L'AIR DU TEMPS

L'AIR DU TEMPS

JUSTICE


Franceinfo - le mercredi 7 février 2018

 

 

L'islamologue Tariq Ramadan, accusé de viols, reste en détention provisoire

 

 

L'islamologue suisse, Tariq Ramadan, mis en examen pour viols, est maintenu en détention provisoire, a appris mardi franceinfo de sources proches du dossier

 

 

 

Tariq Ramadan est maintenu en détention provisoire a appris mardi 6 février franceinfo de sources judiciaires. L'islamologue suisse avait été incarcéré dans l'attente d'un débat, qu'il a sollicité, sur son placement en détention provisoire.

 

 

 

14315514.jpg

 

 

L'islamologue suisse Tariq Ramadna, le 6 avril 2015, lors d'une conférence au Bourget (Seine-Saint-Denis). (LOIC VENANCE / AFP)

 

 

 

Mis en examen vendredi

 

Tariq Ramadan avait été mis en examen, vendredi, pour "viol et viol sur personne vulnérable". L'islamologue suisse est visé par deux plaintes pour viol en France. Une information judiciaire avait été ouverte des chefs de "viol" s'agissant des faits de 2012 à Paris et de "viol sur personne vulnérable" s'agissant des faits de 2009 à Lyon.

 

 

Dans le cadre de cette affaire, Tariq Ramadan avait été mis en congé par l'université britannique d'Oxford, où il enseigne depuis depuis 2009. Une militante des droits des femmes britannique avait lancé une pétition, dans laquelle, elle réclamait que le théologien suisse soit suspendu de ses fonctions le temps de l’enquête.

 


12/02/2018
0 Poster un commentaire

Franceinfo - le mardi 6 février 2018

 

 

Quatre ans de prison requis à l'encontre de Jawad Bendaoud, jugé pour "recel de malfaiteurs terroristes"

 

 

Le procureur a également requis quatre ans de prison contre Mohamed Soumah et cinq ans contre Youssef Aït Boulahcen, les deux autres prévenus de ce procès

 

 

 

14317882.jpg

 

Croquis de l'audience du procès de Jawad Bendaoud, au palais de justice de Paris, le 24 janvier 2018.  (BENOIT PEYRUCQ / AFP)

 

 

 

Le parquet a requis, mardi 6 février, quatre ans de prison contre Jawad Bendaoud, jugé à Paris pour avoir fourni un logement à deux jihadistes auteurs des attentats du 13-Novembre. Le procureur a demandé la même peine pour Mohamed Soumah, qui avait eu un rôle d'intermédiaire.

 

 

Jugés pour "recel de malfaiteurs terroristes", ils encourent six ans de prison. Le ministère public a en revanche requis la peine maximale, cinq ans de prison avec mandat de dépôt, contre Youssef Aït Boulahcen, le cousin du cerveau présumé des attentats, jugé pour "non-dénonciation de crime terroriste".

 


12/02/2018
0 Poster un commentaire

Franceinfo - le lundi 5 février 2018

 

 

Blocs de béton, déplacements secrets, unités d'élite... Comment se prépare le procès de Salah Abdeslam à Bruxelles ?

 

 

Le palais de justice de Bruxelles s'est transformé en forteresse, pour accueillir le procès du dernier survivant du commando du 13-Novembre

 

 

 

Le dernier survivant du commando du 13-Novembre va-t-il parler ? Lundi 5 février commence le procès de Salah Abdeslam, à Bruxelles. Il sera jugé pour sa participation présumée dans une fusillade à Forest, lors de sa cavale. Un procès avant-coureur de sa présentation à la justice française, où il est mis en examen notamment pour participation à une association de malfaiteurs terroriste. Pendant quatre jours, la Belgique sera placée sous haute surveillance, pour un procès hors norme. 

 

 

 

14300794.jpg

 

Le palais de justice de Bruxelles (Belgique), le 3 février 2018. (ALEXANDROS MICHAILIDIS / SOOC)

 

 

 

Un palais de justice géant transformé en forteresse

 

Quelque 116 mètres de haut, 26 000 mètres carrés de surface au sol... l'imposant palais de justice de Bruxelles, plus vaste que la basilique Saint-Pierre de Rome, va être transformé en forteresse pour accueillir le procès de Salah Abdeslam. "Bien évidemment, les mesures de sécurité seront importantes, le palais va être extrêmement sécurisé, a expliqué Luc Hennard, le président du tribunal de première instance à BFMTV. Cela fait partie de la compétence des services de police. La compétence de la justice, c’est de juger les personnes qui comparaissent devant elle, de la manière la plus sereine et la plus normale possible." Il faut dire que le bâtiment, vétuste et perpétuellement en travaux, n'est pas aisé à sécuriser, avec ses 1 530 portes et presque autant de fenêtres.

 

 

 

Les autorités belges ne lésinent donc pas sur les moyens. Entre 100 et 200 policiers seront déployés à l'intérieur et autour du palais de justice, assisté par des hélicoptères, indique Le Figaro. Les voitures ne pourront plus accéder aux rues entourant le bâtiment, ni même se garer dans les parkings aux alentours, où des blocs de béton ont été installés. "Des moyens techniques, permettant de localiser dans le périmètre des personnes enregistrées comme radicalisées, seront mis en œuvre", précise encore le quotidien.

 

 

 

Des contrôles scrupuleux à l'entrée de la salle d'audience

 

Tout le monde devra aussi se soumettre à un double contrôle avec détecteurs de métaux : à l’entrée du bâtiment puis à l’entrée de la salle d’audience. Même les avocats, d'habitude dispensés. Les portes du palais ouvriront dès 6h30, pour pouvoir absorber le flux de visiteurs, alors que les audiences ne commenceront que trois heures plus tard.

 

 

A l'intérieur du bâtiment, la salle d'audience ne peut accueillir que 80 personnes. Selon BFMTV, les téléphones portables et les ordinateurs y seront interdits. Les débats seront également retransmis dans une autre pièce, notamment pour permettre aux journalistes de suivre le procès. Plus de 300 se sont accrédités, selon Le Soir. De son côté, Salah Abdeslam sera placé, comme à l'habitude, face au tribunal, au premier rang de la salle d'audience, tournant le dos au public, et non pas dans un box comme c'est le cas lors des procès d'assises.  

 

 

Des transfèrements très discrets

 

Salah Abdeslam fera les allers-retours tous les jours à Bruxelles, depuis Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais). Ses trajets seront très surveillés, et l'administration pénitentiaire refuse de donner des détails, autant sur les horaires que sur les moyens de déplacement. Ils pourront ainsi être effectués aussi bien par la route que par hélicoptère, toujours sous escorte d'unités d'élite. La décision sera prise au dernier moment. "Il sera amené par un moyen adéquat, il y aura de la souplesse, différentes possibilités", indiquent simplement les autorités à BFMTV. 

 

 

La justice redoute notamment une tentative de suicide ou une potentielle évasion, lors de cette première comparution publique du seul survivant des attentats du 13-Novembre. En septembre, la ministre de la Justice, Nicole Belloubet, avait fait état de "craintes pour sa santé".

 

 

 

Une aile dédiée dans la prison de Vendin-le-Vieil

 

Au cœur de ce dispositif de sécurité : Salah Abdeslam. Le temps du procès, le prévenu devra délaisser sa cellule de Fleury-Mérogis (Essonne) pour être incarcéré dans la prison de Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais), située à 130 km du palais de justice de Bruxelles. Il sera seul dans une aile entière, en cours de ré-aménagement, et isolé des autres détenus, indique l'administration pénitentiaire. Toutes les pièces auxquelles il aura accès – à savoir deux cellules, une salle de sport avec rameur, un parloir – seront sous vidéosurveillance, dans des conditions d'isolement identiques à celles de Fleury-Mérogis.

 


08/02/2018
0 Poster un commentaire

Franceinfo - le vendredi 2 février 2018

 

 

L’islamologue Tariq Ramadan mis en examen pour viols

 

 

Le parquet de Paris avait requis le placement en détention de l'islamologue suisse Tariq Ramadan, à l'issue de deux jours de garde à vue et de la confrontation avec l'une de ses deux victimes présumées

 

 

 

L'islamologue suisse Tariq Ramadan a été mis en examen vendredi 2 février pour "viol et viol sur personne vulnérable", a appris franceinfo de source judiciaire. Il a été incarcéré dans l'attente d'un débat sur son placement en détention provisoire.

 

 

Une information judiciaire avait été ouverte des chefs de viol s'agissant des faits de 2012 à Paris, et de viol sur personne vulnérable s'agissant des faits de 2009 à Lyon. Tariq Ramadan est visé par deux plaintes pour viol, à Paris et Lyon. Il était entendu sous le régime de la garde à vue depuis mercredi matin et avait été déféré devant la justice dans la nuit de jeudi à vendredi. Le parquet de Paris avait requis son placement en détention.

 

 

 

14285722.jpg

 

 L'islamologue suisse Tariq Ramadan le 26 mars 2016, à Bordeaux. (MEHDI FEDOUACH / AFP)

 

 

 

Tariq Ramadan avait refusé de signer le procès verbal à l'issue de la confrontation

 

Jeudi, durant sa deuxième et dernière journée de garde à vue, Tariq Ramadan a été confronté à la seconde femme qui l’accuse de viol et de violences. Elle a porté plainte le 27 octobre dernier. Ågée de 40 ans, handicapée à la jambe, Chrystelle affirme avoir été séduite courant 2009 par Tariq Ramadan sans le rencontrer, via des échanges sur internet : messages, photos, conversations sur Skype, jusqu’à leur première rencontre physique le 9 octobre 2009, lors d’une conférence. Elle affirme avoir été violée, frappée et humiliée par Tariq Ramadan dans la chambre qu’il occupait dans l’ancien hôtel Hilton de Lyon.

 

 

Cette femme avait déjà fourni aux enquêteurs des éléments matériels attestant de leur relation virtuelle : des SMS, des photos, des captures d’écrans. Jeudi, face à Tariq Ramadan, qui continue de nier le viol, Chrystelle a apporté un élément nouveau : l’existence chez l'islamologue suisse d’une cicatrice de trois centimètres entre le sexe et le pli de l’aine.

 

 

Confronté à ces éléments, Tariq Ramadan, qui nie les faits et tout acte sexuel avec cette femme, a refusé de signer le procès verbal à l’issue de cette confrontation. Les accusations de Chrystelle et celle d’Henda Ayari lui ont valu cette mise en examen.

 


08/02/2018
0 Poster un commentaire

Franceinfo - le jeudi 1er février 2018

 

 

La garde à vue de l'islamologue Tariq Ramadan, accusé de viols, est prolongée

 

 

L'islamologue suisse Tariq Ramadan est entendu depuis mercredi à Paris dans le cadre d'une enquête pour viols et violences volontaires

 

 

La garde à vue de l'islamologue suisse Tariq Ramadan, accusé de viols, est prolongée jeudi 1er février, a appris franceinfo de source judiciaire. Il est entendu depuis mercredi dans le cadre de l'enquête préliminaire ouverte des chefs de viols et violences volontaires ayant entraîné une incapacité inférieure à huit jours. Deux femmes ont porté plainte dans le cadre de cette procédure.

 

 

 

14271386.jpg

 

L'islamologue Tariq Ramadan est en garde à vue à Paris, le 31 janvier 2018. Ci-contre Tariq Ramadan en mars 2016. (MAXPPP)

 

 

 

Deux plaintes déposées contre l'islamologue

 

Une première plainte avait été déposée contre Tariq Ramadan le 20 octobre par l'ancienne salafiste Henda Ayari. Une nouvelle victime présumée s'était faite connaître début novembre. Âgée de 42 ans et convertie à l'islam, cette dernière accuse le théologien de l'avoir violée en 2009 dans une chambre d'hôtel, selon le même mode opératoire que celui employé dans le cas de Henda Ayari.

 

 

Sur sa page Facebook, Tariq Ramadan avait dénoncé une "campagne de calomnie" orchestrée par "ses ennemies de toujours".

 


06/02/2018
0 Poster un commentaire

Franceinfo - le mardi 23 janvier 2018

 

 

 

14064725.jpg

 

 

 

Quand François Molins s'avance au pupitre, ce n'est pas bon signe. Après chaque attentat ou coup dur, le souriant sexagénaire prend sa mine des mauvais jours face aux caméras. Au fil des années, les Français ont découvert le procureur de la République de Paris à la télévision, lors de conférences de presse diffusées en direct. Ils se sont aussi familiarisés avec un style. Un phrasé clair, des descriptions chirurgicales. Avec lui, l'institution judiciaire présente un visage plus moderne, plus rassurant. "Il faut bien avouer que ça me fait un bien fou de vous voir", écrit même un journaliste de Libération, dans un billet doux publié en 2015.

 

 

A Paris ou ailleurs, ces exercices se sont multipliés ces dernières années. En équilibre entre le temps judiciaire et le temps médiatique, les procureurs s'apparentent alors à des funambules. Mais comment sont-ils formés à ces prises de parole et quelles sont leurs techniques pour en dire assez, sans trahir les enquêtes ?

 

 

 

13892535.jpg

 

 

François Molins, procureur de la République de Paris, s'apprête à donner une conférence de presse à Bruxelles (Belgique), le 21 mars 2016, après la découverte d'une trace ADN sur des explosifs utilisés lors des attaques commises à Paris.  (JOHN THYS / AFP)

 

 

 

 

Après chaque attentat ou coup dur, le souriant sexagénaire prend sa mine des mauvais jours face aux caméras. Au fil des années, les Français ont découvert le procureur de la République de Paris à la télévision, lors de conférences de presse diffusées en direct. Ils se sont aussi familiarisés avec un style. Un phrasé clair, des descriptions chirurgicales. Avec lui, l'institution judiciaire présente un visage plus moderne, plus rassurant. "Il faut bien avouer que ça me fait un bien fou de vous voir", écrit même un journaliste de Libération, dans un billet doux publié en 2015.

 

 

A Paris ou ailleurs, ces exercices se sont multipliés ces dernières années. En équilibre entre le temps judiciaire et le temps médiatique, les procureurs s'apparentent alors à des funambules. Mais comment sont-ils formés à ces prises de parole et quelles sont leurs techniques pour en dire assez, sans trahir les enquêtes ?

 

 

 

13830679.jpg

 

La procureure de la République de Besançon (Doubs), Edwige Roux-Morizot, donne une conférence de presse, le 6 novembre 2017, après la mort d'Alexia Daval. (SEBASTIEN BOZON / AFP)

 

 

 

François Molins, le magistrat dont on connaît le nom

 

Malgré son expérience, François Molins a encore le trac. "Quand je vais dans la salle pour faire le point-presse, il y a toujours une petite appréhension et puis quand je commence à parler, c’est terminé", explique le procureur, dans son bureau du quai des Orfèvres, à Paris. Et si ses déclarations ne s'apparentent pas à "une pièce de théâtre", le script est bien rédigé, à la virgule près. Le chargé de communication permanent du parquet prépare le texte, à partir des comptes-rendus de la section antiterroriste, et avec l'aide de l'ensemble du cabinet – quatre ou cinq personnes.

 

 

Le procureur de la République de Paris a pris l'habitude de retravailler l'attaque et la fin de ses déclarations, mais aussi d'ajouter sa "patte". C'est ainsi que les appartements "conspiratifs" – où sont fomentés des attentats – ont fait leur entrée dans le langage courant. Le mot, absent du dictionnaire, est emprunté aux dossiers de terrorisme basque. "J’ai même été plagié un matin par [l'humoriste] Jérôme Commandeur, sur Europe 1, à propos de l'agression de Kim Kardashian [à Paris], sourit l'intéressé. Il avait utilisé le terme d'hôtel particulier 'partousatif', ce qui m'avait fait beaucoup rire. Mais je trouve que le terme 'conspiratif' est parlant."

 

 

Avec au compteur une cinquantaine de points-presse en cinq ans, François Molins maîtrise désormais l'exercice sur le bout des doigts. Il a été l'un des premiers à fournir autant de détails sur des dossiers en cours. Ainsi, en 2016, après l'attaque du 14-Juillet à Nice, il détaille et date, pendant sept minutes, les photos retrouvées sur le téléphone du terroriste. Il évoque par exemple "un cliché du 25 mai 2015 qui est une photographie d'un article sur le captagon, intitulé 'Captagon, potion magique des combattants'". Un peu plus tard, il ajoute que les "trois" SMS ont été complétés par des messages audio "en date du 14 juillet" enregistrés par l'auteur "puis convertis via Google Search en message écrit". Chirurgical.

 

 

"Les détails qu’on livre ne sont pas des détails essentiels pour l’enquête, a priori, explique-t-il. Mais ils donnent de la chair aux journalistes." Communiquer la couleur d'un fourgon ou la minute précise d'un repérage serait-il une stratégie pour rassasier les journalistes et contenir leurs éventuelles questions ? "Un petit peu", confirme le procureur, dans un sourire espiègle. "Vu tout ce qu'on [dit], on peut se permettre de ne pas prendre de questions" lors des points-presse, devenus de facto des déclarations.

 

 

 

A partir d’un certain degré de trouble à l’ordre public, le point-presse devient en réalité le seul et unique moyen de gérer la masse des journalistes. Il y a tellement d’appels et de demandes... Cela permet de prendre un peu de recul et de penser à une communication plus élaborée, par rapport à la demande pressante des journalistes.

François Molins, procureur de la République de Paris

 

 

Aujourd'hui, sa communication est rodée. Jamais de point-presse dans un local de police ou de gendarmerie. Plus de fauteuil à roulettes, pour éviter de donner le tournis aux caméras : "Je suis plutôt remuant, certains disent un peu nerveux." Et face aux télévisions, le fond bleu ne comporte aucun cartouche du ministère de la Justice, lequel reste rangé dans son bureau. "C'est délibéré. Je communique sur des affaires individuelles et le ministère ne peut pas me donner d’instructions dans les affaires individuelles."

 

 

"Aujourd’hui, la communication judiciaire fait partie du métier de procureur, c'est une obligation", estime François Molins. Les procureurs sont d'ailleurs les seuls magistrats autorisés à "rendre publics des éléments objectifs tirés de la procédure", précise l'alinéa 3 de l'article 11 du Code de procédure pénale, pour éviter la "propagation d'informations parcellaires ou inexactes" ou un "trouble à l'ordre public".

 

 

 

Petit guide de survie en milieu hostile

 

Disparition de Maëlys en Isère, mort de la joggeuse Alexia Daval en Haute-Saône... A chaque grand dossier, les chaînes d'information en continu diffusent en direct les points-presse des magistrats, qui étaient auparavant destinés exclusivement aux journalistes. Lors de ces rendez-vous aux faux airs de grand-messes, l'image de l'institution judiciaire tout entière est alors engagée. "Les procureurs se sont professionnalisés car ils ont compris l'importance de l'exercice", résume François Molins, lequel – faut-il s'en étonner – est également doyen du pôle de communication judiciaire à l'Ecole nationale de la magistrature (ENM).

 

 

Si l'enjeu est de taille, les maladresses sont toujours possibles. "Un procureur de Toulouse avait oublié que les chaînes d'info en continu filmaient tout depuis le début, se souvient Dominique Verdeilhan, chroniqueur judiciaire à France 2. Il est arrivé dans la salle en souriant et en saluant tout le monde, avant de prendre le masque pour communiquer une grave information." Les procureurs doivent ainsi se préparer à affronter la meute, a fortiori dans des lieux improvisés ou en extérieur. Il leur faut d'abord veiller à leur apparence, pour épouser la solennité du moment.

 

 

Un procureur évoque ainsi son soulagement, quand il a remplacé un collègue, il y a quelques années – "Heureusement que ce n'est pas lui qui est allé au point-presse en présence du ministre : il portait une cravate Snoopy." Pour éviter les faux pas, Baptiste Porcher, procureur de Laon (Aisne), conserve toujours une chemise blanche dans son placard, au cas où la couleur de sa tenue passe mal à l'écran – "Je me suis fait avoir une fois". "La façon dont on va communiquer est importante, y compris dans la tenue ou dans le décor, résume Hervé Lollic, procureur de La Roche-sur-Yon (Vendée). Par exemple, mieux vaut éviter la présence de choses trop personnelles dans le bureaucar nous renvoyons l'image d'une institution."

 

 

Sa consœur de Besançon (Doubs), Edwige Roux-Morizot, en charge du dossier du meurtre d'Alexia Daval, n'accueille plus les caméras dans son bureau, "assez grand mais un peu aride". Elle privilégie désormais la bibliothèque de la cour d'appel, un endroit "plus chaleureux, avec des livres, ce qui apporte une autre image de la justice". Le choix du lieu répond alors à des enjeux médiatiques. Les procureurs partagent également quelques "trucs", pour soigner leur image à l'écran. "J'ai appris, lors d'une interview, qu'il ne fallait pas regarder dans les yeux le ou la journaliste qui nous interroge, explique Baptiste Porcher. Là, elle faisait deux têtes de moins que moi et à l'écran, cela donnait une tête et un regard pointant vers le bas". 

 

 

Alors procureur à Saint-Malo (Ille-et-Vilaine), Alexandre de Bosschère met à distance la "forêt de micros" venue l'accueillir en 2013 après la disparition de Nicodème, un enfant de 22 mois. Objectif ? "Renvoyer l'image d'une communication sereine. Un procureur acculé donne l'impression d'être sur la défensive." Pas simple. François Pérain décrit ainsi la frénésie médiatique qui régnait "devant la maison d'arrêt" d'Auxerre (Yonne), après l'évasion de Jean-Pierre Treiber, en septembre 2009.

 

 

 

J’arrive en voiture. Il fait extrêmement chaud. J'ai très soif. Je vois 34 journalistes et trois policiers pour faire l'ordre. Je descends de la voiture et là j'ai un mur de micros et de lumières. Je suis seul, la voiture est derrière moi. Je suis obligé de reculer, acculé. Les policiers sont débordés et le commissaire de la PJ essaie de cantonner les journalistes.

François Pérain, ancien procureur d'Auxerre (Yonne), aujourd'hui en poste à Nancy (Meurthe-et-Moselle)

 

 

Voilà pour la forme. Sur le fond, les procureurs doivent respecter la présomption d'innocence, la dignité des victimes et ne pas gêner le travail des enquêteurs. Le plus souvent, ils s'imposent deux règles : savoir ce qu'ils ne veulent pas dire et quand ils vont finir. "Un enseignant en primaire avait été incarcéré à la fin des vacances d’hiver pour des accusations d'attouchements sexuels, se souvient le procureur Alexandre de Bosschère, aujourd'hui en poste à Amiens (Somme). Je ne pouvais pas détailler les accusations portées contre lui, car il fallait encore entendre des dizaines d'enfants. Les témoignages à venir auraient alors été biaisés."

 

 

Ce dernier a aussi échafaudé des petites techniques, contrarié que les journalistes reprennent l'information principale de son point-presse dans leurs commentaires et ne conservent que des extraits vidéo inspides de son intervention : "Pour ne pas qu'on se dise 'C'est nul ce que dit le procureur' lors de la diffusion d'un sujet, je m'efforce désormais de paraphraser la phrase-clé pendant toutes mes réponses." Mais tout cela s'apprend.

 

 

 

13889927.jpg

 

Une session de formation aux "stratégies de communication" dans les locaux parisiens de l'Ecole nationale de la magistrature, mardi 5 décembre 2017. (F. MAGNENOU / FRANCEINFO)

 

 

 

Quand la justice s'est mise à table

 

Au début des années 1980, j’étais quand même face à une justice muette, rappelle Dominique Verdeilhan, le chroniqueur judiciaire de France 2. Les magistrats refusaient même de nous donner l’heure." A l'époque, la presse se tourne vers les juges d'instruction, lesquels acceptent parfois de répondre, malgré le secret de l'enquête. Beaucoup se souviennent de l'affaire Grégory et des interventions du juge Jean-Michel Lambert, qui a révélé de nombreux éléments aux médias, malgré le risque d'entraîner l'annulation de certaines pièces du dossier. "La communication de cette époque était quand même un peu surréaliste", estime aujourd'hui Hervé Lollic, procureur à La Roche-sur-Yon.

 

 

 

Le fiasco du procès d'Outreau, qui s'ouvre en mai 2004, est un nouveau coup dur pour l'institution judiciaire. Mais il permet d'amorcer une autre étape. Entre 2002 et 2005, le garde des Sceaux Dominique Perben lance un vaste chantier pour doper la communication judiciaire. Il crée un service dédié, le SCICOM, et charge une commission de réfléchir à l'installation de caméras dans les prétoires, en vain. Surtout, il encourage tous les procureurs à communiquer. "J’avais observé que la seule information dont disposaient les médias était soit fournie par les avocat des parties, soit par des syndicats de police ou de gens un peu extérieurs à l’affaire, explique l'ancien ministre à franceinfo. Je trouvais cela assez préjudiciable à l’idée de justice."

 

 

"Certains procureurs m'ont répondu 'D'accord, mais on ne sait pas faire', ce qui était légitime de leur part." Brigitte Angibaud, alors sous-directrice du service de l'information et de la communication du ministère, reçoit donc pour mission de mettre en place des ateliers de media-training. Une société, dirigée par un ancien de TF1, dispense des ateliers d'une journée, en novembre et décembre 2013, auprès de 153 procureurs, avec un certain succès. Selon la Chancellerie, 89% des participants manifestent alors leur souhait de renouveler l'expérience.

 

 

 

C’était une révolution culturelle en matière de communication. Et aussi un effort de pédagogie, car le débat judiciaire ne doit pas rester un débat d’initiés, mais se dérouler au nom du peuple français.

Brigitte Angibaud, ancienne sous-directrice du service de l'information et de la communication au ministère de la Justice

 

 

Rien à voir avec l'ambiance de 1985, quand un module "Justice et médias" avait au contraire suscité une grève des 150 étudiants de l'Ecole nationale de la magistrature, au nom de l'indépendance de la justice. Désormais, des sessions dédiées leur sont dispensées, sans réticence particulière. Des stages sont également proposés aux magistrats en exercice, dans le cadre de la formation continue. "Les collègues sont en demande, car ils sont conscients qu'une conférence de presse peut leur tomber dessus à n'importe quel moment, explique Michèle Lauret, en charge du catalogue de formation. Il m'arrive régulièrement de refuser des gens".

 

 

 

Rendez-vous rue Chanoinesse, à Paris. "Il faut lui répondre comme ça, à [Jean-Jacques] Bourdin, avec une grosse voix comme lui…" Dans une salle, un magistrat plaisante avec son binôme. Pendant trois jours, début décembre, Céline Clément-Petremann, responsable de la communication du parquet national financier, et Jacques Dallest, procureur général à Chambéry (Savoie), encadrent dix-sept procureurs et secrétaires généraux de parquet. Au programme : bilan d'expérience avec Thomas Sotto de France 2, analyse vidéo de conférences de presse avec Sarah Lou-Cohen, chef du service police-justice de BFMTV, visite de rédactions (franceinfo, Europe 1, M6), exercices face à la caméra...

 

 

 

La référence à François Molins n'est jamais loin. "Il por-tait des bas-kets de ty-pe Con-ver-se", sourit un magistrat en imitant l'accent du magistrat parisien. "Nous ne sommes pas des acteurs et ce n'est pas notre boulot, ni même notre préoccupation première, car nous avons le nez dans le guidon", confie Stéphane Kellenberger, l'un des participants.

 

 

 

Le procureur de Dignes-les-Bains (Alpes-de-Haute-Provence) se souvient du "tourbillon" et des "médias nationaux 'directifs'" lors de la conférence de presse qu'il a dû improviser dans une salle des mariages à Annot, le 8 février 2014, après le déraillement d'un train. Pour lui, cette formation est l'occasion d'apprendre à "gérer le stress" et à apprivoiser "l'angoisse du direct". Mais aussi de faire entendre la parole de l'institution, face aux avocats et aux "enquêtes parallèles" des médias.

 

 

 

L'exercice de l'après-midi consiste à rédiger un communiqué de presse. Violences urbaines, forcené, accident de la route... Chaque binôme reçoit un cas pratique, où les informations sont déroulées chronologiquement. Comme dans une situation réelle, les élèves doivent choisir le moment opportun pour rédiger son communiqué. Ni trop tôt, ni trop tard. "Il faut que vous ayez le maximum d’informations sur le mis en cause, comme ses antécédents, conseille la formatrice. C'est un angle d’attaque de l’institution judiciaire. Il faut être attentif sur ce point."

 

 

 

Au-delà de ces formations, l'ENM organise également des sessions en partenariat avec des écoles de journalisme, qui recréent des conférences de presse factices. "Nous sommes face à des gens un peu terrorisés au départ face aux caméras, explique Eric Nahon, directeur-adjoint de l'IPJ de l'université Paris-Dauphine. "C'est une rencontre entre deux mondes, ajoute Pierre Savary, directeur de l'école de l'ESJ de Lille. Les magistrats sont presque surpris que nos étudiants en journalisme les interrogent sur des éléments du dossier qu'ils ne veulent pas communiquer."

 

 

13830375.jpg

 

Alors procureur de la République de Saint-Malo, Alexandre de Bosschere donne une conférence de presse après la découverte du corps d'un petit garçon de 22 mois, le 5 juillet 2010 au Minihic-sur-Rance (Ille-et-Vilaine). Le colonel Laurent Le Gentil est à ses côtés. (CYRIL FOLLIOT / AFP)

 

 

 

Les "procs" et les médias : je t'aime moi non plus

 

Si l'ENM prend tant de soin à former les magistrats, c'est que chacun de leurs mots sera passé au crible par les journalistes. Pas le droit à l'erreur. En octobre 2016, le parquet de Grenoble (Isère) valide une alerte-enlèvement évoquant un individu "de race noire" et s'attire de cinglantes critiques. Pour éviter de nouveaux impairs, la sémantique des alertes est désormais soigneusement encadrée. François Molins cite également l'exemple des incidents de Clichy-sous-Bois, en 2005 : "Mon plus mauvais souvenir de point-presse", commente-t-il. A l'époque, il déclare qu'il n'y a "pas eu de course-poursuite" entre la police et Zyed et Bouna, les deux adolescents morts électrocutés. L'avocat des parties civiles avait ensuite évoqué un "mensonge orchestré", accusant la police d'avoir fourni au parquet des éléments incomplets ou erronés.

 

 

 

On n'a pas employé les bons mots. Je ne sais pas comment il aurait fallu faire. Peut-être mieux expliquer que ces gamins étaient poursuivis [par la police] mais qu'ils n’étaient pas en vue [des agents]. S’ils avaient été en vue dans le cadre d'une course-poursuite, les policiers seraient intervenus. Mais ici, c’est ce qu’on appelle dans le 93 une "courette" : les policiers cherchent [des personnes] sans savoir précisément où [elles se trouvent].

François Molins

 

 

A l'inverse, François Molins évoque les interférences des médias. Et rappelle les dérapages des chaînes d'information en continu dans le sillage des attentats de janvier 2015 : appel téléphonique aux frères Kouachi directement dans l'imprimerie, annonce de la présence d'un ouvrier dans ces locaux ou d'otages dans la chambre froide de l'Hyper Cacher... "C'est aberrant, se souvient le procureur. A l'époque, nous avions dit ce que nous en pensions au patron de BFMTV."

 

 

 

Ce type de remontrances n'est pas inédit. Lors de la cavale de Jean-Pierre Treiber, en 2009, les enquêteurs avaient localisé la boîte grâce à laquelle l'évadé communiquait avec sa compagne, au pied d'un arbre gravé situé dans la forêt de Bombon (Seine-et-Marne). Une semaine plus tard, une équipe de France 3 était parvenue à son tour à trouver le point de rendez-vous. Le Figaro Magazine avait diffusé des photos de l'évadé prises par la police. Ces révélations avaient valu aux médias un communiqué cinglant de François Pérain, alors procureur d'Auxerre.

 

 

 

Les enquêteurs enquêtent, les journalistes informent. Il conviendrait que chacun respecte son rôle.

Le procureur François Pérain, dans un communiqué de 2009

 

 

 

Ces interférences peuvent échapper au contrôle des magistrats. La procureure de Besançon (Doubs), Edwige Roux-Morizot, se souvient d'un appel après la mort d'Alexia Daval. L'AFP s'apprête à écrire que la joggeuse est morte "par strangulation" et que "selon les premières constatations, la jeune femme n'aurait pas été violée""Mais le rapport d'autopsie dit simplement qu'elle est morte par suffocation et rien n'indique qu'elle n'a pas été violée", souligne la magistrate. La procureure demande de patienter jusqu'à la conférence de presse du lundi. Refus. "On est dans un tourbillon incontrôlable et ingérable. Tout va passer sur BFMTV et toutes les radios." 

 

 

 

Cette frénésie prend parfois des proportions étonnantes, qui perturbent le quotidien des procureurs. Après la disparition de l'étudiante japonaise Narumi Kurosaki, en décembre 2016 à Besançon, les télévisions nippones patientent des heures pour interroger la procureure. "En janvier, vers 21 heures, quatre mecs viennent autour de moi et me posent des questions, dans une rue mal éclairée à la sortie du tribunal." Edwige Roux-Morizot perd patience et se met en colère – "Vous n’allez pas me suivre jusqu’à chez moi ?" La presse japonaise interroge tous les témoins, au risque de fournir des éléments précieux au principal suspect de l'homicide, un étudiant chilien. "Tout ça a pollué l'enquête de façon terrifiante."

 

 

 

Pour éviter un face-à-face houleux avec la presse, certains choisissent parfois d'autres canaux d'expression que la sacro-sainte conférence de presse. C'est le cas, en 2013, lors du classement sans suite de l'affaire Godard, du nom d'un médecin disparu en 1999, après un départ en mer, ainsi que ses deux enfants et sa femme. Compte tenu de l'affaire "compliquée, avec de nombreux rebondissements", Alexandre de Bosschère préfère accorder un entretien à Ouest-France pour expliquer sa position. "Certains journalistes avaient établi des contacts avec des proches et il y avait parfois une mise en cause de la justice dans ce dossier", explique-t-il. "Il aurait été difficile de faire passer un message en conférence de presse. Elle aurait pu devenir impossible à maîtriser."

 

 

 

13892135.jpg

 

 

Jacques Dallest, alors procureur de la République de Marseille (Bouches-du-Rhône), répond aux questions des journalistes après la mort d'un homme dans une fusillade, le 27 février 2013, dans les quartiers nord de la ville. (GERARD JULIEN / AFP)

 

 

 

 

La médiatisation, jusqu'où ?

 

 

La médiatisation des procureurs risque-t-elle à son tour d'entraîner des effets non désirés dans l'exercice de la justice ? "Les conférences de presse créent une dramaturgie autour de l’affaire, estime Alexandre de Bosschère. Le procureur d'Amiens a déjà observé un "effet de loupe", après la médiatisation de certains faits divers.

 

 

 

 

Des affaires courantes sont alors surmédiatisées, dès qu'elles ressemblent de près ou de loin au premier dossier. On a parfois envie de dire aux journalistes que ces affaires, même graves, arrivent tous les jours.

Alexandre de Bosschère, procureur d'Amiens

 

 

 

Sans compter un effet boule de neige, quand un procureur accepte de répondre à une sollicitation. Alexandre de Bosschere en a fait l'expérience après l'effondrement, le 30 septembre 2017, d'une barrière au stade de la Licorne d'Amiens, puis deux interventions en direct sur BFMTV et France 3 – une première pour lui. "Les journalistes vous voient et cette communication génère à son tour de nouvelles propositions d’intervention dans les médias." 

 

 

 

 

Jusqu'ici placé au-dessus de la mêlée, le procureur risque aussi d'être mis en cause par les différentes parties, à force de livrer des éléments de l'enquête. En témoigne l'offensive inédite d'Alain Jakubowicz contre le procureur de Grenoble, dans l'affaire Maëlys. Au micro de BFMTV, début décembre, l'avocat de Nordahl Lelandais a accusé Jean-Yves Coquillat "d'énoncer des choses totalement contraires à la réalité du dossier", en dénonçant la chronologie des faits énoncée par le magistrat. Une attaque frontale virulente, inédite contre un représentant de l'institution judiciaire.

 

 

 

"C’est un risque permanent depuis le début, commente François Molins. Mais qui a pris des proportions incroyables sur ce dossier." Pour un ancien procureur croisé dans les couloirs de l'ENM, ce type de réaction montre les limites du "modèle Molins". "Cela fonctionne pour les dossiers terroristes, mais ce n'est pas bon pour toutes les affaires. S'il y a des inexactitudes factuelles, personne n'en voudra trop au procureur, car c'est du terrorisme."

 

 

 

Reste enfin l'écueil d'une "starisation" du procureur. "A Marseille, on me reprochait d'être toujours aperçu sur les scènes de crime, se souvient Jacques Dallest, aujourd'hui procureur général à Grenoble. Mais je voulais incarner l'institution judiciaire." En un an et demi, Alexandre de Bosschere a été sollicité à quatre reprises pour être le protagoniste d'un documentaire. "Je n’ai pas envie de m’exposer ou d’exposer ma famille, répond-il. Si vraiment je pensais que l’image des procureurs était salie, je le ferais peut-être, mais d’autres le font déjà." Une équipe a notamment suivi pendant cinq ans l'ancien procureur d'Ajaccio, José Thorel, pour réaliser Le procureur est de permanence, un documentaire diffusé sur France 3 en 2011.

 

 

"Je trouve que c’est une erreur, écarte François Molins. Je pars du principe que je ne peux pas empêcher les gens d’écrire sur moi, mais je ne fais rien pour le favoriser. L’histoire de l'édito de Libération en 2015, je n’y suis pour rien. L'histoire de la une que m'a consacrée Society, je n'y suis pour rien du tout. Je n'ai jamais reçu de journalistes pour me prêter à ces choses-là." Pour paraphraser le procureur, de tels soupçons relèveraient bien d'une thèse "de type conspiratif".  

 


29/01/2018
0 Poster un commentaire

Franceinfo - le jeudi 2 novembre 2017

 

 

Abdelkader Merah condamné à 20 ans de prison pour association de malfaiteurs terroriste

 

Entre le 11 et le 19 mars 2012, son frère Mohamed Merah avait assassiné sept personnes à Toulouse et Montauban, avant d'être abattu le 22 mars par les forces d'élite de la police

 

 

Mentor religieux dissimulateur ayant téléguidé sept assassinats ou bouc-émissaire expiatoire des crimes de son frère ? La cour d'assises spéciale de Paris a reconnu Abdelkader Merah coupable d'association de malfaiteurs terroriste, mais pas de complicité d'assassinats lors des attentats perpétrés en mars 2012 à Toulouse et Montauban. Il a été condamné à 20 ans de prison, avec une peine de sureté des deux tiers, jeudi 2 novembre. Fettah Malki est lui reconnu coupable d'association de malfaiteurs terroriste pour avoir fourni à Mohamed Merah un gilet pare-balles et un pistolet-mitrailleur. Il écope d'une peine de 14 ans de prison.

 

 

13429072.jpg

 

 

>> Procès Merah: retrouvez toutes les réactions après l'annonce du verdict dans notre direct

 

Après cinq semaines d'audiences sous haute tension, marquées par les témoignages poignants de proches de victimes du jeune jihadiste Mohamed Merah, ce jugement était très attendu dans le contexte d'une menace terroriste persistante depuis la vague d'attentats sans précédent ayant frappé la France. 

 

 

L'avocate générale, Naïma Rudloff, avait réclamé les peines maximales encourues en appelant la cour à donner "une leçon de démocratie" en démasquant le "nouveau visage" du terrorisme. Celui qui entend "répandre l'islam par l'intimidation et la terreur" à travers "une idéologie totalitaire maquillée de religiosité". "Face à la menace terroriste, nous avons tant de vies à sauver", avait-elle lancé.

 

 

Abdelkader Merah, 35 ans, était accusé d'avoir "sciemment" facilité "la préparation" des crimes de son frère en l'aidant à dérober un scooter et à acheter un blouson utilisés lors des tueries. Il était également accusé d'avoir participé "à un groupement criminel affilié à Al-Qaïda". Quant à Fettah Malki, qui vient d'avoir 35 ans, la justice lui reproche d'avoir fourni à Mohamed Merah un gilet pare-balles et un pistolet-mitrailleur.

 


17/11/2017
0 Poster un commentaire

le Progrès du samedi 17 juin 2017

 

 
 
    VOSGES/CÔTE D'OR - NOUVELLES AVANCÉES DANS L'ENQUÊTE

 

 

 

AFFAIRE GRÉGORY : LE COUPLE DE SUSPECTS MIS EN EXAMEN

 

 

32 ans après la mort du petit Grégory : son grand-oncle et sa grand-tante, Marcel et Jacqueline Jacob, ont été mis en examen hier, à Dijon, pour enlèvement et séquestration suivis de mort, puis écroués.

 

 

■ Quoi de neuf ?

 

"Parmi les trois personnes qui avaient été placées en garde à vue, la présidente de la chambre d'instruction a levé, le 15 juin en fin de journée, la mesure qui concernait Madame Ginette Lecomte épouse Villemin", expliquait hier le procureur général de la cour d'appel de Dijon". "Le magistrat instructeur a fait déférer ce jour (hier), Madame Jacqueline Jacob et Marcel Jacob. Sur les réquisitions du parquet général, ils ont été mis en examen sous la qualification d'enlèvement et séquestration du mineur Grégory Villemin, suivi de la mort. La qualification retenue recouvre la réalisation d'un acte collectif".

 

 

 

■ Ce qu'il y a dans le dossier

 

Il y a évidemment ce que le procureur peut révéler et il y a le reste. Les faits certains, selon lui : "Le corbeau est constitué de deux personnes, un homme et une femme. Il s'est manifesté par des écrits et des appels téléphoniques. Il y a une concordance entre le contenu des appels et des écrits". Autre chose, l'analyse des écritures pointe du doigt Jacqueline Jacob pour une lettre manuscrite et l'incrimine également, bien que moins catégoriquement pour deux lettres typographiques. "Il y a des présomptions. La président de la chambre d'instruction (Madame Barrier) a considéré que ces présomptions justifiaient des mises en examen. Nous sommes dans les recherches. Et elles ne portent pas que sur le corbeau mais aussi sur d'autres éléments du dossier dont je ne peux pas parler". Des arguments insuffisants aux yeux des avocats du couple.

 

 

 

PHO90ed3510-341d-11e4-9fbd-c96e49396dca-805x453.jpg

 

 

 

■ La suite

 

Le couple Jacob est en détention provisoire "en partie pour éviter toute communication frauduleuse entre les deux protagonistes". Il appartiendra à la chambre d'instruction de statuer, dans les quatre jours, sur la prolongation de la détention provisoire ou sur le placement sous contrôle judiciaire de ces deux protagonistes.

 

 

 

■ Du côté des parents du petit Grégory

 

L'avocat qu a suivi le couple Villemin depuis le début de cette pénible affaire, Me Thierry Moser, joint par téléphone, parle du ressenti de ses clients. "C'est un mélange de satisfaction et de douleur intense. Christine et Jean-Marie Villemin sont heureux de voir que le boulot formidable de la gendarmerie et de la présidente Barrier aboutit. En même temps, ils sont catastrophés qu l'on reparle de la mort de leur enfant et aussi accablés de découvrir l'ampleur de la félonie dont ils sont victimes, de voir que des membres de leur famille se sont comportés de manière aussi abjecte".

 

 

Quant à savoir si c'est une surprise pour les parents de voir surgir des noms aussi proches d'eux, dans cet incroyable rebondissement de l'affaire : "Honnêtement non. Ce couple avait été évoqué dans nos conversations, entre nous". Pour la suite et le contenu du dossier qui a semblé un peu léger, hier, Me Moser est "confiant". "Le procureur n'a pas pu déflorer certains éléments et je ne le ferai pas non plus. Mais je suis serein et je crois que la chambre de l'instruction se prononcera en faveur d'un maintien en détention du couple Jacob". Amandine Robert

 

 

 

"À l'évidence, Grégory a été enlevé du domicile de ses parents et retenu un certain temps jusqu'à sa mort. [Les Jacob] ne présentent pas en l'état d'alibi qui soit confirmé ou étayé". Jean-Jacques Bosc, procureur général de Dijon

 

 

 

 

affaire-gregory-les-rancoeurs-de-jacqueline-et-marcel-jacob_0.jpg

 

 

 

 

 

 

 

À Aumontzey, dans les Vosges, les langues se délient

 

Les mises en examen d'hier n'ont pas sur tous les habitants d'Aumontzey, petite commune des Vosges où vivent la plupart des membres de la famille Villemin. Leurs proches abasourdis, refusent de croire à la culpabilité des Jacob. "Non, c'est pas lui, ils font erreur", soutient le frère de Marcel, René Jacob. Il décrit un homme effrayé par la mort et si respectueux de la loi que "si on lui dit de rouler à 50, il roule à 40".

 

 

Le même Marcel Jacob a été décrit par le procureur général de Dijon comme animé par "un antagonisme parfois violent avec les parents de Grégory". Le frère de Jacqueline Jacob, Daniel Thuriot, est également convaincu de leur innocence. "C'est pas eux. Je pense pas qu'ils aient fait des choses pareilles", a-t-il affirmé. "De toutes façons, c'est ma soeur et mon beau-frère.

 

 

 

"Enfin on marche vers la vérité"

 

Autmontzey est une nouvelle fois divisé par l'affaire Grégory. Certains, comme le maire, Philippe Petigenet (sans étiquette) doutent. "Ces mises en examen sur des bouts de papier, ça m'agace", dit-il. "Ces gens sont des gens bien, impliqués dans la commune. Ce que j'ai entendu au cours de la conférence de presse me paraît très léger. C'est une affaire qui fait mail et comme beaucoup d'administrés, j'en ai ras-le-bol". Mais tout le monde ne partage pas cet avis.

 

 

Une fois assurés de ne pas être identifiés, certains confient leurs idées sur ce drame. "Enfin on marche vers la vérité. On va savoir qui c'est", se réjouit un voisin des grands-parents de Grégory "Que la grand-mère soit dans le coup, ça ne m'étonne pas. Elle n'a jamais pu supporter la Christine (la mère de Grégory). Et ça m'étonne pas, parce que le juge était convaincu de l'innocence de Christine et elle, la grand-mère, elle voulait qu'il oriente son enquête vers la mère", explique-t-il. "Ça m'étonne pas qu'ils soient impliqués. Je l'ai toujours senti", assure pour sa part une voisine du couple Jacob. "Mais j'ai jamais rien voulu dire. Vous comprenez, ici tout le monde connait tout le monde". La peur de représailles, les pressions ont pesé sur cet affaire et amené des témoins à mentir, a souligné hier le procureur général en annonçant de nouvelles auditions très rapidement. Mais selon un notable du village, "ce n'est pas encore demain que les langues vont se délier entièrement".

 

 

 

 

 

ANACRIM : LE LOGICIEL QUI A RELANCÉ L'AFFAIRE

 

Anacrim, à l'origine de la relance de l'affaire Grégory, est un logiciel d'analyse criminelle qui traite toutes les données d'enquête pour en tirer des recoupements et de nouvelles hypothèses de travail, une aide pouvant s'avérer déterminante dans les "cold cases".

 

 

Conçu au milieu des années 1990 par la gendarmerie, Anacrim apporte un regard neuf à des enquêteurs, souvent noyés par des milliers de procès-verbaux et des données techniques complexes à traiter (téléphonie, comptes bancaires, multiplicité des auditions de témoins...).

 

 

À partir de toutes les données matérielles (lieux, modes opératoires, indices...) et humaines (suspects, témoins) toujours issues de la procédure judiciaire, cet outil permet d'effectuer des regroupements entre plusieurs affaires semblables, tester des hypothèses mais aussi de représenter visuellement l'enquête.

 

 

Il apporte "une vision globale de la procédure et permet de distinguer la logique qui se dessine au travers de la commission d'un fait criminel ou délictuel", explique le colonel Didier Berger, chef du Bureau des affaires criminelles de la gendarmerie.

 

 

 

 

"Un regard neuf"

 

L'objectif du logiciel : mettre en évidence des incohérences d'emploi du temps d'un témoin ou d'une personne mise en cause, des contradictions entre certains témoignages et des constatations effectuées par les enquêteurs.

 

 

Anacrim "a relancé l'enquête sur la mort du petit Grégory en offrant un regard neuf sur la procédure car, sur le fond, il n'y a pas d'éléments nouveaux", a expliqué une source proche du dossier. "Comme les investigations récentes de police technique et scientifique sur les dizaines de scellés n'ont pu aboutir, les gendarmes ont décidé une remise à plat du dossier et Anacrim, sous sa dernière version, a permis de démontrer de nouvelles incohérences qui avaient jusque-là échappé aux enquêteurs", a-t-elle ajouté.

 

 

Le Service central du renseignement criminel de la gendarmerie a ainsi reconstitué la chronologie des jours précédant et suivant le crime, de faon à positionner, dans l'espace et dans le temps, l'ensemble des protagonistes et des éléments considérés comme intéressants.

 

 

Après ce minutieux travail de relecture et d'analyse, trois membres de la familles Villemin, ont été placés en garde à vue à Dijon, interrogés et mis face à leurs contractions.

 

 

Anacrim permet notamment de "préparer des stratégies d'audition de témoins" et surtout "de ne pas passer à côté d'une piste", estime le colonel Berger.

 

 

Anacrim a notamment aidé les gendarmes à prouver l'implication du tueur Michel Fourniret dans des faits qui ne lui étaient pas imputés jusqu'alors. Il a aussi aidé à arrêter Émile Louis dans l'enquête sur les disparues de l'Yonne.

 

 

"Il est devenu un outil indispensable pour toutes les procédures complexes ou sensibles. Le cerveau humain a ses limites et n'est pas toujours capable d'analyser des faits parfois anodins. Toutefois, Anacrim reste une aide. Il ne fait qu'orienter les soupçons", conclut M. Berger.

 


17/06/2017
0 Poster un commentaire

le Progrès du mercredi 7 juin 2017

 

 

 

JUSTICE - ARBITRAGE TAPIE : SES BIENS RESTENT INSAISISSABLES

 

 

La justice a validé mardi le plan proposé par Bernard Tapie pour étaler sur six ans le remboursement des 404 millions d'euros obtenus dans le règlement de son litige avec le Crédit lyonnais sur la revente d'Adidas. Le tribunal de commerce de Paris a ainsi décidé de prolonger la procédure de sauvegarde des sociétés Groupe Bernard Tapie et Financière Bernard Tapie et déclaré inaliénables les biens de l'homme d'affaires garantissant ce plan.

 


11/06/2017
0 Poster un commentaire

le Progrès du mardi 30 mai 2017

 

 
 
    FRAUDE FISCALE - THOMAS THÉVENOUD CONDAMNÉ À TROIS MOIS DE
      PRISON AVEC SURSIS

 

 

 

La "phobie administrative" de Thomas Thévenoud lui coûte cher puisque l'ex-secrétaire d'État a été condamné hier à trois mois de prison avec sursis et un an d'inéligibilité pour fraude fiscale.

 

 

Sa "phobie administrative" qui a "fait rire la France entière", lui a coûté sa place au gouvernement et valu un procès. L'éphémère secrétaire d'État Thomas Thevenoud a été condamné hier à trois mois de prison avec sursis et un an d'inéligibilité pour fraude fiscale.

 

 

Moralisation de la vie publique

 

Son épouse Sandra, qui était chef de cabinet du président du Sénat, a elle aussi été condamnée à trois mois de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Paris.

 


04/06/2017
0 Poster un commentaire

le Progrès du jeudi 18 mai 2017

 

 
 
    MONTIGNY-LES-METZ - PERPÉTUITÉ POUR FRANCIS HEAULME

 

 

 

Francis Heaulme, 58 ans, a été reconnu coupable hier de ses 10e et 11e meurtres. Pour la troisième fois, une cour d'assises l'a plongé dans les ténèbres, a prononcé la perpétuité à son encontre. Juste avant que la cour ne se retire, Gabriel Steffanus, grave, lui a donné la parole : "Avez-vous quelque chose à ajouter pour votre défense ?" "Oui, M. le Président, Montigny, ce n'est pas moi". Il était alors 16 h 09 et son dernier avocat, Me Stéphane Giuranna, venait, quelques instants auparavant, de se rasseoir, gorge sèche et robe trempée. Voix éraillée, barbe de Landru, l'avocat spinalien a été hier brillantissime. Si le délibéré a duré plus que de raison, c'est parce que l'ultime défenseur du "Routard du crime" a instillé le doute qui fait légitimement s'interroger les jurés.

 

 

Les deux avocats généraux avaient fait le job le matin, dans ce procès particulier qui aura vu de nombreux protagonistes contester l'acquittement de 2002 de Patrick Dils. "Heaulme, conscient de la faiblesse de ses arguments a convoqué la remise en question de l'innocence d'un homme au service de son intérêt", glisse Jean-Marie Beney, le procureur général.

 

 

"La justice a horreur du vide" glisse Me Bouthier. "C'est une vieille dame qui n'aime pas se tromper". Avant de conclure, "Montigny, c'est pas lui !". Le jury de la cour d'assises de Moselle en a décidé autrement.

 


22/05/2017
0 Poster un commentaire

le Progrès du lundi 24 avril 2017

 

 
 
    JUSTICE - COUR D'ASSISES. FRANCIS HEAULME, L'ULTIME PROCÈS

 

 

 

Trente ans après les meurtres de deux garçons de 8 ans, tués à coup de pierre près de Metz en 1986, le tueur en série comparaît demain pour la cinquième procédure dans cette affaire.

 

 

C'est la fin d'un long chemin. Trente ans d'enquête, de procédures et de fausses routes. Francis Heaulme, le "routard du crime" comparaît demain devant la cour d'assises de la Moselle pour le double meurtre de Cyril Beining et Alexandre Beckrich. Les deux garçons avaient 8 ans quand ils ont été retrouvés morts, le 28 septembre 1986, le crâne fracassé, sur le talus d'une voie ferrée de Montigny-lès-Metz (Moselle).

 

 

Les familles de victimes espèrent enfin connaître la vérité, après des dizaines d'années de doutes. Dans cette affaire, trois hommes ont été suspectés, et deux blanchis. Patrick Dils, qui n'avait que 16 ans au moment du double meurtre, a été condamné avant d'être innocenté en 2002, après 15 ans de prison.

 

 

 

3647349.jpg

 

 

 

Condamné pour 9 meurtres

 

Henri Leclaire, manutentionnaire, qui en 1986 travaillait à proximité du lieu du crime, est le deuxième homme à avoir été suspecté, avant d'être blanchi la justice estimant que les éléments retenus contre lui étaient insuffisants.

 

 

Reste la piste Francis Heaulme, le tueur en série, de 58 ans, arrêté en 1992, est emprisonné depuis 2006 à la centrale pénitentiaire d'Ensisheim, en Alsace. Il y purge ses condamnations, dont deux à perpétuité, pour neuf meurtres. Sa présence avérée à Montigny, en 1986, a beaucoup contribué à l'acquittement de Patrick Dils.

 

 

Mis en examen une première fois en 2006, avant de bénéficier d'un non-lieu, il a finalement été renvoyé devant les assises en 2013. Un premier procès s'ouvre en 2014 à Metz, mais est interrompu après deux jours, à cause des soupçons pesant sur Henri Leclaire.

 

 

Ce dernier étant blanchi, c'est le retour à la case départ pour le "routard du crime". Francis Heaulme a reconnu avoir aperçu les deux enfants vivants, puis morts, et a décrit les lieux avec précision. Et les enquêteurs, qui ont relevé de nombreuses similitudes avec certains de ses meurtres, ont conclu que l'affaire de Montigny-lès-Metz portait sa "quasi-signature criminelle".

 

 

Le principal suspect dans cette affaire nie depuis toujours avoir tué les enfants. Son avocate juge que ce procès ne sera "ni sérieux, ni équitable", alors que les scellés ont été détruits en 1995, lorsque Patrick Dils était encore sous les verrous. Si son procès est très attendu, la justice "sera tributaire de la parole d'un homme au développement psychique différent du nôtre", prévenait il y a plusieurs mois l'ancien gendarme Jean-François Abgrall, celui qui, le premier, avait fait tomber le tueur en série.

 

 

Francis Heaulme, qui "n'a ni la notion d'empathie, ni celle d'affect", "ne sera pas dans l'aveu, parce qu'avouer c'est un peu demander pardon".

 

 

 

969155.jpg

 

Francis Heaulme


24/04/2017
0 Poster un commentaire

le Progrès du vendredi 17 février 2017

 

 

 

LOI - CRIMES ET DÉLITS : LA PRESCRIPTION ALLONGÉE

 

 

C'est une loi majeure pour le fonctionnement de la justice et le sort des justiciables qui a été adoptée définitivement hier après un ultime vote des députés. Fait rare, le texte trans-partisan était cosigné par Alain Touret, député radical de gauche et ancien avocat, et Georges Fenech, député les Républicains et ancien magistrat. Le ministre de la Justice Jean-Jacques Urvoas vante une réforme "nécessaire", tant "le droit de la prescription, hérité du code d'instruction criminelle de 1808, était devenu complexe".


19/02/2017
0 Poster un commentaire