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L'AIR DU TEMPS

le Progrès du lundi 4 avril

 

 

SCANDALES - FINANCES. POUTINE, PLATINI... DANS LA TOURMENTE "PANAMALEAKS"

 

 

Des milliers de noms d'inconnus mais aussi de personnalités ressortent des documents ayant fuité d'un cabinet panaméen spécialisé dans les sociétés écran. Une nouvelle tempête s'est levée hier soir sur le monde de la finance et de la politique mondiale. À l'instar des révélations qui avaient été faites en février 2015 dans le cadre du SwissLeaks, cette gigantesque fraude fiscale (180 milliards d'euros dissimulés entre 2006 et 2007), le Consortium international des journalistes d'investigation a diffusé dans 76 pays une masse d'informations colossale sur les utilisateurs de sociétés offshore au Panama.

 

 

Les données - 11,5 millions de fichiers - sont issues des archives du cabinet Mossack Fonseca, spécialisé dans la domiciliation de sociétés au Panama. Elles couvrent la période courant de 1977 à 2015. L'affaire, baptisée PanamLeaks, met en cause - sans forcément les incriminer puisque l'utilisation de sociétés offshore peut être encadrée par la loi - une quinzaine de chefs d'État, des politiques, des dirigeants d'entreprises, des sportifs.

 

 

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D'autres révélations à venir

 

Parmi les bénéficiaires, on trouve des personnalités comme Miche Platini, le président suspendu du football européen. Il se serait appuyé sur les avocats de Mossack Fonseca pour administrer Balney Entreprises Corp, une société offshore créée au Panama le 6 décembre 2007, moins d'un an après son élection à la présidence de l'UEFA.

 

 

Viennent le rejoindre dans ces fichiers, des proches du président russe Vladimir Poutine ou encore le premier ministre islandais, Sigmundur David Gunnlaugsson ; le père du Premier ministre anglais David Cameron ; Lionel Messi, le footballeur star du FC Barcelone ; l'ancien ministre du Budget français, Jérôme Cahuzac, ainsi que le Premier ministre du Pakistan. Le nom de l'élu Républicains français Patrick Balkany et celui de l'homme d'affaire Patrick Drahi étaient également avancés hier.

 

 

Cette nouvelles révélations jettent une lumière crue sur le président russe qui était déjà suspecté dans l'affaire Wikileaks de détenir des "actifs secrets à l'étranger". Les documents rendus publics hier révèlent plus largement comment l'entourage du président russe aurait "amassé pendant des années plusieurs centaines de millions d'euros puisés dans l'argent public, au service de l'oligarchie du régime", écrit le Monde dans sa version numérique. Le journal quotidien national, qui diffuse l'enquête en France devrait tout au long de la semaine décrypter les données recueillies et annoncer la révélation d'autres noms de politiques français durant la semaine à venir.

 

 

En Islande, l'opposition a réclamé la démission du premier ministre Gunnlaugsson, soupçonné d'avoir codétenu avec sa femme une société offshore jusqu'à fin 2009. Demain soir, France 2 consacre une émission spéciale de Cash Investigation à cette affaire. Les noms de plusieurs banques françaises devraient également faire leur apparition, comme Société générale et Edmond-de-Rotschild. Fabrice Veysseyre-Redon

 

 

Une société offshore, c'est quoi ?

 

Une société offshore (ou "extraterritoriale") est une société domiciliée dans un pays - généralement un paradis fiscal - dans lequel l'impôt sur les sociétés est faible, voire inexistant. C'est le cas du Belize, de l'État américain du Delaware, de la Suisse, du Luxembourg, des îles Vierges britanniques, du Panama, de Hong Kong et quelques autres... Tous ces États ou micro-États en ont fait les fondements de leur économie : ils attirent ainsi de nombreux investisseurs du monde entier qui souhaitent "optimiser" leur activité, tout en évitant l'imposition de leur pays d'origine. Généralement, les pays accueillant ces sociétés disposent aussi d'un secret bancaire bien verrouillé, et de lois assurant le plus grand secret sur la vie économique locale.

 

 

Monter une société offshore n'est pas forcément illégal : tout dépend de quel pays on vient... et de ce que prévoit la législation de ce pays. Mais pour un Français, dissimuler des avoirs dans une société offshore - sans les déclarer à l'administration fiscale, donc - correspond à une fraude.

 



05/04/2016
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