L'AIR DU TEMPS

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Franceinfo - le mercredi 10 juillet 2019

 

 

"La vie ne reviendra jamais dans la vieille ville" : deux ans après la libération, les habitants de Mossoul désabusés

 

 

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Noé Pignède, édité par Aude LambertfranceinfoRadio France

 

 

 

En Irak, Mossoul célèbre le deuxième anniversaire de la libération, après trois années d’occupation par le groupe État islamique. Mais deux ans après, son coeur historique reste un champ de ruines quasi-désert, abandonné par le gouvernement irakien

 

 

 

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 La reconstruction de la mosquée Al-Nuri et de son minaret penché, symbole de la ville, n’a toujours pas commencé (juillet 2019). (NOE PIGNEDE / RADIOFRANCE)

 

 

 

C’est un dédale de ruelles où s’entassent les gravats, une succession de bâtiments éventrés, désertés par les habitants. Le 10 juillet 2017, les djihadistes étaient officiellement chassés de Mossoul, la capitale irakienne du califat autoproclamé. Deux ans après la libération, la vieille ville, presque entièrement détruite par les combats et les bombardements de la coalition internationale, ressemble toujours un champ de bataille.

 

 

 

"Bombarder était la pire des solutions"

Les yeux humides, Abdelkarim se tient debout sur un tas de pierres, les restes de son ancienne maison. "Ma famille habitait ici depuis sept générations, explique-t-il. La cave voûtée que vous apercevez en dessous des décombres juste-là avait plus de 600 ans."

 

 

Bombarder le quartier était la pire des solutions pour nous libérer. Tous les civils étaient coincés ici avec Daesh. Des djihadistes étaient cachés dans cette rue, mais au lieu d’envoyer des soldats pour les tuer, ils ont préféré tout raser Abdelkarim, habitant de Mossoul à franceinfo

 

 

Malgré ses nombreuses demandes, les gravats de la maison d’Abdelkarim n’ont toujours pas été déblayés. Ce père de quatre enfants désespère de pouvoir un jour rentrer chez lui. "La vie ne reviendra jamais dans la vieille ville : il n’y a plus d’hôpitaux, plus d’école, tout est détruit. Nous n’avons plus de services publics, aucune aide, pas de travail, se désole-t-il. Les seules personnes qui reviennent vivre ici sont les plus pauvres, car elles n’ont nulle part d’autre où aller."

 

 

 

Faire face à l'inaction du gouvernement

Un peu plus loin, Bachar, une truelle à la main, rebâtit lui-même sa maison. Devant l’inaction du gouvernement, ce militaire à la retraite a décidé de ne pas rester sans rien faire."C’est avec mes économies que je fais ces travaux. Aujourd’hui, personne ne nous aide, à part quelques riches donateurs, des bénévoles et les organisations internationales, explique t-il.Nous avons besoin de soutien."

 

 

Moi, je veux revenir vivre ici et dans la vieille ville. Ce quartier, bien qu’il soit démoli, c’est le cœur culturel et historique de Mossoul !Bachar, habitant de Mossoul à franceinfo

Faute d’argent pour rebâtir leurs maisons, 300 000 mossouliottes vivent toujours dans des camps de déplacés. Selon un rapport de l’agence irakienne de lutte contre la corruption, 64 millions de dollars destinés à reconstruire la ville auraient été détournés par le gouvernement local. Un système mafieux qui désespère les habitants et freine la reconstruction. D’après Transparency International, l’Irak reste le 12e pays le plus corrompu du monde.

 



11/07/2019
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