L'AIR DU TEMPS

L'AIR DU TEMPS

TECHNOLOGIE


le Progrès du mardi 16 mai 2017

 

 
 
    TECHNOLOGIE - 52 000 EUROS DE GAINS. LA CYBERATTAQUE WANNACRY
      RALENTIT

 

 

 

Inédite par son ampleur, la cyberattaque des derniers jours ne semble pas avoir constitué le hold-up du siècle. Mais elle pose de manière urgente la question de la vulnérabilité des entreprises.

 

 

Tout ça pour ça ? Les pirates à l'origine du virus WannaCry n'avaient récolté hier soir qu'environ 32 bitcoins soit l'équivalent de 52 000 euros, selon le livre de comptes (public) de la monnaie virtuelle. Une somme rondelette pour un particulier, mais ridicule au regard des dégâts et dépenses provoqués : plus de 200 000 victimes, des milliers d'informaticiens mobilisés, plusieurs dizaines d'hôpitaux britanniques contraints d'annuler des interventions, des usines à l'arrêt en France, des transports ferroviaires perturbés en Allemagne...

 

 

 

Toujours pour une rançon

 

Pourquoi une telle épidémie ? En soi, WannaCry et ses variantes ne se démarquent guère de la masse grouillante des "rançongiciels" en circulation. Sitôt activé, le logiciel chiffre le contenu de l'ordinateur et affiche un message invitant la victime à passer à la caisse afin d'obtenir la clé de déchiffrement, faute de quoi ses données seront perdues. Les pirates proposent même une assistance technique aux utilisateurs disposés à céder au chantage.

 

 

 

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Une greffe redoutable

 

Non, ce qui distingue WannaCry de ses congénères est sa vitesse de diffusion. Pour se propager, il utilise notamment une vulnérabilité du système Windows dont l'existence était gardée secrète par la NSA... "Une arme de destruction massive", comme la qualifie Adam Meyers, vice-président de la société de cybersécurité américaine CrowdStrike, dans les colonnes de Forbes. Dès que le virus trouve un réseau vulnérable, il se répand comme une traînée de poudre.

 

 

Découverte par Microsoft, la faille avait pourtant été colmatée en mars dernier... Mais un mois après, un collectif de hackers la rendait publique, après l'avoir dérobée à un groupe de pirates opérant pour le compte du renseignement américain. La propagation de WannaCry semblait hier marquer le pas, même si plusieurs variantes du virus ont commencé à circuler. Certaines, en particulier, le rendent insensible à la parade découverte par un jeune chercheur en sécurité britannique, qui a réussi à activer vers le "kill switch" (interrupteur de la mort") prévu par les pirates pour désactiver leur logiciel à distance - ou plus probablement le rendre furtif à l'analyse.

 

 

 

Situation stable en Europe

 

"Le nombre de victimes semble ne pas avoir augmenter et la situation semble stable en Europe", indiquait hier le porte-parole d'Europol, Jan Op Gen. Des quelques 150 pays touchés, la Chine et la Russie semblent s'être retrouvés en première ligne. Cela pourrait toutefois s'expliquer par la présence dans ces pays d'un parc d'ordinateurs vieillissants, dont les systèmes n'ont pas été mis à jour. WannaCry a en tout cas le bon goût de s'adresser à la plupart de ses victimes dans leur langue d'origine. Une trentaine sont incluses dans le logiciel, preuve que le virus a été conçu pour une diffusion planétaire (seules 210 victimes avaient payé hier soir), cette opération pourrait d'ailleurs porter la marque d'un groupe de hackers qui cherche surtout à ce faire un nom. Jean-Michel Lahire


20/05/2017
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le Progrès du dimanche 19 février 2017

 

 

 

TECHNOLOGIES - C'EST DÉJÀ DEMAIN. DES INNOVATIONS QUI VONT BOULEVERSER LE MONDE DE DEMAIN

 

 

De la voiture sans conducteur au salon virtuel, des entreprises se lancent des défis révolutionnaires. Tour d'horizon de quelques projets qui risquent très vite de bouleverser la vie quotidienne des êtres humains.

 

 

La science-fiction promet depuis longtemps aux hommes des déplacements plus rapides, une intelligence décuplée, des gestes plus précis. Des chercheurs ou entrepreneurs, avec des projets, des perspectives et des financements eux bien réels, travaillent à la transformer en réalité...

 

 

 

■ Comment se déplacera-t-on ?

 

Dans les transports, l'avenir sera certainement à l'autonomie. Pionnier dans le domaine, le domaine, le constructeur américain Tesla et son patron Elon Musk ont annoncé en fin d'année dernière que tous les véhicules de la marque seront bientôt équipés du matériel nécessaire "pour être totalement autonomes". Reste à savoir quand la législation permettra d'activer ces nouvelles fonctionnalités. En attendant, le projet de la voiture autonome est pris très au sérieux par les constructeurs historiques : Ford et General Motors, entre autres, ont investi presque un milliard d'euros chacun pour racheter des start-up en pointe dans le domaine.

 

 

Autre grand projet développé par Elon Musk : le train Hyperloop. Le projet s'inspire du système des réseaux de tubes pneumatiques inventé au XIXe siècle pour envoyer des documents. Mais c'est bien des humains qu'Elon Musk souhaite déplacer dans des capsules. Vitesse annoncée : 1 200 km/h. Un Paris-Marseille en 35 minutes ! Pour beaucoup d'observateurs, cela reste de la science-fiction mais une firme, Hyperloop One, est bel et bien chargée de développer le projet.

 

 

 

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■ Comment se soignera-t-on ?

 

IBM, Google, Microsoft, tous les géants de l'informatique se lancent dans le secteur de la santé. Avec la promesse, grâce à la collecte et à l'analyse de données, d'aider au diagnostic ou à la décision thérapeutique. À côté de l'intelligence artificielle, la robotique devrait aussi devenir un allié de la médecine. De nombreux hôpitaux sont d'ores et déjà équipés de robots médicaux qui, dirigés par un chirurgien, s'avèrent fort efficaces. Mais, comme dans les transports, l'idée de l'autonomie n'apparaît plus saugrenue. En mai 2016, le robot "Star" a ainsi réussi à rattacher deux parties de l'intestin d'un porc, sans que le chirurgien qui le supervisait n'ait eu besoin d'intervenir.

 

 

 

■ Comment communiquera-t-on ?

 

Snapchat, Facebook, WhatsApp... C'est sur les réseaux sociaux que se font aujourd'hui une bonne part des interactions humaines. Et dans ce domaine aussi, des bouleversements radicaux sont annoncés. L'une des pistes est d'utiliser la technologie de la réalité virtuelle (VR). Si au lieu de s'envoyer des photos et vidéos de chez soi pour discuter, on se "téléportait" dans un salon virtuel ? En pleine conférence, Mark Zuckerberg l'a fait ! Après avoir enfilé un casque VR, le fondateur de Facebook a dialogué à distance avec des amis matérialisés par des avatars. Mais, s'il se concrétise, le projet aura un coût pour l'utilisateur : il faut pour l'instant débourser 699 euros pour acquérir un casque VR commercialisé par Facebook. J.KI.

 

 

 

VERS LA COLONISATION DE L'ESPACE ?

 

Le patron de SpaceX et de Tesla, Elon Musk, s'en dit convaincu : l'avenir de l'humanité se trouve sans l'espace. Et notamment sur Mars, où il compte envoyer des hommes à l'horizon 2023 - et où il imagine déjà des gigantesques colonies dans une centaine d'années. Excès d'optimisme ? Le bouillonnant milliardaire sud-africain, qui planche sur un lanceur interplanétaire à bas coût, n'en a jamais été avare.

 

 

 

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Mais force est de constater qu'il est loin d'être seul à regarder vers les étoiles. De plus en plus de sociétés privées se sont lancées dans la course à la planète rouge (il est vrai avec plus ou moins de sérieux), où la Nasa a également prévu d'envoyer un premier équipage pour 2030.

 

 

Bref, c'est une nouvelle ère de conquête spatiale qui semble amorcée. Les scientifiques n'en finissent plus de détecter des planètes "potentiellement habitables" (en termes de température, d'eau). Mais elles se trouvent largement hors de notre portée, à plusieurs années-lumières de notre système solaire.

 

 

Ce n'est évidemment pas le cas de Mars, ou même d'Encelade, Titan ou Europe, les lunes de Saturnes et de Jupiter qui abriteraient des océans liquides. Plusieurs missions robotisées pourraient d'ailleurs être lancées vers ces dernières, qui font désormais figure de possibles candidates à l'existence d'une vie extraterrestre. Les prochaines décennies pourraient réserver bien des surprises...

 

 

 

 

DEMAIN, TOUS CONNECTÉS

 

 

Depuis la fin des années 1990, votre PC de bureau peut se connecter à internet. En 2005, vous avez acheté un ordinateur portable pour surfer depuis votre canapé. En 2010, vous avez craqué pour votre premier smartphone, et désormais partout votre réseau tient dans votre poche.

 

 

 

Et demain ? Vous ne ferez probablement même plus attention à l'appareil avec lequel vous vous connecterez. Internet sera partout, mais vous communiquerez via des "interfaces naturelles" qui vous feront oublier sa présence. Il vous suffira par exemple de parler, ou d'esquisser un mouvement, pour que la machine exauce votre désir : envoyer un message, allumer les lumières, commander du dentifrice, réserver un billet d'avion... Le scénario ne relève même pas de la science-fiction puisqu'il est déjà largement à l'oeuvre, alimenté par l'explosion des objets connectés et les progrès fulgurants de l'intelligence artificielle.

 

 

 

Ces algorithmes sont déjà capables de comprendre des demandes simples ou reconnaître notre voix. Bientôt, ils pourront probablement s'adapter à votre humeur et exécuter des tâches de plus en plus complexes.

 

 

 

◄ 1965

 

Premier casque de réalité virtuelle - très peu malléable - créé par l'ingénieur Ivan Sutherland.

 

 

 

 

◄ 1985

 

Premier robot chirurgical, le Puma 260. Il a été utilisé en neurochirurgie sur une vingtaine de patients à l'hôpital de Long Beach, en Californie.

 

 

 

 

◄ 1986

 

L'informaticien Jaron Lanier forge l'expression "réalité virtuelle" (Virtual Reality).

 

 

 

 

◄ 2013

 

Le milliardaire Elon Musk annonce son projet de train Hyperloop. Le concept consiste à propulser des passagers dans des capsules circulant sur des coussins d'air dans un tube à basse pression.

 

 

 

 

◄ 2016

 

Le constructeur automobile Tesla annonce que toutes ses voitures seront équipées en matériel compatible avec le 100 % autonome, sans intervention humaine.

 

 

Le patron de Facebook Mark Zuckerberg se "téléporte" dans un salon virtuel pour discuter avec des amis. Les bases d'une nouvelle forme de réseau social sont posées.

 

 

 

 

 

Joël de Rosnay, docteur en sciences, ancien enseignant au MIT, spécialiste de la prospective

 

 

 

"Les machines vont anticiper nos besoins"

 

 

 

Les prédictions technologiques du passé ont-elles souvent visé juste ?

 

"Il y a des erreurs emblématiques, comme la voiture volante. Mais globalement, les technologies évoluent plus vite que prévu. J'avais prédit l'émergence de l'ordinateur hyper-puissant et portable. C'est le smartphone qui est arrivé. Jules Verne, déjà, avait lui parlé du visiophone. On imaginait tous un téléphone classique avec un écran. Certains disaient que c'était une utopie. Finalement, le visiophone est arrivé, sous une forme que l'on n'attendait pas, avec Skype et l'appel en Facetime".

 

 

 

Quel sera le grand bouleversement technologique de ces prochaines années ?

 

"L'intelligence artificielle, avec la méthode du "deep learning" ("apprentissage profond", basé sur des réseaux de neurones artificiels), va nous permettre d'arriver à un état conversationnel avec les machines. Celle-ci vont analyser notre voix, nos gestes, notre langage corporel, pour anticiper nos besoins et nous faire des propositions. Dans les dix prochaines années, les algorithmes vont même sortir de leur boîte pour se transformer en hologrammes avec lesquels ont interagira comme avec des humains".

 

 

 

Aujourd'hui, les grands projets d'innovation sont souvent portés par des entrepreneurs. Est-on passé d'une ère étatique à une ère privée ?

 

"Oui, et c'est une très bonne chose d'avoir des visionnaires multidimensionnels comme Elon Musk, qui oeuvre à la fois sur le train hyper-rapide, le toit solaire, la voiture autonome, etc. Les États ont porté des grands projets par le passé, mais ils sont devenus tellement lourds. Il faut des centaines d'experts sur chaque dossier, les décisions sont prises de façon pyramidale. En revanche, je mise beaucoup sur les mairies pour changer le visage des villes, notamment sur le plan énergétique".

 


20/02/2017
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le Progrès du lundi 16 janvier 2017

 

 

 

TECHNOLOGIE - PROJETS ABANDONNÉS. GOOGLE FAIT LE MÉNAGE DANS SES LABOS

 

 

Avec un chiffre d'affaires de 75 milliards de dollars, et un bénéfice de 16 milliards en 2015, Alphabet se porte bien. Et pourtant, la maison mère de Google réduit la voilure. Après s'être dispersé ces dernières années dans une multitude de projets, le géant américain fait le ménage dans ses laboratoires.

 

 

Exit les drones solaires destinés à connecter les zones les plus reculées du globe. Selon un porte-parole de Google, le "projet Titan" est abandonné depuis le début de l'an dernier. Et on apprenait cette semaine dans les colonnes du Wall Street Journal que Google essaierait de se débarrasser de sa division d'imagerie satellite, trois ans seulement après s'être offert la start-up Skybox Imaging pour 500 millions de dollars.

 

 

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L'an dernier, Alphabet avait déjà gelé son projet de smartphone modulaire Ara, annoncé la vente de sa filiale robotique Boston Dynamics, et revu à la baisse ses ambitions automobiles : plus question de fabriquer de A à Z une voiture autonome. Google proposera ses solutions à des constructeurs existants : une nouvelle entité baptisée Waymo a d'ailleurs été créée, qui s'est associée au groupe Fiat Chrysler pour sortir ces prochains mois un premier véhicule.

 

 

Google redescendrait-il sur terre ? Plus qu'aucune autre, la firme Montain View a toujours témoigné d'une foi inébranlable dans le progrès technologique, au point parfois sembler évoluer dans un univers parallèle. Robots, drones, lunettes de réalité augmentée, intelligences artificielles... Des dizaines de projets futuristes auraient ainsi été lancés dans son laboratoire X, une des divisions les plus secrètes du groupe, dirigée par Sergey Brin, le cofondateur de Google.

 

 

La firme américaine est toutefois loin d'avoir abandonné tous ses projets futuristes : ses programmes de livraison par drones Wing et de ballons-sones Loon (finalement préférés aux drones pour connecter les déserts numériques) sont toujours d'actualité. J.-M.L.

 

 

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18/01/2017
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Le Progrès du mardi 10 janvier 2017

 

 

 

TECHNOLOGIE - AMAZON. DEMAIN, UN MAJORDOME VIRTUEL DANS VOTRE SALON

 

 

Les assistants virtuels sont déjà capables de nous annoncer les nouvelles ou la météo. Ils commanderont demain notre maison. C'est le nouveau pari d'Amazon.

 

 

Elle a pour nom Alexa et fait les yeux doux à une partie de la planète techno... Samsung, Lenovo ou LG ont déjà succombé à ses charmes. Et dans l'intimité de leur salon, des millions d'Américains l'appellent déjà par son prénom : "Alexa, quel temps fera-t-il demain ?".

 

 

La belle n'a pourtant rien de réel. Alexa est une intelligence artificielle, lancée en novembre 2014 par Amazon, et désormais sur le point de s'émanciper. Lors du dernier CES de Las Vegas, le plus grand salon mondial de l'électronique, l'entreprise américaine a dévoilé une impressionnante série de partenariats autour d'Alexa. Samsung a décidé de l'intégrer dans un des ses robots aspirateurs, Whirlpool dans un lave-linge et un sèche-linge LG dans un frigo,  Ford dans ses voitures... Bref, c'est un véritable écosystème qui commence à se monter autour de l'assistant Amazon.

 

 

De quoi est capable Alexa ? De vous lire les nouvelles, de jouer la musique de votre choix, de vous indiquer les horaires d'un film, les derniers résultats de votre équipe de basket préférée, de vous donner la population du Mexique ou la date de naissance de Newton... Prononcez simplement son nom et formulez votre demande, elle vous répondra. Elle peut même vous raconter des blagues ou commander une pizza.

 

 

 

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Une longueur d'avance

 

Conscient du potentiel de son bébé, Amazon n'a cessé ces derniers mois de développer ses capacités. Et cela ne fait probablement que commencer : nul doute qu'en vertu de la série de partenariats signés, il sera bientôt possible d'ordonner à son aspirateur d'aller nettoyer sous la table, aux ampoules de sa chambre de s'allumer à 7 heures ou au lave-linge de lancer dans la soirée un programme à 40°C... Le tout sans presser le moindre bouton ni lancer la moindre application sur son smartphone, simplement en parlant à portée de micro.

 

 

À l'origine, Alexa était cantonnée à Echo et son petit frère Dot, deux enceintes connectées conçues par Amazon. Ces dernières se sont écoulées à Noël par millions, preuve de l'engouement des consommateurs pour cette technologie qui préfigure l'avènement des "interfaces naturelles". Invisibles pour l'utilisateur, ces dernières pourraient constituer une révolution en matière d'usages - et assurer la fortune de celui qui en imposera les standards.

 

 

Amazon devra toutefois compter sur la concurrence d'Apple, Microsoft et Google. Mais le géant de Mountain View s'est réveillé sur le tard, dévoilant l'an dernier seulement son assistant Google Home qu'il développe depuis à marche forcée. Quant à Siri et Cortana, ils restent largement prisonniers de leurs éco-systèmes, qu'ils s'agisse de produits Apple ou de l'univers du PC. Amazon a un sérieux coup d'avance. Jean-Michel Lahire

 

 

 

L'info - Alexa n'est disponible qu'en anglais. L'allemand devrait suivre rapidement, puis le français.

 


12/01/2017
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le Progrès du jeudi 5 janvier 2017

 

 

 

TECHNOLOGIE - CAMÉRAS, ENCEINTES, AMPOULES, MONTRES ET JOUETS...

 

 

Ces objets connectés qui se transforment en espions

 

 

Ils sont de plus en plus nombreux sous le sapin de Noël. Mais sous leur apparence inoffensive, les "objets intelligents" représentent aussi un beau cadeau pour les pirates de l'internet.

 

 

Et si Hollywood s'était fourré le doigt dans l'oeil ? Voici une vingtaine d'années, lorsqu'un cinéaste imaginait la guerre du futur, il mettait en scène des robots tueurs. Aujourd'hui, les attaques de machines sont devenus légion. Mais pas besoin de robots métalliques surarmés. Les spécialistes de la cybersécurité ont toutefois dû se rendre à l'évidence : la plupart sont l'oeuvre d'objets connectés. Pas de chance : on vient de trouver Terminator, mais c'est un grille-pain.

 

 

Ce n'est pas faute d'avoir prévenu. Depuis des années, les experts sont arc-boutés sur la poignée du signal d'alarme, inquiets de voir débouler des myriades d'appareils connectés mal sécurisés : réfrigérateurs, télévisions, montres, caméras, enceintes, thermostats, voitures... Selon le cabinet américain Gartner, plus de six milliards d'objets connectés seraient déjà en circulation. Ils devraient être plus de 21 milliards dans quatre ans. Une véritable aubaine pour les pirates, qui peuvent lever une véritable armée numérique d'un clic de souris.

 

 

 

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Une sécurité notoirement défaillant

 

La sécurité a longtemps été le cadet des soucis des constructeurs, plus soucieux de séduire le consommateur avec un beau design et un usage facilité qu'avec d'obscures considérations techniques. Il est vrai qu'un babyphone n'a pas grand-chose en commun avec une arme de destruction massive... La moindre vulnérabilité est pourtant susceptible de la transformer en caméra-espion, voire de l'envoyer attaquer la Nasa.

 

 

Le problème est maintenant pris très au sérieux. Aux États-Unis, une commission vient de recommander de faire une priorité nationale de la sécurisation de l'"internet des objets" et de la lutte contre les attaques informatiques qu'ils permettent.

 

 

De son côté, la Commission européenne réfléchirait à la mise en place d'un système d'étiquetage et de certification.

 

 

L'année 2016 a été marquée par les plus importantes attaques par déni de service jamais recensées. Fin octobre, l'une d'entre elles avait notamment paralysé des services aussi importants que Netflix, eBay ou Twitter. En grande partie, elle était l'oeuvre d'un gigantesque réseau d'objets connectés, infectés à la chaîne par un programme malveillant baptisé Mirai. Quelques semaines plus tôt, l'hébergeur français OVH avait déjà fait l'objet d'une offensive similaire.

 

 

 

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Activistes, criminels et États étrangers

 

Si certaines de ces attaques relèvent de la malveillance gratuite, d'autres constituent des tentatives d'extorsion de fonds. Elles sont alors accompagnées de demandes de rançon, les pirates espérant que la victime préférera débourser quelques bitcoins plutôt que de voir son site rendu inaccessible. Jean-Michel Lahire

 

 

 

 

 

LEXIQUE

 

 

■ DDoS

 

 

"Distributed Denial of Service" : l'attaque par déni de service consiste à tenter de saturer un serveur afin de la rendre indisponible. Souvent assimilé à une sorte de "sit-in" numérique par les internautes qui le pratiquent (notamment les Anonymous), le DDoS est toutefois le plus souvent l'oeuvre de botnets. Un DDoS peut entraîner un sérieux manque à gagner pour une entreprise, mais aussi parlalyser des pans entiers de l'internet s'il vise des infrastructures.

 

 

 

■ Botnet

 

Ces réseaux de machines zombies peuvent être des ordinateurs infectés mais aussi, de plus en plus, d'objets connectés. Ces derniers peuvent être reprogrammés pour, par exemple, saturer de demandes de connexion un serveur. Certains botnets peuvent rassembler plusieurs centaines de milliers de machines. Les pirates qui les contrôlent peuvent également les louer, moyennant finances.

 

 

 

■ Bitcoin

 

Cryptomonnaie créée en 2009 par un mystérieux chercheur nommé Satoshi Nakamoto. Ne dépendant d'aucune autorité centrale, cette devise est très utilisée par les pirates en raison de l'anonymat des transactions. Elle sert aussi, de plus en plus, de valeur refuge.

 

 

 

 

Un bataillon de caméras à l'assaut du web

 

Il est largement responsable des attaques de ces derniers mois : Mirai est la nouvelle bête noire des experts en cybersécurité. Le principe de de petit logiciel ? Parcourir le réseau, armé d'une base de données recensant plusieurs centaines de gadgets vulnérables. Lorsqu'il en rencontre un, il tente d'en prendre le contrôle.

 

 

Facile : dans un certain nombre de cas, le constructeur a verrouillé ses appareils avec le même mot de passe, que l'utilisateur n'a jamais modifié. Même Sony s'est fait prendre en flagrant délit de négligence : des chercheurs autrichiens ont récemment découvert l'existence d'une backdoor dans une centaine de modèles de caméras du géant japonais. Cette "porte dérobée" a probablement servi à ses ingénieurs lors de la conception du produit.

 

 

Problème : elle n'a jamais été refermée. Cet exemple illustre aussi le débat sur la mise en place de "portes dérobées" à destination des autorités, position défendue notamment en France. Une telle initiative reviendrait à affaiblir la sécurité de l'ensemble des systèmes, font valoir les géants de la tech.

 

 

2 millions : c'est le nombre d'objets connectés qui seraient infectés par le logiciel malveillant Mirai, et donc susceptibles de participer à des attaques informatiques de type DDoS.

 

 


06/01/2017
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le Progrès du mercredi 28 décembre 2016

 

 

 

ELLE VOUS IMMERGE AU COEUR D'UNIVERS VIRTUELS OU DE LIEUX BIEN RÉELS

 

 

Voici la réalité virtuelle, nouvelle révolution techno

 

 

Pour la première fois, les casques de réalité virtuelle ont trouvé cette année leur place sous le sapin. Il faudra s'y habituer : ils seront bientôt partout...

 

 

Des univers artificiels ou des endroits à l'autre bout du monde dans lesquels on se croit soudain propulsé, simplement en posant un casque devant les yeux...

 

 

■ Les jeux vidéo

 

Plonger au coeur du jeu est un vieux fantasme de gamer, qui remonte aux premières tentatives de réalité virtuelle dans les années 1990. Rien d'étonnant à ce que les joueurs aient été les premiers convaincus du potentiel de la technologie. Jeux de course, d'horreur, d'exploration, puzzles, simulateurs de vol ou d'escalade : de nouveaux titres compatibles ou conçus spécifiquement pour la réalité virtuelle sortent chaque semaine, et les grands studios - à l'image d'Ubisoft avec son Eagle Flight, qui vous propose de survoler un Paris rendu à la nature - commencent à s'y mettre.

 

 

 

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■ Le sport et les médias

 

Voir à la télévision les images d'un camp de réfugiés syriens est une chose. Se retrouver sous une tente, devant une petite fille qui raconte son histoire, en est une autre. Certains médias ont bien compris l'énorme potentiel de la réalité virtuelle, qui place le spectateur au coeur de l'événement. Documentaires, reconstitutions historiques, expériences interactives... CNN, la BBC ou Arte ont déjà commencé à produire des contenus. Outre-Atlantique, plusieurs médias expérimentent également la retransmission d'événements sportifs. Toutes les semaines, un match de basket NBA est déjà diffusé en réalité virtuelle, filmé au ras du parquet.

 

 

 

■ Le cinéma

 

L'avenir du cinéma passerait-il par la réalité virtuelle ? Pour l'instant, la production semble se limiter essentiellement à des courts-métrages ou des films d'animation. Mais il se passe indéniablement quelques chose. Des salles dédiées éclosent dans les grandes villes de Paris à Amsterdam. Les projets se multiplient, dans un foisonnement qui n'est pas sans rappeler les débuts du 7e Art, au point que les grands festivals ont commencé à créer des sections spéciales. De plus en plus de studios accompagnent désormais la sortie de leurs blockbusters de science fiction d'"expérience immersives".

 

 

 

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■ La médecine

 

La réalité virtuelle est utilisée depuis des années pour soigner des victimes de stress post-traumatique ou de phobies. Mais ce n'est probablement que le début d'une révolution. En avril dernier, un chirurgien britannique a fait filmer à 360 degrés une opération du cancer du côlon : des milliers d'étudiants en médecine équipés de casques de VR ont pu analyser ses gestes au plus près.

 

 

À terme, on peut même imaginer des opérations à distance, réalisées au moyen d'un robot par un chirurgien qui se trouve à plusieurs centaines de kilomètres.

 

 

 

 

■ L'immobilier et le marketing

 

Visiter cinq appartements en une demi-heure ? Impossible... sauf en réalité virtuelle. Quelques agences immobilières le proposent déjà. Et ce n'est qu'un exemple parmi d'autres de l'utilisation qui peut être faite par des professionnels. Choisir la couleur d'une voiture ou d'une cuisine, vous promener dans votre future maison, concevoir une exposition, examiner une pièce mécanique en 3D... Pas de limite. Jean-Michel Lahire

 

 

 

"La réalité virtuelle était un rêve de science-fiction. Mais l'internet était aussi un rêve, et les ordinateurs et les smartphones aussi. Le futur arrive" Mark Zuckerberg, patron de Facebook (popriétaire d'Oculus)

 

 

 

 

 

Vers un futur de plus en plus virtuel

 

 

Nul hasard si Facebook a signé un chèque de deux milliards de dollars pour s'offrir Oculus, le pionnier de la réalité virtuelle : le réseau social image déjà un futur ou vous pourrez vous "téléporter" dans un salon virtuel pour y retrouver vos proches. Actuellement, les usages de la réalité virtuelle sont encore limités, bridés par la jeunesse d'une technologie qu'il faut apprendre à domestiquer.

 

 

Mais les années qui viennent, la réalité virtuelle pourrait s'insinuer partout : dans les tribunaux pour permettre de revoir une scène de crime, dans les bureaux en remplacement des visioconférences, dans les hôpitaux pour vous soigner à distance, et bien sûr dans les foyers via une multitude d'usages qui restent encore à inventer...

 

 

Sans compter que derrière la réalité virtuelle, la réalité augmentée avance en embuscade. La différence ? Alors que la VR "enferme" l'utilisateur dans son monde, la réalité augmentée superpose des contenus virtuels à la réalité. Terminé le casque opaque qui vous isole du monde, à terme de simples lunettes pourraient bien être capable de faire apparaître un échiquier, le plan en 3D de la ville ou un tyrannosaure dans votre champ de vision. Google, Apple et surtout Microsoft sont déjà sur les rangs.

 

 

 

 

162 milliards de dollars, c'est le poids financier que devraient représenter la réalité augmentée et la réalité virtuelle à l'horizon 2020, selon le cabinet d'études IDC. Un chiffre faramineux : en 2016, le secteur n'a pesé "que" 5 milliards de dollars.

 

 

 

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28/12/2016
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le Progrès du vendredi 23 décembre 2016

 

 

 

LA PREMIÈRE ROUTE SOLAIRE DU MONDE EST... FRANÇAISE

 

 

La ministre de l'Environnement Ségolène Royal a inauguré hier sur la RD5 en Normandie la toute première route solaire de la planète. Le projet, baptisé "Wattway", est une invention 100 % française, imaginée par le leader mondial de construction de routes Colas et le CEA Tech, fabriquée à Tourouvre (Orne) par la Scop SNA. Les automobilistes vont devoir rouler pendant un kilomètre sur 2 800 m2 de dalles photovoltaïques, aux allures de carrelage plastifié. Ce premier prototype de route solaire devrait produire une énergie suffisante pour assurer l'éclairage public d'une ville de 5 000 habitants. L'ensemble des travaux est couvert par une subvention de l'État, qui a investi 5 millions d'euros hors taxe.

 

 

 

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24/12/2016
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le Progrès du jeudi 15 décembre 2016

 

 

 

TECHNOLOGIE - LOCALISATION PAR SATELLITES. GALILEO, LE "GPS EUROPÉEN" EN SERVICE

 

 

Plus précis, plus complet, plus sûr que le GPS américain : Galileo se rêve comme la nouvelle référence de la géolocalisation. une quinzaine de satellites sont déjà en orbite, et les premiers services sont disponibles aujourd'hui.

 

 

L'Europe a coupé le cordon. Vous ne serez plus forcément dépendant de l'Oncle Sam pour trouver votre chemin, localiser la station-service la plus proche ou chasser des Pokémon... À partir d'aujourd'hui, c'est peut-être grâce aux signaux des satellites européens Galileo que votre smartphone sera capable de vous situer sur la carte du monde.

 

 

L'annonce est symbolique, pour un projet longtemps retardé et dont la facture s'élève à 10 milliards d'euros. Certes les services proposés sont encore incomplets, et les appareils compatibles encore rares. Ces derniers sont toutefois appelés à se multiplier, tant le gain de précision pour un surcoût dérisoire. Le GPS américain est capable de vous localiser à dix mètres près ? Galileo offre une précision de l'ordre du mètre - voire quelques centimètres grâce à l'utilisation complémentaire de balises terrestres. Sa trentaine de satellites, placés sur une orbite plus haute (23 000 km) que leurs homologues américains, proposeront également à terme une meilleure couverture.

 

 

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Une précisions au milliardième de seconde

 

"Avec le GPS ont sait où un train se trouve sur la carte de France, avec Galileo on sait sur quelle voie il se trouve", résume Jean-Yves Le Gall, coordinateur interministériel du programme et président du Cnes, l'agence spatiale française.

 

 

Et ce n'est l'unique avantage du système européen, qui incarne un véritable saut technologique par rapport au vieillissant GPS, entré en service au milieu des année 1990. Capable d'émettre sur une dizaine de fréquences, Galileo offre un véritable bouquet de services : authentification du signal, fréquences chiffrées réservées aux autorités, horodatage des événements au milliardième de seconde, localisation rapide des appels de détresse... "Aujourd'hui, il faut au moins trois heures pour qu'ne personne perdue en mer ou en montagne soit détectée", illustre Lucia Caudet, porte-parole de la Commission européenne. Avec Galileo, le délai devrait être abaissé à dix minutes.

 

 

 

Compatible avec le GPS

 

"Les services sont encore à inventer, mais cela va être révolutionnaire", s'enthousiasme Jean-Yves Le Gall. Les secteurs de la finance, des assurances, de l'énergie, du transport pourraient rapidement profiter des fonctionnalités permises par Galileo. Selon le Cnes, environ 10 % du PIB européen dépend aujourd'hui des systèmes de positionnement par satellites, mais ce pourcentage pourrait grimper à 30 % d'ici à 2030.

 

 

Quant au grand public, il bénéficiera du service gratuit de positionnement de manière totalement transparente. Des accords de compatibilité ont déjà été signés avec les États-Unis : "s'il est équipé d'une puce récente, votre smartphone captera indifféremment les signaux des satellites GPS et Galileo. Avec l'espoir secret, côté européen, de voir Galileo supplanter à terme le grand frère américain. Jean Michel Lahire (avec AFP)

 


17/12/2016
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le Progrès du vendredi 18 novembre 2016

 

 

 

TECHNOLOGIE - SUR ANDROID - UN LOGICIEL ESPION QUI MÈNE VERS SHANGHAI

 

 

Prise la main dans le sac : une société informatique chinoise vient de se faire épingler en flagrant délit de vol de données pr des chercheurs américains. C'est l'entreprise de sécurité Kryptowire qui a révélé mardi le pot aux roses : certains smartphones Android envoient secrètement la liste des contacts, l'historique des appels ou le contenu des messages de l'utilisateur sur un serveur à Shangai.

 

 

Le point commun de tous ces appareils "espions" ? Tous utilisent une solution de mise à jour proposée aux fabricants de smartphones par une société chinoise : Shanghai Adups Technology.

 

 

L'information fait les gros titres de la presse américaine. La Chine pratiquerait-il l'espionnage de masse, par le biais de son secteur hig-tech ? Contactée par le New York Times, Adups a fourni une explication a fourni une explication plus prosaïque : ces fonctionnalités auraient été développées à la demande d'un client chinois désireux de proposer à ses clients un filtrage des messages indésirables. Elles se seraient retrouvées sur des téléphones commercialisé à l'étranger. J.-M.L.

 


20/11/2016
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samedi 29 octobre 2016

 

 

 

NUMÉRIQUE - DEUXIÈME INDUSTRIE CULTURELLE EN FRANCE APRÈS LE LIVRE

 

 

Jeux vidéo : le "made in France" fait recette

 

 

 

Le Paris Games Week, plus grand salon français du jeu vidéo, a ouvert jeudi dans la capitale. Elle confirme que cette industrie ne connaît pas la crise et crée de l'emploi en France.

 

 

Il n'y a jamais eu autant de "gamers" en France. Une personne sur deux s'adonne aux jeux vidéo. Chez les 15-25 ans, le ratio atteint... neuf sur dix ! Rien d'étonnant quand on sait que la France est devenue un des pôles majeurs du jeu vidéo dans le monde, dans l'ombre des mastodontes du secteur que sont les États-Unis, le Japon ou plus récemment le Canada.

 

 

Le secteur emploierait directement plus de 25 000 personnes, générant un chiffre d'affaires cumulé de 4,5 milliards d'euros selon le syndicat national des jeux vidéo. Preuve de la bonne santé de l'industrie française, les récents rachats d'Arkane et Amplitude, deux fleurons français, par l'Américain Bethesda et le Japonais Sega.

 

 

 

Le savoir-faire français s'exporte

 

 

Ces ventes sont de "bonnes nouvelles" pour le jeu vidéo tricolore. Emmanuel Martin, directeur général du Syndicat des éditeurs de logiciels de loisirs (Sell), organisateur de la Paris Games Week, le plus grand salon français dédié au jeu vidéo, explique : "Ils restent sous bannière tricolore et localisés en France. Ça montre la puissance des studios français, qui viennent se faire "chasser" par des grandes marques internationales. C'est gagnant-gagnant car Amplitude et Arkane vont continuer à réaliser leurs jeux en bénéficiant de la puissance et des moyens de Bethesda et Sega". Philippe Rapin, directeur général de Capital Games, dont la mission est de fédérer les acteurs du jeu vidéo, va dans le même sens.

 

 

"Pour accéder à de plus gros budget, c'est tentant de se laisser racheter. Les intérêts de Sega et Bethesda, c'est une forme de reconnaissance du savoir-faire tricolore. En France, le niveau d'exigence est élevé. Mais on n'est pas encore "à la pointe" comme les États-Unis, qui sont très en avance".

 

 

 

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"Un des meilleurs terrains pour la créativité"

 

 

Toutefois, la France progresse à une vitesse fulgurante. En 2014, plus de la moitié des structures développant des jeux avaient moins de cinq ans d'existence, signe que le secteur est en plein essor. Autre preuve : les chiffres d'affaires (CA) des studios tricolores ont connu une croissance à deux chiffres l'an dernier. Et la part de l'exportation prend une place grandissante : 41 % de leur CA en 2013, 42 % en 2014, 44 % en 2015. Et ça ne devrait pas s'arrêter. À l'aube de l'année 2016, plus de 650 projets de jeux étaient sur les rails, parmi lesquels 80 % de nouvelles propriétés intellectuelles.

 

 

Philippe Rapin estime que l'industrie française n'a pas encore atteint ses limites. "Elle a une capacité géniale à se réinventer en permanence, à créer de nouvelles pistes. Je ne vois pas pourquoi cela s'arrêterait. Au contraire, je crois que le jeu vidéo est sans doute, aujourd'hui, l'un des meilleurs terrains pour exprimer sa créativité".

 

 

Seul bémol, une vision pour l'instant limitée dans le temps. "Il nous manque une stratégie à long terme pour l'industrie de la créativité", regrette Philippe Rapin. Baptiste Marsal

 

 

 

Emmanuel Martin, directeur général du Syndicat des éditeurs de logiciels de loisirs (Sell)

 

 

 

"Le jeu vidéo est devenu une culture"

 

 

 

Pourquoi l'industrie du jeu vidéo marche-t-elle si bien en France ?

 

"Le meilleur moyen de permettre au public de s'approprier une nouvelle technologie, c'est par le jeu. On a la chance en France d'avoir d'excellents talents techniques et de grands créateurs. Cela donne une vraie "patte", une vraie identité française. Le pays possède une certaine culture des jeux vidéo : il y a toujours eu de bons créateurs, des écoles réputées dans le monde entier. On peut aussi compter sur un tissu extrêmement riche avec de grandes locomotives, que le monde entier regarde et de toutes petites entreprises hyper-créatives".

 

 

 

Comment ce secteur est-il devenu l'un des plus compétitifs du pays ?

 

"C'est un phénomène de génération. Aujourd'hui, 90 % des 15-25 ans jouent aux jeux vidéo. Grâce aux tablettes, aux smartphones et à la Wii, on a vu le grand public, les parents se mettre à jouer, donc ça change la vision des choses. Aujourd'hui, on a une vraie reconnaissance de cette culture qu'est devenu le jeu vidéo. Les métiers de cette industrie sont des métiers d'avenir, ils ont cette capacité à allier créativité artistique et nouvelles technologies. C'est un laboratoire de l'usage numérique".

 

 

 

La multiplication des supports rend-elle la tâche plus compliquée ?

 

"Console de salon, console portable, PC, smartphone ou tablette : les entreprises françaises travaillent sur tous ces supports. Si le marché du smartphone est très complexe, très difficile, c'est aussi le plus accessible. C'est l'idéal pour faire un premier jeu et ensuite s'essayer sur les plateformes de distribution digitale pour console ou PC". Propos recueillis par B.M.

 

 

 

 

L'e-sport et la réalité virtuelle, le tube du moment

 

 

De nombreux gamers ne jurent plus que par l'e-sport (ou sport électronique), qui fédère des millions d'internautes dans le monde.

 

 

Les fabricants de jeux vidéo n'ont pas laissé passer l'occasion de surfer sur ce nouvel eldorado. La Paris Games Week non plus. Pour la première fois, un hall entier est consacré cette année aux compétitions de jeu vidéo, soit pas moins de... 23 000 m2 sur les 80 000 réservés au salon ! Les visiteurs peuvent, par exemple, assister à des rencontres entre joueurs professionnels sur les jeux "League of Legends" ou "Fifa 17".

 

 

L'engouement est tel pour cette nouvelle discipline - dont la pratique a été reconnue officiellement par la loi pour une République numérique - qu'environ 4,5 millions de Français regardent régulièrement les compétitions à la télévision.

 

 

Mais le sport électronique n'est pas la seule mode cette année. La réalité virtuelle (VR) tient aussi le haut de l'affiche, notamment avec le casque PlayStation VR, commercialisé depuis peu pour la PlayStation 4 de Sony. Impossible à découvrir autrement qu'avec un casque sur la tête, la réalité virtuelle a attiré une foule de curieux.

 

 

Focalisés sur l'e-sport, la VR ou les derniers volets de "Call of Duty", "Battlefield" ou "Dishonored", très peu de visiteurs de la Paris Games Week se sont rendu compte que le troisième grand constructeur de jeux vidéo, Nintendo, n'était pas présent pour la 7e édition du salon. B.M.

 

 

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29/10/2016
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le Progrès du samedi 8 octobre 2016

 

 

 

TECHNOLOGIE - LE MONDE DEMAIN POURRAIT NOUS OBÉIR AU DOIGT, À L'OEIL MAIS AUSSI À LA VOIX

 

 

 

Internet au-delà des smartphones

 

 

Baisser le volume en effleurant sa manche, prendre une photo en clignant des yeux, faire ses courses depuis son canapé : ce sont les promesses du "web ambiant", la prochaine grand étape de l'internet.

 

 

 

 

A

u début était l'ordinateur, et internet est arrivé dans votre bureau. Puis sont arrivés les smartphones, et internet est passé dans votre poche. Et demain ? Internet pourrait bien être partout... Plus besoin de se connecter pour commander une pizza ou savoir s'il pleuvra demain : vous êtes déjà connecté. Formulez votre demande et vous serez exaucés.

 

 

L'ère de l'internet liquide, dans lequel nous baignerions en permanence et avec lequel nous pourrions interagir de manière naturelle, est prophétisée depuis une bonne quinzaine d'années. Les technologies nécessaires manquaient toutefois à l'appel. L'essor de l'internet des objets, allié aux progrès de la reconnaissance vocale et de l'intelligence artificielle, la rend désormais possible.

 

 

 

 

Amazon et Google s'affrontent pour entrer dans votre salon

 

Parmi les géants de l'internet, Amazon est celui qui semble avoir un coup d'avance en matière de "web ambiant". Son arme secrète ? L'enceinte connectée Echo, qui abrite son assistant personnel  Alexa. Vous pouvez lui ordonner d'ajouter du dentifrice à votre liste de courses (le tube apparaîtra évidemment dans votre panier Amazon), lui faire noter un rendez-vous, lui demander qui a gagné la coupe du monde en 1966, ou de vous diffuser une heure de musique douce pour vous endormir.

 

 

Ses concurrents ne restent pourtant pas les bras croisés. Google a dévoilé cette semaine son concurrent d'Echo, une enceinte baptisée Home, dopée par l'intelligence artificielle maison. Elle s'ajoutera à la cohorte d'assistants déjà disponible : Siri chez Apple, Cortana chez Microsoft, et M chez Facebook qui peaufine toujours son prototype.

 

 

Certes, ces assistants restent pour l'instant surtout cantonnés dans nos ordinateurs, tablettes et smartphones. Mais la prochaine étape a commencé : les déployer dans la maison, avec des enceintes connectées comme Echo ou Home, ou à votre poignet avec les montres connectées.

 

 

 

 

Des vêtements intelligents dès le printemps prochain

 

Et les entreprises de la Silicon Valley rivalisent d'imagination pour inventer de nouveaux moyens d'interaction. Google a déjà prévu d'intégrer des circuits électroniques dans des vêtements. Nom de code : projet Jacquard. Fabriquée par Levi's, une première veste en denim devrait débarquer dans les rayons au printemps prochain. Plus besoin de manipuler votre téléphone pour passer à la chanson suivante, au risque de tomber de votre vélo : effleurez votre manche de la main. Un appel ? Envoyez un message d'indisponibilité en tapotant votre col.

 

 

Autre piste de long terme, poursuivie par la quasi-totalité des grands du secteur : la réalité augmentée, qui superpose à la réalité des contenus numériques, intégrant souvent au passage un ordinateur dans vos branches de lunettes.

 

 

Google a certes fait un flop avec ses lunettes connectées, jugées trop intrusives par le public et vite remisées dans les cartons... Mais la firme de Moutain View planche désormais sur un produit voisin, Magic Leap, de même que Microsoft avec son Hololens. Et signe qu'il ne s'agit peut-être pas seulement une lubie de geek, Apple y croit aussi dur comme fer : "cela va être énorme, et nous nous demanderons comment nous avons fait pour nous en passer", estimait voici quelques jours Tim Cook, le patron de la firme à la pomme. Jean-Michel Lahire

 


09/10/2016
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le Progrès du vendredi 16 septembre 2016

 

 

TECHNOLOGIES - LANCEMENT AUJOURD'HUI

 

 

iPhone 7 : déjà des ruptures de stock

 

 

L'emballement va gagner les Apple Store du monde entier, devant lesquels patientaient déjà hier les plus acharnés de la marque à la pomme, pour la sortie officielle, aujourd'hui dans 25 pays, de l'iPhone 7. Et la folie marketing autour de ce produit, malgré son prix prohibitif (769 euros pour le 7, 909 euros pour le 7 plus, 179 euros les écouteurs sans fil), marche encore à plein, en témoignent les ruptures de stock qui touchent plusieurs modèles avant même sa mise en vente.

 

 

Deux à cinq semaines d'attente

 

Si vous vous rendez par exemple sur les sites des principaux opérateurs français, vous ne pourrez que pré-commander un des nouveaux modèles. Ce qui n'est pas une nouveauté, tant les précédents modèles ont connu pareil sort. Combien de temps devront patienter les acheteurs d'iPhone 7 ? Le site d'Apple indique une disponibilité sous deux à trois semaines pour ses iPhone 7 et 7 plus, le modèle noir de jais étant quant à lui accessible d'ici trois à cinq semaines pour l'iPhone 7 et d'ici novembre pour l'iPhone 7 plus. Et ce, que vous habitiez la France ou l'étranger.

 

 

De quoi envisager de battre le record de 13 millions d'appareils vendus en trois jours pour la génération précédente. Ce qu'on ne saura pas, car Apple a annoncé qu'il ne dévoilerait pas les chiffres de vente pour le premier week-end de commercialisation. La firme de Cupertino joue gros avec ce nouveau modèle, alors que les ventes de l'iPhone viennent de reculer durant deux trimestres consécutifs, entraînant avec elles un repli des revenus du groupe. Les déboires de Samsung, dont le dernier modèle Galaxy Note 7 a dû être rappelé car sa batterie pouvait exploser, pourraient toutefois constituer un avantage pour le groupe dirigé par Tim Cook.

 

 

 

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19/09/2016
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le Progrès du jeudi 15 septembre 2016

 

 

TECHNOLOGIE - DES UBER SANS CHAUFFEUR

 

 

À Pittsburgh (États-Unis), des clients d'Uber, le service de VTC, vont se laisser mener à bon port par un véhicule entièrement autonome. Ils seront transportés par une petite flotte de quatre voitures Ford bardées de lasers, de caméras et de capteurs. Dans un premier temps, le passager sera accompagné de deux techniciens.

 

 

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18/09/2016
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