L'AIR DU TEMPS

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Le vendredi 29 septembre 2017 - France TV info

 

 

 

Pourquoi le Kurdistan indépendant a peu de chances de voir le jour

 

Les Kurdes ont voté à plus de 92,7% en faveur de leur indépendance. Mais après ce référendum, l'avenir du Kurdistan irakien apparaît bien sombre. Explications.

 

 

C'est un succès en demi-teinte. Les Kurdes se sont largement mobilisés pour leur référendum d'indépendance. Quelque 72,16% des 3,3 millions d'électeurs inscrits ont participé au scrutin. Et ils ont massivement voté "oui", à 92,73%. Mais au lendemain de la proclamation des résultats définitifs, jeudi 28 septembre, le Kurdistan irakien apparaît plus isolé que jamais, face aux pressions de ses voisins et de la communauté internationale. Pour mieux comprendre les conséquences de ce vote, franceinfo vous explique pourquoi un Kurdistan indépendant a peu de chances de voir le jour.

 

 

Parce qu'il menace l'intégrité territoriale de quatre pays

 

La création d'un Kurdistan indépendant est un très vieux rêve du peuple kurde. A la fin de la première guerre mondiale, l'effondrement de l'Empire ottoman a ouvert la voie à la création d'un Etat kurde. Elle était d'ailleurs prévue par le traité de Sèvres, conclu en 1920. Ses frontières couraient jusqu'à l'est de l'Anatolie turque et à la province de Mossoul en Irak.

 

 

Mais après la victoire de Mustafa Kemal en Turquie, les Alliés sont revenus sur leur décision. Et, en 1923, le traité de Lausanne a consacré la domination de la Turquie, de l'Iran, de la Grande-Bretagne (pour l'Irak) et de la France (pour la Syrie) sur les populations kurdes.

 

 

Actuellement, les Kurdes, dont le nombre varie entre 25 et 35 millions selon les sources, vivent donc sur un territoire éclaté d'un demi-million de km2, à cheval sur quatre pays. De 12 à 15 millions de Kurdes sont établis en Turquie, environ 6 millions en Iran, 5 à 6 millions en Irak et plus de 2 millions en Syrie. La création d'un Kurdistan indépendant unifié, tel que le revendiquent les Kurdes, impliquerait de redessiner les frontières de ces quatre pays, ce qu'aucune des capitales concernées n'envisage.

 

 

 

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Parce qu'il risque de déstabiliser un peu plus la région

 

La Turquie redoute que l'avènement d'un Kurdistan indépendant, même hors de son territoire, n'attise la cause séparatiste kurde sur son sol. Depuis 1984, le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) mène une insurrection dans le sud-est du pays. La rébellion kurde dispose d'ailleurs de bases arrière dans le nord de l'Irak, non loin de la frontière turque. Le conflit, réprimé dans le sang par Ankara, a fait plus de 40 000 morts en trois décennies.

 

 

Le terreau est également fertile dans les trois autres pays. En Iran, des rebelles kurdes affrontent épisodiquement les forces de sécurité iraniennes. En Irak, les Kurdes ont été persécutés sous Saddam Hussein et se sont soulevés en 1991 après la défaite de Bagdad au Koweït, instaurant une autonomie de fait, légalisée par la Constitution irakienne en 2005. Enfin en Syrie, les Kurdes ont souffert de décennies de marginalisation de la part du régime Al-Assad. A partir de 2011, ils ont profité du chaos généré par la guerre pour installer une administration autonome dans les régions du nord du pays.

 

 

Les pays occidentaux et les Nations unies sont eux aussi hostiles au projet d'indépendance, qu'ils jugent dangereusement déstabilisant pour la région. Jeudi 21 septembre, à quatre jours du référendum, le Conseil de sécurité de l'ONU a ainsi exprimé "sa préoccupation face à l'impact potentiellement déstabilisateur du projet". Israël, pourtant très proche allié des Etats-Unis, est le seul pays à s'être prononcé publiquement pour un Etat kurde indépendant. Au nom des bonnes relations entre Kurdes et Israéliens, et, selon des experts, dans l'espoir d'endiguer l'influence de l'Iran et de l'islam radical.



29/09/2017
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