L'AIR DU TEMPS

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Franceinfo - le dimanche 2 novembre 2019

 

 

New York va se doter de 400 km de pistes cyclables : "Il s’agit de créer une ville qui soit pour ses habitants plutôt que pour les véhicules privés"

 

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Loig LouryfranceinfoRadio France

 

 

Protéger les cyclistes et en finir avec le règne de l’automobile est l'objectif d'un vaste plan urbain qui a été voté cette semaine par la ville de New York

 

 

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Des cyclistes à Central Park, New York, le 26 novembre 2009. (KERIBAR IZZET / MAXPPP)

 

 

 

New York a décidé de frapper un grand coup contre le règne automobile : 1,7 milliard de dollars vont être consacrés à la création notamment de 400 kilomètres de pistes cyclables protégées, sur cinq ans. Objectif : enrayer la mortalité particulièrement élevée chez les cyclistes. "Nous vivons un moment difficile, des semaines extraordinairement douloureuses", avait admis le maire de New York, Bill de Blasio, il y a quelques semaines. Vingt-cinq cyclistes ont en effet été tués depuis le début de l’année, du jamais vu depuis deux décennies. "Ça doit s’arrêter et aujourd’hui on fait un pas de plus pour empêcher, enfin, que cela ne se reproduise", a annoncé l'élu.  

 

 

New York est une ville où la voiture est reine. Les pistes cyclables sont trop rares, souvent encombrées et non sécurisées. Aaron traverse l’East River tous les jours à vélo pour venir travailler à Union Square. Il faut, dit-il, rester concentré.   

 

 

J’adore ça, c’est excitant mais c’est effectivement risqué. Je me suis pris une portière, récemment.Aaron, un cycliste new-yorkais à franceinfo

 

 

"Oui, c’est très dangereux, convient Aaron. Mais j’ai un avertisseur, des lumières, un rétroviseur… C’est dommage qu’il y ait tant de grosses voitures sur la route. Il faudrait au moins les taxer."  

 

 

Casques ou lumières clignotantes… Ce type d’équipements, John, le bras dans une attelle après une récente chute, en vend de plus en plus. Il tient la boutique NYC Velo à Manhattan. "C’est notre rôle que les gens soient bien équipés. Beaucoup s’inquiètent pour leur sécurité, veulent éviter tout contact avec les automobilistes parce que le vélo, tout seul, c’est plutôt sans danger." John rêve d’une ville différente, "il s’agit de créer une ville qui soit pour ses habitants plutôt que pour les véhicules privés."  

 

 

 

"Notre monde a une addiction pour les voitures"  

Pour les 800 000 New Yorkais qui roulent à vélo régulièrement, le plan dévoilé par la ville est une excellente nouvelle. Danny Harris est à la tête de Transportation Alternatives qui milite pour en finir avec la mainmise de la voiture dans l’espace public. "Notre monde a une addiction pour les voitures. New York ne sera plus la même après cette loi. Ce n’est pas juste l’argent. C’est New York qui donne la priorité à ses résidents plutôt qu’aux voitures. Il ne s’agit pas des vélos, il ne s’agit pas des bus.  Il s’agit des New Yorkais et de leurs opportunités."   

 

 

La chaussée n’étant pas extensible, les automobilistes vont devoir se faire une raison. Entre ce plan et le péage urbain annoncé pour 2021, rouler en voiture à New York va devenir encore plus compliqué.

 


02/11/2019
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Franceinfo - le mercredi 30 octobre 2019

 

 

États-Unis : les Américains ne font plus d'enfants

 

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France 2France Télévisions

 

 

Le taux de natalité aux États-Unis est au plus bas, et beaucoup d'Américains avancent le coût d'un enfant dans le pays pour justifier le phénomène.

 

 

 

Le niveau de natalité des États-Unis a atteint en 2019 son niveau le plus bas depuis 32 ans, ce qui pose un réel problème. En cause, entre autres, un désir affirmé de donner la priorité à la carrière professionnelle. Kelley Dennings a 43 ans, et vit en couple depuis 22 ans. Diplômée, elle a un bon travail dans une ONG et vit dans une maison avec un jardin, à quelques kilomètres de Washington (États-Unis). Tout semblait tracé pour qu'elle fonde une famille parfaitement américaine. Mais le couple a fait un autre choix, parfaitement assumé.

 

 

 

Des projets professionnels prioritaires

"Quand j'ai eu 30 ans, j'ai tout simplement décidé que les enfants, ce n'était pas pour moi. J'étais concentrée sur ma carrière, passionnée par mon métier, je ne voyais pas comment des enfants pouvaient s'insérer là-dedans", explique-t-elle. Voyager, partir à la retraite plus tôt, tout cela est plus facile sans enfants. Un choix comme celui de Kelley et de son compagnon, beaucoup le font aux États-Unis, pays qui affiche un taux de natalité de 1,72 enfant par femme. Or, il faut un taux de 2,10 pour assurer le renouvellement de la population.

 


31/10/2019
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Franceinfo - le mercredi 30 octobre 2019

 

 

Etats-Unis : la Chambre des représentants reconnaît le génocide arménien

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

Ce texte non-contraignant a été adopté par l'écrasante majorité de 405 voix sur 435, avec une rare union entre démocrates et républicains

 

 

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Le président arménien Armen Sarkisian, le premier ministre Nikol Pashinyan et d'autres officiels assistent à une cérémonie commémorant le 104e anniversaire du génocide arménien au mémorial Tsitsernakaberd à Yerevan, en Arménie, le 24 avril 2019. (KAREN MINASYAN / AFP)

 

 

 

Aux Etats-Unis, la Chambre des représentants a reconnu formellement, mardi 29 octobre, le génocide arménien lors d'un vote symbolique inédit, qui a suscité la colère de la Turquie, au moment où les relations américano-turques sont déjà mises à rude épreuve. C'est la première fois qu'une telle résolution est adoptée en séance plénière d'une des chambres du Congrès à Washington. 

 

 

Ce texte non-contraignant a été adopté par l'écrasante majorité de 405 voix sur 435, avec une rare union entre démocrates et républicains, et seulement onze voix contre. Et le résultat du vote a été accueilli par des applaudissements. L'objectif affiché est notamment de "rejeter les tentatives (...) d'associer le gouvernement américain à la négation du génocide arménien" et à éduquer sur ces faits. 

 

 

Le génocide arménien est reconnu par une trentaine de pays et la communauté des historiens. Selon les estimations, entre 1,2 million et 1,5 million d'Arméniens ont été tués pendant la Première Guerre mondiale par les troupes de l'Empire ottoman, alors allié à Allemagne et à l'Autriche-Hongrie.

 

 

 

Une décision qui agace la Turquie

La Turquie a réagi immédiatement par la voie de son ministère des Affaires étrangères en "condamnant fortement" un "acte politique dénué de sens"Ankara refuse l'utilisation du terme "génocide", évoquant des massacres réciproques sur fond de guerre civile et de famine ayant fait des centaines de milliers de morts dans les deux camps.

 

 

Ce vote intervient le jour de la fête nationale turque alors que les relations entre les Etats-Unis et la Turquie, alliés au sein de l'Otan, connaissent de fortes turbulences. Le président Trump a toutefois laissé le champ libre à une offensive turque en Syrie contre les combattants kurdes, pourtant également alliés des Etats-Unis, en retirant ses forces du nord du pays début octobre.

 

 

Cette décision a suscité un tollé au sein de la classe politique américaine, jusque dans le camp républicain, dont des élus ont menacé d'imposer des sanctions "infernales" à la Turquie et à ses dirigeants. Face à la pression, le gouvernement américain a lui-même annoncé des mesures punitives, plus modestes, avant de les lever à la faveur d'un cessez-le-feu négocié avec Ankara.

 


30/10/2019
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Franceinfo - le samedi 26 octobre 2019

 

 

États-Unis : les créationnistes revisitent l'histoire de l'humanité

 

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France 2France Télévisions

 

 

 

Le courant créationniste, selon lequel Dieu est à l'origine de tout, bénéficie de puissants soutiens aux États-Unis, avec le vice-président qui en est un membre fervent

 

 

 

Ils sont convaincus que Dieu est à l'origine de tout. On les appelle les créationnistes, et ils ont un réel poids dans la société américaine au point qu'ils pourraient bien compter au moment de la présidentielle de 2020. Leur diable est Darwin et sa théorie de l'évolution. "C'est un mouvement qui considère que la Terre a 6 à 8 000 ans d'existence seulement, et qui rejette en bloc la théorie de l'évolution", confirme depuis Washington (États-Unis) Loïc de La Mornais. La nomination par Donald Trump au poste de ministre de l'Éducation nationale d'une ancienne directrice d'école créationniste a donné des ailes à ce camp.  

 

 

 

"C'est possible que les hommes et les dinosaures aient vécu en même temps" 

De plus, le vice-président Mike Pence est un créationniste convaincu, si bien qu'il y a une défiance au sommet de l'État envers la science. Dans l'État du Kentucky, il y a même un musée de la création, qui affirme que les premiers hommes ont côtoyé les dinosaures. "C'est possible que les hommes et les dinosaures aient vécu en même temps. On ne peut pas marcher dans ce jardin d'Eden reconstitué sans être rempli de joie, en voyant que c'est comme ça que tout a commencé", assure une visiteuse conquise. Fondé par une association Évangéliste, le musée compte sur des appuis financiers puissants de chrétiens créationnistes. Ils ont ainsi levé 100 millions d'euros, de quoi construire une arche de Noé grandeur nature.

 


29/10/2019
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Franceinfo - le samedi 26 octobre 2019 - mis à jour le 27.10.19

 

 

Évacuations, coupures d'électricité, nombre de foyers... Quatre chiffres qui illustrent la violence des incendies qui ravagent la Californie

 

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franceinfoFrance Télévisions

 

 

 

Des vents forts et secs pourraient attiser les flammes durant tout le week-end, selon les autorités locales

 

 


Une maison brûle à Geyserville, en Californie (Etats-Unis), le 24 octobre 2019.

Une maison brûle à Geyserville, en Californie (Etats-Unis), le 24 octobre 2019. (JOSH EDELSON / AFP)

 

 

 

Les pompiers luttent toujours contre plusieurs incendies en Californie (Etats-Unis), dimanche 27 octobre. Plusieurs brasiers, attisés par des vents chauds et secs, ont provoqué des coupures de courant préventives et l'évacuation d'au moins 180 000 personnes. Franceinfo revient sur quatre chiffres montrant l'ampleur de ces feux de forêt, qui menacent des milliers d'habitations.

 

 

 

16 incendies en cours en Californie

Le Los Angeles Times (en anglais) recense 16 feux de forêts actifs en Californie, dimanche, dans une carte reprenant les données de Cal Fire, le service des pompiers de l'Etat. Le foyer le plus important est le "Kincade Fire", qui dévore la région viticole du comté de Sonoma, près de San Francisco, depuis mercredi soir. Plus de 3 000 personnes, appuyées par une dizaine de bombardiers d'eau et une centaine de camions de pompiers, tentent de circonscrire ce feu.

 

 

L'incendie s'étendait sur plus de 12 000 hectares et n'était contenu qu'à 10%, dimanche matin. Il a détruit au moins 79 bâtiments et menace plus de 31 000 autres, selon les dernières annonces de Cal Fire. Relativement préservées lors des incendies de ces dernières années, plusieurs propriétés du comté de Sonoma, connu pour ses vins, ont été attaquées par les flammes. Des vidéos ont notamment montré le principal bâtiment de la Soda Rock Winery, vieux de 150 ans, devenu un brasier géant, à Healdsburg.

 

 

 

Le \"Kincade Fire\" ravage des vignobles de Geyserville, en Californie (Etats-Unis), le 24 octobre 2019.

Le "Kincade Fire" ravage des vignobles de Geyserville, en Californie (Etats-Unis), le 24 octobre 2019. (JOSH EDELSON / AFP)


 

À des centaines de kilomètres plus au sud, un autre brasier, nommé "Tick Fire", n'était contenu qu'à 55% dimanche matin, après avoir dévoré près de 1 800 hectares, selon les pompiers. Le feu a réduit en cendres au moins six maisons. Plus de 1 300 pompiers sont mobilisés, assistés de quatre hélicoptères, pour lutter contre le "Tick Fire".

 

 

 

Une maison détruite par le \"Tick Fire\" à Agua Dulce, en Californie (Etats-Unis), le 25 octobre 2019.

Une maison détruite par le "Tick Fire" à Agua Dulce, en Californie (Etats-Unis), le 25 octobre 2019. (MARK RALSTON / AFP)


 

180 000 personnes évacuées

Quelque 50 000 personnes ont été évacuées dans le comté de Sonoma, au nord de San Francisco, dès la nuit du jeudi 24 au vendredi 25 octobre. Les autorités ont demandé à l'ensemble des habitants de la petite ville de Geyserville et la région de vignobles qui la bordent de partir. De nombreux résidents ont à peine eu le temps de rassembler quelques affaires avant de voir les flammes déferler. "On pensait que le feu était à trois kilomètres, mais on n'avait pas pris en compte le vent. En fait, l'incendie avançait à une vingtaine de km/h", a expliqué un résident au Los Angeles Times (en anglais).

 

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L'ordre d'évacuation a été étendu à 180 000 personnes, dimanche 27 octobre, pour inclure la moitié de la ville de Santa Rosa. "C'est la plus importante évacuation de mémoire de shérif du comté de Sonoma", ont précisé les autorités sur Twitter. Plusieurs centres d'hébergement d'urgence affichaient complets dimanche, a indiqué le San Francisco Chronicle (en anglais). La police Santa Rosa a dû fermer l'un d'entre eux, le Finley Community Center, qui se trouvait dans la zone à évacuer. Tous les détenus de la prison North County Detention Facility ont été déplacés et le Sutter Santa Rosa Regional Hospital a été évacué.

 

 

Les autorités locales avaient également fait du porte-à-porte vendredi à Santa Clarita, à 50 kilomètres de Los Angeles, pour avertir les habitants de l'approche du "Tick Fire" et leur demander de partir. Toutes les écoles de la région avaient fermé leurs portes pour la journée, ainsi qu'une autoroute très fréquentée. Au plus fort de l'incendie, 40 000 personnes ont été sommées de quitter leur domicile. Mais plusieurs ont obtenu le droit de rentrer chez elles, dimanche, le "Tick Fire" étant maîtrisé à 55% par les pompiers.

 

 

 

940 000 foyers privés d'électricité

Le fournisseur d'électricité PG&E a annoncé, samedi 26 octobre, qu'il prévoyait de couper préventivement le courant à 940 000 foyers. En cause, des prévisions annonçant un "temps sec, chaud et venteux", qui pourrait attiser les flammes. La mesure affectera environ deux millions de personnes, dans 36 comtés, selon les médias américains.

 

 

Comme le souligne un témoignage recueilli par le Los Angeles Times (en anglais), les coupures d'électricité peuvent empêcher certains résidents de recevoir les ordres d'évacuation. Privés d'internet, certains habitants ne reçoivent pas les appels d'alerte sur leur ligne fixe. D'autres ont témoigné de la difficulté d'évacuer les lieux, dans le "noir absolu".

 

 

Selon le Washington Post (en anglais), PG&E est actuellement sous pression, car l'entreprise est soupçonnée d'être responsable du "Kincade Fire". L'entreprise a fait état d'un incident sur l'une de ses lignes à haute tension, près du point d'origine de l'incendie, seulement sept minutes avant le départ des flammes. "Une ligne à haute tension du même type avait causé le feu le plus meurtrier de l'Etat, le Camp Fire, en 2018", souligne le quotidien américain.

 

 

 

Des rafales à 150 km/h attisent les flammes

Les conditions météorologiques, avec des températures avoisinant les 30 °C, compliquent la tâche des pompiers californiens. La progression du "Kincade Fire" vers le sud est facilitée par un temps sec, un taux d'humidité très faible (14%) et un vent soutenu. Selon le Los Angeles Times (en anglais), le service de météorologie nationale (NWS) a enregistré des rafales jusqu'à 150 km/h, dimanche matin. Les prévisionnistes américains tablaient sur des vents au moins aussi importants tout au long de la journée, avant une accalmie, lundi. La semaine à venir s'annonçait tout aussi sèche que le week-end.

 

 

 

Un pompier surveille la progression du \"Tick Fire\" à Canyon Country, en Californie (Etats-Unis), le 24 octobre 2019.

Un pompier surveille la progression du "Tick Fire" à Canyon Country, en Californie (Etats-Unis), le 24 octobre 2019. (MARIO TAMA / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP)


 

Par le passé, ces "vents Diablo" ont contribué à attiser trois des feux les plus destructeurs de l'histoire californienne, rapporte le Los Angeles Times (en anglais). "C'est sans aucun doute un événement que nous qualifions d'historique", a déclaré David King, météorologiste au bureau de Monterey, au quotidien.

 

 

La saison des incendies fait régulièrement des ravages en Californie. Début novembre 2018, le "Camp Fire" avait détruit la petite ville de Paradise, dans le nord de l'Etat, faisant 86 morts et plusieurs dizaines de milliers de déplacés.

 


29/10/2019
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Franceinfo - le jeudi 10 octobre 2019

 

 

L'article à lire pour comprendre l'affaire ukrainienne qui a enclenché une procédure de destitution contre Donald Trump

 

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Marie-Violette BernardFrance Télévisions
 

 

 

Les démocrates ont lancé la première étape d'une action d'"impeachment" contre le président américain parce qu'il a demandé à son homologue ukrainien d'enquêter sur l'un de ses rivaux

 

 

 

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Donald Trump sur le perron de la Maison Blanche, à Washington (Etats-Unis), le 2 octobre 2019. (STEFANI REYNOLDS / CONSOLIDATED NEWS PHOTOS / AFP)

 

 

 

"Les démocrates qui ne font rien (...) ne devraient pas perdre le temps et l'énergie de tout le monde pour des conneries." Donald Trump a, une fois de plus, vivement attaqué l'opposition dans un tweet publié mercredi 2 octobre. L'origine de sa colère ? L'ouverture d'une enquête sur des soupçons de collusion avec l'Ukraine, première étape d'une procédure de destitution visant le président des Etats-Unis.

 

 

Que reproche-t-on à Donald Trump ? Va-t-il vraiment être destitué ? Quel est le rapport entre l'Ukraine et Joe Biden, candidat à la primaire démocrate ? Voici l'article à lire pour tout comprendre de cette affaire.

 

 

 

Qu'est-ce qu'on reproche à Donald Trump ?

Les démocrates accusent Donald Trump d'avoir fait pression sur son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky pour qu'il lance une enquête sur Joe Biden, candidat à l'investiture démocrate pour l'élection présidentielle de 2020. Une retranscription d'un appel entre les deux dirigeants, passé le 25 juillet, confirme que le milliardaire lui a demandé à plusieurs reprises de "s'intéresser" au clan Biden.

 

 

Capture d\'écran de la retranscription de la conversation entre Donald Trump et Volodymyr Zelensky.

Capture d'écran de la retranscription de la conversation entre Donald Trump et Volodymyr Zelensky. (WHITE HOUSE)

 

 

Surtout, le président a effectué cette demande alors qu'il retardait le versement d'une aide de 400 millions de dollars à l'Ukraine, note Vox (en anglais). Certains observateurs s'interrogent sur ce retard, qu'ils considèrent comme une tentative de contraindre Volodymyr Zelensky à accéder à cette requête. Les républicains rétorquent qu'à aucun moment durant l'échange, le président n'a explicitement conditionné cette aide à l'ouverture d'une enquête, ajoute NPR (en anglais).

 

 

Les démocrates accusent par ailleurs l'exécutif d'avoir voulu dissimuler le contenu de cette conversation. Dans une plainte déposée le 12 août, le lanceur de l'alerte à l'origine de l'enquête affirme en effet que la retranscription de cet appel a été stockée "dans un système informatique habituellement utilisé pour les informations classifiées, alors que ce document ne l'était pas", rapporte Politico (en anglais)"C'est une tentative d'étouffer l'affaire", a estimé la cheffe de file de l'opposition, Nancy Pelosi, après ces rélévations.

 

 

 

Quel est le rapport entre l'Ukraine et Joe Biden ?

Donald Trump a demandé à Volodymyr Zelensky d'enquêter sur une rumeur concernant Joe Biden. En 2015, celui qui était alors vice-président de Barack Obama a fait pression sur l'Ukraine pour qu'elle limoge un procureur accusé d'être trop complaisant dans les affaires de corruption, explique le magazine Time (en anglais). A l'époque, d'autres responsables européens et le FMI portaient le même discours. Les détracteurs de Joe Biden affirment qu'il a demandé la tête du magistrat pour protéger son fils, Hunter, qui siégeait alors au conseil de surveillance du groupe gazier ukrainien Burisma, visé par une enquête.

 

 

 

Barack Obama, Joe Biden et Hunter Biden lors d\'un match de basket à Washington (Etats-Unis), le 30 janvier 2010.

Barack Obama, Joe Biden et Hunter Biden lors d'un match de basket à Washington (Etats-Unis), le 30 janvier 2010. (MITCHELL LAYTON / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP)

 

 

Mais cette théorie ne tient pas la route, assure Bloomberg (en anglais), puisque l'investigation sur Burisma était au point mort depuis un an lorsque Joe Biden a demandé le départ du procureur Viktor Shokin. Par ailleurs, aucun élément ne prouve que Hunter Biden était visé par l'enquête. Le parquet ukrainien a ainsi déclaré, vendredi 4 octobre, qu'il n'avait "aucune information" à charge contre le fils du candidat à la primaire démocrate. Le procureur a toutefois indiqué qu'il réexaminait des dossiers sur Burisma, afin de déterminer s'ils avaient été classés légalement.

 

 

 

Pourquoi est-ce que l'affaire éclate seulement maintenant ?

Un lanceur d'alerte, agent de la CIA détaché à la Maison Blanche, a effectué un signalement sur l'appel entre Trump et Zelensky, le 12 août. Il y affirme que plusieurs responsables de la Maison Blanche peuvent témoigner que le président à "abusé de sa fonction pour son gain personnel". La plainte a été transmise au ministère de la Justice, qui l'a classée sans suite. "La division criminelle du ministère a étudié l'affaire et a conclu qu'il n'y avait aucun motif pour une enquête sur le comportement de Donald Trump", précise le New York Times (en anglais).

 

 

L'autorité judiciaire a estimé que rien, dans la retranscription de l'appel, ne montrait que le président avait violé la loi sur les campagnes électorales. Celle-ci interdit d'accepter ou de demander à un ressortissant étranger d'intervenir dans une campagne via une "contribution, un don ou une chose de valeur". Sauf que des éléments pouvant discréditer un candidat, comme les conclusions d'une enquête pour corruption, peuvent être considérées comme une "chose de valeur", pointe Mother Jones (en anglais). 

 

 

Autre problème : le directeur du renseignement américain, Joseph Maguire, devait informer les commissions parlementaires appropriées de l'existence de cette plainte sous une semaine. Et il n'en a rien fait, note le New York Magazine (en anglais). Estimant que l'affaire était "urgente", son subordonné qui avait reçu le signalement du lanceur d'alerte a décidé, début septembre, d'avertir le Congrès de cette plainte.

 

 

Dimanche 6 octobre, Mark Zaid, l'avocat du lanceur d'alerte, a annoncé l'existence d'un deuxième informateur. Il s'agit d'un agent des services de renseignement. Il ou elle a "également fait une déposition protégée par la loi, a expliqué l'avocat. Ce lanceur d'alerte a des informations de première main", a-t-il assuré. Un autre avocat du cabinet de Mark Zaid a laissé entendre que le nombre de lanceurs d'alerte sur cette affaire ukrainienne pourrait encore augmenter.

 

 

 

Comment se défend Donald Trump ?

Sans surprise, pour le président américain, la meilleure défense, c'est l'attaque. Donald Trump a accusé les démocrates de répandre "une intox", de mener "la plus grande chasse aux sorcières de l'histoire américaine" et de perpétrer un "coup d'Etat", rapporte Politico (en anglais). Selon lui, Joe Biden est "corrompu", tout comme les médias qui couvrent l'affaire. 

 

 

 

 

Après avoir déclaré qu'il cherchait à identifier le lanceur d'alerte de la CIA (dont l'anonymat est pourtant protégé par une loi fédérale), il a suggéré d'arrêter le président de la commission sur le renseignement pour "trahison". Donald Trump a accusé l'élu démocrate d'avoir "menti" sur le contenu de son échange avec Volodymyr Zelensky (une allégation contestée par CNN), ce qui mériterait qu'il "soit interrogé au plus haut niveau" selon le président.

 

 

Surtout, Donald Trump argue que son échange avec le dirigeant ukrainien était "parfait". Le président ne voit rien de répréhensible dans sa demande (qui pose tout de même la question de la séparation des pouvoirs et de l'implication d'une puissance étrangère dans une élection américaine), car il n'a "jamais menacé" son homologue. Sa requête lui semble si irréprochable qu'il l'a renouvelée en direct à la télévision, jeudi 3 octobre. "La Chine devrait lancer une investigation sur les Biden", a-t-il insisté, défendant son "droit absolu" d'enquêter sur la corruption, quitte à "demander ou de proposer à d'autres pays de nous aider".

 

 

 

 

Mercredi 9 octobre, Donald Trump s'est montré encore plus offensif et a carrément déclaré la guerre au Congrès. La Maison Blanche a annoncé qu'elle refusait de coopérer à l'enquête en cours, en vue d'une éventuelle procédure de destitution. Argument central de l'exécutif américain : les investigations menées par les élus démocrates de la Chambre des représentants sur l'affaire ukrainienne ne sont ni légitimes ni impartiales. Il met aussi en avant l'absence de vote formel à la Chambre pour déclencher ce processus.

 

 

 

Que vient faire l'ancien maire de New York dans cette affaire ?

Le nom de Rudy Giuliani, avocat personnel de Donald Trump, s'est vite trouvé au cœur de l'affaire ukrainienne. Dans sa plainte, le lanceur d'alerte affirme que l'ancien maire de New York a tenté durant plusieurs mois de convaincre Kiev d'enquêter sur Joe Biden, rapporte le Guardian (en anglais). La tentative du président américain d'impliquer l'Ukraine dans l'élection ne daterait donc pas de juillet, puisque l'un de ses plus proches conseillers creusait déjà cette piste. Lors d'une interview avec CNN vendredi 20 septembre, Rudy Giuliani a démenti, puis reconnu qu'il avait œuvré en ce sens.

 

 

 

 

 

 

L'avocat est aussi au premier plan de la stratégie de défense de Donald Trump. Depuis l'annonce de l'enquête pour impeachment, il a donné plusieurs interviews pour défendre son client, rappelle le quotidien britannique (en anglais). Les démocrates ont déjà indiqué que Rudy Giuliani pourrait être cité à comparaître devant la commission parlementaire sur le renseignement, qui enquête sur l'affaire ukrainienne.

 

 

 

Quelles sont les étapes de l'"impeachment" ?

Nancy Pelosi a activé la première étape de la procédure de destitution de Donald Trump. Les six commissions de la Chambre des représentants, qui enquêtaient déjà sur Donald Trump, vont intensifier leur action : Adam Schiff, président de la commission du renseignement, a indiqué à CNN (en anglais) que des auditions de témoins (dont le lanceur d'alerte) allaient avoir lieu "aussi prestement que possible". Plusieurs responsables de l'administration Trump, dont le secrétaire d'Etat Mike Pompeo, ont également été cités à comparaître.

 

 

 

Les élus démocrates Adam Schiff et Nancy Pelosi, meneurs de la procédure de destitution engagée contre Donald Trump, lors d\'une conférence de presse à Washington (Etats-Unis), le 2 octobre 2019.

Les élus démocrates Adam Schiff et Nancy Pelosi, meneurs de la procédure de destitution engagée contre Donald Trump, lors d'une conférence de presse à Washington (Etats-Unis), le 2 octobre 2019. (STEFANI REYNOLDS / CONSOLIDATED NEWS PHOTOS / AFP)


 

Si la Chambre dispose d'éléments incriminants à l'issue de cette enquête, elle rédigera une série d'articles de mise en accusation qui devront être soumis au vote en séance plénière. "Les démocrates élus dans des Etats traditionnellement conservateurs pourraient voter contre", estime CNN, qui précise qu'il est "difficile de savoir" si des républicains oseraient voter en faveur de l'impeachment d'un président issu de leur propre camp. Si la Chambre approuve ces mises en accusation, Donald Trump sera alors "empêché". Il faut toutefois que cette procédure soit validée par un procès au Sénat, seul à pouvoir décider de la destitution du président. Une majorité de 67 élus sur 100 est requise pour le condamner.

 

 

 

Donc Donald Trump peut vraiment être destitué ?

Rien n'est moins sûr. Même si la Chambre vote en faveur de la destitution d'un président, il peut être acquitté lors du procès au Sénat. Deux chefs d'Etat américains ont ainsi déjà été "empêchés" par la Chambre : Andrew Johnson et Bill Clinton. Tous deux sont restés en fonction jusqu'à la fin prévue de leur mandat, rappelle CNN (en anglais).

 

 

Le premier a fait l'objet d'une procédure d'impeachment en 1868, après avoir démis un membre de son cabinet dont la nomination avait été soutenue par le Congrès (ce qui était à l'époque illégal). A l'issue des trois semaines de procès au Sénat, Andrew Johnson a échappé de justesse à la destitution : pour trois des charges retenues contre lui, il a manqué un vote pour atteindre la majorité requise. Bill Clinton a, lui, été empêché en 1998 pour parjure et obstruction de la justice, dans le cadre de l'affaire Monica Lewinsky. Un procès pour destitution a débuté en janvier 1999 au Sénat, mais le démocrate a été acquitté un mois plus tard.

 

 

 

Bill Clinton réagit à son acquittement par le Sénat à la fin d\'une procédure de destitution, le 12 février 1999.

Bill Clinton réagit à son acquittement par le Sénat à la fin d'une procédure de destitution, le 12 février 1999. (STEPHEN JAFFE / AFP)

 

 

 

Rien ne garantit donc que Donald Trump sera effectivement destitué si la Chambre vote son impeachment. Les républicains disposent de 53 sièges sur les 100 que compte le Sénat. Pour atteindre la majorité de 67 votes requise pour destituer le président, il faudrait donc que 20 élus conservateurs se retournent contre le milliardaire. "A ce stade, zéro sénateurs républicains ont dit quoi que ce soit" en faveur de l'impeachment, note CNN (en anglais).

 

 

 

Et la campagne présidentielle de 2020 dans tout ça ?

"C'est la première fois qu'une procédure d'impeachment coïncide avec une campagne présidentielle", note Corentin Sellin, professeur agrégé d'histoire et spécialiste de la politique américaine, interrogé par franceinfo. Difficile donc d'évaluer ses répercussions sur la primaire démocrate et sur l'élection présidentielle de 2020. Pour l'opposition, "il s'agit de mobiliser l'électorat démocrate, en lui offrant un motif de rassemblement et d'exaltation", détaille Corentin Sellin.

 

 

Cela permet de réunir le camp [démocrate], de le galvaniser et d'éliminer les éventuelles divisions.Corentin Sellin, spécialiste de la politique américaine à franceinfo

 

 

Mais "si la plainte sur l'Ukraine se révélait moins percutante que prévu, les élus démocrates seraient ridiculisés, relève l'historien. Cela porterait un coup terrible à leur crédibilité, tout en servant la cause de Donald Trump. Il serait renforcé dans la posture de victime dans laquelle il se place volontairement." Une position qui pourrait l'aider à remobiliser sa base en novembre 2020.

 

 

Donald Trump continue par ailleurs d'essayer de décrédibiliser son principal rival démocrate. "Pour l'instant, judiciairement, il n'y a rien contre Joe Biden, poursuit Corentin Sellin. Mais la mise en avant d'Hunter Biden est un défaut pour la candidature de son père." Les autres candidats à la primaire démocrate vont également tenter de tirer profit de cette affaire, conclut CNN"Ils sont outrés que Trump ait essayé de pousser l'Ukraine à enquêter sur Biden, mais ils ne veulent pas que la colère du public soit telle que [l'ancien vice-président] soit certain de remporter l'investiture", souligne la chaîne américaine.

 

 

 

J'ai la flemme de tout lire, vous me faites un résumé ?

Les démocrates ont annoncé, mardi 24 septembre, l'ouverture d'une investigation pour impeachment contre Donald Trump. Ils accusent le président d'avoir fait pression sur son homologue ukrainien pour qu'il enquête sur son rival démocrate, Joe Biden. Selon la plainte du lanceur d'alerte de la CIA qui a déclenché l'affaire, l'exécutif a par ailleurs essayé de couvrir ses traces en classant secrète la retranscription de l'appel entre les deux dirigeants (alors qu'elle ne contenait aucun élement considéré comme sensible).

 

 

Si elle dispose d'éléments à charge à l'issue de l'enquête, la Chambre des représentants rédigera et votera des articles de mise en accusation de Donald Trump. Les démocrates disposant d'une large majorité, l'impeachment a de bonnes chances d'être approuvé. Cela ouvrirait alors la porte à un procès au Sénat : une majorité absolue de 67 élus y est nécessaire pour que le président soit destitué. Il y a toutefois peu de chances que les républicains, majoritaires à la Chambre haute, se retournent contre un chef d'Etat issu de leur parti. Il n'y a donc aucune certitude que la procédure aboutisse.

 

 

Il est sûr, en revanche, que les démocrates et Donald Trump tenteront de se servir de cette procédure pour mobiliser leurs électeurs durant la campagne présidentielle de 2020. Bref, cette procédure sera au cœur de la prochaine course à la Maison Blanche.

 


10/10/2019
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Franceinfo - le jeudi 22 août 2019

 

 

Mais pourquoi Donald Trump s'intéresse-t-il tant au Groenland?

 

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franceinfoFrance Télévisions

 

 

 

Les prétentions du président américain sur ce territoire ont provoqué une crise diplomatique avec le Danemark. Franceinfo vous explique pourquoi le "pays vert" intéresse les Etats-Unis

 

 

 

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La petite ville de Kulusuk (Groenland, Danemark), photographiée le 19 août 2019. (JONATHAN NACKSTRAND / AFP)

 

 

 

L'affaire a viré à la crise diplomatique. Vexé par la réponse de la Première ministre danoise à son intérêt pour le Groenland, Donald Trump a annulé, mardi 20 août, sa visite au Danemark. "La déclaration de la Première (ministre) selon laquelle, c'était une idée absurde" d'acheter le Groenland "était méchante", a tonné le président américain devant des journalistes. En déplacement dans le territoire autonome rattaché au Danemark, Mette Frederiksen avait qualifié d'"absurde" la proposition d'achat du président américain.

 

 

Derrière les piques diplomatiques se cachent un intérêt bien réel des Etats-Unis pour ce territoire. Franceinfo vous explique pourquoi.

 

 

 

Parce que c'est un territoire stratégique

Ce n'est pas la première fois que les Etats-Unis convoitent l'île verte. En 1867, le pays avait tenté de s'offrir un lot Islande-Groenland, sans succès. En 1946, le président Harry Truman avait ensuite proposé au Danemark d'acheter le territoire pour 100 millions de dollars, afin d'en faire un avant-poste militaire.

 

 

 

 

 

 

Située à quelques encablures des côtes canadiennes, entre l'Europe et l'Amérique du Nord, l'île occupe une place stratégique. "Depuis les années 1940, le Groenland est même vu par le Pentagone comme le premier rideau de défense naturel pour la côte Est des Etats-Unis", explique Mikaa Mered à France 24. L'armée américaine dispose d'ailleurs d'une base aérienne à Thulé, dans le nord de l'île.

 

 

 

Parce que son sol est riche en matières premières

Faiblement peuplé – 56 025 habitants  pour une superficie de deux millions de km2 –, le Groenland est en revanche riche en matières premières (pétrole, gaz, or, diamant, uranium, zinc, plomb), malgré la présence de la glace qui rend difficile toute exploitation. "Seulement, 20% du territoire est dégelé. Sur cette partie, il y a beaucoup de ressources minérales, du pétrole, du gaz et des minerais rares", explique au Parisien Mikaa Mered, professeur de géopolitique à l'Institut libre d'étude des relations internationale et spécialiste du pôle Arctique.

 

 

En 2008, des relevés de l'Institut géologique des Etats-Unis estimaient que le sol groenlandais renfermait 31 milliards de barils équivalent pétrole en énergie fossile (gaz et pétrole). 

 

 

Avec le réchauffement climatique, ces réserves pourraient être plus facilement accessibles. Une mauvaise nouvelle pour la planète – la consommation d'énergie fossile est l'un des principaux facteurs du changement climatique –, qui donne cependant des idées à certains. Comme le racontait le magazine The Good Life en 2015, un responsable groenlandais estimait que son pays avait le potentiel pour devenir un "émirat au nord du monde", sur le modèle des Etats arabes riches en énergie fossile.

 

 

 

Parce qu'il est convoité par d'autres pays comme la Chine

Acquérir le Groenland permettrait aussi aux Etats-Unis d'empêcher l'installation de rivaux sur cette île aux portes de leur pays. Comme le raconte Le Figaro, Washington a fait des pieds et des mains pour contraindre l'opérateur chinois China Communications Construction Company à se retirer de l'appel d'offres pour l'extension des aéroports de Nuuk, Ilulissat et Qaqortoq. En 2017, le Danemark avait également refusé qu'une entreprise minière chinoise ne rachète l'ancienne base navale de Gronnedal pour ne pas froisser les Etats-Unis, rapporte Reuters (en anglais).

 

 

Plus généralement, l'intérêt américain pour l'île peut être lu comme une réponse aux investissements russes dans l'Arctique. "Clairement s'agissant des Russes, la logique [de Trump] est de dire 'vous ne continuerez pas à être la grande puissance de l'Arctique même si vous présiderez le Conseil de l'Arctique en 2021, explique le chercheur Mikaa Mered à l'AFP. Et par rapport aux Chinois, l'idée, de type doctrine Monroe, est 'on ne vous laissera pas prendre pied au Groenland (...). On recrée un consulat à Nuuk [la capitale groenlandaise], on va repositionner des diplomates, on va co-financer les nouveaux aéroports, financer des programmes d'éducation et sociaux (...). L'objectif ultime, c'est d'acquérir non pas le Groenland mais au moins de nouveaux territoires, de nouvelles parcelles de terre'".

 

 

 

Parce que c'est un territoire vulnérable politiquement

Le contexte politique local n'est pas de nature à décourager les ambitions américaines. Le Groenland entretient en effet une relation ambivalente avec le Danemark, avec lequel il a signé un traité renforçant l'autonomie du territoire en 2009. Comme l'explique Le Temps, les deux partis vainqueurs des dernières élections, les sociaux-démocrates du Siumut et la formation gauche-verte de l'Inuit Atagatigiit, sont favorables à l'indépendance, même s'ils se gardent bien de donner une date.

 

 

Ils pourraient se servir de l'intérêt américain pour faire avancer leurs revendications. Après la déclaration de Donald Trump, un cadre de l'Atagatigiit a estimé, tout en jugeant l'offre de rachat inacceptable, que cette affaire montrait que le Groenland devrait avoir son mot à dire en matière de défense et de politique étrangère, rapporte le journal Sermitsiaq (en danois). Deux domaines aujourd'hui gérés par Copenhague.

 


23/08/2019
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Franceinfo - le mercredi 21 août 2019

 

 

Vente du Groenland : Trump annule son voyage au Danemark, vexé par le manque d'intérêt de la Première ministre danoise pour sa proposition

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

Invité par la reine Margrethe II en septembre, Donald Trump a décidé de ne pas se rendre dans le royaume après que les autorités danoises ont déclaré ne pas apprécier la convoitise du président américain sur le territoire autonome

 

 

 

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Le président américain Donald Trump dans son bureau ovale, à la Maison Blanche (Washington D.C.) le 20 août 2019. (ANDREW HARRER / CONSOLIDATED NEWS PHOTOS / AFP)

 

 

 

Le début d'une saga diplomatique à rebondissement entre les Etats-Unis et le Danemark. Donald Trump a annoncé mardi 21 août le report de son déplacement en Scandinavie, puisque la Première ministre danoise ne souhaite pas vendre le Groenland aux Etats-Unis.

 

 

La visite au Danemark du président américain prévue début septembre a "été annulée à ce stade", a précisé la Maison Blanche, quelques instants après une série de tweets de Donald Trump. 

 

 

 

 

 

 

"Le Danemark est un pays très spécial avec des gens incroyables mais étant donné les commentaires de la Première ministre, Mette Frederiksen, selon lesquels elle n'aurait aucun intérêt à discuter de l'achat du Groenland, je vais repousser notre rencontre prévue dans deux semaines à un autre moment", a écrit le président américain.

 

 

"La Première ministre a été en mesure de faire l'économie d'argent et d'efforts pour les Etats-Unis et le Danemark en étant si directe. Je la remercie pour cela et ai hâte de reprogrammer à un moment dans le futur" cette rencontre, a-t-il poursuivi.

 

 

 

Un territoire "stratégiquement intéressant" 

La presse américaine avait révélé en fin de semaine dernière que Donald Trump s'était renseigné sur la possibilité d'acheter le Groenland pour le rattacher aux Etats-Unis. Immense territoire autonome rattaché au Danemark qui compte quelque 56 000 habitants, le président américain estimait que cette "grosse transaction immobilière", serait "stratégiquement intéressante".

 

 

Début septembre, Trump ne se rendra donc pas au Danemark, où il avait accepté une invitation de la reine Margrethe II, malgré avoir assuré dimanche que cette visite n'était "pas du tout" liée à son ambition territoriale.

 

 

De leur côté, les autorités locales n'apprécient pas cette convoitise de l'ex-magnat de l'immobilier. "Le Groenland est riche en ressources précieuses (...). Nous sommes prêts à faire des affaires, pas à vendre", avait notamment réagi le ministère groenlandais des Affaires étrangères.

 

 

Le Groenland est une gigantesque île arctique, grande comme quatre fois la France et riche en ressources naturelles (pétrole, gaz, or, diamant, uranium, zinc ou plomb).

 


21/08/2019
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Franceinfo - le samedi 17 août 2019

 

 

RECIT. Jeffrey Epstein : comment une affaire de pédocriminalité organisée a fini par devenir un scandale international

 

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Jean-Loup AdénorVincent MatalonFrance Télévisions

 

 

La mort en prison du financier américain accusé de pédo-criminalité, qui fait les gros titres outre-Atlantique, pourrait avoir des répercussions en France. Le parquet de Paris affirme "analyser et recouper" les informations sur ses activités dans le pays

 

 

 

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Le financier américain Jeffrey Epstein (à gauche) accompagné de Donald Trump, alors homme d'affaires à succès, en 1997 lors d'une soirée organisée au club Mar-a-Lago de Palm beach (Floride). (DAVIDOFF STUDIOS PHOTOGRAPHY / ARCHIVE PHOTOS / GETTY IMAGES)

 

 

 

Mieux valait ne pas croiser la route de William Barr en début de semaine. Lundi 12 août, le ministre américain de la Justice profitait de chaque micro tendu pour dire sa "consternation" et sa "colère". L'objet de l'ire du ministre de Donald Trump ? Le "suicide apparent", dans la nuit du vendredi 9 au samedi 10 août, du financier Jeffrey Epstein au Metropolitan Correctional Center de Manhattan, à New York.

 

 

Pourtant supposé être surveillé de près par le personnel pénitentiaire après une première tentative de suicide deux semaines et demi plus tôt, le multimillionnaire de 66 ans a donc réussi à mettre fin à ses jours. Cette mort intervient au lendemain de la publication par la justice américaine d'un document de plus de 2 000 pages, jetant une lumière crue sur un trafic à grande échelle de jeunes filles, parfois âgées de 12 ans, qu'il était accusé de rémunérer en échange de services sexuels. Comment ce riche financier, ami des puissants, a-t-il finalement terminé sa vie derrière les barreaux après avoir esquivé la justice pendant près de quinze ans ? Franceinfo remonte le fil d'un scandale hors-norme.

 

 

 

"Plus loin tu iras, mieux tu seras payée"

Jeffrey Epstein ne sera donc jamais jugé. Pour la seconde fois, il échappe à un procès surmédiatisé, au cours duquel il aurait dû s'expliquer publiquement sur ses agissements et ses éventuels complices. Car le multimillionnaire a déjà eu affaire à la justice, au milieu des années 2000 en Floride. Le 15 mars 2005 à Palm Beach, le témoignage d'une adolescente de 14 ans va ébruiter pour la première fois cette affaire de pédo-criminalité tentaculaire.

 

 

 

L\'entrée de la résidence de Palm Beach (Floride) appartenant à Jeffrey Epstein, le 14 mars 2019.

L'entrée de la résidence de Palm Beach (Floride) appartenant à Jeffrey Epstein, le 14 mars 2019. (JOE SKIPPER / REUTERS)


 

Selon le rapport de police (document disponible ici, en anglais), la jeune fille, scolarisée au Royal Palm Beach High School, raconte avoir été invitée par une de ses camarades de classe à "se faire un peu d'argent" en prodiguant des massages à un riche homme d'affaires. C'est dans une luxueuse villa avec domestiques, agents de sécurité et autres assistants, qu'elle rencontre l'homme qui l'a abusée sexuellement, un certain "Jeff". Au cours de ce "massage", le quadragénaire aux cheveux gris se présente nu sous une serviette, détaille l'adolescente aux enquêteurs. Il exige qu'elle se déshabille entièrement avant de commencer à le masser, d'abord le dos, puis le torse. L'homme entreprend alors de se masturber en se livrant à des attouchements sur l'adolescente, allant jusqu'à utiliser des accessoires. Cette première session lui rapporte 200 dollars. "Plus tu iras loin, mieux tu seras payée", lui explique un peu plus tard sa camarade de classe.

 

 

Pendant un an, la police de Palm Beach poursuit ses investigations et auditionne de nouvelles victimes présumées. A chaque fois, le mode opératoire décrit est le même : une rabatteuse propose à une adolescente, entre 13 et 18 ans, de gagner un peu d'argent facile en s'improvisant masseuse pour un homme riche. Les filles sont payées en fonction de ce qu'elles acceptent de subir, de la masturbation aux attouchements. L'une des victimes raconte même aux enquêteurs comment, après avoir été violée par Jeffrey Epstein, ce dernier s'est excusé en la payant 1 000 dollars. Epstein propose à certaines de ces jeunes filles d'être payées sans avoir à le masser, à la seule condition de lui ramener de nouvelles adolescentes, les plus jeunes possibles. Ainsi, les victimes deviennent à leur tour actrices du système.

 

 

 

Une victime formée pour devenir "tout ce qu'un homme pouvait vouloir" d'elle

Jeffrey Epstein ne réservait pas ces séances de "massages" à ses seuls séjours en Floride. Le multimillionnaire naviguait entre Palm Beach, Paris, son ranch au Nouveau-Mexique, son île privée située dans les Iles Vierges américaines et sa luxueuse demeure de New York. Située à un saut de puce de Central Park, la bâtisse de près de 2 000 mètres carrés est "l'une des plus grandes propriétés privées de Manhattan", rapporte le New York Times. Escalier en marbre, cinq salles de bain, trois suites privées… L'édifice, estimé à près de 50 millions d'euros, est richement équipé.

 

 

 

Les initiales de Jeffrey Epstein, mises en évidence à l\'entrée de sa résidence de Manhattan, à New York, le 15 juillet 2019.

Les initiales de Jeffrey Epstein, mises en évidence à l'entrée de sa résidence de Manhattan, à New York, le 15 juillet 2019. (KEVIN HAGEN / GETTY IMAGES NORTH AMERICA)


 

Il présente aussi des décorations d'un goût plus surprenant : des visiteurs racontent au quotidien américain avoir remarqué la présence d'un jeu d'échec aux figurines représentant les collaboratrices de Jeffrey Epstein"habillées de manière suggestive", une "poupée grandeur nature suspendue à un chandelier" ou, plus récemment encore, une fresque représentant le propriétaire des lieux en prison, entouré par des surveillants.

 

 

C'est notamment dans cette résidence de l'Upper East Side que Virginia Roberts Giuffre, une jeune femme de 30 ans qui affirme avoir rencontré Epstein alors qu'elle était encore adolescente, raconte avoir été transformée en "esclave sexuelle" destinée à satisfaire le multimillionnaire et ses invités. Dans une déposition effectuée en 2015 et citée par The Daily Beast, la principale accusatrice de Jeffrey Epstein explique avoir été "formée" pour devenir "tout ce qu'un homme pouvait vouloir qu'[elle soit]".

 

 

Ce n'était pas seulement une formation sexuelle, ils voulaient que je sois capable de répondre à tous les besoins des hommes à qui ils allaient m'envoyer.Virginia Roberts Giuffredans une déposition à la police

 

 

Dans un entretien diffusé le 10 juillet par NBC News, une autre femme, Jennifer Araoz, raconte avoir été "vigoureusement violée" par le financier à l'automne 2002. Elle avait alors 15 ans.

 

 

 

 

 

 

Aujourd'hui âgée de 32 ans, elle dit avoir rencontré Jeffrey Epstein à 14 ans par l'intermédiaire d'une jeune femme venue à sa rencontre à la sortie de son lycée, située non loin de la luxueuse demeure new-yorkaise. Comme les autres victimes présumées, elle raconte avoir été régulièrement rémunérée en échange de massages de plus en plus intimes. "Il aimait que je joue avec ses tétons. Ça l'excitait. Et puis il finissait le travail lui-même et c'était terminé", se souvient la jeune femme, qui se persuade alors qu'elle ne "fait rien de vraiment mal".

 

 

Jennifer Araoz raconte avoir coupé les ponts avec Jeffrey Epstein et ses"associés" après avoir été violée. "Je me détestais. Je me disais que j'étais une fille stupide, et que j'aurais dû me douter de ce qui allait m'arriver", se remémore la trentenaire, qui explique avoir abandonné l'école – pour éviter de revenir dans le quartier – et subir des crises d'angoisse régulières depuis son agression.

 

 

 

Des victimes privées de procès à cause d'un accord favorable à Epstein

Fin 2006, la police fédérale américaine, avertie par le chef de la police de Palm Beach, ouvre une enquête allant de New York au Mexique en passant par la Floride. Dès 2007, le FBI assemble un dossier de 53 pages qui aurait dû conduire à l'inculpation de Jeffrey Epstein et à "le mettre en prison à vie", estime le Miami Herald. Pourtant, tandis que les enquêtes se closent et que les charges s'accumulent, l'équipe de juristes de Jeffrey Epstein négocie, depuis 2006 et en toute discrétion, un accord surréaliste avec le parquet.

 

 

Au centre de cette affaire de deal secret, un homme revenu récemment sur le devant de la scène politique : Alexander Acosta, alors procureur des Etats-Unis dans le district sud de la Floride, qui comprend la ville de Palm Beach. Peu connu de notre côté de l'Atlantique, Acosta a été nommé le 16 février 2017 ministre du Travail par le président Donald Trump. C'est lui qui, de 2006 à 2008, a négocié avec le camp Epstein les termes du deal qui tirera le financier d'affaire.

 

 

Selon cet accord, en échange d'une simple inscription au fichier des délinquants sexuels, Jeffrey Epstein obtient une peine allégée et des conditions de détention très favorables. Sont également prévus la confidentialité totale de la nature exacte des crimes commis par Jeffrey Epstein et, détail bien plus curieux, le secret sur "tous les éventuels complices" identifiés ou non du millionnaire, révèle le Miami Herald.

 

 

Une autre question pose problème dans l'accord rédigé main dans la main par Alexander Acosta et les juristes du multimillionnaire, menés par Alan Dershowitz et Jay Lefkowitz : la notification aux victimes. Dans des échanges rendus publics et consultés par le Miami Herald, ce dernier remercie le procureur pour "l'engagement qu'il a pris" et réitère sa demande : "Vous m'avez assuré que vos services ne contacteraient aucune des victimes identifiées, des témoins potentiels ou d'autres hypothétiques plaignants ni leurs conseils juridiques concernant cette affaire." De quoi provoquer la colère des victimes présumées, qui n'ont pu assister ni s'exprimer lors de l'audience, le 30 juin 2008.

 

 

Cet accord leur a permis de faire taire ma voix et celles de toutes les victimes de Jeffrey Epstein.Courtney Wild, victime présumée de Jeffrey Epsteinau "Miami Herald"

 

 

Plaidant coupable pour recours à la prostitution et recours à la prostitution avec une personne mineure, Jeffrey Epstein est finalement condamné à 18 mois de détention dans une aile spécialement aménagée de la prison du comté de Palm Beach, et non une prison fédérale comme c'est habituellement le cas dans ce type d'affaires.

 

 

Jeffrey Epstein sera libéré en juillet 2009, soit cinq mois avant le terme de sa peine. Le financier revient sur le devant de la scène judiciaire six ans plus tard, en janvier 2015, lorsque Virginia Roberts Giuffre relance l'affaire en déposant plainte contre lui. Elle explique que Jeffrey Epstein l'a forcée, au début des années 2000, à avoir des relations sexuelles avec des personnalités de premier plan : le prince Andrew, deuxième fils de la reine d'Angleterre, ou encore son propre avocat, Alan Dershowitz.

 

 

Elle affirme avoir été recrutée – alors qu'elle était encore mineure et qu'elle travaillait au club de golf VIP de Donald Trump à Mar-a-Lago – par une certaine Ghislaine Maxwell, décrite comme la plus ancienne compagne et partenaire de vie du financier. De nombreuses plaintes suivent celle de Virginia Roberts Giuffre, accusant Epstein et Maxwell d'avoir géré un réseau international de trafic sexuel impliquant des mineures. Quatre ans plus tard, et après de nombreuses procédures judiciaires, Jeffrey Epstein est arrêté le 6 juillet 2019 alors qu'il revient de Paris. Il est accusé de trafic sexuel et d'association de malfaiteurs, mis en examen et écroué.

 

 

 

Des secrets embarrassants sur ses puissants amis

Six jours plus tard, Alexander Acosta démissionne de son poste de ministre du Travail, fragilisé par les interrogations sur le deal conclu avec Epstein dix ans plus tôt. La presse et le Congrès s'interrogent : Jeffrey Epstein a-t-il bénéficié de ses connexions pour alléger autant que possible sa peine en 2008 ? L'accord passé avait-il pour objectif de couvrir des personnalités de premier plan, fréquentées durant de nombreuses années ?

 

 

>> Affaire Jeffrey Epstein : pourquoi Donald Trump, Bill Clinton et le prince Andrew d'Angleterre sont-ils impliqués ?

 

 

Car l'odeur de soufre qui flotte autour de l'affaire Epstein est surtout liée aux connaissances haut placées du sexagénaire, parmi lesquelles on retrouve les présidents américains Donald Trump et Bill Clinton. Autant de noms qui alimentent les spéculations, certains étant convaincus que le sexagénaire a pu bénéficier de la complicité des puissants de ce monde, ceux-ci étant soulagés de voir le financier emporter ses secrets dans sa tombe.

 

 

 

Le magnat de l\'immobilier américain Donald Trump et sa future femme, Melania Knauss, en compagnie de Jeffrey Epstein et de son ex-compagne Ghislaine Maxwell, le 12 février 2000 au club privé Mar-a-Lago à Palm Beach, en Floride (Etats-Unis).

Le magnat de l'immobilier américain Donald Trump et sa future femme, Melania Knauss, en compagnie de Jeffrey Epstein et de son ex-compagne Ghislaine Maxwell, le 12 février 2000 au club privé Mar-a-Lago à Palm Beach, en Floride (Etats-Unis). (DAVIDOFF STUDIOS PHOTOGRAPHY / ARCHIVE PHOTOS / GETTY IMAGES)


 

James B. Stewart, chroniqueur au New York Times, n'est pas loin de penser la même chose. Lors de sa première et dernière rencontre avec Jeffrey Epstein dans sa demeure de Manhattan, en août 2018, le financier lui aurait confié connaître des détails potentiellement embarrassants au sujet de certains de ses amis, "y compris sur leurs prétendues tendances sexuelles et leur consommation de drogues".

 

 

Qu'en est-il vraiment ? Donald Trump et Jeffrey Epstein se sont en effet rencontrés au début des années 1990, alors qu'ils étaient tous deux voisins à Palm Beach. Plusieurs documents témoignent de leur proximité de l'époque. Une vidéo, filmée par NBC en 1992, montre ainsi Jeffrey Epstein plaisanter avec le futur président américain lors d'une soirée organisée au club Mar-a-Lago, propriété de Donald Trump.

 

 

 

 

 

 

Dans un portrait consacré au financier réalisé par le New York Magazine en 2002, Donald Trump loue également les qualités de son ami, qu'il qualifie de "gars génial".

 

 

Cela fait quinze ans que je le connais Jeff. [...] On s'amuse bien avec lui. La rumeur dit même qu'il aime autant les femmes que moi, et que beaucoup d'entre elles sont plutôt jeunes.Donald Trump à propos de Jeffrey Epstein, en 2002au "New York Magazine"

 

 

Le ton du président américain, lui-même accusé d'agressions sexuelles, a depuis bien changé à l'égard de son voisin. Interrogé récemment sur ses liens avec le prédateur sexuel présumé, Donald Trump a assuré, face à la presse, qu'il connaissait Jeffrey Epstein "comme tout le monde à Palm Beach""J'ai eu une dispute avec lui, je ne lui ai pas parlé depuis quinze ans. Je n'étais pas un grand fan de lui, je peux vous l'assurer", a-t-il avancé.

 

 

Jeffrey Epstein nouait également des relations privilégiées avec Bill Clinton, notamment après son départ de la Maison Blanche, en 2001. Outre des dons à la fondation créée par l'ancien chef d'Etat, le financier aurait également fait bénéficier Bill Clinton de voyages à bord de son Boeing 727 privé. Des vols qui "comprenaient des escales en lien avec le travail de la Fondation Clinton", assure un porte-parole. Le site Gawker évoquent d'autres voyages, de nature privée.

 

 

Bien qu'elle assure n'avoir jamais été abusée par Bill Clinton, Virginia Roberts Giuffre, principale accusatrice de Jeffrey Epstein, a affirmé dans une déposition que l'ancien président s'était rendu sur l'île privée du magnat située au cœur des Iles vierges. Une visite démentie par le porte-parole de l'ex-chef d'Etat dans un communiqué, dans lequel il assure ne "rien savoir des terribles crimes" reprochés au financier, auquel il n'aurait plus parlé depuis "plus de dix ans".

 

 

 

Yashar Ali ðŸÂ￾˜ ✔@yashar
 

News: President Clinton has issued a statement on Jeffrey Epstein

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Jusqu'aux années 2010, Jeffrey Epstein comptait également parmi ses fréquentations le prince Andrew, deuxième fils de la reine d'Angleterre, que Virginia Roberts Giuffre accuse de viol au début des années 2000.

 

 

 

 

Le prince Andrew en compagnie de Virginia Roberts Giuffre, alors âgée de 17 ans, et de Ghislaine Maxwell, compagne de longue date de Jeffrey Epstein, dans la maison de celle-ci, le 13 mars 2001.

Le prince Andrew en compagnie de Virginia Roberts Giuffre, alors âgée de 17 ans, et de Ghislaine Maxwell, compagne de longue date de Jeffrey Epstein, dans la maison de celle-ci, le 13 mars 2001. (REX / SIPA)


 

D'après le Guardian, les deux hommes étaient notamment partis en vacances ensemble à Saint-Tropez et en Thaïlande. D'après le témoignage de Virginia Roberts Giuffre, cité par le Guardian, les agressions sexuelles auraient eu lieu à New York, à Londres et sur l'île privée de Jeffrey Epstein. Des accusations qui ont poussé le palais de Buckingham à nier "catégoriquement" des allégations "fausses et sans fondement". Un ton "inhabituellement vigoureux", analyse le quotidien britannique.

 

 

 

Des rebondissements en France ?

La justice française se penche désormais sur l'affaire. Juste avant d'être arrêté par les autorités américaines, le sexagénaire a en effet séjourné pendant plusieurs semaines en France. Lors de ses nombreuses et régulières escapades en Europe, le multimillionnaire logeait dans son appartement situé à deux pas de l'arc de Triomphe, au 22, avenue Foch, rapporte Paris Match.

 

 

 

L\'immeuble dans lequel Jeffrey Epstein possède un appartement, le 12 août 2019 dans le 16e arrondissement de Paris.

L'immeuble dans lequel Jeffrey Epstein possède un appartement, le 12 août 2019 dans le 16e arrondissement de Paris. (JACQUES DEMARTHON / AFP)


 

Un ancien ouvrier qui a travaillé dans l'appartement raconte à Libération y avoir vu "un couloir avec plusieurs photos de jeunes femmes nues", comme dans ses autres résidences, tandis qu'une ex-employée contactée par le quotidien français se souvient aussi d'avoir aperçu "plusieurs jeunes femmes qui venaient dans l'appartement".

 

 

Jeffrey Epstein pourrait également avoir bénéficié de complices français. Outre sa partenaire Ghislaine Maxwell, qui possède les nationalités britannique, américaine et française, le millionnaire a longuement fréquenté le dirigeant français d'une agence de mannequins "soupçonné d'avoir été l'un des pourvoyeurs principal du réseau", écrit Libération.

 

 

Un procès Epstein se tiendra-t-il un jour en France ? Contacté par franceinfo, le parquet de Paris affirme que "les éléments transmis au parquet de Paris sont en cours d'analyse et de recoupement""Les premières vérifications sont actuellement en cours afin de déterminer si une enquête doit être ouverte sur le territoire français", ajoute le parquet. 

La mort du financier n'a en tout cas pas clos le dossier aux Etats-Unis, rapporte NBC News : mercredi 14 août, Jennifer Araoz, qui avait accusé Jeffrey Epstein de viol, a déposé plainte à l'encontre de l'ex-partenaire du financier, Ghislaine Maxwell, et de trois autres femmes ayant travaillé pour le millionnaire dont les noms n'ont pas été révélés.

 


17/08/2019
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Franceinfo - le vendredi 16 août 2019

 

 

Donald Trump envisage d'acheter le Groenland pour l'intégrer au territoire américain

 

 

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C'est ce que révèle le "Wall Street Journal". L'île appartient au Danemark

 

 

 

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Une photo de Tasilaq, la capitale régionale du Groenland, territoire appartenant au Danemark.  (PHILIPPE ROY / PHILIPPE ROY)

 

 

 

OPA sur le Groenland ? Donald Trump envisagerait d'acheter cette immense île gelée du cercle arctique, appartenant au Danemark, pour l'intégrer au territoire américain, indique le Wall Street Journal (en anglais), jeudi 15 août. Une information confirmée par l'agence Reuters auprès de deux sources proches du président américain.

 

 

Le locataire de la Maison Blanche, qui a été un puissant magnat de l'immobilier avant de se lancer en politique, s'est entretenu à plusieurs reprises avec ses conseillers à propos de cette acquisition. La requête a été adressée "avec plusieurs niveaux de sérieux", précise le Wall Street Journal. 

 

 

Le Wall Street Journal ne précise pas si le Danemark est intéressé par cette transaction, mais Donald Trump est en tout cas attendu dans le pays du nord de l'Europe pour une visite officielle début septembre. Les Etats-Unis possèdent une base aérienne à Thulé, sur l'immense île gelée qui compte un total de 56 000 habitants. Et ce n'est pas la première fois que Washington jette son dévolu sur le territoire : an 1946, le président Harry Truman avait proposé au Danemark d'acheter le Groenland pur 100 millions de dollars.

 


16/08/2019
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Franceinfo - le lundi 12 août 2019

 

 

Les Etats-Unis refuseront désormais la nationalité américaine aux immigrés bénéficiant d'aides publiques

 

 

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Cette nouvelle réglementation, dite des "charges pour la société", vise les immigrants démunis qui bénéficient à leur arrivée sur le territoire américain d'allocations logement ou de bons alimentaires

 

 

 

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Ken Cuccinelli, le directeur par intérim des services d'immigration américains, à la Maison-Blanche, le 12 août 2019, à Washington (Etats-Unis).  (BRENDAN SMIALOWSKI / AFP)

 

 

 

Le gouvernement de Donald Trump a annoncé lundi 12 août une nouvelle règlementation qui dénie désormais la nationalité américaine aux immigrés bénéficiant d'aides publiques. 

 

 

Les immigrés qui seront jugés susceptibles de devenir des "charges pour la société" se verront refuser l'accès au territoire et ceux qui sont déjà aux Etats-Unis, n'auront plus le droit à la "carte verte", le permis de séjour américain, précise une nouvelle règlementation publiée par la Maison Blanche. S'ils ont déjà une carte verte, ils ne pourront pas obtenir la nationalité américaine.

 

 

 

"Subvenir à leurs besoins et réussir ici"

Cette nouvelle réglementation vise les immigrants démunis, qui bénéficient à leur arrivée sur le territoire américain, pendant une période limitée, d'allocations logement ou de bons alimentaires. Est considéré comme une "charge pour la société", un individu "qui reçoit une ou plusieurs prestations publiques pendant plus de douze mois sur une période de trente-six mois", a détaillé Ken Cuccinelli, le directeur par intérim des services d'immigration américains.

 

 

 

 

 

 

"Avec la réglementation des charges pour la société, le gouvernement du président Trump défend à nouveau les idéaux d'autonomie et de responsabilité individuelle, en s'assurant que les immigrants sont capables de subvenir à leurs besoins et de réussir ici, en Amérique", a ajouté Ken Cuccinelli.

 

 

 

"Protéger les contribuables américains"

Cette nouvelle réglementation "protègera les contribuables américains, préservera notre système d'aides publiques pour les Américains vulnérables et fera respecter la loi", note un communiqué de la Maison Blanche. 

 

 

La loi américaine sur l'immigration stipule que ceux qui viennent vivre aux Etats-Unis ne peuvent pas devenir une charge pour la société, rappelle la présidence. "Depuis des années, cette exigence claire a été largement ignorée, faisant peser une énorme charge sur les contribuables américains. Aujourd'hui, la loi sur les charges pour la société va enfin être mise en œuvre".

 


13/08/2019
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Franceinfo - le samedi 10 août 2019

 

 

Elus notés, pluie de dollars et spots de pub : aux Etats-Unis, les méthodes de la NRA pour étouffer le débat sur les armes

 

 

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Malgré la multiplication des tueries de masse, le lobby aux 5 millions de membres ne baisse pas la garde pour défendre le droit des Américains à posséder une arme à feu

 

 

 

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La mannequin Keleigh Glover tient un fusil lors de la convention annuelle de la NRA, le 27 avril 2019, à Indianapolis (Indiana). (SCOTT OLSON / GETTY IMAGES NORTH AMERICA)

 

 

 

Deux nouvelles tueries ont ensanglanté les Etats-Unis le même week-end. A El Paso (Texas) et à Dayton (Ohio), deux villes situées à environ 2 500 kilomètres de distance, deux hommes ont sorti un fusil d'assaut à quelques heures d'intervalle, samedi 3 et dimanche 4 août, ôtant la vie à au moins 31 personnes. De nouveaux drames qui relancent l'éternel débat sur les armes à feu outre-Atlantique. Dans le camp démocrate, plusieurs voix se sont élevées pour exiger un contrôle renforcé, à commencer par Barack Obama. Sur Twitter, l'ancien président a estimé qu'un durcissement des lois "pourrait arrêter certains massacres".

 

 

En face, les défenseurs du port d'armes ne baissent pas la garde. La célèbre NRA ("National Rifle Association"), principal lobby pro-armes, a rapidement présenté ses condoléances aux familles avant d'entonner son habituel refrain : "La NRA est attachée à l'utilisation sûre et légale des armes à feu par ceux qui exercent leur liberté dans le cadre du deuxième amendement."Et pour évacuer toute polémique, l'organisation a ajouté qu'elle "ne participerait pas à la politisation de ces tragédies"

 

 

 

54 millions de dollars pour Trump et les Républicains en 2016

"Après une fusillade, ils rejettent les accusations et espèrent que la colère qui les vise se dissipera", souffle à franceinfo Josh Sugarmann, directeur du Violence Policy Center, une organisation anti-armes. De fait, depuis leur communiqué laconique, les porte-paroles de la NRA se font discrets. Sollicité par franceinfo, le groupe de pression a pour l'instant choisi de ne pas en dire plus. "Leur stratégie est de ne pas répondre à la presse après une fusillade. Lorsque la tempête politique est passée, après quelques semaines, ils reprennent leur communication", explique Robert Spitzer, professeur de sciences politiques à l'université de Cortland.

 

 

 

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Donald Trump lors de la Convention annuelle de la NRA, le 26 avril 2019, à Indianapolis.  (BRYAN WOOLSTON / REUTERS)

 

 

 

La NRA, forte d'un budget de 419 millions de dollars en 2016, ne lésine pas sur les moyens lors de ses opérations de lobbying. Lors de la campagne républicaine d'il y a trois ans, le groupe de pression a dépensé 54 millions de dollars, dont 31 millions pour la campagne de Donald Trump. Il a cherché à "protéger les majorités républicaines à la Chambre des représentants et au Sénat", indique Anna Massoglia, chercheuse au Center for Responsive Politics (CRP), organisme spécialisé dans le financement politique. "Il s’agit d’une augmentation considérable par rapport aux années précédentes. Les dépenses déclarées par la NRA pour Trump représentent plus que les dépenses combinées du lobby pour les élections en 2008 et en 2012", détaille-t-elle.

 

 

L’engagement politique de la NRA s’est considérablement intensifié au cours des dernières décennies et a atteint son apogée en 2016.Anna Massoglia à franceinfo

 

 

Cette puissance financière est alimentée par diverses donations et par les cotisations des quelque 5 millions de membres revendiqués par l'association. Parmi les donations, le Violence Policy Center relève qu'entre 2005 et 2013 fabricants et distributeurs d'armes ont donné "entre 19,3 et 60,2 millions de dollars" à la NRA. "Le groupe n’est pas tenu de divulguer l'origine de ses fonds. Il est donc difficile de déterminer qui finance les activités de la NRA ou le montant de ces donations", observe Anna Massoglia.

 

 

Les ressources de la NRA lui ont souvent permis de jouer les trouble-fêtes lors des élections. Lors de la campagne présidentielle en 2000, le lobby a déboursé 20 millions de dollars pour orchestrer une campagne de dénigrement contre le candidat démocrate Al Gore, à l'origine d'une loi anti-armes. "La NRA a joué un rôle décisif dans sa défaite", assure aux EchosMatt Bennett, ancien conseiller à la Maison-Blanche.

 

 

 

"Effrayer certains candidats"

Au-delà des élections, la NRA cherche à peser directement dans le débat politique. Comme le rappelle NBC, l'association s'est réjouie d'une session législative "très fructueuse" au Texas, après le vote de dix nouvelles lois favorables aux armes à feu. La nouvelle législation, qui doit entrer en vigueur le 1er septembre, soit moins d'un mois après la tuerie d'El Paso, assouplit les règles du port d'armes dans les églises, les immeubles d'habitation ou encore à proximité des écoles.

 

 

Pour organiser son lobbying, la NRA attribue à chaque élu, qu'il soit républicain ou démocrate, une note allant de A à F, en fonction des positions politiques sur le contrôle des armes. Le "A" correspond à la meilleure appréciation, tandis que le "F" fait office de note éliminatoire. Ces évaluations se reflètent dans le soutien financier apporté aux élus, comme le montre cette infographie du New York Times. Elles servent aussi à mobiliser les adhérents de la NRA. "Ils peuvent être appelés à manifester ou à appeler les élus. La plupart des Américains s'engagent peu dans la vie politique, alors quand un petit groupe de personnes le fait, ils peuvent avoir beaucoup de poids", explique Robert Spitzer.

 

 

Certains élus n'hésitent pas à mettre en avant la bonne note attribuée par le lobby. "De nombreux représentants des circonscriptions conservatrices ont des idées proches de celles de la NRA", souligne Robert Spitzer. Plusieurs conservateurs travaillent même étroitement avec l'organisation. "Tous les sénateurs républicains qui comptent avaient le numéro de portable de Chris[Cox, l'ancien lobbyiste en chef du mouvement], explique ainsi un proche à CNNEt vice versa." En retour, la NRA mobilise ses partisans en période électorale. "Ils ne se contentent pas de dire 'allez voter pour ce candidat'", assure un sénateur républicain à la chaîne américaine, sous couvert d'anonymat. Ils persuadent, ils motivent les gens à se rendre aux urnes."

 

 

Ils disent même à leurs membres comment, où et quand voter lors des primaires, ce qui a été une aide énorme pour certains d'entre nous.Un sénateur républicain à CNN

 

 

La NRA peut aussi se révéler être un adversaire redoutable, comme en témoigne David Jolly dans Newsweek. Elu représentant en Floride en 2014 avec le soutien du lobby, il propose deux ans plus tard une loi durcissant les conditions de vente des armes, en réponse à la tuerie d'Orlando. "Ils ne m'ont pas soutenu lors du scrutin suivant, raconte-t-il. J'ai été abandonné."David Jolly échoue de peu à l'élection en 2016, un revers qu'il attribue notamment à la perte du financement venu de l'association pro-armes. "Leur réputation surpasse leur capacité réelle à influencer les scrutins, mais elle suffit à effrayer certains candidats", nuance le politologue Robert Spitzer."D'un côté, vous avez les élus loyaux à la NRA. Et de l'autre, vous avez ceux qui ne veulent pas se la mettre à dos", résume Josh Sugarmann.

 

 

 

Bourse d'études et "discours apocalyptique"

Le réseau de militants reste la principale force de la NRA, qui fait tout pour choyer ses membres. L'adhésion à l'année coûte 45 dollars et permet d'accéder à de nombreux services, en plus des cadeaux de bienvenue (sac, caquette ou couteau siglé). Le site de l'organisation promet ainsi des réductions sur des bouteilles de vin ou une assurance contre le cancer. A travers sa fondation, la structure va jusqu'à offrir des subventions ou des bourses d'études pour des projets en lien avec ses actions (essentiellement la promotion des armes à feu et le renforcement de la sécurité liée aux armes). 

 

 

"Au-delà des incitations matérielles, le pouvoir de la NRA découle de l'adhésion de ses membres à la culture américaine des armes à feu. Ce n'est pas un objet de consommation, mais un symbole de liberté, d'individualisme, d'opposition à un gouvernement fort", estime Robert Spitzer. Le groupe de pression n'hésite pas à souder régulièrement sa base militante en insistant sur ces valeurs politiques et historiques. "Il s'adresse à ses sympathisants, et non à l'Américain moyen, à travers des publicités à la télévision et en ligne. Le discours est volontairement apocalyptique et évoque par exemple 'la liberté assiégée', pour les pousser à s'investir."

 

 

"Le message fondamental envoyé aux adhérents est que l’élite (les médias, les membres du Congrès, Hollywood...) va leur enlever leur arme. Donc qu'ils doivent donner de l'argent et s'impliquer avec la NRA, abonde Josh Sugarmann, militant anti-armes. Ils donnent également à leurs partisans le sentiment de faire partie d’un mouvement qui sauve l’Amérique."

 

 

 

Une "guerre culturelle" à coups de publicités

Pour faire passer ce message, le lobby s'est longtemps appuyé sur des célébrités, comme les acteurs Clint Eastwood, Chuck Norris, Tom Selleck ou encore Charlton Heston. Avec ce dernier, devenu président de l'association entre 1998 et 2003, "la guerre culturelle de la NRA a commencé". "Il a affirmé que les propriétaires d'armes à feu constituaient une minorité opprimée", rappelle Josh Sugarmann.

 

 

Cette bataille culturelle vise en premier lieu à défendre le fameux deuxième amendement de la Constitution américaine, qui, selon l'interprétation des pro-armes, garantit le droit de chaque citoyen à porter une arme. Si la chaîne de télévision sur Internet NRA TV a récemment fermé, le lobby n'est pas à court d'idées pour propager son discours. Il a désormais recours à des influenceuses sur les réseaux sociaux. Mannequin, mère de famille ou militante féministe, de plus en plus d'instagrameuses s'affichent armes à la main. "Il y en aura même une pour bébé quand il arrivera…", légende ainsi une Américaine dont le compte se divise entre photos de bébé et photos de revolvers.

 

 

 

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Cherchant à élargir sa base plutôt masculine, la NRA assimile désormais la liberté de port d'armes aux droits des femmes. En février 2018, une porte-parole de l'organisation a ainsi affirmé sur CNN que posséder des armes à feu pouvait aider les jeunes femmes à se prémunir contre les agressions sexuelles.

 

 

 

"La population ne supporte plus ces tueries"

Mais ce discours porte de moins en moins. Selon le directeur du Violence Policy Center, la tuerie dans une école de Newtown (Connecticut), en 2012, "a tout changé""Alors que les démocrates avaient longtemps considéré que l'encadrement du port d'armes n'était pas une prioritéBarack Obama en a fait un élément phare de leur programme, note Josh Sugarmann. Pour beaucoup, l'immobilisme n'est plus acceptable." Tim Walz est de ceux-là. En 2010, le démocrate se félicitait d'être noté A par la NRA. Huit ans plus tard, il a fait campagne pour le poste de gouverneur du Minnesota en promettant l'interdiction des fusils d'assaut et en critiquant le groupe de pression, rapporte CNBC (en anglais). "J'imagine que le lobby va dépenser des millions pour essayer de me faire perdre", assurait-il quelques mois avant de remporter le scrutin.

 

 

 

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Un adolescent se recueille à l'entrée du lycée de Newtown, le 18 décembre 2012, après la tuerie ayant causé la mort de 28 personnes. (BRENDAN SMIALOWSKI / AFP)

 

 

 

La population ne supporte plus ces tueries", estime Josh Sugarmann. Un sondage pour Associated Press lui donne raison : en mars dernier, 67 % des Américains se disaient favorables à un durcissement des lois sur le port d'armes. "Le débat sur les armes a, malheureusement, toujours été rythmé par les drames comme ceux de Dayton et d'El Paso. Mais ils sont désormais si fréquents qu'on arrive à saturation", insiste le directeur du Violence Policy Center. Les organisations anti-armes, plus nombreuses, sont désormais mieux organisées et mieux financées. En 2014, l'ancien maire de New York Michael Bloomberg a ainsi promis 50 millions de dollars de dons à Everytown for Gun Safety, afin d'aider l'organisation à mobiliser les électeurs.

 

 

 

Un lobby en crise

En face, la NRA semble mal en point. Au printemps, des dissensions internes ont mené au départ de deux dirigeants de l'organisation, rappelle CNN. Après avoir fait l'objet d'une enquête parlementaire en 2018, le lobby est désormais visé par une enquête judiciaire sur ses finances. Et les revenus de l'association baissent. En 2017, l'organisation a accusé un déficit de 18 millions de dollars, après un déficit de 46 millions en 2016, selon le CRP. Résultat, lors des Midterms 2018, les "groupes partisans du contrôle des armes à feu ont pour la première fois investi plus d'argent" que la NRA, note Anna Massoglia.

 

 

"Tous ces ennuis ont un impact sur la capacité de l'organisation à faire pression sur le Congrès, mais aussi sur sa capacité à mobiliser sa base", assure Josh Sugarmann. En 2018, un sondage indiquait que pour la première fois en vingt ans les Américains étaient plus nombreux (40 %) à avoir une image négative de la NRA qu'à la soutenir (37 %), rapporte Le Monde. Cette même année, de nombreuses entreprises ont rompu leurs liens avec le lobby après la fusillade dans un lycée de Parkland (Floride).

 

 

Pour les observateurs comme pour les adversaires du groupe de pression, cette crise pourrait laisser une place plus grande aux anti-armes lors des élections de 2020. "La NRA sera trop préoccupée par ses propres ennuis pour pouvoir s'investir efficacement", estime Robert Spitzer. Le politologue rappelle toutefois que "l'influence du lobby varie selon les périodes et les administrations""Nous sommes dans une période où il est possible de mettre à l'ordre du jour des mesures sur les armes qui auraient dû être prises il y a longtemps déjà, martèle Josh Sugarmann. Mais il ne faut jamais se dire que la NRA est hors jeu."

 


11/08/2019
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Franceinfo - le lundi 5 août 2019

 

 

Après les deux fusillades, Donald Trump jure que "la haine" n'a pas sa place aux Etats-Unis

 

 

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Depuis le début de l'année, plus de 250 fusillades "de masse" ont eu lieu aux Etats-Unis. Selon un décompte de l'organisation Gun Violence Archive, celles-ci ont fait 271 morts et 1 036 blessés

 

 

 

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Le président américain Donald Trump et sa femme Melania à Washington DC, le 4 août 2019.  (ALASTAIR PIKE / AFP)

 

 

 

"Il n'y a pas de place pour la haine dans notre pays." Donald Trump a réagi, dimanche 4 août, après les deux fusillades meurtrières qui ont fait 29 morts aux Etats-Unis"Il faut que ça s'arrête. Ca dure depuis des années", a poursuivi le président américain dans sa première apparition télévisée.

 

 

 

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"Peut-être qu'on peut faire davantage" pour lutter contre cette épidémie, a reconnu le président, avant d'ajouter que les deux drames relevaient "d'un problème de maladie mentale". Cet argument est régulièrement utilisé par les défenseurs des armes à feu pour contrer les demandes de ceux qui voudraient davantage réguler le marché.

 

 

 

Deux fusillades en moins de 24 heures

Un homme blanc de 21 ans a ouvert le feu samedi matin à El Paso (Texas), ville à majorité hispanique, faisant 20 morts, dont six Mexicains, dans un centre commercial bondé. Placé en garde à vue, il a été inculpé dimanche et encourt la peine de mort, a déclaré la police locale. La justice fédérale a annoncé que l'affaire est traitée comme un cas de "terrorisme intérieur".

 

 

Dans la nuit de samedi à dimanche, un autre jeune homme blanc, âgé de 24 ans, a abattu neuf personnes, dont sa propre sœur, dans un quartier animé de Dayton (Ohio). Des policiers qui patrouillaient dans le quartier ont abattu le tireur trente secondes après ses premiers tirs. Le chef de la police locale, Richard Biehl, a refusé de spéculer sur les motivations du jeune homme. "Nous n'avons pas assez d'informations à ce stade pour répondre à la question que tout le monde se pose : pourquoi ?"

 

 

Depuis le début de l'année, il y a eu plus de 250 fusillades aux Etats-Unis ayant fait au moins 4 victimes. Selon un décompte de l'organisation Gun Violence Archive, ce type de fusillades a fait 271 morts et 1 036 blessés.

 


05/08/2019
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