L'AIR DU TEMPS

L'AIR DU TEMPS

HISTOIRE DE L'EUROPE


le Progrès du samedi 25 mars 2017

 

 

 

SOMMET - ANNIVERSAIRE DU TRAITÉ DE ROME INSTITUANT LA CEE. L'EUROPE A 60 ANS : L'ÂGE DE LA RETRAITE ?

 

 

Réunis à 27, sans le Royaume-Uni, les Européens tentent d'imaginer un avenir moins sombre à une Union encalminée dans ses problèmes.

 

 

"Tout corps qui prend le sens de son chemin... souffre d'abord d'une régression et finalement risque de mourir", a sermonné hier soir le pape, recevant les dirigeants européens à la veille de leur réunion dans la salle du Capitole qui a vu naître il y a 60 ans la Communauté économique européenne (CEE).

 

 

 

Grexit, Brexit, Frexit...

 

Ils étaient six États en 1957, ils sont aujourd'hui vingt-sept - et non plus 28 : Teresa May n'assiste pas au sommet, comme s'il fallait illustrer ce Brexit qui ne sera officiellement notifié que mercredi. Terrible choc du calendrier, qui fait coïncider un anniversaire de "mariage" avec l'ouverture d'une procédure de divorce !

 

 

Cela témoigne de l'état d'une Union bien désunie. Elle a échappé de peu aux Grexit, au départ de la Grèce dans la très longue crise de l'euro - encore le risque n'est-il pas définitivement écarté. Elle s'est fait peur avec le Nexit, la victoire de l'extrême droite néerlandaise, finalement évitée. Elle s'inquiète désormais d'un Frexit, avec Marine Le Pen en tête des sondages à un mois de la présidentielle française.

 

 

 

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Poutine, Trump, Erdogan

 

Ces peurs montrent que l'Europe a un problème avec les Européens. Ses partisans ont beau brandir les sondages rassurants d'Eurostat sur l'enthousiasme supposé des populations, chaque nouvelle élection nationale traduit une montée du populisme eurosceptique, sinon europhobe.

 

 

Les défis sont connus. À l'intérieur de l'Union, c'est un euro qui, au lieu de la convergence espérée, provoque divergences et inégalités. La querelle des travailleurs détachés, accusés de fausser la concurrence parce qu'ils paient les cotisations sociales dans leurs pays d'origine, illustre cet échec : comme si l'Union organisait la concurrence sociale par le bas.

 

 

Les défis ne manquent pas, non plus, à l'extérieur. Trois noms de président les résument : le Russe Vladimir Poutine, qui confirme en recevant Marine Le Pen sa bienveillance à l'égard des adversaires de l'Union ; l'Américain Donald Trump, qui a maintes fois confié son mépris ; et le Turc Recep Tayyip Erdogan, qui peut à tout instant laisser affluer dans l'Union les trois millions de réfugiés retenus dans son pays.

 

 

 

Attention, élections

 

Que faire ? À l'annonce du Brexit, les 27 s'étaient juré de relancer la machine. Puis ils se sont rendu compte que toute avancée ambitieuse devrait attendre les élections aux Pays-Bas, puis en France, et enfin en Allemagne, le 24 septembre. Aujourd'hui, à l'issue d'une courte cérémonie, ils devraient donc se borner à s'affirmer "déterminés à rendre l'Union plus forte et plus résistante, grâce à une plus grande unité et solidarité entre nous". Voeu pieux - quoique, avec un petit miracle du pape... Francis Brochet

 

 

 

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28/03/2017
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le Progrès du mardi 7 février 2017

 

 

 

TRAITÉ - MAASTRICHT : 25 ANS DE POLÉMIQUES

 

 

Anniversaire sans fanfare pour le traité ayant posé les bases de l'euro : il continue de diviser en France et en Europe.

 

 

La célébration est bien discrète, pour un événement qui a changé la vie de centaines de millions d'Européens ! Il y a 25 ans, le Traité de Maastricht lançait notre monnaie, l'euro. Il créait aussi une citoyenneté européenne, qui nous permet de voter et d'être élu partout dans l'Union. Il entrouvrait même le chemin vers une défense commune.

 

 

La discrétion doit sans doute au caractère toujours polémique de l'événement et de ses conséquences. Tout le quinquennat de François Hollande a ainsi été entravé par des "frondeurs", qui ont ouvert les hostilités dès l'automne 2012, sur l'Europe. Contre le traité sur la stabilité de l'euro, énième réécriture de Maastrich. Résultat : le PS a un candidat présidentiel, Benoît Hamon, qui garde l'euro mais rejette le critère des 3 % de déficit.

 

 

 

Et maintenant, la défense ?

 

Ces polémiques ne sont pas réservées à la France : en Allemagne, Angela Merkel voit monter la contestation des anti-euro de l'AFD, qui ne veulent pas "payer" pour l'Europe du Sud. En Italie ou en Grèce, on dénonce au contraire le joug allemand de l'austérité. En cause, la crise de 2008. Elle est née aux États-Unis, mais c'est la zone euro qu'elle a failli tuer, à travers le "Grexit" - la sortie de la Grèce un temps envisagée. Elle a tendu comme jamais le fil de la solidarité entre les États, et fait dire au prix Nobel Joseph Stiglitz : "L'euro menace l'avenir de l'Europe", car il "rend les pays faibles plus faibles, et les forts, plus forts".

 

 

 

Vingt-cinq ans après Maastricht, l'Europe paraît encore condamnée aux crises : l'euro, les migrations, le Brexit et maintenant l'hostilité du nouveau président américain. François Hollande et Angela Merkel s'emploient à construire des solutions, sans l'audace ni la capacité d'action de François Mitterrand et Helmut Kohl, aiguillonnés par Jacques Delors. Ils piétinent depuis des mois sur une "refondation" de l'euro qu'ils ne dessinent pas de la même manière. En compensation, ils devraient proposer le 25 mars à Rome, pour l'anniversaire de la Communauté européenne, de relancer la défense européenne. Justement le domaine maltraité à Maastricht, au profit de la seule monnaie unique. L'histoire bégaie, parfois. F.B.

 

 

 

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■ Le traité de Maastricht en bref

 

Le traité crée une Union économique et monétaire, dotée de l'euro comme monnaie unique. S'ajoute un modeste volet social dont s'exonère le Royaume-Uni. L'UE devient compétente dans l'éducation, la formation, la culture, la santé publique, la protection des consommateurs, les réseaux trans-européens et l'industrie.

 

 

 

■ 9 et 10 décembre 1991

 

Le Conseil européen réuni à Maastricht (Pays-Bas) valide le projet de traité sur l'Union européenne.

 

 

 

■ 7 février 1992

 

Le traité est officiellement signé à Maastricht par les 12 États de la CEE, devenue l'Union européenne le     1er décembre 1993.

 

 

 

■ 20 septembre 1992

 

Les Français disent oui à 51,04 % au traité de Maastricht.

 

 

 

■ 1er janvier 1999

 

Taux de change bloqués dans les onze pays (ils sont aujourd'hui dix-neuf), qui entrent dans l'euro.

 

 

 

■ 1er janvier 2002

 

Pièces et billets en euros circulent.

 

 

 

■ 29 mai 2005

 

"Non" des Français au projet de Constitution européenne (54,7 %).

 


08/02/2017
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le Progrès du jeudi 15 décembre 2016

 

 

 

DIPLOMATIE - CONSEIL EUROPÉEN AUJOURD'HUI À BRUXELLES

 

 

L'Europe reste toujours suspendue au Brexit

 

 

L'Europe devrait décider aujourd'hui de créer une sorte d'état-major permanent. Mais la sécurité est bien le seul domaine dans lequel l'Europe avance encore, six mois après le vote du Brexit.

 

 

D'abord, la sidération. Le 24 juin au matin. L'Union européenne se réveillait à 27, après le "no" britannique et un Brexit que nul n'avait vraiment anticipé. Puis aussitôt, une promesse de réaction l 'Europe avait compris le message, elle allait changer... Mais six mois après le Brexit, le Conseil européen se réunit sur un bilan plutôt mitigé.

 

 

 

Brexit en suspens

 

Le Royaume-Uni, il faut le rappeler, est toujours membre de l'Union européenne. Mais déjà un peu sur la touche : ce soir, la Première ministre Theresa May ne participera pas au dîner durant lequel les 27 discuteront des modalités de la négociation. De même, le Britanniques sont fermement conviés à ne pas s'opposer aux mesures devant s'appliquer après leur départ, par exemple sur la défense. Le point positif est que les 27 s'avancent unis dans la négociation, pour l'instant...

 

 

 

Sécurité tous azimuts

 

Verrouillage des frontières européennes, intensification de la coopération des polices, avancées sur la défense commune : les 27 ont pris appui sur le "no" anglais pour avancer sur ces dossiers. Le Conseil devrait ainsi confirmer la mise en place d'un système de contrôle de toutes les personnes non soumises à visa entrant et sortant de l'Union, sur le modèle de l'Esta américain. Et il se félicitera du déploiement au début du mois des 1 500 premiers gardes-frontières de Frontex, avec des moyens et des pouvoirs toujours plus étendus.

 

 

 

Migrants en souffrance

 

Tous d'accord pour verrouiller l'Europe, les 27 ne le sont plus du tout, en revanche, quand il s'agit d'accueillir des réfugiés. Le président de la Commission Jean-Claude Juncker ne cesse de dénoncer le "chacun pour soi " des États face à ses demandes de relocalisation des migrants. Des pays s'y refusent absolument, notamment la Pologne et la Hongrie. Le blocage ne sera pas levé aujourd'hui. Pendant ce temps, l'Italie fait face : déjà 173 000 arrivées cette année, 20 % de plus que l'année dernière. Et la Grèce vient d'apprendre que les États pourront bientôt lui renvoyer les migrants entrés dans l'Union via son territoire.

 

 

 

Euro en attente

 

La Grèce n'a pourtant vraiment pas besoin de ça, étranglée qu'elle est par les dissensions entre la Commission européenne et le FMI sur les meilleurs moyens de la sauver de la faillite. L'Union a ainsi suspendu hier tout allégement de la dette, parce que le gouvernement grec veut limiter la hausse de la TVA dans les îles de l'est de la mère Égée... en première ligne dans l'accueil des migrants !

 

 

Plus généralement, les projets de refonte et de relance de l'euro, souvent d'origine française, sont encalminés. Sur ce point, rien ne bougera avant les législatives allemandes, en septembre 2017. Francis Brochet

 

 

 

 

 

 

Une montée en Défense

 

 

En terme de diplomatie, on appelle ça "un contexte géopolitique" : une Russie plus intrusive avec Poutine, des États-Unis mois fiables avec Trump, et le terrorisme... Il dit l'urgence pour l'Europe de se doter d'une Défense commune. La France en avait fait sa priorité, lassée d'intervenir seule, comme au Mali.

 

 

La nouveauté est que François Hollande a trouvé le soutien de l'Allemagne d'Angela Merkel, libérée du réflexe pacifiste imposé par l'Histoire. Et le résultat devrait se lire dans les conclusions du Conseil européen : hausse des dépenses militaires nationales, concertation sur les équipements, fonds européen pour la recherche militaire, système de financement commun des opérations, et création d'un embryon d'état-major européen permanent - cette dernière avancée était jusque-là été bloquée par les Britanniques. Il n'est certes pas question d'une "armée européenne", ni même de prendre ses distances avec l'Otan, la Pologne et même l'Allemagne s'y refusent. L'objectif, résume un diplomate français, est d'acquérir les "moyens d'une autonomie stratégique". Ce serait déjà beaucoup.

 

 

 

 

 

Colin Hay - University of Sheffield et Sciences Po

 

 

 

 

"Le Royaume est déjà désuni"

 

 

 

 

"Brexit means Brexit", Brexit veut dire Brexit répète Theresa May. Mais les Britanniques savent-ils vraiment aujourd'hui ce que signifiera le Brexit ?

 

 

"Non, ils ne savent toujours pas ! Ce qui est plus claire, c'est que le Brexit doit absolument signifier la réduction de l'immigration venant de l'Union européenne, même si ça doit entraîner des conséquences négatives pour l'économie britannique. Theresa May préférerait l'obtenir en conservant l'accès au marché unique, mais je suis sûr qu'elle reconnaît que c'est peu probable en privé, et même presque publiquement...".

 

 

 

L'Europe adopte une position assez dure avec Michel Barnier

 

 

"Ce n'est pas une surprise : le Royaume-Uni ne peut pas se voir offrir une négociation trop facile, sous peine de voir proliférer les référendums de sortie de l'Union dans d'autres États membres. Et ce discours peut encore se durcir, si le Brexit devient un sujet de l'élection présidentielle française ou des législatives allemandes, avec l'idée de "punir" les Britanniques".

 

 

 

Le risque existe d'un "Royaume-(dés) Uni" par la Brexit ?

 

 

"Le vote a montré à quel point le Royaume est déjà désuni : maximum pour le "remain" (rester) en Écosse et en Irlande du Nord, maximum pour le "leave" (quitter) en Angleterre et au Pays de Galles... La priorité actuelle de l'Écosse est de négocier avec  Westminster (le pouvoir britannique) la possibilité d'un accord particulier avec l'Union européenne, afin de préserver son accès au marché unique. Cet accord éviterait sans doute un deuxième référendum sur l'indépendance. Mais pour l'instant, le pouvoir britannique refuse toute idée d'accord séparé". Propos recueillis par Francis Brochet

 


17/12/2016
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le Progrès du mercredi 29 juin 2016

 

 

UNION EUROPÉENNE - PREMIÈRE RÉUNION DU CONSEIL EUROPÉEN APRÈS LE VOTE BRITANNIQUE

 

 

 

Après le Brexit, le divorce ne commence pas à l'amiable

 

 

Le diable est dans les détails, disent les Allemands - et dans le calendrier : le Royaume-Uni est l'Union Européenne vont divorcer, mais quand ? Bataille hier et aujourd'hui à Bruxelles...

 

 

 

L

e dîner du Conseil européen s'annonçait tendu, sinon indigeste, hier soir à Bruxelles. Pour la première fois depuis le vote des Britanniques en faveur du Brexit, le Premier ministre David Cameron devait s'expliquer devant ses 27 futurs ex-partenaires de l'Union Européenne. Avec pour entrée, plat et dessert, un seul sujet : comment négocier le divorce ?

 

 

 

UE : vite passer à la suite

 

Les termes du débat paraissent assez simples. D'un côté l'Europe souhaite discuter rapidement des termes de la séparation : le devenir de la contribution financière au budget commun et des subventions européennes déjà programmées pour le Royaume-Uni, le futur des fonctionnaires britanniques travaillant pour l'UE, etc. Les Européens veulent aller vite sur ce point, afin de pouvoir commencer d'écrire la suite de l'histoire à 27.

 

 

Cette procédure de séparation, définie par l'article 50 du traité, doit tenir en deux ans. Le problème est que seul l'État qui se retire peut la déclencher, en annonçant officiellement sa volonté de retrait aux autres.

 

 

 

GB : les avantages sans les lois

 

De l'autre côté, le Royaume-Uni. Il entend justement reporter la discussion sur la séparation à l'automne. Car il souhaite d'abord parler de la suite, des nouvelles règles à établir entre l'Union à 27 et le Royaume-Uni, notamment sur la liberté de circuler des personnes (dont les immigrés) ou le libre-échange de marchandises.

 

 

L'objectif britannique est clairement exprimé par le probable successeur de David Cameron, Boris Johnson, dans le Telegraf : après le Brexit, les Britanniques pourront "aller et travailler dans l'UE, vivre, voyager et étudier", la seul différence étant que le pays "ne dépendra plus du système législatif européen extraordinairement opaque".

 

 

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Deux camps divisés

 

La divergence est claire et simple... Mais tout se complique, car des divergences existent à l'intérieur de chaque camp. Côté britannique, la bataille est ouverte chez les conservateurs, place de Premier ministre en jeu, pour savoir qui serait le mieux à même de négocier avec l'UE. Bataille aussi au sein du camp du Brexit, entre des conservateurs qui veulent ménager les intérêts de la City, et le nationaliste Nigel Farage, concentré sur les frontières à rétablir contre l'immigration.

 

 

Dans le camps européen, François Hollande plaide avec Matteo Renzi pour la fermeté, et avance déjà ses propositions de relance pour la suite. Mais ils sont un peu isolés sur cette position. Car Angela Merkel écoute aussi les dix États (Europe centrale, avec la Grèce, l'Autriche...) qui se sont réunis lundi pour conseiller prudence et conciliation avec les Britanniques.

 

 

La nuit promettait donc d'être longue, à Bruxelles. Et suivie de beaucoup d'autres nuits blanches. Francis Brochet

 

 

 

Yves-Marie Cann, Directeur des études à l'Institut de sondages Elabe

 

 

"Les attentes sur l'Europe ne sont pas prises en compte"

 

 

 

La construction européenne va-t-elle devenir une préoccupation majeure des citoyens?

 

L'Europe en termes de projet commun a été peu traitée lors des présidentielles. En France, même les élections européennes se jouent sur des enjeux nationaux. Toutes nos enquêtes montrent pourtant que l'Union n'est pas remise en cause par les Français. Au contraire, 69 % des personnes interrogées pensent que dans un contexte de mondialisation, la France serait mieux armée, mieux protégée par un ensemble européen.

 

 

En revanche sous l'effet de la crise, il est massivement reproché à cette Europe d'être le cheval de Troie d'un libéralisme débridé et d'une économie mondialisée, et surtout de créer une concurrence entre les salariés de ses propres pays membres, au lieu d'être un rempart contre la concurrence des pays émergents.

 

 

Forcément, ce reproche vient d'abord, en France comme en Grande-Bretagne, des ouvriers, des employés, catégories sociales et des territoires les plus exposés aux aléas économiques et sociaux. Une écrasante majorité ne comprend pas qu'il n'existe pas d'harmonisation fiscale ou sociale.

 

 

 

Le thème de l'immigration a pesé lourd sur le Brexit ?

 

 

La crise des réfugiés a lié l'immigration et l'Europe. Lorsqu'on interroge les échantillons représentatifs, 66 % déclarent qu'il y a trop d'immigrés. Ils constatent l'inefficacité des États et de l'UE à contrôler les frontières extérieures et l'incapacité à assurer la sécurité intérieure. Sans une vraie prise en compte des attentes des peuples et des craintes des opinions publiques, les politiques vont tuer le projet européen qui est pourtant attendu par une majorité. Recueilli par P.J.

 

 

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30/06/2016
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le Progrès du mardi 28 juin 2016

 

 

UNION EUROPÉENNE - APRÈS BREXIT. LONDRES PAS PRESSÉ DE QUITTER LES 28

 

 

Outre-Manche, les responsables anti et pro Brexit cherchent à tempérer et à gagner du temps. Les 27 ont du mal à s'organiser pour trouver une position commune face au Royaume-Uni et faire valoir leurs conditions.

 

 

 

C

omment mettre en oeuvre le "Brexit" ? Quatre jours après le choc, le Royaume-Uni et l'Union Européenne semblent à la peine pour concrétiser la sortie souhaitée par 52 % des électeurs britanniques. Réunis hier à Berlin, l'Allemagne Angela Merkel, le Français François Hollande, et l'Italien Matteo Renzi ont dit vouloir soumettre une "nouvelle impulsion" du projet européen à leurs partenaires.

 

 

Mais les propositions autours de trois priorités (sécurité, défense, économie et jeunesse) sont encore floues, et les dirigeants européens divergent sur l'attitude à opposer aux Britanniques. Paris et Bruxelles veulent aller "le plus vite possible" dans la rupture. Berlin freine. Dans l'immédiat, toute négociation avec le Royaume-Uni est exclue tant que la demande de sortie de l'UE n'aura pas été formalisée par Londres.

 

 

 

Londres traîne les pieds

 

Or, ce dernier entend prendre son temps pour déclencher l'article 50 du Traité de Lisbonne qui permet de quitter l'Union. À Londres le mot d'ordre semblait "Wait and see". Qui vivra verra. "Nous devons déterminer le genre de relation que nous voulons désormais avoir avec l'UE", a déclaré hier David Cameron, précisant à nouveau qu'il incombera à son successeur de décider. Il devrait être connu le 2 septembre au plus tard, a précisé hier le Parti conservateur.

 

 

De son côté, Boris Johson, virulent partisan du "Leave" ("Partir") et prétendant au poste de Premier ministre, a réaffirmé que la sortie "n'interviendra pas dans la précipitation". Très conciliant depuis vendredi, l'ex-maire de Londres a appelé les pro-Brexit à "construire des ponts" avec ceux du "Remain" ("rester"). En attendant, un département spécial sera créé au sein du gouvernement pour gérer le dossier ! Mais la crise politique gagne aussi l'opposition travailliste : son leader, Jeremy Corbyn, accusé de ne pas en avoir fait assez pendant la campagne en faveur du maintien, pourrait à son tour être contraint à la démission.

 

 

 

"Exit" le triple AAA

 

Sur les marchés, le Royaume-Uni perd son AAA, la meilleure note possible. Prévoyant "un contexte politique moins prévisible, moins stable et moins efficace", l'agence de notation Standard an Poor's n'a, elle, pas tardé pour dégrader de deux crans la note de la dette à AA. Cette notation, assortie d'une perspective négative, ne va pas rassurer les bourses de nouveau en baisse hier.

 

 

Principaux perdants de cette déprime des marchés : les retraités... britanniques détenteurs de fonds de pension qui ont voté à 69 % pour le Brexit ! Outres les banques, plusieurs secteurs de l'économie (automobile, immobilier, transport aérien, agriculture...) pourraient être fragilisés, prévoient les experts, qui commencent à chiffrer le coût de la sortie. "Les investisseurs attendent de savoir quel sera le plan de route et si les Britanniques vont collaborer ou si le divorce sera douloureux, analyse Andrea Tuéni de Saxo Banque. C'est la grande question. Or pour le moment la réponse reste floue".

 

 

Dans ce contexte de crise et d'incertitudes, le camp des mécontents du résultat gagne du terrain Outre-Manche : la pétition pour un deuxième référendum approchait hier les 4 millions de signatures. Certains rappellent que le Parlement aura de toute façon le dernier mot et n'est pas obligé de suivre le vote du référendum, surtout si le Parlement écossais refuse au préalable. Raison de plus pour rendre son temps.

 

 


29/06/2016
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le Progrès du dimanche 26 juin 2016

 

 

UNION EUROPÉENNE - L'APRÈS BREXIT

 

 

Le Brexit ne fait pas dérailler l'Eurostar

 

 

À bord de l'Eurostar entre Londres et Paris, le Brexit fait évidemment partie des principaux sujets de conversation. Mais pour les passagers, l'impact du vote britannique se limite pour l'instant à la chute de la livre sterling qui a un effet sur le prix des consommations au bar.

 

 

 

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ien n'a changé pour les formalités à l'embarquement, mais le Brexit a déjà un premier impact à bord de l'Eurostar. Depuis vendredi, les passagers qui viennent consommer au bar n'ont jamais été si nombreux à vouloir payer en livres sterling pour profiter de la chute de la monnaie britannique. D'habitude, les gens ont plus l'habitude de régler la note en euros, mais aujourd'hui tout le monde veut payer en livres sterling", constate, amusé, Baptiste, un des stewards du train à grande vitesse qui relie Londres à Paris en moins de 2 H 30.

 

 

Le personnel d'Eurostar craint à plus long terme une baisse du nombre de passagers à bord du train emprunté chaque année par plus de 10 millions de voyageurs. Depuis la mise en service de ce tunnel sous la Manche, l'Eurostar a transporté plus de 163 millions de personnes qui ont pu avoir l'impression que la Grande-Bretagne n'était plus vraiment une île. "Nous avons une importante clientèle business, beaucoup d'hommes d'affaires font l'aller et retour dans la journée. Ils risquent d'être moins nombreux après le Brexit", avance Baptiste.

 

 

 

Des passagers surtout europhiles

 

 

Le choix des Britanniques de tourner le dos à l'Europe fait partie des principaux sujets de conversation à bord de l'Eurostar. Les passagers habitués à voyager sur le continent sont évidemment très europhiles. La plupart ont voté pour le maintien au sein de l'Union européenne. "J'ai honte pour mon pays", réagit Alex, un jeune Britannique de 22 ans qui se rend à Paris pour assister au match de l'Euro entre l'Italie et l'Espagne lundi au Stade de France. Il s'inquiète du fossé entre les générations qu'a mis en évidence le référendum. "Près de 75 % des jeunes de 18 à 24 ans ont voté contre le Brexit. Les partisans de la sortie de l'UE ont fait une erreur qu'ils vont sans doute regretter", juge-t-il, en craignant d'être un jour obligé de demander un visa pour se rendre en France. "Je n'ai pas du tout envie d'avoir le sentiment de vivre sur un île isolée du reste du monde", ajoute-t-il.

 

 

 

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"La jungle de Calais un autre échec de l'Europe"

 

 

À bord de l'Eurostar, Jerry est l'un des rares passagers britanniques ravis du résultat du référendum. "Je ne suis pas Britannique, je suis Anglais. Ma famille est anglaise depuis au moins dix siècles", corrige-t-il quand on lui demande sa nationalité. "Nous somme en train de perdre notre identité. Il y a eu un référendum sur le maintien du Royaume-Uni au sein du marché commun en 1975, mais on ne nous a jamais demandé si on voulait faire partie de l'Union européenne. Les politiciens nous ont trompés", critique le sexagénaire, proche des thèses anti-immigration du parti Ukip de Nigel Farage.

 

 

Par la vitre de l'Eurostar qui vient d'entrer sur le territoire français, Jerry regarde d'un air inquiet les alignements de clôtures et les gendarmes mobiles qui surveillent les abords du tunnel sous la Manche à Calais. "Les migrants ne devraient pas pouvoir arriver aussi facilement dans le Nord de la France, aux portes de l'Angleterre. C'est la faute des frontières ouvertes. C'est un autre échec de l'Europe", juge-t-il.

 

 

 

"L'Économie a besoin de main-d'oeuvre étrangère"

 

 

Martin, un Irlandais qui vit à Londres depuis 19 ans, avoue ne pas comprendre le vote des Britanniques. "Les électeurs n'ont pas répondu à la question qui leur était posée. Ils ont voté contre l'immigration, alors que l'économie britannique a besoin de cette main-d'oeuvre étrangère. Je travaille dans le bâtiment pour une entreprise qui emploie 150 Européens de l'Est, des Polonais, des Roumains et des Ukrainiens, et seulement une vingtaine d'Anglais. Ils viennent pour travailler, par pour toucher des avantages sociaux. Si on les renvoie chez eux, qui travaillera sur les chantiers ?".

 

 

Martin craint aussi les conséquences du Brexit pour l'économie irlandaise, qui exporte 90 % de sa production vers le Royaume-Uni. Mais dans l'Eurostar qui l'amène à Paris, il pense surtout au match France-Irlande qu'il va suivre à Lyon. Le foot, comme une échappatoire pour oublier ce Brexit qui donne des cauchemars à certains. À Londres, Luc Chaillot

 

 

 

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Ces Britanniques qui pétitionnent pour rester !

 

 

Et si l'on revotait ? Hier, peu après 19 h 15, ils étaient déjà plus de deux millions à le réclamer par une pétition en ligne - soit 500 000 signatures de plus qu'à 16 heures ! leur argument : un écart faible, pour une participation relativement peu élevée. Leur espoir :  le Parlement britannique est tenu d'examiner toute pétition dépassant les 100 000 signatures.

 

 

La demande n'a aucune chance d'aboutir. Comme l'a superbement dit le Commissaire européen britannique Jonathan Hill, annonçant sa démission : "J'aurai voulu que cela se terminât autrement, mais le peuple britannique a pris une décision différente et c'est comme ça que fonctionne la démocratie".

 

 

Cette pétition témoigne cependant de la frustration d'une partie de la population, qui n'avait pas imaginé la victoire du Leave. Une autre pétition réclame au nouveau maire de Londres, Sadiq Khan, de déclarer l'indépendance de la ville pour rejoindre l'Union européenne : elle dépassait hier les 130 000 signature. "C'est parti comme une blague, un cri de frustration et de désespoir... Je n'en reviens pas", explique son initiateur, James O'Malley, 29 ans.

 

 

Le lieu et l'âge sont importants. Les Londoniens voulaient rester dans l'UE (près de 60 %), comme les moins de 25 ans (73 %). Sur le réseau social Twitter, ils se signalent par #NotInMyName, ("Pas en mon nom"). "Les jeunes qui ont voté massivement pour rester ne doivent pas être dépossédés", a déclaré hier Jeremy Corbyn, le chef du Labour (Parti travailliste). Signe de l'ouverture d'un nouveau front politique. F.B.

 

 

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27/06/2016
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le Progrès du dimanche 26 juin 2016

 

 

UNION EUROPÉENNE - APRÈS LE NON DES BRITANNIQUES À L'UE

 

 

Comment éviter un référendum en France ?

 

 

François Hollande a pu constater, hier, en recevant les chefs des partis politiques, que l'exigence d'un référendum fait son chemin au-delà du Front national. Nicolas Sarkozy n'exclut pas d'utiliser une telle procédure, que le Président refuse.

 

 

 

I

l n'a fallu que quelques heures, le temps de revenir d'un état de sidération général, pour que le Brexit déferle sur la présidentielle française. Dès 13 heures, vendredi, François Hollande prenait la parole pour appeler à un "sursaut" européen. Un sursaut aux contours flous, mais qui a eu au moins le mérite de faire souffler un étrange vent d'optimisme à l'Élysée. Le journal Le Monde cite un "proche" du Président qui explique que le chef de l'État a l'intention de bénéficier du choc historique pour un rebond historique". Et le même aurait ajouté : "Nul ne conteste que le président est un excellent judoka. Il va retourner ce mouvement".

 

 

Bigre ! Les patrons des partis politiques français, que François Hollande a consultés hier à l'Élysée (avant un débat mardi à l'Assemblée), n'ont pas tardé à doucher cette euphorie d'après séisme. En guise de sursaut, ils sont plusieurs à avoir proposé au président d'agir pour modifier fortement les règles européennes. Quitte, pour certains, à faire appel, en France aussi, à l'arme du référendum.

 

 

Premier "visiteur du matin" hier à l'Élysée avant l'ensemble des dirigeants politiques français, le secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-Moon, s'est entretenu avec le président François Hollande du Brexit. Dans une déclaration conjointe, ils ont souligné que le "Brexit" soulevait "une interrogation pour toute la planète".

 

 

 

 

UNION EUROPÉENNE - L'APRÈS BREXIT

 

 

L'Europe aux Britanniques : partez vite !

 

 

Les 27 veulent pouvoir s'occuper de la relance du projet européen. Le problème est qu'ils ne sont pas d'accord entre eux - à commencer par la France et l'Allemagne.

 

 

 

I

l n'y a pas de divorce facile, constatent les Européens. Deux jours à peine après le "Leave" du Royaume-Uni, ses partenaires lui ont fait savoir hier qu'ils étaient impatient qu'il fasse ses valises. Ou, pour être plus précis, qu'il accepte d'entamer les négociations sur les modalités du divorce.

 

 

"Ce processus doit commencer aussi vite que possible pour qu'on ne se retrouve pas embourbé", a martelé à Berlin le ministre allemand des Affaires étrangères Franck-Walter Steinmeier. Il était entouré de ses homologues des cinq autres pays qui fondaient en 1957 la Communauté économique européenne : la France avec Jean-Marc Ayrault, les Pays-Bas, l'Italie, la Belgique et le Luxembourg.

 

 

 

Tensions entre Allemands...

 

"Nous devons avoir la possibilité de nous occuper de l'avenir de l'Europe", a poursuivi Franck-Walter Steinmeier. La grande crainte, exprimée la veille par le président du Parlement européen Martin Schulz, est que le Royaume-Uni prenne "tout le continent (européen) en otage" en faisant traîner la procédure. Et c'est bien ce qu'a commencé de faire le tandem Cameron-Johnson. Tous les Européens ne sont cependant pas exactement sur la même ligne. La première d'entre eux, la chancelière Angela Merkel, fait entendre une autre musique : pas question de se précipiter dit-elle, "il faut mener ces négociations dans les règles de l'art". Cette différence de ton avec son ministre des Affaires étrangères traduit des tensions croissantes au sein de la coalition entre la CDU de la chancelière et le SPD du ministre.

 

 

 

... et tensions franco-allemandes

 

La différence est également nette avec les déclarations du président français. Sur la conduite des discussions avec le Royaume-Uni, et plus encore sur la relance du projet européen. François Hollande n'a cessé depuis des mois, avec son ministre de l'Économie Emmanuel Macron, de promouvoir une intégration renforcée de la zone euro. Mais il est en passe de remiser son projet, devant les réticences de la chancelière. Celle-ci insiste sur la nécessité de trouver des solutions à 27, autrement dit pas dans une "avant-garde" autour de l'euro comme le préconise la France. Résultat : on reparle de défense et de sécurité...

 

 

Ils auront le temps d'en débattre ces prochains jours, entre un sommet à trois avec Matteo Renzi à Berlin lundi soir, le sommet à 28 de mardi à Bruxelles, et un incessant ballet téléphonique. Mais l'absence de proposition précise à la sortie de la réunion des six ministres, hier, montre que la relance du projet unanimement souhaitée au lendemain du Brexit pourrait prendre du temps. Et là, les 27 ne pourront pas que c'est la faute des britanniques. Francis Brochet

 

 

 

 

L'Écosse prête à prendre le large

 

 

Divorcer avec l'Angleterre ou avec l'Europe, il faudra choisir. Et à Edimbourg, la préférence ne semble gère faire de doutes. "Nous allons entrer en discussions immédiates avec les institutions européennes et les autres États membres afin d'étudier toutes les options possibles pour protéger la place de l'Écosse au sein de l'Union", a assuré la Première ministre écossaise Nicola Sturgeon, à l'issue d'une réunion d'urgence du gouvernement.

 

 

L'exécutif écossais va également commencer à définir un cadre législatif afin de permettre la tenue d'un deuxième référendum sur l'indépendance dans les deux ans. La décision d'y recourir ne pourra toutefois venir que du Parlement d'Edimbourg, dominé par le Parti national écossais (SNP). Ce référendum pourrait-il être le bon ? En septembre 2014, les Écossais s'étaient prononcés à 55,3 % pour le maintien de leur nation au sein du Royaume-Uni.

 

 

Mais c'était avant le Brexit, et la perspective de quitter une Europe à laquelle 62 % des Écossais ont affirmé leur attachement lors que vote de jeudi. Entre Londres et Bruxelles, que choisiraient-ils aujourd'hui ? La question promet des débats passionnés. Rester dans l'Union en tant que pays indépendant reviendrait à établir des frontières avec l'Angleterre voisine, son principal partenaire économique. Inversement, demeurer au sein du Royaume-Uni couperait définitivement l'Écosse de l'Europe des 27. Rude dilemme...

 

 


27/06/2016
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le Progrès du samedi 25 juin 2016

 

 

ROYAUME-UNI - UNE MAJORITÉ DE BRITANNIQUES A VOTÉ POUR LA SORTIE DE L'UNION EUROPÉENNE

 

 

BREXIT : 52 %

 

 

Après 60 ans d'adhésions à l'Union Européenne, pour la première fois, un État membre s'en va

 

 

C'est historique. Les Britanniques ont choisi par référendum, à près de 52 %, de quitter l'Union européenne. Une première dans l'histoire communautaire. Le Premier ministre, David Cameron a démissionné, les bourses ont dévissé. Voici ce qu'il faut retenir.

 

 

 

A

u bout du suspense, au bout de la nuit, le "Brexit". La sortie. La deuxième puissance économique, le troisième pays par sa population, va donc quitter l'Union Européenne, qu'elle avait intégrée en 1973. Pour la première fois, après 60 ans d'adhésions qui ont mené la communauté de 6 à 28 pays, un État membre s'en va.

 

 

 

Le Brexit à 52 %

 

Le scrutin de jeudi comme prévu a été serré : 51,9 % de oui sur une participation massive de 73%. Il a divisé les Britanniques. Londres, Manchester et l'Écosse ont voté pour le "remain" mais l'Angleterre profonde a plébiscité le "leave" : quitter l'Union européenne. Le vote témoigne d'une fracture profonde de la société britannique entre classes populaires, massivement favorables à ce Brexit, et les élites, les jeunes diplômés qui ont voté "remain".

 

 

 

L'immigration au coeur du débat

 

Le camp du non l'a emporté parce qu'il a axé sa campagne sur la fermeture des frontières et l'arrêt de l'immigration extra comme intra-européenne. Un thème au coeur du débat dans tous les pays.

 

 

 

Séisme sur les Bourses

 

Les Bourses ont été foudroyées par cet annonce. Les indices de Paris et Francfort ont abandonné 8 %. Wall Street a subi aussi la secousse à l'ouverture. La livre sterling, qui avait gagné 9 % la veille, s'est effondrée par rapport au dollar. L'impact sur l'économie européenne, voire mondiale, reste difficile à mesurer, mais les banques centrales se réunissaient hier soir.

 

 

 

Cameron va démissioner

 

Initiateur de ce référendum, David Cameron a annoncé qu'il quittera ses fonctions fin septembre lors du congrès du parti conservateur. Boris Johnson, l'ancien maire de Londres, ardent défenseur du Brexit, serait candidat à la succession. Il ne sera pas le seul.

 

 

 

Le Royaume désuni

 

L'Écosse, qui a choisi le "remain" à 63 %, a demandé un processus d'indépendance pour maintenir son adhésion à l'Union Européenne. Le parti Sinn Fein en Irlande du Nord souhaite un référendum sur la réunification avec la République d'Irlande.

 

 

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L'Europe à reconstruire

 

Explosion ou opportunité pour revoir les traités européens sur l'économie, la libre circulation, les frontières ? L'électrochoc oblige les dirigeants européens à réagir. François Hollande, estime que "Le vote des Britanniques met gravement l'Europe à l'épreuve et qu'elle ne peut plus faire comme avant". Il rencontrera lundi la chancelière Angela Merkel, le président du conseil italien Matteo Renzi, le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker en prélude à un sommet, mardi 28 et mercredi 29, auquel David Cameron participera.

 

 

 

Deux ans de négociations ?

 

Visas, voyages, taxes, échanges, frontières, santé : les questions très concrètes que se posent les citoyens français qui voyagent en Angleterre, les entreprises qui font des affaires, les 300 000 Français expatriés au Royaume-Uni, les 140 000 Britanniques domiciliés en France (200 000 en Espagne et Portugal) restent pour le moment sans réponse. La négociation de sortie peut durer deux ans voir plus. Le "Brexit" ne s'est pas arrêté hier matin.

 

 

 

L'Angleterre profonde contre l'Angleterre riche

 

L'Angleterre est traditionnellement un pays de classes. Un pays libéral traversé par des lignes très marquées de fracture sociale. Et le Brexit a creusé un peu plus son fossé politique, géographique, générationnel.

 

 

La cartographie du vote dessine les clivages très nets d'un pays divisé. Le vote eurosceptique des partisans du "leave" a été important dans les villes côtières, les zones défavorisées à forte proportion de votants non-diplômés et de laissés pour compte, les zones à majorités blanche, les zones avec une majorité de retraités. Vote de vieux, la sortie de l'UE ? Hier, des jeunes mineurs de 17 ans ont manifesté devant le Parlement britannique pour déplorer de ne pas avoir pu faire entendre leurs voix pro-UE. Le Brexit ? "Pas en notre nom", avaient-ils inscrit sur des pancartes.

 

 

La sortie de l'Europe a triomphé dans la région des Midlands au centre de l'Angleterre (y compris à Birmingham qui a perdu sont statut de deuxième ville), également au nord-est dans le Yorkshire, le plus vaste comté du Royaume-Uni. Le sud et l'est rural de l'Angleterre, qui ont connu un afflux important d'immigrés en provenance d'Europe de l'est ces dernières années, ont aussi largement voté la sortie, de même que les grandes villes dans le nord désindustrialisé de l'Angleterre, ex-bastion travailliste, notamment Sheffield.

 

 

Dans le camp adverse, Londres, ville-monde comospolite de 8,6 millions d'habitants, coeur financier et économique du Royaume-Uni, s'est montré europhile. Sept des dix zones de la capitale britannique se sont opposées à la sortie de l'UE, avec un résultat supérieur à 75 % dans les quartiers de Lambeth, Haringey ou Hacney. Le "Borough" de Hacney, à l'image de l'East End, n'est plus ce quartier déclassé, autrefois pauvre, sale, mal entretenu. Les Jeux Olympiques de 2012 l'on embourgeoisé et y ont attiré une nouvelle population, plus favorisée, plus jeune. Le vote de ces urbains un peu bobos, un peu hipsters, est pro-européen. La gentrification a aussi fait son oeuvre à Liverpool ou Manchester. Deux villes qui ont dit massivement oui à l'Europe, non au Brexit. Un vote dans un environnement péri-urbain de petites villes et de campagnes favorables au "leave" : fracture seulement britannique ? Nathalie Chifflet

 

 

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Collin Hay University of Sheffield et Sciences Po

 

 

"L'Europe a été diabolisée"

 

 

Les principales raisons de cette victoire du Leave ?

 

Depuis très longtemps, les principaux partis politiques ont pris l'habitude, quand ils avaient du mal à justifier quelque chose, de renvoyer la responsabilité au niveau européen. Ils ont diabolisé les institutions européennes. Il leur a donc été très difficile, ensuite, de faire une campagne positive pour le maintien dans l'Union.Ils en ont fait un enjeu rationnel, technique. Et l'argumentaire plus passionnel du Leave, sur la grandeur à retrouver de la Grande-Bretagne, a pu mieux fonctionner.

 

 

 

David Cameron a annoncé sa démission pour cet automne. Qui peut lui succéder ?

 

Boris Johnson... C'est un personnage très controversé : le leader des conservateurs d'Écosse a ainsi déjà déclaré qu'il ne voudrait pas travailler avec lui. Mais il s'est imposé en figure de proue du Brexit, et le plus probable est qu'il devienne le leader du parti conservateur au congrès d'octobre, et donc le Premier ministre.

 

 

 

L'autre vainqueur, c'est Nigel Farage ?

 

La victoire est d'abord celle du Brexit. Mais Nigel Farage a devant lui une opportunité : la plupart des gens qui ont voté pour le Brexit imaginent une séparation rapide et claire de l'Europe. Or, on sait que cela ne pourra pas se passer ainsi. Nigel Farage et le UKIP vont prospérer dans les années à venir sur les difficultés des conservateurs à bien négocier cette séparation.

 

 

Le divorce sera long et difficile

 

Oui, car il y a un consensus pour penser que nombre de négociations doivent avoir lieu avant que l'on actionne l'article 50, et que s'ouvre le délai de deux ans pour en négocier les termes. Et la Grande-Bretagne voudra négocier par exemple un accès maintenu au marché unique, ce qui est contradictoire avec une séparation claire et rapide. Recueilli par Francis Brochet

 

 

 

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 David Cameron

 

 

 

 

POLITIQUE - AVIS DE CRISE. L'EUROPE DANS UN BROUILLARD ANGLAIS

 

 

L'Europe dans un brouillard anglais

 

 

Comment maintenir en vie le projet européen, après le premier départ d'un pays depuis sa naissance il y a soixante ans ? Question pour l'heure sans réponse.

 

 

 

"L'

Europe, pour aller de l'avant, ne peut plus faire comme avant" : dans l'incroyable tempête provoquée par le vote britannique, le président français a reconnu, au diapason des autres leaders européens, qu'on ne peut passer ce Brexit par pertes et profits. Pas question de rejouer 2005, quand le "non" des Français et des Néerlandais avait de fait été ignoré. Mais l'impression dominante, après une journée de folie sur les marchés financiers et les scènes politiques, était que la voie de sortie de crise reste à inventer.

 

 

 

Hollande-Merkel : pas d'accord

 

Le constat est là, dans le vote britannique et tous les scrutins qui se succèdent : il y a "perte de confiance des peuples dans le projet que porte l'Europe", pour citer François Hollande. Mais alors, que faire ?

 

 

C'est là qu'apparaissent très vite les divergences. François Hollande a plaidé hier pour une relance du projet européen, à la fois sur la zone euro, la défense et la sécurité. Pas d'accord, a poliment dit la chancelière allemande, qui a mis en garde contre "des conclusions rapides et simples", qui "diviseraient encore plus l'Europe".

 

 

Exit, donc, une intégration plus poussée de la zone euro. Son ambition est plus modeste : "Que les citoyens sentent combien l'UE participe à l'amélioration de leurs vies personnelles". Même les divergences sur le sort à réserver au partant. La France a préconise une attitude très ferme, avec des délais le plus court possible pour négocier le départ, quand l'Allemagne souhaite ménager la Grande-Bretagne.

 

 

Les réunions vont se multiplier d'ici le sommet européen de mardi, pour tenter de construire des compromis : aujourd'hui les ministres des Affaires étrangères des six pays fondateurs, lundi soir le couple Merkel-Hollande avec l'Italien Matteo Renzi et le président du Conseil Donald Tusk, et tout cela sur fond d'échanges téléphoniques incessants.

 

 

Car il faut aller vite, sous une double pression. La première est financière : le choc a été brutal sur les marchés, il le sera encore plus lundi matin s'ils ont l'impression d'être toujours dans le brouillard anglais. Il faut "garantir par tous les moyens la stabilité et la sécurité des épargnants", a insisté Matteo Renzi, comme si l'Italie craignait déjà la répétition du mécanisme infernal qui a failli conduire au Grexit.

 

 

La seconde pression est politique. Marine Le Pen en France, Geert Wilders aux Pays Bas, ont aussitôt réclamé un référendum dans leurs pays. "La réaction en chaîne des eurosceptiques n'aura pas lieu", assure Martin Schulz, président d'un Parlement européen convoqué mardi en séance extraordinaire. Mais la bombe à retardement de David Cameron a éclaté. Et la crise est là, pour l'heure sans voie de sortie. Francis Brochet.

 

 

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26/06/2016
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le Progrès du vendredi 24 juin 2016

 

 

UNION EUROPÉENNE - RÉFÉRENDUM. LE ROYAUME-UNI FACE À SON DESTIN

 

 

Rester ou partir ? C'est la question qui était posée hier à plus de 46 millions d'électeurs britanniques. Le dépouillement commençait peu avant minuit.

 

 

 

John Springford Center for European Reform

 

 

 

"Un risque de chaos"

 

 

 

Qu'avez-vous pensé de cette campagne ?

 

Elle aura été assez horrible. Les enjeux sont très importants, et le niveau de connaissance de l'opinion publique, très bas, ce qui a encouragé les deux camps à l'exagération, la distorsion des faits, la tromperie. Mais la campagne du Leave a été la pire. Comme ils avaient du mal à contrer les arguments économiques du Remain, ils ont décidé que le seul moyen de gagner était de tout axer sur l'immigration.

 

 

 

Sil le Remain gagne, quelles conséquences ?

 

S'il gagne, ce sera de très peu. Je que crois que le Royaume unis reviendra au statu quo d'avant-référendum, se tenant aux marges de l'Union, sur le siège arrière de la voiture, sans volonté d'être au volant. L'Union Européenne poussera un soupir de soulagement. Mais ses vrais problèmes seront toujours là, la crise économique et Schengen, et je ne sens pas la volonté ni le capital politique pour les résoudre.

 

 

Et si c'est le leave ?

 

Un chaos politique en Grande-Bretagne. David Cameron devra démissionner, et la compétition pour prendre sa place sera marquée par une surenchère sur la distance à prendre avec l'Union européenne. L'Union offrira à la Grande-Bretagne deux choix : adhérer à l'Espace économique européen (EEE), qui impose de contribuer au budget de l'Union ; ou négocier un accord de libre-échange avec l'Union, ce qui sera très long et difficile, avec risque de choc économique et, là encore, de chaos. Recueilli par Francis Brochet


26/06/2016
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le Progrès du mercredi 22 juin 2016

 

 

RÉFÉRENDUM - AUJOURD'HUI, LES BRITANNIQUES VOTENT SUR LE MAINTIEN OU NON DANS L'UNION EUROPÉENNE

 

 

Brexit or no Brexit

 

 

46,5 millions d'électeurs britanniques décident aujourd'hui de leur avenir dans l'Europe, et de celui de 500 millions d'Européens. Du brouillard émerge une seule certitude : rien ne sera plus comme avant.

 

 

 

U

ne fois que vous "avez sauté de l'avion, il est impossible de remonter à bord", a lancé hier soir David Cameron. L'image est forte, et décrit bien ce saut dans l'inconnu qui pourrait être déclenché par le vote des Britanniques. Sûr que le Premier ministre n'imaginait pas cela en janvier 2013, lorsqu'il promettait ce référendum afin de calmer les eurosceptiques - allumant ainsi la bombe à retardement du "Brexit".

 

 

 

Mardi soir, le dernier grand débat public, devant pas moins de 6 000 personnes dans le stade de Wembley, aura été à l'image de la campagne : dur, ponctué d'attaques personnelles et d'accusations de "mensonge". La faute à la découverte progressive de l'incroyable importance de l'enjeu. Mais aussi à l'exploitation du thème de l'immigration par les nationalistes de l'UKIP de Nigel Farage.

 

 

 

Le meurtre de Jo Cox pèsera-t-il ?

 

C'est dans ce contexte qu'est intervenu jeudi dernier l'assassinat de la députée travailliste Jo Cox. Au moment de tuer l'élue, son meurtrier Thomas Mair avait crié : "Britain First", la Grande-Bretagne d'abord. Le résultat indiquera si ce drame a pesé dans les urnes, au-delà de l'émotion qui a saisi tout le pays. À cette heure, nul ne peut prédire qui l'emportera "Napoléon disait que les Anglais sont une nation de petits boutiquiers. À la fin, ils regarderont leurs intérêts, et voteront Remain", nous assure Éric Simon, écrivain français de Londres. "Quand les Britanniques vont en vacances en France ou en Italie, ils disent qu'ils vont en Europe", corrige Reza Zia-Ebrahimi, professeur au King's College.

 

 

 

L'enjeu dépasse le Royaume-Uni

 

Alors, Leave, ou Remain ? "C'est plus que l'avenir du Royaume-Uni dans l'Union européenne qui se joue là, a souligné hier François Hollande. C'est l'avenir de l'Union européenne". Dans tous les cas, l'Europe devra changer. Scrutin après scrutin, en Autriche comme en Italie, dimanche peut-être en Espagne, les citoyens européens disent leur refus de l'Union telle quelle fonctionne.

 

 

Une sortie des Britanniques enclencherait sans doute une demande générale de référendums, avec les mêmes conséquences dramatiques qu'au Royaume-Uni. Mais l'absence de réaction née d'un Remain (rester) serait aussi dangereuse pour l'avenir.

 

 

Les différents présidents de l'Europe, qui n'en manque pas, se sont déjà donné rendez-vous ce vendredi matin. Puis les 28 chefs d'État et de gouvernement se retrouveront mercredi à Bruxelles. Leave ou remain, le temps presse. Francis Brochet

 

 

 

 

REPÈRES

 

 

La question

 

"Le Royaume-Uni doit-il rester membre de l'Union européenne ou quitter l'Union européenne? "L'électeur devra cocher la case remain (rester) ou la case leave (quitter).

 

 

 

46,5 millions d'inscrits

 

C'est le nombre record d'électeurs inscrits sur les listes. L'abstention sera un élément déterminant du résultat : plus elle sera forte, plus seront faibles les chances du Remain. Elle avait été près de 34 % aux législatives.

 

 

 

Vote de 7 h à 23 h

 

Les bureaux de vote ouvrent à 7 heures locales et ferment à 22 heures locales (23 heures en France). Il est interdit aux médias britanniques de publier des sondages sortis des urnes avant la clôture du vote. Les premières estimations pourraient tomber dans la nuit, la BBC tablant sur 4 h (5 h en France).

 

 


24/06/2016
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le Progrès du lundi 20 juin 2016

 

 

UNION EUROPÉENNE - VOTE SUR LE BREXIT JEUDI MAIS AUSSI EN ITALIE HIER ET EN ESPAGNE DIMANCHE

 

 

L'Europe est malade  de ses crises politiques

 

 

Le référendum britannique mais aussi la montée du mouvement cinq étoiles en Italie, le blocage politique en Espagne où l'on revote dimanche prochain confirment la montée des mouvements anti-système et la perte de confiance des citoyens dans les partis classiques et la construction européenne.

 

 

 

C'

était début janvier, devant le parlement européen. Encore sous le coup d'un énième sommet ayant accouché d'une souris, fin décembre, Jean-Claude Juncker confiait son blues de président de la Commission à la tête d'une Union européenne en "polycrise". Une "conjonction de crises multiples, expliquait-il, complexes, multistratificationnelles (sic), venant de l'extérieur ou de l'intérieur de l'Union européenne, et qui surviennent toutes en même temps". Sur la liste, bien sûr, le Brexit, la Grèce, les réfugiés...

 

 

Dans le mécanisme infernal de la polycrise, chaque crise s'aggrave avec les autres. La crise des réfugiés pèse sur les économies de la Grèce et de l'Italie, et nourrit au Royaume-Uni l'argumentaire des partisans du Brexit. La crise grecque illustre la menace qui pèse encore sur l'Espagne et l'Italie, depuis la crise financière de 2008. La sortie de la Grande-Bretagne, enfin, aurait des répercussions sur toutes les crises, bousculant tous les calendriers et en redistribuant les alliances, et surtout, confie en privé François Hollande, en encourageant tous les eurosceptiques.

 

 

La crise est devenue celle de l'Union. Une crise de solidarité entre les États, tentés par le chacun pour soi. Et une crise politique, exprimée par les électeurs scrutin après scrutin : hier en Autriche, aujourd'hui en Italie, demain sans doute au Royaume-Uni et en Espagne. Jean-Claude Juncker avait parlé d'une "Commission de la dernière chance", lors de son intronisation fin 2014. La dernière chance, assurément - ou alors il faudra passer à autre chose. Francis Brochet


20/06/2016
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le Progrès du mardi 24 mai 2016

 

 

EUROPE - ÉLECTION. AVEC UN NOUVEAU PRÉSIDENT ÉCOLOGISTE, L'AUTRICHE FAIT BARRAGE À L'EXTRÊME DROITE

 

L'extrême droite, favorite du scrutin présidentiel, a été battue en Autriche par Alexander Van der Bellen. Mais le FPÖ s'inscrit désormais dans le paysage politique autrichien comme le premier parti du pays.

 

 

"Sascha" a gagné. Alexander Van der Bellen, 72 ans, dont le diminutif russe de ses origines est utilisé par ses partisans, a été élu hier président de la République autrichienne après le décompte des bulletins par correspondance, avec un peu plus de 30 000 voix d'avance sur Norbert Hofer (FPÖ).

 

 

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26/05/2016
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le Progrès du lundi 23 mai 2016

 

 

AUTRICHE - DÉPOUILLEMENT. PRÉSIDENTIELLE : SUSPENSE TOTAL

 

Le nouveau président autrichien sera connu aujourd'hui, après le dépouillement des votes par correspondance. L'extrême droite, menée par Nobert Hofer et donnée  favorite, va-t-elle l'emporter ?

 

 

900 000. C'est le nombre de bulletins de votes par correspondance (14 % des électeurs) qui restent à dépouiller aujourd'hui et qui vont désigner le futur président le la république autrichienne. Une majorité des 6,3 millions d'électeurs va-t-elle faire basculer l'Autriche vers l'extrême droite, une première depuis la Seconde guerre mondiale ? Norbert Hofer sera-t-il le premier chef d'État d'extrême droite à la tête d'un pays de l'Union européenne ? Après 95 % de bulletins dépouillés hier soir, Norbert Hofer, 45 ans, donné favori, possédait une légère avance sur l'écologiste Alexander Van der Bellen, 72 ans : 51,9 % contre 48,1 %.

 


24/05/2016
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