L'AIR DU TEMPS

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Franceinfo - le mercredi 8 juillet 2020

 

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Coronavirus : plus de 60 000 nouveaux cas de contamination en 24 heures aux Etats-Unis, un record


09/07/2020
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Franceinfo le - jeudi 2 juillet 2020

 

 

Coronavirus : plus 50 000 nouveaux cas en 24 heures aux États-Unis, un niveau inégalé atteint mercredi 1er juillet. La première puussance mondiale est le pays le plus endeuillé au monde par la pandémie avec plus de 128 000 décès.

 

 


03/07/2020
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de France info - le jeudi 25 juin 2020

 

 

cliquez sur le lien ci-dessous pour accéder à l'article de Franceinfo

 

 

Glyphosate : aux Etats-Unis, Bayer sort 10 milliards de dollars pour solder des litiges avec 100 000 plaignants exposés au Roundup de Monsanto


29/06/2020
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Franceinfo - le jeudi 18 juin 2020

 

 

États-Unis : en pleine campagne présidentielle, un ancien conseiller à la Maison Blanche décrit un Trump "erratique et mal informé"

 

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Grégory Phillips, édité par Ariane SchwabfranceinfoRadio France

 

 

 

À quatre mois et demi de la présidentielle du 3 novembre, et alors que Donald Trump semble dévisser dans les sondages, un nouveau livre va écorner encore un peu plus l’image du président américain, signé par son ex-conseiller à la sécurité nationale

 

 

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John Bolton, (D), ancien conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump, 09 mai 2018. (SAUL LOEB / AFP)

 

 

 

L’essai rédigé par l’ancien conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump, John Bolton, s’intitule La pièce dans laquelle ça s’est passé. Mémoires de la Maison Blanche et doit paraître mardi 23 juin. 592 pages  pour résumer 17 mois passés dans le bureau du président américain. Plusieurs extraits ont déjà fuité dans la presse, provoquant l’ire de Donald Trump qui cherche à le faire interdire.  

 

 

John Bolton, le conservateur va-t-en-guerre qui en janvier, avait refusé de témoigner devant le Congrès dans le cadre du procès en destitution de Trump, raconte ce qu’il a vu et entendu dans le bureau ovale. Il décrit un Donald Trump obsédé par ses intérêts personnels. En marge du sommet du G20 à Osaka il y a un an, il a par exemple demandé à son homologue chinois Xi Jinping d’acheter plus de soja américain afin, raconte Bolton, de faciliter sa réélection en novembre prochain.

 

 

 

Trump a voulu faire interdire la publication

Bolton décrit aussi un président erratique et mal informé, qui semble ignorer que le Royaume-Uni est doté de l’arme nucléaire, qui pense que la Finlande appartient à la fédération de Russie, qui apprécie la compagnie des dictateurs comme le Nord-Coréen Kim Jong-Un. L’ex-conseiller de la sécurité nationale confirme aussi les pressions sur l’Ukraine pour tenter d’obtenir des informations compromettantes sur le rival démocrate Joe Biden.  

 

 

La Maison Blanche a tenté de faire interdire le livre, au motif qu’il contiendrait des informations confidentielles. Mais pour l’instant, la sortie du livre est toujours programmée à mardi. Il est déjà numéro 1 des commandes sur Amazon, et dimanche soir John Bolton est l’invité de la chaîne ABC. "L’homme que le président veut faire taire", dit la bande promo qui déjà tourne en boucle :

 

 

 

 

 

Et un autre livre à charge contre Donald Trump doit être publié fin juillet : celui de sa nièce Mary Trump qui promet de dévoiler les secrets de la richesse du milliardaire républicain, et notamment ses fraudes fiscales

 


18/06/2020
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Franceinfo - le mardi 16 juin 2020

 

 

Les Etats-Unis retirent l'autorisation d'urgence de l'hydroxychloroquine pour le Covid-19

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

Fin mars, l'Agence américaine du médicament (FDA) avait donné son feu vert pour que la chloroquine et l'hydroxychloroquine, deux traitements antipaludéens, soient prescrits à l'hôpital

 

 

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Un flacon d'hydroxychloroquine (Utah, Etats-Unis), le 20 mai 2020.  (GEORGE FREY / AFP)

 

 

 

Les autorités sanitaires américaines ont retiré, lundi 15 juin, l'autorisation d'utiliser en urgence deux traitements contre le Covid-19, la chloroquine et l'hydroxychloroquine, un temps défendus par le président Donald Trump.

 

 

"Il n'est plus raisonnable de croire que l'administration par voie orale d'hydroxychloroquine et de chloroquine soit efficace dans le traitement du Covid-19", a déclaré dans un courrier la responsable scientifique de l'Agence américaine du médicament (FDA), Denise Hinton.

 

 

"Il n'est pas non plus raisonnable de croire que les bénéfices connus et potentiels de ces produits dépassent leur risque connu et potentiel", a-t-elle précisé en annonçant la fin de leur utilisation en urgence.

 

 

 

Des "risques de troubles du rythme cardiaque" 

La FDA avait donné le 30 mars son feu vert pour que ces traitements antipaludéens soient prescrits, uniquement à l'hôpital, à des patients contaminés par le coronavirus Sars-CoV-2.

 

 

Donald Trump fondait alors de grands espoirs sur l'hydroxychloroquine, dont l'efficacité contre le Covid-19 n'a jamais été démontrée rigoureusement. "Il y a de bonnes chances que cela puisse avoir un énorme impact. Ce serait un don du ciel si cela marchait", avait-il notamment déclaré.

 

 

Mais la FDA avait mis en garde le 25 avril contre l'usage des deux antipaludéens "en dehors d'un milieu hospitalier ou d'essais cliniques, en raison du risque de troubles du rythme cardiaque".

 
 

16/06/2020
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Franceinfo - le samedi 13 juin 2020

 

 

"Quarante ans de réformes n'ont rien changé" : "Defund the police", le mouvement qui appelle à la refonte du système policier américain

 

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Marie-Violette BernardFrance Télévisions

 

 

Après la mort de George Floyd, une part croissante des manifestants antiracistes appellent à "définancer", voire à "abolir" la police. Franceinfo décrypte ce mouvement

 

 

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Une manifestante brandit une pancarte "Defund the police" lors d'un rassemblement contre les violences policières, le 10 juin 2020, à Florissant (Missouri, Etats-Unis). (LAWRENCE BRYANT / REUTERS)

 

 

 

"Définancez la police." La revendication s'étale en lettres géantes, d'un jaune éclatant, face à la Maison Blanche. L'inscription est apparue lundi 8 juin sur la chaussée d'une des principales artères de Washington, à côté du slogan "Black Lives Matter" peint par la municipalité. Elle fait écho aux centaines de manifestations organisées à travers les Etats-Unis depuis la mort de George Floyd, un Noir de 46 ans mort asphyxié par un policier blanc à Minneapolis. Le drame, dernier exemple en date des violences policières contre les Afro-Américains, a ébranlé le pays. Jusqu'à placer au centre du débat public une revendication portée depuis plusieurs années par les militants antiracistes : réduire le financement de la police.

 

 

 

Le slogan \"définancez la police\" est inscrit en lettres géantes dans une rue de Washington, aux Etats-Unis, le 8 juin 2020.

Le slogan "définancez la police" est inscrit en lettres géantes dans une rue de Washington, aux Etats-Unis, le 8 juin 2020. (TASOS KATOPODIS / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP)


 

"Définancer la police n'est pas aussi effrayant (ni même aussi radical) qu'il n'y paraît", promet Christy Lopez, professeure de droit à l'université de Georgetown, dans une tribune au Washington Post*. Cette idée, défendue par les militants antiracistes depuis les émeutes de Ferguson en 2014, part d'un constat. "Quarante ans de réformes de la police n'ont rien changé : les Noirs continuent d'être harcelés et abattus par les forces de l'ordre", martèle Philip McHarris, doctorant en sociologie à l'université de Yale et activiste, interrogé par franceinfo. Les revendications se concentrent sur les polices locales (municipales et, dans une moindre mesure, des comtés), qui assurent l'essentiel du maintien de l'ordre aux Etats-Unis. Le magazine The Atlantic* résume : "'Defund the police' est une solution de dernier recours : si les policiers n'arrivent pas à arrêter de tuer des gens, en particulier les Noirs, alors la société a besoin qu'ils soient moins nombreux."

 

 

 

Moins de police, plus d'aides sociales

Les partisans du définancement dénoncent l'omniprésence des forces de l'ordre, dont les missions n'ont cessé de s'élargir, dans le quotidien des Américains. "On leur demande de prendre en charge les accidents, les overdoses et d'interpeller (...) les personnes qui ont, intentionnellement ou non, utilisé un faux billet de 20 dollars. On appelle la police pour faire partir les SDF installés à l'angle d'une rue (...) et pour arrêter des élèves dont le comportement aurait, auparavant, été considéré comme un problème de discipline", liste Christy Lopez dans le Washington Post. Les forces de l'ordre elles-mêmes soulignent ce problème. En 2016, le chef de la police de Dallas (Texas) a ainsi estimé* qu'on "demandait trop" aux forces de l'ordre.

 

 

Le système policier n'a jamais eu pour objectif de régler tous ces problèmes.David Brown, ancien chef de la police de Dallaspendant une conférence de presse, en 2016

 

 

Conséquence : en quarante ans, le coût total du maintien de l'ordre aux Etats-Unis a triplé, atteignant 115 milliards de dollars par an*. Ce poste représente désormais 30% du budget de la ville de Minneapolis et plus de 50% de celui de Los Angeles, qui dépense 1,8 milliard de dollars chaque année pour sa police, indique Wired*. "Au fil des années, la part du budget allouée aux forces de l'ordre a augmenté, grignotant sur d'autres domaines comme le logement ou la jeunesse", fait valoir Philip McHarris.

 

 

Face à cette évolution, le mouvement "Defund the police" appelle à "prendre et réinvestir""Lorsque l'on parle de définancer la police, on parle surtout de réallouer cet argent à des programmes pour la santé, le logement et l'éducation", explique Philip McHarris. "Ces trois facteurs sont déterminants dans les comportements futurs, donc on peut s'attendre à des effets positifs sur la durée"relève le sociologue spécialiste des polices Sebastian Roché, soulignant que "la délinquance naît des inégalités de masse".

 

 

 

Définancer ou abolir la police ?

Tous les partisans du définancement n'ont pas le même objectif, nuance Philip McHarris, dont le travail se concentre notamment sur le budget des forces de l'ordre. "Certains veulent simplement diminuer la part du système policier dans les finances publiques. D'autres veulent la supprimer totalement et abolir la police, pour la remplacer par un autre modèle de sécurité publique", détaille le doctorant en sociologie.

 

 

Alors qu'elle semblait inenvisageable il y a quelques années encore, la première option semble désormais convaincre certains élus démocrates. Le maire de Los Angeles a ainsi annoncé, mercredi 3 juin, qu'il renonçait à la hausse prévue du budget de la police en 2020. Il promet plutôt d'allouer 250 millions de dollars à la santé, l'accompagnement des jeunes et l'aide aux victimes de discriminations. Sur cette somme, "au moins 100 millions devraient provenir du budget de la police", selon Mother Jones*.

 

 

Un chiffre très éloigné des demandes de Black Lives Matter, qui appelle à réduire le maintien de l'ordre à 5,7% du budget total de Los Angeles, note le Guardian*. "Cent millions sur un budget de près de 2 milliards de dollars, c'est peu de chose, concède Philip McHarris. Mais c'est la première fois depuis des décennies qu'on parle de réduire, et non d'augmenter, le financement de la police." Des élus de Baltimore, Philadelphie ou encore Washington ont également fait des propositions en ce sens, précise le Guardian. Et à New York, qui dispose du plus important département de police du pays (36 000 officiers assermentés*), un membre du conseil municipal a appelé à ôter un milliard de dollars au budget des forces de l'ordre.

 

 

 

Les opposants craignent une hausse de la criminalité

Minneapolis prend le chemin d'un définancement plus radical. Dimanche 7 juin, neuf membres du conseil municipal ont annoncé que la police allait être démantelée. Ils se sont engagés à remplacer les forces de l'ordre par "un système de sécurité publique s'appuyant sur la communauté", sans donner plus de détails pour l'instant. "Il ne s'agit pas de supprimer la police du jour au lendemain, mais de réfléchir à long terme, pour mettre fin à ce cycle de violences", rappelle Philip McHarris. Le doctorant n'exclut pas qu'il reste, à terme, "un petit nombre de fonctionnaires disposant des ressources nécessaires pour répondre aux actes violents, comme lors d'une fusillade".

 

 

On pourrait faire le parallèle avec les pompiers : ils ont les casques, les camions, tout le matériel nécessaire pour intervenir lorsqu'il y a un incendie. Mais ils ne passent pas leurs journées à patrouiller en ville et ne répondent pas à toutes les urgences avec une lance à incendie.Philip McHarris à franceinfo

 

 

Au niveau fédéral, ce type d'initiative peine à convaincre. S'ils soutiennent majoritairement le mouvement contre les violences policières, les démocrates se montrent frileux sur la question du définancement, rapporte Reuters*. Le candidat du parti à la présidentielle, l'ancien vice-président Joe Biden, a déclaré "soutenir le besoin urgent de réformes" mais s'est opposé à toute réduction du budget des forces de l'ordre, ajoute le New York Times*.

 

 

Les militants se heurtent également à l'opposition des conservateurs et des syndicats de police. Sur Twitter, Donald Trump a accusé les "démocrates de la gauche radicale" d'être "devenus fous", réclamant en lettres majuscules : "La loi et l'ordre, et non le définancement et l'abolition de la police."

 

 

 

Donald J. Trump @realDonaldTrump
 

LAW & ORDER, NOT DEFUND AND ABOLISH THE POLICE. The Radical Left Democrats have gone Crazy!

99,9 k personnes parlent à ce sujet
 
 

Plusieurs cadres de la police ont affirmé que des coupes budgétaires se traduiraient par une hausse de la criminalité et des violences policières, note NBC*. Selon la chaîne américaine, le ministre de la Justice a même mis en garde contre le risque de voir des justiciers autoproclamés se multiplier et le nombre d'homicides augmenter.

 

 

 

Camden, première ville à démanteler sa police

Les données statistiques ne confirment pas nécessairement cette théorie, pointe CNN*. Entre 2014 et 2015, la police de New York a mené durant plusieurs semaines une grève du zèle, à l'appel des syndicats. L'objectif : démontrer que la ville serait moins sûre si les officiers relâchaient leurs efforts sur les délits mineurs. La mégalopole a en réalité enregistré une baisse du nombre de crimes durant cette période, selon un rapport de la police datant de 2017.

 

 

L'exemple de Camden, commune du New Jersey comptant 74 000 habitants, est également avancé par certains observateurs. Il y a dix ans, la "capitale du meurtre" était rongée par la violence, la pauvreté et la corruption. Manquant de moyens pour embaucher plus d'officiers, la municipalité a pris une décision radicale en 2013 : dissoudre la police municipale. Le maintien de l'ordre est désormais intégralement assuré par le comté, dont le nombre d'officiers a doublé, rapporte Bloomberg*. Au passage, la ville a investi "dans la formation des forces de l'ordre aux techniques de désescalade des tensions", imposé le port de caméras corporelles et développé la vidéosurveillance pour détecter l'usage d'armes à feu.

 

 

 

 

Le président Barack Obama visite les locaux de la police du comté de Camden, dans le New Jersey, le 18 mai 2015.

Le président Barack Obama visite les locaux de la police du comté de Camden, dans le New Jersey, le 18 mai 2015. (JONATHAN ERNST / REUTERS)


 

Camden a également adopté, en 2019, un document de 18 pages détaillant les règles précises d'usage de la force par la police (une mesure inédite aux Etats-Unis, selon Bloomberg). En parallèle, les autorités ont tenté de construire une relation de confiance avec les habitants. La transition, qui s'est manifestée par un nombre plus important de patrouilles, ne s'est pas faite sans tensions. Mais, à en croire un lieutenant cité par Newsweek*, la mentalité des forces de l'ordre a évolué : ses membres se considèrent désormais comme des "gardiens" de la paix, plutôt que des "guerriers". Et Camden a enregistré une chute de 95% des plaintes pour "usage excessif de la force" depuis 2014, alors que le nombre de meurtres est passé de 67 en 2012 à 25 en 2019.

 

 

 

"Minneapolis est en position de devenir une pionnière"

L'exemple de Camden est toutefois loin de satisfaire les militants antiracistes. Si la puissante organisation de défense des droits civiques ACLU a salué la baisse des violences policières, elle s'est également inquiétée de l'augmentation des poursuites pour des faits mineurs, pointe Bloomberg. Des activistes locaux réclament par ailleurs la création d'une commission d'enquête indépendante sur l'usage de la force.

 

 

Camden a remplacé un système policier par un autre système policier, reposant sur des moyens technologiques plus importants. Ce n'est pas ce que réclame le mouvement 'Defund the police'.Philip McHarris à franceinfo

 

 

"La police ne devrait pas prendre en charge les personnes souffrant de troubles mentaux (...) ou d'addictionsjuge* Patrisse Cullors, cofondatrice de Black Lives Matter. Ce sont des problématiques qui doivent être prises en charge par le système de santé." Concrètement, cela reviendrait à "se tourner vers des entités mieux armées pour répondre à ces besoins", estime Christy Lopez dans le Washington Post. En demandant à des soignants ou des travailleurs sociaux d'intervenir auprès des sans-abri et des personnes souffrant de troubles mentaux, plutôt que de les interpeller. En développant les programmes de médiation et de prévention de la violence au sein des communautés locales. Ou encore en proposant plus de logements sociaux et un meilleur accompagnement des jeunes pour lutter contre la précarité et la délinquance.

 

 

Selon Philip McHarris, le démantèlement de la police de Minneapolis pourrait ouvrir la voie à de telles politiques publiques. "Le conseil municipal va étudier les missions actuelles des forces de l'ordre et chercher quelle réponse peut être apportée à chaque problématique", expose-t-il. Mais les élus ont déjà prévenu : la création d'un nouveau modèle de sécurité publique sera longue. "Minneapolis est en position de devenir une pionnière pour réimaginer la façon de protéger les citoyens, insiste Philip McHarris. Rien que cette réflexion est un véritable tournant pour la société."

 

 

  • Tous les liens signalés par un astérisque sont en anglais.

 


13/06/2020
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Franceinfo - le jeudi 11 juin 2020

 

 

Etats-Unis : des statues de Christophe Colomb prises pour cible à Boston, à Miami et en Virginie

 

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

 

Le navigateur génois, longtemps présenté comme le "découvreur de l'Amérique", est désormais souvent considéré comme une des figures du génocide des Amérindiens et des indigènes en général

 

 

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Une statue de Christophe Colomb déboulonnée par des manifestants à Richmond, en Virginie, le 9 juin 2020.  (PARKER MICHELS-BOYCE / AFP)

 

 

 

L'une a été décapitée, l'autre vandalisée et la troisième jetée dans le lac. Des statues de Christophe Colomb ont été prises pour cible à Boston (Massachusetts), Miami (Floride) et en Virginie, dans la foulée du mouvement antiraciste relancé aux Etats-Unis par la mort de George Floyd.

 

 

Le navigateur italien, longtemps présenté comme le "découvreur de l'Amérique", est considéré par beaucoup de militants antiracistes comme une des figures du génocide des Amérindiens et des indigènes en général. Et dénoncé au même titre que les esclavagistes ou les généraux confédérés pendant la guerre de Sécession.

 

 

A Boston (Massachusetts), une enquête est en cours mais aucune arrestation n'a été faite à ce stade, a déclaré mercredi 10 juin un porte-parole de la police locale. La statue de l'explorateur génois est juchée sur une stèle dans le parc qui porte son nom, au cœur de cette ville de Nouvelle-Angleterre. Elle avait déjà été vandalisée auparavant. Le maire, Martin Walsh, a annoncé qu'elle serait enlevée dès mercredi, en attendant une décision définitive sur son sort, selon des médias locaux.

 

 

 

Un mouvement qui a touché d'autres pays

A Miami, en Floride, une statue de Christophe Colomb située dans un parc a été vandalisée avec de la peinture rouge et des inscriptions comme "Black Lives Matter" ou "George Floyd", avant que la police ne procède à plusieurs arrestations, selon le quotidien local Miami Herald (en anglais).

 

 

Une autre statue de l'explorateur a été abattue mardi soir par des manifestants à l'aide de cordes à Richmond, en Virginie, et traînée jusqu'à un lac voisin dans lequel elle a été jetée. Le gouverneur de Virginie – région où se sont installés les premiers colons anglais avant qu'elle ne devienne le cœur de l'Amérique esclavagiste – avait indiqué la semaine dernière vouloir déboulonner au plus vite une autre statue de la ville, celle du commandant en chef de l'armée sudiste, le général Robert E. Lee.

 

 

Ce mouvement qui s'attaque aux symboles d'un passé esclavagiste et raciste touche d'autres pays, notamment la Grande-Bretagne et la Belgique, où des statues de figures coloniales ont été déboulonnées ces derniers jours.

 
 

12/06/2020
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Franceinfo - le lundi 8 juin 2020

 

 

Mort de George Floyd : la police de Minneapolis va être démantelée

 

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

 

Les démocrates ont appelé dimanche à une transformation profonde de la police, accusée de discriminations, d'injustices et de brutalités à l'encontre des Américains noirs

 

 

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La police de Minneapolis (Minnesota), durant une manifestation contre la mort de George Floyd, le 31 mai 2020.  (CHANDAN KHANNA / AFP)

 

 

 

Une mesure choc. Les autorités de Minneapolis ont annoncé, dimanche 7 juin, le démantèlement de la police de cette ville américaine, deux semaines après la mort de l'Afro-Américain George Floyd lors de son interpellation par un policier blanc. Les démocrates ont appelé à une transformation profonde de la police, accusée de discriminations, d'injustices et de brutalités à l'encontre des Américains noirs.

 

 

"Nous nous sommes engagés à démanteler les services de police tels que nous les connaissons dans la ville de Minneapolis et à reconstruire avec notre population un nouveau modèle de sécurité publique qui assure vraiment la sûreté de notre population", a déclaré Lisa Bender, présidente du conseil municipal, sur CNN.

 

 

L'élue a précisé avoir l'intention de transférer les fonds alloués au budget de la police vers des projets s'appuyant sur la population. Le conseil municipal compte également examiner la façon de remplacer la police actuelle, a-t-elle ajouté. "L'idée de ne pas avoir de police n'est certainement pas un projet à court terme", a-t-elle précisé.

 

 

 

Vers une loi fédérale pour réformer la police ?

Jacob Frey, le maire de Minneapolis, avait fait savoir avant le vote qu'il n'était pas favorable à ce démantèlement, disant préférer une "réforme structurelle d'ampleur pour la refonte de ce système structurellement raciste". Par conséquent, la promesse du conseil municipal pourrait prendre du temps à se concrétiser.

 

 

Plusieurs élus démocrates veulent s'attaquer à ce qu'ils estiment être le fruit d'un racisme qui gangrène l'histoire des Etats-Unis depuis l'esclavage, en présentant lundi devant le Congrès une loi pour réformer la police dans l'ensemble des Etats-Unis.

 

 

Certaines mesures ont déjà été imposées à un échelon local depuis le début de ce mouvement de contestation. Le chef de la police de Seattle a ainsi interdit le recours au gaz lacrymogène pour trente jours.

 


08/06/2020
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Franceinfo - le mardi 2 juin 2020

 

 

CARTE. Etats-Unis : où ont lieu les principales manifestations après la mort de George Floyd (et quelles villes ont décrété un couvre-feu) ?

 

 

 

Le mouvement de protestation s'est exprimé jusqu'ici de façon majoritairement pacifique le jour, mais a aussi donné lieu à des embrasements nocturnes et des réactions plus violentes.

 

 

 

Minneapolis, Washington, New York, San Francisco, Los Angeles... En quelques jours, des manifestations ont été organisées un peu partout aux Etats-Unis dans les grandes villes du pays après la mort de George Floyd, un Afro-Américain de 46 ans, asphyxié par un policier blanc à Minneapolis (Minnesota). Au son de "Black Lives Matter" ("La vie des Noirs compte") et "No Justice, No Peace" ("Pas de justice, pas de paix"), les participants réclament justice après cet homicide et dénoncent le racisme de la police américaine.

 

 

>> Manifestations aux Etats-Unis : suivez la situation dans notre direct

 

 

Dans la carte ci-dessous, vous pouvez situer où se sont déroulées les principales manifestations, selon le décompte réalisé par l'AFP à partir de médias américains. On dénombre ainsi une cinquantaine de villes particulièrement mobilisées. Un chiffre qui grimpe à 140 si l'on ajoute les rassemblements plus modestes, comptabilisés par le New York Times (en anglais). Parmi toutes ces villes, une quarantaine ont imposé un couvre-feu pour mettre fin aux émeutes. La moitié des 50 Etats américains ont aussi décidé de déployer des soldats de la Garde nationale.

 

 

 

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Le mouvement de protestation s'est exprimé jusqu'ici de façon majoritairement pacifique le jour, mais a aussi donné lieu à des embrasements nocturnes et des réactions plus violentes. Lundi 1er juin, Donald Trump a promis de restaurer l'ordre et a menacé de déployer l'armée. Mais quelques heures après l'allocution présidentielle, des violences ont à nouveau éclaté pour la septième nuit consécutive dans différentes villes du pays, dont Los Angeles, où un incendie a été déclenché dans un centre commercial, et New York, théâtre de pillages.

 

 

"Les maires et les gouverneurs doivent établir une présence massive des forces de l'ordre jusqu'à ce que les violences soient endiguées", a dit Donald Trump lors de son allocution, la première depuis le début des manifestations. "Si une ville ou un Etat refuse de prendre les mesures qui sont nécessaires pour défendre la vie et les biens de leurs habitants, alors j'enverrai l'armée américaine et résoudrai rapidement le problème", a-t-il ajouté. Une intervention qui divisent les Américains, à quelques mois seulement de l'élection présidentielle.

 

02/06/2020
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Franceinfo - le mardi 2 juin 2020

 

 

Mort de George Floyd : l'industrie de la musique à l'arrêt mardi pour protester contre les violences policières

 

 

 

 

Plusieurs artistes, dont les Rolling Stones, David Guetta, Massive Attack et Quincy Jones ont annoncé qu'ils s'associaient à cette initiative

 

 

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Capture d'écran

 

 

 

Ce qu'il faut savoir

 

 

Les principales maisons de disques suspendent leur activité, mardi 2 juin, pour manifester leur soutien contre les violences policières visant les Afro-Américains aux Etats-Unis. Sony Music, Warner Music Group et Universal Music vont ainsi participer au "Black Out Tuesday" ("le mardi débranché"), "une journée pour observer, prendre contact et s'organiser", selon un message publié lundi par Universal Music. Cette initiative a été lancée en soutien aux manifestations qui se multiplient après la mort de George Floyd, un Noir de 46 ans tué lors d'une interpellation à Minneapolis (Minnesota). Suivez notre direct.

 

 

Donald Trump menace de déployer l'armée si les violences se poursuivent. "Si une ville ou un Etat refuse de prendre les décisions nécessaires pour défendre la vie et les biens de ses résidents, je déploierai l'armée américaine pour régler rapidement le problème à leur place", a déclaré lundi le président américain depuis la Maison Blanche, dénonçant des actes de "terrorisme intérieur"

 

 

Joe Biden dénonce la gestion de la crise de Donald Trump. "Il utilise l'armée américaine contre les Américains", a dénoncé le candidat démocrate à la présidentielle sur Twitter, lundi soir. L'ancien vice-président doit se rendre mardi matin à Philadelphie pour s'exprimer sur les "troubles civils".

 

 

Deux autopsies de George Floyd concluent à un homicide. L'homme de 46 ans est mort asphyxié en raison d'une "pression forte et prolongée" exercée sur son cou et sa cage thoracique, a révélé une autopsie indépendante réalisée à la demande de la famille. L'autopsie officielle, rendue publique dans la foulée, a également conclu à une pression létale au niveau du cou de l'Afro-Américain, ayant causé un arrêt du cœur.

 

 

Le couvre-feu étendu à New York. Le centre de Manhattan a été le théâtre de pillages lundi soir, poussant le maire de New York à annoncer un couvre-feu plus long, dès mardi. Il commencera à 20 heures, au lieu de 23 heures lundi.

 


02/06/2020
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Franceinfo - le lundi 1er juin 2020

 

 

"Ils ne veulent pas entendre ce que l'on a à dire" : nouvelle soirée de manifestation et de violence sous les fenêtres de Donald Trump à Washington

 

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Édité par Noémie BonninGrégory PhilippsRadio France
 
 

 

Des manifestants se sont retrouvés devant la Maison Blanche pour la troisième soirée consécutive dimanche, avant un couvre-feu décrété à Washington.

 

 

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Les manifestants s'étaient donnés rendez-vous devant la Maison Blanche pour la troisième soirée consécutive, dimanche 31 mai 2020. (GRÉGORY PHILIPPS / RADIO FRANCE)

 

 

 

À Lafayette Square, sous les fenêtres du président américain à Washington, des affrontements assez violents entre la police et les manifestants ont de nouveau éclaté dimanche 31 mai au soir, pendant deux heures. Pour la troisième fois en quelques jours, des manifestants s'étaient donnés rendez-vous à cet endroit, juste devant la Maison Blanche, pour dénoncer le racisme et les violences policières. Les manifestations se multiplient dans plusieurs grandes villes des États-Unis, une semaine après la mort de George Floyd, un Afro-américain, à Minneapolis lors d'une arrestation par un policier.

 

 

>> Suivez les dernières informations sur les manifestations contre les violences policières aux États-Unis dans notre direct

 

 

À un moment de la soirée, on voit un énorme nuage de gaz lacrymogène au-dessus de la Maison Blanche. À 300 ou 400 mètres du bâtiment présidentiel, des bandes de casseurs mettent le feu à deux voitures et provoquent un début d'incendie au siège d'une fédération syndicale. Puis, à 23 heures locales, le couvre-feu, décrété par la maire de Washington pour la première fois, entre en vigueur.

 

 

 

Gregory Philipps@gregphil
 

Dans une heure (23h locales), le couvre feu est censé débuter à DC. Et devant la @WhiteHouse, la police commence à tirer des gazs lacrymogènes

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En quelques minutes, la police, très nombreuse et soutenue par les réservistes de la garde nationale, disperse le groupe de 1 000 à 2 000 personnes, mais cela n'éteint pas la colère des manifestants. Parmi eux, il y a Haryana, une jeune Afro-américaine : "Ce couvre-feu est fait pour nous faire taire. Ils ne veulent pas entendre ce que l'on a à dire, parce qu'ils savent qu'on dit la vérité", lance-t-elle.

 

 

Assez d'être oppressés, assez de ne pas pouvoir marcher dans la rue en paix. Nous voulons une vie normale.Haryana, une manifestante à franceinfo

 

 

Peu après minuit, le calme revient enfin sur le square Lafayette et la Maison Blanche, qui n'est plus éclairée. On n'entend plus que le bruit des hélicoptères de la police et plus loin, celui des pillages de magasins qui continuent dans plusieurs quartiers de la ville. Le plus frappant est que ces scènes d'affrontement se déroulent devant l'un des bâtiments les plus surveillés au monde, la Maison Blanche.

 

 

 

Les élections présidentielles en ligne de mire

Face à cette situation tendue, Donald Trump se montre assez discret. Il n'a pas fait de prise de parole officielle, si ce n'est par tweet, comme à son habitude, pour accuser les médias de promouvoir la haine et l'anarchie, ou avec ces quelques mots : "La loi et l'ordre". Mais aucune déclaration publique. À la Maison Blanche, plusieurs de ses conseillers essaient de convaincre le président de s'adresser au pays dans un discours qui serait rassembleur, après six jours de colère, mais pour l'instant, Donald Trump ne le fait pas.

 

 

Alors que son adversaire démocrate, Joe Biden, s'est lui rendu samedi dans une manifestation anti-raciste chez lui, à Wilmington, dans le Delaware. Il ne faut pas oublier qu'on est à pile cinq mois de la présidentielle. Mais avec la situation actuelle, avec les plus de 100 000 morts du coronavirus, avec la crise économique énorme qui frappe les États-Unis, bien malin qui peut dire où en sera le pays le 3 novembre prochain.

 


01/06/2020
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Franceinfo - le lundi 1er juin 2020

 

 

Mort de George Floyd : "en colère", Michael Jordan dénonce le "racisme enraciné" aux Etats-Unis

 

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L'ancien basketteur joint sa voix à celles d'autres sportifs qui dénoncent la mort de George Floyd, Noir américain tué par un policier blanc lors d'une interpellation.

 

 

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L'ancien basketteur américain Michael Jordan lors d'une conférence de presse à Paris, le 24 janvier 2020. (FRANCK FIFE / AFP)

 

 

 

CE QU'IL FAUT SAVOIR

 

 

Michael Jordan a dénoncé, dans un communiqué publié dimanche 31 mai, le "racisme enraciné" aux Etats-Unis, se disant "profondément attristé, véritablement en souffrance et totalement en colère" après la mort de George Floyd"Nous en avons assez", a poursuivi l'ancienne superstar du basket. Il s'est dit "aux côtés de ceux qui dénoncent (...) la violence envers les personnes de couleur dans notre pays", alors que des manifestations et des émeutes se multiplient. Suivez notre direct.

 

 

Des affrontements devant la Maison Blanche. Des affrontements ont éclaté en marge de plusieurs rassemblements à Washington, dimanche soir, alors que la capitale américaine était soumise à un couvre-feu. La police a notamment tiré des gaz lacrymogènes devant la Maison Blanche, pour disperser des manifestants.

 

 

Derek Chauvin devant la justice. Le policier, arrêté et inculpé d'homicide involontaire, doit comparaître lundi devant un tribunal pour la première fois. Dans une vidéo postée sur les réseaux sociaux, on le voit maintenir son genou sur le cou de George Floyd pendant de longues minutes, alors que ce dernier se plaint de ne pas pouvoir respirer.

 

 

La Garde nationale mobilisée. Des milliers de soldats de la Garde nationale ont été déployés dans 15 Etats et à Washington. Un couvre-feu nocturne a été déclaré dans plusieurs grande villes américaines, dont Houston (Texas) et Los Angeles (Californie).

 

 

 Donald Trump dénonce les agissements de "gauchistes radicaux". Le président américain a attribué aux "antifa" (antifascistes) les émeutes émaillant les manifestations à l'origine pacifiques pour protester contre la mort de George Floyd. Il a annoncé vouloir désigner cette mouvance radicale comme une organisation terroriste.

 


01/06/2020
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Franceinfo - le dimanche 31 mai 2020

 

 

Etats-Unis : Donald Trump peut-il réguler Twitter et les autres réseaux sociaux, comme il affirme vouloir le faire ?

 

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franceinfoFrance Télévisions

 

 

Le président américain veut empêcher les plateformes de signaler les mensonges dans les tweets, à commencer par les siens. Mais la mesure pourrait avoir pour effet inverse de forcer les réseaux à modérer plus strictement les propos

 

 

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L'avertissement affiché par le réseau social Twitter au-dessus d'un tweet de Donald Trump, publié le 29 mai 2020, prévenant que le message "viole les règles" du réseau social en "glorifiant la violence". (JAAP ARRIENS / NURPHOTO)

 

 

 

Celui qui est sans doute le chef d'Etat le plus adepte de Twitter au monde a-t-il les moyens de s'en prendre au réseau social ? Donald Trump a signé jeudi 28 mai un décret visant à dissuader le site, et les réseaux sociaux en général, de statuer sur la véracité ou non des messages qui y sont postés, sous peine d'être tenus responsables devant la justice du contenu des messages qu'ils autorisent. Plus tôt, il avait même menacé de les "fermer" s'il était impossible de les réguler.

 

 

Une mesure décidée en réaction au fait que, pour la première fois, des messages postés par le président américain au sujet du vote par courrier ont été signalés comme trompeurs par la plateforme. Depuis, Twitter a également masqué un tweet de Donald Trump pour "apologie de la violence" "Quand les pillages démarrent, les tirs commencent", écrivait ce dernier au sujet des émeutes qui ont éclaté à Minneapolis après la mort de George Floyd. Alors que le conflit entre Twitter et le milliardaire ne faiblit pas, franceinfo s'est demandé si ces menaces visant les plateformes pouvaient réellement être mises à exécution.

 

 

 

Légalement, les experts en doutent

Si Donald Trump était allé jusqu'à menacer, mercredi, de "fermer" les réseaux sociaux, le décret qu'il a signé jeudi ne va pas aussi loin. Il s'attaque en revanche à un texte-clé du droit américain sur internet, la section 230 du "Communications decency act". Datant de 1996, elle a pour double effet d'exonérer les plateformes en ligne toute responsabilité légale pour les propos tenus par les utilisateurs (on ne peut pas attaquer Twitter en diffamation pour le contenu d'un tweet, par exemple), et de leur donner le droit de modérer ces propos selon leurs propres règles, même quand ceux-ci entrent dans le cadre de la loi américaine.

 

 

Le décret signé par Donald Trump vise à retirer cette immunité légale aux plateformes qui "censurent les opinions avec lesquelles elles sont en désaccord", et demande l'élaboration d'une nouvelle réglementation en ce sens, qui remplacerait le texte actuel de la section 230.

 

 

Mais la solidité juridique de cette mesure a été largement mise en doute par plusieurs experts du droit américain. Tout d'abord, ce décret "est inconstitutionnel dès le départ, puisqu'il a été pris en représailles" à la décision de Twitter de vérifier les tweets du président américain, explique Jameel Jaffer, professeur de droit à l'université de Columbia, au National Law Journal.

 

 

Plusieurs experts expliquent par ailleurs qu'une telle loi ne peut pas être modifié par un simple décret du président. Et qu'en cas de litige, les tribunaux continueraient sans doute d'appliquer la section 230. "C'est difficile de savoir quoi en penser", résume Kate Klonick, professeure de droit à la St John's Univesity interrogée par le New York Times"parce que vous ne pouvez pas juste signer un décret et revenir, sur un coup de tête, sur vingt-cinq ans d'interprétation de la loi." 

 

 

La mesure "n'a pas d'effet légal et est incohérente avec ce qu'ont dit les tribunaux" dans le passé, acquiesce Daphne Keller, qui enseigne le droit à Stanford, dans un autre article du New York Times. Le décret pourrait même être attaqué au motif qu'il constitue un potentiel abus de pouvoir et une violation du droit constitutionnel des entreprises visées.

 

 

 

Ça ne servirait pas forcément les intérêts de Donald Trump

Le décret de Donald Trump est à double tranchant et, s'il était appliqué, il ne changerait pas forcément le visage des réseaux sociaux dans le sens qu'il espère. "Ironiquement, Donald Trump est un grand bénéficiaire de la section 230", explique Kate Ruane, juriste auprès de l'Union américaine pour les libertés civiles, dans le New York Times. Aujourd'hui, ce texte protège en effet Twitter ou Facebook des poursuites qui pourraient être engagées au sujet des messages de leurs utilisateurs, à commencer par ceux du président des Etats-Unis.

 

 

Quand ce dernier menace les plateformes – qu'il accuse de "censure" – de les punir en leur retirant cette immunité, il prend le risque de les pousser à être plus strictes encore dans leur modération, au risque de s'exposer aux poursuites. Elles "ne prendraient pas le risque légal qu'implique le fait d'héberger les mensonges, propos diffamatoires et menaces de Donald Trump", poursuit Kate Ruane.

 

 

C'est également ce qu'explique un porte-parole de Facebook, cité par le site américain The Hill : "En exposant les entreprises à des poursuites pour tout ce que disent des milliards de personnes à travers le monde, cela pénaliserait celles qui choisissent d'autoriser les opinions controversées, et encouragerait les plateformes à censurer tout ce qui pourrait offenser qui que ce soit".

 

 

Paradoxalement, c'est d'ailleurs dans cette logique que Joe Biden, le futur opposant démocrate de Donald Trump lors de l'élection présidentielle de fin d'année, plaide lui aussi pour la "révocation immédiate" de la section 230 : à ses yeux, l'immunité juridique protège des entreprises à l'image Facebook qui "propagent des mensonges", comme il l'expliquait au New York Times en janvier.

 

 

 

C'est plus une façon de faire pression sur les plateformes

Mais Donald Trump cherche-t-il vraiment à faire appliquer sa mesure ? Certains en doutent, dont Zeynep Tufekci, professeure de sociologie à l'Université de Caroline du Nord et experte de l'impact sociétal des technologies. Sa décision s'adresse à "un public d'une personne : Mark Zuckerberg", argumente-t-elle dans le magazine The Atlantic. Elle estime que, plutôt que d'instaurer un réel contrôle des réseaux sociaux, le président américain veut surtout "s'assurer que le tapis rouge qui lui est déroulé jusqu'ici, en particulier par Facebook, continue de l'être sans entrave".

 

 

En pleine campagne pour sa réélection, Donald Trump continue de miser sur les réseaux sociaux – il a d'ailleurs assuré qu'il continuerait de s'exprimer sur Twitter –, et sa menace constitue, selon la sociologue, une tentative d'intimidation. "Cela marche déjà", ajoute-t-elle, pointant l'interview accordée par Mark Zuckerberg, le patron de Facebook, à la chaîne conservatrice Fox News jeudi. Il y critique la décision de Twitter, et exclut une prise de position similaire de son réseau social.

 

 

Je crois fortement que Facebook ne devrait pas être l'arbitre de la vérité de tout ce que les gens disent en ligne. Mark Zuckerbergsur Fox News

 

 

Les messages de Donald Trump corrigés ou masqués par Twitter ont d'ailleurs été publiés à l'identique sur Facebook, sans réaction du réseau. En 2016, déjà, l'entreprise avait accepté de refondre une section du site mettant en avant les tendances d'actualité, après avoir été accusée de censurer les points de vue conservateurs, par Donald Trump notamment.

 

 

Interrogé par le New York Times, Jeffrey Westling, membre du R Street Institute, un organe de recherche sur les politiques publiques, note d'ailleurs que le décret de Donald Trump, quel que soit son fondement juridique critiquable, "n'a pas besoin d'être légal pour être une menace" pour les réseaux sociaux. La justice leur donnerait sans doute raison, acquiesce-t-il, mais au prix de longues et coûteuses procédures, qui pourraient les pousser à s'interroger : "Cela en vaudra-t-il la peine, de mettre un message de vérification la prochaine fois que le président publie un tweet erroné ?"

 


31/05/2020
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