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L'AIR DU TEMPS

la tribune du lundi 27 octobre 2014

 

 

 

A quand la pilule contre le vieillissement ? Promesses de la génétique. Plusieurs chercheurs pensent trouver les secrets de la longévité sans maladie dans les mécanismes de la restriction alimentaire. C'est la course pour élaborer cette "pilule de la longévité".

 

 

 

 

23,8 ans : c'est l'espérance de vie d'une Française après 65 ans (19,3 ans pour les hommes). Un record en Europe, qui continue de progresser, mais l'espérance de vie en bonne santé stagne. On comptait 100 centenaires en 1900, 20 452 au 1er janvier 2014 et ils devraient être 200 000 en 2060, mais cela ne fait que 0,3 % de la population.

 

 

 

Même Google est sur les rangs. "Vieillir, ça fait mal !" C'est pour ne plus entendre cette plainte dans les maisons de retraite que la généticien Hugo Aguilaniu espère mettre au point des molécules capables de nous faire vieillir en bonne santé. Car si nous gagnons chaque année trois mois d'espérance de vie, ce bonus est associé  une explosion de cancers, maladies du métabolisme ou neurodégénératives. La biologie est cependant pleine de promesse.

 

 

 

Après l'enthousiasme d'Etienne Beaulieu pour la DHEA et les rêves du généticien Miroslav Radman d'un élixir rendant nos protéines inaltérables, plusieurs équipes dont celle d'Hugo Aguilaniu (ENS/CNRS/Université Lyon1) pensent avoir trouvé une clé de la longévité dans la piste de la restriction alimentaire.

 

 

 

C'est en effet en le soumettant à une sévère diète que le généticien est parvenu à garder frétillant jusqu'à six mois un ver minuscule, C. elegans, qui meurt habituellement au bout de deux semaines. La souris, elle, a gagné 25 % de longévité. "Ca marche aussi chez le primate. Chez l'homme, on ne sait pas mais on pense que oui", explique le jeune chercheur de 39  ans.

 

 

 

 

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ver C. elegans

 

 

 

 

Une cinquantaine de gènes de la longévité

 

"Mais je ne recommande pas une telle diète !", s'empresse d'ajouter Hugo Aguilaniu, effrayé par l'engouement autour de la restriction alimentaire. Car avaler moins de 1 000 calories quand on pèse 70 kilos a pour conséquence d'être déprimé, agressif... et obsédé par la faim !

 

 

 

Même si le gène ApoE, impliqué dans le transport du cholestérol, est surreprésenté chez les centenaires, il n'existe pas "un" gène de la longévité. Ils sont une cinquantaine, impliqués pour l'essentiel dans le métabolisme et la résistance au stress, à jouer un rôle dans ce processus. Autant de pistes affolant chercheurs et candidats à l'immortalité. C'est le cas du gène DAF-2 favorisant la croissance. Une mutation sur ce gène a été étudiée sur 150 personnes. Aucune n'a eu de cancer ni de maladie métabolique, ce qui est impossible dans une cohorte "normale" de cette taille. Petit souci : ils étaient tous nains...

 

 

 

 

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"Si on arrive à comprendre tous ces mécanismes, on pourra agir pour avoir les effets positifs sans avoir les effets négatifs", explique Hugo Aguilaniu, pour qui "il sortira des choses d'ici à une dizaine d'années". La molécule qui donnera la pêche jusqu'à 130 ans pourrait aussi être combinée à la Rapamycine, un immuno-suppresseur découvert dans les sols de l'Ile de Pâques et qui prolonge la vie des souris.

 

 

 

Quelle qu'elle soit, cette potion magique "ne sera pas présentée comme une pilule de la longévité car cela prendra la durée d'une vie pour l'expérimenter... et  il est peu probable qu'un laboratoire s'engage sur cette durée", estime le chercheur. Mais toutes les grandes firmes pharmaceutiques sont sur les rangs au sein de leurs départements "vieillissement". Et "c'est aussi le défi que s'est lancé Google dont la société de biotechnologie Calico déroule le tapis rouge aux meilleurs chercheurs de la planète.

 

 

 

 

Réflexion urgente

 

Qui décrochera la poule aux oeufs d'or et avec quelles intentions ? Pour Hugo Aguilaniu, il devient urgent d'avoir une réflexion sociale et philosophique sur le sujet car c'est "la suite normale de l'évolution humaine" : "Il y a un siècle, 50 % des enfants mourraient avant dix ans puis les antibiotiques sont arrivés. Un jour, les maladies du vieillissement deviendront les infections d'hier". De quoi mourra-t-ont alors ? "On trouvera bien quelque chose...", sourit le biologiste qui ne croit pas à l'immortalité. Sylvie Montaron

 

 



27/10/2014
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