L'AIR DU TEMPS

L'AIR DU TEMPS

De 1300 (Formation des grands états d'Europe) à 1337

 

 

 

1300 - La formation des grands États d'Europe. Au Moyen Âge tardif au XIVe - XVe siècles, le développement du commerce européen se développe. Indice de vitalité économique, la monnaie pénètre toutes les activités économiques, les techniques commerciales se répandent et se complexifient. Le commerce international s'organise d'abord à partir de deux pôles: les Pays-Bas et les villes italiennes.

 

 

La guerre de Cent ans (1328-1453) a lieu entre l'Angleterre et la France. L'Italie favorise un renouveau artistique, l'art se transforme il est moins marqué par la religion. Après deux siècles d'expansion vont succéder aux XIVe et XVe siècles de crise profonde, famines, la peste, des guerres et le pillage des campagnes. C'est également la naissance des États moderne en France, au Royaume-Uni, en Espagne, au Portugal en Germanie et en Suisse.

 

 

 

► 1300 janvier Reprise des hostilités, et occupation de la Flandre par les troupes françaises.

 

 

 

► 1300 Le pape Boniface VIII commande à Giotto des oeuvres, aujourd'hui disparues, pour célébrer le premier jubilé. Un jubilé est une fête qui célèbre le n-ième anniversaire d'un événement qui dure dans le temps (règne, mariage, etc.). Dans l'Église catholique romaine, un jubilé est, depuis l'année 1300, une fête ayant lieu tous les 25 ans, consacrée à la pénitence. On appelle aussi ces jubilés des "années saintes". Le premier jubilé formellement organisé fut celui décrété en 1300 par le pape Boniface VIII. À cette époque, des rumeurs couraient selon lesquelles une indulgence générale était accordée tous les cent ans.

 

 

Le mot de "jubilé" était déjà dans l'air du temps. Le dominicain Humbert de Romans, dans un sermon de 1367, déclarait ainsi : "Voici maintenant le jubilé, non pas celui des Juifs mais des chrétiens, tellement meilleur". De même, dans la Chronique d'Albéric des Trois-Fontaines, le mot fut utilisé pour désigner la croisade d'Innocent III contre les Albigeois.

 

 

Le 22 février 1300, fête de la chaire de saint Pierre, Boniface VIII promulgua la bulle d'indiction Antiquorum fida relatio. Il y institua l'année sainte et précisa les conditions de l'indulgence : être en état de pénitence (après confession et absolution), avoir visité les basiliques de Rome. Les chiffres donnés par les chroniqueurs médiévaux sont extravagants : ils s'échelonnent de 200 000 personnes à deux millions. Dante nota néanmoins que la densité de la foule obligea à aménager un sens unique sur le pont Saint-Ange, près du Vatican.

 

 

 

 

► 1300 Le parti guelfe à Florence se sépare en deux factions rivales, Noirs (ultras) et Blancs (modérés). Les Blancs sont menés par la famille de Cerchi, désireuse de répondre aux aspirations du popolo, et les Noirs, alliés du pape, dirigés par Corso Donati, refusant tout compromis avec le peuple. Afin de préserver la paix dans la cité, le Conseil décide d'exiler les dirigeants des deux partis. Mais, par l'entremise du pape Boniface VIII, les chefs des Noirs peuvent regagner Florence à la fin de 1301, et s'emparer du pouvoir. Guelfes et gibelins, au Moyen Âge, les guelfes et les gibelins sont des factions qui soutenaient la papauté ou le Saint Empire romain germanique et qui s'affrontèrent en Italie aux XIIe et XIIIe siècles.

 

 

À la fin du XIIIe siècle, le parti guelfe se divise en deux factions : les blancs et les noirs. À l'origine de cette division est encore une querelle de clans, celle qui oppose les Vieri dei Cerchi (blancs) aux Donati (noirs). Cette division est également sociale, les Cerchi étant proches du peuple et les Donati de l'élite florentine. Ces derniers entendent s'opposer aux Ordonnances de Justice émises par Giano della Bella. En 1300, sur la Place de la Sainte Trinité à Florence, éclate une bataille qui marquera un clivage définitif entre les deux partis. Les Guelfes noirs, très proches de Boniface VIII vont prévaloir sur les blancs incapables de se défendre convenablement, et Charles de Valois, venu de France en appui du pape, investira Florence sans rencontrer aucune résistance. Dès janvier 1302, on commence à exiler les blancs, dont Dante Alighieri. C'est le comte de Gabrieli de Gubbio qui règne alors sur la ville.

 

 

 

► 1300 à 1377 - naissance et mort de Guillaume de Machaut. Célébré comme un maître et un chef de file par tous les poètes des XIVe et XVe siècles, il compose environ 400 pièces lyriques d'inspiration courtoise. Il reprend des formes anciennes, les raffine, en explore les possibles, en définit les règles, et fait leur succès. Son 'Remède de Fortune' (v. 1340), un dit narratif, contient ainsi neuf pièces lyriques qui sont considérées comme des modèles de chacun des genres. A la fin de sa vie il rédige un Prologue à ses oeuvres qui, sous la forme d'une fiction allégorique, constitue un véritable art poétique. Il écrit aussi une dizaine de dits narratifs en octosyllabes avec insertions lyriques, souvent consacrés à des débats de casuistique amoureuse où le narrateur est soit témoin soit confident soit partie.

 

 

 

► 1301 mai Visite de Philippe IV le Bel et Jeanne de Navarre en Flandre.

 

 

 

►1301 - 12 Juillet L'évêque Bernard Saisset accuse Philippe IV d'être un faux-monnayeur. Bernard Saisset est un prélat français, mort en 1314. Évêque de Pamiers, il est célèbre par ses démêlés avec Philippe le Bel. Bernard Saisset conteste haut et fort la légitimité du roi de France. Il suggère au comte de Foix et au comte de Comminges de se libérer de la tutelle capétienne. Philippe le Bel ouvre une enquête et met les biens de l'évêque sous sequestre. Dans la nuit du 12 au 13 juillet 1301, Bernard Saisset est arrêté.

 

 

 

► 1301 - 24 octobre Arrestation de Bernard Saisset, évêque de Senlis.

 

 

 

► 1301 - 15 décembre Bulle Ausculta fili exigeant la libération de Bernard Saisset.

 

 

 

► 1301 Traité de Bruges: abandon par Albert de Habsbourg du Barrois à Philippe IV le Bel. Albert Ier de Habsbourg, né en juillet 1255, mort le 1er mai 1308, fut, duc d'Autriche et de Styrie, d'abord conjointement avec son frère Rodolphe II, de 1282 à 1283, puis seul, de 1283 à sa mort. Le Barrois fait partie de la Haute Lorraine.

 

 

 

► 1301 Début du différend entre Philippe IV et le pape Boniface VIII.

 

 

 

► 1302 Pour satisfaire aux grands besoins d'argent du Trésor, Philippe altérait les monnaies et, de plus, avait fait saisir les revenus des églises. Un évêque de Pamiers, Bernard Saisset, refusant d'obéir aux injonctions royales, Philippe le fit arrêter et prétendit le faire juger par une cour laïque. Le pape s'interposa, réclamant l'évêque comme n'étant justiciable que de lui seul. Une première bulle, lancée contre le roi, demeura sans effet; Philippe fit même emprisonner le légat du pape.

 

 

Ce dernier adressa au monarque un nouvel avertissement, la bulle Ausculta filii. Philippe voulut faire la nation entière juge du différend et pour la première fois convoqua les États généraux (trois ordres), afin de leur soumettre la bulle (dont il avait d'ailleurs eu la précaution de dénaturer le texte). Les États réunis à Paris donnèrent raison à Philippe le Bel contre Boniface VIII.

 

 

 

► 1302 - 12 mars Discours de Guillaume de Nogaret contre Boniface VIII devant le Conseil Royal. Guillaume de Nogaret (né vers 1260 à Saint-Félix de Lauragais - mort le 27 avril 1314) était un juriste français, originaire du Languedoc, qui devint conseiller du roi de France Philippe IV le Bel, son Garde du Sceau, et fut à partir de 1306 le véritable maître d'oeuvre de la politique royale. La part la plus importante de son action politique est peut-être l'oeuvre quotidienne pour la défense, la préservation, la définition, voire l'extension des droits du roi à l'intérieur de son propre royaume.

 

 

C'est là qu'il est, entre autres, le "légiste" du roi. Il s'y montra intransigeant et efficace, mais n'y conquit guère la popularité. On connaît davantage son rôle dans la lutte contre Boniface VIII et dans l'affaire des Templiers. Contre le pape, il infléchit la ligne politique de Flote, qui défendait contre le Saint-Siège le droit du roi à être maître dans son royaume, donc maître de son clergé ; pour Nogaret, il s'agit surtout de défendre l'Église et le royaume contre un pape indigne ; venu à la curie pour notifier à Boniface VIII un appel devant le futur concile - qui annulait toute sentence que pourrait rendre le pape contre le roi - et placer la personne du pape sous l'autorité de l'appelant, Nogaret se trouva mêlé au tumulte déclenché par une faction romaine (Anagni, 7 sept. 1303) et, par là, compromis avec les fauteurs de violence.

 

 

Le pape mort, il entretint une lutte de plus en plus vaine contre la mémoire de celui-là ; il multiplia les écrits pour se justifier, ce qui contribua à associer son nom au souvenir de l'attentat d'Anagni. Il fut implicitement inclus dans l'absolution négociée en 1311. L'affaire du Temple lui avait également servi de moyen de pression sur la papauté. Nogaret fut le premier homme d'État français qui fit appel à l'opinion publique, convoqua systématiquement des assemblées, fit répandre des pamphlets et lança une campagne de pétitions. L'offensive de 1303 contre Boniface est un modèle du genre.

 

 

Mais Nogaret demeura souvent à l'arrière-plan, faisant parler ses hommes de confiance, parmi lesquels Guillaume de Plaisians. C'est ce dernier qui harangua la foule dans les jardins du palais et qui prit part à l'interrogatoire des Templiers. Nogaret mourut alors que la prépondérance dans la gestion de la politique royale était déjà passée au très réaliste Enguerrand de Marigny.

 

 

 

 

► 1302 - 17-18 mai "Matines brugeoises" contre les troupes du gouverneur français en Flandre. Outrés par la déloyauté de Philippe le Bel qui retient prisonnier le comte de Flandre, Guy de Dampierre, les Flamands massacrent dans Bruges quelque trois mille Français. L'armée, envoyée en renfort par le roi de France, est défaite à Courtrai. Matines brugeoises, au petit matin du 18 mai 1302, à Bruges, en Flandre, des insurgés en armes pénètrent dans les maisons et abordent les occupants en leur demandant de répéter après eux : "Schild en vriend !" (Bouclier et ami !). Il est impossible à qui n'est pas natif des Flandres de prononcer correctement cette expression. C'est ainsi que les soldats de la garnison française sont démasqués les uns après les autres et assassinés au pied de leur lit.

 

 

On compte un millier de morts. Cette journée a été appelée "Matines de Bruges" (on dit aussi "Matines brugeoises") par analogie avec les "Vêpres siciliennes" qui chassèrent 20 ans plus tôt les Français de Sicile. Elle réduit à néant le rêve des rois capétiens d'annexer les Flandres. Guy de Dampierre, ou Gui, né vers 1226, mort à Compiègne le 7 mars 1305, fut proclamé Comte de Flandre en 1253 par sa mère et devint comte effectif à la mort de cette dernière en 1279 jusqu'en 1305. Il fut également comte de Namur de 1264 à 1305. Il était le second fils de Guillaume II de Dampierre et de Marguerite de Constantinople.

 

 

 

► 1302 - 18 mai Début de la révolte en Flandre contre l'occupation française.

 

 

 

► 1302 - 10 avril Les États Généraux confirme l'indépendance du roi face au pape. Philippe IV le Bel, qui est en conflit avec le pape, a fait arrêter l'évêque de Pamiers qui l'avait critiqué et l'accuse d'intelligence avec les Anglais, ses ennemis. Pour obtenir sa libération, le pape convoque un concile. Le roi de France réagit en réunissant à Notre-Dame de Paris des États généraux qui reconnaissent sa supériorité dans le domaine temporel. La France signifie ainsi au pape qu'elle ne peut admettre que le pouvoir spirituel qui est le sien empiète sur la conduite des affaires politiques. 

 

 

États généraux, créés en 1302 et réunis vingt-deux fois en 487 ans, les États généraux étaient une assemblée d'exception convoquée par le roi de France soit pour connaître l'opinion de ses sujets, soit pour consolider une décision, en particulier en matière d'impôts. Elle réunissait les représentants des trois États ou Ordres : le clergé, la noblesse et le tiers état. Les membres étaient élus par leurs pairs à Paris et dans les provinces. Chaque Ordre disposait d'une seule voix aux États généraux, ce qui donnait au clergé et à la noblesse - représentant à peine 2% à 4% de la population - une influence considérable : comparé à leur nombre réel, la représentativité du clergé et de la noblesse était multipliée par 30, tandis que celle du Tiers État était divisée par 3.

 

 

Les requêtes du peuple et des autorités locales et provinciales étaient exprimées sous forme de doléances inscrites dans les carnets de doléances. Tiers État, sous l'Ancien Régime, la population de la France était divisée en trois ordres : le clergé, la noblesse et le Tiers État. Le "Tiers" tire son nom de la tenue des États, assemblée représentative convoquée par le prince à partir du début du XIVe siècle en France.

 

 

Cette division en trois ordres, héritée du Moyen Âge, est supprimée lors de la Révolution française par le principe de l'Égalité. États généraux. Assemblée politique de la monarchie, réunie par le roi dans les moments critiques, notamment pour obtenir la levée d'impôts exceptionnels. Des représentants des trois ordres (noblesse, clergé, tiers état) siègent aux États généraux. Les premiers sont convoqués par Philippe le Bel en 1302, les derniers par Louis XVI en 1789.

 

 

 

► 1302 - 14 juin Accusations de Guillaume de Plaisians contre le pape.

 

 

 

► 1302 - Excommunication de Philippe IV par Boniface VIII.

 

 

 

► 1302 - 11 juillet : Bataille de Courtrai dite aussi bataille des Éperons d'Or : défaite de la chevalerie française devant les fantassins des communes flamandes révoltées. Défaite de la chevalerie française contre les Flamands révoltés à Courtrai. Philippe le Bel, en guerre avec la Flandre, assiste impuissant au massacre de ses chevaliers, parmi lesquels il y a Pierre Flotte, Raoul de Nesle et Robert II d'Artois, qui se sont enlisés dans les marais des environs de la ville de Courtrai. Ils sont taillés en pièces par les milices flamandes.

 

 

Une chronique artésienne rapporte : “Là, on put voir toute la noblesse de France gésir en de profonds fossés, la gueule bée et les grands destriers, les pieds amont et les chevaliers dessous”. Philippe IV le Bel n'oubliera pas cette humiliation. Deux ans plus tard, il prendra sa revanche en particulier lors de la bataille de Mons-en-Pévèle. La bataille de Courtrai opposa le roi de France aux milices communales flamandes le 11 juillet 1302, près de Courtrai, appelée également bataille des éperons d'or. L'industrie textile faisait la prospérité de la Flandre, province du nord du royaume de France. Elle utilisait la laine, essentiellement importée de Grande-Bretagne.

 

 

Les artisans tisserands et commerçants estimaient que les taxes levées par le roi Philippe le Bel pour gêner l'Angleterre étaient trop élevées. Guy de Dampierre, Comte de Flandre, qui avait pris le parti de ses tisserands, foulons et autres drapiers, a été attiré et emprisonné à Paris. Après les "Matines de Bruges" les rebelles tenaient le pays sauf deux places fortes importantes, Cassel et Courtrai.

 

 

 

► 1302 - 18 novembre Bulle "Unam Sanctam" du pape rappelant sa supériorité.

 

 

 

► 1302 États Généraux de Paris affirmant l'indépendance du roi face au pape.

 

 

 

► 1302 Dante Alighieri est condamné à mort par les autorités de Florence. Dante finit ses jours en exil. En 1302, alors qu'il est en mission diplomatique auprès du pape, Dante, en tant que guelfe blanc, est condamné à un exil de deux ans et à une forte amende. Comme il est dans l'impossibilité de payer celle-ci, il est condamné à mort s'il rentre à Florence, ce qui équivaut à un exil définitif.

 

 

 

► 1303 - 18 mars Premières Ordonnances de réforme du royaume.

 

 

 

► 1303 - 20 mai Traité de Paris restituant la Guyenne à l'Angleterre. Traité de Paris, entre Philippe IV le Bel et Édouard Ier d'Angleterre. La France restitue l'Aquitaine (la Guyenne), à condition que le roi d'Angleterre rende hommage pour ses possessions continentales. Le traité de Paris de 1303 est conclu entre le roi de France Philippe IV le Bel et le roi d'Angleterre Édouard Ier d'Angleterre. Il est signé à Paris le 20 mai 1303, et met un terme définitif à la guerre avec l'Angleterre, déclenchée en 1292, à la suite d'une rixe entre des marins français et anglais à Bayonne. Il confirme les dispositions arrêtées dans le traité de Montreuil, signé le 19 juin 1299, qui instaurait une trêve entre les belligérants.

 

 

 

► 1303 - 14 juin Les États Généraux chargent Guillaume de Nogaret d'organi-ser un concile pour juger le pape.

 

 

 

► 1303 Des envoyés de Philippe IV, Nogaret et Sciarra Colonna, chargés de notifier à Boniface VIII le résultat de la tenue des États généraux, insultent gravement à Anagni le souverain pontife, d'où résulte une rupture entre la France et le Saint-Siège.

 

 

 

► 1303 - 7 septembre Attentat d'Anagni de Guillaume de Nogaret contre Boniface VIII.

 

 

 

► 1303 - 9 septembre Les habitants d'Agnani libère le pape captif des Français.

 

 

 

► 1303 - 11 octobre Mort du pape Boniface VIII.

 

 

 

► 1304 - 10-11 août Victoire navale de Philippe IV contre les Flamands.

 

 

 

►1304 - 14-16 août Échec des négociations entre Philippe IV et les Flamands.

 

 

 

► 1304 - 18 août Victoire de Mons-en-Pévèle de Philippe IV contre les Flamands. En Flandre, Philippe IV le Bel est venu venger la défaite de Courtrai dont il a été humilié. Il remporte sur les Flamands la victoire de Mons-en-Pévèle.

 

 

 

► 1304 septembre Prise de Lille par les armées du roi de France.

 

 

 

► 1304 à 1374 - naissance et mort de Pétrarque. Poète et humaniste italien, Francesco Petrarqua est né à Arezzo en 1304 et mort à Arqua, près de Padoue, en 1374. Ce sont ses démêlées avec la faction des Guelfes qui pousse la famille de Pétrarque à fuir Florence pour la Provence. Elle arrive à Avignon en 1311, mais les problèmes de logement sont tels à l'époque où la présence du Pape attire une énorme population, qu'elle ne peut s'y installer et part à Carpentras.

 

 

Pétrarque effectue des études de Droit à Montpellier et à Bologne, il s'impreigne alors des textes des auteurs antiques et des poètes contemporains. En 1325, il retourne à Avignon, attiré par la cour papale, abandonne le Droit et entre dans les ordres mineurs. Il cotoya alors des personnages éminents auprès desquels sa culture faisait impression, car bien qu'il reprochait aux papes d'avoir quitté Rome, la cour l'attirait. Il rencontra aussi Laure de Noves, en 1327, qui inspira dans le coeur du poète, une passion folle et impossible, symbole de la perfection divine.

 

 

Il entra au service du Cardinal Giovanni Colonna, voyagea en Europe, écrivit, ('De viris illustribus' notamment) et lut beaucoup. Il se retire alors une première fois à Vaucluse loin des agitations et des fastes des grandes villes, pour méditer. En 1341, il est couronné poète des poètes au Capitole, à Rome -Il est à noter que Paris lui avait offert la même distinction, remerciant ainsi celui qui permettait la renaissance des lettres, la redécouverte les textes anciens oubliés et ouvrait la voie aux humanistes-. Pétrarque songe alors à se fixer en Italie mais l'agitation politique le fait retourner à Avignon. C'est à ce moment qu'il écrit le Canzoniere, plus de 300 poèmes, pour la plupart des sonnets, regroupés en Rimes et Triomphes où l'on retrouve l'amour idéal, platonique inspiré par Laure.

 

 

En 1347, Cola di Rienzo, qui avait été en exil dans la cité des Papes se fait élire Tribun. Pétrarque, partisan des gouvernements populaires et de celui de di Rienzo depuis longtemps, quitte le cardinal Colonna et part pour Rome, le soutenir. La mort de di Rienzo dans une émeute interrompt son voyage, en 1354. Pétrarque s'établit à Milan jusqu'à ce que la peste l'oblige à fuir. Il ira successivement à Venise, Padoue puis, finalement, Arqua, où il mourra en 1374.

 

 

 

► 1304 Dante écrit 'La divine comédie'. Les deux premières parties intitulées 'L'enfer' et 'Le purgatoire' furent divulguées de son vivant. En 1321, à peine quelques heures après avoir terminé la troisième partie, Le paradis, Dante succombe à l'âge de 56 ans des suites de la malaria à Ravenne. 'Le paradis' sera publié après sa mort.

 

 

 

► 1304 Le latin classique est appelé grammatica par Dante (mais aussi en vieux français: 'gramaire')

 

 

 

► 1305 Bertrand de Got, évêque de Bordeaux, est élu pape sous le nom de Clément V en remplacement de Boniface VIII, grâce au concours de Philippe le Bel. Clément V, Bertrand de Got naquit vers 1264 près de Villandraut en Gironde, et décéda le 20 avril 1314, à Roquemaure (Gard). Son tombeau se trouve dans l'église collégiale (qu'il avait fait bâtir) à Uzeste, en Gironde. Il fut évêque de Saint-Bertrand-de-Comminges puis archevêque de Bordeaux avant de devenir pape sous le nom de Clément V.

 

 

 

► 1305 - 2 avril Mort de la reine Jeanne de Navarre à Vincennes.

 

 

 

► 1305 - 23 juin Traité d'Athis-sur-Orge entre Philippe le Bel et Guy de Dampierre, comte de Flandre. Par le traité d'Athis-sur-Orge qu'il conclut avec le comte de Flandre (Guy de Dampierre), Philippe le Bel obtient les châtellenies de Lille, Douai et Orchies. Le traité d'Athis-sur-Orge, actuellement Athis-Mons, a été signe entre la France et la Flandre le 23 juin 1305 après la bataille de Mons-en-Pévèle. La 'paix' permettra au roi d'annexer Lille, Douai et Béthune.

 

 

 

► 1305 - 23 août Exécution de William Wallace. Le nationaliste écossais William Wallace est écartelé à Londres pour s'être opposé au roi d'Angleterre Édouard Ier d'Angleterre. Celui-ci annexé l'Écosse en 1296, après la mort d'Alexandre III d'Écosse sans héritier. qui avait annexé l'Écosse en 1296. La victoire du roi écossais Robert Ier d'Écosse sur les Anglais à la bataille de Bannockburn le 24 juin 1314, assurera l'indépendance de l'Écosse. 

 

 

Sir William Wallace (v. 1270-1305) fut un patriote écossais qui emmena son pays contre l'invasion de l'Écosse par les Anglais (Normands) et contre le roi Édouard Ier d'Angleterre, plus connu sous le nom de Edward Longshanks ou Édouard le Sec, pendant une partie des guerres d'indépendance de l'Écosse. Il est aussi connu sous son surnom de Bruce Braveheart Wallace. Son histoire a eu des similitudes avec celle de Jeanne d'Arc ou encore de Spartacus.

 

 

 

► 1305 - 23 septembre Mariage du futur Louis X avec Marguerite de Bourgogne. Marguerite de Bourgogne, née en 1290, morte en 1315 est une princesse de la première branche bourguignonne de la dynastie capétienne. Elle était la fille de Robert II (1248-1306), duc de Bourgogne (1272-1306), et d'Agnès de France (1260-1325), fille du roi Louis IX.

 

 

 

► 1305 Giotto peint 'Lamentation sur le corps du Christ’

 

 

 

► 1306 - 22 juillet Expulsion des juifs du royaume, et confiscation de leurs biens.

 

 

 

► 1307 - 14 septembre Philippe IV décide l'arrestation des Templiers. Les caisses de l'état sont vides et les chevaliers des Templiers font montre d'une richesse ostentatoire. Il n'en faut pas plus pour que le roi Philippe le Bel mette la main sur ce “trésor”. Sous prétexte d'hérésie, il donne l'ordre en ce jour d'arrêter tous les Templiers du royaume. Leurs biens sont confisqués et l'acte d'accusation, oeuvre de Guillaume de Nogaret, est affiché sur tous les murs.

 

 

 

► 1307 - 13 octobre Arrestation des Templiers en France.

 

 

 

► 1308 24 mars États Généraux de Tours. Pour la première fois dans l'histoire de la monarchie, un roi de France convoque une assemblée formée de représentants des trois ordres, le clergé, la noblesse et la bourgeoisie des villes. Philippe IV le Bel veut ainsi obtenir un soutien plus large que celui que peut lui accorder un conseil. Cette assemblée annonce ce que deviendront les États généraux. États généraux de 1308, réunion des états généraux du royaume de France, convoqués par Philippe IV le Bel, à Tours. L'assemblée fut convoquée au sujet de l'abolition des Templiers.

 

 

 

► 1308 - 12 août Le pape Clément V accepte le principe d'un procès contre son prédécesseur.

 

 

 

► 1308 Édouard II d'Angleterre épouse Isabelle de France, fille de Philippe le Bel. Édouard II d'Angleterre (25 avril 1284, château de Caernarfon, Pays de Galles – 21 septembre 1327), fut roi d'Angleterre de 1307 à 1327. Il était le fils du roi Édouard Ier d'Angleterre et d'Aliénor de Castille. Isabelle de France (vers 1292 à Paris - 1358), reine d'Angleterre, était la fille du roi de France Philippe IV le Bel et de la reine Jeanne Ière de Navarre et surnommée la Louve de France pour son tempérament particulièrement violent.

 

 

 

► 1309 Le nouveau pape Clément V, afin de témoigner sa gratitude au roi de France (qui l'a fait élire) transporte le siège de la papauté en France, à Avignon (où il demeurera jusqu'en 1378).

 

 

 

► 1309 Les papes à Avignon (1309-1417). Papauté d'Avignon, l'histoire de la papauté d'Avignon débute lorsqu'après un long conclave d'un an, le français Bertrand de Got est élu pape le 20 avril 1314 sous le nom de Clément V à Pérouse. L'usage voulait à l'époque que le conclave ait lieu dans la ville où était mort le précédent pape. Le prédécesseur de Clément V, Benoît XI, était mort en exil à Pérouse.

 

 

La guerre civile à Rome empêche Clément V d'y retourner. Il doit se faire couronner à Lyon, puis s'installe à Poitiers et finalement dans la campagne autour d'Avignon qui appartenait aux États pontificaux. C'est ainsi que la papauté s'installe durablement à Avignon. Dès lors, la plupart des cardinaux nommés par le pape et ses successeurs seront français ou espagnols. Les successeurs immédiats de Clément V restent à Avignon et sont tous français.

 

 

Ce sont Jean XXII, Benoît XII, Clément VI, Innocent VI, Urbain V et Grégoire XI. Urbain V prendra la décision de retourner à Rome mais la situation chaotique qu'il y trouve l'empêche de s'y maintenir. Il doit retourner en France pour arbitrer un conflit entre les Français et les Anglais et, de fait, il se réinstalle à Avignon. Il meurt très peu de temps après. Son successeur Grégoire XI décide à son tour de rentrer à Rome, ce qui met fin à la première période de la papauté d'Avignon. 

 

 

Siège de la papauté en Avignon (1309-1376). En 1309, Clément V, pape français, décide d'installer le siège de la papauté en Avignon. Débute alors pour la cité une période de prospérité sans précédent. La cour pontificale accueille les poètes, les princes, les savants et les artistes européens. Après le retour du Saint-Siège à Rome (1377), deux antipapes maintiennent successivement leur fonction en Avignon. Conclave. Étymologiquement "chambre fermée à clef", le conclave est le lieu où se réunissent les cardinaux pour élire un nouveau pape.

 

 

Il a été institué en 1271 par saint Bonaventure pour mettre fin à une vacance de trois ans du Saint-Siège après le décès de Clément IV, mort en 1268. Il est stipulé que le conclave doit se réunir le 10ème jour après la mort du pape dans une pièce fermée. Chaque jour passé, les portions de repas diminuent afin d'inciter les cardinaux à faire un choix rapide.

 

 

 

► 1309 Jean de Joinville écrit Vie et miracles de Saint Louis. Jean de Joinville (1224 - 24 décembre 1317), noble champenois et biographe de Saint Louis.

 

 

 

► 1310 Procès des Templiers (1310-1314)

 

 

 

► 1310 - 12 mai Premières exécutions des Templiers. La chute de Saint-Jean-d'Acre avait ramené en France 2 000 templiers. Leur ordre s'avère très riche et le roi qui n'admet pas que cet ordre du Temple, fondé en 1119 par Hugues de Payns et Godefroi de Saint-Amour, puisse ne dépendre que du pape, fait arrêter un premier groupe de cinquante-quatre templiers qu'il fait supplicier et mettre à mort, après avoir obtenu des aveux invraisemblables.

 

 

Leur ordre sera supprimé par ordre du pape Clément V et leur chef, Jacques de Molay, brûlé, le 19 mars 1314. Jacques de Molay, né en 1243, fut le 23e et dernier maître de l'ordre des Templiers. Le dernier maître des Templiers s'est distingué par sa valeur au combat en Terre Sainte. Mais, en France, il se montrera piètre politique face à Philippe IV le Bel et à Enguerrand de Marigny, et il ne pourra empêcher la chute de son Ordre. Arrêté le 13 octobre 1307, en même temps que la plupart des templiers de France, il est brûlé vif sur l'île de la Cité à Paris le 11 ou 18 mars 1314 en compagnie de Geoffroy de Charnay, qui portait le titre de "précepteur de Normandie".

 

 

 

►1310 - 17 juin Les Templiers sont reconnus innocents à Ravenne. Ravenne est une ville d'Italie, capitale de province en Émilie-Romagne. Ravenne était un port important sous l'Empire romain et au début du Moyen Âge.

 

 

 

► 1310 - 1er juillet Les Templiers sont reconnus innocents à Mayence. Mayence, ville d'Allemagne, capitale et plus grande ville du Land de Rhénanie-Palatinat. Entourée de vignoble, elle est sur la rive gauche du Rhin, en face de l'embouchure du Main. C'est une ancienne cité romaine.

 

 

 

► 1310 - 21 octobre Les Templiers sont reconnus innocents à Salamanque. Salamanque est une ville, capitale de la Province de Salamanque en Espagne. Elle est célèbre pour son activité estudiantine. En effet, une grande université forme quelques milliers d'étudiants chaque année.

 

 

 

► 1311 - 16 octobre Ouverture du concile de Vienne sur les Templiers en présence de Clément V et Philippe IV le Bel.

 

 

 

► 1311 Apparition des premiers portulans, cartes marines donnant le tracé des côtes. Un portulan était une sorte de carte nautique servant essentiellement à repérer les ports et connaître les dangers qui pouvaient les entourer : courants, bas-fonds... Les portulans étaient grossièrement dessinés, les détails ne s'attachant qu'à ce qui avait de l'importance pour la navigation.

 

 

 

► 1312 Concile de Vienne, dans lequel Clément V prononce l'abolition de l'ordre des Templiers. Philippe le Bel ne réussissant toujours pas à équilibrer les finances du royaume par des expédients, songeait depuis longtemps à s'emparer des immenses richesses que les Templiers possédaient en France. Cet ordre était accusé par la rumeur publique de pratiquer, sous le couvert du catholicisme, une hérésie rapportée d'Asie, le manichéisme ; on les accusait aussi de se livrer entre eux à la sodomie.

 

 

Philippe prit acte de ces bruits pour réunir de nouveau, en 1308, les États généraux, afin de faire déclarer par eux que les Templiers, par leurs crimes, avaient mérité la mort. Armé de cette décision, Philippe ordonna la confiscation de leurs biens et exigea de Clément V (qui ne pouvait rien lui refuser) l'abolition de l'ordre, contre lequel d'autre part était ouverte une instruction qui ne pouvait pas ne pas donner les résultats que le roi en attendait. Reconnus donc coupables à tort ou à raison, un grand nombre de Templiers furent emprisonnés.

 

 

En 1310, 54 d'entre eux périrent sur le bûcher. En 1314, leur grand-maître, Jacques Molay, et les trois derniers dignitaires de l'ordre, montèrent à leur tour sur le bûcher. Le concile de Vienne, convoqué par le pape Clément V, se réunit entre octobre 1311 et mai 1312 pour discuter de l'avenir de l'Ordre du Temple. Tout commence le 13 octobre 1307 lorsque le roi de France Philippe le Bel fait arrêter lors d'un vaste coup de filet tous les Templiers du royaume.

 

 

Lors des premiers interrogatoires, ils avouent sous la torture tout ce qu'on veut leur faire avouer : reniement du Christ, crachat sur la croix, idolâtrie, sodomie. Tout cela se fait sans en référer au pape de qui ils dépendent. Clément V, surpris par les arrestations mais ébranlé par les aveux, décrète la bulle Pastoralis praeminentiae qui ordonne l'arrestation de tous les Templiers de la Chrétienté.

 

 

Seul le pape a le pouvoir de décider de leur sort. Par la bulle Faciens misericordiam du 12 août 1308, il crée des commissions diocésaines, chargées d'enquêter sur les agissements des Templiers, et des commissions pontificales, chargées de juger l'Ordre du Temple comme tel. Ces dernières livreront leurs rapports lors d'un concile oecuménique convoqué à Vienne en 1310, qui discutera de son sort.

 

 

 

► 13 - 3 avril Bulle pontificale Vox Clamantis mettant fin à l'ordre des Templiers.

 

 

 

► 1312 - 12 avril Lyon est rattaché au domaine royal. A la fin du Xe siècle, l'archevêque de Lyon s'empara du pouvoir temporel. Cette autorité, contestée par les bourgeois de Lyon en 1274, entraîna le rattachement de la ville à la France en 1312 avec création d'un consulat par Philippe le Bel.

 

 

 

► 1313 à 1375 - naissance et mort de Jean Boccace. Écrivain italien. Célèbre auteur du 'Décaméron' composé entre 1350 et 1353. Né en 1313 à Certaldo ou à Florence, mort le 21 décembre 1375 à Certaldo. Fils illégitime d'un marchand et d'une Française, il fit ses études de droit canon à Naples où il fut largement intégré à la cour du roi de Naples. Il y vécut une passion pour une dame qu'il surnomma Fiammetta. A la fin de l'année 1340, il rentre à Florence où il se lie d'amitié avec Pétrarque.

 

 

En 1362, il subit une profonde crise religieuse pendant laquelle il voulut même détruire tous ses manuscrits. Pétrarque l'en dissuada. Retiré à Certaldo, il vécut la fin de sa vie dans la misère. Enfin, en 1373-1374, il fut invité par la ville de Florence à faire la lecture publique de la "divine comédie" de Dante dans l'église San Stefano di Badia, ce qu'il fit jusqu'à sa mort. Si Dante est considéré comme le fondateur de la poésie italienne, Boccace est généralement admis comme le créateur de la prose italienne.

 

 

 

► 1314 Robert Ier d'Écosse, roi d'Écosse défait les Anglais à Bannockburn. Robert Ier d'Écosse, Robert Bruce, Robert De Brus (en normand), Roibert a Briuis (en Écossais méd.), Robert the Bruce ou Robert Bruce (en anglais moderne), né le 11 juillet 1274 et mort le 7 juin 1329), est un roi d'Écosse de 1306 à 1329, de la dynastie Bruce, fils de Robert Bruce VIIcomte de Carrick. La bataille de Bannockburn fut une écrasante victoire de l'armée écossaise menée par Robert Bruce sur les troupes anglaises menées par Édouard II d'Angleterre. Cette victoire, due à la stratégie de génie de Robert Bruce, paracheva l'indépendance du pays. Il restera indépendant jusqu'en 1603, quand Jacques VI d'Écosse, descendant de Bruce, devint à la fois roi d'Angleterre et d'Écosse sous le nom de Jacques Ier d'Angleterre.

 

 

 

► 1314 - 18 mars Exécution de Jacques de Molay et Hugues de Pairaud.

 

 

 

► 1314 On dit que Jacques Molay, en montant sur le bûcher, avait prédit à Philippe le Bel et à Clément V qu'ils ne tarderaient pas à comparaître eux-mêmes devant le Souverain Juge. Cette prédiction se réalisa la même année : les deux persécuteurs de l'ordre du Temple moururent en effet en 1314. Philippe le Bel laissait le souvenir d'un prince habile mais fourbe ; mais il a créé des institutions qui ont été heureuses pour la France ; on lui doit la réorganisation du Parlement, qu'il divisa en trois sections : le Parlement proprement dit qui était une Cour de justice, le Grand-Conseil qui était chargé de préparer les lois, et la Chambre des Comptes qui avait à s'occuper des finances du royaume.

 

 

Il établit les premières douanes et permit aux serfs, du moins dans le Midi, d'acheter leur libération à prix d'argent. Par contre, afin de remplir les coffres de l'État, il expulsa les juifs de France après avoir confisqué leurs biens, et il pressura toutes les classes de la société afin de tirer d'elles de l'argent, avec le concours des légistes (hommes de loi dont les décisions étaient censées justifier ses exactions).

 

 

Ceux-ci s'étant attiré, par leur servilité à l'égard du roi et l'iniquité de leurs sentences, l'animadversion de la population, une révolte éclata contre eux: le plus puissant, Enguerrand de Marigny, surintendant des finances, qui était peut-être le moins coupable, fut pendu en 1315 au gibet de Montfaucon. Enfin, Philippe le Bel avait agrandi par son mariage le domaine royal, et il lutta pendant tout son règne pour la consolidation des droits de la couronne (c'est-à-dire alors de l'État) à l'encontre de la noblesse et de la papauté. Philippe le Bel laissait trois fils qui lui succédèrent à tour de rôle.

 

 

 

► 1314 avril Adultère des belles-filles de Philippe le Bel à la tour de Nesle : leurs amants sont châtrés, écorchés vifs. Les princesses coupables sont enfermées à Château-Gaillard. Marguerite de Bourgogne est répudiée. Louis X la fera étrangler (1315). Jeanne de Bourgogne sera reprise par son mari Philippe le Long. En avril 1314, année même de la mort de Philippe le Bel, un grand scandale éclate : Marguerite de Bourgogne, épouse de Louis X déjà roi de Navarre (par sa mère, Jeanne de Champagne et de Navarre) et Blanche de Bourgogne, femme de Charles (futur Charles IV le Bel, sont dénoncées par Isabelle, fille de Philippe le Bel et reine d'Angleterre.

 

 

Elles auraient trompé leur mari sans honte avec deux frères : Philippe et Gautier d'Aunai, tous deux chevaliers de l'hôtel royal. Les deux amants sont jugés et condamnés pour crime de lèse majesté, ils sont exécutés sur le champ en place publique à Pontoise : dépecés vivants, leur sexe tranché et jeté aux chiens, ils sont finalement décapités, leurs corps traînés puis pendus par les aisselles au gibet. Une telle cruauté s'explique par l'affront fait à la famille royale, mais aussi une atteinte aux institutions du royaume : cet acte met en péril la dynastie capétienne. Les implications politiques sont si graves que le châtiment se doit d'être exemplaire. Marguerite de Bourgogne est condamnée à être tondue et est conduite dans un chariot couvert de draps noirs à Château-Gaillard.

 

 

Occupant une cellule ouverte à tous vents au sommet du donjon, elle y mourra en 1315 (certains disent qu'elle fut étranglée, ses conditions d'incarcération ne mettent pas en doute une mort d'usure...). Blanche de Bourgogne est aussi tondue mais bénéficie d'un "traitement de faveur" : elle est emprisonnée sous terre pendant sept ans, puis obtiendra l'autorisation de prendre l'habit de religieuse. Femme du cadet, et non pas du futur roi de France (du moins c'est ce que l'on croit, puisque son époux deviendra roi en 1322), Blanche a donc un traitement moins cruel que sa soeur. Quant à la troisième, Jeanne de Bourgogne, femme du futur Philippe V, elle est enfermée à Dourdan pour avoir gardé ce secret. Soutenue par sa mère Mahaut d'Artois, elle se réconciliera avec Philippe le Long. Mahaut d'Artois, née vers 1270 et morte en 1329, était une princesse de la maison capétienne d'Artois, comtesse d'Artois et paire de France.

 

 

 

► 1314 Louis X répudie sa femme, Marguerite de Bourgogne pour adultère, la fait emprisonner Chàteau-Gaillard.

 

 

 

► 1314 - 20 avril Mort du pape Clément V. Il faudra au conclave vingt-sept mois de délibération pour choisir un nouveau pape en la personne de Jean XXII, candidat du roi de France. Jamais la vacance du siège pontifical n'aura été aussi longue.

 

 

 

► 1314 - 29 novembre Mort de Philippe IV le Bel son fils Louis X le Hutin lui succède. Lorsqu'il monte sur le bûcher, Jacques de Molay, grand maître des Templiers, ordre dissous par Philippe le Bel lance : “Clément, juge inique et cruel bourreau, je t'ajourne à comparaître dans quarante jours, devant le tribunal du souverain juge”. Quarante jours plus tard, le pape Clément V meurt, et le 29 novembre, c'est le roi qui disparaît.

 

 

 

► 1314 LOUIS X le Hutin (1314-1316)

 

 

 

► 1314 Louis X le Hutin. Il succède à son père Philippe le Bel en 1314, il doit faire face à une puissante réaction féodale dont le chef de file est son oncle Charles de Valois. C'est une opposition à la politique de Philippe le Bel et particulièrement contre ses légistes. Un procès est intenté contre Enguérrand de Marigny, qui, abadonné de tous finira au gibet de Montfaucon. Cependant, Charles est pris de remords, il se repend et le réhabilite publiquement. Louis le Hutin (ce qui signifie le bagareur) réussit alors qu'il n'est pas encore roi, en 1312, par la négociation, le rattachement de la ville de Lyon au royaume.

 

 

Dés le printemps 1315, les hostilités qui étaient apparues contre son père renaissent, Louis réussira à calmer le jeu pacifiquement en accordant des chartes. Mais le comte de Flandre (Robert III de Flandre) refuse de prêter hommage au roi qui doit lancer une campagne contre l'opposant, il réunit les états généraux à Bourges en 1316. Des pluies dilluviennes s'abattent sur la Flandre et des torrents de boues font cesser les hostilités. Jeanne de Navarre, sa mére, est morte en 1305, Philippe le Bel, ce qui est très rare, ne s'est pas remarié, mais elle n'est plus là pour veiller à ce que la cour se comporte correctement et notamment les femmes de ses 3 fils qui font de la cour un lieu de plaisir.

 

 

Convaincu d'adultère, les trois jeunes femmes seront arrêtées elles ne subiront pas toutes le même sort, Louis X répudie Maguerite de Bourgogne en 1314, elle meurt en 1315. Remarié à Clémence de Hongrie celle-ci est enceinte lorsque le roi meurt subitement de problèmes respiratoires. C'est son frère Philippe V, le Long qui assure la régence, le fils de Louis X le Hutin, Jean Ier, nait roi le 14 novembre 1316 mais ne vit que 5 jours, son règne aura été de courte durée. Pour la première fois depuis Hugues Capet il n'y a pas d'héritier mâle direct c'est le frère de Louis, Philippe V le Long, qui sera désigné roi. Jeanne, fille de Marguerite qui sera écartée du trône en vertue de la loi salique conservera la Navarre qui avait été amenée à la couronne par sa grand mère Jeanne de Navarre épouse de Philippe le Bel.

 

 

 

 

► 1314 Avènement de Louis X le Hutin, né en 1289, fils aîné de Philippe le Bel et de Jeanne de Navarre. Ce surnom lui fut donné à cause de son caractère querelleur. Son court règne fut marqué par le triomphe de la réaction de la bourgeoisie contre les agissements de la noblesse, réaction dont fut victime Enguerrand de Marigny (1315). Toujours à court d'argent, comme son père dont il imita les procédés, Louis X affranchit les serfs de ses domaines moyennant finance. Une expédition militaire qu'il entreprit contre les Flamands n'eut pas de résultat. Louis X avait épousé Marguerite de Bourgogne, qu'il fit étrangler en 1315, à cause des scandales de sa conduite. II mourut en 1316.

 

 

 

 

► 1315 Création de la gabelle (impôt sur le sel)La gabelle, bien qu'il y ait localement des gabelles sur d'autres produits (comme le vin), la gabelle sert essentiellement à qualifier l'impôt sur le sel organisé au XIVe siècle. Après les guerres de religion, une compagnie unique obtient la ferme des greniers à sel de 11 généralités. Par la suite, le bail des gabelles est incorporé dans la ferme générale. Le Trésor royal prélève donc un droit fiscal et contrôle strictement, amis sans les prendre en charge, l'exploitation et la vente du sel. Gabelle. Impôt indirect sur le sel, en usage en France jusqu'en 1790.

 

 

 

 

► 1315 - 19 mars La Charte aux Normands. Suite aux différentes révoltes nées des pressions fiscales, Louis X le Hutin est contraint d'octroyer la Charte aux Normands. Cette exception rappelle la puissance de la Normandie dans les siècles qui ont précédé et sera par la suite perçue comme l'expression du particularisme normand dans l'histoire de France. Elle confère une plus grande indépendance au duché concernant ces lois et garantit l'absence d'impôts extraordinaires. 

 

 

Charte aux Normands est un texte octroyé le 19 mars 1315, par le roi de France Louis le Hutin, qui fait écho à la Grande Charte des Anglais. Pour apaiser les révoltes périodiques des Normands, le roi a dû reconnaître la spécificité de la Normandie, et cette charte, ainsi que la seconde de 1339, sera considérée jusqu'en 1789 comme le symbole du particularisme normand.

 

 

 

 

► 1315 - 30 avril : Le grand argentier de Philippe le Bel, Enguerrand de Marigny, est pendu au gibet de Montfaucon sous la pression des nobles. Enguerrand de Marigny (né vers 1260 - mort le 30 avril 1315) était chambellan et ministre du roi Philippe IV le Bel. Né à Lyons-la-Forêt en Normandie, d'une vieille famille de petit baronnage appelé "Le Portier". La famille n'avait pris le nom de Marigny que vers 1200, lors du mariage d'Hugues Le Portier avec Mahaut de Marigny. La mort de Philippe le Bel, le 29 novembre 1314, fut le signal de la réaction contre sa politique. Le parti féodal, dont le roi avait essayé de limiter le pouvoir, se retourna contre ses ministres et surtout contre son chambellan. Enguerrand fut arrêté sur l'ordre de Louis X, répondant à la demande de Charles de Valois ; on porta sur lui vingt-huit articles d'accusation y compris celle d'avoir reçu des pots-de-vin.

 

 

 

 

► 1315 - 11 juillet Affranchissement des serfs du domaine royal. Comme son père Philippe IV le Bel, Louis X le Hutin ne cesse pas d'être à court d'argent. Pour remplir ses caisses, il affranchit ses serfs… moyennant finances.

 

 

 

 

► 1315 - 14 août Assassinat sur les ordres de Louis X de Marguerite de Bourgogne à Château-Gaillard. Au début de l'année 1314, Philippe IV le Bel, alors roi de France, fit arrêter ses trois belles-filles Marguerite de Bourgogne, Jeanne de Bourgogne et Blanche de Bourgogne, sur dénonciation de sa fille Isabelle d'Angleterre, selon un chroniqueur, parce qu'elles auraient été prises en flagrant délit d'adultère avec deux jeunes chevaliers, Philippe et Gautier d'Aunay.

 

 

Sous la torture, ceux-ci auraient avoué leurs relations avec les princesses, qui duraient depuis trois ans, avant d'être, à Pontoise, écorchés vifs, écartelés, châtrés, décapités, puis suspendus à un gibet. Marguerite, enfermée dans la forteresse de Château-Gaillard aurait reconnu son adultère et fut tenue au secret dans sa prison. Elle devint reine de France à la mort de son beau-père Philippe IV le Bel, survenue le 29 novembre 1314. Le 15 août 1315, elle fut retrouvée étranglée ou étouffée à l'aide de ses cheveux.

 

 

 

 

► 1315 - 19 août Louis X épouse Clémence de Hongrie. Clémence de Hongrie, (née en 1293 - morte le 12 octobre 1328 à Paris), reine de France et de Navarre, fut la fille de Charles-Martel d'Anjou, roi titulaire de Hongrie et de Clémence de Habsbourg, fille de l'empereur Rodolphe Ier.

 

 

 

 

► 1315 - 24 août Couronnement de Louis X le Hutin.

 

 

 

 

► 1315 - 15 novembre La bataille de Morgarten. Se sentant menacé par la Confédération suisse, Léopold Ier de Habsbourg tente de réaffirmer son autorité, accompagné d'une importante armée. Les confédérés n'ont cependant aucun mal à remporter la victoire à Morgarten. Cet événement consolidera le pacte signé en 1291 et permettra d'enrichir l'union avec l'adhésion des cantons de Zurich, Lucerne, Glaris, Zoug et Berne. Multipliant les défaites, les Habsbourgs finiront par reconnaître l'indépendance de la Confédération et établiront un traité de paix en 1389. 

 

 

La bataille de Morgarten eut lieu le 15 novembre 1315, au sud de Zurich où quelque 1500 montagnards suisses (avec des troupes de la vallée de Dompierre-Ducry) repoussèrent les troupes (entre 3000 et 5000 soldats professionnels) du duc Léopold Ier d'Autriche, seigneur de Habsbourg. C'est l'une des rares occasions, au Moyen Âge, où des communautés paysannes réussirent à s'émanciper de leur suzerain féodal. Confirmée quelques années après le célèbre serment du Grütli (Rütli en allemand), la victoire de Morgarten renforca la cohésion des cantons alpins. Elle leur rallia les cantons environnants et surtout les villes de Zurich, Bâle et Berne.

 

 

 

► 1315 mort de Raymond Lulle.

 

 

 

► 1316 - 5 juin Mort de Louis X. Régence de Philippe V le Long frère de Louis X. Louis X le Hutin a vingt-sept ans, lorsqu'il rend son dernier soupir. Son épouse, Clémence de Hongrie, est enceinte de cinq mois. Elle accouchera le 15 novembre de la même année d'un fils, Jean Ier qui meurt quatre jours plus tard. Le frère cadet du roi défunt, Philippe de Poitiers, monte sur le trône et devient Philippe V le Long.

 

 

 

► 1316 - 15 novembre Naissance de Jean, fils posthume de Louis X.

 

 

 

► 1316 Jean Ier.

 

 

 

► 1316 - 20 novembre Mort de Jean Ier (4j), le régent, Philippe V le Long, devient roi.

 

 

 

► 1316 Jean Ier (fils de Louis X) ne règne pas (mort en bas âge). Avènement de Philippe V le Long (deuxième fils de Philippe le Bel et de Jeanne de Navarre) né en 1294. Louis X laissait deux enfants: Jean (Jean Ier) et Jeanne, tous deux en bas âge. Philippe V prit la régence et sur ces entrefaites, Jean mourut; Philippe V se fit reconnaître pour roi. La couronne fut réclamée au nom de Jeanne. Philippe réunit les États généraux (1317) en leur demandant de se prononcer sur l'application dans ce cas de la loi salique. (Cette loi établie par les Francs Saliens et qui se rapportait aux diverses circonstances de leur vie sociale, contenait une clause en vertu de laquelle, chez eux, les femmes étaient exclues du partage de la terre conquise.

 

 

Étant donné l'origine de la monarchie française, on pouvait regarder la loi salique comme l'un de ses fondements.) Les États généraux interprétèrent la vieille loi franque dans le sens des prétentions de Philippe, et déclarèrent les femmes incapables de succéder au trône de France. Philippe V eut à réprimer un soulèvement des pastoureaux du Midi qui, fanatisés par quelques meneurs, se croyaient appelés à entreprendre une nouvelle croisade; il persécuta les juifs, prit des mesures contre la libre circulation des lépreux qui constituaient un danger public, et amorça l'unification dans le royaume des poids et mesures. Il organisa une Cour des Comptes. Il épousa Jeanne de Bourgogne qui lui survécut de trois ans. II mourut en 1322.

 

 

 

► 1316 PHILIPPE V le Long (1316-1322)

 

 

 

► 1316 Philippe V le Long. Désigné régent à la mort de son frère Louis X, il attend la naissance de l'enfant que porte Clémence de Hongrie, ce sera un garçon mais qui ne vivra que 5 jours. Il se rend à Lyon où se tient le conclave des cardinaux qui cherchent depuis 2 ans un successeur à Clément V mort en 1314. Il fait fermer les portes du couvent des dominicains dans lequel ils sont réunis et menace de faire enlever le toit. Efficace un nouveau pape Français est élu Jean XXII. Philippe est marié à Jeanne d'Artois en 1307, ils ont cinq enfants lorsqu'éclate le scandale de l'adultère de Marguerite de Bourgogne et de Blanche d'Artois, les femmes de ses deux frères.

 

 

Jeanne est soupçonnées, enfermée à Dourdan mais réussira à faire reconnaitre son innocence qui sera proclamée par le Parlement de Paris. Sa seule faute était de ne pas avoir dénoncé sa soeur. Il se fait nommer roi et tuteur de sa nièce Jeanne de Navarre (fille de Louis X) ce qui le fait également roi de Navarre. Pour officialiser cela il réunit les états généraux en 1317 pour leur faire déclarer "Femme ne succède pas à la couronne de France" (loi salique) cette loi se retournera contre ses propres filles. Il met fin à la guerre contre la Flandre en 1320 et son règne ne sera plus troublé que par la révolte des pastouraux du midi.

 

 

Les pastoureaux étaient des bandes de paysans et de vagabonds qui avaient été créées sous Louis IX pour aller le délivrer alors prisonnier en Égypte (vers 1250) et qui dégénéra en jacquerie. Disparu on le voit réaparaitre dans la région de la Garonne et du Languedoc pour s'attaquer aux juifs. Il se consacre au renforcement de l'administration intérieure, réorganisation du conseil du roi (1318) et statut définitif de la Chambre des comptes (1320). Il développe les milices urbaines et place à leur tête des officiers royaux, règle la fabrication des monnaies et amorce l'unification des poids et mesures. Il déclare inaliénable le domaine de la couronne. Il prend des mesures sévères contre les juifs, restreint la circulation des lèpreux qu'on accusait d'empoisonner les fontaines et favorise l'inquisition dans le midi. Il meurt en 1322 sans descendant mâle, c'est son frère Charles, troisième fils de Philippe le Bel qui prendra sa succession.

 

 

 

 

► 1316 Jean Maillart écrit 'Roman du comte d'Anjou'. Ce roman du XIVe siècle se présente comme une des premières versions de Peau d'Âne. Une jeune fille y est poursuivie par le désir incestueux de son père, s'enfuit, subit calomnies et infortunes, jusqu'au châtiment des coupables et au bonheur de l'innocente. Il s'agit d'un roman de formation, où une adolescente devient adulte à travers de cruelles épreuves, y compris une condamnation à mort. Le récit a, certes, un caractère fabuleux et mythique. Mais il a aussi le dessein de servir d'exemple : l'héroïne se conforme à un modèle religieux, figure de la Vierge Marie. Elle est environnée de pauvres, qui forment un contrepoint à la richesse. Le monde courtois cache des réalités moins brillantes : la société médiévale est en pleine mutation. Un des premiers romans réalistes incarne ici ce tournant historique.

 

 

 

► 1317 - 9 janvier Sacre de Philippe V le Long à Reims.

 

 

 

► 1317 - Les Grands du royaume, confirment le principe de loi salique.

 

 

 

► 1319 Naissance de Jean, futur Jean II de France. Jean II de France, dit Jean le Bon, (né le 16 avril 1319 à Château de Gué-Maulin - mort à Londres le 8 avril 1364), fut roi de France de 1350 à 1364, le deuxième de la branche dite de Valois de la dynastie capétienne.

 

 

 

 

► 1320 Fin de la guerre de Flandre. Bon stratège, Philippe le Long arrive à vaincre les oppositions grâce à son esprit de décision, ce qui lui permet de résoudre les problèmes flamands par la diplomatie (paix du 2 juin 1320).

 

 

 

 

► 1320 à 1391 - naissance et mort du poète persan Hafiz. Né à Shiraz aux environs de 1320, Khodja Shams-eddine Muhammad, plus connu sous le pseudonyme de Hafiz (celui qui connaît le Coran par coeur), est, avec Saadi, Firdousi et Khayyâm, un des quatre poètes unanimement reconnus en Iran. Le père de Hafiz aurait émigré d'Ispahan à Shiraz où il serait mort durant la petite enfance du poète, laissant sa famille dans la plus grande gêne. Dans un centre de civilisation islamique aussi florissant que le Shiraz de cette époque, d'humbles débuts n'étaient qu'un désavantage relatif et il est plausible qu'Hafiz ait reçu une éducation classique achevée. Ses vers portent témoignage de sa connaissance de l'arabe, des sciences islamiques et de la littérature persane.

 

 

 

 

► 1320 à 1382 - naissance et mort de Nicolas Oresme, fut évêque de Lisieux de 1377 à 1382. Ce philosophe, écrivain et érudit exerça une influence considérable sur le futur Charles V. Il fut son précepteur et conseiller. A sa demande, il traduisit Aristote. Il étudia aussi la physique et l'astronomie, préfigurant les intuitions ou démonstrations relatives à la loi de la chute des corps ou au mouvement de la terre autour du soleil.

 

 

Les idées d'Oresme en matière de politique économique ont inspiré la pensée et l'action du Dauphin, qui assura la régence pendant l'emprisonnement de Jean II le Bon, puis du roi. Le retour d'une relative stabilité monétaire sous le règne de Charles V est à mettre au crédit d'un de ceux dont le roi reconnut : "Nous avons, pour donner des conseils à la majesté royale, des hommes illustres et super-illustres, lettrés, sages et savants dont les pensées et les actions sont l'honneur du monde".

 

 

 

 

► 1321 Traité "Ars Nova" de Philippe de Vitry. Le compositeur et théoricien de la musique Philippe de Vitry écrit son traité "Ars Nova". Par l'importance des innovations qu'elle présente au XIVe siècle, cette oeuvre voit désormais son nom désigner une époque musicale. Ces innovations concernent avant tout la notation. Ars nova est une période dans la musique médiévale occidentale. Philippe de Vitry, Philippe de Vitry, évêque de Meaux, considéré par ses contemporains comme un esprit brillant, loué pour ses connaissances en mathématiques, philosophie, poésie, rhétorique et musique, fut une figure emblématique du Moyen Âge.

 

 

Bien que ses compositions musicales – hormis quelques motets – aient disparu, ses traités de musique ont pu nous parvenir. Vers 1320, il publia son fameux traité Ars Nova, dans lequel il proposait une notation musicale novatrice, utilisant des signes inconnus. Il encouragea l'emploi de nouvelles règles de composition, notamment des arrangements rythmiques novateurs, ce qui permit l'émergence d'un style polyphonique plus harmonieux et moins dépendant des contraintes de l'art liturgique, l'Ars antiqua.

 

 

 

► 1321 mort de Dante.

 

 

 

► 1322 - 3 janvier Mort de Philippe V, son frère Charles IV le Bel lui succède. Atteint de dysenterie, Philippe V succombe après cinq mois de lutte acharnée contre le mal. Sans enfant, il laisse le royaume à son frère, Charles IV le Bel.

 

 

 

► 1322 CHARLES IV le Bel (1322-1328)

 

 

 

► 1322 Charles IV le Bel. Troisième fils de Philippe le Bel, il succède à son frère Philippe V, mort sans héritier mâle. Il sera confronté à la suspicion d'adultère de Blanche (1314) mais à un degré moindre que Marguerite femme de Louis X son frère aîné, plus jeune elle aurait été entraînée. Répudiée, elle sera enfermée pendant 8 années dans Château Gaillard. Le mariage sera annulé par le pape Jean XXII (pour parenté au 4ème degré, pour adultère l'église aurait prôné le pardon) après quoi elle sera autorisée à prendre le voile, elle meurt en 1326.

 

 

Il se remarie avec Marie de Luxembourg qui n'a que 17 ans deux ans après elle meurt en mettant au monde un garçon qui ne vivra pas. Il se marie à nouveau en 1326 Jeanne d'Évreux qui lui donnera 3 filles mais lui mourra en 1328 sans héritier mâle. Charles devra faire face à nouveau à une révolte de la Flandre en 1323 qui se terminera par la paix d'Arques en 1326. Les tensions avec l'Angleterre reprennent, Charles prononce à nouveau la confiscation de la Guyenne, son oncle, Charles de Valois (frère de Philippe le Bel) commande les troupes qui la conquièrent en 1324. Un arrangement sera trouvé entre les deux rois Charles IV de France et Édouard II d'Angleterre.

 

 

Édouard II cède son titre de duc de Guyenne à son fils Édouard III d'Angleterre. En 1326 sa soeur Isabelle d'Angleterre vient se réfugier accompagnée de son fils Édouard III d'Angleterre auprès de son frère Charles IV le Bel fuyant son mari Édouard II qui préfère les hommes. Elle recontrera un autre réfugié Anglais Mortimer qui deviendra son favori et avec lequel elle parviendra à faire prononcer la déchéance de son époux (1327) qui sera assassiné peu de temps après dans son cachot de la Tour de Londres.

 

 

Son fils Édouard succèdera au roi déchu sous le nom de Édouard III. Charles étant mort sans héritier mâle, il y a trois prétendants au trône de France : le fils de Charles de Valois mort en 1325, Philippe (futur Philippe VI) qui est cousin germain des trois derniers rois de France, Philippe d'Évreux lui aussi petit fils de Philippe III le Hardi mais par les femmes et Édouard III (roi d'Angleterre) neveu de Charles IV. C'est Philippe (futur Philippe VI) qui sera choisi. La branche des Capétiens directs s'éteint et s'ouvre une nouvelle branche les Capétiens Valois. Suite à ce choix, les hostilités avec l'Angleterre qui étaient fréquentes vont redoubler de gravité, ici va commencer la guerre de cent ans.

 

 

 

 

► 1322 Avènement de Charles IV le Bel, troisième fils de Philippe IV et de Jeanne de Navarre, né en 1294. Le seul fait vraiment intéressant de ce règne de six ans fut l'érection en duché-pairie de la baronnie de Bourbon, en faveur de Louis Ier de Bourbon, comte de Clermont, fils de Robert de France, petit-fils de Louis IX le Saint (qui devait être l'origine de la maison royale de Bourbon). Charles IV fut le dernier des Capétiens directs. Il mourut en 1328.

 

 

 

 

► 1322 - 11 février Sacre de Charles IV le Bel.

 

 

 

 

► 1322 - 21 septembre Mariage de Charles IV avec Marie de Luxembourg. Marie de Luxembourg, née vers 1305, morte le 21 mars 1324 à Issoudun, fille de l'empereur Henri VII de Luxembourg et de Marguerite de Brabant. Le mariage du roi de France Charles IV le Bel et de Blanche de Bourgogne ayant été annulé, le 19 mai 1322 par le pape Jean XXII, le roi épousa, en secondes noces, Marie de Luxembourg.

 

 

Le mariage fut célébré à Provins, le 21 septembre 1322. Marie mit au monde un premier enfant, une fille. Alors qu'elle était de nouveau enceinte, elle fut grièvement blessée dans un accident de voiture. Elle accoucha prématurément d'un fils qui mourrut quelques heures plus tard. Marie ne survécut pas à cet accident et succomba à son tour le 21 mars 1324 à l'âge de 19 ans. Elle fut inhumée à Montargis, dans l'église des dominicaines.

 

 

 

 

► 1323 Révolte des Karls en Flandre maritime (fin en 1328). Ce soulèvement, mené par les riches paysans, gagne les villes de Bruges et d'Ypres. La révolte des Karls s'explique par les récoltes médiocres de 1323, une soudure difficile, le refus de payer la dîme et l'impôt comtal, la haine envers la noblesse et l'autorité, mais surtout par l'action des paysans qui possèdent une belle exploitation et poussent à la révolte leurs chefs (Jacques Peyte, Nicholas Zannekin). Des membres de la petite noblesse les rejoignent, comme le chef de la révolte, Guillaume de Deken.

 

 

 

 

► 1323 Création de la Compagnie du Gai Savoir (future Académie des Jeux Floraux) à Toulouse: née pour défendre la tradition poétique des troubadours et la langue d'oc, elle deviendra au XVIIe siècle un agent de propagation de la langue française.

 

 

 

 

► 1324 - 21 mars Mort de Marie de Luxembourg et de son fils.

 

 

 

 

► 1324 - 1er juillet Charles IV envahit la Guyenne. Prétextant du fait qu'Édouard II n'ait pas encore rendu l'hommage pour la Guyenne, Charles IV de France décide la confiscation du duché. Les troupes royales, menées par Charles de Valois, occupent le terrain sans trop de résistance.

 

 

 

 

► 1325 - 13 juillet Mariage de Charles IV avec Jeanne d'Évreux. Jeanne d'Évreux, née vers 1307, décédée le 4 mars 1371 à Brie-Comte-Robert, reine de France, fille de Louis d'Évreux et de Marguerite d'Artois, petite-fille du roi Philippe III et de Marie de Brabant. Étant la cousine germaine du roi, elle bénéficie de la complaisance du pape français Jean XXII, qui délivre la dispense nécessaire à Charles IV, pour qu'elle puisse devenir, le 13 juillet 1325, sa troisième épouse. Elle est sacrée reine le 11 mai 1326 à la Sainte-Chapelle.

 

 

 

 

► 1325 Ibn Battuta part de Tanger pour son pèlerinage à La Mecque. Ibn Battuta, né le 24 février 1304 à Tanger (Maroc) et décédé entre 1368 et 1377 (ses dernières années restant obscures), était un voyageur marocain. Il termina sa vie au Maroc comme juge appartenant à l'école malikite. C'est le "Marco Polo" (Venise 1254-Venise 1324) de l'islam. Ibn Battuta parcourut 120 000 km en 28 ans de voyages. Ses récits sont plus précis et moins fabulateurs que ceux de Marco Polo.

 

 

 

► 1326 - 19 avril Traité d'Arques mettant fin à la révolte en Flandre.

 

 

 

► 1326 - 11 mai Couronnement de Jeanne d'Évreux.

 

 

 

► 1327 Le Bourbonnais est érigé en duché. Louis Ier de Bourbon (1279-1342) devient le premier duc de Bourbon. Le Bourbonnais est une province historique du centre de la France, qui correspond à l'actuel département de l'Allier, ainsi qu'à une partie du département du Cher (vers Saint-Amand-Montrond). Duché de Bourbon, province historique du centre de la France, le Bourbonnais correspondait à l'actuel département de l'Allier, ainsi qu'à une partie du département du Cher. Les Bourbon avaient conclu une alliance avec le pouvoir royal.

 

 

Ils avaient mis leurs forces au service du roi, profitant ainsi de la position géographique du Bourbonnais situé entre le domaine royal et les duchés d'Aquitaine et d'Auvergne. Cette alliance, ainsi que le mariage de Béatrix de Bourgogne et Robert de France, facilitèrent l'essor et la prospérité du Bourbonnais. En 1327, il fut d'ailleurs érigé en duché-pairie par le roi Charles le Bel. 

 

 

Louis Ier de Bourbon, dit le Grand ou le Boiteux (v. 1280-1342) était un prince de sang royal français, fils aîné de Robert, comte de Clermont-en-Beauvaisis (ancêtre par les mâles du roi Henri IV) et de Béatrice de Bourgogne, dame de Bourbon. Il était donc un petit-fils de saint Louis. Louis de Bourbon fut Sire de Bourbon, comte de Clermont-en-Beauvaisis (1310), grand chambrier de France (1312), comte de la Marche et de Castres (1322), premier duc de Bourbon et pair de France (1327).

 

 

 

 

► 1327 Pétrarque (Francesco Petrarca), aperçoit une belle femme, mariée, dans l'église de Santa Clara à Avignon. Au cours de sa vie, il lui écrit 366 poèmes, l'appelant Laura pour protéger son identité. Dans l'église Sainte-Claire d'Avignon, Francesco Petrarca fait la connaissance de celle qui inspirera toute son oeuvre poétique : Laure de Noves. L'amour platonique que lui inspire la jeune femme inspirera de très nombreux poèmes dont le Canzoniere (le Chansonnier), publié en 1470.

 

 

 

 

► 1328 - 1er février Mort de Charles IV. Fin des Capétiens directs. Philippe VI petit-fils de Philippe III lui succède. Charles a trente-quatre ans lors de sa mort. Il laisse une femme sur le point d'accoucher mais c'est à une fille qu'elle donnera naissance. La dynastie des Capétiens s'éteint.

 

 

 

► 1328 LES VALOIS - DIRECTS.

 

 

 

► 1328 La maison de Valois est la branche de la dynastie Capétienne qui régna sur la France de 1328 à 1589. Elle succède aux Capétiens directs et précède les Bourbons. Elle tire son nom de l'apanage donné à Charles, fils de Philippe III le Hardi et père du roi Philippe VI. La branche aînée s'est éteinte en 1498, mais elle compte plusieurs rameaux cadets : celui des ducs d'Alençon, éteint en 1549, issus de Charles II, second fils de Charles de Valois ; celui des ducs d'Anjou, éteint en 1481, issu de Louis, second fils de Jean II le bon ; celui des ducs de Berry, éteint en 1416, issu de Jean, troisième fils de Jean II le bon ; celui des ducs de Bourgogne, éteint en 1477, issu de Philippe le hardi, quatrième fils de Jean II le bon.

 

 

Ce rameau eut lui-même deux autres sous-rameaux : les ducs de Brabant, éteint en 1430, et issu d'Antoine, fils de Philippe le Hardi ; les comtes de Nevers, éteint en 1491, et issu de Philippe, fils de Philippe le Hardi ; celui des ducs d'Orléans, éteint en 1515 après avoir accédé au trône et issu de Louis, second fils de Charles V. Ce rameau eut lui-même un autre sous-rameau : les comtes d'Angoulême, éteint en 1589 après avoir accédé au trône et issu de Jean, second fils de Louis.

 

 

Les Valois directs : Charles, comte de Valois et frère de Philippe IV le Bel. Il est le fondateur de la branche, mais n'a pas régné ; Philippe VI de Valois, son fils aîné, comte de Valois, puis roi de France (1328-1350) ; Jean II le Bon son fils (1350-1364) ; Charles V le Sage fils aîné du précédent (1364-1380) ; Charles VI le Fou fils du précédent (1380-1422) ; Charles VII le Victorieux fils du précédent (1422-1461) ; Louix XI le Prudent fils du précédent (1461-1483) ; Charles VIII l'Affable fils du précédent (1483-1498).

 

 

 

► 1328 PHILIPPE VI (1328-1350)

 

 

 

► 1328 Philippe VI de Valois. Charles IV le Bel étant mort sans héritier mâle, il y a trois prétendants au trône de France le fils de Philippe III de France, Charles de Valois mort en 1325, Philippe (futur Philippe VI) qui est cousin germain des trois derniers rois de France, Philippe d'Évreux lui aussi petit fils de Philippe III le Hardi mais par les femmes et Édouard III d'Angleterre neveu de Charles IV. C'est Philippe VI qui sera choisi. La branche des Capétiens directs s'éteint et s'ouvre une nouvelle branche les Capétiens Valois.

 

 

Suite à ce choix, les hostilités avec l'Angleterre qui étaient fréquentes vont redoubler de gravité, ici va commencer la guerre de cent ans. Depuis fort longtemps, la Flandre est spécialisée dans le filage de la laine et cette laine vient principalement d'Angleterre. C'est pour cette raison que la Flandre est souvent plus liée à l'Angleterre qu'à la France. Lorsque Édouard III décide d'arrêter les exportations de laine vers la France il sait qu'il va provoquer une nouvelle révolte de celle-ci contre le roi de France.

 

 

Philippe VI vainc les Flamands à Cassel en 1328. En 1337 il décide à nouveau la confiscation de la Guyenne. Édouard III d'Angleterre envahit la Flandre et se proclame roi de France en 1340. La flotte française subit la même année une grave défaite. Édouard débarque avec ses troupes dans le Cotentin et ravage la Normandie jusqu'à Poissy en passant par Caen. Philippe répugne au combat mais il s'y voit contraint notamment par sa chevalerie qui rêve de gloire, et de combat. Il prend donc la route mais le commandement est déplorable.

 

 

Les troupes arrivent épuisées devant l'ennemi, en forêt de Crécy, les cordes des arbalètes sont mouillées ce qui les rend inutilisables. En face, en infériorité numérique, les Anglais rompant avec les règles de la chevalerie de l'époque, gardent les chevaliers en réserve et place l'infanterie et les archers en première ligne derrière des retranchements de fortune. Lorsque les chevaliers français chargent beaucoup sont tués, c'est la débacle. La guerre de 100 ans est commencée, mal commencée.

 

 

La fine fleur de la chevalerie française, 1500 noms y laissent la vie. C'était le 26 août 1346. L'année suivante les Anglais s'emparent de Calais après un siège de 11 mois pendant lequel le roi de France ne sera pas intervenu son prestige s'en ressentira gravement. Édouard exigera que les clefs de la ville lui soient remises par 6 bourgeois en costume de pénitent. Ils obtiendront sa grace. Une terrible épidémie de peste noire s'abat sur l'Europe occidentale.

 

 

Elle arrive en France par Marseille sur une population affaiblie, depuis plusieurs années le temps est froid et humide et les récoltes mauvaises. L'emploi de mercenaires dans les armées crée une insécurité grave, mal payés ou irrégulièrement ils vivent sur l'habitant, des bandes désorganisent la production agricole, les paysans se réfugient dans les villes. La famine fait son apparition en 1315-1317, l'hygiène est inexistante la peste tue 40% de la population.

 

 

L'Angleterre n'est pas épargnée une trève est conclue en 1348. Le roi Philippe VI de Valois meurt en 1350. Malgré les vissicitudes, Philippe laisse un domaine de la couronne agrandi, d'une part, par ses propres terres, les comtés de Valois, de Chartres, d'Anjou et du Maine d'autre part par transaction avec Jeanne de Navarre et Philippe d'Évreux, la Champagne et la Brie et avec le roi de Majorque Jacques II, la seigneurerie de Montpellier.

 

 

 

 

► 1328 Règne de Philippe VI (1328-1350), cousin germain de Charles IV, début de la dynastie capétienne des Valois (1328-1589). En ce 1er avril, Jeanne d'Évreux, la femme de Charles IV qui vient de mourir le 1er février à l'âge de trente-trois ans, accouche. On espère un fils. Une fille naît. La succession au trône de France se trouve ouverte. Des trois prétendants, Philippe, comte d'Évreux, Édouard III d'Angleterre et Philippe de Valois, c'est ce dernier, l'actuel régent, qui est proclamé roi le 8 avril. Il est désormais Philippe VI.

 

 

 

 

► 1328 Avènement de Philippe VI de Valois ou le Hardi. - Charles IV ne laissait pas d'héritiers du trône. A sa mort, la couronne fut revendiquée par trois prétendants : Philippe de Valois, fils de Charles de Valois (frère de Philippe IV) et de Marguerite de Sicile (né en 1293) ; Édouard III d'Angleterre, qui était fils d'Isabelle, fille de Philippe IV ; et Philippe d'Évreux, gendre de Louis X le Hutin. Les États généraux (réduits à la réunion des pairs et des barons) furent convoqués pour se prononcer entre eux, et écartèrent Édouard III d'Angleterre et Philippe d'Évreux par application de la loi salique (ces deux prétendants ne postulant la couronne qu'en vertu du droit que pouvaient y avoir leurs femmes, nièce et petite-fille de Philippe IV).

 

 

Dès le début de son règne, Philippe VI prit fait et cause pour Louis Ier de Flandre dans le différend qui mettait celui-ci aux prises avec ses sujets, Flamands révoltés, et vainquit ces derniers à Cassel. Louis Ier de Flandre, Louis de Dampierre dit Louis de Nevers ou Louis de Crécy, (°Nevers, vers 1304 - † Crécy, 26 août 1346), comte de Flandre (Louis Ier, de 1322 à 1346), de Nevers et de de Rethel (Louis II, de 1322 à 1346), fils de Louis Ier de Dampierre, comte de Nevers, et de Jeanne, comtesse de Rethel.

 

 

 

► 1328 - 29 mai Sacre de Philippe VI à Reims.

 

 

 

► 1328 - 24 août Victoire de Cassel sur les Flamands. A l'appel du comte de Nevers, Philippe VI apporte son concours pour écraser les Flamands qui se sont révoltés contre leur suzerain. La ville prise, toute la population est passée au fil de l'épée. Les chevaliers français reviennent enrichis du butin qu'ils se sont partagé et que la vengeance du désastre de Courtrai justifie. 

 

 

Bataille de Cassel s'est déroulée le 23 août 1328 à proximité de la ville de Cassel dans le nord de la France entre l'armée du roi de France Philippe VI de Valois et les milices flamandes menées par Nicolaas Zannekin, petit propriétaire foncier de Lampernisse dans la châtellenie de Furnes (Belgique actuelle). Le roi de France, Philippe VI de Valois, après son sacre à Reims, dans le but de tenter de consolider son autorité, décide de partir en guerre contre les Flamands révoltés (bourgeois de Bruges, artisans et paysans du Franc de Bruges, artisans et ouvriers de Courtrai), insurgés contre leur seigneur, le comte de Flandre Louis Ier de Flandre.

 

 

 

 

► 1328 Première rédaction des 'Leys d'amor'. 'Leys d'Amor', nom d'un des premiers ouvrages qui présentait, au début du XIVe siècle, la somme la plus complète des connaissances touchant la grammaire, la rhétorique et la poétique de la langue d'oc. Les "Leys d'Amor" faisaient déjà préssentir une sorte d'Humanisme tout de bon sens et de logique.

 

 

 

 

► 1329 à 1337 - La victoire de Cassel donnait à Philippe VI un prestige qu'il jugea suffisant pour exiger d'Édouard III d'Angleterre que celui-ci vînt lui rendre hommage comme son vassal pour la Guyenne et la Gascogne. Lié par la loi féodale, Édouard se soumit à cette exigence, en venant faire hommage à son suzerain, à Amiens; mais il prédit qu'il se vengerait de cette humiliation. En effet, il s'assura le concours du comte de Hainaut, Guillaume Ier de Hainaut, de l'empereur Louis de Bavière, du duc de Brabant et de Jacques van Artevelde, échevin de Gand et des communes de Flandre.

 

 

Puis, à l'instigation de Robert II d'Artois (beau-frère de Philippe), il réclama de nouveau le trône de France. Prévenu de la naissance de cette coalition, Philippe crut bon de prendre les devants en faisant saisir quelques places en Guyenne et en Flandre. Ce furent les premiers faits de guerre de la longue période qui devait être appelée guerre de Cent ans (1337-1453). Rappelons que les causes lointaines de ce long conflit furent: la conquête de l'Angleterre par Guillaume le Conquérant; le divorce de Louis VII avec Aliénor d'Aquitaine (ou de Guyenne) qui épousa ensuite Henri Plantagenêt (futur roi d'Angleterre Henri II d'Angleterre) et lui apporta en dot une grande partie de la France; enfin, en tout dernier lieu, les prétentions d'Édouard III d'Angleterre à la couronne de France. 

 

 

La province de Hainaut, couramment appelée le Hainaut, est une province du sud-ouest de la Belgique qui a pour chef-lieu Mons. Elle se situe en Wallonie dont elle en constitue la partie la plus importante en population. Louis IV de Bavière (v.1286-1347), empereur allemand de 1314 à 1347. Fils de Louis II le Sévère, duc de Bavière et de Mathilde de Habsbourg. Le Duché de Brabant est un ancien duché situé à cheval sur les Pays-Bas et la Belgique actuels. Son étendue couvrait l'actuelle province néerlandaise du Brabant septentrional, les actuelles provinces belges d'Anvers, du Brabant wallon, du Brabant flamand, ainsi que la région de Bruxelles.

 

 

Un échevin, en Belgique, est un élu adjoint au bourgmestre. Les tâches des échevins varient en fonction des communes. Une commune aura ainsi par exemple un échevin des travaux publics, un échevin de l'enseignement, etc. Ils sont élus par le conseil communal en son sein. leur nombre varie en fonction de la population de la commune (entre 2 et 10). Robert III d'Artois, né en 1287, seigneur de Domfront, reçoit en 1310 le comté de Beaumont-le-Roger en dédommagement du comté d'Artois auquel il prétendait.

 

 

Il est le fils du Capétien Philippe d'Artois, seigneur de Conches-en-Ouche et de la Capétienne Blanche, fille du duc Jean II de Bretagne. La mort prématurée de son père Philippe d'Artois va écarter Robert III de la succession du comté d'Artois. À la mort de Robert II, le grand-père de Robert III, c'est sa fille Mahaut d'Artois qui prend possession de l'héritage, et le jeune Robert III ne peut songer à faire valoir une représentation des droits de son père qu'ignore la coutume d'Artois. La rancoeur et les intrigues entre Mahaut d'Artois (appelée parfois Mathilde) et Robert vont émailler toute la période et finir par mettre le feu aux poudres entre la France et l'Angleterre et déboucher sur la guerre de Cent Ans.

 

 

 

► 1329 - 6 juin Édouard III d'Angleterre rend hommage à Philippe VI pour la Guyenne.

 

 

 

► 1332 - 28 juillet Mariage du futur Jean II avec Bonne de Luxembourg. Bonne de Luxembourg, née le 20 mai 1315, morte le 11 septembre 1349 à l'abbaye de Maubuisson, fut l'épouse de Jean II dit le Bon. Fille de Jean Ier l'Aveugle, comte de Luxembourg et roi de Bohême, et d'Élisabeth de Bohême, elle épouse le dauphin Jean le 28 juillet 1332 à Melun.

 

 

 

► 1333 Simone Martini écrit Portement de la croix.

 

 

 

► 1335 Construction du premier palais pontifical d'Avignon, le palais des papes, par Benoît XII. Benoît XII, Jacques de Novelles, dit Fournier (vers 1285-1342), issu d'une famille modeste du comté de Foix devient pape sous le nom de Benoît XII. Élu pape le 20 décembre 1334 à la mort de Jean XXII, il entreprend de vastes réformes. Il assainit le système de collation des bénéfices et sa conséquence, la fiscalité pontificale. Il rétablit dans plusieurs ordres religieux les bases de la discipline ecclésiastique et favorise les universités (Toulouse, 1337; Grenoble, 1339).

 

 

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Image par Hans Braxmeier de Pixabay 

 

 

 

En vue d'une éventuelle croisade, il oeuvre pour la paix entre les royaumes chrétiens, notamment entre la France et l'Angleterre, et tente une reconciliation avec l'empereur excommunié Louis de Bavière. Tenté de gagner Rome en 1335, il s'accommode en définitive de demeurer à Avignon et construit le premier palais pontifical, dont l'austérité architecturale est un bon reflet de sa personnalité.

 

 

Il ne refuse cependant pas un certain décor, et c'est lui qui fait appel au peintre siennois Simone Martini. Le Palais des papes, à Avignon en France, est la plus grande des constructions gothiques du Moyen Âge du monde. Avignon devient la résidence des papes en 1309, et le palais est construit entre 1335 et 1352 sur une protubérance rocheuse au nord de la ville, surplombant le Rhône, sous les pontificats de Benoît XII et Clément VI.

 

 

 

► 1337 - 24 mai Philippe VI confisque le duché de Guyenne à Édouard III d'Angleterre. La Guyenne est une possession anglaise. La victoire remportée à Cassel confère à Philippe VI un prestige qui lui permet d'exiger d'Édouard III d'Angleterre qu'il devienne son vassal. L'anglais se soumet. Humilié, il se venge en formant une coalition. Il est condamné par défaut et son fief est saisi. Cette saisie provoque la guerre de Cent Ans.

 

 

 

► 1337 - 7 octobre Édouard III d'Angleterre revendique le trône de France.

 

 

 

► 1337 - 1er novembre Lettre de défi d'Édouard III d'Angleterre.

 



25/02/2021
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