L'AIR DU TEMPS

L'AIR DU TEMPS

COMPRENDRE L'EPOQUE

Des articles et faits divers, tirés de la presse, pour comprendre notre histoire au présent, et l'époque que l'on vit...


le Progrès du mercredi 22 mars 2017

 

 

 

ÉTATS-UNIS/GRANDE-BRETAGNE - ORDINATEUR PROHIBÉ EN AVION

 

 

Les États-Unis ont annoncé hier l'interdiction des ordinateurs et tablettes en cabine des avions de neuf compagnies en provenance de pays arabes et de Turquie, invoquant un risque d'attentats "terroristes". Londres a suivi en les interdisant sur les vols en provenance de cinq pays arabes et de Turquie.

 

 

 

TWITTER - 376 890 COMPTES SUSPENDUS

 

Twitter a annoncé hier avoir suspendu 376 890 comptes sur les six derniers mois dans le cadre de sa lutte contre les publications faisant l'apologie du terrorisme, une augmentation de 60 % par rapport à la période précédente.


26/03/2017
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le Progrès du vendredi 17 mars 2017

 

 

 

FAITS DIVERS - À GRASSE (ALPES-MARITIMES). FUSILLADE AU LYCÉE : L'ACTE D'UN ADO FRAGILE

 

 

Un garçon de 17 ans lourdement armé a ouvert le feu sur le proviseur et des élèves de l'établissement scolaire Alexis-de-Tocqueville à Grasse. Une agression sans motivation terroriste qui semble liée aux troubles psychologiques et à la fascination pour les armes du jeune homme.

 

 

"On fumait une clope dehors ; on a entendu des coups de feu vers 12 h 45. On a vu plein d'élèves descendre en criant: y'a un taré qui tire sur les gens ! On est parties en courant, plus vite que Rainbow Dash (NDLR : héros de petit poney)"... Audrey et Mokhtaria, 15 ans, élèves au lycée Tocqueville de Grasse, sourient, soulagées : "On a été sauvées par la clope !". Autour, des parents en panique enlacent leurs enfants qui ont échappé à la fusillade. Elle fait huit blessés dans cet établissement ordinaire.

 

 

 

■ Que s'est-il passé ?

 

Peu avant 13 heures, des coups de feu ont retenti au sein du lycée. Un élève a visé directement quatre personnes : trois étudiants et le proviseur. Ce dernier s'est précipité sur son agresseur lorsqu'il a sorti son arme. "Un geste héroïque", souligne la ministre Najat Vallaud-Belkacem.Le tireur présumé a été interpellé "docilement sans opposer de résistance", a dit la police. Puis il a été placé en garde à vue pour des faits qualifiés de "tentatives d'assassinats". Il semble avoir agi seul, même si les enquêteurs continuent de chercher d'éventuelles complicités. Le bilan de la fusillade : huit blessés légers, dont le proviseur touché par balles au bras et trois adolescents atteints par des plombs. Quatre autres se sont blessés en heurtant des grillages. Par ailleurs, un "engin artisanal" a été désamorcé dans l'établissement, laissant penser que le pire a été évité.

 

 

 

■ Le suspect fasciné par les armes

 

Le suspect arrêté est scolarisé en première littéraire au lycée Tocqueville. Inconnu des services de police, le jeune homme de 17 ans a été retrouvé en possession d'un fusil, d'armes de poing et d'un engin explosif artisanal.

 

 

Son profil s'apparente à celui d'un adolescent fragile psychologiquement, fasciné par les armes à feu. Ses publications sur les réseaux sociaux laissent transparaître un intérêt malsain pour les tueries de masse dans les établissements scolaires, comme celle de Columbine (États-Unis) en 1999, où 13 étudiants avaient été tués. Sa personnalité est d'autant plus troublante qu'il a posté de nombreuses images morbides, issues de l'univers satanique. On y trouve aussi une vidéo où le jeune homme se met en scène, masque de clown sur la tête, masque à gaz sur la bouche et pistolet, non chargé, sur la tempe.

 

 

"Des élèves perturbés, il y en a partout. Le drame, c'est quand ils rencontrent des armes", note Philippe Tournier, porte-parole du syndicat des chefs d'établissement.

 

 

 

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■ Son mobile : une vengeance ?

 

On s'oriente vers un acte de vengeance ou un acte "fou", pour reprendre les termes de Najat Vallaud Belkacem.Le suspect aurait été victime de harcèlement dans son lycée, subissant les moqueries de nombreux camarades. Si la préfecture des Alpes-Maritimes s'est voulue prudente sur le sujet, évoquant des "motifs qui restent à déterminer", la procureure de la République de Nice a abondé en ce sens : Ses motivations semblent liées à ses mauvaises relations avec d'autres élèves. Il semblerait qu'il ait quelques difficultés à s'intégrer dans l'établissement". La piste terroriste est totalement exclue.

 

 

 

■ Comment il a fait irruption

 

Le lycée Tocqueville, grand bâtiment moderne situé dans la périphérie de grasse, ne possède pas de portiques de sécurité à l'entrée. Selon les premiers éléments de l'enquête, le suspect a "fait intrusion" dans l'établissement en milieu de journée, alors que de nombreux élèves se trouvaient dans la cantine, ce qui semble signifier qu'il n'était pas en classe le matin. Mais cette information reste à vérifier et la procureure n'a donné aucune précision à ce sujet, hier soir. B.M.

 

 

Quelles mesures de sécurité dans les établissements ?

 

Depuis l'attaque de Mohammed Merah dans une école juive de Toulouse, où il avait tué quatre personnes, la sécurité des établissements scolaires a été renforcée, avec une nouvelle montée en puissance pour la rentrée 2016, après les attentats. Hier, c'est semble-t-il un lycée "fragile et fasciné par les armes" qui a ouvert le feu, un événement rarissime en France qui a permis de tester les mesures de sécurité. "Il est clair que la préparation aux risques d'attentats prépare mieux les établissement" à des événements exceptionnels, souligne Philippe Tournier, secrétaire général du principal syndicat des chefs d'établissement (SNPDEN).

 

 

La fusillade de Grasse a aussi entraîné le déclenchement d'une alerte-attentat via une application pour smartphones. "Intervention en cours des forces de l'ordre et de secours", "Abritez-vous", "Ne vous exposez pas", ont enjoint les SMS transmis.

 

 

Depuis le début de la menace terroriste, les pouvoirs publics souhaitent développer la culture de "gestion des risque" au sein des 64 000 établissements scolaires français : formation de cadres et de personnels de l'Éducation nationale dans des centres d'entraînement des forces de gendarmerie, recensement au sein de chaque académie de tous les numéros de portable des chefs d'établissement pour pouvoir transmettre des alertes, tenue de trois exercices annuels dont un simulant une intrusion en vue d'un attentat, formation aux gestes de premiers secours des élèves de troisième.

 

 

Il y a dix ans, déployer une cellule de crise en quelques minutes, c'était impossible", rappelle Éric Debarbieux, universitaire et spécialiste de la violence en milieu scolaire. Philippe Tournier, du syndicat des chefs d'établissement, qualifie de "chimérique" la volonté de personnalités politiques de contrôler tous les élèves. Faut-il installer des portiques aux portes des lycées, comme l'a promis le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, Laurent Wauquiez ? "La simulation a été faite par nos collègues de Rhône-Alpes. Il faudrait quatre portiques par établissement, et donc quatre adultes mobilisés. Et même avec ce nombre, les élèves devraient arriver une heure à l'avance afin de tous passer avant le début des cours", explique M. Tournier. "Un lycée, c'est l'équivalent de quatre Airbus 380 qui décollent en même temps..." Selon lui, "il n'est pas question de ne rien faire mais le risque zéro n'existera jamais".


20/03/2017
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le Progrès du vendredi 25 novembre 2016

 

 

 

SANTÉ - MÉDECINS : HAUSSE DU NUMERUS CLAUSUS

 

 

Former plus de médecins pour pallier la pénurie : la ministre de la Santé, Marisol Touraine, a annoncé hier un nouveau relèvement du nombre d'étudiants en médecine, avec 478 places supplémentaires dans 22 facultés, soit une hausse de 11 %. Cette mesure a été accueillie avec scepticisme par les syndicats. Elle vient après 131 places annoncées l'année dernière pour 10 régions en manque de médecins, a rappelé la ministre de la santé.


28/11/2016
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le Progrès du vendredi 25 novembre 2016

 

 

 

CONSOMMATION - SAUMON : LE BIO EST PLUS TOXIQUE

 

 

Le saumon frais issu de filières conventionnelles, qu'il vienne de Norvège ou d'Irlande, est moins contaminé qu'avant, mais le bio l'est davantage, selon une étude de l'association "60 Millions de consommateurs" parue hier. Sur dix saumons frais vendus en France et testés par le magazine, seuls les quatre saumons bio présentaient des traces de contamination de métaux et/ou dioxines, PCB et pesticides. Néanmoins, tous les poissons testés étaient sans danger pour la santé.

 

 

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28/11/2016
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le Progrès du vendredi 25 novembre 2016

 

 

 

FISCALITÉ - LES RICHES FRANÇAIS CONTINUENT À S'EXPATRIER

 

 

Le nombre de contribuables aux revenus supérieurs à 100 000 euros ayant quitté la France pour s'installer à l'étranger a augmenté de 10 % en 2014, selon un rapport remis mercredi au Parlement. D'après ce document, l'administration fiscale a enregistré plus de 4 100 départs parmi ces résidents fiscaux, contre 3 744 en 2013. Par contre, les départs de contribuables encore mieux payés se sont ralentis entre 2013 et 2014, seuls 589 foyers gagnant 300 000 euros et plus ayant quitté le pays en 2014, contre 659 un an plus tôt.

 


28/11/2016
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le Progrès du vendredi 25 novembre 2016

 

 

 

SOCIÉTÉ - LE SEXISME A LA VIE DURE EN ENTREPRISE

 

 

"Elle fait sa blonde", "C'est quoi cette Barbie ?"... Près d'une salariée non-cadre sur deux (47%) a déjà été confrontée directement au sexisme au travail en tant que témoin ou en tant que cible, selon une enquête BVA pour le Conseil supérieur de l'égalité professionnelle (CSEP), publiée hier. Cette étude a été présentée aux ministres Laurence Rossignol (Droits des femmes) et Myriam El Khomri (Travail), ainsi qu'un guide rédigé par le CSEP pour aider les entreprises à agir contre le sexisme.

 


28/11/2016
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le Progrès du samedi 19 novembre 2016

 

 

 

ROYAUME-UNI - UNE DÉCISION SANS PRÉCÉDENT

 

 

Une ado autorisée à être cryogénisée

 

 

Une adolescente britannique de 14 ans a remporté une victoire historique devant la justice britannique, peu avant sa mort : le droit d'être cryogénisée (conservée dans l'azote liquide à moins 196°), dans l'espoir que la médecine du futur puisse la ressusciter et la soigner. Souffrant d'un cancer en phase terminale, elle est décédée le mois dernier.

 

 

Prise en octobre par le juge Peter Jackson, de la Haute Cour de Londres, cette décisions n'a été rendue publique qu'hier, conformément aux souhaits de la défunte, qui avait aussi demandé le respect de son anonymat.

 

 

Dans une lettre adressée au juge de la Haute Cour de Londre, la jeune Britannique, atteinte d'une forme rare de cancer, demandait à se voir accorder une chance de "vivre plus longtemps". "J'ai seulement 14 ans et je ne veux pas mourir mais je sais que je vais mourir. Je crois que le fait d'être cryo-conservée me donne une chance d'être soignée et de me réveiller, même si c'est dans plusieurs centaines d'années. Je veux avoir cette chance", avait-elle écrit.

 

 

D'un point de vue juridique, l'affaire ne portait pas tant sur la cryogénisation que sur un différend familial, ses parents, divorcés n'étant pas du même avis sur la question.

 

 

L'opposition venait du père de l'adolescente, qui avait exprimé des craintes quant au coût (43 000 euros) et aux conséquences potentielles du projet.

 

 

 

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Son corps transféré aux États-Unis

 

Le juge britannique a expliqué avoir pris sa décision dans l'intérêt de la jeune fille, et non pour trancher sur la question de la cryogénisation.

 

 

Son corps a depuis été transféré aux États-Unis dans un établissement privé spécialisé, créé en 1976 par le "père de la cryogénisation" : le professeur de physique américain Robert Ettinger. Les 43 000 € ont été réuni via des dons. La cryogénisation est illégale en France.

 


20/11/2016
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le Progrès du samedi 12 novembre 2016

 

 

 

HAUTE-SAVOIE - UN ENSEIGNANT DE MATERNELLE MIS EN EXAMEN POUR AGRESSIONS SEXUELLES

 

 

Un enseignant d'école maternelle, suspecté d'agressions sexuelles sur des très jeunes enfants, a été mis en examen et placé sous contrôle judiciaire jeudi. Le suspect était également directeur de l'établissement, à Cornier, près d'Annemasse (Haute-Savoie). Plusieurs enfants pourraient être concernés par ses agissements, selon le Parquet. L'enseignant a été arrêté mardi et placé en garde à vue après la "plainte d'un parent d'élève de petite section de maternelle", qui avait auparavant alerté le maire de cette commune de 1200 habitants. Une cellule psychologique a été mise en place.

 


16/11/2016
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le Progrès du mercredi 9 novembre 2016

 

 

 

LOGEMENT - SÉCURITÉ. UN OFFICE HLM ATTAQUE L'ÉTAT

 

 

Un office HLM de Seine-Saint-Denis attaque l'État en justice pour obtenir un renfort substantiel de policiers nationaux, afin que "soient enfin restaurées des conditions minimales de sécurité dans les quartiers où il est implanté".

 

 

Les locataires et les personnels de Plaine commune habitat "subissent une véritable explosion des actes locaux de violence et de délinquance", écrit le bailleur dans une requête déposée le 3 novembre au tribunal administratif de Montreuil.

 

 

Or, selon l'office HLM, les effectifs de la police nationale "n'ont pas évolué depuis 1999 en Seine-Saint-Denis, alors que la population y a augmenté depuis lors de 25 %". Cette procédure inédite "n'a pas de fondement juridique sérieux", estime la préfecture du département.

 


11/11/2016
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le Progrès du mercredi 9 novembre 2016

 

 

 

SEINE-SAINT-DENIS - UN NOURRISSON RETROUVÉ MORT DANS UN CANAL

 

 

Le cadavre d'un nouveau-né, une petite fille, a été retrouvée flottant à la surface du canal de Saint-Denis, lundi à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis). Ce sont deux hommes habitant au bord du cours d'eau qui ont extrait le corps en état de décomposition du nourrisson, qui serait décédé avant d'avoir été jeté dans le canal. Une autopsie doit vérifier cette hypothèse. Une enquête a été ouverte pour meurtre.

 

 


11/11/2016
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le Progrès du lundi 7 novembre 2016

 

 

 

RELIGION - CONFÉRENCE DES ÉVÊQUES DE FRANCE

 

 

Une journée de prière pour les victimes de prêtres pédophiles

 

 

Les quelque 120 évêques catholiques de France sont réunis depuis vendredi à Lourdes pour une assemblée de six jours. La journée d'aujourd'hui doit en être le temps fort. Les évêques vont vivre dans le sanctuaire marial un "temps de prière et de pénitence consacré aux victimes de la pédophilie", après des mois de révélations d'abus sexuels dans plusieurs diocèses, dont celui de Lyon.

 

 

Ils en profiteront pour faire "un point d'étape" sur les mesures renforcées de prévention et de lutte contre la pédophilie annoncées en avril dernier. Une personne a été déléguée à temps complet sur le sujet, rappelait hier Mgr Luc Crépy, évêque du Puy, et président de la cellule permanente de lutte contre la pédophilie, dans les colonnes de La Croix. Une adresse mail (paroledevictimes@cef.fr) a aussi été créée, en vue de permettre à toute personne abusée d'"exprimer et dénoncer ce qu'elle a subi.

 

 

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Durant 6 jours, de longs débats sont prévus sur la question des vocations sacerdotales, cruciale dans un pays où le nombre de prêtres catholiques a presque été divisé par deux en vingt ans. Le pape avait souhaité que ces échanges puissent "manifester la sollicitude pastorale" des évêques envers les jeunes.

 

 

L'assemblée plénière d'automne, plus étoffée que celle qui se tient au printemps, se déroule en l'absence du président de la Conférence des évêques de France et archevêque de Marseille, Mgr Georges Pontier, 73 ans, au repos après un malaise le 17 octobre.

 


08/11/2016
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le Progrès du lundi 7 novembre 2016

 

 

 

ALPES-MARITIMES - DES ADOS FRAPPENT ET GAZENT LES PASSAGERS D'UN TRAIN

 

 

Une dizaine d'adolescents a surgi samedi soir dans un TER en gare de Cannes-Ranguin. Armés de bombes lacrymogènes, ils se sont mis à gazer et frapper les passagers, tout en les insultant. Trois personnes ont été légèrement blessées. Les individus ont pris la fuite. Une enquête est en cours.

 


08/11/2016
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le Progrès du mercredi 19 octobre 2016

 

 

 

 

SÉCURITÉ - MOBILISATION FACE À DES TENSIONS DE PLUS EN PLUS FORTES

 

 

Violences : policiers, profs et soignants en première ligne

 

 

"L'État poursuivra sans relâche ceux qui s'en prennent à nos professeurs, nos écoles, nos forces de l'ordre", a promis Manuel Valls face à la recrudescence de violences contre les représentants des institutions de la République.

 

 

 

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roviseure molestée en Seine-Saint-Denis, et policiers pris dans un guet-apens dans les Yvelines : enseignants et policiers sont confrontés ces derniers jours à une violence brutale. Ils ne sont pas les seuls : les médecins, en 2015, ont frôlé le record d'incidents dans les cabinets et à l'hôpital.

 

 

"L'État poursuivra sans relâche ceux qui s'en prennent à nos professeurs, nos écoles, nos forces de l'ordre", a réagi Manuel Valls, le Premier ministre face à la série d'agressions contre ces représentants d'institutions.

 

 

 

 

"Porter plainte"

 

La ministre de l'Éducation Najat Vallaud-Belkacem a incité les personnels de l'Éducation à porter plainte systématiquement en cas de violence. Une réponse jugée un peu "faible" par l'opposition : "l'école n'est plus protégée des violences du temps et les enseignants ne sont pas plus à l'abri de graves agressions que ne le sont les policiers, les pompiers ou les médecins. Toutes les figures d'autorité sont la cible d'attaques de plus en plus violentes", dénonce la députée du Doubs, Annie Genevard, porte-parole des Républicains.

 

 

Ceux qui incarnent les services publics (État, Éducation, Pôle emploi, les CAF, La Poste), ceux qui sont en contact direct avec les populations en difficulté (médecins, pompiers, conducteurs de bus ou contrôleurs de train...) affrontent de plus en plus de tensions dans leur travail quotidien. Pour exu, cette violence est doublement insupportable. Pour l'acte en lui-même. Et pour sa symbolique, qui reflète les déchirements du tissu social et la perte de leur statut dans la société. "Agresser un médecin est un acte exceptionnel et justifie une réponse exceptionnelle. Il n'y a pas d'excuses à une insécurité dans l'exercice des professions de santé", insiste Patrick Bouet, président du conseil de l'Ordre des médecins.

 

 

 

 

Colère des policiers

 

Même colère chez les policiers, qui, fait exceptionnel, sont descendus dans la rue dans la nuit de lundi à mardi pour une manifestation surprise pour exprimer leur "ras-le-bol" après l'agression dont ont été victimes leurs collègues dans l'Essonne. "Ils manifestent une exaspération que je comprends, même si je leur dis très clairement qu'on ne peut pas, quand ont est policier, défiler avec les voitures de police et des gyrophares parce que ce n'est pas conforme à ce qu'est la déontologie de la police dans la République", a déclaré Bernard Cazeneuve, le ministre de l'Intérieur.

 

 

Les chefs de file des députés LR et UDI voient, eux, dans la manifestation nocturne de policiers un signe de "ras-le-bol" et le "désespoir", le centriste évoquant une société "au bord de l'embrasement". L'étau se resserre sur les représentants des institutions : préserver leur sécurité ou exercer leur mission de service public jusqu'au bout ? Ainsi, à l'hôpital, "il faut continuer à soigner même si les portes ouvertes en permanence exposent à des risques", explique Frédéric Valletoux, président de la Fédération hospitalière de France : "Nous menons des actions de sécurisation des locaux, des formations, parfois il y a la nécessité de mettre des vigiles aux portes des urgences le soir ou un système d'alerte relié à un commissariat. L'hôpital se protège, mais ne ferme pas ses portes. C'est sa mission d'accueillir tous les patients". E.B. (avec AFP)

 

 

 

 

Monia : "Je voulais juste qu'elle vienne en cours"

 

 

Monia Bougerra, professeur d'anglais au collège Longchambon (Lyon 8e) a été frappée par une élève de sixième. Après cette agression et d'autres problèmes, les enseignants ont massivement fait grève deux jours. Ils demandent notamment plus de personnels de vie scolaire. Monia témoigne.

 

 

"C'était le 30 septembre. Je faisais cours porte ouverte parce qu'il faisait très chaud. Là, dans le couloir, je vois passer trois fois une élève qui avait séché ce cours. À la fin de l'heure, je la retrouve et je la retrouve et je lui demande d'aller chez la CPE (conseillère principale d'éducation). Elle refuse. Je prends son cartable en luis disant que je lui rendrai quand elle obéira. À ce moment-là, elle commence à me tutoyer, m'accuse de mentir... Je parviens à l'emmener chez la principale adjointe, mais elle continue à être insolente".

 

 

"Quand on lui dit qu'on va appeler sa mère, elle s'énerve encore plus et sort en hurlant. Je la suis parce que dans l'état où elle est, je me dis qu'elle va passer sous les roues d'une voiture ! Mais que elle voit que le portail est fermé, elle se jette sur moi, m'agrippe par le col, me donne des coups de pied, des coups de poing. Ça dure 5 minutes avant que des collègues parviennent à la décrocher et que je puisse m'éloigner. Cette élève est très grande, elle fait à peu près ma taille... je n'avais pas saisi toute la colère qu'elle peut ressentir contre les adultes. Un enfant en colère c'est un enfant qui a besoin d'aide. Je voulais juste qu'elle vienne en cours..."

 

 

"J'ai repris le travail immédiatement et j'ai porté plaine. Je ressens une petite appréhension que je ne connaissais pas avant, mais ça va. Je continue à être l'enseignante que j'ai toujours été. Les élèves me soutiennent. Beaucoup se disent choqués par ce qui s'est passé. Ils testent forcément nos limites, c'est dans la nature des choses. Mais si le cadre, notamment au niveau de la direction, est inflexible, ils se plient à l'autorité".

 

 

"J'enseigne depuis 8 ans dans des collèges réputés difficiles, dont la banlieue parisienne. Mais c'est la première fois que je me fais agresser. L'élève a été exclue avec sursis et ne vient plus en cours d'anglais ce qui laisse un goût amer". Propos recueillis par Muriel Florin

 

 

 

 

Près de 18 policiers blessés chaque jour

 

 

Chaque jour, près de 18 policiers sont blessés dans l'exercice de leurs fonctions. Les violences contre les fonctionnaires de police sont en hausse de 14 % sur les six premiers mois de l'année 2016, selon la direction générale de la police nationale qui met en avant deux causes : les violences commises lors des manifestations contre la loi Travail et les heurts avec les migrants de la "jungle" de Calais. Les syndicats s'inquiètent d'une radicalisation des violences anti-policières. Avant le drame de Viry-Châtillon, un véhicule de police avait déjà été la cible de cocktails molotov en mai à Paris à la fin d'une manifestation. Les policiers avaient juste eu le temps d'échapper aux flammes. Une pancarte en caron "Poulets rôtis, prix libre" avait été retrouvée à proximité. Au cours du premier semestre 2016, six policiers sont morts en fonction, dont trois tués avec une arme.

 

 

 

Reconquérir les zones de non-droit

 

Le premier syndicat de policiers a appelé à une grève du zèle. Alliance réclame "une action offensive de la part de l'État afin de reconquérir les zones de non-droit et d'éradiquer chez les voyous le sentiment d'impunité".

 

 

Les policiers demandent des effectifs supplémentaires, alors que la police et la gendarmerie ont perdu plus de 9 000 postes entre 2007 et 2012 sous la présidence de Nicolas Sarkozy. Les effectifs sont repartis nettement à la hausse sous François Hollande, surtout depuis les attentats, mais le gouvernement reconnaît qu'il faudra attendre 2017 pour retrouver le niveau de 2007. Les syndicats de police réclament aussi une plus grande fermeté de la justice. L.C.

 

 

 

 

LES FAITS

 

 

Contre les enseignants

 

 

- À Tremblay-en-France, en Seine-Saint-Denis, la proviseur d'un lycée a été frappée dans une scène de violences impliquant environ 80 jeunes. Plusieurs cocktails Molotov ont été lancés. La proviseur, qui se tenait à la grille comme chaque matin, a été molestée pour avoir tenté de raisonner les émeutiers. Elle a été transportée à l'hôpital en même temps que la gardienne du lycée qui a fait un malaise.

 

 

- Lundi, un enseignant a été passé à tabac en pleine rue alors qu'il ramenait sa classe de CE2 d'un cours de sport à Argenteuil (Val d'Oise).

 

 

- Une professeur de sport a été frappée au visage lundi par un élève de terminale qui tentait de sortir par une porte non autorisée du lycée international de Colomiers, près de Toulouse (Haute-Garonne).

 

 

- Une élève de terminale d'un lycée professionnel de Calais (Pas-de-Calais) a cassé la mâchoire et plusieurs dents de son professeur vendredi en plein cours.

 

 

 

Contre les policiers

 

 

- Dans la nuit de samedi à dimanche, des policiers ont été pris dans un guet-apens suivi d'échauffourées avec une centaines de jeunes dans le quartier sensible du Val Fourré, à Mantes-la-Jolie (Yvelines), marquées par des jets de cocktails Molotov et de projectiles sur les forces de l'ordre. Cette agression intervient une semaine après l'attaque très violente à Viry-Châtillon (Essonne) dans laquelle avaient été blessés quatre policiers dont deux grièvement, près de la cité difficile de la Grande Borne, à Grigny, une commune limitrophe.

 

 

- À Bastia samedi, plusieurs dizaines de jeunes cagoulés ont lancé des cocktails Molotov sur les forces de l'ordre assurant la protection de la préfecture de Haute-Corse.

 

 

- Une enquête a été ouverte hier au lendemain de la découverte d'un nouveau tag - "Un bon flic est un flic mort, Acab" (acronyme de l'anglais "All cops are bastards", tous les flics sont des salauds, ndlr) - sur le campus de l'université Paris - VI Pierre-et-Marie-Curie à Paris. Cette découverte intervient une semaine après celle de quatre tags du même genre le 11 octobre à l'intérieur de l'université Paris-I Panthéon-Sorbonne.

 


19/10/2016
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