L'AIR DU TEMPS

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SOCIETE et Consommation

Regards sur la société au travers de différents articles qui permettent une photographie de celle-ci au fil du temps qui passe...


Franceinfo - le dimanche 10 décembre 2017

 

 

Les téléphones portables interdits "à l'école et au collège" dès la rentrée 2018, annonce Jean-Michel Blanquer

 

Le ministre de l'Education nationale a annoncé cette mesure dimanche 10 décembre, lors de l'émission "Grand Jury RTL-'Le Figaro'-LCI"

 

 

C'est une réforme qu'il défendait depuis plusieurs mois. Invité de l'émission "Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI", dimanche 10 décembre, le ministre de l'Education nationale, Jean-Michel Blanquer, a annoncé l'interdiction des téléphones portables dans les écoles et collèges dès la rentrée 2018. "Est-ce qu'on va interdire les téléphones portables à l'école et au collège ? Réponse : oui (...) à la rentrée 2018", a affirmé le ministre.

 

 

L'interdiction des téléphones portables était une promesse emblématique de campagne d'Emmanuel Macron. En septembre, dans une interview accordée à L'Express peu après la rentrée scolaire, Jean-Michel Blanquer avait déclaré qu'"avec les principaux, les professeurs et les parents, nous devons trouver le moyen de protéger nos élèves de la dispersion occasionnée par les écrans et les téléphones".

 

 

 


11/12/2017
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Franceinfo - le mardi 5 décembre 2017

 

 

Le ministre de l'Education nationale veut faire de la dictée quotidienne "une réalité" à l'école primaire

 

Jean-Michel Blanquer a fait cette annonce mardi lors d'une conférence de presse

 

 

C'est la réponse du ministre de l'Education nationale aux mauvais résultats des élèves français dans une nouvelle étude internationale. Jean-Michel Blanquer a annoncé, mardi 5 décembre, la mise en place d'une dictée quotidienne à l'école primaire. L'idée n'est pas nouvelle – Najat Vallaud-Belkacem le promettait dès 2015 – mais elle doit désormais "devenir une réalité", insiste-t-il.

 

 

 

Cette dictée fait partie d'une série de recommandations qui visent à "souligner le caractère quotidien et central de la lecture, ainsi que l’importance d’un apprentissage systématique du vocabulaire, de la grammaire et donc de l’orthographe", développe le ministère dans un communiqué.

 

 

Cette annonce a été faite dans la foulée de la publication des résultats de l'étude Pirls. Dans cette enquête, qui compare les systèmes éducatifs de 50 pays, les écoliers français se classent 34e en compréhension en lecture. L'étude Pirls existe depuis 2001, et en quinze ans, avec les Pays-Bas, la France est le seul pays qui a régressé dans ce classement.

 

 

 

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Le ministre de l'Edication nationale, Jean-Michel Blanquer, à l'Assemblée nationale, le 7 novembre 2017. (CHAMUSSY / SIPA)

 


11/12/2017
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France info - le mardi 5 novembre 2017

 

 

Le niveau des écoliers en lecture baisse encore, la France tombe à la 34e place d'un classement de 50 pays

 

Résultats médiocres pour les écoliers français : la dernière enquête Pirls qui compare les systèmes éducatifs de 50 pays les place à la 34e place en compréhension de lecture. Seuls, la France et les Pays-Bas régressent en quinze ans

 

 

 

La dernière enquête Pirls (Progress in International Reading Literacy Study), réalisée en 2016 dans 50 pays et dévoilée mardi 5 décembre, montre les très faibles performances en lecture des élèves français scolarisés en CM1. La France est très loin derrière le peloton de tête emmené par la Russie, Singapour et Hong-Kong.

 

 

Il a été demandé aux élèves de ces 50 pays de lire 12 textes courts, soit des histoires, soit des articles, dont le vocabulaire était adapté à leur âge. Les chercheurs n'ont pas uniquement observé si les élèves savaient lire ces textes, mais aussi s'ils savaient les comprendre, les interpréter... Le résultat est très médiocre pour les écoliers français.  

 

 

 

 

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La France, seul pays avec les Pays-Bas à régresser en quinze ans

 

Les écoliers français se classent 34e sur 50 en compréhension en lecture, avec 511 points. Ils sauvent tout juste l'honneur, en dépassant de peu le dernier pays européen, la Belgique francophone (497 points). L'étude Pirls existe depuis 2001, et en quinze ans, avec les Pays-Bas, la France est le seul pays qui a régressé dans ce classement.

 

 

"Ce ne sont pas des résultats dignes de notre pays", a commenté le ministre de l'Éducation nationale Jean-Michel Blanquer lors d'une conférence de presse. "Notre pays devrait être dans les tout premiers en Europe. Il l'a été ; il va le redevenir", a ajouté le ministre. Jean-Michel Blanquer s'est dit inquiet de ce classement : "Nous ne pouvons pas accepter ces chiffres, car derrière la froideur de ces chiffres, il y a des trajectoires humaines, il y a des inégalités sociales, il y a en réalité l'échec des plus modestes, car la difficulté à lire et à écrire à l'entrée au collège signifie le décrochage scolaire et, in fine, le chômage des jeunes. On ne peut donc pas s'y résoudre", a-t-il martelé.

 

 

Lors de la précédente étude en 2011, réalisée dans 45 pays, dont 23 européens, les élèves français scolarisés en CM1 montraient de faibles performances en lecture. Avec un score de 520 points, la France se situait certes au-dessus de la moyenne internationale (500 points) mais en deçà de la moyenne européenne (534 points). Les résultats pour 2016 montrent les difficultés grandissantes des écoliers français en lecture, après ceux déjà catastrophiques en mathématiques dévoilés par cette même association l'an dernier. Il y a un an tout juste, l'étude TIMSS classait les écoliers français en dessous de la moyenne européenne en mathématiques et en sciences.

 

 

 

La Russie et Singapour dans le top du classement

 

La Russie (581 points) et Singapour (576 points) surpassent les écoliers des autres pays en lecture. Mais, parmi les autres pays les plus performants, il y a Hong Kong (569 points), l'Irlande (567 points), la Finlande (566 points), la Pologne (565 points) et l'Irlande du Nord (565 points également). L'Afrique du Sud est le dernier du classement avec 320 points.

 

 

 

Les filles meilleures que les garçons dans 48 pays sur 50 

 

Plus globalement, il y a plus de bons lecteurs au niveau international aujourd'hui qu'il y a 15 ans. Onze pays se sont améliorés de 2001 à 2016. Mais les filles ont obtenu des résultats en lecture supérieurs à ceux des garçons dans 48 des 50 pays qui ont participé à cette étude.

 

 

Dans les deux pays restants, il n'y avait pas d'écart entre filles et garçons sur la lecture. L'écart entre les sexes, en matière de lecture, a favorisé les filles depuis 2001 et cela se confirme une nouvelle fois.

 

 

 

Un démarrage précoce de la lecture a des "avantages durables"

 

Cette étude montre que les bons lecteurs ont des environnements familiaux qui soutiennent l'apprentissage de la lecture. Plus il y a de livres, d'appareils numériques à la maison, de parents éduqués ou qui aiment lire et plus les enfants auront des facilités pour lire. Les enfants dont les parents ont démarré très tôt "des activités d'alphabétisation dès leur plus jeune âge sont mieux équipés" pour la lecture, notamment une fois arrivés à l'école primaire. Et même au-delà puisque ensuite, une fois étudiants, ils ont acquis une base solide qui leur permet de comprendre plus facilement des sujets plus compliqués.

 

 

Le fait inquiétant est la "diminution de l'attitude positive des parents envers la lecture depuis 2011 dans 31 pays". Globalement, il y a de moins en moins de parents qui lisent dans 31 pays et 17 % des parents des élèves interrogés n'aiment pas lire.

 

 

À l’occasion de la présentation de ces résultats très médiocres, Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Éducation nationale, tiendra une conférence de presse à 11h30, mardi 5 décembre au ministère. Depuis 2001, l’enquête Pirls pilotée par l’IEA (International Association for the Evaluation of Education Achievement) évalue les performances en compréhension de l’écrit des élèves à la fin de leur quatrième année de scolarité obligatoire (CM1 pour la France) et permet de comparer les systèmes éducatifs de 50 pays afin d’améliorer l’enseignement et l’apprentissage de la lecture partout dans le monde, identifier les lacunes, les domaines de faiblesses et mesurer l'impact de nouvelles initiatives. Plus de 319 000 étudiants dans le monde ont participé en 2016 à cette étude internationale sur l'alphabétisation en lecture.

 


08/12/2017
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Franceinfo - le dimanche 2 décembre 2017

 

 

Comment protéger les mineurs de la pornographie sur internet ? Un producteur et une réalisatrice de films X en débattent

 

Franceinfo a interrogé Grégory Dorcel, directeur général de la société de production Marc Dorcel, spécialisée dans les films X, et Ovidie, documentariste et réalisatrice de longs-métrages pornographiques

 

 

"La pornographie a franchi la porte des établissements scolaires. Nous ne pouvons ignorer ce genre, qui a fait de la femme un objet d’humiliation", a tweeté Emmanuel Macron, samedi 25 novembre, journée mondiale de l'élimination de la violence faite aux femmes. En pointant du doigt cette industrie, bouleversée ces dernières années par les "tubes", ces plateformes gratuites de diffusion de contenus pornographiques, piratés ou non, le président de la République a réveillé le débat autour de l'image des femmes dans le X et de l'accès des mineurs à la pornographie en ligne.

 

 

 

Franceinfo a choisi d'interroger Ovidie, réalisatrice de films X et de documentaires sur la pornographie (Rhabillage, A quoi rêvent les jeunes filles ?, Pornocracy…) et Grégory Dorcel, directeur général de la société Marc Dorcel, qui produit et distribue des contenus pornographiques.

 

 

 

franceinfo : Samedi dernier, sur Twitter, Emmanuel Macron a écrit : "La pornographie a franchi la porte des établissements scolaires. Nous ne pouvons ignorer ce genre, qui a fait de la femme un objet d’humiliation"Que vous évoque cette déclaration ?

 

 

Ovidie : Il y a ici une idée vraie et une discutable. Oui, la pornographie aujourd'hui est accessible à n’importe quel gamin, jusque dans la cour des collèges : 70% des contenus vus par des mineurs passent par le mobile. Il suffit de taper "sexe gratuit" dans un navigateur et on tombe directement sur une page pornographique, en un seul clic, pas quinze. Les filtres parentaux sont inefficaces, car les parents n'y comprennent rien, et ils sont difficiles à imposer aux portables des ados. La deuxième partie de la déclaration d’Emmanuel Macron, c'est une généralité, une posture morale classique, qu’on entend depuis les années 1970. Il y a bien sûr des représentations pornographiques qui peuvent être humiliantes pour les femmes, mais il y aussi plein de pornos qui peuvent être réalisés dans une perspective féministe. Et puis, il y a des pornos pas féministes du tout, mais pas bien méchants non plus.

 

 

 

Grégory Dorcel : La notion la plus importante est évidemment la protection des mineurs. Nous nous sommes toujours battus pour que les adultes qui le souhaitent, en France, puissent accéder tout à fait librement à la pornographie. Mais nous savons que pour que ce droit existe, il faut pouvoir assurer un équilibre dans la société, à savoir "pas de diffusion de pornographie aux mineurs". C'est la loi en France, c'est dans le Code pénal. J'encours trois ans de prison et des dizaines de milliers d'euros d'amende si ma société s'amuse à rendre des films X accessibles aux mineurs. Ensuite, pour ce qui est du discours moralisateur sur l’humiliation des femmes, on est un peu habitués à ça.

 

 

 

La pornographie a toujours servi d'épouvantail. Pour un président moderne, c'est juste un propos un peu daté.

Grégory Dorcel

à franceinfo

 

 

 

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Une adolescente consulte un site pornographique. (ROBIN UTRECHT / NURPHOTO / AFP)

 

 

 

 

 

Ovidie : La déclaration d’Emmanuel Macron me rappelle celles de plein d’autres avant lui. Jeannette Bougrab, ancienne secrétaire d’Etat à la Jeunesse, avait proposé de taxer, par exemple, les premières pages des sites porno. Cela traduit une méconnaissance totale des modes de consommation. Parce que cela revenait à taper à la porte des huit ou dix sociétés de production françaises qui existent encore et qui représentent peut-être 0,01% de la consommation des ados. Ségolène Royal avait tenu le même genre de discours sur l’avilissement de la femme. Mais au final, il ne s'est jamais rien passé.

 

 

 

Grégory Dorcel : Je suis quand même content d’entendre Emmanuel Macron aller dans ce sens, car ça fait plusieurs années qu'on essaie de frapper aux portes de tous les gouvernements, en travaillant avec des associations de protection de l’enfance. La situation est devenue intolérable pour nous. Sur un plan moral, d’abord : on ne fait pas ce métier pour que des enfants se retrouvent inondés de millions d’images pornographiques. D'autre part, il y a des raisons économiques. On veut protéger notre industrie, légale, face à des acteurs nouveaux qui ont saisi des brèches, pour gagner des centaines de millions illégalement.

 

 

 

Interrogé par franceinfo, l’acteur X Manuel Ferrara a déclaré : "On ne fait pas des films éducatifs, on fait du divertissement". Pourtant, certains des contenus produits légalement sont devenus accessibles à des enfants de plus en plus jeunes. N'y a-t-il pas tout de même une responsabilité des producteurs de X ?

 

 

 

Grégory Dorcel : On pourrait peut-être produire du porno sans sexe ? Je ne suis pas sûr que ça règle le problème. Plus sérieusement, le porno, c’est un divertissement masturbatoire pour les adultes. Il est là pour servir l'excitation des hommes, des femmes, des couples. Comme le film comique est là pour faire rire. Des associations nous demandent souvent de participer à des programmes d’éducation, mais ce n'est pas à un producteur de films pornographiques d'éduquer les enfants.

 

 

 

Ovidie : Tout le monde est d'accord pour dire que le porno n’a pas vocation à faire l'éducation sexuelle des enfants. Mais il ne faut pas oublier que les images, comme celles de la publicité, du cinéma, des émissions de télé, ont forcément une influence sur nous.

 

 

C’est pour ça que je préfère les films tournés avec des acteurs qui portent des préservatifs, parce que je considère que plus on voit des préservatifs à l’écran et plus on est enclin à en porter.

Ovidie

à franceinfo

 

C’est aussi pour ça que je m’oppose à certains films, qui ne sont pas censés être disponibles en France. Aux Etats-Unis, il y a des mises en scène de viols, des scènes de violence où des femmes sont balancées contre les meubles, sans compter des scènes d’inceste. Moi, ces images-là me heurtent, parce qu’elles vont au-delà du fantasme.

 

 

 

Grégory Dorcel : Si la question est "est-ce qu’on a une responsabilité éditoriale ?", la réponse est oui, à 200%. C'est l'objet de notre combat contre les "tubes" et tous les sites qui diffusent du porno en streaming gratuit.

 

 

 

Cette violence dont vous parlez est-elle inhérente à la pornographie, ou plutôt récente ?

 

 

Ovidie : Il faut comprendre que la violence dans le porno est assez récente. Depuis que cette industrie est en crise, à cause du piratage notamment, il y a eu un vent de panique. Certaines sociétés qui ont survécu ont eu l'illusion que le seul moyen de tenir, c'était la surenchère, le porno trash et violent. C'est idiot, parce que les seuls à survivre dans cette économie, parmi les acteurs légaux, sont ceux qui proposent du contenu haut de gamme ou éthique. Le milieu de la pornographie alternative, par exemple, est en plein essor.

 

 

 

Grégory Dorcel : En France, nous avons d’ailleurs fixé de nombreuses limites éditoriales : pas de contrainte, pas d’humiliation, pas d’atteinte aux personnes, pas de violence. Nous avons donc une production assez normée, des contenus fantasmatiques qui correspondent aux attentes très normales des consommateurs, qui évoluent dans le temps.

 

 

 

Ovidie : Un exemple a fait de la France une exception dans le paysage pornographique. Pendant très longtemps, la case de Canal+, le samedi soir, a beaucoup compté dans l’économie. Et donc, la charte de Canal+ a servi de garde-fou à l’ensemble de la production française. Cela a donné lieu à une forme d’exception, sur la question du préservatif par exemple. La France est, depuis, l'un des rares pays où l'on a produit des films intégralement avec des préservatifs.

 

 

 

Mais ces limites éditoriales explosent avec l’arrivée des "tubes", ces plateformes de diffusion en streaming gratuit, de contenus pornographiques, parfois piratés... Quand Emmanuel Macron parle du "genre" pornographique, il semble parler des contenus légaux et illégaux. Au risque d’interdire totalement la pornographie ?

 

 

Ovidie : Quand la diffusion est organisée dans un cadre défini, il y a moins de risque de dégénérer, d'aller vers des représentations violentes, de diffuser des images qui peuvent heurter ou humilier. D'où la nécessité de ne pas rester dans un no man's land.

 

 

Ce qui me fait peur, quand j'entends des discours sur "le porno" comme si c'était un tout homogène, c'est qu'à un moment, des autorités vont finir par taper dessus sans distinction.

Ovidie

à franceinfo

 

 

Or, les pays qui interdisent totalement la pornographie sont rarement des pays très démocratiques, qui respectent les droits humains et la liberté d’expression. Et l'interdiction totale n'amène que la marginalité et donc la criminalité. Si on commence à laisser la pornographie aux mains de la criminalité, on risque de trouver des productions avec des mineurs, des filles qui n’auront pas forcément conscience de ce dans quoi elles tournent.

 

 

 

Qu'est-ce qui peut être fait aujourd’hui pour limiter réellement l'accès des mineurs à la pornographie ? Comment contrôler ces "tubes" ?

 

 

Grégory Dorcel : Si on avait la volonté politique de le faire, en 48 heures la majorité des sites qui contreviennent au droit pénal français pourraient être bloqués. Il faut savoir que les dix plus gros tubes accessibles de France engrangent chacun deux fois plus d'audience qu'un site comme Dailymotion. En bloquant quelques sites, on peut régler 90% du problème. C’est vraisemblablement la seule solution, puisque les organisations qui sont derrière ces sites ne sont pas toujours bien identifiées et sont hébergées dans des paradis fiscaux. Ils sont donc inatteignables par la justice et les forces de l'ordre. Chercher à les faire fermer et les poursuivre est illusoire. On peut s'occuper de faire appliquer le Code pénal.

 

 

 

Vous parlez de "volonté politique". Comment expliquez-vous que les solutions que vous proposez ne soient pas déjà mises en œuvre ?

 

 

 

Grégory Dorcel : On se rend compte qu'il y a un écart entre le politique et la réalité de ce qu'est le web. Et donc, ne maîtrisant pas ces questions, les politiques se rangent plutôt du côté de l’absence totale de régulation sur internet. C'est la position dominante au niveau européen. Les politiques ont très peur de remettre en cause cette neutralité du net, par peur de perdre un électorat jeune. Les fournisseurs d’accès à internet (FAI) sont concernés aussi. Ils se rendent bien compte que tous les gamins de France ont accès à des contenus pornographiques grâce à leurs services. Les FAI se disent "si aujourd’hui on accepte de bloquer des sites pornographiques, demain on peut nous demander de bloquer n’importe quoi". Donc par principe, les FAI refusent de bloquer quoi que ce soit. On nous répond aussi que ce n'est pas la solution, parce qu'un autre site peut renaître le lendemain. Mais vu l'audience colossale des sites dont on parle, qui sont des vraies marques, le temps de remonter un site qui atteigne les mêmes performances, on sera passé d'un phénomène énorme et majoritaire à un phénomène anecdotique.

 

 

 

Ovidie : Il y a des solutions concrètes, pour peu qu'il y ait une volonté de s'entourer de gens qui connaissent le sujet, pas seulement de personnes qui disent "le porno, c’est pas bien". Pour le moment, tout le monde se permet d'avoir un avis très vague, avec très peu de références. C’est terrible, parce que la pornographie compte dans le paysage numérique. On ne peut pas faire semblant de ne pas le voir. Mais il faut s'y intéresser sans le filtre de la panique morale, qui empêche d’être pragmatique.

 

 

 

Le risque, c'est que ça se termine par quelques maigres interventions dans les collèges, avec des associations qui seront là pour dire "le porno c’est pas la réalité".

Ovidie

à franceinfo

 

 

Grégory Dorcel : Ce qui ne serait pas un mal, mais ça ne peut pas être envisagé comme LA solution.

 

 

 

Ovidie : C’est toujours bien, mais la plupart des établissements scolaires ont déjà l'obligation de prévoir des heures d'éducation à la sexualité. Je suis allée voir sur Eduscol, le portail de ressources pour les enseignants, et c'est le flou total sur ces questions. Par exemple, il est précisé qu'un intervenant extérieur doit participer à l'animation des séances, sans dire qui précisément, donc ça peut être aussi bien le planning familial qu'une association catholique intégriste. Et quand bien même ce serait bien fait, deux heures en classe de quatrième et deux heures en seconde, ça ne peut pas rivaliser avec des millions d'heures de vidéos en accès libre sur les sites de streaming. Quelques heures ne font pas le poids face à l'ensemble de notre environnement culturel, dont la pornographie fait partie.

 

 

 

A quoi ressemblerait un dispositif de protection suffisant, selon vous ?

 

 

Grégory Dorcel : Il y a des mesures très pragmatiques à prendre. Au Royaume-Uni, il y a un système de "opt-in", qui oblige les clients des FAI à dire explicitement qu'il souhaitent pouvoir visionner des contenus porno. Par défaut, l'accès est restreint. Demander des coordonnées de carte bancaire de paiement, par exemple, peut aussi être efficace. Le Royaume-Uni se réserve également le droit de retirer aux sites les agréments qui leur permettent de recevoir des paiements par carte bancaire, ce qui est un gros coup au portefeuille pour des organisations qui brassent des milliards d"euros. Et puis, il y a un système de vérification des identités. Mais on ne peut faire appliquer ce type de mesures à des sites qui sont inatteignables par notre justice sans faire pression par le blocage, même temporaire.

 

 

 

Ovidie : La situation au Royaume-Uni n'est pas non plus idyllique, car c'est MindGeek, la société qui édite les plus gros "tubes", qui vérifie les identités des utilisateurs, avec la possibilité de construire une base de données des consommateurs et de leurs habitudes. La carte bleue, c’est encore ce qui reste le plus efficace. On peut me répondre qu’un gamin peut voler la carte bleue de ses parents, mais c'est une autre démarche, transgressive, ce n’est plus simplement un gamin qui tombe par hasard sur du porno.

 

 

 

Est-ce que c'est au CSA, comme le propose Emmanuel Macron, de réguler les contenus sur internet ?

 

 

Grégory Dorcel : Je suis assez surpris que la présidence évoque le CSA, mais c'est le système qu'on défend, car l'une de ses missions est de protéger le jeune public. Jusqu'alors, la diffusion de contenus pornographiques se faisait par la télévision, la VOD, de façon tout à fait encadrée par le CSA.

 

 

C'est assez anachronique de voir que pour la télévision, il y a toujours des règles très strictes, mais que via les mêmes box, arrive le flux internet qui donne accès à n’importe quoi, sans aucun contrôle.

Grégory Dorcel

à franceinfo

 

 

Néanmoins, que ce soit le CSA ou une nouvelle administration, peu importe, il faut juste que les choses avancent concrètement. Si on doit attendre une nouvelle loi, ça veut dire qu'il faut encore patienter au moins deux ans et demi, alors que des lois existantes comme Loppsi 2 ont un dispositif bien rodé, pour les sites pédophiles, par exemple. Une administration de tutelle est mandatée par l’Etat. Elle peut être saisie par des associations, elle enquête, établit si les sites sont contrevenants ou pas, elle les met en demeure de se mettre en régularité avec le Code pénal français et, s’ils ne le font pas, elle fait exécuter le blocage momentané du site. Le tout est vérifié par la Cnil, qui s'assure que les mesures sont justifiées. Je comprends que ça ne soit pas du goût de tout le monde, mais c'est l'option la plus pragmatique proposée jusque-là.

 


04/12/2017
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Franceinfo - le lundi 27 novembre 2017

 

 

INFO FRANCEINFO. Un quart des salariés français sont dans un "état d'hyperstress" qui met leur santé en danger

 

 

Franceinfo révèle lundi matin, que 24% des salariés français sont dans un "état d'hyperstress", selon les résultats d'une étude réalisée par le cabinet Stimulus spécialisé en bien-être et santé au travail, entre 2013 et 2017, auprès de 39 entreprises et plus de 32 000 salariés

 

 

 

Près de 24% des salariés français sont dans un "état d'hyperstress". Ce niveau de stress trop élevé met leur santé en danger, selon le résultat d'une étude réalisée par le cabinet Stimulus, spécialisé en bien-être et santé au travail, que révèle franceinfo, lundi 27 novembre. La cause principale de ce stress est le travail en lui-même, précise l'étude menée entre 2013 et 2017 par Stimulus auprès de 32 137 salariés travaillant dans 39 entreprises.

 

 

Le fait de "devoir traiter des informations complexes et nombreuses" ainsi que le manque de temps sont les principales causes, écrit Stimulus. L'obligation de s'adapter sans cesse et l'impossibilité de prévoir leur travail dans deux ans viennent ensuite. Ces facteurs touchent jusqu'à 88% de l'échantillon.

 

 

 

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Le manque d'autonomie facteur de stress

 

D'autres facteurs expliquent ce stress, comme le manque d'autonomie, le fait d'être en contact avec des gens impolis ou avoir des personnes au travail qui prennent plaisir à faire souffrir. Cela concerne seulement 15 à 20% des salariés, mais ces facteurs sont considérés comme sources de stress majeur, selon les auteurs de l'étude.

 

 

Il ressort également que les femmes (28%) sont plus stressées que les hommes (20%). En revanche, les catégories cadres et non-cadres sont à égalité vis-à-vis de cet état. De leur côté, les seniors sont plus stressés que les jeunes avec une différence de 7 points. Enfin, les secteurs comme la santé, les services et activités financières ainsi que les assurances sont plus touchés. À l'opposé les transports sont épargnés, relève l'étude du cabinet Stimulus.

 

 

Par ailleurs, l'étude révèle que 52% des salariés français présentent un niveau élevé d'anxiété. Ils sont 16% à avoir "probablement un trouble anxieux", tandis que 29% présentent même un niveau dépressif élevé et 6% ont probablement une dépression. En revanche, ces chiffres inquiétants sont à contrebalancer avec le fait qu'un peu plus de la moitié des salariés (51%) ne connaissent pas le stress au travail.

 


27/11/2017
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Franceinfo - le samedi 25 novembre 2017

 

 

Violences faites aux femmes : revivez le discours d'Emmanuel Macron

 

A l'occasion de la journée de lutte contre les violences faites aux femmes, le président de la République a présenté des mesures pour l'égalité homme-femme

 

 

Cette année, le rendez-vous a une résonnance particulière. Quelques semaines après le scandale Weinstein et les autres affaires de violences sexuelles qui en ont découlé, le président Emmanuel Macron s'est exprimé, samedi 25 novembre, à l'occasion de la Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes. "Je me suis engagé à ce que la grande cause du quinquennat soit celle de l'égalité entre les femmes et les hommes", a-t-il déclaré.

 

 

Une minute de silence pour les femmes victimes de violences conjugales. Le président de la République a salué la mémoire des 123 femmes tuées en 2016 par leur conjoint ou ex-conjoint.

 

 

Des annonces multiples. Augmentation budgétaire, grande cause nationale, création d'un délit d'outrage sexiste, la création d'unités hospitalières dédiées... Le président de la République a fait de nombreuses annonces, résumées dans cet article.

 

 

Des manifestations prévues partout. Comme chaque année, des rassemblements sont organisés dans toute la France. A Paris, un cortège s'élancera de la place de la République en début d'après-midi vers l'Opéra. En 2016, 123 femmes ont été tuées par leur partenaire ou ex-partenaire. Soit une tous les trois jours.

 


27/11/2017
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Franceinfo - le lundi 6 novembre 2017

 

 

Ouverture de la PMA à toutes les femmes : y a-t-il un risque de pénurie de sperme en France ?

 

Des spécialistes de la médecine de la reproduction pointent le manque actuel de dons de spermatozoïdes, qui entraîne des délais importants pour les couples hétérosexuels en attente d'assistance médicale à la procréation

 

 

 

dans une clinique parisienne, le 7 octobre 2010.  (MELANIE FREY / SIPA)

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Vincent DanielFrance Télévisions

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L'ouverture à toutes les femmes de la procréation médicalement assistée (PMA) va-t-elle entraîner une pénurie des dons de spermatozoïdes ? La question est posée par les spécialistes français de la reproduction. Des états généraux de la bioéthique, prévus "à la fin 2018", seront le préambule d'une révision des lois de bioéthique qui devrait – notamment – autoriser la PMA aux femmes seules et aux couples de femmes. 

>> Cinq questions sur la PMA, que le gouvernement veut généraliser

Parmi les problématiques qui devront être abordées, celle de la gestion des dons de sperme par les Centres d'étude et de conservation des œufs et du sperme humains (Cecos). Nathalie Rives, présidente de la Fédération des Cecos, estime que l'ouverture de la PMA pourrait entraîner une "insuffisance" des dons. 

 

 

Actuellement, seuls les couples hétérosexuels en âge de procréer peuvent avoir recours à une PMA lorsqu'ils font face "à une infertilité médicalement constatée" ou "pour éviter la transmission d’une maladie grave à l’enfant ou à l’un des membres du couple", explique l'Agence de la biomédecine. L'Assurance maladie prend en charge la PMA à 100%, à condition que la femme n'ait pas dépassé 43 ans. Après acceptation de leur dossier, les couples ayant besoin d'un don de gamètes (ovocytes ou spermatozoïdes) sont inscrits sur une liste d'attente. En 2015, près de 3 500 couples ont demandé à bénéficier d’un don (il faut deux ans pour obtenir des chiffres fiables).

 

 

Des délais d'attente "déjà trop longs"

Problème : les Cecos font déjà face à une carence de dons de spermatozoïdes. "Actuellement, le délai d'attente pour les couples infertiles est de l'ordre de 12 à 15 mois avant de pouvoir bénéficier d'un don", indique à franceinfo le professeur Fabrice Guerif, chef du service de médecine et de biologie de la reproduction au CHRU de Tours (Indre-et-Loire). Dans certains Cecos, ce délai peut atteindre jusqu'à deux ans. 

"Cela coince déjà aujourd'hui, confirme à franceinfo Virginie Rio, fondatrice du collectif BAMP, association de patients de l'assistance médicale à la procréation et de personnes infertiles. Les délais d'attente sont beaucoup trop longs." Cet interminable parcours actuellement imposé aux couples ne "relève que de la gestion de la pénurie de dons", souligne-t-elle. Si le collectif BAMP est favorable à l'ouverture de la PMA à toutes les femmes, sa représentante redoute une "absence d'anticipation"

Si rien ne change, tout le système va se bloquer, les délais vont exploser. Par ailleurs, il existe aussi un risque de discrimination entre les couples infertiles, les couples de femmes et les femmes seules.

Virginie Rio, fondatrice du collectif BAMP

à franceinfo

Le professeur Fabrice Guerif alerte aussi sur un "risque indirect" lié à l'augmentation du délai d'attente pour des dons : "Un âge au moment de la conception repoussé avec des conséquences sur les chances de grossesse."

Une communication "ringarde"

En 2015, 255 hommes ont donné des spermatozoïdes (contre 238 en 2014). Une démarche volontaire, anonyme et gratuite. Pour donner, il faut avoir entre 18 et 45 ans et être en bonne santé. Et si jusqu'en 2015, il fallait avoir eu au moins un enfant auparavant, ce n'est plus le cas depuis. Comment expliquer ce manque chronique de donneurs de spermatozoïdes ? "Ce n'est pas un don qui revêt un caractère vital comme le don d'organe, répond Fabrice Guerif. Et même si les mentalités changent, c'est un don un peu tabou qui touche à l'intime."

"Il n'y a pas suffisamment de communication autour du don de sperme", déplore également la professeure Nathalie Rives, qui exerce au CHU de Rouen (Seine-Maritime). L'Agence de la biomédecine, chargée de faire connaître cette démarche, reconnaît elle-même un "déficit de notoriété". La dernière campagne d'information publique à ce sujet remonte à 2015. Son slogan : "Faites un cadeau tout petit pour un bonheur très grand." Elle est notamment accompagnée d'un test en ligne intitulé "quel donneur de bonheur êtes-vous ?", avec des questions telles que "aimez-vous offrir des cadeaux, des fleurs, des chocolats ?" ou "aimez-vous rendre service à votre entourage ?"

"Quand on a vu cette campagne, on s'est dit 'Au secours !'", témoigne la fondatrice du collectif BAMP. Et Virginie Rio s'agace : "Il faut sortir de ce truc ringard et affligeant, le bleu, le rose... Il faut des campagnes qui osent vraiment, il y a une révolution culturelle à faire !" Une nouvelle campagne pour inciter au don sera déclinée sur différents supports au cours du mois de novembre. La présidente de la Fédération des Cecos appelle, elle aussi, à une "communication adéquate" autour de ce don en cas d'ouverture de la PMA à toutes les femmes. "Peut-être assistera-t-on à une surprise, cela pourrait susciter un mouvement de solidarité envers les femmes", espère Nathalie Rives.

Un défraiement ou une rémunération, comme c'est le cas aux Etats-Unis, pourraient-ils inciter d'éventuels donneurs ? Pour le moment, un changement de "l'esprit du don et de sa gratuité" n'est pas à l'ordre du jour, explique le professeur Fabrice Guerif. "On entrerait dans un système de marchandisation du corps avec un risque de dérives et de surenchère de la part d'instituts privés qui s'engouffreraient dans la brèche", redoute-t-il. 

"La future demande est difficilement estimable" 

Pour la présidente de la Fédération des Cecos, le risque de pénurie de spermatozoïdes "est important, mais ce n'est pas le point le plus essentiel". Car, selon la professeure Nathalie Rives, l'extension du droit à la PMA, à laquelle elle est favorable, "soulève beaucoup d'interrogations sur les modalités de prise en charge de toutes les demandes, infertilité ou non, sans pénaliser personne". Elle attend notamment "des moyens financiers suffisants" pour les Cecos.

Une loi qui ouvre la PMA à de nouveaux bénéficiaires ne suffira pas si on n'est pas en mesure de les accueillir ou de les satisfaire.

Nathalie Rives, présidente de la Fédération des Cecos

à franceinfo

"La future demande est difficilement estimable", ajoute Nathalie Rives. L'impact sur le fonctionnement des Cecos fait donc actuellement l'objet de réflexions. Le professeur Fabrice Guerif espère de son côté que les forums citoyens organisés par le Comité consultatif national d'éthique en amont de la révision des lois de bioéthique "seront l'occasion de débattre sereinement et d'aborder tous ces aspects pour que l'évolution de la PMA puisse se faire dans l'intérêt de tous".

"En France, il y a un côté 'à la tête du client'" 

En attendant cette évolution du droit, Virginie Rio, du collectif BAMP, reste persuadée que les couples de femmes "qui en ont les moyens continueront d'aller faire leur PMA en Espagne", considérée comme "l'eldorado de la PMA". Moyennant plusieurs milliers d'euros, des cliniques privées permettent aux femmes seules ou en couple (hétérosexuel ou homosexuel) d'avoir accès à la PMA. Le plus souvent avec un service personnalisé (en français, avec des prestations qui incluent hôtel, guide de la ville...) et l'assurance de voir sa demande traitée en temps et en heure. 

"Quand les couples de femmes qui ont déjà fait des PMA à l'étranger vont découvrir le niveau d'accueil, d'accompagnement et de prise en charge médicale dans les Cecos, elles vont halluciner... souffle Virginie Rio. En France, de façon opaque, on vous dit que vous aurez votre don maintenant, dans deux mois, dans six mois ou plus... Il y a un côté 'à la tête du client'. Et si vous avez le malheur de montrer que vous doutez, ce qui paraît normal dans ce parcours, vous repartez pour des rendez-vous psychologiques."


17/11/2017
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Franceinfo - le jeudi 2 novembre 2017

 

 

 

Pesticides, additifs, perturbateurs endocriniens... Comment bien choisir ses aliments pour ne pas s'empoisonner ?

 

Difficile de faire ses courses sans acheter des produits qui contiennent différentes substances nocives pour la santé. Franceinfo vous aide à minimiser les risques

 

 

Vous avez envie de croquer dans cette belle pomme ? Halte-là ! Si elle n'est pas bio, il va falloir la nettoyer pendant un quart d'heure sous l'eau avec du bicarbonate de soude. C'est la méthode la plus efficace pour enlever les pesticides, selon une étude de l’université du Massachusetts, relayée par plusieurs médias jeudi 26 octobre. Difficile, aujourd'hui, de faire ses courses sans acheter des produits qui contiennent différentes substances nocives pour la santé, des pesticides aux perturbateurs endocriniens en passant par les additifs et les conservateurs.

 

 

Pourtant, différentes applications permettent de scanner les codes-barres ou les étiquettes pour vérifier la qualité sanitaire et nutritive des aliments trouvés dans un supermarché. L'une des plus recommandées actuellement est Yuka, qui passe au crible différents critères, dont la présence d'additifs et l'origine bio ou non des produits. Mais pour les courses en ligne, il faut savoir lire la composition et avoir les bons réflexes. Alors que les Etats généraux de l'alimentation se tiennent jusqu'en novembre en France, franceinfo vous aide à minimiser les risques, avec l'aide de deux spécialistes.

 

 

 

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La viande et le poisson 

 

Pas simple de se passer de jambon dans la semaine, un aliment pratique et sans préparation. Mais la présence de nitrites, utilisés comme conservateurs, favorise les risques de cancer colorectal (+18%) si la consommation dépasse 50 g par jour (soit deux tranches). Problème, le jambon sans nitrites en magasin bio est très cher. Deux marques de la grande distribution s'y sont mises : Herta et Fleury-Michon. "Notre étude a prouvé que ces jambons tenaient leurs promesses", observe Marie-Noëlle Delaby, journaliste à Que Choisir en charge des questions d'alimentation. L'autre solution est d'opter pour du jambon à la coupe, qui contient moins de nitrites que les jambons sous vide.

 

 

Côté viande, le mieux est d'aller vous faire plaisir une fois par semaine chez votre boucher, qui pourra vous renseigner sur l'origine de la bête et son alimentation. "Une bonne viande, c'est d'abord des animaux de qualité élevés lentement, mis en pâture à l'herbe plutôt que nourris au soja ou au maïs OGM", prévenait dans L'Express Pierre Bouchez, éleveur installé dans le Pas-de-Calais. Si vous n'avez d'autres choix que d'acheter votre viande sous vide en supermarché, privilégiez l'origine française et les labels. L'étiquetage ne mentionne pas l'alimentation mais le sigle AB garantit, normalement, une alimentation sans OGM. Le label Bleu-Blanc-Cœur, lui, indique que les animaux ont reçu une alimentation riche en oméga-3 (graines de lin, luzerne, herbe). Le label rouge prévoit aussi dans son cahier des charges une alimentation dominée par l'herbe pour les bovins.

 

 

S'agissant du poisson, "le mieux est de ne pas en manger plus d'une à deux fois par semaine, comme la viande rouge", recommande Sandrine Gras, porte-parole de l'association Générations cobayes. En cause, la présence de métaux lourds, des "neurotoxiques", dans de nombreuses variétés. Ces perturbateurs endocriniens sont particulièrement présents dans les poissons gras, comme le saumon. "On prépare un dossier pour le mois de décembre sur le saumon", souligne Marie-Noëlle Delaby, journaliste à Que Choisir.

 

 

 

Nous avons clairement établi que cela ne sert à rien de se tourner vers du saumon bio ou label rouge car ils sont les plus lourdement contaminés en métaux lourds et en polluants organiques persistants comme les PCB.

Marie-Noëlle Delaby

à franceinfo

 

 

Autant acheter de temps en temps un bon saumon d'élevage, "de préférence en provenance d'Ecosse, qui pratique moins la pisciculture intensive qu'en Norvège", complète Sandrine Gras. Le saumon sauvage, lui, "n'est pas très qualitatif en termes de goût, à moins d'y mettre vraiment le prix", précise Marie-Noëlle Delaby. 

 

 

Pour les autres poissons, mieux vaut privilégier les petits, comme les sardines et les maquereaux. En début de chaîne alimentaire, ils sont donc moins contaminés. "Si vous n'avez pas le temps de cuisiner, il est donc préférable d'opter pour ces poissons, même en boîte, plutôt que pour du thon, par ailleurs menacé par la surpêche", souligne la journaliste spécialisée.

 

 

 

Les fruits et légumes

 

Si vous n'avez pas les moyens d'acheter tous vos fruits et légumes au rayon bio, concentrez vous au moins sur ceux qui sont les plus contaminés par les pesticides. "Ce sont généralement ceux dont la peau n'est pas épaisse et qui sont plus exposés aux pulvérisations de pesticides en raison de leur mode de culture", explique Sandrine Gras. La Direction générale de l'alimentation (DGCCRF) et l'Institut français de l'alimentation (Ifen) les ont listés et ils sont au nombre de 12. Pour les fruits, il s'agit des pêches, des pommes, des nectarines, des fraises, des cerises, des raisins et des poires. Pour les légumes, sont concernés les poivrons, le céleri, le chou frisé, la laitue et les carottes.

 

 

A l'inverse, les oignons, les avocats, le maïs doux, l'ananas, la mangue, l'asperge, les petits pois, le kiwi, l'aubergine et la papaye, la pastèque, le brocoli, la tomate, la patate douce sont les fruits et légumes les moins contaminés par les résidus de pesticides. Ils peuvent donc être consommés en provenance de l'agriculture traditionnelle.

 

 

Le mieux est d'acheter ses fruits et légumes, bio ou non bio, en circuits courts, auprès d'amap ou de réseaux comme la Ruche qui dit oui.

Sandrine Gras

à franceinfo

 

Si c'est trop compliqué, vous pouvez toujours vous rabattre sur le bio en grande surface, même si les produits sont souvent présentés sous film plastique (qui contient, lui aussi, des perturbateurs endocriniens).

 

 

Autre option, le surgelé. "Si on n'a pas trop le temps de cuisiner, il est préférable de prendre des légumes surgelés plutôt que de les laisser trop longtemps dans le bac à légumes. Au bout de trois jours, ils commencent à perdre leur valeur nutritive", observe Marie-Noëlle Delaby. Là encore, le bio est préférable. Dernière solution, la conserve. La présence de conservateurs, dont le sel, n'est pas idéale. Préférez les bocaux en verre, qui évitent que les légumes soient en contact avec l'aluminium et le plastique qui recouvrent l'intérieure des boîtes. "Etant donné qu'elles sont chauffées à très haute température pour la stérilisation, cela facilite la migration de nanoparticules dans les aliments", prévient Sandrine Gras.

 

 

Les produits laitiers et les œufs

 

Pour le lait et ses dérivés, les yaourts et le fromage, mieux vaut opter pour du bio. Les vaches des élevages traditionnels sont en effet majoritairement traitées aux hormones et aux antibiotiques. Elles sont également nourries avec des céréales et du fourrage non bio, qui contiennent donc des résidus de pesticides.

 

 

Idem pour les œufs. Non seulement les poules sont nourries avec une alimentation (essentiellement des graines) qui ne provient pas de l'agriculture biologique et qui peut donc contenir des pesticides, mais elles vivent dans des conditions d'élevage plus ou moins intensif. Le moyen le plus sûr de se repérer est de regarder le code sur l'œuf : 0 pour les œufs bio (au moins 2,5 m² par poule en extérieur et alimentation bio), 1 pour les poules élevées en plein air (au moins 2,5 m² par poule en extérieur), 2 pour les poules élevées au sol (élevage intensif, 9 poules par m²), 3 pour les poules élevées en cage (18 poules en cage par m²).

 

 

Les gâteaux et les céréales

 

Si vous retournez votre paquet de gâteaux et que vous voyez une liste interminable d'ingrédients, à base de "E" en tout genre, reposez-le en rayon. Sandrine Gras est catégorique : pour les produits à base de farine de blé et de canne à sucre, dont font partie les biscuits, les céréales mais aussi les pâtes, mieux vaut privilégier le bio pour éviter les résidus de pesticides. En outre, de nombreux additifs viennent se glisser dans la composition des plaisirs sucrés, qu'il s'agisse de colorants, d'édulcorants ou de conservateurs. L'association Générations cobayes récapitule ci-dessous les additifs alimentaires à éviter.

 

 

 

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Le site Générations cobayes a listé les additifs alimentaires à éviter. (GENERATIONS COBAYES)

 

 

 

 

Pour ce qui est de la qualité nutritionnelle, des biscuits à base de sucre (mais pas trop) et de beurre seront meilleurs pour votre santé que ceux qui contiennent du  sirop industriel de glucose-fructose et de l'huile de palme, riche en acides gras saturés. Leur consommation excessive augmente les risques de diabète et de maladies cardiovasculaires. Attention aussi à la quantité de sel, dont la consommation ne doit pas dépasser 5 g par jour pour un adulte. Enfin, "les sucres blancs étant vides sur le plan nutritionnel, essayez les pâtes semi-complètes ou fabriquées à partir d'autres céréales que le blé", conseille Sandrine Gras.

 

 

Les boissons

 

Qu'ils soient entiers ou transformés en jus, les fruits contiendront toujours moins de pesticides s'ils sont issus de l'agriculture biologique. "Et vous aurez moins de chances de trouver des colorants et des arômes artificiels si vous évitez le jus de fruit concentré", rappelle Sandrine Gras. Quant aux sodas, mieux vaut restreindre leur consommation à la portion congrue. 

 

 

Pour ce qui est du vin, le label bio ne signifie pas l'absence de sulfites, un conservateur qui peut être responsable d'allergies ou de maux de tête, mais au moins de pesticides. Dans votre bouteille de vin traditionnel, vous pouvez retrouver "un cocktail de 10, 11, 12 pesticides, dont certains interdits en France", alerte Antonin Iommi-Amunategui, dans une tribune sur L'Obs.

 

 

Les viticulteurs ajoutent au moment de la vinification jusqu'à 70 additifs et des intrants chimiques, précise cet écrivain, passionné par le vin naturel. Réalisé à partir de raisins bio, le vin naturel est exempt de tous ces produits. La bouteille est un peu plus chère, autour de 10 euros, mais cela vaut le coup d'essayer, non ? L'appli Raisin répertorie tous les endroits qui proposent du vin naturel à la vente.

 


17/11/2017
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Franceinfo - le jeudi 16 novembre 2017

 

 

A quel âge peut-on consentir à un acte sexuel ? Un fait divers impliquant une fillette de 11 ans rouvre le débat

La cour d'assises de Seine-et-Marne a estimé qu'un rapport sexuel entre un homme de 22 ans et une fillette de 11 ans ne s'était pas produit sous la contrainte. Le dossier relance le débat sur l'instauration d'un seuil de présomption de non-consentement pour les mineurs, avec son lot d'incertitudes

 

 

 

"A 11 ans, on n'est pas consentante." Devant le ministère de la Justice à Paris, mardi 14 novembre, plusieurs organisations féministes dénoncent de récentes décisions de justice dans des affaires concernant des mineures. Début novembre, notamment, la cour d'assises de Melun (Seine-et-Marne) a acquitté un homme accusé du viol d'une fillette de 11 ans, des faits remontant à il y a huit ans. L'affaire a suscité un vif émoi dans l'opinion et relancé le débat sur le consentement sexuel des mineurs : faut-il fixer un seuil, un âge en dessous duquel une victime ne pourra jamais être considérée comme consentante ?

 

 

 

Dans cette affaire, tout débute au mois d'août 2009. L'enfant se trouve en vacances chez son oncle. Elle joue au ballon et fait du vélo en compagnie d'autres enfants, dans la cour intérieure d'un immeuble de Champs-sur-Marne (Seine-et-Marne). Sa cousine et une amie viennent l'informer qu'un "grand" veut lui parler. Ce jeune homme âgé de 22 ans se trouve également en villégiature dans le lotissement, chez un proche, mais ne lui a jamais adressé la parole auparavant. "Ils discutent de tout et de rien", raconte Laure Habeneck, avocate de cette jeune fille qui est aujourd'hui âgée de 20 ans. L'homme lui demande où il peut trouver un parc dans les alentours.

 

 

La plaignante assure avoir bien informé son interlocuteur de son âge, 11 ans. L'homme affirme qu'elle lui a dit 15 ou 16 ans. La fillette "fait" pourtant bien son âge, affirment par la suite des éducateurs, selon Laure Habeneck. Les deux protagonistes discutent de tout et de rien, tout en se dirigeant vers le parc voisin. "Il la suit, car elle connaît mieux Champs-sur-Marne que lui", raconte Samir Mbarki, avocat de l'homme. "Jusqu'à l'entrée, tout va bien. Ma cliente n'a jamais prétendu qu'il l'avait traînée de force, poursuit Laure Habeneck. Mais d'un seul coup, il s'empare d'elle et tout bascule."

 

 

Consentante à 11 ans ?

 

C'est à partir de là que les versions divergent. La plaignante dit avoir été maintenue, déshabillée et pénétrée. "Elle ne lui dit non à aucun moment, ça se fait naturellement", répond Samir Mbarki. "C'est parole contre parole", ajoute-t-il, en pointant l'absence de certificat médical, d'ITT (Incapacité totale de travail) ou de témoins. Mais Laure Habeneck est convaincue du caractère contraint de l'acte sexuel. Elle voit mal sa cliente, de nature timide et réservée, tomber dans un tel scénario avec un inconnu. "L'expert-psychologue explique que c'est quelqu'un qui n'exprime pas ses sentiments, jamais." Un enfant issu de ce rapport sexuel est né l'année suivante, en 2010, avant d'être placé. La famille a pris connaissance des faits lors de la grossesse de la jeune fille, selon Le Parisien.

 

 

Au moment d'évoquer son histoire, lors de l'audience à Melun, lundi 6 et mardi 7 novembre, la plaignante est en pleurs. Laure Habeneck évoque une jeune femme "très courageuse et digne" : "La défense a décrit la scène comme une initiative d'un rapport sexuel – le premier de sa vie, dans un parc avec un inconnu !". L'avocat général requiert huit ans de prison et un suivi socio-judiciaire, mais l'homme est finalement acquitté des accusations de viol. Citée par l'AFP, la procureure de Meaux explique que les jurés ont considéré que les éléments constitutifs du viol, "la contrainte, la menace, la violence et la surprise, n'étaient pas établis". 

 

 

"Comment ça se fait que des gens potentiellement parents puissent prendre des décisions comme celle-ci ?", s'interroge la mère de l'accusée, citée par l'avocate. Pourquoi la Cour n'a-t-elle pas retenue la "contrainte morale" ? Depuis 2010, l'article 222-22-1 du Code pénal prévoit que cette contrainte "peut résulter de la différence d'âge" entre une victime mineure et son agresseur. Agée de 11 ans lors des faits, la fillette était-elle seulement en mesure de consentir à un acte sexuel ? "Ma réponse est non", tranche son avocate.

 

 

Il n'y a aucun doute possible. C'était une enfant à l'époque. Elle ne s'intéressait pas aux garçons.

Laure Habeneck, avocate de la plaignante

à franceinfo

 

Mais le texte de 2010 sur la contrainte morale donne une "simple possibilité de définition", nuance Audrey Darsonville, professeure de droit pénal : "C'est une indication". La différence d'âge, seule, n'est aujourd'hui pas suffisante pour qualifier la contrainte. En revanche, la juriste estime que le jury aurait, dans cette affaire, pu et dû retenir le critère de surprise. "Une fillette de 11 ans n’a pas besoin de hurler pour que le viol s’applique, explique-t-elle. On peut considérer que l’état de sidération – qui est un état de tétanie – empêche le consentement."

 

 

12, 13, 14, 15 ans... Quelle limite ?

 

Pour éviter des cas comme celui-ci, de nombreuses associations proposent de fixer dans la loi un âge en deça duquel l'agression sexuelle (ou le viol, en cas de pénétration) serait établie de facto : tout acte sexuel entre un adulte et un mineur en-dessous de ce seuil serait qualifié de viol. "Cette question se pose car la loi est mal appliquée, estime Audrey Darsonville. C’est peut-être aujourd’hui le seul moyen qu’on a de protéger les mineurs." "L'avantage, c'est que l'avocat général n'aurait plus à apporter la preuve d'un défaut de consentement", poursuit Laure Habeneck. L'idée fait aujourd'hui l'objet de plusieurs pétitions et de quatre propositions de loi, selon un décompte du Monde. La ministre de la Justice, Nicole Belloubet, s'est engagée "sur une loi autour du printemps", au micro de CNews

 

 

Reste à définir ce fameux seuil. Le Haut Conseil à l'égalité propose 13 ans. Audrey Darsonville rappelle qu'un mineur peut être incarcéré à partir de cet âge, en droit pénal des mineurs. "Si l’on considère qu’un mineur de 13 ans est assez mûr pour être incarcéré, on peut considérer aussi qu’il a la maturité suffisante pour accorder son consentement aux relations sexuelles." C'est aussi l'âge statistique de la puberté, précise le psychiatre Roland Coutanceau, coauteur de Victimes et auteurs de violence sexuelle (éd. Dunod) : "L’imaginaire sexuel est révolutionné par la puberté. Une fille ou un garçon prépubère ne cherchent pas dans la sensualité la même chose qu’un(e) pubère."

 

 

Mais "la révolution pubertaire" n'est pas suffisante pour "donner un consentement pour une sexualité adulte". Le médecin rappelle que tous les adolescents ne développent pas la même maturité au même âge. "Au-delà du symbole de l'âge, qui permet de donner un message dans le champ social, rien ne remplace l'étude au cas par cas. Il faut encore étudier in concreto chaque histoire, pour comprendre ce qui s'est passé entre les deux protagonistes." D'autres propositions françaises évoquent un seuil à 15 ans. L'Espagne, l'Allemagne et le Royaume-Uni et l'Allemagne ont respectivement adopté des barrières à 12, 14 et 16 ans.

 

 

Une requalification en "atteinte sexuelle" possible

On veut faire croire que la cour d'assises a légalisé la pédophilie en France, mais personne ne veut comprendre ! C’est horrible ce que la plaignante a subi, mais cela s’appelle une atteinte sexuelle sur mineure de moins de 15 ans et pas un viol.

Samir Mbarki, avocat de l'accusé

à franceinfo

 

Récemment, le tribunal de Pontoise (Val-d'Oise) a ainsi acquitté un homme, accusé de viol, dans un dossier similaire, tout en le poursuivant pour atteinte sexuelle. Cette qualification, toutefois, n'a pas été évoquée dans l'affaire de Champs-sur-Marne. Sollicité par franceinfo à ce sujet, le parquet n'a pour l'heure pas donné suite. Un tel délit aurait peut-être pu permettre de condamner l'accusé, mais pour Audrey Darsonville, toutefois, ce terme reste un pis-aller dans ce genre d'affaires. "C'est très injuste pour les victimes car l'atteinte sexuelle postule qu'elles étaient consentantes", analyse-t-elle.

 

 

Contrairement au viol, l'atteinte sexuelle n'est pas un crime, jugé aux assises, mais un délit, puni de cinq ans de prison et 75 000 euros d’amende, étudié au tribunal correctionnel. Quand elle n'est pas utilisée à bon escient, il s'agirait donc d'une sous-qualification. "Les juges sont parfois réticents à envoyer des mineurs devant la cour d’assises [pour un crime, le viol], par crainte que leur parole ne soit pas suffisamment entendue par les jurés", explique Audrey Darsonville.

 

 

Dans cette affaire, la plaignante "a dû faire preuve d'énormément de courage pour venir à la barre", estime son avocate. Après avoir fait "le deuil de son enfance" en 2009, elle a vécu l'acquittement "comme un deuxième traumatisme", selon les mots de Laure Habenec. Aujourd'hui étudiante, la jeune femme âgée de 20 ans ne souhaite pas s'exprimer. Un nouveau procès doit avoir lieu, car l'avocat général a fait appel du verdict controversé.

 


16/11/2017
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Franceinfo - le 6 novembre 2017

 

 

"Paradise Papers" : nouvelles révélations sur l'argent caché des paradis fiscaux

Dix-huit mois après le scandale des "Panama Papers", nouvelles révélations sur l'argent caché dans les paradis fiscaux

 

 

C'est le fruit d'un travail de plusieurs mois, mené par près de 400 journalistes du monde entier. Dix-huit mois après le scandale des "Panama Papers", place aux "Paradise Papers". En partenariat avec le Consortium international des journalistes d'investigation (ICIJ), et à l'initiative du quotidien allemand Süddeutsche Zeitung, la cellule investigation de Radio France et l'émission "Cash investigation" de France 2 ont eu accès à quelque treize millions de fichiers, pour moitié issus du cabinet-conseil britannique Appleby installé aux Bermudes et dans dix autres paradis fiscaux. Il en ressort que le placement d'argent dans les places offshores est une pratique courante des entreprises multinationales, ainsi que de centaines de VIP, qui soustraient ainsi au fisc des montants astronomiques.

 

 

 Un proche de Trump éclaboussé. Parmi les révélations des "Paradise Papers" : les liens d'affaires entretenus par l’actuel secrétaire américain au Commerce, Wilbur Ross, avec l’entourage du président russe, Vladimir Poutine. Malgré les sanctions contre la Russie, Wilbur Ross possède en effet toujours des intérêts dans la compagnie de transport maritime de gaz liquéfié Navigator Holdings qui fait des affaires avec un géant du gaz et du pétrole, Sibur, contrôlé par des proches du président russe, Vladimir Poutine.

 

 

Le Premier ministre canadien, Justin Trudeau, également cité. L'exploitation des données révèle également la soustraction au fisc de plusieurs millions d’euros par des proches du Premier ministre canadien, Justin Trudeau, pourtant champion de l’égalitarisme fiscal. Des acteurs clefs du Parti libéral canadien sont en effet impliqués dans des montages offshores très opaques, notamment le milliardaire et ami d’enfance du Premier Ministre, Stephen Bronfman.

 

 

La reine Elisabeth II concernée. Enfin, les premières révélations de cette enquête montrent que la reine d'Angleterre a, elle aussi, recours à des paradis fiscaux pour placer ses fonds et qu'ils contribuent en bout de chaîne à appauvrir les Britanniques les moins favorisés. Elisabeth II possède une société qui gère ses biens, intitulée "Duché de Lancaster". En 2005, cette société a investi 7,5 millions de dollars dans un fond situé aux îles Caïmans. Ce fond aux Caïmans a lui-même investi dans un fonds qui contrôle une société baptisée "Brighthouse". Or celle-ci est dans le collimateur de plusieurs députés et associations de consommateurs britanniques, parce qu’il vend de l’électroménager des appareils électroniques et de l’ameublement, en proposant à ses clients des crédits avec des taux d’intérêt de 99,9 %.

  


14/11/2017
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Franceinfo - le lundi 13 novembre 2017

 

 

Violences sexuelles : les plaintes ont augmenté de 30% en octobre

Près de 360 plaintes supplémentaires pour violences sexuelles ont été enregistrées en zone gendarmerie et en zone police en octobre 2017 par rapport à la même période de l'année précédente, a appris franceinfo, lundi

 

 

Les plaintes pour violences sexuelles déposées en zone gendarmerie et en zone police ont bondi respectivement de 30 % et de 23 % en octobre par rapport à la même période l'année passée, a appris franceinfo, lundi 13 novembre auprès des gendarmes, confirmant une information de l'AFP. Cette augmentation représente environ 360 faits supplémentaires.

 

 

 

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La parole s'est libérée

 

Cette hausse intervient après la révélation, début octobre, de l'affaire Harvey Weinstein aux Etats-Unis. Celle-ci a incité de nombreuses victimes à témoigner. Des initiatives ont été prises via les réseaux sociaux avec le hashtag #balancetonpoc, en France, ou encore #MeToo, ailleurs dans le monde.

 

 

Les plaintes déposées pour violences sexuelles concernent des faits de harcèlement sexuel, d'agression sexuelle et de viol. Le directeur général de la gendarmerie nationale (DGGN), Richard Lizurey, a envoyé, le 10 novembre, une note express sur l'action de la gendarmerie nationale en matière de violences faites aux femmes à tous les militaires de la gendarmerie et aux préfets.

 


14/11/2017
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Franceinfo - le jeudi 26 octobre 2017

 

 

Huit Français sur dix estiment qu'il faut interdire le glyphosate

 

Selon un sondage Odoxa-Dentsu Consulting pour franceinfo et "Le Figaro", publié jeudi, 81% des Français estiment qu'il faut interdire le glyphosate. Les Français sont unanimes, quelle que soit leur orientation politique

 

 

Huit Français sur dix (81%) estiment qu'il faut interdire le glyphosate, parce que cet herbicide est "potentiellement dangereux pour la santé", selon un sondage Odoxa-Dentsu Consulting* pour franceinfo et Le Figaro publié jeudi 26 octobre. Seuls 19% des sondés pensent au contraire qu'il "ne faut pas l'interdire", parce que "sa dangerosité n'est pas certaine et que les agriculteurs français en ont besoin".  

 

 

Huit Français sur dix estiment qu'il faut interdire le glyphosate.
Huit Français sur dix estiment qu'il faut interdire le glyphosate. (STEPHANIE BERLU / RADIO FRANCE)

 

 

 

 

Les Français sont unanimes, quelle que soit leur orientation politique. Cette interdiction est demandée par 86% des sympathisants de gauche, 85% de ceux d'En Marche, 75% de ceux de droite et 77% des sympathisants du FN.  

 

 

 

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La moitié des Français pensent que Nicolas Hulot n'a pas de poids pour défendre l'environnement

 

Par ailleurs, 55% des Français estiment que le ministre de la Transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot, ne pèse pas dans les décisions du gouvernement concernant l'environnement. Le ministre est premier, en terme de cote d'adhésion, dans le baromètre politique Odoxa de la semaine, mais seuls les sympathisants En Marche "sauvent" son action au gouvernement. Ils sont 73% à penser que Nicolas Hulot pèse "fortement".

 

 

Les sympathisants écologiques, eux, sont une courte majorité (53%) à juger que le ministre agit. Les autres sondés sont bien plus critiques : 57% des sympathisants de la gauche de la gauche, 63% de ceux de la droite parlementaire et 69% de ceux du Front National estiment que le ministre "ne fait rien" pour l'environnement.  

 

 

Notre-Dame-des-Landes illustre un clivage dans l'opinion

 

 

Près d'un sondé sur deux (49%) pense que Nicolas Hulot devra démissionner de son ministère si la construction de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes est confirmée, en décembre. Cette division montre de profonds clivages dans l'opinion. Ainsi, 74% des sympathisants LREM, 58% de ceux du PS et 53% de ceux des Verts ne souhaitent pas sa démission. A l'inverse, 62% des sympathisants du Front National et 56% de ceux de la gauche de la gauche estiment qu'il devra quitter son poste.  

 

 

*Ce sondage Odoxa-Dentsu Consulting pour franceinfo et le Figaro a été réalisé par internet les 25 et 26 octobre 2017, auprès d'un échantillon de 1 000 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, parmi lesquelles 224 sympathisants de gauche, 145 sympathisants En Marche, 112 sympathisants de droite hors FN et 163 sympathisants du FN. La représentativité de l'échantillon est assurée par la méthode des quotas.

 


03/11/2017
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Franeinfo - le 19 octobre 2017

 

 

Plus d’une Française sur deux a déjà été victime de harcèlement ou d’agression sexuelle, selon un sondage

Près de 53% des Françaises déclarent avoir déjà été victimes de harcèlement ou d'agression sexuelle, selon un sondage Odoxa-Dentsu Consulting pour franceinfo et "Le Figaro", paru jeudi

 

 

 

Près de 53% des Françaises ont déjà été victimes de harcèlement ou d’agression sexuelle, selon un sondage Odoxa-Dentsu Consulting* pour franceinfo et Le Figaro, jeudi 19 octobre. Le chiffre augmente chez les moins de 35 ans avec plus de six femmes sur dix ayant subi ces types d'actes.

 

 

 

38% des Françaises déclarent avoir été victimes de harcèlement sexuel en dehors de leur lieu de travail.
38% des Françaises déclarent avoir été victimes de harcèlement sexuel en dehors de leur lieu de travail. (RADIO FRANCE / FRANCEINFO / STEPHANIE BERLU)

 

Neuf Français et Françaises sur dix estiment que la question du harcèlement sexuel et des agressions sexuelles est un problème "important". Près d'une personne sur deux le qualifie même de "très important".

 

 

Dans ce contexte, 80% des Français (74% des hommes et 85% des femmes), sont favorables au projet de loi prévu pour 2018 visant à verbaliser le harcèlement sexuel de rue. Il a été présenté, mardi, par Marlène Schiappa, secrétaire d'État chargée de l'égalité entre les femmes et les hommes.

 

 

 

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Des différences de point de vue entre générations

 

Sur le plan générationnel, il existe de très forts clivages. Ce qu'une mère tolérait n'est absolument plus accepté par les femmes de moins de 35 ans. Ainsi, "siffler une fille dans la rue" est perçu différement selon la tranche d'âge interrogée. Près de 60% des femmes âgées de 18 à 35 ans considèrent ce comportement comme répréhensible, relevant du harcèlement ou de l'agression, tandis que seulement un tiers (34%) des femmes de plus de 65 ans partagent ce regard.

 

 

*Ce sondage Odoxa-Dentsu Consulting a été réalisé pour franceinfo et le Figaro, auprès de 995 personnes, âgées de 18 ans et plus, interrogées par Internet les 18 et 19 octobre 2017.

 


03/11/2017
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