L'AIR DU TEMPS

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Franceinfo - le jeudi 23 janvier 2020

 

 

L'horloge de l'apocalypse affiche désormais minuit moins 100 secondes

 

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Cet outil a été créé durant la guerre froide afin d'alerter sur les risques de fin du monde, qui survient symboliquement à minuit

 

 

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Robert Rosner, alors président du Bulletin of the Atomic Scientists, déplace l'aiguille des minutes de l'horloge de l'apocalypse lors d'une conférence de presse au National Press Club à Washington, le jeudi 25 janvier 2018. (CAROLYN KASTER / AP / SIPA)

 

 

 

Tic, tac... L'horloge de l'apocalypse, qui symbolise l'imminence d'un cataclysme planétaire, a été avancée à minuit moins 100 secondes, notamment à cause du changement climatique, des tensions relatives au nucléaire et de la multiplication des infox comme arme de déstabilisation, ont indiqué jeudi 23 janvier les scientifiques américains qui l'ajustent chaque année. 

 

 

Cet outil, géré par le Bulletin of the Atomic Scientists, qui compte treize prix Nobel, a été créé durant la guerre froide afin d'alerter sur les risques de fin du monde, qui survient symboliquement à minuit.

 

 

>> Mais c'est quoi cette horloge de l'apocalypse qui s'affole depuis l'élection de Donald Trump ?

 

 

Depuis sa création, l'aiguille oscille donc au gré des événements. A chaque fois, la décision de l'avancer ou de la reculer est basée sur des faits précis. Et, cette année, le cocktail entre les tensions liées aux dossiers sur le nucléaire iranien et nord-coréen, mélangé aux inquiétudes liées au réchauffement climatique et à la crainte d'une nouvelle période électorale marquée par la prolifération des fausses nouvelles a justifié la décision de rapprocher plus que jamais l'aiguille de minuit.

 

 

Pour souligner la nécessité d'agir, l'heure de l'horloge du Jugement dernier est désormais exprimée en secondes, et non plus en minutes. Bullein of the Atomic Scientists

 

 

"Du retrait des Etats-Unis de l'accord de Paris [sur le climat] et du pacte nucléaire iranien, à l'impasse des négociations sur le désarmement nucléaire et à la division au sein du Conseil de sécurité des Nations unies, nos mécanismes de collaboration sont sapés alors que nous en avons le plus besoin", a réagi l'ancien secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon. 

 


24/01/2020
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Franceinfo - le mardi 3 décembre 2019

 

 

Taxe Gafa : on vous explique pourquoi la tension monte à nouveau entre la France et les Etats-Unis

 

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franceinfo avec AFP et ReutersFrance Télévisions

 

 

Washington a menacé d'imposer des droits de douane additionnels sur les produits français en réponse à l'instauration d'une taxe sur les géants américains du numérique

 

 

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L'acronyme Gafa regroupe Google, Apple, Facebook, et Amazon. (DAVID HIMBERT / HANS LUCAS / AFP)

 

 

 

L'empire contre-attaque. Lundi 2 décembre, les Etats-Unis ont menacé d'augmenter les droits de douane sur certains produits français. Une mesure de représailles contre la taxe française imaginée par Bercy pour frapper les géants du numérique qui échappent largement, pour l'instant, aux impôts français. En quoi consiste cette taxe Gafa (acronyme pour Google, Apple, Facebook et Amazon) ? Pourquoi les Etats-Unis n'en veulent-ils pas ? Que répond la France ? Quels produits français seraient taxés ? Et pourquoi le ton monte ? Franceinfo vous aide à mieux comprendre ce conflit commercial qui s'envenime.

 

 

 

C'est quoi cette taxe Gafa ? 

Entrée en vigueur en 2019, cette taxe française impose les géants du numérique à hauteur de 3% du chiffre d'affaires réalisé en France. Ce dispositif doit rapporter à l'Etat français quelque 400 millions d'euros, ce qui peut sembler dérisoire au regard des bénéfices réalisés par ces entreprises – Apple a annoncé il y a un peu plus d'un mois un bénéfice annuel de plus de 55 milliards de dollars. La taxe Gafa porte notamment sur la publicité ciblée en ligne, la vente de données à des fins publicitaires et la mise en relation des internautes par les plateformes, explique ce sujet de France 2.

 

 

 

 

 

 

"Seules les entreprises excédant deux seuils (750 millions d'euros de chiffre d'affaires à l'échelle mondiale, 25 millions au titre des services fournis en France) sont concernées", explique le site spécialisé NextInpact. Autant dire que le texte a été fait sur mesure pour frapper les plateformes américaines présentes partout dans le monde, et qui échappent à l'impôt en jouant de l'optimisation fiscale et de la dématérialisation des transactions. Aussi, précise NextInpact, "cette fiscalité a rapidement été baptisée taxe Gafa puisque toute concentrée sur les géants du numérique américains".

 

 

 

Pourquoi les Etats-Unis n'en veulent pas ?

En réalité, Donald Trump n'a jamais voulu de cet impôt qui frappe les géants numériques américains. Avant le G7 organisé à Biarritz cet été, le président des Etats-Unis avait d'emblée menacé de taxer le vin français si cet impôt était appliqué. Mais un compromis semblait pourtant avoir été trouvé à l'issue du sommet. Lundi 26 août, en présence de Donald Trump, le président Emmanuel Macron s'était félicité d'avoir "trouvé un très bon accord". La France s'était ainsi engagée à "supprimer" sa taxe Gafa si une taxe internationale visant les multinationales du numérique était adoptée par l'OCDE. Toujours difficile à cerner, le président américain n'avait pas à l'époque exprimé son désaccord. Et depuis, souligne Le Figaro, les Etats-Unis participaient activement aux "négociations en vue d'harmoniser la taxation du numérique à l'échelle mondiale".

 

 

Pourtant, lundi 2 décembre, Donald Trump est monté à nouveau au créneau pour défendre les entreprises américaines. Le locataire de la Maison Blanche s'appuie sur une enquête ouverte, en juillet dernier, sur la taxe Gafa par le représentant américain au Commerce. Ce rapport "envoie un signal clair à la France et avertit les autres pays qui sont en train de finaliser des mesures similaires que des taxes discriminantes ne seront pas tolérées", estime le directeur exécutif de la Fédération de l'industrie de l'informatique et des communications. Paris pourrait servir d'exemple avant que l'administration Trump ne déclenche des enquêtes à l'encontre de l'Autriche, de l'Italie et de la Turquie pour déterminer si leurs taxes menacent les entreprises américaines.

 

 

 

Quels sont les produits qui seraient taxés ?

Parmi les produits qui pourraient être surtaxés figurent de nombreux fromages dont le roquefort, mais aussi les yaourts, le vin pétillant ainsi que des produits cosmétiques, comme le savon et le maquillage ou encore les sacs à main. Ces surtaxes pourraient atteindre 100%, a indiqué le représentant américain au commerce, dont l'annonce doit encore recevoir l'aval du président Donald Trump. Cette imposition de tarifs douaniers punitifs ne pourra, toutefois, pas intervenir avant la mi-janvier, à l'issue d'une période de consultations. Par ailleurs, elles s'ajouteraient à d'autres surtaxes sur le "made in France" déjà décidées par les Etats-Unis en raison d'un contentieux autour de l'avionneur Airbus.

 

 

Dans un communiqué, la Fédération des exportateurs de vins et spiritueux de France (FEVS) a réclamé une "action urgente" du gouvernement français face à ces "nouvelles menaces" pesant sur la filière. Avec près de 700 millions d'euros, les vins mousseux représentent en effet près de 40% des exportations totales de vins français aux Etats-Unis sur les douze derniers mois, rappelle-t-elle. Le syndicat agricole français FNSEA se montre lui aussi inquiet. Il a demandé à ne pas être "pris en otage" du conflit.

 

 

 

Comment la France a-t-elle réagi ?

Lundi, avant même les propos virulents du président américain, le ministre français de l'Economie Bruno Le Maire, invité de France Inter, avait prévenu que la France ne renoncerait "jamais" à sa taxe sur les géants de la high-tech. Il a surtout insinué que la taxe Gafa était l'arbre qui cache la forêt. Pour lui, les Etats-Unis ne veulent plus d'un grand accord international sur la fiscalité du numérique. "Après avoir réclamé une solution internationale à l'OCDE, Washington n'est pas sûr d'en vouloir", a-t-il déploré lundi.

 

 

Le ton est encore monté mardi, le ministre de l'Economie dénonçant des sanctions "inacceptables" après les menaces des Etats-Unis. "La taxe française n'est pas discriminatoire. (...) Elle comprend des entreprises américaines, mais aussi des entreprises françaises, des entreprises européennes et des entreprises chinoises", a poursuivi Bruno Le Maire. "Les Etats-Unis doivent savoir que s'ils s'engageaient dans un nouveau train de sanctions contre la France, l'Union européenne serait prête à réagir fortement", a-t-il insisté.

 

 

De son côté, le Français Thierry Breton, nouveau commissaire européen au marché unique et au numérique, est allé plus loin, laissant entendre que le secrétaire américain au Trésor pourrait, en fait, annoncer le retrait des Etats-Unis des négociations de l'OCDE.

 

 

 

Quelles sont les conséquences à ces tensions ?

Sur les marchés financiers français, les menaces américaines ont fait souffrir les valeurs du luxe à la Bourse de Paris. LVMH – qui vient de mettre la main sur le joaillier américain Tiffany – ainsi qu'Hermès ou Kering étaient dans le rouge mardi à la mi-journée. De son côté, l'indice Stoxx qui regroupe la plupart des grands acteurs européens du secteur cède près de 0,8%. La plus forte baisse sectorielle est pour le compartiment des matières premières avec un recul de 1,7%.

 

 

Néanmoins, en marge du sommet de l'Otan, le président américain a semblé vouloir calmer le jeu. "Nous avons un différend mineur. Je pense que nous allons probablement pouvoir le surmonter", a ainsi déclaré Donald Trump lors d'une rencontre à Londres avec Emmanuel Macron. "Je pense qu'avec le président Trump nous pouvons régler cette situation", a renchéri le président français, se montrant confiant.

 


04/12/2019
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Franceinfo - le lundi 25 novembre 2019

 

 

Etats-Unis : une femme poursuivie pour s'être promenée seins nus chez elle

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

 

Agée de 27 ans, elle est passible d'une peine de prison pour s'être montrée torse nu devant les trois enfants de son mari

 

 

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Le délit d'"indécence devant un enfant" est passible d'un an de prison et de l'inscription pendant 10 ans sur le registre des délinquants sexuels dans l'Utah. (GOOGLE MAPS)

 

 

 

Elle risque une peine de prison et l'inscription sur un registre des délinquants sexuels. Une Américaine de l'Etat très conservateur de l'Utah est poursuivie pour s'être promenée seins nus chez elle devant les enfants de son mari.

 

 

Tilli Buchanan, 27 ans, bricolait avec son mari dans leur garage de la banlieue de Salt Lake City lorsque du plâtre a commencé à tâcher leurs vêtements, selon son avocat. Le couple s'est alors déshabillé et continuait à bricoler quand les enfants du mari, âgés de 9, 10 et 13 ans, ont surpris leur belle-mère seins nus. La jeune femme leur a alors expliqué qu'elle se considérait comme féministe et que si leur papa se promenait torse nu, il n'y avait aucune raison qu'elle ne puisse faire de même.

 

 

 

"Elle n'est poursuivie qu'à cause de son sexe"

Selon le Salt Lake Tribune, la police a eu vent de l'incident lorsque les services sociaux ont commencé à enquêter sur les enfants dans une affaire n'ayant aucun lien avec leur belle-mère. Mais leur mère avait alors informé les autorités de l'incident qu'elle jugeait "alarmant".

 

 

Tilly Buchanan s'est vue signifier trois chefs d'inculpation pour "indécence devant un enfant", un délit passible d'un an de prison et de l'inscription pendant 10 ans sur l'infamant registre des délinquants sexuels de l'Etat.

 

 

Son avocat demande que les poursuites contre sa cliente soient abandonnées, estimant que la loi de l'Etat est anticonstitutionnelle. "Parce que Tilli Buchanan est une femme, son torse nu est considéré comme intrinsèquement pornographique et pervers, tandis que le torse nu de son mari est considéré comme le symbole de la force et de la fierté", souligne David Lane dans une lettre au procureur de l'Utah. "Elle n'est poursuivie qu'à cause de son sexe", ajoute-t-il, soulignant que ses droits civils sont ainsi violés. Aucun jugement n'est attendu avant plusieurs mois.

 


26/11/2019
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Franceinfo - le dimanche 2 novembre 2019

 

 

New York va se doter de 400 km de pistes cyclables : "Il s’agit de créer une ville qui soit pour ses habitants plutôt que pour les véhicules privés"

 

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Loig LouryfranceinfoRadio France

 

 

Protéger les cyclistes et en finir avec le règne de l’automobile est l'objectif d'un vaste plan urbain qui a été voté cette semaine par la ville de New York

 

 

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Des cyclistes à Central Park, New York, le 26 novembre 2009. (KERIBAR IZZET / MAXPPP)

 

 

 

New York a décidé de frapper un grand coup contre le règne automobile : 1,7 milliard de dollars vont être consacrés à la création notamment de 400 kilomètres de pistes cyclables protégées, sur cinq ans. Objectif : enrayer la mortalité particulièrement élevée chez les cyclistes. "Nous vivons un moment difficile, des semaines extraordinairement douloureuses", avait admis le maire de New York, Bill de Blasio, il y a quelques semaines. Vingt-cinq cyclistes ont en effet été tués depuis le début de l’année, du jamais vu depuis deux décennies. "Ça doit s’arrêter et aujourd’hui on fait un pas de plus pour empêcher, enfin, que cela ne se reproduise", a annoncé l'élu.  

 

 

New York est une ville où la voiture est reine. Les pistes cyclables sont trop rares, souvent encombrées et non sécurisées. Aaron traverse l’East River tous les jours à vélo pour venir travailler à Union Square. Il faut, dit-il, rester concentré.   

 

 

J’adore ça, c’est excitant mais c’est effectivement risqué. Je me suis pris une portière, récemment.Aaron, un cycliste new-yorkais à franceinfo

 

 

"Oui, c’est très dangereux, convient Aaron. Mais j’ai un avertisseur, des lumières, un rétroviseur… C’est dommage qu’il y ait tant de grosses voitures sur la route. Il faudrait au moins les taxer."  

 

 

Casques ou lumières clignotantes… Ce type d’équipements, John, le bras dans une attelle après une récente chute, en vend de plus en plus. Il tient la boutique NYC Velo à Manhattan. "C’est notre rôle que les gens soient bien équipés. Beaucoup s’inquiètent pour leur sécurité, veulent éviter tout contact avec les automobilistes parce que le vélo, tout seul, c’est plutôt sans danger." John rêve d’une ville différente, "il s’agit de créer une ville qui soit pour ses habitants plutôt que pour les véhicules privés."  

 

 

 

"Notre monde a une addiction pour les voitures"  

Pour les 800 000 New Yorkais qui roulent à vélo régulièrement, le plan dévoilé par la ville est une excellente nouvelle. Danny Harris est à la tête de Transportation Alternatives qui milite pour en finir avec la mainmise de la voiture dans l’espace public. "Notre monde a une addiction pour les voitures. New York ne sera plus la même après cette loi. Ce n’est pas juste l’argent. C’est New York qui donne la priorité à ses résidents plutôt qu’aux voitures. Il ne s’agit pas des vélos, il ne s’agit pas des bus.  Il s’agit des New Yorkais et de leurs opportunités."   

 

 

La chaussée n’étant pas extensible, les automobilistes vont devoir se faire une raison. Entre ce plan et le péage urbain annoncé pour 2021, rouler en voiture à New York va devenir encore plus compliqué.

 


02/11/2019
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Franceinfo - le mercredi 30 octobre 2019

 

 

États-Unis : les Américains ne font plus d'enfants

 

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Le taux de natalité aux États-Unis est au plus bas, et beaucoup d'Américains avancent le coût d'un enfant dans le pays pour justifier le phénomène.

 

 

 

Le niveau de natalité des États-Unis a atteint en 2019 son niveau le plus bas depuis 32 ans, ce qui pose un réel problème. En cause, entre autres, un désir affirmé de donner la priorité à la carrière professionnelle. Kelley Dennings a 43 ans, et vit en couple depuis 22 ans. Diplômée, elle a un bon travail dans une ONG et vit dans une maison avec un jardin, à quelques kilomètres de Washington (États-Unis). Tout semblait tracé pour qu'elle fonde une famille parfaitement américaine. Mais le couple a fait un autre choix, parfaitement assumé.

 

 

 

Des projets professionnels prioritaires

"Quand j'ai eu 30 ans, j'ai tout simplement décidé que les enfants, ce n'était pas pour moi. J'étais concentrée sur ma carrière, passionnée par mon métier, je ne voyais pas comment des enfants pouvaient s'insérer là-dedans", explique-t-elle. Voyager, partir à la retraite plus tôt, tout cela est plus facile sans enfants. Un choix comme celui de Kelley et de son compagnon, beaucoup le font aux États-Unis, pays qui affiche un taux de natalité de 1,72 enfant par femme. Or, il faut un taux de 2,10 pour assurer le renouvellement de la population.

 


31/10/2019
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Franceinfo - le mercredi 30 octobre 2019

 

 

Etats-Unis : la Chambre des représentants reconnaît le génocide arménien

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

Ce texte non-contraignant a été adopté par l'écrasante majorité de 405 voix sur 435, avec une rare union entre démocrates et républicains

 

 

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Le président arménien Armen Sarkisian, le premier ministre Nikol Pashinyan et d'autres officiels assistent à une cérémonie commémorant le 104e anniversaire du génocide arménien au mémorial Tsitsernakaberd à Yerevan, en Arménie, le 24 avril 2019. (KAREN MINASYAN / AFP)

 

 

 

Aux Etats-Unis, la Chambre des représentants a reconnu formellement, mardi 29 octobre, le génocide arménien lors d'un vote symbolique inédit, qui a suscité la colère de la Turquie, au moment où les relations américano-turques sont déjà mises à rude épreuve. C'est la première fois qu'une telle résolution est adoptée en séance plénière d'une des chambres du Congrès à Washington. 

 

 

Ce texte non-contraignant a été adopté par l'écrasante majorité de 405 voix sur 435, avec une rare union entre démocrates et républicains, et seulement onze voix contre. Et le résultat du vote a été accueilli par des applaudissements. L'objectif affiché est notamment de "rejeter les tentatives (...) d'associer le gouvernement américain à la négation du génocide arménien" et à éduquer sur ces faits. 

 

 

Le génocide arménien est reconnu par une trentaine de pays et la communauté des historiens. Selon les estimations, entre 1,2 million et 1,5 million d'Arméniens ont été tués pendant la Première Guerre mondiale par les troupes de l'Empire ottoman, alors allié à Allemagne et à l'Autriche-Hongrie.

 

 

 

Une décision qui agace la Turquie

La Turquie a réagi immédiatement par la voie de son ministère des Affaires étrangères en "condamnant fortement" un "acte politique dénué de sens"Ankara refuse l'utilisation du terme "génocide", évoquant des massacres réciproques sur fond de guerre civile et de famine ayant fait des centaines de milliers de morts dans les deux camps.

 

 

Ce vote intervient le jour de la fête nationale turque alors que les relations entre les Etats-Unis et la Turquie, alliés au sein de l'Otan, connaissent de fortes turbulences. Le président Trump a toutefois laissé le champ libre à une offensive turque en Syrie contre les combattants kurdes, pourtant également alliés des Etats-Unis, en retirant ses forces du nord du pays début octobre.

 

 

Cette décision a suscité un tollé au sein de la classe politique américaine, jusque dans le camp républicain, dont des élus ont menacé d'imposer des sanctions "infernales" à la Turquie et à ses dirigeants. Face à la pression, le gouvernement américain a lui-même annoncé des mesures punitives, plus modestes, avant de les lever à la faveur d'un cessez-le-feu négocié avec Ankara.

 


30/10/2019
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Franceinfo - le samedi 26 octobre 2019

 

 

États-Unis : les créationnistes revisitent l'histoire de l'humanité

 

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Le courant créationniste, selon lequel Dieu est à l'origine de tout, bénéficie de puissants soutiens aux États-Unis, avec le vice-président qui en est un membre fervent

 

 

 

Ils sont convaincus que Dieu est à l'origine de tout. On les appelle les créationnistes, et ils ont un réel poids dans la société américaine au point qu'ils pourraient bien compter au moment de la présidentielle de 2020. Leur diable est Darwin et sa théorie de l'évolution. "C'est un mouvement qui considère que la Terre a 6 à 8 000 ans d'existence seulement, et qui rejette en bloc la théorie de l'évolution", confirme depuis Washington (États-Unis) Loïc de La Mornais. La nomination par Donald Trump au poste de ministre de l'Éducation nationale d'une ancienne directrice d'école créationniste a donné des ailes à ce camp.  

 

 

 

"C'est possible que les hommes et les dinosaures aient vécu en même temps" 

De plus, le vice-président Mike Pence est un créationniste convaincu, si bien qu'il y a une défiance au sommet de l'État envers la science. Dans l'État du Kentucky, il y a même un musée de la création, qui affirme que les premiers hommes ont côtoyé les dinosaures. "C'est possible que les hommes et les dinosaures aient vécu en même temps. On ne peut pas marcher dans ce jardin d'Eden reconstitué sans être rempli de joie, en voyant que c'est comme ça que tout a commencé", assure une visiteuse conquise. Fondé par une association Évangéliste, le musée compte sur des appuis financiers puissants de chrétiens créationnistes. Ils ont ainsi levé 100 millions d'euros, de quoi construire une arche de Noé grandeur nature.

 


29/10/2019
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Franceinfo - le samedi 26 octobre 2019 - mis à jour le 27.10.19

 

 

Évacuations, coupures d'électricité, nombre de foyers... Quatre chiffres qui illustrent la violence des incendies qui ravagent la Californie

 

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Des vents forts et secs pourraient attiser les flammes durant tout le week-end, selon les autorités locales

 

 


Une maison brûle à Geyserville, en Californie (Etats-Unis), le 24 octobre 2019.

Une maison brûle à Geyserville, en Californie (Etats-Unis), le 24 octobre 2019. (JOSH EDELSON / AFP)

 

 

 

Les pompiers luttent toujours contre plusieurs incendies en Californie (Etats-Unis), dimanche 27 octobre. Plusieurs brasiers, attisés par des vents chauds et secs, ont provoqué des coupures de courant préventives et l'évacuation d'au moins 180 000 personnes. Franceinfo revient sur quatre chiffres montrant l'ampleur de ces feux de forêt, qui menacent des milliers d'habitations.

 

 

 

16 incendies en cours en Californie

Le Los Angeles Times (en anglais) recense 16 feux de forêts actifs en Californie, dimanche, dans une carte reprenant les données de Cal Fire, le service des pompiers de l'Etat. Le foyer le plus important est le "Kincade Fire", qui dévore la région viticole du comté de Sonoma, près de San Francisco, depuis mercredi soir. Plus de 3 000 personnes, appuyées par une dizaine de bombardiers d'eau et une centaine de camions de pompiers, tentent de circonscrire ce feu.

 

 

L'incendie s'étendait sur plus de 12 000 hectares et n'était contenu qu'à 10%, dimanche matin. Il a détruit au moins 79 bâtiments et menace plus de 31 000 autres, selon les dernières annonces de Cal Fire. Relativement préservées lors des incendies de ces dernières années, plusieurs propriétés du comté de Sonoma, connu pour ses vins, ont été attaquées par les flammes. Des vidéos ont notamment montré le principal bâtiment de la Soda Rock Winery, vieux de 150 ans, devenu un brasier géant, à Healdsburg.

 

 

 

Le \"Kincade Fire\" ravage des vignobles de Geyserville, en Californie (Etats-Unis), le 24 octobre 2019.

Le "Kincade Fire" ravage des vignobles de Geyserville, en Californie (Etats-Unis), le 24 octobre 2019. (JOSH EDELSON / AFP)


 

À des centaines de kilomètres plus au sud, un autre brasier, nommé "Tick Fire", n'était contenu qu'à 55% dimanche matin, après avoir dévoré près de 1 800 hectares, selon les pompiers. Le feu a réduit en cendres au moins six maisons. Plus de 1 300 pompiers sont mobilisés, assistés de quatre hélicoptères, pour lutter contre le "Tick Fire".

 

 

 

Une maison détruite par le \"Tick Fire\" à Agua Dulce, en Californie (Etats-Unis), le 25 octobre 2019.

Une maison détruite par le "Tick Fire" à Agua Dulce, en Californie (Etats-Unis), le 25 octobre 2019. (MARK RALSTON / AFP)


 

180 000 personnes évacuées

Quelque 50 000 personnes ont été évacuées dans le comté de Sonoma, au nord de San Francisco, dès la nuit du jeudi 24 au vendredi 25 octobre. Les autorités ont demandé à l'ensemble des habitants de la petite ville de Geyserville et la région de vignobles qui la bordent de partir. De nombreux résidents ont à peine eu le temps de rassembler quelques affaires avant de voir les flammes déferler. "On pensait que le feu était à trois kilomètres, mais on n'avait pas pris en compte le vent. En fait, l'incendie avançait à une vingtaine de km/h", a expliqué un résident au Los Angeles Times (en anglais).

 

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L'ordre d'évacuation a été étendu à 180 000 personnes, dimanche 27 octobre, pour inclure la moitié de la ville de Santa Rosa. "C'est la plus importante évacuation de mémoire de shérif du comté de Sonoma", ont précisé les autorités sur Twitter. Plusieurs centres d'hébergement d'urgence affichaient complets dimanche, a indiqué le San Francisco Chronicle (en anglais). La police Santa Rosa a dû fermer l'un d'entre eux, le Finley Community Center, qui se trouvait dans la zone à évacuer. Tous les détenus de la prison North County Detention Facility ont été déplacés et le Sutter Santa Rosa Regional Hospital a été évacué.

 

 

Les autorités locales avaient également fait du porte-à-porte vendredi à Santa Clarita, à 50 kilomètres de Los Angeles, pour avertir les habitants de l'approche du "Tick Fire" et leur demander de partir. Toutes les écoles de la région avaient fermé leurs portes pour la journée, ainsi qu'une autoroute très fréquentée. Au plus fort de l'incendie, 40 000 personnes ont été sommées de quitter leur domicile. Mais plusieurs ont obtenu le droit de rentrer chez elles, dimanche, le "Tick Fire" étant maîtrisé à 55% par les pompiers.

 

 

 

940 000 foyers privés d'électricité

Le fournisseur d'électricité PG&E a annoncé, samedi 26 octobre, qu'il prévoyait de couper préventivement le courant à 940 000 foyers. En cause, des prévisions annonçant un "temps sec, chaud et venteux", qui pourrait attiser les flammes. La mesure affectera environ deux millions de personnes, dans 36 comtés, selon les médias américains.

 

 

Comme le souligne un témoignage recueilli par le Los Angeles Times (en anglais), les coupures d'électricité peuvent empêcher certains résidents de recevoir les ordres d'évacuation. Privés d'internet, certains habitants ne reçoivent pas les appels d'alerte sur leur ligne fixe. D'autres ont témoigné de la difficulté d'évacuer les lieux, dans le "noir absolu".

 

 

Selon le Washington Post (en anglais), PG&E est actuellement sous pression, car l'entreprise est soupçonnée d'être responsable du "Kincade Fire". L'entreprise a fait état d'un incident sur l'une de ses lignes à haute tension, près du point d'origine de l'incendie, seulement sept minutes avant le départ des flammes. "Une ligne à haute tension du même type avait causé le feu le plus meurtrier de l'Etat, le Camp Fire, en 2018", souligne le quotidien américain.

 

 

 

Des rafales à 150 km/h attisent les flammes

Les conditions météorologiques, avec des températures avoisinant les 30 °C, compliquent la tâche des pompiers californiens. La progression du "Kincade Fire" vers le sud est facilitée par un temps sec, un taux d'humidité très faible (14%) et un vent soutenu. Selon le Los Angeles Times (en anglais), le service de météorologie nationale (NWS) a enregistré des rafales jusqu'à 150 km/h, dimanche matin. Les prévisionnistes américains tablaient sur des vents au moins aussi importants tout au long de la journée, avant une accalmie, lundi. La semaine à venir s'annonçait tout aussi sèche que le week-end.

 

 

 

Un pompier surveille la progression du \"Tick Fire\" à Canyon Country, en Californie (Etats-Unis), le 24 octobre 2019.

Un pompier surveille la progression du "Tick Fire" à Canyon Country, en Californie (Etats-Unis), le 24 octobre 2019. (MARIO TAMA / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP)


 

Par le passé, ces "vents Diablo" ont contribué à attiser trois des feux les plus destructeurs de l'histoire californienne, rapporte le Los Angeles Times (en anglais). "C'est sans aucun doute un événement que nous qualifions d'historique", a déclaré David King, météorologiste au bureau de Monterey, au quotidien.

 

 

La saison des incendies fait régulièrement des ravages en Californie. Début novembre 2018, le "Camp Fire" avait détruit la petite ville de Paradise, dans le nord de l'Etat, faisant 86 morts et plusieurs dizaines de milliers de déplacés.

 


29/10/2019
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Franceinfo - le jeudi 10 octobre 2019

 

 

L'article à lire pour comprendre l'affaire ukrainienne qui a enclenché une procédure de destitution contre Donald Trump

 

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Marie-Violette BernardFrance Télévisions
 

 

 

Les démocrates ont lancé la première étape d'une action d'"impeachment" contre le président américain parce qu'il a demandé à son homologue ukrainien d'enquêter sur l'un de ses rivaux

 

 

 

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Donald Trump sur le perron de la Maison Blanche, à Washington (Etats-Unis), le 2 octobre 2019. (STEFANI REYNOLDS / CONSOLIDATED NEWS PHOTOS / AFP)

 

 

 

"Les démocrates qui ne font rien (...) ne devraient pas perdre le temps et l'énergie de tout le monde pour des conneries." Donald Trump a, une fois de plus, vivement attaqué l'opposition dans un tweet publié mercredi 2 octobre. L'origine de sa colère ? L'ouverture d'une enquête sur des soupçons de collusion avec l'Ukraine, première étape d'une procédure de destitution visant le président des Etats-Unis.

 

 

Que reproche-t-on à Donald Trump ? Va-t-il vraiment être destitué ? Quel est le rapport entre l'Ukraine et Joe Biden, candidat à la primaire démocrate ? Voici l'article à lire pour tout comprendre de cette affaire.

 

 

 

Qu'est-ce qu'on reproche à Donald Trump ?

Les démocrates accusent Donald Trump d'avoir fait pression sur son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky pour qu'il lance une enquête sur Joe Biden, candidat à l'investiture démocrate pour l'élection présidentielle de 2020. Une retranscription d'un appel entre les deux dirigeants, passé le 25 juillet, confirme que le milliardaire lui a demandé à plusieurs reprises de "s'intéresser" au clan Biden.

 

 

Capture d\'écran de la retranscription de la conversation entre Donald Trump et Volodymyr Zelensky.

Capture d'écran de la retranscription de la conversation entre Donald Trump et Volodymyr Zelensky. (WHITE HOUSE)

 

 

Surtout, le président a effectué cette demande alors qu'il retardait le versement d'une aide de 400 millions de dollars à l'Ukraine, note Vox (en anglais). Certains observateurs s'interrogent sur ce retard, qu'ils considèrent comme une tentative de contraindre Volodymyr Zelensky à accéder à cette requête. Les républicains rétorquent qu'à aucun moment durant l'échange, le président n'a explicitement conditionné cette aide à l'ouverture d'une enquête, ajoute NPR (en anglais).

 

 

Les démocrates accusent par ailleurs l'exécutif d'avoir voulu dissimuler le contenu de cette conversation. Dans une plainte déposée le 12 août, le lanceur de l'alerte à l'origine de l'enquête affirme en effet que la retranscription de cet appel a été stockée "dans un système informatique habituellement utilisé pour les informations classifiées, alors que ce document ne l'était pas", rapporte Politico (en anglais)"C'est une tentative d'étouffer l'affaire", a estimé la cheffe de file de l'opposition, Nancy Pelosi, après ces rélévations.

 

 

 

Quel est le rapport entre l'Ukraine et Joe Biden ?

Donald Trump a demandé à Volodymyr Zelensky d'enquêter sur une rumeur concernant Joe Biden. En 2015, celui qui était alors vice-président de Barack Obama a fait pression sur l'Ukraine pour qu'elle limoge un procureur accusé d'être trop complaisant dans les affaires de corruption, explique le magazine Time (en anglais). A l'époque, d'autres responsables européens et le FMI portaient le même discours. Les détracteurs de Joe Biden affirment qu'il a demandé la tête du magistrat pour protéger son fils, Hunter, qui siégeait alors au conseil de surveillance du groupe gazier ukrainien Burisma, visé par une enquête.

 

 

 

Barack Obama, Joe Biden et Hunter Biden lors d\'un match de basket à Washington (Etats-Unis), le 30 janvier 2010.

Barack Obama, Joe Biden et Hunter Biden lors d'un match de basket à Washington (Etats-Unis), le 30 janvier 2010. (MITCHELL LAYTON / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP)

 

 

Mais cette théorie ne tient pas la route, assure Bloomberg (en anglais), puisque l'investigation sur Burisma était au point mort depuis un an lorsque Joe Biden a demandé le départ du procureur Viktor Shokin. Par ailleurs, aucun élément ne prouve que Hunter Biden était visé par l'enquête. Le parquet ukrainien a ainsi déclaré, vendredi 4 octobre, qu'il n'avait "aucune information" à charge contre le fils du candidat à la primaire démocrate. Le procureur a toutefois indiqué qu'il réexaminait des dossiers sur Burisma, afin de déterminer s'ils avaient été classés légalement.

 

 

 

Pourquoi est-ce que l'affaire éclate seulement maintenant ?

Un lanceur d'alerte, agent de la CIA détaché à la Maison Blanche, a effectué un signalement sur l'appel entre Trump et Zelensky, le 12 août. Il y affirme que plusieurs responsables de la Maison Blanche peuvent témoigner que le président à "abusé de sa fonction pour son gain personnel". La plainte a été transmise au ministère de la Justice, qui l'a classée sans suite. "La division criminelle du ministère a étudié l'affaire et a conclu qu'il n'y avait aucun motif pour une enquête sur le comportement de Donald Trump", précise le New York Times (en anglais).

 

 

L'autorité judiciaire a estimé que rien, dans la retranscription de l'appel, ne montrait que le président avait violé la loi sur les campagnes électorales. Celle-ci interdit d'accepter ou de demander à un ressortissant étranger d'intervenir dans une campagne via une "contribution, un don ou une chose de valeur". Sauf que des éléments pouvant discréditer un candidat, comme les conclusions d'une enquête pour corruption, peuvent être considérées comme une "chose de valeur", pointe Mother Jones (en anglais). 

 

 

Autre problème : le directeur du renseignement américain, Joseph Maguire, devait informer les commissions parlementaires appropriées de l'existence de cette plainte sous une semaine. Et il n'en a rien fait, note le New York Magazine (en anglais). Estimant que l'affaire était "urgente", son subordonné qui avait reçu le signalement du lanceur d'alerte a décidé, début septembre, d'avertir le Congrès de cette plainte.

 

 

Dimanche 6 octobre, Mark Zaid, l'avocat du lanceur d'alerte, a annoncé l'existence d'un deuxième informateur. Il s'agit d'un agent des services de renseignement. Il ou elle a "également fait une déposition protégée par la loi, a expliqué l'avocat. Ce lanceur d'alerte a des informations de première main", a-t-il assuré. Un autre avocat du cabinet de Mark Zaid a laissé entendre que le nombre de lanceurs d'alerte sur cette affaire ukrainienne pourrait encore augmenter.

 

 

 

Comment se défend Donald Trump ?

Sans surprise, pour le président américain, la meilleure défense, c'est l'attaque. Donald Trump a accusé les démocrates de répandre "une intox", de mener "la plus grande chasse aux sorcières de l'histoire américaine" et de perpétrer un "coup d'Etat", rapporte Politico (en anglais). Selon lui, Joe Biden est "corrompu", tout comme les médias qui couvrent l'affaire. 

 

 

 

 

Après avoir déclaré qu'il cherchait à identifier le lanceur d'alerte de la CIA (dont l'anonymat est pourtant protégé par une loi fédérale), il a suggéré d'arrêter le président de la commission sur le renseignement pour "trahison". Donald Trump a accusé l'élu démocrate d'avoir "menti" sur le contenu de son échange avec Volodymyr Zelensky (une allégation contestée par CNN), ce qui mériterait qu'il "soit interrogé au plus haut niveau" selon le président.

 

 

Surtout, Donald Trump argue que son échange avec le dirigeant ukrainien était "parfait". Le président ne voit rien de répréhensible dans sa demande (qui pose tout de même la question de la séparation des pouvoirs et de l'implication d'une puissance étrangère dans une élection américaine), car il n'a "jamais menacé" son homologue. Sa requête lui semble si irréprochable qu'il l'a renouvelée en direct à la télévision, jeudi 3 octobre. "La Chine devrait lancer une investigation sur les Biden", a-t-il insisté, défendant son "droit absolu" d'enquêter sur la corruption, quitte à "demander ou de proposer à d'autres pays de nous aider".

 

 

 

 

Mercredi 9 octobre, Donald Trump s'est montré encore plus offensif et a carrément déclaré la guerre au Congrès. La Maison Blanche a annoncé qu'elle refusait de coopérer à l'enquête en cours, en vue d'une éventuelle procédure de destitution. Argument central de l'exécutif américain : les investigations menées par les élus démocrates de la Chambre des représentants sur l'affaire ukrainienne ne sont ni légitimes ni impartiales. Il met aussi en avant l'absence de vote formel à la Chambre pour déclencher ce processus.

 

 

 

Que vient faire l'ancien maire de New York dans cette affaire ?

Le nom de Rudy Giuliani, avocat personnel de Donald Trump, s'est vite trouvé au cœur de l'affaire ukrainienne. Dans sa plainte, le lanceur d'alerte affirme que l'ancien maire de New York a tenté durant plusieurs mois de convaincre Kiev d'enquêter sur Joe Biden, rapporte le Guardian (en anglais). La tentative du président américain d'impliquer l'Ukraine dans l'élection ne daterait donc pas de juillet, puisque l'un de ses plus proches conseillers creusait déjà cette piste. Lors d'une interview avec CNN vendredi 20 septembre, Rudy Giuliani a démenti, puis reconnu qu'il avait œuvré en ce sens.

 

 

 

 

 

 

L'avocat est aussi au premier plan de la stratégie de défense de Donald Trump. Depuis l'annonce de l'enquête pour impeachment, il a donné plusieurs interviews pour défendre son client, rappelle le quotidien britannique (en anglais). Les démocrates ont déjà indiqué que Rudy Giuliani pourrait être cité à comparaître devant la commission parlementaire sur le renseignement, qui enquête sur l'affaire ukrainienne.

 

 

 

Quelles sont les étapes de l'"impeachment" ?

Nancy Pelosi a activé la première étape de la procédure de destitution de Donald Trump. Les six commissions de la Chambre des représentants, qui enquêtaient déjà sur Donald Trump, vont intensifier leur action : Adam Schiff, président de la commission du renseignement, a indiqué à CNN (en anglais) que des auditions de témoins (dont le lanceur d'alerte) allaient avoir lieu "aussi prestement que possible". Plusieurs responsables de l'administration Trump, dont le secrétaire d'Etat Mike Pompeo, ont également été cités à comparaître.

 

 

 

Les élus démocrates Adam Schiff et Nancy Pelosi, meneurs de la procédure de destitution engagée contre Donald Trump, lors d\'une conférence de presse à Washington (Etats-Unis), le 2 octobre 2019.

Les élus démocrates Adam Schiff et Nancy Pelosi, meneurs de la procédure de destitution engagée contre Donald Trump, lors d'une conférence de presse à Washington (Etats-Unis), le 2 octobre 2019. (STEFANI REYNOLDS / CONSOLIDATED NEWS PHOTOS / AFP)


 

Si la Chambre dispose d'éléments incriminants à l'issue de cette enquête, elle rédigera une série d'articles de mise en accusation qui devront être soumis au vote en séance plénière. "Les démocrates élus dans des Etats traditionnellement conservateurs pourraient voter contre", estime CNN, qui précise qu'il est "difficile de savoir" si des républicains oseraient voter en faveur de l'impeachment d'un président issu de leur propre camp. Si la Chambre approuve ces mises en accusation, Donald Trump sera alors "empêché". Il faut toutefois que cette procédure soit validée par un procès au Sénat, seul à pouvoir décider de la destitution du président. Une majorité de 67 élus sur 100 est requise pour le condamner.

 

 

 

Donc Donald Trump peut vraiment être destitué ?

Rien n'est moins sûr. Même si la Chambre vote en faveur de la destitution d'un président, il peut être acquitté lors du procès au Sénat. Deux chefs d'Etat américains ont ainsi déjà été "empêchés" par la Chambre : Andrew Johnson et Bill Clinton. Tous deux sont restés en fonction jusqu'à la fin prévue de leur mandat, rappelle CNN (en anglais).

 

 

Le premier a fait l'objet d'une procédure d'impeachment en 1868, après avoir démis un membre de son cabinet dont la nomination avait été soutenue par le Congrès (ce qui était à l'époque illégal). A l'issue des trois semaines de procès au Sénat, Andrew Johnson a échappé de justesse à la destitution : pour trois des charges retenues contre lui, il a manqué un vote pour atteindre la majorité requise. Bill Clinton a, lui, été empêché en 1998 pour parjure et obstruction de la justice, dans le cadre de l'affaire Monica Lewinsky. Un procès pour destitution a débuté en janvier 1999 au Sénat, mais le démocrate a été acquitté un mois plus tard.

 

 

 

Bill Clinton réagit à son acquittement par le Sénat à la fin d\'une procédure de destitution, le 12 février 1999.

Bill Clinton réagit à son acquittement par le Sénat à la fin d'une procédure de destitution, le 12 février 1999. (STEPHEN JAFFE / AFP)

 

 

 

Rien ne garantit donc que Donald Trump sera effectivement destitué si la Chambre vote son impeachment. Les républicains disposent de 53 sièges sur les 100 que compte le Sénat. Pour atteindre la majorité de 67 votes requise pour destituer le président, il faudrait donc que 20 élus conservateurs se retournent contre le milliardaire. "A ce stade, zéro sénateurs républicains ont dit quoi que ce soit" en faveur de l'impeachment, note CNN (en anglais).

 

 

 

Et la campagne présidentielle de 2020 dans tout ça ?

"C'est la première fois qu'une procédure d'impeachment coïncide avec une campagne présidentielle", note Corentin Sellin, professeur agrégé d'histoire et spécialiste de la politique américaine, interrogé par franceinfo. Difficile donc d'évaluer ses répercussions sur la primaire démocrate et sur l'élection présidentielle de 2020. Pour l'opposition, "il s'agit de mobiliser l'électorat démocrate, en lui offrant un motif de rassemblement et d'exaltation", détaille Corentin Sellin.

 

 

Cela permet de réunir le camp [démocrate], de le galvaniser et d'éliminer les éventuelles divisions.Corentin Sellin, spécialiste de la politique américaine à franceinfo

 

 

Mais "si la plainte sur l'Ukraine se révélait moins percutante que prévu, les élus démocrates seraient ridiculisés, relève l'historien. Cela porterait un coup terrible à leur crédibilité, tout en servant la cause de Donald Trump. Il serait renforcé dans la posture de victime dans laquelle il se place volontairement." Une position qui pourrait l'aider à remobiliser sa base en novembre 2020.

 

 

Donald Trump continue par ailleurs d'essayer de décrédibiliser son principal rival démocrate. "Pour l'instant, judiciairement, il n'y a rien contre Joe Biden, poursuit Corentin Sellin. Mais la mise en avant d'Hunter Biden est un défaut pour la candidature de son père." Les autres candidats à la primaire démocrate vont également tenter de tirer profit de cette affaire, conclut CNN"Ils sont outrés que Trump ait essayé de pousser l'Ukraine à enquêter sur Biden, mais ils ne veulent pas que la colère du public soit telle que [l'ancien vice-président] soit certain de remporter l'investiture", souligne la chaîne américaine.

 

 

 

J'ai la flemme de tout lire, vous me faites un résumé ?

Les démocrates ont annoncé, mardi 24 septembre, l'ouverture d'une investigation pour impeachment contre Donald Trump. Ils accusent le président d'avoir fait pression sur son homologue ukrainien pour qu'il enquête sur son rival démocrate, Joe Biden. Selon la plainte du lanceur d'alerte de la CIA qui a déclenché l'affaire, l'exécutif a par ailleurs essayé de couvrir ses traces en classant secrète la retranscription de l'appel entre les deux dirigeants (alors qu'elle ne contenait aucun élement considéré comme sensible).

 

 

Si elle dispose d'éléments à charge à l'issue de l'enquête, la Chambre des représentants rédigera et votera des articles de mise en accusation de Donald Trump. Les démocrates disposant d'une large majorité, l'impeachment a de bonnes chances d'être approuvé. Cela ouvrirait alors la porte à un procès au Sénat : une majorité absolue de 67 élus y est nécessaire pour que le président soit destitué. Il y a toutefois peu de chances que les républicains, majoritaires à la Chambre haute, se retournent contre un chef d'Etat issu de leur parti. Il n'y a donc aucune certitude que la procédure aboutisse.

 

 

Il est sûr, en revanche, que les démocrates et Donald Trump tenteront de se servir de cette procédure pour mobiliser leurs électeurs durant la campagne présidentielle de 2020. Bref, cette procédure sera au cœur de la prochaine course à la Maison Blanche.

 


10/10/2019
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Franceinfo - le jeudi 22 août 2019

 

 

Mais pourquoi Donald Trump s'intéresse-t-il tant au Groenland?

 

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franceinfoFrance Télévisions

 

 

 

Les prétentions du président américain sur ce territoire ont provoqué une crise diplomatique avec le Danemark. Franceinfo vous explique pourquoi le "pays vert" intéresse les Etats-Unis

 

 

 

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La petite ville de Kulusuk (Groenland, Danemark), photographiée le 19 août 2019. (JONATHAN NACKSTRAND / AFP)

 

 

 

L'affaire a viré à la crise diplomatique. Vexé par la réponse de la Première ministre danoise à son intérêt pour le Groenland, Donald Trump a annulé, mardi 20 août, sa visite au Danemark. "La déclaration de la Première (ministre) selon laquelle, c'était une idée absurde" d'acheter le Groenland "était méchante", a tonné le président américain devant des journalistes. En déplacement dans le territoire autonome rattaché au Danemark, Mette Frederiksen avait qualifié d'"absurde" la proposition d'achat du président américain.

 

 

Derrière les piques diplomatiques se cachent un intérêt bien réel des Etats-Unis pour ce territoire. Franceinfo vous explique pourquoi.

 

 

 

Parce que c'est un territoire stratégique

Ce n'est pas la première fois que les Etats-Unis convoitent l'île verte. En 1867, le pays avait tenté de s'offrir un lot Islande-Groenland, sans succès. En 1946, le président Harry Truman avait ensuite proposé au Danemark d'acheter le territoire pour 100 millions de dollars, afin d'en faire un avant-poste militaire.

 

 

 

 

 

 

Située à quelques encablures des côtes canadiennes, entre l'Europe et l'Amérique du Nord, l'île occupe une place stratégique. "Depuis les années 1940, le Groenland est même vu par le Pentagone comme le premier rideau de défense naturel pour la côte Est des Etats-Unis", explique Mikaa Mered à France 24. L'armée américaine dispose d'ailleurs d'une base aérienne à Thulé, dans le nord de l'île.

 

 

 

Parce que son sol est riche en matières premières

Faiblement peuplé – 56 025 habitants  pour une superficie de deux millions de km2 –, le Groenland est en revanche riche en matières premières (pétrole, gaz, or, diamant, uranium, zinc, plomb), malgré la présence de la glace qui rend difficile toute exploitation. "Seulement, 20% du territoire est dégelé. Sur cette partie, il y a beaucoup de ressources minérales, du pétrole, du gaz et des minerais rares", explique au Parisien Mikaa Mered, professeur de géopolitique à l'Institut libre d'étude des relations internationale et spécialiste du pôle Arctique.

 

 

En 2008, des relevés de l'Institut géologique des Etats-Unis estimaient que le sol groenlandais renfermait 31 milliards de barils équivalent pétrole en énergie fossile (gaz et pétrole). 

 

 

Avec le réchauffement climatique, ces réserves pourraient être plus facilement accessibles. Une mauvaise nouvelle pour la planète – la consommation d'énergie fossile est l'un des principaux facteurs du changement climatique –, qui donne cependant des idées à certains. Comme le racontait le magazine The Good Life en 2015, un responsable groenlandais estimait que son pays avait le potentiel pour devenir un "émirat au nord du monde", sur le modèle des Etats arabes riches en énergie fossile.

 

 

 

Parce qu'il est convoité par d'autres pays comme la Chine

Acquérir le Groenland permettrait aussi aux Etats-Unis d'empêcher l'installation de rivaux sur cette île aux portes de leur pays. Comme le raconte Le Figaro, Washington a fait des pieds et des mains pour contraindre l'opérateur chinois China Communications Construction Company à se retirer de l'appel d'offres pour l'extension des aéroports de Nuuk, Ilulissat et Qaqortoq. En 2017, le Danemark avait également refusé qu'une entreprise minière chinoise ne rachète l'ancienne base navale de Gronnedal pour ne pas froisser les Etats-Unis, rapporte Reuters (en anglais).

 

 

Plus généralement, l'intérêt américain pour l'île peut être lu comme une réponse aux investissements russes dans l'Arctique. "Clairement s'agissant des Russes, la logique [de Trump] est de dire 'vous ne continuerez pas à être la grande puissance de l'Arctique même si vous présiderez le Conseil de l'Arctique en 2021, explique le chercheur Mikaa Mered à l'AFP. Et par rapport aux Chinois, l'idée, de type doctrine Monroe, est 'on ne vous laissera pas prendre pied au Groenland (...). On recrée un consulat à Nuuk [la capitale groenlandaise], on va repositionner des diplomates, on va co-financer les nouveaux aéroports, financer des programmes d'éducation et sociaux (...). L'objectif ultime, c'est d'acquérir non pas le Groenland mais au moins de nouveaux territoires, de nouvelles parcelles de terre'".

 

 

 

Parce que c'est un territoire vulnérable politiquement

Le contexte politique local n'est pas de nature à décourager les ambitions américaines. Le Groenland entretient en effet une relation ambivalente avec le Danemark, avec lequel il a signé un traité renforçant l'autonomie du territoire en 2009. Comme l'explique Le Temps, les deux partis vainqueurs des dernières élections, les sociaux-démocrates du Siumut et la formation gauche-verte de l'Inuit Atagatigiit, sont favorables à l'indépendance, même s'ils se gardent bien de donner une date.

 

 

Ils pourraient se servir de l'intérêt américain pour faire avancer leurs revendications. Après la déclaration de Donald Trump, un cadre de l'Atagatigiit a estimé, tout en jugeant l'offre de rachat inacceptable, que cette affaire montrait que le Groenland devrait avoir son mot à dire en matière de défense et de politique étrangère, rapporte le journal Sermitsiaq (en danois). Deux domaines aujourd'hui gérés par Copenhague.

 


23/08/2019
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Franceinfo - le mercredi 21 août 2019

 

 

Vente du Groenland : Trump annule son voyage au Danemark, vexé par le manque d'intérêt de la Première ministre danoise pour sa proposition

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

Invité par la reine Margrethe II en septembre, Donald Trump a décidé de ne pas se rendre dans le royaume après que les autorités danoises ont déclaré ne pas apprécier la convoitise du président américain sur le territoire autonome

 

 

 

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Le président américain Donald Trump dans son bureau ovale, à la Maison Blanche (Washington D.C.) le 20 août 2019. (ANDREW HARRER / CONSOLIDATED NEWS PHOTOS / AFP)

 

 

 

Le début d'une saga diplomatique à rebondissement entre les Etats-Unis et le Danemark. Donald Trump a annoncé mardi 21 août le report de son déplacement en Scandinavie, puisque la Première ministre danoise ne souhaite pas vendre le Groenland aux Etats-Unis.

 

 

La visite au Danemark du président américain prévue début septembre a "été annulée à ce stade", a précisé la Maison Blanche, quelques instants après une série de tweets de Donald Trump. 

 

 

 

 

 

 

"Le Danemark est un pays très spécial avec des gens incroyables mais étant donné les commentaires de la Première ministre, Mette Frederiksen, selon lesquels elle n'aurait aucun intérêt à discuter de l'achat du Groenland, je vais repousser notre rencontre prévue dans deux semaines à un autre moment", a écrit le président américain.

 

 

"La Première ministre a été en mesure de faire l'économie d'argent et d'efforts pour les Etats-Unis et le Danemark en étant si directe. Je la remercie pour cela et ai hâte de reprogrammer à un moment dans le futur" cette rencontre, a-t-il poursuivi.

 

 

 

Un territoire "stratégiquement intéressant" 

La presse américaine avait révélé en fin de semaine dernière que Donald Trump s'était renseigné sur la possibilité d'acheter le Groenland pour le rattacher aux Etats-Unis. Immense territoire autonome rattaché au Danemark qui compte quelque 56 000 habitants, le président américain estimait que cette "grosse transaction immobilière", serait "stratégiquement intéressante".

 

 

Début septembre, Trump ne se rendra donc pas au Danemark, où il avait accepté une invitation de la reine Margrethe II, malgré avoir assuré dimanche que cette visite n'était "pas du tout" liée à son ambition territoriale.

 

 

De leur côté, les autorités locales n'apprécient pas cette convoitise de l'ex-magnat de l'immobilier. "Le Groenland est riche en ressources précieuses (...). Nous sommes prêts à faire des affaires, pas à vendre", avait notamment réagi le ministère groenlandais des Affaires étrangères.

 

 

Le Groenland est une gigantesque île arctique, grande comme quatre fois la France et riche en ressources naturelles (pétrole, gaz, or, diamant, uranium, zinc ou plomb).

 


21/08/2019
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Franceinfo - le samedi 17 août 2019

 

 

RECIT. Jeffrey Epstein : comment une affaire de pédocriminalité organisée a fini par devenir un scandale international

 

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Jean-Loup AdénorVincent MatalonFrance Télévisions

 

 

La mort en prison du financier américain accusé de pédo-criminalité, qui fait les gros titres outre-Atlantique, pourrait avoir des répercussions en France. Le parquet de Paris affirme "analyser et recouper" les informations sur ses activités dans le pays

 

 

 

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Le financier américain Jeffrey Epstein (à gauche) accompagné de Donald Trump, alors homme d'affaires à succès, en 1997 lors d'une soirée organisée au club Mar-a-Lago de Palm beach (Floride). (DAVIDOFF STUDIOS PHOTOGRAPHY / ARCHIVE PHOTOS / GETTY IMAGES)

 

 

 

Mieux valait ne pas croiser la route de William Barr en début de semaine. Lundi 12 août, le ministre américain de la Justice profitait de chaque micro tendu pour dire sa "consternation" et sa "colère". L'objet de l'ire du ministre de Donald Trump ? Le "suicide apparent", dans la nuit du vendredi 9 au samedi 10 août, du financier Jeffrey Epstein au Metropolitan Correctional Center de Manhattan, à New York.

 

 

Pourtant supposé être surveillé de près par le personnel pénitentiaire après une première tentative de suicide deux semaines et demi plus tôt, le multimillionnaire de 66 ans a donc réussi à mettre fin à ses jours. Cette mort intervient au lendemain de la publication par la justice américaine d'un document de plus de 2 000 pages, jetant une lumière crue sur un trafic à grande échelle de jeunes filles, parfois âgées de 12 ans, qu'il était accusé de rémunérer en échange de services sexuels. Comment ce riche financier, ami des puissants, a-t-il finalement terminé sa vie derrière les barreaux après avoir esquivé la justice pendant près de quinze ans ? Franceinfo remonte le fil d'un scandale hors-norme.

 

 

 

"Plus loin tu iras, mieux tu seras payée"

Jeffrey Epstein ne sera donc jamais jugé. Pour la seconde fois, il échappe à un procès surmédiatisé, au cours duquel il aurait dû s'expliquer publiquement sur ses agissements et ses éventuels complices. Car le multimillionnaire a déjà eu affaire à la justice, au milieu des années 2000 en Floride. Le 15 mars 2005 à Palm Beach, le témoignage d'une adolescente de 14 ans va ébruiter pour la première fois cette affaire de pédo-criminalité tentaculaire.

 

 

 

L\'entrée de la résidence de Palm Beach (Floride) appartenant à Jeffrey Epstein, le 14 mars 2019.

L'entrée de la résidence de Palm Beach (Floride) appartenant à Jeffrey Epstein, le 14 mars 2019. (JOE SKIPPER / REUTERS)


 

Selon le rapport de police (document disponible ici, en anglais), la jeune fille, scolarisée au Royal Palm Beach High School, raconte avoir été invitée par une de ses camarades de classe à "se faire un peu d'argent" en prodiguant des massages à un riche homme d'affaires. C'est dans une luxueuse villa avec domestiques, agents de sécurité et autres assistants, qu'elle rencontre l'homme qui l'a abusée sexuellement, un certain "Jeff". Au cours de ce "massage", le quadragénaire aux cheveux gris se présente nu sous une serviette, détaille l'adolescente aux enquêteurs. Il exige qu'elle se déshabille entièrement avant de commencer à le masser, d'abord le dos, puis le torse. L'homme entreprend alors de se masturber en se livrant à des attouchements sur l'adolescente, allant jusqu'à utiliser des accessoires. Cette première session lui rapporte 200 dollars. "Plus tu iras loin, mieux tu seras payée", lui explique un peu plus tard sa camarade de classe.

 

 

Pendant un an, la police de Palm Beach poursuit ses investigations et auditionne de nouvelles victimes présumées. A chaque fois, le mode opératoire décrit est le même : une rabatteuse propose à une adolescente, entre 13 et 18 ans, de gagner un peu d'argent facile en s'improvisant masseuse pour un homme riche. Les filles sont payées en fonction de ce qu'elles acceptent de subir, de la masturbation aux attouchements. L'une des victimes raconte même aux enquêteurs comment, après avoir été violée par Jeffrey Epstein, ce dernier s'est excusé en la payant 1 000 dollars. Epstein propose à certaines de ces jeunes filles d'être payées sans avoir à le masser, à la seule condition de lui ramener de nouvelles adolescentes, les plus jeunes possibles. Ainsi, les victimes deviennent à leur tour actrices du système.

 

 

 

Une victime formée pour devenir "tout ce qu'un homme pouvait vouloir" d'elle

Jeffrey Epstein ne réservait pas ces séances de "massages" à ses seuls séjours en Floride. Le multimillionnaire naviguait entre Palm Beach, Paris, son ranch au Nouveau-Mexique, son île privée située dans les Iles Vierges américaines et sa luxueuse demeure de New York. Située à un saut de puce de Central Park, la bâtisse de près de 2 000 mètres carrés est "l'une des plus grandes propriétés privées de Manhattan", rapporte le New York Times. Escalier en marbre, cinq salles de bain, trois suites privées… L'édifice, estimé à près de 50 millions d'euros, est richement équipé.

 

 

 

Les initiales de Jeffrey Epstein, mises en évidence à l\'entrée de sa résidence de Manhattan, à New York, le 15 juillet 2019.

Les initiales de Jeffrey Epstein, mises en évidence à l'entrée de sa résidence de Manhattan, à New York, le 15 juillet 2019. (KEVIN HAGEN / GETTY IMAGES NORTH AMERICA)


 

Il présente aussi des décorations d'un goût plus surprenant : des visiteurs racontent au quotidien américain avoir remarqué la présence d'un jeu d'échec aux figurines représentant les collaboratrices de Jeffrey Epstein"habillées de manière suggestive", une "poupée grandeur nature suspendue à un chandelier" ou, plus récemment encore, une fresque représentant le propriétaire des lieux en prison, entouré par des surveillants.

 

 

C'est notamment dans cette résidence de l'Upper East Side que Virginia Roberts Giuffre, une jeune femme de 30 ans qui affirme avoir rencontré Epstein alors qu'elle était encore adolescente, raconte avoir été transformée en "esclave sexuelle" destinée à satisfaire le multimillionnaire et ses invités. Dans une déposition effectuée en 2015 et citée par The Daily Beast, la principale accusatrice de Jeffrey Epstein explique avoir été "formée" pour devenir "tout ce qu'un homme pouvait vouloir qu'[elle soit]".

 

 

Ce n'était pas seulement une formation sexuelle, ils voulaient que je sois capable de répondre à tous les besoins des hommes à qui ils allaient m'envoyer.Virginia Roberts Giuffredans une déposition à la police

 

 

Dans un entretien diffusé le 10 juillet par NBC News, une autre femme, Jennifer Araoz, raconte avoir été "vigoureusement violée" par le financier à l'automne 2002. Elle avait alors 15 ans.

 

 

 

 

 

 

Aujourd'hui âgée de 32 ans, elle dit avoir rencontré Jeffrey Epstein à 14 ans par l'intermédiaire d'une jeune femme venue à sa rencontre à la sortie de son lycée, située non loin de la luxueuse demeure new-yorkaise. Comme les autres victimes présumées, elle raconte avoir été régulièrement rémunérée en échange de massages de plus en plus intimes. "Il aimait que je joue avec ses tétons. Ça l'excitait. Et puis il finissait le travail lui-même et c'était terminé", se souvient la jeune femme, qui se persuade alors qu'elle ne "fait rien de vraiment mal".

 

 

Jennifer Araoz raconte avoir coupé les ponts avec Jeffrey Epstein et ses"associés" après avoir été violée. "Je me détestais. Je me disais que j'étais une fille stupide, et que j'aurais dû me douter de ce qui allait m'arriver", se remémore la trentenaire, qui explique avoir abandonné l'école – pour éviter de revenir dans le quartier – et subir des crises d'angoisse régulières depuis son agression.

 

 

 

Des victimes privées de procès à cause d'un accord favorable à Epstein

Fin 2006, la police fédérale américaine, avertie par le chef de la police de Palm Beach, ouvre une enquête allant de New York au Mexique en passant par la Floride. Dès 2007, le FBI assemble un dossier de 53 pages qui aurait dû conduire à l'inculpation de Jeffrey Epstein et à "le mettre en prison à vie", estime le Miami Herald. Pourtant, tandis que les enquêtes se closent et que les charges s'accumulent, l'équipe de juristes de Jeffrey Epstein négocie, depuis 2006 et en toute discrétion, un accord surréaliste avec le parquet.

 

 

Au centre de cette affaire de deal secret, un homme revenu récemment sur le devant de la scène politique : Alexander Acosta, alors procureur des Etats-Unis dans le district sud de la Floride, qui comprend la ville de Palm Beach. Peu connu de notre côté de l'Atlantique, Acosta a été nommé le 16 février 2017 ministre du Travail par le président Donald Trump. C'est lui qui, de 2006 à 2008, a négocié avec le camp Epstein les termes du deal qui tirera le financier d'affaire.

 

 

Selon cet accord, en échange d'une simple inscription au fichier des délinquants sexuels, Jeffrey Epstein obtient une peine allégée et des conditions de détention très favorables. Sont également prévus la confidentialité totale de la nature exacte des crimes commis par Jeffrey Epstein et, détail bien plus curieux, le secret sur "tous les éventuels complices" identifiés ou non du millionnaire, révèle le Miami Herald.

 

 

Une autre question pose problème dans l'accord rédigé main dans la main par Alexander Acosta et les juristes du multimillionnaire, menés par Alan Dershowitz et Jay Lefkowitz : la notification aux victimes. Dans des échanges rendus publics et consultés par le Miami Herald, ce dernier remercie le procureur pour "l'engagement qu'il a pris" et réitère sa demande : "Vous m'avez assuré que vos services ne contacteraient aucune des victimes identifiées, des témoins potentiels ou d'autres hypothétiques plaignants ni leurs conseils juridiques concernant cette affaire." De quoi provoquer la colère des victimes présumées, qui n'ont pu assister ni s'exprimer lors de l'audience, le 30 juin 2008.

 

 

Cet accord leur a permis de faire taire ma voix et celles de toutes les victimes de Jeffrey Epstein.Courtney Wild, victime présumée de Jeffrey Epsteinau "Miami Herald"

 

 

Plaidant coupable pour recours à la prostitution et recours à la prostitution avec une personne mineure, Jeffrey Epstein est finalement condamné à 18 mois de détention dans une aile spécialement aménagée de la prison du comté de Palm Beach, et non une prison fédérale comme c'est habituellement le cas dans ce type d'affaires.

 

 

Jeffrey Epstein sera libéré en juillet 2009, soit cinq mois avant le terme de sa peine. Le financier revient sur le devant de la scène judiciaire six ans plus tard, en janvier 2015, lorsque Virginia Roberts Giuffre relance l'affaire en déposant plainte contre lui. Elle explique que Jeffrey Epstein l'a forcée, au début des années 2000, à avoir des relations sexuelles avec des personnalités de premier plan : le prince Andrew, deuxième fils de la reine d'Angleterre, ou encore son propre avocat, Alan Dershowitz.

 

 

Elle affirme avoir été recrutée – alors qu'elle était encore mineure et qu'elle travaillait au club de golf VIP de Donald Trump à Mar-a-Lago – par une certaine Ghislaine Maxwell, décrite comme la plus ancienne compagne et partenaire de vie du financier. De nombreuses plaintes suivent celle de Virginia Roberts Giuffre, accusant Epstein et Maxwell d'avoir géré un réseau international de trafic sexuel impliquant des mineures. Quatre ans plus tard, et après de nombreuses procédures judiciaires, Jeffrey Epstein est arrêté le 6 juillet 2019 alors qu'il revient de Paris. Il est accusé de trafic sexuel et d'association de malfaiteurs, mis en examen et écroué.

 

 

 

Des secrets embarrassants sur ses puissants amis

Six jours plus tard, Alexander Acosta démissionne de son poste de ministre du Travail, fragilisé par les interrogations sur le deal conclu avec Epstein dix ans plus tôt. La presse et le Congrès s'interrogent : Jeffrey Epstein a-t-il bénéficié de ses connexions pour alléger autant que possible sa peine en 2008 ? L'accord passé avait-il pour objectif de couvrir des personnalités de premier plan, fréquentées durant de nombreuses années ?

 

 

>> Affaire Jeffrey Epstein : pourquoi Donald Trump, Bill Clinton et le prince Andrew d'Angleterre sont-ils impliqués ?

 

 

Car l'odeur de soufre qui flotte autour de l'affaire Epstein est surtout liée aux connaissances haut placées du sexagénaire, parmi lesquelles on retrouve les présidents américains Donald Trump et Bill Clinton. Autant de noms qui alimentent les spéculations, certains étant convaincus que le sexagénaire a pu bénéficier de la complicité des puissants de ce monde, ceux-ci étant soulagés de voir le financier emporter ses secrets dans sa tombe.

 

 

 

Le magnat de l\'immobilier américain Donald Trump et sa future femme, Melania Knauss, en compagnie de Jeffrey Epstein et de son ex-compagne Ghislaine Maxwell, le 12 février 2000 au club privé Mar-a-Lago à Palm Beach, en Floride (Etats-Unis).

Le magnat de l'immobilier américain Donald Trump et sa future femme, Melania Knauss, en compagnie de Jeffrey Epstein et de son ex-compagne Ghislaine Maxwell, le 12 février 2000 au club privé Mar-a-Lago à Palm Beach, en Floride (Etats-Unis). (DAVIDOFF STUDIOS PHOTOGRAPHY / ARCHIVE PHOTOS / GETTY IMAGES)


 

James B. Stewart, chroniqueur au New York Times, n'est pas loin de penser la même chose. Lors de sa première et dernière rencontre avec Jeffrey Epstein dans sa demeure de Manhattan, en août 2018, le financier lui aurait confié connaître des détails potentiellement embarrassants au sujet de certains de ses amis, "y compris sur leurs prétendues tendances sexuelles et leur consommation de drogues".

 

 

Qu'en est-il vraiment ? Donald Trump et Jeffrey Epstein se sont en effet rencontrés au début des années 1990, alors qu'ils étaient tous deux voisins à Palm Beach. Plusieurs documents témoignent de leur proximité de l'époque. Une vidéo, filmée par NBC en 1992, montre ainsi Jeffrey Epstein plaisanter avec le futur président américain lors d'une soirée organisée au club Mar-a-Lago, propriété de Donald Trump.

 

 

 

 

 

 

Dans un portrait consacré au financier réalisé par le New York Magazine en 2002, Donald Trump loue également les qualités de son ami, qu'il qualifie de "gars génial".

 

 

Cela fait quinze ans que je le connais Jeff. [...] On s'amuse bien avec lui. La rumeur dit même qu'il aime autant les femmes que moi, et que beaucoup d'entre elles sont plutôt jeunes.Donald Trump à propos de Jeffrey Epstein, en 2002au "New York Magazine"

 

 

Le ton du président américain, lui-même accusé d'agressions sexuelles, a depuis bien changé à l'égard de son voisin. Interrogé récemment sur ses liens avec le prédateur sexuel présumé, Donald Trump a assuré, face à la presse, qu'il connaissait Jeffrey Epstein "comme tout le monde à Palm Beach""J'ai eu une dispute avec lui, je ne lui ai pas parlé depuis quinze ans. Je n'étais pas un grand fan de lui, je peux vous l'assurer", a-t-il avancé.

 

 

Jeffrey Epstein nouait également des relations privilégiées avec Bill Clinton, notamment après son départ de la Maison Blanche, en 2001. Outre des dons à la fondation créée par l'ancien chef d'Etat, le financier aurait également fait bénéficier Bill Clinton de voyages à bord de son Boeing 727 privé. Des vols qui "comprenaient des escales en lien avec le travail de la Fondation Clinton", assure un porte-parole. Le site Gawker évoquent d'autres voyages, de nature privée.

 

 

Bien qu'elle assure n'avoir jamais été abusée par Bill Clinton, Virginia Roberts Giuffre, principale accusatrice de Jeffrey Epstein, a affirmé dans une déposition que l'ancien président s'était rendu sur l'île privée du magnat située au cœur des Iles vierges. Une visite démentie par le porte-parole de l'ex-chef d'Etat dans un communiqué, dans lequel il assure ne "rien savoir des terribles crimes" reprochés au financier, auquel il n'aurait plus parlé depuis "plus de dix ans".

 

 

 

Yashar Ali ðŸÂ￾˜ ✔@yashar
 

News: President Clinton has issued a statement on Jeffrey Epstein

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Jusqu'aux années 2010, Jeffrey Epstein comptait également parmi ses fréquentations le prince Andrew, deuxième fils de la reine d'Angleterre, que Virginia Roberts Giuffre accuse de viol au début des années 2000.

 

 

 

 

Le prince Andrew en compagnie de Virginia Roberts Giuffre, alors âgée de 17 ans, et de Ghislaine Maxwell, compagne de longue date de Jeffrey Epstein, dans la maison de celle-ci, le 13 mars 2001.

Le prince Andrew en compagnie de Virginia Roberts Giuffre, alors âgée de 17 ans, et de Ghislaine Maxwell, compagne de longue date de Jeffrey Epstein, dans la maison de celle-ci, le 13 mars 2001. (REX / SIPA)


 

D'après le Guardian, les deux hommes étaient notamment partis en vacances ensemble à Saint-Tropez et en Thaïlande. D'après le témoignage de Virginia Roberts Giuffre, cité par le Guardian, les agressions sexuelles auraient eu lieu à New York, à Londres et sur l'île privée de Jeffrey Epstein. Des accusations qui ont poussé le palais de Buckingham à nier "catégoriquement" des allégations "fausses et sans fondement". Un ton "inhabituellement vigoureux", analyse le quotidien britannique.

 

 

 

Des rebondissements en France ?

La justice française se penche désormais sur l'affaire. Juste avant d'être arrêté par les autorités américaines, le sexagénaire a en effet séjourné pendant plusieurs semaines en France. Lors de ses nombreuses et régulières escapades en Europe, le multimillionnaire logeait dans son appartement situé à deux pas de l'arc de Triomphe, au 22, avenue Foch, rapporte Paris Match.

 

 

 

L\'immeuble dans lequel Jeffrey Epstein possède un appartement, le 12 août 2019 dans le 16e arrondissement de Paris.

L'immeuble dans lequel Jeffrey Epstein possède un appartement, le 12 août 2019 dans le 16e arrondissement de Paris. (JACQUES DEMARTHON / AFP)


 

Un ancien ouvrier qui a travaillé dans l'appartement raconte à Libération y avoir vu "un couloir avec plusieurs photos de jeunes femmes nues", comme dans ses autres résidences, tandis qu'une ex-employée contactée par le quotidien français se souvient aussi d'avoir aperçu "plusieurs jeunes femmes qui venaient dans l'appartement".

 

 

Jeffrey Epstein pourrait également avoir bénéficié de complices français. Outre sa partenaire Ghislaine Maxwell, qui possède les nationalités britannique, américaine et française, le millionnaire a longuement fréquenté le dirigeant français d'une agence de mannequins "soupçonné d'avoir été l'un des pourvoyeurs principal du réseau", écrit Libération.

 

 

Un procès Epstein se tiendra-t-il un jour en France ? Contacté par franceinfo, le parquet de Paris affirme que "les éléments transmis au parquet de Paris sont en cours d'analyse et de recoupement""Les premières vérifications sont actuellement en cours afin de déterminer si une enquête doit être ouverte sur le territoire français", ajoute le parquet. 

La mort du financier n'a en tout cas pas clos le dossier aux Etats-Unis, rapporte NBC News : mercredi 14 août, Jennifer Araoz, qui avait accusé Jeffrey Epstein de viol, a déposé plainte à l'encontre de l'ex-partenaire du financier, Ghislaine Maxwell, et de trois autres femmes ayant travaillé pour le millionnaire dont les noms n'ont pas été révélés.

 


17/08/2019
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Franceinfo - le vendredi 16 août 2019

 

 

Donald Trump envisage d'acheter le Groenland pour l'intégrer au territoire américain

 

 

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C'est ce que révèle le "Wall Street Journal". L'île appartient au Danemark

 

 

 

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Une photo de Tasilaq, la capitale régionale du Groenland, territoire appartenant au Danemark.  (PHILIPPE ROY / PHILIPPE ROY)

 

 

 

OPA sur le Groenland ? Donald Trump envisagerait d'acheter cette immense île gelée du cercle arctique, appartenant au Danemark, pour l'intégrer au territoire américain, indique le Wall Street Journal (en anglais), jeudi 15 août. Une information confirmée par l'agence Reuters auprès de deux sources proches du président américain.

 

 

Le locataire de la Maison Blanche, qui a été un puissant magnat de l'immobilier avant de se lancer en politique, s'est entretenu à plusieurs reprises avec ses conseillers à propos de cette acquisition. La requête a été adressée "avec plusieurs niveaux de sérieux", précise le Wall Street Journal. 

 

 

Le Wall Street Journal ne précise pas si le Danemark est intéressé par cette transaction, mais Donald Trump est en tout cas attendu dans le pays du nord de l'Europe pour une visite officielle début septembre. Les Etats-Unis possèdent une base aérienne à Thulé, sur l'immense île gelée qui compte un total de 56 000 habitants. Et ce n'est pas la première fois que Washington jette son dévolu sur le territoire : an 1946, le président Harry Truman avait proposé au Danemark d'acheter le Groenland pur 100 millions de dollars.

 


16/08/2019
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