L'AIR DU TEMPS

L'AIR DU TEMPS

BD


Franceinfo le vendredi 20 octobre 2017

 

 

Astérix, Lucky Luke, Blake et Mortimer... Pourquoi les stars de la BD ne meurent jamais

 

 

L'usure du temps aurait pu faire plus de dégâts que les pilums des légionnaires sur les ventes des albums du petit Gaulois. C'était sans compter sur les astuces des éditeurs pour maintenir en vie les poules aux œufs d'or

 

 

Vingt-quatre Blake et Mortimer, 55 Spirou et Fantasio, 77 Lucky Luke, 80 Ric Hochet et donc 37e aventure d'Astérix, Astérix et la Transitalique, sortie jeudi 19 octobre. Les héros franco-belges, pourtant dépourvus de super-pouvoirs pour la plupart, ne meurent jamais, même quand leurs créateurs passent l'arme à gauche. Et continuent d'envahir les rayonnages avec une régularité métronomique au moment des fêtes, à raison d'un tome tous les deux ans pour Astérix ou Blake et Mortimer.

 

 

 

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"Tintin", contre-exemple absolu

 

Hergé doit se sentir bien seul. "Tintin, c'est moi", avait-il argué pour justifier son refus de voir le reporter à la houppette poursuivre ses aventures sous la plume d'un autre. "Le donner à quelqu'un d'autre, c'est trahir à la fois Tintin et ses lecteurs." La dernière aventure complète de Tintin, Tintin et les Picaros, date donc de 1976.

 

 

Du courage ? De l'égoïsme ? Pour l'éditeur, laisser un tel héros de BD sans actualité représente d'abord un risque accru de muséification. Une série qui ne propose pas de nouveautés est une série qui disparaît. Pour Les Aventures de Tintin, le salut réside dans les collectionneurs, qui achètent les éditions rares ou les exégèses de l'œuvre, et dans les adaptations. Au début des années 1990, la série d'animation réalisée par Ellipse avait hissé les ventes du fonds à 3,2 millions d'exemplaires. De la même façon, le film de Spielberg, qui avait attiré 5,3 millions de spectateurs en salles en 2011, avait suscité un regain de curiosité, avec 720 000 albums vendus cette année-là

 

 

 

Mais depuis, les ventes s'érodent, inexorablement, à hauteur de 15% par an. Si rien ne se passe, dans une génération, Tintin parlera autant au grand public que Zig et Puce, énorme carton des années 1940... Nick Rodwell, l'actuel détenteur des droits d'exploitation de Tintin, avait émis l'idée de sortir une nouveauté en 2032 avant que l'œuvre ne tombe dans le domaine public. Etait-ce une simple boutade comme il s'en était ensuite défendu ? Ou un réel moyen de sauver Tintin ?

 

 

 

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"'Astérix' ne peut survivre que grâce à la nouveauté"

 

Autre chef d'œuvre en péril, Gaston Lagaffe, dont l'éditeur a décidé de sortir les grands moyens pour le ranimer. Le personnage du gaffeur créé par Franquin est très daté années 1960-70, et n'a pas connu de nouveauté depuis la fin des années 1990. De l'aveu même de Claude de Saint-Vincent, directeur général du groupe Média-Participations (Dupuis, Dargaud, Le Lombard...), 70% des 9-15 ans ne connaissent pas le personnage. Et la discrète négociation avec Zep, le dessinateur de Titeuf, pour reprendre le gaffeur en espadrilles, a tourné court. On se contentera d'un album d'hommages pour l'instant, en attendant le film prévu pour l'an prochain, où le héros est modernisé, et travaille (ou en tout cas, feint de travailler) dans une start-up marseillaise.

 

 

"Je trouve qu'Hergé a eu une fierté un peu idiote. Dès qu'il n'y a pas de nouveauté, c'est fini", théorise, dans Le Figaro, Albert Uderzo, pas le moins bien placé pour en parler, vu qu'il a changé d'avis sur le fait qu'Astérix lui survive. "La transmission de génération en génération se perd. Sur le marché même de l'édition, les grandes séries, Tintin, Astérix, ne peuvent survivre que grâce à la nouveauté."

 

 

L'idéal est qu'un auteur transmette sa série avant de commettre l'album de trop. Et même Albert Uderzo n'a pas évité ce péché de vieillesse avec Le Ciel lui tombe sur la tête, sorti en 2005, qui suivait plusieurs albums franchement moyens, rétrogradant Astérix à des niveaux (de vente) jamais vus depuis les années 1960. Si vous pensiez que le petit Gaulois avait touché le fond, sachez quand même qu'Uderzo a eu, à l'époque, la présence d'esprit de refuser un scénario à un des auteurs des derniers (et calamiteux) Lucky Luke période Morris. "J'ai été obligé de lui dire que ce n'était pas bon, et c'est très gênant de dire cela à un professionnel", confie Uderzo dans un hors-série de L'Express, sans nommer le malheureux éconduit.

 

 

 

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La jurisprudence "Blake et Mortimer"

Si l'on voit autant de séries reprises, c'est en grande partie de la faute de Blake et Mortimer. Une série très estimée du vivant de son créateur, Edgar P. Jacobs (1904-1987), mais qui n'avait jamais défrisé les courbes de vente. La faute à la lenteur maladive de son créateur (d'autres appellent ça du perfectionnisme), qui n'avait achevé que onze albums en quarante ans. En 1996, neuf ans après la mort de Jacobs, grâce à un plan marketing aux petits oignons, et grâce à un bon album, L'Affaire Francis Blake s'écoule à près de 600 000 exemplaires. Plus que Jacobs n'avait jamais vendu de son vivant.

 

 

 

Mieux, l'attrait de la nouveauté permet de vendre un million d'exemplaires du fonds. La poule aux œufs d'or, qui entraîne la parution mécanique d'un album du physicien écossais et de l'espion anglais à la fine moustache blonde tous les deux ans. Quitte à terminer en catastrophe certains albums, comme Le Bâton de Plutarque (paru en 2014), quand le dessinateur n'était pas dans les délais. "Un 'Blake et Mortimer' c'est comme un bon Goncourt", s'amuse Claude de Saint-Vincent dans Les Echos. D'un strict point de vue comptable, c'est même mieux. Reste à savoir si, comme beaucoup d'acheteurs du Goncourt qui craquent surtout pour le bandeau rouge, les acquéreurs des derniers Blake et Mortimer les ont lus...

 

 

L'expérience a fait école. Prenez le classement des meilleures ventes de BD en 2016. En tête, un Blake et Mortimer, suivi par un Lucky Luke, avec en embuscade un Astérix... sorti en 2015. Dans le classement, on voit aussi un XIII, une série qui devait s'arrêter après 13 tomes (logique). Mais devant un tel succès, l'éditeur a poussé les auteurs à rallonger la sauce (logique, aussi). On y trouve aussi un tome dérivé de Lucky Luke, L'Homme qui tua Lucky Luke, où un auteur peut affirmer sa vision du personnage plus librement que s'il reprenait la série-mère. Et donner au passage une double dose annuelle de cowboy-qui-tire-plus-vite-que-son-ombre aux amateurs.

 

 

"Comme si le succès n'avait rien à avoir avec nous"

 

Ces dérivés permettent à des auteurs reconnus d'atteindre un succès qu'ils ont toutes les peines du monde à approcher avec leurs séries personnelles. Prenez le scénariste Luc Brunschwig, dont aucune des nombreuses séries n'est à jeter : c'est avec son (excellent) XIII mystery, Jonathan Fly (sorti en 2017) qu'il réalise son album le plus vendu. "J'ai trop conscience que cette place de numéro un est due à la collection plus qu'à mon propre apport pour en ressentir une quelconque fierté, écrivait-il sur le site BDGest.(...) C'est comme si le succès n'avait rien à voir avec nous." 

 

 

Pourquoi s'embêter à lancer une nouvelle série quand un héros, même sorti du formol (coucou Bob Morane, coucou Bécassine), marchera mieux ? "Ça se vendra toujours dix fois plus que le premier tome d’une nouvelle série", glisse un acteur de l'édition à Télérama. Le public a déjà entendu parler du héros, le travail de marketing est déjà à moitié fait... Ne vous étonnez donc pas que si peu de nouveaux héros aient émergé depuis une vingtaine d'années. Mis à part Les Vieux fourneaux de Lupano et Cauuet, une histoire de papys anarchistes qui a réalisé un carton aussi mérité que surprenant, le 21e siècle est pour l'instant celui de la reprise.

 

 

Revers de la médaille, les chiffres de ventes des locomotives se tassent à leur tour de façon significative. Passé l'effet de nouveauté, la série Blake et Mortimer s'est stabilisée autour des 250 000 exemplaires vendus par album. Un score qui lui suffit à occuper la tête du classement des meilleures ventes en 2016, mais qui l'aurait relégué en deçà du Top 10 en 2000. Les blockbusters peinent à dominer un marché ultraconcurrentiel avec 4 000 nouveautés par an (plus de 10 par jour !). 

 

 

Reste une solution pour éviter que son personnage soit repris : le tuer. Purement et simplement. Comme Greg et Vance l'avaient fait dans la série d'espionnage Bruno Brazil, où toute la bande des héros était massacrée dans le dernier tome. Comme Derib qui a fait vieillir puis mourir son trappeur de héros, Buddy Longway. Comme Lapinot, renversé par une voiture sous la plume de Lewis Trondheim en 2004. Ah tiens, non. Son créateur l'a ressuscité pour la rentrée...

 


20/10/2017
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le Progrès du lundi 6 février 2017

 

 

 

ART - RIMBAUD AUTEUR DE BD : LES PREMIERS DESSINS DU POÈTE MIS AUX ENCHÈRES

 

 

Une bande dessinée rimbaldienne, "Plaisir du jeune âge", qui contient les premiers dessins connus de Rimbaud, tracés et légendés à 10 ans, sera mise aux enchères mercredi à Paris par Sotheby's. Estimation : entre 100 000 et 150 000 €.

 

 

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09/02/2017
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Le Progrès du samedi 21 janvier 2017

 

 

 

ASTÉRIX : UN NOUVEL ALBUM EN 2017 !

 

Le 37e album des péripéties de nos irréductibles gaulois sortira le 19 octobre 2017. Il sera signé Jean-Yves Ferri et Didier Conrad, le duo qui avait déjà imaginé "Astérix chez les Pictes" en 2013 et "Le papyrus de César" en 2015, sous l'oeil bienveillant d'Albert Uderzo. Une planche de la future bande dessinée a été dévoilée hier. Elle met en scène Obélix, qui veut devenir aussi "vif et malin" qu'Astérix.

 

 

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23/01/2017
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le Progrès du mercredi 28 septembre 2016

 

 

 

BANDE DESSINÉE - EXPOSITION. LA SIMPLICITÉ TINTIN, LA COMPLEXITÉ HERGÉ

 

 

Les albums de Tintin, les plus indémodables de la bande dessinée (250 millions vendus dans le monde) ont consacré son auteur, le Belge Hergé (alias Georges Rémi) comme le père fondateur de la BD européenne. Aujourd'hui débute une exposition rétrospective sur sa carrière au Grand Palais.

 

 

Tintin est le héros sans parents, ni conjointe, ni enfants. Archétype du bien combattant le mal, il est le scout au sens premier du terme. Pas étonnant : Hergé a été membre des scouts belges à la sortie de la Première Guerre mondiale.

 

 

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La création de Tintin trouve aussi un écho dans les explorateurs de l'époque. Hergé c'est aussi un style unique, la "ligne claire" entourant les aplats de couleur. Un style graphique plus simple que celui d'autres dessinateurs de BD, mais redoutablement efficace. Le visage de Tintin est ainsi tracé en cinq ou six coups de crayons.

 

 

 

Un homme compliqué

 

Mais l'artiste cache aussi un homme secret, voire insaisissable. Son premier travail a été pour le Vingtième Siècle, journal ultra-catholique et nationaliste belge. Il a longtemps traîné la réputation de colonialiste, à cause de Tintin au Congo (1930) et d'anti-communiste avec Tintin au pays des Soviets, longtemps interdit. Mais sa rencontre en 1934 avec Tchang Tchong-jen, qui est devenu un personnage de deux albums (Le Lotus Bleu, Tintin au Tibet), a bouleversé son mode de pensée et de travail. Il a écrit "Hilter est un fou" dans l'une de ses oeuvres, puis il a publié sous l'occupation. Accusé de collaboration, il a été blanchi, avant de lancer le journal de Tintin avec un résistant voilà 70 ans. T.L. (avec AFP)

 

 

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EXPOSITION - À découvrir jusqu'au 15 janvier 2017 au Grand Palais de Paris

 

 

 

 


29/09/2016
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le Progrès du mardi 13 octobre 2015

 

 

 

BANDE DESSINEE - Par Toutatis ! revoilà Astérix. Un nouvel album prévu pour le 22 octobre. Le Gaulois le plus célèbre de la bande dessinée revient pour de nouvelles aventures, sous la plume de Didier Conrad et Jean-Yves Ferri - et avec la bénédiction de son papa Albert Uderzo.

 

 

 

 

 

Astérix est de retour et, comme d'habitude, l'irréductible petit Gaulois et sa bande devraient tout faire exploser sur leur passage : les Romains bien sûr mais aussi les ventes de l'édition française.

 

 

 

 

Le 36e opus des aventures d'Astérix, le papyrus de César, signé, comme le précédent, par Didier Conrad au dessin et Jean-Yves Ferri au scénario, sort le 22 octobre dans le monde entier, y compris au Brésil, en Inde, aux Etats-Unis et en Australie. Le tirage initial est de 2 millions d'exemplaires rien qu'en français et de 4 millions avec les éditions en langues étrangères.

 

 

 

 

"Astérix est l'album de BD le plus vendu et le plus lu au monde", s'est félicitée hier son éditrice, Isabelle Magnac, qui gère les éditions Albert-René. Personne ne doute que le nouvel opus sera un succès de librairie, en France bien sûr mais aussi dans de nombreux pays dont l'Allemagne où le fier petit Gaulois cartonne depuis toujours.

 

 

 

 

La guerre des Gaules le point de départ

 

Publié il y a juste deux ans, le précédent album, Astérix chez les Pictes, le premier sans Albert Uderzo, s'est vendu à plus de 5,4 millions d'exemplaires dans le monde en 24 langues et dialectes.

 

 

 

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Depuis la création d'Astérix, en 1959 par le génial duo René Goscinny et Albert Uderzo, quelque 365 millions d'albums se sont écoulés. Après la balade (mouvementée) dans l'Ecosse des Pictes, le nouvel album se déroule en Gaule, le célèbre et imposant ouvrage de César, a servi de point de départ à cette nouvelle histoire qui va voir Astérix et sa bande se coltiner avec les circuits de l'information. Dans le rôle du méchant : le publiciste Jacques Séguela.

 

 

 

Admiratif, Albert Uderzo, 88 ans, qui a posé ses crayons en 2010, s'est dit "bluffé" par la nouvelle intrigue et le travail "extraordinaire" de son successeur, Didier Conrad.

 

 

 

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14/10/2015
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le Progrès du vendredi 28 août 2015

 

 

 

BANDE DESSINEE - Titeuf revient en ado. Titeuf, le gamin à la mèche blonde des cours de récré, imaginé par le dessinateur suisse ZEP, n'avait pas donné de nouvelles depuis trois ans. Il est revenu ce jeudi mais pas tout à fait comme avant : Titeuf devient adolescent. Ce 14e album, publié, comme les précédents par Glénat, s'intitule Bienvenue en adolescence !. Dans ce nouveau tome, on retrouvera les préoccupations habituelles de Titeuf, même dans sa version ado : les copains et les filles.

 

 

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29/08/2015
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de facebook - jeudi 8 janvier 2015

 

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L'hommage d'Uderzo à ‪#‎CharlieHebdo‬

 


08/01/2015
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Tintin est sans doute le personnage de bande dessinée francophone le plus connu au monde. Charles de Gaulle a même dit de lui qu'il était son seul véritable rival international. Et c'est certain, le jeune reporter peut s'enorgueillir d'une belle carrière à l'étranger : il a lutté contre la mafia chinoise, dénoncé le communisme et même marché sur la lune quinze ans avant les Américains...



Pendant longtemps, les spectateurs ont pourtant dû se contenter de deux films un peu maladroits avec Jean-Pierre Talbot dans la peau de Tintin, jusqu'à ce qu'un fan de la première heure s'empare du héros créé par Hergé. Steven Spielberg lui a en effet rendu ses lettres de noblesse grâce à l'utilisation de la motion capture dans Les Aventures de Tintin : le secret de la Licorne



19/10/2012
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Astérix, l'invincible Gaulois


Le petit moustachu est une vraie star internationale. Plus de 330 millions de bandes dessinées de ses aventures ont été vendues dans le monde, traduites en 110 langues.


Après avoir fait l'objet de nombreuses adaptations sous forme de dessins animées, les deux compères ont fait leur apparition en chair et en os en 1999 dans Astérix et Obélix contre César. Malgré un succès en demi-teinte, Christian Clavier a été reconduit dans le rôle-titre dans Mission Cléopatre, avant de céder sa place à Clovis Cornillac dans Astérix aux jeux olympiques et à Edouard Baer dans Au service de sa Majesté



19/10/2012
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30/11/2011
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30/11/2011
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30/11/2011
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30/11/2011
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