L'AIR DU TEMPS

L'AIR DU TEMPS

ENVIRONNEMENT et climat

Pourra-t-on empêcher que la planète ne se réchauffe trop ? Encore un pari de plus pour vivre mieux et surtout économiser notre environnement si précieux. Là, on part pour le futur...


Franceinfo - le dimanche 10 décembre 2017

 

 

Tempête Ana : vent, pluie, vagues, neige... Météo France annonce "une conjonc- tion de phénomènes assez rare" pour la journée de lundi

 

Au total, 32 départements français sont placés en vigilance orange par Météo France, pour des risques d'intempérie. Décryptage de la tempête Ana avec un prévisionniste de l'institut météorologique

 

 

La France va connaître un lundi difficile sur le front des intempéries. Pas moins de 32 départements sont placés en vigilance orange par Météo France, dimanche 10 décembre, pour des risques de vents forts, de pluie, d'inondations mais aussi d'avalanches et de fortes vagues. Franceinfo fait le point sur la situation avec Patrick Gallois, prévisionniste à Météo France.

 

 

>> Pluie, inondations, vent, avalanches... L'alerte orange étendue à 32 départements par Météo France

 

 

 

 

Franceinfo : De forts vents sont observés dès ce dimanche, en raison de la tempête Xanthos. Quelle est la situation ?

 

 

Patrick Gallois : Cette tempête circule sur le sud de la mer du Nord et a affecté notamment les Hauts-de-France, avec des rafales qui ont largement dépassé les 100 km/h en bord de mer et parfois même à l'intérieur des terres. Cet après-midi, nous avons relevé 102 km/h à Lille (Nord) et 132 km/h à Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais), ce qui n'était pas arrivé depuis vingt-quatre ans pour un mois de décembre.

 

 

 

 

Une autre tempête, Ana, est en train de se former...

 

Le flux rapide sur l'Atlantique est comme un torrent qui descend d'une montagne : des tourbillons se creusent. En ce moment, la situation est propice à des creusements dépressionnaires intenses et rapides. Nous avons un flux, le courant-jet – un vent très fort en altitude – qui pilote une nouvelle dépression sur l'Atlantique proche, laquelle va rapidement arriver près des côtes françaises, avec un risque de tempête à la fin de la nuit de dimanche à lundi. Cette tempête, ou ce fort coup de vent, va ensuite rentrer à l'intérieur des terres, notamment vers le Centre, le Massif central et du côté du Lyonnais. Mais ce phénomène peut se produire deux à quatre fois par saison hivernale et n'est donc pas exceptionnel.

 

 

 

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Un cycliste affronte le brouillard sur le Pont de pierre de Bordeaux (Gironde), le 6 décembre 2017. (NICOLAS TUCAT / AFP)

 

 

 

Quelles seront les conséquences en France ?

 

A la fin de la nuit, cela va souffler fort du côté des côtes charentaises et girondines, avec des rafales pouvant atteindre 130 km/h. Les vents forts vont ensuite toucher le Centre, le sud de la région Centre et les départements du côté de l'Auvergne et de Rhône-Alpes.

 

 

 

Nous n'avons pas souvenir d'avoir eu autant de phénomènes à traiter sur une seule journée.

Patrick Gallois

à franceinfo

 

 

 

Météo France place également de nombreux départements en vigilance vagues-submersion...

 

 

Le vent et les vagues sont des phénomènes liés. Cela concernera le littoral sud Atlantique, notamment la Gironde et les Landes. Au moment du passage de la dépression, il va y avoir une surcote, c'est-à-dire une élévation globale du niveau de la mer qui pourra atteindre un mètre, demain matin. Cela s'ajoute aux vagues, qui peuvent atteindre des hauteurs de six à huit mètres sur les côtes sud de l'Atlantique.

La vigilance vagues-submersion concerne également une bonne partie des côtes méditerranéennes. Là aussi, on peut avoir des risques de submersion côtière par endroit. Cela concerne tous les départements entre l'Hérault et les Alpes-Maritimes ainsi que la Corse-du-Sud.

 

 

 

D'autres phénomènes entrent en jeu ?

 

 

Oui, nous avons également de fortes pluies dans la partie Sud-Est : Alpes-de-Hautes-Provences, Alpes-Maritimes et Var, mais aussi les Hautes-Alpes. Ces précipitations sont liées au flux de Sud qui s'humidifie en Méditerranée et vient se déverser sous forme de fortes précipitations sur la partie Provence-Côte d'Azur. Il va également beaucoup neiger en haute altitude. La neige et le vent vont générer des risques d'avalanches importants sur tous les départements alpins.

 

 

Enfin, au nord de la dépression, de l'air froid sera rabattu en flux de nord-est. Le Nord et le Pas-de-Calais vont connaître demain des chutes de neige, de cinq à dix centimètres au sol. La conjonction de ces différentes vigilances – pluie, neige, avalanches, vent et vagues-submersion – est quand même assez rare.

 


11/12/2017
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Franceinfo - le vendredi 17 novembre 2017

 

 

Comment l'humanité a sauvé la couche d'ozone (et pourquoi on devrait s'en inspirer pour le climat)

 

Alors que s'achève la COP23 à Bonn, les scientifiques s'alarment du manque d'initiatives pour lutter contre les gaz à effet de serre, responsables du réchauffement climatique. Pourtant, il y a trente ans, c'est lors d'une conférence comme celle-ci que politiques et scientifiques ont sauvé la couche d'ozone d'une disparition attendue

 

 

"Tirer la sonnette d'alarme", "marteler", "prévenir"... En 2017, c'est aussi cela, le job de scientifique. Surtout quand il étudie le réchauffement climatique. Lundi 13 novembre, plus de 15 000 chercheurs, issus de 182 pays, ont ainsi signé une tribune demandant d'agir en urgence pour enrayer le phénomène. Ils y dressent un rapide bilan de ce qui a été fait pour sauver la planète depuis la publication d'un "premier avertissement", il y a vingt-cinq ans. 

 

 

 

Depuis 1992, à l'exception de la stabilisation de la couche d'ozone stratosphérique, l'humanité n'a pas réussi à faire des progrès suffisants dans la résolution générale de ces défis environnementaux prévus et (...) la plupart d'entre eux deviennent bien pires.

Tribune de 15 000 scientifiques pour le climat

 

 

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Démoralisante, cette phrase convoque un lointain souvenir : celui d'un monde terrifié à l'idée de finir carbonisé par les rayons ultraviolets du soleil, en raison du trou de la taille d'un continent dans notre couche d'ozone. Et qui a réagi. Selon la Nasa, ce dernier est bien parti pour se résorber totalement d'ici 2030-2050 (lien en anglais). L'occasion de revenir sur la façon dont scientifiques, politiques et industriels ont sauvé le monde une première fois. Qui sait, peut-être en sont-ils toujours capables ?

 

 

 

 

"L'industrie chimique a rapidement été alertée"

 

Quand la présidente de la Commission internationale sur l’ozone, Sophie Godin-Beekmann, démarre sa carrière de scientifique, à la toute fin des années 80, l'humanité vient de prendre conscience de l'ampleur des dégâts causés sur la couche d'ozone par les gaz CFC (ou chlorofluorocarbures). Elle se souvient d'une terrifiante conférence lors de laquelle un chercheur avait présenté l'ampleur de la diminution d'ozone à l'échelle planétaire. "Il s'agissait d'un signal tellement fort que nous étions tous très, très inquiets", se rappelle-t-elle.

 

 

 

L'homme qui tire la sonnette d'alarme s'appelle Paul Crutzen. Le Néerlandais fait partie de ces quelques chercheurs qui, au début des années 70, ont évoqué publiquement la détérioration de la couche d'ozone sous l'effet des CFC. Et ce, à une époque où les gouvernements envisageaient de développer des flottes d'avions supersoniques – tel le Concorde – dévastateurs pour la couche d'ozone... 

 

 

 

Une fabrique d'aérosols, à Saint-Pétersbourg (actuelle Russie), en 1976. 
Une fabrique d'aérosols, à Saint-Pétersbourg (actuelle Russie), en 1976.  (V. NIKITIN / RIA NOVOSTI / AFP)

 

 

 

"Jusqu'au milieu des années 70, on considère que les CFC sont des composés très sûrs au niveau du process industriel", relève la spécialiste, directrice de recherche au CNRS. Leur utilisation est très developpée. On en trouve à la fois dans les aérosols et les réfrigérateurs. Les accusations des chercheurs, qui se basent sur des "modèles rudimentaires" et non des preuves tangibles, embarrassent donc l'industrie chimique. Cette dernière se défend en arguant que le secteur pèse quelques centaines de milliers d'emplois et plusieurs milliards de dollars, rappellent les auteurs de Protecting the Ozone Layer : The United Nations History. 

 

 

 

Dès 1975, la mauvaise réputation de ce composé provoque toutefois la chute des ventes d'aérosols aux Etats-Unis. L'entreprise SC Johnson fait même le pari de se débarrasser des CFC. Au Canada comme en Scandinavie, on discute de la pertinence de ce composant. "L'industrie chimique a rapidement été alertée des soupçons qui pesaient sur le CFC et a alors commencé à travailler sur des substituts", poursuit la spécialiste.

 

 

 

L'industrie a choisi d'accompagner les scientifiques. Elle a notamment payé des instruments de mesures et a suivi l'avancée des travaux dans ce domaine. Moi-même, j'ai utilisé un laser financé par le CMA, l'association de l'industrie chimique.

Sophie Godin-Beekmann

à franceinfo

 

 

Pour les industriels, il s'agit alors de garder la main sur le secteur en développant de nouveaux produits et "leurs propres modèles scientifiques""Ils voulaient anticiper et comprendre ce qu'il se passait", souligne encore la chercheuse. 

 

 

 

"Le monde a compris qu'on mettait l'espèce humaine en danger"

 

Le débat bascule à partir de 1985, avec la publication d'un article du scientifique Joseph Farman, puis deux ans plus tard, avec les premières campagnes de mesures réalisées dans l'Antarctique. La science rapporte enfin la preuve de l'implication des CFC dans la diminution de la couche d'ozone. Elle tranche les théories discutées entre experts en établissant un lien entre quantité de chlore dans l'atmosphère et diminution de l'ozone. En août et en septembre 1987, un avion effectue deux vols à 17 km au-dessus de l'Antarctique et révèle avec précision l'ampleur du trou dans la couche d'ozone.

 

 

Ces images, fournies par la Nasa, montrent le trou de la couche d'ozone en 1979, 1989, 2006 et 2010. 
Ces images, fournies par la Nasa, montrent le trou de la couche d'ozone en 1979, 1989, 2006 et 2010.  (AP / SIPA)

 

 

 

Quand bien même certains, comme le très populaire vulcanologue Haroun Tazieff, martèlent à tort que les données scientifiques ne permettent pas d'incriminer l'homme, ces nouvelles images entraînent la sensibilisation express du grand public. "Elles ont frappé les esprits", note la scientifique.

 

 

 

La couche d'ozone, c'est quand même le seul filtre qui nous protège des rayonnements ultraviolets. Tout le monde a compris que si on l'endommageait, on mettait directement en danger l'espèce humaine.

Sophie Godin-Beekmann

à franceinfo

 

Un protocole ratifié par tout le monde

 

La même année, en mars, une première conférence intergouvernementale se penche sur le problème et se solde par la ratification d'un traité, toujours en œuvre aujourd'hui : le protocole de Montréal. "Au départ, il ne permet pas d'éliminer les CFC", précise la directrice de recherche. En effet, le texte instaure "une baisse de la production des CFC de 30% et le principe d'une révision de ces objectifs tous les quatre ans, afin de faire évoluer les règles en fonctions de nos connaissances." Surtout, il met en mouvement "un cercle vertueux".

 

 

Les différentes disciplines des sciences du climat ont commencé à travailler ensemble – les modélisateurs, les observateurs, les gens qui étudient les constantes de réactions chimiques – dans des programmes scientifiques internationaux.

Sophie Godin-Beekmann

à franceinfo

 

"Ils ont produit des rapports détaillés qui ont permis aux politiques de disposer des informations nécessaires pour décider de revoir encore à la baisse la production des CFC". Le composant finit par être banni en 1996 dans les pays développés et en 2010 dans les pays en voie de développement.

 

 

 

C'est l'autre point positif du protocole, souligne la chercheuse. "Les pays développés, à l'origine de cette pollution, ont subi des règles plus contraignantes. Et les pays en voie de développement, dont la Chine faisait partie, ont bénéficié de transferts de technologies, notamment sur les produits de substitution", explique-t-elle. "Cela a accéleré la ratification du protocole par la plupart des pays. Il est l'un des rares protocoles environnementaux ratifiés de manière universelle." 

 

 

 

Un problème "plus simple" que le réchauffement

 

Comment expliquer que la planète ait pris à bras-le-corps le problème du trou de la couche d'ozone alors qu'il apparaît aujourd'hui si compliqué d'agir contre le dérèglement climatique ? D'abord, parce que "les composants incriminés avaient été identifiés". "Les industriels avaient déjà dans leurs cartons des substituts possibles quand il a fallu faire baisser les émissions. Pour eux, abandonner les CFC ne nécessitait pas de changer tout le process industriel : il s'agissait de le remplacer par des gaz qui sont assez proches. Cela paraissait faisable", relève Sophie Godin-Beekmann. 

 

 

Repenser notre façon de produire l'énergie à l'échelle planétaire semble plus complexe. Plus abstrait aussi pour le grand public, qui ne doit pas seulement jeter son frigo ou arrêter de vaporiser de la laque.  

 

 

Un vieux frigo dans la rue porte une inscription indiquant que le CFC a été retiré, le 23 juillet 2010, à New York (Etats-Unis). 
Un vieux frigo dans la rue porte une inscription indiquant que le CFC a été retiré, le 23 juillet 2010, à New York (Etats-Unis).  (RICHARD B. LEVINE / NEWSCOM / SIPA)

 

 

Par ailleurs, sur le plan de l'action politique, "compte tenu de la situation de l'époque, marquée par la domination écrasante des Etats-Unis, il y avait beaucoup moins d'acteurs dans le jeu qu'aujourd'hui". Et la chercheuse de résumer :

 

 

Moins d'acteurs politiques, moins d'acteurs économiques, une seule sorte d'industrie concernée avec une certaine gamme de produits, un coupable identifié, des images fortes... En fait, le problème était beaucoup plus simple que ce que nous connaissons avec le réchaufffement climatique.

Sophie Godin-Beekmann

à franceinfo

 

 

Et le monde de 2017 n'est plus celui de 1987. "Le fait qu'un président comme Donald Trump soit capable de dire que son pays ne fera rien et que ce que dit la communauté scientifique est faux, c'est quelque chose qui n'aurait pas été imaginable dans les années 80", estime Sophie-Godin Beekmann. Aujourd'hui, la parole du scientifique sur le réchauffement climatique est difficilement audible. "Les gens peinent à discerner le vrai du faux. (...) Par ailleurs, nous vivons dans un monde où les lobbys sont très importants. Aujourd'hui, on a l'impression que les Etats ont beaucoup moins de pouvoir par rapport à des industriels puissants", relève Sophie Godin-Beekmann.

 

 

Une bombe aérosol contenant du CFC (image d'illustration). 
Une bombe aérosol contenant du CFC (image d'illustration).  (VIDAL / ISOPRESS / SIPA)

 

 

Signataire de la tribune publiée lundi, la scientifique pense pourtant que tout espoir n'est pas perdu. La lutte contre le réchauffement climatique "bénéficie à tous et il faut insister sur ce discours positif afin que les citoyens réalisent qu'il faut agir", estime-t-elle, en soulignant que la pression citoyenne peut faire avancer le politique et transformer l'accord de Paris signé en 2015 en un texte aussi décisif que le protocole de Montréal. Pour le moment, on est encore loin du compte. 

 


23/11/2017
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Franceinfo - le samedi 18 novembre 2017

 

 

Climat : ce qu'il faut retenir de la COP23, la conférence de l'ONU qui vient de s'achever en Allemagne

 

 

Beaucoup de discussions, peu d'actions, mais pas mal de bonne volonté... A l'issue de la COP23, les pays se sont engagés à discuter tout au long de l'année pour permettre de définir, dès 2018, les règles permettant l'application par tous de l'accord de Paris

 

 

Rendez-vous l'année prochaine, à Katowice, en Pologne. A l'issue de la 23e conférence climat de l'ONU, la COP23, les délégués de près de 200 pays se sont séparés, samedi 18 novembre, au petit matin au terme de deux semaines de négociation. 

 

 

Voici les principaux enseignements de cette conférence organisée à Bonn (Allemagne) par les îles Fidji, et au cours de laquelle de nombreux acteurs ont souligné l'urgence à agir contre les émissions de gaz à effet de serre, principal responsable du réchauffement climatique. 

 

 

 

Les Etats avancent, mais trop lentement

 

L’ancienne négociatrice en chef de la France, Laurence Tubiana, a vu durant cette COP "les coalitions se structurer de plus en plus", rapporte Le Monde. Un diplomate européen cité par l'AFP qui a préféré rester anonyme est encore plus sévère : "Je n'ai jamais vu une COP avec un taux d'adrénaline aussi bas", a-t-il confié. Car depuis l'accord de Paris en 2015, les conférences climat de l'ONU se sont concentrées sur l'élaboration d'un manuel d'application de ce traité, qui entre en vigueur en 2020 et doit permettre de stabiliser, puis réduire les émissions de gaz à effet de serre.

 

 

Un volet indispensable mais technique, qui souffre du caractère bureaucratique du processus, jugé bien trop lent face à l'urgence de la situation. "Ce qui est en jeu, c'est la pertinence du processus de COP. Nous ne pouvons pas prendre le risque de devenir de moins en moins pertinents à chaque conférence", s'est même inquiété le chef de la délégation nicaraguayenne, déplorant la lenteur des pourparlers.

 

 

Car les négociations sont aussi à la traîne par rapport aux actions menées par les villes, les régions et les entreprises."Pour la première fois dans l'histoire des COP, le cœur de l'action n'était pas dans la zone des négociations, mais dans la zone 'verte' [consacrée aux actions] : ce ne sont pas les négociations qui ont été au centre du jeu, mais les actions des acteurs non-étatiques", note David Levaï, de l'Institut des relations internationales (Iddri).

 

 

 

Aucun pays ne prend le leadership

 

Depuis que les Etats-Unis ont quitté le navire en juin, date à laquelle Donald Trump a annoncé la sortie de l'accord de Paris, le siège de leader est resté vide. Y compris à Bonn où, selon Jennifer Morgan, directrice exécutive de Greenpeace International, citée par Le Temps, "aucun pays développé ne peut actuellement prétendre au leadership dans la lutte contre les changements climatiques".

 

 

 

 

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Le charbon bientôt abandonné

 

C'est l'une des rares annonce concrète de cette COP : le lancement de l'"alliance" pour la sortie du charbon, le 16 novembre, à l'initiative du Royaume-Uni et du Canada. Parmi ses membres, cette alliance compte l’Angola, la Belgique, la Finlande, la France, l’Italie, les îles Marshall, le Portugal, le Salvador, mais aussi plusieurs Etats américains et provinces canadiennes. Tous se sont engagés à éliminer progressivement leurs centrales au charbon.

 

 

Mais les membres de cette alliance ne représentent qu’une faible part de la production et de la consommation charbonnière mondiale, concentrée en Chine, en Inde et en Asie du Sud-Est, ce qui limite la portée de cette annonce. Sur le plan symbolique, l'alliance a le mérite d'isoler Donald Trump, contesté dans son propre pays par des acteurs non-étatiques dans sa décision de continuer la production d'énergies fossiles. Rappelons que les Etats-Unis sont le deuxième émetteur mondial de gaz à effet de serre. 

 

 

 

Les frictions demeurent

 

Dès la première semaine de négociations, les divisions entre pays développés et pays en développement ont ressurgi, notamment autour des promesses financières des nations industrialisées, rapporte Le Monde (article réservé aux abonnés). "Alors que l’année 2017 a été marquée par des événements climatiques exceptionnels, il n’y a pas eu d’avancées concrètes pour aider les populations les plus vulnérables à faire face aux impacts du changement climatique", a déploré Armelle Le Comte, membre de la délégation de l’ONG Oxfam, citée par Reporterre

 

 

"Les pays développés sont arrivés les mains vides", a-t-elle relevé, rappelant que, si l’accord de Paris prévoit que les "financements climat" s’élèvent à 100 milliards de dollars par an en 2020 (près de 85 milliards d'euros), nous sommes encore loin du compte. Or "si les pays développés ne tiennent pas leurs engagements financiers, les pays en développement refuseront de faire plus d’efforts", analyse le site spécialisé. Seule l'Allemagne s'est engagée à verser 50 millions d'euros dans le fonds d'adaptation et 50 millions dans le fonds pour les pays les moins avancés.

 

 

Ces sommes sont loin de satisfaire les Etats les plus directement menacés par le réchauffement climatiques (exposés aux cyclones, à la montée des eaux ou aux épisodes de sécheresse.) Ils attendent en effet des fonds pour s'adapter, mais aussi pour compenser les pertes qu'ils subissent déjà en raison des aléas climatiques. Or, la présidence des îles Fidji n'a pas permis de donner la priorité à cette question, pourtant vitale pour l'île. 

 

 

 

 "Il faut agir"

 

Les aléas climatiques, Timoci Naulusala les connaît bien. Le petit Fidjien de 12 ans, appelé à s'exprimer à la tribune mercredi 15 novembre, a ému l'assemblée en décrivant les effets du cyclone Winston, lequel a détruit son île en 2016 : "Ma maison, mon école, ma source de nourriture, d'eau, d'argent, ont été détruites. Ma vie était un chaos. Je me suis demandé : 'Que se passe-t-il ? Que vais-je faire ?'"

 

 

Appelant le monde à ouvrir les yeux sur le changement climatique, le garçon a appelé les leaders à privilégier l'environnement à l'économie. "Mesdames et messieurs, les discours et les discussions ne régleront pas le problème. Pour être efficace, il faut agir", a-t-il déclaré, suscitant les applaudissement.

 

 

 

Le dialogue reste au cœur du processus

 

Le jeune Timoci Naulusala a demandé de l'action. Mais à l'issue de cette COP, les négociateurs se sont quittés en promettant de nouvelles discussions. Car la principale avancée de cette COP est l'instauration d'un processus de "dialogue de Talanoa",  selon le terme fidjien signifiant 'parler avec le cœur'). La tenue de cette années de "dialogue", doit permettre aux Etats de dresser, fin 2018, un bilan collectif de leurs émissions de gaz à effet de serre. Ce dialogue devra être "constructif et tourné vers les solutions" et ne viser personne, prévient la décision adoptée.

 

 

L'idée est d'encourager et aider les pays à revoir leurs engagements, à ce stade insuffisants pour permettre au monde de rester bien en deça de 2°C de réchauffement comme le stipule l'accord de Paris de 2015. 

 

 

Parallèlement aux négociations, les mois à venir seront jalonnés d'événements destinés à partager les expériences et informer les pays. A commencer par un sommet organisé le 12 décembre à Paris pour tenter d'avancer sur les financements. Un "sommet de l'action climatique mondiale" réunira à San Francisco en septembre 2018 villes, scientifiques, citoyens, entreprises... Bref, "on aura beaucoup de travail en 2018", a admis une négociatrice européenne.

 


20/11/2017
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Franceinfo - le samedi 18 novembre 2017

 

 

Cancers multiples, maladies rares, diabète chez les enfants... : que se passe-t-il dans le Golfe de Fos ?

 

 

Edité par Cécile MimautGéraldine HallotRadio France

Dans le Golfe de Fos, près de Marseille, le taux de cancer est deux fois plus élevé qu'ailleurs en France. "Samedi investigation" a mené l'enquête dans cette zone extrêmement industrialisée pour tenter de comprendre

 

 

"Samedi investigation" s'intéresse le 18 novembre à la santé des habitants de Fos-sur-Mer, de Port-Saint-Louis-du-Rhône ou encore de Port-de-Bouc dans le Golfe de Fos. Ce secteur extrêmement industrialisé fait partie du grand port maritime de Marseille. Le taux de cancer y est deux fois plus élevé qu'ailleurs en France et les cas de diabète et d'asthme se multiplient. Pourquoi les habitants de cette zone en particulier déclarent-ils autant de maladies ? franceinfo a enquêté.

 

 

 

Cancers multiples et maladies auto-immunes

 

Comment ne pas être frappé par cette famille où la mère a eu deux cancers et le père est mort d'une maladie cardiaque ? Comment ne pas écarquiller les yeux dans cette rue de Fos où l'on a dénombré jusqu'à neuf personnes souffrant de sclérose en plaques ? Comment ne pas être étonné quand Sylvie se définit elle-même comme "un nid à cancer". Cette femme de 54 ans a commencé à être malade dès l’âge de 38 ans, et ça ne s’est jamais arrêté depuis. "J’ai commencé par avoir une maladie cardio-vasculaires. J’ai enchaîné sur un cancer de l’ovaire. Ensuite, j’ai développé un diabète. S’en est suivi un cancer de la thyroïde et là j’ai un cancer du sein", énumère-t-elle.

 

 

 

J’ai commencé à être malade à 38 ans, aujourd’hui j’en ai 54

Sylvie, habitante de Fos-sur-Mer, atteinte de trois cancers

à franceinfo

 

 

Et cette femme est loin d’être un cas isolé, dans les communes du Golfe de Fos-sur-Mer. Les médecins généralistes constatent en effet que leurs patients développent de multiples pathologies. Depuis que Vincent Besin est installé à Port-Saint-Louis avec son épouse, médecin elle-aussi, toutes les maladies rares se sont données rendez-vous dans leur salle d’attente, explique-t-il. "On s’est d’abord demandé pourquoi les gens étaient dans cet état-là. On a d’abord incriminé des postes de travail difficiles. Mais quand on s’adresse à la population d’enfants ou à la population des femmes qui ne travaillent pas, ça ne fonctionne pas du tout", confie le médecin.

 

 

 

On a été bouleversé par la situation sanitaire des enfants en matière de diabète de type 1, d’asthme et de maladies auto-immunes, et on s’est dit qu’il y avait quelque chose dans le milieu ambiant qui était responsable de ça.

Vincent Besin, médecin à Port-Saint-Louis

à franceinfo

 

 

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Fos-sur-Mer, en septembre 2006 (Illutsration). (MAXPPP)

 

Forte présomption de lien avec la pollution de l'air

 

Dans l'air que ces gens respirent, on trouve beaucoup de fumées, parce qu’il y a beaucoup d'usines. L'ouest de l'étang de Berre est l'une des plus grandes zones industrielles d'Europe. Près de 200 entreprises, représentant 40 000 emplois, y sont installées. Et on parle là d'industrie lourde : raffineries, dépôts pétroliers, métallurgie, sidérurgie. Donc forcément il y a les rejets qui vont avec : métaux lourds, dioxyde d'azote, particules ferreuses, etc.

 

 

Le lien entre ces substances et les maladies des habitants, a fait l’objet de nombreuses études dans le passé. En 2010, l'Institut de veille sanitaire relevait un excès d'hospitalisations pour des maladies cardiovasculaires et pour des leucémies aiguës. Mais l'étude qui a mis le feu aux poudres a été publiée début 2017. Elle s'appelle Fos Epseal. Financée par l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, elle révèle qu’à Fos et Port-Saint-Louis, les habitants ont deux fois plus de cancers, de diabète ou d'asthme qu'ailleurs en France. La chercheuse Yolaine Ferrier a co-réalisé cette vaste enquête. Elle explique que la pollution industrielle est probablement l'un des facteurs déclenchant de ces maladies : "L’étude ne fait pas un lien direct entre les maladies et la pollution industrielle. Par contre, elle établit une forte présomption de ce lien."

 

 

 

Des particules hors des radars de contrôle

 

Des mesures et des analyses de l'air sont pourtant réalisées dans la région du Golfe de Fos par Air Paca, organisme financé par l'Etat, les collectivités locales et les industriels. Mais le problème c'est que ces relevés ne détectent rien d’anormal la majeure partie du temps. Du coup, des scientifiques du coin et certains habitants aussi ont créé un institut éco citoyen en 2010. Parce qu'ils n'avaient pas confiance dans les données officielles, ils ont lancé leurs propres campagnes de mesures de la qualité de l'air. Et les résultats ont été stupéfiants, explique le chimiste Philippe Chamaret, qui dirige cet institut. "La première campagne de mesure de la composition de l’air a montré que l’air était composé à 80 % de particules ultrafines, et d’autre part que la composition chimique des polluants de l’air à Fos-Sur-Mer était extrêmement complexe", révèle le chimiste.

 

 

Ces particules ultra-fines dans l’air se révèlent particulièrement dangereuses pour la santé des habitants, car plus une particule est fine, plus elle pénètre à l'intérieur de notre organisme. Une particule de gros diamètre s'arrête au niveau du nez ou de la bouche. Une particule fine va jusqu’aux bronches. Une particule ultrafine descend, quant à elle, jusqu’aux poumons. Si Air Paca ne les mesurait pas, c’est parce que la réglementation européenne, qui fait foi en matière d'environnement, n'impose pas aux Etats de mesurer les particules ultrafines. Nous sommes donc allé voir le directeur d'Air Paca, Dominique Robin, pour lui demander s'il fallait changer la législation. Et il a fini par reconnaître qu'il fallait la faire évoluer.

 

 

 

On sait que le standard de 10 ou 2,5 microns, qui correspond à la taille des particules qui vont plus ou moins pénétrer dans le poumon, est un standard qui est un peu grossier encore.

Dominique Robin, directeur d'Air Paca

à franceinfo  

 

 

"Vraiment, pour répondre à l’impact des plans d’action mais aussi mieux protéger la population, il faudrait passer à moins de un micron. Et donc ces particules fines ou très fines sont un enjeu", reconnaît-il.  

 

Une industrie qui nourrit aussi la population locale

 

Voilà  pourquoi, officiellement, tout va bien dans l'air du Golfe de Fos. Mais les habitants ont-ils conscience que la pollution de l'air est sous-estimée ? Difficile de le savoir. Ce qui est palpable en revanche, c’est la mansuétude de nombreux habitants du Golfe de Fos envers les industriels. Dans toutes les familles, il y a un parent plus ou moins proche qui travaille à l'usine, entraînant comme une forme de déni, selon Gérard Casanova, qui préside l'association de défense de l’environnement Au fil du Rhône. "Très clairement, il y a beaucoup d’emplois et d’emplois induits. Il y a tout un développement des cités qui s’est organisé autour de cet aménageur principal et on a du mal à imaginer un développement qui soit différent. Et donc, forcément on est un peu coincé", admet-il.  

 

 

 

On a beaucoup de mal à imaginer qu’on puisse recevoir du mal de ceux qui nous ont donné à manger. 

Gérard Casanova, président l'association Au fil du Rhône

à franceinfo

 

 

Le résultat c'est qu'aucun malade n'envisage de lancer une action en justice contre les industriels, contrairement à ce qu'on a vu avec le glyphosate ou l'amiante. Dans le Golfe de Fos, il y a une forme de résignation et de fatalisme, pour l'instant du moins.

 

 

 

Ce qui différencie le mode de vie et la vie quotidienne de ces habitants par rapport à la moyenne des habitants en France, c’est justement leur proximité, depuis plusieurs décennies, avec la zone industrielle  

Yolaine Ferrier, chercheuse et co-auteur de l’étude Fos Epseal

à franceinfo


20/11/2017
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Franceinfo - le lundi 6 novembre 2017

 

 

COP 23 : sept batailles que l'humanité a déjà perdues face au réchauffement climatique

 

Gaz à effets de serre, températures record, banquise qui fond de plus en plus... Franceinfo vous explique pourquoi le dérèglement climatique n'est plus une menace pour les générations futures mais une réalité pour la nôtre

 

 

 

La 23e conférence des parties sur le climat, la COP 23, s'ouvre à Bonn (Allemagne), lundi 6 novembre. Pendant deux semaines, elle doit engager 196 pays dans une lutte concrète contre les émissions de gaz à effet de serre, responsables du réchauffement climatique. Pour empêcher une hausse des températures globales supérieure à 2°C par rapport au début de l'ère industrielle, il va falloir revoir de fond en comble nos façons de nous chauffer, de nous éclairer ou encore de nous déplacer.

 

 

Le chantier est énorme, mais les dangers qui nous menacent le sont davantage. Famine, déplacements de populations, crises économiques, extinctions massives d'espèces, déstabilisations géopolitiques, guerres... Si rien n'est fait, l'avenir promet d'être sombre pour l'espèce humaine. Quant au présent, il n'est pas plus réjouissant alors que nous payons déjà le prix de décennies de procrastinations. Vous en doutez ? Franceinfo vous apporte la preuve par 7 qu'il est temps de paniquer.

 

 

 

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1 - Il faudrait déjà que les émissions de CO2 soient en baisse

 

On le sait depuis longtemps, les concentrations de dioxyde de carbone (CO2) dans l'atmosphère sont responsables du réchauffement climatique. Or, ce taux n'a fait qu'augmenter depuis le XIXe siècle : d'environ 275 ppm (partie par million) avant la révolution industrielle, il est passé à 340 ppm en 1980 avant d'atteindre son record en 2016 avec 403 ppmPour le groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec), si l'on souhaite contenir la hausse des températures moyennes du globe à moins de 2°C d'ici à 2100, il faut impérativement empêcher la concentration de CO2 d'excéder 450 ppm. Mais d'autres estiment que la limite doit être fixée bien plus bas, à 350 ppm.

 

 

Problème : nous ne sommes même pas encore parvenus à stabiliser ce taux alors qu'il est urgent d'inverser la courbe des émissions de gaz à effet de serre. Selon un article publié en juin dans la revue Nature (en anglais), il faut absolument inverser cette tendance dès 2020, sans quoi il sera trop tard. Oui, c'est dans trois ans. TROIS ANS !

 

 

 

 

2 - Les canicules extrêmes sont passées du stade de menace à réalité

 

 

La température moyenne du globe a augmenté d'environ 1°C depuis la révolution industrielle. Vous trouvez cela insignifiant ? Détrompez-vous. C'est énorme. Cette moyenne globale cache des situations différentes d'une région à l'autre et parfois terrifiantes. Par exemple, en novembre 2016, le pôle Nord a connu un pic de chaleur, avec une température supérieure de 20°C par rapport aux normales saisonnières (-5°C au lieu de -25°C). 

 

 

 

L'été suivant, une canicule a fait griller 11 pays du sud et de l'est de l'Europe – torride, elle a été baptisée "Lucifer" – avec des températures excédant les 40°C. Or, selon un rapport de l'ONG scientifique Climate Central, le dérèglement climatique a rendu dix fois plus probable la survenue d'un été aussi chaud dans les années qui viennent. D'ici à 2050, "Lucifer" sera donc la norme en Italie, en Croatie ou encore en Grèce. Si rien n'est fait, évidemment.

 

 

 

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3 - Dans l'océan Arctique, la banquise est de moins en moins grande

 

L'Arctique constitue la zone la plus sensible au réchauffement climatique. D'ailleurs, sous l'effet des températures de plus en plus élevées, la surface de la banquise se réduit chaque été jusqu'à ne représenter que 5 millions de km2 (contre 7 millions en 1980). Or, si c'est devenu la routine, une telle fonte n'avait jamais été observée avant 2007. Un record de seulement 3,39 millions de km2 de glace a même été atteint en 2012, rappelle CarbonBrief (en anglais). Le problème, c'est que lorsqu'il y a moins de glace pour renvoyer les rayons du soleil, la température de l'océan grimpe plus vite et la glace fond davantage encore.

 

 

Pour de nombreux scientifiques, le point de non-retour est déjà atteint. Si les températures globales augmentent de plus de 2°C, la banquise n'aurait plus que 60% de chances de survie en été. L'hiver n'est pas plus rassurant. En mars 2017, la superficie de la glace hivernale dans l'océan Arctique n'avait jamais été si basse depuis le début des observations satellite en 1979, et ce pour la troisième année consécutive. L'ambiance y est si chaude qu'en novembre 2016, à l'heure où la glace devait se constituer, elle s'est brièvement mise à fondre.

 

 

 

 

4 - En Antarctique, il pleut au lieu de neiger

 

 

"Quand j'allais en Antarctique dans les années 1990, il ne pleuvait jamais. Aujourd'hui, il pleut régulièrement, au lieu de neiger." Le directeur de l'Institut antarctique argentin (IAA), cité par l'AFP, n'est pas le seul à s'inquiéter de cet aléa climatique dans la zone la plus froide de la planète. Selon une étude parue en juin dans Nature, si l’augmentation de la température globale des océans fait déjà fondre les glaces de la région plus rapidement, le courant El Niño participe également à l'accélération de ce phénomène.

 

 

 

D’après les chercheurs, une masse de glace d’une superficie de près de 770 000 km2, soit plus grande que la France, est en train de fondre à l'heure où vous lisez ces lignes. La pluie vient encore aggraver la situation alors que la calotte polaire fond déjà par-dessous (à cause de la température de plus en plus élevée de l'océan). Si cette calotte vient à se détacher, la fonte irréversible de ces glaces de l'ouest de l'Atlantique pourrait faire grimper le niveau de la mer de plus de 3 mètres, en quelques siècles.

 

 

 

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5 - La montée des eaux s'accélère

 

Un conseil : n'achetez pas de villa en bord de mer à Miami, aux Etats-Unis. A la fin octobre, trois études internationales publiées dans Environmental Research Letters et Nature ont estimé que la fonte des glaces provoquerait une élévation de 2 mètres du niveau des océans d'ici à 2100 (contre environ 1 mètre, selon les prévisions du Giec). Les résultats des travaux diffèrent sur l'ampleur de cette hausse à venir, mais tous tendent à confirmer que l'accélération de ce phénomène est déjà bien engagé. Fin octobre, la mairie de Boston, sur la côte est des Etats-Unis, a annoncé la construction d'infrastructures sensées protéger les quartiers menacés par la montée des eaux. Miami fait de même, tandis que New York se prépare à connaître environ tous les 5 ans des inondations semblables à celles générées par l'ouragan Sandy, à partir de 2030-2045 (contre tous les 500 ans auparavant).

 

 

Car une étude publiée en juin dans le journal Nature Climate Change notait que le niveau des océans augmentait chaque année de plus en plus vite : de 3,3 mm en 2014, contre 2,2 mm observés en 1993 et 1,7 au début du 20e siècle – notamment à cause de la fonte de la calotte polaire du Groenland. Et si les émissions de gaz à effet de serre se poursuivent à ce rythme, les prévisions les plus alarmistes évoquent une hausse du niveau de la mer de 30 cm par décennie (contre 30 cm par siècle actuellement). Or, une montée d'un mètre met déjà en danger 4,2 millions de personnes uniquement aux Etats-Unis, rapporte le New York Times (en anglais). Ailleurs, des mégalopoles comme Lagos, Shangaï ou Bombay seraient également sous l'eau.

 

 

 

 

6 - Les coraux du monde entier sont en train de mourir

 

 

Ces 30 dernières années, environ la moitié des coraux ont disparu, blanchis puis tués par l'effet conjugué de la pollution et du réchauffement de la température des océans. Et pas seulement sur la très célèbre Grande barrière de corail australienne. Les chercheurs de l'expédition Tara ont constaté un blanchissement massif des coraux sur l’ensemble du Pacifique : en Polynésie, il atteint 30 à 50% près de certaines îles Tuamotu. Près de 70% de la couverture corallienne a été affectée par ce phénomène dans les îles Pitcairn et 90% dans les îles Samoa... Là-bas, de nombreuses colonies coralliennes sont déjà mortes, tout comme en Micronésie, aux îles Tuvalu et Kiribati, rapporte The Conversation.

 

 

 

"Nous sommes désormais en présence d’un réchauffement global de l’océan auquel s’ajoutent des périodes estivales très chaudes, de moins en moins espacées d’année en année", s'est inquiété le directeur scientifique de la mission, Serge Planes. Même si le réchauffement s'arrêtait subitement, les spécialistes estiment que nous aurons perdu 90% des coraux de la planète d'ici à 2050. Sachant qu'une espèce marine sur quatre vit dans ces coraux (oui, y compris Nemo), cette perte est une catastrophe écologique autant qu'économique.

 

 

 

 

7 - Les catastrophes naturelles sont de plus en plus destructrices

 

 

Les climatologues avaient prédit que les phénomènes extrêmes seraient de plus en plus dévastateurs. L'année 2017 leur a donné raison. Si les canicules sont fréquentes en Inde, les fortes chaleurs ont frappé dès le mois d'avril, avec des températures excédant parfois les 40°C. Simultanément, la Somalie a vécu la pire sécheresse de son histoire. En août, la mousson a été particulièrement violente au Népal, au Bangladesh et en Inde, provoquant des inondations pendant plusieurs semaines. Quid des ouragans qui ont balayé l'Atlantique en août, septembre et octobre ? S'ils ne sont pas le fruit du réchauffement climatique, plusieurs études s'accordent à dire que ce dernier influence toutefois leurs déplacements, voire leur intensité. Or des phénomènes plus intenses entraînent plus de dégâts et menacent la vie de milliards de personnes à travers le monde, exposées aux éléments mais aussi à des famines ou à des destructions.

 


07/11/2017
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Franceinfo - le lundi 30 octobre 2017

 

 

Réchauffement climatique : il n'y a jamais eu autant de CO2 dans l'atmosphère, selon l'ONU

 

Selon l'Organisation météorologique mondiale, cette "montée en flèche" du niveau de CO2 est due à "la conjonction des activités humaines et d'un puissant épisode El Niño"

 

 

Les concentrations de dioxyde de carbone (CO2) dans l'atmosphère, responsables du réchauffement climatique, ont atteint un niveau record en 2016, annonce lundi 30 octobre, l'Organisation météorologique mondiale (OMM).  

 

 

"La dernière fois que la Terre a connu une teneur en CO2 comparable, c'était il y a 3 à 5 millions d'années : la température était de 2 à 3°C plus élevée et le niveau de la mer était supérieur de 10 à 20 mètres par rapport au niveau actuel", rappelle l'OMM dans son bulletin annuel sur les gaz à effet de serre.

 

 

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Le quartier de La Défense, à Paris, pris dans un nuage de pollution, le 14 octobre 2017.  (OLIVIER MORIN / AFP)

 

 

 

Vers "une hausse dangereuse de la température d'ici à la fin du siècle"

 

Selon l'OMM, cette "montée en flèche" du niveau de CO2 est due à "la conjonction des activités humaines et d'un puissant épisode El Niño", phénomène climatique qui apparaît tous les quatre ou cinq ans et se traduit par une hausse de la température de l'océan Pacifique, ce qui provoque des sécheresses et de fortes précipitations. "Alors qu'elle était de 400 parties par million (ppm) en 2015, la teneur de l'atmosphère en dioxyde de carbone (...) a atteint 403,3 ppm en 2016" et "représente désormais 145% de ce qu'elle était à l'époque pré-industrielle [avant 1750]", précise le rapport rendu public à Genève (Suisse), siège de l'OMM.

 

 

 

Les chercheurs se basent sur les carottes de glace pour déterminer les variations de la teneur en CO2 dans l'atmosphère au cours du temps. "Si l'on ne réduit pas rapidement les émissions de gaz à effet de serre, et notamment de CO2, nous allons au-devant d'une hausse dangereuse de la température d'ici à la fin du siècle, bien au-delà de la cible fixée dans l'accord de Paris sur le climat, avertit le secrétaire général de l'OMM, le Finlandais Petteri Taalas. Les générations à venir hériteront d'une planète nettement moins hospitalière."

 

 

 

"Il faut renverser la tendance"

 

Depuis l'ère industrielle, soit depuis 1750, la croissance démographique, la pratique d'une agriculture de plus en plus intensive, une plus grande utilisation des terres, la déforestation, l'industrialisation et l'exploitation des combustibles fossiles à des fins énergétiques provoquent une augmentation de la teneur atmosphérique en gaz à effet de serre, dont le principal est le CO2

 

 

"Le CO2 persiste dans l'atmosphère pendant des siècles et dans l'océan, encore plus longtemps. Selon les lois de la physique, la température sera nettement plus élevée et les phénomènes climatiques plus extrêmes à l'avenir. Or, nous n'avons pas de baguette magique pour faire disparaître cet excédent de CO2 atmosphérique", souligne Petteri Taalas. Pour Erik Solheim, chef de l'agence ONU-Environnement, "le temps presse". Et il ajoute : "Les chiffres ne mentent pas. Nos émissions continuent d'être trop élevées et il faut renverser la tendance (...) Nous disposons déjà de nombreuses solutions pour faire face à ce défi. Il ne manque que la volonté politique."

 


31/10/2017
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Franceinfo le vendredi 20 octobre 2017

 

 

La pollution a tué 9 millions de personnes dans le monde en 2015 selon un rapport

 

 

Ce bilan représente "trois fois plus de morts que le sida, la tuberculose et le paludisme réunis", soulignent les auteurs d'une étude publiée vendredi

 

Un décès sur six survenu en 2015 dans le monde est lié à la pollution, essentiellement à la contamination de l'air, mais aussi de l'eau et des lieux de travail, estime un rapport (en anglais) publié dans la revue médicale The Lancet,  vendredi 20 octobre.

 

 

"On estime que les maladies causées par la pollution ont été responsables de 9 millions de morts prématurées en 2015 - soit 16% de l'ensemble des décès dans le monde", évalue ce rapport. Ces résultats sont issus d'une étude de deux ans d'une commission associant la revue médicale britannique, plusieurs organismes internationaux, des ONG et une quarantaine de chercheurs spécialisés dans les questions de santé et d'environnement.

 

 

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6,5 millions de morts liés à la pollution de l'air

 

Ce bilan représente "trois fois plus de morts que le sida, la tuberculose et le paludisme réunis, et 15 fois plus que ceux causés par les guerres et toutes les autres formes de violence", soulignent ses auteurs. La pollution de l'air (extérieure et intérieure) est responsable à elle seule de 6,5 millions de décès chaque année, principalement à travers des maladies non transmissibles comme les maladies cardiaques, les AVC, le cancer du poumon et la broncho-pneumopathie chronique obstructive.

 

 

 

L'eau polluée serait liée à 1,8 million de morts, via par exemple un mauvais assainissement ou la contamination des sources, causes de maladies gastro-intestinales et d'infections parasitaires.

 

 

La pollution sur le lieu de travail en causerait environ 800 000 décès, via l'exposition à des substances toxiques ou cancérigènes. Et cette évaluation est "probablement sous-estimée", ajoute The Lancet, compte tenu "des nombreux polluants chimiques émergents qui restent encore à identifier".

 

 

 

Les populations pauvres les plus touchées

Le phénomène touche en premier lieu "les populations pauvres et vulnérables", note le rapport. 92% de ces décès surviennent en effet dans des pays à revenus faibles ou moyens et, dans chaque pays, ils concernent davantage les minorités et les populations marginalisées. Dans les pays en voie d'industrialisation rapide comme l'Inde, le Pakistan, la Chine, Madagascar ou le Kenya, jusqu'à un décès sur quatre pourrait être lié à la pollution.

 

 

Le rapport insiste aussi sur le poids économique de ces vies écourtées pour les pays concernés : plus de 4 600 milliards de dollars chaque année, soit l'équivalent de 6,2% de la richesse économique mondiale.

 

 

Or, ce fardeau reste "négligé tant par les gouvernements que par les organisations pour le développement", déplore The Lancet dans un éditorial accompagnant le rapport. La revue médicale appelle à "s'attaquer d'urgence à la situation" et à battre en brèche "le mythe selon lequel la pollution serait une conséquence inévitable du développement économique".

 

 


20/10/2017
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Franceinfo le jeudi 19 octobre 2017

 

 

Un gigantesque trou dans la banquise de l'Antarctique intrigue les scientifiques

 

 

La polynie de Weddell était apparue au même endroit, dans l'océan Austral, dans les années 1970, avant de disparaître durant quarante ans, jusqu'à l'an dernier.

 

 

Au milieu de l'étendue d'eau de mer gelée qui ceinture le continent Antarctique, un trou. Apparu sur les images satellites le 9 septembre, il intrigue particulièrement les scientifiques depuis début octobre. La polynie de Weddell –c'est son nom– a atteint la taille maximum de plus de 80 000 km², et étonne par sa localisation, ce type de trous étant plus courants près des bords de la banquise, à la limite avec l'eau de mer qui n'est pas gelée. Et personne ne sait pourquoi elle est apparue. Franceinfo vous explique ce phénomène.

 

 

 

Comment s'est formé ce trou ?

 

 

Les polynies sont des étendues d'eau de mer liquide qui persistent au milieu de la banquise (eau de mer gelée). Elles se forment quand de l'eau salée chaude remonte, sous l'effet de courants ou de la topographie des fonds marins, faisant fondre la glace et l'empêchant de se reformer, explique le Centre national américain de données sur la neige et la glace (en anglais).

 

 

La polynie de Weddell est située, comme son nom l'indique, dans la mer de Weddell, dans une partie de l'océan austral qui borde le continent Antarctique. Sur ce gif montrant l'évolution de la banquise entre avril et septembre (durant l'hiver austral), on voit clairement la polynie de Weddell se former et grandir jusqu'à fin septembre, à la fin de l'image. Sa superficie est proche de celle de l'Irlande ou de l'Autriche, elle correspond à trois fois la taille de la Bretagne ou à celle de la Nouvelle-Aquitaine.

 

 

Le résultat est un gigantesque trou au milieu d'une grande étendue de banquise. "C'est assez remarquable. On dirait qu'on a donné un coup de poing à travers la glace", commente le physicien de l'atmosphère Kent Moore à Motherboard (en anglais). Une sonde flottante a justement refait surface à l'intérieur de cette polynie, et va permettre de recueillir des données pour mieux étudier sa formation.

 

 

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Est-il lié au réchauffement climatique ?

S'il est tentant de le supposer, alors que l'on sait que la banquise est de plus en plus fragile (et de moins en moins étendue, même au cœur de l'hiver), il est "prématuré" de le dire, estime Kent Moore. Le fait que cette polynie soit apparue dans les années 1970 avant de disparaître laisse penser que la température de la planète, si elle avait une influence, ne serait pas le seul facteur en cause. Et la remontée d'eau chaude sous la banquise est un phénomène naturel.

 

 

Est-ce un phénomène sans précédent ?

Non, la polynie de Weddell était un phénomène déjà connu. Elle était apparue au même endroit entre 1974 et 1976, avant de disparaître. A l'époque, elle était d'ailleurs près de trois fois plus grande qu'aujourd'hui, avec une superficie d'environ 250 000 km², explique la Nasa (en anglais).

 


19/10/2017
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le Progrès du lundi 28 août 2017

 

 
 
  HARVEY : LE PIRE "JAMAIS VU" AU TEXAS - GRAVES INONDATIONS ATTENDUES

 

 

Même rétrogradé en tempête tropicale, l'ouragan le plus puissant de la décennie continue de faire rage. Des milliers d'habitants ont fui à l'intérieur des terres, de graves inondations menacent.

 

 

Harvey n'est plus un ouragan, mais il frappe encore. Devenu tempête tropicale après avoir accosté le Texas, il progresse à l'intérieur du pays, noyé sous des pluies torrentielles. Le centre des ouragans a annoncé des pluies pouvant atteindre jusqu'à  cm d'ici à jeudi. Des "inondations catastrophiques et potentiellement mortelles" menacent, y compris la plus grande ville du Texas, Houston.

 

 

Les autorités de cette ville de 2,3 millions d'habitants les ont appelés à rester chez eux. Les rues se sont transformées en rivières au débit rapide. "Cet événement est sans précédent et toutes ses conséquences ne sont pas encore connues mais vont au-delà de ce qu'on a jamais vu" indiquait hier soir la météo américaine. Les services d'urgence ont adressé hier un message aux habitants : "Si le étages les plus élevés de votre domicile deviennent dangereux... Montez sur le toit".

 

 

Le gouverneur du Texas Greg Abbott s'est montré pessimiste : "C'est grave et ça va empirer", soulignant que les dégâts atteindront "des milliards de dollars". Des avis soudaines ont été émis dans la région et les services météorologiques multiplient les mises en garde. L'antenne de Houston a prévenu que les "inondations catastrophiques pourraient être historiques". La région Houston/Galveston a reçu plus de 60 cm de pluie lors des dernières 24 heures.

 

 

Les garde-côtes ont secouru hier une trentaine de personnes et ont reçu plusieurs centaines d'appels de détresse dans la région de Houston où ils ont mobilisé cinq hélicoptères. L'aéroport Hobby, deuxième plus important de Houston, a fermé les pistes inondées. Le plus important, Georges Bush International, a annulé plusieurs vols.

 

 

 

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Trump attendu

 

La tempête a fait au moins trois morts et plusieurs blessés au Texas où de nombreuses routes sont totalement submergées et des zones entières encore inaccessibles. Des milliers d'habitants de cet État du sud des États-Unis, ont suivi les directives d'évacuation.

 

 

Sur la côte, les routes ont été submergées par les flots marins ayant parfois gonflé de quatre mètres, des toitures ont été arrachées quand les maisons n'ont tout simplement pas été rasées, les lignes électriques ont été coupées. Au moins 112 plateformes pétrolières ont été évacuées.

 

 

Le président Donald Trump, qui a signé dès vendredi une déclaration de catastrophe naturelle, a confirmé hier sur Twitter qu'ils se rendrait au Texas "aussitôt que le déplacement pourra se faire sans provoquer de perturbation. La priorité doit être à la vie et à la sécurité" Sa visite aura finalement lieu mardi.

 

 


 

 

Des phénomènes météo de plus en plus extrêmes

 

Faut-il s'habituer à vivre avec la canicule, les tempêtes, les ouragans, les cyclones ? La survenue d'événements météorologiques inhabituels est-elle l'une des possibles conséquences du changement climatique ou un simple aléa naturel ?

 

 

L'intensité des cyclones comme Harvey, qui a touché ce week-end le Texas et provoqué des inondations catastrophiques, pourrait à l'avenir être renforcée par l'augmentation de la température de la planète, selon les experts. Les modèles informatiques simulant le climat du XXIe siècle tablent sur une double évolution : des cyclones plus forts (vents et pluies) mais moins nombreux au niveau du globe).

 

 

Dans le cinquième rapport du Giec (2013), les experts estiment que les plus gros cyclones seront probablement plus puissants, avec des vents maximums plus élevés.

 

 

"Plus la température de l'eau et le taux d'humidité sont élevés, plus le cyclone peut prendre de l'intensité. Or, ces deux éléments sont pus intenses du fait de l'augmentation de l'effet de serre", explique la climatologue Valérie Masson-Delmotte, membre du Giec.

 


30/08/2017
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le Progrès du samedi 26 août 2017

 

 
 
    AUTOMOBILE - ENVIRONNEMENT. POLLUTION : UNE ÉVOLUTION DU BONUS-
        MALUS ?

 

 

 

Stop aux voitures les plus polluantes ! "Le gouvernement prépare un ajustement du bonus-malus automobile" concernant l'achat de véhicules neufs, a confirmé hier le ministère de la Transition écologique et solidaire. Concrètement, les seuils d'émission de CO2, à partir desquels les véhicules neufs sont soumis à un malus lors de l'achat, pourraient être à nouveau abaissés.

 

 

Depuis la loi de finances 207, les véhicules neufs émettant 127 grammes de CO2 par kilomètre (contre 131 auparavant) sont soumis à une taxe de 50 euros. Le seuil minimal pourrait prochainement être de 122 grammes de CO2 par kilomètre, affirme Le Parisien. En parallèle, le gouvernement "veut mettre en place un second malus qui, lui, toucherait tous les véhicules émettant entre 95 grammes CO2/km et 122 grammes", croit savoir le quotidien.

 

 

 

"Une mesure injuste et inefficace"

 

"Il est normal que le barème évolue", défend le ministère de la Transition écologique. L'entourage de Nicolas Hulot rappelle que ce barème du malus a été révisé quasiment chaque année depuis sa création en 2008. Mais "l'objectif n'est pas de taxer les petits véhicules assez peu émissifs", souligne-t-on précisant que "les hypothèses envisagées sont éloignées de ce qu'indique Le Parisien". En outre, il assure que "l'État ne gagnera pas un centime" dans cette opération alors que certains l'accusent déjà de vouloir renflouer les caisses sur le dos des contribuables. Les détails chiffrés seront rendus publics "courant septembre". "Ce n'est pas un nouveau malus qui va inciter les ménages les plus fragiles à changer de véhicules", a immédiatement réagi sur Twitter le Conseil National des Professions de l'Automobile, dénonçant une mesure "injuste et inefficace".

 


29/08/2017
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le Progrès du samedi 26 août 2017

 

 
 
    ÉTATS-UNIS - ÉVACUATIONS. LE TERRIBLE OURAGAN HARVEY ARRIVE AU
       TEXAS

 

 

 

Les évacuations ont commencé hier dans plusieurs villes du Texas menacées d'inondations dévastatrices par l'ouragan Harvey, qui continuait de se renforcer et pourrait devenir un "ouragan majeur" en touchant terre tôt aujourd'hui, avec des vents avoisinant les 200 km/h, "potentiellement mortels".

 

 

 

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Déjà accompagné de vents allant jusqu'à 175 km/h hier, Harvey pourrait devenir l'ouragan le plus puissant à toucher le continent américain en douze ans, selon le Centre national des ouragans (NHC) de Miami. Une alerte catastrophe émise pou 30 comtés.

 

 

Le risque d'inondations soudaines est important : la montée des eaux de la mer devrait atteindre entre 1,80 mètre et 3,7 mètres selon les endroits.

 


29/08/2017
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le Progrès du vendredi 11 août 2017

 

 
 
    ENVIRONNEMENT - 2016, ANNÉE NOIRE POUR LE CLIMAT

 

 

 

Les températures, la montée des océans et les émissions de gaz à effet de serre ont atteint des niveaux sans précédents en 2016, une nouvelle année noire pour le climat, a montré hier une étude internationale de référence. L'an passé, les concentrations de dioxyde de carbone (CO2) sur la Terre ont dépassé les 400 ppm (parts par million) - 402,9 - pour la première fois depuis le début des relevés. Plusieurs pays, dont le Mexique et l'Inde ont enregistré des températures annuelles records en 2016. La fonte des glaces et des calottes polaires a élevé le niveau des océans à un nouveau record, 82 millimètres au-dessus de la moyenne enregistrée en 1993.

 


15/08/2017
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le Progrès du dimanche 6 août 2017

 

 
 
    MÉTÉO - CANICULE. DES RECORDS DE CHALEUR DANS LE SUD-EST

 

 

 

Jusqu'à 42,7°C à Figari, en Corse-du-Sud, vendredi. 37,7°C, à Montpellier, dans l'Hérault, ce même jour 40,5°C dans le village de Puget-Théniers (Alpes-Maritimes), mardi. Plusieurs records de température ont été battus cette semaine dans le Sud-Est, où sévit la canicule. Hier soir, douze départements restaient en vigilance orange : Les Alpes-de-Haute-Provence, Hautes-Alpes, Alpes-Maritimes, Ardèche, Bouches-du-Rhône, Haute-Corse, Corse-du-Sud, Drôme, Gard, Var, Vaucluse et Hérault. La fin de l'épisode est prévue pour ce dimanche, dans la soirée.

 

 

Conséquence de la sécheresse des sols en Corse, un incendie géant, qui a déjà ravagé plus de 180 hectares, faisait toujours rage à Palneca (Corse-du-Sud), hier. Environ 200 sapeurs-pompiers étaient mobilisés. Gérard Collomb, le ministre de l'Intérieur, a appelé les habitants à faire preuve d'attention.

 

 

 

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Il va falloir s'habituer

 

Le fameux climat "tempéré" d'Europe occidentale le sera de moins en moins, préviennent les scientifiques. Réchauffement climatique oblige, vagues de chaleur, inondations, tempêtes et autres phénomènes extrêmes pourraient faire 152 000 morts par an en Europe d'ici la fin du siècle. Contre environ 3 000 par an actuellement.

 

 

Et environ deux Européens sur trois pourraient être exposés tous les ans à de telles catastrophes d'ici à 2100, contre 5 % durant la période 981-2010, d'après les chercheurs du Centre commun de recherche de la Commission européenne dans la revue The Lancet Planetary Health. Cela signifie qu'ils pourraient en mourir, être blessés, malades, perdre leur habitation ou subir des effets indirects comme n stress après l'événement.

 


12/08/2017
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