L'AIR DU TEMPS

L'AIR DU TEMPS

Essai écriture 1


essai d'écriture

 

 

CHAPITRE I

 

 

 

Qu'allait-elle devenir cette petite fille née un beau jour d'automne? J'imagine très bien la douceur du temps, un soleil léger, les feuilles qui virevoltent au gré du vent. Les couleurs chaudes, les nuances chatoyantes d'une campagne environnante comme faisant honneur à cette nouvelle vie.

 

 

 

Mais, déjà, l'erreur fatale de sa mère allait peser sur cette vie innocente qui commençait. La misère de l'époque se prêtait même à l'accueillir elle aussi. L'enfant ne savait pas ce qui l'attendait, et quand bien même qu'est-ce que cela aurai changé ?

 

 

 

Au premier étage d'une vieille habitation composée seulement de deux pièces, c'est là qu'elle habitait avec ses parents. Pas d'eau courante sur l'évier, il fallait que la mère aille chercher des cruches sur la place voisine entre autre pour laver ses couches en tissu. Les WC étaient dans la cour. Un vieil escalier en bois pour arriver jusqu'au palier.

 

 

 

Une ville comme beaucoup d'autres à l'époque avec des rues sombres, des maisons tristes, à l'image de beaucoup de gens de cette époque.

 

 

 

Même cette petite fille, elle aussi, a dû livrer bataille, sans cesse, contre une vie rude, une mère faible et un père alcoolique. Pas facile du haut de ses quatre ans de se dresser contre ce père violent. Elle voulait protéger sa mère, l'empêcher d'être battue par cet homme. Difficile de lui donner le nom de père, il ne le méritait pas.

 

 

 

Sa grand-mère paternelle qui la gardait les jeudis voulait lui inculquer la foi et lui faire croire au paradis. Elle devait se rendre à la messe tous les dimanches. Grandir entre quelqu'un qui vous parle de paradis et vivre l'enfer : quel paradoxe !

 

 

 

Entre temps la petite fille jouait dans la cour où elle habitait. Elle s'inventait des histoires de princesses, de sorcières. Sa voisine du dessous, notamment, lui faisait très peur. Une vieille femme, arménienne, échevelée et revêche.

 

 

 

Au bout du couloir sombre un vieil homme habitait, seul, fort âgé. Elle allait souvent chez lui manger des bonbons au miel. C'était pour elle "pépé Paul". Il représentait pour elle la gentillesse et presque un refuge face à l'homme qui avait participé à sa mise au monde.

 

 

 

Elle avait été mise au monde un peu comme le taureau est précipité dans l'arène. Il fallait survivre. Les maux de ventre ont succedés aux maux de dents. Des maux, toujours des maux quand cela allait-il cesser ?

 

 

 

Il a fallu quand même grandir. A sept ans, elle rentrait de l'école, prenait sa petite clé dans une boîte prévue à cet effet. Comme elle avait peur ! Déjà de passer devant la porte de la "sorcière". Elle se retrouvait seule dans l'appartement attendant que sa mère rentre de la laverie où elle travaillait. Puis l'autre enfin avec ses cris, ses menaces et ses coups.

 

 

 

Sa vie était ponctuée de visites tantôt chez ses grands-parents maternels, tantôt chez ses grands-parents paternels chez qui on l'emmenait tous les jeudis et où elle retrouvait ses deux cousins. Deux couples diamétralement opposés. Le premier avec une femme laxiste, dépressive et un homme coureur de jupon qui aimait les cartes et le tiercé et le deuxième avec une femme sévère et dominante.

 

 

 

Pas facile de trouver un équilibre dans cet atmosphère de grandes personnes incompréhensibles. Elle se souvient des sacs de charbons à aller chercher au coin de la rue. Il fallait passer devant une espèce de traboule où une bande de gamins italiens lui faisait peur les soirs d'hiver. Bien des épreuves déjà....

 

 

 

Il y avait aussi l'épicerie chez la mère Piot où elle allait chercher les courses à crédit bien sûr...

 

 

 

La violence à parfois atteint son paroxisme. La mère hurlait "au secours" par la fenêtre et la police, sans doute alertée par les voisins intervenait. Alors la petite fille et sa mère parfois allaient dormir chez les voisins d'en face.

 

 

 

Elle se souvient de moments parfois heureux, notamment où un jour de noël elle a eu en cadeau une petite visonneuse.  Elle voyait de belles images en relief (des fleurs, des papillons....). A ses yeux, c'était le plus beau des cadeaux. Sans doute parce qu'elle pouvait voir un monde plus beau à travers ce jouet.

 

 

 

Elle a en mémoire ce kalélioscope qu'on lui a donné ou acheté. Ces mosaïques de formes et de couleurs changeantes quelle beauté !

 

 

 

Elle aimait ceuillir des fleurs, les faire séchér pour constituer un bel herbier dont elle était fière de faire elle-même la couverture avec du carton. Elle aimait dessiner, s'inventer des hisoires. Bref, elle jouait seule, mais rarement s'ennuyait. Tantôt elle était maîtresse d'école, tantôt cowboy à pourchasser les indiens. Son cheval était la rampe d'escalier montant de la cuisine à une petite chambre où elle dormait avec sa mère et son père.

 

 

 

Effectivement la famille (si on peut appeler ce groupe de personnes une famille...) avait déménagé pour aller s'installer de l'autre côté de la cour. Autre appartement, même vie.... Elle aimait monter chez les voisins pour discuter. Tantôt chez Mme Deflassieux, une vieille femme seule. Tantôt chez la famille Relave où elle jouait avec le fils et où elle trouvait une certaine chaleur, chez la famille Gentil, une famille italienne où elle aimait prendre une tasse de café. Les voisins se succédaient mais la petite fille allait d'appartements en appartements. Il y a eu aussi une famille de russes.

 

 

 

Puis il y a eu la famille Lopes avec ses deux garçons qui s'est installée. Le papa lui avait construit une cage pour abriter des grillons. Elle qui rêvait d'avoir une tortue, c'était mieux que rien....

 

 

 

En 1968 il y eu la naissance de son petit frère. Quelle hérésie... Un malheureux de plus !

 

 

 

En 1969, sa grand-mère paternelle est morte, c'était au mois d'août. Elle était en vacances à dix kilomètre de chez elle. C'était son oncle qui les emmenait en voiture car son père ne conduisait pas. Il avait juste une mobylette sur laquelle il  tenait à peine après avoir bu.

 

 

 

Puis, la  même année, se fut son grand-père maternel qui est décédé. Sa grand-mère restant seule vint habiter dans le petit appartement où ils habitaient. Elle occupa la chambre des parents avec la petite fille, les parents et le petit frère dormant dans la salle à manger. Financièrement la pension de la grand-mère aidait la famille car le peu d'argent gagné par le père était dilapidé dans les cafés environnants.

 

 

 

Elle se rappelle encore la belle poupée que sa grand-mère lui avait achetée : une poupée barbie de l'époque. Elle a beaucoup joué avec. Dans le buffet de la salle à manger elle lui avait même confectionnée une belle chambre.

 

 

 

Il y a eu aussi les marionnettes et le beau théâtre en carton construit et peint par ses soins. Les décors aussi. Autant de rayons de soleil venant égayer une vie triste et agitée pour une petite fille.

 

 

 

De ses vacances elle se souvient aussi d'un garçon avec qui elle passait le plus clair de son temps à 5 où 6 ans, dans le Vercors. Ils jouaient ensemble, montaient sur la charrette de foin, se promenaient ensemble. On les surnommait les petits tourtereaux. C'était chez des tantes surnommées "les tantes framboisines".


15/12/2009
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