L'AIR DU TEMPS

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ÉTATS-UNIS


Franceinfo - le jeudi 22 août 2019

 

 

Mais pourquoi Donald Trump s'intéresse-t-il tant au Groenland?

 

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Les prétentions du président américain sur ce territoire ont provoqué une crise diplomatique avec le Danemark. Franceinfo vous explique pourquoi le "pays vert" intéresse les Etats-Unis

 

 

 

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La petite ville de Kulusuk (Groenland, Danemark), photographiée le 19 août 2019. (JONATHAN NACKSTRAND / AFP)

 

 

 

L'affaire a viré à la crise diplomatique. Vexé par la réponse de la Première ministre danoise à son intérêt pour le Groenland, Donald Trump a annulé, mardi 20 août, sa visite au Danemark. "La déclaration de la Première (ministre) selon laquelle, c'était une idée absurde" d'acheter le Groenland "était méchante", a tonné le président américain devant des journalistes. En déplacement dans le territoire autonome rattaché au Danemark, Mette Frederiksen avait qualifié d'"absurde" la proposition d'achat du président américain.

 

 

Derrière les piques diplomatiques se cachent un intérêt bien réel des Etats-Unis pour ce territoire. Franceinfo vous explique pourquoi.

 

 

 

Parce que c'est un territoire stratégique

Ce n'est pas la première fois que les Etats-Unis convoitent l'île verte. En 1867, le pays avait tenté de s'offrir un lot Islande-Groenland, sans succès. En 1946, le président Harry Truman avait ensuite proposé au Danemark d'acheter le territoire pour 100 millions de dollars, afin d'en faire un avant-poste militaire.

 

 

 

 

 

 

Située à quelques encablures des côtes canadiennes, entre l'Europe et l'Amérique du Nord, l'île occupe une place stratégique. "Depuis les années 1940, le Groenland est même vu par le Pentagone comme le premier rideau de défense naturel pour la côte Est des Etats-Unis", explique Mikaa Mered à France 24. L'armée américaine dispose d'ailleurs d'une base aérienne à Thulé, dans le nord de l'île.

 

 

 

Parce que son sol est riche en matières premières

Faiblement peuplé – 56 025 habitants  pour une superficie de deux millions de km2 –, le Groenland est en revanche riche en matières premières (pétrole, gaz, or, diamant, uranium, zinc, plomb), malgré la présence de la glace qui rend difficile toute exploitation. "Seulement, 20% du territoire est dégelé. Sur cette partie, il y a beaucoup de ressources minérales, du pétrole, du gaz et des minerais rares", explique au Parisien Mikaa Mered, professeur de géopolitique à l'Institut libre d'étude des relations internationale et spécialiste du pôle Arctique.

 

 

En 2008, des relevés de l'Institut géologique des Etats-Unis estimaient que le sol groenlandais renfermait 31 milliards de barils équivalent pétrole en énergie fossile (gaz et pétrole). 

 

 

Avec le réchauffement climatique, ces réserves pourraient être plus facilement accessibles. Une mauvaise nouvelle pour la planète – la consommation d'énergie fossile est l'un des principaux facteurs du changement climatique –, qui donne cependant des idées à certains. Comme le racontait le magazine The Good Life en 2015, un responsable groenlandais estimait que son pays avait le potentiel pour devenir un "émirat au nord du monde", sur le modèle des Etats arabes riches en énergie fossile.

 

 

 

Parce qu'il est convoité par d'autres pays comme la Chine

Acquérir le Groenland permettrait aussi aux Etats-Unis d'empêcher l'installation de rivaux sur cette île aux portes de leur pays. Comme le raconte Le Figaro, Washington a fait des pieds et des mains pour contraindre l'opérateur chinois China Communications Construction Company à se retirer de l'appel d'offres pour l'extension des aéroports de Nuuk, Ilulissat et Qaqortoq. En 2017, le Danemark avait également refusé qu'une entreprise minière chinoise ne rachète l'ancienne base navale de Gronnedal pour ne pas froisser les Etats-Unis, rapporte Reuters (en anglais).

 

 

Plus généralement, l'intérêt américain pour l'île peut être lu comme une réponse aux investissements russes dans l'Arctique. "Clairement s'agissant des Russes, la logique [de Trump] est de dire 'vous ne continuerez pas à être la grande puissance de l'Arctique même si vous présiderez le Conseil de l'Arctique en 2021, explique le chercheur Mikaa Mered à l'AFP. Et par rapport aux Chinois, l'idée, de type doctrine Monroe, est 'on ne vous laissera pas prendre pied au Groenland (...). On recrée un consulat à Nuuk [la capitale groenlandaise], on va repositionner des diplomates, on va co-financer les nouveaux aéroports, financer des programmes d'éducation et sociaux (...). L'objectif ultime, c'est d'acquérir non pas le Groenland mais au moins de nouveaux territoires, de nouvelles parcelles de terre'".

 

 

 

Parce que c'est un territoire vulnérable politiquement

Le contexte politique local n'est pas de nature à décourager les ambitions américaines. Le Groenland entretient en effet une relation ambivalente avec le Danemark, avec lequel il a signé un traité renforçant l'autonomie du territoire en 2009. Comme l'explique Le Temps, les deux partis vainqueurs des dernières élections, les sociaux-démocrates du Siumut et la formation gauche-verte de l'Inuit Atagatigiit, sont favorables à l'indépendance, même s'ils se gardent bien de donner une date.

 

 

Ils pourraient se servir de l'intérêt américain pour faire avancer leurs revendications. Après la déclaration de Donald Trump, un cadre de l'Atagatigiit a estimé, tout en jugeant l'offre de rachat inacceptable, que cette affaire montrait que le Groenland devrait avoir son mot à dire en matière de défense et de politique étrangère, rapporte le journal Sermitsiaq (en danois). Deux domaines aujourd'hui gérés par Copenhague.

 


23/08/2019
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Franceinfo - le mercredi 21 août 2019

 

 

Vente du Groenland : Trump annule son voyage au Danemark, vexé par le manque d'intérêt de la Première ministre danoise pour sa proposition

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

Invité par la reine Margrethe II en septembre, Donald Trump a décidé de ne pas se rendre dans le royaume après que les autorités danoises ont déclaré ne pas apprécier la convoitise du président américain sur le territoire autonome

 

 

 

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Le président américain Donald Trump dans son bureau ovale, à la Maison Blanche (Washington D.C.) le 20 août 2019. (ANDREW HARRER / CONSOLIDATED NEWS PHOTOS / AFP)

 

 

 

Le début d'une saga diplomatique à rebondissement entre les Etats-Unis et le Danemark. Donald Trump a annoncé mardi 21 août le report de son déplacement en Scandinavie, puisque la Première ministre danoise ne souhaite pas vendre le Groenland aux Etats-Unis.

 

 

La visite au Danemark du président américain prévue début septembre a "été annulée à ce stade", a précisé la Maison Blanche, quelques instants après une série de tweets de Donald Trump. 

 

 

 

 

 

 

"Le Danemark est un pays très spécial avec des gens incroyables mais étant donné les commentaires de la Première ministre, Mette Frederiksen, selon lesquels elle n'aurait aucun intérêt à discuter de l'achat du Groenland, je vais repousser notre rencontre prévue dans deux semaines à un autre moment", a écrit le président américain.

 

 

"La Première ministre a été en mesure de faire l'économie d'argent et d'efforts pour les Etats-Unis et le Danemark en étant si directe. Je la remercie pour cela et ai hâte de reprogrammer à un moment dans le futur" cette rencontre, a-t-il poursuivi.

 

 

 

Un territoire "stratégiquement intéressant" 

La presse américaine avait révélé en fin de semaine dernière que Donald Trump s'était renseigné sur la possibilité d'acheter le Groenland pour le rattacher aux Etats-Unis. Immense territoire autonome rattaché au Danemark qui compte quelque 56 000 habitants, le président américain estimait que cette "grosse transaction immobilière", serait "stratégiquement intéressante".

 

 

Début septembre, Trump ne se rendra donc pas au Danemark, où il avait accepté une invitation de la reine Margrethe II, malgré avoir assuré dimanche que cette visite n'était "pas du tout" liée à son ambition territoriale.

 

 

De leur côté, les autorités locales n'apprécient pas cette convoitise de l'ex-magnat de l'immobilier. "Le Groenland est riche en ressources précieuses (...). Nous sommes prêts à faire des affaires, pas à vendre", avait notamment réagi le ministère groenlandais des Affaires étrangères.

 

 

Le Groenland est une gigantesque île arctique, grande comme quatre fois la France et riche en ressources naturelles (pétrole, gaz, or, diamant, uranium, zinc ou plomb).

 


21/08/2019
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Franceinfo - le samedi 17 août 2019

 

 

RECIT. Jeffrey Epstein : comment une affaire de pédocriminalité organisée a fini par devenir un scandale international

 

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Jean-Loup AdénorVincent MatalonFrance Télévisions

 

 

La mort en prison du financier américain accusé de pédo-criminalité, qui fait les gros titres outre-Atlantique, pourrait avoir des répercussions en France. Le parquet de Paris affirme "analyser et recouper" les informations sur ses activités dans le pays

 

 

 

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Le financier américain Jeffrey Epstein (à gauche) accompagné de Donald Trump, alors homme d'affaires à succès, en 1997 lors d'une soirée organisée au club Mar-a-Lago de Palm beach (Floride). (DAVIDOFF STUDIOS PHOTOGRAPHY / ARCHIVE PHOTOS / GETTY IMAGES)

 

 

 

Mieux valait ne pas croiser la route de William Barr en début de semaine. Lundi 12 août, le ministre américain de la Justice profitait de chaque micro tendu pour dire sa "consternation" et sa "colère". L'objet de l'ire du ministre de Donald Trump ? Le "suicide apparent", dans la nuit du vendredi 9 au samedi 10 août, du financier Jeffrey Epstein au Metropolitan Correctional Center de Manhattan, à New York.

 

 

Pourtant supposé être surveillé de près par le personnel pénitentiaire après une première tentative de suicide deux semaines et demi plus tôt, le multimillionnaire de 66 ans a donc réussi à mettre fin à ses jours. Cette mort intervient au lendemain de la publication par la justice américaine d'un document de plus de 2 000 pages, jetant une lumière crue sur un trafic à grande échelle de jeunes filles, parfois âgées de 12 ans, qu'il était accusé de rémunérer en échange de services sexuels. Comment ce riche financier, ami des puissants, a-t-il finalement terminé sa vie derrière les barreaux après avoir esquivé la justice pendant près de quinze ans ? Franceinfo remonte le fil d'un scandale hors-norme.

 

 

 

"Plus loin tu iras, mieux tu seras payée"

Jeffrey Epstein ne sera donc jamais jugé. Pour la seconde fois, il échappe à un procès surmédiatisé, au cours duquel il aurait dû s'expliquer publiquement sur ses agissements et ses éventuels complices. Car le multimillionnaire a déjà eu affaire à la justice, au milieu des années 2000 en Floride. Le 15 mars 2005 à Palm Beach, le témoignage d'une adolescente de 14 ans va ébruiter pour la première fois cette affaire de pédo-criminalité tentaculaire.

 

 

 

L\'entrée de la résidence de Palm Beach (Floride) appartenant à Jeffrey Epstein, le 14 mars 2019.

L'entrée de la résidence de Palm Beach (Floride) appartenant à Jeffrey Epstein, le 14 mars 2019. (JOE SKIPPER / REUTERS)


 

Selon le rapport de police (document disponible ici, en anglais), la jeune fille, scolarisée au Royal Palm Beach High School, raconte avoir été invitée par une de ses camarades de classe à "se faire un peu d'argent" en prodiguant des massages à un riche homme d'affaires. C'est dans une luxueuse villa avec domestiques, agents de sécurité et autres assistants, qu'elle rencontre l'homme qui l'a abusée sexuellement, un certain "Jeff". Au cours de ce "massage", le quadragénaire aux cheveux gris se présente nu sous une serviette, détaille l'adolescente aux enquêteurs. Il exige qu'elle se déshabille entièrement avant de commencer à le masser, d'abord le dos, puis le torse. L'homme entreprend alors de se masturber en se livrant à des attouchements sur l'adolescente, allant jusqu'à utiliser des accessoires. Cette première session lui rapporte 200 dollars. "Plus tu iras loin, mieux tu seras payée", lui explique un peu plus tard sa camarade de classe.

 

 

Pendant un an, la police de Palm Beach poursuit ses investigations et auditionne de nouvelles victimes présumées. A chaque fois, le mode opératoire décrit est le même : une rabatteuse propose à une adolescente, entre 13 et 18 ans, de gagner un peu d'argent facile en s'improvisant masseuse pour un homme riche. Les filles sont payées en fonction de ce qu'elles acceptent de subir, de la masturbation aux attouchements. L'une des victimes raconte même aux enquêteurs comment, après avoir été violée par Jeffrey Epstein, ce dernier s'est excusé en la payant 1 000 dollars. Epstein propose à certaines de ces jeunes filles d'être payées sans avoir à le masser, à la seule condition de lui ramener de nouvelles adolescentes, les plus jeunes possibles. Ainsi, les victimes deviennent à leur tour actrices du système.

 

 

 

Une victime formée pour devenir "tout ce qu'un homme pouvait vouloir" d'elle

Jeffrey Epstein ne réservait pas ces séances de "massages" à ses seuls séjours en Floride. Le multimillionnaire naviguait entre Palm Beach, Paris, son ranch au Nouveau-Mexique, son île privée située dans les Iles Vierges américaines et sa luxueuse demeure de New York. Située à un saut de puce de Central Park, la bâtisse de près de 2 000 mètres carrés est "l'une des plus grandes propriétés privées de Manhattan", rapporte le New York Times. Escalier en marbre, cinq salles de bain, trois suites privées… L'édifice, estimé à près de 50 millions d'euros, est richement équipé.

 

 

 

Les initiales de Jeffrey Epstein, mises en évidence à l\'entrée de sa résidence de Manhattan, à New York, le 15 juillet 2019.

Les initiales de Jeffrey Epstein, mises en évidence à l'entrée de sa résidence de Manhattan, à New York, le 15 juillet 2019. (KEVIN HAGEN / GETTY IMAGES NORTH AMERICA)


 

Il présente aussi des décorations d'un goût plus surprenant : des visiteurs racontent au quotidien américain avoir remarqué la présence d'un jeu d'échec aux figurines représentant les collaboratrices de Jeffrey Epstein"habillées de manière suggestive", une "poupée grandeur nature suspendue à un chandelier" ou, plus récemment encore, une fresque représentant le propriétaire des lieux en prison, entouré par des surveillants.

 

 

C'est notamment dans cette résidence de l'Upper East Side que Virginia Roberts Giuffre, une jeune femme de 30 ans qui affirme avoir rencontré Epstein alors qu'elle était encore adolescente, raconte avoir été transformée en "esclave sexuelle" destinée à satisfaire le multimillionnaire et ses invités. Dans une déposition effectuée en 2015 et citée par The Daily Beast, la principale accusatrice de Jeffrey Epstein explique avoir été "formée" pour devenir "tout ce qu'un homme pouvait vouloir qu'[elle soit]".

 

 

Ce n'était pas seulement une formation sexuelle, ils voulaient que je sois capable de répondre à tous les besoins des hommes à qui ils allaient m'envoyer.Virginia Roberts Giuffredans une déposition à la police

 

 

Dans un entretien diffusé le 10 juillet par NBC News, une autre femme, Jennifer Araoz, raconte avoir été "vigoureusement violée" par le financier à l'automne 2002. Elle avait alors 15 ans.

 

 

 

 

 

 

Aujourd'hui âgée de 32 ans, elle dit avoir rencontré Jeffrey Epstein à 14 ans par l'intermédiaire d'une jeune femme venue à sa rencontre à la sortie de son lycée, située non loin de la luxueuse demeure new-yorkaise. Comme les autres victimes présumées, elle raconte avoir été régulièrement rémunérée en échange de massages de plus en plus intimes. "Il aimait que je joue avec ses tétons. Ça l'excitait. Et puis il finissait le travail lui-même et c'était terminé", se souvient la jeune femme, qui se persuade alors qu'elle ne "fait rien de vraiment mal".

 

 

Jennifer Araoz raconte avoir coupé les ponts avec Jeffrey Epstein et ses"associés" après avoir été violée. "Je me détestais. Je me disais que j'étais une fille stupide, et que j'aurais dû me douter de ce qui allait m'arriver", se remémore la trentenaire, qui explique avoir abandonné l'école – pour éviter de revenir dans le quartier – et subir des crises d'angoisse régulières depuis son agression.

 

 

 

Des victimes privées de procès à cause d'un accord favorable à Epstein

Fin 2006, la police fédérale américaine, avertie par le chef de la police de Palm Beach, ouvre une enquête allant de New York au Mexique en passant par la Floride. Dès 2007, le FBI assemble un dossier de 53 pages qui aurait dû conduire à l'inculpation de Jeffrey Epstein et à "le mettre en prison à vie", estime le Miami Herald. Pourtant, tandis que les enquêtes se closent et que les charges s'accumulent, l'équipe de juristes de Jeffrey Epstein négocie, depuis 2006 et en toute discrétion, un accord surréaliste avec le parquet.

 

 

Au centre de cette affaire de deal secret, un homme revenu récemment sur le devant de la scène politique : Alexander Acosta, alors procureur des Etats-Unis dans le district sud de la Floride, qui comprend la ville de Palm Beach. Peu connu de notre côté de l'Atlantique, Acosta a été nommé le 16 février 2017 ministre du Travail par le président Donald Trump. C'est lui qui, de 2006 à 2008, a négocié avec le camp Epstein les termes du deal qui tirera le financier d'affaire.

 

 

Selon cet accord, en échange d'une simple inscription au fichier des délinquants sexuels, Jeffrey Epstein obtient une peine allégée et des conditions de détention très favorables. Sont également prévus la confidentialité totale de la nature exacte des crimes commis par Jeffrey Epstein et, détail bien plus curieux, le secret sur "tous les éventuels complices" identifiés ou non du millionnaire, révèle le Miami Herald.

 

 

Une autre question pose problème dans l'accord rédigé main dans la main par Alexander Acosta et les juristes du multimillionnaire, menés par Alan Dershowitz et Jay Lefkowitz : la notification aux victimes. Dans des échanges rendus publics et consultés par le Miami Herald, ce dernier remercie le procureur pour "l'engagement qu'il a pris" et réitère sa demande : "Vous m'avez assuré que vos services ne contacteraient aucune des victimes identifiées, des témoins potentiels ou d'autres hypothétiques plaignants ni leurs conseils juridiques concernant cette affaire." De quoi provoquer la colère des victimes présumées, qui n'ont pu assister ni s'exprimer lors de l'audience, le 30 juin 2008.

 

 

Cet accord leur a permis de faire taire ma voix et celles de toutes les victimes de Jeffrey Epstein.Courtney Wild, victime présumée de Jeffrey Epsteinau "Miami Herald"

 

 

Plaidant coupable pour recours à la prostitution et recours à la prostitution avec une personne mineure, Jeffrey Epstein est finalement condamné à 18 mois de détention dans une aile spécialement aménagée de la prison du comté de Palm Beach, et non une prison fédérale comme c'est habituellement le cas dans ce type d'affaires.

 

 

Jeffrey Epstein sera libéré en juillet 2009, soit cinq mois avant le terme de sa peine. Le financier revient sur le devant de la scène judiciaire six ans plus tard, en janvier 2015, lorsque Virginia Roberts Giuffre relance l'affaire en déposant plainte contre lui. Elle explique que Jeffrey Epstein l'a forcée, au début des années 2000, à avoir des relations sexuelles avec des personnalités de premier plan : le prince Andrew, deuxième fils de la reine d'Angleterre, ou encore son propre avocat, Alan Dershowitz.

 

 

Elle affirme avoir été recrutée – alors qu'elle était encore mineure et qu'elle travaillait au club de golf VIP de Donald Trump à Mar-a-Lago – par une certaine Ghislaine Maxwell, décrite comme la plus ancienne compagne et partenaire de vie du financier. De nombreuses plaintes suivent celle de Virginia Roberts Giuffre, accusant Epstein et Maxwell d'avoir géré un réseau international de trafic sexuel impliquant des mineures. Quatre ans plus tard, et après de nombreuses procédures judiciaires, Jeffrey Epstein est arrêté le 6 juillet 2019 alors qu'il revient de Paris. Il est accusé de trafic sexuel et d'association de malfaiteurs, mis en examen et écroué.

 

 

 

Des secrets embarrassants sur ses puissants amis

Six jours plus tard, Alexander Acosta démissionne de son poste de ministre du Travail, fragilisé par les interrogations sur le deal conclu avec Epstein dix ans plus tôt. La presse et le Congrès s'interrogent : Jeffrey Epstein a-t-il bénéficié de ses connexions pour alléger autant que possible sa peine en 2008 ? L'accord passé avait-il pour objectif de couvrir des personnalités de premier plan, fréquentées durant de nombreuses années ?

 

 

>> Affaire Jeffrey Epstein : pourquoi Donald Trump, Bill Clinton et le prince Andrew d'Angleterre sont-ils impliqués ?

 

 

Car l'odeur de soufre qui flotte autour de l'affaire Epstein est surtout liée aux connaissances haut placées du sexagénaire, parmi lesquelles on retrouve les présidents américains Donald Trump et Bill Clinton. Autant de noms qui alimentent les spéculations, certains étant convaincus que le sexagénaire a pu bénéficier de la complicité des puissants de ce monde, ceux-ci étant soulagés de voir le financier emporter ses secrets dans sa tombe.

 

 

 

Le magnat de l\'immobilier américain Donald Trump et sa future femme, Melania Knauss, en compagnie de Jeffrey Epstein et de son ex-compagne Ghislaine Maxwell, le 12 février 2000 au club privé Mar-a-Lago à Palm Beach, en Floride (Etats-Unis).

Le magnat de l'immobilier américain Donald Trump et sa future femme, Melania Knauss, en compagnie de Jeffrey Epstein et de son ex-compagne Ghislaine Maxwell, le 12 février 2000 au club privé Mar-a-Lago à Palm Beach, en Floride (Etats-Unis). (DAVIDOFF STUDIOS PHOTOGRAPHY / ARCHIVE PHOTOS / GETTY IMAGES)


 

James B. Stewart, chroniqueur au New York Times, n'est pas loin de penser la même chose. Lors de sa première et dernière rencontre avec Jeffrey Epstein dans sa demeure de Manhattan, en août 2018, le financier lui aurait confié connaître des détails potentiellement embarrassants au sujet de certains de ses amis, "y compris sur leurs prétendues tendances sexuelles et leur consommation de drogues".

 

 

Qu'en est-il vraiment ? Donald Trump et Jeffrey Epstein se sont en effet rencontrés au début des années 1990, alors qu'ils étaient tous deux voisins à Palm Beach. Plusieurs documents témoignent de leur proximité de l'époque. Une vidéo, filmée par NBC en 1992, montre ainsi Jeffrey Epstein plaisanter avec le futur président américain lors d'une soirée organisée au club Mar-a-Lago, propriété de Donald Trump.

 

 

 

 

 

 

Dans un portrait consacré au financier réalisé par le New York Magazine en 2002, Donald Trump loue également les qualités de son ami, qu'il qualifie de "gars génial".

 

 

Cela fait quinze ans que je le connais Jeff. [...] On s'amuse bien avec lui. La rumeur dit même qu'il aime autant les femmes que moi, et que beaucoup d'entre elles sont plutôt jeunes.Donald Trump à propos de Jeffrey Epstein, en 2002au "New York Magazine"

 

 

Le ton du président américain, lui-même accusé d'agressions sexuelles, a depuis bien changé à l'égard de son voisin. Interrogé récemment sur ses liens avec le prédateur sexuel présumé, Donald Trump a assuré, face à la presse, qu'il connaissait Jeffrey Epstein "comme tout le monde à Palm Beach""J'ai eu une dispute avec lui, je ne lui ai pas parlé depuis quinze ans. Je n'étais pas un grand fan de lui, je peux vous l'assurer", a-t-il avancé.

 

 

Jeffrey Epstein nouait également des relations privilégiées avec Bill Clinton, notamment après son départ de la Maison Blanche, en 2001. Outre des dons à la fondation créée par l'ancien chef d'Etat, le financier aurait également fait bénéficier Bill Clinton de voyages à bord de son Boeing 727 privé. Des vols qui "comprenaient des escales en lien avec le travail de la Fondation Clinton", assure un porte-parole. Le site Gawker évoquent d'autres voyages, de nature privée.

 

 

Bien qu'elle assure n'avoir jamais été abusée par Bill Clinton, Virginia Roberts Giuffre, principale accusatrice de Jeffrey Epstein, a affirmé dans une déposition que l'ancien président s'était rendu sur l'île privée du magnat située au cœur des Iles vierges. Une visite démentie par le porte-parole de l'ex-chef d'Etat dans un communiqué, dans lequel il assure ne "rien savoir des terribles crimes" reprochés au financier, auquel il n'aurait plus parlé depuis "plus de dix ans".

 

 

 

Yashar Ali ðŸÂ￾˜ ✔@yashar
 

News: President Clinton has issued a statement on Jeffrey Epstein

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Jusqu'aux années 2010, Jeffrey Epstein comptait également parmi ses fréquentations le prince Andrew, deuxième fils de la reine d'Angleterre, que Virginia Roberts Giuffre accuse de viol au début des années 2000.

 

 

 

 

Le prince Andrew en compagnie de Virginia Roberts Giuffre, alors âgée de 17 ans, et de Ghislaine Maxwell, compagne de longue date de Jeffrey Epstein, dans la maison de celle-ci, le 13 mars 2001.

Le prince Andrew en compagnie de Virginia Roberts Giuffre, alors âgée de 17 ans, et de Ghislaine Maxwell, compagne de longue date de Jeffrey Epstein, dans la maison de celle-ci, le 13 mars 2001. (REX / SIPA)


 

D'après le Guardian, les deux hommes étaient notamment partis en vacances ensemble à Saint-Tropez et en Thaïlande. D'après le témoignage de Virginia Roberts Giuffre, cité par le Guardian, les agressions sexuelles auraient eu lieu à New York, à Londres et sur l'île privée de Jeffrey Epstein. Des accusations qui ont poussé le palais de Buckingham à nier "catégoriquement" des allégations "fausses et sans fondement". Un ton "inhabituellement vigoureux", analyse le quotidien britannique.

 

 

 

Des rebondissements en France ?

La justice française se penche désormais sur l'affaire. Juste avant d'être arrêté par les autorités américaines, le sexagénaire a en effet séjourné pendant plusieurs semaines en France. Lors de ses nombreuses et régulières escapades en Europe, le multimillionnaire logeait dans son appartement situé à deux pas de l'arc de Triomphe, au 22, avenue Foch, rapporte Paris Match.

 

 

 

L\'immeuble dans lequel Jeffrey Epstein possède un appartement, le 12 août 2019 dans le 16e arrondissement de Paris.

L'immeuble dans lequel Jeffrey Epstein possède un appartement, le 12 août 2019 dans le 16e arrondissement de Paris. (JACQUES DEMARTHON / AFP)


 

Un ancien ouvrier qui a travaillé dans l'appartement raconte à Libération y avoir vu "un couloir avec plusieurs photos de jeunes femmes nues", comme dans ses autres résidences, tandis qu'une ex-employée contactée par le quotidien français se souvient aussi d'avoir aperçu "plusieurs jeunes femmes qui venaient dans l'appartement".

 

 

Jeffrey Epstein pourrait également avoir bénéficié de complices français. Outre sa partenaire Ghislaine Maxwell, qui possède les nationalités britannique, américaine et française, le millionnaire a longuement fréquenté le dirigeant français d'une agence de mannequins "soupçonné d'avoir été l'un des pourvoyeurs principal du réseau", écrit Libération.

 

 

Un procès Epstein se tiendra-t-il un jour en France ? Contacté par franceinfo, le parquet de Paris affirme que "les éléments transmis au parquet de Paris sont en cours d'analyse et de recoupement""Les premières vérifications sont actuellement en cours afin de déterminer si une enquête doit être ouverte sur le territoire français", ajoute le parquet. 

La mort du financier n'a en tout cas pas clos le dossier aux Etats-Unis, rapporte NBC News : mercredi 14 août, Jennifer Araoz, qui avait accusé Jeffrey Epstein de viol, a déposé plainte à l'encontre de l'ex-partenaire du financier, Ghislaine Maxwell, et de trois autres femmes ayant travaillé pour le millionnaire dont les noms n'ont pas été révélés.

 


17/08/2019
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Franceinfo - le vendredi 16 août 2019

 

 

Donald Trump envisage d'acheter le Groenland pour l'intégrer au territoire américain

 

 

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C'est ce que révèle le "Wall Street Journal". L'île appartient au Danemark

 

 

 

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Une photo de Tasilaq, la capitale régionale du Groenland, territoire appartenant au Danemark.  (PHILIPPE ROY / PHILIPPE ROY)

 

 

 

OPA sur le Groenland ? Donald Trump envisagerait d'acheter cette immense île gelée du cercle arctique, appartenant au Danemark, pour l'intégrer au territoire américain, indique le Wall Street Journal (en anglais), jeudi 15 août. Une information confirmée par l'agence Reuters auprès de deux sources proches du président américain.

 

 

Le locataire de la Maison Blanche, qui a été un puissant magnat de l'immobilier avant de se lancer en politique, s'est entretenu à plusieurs reprises avec ses conseillers à propos de cette acquisition. La requête a été adressée "avec plusieurs niveaux de sérieux", précise le Wall Street Journal. 

 

 

Le Wall Street Journal ne précise pas si le Danemark est intéressé par cette transaction, mais Donald Trump est en tout cas attendu dans le pays du nord de l'Europe pour une visite officielle début septembre. Les Etats-Unis possèdent une base aérienne à Thulé, sur l'immense île gelée qui compte un total de 56 000 habitants. Et ce n'est pas la première fois que Washington jette son dévolu sur le territoire : an 1946, le président Harry Truman avait proposé au Danemark d'acheter le Groenland pur 100 millions de dollars.

 


16/08/2019
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Franceinfo - le lundi 12 août 2019

 

 

Les Etats-Unis refuseront désormais la nationalité américaine aux immigrés bénéficiant d'aides publiques

 

 

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Cette nouvelle réglementation, dite des "charges pour la société", vise les immigrants démunis qui bénéficient à leur arrivée sur le territoire américain d'allocations logement ou de bons alimentaires

 

 

 

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Ken Cuccinelli, le directeur par intérim des services d'immigration américains, à la Maison-Blanche, le 12 août 2019, à Washington (Etats-Unis).  (BRENDAN SMIALOWSKI / AFP)

 

 

 

Le gouvernement de Donald Trump a annoncé lundi 12 août une nouvelle règlementation qui dénie désormais la nationalité américaine aux immigrés bénéficiant d'aides publiques. 

 

 

Les immigrés qui seront jugés susceptibles de devenir des "charges pour la société" se verront refuser l'accès au territoire et ceux qui sont déjà aux Etats-Unis, n'auront plus le droit à la "carte verte", le permis de séjour américain, précise une nouvelle règlementation publiée par la Maison Blanche. S'ils ont déjà une carte verte, ils ne pourront pas obtenir la nationalité américaine.

 

 

 

"Subvenir à leurs besoins et réussir ici"

Cette nouvelle réglementation vise les immigrants démunis, qui bénéficient à leur arrivée sur le territoire américain, pendant une période limitée, d'allocations logement ou de bons alimentaires. Est considéré comme une "charge pour la société", un individu "qui reçoit une ou plusieurs prestations publiques pendant plus de douze mois sur une période de trente-six mois", a détaillé Ken Cuccinelli, le directeur par intérim des services d'immigration américains.

 

 

 

 

 

 

"Avec la réglementation des charges pour la société, le gouvernement du président Trump défend à nouveau les idéaux d'autonomie et de responsabilité individuelle, en s'assurant que les immigrants sont capables de subvenir à leurs besoins et de réussir ici, en Amérique", a ajouté Ken Cuccinelli.

 

 

 

"Protéger les contribuables américains"

Cette nouvelle réglementation "protègera les contribuables américains, préservera notre système d'aides publiques pour les Américains vulnérables et fera respecter la loi", note un communiqué de la Maison Blanche. 

 

 

La loi américaine sur l'immigration stipule que ceux qui viennent vivre aux Etats-Unis ne peuvent pas devenir une charge pour la société, rappelle la présidence. "Depuis des années, cette exigence claire a été largement ignorée, faisant peser une énorme charge sur les contribuables américains. Aujourd'hui, la loi sur les charges pour la société va enfin être mise en œuvre".

 


13/08/2019
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Franceinfo - le samedi 10 août 2019

 

 

Elus notés, pluie de dollars et spots de pub : aux Etats-Unis, les méthodes de la NRA pour étouffer le débat sur les armes

 

 

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Malgré la multiplication des tueries de masse, le lobby aux 5 millions de membres ne baisse pas la garde pour défendre le droit des Américains à posséder une arme à feu

 

 

 

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La mannequin Keleigh Glover tient un fusil lors de la convention annuelle de la NRA, le 27 avril 2019, à Indianapolis (Indiana). (SCOTT OLSON / GETTY IMAGES NORTH AMERICA)

 

 

 

Deux nouvelles tueries ont ensanglanté les Etats-Unis le même week-end. A El Paso (Texas) et à Dayton (Ohio), deux villes situées à environ 2 500 kilomètres de distance, deux hommes ont sorti un fusil d'assaut à quelques heures d'intervalle, samedi 3 et dimanche 4 août, ôtant la vie à au moins 31 personnes. De nouveaux drames qui relancent l'éternel débat sur les armes à feu outre-Atlantique. Dans le camp démocrate, plusieurs voix se sont élevées pour exiger un contrôle renforcé, à commencer par Barack Obama. Sur Twitter, l'ancien président a estimé qu'un durcissement des lois "pourrait arrêter certains massacres".

 

 

En face, les défenseurs du port d'armes ne baissent pas la garde. La célèbre NRA ("National Rifle Association"), principal lobby pro-armes, a rapidement présenté ses condoléances aux familles avant d'entonner son habituel refrain : "La NRA est attachée à l'utilisation sûre et légale des armes à feu par ceux qui exercent leur liberté dans le cadre du deuxième amendement."Et pour évacuer toute polémique, l'organisation a ajouté qu'elle "ne participerait pas à la politisation de ces tragédies"

 

 

 

54 millions de dollars pour Trump et les Républicains en 2016

"Après une fusillade, ils rejettent les accusations et espèrent que la colère qui les vise se dissipera", souffle à franceinfo Josh Sugarmann, directeur du Violence Policy Center, une organisation anti-armes. De fait, depuis leur communiqué laconique, les porte-paroles de la NRA se font discrets. Sollicité par franceinfo, le groupe de pression a pour l'instant choisi de ne pas en dire plus. "Leur stratégie est de ne pas répondre à la presse après une fusillade. Lorsque la tempête politique est passée, après quelques semaines, ils reprennent leur communication", explique Robert Spitzer, professeur de sciences politiques à l'université de Cortland.

 

 

 

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Donald Trump lors de la Convention annuelle de la NRA, le 26 avril 2019, à Indianapolis.  (BRYAN WOOLSTON / REUTERS)

 

 

 

La NRA, forte d'un budget de 419 millions de dollars en 2016, ne lésine pas sur les moyens lors de ses opérations de lobbying. Lors de la campagne républicaine d'il y a trois ans, le groupe de pression a dépensé 54 millions de dollars, dont 31 millions pour la campagne de Donald Trump. Il a cherché à "protéger les majorités républicaines à la Chambre des représentants et au Sénat", indique Anna Massoglia, chercheuse au Center for Responsive Politics (CRP), organisme spécialisé dans le financement politique. "Il s’agit d’une augmentation considérable par rapport aux années précédentes. Les dépenses déclarées par la NRA pour Trump représentent plus que les dépenses combinées du lobby pour les élections en 2008 et en 2012", détaille-t-elle.

 

 

L’engagement politique de la NRA s’est considérablement intensifié au cours des dernières décennies et a atteint son apogée en 2016.Anna Massoglia à franceinfo

 

 

Cette puissance financière est alimentée par diverses donations et par les cotisations des quelque 5 millions de membres revendiqués par l'association. Parmi les donations, le Violence Policy Center relève qu'entre 2005 et 2013 fabricants et distributeurs d'armes ont donné "entre 19,3 et 60,2 millions de dollars" à la NRA. "Le groupe n’est pas tenu de divulguer l'origine de ses fonds. Il est donc difficile de déterminer qui finance les activités de la NRA ou le montant de ces donations", observe Anna Massoglia.

 

 

Les ressources de la NRA lui ont souvent permis de jouer les trouble-fêtes lors des élections. Lors de la campagne présidentielle en 2000, le lobby a déboursé 20 millions de dollars pour orchestrer une campagne de dénigrement contre le candidat démocrate Al Gore, à l'origine d'une loi anti-armes. "La NRA a joué un rôle décisif dans sa défaite", assure aux EchosMatt Bennett, ancien conseiller à la Maison-Blanche.

 

 

 

"Effrayer certains candidats"

Au-delà des élections, la NRA cherche à peser directement dans le débat politique. Comme le rappelle NBC, l'association s'est réjouie d'une session législative "très fructueuse" au Texas, après le vote de dix nouvelles lois favorables aux armes à feu. La nouvelle législation, qui doit entrer en vigueur le 1er septembre, soit moins d'un mois après la tuerie d'El Paso, assouplit les règles du port d'armes dans les églises, les immeubles d'habitation ou encore à proximité des écoles.

 

 

Pour organiser son lobbying, la NRA attribue à chaque élu, qu'il soit républicain ou démocrate, une note allant de A à F, en fonction des positions politiques sur le contrôle des armes. Le "A" correspond à la meilleure appréciation, tandis que le "F" fait office de note éliminatoire. Ces évaluations se reflètent dans le soutien financier apporté aux élus, comme le montre cette infographie du New York Times. Elles servent aussi à mobiliser les adhérents de la NRA. "Ils peuvent être appelés à manifester ou à appeler les élus. La plupart des Américains s'engagent peu dans la vie politique, alors quand un petit groupe de personnes le fait, ils peuvent avoir beaucoup de poids", explique Robert Spitzer.

 

 

Certains élus n'hésitent pas à mettre en avant la bonne note attribuée par le lobby. "De nombreux représentants des circonscriptions conservatrices ont des idées proches de celles de la NRA", souligne Robert Spitzer. Plusieurs conservateurs travaillent même étroitement avec l'organisation. "Tous les sénateurs républicains qui comptent avaient le numéro de portable de Chris[Cox, l'ancien lobbyiste en chef du mouvement], explique ainsi un proche à CNNEt vice versa." En retour, la NRA mobilise ses partisans en période électorale. "Ils ne se contentent pas de dire 'allez voter pour ce candidat'", assure un sénateur républicain à la chaîne américaine, sous couvert d'anonymat. Ils persuadent, ils motivent les gens à se rendre aux urnes."

 

 

Ils disent même à leurs membres comment, où et quand voter lors des primaires, ce qui a été une aide énorme pour certains d'entre nous.Un sénateur républicain à CNN

 

 

La NRA peut aussi se révéler être un adversaire redoutable, comme en témoigne David Jolly dans Newsweek. Elu représentant en Floride en 2014 avec le soutien du lobby, il propose deux ans plus tard une loi durcissant les conditions de vente des armes, en réponse à la tuerie d'Orlando. "Ils ne m'ont pas soutenu lors du scrutin suivant, raconte-t-il. J'ai été abandonné."David Jolly échoue de peu à l'élection en 2016, un revers qu'il attribue notamment à la perte du financement venu de l'association pro-armes. "Leur réputation surpasse leur capacité réelle à influencer les scrutins, mais elle suffit à effrayer certains candidats", nuance le politologue Robert Spitzer."D'un côté, vous avez les élus loyaux à la NRA. Et de l'autre, vous avez ceux qui ne veulent pas se la mettre à dos", résume Josh Sugarmann.

 

 

 

Bourse d'études et "discours apocalyptique"

Le réseau de militants reste la principale force de la NRA, qui fait tout pour choyer ses membres. L'adhésion à l'année coûte 45 dollars et permet d'accéder à de nombreux services, en plus des cadeaux de bienvenue (sac, caquette ou couteau siglé). Le site de l'organisation promet ainsi des réductions sur des bouteilles de vin ou une assurance contre le cancer. A travers sa fondation, la structure va jusqu'à offrir des subventions ou des bourses d'études pour des projets en lien avec ses actions (essentiellement la promotion des armes à feu et le renforcement de la sécurité liée aux armes). 

 

 

"Au-delà des incitations matérielles, le pouvoir de la NRA découle de l'adhésion de ses membres à la culture américaine des armes à feu. Ce n'est pas un objet de consommation, mais un symbole de liberté, d'individualisme, d'opposition à un gouvernement fort", estime Robert Spitzer. Le groupe de pression n'hésite pas à souder régulièrement sa base militante en insistant sur ces valeurs politiques et historiques. "Il s'adresse à ses sympathisants, et non à l'Américain moyen, à travers des publicités à la télévision et en ligne. Le discours est volontairement apocalyptique et évoque par exemple 'la liberté assiégée', pour les pousser à s'investir."

 

 

"Le message fondamental envoyé aux adhérents est que l’élite (les médias, les membres du Congrès, Hollywood...) va leur enlever leur arme. Donc qu'ils doivent donner de l'argent et s'impliquer avec la NRA, abonde Josh Sugarmann, militant anti-armes. Ils donnent également à leurs partisans le sentiment de faire partie d’un mouvement qui sauve l’Amérique."

 

 

 

Une "guerre culturelle" à coups de publicités

Pour faire passer ce message, le lobby s'est longtemps appuyé sur des célébrités, comme les acteurs Clint Eastwood, Chuck Norris, Tom Selleck ou encore Charlton Heston. Avec ce dernier, devenu président de l'association entre 1998 et 2003, "la guerre culturelle de la NRA a commencé". "Il a affirmé que les propriétaires d'armes à feu constituaient une minorité opprimée", rappelle Josh Sugarmann.

 

 

Cette bataille culturelle vise en premier lieu à défendre le fameux deuxième amendement de la Constitution américaine, qui, selon l'interprétation des pro-armes, garantit le droit de chaque citoyen à porter une arme. Si la chaîne de télévision sur Internet NRA TV a récemment fermé, le lobby n'est pas à court d'idées pour propager son discours. Il a désormais recours à des influenceuses sur les réseaux sociaux. Mannequin, mère de famille ou militante féministe, de plus en plus d'instagrameuses s'affichent armes à la main. "Il y en aura même une pour bébé quand il arrivera…", légende ainsi une Américaine dont le compte se divise entre photos de bébé et photos de revolvers.

 

 

 

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Cherchant à élargir sa base plutôt masculine, la NRA assimile désormais la liberté de port d'armes aux droits des femmes. En février 2018, une porte-parole de l'organisation a ainsi affirmé sur CNN que posséder des armes à feu pouvait aider les jeunes femmes à se prémunir contre les agressions sexuelles.

 

 

 

"La population ne supporte plus ces tueries"

Mais ce discours porte de moins en moins. Selon le directeur du Violence Policy Center, la tuerie dans une école de Newtown (Connecticut), en 2012, "a tout changé""Alors que les démocrates avaient longtemps considéré que l'encadrement du port d'armes n'était pas une prioritéBarack Obama en a fait un élément phare de leur programme, note Josh Sugarmann. Pour beaucoup, l'immobilisme n'est plus acceptable." Tim Walz est de ceux-là. En 2010, le démocrate se félicitait d'être noté A par la NRA. Huit ans plus tard, il a fait campagne pour le poste de gouverneur du Minnesota en promettant l'interdiction des fusils d'assaut et en critiquant le groupe de pression, rapporte CNBC (en anglais). "J'imagine que le lobby va dépenser des millions pour essayer de me faire perdre", assurait-il quelques mois avant de remporter le scrutin.

 

 

 

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Un adolescent se recueille à l'entrée du lycée de Newtown, le 18 décembre 2012, après la tuerie ayant causé la mort de 28 personnes. (BRENDAN SMIALOWSKI / AFP)

 

 

 

La population ne supporte plus ces tueries", estime Josh Sugarmann. Un sondage pour Associated Press lui donne raison : en mars dernier, 67 % des Américains se disaient favorables à un durcissement des lois sur le port d'armes. "Le débat sur les armes a, malheureusement, toujours été rythmé par les drames comme ceux de Dayton et d'El Paso. Mais ils sont désormais si fréquents qu'on arrive à saturation", insiste le directeur du Violence Policy Center. Les organisations anti-armes, plus nombreuses, sont désormais mieux organisées et mieux financées. En 2014, l'ancien maire de New York Michael Bloomberg a ainsi promis 50 millions de dollars de dons à Everytown for Gun Safety, afin d'aider l'organisation à mobiliser les électeurs.

 

 

 

Un lobby en crise

En face, la NRA semble mal en point. Au printemps, des dissensions internes ont mené au départ de deux dirigeants de l'organisation, rappelle CNN. Après avoir fait l'objet d'une enquête parlementaire en 2018, le lobby est désormais visé par une enquête judiciaire sur ses finances. Et les revenus de l'association baissent. En 2017, l'organisation a accusé un déficit de 18 millions de dollars, après un déficit de 46 millions en 2016, selon le CRP. Résultat, lors des Midterms 2018, les "groupes partisans du contrôle des armes à feu ont pour la première fois investi plus d'argent" que la NRA, note Anna Massoglia.

 

 

"Tous ces ennuis ont un impact sur la capacité de l'organisation à faire pression sur le Congrès, mais aussi sur sa capacité à mobiliser sa base", assure Josh Sugarmann. En 2018, un sondage indiquait que pour la première fois en vingt ans les Américains étaient plus nombreux (40 %) à avoir une image négative de la NRA qu'à la soutenir (37 %), rapporte Le Monde. Cette même année, de nombreuses entreprises ont rompu leurs liens avec le lobby après la fusillade dans un lycée de Parkland (Floride).

 

 

Pour les observateurs comme pour les adversaires du groupe de pression, cette crise pourrait laisser une place plus grande aux anti-armes lors des élections de 2020. "La NRA sera trop préoccupée par ses propres ennuis pour pouvoir s'investir efficacement", estime Robert Spitzer. Le politologue rappelle toutefois que "l'influence du lobby varie selon les périodes et les administrations""Nous sommes dans une période où il est possible de mettre à l'ordre du jour des mesures sur les armes qui auraient dû être prises il y a longtemps déjà, martèle Josh Sugarmann. Mais il ne faut jamais se dire que la NRA est hors jeu."

 


11/08/2019
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Franceinfo - le lundi 5 août 2019

 

 

Après les deux fusillades, Donald Trump jure que "la haine" n'a pas sa place aux Etats-Unis

 

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions
 
 

 

Depuis le début de l'année, plus de 250 fusillades "de masse" ont eu lieu aux Etats-Unis. Selon un décompte de l'organisation Gun Violence Archive, celles-ci ont fait 271 morts et 1 036 blessés

 

 

 

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Le président américain Donald Trump et sa femme Melania à Washington DC, le 4 août 2019.  (ALASTAIR PIKE / AFP)

 

 

 

"Il n'y a pas de place pour la haine dans notre pays." Donald Trump a réagi, dimanche 4 août, après les deux fusillades meurtrières qui ont fait 29 morts aux Etats-Unis"Il faut que ça s'arrête. Ca dure depuis des années", a poursuivi le président américain dans sa première apparition télévisée.

 

 

 

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"Peut-être qu'on peut faire davantage" pour lutter contre cette épidémie, a reconnu le président, avant d'ajouter que les deux drames relevaient "d'un problème de maladie mentale". Cet argument est régulièrement utilisé par les défenseurs des armes à feu pour contrer les demandes de ceux qui voudraient davantage réguler le marché.

 

 

 

Deux fusillades en moins de 24 heures

Un homme blanc de 21 ans a ouvert le feu samedi matin à El Paso (Texas), ville à majorité hispanique, faisant 20 morts, dont six Mexicains, dans un centre commercial bondé. Placé en garde à vue, il a été inculpé dimanche et encourt la peine de mort, a déclaré la police locale. La justice fédérale a annoncé que l'affaire est traitée comme un cas de "terrorisme intérieur".

 

 

Dans la nuit de samedi à dimanche, un autre jeune homme blanc, âgé de 24 ans, a abattu neuf personnes, dont sa propre sœur, dans un quartier animé de Dayton (Ohio). Des policiers qui patrouillaient dans le quartier ont abattu le tireur trente secondes après ses premiers tirs. Le chef de la police locale, Richard Biehl, a refusé de spéculer sur les motivations du jeune homme. "Nous n'avons pas assez d'informations à ce stade pour répondre à la question que tout le monde se pose : pourquoi ?"

 

 

Depuis le début de l'année, il y a eu plus de 250 fusillades aux Etats-Unis ayant fait au moins 4 victimes. Selon un décompte de l'organisation Gun Violence Archive, ce type de fusillades a fait 271 morts et 1 036 blessés.

 


05/08/2019
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Franceinfo - le dimanche 4 août 2019

 

 

Après celles d'El Paso et Dayton, on recense 251 fusillades aux Etats-Unis depuis le début de l'année 2019

 

 

 

 

Deux nouvelles fusillades au Texas et en Ohio ont fait 29 morts et 53 blessés au total samedi et dimanche

 

 

 

Un bain de sang. Les Etats-Unis ont été de nouveau frappés par deux fusillades mortelles en moins de 24 heures samedi 3 et dimanche août à El Paso (Texas) et Dayton (Ohio). Le bilan est lourd avec un total de 29 morts et aux moins 53 blessés. 

 

 

>> Etats-Unis : suivez en direct les informations et réactions après les deux fusillades mortelles qui ont endeuillé le pays

 

 

Mais après l'émotion et les soutiens aux victimes des politiques, de nombreuses voix s'élèvent pour dénoncer la banalisation de ces faits-divers. Il s'agit en effet de la 251e fusillade ("Mass shooting" en anglais) depuis le début de l'année ayant fait au moins quatre victimes, blessées ou tuées, comme le rappelle Gun Violence Archive. Selon son dernier bilan, ce type de fusillades a fait 271 morts et 1 036 blessés.

L'ONG rassemble depuis des années toutes les infos relatives à ces violences par armes à feu. En utilisant leurs données, franceinfo a pu dresser la carte des fusillades Etat par Etat ainsi que le nombre de morts et de blessés. 

 

 

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Cliquez sur le lien ci-dessous pour lire le détail de la carte

 

 

https://www.francetvinfo.fr/monde/usa/carte-les-etats-unis-ont-ete-touches-par-251-fusillades-depuis-le-debut-de-l-annee-2019_3564453.html

 

 


05/08/2019
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Franceinfo - le dimanche 4 août 2019

 

 

Etats-Unis : un tireur fait neuf morts avant d'être abattu à Dayton, dans l'Ohio, moins de 24 heures après la tuerie d'El Paso

 

 

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Camille AdaoustRobin PrudentFrance Télévisions

 

 

 

Au moins 16 personnes ont été blessées à Dayton, où les tirs ont débuté à 1h du matin

 

 

 

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Un homme a perpétré une tuerie à l'arme à feu à Dayton (Ohio, Etats-Unis) dans la nuit du 3 au 4 août 2019, la deuxième en moins de 24 heures dans le pays. (GOOGLE MAPS)

 

 

 

CE QU'IL FAUT SAVOIR

 

 

Les tragédies s'enchaînent aux Etats-Unis. Un tireur a tué neuf personnes à Dayton, dans l'Ohio, dans la nuit du samedi 3 au dimanche 4 août, selon un bilan de la police locale. Elle dénombre au moins 16 blessés. L'auteur des coups de feu est mort. Cette nouvelle tuerie intervient moins de 24 heures après celle qui a fait 20 morts et 26 blessés à El Paso, au Texas.

 

 

Une nouvelle tuerie à Dayton. Un homme a ouvert le feu à 1h du matin dimanche, a indiqué la police locale sur Twitter. "Nous avions des officiers a proximité dans la tuerie a commencé, et nous avons été capables de répondre et d'y mettre fin rapidement"a-t-elle expliqué.

 

 

Un massacre à El Paso. Samedi, un homme a ouvert le feu a proximité puis à l'intérieur d'un hypermarché de cette ville du Texas, tuant 20 personnes. Parmi les 26 blessés, certains sont dans un état critique.

 

 

Un premier tireur au motif potentiellement raciste. Au Texas, la police a annoncé qu'elle étudiait la piste d'un possible "crime haineux", se penchant notamment sur un manifeste raciste publié en ligne dont le suspect, un homme de 21 ans arrêté sur les lieux, pourrait être l'auteur. Le texte qualifie l'attaque de réponse à "l'invasion hispanique du Texas".

 

 

Un problème national. La tuerie d'El Paso est la huitième plus meurtrière de l'histoire récente des Etats-Unis. C'est aussi la 250e fois qu'un tireur blesse ou tue au moins quatre personnes depuis le début de l'année 2019 dans le pays, et Dayton est la 251e.

 


04/08/2019
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Franceinfo - le samedi 3 août 2019 - mis à jour le 04.08.19

 

 

Etats-Unis : une tuerie a fait 20 morts dans un centre commercial à El Paso au Texas, la police évoque un possible motif raciste

 

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franceinfoFrance Télévisions

 

 

Un homme de 21 ans a été arrêté. La police enquête sur la possibilité qu'il soit l'auteur d'un manifeste raciste publié en ligne, qui dénonce une "invasion hispanique du Texas"

 

 

 

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Des personnes évacuées réunies en face du parking d'un hypermarché Walmart où un homme a ouvert le feu, le 3 août 2019, à El Paso (Texas, Etats-Unis). (JOEL ANGEL JUAREZ / AFP)

 

 

 

Un homme a ouvert le feu, samedi 3 août, aux abords d'un hypermarché et d'un centre commercial de la ville d'El Paso, au Texas (Etats-Unis). Il a tué 20 personnes, et fait 26 blessés, dont certains se trouvent dans un état critique. Un suspect, âgé de 21 ans, a été arrêté et placé en garde à vue. La police a désigné cette tuerie comme un possible "crime de haine", le terme utilisé pour désigner les crimes à motif raciste.

 

 

Elle se penche notamment sur un manifeste, publié en ligne sur le site 8chan quelques minutes avant les premiers tirs, dont l'auteur revendique la tuerie et dénonce une "invasion hispanique du Texas". Le texte fait également référence à la tuerie commise par suprémaciste blanc dans deux mosquées de Christchurch en Nouvelle-Zélande, qui a fait 51 morts en mars.

 

 

 

Trump dénonce "un acte lâche"

Donald Trump a réagi sur Twitter, déplorant une fusillade "tragique" et "un acte lâche""Il n'y aura jamais de raisons ou excuses pour justifier le meurtre de personnes innocentes", a-t-il encore tweeté, en adressant ses "prières et pensées" à la population du Texas.

 

 

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La tuerie s'est produite samedi matin, la police a été appelée pour la première fois à 10h39 du matin (17h39 heure française). Une femme, qui venait faire ses courses dans l'hypermarché de l'enseigne Walmart, a expliqué sur Fox News avoir entendu "comme des feux d'artifice" alors qu'elle cherchait une place de parking. "Je me suis dirigée vers la sortie", a poursuivi ce témoin prénommé Vanessa. "J'ai vu un homme avec un tee-shirt noir et un pantalon camouflage qui portait ce qui m'a semblé être un fusil. Il visait les gens et tirait directement sur eux.", a-t-elle poursuivi.

 

 

La police n'a pas donné le nom du suspect, le désignant comme un homme blanc de 21 ans originaire d'Allen, au Texas, une banlieue de Dallas située à plus de 9h de route d'El Paso, ville frontalière avec le Mexique.

 

 

Cette tuerie est la huitième plus meurtrière à se produire aux Etats-Unis depuis la Seconde Guerre Mondiale, et la plus meurtrière depuis celle de Sutherland Springs en novembre 2017 (25 morts). Il s'agit également de la 250e fusillade de masse, c'est à dire où au moins 4 personnes ont été blessées ou tuées, depuis le début de l'année aux Etats-Unis.

 


04/08/2019
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Franceinfo - le samedi 20 juillet 2019

 

 

Que se passe-t-il dans le détroit d'Ormuz, où l'Iran a saisi un pétrolier britannique ?

 

 

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France 2France Télévisions

 

 

 

L'Iran défie à nouveau les États-Unis et la Grande-Bretagne dans le détroit d'Ormuz. L'Iran a saisi un pétrolier au pavillon britannique

 

 

 

Une course-poursuite au milieu du détroit d'Ormuz. Un pétrolier britannique de 183 mètres de long est pris en chasse par les autorités iraniennes. À bord d'un hélicoptère, un commando lourdement armé arraisonne le navire civil. Selon Téhéran, le tanker a été intercepté parce qu'il aurait continué sa route après une collision avec un bateau de pêche. Londres dément catégoriquement cette version des faits.

 

 

 

Les Iraniens veulent-ils fermer le détroit d'Ormuz?

Alors que Téhéran est asphyxié économiquement par les sanctions décrétées par Washington, les incidents impliquant des pétroliers se multiplient dans le détroit d'Ormuz depuis deux mois. C'est un message envoyé aux Européens. L'Iran, qui n'écoule plus qu'une infime partie de sa production de pétrole, pourrait être tenté de fermer le détroit d'Ormuz. Un petit passage maritime par lequel transitent 30% du pétrole brut mondial et 19 millions de barils par jour.

 


22/07/2019
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Franceinfo - le mardi 25 juin 2019

 

 

Après l'annonce de nouvelles sanctions, l'Iran accuse Donald Trump de "fermer la voie de la diplomatie"

 

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

 

 

Téhéran estime que l'administration Trump détruit "tous les mécanismes internationaux existants destinés à assurer la paix et la sécurité mondiale"

 

 

 

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Le ministre des Affaires étrangères iranien Mohammad Javad Zarif, à New York dans les locaux de l'agence Reuters, le 24 avril 2019. (CARLO ALLEGRI / REUTERS)

 

 

 

En imposant de nouvelles sanctions, les Etats-Unis ont décidé de fermer toute voie diplomatique  entre Washington et Téhéran, dénonce l'Iran, mardi 25 juin. "Imposer des sanctions stériles contre le guide suprême de l'Iran [l'ayatollah Ali Khamenei] et le chef de la diplomatie iranienne [Mohammad Javad Zarif], c'est fermer de façon permanente la voie de la diplomatie avec le gouvernement prêt à tout de Trump", a écrit le porte-parole des Affaires étrangères, Abbas Moussavi, sur Twitter. "Le gouvernement [américain] est en train de détruire tous les mécanismes internationaux existants destinés à assurer la paix et la sécurité mondiale", ajoute Abbas Moussavi.

 

 

Téhéran et Washington ont rompu leurs relations diplomatiques en 1980. Les Etats-Unis ont annoncé lundi des sanctions présentées comme "dures" et frappant le sommet de la République islamique : elles visent Ali Khamenei, et plusieurs commandants des Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de l'Iran. Donald Trump, qui accuse l'Iran de chercher à se doter de l'arme nucléaire et d'être un "parrain du terrorisme", a signé un décret empêchant "le guide suprême, son équipe et d'autres qui lui sont étroitement liés d'avoir accès à des ressources financières essentielles".

 

 

Egalement visé, Mohammad Javad Zarif, visage de la politique iranienne de détente avec l'Occident, considéré comme un modéré et abhorré des ultraconservateurs iraniens, doit être placé sur la liste des sanctions "cette semaine", a prévenu le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin. Selon ce dernier, Washington va geler des "milliards de dollars" d'actifs iraniens supplémentaires. L'Iran a rétorqué à l'ONU en appelant Washington à arrêter son "aventurisme militaire" et sa "guerre économique", en jugeant que le "climat" n'était pas propice à des discussions avec les Etats-Unis.

 


25/06/2019
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Franceinfo

 

 

Drone abattu par l'Iran : Washington émet des restrictions de vol aux compagnies américaines

 

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

 

L'Iran a abattu tôt jeudi matin un drone américain qui se trouvait selon lui dans son espace aérien, ce que contestent les Etats-Unis

 

 

 

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Donald Trump dans le bureau ovale, à Washington, le 20 juin 2019. (MANDEL NGAN / AFP)

 

 

 

Le pays craint un "un risque pour les opérations de l'aviation civile américaine". Les Etats-Unis ont interdit, jeudi 20 juin au soir, aux compagnies aériennes américaines le survol de l'espace aérien contrôlé par Téhéran au-dessus du Golfe et du golfe d'Oman "jusqu'à nouvel ordre". Cette décision intervient après que l'Iran a abattu un drone militaire américain.

 

 

Ces restrictions sont justifiées par une "augmentation des activités militaires et la tension politique croissante dans la région", ainsi que par un risque d'"erreur d'identification", a indiqué l'Administration aéronautique fédérale américaine. "Le risque pour l'aviation civile américaine est démontré par le missile sol-air iranien ayant abattu un système d'aéronef américain sans pilote", a ajouté la même source.

 

 

L'Iran a abattu tôt jeudi matin un drone américain qui se trouvait selon lui dans son espace aérien, ce que contestent les Etats-Unis. Washington et Téhéran se sont livrés toute la journée à une guerre de communication sur la localisation exacte du drone de l'US Navy au moment de la frappe.

 


21/06/2019
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