L'AIR DU TEMPS

L'AIR DU TEMPS

TURQUIE


le Progrès du mercredi 15 mars 2017

 

 

 

ERDOGAN VISE L'EUROPE

 

 

Hier, le président turc Recep Tayip Erdogan n'a pas cherché l'apaisement pour promouvoir le "oui" au référendum d'avril sur ses pouvoirs.  Erdogan a évoqué "Srebrenica" pour éreinter les Pays-Bas (le contingent de Casques Bleus néerlandais n'avait pas réussi à empêcher le massacre en 1995).

 

"Erdogan se permet une falsification nauséabonde de l'Histoire" a répliqué le Premier ministre Mark Rutte. Autre cible de M. Erdogan, l'Allemagne, qui soutient selon lui "les terroristes". Le ministre allemand de l'Intérieur Thomas de Maizière a accusé le pouvoir turc de se poser "en victime" pour peser sur le résultat du référendum.


18/03/2017
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le Progrès du mercredi 1er mars 2017

 

 

 

330 ACCUSÉS - COUP D'ÉTAT : LE PLUS GRAND DES PROCÈS DÉBUTE

 

 

Pas moins de 330 accusés, la plupart des membres d'une école d'officiers militaires risquent chacun plusieurs peines de prison à vie. Ils sont soupçonnés de liens avec la tentative de putsch menée l'été dernier contre Erdogan en Turquie par une faction dissidente de l'armée. Le procès s'est ouvert sous haute sécurité hier dans la prison de Sincan près d'Ankara. Un véhicule équipé d'un canon à eau se tenait prêt à intervenir alors qu'un drone surveillait les proches des accusés.

 

 

La salle d'audience, construite pour accueillir jusqu'à 1 558 personnes, était pleine d'agents des forces de l'ordre entourant les accusés. Plusieurs accusés ont affirmé que la nuit du putsch manqué, les troupes avaient été approvisionnées en munitions après avoir été informées d'une attaque terroriste par leurs supérieurs. Ceux-ci auraient notamment déclaré : "Il y a des attaques dehors, vous devez assurer la sécurité du peuple. Nous vous avons entraîné pour ce jour, s'il le faut utilisez vos armes".

 

 

 

Une seule condamnation pour l'instant

 

Ce procès est le dernier en date à s'ouvrir en Turquie pour des putschistes présumés, dont des milliers sont jugés, ou en passe de l'être, à travers le pays. Pour l'instant, une seule condamnation a été prononcée, à l'encontre de deux soldats d'Erzurum qui ont écopé de la prison à vie.

 


02/03/2017
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le Progrès du jeudi 23 février 2017

 

 

 

LE FOULARD ISLAMIQUE DANS L'ARMÉE

 

 

Les autorités turques ont décidé de lever l'interdiction du port du foulard islamique pour les femmes qui servent comme officiers ou sous-officiers dans l'armée. Cette mesure, symboliquement forte, concerne également les étudiantes dans les écoles militaires. Les femmes pourront, si elles le souhaitent, porter un foulard de "la même couleur que l'uniforme", "sans motif" sans "recouvrir le visage".

 

 

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24/02/2017
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le Progrès du samedi 11 février 2017

 

 

 

RÉFÉRENDUM - ERDOGAN VERROUILLE SES PLEINS POUVOIRS

 

 

C'est la dernière touche à la présidentialisation du régime en Turquie. Avec la réforme constitutionnelle validée hier, Recep Tayyip Erdogan s'arroge les (quasi) pleins pouvoirs. L'aboutissement d'une transformation politique en cours depuis plusieurs années, mais accélérée par la tentative de coup d'État de juillet dernier. Un référendum, programmé le 16 avril, devra entériner la réforme.

 

 

Le texte prévoit le transfert de l'essentiel du pouvoir exécutif au président Recep Tayyip Erdogan qui nommera lui-même les ministres. Le poste de Premier ministre disparaîtra.

 

 

La réforme constitutionnelle autorise, en outre, le président à intervenir directement dans le domaine de la justice, en jouant un rôle dans la nomination et la destitution du personnel judiciaire. Il peut par ailleurs instaurer l'état d'urgence en cas de "soulèvement contre la patrie" ou d'"actions violentes qui mettent la nation en danger de se diviser". 

 

 

Le Parlement, rajeuni (l'âge d'éligibilité des députés est abaissé à 18 ans) et agrandi (600 députés contre 550 aujourd'hui), sera affaibli.

 

 

Le projet de réforme constitutionnelle fixe au 3 novembre 2019 la date des prochaines élections présidentielles et législatives. Si le nombre maximum de mandats était réinitialisé à partir de l'élection de 2019, ce qui n'a pas encore été établi clairement, Erdogan pourrait rester au pouvoir jusqu'en 2029.

 


12/02/2017
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le Progrès du lundi 6 février 2017

 

 

 

ARRESTATIONS - COUP DE FILET DANS LES RANG DE DAECH

 

 

La police turque a mené hier une série de raids à travers l'ensemble du pays. Objectif : les soutiens de Daech. Environ 150 suspects ont été arrêtés à Sanliurfa, dans le sud-est, et 47 dans la ville voisine de Gaziantep, proche de la frontière avec la Syrie où des djihadistes sont implantés. Dans la capitale Ankara, ce sont une soixantaine de suspects, des étrangers pour la plupart, qui ont été arrêtés. Au total 400 membres présumés de Daech sont entre les mains des forces de sécurité.

 

 

Il s'agit de la plus vaste opération de la police contre des membres présumés de Daech depuis le massacre du Nouvel An, lorsque 39 personnes, en majorité des touristes venus de pays arabes, avaient été tuées dans une attaque menée par un homme armé qui s'était introduit dans une boîte de nuit huppée d'Istanbul.

 

 

 

Les attaques devaient être multiples

 

Selon le quotidien Hurriyet, l'EI entendait mener une attaque simultanée dans la nuit du Nouvel An à Ankara, mais avait renoncé à la suite d'arrestations menées par les autorités turques.

 

 

Les autorités turques ont en effet multiplié les arrestations contre Daech depuis l'été 2015. Depuis cette date, l'armée turque frappe aussi les positions des djihadistes en Syrie. Ces derniers ont répliqué par une série d'attentats sur le sol turc, où ils sont solidement implantés. Le régime d'Erdogan a longtemps été accusé de tolérance à leur égard, lui dont l'objectif a longtemps été de faire tomber Bachar al-Assad. Mais cette époque est révolue.

 

 

La preuve, selon le quotidien Hurriyet, Daech entendait mener une attaque simultanée dans la nuit du Nouvel An à Ankara. Mais une série d'arrestations a contraint les djihadistes à renoncer à leur sombre dessein. Malheureusement, ils ont pu tout de même frapper.

 


07/02/2017
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le Progrès du samedi 28 janvier 2017

 

 

 

MENACES SUR LES RÉFUGIÉS

 

La Turquie a menacé hier d'annuler un accord de réadmission des migrants signé avec la Grèce et l'Union européenne après le refus d'Athènes d'extrader huit militaires turcs accusés d'être liés au putsch manqué de juillet.

 

 


30/01/2017
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le Progrès du mercredi 18 janvier 2017

 

 

 

TERRORISME - L'AUTEUR DE L'ATTAQUE SANGLANTE DU NOUVEL AN PASSE AUX AVEUX

 

 

Arrêté lundi soir, Abdulgadir Masharipov est un "terroriste bien entraîné", assure le gouverneur d'Istanbul. Cinquante autres personnes ont été interpellées.

 

 

"Le terroriste a admis son crime", a assuré le gouverneur d'Istanbul, en livrant de premières informations sur l'arrestation lundi soir d'Abdulgadir Masharipov. L'homme a avoué être l'auteur de l'attaque contre la discothèque Reina dans la nuit du Nouvel An. Le massacre (39 tués) a été revendiqué par Daech alors que le principal suspect était encore en cavale.

 

 

Le terroriste présumé est de nationalité ouzbèke. "Il a été entraîné en Afghanistan et parle quatre langues. C'est un terroriste aguerri", a précisé le gouverneur.

 

 

 

Deux drones saisis

 

En fuite depuis l'attaque, Masharipov, 34 ans, a été arrêté avec quatre complices présumés - un Irakien et trois femmes dont une Égyptienne - , dans un appartement du quartier d'Esenyurt à Istanbul. 197 000 dollars, deux armes à feu, deux drones et des cartes Sim, ont été saisis. Quelque 2 000 policiers ont été mobilisés pour cette opération. Plus de 150 adresses ont été "visitées" et 50 personnes arrêtées. Selon la chaîne de télévision d'État TRT, la police avait repéré la cache du suspect trois jours auparavant et l'avait suivi afin d'identifier ses complices.

 

 

Il résidait dans un appartement loué par un ressortissant Kirghize à Istanbul, qui a été également arrêté. Le gouverneur d'Istanbul affirme que le jeune fils du suspect, âgé de 4 ans, n'était pas présent lors du raid. Le fait que l'auteur d'une attaque revendiquée par Daech soit arrêté vivant pourrait permettre, lors de son interrogatoire, de récolter de précieuses informations.

 


18/01/2017
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le Progrès du mardi 17 janvier 2017

 

 

 

ATTENTAT D'ISTANBUL : LE TIREUR AURAIT ÉTÉ INTERPELLÉ

 

 

L'homme qui avait attaqué la discothèque Reina à Istanbul la nuit du Nouvel An, faisant 39 morts et 65 blessés, aurait été arrêté. Abdukadir Masharipov aurait été interpellé avec son fils lors d'une opération dans le quartier d'Esenyurt à Istanbul. Les forces de sécurité turques avaient repéré le suspect dans la maison d'un ami kirghize.

 

 


18/01/2017
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le Progrès du vendredi 6 janvier 2017

 

 

 

À IZMIR - NOUVEL ATTENTAT MEURTRIER CINQ JOUR APRÈS LA TUERIE D'ISTANBUL

 

 

Hier, au 5e jour de chasse à l'homme après l'attentat meurtrier de Nouvel An dans une discothèque, une voiture piégée dans l'ouest du pays a fait deux morts et au moins dix blessés.

 

 

La Turquie ne connaît pas de répit. Cinq jours après l'attaque dans le night-club huppé Reina à Istanbul le 1er janvier, deux personnes ont été tuées et, au moins 10 autres, ont été blessés dans l'explosion d'une voiture piégée près d'un tribunal de la ville côtière d'Izmir, dans l'ouest du pays. Les deux victimes sont un policier et un huissier. La déflagration s'est produite près de l'entrée des juges et des procureurs. Les assaillants ont déclenché leurs explosifs lorsqu'ils ont été arrêtés à un contrôle policier. Deux "terroristes" ont été abattus après l'explosion et deux suspects liés à l'attaque ont également été interpellés.

 

 

"Étant donné leur équipement, il apparaît que l'objectif était un carnage bien plus important", a déclaré le vice-Premier ministre, Veysi Kaynak qui a précisé que deux kalachnikovs, des lance-roquettes et huit grenades ont été trouvées avec les assaillants tués par les forces de l'ordre.

 

 

Le préfet d'Izmir, Erol Ayyildiz, a indiqué en milieu d'après-midi : "Les premiers éléments indiquent que le Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK) est derrière cette attaque". Cette explosion à la voiture piégée est la dernière en date d'une série d'attaques qui a endeuillé la Turquie en 2016 et qui ont été, soit imputées aux djihadistes du groupe terroriste Daech - qui ont revendiqué le massacre du Nouvel An dans la discothèque -, soit à la rébellion kurde.

 

 

 

L'assaillant du Nouvel An sur le point d'être localisé ?

 

Dans l'enquête sur le tuerie du Reina à Istanbul durant la nuit du Nouvel An qui a coûté la vie à 39 personnes, la chasse à l'homme se poursuit pour retrouver l'auteur présumé toujours en fuite. Le vice-Premier ministre turc, assure que les autorités étaient près de le localiser.

 

 

Plusieurs personnes soupçonnées d'être des complices ont été arrêtées à Silivri, près d'Istanbul. Pas moins de 36 personnes sont toujours en garde à vue, dont l'épouse de l'assaillant présumé.

 

 

Les suspects sont originaires du "Turkestan oriental", ancien nom de la région chinoise du Xinjiang à majorité ouïghoure. Des perquisitions menées précisément à Izmir après l'arrestation d'une vingtaine de suspects avaient permis la découverte de lunettes de vision nocturne, de matériel militaire et de faux passeports.

 

 

Le chef de la diplomatie turque, Mevlüt Cavusoglu, a annoncé mercredi que l'auteur de l'attentat d'Istanbul avait effectivement été identifié, mais il n'a ni dévoilé son nom, ni communiqué sa nationalité.

 


08/01/2017
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le Progrès du lundi 2 janvier 2017

 

 

 

TURQUIE - UNE DISCOTHÈQUE VISÉE. NOUVEL AN SANGLANT À ISTANBUL

 

 

Une boîte de nuit huppée a été la cible d'une attaque terroriste, lors de la nuit du réveillon. 39 personnes ont été tuées, 65 ont été blessées. Le tireur est en fuite.

 

 

À Istanbul, son nom était synonyme de fête et de joie. Le "Reina" sera désormais associé au massacre commis dans la nuit du passage à l'année 2017. C'est dans cette discothèque que 39 personnes, dont au moins 15 étrangers, ont perdu la vie dimanche au petit matin, et plus de 65 autres ont été blessées. Une heure et quart après le passage à la nouvelle année, un assaillant muni d'une kalachnikov a surgi devant la boîte de nuit.

 

 

Il a tué un policier en charge de la sécurité, puis un civil, avant d'entrer dans la discothèque, qui accueillait 7 à 800 fêtards. L'homme a mitraillé la foule "d'une façon sauvage et impitoyable", selon le gouverneur d'Istanbul. Il aurait même achevé des personnes à terre. Plusieurs personnes ont plongé dans le Bosphore, à l'arrière, pour échapper aux balles.

 

 

 

Pourquoi ce lieu ?

 

Situé à Ortakoÿ, quartier de Besiktas sur la rive européenne, le "Reina" accueille essentiellement la jeunesse dorée stambouliote, celle qui vit à  l'occidentale. Des célébrités du football, de la télévision, mais également de nombreux touristes étrangers, comme en atteste la liste des victimes. Ce club sélect, auquel ont peut même accéder en bateau, avait renforcé sa sécurité. Le soir du réveillon, l'alcool coulais à flot.

 

 

Récemment, plusieurs journaux de la presse islamo-conservatrice du pays, proche du parki AKP du président Erdogan, avaient décrit le réveillon comme "une nuit de beuveries, de jeux et de débauche".

 

 

 

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Qui sont les victimes

 

Parmi les 39 morts figurent une quinzaine d'étrangers, Jean-Marc Ayrault, ministre français des Affaires étrangères, a confirmé hier soir la mort d'une Franco-Tunisienne, tuée avec son mari, un homme d'affaires tunisien. Quatre Français ont aussi été blessés dans l'attentat. Plusieurs Saoudiens et Jordaniens, un Libanais et un Libyen, deux Indiens, une jeune Israélienne, un Belgo-Turc sont morts dans l'attaque.

 

 

 

Chasse à l'homme, pas de revendication

 

Le tireur, qui a "profité de l'anarchie" pour s'enfuir, était introuvable hier soir. Une vaste chasse à l'homme a été déclenchée. Pour le compte de qui et avec quelles motivations le tueur a-t-il mené ce carnage ? Si, hier soir, aucune revendication n'avait été formulée, le mode opératoire et la cible rappellent les attentats du 13 novembre 2015 à Paris et du 12 juin 2016 à Orlando. Avec la signature - légitime ou d'opportunisme - de Daech. "Ils tentent de semer le chaos, de démoraliser notre peuple et de déstabiliser notre pays", a réagi le président turc Erdogn, sans citer nommément le groupe terroriste. Le PKK (Kurde) a affirmé hier n'être pour rien dans cette attaque. Xavier FRÈRE (avec AFP)

 

 

 

 

Le revirement d'Erdogan en Syrie

 

En 2016, la Turquie a payé un lourd tribut au terrorisme. En un an, le pays a été frappé par au moins 16 attentats qui ont fait environ 300 morts au total. Neuf de ces attaques ont été revendiquées par des militants kurdes proches du PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan). La plupart visaient des policiers ou des militaires alors que le cessez-le-feu qui avait été décrété en 2013 n'aura tenu que deux ans.

 

 

 

Virage d'Erdogan

 

L'attentat de la nuit de la Saint-Sylvestre à Istanbul intervient après le virage à 180 degrés du président turc qui a changé de stratégie dans la guerre en Syrie, en s'alliant à la Russie et à l'Iran. Recep Tayyip Erdogan a lâché les rebelles sunnites et laissé Alep tomber entre les mains de Bachar el-Assad, son ennemi d'hier.

 

 

Le revirement d'Erdogan et son ralliement à l'axe pro-chiite en Syrie a surpris de la part de celui qui se voulait protecteur des sunnites. Il s'explique surtout par la volonté du nouveau "sultan turc" d'empêcher les Kurdes syriens de gagner du terrain avec l'aide des États-Unis. La Turquie, membre de l'Otan, prend donc ses distances avec l'Amérique d'Obama - bientôt livrée à Trump, admirateur du président russe Vladimir Poutine - et se rapproche de la Russie.

 

 

Au moment où le rêve européen de la Turquie n'a jamais semblé aussi être éloigné, Erdogan accuse l'Union européenne de ne pas respecter sa part de l'accord qui retient les réfugiés syriens sur le sol turc : l'UE n'a toujours pas levé l'obligation de visa pour les Turcs. Erdogan en veut aussi aux Occidentaux qui critiquent la dérive autoritaire de son régime et les purges qui ont suivi la tentative de coup d'État du 15 juillet. L.C.

 


02/01/2017
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le Progrès du mercredi 28 décembre 2016

 

 

 

PROCÈS EN SÉRIE - ERDOGAN TRAQUE LES PUTSCHISTES

 

 

Le procès d'une trentaine de policiers soupçonnés d'avoir participé au coup d'État de juillet s'est ouvert à Istanbul.

 

 

Plusieurs mois après le coup d'État manqué du 15 juillet dernier, Recep Tayyip Erdogan n'en finit plus de purger la Turquie. Dimanche soir, Senol Buran, le responsable de la cantine de Cumhuriyet, principal journal d'opposition et l'un des rares à critiquer le président turc, a été placé en détention préventive pour "injure" au chef de l'État".

 

 

 

Des procès dans plusieurs villes du pays

 

L'homme aurait affirmé qu'il refuserait de servir le thé à Recep Tayyip Erdogan si celui-ci venait un jour visiter les locaux du journal. Si l'employé a reconnu lors de son interrogatoire avoir tenu ces propos, il a nié avoir insulté le président. Le mois dernier, plusieurs cadres de Cumhuriyet avaient déjà été arrêtés et accusé d'activités terroristes, en lien avec la rébellion kurde et le putsch manqué de juillet.

 

 

Des procès contre les putschistes présumés ont d'ores et déjà démarré dans plusieurs villes turques. Hier s'est ouvert à Istanbul celui d'une trentaine de policiers soupçonnés d'avoir participé au coup d'État.

 

 

Trois pilotes d'hélicoptère de la police sont poursuivis pour avoir refusé de transporter des équipes des forces spéciales mobilisées pour assurer la protection de la résidence présidentielle de Huber, à Istanbul. D'autres policiers sont accusés d'avoir refusé d'obéir à l'ordre de s'opposer aux putschistes et d'avoir tenté de décourager toute résistance populaire en postant des messages sur les réseaux sociaux.

 

 

Vingt-et-un des accusés risquent jusqu'à trois peines de prison à perpétuité pour tentative de renversement de l'ordre constitutionnel et tentative de renverser le gouvernement ou de l'empêcher de remplir ses devoirs. Les huit autres risquent jusqu'à 15 ans d'enfermement pour appartenance à une organisation terroriste armée.


28/12/2016
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le Progrès du mardi 20 décembre 2016

 

 

 

LES DEUX PAYS SE SONT RÉCEMMENT MIS D'ACCORD POUR L'ÉVACUATION D'ALEP-EST

 

 

L'ambassadeur russe assassiné à Ankara

 

 

Andreï Karlov, qui inaugurait une exposition, a été tué par un policier turc. Le tireur a évoqué une vengeance pour Alep, alors que le rapprochement récent entre les deux pays a permis l'évacuation de la ville.

 

 

Qui a intérêt à saboter le rapprochement entre la Russie et la Turquie, deux pays très impliqués dans le conflit syrien ? C'est la question qui se pose après l'assassinat, hier en fin d'après-midi, d'Andreï Karlov, ambassadeur russe (le dernier assassinat d'un ambassadeur russe remonterait à 1922, et la mort de Piotr Voykov, tué à Varsovie - Pologne) en poste en Turquie depuis juillet 2013. Le diplomate inaugurait, au Centre d'art contemporain du quartier de Cankaya à Ankara, une exposition intitulée "La Russie à travers les yeux turcs". Alors qu'il prononçait un discours derrière un pupitre, un policier en costume, positionné juste derrière lui, a sorti une arme de poing et lui a tiré à plusieurs reprises dans le dos. Cet officier de police de 22 ans était-il affecté à la protection du diplomate ? Entré en 2012 dans la police, il était à priori plutôt intégré aux forces anti-émeutes, selon plusieurs sources turques.

 

 

 

"Un acte terroriste"

 

Andreï Karlov a succombé à ses blessures, et trois autres personnes ont été blessées par les tirs. L'assaillant a été tué. Des journalistes, présents à cette inauguration, se sont cachés, mais ont laissé leurs caméras tourner. Le meurtre a été filmé, la vidéo est devenue virale sur Twitter, et certaines chaînes, notamment américaines, l'ont diffusée. Ces images ont permis non seulement d'identifier le tireur comme Mevlût Mert Altintas, 22 ans, originaire de Söke, près d'Izmir, mais aussi de décrypter ses messages en arabes, puis en turc. "Allahu Akbar, n'oubliez pas Alep, n'oubliez pas la Syrie !", a-t-til crié en levant le poing, "tant que notre pays ne sera pas en sécurité, vous ne le serez pas non plus ! Tous ceux qui prennent part à cette tyrannie rendront des comptes, un par un".

 

 

La porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, a évoqué "un acte terroriste". Les États-Unis ont condamné "cet acte de violence, quelle qu'en soit l'origine". L'Union européenne a aussi dénoncé l'attaque. François Hollande a condamné "avec la plus grande énergie". Âgé de 62 ans, Andreï Karlov, marié et père d'un garçon, auparavant en poste en Corée du Nord, avait servi d'intermédiaire entre les deux pays en novembre 2015, lorsqu'un avion russe avait été abattu par l'aviation turque. Il avait néanmoins accusé Ankara "d'encourager une campagne anti-russe".

 

 

Cette grave crise diplomatique a été suivie d'un léger réchauffement entre les deux pays, qui ne soutiennent pas les mêmes forces dans le conflit syrien voisin. Moscou reste le principal allié du régime syrien, et au côté de milices chiites iraniennes et du Hezbollah, l'armée russe est accusée d'avoir assiégé des milliers de Syriens et des rebelles à Alep-est pour reprendre la ville. La Turquie a longtemps soutenu les rebelles contre Bachar el-Assad. Hier soir, le président turc a appelé son homologue russe Vladimir Poutine pour "lui donner des informations sur l'attaque". Xavier Frère

 

 

 

 

 

Dorothée Schmid, chercheuse à l'Ifri (Turquie/Moyen-Orient)

 

 

 

"Erdogan ne tient plus son pays"

 

 

 

 

La guerre syrienne s'invite encore de manière tragique en Turquie...

 

Les conséquences de la guerre en Syrie sont croissantes chez le voisin turc. On s'approche d'une désagrégation totale de la cohérence étatique.

 

 

 

Quelle est la perception, en Turquie, de la crise à Alep ?

 

Je n'imaginais pas qu'il y avait une si forte résonance. Mais on sait qu'il y a trois millions de réfugiés syriens en Turquie. On sait aussi que la Turquie a longtemps soutenu l'opposition à Assad. Depuis, le président Erdogan a laissé les mains libres aux Russes et à Assad pour reprendre Alep-est. Erdogan risque de payer cher les contradictions de sa politique...

 

 

 

Selon les premières informations, l'assaillant était un policier...

 

Si c'est confirmé, cela veut dire que les purges menées par l'AKP (le parti au pouvoir) n'ont servi à rien. Quoi qu'il en soit, Erdogan ne tient plus son pays.

 

 

 

Peut-on penser que Daech est impliqué dans l'attaque ?

 

Cela sera compliqué de démêler les responsabilités entre les différents groupes terroristes actifs en Turquie. De toute évidence, beaucoup de cadres de Daech y sont présents, mais là encore il faut rester prudent.

 

 

 

Est-ce que l'on va vers une nouvelle crise entre Moscou et Ankara ?

 

Je ne le pense pas. Les Russes ne vont pas laisser ce meurtre impuni. Cela veut donc dire qu'ils vont mettre sous tutelle les services de sécurité turcs. La Turquie était déjà en voie de vassalisation à la Russie. Après ce meurtre, Erdogan sera contraint de répondre à toutes les demandes de Poutine. Recueilli par Ryad Benaidji

 


21/12/2016
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le Progrès du dimanche 18 décembre 2016

 

 

 

ATTENTAT - REGAIN DE TENSION ENTRE TURCS ET KURDES

 

 

En une semaine, deux attaques ont causé la mort de plus de 50 personnes, dont de nombreux policiers et soldats. Ankara y voit la main d'un groupe proche du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).

 

 

Deux attentats successifs, contre des policiers le 10 décembre aux abords du stade Besiktas à Istanbul, puis hier contre des soldats dans un bus à Kayseri, réactivent les tensions entre les deux camps. À chaque fois, un modus operandi identique (une voiture piégée) a été employé, de même que la cible : les force de l'ordre.

 

 

"La Turquie subit l'attaque commune des organisations terroristes. Nous allons lutter tous ensemble avec détermination contre elles, avec la nation, dans l'esprit d'une mobilisation nationale", a déclaré hier Recep Tayyip Erdogan.

 

 

Le président turc a désigné clairement les activistes du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), considéré comme un groupe terroriste par l'Union européenne et les États-Unis. C'est l'un de ses groupes affiliés, les Faucons de la liberté du Kurdistan (TAK), qui avait revendiqué l'attaque au stade Besiktas.

 

 

Le facteur kurde joue un rôle de taille dans l'action diplomatique et militaire d'Ankara en Syrie et Irak voisins. La priorité du président turc est-elle de faire tomber Bachar al-Assad, de lutter contre l'organisation État islamique, ou de juguler la volonté des Kurdes de créer un état autonome, le Kurdistan ?

 

 

Soutenus par les Occidentaux depuis le début du conflit syro-irakien, les Kurdes ont acquis une reconnaissance internationale. Leurs aspirations augmentent en même temps que la répression s'accentue contre eux en Turquie. Après le coup d'État manqué l'été dernier en Turquie et après deux ans de trêve (Le conflit avec les séparatistes kurdes en Turquie a fait plus de 40 000 morts depuis le début de la rébellion kurde, en 1984), les autorités ont procédé à de multiples arrestations au sein des activistes pro-kurdes.

 

 

Plusieurs centaines d'interpellations ont encore eu lieu cette semaine. Et hier, après l'attentat, plusieurs centaines de Turcs ont saccagé les locaux du Parti démocratique des peuples (HDP, pro-kurde) à Kayseri. Des attaques du même type ont eu lieu à Ankara, à Istanbul et dans la ville proche de Darica, ainsi qu'à Erzincan (est) ou encore à Canakkale (ouest).

 

 

Les tensions entre les deux communautés s'exportent même en Europe occidentale : ces dernière semaines, de violents heurts ont encore été recensés à Bruxelles ou en plein Paris. Depuis un an et demi, la Turquie a été régulièrement victime d'attaques terroristes, et pas exclusivement des extrémistes kurdes. Daech aurait ainsi été à l'origine de trois des attaques les plus meurtrières touchant le pays : en octobre 2015 à la gare d'Ankara (103 morts), en juin 2016 à l'aéroport d'Istanbul (47) et en août à Gaziantep (57). Xavier Frère

 

 

 


18/12/2016
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