L'AIR DU TEMPS

L'AIR DU TEMPS

Moyen-Orient


le Progrès du samedi 10 juin 2017

 

 
 
    CRISE QATAR/ARABIE SAOUDITE - GUERRE FROIDE ET CYBERGUERRE

 

 

 

L'Arabie Saoudite et ses alliés publient une liste de "terroristes" qui seraient soutenus par le Qatar. Dans le même temps, la chaîne qatarie Al Jazeera a été la cible de cyberattaques. Mais le régime de Doha semble moins isolé depuis que la Turquie lui a apporté son soutien.

 

 

La tension est encore montée d'un cran hier dans le Golfe. La crise entre le Qatar et ses puissants voisins est toujours très vive, cinq jour après la rupture des relations diplomatiques et le blocus routier imposé à l'Émirat gazier. L'Arabie Saoudite et ses alliés accusent le Qatar de soutenir 59 terroristes et 12 organisations djihadistes. Leurs noms figurent sur une liste noire publiée par le royaume wahhabite, les Émirats arabes unis, le Bahreïn et l'Égypte. Le Qatar dénonce des accusations sans fondement.

 

 

 

Le pouvoir d'influence d'Al Jazeera

 

La guerre froide dans le Golfe a pris aussi l'allure d'une cyberguerre avec les attaques informatiques lancées contre les sites internet et les comptes sur les réseaux sociaux de la chaîne Al Jazeera, un des symboles du "soft power" du Qatar.

 

 

Ce pays de 2,7 millions d'habitants, dont 80 % de travailleurs immigrés, plus petit que la région Île-de-France, dispose d'un énorme pouvoir d'influence grâce à sa chaîne d'informations regardée par plus de 45 millions d'arabophones dans le monde. Lundi dernier, l'Arabie Saoudite a fermé les bureaux d'Al Jazeera dans la pays. Les Émirats arabes unis exigent même du Qatar la fermeture de la chaîne avant toute négociation.

 

 

Ce n'est pas la première fois qu'Al Jazeera est pris pour cible par les principales puissances sunnites du Golfe. Les monarchies pétrolières avaient vu d'un mauvais oeil la couverture de la chaîne favorable aux révolutions arabes. Al Jazeera avait aussi été accusée d'avoir soutenu les Frères musulmans et le président Mohamed Morsi en Égypte.

 

 

Le Qatar, qui se paye le luxe d'accueillir la Coupe du monde de football en 2022, avait aussi donné une leçon de modernité aux régimes sclérosés du Golfe en juin 2013 lorsque l'émir Sheikh Hamad bin Khalifa al-Thani avait abdiqué en faveur de son fils Tamim, alors âgé de 33 ans.

 

 

La rupture était devenue inévitable lorsque l'émirat qui possède les troisièmes réserves mondiales de gaz naturel s'est un peu rapproché de l'Iran chiite, l'ennemi juré de l'Arabie Saoudite.

 

 

 

La guerre informatique joue un rôle important dans cette crise, la plus grave dans le Golfe depuis l'invasion du Koweït en 1990. Le Qatar a accusé des hackers d'avoir piraté l'agence de presse officielle du pays et diffusé une fausse déclaration de l'émir qatari dans laquelle il recommandait un rapprochement avec l'Iran et se félicitait de ses bonnes relations avec Israël et le Hamas. Le FBI américain a confirmé l'hypothèse d'un piratage. C'est en utilisant le prétexte de ces propos incendiaires que l'Arabie Saoudite a décidé la brutale mise au ban du Qatar.

 

 

 

Hier, le régime de Doha semblait toutefois un peu moins isolé. La Turquie, l'autre grande puissance sunnite du Moyen-Orient, a renouvelé son soutien à son allié qatari, proposant une aide pour des approvisionnements. Le président Erdogan est prêt à envoyer d'autres soldats turcs au Qatar où Ankara possède une base militaire. La crise actuelle pourrait finalement déboucher sur une alliance entre les deux régimes sunnites du Qatar et de Turquie, voire même un rapprochement de circonstance avec l'Iran chiite. Luc Chaillot

 

 

 

 

TRUMP OUBLIE LA BASE AMÉRICAINE AU QATAR

 

Donald Trump savait-i que le Qatar abrite la plus grande base militaire américaine au Moyen-Orient ? Le président américain semblait l'ignorer lorsqu'il a félicité l'Arabie saoudite et ses alliés du Golfe pour avoir rompu leurs relations diplomatiques avec l'émirat dans le but de mettre fin au financement du terrorisme.

 

 

Donald Trump a même vu dans l'isolement du Qatar un succès diplomatique, estimant que sa visite en Arabie saoudite commençait à porter ses fruits. Pourtant, les États-Unis entretiennent au Qatar une base aérienne dont le rôle est essentiel dans la lutte contre Daech. Près de 11 000 soldats américains y sont positionnés. C'est de cette base Al Udeid que décolle une partie des avions américains qui partent bombarder les combattants de Daech en Syrie et en Irak.

 

 

Donald Trump semble avoir pris conscience de sa gaffe. Mercredi, il a téléphoné à l'émir du Qatar pour lui proposer la médiation des États-Unis afin de régler le conflit avec ses voisins du Golfe. L.C

 


13/06/2017
0 Poster un commentaire

le Progrès du mercredi 7 juin 2017

 

 
 
    CRISE DANS LE GOLFE - QATAR : SUSPENSION DE VOLS ET TENTATIVES DE
      MÉDIATION

 

 

 

La suspension des vols aériens vers ou depuis Doha décidée par plusieurs pays arabes a pris effet hier, alors que des tentatives de médiation se poursuivent pour désamorcer la crise sans précédent autour d'un Qatar isolé et accusé de "soutenir le terrorisme".

 

 

Le Qatar a vu lundi l'Arabie saoudite, Bahreïn, les Émirats Arabes Unis, le Yémen, l'Égypte et les Maldives rompre toute relation diplomatique avec lui. Se sont ajoutées des mesures économiques comme la fermeture des frontières terrestres et maritimes entre ces pays et le Qatar.

 


11/06/2017
0 Poster un commentaire

le Progrès du mardi 6 juin 2017

 

 
 
    LE QATAR EST, DEPUIS HIER,  MIS AU BAN PAR L'ARABIE SAOUDITE ET SES
      VOISINS

 

 

 

GOLFE PERSIQUE : L'HEURE EST À LA GUERRE FROIDE

 

 

L'Arabie saoudite et ses alliés ont rompu leurs relations avec le Qatar, accusé de financer le terrorisme. Une crise qui cache surtout une reprise en main par Riyad du petit émirat ami de la France, trop indépendant.

 

 

Frontières fermées, avions cloués au sol, ambassadeurs rappelés, ruée sur les produits de première nécessité dans les magasins... Si cela n'est pas encore la guerre, cela ressemble à ses préparatifs. L'Arabie Saoudite, Bahreïn, les Émirats Arabes Unis, l'Égypte et le Yémen ont rompu hier avec le Qatar, isolant le richissime émirat qu'ils accusent de financer des groupes terroristes.

 

 

Dénonçant la volonté de l'Arabie saoudite et de ses proches alliés de le placer sous tutelle, le Qatar qualifié d'"injustifiée" et "sans fondement" cette décision.

 

 

La crise couvait depuis une dizaine de jours, et la publication par l'agence de presse qatarie de déclarations attribuées à l'émir Tamim ben Hamad Al Thani.  Ce dernier y louait notamment le rôle stabilisateur de l'Iran dans la région : un véritable chiffon rouge pour le régime saoudien qui n'a guère écouté les démentis des autorités de Doha expliquant avoir été victimes d'un piratage. Alimenté par les médias saoudiens et émiratis, l'incendie diplomatique a gonflé pendant des jours. Jusqu'au coup de tonnerre d'hier.

 

 

 

423112.jpg
 

 

 

 

Le Qatar, franc tireur du Golfe

 

Sur l'échiquier régional, Doha a souvent joué se propre partition. Soutien historique du Hamas palestinien, classé organisation terroriste par Washington, l'émirat héberge pourtant la plus grande base aérienne américaine de la région. Et au contraire de son puissant voisin saoudien, le Qatar a souvent ménagé l'Iran avec lequel il exploite les champs gaziers du Golfe. Il s'est aussi rapproché ces dernières années de la Turquie d'Erdogan. Téhéran et Ankara ont d'ailleurs apporté hier leur soutien au Qatar en appelant au dialogue.

 

 

Mais l'émir de Doha est aussi régulièrement soupçonné de laxisme dans la lutte contre le financement par des fonds privés d'organisations terroristes. Les Saoudiens n'ont fait que reprendre ces critiques.

 

 

 

Un précédent en 2014

 

Paradoxalement, des soupçons identiques pèsent d'encore plus longue date sur l'Arabie saoudite. La rétention par le gouvernement britannique d'un rapport sur la question défrayait encre la chronique ces derniers jours Outre-Manche... Mais dans l'écheveau complexe du Moyen-Orient, le qualificatif d'organisation terroriste varie selon les pays. Soutenus depuis longtemps par le Qatar, les Frères musulmans ont ainsi droit de cité en Turquie... mis sont une des bêtes noires de la monarchie saoudienne, qui voit dans son idéologie ne menace existentielle. Idem pour l'Égypte du général Al-Sissi, qui avait destitué en juillet 2013 le président Morsi, pourtant élu démocratiquement.

 

 

À l'époque, le soutien du Qatar aux Frères musulmans avait d'ailleurs entraîné une première crise. En 2014, l'Arabie saoudite, les Émirats Arabes Unis et Bahreïn avaient rappelé leurs ambassadeurs durant huit mois. Bis repetita ? À ceci près que cette fois l'Iran, ennemi mortel de Riyad, fait aussi partie de l'équation, et que se multiplient dans la presse arabe les rumeurs d'un coup d'État visant à renverser l'émir Tamim. Jean-Michel Lahire

 

 

 

46 ans : c'est l'âge de l'émirat du Qatar. Ancien protectorat britannique, ce dernier avait refusé en 1971 de rejoindre les Émirats Arabes Unis. Depuis sa création, il est dominé par la famille Al Thani, ce qui n'empêche pas les coups d'États : cinq au total

 

 

 

Joaan-al-Thani-645x372.jpg

 

 

 

 

REPÈRES

 

 

■ Un petit pays enclavé

 

À peine plus grand que la Gironde, le Qatar forme une péninsule d'environ 11 500 km2 s'avançant au milieu du Golfe persique. Il partage son unique frontière terrestre, au sud, avec l'Arabie saoudite. Hormis cette dernière, ses plus proches voisins sont le royaume du Bahreïn à l'ouest, et les Émirats Arabes Unis à l'est.

 

 

 

■ Les expatriés majoritaires

 

Des 2,6 millions d'habitants du pays, seuls 313 000 sont Qataris. Tous les autres sont des expatriés, principalement du sous-continent indien ou d'Égypte

 

 

 

■ Un patchwork religieux

 

Autre conséquence : la population du pays est un patchwork de nationalités et de religions. Seuls 67 % des habitants sont musulmans, près de 14 % sont chrétiens et 14 % hindouistes. L'islam est religion d'État.

 

 

 

UN AMI GÉNÉREUX DE LA FRANCE

 

 

Vu de la France, le Qatar est associé au PSG, ses dépenses faramineuses en achats de joueurs, ses salaires pharaoniques. Même si l'ancien tennisman professionnel Nasser Al Khelaïfi est le président du PSG, le vrai propriétaire, via le fonds Qatar Sports Invest (QSI), n'est autre que le cheik Al Thani, émir actuel.

 

 

La chaîne de télévision BeIn sports s'inscrit aussi dans cette visibilité donnée par le football au petit émirat organisateur controversé de la coupe du monde de 2022. L'achat du Grand Prix de l'Arc de Triomphe, à Longchamp, véritable championnat du monde du galop rebaptisé du nom de l'Émirat, participe d'une "tradition et de liens anciens du monde arabe pour les courses de chevaux" selon France-Galop. QSI a mis 20 M€ sur la table pour sauver l'épreuve.

 

 

 

Cadeau fiscal

 

Dans les trois dossiers, sous les présidences Chirac puis surtout Sarkozy, les chefs d'État sont personnellement intervenus. La proximité entre les émirs et les présidents français agaçait l'Arabie saoudite voire les alliés de la France.

 

 

Car le Qatar, partenaire commercial de la France depuis 1974, pèse lourd dans l'économie française. Hôtels de luxe et murs de grands magasins ou de sièges de banques à Paris, casinos et hôtels (Carlton et Martinez) à Cannes, centres commerciaux : le patrimoine immobilier du fonds Qatar hospitality, géré par la famille de l'émir, est évalué à 12 milliards d'euros. Cadeau de bienvenu : une convention fiscale de 2009 qui exonère les investissements qataris de toute fiscalité sur les droits de mutations, les plus-values, les dividendes et les impôts fonciers.

 

 

Par le biais de ses parts dans le groupe Lagardère (2,8 %) et d'un fonds souverain d'investissement l'émirat détient 11 % du capital d'Airbus. Ce fonds a acquis 3,5 % des parts de Total, 5 % de Veolia et 4,5 % de Suez environnement, les deux leaders mondiaux de la gestion de l'eau et des déchets et 4 % du constructeur Vinci. Les Qatariens sont majoritaires dans le groupe des Magasins le Printemps, actionnaires du site Ventreprivée, possèdent via une épouse du cheik, le groupe Le Tanneur & cie.

 

 

Surtout, les fonds souverains qataris ont soutenu le programme "Future french champions" à hauteur de 150 m€. Il a permis l'émergence de nombreuses strart-up dans la santé, le numérique, l'agroalimentaire et a remplacé avantageusement l'enveloppe de 50 m€ dévolue aux banlieues jusqu'en 2014.

 

 

Enfin, pas moins de 60 entreprises françaises travaillent au Qatar de façon permanente et 80 % de l'armée de l'émirat est équipée de matériel français. On comprend pourquoi François Hollande, plutôt proche des Saoudiens et informé des liens entre Qatar et groupes fondamentalistes, a ménagé cet ami controversé. Pas évident de rompre.

 


08/06/2017
0 Poster un commentaire

le Progrès du lundi 16 janvier 2017

 

 

 

ISRAËL - TECHNOLOGIES. TEL-AVIV, PARADIS POUR LES START-UP

 

 

La capitale économique d'Israël offre un environnement propice à l'innovation et aux nouvelles technologies. Beaucoup de jeunes créent leur start-up grâce à l'expérience acquise pendant leur service militaire.

 

 

Tel-Aviv est un eldorado pour les nouvelles technologies, dans un pays où l'économie est florissante et où le taux de chômage est tombé à 5,3 %. La capitale économique d'Israël compte plus de 1 450 start-up, soit la plus forte concentration au monde. Google, Coca-Cola, Microsoft, Apple et Facebook ont aussi choisi Tel-Aviv pour y installer un de leurs centres de recherche.

 

 

"Israël a peu de ressources naturelles. La moitié du pays est désertique. Les israéliens ont donc toujours dû innover dans l'agriculture, la dessalinisation ou les nouvelles technologies", explique Nili Shalev, responsable des relations avec l'Europe au ministère de l'industrie.

 

 

Pour encourager les créateurs de start-up, la municipalité de Tel-Aviv met à leur disposition un espace de co-travail au sommet de la Shalom Tower, l'ancien gratte-ciel le plus haut du Proche-Orient. La ville compte 84 pépinières similaires, deux fois plus qu'à Paris.

 

 

 

Tel Aviv_BernieCB_4.jpg

 

 

 

Une ville très ouverte, à l'opposé de Jérusalem

 

"Les futurs entrepreneurs doivent avoir un projet sérieux et un business plan. Ils ont six mois pour voler de leurs propres ailes avant de laisser la place aux suivants", explique Mira Marcus, porte-parole de la mairie de Tel-Aviv. Plus de 200 sociétés de capital-risque sont implantées à Tel-Aviv. L'une d'elles, dotée de 150 millions de dollars, a été créée par Eden Shochat, l'Israélien qui a vendu son application de reconnaissance faciale Face.com au géant de l'Internet Facebook. Les sommes sont si importantes que certains craignent un risque d'éclatement de la bulle financière.

 

 

Avec 318 jours de soleil par an et une population très jeune, Tel-Aviv offre une atmosphère propice à l'innovation. "C'est une ville très ouverte, avec la plus importante Gay Pride du Proche-Orient, à l'opposé de Jérusalem qui cristallise les tensions inter-religieuses", souligne Richard Benhamou, un ancien Marseillais qui vit en Israël.

 

 

La militarisation de la société est un autre facteur favorisant l'éclosion des start-up, dans un pays où chaque citoyen doit effectuer un service militaire de trois ans (deux ans pour les femmes). "L'armée leur donne du courage, le sens des responsabilités et une grande maturité. Après, ils peuvent conquérir le monde", souligne Mira Marcus.

 

 

"La high-tech, l'agriculture, la recherche appliquée, toutes les innovations viennent de l'armée, qui est une véritable pépinière de talents", confirme Elie Elalouf, député centriste à la Knesset.

 

 

 

L'unité 8 200 de Tshal, école d'excellence

 

L'unité 8 200 est l'un de ces viviers montrés en exemple. "Cette division spécialisée dans le renseignement est une école d'excellence", observe Nili Shalev. Checkpoint, le leader mondial de la sécurité sur internet, a été créé par un israélien qui a fait son service militaire dans cette unité de Tsahal.

 

 

En Israël, un entrepreneur a le droit de se tromper. "Dans notre société, on accepte l'échec plus facilement. Il y a moins de freins qu'ailleurs", souligne Mira Marcus.

 

 

Moins de 2 % des start-up israéliennes appartiennent à des étrangers. "La faute à une politique d'immigration très restrictive, qui favorise surtout les juifs qui viennent faire leur "alya en Israël", explique Mira Marcus. Pour attirer davantage d'entrepreneurs étrangers, le gouvernement devrait lancer en 2017 un visa "spécial start-up" d'une durée de deux ans. Luc Chaillot

 

 

 

a-tel-aviv-84-espaces-de-cotravail-sont-a-la-disposition-des-createurs-de-start-up-deux-fois-plus-qu-a-paris-photo-luc-chaillot-1484514344.jpg

 

 

 

 

L'appli qui a localisé Abdeslam

 

Près de 200 000 Israéliens ont déjà téléchargé Reporty, une application qui permet de communiquer plus efficacement avec la police, les sapeurs-pompiers et le SAMU. Grâce à la géolocalisation et à la caméra du smartphone, les services de secours peuvent localiser précisément le lieu de l'appel et suivre la situation sur place en vidéo. "Les images valent souvent plus de 100 mots", explique Eric Banoun, un des créateurs de la start-up qui a levé huit millions de dollars auprès d'actionnaires, dont l'ancien premier ministre Ehud Barak.

 

 

Eric Barnoun n'en est pas à son coup d'essai. Son ancienne société revendue à des Américains a développé un système d'écoute et de géolocalisation qui a permis de retrouver Salah Abdeslam lors de sa cavale en Belgique après les attentats du 13 novembre à Paris.

 

 

L'application Reporty est utilisée à Singapour et dans douze villes israéliennes. La police de New York s'y intéresse et Uber l'a adoptée pour la sécurité de ses chauffeurs aux États-Unis. "En France, nous sommes en contact avec les villes de Marseille et de Nice qui réfléchissent à équiper leurs employés municipaux avec Reporty. L'idée c'est de réagir rapidement face à un incident, par exemple en cas de conduite d'eau percée. La vidéo permettra de prendre la bonne décision en fonction des priorités", explique Éric Banoun. Reporty est aussi en discussion avec des assureurs français dont Allianz et Axa et avec un syndicat de policiers. L.C.

 


17/01/2017
0 Poster un commentaire

le Progrès du lundi 16 janvier 2017

 

 

 

BAHREÏN - TROIS CHIITES EXÉCUTÉS

 

 

Trois Bahreinis de confession chiite, condamnés à mort pour un attentat à la bombe commis en 2014 et ayant coûté la vie à des policiers, ont été exécutés hier à Bahreïn. Ces mises à mort ont entraîné de violentes manifestations et ravivé les tensions entre la majorité chiite et le pouvoir sunnite. Quatre organisations de défense des droits de l'Homme ont condamné des "procès injustes".

 

 

carte-bahrein.gif


16/01/2017
0 Poster un commentaire

le Progrès du vendredi 23 décembre 2016

 

 

 

MOYEN-ORIENT - BEYROUTH. CRISE DES RÉFUGIÉS : LA FRANCE SOUTIENT LE LIBAN

 

 

"Le Liban doit rester à l'écart du conflit syrien". En visite hier à Beyrouth, Jean-Marc Ayrault a répété ce leitmotiv à chacune de ses rencontres. Le ministre des Affaires étrangères venait saluer la fin du vide institutionnel qui paralysait le pays du Cèdre depuis deux ans et demi. "Le Liban est sur la bonne voie et la France va continuer son rôle de facilitateur", explique Jean-Marc Ayrault après un entretien avec Michel Aoun, élu président fin octobre. Le général chrétien a retrouvé le palais présidentiel de Baabda d'où il avait été chassé en 1990 par les bombes syriennes. Il s'est paradoxalement allié à ses ennemis d'hier, en recevant le soutien du Hezbollah, qui combat Bachar al-Assad en Syrie.

 

 

Le ministre des Affaires étrangères français a rencontré le Premier ministre Saad Hariri, quatre jours après la formation de son gouvernement "d'entente nationale", où siègent deux ministres du Hezbollah, le parti chiite accusé de l'attentat qui a coûté la vie à son frère Rafic Hariri en 2005.

 

 

S'il reste à distance du désastre syrien, le Liban (4,5 millions d'habitants) doit supporter un lourd fardeau en accueillant 1,5 million de réfugiés. Comme l'a rappelé Jean-Marc Ayrault, la France a promis au Liban une aide de 200 millions d'euros pour faire face à cet afflux.

 

 

Le ministre des Affaires étrangères français a également évoqué le conflit israélo-palestinien lors de son séjour au Liban. Jean-Marc Ayrault a annoncé la tenue d'une conférence sur la paix le 15 janvier à Paris. Elle réunira 70 pays, mais sans Israël qui refuse d'y participer. L.C.

 

 

 

400px-Lebanon_region_map_(fr).png


24/12/2016
0 Poster un commentaire

ARABIE SAOUDITE

 

 

 

ARABIE SAOUDITE - QUINZE CONDAMNÉS À MORT POUR ESPIONNAGE

 

 

Un tribunal saoudien a condamné à mort hier 15 personnes accusées d'espionnage au profit de l'Iran, une affaire susceptible de raviver les tensions entre Ryad et Téhéran, deux puissances régionales rivales qui ont rompu leurs relations diplomatiques il y a près d'un an. Les 15 condamnés sont des citoyens saoudiens, membres pour la plupart de la minorité chiite.

 

 

carte.PNG


08/12/2016
0 Poster un commentaire

le Progrès du samedi 22 octobre 2016

 

 

 

LA FLOTTE RUSSE CRÉE L'ÉMOI

 

 

Le secrétaire général de l'Otan, Jens Stoltenberg, s'est inquiété hier de la progression d'un porte-avions russe avec plusieurs avions et hélicoptères de combat, à son bord, escorté par sept navires. Ils font route vers la Méditerranée pour renforcer la présence militaire de la Russie dans cette zone, mais l'Otan craint qu'ils n'interviennent en Syrie.

 


23/10/2016
0 Poster un commentaire

le Progrès du lundi 17 octobre 2016

 

 

 

KOWEÏT - AUSTÉRITÉ ET CRISE POLITIQUE

 

 

L'émir du Koweït, cheikh Sabah al-Ahmed Al-Sabah, a dissous hier le Parlement de ce riche pays pétrolier du Golfe après des tensions entre des élus et l'exécutif à propos de mesures d'austérité. Le décret de l'émir a invoqué une conjoncture régionale "délicate" et "des défis sécuritaires" pour justifier cette dissolution, sans mentionner les frictions politiques internes.

 

 

l-emir-du-koweit-cheikh-sabah-al-ahmad-al-sabah-le-9-decembre-2014-a-doha_5181563.jpg


18/10/2016
0 Poster un commentaire

le Progrès du vendredi 30 septembre 2016

 

 

 

PAYS DE L'OPEP - ACCORD SURPRISE

 

 

Le prix du pétrole va-t-il augmenter ?

 

 

L'Opep a surpris le monde entier en annonçant un accord sur la réduction de la production d'or noir. Cet accord d'Alger reste à préciser d'ici à la fin novembre. Il devrait entraîner une hausse du prix de l'essence, mais pas immédiate, ni de même importance - taxes obligent.

 

 

La surprise est venue d'Alger dans la nuit de mercredi : les pays de l'Opep seraient d'accord pour limiter leur production de pétrole, afin de faire remonter les prix. Mais l'effet de surprise, et le flou qui demeure sur les termes de l'accord, font que les experts s'interrogent encore sur encore sur sa portée réelle.

 


30/09/2016
0 Poster un commentaire

le Progrès du lundi 26 septembre 2016

 

 

 

JORDANIE - RELIGION. UN ÉCRIVAIN CHRÉTIEN TUÉ POUR UNE CARICATURE

 

 

Un écrivain jordanien chrétien, Nahed Hattar, 56 ans, a été assassiné hier devant un tribunal d'Amman où il était jugé pour avoir publié une caricature considérée comme offensante à l'islam. Hattar a été tué par trois balles et son assassin a été arrêté. Ce dernier serait un ingénieur de formation de 49 ans, ancien imam qui prêchait dans une mosquée d'Amman avant d'être remercié il y a six ans.

 

 

 

Un dessin partagé sur Facebook

 

L'écrivain avait été arrêté le 13 août après avoir partagé sur son compte Facebook une caricature - dont il n'était pas l'auteur - se moquant des djihadistes de Daech. Ce dessin montrait un djihadiste barbu sur un lit au paradis entouré de deux femmes s'adressant à Dieu comme un simple serviteur. Il lui demandait d'apporter un verre de vin, des noix de cajou et l'ordonnait d'amener quelqu'un pour nettoyer la chambre, avant de lui faire remarquer qu'il devait frapper à la porte avant d'entrer. La caricature avait pour titre : "Dieu des Dawaech".

 

 

Après avoir provoqué un tollé sur les réseaux sociaux, l'écrivain avait supprimé la caricature. Nahed Hattar avait été accusé par les autorités "d'incitation aux dissensions confessionnelles" et "d'insulte" à l'égard de l'islam. Cet opposant de gauche avait été libéré début septembre et le procureur général avait imposé un black-out sur cette affaire. Le gouvernement jordanien a dénoncé un "crime odieux" promettant de poursuivre et juger l'assassin.

 


27/09/2016
0 Poster un commentaire

le Progrès du vendredi 9 septembre 2016

 

 

MOYEN-ORIENT - DIPLOMATIE. À LA MECQUE, LE PÈLERINAGE DE LA DISCORDE

 

 

Un million et demi de musulmans sont attendus pour le hadj. Le pèlerinage s'ouvre sur fond d'escalade diplomatique entre l'Arabie Saoudite et l'Iran, qui interdit à ses pèlerins de s'y rendre.

 

 

 

L

e hadj, le grand pèlerinage que chaque musulman doit réaliser une fois dans sa vie, démarre aujourd'hui dans la ville sainte de la Mecque dans un climat de tensions inhabituelles. Les fractures au sein du monde musulman, entre chiites et sunnites, déjà perceptibles mais souterraines sur les terrains de guerre syrien et yéménite, en Irak ou au Bahreïn, ont éclaté au grand jour cette semaine.

 

 

L'Iran et l'Arabie Saoudite, qui ont rompu leurs relations en janvier 2016 après l'exécution par le royaume wahhabite d'un dignitaire chiite et l'attaque de l'ambassade saoudienne à Téhéran, ont redoublé de violences dans les attaques verbales.

 

 

Ali Khamenei, le guide suprême iranien, a ainsi fait référence à la bousculade géante du 24 septembre 2015, causant la mort de plus de 2 400 fidèles, dont 464 Iraniens : "Cette catastrophe montre une nouvelle fois que cette descendance maudite maléfique ne mérite pas de gérer les lieux saints" de l'islam (La Mecque et Médine), a attaqué Ali Khamenei, en recevant les familles des Iraniens défunts.

 

 

kaaba-mekka-lamecque.jpg

 

 

Faute d'accord avec les Saoudiens, l'Iran interdit cette année à ses ressortissants de se rendre à la Mecque, une première depuis plus de trente ans. En 1979 déjà, un autre ayatollah, Rouhollah Komeini, dénonçait la mainmise de la monarchie saoudienne sur le pèlerinage dans les lieux saints. Son successeur actuel vilipende également le côté mercantile  (Selon les estimations saoudiennes, il rapporterait entre 6 et 9 milliards d'euros au pays) du hadj, "réduit", selon lui, "à un séjour touristico-religieux".

 

 

 

Défi logistique et sécuritaire

 

Alors que les premiers milliers de fidèles ont investi la Mecque, la riposte de Riyad ne s'est pas fait attendre. Le grand mufti saoudien Abdel Aziz ben al-Cheikh a affirmé que les Iraniens "n'étaient pas des musulmans" et que leur "hostilité envers les musulmans, plus particulièrement envers les sunnites, est ancienne".

 

 

Chaque année, le hadj, devenu un business très lucratif, connaît son lot d'accidents parfois mortels. Comme la chute d'une grue qui, le 11 septembre 2015, une semaine avant la bousculade mortelle, avait provoqué la mort de 112 fidèles au sein même de la Grande mosquée. Ou un mouvement de foule, déjà en 1990 : 1 426 personnes étaient mortes piétinées et asphyxiées.

 

 

Le défi logistique et sécuritaire sera encore plus grand cette année, alors que le royaume wahhabite est frappé de plein fouet par la crise économique, liée à la chute du prix du baril de pétrole. Sans compter la menace d'attentats : début juillet, durant le ramadan, une attaque kamikaze avait notamment été menée à Médine, l'une des villes saintes. Xavier Frère


09/09/2016
0 Poster un commentaire

le Progrès du samedi 18 juin 2016

 

 

ARABIE SAOUDITE - LITIGE COMMERCIAL. DES FRANÇAIS BLOQUÉS ET SANS RESSOURCE

 

 

Deux cents ressortissants français et leurs familles sont bloqués, sans salaires depuis de nombreux mois. Ils étaient employés d'un géant du bâtiment, en conflit avec le pouvoir wahhabite.

 

 

 

E

n plus d'un an, ils n'ont reçu qu'un seul salaire mensuel. Leurs comptes bancaires sont bloqués. Leurs voitures de société reprises, leurs loyers impayés. Certains de leurs enfants ont dû stopper brutalement leur scolarité ou leurs études supérieures. C'est une très longue traversée du désert que vivent actuellement près de deux cents employés français et leurs familles en Arabie Saoudite.

 

 

Comme près de 38 000 autres salariés dont beaucoup de Libanais, ils sont victimes de la chute d'un empire du bâtiment, Saudi Oger, et de surcroît "prisonniers" de la législation locale. Comme il y a quelques années certains footballeurs français chez le voisin qatari...

 

 

La société Saudi Oger, fondée par l'ancien Premier ministre libanais et milliardaire Rafic Hariri (assassiné en 2005) et désormais dirigée par son fils Saad, ne serait plus en odeur de sainteté au palais royal. Non seulement elle paie la crise du brut, mais aussi en raison des tensions entre le Royaume et le Liban, majoritairement chiite.

 

 

Un salarié français de Saudi Oger, originaire de l'Est de la France, témoigne anonyme de "peur de représailles" : "Chaque jour, des gens démissionnent". Contraints et forcés. Et sans "iqama", le permis de travail local, certains ne peuvent pas quitter le royaume.

 

 

 

Ne pas nuire aux relations franco-saoudiennes

 

L'entraide entre "expats" s'organise. Une collecte de fonds a été organisée avec le soutien de l'ambassade de France à Riyad, qui se dit "pleinement mobilisée". Mais ce n'est pas suffisant, selon la femme, très amère, du ressortissant français. "L'ambassade doit faire pression pour que l'on soit payé. On a peur de passer des années à se battre contre cette bureaucratie corrompue..."

 

 

Jusqu'à maintenant, la France (en 2015, l'Arabie saoudite a été le premier client militaire de la France, devant le Qatar, l'Égypte et l'Inde) est restée très discrète sur le sort de ses compatriotes. "J'ai une lettre de l'ambassade qui me dit clairement que la relation entre les deux pays serait abîmée si elle interférait dans cette affaire..." X.F.

 

 

encore-deux-executions-en-arabie-saoudite.jpg


19/06/2016
0 Poster un commentaire