé un contrat d'exclusivité avec le Daily Mail. Moyennant une généreuse rémunération, elle promet de ne pas accorder d'interview à d'autres médias jusqu'à 400 jours après l'accouchement, et de ne pas se laisser photographier. Le journal a ensuite pu allègrement monnayer ses contenus exclusifs avec des médias étrangers. C'est l'ère du "chequebook journalism", ("journalisme chéquier" en français), une pratique controversée qui consiste à payer des sources pour des informations exclusives.

 

 

 

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 Louise Brown sur les genoux de son père, John Brown, lors de sa première apparition télévisée aux Etats-Unis, en 1979. (BETTMANN / GETTY IMAGES)

 

 

L'ambassadrice de la FIV

 

Louise Brown profite également de sa notoriété une fois adulte. Pour son mariage, en septembre 2004, elle accorde une exclusivité au magazine people OK!. "L'accord nous a permis d'avoir une belle lune de miel", raisonne-t-elle, interrogée à ce sujet par franceinfo. Elle cède aussi l'exclusivité de la naissance de son fils Cameron, en décembre 2006, au Daily Mail. Avec son statut de premier "bébé-éprouvette", Louise Brown est devenue le visage de cette méthode de la fécondation in vitro.

 

 

"J'ai été la première née d'une science qui a changé le monde" Louise Brown à franceinfo

 

 

Ce rôle d'ambassadrice lui permet de voyager, de participer à des conférences dans le monde entier, de rencontrer des médecins et d'autres enfants nées par cette méthode. Lundi, elle était par exemple invitée au Musée de la science à Londres pour célébrer son anniversaire et donc celui de la fécondation in vitro, à l'occasion d'une exposition intitulée "FIV : six millions de bébés plus tard". "Je me suis rendue sur quatre continents cette année grâce à la FIV, et je suis fière de faire partie de cette communauté, explique-t-elle à franceinfo. Avec la mort de maman, de papa, de Robert Edwards et de Patrick Steptoe, je pense que c'est important de garder vivant le souvenir de ce qu'ils ont accompli."

 

 

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Louise Brown lors d'un événement pour marquer le 40e anniversaire de la fécondation "in vitro" au Musée de la science à Londres, le 23 juillet 2018. (DANIEL LEAL-OLIVAS / AFP)

 

 

Mort en 1988, Patrick Steptoe n'était plus là au moment de la remise du prix Nobel de médecine à Robert Edwards, en 2010. "Louise Brown et d'autres enfants FIV ont eux-mêmes donné naissance à des enfants ; ceci est peut-être la meilleure preuve de la sûreté et du succès du traitement de FIV", détaille le communiqué publié à l'époque. "Aujourd'hui, salue l'académie Nobel, la vision de Robert Edwards est devenue une réalité et apporte de la joie à des personnes infertiles partout à travers le monde."

 


02/08/2018
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Franceinfo - le vendredi 6 juillet 2018

 

 

Une jeune fille de 17 ans est morte de la rougeole en Gironde, le troisième décès en France depuis novembre 2017

 

 

Fin juin, l'agence Santé publique France avait annoncé le décès dû à la rougeole d'un patient de 26 ans

 

 

 

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Le CHU de Bordeaux, le 17 mai 2018. (BURGER / PHANIE / AFP)

 

 

 

La rougeole a fait un troisième mort en France en 2018, une jeune fille de 17 ans décédée "des suites de complications neurologiques" liées à cette maladie contagieuse au CHU de Bordeaux, a annoncé, vendredi 6 juillet, l'Agence régionale de santé (ARS) de Nouvelle-Aquitaine. "Cette personne décédée de la rougeole n'a pas pu être vaccinée de par son état d'imunodépression", a expliqué le docteur Matthieu Méchain. Imunodépression, c'est un terme générique qui veut dire que la personne n'a pas les défenses suffisantes pour lutter contre une infection."

 

 

Fin juin, l'agence Santé publique France avait annoncé le décès dû à la rougeole d'un patient de 26 ans. Il était aussi immunodéprimé, c'est-à-dire que son système immunitaire était trop faible pour lui permettre de recevoir le vaccin. La maladie avait déjà tué en février, à Poitiers, une mère de famille de 32 ans qui n'avait jamais été vaccinée. D'après le quotidien La Nouvelle République, elle avait contracté le virus au CHU, où elle avait conduit son père pour une hospitalisation.

 

 

L'épidémie en déclin dans la région

 

Depuis le 6 novembre, en Nouvelle-Aquitaine, 1 096 cas de rougeole ont été confirmés (2 567 en France), 1 cas sur 4 a nécessité une hospitalisation et 12 patients ont été transférés en réanimation. Dans près de 90% des cas, les personnes n'étaient pas vaccinées, ou insuffisamment.

 

 

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Toutefois, depuis fin mars, l'épidémie est en déclin en Nouvelle-Aquitaine avec moins de 10 cas confirmés par mois, et est considérée comme terminée. L'ARS Nouvelle-Aquitaine précise que la couverture vaccinale contre la rougeole reste insuffisante dans la région, et que de nouveaux foyers peuvent apparaître.


10/07/2018
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Franceinfo - le mercredi 27 juin 2018

 

 

Un patient de 26 ans meurt de la rougeole, deuxième décès lié à la maladie en France cette année

 

 

En février, une femme de 32 ans est morte de la rougeole au CHU de Poitiers (Vienne)

 

 

 

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Une épidémie de rougeole a démarré en Nouvelle-Aquitaine en novembre 2017. (MAXPPP)

 

 

 

C'est la deuxième mort liée à la rougeole en 2018. Un patient de 26 ans atteint de cette maladie est mort, annonce Santé publique France, mercredi 27 juin. Un autre, âgé de 17 ans, fait l'objet d'un "pronostic réservé", précise l'agence dans son bulletin périodique. Ces deux patients étaient "tous deux immunodéprimés", c'est-à-dire qu'ils avaient un système immunitaire trop faible pour leur permettre de recevoir le vaccin.  Ils ont été "probablement contaminés par un proche non vacciné", ajoute l'agence. Ni le sexe ni la région de ces deux personnes n'ont été précisés.

 

 

En février, une femme de 32 ans est morte de la rougeole au CHU de Poitiers (Vienne). Il s'agissait de la première victime française d'une épidémie qui a débuté en novembre 2017 en Nouvelle-Aquitaine. L'épidémie s'était d'abord déclarée sur le campus bordelais, et sept foyers avaient été repérés dans des écoles et des hôpitaux de la Gironde.

 

 

Santé publique France a fait état mercredi de 2 567 cas depuis novembre 2017, avec comme départements les plus touchés la Gironde (24% d'entre eux), la Vienne (8%) et le Gard (6%). Dans 88% des cas, les malades n'étaient pas vaccinés ou n'avaient pas reçu toutes les injections nécessaires. Et dans 22% des cas, la rougeole a occasionné une hospitalisation.

 


04/07/2018
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Franceinfo - le 28 février 2018

 

 

Maladies rares : vivre avec la maladie de Charcot

 

 

En France, une maladie est dite rare lorsqu'elle touche moins d'une personne sur 2 000. La maladie de Charcot est l'une d'elles. Cette maladie neurodégénérative se traduit par une paralysie musculaire grandissante. 800 personnes sont diagnostiquées chaque année

 

 

 

Garder le moral jusqu'au bout, c'est le credo d'Émile Morin. Pourtant, sa vie a basculé il y a presque trois ans avec l'annonce de la maladie de Charcot. Une atteinte des neurones qui commandent les muscles. Très vite, Émile a perdu l'usage de ses jambes, et chaque jour, la maladie progresse un peu plus. Émile Morin connait l'issue de cette maladie rare et incurable. Il sait que d'ici quelques mois, il ne pourra plus ni manger ni respirer.

 

 

Entre 5 000 et 7 000 personnes touchées en France

 

Pour ne pas en arriver là, il demandera l'aide des médecins pour abréger ses souffrances le moment venu. Pour laisser une trace, il a décidé de raconter sa vie, accompagné par une biographe hospitalière. Une introspection douloureuse. Mais au bout du récit, la sensation que la maladie a transformé l'homme. Le soutien, il le trouve auprès des siens, et désormais la mort n'est plus un sujet tabou. Depuis le diagnostic, Émile Morin profite de chaque instant qu'il lui reste à vivre. Comme lui, 5 000 à 7 000 personnes souffrent aujourd'hui de la maladie de Charcot en France.

 


16/04/2018
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Franceinfo - le vendredi 2 mai 2018

 

 

Lucie, 26 ans, est séropositive : "Connaître son statut, c’est savoir si on protège l’autre et soi-même"

 

 

Lucie Hovhannessian a appris qu’elle était séropositive à 20 ans, au cours d’un examen médical de routine. Dans son livre "Presque comme les autres. Ma vie de jeune séropositive", elle raconte sa vie avec le VIH

 

 

 

"A priori, j’ai été contaminée par voie sexuelle. C’était certainement un partenaire d’un soir, une bêtise." Lucie Hovhannessian a appris en 2012 qu’elle était séropositive, à l’occasion d’une simple analyse de sang pré-opératoire. Elle avait 20 ans. Six ans plus tard, elle a appris à vivre avec le virus et raconte son histoire dans son livre Presque comme les autres. Ma vie de jeune séropositive, sorti en librairie le 1er mars.

 

 

Un rapport différent au corps, à la santé, aux hommes

 

Lucie revient sur ce que sa séropositivité a changé sur son rapport à son corps, les autres et à sa santé aussi : "Dès qu’il y avait un petit truc qui n’allait pas je me demandais si c’était grave, si c’était à lié à ça ou pas." Autour d’elle, ça a été le "choc", en particulier pour ses sœurs qui l’ont "mal pris". Mais progressivement, poursuit la jeune femme, "quand on explique correctement ce qui se passe et ce qu’il va se passer, les gens comprennent que je ne vais pas mourir et que mon espérance de vie ne va pas être réduite de 40 ans. Ils se disent : 'C’est grave, c’est important, mais c’est pas la fin du monde'."

 


Lucie a le VIH mais n’est pas atteinte du Sida, et "a priori je ne l’aurai jamais si tout va bien." Elle explique : "Le Sida c’est quand le VIH dépasse un certain seuil, quand la charge virale devient trop importante et qui permet un affaiblissement du système immunitaire, à d’autres maladies de s’installer." Or Lucie n’est pas à ce stade : "Mon traitement, c’est trois pilules à prendre toutes les 24 heures. Ça permet de diminuer la charge virale du VIH dans le corps. Ce qui fait que d’une part, il est assez peu présent donc il n’a pas d’impact sur mon organisme et d’autre part, il ne peut pas être transmis. C’est ce qu’on appelle la charge virale indétectable."

 

 

Être séropositive, ça a aussi changé son rapport aux hommes, aux relations intimes : "Au début, j’avais peur de contaminer l’autre. Le premier petit copain que j’ai eu après l’avoir appris, on est restés deux ans ensemble et on n’a jamais arrêté le préservatif." Il l’a accompagnée à un rendez-vous médical pour savoir exactement ce qu’ils pouvaient faire ou pas, "comme le sexe oral" et quels étaient risques. Le médecin lui a répondu que "comme la charge virale est indétectable, il n’y a aucun risque de transmission. Donc en fait on peut tout faire." Avec son nouveau partenaire, avec qui elle est depuis deux ans, elle est même allée au-delà : "On a carrément pu arrêter le préservatif. Donc on n’a même plus ce truc-là qui nous rappelle qu’il y a le VIH."

 

 

"Je me suis sentie très coupable d’avoir réussi à me faire contaminer alors qu’on m’avait prévenue."

 

Aujourd’hui, Lucie souhaite sensibiliser sur l’importance du test de dépistage : "Connaître son statut, qu’il soit négatif ou positif, c’est savoir si on protège l’autre et soi-même." C’est d’autant plus important de le faire car "il y a des gens qui ont donné littéralement leur vie pour qu’on ne se contamine plus, pour que l’épidémie cesse." Et "on est encore trop nombreux à ne pas faire attention et à ne pas leur faire honneur." déplore la jeune femme. 

 

 

Elle la première : "Pendant un moment, je me suis sentie très coupable d’avoir réussi à me faire contaminer alors qu’on m’avait prévenue. J’étais informée, j’avais vu des campagnes, des affiches, des reportages... Donc je me suis sentie coupable d’avoir été inconsciente, insouciante … Parce qu’on peut pas dire qu’on nous prévient pas. C’est juste qu’on n’écoute pas."

 


16/04/2018
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