L'AIR DU TEMPS

L'AIR DU TEMPS

POLITIQUE DANS LE MONDE


le Progrès du dimanche 19 mars 2017

 

 

 

DIPLOMATIE - RÉUNION EN ALLEMAGNE. LES ÉTATS-UNIS GÈLENT LE G20

 

 

Coupe de froid sur la diplomatie économique, après le refus des États-Unis de condamner le protectionnisme et de défendre l'Accord de Paris sur le climat, à la réunion des ministres des Finances du G20.

 

 

Beaucoup doutaient, mais les faits sont là : le président Donald Trump est fidèle au candidat qu'il a été. Il avait prôné le protectionnisme, et contesté la réalité du réchauffement climatique, ces deux positions ont été confirmées par son secrétaire d'État au Trésor dès son premier G20 des ministres des Finances et banquiers centraux.

 

 

 

Mnuchin désinvolte

 

Contre les 19 autres États de ce club des pays les plus puissants de la planète, les États-Unis ont imposés de ne pas reprendre la formule classique condamnant le protectionnisme. "La formulation historique n'était pas pertinente", a balayé Steven Mnuchin. Il a enfoncé le clou en menaçant de renégocier les accords internationaux sur le commerce, conclus dans le cadre de l'Organisation mondiale du commerce (OMC).

 

 

Sur le climat, le représentant américain a fait retirer du texte final la mention habituelle de l'Accord de Paris, qui engage les États à réduire leurs émissions de carbone. "Ce n'est pas mon domaine", a expliqué Steven Mnuchin, renvoyant ainsi de manière assez désinvolte la question au G20 des chefs d'État et de gouvernement programmé en juillet à Hambourg.

 

 

 

Le tweet ravageur de Trump

 

L'Allemagne, hôte du sommet, a prétendu faire bonne figure. "Les Américains n'ont pas été isolés", a certifié le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble. Mais la volonté américaine de tester la première puissance européenne a été confirmée par un tweet de Donald Trump lui-même. Juste après avoir reçu Angela Merkel à la Maison Blanche, et tweeté sur une "EXCELLENTE rencontre", il a mitraillé : "L'Allemagne doit d'énormes sommes d'argent à l'Otan et les États-Unis doivent être plus payés pour la défense très puissante et très coûteuse qu'ils fournissent à l'Allemagne !".

 

 

 

6774300_92f3ebd790b5d017146b7015f92ba2caa92ad7d4_1000x625.jpg

 

 

Les ministres des finances et banquiers centraux des pays du G20 posent pour une photo de groupe à Baden-Baden le 17 mars 2017 (AFP/Thomas Kienzle )

 

 

 

Sapin regrette

 

Et cela alors qu'Angela Merkel venait de lui promettre publiquement d'augmenter les dépenses militaires allemandes à 2 % de son PIB. Il est vrai que Donald Trump avait aussi affirmé vendredi, lors de leur conférence de presse commune, que le "libre-échange a conduit à beaucoup de mauvaises choses".

 

 

De son côté, la France a naturellement déploré le mauvais sort fait à l'Accord de Paris sur le climat. Le ministre des Finances a dit son "regret", mais il a, comme son homologue allemand, semblé préférer parier sur un changement de pied américain d'ici au sommet de juillet. Mais les professions de foi très climato-sceptiques du candidat Trump laissent mal augurer de la position du président. F.B.

 


24/03/2017
0 Poster un commentaire

le Progrès du mardi 28 février 2017

 

 

 

IRLANDE DU NORD - LÉGISLATIVES CE JEUDI. ÉLECTION SOUS TENSION À BELFAST

 

 

Les deux Irlande vont-elles être à nouveau séparées par une frontière, à cause du Brexit ? La question domine les législatives de ce jeudi, moins de vingt ans après la fin de la guerre civile.

 

 

"L'un des sujets les plus difficiles du Brexit, plus difficile encore que l'Écosse" : ainsi s'exprime un haut diplomate français interrogé sur le futur de l'Irlande du Nord. Pourquoi ? Parce que les Nord-Irlandais ont en juin voté à 56% contre la sortie de l'Union européenne, mais sont aujourd'hui contraints de préparer leur sortie, avec le Royaume-Uni. Exactement comme l'Écosse.

 

 

 

290px-Ei-map-fr.png

 

 

 

Entre Dublin et Londres

 

Mais le Brexit prendra pour les Nord-Irlandais la forme très concrète d'une frontière avec le voisin du Sud, la République d'Irlande, qui reste dans l'Europe. Une frontière qui rappelle de très mauvais souvenirs : tente mauvais souvenirs : trente années de guerre civile entre protestants et catholiques, entre "unionistes" et indépendantistes. Elle s'est achevée en 1998 par l'accord de Belfast, dont l'un des points principaux étant justement la disparition de la frontière entre les deux Irlande. Les catholiques pouvaient regarder au sud vers Dublin, les protestants à l'est vers Londres, sans se gêner mutuellement...

 

 

C'est tout cela que vient bousculer le Brexit, et qui se retrouve au coeur des élections législatives de jeudi. Elles ont été déclenchées pour d'autres raisons : la rupture d'alliance entre le DUP (unioniste) et le Sinn Fein (indépendantiste), sur une sombre histoire de subventions clientélistes. Mais le premier sujet de la campagne est bien ce retour de la frontière.

 

 

 

Une frontière "invisible" ?

 

Les unionistes promettent une frontière "invisible", débarrassée du traumatisme des contrôles. Ils trouvent un appui chez les Irlandais du Sud, dont le Royaume-Uni est le premier partenaire commercial, et le premier fournisseur d'emplois. Le ministre des Affaires étrangères proposait récemment à Bruxelles de se "pencher sur les avancées technologiques, pour regarder les solutions créatives qui n'impliquent pas des structures physiques comme des bornes ou des postes frontaliers".

 

 

Pas du tout, dément Gerry Adams, leader du Sinn Fein, "ce sera une frontière fermée, et tout ce tapage autour d'une frontière souple est illusoire". Opportunisme, dénoncent ses adversaires, qui le soupçonnent de vouloir profiter du Brexit pour réaliser le vieux rêve de réunification avec la République d'Irlande - en dehors du Royaume-Uni.

 

 

Le paradoxe est que Theresa May pourrait se révéler la meilleure alliée des indépendantistes. Sa volonté d'un Brexit "hard", qui préfère de nouvelles frontières contre l'immigration au maintien du libre-échange avec l'Europe, conduit logiquement à une frontière "hard" entre deux Irlande... Francis Brochet

 


01/03/2017
0 Poster un commentaire

le Progrès du jeudi 23 février 2017

 

 

 

ABDULLAHI MOHAMED INVESTI PRÉSIDENT

 

 

Le président somalien Mohamed Abdullahi Mohamed a été investi hier à l'aéroport de Mogasiscio, l'endroit le plus sécurisé de la capitale, pour éviter une attaque des islamistes chebab qui ont menacé de lui mener une guerre "sans merci". Il s'est attaché à tempérer les attentes de ses concitoyens, prévenant que sa marge de manoeuvre "sera limitée" face à l'ampleur des défis qui l'attendent.

 

 

farmajo.jpg


24/02/2017
0 Poster un commentaire

le Progrès du lundi 20 février 2017

 

 

 

ÉQUATEUR - QUI POUR SUCCÉDER À CORREA ?

 

 

Les Équatoriens ont voté hier pour élire, parmi huit candidats, le successeur du président Rafael Correa, qui ne se représente pas à l'issue de trois mandats en dix ans. Le pays peut choisir de poursuivre l'expérience du "socialisme du XXIe siècle" qui a réduit les inégalités sociales ou de prendre un virage à droite comme d'autres pays d'Amérique latine.

 

 

Rafael-Correa.jpg


22/02/2017
0 Poster un commentaire

le Progrès du 8 février 2017

 

 

 

HAÏTI - JOVENEL MOÏSE INVESTI PRÉSIDENT

 

 

Après une crise électorale qui a paralysé la vie politique du pays pendant un an et demi, Jovenel Moïse est devenu le 58e président d'Haïti hier matin à Port-au-Prince. L'homme d'affaire de 48 ans signe ainsi le début de sa carrière politique en accédant aux plus hautes fonctions dans le pays le plus pauvre des Caraïbes. Michel Martelly, élu président en 2011, contraste avec son successeur à la personnalité effacée et inconnue du grand public.

 

 

 

Jovenel.jpg


11/02/2017
0 Poster un commentaire

le Progrès du mardi 24 janvier 2017

 

 

 

ÎLE MAURICE - LE PREMIER MINISTRE LAISSE LA PLACE À... SON FILS

 

 

Le Premier ministre mauricien, Sir Anerood Jygnauth, 86 ans, a démissionné hier et a été remplacé par son fils Pravind. La désignation a suscité l'ire de l'opposition, qui dénonce une transmission du pouvoir par héritage familial et une succession de type monarchique.

 

 

 

Sir-Anerood-Jugnauth-For-Death-Penalty.jpg

 

Sir Anerood Jugnauth


25/01/2017
0 Poster un commentaire

le Progrès du lundi 19 décembre 2016

 

 

 

ZIMBABWE - POLITIQUE. MUGABE, 92 ANS, INVESTI POUR LA PRÉSIDENTIELLE DE 2018

 

 

Le président zimbabwéen Robert Mugabe, âgé de 92 ans, et au pouvoir depuis 36 ans, a été investi samedi candidat à l'élection présidentielle de 2018 par le parti au pouvoir, la Zanu-PF, en dépit de mouvements de contestation et d'une crise économique.

 

 

 

Sans surprise

 

Le "camarade Mugabe" a été désigné sans surprise par le congrès annuel de son parti, l'Union nationale africaine du Zimbabwe-Front patriotique (Zanu-PF), qui a réuni quelque 9 000 délégués. "Président, vous êtes le principal acteur et tant que vous serez en vie, vous resterez l'acteur majeur de l'histoire du Zimbabwe", a ajouté le chef de la branche des jeunes du parti, Kudzai Chipanga.

 

 

 

Robert-Mugabe_2137784b.jpg

 

 

 

"Dirige-nous père"

 

L'investiture du vieux leader, au pouvoir depuis l'indépendance de l'ancienne colonie britannique en 1980 (d'abord comme Premier ministre puis comme président), a été saluée par les applaudissements de milliers de ses partisans scandant en langue shona "tongai, tongai baba", "dirige-nous, dirige-nous, père".

 

 

Le dirigeant zimbabwéen, en dépit de son âge et de problèmes de santé, n'a pas désigné de successeur ni indiqué de date de départ de la présidence qu'il exerce d'une main de fer, réprimant toute contestation au sein de son parti comme en dehors. Il a même un jour affirmé sur le ton de la plaisanterie qu'il resterait au pouvoir jusqu'à ses 100 ans.

 

 

 

Chômage à 90 %

 

La répression de toute forme d'opposition a jusque-là réussi à éteindre la contestation anti-Mugabe. Mais la grave crise économique que traverse le Zimbabwe, où 90 % de la population est au chômage, maintient une pression sur le régime.

 

 

zimbabwe_detail.gif


20/12/2016
0 Poster un commentaire

le Progrès du mardi 6 décembre 2016

 

 

 

NOUVELLE-ZÉLANDE - DÉMISSION SURPRISE DU PREMIER MINISTRE

 

 

Le premier ministre néo-zélandais John Key a annoncé hier, de manière inattendue, sa démission, déclarant qu'il était temps pour lui de partir après huit ans à son poste, et évoquant des raisons familiales. "C'est la décision la plus difficile que j'aie jamais prise, et je ne sais pas ce que je vais faire ensuite", a-t-il déclaré, ajoutant qu'il ne s'était jamais vu comme un politicien de carrière. C'est Bill English (centre-droit) qui est le mieux placé pour le remplacer, à compter du 12 décembre.

 

 

carte-nouvelle-zelande.gif


07/12/2016
0 Poster un commentaire

le Progrès du lundi 21 novembre 2016

 

 

 

HAÏTI - APRÈS L'OURAGAN, LES ÉLECTIONS

 

 

Quelque 6,2 millions d'Haïtiens élisaient hier leur futur président ainsi que des députés et sénateurs, après une année de crise institutionnelle et l'ouragan dévastateur d'octobre. Parmi les 27 candidats à la présidence, trois favoris : Jovenel Moïse, Jude Célestin et Maryse Narcisse. Résultats le 29 décembre.

 

 

carte-haiti.gif


23/11/2016
0 Poster un commentaire

le Progrès du mardi 15 novembre 2016

 

 

 

MOLDAVIE - DODON ÉLU, DES FRAUDES ?

 

 

Le candidat pro-russe Igor Dodon a remporté la présidentielle en Moldavie (avec 52,18 % des voix) dans l'ex-république soviétique secouée depuis des mois par une profonde crise politique. Vaincue, la pro-européenne Maia Sandu a rejeté les résultats du scrutin et dénoncé de fraudes. À Chisinau, plusieurs milliers de personnes se sont réunies hier après-midi devant la Commission électorale pour réclamer l'annulation des résultats du scrutin. C'est aussi un pro-russe qui a été élu président dimanche en Bulgarie. L'élection de Roumen Radev a entraîné hier la démission du Premier ministre europhile Boïlo Borissov.

 

 

581718adc36188c3368b45d7.jpg

 

Igor Dodon

 

 

 

Le Progrès du lundi 14 novembre 2016

 

 

BULGARIE - LE SOCIALISTE PRO POUTINE VAINQUEUR DE LA PRÉSIDENTIELLE

 

 

 

Roumen Radev, candidat de l'opposition socialiste jugé proche de Moscou, a remporté hier l'élection présidentielle en Bulgarie, selon les sondages effectués à la sortie des bureaux de vote, devant sa rivale soutenue par le Premier ministre conservateur Boïko Borissov, qui a prononcé sa démission prochaine. Trois instituts de sondage donnent à cet ancien commandant des forces aériennes de 53 ans, novice en politique, un score de 58,1 % à 58,5 % contre 35,25 % à 35,7 % pour la présidente du Parlement Tsetska Tsatcheva.

 

 

 

5026493_6_a870_le-candidat-de-l-opposition-socialiste-le_9023244c7bf132749820ef988cca83de.jpg

 

Roumen Radev

 


15/11/2016
0 Poster un commentaire

le Progrès du vendredi 11 novembre 2016

 

 

ÉTATS-UNIS - PRÉSIDENTIELLE. LES FRANÇAIS DÉÇUS ET PAS RASSURÉS

 

 

 

Politique, société civile : en France, le succès du candidat présenté comme populiste n'a laissé personne indifférent

 

 

 

En politique française aussi, le phénomène Trump inquiète ou agace, mais ne laisse personne indifférent.

 

 

 

Trump ne séduit ni à droite, ni à gauche

 

Marine Le Pen a lancé le débat en félicitant dès mercredi matin le vainqueur surprise. 91 % des sympathisants de gauche sont mécontents de l'élection, contre 59 % au Front national. À droite, ils sont 78 % à se dire opposés à Trump. Et cela résonne dans la campagne pour la primaire, les 20 et 27 novembre : François Fillon estime qu'il faudra le "juger à ses actes. Restons calme". Comme Alain Juppé, il pense qu'il n'y aura "pas d'effet Trump sur l'élection française". Nicolas Sarkozy, lui, pense que le vote Trump, "montre une colère populaire". Sous entendu : nous devons l'entendre en France.

 

 

À gauche, "Bérénie Sanders aurait gagné", affirme Jean-Luc Mélenchon, vantant un virage antilibéral : "Avec la France insoumise, rejetez les Clinton français !", a-t-il insisté.

 

 

Le Premier ministre PS Manuel Valls a aussi tiré à sa façon les leçons de la victoire de Donald Trump : "Il n'y a pas de mondialisation heureuse ou naïve, je comprends les inquiétudes des ouvriers et des employés", a-t-il assuré, vantant la réindustrialisation de la France. Au PS, le Premier secrétaire Jean-Christophe Cambadélis a jugé que démocrates et progressistes devaient "se rassembler. Continuons  nos enfantillages irresponsables et ça sera Marine Le Pen", a-t-il lancé... s'attirant une foule de critiques.

 

 

 

Un appel à s'inscrire sur les listes électorales

 

Le coup de tonnerre Trump a, aussi, frappé les internautes : ils ont hier massivement propagé un appel à s'inscrire sur les listes électorales en France - ce qui est possible jusqu'au 31 décembre prochain pour voter en 2017. Cible visée les jeunes : ceux qui ont voté on choisi Clinton en Amérique comme les jeunes Britanniques avaient voté massivement pour le maintien dans l'UE. Sauf que dans les deux cas une minorité de cette génération a voté et une majorité a oublié de s'inscrire.


12/11/2016
0 Poster un commentaire

le Progrès du jeudi 10 novembre 2016

 

 

 

ÉLECTION DU 45E PRÉSIDENT DES ÉTATS-UNIS - LE CANDIDAT RÉPUBLICAIN A DÉJOUÉ LES PRONOSTICS ET BATTU HILLARY CLINTON

 

 

 

Comment Donald Trump est devenu président

 

 

Jamais il ne sera élu à la Maison Blanche, jugeaient les commentateurs voici un an. Ils n'avaient pas remarqué que Donald Trump s'adressait à une Amérique qu'ils ne connaissent pas ou qu'ils méprisent : celle qui subit la mondialisation.

 

 

 

Quand il annonce sa candidature, le 16 juin 2015, il n'y a pas grand monde, chez les républicains et chez les démocrates, pour miser un dollar sur Donald Trump.

 

 

Le Daily News l'affuble alors sur toute sa Une d'un gros nez rouge et titre : "Un clown dans la course à la présidence". Le New York Times parle de "quête improbable" et le Huffington Post range alors les articles de Trump dans sa rubrique... "loisirs".

 

 

 

"Jamais il ne sera élu"

 

À vrai dire personne ne croit qu'il pourra même se présenter à la primaire républicaine. Et quand il y parvient, les commentateurs, unanimes, le voient battu facilement par Jeb Bush, Marco Rubio ou Ted Cruz. Sauf que Trump met KO, l'un après l'autre, ces concurrents trop peu sportifs pour le boxeur qu'il est devenu. Les éditorialistes sont obligés de manger leur stylo. Ils le font de plus ou moins bonne grâce, tout en prévenant : "Jamais il ne sera élu à la Maison blanche !".

 

 

Aujourd'hui, ce n'est plus un stylo que la classe médiatique américaine doit avaler, c'est l'ensemble du tirage des quotidiens. Belle indigestion de papier... mâché ! Cet aveuglement médiatique (qui a largement débordé sur l'Europe) éclaire parfaitement le mécanisme qui a mené Trump à la victoire.

 

 

Il y a deux Amérique, celle qui surfe sur la mondialisation et celle qui en souffre. La première détient les leviers politique, économiques et médiatiques. Elle se porte bien. Sans doute trop bien, puisque cela fait des années qu'elle n'entend pas grogner l'autre Amérique, celle des nuques rouges du Midwest, des classes moyennes plongées dans un déclassement accéléré depuis la crise des subprimes, des ouvriers sans perspective de la ceinture de rouille qui porte si bien son nom : les usines d'automobiles ferment, nombre de hauts fourneaux ont connu le même sort que ceux de Florange, les travailleurs vivent dans des mobile-homes qu'ils déplacent au gré d'une demande de main d'oeuvre mal payée. Le Michigan, l'Ohio, la Pennsylvanie étaient autrefois la fierté industrielle des États-Unis. Tous trois ont voté Trump.

 

 

 

6381481.jpg

 

 

"Virginité politique"

 

Le milliardaire a fait, dès le début, le choix de parler de l'Amérique méprisée par les élites. Et c'est ce qui l'a fait gagner, surtout face à Hillary Clinton, produit presque caricatural de la haute société mondialiste. Il aurait peut-être eu plus de mal face à Bernie Sanders, qui a fait le même pari des petites gens que lui. Mais Sanders a été battu par Clinton lors des primaires. Cette campagne s'est menée à fronts renversés : la gauche démocrate avait la bénédiction et le soutien des milieux d'affaires, alors que Trump a réussi à renouer le lien entre la droite et les classes populaires.

 

 

Des deux côtés de l'Atlantique, on a critiqué Trump pour son total mépris des nuances. Ses provocations l'ont en réalité beaucoup aidé : la nuance ne s'accommode pas de la colère. Et c'est la colère qui a dominé ces élections américaines. Trump a également bénéficié de son inexpérience - ou plutôt de sa "virginité" - politique. Il n'a jamais été élu auparavant, alors qu'Hillary Clinton, ex-première dame, ex-sénatrice et ex-secrétaire d'État, est une apparatchik totalement vouée à la conquête du pouvoir.

 

 

 

Pas au cinéma

 

Ajoutons qu'aux États-Unis, pour la masse des électeurs, il vaut mieux être milliardaire - c'est un signe de réussite - que bobo, comme les élites de Californie et de la côte nord-est : les derniers meeting d'Hillary Clinton, à grand renfort de célébrités comme Bruce Springsteen, l'on encore un peu plus éloignée des gens "normaux". Georges Clooney et Natalie Portman, c'est bien au cinéma. Une élection présidentielle, c'est autre chose : c'est la vraie vie. Patrick Fluckiger

 

 

 

 

 

EN HAUSSE - TOUS LES LEVIERS SON RÉPUBLICAINS

 

 

On ne votait pas que pour le président des États-Unis : les républicains ont également gardé leur majorité au Sénat et continueront ainsi de contrôler l'ensemble du Congrès des États-Unis. Ils auront ainsi la capacité de défaire les réformes du président Barack Obama et notamment sa controversée réforme de l'assurance-maladie baptisée "Obamacare".

 

 

Le Sénat, qui était renouvelé à un tiers (34 membres), avait basculé dans le camp républicain en 2014, restreignant considérablement la marge de manoeuvre du président Obama. Récemment, les sénateurs républicains ont ainsi bloqué le processus de confirmation d'un juge de la puissante Cour suprême nommé par Barack Obama après le décès d'un de ses neuf membres.

 

 

Ce juge pourra désormais être nommé par Donald Trump. Qui pourrait également en nommer jusqu'à trois autres durant son mandat, puisque trois d'entre eux sont aujourd'hui âgés de 78 à 83 ans.

 

 

 

LA DÉROUTE DES SONDEURS

 

Les sondeurs britanniques se sont trompés sur le Brexit. Les sondeurs américains se sont... "Trumpés" encore plus lourdement. Mardi, alors que le vote avait commencé, la moyenne des sondages nationaux de l'ensemble des instituts donnait 45,9 à Clinton contre 42,8 % à Trump. Et la plupart des États-clé étaient considérés comme acquis à la démocrate. En Pennsylvanie, Clinton a été créditée jusqu'à 11 points de plus que Trump. À l'arrivée c'est le républicain qui l'emporte !

 

 

À Londres comme à Wasington, les sondeurs se sont fracassés sur le même écueil : les classes populaires et les personnes âgées. Sauf que les Américains ne disposent pas tous d'un ordinateur ou d'un tablette. Ainsi, près de la moitié des sondages américains ont été effectués par internet et certains instituts ont offert des tablettes à leurs sondés : mais là, plus question d'anonymat. Or, le vote Trump, comme le Brexit, est une transgression. Et tout le monde n'avoue pas spontanément une transgression.

 

 

 

 

 

 

 

HILLARY CLINTON, LA DÉFAITE VENUE DE LOIN

 

 

Victime du désamour des Américains, l'ex First Lady, longtemps favorite, ne deviendra pas la première présidente des États-Unis.

 

 

Elle en rêvait depuis 50 ans : l'ex-première dame, 69 ans, ne sera pas la première femme portée à la présidence des États-Unis. Personnalité froide et proche des milieux d'affaires, elle représentait une élite politique, financière et médiatique en rupture avec le pays profond. L'implacable campagne de dénigrement menée par les équipes de Donald Trump a fait le reste.

 

 

Après avoir piloté la carrière de son époux, Hilary Clinton avait dû accepter le second rôle de First Lady, les humiliations d'une épouse trompée. Puis s'effacer en 2008 derrière la candidature charismatique et historique de Barack Obama, premier Noir à la Maison blanche. En 2000, elle avait pourtant réussi son entrée au Sénat à New York. Au cours de son passage au Secrétariat d'État d'Obama, elle a verrouillé l'appareil du parti et les soutiens financiers. Au bout de la primaire, elle s'était ouverte à son challenger, le socialiste Bernie Sanders, et à un programme plus à gauche. Longtemps donnée favorite, elle a dominé les débats de la campagne en montrant sa compétence, son sang-froid, sa maîtrise des dossiers.

 

 

 

35-presidentielle_usa.jpg

 

 

 

"Qui s'identifie à elle ?"

 

Mais Hillary n'a jamais été aimée par les Américains. Peu d'affect, pas de charisme, et une santé jugée fragile. "Qui s'identifie à elle ?", interrogeait Obama en 2008, lors des primaires démocrates. Huit ans plus tard, la question reste valable.

 

 

Symbole de "l'establishment" dénoncé par Trump, elle a traîné comme un boulet son statut de professionnelle de la politique, sa proximité avec les milieux financiers. Dans une Amérique divisée, elle ne représentait pas le changement. Un bon tiers de l'électorat hispanique et au moins 20 % des Noirs n'ont pas voté pour elle. Même les femmes ne lui ont pas majoritairement apporté leurs voix, malgré les accusations de sexisme qui ont visé Trump.

 

 

Hillary Clinton représentait cette élite politique en échec malgré l'inversion de la courbe du chômage : 4,9 % de chômage, mais des millions d'emplois précaires. La poursuite de l'action d'Obama n'a pas suffi à convaincre les électeurs. Hillary Clinton incarnait une continuité dans l'acceptation de la mondialisation et de l'immigration, face à une Amérique des classes moyennes et populaires, qu a exprimé sa colère. Elle n'était pas la bonne personne au bon moment.

 

 

Malgré cette défaite, Hillary Clinton n'a pas - encore - tiré un trait sur la politique. Pour sa première réaction publique après sa déroute électorale, la candidate démocrate a... offert de travailler avec Donald Trump.

 

 

 

 

Une gifle pour Barack Obama

 

 

Quel pire symbole pour les États-Unis, première puissance mondiale, que de voir Donald Trump succéder à Barack Obama ? Huit ans après son élection, le premier président afro-américain des États-Unis, s'apprête à quitter la Maison blanche sur une gifle terrible.

 

 

"Nous ne pouvons nous permettre d'élire ce type ! Ce n'est pas possible ! Ce n'est pas possible !" : il y a encore quelques jours, Barack Obama avait lancé ce cri du coeur, à Las Vegas, à l'encontre de Donald Trump. Mais son charisme - même au service d'une candidate qui en manquait cruellement - n'aura pas suffi à faire élire Hillary Clinton.

 

 

 

"Nous sommes d'abord américains"

 

Hier, le premier président noir des États-Unis a tenu un discours plus policé depuis les jardins de la Maison blanche. "Nous ne sommes pas d'abord démocrates ou d'abord républicains. Nous sommes d'abord Américains. Nous voulons tous le meilleurs pour ce pays. C'est ce que j'ai entendu dans le discours de M. Trump hier et lorsque je lui ai parlé directement", a témoigné le 44e président des États-Unis, qui quittera le pouvoir dans deux mois et demi.

 

 

 

 

 

ÉLECTION DU 45E PRÉSIDENT DES ÉTATS-UNIS

 

 

Politique étrangère : la grande inconnue

 

 

 

Avant son élection, Donald Trump a prévenu que sa politique étrangère serait "imprévisible". Sa tentation isolationniste et sa fascination pour Poutine inquiètent les partenaires des États-Unis.

 

 

"L'Amérique d'abord sera la ligne directrice de mon administration". Lorsque Donald Trump dit vouloir "rendre sa grandeur à l'Amérique", il pense surtout à sa puissance intérieure et beaucoup moins à son ancien rôle de gendarme du monde. Son programme de politique étrangère reste flou, et ce saut dans l'inconnu inquiète les partenaires des États-Unis, heurtés par son langage fort peu diplomatique. Isolationniste, le nouveau président américain avait annoncé la couleur en avril en expliquant que sa politique à l'étranger serait "imprévisible".

 

 

 

Il critique l'interventionnisme

 

Donald Trump, qui a applaudi le Brexit, estime que c'est aux Européens de payer pour leur défense et pas aux Américains. Il menace de sortir de l'Otan si la contribution financière des États-Unis n'est pas diminuée et si ses missions ne sont pas recentrées sur la lutte contre le terrorisme et les flux migratoires.

 

 

Donald Trump critique l'interventionnisme américain, tout en promettant d'augmenter les crédits militaires et de montrer les muscles. "L'armée américaine sera si puissante que je ne pense pas que nous aurons besoin de l'utiliser. Personne ne viendra nous chercher", assure-t-il.

 

 

Partisan d'un dégel avec la Russie et fasciné par la personnalité autoritaire de Vladimir Poutine, le nouveau locataire de la Maison blanche sera tenter de lui laisser les mains libres en Syrie et en Ukraine. Il y a un an, Donald Trump affirmait que le monde se porterait mieux si Saddam Hussein et le colonel Kadhafi n'avaient pas été chassés du pouvoir. Il reprochait à Barack Obama d'avoir provoqué le chaos au Moyen-Orient et permis aux djihadistes de prospérer. Donald Trump annonce avoir "un plan secret" pour anéantir Daech.

 

 

Le nouveau président américain veut revenir sur l'accord nucléaire avec l'Iran, mais prendra-t-il le risque de réduire à néant 12 années de négociations avec Téhéran ? Donald Trump se vante aussi de pouvoir résoudre le conflit israélo-palestinien "en deux semaines", alors que tous ses prédécesseurs ont échoué à imposer la paix. Opposé à la mondialisation, le nouveau président veut s'attaquer à la Chine qu'il accuse de détruire l'emploi aux États-Unis en maintenant sa monnaie à un niveau artificiellement bas.

 

 

 

L'accord de Paris dans le viseur

 

Climato-sceptique, Donald Trump a annoncé qu'il dénoncera l'accord de Paris et que les États-Unis cesseront leur contribution financière aux programmes de l'ONU contre le réchauffement climatique. Mais un pays qui a ratifié l'accord de Paris ne peut pas théoriquement se désengager avant trois ans et un an de préavis. Rien n'empêchera toutefois Donald Trump de fouler au pied des engagements qui ne sont contraignants que sur le papier. Il veut ainsi déréglementer le secteur des énergies fossiles et relancer le projet d'oléoduc Keystone XL, enterré par Barack Obama. Luc Chaillot

 

 

 

 

Choc d'incertitudes sur la croissance

 

 

Le krach redouté n'a pas eu lieu. Les bourses ont tangué, plongé, puis remonté... "La réaction est modérément négative, observe Thomas Julien (Natixis USA). Le discours rassembleur de Trump a un peu rassuré les marchés".

 

 

Reste cependant un mot, incertitude. "La seule certitude en matière économique, c'est l'incertitude", a ainsi hier déclaré le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau. Une incertitude qui porte à la fois sur le programme, peu précis, sur son application, qui peut devenir conflictuelle avec le Congrès, et sur les décisions à venir du Président, dont les foucades ont rythmé la campagne.

 

 

Il s'en est par exemple pris durement au "laxisme" de la présidente de la banque centrale (Federal Reserve) Janet Yellen, faisant peser un doute majeur sur l'évolution de la politique monétaire, alors que le monde entier attend depuis des mois une remontée des taux américains.

 

 

 

20 % du commerce européen

 

Son programme économique tient sur deux piliers. D'abord, une forte baisse de l'impôt sur les sociétés de 35 à 15 %, et de l'impôt sur le revenu (taux maximal de 39,6 à 33 %). Cela peut relancer l'économie, mais suscite des craintes pour une dette déjà importante - d'autant qu'il l'accompagne d'un plan de relance des travaux publics, sur fonds budgétaires. L'autre pilier, ce sont de fortes restrictions aux échanges commerciaux, rendus coupables du chômage aux États-Unis. Les premiers visés sont la Chine et le Mexique. Mais le premier partenaire commercial est l'Europe, dont les États-Unis absorbent 20 % des exportations.

 

 

"Si Trump fait ce qu'il a dit et élève des barrières commerciales, les dégâts seront énormes", s'alarmait hier Clemens Fuest, président de l'institut allemand Ifo. Et ces incertitudes planent au plus mauvais moment sur l'économie mondiale. Le commerce est déjà dans une mauvaise passe, avec une croissance très faible attendue l'année prochaine. Et l'Europe vient de réviser ses prévisions à la baisse, notamment à cause des conséquences du Brexit - autre incertitude... Francis Brochet


12/11/2016
0 Poster un commentaire

le Progrès du mardi 8 novembre 2016

 

 

 

NICARAGUA - LE COUPLE ORTEGA GAGNE LES ÉLECTIONS

 

 

Le président sortant du Nicaragua Daniel Ortega est arrivé largement en tête d'élections générales controversées, décrochant un quatrième mandat au côté de sa femme comme vice-présidente, tandis que l'opposition dénonçait une "farce". Selon des résultats partiels portant sur deux tiers (66,3 %) des bulletins dépouillés, El Comandante a remporté 72,1 % des suffrages, bien loin devant les 14,2 % de Maximino Rodriguez, un avocat de 55 ans du Parti libéral constitutionnaliste (PLC, droite).

 

 

 

amlatElec2016EvoKeikoOrtegaMaduro516x200.jpg

 

 

Quatre des protagonistes de l'année électorale 2016 (de g. à dr.) : Keiko Fujimori, candidate favorite à la présidence du Pérou, et les présidents Daniel Ortega (Nicaragua), Nicolas Maduro (Venezuela) et Evo Morales (Bolivie) – Composition LatinReporters.com


09/11/2016
0 Poster un commentaire


Recherche

Vous recherchez ? :